Nostradamus et Shakespeare

Posté par nofim le 19 juillet 2014

La filiation burlesque  entre Nostradamus et Shakespeare

par  Jacques Halbronn

 

Ces derniers jours,  France Culture a consacré certains programmes à Shakespeare (Looking for Shakespeare) et certains propos

nous ont inspiré la thèse d’une filiation entre ces deux auteurs européens majeurs, quant à  la fortune de leurs oeuvres, à laquelle nous n’avions  pas songé jusques alors. Il apparait en effet que dans certaines pièces, (comme dans  Falstaff) la langue anglaise est singulièrement pervertie ou plutôt subvertie.

Or, n’est-ce pas le cas des quatrains des almanachs et des centuries , publiés sous le nom de Nostradamus, qui bouleversent

sans vegogne la prose d’origine de Michel de Nostredame?

Si l’on s’en tient à la chronologie,  l’idée d’une filiation n’offre rien d’inconcevable. Shakespeare naquit deux ans avant la mort de

Nostradamus/

D’une part, certains almanachs de Nostradamus

sont traduits de son vivant en anglais, accompgnés de leurs quatrains (vers 1559 notamment), d’autre part, les Centuries ont

certainement été lues en Angleterre dans leur original français, étant donné la parenté lexicale entre l’anglais et le français. (cf notre

DEA à   Lille III  en littérature anglaise sur la traduction anglaise du traité  astrologique d’Auger Ferrier)

Ce rapprochement permet d’ailleurs de mieux comprendre la fortune des Centuries dont la publication posthume, selon nous, doit se situer  à partir de  années 1585-1595 donc à une époque créative pour Shakespeare Hamlert esr  représenté entre 1598 et 1601

(. Le texte fut publié en 1601)/ donc  à l »époque où les Centuries atteignent leur expression terminale (cf R. Benazra, Répertoire

Chronologique Nostradamique, Ed Trédaniel 1990)

Il conviendrait en tout état de cause de s’interroger sur une telle mode ayant pu marquer divers auteurs.

On peut penser que le succés initial des Centuries n’aurait pas été à caractère prophétique si  ce n’est sous une forme satirique, burlesque

avant de  réintégrer avec le Janus Gallicus (1594) une

dimension  plus historique que prophétique/ Mais là

encore, on nous montre une Histoire de France réduite

à quelques quatrains étranges, comme une sorte de miroir

déformant.

Un autre point commun entre Nostradamus et  Shakespeare,

c’est évidemment les doutes sur la paternité de leurs

oeuvres respectives. Serge Hutin nous rappelle l’hypothèse

Francis Bacon à propos de la composition des pièces de

Shakespeare. Quant au véritable auteur des Centuries, nous

ne hasarderons pas ici  à faire des propositions. Il aura

utilisé le matériau constitué par des imprimés mais aussi

probablement des manuscrits de Nostradamus pour le

transmuter à un galimatias qui ne s’en prête pas moins

au commentaire ou qui s’y préte d’autant plus.

Ni l’existence de Michel de Nostredame

ni celle de William Shakespeare ne sont mises en dout, c’est

ce qu’on leur attribue qui fait probléme dans un cas

comme dans l’autre.

C’est ainsi que non seulement le texte se voit distordu mais

aussi l’identité de l’auteur est mise à mal.

En jouant sur les mots, l’on pourrait mettre comme

dénominateur commun le concept même

d’interprétation qui se préte aussi bien au rapport avec

les quatrains qu’avec les pièces de théatre.

Nous n’exclurons donc pas, pour notre part, l’idée que les

quatrains des almanachs  constituaient une sorte de

charade, d’amusement (entertainment), de loufoquerie.Et

le genre sera illustré largement dans le domaine des

almanachs sous toutes sortes de noms avant de donner lieu

à des centuries de quatrains, sorte de poésie burlesque,

bouffonne, ubuesque que l’on retrouve  notamment dans

le Falstaff de Shakespeare.

 

JHB

19 07 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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JHB

18  07 14

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L’homme rouge des tuileries et l’astrologie sous le Second Empire

Posté par nofim le 18 juillet 2014

 

 

L’astrologie au milieu du XIXe siècle en France au prisme de l’oeuvre de P. Christian.

par Jacques  Halbronn

 

Le  savoir astrologique, on l’a vu avec  Dariot comme avec  Etteilla peut  s’accomode des modes de « tirage » les plus divers.  Les astrologues qui se piquent d’histoire

de l’astrologie ont le défaut de juger les pratiques astrologiques succesive à l’aune de leurs

convictions personnelles. Peut-on ainsi déclarer que l’astrologie française était inexistante sous la Révolution ou sous le Second Empire et qu’elle serait réapparu à la fin

du XIXe  siècle?  Pour notre part, nous aurions tendance à dire « blanc bonnet et bonnet blanc » tant les diverses fomes d’astrologie qui se sont succédé nous semblent

faire problème.

Nous pouvons ainsi apprécier chez tel auteur dont les modes

de tirage ne recourent guère aux données astronomiques réelles, certaines

de ses formulations quant au savoir astrologique stricto sensu.  C’est ainsi que, dans l’Homme Rouge des Tuileries paru en 1863

P.. Christian(alias Pitois)  retient notre attention sur les aspects  (p;  103):

« Il y a 7 aspects ou rayonements des planétes sur le cercle astrologique  » à savoir la conjonction, le dodectile (ou semi-sextile), le sextile, la quadrature, le trigone, l’aspect

quinconce », l’opposition.  Toutefois, Christian a sauté

le paragraphe précisant son interprétation du quinconce mais

force est de constater qu’il fournit une liste compléte des

aspects, sans que l’on sache si cela est dû à

ses sources ou à son propre raisonnement.

En  effet,  avant toute appliction, il importe que les

dispositifs présentés  (systéme au repos dirait Robert Jaulin)

offrent une certaine cohérence  au niveau, dirons-nous,

visuel. Condition nécessaire sinon suffisante et rarement

remplie dans les traités astrologiques..

Nous pensons que le mode de tirage n’a pas grande

importance  pour les mancies  comme il importe que l’on

s’exprime dans une langue ou dans une autre.

