Jacques Halbronn La notion de peuple élu comme dynamique impériale

Posté par nofim le 11 juillet 2016

La notion de peuple élu comme dynamique impériale

par Jacques Halbronn

 

Il importe d’approcher les textes avec un minimum de sens critique et cela n’est pas sans exiger une certaine rigueur, et un sens certain de la vraisemblance et donc de l’invraisemblance qui permet de se rendre compte que telle formule ne fasse sens que dans un certain contexte. En menant des travaux dans des domaines apparemment distincts, l’on parvient ainsi à aborder tel ou tel texte avec un œil nouveau?

Chez les juifs,  on trouve un tel énoncé chez le  prophète Amos (Livre d’Amos 3:2): « C’est vous seuls que J’ai distingués entre toutes les familles de la terre, c’est pourquoi Je vous demande compte de toutes vos fautes. »

Nous voulons parler ici de la notion d’empire qui implique effectivement qu’un certain peuple puisse occuper une place centrale au milieu d’autre peuple. Les exemples abondent dans l’Histoire de la prise de pouvoir d’un peuple sur d’autres peuples et c’est selon nous une bonne définition de la notion d’empire avec notamment l’idée de capitale d’empire  que ce soit pour Istamboul (Empire Ottoman) ou Vienne (Empire austro-hongrois). On peut aussi parler de « métropole » dans le cas d’un empire colonial.

En ce qui concerne l’usage de l’expression « peuple élu », on la trouve au XXe siècle utilisée , par exemple, par la secte Moon.(Eglise de l’Unification) qui voit dans la Corée le « peuple élu » .

Au fond, tout projet impérial ne passe-t-il point par l’idée d’un « peuple élu » ayant vocation à « englober »" diverses nations et à en constituer le centre?

Mais que penser dès lors de l’usage qui en est fait dans le cadre hébraïque? On peut certes être tenté – mais ce serait bien anachronique sinon « prophétique »- de soutenir que le judaïsme aura essaimé, et se sera diffusé par le biais du christianisme voire de l’Islam mais une telle « leçon » nous semble bien tirée par les cheveux et nous pensons plus sage de nous en tenir à une problématique impériale « classique » comme L’historiographie est en mesure de l’illustrer, à travers les âges, de l’Antiquité à nos jours,  témoignant de fortunes bien diverses, au demeurant. Rappelons que cette notion implique un élargissement de l’espace-temps: un empire débordant les frontières et  exerçant des effets durables, même après sa période la plus intense, à l’image de certaines étoiles qui éclairent encore alors qu’elles ont disparu. L’Historien aura pour tâche-épistémologiquement,  de rassembler les traces de telles entreprises tant dans le domaine politique qu’intellectuel, artistique ou religieux. Est ce que les empires ne seraient pas-tous domaines confondus- l’entreprise la plus remarquable et la plus mémorable pour l’Humanité?

Que dire par conséquent de l’usage qui figure dans le monde juif? Revenons un instant sur l’Etat Juif de Herzl. Est-ce que cette formule (parfois contestée dans sa « traduction » français de « Judenstaat)  ne pourrait être interprétée comme signifiant précisément un tel projet impérial, faisant des Juifs un « peuple élu » exerçant son pouvoir sur un certain nombre de « nations »  (goyim).? La promesse de Dieu à Abraham de faire de sa descendance un « grand peuple » (Genése) n’est-elle pas liée à une telle idée impériale puisque « grand peuple » est en quelque sorte synonyme de « peuple élu »? Mais l’on voit bien que tout cela sonne faux au prisme de la réalité historique propre au peuple hébreu/juif  à telle enseigne que nous avons, opté au contraire pour l’idée d’un Etat Hébreu au sein d’un empire et non comme centre d’un empire, soit un cas de figure radicalement  inverse? On pense à Herzl demandant au sultan de lui accorder une place au sein de l’empire ottoman ou obtenant juste avant sa mort l’Ouganda au sein de l’empire britannique. (1905)

Tout semble au contraire indiqué que cet usage de « peuple élu,  de « grand peuple »  ne fasse sens que pour  les origines d’un empire. Autrement dit, on conçoit aisément qu’un empire se dote d’un certain mythe des origines. Or,  la formule tombe à plat dans le cas hébreu même si les antisémites ont pu déclarer au XIXe siècle,  que les Juifs contrôlaient le monde. (cf  notamment  notre ouvrage  Le sionisme et ses avatars, Ed Ramkat 2002)

Notre thèse est la suivante : une telle formulation a du appartenir à un « véritable » empire, elle lui aura été empruntée comme bien d’autres éléments du Pentateuque.  Rappelons que le phénoméne de l’emprunt se situe au cœur de nos travaux, notamment en linguistique.

En conclusion, il nous semble que cette expression est décalée par rapport au judaïsme, qu’elle n’y a pas sa place. Bien au contraire, ce peuple a besoin de s’inscrire au sein d’un empire, d’un ensemble supranational,  bien plus qu’il ne serait en mesure d’en constituer l’axe central, ce qui nous semble sensiblement mieux convenir à la France. Paradoxalement, la France de nos jours a une destinée impériale qu’elle ne parvient plus à assumer du fait d’une crise identitaire alors que les Juifs sont porteurs d’un modèle qui ne correspond pas à leur destin.

La plus grande source de conflits tient au déclin de la conscience impériale, ce qui conduit les Etats à ne plus savoir assumer leur héritage. La notion d’empire est créative, elle s’attelle à des combinatoires, à des coexistences  inédites, inouïes. L’Etat ne trouve selon nous sa légitimité qu’en tant que régulateur, harmonisateur  des différences au sein de l’ensemble dont il a la charge. On sait à quel point la crise de l’Etat conduit à  la dislocation, au démantélement et ce n’est qu’après coup, que l’on en prend vraiment conscience, quand l’ensemble existant ne tient plus. Le nationalisme  retrouve une dynamique quand l’Empire échoue, quand aucun peuple n’est  » élu » pour assumer une certaine centralité.  Toute nation posséde son bâton de maréchal et peut en principe briguer l’Empire mais il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

12 07 16

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jacques Halbronn Repenser les notions d’ objectivité et de subjectivité au prisme du masculin et du féminin

Posté par nofim le 1 juillet 2016

Repenser les notions d’objectivité  et de subjectivité au prisme du masculin et du féminin

par  Jacques  Halbronn

 

Il n’est pas si aisé qu’on veut bien le dire ou le croire d’appréhender le bon usage de ces termes.  Or, il nous semble que cette impuissance conduit à ne pas se rendre compte de ce qui distingue les hommes et les femmes.  Il y a là un obstacle épistémologique dont on n’a probablement su apprécier toute l’importance.

Nous entendrons par subjectivité  un comportement  qui ne tient pas compte des données extérieures observables  mais uniquement d’un ressenti intérieur.

D’aucuns nous objecteront que ce ressenti intérieur sera nécessairement influencé par ce qui se passe autour de soi.  Ce serait là aller un peu  vite en besogne.

Au regard de la cyclicité, l’on peut en effet  dire que certains « êtres » sont influencés par des phénoménes cosmiques qui jouent sur leurs « humeurs » (mood en anglais).

Il y a là quelque paradoxe dans la mesure où le cosmos est par excellence quelques chose d’extérieur!

Certes, mais ce n’est pas une extériorité  « terrestre »., cela correspond à un déterminisme  qui ne doit rien  à ce qui survient sur terre mais à l’inverse qui est susceptible d’agir sur ce qui s’y passe.

