Etteilla et la Révolution Française

Posté par nofim le 2 octobre 2014

Etteilla : un cartomancien  sous la Révolution

par  Jacques Halbronn

 

L’essentiel de l’oeuvre d’Etteilla se situe dans les années 1770-1785 mais celui-ci ne mourut qu’à

la fin de l’an 1791 et il est intéressant d’observer comment l’avénement de la Révolution  a pu

influer sur la nature de son propos et l’ouvrir à d’autres domaines que ceux de la divination.

Nous étudierons donc les travaux qui parurent dans les deux dernières années de sa vie, soit en 1790

et 1791 ainsi qu’un ouvrage qui parut en 1783 et auquel il se référe alors, l’Homme à projets.

Millet de Saint Pierre nous fournit  des informations précieuses sur les dernières publications d’Etteilla

(in   »Recherches sur le dernier sorcier et la dernières école de magie,  1859, pp  29, et 52 et seq) dont plusieurs n’ont pu

être localisées à l’instar de cette Cartomancie ou l’art de développer la chaîne des événements de la vie. Récréations

astroloiques. par la Livre de Toth,  Lyon, 1789 ou cette Nécrologie d’Etteilla par H.  Jejajel (alias  Hugand). Nous avons signalé dans une autre étude les remaniements de l’ordre du Tarot d’Etteilla qui firent l’objet de publications vers 1807. (in Le petit Oracle des Dames,  sans mention de son nom).

Certaines pièces semblent toutefois avoir échappe à  Millet Saint Pierre à l’instar de ce

- Dictionnaire synonimique du livre de Thot, ou synonimes des significations primitives

tracées sur les feuillets du livre de Thot… – 1791, conservé à la BNF.

Autre lacune de la bibliographie en question (p. 53) :

« L’oracle pour et contre. Novembre 1790″  Titre tronqué de l’Oracle pour et contre mil sept cent quatre vingt onze

(BNF  8° Ye Pièce 1857)

 

 

Le périodique « Vraie pension bourgeoise nationale »

On a conservé à la BNF (cf Lc2 2456) un certain nombre de numéros d’un bulletin intitulé  « Vraie pension

bourgeoise nationale » qui commença à paraitre au tout début de l’an 1791

et dont Etteilla alias Alliette semble avoir été le principal animateur. Il se présente comme

« Citoyen de la section de l’Oratoire » (p. 4)

Comment va-t-il concilier ses revendications sociales et ses intérêts divinatoires? Le  terme « pension’

doit s’entendre ici pour  rente et correspond à une forme d’assurance.

Premier indice: Etteilla se référe à l’Homme à  projets 1783: « On remarque dans ce petit ouvrage (en

19 feuillets) qui avoit en vue le juste prognostic de la révolution, que le génie de la liberté, nommé

Ariel, n’avoit indiqué à l’auteur que sept Sages choises dans les douze cents qui occupent. »

Etteilla ne cessera de se référer à ce « grand génie  Arie qui ordonne en maitre, il faut obéir. Je copie »  »

(p. 10)/ Suit tout un dialogue entre Etteilla et le « génie ». On notera en passant que l’arcane

Maison Dieu du Tarot signifie dans la langue courante de l’époque « maison de charité », sujet

qui occuppe Etteilla.

Et voilà Etteilla réagir à des mesures concernant les cartes  (p. 31)!

« Dans le  cas où il seroit décrété que les cartes à jouer continueront à être sujettes à des

droits  (..) il soit arrété que toutes cartes n’étant point d’usage ni propres à jouer de l’argent (enfin

n’ayant en vue que le délassement ou l’instruction, tels sont le Livre de Toth, renouvelé des

Egyptiens, l’Etteilla, composé de 33 cartes, l’un  & l’autre jeux ou livre, dont les feuillets

détachés sont remplis de chiffres et d’écritures) ne soient point assujetties aux droits des dites

cartes à jouer ». Etteilla signe   » Astro-Phil-Astres » (27 mars 1791)

On trouve dans ce recueil factice de la BNF une Pétition à l’Assemblée Nationale pour qu’il soit accordé

à l’auteur de la Vraie Pension Bourgeoise Nationale le don de de l’impression du Développement de la dite Pension

et dans ce texte  l’auteur se présnete comme « Aliette dit Etteilla », donne son adresse ; Etteilla,  rue de Beauvais, place du Louvre, maison du Plâtrier, au premier.

En novembre 1789, Etteilla avait publié L’oracle pour ou contre 1791 où  il semble  vouloir apparaitre comme une

sorte de nouveau Nostradamus (bien qu’il ne mentionne pas ce nom), il se dit être considéré comme « le plus grand devin de l’Europe »

comme le « Devin de la France » (BNF Pièce 8° Ye 4858). On y trouve 360  devises d’une ligne  réparties en 4 groupes.

Dans la Vraie PEnsion Bourgeoise Nationale, il est  fait mention de L’Homme à projets. 1783 (BNF Rp 6449) et qui serait donc

perçu à l’époque où Etteilla commençait à faire paraitre ses « Cahiers » sur le Tarot. Il y parle de son « bon génie » (p.6) avec lequel il ne cesse

de dialoguer. L’ouvrage ne comporte pas de nom d’auteur mais il est clair qu’Etteilla se référe à son contenu dans le recueil que nous

étudions (p. 4):  « Ce numéro 2 de nos feuilles fait partie du portefeuille marqué H, c’est celui où se trouve (sic) les brouillons de l’Homme à

Projets 1783. On remarque dans ce petit ouvrage (en 19 feuillets)  qui avait en vue le juste pronostoc de la révolution que le génie de

la liberté nommé Ariel n’avoit indiqué à l’auteur que sept Sages choisis dans les douze cents qui occupent (sic).  En fait, rien ne prouve que l’Homme à projets 1783 parut en 1783 puisque l’on nous parle d’un brouillon et cette étrange mention ne vise apparemment qu’à prendre

date.

On trouve la formule « Père de Famille » à la dernière page de  l’Homme à projets (p.38) tout comme dans une pièce du recueil de documents relatifs à Etteilla  » n°5  » Banqueroute deux fois mal à propos manquée par l’Auteur du Moyen d’occuper ceux qui ne le sont pas » (p. 16)

Toujours dans ce recueil numéroté de 1 à 52, on trouve le document n°6 intitulé « Ouvrages à faire », ‘Le Livre de Thot chez Etteilla fils

rue du Chantre » (p. 21) et d’autres documents avec « Etteilla, rue de Beauvais, place du Louvre ». Nous en concluons que le dit Etteilla fils

aura réuni toutes ces pièces pour les vendre, probablement en 1792.

Au regard de nos études consacrées à Nostradamus,  nous observons que nous sommes ici face à un collectif se référant au dit Etteilla, ce

qui n’est pas sans parenté avec ce que nous pensons concernant la  genése et la fortune de l’ouevre attribuée à Michel de Nostredame.

On ne saurait au demeurant contester à Etteilla  le fait qu’il est parvenu à l’aube du XIXe siècle à atteindre lui aussi une certaine stature

internationale  à une oeuvre d’expression française, dans le champ ésotérique.

.

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

02 10 14

Publié dans ASTROLOGIE, divination, POLITIQUE | Pas de Commentaire »

Prophétie et Divination chez les éditeurs du XIXe siècle

Posté par nofim le 29 septembre 2014

Le profil des éditeurs des Centuries au XIXe siècle et la littérature des Dames et Demoiselles.

par  Jacques Halbronn

 

 

Dans notre thèse d’Etat (Le texte prophétique en France. Formation et fortune, 1999), nous avons abordé un certain nombre de

recueils de prophéties. La période allant du XVIIIe au début du XXe siècle est généralement considérée comme marquée par un

certain déclin de l’Astrologie mais c’est aussi celle qui s’appuie le plus fortement sur le public féminin qui apparait comme un

public captif face au discours divinatoire, ce qui vient compenser, quelque peu, les effets du dit déclin. Mais comme nous l’avions précisé,  il y a 20 ans, nombre d’auteurs masculins signent sous des noms de plume féminins (cf Rechetrches sur l’Histoire de

l’Astrologie et du Tarot, Ed Trédaniel, pp. 42-43) comme Guillois, Bloquel, Collin   de Plancy. C’est toute une contre-culture correspondant à un monde  conçu par les femmes et pour les femmes qui se développe tout au long du XIXe siècle et des suites d’une

Révolution qui a oublié les femmes en ne leur accordant pas le droit de vote. Nous ajouterons que cette orientation aura perduré

tout au long du XXe siècle au regard de la proportion des femmes dans le public des assemblées  astrologiques et notamment en ce

qui concerne les conférences, lesquelles fonctionnenent sur un registre oral.

En tete du chapitre « Le tarot divinatoire en sept leçons », (in Le Tarot des Bohémiens, c 1911), Papus  tient à préciser:

« La première partie de notre étude sur le Tarot, pleine de chiffres, de lettres hébraïques et de déductions abstraites n’est

certes pas faite pour mériter l’attention de nos lectrices. C’est que si la nature féminine,  curieuse de mystères et d’idéakn aime et sait excuser toutes les envolées de l’imagination, les hommes recherchent avant tout la précision et la méthode dans ces sortes d’études. (..) Il est de tradition cependant que le  Tarot doit servir à connaitre l’avenir et toutes nos lectrices m’en voudraient beaucoup si je ne sacrifiais pas à la tradition. Voilà pourquoi je me suis décidé à aborder cette délicate question: j’ose espérer quie le plaisir des consultantes saura

faire équilibre au scepticisme des esprits rigoureux »

On est en tout cas frappé par la quantité de titres d’ouvrages traitant de la divination qui s’adressent explicitement aux « Dames » et qui sont

même censés avoir été l’oeuvre de femmes, ce qui est bien souvent factice.

Ce procédé n’est plus guère attesté au XXe siècle si ce n’esgt que la presse féminine  sera preneuse de cette littérature à partir notamment

des années Trente. Il importe de circonscrire la période marquée par  un tel parti pris des éditeurs en remontant notamment jusqu’au

XVIIIe siècle. Mais par ailleurs,  l’on s’intéressera aux éditeurs qui publient des recueils prophétiques et si ce sont les mêmes qui

produisent cette littérature divinatoire à destination des dames.

Il nous a semblé à lire les ouvrages liés à Etteilla que c’était une littérature certes pour les femmes mais traitant des hommes/

Papus écrira à son sujet « Aussi devint-il le Dieu des tireuses de cartes futures qui ne jurent plus que par lui. Voilà pourquoi nous nous

contenterons de donner sa méthode en détail, jugeant inutile de parler de celles de ses successeurs en jupons qui n’ont fair que le

travestir sans le comprendre » (p. 369) Papus poursuit  » Nos lectrices  sont ainsi mises à même de choisir celle (des méthodes) qui leur plaira et qui leur donnera les meileurs résultats.  (…) Nos lectrices nous sauront gré de ne pas les avoir oubliées dans ces discussions abstraites » (p.344. reed  Dangles, 1966).

Certaines librairies ne publient qu’un certain type d’ »ouvrage consacré à Nostradamus, aux Oracles des Dames etf, ce qui tend à

constituer une sorte de ghetto au sein même du monde de l’édition. On peut aussi penser que certaines librairies sont tenues par des femmes comme Breteau dans les années 1840. Rappelons  bien évidemment le cas emblématique de Mademoiselle Le Normand dès la

fin du XVIIIe siècle  dont le nom servira  après sa mort pour promouvoir en 1845 une grande encyclopédie de la divination chez Breteau..

 

Le  catalogue  des librairies spécialisées/

Nous avons notamment deux  cas, celui de Chaillot (Avignon)  et celui de Delarue.(Paris)

En 1839,  à Avignon,  sous la Monarchie de Juillet,  Pierre Chaillot jeune réédite les Vraies Centuries et Prophéties de Maistre Michel Nostradamus interprétées pour le passé, le présent  et l’avenir et corrigées d’après les plus anciennes édition  par P. C.  -c’est à dire Pierre Chaillot) L’auteur y signale la parution en feuilleton dans la Gazette de France (en mars 1839) d’un travail sur le même sujet signé d’un certain  Docteur

Lecabel. Mais dès les années 1820, Chaillot avait publié (cf infra) Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe, voué  à des rééditions jusque dans les années 1850. C’est là un fonds de commerce.

Quant à Delarue, auquel on devra  notamment le triptyque de 1866 comprenant les Centuries, le Recueil des Prophéties Anciennes

et Moderne et les Prophéties Perpétuelles de Moult, il avait publié entre autres, sous la Seconde République, en 1852  un Almanach biographique du Président  Louis Napoléon Bonaparte  (le futur Napoléon III) et le Triple Nostradamus pour 1853 (BNF 8° Lb22 239

 

Nous fournissons ci-dessous une bibliograhie de la production de ces deux libraires  conservée (à la BNF)  qui parle d’elle-même et circonscrit un certain champ que l’on peut qualifier d’occultiste marqué par une certaine spécialisation.

 

Nostradamus, Michel de Nostredame, dit Michel
Les Vraies Centuries et prophéties de Maistre Michel Nostradamus, interprétées pour le passé, le présent et l’avenir, et corrigées d’après les plus anciennes éditions, par P. C. [Chaillot.]
P. Chaillot jeune
1839
2
2
Livres
Almanach biographique de S. A. monseigneur le prince Louis-Napoléon, et le triple Nostradamus pour 1853, contenant : 1 ° une notice biographique sur le prince Louis-Napoléon ; 2 ° la constitution de la république française…
Delarue
1853
3
Livres
Annuaire prophétique et drôlatique, almanach véridique pour l’année 18.. : illustré par six cent petits sujets gravés, plusieurs vignettes et lithographies : contenant les prophéties extraordinaires de Jacques Martin ; les pronostics de Th. Moult ; les prédictions générales de Nostradamus et de Matthieu Laensberg ; des renseignements astronomiques et météorologiques ; des articles d’économie domestique ; des procédés utiles aux agriculteurs ; des anecdotes intéressantes ; des évènements historiques très curieux ; etc : publié par Blismon
Delarue
1842
4
Nostradamus, Michel de Nostredame, dit Michel
Les Prophéties de M. Michel Nostradamus dont il y en a trois cens qui n’ont encores jamais esté imprimées, adjoustées de nouveau par ledict autheur
P. Chevillot  1866  (pour le tricentenaire de la mort de Nostradamus)

 

On comprend  mieux désormais la portée du passage que nous citions de Papus (Encausse), dans son Tarot. On peut dire

que ce domaine de la divination est révélateur du clivage entre hommes et femmes. Mais au XXe siècle et encore moins en ce

début de XXIe siècle,  on conçoit mal  de telles formulations. Même les horoscopes des journaux ou les textes sur les signes du Zodiaque se gardent bien de faire la moindre distinction entre les deux sexes alors que cela était de mise par exemple dans le Kalendrier des

Bergers tout au long du XVIe siècle.

 

 

Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau-Sexe…
P. Chaillot jeune
1830
2
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1825
3
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1826
4
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1828
5
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1833
6
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1839
7
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1842
8
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1844
9
Livres
Le nouvel oracle des dames ou le régulateur des destinées du beau sexe…
P. Chaillot jeune
1852

 

Regamey, G.
Grand jeu de l’Oracle des Dames : [jeu de cartomancie à enseignes italiennes] : [estampe]
Delarue
Teynier
La Bonne aventure dans la main, éléments de chiromancie, divination et explication de l’avenir, par Teynier
Delarue 1880
1890-1900
2 II  Les publications (prétendues)   de femmesAbordons quelques titres portantr des  signatures  féminines Il nous semble que certains hommes voulant soutenir la cause des  femmesn’ont pas hésité à leur préter main forte..Dans nos précédentes recensions, nous avions omis d’évoquer une certaineMademoiselle Lemarchand (parfois rendue en Lemarchant); nom qui n’estpas sans faire songer à  celui de Mlle Le Normand.Unr Mademoiselle  A. Lelièvre (alias  Marc-François Guillois) publie   en 1847 chez Garnier Frèresune  Justification des Sciences Divinatoires, dédiée à Madamela Comtesse Marie d’Adhémar. Déjà en 1807, un Petit

Oracle des Dames avait pris une dame comme dédicataire.