C’est ainsi que le mode de calcul des maisons peut

énormément varier selon les auteurs. Ainsi l’on peut

remplacer l’ascendant ou horoscope lié à l’heure de

naissance par le signe solaire (maisons solaires) voire

par un systéme de correspondance entre figures

géomantiques et signes zodiacaux ( voire de lames de

tarot) sans parler du processus de domification (Campanus,

Regiomontanus,  Placidus, Koch,  maisons égales etc)

En 1870, le même Christian  publie une Histoire de la Magie  (rééditée en 1986 par

Artefact (lié à Henry Veyrier) , où nous mêmes nous avons publié, la même année, une réédition de l’Histoire de

l’Astrologie de Serge Hutin)/ On y trouve un  »Livre » (VI)  intitulé  Théorie Générale de l’Horoscope et un autre (VII)  »Clefs générales de l’Astrologie » qui reprend en partie les exposés de l’Homme Rouge des Tuileries, paru 7 ans plus tôt. Même mélange de tradition

« orthodoxe » (cf Etteilla) quant aux dispositifs théoriques et de pratique  non astronomique « cabalistique ». Cela dit;  nous pensons qu’un tel

mélange est constitutif de l’astrologie originelle que l’on dit, bien à tort, intimement liée à l’astronomie alors qu’une telle vision est le

fait d’un réformise tardif. (Tétrbible, IIe siècle de  notre ère).

Tout ce qui concerne les rapports planétes-signes se retrouve à l’instar des exposés de la Tétrabible.(cf pp. 308 et seq de l’éd. 1986)

On peut dire que les éléves de Christian  étaient ainsi rodées à un mode d’interprétation du thème fort proche de celles qui se pratiquera par la suite, si l’on fait abstraction des moyens utilisés pour élaborer le dit thème et en ce sens,  c’est la même gymnastique qui est requise quelle que soit la façon dont on dresse le thème et c’est d’ailleurs cela qui fonde l’unité des pratiques astrologiques d’interprétation par delà des différences de calcul que l’on peut considérer comme aléatoires au regard des enjeux divinatoires fondés sur l’idée de support qui ne serait pas une fin en soi mais un moyen d’accéder à une certaine appréhension du monde. On comprend que les traités  astrologiques

du XVIIe siècle (comme celui de Rantzau) aient pu être recyclés pour les deux siècles suivants même si certaines terminologies peuvent

dépayser. . Le fait de se servir du nom de la personne plutôt que des astralités de sa naissance ne s’avère pas, au bout du compte,

déterminant et n’autorise pas à parler d’une éclipse de l’astrologie dans la France entre  le Premier et le Second Empires/

En tout cas, Christian  nous donne une interprétation  « astrologique » de la vie de Napoléon Ier qui est balisée selon un certain

systéme planétaire, certes fictif mais qui a le mérite de la simplicité et de la clarté (on pense aux dasas de l’astrologie hindoue) et qui n’a rien à envier aux explications alambiquées de l’astrologie actuelle, comme l’avait bien compris un Robert Amadou. Dans l’Homme Rouge, Christian avait étudié le thème de Napoléon III.

Dans le Livre VII de son Histoire de la Magie- dans laquelle l’astrologie se trouve ainsi comprise-, l’auteur mentionne Julius Firmicus

Maternus, les commentaires de Junctin de Florence et la « Doctrine apotélésmatique » de Ptolémée de Péluse. (la Tétrabible), ce qui

illustre bien  que des pratiques de « tirage » différentes peuvent puiser au sein d’une même littérature. Peut-on même parler de

solution de continuité?

Les Mystères de l’Horoscope d’Ely Star (reprise d’un intitulé figurant dans l’Homme Rouge des Tuileries parus en 1888 (Dentu)

sont marqués par la même astrologie que celle de Christian mais  différent-ils réelleement sur le fonds du Manuel d’astrologie

sphérique et judiciaire de Fomalhaut, publié 9 ans plus tard  lequel nous fait passer dans une astrologie plus « moderne » (mentionnons

aussi dès 1895 le traité d’Abel Haatan)  au regard de nos critères du XXe siècle?

Ce que l’on peut dire, en revanche, c’est qu’un tel ressourcement astronomique va  permettre à l’astrologie de

sortir de son ghetto occultiste mais n’est-ce pas là plus qu’une apparence, qu’une façade, qu’un gage? On pourrait en effet

percevoir derrière un tel masque  la pérennité d’une astromancie axée sur les maisons astrologiques et les connexions(par les

maîtrises) entre celles-ci. Paradoxalement, l’astrologie du XXe siècle sera marquée par un rapport très fort au symbolisme, par le biais

du Zodiaque et de la Mythologie qui ne correspond pas selon nous à l’esprit de l’astrologie comme nous l’avons expliqué ailleurs.

L’astrologie des maisons astrologiques très marquante au XIXs sièce – quel que soit le mode de calcul des maisons et donc de

l’horoscope- était un outil relativement performant avec un classement des activités humaines relativement clair. L’astrologie du XXe siècle nous apparait comparativement des plus baroques.

 

 

 

 

JHB

18 07 14

 

 

 

 

 

 

 

manuscrit de Maître  Guyon

 

Influence Etteilla

 

degrés monomères

 

L’oeuvre que je publie

 

Auger Ferrier   Jean(sic)  Morin

 

les observations kabbaistiques des  50  siècles  in prospectusw

 

 

17 07 14

Publié dans ASTROLOGIE, divination | Pas de Commentaire »

Autour de la géomancie astronomique de Girard de Crémone

Posté par nofim le 17 juillet 2014

La Clef de la Géomance de Girard de Cremone par Luc Antoine Salerne.

par jacques Halbronn

En 1661 , l’année de la parution posthume de l’Astrologia

Gallica de Jean-Baptiste Morin (dit de Villefranche), parait

une traduction  de la Géomancie  Astronomique de Girard (sic)

de Crémone pour  scavoir les choses passées, les présentes et

les futures.  Chez  le sieur de Salerne (Luc Antoine  Salerne), admirateur du Comte

de Pagan, une des figures de proue de l’astrologie française du

siècle, lequel  Salterne   est aussi le  traducteur

de ce texte médiéval (en fait de Gerard  de Sabionettta)  et qui y ajoute une « Clef pour

faire  les Figures et en juger facilement, qui servira aussi

pour avoir une parfaite intelligence des Horoscopes, avec

deux alphabets de Nomancie, aussi pour deviner toutes

choses »". D’autres éditions suivront en 1669 (BNF  V 21848) , toujours chez Salerne  et en 1687 ( cette fois chez

Laurent  d’Houry, BNF V 21818) L’éditoion de 1669 comporte une Epitre à Gaspard Marie Crollalanza, de l’ordre des  Théatins

(datée de Mai 1669)  absente de l’édition de 1661 (frontispice reproduit en fac simile dans la réédition de 1946)

Nous poursuivons notre panorama des ouvrages réédités

au cours du XXe siècles et parus au cours des siècles

précédents. Cet ouvrage est le premier que Volguine publia,

dès 1946 dans une collection qui allait connaitre un certain

succés « Les maîtres de l’occultisme » et dont nous avons déjà

évoqué l’existence à propos du traité des jugements des

thèmes généthliaques de Rantzau qui paraitrait

l’année suivante et qui était paru en français en 1657, à

Paris.   Interessante cohabitation qui annonce le traité d’

Etteilla de 1785 déjà abordé.(L’Astrologie du Livre de Toth

Ed Trédaniel 1993)

Le lecteur peu averti ne peut qu’être   interpellé par le recours à une

terminologie astrologique dans un traité de géomancie.

