Jean Sendy et sa lecture de la Bible

Posté par nofim le 30 octobre 2014

 

Les extra-terrestres dans l’Histoire de l’Humanité. Autour de  l’oeuvre de Jean Sendy

par  Jacques  Halbronn

 

Nous avons connu Jean Sendy (né en 1910), peu avant sa mort. Il devait normalement intervenir en septembre 1977 au Congrès que j’avais organisé (avec la revue L’autre Monde de Roger Faloci) au FIAP, à Paris mais son décé intervint dans les semaines qui précédérent  (cf La Nouvelle Ere du Verseau. Ed Albatros-Autre Monde  1979) On notera que  Sendy avait publié en 1968  » La lune clé de la Bible » et que 8 ans

plus tard nous avions publié « Clefs pour l’Astrologie ».

L’approche que nou développons actuellement quant aux origines de l’Astrologie nous apparait comme

marquée par l’empreinte de la pensée de Sendy, par ailleurs connu comme traducteur de l’anglais en français

mais aussi spécialisé dans le sous-titrage des films anglo-saxons en français .C’est donc un moment propice pour que nous relisions ses livres qui s’articulent sur le texte de la Genése.

La Lune clef de la Bible, Les temps messianiques, L’ère du verseau, Les cahiers de cours de Moïse. Ces dieux qui firent le ciel et la terre,  Nous autres, gens du Moyen Age (tous réédités dans la collection « J’ai Lu »., dans les années soixante.

La thèse que nous soutenons, en effet, c’est que l’astrologie serait en fait le résultat d’une intervention

d’en haut par des « extra-terrestres » (Sendy parle de cosmonautes appelés Elohim(un pluriel en hébreu)

dans le texte biblique)   qui auraient institué le pouvoir d’une caste dirigeante, obéissant à certains signaux célestes, générant un processus cyclique.

L’astrologie ne serait ainsi nullement le fait d’une Science mais d’une technologie  très avancée, même pour notre époque actuelle. Dans l’Inconscient Collectif de l’Humanité, l’astrologie serait perçue comme la marque et la trace d’une telle intervention colonisatrice, survenue il y a de nombreux millénaires. Sendy parle d’une « colonisation de la Terre par des Anges venus du Ciel »

Nos travaux mettent en évidence cette astrologie

qui n’a pas grand chose à voir avec l’astrologie telle qu’elle se présente de nos jours dans une certaine

littérature.  En fait, cette grille permet à la fois de mieux comprendre et l’astrologie et le Livre de la Génése

(en tête du Pentateuque, les 5 livres (Houmash ). On  notera que Sendy se sert de la  précession des

équinoxes et de sa connaissance ancienne pour y voir la preuve d’une intervention d’en haut.

/ Or, c’est l’existence même de l’astrologie qui vient, selon nous, valider l’oeuvre de Sendy. On notera que les  textes de Sendy encadrent l’arrivée des hommes sur la Lune durant l’Eté 1969 tant et si bien qu’il annonçait que l’on ne tarderait pas à découvrir des éléments  de

confirmation sur la Lune (et qu’on attend toujours, semble-t-il,  plus de 40 ans après)

Les cahiers de cours de Moïse Julliard 1963; J’ai Lu 1970

Les dieux nous sont nés. L’âge ingrat  ed Grasset 1966

La Lune Clef de la Bible (Julliard 1968, J’ai Lu 1969)

Ces dieux qui firent le ciel et la terre  Robert Laffont  1969 J’ai Lu 1979

Nous autres gens du Moyen Age, Julliard 1969

Les temps messianiques  1970 Robert Laffont J’ai Lu 1980

L’ère du Verseau,, fin de l’illusion humaniste,  1970  Robert Laffont,  J’ai Lu  198O

Les temps messianiques  Robert Laffont 1975  J’ai Lu 1980

 

L’astrologie chez Sendy

Dans « Ces dieux qui firent le ciel et la terre », Sendy  traite de l’astrologie à propos du 4e jour. Il y aborde

notamment le phénoméne de la Précession des équinoxes, qui selon lui fut révélé aux hommes bien avant qu’ils aient eu les moyens de le décrire par eux-mêmes. Les ères précessionnelles sont donc un argument

puissant aux yeux de Sendy.  Pour notre part,  la démonstration que l’on tire au regard de l’Histoire de

l’Humanité ne nous séduit pas vraiment d’autant que le symbolisme zodiacal nous apparait comme

relativement tardif.

Dans l’Ere du Verseau, Sendy enfonce le clou. Il y affirme que Moïse  » se servait certainement du

symbolisme zodiacal ». Alors que Sendy est fasciné par une astrologie du cycle lent  – une grande horloge (près de 26000 ans pour que le point vernal revienne à sa « position » sidérale d’origine), notre astrologie s’en tient  modestement à un cycle de 7 ans!

 

Abordons d’autres auteurs sur une ligne assez comparable.

Jean-Marie Durand, dans L’Homme manipulé, Ed Les 3 spirales  2003 se référe à la « haute

technologie » qui aurait permis de faire de l’Homme un être à leur image.

Erich Von Daniken  dans L’Or des dieux. donne  pour sous titre:   Les extra-terrestres parmi nous (en allemand)  Ed R. Laffont  1974

Enfin, Wiktor Stoczkowski  nous propose Des hommes et des dieux et des extraterrestres. Ethnologie

d’une croyance moderne  Ed Flammarion  1999 un discours socio-ethnologique sur les soucoupes

volantes qui  traite plus du phénoméne au présent alors que ce qui nous intéresse,  c’est surtout leur

intervention dans les temps anciens. Mais il est clair que Sendy surfait aussi, dans les années

soixante-soixante-dix  sur l’intérêt que portaient les Ufologistes à la question des autres mondes habités.

En quoi notre démarche se distingue-t-elle de celles des auteurs cités ?  Nous pensons que les

dits « extra-terrestres » ont instauré un pouvoir qui perdure jusqu’à nos jours.  Selon nos travaux, les

principaux leaders de ce monde, tout au long des siècles,  sont reliés de façon très spécifique à certaines

configurations célestes et notre humanité continue à protester contre un tel pouvoir, ce qui expliquerait

la récurrence des révolutions. En s’en prenant à ces « leaders », la « masse »  exprime en fait son rejet

de cette emprise millénaire et perçue comme étrangère. Quelque part, la Shoah serait l »expression

monstrueuse du refus de cette « greffe ».   Sendy ignorait nos travaux qui n’en étaient quand on s’est rencontré

qu’à leurs balbutiements. Toutefois, dès 1976, donc peu avant sa mort, nous avions publié Clefs pour

l’Astroogie (chez Seghers, lié à son éditeur  Robert Laffont) dans lequel nous envisagions déjà une

origine « étrangère » de l’astrologie (extra-terrestres, civilisations disparues etc). Mais nous nous

appuyions alors sur un autre volet de l’astrologie, qui n’était ni la précession des équinoxes (malgré le

Colloque et le collectif que nous avons dirigé en 1977/79) ni le cycle de  Saturne (bien que ce cycle ait déjà

été présenté dans les Clefs mais en rapport avec les équinoxes et les solstices et non avec les 4 étoiles fixe

royales dont Sendy semble tout ignorer). Ce volet qui nous fascinait, à l’époque, en ces années 70 concernait

le dispositif des « maitrises » (cf aussi Mathématiques Divinatoires, Ed Trédaniel, 1983. Préface Jean Charles

Pichon)/ Ce dispositif nous apparaissait alors comme  étant d’un niveau de complexité supérieur à ce

que l’Humanité antique aurait pu élaborer par elle-même. Nous avons renoncé depuis longtemps à un tel

argument, faut-il le préciser. Mais l’on perçoit ce qui nous rapproche de Sendy, à savoir la tentative

de prouver que l’Humanité actuelle a dépendu d’une intervention extérieure et c’est dans ce sens

que Sendy sous-titrait son ‘Ere du Verseau »,  « fin de l’illusion humaniste ». ‘(1970, in Collection  Les Enigmes de l’Univers, Laffont)

Ce qui nous distingue de Sendy, c’est qu’il s’appuie sur le fait que les « humains », les « terrestres » ne

pouvaient connaitre telle ou telle donnée scientifique comme la précession des équinoxes. Nous mêmes

avec notre argument « structuraliste » à propos de la sophistication de la théorie des « domiciles » des

planétes (en anglais rulerships) nous n’en étions pas encore à envisager que l’Humanité elle-même, dans son

mode de fonctionnement ou du moins quant à ses leaders et au processus cyclique qui était le leur,

aurait été le résultat de cette colonisation, du fait d’une bio-technologie très avancée. Cela dit, la Bible

nous apparaissait comme impliquant, en tout état de cause, une telle grille de lecture.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

30 10 14

Publié dans ASTROLOGIE, Conscience, judaîsme, machine, prophétisme, RELIGION, SCIENCE, Technologie | Pas de Commentaire »

La dialectique conjonction/disjonction. Yang/Yin

Posté par nofim le 29 octobre 2014

Astrologie Mondiale. La nécessaire approche dualiste et l’épistémologie de la

cyclologie. .

par  Jacques  Halbronn

 

Les astrologues tombent toujours dans le même piége à savoir qu’ils considérent comme un échec ce qu’ils ne

peuvent expliquer par leur astrologie.  D’où la tendance

à ramifier leur système pour ne jamais être pris au dépourvu.

Faudrait-il  cependant s’en tenir à des configurations visibles à l’oeil nu, c’est à dire à un

bagage dont on pouvait déjà disposer dans l’Antiquité?.  Seuls ceux qui ont appris l’astrologie avec les nouvelles planétes semblent incapables d’envisager une telle éventualité, de par la force de l’habitude.

Entre deux corps célestes, la seule configuration visible est, selon nous, la conjonction. On ne voit pas un

« carré » à moins d’avoir un « compas dans l’oeil ».

On est  là devant un dilemme: doit-on  adhèrer à cette idée de la « disjonction » et ainsi expliquer toutes

sortes d’événements qui échappent à la conjonction stricto sensu ou dois-je m’en tenir à la seule

conjonction et déclarer forfait pour des tas de dates qui se présentent?

Seait-il préférable d’opter pour une approche minimale et restreinte et s’en tenir à ce qui

reléve directement de la conjonction sans entrer dans toutes sortes de dérivations et donc de dérives.

Qu’il y ait un autre monde que celui de la conjonction, certes mais nous préféreons le laissere en dehors de

notre champ de conscience tout en y voyant une sorte de dialectique du masculin et du féminin, du Yang et

du Yin.?

Autrement dit,  cette « disjonction » c’est un peu comme la mort par rapport à la vie.  Nous savons que cela

existe, que c’est la « mort » de la conjonction mais cela se situe bel et bien sur un autre plan.

Donc, on aura compris que l’on sera bien inspiré, épistémologiquement, de s’en tenir au seul créneau de

la conjonction et plus précisément de celle de Saturne avec l’une des 4 étoiles fixes royales, ce qui exclue

notamment la conjonction de deux planétes, chère aux frères Barbault (Armand et André) au lendemain

de la Seconde Guerre Mondiale, et qu’ils avaient baptisée quelque peu abusivement de ‘cycle planétaire ».

Un  autre inconvénient de notre position, c’est que cela se limite à un rendez-vous tous les 7 ans, ce qui

est évidemment assez peu puisque le reste du temps, on se retrouve dans une sorte de purgatoire du

leadership, avec le retour à une « souveraineté » populaire, qui mobilise le plus grand nombre au lieu de laisser

le monopole du pouvoir à un seul homme, doté de super-pouvoirs

Pour illustrer notre propos, nous évoquerons  l’invasion nazie de l’URSS  à la fin juin  1941 dont on nous dit que ce fut  ‘la plus grande invasion de l’histoire militaire de par le nombre de soldats mobilisés et de pertes[. Ce sont près de quatre millions de soldats de l’Axe qui pénètrent en Union soviétique. » (Wikipedia)  Saturne est alors  à 23° du signe du Taureau, soit à l’approche de la conjonction avec l’étoile fixe Aldébaran. Il y a là quelque chose

de gigantesque voire de monstrueux, de hors du commun

(au plein sens du terme) qui caractérise bien le climat conjonctionnel. Faut-il préciser que l’on se

trouve actuellement sous le coup d’une configuration semblable avec Saturne à 23° Scorpion, s’approchant

d’Antarés (9° Sagittaire)?  Mais nous avons déjà connu des phénoménes assez puissants comme l’émergence

de cet « Etat Islamique » au Moyen Orient, d’un nouveau « califat ».  Précisons ausitôt que plusieurs événements

peuvent parfaitement se produire en différents points du globe.

Est-il naîf de penser qu’un tel repli stratégique de l’Astrologie faciliterait son intégration au sein du concert des

« sciences » ayant voix au chapitre.? Car force est de constater qu’actuellement, on n’imagine pas un

astrologue participer à un collége d’experts. Tout au plus le consulterait-on à part. Et l’astrologie du XXe

siècle n’y aura rien changé.

Faut-il focaliser la recherche astrologique autour du phénoméne du déplacement, du

voyage et donc de la rencontre, du rapprochement. Si je ne me bouge pas et si je n’accueille pas celui

qui vient vers moi,  je ne rends pas la rencontre possible. Or, nous avons pu constater depuis déjà

un certain temps, que les conjonctions  (Saturne-étoiles fixes royales) favorisaient  les rencontres mais

qu’elles exigeaient du mouvement. C’est donc ce mouvement qui nous intéresse au premier chef comme

condition nécessaire mais non suffisante de la rencontre, comme  symptome particulièrement visible

des effets de la conjonction.

