Gassendi et le rejet de l’astrologie au milieu du XVIIIe siècle, en France.

Posté par nofim le 23 septembre 2021

 

Publications  de la BURA Bibliothèque Universitaire de Recherche Astrologique.

 

 

 

 

Pierre  Gassendi  et  le  rejet  de l’astrologie au milieu du XVIIIe siècle

 

 

 

Gassendi et le rejet de l'astrologie au milieu du XVIIIe siècle, en France.  dans ASTROLOGIE md30937708542

Voilà plus de 40 ans, nous avons publié  les md30937708542_2 dans ASTROLOGIE

Remarques astrologiques  de  Jean Baptiste Morin sur le commentaire du Centiloque de Ptolémée par Nicolas Bourdin ou le Fanal de l’astrologie. (1651)

RETZ, 1975

 En fait, si Gassendi (mort en 1655) est chronologiquement un homme du XVIIe siècle, force est de constater que c’est le siècle suivant -donc post mortem- qui façonnera sa stature de grand  pourfendeur de l’astrologie , tout comme c’est le XVIIe siècle qui sacrera Nostradamus (mort en 1566) comme prophéte; Des gloires posthumes, ce qui fausse quelque peu la perception historique..C’est  en 1737  que parait  l’ouvrage de Joseph Bougerel  Vie de Pierre Gassendi (reprint  1970), que va commenter la même année;  un certain P. de  Lavarde dans une

[Lettre critique et historique à l’auteur de la vie de Pierre Gassendi

 

Si son oeuvre  fut essentiellement accessible en latin, elle n’en fut pas moins traduite en anglais en t1659  The vanity of judiciary astrology. Or Divination by the stars. Lately written in Latine, by that great schollar and mathematician the illustrious Petrus Gassendus; mathematical professor to the king of France. Translated into English by a person of quality.  Mais déjà Mersenne  en 1634 avait rendu en français sa réfutation dans ses 

Prélude Préludes de l’harmonie universelle ou Questions curieuses utiles aux prédicateurs, aux théologiens etc (cf  notre étude

Pierre Gassendi et l’astrologie judiciaire: approche bibliographique, Digne, 1992)
   

et  notre   Introduction Bibliographique à l’ étude de de l’astrologie française  …

https://fr.scribd.com › document › Jacques-HALBRONN-I…

. En ce sens, Gassendi  est plus  vraisemblable pour ses coups portés à  l’astrologie  par  le ministre  Colbert  , crédité généralement, d’un tel rôle.(en 1666) et dont ignore ce que seon »‘édit »  reproche scientifiquement à l’Astrologie..

Et face à  Gassendi on aime joindre un Jean Baptste Morin  comme si l’issue du « duel » entre ces deux professeurs au Collége  Royal fondé par François Ier; le sort de l’Astrologie avait été l’enjeu. (cf notre étude en 1975 sur cette polémique avec ses

Remarques  Astrologiques (Ed Retz) Encore en 1853  donc deux siècles après sa mort, (BNF 8° Ln27  8297)  A.Martin curé du Brusquet  écrira dans son Histoire de la vie et des écrits de Pierre Gassendi  1853, p. 287:

«  Le cabaliste Flud et l’astrologue Morin dont Gassendi avait démasqué et combattu les erreurs, voudront se venger de leur infériorité en attaquant les moeurs

et les doctrines du philosophe ; Dans leurs libelles, ils le  représentaient  comme un  athée,un sceptique, un  dangereux apologiste d’Epicure.. Gassendi content  d’avoir fait connaitre  les absurdités et le ridicule des sciences cabalistiques  et astrologiques et fier  de la haute opinion que le public avait de son savoir et de sa vertu ne répondit que peu de choses à ses abominateurs, ses amis se chargèrent de confondre leur impudence »"

 

Bougerel  revient sur un Recuei de Lettres échangées entre Morin, Gassendi et ses amis (pp. 342 et seq) qui paraitra   en 1650  (cf notre étude sur la mise en demeure à Morin par Barancy)  et l’on va mettre en scéne encore en 1737  la prédiction de Morin sur la santé de Gassendi. Bougerel commente  » Rien n’est plus divertissant  que les  échappatoires de cet  astrologue (..) il  répond comme les  faux prophétes qu’il n’avait pas  dit positivement que Gassendi  mourrait  cette  année là mais qu’il l’avait seulement  averti  d’un péril qui pouvait être  évité par de  sages précautions (..) qu’apparemment la peur de la prédiction l’avoit obligé de prier Dieu plus  ardemment  de lui conserver sa santé  & que ses prières  avoienr  démenti  l’astrologie  qu, sans cela, n’auroit pas été trompée, qu’enfin l’influence des astres n’agit pas nécessairement & que l’homme sage en peut  détourner l’effet » L’auteur parle d’une « guerre » entre Morin et la clique de Gassendi. 

 

 

vignette simple

 

Recueil de lettres des Sieurs Morin, de la Roche, de Neuré, et Gassend: en suite de l’Apologie du Sieur Gassend, touchant la question de motu impresso a motore translato. Où par occasion il est traité de l’astrologie judiciaire. (Lettre du Sieur de Barancy.).

On relévera la formule  « où par occasion il est traité de l’astrologie judiciaiire » (1650). Expliquer le rejet de l’astrologie par un édit de Colbert (1666, Création  de l’Académie  Royale des Sciences) n’aura nullement été le début ni la fin de cette « guerre »

 Paris : A. Courbé, 1650

En 1889, le P. Félix Thomas publie  chez Alcan  une «  Philosophie de Gassendi ». Au chapitre sur l’Imagination, il s’en prend aux « astrologues./

« Seuls les astrologues croient ou feitgnent de croire que nous pouvons par cette faculté (l’imagination) agir sur autrui, jeter des sorts, accabler de maux dans l’esprit de certaines personnes l’image d’un mal ou d’un bien quelconque » (p. 154) Gasserndi   à l a fin du XIXe siècle, alors que l’astrologie connait une forme de renaissance, est le support d’une tradition antiastrologique.

 

 

 

 

Bibliographie 

Judithe  Pierre Gassendi  Le voyage vers la sagesse (1592-1655à  Presses Universitaires de Montréal  2007

Tricentenaire de  (la mort  de) Pierre Gassendi. . Actes du Congrès

  (4- 7 aout 1955)

350e anniversaire de la mort de Gassendi  

Between Astrology and Copernicanism: Morin – Gassendi – Boulliau

In: Early Science and Medicine

Author: Robert Alan Hatch1 .Online Publication  18 Jan 2017

 

 

 JHB

27 09 21

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jacques halbronn L’ Astrologie et le mirage du transhumanisme: les transsaturniennes

Posté par nofim le 22 septembre 2021

 

Jacques Halbronn

L’Astrologie et le mirage du transhumanisme : les transsaturniennes

 

La lunette de Galilée aura sonné en 1610 l’heure du transhumanisme.( https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/physique-galilee-aurait-cache-connaissances-optique-geometrique-48238/) et cela aboutira au télescope qui permit de localiser des astres au-delà de Saturne sans parler des satellites de Jupiter ou des astéroides, au tout début du XIXe siècle par Piazzi , en Sicile/ L’homme se donnait les moyens de capter des données qui lui étaient restées inaccessibles à l’œil nu, comme on dit. Déjà l’usage des lunettes pour la vue permettait de « tricher » avec la Nature. Rappelons que Spinoza polissait des lentilles, au milieu du XVIIe siècle, à Amsterdam/

Pour l’astrologie, la question du transhumanisme pose un grave probléme en ce que cela vient bousculer certaines limites ‘naturelles » lorsque l’on veut y introduire des astres invisibles, ce qui n’est au demeurant pas le cas des étoiles fixes qui ont toujours été à la portée de notre vue et il est assez paradoxal que l’astrologie contemporaine ait dans l’ensemble rejeté les dites étoiles alors même qu’elle adoptait largement les planétes « transsaturniennes » ! Nous avons toujours pensé que les personnes portant des lunettes relevaient ipso facto du transhumanisme, c’est dire que cette question n’est pas nouvelle mais les porteurs de « bésigles » en ont-ils vraiment conscience ?

A une certaine époque, autour de 1976, nous avions adopté Uranus d’une part parce que l’on disait qu’elle était visible à l’œil nu dans certaines circonstances mais aussi parce que sa révolution correspondait grosso modo à la durée d’une vie humaine. Elle était en ce sens la huitiéme planéte mais elle n’en était pas moins restée étrangère à nos représentations et ce jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, ce qui la disqualifiait car pour nous l’astrologie est à la mesure de l’homme et est censée l’avoir accompagné sur des millénaires. Nous ne croyons pas à une astrologie agissant à notre insu et pour nous les révélations dont parle la Bible ont un rapport avec le décryptage de notre ciel visible, celui que l’on pouvait observer des hauteurs ( on pense au Mont Sinaï), depuis les zigourats.

On aura compris que l’intégration des « nouvelles » planétes au sein du savoir astrologique – on pense à Barbault et le cycle Saturne Neptune – nous apparait comme une hérésie. Nous avons d’ailleurs nous-mêmes suivi cette voie en 1976 dans Clefs pour l’Astrologie en plaçant même deux transplutoniennes  (Proserpine et Vulcain) à propos des maitrises planétaires.

Au final, nous avons adopté un modèle 6 + 1, plaçant Saturne au milieu de six couples de planétes (Soleil, Lune, Mercure, Vénus, Mars et Jupiter en montrant que Saturne ne devait pas être au même niveau que les autres planétes mais qu’il était le curseur central.(cf nos articles à ce sujet).

Ces nouvelles planétes auront conduit certains astrologues à travailler sur la longue durée ou à s’intéresser à des configurations ne se produisant que rarement. C’était là une facheuse dérive car l’astrologie ne devrait pas dépasser des perspectives de plus de 15 ans (cf l’approche de Roger Hecquet)., soit la moitié d’un cycle de Saturne..

Ci dessous un modéle que nous avons présenté en l’an 2000  lors du Colloque CURA MAU  à Paris

Astrologie - Colloque de Paris - 16-17 décembre 2000

JHB

22 09 21

 

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Jacques Halbronn Observations autour de la revue Astralis n°13 à 21 (1985-1987)

Posté par nofim le 22 septembre 2021

Jacques Halbronn   Observations  autour  de la  revue Astralis  en ses  numéros 13 à 21 (1985-1987)

 

 

La consultation de la revue Astralis,  déposée dans le cadre du dépot légal  à Paris,  à la BNF (cote   L 4 JO 30277)  pour les années 1985-1987  est riche en enseignements de tous ordres pour l’historien et le sociologue du milieu astrologique mais aussi acteur, placé aux premières loges  de la « vie astrologique » que nous sommes. Les faits sont déjà anciens puisqu’ils remontent à plus  de trente ans  mais cela mérite d’y revenir par le prisme de la dite revue Astralis,

Pour l’observateur, la présentation de la revue durant cette période n’aura guère changé  si ce n’est que juste au numéro double 13-14 (Octobre-Novembre – Décembre 1985-Janvier février Mars 1996) il est indiqué « revue trimestrielle du Groupe d’Etudes et de Recherche en Astrologie Scientifique et Humaine (GERASH) alors que le numéro 15 .. se contente de reprendre seulement « Revue trimestrielle d’astrologie »  sans autre précision. Sur la page de garde,  présentation de la revue AStraliis, sur la partie supérieure et dans les deux cas, le nom de Maurice Charvet apparait ainsi que celui d’Anne Claire Dupont.. Mais dans un cas, l’éditeur est indiqué comme GERASH et dans l’autre CEDRA. Et la partie inférieure de la même paage  comporte en effet successivement les deux noms. L’adresse est changée mais on reste sur Lyon. Passons à la troisiéme page de couverture. Dans un cas, il est indiqué que le GERASH a été annoncé au Journal Officiel le 13 aout 1974 et dans l’autre que le CEDRA reléve du jO du 8 octoibre 1986. Or, le numéro 15  concerne la période avril Mai Juin 1986, donc avant la  parution  au  JO. tout comme le n°16 qui couvre la période Jullet-Aout-Septembre 1986. Or, ) notre connaissance, le dévolution des biens au CEDRA décidée à l’Assemblée générale extraordinaire  se tint à Lyon, au mois de septembre 1986, donc avant la dite parution d’octobre 1986.

On peut lire sur le site du CEDRA  que c’est bien en septembre 1986 qu’il y eut une « dissolution volontaire ».

« L’astrologie n’est pas née d’hier. Nous poursuivons dans la lignée de nos prédécesseurs, cherchant à améliorer sans cesse nos connaissances en les adaptant à l’environnement actuel. Bien des groupements, mouvements et associations astrologiques ont vu le jour au XXème siècle… De fait, le CEDRA est né en 1986 pour faire suite à l’association GERASH, fondée en 1975 par Patrice Louaisel.

Le GERAS (Groupe d’Etude et de Recherche en Astrologie Scientifique), auquel le H pour Humaine ou Humaniste a été ajouté vers 1982, était constitué de cercles astrologiques locaux : à Paris, Oyonnax (Ain), Grenoble (Isère), Lyon (Rhône), Bourg-en-Bresse (Ain), Saint-Etienne (Loire) puis Strasbourg (Bas-Rhin), Orléans (Loiret). Il s’agissait aussi bien d’enseigner les premiers rudiments de l’astrologie que de mener en groupe diverses recherches. N’ayant pu adapter ses structures à l’accroissement de ses membres, le GERASH connut pas mal de problèmes en 1986, qui aboutirent à sa dissolution volontaire en septembre 1986. Le CEDRA reprit alors le flambeau et continua, sur de nouvelles bases, à développer le goût de la recherche et le sens des échanges entre astrologues de tous horizons et de tous niveaux. »

On peut donc se demander si  cette dévolution des biens du GERASH à une association  qui n »était pas alors  encore parue au Journal Officiel  n’était pas entachée d’un vice de forme.

La  revue Astralis  apparait comme l’élément  central de la dévolution au CEDRA  si ce n’est qu’en 1989 à la suite d’une procédure engagée pat le CEDRA  en référe, le jugement  excluait la revue Astralis  de cette dévolution, ce qui n’empêche pas le CEDRA de continuer irrégulièrement d’utiliser ce titre  jusqu’au jugement de 1992 en sa faveur, donc pendant  trois sans, sans parler de l’appel qui reporta  l’affaire  encore de quelques années. Il aurait été plus simple  pour le CEDRA d’adopter un autre nom pour sa revue. il est vrai  que Charvet  était lié à Astralis depuis des années…

Dans le numéro 13-14 d’Astralis( Octobre 85-Mars 1986) encore dans le cadre du GERASH, il est indiqué « Fondateur: Patrice  Louaisel  Président  Maurice Charvet,  Vice-ptésidente Véronique Guillet.. Normalement, le numéro 15 Avril -Mai Juin 1985 aurait du signaler que Patrice Louaisel  était Président et que nous même, Jacques Halbronn, étions Vice- président, à la suite de démissions du Bureau.  Autrement dit, le lecteur actuel qui consulte la collection de la revue Astralis se fera une idée assez peu exacte de la situation puisque dans la revue Astralis, la dissolution n’est même pas indiquée. C’est ce qu’on appelle une solution de continuité. Ce n’est que sur le site que ce point sera précisé comme on l’ a vu mais sans mentionner l’épisode Louaisel-Halbronn à la suite de l’élection d’avril 1986 qui allait conduire à un nouveau bureau jusqu’à la dissolution de septembre et nous n’entrerons pas ici dans les péripéties de la dite période dont on a dit plus haut qu’elle s’étendra sur près d’une dizaine d’années, avec notamment la nomination de Louis Saint Martin en charge de la dévolution des biens du GERASH au  CEDRA, dont on a vu que son existence n’avait pas encore été validée à ce moment là au Journal Officiel! On notera que la revue Astralis est toujours signalée à la BNF comme relevant du GERASH, le nom du CEDRA  ne figurant pas au niveau du dépot légal.  Etrangement, notre élection comme vice -président du CIA en 1973  et comme vice président du GERASH  en 1986, treize  ans plus tard, ne vint pas de notre propre chef mais correspondit à une configuration particulière dans la vie de ces deux associations.(cf nos  Guides  de la vie astrologique, 1984 et 1997) Force est de constater, en tout cas, que plusieurs numéros d’Astralis pour l’année 1986 auront été antidatés. Par aileurs, nous avons diffusé en son temps un bulletin sous ce nom.  En fait,  Charvet n’aura récupéré  en gros que le titre Astralis  vu que la transmission de Louaisel à Halbronn n’avait pas fait l’objet d’un quelconque inventaire en bonne et du forme. Jacques Halbronn  tiendra un Congrès début 1987 « La Lune au clair » donc dans la période post-dissolution du GERASH qui montrera à quel point la lutte entre le CEDRA  et le MAU était celle du pot de terre contre le pot de fer

Maurice Charvet enverra une circulaire en date du 23 septembre 1986 qui commençait ainsi « j’ai le plaisir de vous annoncer la naissance du CEDRA (..) Le CEDRA  est destiné à prendre la reléve des activités du GERASH et à les développer »/ On avouera que ‘c’est bien là  un aveu remarquable: une association uniquement  créee pour prolonger une précédente association, d’ailleurs avec une personne qui était déjà en place au GERASH depuis des années  et même pas encore déclaré au JO.. Petit  hic,  cela aura été une erreur de nommer Louis Saint martin chargé de la liquidation alors que celui-ci n’avait été nommé par le Conseil d’administration comme président par interim qu’à la condition expresse qu’il s’opposât à la dissolution. Dès lors que ce n’était pas le cas, cette nomination devenait nulle et non avenue et donc l’AG  aura cru  faussement entériner les propositions du CA.

 

Nous aborderons à présent un autre volet de notre enquéte relative aux textes publiés dans la revue Astralis, à propos de Patrice Guinard lequel signe  » Hervé Grindau-Ghanir », soit deux anagrammes de son patronyme.  Dans le numéro 13-14 donc encore dans le cadre du GERASH dont c’est le dernier numéro dans la réalité, paraissent les Fondements logique des « Maîtrises » (premiière partie), la suite se retrouvant dans le numéro 15, dans le cadre du CEDRA. Là encore, il y  a bien continuité par delà la dissolution de septembre 86 dans ce numéro daté d’avril-mai juin 1986! Guinard fera encore paraitre un article dans le numéro 21 (octobre-novembre décembre 1987 : « le dominion ou systéme des maisons »/. Mais nous nous intéresserons surtout à sa contribution dans le numéro 19 (Avril-mai Juin 1987) parue dans Astralis sous le titre  » Apogée de l’astrologie française à la fin du XVIIe siècle »(pp 18-22).dont il signale l’existence dans une étude plus tardive.[Eustache Lenoble (1643-1711): Un Bilan sur l’Astrologie à son déclin (Avec des extraits de son Uranie, ou les Tableaux des Philosophes). On peut lire en note :« Sur Eustache Lenoble, cf. mon article, « Apogée de l’astrologie française à la fin du XVIIème siècle » (in Astralis, 19, Lyon, 1987) et aussi les « Recherches sur l’histoire de l’astrologie et du tarot« , commentaire de Jacques Halbronn à sa réédition d’Etteilla, L’astrologie du Livre de Thot (Paris, Trédaniel, 1993, p.15-21). » Donc cet article de Guinard est forcément postérieur à notre ouvrage de 1993, soit au moins six ans plus tard Examinons de plus près le texte paru en 1987 dans le numéro 19 de la revue Astralis  en  sa Bibliographie (p. 22): on n’y trouve pas mention de notre édition des Remarques Astrologiques de Morin de Villefranche, Ed Retz, 1975  dont Guinard signale l’existence néanmoins  avec la cote  de la Bibliothèque Nationale.BN  V 7767. Est ce là une iniiative du rédacteur en chef d’Astralis ou de Guinard lui même? Mais quid de la mention  de l’Uranie d’Eustache Lenoble dans cette même bibliographie de 1987? Certes, dans son étude ultérieure, Guinard mentionnera-t-il notre édition de 1993 mais il aurait pu signaler que c’est par notre intermédiaire, dans le cadre de la Bibliotheca Astrologica, qu’il en avait eu connaissance comme d’ailleurs de la plupart des ouvrages du XVIIe siècle qu’il signale: Fayol, Le Royer, Gadroys. Guinard précise d’ailleurs « L’auteur a effectué ce travail à partir des éditions originales de la Bibliothèque Nationale ». Là encore, solution de continuité. Or, Guinard fréquentait assidument notre bibliothèque depuis  1983 comme l’attestent nos registres d’emprunt, ce qui lui permettra de nourrir sa thèse de doctorat soutenue en 1993 «   L’Astrologie: fondements, logique et perspectives » (Université Paris I, avec Max Lejbowicz dans le jury)

 Il  conviendrait de signaler la récente  publication par  Patrice  Bouriche

« De l’impasse saisonnière à la rédemption stellaire »  (L’histoire secrète de l’astrologie ; tome 3)

 en 2016, ouvrage  qui  fait étalage d’une large connaissance de la littérature anti-astrologique  en langue française, au XVIIe siècle- notamment chez les Jésuites,, (Jacques de Billy et Jean François) qui reprend nos propres travaux, notamment à propos de Bachelard, il cite d’ailleurs notre texte ‘sur la site du CURA) dans sa bibliographie.(p. 329) Misères  de l’Histoire de l’astrologie/ :  Gaston  Bachelard  et les Véritables  Connaissances des Influences Célestes et  sublunaires de R. Decartes »/

 

 

 

JHH

25 09 21

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Jacques Halbronn Manifeste du « Qualisme », de la « queste. »

Posté par nofim le 21 septembre 2021

Jacques  Halbronn  Manifeste du « Qualisme », du questionnement

 

 

La lettre Q n’est pas très populaire en français en raison de sa consonance avec certains

termes jugés vulgaires. C’est ainsi qu’à la BNF, il n’y  a pas de « Salle »  Q. Il resre que

l’initiale Q, au niveau morphosémantique est singulièrement porteuse. On a le Q

de Question, de (s’en)quérir  de quand, de (pour)quoi, de qui, de (le)quel,  de qualité

(comme de quantité)/ et ainsi de suite. Et l’on pourrait ajouter le quomodo latin qui

a donne notre comment (commentaire). En latin, on trouve aussi  le quia, le quid,

le quo (Quo vadis) le quando.  Dans les langues germaniques, l’initiale Q a disparu

dans who, what,  which, when, where. pour l’anglais. On a un probléme en  français avec le « où » qui ne comporte

pas le  Q  initiale du quo latin.  C’est probablement à rapprocher de « unde ».