D’entrée de jeu l’auteur du traité  déclare « L’Astronomie est

une science  trop longue et trop difficile pour pouvoir en tirer

un jugement convenable. Les yeux de l’entendement ont de

la peine d’en  regarder  seulement une partie  et peu de

personnes sont  aujourd’hui  capables d’en faire de vraies

prédictions. Nous avons composé cet ouvrage et lui avons donné

le nom de Géomancie Astronomiquee pour enseigner  avec

moins de travail et de peine la manière de bien juger car, dans

cette science, il n’est pas nécessaire d’observer’ l’Ascendant  ni

l’heure de naissance  comme il se pratique dans l’Astrologie »

Il es proposé de faire un tirage géomantique qui fixe

l’Ascendant et par là les douze  maisons de l’horoscopen dès lors

qu’à une figure géomantique correspond analogiquement un

signe du zodiaque. On retrouve ce principe dans les maisons

solaires, calculées d’après la position du soleil, mois par mois, ce qui .

qui évite de devoir déterminer l’Ascendant et donc de se

priver du dispositif des maisons astrologiques. De la même

façon, l’on situera les planétes dans les maisons par le biais

d’un tirage géomantique, sans aucun respect d’une quelconque

vraisemblance astronomique.(question des élongations de

Mercure et de Vénus). On ne renonce donc pas à l’Ascendant

mais on le calcule autrement, ce qui revient d’une certaine

façon à une forme d’astrologie « horaire » que rejetait le dit

Morin et que pronait en revanche outre Manche un William

Lilly (Christian Astrology, cf notre postface à l’édition du

traité de Claude Dariot, Ed Pardés 1990)  Pour actionner

le systéme en question, on doit notamment recourir aux

Dignités planétaires car il y est questiion du « Seigneur »

de telle maison  dans telle maison – ce qui recoupe

la technique des « maîtrises » encore en usage  chez une

grande partie des astrologues français actuels (comme

Didier Geslain, voir sur You Tube) L’intérêt de cette

technique est de relier les maisons entre elles et donc

d’asseoir le propos divinatoire.

En  réalité l’essentiel du volume est constitué par l’apport du

tradducteur. Examinons le récapitulatif  du savoir/jeu  astrologique

figurant dans sa  Clef   de la géomancie par Salerne qui fait suite.. On relève que- la queue et lâ tête du Dragon sont

ajoutées au Septénaire.  En ce qui concrne les noms des

signes du zodiaque à la fin du XVIIe siècle, on notera

que le Bélier est souvent désigné comme Mouton, les

Gemeaux comme Bessons, le Cancer comme l’Ecrviesse

le Sagittaire comme l’Archer.

Par ailleurs, les domiciles des planétes -diurne et

nocturne- sont appelés « maisons ». L’exil (à l’opposé

du domicile) se nomme « détriment ». Le trône,

contrairement à la pratiqu actuelle, n’est pas synonyme

de domicile mais désigne le domicile le plus favorable

le taureau pour Vénus,  la vierge pour Mercure (bien

qu’aussi son signe d’exaltation),  le verseau pour Saturne, le

Sagittaire pour Jupiter et le scorpion pour Mars. Les joies

sont également rappelées:  Soleil en maison IX, Lune en

maison III,   Vénus en V,  Mercure en I,  Jupiter en XI,

Saturne en XII et Mars en VI.  Les Quatre Eléments sont

Signalés en rapport avec les « triplicités » tout comme les

signes masculins et féminins. On nous indique aussi

l »Amitié et inimitié des planétes entre elles »

Il nous apparait, en tant qu’historien et ethnologue des

pratiques astrologiques que le « thème » est avant tout

constitué de la relation entre maisons et planétes et que

les signes ne servent ici que d’articulation entre maisons.

En effet, dire que telle maison est liée à telle autre tient

au fait que la planéte qui domine le signe où se trouve la

« pointe » (cuspide) de la dite maison (ou lieu)se trouve dans telle

autre. En fait, on peut même dire que seule importe la

connexion entre les douze maisons du thème et non la

nature de la planéte ou du signe, si ce n’est en raison du

lien entre signes et planétes.

Autrement dit, les rapports planétes-signes ne sont

qu’un processus de mise en rapport des maisons

astrologiques entre elles. Même dans le cas de l’Ascendant,

le signe n’est pas interprété mais on regarde quelle est

la planéte qui est « seigneur » du dit signe.

Une telle façon de procéder se retrouve étrangement

dans l’utilisation des Quatre Eléments en Astrologie, où

l’on comptabilise le nombre de planétes non pas dans

chaqu signe mais dans chaque triplicité, la nature des

planétes étant indifférente.

On serait donc  face  à une astrologie des Eléments et des

Maisons bien plus que face à une Astrologie des Planétes

et des signes.

17  07. 14

 

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Etteilla et sa compilation astrologique de 1785

Posté par nofim le 14 juillet 2014

Une  présentation  française de l’astrologie traditionnelle

à la fin du XVIIIe siècle

par Jacques  Halbronn

 

Quelle image de l’astrologie donnait -on à la veille de la

Révolution Française, au lendemaine de la découverte

d’une nouvelle planéte qui prendrait le nom d’Uranus

(1781) ? Nous revenons sur notre présentation

parue en  1993 (Trédaniel) parue sous le titre ‘L’Astrologie

du Livre de Toth ».  L’ouvrage daté de 1785dont il est ici

question est l’oeuvre d’un célébre occultiste, Alliette alias Etteila.

