jacques halbronn Que nous enseignent les résultats Gauquelin sur l’Histoire de l’Astrologie et de la Mythologie?

Posté par nofim le 6 juillet 2026

jacques  halbronn  Que nous  enseignent les  résultats  Gauquelin  sur l’Histoire  de l’Astrologie et  de la Mythologie?

 

 

D’aucuns- dont Françoise Schneider Gauquelin -  ont cru  bon  de souligner les reccoupements  entre la typologie  gauquelinienne des planétes et  celle de l’astrologie  mythologique comme pour le  type martien, le  type  jupitérien. Inversement, l’on remarque l’absence de la planéte Mercure dans le corpus statistique Gauquelin. Mais Saturne est  bien mis  en évidence alors qu’en  astrologie septénale;il  n’ a pas sa place parmi les significateurs que sont Mercure, Vénus, Mars et  Jupiter. Même remarque pour la Lune, retenue par les  dites  statistiques,  qui en astrologie septénale  est en polarité avec le Soleil (absent, quant à lui, du dit corpus). 

Selon nous, les statistiques  nous révélent une astrologie primitive polyplanétaire   antérieure à l’ère de l’astrologie septénale saturno-centrée, mise en place probablement par  une humanité  future (cf le fim  Interstellar  de Christopher Nolan) Le  voyage dans le temps pourrait mieux s’envisager que le voyage dans l’espace. Dans cette  astrologie première, Saturne n’occuppe pas la place centrale qui lui sera attribuée par la suite, il n’est pas encore sorti  du  rang. On peut se demander si les qualités attribuées à Saturne, dans le corpus  Gauquelin, n’ont pas une dimension mercurienne;.. En mettant  de  côté Mercure, nous obtenons  deux couples mythologiques bien connus: celui de Vénus et de Mars, et celui de Jupiter et de Saturne. Dans le premier cas, il s’agit d’une relation  horizontale  et dans le second d’une lignée  vérticale, On retrouve ainsi, par le biais des  travaux gauquelin une  clef majeur de la Mythologie qui sera perdue  avec la prise en compte de Mercure par les astronomes. Uranus est  exclus  en ce qu’il n’est pas visible à l’oeil  nu.Mais par la suite, lors de la mise en place de l’astrologie septénale,  le couple Jupiter- Saturne  sera défait  et Mercure viendra s’associer  avec Jupiter  dont il  sera le messager, Mars et Vénus ne changeant pas de statut. D’où l’opposition Mercure  Gémeaux, Jupiter Sagittaire  et  Vénus balance, Mars bélier, dans le  tableau  des domiciles. L’astrologie  gauquelinienne est donc  antérieure à la constitution  de l’astrologie septénale.

 

   JHB 07 07 26

 

 

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jacques halbronn Critique du Tetrabiblos. Tropicalisme et sidéralisme

Posté par nofim le 5 juillet 2026

jacques  halbronn Critique du Tetrabiblos   Tropicalisme  et  sidéralisme.

 

Ptolémée l’auteur de la Tétrabible n’avait pas perçu la dimension  « tropique » de la  tradition  astrologique la plus authentique. Il importe de distinguer année  tropique et  année sidérale. Dans un  cas  on considère le retour  d’une planéte sur l’axe équinoxial  et  sur l’axe solsticial  alors que dans l’autre,  il s’agit du retour d’une planéte  sur la même étoile fixe/

« En raison de ce mouvement l’année dite tropique (d’un équinoxe de printemps à un autre) est plus courte de 20 minutes que l’année sidérale . »

« Dans le système solaire, la période sidérale d’un astre désigne couramment la période de révolution sidérale, c’est-à-dire le retour à la même position sur l’orbite solaire relativement aux étoiles, notion distincte de la période de rotation sidérale »  Quand on étudie le passage des planétes dans le Zodiaque, toute la question est  de savoir si l’on se trouve dans un schéma tropique ou dans un  schéma sidéral/ Les astrologues sidéralistes ne tiennent pas compte  du  schéma tropique  alors que les tropicalistes ne jurent que par le point vernal, c’est à dire l’équinoxe (de printemps) 

Dès lors, quand Ptolémée  place les luminaires non pas de part de d’autre de l’axe solsticial (en gémeaux et en cancer) mais du même côté (cancer–lion), il ne respecte pas la logique « tropique », il est donc sidéraliste puisqu’il ne  s’aligne pas les repéres  tropiques Or, les astrologues qui acceptent le dispositif  ptoléméen se veulent « tropicalistes », le plus souvent,  ce  qui n’est pas cohérent! 

 

Par ailleurs. le fait de placer cote à cote (demi sextile) les  luminaires ne respecte pas davantage la dialectique solsticiale  Eté/Hiver, ce qui ne semble guère  géner  l’auteur  de la Tétrabible. Or, le soleil  est lié à l’Eté et au jour le plus long tandis que la lune est liée à l’Hiver et à la  nuit  la plus longue. Il faudrait donc attribuer  à la Lune les deux signes du sagittaire et du capricorne  face aux signes des gémeaux  et du cancer.

Les raisons de ces perturbations ont déjà été exposées: il s’agissait de la  volonté d’ajouter Saturne  à un agencement à  base six (base  du 12), ce qui impliquait de donner à  Saturne les signes attribués initialement à la  Lune.  En  ce qui concerne notre étude consacrée au  symbolisme zodiacal, il ressort que le nom des signes aura  été déterminé par le dispositif  des domiciles,  sous sa  forme  tardive, en ne respectant pas la symétrie  autour  de l’axe solsticial.(par  exemple le couple gémeaux- vierge associé à  Vénus). Au demeurant, la théorie des doubles domiciles,  diurne et  nocturne ne  fait sens que du fait d’une telle  symétrie non respectée dans la Tétrabible.  On  aura compris que,  selon nous,  l’Histoire de l’Astrologie  a pour mission  de rétablir la diachronie d’origine au lieu de s’en tenir à un statu quo  synchronique.

 JHB 07 07 26

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jacques halbronn La réception de l’astrologie chez les grands éditeurs parisiens (1935-1993) de Grasset à Flammarion

Posté par nofim le 5 juillet 2026

jacques  halbronn   La réception de l’astrologie  chez les  grands éditeurs  parisiens (1935-1985) de Grasset à Flammarion  Au congrès  astrologique de Bruxelles de 1935,  Maurice Privat (directeur  de la Revuer Le  Grand nostradamus) annonçait que l’astrologie était sur le point de sortir de son ghetto des éditions spécialisées dans l’occultisme; En effet, les éditions Bernard Grasset venaient de signer  un contrat prévoyant la sortie de trois volumes de son « Astrologie Scientifique » dont le premier s’intitulait  » « L’Astrologie Scientifique à la portée de tous’, le second « La tradition’ et le  troisiéme  » La loi des étoiles » (cf  notre ouvrage  La Vie Astrologique. Années trente-cinquante. de Maurice Privat à dom Néroman, Ed  Trédanie, ed La grande Conjonction, 1995). Son texte s’intitulait ‘ Le Mouvement astrologique en France  et  se terminait  ainsi «   Il  est  certain que  nous n’aurions pas  vu précédemment un éditeur  éditer un  livre  d’astrologie; Il y avait les Chacornac mais  pour la première  fois nous avons une  grande maison d’éditions qui commence  dans l’astrologie et nous n’aurons pas  de  déconvenue » C »est d’ailleurs  grace à ce premier volume que nous avons été initiés à l’Astrologie, l’ouvrage se trouvant dans la bibliothèque  familiale. Dans le prologue du  volume II (1938), Privat  relatait :’ En écrivant l’Astrologie Scientifique  à la portée de tous, nous  voulions que chacun puisse comprendre les  raisons et les  bases de la science des cieux et nous  avons eu la  joie  d’y  parvenir. Ayant  acquis cet ouvrage,  sans préparation préalable, combien ont pu, 24 h plus tard dresser  un premier thème correct et commencer à se  rendre compte que c’était sérieux (..) nous avons d’autre part rattaché la science des astres à la mythologie et à la symbolique (..) Nous comprenons que les astrologues se réclamant  de Paul Choisnard s’inquiètent de voir que nous nous appuyons ainsi sur la « tradition ». En 1951, les Presses Universitaires de France (PUF) publieront dans la collection « Que sais-je »? (n°508)  un volume intitulé L’Astrologie, de la plume de l’astronome Paul Couderc, il s’agit  d’un réquisitoire  auquel répliquera, toujours chez  Grasset, André  Barbault, en 1955, Dans le dit Que Sais-je,  Couderc consacre  son premier chapitre aux « Préliminaires astronomiques »  et le  chapitre  II  aux « Doctrines  astrologiques »;  Couderc  situe  ainsi  carrément l’astrologie dans le sillage de l’astronomie dont elle dériverait et dépendrait. .

Que sais-je? N° 508 L'astrologie
Défense et illustration de l'astrologie : Par André Barbault

 par une Défense et Illustration de l’astrologie, dans une collection  » Au  seuil de l’ésotérisme », dirigée par Raymond Abellio. Mais les Editions du Seuil prendront la reléve en faisant paraitre, outre une série de 12 petits volumes zodiacaux (1958), deux ouvrages du meme  Barbault avec la parution  en 1961  de  son Traité pratique d’Astrologie  et de  son essai  » De la psychanalyse à l’astrologie ». En 1971, les éditions Denoel publieront l’Enigme du Zodiaque  de Jacques  Sadoul. Ces éditions  avaient déjà fait paraitre en  1960  Les Hommes et les astres  de Michel Gauquelin et  d’Anfdré  Barbault « 1964 et la crise mondiale de 1965″ et  accueilli la collection  Bibliotheca Hermertica de René  Alleau, passée ensuite chez Retz (1970-1977)

. Nous y publierons deux  volumes, sur Morin de Villefranche (1975) et  sur Abraham Ibn Ezra (1977) C’est  en 1976   qu’un volume présentant l’astrologie  paraitra dans une collection prestigieuse « Clefs pour », dirigée par Luc Decaunes, chez Seghers lequel    »crée  une collection de vulgarisation des savoirs qui va rencontrer une large audience parmi les universitaires : Clefs pour : Clefs pour la linguistiqueClefs pour le zenClefs pour le structuralismeClefs pour la psychologie, etc. C’est à Luc Decaunes qu’il confia la direction de cette collection dans les années 1970. » le numéro 47  sera consacré à l’Astrologie, sous la plume de Jacques Halbronn, lequel  sera préféré à André Barbault (qui publiera son manuscrit  au Seuil  sous le titre de « Connaissance de l’Astrologie », en 1981.   Nos  Clefs pour l’Astrologie parurent donc en 1976 (trad. espagnole Las claves de la Astrologia, Madrid, 1978). Nous  n’avions pas encore 30 ans, étant né fin décembre 1947) Cet ouvrage de plus de 200 pages  propose une approche critique de la question Dans la 4e de couverture, on lit que l’auteur « entend condamner une  certaine astrologie  qui a  nom « horoscopie » et qui est axée sur le seul moment aléatoire de la naissance » (..)redonner à l’astrologie son assise traditionnelle en discernant les multiples couches qui se sont ajoutées au noyau initial (…) mettre fin à des  pratique qui n’ont d’astrologique que le nom » En 1993, dans la réédition, l’on ajoutait  que l’auteur « s’efforce de préciser à quelles conditions et dans quel esprit il est possible à l’honnete homme de notre temps d’accepter une certaine présence de l’astrologie »  Mais  dès 1974, Fayard  et  Hachette  avaient accuelli l’Astrologie avec les ouvrages de Daniel Verney  et de l’Italienne Lisa  Morpurgo. Fondements  et  avenir de l’astrologie   et .Introduction à la Nouvelle Astrologie et déchiffrement du zodiaque

  En 1985 les éditions Flammarion, publieront L’Etre Cosmique. Dialogue entre l’astrologie et la Science par Solange de Mailly Nesle qui  avait  déjà fait paraitre chez Fernand Nathan, en 1981,  L’astrologie : L’histoire, les symboles, les signes. En 1989, la Collection que Sais je  fera appel à un nouvel auteur (Couderc  était décédé en 1981), Suzel Fuzeau Braech pour le volume Astrologie  ‘n° 2481. laquelle introduisait ainsi son  sujet : »nous nous sommes  efforcés d’exposer dans un premier  chapitre les  composantes  de la technique  astrologique généralement admises aujourd’hui (..)  l’érection d’un thème de naissance d’un  individu ou  carte du ciel (..) est la  base de toute l’astrologie «   A la différence de   Paul Couderc,  l’auteur décrit  d’entrée de jeu  les « différents  classements des signes du  zodiaque ». En 1992, l’auteur publiera chez Robert Laffont  «   L’astrologie. La preuve par deux ». En 1993,  l’Encyclopaedia  Universalis nous chargera de rédiger une nouvelle mouture de l’article Astrologie,  remplaçant celle de René Alleau.(1968), toujours pas  remplacée.

On aura compris que nous avons strictement limité notre corpus aux grandes maisons d’édition  généralistes et n’avons pas englobé les éditeurs  « ésotériques », puisque notre approche était concerné par  une certaine réception de l’astrologie par delà  cette nébuleuse. On pourrait  inclure les  éditions  Fayard  et Payot où  Barbault publia  également  chez  Payot, en 1973  Le pronostic expérimental en astrologie: essai de prévisions mondiales. Volume 20  Aux confins de la science. et  en 1979  une Astrologie Mondiale  chez  Fayard. Mais nous  avons préféré privilégier ici les présentations générales de l’astrologie s’adressant à un public  non limité au champ  ésotérique comme l’entendait  Maurice Privat en 1935. Nous  n’avons pas, notamment, retenu les publications  de Pauvert  et  de Balland sur l’Astrologie  car elles restaient atypiques de l’édition classique.

JHB  06 07 26

 

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jacques halbronn Le thème astral comme cache misère d’une inculture.

Posté par nofim le 4 juillet 2026

jacques  halbronn  Le thème  astral  comme  cache misère d’une inculture.

 

L’astrologie  a -t-elle vocation à appréhender la specificité d’un individu ou  bien plutôt à relier  l’individu à un ensemble?

Sur le web

«Votre thème astral forme une empreinte digitale céleste qui est comme une carte d’identité» : l’avènement des astro-psychologues ».

Selon nous,  la plupart  des  astrologues ont un  bagage  historico -sociologique bien faible et cela les arrange qu »on ne leur demande d’y puiser car ils seraient fort  dépourvus. En d’autres termes, l’approche individuelle, celle du cas particulier, incomparable convient à leurs limites cognitives. De même, ils vont préférer insister sur ce qui est propre à tel événement au lieu d’avoir à relier celui-ci à  toute une typologie  récurrente.  Mais l’astrologue qui est incapable, de par son manque d’observation du monde, de relier une personne ou à un évenement à d’autres personnes et à d’autres événements, ne recherchera dans l’astrologie qu’une excuse à son incapacité à connecter  les personnes et les évenements. Voilà pourquoi l’astrologie va surtout attirer des gens qui préférent  travailler  au  cas par  cas, ce qui est un pis aller,  un cache misère. Or, précisément, ce que l’astrologie peut apporter à la science  historique, à la sociologie, c’est le dépassement des contingences idéologiques. Il  ne faut pas  jouer sur les mots: une chose est de différencier les  groupes entre eux, une autre de différencier les individus  entre eux. Pourtant, une certaine astrologie propose une typologie, une caractérologie – c’est le  cas des signes zodiacaux. Le public est habitué à classer les  gens selon leur signe, ce qui a  au moins le mérite d’une valeur  heuristique, à  savoir penser à se raccorder à tel ou tel  groupe. En astrologie septénale, ce qui nous importe, c’est que le public dispose d’un calendrier des périodes  qui ne se réduise pas à connaitre le signe du mois mais s’ouvre à des périodes de plusieurs années qu’il sera invité à connecter entre elles. C’est ce basculement qui n’avait   pas été encore accompli, notamment du fait de cette inculture historico-politique  qui caractérise le gros des astrophiles. Or, l’on sait que les gens se regroupent certes  du fait de leurs atout  mais aussi de leurs manques. C’est un cercle  vicieux car les gens se retrouvent  entre eux et dissuadent ceux qui n’ont pas le même profil de se  joindre à eux, ce qui sociologiquement est tout à fait prévisible. Si le milieu astrologique avait su garder un certain niveau universitaire, on ne se retrouverait pas de  nos jours  dans la situation  d’une médiocrité générale consensuelle. Il  y a cinquante ans,  le niveau  était sensiblement supérieur à ce qu’il est aujourd’hui.  C’était le temps du MAU, du Mouvement Astrologique Universitaire, fondé en 1975 et qui  attirait une certaine élité un certain noyau.. Mais les Colloques astrologiques ont été vidés de leur substance pour des raisons commerciales et il devenait de plus en plus impossible d’avoir de véritables débats de fond et les personnes  qui remettaient en question la pratique courante de l’astrologie devenaient indésirables, diabolisées.

En 1954, le  jeune André Barbault, dans un texte intitulé « phénoménologie  de l’Astrologie » (VIIIe Congrès International d’Astrologie. Paris. Palais de la Mutualité) écrivait (p. 66) :

« Le phénoméne  astrologique  est un phénoméne  rythmique (..)  L’astrologie introduit dans la pensée  scientifique  la  notion  d’un  « temps  qualitatif(..) Krafft  déclare que « la  révolution  astres, c’est la  révélation du  temps »/ Cette  rythmologie trouve son  organisation  dans les cycles planétaires individuels et collectifs (..) On sait que chaque  cycle suit un rythme précis qui nous  fait passer, à travers des phases intermédiaires par une thèse- conjonctionn ybe antithèse opposition et une  synthèse conjonction. On  voir ici qu’il faut envisager l’astrologie dynamique dans la pensée de la logique dialectique »/ Malheureusement, un tel projet se  heurte à cette inculture que nous dénoncions au début et qui fait que le public moyen n’a pas la mémoire des dates tant individuelles que collectives. Or, les dates sont le langage commun entre astronomie et psychologie. Comme le note (p; 63)  Barbault, dans son introduction,  « Ici, nulle  géométrien nulle mathématique, nulle certitude. Où  est  notre  méridien intérieur (..) Hiatus entre d’une part une référence astronomique rigoureuse et précise au  départ et  d’autre part une  conclusion interprétative vague, imprécise, incertaine. J’ai l’impression de toucher au grand mal de l’astrologie. Quel en est le pourquoi? C’est qu’il manque aux astrologues les « coordonnées humaines » qui fassent , si l’on peut dire, la réplique aux coordonnées célestes connues et utilisées ».

JHB  04 07 26

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jacques halbronn Réflexions sur des écrits de jeunesse concernant l’astrologie et le destin des Juifs. (1966-1969) Le « papje ».

Posté par nofim le 3 juillet 2026

jacques  halbronn   Réflexions  sur des  écrits de jeunesse concernant l’astrologie  et le destin des  Juifs. (1966-1969)

 

Ces  textes nous  renseignent  sur nos représentations de nos 20 ans. Voici  comment nous envisagions le métier  d’astrologue il   y a  60  ans


Texte  I

 » Je suis un Astrologue: cela signifie que je me méfie, ai  horreur,  de tout ce qui est subjectif et jugement impulsif et sans perspectives. Aussi, que  je refus d’atteindre la vérité  absolue car l’homme est incomplet et l’univers qu’il peut  contempler , lui aussi,, est incomplet . Je crois en l’éternel  retour, en l’éternel  changement. Je  ne crois pas en un sens irréversible, constamment positif, d’une manière ou  d’une autre, de l’histoire. Je m’intéresse à un être, à un  événement, non pas parce qu’il est progrès mais parce qu’il appartient aux rouages du cosmos; Je suis persuadé que tout est à comprendre, à expliquer, à situer, à respecter. L’Astrologie permet de répondre à la question : quand, pourquoi, comment. L’homme n’est pas instant, l’histoire n’est pas instant. Quand bien même un homme ne conviendrait-il point à  une époque, il peut  et doit convenir à une autre. Que l’homme enfin se mette à l’école de cette  grande science qui donne à son passé, à son présent, à son futur, comme à chaque homme, sens! »

Le probléme, c’est que nous  n’avions pas alors pris  la mesure de la corruption dont  avait eu à souffrir l’astrologie depuis sa mise en place, sa transmission,  sa  révélation. Ce n’est que peu à peu que certaines incohérences ont pu  nous apparaitre et en 1976, quand parurent nos Clefs pour l’astrologie, nous  étions  encore loin du compte, n’étions pas encore assez armés pour découvrir son plan initial. Mais retenons  une idée force, celle de la nécessité d’attendre son  heure. Nous exprimions  notre  défiance par rapport au  « Moi », partant du général  vers le particulier  et non  l’inverfse. 

 

II

«  Aux  juifs  Je n’ai pas vu  beaucoup d’entre vous  qui n »aient adopté la fausse, la nouvelle  religion. Israel n’est pas né et voilà  que l’on parle des Juifs d’Israel. Voilà  qu’ils ne sont plus comme les juifs d’avant le  retour  et l’on crie à tue tête: voilà à quoi ressemble un Juif rentré chez lui! Israel est dans les langes et tous qui se mettent à chuchoter: ils sont  heureusement comme les autres, ils sont pareils, ni mieux, n pas; Alors on les entend ; le Juifs est fini hors de son exil, le Juif est l’exil. Le  grand plaisir de s’en  apercevoir après ces  événements qui auraient pu  faire songer le contraire: Et vos pères morts qui vous regardent rient, Les  fous, les aveugles, ils ont perdu le chemin, ils ne s’attendnet pas à rencontrer le destin au  détour, ils ne s’attendent pas! Quel sortilège pour qu’aucun ne découvre l’évidence, que l’homme est  esclave de  quelques élus, en son sein, qui  font progresser seuls la machine, inspirés par Dieu. L’homme reg quotidien  est  aveugle, entendez, Juifs, c’est la  grande  leçon! Bientôt on frappera dans les mains pour vous réveiller, juifs; Et le rêve et l’histoire seront uns Vous regarderez  autour de  vous, sentirez à nouveau la Présence; Innocents, qu’ils sont loin – que je vous aime, quelle gracieuse enfance. Le peuple  juif  est enfant. C’est la seconde leçon;  J’ai la tâche d’annoncer le destin, notre destin, je ne vous enseignerai rien  que vous ne sachiez déjà, je  ne vous surprendrai pas  en votre coeur, en votre instinct. Juifs, comment osez  vous oublier devant  vos pères qui vous observent, de chaque parcelle  de notre Terre. (…) Je vais répondre à  la question  que l’Hisoire  vous a posée; Qui êtes vous ,Juifs? Et ceux qui ne se reconnaitront pas  sauront qu »on les a  trompés en les appelant Juifs. A  l’origine des êtres, il y  a l’Eternel; Il créa le peuple  juif et il créa d’autres peuples de toute taille, de toute forme. Chaque peuple  vit  et meurt, plus son existence sera coute , plus chaque étape le sera également. Le peuple  juif doit vivre éternellement car il  est le compagnon de l’Eternel. Le peuple  juif est le seul de tous ceux qui habitent l’univers à être et vivant  et enfant. Malgré sa puissance  future, il doit encorec craindre les autres peuples, comme l’enfant pleure devant le lion, Croyez- vous, Juifs, que vous ne formez qu’une nation parmi les autres? Qu’est ce qu’une nation? Une nation ne tient qu’à  un piètre  fil : l’habitude. Y en a -t-il encore parmi  vous, qui ne voyiez pas que si vous ne vous êtes pas mêlés, c’est parce qu’on ne confond jamais des tas de  sel  avec des miettes d’acier. Mais, finies les larmes! »

. Nous  avions  été  frappé  par l’ouvrage  de Georges  Friedman (Fils du peuple Juif? Collection  Idées), sorte de désenchantement par rapport à la société  israélienne  d’avant la Guerre des Six Jours. Nous  proposions une décantation, une sélection  au sein même du monde  juif. Il  y aurait de vrais  et  de  faux  Juifs comme  il  y  aurait une vraie et  fausse astrologie.. Pour nous de même que ‘l’astrologie était liée au plan  divin, il  en était de même pour les  Juifs.