D’où  le Qualisme – prononcer Quoilisme)  que nous proposons pour signaler et dénoncer

la crise du questionnement qui fait que l’on ne prend plus la peine de demander

« lequel » quand on parle de « Dieu », de « peuple ». On ne sait plus qui parle et à qui

l’on s’adresse. On reste délibérément dans le vague et cette absence du Q est

assourdissante.

Face au premier verset de la Genése, se pose  ainsi une triple question:

א בְּרֵאשִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ.  1 Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.

 

Mais quel Dieu, quel Ciel et quelle Terre. Et l’on pourrait plus loin demander

« Quelle humanité (Adam).? L’article défini  devrait le plus souvent laisser la

place à l’article  indéfini: un certain Dieu, un certain Ciel, une certaine Terre (promise)

, un certain Peuple etc.Il y  a là abus de non-qualification. Or, la langue nous donne

les moyens de qualifier, de préciser de quoi, de qui  il est question. La langue nous

enseigne qu’il y a un « nous » et un « vous », donc une dualité sociale tout comme elle

distingue le masculin et le féminin/ Ce sont là les acquis  parfois altérés -

du morphosémantique. passés à la trappe. Quel temps fait-il? A  quel niveau  se place-t-on?  On pense

à l’Ecclésiaste: il y a un temps pour chaque chose, ce qui répond  au quoi et au

quand.

Nous voudrions par ce Manifeste, revendiquer le droit de demander de quoi, de qui

parle-t-on? Quel est le dieu dont il est ici question  et que vous désignez sans le

moindre article.  Quel est le peuple,  auquel « Dieu » – ce Dieu- s’adresse quand il dit

« mon peuple » (Ami en hébreu) ?

Exode  III

ז וַיֹּאמֶר יְהוָה, רָאֹה רָאִיתִי אֶת-עֳנִי עַמִּי אֲשֶׁר בְּמִצְרָיִם; וְאֶת-צַעֲקָתָם שָׁמַעְתִּי מִפְּנֵי נֹגְשָׂיו, כִּי יָדַעְתִּי אֶת-מַכְאֹבָיו.  7 L’Éternel poursuivit: « J’ai vu, j’ai vu l’humiliation de mon peuple qui est en Égypte; j’ai accueilli sa plainte contre ses oppresseurs, car je connais ses souffrances.

 

La langue met à notre disposition  la forme possessive (qui est suffixale en

hébreu) comme  le  Elohénou  du Ecoute Israel.

 

  Texte original
Écoute, Israëla, l’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est UN. Chémâ, Israël, Ado-naï Elo-henou, Ado-naï Ehad’ שְׁמַע, יִשְׂרָאֵל: יְהוָה אֱלֹהֵינוּ, יְהוָה אֶחָד.

Si c’est « notre Dieu », ce n’est celui des autres. Là encore, le Qualisme a son

mot à dire. De quel Dieu parle-t-on? Et pourquoi est il précisé dans les

Dix Commandements :  »Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face. » Cela implique

qu’il  y a d’autres dieux mais qu’un certain dieu est lié à un certain peuple.

Ne pas prendre la peine de  préciser qui est qui, qui  fait quoi,  n’est  ce pas  favoriser le vol,

l’appropriation  d’identité?.

Le Qualisme, c’est le droit désormais de ne plus laisser passer des expressions

équivoques. Pour nous, au niveau théologique, on ne saurait confondre

l’univers  et notre petit monde terrestre avec « son » ciel, celui du systéme solaire.

Autrefois, quand on ne connaissait pas l’immensité de l’univers, l’on pouvait

ne pas faire de distinguo. Mais ce n’est plus le cas et  Balise Pascal parlait déjà des deux

infinis. entre lesquels  notre humanité se trouvait.

Ainsi, ce « Dieu » qui créa notre ciel et notre terre, comment serait-il à l’origine

de tout l’Univers. Or, dans bien des cas  l’on continue à parler de  Roi de tout

l’univers »(Melekjh ha Olam)  pour désigner le dieu de la Bible. C’est  bien là une

formule outrée. Ce dieu n’est pas le dieu de tout l’univers et même pas le dieu de toute

l’Humanité. C’est un dieu aux pouvoirs limités.

Dans un autre texte, sur matière et forme, nous précisons que le dieu premier est

illimité mais notre dieu ne l’est pas, c’est un dieu second, un « démiurge » et en cela

il est féminin et non masculin.

Dans le même chapitre de la Genése, il est question de la dualité de « Dieu » (Elohim)

à la fois masculin  et féminin  tout comme l’est  Adam, c’est à dire Matière et Forme.

 

כז וַיִּבְרָא אֱלֹהִים אֶת-הָאָדָם בְּצַלְמוֹ, בְּצֶלֶם אֱלֹהִים בָּרָא אֹתוֹ:  זָכָר וּנְקֵבָה, בָּרָא אֹתָם.  27 Dieu créa l’homme à son image; c’est à l’image de Dieu qu’il le créa. Mâle et femelle furent créés à la fois.

 

La matière précéde la forme et la forme structure la matière et en cela elle vient

en second tout comme le dieu qui  « crée » notre Ciel et notre Terre, est un dieu

qui  passe de la matière à la forme, de la puissance à l’acte, de l’illimité au limité. Ce

dieu a ses limites, il doit se limiter, se focaliser. Face à une théologie duelle, il

y a, selon nous, une anthropologie duelle, celle de l’homme et de la femme, celle

du génie  et de la génitrice. Nous ne sommes pas  le seul aboutissement de 9 mois de

grossesse mais  résultat d’une longue hérédité, d’un temps autrement plus long.

Et puis le Qualisme ne saurait  faire abstraction du « quand », ce qui renvoie à

l’astrologie, c’est  à dire à notre Ciel jumelé à notre Terre et qui confère à notre

temps des phases, des périodes et l’on ne peut pas parler comme si notre

temps n’était pas structuré, d’où le sens de la formule citée de l’Ecclésiaste (Kohélet)

On notera qu’en anglais,   quality cohabite avec « equal ».(cf aussi équinoxe). alors qu’en français, on dit « égal », ce qui montre la parenté entre le g et le Q, comme dans leur

rappoer au « u »:  guerre  et  querelle.

 

JHB   21 09 21

 

 

 

Publié dans anthropocosmologiz, ASTROLOGIE, Conscience, couple, Culture, cyclologie, féminisme, LINGUISTIQUE, morphosémantique, PSYCHOLOGIE, RELIGION, sociologie, théologie | Pas de Commentaire »

Jacques Halbronn Le véritable impact de Saturne en 1953

Posté par nofim le 20 septembre 2021

 Le véritable impact  de  la « conjonction «   de Saturne  en 1953, dans le temps et dans l’espace

par Jacques Halbronn

André Barbault  a polarisé la conjonction Saturne-Neptune sur la Russie mais est ce bien la « bonne » conjonction  et est-ce bien le point d’impact central dont il s’est alors agi, astrologiquement?

I  Etait ce la « bonne » conjonction?

Nous pensons que la « vraie » conjonction  n’aura pas été celle de Saturne avec Neptune mais de Saturne avec  l’axe des équinoxes -ou si l’on préfére avec les étoiles fixes (nakshatra)  correspondant au dit axe. Il y a eu une coincidence qui aura induit en

erreur vu qu’au moment de cette conjonction Saturne Neptune, ce fut également  alors que Saturne  passa sur l’axe équinoxial et cela se reproduira notamment en 1989.

Et cette conjonction  va couvrir une période de 7 ans jusqu’au passage de Saturne sur l’axe solststicial.

 

II  Etait ce le bon point d’impact?

Nous pensons que des événements  plus marquants que la situation en Russie eurent lieu ailleurs et notamment en Algérie, en Europe de l’Ouest voire au Moyen Orient,  en termes d’empire et de fédération puisque c’est  là la signature de l’équinoxialité selon notre anthropocosmologie. Pour ce qui est la sphère soviétique, c’est 1956  et Budapest qui  auront été l’expression la plus marquante. On lit que cela renforça l’emprise russe sur l’Europe de l’Est / En 1956, ce fut aussi la guerre liée au Canal de Suez initiée  par les français et les britanniques, puissances coloniales,  avec l’aide d’Israël contre  l’Egyptien Nasser.   Mais l’on sait aussi  que le Maghreb fut impâcté: en 1956, avec la fin du protectorat;, la Tunisie devint indépendante alors que dès 1954, les troubles vont croissant  dans une Algérie ayant statut de département français. Et puis il y eut en 1954, la  Communauté Charbon Acier (CECA) et en 1957, le Traité de Rome à l’Ouest. Excusez du peu et tout cela du fait, selon nous, de ce passage de Saturne sur l’axe équinoxial  et non du fait de la conjonction avec Neptune.

 

 

Double erreur de perspective chez André Barbault quand il se focalise sur Neptune et quand il se focalise sur la Russie. Quant à la mort de Staline, c’est là une « coincidence », un épiphénoméne.

Par ailleurs,  Barbault  ne prend pas la peine de préciser de quel type d’impact la dite Conjonction Saturne Neptune serait la cause; fallait il s’attendre à un renforcement ou à une implosion? Lors des événements de 1989,  qui correspondirent à une implosion,  Barbault  n’en profita pas pour s’expliquer à ce sujet. Pour nous, il est clair que les effets de Saturne sur l’axe solsticial (cancer capricorne)sont diamétralement différents de ceux de Saturne passant sur l’axe équinoxial (bélier-balance) Une occasion manquée pour repenser la question de façon dialectique et alternative tant et si bien qu’à l’approche d’une prochaine conjonction Saturne-Neptune, un Yves Lenoble se révéle incapable d’indiquer ce que l’on peut en attendre  plutôt dans le sens d’une  tentation impériale et expansionniste ou plutôt dans un démembrement comme en 1989. Barbault avait accordé quelque importance à l’opposition Saturne -Neptune pour 1971 mais cela n’avait pas été concluant -cf la Crise Mondiale, 1964-1965, Ed Albin Michel) au point qu’il avait jeté l’éponge avant  même cette échéance en changeant son fusil d’épaule avec son indice cyclique (Les astres et l’histoire, Paris, 1967) entendant s’en tenir à la seule conjonction, ce qui permettait de  gagner 18 ans de répit, soit 36/2).

Pour notre part, le passage de Saturne sur le point vernal (cf notre Astrologie selon Saturne,1994-95) permet de comparer la prochaine période à celle décrite plus haut, puisqu’elle sera comparable à la conjonction de 1953 équinoxiale et non à celle de 1989, solsticiale. On peut s’attendre à un renforcement fédératif  de l’Union Européenne  alors que le Brexit s’inscrivait dans une phase solsticiale. avec Saturne en Capricorne.  Mais cela peut aussi favoriser toute forme d’expansion comme dans le cas de la Chine par rapport à Taiwan ou de la Russie vers ses anciens satellites  et l’ex URSS sans parler d’un néo-colonialisme qui pourrait inspirer les anciennes puissances coloniales, comme la Grande Bretagne. A contrario, en attendant, la période actuelle, marquée par la solsticialité  aboutit présentement à une crise entre « alliés » à propos de la vente d’armement à l’Australie et à une menace sur l’OTAN qui ferait ainsi pendant au Brexit. Il faut donc s’attendre à un clivage au sein du milieu astrologique autour de la dite conjonction  à venir et  la tenue d’ un colloque serait opportune, en 2022. Nous avons déjà souligné  l’importance de la crise de 1961 -62 (Berlin et Cuba) avec Saturne en capricorne que Barbault aura totalement »squeezée » parce que cela ne correspondait pas à une conjonction Saturne-Neptune. Paradoxalement, cette conjonction de Saturne avec l’axe solsticial se reproduisit en 1989, avec la même position exactement de Saturne. C eut été pour Barbault l’occasion de réintégrer dans son discours la dite crise de 1961-62 mais il ne voulut rien entendre et vit surtout la validation de la conjonction Saturne-Neptune. Soulignons qu’au regard de l’astrologie traditionnelle,  l’étude de Saturne à travers le zodiaque fait bien plus sens que la prise en compte d’une planété restée inconnue jusqu’en 1846, un siècle seulement avant la parution du premier ouvrage de Barbault à savoir l Astrologie  météorologique   suivie de Contribution à l’astrologie agricole. Préface et avant-propos de Robert Ambelain, Paris : Niclaus, 1945

 

Quelques repéres des éphémérides

1953  Saturne en balance (équinoxe)

1989  Saturne en capricorne (solstice)

2025  Saturne en bélier (équinoxe

 

1956  Saturne en sagittaire -(période équinoxiale)

1961-62) Saturne en capricorne (solstice)

 

 

 

 JHB   20  09 21

 

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jacques halbronn Bilan de son activité dans le champ de la bibliographie astrologique et prophétique, depuis 1986

Posté par nofim le 18 septembre 2021

Bilan  de son activité dans le champ de la bibliographie astrologique et prophétique, depuis 1986.

Dans les Actes du Colloque en Histoire de l’Astrologie (L’Astrologie en Terre de France,  en ligne sur SCRIBD) que nous avions organisé il y a 30 ans, dans la crypte de l’Eglise Sainte Anne de la Butte aux Cailles -75013 Paris – en  1987, nous avions organisé un Colloque sur la Lune, au Couvent dominicain Saint Jacques – nous avions consacré notre communication à dresser une Bibliographie de la littérature anti-astrologique français d’Oresme à Voltaire. En1986, nous avions, lors d’un Colloque à Bayeux, (La Cométe de Halley et l’influence sociale et politique des astres,) dressé une bibliographie sur les comètes (Les variations d’impact des comètes en France. Etude bibliographique  fin Xve -fin XVIIIe siècles). En 2007, notre post doctorat portait sur le dominicain Jean de Réchac  et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle (EPHE Histoire du Cathlocisme) A cette occasion, nous avions rédigé un mémoire sous la direction de Louis Le Chatelier : » Le  recours du clergé catholique français à l’anonymat  dans le débat autoir de l’astrologie ( 1618-1710).  En 1988, nous avions rédigé dans le cadre de la préparation de notre thèse d’Etat, qui ne sera soutenue qu’en 1999 (!) Le texte prophétique en France Formation et fortune) sous la direction de Jean Céard, un  projet  intitulé  Introduction bibliographique à l’étude de l’Astrologie Française, le dit mémoire sera mentionné dans sa bibliographie par Hervé Drévillon dans sa thèse de doctorat (1994 EHESS) : Lire et écrire l’avenir . Astrologie, prophéties et prédictions dans la France du XVIIe siècle. Enfin, nous sommes l’auteur du CATAF, le Catalogue alphabétique des textes astrologiques français (cf site du CURA)

Nous  avons notamment mis en évidence le rôle des membres de la Compagnie de Jésus, notamment à propos du Père Jean François  dont le Traité de 1660 reparaitra sous le nom de R. Decartes (cf l’article de G. Bachelard). Mais d’autres Jésuites français avaient retenu notre attention comme le Père Nicolas Caussin Lettre à une personne illustre sur la curiosité des horoscopes-1649 et le Père Jacques de Billy ( Le tombeau de l’Astrologie Judiciaire)1657) Nous signalions aussi la participation au débat autour de l’Eclipse de 1654 de François d’Aix alias Théophraste Orthodoxe (cf le travail d’Elisabeth Labrousse, La Haye, Nijhoff, 1974,  cf Nos Questions autour du texte sur l’Eclipse de 1654  attribué à Gassendi, in Gassendi et la modernité, Dir Sylvie Taussig, Brepols,  2008)

 

 

Mais nous n’avions pas alors réalisé  quelle était la véritable identité de ce  François d’Aix qui écrivait sous ce pseudonyme dont on nous disait qu’il était Jésuite. (cf  Bibliographie de la Compagnie de Jésus de Sommervogel, tome I p. 100). D’aucuns avaient précisé que ce François d’Aix appartenait à la famille de la Chaize mais l’on nous avertissait qu’il ne fallait pas confondre ce personnage avec le Père Lachaise, confesseur de Louis XIV, dont  le nom a été immortalisé par le cimetière qui porte son nom, diversement orthographié.

 

 

François d’Aix de La Chaize

Chez Guillaume Barbier Imprimeur ordinaire du Roy, en la place de Confort, 1654 -

 

 

 

Or, nous pensons  que c’est bel et bien le futur confesseur qui à 30 ans avait produit sous le pseudonyme de Théophraste Orthodoxe le pamphlet en question.  On nous signale qu’un oncle de François d’Aix portant le même nom se serait caché sous le pseudonyme en question. Certes, on apprend  que ‘La grand-mère, née Coton, avait un frère jésuite, grand-oncle de notre François, qui était devenu le confesseur du bon roi Henri IV puis de son fils Louis XIII » Mais cet oncle- certes Jésuite- ne portait nullement le nom de La Chèze. « L’abbé Pierre Coton est né à Néronde en 1564. Il fait ses études à Paris, à l’âge de 25 ans il rentre chez les Jésuites «  En tout état de cause, il  ne pouvait pas publier le texte de 1654 . à 90 ans. Or, dans certaines notices introduisant l’ouvrage en question on peut lire :

 

 

« Entretiens curieux sur l’eclipse solaire du 12. Aoust 1654. Par Theophraste Orthodoxe (i. e. François d’Aix de La Chaize, l’oncle(sic) »

 

Que vient faire ici cet « oncle » qui serait un autre François d’Aix de La Chaize ?

Nous pensons que l’auteur de ces Entretiens n’est autre que le futur confesseur de Louis XIV. Certes, il eut un (grand) oncle qui occupa ce poste par le passé auprès d’Henri iV puis de Louis XIII.

