Liberté, égalité, fraternités : pour une nouvelle lecture de la devise républicaine

Posté par nofim le 9 septembre 2021

Liberté, égalité,  fraternités  (sic) : pour  une nouvelle lecture de la devise républicaine

par  Jacques  Halbronn

L’observation de la Société nous incite à mettre le terme « fraternité » au pluriel et non  au singulier comme dans la version actuelle de la devise républicaine.  Si l’on peut parler de liberté et de l’égalité, au singulier, il ne saurait en être de même pour le mot Fraternité. Il importe précisément de respecter l’idée de pluralité qui vient en contrepoint et contrepoids de l’idée  d’Egalité, mettant ainsi en avant une forme de dualité entre l’un et le multiple, le centripète et le centrifuge.

Prôner a la fraternité, au singulier, ne  serait-ce pas laisser entendre, croire que nous partageons tous les mêmes valeurs, les mêmes repères? C »est générer du porte à faux.

On sait au demeurant que la Révolution Française accoucha de la Loi Le Chapelier réputée hostile aux « corporations » lesquelles peuvent être aussi appelées  « fraternités ». On aura préféré depuis  l’anglais « club » (bâton, cf le jeu de tarots)  comme le Club des Jacobins. (cf l’article Fraternité,  sur Wikipedia)

Donc, selon nous,  les gens tendent  instinctivement à se regrouper sinon à s’organiser en « fraternités », en « sociétés », en « associations ». Est-ce à dire que le mot Fraternité dans la devise républicaine serait une incitation à ce que chaque individu assume son ou ses appartenances, qu’il ne doit pas  se comporter tel un électron libre?

On peut penser que la Gauche  serait plus axée sur l’idée d’égalité et la Droite sur celle de « fraternités » (au pluriel). Il est vrai que le fait de parler  de  « fraternités » peut conduire à une forme d’aparthéid.

Certains inversent le probléme  et demandent «  Comment pourrions-nous être frères dès lors que l’on ne reconnaît pas être enfants d’un même Père ? » MAis précisément, l’idée de fraternité est liée à celle d’une diversité à assumer. Le « frère », c’est le « prochain », celui dont on tend à se rapprocher parce qu’il nous ressemble visuellement et pour nous le visuel doit être respecté par ce qu’il nous révéle et nous enseigne aussi bien sur  terre que dans le ciel (cf notre anthropocosmologie) C’est dans la mesure où l’on perçoit des clivages de tous ordres, dans le temps comme dans l’espace, que l’on apprend à décrypter le monde, à ne pas confondre, par exemple , les étoiles (fixes) et les planétes.(errantes)

Comme par hasard, les gens qui se fréquentent se ressemblent par l’âge, le sexe, la couleur de la peau, la langue, la religion. Le role de lEtat est de faire cohabiter au mieux ces « communautés ».(fondé sur ce qui est déjà  commun  ici et maintenant., de composer avec la diversité.

 

JHB

 

09 09 21

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Jacques Halbronn Le rôle d’arbitre des femmes

Posté par nofim le 4 septembre 2021

Sociologie  et théologie. Le rôle d’arbitre, d’observateur et de consommateur  des femmes

par  Jacques Halbronn

Une question  essentielle  en ce début de XXIe siècle est celle de la place des femmes dans nos  sociétés, afin d’éviter des processus mimétiques qui brouillent les pistes quand une population ne parvient pas à connaitre le rôle qui lui est imparti dans le « plan » initial de la « Création »/ Que se passe-t-il quand les femmes ne jouent pas le rôle correspondant à leur « nature »?

Dans un précédent texte, nous avons mis en évidence  la dualité masculin féminin dans le processus dit de Création en soulignant le fait que le principe masculin ne saurait être créateur car la création  vient en second en tant qu’aboutissement comme dans le cas de la procréation.

Jésus déclare ! « Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir la Loi » Or, la femme appartient à ce processus de réalisation finale, de stade ultime.  et quand elle ne joue pas ce rôle, une société  est en manque d’arbitre car on ne peut être  juge  et partie. Il importe donc que les femmes  ne cherchent pas le beurre et l’argent du beurre et sachent quelle est leur place.

Or, celui qui lance des idées, qui ouvre des pistes- le « producteur » – n’est pas en position de percevoir l’ensemble du tableau car il n’est pas en  position de consommateur. A contrario, le consommateur sera au fait de tout ce qui est proposé de façon à opérer le meilleur  choix possible. On ne peut pas être  juge et partie.

Nous avons pu ainsi observer que  les milieux qui ne réservent pas de place aux femmes  en tant qu’observatrices sont marqués par des polémiques qui n’en finissent pas – c’est la loi de la  jungle par manque d’arbitre équitable. On assiste alors à des pseudo-arbitrages entachés de partialité, de lacunes, d’exclusives car ceux-ci sont rendus par des hommes et non par des femmes. D’ailleurs, les femmes ont instinctivement tendance à communiquer, à échanger entre elles, à « façonner » l’opinion., à noter les uns et les autres sans être partie prenante.

Quand des producteurs se retrouvent face à face,  il y a  chaos, « tohu bohu ». comme le dit le premier chapitre de la Genése. C’est pourquoi nous ne saurions placer la Création au commencement et d’ailleurs dans la Genése, on voit bien que la « création » n’est pas le premier stade qui est « chaos »,  effervescence, conflictualité.

La femme aurait selon nous vocation à  se former une vision aussi exhaustive que possible des « forces »  en présence dans un  domaine donné , ce qui convient assez bien au rôle du « critique » littéraire ou du journaliste. et d’ailleurs nombre de femmes se sont illustrées sur ce créneau exigeant une certaine forme de distanciation permettant précisément d’avoir une  approche globale. Ce role est d’ailleurs bien mieux reconnu et avéré que celui de « productrice » du matériau premier lequel correspond de façon bien plus flagrante à des membres de la gent masculine/

Or, force est de constater qu’il y a  des domaines qui ne font pas de la place pour ces  rôles d’observateurs « objectifs »  et c’est notamment le cas du milieu astrologique, probablement pace qu’il est par trop marginalisé. Pour notre part,  nous avons toutefois à notre actif d’avoir joué un rôle « féminin » dans ce milieu, au sens où nous l’entendons  en publiant notamment une série de guides  et de recensions entre  1981 et 2016. sur papier ou sur la toile, sans parler de notre télévision et de nos colloques. Mais il est bien difficile de jouer ce rôle pour cette communauté et en même temps d’exister en tant que chercheur. On nous aura donc souvent accolé l’étiquette d’historien et de sociologue de l’astrologie, ce qui nous semble bien  réducteur.  En fait, nous  avons bel et bien une double casquette, ce qui est apparu dès 1976 avec Clefs pour l’Astrologie (Ed Seghers) ou dans l’article Astrologie de l’Encyclopaedia  Universalis.de 1994 jusqu’à ce jour)

 

 

JHB

04 09 21

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jacques Halbronn Théologie et Création: le grand débat sous jacent

Posté par nofim le 30 août 2021

Théologie et création: le grand débat sous-jacent

par  Jacques  Halbronn

 

Les  mots « Dieu »  et « création »   connaissent actuellement  un usage  qui semble délibérément , comme à plaisir, vicié, dévoyé   tant  on en reste sur des lieux communs au nom d’une culture judéo-chrétienne mal  assimilé. Nous nous proposons ici d’y apporter plus de clarté en distinguant plusieurs plans qui s’emboitent certes  les uns dans les autres  mais qu’il importe de ne pas confondre, de ne pas télescoper.