L’ouvrage de Mlle Lelièvre comporte une « digression au sujet des femmes » (pp. 14 et seq). des plus élogieuses, on s’en doute.

Mais  l’auteur entend placer l’Astrologie à une place centrale (pp  184 et seq) et on nous propose un résumé de son Histoire. La Cabale serait

d’ »ailleurs, nous dit-on,  une « partie de l’Astrologie » (p. 195) On y oublie

pas le « Livre de Toth » (pp. 277 et seq)

Les années 1840 correspondent bel et bien à une certaine renaissance

de l’astrologie (cf notre étude  Breteau  La Comtesse de *** et son grand Jeu de Société. Prophéties secrétes de Mlle Le Normand  (1845) qui reprennent une publication du même nom de J. Gaudais (BNF 8°V 1889) qui elle ne se présentait

pas comme l’oeuvre de la dite Comtesse. Le dit Gaudais publiait de son côté au début des années 1840:  La Sibylle des

Salons/

 

III Les publications pour les « dames »

En 1807, parait chez la Veuve  Gueffier, à Paris  Le Petit Oracle des dames ou Récréation des curieux, qui expose un nouvel

ordre des Arcanes Majeurs qui n’est pas celui prôné par Etteilla (ce qui lui est attribué à tort par le catalogue de la BNF, sur la base du catalogue  « Tarot, jeu et magie » : exposition, Bibliothèque nationale, 1984 / catalogue
par Thierry Depaulis, 132 = Depaulis, Tarot 1984, 132).

 

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Prophétie et Divination chez les éditeurs du XIXe siècle dans ASTROLOGIE ex1_onglet_haut  BNF  Tolbiac Gallica NUMM- 62270  Impr. Ducessois.
1 Site  Richelieu -pour les cartes.Estampes RESERVE KH- 179 -BOITE FOL < ESTNUM-7064 >
ex1_onglet_bas dans Conscience

 

EN 1816, parait à Marseille, chez la Veuve Friedel et fils Le

Petit Oracle des Dames ou manière amusante de lever un petit coin

du voile qui nous cache l’avenir. Jeu de société nouveau et intéressant publié par J. L. F. (BNF R 46291)  et  qui reléve de la Géomance (ou

géomancie)

L’ouvrage étit déjà paru sous le titte de  Petite  Géomance  des Dames chez la même  Veuve  Friedel (BNF R 46363)

 

On donnera un échantillon du ton employé pour s’adresser à un tel lectorat;

On  » a donc réuni seulement  les oracles capables d’offrir un sujet d’amusemebt et amener le sourire sur les lèvres des

charmantes lectrices qui pourraient le consulter. » (cf  Les récréations de la Cartomancie par Mademoiselle Lemarchant- (sic

pour Lemarchand)

ou encore (Manière de consulter l’Oracle) : » Aussi, je suppose, mal belle questionneuse que parmi les choses que vous

devriez le plus connaitre  celle ci est la plus importante: serai-je bientôt mariée »

Ci-dessous quelques variations autour de ce titre (catalogue BNF) avec des rééditions du XXe siècle chez Grimaud.

Le Petit oracle des dames et des demoiselles, comprenant 1° l’oracle de la sagesse ; 2° l’oracle de la folie ; 3° l’oracle du destin ; par le docteur Ralph Mac N…a, écossais. Traduit librement de la langue [...] ; par Mlle Anna Ker***
les marchands de nouveautés
1863
2
Livres
Le Petit oracle des dames et des demoiselles, comprenant 1° l’oracle de la sagesse ; 2° l’oracle de la folie ; 3° l’oracle du destin ; par le docteur Ralph Mac N…a, écossais. Traduit librement de la langue [...] ; par Mlle Anna Ker***
les marchands de nouveautés
1866
3
Livres
4
Livres
L’Oracle des dames, ou manière amusante de soulever un petit coin du voile qui nous cache l’avenir. Nouvelle édition…
Friedel et Gasc
1824
5
Livres
Manière de tirer le petit oracle des dames composé de 42 cartes et 74 tableaux
J. Boyer
1877
6
Livres
Le Petit oracle des dames ou récréation du curieux ; contenant soixante-douze figures coloriées, formant le jeu complet de cinquante-deux cartes…
B.-P. Grimaud
1932
7
Livres
Le petit Oracle des Dames ou Récréation du Curieux contenant soixante-douze figures coloriées, formant le jeu complet de cinquante-deux cartes,… Ch. M. et Cie
imp. de Gattet
1867
8
9
Documents iconographiques
Nouvel Eteila, ou le petit Nécromancien : [jeu de cartes, estampe]

 

On a vu plus haut  la fortune du Nouvel Oracle des Dames,  chez P. Chaillot, jeune.

 

Conclusion: on ne conçoit guère le recours à un tel langage de nos jours pour s’adresser aux femmes en tout cas pas

dans cette littérature. Autrefois, il était courant de distinguer par exemple chez les gens nés sous un certain signe, les

naissances masculines et les  naissances féminines, ainsi dans diverses éditions du Kalendrier des Bergers au XVIe siècle.

Les horoscopes des journaux actuellement ne semblent guère, à notre connaissance,  faire un tel distingo qui serait mal

venu. Mais en pratique, l’on ne peut que constater que les femmes sont les plus curieuses d’apprendre l’astrologie ou le

Tarot non pas tant pour mieux se connaitre que pour appréhender ce qui leur est étranger et inconnu.

JHB

29. 09 14

 

 

e

Publié dans ASTROLOGIE, Conscience, divination, NOSTRADAMUS | Pas de Commentaire »

La cartonomancie d’Etteilla (32 et 78)

Posté par nofim le 26 septembre 2014

 

La cartonomancie d’Etteilla: des cartes françaises aux

égyptiennes

par  Jacques Halbronn

 

En 1770, Etteilla se fit connaitre  pour son traitement des

jeux de cartes ordinaires, dites françaises. Son travail

connut deux rééditions en 1773 (Bib. Arsenal)

et 1783 (conservée au département des estampes de la BNF)

avec chaque fois de nouvelles introductions et préfaces.

Mais à partir des années 1780, Etteilla se fera le

propagateur du « jeu de tarots » qui est chargé d’une autre

dimension, et qu’il présentera comme le Livre de  Thot, avec

un lignage égyptien. Et c’est par ce biais qu’Etteilla

s’inscrit dans l’histoire du Tarot de Marseille, rôle et mérite que

l’on ne saurait lui contester. Papus parle à son sujet d’une

« mutilation du tarot véritable  »

Comment expliquer que son magnum opus ait reçu le titre

de Manière de se récréer avec le jeu de cartes nommées

tarots, en 4 cahiers. Titre en effet qui nous apparait comme

emprunté aux méthodes d’apprentissage du tarot en tant

que divertissement, amusement, jeu de société.?  Force en

effet est de constater qu’une telle présentation risque fort

d’induire- délibérément- en erreur le lecteur non averti.

D’ailleurs, Etteilla se référe à   La Maison des jeux academiques , contenant un recueil general de tous les jeux divertissans pour se
réjoüir, & passer le temps agreablement   À Paris,  chez Estienne Loyson. M.DC.LXV

(BNF 8° S 16525) ouvrage de La Marinière,  paru dans les années  1660  et dont un chapitre traite du jeu de tarots

et de son introduction en France; après avoir connu une vogue à l’étranger et notamment dans les pays d’expression

allemande/ .

 

I  Les cartes françaises

Les titres changent d’une édition à l’autre :

1770 Etteilla ou manière de se récréer avec un jeu de

cartes, Amsterdam, Paris, Lesclapart (Arsenal  8°S 14395)

On note que ce titre sera repris dans sa Manière de se

récréer avec le jeu de cartes nommées Tarots. On aura

simplement ajouté qu’il s’agissait de Tarots (cf  J. M. Lhôte;  Court de

Gébelin, Ed Berg  1983 p. 177)

1773  Etteilla ou la seule manière  de tirer les cartes

revue, corrigée et augmentée.  Amsterdam et Paris, chez

Lesclapart.(Arsenal  NF 49167)

1783  Etteilla ou Instruction sur l’art de tirer les cartes

3e et dernière édition par l’auteur de la Cartonomancie

Amsterdam  et Paris

(Estampes Microfilm , BNF Richelieu, Arsenal NF 6894))

La dernière édition signale d’ailleurs la parution de la

Manière de se récréer avec le jeu de cartes nommées

Tarots pour servir de troisiéme cahier à cet ouvrage

par Etteilla

Au début des années 1780, La lecture du Monde Primitif de Court de Gébelin révéle

à Etteilla tout l’intérêt du jeu de Tarot, dont celui-ci avait probablement eu connaissance

sans en saisir la véritable portée. (cf  aussi  en annexe du Monde Primitif analysé et comparé avec le monde moderne (.) ou Dissertations mélées (pp. 395 et seq)  Recherches sur les Tarots et sur la divination par les cartes des Tarots par M. Le C. de M*** (in Jean-Marie Lhôte, op. cit. pp. 145 et seq)  Il  cite  La Maison des Jeux Académiques  1665   p. 34  (p 149) qui comporte un chapitre

sur les Tarots, sans la moindre connotation ésotérique.  On peut d’ailleurs parler d’une

ésotérisation d’un jeu de cartes et on notera que les éditions du Tarot que réalisera Etteilla dans le cours des années 1780

porte un titre insignifiant sans aucune allusion divinatoire, peut être pour tromper la censure..

.  En lisant le volume 8,  Etteilla découvre que la série (il appelle cela une

« galerie ») a probablement subi des permutations, ce qui ne laisse d’éveiller son intérêt. Très vite, il va faire paraitre

des travaux sur ce sujet en y exposant un certain nombre de réformes.

Le passage du jeu de 32 cartes à un « jeu » de 78 cartes  s’accompagnera d’un certains transfert . Le nom d’Etteilla y est repris pour

signifier le questionnant et la questionnante. Mais alors que dans le jeu de 32 cartes, Etteilla conseillait de créer une 33e carte

en effacçant par exemple l’as d’un autre jeu- ce qui donnait une carte blanche, dans  le jeu  de 78 cartes, il remplace deux lames

par des cartes correspondant aux dits questionnant et questionnante. Par ailleurs,  le traitement qu’il avait fait des cartes « mineures » du jeu de 32 cartes (c’est à dire les cartes qui ne sont pas des « honneurs », selon la terminologie que nous emploierons désormais (cf infra), réparties en 4 « couleurs »  ont des rois réprésentant l’homme de campagne, l’homme de robe, l’homme blond et l’homme brun tant

dans le jeu à 32 cartes que dans le jeu à 78 cartes que présente Etteilla. Dans les éditions plus tardives, au XIXe siècle, on les associera au pape, à l’empereur d’allemagne, au Soudan d’Egype et au roi de France.Le  terme cartonomancie  englobera les deux pratiques.

 

II  Les tarots et le Livre de Thot.

Entre 1783  et  1785  quatre « cahiers » paraissent

(le dernier étant consacré à l’astrologie, toujours sous

ce même intitulé, ce qui explique qu’il n’ait longtemps point

été identifié en cette qualité. (c reproduit in f Jean-Marie L’hôte,  Court de Gébelin, Le Tarot,

Berg, 1983 p.  162) : Jeu des Tarots ou le Livre de Toth, Memphis, Lesclapart)

Etteilla y développe une critique du Tarot quant à l’ordre

des Arcanes supérieurs, en reprenant en partie les arguments de

Court de Gébelin lequel met en cause l’ordre traditionnel des Arcanes majeurs : Etteilla s’en prend aux

Cartiers  qui « ont renversé l’ordre du livre de Toth (…) Effectivement, une galerie (une série) qui contiendrait une histoire de cette sorte

serait  bien sottement composée. Nous verrons l’ordre des premiers Egyptiens mais

avant il faut reprendre ce faux ordre dans l’esprit le plus vrai ainsi que nous venons de faire

pour la Cartonomancie.  ‘(Second Cahier de  la Manière de se récréer, 1785,   reprint Jobert 1977, p. 36).

L’ordre qu’il adopte – comme on l’a montré dans une précédente étude- se

voit considérablement « chamboulé » et rappelons qu’un autre ordre sera encore

proposé en 1807 qui place carrément en tête l’arcane du Monde dont  Papus

dira que c’est la clef du Tarot, carte qui comporte le tétramorphe, donc une division en 4. (cf Le Tarot des

Bohémiens. Clef absolue de la science occulte, le plus ancien livre du monde) Etteilla  s’efforce de reconstituer

les procédés des cartiers  en vue de « symmétriser la galerie », c’est à dire l’ordre des cartes. Selon Etteilla, « les copistes  qui se

sont succédés y ont mis suivant l’époque où ils vivaient les  objets relatifs à leur manière de voir emblématique » (cf  Leçons théoriques

et pratiques du Livre de Thot, Amsterdam, 1787; pp. 10-11)

Le titre quelque peu anodin de ces 4 cahiers semble avoir été imposé par la censure. Etteilla aurait parait-il préféré pour titre

« La Cartonomancie égyptienne ou le Tarot. »

Les travaux d’Etteilla se perpétueront après sa mort, apparememnt survenue à la fin de 1791  avec notamment

Hugan alias Jejajel sans oublier le fils d’ Alliettte qui se présente sous le nom d’Alliette fils.  Une édition pirate sans aucune mention

d’Etteillla reprendra textuellement son nouvel agencement,  sous le nom de Mlle Lemarchant : Les Récréations de la cartomancie, ou
Description pittoresque de chacune des cartes du grand jeu de l’oracle des
dames, avec des combinaisons pour expliquer le présent, le passé, l’avenir : Paris : tous  les marchands de nouveautés, (1856) BNF V 44599) cf aussi  Julia Orsini (alias  Simon  Blocquel), Le Grand Etteilla; Reed./ Paris,  Leymarie, 1990)

Etteilla aura donc réussi à imposer  sa « version » du  Tarot mais sera  finalement marginalisé au point qu’on ne le considérera pas comme appartenant à la littérature consacrée au Tarot « classique » (de Marseille) alors que selon nous, il en est un critique et un réformateur. (sur la place accordée à Etteilla dans l’histoire du Tarot,  cf  Helen  Farley  A Cultural  History of Tarot  From Entertainment to Esotericism; B. Taurus  2009,  pp. 106 et seq. ; Cynthia   Giles   The  Tarot History, Mystéry and Lore   Paragon House 1992, , pp..  26  et seq.  Stuart Kaplan,  La grande  Encyclopédie  du Tarot, trad. de l’anglais,  Paris,  Tchou 1979, pp. 154-158)

On notera qu’Etteilla n’était pas parvenu, cependant, comme nous le proposons désormais, à  la conclusion selon laquelle les

arcanes majeurs devaient initialement comporter non pas 22 lames mais 24.

En effet,  il nous apparait que le jeu de 78 est une amplification du jeu de 32 et en étend la division en deux groupes, les honneurs et

les cartes mineures, répartis en 4 couleurs, soit 4×8 et 8×4.