Le travail du  bibliographe, tel que nous l’entendons englobe la question de la paternité des textes tout comme celle de leur datation puisque sur ces deux points, il peut y avoir débat. C’est ainsi que nous avons pu confirmé que Jean Giffré de Réchac était bien l’auteur de l’Eclaircissement des  véritables quatrains de Nostradamus (1656), ouvrage souvent attribué à un certain Etienne Jaubert tout comme nous avons pu montrer, ce qui avait échappé à Bachelard  ( en 1937) que le traité paru sous le nom de Descartes était en réalité une réédition du Traité du Jésuite Jean François.(cf Jacques Halbronn, Gaston Bachelard et les Véritables Connoissances des Influences Célestes et sublunaires de R. Decartes  (site du CURA)

Le XVIIe siècle  vit nombre d’auteurs prendre la peine d’écrire sur l’Astrologie de façon critique, ce qui témoignait de l’impact que celle-ci exerçait à l’époque. Le déclin de l’astrologie est marqué par l’absence des attaques.

En ce qui concerne notre œuvre de bibliographe, nous avons conscience qu’elle aura pu être d’une aide précieuse pour divers chercheurs qui n’auront pas eu à accomplir le travail en amont mais se seront contentés de « compléter » en  aval.

Nous joignons  à la présente étude  notre  travail  paru en 2003 dans l’Encyclopaedia Hermetica,  sur le site ramkat.free.fr

 


ASTROLOGICA

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Claude Duret et le “Livre Blanc” de l’astro-histoire,
à la fin du XVIe siècle

Quels furent les vrais enjeux de l’anti-astrologie aux XVIe et XVIIe siècles ? Il conviendrait de ne pas considérer que tous les discours astrologiques soient concernés au même titre, ne serait-ce que parce qu’ils ne se situent pas nécessairement au même niveau épistémologique. Parler donc d’une seule astrologie ou d’une seule anti-astrologie ne serait pas de bon aloi.

Il nous semble qu’il y a en fait deux combats, un qui serait d’arrière-garde et un autre d’avant-garde.

Le combat d’arrière-garde concernerait l’astrologie individuelle. Disons que depuis longtemps son affaire est entendue et qu’elle constitue un ensemble si enchevêtré, si touffu, que l’on ne veut plus guère s’y aventurer pour savoir ce qu’il en est. Certes, on lui lance encore quelques piques, on se gausse de ses naïvetés mais la chose est jugée; non pas qu’on lui conteste son emprise sur le public voire même une certaine efficace, mais cela se situe en dehors du champ proprement scientifique.

Le combat d’avant-garde concerne, quant à lui, ce que nous appelons l’astro-histoire, ce que l’on appellera par la suite l’astrologie mondiale (mundane Astrology). Un Pic de la Mirandole, à la fin du XVe siècle, quand il s’en prend, dans ses Disputationes adversus astrologiam divinatricem, à l’Astrologie, au singulier, vise en réalité plus spécifiquement certaines percées de la dite astro-histoire1 et notamment les publications qui viennent de reparaître en imprimés du cardinal français Pierre d’Ailly, consacrées aux concordances entre Astronomie et Histoire, notamment. Cette question est beaucoup plus intéressante que d’autres aspects portant également le nom d’astrologie car elle est en prise, en phase, avec les perspectives scientifiques de l’époque, ce qui n’est pas le cas d’une astrologie traditionnelle et individuelle dont le corpus appartient à d’autres temps et n’a, pour l’essentiel, fait que tenter de se perpétuer. Certes, les adversaires de l’astrologie ne se font pas faute de mélanger, dans leurs attaques, les deux astrologies mais c’est surtout aux fins de discréditer l’une par l’autre, en recourant à l’amalgame, ce qui est, au fond, de bonne guerre.

D’un côté, donc, une tradition qui ne sait plus très bien sur quoi elle repose, véritable entrelacs de recettes, c’est-à-dire de choses reçues, qui n’est en fait qu’un savoir de seconde main, dont personne n’a plus la maîtrise, ni les clefs, de l’autre, des hypothèses à la formulation relativement simple et qui sont avancées par certains chercheurs s’inscrivant dans une dynamique épistémologique jugée pertinente pour l’époque mais qui n’en doit pas moins faire ses preuves.

Rétrospectivement, l’échec de ces deux courants ne saurait donc être apprécié pareillement, les enjeux différant sensiblement. D’une part, un discours décalé, décadent, et n’ayant plus aucune chance de s’imposer même si l’on tentera de le réhabiliter ultérieurement, notamment au XXe siècle, et d’autre part, un projet qui a ses chances, du moins sur le papier et qui ne parviendra finalement pas, à se faire reconnaître une place dans le concert scientifique du temps.

C’est l’aventure malheureuse, du moins à terme, du dit projet qui nous semble devoir intéresser l’historien de l’astrologie du XVIIe siècle beaucoup plus que celle des horoscopes, auxquels un R. G. F. Guérin consacra, en 1997, une thèse, à l’EPHE, L’astrologie au XVIIe siècle. Etude sur la pratique des horoscopes notamment à travers ceux du Roi-Soleil. Dans un cas, nous sommes dans le domaine de l’Histoire des Sciences, dans l’autre, dans celui de l’Histoire des Mentalités.

L’ouvrage de Claude Duret qui est au coeur de la présente étude, paru un siècle après la somme de Pic de la Mirandole, ne fait que confirmer cette bipolarisation., dans la mesure où il n’aborde même pas la question des horoscopes et s’en prend exclusivement aux rapports entre astronomie et Histoire. Nous disons astronomie plutôt qu’astrologie, dans la mesure où l’astrologie désignerait en fait un certain corpus traditionnel qui n’est pas engagé ici. Le seul rapprochement entre astronomie et histoire n’est-il pas d’ailleurs déjà tout un programme ?

Le Discours des changements divers des Royaumes & Provinces - pour adopter non pas le titre de la page de couverture mais celui qui revient en haut de chacune des 500 pages et plus d’un ouvrage qui parut, pour la première fois, à Lyon, en 1594, chez Benoist Rigaud – nous apparaît avant tout comme une réflexion épistémologique sur l’Histoire et c’est à ce titre que l’on y passe en revue nombre de modèles astro-historiques.2 Toutefois, le titre même complet de l’ouvrage, rédigé en un style ampoulé, ne met qu’accessoirement l’accent sur les astrologues : Discours de la vérité des causes et effects des décadences, mutations, changements, conversions & ruines des Monarchies, Empires, Royaumes & Republiques selon l’opinion & doctrine des anciens & modernes mathematiciens, astrologues, mages, philosophes, historiens, politiques & théologiens, d’autant que le terme “astrologues” peut aussi bien renvoyer aux astronomes. Ceci explique probablement pourquoi un tel traité a longtemps échappé à l’attention des historiens modernes de l’astrologie de la même façon que, un siècle plus tard, ce sera le cas des Tableaux des Philosophes d’Eustache Lenoble, au titre assez peu explicite. Le chercheur israélien Alexandre Haran ne cite Duret que pour son Thrésor de l’histoire des langues de 1613.3

On peut, au demeurant, considérer ce Discours de plus de 500 pages comme un anti-Janus Gallicus; un tel texte, du au jeune avocat, aux allures de procureur, Claude Duret, bourbonnais (1570 ? – 1611), homme déjà fort érudit, qui publiera dix ans plus tard, une autre somme le Thrésor de l’Histoire des Langues de cest univers, présente une sorte de bilan des recherches astro-historiques de son temps, c’est plus du point de vue de l’Histoire que de celle de l’Astrologie. En 1594, on sort d’une période singulièrement agitée tant sur le plan politique qu’astrologique : d’une part, on est, en France, au lendemain de la conversion d’Henri IV, concluant une pénible guerre civile à caractère dynastique, de l’autre, on se souvient des prédictions astrologiques pour les années 1580 mais aussi de l’excitation née du passage de la nova de 1572 et de la comète de 1577. Duret n’est nullement le premier en France à avoir réfléchi sur les thèses proposant des corrélations entre les astres et l’Histoire – thème déjà cher à Pierre d’Ailly au début du XIVe siècle – on citera dans les décennies qui précédent le Discours de Duret les travaux de Loys Le Roy (alias Regius) et de l’angevin Jean Bodin en France.

Les juristes à l’attaque

A la même époque, un autre juriste s’en prendra également avec vigueur aux astrologues, il s’agit du président Delalouette, conseiller du Roi & Maistre des Requestes, auteur, en 1600, des Impostures d’impiété des fausses puissances et dominations attribuées à la Lune & Planètes. Sur la naissance, vie, meurs, Etas, volonté & condition des hommes & choses inférieures du Ciel, ouvrage paru à Sedan, centre protestant, chez Jacob Salesse.4 On y retrouve peu ou prou le contenu de l’ouvrage de Duret qui paraît en cette même année 1600, à savoir son second discours, le Discours de la vérité des causes et effets, des diverses cours, mouvemens, flux & reflux & saleure de la mer Océane, mer Méditerranée et autres mers de la terre, Paris, Jacques Réze. La publication des Impostures à Sedan dit assez cependant que l’auteur en est un réformé.

Comment expliquer qu’en la même année paraissent de la plume de deux juristes, l’un catholique, l’autre réformé, une attaque qui vise notamment l’influence de la Lune non pas tant sur les personnes que sur l’environnement de l’Homme ? Pour Regius, les marées constituent le modèle même des transformations affectant l’Histoire des Etats, dès lors, s’en prendre aux marées, c’était tenter de briser un tel modèle lié à la Lune et donc de dénoncer un discours présentant les révolutions comme une nécessaire fatalité.

Le contexte du prophétisme lyonnais

Ce qui retient notre attention, de surcroît, c’est le fait que le Discours de Duret paraît dans un contexte qui n’est peut être pas sans signification: pourquoi en effet est-il publié à une date et en un lieu qui sont déterminants pour l’historien du nostradamisme ?

C’est en effet en 1594 que parut chez Benoît Rigaud, libraire lyonnais bien connu des bibliographes de Nostradamus, et qui parvenait alors au terme de ses activités, ce Discours de la vérité des causes et des effects des décadences, mutations, changements, conversions, ruines des Monarchies, Empires, Royaumes & Républiques selon l’opinion & doctrine des anciens & modernes Mathématiciens, Astrologues etc, ouvrage portant sur sa page de titre “Au Roy” et de fait introduit par une épître de Moulins, datée du Ier mai 1594, dédiée “au tres-chrestien, tres grand et très invincible Roy de France et de Navarre Henry IIII de ce nom”, précédant celle du Janus Gallicus, du Ier juillet 1594, à Lyon, dédiée, quant à elle, “A très heureux, tres victorieux et tres Chrestien Henry IIII Roy de France et de Navarre”. On connaît deux tirages de la première édition chez Benoist Rigaud, un daté de 1594, l’autre de l’année suivante (BNF) mais la date de l’impression est la même : 1595. Cependant, le Janus Gallicus - en fait le titre français Janus François conviendrait mieux quand on cite les texte en français mais c’est le titre latin qui fera fortune au siècle suivant – comporte une pièce plus ancienne probablement d’abord parue séparément, en date du 19 février 1594, donc antérieure à l’Epître de Duret. Il s’agit de l’ “Advénenement à la Couronne de France du Roy de Navarre” (pp. 283 et seq) – en latin Henr. IIII Christ. Fran. Et Nav. Regis Benigna Fata, dédié à Alphonse Dornano. On notera que le titre français ne figure que sur les hauts de pages.

On trouve, sur la page de titre du Discours, les armes jointes de la France et de la Navarre comme ce sera le cas au siècle suivant sur la page de titre de certains spécimens de la littérature prophétique.5 Le Discours sera réédité en 1595 et en 1598, par les Héritiers de Benoist Rigaud, suivant en cela le sort des Centuries. La famille Rigaud sera ensuite représentée par Pierre Rigaud dont la fortune nostradamique tient au fait qu’on lui attribua des éditions contrefaites, fabriquées au XVIIIe siècle et datées de 1566, année de la mort de Michel de Nostredame, et qui serviront de référence, sous le Second Empire, à Torné Chavigny et à Anatole Le Pelletier. Il reste que Pierre Rigaud publia bel et bien, à son tour, des éditions des Centuries, au lendemain de l’Edit de Nantes.

Il semble bien, en tout cas, que ce ne soit pas par hasard que le Janus Gallicus soit sorti, à Lyon, en même temps que les éditions des Centuries de Benoist Rigaud dont ce libraire lyonnais semble, à l’époque, avoir le monopole. Sortie ô combien opportune puisque le dit Janus Gallicus se présente comme un commentaire des quatrains, une sorte de mode d’emploi, en quelque sorte. On peut d’ailleurs se demander si le dit Benoist Rigaud – qui, il est vrai, est à la fin d’une longue carrière de libraire – avait publié les Centuries antérieurement. Si on peut lui accorder une édition antérieure à 1585, au témoignage d’Antoine du Verdier, dans sa Bibliothèque parue en cette année là, et qui aurait été datée de 1568 et à mille quatrains, il est en revanche fort peu probable que Benoist Rigaud ait commencé à publier les Centuries dès 1568, quand bien même son nom figurerait sur nombre d’éditions conservées datées de cette année là. En tout état de cause, les Rigaud ne verront pas d’obstacle à publier le Discours de Duret.

Il est d’ailleurs probable que cela ait été par le biais de la poésie que Duret aurait été publié par Rigaud. Duret en effet s’était d’abord fait connaître par des commentaires sur les textes du poète réformé languedocien et donc bien vu, au moment où la cause d’Henri de Navarre triomphe, Guillaume de Salluste Du Bartas (1544 – 1590), consacrés au récit de la Création et, les Centuries ne sont-elles pas également, du moins sous la forme des quatrains qui est la leur, de la poésie, également vouée au commentaire ? C’est chez Pierre Roussin que dès 1591, chez qui paraîtra le Janus Gallicus, que Duret avait fait publier un premier commentaire de Du Bartas, au demeurant proche de cet Auger Gaillard, dont le portrait ornera dans les années 1640 – 1660 les éditions lyonnaises des Centuries.6

Dans les chapitres non astrologiques de son Discours, Duret aborde également la question des prophéties. Au chapitre XX, il évoque, pour les rejeter en bloc, “infinies predictions ou propheties des estats des monarchies, empires, royaumes & republiques qui sont de présent & seront à l’advenement, en cest univers lesquelles apres Methodius sont escrittes dans les oeuvres de sainct Hippolyte, Evesque de Rome & martyr, d’Ambroise Merlin, de saincte Brigide de nation Escossoise, de l’Abbé Ioachim Calabrois, d’Anselme Eveque Marsican, de Telesphorus ou Therlespherus Calabrois Hermite, de Leolhardus Allemand aussi hermite, Michel de nostradame (sic) & de plusieurs autres Astrologues Allemands modernes en leurs Ephémerides & prédictions.”7

On aura observé que Nostradamus est ici réduit à la portion congrue (le Discours, malgré ses diverses éditions, n’est pas signalé dans les bibliographies relatives aux Centuries, pourtant friandes de la moindre mention nostradamique). L’astrologie tient encore le haut du pavé ; c’est au cours du XVIIe siècle que le phénomène Nostradamus prendra toute son ampleur. Le Discours de Duret, exact contemporain du Janus Gallicus, n’avait pas encore pu prendre la mesure du nostradamisme.

Le propos du Discours de Duret

L’ “adresse” due à l’Imprimeur (Pierre Chastain dit Dauphin, peut-on lire à la fin de l’ouvrage) – qui précède la Préface de Duret – fournit en fait les chapitres traités dans le Discours, chacun était dédié à un aspect de l’astro-histoire :

“Plusieurs doctes et scavants personnages aux siecles passez & présent siècle (XIVe et et XVIe siècle), se sont voulu mesler de rendre raison des Causes & Effects des decadences, mutations, changements, conversions & ruines des Monarchies, Empires, Royaumes & Républiques, qui les uns d’iceux par la doctrine & science des Horoscopes ou astres ascendants des villes premières & principales (…) qui les Autres par le cours & mouvement de l’Eccentrique du petit cercle. Aucuns autres par la radiation & constellation de la dernière estoille de la Queue de la grande Ourse du pol (sic) arctique; Autres par les horoscopes ou astres ascendants des monarques, empereurs, roys & princes d’icelles. Autres par les cours & mouvements du huictiesme ou neufiesme Cieux (…) Autres par les Eclypses de Soleil & de Lune. Autres par les cours & mouvements des grands orbes célestes, ou revolutions du (sic) Planette Saturne, ou bien par les conjonctions des Planetes hautes ou basses ou inférieures, faisants mesme les religions les sectes & les Loix (sic) de cest Univers dependre de ces cours & mouvements ou revolutions ou conionctions (…) sans que iceux personnages ayent touché la vraye & certaine Cause & Effect desdictes decadences, mutations, changements, conversions & ruines à scavoir la sagesse, providence & Justice du Dieu vivant, courroucé & irrité par nos vices & pechez.”

Cette accumulation de formules dont chacune fera, au demeurant, l’objet d’un chapitre dénote bien une certaine effervescence au niveau de l’astro-histoire, une sorte de printemps où toutes sortes d’entreprises sont engagées, chacune selon un modèle différent, mais toujours avec le même objet. Ce n’est plus l’astrologie, stricto sensu, qui est ici en ligne de mire mais bien plutôt une para-astrologie, en partie née de la nouvelle astronomie et qui, d’une certaine façon, relève aussi d’une forme d’anti-astrologie s’ajoutant à l’anti-astrologie traditionnelle. Les coups de butoir des uns et des autres, pour des raisons fort distinctes, auront raison, en définitive, au cours du XVIIe siècle, du reste de crédit de l’astrologie judiciaire traditionnelle. Le fait que dès 1595 une telle attaque contre divers procédés astro-historiques – dont certains remontent à l’astrologie arabe avec les Grandes Conjonctions (Jupiter rejoignant Saturne tous les 20 ans environ) montre bien que Kepler, par ses tentatives de réforme de l’astrologie, autour de 1600, avait bien des précurseurs dont Gérard Simon, dans son ouvrage Kepler astrologue-astronome n’a guère fait mention.

La formule finale de l’Avis de l’imprimeur résume bien en outre le souci que ces recherches historiques provoquent dans les milieux religieux. Une Histoire qui découvrirait ses propres lois s’émanciperait, en quelque sorte, de la croyance en la Providence divine et abolirait ainsi un argument essentiel en faveur du religieux, à savoir – comme il apparaît dans notamment dans l’Ancien Testament – que l’Histoire serait d’abord l’expression même de la volonté divine.

Le Discours de Duret est ainsi organisé autour du traitement de chacun des modèles élaborés comme cela ressort de la table des matières. On ne signalera ici que les chapitres traitant de l’astro-histoire.

Ch. V Scavoir si les sources et origines ensemble les décadences (…) proviennent des horoscopes des villes premières et principalement d’icelles.
Ch.. VI Scavoir si les décadences, mutations (…) procèdent du cours et mouvement de l’eccentricité du petit cercle.
Ch. VII Scavoir si les sources et origines des monarchies (…). procèdent de la radiation des constellations, de la dernière estoille, de la Queue de la Grande Ourse du Pol arctique ou septentrion.
Ch. VIII Si les décadences, changemens, conversions et ruines des monarchies proviennent et procèdent des horoscopes des monarchies, empereurs, roys et chefs des républiques.
Ch. IX Si les décadences, mutations, changemens, conversions et ruines des monarchies (…) dépendent des cours et mouvemens du huitième ou neuvième ciel, c’est-à-dire de la huitième ou neuvième sphère céleste.
Ch. X Scavoir si les religions, les sectes et les Loix (…) proviennent et procèdent des cours et mouvemens des grands orbes célestes ou révolutions du planète Saturne ou bien des conjonctions des planètes hautes ou basses et intérieures.
Ch. XII Scavoir s’il n’y a eu et n’y aura jamais en ce monde que six religions comme aucuns astrologues l’ont osé écrire et assurent en leurs œuvres.
Ch. XIII Si les décadences, mutations, changemens (…) proviennent et procèdent des Comètes ou duplication de Soleils & de Lunes.