Nous avons récemment été tentés de valider le travail que

nous avions effectué il y  a 20 ans dans L’Astrologie selon

Saturne. De même André Barbault, après 1989  n’a-t-il pu

résister au plaisir d’une prévision réussie du fait du cycle

Saturne-Neptune (de 36 ans). Mais à y regarder de plus

près, il nous est apparu que c’était un cadeau empoisonné

que cette réussite prévisionnelle pour 1995  se situant

dans une série de rendez-vous ayant lieu tous les 30 ans

environ, à l’approche de Saturne du 0° Bélier.(fin Poissons)

En effet, la « validation » de notre modéle par la prévision

« aboutie » du mouvement social de 1995, un an avant son

échéance,  était-elle si évidente que cela, à y regarder de

plus près? Ne cédions-nous pas, à notre tour, à une certaine

tentation subjective et somme toute anecdotique du récit d’un

succés prévisionnel contingent? Bien pis, est-ce que ces

prétendus résultats  étaient compatibles avec d’autres travaux

conduits entre temps? En effet, la conjonction de Saturne

avec l’une des 4 étoiles fixes royales précédait somme toute

de peu cette échéance de la seconde moitié du signe des

poissons. André Barbault, à partir de 1989 est-il ainsi

réellement parvenu à concilier sa prévision pour cette année

avec des travaux plus tardifs comme l’indice de concentration

planétaire? N’a-t-il pas ainsi régressé par rapport à ses avancées

ultérieures de la quarantaine en raison d’un pronostic effectué

au début de sa trentaine et qui avait le « malheur » de sembler

tomber juste, lui? Il eut fallu beaucoup de courage pour

relativiser la signification structurelle d’un tel succès. Mais

il est vrai que cela venait compenser , tel un baume, la déconvenue, la

déconfiture des années 80 du fait du dit indice.

En vérité, ce « résultat »  de Saturne fin poissons aura fini

par se révéler incompatible avec nos  recherches présentes et

même en menacer la cohérence. S’il est facile de rejeter les

travaux d’autrui, il est plus délicat de procéder ainsi avec les

siens propres, auréolés d’une certaine ancienneté.

A y regarder de plus près, notre série  de  8 dates

échelonnées sur  deux siècles  comportait quelques chainons

fragiles. Prenons le cas de 1848. Certes, ce fut un temps marqué

par des révolutions mais ce fut aussi l’exploit d’un Louis

Napoléon Bonaparte qui se fera élire premier et d’ailleurs

seul président de la Seconde République! N’est-on pas

en ce milieu des Poissons encore dans l’orbe de la conjonction

de Saturne avec l’étoile fixe Fomalhaut? Bien pis, selon notre

modéle actuel, il n’y avait plus aucune raison de se

polariser sur le seul passage de Saturne à la fin des poissons

puisque chacune des 4 étoiles fixes royales était à égalité.Et si

l’on prend le Front Populaire de 1936  ne s’agit-il pas d’un

exploit de la part de Léon Blum? Mais début 1936 c’est aussi

le coup de force de Hitler remilitarisant la Rhénanie (cf les Chemins de la Liberté de J. P. Sartre)

qui laissera  la France lâchée par la Grande Bretagne.

Cela avait été précédé par la reprise de la conscription

allemande en mars 1935 (Saturne étant conjoint à

Fomalhaut)

Même 1965 nous semble bien

être d’abord marqué par l’exploit de François Mitterrand

mettant en ballotage au premier tour De Gaulle à l’instar en

2002 de l’exploit de Jean-Marie Le Pen d’arriver au second tour

de l’élection présidentielle, en phase conjonctionnelle de

Saturne, Jospin étant éliminé au premier tour.  Même 1995  nous apparait comme marqué par

l’exploit d’un Jacques Chirac revenant de loin et éliminant

au premier tour Edouard Balladur, le premier Ministre sortant

et l’emportant devant Jospin, lequel prenait le relais du Président

sotant François Mitterrand.

En relisant l’Astrologie selon Saturne nous percevons des

failles comme ce passage sur 1965 (p 7) :

‘Dans la foulée (de 1965), on trouve Mai  68 avec Saturne en Bélier

(18°) ».  Or, Sature à la moitié du Bélier ne saurait être

assimilé à Saturne   à la moitié des Poissons!

Quant à la fouchette première de 1789, ne peut-on

penser au personnage remarquable de Mirabeau?

Mais alors, nous demandera-t-on:  qu’est ce qui, a contrario

caractériserait la disjonction? Nous dirons qu’elle n’est marquée

par l’émergence d’aucun leader marquant et que c’est avant

tout un mouvement de la base qui est précisément marqué

par le refus d’un leader, qui entend se passer d’une telle

figure, ce qui fait à la fois sa force et sa faiblesse.

En conclusion, nous confirmons la dialectique conjonction-

disjonction, à 45° en gros d’intervalle. Certes, la disjonction

est-elle « invisible » corporellement, à la différence de la

conjonction, un peu comme la nouvelle lune par rapport à

la pleine lune.  Et en ce sens, on rappelera que les événements de

1989 ne sauraient, selon nous, s’expliquer par une conjonction

-comme le voudraiit Barbault et ses  partisans- mais bien par une disjonction.

On nous objectera  qu’il n’y a pas de raison de s’en tenir à la seule planéte Saturne.  Mais un tel discours

est inflationiste. Qui ne voit que la multiplication des « conjonctions » serait du plus mauvais effet? Certes,

mais, continuera-t-on à nous objecter: pourquoi pas les autres planétes? Il est clair que rien ne vient

justifier le choix de Saturne d’un point de vue purement astronomique. Mais l’astrologie n’est pas

l’astronomie même si elle lui emprunte. L’astrologie reléve plus de la science politique ou juridique (et donc

du religieux) que de la science  « dure ». Nous ne disons pas que les astres agissent sur nous de leur propre

fait- si ce n’est à une échelle infinitésimale- mais que les sociétés anciennes ont décidé de conférer à certaines

configurations valeur de signal, sur une base purement visuelle.

Notre propos rejoint peu ou prou celui de Freud quand il traite de la dialectique du pénis et du phallus en ce sens

que la conjonction correspondrait au stade phallique (érection)  et la disjonction au retour au pénis, de par sa contraction. (cf Marie Françoise  Laval- Hygonenq « Envie du pénis et/ou intégration phallique », in

Clés pour le féminin   Femme , mère, amante et fille,   dir  Jacqueline  Schaeffer, et al, Paris, PUF, 1999, pp 169 et seq). On dira que tous les 7 ans, quelque part, le masculin reprend et réaffirme son pouvoir par le biais de la dite conjonction, ce qui déclenche un nouveau cycle.  A l’opposé, il semble que Jung ait en quelque sorte nié la dualité ou plutôt l’ait limité à une altérité intérieure, notamment autour de l’animus et de l’anima.

Ce rendez vous  qui se tient tous les sept ans peut être interprété à la lumière de la dialectique

Pluton/Hadés versus Cérés/Démeter.   La conjonction serait plutonienne (aucun rapport avec la planéte

de ce nom) et la « disjonction » qui en est le contrepoint et le contrecoup serait cérésienne (cf l’histoire

de Proserpine/Perséphone/Coré). Tous les 7 ans, les « gardiens » que sont les « leaders » et qui sont en

fait les « juges » (cf l’Ancien Testament) interviennent pour que justice soit faite, que les confrontations

entre les protagonistes aient lieu car ils ont le bras long- ce qui implique la faculté de se déplacer pour

qu’il n’y ait pas impunité. En ce sens la conjonction nous apparait comme la fin d’un cycle, comme l’heure

du Jugement par rapport à ce qui s »est accompli et joué depuis la précédente conjonction. Il y a dans

la conjonction une connotation liée à l’Aigle qui fonce sur sa proie, en partant de loin, auquel rien

n’échappe, n’est hors de sa portée. Il y a  ici un paralléle étrange entre le monde d’en haut (le Ciel) et le monde souterrain, ce qui invite à une nouvelle lecture de la Table d’Emeraude.

Toute l’astrologie se résumerait en  fait à ce dispositif d »une « semaine » de 7 années mis en place depuis

des millénaires par des Elohim (cf notre étude sur Jean Sendy).
Contrairement à ce qu’affirment tant d’astrologues, l’astrologie n’est pas le fait d’observations mais d’une

construction exigeant une très haute technologie et donc une intervention extérieure  à notre planéte, la Terre. Le pouvoir de ces Elohim serait relayé par ces « gardiens »  – les « anges » (messagers, missionnés) - qui réaffirment leur pouvoir et leur mission tous les sept ans.  L’ouvrage de Jean-Marie Durand , probablement inspiré peu ou prou par Sendy(L’homme manipulé. Ed Les 3 spirales 2003) parle de « manipulations génétiques » (p. 8) « Qui a écrit la Genése? demandet-il. « Et comment les auteurs ont-ils pu faire une narration aussi précise puisqu’ils n’étaient pas là? »

 

JHB

02  11 14

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans ASTROLOGIE, Conscience, Culture, divination, HISTOIRE, POLITIQUE, PSYCHOLOGIE, RELIGION, SCIENCE, symbolisme | Pas de Commentaire »

Repenser l’Histoire des femmes et du couple.

Posté par nofim le 24 octobre 2014

La place des femmes dans l’Histoire. Pour une approche quantitative. La sérendipité du couple.

 

par Jacques  Halbronn

 

 

La question de la place des femmes dans l’Histoire, au sens global du terme par delà l’aspect proprement politique, s’est heurtée à un

certain nombre d’obstacles  (épistémologiques) du fait que l’on aura voulu instaurer une sorte de symétrie, de calque, ce qui n’a pas lieu d’être. Nous voudrions insister ici, en effet, sur la nécessité d’un traitement quantatitatif plutôt que qualitatif du sujet. (cf  Les femmes

dans les sciences de l’homme (XIXe-XXe siècles)  Inspiratrices, collaboratrices ou créatrices?  Dir. Jacqueline Carroy, Nicole Edelman etc  Ed Seli-Arslan  2005, La place des femmes dans l’Histoire. Une histoire mixte  dir  Geneviève  Dermenjian etc ,  Ed Belin  2010)

Nous partirons d’une grille bien spécifique à savoir que les femmes agissent avant tout dans l’Histoire non pas individuellement mais

collectivement, ce qui conduit à une approche, une méthodologie,  nécessairement très différentes de l’Histoire des Femmes par rapport à celle des Hommes.

Il importe avant toute chose de souligner l’importance du processus de consommation dans le fonctionnement des sociétés. Tel produit se vendra largement et tel autre guère et il en est de même qu »‘il s’agisse d’électroménager, de littérature,  de beauté etc.  C’est le nombre qui fait qu’un produit « marchera  » ou pas. Le produit ainsi « élu » et en ce sens  isolé  sera paradoxalement  déterminé par le nombre, comme c’est aussi le cas de ce produit un peu particulier qu’est un candidat à une élection. Le un trouve sa légitimité de par le

nombre, de par l’onction du collectif, du consensus.

Dire que les femmes sont amenées et appelées à jouer un rôle majeur dans une telle dynamique élective nous semble devoir se placer

au coeur de toute Histoire des femmes. Mais cela ne va pas  sans certaines contradictions du fait que les femmes veulent le beurre et

l’argent du beurre, en affirmant avoir le « droit » de se situer des deux côtés de la barrière, tant du côté des électeurs que des  (heureux) élus.

Autrement dit, une femme qui tente de se placer  dans une posture  « solitaire » nous pose probléme. Encore ne faut-il pas  se payer de mots. Quand on parle de « création », qu’est-ce à dire? On peut imaginer des centaines de femmes qui « créent »  à l’instigation de tel ou

tel « maitre ». Pour nous, le véritable créateur est celui qui fait école, ce qui implique un décalage diachronique. Il doit se présenter en

premier, chronologiquement. On ne saurait en aucun cas ignorer ici le facteur Temps, le « chrono ». En aval du  temps du créateur, on

trouvera- dans un deuxiéme temps,  un grand nombre de « disciples » et on retrouve bien la dialectique de l’un et du pluriel. On retrouve donc ici le nombre et il importe peu que dans un cas l’on ait des « consommatrices », des « électrices » ou des « imitatrices ». Dans tous les cas de figure, l’on est en mesure de percevoir un processus de convergence, comme pour une aimantation. L’observateur  honnête ne

saurait s’y tromper. Autrement dit,  si les femmes convergent vers tel ou tel personnage, on peut certes soutenir que ce sont elles

qui signalent et entérinent son existence mais il s’agit, en tout état de cause, bel et bien, d’un phénoméne de fascination collective, dans tous les cas de figure, des plus  basiques aux plus  sophistiqués. En ce sens, on dira que les femmes « suivent », « poursuivent » un homme

et que ce qui importe ce n’est pas l’action de telle ou telle femme mais bien celui d’un grand nombre de femmes. La femme n’existerait

historiquement que collectivement et c’est d’ailleurs, paradoxalement, pour cela qu’elle revendique son individualité qui nous apparait, pour parler comme Freud, comme un « manque », une « absence » dont  la femme  ne cesse d’être en quéte. Ce « moi » introuvable et qui nous fait penser à cet oeil que les Gorgones devaients se partager.  » Eschyle  écrit  en effet  qu’elles n’avaient qu’un seul œil et une seule dent à elles trois.   Rappelons que c’est Persée qui les vainquit en tranchant  la tête de Méduse, l’une des Gorgones. En ce sens, on pourrait qualifier de Persée  ceux qui s’en prennent aux femmes lesquelles ne sont jamais plus redoutables que lorsqu’elles sont en nombre et qu’elles sont soudées.