On l’a dit à propos de Dariot, et de son  Introduction au

Jugement des Astres (1558), il importe de distinguer entre

le contenu théorique et le mode de « tirage » qui permet

d’exploiter et d’appliquer le dit « savoir ».  C’est un peu

comme une langue ou famille de langues

qui peut s’écrire selon divers alphabets

(cf les langues slaves , partagées entre alphabet latin

(polonais, tchèque etc) et alphabet cyrillique

(serbe, bulgare, russe) en raison de clivages d’ordre

religieux (catholicisme, culte orthodoxe)

Etteilla recourt à toute une bibliothèque occultiste pour

produire une sorte d’encyclopédie astrologique Il fait appel

(cf p.153  et seq) à Eustache Lenoble (Uranie, Tableaux des

Philosophes) , cité  par Pierre Bayle, et dont nous avons été le

premier à signaler  l’importance à une date aussi tardive

que la charnière du XVIIe et du XVIIIe siècles. (cf l »étude

de Patrice Guinard dans la revue Astralis). Etteilla

met aussi (cf pp 180  et seq) à contribution le Traité

du Danois H. Rantzau qui fait d’ailleurs partie des auteurs

réédités au XXe siècle (Ed des Cahiers Astrologiques)

et sur lequel nous reviendrons, dont l’édition française

date de 1657 et est contemporaine des ouvrages de

Nicolas Bourdin et de Jean-Baptiste Morin (dit de

Villefranche). Il est aussi fait mention de Luc Gauric,

contemporain italien de Nostradamus (‘pp. 107  et seq)

A la fin du XVIIIe siècle, certes, on ne sait plu ou on ne

cherche plus

à consulter des éphémérides astronomiques mais est-ce à

dire pour autant que l’astrologie n’est plus « enseignée », du

moins par la voie du livre?  Ce qui est certain, c’est

qu’Etteilla a le sentiment de générer une renaissance

de l’astrologie, ce qui laisse entendre que dans les

décennies qui ont précédé,  celle-ci était quelque peu

tombée en désuétude.(cf notre étude accompagnant

la réédition en fac simile de 1993, « Recherches sur

l’Histoire de l’Astrologie et du Tarot, cf aussi La Vie

astrologique il  y a cent ans, Trédaniel, 1992 avec P.

Curry  et N. Campion)

Etteilla situe l’importance du projet:

- »Mettre les sentimens des Philosophes  (sic) Astrologues

à la portée de tout le monde »

‘Voilà dira-t-on, l’Astrologie qui veutr reparaître »

« Etes-vous bien certain que l’Astrologie a quitté  notre

noble Contrée (…) depuis qu’elle a été calomniée? »

-L’astrologie est une science toute humaine »

Précisons que le public de lecteurs auxquels Etteilla

s’adresse est certainement en grande partie féminin et

que tout au long du XVIIIe siècle,  des formes simplifiées

d’astrologie auront eu la cote,  comme la géomancie.

Etteilla est un des premiers à utiliser la formule « thème natal »

à la place de « figure » ou « nativité (cf une

représentation d’un   »thème »dressé pour le 9 avril  1782, p. 38)

« Il faut dresser ce que nous nommons un thème en

Astrologie , c’est à dire  établir douze maisons ». Etteilla

ici se situe dans une astrologie « horaire » et se référe à

« horizon  dans lequel la question est faite »

En fait on retrouve l’expression dans le traité latin (début XVIIe)  du Danois

H. Rantzau dont la traduction française, (Paris, P. Ménard) comporte

en son titre Traité des jugements des thèmes génétliaques. (Réédition partielle  1947, Nice

Ed des Cahiers Astrologiques, Présentation Hiéroz)

On est à l’époque de Mademoiselle Lenormand

et bientôt plusieurs auteurs masculins adopteront des

pseudonymes  féminins pour s’inscrire dans ce créneau divinatoire.

Un siècle plus tard, fin XIXe siècle, une nouvelle « renaissance »  astrologique

sera annoncée laquelle sera notamment marquée, cette fois,

par une volonté de se démarquer de certaines alliances avec

d’autres domaines. L’astrologie voudra alors faire

cavalier seul pour tenter de conquérir d’autres publics avec

des bonheurs divers.

 

 

 

JHB

14  07  14

 

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Retour sur le traité astrologique de Claude Dariot

Posté par nofim le 14 juillet 2014

L’astrologie à la portée de tous de Claude Dariot

par  Jacques Halbronn

 

Nous avons récemment  consacré (cf Revue Française d’Histoire

du Livre 2013  un dossier à son oeuvre paracelsiste et

alchimique) et voudrions revenir ici sur Dariot astrologue

de confession protestante, contemporain de Nostradamus,

et médecin comme lui, auquel nous avions consacré une étude

(Ed Pardés début 1990, avec  Denis Labouré, qui a édité

par ailleurs un reprint de la traduction française de la

Tétrabible (1640 par Nicolas Bourdin)  dans le cadre de la relecture

d’un certain nombre d’ouvrages astrologiques ayant

fait l »objet d’éditions en langue française au cours du XXe

sièce et ayant été produits entre le Ier siècle et le  XVIIe

siècle. Nous aborderons ultérieurement les traités de

Nicolas Bourdin et d’Eustache Lenoble.

Dariot se caractérise par un grand souci pédagogique et

entend vulgariser l’astrologie par une méthode progressive

en recourant à une série de tableaux et illustrations..

On lit ainsi dans son « manuel pratique » des formules

comme « Une fois apprises et bien comprises

les premières significations  des maisons’ » ou « Comment

par les tables  mises aux  éphémérides   l’on pourra ériger

les douze maisons célestes à l’heure du jour  qu’on voudra’ »

ou encore « La figure étant dressée , il faut y placer toutes

les planères  avec la Queue et la Tête du Dragon. Ce qui

se fera comme suit’.Notons que la géomancie, qui est

une forme d’astrologie horaire, use des noeuds de la Lune.

Mais il s’agit au bout du compte d’un traité d’astrologie

horaire (ou encore des interrogations,  questionnaire)

qui n’exige pas la connaissance de l’heure de

naissance.  Dariot se référe en ce sens  au Centiloque (attribué à

Ptolémée , ce que contestera au siècle suivant un Morin

de Villefranche) D’où l’importance qu’il y a en astrologie à

distinguer l’exposé théorique et le mode d’application

pratique. Nous verrons qu’il en sera ainsi avec Etteilla

quand sa reprise un siècle plus tard de traités du XVIIe

siècle ’(Rantzau, Eustache Lenoble )

débouchera sur des procédés recourant au tarot.(1788)

Quel est le savoir  transmis et véhiculé par Dariot et qu’est

ce qu cela nous enseigne sur  l’évolution du dit savoir ? Dariot

classe les signes selon ls 4 Eléments mais rappelons

que ce n’est le cas ni de Manilius, ni de Ptolémée. On trouve

dans son traité  -Introduction au jugement des astres- la

question des noeuds de la Lune. On y apprend que

leur exaltatation se situe sur l’axe Gémeaux-Sagittaire, soit

deux signes n’ayant pas d’exaltation de planéte.