Précisons cependant qu’avant d’aborder la question des astres, Duret, notamment en son Ier chapitre, nous semble adopter un point de vue anthropologique, c’est-à-dire qu’il s’efforce de décrire le fonctionnement des premières sociétés, comme en témoigne le titre du dit chapitre : “Des premières et plus anciennes sources et origines des premières et plus antiques societez & assemblées humaines, lesquelles (…) ont produit & engendré les premières & plus anciennes Monarchies, Empires, Royaumes & Républiques de l’Univers.”

Les arguments de Duret

Au chapitre V, consacré aux Horoscopes des villes, Duret met en avant la diversité des solutions proposées par les uns et par les autres, ce qui conduit à penser que l’astro-histoire présentait une image assez déconcertante alors que finalement la tradition astrologique, figée, pouvait sembler mieux établie. Sa description nous semble toujours d’actualité même s’il nous semble que le débat était plus ouvert au XVIe siècle qu’en ce début de XXIe siècle : “La plus grande partie des aucteurs qui ont escrit de cette matière sont du tout contraires & dissemblables en leurs regles & fondements, aucuns d’eux disants qu’il faut principalement en calculant & dressant les horoscopes des villes qu’on bastit & édifie avoir esgard aux estoilles fixe, les autres aux planètes, les autres aux estoiles fixes, planettes & signes.” (p. 101) Autrement dit, Duret semble laisser entendre que le problème tient au fait que chaque chercheur a son idée de ce qu’est le ciel utile en astrologie.

Au chapitre VI, Duret attribue à Copernic ou plutôt à ses disciples, à la suite de Bodin, au IVe Livre (chapitre II) de sa République, la thèse selon laquelle “les décadence, mutations, changements (doivent) dépendre & provenir de l’eccentrique du petit cercle & de son tour & mouvement”, ce qui montre bien les liens qui avaient pu être envisagés à l’époque entre la nouvelle astronomie et ce que l’on pourrait appeler une nouvelle Histoire qui fit long feu.

On signalera tout particulièrement le recours à l’argument précessionnel au chapitre IX : (pp. 141 et seq) : “Si les décadences, mutations, changements et ruines des Monarchies, Empires, Royaumes & Républiques proviennent des cours & mouvements du huictieme ou neufième Ciel, c’est-à-dire, de la huitième ou neufième Sphère celeste.” Duret se fait l’écho de théories qui considèrent que le mouvement précessionnel serait une clef de l”Histoire. Or, les auteurs cités divergent quant à l’année où le décalage était nul. Pour Duret, pourrait-on dire en termes plus modernes, l’incapacité des astrologues à se mettre d’accord est le signe d’un dysfonctionnement de leur Cité scientifique.

Au chapitre X, on relèvera un argument d’une certaine habileté: à propos de la question des éclipses de soleil et de lune :

“Si cela estoit vray, depuis que l’univers est cree, il n’y aurait à présent aucunes Monarchies, Empires, Royaumes & Républiques, veu qu’il ne s’est passé guere année qu’il ne se soit trouvé & rencontré en icelle quelque Eclypse de Soleil & de Lune assez bastante & suffisante selon le dire des Astrologues pour apporter & entraisner avec soy des decadences, mutations etc.” (p. 165)

Sur la question des grandes conjonctions (chapitre XI), sujet qui avait défrayé la chronique, dans les années 1580, Duret s’exprime ainsi, notamment sur la base des écrits de Pierre d’Ailly (ou d’Assiac) signale que bien des astrologues reconnaissent ne pas pouvoir déterminer à quel moment Jupiter se conjoint à Saturne. Duret nous rappelle (p. 205) que les triplicités associées aux grandes conjonctions ont vocation chorographique, permettant de localiser géographiquement les événements. “Nous devons scavoir & apprendre, objecte-t-il, qu’il est presque impossible, en si peu de temps qu’il y a que le monde a eu son prince & commencement & en si peu d’observations & remarques que nous avons des Anciens, que nous puissions avoir une certaine & infaillible doctrine de ces choses etc.”

La production de Duret

Duret est aux antipodes d’un auteur qui ne se serait consacré qu’à l’astrologie, il l’aborde plutôt en “honnête homme”, parmi bien d’autres sujets et d’ailleurs c’est moins à l’astrologie judiciaire qu’il en a qu’à diverses conceptions, plutôt extérieures à la tradition astrologique stricto sensu.

Claude Duret, disposant en tout cas d’une fort riche bibliothèque, se fit d’abord connaître, on l’a dit, sur le plan littéraire par des commentaires de l’oeuvre du protestant Du Bartas, la Semaine où l’on note déjà son intérêt pour le ciel Son étude de 1594 sur l’Eden de la Seconde Semaine est également dédié à Henri IV auquel Duret, dit-on, “plaisait”. Toutefois, nous n’avons pas affaire un réformé, il s’inscrit bel et bien dans un milieu catholique ; c’est ainsi que Claude Feydeau, docteur en théologie en droit canon, doyen de l’Eglise Collégiale Notre Dame de Moulins sera en 1612, à la mort de Duret, le préfacier du Thrésor de l’histoire des langues de cest univers. Contenant les origines, beautés, perfections, decadences, mutations, changemens, conversions & ruines des langues hébraïque etc.

En 1600, Duret publie le second volet de ses Vérités des Causes et effects à savoir le Discours de la vérité des causes et effets, des diverses cours, mouvemens, flux & reflux & saleure de la mer Océane, mer Méditerranée et autres mers de la terre.

En 1613, Duret, devenu Président, à Moulins, publie un ouvrage de linguistique de plus de mille pages dont le titre évoque étrangement celui du Discours puisqu’il y est question des décadences, mutations, changemens, conversions & ruines des langues, comme il était question, vingt ans plus tôt, des Causes et effects des decadences, mutations & ruines, changements, conversions & ruines des Monarchies.

Chronologie des oeuvres de Claude Duret

1591 – Commentaire La Seconde Semaine de Du Bartas, Nevers P. Roussin, BNF Res Ye 541.

1594 - L’Eden ou le Paradis Terrestre de la Seconde Semaine de Du Bartas etc. Au Tres chrestien Roy de France; Henry IIII de ce nom (épître de janvier 1594), Lyon, Benoit Rigaud, Mazarine 10857.

1594 Discours de la vérité des causes et effets des décadences, mutations, changemens, conversions et ruines des Monarchies, Empires, Royaumes et Républiques selon l’opinion et doctrine des Anciens et Modernes. Au Tres Chrestien, Très grand et très invincible Roy de France et de Navarre Henri IIII de ce nom, Lyon, Benoist Rigaud (Impr. Pierre Chastain), Mazarine 28131.

1595 - Discours de la vérité des causes et effets des décadences, mutations, changements, conversions et ruines des monarchies, empires, royaumes et républiques selon l’opinion et doctrine des anciens et modernes mathématiciens, mages, philosophes, historiens politiques & théologiens. astrologues. Epître au Roy, Lyon, Benoist Rigaud (Impr. P. Chastain), BNF *E 3575.
Note : le nom de Lyon est rayé sur l’exemplaire de la BNF.

1598 - Discours de la vérité des causes et effets des décadences, mutations, etc …, Lyon, Héritiers Benoist Rigaud, BNF R 12969.

1600 - Discours de la vérité des causes et effets, des diverses cours, mouvemens, flux & reflux & saleure de la mer Océane, mer Méditerranée et autres mers de la terre, Paris, Jacques Rèze, BNF R 12970, Mazarine 28639.

1605 - Histoire admirable des Plantes et herbes esmerveillables, par C.D.B. Dédié à Maximilien de Béthune (Sully), Paris, Nicolas Buon, Mazarine 56074.

1613 - Thrésor de l’histoire des langues de cest univers. Contenant les origines, beautés, perfections, decadences, mutations, changemens, conversions & ruines des langues hébraïque etc, Cologne, M. Berion (pour la société caldorienne), Reprint Slatkine, 1972.

1619 - Thrésor de l’histoire des langues de cest univers. Contenant les origines, beautés, perfections, decadences, mutations, changemens, conversions & ruines des langues hébraïque etc, Seconde édition, Yverdon, Sté Caldoresque, BNF X 1512 et Mazarine 1000 Q bis.

La postérité de Duret

On peut comparer avec profit le Discours de Duret et les attaques qui se produiront soixante ans plus tard de la part des Jésuites, Jacques de Billy et Jean François. Au vrai, stricto sensu, Duret ne s’en prenait pas directement à l’astrologie judiciaire tandis que les deux Jésuites, également auteurs de travaux assez considérables, par leur volume, visent probablement plus une pratique qu’une science. C’est en fait plutôt au réformé Pierre Bayle des Pensées sur la Comète (1682) que nous songeons en lisant le Discours de Duret, paru un siècle plus tôt. Toutefois, le travail de Bayle se limite aux comètes et aux éclipses. On pourrait comparer utilement le chapitre XIII du Discours avec les arguments statistiques de Bayle au sujet des comètes (cf. infra).

Pierre Bayle, pourfendeur de l’astro-histoire

    Mais on peut aussi voir en Duret un précurseur de Jacques Gaffarel, auteur en 1629, des Curiosités Inouïes, qui d’ailleurs cite son Histoire des langues. Les connaissances de Duret en matière de littérature et de langue judaïque n’ont en effet rien à envier à celles dont dispose un Gaffarel lequel traite longuement de l’astrologie chez les Hébreux. On ne peut exclure que Gaffarel ait puisé une partie de son érudition chez Duret qui nous apparaît comme une sorte de Pic de la Mirandole, si souvent cité par lui.

Duret, en dépit de ses doutes sur les solutions proposées par les uns et les autres, n’en est pas moins, à l’instar d’un Bodin, en quête de quelque loi sous-jacente qui rendrait compte du cycle constaté déjà par Aristote8 qui conduit d’un régime à un autre. Le Discours truffé de références montre à quel point un tel sujet est d’importance pour la culture ambiante et la présence de chapitres ne traitant pas des astres souligne le fait que le problème posé dépasse cette seule affaire. Somme toute, on est en droit de se demander si Duret n’a a pas conscience d’un certain échec collectif qui n’incombe pas aux seuls astrologues; le fait est qu’ aucun progrès ne semble alors avoir été accompli depuis les Grecs au niveau de la science politique.

A l’issue du XXVe et dernier chapitre, Duret annonce (pp. 539 – 540) une suite qui ne semble pas avoir été publiée si tant est qu’elle ait été rédigée et qui comprendrait notamment les “moyens & aides pour garder & conserver longuement & heureusement les Estats d’icelles Monarchies, Empires, Royaumes & Républiques.”

Claude Duret, en s’adressant ainsi au Roi de France et de Navarre, nous fait penser à Nicolas Oresme (1325 – 1382), évêque de Lisieux, conseillant Charles V et l’engageant déjà, deux siècles plus tôt, à se méfier de l’astrologie. Mais, en 1682, Pierre Bayle fera-t-il autre chose à l’endroit de Louis XIV ?9

En effet, la Lettre - anonyme – sur la comète, adressée par un Catholique prétendu – étrange subterfuge – à un Docteur de Sorbonne, qui changera son nom, quand l’ouvrage paraîtra sous le nom du réformé Pierre Bayle, en Pensées Diverses sur la comète, s’achève sur une mise en garde au roi, l’engageant à ne pas se lancer dans une nouvelle guerre, en ne tentant pas la fortune, toujours incertaine. Situation paradoxale que celle de Bayle qui n’aura cessé, tout au long de son “traité des comètes” comme il le désigne, de montrer comment les hommes politiques se servent des astrologues pour manipuler les esprits et leur faire annoncer, au nom des astres, ce qu’eux-mêmes ont planifié et qui descend, lui-même, dans l’arène pour peser sur la politique de la France, au nom de l’incertitude de toute prévision, quel qu’en soit le fondement, astrologique ou non.

“La prévision de l’avenir, conclue Bayle, n’est pas plus facile à l’astrologue qui observe les prétendues règles de l’art qu’à celui qui ne les observe pas (…) En conséquence de la mauvaise qualité des règles de l’astrologie, l’on vous soutiendra que si un astrologue prédit quelquefois la vérité, c’est ou par hasard ou par le moyen de quelque passion qu’il inspire ou parce qu’il a suivi des conjectures indépendantes de ses règles & fondées sur la condition et sur la profession du sujet dont il dressait l’horoscope.”

L’enseignement de la “Continuation aux Pensées Diverses” (1705)

Vingt ans après les Pensées Diverses, l’on bascule vers le XVIIIe siècle, ce qui est l’occasion pour Bayle de faire, dans des Continuations, le bilan du siècle qui s’est achevé, comme c’est souvent le cas. Et Bayle, de faire dire à son interlocuteur imaginaire, que l’astrologie n’a pas été “ruinée” par les attaques qu’elle eut à subir tout au long du siècle écoulé. Bayle fait même demander par son interlocuteur si entre temps son attitude à l’égard de l’astrologie n’a pas évolué favorablement, ce qui est assez significatif d’un sentiment des contemporains selon lequel l’astrologie aurait été peu ou prou réhabilitée et remonterait la pente.

“S’il était facile, dites-vous, de faire voir la vanité & l’absurdité de l’astrologie judiciaire, le monde en serait pleinement désabusé depuis que les philosophes du XVIIe siècle ont combattu les vieilles erreurs, avec un succès admirable. Mais tout le mal qu’ils ont pu faire à l’astrologie (est) une diminution de son crédit, elle se maintient encore, elle a des sectateurs considérables.”

Le nouveau siècle ne commence nullement dans l’idée que l’astrologie a fini par être éradiquée. Et Bayle de citer notamment le cas d’Eustache Lenoble et c’est d’ailleurs grâce aux Continuations de 1704, peu avant sa mort en 1706, que nous avons exhumé son oeuvre astrologique, les Tableaux des Philosophes ou l’Uranie10

“On sait, déclare Bayle, que Mr Lenoble n’est point bigot ou superstitieux ou engagé dans les erreurs populaires, qu’il a infiniment de l’esprit, beaucoup de lecture, qu’il sait traiter une matière (…) qu’il connaît l’ancienne et la nouvelle philosophie. Cependant, il a bien voulu faire savoir au public, non pas qu’il a adopté toutes les chimères des astrologues mais qu’il croit qu’ils peuvent prédire les événements contingents. Il se vante d’avoir fait beaucoup d’horoscopes qui ont réussi & il s’attache avec soin à maintenir le crédit de l’Astrologie judiciaire. Son ouvrage fut imprimé à Paris, l’an 1697.”

Et de Bayle de noter aussi avec une certaine pointe d’amertume :

“Personne n’ignore combien les sciences & notamment la philosophie fleurissent en Angleterre, néanmoins l’astrologie n’y manque pas de sectateurs & de protecteurs. Témoin le livre imprimé à Londres l’an 1690 sous le titre de Astrometeorologia sana.”

Comme quoi, en cette fin du XVIIe siècle et en ce début du XVIIIe siècle, l’astrologie n’est pas (encore) exclue de sociétés et de cultures par ailleurs réputées pour leur avancement intellectuel. Mais force est de constater que des travaux d’envergure et dus à des auteurs réputés, visant directement et exclusivement, l’astrologie, sur un mode critique, ne verront plus guère le jour après cette Continuation de 1705.

En fait, il faut comprendre la stratégie de Bayle, à la lumière de nos propos introductifs : d’une part, il y a le dossier de l’astrologie traditionnelle, qui fait partie du paysage culturel populaire et qu’il faut appréhender comme on le fait de croyances, de superstitions, dont le succès tient à l’entregent, au savoir-faire, de l’astrologue plus qu’à la validité de la science dont il prétend se revendiquer. Bayle juge bon de ne pas s’attaquer de front à cette astrologie là dont il convient qu’elle persiste dans un certain crédit qu’on veut bien lui accorder et puis, d’autre part, il y a , reprenant le dossier constitué, un siècle plus tôt, par Duret, ces lois, qui ont le mérite de la clarté, quant à leur formulation et qui peuvent donc être infirmées, qui méritent qu’on les examine avec quelque attention, ce qui ne saurait être le cas de cette Tradition à laquelle un Gassendi a bien voulu s’atteler.

Bayle, faisant, en 1705, le bilan de la nouvelle astronomie – celle d’un Edmund Halley – pressent la fin de l’astrologie cométique dès lors que la course des comètes aura été décryptée et qu’elle n’appartiendra plus au registre des miracles.

“Apparemment, (les comètes) ont une durée constante & peut-être aussi un cours régulier”. Voilà, constate Bayle, un argument dont son maître Calvin, dans son Discours sur l’astrologie Judiciaire (1549), ne disposait pas encore au milieu du XVIe siècle.

Coup fatal porté contre les comètes comme expression de la divine providence et qui allait entraîner l’astrologie dans sa chute, ce qui tend à montrer que la science en banalisant le phénomène des comètes tranchait le lien qui unissait encore la religion et les corps célestes. Mais c’est aussi le lien entre Histoire et corps célestes que la nouvelle science des comètes va définitivement ébranler car ne peut-on penser que les historiens n’ont pas longtemps fait preuve d’une certaine indulgence envers une astrologie, une astro-histoire, dont on pouvait à terme espérer qu’elle viendrait leur apporter une certaine assise astronomique sinon astrologique ? Par ailleurs, quand Bayle traite de la proportion de malheurs correspondant ou non au passage d’une comète, est-ce qu’il ne met pas aussi le doigt sur le caractère terriblement schématique servant à ses contemporains – qui ne disposent guère d’un meilleur modèle fourni par les historiens – pour qualifier les événements ? Et quand Bayle écrit que bien des événements étaient prévisibles, comme pour cette année 1618, qui serait le début d’une “Guerre de Trente Ans”, est-ce qu’il ne souligne pas, ipso facto, le fait que l’on n’a pas besoin d’être un grand astrologue ni d’ailleurs un grand historien pour l’avoir prévu ? Est-ce qu’en définitive, semble demander Bayle, dans l’introduction de ses Pensées Diverses, donnant le coup de pied de l’âne, l’historien ne véhicule pas aussi les erreurs populaires avec quelque complaisance / complicité, toujours désespérément en quête d’une rationalité qui aura trop longtemps fait le jeu de l’astrologie, sous ses différentes facettes ? Double procès donc contre l’Histoire : elle véhicule et perpétue des savoirs révolus et, par ailleurs, elle justifie leur permanence par ses prétentions explicatives qui l’exposent aux solutions les plus chimériques. Et dans les deux cas, l’astrologie profite de tels errements.

Jacques Halbronn
Paris, le 26 septembre 2003

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Notes

Cf. notre étude “De l’astrologie à l’astro-histoire”, Site du Cura.free.fr. Retour

Sur le concept d’astro-histoire, voire notre étude sur le Site du Cura.free.fr, “De l’astrologie à l’astro-histoire”. Retour

Cf. Le lys et le globe. Messianisme dynastique et rêve impérial en France aux XVIe et XVIIe siècles, Seyssel, Champ Vallon, 2000, pp. 287 – 288. Retour

Cf. BNF, R 24399. Retour

Cf. M. Chomarat, Bibliographie Nostradamus, Baden Baden, 1989, pp. 95 – 97. Retour

Cf. notre étude sur “le caractère et la carrière posthumes des Centuries”, Site Ramkat.free.fr. Retour

Cf. pp. 395-396. Sur ces auteurs, voir notre Texte prophétique en France, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du septentrion, 2002. Retour

Cf. Discours, chapitre IV, p. 69. Retour

Sur le rapport de Bayle au prophétisme, voir notre étude in Le texte prophétique en France, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2002. Retour

10 Cf. l’étude de P. Guinard, sur le Site du Cura.free.fr. Retour

 


 

 

 

 

 

 

 

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Jacques Halbronn Portrait de l’astrologie moderne, au regard de l’Histoire des Sciences. Sur la méthodologie de l’astrologie.(c 1976-78)

Posté par nofim le 17 septembre 2021

Jacques Halbronn Portrait de l’astrologie moderne, au regard de l’Histoire des Sciences. Sur la méthodologie de l’astrologie.(1976-1978)

 

Nous avons retrouvé  dans nos archives un « mémoire »  rédigé dans le cadre d’une thèse d’Etat (non soutenue) sous la direction de Jacques Merleau-Ponty en épistémologie, Paris X, Nanterre. Ce texte est contemporain de la rédaction de nos Clefs pour l’Astrologie (Ed Seghers 1976, Dir/ de la Collection.  Luc Decaunes).  C’est d’ailleurs,  en cette même université que nous soutiendrons en 1999 une thèse d’Etat sous la direction de Jean Céard, en Histoire non pas sur l’astrologie mais sur le prophétisme. En fait, il est possible qu’il soit légérement postérieur aux Clefs car pour s’inscrire en thèse d’Etat, il fallait avoir une maitrise, ce qui nous fut accordé en 1976.