Roi  Dame Valet  As

Dix-neuf, huit, sept

En fait l’As remplace ici le cavalier que l’on retrouve dans le Tarot qui correspond donc  à un état plus ancien du jeu de 32 cartes. Mais sur 78 cartes, le décalage est compensé.

Par extension:  on ajouta donc  24 cartes mineures : 4×6 :  six, cinq, quatre, trois, deux,  as et 24 cartes majeures qui sont les

arcanes dits majeurs du Tarot si ce n’est que l’on n’en a plus que 22 et c’est cette lacune que n’ont pas signalé les tarologues. Ce faisant,

ils n’ont pas non plus cherché à répartir les arcanes majeurs en 4 groupe de 6 cartes s’ajoutant aux 16 honneurs du jeu initial de 32

cartes, ce qui donnait un total de 40  « majeurs » face à 40 « mineurs., le  défaut rédhibitoire du 22 é tant qu’il n’est pas divisible par 4.

Etteilla a proposé de  voir dans les arcanes majeurs

les 7 jours de la création, les 4 vertus cardinales mais cela ne suffit

nullement à notre requéte. Nous avons nous-mêmes en 1983  (Mathémétiques Divinatoires, Ed Trédaniel), proposé d’isoler

dix arcanes dans le cadre d’un « tarot séfirotique » reprenant le principe posé par Papus de regrouper les lames totalisant 22.

Mais nous allons reprendre le dossier de fond en comble sur la base d’une division en 4  familles de six à lames. Il nous semble que  cela implique  qu’il n’y ait pas

à rechercher une quelconque unité, que la continuité

du début  à la fin de l’ensemble ne soit pas de mise. Quelques

lignes de clivage semblent en tout cas ressortir:

le pouvoir terrestre  avec 4 cartes qui se suivent;

papesse  – impératrice-empereur  pape    : 2 -3-4 – 5

le pouvoir céleste  avec l »Etoile, La Lune, le  Soleil, trois

cartes qui se suivent. 17 18 19

Il semble qu’il y ait également de bonnes et de mauvaises

cartes et que si l’on additionne deux cartes qui totalisent

22 on  ait  autant de contrastes (cf Mathématiques

Divinatoires  1983, pp 37  et seq) mais on en reviendrait alors  au

nombre 22!

Amoureux et Maison  dieu

Chariot  et Diable

Hermite et Mort

Roue de fortune  et   Pendu

Force et  Fou

En tout état de cause, il est étonnant qu’Etteilla n’ait pas perçu

que le jeu de tarot n’était  qu’une amplification, une

extension du jeu de piquet.  Dans les deux cas, il y a

des honneurs et des cartes « simples » sans images. Il nous

apparait donc clairement que l’on est passé de

deux  fois seize  à  deux fois  quarante et que face à  40

cartes sans images, il fallait   40 images, soit 16 + 24  et non

38.(16 +22). La recherche passe par la conscience du manque.

On notera que le Bateleur renvoie aux 4 séries sur sa

table:  coupe,  denier, épée  et  baton et qu ‘on en trouve

trace dans certaines arcanes majeurs:

le bâton, c’est aussi le sceptre de l’empereur et de l’impératrice

la coupe  figure sur les cartes de la tempérance et de l’Etoile.

l’épée s’observe avec la  Justice et la  faux de la mort

les deniers sont les disques du soleil  et de la  lune

Il faudrait d’ailleurs s’interroger sur le choix de ces 4

objets tant dans le jeu à 32 qu’à 78/80 cartes. En anglais,

l’on désigne le tréfle par club, bâton et pique par spade,

épée, carreau par diamond et seul coeur est rendu

par Heart et non pas Cup, ce qui souligne l’interaction

entre les deux « paquets » de 32  et de 78/80.

Bien entendu, les éxégétes n’ont pas manqué de relier

les 22 arcanes supérieurs aux 22 lettres de

l’alphabet hébreu et de  proposer une division en

trois groupes de  sept lames, ce qui nous semble être une

fausse piste. On notera ainsi que le Livre de

la Création (Sefer Yetsira) distingue 7 lettres doubles

alors que grammaticalement il n’y en a que 6, le resh

ne comportant pas de « daguesh » modifiant sa

prononciation. Cela a contraint le commentateur à

proposer  3 lettres mères au lieu de 4.(Eléments) et  douze

lettres « simples » pour les douze signes zodiacaux et les douze

mois. On notera aussi que 32 correspond à la somme de

22 lettres et des 10  sefiroth.

Le rôle de l’historien des textes est de déduire un certain

nombre de probabilités à partir de ce qui lui est donné à

voir, c’est à dire des « restes », des vestiges qui nous

parviennent, souvent hors contexte et sans la part de

l’oralité qui donne une autre portée à l’écrit. Face  à ces

24 cartes dont nous présumons l’existence dans le

projet initial, il y a en fait plusieurs découpages possibles entre

lesquels il nous faut choisir.

On peut ainsi diviser 24 par six mais aussi par quatre.  Ce

qui donne six groupes de 4 ou quatre groupes de 6. Or,

force est de constater que l’on trouve assez facilement

dans les arcanes majeurs des groupes  de 4 lames, qui se

succédent ou non.  Dans le cas des vertus cardinales, il y en

a 4 (cf  Court de Gébelin,   Du jeu des Tarots, p. 97, reprint

in  Jean-Marie Lhôte. Court de Gébelin,  Le Tarot, Berg, 1983)

et on ne peut donc guère songer à en ajouter deux pour

arriver à 6. Un autre groupe déjà signalé est celui

de l’empereur et du pape et de leurs contreparties féminines, ce

qui donne à nouveau 4.  C’est pourquoi nous pensons que

celui ou ceux qui ont pensé ce dispositif auront opté pour

six groupes de 4 et non 4 groupes de  6. Il nous

reste à tenter de reconstituer les 4 autres groupes mais

le cas des cartes comportant des astres s’offre aussi à nous:

soleil, lune, étoile et on peut y adjoindre le Jugement qui

fait immédiatement suite:  13   15 16 et 22

on revient aussi sur l’idée d’un groupe positif (Amoureux,

Ermite,  Chariot, Roue de  fortune et d’un

groupe négatif (mort, diable, maison dieu, Fou) en soulignant:

une certaine continuité numérique.

Restent deux lames de synthèse: le Bateleur et ses 4 objets

représentant les 4 séries des lames mineures et le Monde

avec le  tétramorphe. (aigle, lion, taureau, homme) On pourrait

ajouter les 4 tempéraments (comme dans le Kalendrier des

Bergers)

En fait, la principale erreur d’Etteilla est d’avoir cru que les 22 arcanes constituaient

un ensemble d’un seul tenant  et qu’il convenait d’en déterminer l’ordre  du commencement à la fin. Il

semble même qu’il ait voulu gommer la frontière entre arcanes majeures et mineures si l’on s’en

tient aux légendes qu’il associe aux diverses cartes.

Or, selon nous,  il s’agit d’une juxtaposition de 6 séries distinctes les unes des autres et ce sont les séries

qu’il faut ordonner et non leur contenu:  la série 1 est celle des personnages assis représentant le pouvoir

tant temporel que spirituel, puis lui fait suite la série des « bonnes cartes », puis celle des Vertus, puis celle

des « mauvaises cartes », puis celle des forces célestes. Quant à la sixiéme série, dont il ne nous reste que deux éléments, elle se situe à l’articulation entre la fin et le début de la « galerie », avec le Monde (XXI) et le Bateleur (I) formant une sorte d’ouroboros. Déjà en 1983,  nous avions (Mathématiques Divinatoires Ed  Trédeniel) opposé le groupe des  « bonnes » cartes et celui des « mauvaises « cartes. tant ces deux séries sont marquées par un expressionisme  qui ne se retrouve pas par ailleurs. Oswald Wirth

(cf Le Tarot des Imagiers du Moyen Age, Rééd.  Ed Tchou, 1978, pp. 51  et seq) avait distingué divers groupes d’arcanes. et opposé, par couples,é les lames totalisant deux par deux 23.(nous avions pour notre part opposer des lames totalisant 22)/ Wirth  avait circonscrit deux groupes de 4 lames  que nous avons nous -même isolés :

1  la Papesse et l’Impératrice  face à l’Empereur et au Pape

2 Les Etoiles, la Lune, le Soleil et le Jugement

 

Nous pensons que l’imagerie du Tarot en ce qui concerne

les arcanes majeurs puise dans le Kalendrier des Bergers.

(fin XVe siècle) mais on observe aussi que la Roue de

Fortune  s’origne dans le supplice de la roue pratiqué aux

Enfers et très représenté dans le dit Kalendrier au même

titre que le Diable et la  Mort. Inversement, selon Court de

Gébelin, le Pendu ne serait pas une mauvaise carte mais

l’allégorie de la vertu de Prudence. Quant  à la Maison Dieu,

est-ce une si mauvaise carte que cela? L’Hôtel – Dieu est un lieu

d’accueil pour les indigents, le symbole de la Charité.

On ne suivra certainement pas Wirth quand il écrit

 » Aux 22  arcanes primitifs ont été ajoutés 56 cartes à

jouer partagées entre 4 séries de  14″ Il est clair que pour nous

les arcanes supérieurs sont dérivés des 16 honneurs, ce qui

donne un total de 40 images. 22 n’est divisible ni par 6 ni

par 4. On notera cependant que le nombre 32 est important

en kabbale en ce qu’il totalise 22 + 10  sefiroth  et de fait

les 22  arcanes majeurs renouent avec  ce nombre 22 qui se

subdivise en 7,  12  et 3, selon le Sefer Yetsirah

Le Tarot est-il au départ un savoir divinatoire? On peut

sérieusement en douter. Il nous fait songer au Kalendrier des

Bergers où l’on retrouve les Vertus cardinales mais aussi

la Mort et les astres, à l’iconographie des Livres d’Heures.

Les historiens du Tarot ont d’ailleurs mis en évidence un tel

compartimentage:

« Ces images étaient réparties en cinq séries représentant les  états de la

vie, les muses ou arts, les sciences, des vertus et les planétes ou systéme du monde. Le tarot

serait né de l’adjonction à ces images de cartes numériques » (Cinq siècles de cartes à jouer

en France, Bibliothèque Nationale,   Bulletin du vieux papier,  facc 205, septembre 1963, p. 85)

 

.

Bibliographie

)
The Game of Tarot : from Ferrara to Salt Lake City / Michael Dummett ; with the assistance of Sylvia Mann
G. Duckworth
1980
Decker, Ronald
A wicked pack of cards : the origins of the occult tarot / Ronald Decker, Thierry Depaulis and Michael Dummett
Duckworth
1996
A history of games played with the tarot pack : the game of triumphs / Michael Dummett and John McLeod
the Edwin Mellen press
2004

R. Falconnier,  Les XXII Lames hermétiques du Tarot Divinatoire,

Ed Bélisane, Nice  1976, 2012

Gérard  Van Rijnberk, Le Tarot. Histoire, iconographie, ésotérisme,  Ed Trédaniel 1981

JHB

01  10  14

Publié dans ASTROLOGIE, divination, FEMMES, judaîsme, LINGUISTIQUE, NOSTRADAMUS, prophétisme, symbolisme | Pas de Commentaire »

La réception en français de la Tétrabible au XVIIe siècle

Posté par nofim le 20 septembre 2014

La réception de  la Tétrabible en français  au  XVIIe

siècle

par  jacques  Halbronn

 

On sait tout l »intérêt que nous avons accordé à Nicolas

Bourdin depuis une quarantaine d’années. (cf nos éditions

de 1975 et  1993, chez Retz et chez Trédaniel).  En 1640,

Bourdin publiait une première traduction française de la

Tétrabible sous le titre d’Uranie, titre repris par Eustache

Le Noble en 1697.  Dans une étude consacrée à Auger Ferrier

(en ligne sur « nofim »),  nous avions déjà abordé la question

de l’influence de la Tétrabible sur les traités d’astrologie

français, en l’occurrence ses Jugements Astronomiques sur les

Nativitez (première édition Lyon Jean de Tournes 1549/1550)

en parlant d’un « modéle tétrabiblien ». Rappelons que la

dernière édition connue des Jugemens  de Ferrier date de 1625, et est donc contemporaine

de l’Usage des Ephéméride d’Antoine de Villon dont il est ici

question. Au vrai, avec le recul, il nous apparait que le lien

entre les Jugemens de Ferrier et le Quadripartit n’est pas

strictement avéré, d’autant qu’il ne s’y référe pas alors que

Villon suit cet ouvrage pas à pas, livre par livre et quasiment

chapitre par chapitre/

Toutefois,  Ferrier cite explicitement le Centiloque

(Livre I Ch II  De la vérification de l’heure de la nativité)

en ce qui concerne l’heure de la conception:

« l’ascendant d’une nativité  a esté le lieu de la Lune au

temps de la  conception  et l’ascendant de la conception est

le lieu de la Lune à l’heure de la nativité » (cf infra)

A   partir de quelle édition du

Quadripartit Villon  oeuvre-t-il? Nous avions abordé une telle

question à propos des traductions faites par Petro d’abano

des traités astrologiques d’Abraham Ibn Ezra (cf notre

communication  Congrès Mondial des Etudes Juives 1993)

en montrant le recours à des traductions en ancien français

du texte hébraïque.

Dans l’Usage des Ephémérides de 1624 d’Antoine de

Villon, professeur en philosophie dans l’Université de

Paris  ce qui nous interpelle, c’est le fait que

certaines expressions  concernant la Tétrabible se

retrouvent littéralement dans l’Uranie de 1640, ce qui ne

laisse de nous interroger  sur les rapports entre  Villon et

Bourdin.  Bourdin  s’est-il servi de Villon pour rendre la

Tétrabible en français ou bien ont-ils tous deux puisé à une même

source non identifiée qui serait la première traduction

française et dans ce cas, Bourdin ne serait pas pleinement

l’auteur de la traduction parue sous son nom?

Cela dit, peut être ne s’agit-il que de coincidences : deux

traducteurs ne peuvent-ils parfois se recouper puisque

travaillant à partir d’une seule et même source? En tout

cas Villon devrait désormais  être considéré comme ayant

traduit ou en tout cas édité  ne serait-ce que partiellement

le Tetrabiblos  même s’il s’est servi d’une précédente

édition française probablement restée manuscrite.(cf infra)

. Le commentaire, la paraphrase auraient ici

précédé la parution de l’intertexte d’une quinzaine d’années..

Mais il existe encore d’autres hypothèses: si l’on regarde

les dates de naissance: Morin et Bourdin sont nés en 1583

et Villon en 1589. En 1624,  Morin publie une « Réfutation

des thèses erronées d’Antoine Villon, dit le soldat philosophe, et Etienne de Claves, médecin-chimiste, par eux affichées publiquement à Paris,
contre la doctrine d’Aristote, le 23 août 1624, à l’encontre desquelles y a eu
censure de la Sorbonne, et arrêt de la Cour de parlement. Où sont doctement
traités les vrais principes des corps et plusieurs autres beaux points de la
nature. »

On ne saurait exclure que la traduction

de Bourdin ait circulé en manuscrit bien avant son impression.

Le cas n’est pas si rare à l’ époque (cf nos étudesi sur Gassendi

et sur Morin, « Questions autour du texte sur l’éclipse de 1654

attribué à Gassendi »in Gassendi et la modernité; dir S.

Taussig, ed Brepols, 2008 ) et dès lors Villon, dit le Soldat

Philosophe, qui dit avoir enseigne l’astroogie à l’Université de

Paris, par ailleurs personnage assez peu

scrupuleux aurait « pioché » dans  la dite traduction, comme

il l’aurait fait, dit-on, pour David Origan et pour ce qui est

de son Apologie contre les Calomniateurs de l’Astrologie

qui ouvre son Usage sur des auteurs du xVIe siècle.(cf notre

CATAF, en ligne sur le site grande-conjonction.org), ce qui ne

diminue pas pour autant ses mérites de commentateur avisé.