Dariot  inclut la  conjonction parmi les aspects aux côtés

de l’opposition, du carré, du trigone, du sextile.

. Il cite nommément  Firmicus Maternus qui ne semble pas

avoir considéré la conjonction comme un aspect, le mot

aspect -rendu aussi par « regard »- ne pouvant en principe

s’appliquer à deux astres qui sont l’un sur l’autre.. Il y a donc

5 aspects pour Dariot. Deux bons (amitié), deux mauvais

(inimitié) et la conjonction qui est « douteuse ».

On n’y trouve pas le quinconce dont nous avons montré

ailleurs l’importance structurelle…L’opposition est

« mauvaise » alors qu’elle relie  pourtant deux signes de même

sexe comme le sextile et le trigone.

Passons au chapitre sur les « douze maisons célestes » :

Dariot utilise le terme ‘maison’ dans deux acceptions

bien différentes,  soit pour désigner les domiciles ou

« maisons » des planétes soit pour désigner ce qu’on appelle

généralement les « maisons astrologiques ».

La maison II est une des moins bien comprises par

l’astrologie contemporaine  : « La seconde est la maison

de la substance, des richesses  et des ministres  (sic). C’est

pourquoi elle a été appelée Espérance’ et un peu plus loin,

Dariot  compléte : « la seconde  donne toujours  jugement de

la substance  de la précédente ». (maison I  la vie)

On notera que dans un systéme à 8 maisons (tel qu’exposé

dans la Mathesis de Firmicus Maternus), il y a une certaine

logique à ce que la maison VIII de la Mort précéde la maison I

dite de la Vie (cela donne un ouroboros). Or, à  partir du

moment où l’on élargit à douzemaisons, il  eût été cohérent

que la Mort fût associée à la maison XII et non plus

à la maison VIII.  Dariot est passé à douze maisons mais

on voit bien qu’il y a solution de continuité avec l’octotopos.

On note que chez Dariot, c »‘est la maison IV qui est celle des

héritages et non la maison VIII comme on lit de nos jours.

Maison IV qui est justement celle des pères  (sic pour parents).

Il semble que si la maison IX correspond à la religion, c’est

parce qu’elle portait le nom de « Dieu » face à la maison III

(déesse, intitulé dont se sert Dariot). De là toutes les

associations ultérieures  de la maison IX avec la spiritualité, ce

qui n’a rien à voir avec le Sagittaire, neuviéme signe!.

On ne saurait ainsi opposer maison II et maison VIII

car les 8 premières maisons forment un tout. Au delà de la 8e

maison, on opposera la IX et la Xe maison,  pouvoir

spirituel et pouvoir temporel et de façon assez

évidente la XI, maison des amis et la XII celle des ennemis.

Les « joies » des planétes – dispositif qui précise les rapports

planétes-maisons-  sous tendent le profil des maisons: les

maisons bénéfiques  V et XI  sont liées à Vénus et Jupiter,

qui sont des « fortunes » (petite et grande) tandis que les

maisons maléfiques  VI et XII sont liées à Mars et Saturne,

qui sont des « infortunes » (petite et grande)

On note que l’expression « thème natal » n’est pas en usage

en France aux XVIe -XVIIe siècles alors qu’elle est attestée

en  1785, in Manière de se récréer avec le  jeu de cartes

nommées  Tarots pour servir de quatriesme cahier  à cet

ouvragen p. 165, reprint  L’astrologie du Livre de Toth,

Trédaniel  1993). On parle aussi du « thème géomantique »

(ou écu) qui pourrait être à l’origine de l’expression bien

que d’aucuns soutiennent l’inverse.

On notera que l’astrologie moderne a évacué les

« triplicités »,  les « termes » ou « fins des planétes » et les « faces »

(décans) des signes qui font partie des « dignités essentielles ».

Elles sont « au nombre de cinq (…) nous les présenterons

tour à tour ». Cinq dignités donc et cinq aspects (cf supra)/

En ce qui concerne les triplicités, certes, l’astrologie

moderne a conservé les Eléments mais non les

correspondances planétaires. « La première triplicité

qui s’apppelle de feu  est régie  et gouvernée de jour par

le Soleil, de nuit par Jupiter  et tant de jour que de nuit

par Saturne. Pour cette raison, ce dernier est appelé

commun dénominateur de ces triplicité » etc. Le mode

de valorisation des planétes aura donc singulièrement

évolué/

Le manuel est accompagné  d’un « Traité des élections

propres pour le commencement des choses ». Dariot,

cette fois, se référé aux données de naissance : »  Avant

d’aller plus loin, je dirai qu’il ne faut pas faire d’élection

pour celui dont la nativité (ou l’heure de  l’Ascendant  de

la question) est inconnue. Car on  pourrait élire un

Ascendant contraire  à celui de la Nativité [ équivalent

de figure] » Mais on note que Dariot propose aussi

l’Ascendant de la question faute de connaitre l’Ascendant natal.

Rappelons que c’est nous qui avons signalé le premier

que l’ouvrage de Dariot, en dépit d’un titre assez vague,

comportait un exposé substantiel d’astrolgie horaire. (cf

notre postface)

JHB

14     07  14

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L’enseignement de Manilius poéte et astrologue latin

Posté par nofim le 9 juillet 2014

 

L’astrologie non planétaire de Manilius

En hommage à René Alleau

par Jacques Halbronn

 

 

René Alleau a fait paraitre dans la collection

Bibliotheca Hermetica, au cours des années 70 du siècle

dernier, 4 textes importants de la littérature astrologique.

En 1970 le Manilius avec une présentation par lui-même

(traduction française d’Alexandre Pingré), puis

en 1974 la Tétrabible de Ptolémée avec une présentation

de Sylvain Matton puis en 1975 et 1977 deux ouvrages dont

nous avons eu la charge, respectivement un Morin de

Villefranche (au sujet notamment de Ptolémée)

et un Abraham Ibn Ezra (assez fortement influencé par

la Tétrabible) . Nous avons décidé

de revenir sur ces 4 ouvrages rédigés en 4 langues

différentes (grec, latin, français et hébreu) – pour la

Tétrabible, nous nous sommes limités pour l’heure

au Premier Livre- et nous terminons notre

approche par la poésie scientifique latine de Manilius

- le poème est adressé à l’empereur romain Auguste-

qui est le plus ancien des 4 et qui précède d’un siècle le Ptolémée.