La thèse centrale que nous défendons est celle d’un dispositif à trois niveaux offrant une analogie structurelle mais que l’on ne saurait amalgamer. Les mots « Dieu » et « Création » sont intimement liés en  ce sens que tout créateur serait un « dieu » mais  ce  dieu est fonction de la création qu’on lui attribue. Il reste que tous les créateurs, du plus petit au plus grand, présentent certaines similitudes. On peut parler d’une guerre de religion  larvée de nos jours  et qui est une constante  qui ne s’avoue pas comme telle. Autrement dit, la plupart des controverses  toucheraient d’une façon ou d’une autre à la question du théologique.

La notion de Création  dans le Livre de la Genése

Dès le premier verset de  la Genése apparait un verbe que l’on traduit par  « créer », c’est l’hébreu  « Bara ». Au commencement « Dieu »  « créa » le Ciel (notre  Ciel?) et la Terre (notre Terre?).  Il semble que l’on veuille dans le judaisme en général tel qu’il est devenu nier que l’humain puisse être capable de « créer », le verbe  « bara » étant censé jouir d’un usage exclusif dont on ne saurait se saisir impunément. Un autre terme hébraique est toutefois utilisé, celui de Yetsira, notamment autour du Sefer Yetsira qu’on traduit par Livre de la Création, dans la littérature de la Kabbale, ouvrage qui traite notamment des 22 lettres de l’alphabet hébreu, en rapport avec les Eléments, les Signes du Zodiaque et les 7 planétes.  Mais, en hébreu moderne,  le Mot Yetsira peut s’appliquer à toute forme de création, à différents niveaux.

Quand on interroge des Juifs sur la notion de Dieu, ils renvoient à un dieu premier, primordial  « créateur de l’univers » du « Olam ». Or, nous pensons que le dieu de la Genése et de l’Exode  est un dieu qui s’occupe de notre humanité  et au sein de celle-ci de « son peuple ». Que comprendre quand « Dieu »  se référe à « mon peuple » ? Au niveau chrétien,  il est question  de l’invocation  « Notre père qui êtes aux cieux ».

On soulignera ici l’importance déterminante  de l’usage du « possessif ». Comment un dieu « universel » pourrait-il  être la propriété de qui que ce soit? Le possessif  est doté d’un caractère exclusif et  l’enfant  sait pertinemment  que « son  père » n’est le père de tout le monde tout comme il n’est pas un fils  ou une fille interchangeable.

Le débat autour de Science et de Religion  est en lui même assez obscur  dans la mesure où  comme dirait Spinoza, Deus sive Natura. Parler de la Nature, c’est implicitement se référer au « dieu de l’univers ». En réalité, l’oppostion  entre Science et Religion vise un autre type de Dieu, un dieu   issu, émanant de ce « premier » dieu et dont les attributions sont infiniment plus limitées maiss qui serait bien plus proche de notre Terre, de notre Humanité voire de notre Ciel, si l’on va notamment  dans le sens de l’Astrologie. Mais en même temps, ce dieu créateur de « notre » Humanité -Adam – ne saurait être placé sur le même plan que nos propres constructions humaines. Une cathédrale n’est pas du même ordre que notre systéme solaire. On devra  donc distinguer trois niveaux de création que l’on confond si souvent allégrement.

Le cas de Jésus est source de malentendu car il semble vouloir  entremêler ces trois niveaux pour n’en faire qu’un seul. et cela est fâcheux.

Selon nous, Jésus se situe à ce que l’on pourrait appeler le niveau 3, celui des « dieux » voués à guider l’Humanité, programmés en quelque sorte pour ce faire. C’est le niveau des prophétes, des génies tant sur le plan politique que scientifique ou artistique. Mais ce niveau ne saurait être comparé  au niveau des dieux qui ont agencé notre Humanité et tout ce qui vient la structurer et dont selon nous traite le Livre de la Genése avec son récit de la « Création » pas plus que ces dieux ne sauraient être mis sur le même pied, que le Dieu du premier mobile.

Ce que nous devons constater, c’est que c’est le niveau intermédiaire  qui semble faire le plus probléme, se trouvant comme pris en étau entre les deux autres idées de la Création alors même que le Livre de la Genése  traite justement de cette interface. Cette civilisation judéo-chrétienne semble ne pas avoir pris la mesure de la théologie appropriée, d’où un certain malaise lié notamment à une certaine verticalité. Le niveau 3 qui a été ainsi instauré aura mis en place des éléments structurants, représentés, incarnés, par une certaine « elite » elle même soumise à un certain ordre cosmique, à condition de ne pas adopter une acception trop extensive du mot « cosmos » car il s’agit ici de « notre » cosmos et no du Cosmos en général..

Autrement dit, entre l’homme créateur, organisateur de notre société  et le Dieu premier, il y aurait un point aveugle, une solution  de continuité. On peut parler d’une crise théologique qui ne dit pas son nom.  Dans le cas de Jésus,  il n’est créateur ni de premier ni de deuxiéme niveau mais bien de troisiéme niveau. En fait, il faudrait parler d’une création de quatrième niveau, qui serait celle de l’homme ordinaire, du vulgum pecus. Jésus  est avant tout concerné par le culte au dieu de deuxiéme niveau  est fait lui même l’objet d’un culte de troisiéme niveau de la part des populations de quatriéme niveau.

Ce qui est notamment à souligner, c’est ce que signifie un certain rejet de l’astrologie qui est en fait ni plus ni moins qu’un rejet, un déni  de la Création de deuxiéme niveau tant au nom des tenants  du premier niveau que de ceux de   troisiéme niveau.   Le procés que l’on intente à l’encontre de l’astrologie  est double : elle ne serait ni « naturelle », ni  l’oeuvre des humains. Elle serait d’un troisiéme type  et inclassable.  Il s’agit donc pour nous de rétablir un paradigme qui permettre de déterminer la place qui lui revient en soulignant que l’attaque contre

l’astrologie est celle menée contre le deuxiéme niveau théologique. Et c’est en cela que nous asssstons à une conflictuallité d’ordre théologique qui ne se déclare pas comme telle. Au lieu d’accepter de situer l’astrologie au sein d’un ensemble, on s’en prend à elle  de façon biaisée, comme aux victimes du lit de Procuste, soit en l’installant sur un lit trop  grand, soit sur un lit trop petit.

Mais les astrologues eux mêmes semblent bien incapables de situer correctement le domaine qui est le leur et préferent se référer à la « Nature » alors même que la « Science » qui en serait la gardienne s’y refuse. Est-elle une création « humaine »? Nous avons envisagé cette hypothèse (cf  La pensée astrologique, Paris, Artefact 1986, en préambule  à ‘lEtrange Histoire de l’Astrologie  de Serge Hutin) et il est possible qu’à un certain stade, les sociétés soient parvenues à instrumentaliser le « Ciel » mais il s’agit là d’une forme d’astrologie rudimentaire. (cf les travaux de Michel Gauquelin et notre édition des Personnalités planétaires, Ed Trédaniel,  1992) Nous en sommes arrivés par la suite à la thèse d’une technologie avancée mettant en place, artificiellement, un ensemble reliant le minéral et l’animal, la planéte et l’homme. Ce qui renvoie au débat entre Science et Technique, entre Science et Art – on pense à la démarche du sculpteur qui choisit les matériaux qui serviront à son oeuvre sans être aucunement obligé d’employer tout ce qui existe dans son milieu. Or, les astrologues semblent encore victimes de l’idée selon laquelle tout ce qui  figure dans le systéme solaire devrait être intégré par l’astrologie, ce qui les conduit à produire un ensemble saturé d’informations et donc à la nécessité de vouloir tout expliquer de la sorte, et notamment la spécificité de chaque individu (cf l’ »Astrologie de la personnalité »  de D.  Rudhyar)

 

 

 

 

JHB

30 08 21

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jacques halbronn Pour une épistémologie du mode d’emploi.