En tout cas, grâce à Villon, nous  avons l’occasion de mieux

comprendre le plan de la Tétrabible et notamment le passage

du Livre III au Livre IV qui a souvent paru étrange.

I   Les emprunts  à une possible traduction manuscrite

II  Le découpage de la Tétrabible en 4 volets.

 

I  Les emprunts littéraux à  une traduction  inédite de Bourdin

La récolte n’est pas surabondante et probablement pas

exhaustive mais elle laisse perplexe.

‘ »soit par hazard, soit par observation »  à propos de la

connaissance  du temps de conception

Cette f’ormule se retrouve texto dans les deux textes.

Tétrabible  Livre IV  ch. V Des mariages

« légitime conjonction de l’homme et de la femme »

 

II  Le découpage  en 4 volets  du Tetrabiblos

En travaillant sur Villon, nous avons compris ce qui nous

avait jusque là échappé dans la Tétrabible, à savoir

le passage du Livre III au Livre IV , apparemment sans

raison évidente. C’est qu’en fait, le Livre III traite du thème de

conception et le Livre IV du thème de naissance.

Tétrabible  Prologue du Livre IV:

« J’ai enseigné les choses qui se doivent considérer

avant la naissance de l’enfant et celles qui arrivent dans

le temps de cette même naissance comme aussi celes qui la

suivent, celles qui sont encore attachées au tempérament

et qui ne regardent que le mélange des qualités. Maintenant,

je traiterai de celles qui viennent d’ailleurs, entre lesquelles

je parlerai  premièrement des richesses et des dignités »

Le Tetrabiblos -précisons-le n’expose aucunement  un

dispositif des maisons astrologiques rigide avec chaque maison

associée à un certain domaine, comme le feront la plupart

des auteurs que l’on connait. Il ne lui en coute donc rien

de dédlarer que tel ou tel domaine appartient  au thème

« avant la naissance ».

On ne sera pas surpris de voir que les astrologues qui

ont traité de la Tétrabible se soient abstenus de commenter

le dit Prologue.

Nous proposerons ci-dessous  une sorte de concordance

entre les 5 parties de l’Usage des Ephémérides et le

Quadripartit:

D’emblée,  la première partie de l’Usage n’a pas

d’équivalent dans la Tétrabible, elle comporte des

directives purement techniques pour dresser le thème et

en tirer diverses données.

La deuxiéme partie  de l’Usage recouvre le Livre I  de la Tétrabible.

La troisiéme partie de l’Usage est à rapprocher du Livre II

de la Tétrabible et concerne le « Prognostic Universel ».

Villon reprend le prologue du Livre II avec ses propres

mots qui ne sont souvent qu’une paraphrase de l’intertexte :

« Il ne faut adjouster aucune foy aux astrologues qui

predisent de la nativité de l’enfant sans avoir cognoissance des

constitutions generales des régions, Provinces, villes, » Un avis

au demeurant  fort peu suivi par les astrologues des

siècles suivants.

La quatriéme partie de l’Usage recoupe largement le

Prologue du Livre III de Ptolémée, autour de la question

du « commencement », terme qui revient aussi sous la plume

de Bourdin,traducteur. On revient sur la question du

thème de conception comme point de départ. Selon Villon,

les adversaires de l’astrologie reprochent aux astrologues de

ne pas tout faire commencer du dit thème.

Avec le chapitre X  de l’Usage des Ephémériodes, nous

passons au commentaire du Livre IV du Quadripartit.

Enfin, la cinquiéme partie de l’Usage où on passe de la

prédiction à la datation – ce qui est distinct car la prédiction

reste très générale. Elle correspond au capitre X  du Livre IV

de la Tétrabible « De la division des temps »  qui ne couvre chez

Ptolémée que quelques pages. Villon achève ainsi un

ensemble d’environ 1100 pages.

Pour conclure, nous rappellerons que  dans les années

1650, à la suite de la publication du commentaire du

Centiloque par le dit Nicolas Bourdin- qui se situe

également dans l’orbite ptoléméenne et des deux éditions

des Remarques Astrologiques de Jean-Baptiste Morin

(1654  et 1657 (posthume) sur le dit Commentaire, nous

assistons à un certain revival ptolémaïque en France entre 1624

et 1654

On s’interrogera pour terminer sur les liens entre justement

le Centiloque et la Tétrabible –(cf nos Etudes sur les éditions

ptolémaïques de Nicolas Bourdin,  ed trédaniel 1993, avec

le Commentaire du dit Bourdin)

Dans l’aphorisme premier, on retrouve le distinguo entre

le particulier et le général qui marque l’articulation de la

Tétrabible

« Il n’est pas possible que celui qui sait prédise les

formes particulières des choses de même que le sens ne

peut concevoir une forme particulière mais seulement une

forme générale de la chose »

Le Centiloque n’est pas étranger au thème de conception:

sentence 50: Faites ascendant en la conception le signe où

est la Lune au temps de la naissance  et le signe où elle

a été trouvée en la conception ou son opposé, ascendant

en l’enfantement » C’est la trutine d’Hermés dont on   a  vu

qu’Auger Ferrier se servait(cf supra).  On peut penser que

ce principe aura permis aux astrologues de déclarer que

le thème de naissance présentait des recoupements avec

le thème de conception et donc qu’il pouvait s’y substituer

si ce n’est que ce qui est annoncé par le thème de conception

ne fait sens que si cela est formulé avant la naissance..

En fait, les préceptes liés au thème natal s’entremélent dans

le Centiloque avec ceux concernant le thème de la consultation

dont ne trait à aucun moment Ptolémée. On trouve même

l’idée de comparaison de thèmes (synastrie)  à l »aphorisme 33 :

« L’accord entre deux personnes procéde de l’harmonieuse

configuration des planétes qui signifie l’espèce de la chose

par laquele la bienveillance est établie en la naissance de l’un

et de l’autre »

Aph. 34 « L’amour ou la haine se prend tantôt de l’accord et

de la discorde des luminaires tantôt des ascendants de l’une

et de l’autre naissances. »

On trouve aussi une typologie zodiacale inconnue dans

la tétrabible:

Aph  38  « Ceux qui ont pour ascendant la vierge ou les

poissons seront cause de leur puissance »

Le Centiloque traite des douze maisons astrologiques

en rapport avec les différents domaines de l’existence, ce

que ne fait pas la Tétrabible qui ignore un tel dispositif

qui entremêle les données du thème de conception et celles de

naissance..

Ajoutons que le Centiloque  rappelle à l’aphorisme 50  qu’il y a 119 conjonctions (cf

ce qu’en dit Ibn  Ezra cf nos récents textes  à ce sujet sur

nofim, à propos des traductions de Shlomo Séla, ed Brill) mais

à l’aphorisme  63 il aborde les conjonctions de Jupiter et

de Saturne.

Le Centiloque nous semble correspondre à la réception

de la Tétrabible au temps d’Abraham Ibn Ezra. (XIIe siècle

au plus tard), le recours  au thème de conception n’y est

évoqué que très ponctuellement (cf supra). En y renonçant,

les astrologues évitaient ainsi d’être trop tôt  démentis dans

leurs prédictions puisque dès la naissance, l’on pouvait

juger de la pertinence de ce qui avait été annoncé quelques

mois plus tôt et sur des points très concrets. Selon nous,

l’astrologie  ptoloméenne témoigne de l’existence d’une

pédomancie, c’est à dire d’une divination s’adressant aux

parents attendant un enfant ou dont l’enfant vient de naitre.

Passé ce cap de la prime enfance, l’astrologie perdait

largement de son intérêt car il existait alors bien d’autres

façons de connaitre l’avenir d’une personne que l’astrologie.

Un autre point d’interrogation pourrait concerner la

connaissance de la date de la mort et de ses causes.

(thanatomancie Mais entre ces deux extrémes, le recours à

l’astrologie fait-il vraiment sens? Les travaux de Gauquelin

(à partir de 1955) s’inscrivent dans une « pédomancie » si ce

n’est qu’ils se présentent sous un jour scientifique, statistique.

Comme l’a signalé  l’australien Geoffrey Dean (Recent

Advances in Astrology), la sollicitude des parents pouvait-elle

aller jusqu’à faire naitre l’enfant sous telle ou telle « étoile », en

connaissance de cause et peut être l’astrologue était-il chargé

de faire en sorte qu’il en soit ainsi?

 

JHB

26  10 14

 

 »

 

 

 

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Le syncrétisme stellaro-tropical en astrologie

Posté par nofim le 16 septembre 2014

La combinatoire  stellaro-saisonnière  en  astrologie et

les emprunts de l’astronomie à l’astrologie.

par  Jacques  Halbronn

 

L’astrologie est fondamentalement marquée par une

combinatoire stellaro-saisonnière  plus encore que par

une combinatoire  stellaro-planétaire. Encore récemment,

les astrologues  en adoptant la théorie des ères

précessionnelles ( y compris chez André Barbault), ont

montré qu’ils étaient disposés à combiner le point vernal

donc un  critère saisonnier et une étoile fixe correspondant

à celui-ci, en un instant T.

En relisant le  Centiloque (attribué à Ptolémée), nous rencontrons

cette  sentence (la 46e):

« Les grandes félicités dans les naissances sont données

tantôt par les étoiles fixes tantôt par les angles des

nouvelles lunes, tantôt  par les lieux  de la Part de fortune

lorsque l’Ascendant  s’y rencontrera »

Morin de Villefranche  commente ainsi  dans ses Remarques

Astrologiques : »trois causes de bonheur par l’Ascendant de la

nativité »

Or, l’Ascendant est  tyîquement un mélange  de stellarisme

et  de référentiel terrestre puisque symboliquement il renvoie

au Zodiaque: on dit qu’on a tel signe à l’ascendant.Rappelons

que c’est à partir de l’ascendant que l’on met en place

les maisons astrologiques, par delà la question du « signe

ascendant », ce qui compte alors c’est surtout le « degré »

qui est déterminé par le fragment de constellation qui

apparait à l’horizon.

En ne respectant pas cette combinatoire du stellaire et

des référentiels terrestres (horizon, saisons) l’astrologie

contemporaine allait se déséquilibrer et se condamner à

adopter des  modéles peu viables ni enviables comme ces

myriades de cycles planétaires qui partent dans tous les

sens  (cf  Yves Lenoble. Initiation à la pratique des cycles

planétaires, 1996)

Le cas du Zodiaque est emblématique d’un tel syncrétisme

en ce que les signes fixes  correspondent, selon nous,  à

des étoiles fixes  alors que les signes mutables correspondent

à des saisons tout comme les signes cardinaux correspondent

aux équinoxes et aux solstices sur le plan symbolique.

Autrement dit, les signes  fixes  sont tributaires de la

précession des équinoxes et les  autres signes s’ajustent

naturellement sur le cycle saisonnier en vigueur à un instant

T. Ce qui nous a conduit à soutenir que l’instauration du

zodiaque des fixes  au départ calé sur les saisons

avait du avoir lieu il y a 12000 ans environ quand l’Aigle

était au printemps, dans l’hémisphère nord et non pas

comme de  nos jours à l’automne.

En 1624, Antoine de Villon, dans son Usage des Ephémérides (pp. 645 et seq)

dans la partie consacrée à l’Astrologie généthliaque écrit : « Il  ne faut pas négliger

(..) les étoiles fixes qui se trouvent logées dans l’horoscope. » Il situe les étoiles en tropical

« Le coeur  du Lion ou basilic au 24° du Lion ».  Mais l’Ascendant est particulièrement impliqué en

matière d’étoiles fixes, ce qui est logique vu que faute de planétes, le plus souvent -on n’en connait à l’époque que 5 plus les luminaires-

la plupart des corps célestes ne peuvent être en la circonstance que des étoiles fixes.

C’est pourquoi, nous pensons qu’il importe de repenser complétement toute la construction du thème natal, d’une part, parce que

nous penons que l’observation la plus commode se situe non pas à l’ascendant mais au descendant  puisque c’est à la tombée du jour

et non au lever du soleil que les étoiles et les planétes apparaissent. Mais nous pensons aussi que cela ne fait guère sens de faire

le thème pour le moment de naissance quand il fait jour (ce qui est actuellement la régle puisque la plupart des naissances se

font de jour pour des raisons fonctionnelles). Il semble préférable de se contenter d’un thème toutes les 24 heures, à la tombée de

la nuit et qui vaudrait pour toutes les naissances se produisant dans cet intervalle. Par ailleurs, nous pensons que c’est l’étoile fixe  qui

se léve au coucher qui doit servir de base au calcul des maisons astrologiques. Les Anciens avaient élaboré un systéme permettant

de déterminer le degré de l’ascendant à partir de la constellation, en numérotant les différentes composantes de la dite

constellation.

Signalons les propos d’Eustache Le Noble dans son traité astrologique de 1697 sur la précession des équinoxes:

« L’Etoile qui est il y a 1800 ans dans le point précis où le Soleil pour parler vulgairement coupoit la ligne & entroit au Bélier en sorte

que dans ce moment il se trouvoit en conjnction précise avec cette estoile »  Cette même étoile se trouve désormais « à la fin du bélier ». Le Noble mentionne un cycle de  25.000 ans.  On en arrive à l’époque à un écart de 28° selon Eustache Le Noble.

Mais Le Noble expose les choses avec beaucoup de bon sens  (pp. 60-62):

« Ce n’est point  ce lieu imaginaire nommé le Bélier qui influt mais ce sont les  estoiles elles mêmes qui se trouvant

en conjonction avec le Soleil ou les Planétes, leur unissent leurs influences (…) répandent leurs vertus à l’aide de leur lumière; sur les

corps disposés à la recevoir (…) « .  On met donc ainsi fin à un faux probléme.

On notera qu’il est extrémement facile de déterminer un aspect entre une planéte et une étoile et d’ailleurs selon nous, la raison d »‘être

des aspects  est fonction des écarts entre planétes et étoiles.

Ce qui est essentiel, c’est le point de départ, après tout n’est plus que mathématique.

Ce sont les astronomes qui ont jugé bon de nommer des ensembles d’étoiles selon les signes du zodiaque mais cela

ne remet nullement en cause  l’importance des étoiles fixes  que l’on a assimilées au probléme des constellations.

En fait, on a éliminé les étoiles parce que l’on n’en voyait pas l’utilité!!!!!

Avec l’ascendant,  l’important n’est pas la constellation qui se léve mais l’étoile qui sert de point de départ à tout l’horoscope.

L’historien de l’astrologie ne saurait ignorer les emprunts

de l’astronomie à l’astrologie tant en ce qui concerne les noms

des dieux que celui des signes.L’astrologie elle-même

a au demeurant emprunté à la mythologie et à la symbolique

saisonnière .Mais au départ, ces noms de dieux, comme on

le voit chez Manilius, ne concernent pas les planétes pas plus que

ces signes zodiacaux ne  désignent les constellations. Selon

nous, ce sont les astronomes qui auront jugé bon de récupérer

ce « jargon » pour désigner tant des corps célestes – tradition

qu’ils poursuivront au XIX e siècle- que des ensembles

d’étoiles.

A l’historien de clarifier  une telle évolution, ce qui permettra

aux astrologues de se détacher du joug de l’astronomie. En

effet de tels procédés auront contribué à un certain

fusionnement de l’astrologe et de l’astronomie débouchant

sur des amours malheureuses.