Ce qui contribue à « souder » (en  faire l’unité à partir du pluriel » et en ce sens, l’on dire que grammaticalement, les  femmes correspondent au pluriel et les hommes au singulier), c »est le fait de dire la même chose, de tenir les mêmes propos, grâce notamment au  texte que l’on recopie et que plus tard l’on imprimera ou photocopiera. Face à ce « front » commun, les hommes avancent souvent en

ordre dispersé, vu qu’ils n’ont guère de goût pour se copier, se plagier les uns les autres. C’est leur talon d’Achille!

Les femmes savent que par leur aptitude à converger, elles détiennent les clefs du succés des hommes, qu’elles « font  » (et défont))  les rois, et les sondages d’opinion, l’audimat ne peuvent que renforcer ce pouvoir de la rumeur. .

Nous avons pu noter que dans bien des milieux,  le poids économique des femmes était considérable du fait du nombre d’inscrits, de clients. L’Union fait leur force mais cette union n’est pas forcément consciente. Elle s’observe de facto quand on « photographie » la composition d’une « salle », d’un « public ». Sans les femmes, bien des rencontres ne seraient pas viables  et ne sauraient être qualifiées de

« succés ». On entend ainsi des organisateurs se pavaner parce qu’ils ont su rassembler 500 personnes dont 90% sont des femmes. La réussite sociale passerait donc par les femmes.

On est donc fort surpris d’entendre  les femmes se plaindre de ce que l’on dresse des obstacles pour les empêcher d’atteindre  les sommets de la reconnaissance (comme le Prix Nobel, la médaille Field). C’est qu’il semble bien qu’une femme ne soit pas en mesure de mobiliser les foules, au sens où nous l’avons entendu plus haut.  On rappellera qu’en électricité, il y a des prises dites mâles et d’autres femelles. Autrement dit, la dualité nous apparait comme une nécessité, ce qui rend absurde l’idée même de vouloir y

mettre fin.

Que serait-ce donc qu’une Histoire des Femmes? Cela se rapproche assez d’une certaine « Nouvelle Histoire », faisant appel aux sciences sociales, aux statistiques.  (Ecole des Annales). Cette idée d’une conscience féminine collective n’est peut être pas si facile à assumer pour les femmes elles-mêmes. En fait, nous dirons que les hommes partent de l’individuel pour aller vers le collectif et que les femmes partent du collectif pour parvenir à affirmer leur individualité, en s’efforçant de montrer à quel point elles différent toutes les unes des autres, par tel ou tel détail, ce qui conduit à des discussions byzantines sur la   » valeur ajoutée » de telle  femme à l’oeuvre de tel ou tel homme, ne serait-ce que par le biais de l’interprétion d’une même oeuvre musicale ou d’un même texte.

Si l’on examine le contenu des « histtoires de femmes », il est question de ce qu’ont fait les femmes  à telle ou telle époque, sous telle ou telle latitude mais rarement dans une perspective de complémentarité. On a l’impression que l’on veut avant tout nous raconter comment

les femmes ont « empiété », avec plus ou moins de bonheur,  sur le territoire des hommes.

Pour notre part, nous serions assez proches de Marx quand il souligne – ce qui n’a pas forcément été signalé comme il se devait- à quel  point les femmes sont vouées à  s’affirmer au sein du prolétariat et notamment du fait du progrès de l’industrie, c’est à dire des techniques.

Ce que Marx appelle -avec Engels- la Lutte des Classes ne serait-ce  pas  une « guerre »  des Sexes?  Quelque part, le progrès technique aura ouvert une porte aux femmes tant et si bien qu’il est bien difficile de dissocier la condition des femmes de celle des « machines », de la division du travail  qui permet à tout un ensemble de ne faire qu’un au final. Les femmes sont en effet dans une problématique unitaire

transcendant la pluralité par le biais d’un appareillage commun et partagé.(cf notre ouvrage en ligne aux Editions Eric Le Nouvel)

Hommes et femmes ne vivent pas dans des mondes séparés ou paralléles comme cela semble parfois ressortir de la lecture de telles « histoires ». L’histoire des femmes ne se réduit pas à celle de leurs « conquétes », à la façon dont elles « sortent » de leur « condition »! (cf  Jean-Paul Rouc. La femme dans l’Histoir et les mythes, Paris, Fayard,  2004). Chaque « genre » a besoin de l’autre pour exister. Les femmes ne peuvent paradoxalement se réunir que grâce aux hommes, à leurs oeuvres – qu’ils soient morts ou vivants. Les hommes ont besoin des femmes pour se départager comme les spermatozoïdes par rapport à l’ovule. Il est notamment essentiel que les femmes soient concernées

par l’ici et maintenant et ne s’accrochent pas à des hommes du passé, comme c’est trop souvent le cas, dans tant de domaines, et notamment dans le culturel.

Nous avons déjà dénoncé  un tel syndrome: les femmes préférent reconnaitre le génie des hommes d’hier et nier celui des hommes qui sont leurs contemporains.  Tout se passe comme si les femmes pariaient sur une sorte de décadence qui nous rendraient tous égaux, hommes et femmes,  pouvant enfin communier dans la « culture » d’un glorieux passé qu’elles seraient particulièrement douées pour

réactiver et  faire revivre par de nouvelles interprétations et traductions. Le culte de Jésus (christianisme)  nous apparait comme faisant plus sens pour les femmes que pour les hommes puisque c’est un homme qui est l’objet d’adoration. En ce sens, les femmes ont bel et bien

un culte des « grands hommes »  du passé  et cela explique pourquoi en dépit de ces « histoires des femmes », la culture des femmes au XXIe siècle est  avant tout articulée sur les oeuvres d’hommes et non pas de femmes., que ce soit dans le domaine de la philosophie, de la musique, de la peinture, de l’économie, de la politique.

Il est au demeurant fâcheux que les femmes d’aujourd’hui

reprennent à leur compte d’anciens consensus au lieu  d’en constituer de nouveaux.

En quelque sorte, notre époque actuelle serait une sorte de noman’s land et ce n’est qu’à ce prix, qu’hommes et femmes pourraient coexister, du fait d’une sorte de castration; d’asséchement,  du génie humain qui ne serait plus qu’un « has been », l’homme ne servant plus qu’à aider à la procréation, du moins jusqu’à nouvel ordre!

Marx avait recommandé les « communautés » de femmes (Manifeste, 1848) et ne semble pas avoir beaucoup cru au couple.

En vérité, le couple ne serait-il pas  une institution qui péche du fait même que l’on est dans un rapport d’un à un alors que l’on devrait être dans un rapport de l’un au multiple?.  Selon une formulation qui peut choquer, nous  avons le cas des femmes avant la ménopause et après. Avant,  il faut peu d’hommes pour féconder beaucoup de femmes (polygamie) et après, il faut peu de femmes pour satisfaire  sexuellement beaucoup d’hommes (polyandrie). Le couple donne une image déformante du rapport hommes-femmes dans la mesure où la procréation si elle exige un rapprochement ponctuel entre les deux sexes n’implique pas pour autant une quelconque exclusivité ad aeternam .  Le couple pose probléme en ce qu’il place chaque homme sur un piédestal, ce qui contribue à discréditer l’idée même de

« supériorité » des hommes. Un homme seul face à une femme seule serait ainsi  une impropriété. En effet,  les seuls hommes qui nous intéressent ici, sont ceux qui sont en mesure de rassembler. Le couple ne serait-il  alors qu’un lot de consolation pour les hommes laissés pour compte.? Or,  si l’on observe le phénoméne du couple sous l’angle de la créativité et de la sérendipité,  il apparait tout au contraire que la construction du couple satisfait un besoin de création et pas seulement de procréation.  Former un couple – dans tous les sens du terme- c’est générer quelque chose qui aurait fort bien pu ne pas exister, qui relévé plus du hasard que de la nécessité et l’on peut dire que

la créativité de la plus grande partie des hommes se manifeste dans cette élaboration du couple et en sa « maintenance », son « maintien ».

On ne sera donc pas surpris de voir des esprits très créatifs rester fidéles à l’idée de couple . On pense au couple emblématique  formé par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. La multiplication des ruptures, des divorces s’expliquerait selon nous par le fléchissement sinon le déclin du sens de la sérendipité laquelle nous parait au coeur de l’évolution humaine en ce qu »elle est un garant de biodiversité. Le couple, on l’a montré,  n’est pas « naturel » mais « culturel », il reléve de la « seconde nature »,  d’une démarche que l’on peut qualifier d’artistique. Nous nous opposons à ceux qui veulent expliquer l’humanité par le seul fait de son environnement terrestre et/ou cosmique alors qu’il est évident que les hommes ont  fait des choix, ont « sélectionné » parmi les « compossibles » de façon arbitraire et ce faisant ils ont en quelque sorte enrichi le réel. D’aucuns prennent un malin plaisir à  ne pas prendre ce que les hommes instaurent au sérieux au regard et au prisme des sciences « dures » mais pour nous, Humanité,  ce que nous établissons, constituons (constitution, contrat)  mérite bel et bien le statut de ‘réalité ». On peut dire qu’il y a  de la « magie » dans le couple, au sens traditionnel du terme, voire du « miracle ». L’Homme est certes issu de la « Nature » à son origine mais il s’est surtout construit contre elle, en l’instrumentalisant, c’est à dire à la percevant à sa guise, comme bon lui semblait. Il ne faudrait pas au nom d’un certain scientisme minimiser cette faculté de créativité sociale qui est en résonance avec l’idée de novation, de transmutation (de mutation). On se demandera si le couple, in finé, en tant qu’oeuvre à accomplir, à ériger, ne fait pas plus sens pour l’homme que pour la femme et l’on rappellera que la majorité des demanndes de divorces émane des femmes comme si, quelque part, elles avaient conscience  que l’idée même de couple était déjà en soi une victoire masculine,

une satisfaction de l’orgueil prométhéen  du mâle.  En ce sens, rejeter le couple, le « nous », ne s’apparenterait-ce point à une forme de castration (rupture, coupure)? Quelque part,  la sérendipité reléve de la force de la croyance. Ce que les hommes croient, décident de croire,  finirait par exister bel et bien.  Porter atteinte au couple apparaitrait alors comme une  blessure narcissique qui met en branle

toute la dynamique créatrice de la personne et en cela  notre rapport au couple  constituerait un enjeu majeur pour la confiance que nous pouvons développer en nous-mêmes, en notre « pouvoir » sur le monde.

 

Bibliographie

Pascal Duret Le couple face au temps,  Paris, Armand Colin 2007

Jean-Claude Kaufmann  Sociologie du couple. Que Sais- je?  PUF 1993

Tony Anatrella,  Epoux, heureux époux. Essai sur le lien conjugal. Paris, Flamamarion, 2004

Hubert Jaoui,  Laura Bulleri,  J’aime mon couple et je le soigne. Amour, sexe et créativité.  Paris, Dunod, 2004

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

25 10 14

 

 

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L’importation massive de mots français par le monde anglo-saxon et germanique

Posté par nofim le 23 octobre 2014

Vers une économie linguistique. La dette  « germanique » envers le monde francophone.

 

par Jacques Halbronn

 

La thèse d’un choc linguistique d’ici le demi-siècle nous apparait comme un enjeu économique majeur pour les prochaines décennies. Préparer un tel choc économique doit s’envisager dès à présent en vue d’une véritable « guerre des langues » et du fait d’un certain

néo-colonialisme linguistique (cf les travaux de Louis-Jean Calvet). Le monde  francophone ne saurait renoncer à de tels défis mais il faut prendre conscience de leur ampleur et des résistances qui ne manqueront point de se manifester, et notamment au nom de la « Science » et de la « linguistique ». C’est pourquoi nous pensons qu’il importe de montrer que la linguistique contemporaine aura été mise en place pour précisément éviter un tel « choc », de telles revendications que d’aucuns n’hésiteront probablement pas  à qualifier de  « démentes ». Il ne faudra pas se décourager pour autant!

Enjeux économiques avons- nous dit, et qui relévent en fait d’une  véritable spoliation!  Le mot n’est pas trop fort. Et la politique de l’autruche des emprunteurs  nous fait songer peu ou prou à la crise des subprimes, qui concerne également les USA comme c’est le cas

pour l’affaire des emprunts linguistiques au français qui n’a cessé de se manifester sur près de 1000 ans. (conquéte normande en 1066)

et cela n’est pas sans rapport avec le « French Bashing » comme on finira bien par en  prendre conscience tôt ou tard.

Il est clair que lorsque l’on interroge des locuteurs natifs anglophones, on est le plus souvent dans le déni selon un argumentaire plus

ou moins sophistiqué. Cela va de l’origine « latine » du français aux « faux amis »  qui n’ont plus rien à voir avec l’original français – argument d’ailleurs souvent avancé par les professeurs d’anglais en France.