Nous appellerons donc  « subjectif »  un comportement qui n’est pas stricto sensu lié à ce qui peut s’observer autour de soi.

Si un être est lié à un cyclé céleste- à la Lune par exemple- ce sont les changements qui se produiront en lui  qui seront déterminants et non ce qui se passe autour de lui, si ce n’est que si un grand nombre d’êtres vivent la même expérience,  cela peut

générer un effet boule de neige. En tout état de cause, le ressenti subjectif deviendra objectif pour autrui. Et  face à un tel comportement,  autrui sera conduit à penser qu’il est responsable, peu ou prou, d’un tel changement.

Or, comme celui qui subit cette cyclicité ne l’identifie pas comme tel, il sera en effet tenté de mettre sa problématique intérieure sur son entourage.

On en arrive ainsi paradoxalement à ce que  celui qui n’a pas la clef de son propre comportement  projettera les causes  de son « évolution » sur autrui, avec lequel il est en interaction.

Par ailleurs, par delà  la question cyclique, certains tropismes peuvent ausis être liés à un déterminisme atavique, lui aussi, autonome par rapport aux situations actuelles; Là encore, certains problémes rencontrés existentiellement par la personne seront mis sur le compte de l’éducation, de l’attitude d’autrui à son égard.

Appliquons ce schéma à la condition féminine.  On connait le discours « féministe » selon lequel la Société serait responsable du « plafond de verre » qui empêcherait les femmes d’atteindre l’excellence à laquelle les hommes auraient accés

dans leurs diverses activités, intellectuelle, artistique, politique etc.  Il y a là un refus manifeste- et assez général- de reconnaitre le poids de certains déterminismes qui ne doivent rien au conditionnement social.

Inversement,  nous dirons que les hommes sont plus dans l’objectivité que dans la subjectivité.

Ils sont bien plus marqués par l’observation du réel  extérieur que  les femmes, ce qui leur confére un avantage  crucial  sur le plan « scientifique » et dans le rapport  à la matière. . Ces dernières ne le perçoivent qu’au travers de qui en est dit.  D’où l’hyper importance du langage  pour les femmes, le langage étant l’interface entre le monde des hommes et celui des femmes et se prétant à toutes sortes de sophismes.  Les femmes, en ce sens, vivraient davantage dans un monde « spirituel ».

Ajoutons que le déterminisme féminin conduit à un puissant grégarisme qui leur fait rechercher une communion, facilitée par la synchronicité des ressentis alors que les hommes s’affirment davantage sur le plan individuel, du fait de la diversité des regards (cf la parabole des aveugles et de l’éléphant). Paradoxalement,  l’objectivité masculline conduit à une forte différenciation entre les hommes alors que la subjectivité féminine conduit à  une puissante convergence si bien que nous avons pu dire que les hommes correspondent à la conjugaison au singulier(je,  tu etc)  et les femmes à la conjugaison au pluriel (nous, vous etc)

 

Conclusion

La vie sociale des deux sexes tend à se focaliser sur des réunions unisexe, les réunions mixtes tendant à devenir, de plus en plus, l’exception. Les femmes entre elles, ont en commun les mêmes déterminismes et les mêmes cycles et peuvent donc penser que le monde correspond à leur ressenti. Quant aux hommes, ils se mettent assez vite d’accord entre eux sur un certain nombre de « faits » d’observation et parviennent donc ainsi à s’entendre. C’est donc le mélange de ces deux types de ressentis qui sera source de tensions du fait d’un milieu par trop hétérogéne. Ces différences sont autrement plus importantes que d’autres que l’on monte en épingle, notamment dans le domaine de l’immigration.  pour nous, les femmes appartiennent à ce que nous avons appelé, ailleurs, la « maisonnée » (cf  Philipppe Descola, La composition des mondes.  Entretiens avec P. Charbonnier, Paris, Flammarion, 2014, qui cite  (p. 201) « Domestication des animaux, culture des plantes et traitement d’autrui.  Revue L’Homme, vol 2, n°1, 1962, pp. 40-50). Les femmes appartiennent à la maisonnée avec bien d’autres éléments alors que l’homme en est le centre sans y appartenir à la façon dont le soleil est au centre du systéme solaire et n’y appartient pas vraiment.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

 

01 07 16

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Le phénoméne Café-philo: les dérives

Posté par nofim le 7 avril 2015

Notre enquête sur les Cafés philo à Paris

par  Jacques Halbronn

 

Que se passe-t-il dans les café philo, à quoi joue-t-on?

Quel est le profil des animateurs, à quoi servent-ils?

Il nous est apparu que certaines dérives entrainaient

les café-philo dans des directions  quelque peu décalées et

hybrides..

En l »espace d’une  huitaine de jours, nous avons suivi quatre

rencontres de ce type, dans des cadres différents. Les

animateurs sont les suivants:  Jean-François Paquelier,

Rafael Prudentio,  Bruno Magret,  Jean-Luc Berlet, Maxime Fellion,  mais

d’autres personnages souvent co-animent et nous les

mentionnerons en temps utile.

En fait, on peut se demander si l’on peut trouver

actuellement à Paris  de « vrais » café philo où il y a de

vrais débats. Notre diagnostic, c’est que les gens n’ont

plus le goût et le sens du débat et c’est pour cette raison

qu’il y a ces dérives qui visent à occulter  une certaine

carence de la démarche dialectique et maieutique.

 

I La dérive littéraire

Un des traits les plus étranges que l’on peut observer

actuellement  concerne les intitulés des sujets. On notera

d’abord qu’ils sont généralement votés une fois qu’une

demi-douzaine de propositions ont été  exprimées. Mais

sur quoi va-t-on voter?  Sur des phrases, des  slogans, des

maximes,des formules sibyllines, hermétiques et que l’on ne prend pas la peine de préciser

avant le vote.  En fait, on pourrait parler d’un processus

oraculaire.

On va donc se réunir autour de ces quelques mots souvent

articulés sous une forme interrogative.  De deux choses

l’une, ou bien on éléve le débat et l’on cherche quelle

est la question philosophique sous-jacente  ou bien

l’on décortique minutieusement la formule lancée et

c’est alors que l’on bascule dans la fibre littéraire, poétique,

comme le fait Maxime Fellion, partenaire de Jean-Luc Berlet.

et l’on se met à cogiter, on se  demande alors pourquoi tel mot a été utilisé et

pas tel autre. On est dans l’analyse de texte qui se voudra

rigoureuse quant à son respect de l’intitulé , comme s’il

émanait de quelque grand penseur. On cogite sur une

formule sans aucune connaissance du contexte, ce qui

est contraire à l’idée de commentaire sérieux..

En réalité, nous avons affaire à des pratiques d’autodidacte

qui se sont maintenues alors que l’intéressé- est parvenu à accéder à un

savoir consistant tout en perpétuant des modes de

fonctionnement de vaches maigres.  C’est le système D :

on  fait de nécessité vertu et on triture inlassablement

une formule dérisoire  lancée un peu par jeu comme

thème de débat à l’instar de ces danseurs qui se

trémoussent devant vous, à la demande,  quand vous

leur suggérez de représenter tel état d’âme.

 

 

II  La dérive psychologique

On change de stratégie avec Bruno Magret qui considére

désormais que la raison d’être de son café-philo est

de susciter des témoignages  liés aux drames que vivent

les participants. On est dans le ressenti, dans le partage

des expériences, des vécus. La philosophie se met  ici

au service de la  psychologie, ce qui est censé la rendre

plus vivante. On n’est plus dans le débat mais dans le

témoignage. La montagne philosophique accouche d’une

souris.

