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jacques halbronn Du devoir de désenchantement de l’Historien

Posté par nofim le 29 janvier 2025

 

Jacques Halbronn à l’attention du Pr. Dominique Lecourt

 

Du devoir de désenchantement de l’Historien

 

Projet de mémoire en vue  d’une  HDR   devant  l’Université Paris VII Diderot, année 2007-2008

 

 

Si l’avenir apparaît souvent comme un horizon mystérieux, il nous apparaît que notre rapport au passé le serait encore davantage. L’on assiste de nos jours à une fuite en avant qui cache une certaine impuissance à appréhender les programmations que J’ Humanité a générées  pour elle-même et sur elle-même, au cours des âges.

L’invasion de la Technique alimente, par ricochet, une  impression  de  gratuité voire d’inutilité de tout un pan des activités humaines.  La suprématie de la Science tend  à présenter l’Humanité comme une sorte d’Alice au Pays des Merveilles, découvrant    un

monde étrange. Il est temps, nous semble-t-il de restituer à l’Homme toutes ses responsabilités quant à son devenir et Je devoir de !’Historien n’est-il pas, dès lors, de démystification ?

Un peu à la façon de Claude Bernard voire de Descartes, toutes proportions gardées,  faisant Je bilan de mes recherches  depuis plus de 30 ans, je parviens  à   trois

grandes problématiques épistémologiques au carrefour des domaines de !’Histoire des traditions, de la linguistique, des neurosciences   et de l’anthropologie.

 

 

Annonce du plan

 

-autour de la question de la  réception

-autour de celle de la norme

-autour de la diversité

 

 

Dans les trois  cas, j’insisterai sur les obstacles épistémologiques correspondants.

 

 

 

Toujours à propos de la fonction  des  langues,  nous réfléchirons  aux  conceptions de Marshall Macluhan : la langue sert-elle  à  véhiculer  la  pensée  d’un  locuteur  ou est­ elle, elle-même,  porteur  d’un savoir?  C’est là  toute  la  question de la  morphosémantique et du rapport signifiant/signifié que nous revisiterons, en repensant la signification de la versification. L’approche morphosémantique que  nous  prônons  ne  s’applique  qu’au noyau « verbal » (par opposition à nominal) de la langue dont les éléments,  somme toute  peu  nombreux,  subissent diverses  préfixations  et  suffixations  (flexions)  Corollaire  d’un tel questionnement: certaines langues  ont-elles  mieux  préservé  que  d’autres  leur contenu sémantique intrinsèque?. Force est de constater que les langues ne sont pas interchangeables, elles  véhiculent en quelque sorte des « sagesses »,  des sapiences, et  on ne saurait donc être surpris d’observer à quel point le discours philosophique  est tributaire de la langue utilisée 14, ce qui  rend  d’autant  plus difficile toute traduction.  Il  y aurait une philosophie, une épistémologie de la langue – comme il en est une de  la textologie – et qui consiste non pas  seulement  à  décrire une  phonologie  saussurienne mais qui vise à restituer  des  circuits,  des  parcours  sémantiques,  en  se  laissant guider par les dérivations préfixales comme dans l’exemple fourni plus haut, propre au français: provenir, devenir, parvenir,  qui  peut  être  complété  par  survenir,  advenir,  convenir, revenir et les substantifs : avenir, aventure, convention, provenance etc. Le locuteur du français est ainsi invité, plus ou moins implicitement sinon subconsciemment, à des associations de mots, qui  ne  sont  pas  seulement  dictées par des  similitudes  aléatoires (au sens de la versification), des homophonies ou des synonymies, mais bien par une armature objective de la langue, qui devient matière à réflexion. A contrario, dans des langues fortement hybrides et syncrétiques,  du  fait  de  leurs  emprunts  à  d’autres langues, de telles chaînes sémantiques  ne fonctionnent  plus avec la  même  efficace,  ce qui nous  renvoie à la  notion de  norme,  en contrepoint de  celle de dysfonctionnement.  Mais  qui dit dysfonctionnement implique  qu’il ait existé  un stade antérieur,  ce  qui    ouvre

ipso facto un champ d’investigation et de réflexion pour l’historien, ce qui n’est pas sans

évoquer  une démarche psychanalytique.