Nous  ne reproduirons pas ce texte in extenso (il porte le numéro 3) mais nous contenterons d’en reprendre les passages les plus significatifs de notre point de vue. La thèse présentée s’intitulait alors « Idéalisme et rhétorique en Astrologie ».  En 1979, nous soutiendrons sous la direction de Georges Vajda une thèse de 3e cycle, (EPHE VE section) : la problématique astrologique chez les principaux penseurs juifs du Moyen Age Espagnol (qui paraitra en 1985 sous le titre LE monde juif et l’astrologie. Histoire d’un vieux couple. Milan, Ed Arché Dir.L. Toth)

Nous diasgnostiquions alors, le côté « hyperscientifique » du discours astrologique. L’astrologie, écrivions-nous « utilise une information à la fois simple et complexe. Complexe parce qu’elle repose  sur un certain niveau de civilisation, simple parce qu’elle dispense d’un lourd travail de préparation et de traitement. Autrement dit,  la complexité  réside dans la nécessité  de connaitre les données  précises de naissance- ce qui n’est rendu possible que dans une société bureaucratique, institutionnalisée etc; Quant à la simplicité, elle tient à ce que cette information(…) une fois obtenue, le reste suit sur des rails (..) Le paradoxe, épistémologiquement, parlant,  pour ce savoir considéré par la Cité scientifique comme paria tient à ce qu’il emprunte les attentes les plus caricaturale du scientisme. C’est un fait que si l’on ne tenait aucun compte des résultats obtenus mais simplement des méthodes, on pourrait placer l’astrologie au premier plan des sciences de l’homme.  Avec l’astrologie, que d’énergie n’économise -t-on pas, que de longues heures- (…)l’astrologie  n’épargne point quand on la compare au labeur du psychanalyste  ou de l’historien »

Et nous insistions sur les résultats Gauquelin connus alors depuis une vingtaine d’années :  » Le statisticien français  a établi un rapport  entre les catégories professionnelles et la présence de planétes distinctes pour chaque catégorie (…) Tant que des travaux statistiques significatifs et positifs  n’avaient pu etre établis (…) avec quelle aisance, l’astrologue n’eut ils point démontré , au nom même de la Sciene, pourquoi on ne pouvait faire apparaitre le « fait astrologique »!  Et voilà qu’il apparait que l’astrologie peut être appréhendée au niveau de catégories très générales. L’individu est certes unique mais les planétes semblent en mesure de saisir des lois propres à des groupes d’individus; (..) Nous voudrions montrer que globalisme et économie de recherche sur le terrain sont des traits tardifs, liés à une même cause, à une même inversion »

Nous  entendions montrer qu’il y avait un contre sens dans l’usage des portraits astrologiques. «  »Il faut se référer aux techniques actuellement répandues en astrologie indienne. Les astrologues indiens posent beaucoup de questions. Ils ont certes des définitions fort minutieuses mais celles-ci leur servent  (..) à explorer le terrain et non à le deviner. (..) On passe en revue les diverses équations envisageables jusqu’à ce que l’on ait conclu que tel portrait se révélait dans l’ensemble plus ressemblant. (…) il s’agit de portraits somme toute plus ou moins généraux et qui visent moins à décrire qu’à identifier(..) La méthodologie astrologique serait ainsi passée d’une science de l’homme s’efforçant  de baliser le terrain par des méthodes de classification, de répérage (…) à une pseudo-science dédaignant le long cheminement, la nécessaire décantation, pour divorcer d’avec le réel (..) Le  concept d’horoscpie   consiste à demander aux astres eux mêmes de fournir la réponse quant à l’astre régissant l’individu.(…) Le postulat sous jacent nous semble être le suivant : il y a solidarité  entre l’ensemble des  astres (..) L’on a introduit  une série de critères permettant d’apprécier la force respective de chaque astres à la naissance. L’astre le plus « valorisé » sera celui qui gouvernera le sujet. »

Et nous poursuivions: « Nous avons là une exemple caractéristique des difficultés du dialogue Astrologie Astronomie. (..) L’astrologie  donne une importance prioritaire au fait astronomique. (..) Une part importante des mutations du savoir  astrologique  est due à des causes externes, à des nécessité de réajustement. Ainsi le passage de l’astronomie de position à une astronomie plus apte à décrire le mouvement des planétes a -t il constitué une révolution au moins aussi cruciale que la découverte de nouvelles planétes dans le systéme solaire. Mais cette révolution – comme c’est généralement le cas pour la pensée astrologique- n’évacue pas les acquis antérieurs même si

les causes ont disparu.  L’astrologie (..) a du formuler se problématique prévisionnelle  en faisant du long terme avec du court terme (..)

D’où la naissance de ce que l’on pourrait nommer « correspondances temporelles »(..)On conviendrait  que, par exemple, un jour après la naissance indiquerait en fait la situation …..un an après la naissance. » (..) Plutôt que de suivre un seul astre à la trace et d’apprécier toutes les nuances de son itinéraire, l’on va s’intéresser à  tout un ensemble d’astres et s’interroger – ce que permet l’astronomie de position qui est « spatiale »- sur les interrelations qui y régnent. On a dénoncé ce tour de passe passe à propos de la détermination de la dominante (…) Il reste que  l’astrologie joue avec beaucoup de persévérance son rôle d’exégéte de l’astronomie. «   Nous parlions du syncrétisme astronomico-astrologique (…) L’astrologie ne saurait se voir reprocher de ne pas tenir un assez grand compte de l’astronomie et de ses bouleversements mais tout au contraire il conviendrait d’observer les  méfaits d’un tel asservissement »

Quelques réflexions autour de ce « mémoire épistémologique » que nous avons produit il y plus de 45 ans.  Nous apprécierons spécialement l’idée selon laquelle faute de suivre un seul astre dans son périple, l’on aura fait de nécessité vertu et décidé que l’important serait plutôt les relations entre planétes. Est ce que Barbault dans sa définition du cycle planétaire, impliquant deux planétes, ne reste pas marqué par une telle « solution »?  Par ailleurs,  nous percevons dans notre texte de jeunesse l’amorce d’une anthropocosmologie. D’ailleurs, dès la fin 1976, ,nous avions  fait paraitre dans la revue Cosmopolitan  un dossier intitulé « Astrologie sensorielle » (numéro de décembre) qui fixait le cycle de la personne sur la base de tests et non sur la date de naissance.

On notera que le mot « syncrétisme  » figure dans notre mémoire et que nous alertions quant à  son « ‘asservissement » à l’égard de l’astronomie. Syncrétisme  empêchant l’astrologie d’opérer un tri  au sein de sa  « tradition ».

 

 

 

JHB

17 09 21

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Jacques Halbronn 1979 et l’attente prévisionnelle d’André Barbault dans sa revue L’Astrologue

Posté par nofim le 17 septembre 2021

Jacques  Halbronn    1979 et l’attente prévisionnelle  d’André Barbault dans sa revue L’Astrologue

 

 

Le numéro 48  de la revue L’Astrologue (4e trimestre 1979) comportait un texte inttulé « Les premières doriphories de la crise mondiale ». (p.100). On sait que le terme « crise mondiale » avait déjà fait l’objet d’un ouvrage de Barbault, une quinzaine d’années auparavant,  en 1963 : La crise mondiale 1964-1965  (Ed Albin Michel)., au lendemain d’une vraie crise mondiale celle des années 1961-62 qui avec le recul  nous apparaissent comme le moment le plus proche de l’idée d’une crise mondiale -crise de Berlin, crise de Cuba..  Signalons qu’en 1989, à la veille de la conjonction Saturne Neptune, la revue l’Astrologue  ne jugera pas nécessaire de préparer les esprits à  une échéance annoncée depuis les années cinquante par le  même Barbault. Ironie de l’Histoire, c’est justement en 1989  que Barbault connaitre le gout du succés qui lui avait été refusé au cours de la décennie qui était en train de se terminer.

Etudions donc la tonalité des propos de Barbault en cette fin de 1979 qui précéde une « décade »  vouée à être mémorable selon ses dires, celle des années 80 alors juste en train de se profiler.

«  »Depuis  1975 nous sommes entrés dans le processus qui nous achemine vers une nouvelle  grande crise mondiale » Et de se référer à son étude  du  23 février 1977  »

 

Relisons un texte de Barbault paru dans le numéro 42  de sa revue sous  le titre « Tradition  et révolution de l’astrologie mondiale », 2e trmestre 1978

« J’ai maintenant l’absolue conviction que ce que découvriront les futurs historiens de l’astrologie, penchés sur nos travaux actuels, leur apparaitra comme une véritanle et même éclatante révolution de l’astrologie mondiale » Reconnaissons que Barbault aura effectivement « révolutionné’ l’astrologie mondiale, ce qui n’est pas rien, en tout état de cause et est un signe de vitalité  en soi. Quant .à la valeur intrinséque de la dite révolution, c’est une autre paire de manches. Barbault fait déjà une prévision sur  le regard qui sera porté sur son oeuvre : »Elle apparaitra à nos successeurs comme  ayant été accomplie etc  » (Communication  faite aux Rencontres 1978 de la S.F.A. le 5 février 1978)

En 2021,  avec le recul,  le texte de Barbault datant de 1979 semble symboliser  le destin de l’astrologie, toujours en quête d’une reconnaissance  toujours remise à plus tard/

Revenons  sur le cycle Saturne-Neptune qui correspond à la période précédant celle de l’indice cyclique. En 1979,  c’est déjà de l’histoire ancienne dans son rapport à l’astrologie et il a renoncé à « parier » sur le rattrapage soviétique  qui avait  été son

cheval de Bataille depuis son article de janvier 1953 dans le périodique communiste L’Yonne Républicaine. (cf son Pronostic Expérimental en Astrologie, Payot, 1973) On sait qu’à partir de 1990, au lendemain de la fin du Mur de Berlin, il y reviendra, et ce d’autant plus que l’indice cyclique s’était révélé décevant et embarrassant. Mieux valait avoir  deux fers au feu.  Arrêtons nous un instant, tout de même, sur la « Mort de Staline », titre d’un article de Barbault dans son bulletin « Astrologie Moderne » (du mois d’Avril 1953). Certes,  cette mort  aura eu des conséquences significatives mais il reste qu’en elle  même, astrologiquement, c’est un fait tout à fait contingent  et qui ne saurait relever d’une quelconque dialectique cyclique. La mort d’un empire, oui, la mort d’un homme, non car les deux  morts ne se situent pas sur le même plan. La période de 7 ans  ouverte par le passage de Saturne en signe équinoxial- car  la conjonction Saturne Neptune de 1952-53  eut lieu en signe équinoxial -  aura enclenché la communauté  charbon acier puis le traité de Rome et l’on voit bien que l’on est loin d’une histoire de maladie et de mort d’un leader aussi important soit-il. A ce propos,  la conjonction Saturne Neptune de 1988-89 eut lieu en signe solsticial  et Barbault ne fut pas en mesure de distinguer la différence d’impact des deux conjonctions, ce qui rendait son pronostic singulièrement flou car l’astrologie a vocation à mettre en évidence des polarités,  car c’est par le jeu des polarités que son propos fait sens, faute de quoi il reste vain, En l’occurrence, la phase équinoxiale  eut certainement des effets  favorables à tout processus fédéraliste , favorable à une démarche impériale, coloniale et cela ne dépendit pas de l’état de sante du Camarade Stalin. C’est là une fausse causalité qui réduit l’astrologie à une forme de divination!   En 1954, dans ce climat  équinoxial,  la France  n’entend pas renoncer à l’Algérie et il faudra l’arrivée de Saturne en Capricorne pour qu’elle change son fusil d’épaule. De même en 1956,  l’URSS  interviendra en Hongrie., toujours dans le contexte de la même phase équinoxiale et là encore,  le facteur mort de Staline n’est qu’un épiphénoméne qui ne saurait être au coeur d’une recherche  astrologique digne de ce nom. D’ailleursn Barbault le savait bien et son indice cyclique vise un tout autre registre événementiel, d’une toute autre dimension. En fait,  son article  nous apparait comme une remise en cause de tout son travail sur Saturne-Neptune, après la déconvenue de l’opposition saturne Neptune de 1971. En fait, Barbault en 1979 avait renoncé à parier sur le cheval du communisme pour  « prouver » l’astrologie mondiale. Mais dix ans plus tard, en 1989,  il est rattrapé par le cycle en question, d’autant que tout le milieu astrologique applaudit à une prévision faite si longtemps à l’avance mais qui aurait d’ailleurs  pu être validée aussi bien par l’effondrement du bloc communiste comme ce fut le cas que par son expansion. Une prévision à  double entente.

Rappelons pour mémoire que les phases équinoxiales favorissent le dépasement des frontières, des clivages  historiques  alors que les phase solsticiales viennent  renforcer le poids d’un passé refoulé.

 

 

JHB

17 09 21

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Jacques Halbronn Le rayonnement de la Bibliothèque Universitaire de Recherche en Astrologie. Cinquantenaire 1972-2022.

Posté par nofim le 17 septembre 2021

Jacques  Halbronn  Le rayonnement de la Bibliothèque Universitaire de Recherche en Astrologie (BURA) 1972 -2022)  Cinquantenaire de  sa  fondation. -

 

Dressons un bilan de ses activités,  à l’occasion du cinquantenaire de sa fondation.

La  BURA est le reflet des recherches menées par son fondateur à l’occasion de ses différents travaux de recherche et notamment de ses trois thèses consacrées à l’astrologie et au prophétisme (1979, 1999, 2007); Elle est par ailleurs dépositaire des documents  liés à l’organisation de colloques depuis 1974 – ce qui a permis de constituer d’importantes archives audio, vidéo, photo DVD, mini DV, CD etc ,conservées à Paris, 8, rue de la Providence depuis 1979.. Ce qui  a produit  notamment avec Daniel Kubezyk  l’épopée du Mouvement Astrologique Unifié 1974-1994    pour le 20e anniversaire du congrès de 1974 à paris. En 2007-2008, les collections audiovisuelles auront alimenté le projet TV  Urania de Roger Hecquet puis  La chaine  TELEPROVIDENCE    https://www.youtube.com/channel/UCGrSrpM8oTehwHtYPfjLnzQ

La BURA  aura été marquée notamment par la production du CATAF, le Catalogue Alphabétique des Textes Astrologique Français  qui recense  les bibliothèques dans le monde  où est conservée la littérature astrologique. Sa riche collection de périodiques astrologiques étrangers  est notamment en ligne dans le cadre de la BINA.

La  BURA  a pris le tournant de la numérisation de ses collections/ En 2008-2009, numérisation de la collection de microformes  pour le site propheties.it (dir. Mario Gregorio)

http://www.propheties.it › halbronnslibraryfirstpart et en 2020-2021  avec la création de la BINA, Bibliothèque Internationale de Numérisation  en Astrologie.  https://binaastrologie.fr

La considérable  collection de documents photocopiés  a été transférée à Toulouse, aux bons soins de Patrice Guinard, directeur du CURA. On peut en  consulter  le catalogue établi par Antonia Leibovici.
On notera aussi la constitution  de la DIAP
Documentation Iconographique Astro-Prophétique
(DIAP 4: 1555-1597)
Patrice Guinard et Jacques Halbronn

Note P.G.: La plupart des documents présentés sur ces pages sont issus du fonds iconographique de la bibliothèque privée de Jacques Halbronn, duquel on pourra consulter le CATAF édité par moi-même au CURA, afin de les mieux situer. La Documentation Iconographique Astro-Prophétique (DIAP) sera utile aux curieux et chercheurs. J’avais initialement organisé le DIAP en six sections de 150 images au total (soit une moyenne de 25 images par page), réparties en ternaires (soit 27, 24, 21, 33, 15 et 30 images) dans les sections suivantes :

DIAP1: 1504-1554
DIAP2: Nostradamus: Almanachs & varia
DIAP3: Nostradamus: Centuries
DIAP4: 1555-1597
DIAP5: Nostradamus: adversaires, plagiaires et faussaires
DIAP6: 1600-1693

Seules les sections 1, 4 et 6 sont conservées dans cette nouvelle version : en effet, la première version du DIAP n’a plus de raison d’être, et en particulier les 60 images relatives aux ouvrages nostradamiens et nostradamiques. Concernant ce volet, la documentation était très partielle, souvent tronquée, et le support des images scannées de mauvaise qualité. En construisant le CORPUS NOSTRADAMUS depuis février 2006, je me suis efforcé d’acquérir une documentation de meilleure qualité (cf. en particulier la Biblio-iconographie du Corpus Nostradamus, qui se substitue aux trois sections supprimées, devenues obsolètes).
Jacques  Halbronn  Le rayonnement de la Bibliothèque Universitaire de Recherche en Astrologie. Cinquantenaire 1972-2022. dans ASTROLOGIE bout-or  DIAP1: 1504-1554
bout-or dans ASTROLOGIE  DIAP4: 1555-1597
bout-or  DIAP6: 1600-1693

La BURA  publie un »Bulletin  de la BURA » sur le site NOFIM.unblog.fr , comportant des études d’histoire  de l’Astrologie à travers les âges.
Un colloque est prévu  en 2022  à l’occasion du cinquantenaire.
On notera la fortune  de la forme RA  pour « recherche  astrologique »:
GERAS  Groupe d’Etude et de Recherche  en Astrologie Scientifique  1974
CEDRA Centre d’Etude et de Documentation, de Recherches  sur l’astrologie 1986
CURA Centre Universitaire de Recherche  en Astrologie   1999
BURA  Bibliothèque  Universitaire de Recherche en Astrologie. 2021

 

JHB
17 09 21

 

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Jacques Halbronn La synergie MAU- CURA, depuis 1999: du CATAF au GVA

Posté par nofim le 17 septembre 2021

Jacques Halbronn La synergie  MAU- CURA, depuis 1999 Du CATAF au GVA.