L’enjeu est d’autant plus crucial que l’anglais est bel et bien en position de langue « mondiale » mais c’est précisément la notion même

de ‘langue » en tant qu’entité une et indivisible qui fait ici épistémologiquement probléme en un temps où les physiciens nous expliquent que tout est continuum. Un tel cloisonnement est d’autant plus inacceptable que l’on sait à quel point les notions d’importation et

d’exportation sont déterminantes en économie. Pourquoi ne pourrait-on parler de « ‘balance » des paiements  au niveau linguistique? D’ailleurs la notion d’ »emprunt » linguistique est parfaitement bien  établie et l’on passe aisément de l’emprunt à l’endettement à moins

que l’on ne mette en avant quelque argument légitimant  une certaine forme d’appropriation.

Or, le monde francophone n’a aucun intérêt -et ne peut d’ailleurs se le permettre  –  à valider un certain discours qui placerait le domaine des langues hors du champ économique et il  est bien de notre intention de ne pas laisser se perpétuer plus longtemps une telle spoliation dont le français ferait les frais.

Les linguistes sont d’ailleurs, pour la plupart, parfaitement au courant de la masse de mots français entrés en anglais au cours des siècles au point que l’anglais moderne  est devenu une langue hybride, bâtarde, bref colonisée et qui en porte les stigmates. Mais ils tendent à minimiser et à relativiser les tenants et aboutissants d’un tel « dossier ».

Pour ne pas tomber dans certains piéges, il importe de commencer par déconstruire l’idée d’entités linguistiques indépendantes les

unes des autres. Or, la phonologie a sa raison d’être dans une telle idée. Pour cette « science »,  un locuteur est marqué par la nécessité de gérer au mieux la langue dans laquelle il s’exprime sans se soucier des autres langues.  On évacue ainis toutes les considérations

diachroniques et on décide d’une sorte de statu quo sur lequel il ne serait pas question de revenir. Car que se  passerait-il, n’est-ce pas, si chaque langue revendiquait des « royalties », des redevance sur ce que les autres langues lui devaient et continuent à lui devoir si

les mots ainsi concernés sont encore en usage? Ce serait un désordre total, n’hésiterait–on point à conclure.

Or,  dans ce domaine, il est des langues qui sont plus « égales » que d’autres et aucune langue vivante, à notre avis, n’aura exporté

aurant de mots vers d’autres langues que le français, au cours des dix derniers siècles. Donc  les langues ne  sont nullement toutes

logées  à la même enseigne en matière d’économie linguistique.

On ajoutera qu’il n’est certainement pas plus ‘moral » d’accepter que tel pays vende le pétrole ou le gaz de son sous-sol alors qu’il n’y est

pour rien, au regard des chronologies, alors que la France est directement concerné par  la langue française qui en émane. Certes,

on nous répliquera non sans un certain cynisme, qu’il est plus facile de « voler » des mots que des  barrils de pétrole. Mais les temps

changent et l’on sait que le « piratage » des textes et pourquoi pas des mots devient un enjeu majeur et que les moyens pour

détecter le dit piratage sont de plus en plus sophistiqués. On sait aussi que les récentes affaires d’espionage électronique ont montré

à quel point il était possible de contrôler l’usage de tel ou tel mot. Donc logistiquement, rien ne s’oppose techniquement à la mise en

place d’un « marché », d’un « commerce » des mots.

Car c’est bien des mots qu’il s’agit et non des langues.  Peu nous importe le nombre de locuteurs qui parlent le français ici mais bien

le nombre de mots français que tel ou tel locuteur utilise au sein de sa propre « langue ».

Certes, l’anglais pourrait être tenté de pratiquer lui aussi une telle politique en exigeant des redevances pour l’usage de cette « langue »

dans le monde. C’est son droit. Mais c’est le droit aussi de la part de la francophonie de se faire payer pour les mots français qui

truffent littéralement la dite langue anglaise pour ne parler que d’elle car on pourrait tout à fair aborder la question de la dette

allemande en termes de mots français empruntés et importés. Il suffit de lire un texte relativement bref et déjà ancien comme le

Manifeste du Parti Communiste de Marx pour observer que les mots d’origine française s’y compte par centaines. En sens inverse, l’importation de mots allemands en français est dérisoire. Et  le « franglais » dont parleait il  y a 50 ans un René Etiemeble (Parlez vous

franglais?) ne fait que montrer que les francophones sont infiniment plus comptables des leurs quelques emprunts  à l’anglais que cela

n’est le cas en sens inverse!

Nous conseillons d’engager  tant à l’école, au collége et au lycée, une campagne de sensibilisation dans ce sens mais aussi dans les média sous la forme de jeux télévisés consistant à prendre un document  rédigé en anglais et à  voir lequel des concurrents  trouvera le plus

de mots d’origine française. Un exemple remarquable est le fameux « care » qui est entré en français. Qui ne voit qu’il ne s’agit d’une

déformation du français « cure »?  On rappellera les formes : sinécure, ne pas en avoir cure, curieux,  aller en cure, sans parler du « curé », du « curateur », de la curatelle.   L’anglais

a d »ailleurs gardé « ‘cure » dans le sens de soigner, ce qui fait un

doublon avec care..

Dans un film récent ‘The Judge » nous avons entendu une petite fille déclarer avoir passé des vacances

remarquables.  Si l’on demandait à un francophone de retrouver le mot anglais utilisé pour « vacances », on entendrait à coup sûr

« holidays » alors que c’est le mot « vacation »  qui est sorti de la bouche de la petite fille!  Qu’il y ait chez les Anglophones une

fascination séculaire non pas tant pour la langue française mais pour les mots français est une évidence, ce qui explique notamment

la proportion de mots français importés qui ont été maintenus dans leur orthographe d’origine. Il est des secteurs sémantiques qui

sont quasiment réservés aux mots  français comem tout ce qui vise à calmer le jeu :   quiet, calm, silence, clear et dont on ne saurait dire

qu’ils appartiennent à un haut niveau de langue. Car on entend souvent cet argument à savoir que les mots français ne seraient pas

utilisés par les classes populaires. La lecture de la dite presse populaire  apporte un démenti flagrant à une telle affirmation ne serait-ce

en tout cas qu’au niveau de la compréhension passive! En fait, la masse des mots d’origine française est absolument stupéfiante et il serait totalement  impossible que l’anglais se passe des mots français. Ce serait suicidaire.  La seule question est celle du rapport des forces mais  c’est là une question géopolitique au niveau mondial. Que les Etats Unis  répliquent par une fin de non recevoir ou par quelque forme de chantage est à prévoir. Mais le jeu en vaut la chandelle. d’autant que d’un point de vue ergonomique, l’anglais est

une langue indéfendable en son économie interne et son apprentissage fait bien plus la part aux signifiés qu’aux signifiants. La théorie de Saussure aura contribué à renforcer les positions de  l’anglais dès lors qu’elle est instrumentalisée au profit des signifiés, c’est à dire

qu’elle minimise le rôle des mots (signifiants en tant qu’objets)  en mettant l’accent sur le sens qu’on leur octroie. (signifiés en tant

que commentaires, interprétation, tradition).

 

 

 

 

JHB

28 10 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sérendipité et mutationisme darwinien

Posté par nofim le 16 octobre 2014

Darwin:  musique et théorie de l’évolution

par  Jacques  Halbronn

 

Récemment, dans un selfie, nous avions envisagé lors d’une masterclass d’improvisation musicale

la possibilité que Darwin aurait pu être influencé par la création musicale. Or, nous découvrons

que cette piste a été prise en considération par certains chercheurs (cf Philippe Lalitte,

« La théorie de l’évolution de Darwin peut-elle vraiment s’appliquer à la musique ? »). On peut

y lire : «  Une étude des chercheurs de l’Imperial College de Londres affirme que la musique évolue selon la théorie de Darwin, les « meilleurs » morceaux trouvant leur public et devenant des standards (..) Le type d’algorithme que les chercheurs Robert MacCallum et Armand Leroi ont utilisé pour DarwinTunes est assez astucieux. Il pourrait même servir d’outil pour composer de la musique (bien que, dans les exemples donnés, il ne fonctionne qu’avec une gamme pentatonique – cinq notes). (…) il est reconnu aujourd’hui que la musique a joué un rôle primordial dans le développement humain. Darwin lui-même l’a affirmé : la musique, tout du moins le fait de jouer avec les sons, est liée à la sexualité et à la reproduction chez les animaux. Cela permet d’attirer le partenaire de sexe opposé, de montrer sa vigueur physique. Chez les êtres humains, la musique est présente (d’après les dernières recherches) depuis Homo sapiens. Le plus ancien instrument de musique jamais découvert – 12 fragments d’une flûte façonnée dans un os de vautour qui, reconstituée, mesure environ 22 centimètres – l’a été par l’archéologue Nicholas Conard, de l’université de Tübingen, dans les montagnes souabes (à Geissenklösterle). Conard affirme que la musique aurait donné à l’Homo sapiens un avantage déterminant sur les Néanderthaliens, en améliorant la cohésion sociale et la communication. Effectivement, chanter en groupe, jouer d’un instrument ensemble, danser, crée un lien fort qui renforce la cohésion du groupe. »

Selon nous, Darwin a pu être influencé par la création musicale pour élaborer sa théorie de l’évolution et de

la sélection mais on peut évidemment considérer que ce faisant Darwin aura théorisé le processus

de création musicale. Peut être même est-ce là l’apport principal  de Darwin si l’on admet que sa

théorie de l’évolution finisse par être abandonnée à terme. Il apparait en effet que Darwin n’était pas

étranger aux enjeux de l’activité musicale. Benoit Virole  (  Le voyage   intérieur de Charles Darwin,  essai sur la genèse psychologique  d’une oeuvre scientifique, Paris : Éd. des archives contemporaines, 2000) note que

Darwin aimait à écouter son épouse Emma jouer du piano.

Selon nous,  le processus de création d’une oeuvre musicale – c’est à dire ici  d’un ensemble de productions

s’étalant sur plusieurs années- implique en effet une certaine sélection de sonorités par le compositeur qui

vont  constituer un certain climat caractérisant son monde.Nous en parlons en connaissance de cause

puisque c’est ainsi que nous procédons, ce dont nous sommes devenus peu à peu de plus en plus conscients.

La thèse que nous soutiendrons ici serait en fait que Darwin -et cela vaut aussi pour l’oeuvre picturale- aurait

élaboré sa théorie en partant du processus créatif au niveau artistique, musical et plastique. Cette thèse

est d’ailleurs plus aisée à accepter pour la sélection des sons et des couleurs que pour l’évolution de l’Humanité.  On notera que cette référence à la Création est d’autant plus intéressante que Darwin trouvera en face de lui des « créationistes ». On peut même se demander si le récit de la Création, tel qu’on le trouve

relaté,  restitué, dans le Livre de la Genése, n’aurait pu par ailleurs exercé une certaine influence sur la pensée de Darwin.

Si l’on suit le récit des « jours » de la Création, l’on note que Dieu « voit » que c’est bien et que ce faisant il

garde ce qui a ainsi été produit. On est là dans une démarche « a posteriori ». Nous pouvons dire nous-mêmes que nous fonctionnons ainsi : nous produisons des sons et si cela nous convient, nous les conservons, nous

y revenons, nous les privilégions. Or, peut-on contester que le modéle darwinien n’implique pas une telle

démarche de critique rétrospective?

Que dire sur le fond? Est-ce que nous adhérons au modéle darwinien en ce qui concerne son discours

sur l’Evolution même si nous y adhèrons sur le plan artistique?

L’idée d’un processus de l’après coup ne nous inspire guère, hors du champ artistique. Le plan linguistique

est intéressant car il se situe aux confins du domaine que nous avons abordé, tant au niveau  visuel qu’auditif. Nous serions plutôt tentés, en tout état de cause, de dire que le langage passe par la mise en

place d’une grammaire, d’une systémique, d’une symétrie. On n’est plus là en face d’une attente, d’une

observation de mutations aléatoires.

Mais si l’on tient même à l’exemple de la création musicale, il est clair qu’en ce qui nous concerne, nous

faisons tout pour produire des « mutations » intéressantes de par nos percussions pianistiques.  Nous n’attendons pas passivement qu’elles aient lieu et l’on peut dire que tout compositeur procédera de même.

Pour notre part,  nous pensons que les hommes ont fait preuve d’un certain volontarisme, d’une certaine

« recherche » et qu’ils ne se sont pas contentés de « trouver ».(cf Picasso sur la création picturale).

Nous pensons aussi qu’à un certain stade, la recherche conduit à se cristalliser et que le compositeur  tend à s’en tenir à un certain style qu’il tendra à perpétuer, à approfondir et qui le rendra reconnaissable entre tous.

On touche au phénoméne de la serendipité qui  est à la base de notre propre conception d’un humanisme

échappant au déterminisme et qui est à l’affut, qui guette toute mutation, qui sélectionne ce qu’il a à

retenir du monde. En 1990, nous avions signé un Eloge de l’erreur ( Collectif paru  aux  Editions  Lierre et Coudrier) sous titré ‘créativité de l’erreur » et  qui résumait un mémoire de linguistique intitulé Linguistique de l’Erreur (inédit) préparé sous la direction de Louis-Jean Calvet.