Posté par nofim le 14 mai 2021

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Jacques Halbronn La notion de peuple élu comme dynamique impériale

Posté par nofim le 11 juillet 2016

La notion de peuple élu comme dynamique impériale

par Jacques Halbronn

 

Il importe d’approcher les textes avec un minimum de sens critique et cela n’est pas sans exiger une certaine rigueur, et un sens certain de la vraisemblance et donc de l’invraisemblance qui permet de se rendre compte que telle formule ne fasse sens que dans un certain contexte. En menant des travaux dans des domaines apparemment distincts, l’on parvient ainsi à aborder tel ou tel texte avec un œil nouveau?

Chez les juifs,  on trouve un tel énoncé chez le  prophète Amos (Livre d’Amos 3:2): « C’est vous seuls que J’ai distingués entre toutes les familles de la terre, c’est pourquoi Je vous demande compte de toutes vos fautes. »

Nous voulons parler ici de la notion d’empire qui implique effectivement qu’un certain peuple puisse occuper une place centrale au milieu d’autre peuple. Les exemples abondent dans l’Histoire de la prise de pouvoir d’un peuple sur d’autres peuples et c’est selon nous une bonne définition de la notion d’empire avec notamment l’idée de capitale d’empire  que ce soit pour Istamboul (Empire Ottoman) ou Vienne (Empire austro-hongrois). On peut aussi parler de « métropole » dans le cas d’un empire colonial.

En ce qui concerne l’usage de l’expression « peuple élu », on la trouve au XXe siècle utilisée , par exemple, par la secte Moon.(Eglise de l’Unification) qui voit dans la Corée le « peuple élu » .

Au fond, tout projet impérial ne passe-t-il point par l’idée d’un « peuple élu » ayant vocation à « englober »" diverses nations et à en constituer le centre?

Mais que penser dès lors de l’usage qui en est fait dans le cadre hébraïque? On peut certes être tenté – mais ce serait bien anachronique sinon « prophétique »- de soutenir que le judaïsme aura essaimé, et se sera diffusé par le biais du christianisme voire de l’Islam mais une telle « leçon » nous semble bien tirée par les cheveux et nous pensons plus sage de nous en tenir à une problématique impériale « classique » comme L’historiographie est en mesure de l’illustrer, à travers les âges, de l’Antiquité à nos jours,  témoignant de fortunes bien diverses, au demeurant. Rappelons que cette notion implique un élargissement de l’espace-temps: un empire débordant les frontières et  exerçant des effets durables, même après sa période la plus intense, à l’image de certaines étoiles qui éclairent encore alors qu’elles ont disparu. L’Historien aura pour tâche-épistémologiquement,  de rassembler les traces de telles entreprises tant dans le domaine politique qu’intellectuel, artistique ou religieux. Est ce que les empires ne seraient pas-tous domaines confondus- l’entreprise la plus remarquable et la plus mémorable pour l’Humanité?

Que dire par conséquent de l’usage qui figure dans le monde juif? Revenons un instant sur l’Etat Juif de Herzl. Est-ce que cette formule (parfois contestée dans sa « traduction » français de « Judenstaat)  ne pourrait être interprétée comme signifiant précisément un tel projet impérial, faisant des Juifs un « peuple élu » exerçant son pouvoir sur un certain nombre de « nations »  (goyim).? La promesse de Dieu à Abraham de faire de sa descendance un « grand peuple » (Genése) n’est-elle pas liée à une telle idée impériale puisque « grand peuple » est en quelque sorte synonyme de « peuple élu »? Mais l’on voit bien que tout cela sonne faux au prisme de la réalité historique propre au peuple hébreu/juif  à telle enseigne que nous avons, opté au contraire pour l’idée d’un Etat Hébreu au sein d’un empire et non comme centre d’un empire, soit un cas de figure radicalement  inverse? On pense à Herzl demandant au sultan de lui accorder une place au sein de l’empire ottoman ou obtenant juste avant sa mort l’Ouganda au sein de l’empire britannique. (1905)

Tout semble au contraire indiqué que cet usage de « peuple élu,  de « grand peuple »  ne fasse sens que pour  les origines d’un empire. Autrement dit, on conçoit aisément qu’un empire se dote d’un certain mythe des origines. Or,  la formule tombe à plat dans le cas hébreu même si les antisémites ont pu déclarer au XIXe siècle,  que les Juifs contrôlaient le monde. (cf  notamment  notre ouvrage  Le sionisme et ses avatars, Ed Ramkat 2002)

Notre thèse est la suivante : une telle formulation a du appartenir à un « véritable » empire, elle lui aura été empruntée comme bien d’autres éléments du Pentateuque.  Rappelons que le phénoméne de l’emprunt se situe au cœur de nos travaux, notamment en linguistique.

En conclusion, il nous semble que cette expression est décalée par rapport au judaïsme, qu’elle n’y a pas sa place. Bien au contraire, ce peuple a besoin de s’inscrire au sein d’un empire, d’un ensemble supranational,  bien plus qu’il ne serait en mesure d’en constituer l’axe central, ce qui nous semble sensiblement mieux convenir à la France. Paradoxalement, la France de nos jours a une destinée impériale qu’elle ne parvient plus à assumer du fait d’une crise identitaire alors que les Juifs sont porteurs d’un modèle qui ne correspond pas à leur destin.

La plus grande source de conflits tient au déclin de la conscience impériale, ce qui conduit les Etats à ne plus savoir assumer leur héritage. La notion d’empire est créative, elle s’attelle à des combinatoires, à des coexistences  inédites, inouïes. L’Etat ne trouve selon nous sa légitimité qu’en tant que régulateur, harmonisateur  des différences au sein de l’ensemble dont il a la charge. On sait à quel point la crise de l’Etat conduit à  la dislocation, au démantélement et ce n’est qu’après coup, que l’on en prend vraiment conscience, quand l’ensemble existant ne tient plus. Le nationalisme  retrouve une dynamique quand l’Empire échoue, quand aucun peuple n’est  » élu » pour assumer une certaine centralité.  Toute nation posséde son bâton de maréchal et peut en principe briguer l’Empire mais il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

12 07 16

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jacques Halbronn Repenser les notions d’ objectivité et de subjectivité au prisme du masculin et du féminin

Posté par nofim le 1 juillet 2016

Repenser les notions d’objectivité  et de subjectivité au prisme du masculin et du féminin

par  Jacques  Halbronn

 

Il n’est pas si aisé qu’on veut bien le dire ou le croire d’appréhender le bon usage de ces termes.  Or, il nous semble que cette impuissance conduit à ne pas se rendre compte de ce qui distingue les hommes et les femmes.  Il y a là un obstacle épistémologique dont on n’a probablement su apprécier toute l’importance.

Nous entendrons par subjectivité  un comportement  qui ne tient pas compte des données extérieures observables  mais uniquement d’un ressenti intérieur.