Sur la  terminologie  « papje ». « Le terme de papje qui n’a  aucun  sens permet de  mettre l’accent sur le  fait que le non -génie est d’une autre espèce que l’homme et que ses capacités se développent  plus  ou moins comme  chez l’homme, qu’il faut  chercher à les épanouir.De même,  que l’on  trouve  anormal qu’un homme ne marche pas, ne parle pas, ne sache pas compter ou  écrire lorsqu’on le lui apprend, de même  faut il  trouver anormal  qu’un papje  ne puisse  créer, inventer, critiquer. Il  faut  chercher  systématiquement à lui permettre de puiser dans ses capacités. Cette  constation  est  fondamentale car elle  ajoute une  barrière de plus entre Israel et les autres peuples. Comment  savoir  qui est papje? demande-t-on  souvent (…). Dans le peuple  juif; les conditions sont différentes. Il  y  a )une quasi-certitude que l’individu  est papje (..) Mais être papje ne suffit pas (…) Tout d’abord, l’évolution n’est  jamais  terminée. (.Le  rikje, en  revanche, n’était   poussé  que par sa  volonté  de puissance  (…) A la  notion  d’être autonome, l’on préfèrera celle  de papje  qui  indique  le caractère potentiel, évolutif  de l’être et sa  différence  spécifique(..) Tous les papjes possédent des capacités cérébrales illimitées mais sont tombés, tôt ou  tard, dans la sclérose, la dépendance, l’absurdité et ainsi ont perdu cette potentialité »

  JHB 07 07 26

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jacques halbronn La fortune des Actes (papier) de Colloques astrologiques (1979- 2000)

Posté par nofim le 28 juin 2026

jacques  halbronn  La  vie  Astrologique. La  fortune des Actes (papier) de Colloques astrologiques francophones (1979- 2000)

A moins de remonter à 1935 (Institut Astrologique Revue Demain, https://librairie-ancienne-clagahe.fr/livre/compte-rendu-du-deuxieme-congres-international-dastrologie-scientifique-bruxelles-15-20-juillet-1935/) – 1937 (SAF, CAF) et 1953-54 (CIA), qui virent paraitre  les Actes de Congrès organisées à Bruxelles et à Paris, c’est en 1979 qu’il convient de situer une tradition de publication d’Actes de Colloques Astrologiques,  avec la sortie d’Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau (Ed Albatros-Revue Autre Monde).  Les années 80 verront paraitre la  série des « Congrès internationaux d’astrologie »,  Astro  group Editions  (dir Georges Scheppers) en province, à commencer par le Congrès de Metz 1982 (n°1), puis de Toulouse (n°2, 1982), et Athènes ( 1982, n°3, dans le cadre de la Fédération Internationale méditérranéenne d’Astrologie (FIMA) avec photos à l’appui. En 1981,  avait eu lieu un congrès à Londres que nous avions organisé mais c’est celui de 1984 (également  suscité par nous) qui paraitra en anglais, sous la direction du Canadien Patrick Curry « Astrology, science, and society : historical essays » Les années 90 produiront une  série d’Actes liés à des rencontres parisiennes mais signalons qu’une couverture vidéo  sera réalisée  à partir de 1984, puis 1988 et suivantes sans parler de couverture audio  en 1987, que l’on retrouvera sur Teleprovidence.(notamment le Congrès de 1995 (20e anniversaire MAU), de  2000,  avec le MAU et le CURA, et  2004, mis en ligne en 2007-2008) En 1995, nous produirons une cassette  en l’honneur des 20 ans de la fondation du MAU.  Mais c’est bien autour de l’An 2000  que les Actes des Colloques astrologiques sur support papier  auront  la place à d’autres supports. On peut même penser regrettable que Lenoble ait renoncé à filmer ses congrès pour  ne produire que ce qui s’apparente à une revue alors que  nous mêmes nous avions opté pour la  vidéo dès 1984! .

 Yves Lenoble poursuivra à partir  de 1990 jusqu’en l’an 2000  la tradition des Actes papier réservés à des événements parisiens.(SEP Hermès  cf  ci-dessous  avec chaque année, une planéte., de Mercure à  Pluton plus les luminaires ( Soleil – Lune)

 

   Actes des congrès parisiens SEP-Hermès
(SEP-Hermès  www.sephermes.com)       yves.lenoble@noos.fr

 

 

Actes / Mars :

Mercure et la communication – 1990

Vénus et la vie affective -1991

Mars et la vie professionnelle – 1992

Les luminaires et les luminaires noirs – 1993

Jupiter et l’interprétation -1994

Saturne et son symbolisme – 1996

Uranus et son symbolisme – 1997

Neptune et son symbolisme -1998

Pluton et son symbolisme – 1999

La croix des signes fixes – 2000

Actes / novembre :

La Prévision en Astrologie – 1996

La Synastrie – 1997

Les maisons – 1998

Les aspects -1999

 

 

# Mercure et la communication (Mars 1990)

 

  • Dominique Levadoux-Feuillette : Les divers modes de communication : souffle et communication

  • Table ronde sur  » Astrologie et informatique  » avec la participation
    de Pierrick Bourgault, Christophe de Cène, Maurice Charvet, Bernard Crozier,
    Béatrice Guénin, Guy Launay, Robert Morin, Francis Santoni 

  • Yves Lenoble : L’astronomie de Mercure et ses cycles 

  • Yves Lenoble : Mercure dans la Tétrabible de Ptolémée

  • Jean-François Berry : Mercure selon la pensée de Rudhyar 

  • Joëlle de Gravelaine : Mercure et la parole 

  • Christine Saint Pierre : Mercure selon l’astrologie de Jean-Pierre Nicola 

  • Richard Rongier : Mercure dans les thèmes d’humoristes

  • Solange de Mailly Nesle : La symbolique de Mercure dans la mythologie, dans l’alchimie et en astrologie

  • Catherine Pellegrini : Pour une épistémologie de l’astrologie

  • Suzel Fuzeau-Braesch : L’histoire du récent  » Que sais-je ?  » sur l’astrologie

  • Table ronde sur  » Astrologie et Science  » avec la participation de Bernard Crozier, Marief Cavaignac, Bernard Dumont, Suzel Fuzeau-Braesch, Philippe Leconte, Solange de Mailly Nesle, Catherine Pellegrini 

 

#Vénus et la vie affective (Mars 1991)

  • Catherine Pellegrini : L’ambivalence de Vénus : charmer le corps, charmer les dieux
  • Lynn Bell : La mythologie de Vénus
  • Guy Launay : Vénus, maîtresse du Taureau
  • Yves Lenoble : L’astronomie de Vénus : le cycle de 8 ans et l’étoile à 5 branches
  • Catherine Aubier : Les aspects des planètes à Vénus
  • Table ronde sur la signification des transits des planètes lentes sur Vénus avec Catherine Aubier, Suzel Fuzeau-Braesch, Joëlle de Gravelaine et Solange de Mailly Nesle
  • Alex Ruperti : Les quatre phases du cycle Soleil-Vénus : que faire avec Vénus rétrograde ?
  • Muriel Sonnet et Paule-Henriette Lévy : L’image que l’astrologie donne d’elle-même dans la presse écrite
  • Christine Saint Pierre : Vénus selon l’astrologie conditionaliste
  • Jean-Pierre Nicola : Le point sur la théorie des âges et quelques notes sur le R.E.T.
  • Philippe Granger : La dimension psychanalytique de Vénus
  • Béatrice Guénin : Exemples de comparaisons de thèmes
  • François Villée : La vie affective selon l’astrologie
  • Table ronde sur la synastrie avec Jean-Pierre Nicola, Alex Ruperti et François Villée

 

#Mars et la vie professionnelle (Mars 1992)

  • Bernard Dumont : La mythologie de Mars
  • Francis Santoni : L’astronomie de Mars
  • Françoise Gauquelin :  » L’effet Mars « 
  • Yves Lenoble : Les cycles liés à Mars
  • Catherine Aubier : Le rôle déclencheur des transits de Mars
  • Elizabeth Teissier : Mars et les maîtresses femmes
  • Alexander Ruperti : Le rôle de Mars dans l’astrologie humaniste
  • Jean-Pierre Nicola : L’interprétation de Mars en conditionalisme
  • Suzel Fuzeau-Braesch : Mars et les jumeaux
  • Pierre Dicharry : Relation entre tests de personnalité et astrologie
  • Martine Barbault : Les critères de l’orientation professionnelle
  • Alain Toussaint : L’astrologie peut-elle devenir un outil d’évaluation
  • de la personnalité dans une optique professionnelle ?
  • Solange de Mailly Nesle : Astrologie et entreprise
  • Chantal Degrave : L’astrologie est-elle un outil de gestion de la vie professionnelle ?
  • Table ronde sur  » Astrologie et vie professionnelle  » avec la participation de Martine Barbault, Chantal Degrave, Rami Kechteil, Alain Toussaint

 

#Les luminaires et les luminaires noirs (Mars 1993)

  • Catherine Pellegrini : Les multiples visages du Soleil et de la Lune
  • Micheline Flak : Le Soleil et la Lune dans la tradition indienne
  • Charles Harvey : Les mi-points Soleil – Lune
  • Bernard Blanchet : Le Soleil dans la vie professionnelle
  • Martine Barbault : Les aspects Soleil-Lune et leur évolution au cours du temps
  • Jean-Pierre Nicola : Le pouvoir de la Lune et le pouvoir du Soleil
  • Suzel Fuzeau-Braesch : La Lune en biologie
  • Alex Ruperti : Le cycle de la lunaison
  • Irène Andrieu : L’importance de la Nouvelle Lune dans les choix psycho-sociaux
  • Yves Lenoble : Les cycles liés au Soleil et à la Lune
  • Jany Bessière : L’interprétation des éclipses et des lunaisons en astrologie
  • Table ronde sur les lunaisons avec Lynn Bell, Maurice Charvet, Bernard Crozier et Isabelle Morice
  • Annie Lacheroy : Signification des transits de la Lune noire
  • Table ronde sur l’astronomie de la Lune noire avec Max Duval, Axel Harvey, Francis Santoni, Gilles Verrier
  • Robert Amadou : Astro-Mytho-Théologie de la Lune noire
  • Joëlle de Gravelaine : L’apport de la Lune noire dans l’interprétation du thème
  • Robert Changeux : L’interdialectique des luminaires et des luminaires noirs, quatuor du verbe créateur

 

#Jupiter et l’interprétation (Mars 1994)

  • Joëlle de Gravelaine : La mythologie de Jupiter
  • Christine Saint-Pierre : Jupiter dans le RET et la Théorie des Ages
  • Françoise Gauquelin : Jupiter sous l’angle des statistiques
  • Suzel Fuzeau-Braesch : Jupiter et les jumeaux
  • Yves Lenoble : L’astronomie et les cycles de Jupiter
  • Elizabeth Teissier : Quand le grand bénéfique fait la grimaces ou les dissonances jupitériennes
  • René Morlet : Les transits de Jupiter (exemples tirés de travaux personnels sur 280 célébrités)
  • Jeff Jawer : Les aspects des planètes à Jupiter
  • Liz Greene : Jupiter comme significateur parental dans le thème de naissance
  • Alain Curabet : Jupiter et la mystique
  • Herrade Jansem : La dynamique jupitérienne : du bien-être matériel au bien-être spirituel
  • Lynn Bell : La créativité dans la consultation astrologique
  • Alex Ruperti : Les quatre niveaux de l’interprétation
  • André Barbault : Approche d’une synthèse du thème
  • Interprétation du thème d’Alexandra David-Neel par :
  • Samuel Djian-Gutenberg (astrologie humaniste)
  • Catherine Aubier (astrologie psychologique)
  • Christine Saint Pierre (astrologie conditionaliste)
  • Joëlle de Gravelaine (Lune noire)
  • Bernard Dumont (cosmobiologie systémique)
  • Martine Barbault (astrologie dynamique)
  • Sylvie Chermet Carroy (astrologie karmique)
  • Solange de Mailly Nesle (astrologie symbolique)

 

#Saturne et son symbolisme (Mars 1996)

  • Grazia Mirti : Saturne entre Orient et Occident
  • Ivan Othenin-Girard : L’astronomie-astrologie de Saturne
  • Joëlle de Gravelaine : La mythologie de Saturne
  • Denis Labouré : Saturne dans les textes anciens
  • Annick de Souzenelle : L’ontologie de Saturne
  • Bernard Blanchet : Saturne et la théorie des Ages
  • Marielle Garel : Saturne et la pensée introvertie
  • Martine Barbault : Les aspects de Saturne aux planètes rapides
  • André Barbault : Aperçu synthétique sur Saturne
  • Yves Lenoble : Les cycles Soleil-Saturne et Lune-Saturne
  • Luc Marianni : Signification des rétrogradations de Saturne
  • Catherine Aubier : Les transits de Saturne
  • Robert Gouiran : Saturne et Lune, miroirs de l’être et sentinelles du destin
  • Olivier Clouzot : Saturne et la trialectique
  • José Luis San Miguel de Pablos : Saturne, l’analyse systémique et le système Terre-Lune
  • Pierre Dicharry : Saturne et les étudiants
  • Stephen Arroyo : Les aspects de Saturne dans la comparaison de thème
  • Alex Ruperti : Le couple Lune-Saturne en astrologie humaniste
  • Ulrike Voltmer : Saturne symbole du conflit entre le sens du devoir individuel et les exigences sociales
  • Denise Chrzanowska : Le cycle de Saturne en astrologie mondiale
  • Jany Bessière : Réhabiliter Saturne
  • Maurice Charvet : Saturne chez les astrologues
  • Katherine Hyman : Le rôle indispensable de Saturne dans la création artistique
  • Solange de Mailly Nesle : Saturne et Lune gardiens du seuil dans la vie spirituelle

 

#Uranus et son symbolisme (Mars 1997)

  • Jean-François Berry : La découverte d’Uranus
  • Ivan Othenin Girard : L’astronomie-astrologie d’Uranus
  • Gilles Verrier : La mythologie d’Uranus
  • Katherine Hyman : Beethoven et la révolution musicale
  • André Barbault interviewé par Yves Lenoble
  • Suzel Fuzeau-Braesch : Uranus et les étudiants
  • Christine Saint Pierre : Uranus et la Théorie des Ages
  • Anne Vigliengo : Les effets de la rétrogradation d’Uranus
  • Marielle et André Garel : Uranus et le changement
  • Aline Apostolska : La dialectique Soleil-Uranus
  • Table ronde  » Astrologie et informatique  » : Catherine Aubier, Lynn Bell, Bernard Blanchet, Christophe de Cène, Maurice Charvet, Mark Pottenger, Bernard Villemin et Francis Santoni
  • Jean Louis Coudret : Uranus et les aviateurs
  • Charles Ridoux : Uranus dans le trio Uranus-Neptune-Pluton en astrologie mondiale
  • Emmanuel Le Bret : Uranus et la spiritualité
  • Dominique Levadoux-Feuillette : Uranus : souffle et différenciation
  • Alex Ruperti : Uranus, maître des transformations
  • Annick de Souzenelle : L’ontologie d’Uranus : recherche de son archétype
  • Zipporah Dobbyns : Uranus ou le besoin de dépasser les limites
  • Jany Bessière : Les coups durs d‘Uranus
  • Solange de Mailly Nesle : Uranus : sa dimension angélique et diabolique

 

#Neptune et son symbolisme (Mars 1998)

  • José-Luis San Miguel de Pablos : La découverte de Neptune
  • Gertrud Hamers : Signification du thème de la découverte de Neptune
  • Bernard Melguen : L’astronomie-astrologie de Neptune
  • Bernard Blanchet : Neptune et la théorie des Ages
  • Solange de Mailly Nesle et Yves Lenoble : Hommage à Joëlle de Gravelaine
  • Marief Ruperti-Cavaignac et Christian Drouaillet : Hommage à Alexander Ruperti
  • Catherine Aubier : L’effet concret des transits neptuniens
  • Christian Guellerin : La thématique Neptune-Poissons chez les photographes
  • Irène Andrieu : Les phases du cycle Soleil-Neptune
  • Sylvie Lafuente : La face cachée de Neptune
  • Samuel Djian Gutenberg : Neptune et la voie du cœur
  • Sylvie Chermet Carroy : Neptune et le guide invisible
  • Suzel Fuzeau-Braesch et Pierre Dicharry : Neptune et les étudiants
  • Jacqueline Aimé : Neptune, l’âme et l’inconscient
  • Lynn Bell : L’interprétation de Neptune dans les thèmes
  • Jean-François Berry : Les  » dix-solutions  » de Neptune
    • Martine Barbault : L’aspect Uranus-Neptune dans les thèmes d’inventeurs et dans celui de leurs découvertes
  • Yves Haumont : Neptune et le sentiment religieux
  • Dominique Levadoux-Feuillette : Neptune,le stade océanique
  • Solange de Mailly Nesle : Neptune , pour quelle mutation ?

 

#Pluton et son symbolisme (Mars 1999)

  • Yves Lenoble : Présentation des Journées  » Pluton « 
  • Bernard Melguen : L’astronomie-astrologie de Pluton
  • Bernard Blanchet : Pluton et la transcendance
  • Arielle Aumont : Pluton, l’ouvreur de chemin
  • André Barbault : Pluton et la queue du saurien
  • Darby Costello : L’art de naviguer dans les transits de Pluton
  • Robert Jacques Thibaud : Pluton, le dieu invisible
  • Marie-Laure Colonna : Histoires de vampires : du démon au daïmon
  • Fanchon Pradalier Roy : Pluton et l’incarnation
  • Dante Valente : La composante plutonienne dans la musique populaire
  • Patrick Giani: Le pouvoir de purification de Pluton
  • Irène Andrieu : L’univers du féminin chez Pluton
  • Suzel Fuzeau-Braesch et Pierre Dicharry : Pluton et les étudiants
    • Christian Drouaillet : Pluton : des profondeurs du vide à la renaissance vers l’essentiel
  • Nick Kollerstrom : L’énergie atomique
  • Hélène Jacquemin Le Vern : Le corps tabou ou l’ambivalence
  • Katherine Hyman : Mozart et la mort
  • Solange de Mailly Nesle : Ombres et lumières plutoniennes
  • Catherine Gestas : Pluton et les rituels de passage
  • Dominique Levadoux : Pluton et le retournement
  • Pierre Etévenon : Pluton trans-dimensionnel
  • Yves Lenoble : Epilogue

 

#La croix des signes fixes (Mars 2000)

  • Grazia Mirti : L’iconographie des signes fixes
  • Pascal Charvet : L’invention du ciel par les Grecs
  • Guiseppe Bezza : Les signes fixes dans l’astrologie pré-moderne
  • Bernard Melguen : De l’ère du Taureau à l’ère du Verseau
  • Marielle Garel : Le Taureau et son ombre
  • Robert Hand : Les signes fixes, les équinoxes et les solstices
  • Robert Jacques Thibaud : La mythologie des signes fixes
  • Frédérique Dambreville et Gilles Verrier : Les mécanismes de défense des signes fixes
  • Paul Bernard-Decroze : La signification des blasons en croix
  • Bernard Blanchet : Les signes de milieu de saison
  • Lynn Bell : De la résistance à la puissance – comment comprendre les carrés entre les signes fixes
  • Denis Labouré : L’utilisation des signes fixes dans l’astrologie traditionnelle
  • Christian Charrière : Une expérience visionnaire en Atlantide
  • Ivan Othenin-Girard : Les degrés centraux des signes fixes
  • Marc Bériault : L’axe Lion – Verseau
  • Fanchon Pradalier Roy : La croix de l’Homme
  • Pierre Etevenon : Les croix et les hypercubes

  

 

 

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jacques halbronn Saturnocentrisme et judéocentrisme: les révolutions de Saturne/

Posté par nofim le 25 juin 2026

jacques  halbronn  Saturnocentrisme  et judéocentrisme: les révolutions de Saturne.

 

L’accent mis sur les  seules  révolutions de Saturne dans la littérature prophétique et plus spécialement  antéchristique, vient  confirmer nos  recherches actuelles en Astrologie septénale et le  saturno-centrisme voué à remplacer à terme l’héliocentrisme  copernicien. Les historiens ne semblent pas avoir tirer tous les enseignements d’une telle formulation, du  fait d’une compréhension défectueuse du  systéme  astrologique.  Pour les astrologues actuels, cela ne fait guère sens de mettre en avant les  ‘révolutions saturniennes », au sens astronomique du terme.  En fait, comme s’en explique Amanda Phillimore (cf notre bibliographie), on serait en face d’un syncrétisme dès lors que l’on cherche à combiner un tel dispositif  avec la théorie des Grandes Conjonctions ‘(de  jupiter  avec Saturne, notamment avec Albumasar)  On  retrouve ici un débat  qui vient diviser la communauté astrologique opposant André Barbault et  Jacques  Halbronn à savoir d’une par une combinatoire de planétes et de l’autre, une  cyclologie centrée exclusivement sur la révolution de la planéte Saturne lors de son passage sur le point vernal. (cf notre Astrologie selon Saturne; Ed La Grande Conjonction 1994-1995) On partira du texte d’Amanda Phillimore (op. cit) qui signale la cohabitation au Moyen Age de deux approches du ciel, la saturnienne et la jupitéro-saturnienne. (p.82)Dans son étude du Livre des prophéties de Christophe Colomb, il  est question des 10 révolutions de Saturne (p;88) autour de l’année 1189

sur le web

 » La troisième croisade, qui débuta en 1189 et s’acheva en 1192, est une série d’expéditions menées par Frédéric Barberousse, empereur germanique, Philippe Auguste, roi de France, et Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre, dans le but de reprendre Jérusalem et la Terre sainte à Saladin » 

sur le  web

« L’empereur germanique Frédéric Barberousse répond également à l’appel du pape ; il prend la croix à la Cathédrale Saint-Martin de Mayence le 27 mars 1188, quitte Ratisbonne le 11 mai 1189 à la tête d’une armée forte de cent mille hommes selon les chroniqueurs contemporains, traverse le royaume de Hongrie et prend la direction de Byzance. C’est la première fois que l’empereur participe à la croisade. » Mais cette date  de 1199  est à  rapprocher de 1260, ce qui est un chiffre saturnien, correspondant à 3 ans et demi,(cf notre astrologie septénale), le huitième d’une  révolution de Saturne. 

