jacques halbronn La méthodologie de ses « Mathématiques Divinatoires » -1983

Posté par nofim le 27 avril 2024

jacques halbronn La méthodologie  de ses « Mathématiques Divinatoires » -1983 

 

Cela fait une quarantaine d’années que nous publiâmes ces « Mathématiques Divinatoires », titre étrange au demeurant, explicité par aucun sous titre ni même une quatriéme de couverture. L’ouvrage  n’en est pas moins, à ce jour, largement répértorié sur Google. Il comporte une préface de Jean Charles Pichon en date de 1980. On s’intéressera à notre « Introduction », sous titrée  » La science divinatoire » et que l’on pourrait comparer à une autre introduction parue trois ans plus tard intitulée « La pensée astrologique » (in réédition de l’ Histoire de l’Astrologie de Serge Hutin, Ed Artefact).  Ce terme de « mathématiques » pose une problématique et débouche sur une méthodologie. D’emblée, d’ailleurs, nous parlons de « systémes divinatoires » et nous indiquons que l’on n’a pas à  trancher quant à leur  valeur  par le biais d’applications pratiques. C’est là tout un programme. Nous citons Robert Jaulin  pour ce qui est de la géomancie.  Par la suite, dans le cadre de l’ethnométhodologie d’Harold Garfinkel (cf notre DESS  Le milieu astrologique, ses structures et ses membres, avec Yves Lecerf de 1995, à Paris VIII), nous rencontrerons la notion d’ethno-savoir (cf notre article  sur le web;

Ethno-savoir et divination  
UNE APPROCHE LINGUISTIQUE ET ETHNOGRAPHIQUE DE LA DIVINATION

 

 A l’époque, dans ces années  80, nous étions engagés dans un cadre universitaire ( Lille III  et Paris V Descartes) dans des  travaux de linguistique et notamment à propos de la corruption des dispositifs, liés à l’emprunt, à la transmission  et nous intitulâmes un de nos mémoires  « Linguistique de l’erreur et épistémologie populaire ». Nous traitions de la pathologie des épistémés. Entreprise de démystification, écrivions nous dans nos M.D. (p. 15)

On  pourrait parler d’un « pari », à savoir que par delà le caractère assez confus et épars des traditions, il y aurait un tableau d’un seul tenant, à l’instar d’un puzzle. A nous de restituer, de reconstituer un tel tableau, de démontrer son existence au prisme d’une mathématique, ce qui ravalait la pratique à une application bien plus qu’à une observation empirique  sans appel revendiquée par les praticiens se targuant d’être des fils d’une expérience accumulée. 

La question  qui se pose est celle de la détection de l’erreur. Il semble qu’il faille un talent particulier pour la mettre en évidence au sein d’un systéme  si tant que celui-ci existe bel et bien; Car s’il n’y a pas systéme, il n’y a pas preuve de l’erreur. Cercle vicieux!  Le praticien ou le  locuteur peuvent véhiculer indéfiniment des techniques  et plus celles-ci seront opaques, plus ils auront de mérite à les faire « marcher » Une trop belle ergonomie ne met pas en valeur l’opérateur car cela mettrait le savoir » à la portée de tous ». Une astrologie trop transparente dans sa formulation  serait quelque part contre-productive, génératrice de chomage comme dans le cas de la disparition des chauffeurs avec la démocratisation de la machine  et cela vaut pour la machine à écrire et l’ordinateur aux dépens des sténo-dactylos!

En ce qui concerne les langues, un de nos terrains d’investigation préférés,  il y a évidemment de la résistance  face à toute tentative de reconstitution de leurs fonctionnements. D’aucuns n’hésiteront pas à soutenir que tous ces savoirs sont le fruit d’évolutions et non de corruptions et qu’il n’y aurait aucune bonne raison de les réformer, c’est à dire de restituer leur « forme » première.  C’est pourquoi nous avons développé la notion d’anthropolinguistique, c’est à dire l’idée selon laquelle nos sociétés  ont beaucoup à apprendre de la connaissance de  ces plans originels dès lors qu’ils nous donneraient la clef de leurs fonctionnements, ce qui n’est pas rien: Un savoir corrompu corrompt. Une langue incohérente abrutit, est toxique pour le cerveau. C’est ainsi que nous avons pu montrer que le féminin devait être reformaté par le masculin: transmutation du plomb en or, selon un processus alchimique de réduction, de décantation, d’abréviation, qu’il y avait plus de consonnes que de voyelles dans l’alphabet, les voyelles venant compléter les consonnes, les parachever, tout comme l’équinoxe vient réguler le solstice, le Surmoi, le ça.

 

 

 

 

JHB 27 04 24

Publié dans ASTROLOGIE, astromancie, Bible, divination | Pas de Commentaire »

Commentaires « binaires » sur les Mathématiques Divinatoires (1983) de Jacques Halbronn (en anglais)

Posté par nofim le 6 mars 2024

 

Binary patterns in games and divination 

Posted 20th October 2012 by 

This thread is a continuation Huck’s post at viewtopic.php?f=11&t=873#p12778, into more general reflections that don’t quite fit the narrow focus of that thread-title. It is also an attempt to resume, on a more general level, a very interesting discussion from the « 5 x 14″ thread initiated by Marcos (mmfilesi) about tarot, chess, and geomancy, which then branched off into a « Collection Geomancy » thread. I will give links at the proper points.My immediate impetus, besides Huck’s post mentioned, is some thing else. I have been looking at Jacques Halbronn’s 1983 book Les Mathematiques divinatoires. Its first three chapters are about tarot, geomancy, and the I Ching, looking at the structure of each. He sees each of them as binary, and the first two even as « manichean », in that there are fundamental divisions between « good » elements and « bad » ones.TAROTHalbronn has five good vs. five bad in tarot (p. 46). In 4 cases the sum of the numbers of the Marseille cards is 22. In the fifth case, involving the unnumbered Fool, Halbronn assigns the number 11, as the average between two natural and frequent placements, 0 and 22; That number is also the average of all the numbers, with 10 below and 10 above.

Positive/Negative
6Lover/16Maison-Dieu
7Chariot/15Devil
9Hermit/13Death
10Fortune/12Hanged Man
11Strength/11Fool

The images are also complementary (pp. 48-49). The Lover card has a flash from above resulting in conjunction; the Maison-dieu has a flash from above resulting in rupture. The Hermit wears a heavy cloak, while Death is as nude as he can be. The Chariot shows victory; the Devil is a similar configuration showing enslavement of the losers. Strength shows a person confronting and mastering an animal; the Fool shows the person running away from an animal. The Wheel of Fortune signifies changes; the Hanged Man signifies immobility, a dead end.

Halbronn also identifies 7 other pairs that are complementary in the sense that each completes the other in adding up to 22; he doesn’t attach « positive » or « negative » labels to the members of the pair.

21World/1Bateleur
20Judgment/2Popess
19Sun/3Empress
18Moon/4Emperor
17Star/5Pope
14/Temperance/8Justice

But I find it tempting to go further than Halbronn. It seems to me that maybe even these seven consist of good/bad pairs, with a few assumptions.

First, you have to make all of Pope, Popess, Emperor, and Empress « bad » cards. I think that is a reasonable assumption, if you assume that the Popess = the Church. Humanists mostly endured these figures as evils that they had to endure, and small business people such card makers probably had no use for them at all. Sometimes they were already undifferentiated, although probably for a different reason: the « four papi ». Humanists regularly castigated all four (unless one of them happened to be the superior of the humanist’s patron). By Etteilla’s time, it was acceptable to simply replace all of them (except the Bateleur, who as Magus would have been too dear to his heart) with others that were quite different, which he did even before the Revolution.

And second, I think a case can be made for putting Justice, even though a virtue, in the « bad » camp. Justice is bad if taken to an extreme, either without enough mercy or with too much mercy. Temperance, i.e. Moderation, is better, as not only a virtue in itself but as that which guides all the other moral virtues (from Aristotle). Alternatively, if we see the mixing of water with wine as symbolic of the Eucharist, it becomes Mercy, which traditionally complements the severity of Justice.

So we get:

positive/negative
21World/1Bateleur
20Judgment/2Popess
19Sun/3Empress
18Moon/4Emperor
17Star/5Pope
14/Temperance/8Justice

To these one could add the four suits, of which two, coins and cups, are « good », and two, batons and swords, are « bad ». This sometimes shows up in the sequences, which are sometimes reversed, for trick-taking purposes, and it is certainly true for the interpretations, starting with Etteilla, the larger numbers being worse than the smaller ones for batons and swords. I think the same is true of the pictures on the Sola-Busca number cards.

Such a structure of the tarot would be in line with the prisca theologia (ancient theology) doctrine of the times (16th-18th centuries), of a pre-Greek, pre-Hebrew theology common to all civilized nations, which the « dualist » Zoroaster was one of the first to put in writing.

GEOMANCY

Halbronn’s second chapter is about geomancy. That system of divination seems to be an Arab invention. It borrows much of its terminology from astrology. Another source suggests that it may be a « poor man’s astrology », a way of casting a pseudo-horoscope without having to know anything about the stars at the time of the querent’s birth (see the « poor man’s astrology » quote at viewtopic.php?f=11&t=505&hilit=geomancy#p6957), You just need a way of randomly generating a few numbers, and some rudimentary mathematical ability: specifically, being able to add a few single-digit numbers and recognize whether they are are even or odd. After the first ones, moreover, all you’re adding is 1′s and 2′s.

I won’t go into the details, as you can read about them anywhere, but here is a digest. The sequence starts with four « mothers ».Then, going row by row, you get a « daughter » configuration by adding the dots in each row of two of the « mothers ». If the result is 1, you put one dot in the « daughter » row; if it’s 2, you put 2 dots. If it’s 3, you put 1 dot; if it’s 4, you put 2 dots. Then you get a « niece » (sometimes « nephew ») by adding dots again, and from them four final figures: two witnesses, a judge, a conciliator. There are exactly 16 possible « binary tetragrams » generated by such means:

Image

(Image from http://www.renaissanceastrology.com/ast … ncy.html#B)

Out of these 16, 8 pairs can be formed, in which the pattern of each is the reversal of the pattern of the other. (In the above, the reversal of the one in the lower right is the one in the lower left; otherwise, they are next to each other. And if you can’t make out the words, don’t worry; I’ll give them as we go.) Not only do the paired designs complement each other geometrically, but in most cases the words associated with the pairs are related and form binary oppositions between « internal » and « external », of which the internal are « good » and the external « bad ». Halbronn says (p. 59) « L’interioritie serait [i.e. were] benefique et l’exteriorite malefique ». (He cites Hadji Kamballah, La Geomancie tradionnelle, p. 16.) The « internal » are called « dakhila » in Arabic, and the « external » are « kharidjah ».

So we have Fortuna Major = nosrat ou-i-dakhilah = internal victory.
while Fortuna Minor = Al nosrat ou-i-kharidjah = external victory.

Well,right away there is a problem: it is not clear how « external victory » is bad. In fact, Halbronn or his source is oversimplifying. As presented by anthropologist Wim van Binsbergen (http://www.shikanda.net/ancient_models/ … 201996.pdf, found by Marcos), the Arabs actually had four conditions: good, good-neutral, bad-neutral, and bad. Fortuna Minor is actually « good-neutral », good but not as good as Fortuna Major. So we must reformulate Halbronn’s generalization: the two sides of the opposition are better and worse relative to each other.

Let us go on.

Caput Draconis (Head of the Dragon) = internal threshold
Cauda Draconis (Tail of the Dragon) = external threshold

One is internal expansion of consciousness; the other is outward expansion into illusion, as good vs. bad (I get this from http://www.shikanda.net/ancient_models/ … 201996.pdf, p. 15).

Next:

Aquisitio [Acquisition] = taken internally
Amissio [Loss] = taken externally

The other pairs (p. 57) are Puer [Boy]/Puella [Girl], Tristitia [Sadness]/Loetitia [Joy], Carcer [Prison]/Coniunctio [Union], Rubeus [Red]/Albus [White], and Via [Road]/Populus [People].

Rubeus and Albus are aggressive masculine and gentle feminine. Carcer means Prison, i.e. Separation, the opposite of Conjunction. Prison is negative, joining together usually positive. Tristitia is Sadness, Loetitia is Joy. For Via, i.e. Road, and Populus, i.e. People, one is the journey and the other a destination, i.e. a city (one meaning of the Arabic, as listed by van Binsbergen). For this last, it’s not clear from these words whether either one is positive or negative.

GEOMANCY AND TAROT

Halbronn does not propose that tarot originated from geomancy. One might wonder whether the divinatory tarot in Balogna of the mid-18th century, with its single-word card interpretations, might have been influenced by geomancy. But the words (DDD p. 49) are different, and there is not much bad/good dichotomizing.

I also wonder if there are any parallels between the structure of geomancy and that of lot books. Geomancy had a lot of prestige in the late Middle Ages and Renaissance. For example, three of the dozen or so small book collections enumerated by Susan Connell in her article, « Books and their owners in Venice » (Journal of the Warburg and Courtauld Institutes 35 (1972), pp. 163-186) contained a book listed as « geomantia ». Other systems might not have wanted to blatantly contradict this system. What do you say, Huck?

The influence of geomancy on the « books of destiny » of 18th-19th century France and England is more probable.Van Binsbergen cites a « Napoleon’s Book of Fate » that explicitly uses a five row 32 figure geomantic system. He explains that 32 figures is « sufficient to accomodate all lunar mansions » (p. 53). This book, which he knows from a 1925 English edition, « does not seem to be older than the nineteenth century. » Such a system also exists in « the standard commentaries on Dante », he adds, unfortunately without citing examples. Perhaps they are older.

In any case, Etteilla, although ignoring the « internal/external » distinction, manages to incorporate most of the words, or at least ideas, attached to the 16 traditional geomantic figures into his number-card keywords (for Etteilla’s list in various translations and versions, see my posts 15, 18, and 20 at http://www.tarotforum.net/showthread.ph … 963&page=2 and 21 at http://www.tarotforum.net/showthread.ph … 963&page=3).

Another system is in the « Spiel Der Hoffnung » of 1799. Its words are different from those of geomancy and Etteilla, but still has the good/bad dichotomy (viewtopic.php?f=11&t=844&start=10#p12089).

One way tarot might have arisen from geomancy is exemplified in the Michelino of 1420s Milan. This is where Marcos’s posts, starting at around viewtopic.php?f=11&t=365&hilit=binary&start=200#p6944, are very helpful. He says that Petrus Albanus wrote a major text of Geomancy at Pavia in the 14th century, probably the one listed in the Visconti Library inventory (http://trionfi.com/0/l/11/ ) as « Geomancia » (it is at http://books.google.es/books?id=fwY6AAA … &q&f=false. I get this from the « Geomancy » thread, short but very meaty.) Given Filippo Visconti’s superstitious nature, it is hard to imagine that he wouldn’t have known it. Petrus’s structure looked like this, in the excellent diagram that Marcos constructed:

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As you can see, it has a « relatively good/relatively bad » dichotomy for all the pairs except Via/Populus, for which both are « good-neutral ». (Marcos gives the specific passage in Albanus at viewtopic.php?f=11&t=365&p=6953&hilit=albanus.jpg#p6953.)

For another schema, I have already given the link to the Arabic-based one on p. 15 of http://www.shikanda.net/ancient_models/ … 201996.pdf. As far as I can tell, the results for our purposes are the same as in Petrus.

In another text, Bartholomew of Parma, 128-1300, Populus is positive and Via negative (Huck at viewtopic.php?f=11&t=505&hilit=geomancy#p6957). The journey is bad, the goal is good.

Image

It is easy to imagine the Michelino constructed with an eye to his sort of geomancy. For one thing, in each, 12 figures go together, the Olympian gods in one, the mothers-daughters-nieces in the other, with four of a nonconforming character.

Another similarity (not dealt with by Marcos) is that in both geomancy and the Michelino there are 8 « better » figures and 8 « not as good » figures. In the Michelino, 8 are in the « good » suits of « virtues » and « virginities », and 8 in the « not as good » suits of « riches » and « pleasures ».

I don’t see that the similarity extends any further than this. It might have, with individual cards corresponding to individual geomantic figures, but since we are not trying to do geomancy with the cards (we’re just playing a game), such a schema (although Marcos gives us one just as a possibility) is not necessary.

Then we come to an ur-Cary-Yale, if there was one (before 1440), with 16 trumps. Does it have a similar binary structure, in the sense of « better » and « worse »? Its cards, as Marcos observes, are mostly in the « good » category. But even here I think we can make a distinction between more or less good. The seven virtues and the Petrarchan Chastity (i.e. the lady on the Chariot) are very good. The other cards–Emperor, Empress, Love, Death, Fame, Time, and Judgment, to which I add Fortune–are good sometimes, bad sometimes.

CHESS

We also have, in both the Michelino and the CY, something else, the parallel with chess, which also has 16 figures and many other binary features. Unlike geomancy, chess isn’t a system of divination, and so while it has features that might make for dichotomies between « good » and « not so good », these, unlike in a divinatory system, can be ignored. if desired.

For chess there first of all is the black team and the white team; black is customarily associated with evil (even though in chess the white group is the aggressor). For each group, there is a good side–right–and bad side–left–for which there are two of the special pieces for each rank (royalty, bishops, knights, rooks).

There is also the division into two rows: special pieces and undifferentiated pawns.

Huck has compared the pairing of pieces between the two sides to a similar pairing of tarot cards in two early decks, the Cary-Yale and the Charles VI. The pairs are not the same as in geomancy, but there is no reason why they should be. It’s the structure that matters.

I myself have analyzed the 22 card early tarot in terms of Giotto’s binary opposition of 7 virtues to 7 vices (viewtopic.php?f=12&t=848#p12119), deriving not from any divinatory system but from the struggle between virtues and vices in Prudentius’s Psychomachia. In a sense, the other part of my analysis, Petrarch’s 6 Triumphs, also has its binary oppositions: Love with its good and bad aspects, followed by Chastity good, followed by Death, bad, and Fame, good, Time, bad, and Eternity, bad or good.

Halbronn does promote the idea that tarot originated from chess, based on the similarity of « Mat » to « Mate » (Arabic for « death ») and « Fil »–he says that’s a name for the Rook, or Elephant–to « Fol » (a rather tenuous connection, I think). Another consideration, which seems to me to apply to ordinary cards as well, is that three of the courts correspond to three of the special chess pieces. He says these ideas are not original with him, they are in a 1950 book by R. Ambelain, Les Tarots.

And of course chess as played in India, with four sets of royalty, parallels the four suits in cards.

THE I CHING

Halbronn’s third chapter is on the I Ching. I don’t know much about its binary structure except that its configurations are made up of open and closed lines and go in pairs, too. I don’t read French well enough to follow Halbronn’s analysis without a lot of work. Wikipedia notices similarities between geomancy and the I Ching, and also differences: the I Ching uses binary trigrams, as opposed to geomancy’s binary tetragrams. The eight trigrams form four complementary pairs, in comparison to geomancy’s sixteen tetragrams forming eight pairs (image from http://en.wikipedia.org/wiki/Geomancy).

Image

Considering that the I Ching is Chinese and the tarot is European, the Arabs’ geomancy might be the link between the other two, historically. The 8 trigrams are expanded one way in the I Ching, another way in geomancy. You can read more at Huck’s post viewtopic.php?f=11&t=505&hilit=geomancy#p6940).

KABBALAH

Although neither a divinatory system nor a game, there are binary oppositions similar to those of geomancy in Kabbalah. The Seferotic Tree.has two sides, one of severity and the other of mercy, again associated with the colors red and white (for aggression and gentleness, just as in geomancy), starting with Chochmah and Binah. This characterization is especially clear in the Portae Lucis, (Gates of Light), as translated into Latin by Ricci and published in 1516 (http://www.literature.at/viewer.alo?vie … 3463&page=). So we have Chesed/Gedullah, Love, with Gevurah, Severity; and Netzach, an agent of love/mercy, with Hod, an agent of severity/justice. The other four sefirot are mixed (for documentation, see my essay at http://latinsefiroth.blogspot.com/).

And the terminology of the Sefer Yetsira somewhat corresponds to that of geomancy. « Mother letters » which by this terminology suggest the generation of the rest, « single letters » and « double letters », like « daughters » and « nieces ». Also, the 32, the number of paths, is another power of 2.

Both the Sefirotic Tree and the Sefer Yetsira are probably in some form earlier than any form of geomancy. However the details I have mentioned may have been post-geomancy. In general, however, are independent example of binary thinking (including a third, the synthesis), derived from the interaction of Hebrew and Greek thought. The Greeks had their own binary oppositions: hot/cold and dry/wet generated the four elements and humors; Aristotle even attributed to the Pythagoreans a doctrine of 10 basic pairs: « finite and infinite, even and odd, one and many, right and left, male and female, rest and motion, straight and crooked, light and darkness, good and bad, square and oblong » (http://history.hanover.edu/texts/presoc … ommentary2).

CONCLUSION

Admittedly, binary divisions are a natural, liable to spring up anywhere, without the necessity of prior history, especially good/evil, yes/no, and male and female: in Romance languages, everything is one or the other. This polarity makes a similar structure, in games and divination, a natural way of extending life into imagination. All the same, the specific ways in which these dichotomies are expressed in those areas in the time of the historical tarot makes the notion of mutual influence and history a suggestive one.

Re: Binary patterns in games and divination tools

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Alright.You have 64 hexagrams in I-Ching and 32 « ways of wisdom » in Sepher Yetzirah.
I assume, you know the hexagrams.Operation 1:If you unite the complementary hexagrams …

Example: 111111 unites with 000000
Example: 011111 unites with 100000
Example: 001111 unites with 110000
Example: 000111 unites with 111000
etc.

… you have now 32 I-Ching elements (double hexagrams) … as you have 32 ways of wisdom in Sepher Yetzirah.

Operation 2:

The Sepher Yetzirah now gives the information, that there are 22 letters and 10 Sephiroth and these are the 32 ways of wisdom.
Looking at the 32 I-Ching elements, one can observe, that the elements also are partable in 2 distinguished groups. 22 elements are « not balanced », 10 are « balanced ».

« Balanced » is defined in the manner, that all hexagram pairs which have 3 yang and 3 yin in their 2 single hexagrams
are now called « balanced ». These are 10 pairs, which naturally include 20 single hexagram. All other hexagram pairs are called « not-balanced ». Naturally these 22, cause 32 = 22 + 10.

Example: 111111 / 000000 is not balanced
Example: 111110 / 000001 is not balanced
Example: 111100 / 000011 is not balanced
Example: 111000 / 000111 <— is balanced
Example: 110000 / 001111 is not balanced
Example: 100000 / 011111 is not balanced

So there a structural similarity between the system of I-Ching and the system of the « 32 ways of wisdom ». Both deal with 22+10 = 32.

Operation 3:

That, what creates difficulties.

Sepher Yetzirah parts the 22 letters in 3 groups, and it parts the 10 Sephiroth in 3 groups.

Letters
12 single letters
7 double letters (one of the 7 designed as center, the other as 6 directions)
3 mothers

Sephiroth:
1 dominant
3 … more like elements
6 others
(Later Kabbala sorted the Sephiroth according a 3-6-1 structure and used them in the life-tree: 3 are Kether (1), Chochmah (2) and Binah (3), and the single dominant element became Malkuth (10))

Commentaires

This seems to have created the problems. The article speaks of a « rolling process » and a cycle. The I-Cing is usually presented as six lines, in which something is bottom and something else is top. The « rolling process » changes this form of vision into a cycle:

1 – 2- 3 – 4 – 5 – 6 – 7=1 – 8=2 – 9=3 – 10=4 – 11=5 – 12=6 – 13=1 …. etc.

… or …

000001
000010
000100
001000
010000
100000
000001
000010
000100
001000
010000
100000
000001 etc.

If I use this method on the 64 hexagrams of I-Ching, I get different groups (totally 14), but if I use it on the 32 pairs, I get only 9 groups, from which 4 are modified to 2 groups to form the 12-pairs-zodiac.

Well, this is a complication … when the article was written, it was considered as too complicated. There are some other minor complications, which once took about 10 years to be solved … :-) … so these further complications were left aside.

Maybe you detect them. Here’s a sort of improvement

i-ching-02 dans numérologie

Maybe, you need the help, that 100000 shall be read as hex. 24 and 011111 as hex. 44. And the other hexagrams are meant in the same reading direction. The first line stands (in the I-Ching appearing at the bottom) for the begin number (0 or 1) and the last number (0 or 1) for the 6th line (in the I-Ching at the top).

Re: Binary patterns in games and divination tools

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Well, yes, that helped, once I read between the lines, so to speak.I get your rolling process. You put whatever was at the end of a six-digit number (or hexagram) at the beginning (bottom of the hexagon) and move everything over (or up) one space.One thing I didn’t get was how that principle applies to the group of 12 zodiac signs. But now I see that it applies in leapfrog fashion, the 1st to the 3rd to the 5th etc., and the 2nd to the 4th to the 6th, etc. Really it’s not one of 12, but two of 6. And that makes 12.Another thing I didn’t get was why you put « etc, cyclical » after each six digit number. But now I see. It’s at that point that the cycle repeats. And in the case of the « breath », there’s only room for one pair, because all the six-digit numbers obtainable by the rolling process are already used up in the first pair of the series.

So this is about the mathematical properties of the 32 pairs of six digit binary numbers, that when you group the pairs so that the rolling process fits each group, they divide up into 4 groups of 6, 2 groups of 3, and 2 groups of 1, using up all the hexagrams. That’s not the way either the I Ching or the Sefer Yetsira makes its divisions, but the Sefer Yetsira comes close, in that it can be seen as (1 + 6) + 3 + (6 + 6) + 1 + 3 + 6.

Is that what you mean?

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jacques halbronn Aucune interdiction ne saurait être universelle. Le « Shabbes goy » Une astrologie « prophétique » vs « divinatoire)

Posté par nofim le 26 janvier 2024

Jacques  halbronn Aucune interdiction ne saurait être universelle. Le « Shabbes  goy » . Une astrologie  « prophétique »  vs « divinatoire.

 

Wikipedia

Un Shabbes goyShabbat goy ou Shabbos goy (yiddish : שבת גוי ; hébreu moderne : גוי של שבת goy shel shabbat) est quelqu’un qui aide régulièrement une personne ou une organisation juive en exécutant pour elle certains actes que la loi juive lui interdit le jour du Shabbat. L’expression combine le mot « Shabbes » (שבת), qui se réfère au Shabbat, et le mot « goy » (גוי), qui désigne « l’étranger » ou « le non-juif ».   

 

 

Il importe  de comprendre qu’un groupe se caractérise par ses interdits et par conséquence on ne saurait  les imiter sans créer de confusion. Autrement dit, il est interdit à un groupe de s’intérdire ce qui est interdit dans un autre groupe. Que penser, par exemple, de l’interdit de manger du porc chez les Musulmans?  Si un tel interdit est à l’imitation des Juifs, cela nous semble très problématique car on ne saurait épouser les interdits d’autrui!

D’ailleurs, les Chrétiens  n’ont pas adopté l’ensemble de préceptes du judaisme et notamment le tabou du porc. C’est ainsi qu’ils ne respectent pas le Shabbat, ce qui permet l’institution du Shabbat goy.

  Sur Internet

Le chrétien doit-il observer le sabbat ? « Une simple lecture des épîtres du Nouveau Testament, montre que le Sabbat n’occupe pas une place primordiale dans la doctrine chrétienne, et qu’il ne convient pas que le croyant s’y attarde trop. L’expérience montre toutefois que celui qui a été mal enseigné sur ce sujet, éprouve beaucoup de difficultés à se libérer de l’obligation du sabbat.  »

Autrement dit, toute généralisation de quelque interdit que ce soit est à déconseiller et doit se limiter à une catégorie particulière. C’est ainsi que la dérogeance  imposée aux nobles ne valait pas pour ceux qui ne l’étaient pas et un roturier ne devait pas, en principe, s’appliquer à lui même un tel principe.

Sur Internet: Dérogeance

« Perte de la qualité qui fait le noble, et donc retour à l’état de roture. La perte de la noblesse et des privilèges qui y étaient attachés venait essentiellement de la non-observance du genre de vie noble convenant à la dignité de cet ordre. En France, il est interdit au noble d’Ancien Régime de se livrer au commerce — le maniement de l’argent est avilissant — ou d’exercer un métier manuel, particulièrement un métier mécanique, réputé ignoble. Mais il peut travailler la terre, si c’est la sienne ou celle du roi. Une ordonnance de 1560 fait défense « à tous gentilshommes ou officiers de justice le fait et trafic de marchandises, et de prendre ou de tenir ferme, par eux ou personne interposée, à peine [...] d’être privés des privilèges de noblesse et imposés à la taille ». Et c’est là la menace la plus grave pour un gentilhomme : être inscrit sur les rôles de la taille est la marque même de la roture. »

Dans le cas  de  l’astrologie, une mise au point s’avère nécessaire Quelle astrologie est interdite aux Juifs tout comme quelle nourriture leur est prohibée, sans que cela prenne aucunement une valeur universelle? De même, le prêt à intérêt était interdit aux Chrétiens mais point aux Juifs qui eurent un temps le monopole du métier d’usurier, ce qui est le pendant sociétal du Shabbat goy.

Selon nous, il convient d’élaborer une autre astrologie pour les juifs que celle pratiquée chez les non  juifs et c’est ce à quoi nous sommes parvenus avec l’astrologie EXOLS qui se refuse à dresser un thème natal, respectant ainsi l’interdit des arts divinatoires exposé dans le Livre du Deutéronome. (cf notre étude) Ajoutons que certaines traductions rendent par « astrologie » ce qui vise des pratiques divinatoires qui ne la visent pas, rendant par ‘Astrologie tel terme hébraique qui ne s’y référe pas explicitement (cf notre ouvrage Le Monde juif  et l’Astrologie. Ed Arché, 1985). Comparons deux traductions du même passage: dans la traduction courante chez les Juifs, le mot Astrologue ne figure pas!

Deutéronome 18:10-12

« Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de sorcier, de magicien, personne qui consulte les esprits ou les spirites, personne qui interroge les morts. En effet, celui qui fait cela fait horreur à l’Eternel et c’est à cause de ces pratiques abominables que l’Eternel, ton Dieu, va chasser ces nations devant toi ».

 

et 

 לֹא-יִמָּצֵא בְךָ, מַעֲבִיר בְּנוֹ-וּבִתּוֹ בָּאֵשׁ, קֹסֵם קְסָמִים, מְעוֹנֵן וּמְנַחֵשׁ וּמְכַשֵּׁף.  10 Qu’il ne se trouve personne, chez toi, qui fasse passer par le feu son fils ou sa fille; qui pratique des enchantements, qui s’adonne aux augures, à la divination, à la magie;
יא וְחֹבֵר, חָבֶר; וְשֹׁאֵל אוֹב וְיִדְּעֹנִי, וְדֹרֵשׁ אֶל-הַמֵּתִים.  11 qui emploie des charmes, qui ait recours aux évocations ou aux sortilèges ou qui interroge les morts.

Il conviendrait donc désormais de distinguer très nettement  deux astrologies, l’une, divinatoire, axée sur le destin individuel, personnel, liée au moment de la naissance et l’autre « prophétique », basée sur des périodes de 7 ans.  L’une est interdite aux Juifs, car elle correspond à un état antérieur à l’ Intervention » qui reformata notre Humanité, l’autre leur serait en quelque sorte réservée, correspondant peu ou prou à l’Astrologie Mondiale (avec les  errements sur un millénaire  d’Albumasar  jusqu’à André Barbault).   On trouve dans l’ouvrage de Nicole Edelman(histoire de la voyance et du paranormal du XVIIIe à nos jours, Ed Seul 2006 (pp 172 et seq), une bonne desciption de la première forme d’astrologie (autour de Michel Gauquelin, Elisabeth Teissier Françoise Hardy et Patrice Guinard)

JHB 26 01 24 

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jacques halbronn Astrologie de la Surconscience versus Astrologie de la Subconscience.

Posté par nofim le 12 décembre 2023

jacques  halbronn  Astrologie de la Surconscience  versus Astrologie  de la Subconscience.

 

 

Le Zodiaque et ses 12 signes reléve  d’une astrologie de la Surconscience, c’est à dire oeuvre de l’homme et non de Dieu, comme l’est, selon nous, l’astrologie de la Subconscience. Les ère précessionnelles (cf notre ouvrage Aquarius ou la Nouvelle Ere du verseau, Ed Albatros, 1979)  illustrent cette astrologie inventée par les hommes projetant dans le Ciel leurs représentations des 12 mois de l’année, que l’on retrouve dans les Livres d’Heures (Très Riches Heures du duc de Berry, entre autres). Le public est notamment familier des 12 signes (notamment par la production de livrets pour chaque signe, de la collection des Editions du Seuil, dans les années 50 du siècle dernier jusqu’à celle des Editions Solar à vingt ans de distance, dont nous avons eu la charge (Reedition France Loisirs, au début des années 90) sans oublier les « grands livres » des Ed Tchou. Cette symbolique à base 12 (du fait des 12 mois soli-lunaires) aura été particulièrement popularisée dans la presse, depuis les années trente. si bien que tout un chacun est censée connaitre sous quel signe il est né (Soleil  et éventuellement Ascendant).

Face à cette astrologie de la Surconscience, existe donc une astrologie de la Subconscience, plus ésotérique mais la Bible est marquée par le 12 : les 12 Fils de Jacob, les 12 tribus d’Israel, les 12 apotres (cf notre ouvrage Le monde Juif  et l’astrologie. Ed Arché, 1985) mais à côté nous trouvons le modéle d’une cyclicité à base 4 et à base 7, du tétramorphe (Livre d’Ezékiel) aux vaches maigres (Songe de pharaon), ce qui structure l’astrologie Subconsciente. Selon nous,  seule l’astrologie subconsciente peut être qualifiée de scientifique, en ce qu’elle repose sur  un agencement du systéme solaire et non sur les imageries mensuelles.

 

Mais, force est de constater que l’on est en face d’un syncrétisme qui mélange ces deux formes d’astrologie dans l’esprit de la grande majorité des astrologues. En France, André Barbault et Jean pierre Nicola auront,chacun à sa façon,  cherché à tenir à distance le symbolisme zodiacal..  On pourrait d’ailleurs ajouter que l’usage de la mythologie pour baptiser les planétes du systéme solaire, y compris celles découvertes depuis la fin du XVIIIe sièvle, reléve également d’une astrologie surconsciente dont l’astrologie subconsciente se doit de s’éloigner, de se démarquer. André barbault, dans son Astrologie mondiale, laisse de coté les noms mythologiques des astres pour une approche quantitative; et Jean pierre Nicola plaque son systéme RET. JHB  12 12 23

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jacques halbronn Appel à un Colloque en 2024 sur la déontologie de la profession d’astrologue. La question des outils.

Posté par nofim le 9 décembre 2023

jacques  halbronn  Appel à un Colloque en 2024  sur la déontologie  de la profession  d’astrologue. La question des outils. 

 

Ce qui distingue la profession d’astrologue de celle de voyant/médium tourne autour de la question des outils, laquelle ne revêt pas la même portée chez les uns et les autres.  Notre fréquentation des deux milieux: interviews de voyants, colloques astrologiques aura mis en évidence  cette différence essentielle.  Quand on rencontre un voyant,  la discussion porte sur la découverte en soi de certaines facultés – on peut parler d’un outil interne- ce qui relativise sensiblement  l’importance accordée à la circulation de l’information dans ce milieu quant à l’existence d’écoles, la tenue de colloques ou la publication de traités. En cela, le voyant  préserve une certaine zone de confort qui lui est réservée tandis que l’astrologue est tributaire, peu ou prou, de l’état de la recherche et des structures de formation. La parution de codes de déontologie à l’intention des astrologues ne nous semble pas avoir suffisamment mis en avant la question de la réforme et du perfectionnement des outils à destination de cette profession.

LE CODE DE DÉONTOLOGIE FDAF

 

Principes Généraux

Article 1 : « Les astres inclinent mais ne déterminent pas. »

Article 2 : L’astrologie se réfère à des valeurs morales prônant la liberté et la spécificité de chaque personne.

Article 3 : L’astrologie ne prétend pas être une science exacte mais une approche des correspondances entre les configurations astronomiques et les phénomènes (ou structures) du vivant.

La Pratique de l’Astrologie

Article 4 – Éthique : L’astrologue (membre de la Fédération Des Astrologues Francophones) est soumis au secret professionnel.

Il fait preuve de tact et de sérieux, tout en respectant une neutralité bienveillante.

Il s’engage à se comporter de manière à ne pas nuire à l’image de l’Astrologie et des astrologues.

Il ne doit profiter en aucune manière de la confiance et du pouvoir dont il est investi (conseil ou enseignement), y compris dans les domaines sexuels et financiers.

Article 5 – Législation : La pratique de l’Astrologie (conseil ou enseignement) implique de se soumettre aux droits et usages en matière d’exercice professionnel dans la mesure où cette pratique correspond à une activité régulière rémunérée.

Dans le cas d’une activité bénévole, il n’est pas nécessaire de se conformer aux règles administratives mais il est vivement conseillé de fonctionner sous l’égide d’une structure associative pour des questions de responsabilité civile.

Si l’activité est exercée à titre occasionnel (cela suppose qu’il n’y ait ni publicité ni activité régulière), le statut professionnel n’est pas forcément obligatoire mais dans ce cas les revenus générés par cette activité accessoire et ponctuelle doivent être mentionnés sur la déclaration fiscale personnelle de fin d’année. Il en est de même pour les auteurs, conférenciers, ou chercheurs. Il est conseillé de se renseigner auprès des administrations compétentes (le fisc et l’URSSAF).

Ne peuvent figurer sur des listes officielles de praticiens que les astrologues professionnels (déclarés en profession libérale ou salariés) et les bénévoles (administrateurs ou collaborateurs d’association) qui s’engagent par une déclaration sur l’honneur (sur leur bénévolat).

Déontologie spécifique à l’activité de « CONSEIL »

Article 6 : L’astrologue (membre de la FDAF) ne peut faire usage de l’Astrologie que dans une optique d’aide et de compréhension d’autrui.

La priorité doit être donnée à la personne plutôt qu’à la technique.

Il proscrit toute pratique ayant trait à la superstition.

Il est soumis au secret professionnel.

Article 7 : L’astrologue (membre de la FDAF) respecte le principe de limite des compétences et n’hésite pas à orienter vers des professionnels spécialisés (psychiatres, psychologues, thérapeutes…). En l’hypothèse d’un doute quelconque, il doit toujours, dans sa pratique, s’entourer d’avis éclairés.

Il s’interdit de faire des actes médicaux dans le cadre de sa pratique astrologique.

Article 8 : L’astrologue (membre de la FDAF) aborde toute question prévisionnelle avec la plus grande prudence et s’interdit de prédire formellement des évènements touchant la vie (physique) ou la santé de ses consultants ou de leurs proches.

Dans sa publicité, dans les informations sur ses activités, dans ses propos, il s’abstient de toute démonstration excessive avec des promesses miraculeuses.

Déontologie spécifique à l’activité d’ENSEIGNANT

Article 9 : L’enseignant astrologue (membre de la FDAF) doit disposer d’une bonne culture générale et se prévaloir d’une expérience pratique de la consultation astrologique. Il fait bon usage de son savoir et le dispense sans prétention ni dogmatisme.

Article 10 : L’enseignant astrologue (membre de la FDAF) doit systématiquement intégrer dans ses programmes de formation des connaissances de base en cosmographie et en psychologie.

Article 11 : L’enseignant astrologue (membre de la FDAF) communiquer à la Fédération ses programmes d’enseignement et préciser les différents niveaux.

Tout astrologue adhérent à la Fédération Des Astrologues Francophones (F.D.A.F.) s’engage à respecter ce code Tout défaut à cet engagement ou toute infraction impliquera une exclusion sur décision du Conseil d’Administration

Boe,  que le mot Recherche figure souvent dans le nom de diverses associations astrologiques (GERAS, CEDRA, CURA), il ne semble pas que l’on ait suffisamment pris conscience de l’importance et de l’urgence qu’il y a à élaborer des outils performants, ce qui est laissé à la liberté et à la fantaisie de de chacun. On nous parle de l’Astrologie (cf dans le code  de la FDAF) comme s’il s’agissait d’un corpus immuable, d’une langue  à apprendre et à enseigner. Que valent de bonne intentions  quand on ne dispose pas des bons (right) outils, quand on ne forme pas les éléves aux outils les plus ergonomiques? Un tel code serait aussi bien valable pour des voyants et c’est bien l que le bât blesse! Il est donc vivement souhaitable de mettre l’accent au sein d’un code de déontologie de la nécessité d’une formation continue, à la charge des structures existantes, ce qui implique l’assistance obligatoire à des séminaires  appropriés,  faisant intervenir les meilleurs chercheurs et designers de l’Astrologie.  JHB 09 12 23

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jacques halbronn Une anthropologie du Temps

Posté par nofim le 23 septembre 2023

 

 

UNE ANTHROPOLOGIE  DU TEMPS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“L’astrologie est, à mon égard, une très grande dame, fort belle et venue de si loin qu’elle ne peut manquer de me tenir sous le charme. Dans le monde purement physique, je n’en vois pas dont les atours puissent rivaliser avec les siens. Elle me paraît, en outre, détenir un des plus hauts secrets du monde. Dommage qu’aujourd’hui – au moins pour le vulgaire – trône à sa place une prostituée “ (André Breton)

 

“La superstition est à la religion ce que l’astrologie est à l’astronomie, la fille très folle d’une mère très sage. Ces deux filles ont longtemps subjugué toute la terre.” (Voltaire)

 

« On ne perd pas son temps en recherchant à quoi certains ont perdu le leur”

(A. Bouché Leclercq,  Astrologie Grecque, 1899)

 

«Le Zodiaque est le test de Rorschach de l’humanité enfant. » ( Gaston Bachelard)

 

‘Sur l’Astrologie  dans le  magazine «  Elle  »   : «  On connait bien au moins une autre de ces tentatives nominalistes    : la littérature qui dans ses formes dégradées ne peut aller plus loin que nommer le vécu.  Astrologie et  Littérature, ont la même tâche   d’institution retardée du réel  : l’astrologie est la littérature du monde petit-bourgeois                »

(Roland Barthes,  Mythologies,  195, p. 1687)

 

 

 

«     Car enfin qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout. Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin des choses et leur principe sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d’où il est tiré, et l’infini où il est englouti. Que fera-t-il donc, sinon d’apercevoir quelque apparence du milieu des choses, dans un désespoir éternel de connaître ni leur principe ni leur fin ? Toutes choses sont sorties du néant et portées jusqu’à l’infini. Qui suivra ces étonnantes démarches? L’auteur de ces merveilles les comprend. Tout autre ne peut le faire.   » Blaise Pascal

Genèse

07 Dieu fit le firmament, il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament et les eaux qui sont au-dessus.

14 Et Dieu dit  :  «   Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel, pour séparer le jour de la nuit   ; qu’ils servent de signes pour marquer les fêtes, les jours et les années               

‘«  Un des grands événements de l’Ère du Verseau doit être logiquement la réconciliation des juifs et des chrétiens. Les premiers chrétiens et Jésus lui-même étaient juifs. [...] il y a identité entre la révélation judaïque et celle du Christ  »

(Paul Le Cour, Hellénisme et Christianisme, Omnium Littéraire, 1943, Dervy, 1951)

 

 

 

 

 Une des pièces maitresses du savoir astrologique n’est-elle pas, aux yeux des astrophiles les plus  convaincus, le thème de naissance, c’est à dire un document, un texte  qu’il s’agit de « lire », de déchiffrer ? Ne parle-t-on pas de la lecture des lignes de la main ? Est-ce que l’astrologue ou plutôt l’astromancien face à une carte du ciel – désormais dessinée par un ordinateur-ne projette pas sur un thème ce qu’il sait/sent, projette de la personne concernée  tout comme dans certaines langues du Moyen Orient – où serait- justement née une certaine astrologie- comme l’hébreu, on ne peut faire parler un écrit que si l’on  en connaît,- condition nécessaire( en possède déjà l’oralité ? En revanche, dans les langues européennes,  l’écrit se suffit quasiment à lui-même, du fait qu’il comporte des voyelles, permettant  de faire semblant au moins de savoir le lire- sinon le comprendre – sans dépendre de l’oralité . Et c’est peut etre pour cette raison  qu’il y a débat autour de l’astrologie, selon que l’on prend pour support d’information ou de communication. (cf l’astrothérapie in  Clefs pour l’astrologie, deuxième édition, 1993) Il est clair, évidemment, que lire son propre thème fera inévitablement appel à ce que nous savons au sujet de nous-mêmes.

On se demandera si l’astrologie est malade ou si c’est un mal. Soit deux approches bien différentes.Dans un cas, il importe de la soigner, de déterminer les maux dont elle est atteinte – pathologie d’une épistémé  et dans l’autre, il faudrait l’évacuer, l’éviter, l’enfermer  comme on le faisait des incurables. Or, les astrologues ne semblent pas être parvenus à opérer cette astrologie du mal dont elle est atteinte.

On pourrait recourir  au terme de « cyclologie » pour englober tout une littérature consacrée à la détermination, à la structuration  du temps, ce qui recouvre à la fois  les traditions relatives aux astres, à commencer par le corpus astrologico-astronomique  et à leur rapport avec notre Humanité et à la fois le balisage du temps social, notamment au prisme du  droit constitutionnel, deux domaines auxquels nous nous sommes initiés, parallèlement dès les années soixante.Dans le domaine juridique que nous aborderons dans le cours du présent volume, la question du droit constitutionnel retiendra notre attention lorsqu’il s’agit de fixer la durée des mandats. L’on sait, en effet, à quel point la détermination de  telles échéances- œuvre des hommes- peut entraîner de perturbations, de tensions. L’astrologie, elle aussi, elle d’abord,  n’a –t-elle pas vocation à baliser et l’espace et le temps de  la Cité ?  Selon nous, le monde devant nous nous est plus immédiatement accessible et signifiant que ne peut l’être le ciel. Le quel des deux plans doit nous servir de socle ? Or, pour bien des astrophiles, la littérature astrologique leur apparaît comme plus familière que le monde  »réel » et  même carrément en mesure de substituer à celui ci.  La recherche  astrologique doit partir des structures sociales  repérables et non de l’entrelacs entremêlé du cosmos, c’est ainsi qu’aura procédé  Gauquelin en se demandant quels pouvaient être les facteurs célestes parmi tous ceux  existants – car toute recherche a une vertu de décantation -  pouvant correspondre, être en corrélation avec le monde observable sociologiquement, historiquement, ce qui l’aura conduit statistiquement  à ne conserver qu’une petite partie,  utile,  viable du corpus astrologique De la même façon, comme nous avons pu le noter dans le domaine de la francologie,  connaître, préciser  les codes du français doit partir non de l’écrit mais de l’oral en vigueur.  SI les règles mises en avant par les enseignants en astrologie ou en français ne recoupent pas ce que nous pouvons observer directement ; c’est que ces règles ne sont pas valables et ne permettent pas d’obtenir les résultats attendus. Mais les travaux de Gauquelin ne relévent que d’une astronomie primitive qui n’a même pas besoin de connaître les révolutions planétaires puisque c’est une astrologie géocentrique qui voit les planètes se lever et se coucher quotidiennement, du fait de la rotation  terrestre et non une astrologie zodiacale. Autrement dit, cette astrologie a  fort bien pu se mettre en place bien avant  l’astrologie cyclique. (cf notre ouvrage L’étrange Histoire de l’Astrologie, 1986 et notre postface à ses Personnalités planétaires, 1992). Selon nous, cela correspondrait à une société  qui elle aurait été cyclique et qui aurait réparti les activités selon des périodes de la journée en tenant compte du passage des planètes  instrumentalisées  comme marqueurs de temps. C’est ainsi que telle activité aurait fini par être associée  au positionnement de telle planète et ainsi de suite, ce qui  est attesté pour toutes sortes de végétaux et d’animaux (chronobiologie) ainsi articulés sur les minéraux.http://www.astrology-and-science.com/g-arti2.htm

Il importe de souligner que ni la Bible ni le corpus cyclologique ne nous permettent de procéder à une quelconque datation  en rapport avec leurs dates respectives de « parution » connue. Nous sommes convaincus qu’il ne s’agit là que de résurgences de périodes bien plus éloignées de nous. C’est ainsi que la prophétie sur la Nouvelle Alliance,  figurant dans le Livre du Prophète Jérémie (ch XXXI) est très probablement à placer à une époque bien antérieure tout comme d’ailleurs l’ordre dans lequel l’on nous présente la succession des trois religions du Livre  ne devrait aucunement être retenus car pour nous le judaïsme n’est pas le premier mais le dernier discours et donc le plus actuel, comme le montrent de nos jours les alertes écologiques..  La relative ancienneté des dits corpus  ne doit pas faire illusion – la carte n’est pas le territoire – car il s’agit tout au contraire d’une relative modernité. Il revient à l’historien  de veiller à ne pas se laisser leurrer par la présence de certains documents  qui risquent de nous fourvoyer. Cela vaut d’ailleurs dans les deux sens  celui de l’antidatation faisant de l’a posteriori  un  a priori,  comme celui de la réminiscence,  faisant irruption

Quant à l’astrologie, elle est constamment en quête de sa « vérification » au prisme de sa « pratique ». Or, il importe de comprendre que l’idée même de vérification  correspond à une tentative du monde d’en bas de s’imposer au monde d’en haut, à savoir remplacer l’exigence de cohérence structurelle par celle de l’utilité. Celui qui n’y connaît rien en mécanique se contente de voir si   le « machin » « marche »  en appuyant ou en tournant quelque bouton, et s’en contente et si ça marche, cela règle tout ipso facto. Force est de constater qu’un tel glissement s’observe à tous les niveaux, comme dans le champ du linguistique (cf notre Volet III). En fait  l’on traite l’astrologie voire la théologie  comme s’il s’agissait de machines dont on vérifie le bon fonctionnement.  Plus les recrues ont un niveau médiocre et plus ces disciplines sont tirées vers le bas ! Dans le cas de l’astrologie,  au cours des dernières décennies,  le milieu astrologique se sera considérablement appauvri  à l’instar de certains quartiers d’une  ville, dont la population d’origine aura  fui. On sera ainsi  passé des ingénieurs aux techniciens. Du temps de Nostradamus, bien des astrologues étaient passés par des études de médecine. Cela dit, les gens ne commencent pas directement par la pratique, laquelle est précédée par  une  collecte  d’information et c’est à partir d’une telle collecte que le passage à la pratique s’effectuera  à la suite d’une sélection parmi les données ainsi recueillies. La première impression sera donc « intuitive » : on se fera une première idée laquelle motivera un certain intérêt, une préférence pour tel objet d’étude que pour tel autre sans que l’on en soit arrivé au stade de l’expérimentation. Il en est d’ailleurs ainsi au regard de la formation d’un couple, ce qui passe par un certain nombre de stades pouvant éventuellement déboucher sur un  rapprochement plus intime. Autrement dit,  l’on se fiera inévitablement aux apparences, à la présentation et si celle-ci laisse à désirer, on risque de ne pas aller plus avant,  renonçant à passer du participe futur au participe passé, selon un schéma déjà esquissé. Par la suite, certains choix seront  narrés comme fondés sur l’expérience de terrain alors que l’esprit humain est marqué par des repères d’ordre esthétique, structurel.. Il s’agira là en réalité d’un expédient  auquel l’on recourt quand les raisons  premières du choix  n’auront pas tenu la route mais n’en  auront pas moins suffi à  finaliser la démarche engagée. Dans le cas de l’astrologie, on  aura probablement été séduit au départ par un dispositif qui nous aura accroché du moins dans un premier temps comme l’agencement zodiacal, le recours à la date de naissance, complétée par le lieu et l’heure,  le lien à l’astronomie et.ou à la mythologie etc . Autant d’éléments susceptibles de donner envie de poursuivre l’exploration ou pas.

Quid de la « pratique » ? Dans la foulée de notre étude des quatrains prophétiques constituant le corpus  appelé « Centuries », ce qui en soi ne fait que désigner des séries de  100 quatrains dont la dimension astrologique est assez sporadique – tant l’astrologie disparaît ici  derrière  une poésie adoptant une posture  prophétique en recourant à la forme du futur -  il  nous faudra  commencer  par  traiter de la divination et tout spécialement de l’astromancie avant d’aborder ce que  nous désignons sous le nom d’horoscopie, c’est à dire l’étoile fixe se trouvant dans la perspective du soleil natal.

.  Nous distinguerons une astrologie féminine et une astrologie masculine, l’une marquée par un certain goût de la complexité, de la  multiplicité  alors que l’autre  irait plutôt dans le sens de la « ‘parcimonie » occamienne, préférant le monoplanétarisme au polyplanétarisme.  Le polyplanétarisme conduit au temps en miettes, infiniment morcelé, ténu,  niant la possibilité de disposer d’un temps long,  abondant permettant de mener à bien les projets. Tout se passe comme si ses tenants souhaitaient infliger aux humains, par le biais de leur astrologie étriquée du fait du nombre de facteurs en lice,  des conditions de vie d’une grande précarité – un temps chichement  compté-  on pense au lit de Procuste -  comme s’ils voulaient se venger de ceux qui ont une « bonne vie ».  Autrement dit, les conflits sociaux se répercutent sur le discours  astrologique. Or, qui ne voit, s’il est de bonne foi, que dès que l’on s’attelle à un certain travail, l’on a besoin de temps, tout comme c’est le cas pour la procréation, l’agriculture ? Selon nous, la cyclicité sociale   exige le recours à peu de facteurs et peu de phases pour être viable, vivable et même peu d’acteurs de premier plan, ce qui signifie que l’astrologie n’aurait besoin que d’un nombre fort limité minimal,  de facteurs.

 

Les notions de masculin et de féminin sont au cœur du modèle astrologique tel que nous l’exposerons, plus loin. En effet, toute cyclicité passe par un moment féminin, nocturne  – aspect de conjonction) et un moment masculin, diurne (aspect de carré).  Dans Genèse I, l’on voit que la nuit précède le jour, les ténèbres,  soit la Nouvelle Lune  la lumière, le chaos  l’ordre, le premier quartier/demi-Lune.

Genèse  I

א בְּרֵאשִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ. 

1 Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.

ב וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ, וְחֹשֶׁךְ, עַל-פְּנֵי תְהוֹם; וְרוּחַ אֱלֹהִים, מְרַחֶפֶת עַל-פְּנֵי הַמָּיִם. 

2 Or la terre n’était que Tohu -bohu et ténèbres couvraient la face de l’abîme, et le souffle de Dieu planait à la surface des eaux.

ג וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יְהִי אוֹר; וַיְהִי-אוֹר. 

3 Dieu dit: « Que la lumière soit! » Et la lumière fut.

ד וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת-הָאוֹר, כִּי-טוֹב; וַיַּבְדֵּל אֱלֹהִים, בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחֹשֶׁךְ. 

4 Dieu considéra que la lumière était bonne, et il établit une distinction entre la lumière et les ténèbres.

 

 

Comprenons que comme pour le rapport de l’oral à l’écrit, il s’agit d’un processus  cyclique, du serpent qui se mord la queue (ouroboros). Entendons que la  complexité précède et à la fois succédé à la simplicité du modèle.  L’on peut ainsi s’imaginer que le masculin est prolongé par le féminin  alors qu’il s’agit d’une dialectique évolution/involution. Le féminin, quant  à  lui , est matriciel, il est matière première avec tout ce que cela peut comporter de chaotique, de difforme (cf Genèse I), c’est le retour de l’individuel  au collectif . De fait  l’astrologie au féminin ne craint pas le désordre et la confusion des genres et à partir d’un schéma simple, elle cherchera toujours à le  déborder  car pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué  (cf  Arnaud Esquerre, Prédire. L’astrologie au XXI e siècle en France, Paris, Fayard, , 2013, ?  Cette dualité  est au cœur même des relations  humaines  et il est bon  que l’astrologie puisse être analysée au moyen de catégories aussi fondamentales  tant dans le temps que dans l’espace social  L’ approche sociologique/ethnologique de l’astrologie nous semble aussi  superficielle  que lorsque cela s’applique aux pratiques  religieuses ou encore aux pratiques langagières, soit nos trois  grands axes  d’investigation. Entendons par là que ce que pensent les utilisateurs n’a  que fort peu de rapport avec ce qu’est l’objet en soi (cf notre DESS  L’astrologie, ses  structures et ses membres, Paris VIII, 1995, sous la direction d’Yves Lecerf)En fait, nous dirons qu’il existe une astrologie privée  et  une astrologie publique, comme on parle d’un droit privé et d’un droit public, dont les méthodes diffèrent radicalement :  l’astrologie privée  travaille sur des personnes peu connues  dont l’astrologue ne peut rien savoir au départ alors que l’astrologie publique s’occupe de personnes jouissant d’une certaine célébrité et dont les faits et gestes  ont pu être répertoriés.

 

Le mauvais génie

Selon nous, l’astronomie aura exercé une influence néfaste, intrusive sur le développement de l’astrologie tout comme ce sera le cas du français par rapport à l’anglais

Paradoxalement, en  effet,  l «  astrologie savante » sera celle qui sous tendra une pratique  divinatoire bien plus que les  généralités de l’astrologie  populaire   ! Cette carte du ciel  sera la grille  permettant  de  forger  artificiellement des individualités  alors que l’heure de naissance ne vaut, selon nous, que pour un petit nombre, une élite, ne serait-ce que parce que tout le monde – loin de là – autrefois ne disposait  d’une telle information. Autrement dit,  la pratique de noter, de relever  l’étoile fixe correspondant au soleil  de naissance était probablement  réservée à une certaine population, ne serait-ce que par la compétence requise pour ce faire. . En tout état de cause,  l’astrologie aura évolué jusqu’à nos jours  en mettant sur la touche deux facteurs majeurs, à savoir les étoiles fixes et l’heure de naissance au profit  des seules planètes du système solaire et des luminaires.      Elle a cru ainsi pouvoir  se recentrer sur sa partie  jugée la plus solide alors qu’en fait elle en est devenue bancale et vidée en grande partie de sa substance.

 On ne peut s’empêcher de relier ce point à l’épisode de l’étoile des Mages (Évangile Matthieu 2, 1-15) lors de la nativité de Jésus même si le récit qui en est fait prête quelque peu  à confusion. Les commentateurs  citent le chapitre  XXIV du Livre des    Nombres du fait que Balaam  parle d’un astre qui sortira de Jacob, ce qui vient associer Jésus au destin du Royaume du Nord ? En fait, il nous apparaît que le récit de l’Étoile  de  Bethléem doive être repensé : ce qui compte c’est de  se demander sous quelle étoile anti tel personnage  et non de déterminer quel personnage  est désigné par telle étoile. Autrement dit,   c’est l’homme qui, ici,  confère à l’étoile  toute son importance et non l’inverse.

Si  le chef,  est un acteur privilégié, matriciel, de l’Histoire, il n’est pas doté de la connaissance de sa carrière, ce qui est réservé au prophète,  au «   nabi   »,  lequel aura accès aux clefs de la Subconscience et du plan réservé à une humanité adamique. Cela dit,  avec le temps,  l’on passe de la déduction à l’induction   : l’enfant ne peut qu’extrapoler à partir de ce qu’on lui a enseigné alors que l’homme d’un certain âge peut passer au stade de l’induction, en capitalisant des années d’expérience et d’observation, notamment en ce qui concerne la perception des processus cycliques mais aussi des phénomènes se prêtant à une forme de probabilité statistique, chez certaines catégories de populations, comme les femmes. Selon nous, le processus divinatoire est lié à la lutte des classes  car le dominé sera bien plus enclin à se projeter dans le futur que le dominant, en espérant que le dit futur permettra de tourner la page. Quant au dominant, il consentira à l’idée  de lâcher périodiquement du lest mais toujours à titre provisoire, ce qui est la base même de la cyclicité.

 

C’est  ainsi que la numérologie offre l’avantage sur  une  astrologie en vigueur de la clartéי, de la sobriété, cette dernière יétant victime d’une tendance à l’embonpoint. Le passage de la numérologie à l’astrologie   n’en est pas moins une articulation essentielle : quand nous observons  la récurrence de certains nombres, il convient de se demander si  cela ne doit pas être mis en corrélation avec tel ou tel cycle planétaire. On pense à cette durée de 3 ans qui semble concerner la vie d’un grand nombre de couples. Autrement dit,  quand nous observons des nombres, ici- bas, cela peut יéventuellement se traduire, en haut, par tel ou tel processus  astronomique.(cf. la Table d’Émeraude).  L’approche numérologique devrait ainsi préparer la voie à l’astrologie dès lors qu’elle accumulerait les exemples liés à quelque cyclicité, ce qui nous semble plus marquant que les observations d’ordre caractérologique liées à la symbolique zodiacale. Or, il semble bien que  l’astrologie en se complexifiant se sera éloignée de la numérologie,  perdant ainsi de facto  un certain soubassement.

On pourrait, peu ou prou,  aboutir au même constat à propos du prophétisme lequel s’ancre bien plus profondיment dans le monde d’en bas  que ne le fait l’astrologie, d’où notre travail  en parallèle sur ces deux plans.(cf. Jacques Halbronn De l’agencement des recueils prophétiques. De la Pronosticatio de Lichtenberger au Mirabilis Liber parisien,  Revue Française d’Histoire du Livre, 2013,   Pierre Brind’amour, Nostradamus astrophile     : les astres et l’astrologie dans la vie et l’œuvre de Nostradamus, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa et Éditions Klincksieck,  1993)

 

 En  vérité,  Il ne faudrait pas tomber, en effet, dans lerreur  stratégique commise  par la communauté des  astrologues lesquels croient  bien faire et bien dire en soutenant que lastrologie  émanerait de lastronomie.