 

III  La dérive pédagogique et livresque

L’animateur  introduit le sujet au prisme de l’Histoire de

la Philosophie. C’est le cas d’un Jean-Luc Berlet et d’un

Rafael Prudentio qui  développent assez longuement

leur exposé en rapport avec le sujet  voté ou choisi.

On peut se demander si les personnes ayant un bon

bagage en fait de lectures philosophiques – on pense

aussi à Sabine Miniconi, proche de Jean-Luc Berlet-

sont réellement doués pour le débat philosophique.

Rafael Prudentio  a un art consommé pour resituer

chaque prise de parole dans le cadre des grandes

questions philosophiques .

On se demandera toutefois  si les professeurs de philo

sont de bons philosophes ou s’ils ne peuvent philosopher

que par procuration, comme des musiciens qui ne font

de la musique qu’en jouant celle des autres.

 

 

IV  La dérive  écologico-politique

D’autres  café-philo  sont l’occasion pour leurs animateurs

de faire passer certains messages qui s’éloignent souvent

très nettement du théme initialement proposé. On pense

au café philo de Jean-François Paquelier, secondé

par l’écologiste Romain. On nous y parle des échéances

urgentes auxquelles nous sommes confrontés  à propos

de l’avenir  de la  planéte.

 

VI La dérive  ésotérico-traditionnelle

Nous avons aussi droit à des café-tao avec Jean-Luc

Berlet  et à des café-destin (sic) avec Yves Massey

qui fonctionnent sur le mode du « débat »  mais avec

un référentiel censé être assez bien circonscrit. (Karma,

Divination etc). Dans le même genre, nous placerons

les « leçons de philosophie » de Maxime Fellion, articulées

autour du Livre de la Genése. Dans ce cas de figure,

la philosophie prend appui sur des traditions.

 

VII  La dérive  disciplinaire  et éducatrice

Enfin, nous avons des réunions qui mettent en avant

le respect de la prise de parole. On ne doit pas

interrompre celui qui parle, on doit parler à son tour,

c’est à dire sur la base d’une liste qui se constitue au

fur et à mesure en levant le doigt. Le rôle du modérateur

est de prendre bonne note de ces demandes de prises

de parole.

On doit impérativement éviter les « joutes » verbales, les

échanges un peu musclés. On ne se répond les uns aux

autres que selon un protocole plutôt pesant. A un désordre

sur le fond du débat  vient faire pendant un ordre sur

le déroulé de celui-ci.  Et bien entendu, celui qui enfreint

ces régles se voit rappeler à l’ordre.

On apprend à bien se tenir.  Un des instigateurs ce  ce

genre est un éducateur.

Dans ce cas de figure, on ne s’écoute pas les uns les

autres. Les prises de parole sont discontinues. Le seul

repére est la phrase de départ mais non ce qui se dit.

 

 

VIII La dérive psycho-divinatoire

On peut enfin s’interroger sur le protocole de nombre de ces cafés philo. Il semble

que la régle du jeu non écrite consiste à associer deux  mots, de procéder par binome.

On pourrait carrément mettre des mots dans une corbeille et en tirer deux au hasard.

Une autre piste  voudrait que la formule choisie par tel ou tel participant fasse l’objet

d’un traitement psychanalytique ou encore divinatoire. Pourquoi  le dit participant a-t-il

choisi d’associer, de relier ces deux mots, qu’est ce que cela nous dit sur sa problématique

personnelle? Une fois le sujet choisi, tout le groupe se focaliserait sur  son interprétation et

la personne concernée  réagirait d’une façon ou d’une autre.

 

 

 

Conclusion

Pour notre part, il serait nécessaire   au bout d’une heure de

café philo,  de voter cette fois sur  la problématique

qui mérite d’être au centre de la seconde  heure et d’élire

ceux qui semblent les mieux placés pour exposer les

positions antagonistes, après que durant la première

heure- puisque le temps de deux heures est devenu

la norme-  tous les participants et tous les avis ont

pu s’exprimer.

Il convient notamment d’éviter une instrumentalisation

des cafés philo par des personnes qui n’ont pas de

dispositions pour être animateurs mais qui ont des

motivations  qui les conduisent vers ce type d’activité.

qui en font des moyens et non des fins.

On regrettera que ces animateurs n’aient pas une bonne

écoute de ce que joue dans ces réunions, prisonniers

qu’ils sont d’un savoir souvent obsoléte auquel ils

veulent absolument  rapporter ce qui se dit alors que le café

philo est un lieu  qui devrait être ouvert à de nouvelles

réflexions, inédites.

L’animateur ne doit pas être confondu avec  ceux qui

s’imposent dans le débat par la qualité de leurs propos

et  de leurs commentaires. Et c’est là que le bât blesse.

Comme dans la vie politique, il y a un président qui

est le garant des institutions et le chef de gouvernement

qui est l’homme de la situation, comme c’est le cas en

Allemagne ou en Italie. En France, la « cohabitation »

fait également apparaitre une telle dualité tout comme

le changement périodique de Premier Ministre ou tel

remaniement..

 

JHB

07 03

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Rosay sur Lieure, souvenirs de vacances

Posté par nofim le 31 mars 2015

Jacques Halbronn

 

Maison de campagne de ma famille

près de la mairie. dans la partie haute de la

commune.

Site officiel de la commune : www.rosaysurlieure.fr

Rosay-sur-Lieure est un petit village de 568 habitants, situé dans le Vexin Normand à 110 km de Paris et 35 km de Rouen.

En bordure de la très renommée Forêt domaniale de Lyons, Rosay est traversé par la Lieure qui prend sa source à 8 km à Lorleau. Cette commune tire son nom du cours d’eau qui l’arrose, affluent de l’Andelle et donc sous-affluent de la Seine.

Toponymie

Le nom de la commune est attesté sous la forme latinisée Roseyum en 12181.

Ce toponyme est issu d’un gallo-roman *RAUSETU « lieu où il y a des roseaux » comme en témoigne d’ailleurs la forme archaïque de Rosay (Seine-Maritime, Rausedo en 750-7752), le [t] est passé à [d], avant son amuïssement complet caractéristique de l’ancien français. L’ancien français avait aussi rosoi, rosei « lieu où il y a des roseaux »3, c’est-à-dire « roselière », qui procède du même terme gallo-roman.

En ancien français ros signifiait « roseau », le mot rosel était un diminutif, encore attesté dans certains dialectes (d’où le dérivé roselière), devenu « roseau » en français central4. C’est un mot issu du vieux bas francique *raus(a), apparenté à l’allemand Rohr (cf. Schilfrohr « roseau, phragmite »). Le suffixe gallo-roman -ETU (latinisé en -etum dans les textes rédigés en latin médiéval) servait à dériver des noms de végétaux pour indiquer « un ensemble de végétaux appartenant à la même espèce », d’où les finales -ey, -ay, -oy. Les formes -ey, -ay sont plutôt propres à l’ouest de le France, tandis que celle en -oy plutôt caractéristique du nord et de l’est. Ainsi les différents Rosay sont-ils homonymes des différents Rosoy.

Le suffixe -ETU est encore productif aujourd’hui sous une forme féminine issue de -ETA > -aie, d’où chênaie, hêtraie, roseraie, etc.