Manilius commence par présenter son idée de la genèse

du savoir astrologique qui correspond assez bien au discours

tenu actuellement par les astrologues/ L’astrologie serait née des

observations et des corrélations. Pour notre part, nous

pensons que l’astrologie (logos) est une loi articulée sur les astres

et non une loi des astres.(nomos).

Le Livre I est un exposé qui combine allégrement astronomie et astrologie et

s’intéresse aux constellations non zodiacales.. Au Livre II,

Manilius aborde certains dispositifs proprement

astrologique: « six sont masculins, les six autres d’un sexe

différent » Mais il ajoute  » Le premier de ceux-ci est le

taureau ». Or, au Livre I, Manilius avait ainsi décrit la

succession des signes : »Après lui, le verseau vide son

urne inclinée, et les poissons reçoivent avec avidité

l’eau qui en découle ; c’est leur élément naturel : suivis

du Bélier, ils sont les derniers signes célestes »

Cela recoupe nos travaux concernant le fait que le bélier n’est

pas le premier mais le dernier signe du Zodiaque, ce qui

fait bien du taureau le premier signe, du moins dans le

système concerné et recoupe la tradition de l’Inde. Cela est

attesté selon nous par le dispositifs des exaltations.

Mais le texte de Manilius n’est pas homogène car à un autre moment

on lit que le Bélier « commence le printemps. » Mais ailleurs

on peut lire « l’hiver commence au sagittaire , le printemps

aux poissons »!

On note aussi toute l’importance accordée à l’alternance de signes

masculins et féminins mais si le Taureau est le premier signe,

ce sont les Gémeaux qui sont un signe féminin. En effet,

la symbolique de ce signe est analogue à celle de Vénus et

de ses « enfants » (Planetenkinder). Elle correspond au niveau

des mois de l’année au « temps des amours » au mois de Mai

d’où l’iconographie représentant souvent un couple

enlacé.

Manilius atteste de sa connaissance des triplicités mais

sans aucune mention des Quatre Eléments, également

absents de la Tétrabible pour qualifier les douze signes.

Un point important qui doit retenir toute notre attention

concerne ce que Manilius dit des aspects d’autant que

Ptolémée n’est pas clair sur ce point (alors qu’il lui est

postérieur) :

« Les degrés (…) sont au nombre de 360 : le tiers de ce

nombre doit former le côté du trigone (…)Or vous ne

trouverez pas cette somme si vous vous contentez de

compter depuis un signe jusqu’à l’autre au lieu de

compter depuis tel degré du premier signe jusqu’à

pareil degré du second (..) si vous comptez depuis

le commencement du premier signe jusqu’à la fin du

cinquième [par ex. du bélier au lion], la somme s’étendra

jusqu »à 150° (…) On se tromperait également en suivant

le même procédé par rapport aux signes tétragones » ( soit des

carrés)  » Idem pour l’hexagone, c’est à dire le sextile qui

sont axés sur le sexe : « Ils ont entre eux de affinités

fondées sur la ressemblance du sexe ». En revanche, selon

Manilius, « ‘les signes qui se touchent ne peuvent former entre

eux aucune liaison ; l’amitié ne peut être entre ceux qui

ne se voient point (…) Les astres voisins sont d’ailleurs

constamment de signes différents » Mais cela vaut aussi

pour le carré. Manilius à la différence de Ptolémée ne voit

pas l’opposition comme un aspect difficile: « de la ressemblance

de sexe nait une bonne intelligence réciproque (…) les signes

opposés sont tous les deux de même sexe’ Mais ajoute

Manilius  » cette ressemblance de nature a moins d’énergie

que l’opposition des saisons (…) Il n’est point étonnant que

de tels signes ne puissent s’accorder entre eux ». Cela vaut

pour les signes solsticiaux . Mais les signes équinoxiaux

(bélier et balance) s’entendront entre eux car « les deux

saisons se ressemblent’

Passons à un texte fort connu de Manilius consacré aux

Maîtres des signes. ‘Notre soin principal doit être de rechercher

quels sont les dieux  qui président à chaque signe »/ On aura noté : Manilius ne parle

pas ici des planètes mais des dieux, ce qui nous conduit à penser que Ptolémée est

un réformateur de l’astrologie qu’il aura voulu relier fortement à l’astronomie.

« Pallas protège le Bélier, la déesse de Cythère (Vénus) le taureau, Apollon  (il ne dit pas le Soleil) les aimables Gémeaux/ Vous présidez Mercure à l’écrevisse (cancer) et vous Jupiter vous vous unissez à la mère des dieux pour gouverner le lion/  La Vierge avec son épi appartient de droit à Cérès et la balance à Vulcain qui l’a forgée. Le Scorpion belliqueux s’attache à Mars ; Diane (il ne dit pas la Lune !) protégé le chasseur, moitié homme, moitié cheval (le centaure/sagittaire) Le capricorne  rétréci (sic) est attribué à    Vesta. Le Verseau ; astre de Junon est opposé  à celui de Jupiter ; Neptune revendique au  ciel les  Poissons comme  originaires de son empire »

On est donc fort loin  du dispositif figurant dans la Tétrabible et qui se limite aux sept « planètes » et où les noms d’Apollon et de Diane sont remplacés par les dénominations astronomiques (Soleil et Lune), ce qui produit un ensemble hétérogène, astronomico-mythologico-astrologique qui caractérise bien l’astrologie actuelle et son syncrétisme.  La disposition des dieux n’a d’ailleurs rien à voir chez les deux auteurs. On note qu’il y a égalité entre le nombre de dieux et de déesses chez Manilius alors que seules Vénus et la Lune sont des déesses  dans le dispositif de la Tétrabible.

Si l’on examine le dispositif de Manilius, la Lune en Sagittaire s’oppose au Soleil en Gémeaux

Vénus en taureau s’oppose à Mars en scorpion. Jupiter en lion fait pendant à son épouse Junon en verseau.  Mais il ne s’agit là que de divinités et non de planètes sauf pour les luminaires lesquels en fait sont désignés par leurs appellation mythologique et non astronomique, à la différence de ce que fait Ptolémée.