D’aucuns nous objecteront que ce ressenti intérieur sera nécessairement influencé par ce qui se passe autour de soi.  Ce serait là aller un peu  vite en besogne.

Au regard de la cyclicité, l’on peut en effet  dire que certains « êtres » sont influencés par des phénoménes cosmiques qui jouent sur leurs « humeurs » (mood en anglais).

Il y a là quelque paradoxe dans la mesure où le cosmos est par excellence quelques chose d’extérieur!

Certes, mais ce n’est pas une extériorité  « terrestre »., cela correspond à un déterminisme  qui ne doit rien  à ce qui survient sur terre mais à l’inverse qui est susceptible d’agir sur ce qui s’y passe.

Nous appellerons donc  « subjectif »  un comportement qui n’est pas stricto sensu lié à ce qui peut s’observer autour de soi.

Si un être est lié à un cyclé céleste- à la Lune par exemple- ce sont les changements qui se produiront en lui  qui seront déterminants et non ce qui se passe autour de lui, si ce n’est que si un grand nombre d’êtres vivent la même expérience,  cela peut

générer un effet boule de neige. En tout état de cause, le ressenti subjectif deviendra objectif pour autrui. Et  face à un tel comportement,  autrui sera conduit à penser qu’il est responsable, peu ou prou, d’un tel changement.

Or, comme celui qui subit cette cyclicité ne l’identifie pas comme tel, il sera en effet tenté de mettre sa problématique intérieure sur son entourage.

On en arrive ainsi paradoxalement à ce que  celui qui n’a pas la clef de son propre comportement  projettera les causes  de son « évolution » sur autrui, avec lequel il est en interaction.

Par ailleurs, par delà  la question cyclique, certains tropismes peuvent ausis être liés à un déterminisme atavique, lui aussi, autonome par rapport aux situations actuelles; Là encore, certains problémes rencontrés existentiellement par la personne seront mis sur le compte de l’éducation, de l’attitude d’autrui à son égard.

Appliquons ce schéma à la condition féminine.  On connait le discours « féministe » selon lequel la Société serait responsable du « plafond de verre » qui empêcherait les femmes d’atteindre l’excellence à laquelle les hommes auraient accés

dans leurs diverses activités, intellectuelle, artistique, politique etc.  Il y a là un refus manifeste- et assez général- de reconnaitre le poids de certains déterminismes qui ne doivent rien au conditionnement social.

Inversement,  nous dirons que les hommes sont plus dans l’objectivité que dans la subjectivité.

Ils sont bien plus marqués par l’observation du réel  extérieur que  les femmes, ce qui leur confére un avantage  crucial  sur le plan « scientifique » et dans le rapport  à la matière. . Ces dernières ne le perçoivent qu’au travers de qui en est dit.  D’où l’hyper importance du langage  pour les femmes, le langage étant l’interface entre le monde des hommes et celui des femmes et se prétant à toutes sortes de sophismes.  Les femmes, en ce sens, vivraient davantage dans un monde « spirituel ».

Ajoutons que le déterminisme féminin conduit à un puissant grégarisme qui leur fait rechercher une communion, facilitée par la synchronicité des ressentis alors que les hommes s’affirment davantage sur le plan individuel, du fait de la diversité des regards (cf la parabole des aveugles et de l’éléphant). Paradoxalement,  l’objectivité masculline conduit à une forte différenciation entre les hommes alors que la subjectivité féminine conduit à  une puissante convergence si bien que nous avons pu dire que les hommes correspondent à la conjugaison au singulier(je,  tu etc)  et les femmes à la conjugaison au pluriel (nous, vous etc)

 

Conclusion

La vie sociale des deux sexes tend à se focaliser sur des réunions unisexe, les réunions mixtes tendant à devenir, de plus en plus, l’exception. Les femmes entre elles, ont en commun les mêmes déterminismes et les mêmes cycles et peuvent donc penser que le monde correspond à leur ressenti. Quant aux hommes, ils se mettent assez vite d’accord entre eux sur un certain nombre de « faits » d’observation et parviennent donc ainsi à s’entendre. C’est donc le mélange de ces deux types de ressentis qui sera source de tensions du fait d’un milieu par trop hétérogéne. Ces différences sont autrement plus importantes que d’autres que l’on monte en épingle, notamment dans le domaine de l’immigration.  pour nous, les femmes appartiennent à ce que nous avons appelé, ailleurs, la « maisonnée » (cf  Philipppe Descola, La composition des mondes.  Entretiens avec P. Charbonnier, Paris, Flammarion, 2014, qui cite  (p. 201) « Domestication des animaux, culture des plantes et traitement d’autrui.  Revue L’Homme, vol 2, n°1, 1962, pp. 40-50). Les femmes appartiennent à la maisonnée avec bien d’autres éléments alors que l’homme en est le centre sans y appartenir à la façon dont le soleil est au centre du systéme solaire et n’y appartient pas vraiment.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

 

01 07 16

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Le phénoméne Café-philo: les dérives

Posté par nofim le 7 avril 2015

Notre enquête sur les Cafés philo à Paris

par  Jacques Halbronn

 

Que se passe-t-il dans les café philo, à quoi joue-t-on?

Quel est le profil des animateurs, à quoi servent-ils?

Il nous est apparu que certaines dérives entrainaient

les café-philo dans des directions  quelque peu décalées et

hybrides..

En l »espace d’une  huitaine de jours, nous avons suivi quatre

rencontres de ce type, dans des cadres différents. Les

animateurs sont les suivants:  Jean-François Paquelier,

Rafael Prudentio,  Bruno Magret,  Jean-Luc Berlet, Maxime Fellion,  mais

d’autres personnages souvent co-animent et nous les

mentionnerons en temps utile.

En fait, on peut se demander si l’on peut trouver

actuellement à Paris  de « vrais » café philo où il y a de

vrais débats. Notre diagnostic, c’est que les gens n’ont

plus le goût et le sens du débat et c’est pour cette raison

qu’il y a ces dérives qui visent à occulter  une certaine

carence de la démarche dialectique et maieutique.

 

I La dérive littéraire

Un des traits les plus étranges que l’on peut observer

actuellement  concerne les intitulés des sujets. On notera

d’abord qu’ils sont généralement votés une fois qu’une

demi-douzaine de propositions ont été  exprimées. Mais

sur quoi va-t-on voter?  Sur des phrases, des  slogans, des

maximes,des formules sibyllines, hermétiques et que l’on ne prend pas la peine de préciser

avant le vote.  En fait, on pourrait parler d’un processus

oraculaire.

On va donc se réunir autour de ces quelques mots souvent

articulés sous une forme interrogative.  De deux choses

l’une, ou bien on éléve le débat et l’on cherche quelle

est la question philosophique sous-jacente  ou bien

l’on décortique minutieusement la formule lancée et

c’est alors que l’on bascule dans la fibre littéraire, poétique,

comme le fait Maxime Fellion, partenaire de Jean-Luc Berlet.

et l’on se met à cogiter, on se  demande alors pourquoi tel mot a été utilisé et

pas tel autre. On est dans l’analyse de texte qui se voudra

rigoureuse quant à son respect de l’intitulé , comme s’il

émanait de quelque grand penseur. On cogite sur une

formule sans aucune connaissance du contexte, ce qui

est contraire à l’idée de commentaire sérieux..