 A la fin du XIXe siècle, lon a mis en exergue lidée dastrologie «   scientifique    » En 1902, le polytechnicien Paul Choisnard, se servant du pseudonyme de Paul Flambart, faisait paraître son ouvrage  «  Langage astral«    sous -titré«  Traité sommaire d’astrologie scientifique  ».

Il sagissait dune sorte de manifeste prônant un alignement de lastrologie  traditionnelle   sur les données astronomiques.  Daucuns diront que c’était là un projet qui aurait dû aller de soi car comment lastrologie pourrait-elle se passer de lastronomie  ? Or, une chose est de se servir de lastronomie, une autre de la servir. Pour notre part, nous dénonçons la tentation de l’alignement de l’astrologie sur l’astronomie moderne tout comme celle de l’alignement de la théologie sur la paléontologie et la cosmologie actuelles comme clef du Livre de la Genèse.

Certes, lastrologie sort -elle  de lastronomie comme la statue du bloc de marbre mais elle la transcende. Lastronomie nest pas réductible à lastrologie pas plus que linverse. Entre lastronomie et lastrologie, il y a linterface de lHomme et cela change tout. A partir de la Création (Briah) par Elohim, se met en place une seconde création ou «     formation        » (Yetsira) qui part dAdam (cf. Genèse chapitre II avec la « formation    », lextraction  de la femme).  Elohim, cest la Nature, Yahvé, cest lusage qui en est fait, ce quon  choisit den garder et en ce sens, on serait dans le refus de luniversalité. Quelque part, ceux qui prônent une humanité, un cosmos pris dans leur ensemble tenteraient de rétablir le règne du Père (Elohim) par rapport à celui du Fils (Yahvé) alors même que le progrès de lHumanité, ce qui témoigne de son génie adamique, cest la constitution doutils avec ce que cela implique de choix «  arbitraire » des matériaux, étant entendu que lon ne prend pas tout, que  cest sous bénéfice dinventaire, au prisme des besoins réels, ce qui permet d’éviter laliénation et la saturation.

 

 

 

 

Chapitre premier   L’astromancie

 

 

 L’astromancie est une instrumentalisation de l’astronomie en ce qu’elle utilise de facto la carte du ciel comme support divinatoire, quand bien même se refuserait-elle à le reconnaître en revendiquant le nom d’astrologie. Cela dit, l’astronomie, de par  l’éloignement de son objet se prête à un  tel sort  même si les astronomes  ne semblent pas disposés à intégrer dans leur champ  les savoirs qui se référant aux astres, non plus en tant qu’émetteurs mais en tant qu’objets visuels  pouvant servir de signalétique au gré du récepteur.   Mais l’astromancie aura servi notamment à ceux qui avaient besoin de croire à une sorte de mécanisme d’horloge implacable , ce qui les dédouanerait d’un certain complexe de culpabilité. Pour ces personnes, seule une astrologie tentaculaire  -Big Brother–rendue telle  du fait de la profusion  des facteurs se succédant à un rythme contraignant,  peut faire l’affaire, jour après jour, sans  laisser à notre humanité  un instant ; un espace de liberté !  Pour notre part, ce n’est nullement un tel usage que nous envisagerons pour l’astrologie !

En tout état de cause,  l’astrologie aura évolué jusqu’à nos jours  en mettant sur la touche deux facteurs majeurs, à savoir les étoiles fixes et l’heure de naissance au profit  des seules planètes du système solaire et des luminaires.   Elle a cru ainsi pouvoir  se recentrer sur sa partie  jugée la plus solide alors qu’en fait elle en est devenue bancale et vidée en grande partie de sa substance.

 

Notre approche se veut à la fois diachronique et synchronique en ce qu’elle entend à la fois  restaurer le dispositif initial de l’astrologie et à la fois s’efforcer de le mettre en pratique, sous le nom d’astro-horoscopie. Selon nous la pratique consistant à  noter  l’heure ou l’étoile de naissance était certainement  réservée à une certaine élite, aux « princes » dont la naissance était très strictement surveillée. On ne peut s’empêcher de relier ce point à l’épisode de l’étoile des Mages (Évangile Matthieu 2, 1-15) lors de la nativité de Jésus même si le récit qui en est fait prête quelque peu  à confusion. Les commentateurs  citent le chapitre  XXIV du Livre des Nombres du fait que Balaam  parle d’un astre qui sortira de Jacob, ce qui vient associer Jésus au destin du Royaume du Nord  ? En fait, il nous apparaît que le récit de l’Étoile  de  Bethléem doive être repensé  :  ce qui compte c’est de  se demander sous quelle étoile naît tel personnage  et non de déterminer quel personnage  est désigné par telle étoile. Autrement dit,   c’est l’homme qui, ici,  confère à l’étoile  toute son importance et non l’inverse.

Dans cette première partie, nous traiterons du corpus  astronomico-astrologique  quant à son impact  historique  remarquable à travers les siècles  jusqu’à nos jours tout en développant une approche critique  à l’instar de ce que nous avons  réalisé dans notre premier volume au regard du champ biblique ( -cf notre seconde partie) On  y  traitera de la corruption du modèle astrologique du fait même de ses rapports complexes avec l’astronomie. On retrouvera ici la problématique  du passage du signifiable au signifié  tout ce qui brille n’est pas or. Le fait que l’astrologie instrumentalise l’astronomie n’implique aucunement que rien de ce qui est astronomique lui soit étranger ! C’est bien là le piège du syncrétisme !. Puis, dans une seconde partie, la notion d’horoscopie-  nous amènera à nous focaliser sur le thème du recrutement des élites, des chefs- interface entre le Ciel et la Terre en quelque sorte, en mettant en évidence  les failles d’une société  refusant le recours à l’astrologie, quelle qu’en soit la forme, rejetant le bébé avec l’eau du bain, confondant  astrologie et  horoscopie.  Pour nous, en vérité, l’astrologie renvoie à ce que nous avons appelé, la création adamique, (troisième   création) celle qui  va au rebours  de l’évolution darwinienne.

 

Genèse  chapitre I

 

1Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.

 

La présence de l’astrologie comporte de nos  jours deux facettes    : nous montrerons ci-après que la facette la plus sophistiquée, la plus imprégnée d’une astronomie  toujours en progrès, n’est pas nécessairement la plus viable. C’est ainsi que tout astrologue qui se respecte se croira obligé de se démarquer des «   horoscopes   » de presse auxquels il est reproché de ne pas prendre la juste mesure de la réalité astronomique.(cf  Fabienne  Cusin Berche « L’astrologie en quête de légitimité : les astrologues et leurs discours »  in L’astronomie dans les média.  Analyses linguistiques  de discours de vulgarisation,  dir . Jean Claude Beacco, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 1999) On voit donc se constituer une sorte de triangle    : horoscopie, astrologie et astronomie. L’horoscopie depuis la fin des années trente du siècle dernier connecte  le mouvement de certains facteurs du ciel, à tel ou tel moment  avec certains facteurs du ciel à la naissance, selon donc un double référentiel, l’un figé dans le temps et l’autre cyclique..

Pour nous, la question du Ciel  est indissociable de l’approche théologique  et pour notre part,  il n’y a pas  de pouvoir  sans  passer par un certain lien céleste. L’on connaît le principe de la monarchie de « droit divin » mais la théologie que nous prônons est indissociable de l’acte fondateur du premier chapitre de la Genèse qui relie le ciel et la Terre et  toute la question est de savoir en quoi consiste un tel lien, une telle alliance , une telle Création de notre monde et non de l’Univers. On ne peut en effet appréhender la genèse de l’Astrologie sans accepter qu’il  y a eu un travail de « Yetsira  (en référence à un livre de la Kabbale qui traite justement des sphères et de l’alphabet hébreu), de formation qui constitue une révolution copernicienne à l’envers :  ce n’est plus l’univers qui impose sa loi mais c’est un univers instrumentalisé et en quelque sorte recyclé.

C’est dire que le passage de l’astronomie à l’astrologie  met en scène deux théologies, deux idées de Dieu et du monde qui continuent à affirmer leur antagonisme de nos jours. En vérité, l’astrologie  aura bel  et bien été victime de ses  fréquentations  avec l’astronomie laquelle aura tenté par le truchement d’un Ptolémée ou d’un Kepler de lui imposer sa loi, son métalangage zodiacal, ce qui lui aura été fatal. Est-ce l’astronomie, d’ailleurs, qui aura voulu s’emparer de l’astrologie ou bien l’astrologie qui aura pris modèle sur l’astronomie ?

 Cette  fâcheuse influence , en tout cas, aura conduit l’astrologie  à s’aligner sur l’astronomie lorsque celle-ci aura expulsé les étoiles du système solaire, sur la base des lois de la physique et , par ailleurs, l’astrologie ne s’est-elle pas alignée sur l’astronomie en ses aspects les plus aléatoires quand il s’est agi, à partir du XVIIe siècle, de baptiser les astres nouvellement découverts   (cf. la lunette de Galilée et les satellites « médicéens »  de Jupiter) et invisibles à l’œil  nu et pour cette raison restés si longtemps inconnus au bataillon, les astronomes modernes prenant la suite de leurs prédécesseurs en recourant à la mythologie, solution de continuité  entre l’Antiquité  et  les temps modernes  avec l’adoption  tardive  d’Uranus à Neptune, de Cérès à Pluton? .Il semble que la mode consistant à baptiser  mythologiquement les planètes au-delà de Saturne ne soit entrée dans les mœurs des astronomes qu’à partir de 1850, date à laquelle le H (is) M(ajesty) Nautical Almanach Office abandonne le nom de Sidus Georgium pour celui dUranus- selon la suggestion de Bode puisque Uranus est le père de Saturne, explique-t-il- après que lon ait hésite à lappeler Neptune George III  -en l’honneur du roi de Grande Bretagne de l »époque-  » ou « Neptune Great Britain    » (cf article Wikipedia, sur Uranus)  lors de la guerre dindépendance américaine hommage à lAngleterre qui avait été le lieu de sa découverte à Bath. (cf. A. J. Lexell, Recherches sur la nouvelle planete, découverte par M.     Herschel & nominee Georgium Sidus. Acta Academia Scientarum Imperialis Petropolitanæ (1), 1783,). On trouve même la proposition d’un        »urandi        » pour les jours de la semaine.

 Mais cest à la même époque que la planète au-delà dUranus découverte en 1846- prendra cette fois  le nom du dieu Neptune (cf  La  vie  astrologique, années  trente cinquante,  voir  tome II) du présent ouvrage). La tendance se poursuivra avec Pluton, dont le nom sera associé à la planéte au-delà de Neptune qui ne sera découverte en 1930 mais qui avait déjà été, baptisée par avance, dès la fin du XIXe siècle (cf le Manuel dastrologie sphérique et judiciaire de Fomalhaut, Paris, 1897, cf  notre ouvrage La vie astrologique, il y a cent ans, Paris, Trédaniel, 1992). A la même époque, on appellera Vulcain lhypothétique planète «         intramercurielle         », censée se situer entre Mercure et le Soleil et dont lexistence sera rejetée à la suite des travaux dEinstein. On nous objectera que dès 1801, Piazzi avait baptisé la planète découverte entre Mars et Jupiter du nom de Cérès, mais il sagissait là avant tout dun hommage à la patronne de la Sicile.(cf.   Piazzi Della scoperta del nuovo pianeta Cerere Ferdinandea, Palerme, 1802.) Le XIXe siècle aura donc  été le théâtre dune sorte de compétition entre déesses et dieux puisque lon attribuera aux sœurs de Cérès, autres filles de Saturne, à savoir  Pallas, Junon et Vesta dautres astéroïdes découverts dans la foulée.

Les astrologues contemporains,- au cours du XIXe siècle, en voulant intégrer Uranus dans le dispositif des domiciles de la Tétrabible  de Ptolémée ont ôté à Saturne le signe du verseau, ce qui aura conduit à enlever à Saturne sa «         créativité            » pour la conférer à Uranus, ce qui fausse complètement la perception astrologique de  Saturne en en faisant même une sorte danti-Uranus, réticent face à toute nouveauté           !.  

 

 

 

Nous avons consacré en 1995 un ouvrage à la période des Années trente cinquante (Ed Trédaniel) de Néroman à Maurice Privar. Nous entendons compléter ce travail à propos de quatre ouvrages conservés à la Bibliotheca Astrologica, à savoir le Manuel d’Astrologie Médicla de G . B. de Surany parue aux Éditions des Cahiers Astrologiques, à Nice, Verlaine et les astres de Dom Néroman –(mars 1944 donc avec la présence allemande).avec une préface de François Porche dans la collection « Les connaissances supranormales ».Un autre livre de Dom Néroman a depuis longtemps retenu ,notre attention , Grandeur et Pitié de l’Astrologie, Ed. Fernand Sorlot avec une préface de J. H. Rosny Ainé.(1940) Enfin, nous traiterons d’une traduction de l’allemand « La nouvelle planète Pluton » -1937.

 

On commencera avec le Manuel de Geza de Surany -qui épousera la future Marguerite de Surany., sœur de Marie thérése m de Longchamp (cf les Ed. Sorlot)

Avant même d’étudier cet ouvrage observons les annonces de l’éditeur, Alexandre Volguine, le fondateur des Cahiers Astrologiques. On y propose la « collection complète des quinze premiers numéros parus (1938- 1940). La parution s’en était interrompue du fait de la guerre. Dans le catalogue sont proposés des textes de Jean Hiéroz sur Manilius, de A/ Massot (Le Zodiaque et les maisons), d’André Costeséque sur les transits, d ‘André Tanner (Le Sepher de Moise et la typocosmie) et quelques ouvrages de Volguine lui même (Astrologie Lunaire, Le symbolisme de la vie de Moïse plus une série d’ Éphémérides Astronomiques quotidiennes pour 1941, 1942, 1943

Plutôt qu’à l’astrologie médicale, intéressons-nous d’abord à ce que Sunrany dit des « nouvelles » planètes , ce qui était particulièrement le cas pour Pluton ; découvert récemment en 1930 :

 

« Uranus : La tradition ne nous fournir pas de renseignements sur l’action de cette planète découverte à une date relativement récente. Il est fort probable qu’Uranus fut connu des Anciens : mon très estimé confrère KRAFFT a contribué à l’établissement de cette hypothèse vraisemblable dans un article publié dans les Cahiers Astrologiques mais rien n’est resté mais rien n’est resté eu égard de ses effets. ¨Pourtant, l’expérience, la logique et ce qu’on appelle à tort l’intuition permettent les observations suivantes (p. 63) Passons à Neptune «  comme Uranus, est de découverte récente : la Tradition est muette à cet égard. Mais en près de 100 ans on a quand même eu le temps de l’étudier et de constater ses effets (…)Il est exalté dans le Lion » (Uranus était indiqué exalté en Scorpion) et enfin Pluton : «  Pluton n’est connu que depuis 1930.En douze ans,(on est donc en 1942) il n’a évidemment pas été possible e » juger de son action et de son influence plus que superficiellement. En ce laps de temps, on a pu toutefois constater qu’il n’est pas maléfique. Les données suivante sont les fruits d’observations de plusieurs astrologues bien connus. Pluton gouverne le Sagittaire (sic) (..) son lieu d’exaltation semble bien se placer dans le Lion » Surany place donc l’exaltation de Pluton dans le même signe que pour Neptune  et ne propose pas le signe du scorpion pour son domicile, comme cela est entendu depuis plusieurs décennies.

Nous retiendrons la façon dont Surany traite de l’astrologie dans son « Avant Propos » : »Au moment où n’ait l’individu, la position qu’occupent les planètes dans l’écliptique se trouve gravée sur l’impérissable Akasha. : l’horoscope n’est autre que l’inscription dans les cieux en hiéroglyphes que seul un Astrologue peut déchiffrer (…)Dire que les astres inclinent et n’obligent pas quand la Science Astrologique nous donne quotidiennement des preuves nouvelles du bien-fondé de ses enseignements est aussi justifié que de prétendre échapper à la conséquence de nos actions, à la loi de la causalité » Signalons des références au Congrès international astrologique de 1937.

Comparons ce texte avec ce qui figure dans le Verlaine aux mains des dieux. Commençons avec la Préface de François Porché qui n’est pas astrologue, mais auteur d’un ouvrage sur Verlaine, ce qui fait justement l’intérêt de son témoignage : on y apprend qu’était paru juste avant le Traité d’astrologie rationnelle de Dom Néroman. On ne pense pas que le dit Néroman a pu souscrire à certains propos de son préfacier tels que celui-ci : »Comme il y a beaucoup de mauvais astrologues, peut être sied il de remarquer que les erreurs qu’ils commettent ne sont pas imputables à la science dont ils se réclament faussement pas plus que les diagnostics erronés des mauvais médecins ne portent condamnation contre la médecin. L’astrologue peut se tromper. L’astrologie ne se trompe jamais » Or, Dom Néroman pensait au contraire qu’il fallait réformer, refonder l’astrologie. Cette façon de parler de l’astrologie comme d’un savoir « accompli » n’est vraiment pas à notre goût. Pas plus d’ailleurs que lorsque Porché insiste sur la nécessité de la précision des données de naissance (pp. 4-5) : »Une erreur de quelques minutes suffisant parfois à fausser tout le problème ». On appréciera davantage la formule suivante : « La masse des ignorants se divise en deux classes : les crédules et les négateurs. Les premiers sont peut être les plus nombreux mais je n’en suis pas sûr. »Quant aux « négateurs » «  ils refusent sans examen toute adhésion à l’astrologie scientifique »..

Jetons à présent un coup d’œil sur le copieux « lexique » (pp. 242-255) qui accompagne ce texte extrait du Traité Rationnel: On note que Néroman définit l’aspect comme un multiple de 30°

On note que le mot « étoile » ne figure pas comme entrée dans le dit lexique, ce qui fait que Néroman n’intègre pas cette donnée dans son astrologie. On ne s’arrêtera qu’à l’entrée « Axe Lunaire’ qui est un apport de Dom Néroman en ce qu’il met l’accent sur les nœuds lunaires, importants pour ce qui s’appellera l’Astrologie Karmique. -(p ; 243) : « En symbolisme, le premier (axe) s’appelle le Dragon et le second Lilith »Sut Lilith, on lit « Lilith est le foyer vide de l’orbite lunaire : on l’appelle aussi la lune Noire (..)¨Par extension, on appelle Lilith l’axe lunaire tout entier mais, correctement, Lilith est le côté de l’apogée de cet axe ; celui de la périgée est Priape ,élément mâle du couple « . A l’entrée « nœud lunaire, » on lit : » La ligne des nœuds s’appelle le Dragon, » Jean Carteret sera certainement marqué par l’œuvre de Dom Néroman et il en témoignera des années durant notamment lors des réunions du Centre International d’Astrologie  puis dans nos Colloques.

Passons à Grandeur et Pitié de l’Astrologie, paru dès 1940. On s’en tiendra ci au premier chapitre intitulé « La poussée du ciel » qui commence ainsi « Nous vivons l’aurore d’une humanité nouvelle  (…) l’ère des Poissons, née avec le Christ, est au bord de sa tombe et c’est parce que l’ère du Verseau est proche que l’humanité se dégage -douloureusement toujours- de ses tendances actuelles et tourne un visage d’espoir vers d’autres idéaux(..) Cet irrésistible courant vers la Science du Ciel s’accompagne de tous les remous imaginables ; c’est un torrent tumultueux de purs élans, de forfanteries, de naïvetés (..) qui font à la foi la grandeur et la misère de l’astrologie renaissante . C’est ce torrent que je voudrais décrire tant que son flot désordonné roule par la ville avant de faire place au fleuve puissant au fleuve puissant ; calme, majestueux auquel s’abreuvera bientôt une humanité rajeunie d’avoir reclassé ses notions » On pense à Paul Le Cour dans sa réédition de son ouvrage sur Ganymède (cf notre « vie astrologique, années trente cinquante ») Tout cela nous semble bel et bien marqué par ce qui se passe en Allemagne à l’époque.

Cela nous conduit à évoquer un autre ouvrage de nos collections : La nouvelle planète Pluton de F.

Brunhubner (ed A. Kotulla, 1937), traduit de l’allemand (qui sera réédité dans les années Cinquante Que nous dit le « message de Pluton » pp136 et seq) qui nous présente le trio des nouvelles planètes ? » :’On peut nommer Uranus et Neptune les précurseurs de Pluton. Uranus, la première des nouvelles planètes apporte évolution et révolution ( ;;)L’effet d’Uranus n’est pas encore purement spirituel mais plutôt matériel -spirituel/ En continuation de l’action d’Uranus – ce premier réveil d’une nouvelle époque-Neptune causa d’abord -puisque incomprise- des troubles et le chaos dans la vie humaine Plus tard, lorsque l’homme s’efforça de comprendre les variations subtiles et fines de Neptune, cette planète l’amena à la méditation et l’approfondissement des probléme spirituels : la mystique. Maintenant, sous les rayons de Pluton dont l’intensité augmente de plus en plus ; ce ne sont plus les isolés qui les sentent mais nous tous Quelque chose de nouveau et d’inconnu arrivera (..) quelque chose de très redouté des uns mais attendu avec un désir ardent par les autres : l’ère nouvelle ! (…)Pluton est le phytopte et le messager d’un temps nouveau (..)La révolution allemande de 1933 représente un des centres des événements révolutionnaires du monde et je crois devoir dire que l’on peut regarder Pluton comme l’aspect cosmique du troisième empire (Reich) (..)Que l’Allemagne actuelle soit influencée par Pluton est incontestable. On put facilement le prouver par les différents horoscopes de ses chefs et les événements principaux des dernières années. » A propos de l’entrée de Pluton en Lion on trouve exposée l’idée du chef:(p.67) « Dans les années 1937 à 1957 le principe du chef (..) arrivera à sa plus forte expression Des États formés de partis deviendront -semblables à Allemagne et à l’Italie – des États conduits par un seul maître car partout dans le monde entier, on appelle un chef »

Que penser de ce corpus de 4 ouvrages relatifs à l’astrologie parus durant l’avènement et la domination des nazis ? On y trouve une convergence entre l’affaire des trois trans saturniennes qui fait penser aux cavaliers de l’Apocalypse et celle de l’Erre du Verseau (signe qui se verra associé à Uranus) Sur le moment, il est clair que le milieu astrologique put quelque peu s’exalter. Certains parièrent pour le fascisme, d’autres, comme Barbault, pour le communisme (avec le cycle Saturne-Neptuue) Les congrès astrologiques furent une caisse de résonance , comme celui de 1933, que signale Brindhübner p 9) au lendemain de la découverte de Pluton,n précédant ceux de Bruxelles -1935) et Paris (1937, cette série de congrès « internationaux » étant gouvernée depuis Dusseldorf par Hubert Korsch. En 1974, le congrès de Paris permit à l’indice cyclque de Barbault d’alerter la presse au sujet des échéances des années 1982-83 Or cet indice cyclique était surtout marqué par les trois planètes Uranus, Neptune et Pluton, lequel indice avait été élaboré par Henri Gouchon à la fin des années 1940.(cf Les astres et l’Histoire, Pauvert, 1967) sous le nom d’indice de concentration planétaire.

L’astrologie du Xxe siècle se montrait ainsi marquée par des paramètres inconnus de la tradition astrologique antique, que ce soit pour la théorie des ères précessionnelles ou pour les planètes au delà de Saturne. Les astronomes devenaient par leurs découvertes successives -une par siècle -les prophétes de temps nouveaux. Bien plus, le politique s’alliait à l’astrologique, de façon spectaculaire avec l’avénement du Troisième Reich ce qui n’était en revanche pas nouveau au prix d’une instrumentalisation mutuelle. C’est toute une génération d’astrologues qui se trouvera impactée comme ce fut le cas au lendemain de la Chute du Mur de Berlin, en 1989 au tour d’une prévision datant des années Cinquante (conjonction Saturne-Neptune) avec à nouveau un focus sur l’Allemagne vouée à se réunifier. Nous mêmes en 1979, nous avons publié « Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau », Actes d’un Colloque tenu deux ans plus tôt à Paris. Et puis n’oublions pas le changement de millénaire autour de l’An 2000 ! Pour notre part, nous optons pour une « astrologia perennis « , une astrologie éternelle, non sujette aux découvertes astronomiques ni aux mystiques politiques de gauche comme de droite. L’idée même de l’apparition de nouvelles planaires renvoie à la croyance aux comètes. Quant à Uranus, l’astrologie n’en a nul besoin pour annoncer un changement et déjà au Xe siècle Albumasar y parvenait fort bien avec les conjonctions de Jupiter et de Saturne. Il est vrai que les Évangiles nous parlent de l’étoile des Mages, sur Bethléem.

 

 

Dans le cadre de ce que nous avons appelé Troisième

 Création,  certains arguments de ce type font long feu car le ciel qui nous est accessible visuellement doit être considéré comme un tableau de bord  composé de toutes sortes de matériaux instrumentalisés par le Deus Faber. Car si ce Dieu ne tolère pas que l’homme se mêle de créer (cf. notre premier tome), lui -même ne s’en sera point privé au nez et à la barbe  du Dieu originel  de la Première Création!

 On ne s’étonnera donc  pas  que le présent volet  soit  fortement marqué par la problématique du métalangage et de ses scories, ce qui pourrait caractériser le domaine des « pseudosciences », se constituant  aux marges, aux confins des savoirs dominants en fouillant les poubelles et les marges de la culture. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui ne s’intéressent guère au contenu et se contentent de faire les frais de la conversation en faisant fléché de tout bois, tout étant prétexte pour donner signe de vie.  . Dans le cas de la divination, il est question de « support » et à peu près n’importe quel matériau peut jouer ce rôle comme l’atteste la liste des diverses mancies : onomancie, chiromancie, bibliomancie,  et évidemment et avant tout astromancie etc/ L’astrologie  est plombée par un double mimétisme, d’une part  envers l’astronomie – ce qui l’aura  terriblement alourdie et de l’autre envers  les sciences humaines dont elle se sera évertuée à  rendre compte avec le dit bagage astronomique, renonçant ainsi à établir  une structure qui lui soit propre, à l’instar de l’anglais  dans son rapport au français s’apparentant à du copié- collé  , l’orthographe du français se trouvant  ainsi religieusement conservée et perpétuée, telle  quelle  des  siècles durant..

On s’intéressera plus particulièrement à l’histoire de l’astromancie greffée sur l’astronomie et son métalangage zodiacal et mythologique. On tiquera probablement sur l’usage du terme ‘ »astromancie », cela tient à une volonté de distinguer ce corpus de celui dont nous traiterons  in fine.  Par astromancie, nous pensons notamment à la divination à partir du « thème astral », de la « carte du ciel » prise comme un tout. Et en ce sens, l’astromancie  nous apparaît comme un calque, littéralement, de l’astronomie, du fait que rien de ce qui touche de près ou de loin à l’astronomie ne saurait lui être étranger et une telle relation fusionnelle se sera poursuivie jusqu’à nos jours.

La  grande question qui se pose  ainsi  à propos de l’astromancie -savoir  paria  mais le judaïsme n’est-il pas   aussi ainsi  traité?,-est celle de ses rapports avec l’astronomie : qui dépend de qui ? Est-ce l’astronomie qui dépend de l’astromancie  ou l’inverse ?  De nos jours, force est de constater que l’astronomie éclipse l’astromancie  laquelle se voit rabaissée à un statut inférieur,  subalterne,  ambigu, obsolète  dont le passé  éclipserait le présent. Une thèse  que nous soutiendrons tend à mettre l’accent sur la contribution des  astronomes à l’évolution, aux dérives  de l’astromancie  et rappelons que Claude Ptolémée tout comme Kepler furent des «  astronomes-astrologues »  le dit Kepler    -croyant bien faire en apportant, à quinze siècles de distance au corpus  astrologique- ce  qui atteste tout de même d’une certaine pérennité  de l’intervention -  les données  de l’astronomie. On  connaît le syndrome du Sauveur venant au secours de  quelques brebis perdues, égarées  ! C »est notamment à ce  Ptolémée, d’Alexandrie  l’auteur de l’Almageste, que l’on doit  certaines  tentatives d’alignement de l’astromancie  sur l’astronomie, dans sa  Tétrabible  (Iie siècle après JC), ce qui au demeurant trahit une volonté d’apporter un  supplément  de  légitimité sociale à la dite astronomie. On soulignera notamment le fait d’attribuer- de la part des astronomes -des dieux aux astres. Cela conduira à de savantes constructions  figurant dans le Tétrabible  sur les rapports des  7  « planètes » au – Zodiaque à 12 secteurs qui nous avaient tant fasciné lorsque nous débutions en Astrologie à la fin des années soixante.(cf.  Clefs pour l’Astrologie, Paris, Seghers 1976) Or,  ce Zodiaque est le pont aux ânes de l’astrologie,  un  passage  obligé qui  est  en fait  une  voie  de  garage. L’emprunt à une discipline risque fort d’être victime de pratiques dont on n’apprécie pas pleinement la portée, soit  en en exagérant l’impact  (cas du métalangage) soit en n’en prenant pas la  juste mesure en ignorant certaines avancées qui nous auront échappé/.

  L’importance accordée aux astres, de nos jours, tiendrait avant tout à l’image de l’astronomie mais, en même temps, ne serait-on pas en droit de se demander si le point de départ de la relation entre l’Humanité et le Ciel  ne se situerait pas plutôt du côté de l’astrologie voire de la théologie, ne serait-ce que dans le champ sémantique associé au signifiant « ciel » dans le domaine du religieux ? Il reste qu’en ce début de troisième millénaire, l’astrologie a toujours son mot à dire. Même du temps d’une chrétienté triomphante, la terminologie  mythologique  et donc a  priori  polythéiste survécut.

Le «  miracle  » astrologique- miracle  qui renvoie à la Troisième Création   ne fait sens que du fait de sa pérennité, de sa  présentéïté-(cf Hartog) ce qui s’observe hic et nunc- laquelle pèse plus lourd que la question de son point de départ.  La forme la plus populaire est celle des 12 signes dans le cadre de ce qu’on appelle, dans la presse, les « horoscopes ». (chapitre I) alors que la forme savante est  celle de la « carte du ciel »,  toute chargée, envahie par le savoir astronomique  laquelle  astrologie planétaire se veut individuelle, personnelle  du fait même de la pléthore de ses combinatoires, ce qui génère un mouvement perpétuel  kaléidoscopique… Mais nous verrons que paradoxalement, la forme populaire  serait la plus authentique, la plus fiable  à l’encontre  de la forme savante laquelle nous apparaît comme bâtarde et hybride, en ce qu’elle ne respecte pas la dialectique  céleste-terrestre, à savoir celle du mobile et du fixe , du multiple  et du singulier. C’est  ainsi qu’une typologie réduite à quelques signes donne des boutons aux astrologues plongés dans leurs éphémérides  touffues  et  désormais informatisées. On sait à quel point les emprunts inconsidérés  confèrent  de l’embonpoint  et de la lourdeur  à un  corpus D’ailleurs,  l’astrologie est écartelée entre une typologie envisagée dans l’espace et une autre dans le temps, ce qui n’est pas sans nous faire penser  aux débats entre écoles de physique..Si l’on met en avant l’espace, on ne capte pas le temps et vice versa.. Ainsi, au prisme de la cyclologie, le compartimentage spatial  ne fait guère  sens vu qu’une personne peut passer par toute une série de stades, ce qui nous a fait penser au dieu Janus.  (associé  au mois  de  janvier,  Janus le  gond) et à ses métamorphoses. Il importe de comprendre que l’approche spatiale  est présentéiste (cf F. Hartog), ce qui exige une considérable main d’œuvre aux qualifications assez étroites comme lorsque l’on effectue une battue, laquelle doit faire acte de présence, occuper son petit créneau. Et cela explique pourquoi l’astrologie a bien du mal à résister à tout apport de nouveaux facteurs, à toute forme de diversification, de diffusion, comme s’il n’y en avait jamais assez. A contrario, une astrologie élitique  tendra à s’articuler autour d’un personnage central autour duquel tout va tourner, qui sera Jupiter, le maître des horloges. Le chef est comme le bouchon d’une bouteille,  sans bouchon, la bouteille se vide, le groupe se dissout, se disperse. Un chef qui  pourra se maintenir dans la longue durée, en rebondissant  plus d’une fois, parvenant à se remotiver indéfiniment du fait même de son aptitude à embrasser un grand nombre de domaines, de branches au lieu d’être cantonné à une routine bornée. Au niveau théologique, ne peut-on penser que la spatialité conduit au polythéisme, à Elohim, à « Adonay »  qui sont des pluriels  et la temporalité au monothéisme, à Yahwé  Jupiter, qui est un singulier ? Le culte de Yahwé est celui de la classe supérieur, des princes de Judée et celui d’Elohim  celui de la classe inférieure, celle du Royaume d’Israel. Pour les Judéens, l’interdit vise le culte de dieux/d’astres au pluriel, on y condamne ceux qui adorent non pas une étoile mais plusieurs : Ovdéy Kokhavim..

Selon  nous,  l’astrologie dans son émergence ne   s’expliquerait que dans le cadre d’un «  Intelligent  Design »(dessein  intelligent), c’est-à-dire d’une intervention technologique «  supérieure »  ne relevant pas d’une quelconque impulsion première de l’Univers, qu’elle soit le fait d’un apport extraterrestre ou extra-temporel, c’est-à-dire issue de notre futur.  En fait,  nous serions en présence  de  deux forces «  intelligentes », l’une relevant d’une intervention  «extra-terrestre » à l’origine d’un processus adamique tel  que décrit dans notre premier  volume et l’autre  du passage à  une  ère  de créativité  humaine, laquelle serait responsable de la menace sur  l’écologie de notre planète.  Cette intervention  externe aurait été motivée par une volonté de protéger les hommes contre eux-mêmes, ce qui fait tout à fait sens de nos jours.  Dès lors, l’on comprend les attaques contre l’astrologie en ce qu’elle ne se réduit ni à une approche universaliste de   type  première  création à une approche humaniste, de type  deuxième  création. On  aura compris  qu’elle est le fer de lance de la troisième  théologie. A l’instar  d’ailleurs  de la  judéité.

 La question s’est posée récemment  à propos du coronavirus,  dès lors que certains  laissent entendre que cela pourrait avoir été fabriqué par les hommes  et  non  le  fait  du  hasard des  choses qu’il  nous  faut subir  non  sans un certain  fatalisme.  Par ailleurs, l’évolution de l’astrologie serait  selon  nous notamment le fait d’une interférence entre l’astronomie et  l’horoscopie, ce qui aurait donné naissance à ce qu’on appelle  astrologie. Il importe pour nous de remonter au stade  horoscopique, de comprendre qu’une mauvaise description  du savoir astrologique actuel conduira invariablement à   une représentation défectueuse, faussée de l’évolution du dit savoir.

 

On s’intéressera plus particulièrement à l’histoire de l’astromancie greffée sur l’astronomie et son métalangage zodiacal et mythologique.

On tiquera probablement sur l’usage du terme ‘ »astromancie », cela tient à une volonté de distinguer ce corpus de celui dont nous traiterons dans notre troisième volet sous le titre Linguistique et Astrologie.  Par astromancie, nous pensons notamment à la divination à partir du « thème astral », de la « carte du ciel » prise comme un tout. Et en ce sens, l’astromancie  nous apparaît comme un calque, littéralement, de l’astronomie, du fait que rien de ce qui touche de près ou de loin à l’astronomie ne saurait lui être étranger et une telle relation fusionnelle se sera poursuivie jusqu’à nos jours.

 

La  grande question qui se pose  ainsi  à propos de l’astromancie -savoir  paria  mais le judaïsme n’est-il pas   aussi ainsi  traité?,-est celle de ses rapports avec l’astronomie : qui dépend de qui ? Est-ce l’astronomie qui dépend de l’astromancie  ou l’inverse ?  De nos jours, force est de constater que l’astronomie éclipse l’astromancie  laquelle se voit rabaissée à un statut inférieur,  subalterne,  ambigu, obsolète  dont le passé  éclipserait le présent. Une thèse  que nous soutiendrons tend à mettre l’accent sur la contribution des  astronomes à l’évolution, aux dérives  de l’astromancie  et rappelons que Claude Ptolémée tout comme Kepler furent des «  astronomes-astrologues »  le dit Kepler    -croyant bien faire en apportant, à quinze siècles de distance au corpus  astrologique- ce  qui atteste tout de même d’une certaine pérennité  de l’intervention -  les données  de l’astronomie. On  connaît le syndrome du Sauveur venant au secours de  quelques brebis perdues, égarées ! C »est notamment à ce  Ptolémée, d’Alexandrie  l’auteur de l’Almageste, que l’on doit  certaines  tentatives d’alignement de l’astromancie  sur l’astronomie, dans sa  Tétrabible  (Iie siècle après JC), ce qui au demeurant trahit une volonté d’apporter un  supplément  de  légitimité sociale à la dite astronomie. On soulignera notamment le fait d’attribuer- de la part des astronomes -des dieux aux astres. Cela conduira à de savantes constructions  figurant dans le Tétrabible  sur les rapports des  7  « planètes » au – Zodiaque à 12 secteurs qui nous avaient fasciné lorsque nous débutions en Astrologie à la fin des années soixante.(cf Clefs pour l’Astrologie, Paris, Seghers 1976) Or,  ce Zodiaque est le pont aux ânes de l’astrologie,  un  passage  obligé qui  est  en fait  une  voie  de  garage. L’emprunt à une discipline risque fort d’être victime de pratiques dont on n’apprécie pas pleinement la portée, soit  en en exagérant l’impact  (cas du métalangage) soit en n’en prenant pas la  juste mesure en ignorant certaines avancées qui nous auront échappé/.

 

 

  L’importance accordée aux astres, de nos jours, tiendrait avant tout à l’image de l’astronomie mais, en même temps, ne serait-on pas en droit de se demander si le point de départ de la relation entre l’Humanité et le Ciel  ne se situerait pas plutôt du côté de l’astrologie voire de la théologie, ne serait-ce que dans le champ sémantique associé au signifiant « ciel » dans le domaine du religieux  ? Il reste qu’en ce début de troisième millénaire, l’astrologie a toujours son mot à dire. Même du temps d’une chrétienté triomphante, la terminologie  mythologique  et donc a  priori  polythéiste survécut

Le «  miracle  » astrologique- miracle  qui renvoie à la Troisième Création   ne fait sens que du fait de sa pérennité, de sa  présentéïté- ce qui s’observe hic et nunc- laquelle pèse plus lourd que la question de son point de départ.  La forme la plus populaire est celle des 12 signes dans le cadre de ce qu’on appelle, dans la presse, les « horoscopes ». (chapitre I) alors que la forme savante est  celle de la « carte du ciel »,  toute chargée, envahie par le savoir astronomique  laquelle  astrologie planétaire se veut individuelle, personnelle  du fait même de la pléthore de ses combinatoires, ce qui génère un mouvement perpétuel  kaléidoscopique… Mais nous verrons que paradoxalement, la forme populaire  serait la plus authentique, la plus fiable  à l’encontre  de la forme savante laquelle nous apparaît comme bâtarde et hybride, en ce qu’elle ne respecte pas la dialectique  céleste-terrestre, à savoir celle du mobile et du fixe , du multiple  et du singulier. C’est  ainsi qu’une typologie réduite à quelques signes donne des boutons aux astrologues plongés dans leurs éphémérides  touffues  et  désormais informatisées. On sait à quel point les emprunts inconsidérés  confèrent  de l’embonpoint  et de la lourdeur  à un  corpus

 

Selon  nous,  l’astrologie dans son émergence   ne s’expliquerait que dans le cadre d’un «  Intelligent  Design »(dessein  intelligent), c’est-à-dire d’une intervention technologique «  supérieure »  ne relevant pas d’une quelconque impulsion première de l’Univers.  En fait,  nous serions en présence  de  deux forces «  intelligentes », l’une relevant d’une intervention  «extra-terrestre » à l’origine d’un processus adamique tel  que décrit dans notre premier  volume et l’autre  du passage à  une  ère  de créativité    humaine, laquelle serait responsable de la menace sur  l’écologie de notre planète.  Cette intervention  externe aurait été motivée par une volonté de protéger les hommes contre eux-mêmes, ce qui fait tout à fait sens de nos jours.  Dès lors, l’on comprend les attaques contre l’astrologie en ce qu’elle ne se réduit ni à une approche universaliste de   type  première  création à une approche humaniste, de type  deuxième  création. On  aura compris  qu’elle est le fer de lance de la troisième  théologie. A l’instar  d’ailleurs  de la  judéité.

 La question s’est posée récemment  à propos du coronavirus,  dès lors que certains  laissent entendre que cela pourrait avoir été fabriqué par les hommes  et  non  le  fait  du  hasard des  choses qu’il  nous  faut subir  non  sans un certain  fatalisme.  Par ailleurs, l’évolution de l’astrologie serait  selon  nous notamment le fait d’une interférence entre l’astronomie et  l’horoscopie, ce qui aurait donné naissance à ce qu’on appelle  astrologie. Il importe pour nous de remonter au stade  horoscopique, de comprendre qu’une mauvaise description  du savoir astrologique actuel conduira invariablement à   une représentation défectueuse, faussée de l’évolution du dit savoir. 

 

Dans une première partie, nous traiterons du corpus  astronomico-astrologique  quant à son impact  historique  remarquable à travers les siècles  jusqu’à nos jours tout en développant une approche critique  à l’instar de ce que nous avons  réalisé dans notre premier volume au regard du champ biblique  Nous montrerons, en notre qualité d’historien de l’astrologie, que le corpus astrologique actuel est la résultante hybride d’un mariage entre l’horoscopie et l’astronomie. En vérité, l’on  a plus  de lumières sur la genèse  de l’astrologie antique que sur celle de la judéité antique du fait que l’astronomie constitue une assise précieuse  dont nous ne disposons pas encore en ce qui concerne la génétique. Autrement dit, alors qu’en astrologie, nous disposons à la fois d’un corpus de textes et d’un référentiel  scientifique, en revanche, dans le domaine théologique traité dans  le premier volume, Nous verrons  que   tout se passe comme si la dimension céleste (astronomie) avait pris le dessus sur la dimension terrestre  (horoscopie), ce qui génère un déséquilibre structurel. .

En effet, il s’agit au bout du compte de connecter  ce qui est en bas avec ce qui est en haut, comme le préconise la Table d’Émeraude. Ce qui est en bas est fixe, ce qui est en haut est mobile. Ce que l’on appelle horoscope correspond à une donnée constante et immuable, déterminée par le moment de naissance, en rapport avec la rotation de la Terre . C’est ce qui est généralement connu sous le nom d’Ascendant, lequel n’est pas une planète, c’est même le seul facteur non planétaire de tout le « thème  ».,  il  correspond à l’horizon  de  naissance. Il s’agit ensuite d’étudier comment le cours des astres va affecter, au fil du temps, ce point, ce qui fait appel à  certaines  données  de  l’astronomie  mais  certainement pas  à toutes.. En vérité,  tout est question de dosage et d’équilibre et force est de reconnaître  que l’horoscopie, la science de l’Ascendant – c’est  à  dire  l’horoscopie- dont nous verrons qu’il est «  stellaire    » – - par opposition à «                planétaire  »  en se laissant envahir par l’astronomie se sera dénaturée,  notamment dans le cas de ce que l’on appelle généralement «   astrologie mondiale  » laquelle estime qu’elle a besoin d’aucune donnée de naissance. Le drame de l’astrologie, c’est d’avoir préféré le mouvement des planètes à la statique des  étoiles  dites  fixes en raison même du diktat de l’astronomie, rejetant le firmament dans une sorte de no man’s land  au nom  de la précession des  équinoxes, en ne pariant plus que pour le seul système solaire désormais privé  de ses repères étoilés.Or, l’étoile fixe est un gage de pérennité : comment parler du passage d’une planéte sur le théme natal, si celui-ci ne comporte pas une forme de permanence que seule permet l’étoile, laquelle reste visible, d’où l’importance que nous accordons au terme « horoscope ». Nous dirons que l’étoile en astrologie est la mémoire, le souvenir de la planère, dont elle pérennise le passage furtif. Car ce n’est pas la position du soleil qui compte mais l’étoile à laquelle cette position est associée que le soleil se contente de pointer, de désigner. On peut parler de l’ »étoile solaire » du leader. Dans notre cas, cela est fort somple puisque nous sommes nés ai moment où le soleil était conjoint exactement  à l’une des 4 étoiles fixes royales – à savoir Antarés- un quatuor   constituant le tétramorphe, célébré dans le Livre d’Ezéchiel….Jupiter  se configurera tous les 3 ans – en conjonction, carré (90°) ou opposition,  à tour  de rôle-  son cycle étant de 12 ans – à la dite étoile, dans le cadre des « quadruplicités », à savoir la division du Zodiaque en 4 « saisons » (selon les axes des équinoxes et des solstices), divisées en trois secteurs ; ce qui donne 4 signes cardinaux, 4 signes fixes et 4 signes mutables.

Certes,  le référentiel  saisonnier  est-il une invention des  astronomes et un  emprunt  aux  « livres  d’heures » (cf.  notre  étude «   Histoire des Livres d’Heures. La fortune   du Kalendrier et Compost  des Bergers en Angleterre et en Italie autour de 1500.   » in Revue Française Histoire du Livre, 2015 (n° 136) Il n’empêche  qu’il ressort qu’il est plus facile de situer les planètes d’après le mode tropique que d’après le mode sidéral pour la bonne raison que l’on découpe en 12 parties égales son champ alors qu’en principe, le mode sidéral devrait tenir compte de la diversité de taille des constellations ! Mais parler avec Pascal Bouriche de la « réalité » des constellations comme si elles étaient comparables aux planètes ou aux étoiles est inacceptable, ce qui aura nourri l’argument anti-astrologique spécieux  de la précession des équinoxes lequel suppose une astrologie dont la pratique interprétative dépendrait du symbolisme des dites constellations. Que le public  profane se soit emparé de cette symbolique dont les fondements saisonniers sont par ailleurs avérés  et y trouve du grain  à moudre ne saurait être retenu contre une Astrologie qui le plus souvent n’en a cure, recourant de préférence aux corrélations avec les planètes et avec les Quatre Éléments et mieux encore aux aspects, c’est à dire aux angles se formant entre corps célestes et non entre signes ou constellations. Même lorsque l’astrologue se réfère au Zodiaque, ce n’est pour lui, tout comme pour l’astronome, qu’une simple commodité  conventionnelle sans enjeu épistémologique. Même dans les horoscopes des journaux, ce qui primera – pour les prévisions, ce seront les aspects des planètes formés à un instant T avec le degré du soleil natal (-d’où l’importance accordée au décan, ou tiers de signe) pouvant varier selon  le mode de référence, de localisation choisi  et non la symbolique invariable du « signe ».

 

Le  binôme  planètes-étoiles  constitue le tableau de bord de l’Astrologie -et ce vocabulaire est utilisé sciemment, car nous entendons substituer une approche technologique à une approche le plus souvent symboliste bien trop vague- et il  été totalement déconstruit au cours des siècles) et  a laissé la place au binôme planète-cycle des saisons (équinoxes-solstices) sans parler du binôme incestueux  planète/planète. Certes, le rapprochement planète étoile  semble au regard de la doxa  astronomique irrecevable mais cet argument relève de la première création et non de ses aménagements et prolongements propres aux deux autres Créations, subséquentes. En ce sens, le point de vue de l’astronome serait anachronique!

 

Cette  seconde  partie  du second  tome sera consacrée à la  domination abusive de l’astronomie sur l’horoscopie. Cela pourra,  certes, sembler superflu, fastidieux  mais une telle étude se révélera fort instructive   et interactive  dans la mesure où  un tel phénomène vaut dans toutes sortes de domaines que nous abordons  par ailleurs.

 

. Puis, dans une seconde partie, nous  aborderons le thème du recrutement des élites, des chefs en mettant en évidence  les failles d’une société  refusant le recours à l’astrologie, quelle qu’en soit la forme, rejetant le bébé avec l’eau du bain, confondant  astrologie et  horoscopie.  Pour nous, en vérité, l’astrologie renvoie à ce que nous avons appelé, dans le précédent volume, à savoir  la création adamique, (troisième   création) celle qui  va au rebours  de l’évolution darwinienne.

 

Genèse  chapitre I

à         1 Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.

 

La présence de l’astrologie comporte de nos  jours deux facettes  : nous montrerons ci-après que la facette la plus sophistiquée, la plus imprégnée d’une astronomie  toujours en progrès, n’est pas nécessairement la plus viable. C’est ainsi que tout astrologue qui se respecte se croira obligé de se démarquer des «   horoscopes    » de presse auxquels il est reproché de ne pas prendre la juste mesure de la réalité astronomique. On voit donc se constituer une sorte de triangle  : horoscopie, astrologie et astronomie, sans compter la mythologie.

 

Ironie du sort, c’est du  fait  même d’un alignement de l’ astrologie « scientifique », « savante » , sur l’astronomie  que viendra se mettre en place  une pratique  divinatoire bien plus que les  généralités de l’astrologie  populaire ! On dira que l’astronomie aura interféré avec le cours normal de l’astrologie tout comme c’est le  cas  pour l’emprise du français aura perturbé dramatiquement le cours normal de l’anglais.

 La carte du ciel dressée par l’astronomie sera instrumentalisée par les astromanciens  pour produire la grille  permettant  de  forger  artificiellement des individualités  alors que l’heure de naissance ne vaut, selon nous, que pour un petit nombre, une élite, ne serait-ce que parce que tout le monde – loin de là – autrefois ne disposait  d’une telle information.

 

Si  le chef,  est un acteur privilégié, matriciel, de l’Histoire, il n’est pas doté de la connaissance de sa carrière, ce qui est réservé au prophète,  au «  nabi  »,  lequel aura accès aux clefs de la Subconscience et du plan réservé à une humanité adamique. Cela dit,  avec le temps,  l’on passe de la déduction à l’induction  : l’enfant ne peut qu’extrapoler à partir de ce qu’on lui a enseigné alors que l’homme d’un certain âge peut passer au stade de l’induction, en capitalisant des années d’expérience et d’observation, notamment en ce qui concerne la perception des processus cycliques mais aussi des phénomènes se prêtant à une forme de probabilité statistique, chez certaines catégories de populations, comme les femmes. Selon nous, le processus divinatoire est lié à la lutte des classes  car le dominé sera bien plus enclin à se projeter dans le futur que le dominant, en espérant que le dit futur permettra de tourner la page. Quant au dominant, il consentira à l’idée  de lâcher périodiquement du lest mais toujours à titre provisoire, ce qui est la base même de la cyclicité.

Il sera question dans le présent tome de questions méthodologiques de pointe  dans le domaine  de la bibliographie et de la  biographie, et en ce sens,  il  est probablement le plus riche au regard de la recherche scientifique. (cf.   Pierre Bourdieu  «   L’illusion biographique.  » Actes  de la  recherche en  sciences sociales 1986 ;    F. Giraud,  A. Raynaud  ;  E. Saunier,  «   Principes, enjeux et usages de la méthodologie biographique  en  sociologie », revue Interrogations, 2014)

 

  La science biographique –désormais située  au carrefour  de l’astrologie et de la numérologie-  devrait rapidement  prendre un essor remarquable dès lors qu’elle constitue une donnée cruciale  pour appréhender les carrières de ceux qui ont vocation à gouverner.  En fait, la numérologie nous apparaît comme une mauvaise interprétation d’une tradition accordant une importance cruciale au moment de la naissance. Or, la numérologie tout comme d’ailleurs l’horoscopie en donnent une fausse lecture et en ce sens sont des «  pseudosciences   »   Mais  nous  verrons  que l’horoscopie a   ses  lettres  de noblesse  et que c’est l’astromancie   qui nous apparaît comme une déviance./  L’horoscope   est  un »élément fixe , constant,  invariable,   face  au mouvement  des planètes. Dès lors qu’il  y a événement, il importe d’en trouver la cause en identifiant  le chef, comme du fruit, l’on remonte vers l’arbre. Mais même si l’on n’y parvient pas,  cela ne signifie pas qu’il faille parler de quelque mouvement spontané, collectif  puisque le collectif n’existe que par le chef, que ce chef soit en phase androgynale ou d’alliance, ce qui façonnera diversement  le sort du dit mouvement, selon qu’il s’affirme par lui-même ou soit en quête d’union avec d’autres forces.

L’astrologie  nous apparaît une tâche prioritaire pour ce XXIe siècle, tant au regard de la Science que de la Religion. Être astrologue ne saurait se réduire à une quelconque pratique – au sens du praticien plutôt que du pratiquant – ou à  un certain commerce. Il s’agit d’un engagement dans une certaine direction, à savoir  l’exploration de ce que nous avons appelé la  Création  «  extra-terrestre  »  et donc de l’œuvre d’un «   Créateur  », non pas ici au sens d’un dieu primordial à l’échelle de l’univers  ni de notre humanité actuelle- ce qui correspond à une l’anthropocène- mais celle d’un dieu concerné par notre humanité et notre monde, le Deus Faber.

  L’ère de la  Création «  humaniste »   est à l’échelle de notre humanité, c’est-à-dire en phase avec son niveau technologique, à la différence des deux précédentes ères – ce qui nous rapproche quelque peu des conceptions d’un Teilhard de Chardin. On ne sera donc pas surpris que ce troisième temps rejette l’ordre  «      trop   humain      »  tel qu’ instauré lors de l’ère de la Deuxième Création, qu’il s’agisse de l’astrologie ou des Juifs dont on nous dit volontiers que cela appartient au passé..

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 Grâce à  l’astrologie une fois rénovée, ressourcée, nos sociétés pourront à l’avenir disposer d’un outil de recrutement et de planification  permettant de gérer leur avenir en connaissance de cause plutôt que de  tenter de le prévoir, sachant qu’il importe de maintenir une certaine proportion de «   maîtres du temps  » à chaque génération, – véritables horloges biologiques dont notre humanité aura été dotée – afin de pallier les risques de sclérose, de cristallisation, d’anémie.

On pense à Genèse   XVIII, au  dialogue entre Yahvé et Abraham   à propos du sort de  Sodome  à condition de comprendre par  «  Juste  » (Tsadiq),  un «   maître du temps  »    :

 

 

   

 

26  Yahvé  répondit: « Si je trouve à Sodome au sein de la ville, cinquante justes,  je pardonnerai à toute la contrée à cause d’eux »

 

27 Abraham reprit en disant: « De grâce! j’ai entrepris de parler à mon souverain, moi poussière et cendre!

 

 

         

29 Il insista encore, en lui disant: « Peut-être s’y en trouvera-t-il quarante? » Il répondit: « Je m’abstiendrai à cause de ces quarante. »

 

30 Il dit: « De grâce, que mon Souverain ne s’irrite point de mes paroles! Peut-être s’en trouvera-t-il trente? » Il répondit: « Je m’abstiendrai, si j’en trouve trente »

 

31 Il reprit: « De grâce, puisque j’ai osé parler à mon Souverain, peut-être s’en trouvera-t-il vingt? » Il répondit: « Je renoncerai à détruire, en faveur de ces vingt. » Il dit:

 

32 « De grâce, que mon Souverain ne s’irrite pas, je ne parlerai plus que cette fois. Peut-être s’en trouvera-t-il dix? » Il répondit: « Je renoncerai à détruire, en faveur de ces dix. »

 

 

 

 

 Les maîtres du temps sont les anticorps, les globules qui garantissent  par l’effervescence qu’ils provoquent,  la bonne santé du corps social. Ces maîtres font régner la loi du Deus Faber non pas en diffusant quelque savoir mais en  agissant subconsciemment  en accord avec le plan divin. Or, du fait de leur influence sur les hommes ordinaires,  eux qui sont marqués par  les décrets cosmiques, ils parviennent ainsi  à sauver l’humanité de la corruption pourvu  qu’ils ne soient pas anéantis. Il importe de comprendre qu’un tel modèle exige l’instauration d’une centralité pour des raisons purement techniques, tout comme le système solaire dispose d’un centre autour duquel  gravitent des planètes, la Terre elle-même ayant son propre satellite, la Lune (de Levana, la blanche), ce qui justifiait un certain géocentrisme. Selon nous, les meilleurs «   canaux  » -channels- pour capter et relayer les informations d’ordre céleste seraient les Juifs et nous avons souligné leur part insigne depuis de nombreux siècles en terme d’animation de notre Humanité. Rappelons que pour Hegel,   l’Histoire ne pouvait s’incarner que par le biais de certains personnages comme Napoléon Bonaparte, son contemporain. De mémé nous dirons que les diverses  sociétés n’existent que grâce à la présence de quelques  personnes selon qu’elles se trouveront à tel endroit  et à tel moment ou non mais il est vrai également qu’une fois le processus enclenché le lien social pourra perdurer un certain temps, sur sa lancée, par -delà toute intervention du moteur initial. De la même façon que l’on a pu ignorer le rôle de l’homme dans la procréation,  il semble que l’on n’ait toujours pas reconnu pleinement le rôle du chef dans la création.

Ceux qui contestent l’élection du peuple juif au prétexte qu’il ne faudrait pas de centre ou qui voudraient  prendre sa place ne respectent pas le plan divin au  sens  du moins  de la théologie adamique et mettent en avant  quelque désobéissance rejettent l’idée de pardon. Ils ne comprennent pas la nécessité d’élever une antenne unique pour focaliser les énergies cosmiques.

 Or, on a vu que Yahvé pardonne (cf  le Livre  d’Osée) même aux descendants du Royaume d’Israël et que Jésus est venu pour en rassembler les brebis (cf. notre tome Ier) On reproche aux Juifs de n’avoir pas reconnu «  leur  » Messie- spécialement venu pour eux – alors que Jésus s’était missionné non pour les Judéens mais pour les « Israélites  », comme cela est indiqué dans les Actes des Apôtres ou dans l’Épître aux Romains.

Rappelons à toutes fins utiles  la messianité de Cyrus du fait de son édit au regard des Judéens lesquels n’avaient plus –quant à eux- besoin d’être rassemblés. Mais le Deutéro Isaîe brouille les cartes puisqu’il récupère Cyrus au profit des Israélites alors que le Livre d’Ezra confirme que son édit visait les Judéens lesquels  se trouvent en butte aux manœuvres des partisans du Royaume du Nord, dont les Chrétiens épouseront les querelles     : comment dès lors nier sérieusement que la Bible  ait  été  remaniée dans ce sens ou du fait de l’ignorance de rédacteurs tardifs confondant  Israel et Juda    ? Ce qui est étonnant, il est vrai, c’est que les Juifs ne semblent même pas s’en être aperçus  et continuent à  prétendre béatement que le «  Premier Testament est d’un seul tenant   »   !  Tout indique que Jésus fut marqué par la Lecture  d’Isaïe  45 et que pour lui le Messie ultime, le nouveau Cyrus, serait celui  qui rassemblerait les “brebis perdues d’Israel”.

 

 

1 Ainsi parle l’Éternel à son Messie, à Cyrus je l’ai pris par la main pour mettre les nations à ses pieds et délier les ceintures des rois, pour ouvrir devant lui les battants et empêcher que les portes lui soient fermées :

 

 

 

3 Je te donnerai des trésors enfouis dans les ténèbres, des richesses cachées dans des lieux secrets, pour que tu saches que je suis Yahvé   qui se présente sous  ton nom (beShimkha) comme  le Dieu d’Israël,. (Elohèy Israel »

 

4 C’est en faveur de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu, que je t’ai appelé par ton nom, que je t’ai décerné un titre, bien que tu ne me connusses pas

 

Or qui ne voit que ce texte interpolé vise le Royaume d’Israël  et de Jacob.

 On est ainsi au croisement  de deux impératifs  : celui d’honorer son auteur que l’on peut qualifier de «   dieu »  et celui de réformer un outil,  une œuvre relevant de la Technique – dont il s’agit de montrer ce qui la distingue de la Science  dure, laquelle  aura été au fil des millénaires fortement corrompue. Autrement dit, il y a une obligation de moyens avant  celle des fins, tout comme la Science, en son Histoire a d’abord affirmé ses méthodes, son sacerdoce, avant ses résultats. C’est ainsi que par-delà les errements  des diverses approches de l’astrologie, dont témoigne  sa littérature, il convient de saluer en tout état de cause la reconnaissance par ses «   fidèles  » d’un phénomène  face à ceux qui en nient jusqu’à l’existence en soi. Autrement dit,  l’astrologie est indissociable d’une certaine dimension religieuse et la question de notre capacité à  en appréhender  parfaitement et exactement tous  les processus, devient d’une certaine façon assez secondaire. Encore faut-il reconnaître  que nous sommes ici en présence de  savoirs dont le mode d’emploi fait problème. Les éditions des Centuries  ne comportent  ainsi  pas de modus operandi, de mode d’emploi et c’est en observant leur dispositif que l’on peut inférer ce à quoi  et pour quoi  il était censé servir car les  pratiques qui  nous sont connues ne semblent guère correspondre à ce qui a pu motiver leur production. Pour ce  qui est  de  l’astrologie,  si des usages «    surconscients  »  se sont imposés,  nous ont étéי transmis,  on peut douter qu’ils correspondent à l’intention première des concepteurs. Là encore, c’est en analysant les  documents qu’il est possible d’en déterminer  la fonction.