Si l’on ajoute 300  ans, on arrive à 1489, ce qui coincide avec l’Expulsion des juifs d’Espagne 

sur le web

« L’Espagne s’enorgueillit en cette année 1492, après avoir chassé les Maures et les juifs, d’être touchée par la grâce et récompensée par l’or des Amériques. »
 sur le web
Tous les exilés de Jérusalem en Espagne quittèrent cette contrée maudite le cinquième mois de l’année 5252, c’est-à-dire en 1492, et de là se dispersèrent aux quatre coins de la terre. »
Or, si l’on ajoute encore 300 ans, on arrive à 1789, date mise en avant par Pierre d’Ailly.C’est le temps de l’Emancipation des Juifs de France plus encore que celui  de la Révlution Française  (cf le discours  de l’Abbé  Grégoire (Metz)
Selon nous, tout passe ici par Saturne  et par le sort  réservé aux  Juifs. Le  choix  de Saturne  est expliqué ainsi assez  confusément en parlant  du  » cycle le plus court de Saturne », en comparaison de celui de combinatoires planétaires
« :Le cycle le plus court est celui de la révolution de Saturne, qui dure trente ans  »
wikipedia:
« Dans le débat de son temps sur l’astrologie, Pierre d’Ailly tient une position nuancée. Il estime que l’influence des astres n’est pas incompatible avec le libre arbitre des hommes et la toute-puissance de Dieu. Dans son De concordia astronomice veritatis et narrationis historice, ou Concordantia astronomie cum hystorica narratione, le cardinal étudie la concordance des mouvements des astres avec le déroulement de l’histoire. Il s’attache en particulier à Saturne, Jupiter et Mars. La conjonction de ces trois planètes est extrêmement rare ; elle se produisit en 1346, précédant de peu la peste qui s’abattit sur l’Occident, tuant un tiers de la population. Quant à la conjonction de Saturne et de Jupiter dans le signe du Bélier, elle a lieu tous les neuf cent soixante ans. Pierre d’Ailly écrit qu’elle se produira vers 1693. Le cycle le plus court (sic) est celui de la révolution de Saturne, qui dure trente ans ; Pierre d’Ailly fait correspondre en particulier le cycle de dix révolutions de Saturne, soit trois cents ans, avec de grands événements, en 889 et 1189. Il annonce de grands changements pour 1489, et il note pour 1789 : « Si le monde dure encore jusqu’à cette année-là, ce que Dieu seul sait, il y aura alors de grands, nombreux et étonnants changements dans le monde, principalement dans la loi et la religion […] Peut-être que l’Antéchrist viendra à ce moment-là, avec sa loi et doctrine détestable, en tout contraire à la loi du Christ. En effet, même si l’homme ne peut connaître avec certitude le moment précis de sa venue, comme nous l’avons dit par ailleurs, l’astronomie peut permettre cependant, sans donner de date exacte, de conjecturer avec vraisemblance qu’il viendra vers cette époque »
En  fait, le recours aux  révolutions de Saturne ne tient nullement à la question de telle ou telle  cyclicité mais au fait que Saturne , au niveau astrologique, joue  un rôle central, donnée  assez mal connue  et  reconnue » et dont Pierre d’Ailly perpétue le souvenir  alors que par la suite, Saturne n’est plus considérée, au regard de l’astronomie, que comme une planéte parmi d’autres.  Force est de constater que l’intervalle entre des  dates historiquement marquantes  peut être considéré comme étant  de 300 ans, ce que 1789, date inconnue de Pierre d’Ailly,de son temps, vient tout à fait confirmer. L’astrologie aurait  plus à apprendre de l’Histoire que de l’Astronomie.
Dans notre « Astrologie selon Saturne », ce qui  nous  avait en effet guidé, c’est l’intervalle  entre les deux grandes  révolutions de 1789 et 1848, à savoir 60 ans ainsi que les 120 ans entre 1848 et 1968. Saturne serait donc bel et bien la clef de l’Astrologie Mondiale depuis le Moyen Age. A  un  chiffre près, on rapprochera 1959 et 1989  avec un intervalle de 30  ans séparant les deux grands processus de décolonisation, à l’Ouest (France) et à l’Est (Russie) du continent européen sans oublier les 14-15 ans qui  séparent 1944 et 1959.

 

 

 

Bibliographie

j. Halbronn  Le prophétisme antéchristique

jacques halbronn Théologie. La France messianique. Trois approches

Amanda Phillimore. « Pierre d’Ailly  et le Livre des Prophéties de christophe colomb », Colloque européen 16-17 mai 1992. De Pierre d’Ailly  à Christophe Colomb)

Noel  Valois Un ouvrage inédit  de Pierre d’Ailly Le De persecutionibus Ecclesia.

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Le prophétisme antéchristique par Jacques Halbronn

Posté par nofim le 25 juin 2026

PROPHETICA

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Le prophétisme antéchristique

par Jacques Halbronn

    “[Pierre d’Ailly] pense faire beaucoup de vouloir accommoder les histoires aux grandes conjonctions qui se font au signe d’Aries présupposant cela advenir au bout de 960 ans qui est faux Il n’y faut que 800 ans ou environ. De quoi il faut que vous soyez averti (s’adressant à Bodin) pour effacer cette erreur de votre livre, car vous avez suivi presque les mêmes d’Alliac et des astrologues pour le renouvellement des dites conjonctions. Cela se fait de 800 ans en 800 ans, un peu plus ou moins, sans passer outre” (Auger Ferrier)

    De quelle façon le prophétisme a-t-il affecté et marqué les diverses sensibilités du christianisme – ainsi pour le protestantisme exacerbé par la Révocation de l’Edit de Nantes – mais aussi quelles répercussions une certaine eschatologie a-t-elle entraînées dans les milieux juifs ? On pense bien entendu aux Protocoles des Sages de Sion, parus, selon nous, en réaction à la tenue des premiers congrès sionistes de la fin du XIXe siècle. Mais le prophétisme biblique n’est-il pas au demeurant une des sources de l’antijudaïsme, lorsque les prophètes juifs mettent en cause, avec virulence, les pratiques de leur propre peuple ? Pratique répandue, pour l’exégèse chrétienne, de retourner leurs débats internes contre les Hébreux.

Le pape joue, dans cette affaire – et malgré lui – un rôle essentiel et avant tout en tant que repoussoir. Les spéculations sont souvent liées à la fin de la papauté et cela bien avant l’émergence du protestantisme qui, dans ses expressions eschatologiques, sera l’héritier d’une hostilité de certains milieux ecclésiastiques médiévaux connus sous le nom de spirituels. Pour les uns, la fin d’une papauté antéchristique est attendue avec espoir tandis que pour les autres, elle est le dernier rempart avant l’avènement redouté. Les enjeux politiques inversés impliquent, chorématiquement, certaines gesticulations, ce qui est bon pour l’un est mauvais pour l’autre, ce qui est “millénariste” – c’est-à-dire ère de bonheur – devient “antéchristique”, temps de souffrance : l’un est le revers de l’autre : c’est pourquoi aux 1000 ans de l’Apocalypse font pendant les 1290 jours / ans (selon l’exégèse joachimite) du Livre de Daniel. Et ce, éventuellement, pour rendre compte de la même époque historique. Ajoutons que chaque grille de lecture implique une interprétation plus ou moins forcée et simplifiée des événements révolus, notamment en ce qui concerne la vision daniélienne de la succession des empires.

En réalité, dans tous les cas de figure, le pape est en ligne de mire car s’il n’est pas, synchroniquement, l’Antéchrist, tôt ou tard il s’en fera diachroniquement le complice – annoncent les Vaticinia en se servant d’une iconographie saisissante et se retrouvera quelque temps sous sa coupe, tant et si bien que toute eschatologie, d’où qu’elle vienne, apparaîtra comme fâcheuse pour la papauté sinon pour la Chrétienté.

Les échéances prophétiques et leur report

   Avec le recul, force est de constater que depuis des siècles, l’on n’a pas cessé de repousser les échéances comme le montre caricaturalement le passage de 3 ans et demi pour le règne de l’Antéchrist à 1260 ans, par un simple jeu d’écritures. Le néo-prophétisme, c’est aussi ce réajustement des chiffres.

Face à un prophétisme articulé autour des cycles astronomiques, il en est justement un autre qui tient sa place à la Renaissance et qui fonde ses calculs sur un certain nombre de données chiffrées issues de la Bible, telles qu’on les trouve notamment dans le Livre de Daniel, dans les Evangiles et dans l’Apocalypse. Mais ce prophétisme là aura imposé une thématique centrale, celle de l’Antéchrist comme étant associée à toute échéance.

On observera que certains livres bibliques comportent des chiffres, quelque forme de chronologie, peut-être d’inspiration astrologique ou du moins hémérologique. Qu’à cela ne tienne, il s’agit là de textes dont il est loisible d’extraire des éléments prévisionnels à condition toutefois de déterminer un point de départ et c’est la fixation de celui-ci qui donnera lieu à un nombre quasi illimité de spéculations, depuis la date de la mort de Jésus jusqu’à celle près de treize siècles plus tard, de la fondation, en 1299, par Osman de l’Empire Ottoman, portant son nom, en passant par Constantin ou la prise de Jérusalem. L’Histoire n’est évidemment pas chiche en matériel sur lequel adapter tel ou tel chiffre à condition toutefois de lui conférer une dimension à long terme : là où le texte biblique parle de jours, mieux vaudra comprendre années, tous les moyens sont bons pour couvrir plusieurs siècles passés et déboucher ainsi sur un avenir plus ou moins proche.

Il conviendra d’aborder un certain nombre de modèles nourrissant le texte prophétique de nature non plus astrologique mais exégétique. Il s’agit, pour les auteurs qui suivront, d’articuler quelques thèmes, par exemple l’Antéchrist, sur quelques chiffres, tels les 1260 jours prophétiques de l’Apocalypse. Mais, ces chiffres prophétiques ne sont-ils pas issus, à leur tour, du calendrier voire de quelque cycle planétaire ?

Quelle est, au vrai, la nature des liens existant entre astrologie et prophétisme ? Il conviendrait de préciser qu’il s’agit du “prophétisme moderne” face à une astrologie antique, à laquelle il convient parfois de se référer sans nécessairement en assumer les contraintes. Pierre Brind’amour, en privilégiant parfois la dimension astronomique proprement dite, n’a-t-il pas exagéré une dépendance plus formelle que réelle ? L’astrologie n’est-elle pas devenue à la Renaissance un langage relativement peu contraignant avec lequel on trouve des arrangements et qui, par sa complexité même, autorise tous les montages souhaités par le politique ? Que l’on songe que Jean-Aimé de Chavigny fait accepter, dans le Janus Gallicus de 15941 la thèse selon laquelle les “présages” tant en prose qu’en vers parus pour telle année, donc a priori sur une certaine base astronomique, peuvent valoir pour une autre année. N’est-ce pas la preuve que ces quatrains n’ont en fait aucune assise temporelle, qu’ils peuvent en tout cas être recyclés ? C’est d’ailleurs une des causes de son déclin au XVIIIe siècle – et de sa survie dans la marginalité socio-culturelle – qu’un certain désir d’autonomie face au politique, d’exister en tant que science, d’où ce pseudo-débat sur la place de l’astrologie à l’Académie Royale des Sciences dans le dernier tiers du XVIIe siècle. Un tel besoin d’émancipation aura brisé l’écosystème permettant à l’astrologie de s’épanouir à l’ombre du pouvoir. Autrement dit, l’astrologie aurait depuis longtemps perdu sa virginité, elle a du apprendre, pour qu’on continue à la tolérer dans les hautes sphères, à servir certains intérêts parfois aux dépens de sa rigueur doctrinale. Il se pourrait que l’homme ait un besoin de transcendance – culte des astres, des animaux, des dieux, des prêtres(ses), des rois, des femmes etc. – et qu’il confère à certains objets, à certains êtres, un pouvoir dont ceux-ci risquent d’abuser par une sorte de contre-transfert et c’est alors le temps des révolutions qui remettent chacun à sa place. On y brûle ce qu’on a adoré.

Encore convient-il de distinguer les cas où une date avancée est proprement astronomique – mais ne peut-on aisément trouver un substrat astral à toute date – et le fait que telle année soit associée à tel événement politique que l’on cherche en fait à expliquer après coup, quitte, au prix d’une interpolation ou d’un faux, à faire croire que telle prophétie avait fourni à l’avance la date du dit événement.

Ne serait-il pas plus pertinent de parler d’un lien entre prophétisme et astronomie ? Nostradamus annonce des “quatrains astronomiques” dans la Préface à César. Certes, en ce temps, l’on tend à confondre les termes : astronomia et astrologia, certes, à la façon de J. Kepler, tel astronome fut également astrologue. Il n’en reste pas moins que les deux disciplines, unies au sein des Arts libéraux, se distinguent nettement, comme déjà le notait Ptolémée, dans le Tetrabiblos, au IIe siècle de notre ère : “Nous allons parler de la seconde partie qui n’est ni si assurée, ni si parfaite, selon une méthode convenable à la philosophie, et de telle sorte que toute personne qui aimera la vérité ne comparera pas les arguments avec la certitude de l’autre immuable doctrine, lorsqu’il pensera combien grande est la faiblesse commune et la difficulté de conjecturer etc. ”.2

A quel moment passe-t-on de l’astronomie à l’astrologie ? Tant que l’on se contente de décrire des configurations planétaires, que l’on publie un Ephemeridum ou un Eclipsium, organisés année par année, à la façon de Leovitius, on reste dans le champ astronomique, on décrit des faits célestes avec plus ou moins de précision mais on ne “mord” pas sur l’astrologie. Encore que, comme le note Isabelle Pantin, que de tels ouvrages soient surtout utiles pour les astrologues auxquels ils évitent de lourds calculs. Quand on signale une comète ou une stella nova, on ne se situe pas davantage ipso facto dans ce domaine.

En revanche, est-ce que tout discours sur ces phénomènes ne devient pas d’emblée d’ordre astrologique ? Mais faut-il nécessairement un discours en bonne et due forme lorsque le lecteur a vaguement une idée de ce que présagent de tels événements cosmiques ? Que signifient en effet de telles données pour le lecteur averti ? Les comètes frappent les esprits même non avertis, le nom des astres est suffisamment parlant même pour le non initié. C’est la base d’une certaine astrologie populaire, qui ignore la sophistication d’une lecture plus savante.

L’astrologie est constituée par un corps de doctrines, qui se retrouve en partie dans le Tetrabiblos mais qui englobe toute une littérature traitant de la signification des planètes, des signes, des maisons (terrestres), des aspects. Lorsque le discours dépasse les possibilités de l’astrologie – comme c’est notamment le cas chez Nostradamus – l’on bascule dans le prophétisme qui lui-même, réduit à un ornement, ferait la jonction avec le champ politique, selon les enjeux réels du moment. Mais l’on peut se demander si le dit prophétisme ne peut pas directement traiter avec l’astronomie et laisser à l’astrologie, devenue quelque peu encombrante, la portion congrue. L’Astrologie, en effet, ne serait véritablement en prise ni avec le réel naturel ni avec le réel politique, elle apparaîtrait de plus en plus comme un fantasme de science et un rêve d’humanité.

Mais même les références astronomiques seront bientôt fictives, on y a annoncera, dans la seconde partie du XVIe siècle des conjonctions qui n’existent pas ou plutôt on recyclera, sans scrupules, des textes ayant servi pour d’autres époques en traitant l’astrologique comme déconnecté du réel astronomique. Or, si l’on peut changer une date dans un texte sans référentiel astronomique, en revanche, un texte qui s’appuie sur le mouvement réel des astres est a priori difficilement récupérable, à moins de retrouver une configuration comparable à venir.

Nous assistons en effet à un double mouvement : d’une part, divers savoirs s’émancipent de l’astrologie, de l’autre, l’astrologie prétend prendre le relais : le médecin ne s’intéresse plus à l’astrologie, qu’à cela ne tienne, l’astrologie, elle, continuera à se vouloir médicale, mais il s’agira dès lors de médecine dans un ouvrage d’astrologie et non plus d’astrologie dans un livre de médecine. Le prophétisme ne recourt plus à l’astrologie que de façon de plus en plus symbolique, ce qui n’empêchera pas l’astrologie de se vouloir prophétique, en introduisant des éléments vaticinatoires au sein de ses pronostications, à la façon d’un Lichtenberger.3 La tentation d’avancer des dates, même en dehors de tout substrat astronomique, ne relève-t-elle pas ipso facto d’une allégeance imitative à la démarche astrologique ? C’est, au vrai, ce passage à l’acte dans la fixation d’une date bien définie dans un calendrier préétabli, qui a le plus souvent retenu notre attention. Il reste qu’astrologie et prophétisme, s’ils font un “bout de chemin ensemble” poursuivent des enjeux différents sinon opposés : l’astrologie se demande – et cette question est clairement posée par Jean Bodin, dans la République – si elle pourra constituer un jour une structure objective au sein de laquelle s’inscriront les activités humaines, tandis que le prophétisme s’efforce de peser sur ceux qui exercent le pouvoir – et qui au fond incarnent Dieu, situé au dessus des astres. Fonction ancillaire que celle de l’astrologie au service des dieux et des rois, par le truchement du prophétisme ou clef pour comprendre le monde dans ses cycles cosmiques en se plaçant au service de la parole prophétique ? Dans un cas comme dans l’autre, le prophétisme se situerait, selon nous, à l’interface entre savoir et vouloir.

Dans le cas de Nostradamus, si nous lisons dans la préface à César4, il est dit : “j’ay composé Livres de prophéties contenant chacun cent quatrains astronomiques de prophéties”, force est de constater que le résultat ne correspond pas à l’annonce. Un grand nombre de quatrains n’ont pas de rapport, ni de près ni de loin, avec les calculs astronomiques, et ceux qui offrent ce lien sont à l’évidence ceux qui frappent le moins le lecteur du fait même de leur jargon mais leur présence est, apparemment, rassurante, elle fournit un gage.

Anthropologie de l’astrologie

   En ce qui concerne l’astrologie, la définition anthropologique des limites est peut-être plus délicate que pour le prophétisme et notamment en ce qui concerne la fixation de dates à venir. Entendons par là qu’il n’existe pas de consensus absolu à ce propos sur ce qui peut ou non être calculé. Point de doute, cependant, que l’astronomie soit en mesure de prévoir le mouvement d’une planète, très longtemps à l’avance. Mais est-ce qu’un tel rendez-vous a des incidences sur le destin des hommes et des sociétés ? Que penser d’un prophétisme qui serait sous-tendu par une base astronomique rigoureuse, qu’il faudrait parfois reconstituer? Est-il absolument exclu qu’il n’y ait pas de dimension cyclique aux mutations des Républiques, comme s’interrogeait un Jean Bodin ? Il est clair que l’astrologie ne peut que s’inscrire au sein de problématiques anthropologiques, il lui est demandé de répondre aux questions que se posent les hommes, à un moment donné, sur l’ordre du monde, non pas seulement pour prévoir passivement mais pour éventuellement mieux conduire les affaires de la Cité. Tout changement de questionnement nécessite un autre modèle astrologique.

Nous souhaitons simplement souligner le fait que l’argumentation chronématique ne saurait avoir la même assurance lorsque l’on a affaire à une échéance, fixée par quelque calcul astronomico-astrologique plusieurs siècles à l’avance – 1789 – et lorsqu’il s’agit de la mention à peine transposée du nom d’un ministre, comme c’est apparemment le cas, on le verra, dans les Centuries, pour Mazarin ? En effet, l’astrologie ne prétend pas tant annoncer des événements ponctuels – une exécution par exemple – que des “révolutions” qui reviennent régulièrement. On ne peut, anthropologiquement parlant, affirmer avec certitude que la vie des sociétés humaines ne tient pas en partie à de tels processus récurrents qui pourraient être retrouvés ou recoupés empiriquement.

Autrement dit, la “prophétie” alliacienne nous apparaît comme fondamentalement d’ordre astrologique, elle est à long terme, se projetant vers l’inconnu, alors que tant d’autres prophéties sont à court terme – pas celle du pseudo-Malachie cependant – même si elles sont ensuite, en quelque sorte, reconduites. Et d’une certaine façon, dans le cadre de notre thèse, c’est la seule prophétie qui ait connu un certain succès, non entaché de subterfuge, non point tant par les effets politiques à terme que par l’impact psychologique sur les esprits qu’elle semblait annoncer.

Après avoir rappelé certaines pratiques de calcul qui ne sont pas toujours explicitement astronomiques, nous axerons notre exposé sur les notions de base de l’astronomie : les signes du zodiaque et les planètes et ce dans la longue durée sans prétendre aucunement proposer une “histoire de l’astrologie”. Notons que la généalogie des dieux – Saturne-Jupiter-Hercule – nous ramène à l’astrologie dans la mesure où Saturne et Jupiter se cherchent, se combattent, se trouvent – tant comme dieux que comme astres – sur la piste du zodiaque, en rapport avec les douze travaux d’Hercule, imposés par Junon, rapprochement proposé par un Charles-François Dupuis, à la fin du XVIIIe siècle. L’astrologie liée à l’astronomie comporte une teneur chronologique précieuse pour l’historien. Au XIXe siècle, notamment à propos des documents égyptiens, des savants, tel un J. F. Champollion, s’essaieront à dater certaines pièces à partir des références astronomiques qu’elles comportaient, ce qui servit à établir la succession des dynasties.

Nous avons préféré la formule de prophétisme “zodiacal” à celui de planétaire, parce que le zodiaque nous apparaît comme le vecteur principal, lié au calendrier d’une part, englobant saisons et constellations, mais balisant également la succession des grandes conjonctions, passant d’un Elément à un autre, selon la qualité des signes accueillant la rencontre Jupiter-Saturne. Ce système conjonctionnel, articulé sur des faits astronomiques apparemment clairement définis, avait acquis un prestige certain à la fin du Moyen Age et à la Renaissance, et chaque nouvelle échéance astronomique alimentait nécessairement des spéculations qui n’étaient pas sans implication politique.

Nous aborderons le système conjonctionnel qui a pour axe le Bélier, premier signe, celui du point vernal. Le calendrier ne s’accorde pas nécessairement avec ce point et la coutume voulait de commencer l’année au 1er janvier (Janus), la France n’en resta pas moins jusqu’au milieu des années 1560 fidèle au “style de Pâques”, ce qui n’est pas sans créer quelque risque de confusion dans la datation des textes, l’année changeant alors de millésime au Printemps.

Il importe de poser au départ quelques définitions concernant le Zodiaque. C’est le lieu de passage des planètes du système solaire – à commencer par le soleil et la lune – dans le ciel, vu de la Terre. En fait, le nombre douze, pour les signes comme pour les mois, est lié au nombre de conjonctions ou nouvelles lunes se produisant au cours d’une année, définie par le retour des saisons et des travaux agricoles. En ce sens, le zodiaque est lunaire et l’on trouve d’ailleurs une division de cet espace en 28 sections, sur la base des 28 jours environ que couvre un mois lunaire. C’est son découpage qui pose problème : où fixer son commencement ? L’on s’accorde certes à nommer bélier / aries le degré zéro, mais il existe divers critères pour situer ce point. Le zodiaque tropique est établi à partir des équinoxes et des solstices tandis que le zodiaque sidéral l’est conventionnellement à partir d’une certaine étoile n’offrant pas ou plus de caractère spécifique. Telle étoile est conventionnellement le début de la “constellation” du Bélier, qui ne coïncide pas avec l’axe équinoxial. A partir de la fin du XVIIIe siècle, le zodiaque sidéral va jouer un certain rôle en parallèle avec le zodiaque tropique : question des ères précessionnelles, datation du zodiaque de Dendérah. En outre, ce zodiaque sidéral est celui qui est généralement en usage chez les astronomes et chez les astrologues indiens pour situer les planètes, alors que le zodiaque tropique est la référence pour l’astrologie occidentale.