Il est cependant impossible de déterminer, étant donné le caractère tardif de l’attestation, de quelle époque date cette formation toponymique, c’est-à-dire si elle remonte au stade du gallo-roman (avant le IXe siècle) ou de l’ancien français (entre le IXe siècle et le XIIIe siècle).

Une rapprochement avec le nom de la rose n’est pas justifié, bien que cette fleur apparaisse sur la plupart des blasons des communes de type Rosay, Rosoy. Outre les mentions les plus anciennes du type Rausedo et le fait que le terme d’ancien français rosoi, rosei « lieu où il y a des roseaux » ne soit jamais attesté avec le sens de roseraie dans les textes anciens, le suffixe -ETU n’est en principe jamais associé à un nom de fleur, mais au nom d’une plante, arbuste ou arbre. Ainsi le mot roseraie est-il formé sur le nom du rosier. Il n’y a en outre, pas de formation analogue dans le sud de la France, car la variante occitane rausa n’a pas le sens général qu’a le mot roseau en français et est circonscrite à une petite partie du domaine occitan, ce qui exclut encore une fois le nom de la rose commun aux deux langues.

Histoire

La commune de Rosay est partagée en deux : au bord de la rivière auprès de l’église, et 800m plus haut, sur la plateau, où se trouve la majeure partie du village. Cela est dû au sieur de Frémont, conseiller au Parlement de Rouen et marquis de Rosay, qui vers 1730 décide de déplacer 120 maisons, afin de dégager la vue devant son château.

La richesse du patrimoine de cette région témoigne de la convoitise qu’elle suscitera auprès des rois de France, d’Angleterre et ducs de Normandie. Les seigneurs de Rosay seront des hommes d’influence : Enguerrand de Marigny sera le grand argentier de Philippe le BelGuillaume de Gamaches et ses trois frères combattront les Anglais aux côtés du roi Charles VII et de Jeanne d’Arc durant la Guerre de Cent Ans – Nicolas de Frémont obtiendra du roi Louis XIV, en 1680, l’érection de la terre de Rosay en marquisat – la comtesse Apollonie de Valon et son fils Bertrand participeront aux négociations de paix avec la Prusse en 1871. Le salon littéraire de la comtesse accueillera Prosper Mérimée, Guy de Maupassant, Maurice Ravel pour les plus connus. Antoine de La Mare au XVIIe siècle et Gine Delieure de nos jours seront nos poètes. Mais c’est l’abbé Bretocq, curé de 1923 à 1961, Inspecteur des Beaux-Arts et des Monuments historiques

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Ernest Florian-Parmentier, le mari de ma grand mère maternel

Posté par nofim le 31 mars 2015

Moteur à impulsion

Ernest Florian-Parmentier, le mari  de ma  grand mère maternel dans Culture interview

par Eric Dussert

Tous nos
égarés oubliés

Nous avons passé notre premièreenfance à Marigny/Yonne (Nièvre)

où Florian Parmentier avait

vécu avec son épouse, Sarah

Moise, alias Claude Jonquière,

dont l’article ci-dessous ne fait

aucune mention.

 

 

 

Ernest Florian-Parmentier (1879-1951) incarne à merveille le type des chercheurs d’absolu qui tâtonnent obstinément, avec grande d’énergie.

À rapprocher d’Alcanter de Brahm, de Marcello-Fabri ou d’Alexandre Mercereau, tous fondeurs de théories  » ismiques  » que nous aurions bien tort de trouver cocasses ou incongrus, Ernest Florian-Parmentier aura débuté net et fort en lançant son Manifeste de l’Impulsionnisme en 1904. Né le 15 mai 1879 à Valenciennes, il avait connu une enfance  » rêveuse, inventive, et d’une prodigieuse activité «  (F. d’Hurigny) et avait produit la plupart de ses poèmes réunis en 1899 dans Rêveries et Frissonnements (Vanier, 1899) dès l’âge de 16 ans. «  Entomologiste en herbe, amant de la nature aux heures de la solitude, mais aussi parmi les petits camarades, « chef de bande » toujours prêt à mille improvisations (…) et, malgré tout, bon élève.

 

. (…). A 18 ans, ses humanités faites, il méditait les propositions de sa philosophie dans une maison d’exportation où, voulant apparemment favoriser ses penchants, on l’avait fait chef… d’un rayon désert. «  Sébastien-Charles Leconte, dans sa préface au Génie (Le Fauconnier, 1922), se montre plus précis : «  Dans la maison d’exportation, il fut jugé apte, de par son grec et son latin, à… passer des socques au noir-de-galoches. «  Il effectue ensuite son service militaire à Verdun – qui lui fournit la matière Déserteur ? (1909) – et fait la connaissance de Léon Deubel à Nancy. Installé à Paris en 1905, il connaît les débuts du pigiste, mais publie rapidement son Manifeste de l’Impulsionnisme qui déchaîne l’enthousiasme «  de Moscou à Buenos-Ayres « , fonde la Revue impulsionniste (1905-1906) ainsi que L’Essor septentrional (1903-1906), tout en dirigeant La Revue des Flandres (1906-1907). L’impulsionnisme est une nouvelle doctrine où la pensée trouve sa forme la plus élevée lorsque l’intuition de l’essence infinie (l’esprit), «  saisie par la conscience devient mouvement créateur, impulsion  » (Décaudin). Il connaît un tel succès qu’il fonda une Fédération Impulsionniste Internationale.
Comme s’en souvint Lucien Aressy dans La Dernière Bohème (Jouve, 1923) – information Livrenblog – «  Florian-Parmentier avait des correspondants dans tous les pays du monde et, comme il était alors secrétaire de rédaction de la Revue Illustrée (il) avait commis l’imprudence de se faire adresser sa correspondance aux bureaux de la Revue. «  Le directeur, imaginant une concurrence déloyale le flanque à la porte. «  Et comme Florian-Parmentier n’avait que la foi pour toute fortune et pas du tout d’entregent et encore moins de notions pratiques sur l’arrivisme contemporain, il fit dès lors les besognes les plus invraisemblables, notamment des annonces en vers pour une maison de modes, le boulot d’un secrétaire de rédaction de grand Magazine à raison de 70 francs par mois, lequel secrétaire empochait 500 francs. Ce personnage ne pouvait assurer son service, étant allemand et ignorant toutes les subtilités de notre langue ! Il se transforma en nègre, fit des bouquins pour des personnalités en vue, des articles, des discours. Et puis… toute la lyre. C’est vers cette époque qu’il écrivit Déserteur ? Entièrement claustré dans une chambre à Montmartre, avec ordre à la concierge de dire à tout visiteur que M. Florian-Parmentier était parti en voyage ! Pendant quatre mois que dura cet internement volontaire, il ne se sustenta que de lait et de pain pour toute nourriture. Il avait entrepris d’apprendre à vivre sans manger. Pendant une autre période lamentable où il ne disposait que de 30 francs par mois, il tenta une série d’expériences ingénieuses. Elle consistait par exemple à planter des légumes à racines dans des pots de fleurs, ils se renouvelaient à mesure qu’il en prenait pour son usage. Il faisait aussi croître du cresson sur son évier, transformait en épinards les verts des carottes, de navets, faisait cuire une pâtée de farine d’avoine au lait. Il apprit ainsi à vivre à bon marché, tout comme son ami Alexandre Mercereau, à vivre heureux puisque indépendant. Mais tout cela c’est du passé, un passé bien mort. Une discipline qui l’a toujours soutenu a fait de Florian-Parmentier un écrivain de classe, l’auteur de ce livre prodigieux : L’Ouragan. «  Florian-Parmentier avait en effet été mobilisé et connu d’autres douleurs, celles des tranchées dont il fit, à l’instar de Gabriel Chevallier (La Peur, Le Dilettante, 2008), le juste tableau. Un spécialiste de René Ghil, J.-P. Bobillot, a rappelé ce que ce dernier en pensait : «  Ce livre est la Guerre entière, il est tout ce qu’ont éprouvé par leurs cinq sens, des millions d’hommes qui habitèrent quotidiennement la certitude immédiate de leur cadavre !  » (Cahiers Idéalistes, octobre 1921).