On note l’absence de Pluton mais aussi de Saturne.  On ne saisit pas bien le sens de l’opposition Neptune-Cérès ni ce qui fait couple entre Pallas et  Vulcain,  entre Mercure et Vesta  si ce n’est que chaque fois on a un dieu et une déesse, ce qui nous semble de fait un point  essentiel qui n’est pas respecté dans le dispositif de la Tétrabible où certes l’on retrouve Mars-Vénus alors que Mercure s’oppose à Jupiter, soit deux dieux. L’absence de Saturne retient notre attention car il est

possible que le dispositif de Manilius soit activé par le passage de Saturne, justement, à travers les 12 signes. On notera que les astrologues modernes sont allés dans le sens de Manilius en ce qui concerne Cérès attribué souvent  à la Vierge et Neptune généralement lié aux poissons.

Autre page célébré, celle de l’Homme Zodiaque. Et cette fois Manilius place le bélier à la tête « en tant que chef des signes » jusqu’aux poissons  qui « exercent leur juridiction sur les pieds »

Manilius note une certaine incompatibilité entre  trigones réunissant pourtant des signes de même sexe mais opposés/ Il déclare qu’il y a « de l’affinité  entre les signes d’un tétragone (carré) » En cela

Manilius diffère de Ptolémée qui voit dans le carré un aspect conflictuel du fait de la différence des sexes des deux signes concernés.  L’auteur voit plus le conflit dans les signes opposés  mais pas , on l’ a vu, dans le cas du bélier et de la balance, deux signes équinoxiaux.

Sur le terme dodécatomérie,  Ptolémée pense que cela concerne un signe, un douzième du cercle alors que Manilius pense que c’est un douzième de signe, soit deux degrés et demi.

Sur les maisons, Manilius déclare « La nature de la maison est plus forte que celle du signe » Il nous semble que Manilius – qui ne numérote pas les maisons- les situe à l’inverse de la pratique actuelle, c’est-à-dire  en commençant par les maisons au-dessus de l’horizon.   Pingré a donc tort de donner en note les numéros habituels des maisons.

Manilius expose ici un  système qui  associe les planètes aux maisons (« joies » cf. notre étude sur ce sujet) On retrouve l’opposition Soleil-Lune,  avec comme noms Dieu et Déesse pour les maisons correspondantes.

Passons au Livre III  des Astrologiques.

Etrangement,  Manilius semble distinguer entre les 12 maisons et les 12 « sorts ».  On a là deux dispositifs qu’il tente de différencier.  Que recouvrent les « sorts » ?

« Tous les travaux, toutes les professions, tous les arts , tous les événements qui

peuvent remplir la vie des hommes, la nature les a rassemblés et les a divisés en autant de classes qu’elle avait placé de signes au ciel »

Dans  le Livre IV, Manilius  revient sur les dieux attribués à chaque signe et en fait propose carrément une caractérologie zodiacale dont on peut penser qu’elle concerne plutôt l’ascendant que la position du Soleil : « Je vais d’abord détailler  par ordre les mœurs, les affections, les inclinations, les professions vers lesquelles nous sommes entrainés par les signes célestes. Il part carrément de la symbolique du signe.  « Le bélier dont la riche toison  produit des laines si utiles espère toujours la renouveler lorsqu’elle lui est enlevée’ Suit tout un discours sur le déroulement de la vie du signe et de même pour les 11 autres signes. Et Manilius de conclure sa galerie de portraits (qui n’a guère à envier aux

Caractères de La Bruyère)  « Telles sont les mœurs, telles sont les occupations que les douze signes

Inspirent  à l’homme naissant » Mais il ajoute que chaque signe se divise en décans – division reprise dans les horoscopes de presse à leurs débuts. Il y a 36 décans.

Manilius signale des degrés critiques pour chaque signe. Plus loin, il note le signe qui se lève à la

Naissance, donc l’Ascendant  « Ceux dont la naissance concourt avec le lever des premières étoiles du Taureau sont mous et efféminés (…) Quand la noire écrevisse commence à s’élever » (…) Lorsque la balance (..) commence à  s’élever sur l’horizon  (…) Cherchez-vous un homme intègre ; irréprochable ; d’une probité éprouvée, c’est sous l’Ascendant des premières étoiles du verseau que vous le verrez naitre »

Livre V  Ce cinquième livre est tout plein des constellations. Cela ne fait que confirmer le fait que tout ce que dit Manilius sur l’Ascendant concerne bel et bien les constellations et non les « signes ».  Cohabitent chez cet auteur le référentiel saisonnier et le référentiel stellaire. Le mot Horoscope d’ailleurs par son étymologie comporte cette dimension visuelle (scope) et d’ailleurs que signifie un ascendant vide de planètes ? Il est clair que l’Ascendant comporte inévitablement au départ des étoiles (fixes) car il y a bien plus d’étoiles que de planètes et donc il était impossible qu’il n’y ait tôt ou tard un astre qui se lève à la naissance d’un nouveau-né.

Conclusions :  les études que nous avons basées sur ces 4 volumes parus dans les années 70 ont constitué un bagage pour nombre d’astrologues. Nous soulignerons tout particulièrement l’importance accordée à la dialectique sexuelle qui se sera singulièrement estompée de nos jours.

Chez Manilius, il y a équilibre entre le nombre de dieux et de déesses sans la moindre référence aux planètes que d’ailleurs il ne mentionne même pas tout au long de ses cinq livres. Manilius expose  une astrologie des étoiles bien plus que des planètes  et pourtant il prend la peine de préciser que les aspects ne concernent pas seulement les rapports entre signes mais que cela implique d’indiquer les degrés, ce que ne fait pas Ptolémée qui n’aborde même pas ce point et en reste à des relations de signe à signe.  Le seul facteur  mobile que Manilius  semble envisager est l’Ascendant.  Comme nous l’avons dit ailleurs, Ptolémée nous apparait comme un réformateur de l’Astrologie, à l’aune de l’astronomie et non comme un simple compilateur –comme on voudrait nous le faire croire- se contentant de transmettre la « Tradition », ce qui est très loin d’être le cas.

JHB

09. 07. 14

 

 

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Pour une remise en forme des astrologues

Posté par nofim le 24 juin 2014

Les astrologues desenchantés/ Le guide des égarés.

par  Jacques  Halbronn

 

La raison pour laquelle les astrologues ne cessent de multiplier les données, les paramétre; tient au fait qu’ils ont de mauvais outils. C’est

à celui qui proposera quelque gadget supplémentaire qui bien évidemment manquait dans l’arsenal traditionnel. Au lieu de remettre en

question la qualité du dit arsenal, c’est la fuite en avant. Ce qui compte, c’est d’éviter le « trou »,  quand on n’arrive pas à expliquer une date.