Comme le dit fort bien Le Noble,  l’astrologie aurait du

garder les étoiles fixes en renonçant aux constellations mais

elle aura préféré jeter le bébé des étoiles fixes avec l’eau

(sale) du bain, à savoir les constellations. L’adoption,

notamment, d’une symbolique  mythologique par les

astronomes aura abouti à ce que les astrologues se croient

obligés de prendre en compte toutes les planétes ainsi

ornées d’atours olympiens. Autrement dit, l’astrologie aura

fait le mauvais choix, renonçant aux étoiles fixes et adoptant

la totalité des planétes du systéme solaire.

Au niveau des aspects,  on peut aussi penser que l’astrologie

aura perdu en cours de route le semi-octile, qui correspond

au quart de 90°,  soit 22°30′. On sait l’importance du nombre 22

avec les 22 lettres de l’alphabet hébraïque qui en quelque

sorte assigne une lettre à chaque degré (cf aussi les 22 arcanes

majeurs du Tarot).  On est là dans une division en 8 qui

est certainement plus « astrologique » que la division en

douze qui reléverait plutôt d’un emprunt. Or, les aspects n’ont

aucunement vocation à relier les astres entre eux au sein

du ‘ »thème » mais bien de ponctuer le déroulement des

cycles. Selon nous, il y autant de zodiaques que de cycles et

chaque cycle établit sa conjonction comme point de départ

de « son » zodiaque.

 

 

 

JHB

16  09 14

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un Code de déontologie astrologique en 1773

Posté par nofim le 14 septembre 2014

 

Le « généliate » dans les années 1770. Un premier code

d’éthique pour les astrologues

par  Jacques Halbronn

 

Lorsqu’il y a un peu plus de 20 ans nous avons publié

l’Astrologie du Livre de Toth (Ed  Trédaniel 1993), nous avions négligé de

consulter certains documents, à savoir la production

d’ »Etteilla dans les années 1770, nous étant    concentré

alors sur la décennie suivante. (cf aussi  chez Jobert, en 1977

des premier et deuxiéme cahiers de la Manière de se

récréer avec le jeu de cartes nommées Tarots. On trovera

le troisiéme cahier à la Bibliothèque de l’Arsenal et le

quatriéme fut réédité par nos soins en 1993. Ces 4 cahiers

sont associés aux 4 vertus cardinales qu’Etteilla perçoit

dans les Arcanes majeurs du Tarot.

Dans les années 1770, l’astrologue est désigné sous le terme

de généliate, à partir de  généthliaque- c’en est une

déformation  peu connue  mais qui n’en est pas moins

avérée- à l’oral on devait prononcer  « généliaque » la forme écrite

« généthliaque »-

l’astrologue étant souvent désigné par « généthliaque »-  et  on

lira ci-après les conseils qu’Etteilla dispense aux

astrologues de son temps- faisant ainsi son examen de

conscience- et qui probablement restent peu

ou prou valables par delà le type d’astrologie pratiqué ici et là;

« Etteilla ou la seule manière de tirer les carts, Amsterdam »

extrait du « Petit avant-Tout ayant rapport à l’art de la

divination » (Amsterdam  1773, Cote Arsenal NF 49167, la

première édition  parue 3 ans plus tôt ne comportait pas ce

texte(cf  Bib Arsenal) ;

« Y a -t-il un mal réel à être  Généliate  (sic)? Oui, si le

faiseur d’horoscopes est un perfide, un imposteur de guet à

pend , une âme sordide, un mauvais citoyen; sans doute ,

ce Généliate est  un homme à bannir de la Société et même à

châtier dès l’instant que l’on a la preuve non pas de qu’il

s’est dit Généliate mais de ce qu’il a abusé de la confiance de

ses Consultans  & il  faut encore remarquer  si ce

Généliate, qui a les apparences d’être coupable l’est

bien effectivement  (..) Mais si ce généliaque  est reconnu

homme droit, sage et vertueux politique ne  visant point

tant aux pronostics qu’à la bonne intelligence de ses

semblables, oh! pour le coup voilà nos réfutateurs  obligés

de mettre bas les armes. Mais dit-on le Généliate alors cesse

de l’être et moi je certifie au contraire qu’il est plus

que jamais  Généliate, digne de l’être,d’en porter le nom. Il est

droit  ses pronostics  seront dégagés d’iniquité. Il est

sage, ses oracles tiendront tous du poids, de la mesure, de la

plus saine réflexion.Il est vertueux politique, il ne condamnera

pas  avec un sourcil froncé les fautes des hommes mais

faisant semblant de prendre le change sur l’affreuse

conduite qu’ils tiennent, il les raménera insensiblement au

bien par sa sage et adroite prévoyance; bref il aime le

vertueux accord de la Société et cimentera dans le silence ce

que dix familles assemblées ne pourront faire en grand tumulte.

Exemple: le Sage et savant Généliate dit : je respecte

votre libre arbitre, le Ciel vous a protégé mais Mercure

dominant dans le signe du Verseau à l’instant de votre

naissance m’assure que  vous recevrez  telle nouvelle

en tel tems. Et il arrive que ce tems est demain. L’annonce

se trouve  effective par quelque motif que le Sage ou le

Critique veuille admettre mais enfin certaine confiance

établit l’espoir du consultant et le Généliate  vraiment honnête

homme profite de la disposition et de la circonstance pour

amener la paix et le bon accord.

Mais puisque je connais mieux que nos théoricien le fort et le

faible de la Divination et ce que cette Science renferme de

juste et d’injuste, je conseille absolument d’approuver à fond

le Généliate  : il peut faire un bien  dans la Société au dessus de tout ce que l’on

peut présumer ou au contraire si ce Généliate n’en ayant

que le nom est un mauvais citoyen, il occasionnera divers

maux (…) Il n’y a pourtant guères à se tromper pour

reconnaitre  le Généliate sciencié (sic, au fait de sa science) d’avec

le Généliate toujours ignorant, ce dernier à l’âme sordide et

méchante, il fuit l’inclination de son Consultantpour être

mieux payé mais le vrai Généliate est bien différent; il

accepte parce qu’il  faut subsister.  Revenons à cette  sévère défense   qui

sans jamais  anéantir toute l’espèce convernait  le sage Généliate

soumis aux lois de son Prince  existnt alors à

réserver dans  son sein une science qu’il ne met en usage que

pour le seul plaisir de faire le bien mais comme cet ordre

effectué bannirait les vrais  généliates, il ferait renaitre

une foule d’âmes cupides que le châtiment léger,

proportionné à la faute du délinquant, l’expulserait jamais;

Laissons le  bénévole (sic bénin)  mal tel qu’il est sans ôter

la vue de dessus tous deux  et conseillons au curieux de se

bien consulter lui-même avant d’interroger un Généliate

sciencié (sic) ou ignorant mais si la curiosité entraîne l’homme,

qu’il se garde de donner à la faible créature ce qui est

absolument  réservé au Divin Créateur et ce point

fondamentalement établi de son esprit qu’il pense comme moi

à ce sujet en parlant à un Généliate : tu as certain talent

et l’art de pronostiquer au dessus de tes semblables : travaille

sur le passé et le présent et nous jugerons de ta science

pour l’avenir (..) »

L’auteur (cf  notre étude « Reecherches sur l’ histoire de

l’astrologie et du Tarot,  1993, p. 11) passe à la présentation de sa propre  démarche :

Etteilla n’a pas besoin de voir ses

Curieux (sic  ses consultants) : il ne veut ni leur parler

ni les connaitre pour leur faire un  horoscope amusant et

quelquefois utile, dans lequel il parlera également du passé, du

présent  et de l’avenir avec une justesse qui les surprendra

agréablement; il lui suffit, comme il en a déjà averti le

public, de recevoir sur  un quarré (sic carré) de papier

les initiales de leurs noms (sans qu’il soit question de ceux

des titres, ni de famille) , l’an et la quantiéme du mois de

leur naissance avec la couleur (sic) favorite du Questionnant.

Ce petit billet  de leur  état  lui  étant  parvenu par telle voie qu’il vous

plaira, revenez quelques jours après chercher sa réponse. Il

croit pouvoir assurer qu’il aura su vous satisfaire. Si un

songe vous a frappé par ses charmes ou par les horreurs qu’il

aura répandues dans votre imagination, communiquez lui

par écrit  et vous serez emerveillé car bien son interprétation

flattera ou rassurera vos esprits.   Etteilla, jaloux de prouver

sa science en vous amusant ne manquera pas de vous

donner le nom du bon génie qui a soin de veiller à votre

conversation »

On retiendra cet excellent précepte:

« conseillons au curieux de se

bien consulter lui-même avant d’interroger un Généliate

sciencié (sic) ou ignorant »

On signalera que sous l’anagramme d’Etteilla à part

d’Alliette, on ne désigne pas seulement un auteur mais un

jeu (le jeu de  cartes tout préparé nommé Etteilla »,

qui se caractérise par  un élément qui a pour nom

Etteilla. D’où des expressions telles que ; «  »on regarde si

Etteilla y est », « le Etteilla sur Saturne », « l’Etteilla à côté de.. »

«  »on prend l’Etteilla et l’on le met au milieu », « Le Etteilla vous même,

cette carte doit être toute blanche ».

Dans les « cahiers »  qui paraitront dans la décennie suivante

c’est le terme « astrologue » qui prévaudra sous la plume

d’Etteilla, probablement du fait d’une meilleure connaissance

de la littérature astrologique mais il reste que l’expression

« généliate » devait être couramment employée pour

désigner un praticien oeuvrant à partir de la date de

naissance, le terme se rapprochant de « géniteur », de

« génital ».

 

« e

JHB

15  09  14

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La validation de l’astrologie. Théorie/pratique

Posté par nofim le 4 septembre 2014

Quel mode de validation de l’astrologie? Approche structurelle versus approche praticienne.

par Jacques  Halbronn

 

La pratique de l’astrologie est-elle la voie royale pour

la  validation de cette discipline (cf  nnotre  entretien avec César  Garay

et Christian Camus   sur You Tube)?

il y a de nombreux  pratticiens qui mettent leur  talent au

service d’un    tel   enjeu mais le probléme c’est qu’ils en

tirent quelque gloriole, à peu de frais. Quelques clients

contents et le tour  est  joué! Point n’est besoin d’une

reconnaissance par  les instances  scientifiques

quelles  qu’elles soient. On passe par dessus leur tête pour

prendre le peuple à  témoin!  Et ces clients sont, qui plus est,

en demande et donc dans une certaine fragilité. Et voilà qu’on

les  charge d’arbitrer   sur un sujet qui reléve somme

toute d’une certaine élite universitaire. Peut être est-ce leur

faire beaucoup  d’honneur? Mais cela leur fait du  bien que de

les flatter ainsi.

Le praticien  qui tente ainsi de se doter  de plumes de paon

(cf La Fontaine) se permettra dès lors de déclarer qu’il

a  « sauvé » l’astrologie en en démontrant le bien fondé

en amont  puisque « ça marche » en aval. Quelle astrologie

se voit ainsi « validée »? Cela importe peu  puisque toute

astrologie, en fin de compte, fera l’affaire. Cette indifférence

trahit un certain   cynisme, à savoir que lepraticien sait

pertinemment que si ça marche, cela tient à toutes sortes

de facteurs plus ou  moins avouables, à cpmmencer par la

« traduction » en langage courant de ce qui  se présente

astrologiquement. Une traduction qui autorise tous les tour

de passe passe  comme c’est le cas quand on traduit depuis

le français les  quatrains de Nostradamus, par exemple.

Approche praticienne ou approche structurelle, tel est bien le

débat méthodologique et donc épistémologique qui divise les astrologues encore

de nos jours étant entendu que certaines décennies semblent pencher plutôt dans un sens que

dans l’autre. Par exemple, dans les années soixante-soixante -dix  du siècle dernier, la priorité se situait du côté structurel,

ce qui pouvait impliquer une reformulation, une réforme des dispositifs astrologie (cf L. Morpurgo, Introduction à la Nouvelle Astrologie,

Ed Hachette, 1974,  trad. de l’italien qui partagera le prix « Morin de Villefranche », en 1974 avec le livre de Daniel Verney, Fondements et

avenir de l’astrologie, qui se tint à l’occasion du congrès de septembre 1974 à l’Hôtel Méridien de la Porte Maillot). De nos jours,

il semblerait que la tendance soit plutôt  à une « validation » par la pratique (cf Didier Geslain, Dimanche Libertes, sur You Tube).

Cette dualité est des plus intéresantes sur le plan socioculturel ne serait-ce qu »au niveau du recrutement. A la fin des années soixante,

quand nous sommes entrés « en astrologie », cela n’aurait pu se faire dans le climat intellectuel actuel. Mais un César Garay, âgé de 24 ans,

se situe à l’évidence dans une optique praticienne pour valider la « Tradition ». Il parle des Sesfiroth mais n’en apporte d’autre

justification que le fait que ‘ça marche », que ‘ça aide » les gens, que cela leur apporte du « bien être », du « bonheur » (ce qui est synonyme).

D’ailleurs, la tendance actuelle  est bien aux techniques de « bien être » (avec les Salons qui leur servent de vitrine) et dont en quelque

sorte, à entendre certains, l’astrologie ferait partie.

Il est quand même dommage que des savoirs traditionnels soient jugés à l’aune de ce critère du « bonheur ». Mais pour pas mal de gens,

l’approche structurelle n’est pas une solution car ils partent du principe que cette Tradition n’est pas à réformer, à restaurer mais simplement à faire connaitre, à diffuser; autrement dit, ils considérent que le temps n’est plus à la restructuration mais à la communication et dans la mise en pratique. D’où le plus souvent, des enseignements qui figent le savoir y compris dans le cas d’approches

interdisciplinaires qui tendent justement à figer les savoirs en présence pour passer au stade du dialogue mais d’un dialogue qui n’empiéterait pas sur la substance des dits savoirs, ce qui conduit à une juxtposition plutôt qu’à une véritable évolution.

En fait, pour beaucoup,  l’idée de ce que nous appellerons un structuralisme diachronique leur est étrangère. Nous entendons par là, la capacité de restaurer des chainons manquants, une genése, d’établir de nouvelles chronologies. A  contrario, le structuralisme

synchronique semble plus accessible qui consite, selon nous, à expliciter la fonction de chaque notion au sein d’un ensemble comme le fera

un D. Néroman, dans les années 30-40  et après lui un Jean-Pierre Nicola, dans les années 60-70  qui introduiront une terminologie qui leur est  propre. Mais le structuralisme  spatial (synchronique)  n’est pas viable s’il ne s’articule pas sur un structuralisme historique

(diachronique) et c’est d’autant plus vrai en astrologie qui souffre d’une sorte de télescopage (soit l’abolition de l’espace-temps) et

qui voit ce qui  est censé se succéder, alterner être présenté comme  valant dans la simultanéité. Cela donne le « thème » par opposition au

« cycle » même si d’aucuns auront tenté de concilier le thème et le cycle par le biais notamment des transits  (cf Yves Lenoble. Initiation à

la pratique des cycles planétaires, Ed ARRC  1996)

Mais on nous demandera  évidemment :  mais quand vous avez révisé le modéle, quid de la suite? Nous répondrons d’abord

que le travail sur le modéle est très long en ce sens que si on a l’esprit critique suffisamment aiguisé par rapport à ce que l’on propose’ ou nous propose, de nouveaux questionnements ne cesseront d’intervenir et encore une fois cela ne sera point nécessairement le fait d’une quelconque pratique avec une personne étrangère- comme dans le cas de ce que propose César Garay, mais d’un dialogue avec soi-même

(cf notre opposition entre altérité intérieure et altérité extérieure). On admettra que le dialogue avec soi-même, aussi subjectif puisse-t-il

paraitre est plus fécond que le dialogue avec  autrui appréhendé comme objet. Nous avons montré plus haut   toute l’ambiguité propre à une telle relation avec un « client », un « patient ». En fait, on ne passe à la pratique que lorsque la réflexion théorique est en panne, quand

les tests préalables n’ont pas été assez étendus, ce qui se produit notamment lorsque l’on ne respecte pas le principe de dualité qui est

la condition de toute véritable transdisciplinarité. Or, l’on voit bien à quel point l’astrologie se voit engoncée dans des dispositifs

alambiqués qui ne permettent pas de démarche comparative. D’ailleurs, force est de constater que bien des personnes qui évoluent

dans le milieu astrologique redoutent toute forme de comparaison tant pour l’astrologie que pour eux-mêmes ou pour tout objet

d’étude (individu, personne). L’astrologie aura été instrumentalisée au service d’une quéte du « sans pareil », ce que vient  entériner

au demeurant un certain usage de l’astonomie, l’astrologue arguant du fait que le ciel n’est jamais exactement le même, au vu de

tous les paramétres et facteurs qui sy entremêlent, sans compter les constructions proprement astrologiques. Cela va bien entendu

jusqu’au cas des jumeaux dont on nous montre que le thème, à quelques minutes près, n’est pas le même.