En réalité, nous avons affaire à des pratiques d’autodidacte

qui se sont maintenues alors que l’intéressé- est parvenu à accéder à un

savoir consistant tout en perpétuant des modes de

fonctionnement de vaches maigres.  C’est le système D :

on  fait de nécessité vertu et on triture inlassablement

une formule dérisoire  lancée un peu par jeu comme

thème de débat à l’instar de ces danseurs qui se

trémoussent devant vous, à la demande,  quand vous

leur suggérez de représenter tel état d’âme.

 

 

II  La dérive psychologique

On change de stratégie avec Bruno Magret qui considére

désormais que la raison d’être de son café-philo est

de susciter des témoignages  liés aux drames que vivent

les participants. On est dans le ressenti, dans le partage

des expériences, des vécus. La philosophie se met  ici

au service de la  psychologie, ce qui est censé la rendre

plus vivante. On n’est plus dans le débat mais dans le

témoignage. La montagne philosophique accouche d’une

souris.

 

III  La dérive pédagogique et livresque

L’animateur  introduit le sujet au prisme de l’Histoire de

la Philosophie. C’est le cas d’un Jean-Luc Berlet et d’un

Rafael Prudentio qui  développent assez longuement

leur exposé en rapport avec le sujet  voté ou choisi.

On peut se demander si les personnes ayant un bon

bagage en fait de lectures philosophiques – on pense

aussi à Sabine Miniconi, proche de Jean-Luc Berlet-

sont réellement doués pour le débat philosophique.

Rafael Prudentio  a un art consommé pour resituer

chaque prise de parole dans le cadre des grandes

questions philosophiques .

On se demandera toutefois  si les professeurs de philo

sont de bons philosophes ou s’ils ne peuvent philosopher

que par procuration, comme des musiciens qui ne font

de la musique qu’en jouant celle des autres.

 

 

IV  La dérive  écologico-politique

D’autres  café-philo  sont l’occasion pour leurs animateurs

de faire passer certains messages qui s’éloignent souvent

très nettement du théme initialement proposé. On pense

au café philo de Jean-François Paquelier, secondé

par l’écologiste Romain. On nous y parle des échéances

urgentes auxquelles nous sommes confrontés  à propos

de l’avenir  de la  planéte.

 

VI La dérive  ésotérico-traditionnelle

Nous avons aussi droit à des café-tao avec Jean-Luc

Berlet  et à des café-destin (sic) avec Yves Massey

qui fonctionnent sur le mode du « débat »  mais avec

un référentiel censé être assez bien circonscrit. (Karma,

Divination etc). Dans le même genre, nous placerons

les « leçons de philosophie » de Maxime Fellion, articulées

autour du Livre de la Genése. Dans ce cas de figure,

la philosophie prend appui sur des traditions.

 

VII  La dérive  disciplinaire  et éducatrice

Enfin, nous avons des réunions qui mettent en avant

le respect de la prise de parole. On ne doit pas

interrompre celui qui parle, on doit parler à son tour,

c’est à dire sur la base d’une liste qui se constitue au

fur et à mesure en levant le doigt. Le rôle du modérateur

est de prendre bonne note de ces demandes de prises

de parole.

On doit impérativement éviter les « joutes » verbales, les

échanges un peu musclés. On ne se répond les uns aux

autres que selon un protocole plutôt pesant. A un désordre

sur le fond du débat  vient faire pendant un ordre sur

le déroulé de celui-ci.  Et bien entendu, celui qui enfreint

ces régles se voit rappeler à l’ordre.

On apprend à bien se tenir.  Un des instigateurs ce  ce

genre est un éducateur.

Dans ce cas de figure, on ne s’écoute pas les uns les

autres. Les prises de parole sont discontinues. Le seul

repére est la phrase de départ mais non ce qui se dit.

 

 

VIII La dérive psycho-divinatoire

On peut enfin s’interroger sur le protocole de nombre de ces cafés philo. Il semble

que la régle du jeu non écrite consiste à associer deux  mots, de procéder par binome.

On pourrait carrément mettre des mots dans une corbeille et en tirer deux au hasard.

Une autre piste  voudrait que la formule choisie par tel ou tel participant fasse l’objet

d’un traitement psychanalytique ou encore divinatoire. Pourquoi  le dit participant a-t-il

choisi d’associer, de relier ces deux mots, qu’est ce que cela nous dit sur sa problématique

personnelle? Une fois le sujet choisi, tout le groupe se focaliserait sur  son interprétation et

la personne concernée  réagirait d’une façon ou d’une autre.

 

 

 

Conclusion

Pour notre part, il serait nécessaire   au bout d’une heure de

café philo,  de voter cette fois sur  la problématique

qui mérite d’être au centre de la seconde  heure et d’élire

ceux qui semblent les mieux placés pour exposer les

positions antagonistes, après que durant la première

heure- puisque le temps de deux heures est devenu

la norme-  tous les participants et tous les avis ont

pu s’exprimer.

Il convient notamment d’éviter une instrumentalisation

des cafés philo par des personnes qui n’ont pas de

dispositions pour être animateurs mais qui ont des

motivations  qui les conduisent vers ce type d’activité.

qui en font des moyens et non des fins.

On regrettera que ces animateurs n’aient pas une bonne

écoute de ce que joue dans ces réunions, prisonniers

qu’ils sont d’un savoir souvent obsoléte auquel ils

veulent absolument  rapporter ce qui se dit alors que le café

philo est un lieu  qui devrait être ouvert à de nouvelles

réflexions, inédites.

L’animateur ne doit pas être confondu avec  ceux qui

s’imposent dans le débat par la qualité de leurs propos

et  de leurs commentaires. Et c’est là que le bât blesse.

Comme dans la vie politique, il y a un président qui

est le garant des institutions et le chef de gouvernement

qui est l’homme de la situation, comme c’est le cas en

Allemagne ou en Italie. En France, la « cohabitation »

fait également apparaitre une telle dualité tout comme

le changement périodique de Premier Ministre ou tel

remaniement..

 

JHB

07 03

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Rosay sur Lieure, souvenirs de vacances

Posté par nofim le 31 mars 2015

Jacques Halbronn

 

Maison de campagne de ma famille

près de la mairie. dans la partie haute de la

commune.

Site officiel de la commune : www.rosaysurlieure.fr

Rosay-sur-Lieure est un petit village de 568 habitants, situé dans le Vexin Normand à 110 km de Paris et 35 km de Rouen.

En bordure de la très renommée Forêt domaniale de Lyons, Rosay est traversé par la Lieure qui prend sa source à 8 km à Lorleau. Cette commune tire son nom du cours d’eau qui l’arrose, affluent de l’Andelle et donc sous-affluent de la Seine.

Toponymie

Le nom de la commune est attesté sous la forme latinisée Roseyum en 12181.

Ce toponyme est issu d’un gallo-roman *RAUSETU « lieu où il y a des roseaux » comme en témoigne d’ailleurs la forme archaïque de Rosay (Seine-Maritime, Rausedo en 750-7752), le [t] est passé à [d], avant son amuïssement complet caractéristique de l’ancien français. L’ancien français avait aussi rosoi, rosei « lieu où il y a des roseaux »3, c’est-à-dire « roselière », qui procède du même terme gallo-roman.