En ce qui concerne le symbolisme du zodiaque, il y eut un certain nombre de transformations, d’inversions, notamment pour les gémeaux et la vierge qui perdirent leur dimension sexuée, vénusienne pour devenir mercuriens. C’est ainsi que dans l’iconographie du Kalendrier des Bergers, les gémeaux sont représentés plutôt comme un couple et la “vierge” n’est dite mercurienne probablement que sous l’influence alchimique.

En ce qui concerne les Quatre Eléments, entre lesquels se répartissent les douze signes, selon quatre triangles équilatéraux, ce placage daterait des Grecs et ne coïncide pas nécessairement avec les caractéristiques du signe : ainsi le verseau est-il un signe d’air et le scorpion un signe d’eau etc. Cette répartition entre triplicités n’en est pas moins le fondement de la théorie des Grandes Conjonctions. Bien plus, cette dernière ne fonctionne que dans le cadre d’un référentiel tropicaliste où les 12 signes sont égaux.

Le principe de ce qu’on nomme, au Moyen-Age et à la Renaissance, “grandes conjonctions” semble avoir d’abord été une observation d’ordre astronomique et géométrique sur laquelle des réflexions de type astrologique se sont greffées. Cette théorie est fondée sur les aspects planétaires, technique astronomique de localisation des astres les uns par rapport aux autres, avant de servir aux spéculations astrologiques. Albumasar, lorsqu’il étend ce système à l’astrologie ne fera donc que s’appuyer sur des travaux astronomiques antérieurs, lesquels font remarquer qu’en règle générale, deux conjonctions successives de Jupiter et de Saturne se produisent avec un intervalle de 120° environ, ce qu’on nomme trigone (soit un angle d’un tiers de cercle). Puis, au bout d’un certain temps, le rythme en question est temporairement rompu, lors d’une conjonction qui ne suit pas cet agencement, pour reprendre à la conjonction suivante selon les mêmes écarts et ainsi de suite. Or, l’on peut traduire ces “sauts” périodiques en langage astrologique en parlant de passage d’un Elément à un autre, étant donné que les Quatre Eléments (feu, terre, air, eau) se répartissent conventionnellement entre les signes du zodiaque selon un dispositif triangulaire qui recoupe exactement celui des aspects de trigone, de tiers de cercle (120°).

Mais cette théorie des grandes conjonctions ne fera que se survivre au XVIIe siècle – l’Eclipse de 1654 aura plus d’écho – on ne connaît rien de commun, nous semble-t-il, avec les alertes de 1524, de 1564 ou de 1584. En revanche, les comètes maintiendront-elles plus facilement leur fascination, elles qui sont à l’abri des contrefaçons – mais point des erreurs de calcul – et qui n’exigent pas d’intermédiaire pour frapper les esprits.

Les échéances astrologiques

   Trois siècles avant Pierre d’Ailly, Abraham Bar Hiyya, juif catalan, mort vers 1136, dans un ouvrage rédigé en hébreu, le Meguilat Hamegalé, avait désigné comme échéance la fin du XVe siècle, à plus de trois cent ans de distance. Son raisonnement, malgré les apparences, ne repose nullement sur les seules configurations astronomiques, mais fait appel à une exégèse scripturaire autour du Livre de Daniel. Les auteurs chrétiens, en quête de datation, commenteront également l’Apocalypse, ouvrage qui reprend en partie les schémas daniéliens.

Cet Abraham de Barcelone appuie en effet ses calculs sur le livre de Daniel : il prend le chiffre de 1290 jours qu’il convertit en années, il l’ajoute à la date de la destruction du Second Temple, soit l’An 68, selon sa chronologie. On obtient ainsi 1358. Le calcul final donne 1448 ou 1468, selon les versions.

Il ne s’agit nullement d’Abraham Ibn Ezra contrairement à ce qu’écrit en 1580 Jean Bodin, dans la Démonomanie des Sorciers (Livre I, Chap 5) : “Comme aussi a fait Abenesra (abréviation d’Abraham Abraham Ibn Ezra) qui avait prédit qu’il naîtrait un grand Capitaine pour affranchir les Juifs qu’il appelle Messie, en MCCCCLXIIII, ce qui n’est point advenu.” (p. 34)

En 1464, se forma une conjonction Jupiter-Saturne, mais c’est en réalité l’an 1468 qui intéresse Bar Hiyya ; c’est alors qu’aurait dû selon les dires de cet astrologue catalan apparaître le Messie Juif. Prophétie au demeurant à trois siècles de distance comme le sera celle de Pierre d’Ailly en 1414. Nous verrons que ce décalage de 4 années entre la conjonction et ses effets se retrouvera à propos de la prophétie dite régiomontanienne pour 1588, ancrée sur la conjonction de 1584.

Du côté chrétien, l’on attendrait plutôt l’avènement à la fois redouté et espéré de l’Antéchrist, mais qui serait suivi du second avènement du Christ. Au XIXe siècle, l’influence du jésuite chilien en rupture de ban, Manuel Lacunza y Diaz (1731 – 1801), confirmera cette influence du monde hispanique.

Relativité de l’argument conjonctionnel

   Il importe de préciser d’emblée le caractère quelque peu factice du recours aux grandes conjonctions. En principe, il existe certes des échéances distantes de plusieurs siècles, en pratique, les conjonctions Jupiter-Saturne ont lieu tous les 20 ans et ne manquent pas de focaliser les attentes et quand une conjonction est passée, on s’intéresse à la suivante. Ces conjonctions ordinaires sont les “petites conjonctions”. Les conjonctions qui se tiennent au début d’un nouveau trigone élémentaire seraient “moyennes” et ont lieu tous les 200 ans et enfin la “grande” conjonction serait le retour, tous les 800 ans environ, dans le trigone igné.

Le succès de cette théorie résiderait plus dans son rythme somme toute rapide que dans les perspectives à long terme. Ainsi, la conjonction de 1524 qui eut un tel retentissement est a priori assez peu significative du point de vue du cycle des grandes conjonctions (cf. infra), à tel point que le phénomène, par son caractère plus visuel que structurel nous semble plus relever de l’astronomie que de l’astrologie, mais il nous semble que les astrologues, pour ne pas être en reste, emboîtèrent le pas à ceux qui avaient ameuté l’opinion, sur des bases plus spécifiquement symboliques (le poisson) et prophétiques (le Déluge). Mal leur en prit. On aurait tort de croire en effet que les relations entre astronomie et astrologie sont nécessairement fructueuses.

Nous verrons que Leovitius, dans son traité des conjonctions, n’hésite pas à considérer abusivement chaque conjonction comme rarissime puisque dans l’absolu, chacune n’a lieu qu’à de longs intervalles, mais qu’est ce à dire qu’une succession de telles configurations ? On pourrait parler d’une perversion du système.

Il y a véritablement une rhétorique astronomique fondée sur une prétendue rareté de la configuration attendue, argument récurrent et qui finit par se vider de sa substance. Il n’en reste pas moins que l’on observe deux attitudes : l’une quantitative qui s’intéresse au fait qu’un maximum de planètes se trouve rassemblé dans le même signe du zodiaque (c’est le cas de février 1524), l’autre qualitative qui étudie le cycle des deux planètes les plus lentes, à l’époque, à savoir Jupiter et Saturne.

Avant d’aborder les principales pièces de notre corpus, il importe, dans ce chapitre, de décrire les outils disponibles au XVe siècle. En effet, celui qui fait appel aux planètes – qu’il s’appuie sur des éphémérides ou sur des systèmes plus proches de la numérologie – a le choix entre plusieurs techniques qu’il combinera d’une façon ou d’une autre. L’erreur consisterait à réduire le raisonnement d’un auteur donné à un seul critère. En effet, nous sommes le plus souvent en face de systèmes récurrents, comportant des échéances renouvelées : c’est typiquement le cas des grandes conjonctions – lorsque Jupiter (12 ans de révolution, à travers le zodiaque) rejoint Saturne (29 ans de révolution à travers le zodiaque), qui se reproduisent tous les vingt ans. Pourquoi insister sur telle conjonction plus que sur une autre ? Il existe certes une hiérarchie de ces cas de figure, mais d’autres paramètres rendront compte en définitive du choix d’une certaine date.

Entre Pierre d’Ailly à Nicolas de Cuse, entre Daniel à Trithème, l’auteur de prophéties ou de commentaires sur les prophéties, devra faire son choix, ce qui induira des échéances différentes mais qui parfois convergeront. Or, pour comprendre un texte, en saisir les éventuelles corruptions, les retouches, les interpolations tardives, on ne peut faire l’économie de leur description d’autant que les auteurs n’explicitent pas toujours tous les tenants et aboutissants.

Le prophétisme d’après le Déluge

   Il ne faudrait pas croire que l’échec prévisionnel relatif du Déluge de 1524 n’aura pas laissé de traces et que le prophétisme n’en ait pas longtemps porté les stigmates, notamment, cinquante ans plus tard, dans la République de Bodin, aux multiples éditions et traductions. Le non-événement du Déluge renvoie au demeurant à la Bible. Il se veut répétition, révolution. Il est, à l’instar de 1689, le contraire de l’échéance réussie de 1789.

L’attente de l’an 1524 n’avait pas véritablement respecté la théorie des grandes conjonctions, elle s’appuyait sur une observation plus frustre mais peut être plus efficace dans l’esprit du public : le fait tout simple de la présence des sept astres entourant le soleil – du point de vue géocentrique – dans une même région du ciel comme une armée qui se serait regroupée. En revanche, pour l’orthodoxie albumasarienne, 1524 était tout au plus le lieu d’une de ces conjonctions Jupiter – Saturne qui revenaient tous les vingt ans, le véritable rendez-vous était pour la fin du siècle, soixante ans plus tard. Mais le prophétisme avait ses impatiences et pouvait accommoder l’astrologie à sa guise.

1524 aura donc été pour nous l’occasion d’un divorce : pour la doctrine astrologique médiévale, tout un système s’était élaboré autour d’une cyclicité qui exigeait de ne s’intéresser qu’aux deux astres les plus lents, Jupiter et Saturne, en laissant peu ou prou de côté les astres plus rapides, placés à un rang subalterne. En revanche, pour une école qui se serait voulue plus astronomique qu’astrologique, 1524 avait une dimension remarquable, au niveau visuel, mais il s’agissait là d’une approche qui voulait ignorer le modèle de l’astrologie arabe. 1524 fit appel aux lecteurs de l’Ancien Testament qui, selon un raisonnement assez simpliste du point de vue astrologique, relièrent le fait que ce rassemblement astral avait lieu en signe d’eau avec le Déluge biblique. Jean Bodin, quand il ironisera sur l’échec de 1524, n’en restera pas moins fidèle à la théorie des grandes conjonctions pour laquelle la seule défaite fut qu’on n’en ait pas tenu compte. 1584 – 1588 devait être, espérait-on, pour l’astrologie orthodoxe, la revanche de 1524, mais elle sera le fait des réformés qui y verront la fin de Rome. Mais justement, pour Bodin, 1524 n’était pas réellement concluant. Encore, lorsque nous examinerons le corpus lichtenbergien, conviendra-t-il de s’arrêter sur l’an 1567 qui semble correspondre également à un “annus mirabilis”.

Mais pour le public profane, le Déluge qui ne vint pas n’en fut pas moins mis au passif de l’Astrologie. Quarante ans après 1524, l’antiprophétisme rappelait cette déconfiture d’autant plus cuisante que l’annonce du Déluge avait dû être prise au sérieux. Boaistuau alias Pierre Launay, en 1560 (chez Vincent Sertenas), dans ses Histoires Prodigieuses, véhiculera, au fil des éditions, cette infamie au cours de sa dix neuvième histoire :

“Cherchons donc désormais en nature les causes & essences des choses sans nous arrêter aux friperies, prestiges & mensonges des Astrologues Judiciaires, lesquels nous ont tant de fois déçus & trompez qu’ils devraient être bannis & exilez de toutes Républiques bien constituées ; mais quel trouble, perplexité & terreur engendrent-ils en une infinité de consciences de pauvres créatures ? L’an 1524, lorsqu’ils publièrent partout avec obstination qu’il y aurait au mois de Février un Déluge presque universel par la conjonction de toutes les planètes au signe de Pisces & néanmoins le jour auquel se devaient produire ces eaux fut l’un des plus beaux & plus tempérés de l’année. Combien que plusieurs grands personnages intimidez de leurs prophéties ont fait provision de biscuits, farines, navires, propres pour la ecoq attribue à Jean Thénaud. Or, nous avons retrouvé, à la Bibliothèque Mazarine la traduction d’un traité allemand, parue en 1521 à Paris et qui expose les arguments pour et contre le Déluge. Il s’agit du Traicté composé par ung grand Astrologue dallemaigne: pour adviser le monde du Dyluge Deaulx : qui est à doubter de venir lan MDXXIIII selon la nature et constellations des Planettes. Ensemble linterprétation des grandes et merveilleuses impressions qui furent veus en allemagne au Ciel Lan passé.”

 

On peut y lire :

“Vray est que beaucoup de gens présomptueusement (non pas mieux entendant) mesprisent les loyaux advisements des gens doctes & littérés ; faict des espouventables pugnations que doivent venir par dyluge. Lan Mil cinq cens XXIIII. Ensemble des espouventables menassemens des grans & merveilleux signes: lesquels ont esté veuz en Allemaigne. Lan Mil cinq cens vingt et tels fols despassemens me ont esmeu (pour advertir les bons) de faire de cecy & des aultres constellations du ciel un petit traicté par lequel advisement aucuns cueurs aveugles se pourroient convertir à la crainte de Dieu & faire pénitence pour avoir la grace & misèricorde de nostre Seigneur Jésus Christ dieu tout puissant. Ainsi comme firent ceulx de Ninive.”

 

Dieu a dit qu’il n’y aurait point de Déluge ou encore :

“L’Hermite appelé Nollart digne de grande foi disait que Saturne et Mars par les guerres du grand et puissant lion qui sont les Vénitiens lesquels ont assez effusé le sang humain se tournent vers la nation d’Allemagne auprès de la grande rivière Tunnau (Danube). Et dit Sainte Brigitte que en ce temps rompra la haie sur le Rhin & sera fait un grand intrage par lequel entrera un grand prince puissamment avec l’aide des scorpionistes et persécutera grandement les trois évêchés : Trèves, Cologne & Mayence de telle façon que ce sera une grande chose de ouïr parler.”

 

En fait, il semblerait que cette date de 1524 serait apparue bien avant 1499 comme année météorologique déterminante. Nous avons retrouvé cette date, ou plutôt 1523, ce qui permet d’exclure l’hypothèse d’une interpolation tardive, dans un manuscrit daté de 1466 de la Bibliothèque Municipale de Nimes au fonds J. F. Séguier. Une seconde date figurait : 1676, ce qui montrait bien que ce type d’annonce pouvait s’effectuer longtemps à l’avance.

Il conviendrait aussi, pour ce qui concerne le domaine français qui est d’abord le nôtre, de signaler la satire genevoise des Merveilles advenir en cestuy an Vingt et sis, qui pourrait viser une oeuvre latine au titre comparable de Jean Albertin ou Albertini, De mirabili temporis mutatione ac terrene potestatis a loco in locum translatione. Il est remarquable que les deux textes soient parus chez le même Wygand Köln. De fait, après 1524, les astrologues ne se résigneront pas à abandonner une rhétorique fondée sur une sorte de rassemblement général des astres dans un signe et même si celui-ci n’a plus lieu, on ne se privera pas pour autant de l’annoncer à nouveau pour 1588. L’astrologie tend à s’émanciper de l’astronomie ou bien elle tend à échapper aux astrologues pour n’être plus qu’un argument prophétique ayant l’inconvénient de ne pas être assez malléable. Mais bientôt qui va aller vérifier si les calculs mathématiques sont justes ? Seul importe l’impact.

I – Le schéma daniélien et le millénarisme

   Il nous semble que le principe d’une ère de paix de 1000 ans trouve son origine dans le recours à la Semaine. En effet, comme l’affirme Saint Hippolyte, si le monde doit d’abord couvrir une période de 6000 ans, correspondant aux Six Jours de la Création, le septième jour, qui est aussi le Sabbat, jour du repos, correspondra à 1000 ans, ce qui serait le fondement du Millenium, le millénarisme étant lié à la croyance en une période de 1000 ans et non à l’approche d’une fin de millénaire, comme le précise J. Delumeau Jean, encore que le calendrier et le décompte des années apparaissent volontiers comme une référence sur laquelle le prophétisme est susceptible de bâtir ses spéculations. Toutefois, il semblerait qu’une autre lecture ait attribué à chacun des jours non pas 1000 ans (système décimal) mais 360 ans (système sexagésimal). Mais plus concrètement, ces mille ans de paix renvoient à l’Apocalypse5 où il est annoncé que Satan sera mis hors d’état de nuire pendant 1000 ans. Toute la question est de savoir quand ce temps a commencé ou va débuter et quand il prendra fin, étant entendu que le règne de Satan est hypothéqué par la perspective de ces 1000 ans d’immobilisation et qu’à l’issue de cette période, il ne pourra se manifester que pour peu de temps, soit 3 ans 1/2, en règle générale. Ce temps de 3 jours 1/2 figure dans l’Apocalypse (Ch. XI, 12) : “Après trois jours et demi, un souffle de vie, venu de Dieu, entra en eux et ils se dressèrent”. Il s’agit des deux témoins mis à mort par la Bête, ce qui signifie bien que Satan eut raison d’eux pendant une demi-semaine. On serait donc passé de 3 jours et demi à 3 ans et demi ou 1260 jours et finalement à 1260 ans.

C’est au demeurant, selon nous, dans le Livre de Daniel, qui reflète des enjeux du début du IIe siècle avant l’ère chrétienne, qu’il faut rechercher la marque la plus forte du rapport de l’homme à l’Antéchrist. En effet, c’est l’arrêt du sacrifice au Temple qui semble avoir provoqué une certaine panique dans la population de Judée. Chez les juif, toute pratique semble trouver sa justification en ce qu’elle parvient à éloigner ou à neutraliser les forces du mal. Ainsi la suspension de l’holocauste perpétuel, sous Antiochus IV Epiphane, ne pouvait qu’attirer Satan ou ses créatures et favoriser leur règne sur terre. L’on réalise ainsi les répercussions de toute destruction de lieu de rite ou de tout empêchement liturgique pour une religion qui est marquée par un certain manichéisme qui sera transposé du Livre de Daniel dans celui de l’Apocalypse (Révélation) johannique.

Encore importe-t-il de mettre en évidence des contradictions : dans le Livre de Daniel, le temps durant lequel l’holocauste fut interrompu correspond à celui de l’abomination et les exégètes ont transposé 1290 jours en 1290 ans pour déterminer le règne de Satan. En revanche, dans l’Apocalypse, ce qui est indiqué c’est la durée de l’exil de Satan, le temps de sa mise hors d’état de nuire, qui est de 1000 ans. Deux millénarismes en quelque sorte : un millénarisme des ténèbres chez Daniel, un millénarisme de lumière dans l’Apocalypse. Dans un cas, une fois passé ce temps où Satan n’est plus dominé, la paix revient, dans l’autre cas, il faut espérer entrer dans un temps d’où Satan sera exclus. Dans un cas, le millénariste devra annoncer la fin du règne de Satan / Antéchrist – ainsi, chez les Réformés qui spéculent sur la fin de l’Eglise de Rome, se situant dans la ligne d’un joachimisme daniélien, et dans l’autre cas, comme chez un Pierre d’Ailly, après mille ans de paix, viendra l’Antéchrist – à la fin du XVIIIe siècle – pour quelque temps, à savoir 3 ans 1/2 qui correspondent à 1260 jours, presque immédiatement suivis de la fin du monde. Dans un cas, l’échéance est à espérer, dans l’autre, elle est à redouter. Dans un cas, il faut espérer qu’elle se rapproche, dans l’autre, qu’elle soit reportée. Ceux qui sont favorables au maintien des choses, opteront pour une lecture de l’Histoire où Satan est lié et il faut craindre le moment où il sera délié; ceux qui souffrent de l’état en vigueur, ne pourront qu’annoncer qu’il s’achèvera bientôt. Opposition entre conservateurs catholiques dominants et réformistes dominés, du moins dans le contexte français car dans d’autres pays, la situation est inversée. C’est également dans le cadre d’une politique traditionnelle d’alliance avec les Turcs qu’il faut probablement situer les auteurs réformés, tel Pierre Du Moulin, qui annoncent la victoire ottomane sur les armées chrétiennes, surtout catholiques.

Si l’on considère les spéculations sur les papes, force est de constater qu’à la fin de la série viendra l’Antéchrist. Dès lors, il nous apparaît que les lectures des catholiques et des protestants sont littéralement inverses.

Les demi-semaines

   L’unité de mesure choisie apparaît être la demi-semaine, soit 3 jours et demi et plus généralement 3 1/2. Or les 1260 jours de l’Apocalypse obéissent au même principe, puisque 1260 jours égalent à 1080 jours soit 3x 12 mois de 30 jours plus six mois de 30 jours (180 jours). Mais ces calculs ne reposent pas sur une année lunaire mais sur un système sexagésimal comportant 12 mois répartis sur 360 jours.

En fait, le passage de la demi-semaine de 3 jours 1/2 à 1260 jours, implique déjà le rapport 1 jour = 1 an. Par conséquent, passer de 1260 jours à 1260 ans constitue un deuxième niveau de transposition. De même le nombre 42 correspond à 3 ans et demi puisque cela correspond à 42 mois. (36 + 6). Ce nombre est à rapprocher des 45 jours du Livre de Daniel, car cette durée correspond à un huitième d’année (360 jours) ou à la moitié d’une saison, introduisant ainsi un parallèle entre la semaine et la saison.

Il semble donc que le texte de l’Apocalypse soit plus correct sur ce point que celui du Livre de Daniel et l’on peut raisonnablement supposer que le rédacteur de l’Apocalypse a pu utiliser une version du Livre de Daniel comportant un tel nombre : 1260 plutôt que 1290. On ne peut d’ailleurs exclure que l’on soit passé dans Daniel de 1260 à 1290 par besoin d’ajustement à une situation donnée.

Daniel (XII, 11) :

“Et depuis le moment où sera supprimé l’holocauste perpétuel et établie l’abomination horrible, il se passera mille deux cent quatre vingt dix jours.”

 

(Saint) Irénée (mort vers 208 de l’ère chrétienne), évêque de Lyon, un des Pères de l’Eglise, dans Contre les Hérésies, situe l’Antéchrist par rapport aux chiffres de l’Apocalypse : “Or, après que l’Antéchrist aura réduit le monde à l’état de désert, qu’il aura régné trois ans et six mois et qu’il aura siégé dans le temple de Jérusalem, le Seigneur viendra du haut du ciel, sur les nuées dans la gloire de son Père, et il enverra dans l’étang de feu l’Antéchrist avec ses fidèles, il inaugurera en même temps pour les justes le temps du royaume, c’est-à-dire le repos, le septième jour”.

Ezéchiel, Ch. IV :

“Et moi je te compte en jours les années de leur iniquité, trois cent quatre vingt dix jours.”

 

“pendant 40 jours, c’est jour pour année, jour pour année que je te l’impose”

 

Le parallèle entre le Livre de Daniel et celui de l’Apocalypse, concernant les périodes de temps, est tout aussi instructif.

Un an pour un jour ou l’inverse chez Ezéchie l : un jour égal un an.