L’esprit de seréndipité exige  une sorte de prise de distance qui est illustrée dans le récit de la Création. Et Dieu vit que c’était bon, ce qui implique un certain recul, une forme de secondarité (au sens de Le Senne) dont certains semblent mieux dotés que d’autres,ce qui renverrait à ce que nous apeplons l’altérité intérieure.

 

 

Bibliographie

La  sérendipité, le hasard heureux.  dir  Daniéle Bourcier  & Pek Van Andel    Actes du Colloque de

Cerisy  Hermann 2011

Pek Van Andel & Danième Bourcier  De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit     Ed Hermann,, 2013

Jean Jacques  L’imprévu ou la science des objets trouvés  Ed Odile Jacob;  1990

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 JHB

16 10 14

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La cuisine des données brutes

Posté par nofim le 14 octobre 2014

 

Etudes cognitives. De l’approche « raisonnée » et de l’irrationnel.

par  Jacques  Halbronn

 

Nous aimons à comparer la digestion des nourritures matérielles avec celle des spirituelles ou intellectuelles. Et c’est pour cette raison que nous avons déclaré récemment que la philosophie était une « cuisine de l’esprit », que notre intelligence risquerait l’indigestion si nous faisions absorber à notre « mental », à notre cerveau, des produits qui ne seraient pas préts à la consommation, insuffisamment

cuits, par exemple. On pense à la « cuisson » alchimique dans l’Athanor.

Le philosophe serait donc voué à servir des préparations qui seraient assimialbles, digestes par un processus de purification, de décantation, de dégrossissage.

Mais il n’est pas le seul à être le gardien immunitaire  face à des faits que l’on pourrait qualifier de « barbares ». Il faudrait aussi

faire la part de l’historien qui introduit et satisfait à une exigece de diachronicité, de perspectives, de « genése ». En ce sens, tout fait

devrait bel et bien être passé au tamis des approches croisées de la philosophie et de l’Histoire.

Mais l’on pourrait ajouter deux autres « méthodes »,  celle qui passe par le Droit, et celle qui passe par la Langue.

Dans le premier cas, le Droit permet à une sociéte de fonctionner, de s’organiser, de se réguler en proclamant des « lois » sans le respect desquelles il n’y aurait pas  d’Etat de Droit. Nous dirons que d’une certaine façon, l’astrologie reléverait à l’origine des sciences juridiques même si cela a dérivé vers la croyance, voire vers la religion à des fins de légitimation.

Et  dans le second cas,  la Langue est égélement censée  servir d’interface entre les « faits » de nature et ceux de culture.

Il serait bon de développer ces quatre angles d’approche lesquels présentent chacun une certaine spécificité. Ces quatre approches semblent constituer un ensemble nécessaire sinon suffisant pour que l’Humanité puisse éviter le désordre, la décadence, le  dépérissement, la dégradation de la conscience. Bien évidemment, l’on ne saurait oublier la Diététique dont il a été question au début.

En replaçant la philosophie au sein d’un ensemble de méthodes, nous mettons fin à  un statut à part tant il est vrai que la plupart

des gens sont dans l’incapacité de  cerner l’objet de la Philosophie.

Pour notre part, nous avons couvert  peu ou prou  le champ de ces diverses  « grilles » – terme qui ici signifierait  une idée de filtrage- et cela représente à nos yeux un tout à cinq branches, si l’on y englobe les nourritures terrestres.

A  contrario, que se passe-t-il quand ce appareil immunitaire ne fonctionne pas ou mal, quand ce qui est brut n’est pas raffiné, quand

ce qui est  désarticulé n’est pas rétabli et en fait quand les méthodes auxquelles on est en droit de vouloir recourir  sont elles-mêmes

viciées? Alors la solution tend à devenir le probléme.

Le passage du cru au cuit  fait image et dit bien, croyons-nous, ce qu’il veut dire. La philosophie, on l’a dit, doit servir de four en vue d’une cuisson. Elle se situe avant tout dans la synchronie, dans l’agencement structurel et quelque part elle évacue, évite la dimension chronologique, ce que fait en revanche l’Histoire. Le philosophe n’est en ce sens pas nécessairement un bon historien capable de restaurer le cours, la succession des choses, la  chronologie.

Pour en venir à un domaine qui pour nous est « pilote », à savoir l’Astrologie, nous dirons que l’on y observer une double déficit

de synchronie et de diachronie. En outre, l’astrologue se sert du langage dans sa pratique sans toujours prendre conscience des ambiguités de la « parole ». Quant au Droit, l’astroloogue est réticent à percevoir et reconnaitre la dimenion juridique de son  savoir. Or, nous pensons que de même que l’astrologie doit faire bon ménage avec l’Histoire,  celle-ci -du moins à l’origine- était avant toute chose

une Loi, non pas au sens scientifique mais moral  du mot.

Ce faisant, l’Homme se constitue  une « seconde Nature » rivalisant avec la Nature primordiale et c’est d’ailleurs précisément ce qu’entreprend au départ l’Astrologie.

Ceux qui sont capables de « travailler » les données brutes sont désignés pour conduire l’Humanté,  à l’instar d’un Moïse, leur cerveau leur servant d’Athanor et prédigérant ce qu’ils transmettent à leurs « ouailles ». Ce sont, dans tous les sens du mot, des restaurateurs.

A la lumière de nos propos, quel usage attendre de ce qu’on appele le « café philo »?  Ce serait un espace voué à l’apprentissage de la cuisine, à former des « préparateurs », comme en pharmacie. On aurait affaire à des écoles  qui enseigneraient à philosopher. Mais il faudrait éviter l’écueuil des « plats » traditionnels

que sont les ouvrages de tel ou tel « philosophe ».

On peut parler d’une approche « raisonnée » des corpus, des

sujets, comme on dit d’une bibliographie qu’elle l’est. A

contrario, que dire d’une présentation qui ne serait point

ainsi raisonnée, dotée de raison comme valeur ajoutée? Besoin

d’un ordre, d’un rangement, d’un classement. Encore est-il des

agencements factices qui ne se référent qu’aux apparences

brutes: l’ordre des noms , des dates, des titres selon de

simples critères alpha-numériques, ce dont se contentent

souvent les catalogues de bibliothèques et qui n’offrent que

l’intérêt de pouvoir s’y retrouver et de recourir à un consensus

de bas de gamme. On pense aux techniques de l’Art de la

Mémoire qui font fléche de tout bois.

L’irrationnel serait ainsi ce qui n’a pas été bien « raisonné » ou

semble ne point pouvoir l’être vraiment, qui n’est pas passé

au tamis de l’intelligence. C’est une telle exigence de « sens »

(dans tous les sens du terme) qui serait le fondement de la

Science et dont les humains seraient pourvus très inégalement

en dépit des apparences puisque personne, dirait Descartes,

semble se plaindre d’en être dépourvu. Il est ainsi des terres

en friche, encore de nos jours, qui sont restées en dehors

des grandes entreprises de raison et on les désigne d’ailleurs

sous le terme d’irrationnel. Mais dans certains cas, la marge

de progression reste encore, en ce XXIe  siècle, considérable: dans le domaine

de la linguistique, de l’Histoire, de la science politique etc.

On soulignera notamment la nécessité d’une approche

diachronique  couplée avec une approche synchronique. On pense

à la médecine qui a appris à aseptiser, à purifier. Raisonner

sur un document qui n’a pas été débarrassé de ses scories

nous semble un exercice assez vain qui se contente de

« sauver » un état tardif et peu ou prou corrompu. Se pose

ainsi la question des origines, de la provenance comme dans

le domaine de l’alimentation qui souvent est négligé au

profit de toutes sortes d’expédients et d’adjuvants, en une

sorte de fuite en avant. Nous dirons que la faculté de

remonter dans le passé est une des vertus les plus rares et

les plus précieuses -et la Science n’est-elle pas vouée à nous

parler du passé?- et semble n’être – au bout du compte même

si certains démagogues se refusent à l’admettre- que le lot  d’une élite

masculine. Appréhender le passé est une tâche autrement

plus complexe que de se projeter vers l’avenir et ses chimères

d’autant que ce futur peut être trafiqué et qu’une prophétie

tend à s’auto-réaliser de par l’effet d’annonce.

 

JHB

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Autour de l’Emploi du Temps, « nouveau roman » de Michel Butor

Posté par nofim le 9 octobre 2014

 

L’Emploi du temps de Michel Butor comme exemp)le de Nouveau Roman

par  Jacques  Halbronn

Durant l’année universitaire 1968-1969, nous avons  présenté un mémoire consacré à l’Emploi du Temps; deuxiéme roman -en forme de journall intime-  de Michel Butor (né  en 1926,  ouvrage paru en 1956) aux Editions de Minuit, éditeur attitré du Nouveau Roman), dans le département de français de l’Université Hébraïque de Jérusalem,  dans la classe  de Jean  Poliatschek (1914-1993). Quarante cinq ans après, nous revenons sur cet ouvrage lequel aura fait entre temps l’objet de nombreuses études. Nous ne nous appuierons pas sur le dit mémoire (inédit), « enfoui » dans nos archives mais sur un vague souvenir. Mais en reprenant ce travail, il est probable que s’expriment des réminiscences. La seule chose dont nous nous souvenions à l’aube de cette relecture de 2014 est ce jeu que nous avions posé entre « exemple » et « exemplaire » pour qualifier cet ouvrage au sein du Nouveau Roman, genre que nous avions dévoré au cours des années soixante. Or, en 1966,  Georges Raillard avait publié un essai  en postface ) cet  ouvrage intitulé « L’exemple » (Ed 10/18, l’édition même que nous avions utilisée)

A l’époque, nous n’étions pas loin de penser que désormais  on ne pourrait écrire qu’en se conformant aux régles de ce genre. Mais en quoi consistaient-elles ces « régles »? Ce qui nous semblait aller de soi à l’époque nous semble désormais assez obscur mais peut-être en nous replongeant dans ce roman et ce que d’aucuns ont dit à son sujet, cela nous reviendra-t-il, ce qui produirait une anamnése.?

Rappelons l’histoire : « Jacques Revel, employé de banque français, commence un stage à Bleston, une ville anglaise énorme, humide

et brumeuse, dont il entreprend avec une passion croissante de déchiffrer le mystère. Pour cela, il découvre une clef possible, un roman

policie [Le meurtre de Bleston] qui met en cause les habitants et la cité dont il constitue peut être l’envers symbolique. Ainsi les fils du réel et ceux du mythe vont-ils tout au long de cette quéte, sans cesse s’entrecroiser » (4e ede couverture de l’édition J’ai Lu,  c 400  p.),

Il nous apparauit d’emblée que ce qui nous fascina dans  ce roman et dans d’autres, de ce genre, c’est le défi lancé à la perspicacité du

lecteur. En ce sens, on peut parler d’un roman policier mais dont le discours alambiqué  même ne fait que renforcer le mystère, la forme venant sous-tendre le fond. Le signifiant est littéralement le reflet du signifié, comme le serait une musique et il n’est peut être pas

indifférent que nous ayons développé par la suite notre  goût pour la musique en accédant à  l’improvisation pianistique. En fait, on peut se demander si la création musicale n’a pas été inspirée, à un certain stade, par le nouveau roman.

A l’exception du texte de Raillard, on notera que les diverses études se situent dans les années 1990-2000.

Ouvrage consacré à la ville et qui a pu à nos yeux correspondre à cette Jérusalem  dans laquelle nous avions atteri à la veille de Mai 68. Le titre du roman est intéressant en ce que l’expression « emploi du temps » résume assez bien tout notre travail  sur les cycles, qui déjà en 68-69 était déjà  marquant pour nous.

Ce qu’écrit  M C. Kerbrat nous parle :  » A l’inverse du narrateur proustien qui en explorant son monde (intérieur) découvre le monde  (extérieur), Jacques Revel , en

parcourant  un labyrinthe objectif (la ville) révéle son propre labyrinthe  subjectif mais l’un et l’autre se forment en écrivant, en explorant leur propre cycle »

Idem pour  Nadia Birouk : « La lecture qui doit être pratique dans l’Emploi du Temps est labyrinthique, au lieu d’aider le narrateur- lecteur à trouver son itinéraire, elle le bloque et le paralyse ». On peut dire que l’auteur d’un Nouveau Roman  entretient un rapport sado-masochiste avec son lecteur, il le maltraite en l’égarant au lieu de le guider.

 

Force en tout cas est de constater la fortune de l’Emploi du Temps comme l’atteste le collectif  constitué à son sujet (cf notre bibliograpghie ci-dessous)/ Lisons  y ainsi

Christophe Carlier (L’architecture de la phrase)  qui parle d’un « univers plus complexe que celui des faits ou des signes dont le narrateur voudrait se borner à faire l’inventaire ».