En ancien français ros signifiait « roseau », le mot rosel était un diminutif, encore attesté dans certains dialectes (d’où le dérivé roselière), devenu « roseau » en français central4. C’est un mot issu du vieux bas francique *raus(a), apparenté à l’allemand Rohr (cf. Schilfrohr « roseau, phragmite »). Le suffixe gallo-roman -ETU (latinisé en -etum dans les textes rédigés en latin médiéval) servait à dériver des noms de végétaux pour indiquer « un ensemble de végétaux appartenant à la même espèce », d’où les finales -ey, -ay, -oy. Les formes -ey, -ay sont plutôt propres à l’ouest de le France, tandis que celle en -oy plutôt caractéristique du nord et de l’est. Ainsi les différents Rosay sont-ils homonymes des différents Rosoy.

Le suffixe -ETU est encore productif aujourd’hui sous une forme féminine issue de -ETA > -aie, d’où chênaie, hêtraie, roseraie, etc.

Il est cependant impossible de déterminer, étant donné le caractère tardif de l’attestation, de quelle époque date cette formation toponymique, c’est-à-dire si elle remonte au stade du gallo-roman (avant le IXe siècle) ou de l’ancien français (entre le IXe siècle et le XIIIe siècle).

Une rapprochement avec le nom de la rose n’est pas justifié, bien que cette fleur apparaisse sur la plupart des blasons des communes de type Rosay, Rosoy. Outre les mentions les plus anciennes du type Rausedo et le fait que le terme d’ancien français rosoi, rosei « lieu où il y a des roseaux » ne soit jamais attesté avec le sens de roseraie dans les textes anciens, le suffixe -ETU n’est en principe jamais associé à un nom de fleur, mais au nom d’une plante, arbuste ou arbre. Ainsi le mot roseraie est-il formé sur le nom du rosier. Il n’y a en outre, pas de formation analogue dans le sud de la France, car la variante occitane rausa n’a pas le sens général qu’a le mot roseau en français et est circonscrite à une petite partie du domaine occitan, ce qui exclut encore une fois le nom de la rose commun aux deux langues.

Histoire

La commune de Rosay est partagée en deux : au bord de la rivière auprès de l’église, et 800m plus haut, sur la plateau, où se trouve la majeure partie du village. Cela est dû au sieur de Frémont, conseiller au Parlement de Rouen et marquis de Rosay, qui vers 1730 décide de déplacer 120 maisons, afin de dégager la vue devant son château.

La richesse du patrimoine de cette région témoigne de la convoitise qu’elle suscitera auprès des rois de France, d’Angleterre et ducs de Normandie. Les seigneurs de Rosay seront des hommes d’influence : Enguerrand de Marigny sera le grand argentier de Philippe le BelGuillaume de Gamaches et ses trois frères combattront les Anglais aux côtés du roi Charles VII et de Jeanne d’Arc durant la Guerre de Cent Ans – Nicolas de Frémont obtiendra du roi Louis XIV, en 1680, l’érection de la terre de Rosay en marquisat – la comtesse Apollonie de Valon et son fils Bertrand participeront aux négociations de paix avec la Prusse en 1871. Le salon littéraire de la comtesse accueillera Prosper Mérimée, Guy de Maupassant, Maurice Ravel pour les plus connus. Antoine de La Mare au XVIIe siècle et Gine Delieure de nos jours seront nos poètes. Mais c’est l’abbé Bretocq, curé de 1923 à 1961, Inspecteur des Beaux-Arts et des Monuments historiques

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Ernest Florian-Parmentier, le mari de ma grand mère maternel

Posté par nofim le 31 mars 2015

Moteur à impulsion

Ernest Florian-Parmentier, le mari  de ma  grand mère maternel dans Culture interview

par Eric Dussert

Tous nos
égarés oubliés

Nous avons passé notre premièreenfance à Marigny/Yonne (Nièvre)

où Florian Parmentier avait

vécu avec son épouse, Sarah

Moise, alias Claude Jonquière,

dont l’article ci-dessous ne fait

aucune mention.

 

 

 

Ernest Florian-Parmentier (1879-1951) incarne à merveille le type des chercheurs d’absolu qui tâtonnent obstinément, avec grande d’énergie.

À rapprocher d’Alcanter de Brahm, de Marcello-Fabri ou d’Alexandre Mercereau, tous fondeurs de théories  » ismiques  » que nous aurions bien tort de trouver cocasses ou incongrus, Ernest Florian-Parmentier aura débuté net et fort en lançant son Manifeste de l’Impulsionnisme en 1904. Né le 15 mai 1879 à Valenciennes, il avait connu une enfance  » rêveuse, inventive, et d’une prodigieuse activité «  (F. d’Hurigny) et avait produit la plupart de ses poèmes réunis en 1899 dans Rêveries et Frissonnements (Vanier, 1899) dès l’âge de 16 ans. «  Entomologiste en herbe, amant de la nature aux heures de la solitude, mais aussi parmi les petits camarades, « chef de bande » toujours prêt à mille improvisations (…) et, malgré tout, bon élève.

 

. (…). A 18 ans, ses humanités faites, il méditait les propositions de sa philosophie dans une maison d’exportation où, voulant apparemment favoriser ses penchants, on l’avait fait chef… d’un rayon désert. «  Sébastien-Charles Leconte, dans sa préface au Génie (Le Fauconnier, 1922), se montre plus précis : «  Dans la maison d’exportation, il fut jugé apte, de par son grec et son latin, à… passer des socques au noir-de-galoches. «  Il effectue ensuite son service militaire à Verdun – qui lui fournit la matière Déserteur ? (1909) – et fait la connaissance de Léon Deubel à Nancy. Installé à Paris en 1905, il connaît les débuts du pigiste, mais publie rapidement son Manifeste de l’Impulsionnisme qui déchaîne l’enthousiasme «  de Moscou à Buenos-Ayres « , fonde la Revue impulsionniste (1905-1906) ainsi que L’Essor septentrional (1903-1906), tout en dirigeant La Revue des Flandres (1906-1907). L’impulsionnisme est une nouvelle doctrine où la pensée trouve sa forme la plus élevée lorsque l’intuition de l’essence infinie (l’esprit), «  saisie par la conscience devient mouvement créateur, impulsion  » (Décaudin). Il connaît un tel succès qu’il fonda une Fédération Impulsionniste Internationale.
Comme s’en souvint Lucien Aressy dans La Dernière Bohème (Jouve, 1923) – information Livrenblog – «  Florian-Parmentier avait des correspondants dans tous les pays du monde et, comme il était alors secrétaire de rédaction de la Revue Illustrée (il) avait commis l’imprudence de se faire adresser sa correspondance aux bureaux de la Revue. «  Le directeur, imaginant une concurrence déloyale le flanque à la porte. «  Et comme Florian-Parmentier n’avait que la foi pour toute fortune et pas du tout d’entregent et encore moins de notions pratiques sur l’arrivisme contemporain, il fit dès lors les besognes les plus invraisemblables, notamment des annonces en vers pour une maison de modes, le boulot d’un secrétaire de rédaction de grand Magazine à raison de 70 francs par mois, lequel secrétaire empochait 500 francs. Ce personnage ne pouvait assurer son service, étant allemand et ignorant toutes les subtilités de notre langue ! Il se transforma en nègre, fit des bouquins pour des personnalités en vue, des articles, des discours. Et puis… toute la lyre. C’est vers cette époque qu’il écrivit Déserteur ? Entièrement claustré dans une chambre à Montmartre, avec ordre à la concierge de dire à tout visiteur que M. Florian-Parmentier était parti en voyage ! Pendant quatre mois que dura cet internement volontaire, il ne se sustenta que de lait et de pain pour toute nourriture. Il avait entrepris d’apprendre à vivre sans manger. Pendant une autre période lamentable où il ne disposait que de 30 francs par mois, il tenta une série d’expériences ingénieuses. Elle consistait par exemple à planter des légumes à racines dans des pots de fleurs, ils se renouvelaient à mesure qu’il en prenait pour son usage. Il faisait aussi croître du cresson sur son évier, transformait en épinards les verts des carottes, de navets, faisait cuire une pâtée de farine d’avoine au lait. Il apprit ainsi à vivre à bon marché, tout comme son ami Alexandre Mercereau, à vivre heureux puisque indépendant. Mais tout cela c’est du passé, un passé bien mort. Une discipline qui l’a toujours soutenu a fait de Florian-Parmentier un écrivain de classe, l’auteur de ce livre prodigieux : L’Ouragan. «  Florian-Parmentier avait en effet été mobilisé et connu d’autres douleurs, celles des tranchées dont il fit, à l’instar de Gabriel Chevallier (La Peur, Le Dilettante, 2008), le juste tableau. Un spécialiste de René Ghil, J.-P. Bobillot, a rappelé ce que ce dernier en pensait : «  Ce livre est la Guerre entière, il est tout ce qu’ont éprouvé par leurs cinq sens, des millions d’hommes qui habitèrent quotidiennement la certitude immédiate de leur cadavre !  » (Cahiers Idéalistes, octobre 1921).