 » Il avait entrepris d’apprendre à vivre sans manger.  »

Critique, poète, romancier, auteur dramatique ou théoricien, Florian-Parmentier a touché avec ce livre son plus haut succès. Pour le reste, son activité d’éditeur sous les marques de Gastein-Serge ou du Fauconnier lui assura probablement une notoriété et un entregent raisonnables. Installées dans le XVIe arrondissement de Paris, puis boulevard Mortier, dans le XXe, ses éditions se survécurent jusqu’en 1938 au moins, laissant notamment trois volumes de Toutes les lyres, une luxueuse anthologie poétique équipée de photographies (s’il vous plaît) – on ne peut s’empêcher d’imaginer des comptes d’auteur… Reste aussi son récit de voyage au pays des Soviets, L’Etoile rouge (Le Fauconnier, 1936) dont le tirage s’épuisa dans l’année. Florian-Parmentier se lassa quant à lui un peu plus tard et disparut, à Marigny-Corbigny en 1951, non sans avoir tracé un jour cette dédicace votive : «  L’auteur te le dit sans détour :/ Il n’a fait qu’écrire le livre./ Toi, lecteur, tu le feras vivre,/ Si tu le lis avec amour.  »

 

Eric Dussert

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Antoine Coron, Directeur de la Réserve de la BNF

Posté par nofim le 27 mars 2015

Nous évoquerons le nom  d’Antoine Coron qui  nous  invita à réaliser une

exposition à la Réserve de la BNF en 1993-94

 » Astrologie et Prophétie. Merveilles sans images » dont le catalogue fut

publié aux éditions de la Bibliothèque Nationale

Rencontre avec Antoine Coron, directeur de la Réserve des livres rares et précieux de la BNF

Michel Bouvier : Cher Antoine Coron, depuis combien de temps êtes-vous directeur de la Réserve du département des Imprimés à la Bibliothèque nationale de France ?

Antoine Coron : J’ai pris la succession de Jean Toulet à la fin de juillet 1993 – à l’époque, on ne disait déjà plus Réserve des Imprimés, qui est l’ancienne appellation, remontant au XIXe siècle. Puis l’organisation de la BN a commencé de changer : ainsi, le 15 mars 1995, la Réserve des livres rares est devenue un département à part entière, tandis que les Imprimés ont disparu le 29 août 1998, avec la fermeture de la salle Labrouste, le déménagement à Tolbiac, où fonds et personnels ont éclaté en cinq départements thématiques. Par sa permanence, la Réserve est le seul témoin d’un certain passé, tout en ayant considérablement évolué. De 1993 à 1998, le transfert de 50 000 volumes choisis sur les rayons des Imprimés a nettement accru ses collections.

M. B. : C’est là, je crois, un des plus beaux fonds de livres précieux au monde. Vous en avez choisi quelques uns à montrer au grand public, lors du Salon du Grand Palais. Pouvez-vous nous parler de vos choix ?

A. C. : Il n’y a pas de choix idéal quand on passe de 200 000 à une trentaine de pièces… Cependant, la Réserve occupant les deux tiers des vitrines du stand de la BnF, il lui était possible de figurer d’une manière qui soit un peu mieux que symbolique. Recouvrir de façon homogène les siècles concernés par l’histoire du livre imprimé était une première exigence. Le choix auquel nous avons abouti, car il s’agit d’une démarche collective, présente quelques « livres-dates », ou « livres-événements », selon une expression que j’emprunte à André Jammes : l’avant-projet pour la paix perpétuelle (1712) de l’abbé de Saint- Pierre, l’exemplaire de Marat de L’Ami du peuple (1789- 1792) ou le Code Napoléon (1807) dans sa reliure brodée pour l’Empereur lui-même. Sauf un livre turc et quelques livres italiens, l’ensemble est en français, avec une forte prédominance littéraire marquée par quelques raretés extrêmes (l’unique exemplaire de Pantagruel [1532], les Poésies d’Isidore Ducasse [1870], les premières épreuves du Coup de dés de Mallarmé [1897]) et des rencontres aussi inattendues que celles de l’Arioste et de François 1er, de Montaigne et d’Elisabeth d’Angleterre, de Laclos et de Marie-Antoinette… Les livres illustrés, quand ils ne sont pas eux-mêmes des livres-dates, comme le Mirouer de la redempcion de lumain lygnage et Le Livre de Melusine, qui nous renvoient aux origines (1478) de l’illustration des livres français, peuvent être remarquables par l’étrangeté de leur inspiration (les Bizzarie de Bracelli), ou par la profusion des dessins originaux d’un Picasso sur les pages du livre qu’il offrit à sa compagne. Les reliures ont été choisies pour la singularité de leur technique, de leurs matériaux, leur appartenance à des séries restreintes ou emblématiques du fonds de la Réserve, comme celles à grand décor commandées par Henri II. L’exceptionnel est donc la règle, jusque dans les acquisitions récentes présentées là : le Passetemps de la fortune des dés de Lorenzo Spirito, les gouaches de Toulouse-Lautrec dans les marges de La Fille Elisa, ou les dessins originaux de Jean de Brunhoff pour Le Voyage de Babar.

M. B. : Il y dix ans maintenant, vous avez organisé une exposition, quai François Mauriac, intitulée Des livres rares depuis l’invention de l’imprimerie. Dans l’introduction, vous avez affiné le sens du mot rare, tel qu’employé dans les notices de catalogues de livres anciens. La rareté n’est-elle donc pas strictement arithmétique ?

A. C. : La rareté a plusieurs sens. Celui qui s’attache au nombre des exemplaires, à la fréquence de leurs occurrences n’est que l’un d’eux, le plus répandu. Hors ce sens quantitatif, le mot renvoie à une certaine excellence, à un mérite signalé. Le mérite et la valeur sont des qualités proches, la valeur et le prix peuvent être synonymes : on voit comme il est facile de passer d’une appréciation qualitative à sa contrepartie pécuniaire. En réalité, la rareté n’est pas intrinsèque, elle dépend de la grille de valeurs de celui qui en décide. Il y a donc plusieurs raretés pour un même objet et différents degrés de rareté selon l’appréciation qu’on peut en avoir dans une grille donnée. Il est évident que la rareté quantitative n’a pas d’importance par elle-même. C’est un coefficient multiplicateur de la valeur ou plutôt de l’intérêt que suscitera tel ou tel livre. Sans cet intérêt, elle ne compte pas.

M. B. : Cette notion a été longuement étudiée, d’un point de vue historique et sociologique, par Jean Viardot. Son éclairage me semblait innovant à l’époque.