 

On présente ci dessous toute une série de documents  qui attestent  de la récurrence des entreprises conjointes (joint ventures)

Documentation Iconographique Astro-Prophétique
(DIAP 4: 1555-1597)
Patrice Guinard et Jacques Halbronn

Note P.G.: La plupart des documents présentés sur ces pages sont issus du fonds iconographique de la bibliothèque privée de Jacques Halbronn, duquel on pourra consulter le CATAF édité par moi-même au CURA, afin de les mieux situer. La Documentation Iconographique Astro-Prophétique (DIAP) sera utile aux curieux et chercheurs. J’avais initialement organisé le DIAP en six sections de 150 images au total (soit une moyenne de 25 images par page), réparties en ternaires (soit 27, 24, 21, 33, 15 et 30 images) dans les sections suivantes :

DIAP1: 1504-1554
DIAP2: Nostradamus: Almanachs & varia
DIAP3: Nostradamus: Centuries
DIAP4: 1555-1597
DIAP5: Nostradamus: adversaires, plagiaires et faussaires
DIAP6: 1600-1693

Seules les sections 1, 4 et 6 sont conservées dans cette nouvelle version : en effet, la première version du DIAP n’a plus de raison d’être, et en particulier les 60 images relatives aux ouvrages nostradamiens et nostradamiques. Concernant ce volet, la documentation était très partielle, souvent tronquée, et le support des images scannées de mauvaise qualité. En construisant le CORPUS NOSTRADAMUS depuis février 2006, je me suis efforcé d’acquérir une documentation de meilleure qualité (cf. en particulier la Biblio-iconographie du Corpus Nostradamus, qui se substitue aux trois sections supprimées, devenues obsolètes).
Jacques Halbronn  La synergie  MAU- CURA, depuis 1999: du CATAF  au GVA dans ASTROLOGIE bout-or  DIAP1: 1504-1554
bout-or dans ASTROLOGIE  DIAP4: 1555-1597
bout-or  DIAP6: 1600-1693

 

 

Catalogue Alphabétique des Textes Astrologiques Français (C.A.T.A.F.) : Lettres A et B
par Jacques Halbronn, Docteur es Lettres

 

Note éditoriale (Patrice Guinard)
Présentation du CATAF (Jacques Halbronn)
Sigles des principales bibliothèques
C.A.T.A.F. LETTRE A
C.A.T.A.F. LETTRE B
C.A.T.A.F. LETTRES C et D
C.A.T.A.F. LETTRES E à K
C.A.T.A.F. LETTRES L et M (disponibilité avril 2001)
C.A.T.A.F. LETTRES N à R (disponibilité avril 2001)
C.A.T.A.F. LETTRES S à Z (disponibilité avril 2001)


Note éditoriale (Patrice Guinard)

    Jacques Halbronn représente à lui seul depuis 25 ans l’essentiel de la recherche française en histoire de l’astrologie.
Un certain nombre d’auteurs, universitaires pour la plupart, ont publié quelques études éparses, sans que celles-ci ne s’inscrivent dans une recherche continue. Leurs auteurs (notamment Elisabeth Labrousse (1974), Luigi Aurigemma (1976), Gérard Simon (1979), Henri Stierlin (1986), Sylviane Bokdam (1990), Germaine Aujac (1993), Jean-Patrice Boudet (1994), Hervé Drévillon (1996), et René-Guy Guérin) ont vite fait de s’intéresser à d’autres sujets – l’histoire de l’astrologie restant en France le tabou que l’on sait. Se consacrer exclusivement à la recherche historique, et a fortiori philosophique, en astrologie, relève toujours, compte tenu des préjugés et des pressions académiques, d’une sorte d’idéalisme inconscient, et ce malgré le travail colossal accompli par l’américain Lynn Thorndike jusqu’en 1965.

    Je connais Halbronn depuis 1983, et il y a près d’une dizaine d’années que je l’encourage à publier son CATAF. Je me réjouis d’avoir le privilège d’éditer cette bibliographie de l’astrologie française moderne, la plus importante jamais publiée sur le sujet, outil de travail indispensable et sans équivalent pour tout chercheur en histoire de l’astrologie.

    L’auteur a suivi à la trace l’histoire des différentes éditions d’un même texte, et il est effectivement probable que cette méthode contribue à résoudre certaines questions d’emprunts. Plus généralement, les conditions de production et de transmission d’un texte ne sont pas sans rapport avec son contenu et font partie intégrante de son exégèse. Cette approche est complémentaire de celle du philosophe qui a tendance à ne considérer que le produit fini, et pour qui la réflexion sur le contenu prime sur l’appareillage critique.

    Le CATAF est livré « tel quel », avec ses innombrables coquilles et avec ses notes de recherche, parfois juste ébauchées, parfois même personnelles. Cette forme me plaît, car on peut y suivre et comprendre les méthodes de travail d’un chercheur. Je signale cependant que la présentation et la mise en page m’ont pris un temps considérable, plus que pour tout autre texte publié par le CURA. Les lecteurs qui voudraient corriger les erreurs, vérifier les références dans les catalogues, et me présenter en fin de compte une version améliorée sont priés de me contacter . Ceux qui voudraient réagir à ce texte afin de signaler des omissions ou d’ajouter des commentaires peuvent aussi joindre Jacques Halbronn à l’adresse mouvementastro@yahoo.fr .

P.G. (Paris, le 11 février 2001)

Présentation du CATAF (Jacques Halbronn)

     Le développement des catalogues informatisés, dans les différentes bibliothèques n’est que d’une aide relative pour le chercheur, notamment pour les ouvrages anonymes. Le besoin est grand de catalogues thématiques et interbibliothèques comme se veut l’être le CATAF. En effet, il convient de ne pas surestimer la compétence de ceux qui sont en charge de la mise en place de catalogues de bibliothèques: ignorance des éditions disponibles ailleurs, incapacité à vérifier les dates de publication et de signaler les faux. D’ailleurs, ceux qui en ont la charge se contentent souvent de puiser dans les travaux de certains chercheurs indépendants. Les catalogues ‘Matières’ des bibliothèques sont généralement très incomplets et l’essor de l’informatique tend à se satisfaire de mots clefs dans le titre des ouvrages. Or, dans le domaine qui nous intéresse, dans bien des cas, le texte astrologique retenu figure dans un ouvrage qui ne fait pas explicitement référence à l’astrologie. Un cas remarquable est celui d’Eustache Lenoble dont le traité astrologique figure au sein d’un ensemble plus large.

     Nous avons mis une douzaine d’années à réaliser le CATAF, en gros de 1980 à 1992. On n’y trouvera que partiellement nos recherches bibliographiques ultérieures consacrées au prophétisme et au corpus nostradamique. Nous renvoyons pour cela à notre thèse d’Etat, Le texte prophétique en France (Paris X, 1999). Pour ce qui est de Nostradamus, nous renvoyons au Répertoire Chronologique Nostradamique (RCN) de Robert Benazra, que nous avons édité, en 1990, aux Ed. de la Grande Conjonction. Le CATAF constitue ainsi un diptyque avec le RCN. Notre travail s’est effectué dans un grand nombre de bibliothèques tant en France qu’à l’étranger. Citons notamment la bibliothèque du Warburg Institute, à Londres, et la Bibliothèque Wolfenbüttel. Il ne prétend pas être exhaustif mais il est susceptible de se faire une idée assez précise de la production astrologique française, au delà des limites des collections de telle ou telle bibliothèque aussi prestigieuse que l’est notamment la Bibliothèque Nationale de France (BNF).

     Notre inventaire aura été assez extensif et en fait concerne autant l’astronomie que l’astrologie pour la période concernée. Le CATAF ne se limite pas à la littérature astrologique parue en français. Nous avons également inclus les textes latins parus sur le sol français, notamment à Lyon, ainsi que les textes allemands parus en Alsace. En outre, nous avons pris en compte les éditions étrangères d’auteurs français, notamment les traductions, ainsi que les traductions d’auteurs étrangers en France. Notre recension ne concerne que des ouvrages dont la première édition est antérieure à 1800, mais nous avons suivi la carrière des ouvrages concernés jusqu’à nos jours. Étant donné que nous recensons les ouvrages tant astrologiques qu’astronomiques, nous avons pensé qu’au delà de 1800, la divergence entre astrologie et astronomie était trop affirmée. Le Catalogue Alphabétique des Textes Astrologiques Français n’est donc pas constitué sur une base purement linguistique mais il obéit aussi à des critères géographiques et historiques.

    Le CATAF est essentiellement un travail personnel mais je dois remercier certaines personnes qui m’ont secondé depuis 1980, Catherine Lavigne, Catherine Pilliot, et particulièrement Antonia Leibovici, responsable du catalogue de la Bibliotheca Astrologica de 1988 à 1993, qui en a fait la mise en page et qui s’était chargée en 1989 de la préparation technique du Répertoire Chronologique Nostradamique.

     Disons quelques mots de la façon dont ce catalogue a été réalisé: on notera le nombre considérable d’auteurs sélectionnés. Notre travail n’a donc pas grand chose à voir avec l’étude de la production liée à un seul auteur, comme c’est le cas du RCN. On ne peut écrire aux bibliothèques et leur demander ce qu’elles ont de tel ou tel auteur. Pour augmenter le nombre de nos auteurs, il convenait de consulter des classements par matière, comme c’est généralement le cas dans les anciens catalogues imprimés des bibliothèques municipales françaises ou les classements par fiches dans de nombreuses bibliothèques, comme la Mazarine, l’Arsenal ou Sainte-Geneviève à Paris. Curieusement, la BN ne comporte pas un tel classement, même à la Réserve, et souvent c’est après avoir trouvé la trace d’un ouvrage dans le catalogue matières d’une autre bibliothèque que nous avons pu ensuite le localiser à la BN! Une autre façon de trouver de nouveaux documents est d’examiner les textes déjà accessibles et de vérifier si d’autres oeuvres du même auteur ou d’un autre auteur n’y sont pas mentionnés. On peut aussi dépouiller des périodiques comme le Journal des Savants ou les Mémoires de Trévoux qui comportent des compte rendus d’ouvrages.

     Le CATAF, émanation de la Bibliotheca Astrologica, a débouché, au fil des années, sur un certain nombre de publications; citons notamment les Remarques Astrologiques de Jean-Baptiste Morin ( Ed. Retz, 1976), l’Introduction au Jugement des Astres de Claude Dariot ( Ed. Pardès, 1990) ou encore le Commentaire du Centiloque de Nicolas Bourdin ou enfin l’Astrologie du Livre de Toth d’Etteilla (tous deux aux Ed. Guy Trédaniel, 1993).

     Paradoxalement, les fichiers de textes anonymes ont longtemps constitué une piste intéressante avant l’avénement des catalogues numérisés. En effet, étant donné qu’ils sont classés d’après les premiers mots du texte, on peut trouver des séries d’ouvrages marqués par un terme à consonance astrologique et dont l’auteur n’est pas connu de la bibliothèque. En revanche, quand un ouvrage est attribué à un auteur, il devient plus difficile à localiser dès lors qu’on ignore l’existence de cet auteur ou le fait qu’il ait écrit sur l’astrologie. On peut bien entendu sur les catalogues informatisés travailler par mots clefs. On peut aussi, sachant que tel libraire/éditeur a publié des ouvrages que nous avons recensés, s’intéresser à la production de ce libraire pour voir s’il n’aurait pas publié d’autres textes du même genre. Enfin, il va de soi que l’on peut recourir à des sources secondaires, à des thèses, à des articles, à des communications dans les colloques, à des travaux historiques, souvent riches en références bibliographiques, ainsi qu’à des catalogues de libraires, des catalogues de ventes, des bibliographies spécialisées en astronomie ou en astrologie, comme Houzeau & Lancaster ou encore dans les almanachs comme celle de Grand Carteret.

     C’est donc en combinant ces divers modes d’investigation que le CATAF a pris forme au cours des années. Il ne semble pas qu’un tel travail concernant la production astrologique ait été conduit pour les domaines des autres grandes langues européennes, notamment en anglais, allemand, italien et espagnol. Souhaitons que notre exemple soit suivi.

     La constitution du CATAF fut par ailleurs l’occasion de rassembler une importante iconographie, essentiellement constituée de pages de titres. C’est ce que nous avons appelé la D.A.P. (Documentation Astrologique et Prophétique) que nous sommes en train de numériser et qui sera prochainement accessible sur le web.

     Le fait de placer le CATAF sur un site Internet devrait permettre de l’enrichir grâce aux corrections et compléments des lecteurs. L’édition numérisée du CATAF rend les index inutiles car chacun peut y circuler comme il l’entend et conduire des recherches selon les critères qu’il peut concevoir. Souhaitons que la mise à la disposition du public de ce catalogue suscite de nombreuses études en Histoire de l’Astrologie.

J. H. (Paris, le 15 novembre 2000)
SIGLES DES PRINCIPALES BIBLIOTHÈQUES

Ars: Bibliothèque de l’Arsenal, Paris
BA: Bibliotheca Astrologica, Paris
BAIU: Bibliothèque de l’Alliance Israélite Universelle, Paris.
BDIC: Bibliothèque de Documentation et d’Information Contemporaine, Nanterre.
BHPF: Bibliothèque de la Société Historique du Protestantisme Français, Paris.
BHR: Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance (revue)
BIC: Bibliothèque de l’Institut Catholique, Paris
BL: British Library, Londres.
BM: Bibliothèque Municipale (suivie de la ville, France).
BN ou BNF: Bibliothèque Nationale de France, site François Mitterrand, Paris.
BN: Bibliothèque Nationale (suivie de la ville, ex. Jérusalem)
BNC: Biblioteca Nazionale Centrale, Florence.
BPU: Bibliothèque Publique et Universitaire (Genève)
BSG: Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris.
BUS: Bibliothèque Universitaire de la Sorbonne, Paris.
CDJC: Centre de Documentation juive Contemporaine, Paris.
ENSBA: Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts, Paris.
FSL: Folger Shakespeare Library, Washington.
IRHT: Institut de Recherche et d’Histoire des Textes, Paris.
LC: Library of Congress, Washington
Maz: Bibliothèque Mazarine, Paris.
NUC: National Union Catalog
Rés.: Réserve des livres rares et précieux
Vat. Bibliothèque Vaticane, Rome (Vatican).
WI: Warburg Institute, Londres

 

 

Actes du Colloque C.U.R.A./M.A.U. de Paris16-17 décembre 2000 : Frontières de l’Astrologie (De Nostradamus aux Gauquelin)

Compte-rendu du Colloque - par Patrice Guinard

Programme et Liste des intervenants présents
N.Éd.: J’ai conservé le format (RTF) et l’état des textes, tels qu’ils m’ont été communiqués.

Cartographie Astrologique - par Claudine Besset-Lamoine

Astrologie médicale - par le docteur Nguyen

Pour l’astrologie! Mais laquelle? - par Patrice Guinard

Le mythe du Modèle Astrologique Universel - par Jacques Halbronn
Schéma du cycle saturnien - de Jacques Halbronn

Datation de phénomènes météorologiques - par Valérie D’Armandy

L’astrologie contemporaine, sens et contresens - par Kieser ibn ‘l Baz

Compte-rendu des 8 sessions du Colloque - par Jacques Halbronn

Compte-rendu du Colloque de Paris
Patrice Guinard a brièvement ouvert le colloque avant de passer la parole à Claudine Besset-Lamoine qui a souligné l’importance de la notion de territoire dans l’astrologie antique, et notamment dans les géographies zodiacales et planétaires, pour habilement introduire les débats sur la question même du colloque. Ainsi s’interroger sur les frontières de l’astrologie d’une part, et définir l’astrologie comme le savoir des territoires et des démarcations d’autre part, seraient-elles géographiques, revient à s’interroger sur la nature même de l’astrologie.

Session 1. L’histoire au service de l’exégèse du texte prophétique

La première session a été pilotée par Isabelle Le Berre qui a rappelé les récents travaux de l’invité principal de la session, Roger Prévost, historien et auteur de Nostradamus – Le mythe et la réalité (1999), lequel a de nouveau exposé — après une émission de Bernard Pivot lors de la sortie de son ouvrage — son interprétation des Quatrains, qui révèle un Nostradamus archiviste, historien, et peut-être aussi poète. A l’appui de sa démonstration: les quatrains IV 86 et VIII 2 des Centuries, qui utilisent un repérage astrologique, et font référence, l’un à des événements de 1495, l’autre aux incidents météorologiques (orages et précipitations) de 1561, tous deux attestés dans les chroniques locales des régions concernées. Roger Prévost aurait ainsi retrouvé les sources historiques, mais aussi littéraires et spéculatives (comme le traité de Richard Roussat, paru à Lyon en 1550, et déjà signalé par certains exégètes), de plus de 600 des 940 quatrains que comprennent les Centuries.

Patrice Guinard a fait remarqué que cette lecture implique que Nostradamus avait a sa disposition une bibliothèque considérable, composée à la fois d’ouvrages historiques, mais aussi d’archives, de bulletins et de chroniques locales. C’est cette bibliothèque essentiellement historique que Nostradamus aurait brûlée, et non une bibliothèque composée en grande partie d’ouvrages ésotériques et magiques.

Roger Prévost a également insisté sur la vision cyclique de l’histoire que Nostradamus partageait avec la plupart de ses contemporains, propos que Frank Hernandez, géographe, a illustré par un schéma cyclique montrant la récurrence supposée d’événements historiques qui se seraient déroulés, à plusieurs siècles d’intervalle, dans les mêmes lieux.

Reprenant cette idée de cyclicité, Jacques Halbronn, historien des textes prophétiques, a exposé sa conception de la mécanique prophétique, à savoir l’exploitation littéraire d’un corpus dont on pense que les événements décrits sont assez solides et judicieusement choisis pour avoir quelque chance de se reproduire, du moins en partie, dans le futur, en vue de valoriser, essentiellement, une situation politique proche, ou même déjà présente. Ainsi le prophète serait l’instrument d’un courant politique ou d’une mouvance idéologique, qui reste d’ailleurs à définir. Mais l’instrumentalisation du texte prophétique ne s’arrêterait pas là, puisque le corpus nostradamique serait en partie l’oeuvre de faussaires ultérieurs, assez doués pour imiter le style de Nostradamus, aussi bien celui de ses quatrains en vers que celui de sa première préface en prose, ce qui m’apparaît fortement improbable. [Je signale à Jacques Halbronn qu'il existe des départements de "Science des Textes et Documents" au sein de certaines universités, qui mettent en branle des techniques sophistiquées de dénombrement de vocables et des analyses comparatives diverses qui pourraient être utiles pour tester cette hypothèse.]

Le débat sur l’authenticité du corpus a été l’occasion pour Jacques Halbronn, qui nie l’authenticité des éditions 1555 et 1557 récemment « redécouvertes » et rééditées par Robert Benazra et Michel Chomarat, d’exposer certains des résultats de sa thèse d’État (1999) sur le texte prophétique en France, et notamment de proposer pour la parution des trois parties des Centuries, les dates de 1559 pour les 353 premiers quatrains, 1568 environ pour les centuries VIII, IX et X, et 1588-1590 pour les autres, ainsi que pour la préface à Henri II.

Finalement la question du phénomène prophétique en soi a été soulevée par Isabelle Le Berre, à savoir celle des capacités réelles ou contestées au prophète de Salon à avoir pu anticiper l’avenir. La vision sceptique des historiens Prévost et Halbronn n’a pas été entièrement concédée par les astrologues participant au débat, comme Tristan Lahary, invoquant certains travaux de Jacques Dorsan, qui s’est interrogé sur la possibilité pour Nostradamus d’avoir en réalité utilisé un repérage sidéral et non tropique pour les positions planétaires mentionnées dans les quatrains.

[Les conceptions de Jacques Halbronn et de Roger Prévost, quoiqu’en apparence complémentaires, soulèvent un problème crucial qui aurait mérité d’être davantage débattu et qui en fait met à jour leur absence de convergence, si ce n’est leur contradiction. Un nombre non négligeable de quatrains (I 5, I 66, III 41, III 68-69-70, IV 44-45-46-47, IV 49…) de la première édition des Centuries, parue vers 1559 selon Jacques Halbronn qui considère les éditions antérieures comme antidatées, interprétés par Roger Prévost à la lumière des documents historiques, se rapportent à des événements ultérieurs à cette date, par exemple le couronnement de Maximilien II en 1564 (quatrain I 43). Autrement dit, il faudrait repousser encore ce qui serait la première édition authentique d’au moins 5 ans, ou alors cesser de nier le caractère prophétique d’un phénomène qui échappe en grande partie aux limites de la rationalité moderne.]

Patrice Guinard a conclu le débat par une analyse comparative, pour le quatrain X 67 (Le tremblement si fort au mois de May), de l’interprétation de Roger Prévost (une forte pluie de grêle le 4 mai 1549 dans la région de Montélimar) avec celle de Vlaicu Ionescu (la brusque offensive allemande du 10 au 21 mai 1940), et tenté de montrer que, compte tenu des positions  planétaires indiquées, les deux interprétations restaient plausibles, et que la recherche de la source textuelle comme celle de l’événement futur annoncé n’étaient pas irréconciliables. Ainsi les orages de 1549 pourraient aussi coder, par un jeu sur les dates (1549 «–» 1945), les événements de 1945 (les bombes lancées sur Hiroshima et Nagasaki, marquant la fin de la guerre et le dernier vers du quatrain: Tombera gresle lors plus grosse qu’un euf). Chaque quatrain serait un texte à deux faces, l’une tournée vers le passé, l’autre vers le futur, et la base historique, littéraire ou simplement textuelle des quatrains coderait un avenir pressenti. C’est ainsi que la vision cyclique de Nostradamus trouverait sa consécration.