 » Il avait entrepris d’apprendre à vivre sans manger.  »

Critique, poète, romancier, auteur dramatique ou théoricien, Florian-Parmentier a touché avec ce livre son plus haut succès. Pour le reste, son activité d’éditeur sous les marques de Gastein-Serge ou du Fauconnier lui assura probablement une notoriété et un entregent raisonnables. Installées dans le XVIe arrondissement de Paris, puis boulevard Mortier, dans le XXe, ses éditions se survécurent jusqu’en 1938 au moins, laissant notamment trois volumes de Toutes les lyres, une luxueuse anthologie poétique équipée de photographies (s’il vous plaît) – on ne peut s’empêcher d’imaginer des comptes d’auteur… Reste aussi son récit de voyage au pays des Soviets, L’Etoile rouge (Le Fauconnier, 1936) dont le tirage s’épuisa dans l’année. Florian-Parmentier se lassa quant à lui un peu plus tard et disparut, à Marigny-Corbigny en 1951, non sans avoir tracé un jour cette dédicace votive : «  L’auteur te le dit sans détour :/ Il n’a fait qu’écrire le livre./ Toi, lecteur, tu le feras vivre,/ Si tu le lis avec amour.  »

 

Eric Dussert

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Antoine Coron, Directeur de la Réserve de la BNF

Posté par nofim le 27 mars 2015

Nous évoquerons le nom  d’Antoine Coron qui  nous  invita à réaliser une

exposition à la Réserve de la BNF en 1993-94

 » Astrologie et Prophétie. Merveilles sans images » dont le catalogue fut

publié aux éditions de la Bibliothèque Nationale

Rencontre avec Antoine Coron, directeur de la Réserve des livres rares et précieux de la BNF

Michel Bouvier : Cher Antoine Coron, depuis combien de temps êtes-vous directeur de la Réserve du département des Imprimés à la Bibliothèque nationale de France ?

Antoine Coron : J’ai pris la succession de Jean Toulet à la fin de juillet 1993 – à l’époque, on ne disait déjà plus Réserve des Imprimés, qui est l’ancienne appellation, remontant au XIXe siècle. Puis l’organisation de la BN a commencé de changer : ainsi, le 15 mars 1995, la Réserve des livres rares est devenue un département à part entière, tandis que les Imprimés ont disparu le 29 août 1998, avec la fermeture de la salle Labrouste, le déménagement à Tolbiac, où fonds et personnels ont éclaté en cinq départements thématiques. Par sa permanence, la Réserve est le seul témoin d’un certain passé, tout en ayant considérablement évolué. De 1993 à 1998, le transfert de 50 000 volumes choisis sur les rayons des Imprimés a nettement accru ses collections.

M. B. : C’est là, je crois, un des plus beaux fonds de livres précieux au monde. Vous en avez choisi quelques uns à montrer au grand public, lors du Salon du Grand Palais. Pouvez-vous nous parler de vos choix ?

A. C. : Il n’y a pas de choix idéal quand on passe de 200 000 à une trentaine de pièces… Cependant, la Réserve occupant les deux tiers des vitrines du stand de la BnF, il lui était possible de figurer d’une manière qui soit un peu mieux que symbolique. Recouvrir de façon homogène les siècles concernés par l’histoire du livre imprimé était une première exigence. Le choix auquel nous avons abouti, car il s’agit d’une démarche collective, présente quelques « livres-dates », ou « livres-événements », selon une expression que j’emprunte à André Jammes : l’avant-projet pour la paix perpétuelle (1712) de l’abbé de Saint- Pierre, l’exemplaire de Marat de L’Ami du peuple (1789- 1792) ou le Code Napoléon (1807) dans sa reliure brodée pour l’Empereur lui-même. Sauf un livre turc et quelques livres italiens, l’ensemble est en français, avec une forte prédominance littéraire marquée par quelques raretés extrêmes (l’unique exemplaire de Pantagruel [1532], les Poésies d’Isidore Ducasse [1870], les premières épreuves du Coup de dés de Mallarmé [1897]) et des rencontres aussi inattendues que celles de l’Arioste et de François 1er, de Montaigne et d’Elisabeth d’Angleterre, de Laclos et de Marie-Antoinette… Les livres illustrés, quand ils ne sont pas eux-mêmes des livres-dates, comme le Mirouer de la redempcion de lumain lygnage et Le Livre de Melusine, qui nous renvoient aux origines (1478) de l’illustration des livres français, peuvent être remarquables par l’étrangeté de leur inspiration (les Bizzarie de Bracelli), ou par la profusion des dessins originaux d’un Picasso sur les pages du livre qu’il offrit à sa compagne. Les reliures ont été choisies pour la singularité de leur technique, de leurs matériaux, leur appartenance à des séries restreintes ou emblématiques du fonds de la Réserve, comme celles à grand décor commandées par Henri II. L’exceptionnel est donc la règle, jusque dans les acquisitions récentes présentées là : le Passetemps de la fortune des dés de Lorenzo Spirito, les gouaches de Toulouse-Lautrec dans les marges de La Fille Elisa, ou les dessins originaux de Jean de Brunhoff pour Le Voyage de Babar.

M. B. : Il y dix ans maintenant, vous avez organisé une exposition, quai François Mauriac, intitulée Des livres rares depuis l’invention de l’imprimerie. Dans l’introduction, vous avez affiné le sens du mot rare, tel qu’employé dans les notices de catalogues de livres anciens. La rareté n’est-elle donc pas strictement arithmétique ?

A. C. : La rareté a plusieurs sens. Celui qui s’attache au nombre des exemplaires, à la fréquence de leurs occurrences n’est que l’un d’eux, le plus répandu. Hors ce sens quantitatif, le mot renvoie à une certaine excellence, à un mérite signalé. Le mérite et la valeur sont des qualités proches, la valeur et le prix peuvent être synonymes : on voit comme il est facile de passer d’une appréciation qualitative à sa contrepartie pécuniaire. En réalité, la rareté n’est pas intrinsèque, elle dépend de la grille de valeurs de celui qui en décide. Il y a donc plusieurs raretés pour un même objet et différents degrés de rareté selon l’appréciation qu’on peut en avoir dans une grille donnée. Il est évident que la rareté quantitative n’a pas d’importance par elle-même. C’est un coefficient multiplicateur de la valeur ou plutôt de l’intérêt que suscitera tel ou tel livre. Sans cet intérêt, elle ne compte pas.

