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jacques halbronn Sociolinguistique. Repenser le rôle du locuteur dans le mode d’emploi d’une langue

Posté par nofim le 4 mars 2025

jacques  halbronn Sociolinguistique.  Repenser le rôle du locuteur dans le mode d’emploi d’une langue.

 

Nous  avons eu l’occasion de dénoncer le phénoméne consistant à aligner l’écrit sur l’oral, ce qui est une plaie pour l’historien des langues.  Selon nous, la perte des codes de lecture aura conduit à la mise  en oeuvre d’un tel  alignement, ce qui  correspond à une baisse de niveau des locuteurs. Pour la  critique linguiste, il importe de restaurer un état pré-alignement d’une langue. Les emprunts de l’anglais au français nous permettent de mener à bien une telle entreprise, en appliquant une méthodologie structurelle, combinant diachronie et  synchronie nous permettant d’explorer le passé, au delà des limites habituellement admises  de temps et d’espace.

  La thèse que nous développons désormais est la suivante: les marqueurs de genre ne se situent pas au stade de l’écrit mais uniquement à celui de l’oralité, en ce qui concerne les adjectifs et les participes. Cela vaut aussi pour les marqueurs de nombre. Autrement dit, à l’écrit, le locuteur se trouve face à un état que l’on peut qualifier de neutre, d’indifférencié, pouvant soit glisser vers le masculin, soit vers  le féminin selon le contexte social qui est celui du locuteur, placé face à des personnes en chair et en os qu’il peut désigner, autant d’actions qui ne sont pas possibles au stade de l’écrit.

Entendons par là que si le sujet est féminin, on passera du neutre au féminin  et si le sujet est masculin, on passera du neutre au masculin sans que cela ait à s’inscrire dans l’écrit. Ce sera donc au locuteur d’en décider, en connaissance de cause en recourant aux marqueurs appropriés. Cela évite, ipso facto, de trop charger l’écrit mais cela implique que le locuteur dispose des codes du passage de l’écrit à l’oral. Et quand ce n’est pas le cas, il faut alors trouver des expédients consistant à charger l’écrit de tout un appareil supplémentaire sinon superfétatoire.

Au coeur d’une telle problématique, la différence entre facteurs masculins et féminins que nous associons respectivement aux  voyelles et aux consonnes. Le marqueur du masculin  sera marqué par une mise à l’écart des consonnes  et le marqueur du féminin d’une mise à l’écart des voyelles. Autrement dit,  il n’est pas acceptable que les marqueurs de genre ne recourent qu’à un changement de  voyelle, comme cela se pratique le plus souvent, comme le o  pour le masculin et le a pour le féminin.(dans les langues latines, hormis le français)  Prenons le cas de l’article indéfini  du français  qui s’écrit  « un ». Ce  sera au locuteur qu’il reviendra de décider comment prononcer ce terme et il est donc exclus d’indiquer à l’écrit  « une » ou en allemand « eine ». Quant à l’anglais, il nous apparait comme correspondant à un niveau originel du français, d’où ses adjectifs  » invariables ». Mais son probléme, c’est que même à l’oral, l’anglais ne différencie pas les genres, ce que  réalise parfaitement le français. D’où la nécessité pour l’historien de combiner ces deux langues en symbiose.

Au demeurant, l’anglais, à l’écrit, ne marque pas davantage le pluriel des adjectifs et des participes,  ce qu’il fait, en revanche pour les noms alors que le français ajoutera à l’écrit  un « s ‘à ses adjectifs, ce qui est un tort et prématuré tant qu’on est pas encore passé au stade oral.

L’anlglais ne marque pas non plus le pluriel de ses verbes alors que le français utilise un suffixe en « nt » à l’écrit sans que l’on sache d’ailleurs  toujours  très bien comment marquer à l’oral le pluriel verbal. On notera qu’à l’oral, la diphtongue joue un certain pour marquer le pluriel, pour la première et la troisiéme personnes: ils sont, font, vont, nous mangeons, allons  etc. C’est dire toute l’importance de la diphtongue à l’oral en tant que marqueur de genre et de nombre, ce qui manque complément à l’allemand, par exemple. En fin de compte, l’écrit aura servi dans bien des cas à transcrire l’oral,  ce qui est à la fois redoutable et salutaire pour l’historien

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB  04 03 25

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