Cela dit, on ne saurait faire l’impasse sur ce qui nous est donné  à voir et à observer quand bien même ne disposerions-nous pas de toutes les explications pour en rendre compte. Nous avons dénoncé ce stratagème consistant à nier les faits au prétexte qu’ils ne seraient pas validés par la Science, comme dans le cas du sexe ou de la race. La zététique- tout compte fait- serait une instrumentalisation scientiste aux fins d’évacuer des faits gênants – on est dans le déni – en créant une tension entre ce qui se voit et ce qui se dit.  Ce qui ne s’explique pas ici et maintenant  ne serait pas important, ce qui est une manière  astucieuse de procrastiner et de pratiquer la politique de l’autruche. Cela nous fait penser au syndrome de l’aveugle qui ne  connaît du monde que ce qu’on lui en dit et qui ne sera pas disposé  à  faire primer l’observation sur le discours en vigueur, inversant ainsi la dיmarche cognitive. C’est le triomphe du verbe comme  générateur de réel, ce qui se réduit  bien souvent à l’insulte, l’invective,  l’excommunication,  la malédiction, à grand renfort d’adjectifs et d’adverbes! Le déni n’est pas innocent  et il est bon de s’interroger sur ses vraies motivations. Quand on veut tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage.  Bien souvent, le sceptique se gardera bien de s’intéresser aux aspects les plus positifs de sa cible et se complaira à en donner une image caricaturale et figיe tant et si bien que l’on peut le soupçonner de vouloir surtout s’en prendre au peuple condamné pour véhiculer toutes sortes de superstitions ! Sous prétexte de scientificité,  le zététicien  nous dressera le portrait  accablant d’ une astrologie  sous la forme d’un catéchisme et forte d’une assise médiatique qui en fera un fait de société. Autrement dit,  il basculera dans une approche ethno-méthodologique (cf. «  le Retour des astrologues, diagnostic sociologique   »,  sous la direction d’Edgar Morin, Paris, Le   Nouvel Observateur,  1971, rייditי  sous le titre  La croyance  astrologique moderne,   L’Age d’homme, 1982).

En fait,  l’ anti-astrologue de  service(se disant ex-astrologue comme Serge Bret-Morel) apparaît souvent comme plus royaliste que  le roi. Entendons par là qu’il  plaque sur la pensée astrologique les raisons qui l’avaient amené vers l’astrologie et les raisons de sa déception, passant ainsi d’un extrême à l’autre, brûlant ce qu’il a adoré. En fait,  c’est  de son rapport mythique à l’astrologie qu’ il  nous fait le procès  !. C’est ainsi qu’il  chipote sur la question de la précision des données astronomiques comme si cela importait tant que cela  ! Au fond, ne serait-ce pas ce rapport intime supposé entre Astrologie et Astronomie qui aurait été le fondement de sa croyance en l’astrologie ou l’idée selon laquelle plus de précision  en astronomie garantirait  automatiquement plus de précision en astrologie    ?   C ’est  d’ailleurs  cet  argument  de la précision  astronomique comme supposée  garante de la qualité  de la prévision  astrologique   qui l’aura  emporté. Autrement dit,   quid d’un anti-astrologue  désappointé , déçu au regard de l’idée que le débutant, l’amateur en astrologie  qu’il était se faisait de l’Astrologie et qui ne sera point parvenu à reformuler ses motivations premières  ? Mais l’on trouve aussi un autre type d’anti-astrologue  avec Patrice Bouriche, lequel dénonce une « fausse astrologie » à partir de la question de la précession des équinoxes, reprochant aux astrologues dont il entend se démarquer,  de ne pas respecter la « réalité » (sic) des constellations, oubliant qu’il ne s’agit là que de rassemblements arbitraires à la différence des planètes et des étoiles  au prétexte que le public profane se serait emparé de la symbolique zodiacale. C’est en fait au dit public que Bouriche (http://www.patrice-bouriche.com/l-histoire-secrete-de-l-astrologie-la-trilogie) devrait s’en prendre et  nul n’est responsable des emprunts et des récupérations dont il  serait victime !

 

La Cité  astrologique

.Nous dirons qu’une pseudo-science est une « science » qui est plus marquée par la conjoncture que par la structure, plus par la pratique que par la réflexion théorique.

Nombreux sont ceux qui croient qu’une science serait validée par la pratique laquelle déterminerait ce qui serait ou non « probant ». Or, l’Histoire des Sciences ne va pas dans ce sens.

Les  critiques de l’astrologie- de quelque bord qu’il soit, ce qui englobe réformateurs comme adversaires – ont le devoir de déterminer ce qui « cloche » dans le « savoir » astrologique.  Quand quelque chose ne « va » pas, que faire ? Et d’abord, à quel niveau,  cela « coince » ? Pourquoi cela n’est pas jugé  « satisfaisant » ?Que faire pour y remédier ? Deux cas de figure se présentent dans le domaine technique :  soit on va réparer l’appareil, soit l’on va en acheter un plus performant qui rendra le précédent obsolète.

Comment cela se passe-t-il dans le champ astrologique?Est-ce que la recherche progresse ? On vous répondra peut être que du moment que « ça marche », on ne voit pas pourquoi il faudrait changer quoi que ce soit. Ne dit-on pas que les mauvais ouvriers se plaignent de leurs mauvais outils?Un « bon » astrologue serait donc celui qui ne se plaindrait point de son « outil », qui saurait en tirer le meilleur parti. A l’inverse, celui qui serait critique de cet outil montrerait par là même qu’il ne sait pas s’en servir « comme il faut », qu’il n’ a pas été correctement fotmé..

Ot, sachant à quel point la pratique est difficile à jauger et à juger, ne serait -il pas préférable de s’assurer de la cohérence du modèle à la fois au niveau interne et au niveau externe ? Au niveau interne, en répérant les éventuelles incongruités et au niveau externe en optimisant les passerelles entre le dit modèle et d’autres corpus ? Selon nous, une telle double tâche est vouée à se poursuivre sur la longue durée, ce qui revêt une vertu préventive, constitue une assurance sur l’avenir. Il faut ne pas cesser d’améliorer le produit ne serait-ce que par rapport à la concurrence. Bien entendu, les échecs  sont aussi une incitation à réviser le système, à tirer des leçons .

Quant aux attaques actuelles   contre l’astrologie, elles se limitent à « tester » les dispositifs   traditionnels. Pourtant l’exemple de Gauquelin est édifiant : il aura abouti à faire apparaître une certaine forme d’astrologie, comme quoi il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. En revanche, son jugement sur ce qu’il n’a pas validé est des plus téméraires  aussi bien sur ce qui lui était connu que su ce qui ne l’était pas, ne serait ce que parce que la recherche astrologique peut avoir progressé  entre temps. Comment Gauquelin pouvait- il « prévoir » ce qu’il en serait de nouvelles formulations ? Une telle désinvolture masque mal un certain mépris bien peu « scientifique » et donc n’épargne pas les méprises.

En fait, l’astrologie  aura pâti  de la médiocrité de ses détracteurs incapables de signaler ses failles, ses insuffisances.D’aucuns, certes, comme Serge Bret Morel sont d’avis que ce n’est pas aux détracteurs d’aider l’astrologie à se bonifier. Mais,une critique qui ne serait pas constructive, in  fine, révéle son caractère superficiel.Il y a là quelque paradoxe : un bon adversaire vous aide à  avancer. Et plus ses  remarques seront pointues, plus le « malade » pourra espérer guérir. Inversement, ceux parmi les astrologues qui flattent  le ‘maitre à penser » risquent fort de l’enfermer dans ses erreurs ou en tout cas l’empêchent d’améliorer l’outil qu’il a mis  à disposition de ses  partisans.

Prenons le cas d’André Barbault. Il publie en 1967 les astres et l’HIstoire -Pauvert. Est-ce que pendant les cinquante années qui ont suivi, le dispositif aura été sensiblement  reconsidéré  par leur auteur ou par sa  « cour » ?  Et pourtant, la prévision quant aux années  1982-83  se sera révélée bien décevante. Cela ne justifiait-il pas un certain remaniement, en se demandant où était le défaut. Est ce que cela suffisait que les uns disent que cela tenait, quand même, la route et que d’autres clamaient que cela ne « marchait » pas ; Les deux attitudes nous semblent, l’une comme l’autre, assez stériles ! N’eût-il pas été souhaitable que l’on regardât les choses d’un peu plus près, sous différents angles ? Ne pouvait-on  faire varier certains paramètres comme le choix des planètes, les critères faisant monter ou descendre  le graphe  de l’indice ou encore le temps d’incubation nécessaire pour qu’une configuration parvienne à maturité ? Barbault, lui même, aurait pu faire avancer le schmilblick. Il est vrai que ce n’était pas lui, Barbault qui avait conçu l’indice en question et que celui (Gouchon) qui est à l’origine d’un système est le mieux à même de corriger le tir si tant est qu’il soit encore en vie.

Mais est ce que les praticiens seraient d’accord pour repartir sur de nouvelles bases sans que cela ne vint mettre en péril l’infaillibilité du maître ?. D’autant que plus un modèle est bancal, plus le praticien aura du mérite à le faire fonctionner.

Une « pseudo-science »  serait donc une science mal traitée (maltraitée) tant par l’incurie de  ses partisans que par l’indigence de  ses sceptiques, à la fois incapables de la sauver ou de lui porter un coup fatal. Ce qui en fait une sorte de zombie.

Le rapport entre  astrologie et astronomie  est certainement une des causes du dysfonctionnement de l’astrologie.  On peut parler d’une pathologie d’une épistémé.

Nous verrons que le lien entre astrologie et astronomie n’est  pas nécessairement impératif ou en tout cas qu’il ne saurait être exclusif et encore moins exhaustif.  Quand on s’efforce de comprendre un dispositif,  il est éminemment souhaitable  de se mettre dans la peau et le contexte de son premier concepteur, en faisant preuve d’un minimum de «                bon sens   »  tachant d’éviter le piège de l’anachronisme et de l’antidatation consistant à  placer à l’origine ce qui nous est parvenu in fine.

 Car s’il importe de recenser  les facteurs célestes, il est tout aussi important de faire l’inventaire des données humaines, ce qui pose la relation émetteur-récepteur.  Quid d’un émetteur qui ne serait pas capté/captable par un récepteur   ?  Face à une configuration astrale, en un instant T,  une société doit être en mesure de choisir les personnes les mieux placées pour en tirer le meilleur, ce qui exige de procéder à une sélection élitique. Un émetteur  ne  se connecte qu’avec le récepteur  adéquat et  cela en dehors de toute considération de  distance tout comme une épidémie  ne contaminera que les êtres les plus  vulnérables.

Il est vrai que certains astrologues- le plus souvent autodidactes et fantasmant sur l’idée de science – sont victimes d’un mimétisme de mauvais aloi     et d’un manque criant de connaissance extérieure à leur domaine, ce qui hypothèque toute dיmarche interdisciplinaire authentique.  Ce sont eux qui donnent  des verges pour se faire fouetter.  En fait,  on nous explique que si les bases astronomiques ne sont pas assurées, c’est tout l’édifice astrologique qui s’écroule  mais tout cela  n’existe  que dans la tête de l’anti-ex-astrologue venu à l’astrologie par le biais de l’astronomie et qui pratique  une politique du tout ou rien  !

La bonne  question à poser à propos de l’astrologie ne serait-elle pas celle de sa finalité, de sa raison d ’être, qu’elle soit l’œuvre  de quelque type de dieu,  de la Nature ou de la Culture ? Se servir de la méthode dite du rasoir d’Occam nous semble ici approprié  : c’est ainsi que l’on voit mal l’intérêt pour l’astrologie au sein de la Cité  de quelque division en 12 que ce soit   ? La seule discipline qui puisse trouver quelque intérêt  en un tel balisage est l’astronomie, en ce qu’elle a besoin de repérer les planètes  dans l’espace, en les situant par rapport à des constellations placées sur l’יécliptique, ce qui donne naissance au Zodiaque, ainsi nommée en raison d’un certain métalangage emprunté au cycle des saisons tel que représenté dans les Livres d’Heures.. A contrario, l’astrologie n’a que faire d’un tel procédé ! C’est ce qu’avait compris Kepler, astronome-astrologue (cf.  Gérard Simon, dans sa thèse d’État, Structures de pensé et objets de savoir chez  Kepler, Université Paris IV,  1976, parue en 1979 chez Gallimard) Par ailleurs, quel intérêt aurait le projet astrologique à  s’intéresser au microcosme  individuel – par le biais de la carte du ciel dressée au moment de la naissance – alors que son objet est l’organisation de la société  avec ce que cela exige de catégoriel  ?  Certes, le moment de la naissance est-il important – comme le montre la circoncision pratiquée 8 jours plus tard-  mais de là à observer l’ensemble du système solaire – la «     carte du ciel  »  à  ce moment-là

ll y a là une dérive, un excès de zèle! On retrouve un tel comportement abusif chez tous ceux qui vont au-delà de l’usage envisagé Cette dérive pourrait être due  à  l’astromancie, le devin examinant le ciel comme il le ferait pour tout autre support, comme dans le cas de l’hematoscopie  ou de l’haruspicine, soit l’examen des entrailles d’animaux sacrifiés Paradoxalement, l’astromancie qui prend le ciel en vrac  est plus proche de l’astronomie que la véritable astrologie- c’est   à dire  l’horoscopie- laquelle s’en tient à une grande économie de moyens. Gérard Simon, « Structures de pensée et objets du savoir chez Kepler », thèse soutenue à l’université Paris-IV en 1976, disponible au service de reproduction des thèses de l’université Lille-III (Villeneuve d’Ascq, 1979).  Gérard Simon, « Structures de pensée et objets du savoir chez Kepler », thèse soutenue à l’université Paris-IV en 1976, disponible au service de reproduction des thèses de l’université Lille-III (Villeneuve d’Ascq, 1979).  Gérard Simon, « Structures de pensée et objets du savoir chez Kepler », thèse soutenue à l’université Paris-IV en 1976, disponible au service de reproduction des thèses de l’université Lille-III (Villeneuve d’Ascq, 1979). L’astrologie condamnée  par la Bible est une fausse astrologie et d’ailleurs Ptolémée dans l’introduction de sa Tétrabible mettait déjà  au IIe siècle de notre ère son lecteur  en  garde :

 

«   Certains, pour gagner de l’argent, vendent d’autres prיdictions sous le nom et l’autorité de cet art, et en font accroire au peuple, prédisant beaucoup de choses qui ne sont point signifiées par les causes naturelles. La vanité  de ceux-ci, étant reconnue, fait que les plus avisés ont suspecté et condamnent les autres prיdictions qui se tirent des causes physiques. Cela ne peut toute­fois être sans injustice, de même que si on rejetait la philosophie parce que quelques-uns, feignant de s’y appliquer, se révéleraient imposteurs  et méchants »

Le  passage de l’horoscopie à l’astrologie nous fait penser à  celui du  judaisme au christianisme même si  -paradoxalement-nous pensons que les valeurs du premier protestent contre celles du second.

  Pour notre part, nous ne situerons pas au niveau individuel mais au niveau collectif. Une société peut agir sur les structures comme le Droit et la langue (on se situe alors dans le registre de l’autonomie) alors qu’il existe d’autres «  mondes  » sur laquelle elle n’a pas prise et que l’on pourrait être tenté de dיsigner globalement  sous le terme de «   Dieu   ». L’astrologie  fait partie de cette hétéronomie  mais aussi   de tout ce qui touche au spiritisme. Dans les deux cas, il s’agit d’entités qui semblent dיtenir un certain pouvoir de détermination de ce qui se joue  sur Terre.  L’Horoscopie  telle que nous la concevons s’articule sur une dualité cyclique. Nous dirons que cela  ne concerne qu’une certaine élite, à savoir les personnes sujettes précisément à la conscience, avec l’âge, de la pluralité des mêmes  phases au cours de leur existence, c’est-à-dire  vivant plusieurs vies en une seule vie. Les personnes, a contrario,  qui  sont sous la dépendance de «    maîtres »  n’auront-_elles pas tendance  à croire qu’elles dépendent des hommes et non des astres  ?En fait, nul n’échappe à l’Horoscopie, que ce soit de façon directe ou indirecte, par  ricochet.

Il importe de distinguer sous le vocable Astrologie,  l’objet étudié et  les méthodes mises en œuvre pour ce faire.  En effet, l’objet n’est autre que le mode d’organisation de nos sociétés, à la fois dans le temps et dans l’espace et en ce sens, à l’instar de monsieur Jourdain, dans le Bourgeois  Gentilhomme qui faisait de la prose sans le savoir,  qui d’entre nous, qu’il se sache ou non astrologue, n’a pas eu l’occasion de percevoir un certain nombre de structures récurrentes   ? On peut tous se mettre d’accord sur l’existence et la reconnaissance de certaines divisions sociales et d’une certaine périodisation.  Là, en revanche, où les avis diffèrent,  y compris parmi les astrologues, tient à la modélisation explicative et cela englobe alors toutes sortes de paramètres astronomiques ou non, étant entendu que les dits paramètres peuvent être fort divers selon ce qui sera réfère à telle ou telle donnée astronomique.

Cela dit, il importe d’introduire un troisième facteur dans cette dialectique chère à Marcel  Gauchet    : l’astrologie ne relève en effet ni de l’autonomie au sens juridique du terme – l’homme construisant son propre cadre- ni de l’hétéronomie au sens des lois «      naturelles » car on ne saurait mettre dans le même sac  Dieu et la Nature, sous le label «  hétéronomie    », Nous suivrons en cela l’approche gnostique – voire  kabbalistique -  laquelle distingue entre le Dieu infini ( Ein Soph, cf. le panthéisme d’un Spinoza)  et le démiurge, ce que nous appelons pour notre part le Deus Faber, ce qui recoupe l’opposition entre science et Technique. Encore faudrait-il  distinguer  entre  technique  transcendantale et technique immanente, cette dernière  correspondant  à l’anthropocène lorsque l’humain, au sens large de «   vivant     », d’animé –et nous y incluons le Deus Faber lui-meme- un dieu «   ingénieur   »-  devient capable de créer un «  nouveau monde   » en mesure de changer  l’écosystème terrestre, ce qui débouche sur une nouvelle théologie, non plus celle d’un dieu abstrait accessible par la raisonnement métaphysique et un peuple  qui ne se constituerait que par la conversion et la projection mais celle d’un dieu et un peuple s’inscrivant objectivement dans une Histoire à documenter. Mais cette nouvelle théologie ne saurait en aucune manière faire l’impasse sur l’Astrologie, quitte, bien entendu, à trancher entre les différentes écoles qui s’en revendiquent. .

 Une voie qui nous semble pertinente vise à repenser la dialectique de l’יmetteur et du récepteur. Notre approche de l’astrologie  (cf. . la pensée astrologique, in L’Étrange Histoire de l’Astrologie, Paris, Artefact, 1986) met l’accent sur le rôle du récepteur prévalant sur celui de l’יmetteur. La question ne serait donc pas de savoir si les astres agissent sur nous, de leur fait, par leur  vertu ou si c’est nous qui leur aurions  conféré à un certain stade de notre évolution,  quelque forme  de pouvoir.  Plus largement,  dans le cadre  de toute communication, par exemple lors d’une consultation,  c’est au récepteur qu’il incombera de donner sens au message, d’en reconnaître toute la portיe, d’en saisir,  d’en deviner la teneur.

L’astrologie nous apparaît comme la voie royale pour accéder au plan divin en ce qu’ elle relie le ciel et la terre et selon nous le Deus Faber est l’auteur d’un tel programme et c’est bien là que se situe la vraie Loi-celle qui traite du temps  et non de l’espace- et non dans les  « commandements » qui peuvent s’inscrire sur un support extérieur  (Tables de la Loi)/ En ce sens, ne pas prendre toute la mesure de l’astrologie  serait risquer de  commettre un grave contresens théologique ou  bien s’engager dans un déni de la  Création Extra-terrestre.  On retrouve ainsi  le conflit entre Saturne, le père et Jupiter (Jove), le fils.

 Étrangement, l’on assiste à un déni du réel au nom du virtuel, du Ciel des astrologues par le moyen de  celui des théologiens  ! Le virtuel, c’est la lumière de la Lune qui n’existe que par reflet de celle du Soleil. En fait, le virtuel précède le réel,   mais  également le prolonge.

En accord avec l’idée de Nouvelle Alliance, il ne s’agit plus d’apprendre  à l’extérieur mais de comprendre de l’intérieur. Il serait donc tout à fait aberrant pour les Juifs de ne pas s’intéresser à l’avenir de très près au phénomène astrologique dont d’aucuns auront voulu les détourner en procédant à des traductions –trahisons du texte biblique. L’astrologie ne serait-elle pas la véritable  «   Terre Promise   »  ?

L’astrologie est bel et bien la voie royale,  celle qui correspond au véritable culte du Deus Faber.  Nier l’existence de l’Astrologie revient à nier l’œuvre de ce Deus Faber, ni plus ni moins. La « Loi  » c’est avant tout une  prise de conscience

 

Chapitre  XXVIII                :

 

12 Il  (Jacob) eut un songe que voici: Une échelle (soulam) était dressée sur la terre, son sommet atteignait le ciel et des messagers divins montaient et descendaient le long de cette échelle

 

 

 Or, force est de constater que la tendance actuelle est de croire  à une sorte de dieu universel  saturnien tant au nom de la Science que de la Religion, et de mettre en doute la nécessité d’un dieu jupitèrien, -Jupiter est fils de Saturne, à son image – auteur de notre monde humain et terrestre. Une telle situation  confère ainsi une grande importance à cette croyance en l’astrologie puisque cela va à contre-courant d’autres «  cultes   ». On se retrouve ainsi dans la situation depuis longtemps décrite de la présence d’un dieu auteur d’une œuvre dont on nie jusqu ’à l’existence alors que triompherait un paganisme universaliste, s’enivrant, se gargarisant d’espaces et de temps infinis.

On aura compris que pour nous l’astrologie n’a pas vocation à un quelconque universalisme et notre lecture du premier chapitre de la Genèse entend se limiter à la création de «    notre  » monde, de notre ciel, de notre humanité, avec le centre  qui  l’anime et la dynamise- ni plus ni moins et il ne s’agit nullement de noyer le chef d’œœuvre d’un tel «  créateur   » dans des profondeurs sans fond . Disons-le, de notre point de vue,  la connaissance de l’Univers, au sens large, avec ses multitudes de galaxies – n’est pas notre tasse de thé  et relève d’un «   Dieu   » qui n’est pas celui qui nous intéresse et qui se situe bien plus en amont, si tant est, d’ailleurs, qu’il existe.

 

La tentation de la quadrature

Genèse II

 

18 L’ֹEternel-Dieu dit: « Il n’est pas bon que l’homme soit isolé; je lui ferai une aide digne de lui. »

 

 

Quelque part,  une pareille scène nous fait songer à une épreuve de tentation comme celle à laquelle sera exposé Jésus dans les Évangiles                :

 

Évangile Mathieu, IV


«   Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire.
Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi.                »
Alors, Jésus lui dit : «   Arrière, Satan  ! car il est écrit  : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. »
Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.                »

 

 L’amour divinise et la perte de l’alliance fait perdre cette dimension divine. Quoi qu’il en soit, la Création de ces êtres venus du Ciel –et que l’on peut ou non appeler dieux-  sous- tend bel et bien notre monde. On recoupe  là l’idée de démiurge. Lisons ce qu’en  dit  Wikipedia    : » Le mot vient du grec δημιουργός, démiourgos, formé de «  démos », signifiant « gens du commun  » (soit «  peuple   ») et de «  ergon  », «  travail ». Littéralement, le mot signifiait artisan ou fabricant. Au IVe siècle avant notre ére, Platon suppose dans son Timée, que la cause première de l’univers et son créateur sont un bon et sage « démiurge». Dans le douzième livre, dit « Livre lambda » Λ[de la Métaphysique, Aristote développe l’idée d’une cause motrice immobile, organisateur qui créa le monde à partir de la matière préexistante. 

 

La forme «   ergon   »  recoupe notre idée de Deus Faber. Mais ce démiurge ne correspond   guère à l’idée que beaucoup se fond d’un dieu  originel, «  incréé », il  est lui-même issu d’une création première et il ne devient dieu que par le culte qui lui est rendu par ceux qui en ont reçu les moyens. Comme dans le domaine du théologique, nous verrons s’affronter une astrologie du fini et une astrologie de l’infini. On notera que les attaques contre  la notion de dieu ou celle d’astrologie sont bien souvent étayées par un présupposé d’infini. On reproche  ainsi à l’astrologie de prétendre tout prévoir au lieu d’admettre qu’elle puisse simplement apporter un certain  nombre de balises, de repères.  Ce qui conduit quelqu’un chez le voyant tiendrait, selon nous, à une forme d’imprévoyance  chronique    : une personne qui a le sentiment qu’elle n’a pas prise sur le monde, qui n’est pas sûre de bien comprendre autrui, qui souffre de ce que  les choses ne se passent jamais comme « prévu   », ce qui est notamment le cas pour les autistes. L’étranger qui ne comprend pas bien ce qui se prépare ne peut que constater les effets en fin de parcours et c’est précisément ce qui affecte le comportement de l’astrophile à savoir qu’il n’aura pas vu les choses venir, il est resté à l’extérieur de la dynamique en cours et  c’est dans son rapport même à l’astrologie  qu’il révèle son impuissance à comprendre comment l’astrologie est devenue ce qu’elle est devenue , se contentant de déclarer que « ça marche » (quand même)

 Il  est vrai qu’il  y  a  souvent  un manque de tact  qui fait le vide autour de soi  (comme  Marion  dans  la pièce « Peau de vache » de   Barillet et Grédy, 1975.)  A contrario, les personnes qui contrôlent assez bien les conséquences de leurs actes, les effets de leurs propos, qui ne se sentent pas étrangères au monde qui les entoure à la différence des enfants  marqués  par un sentiment d’étrangeté,  d’incongruité, d’étonnement, de surprise, de comique, seront moins tentées d’aller consulter.

 

  Il serait bon de comprendre enfin que le projet astrologique en sa formulation, mouture  première n’a que faire d’une division en 12 de l’espace-temps social    et qu’il s’agit là d’une période où l’astronomie a cru pouvoir imposer sa loi à l’astrologie jusqu’au baptême de Pluton en 1930, à l’exemple d’un Claude Ptolémée d’Alexandrie (nי vers 100 – mort vers 168), dans sa Tétrabible, laquelle n’est qu’une compilation de textes plus anciens. Il est largement  temps, désormais,  de mettre fin à une telle alliance     qui aura notamment accouché d’un monstre, le  thème natal                 dont on connaît la fortune  ! L’importance accordée à l’heure de naissance ne saurait pour autant justifier la prise en compte de l’ensemble du ciel .Seule la position du soleil  natal   sera à retenir  ainsi que la  connexion  de Jupiter  sur le dit point solaire  en aspect de conjonction-opposition  ou  de quadrature montante ou descendante. . En effet, .l’idée selon laquelle il conviendrait de tenir compte de toute la carte du ciel des astronomes   relève selon nous d’un grave  contresens    ! Comme l’a montré Michel Gauquelin, seuls trois astres font sens pour l’astrologie  : Mars, Jupiter et Saturne  que, pour notre part, nous  appréhendons à la fois au niveau macrocosmique (les  théologies) que microcosmique (les leaders)

 Même le nom des planètes relève d’un emprunt à la mythologie  babylonienne sur laquelle se calqueront  peu ou prou la mythologie et l’astronomie  grecques mais est-il la preuve d’une forme d’astrolâtrie   ou bien une simple   commodité  d’usage  ? Et dès lors, l’astrologie quand  elle emprunte à l’astronomie est-elle ipso facto  polythéiste    et donc incompatible  avec un monothéisme   ? Mais l’on peut aussi penser, en l’occurrence, que les noms de certaines planètes font sens pour l’astrologie (cf infra) et que l’astronomie puisse véhiculer un savoir utile à cette dernière. Ajoutons que le mode de désignation des planètes a évolué au cours des âges et qu’on les désigna autrefois par leur apparence, selon leur couleur, ce qui expliquerait que la planète rouge ait été associée au dieu Mars, par exemple.

Ce qui caractérise le métalangage –et rejoint en cela le processus d’instrumentalisation – tient  à une certaine désinvolture par rapport à la source ainsi exploitée non pour elle-même mais en quelque sorte comme bouche-trou. Dès lors, toute tentative de validation  de quelque métalangage semble assez vaine, qu’il s’agisse par le biais de l’interprétation de valider les quatrains centuriques,  les 22 arcanes majeurs du Tarot,  les attributions des dieux de la mythologie au septénaire  planétaire, ou encore de justifier les  symboles zodiacaux autour d’ une division en 12 de l’écliptique –et la division en 12  relève elle aussi d’un métalangage. Ce qui est  conçu comme arbitraire à la source , en amont sera reçu par l’emprunteur, l’importateur, en aval – et cela vaut  tant pour les textes que pour les langues- comme fait objectif.

Au vrai,  dans bien des cas,  l’impression d’avoir réussi à valider une méthode  peut induire en erreur et mettre un terme à une approche critique de la dite méthode.  Croire que la pratique vient confirmer le bien-fondé d’une approche est  assez  illusoire. Selon nous, en effet, la remise en question doit se situer dans la recherche des incohérences du propos bien plus que dans une quelconque expérimentation sur le terrain.

Ainsi, dès lors que  l’on découvre une faille  sur le plan théorique, toutes les validations pratiques du monde  ne pèseront plus guère bien lourd                 et devront  passer par profits et pertes, sur le compte des coïncidences. Notre aptitude critique est bien plus évidente  face à des exposés dont nous pouvons monter les incohérences, les contradictions que face à des faits assénés. Nous observons qu’ une théorie n’évolue qu’en se remettant en question structurellement – notamment selon la méthode du rasoir d’Occam-  et non  en  testant par la pratique    , si ce n’est  au prisme d’une exigence ergonomique- et c’est d’ailleurs ainsi qu’il convient de comprendre le conseil de Boileau  : «   Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage!   » Cela dit,  l’on sait depuis longtemps que  l’on retrouve dans la réalité  le pendant de certaines structures géométriques  comme dans le cas de l’ellipse pour une des lois de Kepler, remplaçant le cercle. Nous resterons donc d’avis  de rechercher des correspondances et des analogies entre  ce que nous concevons et ce que nous observons, dès lors que nous passons de la théorie à la pratique et non l’inverse                .

 Par ailleurs, nous souscrirons au propos suivant de Claude Lévi-Strauss  : «  L’esprit ne peut comprendre le monde que parce qu’il est un produit et une partie de ce monde  », ( Le Regard éloigné (1983), ce qui correspond à une certaine idée de l’induction.

En tout état de cause,  l’on néglige trop souvent  la force de l’instrumentalisation    et cela n’est pas sans causer un dialogue de sourds. On verra  qu’il importe de conférer au récepteur un rôle central                : c’est ainsi que le phénomène Nostradamus est avant tout l’œuvre de ceux qui dיcidטrent de l’utiliser à diverses fins. Le problème tient au fait que nombreux semblent vouloir se persuader que le sens accordé à tel ou tel quatrain serait à mettre au bénéfice de Michel de Nostredame. De le même façon,  les astrologues qui soutiennent que les astres auraient intrinsèquement vocation  à signifier quoi que ce soit pour l’Humanité  doivent impérativement distinguer entre le point de vue de la Première et de la Seconde Créations. (cf. notre  Tome Ier), entre   celui de  la  Physique, de la Nature et celui de la Culture et de la Technique. Le Martien  dit que ‘ça marche  »,  c’est son critère d’appréciation, ce qui ne coïncide pas avec l’approche du Saturnien, dont le cycle est bien plus long que celui du Martien  : 29 ans et non à peine 2 années, soit  environ 14  (2×7) fois plus ample   ! Mais, à coup sûr, c’est l’épistémologie du Jupitérien qui est la plus difficile à appréhender, laquelle ne se réduit ni à la démarche saturnienne pas plus qu’à la démarche martienne

 Est-ce qu’un auteur  est responsable de ce que comprennent ses lecteurs de son œuvre  et est-ce que ceux qui se servent de tel ou tel outil sont-ils limités par le projet de son concepteur  ? Cela dit,  il ne sera nullement inutile de s’efforcer de restituer le plan originel (cf. sur la question linguistique,  notre tome II). Notons que l’on peut aussi s’instrumentaliser soi-même et interpréter ses propres textes autrement qu’on ne  l’avait envisagé initialement….

Citons  René Guénon sur  la «   duperie des «   prophéties  »   qui voit dans la profusion des prophéties, en son temps,   «    un des symptômes les plus  significatifs de la seconde phase de l’action antitraditionnelle (…) Certaines prophéties  bibliques (..) sont aussi l’objet d’interprétations  «tendancieuses  » (…) Il y a là comme une sorte  d’ »épidémie  » psychique éminemment  contagieuse  » (ch.  XXXVIII  du  Règne de la quantité et les signes des temps, 1945) On assiste en fait à une guerre des prophéties au service de camps et de partis opposés.

Dans l’esprit de beaucoup,  les mots prophètes, prophétie, prophétisme renvoient exclusivement à la Bible et l’Ancien Testament comporte en effet un recueil de prophéties. Mais force est de constater que notamment depuis le XVe siècle, s’est manifesté un «  néo-prophétisme  » Pour nous, le prophétisme  (cf.   notre ouvrage, Le texte prophétique en France, op. Cit, Papes et prophéties, op. Cit ,   et  Prophètes et prophéties, dir Andréי Vauchez, Paris, Seuil, 2012) est un système qui comporte un mécanisme d’horloge  censéי fixer  et  déboucher sur une échéance ultime. On est là face à  une telle linéarité  à l’opposéי de l’idée de cyclologie, laquelle ne connaît pas de fin voire de finalitéי. Nous dirons que les femmes vivent plus fortement la linéaritéי que les hommes en ce qu’elles se sentent embarquées dans un certains compte à rebours marquéי par  l’irréversibilitéי, ce qui n’est pas le cas des hommes dont la vie est faite de recommencements, de rebondissements jusqu’à la fin de leur vie, sans cette יépée de Damoclès  au- dessus de leur tête.

 Le prophétisme quand il débouche sur une «  fin des temps » -  ce qui peut aussi être le cas de l’écologie-  exerce des effets déstabilisateurs, en ce sens qu’il tend  à vouloir balayer, abolir les structures existantes jugées dès lors dépassées, révolues. En ce sens, notre approche, on l’aura compris, tend  à considérer le prophétisme comme une menace à la différence de l’astrologie avec lequel celle-ci ne saurait être assimilée, mémé si comme on sait elle aura pu ךetre instrumentalisée dans ce sens. Pour nous, il s’agit de dיconstruire ce qui aura יtי provoquéי par le prophétisme et de revenir à un statu quo ante.

En fait, tout tourne, dans le présent essai, autour de la question de l’avant et de l’après mais aussi  du livre comme idole- certes fabriquée par l’homme- mais détentrice d’un savoir  d’un seul tenant, alors que les questions d’époque  (anachronisme) et de lieu (anachorisme)  interpellent le chercheur.  Cela apparaîtra de façon emblématique dans notre approche du corpus Nostradamus, où l’on voit à quel point il est difficile d’יétablir un ordre chronologique, ce qui recoupe la question de la cause et de l’effet.

Il y a dans toute idée de prophétisme, la notion d’accomplissement, de ce qui est vouéי tôt ou tard à  s’accomplir (cf  notre post doctorat Le dominicain Jean Giffréי de Réchac et la naissance de la critique nostradamique, op. Cit)). C’est à la même époque, en gros, que naissent critique biblique et critique nostradamique, dans le courant du XVIIe siècle mais l’on pourrait en dire autant de la critique astrologique  avec Kepler, astronome convaincu de la nécessitéי d’une réforme de l’astrologie, au début du dit siècle. Mais force est de constater l’échec de Kepler pour «  sauver   » l’astrologie. Il  aura donc fallu encore attendre 400 ans pour que l’astrologie puisse enfin trouver ses marques, à savoir la fin du XXe siècle et le début du siècle suivant.

Plus l’on diabolise un domaine et moins l’on n’est disposé à admettre qu’il peut avoir une histoire et de manifestations complexes comme si la simplification était une condition nécessaire à l’expression d’une certaine hostilité. Inversement, une approche plus nuancée, moins caricaturale serait la marque d’une plus grande sérénité par rapport à un sujet donné.  Le sentiment anti-astrologique, de nos jours, reste très fort et d’aucuns s’imaginent que le seul fait de dire que telle personne s’intéresse à l’astrologie, sous quelque forme que cela soit, suffit à la discréditer, sans autre forme de procès. C’’est ainsi que Spinoza, au milieu du XVIIe siècle, semble vouloir stigmatiser la superstition mais est-ce que cela engloberait ou non l’Astrologie ? Si  jamais cela devait être  le cas, il s’agirait là d’un grave contre-sens théologique.

 Tout se passe comme s’il existait un consensus général -chez les gens ‘ »sérieux  », bien pensants  »  de tous bords- pour s’accorder sur le fait que l’astrologie serait infréquentable, ce qui se passerait de tout débat, une fois pour toutes. Affaire entendue, classée  une fois pour toutes                

Or, selon nous, le rejet, l’ignorance du dossier Astrologie hypothèque  à  la fois le champ théologique   le champ politique et le champ proprement scientifique.

Dans le développement qui suit, nous proposerons un autre regard sur l’Astrologie et d’ailleurs bien des astrologues seront les premiers à décréter que  notre  propos ne relève pas stricto sensu de l’Astrologie ou du moins de l’idée qu’ils s’en étaient faits quand ils se sont lancés dans cette étude, sur la base de quelques représentations en circulation.

On notera que les non juifs (ce qui inclue les chrétiens) sont souvent désignés comme «   adorateurs des astres «                ( Akoum, initiales  pour ovdéy kokhabim ou mazaloth), la formule étant d’ailleurs souvent traduite par «    idolâtres    », ce qui nous semble  constituer un étrange amalgame, vu que le Dieu de la Genèse est censé avoir créé les astres alors que ce sont les hommes qui modèlent, façonnent les idoles   ;(cf. Talmud  , traité Avoda zara, 54b   Les astres ne sont évidemment pas une création  humaine à la différence des idoles !  Il s’agit du fer de lance de  la création, du «    miracle » «    adamique  », Il nous a toujours semblé,  depuis un demi-siècle, lors de notre immersion en Israël au lendemain de la Guerre des Six Jours que le judaïsme devait prendre toute la mesure du phénomène  astrologique. En fait, le  talmud (en   son traité  Shabbat)  en  s’attaquant à l’astrologie  s’en prend  carrément à l’œuvre du  Créateur,  laissant entendre par  là que la pratique  des  mitzwoth  permettrait de s’en  libérer.

 

Méditons sur ce passage édifiant  du  Livre d’Isaïe/ La punition suprême est la perte, la  privation des lumières du cosmos                :

Chapître XIII

 

 

י      10Les יétoiles (Kokhavey)  du ciel (Shamayim) et ses constellations ne feront plus briller leur lumière, le soleil sera obscurci dès son lever, la lune ne jettera plus de clartéי.

 

 

Deutéronome  IV, 19

 

-

19 Tu pourrais aussi porter tes regards vers le ciel et, en voyant le soleil, la lune, les יétoiles, toute la milice céleste, tu pourrais te laisser induire  à  te prosterner devant eux et les adorer: or, c’est l’ֹEternel, ton Dieu, qui les a donnés en partage   à tous les peuples sous le ciel.

 

Il  est rappelé  que le ciel est un don de «   ton Dieu  » et qu’il ne faut donc pas oublier l’arbre quand on en goûte les fruits.  Le parallèle entre les interdits du Jardin d’Éden et ceux relatifs à la «                consommation   » est assez déconcertant     :  Dieu expose «                Adam     » aux fruits du verger (Pardés, en persan) mais lui en limite l’usage -double contrainte- tout comme il  crée le ciel et tout ce qui le constitue pour finir par le dissuader de s’y référer                . On pense à la formulation des Commandements (cf tome I), dont nous avons souligné le caractère tronqué sauf pour ce qui relève du Shabbat.

Le commandement comporte, ici, un «     mais    »  introduisant une proposition négative. Or, un grand nombre de commandements commencent par une  interdiction sans   en exposer le principe généra                l.

Exode   XX

 

זָכוֹראֶת-יוֹםהַשַּׁבָּת, לְקַדְּשׁוֹ.                7(4) »Pense au jour du Sabbat pour le sanctifier.
חשֵׁשֶׁתיָמִיםתַּעֲבֹד, וְעָשִׂיתָכָּל-מְלַאכְתֶּךָ.                8Durant six jours tu travailleras et t’occuperas de toutes tes affaires,
טוְיוֹם, הַשְּׁבִיעִי–שַׁבָּת, לַיהוָהאֱלֹהֶיךָ:                 לֹא-תַעֲשֶׂהכָל-מְלָאכָהאַתָּהוּבִנְךָוּבִתֶּךָ, עַבְדְּךָוַאֲמָתְךָוּבְהֶמְתֶּךָ, וְגֵרְךָ, אֲשֶׁרבִּשְׁעָרֶיךָ.                9mais le septième jour est la trêve (Shabbat le Yahvé) de l’ֹEternel ton Dieu: tu n’y feras aucun travail, toi, ton fils ni ta fille, ton esclave mâle ou femelle, ton bétail, ni l’יétranger qui est dans tes murs.
יכִּישֵׁשֶׁת-יָמִיםעָשָׂהיְהוָהאֶת-הַשָּׁמַיִםוְאֶת-הָאָרֶץ, אֶת-הַיָּםוְאֶת-כָּל-אֲשֶׁר-בָּם, וַיָּנַח, בַּיּוֹםהַשְּׁבִיעִי; עַל-כֵּן, בֵּרַךְיְהוָהאֶת-יוֹםהַשַּׁבָּת–וַיְקַדְּשֵׁהוּ.                 {ס} 10Car en six jours l’ֹEternel a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment et il s’est reposי le septième jour; c’est pourquoi l’ֹEternel a béni le jour du Sabbat et l’a sanctifiéי.

 

 

Deutéronome   V,

 

 

יאשָׁמוֹראֶת-יוֹםהַשַּׁבָּת, לְקַדְּשׁוֹ, כַּאֲשֶׁרצִוְּךָ, יְהוָהאֱלֹהֶיךָ.                11(IV). Observe le jour du Sabbat pour le sanctifier, comme te l’a prescrit l’ֹEternel, ton Dieu.
יבשֵׁשֶׁתיָמִיםתַּעֲבֹד, וְעָשִׂיתָכָּל-מְלַאכְתֶּךָ.                12Durant six jours tu travailleras et t’occuperas de toutes tes affaires;
יגוְיוֹם, הַשְּׁבִיעִי–שַׁבָּת, לַיהוָהאֱלֹהֶיךָ:                 לֹאתַעֲשֶׂהכָל-מְלָאכָהאַתָּהוּבִנְךָ-וּבִתֶּךָוְעַבְדְּךָ-וַאֲמָתֶךָוְשׁוֹרְךָוַחֲמֹרְךָוְכָל-בְּהֶמְתֶּךָ, וְגֵרְךָאֲשֶׁרבִּשְׁעָרֶיךָ–לְמַעַןיָנוּחַעַבְדְּךָוַאֲמָתְךָ, כָּמוֹךָ.                13mais le septième jour est la trrève (Shabbat Le Yahvéי) de l’ֹEternel, ton Dieu: tu n’y feras aucun travail, toi, ton fils ni ta fille, ton esclave mâle ou femelle, ton bœuf, ton âne, ni tes autres bêtes, non plus que l’יétranger qui est dans tes murs; car ton serviteur et ta servante doivent se reposer comme toi.

 

On notera que dans le Deutéronome lequel  reproduit  quasiment textuellement  le passage de l’Exode, la référence au récit de la Genèse  ne figure pas. A la place, on signale que les serviteurs doivent eux aussi  faire une pause, ce qui signifie  qu’à l’instar de l’étranger, ils partagent un certain mode  de vie, certains  devoirs,  avec les maîtres sans jouir pour autant des mêmes droits.

 

. En  tout état de cause, le Deutéronome est une addition tardive tout comme le Deutéro- Isaïe et comme le Nouveau Testament et en cela il est marqué par les scribes à la solde du Royaume d’Israël, ce qui vaut pour  Jésus lui-même.

 

Exode XX               

10 Car en six jours l’Éternel a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment et il s’est reposé le septième jour; c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du Sabbat et l’a sanctifié.  On peut dès lors s’interroger  sur Genèse, chapitre  2,  pourquoi le Deutéronome  n’en fait point cas                ?

Genèse  II

 

אוַיְכֻלּוּהַשָּׁמַיִםוְהָאָרֶץ, וְכָל-צְבָאָם.                1Ainsi furent terminés les cieux et la terre, avec tout ce qu’ils renferment.
בוַיְכַלאֱלֹהִיםבַּיּוֹםהַשְּׁבִיעִי, מְלַאכְתּוֹאֲשֶׁרעָשָׂה; וַיִּשְׁבֹּתבַּיּוֹםהַשְּׁבִיעִי, מִכָּל-מְלַאכְתּוֹאֲשֶׁרעָשָׂה.                2Dieu mit fin, le septième jour, à l’œuvre faite par lui; et il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite.
גוַיְבָרֶךְאֱלֹהִיםאֶת-יוֹםהַשְּׁבִיעִי, וַיְקַדֵּשׁאֹתוֹ:                 כִּיבוֹשָׁבַתמִכָּל-מְלַאכְתּוֹ, אֲשֶׁר-בָּרָאאֱלֹהִיםלַעֲשׂוֹת.                 {פ} 3Dieu bénit le septième jour et le proclama saint, parce qu’en ce jour il se reposa de l’œuvre entière qu’il avait produite et organisée.

 

 

Au vrai, ce Dieu ne rejette nullement les astres mais au contraire en  affirme la possession  : Selon nous,  dans ce contexte, l’astrologie est acceptable dès lors que l’on n’oublie pas  de rendre à César ce qui est à César.

 

Livre de Job Chapitre 38

Dieu s’adressant à Job                :

31  «                Est-ce toi qui serres les liens des Pléiades ou pourrais-tu relâcher les chaînes d’Orion

 

 
32 Est-ce toi qui fais lever les constellations en leur temps, qui conduit l’Ourse avec ses petits?
33 Connais-tu les lois du ciel, règles-tu ses influences sur la terre?                »

 

 

 

On cite volontiers  à l’encontre de l’astrologie certains textes du Pentateuque lesquels ne nous semblent pas viser celle- ci mais bien diverses pratiques divinatoires     avec lesquelles d’aucuns entendent l’assimiler.
Deutéronome 18 -9,15

 

9 Quand tu seras entréיdans le pays que l’ֹEternel, ton Dieu, te donne, ne t’habitue pas  à imiter les abominations de ces peuples-là

 

10 Qu’il ne se trouve personne, chez toi, qui fasse passer par le feu son fils ou sa fille; qui pratique des enchantements, qui s’adonne aux augures,  à a divination,  à la magie;

 

11 qui emploie des charmes, qui ait recours aux  évocations ou aux sortilèges ou qui interroge les morts.

 

12 Car l’ֹEternel a horreur de quiconque fait pareilles choses; et c’est  à cause de telles abominations que l’ֹEternel, ton Dieu, dépossède ces peuples   à ton profit.

 

D’aucuns parmi les traducteurs veulent voir  dans Deutéronome XVIII une condamnation  formelle de l’astrologie

Traduction Segond                :

9Lorsque tu seras entréי dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne, tu n’apprendras point à imiter les abominations de ces nations-lא. 10 Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui exerce le métier de devin, d’astrologue (sic), d’augure, de magicien, 11d’enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts.  

Or, l’hébreu  du  texte  n’autorise  nullement une telle lecture, le terme Nahash  renvoyant à la divination (c’est aussi le nom du serpent de la Genèse) Il semble bien qu’il s’agisse d’une interpolation propre à telle ou telle traduction.

 

Genèse  III

ו

2 La femme répondit au serpent (nahash): « Les fruits des arbres du jardin, nous pouvons en manger;

 
Lévitique 20 – 6

Si quelqu’un s’adresse aux morts et aux esprits, pour se prostituer après eux, je tournerai ma face contre cet homme, je le retrancherai du milieu de son peuple

Lévitique 20-27

Si un homme ou une femme ont en eux l’esprit d’un mort ou un esprit de divination, ils seront punis de mort; on les lapidera: leur sang retombera sur eux.

Lévitique 19-31

Ne vous tournez point vers ceux qui évoquent les esprits, ni vers les devins; ne les recherchez point, de peur de vous souiller avec eux. Je suis l’Éternel, votre Dieu.

 

On cite volontiers   Isaïe : ch 44 alors qu’aucun passage ne vise explicitement l’astrologie., c’est donc un procédé d’amalgame – c’est un  trait de la médisance- qui est ici à l’œuvre comme pour Deutéronome  XVIII

 

 

9 Les fabricants d’images sculptées sont tous néant, et leurs beaux ouvrages ne servent de rien; eux-mêmes en sont témoins, mais ils ne voient ni ne comprennent, aussi seront-ils confondus.

 

10 Qui donc va façonner un dieu, mouler une statue, incapables de se rendre utiles?

 

 

.               

25 J’annule les présages des diseurs de mensonges, je frappe de démence les devins, force les sages de reculer et fais taxer de folie leur science.

 

L’on observe  la mise en œuvre d’une certaine rhétorique consistant non seulement à  interdire telle pratique mais à en nier jusqu’à l’existence  ; ainsi, l’astrologie ne serait pas permise mais en plus, par-dessus le marché, elle n’aurait pas de réalité tout comme il n’y aurait pas pour les hébreux d’autre dieu à vénérer mais, de toute façon, il n’en existerait point d’autres  !

 

La traduction anglaise King James

 

On note la présence redoublée de la forme «observer of times                », aux versets 10 et 14                :

10      There shall not be found among you any one that maketh his son or his daughter to pass through the fire, or that useth divination, or an observer of times, or an enchanter, or a witch.

11      Or a charmer, or a consulter with familiar spirits, or a wizard, or a necromancer.

12   For all that do these things are an abomination unto the Lord: and because of these abominations the Lord thy God doth drive them out from before thee.

 

14  For theses nations which you shalt possess hearkened unto observers of times and unto diviners”

 

La traduction française de la King James Version   rend carrément la forme «   observer of times     » par «  astrologue    »    !

 

Signalons une note à ce propos  que nous rendons ici de l’anglais  vers le français: ‘l’expression observateurs des temps apparaît dans la King James Version dans Deutéronome 18, 10 et avec son pluriel dans Deutéronome  18,14.. Dans les deux cas, le terme  hébreu vient du participe  Ayin Vav Noun. La traduction  d »observateur des temps’ suggère que les traducteurs ont considéré la dite racine comme signifiant l’idée de quelqu’un qui regarde le futur.  Or, la traduction des Septante indiquait simplement  quelqu’un qui fait des présages. ’

 

Cette expression «   observers of times  » semble bien pouvoir ou vouloir désigner, en ce début de XVIIe siècle (1611)  des astrologues et serait éventuellement à l’origine de la présence du mot «     astrologues     » dans des versions ultérieures. Pour illustrer notre propos,  récapitulons   les diverses versions,vers le  français, l’anglais et l’espagnol, telles que recueillies dans la Bible Œcuménique (2010)    à propos  de  Deutéronome > 18 : 10 (

 

 

10. il ne se trouvera chez toi personne pour faire passer par le feu son fils ou sa fille, interroger les oracles, pratiquer l’incantation, la magie, les enchantements

La Bible en français courant

10.«   Qu’on ne trouve parmi vous personne qui offre son fils ou sa fille en sacrifice, ni personne qui s’adonne à la magie ou א la divination, qui observe les présages ou se livre א la sorcellerie,

La Colombe

10.«   Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui se livre à  la divination, qui tire des présages, qui ait recours à des techniques occultes ou  à  la sorcellerie,

KJ

10  There shall not be found among you any one that maketh his son or his daughter to pass through the fire, or that useth divination, or an observer of times, or an enchanter, or a witch,

King James

10  There shall not be found among you any one that maketh his son or his daughter to pass through the fire, or that useth divination, or an observer of times, or an enchanter, or a witch,

La Nouvelle Bible Segond

10.  Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui se livre à la magie, qui cherche des présages, qui pratique la divination ou la sorcellerie,

La Bible Parole de Vie

10.«   On ne devra trouver parmi vous aucune des personnes suivantes   : quelqu’un qui brûle son fils ou sa fille en sacrifice, qui pratique la magie, qui interroge les charlatans, qui lit dans le ciel, qui devine l’avenir, qui pratique la sorcellerie,

Reina-Valera

«   No sea hallado en ti quien haga pasar su hijo ף su hija por el fuego, ni practicante de adivinaciones, ni agorero, ni sortםlego, ni hechicero,

Louis Segond 1910

10.  Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu etc

 

En définitive, il ressort que seule, dans cette recension, la version Louis Segond 1910 comporte le mot «   astrologues     »,  terme qui ne figurera  plus dans  l’édition dite  «     Segond 21    »  (cf. La nouvelle Bible Segond dite     » Ancien et Nouveau Testament : traduits de l’hébreu et du grec  .  Hélas,  l’ancienne version reste fort diffusée. (Notamment par l’Alliance Biblique Universelle) qui s’en tient à l’édition de 1910    !

Esaie et les liens astrologie/théologie

Si on lit   ces versets du chapitre 47, l’on a l’impression que le dieu des Hébreux rejette l’astrologie

Esaןe  ch 47

ע

12 Relève-toi donc au moyen de tes sortilèges et de tes nombreuses magies auxquelles tu as consacréיtes forces depuis ta jeunesse; peut-être réussiras-tu  à en tirer profit, peut- être recouvreras-tu ta puissance.

.     

13 Tu t’es יépuisée  à force de faire des projets; qu’ils se lèvent donc et te sauvent, ces contemplateurs du ciel qui observent les  étoiles, qui pronostiquent à chaque lunaison ce qui doit t’arriver.

 

Il semble que la traduction King James de Deutéronome 18 ait interpoléי le  passage d’Esaie 47 sur les «    contemplateurs du ciel »

Mais la lecture du chapitre  44 nous fait entendre, un peu plus tôt,  un tout autre son de cloche

 

 

24 Ainsi parle l’Éternel, ton libérateur, qui t’a forméיdès le sein maternel: « Je suis l’Éternel, L’auteur de toute chose, je déploie les cieux  à moi seul, j’יétends la terre, et personne ne me seconde.

 

25 J’annule les présages des diseurs de mensonges, je frappe de  démence les devins, force les sages de reculer et fais taxer de folie leur science.

 

On retrouve une tonalitéי propre  au premier chapitre de la Genèse,  lequel peut d’ailleurs avoir  été calquéי sur ce texte d’Esaie, si l’on admet la thèse selon laquelle le Pentateuque aurait   été en grande partie une compilation des Livres Prophétiques.

 

« Je suis l’Éternel, L’auteur de toute chose, je déploie les cieux à moi seul, j’étends la terre, et personne ne me seconde.   »

Genèse I, 1                :

 

1 Au commencement, Dieu crיa le ciel et la terre.

Autrement dit,  le Dieu des Hébreux  se veut le seul détenteur des secrets du cosmos et il dיfie les astrologues.  Ce Dieu est l’astrologue par excellence, comme le montrent d’ailleurs nombre de commentaires (cf. Le monde juif  et l’astrologie)

Cela dit,  il   y aurait quelque chose de dérisoire dans un discours qui s’émerveillerait de la beautéי du cosmos, comme s’il s’agissait d’un décor , d’un plaisir des yeux   alors que c’est par  le cosmos que l’on accède à  ce que Dieu a créé י pour l’humanitéי   bien au-delà de considérations purement esthétiques mais aussi  éthiques     d’où la formule du Ier verset «   le ciel et la terre     », en tant que binôme, le ciel ne faisant point  sens sans la terre et vice versa.

Le Sept est un balisage récurrent du temps dans toute la Bible                : dans Daniel on parle de 70 semaines , la semaine faisant 7 jours,  et dans l’Apocalypse du septième Sceau (cf. le film d’Ingmar Bergman). La fête des  (7) semaines (Shavouoth) est célébrée 49 jours après Pessah et ainsi de suite, sans parler du septième jour de la Création et de la semaine.

Saturne est la septième, l’ultime  planète (du moins jusqu’au XVIIIe siècle de notre ère quand on dיcouvre l’astre qui portera le nom d’Uranus, celle qui est la clef de tout le système (cf. infra).  Notons d’ailleurs,  l’expression septième planète ne se conחoit que si l’on inclue les luminaires dans le dיcompte  !

Notons aussi que dans l’Antiquitéי,   il y eut un stade où l’on ne distinguait pas encore  les planètes des יtoiles – le tout יtant englobéי  sous le mot «      cieux    » (hébreu raqiya  hashamayim)) -  et d’ailleurs le mot planטte  dיsignera, par la suite, en grec une יtoile «    errante    » par opposition à une étoile «   fixe   »/Or, selon nous,  le féminin est mobile et pluriel  alors que le masculin est fixe et singulier, ce qui les rend, ipso facto, complémentaires                :

Genèse I

 

 

14 Dieu dit: « Que des corps lumineux apparaissent dans l’espace des cieux, pour distinguer entre le jour et la nuit; ils serviront de signes pour les saisons, pour les jours, pour les années;

 

15 et ils serviront de luminaires, dans l’espace céleste, pour יéclairer la terre. »Et cela s’accomplit.

 

16 Dieu fit les deux grands luminaires: le plus grand luminaire pour la royautéיdu jour, le plus petit luminaire pour la royautéיde la nuit, et aussi les יétoiles.

 

17 Et Dieu les plaça dans l’espace céleste pour rayonner sur la terre;

 

Genèse II            

         

1 Ainsi furent terminés les cieux et la terre, avec tout ce qu’ils renferment.

 

2 Dieu mit fin, le septième jour,  à  l’œoeuvre faite par lui; et il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite.

 

3 Dieu bénit le septième jour et le proclama saint, parce qu’en ce jour il se reposa de l’œuvre entière qu’il avait produite et organisée

 

 

Daniel  IX    s’adressant à  Nabuchodonosor                :

 

;

24 Soixante-dix semaines ont יété יfixées comme terme  à ton peuple et  à ta ville sainte pour יéteindre la rébellion, mettre fin aux péchés, effacer l’iniquitéיet établir une justice יéternelle, de façon  à réaliser la vision et [la parole] du prophète et faire l’onction du saint des saints.

 

Revenons sur   Genèse II, 2-3   :  nous y voyons un retrait de Dieu au bout du sixième jour et d’ailleurs,  le premier chapitre s’arrête au sixième jour et ce n’est qu’au chapitre suivant que l’on passe au septième jour. Une lecture astrologique  serait la suivante   : Dieu sera désormais présent par l’intermédiaire- l’interface- de la planète Saturne,  laquelle  serait en quelque sorte la Shekhina, la présence du fait même de l’absence. La célébration du Shabbat  rendrait compte de l’existence d’un tel Plan divin ( sur  un certain discours  d’astrologue sur la formation de l’Astrologie, cf  Solange de Mailly Nesle,  L’Être cosmique, ou Dialogue entre Astrologie et Science, Paris, Flammarion, 1985). A ce propos, on notera que l’astrologie occidentale confère à  la position du soleil dans les signes du zodiaque un règle déterminant en tant que curseur, ce qui correspond au Dimanche, le jour du soleil, qui a remplacéי chez les Chrétiens le Shabbat, jour de Saturne. 

Selon nous, les Juifs qui nient le lien entre leur dieu et le ciel font  complètement fausse route car  le ciel dont il s’agit est justement au cœur de la «    création    » propre à  leur dieu. En ce XXIe siècle, rien ne ferait plus sens pour les Juifs que de reconnaître toute l’importance  d’un tel ciel – par- delà la lancinante question des «  preuves     » de la valeur, de la véracitéי de l’astrologie. Rappelons qu’une des explications  traditionnelles de l’יélection du peuple hébreu est d’avoir acceptéי cette «     Torah      » que les autres peuples refusaient. Il importe donc de nos jours, pour les Juifs, d’accepter ce que les autres peuples mיprisent.

Nous sommes bien  en l’occurrence en présence d’un système  à  7 facteurs visibles depuis la Terre, dont   la lune est  le plus rapide et dont l’élément le plus יéloignéי et donc le plus englobant de par son cycle est Saturne. Uranus ne sera découverte,  à partir d’un télescope, qu’en 1781, du  fait de son éloignement du Soleil,  d’où sa très faible visibilitéי. L’intégration d’Uranus au sein du dispositif  astrologique au cours du XIXe siècle aura certainement contribuéי  à brouiller l’image de Saturne, astre qui perdait ipso facto sa position de facteur ultime (cf. infra). En fait, on ne saurait englober au sein d’un même groupe Jupiter et Saturne. La découverte de Saturne annonce celle d’Uranus et c’est par erreur  qu’un Ptolémée  ou les textes qu’il reprend à son compte, tentera de passer du sénaire au septénaire.. Face aux luminaires, nous avons deux planètes en deça de l’orbite terrestre, Mercure et Vénus  et deux autres au de là Mars et Jupiter.

 Dans ce système «    solaire », la Lune est le satellite de la Terre qu’elle représente. On sait que la Lune  a un disque lumineux comparable, en raison de la différence des distances, à celui du soleil,. Ce faisant, la Lune dיsigne la Terre comme le point névralgique du dit système et d’ailleurs,  la lune renvoie  par ailleurs à Saturne puisque ses dimensions sont comparables sur la base de un jour pour un an..