Le sujet ici  fait écran à l’objet tout comme une femme interrogée sur les femmes   ne nous éclaire guère mais bien au contraire  nous égare par les contradictions de son

propos la concernant en tant que personne ou de par son appartenance.  Carlier conclut «   L’étirement et la complexité des phrases de l’Emploi du Temps appartient sans doute

à l’esthétique du Nouveau Roman qui substitue volontiers aux repéres traditionnels de la narration « à la Balzac » un langage foisonnant et apparemment difficile à maîtriser »

On notera que notre travail  sur l’ouvrage se situe de facto dans le cadre de notre propre rapport labyrinthique - on est à Jérusalem, en position d’étranger  à un espace et  à

une langue consamment à décrypter –  à une langue nouvelle, qui est l’hébreu et dont la structure consonantique (absence de voyelles à l’écrit et donc quelque part

délibérément lacunaire) ) génére un obstacle à la compréhension  même du discours.  Intention délibérée de s’immerger dans un « autre » monde où l’étranger est soulagé par

la perte même de ses repérées habituels.

On terminera en abordant le seul texte dont nous avions connaissance autour du Nouveau Roman, quand nous rédigeâmes notre étude, en 1968, à savoir l’Exemple de

Georges Raillard.(1966). Le nom de Proust y est mis d’entrée de jeu en avant ainsi que l’image de la forêt, ce qui évoque notre propre immersion dans la forêt de Lyons, en Normandie, du fait d’une « maison de campagne ». Raillard conclue ainsi : « La fiction lieu où nous nous trouvons à l’extérieur de nous mêmes est messagère de vérité. Elle nous

apprend à voir ». En se refusant au réel, elle nous permet de ne pas nous y soumettre et de trouver ainsi notre autonomie en nous-mêmes.

Lucien Giraudo met clairement en évidence le décalage « entre  le plan du roman qui s’intitule l’Emploi du temps  écrit par l’écrivain

Michel Butor  et le plan du  journal qui est tenu par Revel le personnage-narrateur »(p.99). On songe à nos travaux à venir sur Nostradamus décalé par rapport à l’oeuvre qu’on lui attribue, avec le hiatus entre ce qu’il fait réellement paraitre et ce qu’on dit qu’il a publié, le « on » étant ici l’historien qui erre dans sa reconstitution baisée de ce qui s’est vraiment passé. Décalage entre la carte (ici le plan de la ville  de Bleston  et le territoire arpenté par Revel).

 

JHB

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Bibliographie

Georges Raillard,  L’exemple,  à la suite de l’Emploi du Temps par Michel Butor  Ed 10-18 1966

Analyses et réflexions sur Michel Butor. L’emploi du temps. Ouvrage collectif,  Ed Ellipses 1995

Sylvie Thorel-Cailleteau. La fiction du sens. Lecture croisée du Château, de L’Aleph et de l’Emploi du Temps,   Ed. Interuniversitaires  1994

Mireille Calle-Gruber, La ville dans l’Emploi du Temps de Michel Butor, ed A. G. Nizet, 1995 (avec une préface de M. Butor)

Nadia Birouk; La lecture littéraire. Le cas de Michel Butor. L’Emploi du temps, la Modification et Degrés, Edilivres 2010

Marie-Claire Kerbrat  Leçon littéraire sur l’Emploi du temps de Michel Butor,   PUF  1995

Lucien Giraudo,  L’Emploi du temps Michel Butor,  Paris, Nathan, 1995

 

JHB

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Publié dans Conscience, Culture, LINGUISTIQUE, MUSIQUE, SOCIETE, symbolisme | Pas de Commentaire »

Prophétie et Divination chez les éditeurs du XIXe siècle

Posté par nofim le 29 septembre 2014

Le profil des éditeurs des Centuries au XIXe siècle et la littérature des Dames et Demoiselles.

par  Jacques Halbronn

 

 

Dans notre thèse d’Etat (Le texte prophétique en France. Formation et fortune, 1999), nous avons abordé un certain nombre de

recueils de prophéties. La période allant du XVIIIe au début du XXe siècle est généralement considérée comme marquée par un

certain déclin de l’Astrologie mais c’est aussi celle qui s’appuie le plus fortement sur le public féminin qui apparait comme un

public captif face au discours divinatoire, ce qui vient compenser, quelque peu, les effets du dit déclin. Mais comme nous l’avions précisé,  il y a 20 ans, nombre d’auteurs masculins signent sous des noms de plume féminins (cf Rechetrches sur l’Histoire de

l’Astrologie et du Tarot, Ed Trédaniel, pp. 42-43) comme Guillois, Bloquel, Collin   de Plancy. C’est toute une contre-culture correspondant à un monde  conçu par les femmes et pour les femmes qui se développe tout au long du XIXe siècle et des suites d’une

Révolution qui a oublié les femmes en ne leur accordant pas le droit de vote. Nous ajouterons que cette orientation aura perduré

tout au long du XXe siècle au regard de la proportion des femmes dans le public des assemblées  astrologiques et notamment en ce

qui concerne les conférences, lesquelles fonctionnenent sur un registre oral.

En tete du chapitre « Le tarot divinatoire en sept leçons », (in Le Tarot des Bohémiens, c 1911), Papus  tient à préciser:

« La première partie de notre étude sur le Tarot, pleine de chiffres, de lettres hébraïques et de déductions abstraites n’est

certes pas faite pour mériter l’attention de nos lectrices. C’est que si la nature féminine,  curieuse de mystères et d’idéakn aime et sait excuser toutes les envolées de l’imagination, les hommes recherchent avant tout la précision et la méthode dans ces sortes d’études. (..) Il est de tradition cependant que le  Tarot doit servir à connaitre l’avenir et toutes nos lectrices m’en voudraient beaucoup si je ne sacrifiais pas à la tradition. Voilà pourquoi je me suis décidé à aborder cette délicate question: j’ose espérer quie le plaisir des consultantes saura

faire équilibre au scepticisme des esprits rigoureux »

On est en tout cas frappé par la quantité de titres d’ouvrages traitant de la divination qui s’adressent explicitement aux « Dames » et qui sont

même censés avoir été l’oeuvre de femmes, ce qui est bien souvent factice.

Ce procédé n’est plus guère attesté au XXe siècle si ce n’esgt que la presse féminine  sera preneuse de cette littérature à partir notamment

des années Trente. Il importe de circonscrire la période marquée par  un tel parti pris des éditeurs en remontant notamment jusqu’au

XVIIIe siècle. Mais par ailleurs,  l’on s’intéressera aux éditeurs qui publient des recueils prophétiques et si ce sont les mêmes qui

produisent cette littérature divinatoire à destination des dames.

Il nous a semblé à lire les ouvrages liés à Etteilla que c’était une littérature certes pour les femmes mais traitant des hommes/

Papus écrira à son sujet « Aussi devint-il le Dieu des tireuses de cartes futures qui ne jurent plus que par lui. Voilà pourquoi nous nous

contenterons de donner sa méthode en détail, jugeant inutile de parler de celles de ses successeurs en jupons qui n’ont fair que le

travestir sans le comprendre » (p. 369) Papus poursuit  » Nos lectrices  sont ainsi mises à même de choisir celle (des méthodes) qui leur plaira et qui leur donnera les meileurs résultats.  (…) Nos lectrices nous sauront gré de ne pas les avoir oubliées dans ces discussions abstraites » (p.344. reed  Dangles, 1966).

Certaines librairies ne publient qu’un certain type d’ »ouvrage consacré à Nostradamus, aux Oracles des Dames etf, ce qui tend à

constituer une sorte de ghetto au sein même du monde de l’édition. On peut aussi penser que certaines librairies sont tenues par des femmes comme Breteau dans les années 1840. Rappelons  bien évidemment le cas emblématique de Mademoiselle Le Normand dès la

fin du XVIIIe siècle  dont le nom servira  après sa mort pour promouvoir en 1845 une grande encyclopédie de la divination chez Breteau..

 

Le  catalogue  des librairies spécialisées/

Nous avons notamment deux  cas, celui de Chaillot (Avignon)  et celui de Delarue.(Paris)

En 1839,  à Avignon,  sous la Monarchie de Juillet,  Pierre Chaillot jeune réédite les Vraies Centuries et Prophéties de Maistre Michel Nostradamus interprétées pour le passé, le présent  et l’avenir et corrigées d’après les plus anciennes édition  par P. C.  -c’est à dire Pierre Chaillot) L’auteur y signale la parution en feuilleton dans la Gazette de France (en mars 1839) d’un travail sur le même sujet signé d’un certain  Docteur

Lecabel. Mais dès les années 1820, Chaillot avait publié (cf infra) Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe, voué  à des rééditions jusque dans les années 1850. C’est là un fonds de commerce.

Quant à Delarue, auquel on devra  notamment le triptyque de 1866 comprenant les Centuries, le Recueil des Prophéties Anciennes

et Moderne et les Prophéties Perpétuelles de Moult, il avait publié entre autres, sous la Seconde République, en 1852  un Almanach biographique du Président  Louis Napoléon Bonaparte  (le futur Napoléon III) et le Triple Nostradamus pour 1853 (BNF 8° Lb22 239

 

Nous fournissons ci-dessous une bibliograhie de la production de ces deux libraires  conservée (à la BNF)  qui parle d’elle-même et circonscrit un certain champ que l’on peut qualifier d’occultiste marqué par une certaine spécialisation.

 

Nostradamus, Michel de Nostredame, dit Michel
Les Vraies Centuries et prophéties de Maistre Michel Nostradamus, interprétées pour le passé, le présent et l’avenir, et corrigées d’après les plus anciennes éditions, par P. C. [Chaillot.]
P. Chaillot jeune
1839
2
2
Livres
Almanach biographique de S. A. monseigneur le prince Louis-Napoléon, et le triple Nostradamus pour 1853, contenant : 1 ° une notice biographique sur le prince Louis-Napoléon ; 2 ° la constitution de la république française…
Delarue
1853
3
Livres
Annuaire prophétique et drôlatique, almanach véridique pour l’année 18.. : illustré par six cent petits sujets gravés, plusieurs vignettes et lithographies : contenant les prophéties extraordinaires de Jacques Martin ; les pronostics de Th. Moult ; les prédictions générales de Nostradamus et de Matthieu Laensberg ; des renseignements astronomiques et météorologiques ; des articles d’économie domestique ; des procédés utiles aux agriculteurs ; des anecdotes intéressantes ; des évènements historiques très curieux ; etc : publié par Blismon
Delarue
1842
4
Nostradamus, Michel de Nostredame, dit Michel
Les Prophéties de M. Michel Nostradamus dont il y en a trois cens qui n’ont encores jamais esté imprimées, adjoustées de nouveau par ledict autheur
P. Chevillot  1866  (pour le tricentenaire de la mort de Nostradamus)

 

On comprend  mieux désormais la portée du passage que nous citions de Papus (Encausse), dans son Tarot. On peut dire

que ce domaine de la divination est révélateur du clivage entre hommes et femmes. Mais au XXe siècle et encore moins en ce

début de XXIe siècle,  on conçoit mal  de telles formulations. Même les horoscopes des journaux ou les textes sur les signes du Zodiaque se gardent bien de faire la moindre distinction entre les deux sexes alors que cela était de mise par exemple dans le Kalendrier des

Bergers tout au long du XVIe siècle.

 

 

Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau-Sexe…
P. Chaillot jeune
1830
2
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1825
3
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1826
4
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1828
5
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1833
6
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1839
7
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1842
8
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1844
9
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1852

 

Regamey, G.
Grand jeu de l’Oracle des Dames : [jeu de cartomancie à enseignes italiennes] : [estampe]
Delarue
Teynier
La Bonne aventure dans la main, éléments de chiromancie, divination et explication de l’avenir, par Teynier
Delarue 1880
1890-1900
2 II  Les publications (prétendues)   de femmesAbordons quelques titres portantr des  signatures  féminines Il nous semble que certains hommes voulant soutenir la cause des  femmesn’ont pas hésité à leur préter main forte..Dans nos précédentes recensions, nous avions omis d’évoquer une certaineMademoiselle Lemarchand (parfois rendue en Lemarchant); nom qui n’estpas sans faire songer à  celui de Mlle Le Normand.Unr Mademoiselle  A. Lelièvre (alias  Marc-François Guillois) publie   en 1847 chez Garnier Frèresune  Justification des Sciences Divinatoires, dédiée à Madamela Comtesse Marie d’Adhémar. Déjà en 1807, un Petit

Oracle des Dames avait pris une dame comme dédicataire.

L’ouvrage de Mlle Lelièvre comporte une « digression au sujet des femmes » (pp. 14 et seq). des plus élogieuses, on s’en doute.

Mais  l’auteur entend placer l’Astrologie à une place centrale (pp  184 et seq) et on nous propose un résumé de son Histoire. La Cabale serait

d’ »ailleurs, nous dit-on,  une « partie de l’Astrologie » (p. 195) On y oublie

pas le « Livre de Toth » (pp. 277 et seq)

Les années 1840 correspondent bel et bien à une certaine renaissance

de l’astrologie (cf notre étude  Breteau  La Comtesse de *** et son grand Jeu de Société. Prophéties secrétes de Mlle Le Normand  (1845) qui reprennent une publication du même nom de J. Gaudais (BNF 8°V 1889) qui elle ne se présentait

pas comme l’oeuvre de la dite Comtesse. Le dit Gaudais publiait de son côté au début des années 1840:  La Sibylle des

Salons/

 

III Les publications pour les « dames »

En 1807, parait chez la Veuve  Gueffier, à Paris  Le Petit Oracle des dames ou Récréation des curieux, qui expose un nouvel

ordre des Arcanes Majeurs qui n’est pas celui prôné par Etteilla (ce qui lui est attribué à tort par le catalogue de la BNF, sur la base du catalogue  « Tarot, jeu et magie » : exposition, Bibliothèque nationale, 1984 / catalogue
par Thierry Depaulis, 132 = Depaulis, Tarot 1984, 132).