Plutôt qu’une conception linéaire de stades successifs chère à Simondon, nous préférons l’idée d’une diversité d’expériences qui se poursuivent parallèlement et qui maintiennent ainsi des alternatives, seule garantie contre les impasses qui peuvent se présenter, parfois très tardivement, face à telle option. La raison d’être de  la multiplication des clivages ne doit pas être nécessairement recherchée en termes de complémentarité au sein d’un même système mais du fait d’une diversité de projets mis en concurrence et ne devant pas interférer entre eux, une telle politique d’expérimentation sociale constituant une « assurance » en cas d’échec de telle ou telle voie suivie.

Nous prônons une approche synchronique du fait de la diversité spatiale des expériences que nous préconisons mais en  même  temps,  nous  veillons,  par  notre  théorie du récepteur, à ménager la part de la diachronie, en évitant de tomber dans le travers  de  quelque  progrès teilhardien unitaire.

•• (par  exemple  chez  Heidegger

 

 

 

Dès lors, nous débouchons sur une certaine philosophie de !’Histoire et sur une nouvelle idée de la personne humaine : d’une part en ce que toute invasion d’un pays par un autre conduit à compromettre l’entreprise engagée, parfois de très longue date,

par le pays dont l’intégrité est menacée, ce qui remet en question le droit d’ingérence et d’autre part, si l’individu est perçu comme porteur d’un « être » et pas seulement d’un « avoir » (cf supra)’, cela signifie qu’il n’est pas interchangeable et donc qu’on ne peut l’éliminer sans avoir à craindre un appauvrissement du capital humain, même chez un tout jeune enfant.

La diversité s1nscrit dans un processus de prévoyance, d’assurance- sait-on jamais ? - et de ce fait elle détermine une énorme dépense d’énergie qui peut sembler vaine, dont on pourrait faire l’économie, tant que les risques encourus ne se concrétisent pas. Le fait d’appréhender ces mesures de prudence comme ne faisant pas sens et pouvant être évacuées serait-il un des traits dominants de la mondialisation actuelle?

 

 

CONCLUSION

 

Nous avons développé une dialectique entre trois modalités « molles » et trois modalités « dures », autour des notions de science, de technique et de savoir. Philosophiquement, le triple pôle « mou » correspond à un champ plus difficile à appréhender, qui risque même d’être négligé, on pourrait le qualifier d’ésotérique, dans toutes les acceptions du terme, du fait de l’importance accordé à la créativité du récepteur, à une forme d’intuition inductive. A contrario, le triple pôle « dur » serait exotérique, plus accessible, mais ne faisant pas assez la part du récepteur, qui  serait

« en creux». C’est donc à un rééquilibrage épistémologique que nous nous attelons ici et qui débouche sur l’opposition entre deux modèles civilisationnels, ce qui signifie, pour

le moins, la mise en oeuvre d’une alternative, ce que l’on pourrait résumer par le débat entre Bio-conscience et Techno-science. La conclusion paradoxale à laquelle nous parvenons est la suivante: l’Humanité doit réaffirmer et assumer sa propre technicité pour ne pas être à la merci d’une technicité externe qui est certes générée par elle au nom d’une volonté de diversification comportant certains aspects pervers, qui voit les solutions de rechange devenir la nouvelle norme. Vaut-il mieux, comme nous le proposons, « techniciser » l’Homme ou, comme le propose Simonondon, tenter d’humaniser la Technique ?

 

  1. LA RECEPTION

 

En 1986, je publiai sous le titre « La pensée astrologique »1 un modèle qui connaîtra un certain impact 2• L’idée dominante du paradigme que j’ai depuis largement développé et amplifié consiste à montrer le rôle structurant du récepteur par rapport à l’émetteur, tant et si bien que l’émetteur n’est pas conscient, ni responsable du devenir de ce qu’il

émet et que cette émission n’a somme tout qu’un rapport assez vague avec les qualités intrinsèques de l’émetteur. On ne peut plus prévoir la réception à partir de l’émission, si  ce n’est de façon   extrêmement diffuse. Encore faut-il distinguer une réceptivité  passive,

purement répétitive et  reproductrice, qui ne serait que le calque, le miroir de l’émission,  et une réceptivité active, pro-créative, dans le plein sens d’un terme qui  a été vidé  de son sens, qui opère véritablement des choix, qui sélectionne et qui transforme. L’une va évidemment surévaluer l’émetteur alors que l’autre en relativisera   l’importance.