 

Nombres,  Ch. 14                :

 

33 et vos enfants seront nomades pendant 40 ans dans le désert. Ils supporteront les conséquences de vos infidélités jusqu’à ce que tous vos cadavres soient tombés dans le désert.
34 Vous avez mis 40 jours à explorer le pays, vous supporterez donc les conséquences de vos fautes pendant 40 ans, une année pour chaque jour. Ainsi vous saurez ce que c’est que d’être privé de ma présence

On n’oubliera pas, évidemment, le rôle du douze dans la Bible –des tribus aux apôtres- ce qui renvoie aux 12 mois de l’année, aux 12 signes du zodiaque (cf. Le monde juif et l’Astrologie, Milan, 1985) Or, on lit au chapitre 46 du Livre d’Hénoch , lequel est d’ailleurs repris en partie dans le Livre de Daniel, en son chapitre VII :

«   Ils mépriseront les astres du ciel et lèveront les mains contre le Tout Puissant    ; leurs pensées ne seront tournées que vers la Terre    » (cf Joseph Castelli, Le Livre d’Hénoch, Ed. Castelli, 2000, p. 85  et  «    Dieu, les dieux étaient des hommes. Lumières sur le livre d’Enoch   », par Robert-Jean Victor, ed du Rocher 1979                ;.  pp. 104  et seq) Cela vise ceux qui font preuve de dérision pour l’Astrologie.

Au  chapitre  54 du même livre, au lendemain du Déluge,  il est dit que l’Ancien des Jours « jura  par son grand nom, en  disant                : Non, je n’agirai plus ainsi avec les  habitants de la Terre. Mais je placerai un signe  dans le ciel et il sera le témoin entre eux et moi, pour l’éternité, pour tout le temps que durera le ciel et la terre                » (p. 95)

Au chapitre   56      le rôle du ciel se voit confirmé   : «    Dès ce moment, on dira que les justes chercheront dans le ciel les secrets de la  justice      »

Au chapitre 59      Alors l’autre ange  qui était avec moi me parla et me révéla les premiers et  derniers secrets sue le ciel et sur la terre                »

Chapitre 68   :P ar ce serment, le soleil  et la lune accomplissent chacun leur course périodique sans jamais  s’écarter de la voie qui leur  a  été tracée.  Par ce serment, les étoiles (ici comprendre les planètes sur l’écliptique, note de l’auteur) suivent leur  éternelle route Et quand elles sont  appelées par leur nom, elles répondent  «   me voici    »

Mais c’est avec le chapitre 71 du Livre d’Enoch que l’astrologie devient une clef                :

«    Livre du cours des luminaires célestes selon leurs ordres, leurs époques, leurs noms et les lieux où ils commencent leur carrière etc      »

Chapitre 80    : Et il me dit «  O  Enoch, regarde ce livre qui est  descendu des cieux  : lis ce qui y est contenu et  cherche à comprendre tout ce qu’il contient.    » Alors, j’aperçus tout ce qui venait du ciel et je compris tout ce qui  était dans le livre                . En le lisant, je connus toutes les œuvres des hommes                , toutes les œuvres des enfants de la chair, depuis le commencement  jusqu’à la fin. Et je louai le Seigneur, le Roi de gloire, l’Ouvrier de toutes ces merveilles      »

 

Dans les  chapitres suivants (88 et seq) du Livre de Hanokh  חֲנוֹךְ  et non Enoch (qui est la forme latine) ou Hénoch comme l’usage courant s’est imposé – créant la confusion  due probablement  à la syllabe centrale  commune «   no   ») avec le personnage  d’Enoch –souvent rendu par Enos – אנוש , -il est question de  bovins  et d’ovins, soit les deux premiers signes du zodiaque, dans l’ordre précessionnel (cf. infra) mais aussi de sangliers, de corbeaux à rapprocher des aigles du tétramorphe)  deux  bêtes absentes du symbolisme zodiacal (cf. infra) Rappelons que Jésus dit être venu pour les «  brebis d’Israël   »

Ch.  100  «  regardez le ciel, enfants des cieux  »

 

Au total, le Livre de Hanokh  comporte bien plus de références à l’astrologie que tout le Pentateuque et son exclusion du canon biblique serait probablement liée, selon nous, à  un tel constat.

Il s’agit en fait d’une sorte d’encyclopédie,  de «    livre d’heures                », ce qui expliquerait les développements sur l’astronomie/  astrologie     ( https://www.areopage.net/atxtheb/Henoch.pdf)

1. Chute des anges et assomption d’Hénoch.

(Chapitres VI à XXXVI)

2. Livre des paraboles (Chapitres XXXVII-LXXI)

3. Livre des changements des luminaires du ciel

(Chapitres LXXII-LXXXII)

4. Livre des songes (Chapitres LXXXIII-XC)

5. Livre de l’exhortation et de la malédiction

(Chapitres XCI-CV)

 

 

Rappelons qu’un des  titres de Yahvé est relatif aux Tsevaoth, c’est-à-dire aux armées célestes, à une «     milice   » laquelle est composée des astres lesquels accompagnent le soleil et la lune. (cf.  chapitre 74 du livre de Hanokh)/  En fait, il est rare de trouver la liste des planètes laquelle est bel et bien fournie , dans le Livre de la Création, une des œuvres majeures de la Kabbale.

Le Chapitre 100 du Livre de Hanokh comporte ce commandeme: «      Regardez le ciel, enfants des cieux, contemplez les œuvres du Très Haut    ». Or, force est de constater que dans le  Pentateuque, l’on ne trouve pas un tel commandement    !  On ne cesse de nous parler du «     Ciel   » dans les religions monothéistes mais en dissociant le plus souvent –au prix d’une certaine forme de déni de réalité – une telle référence du ciel planétaire et stellaire  ! Parallèlement, l’astronomie, quant à elle,  nous parle des astres, comme son nom l’indique, mais tout en s’efforçant de ne pas les relier à la divinité, en dépit du fait que les dits astres, dans le système solaire, portent le nom de dieux                !

Dans le Livre d’Isaïe, l’on trouve en son dernier chapitre (66), une formule forte                :

 

1 Ainsi parle l’Éternel: « Le ciel (hashamayim)  est mon trפne et la terre ( (HaAretz) mon marchepied: quelle est la maison (le Temple, Bayit) que vous pourriez me bâtir, le lieu qui me servirait deיrésidence

Or, dans le Shéma Israel, à aucun moment il n’est question du Ciel                à propos de Yahvé, qu’il s’agisse de son origine ou qu’il s’agisse de sa Loi inscrite dans le mouvement des astres    !

 

 

Astrologie et Kabbale

 

En tout état de cause, si l’astrologie a tout à fait  sa place dans la vie intellectuelle des Juifs du Moyen Age, notamment en Espagne, elle va se trouver peu à peu éclipsée par la Kabbale, laquelle nous apparaît comme sa version mystique, le Sephirot prenant en quelque sorte la place des sphères planétaires.  Or, selon notre approche théologique,  assez matérialiste, le dieu des Hébreux  était en prise avec le monde des astres et l’étude des configurations astrales est nullement incompatible avec le culte du Dieu d’Israël, contrairement à ce que certains commentateurs du Livre d’Isaïe laissent entendre.

On signalera  un célèbre commentaire de l’alphabet hébraïque à 22 lettres, lequel  se réfère explicitement à l’ordre astronomico-astrologique,  connu sous le nom de Livre de la Création ou de la Formation (Sefer Yetsira). On y trouve un classement en trois groupes : mères (3 lettres), simples (12 lettres), doubles (7 lettres). On s’arrêtera sur les lettres doubles (cf. nos Clefs pour l’Astrologie, Paris, Seghers, 1976, http://qabala.wifeo.com/les-lettres.php)  le dispositif aura  étéי perturbéי par la volontéי d’aligner celui-ci sur les données astronomiques axées sur le 7 (Septénaire, cinq planètes plus deux luminaires), alors qu’au dיpart, il n’y avait grammaticalement que 6 lettres doubles, le resh ayant  été ajouté alors qu’il n’a pas de double prononciation.

On  a dû supprimer un des 4 Éléments à savoir la Terre, pour pallier l’usage d’une septième lettre double                :

Aleph (1ère lettre) : l’air.

2. Mem (13e lettre) : l’eau.

3. Shin (21e lettre) : le feu.

 

 

Par ailleurs,   l’on peut supposer que la répartition de ces trois groupes devait correspondre à  l’agencement  du dit alphabet    ; Or, la lettre mère  aleph se trouve en première position alors qu’elle est entourée de lettres simples et doubles. Nous supposerons que le Qoph, une des 12 lettres simples (qoph, iod, lamed, noun, samekh,  Hי, Vav, Zayin), aura  été permutéי  avec le Aleph     ; Quant au resh      ; il est isoléי par rapport au groupe des lettres doubles.(beith, guimel, daleth, kaph, péי, Thav)

Ajoutons que de telles réflexions affectent l’agencement de l’arbre séfirotique lequel se divise en trois  plus sept sefirot au lieu de  quatre plus six, selon le dispositif initial probable  On notera  le même phénomène avec le dispositif des domiciles   dans la Tétrabible de Ptolémée ; avec le passage de 4 à 2 positions des luminaires afin de pouvoir y placer Saturne (cf infra)

Ci-dessous, l’agencement numérique de l’alphabet hébraïque     : une colonne  pour les unités, une deuxième pour les dizaines, une troisième pour les centaines, la dernière colonne ne comportant en fait que 4 lettres, puisque le total est de 22. Mais l’on rajoute généralement cinq lettres  qui s’  écrivent autrement  quand placées  en position finale                ;Kaph,  mem    ; noun, péh,  tsadé      /

 

 

Nous avons là un bon exemple d’une reconstitution fondée sur un commentaire d’une version plus ancienne que celle par ailleurs conservée, ce qui recoupe la méthodologie par nous adoptée  à propos d’Ismaël  dans l’Islam.

 

Nous dirons que la divination fait appel à des forces appartenant à «  l’autre monde   »- celui qu’étudie le spiritisme –sous diverses appellations – ce qui fait référence à ce qui se passe avant la naissance ou après la mort- alors que l’astrologie s’appuie sur un savoir «    extra-terrestre» Ce n’est pas le même «      autre monde    » et cela ne correspond pas à la même idée de Dieu. Avec la divination, nous sommes en présence d’entités «                spirituelles    »  qui nous suivent, nous surveillent, nous jugent  – et on les consulte pour avoir leur avis sur ce qui nous arrive alors qu’avec l’astrologie, on a affaire à un système, à un plan, certes crée par quelque divinité mais une divinité qui  se serait en quelque sorte retirée (c’est le tsimtsoum des kabbalistes). Selon nous, toute forme de divination et notamment de «    tirage     » de cartes (tarot, oracles etc.) fait appel  implicitement à une intervention émanant de l’Au-delà, ce qui suppose l’élaboration d’un langage servant d’interface, sous forme notamment de cartes. Tout code est censé faire l’affaire pour établir le contact si bien que   le choix des images et des symboles s’avère  relativement aléatoire..

 

Le couple Terre-Ciel  dans la Genèse

Quand on lit  le début de la Genèse  associant la Terre et le Ciel,  il serait  tout de même bon de s’interroger sur la mise en place d’un tel couple     !  Les explications données nous semblent insuffisantes       ; les corps lumineux serviraient à marquer  les rythmes des saisons. Le terme employé est  «      Ototh       », qui signifie «     signe    ».

 

Genèse I                :

 

 

1 Au commencement, Dieu crיa le ciel  (Shamayim) et la terre. (Eretz)

 

 

14 Dieu dit: « Que des corps lumineux apparaissent dans l’espace des cieux (Shamayim), pour distinguer entre le jour et la nuit; ils serviront de signes (ototh)  pour les saisons, pour les jours, pour les années;

 

 

Genèse II

 

 

 

 

.               

 

 

.               

1 Ainsi furent terminés les cieux (shamayim) et la terre ‘HaArets)   et toutes  leurs armées.

 

 

4 Telle  est la genèse  (Toldoth) du ciel (Shamayim) et de la terre (Eretz), lorsqu’ils furent créés;  à l’יépoque où’ֹ Eternel-Dieu (YahvיElohim)  fit une terre  et un ciel. (Eretz veShamayim)

 

 

 

 

       

 

 

Pour notre part, nous avons du mal à croire que la création d’un tel binôme Ciel-terre  ne se justifiait que pour les raisons exposées dans le texte et non selon  une problématique astrologique, instituant  une «   Loi » (Torah)  d’ordre social.

On notera la forme «    Dieu fit une terre et un ciel    » (Genèse II, 4) à savoir l’usage de l’article indéfini et non de l’article défini comme dans Genèse I, comme si l’on avait affaire à une systémique allant de soi.

 

 D’ailleurs, rappelons qu’au niveau religieux, le mot «      Ciel                »  comporte une acception débordant largement du plan purement matériel. Mais cela est sensiblement plus manifeste dans le monde chrétien que dans le monde  juif.

Evangile Mathieu VI, 9-10

Notre Père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié;

«                 
10 que votre règne arrive; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.    »

 

 

 

Astres et idoles

 

L’argument principal que nous présenterons à l’appui d’une intégration de l’astrologie au sein de la Deuxième création  tient au fait que les astres ne relèvent nullement de la fabrication des hommes.

On se référera au chapitre VIIII du prophète Osée, déjà cité dans notre premier tome                :

 

04 Les fils d’Israël ont établi des rois sans me consulter, ils ont nomméי des princes sans mon accord     ; avec leur argent et leur or, ils se sont fabriquéי des idoles. Ils seront anéantis.

05 Je le rejette, ton veau, Samarie     ! Ma colère s’est enflammée contre tes enfants. Refuseront-ils toujours de retrouver l’innocence     ?

06 Ce veau est l’œuvre d’Israël, un artisan l’a fabriquéי, ce n’est pas un dieu      ; ce veau de Samarie sera mis en pièces.

On retiendra   l’argument massue     : «    un artisan l’a fabriqué, ce n’est pas un Dieu      » Comment traduire  l’hébreu «       Velo Elohim  »  rendu tantôt  par «    ce n’est pas Dieu    » et tantôt   par «  ce n’est pas un dieu    ».   et pourquoi pas « un des dieux   »  ?

 

 

 

6 Il est bien l’œuvre d’Israël; un artisan l’a confectionnéי, et il n’est pas un dieu: certes, le veau de Samarie sera réduit en menus morceaux.

 

Il semble assez clair, au demeurant,  que  la faute majeure serait bel  et bien de voir l’homme fabriquer de ses propres mains quelque objet, se comportant ainsi comme  un dieu. Autrement dit,  l’enjeu n’est pas tant les relations entre les Elohim  mais  le fait que l’homme puisse oser fabriquer quoi que ce soit, ce qui nous renvoie à l’épisode de la Tour de Babel qui déclencha la colère de Dieu                :

 

 

5  Yahvéיdescendit sur la terre, pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils de l’homme; (Beney Adam)

 

6 et  Yahwé dit: « Voici un peuple  uni (Am  Ehad) , tous ayant une seule  langue (Safa Ahat). C’est ainsi qu’ils ont pu commencer leur entreprise et dès lors tout ce qu’ils ont projetיleur réussirait יégalement.

 

7 Or paraissons! Et, ici même, confondons leur langage, de sorte que l’un n’entende pas le langage de l’autre. »

 

8  Yahvéי les dispersa donc de ce lieu sur toute la face de la terre, les hommes ayant renoncé à bâtir la ville.

 

 

L’on songe au passage de la Genèse   en son chapitre III après la consommation du fruit défendu    :

 

 

22 L’ֹEternel-Dieu (YavיElohim) dit: « Voici l’homme (haAdam) devenu comme l’un d’entre nous (keEhad miménou), en ce qu’il connaît le bien et le mal. Et maintenant, il pourrait יtendre sa main et cueillir aussi du fruit de l’arbre de vie; il en mangerait, et vivrait אjamais. »

 

 

Il est clair que le ciel est une création de Dieu, dès le premier verset du Livre de la Genèse.  Dans le Livre de Job, au chapitre IX,  l’on entend un discours  rendant pleinement hommage à Dieu  …..

 

 

1 Job reprit la parole et dit:

 

2 Oui, je sais qu’il en est ainsi: comment l’homme (Enosh)  aurait-il gain de cause avec Dieu (El) ?

 

3 Si nous désirions discuter avec lui, pas une fois sur mille il ne daignerait nous répondre.

 

4 Éminemment sage, triomphant de force, qui jamais lui tint tète et s’en trouva bien?

 

5 Il déplace les montagnes  à  l’improviste et les bouleverse dans sa colère.

 

6 Il fait trembler la terre sur ses bases et ébranle les colonnes qui la supportent.

 

7 Il donne un ordre au soleil, et le soleil ne parait point; il met un sceau sur les étoiles.

 

8 A lui seul, il déploie les cieux; il chemine sur la crête des vagues.

 

9 Il a fait la Grande Ourse, l’Orion, les Pléiades et les demeures sidérales du Midi.

 

 

 

Comment dès lors,  ne pas considérer les astres comme ce qui échappe totalement à ce que les hommes pourraient fabriquer                : il ne s’agit là ni d’une tout, ni d’une  idole    ! Il n’y aurait donc aucun interdit concevable à propos de l’astrologie    ! L’attitude anti-astrologique serait en fait propre à la Troisième Création. Cela dit, il ne faudrait pas confondre la deuxième et la première Créations et nous ne saurions, pour notre part, attribuer aux dieux de la deuxième création le mérite de la première Création dont ils sont issus     comme semble le faire un Job  ! Seul notre système solaire dans son rapport avec la Terre relève en fait de la Deuxième Création  mais celle-ci s’appuie (cf  notre Astro-horoscopie au tome II) sur  des étoiles bien plus lointaines sur laquelle elle n’a pas prise mais qu’elle peut instrumentaliser pour fixer et ainsi perpétuer  la position natale de  Jupiter   chez  un individu donné.

 

La dérive divinatoire

 

Il y a un paradoxe dans le fait  qu’une Astrologie  dite  « scientifique      » ait été  récupérée par la divination. Pour le devin,  il n’y a assurément aucun problème à  contempler le ciel ou sa  représentation sur une «    carte       » (c’est א dire le thטme astral). La complexitéי ne lui fait pas peur et excite l’exercice de ses dons comme c’est le cas pour la cartomancie ou le Tarot.  En fait, les astrologues sont יcartelיs dans leur rapport à  l’astronomie entre  fascination et rejet, pour reprendre une formule d’Elizabeth Teissier pour dיécrire l’attitude du public face à l’astrologie. Pour nous, l’astronomie est un prolongement de l’astrologie primordiale tout comme le christianisme par rapport au judaïsme. Il semble qu’au dיpart,  on ait instauréי une religion articulée sur un nombre limitéי de facteurs célestes -ce qui passe par un choix plus ou moins arbitraire- et que par la suite, d’aucuns aient remis en question une telle «    élection     » et cela aurait donnéי naissance à l’exploration astronomique en sa dimension holistique et systématique. Au christianisme qui s’intéresse à toute l’Humanitéי fait ainsi pendant l’astronomie qui prend en compte la totalitéי des cieux. L’astronomie tout comme le christianisme auront  étéי marqués par la surenchère. De fait,  l’astrologie dite «      scientifique      » (et marquée par le scientisme) nous apparaît, objectivement, comme correspondant au rêve de globalitéי  de l’astronome si ce n’est que celui-ci entretient un rapport des plus ambigus par rapport א cette astrologie qui entend se calquer sur l’astronomie la plus rיcente. D’une part, l’astronome perpétue  de facto  une tradition mythologique quand il baptise les nouveaux astres, ce qui est une faחon de leur confיrer de facto une certaine signification qui rejoint l’astrologie et les astrologues ne s’y sont pas trompés qui se hâtent d’intégrer de telles appellations au sein de leur arsenal et d’autre part, l’astronome se croit missionnéי pour s’attaquer  à l’astrologie et la démystifier       prenant notamment en otage depuis 70 ans le Que sais-je sur l’Astrologie, aux Presses Universitaires de France , avec pour premier auteur Paul Couderc.(1899-1981) avec des יéditions se succédant de 1951  à 1978  Couderc  fut  Membre de l’Observatoire de Paris, et du Comitéי d’honneur de l’Union rationalste  de ses propos par quelques extraits: L’on nous parle de l’astrologie comme s’il s’agissait d’une maladie car en règle générale, les personnes qui traitent des sujets de cette collection  encyclopédique s’y connaissent. L’ouvrage commence d’ailleurs comme un manuel d’astronomie avec des “Préliminaires astronomiques”, On a l’impression que l’astrologie est un pays occupé,  annexéי par l’astronomie et que l’occupant arbore ses propres couleurs. Il faut attendre le chapitre II pour voir exposer les “Doctrines astrologues” se terminant ainsi: (p. 40) ” Notre propos n’est point d’offrir un traitי d’astrologie. Nous avons voulu faire connaמtre sa base astronomique (.) Nous estimons le lecteur suffisamment יclairי pour fonder son opinion’

 

. Puis, on a droit à un chapitre III “Valeurs de l’Astrologie”. Comme il s’agit de la troisième édition, le chapitre VI s’intitule “Vingt ans après”,  Couderc dresse un bilan “ A cause de ce livre, les  astrologues  ne m’ont  épargnéי ni leurs insultes, ni leurs menaces, mon propos n’יétait pas de leur plaire”. Et de conclure :’  L’astrologie est une superstition qui a pris naissance dans la préhistoire” Couderc demande que l’on prenne des mesures prophylactiques pour enrayer une telle épidémie; Il faudrait que l’UNESCO prenne position, demande-t-il. Il ne faut pas “donner la parole aux adversaires de la raison” et c’est donc pourquoi il fallait impérativement que le Que Sais- je “L’astrologie” soir pendant une bonne trentaine d’années et en fait près de 40 ans pour qu’un autre texte vienne le remplacer en 1989, publiéי avec l’imprimatur de la corporation des astronomes.

 

Paradoxalement, en une sorte de double contrainte («   double bind    »), plus les astrologues tenteront de s’appuyer sur l’astronomie et plus ils risqueront  fort d’être rejetés et moins ils  songeront א faire appel à l’astronomie , à la «    Nature   », au «   Cosmos      » pour fonder leur «     science     » et plus ils יéchapperont  à  sa vindicte. Cela tient au fait que la dialectique entre Science et Technique reste encore bien mal comprise comme tout ce qui relève de ce que nous appelons la dynamique de la  médianité

Comment, au demeurant, le système astral que nous pensons avoir enfin réussi א restituer  a-t-il pu dיriver vers l’Astrologie telle qu’elle se présente encore de nos jours  ? Cela tient selon nous avant tout à une emprise croissante de l’astronomie sur l’astrologie. Il y a là quelque ironie du sort  en ce sens que c’est l’astronomie, avec sa caution scientifique,  qui aura tiréי l’astrologie vers l’astromancie alors que le cycle astral, lequel ne puise que chichement dans le vivier astronomique, offre une approche singulièrement plus scientifique au sens poppèrien du terme. En fait, il y a trois approches de la cyclicité : l’une qui invente une astronomie fictive mais qui a l’avantage de se présenter sous une forme organisée, l’une qui s’articule sur l’astronomie  mais dont la cyclicité est intriquée et confuse et enfin une forme plus pertinente  recourant à une courbe unique , que cela tienne à l’utilisation d’un seul corps céleste en mouvement face à des étoiles fixes ou à une sorte de cycle de synthèse, à partir d’un bouquet  de cinq planétes, de Jupiter à Pluton, à la façon de l’indice cyclique de Barbault.

On se gardera de  confondre l’astrologie «   matricielle     »  du cycle et l’astrologie «   scientifique    »  du thème. Par thème (on dit en anglais plus justement chart, c’est-à-dire carte), il faut entendre l’érection d’une carte  pour le ciel d’un instant donnéי.  Le thème est la base de la divination astrale, l’astromancie.  Si nous admettons qu’il puisse exister des dons de voyance, en revanche, nous sommes extrêmement sceptiques sur la possibilitéי d’enseigner  des techniques divinatoires en faisant miroiter –à quel prix      ? – l’acquisition à terme d’une quelconque compétence. On parle aussi d’un thème géomantique. Mais le thème natal n’est qu’un cas particulier du thème horaire  et les astrologues actuels tendent א proposer une genéthliomancie axée sur le moment de la naissance. Mais selon nous, l’astrologie ne saurait travailler sur la «   carte du ciel      »  au sens brut du terme mais transcoder ce ciel en passant par le diviseur 4, ce qui disqualifie d’emblée le zodiaque et ses 12 signes qui se situent en amont d’une telle démarche.  Certes, il existe douze néoménies au cours d’une année terrestre, mais cela ne correspond pas au cycle saisonnier si ce n’’est qu’à un certain stade,  l’on aura décidé de découper le dit cycle en 12, ce qui aura donné naissance au symbolisme zodiacal. Il y a de quoi s’y perdre pour un historien  qui manquerait de discernement  !  Cela dit, le 12 renvoie à Jupiter et la coïncidence avec les 12 lunes  pourrait bien être la marque de cette théologie du Deus Faber ou Homme Dieu  ou ni Homme ni Dieu – ayant reformaté notre humanité et le ciel dont elles dépend. Bien évidemment, Jésus ne ferait alors que reprendre une doctrine bien antérieure à sa propre saga, puisqu’elle renverrait au reformatage de notre Humanité et de notre planète, la Terre. On signalera par ailleurs que la grossesse de la femme de 9 mois équivaut à 36 semaines(4×9) et que le quart d’une révolution de Jupiter soit 3 ans, vaut pour 36 mois (3×12). Bien plus, la précession des équinoxes dont le cycle est de 25920 ans signifie une progression d’un degré tous les 72 ans (2×36)..

On notera que dès le Chapitre II de la Genèse, il est dit que le fleuve qui traverse le Jardin d’ֹEden se divise en quatre bras, ce qui  n’est יévidemment pas une description de la « Nature     » brute mais le fait d’un certain processus de représentation structurelle.

On dit généralement que la Tétrabible ( ou Quadripartit, en 4 livres) de Claude Ptolémée est un traitéי d’astrologie généthliaque. En réalitéי, son  Livre I  traite des prévisions sur ce à quoi ressemblera le néי, ce qui implique qu’un thème soit dresséי avant la naissance, car א quoi bon prיvoir ce que l’on apprendra au moment de la naissance.  Ce ne peut être que le thème horaire א moins de supposer que l’on dresse le thème de conception, ce que Ptolémée n’envisage de déterminer qu’à partir du thème natal. La connaissance du moment de naissance a  d’ailleurs longtemps   été aléatoire et encore au XVIIe siècle,  l’astrologue assistait à l’accouchement, comme ce fut le cas en 1638 pour le futur Louis XIV. Il n’יétait donc pas question de calculer ce thème pour un adulte.  Il faut donc insister sur le fait que l’astrologue יtait conseilléי pour avoir des lumières sur ce qui n’יtait pas encore advenu et non pour vérifier s’il יétait capable de parler de ce que l’on savait déjà.

L’astrologie telle qu’elle nous apparaît à la suite d’une longue enquête comporte selon un schéma  trinistaire, outre un volet théologique  global  un volet  individuel  réservé à une  élite laquelle  justifie son existence du fait de ses œuvres au service de l’Humanité, ce qui  nous semble une assez bonne définition du génie que cette «     mue    » constante selon la formule de Boileau                ; «    cent fois sur le métier remettez votre ouvrage     » et cela pourrait correspondre au statut de «      fils d’Adam      » (cf tome I), ce qui ne concerne nullement l’homme ordinaire lequel ne supporte qu’une dynamique, une rythmique sensiblement plus faibles. Quant à Thomas Edison, ne déclarait-il pas dans les années 30 , que le génie, «      c’était  1     % d’inspiration et 99      % de transpiration                »     ? Les personnes bénéficiant d’une recharge quotidienne  sont plus aptes à mettre à l’épreuve leurs conclusions et à se renouveler.

 

Cela dit, dans la pratique actuelle,  les astrologues font croire -démagogiquement – tout flatteur  vivant aux dépens de celui qui l’écoute- que chaque personne aurait droit à  «     son  bâton de maréchal (cf le discours de Rudhyar, Astrologie de la Personnalité, Paris, Médicis,   ; Andréי  Barbault,  De la psychanalyse à l’astrologie,  Paris, Seuil, 1961) et «    droit   » à un thème  astral personnel très fouilléי, ce qui justifierait le  foisonnement des configurations astrales.

. Tout se passe – en pratique  – comme s’il ne s’agissait plus de valider un système astrologique mais bien le talent de tel astrologue, en ne retenant que le propos journalistique sans s’attarder sur la qualité de la grille utilisée et qui est souvent inexistante tant elle est inconsistante et protéiforme.

Mais pour nous la voyance et notamment la médiumnitéי  est un don,  en ce sens que le praticien est dotי d’un logiciel lui permettant de se connecter avec certains sources d’information  alors que l’astrologie est plus formatrice qu’informatrice en ce sens que l’astrologue doit être doיé du verbe et que par ce verbe il va fasciner son client, ce qui en fait au fond une sorte de mage, de magicien qui crיe une réalitéי virtuelle (à partir d’un thème-astral  qu’il entend  traduire, peu importe lequel d’ailleurs-  auquel il donne vie) avec la complicitéי de son client, qui en quelque sorte accepte de jouer une certaine partition,   susceptible d’exister, de s’incarner plutot qu’il ne décrit  la réalitéי en soi, comme le ferait un voyant. . Cette astrologie qui s’exerce sur une personne est bien diffיrente de celle qui traite du collectif car on n’influe pas sur un individu comme on le fait sur  toute une sociétéי. A l’échelle individuelle, en effet,  toutes les manipulations sont possibles alors qu’ une hirondelle ne fait pas le printemps, le hasard, la coïncidence,  le facteur fortuit (c’est א dire extérieur),  pouvant peser lourdement sur la perception des choses alors qu’au niveau des grands nombres, dans un espace-temps élargie,  une telle יéventualitיé est minime. Au fond, si l’on admet que la construction de notre moi est de l’ordre du virtuel et d’un virtuel, qui,  plus est, vouéי à la cyclicitéי, il doit être possible d’en modifier notre représentation, beaucoup plus aisיment que d’acquérir des aptitudes nouvelles, ce qui relטve du domaine du réel.. Nous  dirons que la cyclicitéי du virtuel est bel et bien une réalitéי.  On distinguera donc dans le champ psychologique, une dimension  «     psychique     » ouverte,  partagée par tous mais qui évolue pour tous selon un seul et même rythme  et une dimension «      fermée    »,  socio-professionnelle qui nous limite א la fois dans le temps et dans l’espace en ce qu’elle n’est pas portée par   la cyclicitéי et qu’elle perpétue certaines limitations quant à nos capacités. Il est fréquent que l’on confonde ces deux plans.

 

Divinations et divinités

Nous avons établi qu’il existait deux types de divinités,  celles qui ont instauréי un ordre immuable,  dont les femmes seraient les agents et celles qui  tendent א remettre en question un tel ordre par le  biais de miracles,  par une constante surveillance  depuis un Au-delà.

Cela donne lieu à deux formes de divinations      : l’une  qui s’efforce de connaître le plan divin originel  et de s’y conformer  et l’autre qui se plaît à interférer avec celui -ci,  par le recours à des prières, à  l’intervention de «   guides  ».

Il importait de rétablir le véritable visage de l’astrologie de façon אà faire apparaître une telle dualitéי tellement cruciale pour comprendre le destin de l’Humanitéי. Toute la question pour la recherche  astrologique aura consisté à qualifier les termes d’une telle alternance structurelle. En 1976, dans Clefs pour l’Astrologie, nous avions proposי  « Unicitéי » versus « Multiplicitéי »  en pensant au destin des empires coloniaux se faisant et  se dיfaisant et actuellement nous prיfיrons  la dialectique  dépendance- indépendance. En 1967, André Barbault (1921-2019)  avait proposé à la suite d’Henri Gouchon י dans les Astres et l’Histoire  un modèle unique  au lendemain  des deux guerres mondiales.

rendant inutile toute considération locale, ce qui avait marqué son travail jusqu’alors, notamment en ce qui concernait son approche géographique, dix ans plus tôt, notamment au sujet de l’histoire de la Russie. André Barbault opta pour une combinatoire planétaire, soit un monoplanétarisme de synthèse, résultante des cycles de 5 planètes. Mais  beaucoup d’astrologues ont pris l’habitude d’étudier le passage d’une seule planète au travers des 12 signes du zodiaque –ce qui renvoie quelque part aux étoiles ou au cycle saisonnier- sans donc avoir à combiner les planètes entre elles. La diversité doit-elle résider dans le nombre de facteurs mobiles- planètes- ou dans celui des facteurs fixes- étoiles  ? Il semble que nombreux soient les astrologues qui combinent allégrement ces deux critères.

.Tout se passe comme si chaque génération d’astrologues יétait marquéeי par les enjeux politiques de son temps : on serait ainsi passéי d’une fixation, au cours de la période 1914-1945 sur les conflits entre  blocs géopolitiques à une fixation sur les troubles au sein d’ empires coloniaux en décomposition, notamment après la seconde guerre mondiale. En1976, dans Clefs pour l’astrologie (p. 164), nous avions émis des doutes sur les prévisions de Barbault pour le début des années 80 , sur la base de la  courbe d’Uranus  telle que nous l’avions  établie: une contre-prévision  en  quelque sorte ;  « Il ne saurait être question (courbe à l’appui du  « super cycle uranien’), comme le font les travaux  d ’André Barbault (..) de comparer 1981 à 1939 « en plus  grave » (..) Dans un cas, 1939  se trouve tout en bas, dans l’autre, 1981  se trouve tout en haut »,l’ Uranus de  39 se trouvant  à l’opposé de l’ Uranus de  81 !

 

 

 

On retrouve cette dualitéי dans le calendrier soli-lunaire du monde judéo-chrétien, ce qui explique les synchronies des fetes pascales, alors que le calendrier musulman ne comporte pas la prise en compte du cycle saisonnier, d’où la mobilitéי du  mois du ramadan. Au fond, la relation soli-lunaire ne constitue-t-elle point  une clef de l’astrologie stellaro-planétaire avec son processus de conjonction (nouvelle lune) et d’opposition  (pleine Lune)      ? On dira que la conjonction  serait une sorte de périgée et la disjonction une sorte d’apogée, en transposant le modèle de l’ellipse. Une phase s’inscrit dans une courbe en forme de cloche (ou de losange), dans la mesure où elle débute et se termine par une conjonction, et donc par un périgée, c’est au milieu de la phase qu’elle atteint son sommet, apogée.  Une  phase en astro-horoscopie    »   est comparable à  la phrase en linguistique  comparative (cf  tome II  , à savoir qu’il s’agit d’une unité comportant une certaine durיe tout comme la phrase comporte un certain espace. La probabilitéי d’un certain יévénement au cours d’une phase  serait à rapprocher de la probabilitéי d’occurrence  d’un certain lexique au sein d’une phrase, notamment de mots français dans une phrase anglaise quelconque..

 On aura compris  qu’il ne s’agit pas de pointer une certaine année mais une période de temps comportant  alternativement  un état de grâce  ou de disgrâce     selon que l’on se trouve en période de connexion ou de dיconnexion, ce qui enclenche chaque fois un compte à  rebours, la connexion impliquant une configuration précise entre le point solaire  d’une personne et la position de  la planète Jupiter  en un instant T et la déconnexion,  la déconstruction progressive de la dite configuration. On insistera sur le fait que pour nous  une configuration se forme entre une planète et une יétoile, entre un astre «    errant   » et un astre «                fixe       », ce qui permet d’יétablir une cyclicitéי, une révolution donc  un retour après une séparation. La déconnexion met «    hors-jeu      » les intéressés, comme dans certains jeux de société, le jeu יétant la chasse gardée de Jupiter. La connexion   donne lieu à un coup de projecteur,  à une focalisation sur les personnes ainsi «    connectées    », en leurs divers faits et gestes. La perte de connexion, à l’inverse, est à comparer à

la tombée du jour (ou de la nuit, ce qui revient au mémé, lorsque les lumières  déclinent peu à peu mais toujours provisoirement.  Mort et résurrection du soleil qui a pu inspirer le récit de la vie de Jésus.  Rappelons que la connexion s’opère à partir de quatre points, sur la base d’une quadruplicitéי, correspondant à  une  même position au sein d’une période  : début, milieu ou fin, un tel découpage étant purement conventionnel, même s’il s’inspire, se calque  sur  les 4 saisons.

 

 On nous objectera que cette approche manquerait quelque peu de précision mais n’en est-il pas de même pour le jour et la nuit, les quatre saisons   ? Il existe nécessairement dans toute dualitéי des temps intermédiaires, «      équinoxiaux      », en quelque sorte, ce qui correspond pour le cycle soli-lunaire aux «    demi-lune  », entre nouvelle et pleine lune.  Pour nous l’équinoxe correspond à la fois à une fin et à un début de cycle et c’est une erreur d’accorder ce statut au solstice d’hiver. L’équinoxe  est l’ouroboros et marque les deux débuts de l’année juive, au printemps et à l’automne, ce qui coupe celle-ci en deux parts égales , en deux hémicycles.

Par ailleurs,  l’astrologie semble bien écartelée entre deux approches   : celle des typologies zodiacale ou planétaire qui regroupent un  grand nombre de cas  et celle du thème astral personnel, censי cerner  de près l’individualitéי en son unicitéי. Nous pensons que cette seconde voie  ne correspond pas aux outils dont dispose l’astrologie. En tout יétat de cause, la connexion entre le plan humain et le plan cosmique doit  s’articuler sur   deux facteurs seulement, de part et d’autre, à  savoir le degréי ascendant , ce qui correspond à une יètoile fixe et la position d’une planète.  Rappelons que,  selon nous, une cyclicitéי exige l’existence d’une dialectique entre le fixe et le mobile.  On peut certes etre tentéי de répondre que le thème natal  joue le rôle du «    fixe    », de  « radix » selon la formule attitrée, de racine  face aux «   transits  »  aux configurations successives, qui l’affectent lors du passage de telle ou telle planète. (cf  Guy Fradin «  Du mode d’action des transits », in Astrologie Moderne,  mars-juin 1953 Le transit relativise sensiblement l’importance que l’on peut accorder à quelque configuration céleste laquelle peut former des aspects très différents, à un instant T, avec des soleils différemment placés dans les thèmes considérés) On est bien là en prise avec une « théorie de la relativité » :

 Cette dialectique du radix et du transit est au cœur de notre problématique (cf notre deuxième partie) et ce binôme ne saurait être confondu avec la connexion entre deux planètes dans le ciel ou entre deux planète dans le thème et d’ailleurs selon nous, la notion même d’aspect- auquel Kepler accordait une grande importance, ne fait sens, en astrologie à la différence de l’astronomie, que dans le rapport transit-radix, entre le mouvement et la  fixité, entre la planète et l’étoile dite fixe (quand on l’oppose à la planète, étoile errante comme son nom l’indique en grec) En vérité, la notion d’aspect semble ne faire sens que pour le transit quand on calcule à quelle date une planéte dans le ciel  viendra activer  un point du thème. A contrario, cela  ne fait guère sens de noter les aspects entre des facteurs appartenant au dit thème vu qu’il est rate qu’un aspect exact se soit formé à ce moment précis de la naissance. Par ailleurs, parle de relations entre planètes « dans le ciel » n’est nullement pertinent astronomiquement , notamment pour ce qui est  de la conjonction puisque les planétes du système solaire  ne tournent pas les unes autour des autres ! Une telle conjonction est une fiction.Pour les astronomes, les aspects ne sont jamais qu’un système de repérage.

En fait, le transit est un vecteur de temps plutôt que d’espace, avec ce que nous avons appelé, Astro-horoscocpie,(cf notre deuxéme chapitre) il est clair que l’ on est   bien loin du fouillis, de la meule de foin, de l’usine  à  gaz  où se complaît  la pratique astrologique courante, ce qui ne peut que faire à gagner l’astrologie en clartéי d’exposéי et mettre à l’astrologie à la portée de tous, tant au niveau des calculs que de l’observation à  l’œil nu donc à l’ יéchelle collective d’un visuel partagéי. Nous résumerons notre  description  de la façon suivante :  la prévision exige une connaissance des facteurs cosmiques par les sociétés alors que la typologie astrale, à la Gauquelin,   n’aura certainement pas été accessible aux sociétés antiques du fait qu’elle dépendait de l’heure exacte de naissance.  Or, il n’était pas important que l’on connût par avance le processus décrit par Gauquelin car cela n’aurait rien changé face à un fait accompli. Autrement dit, autant la connaissance cyclologique pouvait se révéler utile a priori dans la conduite de la Cité, autant la connaissance typologique ne pouvait relever que de l’a posteriori. L’astrologie gauquelinienne nous apparaît comme secrète ésotériquealors que l’astrologie cyclique devait être révélée en vue d’une praxis. L’une était fondée sur  un cycle quotidien, base du dispositif des « maisons ». alors que l’autre était fondée sur le cycle annuel – 365  fois plus lent- du soleil et des saisons, à savoir sur le dispositif zodiacal, à partir d’une connaissance assez grossière du moment de naissance, à une semaine ou dix jours près.. D’ailleurs, encore de nos jours, les tenants du recours aux planètes invisibles à l’oeil nu  pencheraient implicitement pour un savoir astronomique longtemps caché, occulté,  à l’Humanité  jusqu’à ce que celle ci se soit dotée de la technologique appropriée permettant aux astronomes modernes de découvrir cette partie  restée inaccessible du  système solaire !

 En tout état de cause, la psychologie des personnes ne peut que connaître quelque forme de changement. C’est ce que des observateurs comme Michel Onfray se refusent à comprendre, ce qui les conduit à faire le procès de la duplicitéי  et les revirements  des gouvernants. Ce qui conduit à une idéologie  du « ‘en mךme temps »  qui n’intègre pas la notion de cyclicitéי. Tout se passe comme si les constitutions exigeaient qu’un mandat soit d’un seul tenant quant à son programme ,   יétant donnéי  qu’il y a  une totale inconnue sur le mandat suivant, laquelle  est entretenue par le caractère aléatoire des יélections. . On יévitera le piège dans lequel  tant d’astrologues sont tombés, au cours des  siècles,  lorsque l’on confond une astrologie de l’espace et une  astrologie du temps/ Une personne ne dיpend que d’une seule planיte, et l’on peut parler d’un  monoplanétarisme à l’instar d’un monothéisme  au  sens où nous l’entendons, ce qui s’apparenterait plus à  un  hénothéisme..

 

Le rôle de la main

 

Dans tous les domaines, il y a celui qui «    donne     » le rythme et celui qui dans sur ce rythme, celui qui fait rire et celui qui rit. Et le maître déroge en se plaçant du mauvais cotéי, de ceux que l’on active, que l’on dיclenche et non de ceux – minoritaires, certes- qui  obéissent, qui obtempèrent, qui «      suivent       » ce que «                Jacques a dit  ». «    Fais pas ci, fais pas ça   !    »   ;  Il est א noter que d’aucuns veulent expliquer certains enjeux théologique par la désobéissance aux «    commandements      », ce qui correspond א une mentalitéי de servant, de domestique, de serviteur, d’employéי ! Il est vrai que la technologie tend  à niveler  un tel fosseי, en ce que le «    patron       » devient son propre employéי, n’ayant plus guère  recours à une sténodactylo, métier considéréי a priori comme féminin, ce qui montre bien que la machine  se substitue plus à la femme qu’à l’homme ou que la femme, tout comme l’animal sont imités par la machine. Notons que la secrétaire peut  fort bien terme changer de statut et devenir amante voire épouse.,l’inverse étant également tout à fait possible,ce qui montre que  la dualité psychologique et androgynale de l’homme détermine celle de la femme. 

Il est donc déconseilléי pour le mètre de se servir de ses mains pour tenir un appareil, il a tout intérêt   à déléguer une telle tache à un servant lequel, ce faisant, trouvera ainsi sa juste place. Faute de quoi, le maître alimenterait une confusion fâcheuse   : qu’il ne cherche pas à remplacer le servant et le servant ne sera pas tentéי de se faire passer pour le maître   ! L’usage des mains est en effet réservéי au servant défini comme un «   manuel  » car les mains nous apparaissent comme une sorte de prothèse, de prolongement. C’est par le biais des mains que nous nous alignons en  ne nous contentant pas de notre appareillage intérieur. La main sert א mendier. Avant de se doter de mains, nous pensons que les hommes se servaient de leur bouche, comme nous le montrons, sur le plan musical, à propos du sifflement, lequel précède, à l’évidence, le recours à la flûte. Ajoutons que l’usage de la main passe par la vue  afin de repérer l’objet dont on entend se saisir. Par conséquent, celui qui ne se sert pas de ses mains, n’aura pas besoin de voir à l’extérieur de lui-même. Car celui qui regarde trop hors de lui-même est celui qui n’a pas su pleinement exploiter ce qui se trouvait en lui-même. Cependant, la main nous semble dotée d’une certaine forme d’intelligence, au point que nous la considérons, pour notre part, comme une sorte de « troisième  cerveau    » à  l’instar de notre estomac souvent qualifiéי de «     deuxième cerveau   ». Il n’y a pas de «  génie » qui ne serait dotי d’une main hypersensible et l’on pourrait parler d’une perception manuelle du monde venant inspirer  tout créateur, dans le domaine des arts, mais cela vaut aussi pour le contact avec les minéraux, les végétaux, les animaux. La main du seigneur ne fonctionne pas comme celle de l’esclave. Paradoxalement, le seigneur est l’esclave de sa main alors que l’esclave en est le tyran. L’un יécoute ce que sa main a א lui dire, l’autre lui impose sa volontéי.

 

 

L’art de deviner

Face à un corps  que l’on s’interdit de disséquer voire de toucher, il ne restait plus comme recours que la divination, c’est à dire la possibilitéי de deviner (devinette)  ce à quoi l’on n’avait pas accès, ce que l’on veut nous cacher.  Nous  opposerons ainsi objectivation et subjectivation. La divination est de l’ordre de la subjectivation, elle ne prétend pas décrire le monde qu’elle ressent comme opaque, brouillon, chaotique, entremêléי, confus mais  décider, décréter de ce que l’on veut qu’il soit.  Le devin est un mage -qu’il en ait ou non conscience, plus ou moins- qui  assume la nécessitéי de structurer l’objet, la personne, pour lui donner du sens, à la façon dont le baron  Haussmann redécoupait Paris.

 Avec le développement de la médecine et de la chirurgie, le rפle de la divination aura singulièrement décru dans le champ cognitif. Autrement dit, la divination  n’aura prospéréי qu’autant que la médecine sera restée prisonnière de certains interdits, du fait d’une distanciation empêchant un contact direct.

L’astrologie  actuelle -en rupture  dans un cas comme dans l’autre, avec notre idée de l’horoscopie- se présente avec  un double visage, un peu comme une chauve -souris, יécarteיée entre deux identitéיs, celle  qui traite de la chose publique et celle qui s’intיresse au devenir individuel.  Quant au public,  il  oscille  entre ces deux facettes     : il se dit  volontiers de tel ou tel signe, ce qui regroupe chaque fois une masse de gens  mais il se laisse aussi tenter par les astrologues qui lui promettent une approche beaucoup plus «      intime    » de sa personnalitéי. Il reste que la pratique improvisée  de la consultation « en aveugle » favorisera un certain goût du jeu, l’astrologue « tombant » plutôt bien ou plutôt mal au cours  de ses « devinettes »  en forme d’interview.

En bref, l’astrologie nous parle-t-elle du contexte  général  au sein duquel s’inscrit une personne  en un instant T ou bien, au contraire,  nous décrit-elle un individu au prisme de sa carte natale en le replaçant dans un contexte qui ne serait pas décryptéי astrologiquement ? Quelle est la place des mancies   ? Appréhender ce qui est proprement individuel  les situerait א nos yeux dans le champ de la th thérapie, de la «     clinique       » car c’est la maladie qui nous individualise et nous place en situation d’exception par rapport א la norme. On parlera alors d’une astro-pathologie, dont le support divinatoire serait le thטme astral comme complément et prolongement d’une astrologie «      mondiale      » qui traiterait de la norme, de la loi générale, par-delà les particularités individuelles. Cela dit,  le thטme natal  a au moins l’avantage de la fixitéי et l’on parle d’un «    retour       » d’une planטte sur sa position natale. En revanche, là où le bat blesse, avec une astrologie cyclique sans repère, sans «     יétalon     »  fixe, c’est le fait que les conjonctions (et tout autre configuration d’ailleurs) n’ont jamais lieu deux fois de suite au mךme endroit du ciel.  Au Xe siècle, Albumasar –reprenant l’œœuvre du Juif Mashallah (VIIIe siטcle)  en faisait d’ailleurs la base de ses «      grandes conjonctions’ Jupiter-Saturne en interprיtant le changement de signe voire de triplicitéי  (les 4 Éléments) d’une fois sur l’autre. C’est pourquoi nous pensons que le cycle astrologique doit impérativement comporter un facteur mobile et un facteur fixe. Pour nous, toute cyclicitéי ne respectant pas ce principe duel  est irrecevable, ce qui vaut notamment pour le cycle Soleil-lune ou pour le cycle Saturne-Neptune, entre autres, car ces cycles ne comportent aucun facteur  fixe, la Lune  poursuivant le soleil (mobile d’un point de vue géocentrique) ou Saturne Neptune (planטte lente, certes, mais néanmoins  faisant le tour du zodiaque en 165 ans)

Quel rפle joue la symbolique dans notre vie    ?  Il est certes toujours agréable de noter des corrélations. Par exemple,  il est heureux d’habiter dans une rue dont le nom fait sens pour nous. C’est ainsi que nous demeurons depuis des décennies rue de la Providence à Paris.  Mais l’on pourrait se passer d’un tel plaisir. De mךme, d’aucuns sont ravis d’être nés sous tel signe, dont le nom est plutפt flatteur comme le Lion. Ils l’intégreront volontiers dans leur «     identitéי  » comme un petit  «      plus     ».

En appliquant notre modèle  selon lequel  un  groupe est l’objet d’une fascination- et donc d’un vouloir, d’un vœu-   de la part d’autres groupes – et que nous avons applique א la question juive et à la question «    française     », nous dirons que l’astrologie tend aussi à exercer une certaine fascination sur une partie de la population, ce qui conduit les astrologues א devoir se conformer peu ou prou à  l’image qui leur est renvoyée. Mais en même temps, il importe que ces mémés astrologues  aient un rapport vivant avec leur domaine et ne soient pas prisonniers d’une dialectique transfert/contre-transfert.

La pression que la communautéי astrologique subit de la part du public – et qui lui confטre un certain type de pouvoir- n’est pas sans aspects pervers.  Il y a ainsi conflictualitéי entre une astrologie qui est poussée vers  un traitement individuel des personnes et une astrologie à vocation statistique qui ne devrait s’intéresser qu’א une approche catégorielle, typologique.

Or, l’on bascule dans la « voyance     »à partir du moment où l’on veut savoir ce qui nous concerne personnellement et collectivement. Or, il n’y a de prévision -à distinguer de la prédiction (notons qu’en anglais predict est utiliséי par le monde scientifique)- que si l’on peut relier  le facteur considéré à  un ensemble qui le dépasse dans le temps comme dans l’espace. Savoir qui est l’autre moi-même m’éclaire sur ce qui m’attend. En ce sens, toute typologie aurait une vertu prévisionnelle, comparative. A contrario, celui qui s’identifie א un groupe qui n’est pas le sien s’expose א bien des illusions et  désillusions tout comme tel יévénement qui serait reliéיà tort  avec tel type d’événement. Les erreurs prévisionnelles seraient ainsi dues à des problèmes de classement. Refuser de relier un facteur א un ensemble, c’est se condamner א devoir recourir  à la voyance. Pour nous, le thème astral est un support de voyance à moins – comme chez Gauquelin- de permettre un mode de classement.  Il n’y a-dit-on, de science que du gיnיral.

Nous dirons qu’en tout יétat de cause,  il importe de distinguer la voyance «       pure     » et la voyance dite  avec support, ce qui nous renvoie à l’idée d’appareillage venant compenser un manque.   Peut-on compenser le manque de l’une par le recours à l’autre                          ?  Mais cette voyance «   pure    » n’est-elle pas  propre à la nature humaine,  relevant donc de la Subconscience et  le support, quant à lui, ne correspondrait-il pas à ce que nous avons appeléי la Surconscience    ? Quant à l’astrologie,  il convient de distinguer d’une part  le phénomène  subconscient lui-même qui n’exige aucunement d’avoir  à apprendre l’astrologie puisque  notre captation de certains signaux cosmiques convenus dans un passéי trטs lointain par certaines sociétés humaines,  serait un bagage dont  nous disposerions génétiquement  et d’autre part  l’Astrologie érudite, qui s’apprend dans les livres et les écoles d’astrologie, ce qui  tient au champ de la Surconscience et ne concerne que des communautés restreintes.

Deux approches s’opposent, celle qui cherche א couvrir un temps court mais sur un champ très large et celle qui  entend rendre compte d’un champ יétroit mais sur la longue durée.  On est là en face de deux cultures    : celle des gens qui lisent le journal (papier ou en ligne), lisent des romans sans trop se soucier de leur date de parution,  et qui sont au courant de tout ce qui se passe dans le monde,  en un instant T et celle des gens qui ont une solide culture historique qui leur permet de couvrir plusieurs décennies voire plusieurs siècles. Il y  a bien là un clivage socioculturel  difficile א  résorber car celui qui appartient à un groupe   perdrait son bagage en adhיrant aux valeurs de l’autre groupe.  Nous avons dיjא traitי de l’Astrologie du Temps, il nous revient א prיsent  de traiter de l’Astrologie de l’Espace posée sur  un fragment de temps, le thטme natal ou le thטme horaire, qui se rיduit en fait, sur le plan cosmique, à un «    clin d’œil    ». L’astrologue dit sérieux exige  des données très précises mais en même temps qui  confטrent au temps la portion congrue.  L’astrologie du temps, à l’inverse,  couvre un champ chronologique très  long mais  ne se focalise que sur un processus bien dיfini, nullement  supposéי rendre compte de tout ce qui se passe  ni de faire appel à tout ce que recèle le cosmos. Deux tempéraments  d’astrologues bien différents, on en conviendra                          !

En outre, si l’astrologie du temps  exige un visuel trטs simple, trטs יpurי et א la portיe de tout citoyen, sans intermédiaire,  l’astrologie de l’espace, en revanche,  est beaucoup plus foisonnante,  touffue et  se prיsente comme une sorte de labyrinthe dont l’astrologue aurait le fil d’Ariane. Une telle astrologie «      globale     »  se rapprocherait  singulièrement des mancies, des  techniques divinatoires et  ferait quelque part יcran entre  l’individu et le monde du fait de cet objet qu’est le «     thème      ».

On sait l’importance que nous accordons au fait de voir et au refus de voir. Celui qui nie devient derechef « non voyant ».  Comme on dit  qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Ce n’est pas tant qu’on ne peut voir mais bien plutôt qu’on ne veut  plus voir. Ce sont des lunettes qui ne servent pas tant à mieux voir qu’à voir autre chose qui n’a rien à voir. Il est aiséי de dire que l’on ne peut voir ce que l’on ne veut pas voir car on laisse à autrui la charge de la preuve. Que l’on me prouve que telle chose existe puisque j’en nie l’existence ! Cela nous fait penser א un criminel qui sait parfaitement qu’il a tuéי mais qui met au défi la justice de le prouver. On sait à quel point un tel déni-défi  alimente les intrigues policières et marque les mentalités !

A celui qui ne voit pas ou qui ne veut pas voir, il ne reste plus qu’א  recourir à toutes sortes de techniques qui toutes passent par une forme de tirage au sort. Il semble que l’on se dirige vers une société  o ù! le rôle de chacun ferait l’objet d’une grande loterie, laissant au hasard le soin de décider de notre être au monde ! Or, l’on sait que les mancies  passent nécessairement par le  mode  tirage. Ceux qui ne sont pas des « voyants » auront recours à quelque expédient.

 

Le problème du choix

La divination  nous apparaît comme une aide à la décision et c’est en cela qu’elle s’inscrit dans nos problématiques d’יélection. On va chez le «      devin      » – quel que soit le nom qu’on lui donne ou qu’il se donne-  quand on ne parvient pas à se dיterminer. En fait on attend qu’il décide à notre place ou plutפt qu’une instance  dont il est censéיetre le «     canal     »  le fasse.

 

Pensik  81

 

Or,  l’on sait א quel point la question de l’יélection est importante au regard de la théologie vétérotestamentaire. Mais n’est-ce point-lא ce qui correspond à un stade ultérieur  ? Mais tout dépend de l’idée que l’on se fait de Dieu et c’est pourquoi il nous semble plus sage de lui donner un nom propre et non de le dיsigner par un nom commun tout comme Adam désigne un certain être et non pas un homme parmi d’autres. Ce dieu que les Hébreux se donnèrent ne saurait être «      le    » dieu universel et donc unique mais plutפt un «      fils de dieu    » selon la formule du psaume 89                :

 

 

7 Car qui, au-dessus des nuages, rivalise avec Yahvéי sera semblable à Yahvéיparmi les fils des dieux (benיy Elim)?

 Il  y aura eu r évolution dans l’idée de Dieu, en Dieu. Nous avons vu que le peuple hébreu –yéhoudien  est l’épouse que Yahvéי  s’est choisie, entre toutes. Comme le dit le Deutéronome (IV,  34)                : «      Et quelle divinitéי entreprit jamais d’aller se chercher un peuple   parmi d’autres peuples   ?        ».

A l’inverse, le «  peuple   » chrétien aura fait son propre choix au regard de son dieu et en ce sens, il n’a pas le même rapport avec lui, il s’adresse א la dimension féminine de Dieu alors que le peuple Juif (yéhoudien) s’adresse à sa dimension masculine. On se convertit au christianisme, on naît juif, on n’a pas le choix et on a vu avec la Shoah combien il s’agit là d’un destin collectif qui transcende la démarche personnelle. Les Juifs  bénissent  leur dieu, le remercient  donc se (sou)mettent à sa merci – notion que l’on retrouve dans l’idée même d’Islam- notamment lors du Kidoush, en rapport avec le vin et le pain, ce qui aura donnéי chez les Chrétiens le sang et le corps de Jésus. Il reste que l’eucharistie, signifie merci en grec alors que la prière chrétienne est avant tout une demande, un attente, pour l’avenir, la prière juive  est une louange pour ce qu’on  a déjà reçu.

Vont en fait cohabiter  l’ancien et le nouveau régime. La femme qui incarnerait l’ancien et l’homme le nouveau. Et cette femme, disions-nous, n’est pas א l’aise par rapport  à la question du choix, des limites.

Face à l’astrologie, les femmes  révéleront leur «   nature     » en refusant  absolument de choisir parmi toutes les planטtes celle qui devra mener la danse. Elles insistent au contraire pour que toutes aient un rôle,      pour qu’il n’y ait pas de jaloux     !

Mais en même temps, les femmes se rendent bien compte qu’il y a des décisions (alea jacta est) à prendre et que l’on ne peut reporter indéfiniment. Il faut donc que l’on s’en charge  à leur place et c’est pourquoi elles s’adressent à des «       voyants       » de tous acabits qui devront, en quelque sorte, leur forcer la main.

 

Divination et  psychanalyse

Avec l’essor de la psychanalyse et plus largement des méthodes permettant de pénétrer dans le psychisme de la personne, la divination est devenue une psychanalyse du pauvre, de celui qui est presséי, qui n’a pas le temps. Dans les salons du bien être cohabitent d’ailleurs les deux courants     : l’un axéי sur une véritable יécoute du «       patient    » et l’autre qui recourt א des modes de tirage souvent א base de jeux de cartes (-de plus en plus divers). Dans un cas, le thérapeute est supposéי ne pas projeter un schéma sur son patient, et attendre que le patient se révèle à lui-mךme, en une sorte de maïeutique alors que dans l’autre cas, le «                          devin    »  est celui qui parle, qui dit ce qu’il en est. Mais son client ne sait plus trטs bien quelle est la part de la suggestion, de la construction. En  tout יétat de cause,  le thérapeute  pratiquera une יécoute «    flottante    «  , propre à l’יétat autiste, יévitant de se laisser par trop e – et ne parlons pas de la complexitéי du «                          thème    astral     envahir par son patient.

  Ce tirage » – exige en tout état de cause de la part de l’homme de l’art d’opérer un tri, de donner forme au «  message       », sans prétendre pouvoir יpuiser tout le contenu du dit tirage (le sort, c’est ce qui sort d’une loterie)

Il importe que le thérapeute soit conscient de sa mission mais aussi de ses limitations. Il a vocation à intégrer l’outil dont il dispose au sein d’un milieu, d’un contexte donné et à l’instar d’un immigréי, il aura une cote mal taillée.  L’outil sera compl étéי, prolongéי par toutes sortes de paramètres propres au terrain d’application et ne pourra dès lors plus être appréhendé isolément. Mme si l’outil est défectueux, le praticien sera en mesure d’en faire usage.  A contrario, le théoricien יélabore un outil qui doit être perçu en tant que tel, par -delà toute considération particulière liée tant à un praticien donnéי qu’à un terrain donné à l’instar d’un artisan dont les objets peuvent servir aux emplois les plus variés voire mémé non prיvus au dיpart. Or, l’on observe une résistance de la part du praticien quand son outil de travail est redésignéי, redéfini, ce qui le conduit à faire obstacle à l’amélioration du dit outil. Pour le théoricien, ce qui compte c’est de faire יévoluer l’outil diachroniquement alors que pour le praticien, l’enjeu englobe tout un environnement, un arsenal de services (synchronie)

Il reste que dans bien des cas,  le praticien n’assume pas son rפle de structurant et affirmera qu’il n’a fait que faire apparaître ce qui existait א la faחon du sculpteur qui  prיtendrait que son œuvre יtait dיjא prיsente dans le bloc de marbre. Il serait bien préférable que le praticien reconnaisse- dans une dיmarche «    antithétique                » qu’il a mis de l’ordre, qu’il a fait des choix parce que cela lui a יtי demandéי, que son client s’est en quelque sorte livré à  sa fantaisie à la faחon dont procèdent  un coiffeur (cf.  Michel Messu, Un ethnologue chez le coiffeur, Paris, Fayard,, 2013) ou un couturier lesquels doivent couper les cheveux, découper les tissus. Ce qu’il propose n’est pas censéי etre «    vrai    » mais simplement vraisemblable, sa projection ne provoquant pas de rejet. 

