Jacques Halbronn Les astrologues entre Réforme et déontologie

Posté par nofim le 21 juillet 2016

 

Les  astrologues entre Réforme  et Déontologie

par  Jacques  Halbronn

 

On nous parle de réforme du code du travail  et des résistances à ce Plan  mais on pourrait en dire autant pour l’astrologie s’il y avait un pilote dans l’avions,  au niveau de la profession astrologique ou si la gouvernance des responsables d’associations, au RAO ou à la FDAF était plus entreprenante et moins démagogique.

En fait, le diagnostic des discours dilatoires  est assez simple. Donnons pour exemple du type de propos qui nous conseille de ne rien changer au niveau structurel et de s’en tenir à une question de déontologie en mettant en avant l’astrologue devant l’astrologie.

Alain Arrighi

Alain Arrighi 20 juillet 19:36

« Ce n’est pas l’astrologie qu’il faut réformer mais la manière de la pratiquer par certains. L’astrologie est un outil qui s’adapte à l’évolution de l’homme et l’on en interprète ce que l’on est capable d’en interpréter. L’astrologie n’a pas de limite, seul l’astrologue à des limites. Avant de la reformer, il faudrait déjà la connaître dans son entièreté. Ce qui n’est  pas le cas. L’astrologie donne ce que le niveau de conscience de l’astrologue lui permet de concevoir et de comprendre. »

On se demande combien d »‘astrologues se retrouvent dans une telle présentation des choses…..en 2016.

Nous avions déjà signalé  une certaine crise de la Réforme, d’une régression de la conscience structurelle depuis un quart de siècle. En voilà une belle illustration! On est bien loin des audaces des années 1930-1960, de Néroman à  Jean-Pierre Nicola en passant par André Barbault et Jean-Pierre Nicola.  Et on nous parle de « conscience »  alors que l’astrologie se renferme dans le ghetto des cabinets de praticiens qui sent un peu beaucoup le renfermé!

Au fond, nous avons affaire à des gens qui ne veulent surtout pas renoncer à ce qu’ils ont appris. Ils veulent bien rajouter mais pas enlever.  Ce type de défense  peut passer face à des attaques de profanes de l’astrologie mais pas avec des réformateurs de l’intérieur qui savent très bien à quoi s’en tenir. On n’apprend à un vieux singe à faire des grimaces. Et l’on n’a pas de leçon à recevoir de tel ou tel anti-réformateur qui nous dit qu’il faut d’abord bien connaitre l’astrologie avant de la critiquer.  Rappelons qu’en 1976, il y a 40 ans, nous faisions paraitre Clefs pour l’Astrologie non pas dans quelque collection ésotérique mais dans une prestigieuse collection encyclopédque « Clefs pour ». Rappelons qu’en 1994, nous avons signé l’article Astrologie dans l’Encyclopaedia Universalis, qui est toujours en place plus  de 20 ans plus tard!  Rappelons que nous sommes un historien et un bibliographe,  bibliothécaire  et libraire  de la littérature astrologique  et que nous avons organisé une centaine de colloques d’astrologues en plus de 40 ans (dont plusieurs sont sur Internet). Rappelons que Kepler il y a 400 ans préconisait une réforme en profondeur de l’astrologie tout comme le polytechnicien Choisnard, il y a 100 ans.

Oui, nous pensons que certains astrologues veulent surtout ne pas être dépassés par de nouvelles façons de penser l’outil astrologique et tentent de nous faire croire qu’il existerait un outil  qui serait merveilleux s’il y avait des astrologues pour le faire marcher! Chacun voit midi à sa porte. Ceux qui sont incapables de repenser les structures du dit outil  mettent en avant l’art de l’astrologue. C ‘est de bonne guerre  que de faire de nécessité vertu.  Rappelons les révoltes des tisserands à Lyon au XUXe  siècle face aux nouveaux outils et  métiers!

Nous sommes désolés pour ces astrologues qui ont passé de longues années à apprendre leur métier et qui ont chérement acquis  un « savoir faire » qui leur permet, pensent-ils, de satisfaire une certaine clientèle  qui est formatée pour entendre des propos de la bouche d’un astrologue lisant une carte du ciel. Mais attention au contre-transfert de l’astrologue qui croit que cela valide son « outil » faisant de son client son juge.  Et on nous sort des codes de déontologie  en pensant ainsi éviter toute réforme en profondeur. C’est mettre un emplâtre sur une jambe de bois!!

Nous pensons aussi  qu’il faut quelqu’un qui dise aux astrologues leurs vérités et qui puisse arguer d’un record de longévité comme responsable et animateur du milieu astrologique, depuis les années 70.

 

LAurence Larzul  nous  répond:

 

 

Laurence Larzul 24 juillet 09:21
Ah non je n’ai jamais dit cela Jacques, j’ai dit que chacun aborde l’astrologie a son niveau d’où le fait que je ne critique ni la pratique de l’horoscope ni celle du prévisionnelle et je ne conteste pas les « messies » dont je suis mais les ayatollah. Concernant la philosophie, je n’ai pas vu de philosophe du gabarit d’un Jung en astrologie. Il fait précisément partie des « traditionalistes » ayant été interroger nos vieux philosophes, les anciens traités d’alchimie, la kabale et une pratique de 30 ans de l’astrologie pour élaborer son protocole de la thérapie de l’âme. Il est donc a mes yeux un authentique thérapeute dans la lignée des Hippocrate et des Paracelse dont il revendiquait l’héritage. Donc il ne nous sort pas « des concepts » comme ça de son chapeau comme s’il était tombé de la dernière pluie. Sa pensée est puissante car ancrée et fondée dans la vraie tradition. Pour le reste, désolée mais votre article cite des noms sans aucune référence ni a mon travail, ni a ma pensée et nous ne nous sentons ici aucunement concernés par vos conclusions. Au cas ou vous ne l’auriez pas remarqué, l’astrologie a évolué depuis Barbaut et Nicola.

L’astrologie aurait donc évolué -nous dit-on -depuis Barbault et Jean-Pierre Nicola. C’est étrange

parce que nous avions surtout le sentiment que depuis quelques décennies, elle avait stagné, sinon

régressé. Ce n’est pas en mettant le corpus astrologique à la sauce karmique que l’on lui enlévera son goût de

« conserve » .  Non pas que nous  pensions que Barbault ou Nicola aient pleinement réussi dans leurs entreprises réformatrices  mais   nous considérons  que celles-ci n’ont pas été poursuivies dans le même

esprit. Quant  à une certaine disciple de Laurence Larzul (LL), elle parle de ces « vieux astrologues » face à une

nouvelle génération mais celle-ci ne fait qu’entériner une astrologie très datée au niveau de ses dispositifs

et n’a pas compris que l’astrologie n »‘est pas d’un seul tenant et qu’il importe d’aborder chacun de ces

dispositifs séparément en en évacuant les interférences avec les autres.

 

 

 

alors qu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

24 07 16

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jacques halbronn Mariage et divorce au prisme de la sexo-cycologie (Astrologie 7)

Posté par nofim le 6 juillet 2016

Mariage et divorce au prisme de la sexo-cyclologie  (Astrologie 7)

par  Jacques  Halbronn

 

Selon nous, les femmes vivent le mariage comme une contrainte, une obligation de reconnaitre la domination des hommes. Inversement, le divorce leur apparait comme une victoire, comme une revanche.

L’astrologie 7  fournit un modèle permettant de déterminer les moments correspondant  à ces deux pulsions opposées. Lors de la conjonction de Saturne avec l’une des 4 étoiles fixes royales, les femmes acceptent de se soumettre aux obligations contraignantes du mariage, Il leur faut accepter de rendre des comptes sur leurs allées et venues, et être disponibles quand on a besoin de leurs services. En revanche,  lorsque Saturne atteint le sommet d’un triangle formé avec deux des quatre étoiles fixes royales, elles tendent à vouloir reprendre leur liberté par rapport au joug masculin. On dit d’ailleurs que les mariages ne dépassent souvent pas les 3 ans et demi, soit le temps nécessaire pour passer d’un signal de conjonction à un signal de culmination, au sein d’une période de 7 ans (28/4)

Le signal de culmination permet aux femmes de s’organiser sans passer par les hommes en s’appuyant sur des habitudes, des traditions qui  ont au moins le mérite d’exister et de constituer un fort consensus. C’est ainsi que tout un groupe pourra s’unir en chantant la Marseillaise. On ne s’unit pas  autour de nouvelles pratiques pas encore rodées.

A contrario, le signal de conjonction suspend une telle dynamique collective,  laquelle ne donne plus grand chose de bon. On est alors en quête de nouvelles formules et c’est aux hommes que l’on fera appel pour  changer le monde, pour faire bouger les lignes. Mais dès que les hommes auront fait  un peu le ménage et apporter un peu d’air frais,  les femmes n’auront rien de plus pressé que de les remercier.

Comme nous l’avons expliqué dans de précédents textes, les femmes ont une aptitude remarquable à capter les signaux cosmiques et si le moment de naissance est important au regard des astres, c’est du fait des mères et non des enfants. Ce sont elles également qui capteraient les signaux célestes que nous avons décrits plus haut. LEs femmes existent plus dans le collectif que dans l’individuel et c’est pour cela qu’elles ne parviennent pas à rivaliser avec les hommes dans le domaine de la créativité et ce tout au long des âges. En revanche,  les femmes trouvent leur force dans l’union, dans le consensus, dans la capacité à agir de concert, ce qui ne convient guère au comportement masculin.

Pour les hiommes, les femmes doivent avant tout être utiles et fiables. Une femme sur laquelle on ne peut compter, qui est incontrolable, capricieuse,  sera recadrée en phase de conjonction. En revanche, un homme qui serait trop sur le dos de sa femme risuqe fort d’être délaissée en phase de culmination.

Il est donc bon que chacun soit  averti en temps utile des échéances et des enjeux qui se présentent. Il ne suffit pas d’annoncer des pérodes critiques, l’astrologue doit préciser dans quel sens, il faut oeuvrer pour ne pas subir les soubresauts des cycles féminins puisque, comme on l’aura compis, ce ne sont pas les hommes qui changent mais les  femmes, et cela du fait des effets cosmiques auxquels elles sont seules directement sensibles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

06 07 16

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jacques Halbronn L’astrologie 7 permet-elle un coaching des politiques?

Posté par nofim le 1 juillet 2016

L’astrologie 7 permet-elle un coaching des politiques?

par  Jacques  Halbronn

 

Le philosophe Guillaume d’Occam  nous conseille depuis quelques siècles de recherche la simplicité, l’économie des moyens dans l’élaboration de nos modéles. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les astrologues n’ont guère  retenu la leçon tant ils se complaisent dans la complexité au prétexte que le monde serait par lui même foisonnant et touffu. Pour notre part, nous sommes assez allergiques à tout ce qui ressemble une usine à gaz.

L’Astrologie 7  que nous avons élaborée,  à l’issue d’un demi-siècle de recherches, ne ressemble nullement à une accumulation, à une collection de recettes plus ou moins dépareillées mais bien au contraire se résume en une formule assez lapidaire. Plus simple, tu meurs.

Des esprits fâcheux n’hésiteront pas à déclarer « trop simple! » persuadés que l’astrologie aurait vocation à être en phase  avec notre ressenti immédiat, sans recul, sans distance. Pris dans une sorte de cercle vicieux,  l’on nous explique que si l’astrologie est  « riche » en termes de grilles, c’est bien  qu’elle est chargée d’une lourde mission! Voilà donc l’astrologue prisonnier d’une tradition millénaire, d’une riche littérature et mettant un point d’honneur à  être à la hauteur de la situation- beau contre-transfert! -capable de conduire, de   maîtriser  un tel   »monstre ».

L’astrologie 7  se doit donc de jouer la carte de l’ergonomie, de la simplicité, du contact direct avec le public alors que l’astrologie du XXe siècle  n’aura pas mis fin au régne, au joug des   praticiend astrologues. Avec son visuel des plus simples, du fait du recours à une seule planéte formant périodiquement  trinagle avec deux points fixes, appelés étoiles   fixes,  elle  ne doit nullement passer par le truchement des profesionnls de la carte du ciel.,jaloux de leur savoit faire.

On retrouve là, toutes proportions gardées,  l’exemple de la théorie des grandes conjonction attribuée à Albumasar dont la fortune fut considérable, des siècles durant, du fait de son extréme simplicité de formulation, articulée sur les conjonctions se suivant de 20 ans en 20 ans du couple Jupiter-Saturne.

L’astrologie 7 est une science  précieuse pour la classe dirigeante. Elle permet de prévoir, d’anticiper les cycles par lesquels passe le « peuple ». Il n’est nullement indifférent de savoir par avance- ce à quoi revient les verbes prévoir ou prédire–predict en anglais)

Cette classe des leaders doit savoir qu »il y a un temps pour chaque chose mais que rien n’est nouveau sous le Soleil (l’Ecclésiaste)/ Ce conseil censé venir du roi Salomon (Koélet) nous met en garde contre une astrologie fascinée par la nouveauté, la « modernité  encombrée de ses  12 signes zodiacaux, de  ses  planétes lentes, invisibles à l’œil nu, qui la contraignent à surinterpréter le moindre événement en le présentant comme beaucoup plus rare qu »il ne l’est!

Il suffit donc que l’on enseigne à Sciences Po les rudiments de cette Astrologie 7 qui doit servir de vademecum pour tous ceux qui entendent  diriger le peuple, à la façon dont un cavalier de rodéo entend rester sur sa monture.

Deux temps de 3 ans et demi: l’un de renouvellement et l’autre de cristallisation. Le peuple a besoin d’ordre pour se souder. Or seule la nouveauté permet l’intégration des jeunes et des nouveaux venus? Faute de quoi,  la société sera composée de ceux qui savent et de ceux qui ne savent pas encore, ce qui met les nouveaux arrivants en situation de faiblesse et favorise la gérontocratie.

Le peuple passe par une période où  ses automatismes sont programmés pour une pause: c’est le temps de la conjonction, ce qui correspond à une fermeture. C’est alors que les chefs doivent assumer pleinement leur pouvoir , introduire les réformes, dans une véritable course contre la montre de 3 ans et demie. Compte à rebours. Cela correspond analogiquement à un temps de fécondation.

Et puis vient le temps de a gestation qui ne repose plus que sur le seul peuple. Il est venu alors pour les chefs le temps de se retirer et de laisser les choses suivent leur cours, en rappelant que ce sont eux qui ont enclenché la dynamique.

Rappelons que les chefs ne sont pas guidés par les astres, ce sont les femmes qui sont programmées pour capter subconsciemment les « signaux » du ciel et il leur faut donc attendre que celles-ci soient en phase favorable. Le peuple ressemble donc à une femme (les astrologues le comparent à la Lune) qui se laisse périodiquement approcher, à la façon dont une femme qui doit tenir compte de ses régles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

01. 07. 16

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jacques Halbronn Repenser les notions d’ objectivité et de subjectivité au prisme du masculin et du féminin

Posté par nofim le 1 juillet 2016

Repenser les notions d’objectivité  et de subjectivité au prisme du masculin et du féminin

par  Jacques  Halbronn

 

Il n’est pas si aisé qu’on veut bien le dire ou le croire d’appréhender le bon usage de ces termes.  Or, il nous semble que cette impuissance conduit à ne pas se rendre compte de ce qui distingue les hommes et les femmes.  Il y a là un obstacle épistémologique dont on n’a probablement su apprécier toute l’importance.

Nous entendrons par subjectivité  un comportement  qui ne tient pas compte des données extérieures observables  mais uniquement d’un ressenti intérieur.

D’aucuns nous objecteront que ce ressenti intérieur sera nécessairement influencé par ce qui se passe autour de soi.  Ce serait là aller un peu  vite en besogne.

Au regard de la cyclicité, l’on peut en effet  dire que certains « êtres » sont influencés par des phénoménes cosmiques qui jouent sur leurs « humeurs » (mood en anglais).

Il y a là quelque paradoxe dans la mesure où le cosmos est par excellence quelques chose d’extérieur!

Certes, mais ce n’est pas une extériorité  « terrestre »., cela correspond à un déterminisme  qui ne doit rien  à ce qui survient sur terre mais à l’inverse qui est susceptible d’agir sur ce qui s’y passe.

Nous appellerons donc  « subjectif »  un comportement qui n’est pas stricto sensu lié à ce qui peut s’observer autour de soi.

Si un être est lié à un cyclé céleste- à la Lune par exemple- ce sont les changements qui se produiront en lui  qui seront déterminants et non ce qui se passe autour de lui, si ce n’est que si un grand nombre d’êtres vivent la même expérience,  cela peut

générer un effet boule de neige. En tout état de cause, le ressenti subjectif deviendra objectif pour autrui. Et  face à un tel comportement,  autrui sera conduit à penser qu’il est responsable, peu ou prou, d’un tel changement.

Or, comme celui qui subit cette cyclicité ne l’identifie pas comme tel, il sera en effet tenté de mettre sa problématique intérieure sur son entourage.

On en arrive ainsi paradoxalement à ce que  celui qui n’a pas la clef de son propre comportement  projettera les causes  de son « évolution » sur autrui, avec lequel il est en interaction.

Par ailleurs, par delà  la question cyclique, certains tropismes peuvent ausis être liés à un déterminisme atavique, lui aussi, autonome par rapport aux situations actuelles; Là encore, certains problémes rencontrés existentiellement par la personne seront mis sur le compte de l’éducation, de l’attitude d’autrui à son égard.

Appliquons ce schéma à la condition féminine.  On connait le discours « féministe » selon lequel la Société serait responsable du « plafond de verre » qui empêcherait les femmes d’atteindre l’excellence à laquelle les hommes auraient accés

dans leurs diverses activités, intellectuelle, artistique, politique etc.  Il y a là un refus manifeste- et assez général- de reconnaitre le poids de certains déterminismes qui ne doivent rien au conditionnement social.

Inversement,  nous dirons que les hommes sont plus dans l’objectivité que dans la subjectivité.

Ils sont bien plus marqués par l’observation du réel  extérieur que  les femmes, ce qui leur confére un avantage  crucial  sur le plan « scientifique » et dans le rapport  à la matière. . Ces dernières ne le perçoivent qu’au travers de qui en est dit.  D’où l’hyper importance du langage  pour les femmes, le langage étant l’interface entre le monde des hommes et celui des femmes et se prétant à toutes sortes de sophismes.  Les femmes, en ce sens, vivraient davantage dans un monde « spirituel ».