Ch. IV :

“Je te compte en jours les années de leur iniquité, trois cent quatre vingt dix jours.”

 

Ch. XI :

“trois jours et demi ! une demi-semaine.”

 

Verset 11 :

“Après les trois jours et demi, un esprit de vie”

 

Cela deviendra 3 ans et demi, soit une demi semaine d’années.

Daniel (IX, 25) :

“Il y a sept semaines et durant soixante-deux semaines”

 

Daniel XII :

“Et depuis le moment où sera supprimé l’holocauste perpétuel et établie l’abomination horrible, il se passera mille deux cent quatre vingt dix jours”

 

Apoc. XI :

“Je donnerai à mes deux témoins le pouvoir de prophétiser revêtus de sac pendant 1260 jours” (voir Jurieu)

 

Apoc. XII :

“Et la femme s’enfuit dans le désert où elle avait un lieu préparé par Dieu afin qu’elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours”

1260, nombre apocalyptique

   L’an 1260 fut bel et bien considéré comme “apocalyptique”, mais il semblerait que Joachim de Flore (1145 – 1202) ait espéré un changement dès 1200. On peut expliquer, selon nous, l’importance accordée à l’An 1200 au regard de sa théorie des sept âges qu’il faut compter depuis la naissance de Jésus. Or, 1200 correspond à six périodes de 200 ans. En 1200, par conséquent, aurait commencé la septième période. Il n’est pas rare que plusieurs paramètres convergent ainsi autour d’une période et que l’on passe successivement de l’un à l’autre.

C’est vers 1240, bien après sa mort, qu’une telle spéculation se mit en place, se référant à Joachim de Flore, dans l’attente du début d’un Troisième Etat, celui du Saint-Esprit, après ceux du Père et du Fils, autour de la date daniélienne de 1260.

Etrange situation que celle de Joachim de Flore spéculant sur le passage de 1260 jours à 1260 ans et ne souhaitant apparemment pas accorder de l’importance aux approches de l’An 1260. Alfred Vaucher note (Lacunziana) que c’est en 1200 que devaient aboutir les 1260 ans. Est-ce que le Calabrais souhaitait à tout prix être témoin de ce changement d’ère : en 1260, il aurait été plus que centenaire ? Toujours est-il que par la suite, le problème se posera à l’inverse comme le note Jean “Quidort“ de Paris, élève de l’anglais Roger Bacon : on commencera par ajouter aux 1260 ans les 34 ans de la Résurrection – ce qui donnait 1294, puis les 96 ans de la date de rédaction supposée de l’Apocalypse de Jean qui comporte ce chiffre, ce qui permettait d’atteindre 1356. Et plus le temps passera, plus il faudra ajouter des coefficients importants : temps d’Hadrien, temps de Constantin, temps de Mahomet, temps du démembrement de l’Empire Romain, temps de la tyrannie de la Papauté etc ce qui permettra d’atteindre allègrement et successivement, les dix-huitième, dix-neuvième siècles.

II – La Conjecture de Nicolas de Cuse

   Un de ceux qui conférèrent aux chiffres scripturaires une nouvelle dimension prophétique susceptible de rivaliser avec les constructions plus “scientifiques” d’un Pierre d’Ailly, fut, en effet, le cardinal Nicolas de Cuse.

Nicolas de Cuse, aurait rédigé sa Conjectura de ultimis diebus en 1452 – année du couronnement de l’empereur Frédéric III à Rome – laquelle sera imprimée à Nuremberg moins de vingt ans plus tard. On peut cependant se demander si la prise de Constantinople par les Turcs et son impact sur les esprits au printemps 1453 n’aurait pas poussé le cardinal de Cusa à repousser les échéances et si le document n’aurait pas été antidaté de quelques mois. La catastrophe a pu apparaître comme un signe antéchristique et il convenait peut-être, pour calmer le jeu, de mettre en place un système de rechange.

La conjectura pose comme point de départ que l’unité de temps est le jubilé de 50 ans. Dès lors, la vie de Jésus est de 33 ans ou plutôt sa Résurrection se produisit à 34 ans. Or 34 ans x 50 donnent 1700. Cuse va ajouter en fait encore une période de 34 ans pour parvenir à 1734.

“Cecy s’accomplira après l’année de la naissance du Fils de Dieu au moment de mil sept cents (sic), avant l’année mil sept cens trente & quatre.” (p.31)

 

Par ailleurs, Nicolas de Cuse note que les épreuves de Jésus débutèrent quand il atteignit l’âge de 29 ans, ce qui coïncide, selon le même raisonnement, avec l’an 1450 :

“Seulement ie diray comme Chrestien sans iugement opiniâtre & téméraire que si considérons les choses faites par nostre Seigneur & celles qu’il a endurées après la vingt & neuvième année de son eage jusqu’au jour de sa puissance & divine résurrection, estendant une de ses années en iubilé, nous pourrons par coniectures probables deviner les derniers temps.” (trad. Bohier, p. 30)

 

Or, Cuse indique (trad. Bohier, page 24) qu’il écrit en 1452 : “Et aussi véritablement depuis l’Ascension de nostre Salvateur ont iusques à maintenant ia passé MCCCCLII ans. Voyla l’espace & la plus grande duree de l’Eglise militante, laquelle, comme dyrons cy apres sera de beaucoup abregée.”

Si l’on ajoute 250 (soit 5 ans (34 – 29) x 250) à 1452, l’on obtient 1702. En tout état de cause, Cuse laisse entendre qu’à compter de la parution de sa Conjectura, l’Humanité serait rentrée dans une période analogue à la période finale du Christ, soit dans sa vingt-neuvième année. Il conviendra, selon le cardinal, de rechercher, pour décrypter la période qui s’étendra jusqu’au début du XVIIIe siècle, des clefs dans le récit des Evangiles pour les dernières années de Jésus.

Mais Cuse introduit d’autres raisonnements qui n’ont rien à voir avec l’astronomie, ni de près ni de loin :

“Vu que la révélation a esté faite au prophète Daniel, la troisième année de Balthazar, la première du Roi Cyrus qui, selon les témoignages de Saint-Hierosme (…) et de Josèphe, a précédé Nostre Seigneur environ 559 ans. Il apper assez manifeste que les derniers temps de l’Eglise Chrestienne selon le nombre prédit, transcrivant un jour en un an (…) l’an de grâce 1700 & avant l’an 1750, l’Eglise sera transférée de ce monde corruptible au Ciel, ce qui accorde aux choses devant dites.”

 

En fait, on obtient plus précisément 1741 si l’on soustrait 559 de 2300.

Ce nombre 2300 – qui figure dans les éditions latines – se trouve au Ch. VIII de Daniel (13 – 14) : “Puis j’entendis un saint prendre la parole et un (autre) saint demander à celui qui parlait. ” Jusqu’à quand (les indications de) cette vision : l’holocauste (le sacrifice rituel) perpétuel (supprimé), le crime abominable, le sanctuaire et l’armée piétinés ? Et il me dit “Jusqu’à deux mille trois cents soirs et matins, alors le sanctuaire sera réhabilité.” (Trad. Z. Kahn)

La traduction de 1562 est défectueuse (p. 35), car au lieu de soustraire 559 de 2300, elle propose, ce qui n’est pas dans le texte latin, ni dans la traduction de 1733, de soustraire de 1290, autre chiffre daniélien. Si nous rappelons que le Livre de Daniel date des années 160 du IIe siècle avant notre ère, tout calcul effectué à partir du temps de Balthazar semble singulièrement vain et en fait en rupture avec l’Histoire.

III – Le cycle trithèmien

   Dans la Préface à César, en tête de ses Prophéties / centuries, en date de 1555, Michel Nostradamus Michel se réfère à des périodes de 354 ans attribuées successivement à l’un des astres du septénaire. L’origine de ce nombre tient à ce que l’on nomme l’année lunaire de 354 jours et qui est en fait la somme de douze lunaisons, c’est-à-dire de rencontre soleil-lune. C’est donc une notion essentiellement hémérologique. La lune se conjoint chaque fois avec le soleil dans un signe zodiacal différent puisque celui-ci avance d’un signe d’un mois sur l’autre. Ce rapport jour / an est d’ailleurs celui qui rapproche la Lune et Saturne, cette planète franchissant le zodiaque en autant d’années que la lune traverse de mois, soit en un peu moins de 30 ans / jours.

On trouve ce système chez Trithème mais il est signalé chez un Turrel Pierre ou un Roussat Richard, au Liber rationibus attribué à Abraham Ibn Ezra à savoir des périodes non plus de 300 ans comme chez Albumasar mais de 354 ans. Dans la Préface à César6, Nostradamus ne fait qu’esquisser partiellement le dispositif en question (cf. infra). Ces périodes de 354 ans semblent ne comporter aucun fondement astronomique sinon celui d’être une transposition de l’année lunaire (354 jours), de jours en années. En réalité, cette durée revêt également une dimension saturnienne dans la mesure où 354 ans correspond à douze révolutions de Saturne, Saturne ayant une périodicité correspondant à ce rapport un jour pour un an: une révolution de 28 ans pour 28 jours à la Lune notamment. On ne peut exclure que ce système de périodes de 354 ans – l’attribution à chaque période du nom d’une des sept planètes étant indifférent ici puisque le système se poursuit indéfiniment – ait été constitué initialement sur une base astronomique, encore faudrait il déterminer laquelle. Or, comme le rappelle Pierre Brind’amour (1993, p.188), Trithème, dans la Chronologia mystica (1508), traduite en allemand en 1522 (Von den syben Planeten) juste avant l’échéance de 1525 : “l’auteur comptait vingt périodes, chacune dirigée par un ange et décrivait les événements historiques. ” La vingtième sous la direction de Gabriel allait commencer selon lui le 4 juin 1525 et se terminer en octobre novembre 1879. Or, Brind’amour ne remarque pas, malgré son vif intérêt pour les équations astronomiques, que dans les deux cas Saturne se trouve au début du signe du Bélier. Le système des périodes de 354 ans s’appuierait donc en fait sur le passage de Saturne dans le premier signe du zodiaque, le Bélier. Les autres systèmes s’en trouveraient disqualifiés.

L’on peut ainsi retrouver approximativement les dates précédant 1525 : 112 (en fait début 113), 466, 819 / 820, 1172 / 1173, 1525 / 1526 toutes espacées d’environ 354 ans et correspondant à la présence de Saturne en Bélier, condition nécessaire mais non suffisante puisque Saturne y passe tous les 30 ans environ. Ces années diffèrent toutefois légèrement de celles avancées dans le traité des Causes Secondes : 109, 463, 817, 1171, 1525 qui ne correspondent pas tout à fait avec le passage de Saturne en bélier, le cycle étant légèrement supérieur à 354 ans.

Quant à Michel de Nostredame, dans sa Préface à César, il fait référence à des âges planétaires, notamment à un Age de la Lune, système que l’on trouve chez Trithème, selon l’ordre de succession, inverse de celui des jours de la semaine -eux-mêmes rattachés à un astre : Jupiter (Jeudi), Mercure (Mercredi), Mars (Mardi), Lune ( Lundi), soleil (Dimanche) et ainsi de suite, et qui est exposé dans les Opera Omnia d Abraham Ibn Ezra. Chaque planète – mais Saturne se trouve au début et à la fin – y domine une période de 354 ans et quelques mois, le nombre 354 étant inspiré de l’année lunaire de 354 jours et quelques heures. L’absence de fondement connu de ce cycle explique probablement son abandon dans la période moderne au sein de la littérature astrologique (XIXe – XXe siècles), sauf chez certains nostradamistes.

On en trouve l’exposé dans le Liber Rationum -la version de ce nom faussement attribuée à l’astrologue juif espagnol – au chapitre “De gubernatoribus Mundi”7 qui établit un rapport entre les 353 ans du cycle et les 353 jours de l’année lunaire.

La Préface à César se réfère au retour de Saturne :

“Car selon les signes célestes le règne de Saturne sera de retour, que le tout calculé le monde s’approche d’une anaragonique révolution”

 

En effet, Saturne est à la tête de la série des sept âges planétaires :

“Saturnus autem precessit sol & luna fuerunt creati in principio hore Saturni.”8

 

Ce qui, considérant que le règne de la lune a commencé, selon les calculs de Trithème, en 1525 et qu’il reste encore le règne du Soleil pour rejoindre l’âge de Saturne, donne l’an 2233.

“Et maintenant que sommes conduicts par la lune (…) que avant qu’elle aye parachevé son total circuit, le soleil viendra & puis Saturne.”

 

L’ordre de base est celui-ci : Saturne-Vénus : “Saturnus precessit. Deinde Venus & postea alii”, c’est-à-dire selon la succession “Saturne, Vénus, Jupiter, Mercure, Mars, Lune, Soleil” puis à nouveau Saturne.

C’est l’ordre des jours de la semaine à l’envers, que l’on retrouve avec la théorie des heures planétaires. D’ailleurs, dans le pseudoLiber Rationum, on explique la prééminence de Saturne par le fait que le Soleil et la Lune furent crées à l’heure de Saturne, que le Soleil et la Lune furent crées à l’heure de Saturne.

La date de 1525

   On peut en fait se demander si l’importance accordée à la conjonction de 1524 ne tient pas au fait qu’elle coïncidait avec l’an 1525 qui correspond à un changement de règne planétaire.

La difficulté de maniement de ces cycles tient à la fixation des dates de passage d’une domination planétaire vers une autre, étant entendu que le système s’appuie sur un point de départ lié à la chronologie biblique. Le XVIe siècle sera marqué par une “rénovation de siècle” qui ne se produit donc que tous les 354 ans. On serait alors passé de Mars à la Lune. Si l’on s’appuie sur le témoignage d’un des contradicteurs de Nostradamus, Laurent Videl Laurent : le cycle de Mars se serait achevé en 1525. En effet, écrivant en 1557, il affirme que voilà 32 ans que Mars a fini son cycle.9

Nostradamus avance, dans la Préface, un délai de 177 ans qui sont évidemment la moitié d’un cycle de 354 ans, ce qui montre que les computations de Nostradamus sont reliées à cette théorie. Mais pour que l’on puisse manier un tel nombre – 177 – il importe que la date de départ coïncide avec le dit cycle. Il ne peut s’agir, selon nous, que de l’année de changement de cycle ou de celle d’une moitié de cycle. Or, la date la plus proche pour disposer de cette situation est celle de la fin du cycle de Mars et non d’une autre année quelque peu postérieure mais qui ne serait pas pertinente dans cette perspective, comme 1555. Si nous prenons la date de Videl comme base de travail, soit 1525 et que nous ajoutons 177, nous obtenons justement l’année 1702 : “le monde s’approche d’une anaragonique révolution & que de présent que ceci j’écris avant cent & septante ans trois mois, onze jours…” (Préface à César). C’est en 1702 que l’anaragonique révolution aurait lieu selon Nostradamus, date qui coïncide par ailleurs avec une grande conjonction de Jupiter et de Saturne en bélier. Or, 1702 est une date cusanienne.

Nous avons montré que chaque nouvelle période correspondait au passage de Saturne au bélier. En 1702, Saturne se trouvera également en bélier, ayant parcouru, à mi-parcours, six de ses douze révolutions. On comprend mieux dès lors une telle précision au niveau des mois qui n’aurait pas de sens s’il s’agissait d’une simple base numérique.

Mais à l’évidence, Nostradamus n’a pas rédigé un tel texte en 1525, et il semble l’avoir recopié sans chercher à l’actualiser à l’instar de ce que fit un Roussat par rapport à Turrel. Celui qui rédigeait ce texte devait se situer en janvier 1525 et visant 1702, et notant que Saturne entrait au bélier au Printemps, il a pu ainsi préciser son propos. L’emprunt de Nostradamus est donc particulièrement maladroit.

Il semble qu’à plusieurs reprises, l’on assiste à une combinatoire de plusieurs paramètres qui permettent, lorsqu’ils se recoupent, de déterminer des dates particulièrement importantes, ce qui n’est pas toujours le cas lorsque l’on se sert de cycles réguliers et en quelque sorte perpétuels.

Spéculations astronomiques et cycliques

   La prophétie, lorsqu’elle se met à fournir des dates, ne dépend pas nécessairement de l’astronomie / astrologie. Elle fait volontiers appel à des spéculations numériques qui, scientifiquement parlant, ne sont pas d’un meilleur aloi.

   Que penser de ce nombre de 1260, que l’on voudrait issu du Livre de Daniel, que les eschatologues – notamment les Réformés Français – ajouteront aux dates les plus diverses, que penser de ces 300 ans que Pierre d’Ailly additionne à partir d’une année nécessairement terminée en 89 ?

Les enfants de l’An Mil

   En réalité, le premier nombre qui servit, au Moyen Age, à calculer la fin des temps semble avoir été les 1000 ans qui sont annoncés dans l’Apocalypse de Jean (Ch. XX) pour la durée de la mise hors de nuire de Satan. La première grande échéance prophétique semble avoir été la mise en relation de la chronologie liée à l’ère chrétienne et les 1000 ans durant lesquels une paix relative régnerait sur le monde. Passé ce cap, les malheurs devraient abonder avec le règne de Satan à qui il serait donné, comme dans Job, libre cours, pour quelque temps. Certes, ces 1000 ans seront par la suite calculés non plus après la naissance de Jésus mais celle de sa passion ; on pourra prolonger l’échéance en choisissant des dates plus tardives comme le renforcement de l’Eglise et ce non pas pour accorder un délai supplémentaire à l’humanité mais pour tenir compte du retard pris par rapport aux prévisions : il ne se passe rien qui corresponde vraiment aux attentes.

Mais une autre approche consista à se servir d’un autre nombre – 1260 – qui figure dans le même Livre de l’Apocalypse mais avec une valeur inverse. Ne s’agit-il pas tout au contraire de la durée du règne de l’Antéchrist, ce qui est confirmé, avec la variante 1290, dans le Livre de Daniel ? On passerait ainsi, pour les besoins de la cause, des jours aux ans, de l’échelle individuelle à celle de l’Humanité.

On nous objectera que l’on ne saurait confondre les 1000 ans durant lesquels Satan est mis hors d’état de nuire, suite à l’avènement de Jésus, et les 1260 ans que l’on attribue au temps antéchristique. On fera d’abord observer que ce passage des jours aux ans n’est pas fortuit, il correspond, à partir des XIIe – XIIIe siècles, à un désir de disposer d’un long terme comparable aux Mille ans qui ne font plus tout à fait l’affaire.

Par ailleurs, l’utilisation d’un texte conçu dans un esprit différent n’a jamais été rédhibitoire, même et surtout s’il est emprunté à l’adversaire. On le verra, à de nombreuses reprises, au cours de notre travail.

Mais ce n’est pas tout: le changement de référence dénote également une autre attitude face à la situation historique. Tout se passe comme si, pour de nouvelles générations, le jugement sur le passé n’était plus celui de 1000 ans de bonheur, pour reprendre l’expression de J. Delumeau. Un regard critique et rétrospectif se porte notamment sur la papauté qui conduit à préférer attendre que le temps de l’antéchrist s’achève plutôt qu’il ne débute. C’est cela que signifierait le passage de 1000 à 1260, au delà de la simple commodité des nombres.

Nous verrons que pour les réformés10, mais ce fut le cas avant eux pour les communautés dites spirituelles qui les précédèrent, l’important est moins d’espérer que de dénoncer. Il ne s’agit plus d’être euphorique mais lucide, le temps n’est plus à l’autosatisfaction mais plutôt à l’autoflagellation. Une telle évolution conduit d’ailleurs insensiblement vers l’idée d’un Avènement intermédiaire, suivi à nouveau d’une période antéchristique, comme si, en quelque sorte, tout était à refaire. Peut-être les 1000 ans n’ont-ils pas encore débuté, après tout, Satan n’est pas encore été refoulé: rien d’essentiel n’aurait encore changé depuis le temps de Jésus. Bien pis, Satan règne là où précisément on attendrait le salut, à la tête de l’Eglise, tant la duplicité de l’Antéchrist est grande : c’est la “Synagogue de Satan”, où l’on ne sait plus qui est qui.

Fixer une échéance, même à court terme, c’est de toute façon fixer un délai : on ne prophétise pour annoncer un événement immédiat. Il vaut mieux dans ce cas avancer une date lointaine que de laisser le champ libre à des dates trop proches. C’est semble-t-il l’avis de saint Augustin qui souhaitait, nous semble-t-il, faire un usage raisonnable du discours prophétique, en ayant les avantages – la structuration du temps – sans les inconvénients – l’attente fébrile. Cela dit, pour Augustin, les 1000 ans avaient déjà débuté ave le Christ, il n’était pas nécessaire de spéculer sur leur commencement. Mais cette solution ne pouvait être satisfaisante que jusque vers l’An Mil. A l’approche de cette date, la question du règne de l’Antéchrist était incontournable. Pour un homme des IV – Ve siècles, la position d’Augustin était acceptable mais à la longue, elle se révéla angoissante puisque tout a une fin.

Les échéances nostradamiques

   A propos des éditions nostradamiques, nous avons pu constater qu’un des critères permettant, selon nous, de distinguer ce qui était de Michel de Nostredame et ce qui ne l’était pas, concernait les échéances fixées par les uns et par les autres. C’est ainsi que nous faisions remarquer qu’à une exception près, celle de la “deuxième” Epître à Henri II, Nostradamus; n’avait pas manifesté d’intérêt pour les années 80 de son siècle, restant ainsi en dehors d’un courant que l’on pourrait appeler “des Années Quatre-Vingt” qui remonte au moins, pour la France, à Pierre d’Ailly.

IV – Fortune des Grandes Conjonctions

   La théorie des Grandes Conjonctions pesa fortement au XIVe siècle, notamment à propos de la Grande Peste de 1348 que l’on expliquera après coup par une grande conjonction dans le signe du verseau survenue trois ans plus tôt. De nombreux textes d’époque seront consacrés à l’Epidemia et notamment le Compendium de la Faculté de Médecine de Paris qui aborde la dimension astrologique. E. Littré signala en son temps le Libellus de judicio Solis in conviviis Saturni de Simon de Covino, ou de Couvin, daté de 1350, auquel Symon de Pharès, à la fin du XVe siècle, dans son Elucidaire, attribue également le mérite d’avoir prédit le sort de la bataille de Poitiers. Covino combine dans son Libellus astronomie et mythologie et campe une discussion qui n’est pas sans évoquer le Livre de Job. L’auteur imagine un débat entre Saturne et Jupiter, lors d’un banquet. Saturne (Satan ?) demande au Soleil (Dieu ?) la destruction du genre humain que défend Jupiter. Mercure s’efforce de démontrer que les hommes ont péché davantage que lors du Déluge, ce qui conduit Jupiter à changer d’avis, il fait alors la paix avec Saturne sur le dos de l’Humanité : tous les astres / dieux sont d’accord pour un châtiment exemplaire : rappelons que Job fut aussi puni dans sa chair, par une lèpre (II, 7). Deux siècles plus tard, un quatrain de la première centurie nostradamienne – le seizième- nous semble évoquer cette conjonction en verseau :

Faulx à l’estang joinct vers le Sagittaire
En son hault auge de l’exaltation
Peste, famine, mort de main militaire
Le siècle approche de renovation.