A. C. : Il l’était en effet. Son approche de la naissance du « système du livre rare » en France au XVIIIe siècle éclaire notre compréhension du monde du livre depuis lors. Jean Viardot a bien montré comment le champ du livre rare est structuré selon trois pôles : celui des conservateurs de fonds anciens et rares (les « réserves »), celui des collectionneurs, celui des experts et libraires spécialisés. Ces trois pôles sont interdépendants et complémentaires. Leur jeu n’a rien de statique. Comme J. Viardot l’a écrit, « toute sphère bibliophilique est toujours “en travail” de la sphère bibliophilique à venir ». Il me semble qu’actuellement ce « travail » est en phase aiguë. C’est d’ailleurs ce qui rend l’époque si intéressante.

M. B. : Conservateurs de bibliothèques et libraires de livres rares sont, chacun à leur manière, bibliographes. Pensezvous que ces deux styles sont compatibles ?

A. C. : Il fut un temps, pas très lointain, où certains jeunes loups des bibliothèques avaient manifesté l’intention de créer un prix de bibliographie destiné aux libraires, afin, pensaient-ils, d’élever le niveau… Il n’en est plus question et c’est même l’inverse qui se passe chaque année à l’occasion du Salon du livre ancien de Paris, quand les libraires attribuent un prix de bibliographie, dont les conservateurs de bibliothèques publiques sont souvent les bénéficiaires. Actuellement, la bibliographie me semble en perte de vitesse chez les bibliothécaires français. Hors des réserves de livres rares, et de départements « spécialisés », comme les Manuscrits, les Estampes, etc., le mot disparaît de l’usage, et l’exercice bibliographique est de plus en plus considéré comme une occupation de second ordre, une tâche « technique » que devrait éviter tout conservateur soucieux de sa carrière. Ceci dit, je ne vois aucune incompatibilité entre les deux pratiques. Celle des libraires a beaucoup évolué d’ailleurs : les catalogues sont plus nombreux qu’auparavant, les notices m’y semblent mieux référencées, les commentaires plus abondants. Dans les bibliothèques, l’accessibilité de nombreuses bases de données grâce à Internet, le travail sur écran avec l’exigence formelle qu’il entraîne, aboutissent à des instruments de plus en plus fiables, souvent rugueux même dans leur objectivité, leur laconisme, mais ils ne sont pas là pour séduire.

M. B. : Pensez-vous que le « grand public » comprend les enjeux de votre travail et de celui des conservateurs en général ?

A. C. : Le public que nous rencontrons à l’occasion d’exposition ou lors des Journées du Patrimoine en septembre est toujours fasciné par ce que nous montrons, intéressé par ce que nous pouvons en dire. Le catalogue de l’exposition Des livres rares fut un succès. Or, ceux qui viennent voir les livres de la Réserve sont loin d’appartenir tous à la « sphère bibliophilique » telle que définie par Jean Viardot. Le « grand public » ne m’inquiète donc pas. Il faudrait multiplier pour lui les occasions de voir les grands livres du passé. Je suis plus soucieux de l’attitude et de l’incompréhension de certains « décideurs ». Le grand mot de « patrimoine national » ne protège pas forcément les fonds de livres rares : un patrimoine court toujours le risque d’être dissipé, et nous avons pu lire récemment des projets de loi inquiétants à cet égard. Le péril s’est éloigné pour un moment, mais son retour viendra.

M. B. : J’ai un jour, peut-être audacieusement, fait un parallèle entre le travail de conservateur de musée et de conservateur de bibliothèque. Quelles différences voyezvous entre eux ?

A. C. : Il y a une première différence, c’est la relative homogénéité des conservateurs de musée, malgré l’écart qu’il peut exister entre les moyens accordés aux uns et aux autres, et l’hétérogénéité considérable des métiers des bibliothèques : un conservateur de la Réserve des livres rares et un conservateur de lecture publique, c’est-à-dire chargé de collections destinées à être prêtées aux lecteurs d’un quartier ou d’une ville, font partie du même corps professionnel, mais ils n’exercent pas le même métier. Dans le parallèle que vous proposez, il faut donc limiter la comparaison aux seuls conservateurs de bibliothèques en charge de « fonds patrimoniaux ». En ce qui concerne ceux-ci, je verrais une différence fondamentale avec les musées, qui ne vient pas toujours à l’esprit du « grand public » : à la Réserve, tous les jours quelques dizaines de personnes, à qui nous ne demandons qu’une carte de lecteur et un motif sérieux pour ce faire, viennent dans la salle de lecture s’asseoir à une table pour lire, donc manipuler des livres rares sous notre regard. Tous les jours, ces objets de collection, dont la valeur peut être considérable, sont utilisés, pour reprendre les termes de Jean Viardot, « dans leur fonction originelle et transitive d’instrument de communication et de culture ». Ce jeu permanent d’un statut à l’autre, d’un usage à l’autre, pour les livres placés sous notre garde, est l’un des attraits de ce métier, c’est aussi une source de soucis et d’incompréhensions permanents. Alors que les musées, qui tiennent le public à distance respectueuse des oeuvres, qu’il est interdit de toucher, apparaissent de nos jours comme le lieu de partage culturel par excellence, les « réserves » est-ce à cause du mot, qui, dans les musées désigne les magasins, où est rangé ce qui n’est pas montré ? – sont perçues au mieux comme « élitistes », au pire comme de sombres armoires à clef. Que de fois n’ai-je pas entendu parler des « caves » de la BN, pour évoquer les rayons sains et climatisés où sont conservés les livres précieux ?

M. B. : Pour nous mettre en bouche, parlez-nous d’une ou deux pièces que vous présenterez au Grand Palais.

A. C. : La pièce qui me vient immédiatement à l’esprit n’est pas encore à la Réserve, où elle entrera prochainement. Il s’agit de l’exemplaire des Pâques que Blaise Cendrars offrit à Guillaume Apollinaire en « hommage respectueux », un jour de novembre 1912, donc immédiatement après la publication de la plaquette qui allait tant frapper l’auteur d’Alcools. On peut imaginer que cette inscription fut portée chez les Delaunay, lors de la première rencontre des deux poètes. Acquis par Alain et Jacqueline Trutat au début des années 1950, elle fut reliée par eux en parchemin souple et présentée en mai 1954 à Cendrars, qui la leur dédicaça à l’encre verte directement sur le plat. C’est l’un des livres donnés par Jacqueline Trutat à la Réserve des livres rares, destiné à constituer avec de nombreux autres le fonds qu’elle souhaite qu’on place sous le nom de son mari (décédé en 2006) et le sien.

© La lettre du SLAM, n° 32 (avril 2008)

 

 

Publié 25 janv. 2011

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Luc Decaunes et la collection « Clefs pour »

Posté par nofim le 26 mars 2015

Le  jeune Jacques Halbronn a une dette envers Luc Decaunes;

C’est ce poéte qui dirigeait la Collection Clefs pour

qui le préféra en  1975  à André Barbault pour le volume sur

l’Astrologie qui parut début  1976.

Nous reproduisons ici l’article sur Wikipedia qui

avait oublié cette dimension et c’est nous qui l’avons

ajoutée.

JHB

 

Luc Decaunes est un poète et écrivain français, né le 2 janvier 1913 à Marseille1 et décédé en 20011.

Son corps a été transféré dans le cimetière de Belmont-de-la-Loire en 2006.

Luc Decaunes, qui fut instituteur1 à Paris, sut aussi être homme de radio, journaliste, organisateur de festivals1, tout en s’intéressant vivement à la musique et à la chanson. Mais il est avant tout connu pour son œuvre littéraire, comme étant l’auteur de nombreux recueils de poésie, de romans et de plusieurs anthologies.