Ajoutons que le déterminisme féminin conduit à un puissant grégarisme qui leur fait rechercher une communion, facilitée par la synchronicité des ressentis alors que les hommes s’affirment davantage sur le plan individuel, du fait de la diversité des regards (cf la parabole des aveugles et de l’éléphant). Paradoxalement,  l’objectivité masculline conduit à une forte différenciation entre les hommes alors que la subjectivité féminine conduit à  une puissante convergence si bien que nous avons pu dire que les hommes correspondent à la conjugaison au singulier(je,  tu etc)  et les femmes à la conjugaison au pluriel (nous, vous etc)

 

Conclusion

La vie sociale des deux sexes tend à se focaliser sur des réunions unisexe, les réunions mixtes tendant à devenir, de plus en plus, l’exception. Les femmes entre elles, ont en commun les mêmes déterminismes et les mêmes cycles et peuvent donc penser que le monde correspond à leur ressenti. Quant aux hommes, ils se mettent assez vite d’accord entre eux sur un certain nombre de « faits » d’observation et parviennent donc ainsi à s’entendre. C’est donc le mélange de ces deux types de ressentis qui sera source de tensions du fait d’un milieu par trop hétérogéne. Ces différences sont autrement plus importantes que d’autres que l’on monte en épingle, notamment dans le domaine de l’immigration.  pour nous, les femmes appartiennent à ce que nous avons appelé, ailleurs, la « maisonnée » (cf  Philipppe Descola, La composition des mondes.  Entretiens avec P. Charbonnier, Paris, Flammarion, 2014, qui cite  (p. 201) « Domestication des animaux, culture des plantes et traitement d’autrui.  Revue L’Homme, vol 2, n°1, 1962, pp. 40-50). Les femmes appartiennent à la maisonnée avec bien d’autres éléments alors que l’homme en est le centre sans y appartenir à la façon dont le soleil est au centre du systéme solaire et n’y appartient pas vraiment.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

 

01 07 16

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jacques Halbronn Le leader est celui qui instaure de nouvelle régles pour un peuple

Posté par nofim le 29 juin 2016

Le leader est celui qui instaure de nouvelles régles pour un  peuple

par  Jacques  Halbronn

 

On a tendance à croire qu’un peuple  existe par les lois qu’il a acceptées. Cela signifierait -il  que sans ces lois, il n »existerait point?

Dans le cas des Juifs, leur existence dépend -elle des « commandements » qui lui ont été octroyés par Moïse? Qu’adeviendrait-il de ce peuple s’il devait en changer?

Prenons le cas de la France, nous en sommes à la « cinquiéme République », chaque république étant fondée sur une nouvelle constititution. Est-ce que la France est liée de façon irrévresible à une certaine « constitution »? Que nenni! Et la France n’aura pas attendu  la Révolution « Française » pour exister, laquelle produisit sa « première République »!

Il existerait donc  des entités bien avant que celles-ci n’adoptent tel ou tel ensemble de lois. Dans le cas des Hébreux, il est clair que ce peuple existait avant de recevoir les « tables de la Loi », sur le Mont Sinaï , au lendemain de la Sortie d’Egypte.

D’aucuns voudraient nous faire croire que lois et entités ne sont qu’une seule et même chose., ce qui permet de relativiser l’existence de telle ou telle entité. On entendra  des discours selon lesquels les femmes ne seraient que le résultat de quelque convention, de quelque « loi » appliquée à telle ou telle époque!

En réalité, ces diverses entités peuvent parfaitement  adopter au cours de leur Histoire  des lois successives. C’est ainsi que le sionisme aura permis au peuple juif  de renouveler les bases de son consensus, de ne plus, en principe, dépendre des lois bibliques mais l’on sait que d’aucuns ont continué à affirmer que sans le respect de ces anciennes lois, le peuplle juif ne pourrait survivre!  D’où la situation assez confuse qui régne en Israel  du fait de plusieurs représentations du mode de vie à suivre.  En fait,  il n’est pas de « régles du jeu » qui aient vocation à perdurer indéfiniment et il est important que tout peuple en ait conscience.

Qui lui fournit ses codes?  Des chefs, qui n’appartiennent pas au « peuple », qui ont vocation à le façonner et à le refaçonner. C’est ainsi que le général De Gaullle, par l’instauration en 1958 d’une nouvelle constitution  aura permis au peuple français d’échapper à une certaine sclérose, en rompant avec les pratiques de la IVe République, datant de 1946. Martin Luther aura ainsi, à sa façon, permis au « peuple »  chrétien de se renouveler, même s’il n’a pas été suivi par l’ensemble du dit peuple. La création de l’Union Européenne, à partir du traité de Rome (1957) correspondit aussi à une volonté d’introduire  un nouveau modus  vivendi.

Dans tous les domaines, il y a ainsi des chefs qui parviennent à imposer de nouvelles pratiques pour un « peuple » donné, et par peuple, il faut entendre ici toute communauté,  qu’il s’agisse d’un parti politique, d’une certaine religion.   La question qui se pose est évidemment  celle du moment où un  nouveau changement pourra avoir lieu pour tel ou tel peuple.

Un  « vrai » leader se caractériserait donc  par son aptitude à instaurer un nouvel « ordre » des choses chez un certain « peuple »- et on aura compris que l’on est là en face d’une dialectique entre le singulier et le pluriel, la formule « chef de l’Etat » n’est pas mauvaise car le leader est la « tête » de l’entité dont il a la charge, la mission, de conduire vers un nouvel horizon.

Dans notre expérience personnelle, nous avons pu jouer ce rôle à l’échelle de la communauté astrologique française, une entité qui bien évidemment préexistait à notre entreprise, en réussissent à instaurer de nouvelles pratiques, non pas  dans le domaine des outils dont se servent les astrologues mais dans le lancement, à partir du milieu des années 70 (74-75 etc) de la tenue de congrès rassemblant à intervalles réguliers toute une partie de la dite communauté. En 2016,  plus de 40 ans plus tard, de telles pratiques sont toujours à l’œuvre et chaque année on assiste à la tenue de plusieurs « congrès » (quel que soit le nom qu’on puisse donner à de telles rencontres)

Le probléme épistémologique qui se pose est celui de la formation de ces diverses entités  que nous appellerons « peuples », vouées à adopter certaines pratiques durant un certain temps. Nous avons insisté sur le fait que ces entités préexistaient à tout mode d’organisation et qu’elles pouvaient également y survivre.  Les peuples ne seraient donc pas réductibles aux pratiques en vigueur, et probablement pas à l’utilisation de telle ou telle langue. On en revient aux mythes des origines. D’où sortent donc ces entités, ces « peuples » en quéte d’unité mais aussi ouverts à un renouvellement de temps à autre à l’instigation d’un leader? Quid de la « naissance » du peuple  hébreu? On nous parle d’une « alliance » entre Dieu et Abraham promis à une grande descendance….C’est un  peu léger comme explication! On ne peut que constater que tel « peuple »  existe depuis un certain temps et qu’il aura  souvent connu des « régimes » successifs tout en poursuivant son existence, bon an mal an. Chacune de ces entités – et  il  en est  légions- offre  une certaine visibilité historique et est le fait d’une certaine créativité impliquant de nouveaux agencements, des alliances inédites.

 

A la limite peu  importent les régles adoptées par tel peuple à tel moment, l’important étant d’une part qu’il y ait des régles mais aussi que ces régles puisssent changer,  ce qui semble assez paradoxal!   Il est clair que le peuple qui s’enferme dans ses régles  tend à s’automatiser à la longue; Un des avantages de la nouveauté, c’est que le peuple peut ainsi s’ouvrir à de nouveaux venus, faute de quoi,  il se sclérose, se replie sur lui-même.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

29 06 16

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Jacques Halbronn Contribution à l’histoire des « maisons astrologiques »

Posté par nofim le 1 juin 2016

Retour aux sources du dispositif des maisons astrologiques

par  Jacques Halbronn

Peut -on être un bon chercheur en astrologie sans une certaine compétence historienne, permettant de remonter dans le temps et de restituer la genése des systémes? Pour cela, il ne suffit pas de lire les ouvrages du passé mais aussi d’en avoir une approche critique ce qui manque cruellement à la plupart de ceux qui s’y sont essayés, au cours des 50 dernières annéee, en se colletant notamment avec l’étude de la Tétrabible de Ptolémée.

 

Il n’est pas nécessaire de découvrir de nouveaux documents pour faire avancer la recherche historique. Dans bien des cas, les documents disponibles n’auront pas été  pleinement exploités. Notre  relecture de la Tétrabible (ou plutôt u Tribiblos, cf notre récente étude sur ce même site NofimLe tribiblos de Claude Ptolémée ». Le dernier livre divisé en deux. ») aura montré que l’astrologie dite généthliaque  avait initialement comporté deux volets, le thème de naissance mais aussi et d’abord le thème de conception.  Le premier s’intéressait au cours de la vie au sortir de l’enfance et l’autre se focalisait sur le seul temps de l’enfantement et de l’enfance. Or, tout montre que la pratique actuelle du « thème astral »  combine ces deux problématiques autrefois séparées et qui le sont clairement  chez Ptolémée, même si cela a échappé à des astrologues qui s’y sont intéressés comme Denis Labouré, André Barbault, Elizabeth Teissier oi Yves Lenoble au cours des 30 dernières années. qiui n’ont lu la Tétrabible qu’au prisme de leur pratique courante, risquant ainsi l’anachronisme.

Il faut rappeler qu’au départ le systéme des maisons  ne comportait pas le contenu que l’on connaitra par la suite. A aucun moment Ptolémée ne  désigne les maisons sur la base de la distribution des significations  qui s’imposeront par la suite et qui a donné d’ailleurs une iconographie largement oubliée, elle aussi – décidément,  laquelle  recoupe peu ou prou certaines arcanes du Tarot comme la Mort pour la maison VIII  (cf nos Recherches sur l’Histoire de l’Astrologie et du Tarot, parues avec le reprint de l’Astrologie du  Livre de Toth, Paris Trédaniel 1993 et  en 2015 notre étude dans la Revue Française d’Histoire du Livre, consacrée aux Livres d’Heures)

Louis Cruchet propose l’historique suivant , reprenant d’ailleurs en partie nos propres travaux sur  maisosns astrologiques et  arcanes majeures du Tarot::

 

 

L’Anthropo-Bio-Cosmologie : l’ABC des relations
Anthropologiques entre la Biologie humaine et le Cosmos

 

Significations des maisons astrologiques et significations des planètes
La signification des maisons astrologiques soulève quelques questions. Actuellement, elle n’est guère en rapport à leurs positions relatives sur la sphère locale, car, par exemple, la maison VIII, en relation à la mort, se situe au-dessus de l’horizon alors que sa signification devrait la situer en-dessous. L’histoire nous apprend que la signification des maisons fut assez tardive et qu’elle s’est précisée par affinité avec les planètes. Nous verrons que les différentes traditions relatives à ces affinités ne sont pas toutes contradictoires. Mieux, il semble se dégager de l’histoire des maisons associées aux planètes une cohérence attribuable au système des triplicités des maisons. Nous verrons que les études statistiques peuvent aussi contribuer à l’association des planètes aux maisons et nous introduirons les résultats de nos propres statistiques.
Les maisons dans l’histoire astrologique
Les significations des maisons ont eu de grandes difficultés à s’imposer et à s’harmoniser au cours de l’Antiquité grecque. Claude Ptolémée n’en parle pas dans sa Tétrabible, au IIe siècle de notre ère, mais les témoignages de Marcus Manulius (Manulius, pp.71-75, 2008), au début de notre ère, et ceux de Firmicus Maternus (Maternus, p.109-113, 2002) au IVe siècle, sont intéressants. Les auteurs ne donnaient pas les mêmes significations aux maisons, parce qu’ils possédaient des sources différentes et les aggloméraient de façon inégale, mais Manilius les faisait correspondre aux dieux qui, pour certains, avaient leurs équivalents planétaires.
Les maisons ou « lieux » dans l’Antiquité

 

Manilius
Maternus
maisons
lieu de
signification
dieu/planète
lieu de
signification
(faste ou néfaste)
I
naissance
destinée
Mercure
vie
II
Typhée
argent
Porte d’En-Bas
III
mort
Déesse
Lune
frères
Déesse
IV
père, enfant
Génie
Saturne
parents
V
santé, maladie
Génie
fils
Bonne Fortune
VI
du travail
santé
Mauvaise Fortune
VII
mort (Pluton)
épouse
VIII
Typhée
mort
Porte d’En-Bas
IX
(la Fortune)
Dieu
Soleil
Dieu
X
mariage
Vénus
XI
Fortune
Jupiter
Bon Démon
XII
du travail
Mauvais Démon

 

Les premières significations des maisons étaient soucieuses d’une certaine cohérence relative au mouvement diurne. En témoignent ces deux auteurs qui placent la mort, la Lune ou « Déesse », la Porte d’En-Bas et les « Daimons » (Génies) en-dessous l’horizon, plus précisément entre la maison II et la V, et la Fortune, le Soleil ou « Dieu » et le bon Démon en-dessous de l’horizon, entre la maison IX et la XI. Pluton et la mort sont justifiés par Manulius dans la maison VII parce que le couchant est le lieu des morts (chez Maternus, la mort de la maison VIII semble être une répétition de la « Porte d’En-Bas » de la maison II).
Les dieux/planètes de Manilius seront, en Occident, les planètes correspondant aux mêmes maisons de l’astrologue romain (excepté Vénus en X), sans que nous sachions si l’auteur fut la source du Moyen Âge tardif que nous allons examiner maintenant. »

En fait, Cruchet  s’en tient à des données bien connues dont  il présente un tableaiu synthétique/ Or, ,notre approche   va nettement plus loin en mettant ces données en perspective, diachroniquement.

Cela fait déjà longtemps que nous avions été interpellés par le fait que dans la Tétrabible, si l’on ne désignait point en effet,  les maisons  selon leurs appellations  « classiques », celles que rappelle Cruchet dans l ‘avant dernière colonne de son tableau, en revanche, ses chapitres successifs recouvraient parfaitement les dites attributions.  Comment expliquer une telle étrangeté?

Nous proposerons l’explication suivante : l’ancien dispositif  des significations des maisons (cf dernière colonne du tableau de Cruchet) aura été remplacé par  la colonne précédente en s’inspirant du protocole exposé dans la Tétrabible en ses Livres III et  IV lequel exposé successivement ce qui est relatif au thème de conception -donc dressé pour le moment de la conception – et au thème de naissance., ce qui aura finalement conduit à placer sur un seul et même thème, celui de naissance, les domaines censés  être dévolus respectivememt  à chacun des deux thèmes.

Cela conduit en fait  à un changement epistémologique   majeur. Alors que l’astrologue était censé prévoir ce qui se passerait à la naissance à partir de l’étude du thème de conception, il allait désormais décrire ce que l’on savait déjà concernant un être déjà présent!  Au lieu de prévoir, il se contenterait dès lors du moins pour ce qui est des premières maisons d’expliquer après coup, ce qui conduisait l’astrologie à renoncer à s’occuper de façon spécifique de prévoir les conditions liées à la naissance, par avance! On sait qu’une telle tendance aura fini par se répandre de préférer l’a posteriori à l’a priori avec le renoncement à l a  vraie prévision de ce qui n’est pas encore advenu, chez bien des astrologues modernes.

Voilà donc un nouvel exemple d’une déperdition voire d’une perversion du savoir astrologiique ancien  et qui n’a d’égal que l’abandon des étoiles fixes, lequel déséquilibre totalement la pratique astrologique notamment  en mondiale alors que la Tétrabible en traite. On voit à quel point il est vain de tenter de nous présenter l’astrologie actuelle  comme un aboutissement alors qu’elle nous apparait comme  bien corrompue au regard de ses états antérieurs.

Nous allons ci-dessous développer notre démonstation en reprenant les têtes de chapitres du Livre III  (dans l’édition de Nicolas Bourdin, L’Uranie, Paris, 1640, reprise en 1974 dans la Collection Bibliotheca Hermetica dirigée par René Alleau, pp. 122 et seq):

On  sautera le préambule qui introduit  et le Livre III  et le Livre IV qui ne font qu’un:

I Prologue

2 De la conception et de la naissance

3  Du degré de l’horoscope

4 Division de la doctrine des nativités

 

Volet  Conception

 

5 Des parents

6  Des frères et soeurs

7 Des mâles et des femelles

8 Des jumeaux

9 Des monstres

10  De ceux qui ne se peuvent nourrir

11  de la durée de  vie

12 De la forme et tempérament du corps

13 Des vices et des maladies du corps

14 Des qualités de l’âme

15 Des maladies de l’âme

On reconnait  le champ sémantique correspondant aux maisons I à VI : santé, parents, frères et soeurs.

le chapitre sur la durée de vie est particulièrement dévelioppé dans la Tétrabible tout comme celui sur les qualités de l’âme:

DE la durée de vie:

Rappelons que cette astrologie « natale » couvre ce qui précéde et suit immédiatement l’accouchement lequel apparait comme  l’articulation centrale:

On nous rapppelle:  » Entre les choses qui se considérent après l’accouchement, la principale question est la durée de la vie. En effet, il serait ridicule de juger des moeurs et de actions d’un enfant qui ne doit pas arriver aux années auxquelles  ces actions conviennent. » Entendons par là que la science du thème de conception  doit ici prévaloir et conditionner le travail plus en aval de la science du thème de naissance.

Des qualités de l’âme

Ce chapitre s’explique à la lecture du prologue du Livre IV

« J’ai enseigné les choses qui se doivent considérer avant la naissance de l’enfant et celles qui arrivent dans le temps de cette même naissance comme aussi entre celles qui la suivent, celles qui sont seulement attachées au tempérament et qui ne regardent que le mélange des qualités. Maintenant je traiterai de celles qui viennent d’ailleurs, entre lesquelles je parlerai premièrement des richesses et des dignités car de la même sorte que les richesses ont rapport avec le corps, ainsi les dignités conviennent à l’excellence de l’âme » (p. 198)

 

Passons donc au découpage du Livre IV

1 Prologue

2  Des richesses

3 Des dignités

4 De l’action

5 Des mariages

6 Des enfants

7 Des amis et ennemis

8  Des voyages

9  Du genre de mort

10 De la division des temps

On note le lien entre maruages et enfants qui n’est pas respecté dans le découpage des maisons astrologiques puisque la maison V  y est celle des enfants et la maison VII, celle du mariage

« Vu que les enfants suivent le mariage, c’est ici le lieu où il convient d’en parler »

On voit donc que Ptolémée n’a nullement organisé  ses chapitres en s’alignant sur un dispositif des maisons astrologiques qui aurait préexisté et son agencement est mieux conçu que celui du dit dispositif encore en vigueur de nos jours et que tant d’astrologues considérent comme « sacrosaint ».