 

“Estang” comporte une valeur “Eau”, par exemple le Verseau, un des domiciles de Saturne. Dès lors, le Sagittaire renverrait à Jupiter, maître du signe. On aurait ainsi une grande conjonction en Verseau, encore que ce signe soit catalogué comme signe d’air, mais il n’en reste pas moins, comme le fera remarquer Paul Le Cour, en 1937, que le Verseau est Ganymède, l’échanson des dieux.11

Or, si l’on consulte des Ephémérides pour retrouver à quelle date la dernière grande conjonction en Verseau eut lieu, l’on trouve que ce fut le cas justement en 1345, c’est un des topoi de l’astrologie, illustré notamment par Jean de Murs et Jean d’Eschenden.

Or, que lisons-nous dans le quatrain des Centuries ? “Peste, famine, mort de main militaire”, la Peste figure en premier à la suite de la description astrologico-astronomique.

Ne se pourrait-il que le terme “auge” (du latin alveus), plutôt que de relever de la cosmographie ou de la théorie astrologique des Dignités planétaires, signifie simplement Verseau – le verseur d’eau, l’échanson Ganymède, souvent représenté par une amphore (on l’appelle aussi amphora) ? Après tout, nous dit le dictionnaire, une auge, c’est une manière de récipient, de nos jours une mangeoire pour bestiaux. D’autant que Saturne dans le signe du verseau est dans un de ses “trônes”, et il est possible que l’auteur ait confondu avec l’exaltation, autre position forte de Saturne, dans le signe de la Balance. Dans ce cas, il y aurait redondance puisque le Verseau figurerait à deux reprises, dans le même quatrain avec estang et avec auge. En tout état de cause, si l’on interprétait auge comme signifiant augmentation, on aurait aussi un double emploi avec exaltation au sein du même vers.

Mais il en est de même chez Turrel : “pourquoy pestilence, famine & toutes sortes de corruption en ce siècle redonderont” et chez Roussat : “Par quoy pestilence, famine & toutes sortes de corruptions tant aux corps que biens en ce siècle redonderont”. Association donc du passage de Saturne en son “auge” et du déclenchement de la pestilence. Il faut lire selon nous, pour “en son auge”, Saturne en verseau.

Cependant, il nous apparaît que la source de Nostradamus ne peut avoir été ici Roussat ou Turrel du moins dans les éditions que nous connaissons. J. P. Boudet a signalé qu’il avait existé d’autres éditions qui n’ont pas été conservées et nous pensons que c’est l’une d’entre elles que Nostradamus a eu en main, plus correcte, où il était fait d’une part allusion à une conjonction en Bélier en 1643 et en Sagittaire en 1603 et d’autre part à une conjonction en Verseau en 1345.

On pourrait certes soutenir que Nostradamus aurait pu se contenter de recopier la phrase de Roussat : “lors se conjoindront Saturne & Jupiter au Sagittaire”, mais la présence de l’estang nous conduit à repousser une telle lecture. Le quatrain de Nostradamus nous apparaît finalement parfaitement correct sur le plan du savoir astrologique de l’époque et l’on pourrait le confirmer par la citation de traités, dans leur chapitre concernant Saturne. Ainsi, l’importance que Nostradamus était supposé avoir accordée au début du XVIIe siècle, sur la base de ce quatrain, nous apparaît comme improbable (cf. infra).

Saturne est bel et bien puissant – exalté – en Verseau (Aquarius), et Jupiter s’y trouve par comparaison en position de faiblesse, lui qui a son exil dans un autre signe d’air, les Gémeaux. Dans la dialectique Jupiter Saturne, Jupiter est puissant dans les triplicités de feu et d’eau de par ses domiciles dans des signes de ces éléments et Saturne dans les triplicités d’air et de terre de par ses domiciles dans des signes de ces autres éléments.

On ajoutera que les deux planètes se répartissent chacune un demi-cycle de plus de 400 ans. En effet, Saturne va régner d’abord sur les grandes conjonctions en signe d’air puis, juste après, sur celles en signe de terre avant de céder la place à Jupiter qui dominera deux siècles d’eau suivis de deux siècles de feu. Le retour vers les fiefs de Saturne s’opérera à une date assez significative : 1782, sept ans avant la Révolution Française, lorsque Jupiter rejoindra Saturne dans les derniers degrés du Sagittaire, c’est-à-dire presque en Capricorne, signe de Terre et son autre domicile avec le Verseau, la conjonction ayant lieu en 1802 au début de la Vierge, autre signe de terre. Le cycle de Saturne se sera achevé en 1345 avec la Grande Peste et aura repris avec la Révolution Française. Il est à noter que les juifs seront tenus pour responsables de l’épidémie et qu’ils seront exclus du Royaume pour n’être réintégrés, officiellement du moins, qu’au lendemain de la Révolution Française (1791).

Vingt ans après, la conjonction de 1365, marquera un changement de triplicité, d’un signe d’air (verseau) vers un signe d’eau, le scorpion, phénomène qui n’a lieu que quatre fois au cours d’un cycle complet allant d’une conjonction Jupiter-Saturne en Bélier à la suivante, soit tous les deux siècles environ. C’est en quelque sorte l’acte de naissance de l’Astrologie Mondiale en Occident Chrétien, étant entendu que pour le monde Juif espagnol, par exemple, l’attente, à partir de 1179, de la conjonction de 1186 en Balance, deux siècles plus tôt, avait défrayé la chronique sous le nom de Lettre des astrologues arabes. Précisons cependant que la Lettre de Tolède qui traite de cette conjonction aurait été envoyée au pape Clément III qui ne régna qu’à partir de 1187. Ce texte, comme l’a montré Grauert (1901), connut une fortune remarquable jusqu’au XVIe siècle; il fut notamment rapproché de la troisième croisade, qui fit suite à la prise de Jérusalem en octobre 1187, par les armées de Saladin.

Les historiens, tel Gaster, dans son article de 1902, ont relevé que le texte de la prophétie élaborée autour de la configuration dans le signe de la balance aurait été réemployé à diverses reprises, des siècles durant, sous des identités successives. Or, la question qui se pose dans le rapport astrologie-prophétie est double: certes, l’on peut souligner qu’en dépit de la caducité de la dimension astronomique, un texte puisse être reconduit mais il conviendrait de ne pas oublier l’hypothèse suivante: peut-être les astrologues avaient-ils plaqué sur les données planétaires un discours prophétique, sans lien directe avec la science astrologique ? L’étude des commentaires successifs des conjonctions Jupiter-Saturne montre assez à quel point un même discours peut revenir alors que les signes zodiacaux changent.

Mais ce sont probablement les conjonctions attendues pour la seconde partie du XVe siècle qui marquèrent le plus les esprits comme en témoigne Pic de la Mirandole dans ses Disputationes, relayé par Bodin. Un des textes les plus remarquables sur le sujet reste le Meguilat Hamegalé, rédigé en hébreu au XIIe siècle, à la veille de la conjonction de 1186 par le Juif barcelonais Abraham Bar Hiyya, qui annonce 1464 pour la naissance du Messie.

Le recours à un cycle de 795 / 800 ans est relativement récent et permet de dater certains textes qui se prétendraient plus anciens qu’ils ne le sont. En effet, durant tout le Moyen Age, le chiffre en vigueur fut longtemps 953 / 960 ans. Encore au XVIe siècle, les deux données cohabitent. C’est ainsi que certaines dates fournies par Pierre d’Ailly sont astronomiquement fausses, ce que ne relève pas Carl Jung Carl (1983, pp. 110 – 111) qui indique 1693 comme année de grande conjonction en Bélier alors qu’en cette année là Jupiter et Saturne ne se rencontrent même pas et qu’aucune des deux planètes ne passe dans ce signe. Toutefois, en 1702, une telle conjonction aura lieu mais la véritable maxima coniunctio eut lieu, selon nous, dès 1583, ce qui correspond à peu près au décalage signalé (cf. supra). En réalité, les erreurs qui pèsent sur l’oeuvre de Pierre d’Ailly ne compromettent nullement la fixation de la date de 1789 qui relève d’une autre dimension de l’astrologie “saturnienne”.

Une des victimes les plus célèbres de cet imbroglio est Jean Bodin, Jean, auteur de la République, qui consacra le chapitre II du quatrième Livre à l’astrologie. Il fut contraint lors d’une édition ultérieure de corriger ses calculs, notamment à la demande du médecin toulousain Auger Ferrier, Auger; , qui lui avait reproché de s’attarder sur des données dépassées, chères à un Pierre d’Ailly.

C’est ainsi que l’on découvrit, à la fin du XVe siècle, semble-t-il, que la célèbre théorie des Grandes Conjonctions, grâce laquelle l’Histoire de l’Humanité s’expliquait toute entière, s’appuyait sur un écart beaucoup trop important (environ 20 %). Cette prise de conscience fut aussi importante, épistémologiquement, que la découverte de nouvelles planètes, voire de nouveaux satellites, depuis la lunette de Galilée. Comment dès lors attribuer à Regiomontanus; cette connaissance du cycle de 800 ans grâce auquel l’année 1588 pouvait avoir été étayée ? On fera remarquer que cet intérêt pour les années quatre-vingt n’est nullement le fait de Michel de Nostredame (cf. infra) mais de ceux qui se dirent ses enfants ou ses disciples et qui avaient d’autres échéances devant eux. l l’année 1588 pouvait avoir été étayée ? On fera remarquer que cet intérêt pour les années quatre-vingt n’est nullement le fait de Michel de Nostredame (cf. infra) mais de ceux qui se dirent ses enfants ou ses disciples et qui avaient d’autres échéances devant eux.”

Ce type de problème montre à quel point l’Astrologie fut longtemps tributaire des progrès de l’Astronomie, mais il semble bien que très vite une estimation astronomique d’une longue cyclicité devint un nombre accepté comme base de travail pour les recherches en Astrologie Mondiale, celle-ci devenant par certains traits une sorte de numérologie que l’on légitimait de par les recoupements historiques ainsi obtenus.

L’approche de Loys Leroy

   Citons aussi un auteur dont les réflexions précédent de peu la République de Bodin, il s’agit de Loys le Roy, auteur de Considération sur l’Histoire Françoise et l’universelle de ce temps dont les merveilles sont succinctement récitées (Paris, Fred. Morel), A la Royne Mère du Roy (Catherine de Médicis), juin 1567,:

“Tellement que selon les aspects, oppositions, conjonctions, distances, apparences, cachemens des astres descendent ça bas diverses influences rendant les hommes plus disposez en l’une saison qu’en l’autre à la vertu, aux lettres & aux armes, puis sortans de la mesme cause céleste grands & espouventables evenemens de guerres, famines, pestes, inondations, tremblemens de terre, seicheresses & bruslemens altérer tous cas humains par certaines révolutions de l’univers selon que les parties du ciel & de la terre correspondent & que la matière y est disposée.“12

 

“Lesquelles mutations adviennent en certaines saisons par la providence divine & la loi fatale du monde, tant selon le mouvement du premier ciel dont les autres mouvemens inférieurs dépendent & toute nature que par les conjonctions & séparations des planètes auxquelles les choses qui en sont composées obéissent. Aussi plusieurs passans outre, se sont efforcez déterminer par telles révolutions les aages & fortunes non seulement des hommes mais aussi des citez et des estats comme Platon en l’huitième de la République & au Politique, Ptolémée au Quadripartite & les anciens Chaldées & Egyptiens. D’avantage, les Arabes et plusieurs savants Chrétiens y ont adjouté les sectes des religions & entreprins juger de leur durée comme Pierre Dally Theologien & Cardinal de Cambray au traité qu’il a faict de la Concorde – Concordia, concordance, terme que l’on retrouve chez Joachim de Flore – de l’astrologie et de théologie auquel s’est opposé le Comte Iean de la Mirandole au cinquiesme contre les Astrologiens & Vives au deuxième de la vérité de la foy Chrétienne.”

 

Or, ce texte figurait également au Livre XI de la Vicissitude des changemens, ruines et conservations des Estats publics avec les causes des émotions civiles, leurs maux et remèdes13 du même L. Leroy, le traité étant une traduction par Regius du Livre V de la Politique d’Aristote.

Bodin et les grandes conjonctions

   Le personnage de Jean Bodin est complexe. Considéré comme un des plus grands juristes de son temps14, il fut aussi l’auteur d’une Démonomanie des Sorciers dans laquelle, avant Kepler qu’il influença peut-être, il prône une voie intermédiaire entre le rejet et l’adhésion. A tort ou à raison, on lui attribue15 une Lettre de Mr Bodin parue en 1590, en faveur de la Ligue hostile à Henri IV. Bodin est rarement cité pourtant dans listes de sectateurs de l’astrologie. Ce texte fait partie d’un arsenal prophétique qui incluait, on l’a vu, en ce temps, les Centuries de Nostradamus : “S’il y a moyen de savoir les changements & ruines des Républiques à l’advenir”, première édition non corrigée, 1576 :

“Je toucherai seulement ceux qui ont été en réputation d’avoir mieux entendu les jugements du ciel, pour les changements des Républiques lesquels a esté Pierre d’Arliac (c’est-à-dire d’Ailly en latin Alliacus) Chancelier de Paris & depuis Cardinal l’an 1516 (sic) qui a rapporté les naissances, changements & ruines des Républiques & des régions aux conjonctions des hautes planètes & duquel Jean Pic, Prince de la Mirande (c’est-à-dire, de la Mirandole).”

 

“Et ne se faut pas arrêter à la grande conjonction des deux plus hautes planètes au premier point (degré) du Bélier, ce qui n’est jamais advenu ni par le calcul d’Alphonse ni aux conjonctions rapportées par le Cardinal d’Arliac (…) Et l’an mil cinq cents octante quatre Saturne & Mars se joindront au premier point & 46 minutes du Bélier & Jupiter au même signe, mais toutefois éloigné de douze degrés avec le Soleil et Mercure. Et ne retournent au même point sinon en 953 ans & 91 jours lequel nombre si on tire, en rétrogradant des ans du monde, quand une grande conjonction est advenue, on trouvera quasi semblables effets et changements.”

 

Bodin signale donc les rencontres planétaires de 1584 -à peu de distance de la date de publication de son ouvrage, Certes, Mars, Jupiter et Saturne seront en Bélier mais il n’y aura pas de conjonction exacte dans ce signe de Jupiter et de Saturne. Celle ci aura eu lieu au signe précédent des Poissons :

“… Ce que j’ai dit des grandes conjonctions se peut aussi dire des moyennes qui adviennent en deux cents quarante ans & des moindres qui adviennent de vingt en vingt ans, qui ont les effets plus grands si les regards (aspects) des autres planètes, éclipses ou conjonctions y sont mêlés (…) Car de dire que les étoiles fixes ayant changé leurs signes ont changé les triplicités des régions, c’est abuser de la science & faudrait aussi ruiner les principes & maximes d’astrologie qu’on voit être semblables es horoscopes humains & tels qu’ils étaient il y a deux mille ans (…) Aussi voit-on quatre ou cinq ans devant le changement de la République Romaine en Monarchie sous la puissance de César & alors que toute l’Europe était en armes, que la grande conjonction se fit au Scorpion. La même conjonction se fit l’an 630 (…) Et la même conjonction se fit au même signe l’an 1464… Mais la conjonction des hautes planètes (…) Nous voyons aussi la grande conjonction au signe de l’Archer (Sagittaire) l’an 74 après J.C. que toute la Palestine fut saccagée (…) Bref, s’il y a quelque science des choses célestes pour le changement des Républiques, il faut voir les rencontres (aspects) des hautes planètes depuis 1570, les conjonctions, éclipses et regards des basses planètes & des étoiles fixes lorsque se sont faites les grandes conjonctions & les rapporter à la vérité de l’Histoire & des temps & aux conjonctions précédentes. & ne s’arrêter du tout à l’opinion de ceux qui ont déterminé les triplicités aux régions, que j’ai vérifié ci dessus par exemples évidents n’estre pas assurées mais bien à la nature des signes & des planètes. Et toutefois rapporter les causes & les effets d’icelle au grand Dieu de nature & non pas l’asservir à ses créatures comme Cyprian Leovice Leovitius; qui assure par ses écrits que la fin du monde viendra en 1583 / 1584. Puisqu’il assure si fort qu’on n’en doit aucunement douter, pourquoi a-t-il taillé des éphémérides pour 30 ans après la fin du monde viendra en 1583 / 1584. Puisqu’il assure si fort qu’on n’en doit aucunement douter, pourquoi a-t-il taillé des éphémérides pour 30 ans après la fin du monde ?”

 

“Albumazar, Alcabice & Leopold (d’Autriche) appellent grande conjonction des deux hautes planètes qui se fait de 20 en 20 ans environ (conjunctio magna) et la plus grande est de Saturne & Jupiter au changement de triplicité qui se fait en 240 ans environ (conjunctio major) & la très grande qui se fait de Saturne & Jupiter au signe d’Aries (Bélier) en 960 ans environ (conjunctio maxima). Mais Messahala appelle très grande conjonction des trois hautes planètes qui ne se fait pas (comme dit Leovitius; Léovice) l’an 1583 mais seulement de Mars & Saturne au second degré du Bélier & Jupiter en est éloigné de douze degrés (…) Ces grands changements se voient plus évidents avec la conjonction des trois hautes planètes aux signes du Soleil et de Mars comme il advint l’an 1564 que les hautes planètes se trouvèrent conjointes au Lion avec le Soleil et Mercure.”

 

En réalité, nous le savons, le rythme est de 200 ans environ et non de 240 ans, tant il est vrai que l’astrologie est tributaire de l’astronomie et de son évolution. Une telle échéance pour les années 1560 était déjà familière à la fin du XVe siècle chez un Lichtenberger (cf. infra).

Les difficultés d’application

   Il importe de rappeler que la théorie des grandes conjonctions comporte une part d’imprécision. Ce modèle d’origine arabe est fondé sur l’observation selon laquelle la conjonction Jupiter-Saturne, qui a lieu tous les vingt ans, se déplace d’une fois sur l’autre d’environ un tiers du Zodiaque. Or la tradition astrologique avait introduit une division des signes également selon le principe de triangulation du Zodiaque, triangle (ou triplicité) de feu : bélier (1er signe ), lion (5e signe), sagittaire (9e signe), triangle de terre : taureau (2), vierge (6) et capricorne (10), triangle d’air : gémeaux (3), Balance (7), Verseau (11), triangle d’eau : cancer (4), scorpion (8), Poissons (12). Il était donc tentant de rapprocher ces deux notions.

Mais quand la conjonction a-t-elle lieu ? Il semble que les critères astronomiques aient quelque peu varié. Nous en resterons à la méthode consistant à déclarer qu’il y a conjonction lorsque Jupiter (révolution en 12 ans environ) et Saturne (révolution en 29 ans environ) se retrouvent sur un même degré de longitude céleste, à tel degré de tel signe zodiacal. Or, dans certains cas, il s’en faut de peu que cette rencontre ait lieu dans un signe plutôt que dans un autre lorsque la conjonction se tient en fin de signe ou en début de signe – notamment en raison des rétrogradations – et cela est d’autant plus important quand cette conjonction est censée déterminer un changement de triangle dans la mesure où ces passages qui ont lieu à plusieurs siècles de distance sont alors plus importants que ceux qui se tiennent tous les 20 ans. Et l’enjeu est encore plus grave lorsqu’il s’agit du retour de la conjonction Jupiter Saturne dans le premier signe du Zodiaque, correspondant au début du Printemps, marqueur du début de l’année, le bélier car il s’agit là du début d’un nouveau cycle complet des quatre triplicités, ce qui ne se produit que tous les 800 ans ou quasiment tous les mille ans selon l’approche choisie. Les astrologues sont à la merci de ces imprécisions, ce qui d’ailleurs est bien commode lorsque l’événement attendu n’a pas lieu, permettant ainsi de fixer une nouvelle échéance 20 ans plus tard. On ne sait pas toujours à l’avance si la prochaine conjonction est la première d’une nouvelle triplicité ou la dernière de la triplicité en cours.

Il nous semble plus raisonnable de ne pas faire preuve de trop de minutie en ce qui concerne le changement de triplicité : il est clair que si le laps de temps correspondant à une triplicité s’est écoulé, l’on doit passer à la triplicité suivante même si, à quelques degrés près – ce qu’on appele “orbe” en astrologie – la conjonction n’a pas vraiment eu lieu dans le signe souhaité. En ne procédant pas ainsi, c’est tout le système d’Albumasar; qui se trouve inapplicable.

Le calendrier des grandes conjonctions

   Rappelons la succession des quatre triplicités depuis l’émergence de l’Islam jusqu’à la Révolution Française. On précisera que l’ordre des éléments est celui que l’on trouve dans le zodiaque : feu-terre-air-eau, à savoir bélier (feu), taureau (terre), gémeaux (air), cancer (eau), lion (feu) et ainsi de suite.

EAU 590, tout début Cancer (signe d’eau)
FEU 789, fin Poissons (signe d’eau) presque en Bélier (signe de feu)
TERRE 988, fin Sagittaire (signe de feu), presque en Capricorne (signe de terre). On est aux approches de l’An Mille.
AIR 1186, début Balance (signe d’air), cette échéance a été très fortement vécue par le milieu astrologique, comme nous l’avons rappelé
EAU 1384, début Cancer (signe d’eau), presque fin Gémeaux.
FEU 1583, début Bélier (signe de feu) mais en fait fin Poissons (signe d’eau) ce qui reporte le changement de triplicité à 1603 en Sagittaire (signe de feu).

Rappelons que le signe des poissons (longitude 330-359° 59’59″) précède immédiatement celui du Bélier. (0°-29°59’59″). Toutefois, nous pensons que les signes de feu ne sont pas interchangeables et que le passage au Bélier, lorsqu’il coïncide avec un changement de triplicité, correspond à une conjunctio maxima, même si elle a lieu, selon nous, en fait à la fin des Poissons.

Une grande conjonction au bélier comme celle de 1702 en plein milieu de la période ignée de 200 ans n’a pas le même impact sur le plan de la théorie.

TERRE 1782 fin Sagittaire (signe de feu), presque Capricorne (signe de terre) ce qui reporte le changement à 1802, en Vierge (signe de terre). Cette conjonction, proche de 1789, est la réédition de la conjonction de 988, près de huit siècles plus tôt. Mais il faut bien comprendre que la fixation de la date de 1789 est indépendante du calcul des grandes conjonctions et que la mention de l’écart est purement informative.

Pour nous résumer, en 590, on achève un grand cycle conjonctionnel, s’achevant toujours par l’élément eau, et c’est en 789 qu’ on est entré dans une conjonction en Bélier, donc une maxima coniunctio, puis vers 988, (ou 20 ans plus tard), on est entré dans une triplicité de Terre, puis en 1186, on est entré dans une triplicité d’Air, puis en 1384, on est entré dans une triplicité d’Eau et en 1583 ou en 1603 dans une triplicité de Feu pour revenir en 1782 dans une triplicité de Terre. Si l’on affirme que le cycle des conjonctions Jupiter-Saturne ne dépasse pas 800 ans, il importe de se satisfaire de l’approximation des conjonctions en Bélier à la fin des Poissons, ce qui fut le cas de 789 et de 1583, années séparées par un écart de 795 ans. En étant par trop formaliste, l’écart séparant deux premières conjonctions, au sein de deux cycles successifs, en Bélier stricto sensu, l’on augmente considérablement la durée du cycle. Le décalage entre les deux écoles n’est probablement pas tant une question de précision astronomique qu’un problème de définition.