D’où l’importance que j’accorde aux neurosciences, qui sont la clef de voûte de tout processus réceptif lequel ne se réduit aucunement à l’examen de l’émetteur. On pense ainsi aux discours sur l’influence des astres sur l’Homme,    le problème ne se posant pas

tant au niveau de la possibilité pour les astres de laisser leur empreinte sur  l’Homme  mais à celui de l’aptitude de l’Homme à déterminer et à  décider  d’une autoprogrammation signalétique à laquelle il se conformera à partir de son observation, de sa captation (visuelle) du Ciel.

J’en arrive à l’idée selon laquelle l’on assiste à des déterminismes et à des causalités croisées,  ce qui remet  en  question  une  représentation linéaire  de  la  diachronie. D’où

l’importance que j’accorde à la notion d’instrumentalisation, qui ne se réduit pas à de la projection, ce qui supposerait une réalité intérieure préalable alors qu’il s’agit de puiser dans la réalité extérieure, non dans son essence mais dans ses manifestations les plus superficielles   de nouvelles  pistes de progrès, celui-ci étant perçu comme une  nécessité

dans une stratégie de prévoyance impliquant de ménager toujours des alternatives,  ce qui nous semble la clef de la réussite de l’espèce humaine et de sa survie en dépit des différents défis rencontrés. Autrement dit, l’on n’affronte les défis extérieurs qu’en se confrontant à des défis intérieurs, et c’est ce point qui nous semble avoir été négligé par le darwinisme.

J’accorde  ici une  grande  importance  à la notion .de Mémoire  qui  est  une  expression

privilégiée de la réception. La Mémoire évoque mais aussi convoque le passé et  lui donne sens. Certes, elle recourt au passé comme à une matière mais cette matière -

pour renouer avec une dialectique bergsonnienne – n’existe au fond que par ce qu’on en fait, c’est ce qui la définit et la détermine   a  posteriori.

‘ (in Histoire de l’astrologie, Paris, Artefact

2 {cf S. Fuzeau Braesch. L’astrologie. La preuve par deux, Paris, Robert Laffont, 1992).

 

Ce qui nous améne à relativiser la notion de source. On distinguera la source première et la source seconde, avec ce que cela implique de filtrage, de décantation, qui est le véritable point de départ d’un processus structurant. Ce qui importe ce n’est pas tant qu’un matériau préexiste dans une potentialité quasiment infinie mais ce qu’il en advient. D’où un triptyque: provenir/devenir/parvenir, le provenir étant la source première, le devenir la source seconde et le parvenir la mémoire rétrospective, à un moment donné, du devenir. Mais il faut ajouter une source troisième, qui est le principe de répétition de la source seconde : les choses ne sont alors que parce qu’elles ont déjà été.

Nous dirons que dans une série, le point de départ est aléatoire et ne fait pas stricto sensu partie de la dite série. Ensuite, intervient un processus de recyclage constant  et  d’ajustement  comme  nous  l’avons  montré  dans  notre  thèse  d’Etat3,  qui

couvre une longue durée, de la fin du XVe siècle à la veille de la Seconde Guerre mondiale.  Nous avons étudié de près la démarche critique qui se développe notamment à partir du XVIIe siècle – qui voit la naissance de la critique biblique    avec notamment  le

Traité théologico-po!itique de Spinoza -   en ce qui concerne la restitution du  passé

historique. C’est également le cas avec mes travaux sur la fortune des Centuries de Nostradamus  4. Le point de départ d’un phénoméne aussi fort, en termes de  rééditions

et de commentaires, est relativement second et l’on a tort de laisser entendre que c’est ce point de départ qui est la cause de ce qui en est sorti ultérieurement.

La notion de cycle est essentielle à notre propos: ce qui est au départ n’est pas encore cyclique puisqu’il n’y a pas encore eu répétition et ce qui est à la fin n’est plus cyclique puisque cela ne sera pas suivi de répétition. Le cycle n’est ni de l’ordre de la naissance, ni de l’ordre de la fin des choses mais il implique une mémoire pour qu’il puisse continuer à  se reproduire, ce qui relève du domaine  neuropsychologique.

 

 

Le texte prophétique en France, formation et fortune, Paris X, Nanterre, 1999)

4 (Le Dominicain Giffréde Réchac et la naissance de la critique nostradamienneau XVIIe siècle,

Post Doctorat, EPHE Ve section, 2007).