L’on retrouve en gros les rubriques qui serviront à qualifier les maisons VII à XII : les voyages, les amis et ennemis, la mort,  le mariage.  On notera que la mort est placée en dernier, le dernier chapitre « de la division des temps »  qu’il faudrait plutôt considérer comme la conclusion de  la Tétrabible

« J’ai traité de chacune des parties dont on s’enquiert touchant le corps, les moeurs et la fortune et ce sommairement comme j’avais arrêté  dès le commencement de cette oeuvre. (…) Il y faut maintenant  ajouter celle de la division des temps », c’est à dire du processus de « prédiction ». (p. 254)

Comme nous l’avions exposé dans de précédents textes, il est assez logique que la mort corresponde à la dernière maison, ce qui correspond dans le dispositif « ‘classique » à la maison VIII

(dont la représentation iconographique se retrouve dans le Tarot, cf nos Recherches sur l’histoire de l’astologie et du tarot, avec le Centiloguse de Ptolémée, Paris, Ed Trédaniel 1993). Ce qui renvoie au débat sur le nombre de maisons astrologiques – question récemment soulevée par Patrice Guinard, (autour de l’octotopos)  cf Colloque de 2011 enregistré sur teleprovidence) Dans le tableau repris du travail de Louis Cruchet, l’on note qu’il n’y a que 8  rubriques et non 12 et il est plus que probable que les nouvelles appellations n’étaient également qu’au nombre de 8. Ce n’est que plus tard que l’on en ajouta 4 en redistribuant certaines significations pour y parvenir comme ce sera le cas en ce qui concerne les nouvelles planétes.

 

 

Porte d’En-Bas
Déesse
Bonne Fortune
Mauvaise Fortune
Porte d’En-Bas
Dieu
Bon Démon
Mauvais Démon

 

Le retour aux sources conduit généralement à observer certaines corruptions de la cohérence initiale. Il serait bon notamment que l’on arrête de rechercher la question des enfants en maison V car il ne s’agit plus ici de ce qui concerne l’enfant en train de naitre mais bien des enfants qu’il aura par la suite et cela ne reléve plus du thème de conception ou de ses représentation aui sein du thème de naissance avec les maisons I  à VI.    Mais on soulignera ce qu’il y a d ‘absurde  à vouloir réunir en une seule figure ce qui initialement faisait l’objet de deux  figures, celle de la conception et celle de la naissance. Il serait bon au fond de constituer deux thèmes divisés chacun en 4 sections, soit les 4 angles du thème. et le nombre 8  prend pleinement son sens comme la somme de deux dispositifs à base 4 que l’on aura cru bon de réunir.

 

 

 

 

 

 

JHB

04. 06. 16

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Jacques Halbronnn Le Tribiblos de Claude Ptolémée. Le dernier livre divisé en deux.

Posté par nofim le 31 mai 2016

Le tribiblos de Claude Ptolémée. Le dernier livre divisé en deux.

par  Jacques  Halbronn

 

En 2104 nous avions publié un texte sur le même sité, intitulé  « La réception en français de la Tétrabible au XVIIe siècle ». Nous avons pensé interessant de noter que la Tétrbible, ouvrage maintes fois commenté et notamment en France par des astrologues. Nous montererons que la  Tétrabible fut en réalité à l’origine une « Tribible » étant donné que le Livre III aura été  artificielleemnt coupé en deux, ce qui n’aura pas été sans conséquence sur le  fond dans la mesure où l’on aura évacué de la pensée astrologique la partie consacrée au thème de conception, laquelle constitue la première partie du Livre III et non sa totalité.

Le début du Livre IV aurait pourtant du mettre la puce à l’oreille:

« Nous venons de présenter les données susceptibles d’être considérées  avant la naissance ». Cela résume le précédent livre, le troisiéme.

Comment  les commentateurs et traducteurs du XXe siècle ont-ils résumé le dit Livre III dans leur chapeau introductif

Le Livre unique de l’astrologie  (Nil Ed. 2000)  rendu par Pascal Charvet (avec la collaboration scientifique de Robert Nadal, Yves Lenoble et Jean-Marie Kowalski) « :

« Thèmes de naissance individuels : prévisions concernant la naissance, la durée de la vie, le corps et le tempérament, les maladies et les caractéristiques de l’âme ».  Pas un mot sur le « thème de conception » qui est le cœur même du Livre III. D’où les rubriques toutes liées directement au milieu familial: les parents, les frères, les garçons et les filles, les jumeaux, les êtres difformes,  les enfants que l’on ne peut élever, la durée de la vie (en fait dans les premières années), la conformation du corps et du tempérament, les maux dans leur forme aigue et les pathologies chronique du coros, les caractéristiques de l’âme., les pathologies mentales,

 

En note, on peut lire ‘n° 192)  « A la différence de l’astrologie universelle, l’astrologie généthliaque bénéficie de la connaissance de la date de  naissance de l’individu ». Un tel commentaire vaut pour le livre IV mais non pour le Livre III.  Ce qu’on appelle « astrologie généthliaque » recouvre non seulement le thème de naissance mais aussi le thème de conception. Cette astrologie se diviserait donc en deux volets bien distincts, l’un axé sur le thème de conception(dee génération en quelque sorte)  et l’autre sur le thème de naissance.

Le fait que l’astrologie actuelle ignore le thème de conception conduit à un grave contre-sens dans la compréhension de la Tétrabible, d’où le probléme qu’il y a à demander à des astrologues de se pencher sur la Tétrabible, avec le risque évident d’anachronismes.

Pourtant,  le début du Livre III est sans équivoque : »  Le point de départ de  la connaissance de l’homme est par nature  le moment précis où la conception a lieu ». Certes on reconnait que l’on ne dispose pas toujours du moment de la conception mais c’est bien à cette étude et à elle seule qu’est consacré le dit Livre III « au cas où » cette information serait disonible. Si d’aventure, elle ne l’était pas, il conviendrait, nous semble-t-il, que l’on ne se servît point du dit Livre III qui y est consacré, ce qui tombe sous le sens et on l’a vu, le début du  Livre IV  est très explicite à ce propos. Signalons la traduction latine  du début du Livre IV  « ante nativitatem »  ce qui renvoie au thème de conception et « post nativitatem », ce qui renvoie au thème natal.(cf Ptolemy’s Tetabiblos in the translation of William of Moerbecke,.^ed.  G. Vuillemin-Diem, et C. Steel,  Leuwen University Press,  Louvain, 2015)

La façon dont l’édition Charvet découpe le Livre III  ne peut que créer de la confusion: » 4. Subdivisions de l’astrologie des thèmes de naissance (sic)’ On rappellera que les prévisions prévues dans ce Livre ne font guère sens une fois que la naissance a  déjà eu lieu. Le but du Livre III  consiste à préparer les parents à tout ce qui peut survenir lors de la naissance et en son lendemain. Autrement dit, cela ne vaut que pour l’enfant en son état d’enfance et cela concerne l’enfantement. Ni plus ni moins. Le Livre IV prend le relais de ce premier stade qui mérite à lui seul tout un Livre. au regard de l’utilité que l’on attendait alors de l’astrologie.  La mentalité actuelle des astrologues est décalée car étant sur la défensive, ils entendent montrer que l’astrologie confirme ce que l’on sait déjà par ailleurs. Mais telle n »était pas la position des astrologues d’autrefois qui se limitaient à prédire, donc à dire ce que l’on ne  savait pas encore.

Le Livre III ne couvre donc que ce qui a trait au milieu familial, aux maladies pouvant affecter l’enfant etc.ce qui correspond en gros auc premières maisons astrologiques mais ici point question  des dites maisons!

le Livre IV   quant à lui précise, a contrario, son objet: « ‘parmi les sujets accidentels   et extérieurs à lindividu qui doivent être traités maintenant, celui de la fortune matérielle et des honneurs vient en premier etc » On perçooit là un distinguo épistémologique: le Livre III serait plus lié à la médecine et le Livre IV  pencherait plutôt vers la divination et concernerait les thématiques des maisons qui suivent celle relatives à la famille. Soulignons que si les thématiques recoupent celles des maisons, la méthode de travail  recourt à d’autres outils et  notamment aux aspects. Tout se passe comme si la thématique des maisons astrologiques avait emprunté à  l’astrologie exposée dans la Tétrabible aux Livres III et IV ( avec l’horizon séparant les deux  registres), ce qui nous intéresse au prisme de l’Histoire de l’Astrologie, les maisons astrologiques, absentes de  la Tétrabible prétendant parvenir aux mêmes résultats par d’autres moyens

Il convient toutefois de signaler une anomalie au sein du Livre III, à savoir le chapitre consacré à l’Ascendant.(De gradu horoscopi, dans la trad. latine sus mentionnée).

On lit « Une difficulté  surgit souvent au sujet de la donnée première  et la plus importante: l’heure exacte de naissance ». On voit bien que ce chapitre n’est en fait pas à sa place au Livre III.

En réalité, le préambule du Livre III  couvre à la fois le Livre III et le Livre IV, d’où le développement sur l’ascendant et  l’on peut d’ailleurs se demander pourquoi on a 4 livres et pas seulement 3.  D’ailleurs, le « livre IV » ne comporte pas, quant à lui, de préambule à la différence des trois « premiers »

Il est assez évident qu’il n’est que la suite du Livre III.  Autrement dit, on aura artificiellement coupé le Livre III et en fait dernier en deux parties.  On ne peut nullement exclure que l’original ne comportait que trois Livres et non quatre, ik faudrait donc débaptiser  l’ouvrage en conséquence et le nommer  Tribiblos au lieu de Tetrabiblos.

On se perd en conjectures sur cette division du Livre III . Paradoxalement, une telle division aurait du  précisément souligner la différence de contenu entre les deux volets. Or, il ne semble pas que cela ait été le cas, du moins  depuis déjà un certain temps. Est-ce que cette division n’aurait pas été liée à une volonté de distinguer les deux volets du Livre III et dernier, dans les siècles qui suivirent cette intervention. Encore conviendrait-ill d’examiner les manuscrits qui nous sont parvenus.

En tout état de cause,  comme on l’a montré dans un autre article;  il apparait que le dispositif  mis en place dans cet ouvrage ait  servi à détermùiner les signufications des maisons astrologiques qui finiront par s’imposer mais qui n’étaient pas encore de mise dans  le dit ouvrage.

 

Bibliographie complémentaire

toutes ces éditions relévent de la traduction de Nicolas Bourdin (1640), auteur que nous avons abordé à deux reprises, avec les Remarques Astrologiques de Jean-Baptiste Morin, Ed Retz  1975  et avec le Commentaire du Centilogue (sic). Ed  Trédaniel, 1993

1974  La Tétrabible ou les Quatre livres des jugements des astres ; (suivi de) Le Centiloque ou les Cent sentences / Claude Ptolémée ; [trad. par N. Bourdin] ; [notes de René Alleau et Sylvain Matton] , Paris Culture, art, loisirs

Elisabeth Teissier  Ptolémée Manuel d’astrologie. La Tétrabible.  Paris, Les Belles Lettres, 1993

Denis Labouré  Ed Loge Astrologique de France  1985

André Barbault  Tetrabiblos. Le livre fondamental de l’astrologie Ed Oxus  2007

 

 

 

JHB

02 06 16

 

 

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Mise au point sur les étoiles fixes royales sur le site Irna.lautre.net

Posté par nofim le 6 août 2015

 

Gardiennes du ciel

Quittons quelque peu la Terre pour le ciel : à 1h 34mn 12s, à propos du zodiaque, on nous dit, sans donner de référence :

A ces quatre signes sont associées quatre étoiles parmi les plus brillantes du ciel, jadis baptisées « les gardiennes du ciel ». Ce sont Aldébaran dans la constellation du Taureau, Regulus dans le Lion, Antarès dans le Scorpion, et Fomalhaut, au sommet des Poissons [1] à notre époque, mais anciennement dans le Verseau, avant la modification faite par les astronomes modernes [2].

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Quelques mots sur ces « gardiennes du ciel » : même si l’expression se retrouve parfois sur des sites d’astronomes amateurs, elle est surtout fréquemment utilisée par des astrologues ; le court article consacré à ces « gardiennes du ciel » ou, plus communément, « étoiles royales », sur Wikipedia est d’ailleurs classé dans la catégorie « Astrologie ». Les textes mentionnant ces « étoiles royales » sur le net datent de façon très curieuse leur identification ; celle-ci, toujours associée à l’astronomie/astrologie perse, est attribuée à une date surprenante : « il y a environ 5000 ans », « aux alentours du XXXe siècle avant JC »… Or l’empire perse n’est fondé que vers 550 avant JC, les premiers souverains achéménides n’apparaissent que vers 650 avant JC, et même si l’on prend la notion plus large de peuple perse, son installation dans la région de l’Iran actuel n’est attestée qu’au cours du premier millénaire avant JC. D’où vient cette idée d’astronomes perses 3000 ans avant JC, et cette idée d’étoiles « royales » ou « gardiennes » sur lesquelles, c’est le moins qu’on puisse dire, l’archéologie moderne n’est guère bavarde ?

Si l’on remonte un peu dans le temps, on trouve mention des « gardiens du ciel » chez Camille Flammarion, dans un ouvrage de vulgarisation intitulé Les étoiles et les curiosités du ciel, un supplément à L’Astronomie populaire, paru en 1882. Flammarion écrit page 441 :

Nous parlions tout à l’heure de Fomalhaut, ou alpha du Poisson austral.
Remarquons à ce propos que Aldébaran du Taureau, Antarès du
Scorpion, Régulus du Lion et Fomalhaut se trouvent à peu près à
angle droit l’une avec l’autre et partagent le ciel en quatre parties
égales. Ces quatre étoiles, brillantes et remarquables, appelées aussi
étoiles royales, étaient vénérées par les Perses 2500 ans avant notre
ère, comme les quatre gardiens du ciel.

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On retrouve bien là les noms des quatre étoiles gardiennes, ainsi que l’allusion à des astronomes en Perse au troisième millénaire avant JC.

Mais Flammarion ne fait que recopier, quasiment mot pour mot, François Arago, dans le tome I de l’Astronomie populaire paru en 1854 (livre VIII, page 342) :

Aldebaran du Taureau, Antarès du Scorpion, Régulus du Lion et Fomalhaut du Poisson austral, partagent le ciel en quatre parties presque égales. Ces quatre étoiles, très-brillantes et très-remarquables, appelées aussi étoiles royales, étaient sans doute les quatre gardiens du ciel des Perses, 3 000 ans avant J.-C.

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Ces éléments, Arago les reprend lui-même d’autres ouvrages de la fin du XVIIIème siècle. On peut mentionner par exemple un ouvrage du citoyen Dupuis publié en 1795, L’origine de tous les cultes, ou la religion universelle :

Ormusd a encore placé aux quatre coins du ciel quatre sentinelles, pour veiller sur les étoiles fixes. Ce sont vraisemblablement les quatre étoiles Royales de nos Astrologues. L’astre Taschter garde l’Est ; Satevis, l’Ouest ; Venand, le Midi ; Hastorang, le Nord

( 2ème partie, page 720 – « Ormusd » est Ahura-Mazdâ)

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On retrouve surtout la même idée chez Jean Sylvain Bailly, auteur d’une Histoire de l’astronomie ancienne, depuis son origine jusqu’à l’établissement de l’école d’Alexandrie dont la première publication remonte à 1775 :

M. Anquetil, dans sa traduction du Zend-Avesta, nous donne quelques détails sur les idées des anciens Perses à l’égard des étoiles. [...] Quatre grandes étoiles sont, selon eux les surveillantes des autres ; ces étoiles sont taschter, qui garde l’est ; satevis, l’ouest, venand, le midi, hastorang, le nord. Nous pensons que par ces étoiles les Perses ont voulu partager le ciel, et qu’ils les ont désignées comme répondant aux quatre points cardinaux. Or la division des points cardinaux naît de celle du zodiaque par les points équinoxiaux et solstitiaux, et par conséquence les étoiles qui désignent l’est, l’ouest, le nord et le midi désignaient alors les équinoxes et les solstices. Cela nous paraît évident. En conséquence, nous remarquons que vers l’an 3000 avant J.C., les étoiles étant moins avancées de 66° [60° dans l’édition de 1781 - NdlA], aldébaran était précisément dans l’équinoxe du printemps. Cette belle étoile a donc pu être regardée comme la gardienne de l’équinoxe ou de l’est. Antarès, ou le coeur du scorpion, se trouvait aussi précisément dans l’équinoxe d’automne : voilà le gardien de l’ouest. Regulus n’était qu’à 10° du solstice d’été et phomalhaut à 6° du solstice d’hiver. Ces quatre étoiles de la première grandeur, toutes très-brillantes et très-remarquables, forment une division du ciel en quatre parties presque égales, qui a trop de rapport avec celle des Perses pour n’y pas reconnaître une identité parfaite, et pour ne pas déterminer à 3000 ans avant J.C. la date de cette division du zodiaque au moins en quatre parties.

(page 480)

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On a bien là l’origine de l’idée des quatre gardiennes dont l’identification remonterait à 3000 ans avant notre ère ; on admirera au passage le raisonnement magnifiquement circulaire de Bailly à propos de cette date.

Le Zend-Avesta évoqué par Bailly est l’Avesta, qui regroupe les textes sacrés du zoroastrisme. La première traduction française de l’Avesta venait d’être publiée quelques années auparavant, en 1771, par Anquetil-Duperron, sous le titre Zend-Avesta, ouvrage de Zoroastre, contenant les idées théologiques, physiques et morales de ce législateur, les cérémonies du culte religieux qu’il a établi, et plusieurs traits importants relatifs à l’ancienne histoire des Perses. On y trouve, page 349 du tome II :

Ormusd a encore placé aux quatre côtés du Ciel quatre sentinelles, pour veiller sur les Etoiles fixes. Il les a établies surveillantes sur les nombreuses Etoiles des Constellations. Il a établi l’une de tel côté, sur tel lieu, l’autre, de tel autre côté, sur tel autre lieu ; et cela par sa propre force, par sa puissance, lui qui a donné ces Etoiles fixes, comme il est dit : Taschter garde l’Est ; Satevis garde l’Ouest ; Venand garde le Midi ; Hastorang garde le Nord.

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Donc, reprenons : la première mention de ces quatre « gardiennes » apparaît en 1771 dans la traduction de l’Avesta ; elle est ensuite reprise par Bailly, puis par Arago et Flammarion au XIXème siècle, enfin par les astrologues et Jacques Grimault. Il y a par contre un petit problème avec l’identification de ces 4 gardiennes : l’Avesta donne bien sûr leur nom en iranien ancien (avestique). Anquetil-Duperron identifie les 4 étoiles ainsi : Taschter est Sirius (page 186 note 1), Satevis est l’oeil austral du Taureau (Aldébaran – page 186 note 2), Venand ou Venant est le pied d’Orion (Rigel – page 187 note 1), et Hastorang la Grande ou la Petite Ourse (Anquetil-Duperron traduit Hastorang par « les sept étoiles » – page 187 note 2).