 

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Prophétie et Divination chez les éditeurs du XIXe siècle dans ASTROLOGIE ex1_onglet_haut  BNF  Tolbiac Gallica NUMM- 62270  Impr. Ducessois.
1 Site  Richelieu -pour les cartes.Estampes RESERVE KH- 179 -BOITE FOL < ESTNUM-7064 >
ex1_onglet_bas dans Conscience

 

EN 1816, parait à Marseille, chez la Veuve Friedel et fils Le

Petit Oracle des Dames ou manière amusante de lever un petit coin

du voile qui nous cache l’avenir. Jeu de société nouveau et intéressant publié par J. L. F. (BNF R 46291)  et  qui reléve de la Géomance (ou

géomancie)

L’ouvrage étit déjà paru sous le titte de  Petite  Géomance  des Dames chez la même  Veuve  Friedel (BNF R 46363)

 

On donnera un échantillon du ton employé pour s’adresser à un tel lectorat;

On  » a donc réuni seulement  les oracles capables d’offrir un sujet d’amusemebt et amener le sourire sur les lèvres des

charmantes lectrices qui pourraient le consulter. » (cf  Les récréations de la Cartomancie par Mademoiselle Lemarchant- (sic

pour Lemarchand)

ou encore (Manière de consulter l’Oracle) : » Aussi, je suppose, mal belle questionneuse que parmi les choses que vous

devriez le plus connaitre  celle ci est la plus importante: serai-je bientôt mariée »

Ci-dessous quelques variations autour de ce titre (catalogue BNF) avec des rééditions du XXe siècle chez Grimaud.

Le Petit oracle des dames et des demoiselles, comprenant 1° l’oracle de la sagesse ; 2° l’oracle de la folie ; 3° l’oracle du destin ; par le docteur Ralph Mac N…a, écossais. Traduit librement de la langue [...] ; par Mlle Anna Ker***
les marchands de nouveautés
1863
2
Livres
Le Petit oracle des dames et des demoiselles, comprenant 1° l’oracle de la sagesse ; 2° l’oracle de la folie ; 3° l’oracle du destin ; par le docteur Ralph Mac N…a, écossais. Traduit librement de la langue [...] ; par Mlle Anna Ker***
les marchands de nouveautés
1866
3
Livres
4
Livres
L’Oracle des dames, ou manière amusante de soulever un petit coin du voile qui nous cache l’avenir. Nouvelle édition…
Friedel et Gasc
1824
5
Livres
Manière de tirer le petit oracle des dames composé de 42 cartes et 74 tableaux
J. Boyer
1877
6
Livres
Le Petit oracle des dames ou récréation du curieux ; contenant soixante-douze figures coloriées, formant le jeu complet de cinquante-deux cartes…
B.-P. Grimaud
1932
7
Livres
Le petit Oracle des Dames ou Récréation du Curieux contenant soixante-douze figures coloriées, formant le jeu complet de cinquante-deux cartes,… Ch. M. et Cie
imp. de Gattet
1867
8
9
Documents iconographiques
Nouvel Eteila, ou le petit Nécromancien : [jeu de cartes, estampe]

 

On a vu plus haut  la fortune du Nouvel Oracle des Dames,  chez P. Chaillot, jeune.

 

Conclusion: on ne conçoit guère le recours à un tel langage de nos jours pour s’adresser aux femmes en tout cas pas

dans cette littérature. Autrefois, il était courant de distinguer par exemple chez les gens nés sous un certain signe, les

naissances masculines et les  naissances féminines, ainsi dans diverses éditions du Kalendrier des Bergers au XVIe siècle.

Les horoscopes des journaux actuellement ne semblent guère, à notre connaissance,  faire un tel distingo qui serait mal

venu. Mais en pratique, l’on ne peut que constater que les femmes sont les plus curieuses d’apprendre l’astrologie ou le

Tarot non pas tant pour mieux se connaitre que pour appréhender ce qui leur est étranger et inconnu.

JHB

29. 09 14

 

 

e

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Astrologie et sciences

Posté par nofim le 22 septembre 2014

 

Astrologie et Sciences : pour une nouvelle épistémologie.

texte repris dans la revue Trois Sept Onze, en son

dernier numéro.

 

Par Jacques Halbronn

Certains astrologues se méfient de tout discours visant à faire de l’astrologie une création du

génie humain, une « seconde nature », une « conquête de l’homme ». Les hommes ayant en

quelque sorte apprivoisé les astres en les intégrant dans leur agencement du Temps, à l’instar

d’un calendrier et se conformant dès lors au dit agencement institué par eux et ce, sans pour autant,

modifier en quoi que ce soit, les astres en tant que tels, se contentant de se transformer eux-mêmes,

dans une écologie bien comprise…

Il est rare que l’on trouve sous la plume d’un astrologue l’idée selon laquelle l’émergence de

l’Astrologie serait liée à un certain progrès social, une avancée dans l’organisation de la Cité (Polis),

l’homme étant un animal politique.

En fait, les astrologues ont, généralement, des difficultés avec la liberté humaine et avec toute forme

d’indétermination chez autrui car le monde deviendrait alors beaucoup trop compliqué à appréhender.

Au vrai, ce que les astrologues attendent de l’Astrologie, c’est qu’elle nous dise tout ce qu’il y a à

savoir sur le monde et surtout sur les gens, de façon à éviter toute surprise.

Les astrologues ne veulent pas d’une idée de l’astrologie selon laquelle l’astrologie pourrait disparaître

si les hommes n’en veulent plus. Et c’est pour cela qu’ils préfèrent s’en tenir à l’idée que les hommes

n’ont pas inventé l’astrologie et que celle-ci existe qu’ils le veuillent ou non.

En effet, si l’astrologie est le fruit du génie humain, elle n’a qu’une réalité culturelle, l’homme ne

pouvant produire quoi que ce soit de durable et ne pouvant exister sans conscience.

Ce que nous proposons, c’est de savoir renoncer au discours astronomico-mythologique ainsi qu’aux

arguments technoscientifiques pour embrasser une relation féconde avec les sciences sociales en

cessant de sous-estimer les capacités des hommes à construire dans le dur.

Nous pensons aussi que les processus subconscients seront amenés à jouer un rôle majeur dans

l’épistémologie des Sciences de l’Homme, au regard notamment des neurosciences.

En effet, il nous semble évident que le rapport des hommes aux astres ne se limite pas au seul niveau

conscient. Il est clair que la connaissance culturelle de l’astronomie n’est pas une condition préalable

à l’idée d’une détermination astrologique. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il faille admettre que

l’astrologie ne soit pas une émanation de l’ingéniosité humaine.

Autrement dit, l’astrologie serait comme un enfant qu’un homme aurait fait à une femme sans le savoir

et cet enfant se présente, un beau jour, à nous. Il n’aurait pas existé sans notre intervention, mais il

aura vécu sans que nous nous en doutions.

Ce que nous voulons dire, c’est que l’humanité peut être prisonnière de ses propres productions, que

celles-ci peuvent s’autonomiser et lui échapper. Mais que l’humanité, elle, ne leur échappe pas.

Nous n’ignorons pas que ce scénario pose problème. On pense aux objections à un certain néolamarckisme.

Mais c’est épistémologiquement le moins pire, il ouvre un nouveau champ de recherche

aux sciences « molles » pour le XXIe siècle. Bien plus, il permet de relativiser le poids de la Techno-

Science en montrant à quel point l’humanité instrumentalise le monde bien plus qu’elle n’est

déterminée par lui.

La notion d’instrumentalisation est complexe et quelque peu déroutante. On se sert d’un objet, d’une

donnée dans un sens qui n’est pas intrinsèque au dit objet mais qui fait partie de ses dispositions.

Cela peut donc être un contre-emploi ou un emploi en deçà de ce que l’objet pourrait produire et ce

emploi est plus contraignant pour l’instrumentalisateur que pour l’instrumentalisé.

On notera qu’en linguistique le signifiant est inévitablement instrumentalisé par le signifié. Si l’on

prend le mot « table », il veut tout dire et rien dire de précis tout à la fois, mais une fois que le mot a

reçu ce sens, celui-ci est contraignant pour le locuteur concerné.

C

5

Les astres se prêtent idéalement au rôle de signifiant. On peut les traiter et les qualifier à sa guise en

ne tenant compte que de certaines de leurs particularités externes. Même si cela ne s’inscrit pas dans

la ligne de la science astronomique.

L’instrumentalisation n’a que faire de la chose en soi. Elle est la victoire du récepteur sur l’émetteur, le

récepteur dictant sa loi à l’objet auquel il se réfère, voire auquel il se soumet, du fait de ce qu’il projette

dans tous les sens du terme.

Certains astrologues ont du mal avec la notion d’instrumentalisation, car ils sont persuadés que les

significations projetées sur un astre sont l’expression de la vertu de cet astre.

D’autre part, ils sont persuadés que l’astrologie doit respecter les structures propres à l’astronomie, à

commencer par le fait que si l’on s’intéresse à une planète du système solaire, il faut impérativement

prendre en ligne de compte la totalité des planètes dudit système et laisser de côté ce qui n’en fait pas

partie.

Enfin, ils croient que les astres inconnus des Anciens doivent être tout autant étudiés que ceux qui

font partie depuis longtemps de leur perception. Les hommes ont le droit de prendre du monde ce qui

leur plait, au moment qui leur plait sans aucune obligation autre que ce soit dans le temps et dans

l’espace.

L’astrologie relève d’une philosophie du choix et donc au départ de l’indétermination qui débouche

sur un processus d’instrumentalisation en quelque sorte alchimique qui devient contraignant s’il est

largement adopté et sur une longue période de temps (de cuisson). En ce sens, l’humanité est

prométhéenne, le feu est son vecteur car le feu est lié au temps. Il transforme l’objet, le fait passer du

cru au cuit. L’astrologie est le résultat de cette cuisson, à la façon d’une oeuvre de Bernard Palissy.

L’astrologie contemporaine a contracté une relation très particulière avec les astronomes. Le baptême

des nouvelles planètes est un véritable poème mystique qui nous plonge en pleine théosophie. Les

astronomes seraient les prophètes des temps modernes : d’une part, en ce qu’ils découvrent de

nouveaux corps célestes qui « manquaient » à l’astrologie pour être accomplie et d’autre part parce

qu’ils prennent sur eux de baptiser ces nouveaux astres en recourant aux mythologies, poursuivant

ainsi une antique pratique.

On connait le discours, désormais ressassé sur le ton de l’évidence, sur le fait que les astres sont

découverts au moment où l’humanité passe un certain cap. 1781 pour Uranus, 1846 pour Neptune,

1930 pour Pluton. On ne peut plus enlever à un astrologue son Pluton, ni comme planète, ni comme

concept. Même si c’est un astre très lointain, très lent (248 ans pour faire le tour du zodiaque) et

totalement invisible à l’oeil nu, une sorte d’intermédiaire entre une planète et une étoile, en quelque

sorte, ce qui tombe bien puisque les astrologues s’étaient interdits de se servir des « fixes »,

lesquelles ont le tort de ne pas appartenir au système solaire. Mais les astrologues ne s’arrêtent pas

tous à Pluton et certains « pionniers » n’ont pas attendu les astronomes pour annoncer la prochaine

découverte de la femme de Pluton, Proserpine (Korè), ce qui relève d’une certaine « mythologique »

encore inconnue des astronomes et encore plus lente que son époux infernal. On est vraiment très

loin du cycle lunaire fondateur mensuel, si présent à notre conscience dans notre ciel depuis toujours.

Ces astrologues nous expliquent que ces astres aussi récemment découverts étaient là, bien avant

qu’on ne les découvre. Et que de toute façon, ils sont devenus – depuis leur découverte -

incontournables. Qu’est ce que serait donc une astrologie qui les négligerait ? Elle perdrait la face.

Par certains côtés, les astrologues, face à la science, sont, pour la plupart, plus royalistes que le roi.

Ce qui explique que leurs relations avec le monde des sciences humaines ne soient pas

particulièrement sereines.

 

Publié dans ASTROLOGIE, Conscience, Culture, HISTOIRE | Pas de Commentaire »

Café philo ou Salon philo?

Posté par nofim le 16 septembre 2014

Du café philo au salon philo. Les formes de sociabilité.

par  Jacques Halbronn

Aucun principe n’est valable de façon constante. Cela dépend.

Il est des solutions d’attente qui ne sauraient être confondues

avec l’idéal. Cela nous raméne aux exemples tirés de  notre

mode d’alimentation. Tout  tourne en fait autour de la

question du partage. Partage de la nourriture, du temps de

parole, des responsabilités dans le cas des réunions de

type café-philo qui sont emblématiques de notre

problématique, d’où l’intérêt que nous leur avons

récemment accordé sous un angle ethnométhodologique en

tant qu phénoméne révélateur au point d’avoir envisagé

d’interviewer des gens sur ce sujet. En effet, certains

ont rédigé des « régles », qui visent en fait à modéliser un

mode de communication selon leurs voeux, ce qui n’échappe

pas à l’utopie parfois la plus cauchemardesque.