 

 

  1. LA NORME

 

Un autre volet de mon mémoire d’habilitation concernera l’observation suivante à savoir que le travail de l’historien  est à la merci de l’erreur,  de la carence  et  du mimétisme,  ces trois notions étant sous tendues par la question de la norme. Obstacle épistémologique majeur,  en  effet,  que  d’établir  une  norme par  rapport  à  laquelle l’on

pourrait parler de faute, de manque 5 Il se manifeste à trois niveaux: un décalage diachronique, quand on ne dispose que de vestiges d’une époque plus ou moins  ancienne – et nous avons montré que même des publications datant des XVIe-XVIIe siècles     ne   nous   sont  parvenues   quevfort   incomplètement,  fait   aggravé   par les

contrefaçons – un décalage spatial, quand on a affaire à des pratiques mimétiques, profanes 6 et un décalage qualitatif, quand il y a recours à des modes de substitution, ce qui renvoie aux apports techniques.

Je noterai donc que l’historien est confronté à des documents souvent fautifs, à des collections lacunaires, à des emprunts déformés – ce qui renvoie à une problématique  de

réception (cf supra). Je souhaiterai  ainsi reprendre  un travail de linguistique7   à   propos

des emprunts de l’anglais au français, ce qui pose des problèmes de transmission et de mimétisme.

Dans le domaine qui est, professionnellement, le mien, que je qualifierai de Bibliographie Historique, la tentation est grande de réduire le corpus à ce qui nous en est parvenu et d’ajuster le discours sur le dit corpus, sans chercher à accéder à la « norme » inhérente, virtuellement, à celui-ci. Entre le travail du bibliothécaire et celui de l’historien   vient s’intercaler  celui du bibliographe qui a pour tâche de restituer les  divers

enchaînements, y compris les chaînons manquants. (8 J’aborderai ensuite, d’un point de vue anthropologique, la question qui m’a également fortement mobilisé, relative à la genèse de l’acte musical. Je suis frappé par la place considérable occupée par la technique  instrumentale  dans  le  domaine  de  la  production  de  son  alors  même  que

l’homme se caractérise par une aptitude « naturelle » à en générer. Il convient de réfléchir sur ce paradoxe  dès lors  que l’on engage une réflexion  anthropologique.   Aux fins    de restituer un état anthropologique aussi ancien que possible, il s’avère nécessaire  de  partir de ses dérivés techniques (au sens de technique   » dure »), si l’on admet que ceux­  ci ne sont que le calque d’une organicité  antérieure  (technique « molle ») sinon disparue  du moins enfouie (cf  infra).

5 cf notre « Eloge de l’erreur », in Eloges-(èri’coll) Paris, Ed Lierre et le Coudrier, 1990).

6 cf notre recherche  »Psychanalyse de l’étranger », in revue Conscience de, Ed. le Lierre et le coudrier, Paris, 1991), voir aussi nos textes sur le site Hommes-et-faits corn.

7 dirigé à Paris V par Louis-Jean Calvet - mais non soutenu - et qui s’intitule  »Linguistique de l’erreur et Epistémologie populaire » (1987-1989

8 cf notamment mes travaux sur l’origine du symbolisme du zodiaque et le fait qu’il ne nous soit parvenu que par le truchement de l’astronomie,  et sur la disparition des étoiles fixes dans la tradition  astrologique)..

Pour moi, les techniques (dures) sont à percevoir comme des prothèses, des palliatifs, venant combler des manques, des insuffisances  pour  des  membres handicapés d’une communauté. Ce serait en quelque sorte leur raison d’être d’origine. L’on se demandera, en revisitant Darwin, quelle fut l’incidence du progrès technique par rapport au progrès organique. Je m’intéresserai notamment au développement  de  la main et du bras, en dialectique avec la bouche, liée à la production de sons (cf  supra),  du souffle, ce qui nous conduira à reprendre une réflexion bergsonienne sur le corps et l’esprit. Ne suivant pas Gilbert Simondon9 dans l’appréciation de la Technique, nous percevons  donc   plutôt   celle-ci   comme un pis aller et  une entrave au  développement

de ce que nous appelons des techniques organiques ou « molles » par opposition aux techniques instrumentales ou « dures ». On notera que si les techniques dures se transmettent par déduction, les techniques  molles  se  transmettent  par  induction: l’enfant entend parler et il doit trouver par lui-même, par intuition, comment produire un son comparable sans que l’on puisse le lui montrer du doigt à la différence de l’apprentissage, par exemple, du piano, où tout le processus est  visible, tout  comme pour l’écriture. Les techniques molles sont liées à la bouche, les techniques dures s’articulent par le truchement de la main, située à distance des zones les plus sensibles du corps. De même, mémoriser puis réciter un texte ou une liste de mots (dans  sa  langue maternelle et a fortiori dans une langue étrangère) ne fait pas appel aux mêmes facultés que sa reproduction sur quelque support extérieur.(distinction  entre  savoir  « mou » et savoir « dur » cf infra) Il y a là  opposition  entre  bio-conscience  et  techno­ science.