Il fréquenta les surréalistes, notamment Louis Aragon, Tristan Tzara, et Paul Éluard dont il devint le gendre en épousant sa fille Cécile1. Il fut aussi, en 1936, le fondateur de la revue Soutes1 qui souhaitait unir dans un seul langage pulsions oniriques, érotiques et révolutionnaires.

Dès son premier recueil paru en 1938, Decaunes apparaîtra comme un « voleur de feu », mais sa poésie, tout au long de l’œuvre, restera celle de la vie et du vécu.

Luc Decaunes a également dirigé aux éditions Seghers une collection fort appréciée dans

les années soixante-dix, « Clefs pour ».

Sommaire

Recueils de poésie

  • L’indicatif présent ou l’infirme tel qu’il est, avec une eau-forte originale de Picasso (Éditions Soutes – 1938).
  • Le feu défendu, avec un dessin de Cécile Eluard (Les Feuillets de l’îlot – 1938)1.
  • A l’œil nu, avec quatre dessins originaux de Man Ray (Éditions des Cahiers du Sud – 1941)1.
  • Le cœur en ordre (Éditions du Méridien – 1943).
  • Le camphre et l’amadou (École de Rochefort – 1943).
  • L’air natal, avec une posface d’Albert Béguin (Cahiers du Rhône, Éditions de la Baconnière – 1944).
  • Le sens du mystère (Roger Piault – 1946).
  • Poèmes militants, avec douze illustrations d’André Graciès (La Tête noire – 1947).
  • La sourde oreille (Éditions de la revue Fontaine – 1947).
  • Droit de regard, avec un dessin original de Paul Charlot (Seghers – 1951).
  • Musique et poésie ininterrompues, avec, en préface, une étude sur poésie et chanson (Seghers – 1959).
  • L’amour sans preuves, avec vingt dessins d’Antoniucci Volti (Robert Laffont – 1959) (Prix Artaud 1960).
  • Raisons ardentes, choix de poèmes (1935-1955) avec une étude d’Albert Ayguesparse (La Renaissance du Livre – 1964).
  • Haute Provence, avec quinze linogravures de Jean Rivier, Moulin de Larroque (Seghers – 1978).
  • Récréations (Rougerie – 1978).
  • Les États généraux, enregistrés sur cassette (chez l’auteur – 1984).
  • Où commence la terre, recueil original enregistré sur cassettes numérotées (chez l’auteur – 1985).
  • Nouveaux poèmes choisis, manuscrit en fac-similé, couverture illustrée gravée par Jean Rivier (chez l’auteur – 1986).
  • Mortification des fontaines, avec une illustration de Jean Rivier (La Bartavelle – 1987).
  • Le cœur légendaire (1934-1984), avec un dessin de Paul Charlot (La Bartavelle – 1990).
  • Poésie (Maison de la Poésie – 1992).
  • Mea culpa (Éditions du Chardon – 1997).

Ouvrages en prose

  • Les idées noires, roman (Robert Laffont -1946).
  • Je ne regrette rien, roman (Robert Laffont – 1950).
  • Charles Baudelaire, étude et choix de textes (Collection « Poètes d’aujourd’hui », Seghers – 1952)2.
  • L’amour lui-même, chronique d’un amour allemand (Seghers – 1952)1.
  • Arthur Rimbaud ou le Jules Verne de la poésie (Seghers – 1954).
  • Paul Éluard, biographie pour une approche, suivie de Notes jointes (Subervie – 1965).
  • Poésie au grand jour, Regards sur la poésie contemporaine de Baudelaire à Yves Martin (Éditions Champ Vallon – 1982)1.
  • Vie de Paul Éluard (André Balland – 1982).

Il a également participé au numéro spécial de la revue Le Pont de l’épée, n°52-53 consacré à Montherlant-poète, p.70-723. Il évoque notamment une expérience originale de montage poétique présenté sur la scène du T.E.P., « Salut aux vivants » dans lequel il a intégré des poèmes de Montherlant, extraits des Olympiques : « Un Ailier est un enfant perdu » et « Les Émotions du Solitaire ».

Les anthologies par Luc Decaunes

  • Poésie anonyme, poésie unanime, cent poèmes français précédés de La Communauté poétique (Éditions Subervie – 1961).
  • La poésie romantique française, de Rousseau à Lautréamont, anthologie précédée de La diction romantique (Seghers – 1973).
  • La poésie parnassienne, anthologie précédée d’une étude sur le Parnasse contemporain, avec des notices et des annexes (Seghers – 1977).
  • Les riches heures de la poésie française, les trois cents poèmes les plus célèbres, avec une préface (Seghers – 1979).
  • Les riches heures de la chanson française, anthologie des refrains et complaintes de la tradition orale, précédée d’une étude sur la chanson folklorique française (Seghers – 1980).
  • Le poème en prose, anthologie (1842-1945), avec une étude et des notices (Seghers – 1984).
  • Chagrin d’amour, Poèmes de l’amour triste (Le cherche midi – 1992).

Un poème de Luc Decaunes

Nocturne

Toutes les bêtes de la nuit
Qui se viennent brûler aux lampes,
Toutes les bêtes de la nuit
À la nuit la nuit se ressemblent :
Ne savent rien de l’existence,
Ne savent rien du feu qui mord;
Elles n’ont d’autre espérance
Que leur flambante agonie.
On les croirait folles d’oubli.
Du bout de la nuit aspirées
Par cette pompe de lumière,
Du profond de l’ombre accourant
En tourbillonnantes mêlées,
Elles se jettent durement
À la gueule du feu sans larmes;
Et le feu les emplit d’extase,
Les consume, les accomplit,
Dans l’éclat d’une fausse aurore :
Bêtes d’amour, bêtes dupées
Par le clair manchon de la mort.

Luc Decaunes

(Extrait de Poésie, Maison de la Poésie, 1992)

Références

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j « Biographie de Luc Decaunes », sur printempsdespoetes.com (consulté le 31 juillet 2012)
  2. « Fiche du livre de Decaunes sur Charles Baudelaire », sur editions-seghers.tm.fr (consulté le 31 juillet 2012)
  3. « Sommaire du n°52-53 de la revue Le Pont de l’épée », sur unicamp.br (consulté le 31 juillet 2012)

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Alain Finkielkraut sur l’Identité française

Posté par nofim le 25 mars 2015

Edwy Plenel contre Alain Finkielkraut : Identité française …

www.youtube.com/watch?v=evURJiIw-jw
30 sept. 2014 – Ajouté par Inside75000

Passage de l’émission 28 minutes sur Arte le 30 septembre 2014. Débat houleux entre Edwy Plenel et Alain …

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Les Chrétiens et la consommation de porc

Posté par nofim le 16 mars 2015

Pquoi Les Chrétiens nient l’interdiction de la consommation …

www.orientalement.com/q4190-pquoi-les-chretiens-nient-l-interdiction-d…

14 oct. 2006 – Je ne comprends pas ? tu fais référence à l’interdiction sur le porc ? et … je t’ai apporté des textes bibliques qui prouvent que le porc est interdit

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Les deux facettes de la ségrégation : égalitarisme et refus de la différence.

Posté par nofim le 23 février 2015

Nouveaux regards sur les diverses formes de segrégation

par  Jacques  Halbronn

 

Toute approche cyclique se doit  de considérer  que les phénoménes présentent deux faces vouées à alterner. On insiste trop souvent sur

le cas de figure  où il y a refus de parité, d’égalité mais  il ne faudrait pas oublier l’autre option, celle où il y a refus de reconnaitre la

différence de l’autre. En fait, cela dépend du contexte.