Nous commenterons un texte récemment distribué  et qui

date de 2003 intitulé « Café débat : régles de fonctionnement »

dont l’auteur est  Robin Branchu, animateur d’un café

philo à Bernay (Eure).

On en citera quelques passages remarquables qui méritent un

commentaire:

« retarder ses réflexes d’intervention »

« les interventions doivent être concises »

-en principe le rôle de l’animateur  s’arrête là, c’est  à dire

après avoir présenté les régles de fonctionnement »

-deux types de débats:  ordonnés et  désordonnés.

-tentation de  couper la parole

-Si on accepte les discussions par petits groupes, nous

ne formons plus un groupe(…) ça n »est plus un café

philosophique »

-Il me faudra intervenir  pour empêcher quiconque  de couper

la parole »

-Si!  On peut  laisser dire même n’importe quoi et y répondre

plus tard!

 

Notre commentaire:

On est là en face d’un texte qui prône une égalité dans

la distribution du temps entre tous les participants et qui

va jusqu’à  considérer que l’on peut carrément se passer

d’un « meneur de jeu »,ayant la charge de « recentrer » les

prises de parole. Et de conclure que cela se passe très bien

et que tout le monde est content de la sorte.

A notre avis, on fait là de nécessité vertu et cela nous fait

penser à la formule « quand le chat n’est pas là, les souris

dansent ». On est visiblement dans un rejet du « centre » et

en faveur d’une forme d’anarchie  non pas quant aux régles

mais sur le fond du débat qui est de traiter d’une certaine

question ensemble certes mais en avançant au fil du temps

qui passe (qui est généralement de deux heures).  Nous y

voyons le symptome d’un certain malthusianisme qui n’attend

pas de progrès mais gère les acquis, ce qui débouche sur

le partage entre tous puisque l’on ne croit plus à un nouvel

apport qui pourrait en émerger.

Robin Branchu  s’en tient à des régles qui constitueraient

l’identité du  genre « café philo » mais il semble au contraire

qu’il passe à côté de l’essentiel.

Cela dit, nous même, avons organisé en 2004 un grand

congrès sur 3  jours( on le trouve filmé sur  You Tube

(chaîne  Jacques  Halbronn) qui correspondait assez bien

à cette méthode. Nous étions ainsi parvenu à faire intervenir

un très grand nombre de personnes, autour de six

commissions qui pourraient correspondre à autant de

café philos. On pourrait d’ailleurs annuellement organiser

ainsi un grand congrès réunissant plusieurs café philos

en plusieurs salles et sur plusieurs jours, le tout dûment

enregistré (audio/vidéo).

Mais l’on en revient au fonctionnement idéal des cafés

philo : faut-il s’en tenir à des prises de parole réparties

-et donc rationnées- entre tous les participants s’étant

inscrit pour s’exprimer autour d’un thème central ou bien

s’agit-il  de constituer un débat qui peut en effet devenir un

combat d’idées entre des gens qui savent défendre leur

point de vue aussi bien qu’interpeller les autres

intervenants? A partir de quel moment, peut-on parler d’un

vrai « débat » (titre du texte de Robin Branchu) Est ce que

le seul fait de découper le gâteau du temps de parole entre

tous ceux qui veulent dire quelque chose peut faire un débat?

Qu’est ce qu’un débat? Voilà un bon sujet de café philo.

Nous dirons que dans un débat celui qui expose, s »expose et

il doit en assumer les conséquences de façon responsable.

Nous trouvons notamment un peu léger de voter sur des

sujets que l’on n’a même pas pris la peine de préciser par delà

une formulation des plus « sibyllines ». On nous répond que

lorsque le  sujet sera choisi,  on s’en expliquera. Mais ce sera

après le vote alors qu’il faudrait que cela se passât avant le

vote.  Un exemple d’une dérive surréaliste des cafés philo

où l’on se délecte de lancer des sujets dont on a absolument

pas la maîtrise et qui sont en fait simplement des questions

que l’on pose et que l’on se pose. Dans ce cas, qui va gérer

le débat si le sujet est lancé et voté de façon aussi

désinvolte? La personne qui a fait passer son sujet sans

le définir  va-t-elle porter le poids du débat si elle n’a pas

la faculté de comprendre ce que disent les uns et les autres?

Il arrive que les personnes censées responsables ne sont

pas à la hauteur et donc il faut bien que d’autres dans

l’assistance prennent le relais. Mais il y a là une crise du

systéme car  ce faisant, ceux qui assument une tâche mal

assumée se verront reprocher de perturber la réunion alors

qu’ils cherchent au contraire à la sauver en dépit des dites

insuffisances.  On voit donc que l’on nous oblige à accepter

l’autorité de personnes incompétentes à animer , et à recentrer

le débat après chaque prise de parole  (cf Raphaël Prudencio

comme exemple à suivre). En fait, c’est bien là que le bât

blesse: les personnes qui se mettent en avant vont, comme

le veut le principe de Peter, dépasser leur seuil de compétence.

Il est donc bon selon nous, que la responsabilité du débat

soit mise en place au cours du débat au vu des personnes

qui interviennent dans la première demi-heure.  Il ne suffit

pas de voter un sujet mais de déterminer qui va en garantir

la dynamique et ce ne sera pas forcément ni celui qui aura

suggéré initialement le sujet ni le préposé à l’animation

On évitera donc toute rigidité. L’incompétence est la plus

grande source de désordre et la compétence, on l’aura

compris, ne saurait se réduire à la tenue des listes de ceux

qui ont levé le doigt et du temps de parole.  Etre concis

ne se limite pas à parler peu de temps mais exige un vrai

contenu qui ne parte pas dans tous les sens.

Robin Branchu nous fait un éloge du »retard ». Il faudrait

apprendre aux gens à attendre pour prendre la parole. Ce serait

meme là tout l’enjeu de l’exercice.  C’est en fait le seul

bénéfice que son « traitement » apporterait: s’habituer à ne

pas réagir tout de suite à ce qui a été dit. On bascule là

dans une forme de thérapie ou de jeu pour enfants de 8 ans.

Ce qui n’est pas la vocation, il nous semble des cafés philo

mais un fantasme d’éducateur. Robin Branchu s’est donné

pour mission de nous éduquer, d’acquérir de bonns manières.

Cela dit,  nos travaux sur la cyclicité nous enseignent qu’il

est des périodes (altérité extérieure) où la dynamique

externe prévaut, celle du groupe, sur la dynamique interne,

celle du cerveau. Dix personnes discourant entre elles feraient

selon Robin Branchu, un meilleur travail que deux philosophes

reconnus (Ferry/ Sponville) comme »professionnels ». On est

en pleine démagogie! Mais il est vrai qu’à certains moments

de pénurie « intérieure » – et cela dépendrait d’une certaine

cyclicité energétique- on est bien obligé de recourir à de tels

pis allers, à des ersatz, à des succédanés, comme dans le

domaine alimentaire et  vestimentaire sous l’Occupation.

On est dans le nivellement par le bas et non plus par le haut.

Et puis revient le temps d’un réveil energétique et  les

solutions d’attente n’ont alors plus leur raison d’être et

doivent être remisées jusqu’à nouvel ordre.

Pour le cyclologue, la période actuelle est intéressante

précisément du fait du passage qui est en train de s’opérer et

dont nous avons traité ailleurs et l’on assiste en effet depuis

quelque temps à une remontée de la cote des leaders, pas

forcément de ceux qui sont actuellement au pouvoir d’ailleurs.

Si l’on en revient aux extraits du texte de Robin Branchu,

on note que le seul moment où on a le droit d’intervenir

sans que ce soit notre tour c’est pour dénoncer les manquements

des autres. C’est en fait à cela qu’il faudrait surtout être

attentif, aux aguets. On peut aussi demander à un Chinois

qui ne comprend pas le français d’animer le débat puisque

la seule chose qui compte, ce sont les comportements

extérieurs: on parle trop longtemps, on parle avec son

voisin, on coupe la parole. On peut envoyer Robin Branchu

animer un débat chez des gens dont il ne comprend pas

la langue, il fera très bien l’affaire!

En ce qui concerne le risque que se constituent de « petits

groupes » dans une assemblée nombreuse, nous ne voyons

pas réellement d’objection  pourvu qu’à certains intervalles

chaque groupe résume son travail de groupe. Nous avons

d’ailleurs filmé le Forum de l’évolution de la conscience

(octobre 2013) qui prévoyait un tel mode de fonctionnement.

La formule de groupes de six personnes autour d’une table

nous semble bien fonctionner quand cela est complété par

une ‘ »assemblée plénière » où les porte paroles de chaque

groupe interviennent. Il est clair que lorsque l’on est trop

nombreux et que l’on n’est pas dans a proximité  visuelle,

tout devient artificiel. On communique certes  par la parole mais

la relation  est d’abord non verbale. Evitons que le café

philo devienne une usine à gaz. Il est  bon de préciser les

régles implicites des conditions du débat mais les régles

ainsi devenues explicites se révélent souvent très

appauvrissantes et réductrices et ne font pas la part de ce

qui  « va de soi », du « non dit » qui sous tend le rapport social.

On nous dit qu’il ne faut pas céder à nos ‘réflexes » mais

notre rapport à l’autre passe par le réflexe qui nous permet

d’être en phase avec la dynamique en cours au lieu de la

casser en intervenant sans prendre en compte celle-ci qui

est -rappelons-le- dans ce qui se dit.  Celui qui parle sans

se faire l’écho de ce qui est en train d’être pensé ne respecte

pas le véritable esprit du café philo qu’il ne faut pas confondre

par exemple avec un autre phénoméne que nous avons suivi

il y a quelques années qui est celui des soirées poésie, autour

d’un thème, où chacun arrive avec son texte. (cf la Cave à

poémes de J. F. Trougnoux). On peut aussi penser aux

scénes ouvertes (comme l’Echelle à Coulisses de Marielle

Frédérique Turpaud qui tient aussi un café « honoré-philo)

mais il semble bien qu’il y ait là le risque d’une certaine

confusion des genres.  Le texte proposé par Robin Branchu

correspond mieux à la formule des clubs de poésie!

A propos de réactivité,  on rappellera qu’avant de réagir, il

importe de prendre le temps de comprendre ce qui est dit

et donc nous pensons que dans un premier temps de la réunion,

il importe déjà de clarifier de quoi il retourne au lieu de

partir sur les chapeaux de roue. Il est donc souhaitable d’attendre

avant même de demander la parole et il y a des gens qui

demandent la parole prématurément et qui feraient mieux

de profiter du débat  qui prend forme peu à peu .

On nous parle d’interventions qui doivent être « concises »

mais de deux choses l’une, ou bien  l’on s’exprime librement

« à bâtons rompus » et aussi souvent que l’on veut mais en

se greffant sur ce que les autres disent, en très peu de mots

ou bien on léve le doigt, figure sur une liste d’attente et

ce qu’on aurait pu dire en 20 secondes on l’exprime en

7 minutes puisque l’on ne parlera qu’une seule fois. Pour

notre part, nous préférons un travail réellement collégial

où les phrases « concises » fusent et se précisent au fur

et à mesure de l’échange. Au nom de la concision,  on entend proposer

des sujets formulés de façon lapidaire et l’on nous demande parfois de voter

pour élire un des sujets que personne n’a pris la peine de préciser et de développer

préalablement à tout vote. La personne qui propose le sujet dans bien des cas n’en a pas

la maitrise. La concision masque souvent mal une pensée creuse.

 

Evitons le double bind!

La formule du café philo se distingue de la scéne ouverte

(souvent liée à un squatt) au fait que l’on n’y distingue pas

ceux qui sont acteurs et ceux qui sont spectateurs. Il n’y a pas

de « scéne », on ne monte pas sur une estrade pour prendre la

parole, on s’exprime de sa place, en restant assis. Il serait

peut être dissuasif  de demander que toute prise de parole

implique de se mettre en avant ne serait-ce que le temps

de l’intervention. Mais en même temps, l’on tend à se

rapprocher des conversations de salon au point que l’on

pourrait parler d’une nouvelle ère des salons et que la formule

des « salons-philo »  serait  au fond la plus heureuse. On

dirait ainsi le salon d’Un tel ou d’ Un tel qui recevrait chez lui

ou dans un lieu mis à sa disposition régulièrement comme

cela se pratique. (cf Raphael Prudencio à la Rotonde de la

Muette,  cf site accord philo)

Nous dirons que les participants à ces réunions doivent

prendre conscience que leur discours est nécessairement

influencé par tel ou tel auteur, quand bien même ne

l’auraient-ils pas lu ou n’en auraient-ils point gardé le

souvenir. Il serait quand même étonnant que parce que l’on

ignore les influences qui pésent sur notre pensée, nous

puisssions nourrir l’illusion d »une quelconque originalité.

Le  rôle des « convives » et du maître de céans est de

participer , de contribuer  à une telle prise de conscience

mais aussi de  faire apparaitre de vraies lignes de clivage

qui sont la condition nécessaire à toute tenue d’un débat

authentique qui doit être  l’aboutissement de la rencontre.

Recentrer les interventions de la part de l’animateur impliquera

donc qu’il sache resituer les prises de parole des uns et

des autres en « élevant » le débat.

 

 

 

.

 

 

 

JHB

22 09  14

 

 

Publié dans ASTROLOGIE, Conscience, Culture, ECONOMIE, FEMMES, PSYCHOLOGIE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

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