Or, force est de constater que le discours généralement tenu par l’astrologue ne rend pas sérieusement compte  (cf. le narratif,  l’accounting de Harold Garfinkel) de ce qui est en jeu et prend à témoin le client de la véracitéי de son propos alors que le dit client attend que l’on détermine  à sa place de ce qu’il doit en être. De même, l’astrologue quand  il traite de l’origine de son savoir, sera tentéי de parler d’un ‘   constat     »  au lieu de faire accepter l’idée selon laquelle les sociétés antiques auraient construit des structures non pas en accord avec la Nature mais censיes se substituer à elles, pour instaurer un ordre que la Nature, de par son foisonnement mémé -mémé si l’analyse de tel ou tel segment peut donner une impression, une illusion de cohérence- n’est pas en mesure de garantir.

 

L’on peut tout à fait concevoir que notre modèle cyclique puisse sous tendre une thérapie, une «   analyse      » dès lors qu’il propose une nouvelle idée de la «   norme       », ce que fit Freud  en déclarant que le «    complexe d »**oedipe   »יétait   un stade qui se présentait à chacun mais que chacun devait résoudre – plus ou moins bien- à sa manière tout comme chacun doit  apprendre א son corps à intégrer la langue de son milieu de naissance. L’erreur des astrologues prônant un lien avec la psychanalyse (cf. André Barbault ,  De la psychanalyse _à l’astrologie, Paris, Seuil, 1961) auraitי de croire que le thème natal permettait de déterminer l’impact au niveau individuel des tensions alors que c’יétait le cycle et non le thème qui devait servir de fondement à une pratique astro-)psychanalytique, ) l’instar du Complexe d’œdipe.  La science n’est pas la recherche du détail, de la précision mais la prise en compte des convergences les plus patentes, les plus ‘      en vue    », par- delà justement les cas particuliers. Bien יévidemment, le patient, quant א lui,  voit les choses par le petit bout de lorgnette. Si au niveau des grilles de lecture, les approches diffèrent, en revanche, les phénomènes étudiés restent fondamentalement les mךmes d’une discipline à l’autre א moins qu’une discipline confonde l’objet d’étude et la grille qui lui est appliquée.

Au thérapeute , se référant au cycle planétaire que nous avons circonscrit, d’aborder avec chaque patient les יéchéances qui se succèdent tout au long de son existence et de voir comment, dans chaque cas, cela aura  «été vécu et géréי par le dit patient. L’astrologie selon nous est en mesure de déterminer les questions, les enjeux qui se  prיsentent, non les réponses, qui elles restent nécessairement aléatoires et individuelles.. C’est ainsi que nous aurons revisitéי les notions de crise tant au regard du freudisme que du marxisme en apportant une dimension de temps qui leur manquait cruellement pour satisfaire à une certaine exigence scientifique.

Selon nous, l’astrologie est marquée par le fait que ceux qui s’y intיressent ont un problèmeטme avec leur identité, leur appartenance sexuelle, ce qui les conduit à rechercher un espace, un milieu où la question sera plus ou moins évacuée. C’est en tout cas ainsi que nous diagnostiquons   un certain nombre de dysfonctionnements structurels, comme la disparition du clivage entre les luminaires qui sont des facteurs masculins et les planètes qui sont des facteurs féminins.  Pour la plupart des astrologues,  on confטre le nom de «                          planטtes     » aussi bien aux planטtes proprement dites qu’aux deux luminaires et cela ne date pas d’hier puisque déjà dans la Tétrabible (Iie siècle de notre טère), l’on intègre au sein d’un seul et même dispositif – celui des domiciles- ces deux groupes,  qui seront  généralement désignés sous le nom de «  septénaire    », ce qui sera entérinéי par le nom des jours de la semaine.

A un certain stade  Saturne aura basculéי du statut d’astre féminin à celui d’astre masculin, ce qui a laisséי des traces dans la mythologie où ce dieu est placé à à part des autres, en tant que père de  Jupiter ayant tentéי d’avaler sa progéniture et restant donc le seul en lice.

 IL   nous semble assez évident que les maitrises planétaires, telles qu’elles furent élaborées au départ, devaient  tout de même observer une certaine cohèrence structurelle laquelle se sera altérée au fil des age tant et si bien qu’un Ptolémée, si tant est que ce soit lui, transmet sans rien y comprendre ou chercher à y comprendre grand chose. Il serait naif, en effet, de prendre les textes ancien qui nous sont parvenus (cf le Project Hindsight de Robert Hand) comme  étant ceux qui avaient été élaborés au départ, ce sont souvent des formes dégénérées qu’il nous faut rétablir et restaurer, à commencer par le chapitre de la Tétrabible consacré aux rapports planètes signes. A ce propos, rappelons le traité d’Abraham Ibn Ezra (XIIe siècle) « le livres des raisons » (cf notre traduction, Retz 1977) et son chapitre II commentant le chapitre correspondant de son premier traité, Le Commencement de la Sapience (pp 238 et seq) « J’ai déjà cherché, écrit-il, dans les oeuvres des astrologues la raison des domiciles et je n’ai rien trouvé de correct si ce n’est qu’ils disent « Ainsi veut l’expérience le résultat auquel nous sommes arrivés (..) Hénoch dit que le Cancer est le signe du monde, c’est à dire qu’il culminait quand celui-ci fut créé » Ce qui nous renvoie à l’idée de « thema mundi » (cf R. Gleadow sur les exaltations, in Les origines du zodiaque, trad. de l’anglais, Paris, Stock, 1971; pp. 251 et seq)
Selon nous, la meilleure approche est celle consistant à restituer une vraisemblance astronomique minimale, si l’on admet justement qu’un tel dispositif émane du milieu astronomique lequel ne saurait se confondre avec le milieu astrologique, même si à certaines époques, des confusions auront pu se produire. On admettra que l’on aura respecté a minima le phénomène des élongations évoqué plus haut mais alors comment expliquer que l’on puisse dans l’exposé des domiciles du Tétrabible (cf W .J Tucker, L’ astrologie de Ptolémée, commentaire du Tetrabiblos de Ptolémée, trad. de l’anglais, Paris, Payot, 1981 pp 73 et seq) avoir Mercure à la fois en gémeaux et en vierge, alors que le soleil est domicilié en lion, ce qui va pour Mercure en Vierge mais non en Gémeaux, car alors il serait trop éloigné du Soleil? De même Vénus ne peut elle avoir domicile en Taureau car la planète serait trop éloignée du dit soleil en Lion. La clef du problème tient au fait que l’on a affaire à deux référentiels et non à un seul à savoir qu’aux luminaires en cancer et en lion, il faut joindre les luminaires en bélier et taureau. Pourquoi cette autre position des luminaires ne figure pas dans le tableau du Tetrabiblos? Réponse:parce qu’on les en a ôtés. Question: et pourquoi? Réponse: pour faire de la place à Saturne! Bien pis, dans la Tétrabible, Ptolémée s’essaie vainement à justifier logiquement le dispositif des exaltations au point que l’astronome en lui est prêt à valider une opposition entre Mercure (en vierge) et Vénus -en poisssons), ce qui est parfaitement inconcevable.  A l’instar d’Abraham Ibn Ezra dont nous avons publié en 1977 le diptyque  Commencement de Sapience- Livre des Fondements, nous avons affaire à un commentateur qui nous délire de explications boiteuses pour une tradition qu’il n’aura fait que réceptionner sans oser la restaurer. Il lui aura manqué un certain esprit critique ! Il n’était pas capable de reconnaître que le dispositif dit des domiciles incluait également celui des exaltations et qu’il ne pouvait fonctionner qu’à partir d’une double base équinoxiale et solsticiale, ce qui correspond d’ailleurs, on le verra aux deux temps  de toute cyclicité.(cf infra),
En effet, si l’on enlève Saturne, on peut réintégrer une autre position des luminaires et alors Mercure en Gémeaux et Vénus en Poissons respectent les distances à condition toutefois, comme on l’a signalé plus haut, de placer la Lune en bélier et le soleil en taureau, ce qui s’inscrit dans le tétramorphe des signes « fixes » avec le lion. On obtient ainsi le dispositif suivant:Or, dans le dispositif que nous proposons,  Mars (prenant la place de Saturne) occupe le scorpion et le verseau à l’opposé des positions du Soleil, complétant ainsi le tétramorphe : nous avons deux sénaires eux même divisés par moitié et on notera que cette division renvoie au cycle de Jupiter. (12/4) d’une part Lune Soleil Mercure, de  l’autre Vénus, Mars, Jupiter ; ce qui donne pour les deux « ternaires » d’en haut, enchainés à partir du bélier jusqu’à la vierge : Lune-Soleil-Mercure-Lune-Soleil-Mercure   et pour les deux ternaires d’en bas  à partir de la balance jusqu’aux poissons Vénus Mars Jupiter et Jupiter-Mars Vénus

soit pour chaque planète deux signes de genre différent  pair/impair):

Lune :  bélier cancer

Soleil ;  taureau-lion

Mercure   Vierge  gémeaux

Vénus   Balance – poissons

Mars  Scorpion -verseau

Jupiter  Sagittaire Capricorne

Deux ternaires donc Lune soleil Mercure et Vénus-Mars Jupiter  alors que pour J. P  Nicola, on adopte comme ternaire  (RET) : Soleil-Mercure Vénus, puis Mars-Jupiter  Saturne puis Uranus Neptune Pluton. Il est vrai que Nicola n’a pas travaillé la question des domiciles planétaires. On notera que la proximité de Mercure d’avec le Soleil le distinguait de Vénus en termes de visibilité.

 

Soit un double sénaire en rapport avec le duodénaire zodiacal CQFD. L’ajout de Saturne aura conduit à déstructurer complément le système et le décrocher de la réalité astronomique à laquelle Ptolémée substitue une logique symétrique factice du dédoublement des domiciles autour de l’axe Cancer-Lion

Autrement dit, le dispositif dit des domiciles du Tétrabible est en réalité un double dispositif des domiciles et des exaltations avec un référentiel solsticial pour les uns et équinoxial pour les autres . Mais attention, que les astrologues ne se précipitent pas pour « vérifier » par la pratique un tel dispositif restitué car comme on l’a dit, il ne s’agit là que d’une « récréation » d’astronomes.

Reste la question de Saturne. Notons que Saturne est le seul dieu- planéte qui n’appartient pas à l’Olympe. Il a du exister une tradition qui mettait cet astre à part et d’ailleurs de nos jours, les astronomes placent une frontière entre Jupiter et Saturne quant à leurs fonctions respectives au sein du système solaire. Au fond Saturne ouvrirait au monde « transjupitérien » avec Uranus, Neptune etc. et il faudrait renoncer à la formule » transsaturnien » car Saturne est déjà dans un autre champ.. A propos d’exemples de tentatives de faire correspondre le premier groupe au 7 au lieu du 6, nous renvoyons au Sefer Yetsira ou Livre de la Création où le classement des 22 lettres en trois groupes : 4 plus 6 plus 12 a laissé la place à 3 plus 7 ¨plus 12 (cf Clefs pour l’astrologie, 1976 p. 191) et ce aux dépends de la réalité grammaticale puisqu’en hébreu, il n’y a que six lettres qui ont une double prononciation (en abrégé : bagadkaphat) Même si tout cela n’aura jamais été qu’une mise en ordre esthétique d’un certain métalangage, un enseignement doit en être retenu, à savoir que Jupiter aura  été  perçu, quel que soit le nom  qu’on aura pu lui affecter, à telle ou telle époque, comme le point ultime. Paradoxalement – puisque la mythologie présente les choses à l’envers – Saturne aura détrôné Jupiter et non l’inverse ! L’astrologie explorée par Gauquelin est d’une autre nature:elle ne tient pas compte des révolutions planétaires inégales entre elles sur l’écliptique, chaque planète traversant la journée au même pas, dans le cadre du mouvement diurne. Depuis peu, l’on nous explique (cf Nathalie Mayer. « Comment Jupiter et Saturne ont chamboulé le système solaire » https://fr.news.yahoo.com/jupiter-saturne-chamboul%C3%A9-syst%C3%A8me-solaire-161503506.html)  qu’il existe  « une relation inattendue  entre Jupiter — qui a migré vers l’intérieur du Système solaire — et Saturne — qui a migré vers l’extérieur du Système solaire. » et l’on sait que notre système aura connu des changements significatifs dans son histoire. (…) L’architecture actuelle du Système solaire apparaît singulière. Mais selon de nouveaux travaux, elle l’était moins par le passé. Saturne et Jupiter, notamment, n’occupaient alors pas la même position qu’aujourd’hui » On peut penser que les travaux de Gauquelin correspondent à une époque antérieure à celle qui correspond à nos propres recherches, d’où  la différence concernant le statut de Saturne. En ce sens, la mythologie nous raconterait comment  la planète Saturne  aurait  fini par être exclue du système mis en place par la suite lors du réaménagement de la Terre et de son « ciel ».  Gauquelin   aura  mis en évidence un type d’astrologie que nous avons explicitée  (cf La pensée astrologique, in Histoire de l’astrologie, Paris, Artefact 1986) et qui fonctionne de façon assez primaire de l’ordre de la chronobiologie,  ce qui renvoie  aux castes et à la triade décrite par Dumézil, sur la seule base du mouvement diurne (24h)  alors que celle que nous avons présentée s’articule sur la révolution de Jupiter de 12  ans  dans le Zodiaque et traite de la gouvernance au plus haut niveau. Entre ces deux stades, des changements majeurs pour notre Humanité seront intervenus, conduisant à se centrer sur le trio Soleil-Jupiter- firmament (ciel étoilé). L’une dépend de la rotation de la Terre alors que l’autre  s’articule  sur l’écliptique/zodiaque.

Quant au  refus de la dualitéי masculin- féminin, il est manifeste non seulement dans le refus de  reconnaître ces deux catégories d’astres mais aussi dans le refus d’admettre que tout cycle passe par deux temps, l’un masculin, l’autre féminin, puisque les astrologues préfèrent subdiviser le cours d’un astre non pas en deux temps mais en douze (signes ou maisons) Mais rappelons que le référentiel zodiacal n’aura  longtemps  יtי qu’une annexe pour la pensée astrologique laquelle dèfinissait le signe non par son symbole mais par la planète, l’ֹélément qui lui ètait attribuè. C’est ainsi que pour Albumasar, le signe où se situait une conjonction יétait immédiatement traduit en ֹélément. Ainsi, aucun signe n’יtait seul de son espèce, puisque il partageait une planète  avec un autre signe et un ֹélément avec deux autres signes.

Comme nous l’avons exposי א plusieurs reprises, une communautéי se constitue  autour d’une certaine population ayant un certain profil sans rapport יvident avec l’objet  justifiant la formation et l’existence du dit groupe. En l’occurrence, donc le milieu astrologique attirerait une certaine population ayant des problèmeטmes avec la question du genre, percevant plus ou moins consciemment que cette question  est carrément occultée. Par ailleurs, force aussi de constater que sévit dans ce milieu un certain anti humanisme tendant  à minimiser la capacitéי créatrice des sociétés humaines et par conséquent à présenter le phénomène astrologique non pas comme l’œuvre créatrice des dites sociétés comme une simple description de structures déjà établies dans le cosmos ou qui sont communes à l’humanitéי et au cosmos, ce qui au fond revient au mémé, à ce stade.  En fait, il  y a un humanisme de la modernitéי qui se persuade que notre יépoque est en mesure de se reprogrammer et un humanisme  à l’יéchelle de l’Histoire selon lequel  nous dépendons d’une programmation très ancienne due à des époques יéloignées.

Une grande partie de la présente Humanitéי partage un credo qui est celui de la techno science    : avec d’une part, une grande confiance dans la machine et de l’autre dans la «   Nature    »et יéventuellement en ce Dieu censי avoir crée le monde (aux dires du chapitre premier de la Genèse) Nous avons pu noter les rיactions des astrologues quand en 1986 (cf.  La Pensée Astrologique in L’ֹEtrange Histoire de l’Astrologie op. Cit) nous avions laisséי entendre que l’astrologie aurait pu être une création des sociétés humaines rיaménageant leurs représentations selon leurs connaissances et leurs besoins. Selon ces mךmes astrologues, mon propos allait contribuer à saper,  miner les fondements mémés de l’astrologie       car si celle-ci  n’était plus qu’un fait social, quelle valeur pourrait-on bien lui accorder      ? Il transparaissait ainsi une sorte d’anti-humanisme viscéral et par ailleurs, si jamais l’on laissait entendre que les dieux יétaient des créations des hommes, cela devait ipso facto signifier que les dieux n’existaient pas, toujours au nom d’un tel anti-humanisme qui interdisait aux hommes de pouvoir revendiquer un  quelconque pouvoir créateur et il faut saluer en Jung le promoteur d’une réhabilitation de l’humain. étrangement, un courant astrologique important a pris le nom d’Astrologie humaniste (ֹécole de Dane Rudhyar)

 

 

La divination comme façon d’יéchapper à ses tocs

On peut raisonnablement penser que certaines pratiques n’auront survécu  que du fait de leur  instrumentalisation par des populations ayant un profil particulier,  sans rapport avec la vocation première  de l’outil.   Une telle survie  dans le temps fait pendant א des extensions indues de certains modèles.

Les personnes  ayant un toc liéי au relationnel, à la rencontre avec autrui,  cherchent  consciemment ou subconsciemment  des espaces qui n’activeront pas leur toc. Autrement dit, on peut etre attiréי par une absence et non par une présence. Vivre dans  un monde d’où la cause d’une phobie est יéiminée peut être  un facteur d’attraction en creux. Or, nous avons observéי que l’astrologie  יétait susceptible  de contourner certains problèmes, à commencer par le rapport des hommes et des femmes en les formulant d’une façon très יédulcorée et inoffensive au regard du toc,  ne risquant guטre d’activer le dit toc. 

Plus largement,  les praticiens de l’astrologie, de la voyance mais aussi d’autres « sciences     » qui  associent le psychisme au corporel (ex. la kinésiologie), יévitent au patient – du fait d’une approche aseptisée- de raviver des traumatismes relationnels liיs א des échanges trop directs et pénibles avec  l’entourage.  Le fait pour le patient de ne pas avoir à parler  lui יévitera d’avoir א craindre d’être sanctionnéי pour ses propos comme cela aura pu être le cas dans son histoire passée.  Dès lors que le praticien ne parle pas en son nom propre mais ne se présente que comme un canal ou comme dépositaire d’un savoir  traditionnel qui le dיpasse en tant que personne  peut aussi faire privilégier ce type de rapport. (cf. notre ouvrage L’astrologue face à son client. Les ficelles du m étier. Ed La Grande conjonction-1995)

On peut ainsi parler de thérapies du «     langage corporel   », qui suivent peu ou prou le même protocole   : le patient fournit une information très brève laquelle suffit א enclencher tout un discours chez le praticien   : on tire une carte, on donne sa carte d’identitéיà l’astrologue, au numérologue), on tend son bras (au kinésiologue), on se fait prendre le pouls etc. Le patient est mutique, le praticien volubile. Mais ce praticien sera donc beaucoup plus יmetteur que récepteur, la réception יtant réduite à la portion congrue. Inversement, dans le cas des thérapies «    verbales  », c’est le patient qui s’יépanche longuement et le praticien qui n’intervient que ponctuellement. Dans ce cas, on attend du praticien une «écoute  » suivie d’interventions, de questions assez lapidaires, censיes relancer le flux de paroles. Opposition entre le verbal et le non –verbal , ce dernier יtant notre toute première expérience cognitive, antérieure à l’apprentissage d’un langage commun.

Les personnes attirées par de telles pratiques «  mutiques  », c’est-à-dire qui ne passent pas par la parole du patient mais par celle du praticien qui s’y substitue, sont probablement marquées par une certaine difficulté à parler d’elles-mêmes, à se raconter à un niveau personnel. Elles délèguent ce rôle au praticien lequel aura pour

tache de faire parler le corps, par tous les moyens possibles et imaginables    : יétude de la main, du visage, palpation musculaire, recours au pendule, au tirage de cartes (c’est la main qui choisit), thטme natal, sur la base des données fournies par  l’יétat civil, numérologie, à  partir de la carte d’identitéי sans oublier la voyance «    directe  », la médiumnitéי, la géobiologie, la radiesthésie etc. Dans bien des cas, donc, le consultant/patient verra sa parole réduite à  la portion congrue, au strict minimum. En ce sens, les )personnes qui ont tendance à beaucoup s’יépancher sur leur vécu se sentiront assez peu attirées par de tels procédés et préféreront passer par des thérapies impliquant une participation sensiblement plus active du patient et inversement c’est le praticien qui verra son expression limitée à  des formules lapidaires, ce qui donne lieu à un clivage majeure au sein de la galaxie des métiers du «  Bien être   » selon que la parole est dévolue au praticien ou au patient.

En fait, la vraie parole devrait être  réservée au maître, celui qui «dit   » – comme Elohim  dans le premier chapitre de la Genèse               »:Vayomer  » Il a  dit que la Lumière soit etc Les autres n’ont droit à la parole que pour répéter ce  qui a  יétéי dit par le Maître/  en יévitant  de passer par l’יécrit, du moins dans  le monde  juif censéי être hostile à  tout recours à  quelque support matériel, c’est à dire non  humain, non organique.-Se pose la question de la formation des praticiens dans le cadre d’une thérapie, la demande de certains services יtant  symptomatique d’une certaine pathologie.

 

La mancie comme outil  impersonnel

Ceux qui s’intéressent aux mancies ont souvent des problèmes psychologiques et cela vaut d’ailleurs pour la plupart de ceux qui s’intיressent aux enseignements psychologiques en général. Comment justifier que ces personnes puissent prétendre par ailleurs pouvoir aider autrui en ouvrant un cabinet  ?

Cette contradiction est résolue,  nous semble-t-il – par la notion d’outil,  nom sous lequel ces diverses techniques sont volontiers présentées.   Cet outil ayant sa propre fonctionnalitéי, ne dépendrait pas de celui qui en fait usage et qui ne prétend à rien d’autre que d’ךêtre un technicien appliquant rigoureusement une recette, un mode d’emploi d’un outil qu’on lui aura fourni ou en tout cas dessin, répondant à la demandeי.

Inversement,  dans bien des cas, le patient n’est pas censéי fournir des données subjectives quant à  son ressenti mais on lui demande se cantonner à des données objectives  telles que sa date de naissance (tant pour l’astrologue que pour le numérologue lequel considère aussi le nom de la personne (onomancie). Mais il existe aussi toutes sortes d’appareils permettant de ne pas avoir  à interroger le patient et c’est déjà le cas, de longue date, pour la prise de pouls, laquelle fait partie intégrante de la routine professionnelle du médecin

 

Le temps de la voyance directe

Nous avons soulignéי la nécessitéי de situer la religion au sein de ce que l’on peut appeler le monde des esprits, dans le cadre du stade anthropocentrique.  Selon nous,  l’idée d’un dieu unique en son genre est irrecevable. Or, l’on assiste bel et bien א un refus d’inscrire le ‘Dieu   » des Hébreux dans une catégorie pouvant comporter un certain nombre de membres, d’יéléments, d’où cette tentation/tentative, d’en faire une entitéי originelle, antérieure à toute « création       ». Or, même les scientifiques semblent de nos jours vouloir réfuter l’idée de quelque forme de création «  ex nihilo  ». Par ailleurs, le fait de parler de quelque forme de vie après la mort, à  commencer par les idées de paradis, d’enfer ou de purgatoire, semblent bien souligner que le monde des dieux pourrait bien être celui des ombres. Quant à la croyance au Karma, elle met en יévidence l’existence d’un יétat antérieur à la naissance et programméי dès avant celle-ci.(cf. chez Platon, le mythe d’Er). On parle plus  volontiers de spiritualitéי que d’esprits  et de spiritisme mais finalement, l’on se situe bien, en tout יétat de cause,  dans un «       autre monde  », un «   au-delà  ».

La communication entre le monde des humains et le monde des esprits passe par des médiums, qui constituent une interface.

La consultation de ces « voyants » est souvent le fait de personnes qui souhaitent connaître leur avenir, étant entendu que dans l’Autre Monde, le dit avenir des humains  pourrait être appréhendé, dévoiléי. C’est d’ailleurs un tel apport qui aurait étéי au cœur de l’alliance en question, ce qui se manifeste notamment par le biais des prophètes (nabis)

Encore de nos jours, il existe de tels voyants qui ne recourent à aucun support. Mais face à cette voyance « pure » sont apparues ce qu’on peut appeler des voyances « du pauvre », recourant à des supports et ne puisant pas dans le champ de la Subconscience, qui s’apprennent.

 Nous dirons que la voyance sans support relève de la Troisième Création et que la divination articulée sur notamment un tirage de cartes tient  de la Troisième Création.  Dans un cas,  le praticien se contente des moyens , des pouvoirs, des dons, dont il dispose par lui-même alors que dans l’autre, il se sert d’un langage forgéי par lui-même – d’où la profusion  des variantes-  ou par d’autres, ce qui  présente l’avantage d’une certaine lisibilitéי pour le client  lequel peut suivre le cours de la consultation.

 

 C’est tout le domaine des mancies (cf.  notre ouvrage, Mathématiques Divinatoires, Paris, G. Trédaniel- La Grande  conjonction- 1983) avec notamment le tarot,  la géomancie, le I Ching, l’astromancie. Dans cet ouvrage, nous avions montréי que le dessin des arcanes majeurs totalisant 22  יétait comparable   : arcane 13 et arcane 9, arcane 7 et arcane 15  et ainsi de suite).

 

L’יémergence  des supports

Le mot support est souvent employéי dans le monde de la voyance  . Mais  on peut comprendre le terme de deux façons différentes. Soit ce support permet au praticien de trouver une certaine inspiration  ou bien cela lui permet carrément d’étayer ce qu’il a  à  dire en s’aidant du dit support pour ce faire. Tout l’art du praticien consiste alors à articuler son propre ressenti sur les éléments contenus dans le dit support   visible  pour son  client -(tirage de cartes,  thème natal ou horaire etc.).  Le support sert alors au praticien à   étayer un propos qu’il ne peut assumer pleinement  à titre personnel du fait même que son «consultant » a fait le choix prיcisיment d’une consultation recourant    à un tel support, ce qui est en soi riche d’enseignement sur  la qualité  de son rapport à  autrui  et en plus le plus souvent c’est le client qui actionnera le dit tirage (cf. l’astrologue face à son client. Les ficelles du mיtier, Ed La Grande conjonction- 1995) On peut d’ailleurs se demander si des expressions telles que  «  venir à l’esprit  », «  avoir אà l’esprit, « présence d’esprit   » etc.   ne sous-entendent  pas une certaine forme de médiumnitéי passant par la communication avec les «esprits  ». On dira de quelqu’un qu’il  aura יété  bien ou mal inspiréי.

L’histoire de la divination est riche en toutes sortes de supports comme l’hépatoscopie, ou examen du foie d’un animal mais nous nous intéresserons ici  avant tout  à  des systèmes comme le tarot qui ont largement cours dans le milieu des voyants et des astrologues.

 

La méthode consiste à  établir un certain nombre de figures et de  fournir  l’interprétation du « tirage » par avance. Il n’est donc pas demandéי de la part du praticien de bénéficier de « dons »_ ce qui nous renverrait à la Subconscience.  Il suffit d’apprendre la signification des cartes (la cartomancie étant antérieure au tarot, lequel s’est dotéי de 22 arcanes supérieurs, outre les cartes du jeu de cartes ordinaires (arcanes infיrieurs) si ce n’est qu’il y a en sus du roi, de la reine et du  valet, le chevalier. L’on établit ainsi un  langage commun  entre le praticien  et  ses  «   guides    ».

L’histoire du tarot remonte à la fin du XVe siècle en Italie mais emprunte à des Livres d’Heures-sortes d’almanachs. Il semble toutefois que ce jeu de cartes ne revêtit une dimension divinatoire qu’au cours du XVIIIe siècle (cf. nos Recherches sur l’Histoire du tarot et de l’astrologie, Ed Trédaniel, 1993)

Selon nous, avec le Tarot, on bascule de la Subconscience א la Surconscience. On ne fait plus appel aux « pouvoirs » ce qui est du domaine de Jupiter mais aux « savoirs » lesquels relטvent de celui de Saturne, on apprend le tarot ou l’astrologie, on naמt « voyant » ou on prend conscience de ses dons Notons que  les pouvoirs se transmettent héréditairement- les voyants  se réfèrent volontiers  à leur famille-  alors que les savoirs s’acquièrent dans le cadre d’un enseignement, comme c’est le cas pour l’astrologie ou le tarot, même si ces savoirs peuvent servir de «   support   » pour le «                médium.  Ce qui nous renvoie au débat  autour d’un judaïsme du savoir qui serait transmissible  aux non Juifs  et du pouvoir qui passerait par la descendance, l’origine  Mais selon nous,  être juif ne se montre pas mais se  démontre.

  En ce sens,  le monde de la voyance  est plus en résonance avec nos approches écologiques et théologiques (au sens de la Nouvelle Alliance, Encore conviendrait-il de distinguer entre  le savoir propre aux sciences dures et celui dévolu par les traditions livresques, ce qui fait toute l’ambiguïté de l’astrologie, écartelée  entre les sirטnes de l’astronomie avec  notamment ses  nouvelles découvertes au sein du système solaire, depuis Galilée (Uranus, Ceres, Neptune, Pluton etc.) et  les pesanteurs de sa tradition millénaire. Le cas de notre système solaire est assez particulier car il se trouve à l’intersection entre la première et la deuxième créations   en ce qu’il aura, selon nous, été l’objet d’un réaménagement  par le «  Deus Faber  », ce qui fait que cet ensemble est probablement bien plus rare que d’aucuns se permettent de le dire, n’ayant pas pris la pleine mesure de sa spécificité.

Le problème des supports, c’est qu’ils s’usent quand on s’en sert, qu’ils se détériorent, se corrompent et qu’il peut arriver que nul ne soit en mesure de les restituer à leur cohérence originelle. Nous avons élaboré une méthodologie pour rendre certains savoirs à leur  géométrie première (cf. nos Mathématiques Divinatoires, Ed G.  Trédaniel, 1983)  C’est d’ailleurs là tout le drame de la Surconscience. Quand nous nous blessons, notre corps-avec le temps, rיpare les dommages, car on est dans le champ de la Subconscience. En revanche, une machine ne se réparera pas toute seule, elle restera caséeי, brisée, à l’instar d’un jouet, d’une poupée- ce que les enfants apprennent très   vite- indéfiniment alors que ce qui est physiologique est capable de s’auto régénérer avec le temps  sans intervention extérieure. Dès lors, les textes qui nous sont parvenus sont  suspects de corruption et il  importe que nous soyons en mesure de détecter et de corriger les atteintes du temps. Comme on l’a  vu au tome précédent à propos des langues, le peuple joue un rôle important dans la  piètre transmission des savoirs et  des codes. Cela tient au fait que cette transmission est plutôt une captation, qu’elle ne s’opère pas par un enseignement en bonne  et due forme mais du fait d’une sorte de braconnage propre à  l’autodidacte. (cf. notre mémoire «   Linguistique de l’erreur et épistémologie populaire   », 1987). On parle d’ailleurs d’une astrologie   » populaire  » que l’on pourrait qualifier de profane, laquelle accorde une importance démesurée à la symbolique zodiacale alors que celle-ci ne joue qu’un rôle de métalangage pour une astrologie « savante   ».(cf. Notre יtude ‘the revealing process of  translation and criticism, in the History of Astrology” in Patrick Curry, ed., Astrology, Science and Society. Historical Essays, Woodbridge, Boydell & Brewer, 1987;

 

En réalité, les astronomes recourent à deux référentiels, celui des constellations quand ils observent le ciel  et celui des signes, quand ils ont une approche plus théorique. On peut le voir sur le «   planisphaerium coeleste  »  de Georg Mathaus  Seutter  : avec les constellations de grandeurs variées dans la partie supérieure  et en bas au centre, une sphère divisée de façon, égale en 12  glyphes zodiacaux et comportant des cercles planétaires correspondant à des symboles, autant de facteurs utilisés en astrologie mais empruntés en fait à  l’astronomie. Insistons sur le fait que l’on aura eu tendance à attribuer un tel langage aux astrologues alors que c’est l’œuvre des astronomes. Tout le processus zodiacal, qui nous est parvenu dans un certain état de délabrement, au regard des sources dont il est issu, notamment, est une invention des astronomes  récupérée par les astrologues qui en auront fait leurs choux gras, à leurs dépens. Autrement dit, les astronomes auront emprunté aux «   livres d’heures   », aux almanachs, des représentations des 12 mois, que l’on retrouve sur les cathédrales afin de structurer l’ écliptique tout comme les mêmes astronomes auront puiséי dans la mythologie pour désigner les planètes même si le nombre de dieux excédait sensiblement celui des planètes – ce qui exigea de faire des choix arbitraires- mais

 aussi les constellations non zodiacales. Certains astrologues sont d’ailleurs dits «     tropicalises   » (signes  et d’autres «       sidéralistes (constellations), selon le point de vue choisi D’autres encore auront panachéי les deux repères avec la théorie des ères précessionnelles, articuléי sur le «  passage     » du «      point vernal    » ( cycle des saisons, vernal  se référant au printemps)  sur les יétoiles..

 

Une יépistémologie duelle  à  l’œuvre

L’astrologie pose le problème de l’autre, de ce qui vient altérer le modelé, la norme. Une discipline reconnaît  a priori que les י éléments de perturbation relטvent d’une forme d’altéritéי qu’elle ne contrôle pas. Mais si cette discipline est  duelle,  «   androgynale      »,  elle risque fort de chercher, autant que faire se peut, de jouer יégalement le rôle de l’autre. En ce sens, nous  préférons dire que  la dite discipline tend à basculer dans l’inaltérable, c’est-à-dire dans le refus d’une altéritéי qui lui soit structurellement étrangère. Plutפt que le terme d’infalsifiable (Popper) nous préférons celui d’inaltérable, dans l’acception que nous accordons ici א ce terme.  Cela fait penser  aux jungiens qui soutiennent que nous sommes א la fois dans le registre de l’animus que de l’anima, ce qui désigne selon nous le refus d’une altéritéי qui serait extérieure  à  soi, ce qui dispense d’avoir א sortir du modèle pour  se renseigner sur les facteurs de perturbation qui pourraient l’affecter. Faux problèmeטme, au demeurant, pour les tenants d’une telle approche puisque le modèle comporte ses propres contradictions et ne peut donc être contredit. C’est ainsi que l’astrologue aura toujours la possibilitéי de contrecarrer son propre discours en signalant, en repérant, au sein de son modèle – le «      thème      », la «  carte du ciel      », «                          l’horoscope      »- des facteurs allant à l’encontre de ce qu’il vient de dire. On est dans une sorte de ventriloquie, d’ubiquitéי.

C’est très probablement lorsque l’astrologie aura cherché à   traiter du problème du «  mal    »,  tant physique que psychique, de la «   maladie   » qu’elle aura été amenée à introduire un savoir complémentaire, auxiliaire dans la mesure où toute pathologie  gיnטre des cas particuliers et permet à un  «élément de sortir du lot, en exigeant un traitement spécialement appropriéי. On pense à Adam recevant l’aide de la femme dont Dieu lui fait présent. En fait, il y a plusieurs formes d’androgynats et le couple peut être considéré à , tort selon nous et il y a là quelque forme de mystification- (cf. l’enseignement de Moon)  comme une sorte d’androgynat comportant deux «     moitiés     » qui ne formeraient qu’une seule et  unique entitéי vouée à une certaine forme d’autonomie à deux, se suffisant à elle-même en rappelant que la dynamique du féminin n’est pas la même selon qu’elle est laissée à elle-meme ou qu’elle est articulée sur le masculin/.

 

 

L’astrologie  et le flux spirituel

La question du fixe et du mobile est récurrente tout au long de notre travail. On la trouvera dans la distinction majeure que nous soulignons entre l’étoile fixe et l’יétoile «  errante   » qu’est la planète. L’יétoile fixe correspond à ce qui est constant, qui ne bouge guère et la planète à ce qui fluctue      ; Nous articulons cette dualitéי autour des notions de corps et d’esprit, de réel et de virtuel.

Une civilisation où l’esprit l’emporte sur le corps, cela conduit א l’Inquisition et à la Shoah, au rejet de tout ce qui perdure et persiste envers et contre tout.  Nous avons vu, plus haut, que les partis politiques avaient יétéי défaits, dans tous les sens du terme, lors des dernières יélections en France, ce qui relève de la responsabilitéי de l’électorat, faut-il le souligner. Une conscience cyclique plus mature aurait יévitéי un tel יécueil      ; une débandade aussi pathétique et autodestructrice, faite de tant de trahisons de son camp               

Nous verrons qu’une astrologie bien comprise, «   tempérée  », ne peut que relativiser le poids des «     programmes      » adoptés par tel ou tel parti politique. La notion de gauche et de droite ne concerne pas  tant les familles politiques que les objectifs mis en avant en un instant T,  notamment à l’occasion d’une élection. Il est vrai -et cela est heureux- qu’une certaine synchronie conduit א la convergence. Un parti dit de gauche pourra mener, le moment venu, une politique de droite et vice versa. Comment dטs lors choisir entre un camp ou un autre. Il semble que cela soit une question de tradition, comme on le voit notamment aux ֹEtats Unis où telle population votera plutôt  Démocrates que Républicains et telle autre l’inverse.  Ce qui compte ici, ce ne sont pas tant les programmes que les «   valeurs     » inhérentes et cela explique la mise à  l’יécart du Front National, non point tant du fait de ce qu’il propose ici et maintenant que de son «     histoire      » ou que des partis supposés devoir converger ne le font pas en raison de questions de personnes. De fait, une carrière politique ne se limite pas à des choix idéologiques mais à l’appartenance à une certaine culture (d’entreprise).

Pour en revenir à l’astrologie, son cœur de métier devrait se consacrer non pas au corps, au constant mais au contraire, à l’esprit, au fluctuant, à l’instar de ces marées dont on dit qu’elles relטvent de la Lune. C’est pourquoi,  tout ce qui se veut permanent en l’être humain échappe, selon nous, au champ de l’astrologie. Or, celle-ci est tiraillée, יécartelée entre ces deux tendances, entre les astrologues qui ne jurent que par le thème natal, et ceux qui pratiquent l’astrologie dite «     mondiale     » et prédictive entendant même se  dispenser de tout ancrage immuable  en un espace-temps donnéי…ֹEtrangement, les horoscopes des journaux proposent une sorte de mélange, en ce qu’ils classent les gens d’après leur «    signe     » de naissance tout en proposant  des prévisions à la journée, à la semaine, au mois voire à l’année, en tenant compte des données célestes du moment.(technique des maisons solaires).

En fait, la formule mise en place dans les années trente du siècle dernier (cf.  La croyance astrologique moderne,  Ed Age d’Homme, 1982) nous semble épistémologiquement plus viable que celles de l’יétude individuelle par le biais du thème natal ne se limitant pas א la fixation du degréי de l’Ascendant  mais aussi que  celle des cycles de l’astrologie mondiale, façon Barbault. En effet,  selon cette formule  chטre aux médias,  le ciel  n’a pas la mémé signification selon le signe zodiacal des personnes et pour nous, en effet,  on ne vit pas tous au mémé instant T les mêmes «     effets   cosmiques sans que cela signifie qu’il y ait  une infinitéי de cas   !  Le Ciel  n’impacte que les personnes concernées mais c’est bien là que le bat blesse car selon la théologie de la Deuxième Création, seule une יélite sera visée et toute la question est de savoir comment identifier les membres de celle-ci. En revanche, pour l’astrologie  de la planète la plus rapide des trois, à savoir Mars,  relevant d’une théologie de la Troisième Création,  le ciel concerne tout le monde  ! L’astrologie mondiale יévacue ce problème en traitant de l’humanitéי comme d’un tout dépendant non point des personnes-récepteurs-  mais des seuls astresיémetteurs.

 

 

Cela dit,  la position de l’astrologie consiste à  affirmer des similitudes par -delà les différences et son but n’est donc aucunement de distinguer (par exemple entre des jumeaux, cf. Saint Augustin)  mais au contraire de rapprocher ce qui pourrait sembler à  première vue יépars et c’est d’ailleurs en cela qu’elle serait «     falsifiable    », réfutable selon la formule de Popper.  La question qui se pose est celle de la juste proportion de chefs au sein d’une sociétéי avec le risque qu’il y en ait trop ou pas assez, compte tenu du fait que , nos sociétés tendent à  fabriquer – par le biais d’יélections notamment – des  dirigeants qui n’ont pas la trempe nécessaire ou encore qui ne seront pas employés lors de leurs périodes les plus fécondes.  Sans un repérage des personnages les plus puissants, les plus prometteurs – ce qui exige une sélection, la constitution d’un vivier de talents – l’astrologie ne saurait fonctionner, ce qui signifie que les données astronomiques ne font sens astrologiquement que dans la mesure où la connaissance des dits personnages- et cela le plus tôt possible- aura étéי menée à bien. En ce sens,  la psychologie et la sociologie doivent être mobilisés pour mener une telle tache à bien. Observer le ciel sans connaître les hommes n’est que vanitéי des vanités. Il faut accorder le monde d’en bas et le monde d’en haut.  La question de la «      preuve    » de l’astrologie  ne saurait  se limiter א l’יétude de tel ou tel cas mais se situe au niveau d’un fonctionnement général optimal du corps social, à  l’image de ce qui se joue pour le corps physique, c’est l’affaire d’une approche macroscopique et statistique. On aura compris que ces  éléments dynamisants et forcéיment minoritaires   doivent se répartir, essaimer,  parmi les  populations du globe et  par voie de conséquence, ne pas se rassembler,  ce qui se révélerait à terme  assez stérile. Or, là est bien le défi liéיà  l’essor de la troisième Création, que de remettre en cause l’יéquilibre propre à la Deuxième en visant  au  nivellement et  au  déni.

 

L’astrologie se situerait à nos yeux, comme une «   science                » du mouvant mais aussi du récurrent. Nous dirons qu’elle יtudie notre «    état d’esprit »à  un  instant T  et qu’elle n’a aucune vocation à décrire un quelconque état permanent lié à  tel signe ou à telle planטte, les signes et les planטtes ne servant qu’à  décrire les états successifs de notre esprit.  L’astrologie de la Deuxième Création  n’est pas censée fixer des échéances collectives comme le voudrait une certaine astrologie mondiale mais  des cyclicités de personnages clefs – au sens de Hegel- voués à impacter périodiquement  certes notre monde pour que celui-ci ne sombre pas dans la sclérose.  Notre astro horoscopie  ne dispose en effet d’aucun schéma général d’ensemble comme  l’ont proposéי les tenants de l’astrologie mondiale, d’Albumasar à  Andréי Barbault, à mille ans d’intervalle.  Elle se contente de veiller au bon fonctionnement   d’une société donnée, du corps social  voire אà terme de l’Humanité à  l’instar de ce qu’accomplit  la médecine  quand elle analyse l’יétat de santéי d’une personne, au vu d’analyses sanguines mais cela peut valoir pour une épidémie/pandémie.. Tant qu’on a la santé

  Nous ne sommes pas  favorables à une cyclicitéי longue en Astrologie, à  base de cycles de planètes lentes, notamment au-delà de Saturne pas plus d’ailleurs qu’aux  4 ages (yugas) de la chronologie/cosmogonie  hindoue (mahayouga), repris en partie par un Renéי Guénon pour יétayer son idée de «     crise    du monde moderne  ».

L’astrologie des horoscopes  a des vertus en ce qu’elle  constitue  une antidote contre la pratique du thème astral, popularisée par l’informatique depuis la fin des années soixante du siècle dernier ( Astroflash)  laquelle entend  enfermer la personne dans sa singularitéי, telle que symbolisée par sa carte du ciel, ce qui est d’ailleurs un détournement יéhontéי du travail de l’astronome lequel se voit instrumentaliséי. Les astrologues adeptes du thטme astral personnel n’ont pas de mots assez durs pour stigmatiser une telle astrologie/

. Or, par-delà le caractère contestable de la typologie zodiacale, on ne saurait jeter le bébéי avec l’eau du bain. Le lecteur d’horoscopes sait pertinemment que ce qui est dit sur son signe  vaut pour un très grand nombre de personnes – ce qui n’est pas le cas du thème natal . Autrement dit,  le dit lecteur saura faire la part des choses  ; Étrangement, le terme horoscope prête à confusion car à l’origine, il concernait le thème natal individuel, en tant compte de l’heure de naissance, d’où son nom,  et il sera ensuite utiliséי pour qualifier les interprétations collectives    ! Certains anti-astrologues se complaisent א jouer sur une telle confusion en laissant croire que les gans qui lisent «     leur   » horoscope     » dans la presse s’imaginent que  le  texte ne vaudrait que pour eux    ! En fait,   le  terme «      horoscope   » n’est pas conforme pour désigner une prévision collective

Nous avons récemment  mis en évidence le clivage majeur entre  astrologie du  mouvement diurne, astrologie géocentrée des maisons  et  astrologie  zodiacale, où chaque plauète  progresse à son propre rythme., du moins pour les planètes au delà  de l’orbite terrestre et nous pensons que l’une s’est formée bien avant la seconde car elle exigeait un savoir  astronomique sensiblement  moindre. On  peut dire que Gauquelin a  exhhumé une astrologie primitive qui ne venait pas l’autre astrologie.

Il faut comprendre en effet que pour l’astrologie   » rotationnelle »,  toutes les planètes du système solaire  passent, se succèdent,  dans le ciel  au cours de 24 heures.à l’instar de ce que l’on appelle l’Ascendant. D’où toute l’importance de la connaissance de l’heure de naissance. Autrement dit,  empiriquement,  la vitesse de révolution d’une planète n’entre pas ici en ligne de compte,  et la Lune ou Pluton sont sur un pied d’égalité, ce qui  aura facilité  l’intégration des  astres les plus lents dans le thème natal.

Mais force est de constater que ce thème astral regroupe en un seul et même schéma  les deux  savoir  astrologico-astronomiques en superposant signes et maisons..On bascula progressivement    alors  dans le syncrétisme  astronomico-cosmographique. Or, il importe de bien séparer ces deux catégories, l’une se prêtant à la typologie et l’autre à la cyclologie même si l’on aura tenté de se servir des pointes de maisons à des fins prévisionnelle (directions primaires) et  inversement de se servir des positions du soleil dans le zodiaque à es fins caractérologique!

En effet,  on peut dès lors tout à fait s’interroger  sur la raison d’être de la typologie zodiacale dans la mesure où cela relève  non pas du mouvement diurne mais du mouvement annuel de  la Terre autour du Soleil.  Car, pour nous,  la prévision cyclique se caractèrise par un facteur en mouvement  passant par un certain nombre de phases, qui peuvent se réduire à deux, au minimum, chaque changement de phase  nourrissant,  sous -tendant  un certain discours prévisionnel. D’où la dualité entre signe solaire  et signe ascendant. Mais  d’un point de vue  systémique, l’Ascendant devait déterminer une typologie – et notamment dans le cas d’une planète se levant, « ascendante »,  à la naissance – et le signe solaire un calendrier

On aura compris  que nous contestons l’usage du signe solaire comme facteur typologique comme cela  se pratique couramment. Il revient à Michel Gauquelin d’avoir fondé une véritable  astropsychologie  non pas fondée sur le zodiaque mais sur le lever d’une planète, parmi les cinq qu’il a isolées. (Lune Vénus, Mars, Jupiter, Saturne).    Car une  telle typologie doit être pluriplanétaire puisque la variable est spatiale, sous tendant notamment une catégorisation  socioprofessionnelle alors que l’astrologie prévisionnelle  a besoion d’une diversité dans le  temps, fournie par les aspects  et/ou par les signes zodiacaux.  Autrement dit, comme nous l’avons montré dans notre récent étude consacrée au dossier de Serge Bret Morel sir les horoscopes de presse, une chose est la typologie, une autre la cyclologie prévisionnelle. Et c’est le mélange des genres qui fait problème, à partir du moment où, comme le proposait Marie- Louise Sondaz, à la fin des années trente du siècle dernier, où l’on articule les prévisions planétaires  sur le signe zodiacal au lieu de se référer aux maisons astrologiques construites à partir de la pointe/cuspide de la première maison..

On aura compris que le passage du soleil de signe en signe si c’ est structurellement un bon exemple de monoplanétarisme, avec un curseur passant par des états successifs, il ne  saurait en aucun cas, en revanche, être instrumentalisé pour asseoir une quelconque typologie  comme cela se pratique de nos jours communément. D’ailleurs, cette typologie ne saurait être que planétaire et non point zodiacale, la structure zodiacale à l’instar du cycle saisonnier dont elle émane ayant précisément valeur cyclique, ce qui implique une psychologie non point statique et constante mais évolutive et donc relative. D’ailleurs, la notion même d’aspect et de transit  crée un relativisme de la signification des facteurs, puisque cela dépendra de  l’angle configuré à un instant T. Si l’aspect structure l’état céleste, le transit connecte cet état avec une inconnue qui est la “signature” de tel ou tel chef, sur Terre, ce qui confèrera à la dite configuration une portée complétement différente selon la dite signature (terme que l’on peut préférer à celui de signe). Sans la prise en compte de cette signature c’est comme un émetteur sans récepteur sachant que cette signature ne sera pas impactée de la même façon à deux moments différents et donc ne produira pas les mêmes effets. C’est une telle indétermination qui aura conduit les tenants d’une astrologie mondiale “dure”, droite dans ses bottes,  à ne pas tenir compte des transits car cela hypothèque singulièrement toute prévision qui n’intégrerait pas en temps utile un tel paramétre.  Or, si l’astronomie peut prévoir des siècles à l’avance l’état du ciel, elle est bien incapable de maitriser la dynamique politique sublunaire laquelle  se joue à une toute autre échelle de temps qui est celle du cycle de Jupiter de 12 ans, en fait ramené à 6 ans!    Temporalité intermédiaire entre celle de Barbault et celle de Gauquelin  A notre avis, la temporalité cyclique  en adéquation avec la condition humaine est pluriannuelle et non mensuelle:  6 ans  semble être une bonne mesure car il se reproduit une douzaine de fois en moyenne (soit sur 72 ans) dans une vie humaine et c’est cette reproduction qui fait statistique..

Il est normal -il était prévisible – que Gauquelin n’ait rien trouvé  dans sa recherche  socioprofessionnelle en rapport avec le Zodiaque puisque le zodiaque n’a pas vocation à  fonder  un ensemble de types mais à déterminer des changements comportementaux, d’une phase à l’autre. C’est dire que les résultats de certains statisticiens concernant une typologie zodiacale – on pense à ceux d’un Didier Castille, ne sont pas épistémologiquement viables.(-cf  La Population Française au Rythme du zodiaque par Didier Castille,  site du CURA) Notons  qu’il est de tradition de présenter le zodiaque comme marqué par l’évolution vers une plus grande spiritualité, quand on passe du bélier aux poissons, du premier au dernier signe.

Ajoutons  que le polyplanétarisme  de Gauquelin ne correspond aucunement à celui du thème  astral car pour lui une personne ne reléve que d’une seule et unique planète si ce n’est que ce n’est  pas la  même pour tout  le monde. Les aspects ne  valent qu’au niveau zodiacal dans le ciel mais non pour une même personne, car l’astrologie n’a pas vocation à étudier les conflits intérieurs si ce n’est lors du passage d’une phase à une autre. Nous aimons assez l’image du train qui dessert le circuit  d’un certain nombre de gares, de stations (saisons, en italien  stazione)

 L’idée d’une caractérologie déterminée objectivement, c’est à dire par-delà les représentations que tel ou tel individu entend donner de lui-même -notamment du fait d’un certain mimétisme- nous semble assez saine et יéviterait que les gens donnent le change. Quelque part, le comportement d’une personne doit être prévisible, mais ce sont souvent les outils proposés qui sont  défaillants. Les «                mimétistes     » qui se croient libres de devenir ce qu’ils veulent ont beau jeu, prennent un malin plaisir à  dénigrer – au nom même de la Science     ! -  telle ou telle méthodologie classificatrice douteuse pour renvoyer le problème aux calendes grecques comme on n’aura cesséי de le faire, au niveau de la recherche académique, depuis des siècles    !. Mais c’est de bonne guerre  ! Ces adversaires pressentent que l’astrologie, une fois parvenue à formuler, enfin, un projet cohérent, ne mette fin à toutes sortes de dérives existentielles selon lesquelles chacun cherche à se faire passer pour ce que bon lui semble  ! Si l’on commençait par prendre la mesure des origines d’une personne, du profil de son groupe d’appartenance, on se laisserait moins leurrer par toutes sortes de faux semblants   ! En véritéי, il ne s’agit pas de prendre ses distances par rapport à un champ donnéי mais de l’approfondir, ce qui implique un travail sur la longue durée (Saturne)  et non  l’adoption à bon compte et à  bon marchéי, en un temps record (Mars) d’une nouvelle identitéי    selon la belle formule de Simone de Beauvoir «     on ne naît pas femme, on le devient   ». Mieux vaudrait prendre la  juste mesure de ce dont on dispose en naissant femme, plutôt que de lâcher la proie pour l’ombre.. Malheureusement, la conscience de la géographie /topographie sociale est la chose du monde la moins bien répartie. L’on jette les boussoles pour naviguer à l’aveuglette. Beau bilan des sciences sociales, des sciences de l’Homme       des deux derniers siècles  !

 

L’astrologie et le cycle des saisons

 

Nous pensons que l’astrologie doit se ressourcer  en accordant א la succession des saisons  une importance déterminante  mais uniquement sur le plan philosophique

. Nous pensons א un film  dont l’acteur principal est Peter Seller ( Bienvenue Mr Chance (titre original  Being there, 1980). Celui -ci  joue le rôle d’un jardinier assez simplet du nom de Chance  que le hasard met au contact du monde politique et qui en parlant de son travail  trouve un יécho inattendu auprès du président des USA, quand il parle de la succession des saisons, à savoir que tôt ou tard,     l’hiver se termine et qu’il faut avoir la patience d’attendre que les belles saisons reviennent,  La belle saison est celle où l’homme n’a pas besoin de recourir à des objets de sa fabrication, il se contentera de ce qu’Eֹlohim a généréי. La mauvaise saison, a contrario, c’est le règne de Vulcain, le forgeron, de Prométhée, de l’artificiel à l’encontre du naturel.  On connaît la chanson «                    Le temps des cerises    ». Il serait idiot de dire qu’il n’y a plus de cerises sur les cerisiers alors que ce n’est tout simplement pas encore ou plus la saison  !

C’est le passage du chapitre I au chapitre II de la Genèse. En ce sens, nous dirons que la «   Isha   » est Proserpine plutôt que Pluton, celle qui s’est laisséי tenter par le dieu des Enfers en mangeant des grains de grenade, ce qui nous renvoie au fruit défendu du Jardin d’ֹEden. Il est dit que   Zeus demanda à son fils Hermès d’intervenir lequel se rendit au royaume d’Hadès et y trouva Persיphone.  Il l’a ramena à sa mère   Déméter qui fut soulagée de retrouver sa fille. Mais lorsque Déméter  demanda à Perséphone  si celle-ci avait ingéré quoi que ce soit durant son séjour sous terre et que Perséphone lui répondit qu’elle avait mangéי six grains de grenade, יDémèter sut que sa fille י serait ipso facto  condamnée puisqu’elle יéait désormais forcée de retourner aux Enfers. Et en ce sens Perséphone fut chassée du paradis, c’est א dire du monde d’en haut, celui de sa mère,  du soleil,  de l’ֹété, des labourages et pâturages (Sully), des vaches grasses.

 

La double  dérive de l’astrologie

Si l’on essaie de comprendre pourquoi l’astrologie a י été exclue du débat intellectuel, les raisons nous apparaissent être les suivantes, à savoir un manque de synchronie patent. Certes,  Encore convient-l de distinguer  entre  une synchronie verticale et une synchronie horizontales. La première  est certes maintenue par la pensée astrologique contemporaine  – l’analogie entre le monde d’en haut et celui d’en bas (Table d’ֹEmeraude) mais la seconde semble avoir יétéי sacrifiée et c’est bien là que le bat blesse.   A force e de vouloir appréhender  l’individu, on finit par perdre de vue toute dynamique collective.  Ce qui est le plus gênant, c’est ce saucissonnage qui constitue autant de couloirs du fait que les configurations célestes sont de plus en plus appréhendées au prisme de chaque thème natal. On bascule de l’astrosociologie à  l’astropsychologie, de la connaissance יtendue du monde vers  le terrain יétroit du patient. En fait, l’astrologie du thème natal est à l’image du métissage social qui fait que tant de personnes soient יécartelées entre plusieurs identités et appartenances, ce qui conduit à l’artefact individuel, à son idiosyncrasie. En effet, le panachage des signes, des planטtes, au sein de la carte du ciel telle que commentיe et interprète par l’astrologue se présente en miroir de ce brouillage identitaire, à commencer par la combinaison signe solaire/ascendant qui fait déjà  dans la plupart des cas, cohabiter deux signes, instaurant ainsi une certaine dualitéי qui ne fera que se dיmultiplier au prisme du «    stade    » suivant de l’initiation astrologique qu’est l’accès au «     thème natal  ». L’astrologie, en effet, nous présente une image pittoresque  bigarrée, baroque  du cosmos, avec les 12 symboles zodiacaux sans parler du recours à la mythologie gréco-romaine véhiculée par le métalangage astronomique, tant ancien que moderne, puisqu’il perdure et s’amplifie avec le «   baptême  » de nouvelles planטtes inconnues de l’Antiquitéי et que la plupart des astrologues contemporains auront intégrées dans leur clavier On peut penser que les personnes qui seront attirées par l’astrologie seront celles qui sont marquées par une diversitéי d’allégeances, dont elles trouveront la réplique structurelle dans le «   Ciel ».

Ce serait comme placer sur un mémé pied celui qui s’occupe de toute une sociétéי et celui qui n’a à traiter que du sort de quelques clients. Chacun se choisit une tache à sa mesure, plus ou moins limitée, selon son champ de conscience. Mais, selon nous, une telle stratification verticale ne relève pas de l’astrologie mais de l’anthropologie, laquelle trouve aussi ses marques dans la structure ternaire du systיme solaire telle que nous la prיsentons.

 

 Celui qui est dépasséי par la complexitéי du monde dans le temps et dans l’espace sera bien aviséי de se contenter de jouer la mouche du coche et de faire ce qu’on attend de lui. Ni plus ni moins. Sans trop se poser de questions.. Dans bien des cas la seule chose que l’astrologue connaisse du monde c’est la sacro-sainte carte du ciel – sans laquelle il est perdu car cela lui sert d’interface mais aussi d’écran- – on est là en pleine réalitéי virtuelle. L’astrologue n’a à connaître que du thème et le client n’existe à ses yeux que par son thème. C’est tellement plus simple  ! En fait, le monde du praticien thérapeute se limite א la prise de connaissance du discours de son patient, sans qu’il ait besoin d’une large culture  générale objective  pour ce faire et en ce sens un tel praticien   œuvre dans le virtuel, dépendra de  ce qu’on veut bien lui dire et qu’il n’a pas les  moyens de recouper.

 Deux alliances auront portי préjudice à  l’יévolution de l’astrologie, celle avec la médecine et celle avec l’astronomie. L’astrologie actuelle n’a vraisemblablement pas pris la mesure de l’importance à accorder à la synchronie horizontale, c’est à dire au fait que nous traversons les mémés cyclicités simultanément,.

 

Astrologie et  médecine

A l’origine du thème astral, il convient de situer une approche du pathologique face à la normalitéי qui serait celle du cycle, au sens où l’entendait au Xe siècle le musulman  Albumasar. Les astrologues ont fini par perdre la conscience d’un tel distinguo et par appliquer le thème astral à toute personne, peut -être dans l’idée- comme dirait Knock, que toute personne bien portante est un malade qui s’ignore. En effet,  l’avantage-si l’on peut dire- de la pathologie, c’est qu’elle nous fait sortir du rang, sinon par en haut du moins par en bas. Autrement dit,  on ne saurait confondre le modèle structurel de l’astrologie tel que nous l’avons restauréי autour du  cycle astral et les méthodes conjoncturelles visant à appréhender tout ce qui peut affecter le dit modèle, du fait de toutes sortes d’incidents et d’accidents, ce qui donne lieu au «  thטme astral  », en aval, qui sert en quelques sorte de logiciel de «réparation     », de check list de tout ce qui a pu perturber le bon fonctionnement du modele. On aura compris que l’on ne saurait amalgamer en un seul modèle ces différents niveaux de perception pour n’en faire qu’un, d’où cette ‘Astrologie      » au singulier qui ne fait qu’occulter une dualitéי יépistémologique majeure, le même phénomène se présentant, on l’ a vu, quand on confond Elohim et Yahvéי sous le  ‘Ehad  » spécieux du Chéma Israel. Un modèle n’est pas censéי prévoir ses propres perturbations aléatoires. En revanche, quand il s’agit d’un processus cyclique, le dit modèle est tout à fait légitimeי à  traiter de périodes successives et il semble bien que l’on ait fini par confondre la prévision de changements structurels avec celle de changements conjoncturels laquelle relève carrément de la «   voyance   », de la «  mancie   » comme  si le vendeur de véhicules pouvait annoncer à son client les accidents de la route qui l’attendent   !