Quand il s’agit de mobiliser massivement,  la consigne  doit être de ne pas distinguer les uns des autres car  il s’agit de constituer un

ensemble d’un seul tenant. Dans le cycle de 7 ans, cela concerne ce que nous appelons la phase disjonctionnelle.

En revanche, quand il s’agit de choisir un leader, de saluer l’excellence,   cette consigne ne fait plus guère sens car il s’agit alors

de découvrir  les personnes d’envergure exceptionnelle, qui feront la différence, qui sauveront la mise par leur génie.  Cet état de choses

correspond à ce que dans le cycle de sept ans, nous désignons sous le nom de phase conjonctionnelle.

C’est dire que les sociétés doivent apprendre à changer leur fusil d’épaule et de faire alterner  leurs valeurs car aucune valeur ne saurait

valoir indéfiniement et en  toute circonstance, contrairement à ce que d’aucuns croient pouvoir affirmer.

Appréhendons les questions de misogynie, de xénophobie, d’antisémitisme, à la lumière d’un tel modéle cyclique.

Qu’est ce au vrai, par exemple, qu’être « misogyne »? Est-ce affirmer que les femmes ne sont pas les égales des hommes ou au

contraire nier leur spécificité? Qu’est-ce qu’être antisémite?  Est-ce affirmer que les Juifs sont différents ou  au contraire leur

dénier une quelconque différence?

Il est clair que si l’on rassemble ce qui est dit au sujet de tel ou tel groupe, l’on trouvera les arguements les plus

contradictoires, dès lors qu’on ne les situera pas dans le temps.

Comme il est dit dans l’Ecclésiaste (Kohélet), il y a un temps pour chaque chose. Un temps pour insister ce qui se ressemble et

rassemble et un temps pour détecter ce qui distingue.  Et il importe de savoir à partir de quand l’on va devoir basculer d’un discours vers l’autre.

Au regard de la théorie du cycle de 7 ans que nous promouvons – et dont nous avons largement traité tant par écrit qu’oralement

(sur la télé de la Subconscience)- une telle alternance offre un caractère heuristique remarquable et nous apparait comme un

facteur majeur pour percevoir l’alternance que nous  observons au cours du cycle de 7 ans.

En fait, la prévision astrologique  ne saurait se passer de tels critères. Le passage – le glissement – d’une rhétorique à une autre est ce que nous avons mission d’annoncer et de baliser au prisme du cycle de 7 ans et cela ne saurait laisser les sociologues indifférents.

On sait que l’astrologie ne saurait faire cavalier seul, qu’elle a besoin d’avoir un interlocuteur en face d’elle de façon à corroborer ou

au contraire à infirmer ses dires (cf la falsifiabilité de Popper).

C’est pourquoi le barométre de la ségrégation nous semble des plus utiles dès lors que l’on  est en mesure de capter le changement progressif de ton et l’évolution du sentiment d’exacerbation  lequel s’oriente  tantôt dans un sens et tantôt dans l’autre.

Il suffirait pour cela de multiplier les sondages d’opinion afin de déterminer quel est le sens du vent, de la rumeur. De quoi se plaignent

les gens à un moment donné: est-ce  de la non reconnaissance de l’égalité ou au contraire du refus d’admettre le mérite de certains comparé à celui d’autres?

De nos jours,  la conscience de cette alternance est-elle réelleemnt  marquée? On peut sérieusement en douter. Il semble que ce qui

excite les esprits  soit surtout lié au refus  de l’égalité des sexes, des races, des religions, des peuples, des langues etc. Or, cette sensibilisation  ne considère qu’une des deux facettes du phénoméne que nous signalons.

Vient nécessairement un temps  du reflux, quand  l’on s’aperçoit que l’on ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac, à la même

enseigne, que ce serait contre-productif et l’on sait que de tels revirements peuvent être observés dans le champ du discours

politique et ce sur des périodes relativement brèves. D’aucuns font mine de s’en offusquer de crier à la trahison des programmes, des

valeurs. Mais la roue tourne et pour paraphraser Montesquieu, ce qui est bien à telle date ne  l’est plus au delà.

C’est ainsi qu’actuellement, nous passons en phase conjonctionelle, ce qui implique de reconnaitre l’apport des plus doués, des esprits supérieurs, de ceux qui peuvent servir de moteur, de locomotive. C’est ainsi que certains de nos propos qui ont pu  choquer – être qualifiés de misogyne, de xénophobe- peuvent au contraire se révéler utiles pour  parvenir à distinguer le bon grain de l’ivraie (Evangile), à  ne pas prendre

des vessies pour des lanternes,  mélanger les torchons et les serviettes.

Car qui est antisémite, par exemple? Celui qui entend distinguer les Juifs des autres peuples ou celui qui leur nie leur différence?

L’antijudaïsme chrétien n’est-il pas fortement marqué par un certain déni de la mission d’Israël mais n’est ce pas aussi le fait des négationistes face à la Shoah que certains voudraient banaliser, relativiser? Et  qui est misogyne, celui qui entend comprendre ce

qui différencie les hommmes et les femmes ou celui qui nie  qu’il faille les distinguer? On sait que le probléme se pose actuellement au

regard de la laïcité (cf la manifestation du 11  janvier 2015) :  est-ce qu’il n’y a pas plusieurs façons, alternativement, d’envisager

les rapports entre les différentes communautés, populations?  Ne doit-on pas osciller entre un discours intégrateur qui ne veut

voir aucune tête dépassser  et un discours qui  entend rendre à César ce qui est à César (Evangile) et qui reconnait par exemple

la place des Juifs dans la société française, comme semble le souligner le Premier Ministre – et la perte que cela représenterait si ceux-ci

-même une partie seulement d’entre eux – s’en distançaient

Ne touche pas à mon pot  (juif) La France a donné des

signaux forts de la conscience  et la chance qu’elle a

de disposer d’une  présence  juive importante, ce qui

avait déjà été le cas lors de la Révolution Française.

. Le paradoxe, c’est que le 11 janvier ne débouchera pas, du moins

dans l’immédiat, sur un quelconque égalitarisme mais bien plutôt sur l’appréciation de l’apport des uns et des autres. Si unité il y  a , elle se constitue en fait

contre la communauté islamique,  comme marginalisée,

excentrée  et la pluie des Césars qui vient de tomber

sur le film Timbuktu -qui campe des musulmans

intolérants- ne laisse aucune équivoque à ce sujet.

Aucune société ne peut ignorer la nécessité de ne pas figer ses positions. L’on sent bien qu’en ce moment la France a besoin pour réussir  de  mobiliser ses éléments les meilleurs, les plus brillants, et que l’heure n’est pas/plus  à un égalitarisme mou.

Certains astrologues, comme Guy Taillade, ne parviennent

pas à accepter  cette succession de revirements de l’opinion,

des mentalités mais c’est là précisément tout l’enjeu

épistémologique que de mettre en évidence une telle

cyclicité au lieu de parier sur une longue durée qui

ne se préte guère aux statistiques en raison même de

la rareté des occurences et des récurrences que cela

implique. C’est en fait pour justifier l’usage des planétes

lentes que les astrologues sont entrainés dans  une

telle représentation surdimensionnée.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

25 02 15

Publié dans ASTROLOGIE, Conscience, Culture, FEMMES, judaîsme, PSYCHOLOGIE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

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