Or, dans la perspective millénariste où se situe Pierre d’Ailly et qui conduit à l’avènement de l’Antéchrist, force est bien, en principe, au cardinal, à supposer la fin d’une période de 1000 ans comme le veut l’Apocalypse de Jean. Dès lors, il n’est peut être pas indifférent qu’il y ait cet espace de temps entre 789 et 1789. Notons cependant qu’à la différence d’un Téléofre / Télesphore de Cosenze, le millénaire ne s’achève pas au XIVe siècle mais au XVIIIe.

Le problème de la Coniunctio Maxima

   La simplicité du système des grandes conjonctions n’est en effet qu’apparente. En tout cas, dans le cours du XVIe siècle va régner une certaine confusion aboutissant à deux dates, ayant chacune leurs partisans, à l’instar des papes et des antipapes.

Or, l’enjeu est de taille puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de fixer le début de la Coniunctio Maxima, qui commence un nouveau cycle de plusieurs siècles ! A priori, le problème se réduit à rechercher à quelle date a lieu la première conjonction dans le signe du Bélier.

Il y aura donc les astrologues qui ont fixé ce changement à la fin du XVIe siècle et ceux qui attendront le début du XVIIIe, l’an 1702, soit un écart de 120 ans, correspondant à plus de la moitié du temps que passe une grande conjonction à travers les signes d’une même triplicité. Une troisième approche consiste à prendre en compte l’année de la première conjonction en signe de feu, que ce soit ou non le signe du Bélier. Ainsi en 1603, la rencontre de Jupiter et de Saturne en Sagittaire sera-t-elle déterminante.

Chaque camp a ses arguments: ceux qui tiennent compte de la durée de 200 ans propre à chaque passage au sein d’une triplicité, peuvent arguer de ce que la précédente entrée, en signe d’eau, eut lieu en 1384 et qu’il convient de fixer le changement en 1584 mais en cette année là, la conjonction eut encore lieu en signe d’eau, dans le signe qui précède le bélier, à savoir les poissons. Mais pour Leovitius, la conjonction en bélier fait immédiatement suite, dans l’année qui vient, à celle en poissons. Il y a donc ceux qui repoussent de vingt ans en 1603 mais alors la conjonction n’aura pas lieu en bélier. Ceux qui prônent 1702, appliquent littéralement le principe selon lequel la coniunctio maxima correspond à la première présence de la grande conjonction en bélier. Mais en 1643, aurait du se produire une conjonction au bélier, or, elle se tint à la fin des Poissons, à quelques degrés de l’entrée au bélier.

Les trois échéances de Leovitius

   Il convient de ne pas affirmer que la seule échéance annoncée par Leovitius Cyprien; concerne les années Quatre-Vingt. Une telle lecture est tardive et relève – on le verra pour la prophétie d’Orval au XIXe siècle – d’une réactualisation, une fois une première échéance franchie.

Dans le Pronosticon, qui est la partie prévisionnelle de son oeuvre, il doit, à trois reprises, discourir sur une grande conjonction Jupiter-Saturne: dans les années soixante, dans les années Quatre-vint et dans la première décennie du XVIIe siècle.

Reprenons les trois textes correspondants :

“Je pense de vray que depuis huict cens ans n’y a eu telle, ne sy grande coniunction de planetes au signe de Léo et qu’il n’y en aura de semblable d’icy à huict cens ans à l’advenir. Il s’en feit une pareille l’an 769 etc.” (1584)

 

“Depuis lequel temps n’en a esté une semblable (…) et celle qui adviendra l’an 1583, laquelle indubitablement nous sera significative du second advenement du Fils de Dieu.”16 (1583)

 

Cette fois-ci, il s’agit d’une éclipse qui se manifesta en 1605 : “C’est chose toute certaine que plusieurs siècles auparavant n’en a esté une plus grande & n’en sera possible une telle pour l’advenir.”17

En fait, Leovitius reste extrêmement vague, après une échéance grave, on passe à l’attente de la suivante comme si la vie allait se poursuivre normalement. La conclusion du recueil est révélatrice : “J’ay discouru cette présente prognostication jusqu’à l’an 1607 (…) Ce faisant attendront le second advenement du Fils de Dieu qui semble estre fort prochain”18, et d’entrer dans des considérations extra-astrologiques : fin du règne de Mahomet qui pourrait avoir lieu au bout de 1000 ans, donc dans le cours du XVIIe siècle, fin du monde au bout de 6000 ans mais qui peut être abrégée. Au fond à la façon d’un astronome conseillant d’observer telle éclipse puis telle autre, Leovitius signale des moments importants et si ce n’est pas l’un, ce sera le suivant. Or, à plusieurs reprises la date de 1607.

Le fait que Leovitius ait publié son diptyque – De coniunctionibus et Pronosticon – en 1563 nous conduit à penser que les lecteurs s’intéressèrent au premier chef à la première grande conjonction annoncée, celle de 1564. Leovitius ne précise-t-il pas : “Toutes lesquelles choses conviennent de poinct en poinct avec la prognostication astrologique que j’ai faicte il y a bien huict ans en mon livre des éclipses pour les années 1564, 1565 & pour le premier semestre de l’an 1566.”

Au vrai, si Nostradamus a lu Leovitius dans les années Cinquante, au travers de l’Eclipsium et de l’Ephemeridum, on peut raisonnablement penser que la première échéance importante qui lui fut proposée concernait les années Soixante et non les années Quatre-Vingt. En fait, le propre de l’astrologue n’est-il pas de plier les lois du cosmos aux impératifs de la politique et de savoir mobiliser régulièrement l’opinion en laissant de côté les prédictions pour les années passées. Cela dit, ce genre d’ouvrages qui couvre une quarantaine d’années nous permet de mieux cerner les procédés employés. C’est là que la différence entre astrologie et astronomie s’avère frappante: l’astronome qui annonce une succession de configurations, étalées sur des décennies, reste dans un processus cyclique tandis que l’astrologue qui est préoccupé de la fin du monde a une approche plus linéaire et est contraint à des acrobaties pour laisser entendre qu’on se rapproche de l’issue mais sans savoir exactement quand elle aura lieu. Il convient donc de lire Leovitius comme quelqu’un qui fournit des données, en considère les implications possibles mais reste finalement dans l’expectative. Il est évident que plus le temps passe, plus l’échéance, a priori, se rapproche.

Par la suite, les Prédictions des choses mémorables paraîtront dans les années soixante-dix, à l’initiative de Nostradamus le Jeune, avec quelques variantes, sans les paragraphes consacrés aux années Soixante. Et après avoir insisté sur le caractère crucial de la conjonction de 1583 / 84, cette nouvelle version s’arrête à 1585, mais ce qui est dit sur cette année n’a plus rien de dramatique, comme si l’orage était passé.

Nous avons l’impression d’un certain mélange des genres. Visiblement, cette étude année par année s’apparente aux prophéties agricoles de type Moult : telle année, la récolte est bonne, telle autre elle sera médiocre et ainsi de suite. Mais qu’en est-il dès lors que l’on applique un tel schéma aux affaires des hommes ? On ne peut écrire en telle année, aura lieu le second avènement du Christ puis poursuivre pour l’année suivante comme si de rien n’était, c’est ce que Jean Bodin Jean avait remarqué. La vision eschatologique convient finalement mal à un processus récurrent régulier, elle parasite le discours de l’astrologue et l’amène à produire une cote mal taillée.

La date de 1583

   Le problème pour les astrologues du XVIe siècle, tient au fait que la première vraie conjonction en signe de feu ne se tint pas en bélier, premier signe mais en sagittaire, neuvième signe, ce qui posait un problème supplémentaire. D’où la tentation de considérer 1583 comme, à quelques degrés près, la Très Grande Conjonction du bélier, bouclant tout un cycle. La difficulté tient ici qu’en cas de non rencontre dans la triplicité prévue, il y a un report de 20 ans et qu’en cas de non-rencontre dans le signe prévu, dans l’ordre prévu, le bélier notamment, il n’y a pas de report possible sinon sur plusieurs siècles ! Certes, il y aura des conjonctions en Bélier durant les deux siècles liés à la Triplicité de Feu mais non pas lors de la conjonction suivante puisque la progression est triangulaire, mais une telle conjonction n’aura pas eu lieu lors du changement de Triplicité. En 1643, au lieu du bélier, c’est à nouveau le signe des Poissons qui sera le lieu de la Conjonction, on retourne en Triplicité d’Eau, ce qui est contraire au système. Il convient donc, nous semble-t-il, d’accorder, comme en astrologie généthliaque, une certaine “orbe” et privilégier la structure géométrique sur le seul symbolisme zodiacal.

La lecture des textes de l’époque montre bien que la conjonction de 1583 est présentée comme une sorte d’ouroboros, c’est-à-dire comme la conjonction entre le dernier signe (la queue) et le premier signe (la tête). Dans ce sens, la conjonction de 1583 apparaissait comme singulièrement cruciale, comme un événement rarissime dès lors qu’il était précédé vingt ans plus tôt d’une conjonction en signe d’Eau. Il fallait remonter pour cela au VIIIe siècle, au début de l’an 789 où là encore la conjonction se fit en Poissons mais faillit, à quelques jours près, avoir lieu en bélier.

Dans les Pléiades de 1603, Jean-Aimé de Chavigny cite Leovitius Cyprien et Liberati Francesco, et l’année 1782 apparaît à chaque reprise (p. 216 et 283), ce qui n’est certes guère éloigné de 1789 :

“Pourtant depuis l’an 1583 jusques à l’an 1782 que règne ce trigone igné, avant le mi-temps, dit icelui Liberati, commencera une haute & sublime monarchie & toutes choses seront réduites & gouvernées par un seul Monarque (…) et je tiens par nos présages que sera plustost qu’on ne pense.”

 

Il semblerait que pour Liberati, le début de la série ignée des conjonctions Jupiter-Saturne ne soit pas 1603 mais 1583. Or lorsque Saturne parvint en 1584 à 0° du Bélier, Jupiter était passé sur ce même point moins d’un mois auparavant. Les deux planètes se sont rencontrées quelques mois plus tôt en 1583 à 20° des poissons, à dix degrés donc du début du bélier.

Guillaume Postel Guillaume a pour échéance cette période de 1583 – 1584, comme l’indique un élément du titre d’un recueil resté manuscrit, le Thrésor ou recueil des prophéties de l’univers : “bien tost en adviendra par la conjunction maxime qui sera l’an de grâce 1584 et monstre ja son préparatif depuis l’an 1500 et s’estendra jusques à 800 ans ou 795 après comme toutes les passées ont faict et principalement celle qui meut Auguste et celle qui excita Charlemaigne, là où creut la sacrée authorité des sainctes Escriptures et celle de la Glosse ordinaire et ses despendences avec la sanction des romaines lois.”19

En fait, si l’on étudie (cf. infra) l’histoire d’un recueil prophétique comme le Livre Merveilleux, il reparaît au milieu des années 1560, sous Charles IX, puis dans les années 1580, lors de la crise dynastique, du fait des échéances qu’il avait fixées bien à l’avance, en rapport avec cette exceptionnelle conjonction en Bélier.

La compilation d’Estienne Tabourot

   On est toujours étonné de relever qu’un texte annonçant une échéance pour une date précise puisse poursuivre sa carrière en conservant les données initiales. La Pronosticatio de Lichtenberger reparaîtra en 162020 en précisant, en son titre, que la première édition date de 136 ans. En ce qui concerne l’Almanach et Pronostication des Laboureurs de Tabourot, la mention de 1588 survivra à l’entrée dans le XVIIe siècle.21 Scheler s’est intéressé à cette édition de 1610 : “Dans la Préface – que l’éditeur et ses successeurs supprimeront par la suite – l’auteur se réfère au sieur Arbeau (“dont le Compost, dit-il plus loin, n’ayant été imprimé qu’au lieu de Langres n’a pas encore esté veu ny leu de beaucoup de gens”) Jean Tabourot ayant sous le nom de Thoinot Arbeau; publié en 1582 à Langres un Compost et manuel Kalendrier, cette remarque montre que la préface de Maginuse a été écrite avant 1610 et que l’almanach donné à cette date par Nicolas Oudot n’est lui-même qu’une réimpression. ” Il est surprenant que Scheler n’ait pas remarqué que ce Jean Tabourot était, du moins dans le catalogue de la BNF, crédité d’un Almanach et Pronostication des Laboureurs, comportant notamment ladite Préface. Bien plus, l’exemplaire de la BNF est relié avec le Compost et Manuel Calendrier et porte la même cote !

La Grande Pronostication du Seigneur des Accords de Jean Vostet Breton – pseudonyme ici d’Estienne Tabourot – accorde une certaine importance aux grandes conjonctions et notamment à Leovitius, Cyprianus. Mais à la même époque le libraire Parisien Jehan Bonfons publie une édition du Kalendrier des Bergers comportant des extraits d’Alcabitius sur les conjonctions. Il y est notamment dit que la conjonction Jupiter-Saturne en Bélier annonce “quelque nouvelle secte advenir“.

D’une conjonction l’autre

   En 1484, la conjonction de Jupiter et de Saturne dans le signe du scorpion (et non dans la constellation du même nom) se produisit donc dans un signe d’Eau. Le XVIe siècle sera traversé par des grandes conjonctions en Eau, réputées favorables aux Musulmans – l’Islam est né au VIIe siècle, dans le cadre de conjonctions Jupiter-Saturne en signes d’eau – ce qui expliquerait, selon l’auteur des Prédictions de la décadence des Empires, l’échec de Charles Quint en ce domaine et de l’Empire en général. Cette conjonction est au coeur de la Pronosticatio de Lichtenberger et donc figure en bonne place dans le Mirabilis Liber. Un de ceux qui ont attiré l’attention sur cette configuration serait Jean de Bruges et ce dès 1444.

En 1503, une conjonction a lieu en Cancer, autre signe d’eau. Nous avons retrouvé un écho de cette rencontre dans la Nef des Fous de Sebastian Brandt, sous la forme d’une illustration reprise dans Rabelais François. Cette conjonction sera mentionnée par Carion à la fin du troisième livre de ses Chroniques trente ans plus tard, à partir des propos d’un Laurent Miniatensis, napolitain, qui auraient été tenus en 1473, “en son tiers livre de la conjonction de Jupiter et Saturne au signe de l’écrevisse”.22 On y cite une présentation latine versifiée de la conjonction ainsi restituée en français : “Celle conjonction qui viendra en nostre aage./ Plus bénigne sera, ne contenant l’oultrage / Que celles de devant (…) Un roy exempt de vice en ce temps régnera (…) Il sera Empereur etc.” Du fait de la fortune des Chroniques, cette conjonction sera signalée pendant tout le XVIe siècle.

En 1524, nous trouvons celle qui fut la plus célèbre, en poissons. Elle était réputée annoncer un nouveau Déluge et provoqua une polémique, notamment autour de Nifo.

Si la conjonction suivante, en 1544, en scorpion, n’a pas retenu notre attention, en revanche, en 1563, Leovitius Cyprien, on l’a noté, s’intéressa vivement à cette conjonction en cancer qu’il relie à la conjonction suivante en 1583 en poissons. Cette dernière est rapprochée, sans trop d’explication, de l’Annus Mirabilis de 1588. Florimond de Raemond, en 1597, dans son Antichrist23 fera remarquer au chapitre VII que Jupiter étant dans un de ses domiciles, il ne pouvait avoir des effets négatifs. Il cite un poème à ce propos dont nous reprenons le début :

“Que vous êtes hélas de honte et de foy vuides Escrivains qui couchez dans vos Ephémérides L’an, le mois et le jour qui clorront pour toujours La porte de Saturne aux mois, aux ans, aux jours etc.”

La date de 1603

   La première conjonction en signe de feu, liée au nom de Laurent de Naples, eut en fait lieu en signe du sagittaire et elle est rapprochée de la naissance de Louis XIII en 1601. Jean Belot, Jean (cf. supra) s’intéressera à la conjonction en sagittaire et réutilisant notamment le quatrain de Nostradamus déjà affecté par certains à 1603, “Faux à l’estang joinct vers le sagittaire” du seizième quatrain de la première centurie (cf. infra) qu’il faudrait lire, selon Brind’amour (1993) que nous ne suivrons pas faux à l’estaing, la faux représentant traditionnellement au niveau iconographique Saturne et l’étain étant le métal (alchimique) de Jupiter (cf. infra). Notons ainsi que le Janus Gallicus (art. 298) voit dans l’estang, le signe du verseau.

En 1615, dans son Amphitheatrum Providentiae Aeternae, paru en latin à Lyon, l’Italien Jules César Vanini, qui allait être exécuté (brûlé) en 1619, à Toulouse, pour ses idées, s’insurgera contre la théorie des Grandes Conjonctions dans son rapport avec l’histoire des religions, telle que l’a exposée Jérome Cardan, auteur, comme Pierre d’Ailly, d’un Horoscope de Jésus Christ. Cardan relie la Triplicité d’Eau à la suprématie des Musulmans comme ce fut le cas au VIIe siècle, après la conjonction en scorpion (Exercice VIII de l’Amphitheatrum). Il ne semble pas que le système des grandes conjonctions ait marqué le dix-septième siècle prophétique comme cela avait été le cas pour les siècles précédents mais Claude Comiers s’intéressera encore à la conjonction de 1683 qui fera également sens pour Jurieu. On ne cessera pas pour autant au delà du XVIe siècle de faire des prévisions eschatologiques mais sans nécessairement le secours de la logistique planétaire, ce qui correspondra à un regain des computations scripturaires.

Après la conjonction de 1623 en lion, l’Alsacien Eberhard Welper célébrera aussi la conjonction de 1643 en poissons (en bélier) puis celle de 1663 en Sagittaire, qui inspirera également un Samuel Desmarets, Samuel et un Pierre Serrurier : les réflexions de ce dernier seront traduites en anglais (cf. infra). Enfin, en 1682, en Lion, la conjonction ignée coïncidera avec la défaite des Turcs, car le Feu est favorable aux Chrétiens à la différence de l’Eau.

L’on trouve chez Turrel; et chez Roussat la référence suivante : “Car cette présente triplicité aquatique terminée (de quoi nous reste seulement, du calcul de cette présente année 1548, quatre vingt quatorze ans) viendra la triplicité de feu”24, ce qui conduit à 1642.

Le total donne 1548 + 94 = 1644, année où la conjonction en bélier a failli en effet avoir lieu. Le système se détraque ou du moins son formalisme aboutit à divers clivages, tous les paramètres ne convergeant pas.

La conjonction de 1643, coïncidera avec la mort coup sur coup de Louis XIII et de Richelieu. Il semble qu’Yves de Paris;, dès 1640, avait annoncé, sur la base de cette rencontre planétaire, de tels événements. Jacques Mengau, en 1652, s’appuie curieusement sur cette conjonction déjà ancienne, du 26 février 1643, qui, selon lui, agira dix ans après, soit jusqu’en 1653.

La date de 1702

   Il convient également de signaler l’importance accordée aux premières années du XVIIIe siècle par les hommes du XVIe siècle. On citera les travaux du bourguignon Pierre Turrel (qui influencent Roussat Richard et Nostradamus). Il désigne, dès 1531, notamment l’an 1702 comme déterminant :

“l’autre fameuse approximation de Saturne & Jupiter que se fera par la tête de Aries, l’an 1702, montrera en la terre universelle & plus que grandes altercations et & mutations ainsi que Léopold d’Autriche en son introductoire au sixième traité nous a laissé par écrit.”

 

Notons toutefois que cette conjonction en bélier ne saurait être une conjunctio maxima car elle n’inaugure pas le passage de la conjonction Jupiter-Saturne en signe de feu.

Il faudrait ainsi attendre 1702, qui correspond d’ailleurs peu ou prou aux calculs du Cardinal de Nicolas de Cuse;, fondés apparemment sur des critères non astronomiques mais que Michel de Nostredame reprit, nous semble-t-il, à son compte.

V – Pierre d’Ailly et 1789

   Tous les prophètes se réfèrent peu ou prou à l’Antéchrist de l’Apocalypse ou à la Prophétie de Daniel. Il importe de distinguer ceux qui utilisent le matériau scripturaire comme thématique et ceux qui s’en servent pour fixer un calendrier scripturaire.

On ne saurait cependant qualifier les calculs du cardinal de Cuse d’astrologiques, ils se fondent sur des passages de l’Ecriture, Daniel, les Evangiles. Il est cependant intéressant de comparer les prophéties des deux cardinaux, Pierre d’Ailly; et Nicolas de Cuse, ce dernier écrivant sa Conjectura de ultimis diebus, un demi-siècle environ après la Concordantia astronomie et theologie etc..25

En tout cas, au cours des XVI – XVIIIe siècles, le texte prophétique de Nicolas de Cuse; fut publié en français à plusieurs reprises tandis que les textes prophétiques d’Ailly ne furent pas traduits, à notre connaissance, durant cette même période, ce qui ne les empêcha pas de marquer certains auteurs français du XVIe siècle.

Les méthodes et les échéances divergent : Pierre d’Ailly; recourt à une astrologie saturnienne – grandes conjonctions, cycle de dix révolutions de Saturne – Cuse, lui, s’appuie sur les étapes de la vie de Jésus. Si le cardinal français vise 1789, le cardinal allemand est plutôt enclin à fixer pour échéance les premières décennies du même XVIIIe siècle. Certes, l’un comme l’autre recourent à l’imagerie antéchristique mais au lieu de voir l’Antéchrist oeuvrer de leur temps – en ces temps de schisme, le terme est alors souvent employé contre les papes – il s’agit d’en reporter l’avènement aux calendes grecques. Ce n’est peut-être pas par hasard si, en 1414, le nouveau cardinal de Cambrai, alors que s’ouvre le Concile de Constance auquel il va participer – convoqué, en terre allemande, par l’Empereur Sigismond de Luxembourg pour régler la question de la pluralité des papes – met la dernière main à un texte qui vise à calmer les effets d’une certaine rhétorique. Pour d’Ailly, partisan de l’autorité prévalante des conciles, la fin des temps n’a pas à être calculée à partir d’une succession des papes mais selon les lois de l’astronomie / astrologie et en s’appuyant sur une certaine numérologie. En cela, le contraste est complet avec les hommes du XIVe siècle, comme Jean de Roquetaillade et Théolofre de Cosenze, chez qui les implications politiques (élections de l’Empereur, du Pape) immédiates sont très fortes.

Cela dit, nous restons assez perplexe : d’une part, nous ne disposons évidemment pas d’imprimé d’époque mais pas davantage de témoignage de contemporains; il faut attendre, apparemment, la fin du siècle, pour que le texte relatif à 1789 soit disponible au sein d’un ensemble d’oeuvres de Pierre d’Ailly. Car, il nous est difficile d’envisager qu’un texte soit paru, en l’état, daté de Constance même, en cette année 1414, qui exigeait au contraire une mobilisation des esprits, une certaine pression que le prophétisme – il n’était question de rien de moins que de la démission de trois papes ! – a en quelque sorte pour fonction d’exercer et non des développements généraux ne visant nullement l’époque de leur parution. Faut-il parler d’un prophétisme conciliaire visant à empêcher qu’un pape, tel Jean XXII, un siècle plus tôt, puisse être traité d’Antéchrist, par certains Franciscains de Provence – les « spirituels » – annonçant, selon le découpage joachimite, l’ère du saint-esprit ?

Le fait que le texte reparaisse à la fin du XVe siècle, à Louvain (c 1480), à Augsbourg (1490), ne serait-il pas lié à l’importance accordée à l’année 1489, soit un cycle saturnien de 300 ans avant 1789 ? Ailly est d’ailleurs associé, dans ces recueils, à Jean de Gerson qui fit également partie de la délégation française à Constance, avec Guillaume de Fillastre.