Ces deux astrologies continuent de nos jours à se confronter et l’on peut dire qu’il y a là deux corporations d’astrologues bien distinctes, même si d’aucuns mangent א tous les râteliers. D’une part, les horoscopes des journaux  pratiquent une certaine forme de synchronicitéי horizontale en ce sens qu’ils présument de l’appartenance de millions de personnes à un seul et même modèle, ce qui répercute leurs prévisions à l’יéchelle d’un grand nombre d’intéressés et d’autre part,  les «    thèmes     » qui se veulent calculés d’après l’heure et le lieu précis de la naissance d’une personne donnée, ce qui exclurait toute généralitéי du moins au niveau d’une synthèse encore que dans le thטme on trouve des positions astrales communes à un très grand nombre mais agencées diversement.(ex Mercure en scorpion, Lune en Verseau etc.). Paradoxalement, les personnalités schizophrènes s’יévertuent à se méfier des généralités dans la mesure où elles ont tant de mal à distinguer les gens les uns des autres. Ce faisant, les schizophrènes vivent avec  un sentiment de libertéי, puisqu’ils n’ont pas à prendre en compte l’autre.

Selon nous, donc, le thème astral aurait י été inventéי pour  יétayer l’approche du médecin s’efforçant d’établir un diagnostic et un pronostic pour un de ses patients, l’astrologie lui permettant, en principe, d’y parvenir à une יépoque où le contact direct avec le  dit patient  restait assez limitéי. Mais l’on peut penser que le «                    thème    », le détour ou le contournement par  la «    carte du ciel   »,   יéviteraient au praticien le contact direct avec le corps du patient, par le biais de sa «   lecture    ».. Et cela vaut tant pour la pathologie physique que physique. On dispose d’une iconographie qui est celle de l’Homme Zodiaque, et qui articule sur le corps nu d’un homme,  les divers signes du zodiaque (on va de la tette et du premier signe du bélier aux pieds au dernier signe des poissons).  Un signe zodiacal maléficiéי du fait de la présence d’un astre  toxique (comme Mars ou Saturne)  dans le thème verra la partie du corps correspondante affectée. La médecine est  d’ailleurs longtemps reste liée à l’astrologie et d’aucuns ont même affirméי que l’on ne pouvait être un bon médecin sans un solide bagage en astrologie.  ..

Les choses ont pris une autre tournure lorsque l’astrologie verticale a peu è  peu renoncéיà l’exercice de la prévision/prédiction alors que l’astrologie horizontale y trouvait là son champ privilégiéי d’expérimentation.  On pourrait dire – comme en physique- que les deux approches tendent à s’exclure mutuellement. Comment parler d’avenir sans une approche globale de la sociétéי mais, par ailleurs, comment  appréhender l’individu sans une information bien spécifique  relative  à  la personne considérée    ?

Toujours est-il que peu à peu le thème astral  aura perdu de  sa connotation médicale pour basculer vers une dimension divinatoire, ce vers quoi tendait déjà une certaine forme de médecine, laquelle prétendait fixer la date à laquelle le malade serait  contraint  de se coucher, à s’allonger  (décumbiture, du latin dēcumbo)  et la plupart des astrologues ne se hasarderaient merme pas à tenir le moindre propos relatif à la santéי physique de leurs clients ni meme à mettre en avant l’aspect pathologique et son corollaire le soin et  la guérison puisque la médecine a vocation à ramener la personne à la santéי, donc à la norme, ce qui réfère nécessairement à un savoir anatomique .

 Selon nous,  le XXIe siècle devra être celui de la sociologie comme le XXe aura י été  celui de la psychologie. Il ne s’agira plus tant d’analyser le psychisme individuel que d’apprendre א respecter  la diversitéי et la différence –dans la verticalitéי comme dans l’horizontalitéי- des  ensembles, à commencer par celui des  hommes et des femmes, il y a un temps pour l’יégalitéי –relative- entre tous les  éléments d’un même ensemble et un temps pour une forme de ruissellement du haut vers le bas, ce qui correspond  à  de la verticalitéי.

 La libertéי se posera à l’avenir dans la relation  entres les entités sociales et d’ailleurs, qui pourrait nier – à  l’יéchelle de l’Histoire  -la créativitéי des langues, des cultures  ?  On mettra fin à une sorte d’universalisme pour revenir au jugement des pairs. Le XXIe siècle favorisera tout à la fois  le multiculturalisme des empires et  restreindra les risques de promiscuitéי au prix d’un compartimentage. Il faut penser notre monde comme un immense appartement et non comme un espace restreint où l’on serait les uns sur les autres. En ce sens, le fait d’avoir vécu – en famille,  dans un espace plus ou moins grand  marquera les mentalités dans un sens ou dans un autre. Les familles ayant vécu à  l’יétroit  auront ainsi développéי une sorte de grégaritéי de mauvais aloi   !.

 L’astrologie  traditionnelle  trouve sa place chaque fois qu’il nous faut deviner ce qu’il en est, ce qui est toujours un aveu d’impuissance à capter le réel en direct. Il y a là comme un détour qui passe  aussi  par un détournement. Chaque fois que l’on sera parvenu א approcher le réel,  l’astrologie aura connu un recul. Aller chercher dans le ciel la clef de ce qui se passe sur terre correspond à une victoire du virtuel sur le réel, dans la mesure où les astres ne sont pas appréhendés pour ce qu’ils sont mais pour ce qu’on leur fait représenter en s’emparant du métalangage des astronomes dont l’astrologie du XXIe siècle va devoir totalement s’יémanciper, ne se servant plus du dit métalangage (nom des planètes, des signes)  que comme interface avec l’astronomie.

L’astrologue actuel est mal à  l’aise face à la question de la norme et d’aucuns -comme Dane Rudhyar- ne sont pas loin d’affirmer que le thème natal est la norme de l’individu, ce qui conduit à la notion assez יétrange de norme personnelle    : Le thème qui par ses particularités יtait censי permettre de pointer les dysfonctionnements va être désormais perçu comme  reflétant  les modes  de  fonctionnement, de comportement,  de la personne concernée     !  Mais le thème médical se voulait ponctuel, décrire un יétat à  un moment donnéי de crise alors que le thème natal prétend décrire une constante alors même qu’en pratique il est utiliséי et validéי par le ressenti du moment    ! En ce sens, le thטme natal est le parent pauvre de la prévision astrologique, la solution au rabais qui permet de se baser sur une seule et même donnée que l’astrologue accommodera à toute situation qui se présente. C’est le même thème polyvalent  qui servira, ainsi, en toutes circonstances tout au long de la vie du fait que chaque fois le praticien piochera dans le kaléidoscope du thème ce dont il aura besoin ici et maintenant pour répondre et correspondre א la demande de son client.

 Au lieu de ne tenir compte que des «    maléfiques  » (Mars, et Saturne, la petite et la grande Infortunes), avec le thème «      radix   » (racine),  c’est l’ensemble des dieux planétaires qui entrera dans l’arène, ce qui fait beaucoup de monde à gérer et à suivre et nous touchons là  un obstacle יépistémologique récurrent, à savoir le risque de saturation quant au nombre de facteurs à prendre en compte en astrologie

Dans  la préface de ses Tables Rudolphines, Kepler (cf  Gיrard Simon,  Kepler, astronome-astrologue, Paris, Gallimard, 1977)  fait observer que l’astrologie, toute folle qu’elle est, est la fille d’une mטre sage, et que la fille folle est indispensable pour soutenir et faire vivre sa mère. Ce commentaire sera interprétéי par Voltaire, dans son Traitéי sur la tolérance (1767), de manière restrictive : « La superstition est א la religion ce que lastrologie est à lastronomie, la fille très folle dune mère très sage   ».

 

 

Les astronomes, réformateurs de l’astrologie

La  Tétrabible de Ptolémée aura donc eu pour vocation de montrer tout ce que l’astrologie a à  gagner en s’alignant sur les données astronomiques, prises dans leur ensemble.  Il est clair que l’astronomie aura influéי sur l’יévolution du savoir astrologique, ce qui correspond א une revanche de la Nature sur la Structure.

Nous considérons que la   Tétrabible  correspond à une tentative d’unifier l’ensemble astrologie-astronomie, quitte à  dénaturer le corpus astrologique existant  .  Cela concerne notamment les dispositifs traitant des relations entre planètes. On en connaît deux  celui des exaltations et celui des domiciles. Dans les deux cas, l’on trouve trois axes                     :

Exaltations

Luminaires- Saturne sur la ligne des יéquinoxes  (Bיlier- Balance)

Mercure- Vénus (Vierge-Poissons)

Mars Jupiter (Capricorne-Cancer)

 

Domiciles 

Luminaires-Saturne  sur la ligne des solstices (Cancer-Capricorne, axe  correspondant à  Mars-Jupiter en exaltation)

Mercure-Jupiter (Gémeaux-Sagittaire)

Mars- Vénus (Bélier- Balance. Axe correspondant à Luminaires-Saturne en exaltation)

Nous pensons que l’axe le plus significatif est celui qui met en vise à vis Saturne (axe qui sous-tend le cycle astral)  et les luminaires puisqu’on le retrouve dans les deux dispositifs. L’ajout  des 4 autres astres  nous parait avoir  été le fait des astronomes. 

Nous avons employéי la formule «   luminaires     » qui englobe la lune et le soleil mais il nous semble préférable d’exfiltrer la Lune d’un tel dispositif, ce qui permettrait de s’en tenir א  six astres pour 12 signes.  Hâtons -nous de préciser que le Saturne de ce dispositif  est un dieu et non une planטte et qu’il s’agit d’une relation symbolique  entre un dieu et un signe  zodiacal. Ce dispositif ne peut toutefois  fonctionner que s’il existe un minimum de réalitéי astronomique, א commencer par la course en temps réel de la Lune qui couvre les 12 signes en l’espace d’un mois.

Or, si l’on admet que la répartition des planètes doit obéir à une certaine vraisemblance astronomique (le « thema mundi »), force est de constater que l’élongation de Mercure et de Vénus n’est pas respectée dans le dispositif des « doubles domiciles »  tel qu’il est exposé dans la Tétrabible de Ptolémée  (cf  sur ce sujet  l’historique dressé par  Yves Lenoble in  Actes du Colloque «  Les maitrises planétaires », Congrès SEP Hermés 2000) C’est pourquoi, nous proposerons une autre approche selon laquelle le dit exposé aurait en fait combiné deux référentiels, celui d’un soleil positionné au printemps, au signe du Taureau et celui d’un soleil positionné en Été, au signe du Lion.  Nous savons que la tradition place l’exaltation du Soleil en bélier, signe qui précède celui du taureau mais selon nous il s’agit d’une corruption du dispositif qu’il convient de réparer ne serait-ce qu’en rappelant que le tétramorphe comporte les signes du taureau- et non du bélier – et du lion.Selon nous, du fait de la précession des équinoxes, l’on aura changé la position du soleil du taureau vers le bélier (cf nos Clefs pour l’Astrologie, 1976).En fait, le symbolisme zodiacal  serait hybride, en partie stellaire avec les 4 étoiles fixes royales situées dans les constellations liées au tétramorphe  et en partie saisonnier, en récupérant l’iconographie des mois de l’année telles qu véhiculée  par toute une tradition dont les Livres d’Heures sont dépositaires.   Passage du 4 au 7  qui est à comparer avec, dans la Tétrabible, au passage du 7 au 12 en ajoutant aux domiciles les exaltations des planètes à l’exception des luminaires (soleil en taureau, lune en bélier ou inversement,   cf. Clefs pour l’astrologie, Paris, Seghers, 1976) car on aurait alors atteint 14 positions.

Prenons le cas de Mercure – associé à la Vierge et aux Gémeaux dans la Tétrabible- lequel ne peut s’éloigner du Soleil de plus de 28°, soit un peu moins d’un signe. Dans le cas du Soleil en Lion, Mercure correspondra au signe suivant de  la Vierge et dans le cas du Soleil en Taureau, au signe suivant des Gémeaux.

Avec Vénus, la méthode sera la même si ce n’est que Vénus a une élongation plus ample que celle de Mercure, à savoir 48°, soit un peu plus qu’un signe et demi. Les signes attribués à Vénus dans la Tétrabible sont le  Taureau et la Balance. Le rapprochement de Vénus avec le Soleil en Lion s’impose, la balance n’étant séparée du lion que d’un signe. Si l’on inverse les positions des luminaires, de façon à disposer d’un astre  en signe pair, féminin, et en signe impair, masculin, le soleil passe du bélier au taureau et la position de Vénus en poissons est tout à  fait compatible avec la  vraisemblance astronomique avec une élongation pouvant aller jusqu’à un signe et demi (plus exactement 48°) Ptolémée a cru que les cinq signes non occupés pouvaient être traités selon une approche symétrique renonçant ainsi à toute vraisemblance astronomique alors qu’il s’agissait en réalité d’un double sénaire soit soleil lune plus Mercure, Vénus, Mars, et Jupiter, un sénaire des domiciles  à partir  du solstice d’Eté et un autre des exaltations  à partir de l’équinoxe de printemps,  à condition que l’on exclue Saturne

Cela nous donne le dispositif suivant  englobant en un seul tableau les deux sénaires   avec des écarts  de 90° dans  4 cas, de 30° dans un cas et de 150° dans un cas: ci dessous un tableau récapitulatif mettant en évidence les triplicités et quadruplicités.

 

Soleil : Domicile Lion,  exaltation taureau  aspect de carré

deux signes fixes Feu- Terre

Lune  Domicile  Cancer, exaltation bélier   aspect de carré

deux signes cardinaux Eau-Feu

Mercure  Domicile Vierge,  exaltation  Gémeaux  aspect de carré

deux signes mutables Terre Air

Les positions de la Lune et de Mercure sont inversées en matière d’Eléments.

Vénus Domicile  Balance,  exaltation  Poissons aspect de quinconce (150°)  un signe cardinal et un signe mutable Air-Eau

Mars  Domicile  Scorpion,  exaltation  Verseau  aspect de carré 

Vénus et Mars ont des rapports aux 4 Eléments inversés par rapport aux positions du Soleil.

 Jupiter Domicile Sagittaire  Exaltation  Capricorne aspect de semi-sextile (30°) un signe mutable et un signe cardinal. Feu Terre Positions  en Eléments inversées par rapport à celles de Vénus.

On notera que le Soleil et Jupiter se situant aux deux extrémités du dispositif  associent l’un comme l’autre le feu et la terre.Toutes les combinaisons entre les 4 Eléments sont attestées. Eau Feu, Terre Air, Air Eau, Feu Terre.

 

 Parler d’un cycle saisonnier qui serait divisible en 12 est une aberration car la division en 12 ne peut que relever d’une sיrie de rencontre de la Lune avec le Soleil, au cours d’une année terrestre. La notion donc de «    signe solaire  », avec ses 12 manifestations ne tient pas. Au niveau solaire, c’est une division en 4 qui est recevable,  et יéventuellement en 8. Le passage du soleil d’un signe l’autre –sur une base 12- n’est qu’une fiction qui ne correspond à aucune conjonction,- pas plus d’ailleurs que le  début des mois dans notre calendrier chrétien- à  la différence du calendrier juif et du musulman- ne serait-elle que virtuelle- entre deux astres. On notera d’ailleurs que la genèse du Zodiaque nous conduit à penser qu’il  a du exister un premier stade à 8  signes  que l’on aura, par la suite, combinéי avec le tétramorphe (taureau, lion,  aigle (scorpion), homme  (verseau) pour s’ajuster aux 12 mois lunaires. Cela dit, le fait que le zodiaque comporte le tétramorphe ne signifie pas pour autant qu’un tel dispositif  faisait sens pour l’astronomie -il a pu s’agir de métalangage et de mךme le fait que ce dispositif soit repris en astrologie ne signifie pas non plus que le dit dispositif  ait fait sens, l’emprunteur  récupèrant souvent des  éléments dont  il n’appréhende pas tous les tenants et aboutissants, comme c’est le cas pour l’emprunt  linguistique (cf  infra)/  Si l’on n’y prétait point garde, l’on basculerait dans un structuralisme visant à trouver au sein d’un ensemble donnéי  du sens, voire quelque nécessitéי, au lieu de faire la part de l’arbitraire et des circonstances.

 

Notons que selon nous c’est Enosh qui est le personnage humain et non Adam, comme indiquéי dans ֹEzéchiel. La preuve en est que les trois consonnes du nom d’Enosh, sont le Aleph, le Noun et le Shin. Or, le aleph est la première lettre de Ariéי,, le lion, Noun, la première lettre de Nesher, l’aigle et Shin la première lettre de Shor, le taureau alors que l nom d’Adam comporte un daleth et un Mem qui figure dans les noms d’aucune des Hayoth. Rappelons que pour nous   Adam est le Saint Esprit  et Enosh est issu d’Adam, dont il est le petit-fils, son père יétant Seth (cf Genèse V)

 

Ezéchiel, ch. I

        

10 Quant  è  la forme de leurs visages, elles avaient toutes quatre une face d’homme (Adam) et   à droite une face de lion (Ariéי), toutes quatre une face de taureau (shor)à gauche et toutes quatre une face d’aigle. (nésher)

 

 

L’on se doit d’observer que de tels dispositifs offrent une dimension symétrique יévidente. Si l’on prend l’exposéי figurant dans la Tétrabible, l’on voit bien que l’on a un axe ascendant et un axe descendant: d’une part l’on va  des luminaires jusqu’à Saturne et de l’autre, de Saturne jusqu’aux luminaires. Dans un cas, ce sont les luminaires qui servent de point de départ et dans l’autre, Saturne, dont on souligneי ce qu’il comportait de commun, sur le plan numérique, avec la Lune.. Ce qui est opposéי est en fait de mךme nature et la véritable dualitéי se situe non entre ce qui est opposéי mais entre ce qui est en carréי (90°).D’ailleurs, en astronomie, on intègre sous une seule et même terminologie conjonction et opposition sous le nom  de syzygie. Au vrai,  de loin, on a du mal à distinguer entre une conjonction et une opposition. Nous  travaillons depuis  une cinquantaine d’années sur les fondements d’un tel dispositif associant planètes et signes.  Or, il nous apparaît   désormais que l’astre  mobile  ne saurait figurer en position fixe.  Logiquement, le curseur du système astrologique, ne devrait point figurer au sein  d’un tel dispositif  Un des luminaires devait  jouer ce rôle et ce serait par erreur qu’on les aurait placés tous deux dans le dit dispositif. D’ailleurs, le nombre 7 ne convient pas et mieux vaut le 6 un nombre pair avec deux signes pour chaque facteur

Le Soleil, selon nous, comme l’atteste la pratique populaire, est un marqueur, un curseur et non point un significateur. Dès lors, il ne devrait pas figurer en lien avec l’un des 12 signes comme c’est le cas dans la Tétrabible. Nous aurions donc trois couples articulés sur les 3 planètes «   centrales      » que sont Mars, Jupiter et Saturne                :

Mars-Vénus

Jupiter-Mercure

Saturne – Lune.

L’יépouse de Saturne/Cronos est Rhéa (Cybèle), que nous associerons éventuellement  avec la Lune. Rappelons que la Lune présente les mêmes chiffres que Saturne, à  savoir un jour lunaire pour un jour saturnien (28)

 

Pour répartir  ces trois axes entre les 12 signes, la solution mathématique  exigeait  trois intervalles différents     (cf. nos Mathématiques Divinatoires, Paris, Trédaniel, 1983) :

0   intervalle ou  aspect de 30° entre d’une part  les deux positions de  Lune (Cancer Lion ) et d’autre part  entre celles de Saturne (Capricorne-verseau)

2  signes d’intervalle ou aspect 90°  entre les deux positions de Mercure Gémeaux-Vierge d’une part  et d’autre part  entres celles de  Jupiter (Sagittaire –poissons)

4  signes d’intervalle ou aspect de 150° entre d’une part    les deux positons de  Vénus Balance-Taureau et d’autre part entre celles de Mars  Bélier-Scorpion, 

 

On  notera que la présence de Saturne  face aux luminaires est confirmée par le dispositif des exaltations   (cf. supra, Saturne יétant placéי en balance face aux luminaires en bélier-taureau

Il semble bien  que Ptolémée ait souhaitéי doter l’astrologie d’un dispositif compatible avec l’astronomie, alignant  l’une sur l’autre, tant et si bien que les planètes sont disposées par ordre de vitesse de révolution, à la différence du dispositif des exaltations qui va jusqu’à  opposer deux planètes qui ne peuvent pas s’opposer, à savoir Mercure et Vénus,  puisque Mercure ne peut s’יéloigner de plus de 28° du soleil et Vénus de plus de 48°, objection que fera l’auteur des Six Livres de la République Jean Bodin à l’astrologue Auger Ferrier, en 1580 (cf  N. Campion Astrological Historiography in the Renaissance, Actes du Colloque  History and Astrology. Clio and Urania confer. Dir. Annabella Kitson, Unwin paperbacks ; 1989).. Lorsque l’on recense les signes concernés par ce dispositif, il apparaît que certains signes ne sont pas représentés. L’astrologie distingue trois «    modes    », les signes cardinaux, les signes fixes et les signes mutables. On parle de trois « croix », ce qui n’est pas sans évoquer une symbolique chrétienne : croix cardinale, croix fixe, croix mutable.

 Or, les signes fixes  ne sont  partie prenante dans la constitution d’aucun axe saisonnier.  Comment expliquer ce phénomène ? Notre réponse est la suivante, à l’origine, les dispositifs incluaient les 4 gardiennes du ciel (appelées par Dupuis יétoiles royales cf.  un point de vue critique chez George A. Davis Jr., «     [archive], Popular Astronomy, 1945),  à  savoir Adébaran, Régulus, Antarès et Fomalhaut qui  auront   été allégrement passés par-dessus bord par une astronomie  centrée sur les seules planètes L’articulation planètesיétoiles fixes aurait    été   sabordée. au nom d’un certain scientisme mal compris qui aura conduit les astrologues actuels  à une astrologie qui n’est plus à taille humaine et qui  ne respecte pas- anachroniquement- les conditions ayant présidéיà son יémergence en admettant notamment des astres qui ne sont visibles qu’au télescope et inaccessibles pour le vulgum pecus alors même que le thème natal est censéיetre valable pour tout etre humain. Il reste que la référence  au  zodiaque  est peu ou prou assimilable à celle concernant les יtoiles fixes, quand bien meme l’astrologue se référerait- il à un zodiaque saisonnier, ce qui n’est qu’une affaire de métalangage, la symbolique saisonnière ayant servi à baliser  le parcours des planètes autour de l’יécliptique et ayant servi à regrouper les étoiles fixes qui s’y trouvaient en «  constellations    » du même nom.

 Passant par l’abandon des constellations au profit d’un référentiel saisonnier, tropique. Or si l’on admet que les יétoiles  fixes dites «                     royales   »étaient partie prenante de tels dispositifs «     zodiacaux’, on se trouvait bel et bien dans le cadre d’un zodiaque stellaire et non d’un simple découpage de l’יécliptique. Dans la Tétrabible, c’est un tel découpage «   tropique   » qui est à l’œuvre.  En tout יétat de cause, les relations planètesיétoiles ne dépendent pas de la précession des יéquinoxes, le problème ne se posant que lorsque l’on accorde quelque importance au passage d’un signe à un autre, en s »attachant au symbolisme des noms servant à  désigner les espaces. , ce qui n’est pas notre démarche. Les 4 constellations dont dépendent topographiquement les 4 יétoiles fixes royales  traditionnellement associés aux 4 saisons voire aux «  points cardinaux   » (nord, sud, est, ouest) mais il est “יévident que les constellations sont des expansions des étoiles et qu’elles n’en dépendent pas.

. Quant à  croire que celle-ci ait pu coïncider avec les colures, les יéquinoxes et les solstices  cela nous semble fort improbable car avec ces 4 יétoiles, nous sommes dans le réel et non dans le virtuel, cela ne s’invente pas…Mais   sans  Saturne, le système ne connaîtrait aucune dynamique et serait figéי. En ce sens, nous rejoignons le point de vue des astrologues sidéralistes, si ce n’est que nous n’accordons aucune importance au symbolisme zodiacal et donc au passage d’une planטte d’un symbole à un autre, qu’il s’agisse d’une constellation ou d’un signe tropique, le facteur zodiacal יétant  considéréי par nous comme  une addition  superfétatoire  par-delà son  rôle de repère  spatial  arbitraire en astronomie de position. Or, les astrologue sidéralistes tiennent absolument au découpage en 12 des trajectoires planétaires et à la signification attribuée traditionnellement א ces 12 secteurs, tout en diffיrant dans le mode de calcul des astrologues dits tropicalistes. Or, à partir du moment où l’on recourt à un tel symbolisme, on reconnaît ipso facto la valeur de la référence saisonnière. Pour notre part, nous avons franchi le pas en renonçant carrיment א une telle division et aux significations qui lui sont associées puisque nous nous focalisons sur certaines יtoiles sans accorder la moindre signification à l’arrière- plan  zodiacal, d’autant que pour nous une conjonction entre deux astres- comme dans le cas des luminaires- est bien plus crédible que l’entrée d’une planטte dans un signe ou dans une constellation, ce qui est blanc bonnet et bonnet blanc, à  nos yeux. Notre approche est celle d’une astrologie que l’on peut qualifier de  stellariste mais nous verrons qu’il faut éviter certains pièges se présentant sur notre route. Elle est יégalement  à distinguer d’une astrologie dit kabbalistique (Hashlag, Berg) qui associe les signes zodiacaux aux mois du calendrier hébraïque, c’est à dire aux rencontres mensuelles de la lune avec le soleil. Ces diverses astrologies utilisent le même symbolisme mais sur des supports différents. La division de la course des planטtes sur l’י”écliptique en 4  «    quadrants   » est d’ailleurs attestéי par le dispositif des quadruplicités lequel fait se succéder 4 séries de 3 signes. Chaque série comporte un signe cardinal, un signe fixe et un signe mutable ou mobile, en référence aux 4 saisons. Il faut voir dans ce découpage quaternaire la preuve de l’existence d’une tradition consistant à  découper en 4 la course des astres. En Inde, l’on parle de «  gunas   », soit trois qualités   que l’on pourrait יéventuellement , selon nous  associer à  quelque forme de triade  astrologique    :  Saturne  et sattva, la puretéי, la véritéי      , Jupiter  et  rajas, l’יénergie, les passions, la force, le désir  , Mars et tamas, l’obscuritéי, les ténèbres, la lourdeur, l’inertie. (cf. infra) en fait,  les travaux de Gauquelin, par- delà  leur יéventuel intérêt  scientifique,  ne feraient que rappeler l’existence d’une telle structure ternaire à rattacher à une dimension astrale    ; Autrement dit, le véritable enjeu dont  le chercheur  français n’avait pas pris toute la mesure serait d’ordre anthropologique et théologique  le mérite de Gauquelin  יtant d’avoir  reliéי structure sociale et structure planétaire. On verra que cette trinité ne vaut que pour l’astrologie rotationnelle car pour l’astrologie cyclique, Saturne est en surnombre, sur une base six et non sept, Jupiter devenant la planète ultime..

 Dès 1979, nous avions choisi comme image pour la page de couverture du livre Aquarius ou la Nouvelle Ère du Verseau, la représentation d’un sphinx alors qu’à l’יépoque, nous ne nous intéressions  alors qu’accessoirement aux 4 יétoiles fixes royales mais pour nous la constellation du Verseau  s’inscrivait dans ce cadre sphingien que les astrologues tendent à négliger et qui précisément  rappelle toute l’importance d’un tel quadrige céleste que l’on peut qualifier de préי-zodiacal même si de nos jours, on a tendance  à  présenter les 12 signes comme un ensemble d’un seul tenant. Selon nous, le dיcoupage en 4 saisons débouche sur le 8 et non sur le 12 comme lorsque l’on coupe un gâteau en tranches יégales.. Mais soulignons-le, un référentiel n’est qu’un référentiel    , cela ne signifie nullement, comme nous avons pu le croire, il y a 40 ans, que le cycle planétaire doive être baliséי par le passage d’un astre aux יéquinoxes ou aux solstices et encore moins aux secteurs qui en dérivent, les  12 «  signes    ». En fait,  le tétramorphe sphingien se situe au cœur de la théorie des ères précessionnelles, du fait des quatre יétoiles dites royales.

S’il fallait désigner, en effet,  un adversaire à  propos de l’astrologie, pourquoi ne pas pointer le doigt vers ce Ptolémée (IIe siècle de notre ère), par ailleurs combattu par Copernic au XVI e siטcle et qui a construit sa « révolution » contre l’Almageste (titre qui mיlange l’arabe et le grec). Mais si Ptolémée aura י été un obstacle avec son géocentrisme, au regard du progrès de la science astronomique (cf. le procès de Galilée), il l’aura יétéי, tout autant, avec un autre de ses ouvrages, connu sous le nom grec  assez vague de Tetrabiblos (la Tétrabible, en français)  ou en latin Quadripartit, du fait que l’ouvrage  comporte quatre volets. Le titre complet en latin est De praedictionibus astronomicis.

Claude Ptolémée (de Péluse, d’Alexandrie)- à ne pas confondre avec la dynastie des rois d’ֹEgypte-  incarne en effet l’intrusion des astronomes dans le champ astrologique. Et l’on sait que de tels agissements peuvent être attestés  jusqu’à nos jours, de diverses manières et non sans ambiguïté et ambivalence.

Signalons en ici quelques manifestations :

-       Le fait, à partir de l’ère des lunettes et des télescopes, de baptiser les nouvelles planètes –ce terme יétant ici très général pour désigner des astres errants (mais les comטtes ne font pas partie de cette catégorie)- de noms empruntés à la mythologie. (Uranus, Cérès, Pallas, Junon, Vesta, Neptune, Pluton etc.)

-      Le fait de continuer à utiliser la terminologie zodiacale pour les constellations

-       -Le fait d’יécrire sur l’astrologie, comme dans  la série « Que Sais-je » aux PUF.

-       – Le fait de proposer une rיforme de l’astrologie –du moins jusqu’à Kepler- et c’est selon nous ce à quoi nous avons affaire avec la Tétrabible et si Ptolémée n’est pas le premier, nous dirons que « c’est donc son frère » et qu’il incarne bel et bien un tel courant

- Le fait d’avoir divorcéי de l’Astrologie à  l’Académie Royale des Sciences, du fait que désormais les astronomes seraient payés , stipendiés par l’ֹEtat et n’auraient plus à gagner leur vie par l’astrologie, à   l’instar d’un Kepler.

Les spéculations concernant de telles mutations auront fixé toutes sortes de dates, notamment sur la base de la précession des équinoxes, c’est ainsi que Daniel Ruzo, dont l’œuvre consacrée à Nostradamus s’est révélée précieuse (cf. supra) écrit qu’en 2137, à propos de l’avènement de l’ère du verseau « un changement total de mentalité de la planète se sera produit » (cf. Les derniers jours de l’Apocalypse. Gurdjieff, Bon Yin Ra, Pak Subuh, et les trois chemins, trad. De l’espagnol, Paris, Payot, 1973). Or, selon nous, cette mutation est déjà intervenue depuis environ la fin du XVe siècle, sans que nous puissions fournir une explication «   cosmique   » à un tel constat et cela aura touché essentiellement les «    vrais Juifs   », faisant, ipso facto, avec les autres. Comme on dit «   Dieu reconnaîtra les siens    ». Pour notre part, nous n’accordons aux enseignements de la précession des équinoxes qu’une importance toute relative, en raison même de l’importance conférée à  un  symbolisme zodiacal duodénaire  hybride  et corrompu. Au regard de l’Histoire des religions car cette théorie est au départ le fait de cette discipline (cf. Dupuis et son Origine de tous les cultes) /Il s’agit de partir de l’idée que l’on observe la constellation saillante qui domine au début du printemps, dans l’hémisphère nord. Or, cet amalgame entre le cycle des saisons et le référentiel constellationnel nous semble anachronique en ce qu’il suppose la coexistence hybride entre deux zodiaques, l’un tropique et l’autre sidéral.

Le paradoxe est que de nos jours une telle croyance déterministe, largement répandue, cohabite avec un désintérêt à peu près total pour des étoiles fixes spécifiques –dont la réalité est bien mieux avérée que ne le sont les «   constellations», assemblages d’étoiles comme leur nom l’indique – chez la plupart des astrologues contemporains alors que pour nous, elles constituent – on pense évidemment aux 4 Etoiles fixes dites royales en rapport avec le tétramophe- un repère indispensable., incontournable. En fait, la théorie des ères précessionnelles nous apparaît comme un retour du refoulé stellaire dans l’inconscient collectif., le point vernal jouant le rôle d’une planète parcourant les constellations, à tour de rôle ou plutôt les étoiles les composant, les constituant successivement, ce qui est, en vérité, le schéma que nous préconisons

L’inadéquation avec le zodiaque

 

En ce qui concerne le zodiaque, on a coutume de dire qu’il y a une יévolution «    spirituelle   »  entre le premier et le dernier signe du zodiaque, entre le bélier et les poissons, ce que nous pourrions qualifier de processus entropique, vers un champ de conscience de plus en plus large. Or, le dispositif des domiciles comporte certes une progression des planètes selon leur vitesse  de révolution, à partir du binôme des luminaires (soleil-lune) avec deux signes par planète   : gémeaux et vierge pour Mercure,  taureau et balance pour Vénus, bélier et scorpion pour Mars,  sagittaire et poissons pour Jupiter,  capricorne et verseau pour Saturne. Mais en pratique, cela a pour effet  de יgénérer un processus  r réversible    : avec une progression des cycles jusqu’au capricorne, de Mercure  à  Saturne  suivie d’une régression, de Saturne א Mercure. Autrement dit,  sous cet angle,  les domiciles des planètes  répartis entre les 12 signes ne sous-tendent pas une linéaritéי. Il est vrai que l’astrologie contemporaine aura optéי, le plus souvent, pour l’intégration de nouvelles planètes, mettant ainsi fin à  l’usage du septénaire (cf. nos Clefs pour l’Astrologie, Paris, Seghers, 1976 et 1993, Mathématiques Divinatoires, Paris, Trédaniel, 1983). En réalitéי, un tel dispositif  n’יétait selon nous initialement nullement associéי aux planètes mais aux  dieux et pouvait être actionnéי en déplaisant un seul curseur, comme l’ascendant ou la lune. Ce n’est que plus tard que l’on aura  statuéי que le dispositif était en mesure d’apprécier la force ou la  faiblesse d’un astre confondant ainsi  les dieux et les planètes qui portaient leur nom, ce qui relevait du métalangage et n’aurait pas du être pris à  la lettre. Un tel dispositif aura connu une fortune remarquable en donnant naissance à  la technique dite des «   maîtrises     » permettant de relier les maisons astrologiques entre elles, dès lors que la pointe d’une maison dans un signe donnéי reliait la dite maison à la maison où se trouvait la planète régissant le dit signe, ce qui permettait à  l’astrologue de compléter le réseau des connexions  entre planètes, au sein de la carte du ciel,  sous tendu par la technique des aspects. L’horoscope devenait ainsi un kaléidoscope. On peut supposer d’ailleurs que le découpage en 12 des maisons aura été calqué, à un certain stade, sur celui des signes et que le dispositif des maitrises planétaires visait à conférer à chaque maison une certaine identité planétaire avant d’être récupéré par l’astrologie cyclique. On notera d’ailleurs qu’au XVIIe siècle, en France, notamment dans la traduction française de la Tétrabible,  les signes étaient appelés des maisons., le mot domicile, souvent utilisé,  étant en fait un synonyme. En fait, à l’origine, le découpage en secteur (signe, constellation, maison)  n’avait comme raison d’être que  de déterminer la progression d’un astre se rapprochant ou s’éloignant d’une certaine configuration  et la position de l’astre n’était pas en soi censée être porteuse d’une information en soi mais seulement relativement au cycle considéré. C’est par la suite que l’on considéra l’astrologie de façon ponctuelle, en croyant qu’à tout moment le ciel comportait un message, d’où le développement d’une astrologie « horaire », des « interrogations » à caractère divinatoire : on  bascule dans l’astromancie.

 

 

 

La question de la précession des équinoxes part du principe selon lequel l’astrologie attacherait de l’importance à la division zodiacale où se trouve telle planète à un instant T.  Mais un tel argument est anachronique car il ignore la véritable fonction des divisions de l’écliptique en constellations ou en signes.

Certes, on ne niera pas le fait que l’astrologie aura fini par accorder de l’importance à telle ou telle position planétaire sur l’écliptique, notamment quand on établit une psychologie zodiacale ou une prévision en astrologie mondiale, à partir notamment d’Albumasar et ses « grandes conjonctions » selon la triplicité des 4 Eléments (Feu, terre, air, eau).

Cela dit, la fonction première de ces divisions ne se conçoit que dans une perspective cyclique  en ce que les dites divisions permettent de déterminer la progression d’une planète., le temps qu’il lui faudra pour atteindre dans sa course tel point du ciel comme c’est le cas pour que se forme un certain aspect.Le cas se présente aussi  pour les directions primaires avec la technique des prometteurs et des significateurs et l’on parle d’ailleurs alors de « progressions » : on fait « progresser une planète vers un point stratégique donné. C’est ainsi qu’au XVIIe siècle le moine Placide Titis proposa un nouveau mode de domification en vue d’améliorer les prévisions astrologiques. Une traduction française !Primum Mobile, Placidus de Titis, Paris, 1998, sera publiée par la Fédération des Astrologues Francophones (FDAF) alors même que cette structure rejetterait  peu après la prévision en astrologie sans prendre conscience de ce que la domification avait des implications prédictives.

On aura compris qu’initialement un tel balisage a vocation prévisionnelle. Combien de temps, il faudra à telle planéte pour atteindre tel point du ciel.

A  contrario, l’astrologue qui ne pratiquerait pas la prévision n’aurait en principe guère l’usage de telles subdivisions qui constituent une relation entre l’espace et le temps. On aura compris pourquoi la précession des équinoxes ne porte pas puisque ces divisions ne sont jamais que des marqueurs de temps  et ne sont pas signifiantes par elles-mêmes. De même,il importe peu au niveau des calculs que l’on recourt aux signes ou aux constellations:le résultats prévisionnel sera de toute façon identique. On notera d’ailleurs que les aspects les plus couramment utilisés en astrologie sont des multiples de 30°, soit la taille d’un signe zodiacal et ce n’est pas par hasard. Trois signes équivaudront donc à un aspect de 90°, quatre à un aspect de 120° (appelé trigone) et ainsi de suite. Au fond, il s’agit de faciliter le calcul des distances et donc des échéances.

On ne peut donc qu’observer une dérive lorsque ces techniques sont utilisées pour d’autres enjeux qui ne seraient pas à proprement parler d’ordre prédictif.  On nous parlera alors d’harmonie ou de tension entre planètes, de bons et de mauvais aspects, l’on qualifiera les signes selon divers critères (triplicités (4 Eléments), quadruplicités, (signes cardinaux, fixes, mutables)  maîtrises planétaires (domiciles, exaltations etc ) Barbault  reliera cet attirail  à la psychanalyse (De la psychanalyse à l’astrologie, Ed Seuil, 1961). Pour les maisons, l’on dérivera vers une forme d’astromancie, chaque division du mouvement diurne devenant porteuse d’une signification particulière. A chaque moment, le Ciel devenait ainsi capable de répondre à des questions, des interrogations.  Autrement dit, ces divisions perdaient leur caractère de marqueur de progression.

Cela tenait au fait que l’ensemble du parcours planétaire devenait signifiant et pas seulement des points particuliers que l’on aurait à atteindre tôt ou tard. On perdait de vue la problématique cyclologique de calendrier en faveur d’une information en continu. André Barbault  avec son étude des conjonctions entre planètes fixait certes une attente du moment où une conjonction se reproduirait, notamment dans le cas du cycle Saturne- Neptune tous les 36 ans., sans tenir compte de la symbolique zodiacale.

 En revanche, il n’intégrerait pas les transits dans son dispositif, ce qui aurait permis de fixer des moments spécifiques de connexion entre tel passage d’une planète dans le ciel et telle position planétaire dans le thème de tel ou tel protagoniste, ce qui était probablement la raison d’être première d’un tel balisage. Tout se passe, en  fait, comme  si l’astrologie devenait statique ; avec un arrêt sur image, avec un cliché pour un instant T que l’on interpréterait en tant que tel et non en relation avec des connexions  en perspective.  Il semble que Kepler  ait souhaité en revenir à une astrologie des aspects (cf http://www. astroariana.com/ La-notion-d-Aspect-chez-Kepler-au.html. Mais il fera fausse route en adoptant un aspect -le quintile – de 72° qui n’est pas un multiple de 30.

Il reste que l’astrologie actuelle tend à conférer aux positions des planètes en signes et/ou en maisons des significations liées à la « personnalité » de chaque signe et/ou de chaque maison, et oublie la fonction première de ces subdivisions qui étaient d’ailleurs communes aux astrologues et aux astronomes, dans un but de repérage. Pour notre part, tout au contraire, nous préconisons de nous en tenir à ce premier stade.On notera que Michel Gauquelin se servira d’un découpage du mouvement diurne mais sans accorder la moindre signification divinatoire à celui-ci.(Méthodes pour étudier la répartition des astres dans le mouvement diurne (1957

 

 

Les  prometteurs et les significateurs

L’astrologie a le plus grand mal à distinguer entre le fixe et le mobile. C’est ainsi que le zodiaque est fixe et les planètes sont mobiles, ces dernières correspondent aux doigts passant sur les touches d’un clavier.  Autrement dit, une planète ne peut pas être un significateur, rôle réservéי aux signes zodiacaux.

Un  prometteur  pointe, se dirige successivement vers une sיrie de significateurs. Il n’est donc pas lui -même porteur de signification.  Un cas bien connu est l’Ascendant, qui est un curseur  indiquant et pour un instant donnéי une certaine tonalitéי de par le signe qu’il traverse, sachant qu’il parcourt l’ensemble des 12 signes en 24 heures. (cf.  sur les ascendants «  supérieurs » les recherches du statisticien Paul Choisnard (1867-1930))  Quand on dit être néי sous un certain signe, cela a pu dans le passé dיsigner le signe indiquéי (index) par l’ascendant (ou horoscope). De nos jours, le Soleil joue le rôle de curseur sur une base annuelle et il n’est pas concevable qu’un signe lui soit dédiéי, comme c’est le cas pour celui du Lion dans la littérature astrologique  actuelle. Le Soleil, en tant que curseur, est neutre, c’est un marqueur et non un significateur et il ne saurait être l’un et l’autre, tout à  la fois. Or, nous verrons que l’ascendant, déterminéי par l’heure de naissance,  pourrait bien être  l’interface entre le néי et le cycle. D’où l’importance de déterminer avec précision le degréי exact de l’ascendant, ce qui permettre d’observer les aspects formés entre telle ou telle planète  et le point ascendant d’une personne,  ce qui la déterminera toute au long de son existence – lequel point ne correspond pas nécessairement à une position planétaire mais bien plutôt à une position stellaire, à une יétoile fixe.

 

 

Le XXIe siècle et le dépassement de l’empirisme

 

La question astrologique  est probablement une de celles qui laisse le monde dans le plus grand יétat de perplexitéי.  S’agit-il de la superstition d’un autre âge ou bien  la promesse d’un savoir dont le siècle qui vient ne saurait se passer s’il veut survivre, pour paraphraser une formule attribuée  à  Andréי Malraux   ? L’astrologie met-elle fin à nos pathétiques talonnements face aux choses qui disparaissent pour revenir immanquablement ou bien doit-elle rester  quelque consolation populaire   à  base d’horoscopes  ?

Nos observations sur les femmes tout comme celles relatives à  la cyclicitéי vont  trouver à  présent un nouvel יéclairage qui devrait être le grand apport des sciences de l’homme au cours du XXIe siècle.    

Depuis un demi-siècle, nous avons eu la conviction que  les  ֹcritères ne pouvaient être appréhendées pleinement qu’en recourant à une grille cosmique mais il nous est apparu assez vite que le savoir qui prétendait pouvoir fournir la dite grille  avait  été considérablement corrompu, et c’est d’ailleurs de cette corruption qu’il sera amplement traitéי dans le volet  approprié.

C’est à  la même époque- donc dans les années soixante- qu’il nous est יégalement apparu que certaines formes de cyclicitéי– notamment le fait que les empires se faisaient et se dיfaisaient- devaient également avoir à  se référer au cosmos. Nous étions alors marqués par le Droit Constitutionnel, lequel entend fixer une temporalitéי– tant le début que la durée d’un mandat, notamment- sans disposer pour autant d’un référentiel  bien établi et qui ne varierait pas d’un ֹétat à l’autre. Nous avons, semble-t-il toujours été fasciné par la notion d’empire en ce que cela impliquait de dépassement  et de désenclavement de l’échelle nationale  avec les réussites et les échecs qui marquèrent l’histoire de ces ambitieuses constructions.  Notre enfance aura notamment été marquée par le spectacle de la décomposition de l’empire colonial français en Afrique, ce qui nous obligeait à apprendre toute une série de nouvelles capitales.

  Nous avons ainsi  proposי (cf. supra) une terminologie sous la forme d’une dialectique  articulée sur une dynamique alternative de rapprochement et d’יéloignement, de forces centripètes et centrifuges, que tout un chacun est à  même d’observer tant dans la vie privée que dans la publique. On songe notamment à ces empires et à ces couples  qui se font et qui se défont. (sur le couple, cf. les publications de Florence Escaravage) En ce qui concerne la durée des phases, nous avons pu observer que le droit constitutionnel  allait dans le sens d’une durée de 4 à 7  ans et l’on rappellera le songe de Pharaon interprété par Joseph comme signifiant des durées de 7 ans .  Mais le problème est aussi celui du début des phases et pas seulement de leur durée et en ce sens, nous proposons d’asseoir le Droit sur des critères d’ordre astronomique.

Il nous revient, à  présent,  en effet, de fournir à celle-ci un substrat fondéי sur une cyclicitéי  articulée sur certaines données astronomiques car nous savons que ce qui est cyclique en bas trouve son répondant en haut, comme le proclame la Table d’ֹémeraude d’Hermès Trismégiste, ce qui n’est pas sans יévoquer  le premier chapitre de la Genèse, où il est dit qu’ֹElohim  «  créa le ciel (Shamayim) et la terre (Erets  ».

 

Table démeraude dHermès Trismègiste, père des Philosophes (traduction de l’Hortulain)                          :

«        Il est vrai, sans mensonge, certain, & très véritable   : Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut   ; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose. Et comme toutes les choses ont  été, & sont venues d’un, par la médiation d’un    : ainsi toutes les choses ont   été nées de cette chose unique, par adaptation. Le soleil en est le père, la lune est sa mère, le vent l’a portéי dans son ventre     ; la Terre est sa nourrice. Le père de tout le telesme de tout le monde est ici. Sa force ou puissance est entière, si elle est convertie en terre. Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l’יépais doucement, avec grande industrie. Il monte de la terre au ciel, et derechef il descend en terre, & il reçoit la force des choses supérieures et inférieures. Tu auras par ce moyen la gloire de tout le monde  ; et pour cela toute obscuritéי s’enfuira de toi. C’est la force forte de toute force   : car elle vaincra toute chose subtile, et pénétrera toute chose solide. Ainsi le monde a  été crée. De ceci seront & sortiront d’admirables adaptations, desquelles le moyen en est ici. C’est pourquoi j’ai été  appeléי Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie de tout le monde. Ce que j’ai dit de l’opération du Soleil est accompli, et parachevéי.

Astrologie et typologie

Pour notre part, nous prônons une typologie Yin Yang, en phase avec nos considérations au niveau mondial,  à la place de la division en signes zodiacaux. Le type Yin  est «     féminin  », il correspond à une     perception «  éclatée   » du monde, forcément partielle et partiale, la personne passant successivement  d’un rôle, à un autre,  alors que le type Yang est «   masculin   » et est marquéי par une tendance à l’exhaustivité  à,  ne rien oublier, à tout englober, ce qui garantit  une certaine unitéי du psychisme. L’exhaustivitéי ne signifie pas l’approfondissement d’un secteur bien limitéי mais conduit à  un balisage, à un repérage aussi extensif que possible. Les gens de type yang seraient irrésistiblement attirées par la réalisation de catalogues, de collections, de bibliothèques,  de répertoires ; ils ne s’attardent pas sur un cas spécifique, ce qui les pénaliserait -du fait d’une perte de temps – par rapport à leur projet d’appréhension  générale. Tel l’aigle, le type yang doit prendre de la hauteur avant de foncer sur sa proie. Pour notre part, sans trop savoir pourquoi, nous avons  été  irrésistiblement attirés par divers projets visant à réunir, sans exclusive, en nous  voulant aussi complet que possible,  des informations יéparses au sein d’un mךme ensemble.(par exemple, la  réalisation du CATAF, Catalogue alphabétique des textes astrologiques français,  ou encore le Guide de la Vie Astrologique (GVA)  voire la création d’une Bibliotheca Astrologica ou l’édition d’ouvrages sur les heures d’Etéי dans le monde entier),  ou encore ans le meme sens, le got de maîtriser un certain nombre de langues  On ajoutera une nette propension à  organiser des colloques, rassemblant toute une palette de spécialistes.  Une telle typologie qui ne repose nullement sur la date de naissance nous semble valoir  notamment pour distinguer le psychisme masculin (Yang) et le psychisme féminin (Yin) Le type yin se diversifie dans l’espace, en passant d’un milieu à un autre, et le type yang dans le temps, par un approfondissement constant. A l’inverse, le type Yin  sera tentéי de se contenter, dans bien des cas, de quelques sondages et critères  aléatoires, préférant creuser au même endroit plutôt que d’avoir à se disperser.  En ce sens, le type yin vit souvent aux crochets du type yang lequel aura défrichéי  et exploréי en amont. Le type yang  est dans une certaine démesure, voit « grand – c’est l’Empire, alors que le type yin  ) préférera  se cantonner, se limiter à la Nation, au risque de passer à cotéי de certaines pistes, soit parce qu’il se sera par trop restreint à une יpoque ou à un domaine, du fait d’un compartimentage excessif du temps et de l’espace. Ajoutons que le type yang  parvient à rapprocher ce que le type yin distingue en se situant plus en amont, à un niveau matriciel. Sans type yang, la vie politique se morcelle, se cloisonne parce que l’on ne parvient pas à  retrouver des fondamentaux. On dira que Yang correspond à la constitution d’une bibliographie systématique   alors que Yin se contentera d’une bibliothèque, dont on sait le caractère aléatoire.

Une telle typologie  ne s’applique pas, on l’aura compris, sur la base du thטme natal  mais constitue bel et bien un préalable à toute articulation cyclologique. Nous nous inscrivons ici dans une lignée qui  remonte à Michel Gauquelin (cf.  Personnalités planétaires,  Paris, Trédaniel, 1992) (voire à Robert Dax, Psychologie zodiacale), et qui s’appuie sur un questionnaire visant à situer la personne. Il importera donc de dיterminer si telle personne  est à classer dans le monde d’en haut, celui de l’יélite, des praticiens, des chefs  ou dans le monde d’en bas, celui du peuple, des plébéiens, des serviteurs.

Selon nos recherches, la phase yang conduit  l’יélite à faire appel au peuple alors que la phase  yin  amène le peuple à se choisir un guide, un Führer, un roi, un duce, un rais, un chef, un réformateur. On trouvera un assez bel exposéי de cette dualitéי à travers  le discours  du Dr Tomas Stockmann,   dans la pièce d’Ibsen, l’Ennemi du Peuple (Oslo, 1883, cf.  P.G. La Chesnais, Intr.  Un ennemi du peuple,  oeuvres complètes, tome 12, Paris, Plon, 1931)                :

 

 

Acte IV

Tomas        : «   Vous voulez que je les nomme, les vérités de votre majoritéי    ? Elles sont celles d’hier. Elles n’ont plus de prise sur notre vie. (..) C’est le moment oש elles ont fait leur temps que la majoritéי les présente comme des modèles indiscutables. (      ..) Vous ne mangez pas de vieilles conserves, des jambons moisis…et vous avalez les vérités momifiées (…)  Ne parlez pas de vérités reconnues. Celles qui sont aujourd’hui reconnues par la majoritéי, ce sont celles que les avant-postes ont dיfendues il y a plusieurs générations. Nous ne les reconnaissons plus, nous sommes sur d’autres positions.   Et aucune société peut vivre, ne peut se développer en s’accrochant à des convictions que le temps a vidées de leur sens. (…) Cette doctrine, héritée de vos aןeux que vous  répétez et répétez comme des perroquets… La doctrine selon laquelle le grand nombre est le noyau du peuple, ce qu’il y a de meilleur dans le peuple. Cette doctrine qui donne aux gens incompétents le même droit de diriger qu’aux personnalités isolées de l’élite (.)Ceux qui sont chasseurs savent que tous les chiens ne se valent pas. (..) Il y a des hommes qui sont  au bas de l’échelle et d’autres qui se trouvent en haut (…) Dans une maison qui n’est pas entretenue, on ne balaye pas tous les jours (…) les gens qui l’habitent perdent la facultéי  de penser et d’agir raisonnablement    » (version française Gilbert Sigaux,  Librairie théatrale, 1979)

Sans la connaissance de cette «  mécanique   », une approche purement empirique  n’est plus viable du fait même qu’elle anticipe mal et tardivement les processus en cours. Il est donc temps que la science politique prenne conscience de ce que l’on ne pourra plus longtemps faire l’impasse sur les échéances périodiques.

 Dans les deux cas – conjonction/disjonction-  la désillusion est en vue car rien, au regard du cycle, ne saurait être définitif  ! Quand la période n’est pas pleinement exploitée par les intéressés concernés,  par manque de conviction, le camp adverse marque des points. En tout état de cause,  chaque camp  doit chercher à unir ses forces, donc à  rassembler au lieu de diviser. Même la Révolution Française aura laissé la place à l’Empire et à la Restauration et il est un peu facile d’en exagérer l’impact immédiat en adoptant un point de vue rétrospectif laissant croire à quelque processus irréversible, tentation fréquente chez l’historien ou le prétendu historien et dont l’astrologue est censé  se garder.

  A l’aune d’un tel modèle, on comprend mieux ce qui alimenteיélitophobie et sa variation antisémite sur le registre du cosmopolitisme. Nous dirons qu’un des ressorts de l’antijudaisme (antisémitisme, antisionisme etc.) tient au besoin de toujours se trouver ou s’inventer quelqu’un qui nous soit infיrieur, d’une façon ou d’une autre.  Cela fonctionnera aussi bien pour  le fait de reléguer certaines populations aux taches les plus ingrates, d’autant qu’elles seront stigmatisées par une apparence différente, que ce soit par l’habillement – la casquette de l’ouvrier -  par la couleur de la peau ou de la religion. On pense au pret usuraire réservéי, au Moyen Age, aux  Juifs, jouant ainsi un rôle «    féminin  » (cf. Delphine Horvilleur, Réflexions sur la question antisémite,  Paris, Grasset, 2019) celui qui s’occupe de ce que l’on ne veut pas ou plus faire par soi-même, que l’on délègue à l’autre, ce qui conduit nécessairement à une société structurellement duelle.. . L’antisémite se sentira de toute façon «   supérieur   » au Juif mais en mךme temps il a besoin du Juif pour alimenter  une telle impression.  Cette dualité fait d’ailleurs tout à fait sens : le théoricien n’aura pas forcément la patience de mener à bien un travail de validation, de confirmation de son système pas plus que le praticien ne sera en mesure de conceptualiser, de synthétiser ses observations sur le terrain. Le théoricien a le sens du système et le praticien est capable de procéder systématiquement et  méthodiquement, ce qui peut se révéler ingrat et fastidieux.

 A chacun de choisir son camp, celui du vieux consensus  axéי sur un passéי mythifiéי, fossiliséי  ou celui du nouveau consensus, ouvrant sur  de nouveaux rapprochements parfois improbables  justifiant  le dיpassement des clivages. Conflit qui sévit notamment entre les électeurs et les יélus, d’où le «     scandale    » dénoncéי par Michel Onfray, du fait que ce qui avait  été  refusי par référendum puisse être  remis sur orbite par le Parlement  ! La grande question יétant de savoir si les יélites  sont issues du peuple ou si elles se reconnaissent entre elles, en ce qui les distingue, en sortant du  rang.  Selon nous, les gens ne se regroupent pas parce qu’ils ont la même appellation  mais pour des raisons plus subconscientes et ce n’est que dans un deuxième temps que la question de l’appartenance  surconsciente vient  valider en quelque sorte le premier mouvement spontané.  De même, nous pensons  que les Juifs ne se retrouvent pas entre eux en raison de quelque signe identitaire ostensible mais du fait d’une même forme de sensibilité et là encore, ce n’est qu’ensuite que certains recoupements se feront, sur un plan plus cultuel. Culturel qui n’avait pas été déterminant initialement, contrairement à certaines idées toutes faites. Les gens qui se ressemblent s’assemblent mais sur la base d’une ressemblance plus subtile que l’on ne saurait expliquer pleinement actuellement mais qui n’en est pas moins une réalité indéniable.  La présence juive dans le monde arabe – et notamment en Israël-  nous semble avant tout  liée à une question visuelle, laquelle sous-tendrait toutes les autres causes affichées de conflit – ce qui tendrait à montrer que Juifs et Arabes n’appartiennent pas à une même «   race   » sémitique. Le sionisme n’aurait jamais dû  finir par se polariser sur la Palestine. Nous sommes favorables- pour le XXIe siècle – au passage  à une anthropologie du visuel vouée à prendre la place d’une approche d’ordre purement culturelle qui a fait long feu. . Cela dit,  on ne saurait faire abstraction du signifiant  culturel mais celui-ci  nous apparaît comme  une condition nécessaire mais non suffisante d’appartenance. Autrement dit, dans le cas des Juifs non pratiquants et/ou ne se situant pas  en Israël,  la question généalogique ne saurait évidemment être ignorée en dernière instance. 

C’est ainsi que le film  de Spielberg, La Liste de Schindler, aura à l’évidence recruté des centaines de figurants dotés d’un certain type de visage pour représenter la population des camps de concentration. Et l’on peut penser que ce type n’a pas dû changer au travers des âges, ce qui témoigne de la perpétuation, de la pérennité d’une certaine «   race  » juive, en dépit des objections émises puisque pour nous le présent éclaire le passé.

 Autrement dit, les Juifs ne se reconnaîtraient pas entre eux en sachant qu’ils sont juifs mais découvriraient  éventuellement ce point commun après avoir ressenti une certaine attirance. De même, nous dirons que les femmes ne se regroupent-elles pas en tant que femmes mais parce qu’elles se sentent bien ensemble et de même pour toutes sortes de catégories. Que signifie la formule «    qui se ressemble s’assemble »   ? S’agit-il d’une similitude formelle, extérieure ou bien plutôt d’une similitude plus profonde et plus subconsciente   ? Question essentielle car elle va relativiser les comportements conscients par rapport aux comportements inconscients si bien que même des noirs qui se retrouvent ensemble n’agiraient pas ainsi uniquement du fait d’une ressemblance de surface, comme on serait tenté de le croire pour l’observateur extérieur. Une telle grille d’explication ne suffirait pas, ce qui irait à l’encontre de la thèse de type «   genre ». Il faudrait ainsi distinguer différents niveaux de «  culture  ».

 Les deux problèmes qui attendent le XXIe siècle sont d’une part la clarification  ou le déni du potentiel  des différences de race, de sexe et de l’autre la conscience du processus cyclique  alternatif qui sous-tend  toute société et qui permet à ces différentes populations de cohabiter, de coexister.

 

 

Astrologie populaire versus savante

L’astrologie est traversée par une ligne de partage socioculturelle. Une astrologie du peuple et pour le peuple – pour les bergers selon le discours du Kalendrier et Compost- face à une astrologie de l’יélite  pour l’יélite si ce n’est que ces deux astrologies auront fini par fusionner et ne faire plus qu’une d’où le singulier quand il est question de l’Astrologie. On notera d’ailleurs que le dit Kalendrier n’יétait nullement accessible à des bergers illettrés. Au demeurant,   ce type d’ouvrage- le genre du Livre d’Heures- qui aura marquéי  la  décoration  extérieure des cathédrales, comme Notre Dame- est non seulement  à  l’origine du métalangage zodiacal des astronomes –  mais aussi de l’iconographie des arcanes majeurs du tarot. Cela dit, paradoxalement,  il semble que le zodiaque antique ait survécu à la différence de ses sources que nous pouvons restituer grâce à la perpétuation du genre. (cf   j. Halbronn,  Histoire des Livres d’Heures. La                 fortune   du Kalendrier et Compost     des Bergers en Angleterre et en Italie autour de 1500. [p. 11-38],  Revue Française d’ Histoire du Livre, 2015 (n° 136)

Les Livres d’Heures constituent à n’en pas douter une source incontournable pour l’Historien du symbolisme et tant les recherches consacrées au tarot qu’au zodiaque ne sauraient l’ignorer même si le contact avec un tel corpus est susceptible de démystifier, de dé-sanctuariser leur référentiel. Comment, ainsi, ne pas être frappé par l’absence du porc  parmi les images zodiacales, telles qu’elles figurent au niveau des constellations dites zodiacales ?. A la place que trouve-t-on ?  Le Scorpion et le Sagittaire, les deux derniers signes de l’Automne, saison qui voit triompher la nuit sur le jour, passé  le moment de l’équinoxe. Ce sont bien là en effet les deux derniers signes du cycle saisonnier si l’on admet qu’au solstice d’hiver qui est la frontière entre  Sagittaire et Capricorne, la nuit ne peut que commencer à reculer, le mot « stice » signifiant arrêt, comme dans armistice.