Or on constate que Bailly, s’il reprend dans son Histoire de l’Astronomie ancienne les noms avestiques des quatre « surveillantes », ne les identifie pas aux mêmes étoiles : pour lui Taschter est Aldébaran et non Sirius, Satevis Antarès et non Aldébaran ; quant à Venand il l’assimile à Regulus, et Hastorang à Fomalhaut, deux astres non mentionnés par Anquetil-Duperron. Comme on l’a vu par l’extrait cité plus haut, le raisonnement de Bailly est parfaitement circulaire : il décide que l’astronomie perse débute vers l’an 3000 avant JC, constate qu’à cette date ces quatre étoiles-là sont dans la position souhaitée, en déduit que ce sont bien ces quatre étoiles qui sont les quatre « surveillantes », et termine en concluant que c’est donc bien la preuve que l’astronomie perse débute en 3000 avant JC : la boucle est bouclée.

Tous les auteurs suivants ont repris les quatre étoiles identifiées par Bailly ; on les retrouve mentionnées par Dupuis (page 258-9 du volume I de L’origine de tous les cultes), Aldébaran et Antarès pour l’Est et l’Ouest, Régulus et Formalhaut pour le Sud et le Nord. A noter cependant que pour cette dernière Dupuis semble un peu hésitant, puisque dans le volume I page 69 il nous dit que Hastorang « prend son nom des étoiles de l’Ourse »… Dupuis semble bien être également celui qui a introduit l’idée d’étoiles « royales », nullement présente dans l’Avesta, où ces étoiles sont plutôt qualifiées de « sentinelles », « surveillantes », et souvent de « généraux », « chefs » des armées célestes formées des étoiles opposées à l’esprit du mal, Ahriman ou Angra Mainyu. Bailly parle de « surveillantes » et « gardiennes », alors que Dupuis précise lui que « ces étoiles reçurent la dénomination pompeuse d’étoiles royales » (volume I page 259).

Par la suite, d’Arago à Flammarion, à Théophile Moreux (qui les évoque pages 123-124 (nouvelle édition de 1943) de La science mystérieuse des Pharaons), et aux divers auteurs plus ou moins sérieux qui ont repris le mythe créé par Bailly et Dupuis, c’est cette version qui s’est imposée : quatre étoiles « gardiennes » ou « royales », Aldébaran, Antarès, Regulus et Fomalhaut, le tout remontant à environ 3000 ans avant JC.

Or l’assimilation des quatre « sentinelles » aux quatre étoiles ci-dessus est loin de faire l’unanimité. Elle repose, comme on l’a vu plus haut, sur un raisonnement circulaire qui n’est appuyé sur aucun élément linguistique, historique ou archéologique. Par exemple, selon George Allen Davis Jr., qui a écrit pour le magazine américain Popular Astronomy un article intitulé « The so-called royal stars of Persia », trois des « sentinelles » doivent être associées plutôt à des constellations : Satevis (« Satevaesa », dont la signification est « une centaine de maisons ») serait la constellation du Verseau plutôt que la seule Fomalhaut, Venant (« Vanant », le victorieux, mais aussi celui qui pique, qui châtie) serait la constellation du Scorpion avec Antarès, et Hastorang (« Haft-Aurang », les 7 trônes ou les 7 cieux) serait la Grande Ourse. De son côté, Gary David Thompson écrit : « Seuls deux d’entre elles peuvent être raisonnablement identifiées, Tišhtya avec l’étoile Sirius, et Haftoreng avec les étoiles de la Grande Ourse. Cependant, de nombreuses publications continuent à identifier Aldébaran, Antarès, Fomalhaut et Régulus avec les quatre étoiles cheftaines (royales) de Perse. Cette erreur repose de façon évidente sur le livre publié il y a 105 ans, Le nom des étoiles, par l’astronome amateur américain Richard Allen. (L’identification d’Aldébaran, Antarès, Fomalhaut et Régulus fut proposée au départ par l’historien et astronome français du XVIIIème siècle Jean Bailly) ».  D’une manière générale, l’identification de Taschter (aujourd’hui rendu plutôt comme Tishtrya ou Tishtar) avec Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel, qu’avait faite Anquetil-Duperron, est considérée comme valide par les traducteurs et spécialistes modernes de l’Avesta, qui soulignent son rôle de divinité pourvoyeuse de pluie ; alors que l’identification avec Aldébaran n’est reprise que par ceux qui utilisent Flammarion ou Bailly comme source, et n’est défendue ni argumentée par personne.

L’identité des quatre « gardiennes du ciel » nommées dans le film ne repose donc que sur l’interprétation, elle-même non étayée, de Bailly en 1775… sans compter que, selon ce site :

La reconstitution de ce ciel des anciens montre que ce partage du ciel par les quatre étoiles est approximatif. En 3150 av J.C. Aldébaran et Antarès étaient à peu près à la place qui leur revient, mais Régulus et Fomalhaut en étaient distantes d’une dizaine de degrés. Par contre, vers 2300 avant J.C. Régulus et Fomalhaut étaient à leurs places, et c’est Aldébaran et Antarès qui ne l’étaient plus. Au millénaire suivant, ce repèrage avait perdu son sens, et du temps d’Ézéchiel, encore bien plus.

Ce que disait déjà, près de deux siècles plus tôt, Delambre dans son Histoire de l’astronomie ancienne (volume 1 page 433) :

[Bailly] cherche à prouver que 3000 ans avant notre ère, les Indiens observaient.
Le Zend-Avesta rapporte que quatre étoiles gardaient les quatre points cardinaux du monde. Peut-on imaginer rien de plus vague qu’une pareille remarque ? Or, dit Bailly, Aldébaran et Antarès n’étaient alors qu’à 40’ des équinoxes. On voit en effet que ces étoiles sont diamétralement opposées, au moins en longitude. Où sont les deux autres qui devraient être à 90° des premières ; nous n’en trouvons que de sixième grandeur ou de cinquième tout au plus. Bailly se rejette sur Régulus et sur le Poisson austral, qui sont à 6 et 11° des deux autres points cardinaux.

Annales chinoises

A partir de 1h 38mn 14s on en arrive enfin à l’hypothèse centrale de M. Grimault : les pyramides et le sphinx forment une « horloge » destinée à avertir d’un cataclysme cyclique menaçant la planète :

J’allai fouiller les écrits anciens. On trouvait curieusement dans les mythes, légendes et croyances d’un grand nombre de peuples de notre planète la même idée d’évènements cycliques. La destruction par l’eau revenait souvent, tout comme celle d’une atteinte future par le feu, comme en témoignaient l’Apocalypse de Saint Jean, ou les textes sacrés hindous appelés puranas.

L’idée « d’évènements cycliques » est illustrée dans le film par deux pages mentionnant des Annales chinoises et évoquant des rapports entre Egyptiens et Chinois :

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Ces pages proviennent d’un mémoire de Joseph de Guignes, publié en 1774 dans le volume 36 de Histoire de l’Académie royale des inscriptions et belles lettres sous le titre « Examen critique des Annales chinoises, ou Mémoire sur l’incertitude des douze premiers siècles de ces annales, et de la chronologie chinoise » (à partir de la page 164).

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Comme on peut le voir dans ce mémoire, ainsi que dans le suivant dans le même volume (« Idée de la littérature chinoise en général »), Joseph de Guignes était obsédé par l’idée de trouver des liens entre Egyptiens et Chinois, idée qu’il avait déjà développée en 1758 dans un autre mémoire lu devant l’Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, « Mémoire dans lequel on prouve que les Chinois sont une colonie égyptienne ». Inutile de préciser que cette idée fut très rapidement ridiculisée, par exemple dès 1759 par l’orientaliste Le Roux Deshauterayes, qui sermonnait ainsi Joseph de Guignes :

Ce n’est pas assurément que je ne crois très-permis de proposer de semblables paradoxes, fussent-ils même encore plus extraordinaires que ceux-là ; mais je pense qu’en les proposant on doit être ou sur une grande réserve quant à l’expression, ou muni des preuves les plus incontestables. Lorsqu’on n’a que de légères vraisemblances à alléguer et des promesses à faire, devrait-on prendre ce ton décisif et imposant qui n’appartient qu’à la certitude ? Il s’agit moins dans les découvertes historiques d’annoncer du merveilleux que de publier des vérités.

On peut se demander quelles « vérités » Jacques Grimault a pu tirer de ce texte de Joseph de Guignes ; ce qui est sûr, c’est qu’il n’a pas pu en tirer, contrairement à ce que laisserait entendre la narration du film, la moindre information sur « l’idée d’évènements cycliques » dans la Chine ancienne. Le mémoire n’est en effet qu’une description des annales historiques des diverses dynasties chinoises, dont l’auteur essaie de montrer qu’elles sont très imprécises pour les périodes antérieures à l’ère chrétienne. L’idée de « cycle » n’y apparaît qu’en liaison avec celle de calendrier (cycle de soixante ans), jamais en faisant référence à des évènements, encore moins de type cataclysmique (destructions par le feu ou l’eau). Du coup on se demande vraiment ce que vient faire cette référence à ce moment du film, à part peut-être susciter chez le spectateur l’idée que les Chinois partageaient l’idée de destruction cyclique évoquée par les textes de l’hindouisme. A noter par parenthèse que si l’idée d’un cycle de destruction/recréation du monde au cours d’un âge (Mahayuga) de quatre cycles (Yugas) est bien présente dans les Puranas, en particulier dans le Vishnu Purana, c’est avec une échelle de temps qui n’a pas grand chose à voir avec celle évoquée par le film (où le seul cycle évoqué est le cycle de 25 800 ans de la précession des équinoxes), puisque la durée du Mahayuga est de plus de 4 millions d’années, et celle du Kali Yuga, dans lequel nous sommes censés être, de plus de 400 000 ans…

Philosophes grecs

L’idée de cataclysmes cycliques est ensuite renforcée par l’appel aux philosophes grecs (illustrés par « L’école d’Athènes » de Raphaël) à partir de 1h 38mn 34s :

Plusieurs auteurs grecs évoquaient eux aussi des cataclysmes cycliques, l’un d’entre eux précisait même la période à laquelle ils se produisaient : tous les 10 à 12 000 ans. Ce qui semblait étrangement correspondre au récit de Platon et à la disparition de la fameuse Atlantide, histoire rejetée par la science moderne. Tout comme les écrits d’Aristote, autre savant grec jugé plus fiable, concernant de grandes révolutions dans l’espace environnant la Terre, qui entraînent la disparition cyclique de ce qui recouvre le globe.

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Il y a malheureusement de nombreuses approximations dans ce paragraphe. Parmi les auteurs grecs évoqués ici, il y a probablement Héraclite, à qui on attribue souvent l’idée de ces « cataclysmes cycliques », idée qui aurait été reprise ensuite par les Stoïciens qui imaginent le monde finir dans une conflagration puis recommencer à l’identique dans un éternel retour (voir « Eternel retour et temps périodique dans la philosophie stoïcienne » de Jean-Baptiste Gourinat). La pensée d’Héraclite, que l’on ne connaît que par une centaine de fragments repris par d’autres auteurs, est assez complexe, et bien différente de ce qui en est souvent présenté et qui a été contaminé par les idées stoïciennes. Il y a tout d’abord l’idée du feu comme principe fondamental du cosmos :

Ce monde, le même pour tous, ni dieu ni homme ne l’a fait, mais il était toujours, il est et il sera, feu toujours vivant, s’allumant en mesure et s’éteignant en mesure.

( fragment 30, Clément d’Alexandrie, Stromates, V, 104, 2)

Le monde, éternel, est feu ; mais ce feu subit des fluctuations, se transformant en « non-feu » (terre, mer), qui à son tour nourrit le feu :

Conversions du feu : d’abord mer, de mer, la moitié terre, et la moitié souffle brûlant. [...] [Terre] se dissout en mer, et est mesurée selon le même rapport qu’avant de devenir terre.

(fragment 31, Clément d’Alexandrie, Stromates, V, 104, 3 et 104, 5)

Mort de la terre, de devenir eau, mort de l’eau, de devenir air, de l’air, de devenir feu ; et inversement.

(fragment 76, Marc Aurèle, Pensées, IV, 46)

Pour une analyse de ces fragments, voir les Fragments d’Héraclite, traduits et commentés par Marcel Conche (pages 279 à 286, 289 à 292 et 297-298).

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Plutôt qu’une « fin du monde », on a donc chez Héraclite transformation permanente, passage du feu au non-feu : « Le devenir est une suite de morts et de naissances, de naissances et de morts, et cela nécessairement, car les opposés sont uns : la mort est naissance, la naissance est mort. Le sort de tout ce qui est fini, particulier (qui est « terre » et pas autre chose, etc.), est de disparaître, de céder la place à un autre fini, un autre particulier. » (Marcel Conche, page 298). Et cette transformation se fait de façon régulière, « en mesure » (fragment 30). A quel rythme ? rien dans les fragments connus d’Héraclite ne permet de le déduire ; mais des auteurs plus tardifs, en particulier le Romain Censorin dans De Die natali (« Le jour natal »), lui attribuent l’idée d’un cycle de 10800 ans, ce qui se rapproche des « 10 à 12 000 ans » évoqués par le film. D’autres encore, probablement par une erreur de traduction, portent la durée du cycle selon Héraclite à 18 000 ans (Plutarque, Les opinions des philosophes, livre second, chapitre XXXII).

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Cette idée d’un « cycle de 10800 ans » qu’aurait défendu Héraclite se trouve, chez Censorin, au sein d’un chapitre (chapitre XVIII) de son ouvrage consacré à la notion de « grande année », présente chez beaucoup d’auteurs grecs. On la trouve par exemple chez Platon, dans le Timée, sous le nom « d’année parfaite » :

Il est néanmoins possible de comprendre comment la véritable unité de temps, l’année parfaite est accomplie, lorsque les huit révolutions mesurées par le circuit et le mouvement uniforme du même, sont toutes retournées à leur point de départ.

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La « grande année » ou « année parfaite » est donc le temps nécessaire pour que les cinq planètes connues des Grecs anciens, plus le Soleil et la Lune, se retrouvent dans la même configuration par rapport à la Terre et à la sphère des fixes. Platon ne donne pas de valeur à cette période, mais Censorin note que chaque auteur grec lui donne une valeur différente (De Die Natali, chapitre XVIII) :

Cette année, d’après l’opinion d’Aristarque, se compose de 2484 années solaires. Arétès de Dyrrachium la fait de 5552 années ; Héraclite et Linus, de 10 800 ; Dion, de 10 884 ; Orphée, de 100 020 ; Cassandre, de 3 600 000. D’autres enfin ont considéré cette année comme infinie, et ne devant jamais recommencer.

Cette dernière opinion est sans doute la plus justifiée puisque, selon la newsletter de décembre 2012 (n° 85) de l’Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides :

Ces cycles n’ont aucune réalité physique, la connaissance des révolutions sidérales moyennes des planètes, même arrondies aux jours, donne une hypothétique période synodique des planètes plus grande que l’âge actuel de l’Univers !

Censorin mentionne également, concernant cette « grande année », la croyance des auteurs grecs en une alternance d’embrasements et de déluges :

Cette année a un grand hiver, appelé par les Grecs κατακλυσμὸς, c’est-à-dire déluge ; puis, un grand été, nommé ἐκπύρωσις, ou incendie du monde. Le monde, en effet, semble être tour à tour inondé ou embrasé à chacune de ces époques.

En fait, seuls chez les philosophes grecs les Stoïciens reprennent cette idée d’une alternance de cataclysmos et ekpyrosis, idée qui provient directement du Babylonien Bérose, prêtre et astronome/astrologue :

Bérose, traducteur de Bélus, attribue ces révolutions aux astres, et d’une manière si affirmative, qu’il fixe l’époque de la conflagration et du déluge. « Le globe, dit-il, prendra feu quand tous les astres, qui ont maintenant des cours si divers, se réuniront sous le Cancer, et se placeront de telle sorte les uns sous les autres, qu’une ligne droite pourrait traverser tous leurs centres. Le déluge aura lieu quand toutes ces constellations seront rassemblées de même sous le Capricorne. Le premier de ces signes régit le solstice d’hiver ; l’autre, le solstice d’été. Leur influence à tous deux est grande, puisqu’ils déterminent les deux principaux changements de l’année. »

(Sénèque, Questions naturelles, Livre III)

On retrouve enfin ici le concept de cataclysmes cycliques évoqué par le film, mais à nouveau avec une échelle de temps qui n’est pas du tout celle de la précession des équinoxes, puisque, d’après Eusèbe de Césarée (Histoire universelle, Chronographia, dans sa version arménienne),  Bérose envisageait une « grande année » de 432 000 ans :

Dans son second livre, il parle des dix rois des Chaldéens et du temps de leurs règnes, cent vingt saroi c’est-à-dire quatre cent trente deux mille années jusqu’au cataclysme.

(Le saros de Bérose correspond à 3600 ans, et n’a rien à voir avec le saros des astronomes, voir « L’origine du nom saros » sur le site de l’Institut de Mécanique Céleste)

Si Bérose semble avoir inspiré directement certains Stoïciens, pour qui l’ekpyrosis est le préalable à l’apocatastase, la restauration du monde en son état originel, le lien que fait le film entre ces idées de destruction cyclique du monde et les idées de Platon ou d’Aristote est beaucoup plus discutable. Si Platon évoque bien dans le Timée, comme on l’a vu plus haut, l’année « parfaite », il ne met par contre à aucun moment cette grande année, qu’il évoque dans le cadre de la description de la création du monde, en relation avec un ou des cataclysmes. D’autre part, le Timée décrit bien un cataclysme, celui qui détruit tant l’armée athénienne que l’Atlantide :

Dans la suite de grands tremblements de terre et des inondations engloutirent, en un seul jour et en une nuit fatale, tout ce qu’il y avait chez vous de guerriers ; l’île atlantide disparut sous la mer ; aussi depuis ce temps la mer est-elle devenue inaccessible et a-t-elle cessé d’être navigable par la quantité de limon que l’île abîmée a laissé à sa place.

Mais il n’y a pas grand chose de « cyclique » dans ce cataclysme-là. Le prêtre égyptien qui décrit à Solon l’Atlantide évoque bien plusieurs cataclysmes, mais là encore le paragraphe n’évoque pas vraiment ni une destruction généralisée, ni une périodicité liée à un quelconque cycle :

Le genre humain a subi et subira plusieurs destructions, les plus grandes par le feu et l’eau, et les moindres par mille autres causes. Ce qu’on raconte chez vous de Phaéton, fils du Soleil, qui, voulant conduire le char de son père et ne pouvant le maintenir dans la route ordinaire, embrasa la terre et périt lui-même frappé de la foudre, a toute l’apparence d’une fable ; ce qu’il y a de vrai, c’est que dans les mouvements des astres autour de la terre, il peut, à de longs intervalles de temps, arriver des catastrophes où tout ce qui se trouve sur la terre est détruit par le feu. Alors les habitants des montagnes et des lieux secs et élevés périssent plutôt que ceux qui habitent près des fleuves et sur les bords de la mer. Pour nous, le Nil nous sauve de cette calamité comme de beaucoup d’autres, par le débordement de ses eaux. Quand les dieux purifient la terre par un déluge, les bergers et les bouviers sont à l’abri sur leurs montagnes, tandis que les habitants de vos villes sont entraînés par les torrents dans la mer. Chez nous, au contraire, jamais les eaux ne descendent d’en haut pour inonder nos campagnes : elles nous jaillissent du sein de la terre. Voilà pourquoi nous avons conservé les monuments les plus anciens. En tout pays, le genre humain subsiste toujours en nombre plus ou moins considérable, à moins qu’un froid ou une chaleur extrême ne s’y oppose.