Dans une de ses Concordiae, Pierre d’Ailly a certes annoncé en toutes lettres 1789. Mais ce faisant, il ne s’est pas appuyé sur les seules grandes conjonctions, il a recouru à un cycle de 300 ans qui croise le cycle de 800 ans. Il convient de débrouiller, avec autant de précision que possible, les arcanes du raisonnement qu’il développe et qu’il adopte, dans la ligne de l’astrologie arabe qu’il ne connaît pas nécessairement de première main.

VI – Un autre système saturnien

   Il convient de mettre mieux en évidence l’idée qui sous-tend un tel dispositif jumeau de celui des grandes conjonctions et que Jung Carl n’a pas vraiment explicité.

En soi le passage de Saturne dans les signes cardinaux est d’une grande banalité puisqu’il se produit tous les sept ans environ tout comme la conjonction Jupiter Saturne dont la périodicité est de 20 ans. Tout l’art d’Albumasar; est de faire apparaître des superstructures sans que ni lui, ni Pierre d’Ailly ne s’expliquent clairement en ce qui concerne le concept de cycle de dix révolutions de Saturne.

Tout comme la théorie des grandes conjonctions des deux planètes les plus lointaines (jusqu’à la découverte d’Uranus à la veille de la Révolution Française) met en avant Cf. infra la division du zodiaque en quatre groupes de trois signes (feu, terre, air, eau), celle des « dix révolutions » s’appuie sur une autre division, ternaire cette fois, entre signes cardinaux, fixes et mutables.

De même qu’Albumasar avait remarqué pour le passé que ces conjonctions restaient un certain nombre de fois dans des signes de même élément, puis changeaient de “triplicité”, de même il semble qu’il ait observé que toutes les dix révolutions, Saturne se décalait d’un quart de zodiaque et passait successivement du bélier au cancer, du cancer à la balance, de la balance au capricorne, du capricorne au bélier et ainsi de suite, en respectant l’ordre des saisons.

Le point de départ du système pourrait être le Bélier comme c’est le cas pour les Grandes Conjonctions. L’attente de la coniunctio maxima (retour au bélier tous les 800 ans) allait désigner comme date 1583 tandis que l’attente du retour des dix révolutions au Bélier, allait fixer l’échéance de 1789, rétrospectivement plus marquante, soit un décalage de deux siècles.

Outre la fortune extraordinaire de la prophétie du Cardinal Pierre d’Ailly, pour la fin du XVIIIe siècle, il nous a semblé que la démarche alliacienne offrait, conjointement à celle de Nicolas de Cuse, qui émerge quelques décennies plus tard, une spécificité en ce qu’en reliant l’échéance à l’avènement de l’Antéchrist, elle touche explicitement ou implicitement au problème de l’anti-judaïsme. De fait, l’Antéchrist n’est-il pas ce Messie que les juifs attendent encore alors qu’ils n’ont pas reconnu le vrai qui s’est présenté, devenant ainsi la “synagogue de Satan” (Apocalypse de Jean) ?

En tout état de cause, le propos sur l’Antéchrist véhicule généralement un certain antijudaïsme – il suppose le maintien des juifs, ce qui va, à l’encontre d’un processus de conversion – de “rappel” – avant la fin des temps – et il nous a paru intéressant d’étudier la contribution du prophétisme dans ce domaine, d’autant que les historiens de l’antisémitisme semblent l’avoir généralement négligé à commencer par Jules Isaac qui ne s’arrête que sur l’accusation de déicide. Or, il y a là un malentendu: tenter d’expliquer l’hostilité envers les juifs sur la seule base d’une prophétie rétrospective à savoir le reproche fait aux Juifs d’avoir tué celui qui serait considéré comme fils de Dieu par une part importante de l’Humanité.

Un Tlesphore de Cosenze ne peut s’empêcher d’associer le “peuple Disrael” à l’avènement de l’Antéchrit, et l’on peut se demander s’il n’existe pas un rapport avec le fait qu’en 1394 les juifs furent expulsés du Royaume de France. Et cette fois, les Chrétiens ne revendiquent pas d’être le nouvel Israel.

Pierre d’Ailly cardinal de Cambrai, n’avait aucun scrupule à annoncer la lointaine venue de l’Antéchrist. Se rendait-il compte que pour près de quatre siècles, il allait ainsi contribuer à renforcer la défiance envers les juifs qui, non seulement avaient accompli le déicide, mais en outre accueilleraient un jour l’Antéchrist ? A vrai dire, du temps de Pierre d’Ailly, les juifs, depuis peu, on l’a vu, étaient persona non grata.

Ceux qui, à sa suite, adopteraient de telles Prophéties pouvaient-ils le faire, s’ils étaient juifs ou simplement d’ascendance juive ? Le problème se pose pour un Christophe Colomb Christophe; dont on se demande encore s’il était d’origine juive. Il importe de rappeler, préalablement, qu’il existe (cf. infra) des versions du récit de l’Antéchrist dépouillées en grande partie de la dimension juive.

Le thème de l’Antéchrist est relayé par l’iconographie et la poésie populaire, tant pour ce qui est de l’Antéchrist que pour le déicide, comme c’est le cas pour le Dit des Sibylles censé annoncer la vie du Christ et mettant l’accent sur le rôle néfaste des juifs : déicide et antéchrist constituent une sorte de diptyque. L’iconographie antéchristique comporte une représentation des Juifs.

En réalité, il aura probablement fallu que d’autres paramètres interviennent pour entretenir cette animosité à l’égard des Juifs que le seul souvenir d’un crime sacrilège au regard de la théologie – “ils ne savent pas ce qu’ils font”. Outre certains aspects de la liturgie concernant les “Juifs perfides”, il convient de s’arrêter sur le rôle conféré aux juifs dans la prophétie vouée à l’Antéchrist. Il est probable que les historiens de l’antisémitisme aient négligé cette dimension occultiste, fragilisant ainsi leur analyse.

Laurence Smoller Laurence (1994) a montré que Pierre d’Ailly a évolué sensiblement dans sa pensée astrologique et prophétique tant dans le fonds que dans la forme. Avant de repousser l’échéance antéchristique aux calendes grecques, Pierre d’Ailly voyait en effet dans la rivalité entre papes de Rome et d’Avignon – grand “schisme” d’Occident (1378 – 1417) – en 1409, il y eut même trois papes, un signe de la fin des Temps. Il semble qu’il ait changé d’avis lorsqu’une solution sembla devoir être trouvée, avec la réunion du Concile de Constance, en 1414. Mais au cours de la même année, le cardinal va être amené à revoir ses calculs et ses démonstrations, c’est ainsi qu’il va, dans un Elucidarium des deux concordantiae conjointes, qu’il fait circuler en cette même année 1414, corriger certains passages du Vigintiloquium ou Concordance entre astronomie et théologie et de la Concordance entre astronomie et histoire, qui est celle qui nous intéresse au premier chef. Dans les années 1480, à Louvain, chez Johannes de Paderborn de Westphalie26 paraîtront à la suite, en annexe, du De Imagine Mundi les deux Concordances suivies de l’Elucidarium, bien que ce dernier ne soit pas mentionné dans le sommaire introductif. En 1490, l’Ymago mundi, l’édition de Ratdolt, à Augsbourg27 comprendra les deux Concordantiae et l’Elucidarium. Mais ce dernier est raccourci par rapport à l’édition de Louvain et ne comporte pas le colophon de 1414 en date du 26 septembre. A l’instar du Vigintiloquium, l’Elucidarium aurait selon les colophons, été réalisé à Cologne, comme le signale l’édition de Louvain. En effet, l’Elucidarium s’achève par une “Apologetica defensio astrologicae veritatis” qui n’a pas été retenue dans l’édition d’Augsbourg et qui donne pourtant le ton à ce supplément autocritique. Curieusement, dans l’édition de Louvain, c’est l’ “apologetica defensio” qui figure au sommaire comme un texte à part entière alors que l’Elucidarium est ignoré.

Les corrections, signale L. Ackerman Smoller, portent sur la durée du cycle des grandes conjonctions et sur la notion même de conjonction, sur la question des révolutions saturniennes tant et si bien que Pierre d’Ailly assume lui même, dans l’Elucidarium, bien des critiques qui peuvent être formulées à l’encontre de son dispositif.

L’ouvrage de Pierre d’Ailly est publié au sein d’un large programme de parutions chez le même libraire en 1488, Ratdolt qui se charge aussi (selon le colophon) de l’Opus Astrolabii plani in tabulis a Johanne Angeli (…) a novo elaboratum.28 L’année suivante, paraît dans les mêmes conditions (toujours selon le colophon) l’Opus Albumasaris de magnis coniunctionibus explicit feliciter magistri Iohannis Angeli viri peritissimi diligenti correctione.29

Et en 1490, c’est donc le tour de l’oeuvre de Pierre d’Ailly, avec le colophon suivant, sur le même modèle : “Opus concordantie astronomie cum theologia necnon historie veritate narratione explicit feliciter Magisteri Joannis Angeli viri peritissimi diligenti correctione.”

Johannes Engel aurait donc veillé à l’édition conjointement de Pierre d’Ailly et d’Albumasar de Balkh, alias Abou Mashar Djafar Ibn Mohamed (IXe siècle) et l’on peut considérer que les deux oeuvres constituent, outre leur contenu, un ensemble, leur présentation étant par ailleurs extrêmement semblables à celle des titres. On ignore d’ailleurs ce que Johannes Engel a “corrigé”, dans le texte d’Ailly étant donné que l’édition de Louvain, chez Jean de Paderborn, vers 1483, nous semble identique.30

Comment Pierre d’Ailly parvint-il à fixer la date de 1789 ? Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette date ne coïncide pas avec une des grandes conjonctions de Jupiter et de Saturne, tout en relevant d’un autre découpage du cycle saturnien.

Pierre d’Ailly combine la théorie des Grandes Conjonctions avec celle des révolutions de Saturne : voilà qui a égaré plus d’un chercheur d’autant que les deux systèmes cohabitent chez Albumasar au sein de son traité des Grandes Conjonctions planétaires : kitaboun kirouat fi ahkami-n-nodjoun

Carl Gustav Jung (Aïon, 1983) est selon nous un de ceux qui ont le mieux signalé – par rapport à des historiens plus spécialisés – les sources qui ont marqué le travail de Pierre d’Ailly en ce qui concerne les révolutions.

Jacques Halbronn

Notes

1 Voir Halbronn, 1998, Livre III. Retour

2 Trad. Bourdin, Paris, 1640, BNF. Retour

3 Voir Halbronn, 1998, Livre II. Retour

4 Voir Halbronn, 1998, Livre III. Retour

5 Cf. Halbronn, 1998, Livre II. Retour

6 Cf. Exemplaire de la BM. Albi, fol B III – r.v. Retour

7 A Venise, 1507, chez Peter Liechtenstein, BNF. Retour

8 Cf. “De gubernatoribus mundi”, Liber Rationum, Venise, 1485. Retour

9 Cf. Déclaration des abus, ignorances et séditions, Avignon, Pierre Roux & Ian Tramblay, BNF. Retour

10 Voir Halbronn, 1998, Livre IV. Retour

11 Voir dans notre Livre III, l’explication du Janus Gallicus. Retour

12 Cf. BNF, Lb33 185 C p. 10. Retour

13 A Paris, F. Morel, 1566, BNF, *E 1362. Retour

14 Connu en Angleterre notamment à travers l’oeuvre de Loys Le Roy, publié en latin à Francfort. Retour

15 Voir Chavigny, Lettre à Mgr d’Ornano. Retour

16 Cf. Prédictions des choses mémorables, 1565 p.26. Retour

17 Cf. Prédictions des choses mémorables, op. cit. p. 56. Retour

18 Cf. Prédictions mémorables, op. cit., p. 70. Retour

19 Cf. BNF, MS Fr 2113 fol 27. Retour

20 Cf. BNF, M 3605. Retour

21 Cf. Ed. de Troyes, BNF, Res pV 594. Retour

22 Cf. Ed. 1548, Paris, fol. 271 v. BSG. Retour

23 A Lyon, Pillehotte, BNF, D 49420. Retour

24 Cf. Livre de l’estat, Lyon, 1550, p. 131. Retour

25 Cf. Maz MS 992 (1045). Retour

26 Cf. BNF, Res. G 345, BL IB 49230. Retour

27 Cf. BNF, Res pV 347. Retour

28 Cf. BNF, Res V 1101. Retour

29 Cf. BNF, Res V 1286. Retour

30 Cf. BNF, Res G 346. Retour

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jacques halbronn Astrologie Elective et Astrologie électoral

Posté par nofim le 22 juin 2026

jacques  halbronn  Astrologie Elective  et Astrologie électorale.

 

 

 

Claude Dariot dont les éditions Pardés publièrent, en 1990, il y a plus de 35 ans, une Introduction au Jugement des astres, avait consacré à l’âge de 25 ans un supplément intitulé  « Commencement des choses » ce qui correspond à l’Astrologie élective à ne pas confondre avec l’astrologie  horaire; »

Introduction au jugement des astres. Traité des élections propres pour le commencement des choses

Cette  forme  d’astrologie n’aura pas connu jusqu’à présent  la  fortune qu’elle méritait et cela aura compromis depuis des siècles, l’intérêt que l’on pouvait porter à la cause  astrologique,lorsque les sociétés se sont mises à vouloir baliser  le temps et se  fixer des  échéances (USA, France). ¨Pourtant, le terme « élection » se prétait assez  logiquement à un usage électoral. Par  comparaison,  l’astrologie horaire reléve bien davantage d’une astromancie, tout comme d’ailleurs la généthlialogie astrale/

Selon nous, une  bonne  astrologie s’appuie sur une catégorisation/ C’est le  cas de l’astrologie « solaire » qui implique l’existence  de  12  types  zodiacaux et en ce sens, l’astrologie des média s’apparente à l’astrologie élective/

Pour notre part, nous préférons nous en tenir à une certaine dualité socio-professionnelle, en  deux temps de 3 ans et  demi  en alternance. C’est  sur cette base que nous préconisons  un  bon usage de l’astrologie à des  fins  électorales en vue de remplacer le  droit constitutionnel  actuel qui jongle avec les dates d’un pays à  l’autre.  L’UE  aurait tout intérêt,  notamment,  à  adopter un tel système synchrone avec,par conséquent, une doctrine bien établie sur le commencement des  choses et donc leur terme,quand il faut passer d’une phase à une autre, à une date bien précise et  avec une orientation clairement définie, une  fois pour  toutes. Faute de quoi, la classe politique risque de se trouver fréquemment en porte à faux avec la  réalité sur le terrain,son calendrier électoral ne coincidant point  avec le calendrier saturnien, ce qui conduit à des revirements imprévus à l’instar  du  tournant  de la  rigueur, sous Mitterrand, en 1982-83, dont se  gausse un  Michel Onfray. La Science politique du XXe siècle ne sera pas parvenu à établir une cyclicité  à l’usage des politiques.

L’astrologie élective fait-elle partie de l’Astrologie Mondiale telle que la  concevait un André  Barbault? La caréctéristique de notre  astrologie  élective est sa dimension périodique et dialectique. Elle dispose d’une part d’une catégorisation socio-culturelle  permettant  la mise en oeuvre d’une alternance des  hommes/Pour Maurice Duverger, il  n’y a pas d’alternance  sans l’existence de différenciation  socio-politique, ce qui permet de prendre le relais. (cf  Le bipartisme et la loi de Duverger. Un essai sur l’histoire de la science politique par  William H. Riker)

L’astrologie  conditionaliste de  Jean Pierre Nicola aura certes insisté sur la prise en compte  de données  extra-célestes/ Mais  encore  faut il   que la  cyclologie astrologique  fasse apparaitre une telle dualité, une prise périodique de  relais, lors des changements de phase, tous les 1260 jours (cf  nos exposés antérieurs).La validation d’une telle  cyclicité  exige  une extréme précision  au niveau des  basculements périodiques: à 7°30 du signe mutable précédant un signe cardinal  et à 22°30 du signe  cardinal.  On  aura compris que le non respect  d’un  tel  besoin d’alternance conduit inévitablement à des actions à contre -temps!

JHB 22 06 26

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jacques halbronn Astrologie septénale. L’alternance des phases d’alliance/déviance (22°5 cardinal), et de résistance/méfiance (7° mutable)

Posté par nofim le 20 juin 2026

 jacques  halbronn  Astrologie septénale. L’alternance des phases d’alliance/déviance (22°5 cardinal), et de résistance/méfiance (7° mutable)

 

 

Deux  référendums  se sont tenus  avec Saturne  à 22°30 des signes cardinaux du Capricorne et du bélier respectivement,  ce  qui correspond  à la fin des périodes « DIN » (7° signes mutable à 22° signes cardinaux) et donc au début d’une phase HESSED qui se termine à 7° d’un signe mutable (cf notre  théorie des orbes de Saturne)

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Le 8 janvier 1961 est organisé le premier référendum de la Ve République. Il invite les Français à se prononcer sur les réorientations de la politique algérienne de la France, qu’avait amorcées le général de Gaulle dans son discours du 16 septembre 1959.

 » En janvier 1961, c’est à l’ensemble des Français que la question de l’autodétermination est posée et, avec elle, celle d’une nouvelle organisation des pouvoirs publics en Algérie. Citoyens français possédant un droit de vote totalement égal aux autres citoyens depuis la fin de 1958 seulement, les habitants d’Algérie sont également conviés aux urnes. Si leur participation est nettement plus faible (58,76 % des suffrages exprimés, contre 76,48 % en métropole), leur choix va dans le même sens : 69 % des votants en Algérie et 75 % en métropole approuvent le « projet de loi sur l’autodétermination des populations algériennes ». Par ce vote massif, les métropolitains expriment sans ambiguïté leur volonté d’en finir avec une guerre dont le sens s’est peu à peu dissous dans les années de guerre et d’errements. En Algérie, en revanche, ceux qui s’inquiètent de leur sort dans une Algérie séparée de la France ont voté très largement contre : c’est ainsi le cas de 72 % des votants à Alger. Les déchirements des deux dernières années de la guerre apparaissent nettement dans cette divergence. Néanmoins, conforté par les résultats globaux du référendum, le général de Gaulle poursuit la politique engagée : de nouvelles négociations s’ouvrent avec le gouvernement provisoire de la République Algérienne à l’été 1961, tandis que le putsch raté d’avril 1961 a définitivement marginalisé les tenants les plus radicaux du maintien de l’Algérie française.  »

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29 mai 1968 : le général de Gaulle disparaît, ruse ou burn out ?

En pleine crise sociale, le général de Gaulle, alors président de la République Française, disparaît ! Où et avec qui était-il pendant ces six heures d’absence ? Que s’est-il passé ? Quelles ont été les conséquences de cette « fugue » ?

Un référendum sur « le projet de loi relatif à la création de régions et à la rénovation du Sénat » a lieu en France le 27 avril 1969 . Organisé conformément à l’article 11 de la Constitution, ce référendum se tient à l’initiative du président de la République, Charles de Gaulle, au pouvoir depuis 1959. »

Or, l’on constate des crises de pouvoir de 15 ans  en 15 ans en 1982 avec Mitterrand et 1997 avec chirac et Juppé sous Saturne à 22°des signes cardinaux équinoxiaux. Mais  nous proposons  actuellement une  autre  grille de lecture, celle d’une dialectique entre alliance ou déviance  d’une part  et résistance, et méfiance.  Il  y a là  un obstacle épistémologique (cf Bachelard)un biais cognitif chez les historiens  contemporains de culture  française qui ne veulent voir aucun lien entre la collaboration des années 40  et le  Traité de Rome de 1957, une quinzaine d’années plus  tard avec les mêmes partenaires, l’Allemagne  et l’Italie. Ce qui  faussera notamment le  travail des astrologues impactés par de telles  réferences. L’astrologie doit se situer au dessus de telles considérations patriotiques (cf le  film  sur De Gaulle, en salle  actuellement). Comment dès lors effectuer des prévisions astrologiques  valables à partir d’un tel schéma manichéen? Que dire notamment au sujet des années à  venir à commencer par les doubles élections présidentielles et législatives de 2027? Les prévisions  astrologiques doivent impérativement s’appuyer sur une analyse anthropologique pertinente  qui ne se réduise pas, comme  pour l’indice  cyclique, à une dialectique entre tension (plongée de la courbe) et  détente(montée de la courbe).  Par  ailleurs, le terme alliance בְּרִית.  en  hébreu, Brit nous semble survalorisé dans la Bible car il ne met pas en évidence la problématique de l’Aide,( Ezer עֵזֶר) laquelle apparait dès  Genése II à propos de la « création »  de la femme.

יח וַיֹּאמֶר יְהוָה אֱלֹהִים, לֹא-טוֹב הֱיוֹת הָאָדָם לְבַדּוֹ; אֶעֱשֶׂה-לּוֹ עֵזֶר, כְּנֶגְדּוֹ.  18 L’Éternel-Dieu dit: « Il n’est pas bon que l’homme soit isolé; je lui ferai une aide digne de lui. ».  

Nous  dirons, en astrologie  saturnienne,  que la phase 22°30 en signe cardinal  est marquée par le compromis (le préfixe com  signifiant  avec (latin  cum), la compromissions, la connivence, la complicité, la collaboration etc) alors que la phase 7°30 (total des deux  temps: 45° soit 90/2) en signe mutable annonce un recentrage, une autonomisation. Entendons par là que l’Adamique  perd confiance en lui  en phase 22°5, ce qui le conduit à  accepter l’alliance, le partenariat, avec d’autres adamiques qui sont, au  même moment,dans le même état  d’esprit. Rappelons la similitude existante entre l’occupant et l’occupé,  tous deux confrontés au syndrome de l’étranger, ce que l’on tend à oublier; En phase 7°, l’on remettra en question ce que l’on avait accepté de subir en phase 22°5, d’où la  tentation du reniement ou du déni. Nous  dirons que la phase 22°5 est celle  du dévoiement, de la  déviation, du  déraillement, des éléments extérieurs, allogénes,  viennent interférer. Faire une prévision sur une période débutant en 22°5 cardinal, c’est s’attendre à ce que l’étranger joue un  rôle de tentateur,  de perturbateur, d’où de l’imprévu alors qu’en période débutant en 7°5, cet étranger sera diabolisé, débusqué, détesté. Or,  actuellement,  où se trouve Saturne et où  se positionnera-t-il lors des élections de 2027? Il  sera à 22° à ce moment là, au printemps. Il  faut donc prévoir  l’éventualité de certaines interventions/intrusions qui péseront sur les élections, en raison de l’insuffisance des anticorps de part et  d’autre. Situation  absolument identique  à ce qui  se produisit en 1940, 87 ans plus  tôt. avec Saturne à 22°30 cardinal, de sinistre mémoire (Pétain, Vichy) Le probléme, c’est qu’en faisant une telle prévision, notre astrologie peut tout à  fait encourager une potentielle invasion, tant  de la part de la France  que de celle de ses « ennemis », en pratiquant une  astrologie des élections, élective.(cf notre étude sur Claude Dariot  et le « commencement des  choses » (1558, Pardés  1990). et  ce pour une période de 3 ans 1/2 (1280 jours/45°). La sortie du  film  sur De Gaulle nous remet en situation mais  ce cas de figure est de toute façon  mathématiquement recurrent, quand on fait abstraction des particularités  et des contingences.

 

 

 · JHB  24 06 26

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