Ces deux signes  correspondent dans les Livres d’Heures à deux scènes représentant le porc, pour les mois de novembre et de décembre. La première nous montre des porcs se nourrissant des glands que leurs gardiens font tomber avec des gaules et la seconde nous fait assister au « tue-cochon » ou à la curée quand la meute des chiens se jette sur le sanglier. Pourquoi le cochon a –t-il laissé la place à des personnages armés, car aussi bien le scorpion que le sagittaire renvoient au chasseur ? Chacun sait que le cochon est rejeté par le judaïsme tout comme par l’Islam.  Étrange sort, donc, que celui des deux derniers signes du cycle saisonnier – ce que vient confirmer la date du Nouvel An qui leur fait immédiatement suite, avec le signe du capricorne. Visiblement, il y aura eu déperdition et l’on sait que les fins de cycle peuvent être sujettes à des perturbations.

Un tel délestage est des plus fâcheux en ce qu’il prive l’astrologie d’une dialectique « cruciale » entre le cochon et le mouton, dont nous avons déjà traité  à propos  des Évangiles, dans notre « Manifeste », entre Mort et Résurrection. Bel exemple en tout cas d’une corruption d’une  tradition majeure et qu’il conviendrait d’envisager de réparer. Il se trouve que nous sommes nés le Ier décembre, sous le signe du sagittaire, juste à l’époque où l’on avait coutume de tuer le cochon. Ce signe serait donc celui de la mort du cochon, de sa « crucifixion » comme nous le montre l’iconographie des Livres d’Heures.

Ce qui ne fait  qu’aggraver les choses c’est que cela concerne non pas un mais deux signes rendant hommage à cet animal, ce qui fait pendant au doublon qui débute le Zodiaque, le bélier et le taureau, deux animaux à cornes, assez proches, lesquels incarnent le renouveau en ce que le mouton redonne sa laine sans perdre la vie pour autant.  Il faudrait donc établir un autre binôme en rapport avec l’iconographie des mois de l’année : le sanglier dans les bois pour le scorpion  et le porc à l’abattoir, pour le sagittaire, par exemple.

Ce signe ultime du « cochon » est bien celui de la fin, celui de l’embaumement, de la momification qui permet de traverser le temps, que l’on pourrait relier à la confection de la charcuterie (littéralement la chair cuite),  elle aussi  capable  de se perpétuer dans la longue durée  et nous regrettons de ne pas avoir alors disposé de cette clef symbolique quand  nous avions été appelés, il y a 40 ans environ, à publier sur ce sujet (Ed Sand, Ed Solar). Pour l’anecdote, nous sommes nés dans une année (1947)  du cochon dans le zodiaque chinois. (cf  Michel  Pastoureau , Le cochon, histoire d’un cousin mal aimé, Paris, Gallimard, 2009)

 Le profane capte les choses qui s’offrent à lui, donc aux noms, on peut parler d’une dialectique ésotérisme/exotérisme mais d’une certaine faחon, le peuple élabore ainsi sa propre astrologie qu’il finit par imposer aux astrologues qui n’en peuvent mais, lorsque le client se dit de tel ou tel signe, ce qui contraint les dits praticiens à entrer dans le jeu de leurs clients car on ne saurait cracher dans la soupe   !.

En bref , Manilius correspondrait plutôt à à une astrologie populaire et Ptolémée à une astrologie savante, Ptolémée – ou en tout cas ses sources – ayant remplacéי, dans la Tétrabible,  les dieux par des planètes portant leur nom et c’est ainsi que l’on peut en conclure que les astronomes –astrologues auront  dévoyéי l’astrologie , comme ce sera encore le cas, à partir de la fin du XVIIIe siècle avec l’affaire des planètes  découvertes au-delà de Saturne ou des astéroïdes situés bien plus près de la Terre, entre Mars et Jupiter mais invisibles du fait de leur taille : on parle de planètes naines, ce qui est d’ailleurs le cas de Pluton. Dès lors, le dispositif des maitrises planétaires serait  voué à des aménagements successifs, à partir du XIXe siècle du fait de la prise en compte par les astrologues de nouvelles planètes auxquelles il faudrait impérativement attribué des signes, quitte à les enlever de leur maitres de départ. Uranus prendrait un  des deux sièges de Saturrne, Neptune un des deux sièges de Jupiter et Pluton un des deux sièges de Mars dans l’idée que l’on trouverait deux planètes au delà de Pluton, nommées par avance Proserpine et Vulcain. (cf Clefs pour l’astrologie, ibidem, p 89) comme cela avait été le cas pour Pluton, dès la fin du XIXe siècle (cf La vie astrologique il  y  a cent ans) Quant à Patrice Guinard (Fondements logiques des Maîtrises), il aura préféré intégrer Cérès et Chiron déjà connus pour arriver à douze. On  voit qu’un tel dispositif  va radicalement à l’encontre d’un monoplanétarisme sauf à admettre que les 12  signes sont activés successivement par un seul et unique curseur,. Selon nous, un tel dispositif  aura été l’œuvre de l’astrologie  rotationnelle, dans le même style que les directions primaires, à savoir la mise en place d’une astronomie zodiacale fictive, tendance que l’on retrouve, par d’autres moyens, chez Manilius, recourant aux douze  divinités  de la mythologie et non au septénaire de l’astronomie antique..Par la suite, l’astrologie zodiacale aura récupéré un tel dispositif selon un échange de bons procédés conduisant  à une unité artificielle de l’Astrologie. Ajoutons que de tels découpages ne sont qu’une commodité que l’on aurait tort de prendre trop au sérieux. L’on peut tout aussi bien diviser l’écliptique en 8 (octotopos)  ou  en 28 secteurs,  à l’instar des nakshatras de l’astrologie indienne (Jyotti), l’important n ’étant pas le contenant mais le contenu à savoir les étoiles fixes qui sont ainsi englobées. Le problème, c’est que lorsque l’on ne s’intéresse pas au contenu, on doit se contenter de la coquille , ce qui est arrivé à l’astrologie « tropicaliste », laquelle aura pris les analogies avec l’iconographie des saisons pour argent comptant. Entendons par là que le fait d’emprunter une image à un domaine donné ne signifie pas que l’on soit obligé d’adopter tout ce qui relève du dit domaine. C’est là l’écueil des historiens en quête de sources que d’accepter le bébé avec l’eau de son bain, pour inverser la formule consacrée  chère à Kepler, débouchant ainsi sur de fausses causalités où l’on inverse les rôles entre émetteur et récepteur.

A l’interface entre ces deux astrologies, le dispositif que nous avons décrit plus haut, concernant les «  domiciles » les «  maîtrises  » des « planètes », lequel dispositif, sanctuariséי par la Tétrabible de Ptolémée  appartiendrait plutôt à un  genre  populaire par opposition au genre « savant ». Il ne s’agit jamais que du balisage de la course mensuelle de la Lune à travers les 12 signes du zodiaque.  Il y a bien là  un problème de mode d’emploi : nous avons pu observer, en notre premier volet, le risque qu’il y a à se tromper-délibérément ou non – d’attribution quant à la fonction dévolue à un texte. On en trouvera là une illustration édifiante : la plupart des astrologues comprennent un tel dispositif comme censé indiquer la puissance ou  la « débilité » de chaque planète du septénaire, selon sa position dans le Zodiaque. Or, il s’agit d’un  fâcheux contre-sens venant justifier un multiplanétarisme face à un monoplanétarisme. Autrement dit, le même document se prêterait à des lectures, des leçons diamétralement opposées ! Initialement, le dispositif aurait, selon nous, été activé par le passage d’un seul facteur mobile, » ce qui est d’ailleurs attesté par la pratique des signes solaires qui nous font dire que telle personne serait née sous tel signe, sur la base du passage du seul Soleil dans le dit signe. La pratique du « signe » natal relève bien du monoplanétarisme et c’est elle, d’ailleurs, qui est la plus familière au grand public. Pour le lecteur des livrets zodiacaux – nous avons dirigé au début des années 80 une collection de ce type aux Éditions Solar (reprise par France Loisirs, 1992)- la référence planétaire  ne sert qu’à préciser le caractère du signe, tout comme la classification des 12 signes entre les 4 Éléments (Feu, terre, air, eau), le bélier serait ainsi martien et la balance vénusienne et ainsi de suite sans que l’on se soucie de l’emplacement des planètes ainsi visées. A contrario, l’astrologie « savante » aura instrumentalisé un tel dispositif des « dignités planétaires » pour les besoins de l’interprétation du thème natal, de la « carte du ciel ». En fait, il faut comprendre que l’astronomie  est un fruit dont la partie centrale est seule comestible et que l’on désigne sous le nom d’astrologie, tout comme on ne mange pas une noix avec son écorce. C’est l’idée de Klipa dans la Kabbale et une question que nous n’avons cessé de nous poser depuis les années soixante, aura été celle du choix des astres astrologisables :: nous sommes passés successivement  de 8  avec Uranus (L’astrologie sensorielle, 1976) , à 7 (L’astrologie selon Saturne  1994) puis  à 6, sans Saturne  en nous arrêtant à Jupiter..(Astro-horoscopie) en ne gardant respectivement que 4 planètes puis une seule, la plus lente de chaque groupe..

 Il est clair que la Tétrabible (en son IIIe livre), compilation de l’astronome Ptolémée, aura contribué à faire prévaloir un tel « mode d’emploi » sans pour autant faire disparaître l’idée de « signe », que celui-ci soit déterminé par la position du soleil, de la lune ou de l’ascendant.

Ce qui aura longtemps entretenu de la confusion tient au fait que l’on a fini par se persuader- sous  l’emprise  des  astronomes  lesquels  ont  récupéréי la terminologie  mythologique  que les dieux qui יétaient associés aux signes יétaient en fait liés à des planètes, ce qui a fait basculer le dispositif du cotéי de l’astrologie savante. Selon nous, pour réaliser un tel subterfuge, on aura chasséי les déesses (Pallas, Junon, Vesta, Cérès) pour les remplacer par les dieux qui avaient servi à baptiser les planètes. En effet, si l’on admet que la Lune est un facteur masculin, ce qui est le propre de tout curseur passant d’un secteur fixe à un autre, les signes, quant א eux, devraient être féminins ainsi  que les divinités qui les régissent. Il y aurait en fait un panthéon masculin et un panthéon féminin. Dans l’יétat actuel des choses, la Lune est assimilée à une planète «     comme les autres    » et au lieu de sיparer les  astres masculins («      prometteurs   » et féminins «   significateur      », tout se passe comme si chaque planète pouvait être alternativement en position de prometteur ou de significateur. Notre ambition, on l’aura compris, tourne toujours– ici comme ailleurs-  autour de l’idée de produire de nouveaux outils, de nouvelles grilles pour appréhender une réalitéי pérenne subconsciente et l’on sait que la sociologie accorde une certaine importance à ce qui relטve de processus inconscients mais néanmoins fort actifs.

 

Descriptif   épistémologique de la pensée  astrologique contemporaine

 A propos du travail  assez  fouillé de Richard Pellard,  réalisé   à l’occasion du décès d’André Barbault,  à la fin de 2019  « André Barbault, l’astro-symbolisme et le dernier âge d’or de l’astrologie ») nous y observons certains  défauts d’analyse qui ui l’auront empêche de dresser un tableau epistémologiquement cohérent quant aux  véritables enjeux  et clivages. Pellard, comme bien d’autres, semble être victime d’un réflexe corporatif consistant à  stigmatiser ou à ignorer les horoscopes  de presse comme s’il s’agissait d’une  question hors champ d’une recherche astrologique  qui se voudrait un  tant soit peu sérieuse En ce sens, l’on risque fort de basculer dans une forme d’anti-astrologie assez primaire qui réconcilierait en quelque sorte astrologues et astronomes!

Car;  le spectre des écoles d’astrologie que Pellard  décrit n »est pas aussi  varié qu’il semble le croire. Ces écoles  ont en effet un point commun: le thème natal, de Nicola à Rudhyar, de Hadés à Santagostini pour citer des auteurs dont il traite, entre autres  mais l’ on sait à quel point au sein de certains milieux, les micro-clivages pullulent sur un mode byzantin.. Pellard nous rappelle en passant que Jean-Pierre Nicola aura collaboré, il  y  a une cinquantaine d’années  à l’entreprise Ordinastral/Astroflash, ce qui dénote  tout de même une certaine compatibilité

C’est ainsi que Pellard au lieu de faire ressortir le clivage entre  partisans d’une approche globale du  thème astral et partisans d’une approche que l’on pourra qualifier de sélective,  tend à ignorer cette seconde option, ce qui conduit à un déséquilibre patent de son processus descriptif. On a ainsi l’impression que les différences entre « écoles » se réduiraient à des  grilles de lecture différentes d’un seul et même su pport, ce qui serait dû notamment à la variété des influences externes subies, notamment dans le domaine psychologique.(Freud, Jung  etc). Cela dit, aussi bien Barbault que Nicola auront rédigé des ouvrages consacrés à la typologie zodiacale, l’un dans les années cinquante (Ed du Seuil), l’autre dans les années 80   (collection  « Les grands Livres »(chez Tchou)

On fera remarquer pourtant que dès 1976 (nlle édition 1993,  Ed esoagnole 1978 )  dans  le volume Astrologie de la Collection Clefs (ed Seghers), cela fait 45 ans,  nous proposions de prendre nos distances avec le thème natal du fait de son caractère  spatial  aux dépends de l’axe prévisionnel.  La traduction espagnole de la quatrième de couverture  confond  nacimiento et conocimiento naissance et connaissance!/

Clefs: 1976   Quatrième  de couverture  “Jacques Halbronn entend condamner  une certaine  astrologie qui a pour  nom  « horoscopie » et qui est axée sur le seul moment de la naissance (..)redonner  à ‘l’astrologie son  assise  traditionnelle en discernant les différentes couches  qui se sont ajoutées au noyau initial »

Pelllard aurait du mentionner  notre ouvrage, paru un an avant le « Pour une astrologie moderne » Ed du Seuil  de Jean-Pierre Nicola, immédiatement suii  par notre étude « L’astrologie sensorielle » (hors texte  dans la revue Cosmopolitan de Noel 1976.) qui préfère recourir à des tests qu’à l’étude de thèmes.

A l’opposé de Barbault, nous affichions notre choix  en faveur d’un monoplanétatisme en  astrologie mondiale limité au quatuor Mars Jupiter Saturne Uranus, à l »exclusion donc de Neptune et de Pluton, ce qui remettait en question le postulat selon lequel l’astrologie devrait impérativement se servir de toutes les données fournies par l’astronomie.

En bref,  Pellard  ne prend pas conscience de l’option monoplanétaire et n’entend en  tout cas pas la présenter comme une option., tant cela va à l’encontre de sa motivation  envers l’astrologie. On peur parler dans son cas d’obstacle, de blocage épistémologique,(cf Bachelard qu’il cite)  de ce qu’il vit comme impensable, inaudible, comme un sacrilège envers ce merveilleux savoir des  astronomes. -cf Lenoble, l’astronomie comme base de l’astrologie, Paris, ARRC 1978)   Celui qui n’accepte pas une telle connaissance se condamnerait à l’ignorance et à l’errance.  Et pourtant,  ne parle-t-on pas de « son » signe à partir de la seule  position du soleil à la naissance et n’est ce point là une forme de monoplanétarisme se diversifiant sur un mode monocyclique? D’ailleurs, Barbault, auquel Pellard est en cette occasion censé rendre hommage, n’a t il pas choisi en astrologie mondiale les seules planètes « lentes », à partir de Jupiter? Bien plus, n’a -t-il pas en quelque sort élaboré une cyclicité unique telle que cela apparait dans son graphique? Et quant à l’ère du verseau n’est-elle pas fondée sur le passage du seul « point vernal » sur des constellations? En effet, un vecteur unique peut donner lieu à des variations au fur et à mesure de son cycle.  On rappellera aussi qu’un Dom Néroman faisait progresser, dans les années 30-40, le Milieu du Ciel (rebaptisé Fatum) au travers des différents secteurs. Quant à Manilius (Ier siècle) que Pellard cite,  il associe aux signes non pas des planètes mais douze divinités, sans rapport avec les données astronomiques. Et en ce début de XXIe siècle, le monoplanétarisme ne marque-t-il pas des points avec ce nous avons appelé « Astro-horoscopie » en se focalisant sur la seule planète Jupiter, ce qui rend bien plus accessible la prévision?  Cette école est vouée à redonner un nouvel élan à l’horoscopie de presse en étudiant les transits de Jupiter au soleil de naissance sur la base de deux hémicycles (d’une durée de 6 ans)  articulés sur les conjonctions, carrés et oppositions. Mais dès 1994, donc 15 ans avant la rédaction du dit texte par Richard Pellard, nous avions publié une ‘Astrologie selon Saturne » qui avait produit un beau résultat prévisionnel en rapport avec les mouvements sociaux qui se produisirent un an plus tard. L’astrologie en ce sens doit fonctionner ni dans le trop court terme, ni dans le trop long terme.  En fait, Pellard nous parle que du point de vue d’un certain entre soi au sein d’une certaine secte astrologique, celle de ceux qui ne jurent que par le seul thème natal.  L’ennui, c’est que son texte cherche à se faire passer pour un panorama complet, ce qu’il n’est pas. Tout se passe comme s’il entendait souligner la diversité existante au sein de la dite secte pour justifier  un « parti unique » si bien que le lecteur, impressionné, a l’illusion qu’on aura ainsi fait le tour de la question.  Certes, le travail de Pellard est-il louable et bien documenté dans son genre mais nous relèverons néanmoins quelques erreurs. Barbault n’a fait que reprendre la traduction de Nicolas Bourdin, date de 1640 (Ed du Félin Philippe Lebaud).  Edgar Morin  a publié son enquête en 1971 sous le titre Le Retour des Astrologues (Ed du Nouvel Obs) et en 1982, il ne s’agit que d’une réédition amplifiée (La croyance astrologique moderne, Ed L’Age d’homme). Mais la plus grosse bévue de Pellard est son traitement de l’histoire des Quatre Eléments,  il semble ignore qu’au Xe siècle, la théorie des Grandes Conjonctions Jupiter-Saturne s’articulait sur la correspondance des signes sur la base des triplicités et à ce propos  ces grandes conjonctions  s’apparentent quelque peu à une forme de monoplanétatisme, en ce qu’elles instaurent un cycle unique. Force est de constater que l’histoire de l’astrologie, dans le cas de Pellard que de Lenoble, est une affaire trop sérieuse pour être  laissée aux professeurs d’astrologie qui ne songent qu’à leur chapelle..

En fait,  l’historien de l’astrologie, aujourd’hui a enfin compris que les relations entre astrologie et astronomie auront eu des effets toxiques en agitant notamment le mirage de la Modernité!. L’astrologie, comme le reconnaissait Barbault dans De la psychanalyse à l’Astrologie (Seuil 1961) aura cru trouver dans les méandres de la psyché la justification à sa pléthore planétaire en forme de mandala.  (cf notre   article « Astrologie  » dans l’Encycopaedia Universalis:  1994)

L’astrologie rotationnelle  aura privilégié les trois planètes les plus distantes et donc distinctes du Soleil: Mars, Jupiter et Saturne, les autres accompagnant de trop près le dit Soleil lors du passage à l’horizon (élongation limitée à un signe et à un signe et demi). D’où le dispositif  ternaire, cher à Dumézil. On peut distinguer le niveau de l’empire, de la nation, de la famille, l’empire étant une somme de nations et la nation une somme de familles. On voit que la contemplation du  ciel  peut avoir structuré l’organisation sociale.

.  On notera que la famille est mise au premier plan avec  une «    Fédération des familles pour la paix mondiale    »  dans la mouvance Moon dont on connaît les mariages collectifs souvent interraciaux.  La Nation  a besoin de s’organiser autour d’une population endogamique, s’enracinant dans une filiation ancienne      : en ce sens, l’on peut se demander si l’endogamie juive n’est pas vouée à prendre le relais de l’endogamie princière et ce d’autant que cette dernière tend à se référer à David et à Salomon. Autour d’un tel noyau solaire – on retrouve le modèle en physique et en astronomie- va graviter une population exogamique – où l’on entre comme dans un  moulin – sans identitéי propre, laquelle  n’a en commun que le partage d’un certain sol (droit du sol). D’un cotéי, une identitéיpréalable, a priori et de l’autre une identitéי a posteriori, après coup. L’exogamie produit de la mixitéי alors que l’endogamie constitue la colonne vertébrale d’une sociétéי en ce qu’elle assume la verticalitéי du pouvoir mais aussi sa continuitéי alors que la mixitéי exogamique  ne fait que s’agréger, que graviter autour d’un tel axe, et l’on ne saurait confondre le centre et sa périphérie, le noyau et ses satellites. D’ailleurs, la conversion-sous ses diverses manifestations juridico-confessionnelles- n’est-elle pas le fait d’une attraction  ? Encore faut-il souligner le fait que lorsque le cœur du système dysfonctionne, c’est l’ensemble qui se disjoint et se défait.

 

Astrologie/astronomie, les sœurs ennemies

 

Nous voudrions montrer à quel point  l’astronomie aura contribuéי jusquà nos jours- à fausser nos représentations de l’astrologie et ce bien plus qu’on ne le dit habituellement puisque les astrologues eux -mêmes semblent asservis à une  épistémologie propre à  l’astronomie, ce qui tient notamment, à une sorte d’impératif, de Surmoi, leur imposant un très  lourd  cahier de charges. Même si les astronomes, selon une tradition qui perdure, se montrent très critiques à l’יégard de l’astrologie au point de continuer  à s’exprimer à son sujet, comme en témoigne le Que Sais-je actuel sur l’Astrologie (par Philippe Zarka, succédant à un autre astronome Paul Couderc, dans les années 50), qui est le fait d’astronomes, la plupart des astrologues ne peuvent se résoudre à couper le cordon ombilical qui les relie à l’astronomie. Entendons par là qu’ils se croient obligés d’accorder à toutes les planètes appartenant au système solaire -tant les «   anciennes       » que celles qui ont  été découvertes successivement, à partir de la fin du XVIIIe siècle- une place au sein de leur dispositif à commencer par la carte du ciel ou thטme natal, au risque de parvenir à saturation.

Pour notre part,  nous n’avons cesséי de militer, depuis des décennies, contre une telle  dépendance de l’astrologie par rapport à l’astronomie, ce qui n’est pas sans faire penser à d’autres dépendances aux symptômes assez comparables, telle celle de l’anglais par rapport au français ou du christianisme par rapport au judaïsme. (cf. infra). L’avenir de l’astrologie ne serait pas selon nous de s’accrocher au train de l’astronomie mais d’en descendre pour vivre de sa propre vie, ce qui correspond au passage de la Science à la Technique. 

On peut en trouver un écho avec l’יénigme du Sphinx                       :

«                       Arrivéי devant les portes de Thèbes, Œdipe se trouva en face du Sphinx, monstre à buste de femme et à corps de lion qui dévorait les voyageurs ne parvenant pas à résoudre les יénigmes qu’il posait.

ְ la question posée:

qui marche à quatre pattes le matin,

à deux à midi,

à  trois le soir ?

Œdipe répond d’un mot:

L’HOMME

Vaincu, de dépit, le Sphinx se jeta sur les rochers et se tua «               

En effet,  si  à la naissance, l’enfant se déplace sans se lever, tel un quadrupède,  au soir de sa vie, l’homme sera obligéי de s’appuyer sur un bâton (de vieillesse),donc de s’appareiller( de s’aligner) même si c’est de façon très rudimentaire au regard de la technologie actuelle.

Un tel lien condamne d’ailleurs l’astrologie à s’asservir, par la même occasion, à la mythologie, puisque celle-ci a marquéי le métalangage de l’astronomie, notamment quant à  la désignation des planètes du système solaire, y compris pour celles récemment mises en יévidence. On est ainsi en face d’une sorte de huis clos  infernal astrologie-astronomie mythologie. Cela dit, tout langage n’est-il pas en soi un métalangage   , ce qui renvoie à l’arbitraire du signe    ?

Les astrologues- pour la plupart, sont de nos jours  engagés dans une course aux signifiés dont on n’a pas jusqu’à  présent assez signalé le caractère pernicieux et l’astrologie que nous proposons  prend le contre-pied d’une telle tendance en limitant de faחon draconienne le nombre de signifiants astronomiques  à considérer. Les progrès de l’astronomie planיtaire n’auront fait qu’exacerber une telle spirale.

Pour l’astrologue ordinaire,  il va de soi que  chaque facteur astronomique doit avoir son pendant astrologique et si l’astronomie est  fournisseur de signifiants, l’astrologie doit assurer en matière de signifiés. L’astrologie est fascinée par l’astronomie.Le raisonnement tenu  est le suivant : s’il y a 12 signes, il doit foréיment se trouver 12 types  ou tendances psychologiques. S’il y a tant de planטtes,  cela signifie que le monde se divise en autant de catégories, d’archétypes. Il semble que Jung avec son Inconscient Collectif  n’ait pas assez pris garde à une telle pente qui conduit א faire de chaque symbole l’indication d’un signifiéי correspondant au niveau de notre psychisme. Autrement dit, le cosmos serait la carte (signifiant) de notre territoire (signifiéי). Il nous semble tout à fait abusif de prétendre situer la symbolique zodiacale au rang d’archétypes alors qu’il s’agit d’une transmission fantaisiste de l’iconographie populaire relative aux mois de l’année et aux travaux qui leur correspondent. Si l’on compare les noms des signes et ceux des «      maisons astrologiques    », force est de constater que si les uns sont restéיs –au sein de la littérature astrologique – identiques aux représentations astronomiques, il n’en est pas de même des maisons lesquelles ont au moins l’avantage de constituer une grille de lecture du monde pouvant faire sens. Or, la dite grille n’appartient pas, quant א elle, au corpus astronomique.. Autrement dit, pour l’historien de l’astrologie, le zodiaque est restéי un corps étranger- un emprunt- au sein de l’astrologie tandis que les 12 maisons constituent un outil central de la divination astrologique. Ce n’est que tardivement que certains astrologues se sont mis syncrètiquement ( rassemblant tout ce qui a trait de près ou de loin à  leur domaine),  en tète de tirer quelque enseignement du fait que telle personne serait nיe sous tel ou tel signe (solaire ou ascendant ou les deux) par le biais d’une astrologie populaire, (almanachs, Livres d’Heures et leurs dérivés tel le Kalendrier et Compost des Bergers) י”élaborée par une  population n’accèdant à l’astrologie que de l’extérieur, On notera que pour Albumasar et sa théorie des grandes conjonctions, très en vogue au Moyen Age et à la Renaissance, ce qui importe ce ne sont pas les signes qui comptent  mais les 4 Eléments répartis entre les 12 signes, Feu, terre, air, eau.  Il reste qu’Albumasar ou ceux qui l’ont inspiréי comme Mashallah,  aura déconnectéי l’astrologie céleste de l’astrologie terrestre, celle du thטme natal et de son cœur, l’ascendant. Or, l’astrologie ne peut réellement fonctionner que si l’on  associe ces deux pans, celui d’en  haut et celui d’en bas, ce qui correspond précisément à  l’Astro-Horoscopie que nous exposons  plus loin dans ce second tome.  Le vrai dיbat de nos jours ne saurait être régléי au nom de la vogue de tel ou tel courant  chez les amateurs plus ou moins יclairיs d’astrologie. Les questions de fond qu’il importe d’aborder sont les suivantes   :

1 quel  est l’impact  du métalangage des astronomes sur le savoir astrologique, qu’il s’agisse du symbolisme zodiacal ou du nom des planטtes découvertes au-delà de Saturne, par exemple.

2  l’astrologie qui combine les planètes entre elles  au lieu de relier telle planète avec un facteur non planétaire,  ne correspond-elle pas à la Troisième Création  face  à  une astrologie de la Deuxième Création, dans la mesure même où cela sous-tend le thème individuel  ?

Le monoplanétarisme  que nous préconisons ne signifie nullement que l’on ne doit tenir compte que d’une seule planète mais que pour un groupe donnéי, c’est une certaine planète qui compte et pas les autres et est-ce que ce débat ne replace  pas la question du monothéisme à sa  juste dimension    ? L’on  doit mettre en garde contre ce que nous avons appelי  l’anachorisme lequel consiste à  attribuer à un groupe ce qui s’adresse א un autre groupe, processus beaucoup moins familier que celui de l’anachronisme.

En ce sens, l’Ascendant qui est une notion déjà fort ancienne nous apparaît comme le canal par lequel une certaine planטte  se connecte avec une certaine population car la connexion entre deux planètes nous apparaît totalement irrecevable. Depuis 1976 et Clefs pour l’Astrologie, nous avons militéי pour une astrologie qui relierait une planète  avec un cadre non planétaire, comme les axes יéquinoxiaux et solsticiaux,  les יétoiles fixes royales et à  présent – du fait  de l’abandon d’une astrologie mondiale déconnectée des  acteurs humains – avec l’ascendant. Ce que nous appellerons le courant mono-stellaro-planétaire   de la Troisième Création qui s’oppose au courant des cycles planétaires, impliquant un binôme associant au moins deux planטtes –(.-cf  Yves Lenoble  Initiation א la pratique des cycles planétaires, Ed ARRC)

Pour nous, le transit, le passage  d’une planète, en un instant T, sur la  position  exacte du  soleil (chaque signe comporte 30°) connecte  un facteur cosmique avec  l’antenne natale.  Par planète, au regard de notre  astrologie, nous entendons exclusivement le trio mis en יévidence par Gauquelin en 1955 à savoir  de la plus rapide à  la plus lente, Mars, Jupiter  et Saturne. Encore faut-il préciser que pour ce qui est de Jupiter, cela ne vaut que pour les  « hommes providentiels . L’approche spatiale consomme, mobilise  beaucoup plus de facteurs  en permanence que l’approche temporelle, l’une éponge, tarit le chomage alors que l’autre en génère. C’est pourquoi dans une logique spatiale, on a tendance à vouloir cumuler les acteurs qui doivent faire acte de présence, simultanément  alors que dans une logique temporelle, un seul et même acteur est en mesure de gérer successivement et alternativement différentes fonctions, étalées dans le temps. Voilà pourquoi, les astrologues ne peuvent se mettre d’accord entre eux du fait qu’ils n’ont pas la même approche des choses. C’est ainsi que le paysage astrologique décrit par Gauquelin finira par englober pas moins de cinq astres, au vu de la spécialisation professionnelle alors que notre approche, quant à elle, sera centrée sur un seul astre, à savoir Jupiter, ce qui correspond au monoplanétarisme que l’on trouve à l’oeuvre dans la pratique du signe solaire, déterminé par les positionnements successifs dans le Zodiaque d’un seul et même astre, ce qui vaut aussi, à une autre échelle, pour les ères dites précessionnelles (cf Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau, 1979) avec le déplacement du « point vernal » (axe équinoxial.) d’où le terme de précession des équinoxes.

 «   De même que l’astronome doit scruter le ciel, l’astrologue  se doit de scruter la sociétéי en détectant les personnages remarquables, qui sont autant de «    stars     », de ‘soleils       ».  C’est la combinatoire de ces deux niveaux  de repérage qui permet de  parvenir à un schéma viable.  L’astrologie qui nous intéresse –-est celle des ‘grands   et des « puissants    » à fort potentiel et ne concerne pas le tout-venant, le vulgum pecus à la différence de l’astrologie de la théologie du Deus Pater.

Il faut résister à la tentation de  prétendre à une sorte d’infaillibilitéי voire d’immaculée conception du métalangage astronomique. Le peuple est d’ailleurs coutumier de surinvestir le langage en ce sens qu’il ne perçoit l’יélite que superficiellement et croit  pouvoir l’imiter en lui empruntant ses mots. L’astrologie populaire aura ainsi contaminéיà l’יépoque moderne l’astrologie savante et on est là face à un cas remarquable  de transmission syncrétique mais nous  sommes enclins à considérer que le peuple  tout en dépendant des élites  constitue un précieux référentiel, parfois de l’ordre de la subconscience, de l’Inconscient Collectif  (Jung)  sur lequel il n’a pas prise,  avec lequel il importe de rester en corrélation, comme nous avons pu le montrer au niveau linguistique.. Nous dirons que l’יélite entretient une précaritéי du savoir  mais bénéficie d’une certaine stabilitéי du mode de vie alors que la base est  fragile dans sa situation matérielle – notamment du fait du progrès induit par l’יélite, notamment sur le plan technique-  mais  en quête de stabilitéי, de choses bien arrêtées quand il s’agit de connaissance.

 

 

Rares sont ceux parmi ceux qui se lancent dans une description de l’astrologie qui ne tombent pas dans le panneau du structuralisme,  et Dane Rudhyar n’échappe pas à la régle.  Certes,  l’on va  assaisonner l’astrologie d’une façon ou d’une autre mais le produit de base reste fondamentalement le même  ce qui vient sensiblement relativiser les différences entre les écoles si bien que l’on ne peut guère reprocher aux astrosceptiques de parler de l’Astrologie avec un grand A majuscule et au singulier.Disons que le discours astrologique, pour peu que l’on  fasse abstraction de certaines variantes s’articule, tourne, en gros, autour des mêmes techniques, sans en omettre la moindre, en une sorte de  vertige  d’exhaustivité qui  atteint d’ailleurs aussi bien la tradition astrologique que le système solaire dont il serait criminel et en tout cas bien mal vu/venu  de soustraire quoi que ce soit. C’est  le syndrome du puzzle dont les dernières pièces seraient encore à venir chez ceux qui jouent encore au jeu des 12 planètes  correspondant aux 12 signes. De nos jours, le grand astrologue est celui qui est capable de donner du sens à tout ce qui fait partie de l’attirail astrologique comme, en consultation, à tout ce qui arrive au client. Tout est bon dans le cochon. Rien à jeter. On pense à un Jean-Pierre Nicola qui réalisa un assez beau casting avec son Astrologie Conditionnaliste, re formulant, rebaptisant, dans les années soixante,  toutes les données de l’astrologie traditionnelle, comme l’avait fait avant lui Dom Néroman, trente ans plus tôt  et après lui Patrice Guinard. trente ans plus tard. Nous mêmes, nous avons été soumis un temps à une telle tentation mais, grâce au ciel, nous nous sommes,  très tôt, méfiés, de la juxtaposition des dispositifs, flairant les redondances, les doubles emplois.

Notrd méthodologie pourrait se résumer ainsi  , ce qui nous semble assez  écologique : respecter  les besoins  et les moyens. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?. Le rasoir d’Occam.

Comprenez qu’au lieu de se demander ce dont on  a besoin pour assumer une certaine tâche, l’on vous demande de vous débrouiller pour  donner, trouver du travail, de l’emploi à tant de personnes, pas une de plus pas une de moins. Il va falloir à tout prix les caser !.Là où un employé suffirait, il faudra en mettre trois et ainsi de suite, quitte à diversifier les affectations jusqu’à l’absurde. C’est comme quelqu’un qui devrait habiter dans un cinq pièces à lui tout seul : il lui faudra pas mal d’imagination pour donner l’impression que « tout va très bien, Madame la Marquise ! ‘ RAS. Quant aux moyens, encore faudrait-il s’interroger sur la faisabilité, la viabilité d’une telle entreprise !

Il faut ici parler de syncrétisme : lorsque l’on rassemble des données traitant certes d’un même domaine mais selon des angles différents, voire qui s’excluent mutuellement. Et l’astrologie est malade du syncrétisme. L’approche structuraliste tend à nier le syncrétisme en cherchant à démontrer qu’il y a unité, complémentarité.  Il conviendrait de mettre un terme à une telle entreprise de désinformation. Mais comment restituer  la spécificité de chaque courant quand il y a tant  d’interférences ? C’est la dialectique de la diachronie et  de la synchronie. L’historien ne peut que révéler les constructions syncrétiques  qui nous font penser à ces monstres dont d’ailleurs l’astrologie zodiacale  est farcie avec le sagittaire (centaure) et le capricorne (chèvre poisson).  Un des pires syncrétismes reste celui, on l’aura compris, qui confond astronomie et   astrologie, et la Tétrabible est certainement une œuvre typiquement syncrétique. Selon nous, la vraie astrologie n’a besoin que de deux planètes, l’une en haut, dans le ciel Jupiter et une autre dans le thème, le Soleil, ce qui suffit à organiser les sociétés humaines, faute de quoi, il  y  a surcharge des signifiants par rapport aux signifiés, ce qui conduit à un « sur-découpage », à  une inflation,  qui nuit à la pertinence du discours astrologique.  Quand on lit Rudhyar, on a souvent l’impression qu’il coupe les cheveux en quatre,  sous la pression de la quantité des facteurs à gérer, auxquels il faudrait nécessairement assigner quelque raison d’être, introduire une énième distinction et parfois il semble se complaire dans un tel exercice acrobatique qui confère à l’astrologie une richesse factice.

 

 

 

Nous pensons, pour notre part,  que ce qui est de l’ordre du signifiant n’exige aucunement une  correspondance au regard du signifiéי. On retrouve là la notion de choix, d’יélection.  Nous choisissons parmi tous les compossibles ceux et ce dont nous avons besoin pour incarner nos signifiés. Nous n’allons pas, complaisamment, augmenter le nombre de nos signifiés pour qu’ils correspondent aux signifiants existants.

Autrement dit,  on doit partir de nos signifiés intérieurs pour les associer à des signifiants extérieurs et non l’inverse. Or, l’amateur d’astrologie- l’astrophile-  aurait tendance à procéder à l’inverse, du fait d’une difficultéי à cerner ses propres  signifiés intérieurs. Il n’aurait donc d’autre choix que de partir de données externes et d’en chercher la  réplique en lui-même.

Les  gens qui ont  une assise psychique suffisamment solide se rendent bien compte du piège et se refuseront à se prêter à un tel marchéי de dupes

On voit que la question de l’élection se pose tant pour les dieux que pour les cieux. Quel dieu Technique pour l’Humanitéי mais aussi quelle planète                          ? D’aucuns n’hésitent pas à  répondre «   tous les dieux , tous les astres                »  ou à  affirmer qu’il n’existe de toute façon qu’un seul et même dieu, ontologiquement. Nous pensons au contraire  à une pluralitéי au sein de laquelle existent des rivalités. On a vu que nous mettions en יévidence deux «  fils de Dieu   », Yahvéי et Jésus et que nous accordions un statut privilégié à Saturne par rapport à Jupiter (son fils). On peut, si  l’on préfère, parler d’יémanations  à  partir de Dieu-Elohim. On  dit ainsi , dans la théologie chrétienne, que «  le Verbe יémane du Père Éternel, et le Saint-Esprit יémane du Père et du Fils.”  L’idée de ‘fils de Dieu  »n’יétait en tout cas nullement יétrangère au judaïsme du temps de Jésus. Dans l’ֹEvangile selon Marc (ch. XIV, 53-65), on nous rapporte cet interrogatoire  du Grand Prêtre    s’adressant à  Jésus    ;   Es-tu le Christ (cest à dire le Messie), le Fils du Dieu béni ? » Il est possible quà  un certain stade, le judaïsme -ou en tout cas une secte parmi dautres – ait יévacuéי une telle représentation, doù cette affirmation unitaire (Ehad) au début du Chéma Israel.

Toutefois, lon serait en droit de se demander si le troisième facteur de la Trinitéי ne devrait point plutôt être le «  peuple   » en lieu et place du Saint Esprit. Il y a le Père lequel  mande et commande son «                fils     », cest- à -dire son envoyéי, lequel est chargéי dannoncer au peuple- aux brebis d’Israël- capable de recevoir le message ainsi transmis de lיémetteur au récepteur. Avec l’ Alliance Renouvelée, le système trinitaire parvient א son accomplissement pour former un tout parfaitement maמtrisי puisque Dieu correspondra  désormais  directement avec le dit peuple (cf. Jérémie XXXI)      : Les joursviennent —   déclaration du SEIGNEUR    — où je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle, 32 non pas comme l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères, le jour oש je les ai saisis par la main pour les faire sortir dֹEgypte, alliance qu’ils ont rompue, bien que je sois leur maître — déclaration du SEIGNEUR. 33 Mais voici l’alliance que je conclurai avec la maison d’Israël, après ces jours- à  déclaration du SEIGNEUR    : Je mettrai ma loi au dedans d’eux, je l’écrirai sur leur cœur   ; je serai leur Dieu, et eux, ils seront mon peuple. 34 Celui-ci n’instruira plus son prochain, ni celui-lא son frטre, en disant     : «Connaissez le SEIGNEUR   » Car tous me connaîtront, depuis le plus petit d’entre eux jusqu’au plus grand —  déclaration du SEIGNEUR. Je pardonnerai leur faute, je ne me souviendrai plus de leur pיchי.       »

Dans l’Évangile de Jean, on fait selon nous écho à ce  texte  »Il est écrit dans les prophètes. Ils seront tous enseignés de Dieu   »(Ch. VI)      ; «   Ils    », ici, א nen pas douter,  ce sont les Juifs.

Au chapitre VIII du même Évangile,  Jésus  déclare     :  »Moi, je suis le bon pasteur  ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, 15 comme le Père me connaît, et que je connais le Père      ; et je donne ma vie pour mes brebis    »      ; celles d’Israël.

Jean  VIII, 28-29                :

«   Je ne fais rien de moi-même; ce que le Père m’a enseignéי, je le dis. Celui qui m’a envoyéי est avec moi; il ne m’a pas laisséי seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît »

Jésus nous apparaît comme une interface entre le Père (le « patron  ») et les «   tribus d’Israël ».(de Jacob), le Père est l’יémetteur, le fils le transmetteur et le peuple le récepteur.

Mais il semble qu’il y ait confusion terminologique dans le débat théologique      dès lors que l’on recourt à la grille planétaire ternaire Mars-Jupiter- Saturne. Entendons par là que selon la dite grille, les trois valeurs sont parfaitement compatibles et complémentaires. Il n’y a rien d’étonnant à  ce que les Juifs qui correspondent à  la base martienne, celle du sang  soient en dialectique avec leur «  maisonnée », qui est une extension  jupitérienne,  visant  à harmoniser, d’aplanir les aspérités, au sein d’une sociétéי donnée en rapprochant le statut de ses différentes composantes, que cette démarche יémane des Juifs ou de païens judaïsants. On peut évidemment passer au stade supérieur –saturnien – en englobant –au sein d’un empire- des populations étrangères au monde juif et qui n’auront pas les mêmes motivations que celles qui en sont plus proches, ce qui peut viser à un rêve d’universalitéי sans que cela remette en question la racine/race proprement  juive. On notera que dans notre tableau, les femmes ne constituent pas une catégorie à  part mais viennent compléter les hommes aux trois niveaux que nous avons déterminés, ce qui revient à ce qui est exprimé à partir du chapitre II  du Livre de la Genèse.

 

René  Guénon sur l’astrologie

 

Dans sa «    Crise du monde moderne       » (1927),  Guénon consacre une partie du chapitre IV («     Science sacrée et science profane    »  à l’astrologie et il nous a sembleי intéressant de le commenter.

«    Il est  faux de dire, comme on le fait  habituellement, que l’astrologie et l’alchimie sont devenues respectivement l’astronomie et la chimie modernes      (..) «      Il faut remarquer  tout d’abord  que l’attribution de  significations distinctes  aux termes d’     »astrologie       » et  d’    astronomie    » est relativement récente    ; chez les Grecs ces deux  mots  יétaient employés indifféremment pour dיsigner tout l’ensemble de ce à quoi  l’un  et l’autre  s’appliquent  maintenant. (..) On ne sait plus aujourd’hui ce que pouvait être l’astrologie  ancienne ( ..) ceux   mךme qui ont essayéי de la reconstituer ne sont arrivés  qu’à de véritables  contrefaçons, soit en voulant en  faire l’équivalent d’une  science  expérimentale moderne,  avec l’intervention des statistiques et du  calcul  des probabilités, ce qui procède d’un point de vue qui ne pouvait en aucune  façon celui  de l’antiquitéי ou du moyen Age, soit en s’appliquant exclusivement à  restaurer  un  «    art divinatoire      » qui ne fut guère  qu’une  déviation de l’astrologie en voie de disparition      »

 

Contrairement à ce qu’affirme Guénon,  un Ptolémée distinguait nettement astrologie et astronomie    même si  on recourait à une même terminologie      : c’est bien souvent l’יépithète qui fait la différence comme lorsque l’on distingue entre les יéoiles, les «  fixes   »  et les «  errantes   »

Prologue.   » Syrus, il y a deux choses principales et grandes sur lesquelles sont fondיes les prédictions astronomiques. L’une qui est la première en ordre et en certitude, par laquelle nous trouvons à  chaque moment le mouvement du Soleil, de la Lune et des autres astres et les regards qu’ils ont entre eux, ou ceux qu’ils ont envers la terre. L’autre par laquelle, suivant les qualités naturelles de ces astres, nous considérons les changements qu’ils produisent selon leur position dans les corps. De ces doctrines, la première a son art qui lui est propre, mais la fin de la seconde partie qui vient après elle, n’arrive pas à cette certitude. Celle-là vous a   été expliquée avec ses démonstrations autant qu’il a  été possible, par un livre particulier. etc… »

Au vrai,  Guénon décrit fort bien la situation de l’astrologie de son temps, laquelle est partagée entre les travaux statistiques du Polytechnicien Paul Choisnard (alias Flambart) et une astrologie populaire qui va bientôt envahir la presse, avec la mode des «                horoscopes    », sans parler  de la consultation en cabinet, autour du «  thème natal  ». Quant aux rapports entre astronomie et astrologie,  nous dirons que l’astrologie aura יéי dévoyéי par  certains astronomes, tel un Ptolémée, et par les appellations mythologiques des astronomes du XIXe siècle concernant de nouveaux astres du système solaire, inconnus des Anciens.   C’est ainsi que les astrologues auront très tôt pris le pli d’interpréter la «  carte du ciel » dressée par les astronomes, en  recourant à un symbolisme zodiacal lequel n’était au départ qu’un métalangage en usage en astronomie au point que la plupart des historiens sont persuadés que les noms des planètes et des signes sont l’œuvre des astrologues   lesquels n’ont fait que reprendre les pratiques des astronomes !

 

Une astrologie du XXIe siècle 

Renaissance  de  l’Astrologie, grâce à la formule que nous avons retrouvée, sorte de pierre philosophale   : «    Jupiter à un instant T  connecté au point  solaire  natal.  On lit souvent que l’amour « dure 3 ans », cette durée correspond  au quart du cycle de Jupiter. On notera un parallèle assez frappant avec le cycle des  4   saisons  de  3 mois   et avec les 12 mois Lunaires  mis en rapport avec les dites saisons, chacune divisée en trois signes.. .  » Mais une telle coïncidence nous semble prouver que le système solaire aura été réaménagé par le Deus Faber mettant notamment en évidence le lien entre Jupiter et le  cycle des saisons  car  l »axe de rotation  de la  Terre n’est pas parfaitement perpendiculaire face au Soleil : la Terre est inclinée de 23°.   Notons aussi  que la durée de 3 ans a souvent été remarquée, signalée  empiriquement comme constituant un seul dans les relations humaines. On notera que la confirmation religieuse, notamment chez les Juifs se célèbre au moment du treizième anniversaire, soit à la fin d’un cycle jupitérien de 12 ans.

On aura compris que nous sommes ici en plein dans la dialectique de la présence et de l’absence, l’astronomie étant ici l’écrit et l’astrologie l’oral, lequel ne garde de l’écrit que certains  facteurs, à l’instar de ce qui se pratique pour la langue française. Ne pas comprendre un tel principe revient à manger une banane  avec sa peau, sans la décortiquer  !

Certes,  tout  travail  est voué à une tension entre entropie  et  néguentropie,  ce  qui va dans le sens de notre monoplanétarisme, à savoir  un vecteur multifonctionnel passant par des temps  successifs,   du fait de la diversité cyclique de son contenu. Entropie lorsque les  schémas de départ  sont remis en cause   et néguentropie, lorsque le chercheur s’efforce  de rétablir un certain ordre de façade, une  structure, une  synchronie faisant  abstraction  d’une  histoire, une  telle  entreprise  de  toilettage ne faisant jamais totalement,  tout  à  fait,  disparaître les traces de talonnements, ce qui permet à l’historien   habile  de dégager en  archéologue  un certain nombre de strates, de  couches..Il reste que le paradoxe de l’historien tiendrait au fait qu’il ne cesse de démystifier, de déconstruire la narration  historique, comme le scorpion tuant la grenouille qui le porte pour traverser un cours d’eau et  se noyant par la même occasion. L’Histoire n’a rien à proposer sinon  un regard critique, ce qui la rapproche de la philosophie. Cela vaut évidemment pour les corpus que nous avons explorés mais également pour la genèse,  la  diachronie de notre propre investigation. La  stagnation  de la pensée serait  ainsi  le seul antidote au  désordre.

L’usage des paraboles  dans les Évangiles permet  de poser un modèle  débordant d’une situation donnée.  Cela  montre que l’esprit humain  est plus à son aise dans les schémas théoriques que face à une réalité  vécue trop  directement. L’une de nos préférées, parmi celles que nous avons  nous-mêmes mises en avant est celle du messager et de son rapport avec l’expéditeur et le destinataire. Une autre est celle du plat de lentilles par opposition à la cuisse de  poulet. Les lentilles prennent collectivement la forme du plat alors que la cuisse de poulet  impose sa propre forme. Opposition entre matière et forme. De même certaines personnes n’existent que par rapport au cadre dans lequel elles s’inscrivent alors que d’autres affirment leur personnalité propre                              

Nous aurons pu observer que cela a donné des fruits qui ne sont pas nécessairement  enthousiasmants, ce qui fait parfois songer  à la parabole de l’Apprenti sorcier. Quel bilan  dresser  à propos de ces « progrès » concernant nos trois  grands  thèmes? L’astronomie aura certainement perturbé le cours normal de l’Horoscopie  tout comme le français celui de l’anglais/  En  mythologisant  les planètes,  l’astronomie  aura conduit à un grave contresens méthodologique chez les astrologues, à savoir la croyance dans une utilisation  pléthorique  et   inflationniste  du système solaire. Tout cela à cause d’un certain mimétisme; Quant au sionisme, n’a -t-il pas contribué à déstabiliser la présence  juive au monde? Le mieux est l’ennemi du bien! La diaspora  tend à éparpiller l’antisémitisme  dans les directions les plus contradictoires tandis que le sionisme  facilite et encourage à une  focalisation  géographique hostile, appelée antisionisme.  Nous dirons  que le sionisme et le religieux, de par leur embrigadement s’apparentent au fascisme  alors que la démarche diasporique et laïciste juive qui laisse l’individu juif  face à son « Connais-toi toi-même », en serait l’opposé.

Rappelons  que le sionisme est plus porté par les  Évangélistes -sionistes chrétiens- polarisés,  théologiquement et téléologiquement par la « Terre Sainte »  que par les communautés  juives de la Diaspora, phénomène particulièrement patent aux États Unis.

Selon nous, contrairement  aux représentations  en vigueur  la théologie à l’inspiration la plus récente est celle du judaïsme adamique et la plus  ancienne, celle de l’Islam, le christianisme se situant entre les deux. Nous suivons le schéma  thèse, antithèse, synthèse et c’est le judaïsme  qui remet en question  la théologie  christique  de l’homme-dieu.  Situer le judaïsme en premier  est un contresens de première  magnitude car il est  avant tout une mise en garde.  Dans le domaine des résurgences, l’ordre scripturaire n’a que peu de poids  et les premiers seront les derniers. L’ordre  d’arrivée  n’est pas  forcément  celui de départ/

 C’est dire que nous rejetons l’idée selon laquelle  l’Islam  serait la  dernière venue des  théologies  monothéistes Ou que le judaïsme serait apparue en premier. Ce ne sont là que des apparences, des  artefacts Notre expérience  nous enseigne (on pense au corpus  Nostradamus (cf.  notre  volume II) en effet que l’ordre  officiel des parutions ne correspond pas nécessairement à l’ancienneté des documents.  L’Islam  est  l’héritier de l’ismaélisme- à ne surtout pas confondre avec le judaïsme (ou plutôt l’adamisme) – et  son Allah  est le pendant du El (ohim)– même racine -  En bref, le judaïsme – adamisme est la troisième théologie,  le christianisme, la deuxième, l’Islam la première. Révolution Copernicienne. Au regard de la tri fonctionnalité planétaire,  la première création est saturnienne, la deuxième  jupitérienne e t la dernière martienne. Or en hébreu, Mars- le troisième de la lignée des dieux- se dit Maadim, ce qui ressemble fort à Adam et à Adom, ce qui est  rouge, Mars-, la planète la plus  rapide des trois – étant dite «   Horus rouge ».du fait de sa couleur  rougeâtre. Le sang en hébreu se dit d’ailleurs Dam.  Cela  dit,  cette référence aux planètes  relève plus selon nous d’une cosmologie que d’une astrologie. La seule planète vraiment opérationnelle serait selon nous Jupiter, les autres astres  correspondraient à un organigramme spatial et non temporel.

On aura compris que trois théologies sont  en présence et que cela sonne la fin du mythe du dieu unique. Face à la thèse  d’un dieu  universel  dont l’existence  n’exigerait pas même de révélation spéciale, se dresse, dans le champ judéo-chrétien, deux options, la juive et l’israélite- cette dernière donnant naissance au christianisme. L’option  chrétienne  nous apparaît comme l’antithèse de la première, notamment par le moyen des miracles, lesquels caractérisent ce courant tant dans l’Exode que dans les Évangiles                                 : on peut parler d’une tradition du miracle au point que pour les chrétiens, le miracle prouve la réalité de leur dieu humain,   capable de tenir tête au «    Père   », le El, Allah   alors même qu’il s’agit de la négation du dieu transcendantal. Nous avons expliqué qu’il était impropre de qualifier les Adamites de Judéens, de Juifs  cette terminologie renvoie à Yahvé, c’est-à-dire à la planète médiane, entre Saturne et Mars, à savoir Jupiter, le christianisme, héritier de l’ismaélisme, étant un compromis entre le caractère très restrictif   de l’adamisme et la dimension universelle de Saturne (cf. les travaux de Michel Gauquelin. L’influence des astres, Paris 1955).

Les juifs correspondent à une synthèse entre ces deux options en introduisant un dieu  à mi chemin entre ces deux extrémités, un dieu jupitérien, en quelque sorte,  situé entre Saturne et Mars. (cf. notre volume II) En ce sens, le dieu des Judéens serait le dernier des trois à entrer dans l’arène, car Jésus ne serait qu’un avatar du dieu des Israélites.  Le judaïsme  naît d’un  rejet  de l’idée   de l’homme dieu, incarnée  par Jésus  mais bien plus ancienne que lui  car les Pyramides n’auront pas attendu Jésus   !

De nos jours,  ce dernier dieu semble devoir prendre sa revanche, face aux dégâts écologiques – au sens large- générés par notre Humanité. Il importe notamment de repenser  l’habitat en optant pour la polyvalence et la cyclicité des activités dans un même espace, au lieu de penser en termes de compartiments  et d’appartements. Cela devrait conduire à une réduction sensible de la taille des lieux de vie. La  démarche cyclique est foncièrement écologique en substituant au critère d’espace un critère de temps bien moins coûteux structurellement mais exigeant une dépense plus grande d’énergie de la part du consommateur.

Mais  le  coût  écologique, c’est  d’abord tous les expédients visant à masquer  les  réalités  évidentes, ce qui correspond à de l’obscurantisme, c’est la part des importations, donc de la distance à parcourir pour les biens consommés. Notre société est obèse, elle doit suivre un régime, se débarrasser des mauvaises graisses. Inversement,  quand , dans une société    , on ne cherche pas à donner le change, à se faire passer pour ce qu’on n’est pas, l’écologie se porte mieux. C’est  dire que le temps de la Troisième Création est celui d’une politique  d’amincissement            : mieux vaut peu de personnes en pleine possession de leurs moyens qu’un plein emploi généralisé qui a fait long feu. Le passage de la puissance à l’acte     implique une sélection  : beaucoup d’appelés et peu d’élus. Il importe de restaurer une cohérence de la verticalité, ce qui exige de cesser de faire appel à de l’horizontalité, c’est à dire de nier les  frontières  ethniques, d’être piégé par  la deuxième (et  plus) génération d’immigrés laquelle n’assume plus la situation des parents et ce faisant se met en porte à faux par rapport à la raison même de sa présence, du  fait d’une application irresponsable du Droit. La question des femmes se pose             en ce qu’elles sont des immigrées de l’intérieur auxquelles il aura été fait appel à certains moments, du fait de la Première Guerre Mondiale et de son hécatombe d’hommes morts ou blessés au front. C’est dans le refus d’effectuer certaines tâches  par une partie de la population  que l’on fait appel aux machines et  à une humanité  du fait de sa différence visuelle – de son manque de lisibilité  faciale,  se voit  forcée de recourir à des expédients qui ne font pas le poids  : la langue, la religion, le droit, les  parures. Le télétravail occulte  une   faillite  de  la communication sensorielle. La crise pandémique en France aura  été aggravée par le refus de distinguer, de classer, d’où  cette mesure  calamiteuse du confinement généralisé,  aux effets économiques exorbitants. Tout est  fonction de l’écrasement de la verticalité  au nom  d’ un principe utopique  et  dystopique d  ‘égalité,  de parité  conduisant à une invasion,  à une importation d’éléments extérieurs,  qu’il s’agisse  de  l’esclave humain ou mécanique, l’un étant souvent lié à l’autre.

Afin de dédramatiser certains débats, il est bon, en effet  selon nous, de recourir à la méthode de ce que nous appellerons la nécessité systémique. Il s’agit de faire admettre, a priori, le fait que tout système, tout plan, exigent un certain ordre.  Notre esprit  est plus  libre de penser  sur des  modèles que sur   des   faits bruts. Recourir à l’analogie permet en outre d’éviter l’écueil, l’obstacle explicatif, ce qui correspond au demeurant à notre idée de la phénoménologie. C’est ainsi qu’expliquer pourquoi le français est parvenu à jouer un tel rôle face à d’autres langues ne saurait se comprendre tout à fait sans recourir au qualificatif de charismatique et cela vaut aussi pour le personnage du leader. Sous prétexte qu’il manque certains chaînons ou que l’on ne peut préciser l’origine d’un processus, d’aucuns se permettent de nier jusqu’à son existence alors que celle-ci n’en est pas moins  patente ici et maintenant, même si certains aspects  ne nous sont pas connus. On a là un point commun entre les Juifs et les Francophones, du fait d’une masculinité intrusive qui ne se peut légitimer que par ses effets, par sa fécondité, au sens plein du terme. Ces deux mondes ne sont-ils pas  ainsi faits pour se comprendre   ?

  D’ailleurs, lorsque  l’interlocuteur  est  conduit à reconnaître qu’il n a pas  connecté  toutes les données il  sera mieux disposé à changer d’avis. On devra donc s’interroger sur le besoin structurel à satisfaire afin que cet ordre perdure qui est de fixer une centralité, une filiation, une cyclicité, une dualité sans pour autant, à ce stade, déterminer un modus operandi. Une fois une telle nécessité reconnue, il ne sera plus possible de jeter le bébé avec l’eau du bain. Par exemple, si l’on admet la mise en place de certains dispositifs, on ne pourra plus en nier la raison d’être. Il ne restera plus alors que de concilier de tels principes avec ce qui est déjà instauré. Par ailleurs, à l’instar d’une enquête policière, il est bon de déterminer les motifs et les mobiles ayant conduit à «    commettre    » un texte donné au lieu d’opter d’emblée pour la conviction que ce texte décrit une réalité objective  ayant vraiment existé – on  est  dans le «   c’est  écrit   » -  quand il ne s’agit que d’une projection subjective. C’est un travers  fort fréquent chez ceux qui se référent à un corpus de type religieux. Il importe ainsi de s’assurer que le texte considéré ne comporte de pièces incompatibles entre elles, s’excluant mutuellement, du fait d’un processus syncrétique qui en est le soubassement. Au risque de l’anachronisme, il faudra ajouter celui de l’anachorisme (du grec choros, espace, qui a donné chorégraphie), à savoir le non -respect des clivages religieux, comme nous l’avons montré dans notre étude des Centuries nostradamiques. Cela pose le problème de l’émetteur et du récepteur, du destinataire du message, à condition toutefois de comprendre que ce destinataire devra disposer de l’équipement adéquat pour capter l’information. Et c’est bien là que le bât blesse chez ceux qui prétendent un peu à la légère être visés,  concernés  en  quoi  que  ce  soit par telle ou telle injonction.

La question  juive  relève plus de la verticalité que de  l’horizontalité, car dans tout ensemble, il y a un haut et un bas, ce qui relève de la verticalité alors que chaque ensemble se distingue d’un autre, ce qui relève de l’horizontalité. Or, il  y a débat quant  à l’approche des Juifs                          selon qu’on se situe dans la verticalité ou dans l’horizontalité, cette dernière option correspondant à la démarche sioniste alors que le diasporisme juif renvoie à la verticalité, cette  dernière  impliquant une intégration au  sein d’un ensemble plus vaste er de se situer nécessairement en position  minoritaire. Il  y  a là un obstacle épistémologique, tant il semble plus aisé  d’appréhender les différences  d’ordre horizontal  que celles d’ordre vertical. La formule concernant  ce  qui est autre d’un côté ou de l’autre des Pyrénées  passe comme une lettre à la poste et la xénophobie  est   certes  d’une banalité ordinaire.  On  est  dans le culturel et l’on sait qu’il est concevable de changer d’horizon et de se convertir de plus ou moins  de bonne foi.