Platon décrit des catastrophes naturelles : séismes, inondations, canicules ou incendies ; mais ne les met absolument pas en relation avec la « grande année », et envisage très clairement des catastrophes limitées dans l’espace.

En ce qui concerne Aristote, nous n’avons aucun texte de lui évoquant une « grande année », mais uniquement des indications très indirectes : certains supposent qu’un texte disparu de Cicéron, l’Hortensius, qui évoque une grande année de 12 954 ans, serait basé sur un texte également disparu d’Aristote, le Protreptique. Ce chiffre de 12 954 ans est mentionné par Tacite, mais ce dernier ne fait pas référence à Aristote :

S’il est vrai, comme Cicéron l’écrit dans son Hortensius, que la grande et véritable année soit accomplie, lorsqu’une position donnée du ciel et des astres se reproduit absolument la même, et si cette année en comprend douze mille neuf cent cinquante-quatre des nôtres, [...]

(Tacite, Dialogue des Orateurs, XVI)

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Qu’en est-il chez Aristote des « grandes révolutions dans l’espace environnant la Terre, qui entraînent la disparition cyclique de ce qui recouvre le globe », comme il est dit dans le film ? Je n’ai pas la prétention d’avoir lu tout Aristote, mais il me semble que le texte qui se rapprocherait le plus de cette idée de « disparition cyclique de ce qui recouvre le globe » serait le chapitre XIV du livre I de la Météorologie :

Les mêmes lieux de la terre ne sont pas toujours humides ou secs ; mais leur constitution varie selon la formation ou la disparition des cours d’eau. C’est là ce qui fait que le continent et la mer changent aussi de rapport, et que les mêmes lieux ne sont pas toujours de la terre ou toujours de la mer. La mer vient là où était jadis la terre ferme ; et la terre reviendra là où nous voyons la mer aujourd’hui.
Il faut croire d’ailleurs que ces phénomènes se succèdent, selon un certain ordre et une certaine périodicité. Le principe et la cause de ces mouvements, c’est que l’intérieur de la terre, tout comme les corps des plantes et des animaux, a ses époques de vigueur et de dépérissement.
La seule différence c’est que dans les plantes et les animaux ces changements n’ont pas lieu en partie seulement, mais c’est l’être tout entier qui par une loi nécessaire fleurit, ou se meurt, tandis qu’au contraire pour la terre, ces changements ne se font que partiellement par le froid et par la chaleur.
Le froid et la chaleur eux-mêmes s’accroissent ou diminuent par le soleil, et par le mouvement de révolution ; et c’est par le chaud et le froid que les diverses régions de la terre prennent une propriété différente, pouvant, durant un certain temps, rester humides, puis se desséchant et vieillissant ensuite. D’autres lieux revivent et redeviennent par portions successivement humides

Ce que Aristote nous décrit ainsi, ce sont des alternances d’assèchement/submersion des continents (il s’appuiera dans la suite du texte sur le cas du delta du Nil, autrefois mer puis comblé progressivement par les alluvions tandis que l’Egypte se desséchait). Mais il est très loin de penser à des catastrophes brutales, de type déluge ou sécheresse caniculaire :

Ce qui fait que ces phénomènes nous échappent, c’est que toute cette formation naturelle de la terre ne se fait que par additions successives et dans des temps immensément longs, si on les compare à notre existence ; des nations tout entières disparaissent et périssent avant qu’on ne puisse conserver le souvenir de ces grands changements, de l’origine jusqu’à la fin.
Les destructions des peuples sont les plus considérables et les plus rapides dans les guerres ; d’autres tiennent à des épidémies, d’autres à des famines ; et ces causes tantôt détruisent les peuples tout à coup, tantôt petit à petit. Aussi ne se rend-on pas compte des transmigrations de ces populations ; car tandis que les uns abandonnent la contrée, d’autres persistent à y rester jusqu’à ce que le sol ne puisse plus absolument y nourrir personne.
Entre la première observation et la dernière, on doit croire qu’il s’est écoulé des temps si considérables que personne n’en a conservé le souvenir, et que ceux qui avaient pu être sauvés et qui sont restés ont tout oublié par la longueur même du temps. C’est de la même façon que nous échappe, à ce qu’on doit croire, l’époque du premier établissement des nations sur ces terrains qui changent et qui deviennent secs après avoir été marécageux et inondés.
C’est qu’en effet cet accroissement du sol habitable, ne se fait que petit à petit et après de longs siècles, de sorte qu’on ne sait plus ni quels ont été les premiers occupants, ni à quelle époque ils sont venus, ni quel était l’état de la contrée quand ils y vinrent.

On est donc bien là sur des échelles de temps longues, et ce que Aristote nous décrit s’apparente plus, en termes actuels, à des changements climatiques et phénomènes de subsidence ou d’alluvionnement, qu’au déluge décrit par l’Ancien Testament ou à la « grêle de feu » de l’Apocalypse de Jean – qui n’ont eux, par ailleurs, aucun caractère cyclique qui ne pourrait qu’être contraire au discours eschatologique.

La cause que l’on pourrait peut-être assigner à tous ces faits, c’est que de même qu’à certaines époques fixes, l’hiver se produit dans les saisons de l’année, de même aussi se produit un grand hiver qui relève de quelque immense période, et qui amène une excessive abondance de pluies.

On retrouve bien ici chez Aristote la notion de « grand hiver » exposée plus haut (voir Censorin), et donc probablement de « grande année » (« quelque immense période ») ; Aristote évoque une sorte d’année « cosmique » avec ses hivers pluvieux (cataklysmos) et ses étés secs et chauds (ekpyrosis), mais à la différence de Bérose ou des Stoïciens n’envisage pas de fin du monde, de catastrophe touchant toute la planète :

Ce n’est pas du reste toujours dans les mêmes contrées que ce phénomène se manifeste, et c’est comme ce qu’on appelle le déluge de Deucalion. Ce déluge s’est étendu surtout sur les contrées helléniques, et parmi elles sur la vieille Hellade.[...]
Avec le temps, tel lieu se dessèche davantage, tel autre se dessèche moins, quand il a été bien inondé, jusqu’à ce qu’arrive de nouveau la révolution de cette grande période.
Comme il y a nécessairement quelque changement de l’univers, sans qu’il y ait cependant pour lui ni naissance ni destruction, puisqu’il subsiste toujours, il y a une nécessité égale, ainsi que nous le soutenons, que les mêmes lieux ne soient pas toujours inondés par la mer ou les fleuves, et que les mêmes lieux ne soient pas toujours secs. Les faits sont là pour le prouver.

L’idée même de destruction du monde est étrangère à Aristote, pour qui l’univers est éternel, incréé, indestructible et régulier : ainsi, par exemple dans Du Ciel, le philosophe s’attache à « montrer qu’il n’y a qu’un seul et unique ciel, qu’il est incréé, éternel, et de plus qu’il se meut d’une façon régulière et uniforme. » (Livre II chapitre VI)

Pour terminer sur cette idée de cataclysmes cycliques, il est clair que le film amalgame peu subtilement des idées parfois contradictoires et des auteurs bien différents. Il est clair également que les spéculations philosophiques de ces auteurs anciens sur la « cyclologie » ne sont que cela : des spéculations. S’appuyer sur ces auteurs pour affirmer l’existence d’une « grande année » entraînant son cortège de destructions cycliques revient à s’appuyer, par exemple, sur l’autorité d’Aristote pour affirmer que les séismes sont provoqués par le vent, ou que la Terre est immobile au centre de l’Univers… Déjà au XVIIIème siècle l’astronome François Arago (plus critique sur ce point que sur celui des « gardiennes du ciel », voir plus haut) montrait l’inanité de cette « cyclologie des Anciens » :

À une époque où tant de philosophes se persuadaient que les destinées des hommes et même celles de la Terre, considérée en masse, étaient réglées par le cours des astres, il n’y avait rien d’outré à supposer que chaque grande année ramènerait la même suite, le même ordre de phénomènes moraux et physiques ; le même cours d’événements politiques ou militaires ; la même succession de personnages célèbres par leurs vertus, par leurs vices ou par leurs crimes. Dans ce système, l’histoire d’une seule grande année aurait été celle des suivantes.[...]
L’alternat de cataclysmes et de conflagrations n’était pas admis généralement. Certains philosophes ne croyaient qu’à des déluges ; d’autres qu’à des incendies. Il en existait enfin qui, assimilant les âges du monde à ceux de l’homme, voyaient la nature croître en force et en vigueur pendant la première moitié de la grande année, et marcher ensuite, durant la seconde moitié, vers la décrépitude. Quant à Platon, il s’était rangé à l’opinion que le monde, au premier jour du grand cycle, possède le maximum de force, et qu’à partir de là, tout décroît, tout s’affaiblit graduellement. La tradition sur les quatre âges caractérisés par quatre métaux, est la traduction vulgaire de l’idée de Platon.[...]
Les anciens tombèrent encore moins d’accord sur la longueur de la grande année que sur sa signification. Les uns portèrent cette longueur jusqu’à 6 570 000 ans, d’autres la réduisirent à quelques centaines d’années. Cicéron, dans le Songe de Scipion, dit qu’il n’ose pas décider de combien de siècles l’année parfaite se compose.[...]
Les grands noms de Platon, de Cicéron, de Sénèque, de Plutarque, ne doivent pas nous empêcher de ranger les opinions des anciens sur les relations de la grande année avec les événements de toute nature observables sur la Terre, au nombre des conceptions les plus creuses que l’antiquité nous ait léguées.

(François Arago, Astronomie populaire, Livre XXXIII, chapitre 43)

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Conclusion générale

Au terme de ce recensement des quelques références bibliographiques qui apparaissent dans le film La Révélation des Pyramides, je voudrais noter quelques points :

- J’ai bien conscience des limites de l’exercice : un film, particulièrement un film grand public, n’est pas un ouvrage scientifique, et ne saurait ni entrer très avant dans le détail de questions complexes, ni fournir des références exhaustives. Cependant, en l’absence du livre de Jacques Grimault censé avoir servi de base au film et jamais paru suite semble-t-il à un imbroglio juridique, et devant le refus du même de fournir le moindre élément bibliographique au cours des échanges avec lui – ne faisant que la vague promesse d’en dire plus dans l’opus suivant – c’est un des rares moyens dont on dispose pour évaluer, non pas la qualité du film, mais celle de la démarche de construction de l’hypothèse des auteurs telle qu’elle nous est présentée.

- Rien ne dit que les ouvrages entr’aperçus dans le film et les auteurs mentionnés font réellement partie de la bibliographie de Jacques Grimault, ni qu’ils en représentent la totalité. Mais même si on peut admettre que le choix de certaines couvertures ou gravures ait reposé sur des considérations esthétiques, comme l’affirme le réalisateur Patrice Pooyard, il est difficile de croire que tous ces ouvrages aient été choisis au hasard ; quant aux auteurs mentionnés (Agatharchide, Platon, Aristote…), on voit mal quelle dimension esthétique leur nom aurait pu apporter au film.

- Je n’ai volontairement rien dit ici des contemporains interrogés dans le film. D’une part parce que le travail d’analyse de leur témoignage a déjà été partiellement fait ailleurs (voir ici ou ) ; d’autre part par choix de me consacrer aux références livresques.

Si l’on résume maintenant ce qui semble transparaître de cette liste de références : - Absence de toute référence contemporaine, particulièrement en égyptologie ; la bibliothèque du film est très riche en ouvrages du XVIIIème et XIXème siècles, mais on n’y voit pas grand chose comme ouvrages récents. On peut admettre un choix esthétique,  les vieux livres ayant une connotation surannée et érudite assez sympathique ; mais il est pour le moins malheureux que ces « vieux bouquins » illustrent régulièrement la critique de l’égyptologie et de « l’histoire officielle ». - Références dont le moins qu’on puisse dire est que leur contenu scientifique est assez limité : Stéphen-Chauvet sur l’Ile de Pâques, Taylor, l’abbé Moreux et Tompkins sur les pyramides, le chamane New Age Aribalo sur Cuzco… - Recours fréquent à l’autorité des Anciens : Pline, Agatharchide, Platon, Aristote sont appelés à la rescousse pour soutenir les hypothèses du film, au prix parfois d’une distorsion de leurs idées ; c’est d’autant plus amusant que les auteurs reprochent vivement aux égyptologues de s’appuyer sur Hérodote… - Non vérification des sources : de vieilles lunes de la pyramidologie ou de l’astrologie sont reprises, visiblement sans qu’il y ait eu recherche et vérification des sources primaires ; exemples : « gardiennes du ciel » incorrectement identifiées en se basant sur une interprétation erronée de Bailly au XVIIIème siècle, référence à une pseudo-citation d’Agatharchide inventée de toutes pièces par Stecchini en 1971… - Enfin, manipulation d’une référence, l’ouvrage de Cole sur les mesures de la pyramide, par l’insertion d’une fausse page, insertion que le réalisateur justifie par deux fois en prétendant absurdement qu’elle était nécessaire pour que le public français n’ait pas à convertir les mesures anglaises de Cole – alors même que l’original de Cole contient les mesures en mètres…

Tous ces éléments ne sont, pour Jacques Grimault, que des détails, et pour Patrice Pooyard, des éléments nécessaires à la réalisation d’un film où il faut présenter les choses « de manière spectaculaire et un peu sensationnelle ». Personnellement, il me semble y avoir un monde entre le fait pour les égyptologues de « publier de beaux livres » et « soigner leur style », et le fait d’utiliser, sciemment ou non, des références inexistantes ou déformées, ou d’ignorer volontairement les acquis de toute une discipline. Un esprit mal tourné pourrait de plus discerner dans ces réponses des auteurs un certain mépris pour le spectateur considéré comme incapable d’appréhender la complexité de « sujets qui lassent vite l’attention du public »

Mise à jour du 16 août 2013 : Un lecteur me signale en commentaire (voir ci-dessous) une autre référence importante de M. Grimault à des auteurs alternatifs, référence qui n’est pas mentionnée dans le film et que je n’avais pas identifiée. Il s’agit des ouvrages de MM. Mouny et Gruais, en particulier Le grand secret des pyramides de Guizeh (1992) et Le grand secret du Sphinx de Guizeh (1994). Voir par exemple la figure qui apparaît à 1h 35mn 40s dans le film, dont on peut trouver l’équivalent avec la figure 17 page 46 du livre Le grand secret des pyramides de Guizeh ; une bonne partie des jeux numériques de M. Grimault sur la coudée et les nombres Pi et Phi se retrouve également dans le même livre.

[1] Sic ! En fait Fomalhaut n’appartient pas à la constellation des Poissons, mais à celle du Poisson Austral

[2] Contrairement à ce que semble affirmer ici le film, Fomalhaut a toujours été considérée comme faisant partie du Poisson Austral, qui est une des plus anciennes constellations identifiées. Ainsi dans l’Almageste de Ptolémée (voir page 83 du volume II, livre VIII, de la traduction d’Halma publiée en 1816) Fomalhaut est bien indiquée comme « étoile de première grandeur » du « Poisson méridional », sous l’appellation d’« étoile de la bouche au commencement de l’eau » – ce qui a d’ailleurs donné le nom actuel de Fomalhaut, dérivé de l’arabe « fum al-ħūt », la « bouche du poisson ». Mais il est vrai que pour les anciens ce Poisson était systématiquement associé au Verseau, et présenté comme buvant l’eau versée par le Verseau, d’où une position un peu intermédiaire de Fomalhaut, à la fois bouche du Poisson et extrémité du filet d’eau du Verseau. D’ailleurs Ptolémée la compte également au nombre des étoiles du Verseau (voir page 65).

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Agnes Dallagnolo et Anne Rose. Enquête sur les femmes et l’astrologie

Posté par nofim le 27 juin 2015

Les femmes et l’Astrologie : un récent mariage ?

Anne Rose et Agnès Delagnolo-Fiquet

 

 

 

 

 

– Quelques questions aux femmes astrologues

La place des femmes dans l’Astrologie.

Les deux grands axes d’analyse : Nature et Culture.

Astrologie et affirmation sociale.

Fonction de l’Astrologie: pouvoir ou vocation ?

– Réflexions générales

Science et Religion : la guerre idéologique

La confusion de la femme avec le Féminin.

 

Dans le contexte des années 80, la question du lien qui unit les femmes à l’Astrologie devient d’actualité.

L’on assiste en effet depuis peu à un accroissement fulgurant de la gent féminine dans le public astrologique, à tel point que l’homme y est devenu implacablement minoritaire.

La femme a conquis ces dernières années nombre de domaines jusque là réservés aux hommes, mais avec plus ou moins de succès. L’Astrologie, elle, fait partie de ses franches conquêtes : les cours d’astrologie sont envahis par les femmes, les congrès aussi.

Un détail prête cependant à réflexion : bien souvent, si la majorité du public est féminine, l’orateur ou le professeur est, lui, de sexe mâle, détail qui alimente le vieux mythe de la réceptivité des femmes à un discours masculin. Mais est-ce un état de fait ou une question de temps ? Le moment est-il charnière ? Les femmes sont-elles en passe de devenir maîtresses à part entière de cette discipline ?

Où se situe donc l’avancée féminine en terre astrologique ?

Ce mouvement est intéressant si l’on considère le statut des femmes et celui de l’Astrologie, tous deux en pleine mutation. Et leurs images respectives: l’Astrologie, ces derniers siècles, était implacablement liée au monde de l’occultisme, monde caché, monde de l’inconnu, de l’irrationnel. Quant à la femme… Est-il encore nécessaire de rappeler le rôle qui lui fut attribué pendant plusieurs millénaires ?

Quelles conclusions peut-on alors tirer du mouvement qui s’est amorcé, tant pour les femmes que pour l’Astrologie ?

Quelques questions aux femmes astrologues

Pour nous guider dans nos réflexions, nous avons choisi d’interviewer quelques unes parmi les femmes astrologues les plus réputées.

Interroger ces femmes semble en effet indispensable, puisqu’elles seules sont capables de considérer la situation de l’intérieur, et de transmettre un véritable vécu au travers des difficultés ou découvertes qui ont jalonné leurs itinéraires.