Nous dirons aussi que la bio-conscience s’articule sur l’être et la techno-science sur l’avoir, ce qui signifie que dans le monde dominé et envahi par la technique, ce qu’est l’individu, et comment  savoir  ce qu’il est, devient  bien  moins important  que ce qu’il  a. La question n’est plus alors de déterminer    en quoi il est doué mais de quoi il est doté. Il

y a là un problème éthique et  économique.

A un autre niveau, nous parlerons de savoirs « mous » et de savoirs « durs » : la langue maternelle serait un savoir mou, interne alors que la langue étrangère apprise dans une grammaire serait un savoir dur,  externe.

L’intérêt heuristique de la notion de savoir mou 10 est de mettre en évidence le « non dit », l’allant de soi », qui permet de corriger les erreurs ou les imprécisions entre  »initiés »,

et donc de prendre conscience    des cloisonnements sociaux, « transparents », difficiles   à

franchir et qui ne sont pas réductibles à l’intégration de savoirs durs 11 Ce qui est  »mou »

relève d’une dimension difficile à appréhender quant à sa substance12 tout en étant bien présente par ses effets.

En fin de compte,  il ne faudrait pas que l’exception, le cas limite, soient perçus comme   la règle, que le pis aller devienne   une finalité.

 

 

Du mode d’existence des objets techniques, Méot, 1958

10 (voir Garfinkel, cf notre DESS d’Ethno-méthodologie, Le miileu astrologique, ses membres et ses structures, Paris VIII, 1995)

11 (voir l’habitus de Bourdieu

12 (cf Bergson, Matière et Mémoire, 1896

 

 

  1. LA DIVERSITE

 

L’historien est confronté  à un problème récurrent  de sélection et  de déperdition de l’information. Cette déperdition est en fait une nécessité de tout processus de réception, impliquant nécessairement une sélection, ce qui implique d’ailleurs que l’émission soit considérablement décantée de par la variété et la polyvalence qui la constitue.  Mais  cette  déperdition  si  elle  est  une  chose  positive  et  inévitable,  ce qui

permet de passer de la concurrence à la récurrence, de la juxtaposition à la succession, donc de la synchronie à une forme de diachronie,  nous apparaît, en revanche, comme  un écueil, pour l’historien qui obéit à d’autres impératifs que structuralistes à savoir de tenir un discours scientifique  quant à  la genèse des objets auxquels il s’adonne.

Nous insisterons sur l’importance de la socio-diversité comme un moteur de l’évolution de l’humanité, ce qui nous conduit à repenser la question de la diversité des langues et des cultures, laquelle ne nous apparaît pas comme une sécrétion   babélienne

ne remplissant aucune fonction mais au contraire comme génératrice de clivages et de cloisonnements permettant à la diversité de se déployer 13. Plus généralement,  nous  nous  portons   en  faux  contre  une  approche  « artistique »   et  « culturelle »,   si  ce    n’est

folklorique des pratiques sociales et prônons la recherche d’une certaine fonctionnalité,  ce qui évite ainsi de faire de la Technique le havre que voudrait en faire un Simondon  face à une humanité fatalement   vouée   à une poursuite de loisirs assez vains et   ayant

besoin de la Technique pour survivre et progresser. En cela, nous ne suivrons pas la dualité bachelardienne, opposant, de facto, le plan scientifique  et  le plan poétique  et cela fait partie intégrante de notre entreprise de   désenchantement.

 

 » (cf aussi la pratique de la polygamie, à un autre niveau et les véritables enjeux de la procréation).

 

Commentaires  2025

Une question centrale , pour nous, à l’époque,  était la suivante; La  langue sert elle à véhiculer la pensée d’un locuteur ou est-elle elle même, porteuse d’un savoir? Et nous parlions de « morpho-sémantique » 

: »Vaut-il mieux « techniciser » l’Homme ou (..) tenter d’humaniser la technique? Nous référant à notre essai « La pensée astrologique » (  1986), nous insistions sur le rôle  structurant du récepteur par  rapport à l’émetteur.

 

JHB 29 01  25

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