Mais dès que l’on aborde la question  de la lutte des classes, on  glisse vers la verticalité. De quel droit   tel groupe  pourrait légitimement dominer tel autre, au sein d’une même nation? Pourtant, comment une société pourrait-elle  s’organiser  sans que s’instaura une certaine  hiérarchie de fait ou de droit? L’on passe alors à une forme de pensée magique. C »est  pourquoi le sionisme israélien  ne pose pas  tant  de problèmes  que  cela en  ce qu’il fait passer les Juifs  de la  verticalité  à l’horizontalité  et en ce  sens apparaît comme une solution assez  commode  à gérer ne  serait ce qu’au niveau de l’ONU (organisation des nations  unies)  alors  que  la  condition  diasporique ne peut évacuer la question  de la  verticalité, que l’on  retrouve dans l’idée même  de peuple  élu. Or,  s’il  est  difficile  de concevoir la domination  d’un peuple  sur un  autre,  en  revanche, celle d’une  caste sur une  autre semble bien incontournable  au  sein  d’une société donnée. L’astuce  des  antisémites  aura consisté à   faire  considérer les  Juifs  comme  des  étrangers, donc à les  rejeter  dans l’horizontalité, en  faisant  jouer les  ressorts  de la  xénophobie.  Il est  vrai  qu’une part importante du monde juif francophone  s’est engagée dans un double processus d’appropriation identitaire du passé: d’une part celui de l’Émancipation  des  Juifs de la charnière du XIX e siècle , par le biais du décret Crémieux pour les  Juifs d’Algérie  et de l’autre celui du Retour  vers la Terre ancestrale, à la charnière du Xxe siècle et souvent en empruntant  les deux voies à la fois!

A la limite,  on en arrive à ce paradoxe au nom duquel  un Français  de type africain  serait mieux toléré qu’un Juif, de  type caucasien, comme  si la  dimension  visuelle  était  devenue  un critère secondaire.. Or,  selon nous, le  premier impératif  incombant à une société est  de préserver son unité/ identité  visuelle, le péril  étant  de générer une  société  hétérogène ne communiquant  que par  le  truchement  du  verbe.

Revenons  à  Herzl  lequel   ne fonda  d’ailleurs pas le mouvement sioniste mais le rejoignit quelques mois avant le Congrès de Bâle de 1897  pour en prendre le  contrôle. C’est l’exemple même d’un leader  – on est donc dans la verticalité-  qui prend la tête d’un groupe déjà constitué  et  structuré spatialement. (cf.  J. Halbronn  «    Herzl et le sionisme  » , 2002, (http://ramkat.free.fr/phalb2.html

 La  Nation  est une pseudo-race et un pseudo-empire. Elle n’a ni l’enracinement génétique de la race, ni le projet de dépassement des clivages de l’empire. C’est une sorte de mélange  hybride des deux

 La Nation est marquée par le mythe du  creuset – on met tout le monde dans le même sac sans tenir compte des origines, de la provenance des uns et des autres en vue de créer une pseudo unité.. Mais une telle approche est appauvrissante  car l’on quitte ainsi la proie pour l’ombre, c’est un jeu de dupe. On ne s’intégrerait que par un acte négatif de rejet de son passé  en se résignant à être culturellement sinon juridiquement au sein d’une société  à deux vitesses, qui se décharge sur celui qui s’est ainsi dépouillé de corvées qu’elle entend épargner à  ses membres à part entière.  Et il est vrai que «   Dieu   » a donné l’exemple en se divisant en une partie mâle et une partie femelle. L’immigré se retrouve, de par sa démarche même,  dont il n’a pas nécessairement apprécié tous les enjeux- doté, de facto, d’un statut  féminin,  lequel consiste à faire ce dont la société dominante ne souhaite  pas s’occuper sous peine de déroger. Les  activités jugées toxiques, au prisme d’une  verticalité mal assumée, et au nom d’une volonté d’égalité, devront être dévolues à des  étrangers au système. Sur le plan linguistique, il y a un parallèle   tentant: c’est ainsi que la fortune du mot «    leader   » et plus récemment du mot «   coach   », importés de l’anglais –non francisé (encore que coach  vienne de coche, d’où la mouche du coche), en français pourrait tenir au discrédit affectant la gouvernance, autour des mots «   chef    », «   directeur  » etc. L’impératif  d’égalité  conduit  à de telles distorsion et l’on préférera glisser du clivage vertical vers le clivage horizontal, tout comme l’on  remplacer le référentiel racial par le référentiel religieux, alors que le premier est  bien plus accessible que le second.

En fait, toute frontière correspondrait, pour nous, à une dynamique féminine,  à un contenant indifférent au contenu, qu’il s’agisse de la frontière supposée entre langues, entre peuples. La plupart des langues  et des nations relèvent de l’artifice, du trompe l’œil, de barrières de péage  révolues    : on se fait une montagne des moindres variantes et  variations  multipliant ainsi   à l’envi le  nombre de centres. C’est ainsi que pour nous,  on l’a  vu, l’anglais ne serait finalement qu’une modalité  plus  ou moins   heureuse  et   aboutie  du français: a nice way  to speak French. Peut-on, au demeurant, dire qu’un anglophone «   apprend   » le français comme on le dirait s’il devait apprendre le russe ou le chinois alors qu’il s’agit simplement d’un reformatage, d’un réaménagement d’un matériau commun, à  quelques variantes près d’ordre sémantique, phonologique ou morphologique (si l’on inclue les auxiliaires dans ce champ grammatical, au même titre que les conjugaisons) ?

L’empire, on l’aura compris,  serait bel et bien le facteur masculin, lequel tend à dépasser tout cadre préétabli à condition  toutefois qu’il  assume une pluralité interne. liée à la diversité des leaders en présence. L’empire est bien moins contraignant que la Nation en ce que d’emblée il  aura conscience de son hétérogénéité, de la diversité de ses composantes,  l’affirmation unitaire  étant artificielle et superficielle

En ce sens, la Nation doit évoluer soit vers l’Empire soit vers la Race encore qu’il soit possible d’envisager une synergie entre ces deux voies, une Race digne de ce nom  ayant vocation, on le verra, à exister au sein d’un Empire digne de ce nom,   Cela dit, la réhabilitation de ces deux concepts de la race et de la nation se heurte à un certain nombre d’obstacles idéologiques     : au cour du XXe siècle, l’empire finira par être  associé au colonialisme et bien entendu à l’impérialisme  alors que la race le  sera au nazisme  voire au sionisme et bien entendu  au  racisme, d’où l’anti-impérialisme et l’antiracisme. La Nation est certes volontiers dotée de toutes les vertus, dès lors qu’elle ne bascule ni dans l’impérialisme, à l’extérieur  ni dans le racisme, à l’intérieur. Mais nous avons montré les limites du modèle «     jupitérien      » lequel  nous apparaît comme une cote mal taillée   en effet, toute nation s’apparente peu ou prou à un empire, même lorsque l’on s’en tient à la «   métropole    »  et toute nation (à rapprocher de naissance). Nos ancêtres les Gaulois) est tentée de se vêtir d’une sorte de légitimité  structurelle  assez factice alors que les facteurs migratoires y  sont obvies. D’aucuns d’ailleurs voudraient bien réduire le «    peuple juif  » à une telle histoire faite de conversions, profitant de la difficulté épistémologique  à définir ce qu’est une telle entité, au prisme de la Science établie. C’est dire que notre modélisation sous forme de triade planétaire qui montre le caractère d’interface de Jupiter par rapport à Mars et à Saturne est susceptible de déboucher sur une praxis à commencer par une réflexion emblématique sur les conditions optimales de la présence juive au monde au XXIe siècle alors même que les sionistes se flattent de parvenir à accueillir – tôt ou tard  si ce n’est déjà le cas- en Israël la majorité des Juifs., considérant – une fois pour toutes- la diaspora  du monde  juif comme  un état obsolète au regard du seul modèle viable que serait la Nation alors même que l’État d’Israël, du fait des conquêtes dues à  la Guerre des Six Jours,  semble  avoir basculé -depuis un demi-siècle – dans un processus impérial pas forcément bien  assumé. Or, la diaspora «     jupitérienne    »   nous apparaît comme un état intermédiaire – celui de l’animal -entre l’universalité  minérale saturnienne et  l’enracinement végétal  martien.  Cela  dit,  la place de Jupiter nous semble tout à fait centrale, ne serait-ce que par la dimension remarquable de cet astre. Ce n’est d’ailleurs probablement pas par hasard que Jupiter ait  une révolution de 12 ans  alors que le soleil et la  Lune,  notre  satellite, se rencontrent à 12 reprises Il  y  a là comme un clin d’œil,  une piste. Cela indique selon nous que notre système solaire a dû être réaménagé par le dieu de la Troisième Création, le Deus Faber.  Ce  dieu qui est nié par les tenants  de la Première Création  que sont les astronomes  et autres astrophysiciens alors que l’astrologie relève de la Troisième Création. Le Deus Faber dépasse largement les moyens propres  à l ‘Homo Faber d’où l’incrédulité des tenants des deux premières théologies à son égard et c’est précisément un tel rejet de leur part tout son sens à  la troisième théologie. Tout  se passe comme si l’on voulait bien admettre un dieu originel tout puissant mais  sûrement  pas un dieu plus  tardif capable de reformater le Ciel,  à savoir la structure même de notre système solaire et son articulation sur notre humanité,  constituant ainsi un binôme. Il s’agit là en effet d’une dimension complètement inaccessible  au regard des deux premières  théologies. Nous dirons  que la troisième Création  est l’ère de la Techno science, c’est à dire la fin  d’une Nature transcendantale mais aussi la fin d’une Culture  immanente, qui est celle de notre technologie. On peut même aller jusqu’à dire sur un mode cyclique, que ce qu’on appelle cet  état de nature  n’aura été possible que du fait même d’une Techno science  antérieure. La boucle  est bouclée

 

 

 

L’historien des textes que nous sommes  sait faire la part des emprunts et des sources en évitant de tirer des conclusions excessives, ce qui engagerait sur de  fausses pistes, égarerait. La question du Zodiaque fait assurément partie d’une telle problématique liée notamment au métalangage. Il ne fait certes pas de doute que la symbolique zodiacale  emprunte à l’iconographie des mois de l’année, bien que peu d’astrologues se réfèrent aux Très Riches Heures du Duc de Berry ou à d’autres « livres d’heures » représentant les travaux et les jours  au fil des saisons. En fait, comme nous l’avons montré dans notre article Astrologie de l’Encyclopaedia Universalis,  les corrélations entre signes zodiacaux, Eléments, planétes et calendriers/almanachs  sont assez confuses surtout si l’on ajoute la question du tétramorphe – taureau-lion- aigle- homme qui renvoie au Sphinx et  aux visions du prophète Ezéchiel sans parler des Quatre Evangélistes. Que nous révelé un tel désordre, une telle incurie? D’abord, il faudrait commencer par se demander si le Zodiaque est le fait des astronomes ou des astrologues.Que répondent les astrologues? Ils nous diront probablement que l’on ne distinguait autrefois pas les uns des autres, ce qui permettait de ne pas répondre. Or; même un Ptolémée, au début de sa Tétrabible distinguait les deux activités même quand elles étaient pratiquées par les mêmes personnes.

Selon nous,  il est fort probable que nous avons affaire à une question  d’agencement astronomique, tout comme d’ailleurs pour ce qui est du nom attribué aux planètes: pourquoi tel dieu et pas tel autre si l’on se réfère à toute l’Olympe?Ne soyons pas anachroniques: l’on avait pas  avant la fin du xVIIIe siècle commencé à utiliser d’autres dieux, comme Cérés, Pallas, Junon, Vesta, Neptune etc.Et là nous savons que ce ne sont pas les astrologues qui ont baptisé ces « nouvelles » planètes, invisibles à l’oeil nu et donc restées inconnues durant des millénaires.. Même les aspects semblent bien avoir servi aux besoins de désignation et de localisation des planètes. Or, cela vaut pour les étoiles fixes -dont traite la Tétrabible de Ptolémée- qui sont le point aveugle des astrologues de puis des décénnies, qui ne veulent entendre parler que de notre système solaire mais dans sa totalité.

La thèse que nous présentons ici est la suivante: le Zodiaque aura surtout servi à situer les étoiles fixes de façon à déterminer leurs relations avec les planètes puisque pour nous l’astrologie est fondée sur les aspects entre planètes et étoiles. Comme les étoiles sont censées être fixes et bien plus nombreuses que les planètes, elles pouvaient heureusement servir à établir une bonne signalisation et un suivie de la course des quelques planètes identifiées. Pour ce faire, il fallut bien  fixer quelque code auquel on se tiendrait,  aussi arbitraire et aléatoire soit-il.  En combine de part découper le  gateau de l’écliptique sur lequel circulaient les dites planètes? Certains préfèrérent le découper en 12 parts, d’autres en 28  et  il y eut certainement d’autre formules comme la répartition en huit secteurs. Pour l’astronome,  il ne tirait aucune information du passage de telle planète dans l’un de ces secteurs si ce n’est qu’elle se rapprocherait ou s’éloignerait de telle ou telle étoile. Nous ne pensons pas en effet qu’il s’agissait de relier une planète avec une autre planète mais bien qu’un cycle se constituait sur le rapport planète/étoile, l’étoile ne bougeant pas alors que dans le cas de deux planètes,  le positionnement changerait d’une fois sur l’autre, ce qui n’aurait vraiment pas été très pratique! Or, le rapport planète étoile ne dépendait pas de la précession des équinoxes.

C’est là que le débat risque de déraper. On va nous expliquer que si les noms des 12 constellations- mais l’argument ne vaut guère pour la division en 28 susnommée- emprunte à l’iconographie mensuelle des saisons, ce ne saurait être sans « raison »! Ce sont d’ailleurs les adversaires de l’astrologie – notamment à la fin du XVIIe siècle- qui brandiront cet argument à la face des astrologues de l’époque. Si les constellations ne correspondent plus au système dérivé du point vernal, c’est toute l’interprétation astrologique du ciel qui s’en trouvera affectée! Car , en effet, à la différence des astronomes, les astrologues avaient pris l’habitude de tirer quelque enseignement de la présence de telle planète dans telle constellation. C’est alors que les astrologues répondent qu’ils n’ont que faire des constellations et ce qui compte pour eux, ce sont les saisons, le cycle des 12 « mois » alors que pour les astronomes, cet emprunt à une telle symbolique- plutôt qu’à une autre-  n’avait aucune teneur en soi, ce qui les rendait indifférents à la question de la précession. On comprend que la question préalable à savoir si le Zodiaque est l’oeuvre des astronomes ou des astrologues prend tout son sens .  Or, il est à craindre que ce fut une affaire d’astronomes et que les astrologues furent les dindons de la farce en se servant imprudemment d’une signalisation qui aurait du rester ce qu’elle était, ni plus ni moins, tout comme on donne un nom à une rue ou un prénom à un nouveau né. Problème ancien du « nominalisme »,  de la portée des mots, de l’arbitraire du signe. Or, pour le profane, il faut faire fléche de tout bois et il n’entend pas se laisser confisquer un tel savoir. Il n’y a pas de fumée sans feu. Ce qui vint  aggraver les choses, c’est quand les astrologues se désintéressèrent des étoiles fixes, puisque les astronomes- y compris ceux qui étaient astrologues comme Kepler au début du XVIIe siècle – leur enseignaient qu’elles n’avaient plus droit au chapitre, du fait notamment de la révolution copernicienne.

En effet, si les étoiles fixes ne comptaient plus,  quid des constellations, ensembles d’étoiles comme leurs noms l’indique? Eh bien, si le contenu  devenait sans portée, le contenant, lui, subsistait.  On oubliait que ce contenant ne faisait sens que par rapport à son contenu imparti, à savoir la localisation des étoiles et l’on en arriverait à l’idée que le contenant pouvait servir quand même, de signifiant, il devenait ipso facto signifié! Mais certains astrologues, tel un Jean-Pierre Nicola- entendirent ne pas tomber dans le piège des noms de signes (cf La condition solaire 1964) et proposèrent de fonder le découpage en 12 selon d’autres critères (zodiaque photopériodique) oubliant, toute fois, que ce découpage en lui-même  faisait problème. Pourquoi donc diviser l’écliptique en 12,  à partir qui plus est du point vernal, équinoxial (0° bélier)? Pour ce courant,  le cycle saisonnier devenait la  référence par excellence! C’est dire que l’on prenait ce qui n’était qu’un emprunt  commode au pied de la lettre, en une sorte de fuite en avant sans penser que d’autres découpages comme en 28 astérismes étaient pratiqués par l’astrologie indienne et cette fois sans le moindre rapport avec le cycle saisonnier, ou bien simplement en prenant l’équinoxe de printemps comme point de départ. Le bannissement des étoiles fixes continuait à faire des dégats dès lors que les dites étoiles n’étaient pas considérées comme signifiantes. Il fallait bien se servir du processus saisonnier à la place! Certes, André Barbault  avait trouvé la parade en combinant les planètes entre elles -cf les Astres et l’Histoire, 1967. en ne tenant même pas compte du passage d’une planète d’un signe à l’autre et donc échappant au découpage en 12, mettant l’accent sur les aspects à commencer par les conjonctions. Cela déboucha dans les années 80 sur un fiasco prévisionnel avec une  troisième guerre mondiale qui n’arriva point. Cela fait penser à une prison où en l’absence de femmes, les hommes s’arrangent entre eux! Il s’agissait toujours de remplacer l’absent pour faire couple.On allait vers une astrologie planète-planète et avec l »astrologie mondiale seulement à partir de Jupiter jusqu’à Pluton, soit les planètes dites « lentes » dont les Anciens ne connaissaient que Jupiter et Saturne. Si Barbault évitait même de tenir compte du nom des planètes, la plupart des astrologues tiraient une précieuse information de leur appellation et là encore, l’on pouvait se demander s’ils n’extrapolaient pas à partir des termes qu’il avait bien fallu que les astronomes confèrâssent aux dites planètes en puisant cette fois non dans l’iconographie des mois de l’année mais dans celle de la mythologie, comme d’ailleurs c’était aussi le cas pour les noms des constellations. Un courant  voulait d’ailleurs que face aux 12 signes du zodiaque il y ait 12 planètes (luminaires compris), c’est à dire que le cycle des 12 mois serait la matrice même du système solaire (cf Patrice Guinard, ajoutant  Chiron et Cérés pour faire 12! dans ses textes sur les maitrises planétaires, site CURA)

 

Si nous n’accordons aucune importance à la position des planètes dans les signes ou dans

les constellations, comme nous l’avons expliqué dans une précédente étude, nous

pensons que le cycle des saisons est utile pour analyser le processus cyclique

en soi.  D’où l’importance à accorder aux milieux de saison, d’autant que cela

correspond au tétramorphe, c’est à dire aux signes dits « fixes » (taureau, lion,

scorpion,  verseau) qui constituent l’image du Sphinx.(cf notre prologue à Aquarius ou la Nouvelle

Ere du Verseau, Paris, Albatros-Autre Monde, 1979) et que l’on retrouve dans

la Bible, au Livre du prophéte Ezéchiel.  Ces signes correspondent au

semi-carré et au sesqui carré: semi carré (45°)  entre la conjonction et le carré, sesqui

carré (135°)  entre le carré et l’opposition.  De la même façon, le « plein » d’une

saison n’est il pas son « milieu », son « coeur », ce qui vaut analogiquement pour

une phase?

Autrement dit, ce serait une grave erreur de focaliser l’astrologie cyclique sur

la conjonction des deux astres composant le cycle ou sur leur quadrature car alors

il s’agit de temporalités intermédiaires et ambivalentes. Le printemps ne se

capte pas au moment de l’équinoxe pas plus que l’Eté au moment du solstice! Il

faut attendre la vitesse de croisière, le sommet de la phase. D’où une division

en huit si l’angle de 45° devient la référence, l’unité de temps et d’espace bien plus

importante en  astrologie cyclique qu’en astrologie rotationnelle, contrairement

à ce que soutient Patrice Guinard axé sur la division du mouvement diurne en  huit

(le « dominion », site CURA. free.fr)

L’erreur d’André Barbault aura été de surinvestir le moment de la conjonction

au lieu de considérer les aspects de 45° entre les planètes formant cycle, ce qui

décale  singulièrement les échéances, surtout pour un cycle de 36 ans comme

c’est le cas pour Saturne-Neptune. Décalage d’un huitième de cycle, soit 4 ans

environ. On notera d’ailleurs que si 1989 a  été important, la dislocation de l’URSS

aura été un choc encore plus grave pour la Russie, deux ans plus tard, dans les

tout derniers jours de l’année 1991. L’erreur aura été de ne pas prévoir le second

temps du choc. Est ce que Barbault au lendemain de 1989 annonça ce qui allait se

produire deux ans plus tard. En fait 1989 n’aura  été  qu’un prélude à la Chute de la

Maison URSS.

Dans le cas du cycle de Jupiter  de 12 ans,  chaque phase couvre 3 ans, ce qui

équivaut aux 3 mois qui divisent une saison. A mi-parcours, on est à 18 mois pour l

le milieu de phase. Il faudrait donc abandonner  les prévisions axées sur le

moment précis de la conjonction ou de la quadrature, notamment en transit et

la tradition astrologique a bien raison de nous proposer le semi- carré et le

sesqui-carré, qui sont la base de la division en huit secteurs, ce qui rend d’autant

plus obsoléte la division en douze. Comme le reconnaissait d’ailleurs

Barbault lui même, la conjonction est un aspect ambivalent comme tout ce qui

inaugure une  nouvelle phase.

Ce que nous disons vaut évidemment pour l’aspect d’opposition qui doit

laisser la place à un angle de 180° + 45° soit 225°. Or 360-225, cela donne  135

Ainsi, la prévision ratée  de Barbault relative à l’opposition Saturne-Neptune post 1953,

-pour 1971 – aurait du se faire pour une date plus tardive, augmentée de 4 ans..  Non

pas que nous ayons quelque faveur pour le cycle Saturne-Neptune, en raison

de notre rejet des planètes transsaturniennes, ce qui est le cas de Neptune.

En ce qui concerne l’indice cyclique, l’on peut aussi réfléchir dans le même

sens pour ceux qui s’intéressent à ce montage quelque peu baroque autour de

cinq planètes, de Jupiter à Pluton.

En conclusion il nous semble que l’idée d’une astrologie calquée sur

l’astronomie au point d’accorder de l’importance au moment meme de la

conjonction  doit laisser la place à ce que nous observons au niveau saisonnier.

 

En conclusion, nous ferons remarquer que le cycle planète-étoile permettait de construire une astrologie tout à fait viable, sur la base des aspects dont l’interprétation  était la base même de l’interprétation  astrologique, comme l’avait bien compris Kepler. Le mieux est l’ennemi du bien. Les aspects planète planète conduisaient à des cycles fictifs ne correspondant pas aux révolutions des planètes concernées alors que les aspects planète-étoile  respectaient celle-ci sur la base de la Loi de Bode.  Par exemple,  le cycle Jupiter Saturne était de 20 ans alors que Jupiter avait un cycle de 12 ans et Saturne de 29 ans! Chaque planète pouvant se combiner avec les autres planètes se trouvait ainsi dotée de toute une série de cycles de durées différentes!  No comment! Certes, d’un point de vue astronomique, la combinaison planète étoile ne tient pas astronomiquement mais au regard d’une structuration du temps, cela  fait sens, si l’on s’en tient au seul critère de visibilité. Les étoiles fixes étaient connues depuis toujours alors que les nouvelles planètes ne sont visibles qu’au moyen d’une technologie récente et donc seront restées inconnues jusqu’à l’époque moderne . Tel est le dilemme!.

Notre conception de l’Histoire de l’astrologie peut être qualifiée d’archéologique en ce qu’un document doit être scruté en vue d’en dégager des couches, des strates successives comme on le ferait pour le site d’une ville. Nous avons déjà illustré récemment notre méthodologie à propos de la Tétrabible de Ptolémée en mettant en oeuvre une démarche systémique, c’est à dire en recherchant une cohérence initiale susceptible de s’être dégradée, altérée au fil des âges.

La première chose à ne pas oublier, c’est que sur le trajet de l’écliptique, l’on trouve bien plus d’étoiles que de planètes, lesquelles sont l’exception. La preuve en est que l’on aura été en mesure de constituer des constellations tout au long de l’écliptique, ce qui ne pouvait avoir été envisagé que sur la base  d’un « matériau » stellaire abondant car il n’y a pas de fumée sans feu. Rien n’était plus facile que de repérer  quelle étoile était présente dans le ciel lors d’une naissance. On dit d’ailleurs « etre né sous une bonne étoile » A propos de constellation, il n’existe pas que la division en 12 mais aussi la division en 28.  Le problème de la division en 12 secteurs, c’est qu’elle aura fait croire que l’astrologie aurait un fondement « tropicaliste », tentation que l’on n’aura point avec la division en 28 secteurs (appelés nakshatras en astrologie/astronomie indienne. En effet, parler de division en 12 renvoie à la symbolique des 12 mois de l’année terrestre bien que cette division n’a rien à voir avec le cycle des saisons : on ne change pas de signe  à la nouvelle Lune! Il est vrai que la date de la Fête de Paques combine ces deux paramètres. « C’est le concile de Nicée, en 325, qui a souhaité faire coïncider la célébration de la résurrection du Christ avec le retour du printemps, le premier dimanche suivant la pleine lune après l’équinoxe de printemps ». En fait, quel que  fut le mode de découpage, à base 12  ou 28, l’étoile se levant serait la même. Certes, ce que l’on appelle Zodiaque renvoie peu ou prou à l’iconographie des 12 mois de l’année, chaque saison se voyant représentée par trois « signes ». On attribua ainsi à chaque groupe de trois signes des représentations propres  à la saison correspondante

Ce que beaucoup de chercheurs ne parviennent apparemment pas à comprendre, c’est que ces différents modes de découpage sont totalement arbitraires et interchangeables. Même le fait de débuter un cycle à l’équinoxe de printemps  n’est jamais qu’un critère commode, ni plus, ni moins, ce qui relativise d’autant l’importance à accorder en astrologie aux axes équinoxiaux et solsticiaux. Il est clair que le passage d’une planète d’une division (signe, constellation, nakshatra etc) à une autre ne saurait valoir en soi pour l’astrologie. C’est un épiphénomène. A contrario, les aspects apparaissent comme  un facteur  bien plus fiable pour l’astrologie, ne dépendant pas de la précession des équinoxes, comme l’avait compris Kepler (cf notre étude « Les historiens des sciences face à l’activité astrologique de Kepler », Congrès National des Sociétés Savantes, Bordeaux, 1979, Gérard Simon, Kepler, astrologue astronome, Gallimard 1977),

Ainsi, dans le cas de l’Ascendant, l’on repérait l’étoile fixe natale ascendante (birthstar comme dirait William J. Tucker). Or, qu’en est-il de nos jours? On nous annonce que telle personne est née avec, sous tel signe ascendant mais sans aucune référence stellaire, ce qui est totalement abstrait, qu’il  y ait ou non une planète à l’ascendant.  Sommes nous ici dans de  l’astrologie « rotationnelle » ou dans  de l’astrologie cyclique, liée aux révolutions des planètes? Il y a  là quelque ambiguité car les deux astrologies se servent du zodiaque mais pas de la même façon. L’astrologie rotationnelle  se contentera de noter que telle étoile se lève, est en ascension, à telle  heure, en tel lieu, à la naissance en la situant dans un système de coordonnées à base 12 ou à base 28. Quant à l’astrologie des divers cycles planétaires, le Zodiaque permet de situer telle planète à tel moment de son cycle. En définitive, force est de constater que l’astrologie des cycles n’a que faire de l’étoile ascendante à la naissance, laquelle reléve de la rotation terrestre. On est donc ici face à un phénomène de syncrétisme, c’est à dire de mélange de plusieurs  systèmes astrologiques censés, au départ, s’exclure mutuellement.  Bien plus, l’astrologie rotationnelle aura été bien antérieure dans son émergence à l’astrologie des cycles car pour situer une planète dans le ciel, en mouvement diurne, la durée de révolution ne joue pas et la Lune progresse aussi vite que toute autre « planète » et c’est d’ailleurs pour cela que cette astrologie  rotationnelle traite toutes les planètes  à la même enseigne, comme on le voit pour le dispositif  des maitrises planétaires, figurant dans la Tétrabible.  Cette astrologie rotationnelle ne disposait donc pas au départ d’une technique prévisionnelle  sinon à l’échelle d’une journée, d’où le recours à  une cyclicité fictive, fondement de la technique des « directions ».  Quant au thème astral, natal, il est utilisé par les deux formes d’astrologie, l’une apportant le découpage en maisons – et là encore peu importe en combien de sections, 12 ou 8 (selon Patrice Guinard) et encore autrement chez Gauquelin – et l’autre la technique des aspects, inhérente à l’astrologie cyclique.
Cela dit, cette astrologie rotationnelle était certainement à l’origine stellaire comme on s’en est expliqué plus haut, les étoiles défilant tour à tour et sans le stellaire, l’ascendant est une coquille vide. Quant à l’astrologie cyclique, il est tout aussi évident que les étoiles fixes permettaient de suivre la courses des planétes et même de déterminer leur temps de révolution, de retour « sidéral ». Le tort des sidéralistes (Dorsan etc) aura été de ne pas être stellariste, si ce n’est quant à la fixation du point de départ, relevant de l’Ayanamsa (décalé de plus de 20° par rapport à l’équinoxe de printemps (0° bélier tropique). Ils seront notamment passés à coté des Nakshatras et du découpage en  28 demeures, en dépit de leur intérêt pour l’astrologie indienne, ce qui leur aurait évité le piège saisonnier lié au 12.

Passons à présent aux travaux de Gauquelin qui ne sont pas sans poser quelque problème.(cf  notre ouvrage avec Serge Hutin,  L’étrange histoire de l’astrologie, 1986, notamment  la Préface à Marie Delclos (non nommée) Selon nous, le dispositif qu’aura mis en lumière Michel Gauquelin, malheureusement décédé en 1991, à la veille de la publication des Personnalités Planétaires, 1992), implique que l’enfant déclenche  sa sortie du ventre de sa mère, ce qui suppose qu’il attende que « sa » planète se profile à l’horizon pour que cela ait lieu et Gauquelin s’est plaint des accouchements médicalement provoqués, pour cette raison.  En revanche, dans le système décrit plus haut, l’enfant serait marqué par les étoiles sous lesquelles il est né,  ce qui peut se produire à tout moment puisque -avec les étoiles – l’on n’est pas limité par le petit nombre de planètes. On voit que là encore deux visions cohabitent voire trois: celle de la planète déclenchant l’accouchement selon l’astrologie rotationnelle, celle des étoiles marquant le né à  sa naissance selon la même astrologie rotationnelle – mais les deux approches s’excluent mutuellement -  et enfin celle, le plus souvent en vigueur de nos jours – d’une astrologie cyclique -à commencer par le soleil passant d’un signe à l’autre – et qui se réfère à l’ascendant comme  faisant sens en dépit, éventuellement, de la présence d’une planète dans ce secteur  ou d’une étoile, ce qui -on l’ a dit, est quand même le comble de l’abstraction voire d’une certaine forme de fiction! Mais toutes ces contradictions s’expliquent par le syncrétisme qui conduit à mélanger, à mixer  indistinctement tout ce qui ressemble à de l’astrologie. C’est dans ce piège que sont tombés Jean-Pierre Nicola et ses disciples, de Richard Pellard, Bernard Blanchet à Patrice Guinard, cherchant à tout prix  à préserver  de façon  factice, son « unité » ,  quitte à passer par de savantes reformulations voire à une nouvelle terminologie ( à l’instar d’un Dom Néroman, dans les années 30-40 avec son Fatum, ses plexus  et ses antennes)..en  conservant pêle-melle signes, maisons, aspects, planètes – mais surtout pas les étoiles fixes – se privant ainsi d’une pièce essentielle du puzzle. Ils ne défendent pas l’astrologie mais leur astrologie, celle qu’ils ont reçue en héritage et ils ne veulent pas d’une astrologie autre, quand bien même serait-elle plus présentable,plus acceptable! Et cela vaut pour le judaisme ou pour le français, dont les tenants  entendent valider leurs pratiques, leurs habitudes.On est donc en présence de trois camps: celui des adversaires  allergiques, par idéologie, à  toute idée d’astrologie, celui des conservateurs aux réformes de surface  et celui des refondateurs.

 

 

JHB

 

 

 

 

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jacques halbronn Origines divinatoires de la mythologie. Le jeu de la roulette.

Posté par nofim le 4 avril 2023

jacques  halbronn Origines divinatoires de la mythologie. Le jeu de la roulette

 

Il nous apparait qu’il existerait un lien étroit entre les dieux du panthéon  et les questions qui se posent au devin et que l’on retrouve dans la thématique des maisons astrologiques. On pense notamment aux 4 planétes centrales du dispositif figurant dans la Tétrabible de Ptolémée (IIe siècle de notre ère): Mercure, Vénus, Mars et Jupiter. Dans la Tétrabible  au IVe et dernier Livre (ce qui donne son nom à l’ouvrage, Tetrabiblos) on dénombre les questions qui peuvent être posées à l’astrologue: Richesses, Dignités, Mariage, enfants,  amis et ennemis, serviteurs, voyages, genre de mort. Nous avons déjà montré (cf notre édition de l’Astrologie du Livre de Toth,  Ed Trédaniel, 1993) que les arcanes majeurs du Tarot recoupaient les thématiques des maisons astrologiques lesquelles disposent également d’une iconographie, souvent négligée dans les traités d »astrologie à la différence de la symbolique zodiacale. 

Nous pensons que les dieux de la mythologie incarnent ces questions , Vénus et l’amour, Mars et la guerre, Jupiter et les dignités, Mercure (messager des dieux) et les voyages. En bref, nous entendons souligner le fait que les attributions des dieux sont liées à la démarche divinatoire avec ses différentes cases (on pense à la roulette) et entrent dans le champ des significations des secteurs découpant le cercle.

Associer les dieux aux planétes constituerait donc un contre sens majeur comme de confondre la bille  unique  et les  cases multiples:

 

 Notice  sur Internet

« Inspiré du mouvement perpétuel, la Roulette, inventée par Blaise Pascal, est un des jeux les plus populaires des casinos. Très simple et accessible à tous, elle vous propose de deviner la case sur laquelle la bille lancée dans le cylindre va s’arrêter. Sur la Table, le Tapis de Jeu reprend les 37 numéros de la Roulette sur 3 colonnes de 12 cases marquées de 1 à 36, 18 rouges et 18 noires. Le 0 apparaît en vert au-dessus de tout. Sur le côté, d’autres cases indiquent les « Chances simples » (rouge, noir, pair, impair, manque, passe) et sous celles-ci, les « Chances multiples » (douzaines et colonnes de numéros). Lorsque le Croupier annonce « Faites vos jeux », posez vos jetons sur les cases désirées. Vous pouvez les déplacer jusqu’à ce qu’il dise « Rien ne va plus ». La bille tourne encore dans le cylindre et quand elle s’arrête, la couleur et le numéro gagnants sont dévoilés. Les mises perdantes sont ramassées et les paiements des gains sont toujours effectués par ordre croissant : colonnes et douzaines, chances simples et multiples, sixains, transversales, carrés, chevaux et en dernier lieu numéros pleins. »

On aura compris, par cet exemple, que la planéte est la bille (ou la boule) et que les cases sont les signes du zodiaque ou bien les maisons  astrologiques. D’un côté, une seule bille, de l’autre une multiplicité de cases. Imagine-t-on un jeu où il y aurait à la fois plusieurs billes en mouvement, au même moment? En ce sens, selon nous, les attributions mythologiques relévent non pas de ‘la » bille » mais des « cases ». On ne peut être à la fois au four et au moulin. Que les astronomes aient adopté les divinités pour baptiser les astres ne saurait être un exemple à suivre par les astrologues et l’on touche bien là à un critère décisif de différence entre ces deux domaines. On dira même que les noms attribués aux planétes  assimilent celles ci aux cases du jeu de roulette alors même que les planétes de par leur mobilité ne font sens que si on les compare à des billes; ce qui est le cas du Soleil pour les signes dits solaires, quand, à la naissance, l’on observe dans quelle case zodiacale, la bille solaire s’est arrêtée alors.

 

 

 

 

 

 

 

  JHB 04 04 23

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Jacques Halbronn La fortune de l’astrologie dans le Traité Elémentaire d’Occultsme de Papus

Posté par nofim le 10 mars 2023

 

 Jacques  Halbronn   La fortune de l’astrologie dans le Traité Elémentaire d’Occultisme de Papus

 

 

 

En 1936, une édition du Traité élémentaire d’occultisme paraissait  chez Dangles  avec une section Astrologie assez  fournie. mais  cette section ne figurera plus en 1954. dans l »édition de la Diffusion  Scientifique (dont nous avons un exemplaire à la BURA) « nouvelle édition revue et augmentée (sic) mais qui, néanmoins, ne comporte plus la tranche astrologique laquelle est remplacée par des notes en bas de page dans le dernier chapitre, lesquelles ne figuraient pas dans l’édition de 1898.. En 1968 la Fiffusion Scientifique  fait reparaitre  l’ouvrage mais sans référence au titre à l’astrologie « Traité élémentaire d’occultisme » repris,par  les Ed Dangles  en 1970. En 1988 la Diffusion Scientifique ressortira une édition identique à celle parue dans ce même cadre en 1954 donc sans l’Astrologie. En 2011, les Ed Bussière ressortiront le Traité toujours sans l’Astrologie.Mais ultérieurement, la partie astrologique réapparaitra sous une jolie  couverture en couleurs aux Editions  de la Clé D’or en 2016. On s’intéressera donc de plus près à cette partie astrologique qui a du figurer sous la version originale qui semble bien être celle de 1936, à ne pas confondre avec le  « traité élémentaire  de science occulte » ni avec le « traité méthodique de science occulte » parus  respectivement  en 1888 (Ed Carré) et 1891..(réédités chez Dangles en 1992 et 1990) On notera le passage de la forme « science occulte » à la fin du XIXe siècle  à celle d’ »occultisme dans les années trente du XXe.

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Traité éleméntaire d’occultisme et d’astrologie initiation d l’étude de l’ésoterisme hermétique.

Cote BNF   8-R-42855  1936

 

 

 

Traité Élémentaire D'occultisme Et D'astrologie - Initiation À L'étude De L'ésotérisme Hermétique   de Papus  Format Broché

L’édition de 1954 (Diffusion Scientifique) comporte un fort  appendice intitulé « Le maître Philippe de Lyon. thaumaturge et homme de Dieu. Ses prodiges, ses guérisons, ses enseignements  Cet appendice oeuvre de Philippe Encausse n’est pas indiqué sur la page de titre mais a une place à part dans la table des matières/ Cet appendice ne sera pas repris dans les éditions suivantes du même éditeur.  Cet appendice se substitue en quelque sorte à la partie astrologique de  1936 (pp. 227 à 355) et couvre les pages 300 à 534!) mais il ne sera pas repris dans les éditions suivantes.

 

 Etrangement, l’édition de 1954  si elle ne reprend pas la partie astrologique en tant que telle se termine par un bref exposé de l’astrologie qui figurait déjà en 1936  avant d’en arriver à la partie astrologique stricto sensu, ce qui  génére une sorte de redondance dans l’exposé de la doctrine astrologique.(réédition en face simile  1976 à la Diffusion scientifique)

Dans le « traité élémentaire de science occulte », on trouve deux références bibliographique relatives à l’astrologie Le Traité d’astrologie judiciaire d’Abel Haatan et le « résumé » de Selva (dont nous n’avons pas déterminé la nature exacte, édition forcément antérieure à 1898.,  tous deux parus chez Chamuel – comme c’était le cas dans l’édition de 1898  du traité élémentaire de science  occulte- au tournant du XXe siècle. Rappelons que Papus décéde en 1916, soit 20 ans avant l’édition de 1936 du « Traité Elémentaire d’Occultisme et d’astrologie » Le langage utilisé dans le développement astrologique(pp/ 227-355) emploie volontiers le mot « karmique » (cf  infra)et met l’accent sur le thème natal, le  double sidéral » de l’Ego, comme apport principal de l’astrologie,  En vérité, l’on peut se demander quel est l’auteur de cette addition astrologique fort substantielle de 1936 alors que plus de 40 ans se sont écoulés depuis les publications astrologiques signalées,  parues chez Chamuel (Abel Haatan, 1895)

 

 

 

 Catalogue La Clef d’or

Papus (Dr Gérard Encausse 1865-1916) fut l’un des plus grands occultistes français du 19-20ème siècle et joua un rôle considérable dans le développement et la popularisation des disciplines occultes auprès du grand public. Son travail a également profondément marqué les différents milieux artistiques et scientifiques de son époque, faisant de lui une référence et un classique, bien au delà de l’ésotérisme, pour comprendre la Belle Époque.

 

Réédition de cet ouvrage majeur de la fin du 19ème Siècle devenu introuvable. Seule version complète disponible à ce jour, cet ouvrage s’avèrera d’une importance capitale pour toutes les écoles d’Occultisme : kabbalistes, hermétistes, théosophes, spirites, magnétiseurs.

 

Vous y trouverez une étude complète sur l’astrologie et l’énergie de chacune des planètes, mais aussi le travail des signes astrologiques, des influences planétaires, des correspondances sur le tempérament, la chiromancie…Tout le nécessaire pour une pratique magique éclairée de l’usage des énergies universelles, dans cet immense classique introuvable jusqu’à présent. »

Cette notice est erronée car cette édition date de 1936 et non de la fin du XIXe siècle puisqu’elle comporte un complément très étoffé sur l’astrologie, ce qui justifie son titre. Or, on n’a pas retrouvé une édition antérieure à celle de 1936 mais celle ci  a pu exister puisque  la partie qui précéde l’exposé astrologique comporte déjà, quelques éléments dans ce domaine. Quant à l’édition de 1954, elle a évacué la partie astrologique substantielle en ne conservant que les quelques pages en question marquées par les références à  un traité d’Abel Haatan paru chez Chamuel  en 1895.  Au départ, il  y eut  un Traité Elémentaire de Science Occulte, paru chez Georges Carré dès 1888 (avant de paraitre chez Chamuel) et qui connut plusieurs éditions dont celle qui servira pour l’édition de 1936 et qui se réfère (cf BNF  Gallica) comme on l’ a  vu, à  un traité d’Abel Haatan Mais le texte de ces éditions diffère sensiblement de celui de l’édition de 1936. L’influence de la théosophie et de Madame Blavatsky est évidente -avec notamment la notion de karma/ D’ailleurs, ces premières éditions  paraissent dans le cadre de Publications de l’Isis, « branche française de la Société Théosophique », trait qui est toujours marquant dans l’addition de 1936. On aura donc noté le passage de la formule « science occulte » à celle d’occultisme; d’une édition à l’autre, entre la fin du XIXe siècle et les années trente du XXe. Mais ce qui frappe, c’est que dans le titre même de l’édition de 1936 Occultisme et Astrologie sont associés, ce qui ne sera plus le cas en 1954, qui évacue la partie astrologique hormis les brèves notices de la fin du corps principal, tout en ajoutant un appendice autour de  M°Philippe de Lyon. C’est dire que la succession des éditions du traité élémentaire de science occulte devenu le traité élémentaire d’occultisme et d’astrologie puis traité élémentaire d’occultisme, est assez complexe à appréhender, ce qui nous renvoie au labyrinthe de la succession des éditions des Centuries, ce qui reléve de la cuisine des libraires/éditeurs.
L’astrologie dans le Traité élémentaire d’occultisme On traitera de la partie intégrée dans le corps du Traité, dans la section intitulée « La naissance et la mort. » et qui comporte notamment un développement intitulé ‘Les mystères du zodiaque’. Des notes en bas de page apportent de données astrologiques basiques, lesquelles seront supprimées par la suite.. Passons à présent à l’exposé astrologique figurant dans l’édition de 1936 lequel ne comporte pas de référence à la nouvelle planéte Pluton, découverte six ans plus tôt alors qu’Uranus (1781) et Neptune (1846) sont bel et bien intégrés dans le systéme/ On y trouve une référence à la revue Mysteria dirigée par Papus ( article paru dans le numéro du mois d’octobre 1913 Zodiaque des astronomes, zodiaque des astrologues, https://www.linitiation.eu/telechargement/Mysteria-v4-n11-1913-novembre.pdf- Mysteria succédait à la revue Initiation fondée en 1888), ce qui situe la rédaction peu avant le décés de l’auteur en 1916. L’article se référe notamment à l’Archéométre de St Yves d’Alveydre (1909)/ On serait donc en droit de penser qu’il s’agit là de la publication d’un manuscrit bien postérieur à celle de la fin du XIXe siècle comme c’est le cas pour le traité élémentaire de science occulte. On y fait référence à la précession des équinoxes et aux ères d’environ 2000 ans et l’on y intégre des passages issus de Light of Egypt (de Burgoyne cf notre ouvrage La vie astrologique, il y a cent ans, Ed Trédaniel 1992) On notera que l’édition de 1936 ne comporte pas les notes en bas de page relatives à l’astrologie comme ce sera le cas par la suite puisqu’elle dispoe d’un long développement sur le sujet par ailleurs. Ces notes astrologiques n’apparaitront que du fait de la suppression du dit développement à partir de 1954

 

En ce qui concerne l’ouvrage de  Marie-Sophie ANDRE et Christophe BEAUFILSPAPUS BIOGRAPHIE. La Belle Epoque de l’Occultisme,, Berg International 1995, que dire de la partie « Bibliographie » (pp. 343 et seq)? Une assez longue notice  y est consacrée au « Traité élémentaire de science occulte ( Paris, Catté; 1888), réédité chez Chamuel en 1893 et  et 1898 (cf supra) On nous signale d’autres éditions en 1903  et  chez Albin Michel  en 1926. et chez Dangles en 1936 avec le nouvel intitulé « traité élémentaire d’occultisme et d’astrologie », Mais le probléme est le suivant : le contenu du Traité Eleméntaire d’occultisme (même sans la partie astrologique ajoutée) ne semble pas correspondre au contenu du Traité Elémentaire de Science Occulte! Il s’agit bien de deux ouvrages distincts, comme cela ressort d’une comparaison entre les tables des matières respectives.  Tout se passe donc comme si l’ouvrage paru en 1936 avec une référence marquée dès le titre à l’astrologie  soit était resté inédit mais n’en serait pas moins de Papus,  soit l’oeuvre d’un autre auteur que l’on aura finalement intégrée.  Les auteurs ont  un peu vite assimilé le Traité élémentaire d’occultisme et d’astrologie  avec le Traité élementaire de science Occulte sans mener à bien une vérification des contenus des ouvrages qu’ils mentionnaient. Cette  « revue mensuelle  d’études initiatiques », Mysteria  est bel et bien mentionnée pour 1913-1914 dans leur bibliographie, p/ 351) comme ayant succédé à L’Initiation, . Ainsi, ces auteurs  n’auront pas su mettre en évidence l’importance que Papus accordera à l’astrologie à la fin de sa vie, ce qui ressortait de la refonte de son Traité Elémentaire de science occulte devenu Traité Elémentaire d’occultisme et d’astrologie, même si la mention de l’astrologie au titre mais aussi quant au contenu sera évacuée dans les éditions postérieures à 1936. Papus se référe par ailleurs à l’Origine de tous les cultes de Dupuis, ce qui explique son intérêt pour la précession des équinoxes. A noter que Paul Le Cour publiera en 1937, donc un an après le nouveau traité de Dupuis L’ère du Verseau – ou le retour de Ganymède, Dans son ouvrage « vivons nous les commencements de l’ère des poissons? »  (ed Anthroposophiques romandes, 1989, Chritian Lazarides ne mentionne pas- dans sa bibliographie, le nom de Papus (pp. 323  et seq)pas plus d’ailleurs que le collectif « Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau » (Ed Albatros, 1979)

 L’astrologie dans le Traité élémentaire d’occultisme

On traitera de la partie intégrée dans le corps du Traité, dans la section intitulée « La naissance et la mort. » et qui comporte notamment un développement intitulé ‘Les mystères du zodiaque’. Des notes en bas de page apportent de données astrologiques basiques, lesquelles seront supprimées par la suite.. Passons à présent à  l’exposé astrologique figurant dans l’édition de 1936 lequel ne comporte pas de  référence à la nouvelle planéte Pluton, découverte six ans plus tôt alors qu’Uranus (1781) et Neptune (1846) sont bel et bien intégrés dans le systéme/ On y trouve une référence à la revue Mysteria dirigée par Papus ( article paru dans le numéro du mois d’octobre 1913 Zodiaque des astronomes, zodiaque des astrologues, https://www.linitiation.eu/telechargement/Mysteria-v4-n11-1913-novembre.pdf- Mysteria succédait à la revue Initiation fondée en 1888), ce qui situe la rédaction peu avant le décés de l’auteur en 1916. L’article se référe notamment à l’Archéométre de St Yves d’Alveydre (1909)/ Papus s’intéresse spécialement aux dignités planétaires (Ed 1936 pp 250 et seq) 

On serait donc en droit de penser qu’il s’agit là de la publication d’un manuscrit bien postérieur à celle de la fin du XIXe siècle comme c’est le cas pour le traité élémentaire de science occulte. On y fait référence à la précession des équinoxes et aux ères d’environ 2000 ans et l’on y intégre des passages issus de Light of Egypt (de Burgoyne  cf notre ouvrage La vie  astrologique, il y a cent ans, Ed  Trédaniel 1992) Or, l’édition de 1936  ne mentionne pas la date de rédaction de la partie astrologique, cette lacune sera comblée dans les éditions suivantes. Ainsi, en 1954 ( reproduction à l’identique en 1968 et en 1976  mais sans la partie consacrée au M° Philippe de Lyon),  paraissait (cf supra) à la Diffusion Scientifique le dit Traité  Elémentaire d’occultisme de Papus (BNF 8 R 69761 et 8° R  81469) avec une présentation du Dr Philippe Encausse mais sans la mention de l’Astrologie au titre si ce n’est le compendium placé dans le dernier chapitre « La naissance et la mort »  le  gros  développement sur l’astrologie de 1936 ne figurera plus après la Guerre la partie astrologique consistante  de l’édition de 1936. A la page 295, on trouve la date de juillet 1914 et le lieu  st Beatenberg.(en Suisse) Par ailleurs, au catalogue de l’édition de 1936, figure bien, par ailleurs, le traité élémentaire de science occulte, ce qui montre  que les deux traités étaient bien présentés comme tout à fait distincts. Cependant l’édition de 1936 ne comporte pas la référence à Beatenberg et à  juillet 1914

 

 

 

 Encausse, Philippe (1906-1984)

 

: Papus (docteur Gérard Encausse). Sa vie. Son oeuvre. Documents inédits sur Philippe de Lyon, maître spirituel de Papus. Opinions et jugements. Portraits et illustrations ] / Philippe Encausse

 

: Editions Pythagore, 7, rue Séguier, 1932.

 

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jacques halbronn Raymond Abellio et la structure absolue au prisme de l’astrologie

Posté par nofim le 5 mars 2023

jacques  halbronn   Raymond Abellio et la structure absolue au prisme de l’astrologie ( extrait d’un numéro de la revue  JANUS n°8 Science ou préscience de l’avenir, 1963

 

Raymond Abellio y présente un texte intitulé « L’astrologie: science, art ou sagesse? » (pp./ 121 et seq) Il y traite- il y a 60 ans, de la « nouvelle astrologie » (cf  Horizons du fantastique n° 20 – L’astrologie – REVUE – nooSFere  https://www.noosfere.org › livres › niourf Daniel GIRAUD, Entretien avec Raymond Abellio, pages 22 à 23, … 35 – Daniel GIRAUD, Entretien avec Joelle de Gravelaine, pages 60 à 61, )

L’Astrologie, déclare- Abellio ,  » propose d’emblée une structure compléte et totalement enveloppante qu’on peut ainsi appeler structure « universelle » ou structure « absolue » à condition de tenir compte de ces deux planétes supplémentaires dont l’existence est depuis longtemps postulée par certains astrologues et dont  l’invocation, avant leur découverte astronomique éventuelle pose déjà le plus passionnant des problémes de principe et de fait  Je ne peux ici que signaler  cette  « fermeture »‘ du systéme astrologique qui est en fait une image dialectique du systéme du monde. Ainsi constituée, l’astrologie apparait comme le modéle universel achevé de toutes les sciences humaines et physiques (..) Dans le présent  article, je veux seulement  aborder, avant de conclure deux questions plus  directement astrologiques: tout d’abord  comment l’astrologie  structurale répond  aux  difficultés rencontrées par l’astrologie symboliste (..) ensuite et corrélativement  comment l’astrologie  structurale, par sa rigueur dialectique et l’ascèse intellectuelle  qu’elle implique, apparait non seulement comme un instrument  de connaissance et de maitrise du monde mais de connaissance et de maitrise de soi, c’est à dire une sagesse » Abellio précise qu’ »une science n’avance fondamentalement  que par l’étude de faits singuliers ou marginaux qui échappent à ses théorie régnantes  mais aussi à toute  réduction  statistique (..) Deux voies opposées s’offrent  ainsi à l’astrologie avancée : dans la première l’accent est mis sur les préoccupations utilitaires et pratiques, dans la seconde, sur la rigueur philosophique et l’ascése personnelle de l’astrologue (..) La statistique  sera de plus  en plus l’instrument privilégié de l’astrologie pratique mais il serait vain d’en attendre un progrès  décisif quant à la connaissance des fondements de l’astrologie » Parmi les disciples d’Abellio en matière d’astrologie, citons Daniel Verney  qui «   s’est intéressé à la structure du symbolisme astrologique, partant de l’hypothèse qu’il préfigure un nouveau paradigme de la connaissance qui intégrera dans une rationalité étendue les phénomènes psychiques, qualitatifs et informationnels. »(notice  BAGLIS°, auteur  de L’Astrologie et la science future du psychisme, préface de Raymond Abellio, Paris, Le Rocher, 1987. En 1974,  les éditions Hachette publièrent  une Introduction à la Nouvelle Astrologie,  et déchiffrement du zodiaque  » de Lisa Morpurgo, laquelle avait intégré les deux transplutoninenes hypothétiques, reprenant ainsi la formule préconisée par Abellio.( cf Patrice  Guinard http://cura.free.fr/ 06syssol.html) Cet ouvrage ainsi qu’un traité de Verney seront couronnés par le prix Morin de  Villefranche, lors du Colloque de Paris (CIA ISAR) de 1974. Nous mêmes en 1976 dans Clefs pour l’Astrologie nous servimes de ces deux astres (Proserpine  er Vulcain, ou X et Y), chers à un Jean Carteret.https://editions-arqa.com/produit/la-table-demeraude-un-texte-de-jean-carteret-presente-par-daniel-giraud/?hilite=%27 search_term_string%27). 

Wikipedia article  Dignités planétaires    »Selon Halbronn, le dispositif des exaltations – de même que celui des chutes – n’offre pas la même cohérence interne que celui des domiciles. Au prix de quelques permutations, Halbronn, en numérotant les planètes de 1 à 12 (en incluant deux transplutoniennes) reconstitue un nouveau tableau d’ensemble des dignités planétaires »

 

Pour notre part, nous avons, depuis longtemps (cf toutefois en 1983 nos Mathématique Divinatoires, ed  Trédaniel, 1983) renoncé à cette structure  à 12 planétes pour 12 signes en faveur d’un « modéle universel » articulé sur une seule et unique planéte, Saturne (cf notre fascicule, L’astrologie selon Saturne, 1994).  C’était selon nous un mirage qui aura fasciné un Raymond Abellio par son côté « table  périodique des éléments  » de Mendeleev.  L’Astrologie contemporaine se sera ainsi dévoyée, sur la base d’une opposition toxique  entre Anciens et Modernes, ne voulant pas comprendre que le systéme solaire des astrologues s’arrêtait à Saturne, astre connu de toute l’Antiquité et qui structure notre temps en périodes de 7 ans (28/4).  Abellio ne s’arrête pas à Pluton, il spécule sur la découverte de deux planétes « supplémentaires » qui viendraient enteriner définitivement le 12.(à propos de l’attente de Pluton, cf L’astrologie il y a cent ans, Ed Trédaniel 1992)

 

 

 

JHB  06 03 23

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Jacques Halbronn Les « Mathématiques Divinatoires » parues il y a 40 ans, clef de sa méthode

Posté par nofim le 27 janvier 2023

 

 

Les Mathematiques Divinatoires. - Sciences humaines et spiritualité |  Rakuten

Jacques  Halbronn  Les « Mathématiques Divinatoires » parues il y a 40 ans, clef de sa méthode. 

 

Un des principes de notre méthode  bien décrite par Jean Charles Pichon dans sa préface, consiste à rapprocher ce qui ne se ressemble pas à 100% . Il faut disposer mentalement d’un certain logiciel pour  repérer et corriger des déviances,, des altérations (cf notre Eloge de l’erreur, Ed Lierre & Coudrier 1990) C’est ainsi que lors d’une conférence à Bengalore (Inde), en 1976, nous avions rectifié le disposititf des dasas. Un autre cas est la permutation des exaltations des luminaires, replaçant la Lune en Bélier et le Soleil en Taureau. Autre exemple encore, également repris dans nos Mathématiques, pour l’origine de la numérotation que nous avions relié à l’alphabet hébraique cursif, montrant que cinq matrices généraient cinq dérivés par l’ajout d’un simple trait, comme dans le cas du Vav devenant le 7, le daleth devenant le 2. Il convient de rapprocher ce qui ne différe qu’à la marge car c’est là la clef du comparatisme car on ne compare pas ce qui est absolument identique.

  Une autre approche consistait à dégager d’un systéme une certain dualité; C’est ainsi que nous avions propos, sous le nom de tarot séphirotique, cinq couples d’arcanes supérieurs à partir des 22. Dans le cas du Sefer Yetsira, nous avions montré qu’il fallait passer de 3-7- 12 à 4-6 12, le passage du 6 au 7 étant à l’évidence une intervention tardive, du fait du Septénaire.. . Dans le cas du Tarot, nous avions certes signalé que la maison IX s’appelait ‘Maison Dieu » (p. 111)  et nous découvrirons par la suite qu’il existait une iconographie des maisons astrologiques (cf notre ouvrage sur Etteilla et l’astrologie du Livre de Toth, 1993, chez le même éditeur qu’en 1983. Nous n’avions pas bien discerné l’organisation des domiciles, telle que présentée dans la Tétrabible et nous étions embarques, comme Lisa Morpurgo, dans un systéme à 12 planétes (dont deux transplutoniennes)pour correspondre aux 12 signes. Ce n’est que plus tard que nous parviendrons à distinguer  d’une part un axe Lune  Saturne et de l’autre un quatuor Mercure- Vénus-Mars-Jupiter, ce dernier n’ayant pas vocation à servir de curseur mais symbolisant simplement la division en 4  du cycle de Saturne.

En fait, les structures de départ auront été  perturbées par la volonté de passer de six à sept facteurs. D’une part, l’ajout de Saturne conduisant au Septénaire (cf supra, le commentaire de l’alphabet hébraique dans le Livre de la Création) et de l’autre, l’ajout du Soleil au dispositif des domiciles, ce qui aura conduit à oter à la Lune un de ses domiciles, comme ce sera le cas au XIXe siècle pour Saturne, afin de conférer un domicile à la « nouvelle » planéte Uranus., alors qu’initialement, la Lune occupait deux signes conjoints (cancer-lion) comme Saturne (Capricorne- verseau). Il s’agit là de semi-sextiles (30°) qui font pendant aux quinconces (150°) avec au milieu, les carrés (90°) Nous avions déjà signalé ce trio structurel des aspects dans Clefs pour l’Astrologie (1976) On retrouve le même probléme pour les exaltations, où la Lune occupait le bélier et le taureau (cf supra), le principe étant que les deux domiciles d’une planéte doivent se situer dans deux signes de genre différent, l’un masculin, l’autre masculin, ce qui n’est plus le cas pour les exaltations, avec la Lune en taureau et en domicile en cancerr ni avec le Soleil en bélier et en domicile en Lion.

A propos du Sefer Yetsira qui se présente comme un commentaire de l’alphabet hébraique, nous avions signalé en 1976 que  le dit commentaire ne correspondait pas tout à fair à l’ordre alphabétique qui nous est parvenu et atteste probablement d’un état antérieur. C’est ainsi que la lettre aleph ne devait pas initialement être la première lettre de l’alphabet car c’est une des lettres mères situées dans la troisiéme colonne à 4 facteurs alors que les deux premières colonnes en comportent 9, ce qui donne le total 9+ 9 + = 22.

Pour nous, l’astrologie et plus largement les différents corpus « divinatoires » ne doivent pas confondre le fruit et son écorce, le contenu et le contenant. Or, c’est bien la tendance lourde qui prévoit de nos jours que de tout vouloir intégrer. C’est ainsi que le RET de Jean Pierre Nicola (cf La conditions solaire, 1964 Ed Traditionnelles) constitue trois groupes de trois planétes sans distinguer les astres rapides et les lents  comme si l’on pouvait faire des prévisions avec des cycles trop courts, comme la Lune, Mercure ou Vénus qui visiblement n’ont pas une telle vocation. 

Certes, la plupart des praticiens argueront qu’ils ont pu valider les dispositifs « tels quels »et que notre critique n’a pas à être prise en compte, d’où le maintien jusqu’à nos jours des « maitrises » planétaires dans l’interprétation classique du thème astral. Il est vrai, que la mise en évidence d’une certaine rationalité des dispositifs peut se révéler génante en raison même de la simplicité retrouvée de ceux-ci alors qu’un dispositif opaque garde tout son mystère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB   28 01 23

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