Cependant, cette démarche d’interrogation n’est pas naïve, car comme le dit un proverbe chinois, « l’œil voit tout excepté lui-même », et s’il est facile pour ces femmes de parler de leur vécu, peut-il l’être autant d’analyser le mouvement dans lequel elles s’inscrivent ?

Traquer l’objectivité est en fait une utopie (que l’on pratique hélas bien souvent en Astrologie) et l’intérêt est autre : en tant qu’astrologues et connues, ces femmes sont représentatrices de leur profession, elles sont porteuses d’une certaine autorité. Elles participent activement à l’élaboration d’une image de l’Astrologie en intervenant à la télé, à la radio ou en entreprise, en écrivant des livres ou des articles… Et l’idée qu’elles se font de leur art, qu’elle nous paraisse juste ou erronée, a son importance et son intérêt pour dresser un portrait de la situation astrologique actuelle

Nous avons donc eu des entretiens avec Joëlle de Gravelaine, Danièle Rousseau, Catherine Aubier, Françoise Colin, Françoise Gauquelin, Irène Andrieux, Suzel Fuseau-Brach et Marieff Cavaignac[2] que nous remercions ici encore pour l’amabilité avec laquelle elles nous ont reçues.

La place des femmes dans l’Astrologie :

Afin d’établir une base comparative, toutes les interviews débutaient par la même question:

« Que pensez-vous de la place que tiennent les femmes dans le milieu astrologique depuis 10 ans ? »

Toutes sont d’accord pour constater une très nette avancée de la participation des femmes au sein de cette discipline. Cependant, les raisons évoquées sont diverses, et dès les premières réponses s’affirment des avis très différenciés.

Joëlle de Gravelaine justifie cette avancée par le fait que « l’Astrologie a conquis tout à fait sa place d’outil thérapeutique et psychologique », et que « les femmes sont d’une manière générale plus curieuses que la plupart des hommes, plus curieuses de toutes les démarches de connaissance de soi… je crois que c’est inhérent à la nature féminine. »

La place prépondérante des femmes dans le domaine astrologique apparaît donc sous ce regard comme une justice qui leur serait enfin rendue. Joëlle de Gravelaine reconnaît parfaitement aux hommes le droit d’être astrologue, mais déclare qu’« il faut avoir dans sa structure une psyché plutôt féminine (…) comme les artistes, les philosophes, les mystiques ou les thérapeutes. »

Avis partagé par Françoise Colin: « L’on est plus aptes en tant que femmes, l’on a plus d’intuition. »

Marieff Cavaignac constate, elle, qu’il y a effectivement beaucoup de femmes dans le milieu astrologique, mais que ce sont encore les hommes qui tiennent le haut du pavé. Elle attribue l’émergence nouvelle des femmes au fait que « la femme essaie de réémerger de siècles de servitude, donc de trouver une place malheureusement trop souvent singée sur la place qu’occupe l’homme dans la société ».

Françoise Gauquelin en revanche est très sociologique : «  Il me semble que d’une manière générale l’on donne plus la chance aux femmes de montrer leurs aptitudes qu’autrefois. Les femmes peuvent faire maintenant pratiquement tous les métiers.  »

Et Suzel Fuseau-Brach, en bonne scientifique, se contente d’émettre des hypothèses : « Effectivement, il y a plus de femmes que d’hommes dans le milieu de l’Astrologie. Mais pourquoi ? J’ai trouvé des horreurs écrites là-dessus ! Un éminent scientifique relie cela à la néo-inculture de la femme. Qu’il vienne me voir, il verra si je suis inculte ! Dans le Que sais-je ?, j’émets quelques hypothèses : cycles et sensibilité maternelle, une sensibilité qui fait que les femmes sont plus attirées par ces choses-là, le flair… »

Les deux grands axes d’analyse: Nature et Culture

Ces réponses définissent d’emblée deux grands axes antagonistes : le point de vue « culturel » ou le point de vue « naturel » (celui du relatif et celui de l’absolu).

Selon le premier, l’avancée des femmes dans l’Astrologie est symptomatique d’un moment culturel dans lequel les femmes font irruption dans tous les domaines jusque-là réservés aux hommes. Selon le second, cette avancée est la conséquence définitive de la récente liberté accordée aux femmes d’user de leurs droits: l’Astrologie est donc rendue à la femme, comme l’Alsace et la Lorraine à la France.

Françoise Colin est la seule qui défende le point de vue « de nature » en toute certitude : « Les femmes sont faites pour l’Astrologie » donc le mouvement récent n’est que normal.

Ce qui jouxte cette idée, c’est qu’hommes et femmes ne pratiquent pas la même astrologie, l’une étant plus liée à la vie, l’autre au discours sur la vie.

« Les hommes sont plus théoriciens, ils font des livres, répertorient, classent, mais sont moins bien dans la pratique. » (Françoise Colin)

« L’Astrologie pratiquée au début du siècle, l’Astrologie des polytechniciens, des statisticiens, des Picard, de Don Néroman qui était ingénieur des Mines, c’était beaucoup moins une astrologie psychologique qu’une astrologie statistique ou éventuellement philosophique. » (Joëlle de Gravelaine)

Joëlle de Gravelaine s’interroge en même temps qu’elle parle, puisqu’elle constate également dans ses séminaires une très récente augmentation du nombre d’hommes.

Qui sont donc ces hommes qui font mentir nos premières affirmations ?

Joëlle de Gravelaine les assimile aux « nouveaux pères », plus attentifs à leurs enfants, etc. Parlant de cette curiosité à se connaître « inhérente à la nature féminine », Joëlle de Gravelaine se reprend un peu plus tard et ajoute qu’hommes et femmes sont à égalité devant l’Astrologie, à condition cependant que l’homme soit nanti d’une psyché « plutôt féminine ».

Accorder aux hommes qui pratiquent l’Astrologie une « psyché plutôt féminine », n’est-ce pas placer d’emblée l’Astrologie du côté du féminin ?

 

Catherine Aubier, qui préfère « écrire des livres que faire des consultations à la chaîne », Françoise  Gauquelin qui travaille essentiellement au plan de la recherche scientifique, se voient donc ôter par leur propre sexe la capacité à y être vraiment compétentes ! Car, soyons fair play, si « les hommes sont plus théoriciens, mais sont moins bons dans la pratique », la réciproque devrait être vraie, et les femmes, donc, ne devraient pas vraiment être à leur place dans le domaine conceptuel ?…

«  Sûrement pas, rétorque Suzel Fuseau-Brach, il n’y a aucune différence de mode de pensée entre chercheurs masculins et féminins.  »

Françoise Gauquelin raconte pourtant qu’elle a déjà eu à faire avec cette forme de sexisme.

« Tout le monde admet mieux les hommes que les femmes pour la recherche scientifique. Alors je fais plus de choses que je n’en aurais fait spontanément, pour compenser ce handicap.  »

Curieusement, Françoise Gauquelin assure ouvertement une fonction de recherche depuis qu’elle est séparée de son mari Michel Gauquelin , chercheur lui aussi. Et Catherine Aubier s’est elle aussi lancée dans l’écriture lorsqu’elle s’est retrouvée seule:

«  C’est après mon veuvage que j’ai commencé à écrire des livres et donc que j’ai acquis une certaine notoriété sur le plan astrologique. »

Les circonstances qui ont présidé à ce changement d’activité auraient de quoi faire réfléchir bien des psychologues.

Un peu comme si leur solitude subite les avait obligées à (ou permis de) mettre en oeuvre une part nouvelle de leur personnalité, au travers d’activités communément réservées aux hommes. Leur psyché est-elle pour autant devenue « plutôt masculine » ?

«  J’écris, ce que je ne faisais pas avant. » affirme  Françoise  Gauquelin

Et à la question : «  Quel est le rôle de la femme en Astrologie ? », elle répondra alors :» Tous les rôles possibles, bien sûr! »

Pour Françoise  Gauquelin donc et pour Marieff Cavaignac, la proportion de femmes augmente dans l’Astrologie comme partout, et ne tire pas à conséquence sur la nature même de l’Astrologie.

Pour Danièle Rousseau également : « C’est une question de génération, de culture. Les hommes jeunes d’aujourd’hui possèdent des qualités que leurs aînés n’utilisaient pas, ou pas de la même manière. »

Astrologie et affirmation sociale

Une autre question posée à toutes ces femmes portait sur l’influence exercée par leur fonction d’astrologue sur leur statut social.

Sur ce point, toutes sont d’accord pour reconnaître que leur titre d’astrologue constitue la plupart du temps un handicap, et tout au moins une forme de provocation ou de mystère.

« On peut être femme et scientifique, scientifique et astrologue, oui, mais facilement, non ! Je suis docteur es sciences, je suis directeur de recherche au CNRS, je dirige un laboratoire. J’ai appris l’astrologie depuis vingt ans, et je ne connais personne parmi mes chers collègues, proches ou lointains, qui ait fait cette démarche. » (Suzel Fuseau-Brach)

« Quand j’ai commencé à faire de l’Astrologie en 1949 je rasais un peu les murs et je n’avouais l’Astrologie que si je sentais le terrain favorable…. La plupart du temps je disais que je faisais du journalisme, et si l’on me répondait « mais vous faites aussi de l’Astrologie », je rétorquais « oui, de la recherche »! « Tant que l’Astrologie est encore un outil contesté par un certain nombre de personnes cela rendra contestable l’astrologue… » (Joëlle de Gravelaine)

« L’Astrologie, cela suscite beaucoup d’intérêt, de curiosité, mais l’on rase encore les murs pour aller consulter un astrologue. Les jeunes s’y intéressent de plus en plus par le biais de la psychologie, mais on ne peut pas dire, malgré tout, qu’elle soit installée socialement. » (Françoise Colin)

Cet état de fait repose pour nombre de ces femmes sur le récent passé « occulte » de l’Astrologie, son assimilation à la voyance, monde dans lequel les femmes avaient depuis longtemps pénétré, où dans lequel on les avait enfermées, diront certaines.

Là, l’historique bât de l’aile : pour certaines, le début du XXe siècle a vu l’émergence sociale d’une astrologie débarrassée de son odeur de soufre et masculinisée pour la circonstance, représentée par Don Néroman, Barbault, Hadès,…

Pour d’autres, femmes et Astrologie. sont sorties bras-dessus/bras-dessous et en même temps de leur ombre séculaire :

« Les femmes étaient intéressées par l’Astrologie de façon cachée; déjà au siècle dernier l’on évoquait souvent des femmes dans les expériences para-psychologiques, de spiritisme, de médiumnité, etc. Tout cela se mélangeait un peu avec l’Astrologie. Et puis l’Astrologie s’est beaucoup développée socialement, mais en même temps les femmes aussi sont devenues plus libres de se manifester. »

Les vapeurs de soufre ou d’encens qui entourent l’Astrologie sont encore proches, et pas une des femmes interrogées ne lui rend grâce d’avoir été un tremplin social. Elles ont parfois quitté une profession gratifiante pour se lancer dans cet univers opaque – telle Marieff Cavaignac, qui était « pharmacienne biologiste et bien établie » –, et certaines avouent même y être venues malgré elles :

« A cette époque de ma vie j’ai eu le choix entre crever de faim ou faire quelque chose. J’ai préféré faire quelque chose et ce qui s’est présenté est venu sous la forme du journalisme : j’ai dû faire des papiers d’Astrologie. »(x)

«  Pendant trente ans j’ai travaillé pour mon mari qui faisait des recherches en Astrologie. Mais je ne m’intéressais pas à l’Astrologie en tant que telle. J’y suis venue parce que j’aimais mon mari. » ( Françoise  Gauquelin)

 

«  J’étais comme tout le monde, je croyais que l’Astrologie n’était pas une science. Et puis, un jour, à Londres, je suis tombée sur le premier ordinateur astrologique. Pour m’amuser, j’y ai mis les dates de naissance de mes proches. Et je me suis aperçue à ma très grande surprise – je me souviens encore de cet instant – qu’il y avait des textes différents les uns des autres!

Auparavant je croyais que les descriptions psychologiques des gens, parfois justes, l’étaient du seul fait du flair des astrologues. Mais quand j’ai vu un ordinateur sortir ces mêmes observations, ça m’a beaucoup troublée. J’ai donc voulu savoir ce qu’il y avait là-dessous, c’est mon tempérament. Et j’ai monté des thèmes. J’en ai monté des centaines.  » (Suzel Fuseau-Brach)

Quelle que soit leur passion pour l’Astrologie, elles s’accordent toutes à dire que l’Astrologie est entouré d’une aura ambiguë :

«  L’Astrologie est un outil encore contesté par un certain nombre de personnes, d’autant plus que, il faut avoir le courage de le reconnaître, dans la profession il y a beaucoup de gens qui font n’importe quoi. » (Joëlle de Gravelaine)

«  C’est terrible ! Vous voyez aujourd’hui l’Astrologie mélangée à l’occultisme, l’ésotérisme, la voyance … Il faudra que l’Astrologie arrive à être intéressante pour plus de scientifiques – nous sommes 3 ou 4 dans le monde, il en faudrait 100 fois plus ! Et qu’elle devienne une science qu’on enseigne, qu’elle décroche de l’occultisme. Moi j’ai une attitude fondamentalement causaliste et déterministe, tout à fait scientifique, je n’ai pas l’impression d’être occulte.  » (Suzel Fuseau-Brach)

«  J’ai continué mes recherches en Astrologie parce que c’était un domaine magnifique qui s’ouvrait devant mes yeux, malgré sa réputation… » ( Françoise  Gauquelin)

«  J’ai remarqué, en dehors de la structure professionnelle, que le fait qu’on soit astrologue fait peur. » (Catherine Aubier)

Si reconnaissance sociale il y a, elle est bien souvent attribuée aux autres activités professionnelles :

« Les gens qui savent que je suis directrice de collection dans une grosse boîte d’édition, et donc que je travaille dans un domaine qui n’a rien à voir avec l’Astrologie se disent : « Pour publier Fromm ou Bettelheim peut-être qu’elle n’est pas complètement dingue »…Ma double activité m’a sans doute donné un certain crédit. » (Joëlle de Gravelaine)

Pourtant, même Suzel Fuseau-Brach ne semble pas à l’abri de problèmes: «  Ah que non ! Maintenant que je suis à 2 ans de la retraite, j’ai pu sortir le Que sais-je ?, mais je ne l’aurais pas fait 10 ans plus tôt, car j’aurais eu des problèmes. J’aurais été mal vue, j’étais responsable de crédits officiels. Et un an et demi après sa parution, je suis la cible de gens qui mènent une offensive tous azimuts depuis 50 ans contre l’Astrologie.

 

Par un curieux phénomène de contamination, le fait qu’une scientifique s’intéresse à l’Astrologie ne donne pas de caution à l’Astrologie, mais contamine au contraire la scientifique !

Dans une époque où les femmes conquièrent le domaine professionnel, leur avancée dans un secteur qui risque de les marginaliser encore plus pose question. L’on ne peut pourtant pas accuser notre société de pousser ses femmes vers l’étude des astres comme on l’a accusée de les maintenir devant leurs fourneaux…

Alors ? Quelles raisons ont bien pu motiver ces femmes à s’engager dans une telle voie ?

Fonction de l’Astrologie : pouvoir ou vocation ?

Pourquoi autant de femmes s’engouffrent-elles dans un domaine qui risque de les replonger dans les limbes de leur culture ? Est-ce pour conserver un pouvoir en voie de disparition ? Cela, bien des détracteurs l’affirment.

L’assimilation classique de l’Astrologie à la voyance et la magie nous renvoie immédiatement à la notion de pouvoir, pouvoir occulte et impressionnant de l’astrologue autant que de l’Astrologie.

Comment réagissent nos astrologues à la question du pouvoir ?

Marieff Cavaignac parle du « pouvoir inhérent à toute profession d’aide. »

Catherine Aubier considère, en revanche, l’Astrologie non pas comme un pouvoir mais comme une connaissance, et cherche à se défendre contre cette image « dont les gens nous affublent » :

« De toute façon l’Astrologie est considérée comme donnant un pouvoir à celui qui la pratique, que ce soit un homme ou une femme. L’on donne l’impression de détenir un pouvoir par rapport à la personne qui ne connaît pas l’Astrologie, d’être « celui qui sait », c’est dangereux et c’est pour cela qu’il faut être prudent dans notre démarche et tenter de faire comprendre aux gens que nous n’avons pas un pouvoir mais une connaissance qui peut être transmise. »

Joëlle de Gravelaine constate qu’effectivement l’Astrologie peut être un outil de manipulation :

« …C’est un outil qui peut être dangereux si l’on n’ a pas un minimum de connaissance dans le domaine psychologique (…) le consultant va recueillir la parole magique de l’astrologue… et ça peut l’aliéner complètement. »

Mais elle ajoute qu’elle a « plutôt l’impression que c’est un outil qui donne sa liberté à l’autre. »

Elle évoque également le « pouvoir maternel » dont est investi l’astrologue homme ou femme, à partir du moment où « il aide l’être à accoucher de ce qu’il est. »

Et avec une ironie mordante, elle déclare :

« A l’intérieur de ma spécialité, je suis un peu considérée comme une grande prêtresse de la Lune noire, Lilith est mon enfant chérie… j’ai renoncé à ne pas faire peur aux hommes depuis longtemps, ça m’est devenu tout à fait indifférent. »

Françoise Colin, elle, considère l’Astrologie comme « reliée aux forces supérieures positives ». Et elle accepte le pouvoir pour peu qu’il soit positif :

«  Il faut que la personne soit rechargée en partant. »

«  Ce qui compte pour moi c’est (…) d’apporter quelque chose de lumineux et surtout pas de négatif. »

Elle ajoute : « L’Astrologie permet de dépasser son thème et sa destinée » et de « guider les gens ».

Et considérant le pouvoir de la femme, elle conclut :

«  La femme a plus de poids, dit des vérités plus profondes et plus universelles que l’homme qui existe, lui, par la société. C’est lui qui est installé socialement, et la femme détient un pouvoir qui dépasse la société, la science du moment. »

Après cela, l’on n’est guère étonné de l’entendre constater qu’en consultation «  la femme est plus ouverte… un homme se bloque plus facilement… ça marche mieux avec les femmes… les hommes ont peur… » Et pour cause! Alors même que Catherine Aubier, elle, remarque que les hommes se confient à elle « beaucoup plus facilement que les femmes »!

Autant de femmes, autant d’Astrologies ?…

Bien qu’il soit loin d’être partagé par l’ensemble du milieu astrologique, le point de vue de Françoise Colin présente l’intérêt et l’honnêteté de reconnaître ouvertement le type de pouvoir dont l’Astrologie et les astrologues sont encore porteurs.