Session 2. Les fondements biologiques de l’astrologie et leur application à la médecine

Jean-Paul Citron, biologiste, a exposé les mécanismes déclenchés par le signal gravitationnel dans la cellule. Lors d’une variation gravitationnelle (et en particulier d’origine astrale), la molécule d’ADN se décompacte et se reconfigure. En outre les rythmes planétaires semblent mémorisés au niveau cellulaire, et par suite le signal astrologique se justifierait par sa nature gravitationnelle et par le fait qu’il agirait de manière rythmique.

Bernard Blanchet, astrologue conditionaliste, a demandé à Jean-Paul Citron d’expliciter son modèle biochimique pour les signaux à faible intensité, notamment ceux relatifs à Pluton, et Patrice Guinard a soulevé le problème des seuils, en demandant s’il existait une limite quant à l’enregistrement et la sensibilisation de la cellule aux rythmes d’origine cosmique, invoquant la récente découverte de planétoïdes de taille infime au-delà de Pluton-Charon.

Jean-Paul Citron a souligné la capacité de l’ADN à réagir à de très faibles intensités et admis la possibilité de l’existence de seuils minima, au-dessous desquels la réponse ne se produirait pas. La fameuse courbe de Gauss pourrait être le modèle formel illustrant ces mécanismes. Concernant l’origine du déclenchement de cette sensibilisation de la cellule aux rythmes planétaires, Jean-Paul Citron a mentionné un phénomène connu des biologistes, la re-méthylation du génome, qui se produit quelques jours après la naissance et qui serait un début d’explication à l’acquisition par le nouveau-né d’une sensibilisation à des rythmes planétaires spécifiques.

Bernard Biardeau a présenté un système de correspondances entre les signes zodiacaux et les méridiens de l’acupuncture, et exposé les résultats de son expérience homéopathique, tendant à souligner l’efficacité des substances homéopathiques susceptibles de contrebalancer les faiblesses et déséquilibres planétaires d’un thème natal.

Patrice Guinard a ensuite donné la parole à Valérie d’Armandy qui a exposé certains résultats de sa pratique et discuté le problème de l’assimilation des maladies aux facteurs planétaires et zodiacaux. Elle a insisté sur le caractère collectif de certaines maladies récentes, comme le cancer et le sida, qui seraient en quelque sorte intériorisées au niveau psycho-mental à travers les medias, et mis en avant l’observation suivant laquelle une maladie donnée serait moins liée à une dominante planétaire fixe qu’à une sensibilisation généralisée de l’organisme, d’abord d’origine psychique, et de nature neptunienne, et à une activation de cette sensibilisation par la planète Mars.

Le docteur Franck Nguyen a exposé avec circonspection son expérience en astrologie médicale, souligné ses limites et montré l’impossibilité de diagnostiquer une maladie à l’aide du seul thème natal. Les données astrologiques seraient à prendre en compte, corrélativement aux autres données d’ordre physique, biologique et organique, et ne relèveraient que d’un déterminisme relatif. Suite à une question de Jacques Halbronn concernant le déclin de l’astrologie médicale au cours du XVIIIè siècle, Franck Nguyen a montré que les techniques modernes avaient suppléé nombre d’outils astrologiques encore répandus à cette époque et devenus aujourd’hui inutiles. Enfin, Patrice Guinard a suggéré que l’efficace des influences astrologiques sur le plan médical pourrait être due principalement à la nature psychique, ou plus exactement psycho-somatique, des facteurs à prendre en compte, et notamment au niveau des transits planétaires.

Session 3. La spécificité de l’astrologie française

Pierre Barrucand, ex-mathématicien au C.N.R.S., a porté témoignage sur ses rencontres avec certains astrologues français des années 40 et 50, dont la plupart sont aujourd’hui décédés. Virginia Spica a évoqué les réunions bimensuelles animées du C.I.A. (Centre International d’Astrologie) dans les années 60 et son implosion au début des années 70 en raison de conflits de pouvoir. On peut regretter que ce creuset parisien de discussions fécondes n’ait plus aujourd’hui de véritable équivalent et que l’astrologue-consultant s’en tienne à sa pratique et à sa clientèle sans se soucier des éventuels progrès de la recherche. Jacques Halbronn a défini la période 1975-2000 comme étant celle de l’âge des congrès, soulignant son action au sein du M.A.U. pendant ces années, ainsi que l’activité de Patrice Louaisel dans le développement de réseaux régionaux.

Véronique Lepage a comparé la situation de l’astrologie française à celle de l’astrologie anglaise, et remarqué que l’expansion de l’astro-psychologie britannique, essentiellement d’orientation jungienne, suite à l’influence de Dane Rudhyar et de Liz Greene, pouvait être due à un besoin, comblant la faiblesse du développement de la psychanalyse britannique, contrairement au rayonnement de la psychanalyse française, de Jacques Lacan à Françoise Dolto.

A la suite de ces divers témoignages, Patrice Guinard a recentré le débat sur la question de l’éventuelle existence d’une spécificité de l’astrologie française, notamment au niveau des conceptions théoriques, si ce n’est des pratiques. José Fernández Quintano (Espagne) a fait part de l’écho important qu’a connu l’astrologie française dans son pays, et suggéré que sa spécificité était peut-être à rechercher en comparaison avec la philosophie, dont le courant structuraliste a connu en France un essor incomparable. Il a cependant conclu son intervention en soulignant que la véritable rupture moderne se serait faite avec l’américain Dane Rudhyar qui aurait débarrassé l’astrologie d’une certaine conception prédictive et ésotérique qui était encore celle en vogue au début du XXè siècle. [On pourrait cependant lui objecter que le français Paul Choisnard est décédé plusieurs années avant la parution des premiers ouvrages de Rudhyar, et qu'en 1935, l'Allemagne avait déjà derrière elle une activité de recherche incomparable].

Patrice Guinard a ensuite exposé ses idées concernant la tendance de l’astrologie française à restreindre le corpus astrologique à ses facteurs essentiels. Les planètes hypothétiques de l’école de Hamburg, les mi-points de Witte et Ebertin, les harmoniques de John Addey et d’autres inventions comparables ont connu un écho assez faible dans ce pays. Cette simplification des facteurs pris en compte dans le thème natal s’accompagne d’une technique d’interprétation mettant en jeu des orbes d’autant plus larges. Jacques Halbronn a suggéré que ce penchant serait plutôt dû à une volonté de restructurer le corpus et la tradition au niveau des fondements, d’où la forte tendance « structuraliste » de l’astrologie française, à commencer par Dom Néroman, alors que les allemands et les anglais auraient plutôt cherché à faciliter le travail de l’interprète.

Patrice Guinard a souligné que l’astrologie horaire, fort répandue outre-Manche et outre-Atlantique, était restée une pratique relativement marginale en France, ainsi que celle des orbes étroits, ce qui tendrait à montrer, comme l’a reconnu aussi Tristan Lahary, que les techniques ayant directement trait à la prédiction, ne connaissent pas en France le même engouement qu’ailleurs. Steffan Vanel (USA) a conclu la session en montrant que les astrologues américains étaient davantage attirés par la nouveauté que les astrologues du vieux continent, à commencer par les français, ce qui présente l’avantage d’une grande émulation, mais aussi l’inconvénient d’une certaine naïveté concernant la réalité du fait astrologique.

Session 4. Le thème astrologique comme mandala de la consultation

Jacques Halbronn a ouvert cette session en exposant ses théories, par ailleurs bien connues. Le thème natal, élément essentiel de la consultation, sert à produire du discours. L’instrumentalisation du thème, natal ou horaire, fonde la consultation astrologique. Il importe peu que l’astrologue ait derrière lui de longues années d’études, pourvu qu’il sache gérer le dialogue et maîtriser la situation de consultation. Il n’importe pas plus que la signification donnée aux divers éléments du thème soit ou non issue de recherches d’ordre physico-biologiques, puisque ces significations ne sont finalement que des conventions culturelles, que l’astrologue-consultant saura manier avec plus ou moins de dextérité.

Yves Haumont (Belgique), auteur d’une thèse sur la langue astrologique, a comparé le discours astrologique au discours alambiqué de la psychanalyse lacanienne. L’effet serait comparable, puisque le patient ressort sonné de la consultation. Et Roberto Renout a prolongé cette optique en montrant que le thème, projection du ciel sur une surface, n’était pas même nécessaire, et pouvait être remplacé par une série de boules sphériques et colorées, représentant l’ensemble des possibilités astrologiques, au sein desquelles le patient a le loisir, dans la consultation, de choisir ses options, et ainsi de découvrir un espace symbolique qui lui conviendrait, selon ses goûts et ses affinités.

Franck Nguyen et David Buffet se sont opposés à ces vues, soulignant le fait que l’astrologue ne produit pas n’importe quel discours, et que tout discours n’est pas interchangeable, comme semble le croire Halbronn. Le malade du poumon n’accepterait pas que le médecin propose de lui soigner le genou, comme l’a rappelé Franck Nguyen. David Buffet a souligné qu’il n’existait pas une uniformité psychologique entre individus, et illustré ses propos par sa pratique des degrés monomères, issue des travaux de Gilles Verneret, et impliquant au contraire une hyper-spécialisation de la lecture du thème.

José Fernández Quintano a regretté qu’il n’y ait pas davantage de consensus dans l’interprétation du thème. Steffan Vanel a défendu sa conception de la consultation, et justifié le couplage du thème astrologique avec les lames du tarot, limitant ainsi le penchant de l’astrologue à la projection. Fouzy Hamici a présenté sa pratique intuitive comme celle d’un artiste qui n’aurait pas besoin d’un lourd bagage livresque. Enfin Bernard Blanchet, consultant en entreprise, a disqualifié l’astrologie comme instrument fiable du recrutement, contestant au thème natal sa capacité à informer sur le niveau de compétence de l’individu.

[Il semblerait que Jacques Halbronn prenne le client de la consultation astrologique pour un imbécile. Si le patient reçoit une sorte de discours stéréotypé ou plus ou moins adapté à la situation du moment auprès d'un astrologue peu qualifié, ou même auprès d'un brillant artiste qui divague, il n'en résulte pas que la consultation lui ait été salutaire. Et par suite il peut avoir tendance à retourner voir le même astrologue ou un autre, comme dans le cas de la cure psychanalytique infinie à la Lacan. Ce qui fait marcher le commerce, et tous y trouvent leur compte -- qui peuvent remercier Halbronn qui donne ainsi son aval à ce que je serais tenté d'appeler l'incompétence. Mon expérience est tout autre. J'ai remarqué, lors des consultations que j'ai pu donner dans le passé, que si l'astrologue mettait le doigt sur le point sensible, et savait montrer au patient l'abîme existant entre son potentiel psychique et les représentations psycho-mentales qu'il peut s'être forgé de lui-même au cours du temps, démêler l'écheveau en quelque sorte et le guérir de ses illusions par une analyse critique, le résultat était spectaculaire. Le patient reçoit un véritable choc psychologique, comme le réclamait Jung pour la psychanalyse, qui lui donne des indications précieuses sur lui-même s'il sait les accepter. Rien à voir avec le discours d'un bonimenteur qui agit seulement au niveau verbal, à la surface de la conscience. Les conséquences peuvent être que le patient a compris quelque chose et ne désire plus consulter d'astrologue, parce que l'astrologue lui a donné les moyens de se passer de lui. La consultation n'est pas une affaire de description psychologique, mais de transformation psychique.]

Session 5. Le statut de l’astrologie

Cette session a commencé par un entretien entre Patrice Guinard et Françoise Gauquelin, laquelle a donné quelques précisions relatives à l’interprétation des travaux qu’elle a faits avec son mari Michel, aujourd’hui décédé. Ainsi l’abondance des recherches actuelles, surtout anglo-américaines, concernant la planète Mars et « l’effet Mars » ne signifie pas que cette planète aurait plus d’importance que les quatre autres planètes (Jupiter, Vénus, la Lune et Saturne) pour lesquelles des résultats statistiques ont été trouvés, mais serait due au renouvellement plus aisé des échantillons de sportifs, et donc à une plus grande facilité pour les expériences de replication. Franck Nguyen s’est interrogé sur l’absence de résultats concernant les autres planètes, en particulier Mercure, et suggéré que certaines planètes admettraient une adéquation moins évidente avec la notion de catégorie professionnelle.

Jean-Paul Citron a poursuivi son exposé de la veille et tenté d’élucider comment certaines corrélations entre les mécanismes biochimiques pouvaient éclairer certaines affirmations astrologiques: par exemple la corpulence de l’individu (gros ou maigre) qui pourrait être mise en relation avec une valorisation planétaire Jupiter/Lune chez les gros, et Saturne/Lune chez les maigres. Françoise Gauquelin s’est déclarée prête à tester statistiquement cette hypothèse, et Patrice Guinard a demandé si ces corrélations biologiques pouvaient être généralisées à d’autres planètes. Jean-Paul Citron a donné d’autres exemples, et admis que les progrès constants de la biologie demandaient à la fois une certaine prudence, mais permettaient aussi d’envisager de belles avancées dans l’avenir.

Patrice Guinard s’est interrogé sur le statut de l’astrologie, et nié que l’astrologie puisse devenir une science, même si les résultats statistiques d’une part, et les recherches d’ordre biologique d’autre part, pouvaient être d’un secours non négligeable quant à la compréhension du fait astrologique. Il a présenté l’astrologie d’abord comme une philosophie, peut-être une philosophie compréhensive des sciences humaines, avec aussi certaines exigences d’ordre astronomique et physique, mais une philosophie qui relève encore d’une certaine forme de croyance ou tout au moins de consentement. Le statut de l’astrologie est tout aussi ambigü pour les sceptiques et pour les historiens, puisqu’on retrouve l’astrologie, surtout ancienne, en appendice des encyclopédies historiques, que ce soit en astronomie, en philosophie ou dans l’histoire des religions.

José Fernández Quintano a précisé quelques points concernant un projet d’avenir pour l’astrologie: la formation pluridisciplinaire de l’astrologue, la nécessité d’un débat entre astrologues afin d’éviter l’implosion de l’astrologie en raison d’une pléthore de techniques disparates, et l’intérêt d’une étude attentive de la période babylonienne, encore peu connue, et cependant cruciale pour la compréhension de l’astrologie.

Patrice Guinard a essayé de montrer qu’il existait trois attitudes concernant l’astrologie: le « rien ne marche » des sceptiques qui interprètent l’astrologie comme un processus d’auto-suggestion, un simple effet placebo ; le « tout marche » du praticien qui se satisfait d’une technique qui n’a pas besoin de justification ; « il y a quelque chose qui marche » en raison de certaines résonances d’ordre physique, géo-magnétique et biologiques, et la tâche astrologique consiste à rechercher un modèle qui répond à ces exigences.

Jacques Halbronn a précisé que tout ce qui existe astronomiquement ne devait pas avoir forcément une signification astrologique, que tout ce que l’astrologie a accumulé au cours de son histoire ne devait pas avoir obligatoirement une utilité aujourd’hui, et que tout le vécu de la personne humaine ne concerne pas nécessairement l’astrologie. Finalement il a opté pour la troisième hypothèse exposée par Patrice Guinard, celle d’une certaine astrologie qui marche, mais non pas en raison d’une recherche d’ordre épistémologique ou d’une vraisemblance d’ordre physique, mais en vertu d’une sélection délibérée, d’un choix arbitraire de nature conventionnelle.

Pierre Barrucand est revenu sur la question des éventuelles corrélations entre les éléments astronomiques et les traits de caractère, et s’est interrogé sur l’attitude des scientifiques et sur leur fermeture d’esprit envers l’astrologie, d’autant plus « curieuses » qu’ils sont relativement bien disposés par ailleurs à tester des hypothèses dépourvues de preuves.

Pour Ioan Azimel, un ancien élève de Jacques Halbronn, le fait que l’astrologie ne soit pas unifiée serait une force, car elle devient inattaquable, ce qui renforce l’affirmation de son maître, à savoir que l’astrologie se maintient tant qu’elle existe dans l’esprit humain. Patrice Guinard a finalement fait observer qu’aucune recherche n’est possible avec de tels présupposés, et oublié de rappeler pour clore le débat une sentence de son Manifeste, à savoir: L’astrologie serait-elle totalement éradiquée de la culture, l’astral n’en continuerait pas moins à piloter la conscience humaine.
Conclusion

Pour les trois sessions suivantes, auxquelles je n’ai pu participer, je renvoie au compte-rendu de Jacques Halbronn. Ce colloque a été d’une excellente qualité, tant au niveau des interventions qu’au niveau des débats. La salle était composée essentiellement d’astrologues et de spécialistes, par exemple Paule Houdaille, Richard Pellard ou Christian Gourdain. Daniel Cobbi a été excusé, ainsi qu’Illel Kieser qui m’a adressé le texte de sa communication. Le succès du colloque méritait qu’un effort soit fait pour en rendre compte, et un document video est en préparation. Que tous soient remerciés pour leur participation, et aussi pour avoir compris qu’il n’est pas encore devenu inutile, à l’heure d’Internet, de dialoguer et de confronter ses conceptions de vive voix. Souhaitons que ce type de congrès, rassemblant des astrologues et spécialistes qui discutent entre eux, et non seulement des « professeurs d’astrologie » qui enseignent ex cathedra les résultats de leurs dernières trouvailles à leurs élèves, puisse perdurer, pour l’instant grâce essentiellement à l’entrain et à la générosité de Jacques Halbronn.
Patrice Guinard, directeur du C.U.R.A.
20 janvier 2001


Programme et Liste des intervenants présents* Colloque placé sous l’égide du C.U.R.A. (Patrice Guinard) et du M.A.U. (Jacques Halbronn)
* XXVème anniversaire de la fondation du M.A.U. (Mouvement Astrologique Unifié)
* Premier colloque astrologique du C.U.R.A.
* Direction des débats: Isabelle Le Berre (session 1), Patrice Guinard (sessions 2, 3 & 5), Jacques Halbronn (sessions 4, 6, 7 & 8).
Samedi 16 décembre 2000
Ouverture du colloque: Patrice Guinard et Claudine Besset-Lamoine
Session 1:  Nostradamus et l’Astrologie. L’appel au prophétisme.
Pourquoi le médecin Michel de Nostredame, qui publiait sur l’astrologie, a-t-il choisi de passer à un autre registre, celui du prophétisme poétique?  La part de l’astrologie dans les Centuries. Le prophétisme au secours de l’astrologie. Les astrologues face à Nostradamus (de Neptune à Chiron).
Avec Roger Prévost, Isabelle Le Berre, Patrice Guinard, Frank Hernandez, Jacques Halbronn, Tristan Lahary
Session 2:  Astrologie et Médecine. Liens avec la biologie.
La médecine médiévale se raccordait à  l’astronomie/astrologie. Puis elle s’en est écarté et l’a évacuée. La recherche biologique lui donne-t-elle tort ou raison? Quelle est sa place chez le médecin d’aujourd’hui? Un astrologue peut-il se situer sur le plan médical? Quelle déontologie?
Avec Jean-Paul Citron (C.O.M.A.C.), Valérie d’Armandy, Franck Nguyen (R.A.O.), Jacques Halbronn, Bernard Biardeau, Patrice Guinard
Session 3:  Y a-t-il une école astrologique française?
Existe-t-il, dans chaque pays, une tradition astrologique spécifique? Quelles en sont les raisons? Quelle est et quelle a été la place de l’astrologie française dans le monde? Bilan de l’astrologie française au XXème siècle. Sa dépendance de l’étranger et son rayonnement.
Avec Patrice Guinard, Véronique Lepage, Pierre Barrucand, Virginia Spica, José Fernández Quintano (Espagne), Jacques Halbronn, Steffan Vanel (USA)
Dimanche 17 décembre 2000
Session 4:  Le thème natal comme mandala et rituel. Quelle instrumentalisation?
Quels que soient les doutes que l’on puisse exprimer au regard de l’astrologie, le thème natal constitue un vecteur privilégié de communication et d’identification pour l’individu. L’astrologie, à ce niveau là, est-elle un langage ou un savoir? Comment se préparer au métier d’astrologue et comment l’exercer? Quelles relations avec les psys?
Avec Yves Haumont (Belgique), Jacques Halbronn, David Buffet (C.A.E.), Roberto Renout, Steffan Vanel, José Fernández Quintano, Marc Cohen, Fouzy Hamici, Bernard Blanchet (A.É.R.A.), Franck Nguyen
Session 5:  L’astrologie comme savoir frontière. Quelle épistémologie?
L’astrologie se situe-t-elle dans le champ de la science ou à ses frontières? Peut-on la cerner par le moyen de la statistique sans l’appauvrir? Sa pérennité fonde-t-elle sa légitimité à se situer à part, sur un autre plan qui échappe aux outils d’investigation habituels? A quelles conditions pourrait-elle être reconnue par l’intelligentsia contemporaine? Quel sera son devenir au XXIème siècle?
Avec Françoise Gauquelin (Astro-Psychological Problems), Patrice Guinard, Jean-Paul Citron, Franck Nguyen, Pierre Barrucand, Ioan Azimel, José Fernández Quintano (Beroso)
Session 6:  Astrologie et astronomie. Le sidéralisme.
A côté de la tradition astrologique zodiacale et tropique se sont développés d’autres façons de déchiffrer et de décoder le ciel qui nous renvoient à la question des origines de l’astrologie. Quel est le ciel de référence pour l’astrologie: celui des Anciens ou celui que nous connaissons aujourd’hui?
Avec Didier Massoulle (astronome), Christian Lazarides, Jacques Halbronn, Barbara de La Motte Saint-Pierre, Tristan Lahary, Bernard Blanchet, Franck Hernandez
Session 7:  Astrologie et géographie. Chorographie. L’astrologie mondiale
Le modèle astrologique doit-il prendre en compte la diversité des peuples et des régions du monde? Comment savoir si une période sera ou non favorable à un pays? Bilan des prévisions politiques et sociales au XXème siècle.
Avec Jacques Halbronn, Franck Hernandez, Valérie d’Armandy, Fouzy Hamici, Barbara de La Motte Saint-Pierre, Michèle Gior, Éric Ruiz, Évelyne Latour, Xavier Faurelle, Yves Haumont
Session 8:  Astrologie et  clivages socio-culturels. L’homme et la femme dans l’équation astrologique.
Pertinence des clivages et typologies astro-psychologiques? Le clivage entre pro- et anti-astrologues révèle-t-il un fossé entre certaines catégories socio-culturelles? L’astrologie est-elle pour les femmes une contre-culture, une forme de protestation en tant que savoir non conforme, marginal, « paria », mais qui « marche »?
Avec Bernard Blanchet, Yves Haumont, Franck Nicolas, Jacques Halbronn, Véronique Lepage, Tristan Lahary, Marie-France PhilipL’oeuvre d’Eustache Le Noble   fait partie des reproductions de la Bibliotheca Astrologica dont Patrice Guinard fut un usager assidu  dans les années 1980-90.