En conclusion, nous dirons que  la reconnaissance de l’astrologie implique sa transparence. Ces astrologues qui affirment qu’il faut des

années pour devenir astrologue  visent à enfermer l’astrologie dans son ghetto. En réalité, il convient de distinguer les véritables

chercheurs qui constituent l’élite de la ‘profession » et qui doivent avoir longuement réfléchi sur les tenants et les aboutissants de

l’astrologie- le singulier ici  ne faisant qu’englober un certain champ, un « terrain »-  et les praticiens qui partent du principe que le

travail en amont est abouti et se contentent d’une application sans se demander si les conditions dans lesquelles ils opérent permettent

de valider quoi que ce soit. Leur probléme, c’est que ces gens là ne savent pas prévoir.  Ils préferent dire « on verra bien » et ils se

lancent dans l’aventure avec un équipement tout à fait inadéquat et guère viable. Quand à leurs clients, ils sont à mettre dans le

même sac et ne se rendent pas compte de l’inanité des outils que l’astrologue prétend utiliser. Etrange paradoxe que de voir des

gens qui prévoient aussi mal et qui « verront » au final – ce qui est le contraire de toute entreprise prévisionnelle- attendre

justement de l’astrologie qu’elle les aide à prévoir! Il est vrai que ceux qui vont chez un opticien sont a priori ceux qui voient mal!

Il convient de s’en tenir à  la dualité et nous sommes en

faveur d’une  épistémologie de la dualité.Au delà du deux,

notre intelligence cesse d’être peformante et tout devient

infalsifiable. Ce qui aura permis à une certaine astrologie de

survivre, c’est  de ne pas s’en tenir au deux car les gens au delà

 

du deux ne sont plus performants. Un tel nous dit qu’il

est du signe du lion mais il ne prend pas la peine de connaitre

ce que l’on dit sur les autres signes. L’astrologie profite de notre

paresse intellectuelle. En se situant sur le registre du 2, les points

de comparaison se multiplient avec divers domaines alors

qu’avec son dispositif actuel,  l’astrologie s’enferme dans

son idiosyncrasie ou plutôt en ce qu’on en a  fait.

 

,

 

 

 

 

 

 

 

JHB

05  09   14

Publié dans ASTROLOGIE, divination, NOSTRADAMUS, symbolisme | Pas de Commentaire »

Le couple et l’altérité dans le cycle de 7 ans

Posté par nofim le 26 août 2014

 

Le couple  et  La dialectique des altérités intérne et externe dans

le cycle de 7 ans l

par  Jacques  Halbronn

 

Le couple reléve-t-il d’une ouverture à l’autre ou d’un repli

sur soi? il y a là une certaine ambivalence qui risque de

fausser toute réflexion  sur l’altérité. En fait, il nous

apparait que l’homme et la femme sont les deux piliers de

ce que nous avons appelé  l’altérité intérieure et que le couple

tend à nous couper du monde extérieur plutôt qu’à nous

y relier. Le couple est une entité virtuellement autosuffisante

y compris bien entendu au niveau de la procréation. Un seul

couple (cf L’Arche de Noé) suffirait à récréer le monde. On

peut dire aussi que tous les couples que nous avons

formés au cours de notre vie feraient partie intégrante,

peupleraient  cette  altérité intérieure.

Il est important de comprendre cela au  vu de ce qui se

passe en ce moment dans le monde puisque nous sommes

entrés dans une phase d’altérité  intérieure.

 

 

La démission du gouvernement correspond à une certaine crise de confiance ou si l’on préfére

à une exigence de plus en plus forte de confiance que chacun ressent par rapport à autrui. Or,

la confiance est toujours un pari, une gageure dans la mesure où on se fie à un autre qu’à

soi-même si ce n’est qu’il faut aussi avoir « confiance en soi » ce qui résume bien la dialectique

que nous avons posée: alterité interieure alternant avec altérité extérieure. Le passage d’un

mode de fonctionnement à un autre est  un moment délicat sur le plan relationnel car cela

reléve d’une autre « économie » , d’un autre mode de fonctionnement qui d’ailleurs ne peut durer qu’un

temps.

Selon notre modéle cyclique sur 7 ans,  le processus débuterait

par l’altérité  intérieure, qui englobe les proches (ce sont

les premières « maisons »  en astrologie). On pense

 

 

à l’enfant qui dépend de parents, qui n’est pas autonome. On voit donc que cette première

période du cycle de 7 ans quand elle survient  à un âge certain et non dans la prime enfance

peut être vécue comme une forme de régression. Mais justement, la phase I du cycle est

marquée par le préfixe « RE », qui dérive du latin RETRO. La conjonction est une « révolution », un

retour même si le mot révolution est associé à l’idée de progrès, ce qui peut fausser la

perception des choses.

Il semble que la crise actuelle est marquée par une défiance jugée intempestive par l’éxécutif

bicéphale. Or, en phase I,  la défiance est très mal tolérée. Le  mot clef c’est « croire » (en hébreu

Amen, un des rares mots de l’hébreu passé dans la langue courante) et ce, en dépit

de tous les doutes que l’on peut éprouver au sujet d’une politique. Cela vaut tant pour un

gouvernement que pour un couple.

Le « crime » des « dissidents aura donc été de manifester des doutes, des réserves en un temps

où cela n’a pas droit de cité. Ces ministres se voient  ainsi   »débarqués ». On pouvait prévoir

que la période actuelle serait un tournant pour le quinquennat et visiblement le remaniement

effectué il y a quelques mois n’aura pas suffi car le cycle n’avait pas encore suffisamment

progressé et la nécessité de la confiance n’était pas ressentie alors de façon aussi aigue qu’à

présent.

 

 

Il y a deux types de demande:  en phase d’altérité extérieure, on veut connaitre l’autre alors

qu’en cas d’altériré intérieure, on cherche d’abord à se connaitre. Ce qui correspond  aux deux

types d’attente  que le praticien est tenu de satisfaire avec les moyens qui sont les siens.

De toute façon,  à terme, le dialogue intérieur fait long feu. Un certain besoin de changement

d’attitude face à la vie se ressent qui nous invite à ‘essayer » de se relier à l’autre, de tenter le « coup »

en tout cas. C’est actuellement ce dont il s’agit pour tous autant que nous sommes. Il faut sauter le

pas, s’engager.  Ne serait-ce que pour quelques années car selon le cycle de 7 ans, chaque phase

ne bat son plein que pendant 2 ans environ. (24 mois) On retrouve là approximativement le

28 qui est la marque de la Lune comme de Saturne. Et 28 mois serait une bonne estimation

pour délimiter chacune des deux phases. Un peu plus que le cycle sidéral de la planéte Mars.

Il est clair qu’en période conjonctionnelle,  on est un peu dans le flou,  dans le brouillard mais cela

a son charme car cela met en jeu notre intuition, notre aptitude à anticiper, à capter les « signes »

avant coureurs. Nul doute que cette période n’encourage la prière, la « croyance » (même

clignotante, dirait Edgar Morin)., le retour au religieux.

Inversement,  à terme, se profilera la phase 2 disjonctionnelle caractérisée par le passage à

l’altérité , extérieure par un certain repli sur soi, pour se recentrer, se ressourcer.   On ne veut

plus compter que sur soi, se sentir aussi fort que possible.

Il est probable que les femmes vivent mieux la phase 1 que la phase 2. Elles sont plus

performantes quand on leur fait confiance, leur confie une mission que lorsqu’elles doivent

faire cavalier seul et ne dépendre de personne.

En conclusion, nous dirons que l’humanité actuelle passe

par une phase d’altérité intérieure. On voit le  gouvernement

se réduire dans ses ouvertures et ne plus fonctionner que

sur un « cercle » de  proches. On est loin des grandes

alliances d’il y a quelques années et qui relevaient d’une

altérité extérieure, impliquant un certain décloisonnement

(.disjonction) dans tous les domaines, politique,

artistique, scientifique, ce qui exige des leaders d »‘une autre trempe

et ce qui ne convient pas aux femmes qui  ont besoin

d’un cadre relativement étroit et spécialisé, marqué par

une certaine division du travail qui peut conduire

à toutes sortes d’excés, comme  l’industrie de

l’extermination (Shoah) qui ne serait selon Gunther

Anders que la conséquence d’une certaine taylorisation.

Il est certes difficile, contrairement à ce que certains

astrologues  tendent à vouloir croire , de déchiffrer le

monde sans le recours à des outils, à l’instar de la lunette de

Galilée pour explorer le  cosmos. Un mauvais modéle

trouve toujours une certaine forme de justification tant

ce qui se passe se préte à une pluralité d’interprétations. C’est

pourquoi  on ne peut faire l’économie d’ »une très grande

exigence structurelle ouverte sur le plus grand nombre

possibles de disciplines avec lesquelles des convergences

sont indispensables.

La péritode actuelle dans la mesure où elle s’inscrit dans

une phase d’altérité interne correspond  au contraire

 

à un certain repli., ce qui est la  raison de la crise

gouvernementale actuelle. Les « frondeurs » du PS sont

marqués par un certain  protectionisme, qui

les conduit à refuser l’interdépendance européenne.

A contrario,  quand on passe en phase disjonctionnelle,

il y a une forte volonté d’ouverture : on étouffe dans un cadre

trop étroit. C’est ce qui s’est passé en 67  (Guerre des Six

Jours qui élargit considérablment les frontièrs de l’Etat

Hébreu,, son Lebensraum),  ou en 89 (Mur de Berlin et la symbolique du mur

 

 

est très parlante ici).

Le gouvernement actuel n’a pas compris que le temps n’est

plus à l’ouverture et que chaque pays, chaque groupe doit

d’abord se constituer et se reconstituer, se ressourcer avant

de s’ouvrir à nouveau. Il y  a un temps pour chaque chose.

(Ecclésiaste)  Rien d’étonnant à voir que le Front National

ait le vent en poupe, lui qui est viscéralement en phase

avec ce que nous appelons l’alterité intérieure et qu’il

soit  dirigé par une femme

 

 

 

 

JHB

27 08 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans ASTROLOGIE, Conscience, divination, ECONOMIE, FEMMES, POLITIQUE, RELIGION | Pas de Commentaire »

L’astrologie et le critère du visuel’

Posté par nofim le 21 août 2014

Le non  respect du critère visuel en astrologie

et  le dépassement de l’heure de naissance

 

par  Jacques  Halbronn

 

Nous avons souvent signalé que l’astrologie ne pouvait

impunément faire fi du critère visuel, ce qui passe par

la prise en compte des conditions d’observation du ciel

par les Anciens qui ont élaboré  le système dont nous

sommes tributaires car nous ne sommes pas nés d’hier.

Nous avions ainsi protesté  contre la  prise en compte

des planétes invisibles à l’oeil nu comme Neptune et

Pluton ou les astéroïdes, suite à la révolution  galiléeenne du

début du XVIIe siècle  qui a fait entrer l’astronomie en

crise et qui a conduit  l’astrologie à prendre ses distances

avec elle  jusqu’à ce que sa cote remonte dans le cours du

XIXe siècle.

Mais ce n’est là que le sommet de l’iceberg car le probléme

du visuel  se présente en astrologie depuis bien plus

longtemps dans son  histoire. On veut parler de l’apparition

d’une astrologie que l’on appelle généthliaque,liée au moment

de la naissance. Mais que faut-il réellement entendre

par là? Après tout,  le signe du mois est déjà en soi

de l’astrologie généthliaque mais de nos jours le terme

a pris une signification  sensiblement plus étroite

qui passe par la prise en compte des données d’état civil.

C’est là un débordement qu’il nous faut absolument

dénoncer au nom d’une approche visuelle du ciel. Comme

chacun sait ou devrait savoir, en plein jour, on ne voit pas

les étoiles, les planétes ni même la lune. Seulement le

Soleil. Les constellations du zodiacale sont invisibles quand

le soleil régne. C’est pourquoi l’on peut dire que l’astrologie

est nocturne. Que signifie donc dresser un thème pour midi?

C’est une abstraction. Or, nous ne pensons pas que les

Anciens se satisfaisaient d’abstractions  virtuelles et nous avons

de bonnes raisons de penser que l’on dressait des thèmes

qui valaient d’une tombée du jour à la suivante. Les gens

naissaient ainsi dans des tranches de temps de 24h, d’un coucher

au suivant et l’astrologue n’avait qu’à faire son relevén

une fois par jour et éventuellement cela pouvait donner

lieu à des archives. Mais nous pensons que l’astrologie

horaire jouait aussi son rôle sur les mêmes bases. Sauf

à disposer de telles archives,  le « thème » de la journée

devait servir à la consultation effectuée alors.

Autrement dit,  le thème de l’instant de naissance nous

semble  anachronique car il n’est pas « visuel »  en, journée

(même probléme que les naissances polaires) et il exige des

archives improbables.

De nombreux astrologues  ont compris qu’une naissance

s’inscrivait dans une subdivision notamment Rudhyar avec

ses huit périodes lunaires ou  d’autres avec le thème de

lunaison (Carol Belato). On lira avec intérêt de Dane Rudhyar Le cycle de la Lunaison  Ed Du Rocher  1978,  d’Anne Vigliengo   L »Agenda Pratique de la Lune. Le cycle de la Lunaison, un outil  pratique d’aide à la décision,  Ed Trajectoire, 2000    et Les Lunaisons, Ed Lulu. 2009 de  Charles Caron Belato.

Si on lit chez Rudhyar les « huit types de lunaison de la personnalité » (pp. 73 et seq), l’on observe qu’il souhaitait ainsi

lancer une nouvelle forme d’astrologie dans le public avec 8 possibilités et non 12. Au départ, il y a  une division en 4 mais il passe

ensuite à une division en 8. (pp. 91  et seq)

« Pourquoi  demande Rudhyar  » devait-on employer une division par huit  du cycle de la lunaison plutôt que la division par douze  généralement  adoptée lorsqu’on s’occupe du Zodiaque et de ses signes? »

En 1946  Rudhyar avait publié  The Moon and Its Cycles -  qui annonçait l’ouvrage de 1967 The Lunation Cycle.
Ce faisant,  Ruhdhyar relativisait l’importance du moment de naissance et échappait au piège des naissances diurnes.