 

Comme nous le constatons, le pouvoir dont l’astrologue est investi est loin d’être confortable, et semble bien proche de celui des sorcières d’antan :

« Lorsque j’ai commencé à faire de l’Astrologie, autour de moi on me considérait comme une sorcière. Par la suite, une revue m’a aussi traitée de « sorcière d’entreprise ». » (Danièle Rousseau)

Cette image a même pu obscurcir leur vie privée :

« Dans ma vie personnelle l’Astrologie a sûrement été un handicap parce que les hommes ont horreur des femmes qui leur donnent l’impression qu’elles ont un savoir sur eux qu’ils n’ont pas eux-mêmes. Ca leur donne le sentiment qu’ils ont affaire à une sorcière, et les sorcières on les brûle où on les rejette… » (Joëlle de Gravelaine)

Au vu de tous ces handicaps, l’on s’interroge sur les raisons qui poussent les femmes à s’engager dans le monde de l’Astrologie ?

 

Ici encore, toutes nos astrologues se rejoignent pour affirmer en chœur qu’elles sont astrologues par vocation, parce que l’Astrologie est « un merveilleux outil de connaissance de soi et de l’autre ».

« L’Astrologie m’a permis d’être mieux dans ma peau, plus équilibrée. » (Françoise Colin)

« Je suis venue à l’Astrologie par curiosité, j’avais vu un astrologue qui m’avait dit un certain nombre de choses étonnantes. Je me disais: « J’aimerais voir ce qu’est cette Astrologie, et si l’on peut atteindre une connaissance de soi »… Et j’y suis restée par passion pour des idées. » (Marieff Cavaignac)

« Plus que m’affirmer socialement, l’Astrologie m’a aidée à avoir avec les gens des rapports plus spontanés et plus authentiques. » (Catherine Aubier)

 

Si nous récapitulons tout ce qui a été affirmé par ces femmes, nous constatons que l’Astrologie jouit encore d’une fort mauvaise réputation, qu’elle figure souvent un handicap social pour celui qui la pratique, mais que les femmes qui s’y consacrent sont de plus en plus nombreuses, et qu’elles y sont toutes fortement attachées.

Les projections négatives faites sur l’Astrologie sont dénoncées ou supportées ironiquement, mais aucune de ces femmes ne s’interroge vraiment sur leur bien-fondé. Pour elles, l’Astrologie est encore victime d’un vieux préjugé magique alors qu’elle est tout simplement un outil de connaissance au même titre qu’un autre.

Réflexions générales

Science et Religion, la guerre idéologique

L’Astrologie est souvent assimilée aux sciences humaines et, en effet, ces jeunes pousses de l’arbre de la Science présentent nombre de points communs avec la vieille Dame Astrologie.

L’entrée dans ce monde reconnu exigerait cependant de l’Astrologie qu’elle effectue, telle la petite sirène, le sacrifice de son langage divinatoire, qu’elle quitte le monde des profondeurs et qu’elle accepte de prendre en compte d’autres paramètres que ceux qu’elle avait l’habitude de reconnaître.

Y est-elle prête ? Et surtout, en est-elle capable ?

Il est symptomatique en effet de constater que l’astrologie ne possède aucun statut officiel de reconnaissance, et qu’elle est déconsidérée même – et surtout – par ceux qui devraient logiquement s’en sentir les plus proches : psychologues et psychanalystes.[3]

Comment expliquer un tel rejet ?

Suzel Fuseau-Brach regrette les lacunes de formation scientifique de la plupart des astrologues, alors que l’astrologie pourrait à son sens se constituer en véritable science, avec une épistémologie.

Cependant, au-delà du problème de la formation des astrologues, il convient de considérer la nature même du fait astrologique, que l’on oublie trop souvent aujourd’hui et qui peut expliquer un tel phénomène d’exclusion.

En effet, contrairement à toutes les autres disciplines rattachées aux Sciences humaines, l’Astrologie est basée sur un postulat totalement anachronique : celui qu’il existe un lien fondamental, une dépendance, entre les positions des planètes au moment de la naissance d’un individu et son tempérament de base. Bref, dans l’idée astrologique, l’être humain peut être perçu non en fonction de ce qu’il crée (graphologie) ou de son histoire (psychanalyse), mais a priori, du fait même qu’il s’est mis à vivre un jour et une heure donnés.

L’Astrologie continue à tisser un lien arbitraire avec l’Univers et perpétue la pensée religieuse (au sens étymologique de « qui relie ») qui lui reconnaît un Sens.

Comment une telle idéologie peut-elle être reconnue par une société qui s’affranchit de plus en plus de sa dépendance naturelle ?

Deux grands types de pensée cohabitent donc actuellement au sein de notre culture : l’un que l’on a – à tort – appelé pensée rationnelle, et qui met en avant le pouvoir de l’Homme seul et de sa raison sur lui-même. L’autre qui s’appuie sur une vision religieuse du monde, dans laquelle l’Homme est en relation étroite avec l’Univers.

Il est étonnant qu’aucune des femmes astrologues interrogées ne se soit posée la question du rapport des femmes et de l’Astrologie sous l’angle idéologique. Car les conclusions sont lourdes de conséquences : si les femmes sont « plus » faites pour l’Astrologie, et que l’Astrologie correspond à un système de pensée spécifique, logiquement les femmes seront les représentantes privilégiées de ce système du monde-là.

Il y a fort à parier alors que l’on retombera dans la situation pourtant tant dénoncée d’une division des rôles d’homme et de femme au sein de notre société.

Un discours voisin alimente également cet état de fait, c’est celui-ci :

Dans notre culture, la Science a remplacé la Connaissance par la compréhension des faits. Cette Science, rationaliste, analytique, est communément associée au symbole du Masculin – dont elle figure en fait l’un des dévoiements. Et face aux abus du monde moderne naît la nécessité de retrouver une voie de sagesse.

Le Masculin perd donc peu à peu ses prérogatives et se retrouve porteur d’un certain nombre de projections négatives.

Qui est alors à même de remplir toutes les fonctions dont ce Masculin s’est montré incapable ? Le Féminin bien sûr, qui dans un jeu de balançoire sort à nouveau de l’ombre (nous serions tenté de dire « de l’onde… ») paré pour la circonstance de qualités opposées : univers de la pensée symbolique, sensibilité, intuition, compréhension, finesse, les qualités du Féminin arrivent à point nommé pour réenchanter le monde.

L’on a tant glosé sur les injustices dont le Féminin a été la victime que pour lui rendre son dû l’on abaisse son complémentaire – devenu par la force des choses son antagoniste – réitérant la même erreur que précédemment.

Que l’intégration du Féminin à notre culture constitue actuellement une issue, soit, mais en quoi les femmes protéiformes sont-elles concernées ?

Dans bien des cultures hélas, l’on a tôt fait d’identifier la femme, les femmes au Féminin, confondant l’évolution des unes avec le statut de l’autre. Il est vrai que le statut socio-culturel des femmes découle bien souvent des projections qui sont faites sur le principe féminin. Mais tout n’est pas si simple!

Le Féminin, comme le Masculin, sont des modes d’êtres, ou des niveaux de fonctionnement qui appartiennent autant à l’homme qu’à la femme. Notre culture a cependant poussé les différences jusqu’à la caricature, et la confusion femme/Féminin est bien installée. Le plus étonnant est que les femmes ne nient pas la confusion en elle-même, mais seulement les côtés déplaisants issus de cette confusion. Si celle-ci entraîne une forme de privilège, elles sont encore prêtes à se précipiter dedans.

Dans la lignée de ce qui a été dit plus haut, la femme apparaît aujourd’hui comme une sorte de sauveur de l’humanité : plus sensible, plus proche de la vie, elle freine les instincts destructeurs, agressifs de l’homme. (D’ailleurs, les femmes interrogées affirment que dans le milieu astrologique, la concurrence entre femmes n’existe pas !).

Et lorsqu’une femme se mêle d’être différente, elle en perd son appellation ![4]

Cette fonction rédemptrice de la femme est défendue actuellement par nombre de mouvements laïques ou religieux.[5] Elle s’inscrit dans la lignée du rôle protecteur ou purificateur tenu ces derniers siècles par la Sainte Vierge, à la différence près que l’on demandait auparavant aux femmes de servir la Sainte et de l’imiter. Aujourd’hui, où plus aucun modèle mythique n’est opérant, c’est à la simple femme elle-même de se hisser au rang de symbole de vie !

L’Astrologie apparaît alors comme l’un des outils les plus adaptés à la délicate mission de la femme d’aujourd’hui : n’a-t-elle pas subi les mêmes outrages ? N’est-elle pas en passe de reprendre ses droits ? N’illustre-t-elle pas elle aussi le lien intime qui unit l’Homme à l’Univers ? N’a-t-elle pas été foulée aux pieds par la Science au pas pesant, la Ratio sans âme qui a tenté de faire de l’Homme le maître solitaire et incontesté du monde ?

Ne fut-elle pas également la première des Sciences, au temps ou Science et Connaissance étaient encore unies ? L’Astrologie n’est-elle pas un merveilleux moyen d’accès au coeur de l’âme ?

Souvenons-nous des affirmations de nos interviewées : ce qui pousse les femmes vers l’Astrologie, ou plutôt ce qui fait que femmes et Astrologie se rejoignent, c’est cette vocation commune d’« explorer l’être ».

Et citons encore quelques unes de leurs affirmations :

«  C’est la femme qui fait bouger les choses.  » (Marieff Cavaignac)

«  C’est un état de fait, on est plus aptes en tant que femmes, on a plus d’intuition.  » (Françoise Colin)

«  L’Astrologie est devenue un travail basé sur l’écoute et la compréhension et ce sont peut-être des caractéristiques d’un esprit féminin, qui vont plus avec un fonctionnement féminin.  » (Catherine Aubier)

«  Les femmes sont d’une manière générale plus curieuses que la plupart des hommes, plus curieuses de toutes les démarches de connaissance de soi.  » (Joëlle de Gravelaine)

«  Je pense que le rôle de l’astrologue c’est un rôle d’accoucheur, et il peut y avoir des hommes comme des femmes dans cette fonction… [mais] …il faut avoir dans sa structure une psyché plutôt féminine.  » (Joëlle de Gravelaine)

 

Les profits d’une telle identification sont évidents – à court terme. Qui refuserait d’être investi d’un tel rôle ? La femme se sent alors écoutée, respectée, elle qui s’était sentie rejetée, niée pendant si longtemps.

Aidée de l’Astrologie, elle réussit même le tour de force de conserver ses pouvoirs magiques d’antan!

Cette technique ancestrale à bien longtemps fait ses preuves : elle permet d’aller fort loin dans la connaissance d’autrui, et la peur qu’elle inspire n’a d’égal que la force de son pouvoir de pénétration dans l’intimité de chacun.

L’Astrologie n’est pas encore reconnue, mais elle s’impose peu à peu là où l’on ne l’aurait jamais cru capable de s’insinuer : dans le monde des affaires. Danièle Rousseau a eu le courage et/ou l’à-propos de monter le premier cabinet de recrutement qui annonce ouvertement utiliser l’Astrologie comme outil de prospection. Dans les années à venir son initiative risque d’être fortement récompensée, car comme la graphologie les résultats obtenus par l’Astrologie vont convaincre plus d’un sceptique.[6]

L’on comprend donc quel avantage la femme peut tirer à entretenir une relation privilégiée avec l’Astrologie : elle reste la gardienne de l’accès aux âmes et en exclut tous ceux parmi ses partenaires qui ne font pas mine de l’imiter. Et non sans revendiquer par ailleurs l’accès en toute égalité aux domaines qui étaient auparavant réservés aux hommes… Peut-on imaginer le scandale que ferait aujourd’hui certaines déclarations de nos femmes astrologues ont effectuée, mais à l’inverse ? Voyons plutôt : «  Ce sont les hommes qui font bouger les choses… Les hommes sont plus du côté de la vie… Les femmes ont peur… Les femmes, comme chacun sait, sont de grandes petites filles !… » (etc.)

La femme était maîtresse du dedans, du foyer, de l’intimité, la voilà en plus maîtresse du dehors : quel vertige ! L’avenir est prometteur…

Un tel mouvement représente cependant bien des dangers.

Les femmes, sans s’en rendre compte, sont en fait en train de se laisser abuser une nouvelle fois. Mais il n’est plus possible d’accuser autrui, cette fois-ci. Commettant la même imposture, elles se retrouvent au sein d’un univers globalisant, « aformel », monde magique où l’on sait parfois sans avoir (à peine) appris, où tout se sent, se comprend, se perçoit d’emblée.

De plus, comme nous venons de le voir, il est possible de confondre une simple inversion de rapport de force avec une authentique évolution. A ce rythme, l’on peut continuer longtemps à chanter alternativement les louanges de l’une ou l’autre des parties – Masculin ou Féminin – pour s’empresser ensuite, aux premiers excès, d’aller trouver refuge chez son opposé…

Comme à la cour de certains monarques où ministres et favorites se succédaient, adulés un jour, bannis le lendemain, l’Astrologie risque fort de payer chèrement l’image de sagesse globalisante dont elle se laisse aujourd’hui parer. Il sera bien temps alors d’aller pleurer misère et de faire pénitence!

Un autre danger pour la femme, bien sûr, est de rester prisonnière de cette identification : une projection est toujours double, elle porte en elle sa face claire et sa face sombre.

Sa face claire : la bonne mère protectrice.

Sa face sombre : la sorcière.

Etre porteuse des qualités propres au Féminin enferme les femmes dans un rôle, une cage dorée. Ainsi, Joëlle de Gravelaine et Irène Andrieux se plaignent-elles d’être « considérées comme des Grandes Mères ». N’ont-elles pas aidé à tracer leur image en prétendant que « l’Astrologie des femmes est plus humaine », que « la femme est plus proche des valeurs de l’être.. », ou que « les hommes, comme chacun sait, sont de grands enfants! » ?

De la même façon, déclarer les femmes « plus proches de l’Astrologie » dans un système ou Masculin et Féminin, hommes et femmes, sont considérés non comme complémentaires mais comme antagonistes, c’est faire de l’Astrologie le déversoir de tout ce qui s’oppose au Masculin-Logos, c’est enfermer l’Astrologie dans une seule fonction.

Conclusion

Face à ces fâcheuses conséquences, plusieurs voies se sont tracées.

Pour tenter de résoudre le paradoxe dans lequel s’ébat l’Astrologie, des mouvements se créent ici et là. Leur propos est d’offrir à l’Astrologie les mêmes garanties et les mêmes devoirs qu’aux autres sciences humaines.

Ces mouvements insistent tout particulièrement sur l’aspect déontologique de la profession d’astrologue, considérée comme une profession d’aide au même titre que d’autres disciplines (médecine, psychologie,…)

«  Nombre de personnes se sont regroupées autour d’un code déontologique. Moi-même, je fais partie de la Fédération Francophone d’Astrologie créée par Danièle Rousseau et dont elle est la présidente. Cela nous permet d’échanger des idées et d’établir un code déontologique. Car il y a des choses qui ne se font pas en Astrologie, par exemple on ne dit pas à quelqu’un « vous mourrez avant 34 ans »! » (Joëlle de Gravelaine) [7]

«  J’ai créé la FFA afin de donner aux astrologues à et l’Astrologie un moyen de se battre et d’exister dans le monde moderne. » (Danièle Rousseau)[8]

Les références de plus en plus nombreuses à la psychanalyse montrent que les astrologues éprouvent le besoin d’étayer leur pratique des acquis d’une discipline déjà plus intégrée et plus structurée : code déontologique, écoles, échanges entre professionnels, …

De prime abord, l’on ne peut que se réjouir que de tels scrupules animent l’âme des astrologues.

Cependant, l’enseignement majeur de la psychanalyse repose sur la prise en compte de l’Inconscient, donc de la personnalité du thérapeute et des sentiments qu’il éprouve face à son client. Or, cette dimension de travail sur soi et sur sa subjectivité, qui est facilement repérable chez les alchimistes ou dans certaines pratiques religieuses de l’Antiquité, a presque entièrement disparu du discours et de l’univers des astrologues d’aujourd’hui.

Et il y a fort à craindre que l’assimilation de l’Astrologie à la psychanalyse serve plus à peaufiner les techniques d’interprétation qu’à conduire les astrologues à réfléchir sur leurs propres projections.

Bien souvent, au plan théorique les astrologues semblent conscients de la dimension projective de l’Astrologie; mais leur pratique et la réalité des faits la contredisent implacablement.

Il est dommage que les femmes interviewées ici ne se soient pas demandé une seule fois si les projections faites sur elles et leur profession pouvaient être justifiées. Comme si le terme de « projection » équivalait automatiquement à « image fausse »! Alors que le contact, même rudimentaire, avec la psychologie clinique nous apprend que «  la projection est une veste qui va bien à celui qui la porte  ». Niant cette vérité psychologique, l’on se contente alors d’accuser les autres.

C’est ici cependant, dans ce travail sur l’entre-deux, sur objectivité/subjectivité, que pourrait s’accomplir la véritable réconciliation du Masculin (le Logos, analytique) et du Féminin (la Sophia, rassemblante, analogique, symbolique), en dehors de toute réduction à l’homme ou la femme protéiforme.

Dès lors, affirmer que l’Astrologie appartient plus à l’une ou l’autre des tendances n’a plus de raison d’être, puisqu’elle se présente comme une union des deux. Chacun, selon son idéologie ou son tempérament, pouvant en illustrer des aspects différents et complémentaires.

L’Astrologie ne serait donc pas plus « vraie » lorsqu’elle est utilisée dans la relation d’aide que lorsqu’on s’en sert comme instrument de recherche.

Plutôt que de tenter de normaliser l’Astrologie et de lui ôter son parfum magique, pourquoi ne pas accepter que la tache à accomplir soit un travail sur soi d’abord, analogue à l’ascèse des cultures précédentes ?

N’est-ce pas là que se situerait une véritable prise de conscience ?

Que le récent passé culturel des femmes les prédisposent à se situer dans une recherche personnelle, soit. Encore faudrait-il que cette recherche, comme toute recherche honnête, intègre l’autocritique et l’interrogation sur la manière dont on utilise ses outils…

 

Car, comme le dit si bien Joëlle de Gravelaine :

« L’Astrologie n’est pas une science, mais un art, et un art qui vaut ce que vaut l’artiste »…

 

Catherine Aubier et Joelle de Gravelaine répondent à Agnès Fiquet-Dellagnolo…

Agnès Fiquet-Dellagnolo : Que pensez-vous de la place que tiennent les femmes actuellement au sein du milieu astrologique ?