M. B. : Cette notion a été longuement étudiée, d’un point de vue historique et sociologique, par Jean Viardot. Son éclairage me semblait innovant à l’époque.

A. C. : Il l’était en effet. Son approche de la naissance du « système du livre rare » en France au XVIIIe siècle éclaire notre compréhension du monde du livre depuis lors. Jean Viardot a bien montré comment le champ du livre rare est structuré selon trois pôles : celui des conservateurs de fonds anciens et rares (les « réserves »), celui des collectionneurs, celui des experts et libraires spécialisés. Ces trois pôles sont interdépendants et complémentaires. Leur jeu n’a rien de statique. Comme J. Viardot l’a écrit, « toute sphère bibliophilique est toujours “en travail” de la sphère bibliophilique à venir ». Il me semble qu’actuellement ce « travail » est en phase aiguë. C’est d’ailleurs ce qui rend l’époque si intéressante.

M. B. : Conservateurs de bibliothèques et libraires de livres rares sont, chacun à leur manière, bibliographes. Pensezvous que ces deux styles sont compatibles ?

A. C. : Il fut un temps, pas très lointain, où certains jeunes loups des bibliothèques avaient manifesté l’intention de créer un prix de bibliographie destiné aux libraires, afin, pensaient-ils, d’élever le niveau… Il n’en est plus question et c’est même l’inverse qui se passe chaque année à l’occasion du Salon du livre ancien de Paris, quand les libraires attribuent un prix de bibliographie, dont les conservateurs de bibliothèques publiques sont souvent les bénéficiaires. Actuellement, la bibliographie me semble en perte de vitesse chez les bibliothécaires français. Hors des réserves de livres rares, et de départements « spécialisés », comme les Manuscrits, les Estampes, etc., le mot disparaît de l’usage, et l’exercice bibliographique est de plus en plus considéré comme une occupation de second ordre, une tâche « technique » que devrait éviter tout conservateur soucieux de sa carrière. Ceci dit, je ne vois aucune incompatibilité entre les deux pratiques. Celle des libraires a beaucoup évolué d’ailleurs : les catalogues sont plus nombreux qu’auparavant, les notices m’y semblent mieux référencées, les commentaires plus abondants. Dans les bibliothèques, l’accessibilité de nombreuses bases de données grâce à Internet, le travail sur écran avec l’exigence formelle qu’il entraîne, aboutissent à des instruments de plus en plus fiables, souvent rugueux même dans leur objectivité, leur laconisme, mais ils ne sont pas là pour séduire.

M. B. : Pensez-vous que le « grand public » comprend les enjeux de votre travail et de celui des conservateurs en général ?

A. C. : Le public que nous rencontrons à l’occasion d’exposition ou lors des Journées du Patrimoine en septembre est toujours fasciné par ce que nous montrons, intéressé par ce que nous pouvons en dire. Le catalogue de l’exposition Des livres rares fut un succès. Or, ceux qui viennent voir les livres de la Réserve sont loin d’appartenir tous à la « sphère bibliophilique » telle que définie par Jean Viardot. Le « grand public » ne m’inquiète donc pas. Il faudrait multiplier pour lui les occasions de voir les grands livres du passé. Je suis plus soucieux de l’attitude et de l’incompréhension de certains « décideurs ». Le grand mot de « patrimoine national » ne protège pas forcément les fonds de livres rares : un patrimoine court toujours le risque d’être dissipé, et nous avons pu lire récemment des projets de loi inquiétants à cet égard. Le péril s’est éloigné pour un moment, mais son retour viendra.

M. B. : J’ai un jour, peut-être audacieusement, fait un parallèle entre le travail de conservateur de musée et de conservateur de bibliothèque. Quelles différences voyezvous entre eux ?

A. C. : Il y a une première différence, c’est la relative homogénéité des conservateurs de musée, malgré l’écart qu’il peut exister entre les moyens accordés aux uns et aux autres, et l’hétérogénéité considérable des métiers des bibliothèques : un conservateur de la Réserve des livres rares et un conservateur de lecture publique, c’est-à-dire chargé de collections destinées à être prêtées aux lecteurs d’un quartier ou d’une ville, font partie du même corps professionnel, mais ils n’exercent pas le même métier. Dans le parallèle que vous proposez, il faut donc limiter la comparaison aux seuls conservateurs de bibliothèques en charge de « fonds patrimoniaux ». En ce qui concerne ceux-ci, je verrais une différence fondamentale avec les musées, qui ne vient pas toujours à l’esprit du « grand public » : à la Réserve, tous les jours quelques dizaines de personnes, à qui nous ne demandons qu’une carte de lecteur et un motif sérieux pour ce faire, viennent dans la salle de lecture s’asseoir à une table pour lire, donc manipuler des livres rares sous notre regard. Tous les jours, ces objets de collection, dont la valeur peut être considérable, sont utilisés, pour reprendre les termes de Jean Viardot, « dans leur fonction originelle et transitive d’instrument de communication et de culture ». Ce jeu permanent d’un statut à l’autre, d’un usage à l’autre, pour les livres placés sous notre garde, est l’un des attraits de ce métier, c’est aussi une source de soucis et d’incompréhensions permanents. Alors que les musées, qui tiennent le public à distance respectueuse des oeuvres, qu’il est interdit de toucher, apparaissent de nos jours comme le lieu de partage culturel par excellence, les « réserves » est-ce à cause du mot, qui, dans les musées désigne les magasins, où est rangé ce qui n’est pas montré ? – sont perçues au mieux comme « élitistes », au pire comme de sombres armoires à clef. Que de fois n’ai-je pas entendu parler des « caves » de la BN, pour évoquer les rayons sains et climatisés où sont conservés les livres précieux ?

M. B. : Pour nous mettre en bouche, parlez-nous d’une ou deux pièces que vous présenterez au Grand Palais.

A. C. : La pièce qui me vient immédiatement à l’esprit n’est pas encore à la Réserve, où elle entrera prochainement. Il s’agit de l’exemplaire des Pâques que Blaise Cendrars offrit à Guillaume Apollinaire en « hommage respectueux », un jour de novembre 1912, donc immédiatement après la publication de la plaquette qui allait tant frapper l’auteur d’Alcools. On peut imaginer que cette inscription fut portée chez les Delaunay, lors de la première rencontre des deux poètes. Acquis par Alain et Jacqueline Trutat au début des années 1950, elle fut reliée par eux en parchemin souple et présentée en mai 1954 à Cendrars, qui la leur dédicaça à l’encre verte directement sur le plat. C’est l’un des livres donnés par Jacqueline Trutat à la Réserve des livres rares, destiné à constituer avec de nombreux autres le fonds qu’elle souhaite qu’on place sous le nom de son mari (décédé en 2006) et le sien.

© La lettre du SLAM, n° 32 (avril 2008)

 

 

Publié 25 janv. 2011

Publié dans ASTROLOGIE, Culture, HISTOIRE, prophétisme | Pas de Commentaire »

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