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Eustache Lenoble (1643-1711): Un Bilan
sur l’Astrologie à son déclin
(Avec des extraits de son Uranie, ou les Tableaux des Philosophes)
par Patrice Guinard

Lenoble, d’après les indications qu’il donne sur son propre thème à divers endroits de son traité (Mars à 13 degrés du Sagittaire à la fin de la maison V, la Lune (sans parallaxe ?) à 23 degrés du Cancer à l’Ascendant, la pointe de la maison XII à 21 degrés des Gémeaux…), et comme il utilise probablement la domification Placidus, moins répandue que celle de Regiomontanus, mais plus commode (p.254), serait né à 17h45, le 26 décembre 1643 à Troyes (aucune heure n’est indiquée dans son acte de baptème à la page 162 du registre paroissial de Sainte-Madeleine de Troyes).[1]. Le biographe Philippe Hourcade ignore son jour de naissance, mais signale ses ancêtres : Marié à Perrette Michelin en 1668, il est le fils d’Eustache I Lenoble (1613-1688), président au bailliage de Troyes, et de Françoise Amiot (-1656) mariés en 1642, le petit-fils de Pierre II Lenoble (1574-1651) et de Simone de Mesgrigny mariés en 1612, l’arrière-petit-fils de l’écuyer Adam Lenoble et d’Etiennette Lamy mariés en 1571, et l’arrière-arrière-petit-fils de Pierre I Lenoble (-1590) et de Marguerite Le Marguenat (Hourcade, Entre Pic et Rétif, Eustache Le Noble (1643-1711), Paris, Aux Amateurs de Livres, 1990, p.37).

Thème natal d'Eustache Lenoble, rev. 2015

Eustache Le Noble, baron de Saint-Georges et de Tennelière, historien, physicien et astrologue, a surtout été un dramaturge d’une certaine importance, et ses oeuvres complètes ont été rééditées à titre posthume, en 20 volumes à Paris en 1718, puis à La Haye en 1726. Il a connu une vie passionnée et agitée (adonné aux raffinements libertins, il dilapide sa fortune en quelques années ; incarcéré, il s’évade pour rejoindre une femme avant d’être repris quelques années après), a été mêlé à la politique (il est nommé procureur général au parlement de Metz), et meurt le le 31 janvier 1711 dans la misère.[2]

Cet esprit éclectique a laissé deux textes astrologiques importants. La Dissertation chronologique et historique touchant l’année de la naissance de Jésus-Christ (Paris, 1693) reprend la théorie des Grandes Conjonctions énoncée par Kepler dans son traité De Stella nova (Prague, 1606). Ce thème a été largement débattu par les astrologues, depuis Abû Ma’shar jusqu’au récent ouvrage de Percy Seymour [3] , en passant par Albert le Grand, Guido Bonatti, Cecco d’Ascoli, Pierre d’Ailly, Luca Gaurico, Gerolamo Cardano, Kepler et d’autres.

Son second ouvrage, l’Uranie, ou les Tableaux des philosophes (Paris, G. de Luynes, 1694-1697, 3 vol.; rééd. Paris, Pierre Ribou, 1718) est un traité ambitieux, de nature astro-philosophique : les livres I et II traitent de la philosophie grecque (présocratiques, Platon, Aristote, Épicure…), les livres III et IV de la philosophie moderne (essentiellement Gassendi, Descartes, Copernic et Tycho Brahe), le livre V des fondements de l’astrologie, et le livre VI des jugements astrologiques.

Lenoble invite à partager sa vision critique de l’astrologie, dégagée des préjugés rationalistes comme des superstitions des esprits crédules. Si « cet Art ne peut jamais rien produire d’absolument certain » (p.127), il n’en résulte pas qu’il ne faille lui accorder aucune importance. L’impossibilité de produire des jugements prédictifs n’invalide pas le discours astrologique dans son ensemble. L’astrologie est une philosophie, et l’Uranie est précisément d’abord un abrégé de l’histoire de la philosophie, des Présocratiques à Kepler, astrologue-astronome.

Mais une philosophie ignorante de l’astrologie, comme celle de Descartes, repose elle-même sur des assises bien fragiles. Le Cogito par exemple, qui marque la séparabilité des consciences, n’est qu’une des postures possibles de l’esprit humain, que le savoir astrologique a précisément pour dessein de faire comparaître avec d’autres.

Lenoble reproche aux détracteurs de l’astrologie, penseurs, philosophes et théologiens, de confondre l’astrologie avec les pratiques abusives qui la dénaturent. Ce n’est pas parce que la littérature astrologique a produit un fatras d’affirmations superstitieuses et puériles, que l’astrologie en soi doive être écartée sans examen. Quant à la majorité des astrologues-consultants, ces « vendeurs de fumée » (p.301), ils semblent ignorer la véritable nature de l’astrologie.

Ainsi l’enjeu de l’Uranie est de présenter une vision épurée de l’astrologie, à l’usage des intellectuels comme du grand public : « les prétendus esprits forts qui la blâment et la méprisent sans la connaître seront convaincus de leur erreur, et auront pour elle quelque indulgence (…) les âmes faibles qui par une aveugle crédulité se rendent les dupes des charlatans qui outrent cette connaissance, et qui en passent les limites pour entreprendre des prédictions qui n’ont aucun fondement physique, ne se laisseront plus si facilement abuser par les impostures présomptueuses des astrologues. » (p.127)

Au début du livre VI, Lenoble réfute les principaux arguments contre l’astrologie : inutilité des prédictions, divergences entre astrologues, argument des jumeaux, moment de conception, incertitude de l’heure de naissance et autres difficultés techniques, disproportion entre la limitation des qualités élémentales et la diversité de leurs effets sur les individus. Il tente de justifier par des principes physiques et « naturels », à l’instar de Ptolémée et de Kepler, la vraisemblance des structures astrologiques, par exemple l’attribution des qualités élémentales aux saisons et aux signes zodiacaux par des principes de nature climatologique, et ainsi d’adapter l’astrologie aux exigences de la rationalité de son temps.

Lenoble souligne que l’origine des noms des constellations zodiacales est à rechercher dans les phases du cycle solaire journalier (V 8), mais il semble avoir quelque difficulté à accéder à une conception véritablement cyclique du zodiaque, ce qui le conduit à supposer (comme Al-Kindî) une influence de la lumière stellaire : « Quoi qu’il en soit, il faut concevoir que tous ces noms ne servent qu’à distinguer et désigner les constellations, et qu’ils n’ont aucune efficace ni rapport aux influences que la lumière de ces étoiles nous peut apporter. » (p.161). Ainsi l’interprétation mythologique doit être abandonnée au profit d’une vraisemblance d’ordre physique.

La source première des « influences » serait, pour Lenoble comme pour son aîné Placidus de Titis [4] , la lumière : « la lumière est l’unique canal de l’influence » (p.154), « nulle lumière, nulle influence » (p.208), « sans lumière il n’y a point d’influence. » (p.233), « point d’influence sans lumière, et point de lumière sans corps » (p.258)…

Malgré son effort de rationalisation et son souci d’assainir le corpus astrologique (rejet des Termes ou Fins, acceptés par Ptolémée (p.232) et de la Part de Fortune, une « chimère » (p.256), des noeuds lunaires, des inventions et « arabesques » des astrologues Arabes, des aspects keplériens…), Lenoble reste prisonnier finalement, en dépit de son engagement en faveur de la représentation copernicienne du système solaire (V 4), de la conception physique « aristotélicienne » qui est encore celle qui prévaut à la fin du XVIIème siècle.

Ainsi tente-t-il de justifier les aspects (ici le trigone) par des considérations cycliques (chaque année la Lune progresse de 4 signes par rapport au Soleil et tous les 20 ans la conjonction Saturne-Jupiter progresse de 4 signes) et géométriques (trois trigones forment un triangle équilatéral) [5] , et les planètes et signes zodiacaux par des raisonnements d’ordre physico-météorologiques, à l’instar de Ptolémée et de Kepler. Cependant il reste conscient du relatif échec de cette approche, et semble admettre que ces considérations restent circonscrites par les limites de la connaissance physique de son époque. Contrairement à Kepler, il est persuadé de la validité du zodiaque, des maisons et même des domiciles. En ce qui concerne les signes, il écrit: « j’aime mieux croire que les anciens après de très-longues experiences ont reconnu dans quelques uns de ces signes quelque qualité dominante qui les a déterminés à cette division : ainsi quoi qu’à mon sens elle n’ait aucun fondement solide et naturel. » (p.232)

Les explications rationalistes de Ptolémée restent souvent spécieuses.[6]  L’approche de Kepler est extrêmement critique et sélective, et en abandonnant le Zodiaque et les Maisons, il semble bien, contrairement à la sentence du frontispice de son Tertius interveniens (1610), qu’il se soit débarrassé d’une partie de l’enfant avec « l’eau du bain ». Le discours de Lenoble me semble plus juste. Les fondements physiques et naturels, maintes fois mis en avant dans son discours, ne serviraient tout au plus que de « raisons apparentes », du moins dans l’attente d’une physique qui soit susceptible d’entériner l’essentiel de la pensée astrologique, peut-être celle de l’astronome Percy Seymour.

Le thème de Lenoble explique assez bien son ambivalence, à savoir son souci de purifier le discours astrologique (Saturne au MC et Soleil en Capricorne), tout en préservant l’intégralité d’un corpus vraisemblable (Lune à l’Ascendant), essentiellement ce que j’ai appelé les structures astrologiques, image de la matrice astrale.[7]  Car en astrologie, il n’y a pas comme en philosophie, d’origine, de centre, de foyer, visible ou caché, qui serait le point d’organisation des concepts et de développement du discours : tout est structure, tout commence et finit avec les structures. Le Zodiaque est une structure cyclique avant d’être une symbolique ; il opère comme archétype pour le psychisme et pour les découpages du réel qui en résultent. Les opérateurs astrologiques s’organisent dans des structures temporelles qui dépendent en amont du réel astronomique et génèrent en aval des significations et interprétations « métaphoriques ». Lenoble l’a compris, même s’il n’a pas toujours su l’exprimer.
Notes

[1]  Il est fréquent à cette époque pour les auteurs de traités d’astrologie de laisser des indications parsemées dans leurs ouvrages, afin que le lecteur averti puisse retrouver leurs coordonnées de naissance. Il en va ainsi d’Antoine de Villon dans son traité L’usage des éphémérides (Paris, 1624) ou encore de Nicolas de Bourdin dans son commentaire du petit recueil pseudo-ptoléméen, Le Centilogue [sic] de Ptolomee ou la seconde partie de l’Uranie, (Paris, 1651). Une lecture attentive de ce texte permet d’en déduire que cet auteur est né le 1er novembre 1603, et non en 1583 (!) comme l’indique, dans sa réédition en fac-similé de cet ouvrage (Paris, Trédaniel, 1993), Jacques Halbronn, qui confond Nicolas avec un parent. « Texte

[2]  Sur Eustache Lenoble, cf. mon article, « Apogée de l’astrologie française à la fin du XVIIème siècle » (in Astralis, 19, Lyon, 1987) et aussi les « Recherches sur l’histoire de l’astrologie et du tarot« , commentaire de Jacques Halbronn à sa réédition d’Etteilla, L’astrologie du Livre de Thot (Paris, Trédaniel, 1993, p.15-21). « Texte

[3]  Percy Seymour, The birth of Christ (Exploding the myth), London, Virgin, 1998. Cf. aussi Ornella Pompeo Faracovi, Gli oroscopi di Cristo, Venezia, Marsilio, 1999. « Texte

[4]  « La vertu influentielle des étoiles est la lumière. » (Placidus de Titis, Primum mobile, traduction Claudine Besset-Lamoine, Paris, FDAF, 1998, p.2). « Texte

[5]  Uranie, ou les Tableaux des philosophes, 5.21, p.216. « Texte

[6]  Cf. notamment sa justification des Domiciles planétaires dans le Tetrabiblos : La Tétrabible ou Les quatre livres des jugements des astres, trad. Nicolas de Bourdin (1640) revue par René Alleau, Paris, Denoël / Culture, Arts, Loisirs, 1974, p.54-56 ; ou encore Le livre unique de l’astrologie, trad. Pascal Charvet, Paris, NiL, 2000, p.64-65. « Texte

[7]  Sur ces notions d’opérateur astrologique, de structure astrologique et de matrice astrale, cf. mon Manifestehttp://cura.free.fr/01manif.html  « Texte

 

 

 

 

ASTROLOGIE – ASTROLOGY

Catalogus Codicum Astrologorum Graecorum (CCAG)

bout-noCCAG, vol. 8.3 Codicum Parisinorum, éd. Pierre Boudreaux, Bruxelles, héritiers Henri Lamertin, 1912
bout-noCCAG, vol. 9.1 Codices Britannicos (codices oxonienses), éd. Stéphane Weinstock, Bruxelles, héritiers de l’Académie
bout-noCCAG, vol. 9.2 Codices Britannicos (codices londinenses, cantabrigienses et al.), éd. Stéphane Weinstock, Bruxelles
bout-noCCAG, vol. 10 Codices Athenienses, éd. Armand Delatte, Bruxelles, héritiers Maurice Lamertin, 1924
bout-noCCAG, vol. 11.1 Codices Hispanienses I, éd. Carlo Oreste Zuretti, Bruxelles, héritiers Maurice Lamertin, 1932
bout-noCCAG, vol. 11.2 Codices Hispanienses II, éd. Carlo Oreste Zuretti, Bruxelles, héritiers Maurice Lamertin, 1934
bout-noCCAG, vol. 12 Codices Rossicos, éd. Mstislav Antonini F. Šangin, Bruxelles, héritiers Maurice Lamertin, 1936

bout-bl 3969 Heredity Data (Napoli) (new)

bout-bl Digital International Astrology Library 2

$ailly $pontano $regio1513 $licht1526 $practica1514 $schoener45 $cardan43 $511bon01 $artopoeus $comet1572

bout-no Sloane Astrological Manuscripts
bout-bl Christopher Heydon, A defence of judiciall Astrologie, Cambridge, 1603
bout-bl Christopher Heydon, An Astrological Discourse, London, 1650

bout-or Astrologia Perennis, Sources des citations en début de chapitres (rev. Avril 2020)
bout-or  »Qui a peur de l’Astrologie ? » 1e version [TH D Sorbonne, 1992-1993] + corrections ca. février 1997
bout-or  »Qui a peur de l’Astrologie ? » 2e version [L'Astrologue, 1996-1997] + notes manuscrites Françoise Gauquelin au n° 113

bout-or L’Astrologie dans le Dictionnaire des antiquités grecques et romaines de Daremberg et Saglio
bout-or Patrice Guinard: Conditions et réserves à ma « True and wonderful prediction for twenty years (2010-2030) »
bout-or Documents photocopiés de la Bibliothèque du CURA*******

 

 

LE GUIDE DE LA VIE ASTROLOGIQUE (GVA)
Sous la direction de Jacques Halbronn
Extraits du DESS « Le milieu astrologique, ses structures et ses
membres », Paris VIII, 1995, sous la direction d’Yves Lecerf)
Note de Patrice Guinard (27 Juillet 2002):
Cette version du DESS de Jacques Halbronn (1995) n’a été que
partiellement expurgée, par moi même, des innombrables coquilles et
marques de frappe hâtives qui accompagnent le texte. Il s’agit d’un
témoignage, indispensable car unique en son genre, mais parfois
exagérément autocentré à mon goût, sur la vie astrologique
française, principalement dans les années 60, 70 et 80. Il fait suite
à l’ouvrage de Jacques, « La vie astrologique années
Trente Cinquante », publié la même année à Paris aux éditions
Trédaniel. D’aucuns ne pourront s’empêcher de penser à la fameuse
formule d’Auguste Bouché Leclercq, tout aussi appropriée au sujet
semble t il, du moins dans sa subordonnée, qu’à l’astrologie grecque,
déconstruite par l’érudit rationaliste et sceptique:
« On ne perd pas son temps en recherchant à quoi d’autres ont perdu le leur. »
Avant propos à la réédition du CURA
La récente soutenance d’Elisabeth Teissier en avril 2001 et la
sortie six mois plus tard de sa thèse, chez Plon, sous le titre
L’Homme d’aujourd’hui et les astres. Fascination et rejet,
nous invite à faire le point sur la sociologie
du milieu astrologique, en constatant que
Mme Teissier n’a pas jugé bon de signaler l’existence d’un
Guide de la Vie Astrologique 1985
, paru en 1984 chez Guy Trédaniel
, le GVA, réédité en 1997 aux Ed. Olivier Laurens, ouvrages vendus en librairie
et qui d’ ailleurs lui consacrent une notice significative. Il eut été
précieux que E. T. signalât la façon dont les astrologues parlent
d’eux mêmes et se mettent en perspective, ce qu’en jargon
anthropologique on appelle l’ accountability
, entreprise qui d’ailleurs n’a pas été menée par d’
autres communautés astrologiques dans le monde pas plus d’ailleurs que ce ne fut le cas pour le CATAF
(sur le site du CURA, le Catalogue Alphabétique des Textes
astrologiques français).
Le texte qui suit a été en partie publié
en 1997 mais sous une forme à la fois expurgée et augmentée: expurgée de nombreux
développements concernant la vie des associations astrologiques et
augmentée de diverses contributions d’astrologues  etc

NB****

La    « Bibliothèque du CURA » comporte essentiellement des dossiers  en provenance de la Bibliotheca Astrologica (Paris) qui ont été transférés sur Toulouse, siège du CURA. en 2010-2011

 

 

 

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