Catherine Aubier : C’est intéressant. Lorsque j’ai commencé ce métier et que je suis entrée dans le milieu, il y a une dizaine d’années, il n’y avait que des hommes. Je faisais de l’Astrologie dans mon coin, je n’avais jamais eu à l’époque d’activités associatives, et elles ont commencé lorsque je suis entrée au GERASH et au MAU. A ce moment là les seuls astrologues reconnus étaient des hommes. Le seul nom féminin qui me vienne à l’esprit alors c’était Joëlle de Gravelaine. C’était vraiment l’Ere des hommes… Et puis petit à petit, les femmes ont pris leur place dans ce métier. Je pense que ça correspond peut-être à une évolution de l’Astrologie, c’est-à-dire que j’ai l’impression que l’Astrologie telle qu’elle était pratiquée à un certain moment par les hommes était une Astrologie assez directive, et elle l’est devenue moins avec l’évolution de la psychologie. L’Astrologie est plutôt devenue un travail basé sur l’écoute et la compréhension, qui sont peut-être plus caractéristiques de l’esprit féminin – c’est caricatural -, ou qui vont de pair avec un fonctionnement féminin.

 

A.F.: Pouvez-vous nous parler de la consultation astrologique ?

Joëlle de Gravelaine : L’Astrologie est un outil qui peut être dangereux si l’on a pas un minimum de connaissance dans le domaine psychologique, si l’on n’a pas conscience des risques de projections que l’on peut faire sur l’autre, si l’on dit des choses maladroitement… Le consultant va recueillir la parole magique de l’astrologue (comme est magique celle du psychanalyste), il va y réfléchir… et ça peut l’aliéner complètement. Je suis personnellement hostile à un excès de prévisions ou de prédictions parce que psychologiquement j’estime que cela peut être dangereux. Pourtant j’estime que l’Astrologie est un formidable outil de connaissance de soi, et qu’à ce titre il n’y a aucune raison de le récuser.

 


[1] – Cette enquête a débuté durant le Colloque sur la Lune en mars 1987 avec les entretiens d’Agnès Dellagnolo-Fiquet

[2] – Entretiens réalisés par Agnès Delagnolo-Fiquet et prolongés, dépouillés et commentés par Anne Rose.

[3] – Lors du Forum des Psychologues de juin 87, consacré aux « Temps de la vie » et dont l’Astrologie était absente, elle s’est entendue définir comme un « résidu de pensée pré-scientifique » par l’un des organisateurs du congrès.

[4] – Que l’on se souvienne de Mrs. Thatcher chantée par Renaud…

[5]La femme avenir de l’homme titrait récemment un célèbre mensuel du Nouvel Age.

[6] – Il est bien évident que nous n’abordons ici que l’aspect de rentabilité des résultats obtenus, sans nous interroger sur leur valeur morale.

[7] – Déclaration faite en 1987-88.

[8] – Déclaration faite en 1987-88.

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Astrologie mondiale au XXIe siècle. La technique de l’Astrocyclon

Posté par nofim le 16 juin 2015

Le nouvel outil astrologique, l’Astrocyclon

par  Jacques  Halbronn

 

 

 

Au cours d’un cycle saturnien  de’ 7 ans, nous avons deux temps, l’un est dit  con,jonctionnel (conjonction de Saturne avec l’une des 4 éroiles fixes royales) et l’autre disjonctionnel (Saturne au mi-point de deux étoiles fixes royales). On illustrera cette méthode au moyen de quelques exemples.

 

I L’ASTROCYCLON ET LA CHUTE DE L’ALLEMAGNE (1944-1945)

 

 

Ian Kershaw écrit   :   » L’attrait charismatique de Hitler auprès des masses s’était de longue date dissous mais les mentalités et les structures de son pouvoir charismatique perdurèrent jusqu’à sa mort dans le bunker. »

On nous décrit ainsi empiriquement  la dialectique conjonction-disjonction. La conjonction permet au chef  d’incarner à lui seul tout un peuple, d’en être l’âme, le génie. La disjonction  prolonge la conjonction, en passant du singulier au pluriel , le peuple prenant le relais de son leader, du moins pour un temps.

Si l’on prend la période allant de l’attentat contre le chancelier à  son suicide (Juillet 1944-Mai 1945), on observe que Saturne est entré dans le signe du cancer, s’éloignant donc du lieu conjonctionnel qu’est l’étoile fixe Aldébaran.(8° Gémeaux). Les historiens s’étonnent de la résilience du régime. Ils ne comprennent pas que même quand le chef vacille, il est relayé par la masse. C’est le passage de la conjonction à la disjonction laquelle poursuit l’action par d’autres moyens. L’Astrocyclon permet de mesurer et donc de prévoir –puisqu’il s’articule sur des données astronomiques précises tant pour le passé que pour l’avenir- quels rapports se nouent entre  le chef et « son » peuple, celui qu’il s’est choisi et l’évolution des dits rapports. Rappelons que Hitler est né autrichien.  La disjonction ne défait pas ce qui a été réalisé lors de la conjonction mais poursuit l’entreprise par d’autres moyens. Il est clair que la volonté de Hitler aura été relayée par une myriade d’auxiliaires, et que s’instaura un conformisme (disjonction)  qui soudait le peuple   même en l’absence de son chef. Si Hitler savait ce qu’il faisait,  son peuple se contentait de vivre selon un certain consensus, finalement assez indifférent et interchangeable .

Si l’on se reporte à l’époque actuelle, la crise qui plane sur l’Union Européenne et la zone « euro » (grexit,  brixit) s’explique par le fait que Saturne est en conjonction avec l’étoile Aldébaran, ce qui confère plus de poids aux personnes qu’aux institututions. Mais toute crise – au regrd de l’Astrocyclon- est circonscrite dans le temps et  l’important est de ne pas être prisonnier des sensations du moment et de pouvoir les relativiser. Mais tout dépend évidemment de quel côté l’on se place.

 

II    LE MODELE POMPIDOLIEN DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES EN FRANCE

 

Nous ne manquons pas d’occasion d’ironiser sur l’arbitraire des calendriers électoraux. A quoi tient notamment le fait qu’en France depuis 40 ans les élections présidentielles aient toujours lieu au printemps alors qu’en 1958  et  1965, elles avaient eu lieu à l’automne ?

En 1974, le président Georges Pompidou –élu en 1969- décède avant la fin de son mandat. On est au printemps, au début avril, et donc les élections pour un nouveau président auront désormais lieu au printemps. Si Pompidou était mor en Eté, on aurait pris l’habitude d’élire un président en cette même saison. Il est vrai que Pompidou lui-même avait été élu au printemps du fait de la démission de De Gaulle en, 1969 alors qu’il avait été, réélu  à l’automne 1965, sept ans après  sa première élection à la fin de 1958. (mais cette fois pas encore au suffrage universel)

Apparemment, personne ne s’est offusqué de ce que  tout le calendrier électoral, du moins pour les présidentielles, se situe au printemps en raison de la mort du dit Pompidou ! Cela en dit long sur l’existence d’une sorte de point aveugle quant à la justification des échéances électorales. Le hasard semble avoir toujours présidé à leur fixation dans tous les pays concernés. On nous répondra que tout cela est sans

importance, ce qui est révélateur du manque de conscience  du facteur Temps dans notre civilisation, considéré comme une donnée non pas objective mais subjective ou pis comme  une donnée aléatoire et qui doit le rester. La science politique, ici,  ne cherche aucunement à  asseoir  le fonctionnement de nos institutions sur des mécanismes  purement conventionnels.  A l’instar de la Nouvelle Histoire en quête de soubassements,  les politologues  doivent  avoir périodiquement l’angoisse du vide.

III L’ALTERNANCE CYCLIQUE

Si l’on peut extrapoler à partir du binôme 2001-2015, de 7 ans en 7 ans, de 15 ans en 15 ans, de 21 ans en 21 ans et de 28 ans en 28 ans, on obtient une cyclicité parallèle en décalant tout de 45° et dans ce cas, ce ne sont plus des événements permettant à quelques-uns de faire pendant à tout une nation mais c’est la nation qui l’emporte sur quelques leaders, comme on a pu le voir en 2011 lors de ce qu’on a appelé le « printemps arabe » qui a vu tomber toute une brochette de  « guides » (Ben Ali, Kadhafi) sans parler de ceux qui ont été fortement ébranlés (El Assad etc.). Si l’on remonte 21  ans avant 2011, on tombe sur les événements de 1989 qui ont touché de nombreux leaders dans les « démocraties populaires » (Allemagne de l’Est, Roumanie etc.). Et en remontant encore de 21 ans, on en arrive à 1960 qui vit la dislocation de l’empire  colonial français en Afrique et un De Gaulle devant céder sur tous les fronts.

Sept ans plus tard,  De Gaulle devra à nouveau subir un vent de contestation avec Mai 68  qui sera suivi l’année suivante de son départ du pouvoir.  C’est la disjonction marquée par une volonté de la part  du système de se débarrasser de sa dépendance à l’égard des pères fondateurs.

On notera aussi que 2005 aura été une année fatale pour l’Union Européenne avec le non au référendum de la part de l’un des Etats fondateurs, à savoir la France. Toutes proportions gardées, au regard des conséquences, on est en droit, selon nous, de comparer 2005 à 1989 avec ces deux chocs qui affecteront  Est et Ouest  de l’Europe, en raison d’un manque de gouvernance  de la part  de Gorbatchev et de Chirac qui aurait pu se dispenser d’un référendum pour faire accepter le projet de constitution,  prenant ainsi un risque inconsidéré mais en fait se déchargeant sur le peuple – en phase disjonctionnelle  de Saturne- de la responsabilité de la décision.

Il ne s’agit pas ici de partir d’une quelconque date de naissance – on l’aura compris-mais de dire qu’une fois un certain type d’événement identifié, on doit s’attendre à ce que le même type d’événement se reproduise, dans des contextes qui peuvent singulièrement varier,  selon  un rythme obéissant  à une cyclicité septénaire,  par ailleurs, largement attestée dans la Bible.  Bien entendu, cela ne dispense pas de consulter les éphémérides mais nous insistons sur la nécessité d’une astrologie comprise de tous et non pas des seuls astrologues/astronomes d’autant que cela correspond à des configurations  astrales aisément repérables à l’œil nu.

L’approche comparative nous apparait comme un impératif incontournable de la recherche astrologique. Le XXe siècle aura été marqué par deux réunifications mythiques, celle de Jérusalem en 1967 du fait de la Guerre des Six Jours et celle de Berlin,  incarnée par la chute du Mur en 1989, soit 22 ans plus tard/ Saturne dans les deux cas se situe dans le deuxième décan[1] de l’un des quatre signes cardinaux, respectivement  le bélier et le capricorne.

On notera qu’en 1917, la Déclaration Balfour,  émanant  du ministre britannique,  promettait aux Juifs  l’instauration d’un Foyer –en Palestine, soit 50 ans avant la Guerre des Six Jours, soit 7 x 7 et l’on sait que  les dates séparées d’un multiple  de 7  fournissent des données comparables. Ce résultat avait été obtenu du fait  de la puissance britannique dans la région aux côtés des  Arabes  [2]. Mais  on a déjà vu que la disjonction sous-tendait le démembrement de l’Afrique française en 1960 comme le Printemps arabe en 2011, à 41 ans d’écart, ce qui se rapproche d’un multiple de 7  (6×7 =42), Saturne étant respectivement en capricorne et   en Balance, deux signes cardinaux. . La disjonction  est la révolte contre le Père,  qu’il s’agisse de tel « raïs » (1967 (Israël  contre Nasser) 2011), ou de telle puissance « coloniale » (Paris en 60, Mosou en 89)

Que peut dire l’astrologie cyclique  face à  une prochaine échéance ?

D’une part, il est clair que ce sont là des défis, des risques  auxquels il est possible de répliquer de diverses manières et l’on peut dire que la connaissance des processus en cours permet de gérer ces problématiques de façon plus responsable : un homme averti en vaut deux .

 

 

IV   LA CYCLICITE  DES SYNERGIES

 

Nous entendons mettre l’accent sur la dimension sociologique, à savoir la façon dont  les leaders  parviennent ou non à s’entendre entre eux. Ce serait en fait bien là le créneau central de l’Astrologie et cela s’articule sur la dialectique  amis/ennemis, à savoir qu’à certains moments, les ennemis deviennent amis et à d’autres les amis deviennent amis. Cohabitation,  coalition  sont alors au  menu.  C’est ce chassé-croisé  qui  nous apparait comme notre principal objet d’études.

Du Traité de Rome aux accords de Lausanne  (1957-2015)

En 1957, 12 ans après la capitulation de l’Allemagne,  fut signé le Traité de Rome, entre la France, l’Allemagne, l’Italie et le BENELUX[3]. Saturne est bel et bien en position conjonctionnelle , à proximité de l’une des 4 étoiles fixes royales. Le traité se décide au sommet, sans passer par un quelconque référendum populaire.

On signalera aussi l’expédition de Suez en 1956, dans le même cas de figure, qui associe de facto la Grande Bretagne et Israël alors que les Britanniques avaient été depuis les années 1920,  en général du côté des intérêts arabes.

A un niveau franco-français, notons en 1972, la mise en place du « Programme commun » de gouvernement , qui relie le PS et le PCF, deux formations qui décident ainsi d’unir leurs forces.

En 1978, les Accords de Camp David, signés en présence de Jimmy Carter, président des Etats Unis, entre le président égyptien Anouar El Sadate et le premier ministre israélien Menahem Begin,   font suite à la venue à Jérusalem de Sadate l’année précédente, à la suite de la Guerre du Kippour. Un prix Nobel de la Paix sera accordé à cette occasion

En 1994,  nouveaux accords concernant les rapports Israël/Palestine, à Oslo,  avec  Yitzhak Rabin et   Arafat, Clinton étant président des USA.  Les configurations sont analogues à celle de 1978.

En avril  2015, à Lausanne,  les Etats Unis et l’Iran signent des accords, qui mettent fin  à un long embargo. Les configurations sont comparables aux trois autres exemples fournis.

Dans tous ces cas,  les accords concernent les rapports entre des chefs de gouvernements ou de partis.

Bien évidemment, toutes ces alliances sont vouées au bout d’environ 3 ans à connaitre une crise, c’est  le passage à la phase de disjonction, laquelle ne dure guère  au-delà de ce  même laps de temps.

 

V  Des accords de Munich  au printemps arabe ( 1938 -2011)

Passons au cas de figure inverse  où l’on assiste à la faillite de la concertation entre responsables politiques. La tendance dominante est le sentiment que  l’on n’ a plus besoin d’eux alors qu’ils ont voulu le laisser croire. Inversement, en phase conjonctionelle, qu’a-t-on besoin de consulter le peuple ?

En 1938-1939, on a coup sur coup les Accords de Munich qui conduisent  à un démantèlement de la Tchécoslovaquie, en raison de la question des Sudètes.  Peu après, la Russie, alliée de la France, signe avec l’Allemagne nazie un pacte qui prévoit  un nouveau partage de la Pologne, alliée également de la France. Astrologiquement,  Saturne est en position disjonctionnelle caractérisée. C’est le rejet du traité de Versailles voire de  la Société des Nations.(SDN). En vérité,  tôt ou tard, ne sommes-nous pas amenés à nous renier alors qu’en fait, nous vivsons dans la dualité qui nous enseigne l’ambivalence ?

Si l’on prend la France de 1960, De Gaulle laisse partir l’Afrique tout comme le fera  Gorbatchev un cycle sidéral de Saturne plus tard à la fin des années 80,  lequel  déclare qu’il ne fera rien pour enrayer  le processus  qui s’engage en « Europe de l’Est ».

En 2011, c’est ce que l’on appellera le « Printemps arabe » avec la chute des leaders tunisien, lybien, égyptien et de graves remous en Syrie menaçant Bachir El Assad. Une fois de plus, le peuple  refoule les leaders en place qui n’y peuvent mais.  Dans un cas comme dans l’autre, Saturne occupe une position disjonctionnelle.

Dans tous les cas signalés, il aura manqué une volonté politique au sommet pour  éviter la désagrégation et c’est typique de la phase de disjonction  de Saturne.

 

VI   Apologie  de la dynamique impériale

 

Périodiquement, – ce qui correspond à la phase disjonctionnelle de l’Astrocyclon – il y a un risque de découragement et de perte  d’attractivité de l’empire. Les cas sont nombreux, à travers l’Histoire et ne serait-ce qu’au XXe siècle, de ces empires qui se démantèlent du fait d’un lâcher prise à des moments critiques.  Qui trop embrasse mal étreint, dit-on alors. Un De Gaulle ou un Gorbatchev ont été victimes de ces passages à vide, et n’ont pas, à l’évidence,  pris conscience de certaines lois cycliques,  mais cela vaut pour l’effondrement de l’Autriche Hongrie ou de l’Empire Ottoman,  comme conséquence de la Première Guerre Mondiale, sans parler du cas de l’Empire britannique, notamment avec la perte de l’Inde ou plus justement d’un renoncement à une entreprise jugée un peu trop vite désespérée, tant il nous est difficile de prendre du recul par rapport au moment présent.

Pour notre part,  nous percevons le monde comme un ensemble d’empires, forcément en petit nombre. Cela devrait être la norme tant politique qu’économique et cela permet en outre à l’Humanité de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, au nom d’une mondialisation. comme l’on se prémunit contre les tremblements de terre, notamment en construisant selon certaines règles, l’humanité du XXIe siècle devra prendre les mesures nécessaires pour ne pas être constamment victimes de secousses « disjonctionnelles », qui se produisent en moyenne tous les 7 ans. C’est alors que notre humanité atteindra  enfin l’âge de raison.

Si l’on s’en tient à la France, on peut penser qu’il lui  aurait été possible de maintenir son empire, en prenant certaines précautions et d’ailleurs s’il n’y avait pas eu un tel espoir, il n’y aurait pas eu de guerre d’Algérie laquelle comportait notamment l’enjeu du pétrole saharien. L’Histoire retiendra l’incurie d’un De Gaulle et d’un Gorbatchev,  en Russie, une sorte de passage à vide typiquement disjonctionnel.  Le projet européen a certes l’apparence de la création d’un nouvel empire récupérant après 89 les dépouilles de l’empire russo-soviétique et  sa réussite sera liée à la connaissance de certains rythmes que nous avons décrits et qui s’articulent sur des données astronomiques bien précises, bien au-delà de quelque forme d’empirisme.

Bien évidemment,  les regrets ou les remords sont liés à cette cyclicité, l’on cherchera – un peu  tard -  à réparer ses torts ou à corriger ses erreurs avec plus ou  moins de bonheur. [2]


[1] cf.  Claude Fohlen, Histoire de l’esclavage aux Etats Unis, Perrin  1998

 

[2] cf.   Laurent Degos, Eloge de l’erreur. Ed Le Pommier 2013

 

JHB

16.06. 15

 


[1] De 10° à 20° du signe qui en fait 30°.

[2] cf. le film Lawrence d’Arabie de David Lean

[3]   Abréviation de  Belgique, Nederland  (en français Pays Bas) et Luxembourg

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