Nous mêmes, nous avons préconisé que cela soit les gens qui s’inscrivnt dans le cosmos

et en respectent le visuel  et non le cosmos qui s’ajuste sur

le moment de la naissance; L’astrologie reste une affaire

plus collective qu’individuelle et personnelle, c’est à dire que le ciel

dont elle se sert doit être visible par tous, donc à la tombée

de la nuit. D’ailleurs le début du mois ne pouvait se

déclarer que le soir quand il fallait capter le premier

croissant de  lune.

On se demandera donc ce qu’il faut penser des travaux

statistiques de Michel Gauquelin qui se fondent sur des

naissances tout au long de la journée. On notera cependant

que les résultats les plus marquants se situent lorsque

les astres se lévent  mais aussi se couchent.(importance

de l’horizon), c’est à dire quand il y a un basculement du

visuel avec  l’émergence ou  la disparition du « ciel étoilé ».

On notera  égaelement que Gauquelin ne retient ni le

Soleil ni  les astres invisibles ou difficilement visibles à l’oeil

nu comme Mercure ou Uranus. Mais  nous avons du mal

à croire que l’heure de naissance précise jouait un rôle. Ce

qui comptait c’était l’apparition d’une étoile (au coucher

du soleil) ou sa disparition  (au lever)

Le thème horaire aura certainement été  la base première

de toute l’horoscopie et donc des « maisons ». Il était dressé

une ou deux fois par jour, au lever ou/et au coucher du soleil.

Cette technique pourrait d’ailleurs être utilisée de  nos

jours dans les horoscopes de presse.D’ailleurs  (cf J. Sadoul

L’énigme  du Zodiaque,  Denoel  1971) dans les années

trente, on donnait le même horoscope pour tout le monde et

non pas selon le signe natal. Nous pensons qu’il serait sain

d’admettre astrologiquement une synchronie du vécu plutôt

que le saucissonage actuel en vigueur. LEs tenants des dates

de naissance précises exercent un pouvoir tout à fait indu

et qui ne correspond pas aux données du visuel astronomique

car si les étoiles fixes qu’ils ne prennent pas en compte ne

font pas partie du systéme solaire, elles sont connues des

humains depuis la plus haute Antiquité et c’est ce qui compte.

D’où  un double anachronisme dans ce qui est à tort pris et dans

ce qui est délaissé.

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

21  08  14

 

Publié dans ASTROLOGIE, divination, HISTOIRE | Pas de Commentaire »

L’astrologie française à partir de 1845. Le retour aux éphémérides.

Posté par nofim le 19 août 2014

Le remariage de l’astrologie et de l’astronomie en 1845, en

France.

 

par  Jacques  Halbronn

L’Histoire de l’Astrologie dans  ses rapports avec

l’Astronomie est celle d’un couple qui tantôt  se sépare,

tantôt opére un rapprochement. On dira que 1845 sonne

des noces entre nos deux disciplines comme en d’autres

temps,  il y  eut divorce.

En 1993, nous avons publié  sous le titre  L’Astrologie du Livre de Toth  d’Etteilla  (Ed Trédaniel) -

Il s’agissait d’un traité paru en 1785  et qui montrait que l’astrologie  continuait à

exister sous une forme « savante » à la veille de la Révolution Française. Nous avions également

signalé en 1992  dans La Vie Astrologique il  y a cent ans (Ibidem, pp. 48-49) certains aspects

de la production astrologique du XIXe siècle. Par ailleurs, dans notre thèse d’Etat

« Le texte prophétique en France. Ed du Septentrion, 1999″, nous avions consacré un

chapitre à la Monarchie de Juillet.(Ch. XX, pp. 803 et seq)

Cependant, nous n’avions pas suffisamment signalé l’importance de la publication au début

des années 1840 d’une sorte d’encyclopédie qui se situait dans la filiation avec l’oeuvre

d’Etteilla, cinquante ans plus tôt sous le titre de Grand Jeu de société, en rapport avec

le personnage de Mademoiselle Lenormand, née à Alençon en 1772 et morte en 1843,

l’année de la parution d’un tel ensemble, ce qui n’est probablement  pas un hasard. D’où

le sous-titre  « Pratiques secrétes de Mlle Le Normand ». Mais ce Grand Jeu est

associé au nom de Mme la Comtesse de  *** . ¨Pour notre part, cet usage de personnages

féminins est assez typique mais souvent un homme se cache derrière de tels pseudonymes

 

Le premier biographe de Mademoiselle Lenormand

Francis Girault est  l’auteur en 1843  d’une biographie de Mlle Le Normand qui

«  Mlle Le Normand : sa  biographie, ses prédictions extraordinaires, son commerce avec les personnages
les plus illustres d’Europe, de la République,… ; La chiromancie et la
cartomancie expliquées par la Pythonisse du XIXe siècle / Paris : Breteau et Pichery, 1843

On voit donc que dès 1843, Girault est lié à la maison Breteau. Le prospectus de 1845

annoncera la parution prochaine de la quatriéme édition de la Biographie par Girault

avec l’Oneiromancie Universelle de la Comtesse de ***.  On connait «  La grande Explication des songes, ou l’onéiromancie illustrée : Paris : chez les principaux libraires, (1852,)  qui pourrait

correspondre.

Girault  s’était précédemment-  en 1839  – illustré en tant qu’interpréte des Centuries.  (sa spécialité, cf  R. Benazra Répertoire Chronologique Nostradamique Paris Trédaniel  1990, pp. 382 -383,  ed. 1839  chez  Hivert -Gaume Frères et  Dentu  Benazra ne mentionne pas, en revanche, les références à Nostradamus dans

la biographie de Girault sur Mlle Le Normand (numérisé sur Hachettebnf.fr): ) par un feuilleton paru dans la Gazette de France (1839).

Son introduction à la Biographie comporte une Introduction dans un style assez

proche du Grand Jeu et surtout il se référe à Etteilla et à son héritage. Or,  le Grand

Jeu de Société  reprend les domaines qu’avait rassemble Etteilla, lui-même auteur

d’un « Tarot ».

Quelques passages de son  Introduction philosophique sur les Sciences occultes  mises en regard des sciences naturelles  (

Sur  l’Astrologie Judiciaire  « cette haute science qui a fait de

Nostradamus un incontestable prophéte ». Il poursuit «  La chiromancie ou la divination par l’étude

des lignes de la main est une autre sorte de science dont l’origine se perd dans l’antiquité la plus reculée »

Girault poursuit  sur la cartomancie ; «  L’invention des tarots ou du livre de Toth remonte, d’après

Eteilla aux  Egyptiens primitifs.  (..) En 1780, après de laborieuses recherches, Eteilla les rappela à leur

première destination et en dévoila les secrers à la manière égyptienne. De nos jours, M.  Scluqbole  a été un des vulgarisateurs de la science d’Eteilla et ce que ce disciple de la philosphie hermétique a fait par le livre, Mlle le Normand l’a fait d’une façon  bien autrement surprenante par une pratique de  près de trois quarts de siècle »

 

 

Le succés de 1845

On  en connait deux éditions, l’une parue (vers 1840 selon la BNF)  chez J. Gaudais  (BNF 8°B 2493) sous le titre  Grand Jeu de Société et Pratiques secrétes et l’autre chez ‘l’éditeur » (Breteau), où la conjonction a disparu  Grand Jeu de Société. Pratiques Secrétes et dont a conservé le propsectus de souscription

«  Le succés éclatant  qu’a obtenu la première édition du Grand  Jeu de Sociétés Dans toutes les parties du monde nous engage à ouvrir une nouvelle souscription  pour que ce superbe et curieux ouvrage soit d’une acquisition facile pour tous ceux qui désirente le posséder ».

Le deuxiéme volume  concerne  « L’Astrologie ancienne et moderne, basée sur l’astronomie la plus

Avancée et  la plus profonde (..) contient amplement tout ce qu’il faut savoir pour dresser un thème de naissance », ce qui montre que le public  français était censé savoir ce qu’était un « thème

de naissance ».

On lit dans le dit prospectus : « On donne rue Vivienne 46  des leçons d’astrologie

et on se charge de faire des thèmes de naissance

 

Lisons ce qu’écrivait en 1971  Jacques Sadoul (L’Enigme du zodiaque) :

(Ed E. P. Denoël, p  84)

‘L’ouvrage de Christian (L’Homme Rouge des Tuileries)  fut pratiquement la seule manifestation de l’astrologie en France avant la  renaissanxe de la fin de siècle, excepté toutefois quelques petits

Almanachs astrologiques (..) Dans notre pays la véritable renaissance  astrologique peut être datée de façon précise (sic) puisque sa première manifestation fut l’article  Les Signes du Zodiaque  de l’occultiste F. Ch. Barlet qui parut dans le n°4 de la revue des Hautes Etudes (dir  René Caillé) en 1886 » Il s’agit là d’une

présentation tout à fait fantaisiste. L’article en question est paru non pas dans le  n°4 mais

dans le n°3 (novembre 1886) et n’est qu’une traduction par le dit Barlet (anagramme

d’Albert Faucheux) d’un article pris dans un périodique anglais Occult Magazine (pp. 76-81))

Ce texte ne constitue en aucune façon un « retour » de l’astrologie puisqu’il ne concerne

que le symbolisme zodiacal et aucune indication sur l’érection du thème astral.

 

 

Le contenu du volume sur l’Astrologie.

Notons que le  premier volume du Grand Jeu de Société

comporte  le jeu de cartes, que  le volume III est

consacré à la Chiromancie (ancienne et moderne), le volume IV au Jeu de la  Fortune et le Ve aux Oracles.

Le volume II  sur l’Astrologie se présente ainsi en son titre:

Astrologie ancienne et moderne contenant  toutes les tables nécessaires

pour dresser toutes sortes de thèmes en quel (sic) lieu et pour quel âge que ce soit »

L’auteur est parfaitement  au fait de l’astrologie. Il s’intéresse notamment aux

aspects et notamment chez Kepler.

« Aux cinq aspects des anciens, les modernes  en ont ajouté beaucoup d’autres comme  le décile -…le tridécile, .. Le biquintille….. Kepler en  ajoute d’autres qu’il dit avoir reconnus efficaces par des

Observations astronomiques tels que le demi-sextile (….) et le quinconcee (…) Enfin nous sommes  redevables aux médecins astroogues d’un aspect octile   (ou 45°)  (…) Quelques médecins y ont encore ajouté l’aspect quintile (-…) et l’aspect  biquintile »

Plus loin, il ouvre des perspectives de recherche  sur ce point :

« La théorie des aspects est un des principaux fondements de l’astrologie ; tous les savants

qui se sont occupés de cette science en ont  fait un objet spécial de cette science et néanmoins il  faut bien l’avouer, il régne encotre beaucoup de vague et d’incertitude sur la classification des aspects , leur  nombre,  (…) Est-il croyable , nous dira-t-on que lla science soit demeurée si imparfaite  (…) A cela nous répondrons  que si les théoroes de l’astrologie ont laissé jusqu’ici  beaucoup à désirer, cela provient de ce que les hommes  d’un vrai mérite qui s’en sont occupés sont morts, il y a  au moins deux siècles (…) On a pu voir -… que les anciens ne comptaient que cinq aspects auquels les moderne sen ont ajouté neuf de plus. Nous irons plus loin et nous en compterons 360 c’est  à dire autant qu’il y a de degrés » (p. 160)

L’auteur  esquisse une genése du savoir astrologique:

« Les astrologues  (..) ont découvert, à force d’observations

dans les sphères célestes (…)«  c’est-à-dire  en s’appuyant sur des faits constatés par l’expérience et des observations repétées dont la série remonte aux  premiers âges du monde que

les astrologues sont  parvenus à organiser  ce vaste corps de doctrines » On y trouve

la traduction française d’un   plaidoyer de Tycho Brahé  en faveur de l’astrologie (p. 16)

A l’évidence, l’auteur, probablement latiniste, a du fréquenter les bibliothèques et

y lire des ouvrages d’astrologie. Il cite ainsi plusieurs auteurs comme Ptolémée,

Albumasar et Zael dont les oeuvres avaient été imprimées autour de 1500 (cf

.F. J. Carmody, Arabic Astronomical and Astrological Sciences in Latin Translation. A Critical Bibliography, Berkeley-Los Angeles, 1956,). On trouve aussi mention de la Mathesis

de Firmicus Maternus.

 

Le traité de 1845 comprend un thème d’exemple. (pp 197 et seq) pour une naissance

à 9h14, à la latitude 48°:

« Ainsi, en dressant le thème qui est l’objet de cette dissertation on a trouvé

qu’au 15 janvier 1824 la Lune était dans le 12° des Gémeaux, et  Jupiter dans le 7e,

Mars dans le 3e  du Lion et Vénus dans le 19°, Saturne dans le 22° du taureau

Mercure dans le 28° du Bélier, le Soleil dans le 24° du Sagittaire »

Le résultat obtenu n’est en vérité guère concluant et bien des erreurs semblent

s’être glissées. La seule position juste serait celle du Soleil, à condition de recourir

à un repére sidéral et non tropical.

On trouve dans ce volume un

Vocabulaire de  quelques termes employés dans cet ouvrage » (pp  29 et seq)

Le « thème » est ainsi défini :  »  Figure  à  l’aide de laquelle  on tire l’horoscope d’une personne en  représentant  l’état du ciel par rapport à  un certain point  ou par rapport au moment dont il est question, en marquant le lieu où sont en ce moment là les étoiles et les planétes »/ L’auteur ne se

limite pas au thème natal mais envisage le thème horaire, tout aussi bien.

On notera l’entrée « rétrograde » qui montre bien que l’on est passé dans une

astrologie articulée sur l’astronomie.:

Rétrograde : (mouvement) p. 52   ‘Il se présente dans époques où elles (les planétes)

semblent  aller en sens contraire »

Signes : Nom qu’on donne aux constellations qui sont comprises dans le zodiaque. Ainsi on dir  le signe du Bélier, le signe du Taureau pour désigner les constellations qui dans le Zodiaque

portent ces noms »

On est vraiment en face d’un enseignement concernant des calculs

astronomiques. A propos des  « Tables d’Ephémérides de 1811  à 1830″

« « Pour connaitre dans quel  degré du zodiaque se trouve une planète , un jour donné d’un mois quelconque, on consultera le planisphère et pour plus  d’exactitude la table des Concordances où l’on verra  tout de suite à quel signe et à quel degré de ce signe répond le jour indiqué ! si l’on  demande par exemple dans quel signe était Vénus le 19 février  1822, je vois par la table  des Concordances que ce jour répondait au 20e degré du signe du Verseau. . Comme les tables ne donnent pas les levers  et couchers du soleil et des positions  des planètes pour tous les jours de l’année, il faudra y suppléer par des intercalations. »

(pp 308 et seq)

 

Le regain astronomique

On notera que le texte ne fait aucun cas de la planéte baptisée Uranus, découverte

en 1781. Par ailleurs, on est à la veille de la découverte d’une nouvelle planéte, qui

prendra le nom de Neptune (1846) par Urbain Le Verrier et par ailleurs par  Couch Adams.

Il faudra attendre 1897 et le Manuel  d’astrologie sphérique et judiciaire (Ed Vigot)

de Fomalhaut (alias Nicoullaud) pour que  l’astrologie française se référe aux récentes découvertes astronomiques. (Uranus, Neptune, Vulcain et mention de la planéte en attente, Pluton

Nous pensons , pour notre part, que l’astrologie renoue avec l’astronomie alors même

que l’astronomie connait un regain d’intérêt avec notamment à partir des années 1860

les publications de Camille Flammarion. Selon nous, en effet, c’est bien plutôt

l’astrologie qui s’éloigne ou se rapproche de l’astronomie que l’inverse. Le XVIIe

siècle,à la suite des observations de Galilée avait fait entrer l’astronomie dans une

zone de remous qui l’avait discrédité peu ou prou auprès des astrologues qui avaient

l’impression que leur discipline s’en trouvait fragilisée, d’où la recherche d’alternatives,

ce qui conduira à l’oeuvre d’Etteilla.  A contrario, il nous semble que tout au long

du XIXe siècle, l’astronomie va séduire davantage les astrologues avec les résultats

que l’on sait. L’astrologie va tenter de rompre avec l’occultisme et de changer ainsi

son image en attirant un  nouveau public, ce que facilité l’essor de l’instruction

publique et donc une plus grande aptitude à  se servir des outils de travail

nécessaires au dressage d’un thème.

Un autre facteur qui a probablement joué en faveur de l’astronomie et donc à terme

de retrouvailles avec l’astrologie, c’est l’affaire du Zodiaque de Dendérah qui

sera  conservé au  Musée du  Louvre,  qui montra

que l’astronomie peut servir non pas seulement à explorer le futur mais aussi le passé.

(cf  de l’abbé Halma  « Astrologie Judiciaire et divinatoire égyptienne du planisphère

zodiacal de Denderah déposé au Louvre, Paris,  1824  (BNF 8° 03a 1378). Bien connaitre

les régles de l’astrologie s’avère utile aux historiens. Halma  s’en explique :

« L’horoscope qui suit, à parler le langage astrologique des Egyptiens offre aux

yeux selon la doctrine des livres hermétiques

les douze maisons (signes) du soleil, les sextils, les quadrats, et deux trigones,

l’un desquels   à son sommet  aboutissant au signe des gémeaux   au dessus de l’embleme

égyptien du Soleil, ce qui convient parfaitement  à la  description de ce trigone contenue

dans le livre quadripartie (Tétrabible de Ptolémée) de l’art de juger les astres et au

solstice d’Eté précédé d’une  éclipse de soleil en juin 364 de l’ère chrétienne » (p. XXII)

 

 

La fortune du Grand Jeu

En  1865 reparait le  seul premier volume  du  Grand Jeu de société, explication et application des cartes  astro-mytho-hermétiques, par Mme la comtesse *** . Le catalogue de la BNF propose

que la Comtesse serait Madame Breteau.

Cependant, il  y  est rappelé  que l’ensemble de la collection des 5 volumes est toujours

disponible, ce qui  permet donc au Volume 2 sur l’Astrologie  de couvrir une période de

plusieurs décennies : en ce qui concerne l’édition de 1865, ce n’est, nous dit-on, qu’un

abrégé ne comportant plus l’exposé des « pratiques secrétes » et d’ailleurs le nom de

Mademoiselle Lenormand ne figure plus au titre. Les personnes intéressées « pourront

se procurer le traité complet (voier le catalogue à la fin). Notre volume y est ainsi

présenté : ‘orné d’une gravure et de figures  dans le texte accompagné d’une carte

urano-géographique ».

En 1930  (rééd 1936) les ed.  B. P.  Grimaud bien connues pour le Tarot de Marseille publient

le Grand Jeu de Société et Pratiques secrétes, donc  avec l’intitulé de la première

édition (avec mention de 1845. Il s’agit de  la partie intitulée ‘Explication et application

des cartes astro-mytho-hermétiques etc »‘ L’éditeur  utilise deux intitulés: d’une part

celui de Grand Jeu de Sociétés et Pratiques Secrétes de Mlle Le Normand mais aussi

celui de Grand Jeu de Mademoiselle Le Normand. Or, sous le titre de Grand Jeu de

Sociétés, c’est toute une « encyclopédie » qui est englobée et on omet d’indiquer que

l’auteur signalé est une certaine Comtesse de *** ni que Mlle Le Normand est décédée

en 1843.

En 1969, on dispose d’une édition anglaise sous le nom de Secret Practices,the

tremendous game by Mademoiselle Le Normand,  réalisée par B. P. Grimaud( BNF

EL  8° Z 483)

 

En 1983, Colette Silvestre (avec Linda Maar) publie, sous forme photocopiée,

le « Grand Jeu de Mlle Lenormand. Symbomisme et interprétation pratique » (2 vol)

avec une bréve biographie de Marie-Anne  Adélaïde Lenormand. « Elle

laisse de nombreux ouvrages, relatant ses souvenirs de Sybille, ses oracles, ses

mémoires et ses secrets »

En 1988, les Ed/ Traditionnelles  rééditent le volume  du Grand Jeu  consacré

à l’Explication et application des cartes  astro-mytho-hermétiques/ Dans une note

de l’éditeur on lit: « Cest ce livre en fac-similé de 1845 produite par l’imprimerie

de Prévot et Drouart à St Denis pour un éditeur parisien  (non identifié!) sis au 46, rue

Vivienne que nous présentons aujourd’hui (…) Ce livre d’explications étant depuis

fort longtemps introuvable  sous sa forme originale etc’  L’éditeur ne signale pas en

cette occasion le volume consacré à l’astrologie et appartenant à l’ensemble ayant

pour nom Grand Jeu de Société. Le volume qui parait en 1988 en est la « première partie »

comme indiqué au titre. Il s’agit de la seconde édition à la différence de l’édition

utilisée par Grimaud et qui ne diffère que par le « et » du titre.(cf supra).

Comme il arrive souvent,  certaines informations sont connues dans un certain

milieu et pas dans un autre. On observe que le Grand Jeu de Société fut repris au

XXe siècle mais  uniquement en son premier volume et que les spécialistes de

l’astrologie ignoraient l’existence du deuxiéme volume consacré tout entier  à ce

domaine.  Quatre ans après la parution de 1988, nous comblâmes cette lacune sans

pour autant procéder à sa réédition, ce qui aurait probablement évité de perpétuer

de fausses représentations quant à la ‘renaissance » de l’Astrologie « scientifique »

en France à la fin du XIXe siècle.

En 1998, Dicta Dimitriadis publia  Mademoiselle Lenormand. Voyante de Louis XVI

à Louis-Philippe (Ed L’Harmattan). On y cite Francis  Girault pour sa biographie.

Signalons l’article Lenormand (Marie-Anne) dans le Dictionnaire des Sciences

Occultes (1846), un des volumes de l’Encyclopédie théologique de l’Abbé Migne: elle

mourut le 25 juin 1843 et sa biographie – confiée à Francis Girault- parut peu après

chez Breteau et un associé. Deux ans  plus tard, le nom de Lenormand était

célébré en raison de  ce Grand Jeu de Société qui ne lui doit certainement pas grand

chose, ce qui rapproche son cas de celui des Centuries de Nostradamus.

La bibliographie de 1998 qualifie probablement à juste titre

d’apocryphe le Grand Jeu et Pratiques Secrétes  de 1845 (p. 251)

Bien entendu, nous n’entendons pas ici recenser toutes les éditions des jeux  mais

seulement les références au titre de la série de 1845.

Les années 1840  ou le  retour de l’astrologie dans le giron de l’astronomie

Les années 40 auront donc permis de faciliter l’accés aux outils astronomiques chez

ceux qui s’intéressaient à l’astrologie/ En cela, le Grand Jeu rompt avec la démarche

d’Etteilla qui avait renoncé à l’évidence à  l’éventualité d’un tel accès. Le paradoxe

veut que l’astrologie renouait ainsi avec l’astronomie – au sein d’un ensemble

singulièrement plus vaste et c’est probablement pour cette raison que le dit

volume ne fut pas recensé par les chercheurs et les historiens du XXe siècle. Le cas

d’Eustache Le Noble est assez comparable, son traité d’astrologie, l’Uranie ou les

Tableaux des Philosophe (1697) ne comportant pas le mot Astrologie et par la suite

ne paraissant qu’au sein des oeuvres complétes de l’auteur.

Cela dit,  l’astrologie exposée par l’auteur du dit volume – dont on ignore

précisément l’identité et qui était certainement doté d’une assez solide

formation scientifique – on peut même dire qu’il devait être coutumier d’une

certaine pratique astronomique,  met en oeuvre une astrologie « sidéraliste »

comme en témoigne le thème d’exemple qu’il  fournit avec un soleil en sagittaire

pour une naissance en janvier 1823.   Un autre cas datant de 1892 que nous avions

signalé est celui d’Henri Lizeray, auteur prolixe  (cf La vie  astrologique il  y a cent ans, p. 79) avec

son Horoscope des Poètes (BNF 9 R pièce 5288) et qui accorde une grande importance aux  étoiles fixes dans

son montage de thèmes.. On signalera entre autres  de Lizeray en 1879 « Les ères de la civilisation »

(Paris,  J. Baur, BNF 8 G pièce 123)

Lisons ce que Lizeray écrit de l’astrologie quelques années avant  Fomalhaut:

« *L’astrologie  a été condamnée par tous ceux qui ne lui ont pas consacré les deux ou

trois ans d’étude nécessaires pour la connaître (..) Science admirable (…) par la

précision de ses indications (..) Cet essai est spécialemebr consacré aux naissances

poétiques. Nous déterminerons les applications du sujet  d’après la constellation fr

Pégase en regard des principaux lieux de l’horoscope. Cette constellation  est

comprise entre le 323e  et le 2e degré (donc de fin verseau à début bélier). (Quant aux)

qualités que donnent les étoiles (…) celle-ci ne peuvent les communiquer sur la terre qu’à

l’aide des planétes placées en aspect »

Si l’on vérifie le mode de calcul de tous les thèmes – à des fins statistiques - ainsi réunis par Lizeray, en 1892,

on note que cela correspond aux coordonnées « tropicales » et non « sidérales ».

en ce qui concerne les planétes.(cf Gabriel. Les Grandes Ephémérides, Ed trédaniel  1990)

Les thème sont mieux calculés que celui qui servit d’exemple en 1845 (cf supra) mais

l’important était de familiariser le public avec l’usage des tables astronimiques et non

plus cabalistiques.

 

 

Le nostradamisme et le prophétisme  sous la Monarchie de Juillet

Girault en 1839  avait- on l’a dit,  fait paraitre  Le passé, le présent et l’avenir ou

prédictions, vérifications et  explications de quelques prophéties remarquables de

Michel Nostradamus . Bareste, en 1840, produit une biographie de  Nostradamus

fort érudit.  La vogue de Nostradamus devait profiter à l’astrologie

La prophétie d’Orval  est un des fleurons du prophétisme moderne et elle est à l’évidence

un  faux dont la publication est  habilement orchestrée et remonte au temps de la

Révolution. Elle est comparée  à celle d’Olivarius. On y emploie un langage

prédictif à base de « ‘lunes » qui conduit à un évenement majeur censé se

produire autour de 1840, et qui semble avoir préparé l’arrivée d’Henri V

(le comte de Chambord dont le père avait été assassiné en 1820), le prétendant légitimiste, contestant le pouvoir de Louis Philippe d’Orléans.  Le dit retour échouera comme on le sait. On est

là bien loin d’une astrologie articulée sur l’astronomie planétaire  comme cela avait été

le cas au début du XVe siècle pour un Pierre d’Ailly, mettant en avant la date de

1789.  Précisément, le cardinal astrologue allait servir  la cause de l’astrologie

par le biais de la Révolution de 1789 et il serait récupéré dans ce sens par

divers recueils de prophéties qui fleurissent tout au long du XIXe siècle et qui

eux entretiennent une certaine légende de l’Astrologie..

 

Les renaissances de l’Astrologie

L’astrologie aura connu plus d’une renaissance souvent sans lendemain. Mais on évitera

les appréciations se réduisant à la parution d’ouvrages dans le domaine de

l’astrologie. Il nous semble, notamment, qu’un éditeur ne va pas publier un livre

s’il n’y a pas un public plus ou moins averti. Tout indique à la lecture du corpus

de 1845, que les gens savent à Paris ce qu’est un thème de naissance calculé

selon les régles de l’astronomie, comme le montre le « prospectus » de souscription qui

signale la tenue de cours d’astrologie ainsi que  la délivrance de thèmes.  Il y a certes

une tradition d’astrologie « cabalistique » qui se poursuit sous le Second Empire, avec

Paul Christian. Le Mystère de l’Horoscope d’Ely Star  (chez Dentu) en 1888, encore

très proche de l’homme rouge des tuileries, dont il est probablement en partie une resucée

cotoiera au cours des années 1890 plusieurs traités qui renouent avec le référentiel

astronomique (Fomalhaut, Haatan, Selva, Choisnard etc, cf  sur ce point J. Sadoul,

L’Enigme du Zodiaque, op. cit). Mais cette cohabitation  aura certainement  débuté

un demi-siècle plus tôt au cours des années 1830. On ne peut imaginer en 1845,  deux

éditions du Grand Jeu de Société coup sur coup, la seconde étant moins couteuse à

l’achat, nous dit-on dans un contexte où seule une astrologie matinée de tarot

aurait eu droit de cité Mais rappelons qu’en 1865, le traité de 1845 est toujours au

catalogue de la librairie Breteau, qui n’a cessé  de se situer dans le quartier de l’Opéra.

. Cela peut sembler paradoxal puisque précisément le

volume ‘Astrologie ancienne et moderne » figure au sein d’un enseignement de

chiromancie et de cartomancie. Mais nous pensons que l’idée était justement de

souligner ce qui différenciait ces domaines bien plus que de perpétuer une sorte

de syncrétisme voulu par Etteilla (alias Alliette), soixante ans plus tôt. Soulignons

d’ailleurs, que pour l’historien de l’astrologie, ces différentes façons d’appliquer

l’astrologie permettent  à celle-ci de couvrir un public très large, tant proche

des traditions encore vivantes  que de la modernité en marche.

Ajoutons que l’influence française sur l’Angleterre aura été considérable à partir de la

fin du XVIIIe siècle notamment en ce qui concerne le Tarot. (cf  Helen Farley,  A Cultural

History of Tarot From Entertainment to Esotericism.  Ed. I. B. Tauris 2009, pp.  121  et seq). notamment par le biais d’Eliphas

Lévi.  On  relévera  l’usage de l’expression « Grand Jeu de Société » pour désigner la somme de 1845 qui marque une certaine ambiguité

de statut de ces divers savoirs; entre distraction  et  édification/

Il serait donc temps de réviser certaines représentations de la situation de l’Astrologie en France au XIXe siècle telles qu’on les trouve notamment dans les divers ouvrages d’Histoire de l’Astrologie que l’on trouve notamment en anglais (cf   Peter Whitfield,  Astrology.

A History,  The British Library,  2001, p/ 197)

Le cas de Charles Fourier

A sa mort (1837),  on publia les oeuvres complétes de   Fourier (  Paris : bureaux de « la Phalange »,
1841-1845,  6 vol. in-8°); certains développements y attestent  notamment de l’intérêt porté par le public

concernant les 4 tempéraments.  Fourier utilise le terme « horoscope » pour qualifier

l’entreprise qu’il estime nécessaire de détecter le plus tôt possible les facultés de chacun

et notamment des plus doués. Il cherche à en perfectionner le système, en l’affinant

par l’étude des « manies », ce qui, selon lui, permettrait, de constituer des catégories

comportant moins de membres. (cf Des horoscopes méthodiques ou du calcul des

échos de manies, in Théorie des quatre mouvements et des destinées générales. Le nouveau

monde amoureux. cf l’index « horoscopes » de l’édition établie par Simone Debout-

Oleskiewicza, , Paris  J. J.  Pauvert, 1967/ notons que Pauvert publia en cette même

année, les Astres et l’Histoire d’André Barbault))

 

.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

19. 11. 14

 

Publié dans ASTROLOGIE, divination, FEMMES, HISTOIRE | Pas de Commentaire »

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