Déjà l’Ecole de Hambourg (Uranus), il y a un siècle avait ainsi proposé d’ajouter des planétes « hypothétiques », « transneptuniennes » (on ne connaissait pas encore Pluton (1930) et ils pensaient ainsi sérieusement contribuer à l’avancement de l’astronomie en décelant une

position planétaire avant même qu’elle n’ait été repéré par les astronomes.  C’est ainsi que se développa la thèse selon laquelel le zodiaque  à 12 signes impliquait que l’on disposât de  12 astres.

Les astrologues allemands ont été particulièrement créatifs en s’intéressant notamment aux « mi-points », ce qui est une extension de

la théorie des aspects. Cela se situe dans le prolongement de leur compatriote Kepler avec ses nouveaux aspects (dits mineurs) qui

étaient supposés « manquer ». Autant de médecins au chevêt de l’astrologie et préconisant quelque reméde miracle.  Tout cela est

d’ailleurs de bonnne guerre et fait songer  à une sorte de quéte du Graal, de la pierre philosophale, à la pièce du puzzle qui  faisait

défaut. Certains astrolologues d’ailleurs, ont opté pour une certaine simplification de l’astrologie, comme ces astrologues karmiques qui

ne jurent que par les noeuds de la Lune. L’autre jour, nous étions à une journée Portes Ouvertes des astrologues « holistiques » (école de

Pierre Lassalle), à Paris, au Jardin du Graal. On y proposait un jeu qui se réduisait à étudier un des noeuds pour le passé et le noeud d’en

face pour l’avenir. Ce qui conduisait  à un trio zodiacal, le signe solaire et les deux signes accueillant l’axe des noeuds. (on ne s’intéresse

plus au signe « ascendant » mais au noeud ascendant et au noeud descendant -(cf aussi Marguerite de Surany et le thème « nodal »). Cure

d’amaigrissement ou au contraire cure survitaminée et énergétique., au  choix.

Ne nous voilons pas la face:  le progrés en astrologie semble bien lié à un sentiment d’échec concernant l’astrologie déjà en place, à une

forme d’insatisfaction qio est évidemment fonction de ce que les uns et les autres attendent de l’astrologie. Plus on attend et plus on

risque d’être tenté par sa complexification et la démultiplication de ses facteurs (cf Roger Héquet (ACB)  et sa série de livres parus chez Dervy). Mais comment fixer des limites à l’astrologie? On a l’impression que le petit monde des astrologues que nous observons (et parfois

filmons) part du principe que tout peut et doit s’expliquer par l’astrologie ou en tout cas par l’astrologue. Ou plus exactement, l’occasion faisant le larron, les astrologues sont à la merci de tentations comme on peut le voir à la faveur de cet exercice on ne peut plus casse-cou

consistant à expliquer par l’astrologie la carrière de quelqu’un (cf les Dimanche Liberté de Didier Geslain, repris  sur You Tube), sans même prendre la peine d’étudier les « transits » pouvant expliquer tel revirement d’orientation par exemple.  On en arrive au degré zéro

de l’astrologie, à une sorte de jeu d’enfant consistant à dire « c’était dans le thème »! C’était prévu.  Nous avons souligné par ailleurs à quel point le « thème » était une sorte d’auberge espagnole.  Bref, en ce début de XXIe siècle, les astrologues reconnaissent de facto qu’ils ne disposent plus d’un outil prévisionnel auquel eux-mêmes puissent croire. Il y a un désenchantement chez ces adeptes et en ce sens

Alain de chivré a raison de dire tout haut ce que tant de praticiens n’osent se l’avouer mais dont les actes parlent pour eux. A quoi bon,

n’est ce pas se fatiguer à collecter autre chose que les dates de naissances, dument estampillées. En fait cela belle lurette que l’on sait

que les astrologues français sont victimes de l’excellence de leur état civil.  Ailleurs, on prend la peine de « vérifier » l’heure de naissance

souvent douteuse ou inconnue et cela passe par l’étude de certains moments de la vie. Mais comme par hasard chez ceux qui ont

la religion des actes de naissance, on trouve des gens qui ne s’intéressent ni aux autres dates de l’existence ni aux configurations

astrales qui leur correspondraient.  Le thème natal suffit et on n’en est même plus, comme nos prédecesseurs, à calculer des directions, des

progressions, ce que Héquet a le mérite de perpétuer (après Rudhyar).

On aura compris qu’il est urgent de réconcilier les astrologues avec une prévision qui ne se limite pas à dire  que si Un Tel a choisi cette voie , c’est parce que c’était dans son thème, sans autre forme de procés. Car c’est déjà de la prévision, même si elle n’est pas datée. On est

vraiment tombé bien bas dans les cercles parisiens d’astrologie en cette année 2014!

Il nous semble donc souhaitable de proposer des séminaires de recyclage, de remise en forme pour des astrologues qui se laissent un peu

trop aller mais cela doit passer par une certaine forme de thérapie,  devant traiter des déceptions, des frustrations chez des astrologues

qui n’en  continuen t pas moins à exercer – parce qu’il faut bien vivrre- mais qui, de toute évidence, ont perdu la foi et se satisfont de simulacres, non sans un certain cynisme.  Face à l’enthousiasme des clients à l’égard d’une astrologie mise aux nues- c’est le’ cas de

le dire- on a des astrologues qui préférent encore tripoter les tarots ou donner des conseils de gros bon sens qui ne mangent pas de pain.

Les astrologues en réunion n’ont même plus le réflexe de situer les choses dans le temps. Ils n’en ont plus la force.

En fait,c’est l’exercice rétrospectif  qui a fait long feu. L’astrologue face  à  un client en chair en os n’a pas de tels états d’âme parce que

son client lui donne un sérieux coup de pouce.  D’abord parce que le client se situe dans le présent et qu’il est facile de connaitre

les positions planétaires en cours et qui sont les mêmes, dans l’ensemble, pour tous. Ensuite, parce que le client peut fournir

obligeamment des dates, ce qui évite à l’astrologue d’aller les chercher dans des biographies. Malheureusement, dans ces réunions astrologiques, on expérimente sur des personnes absentes. Mais même quand la personne est là (on songe aux « invités » de Didier

Geslain), on  ne prend même pas la peine de parler des dates de la vie.

En vérité, la raison pour laquelle le thème natal est devenu, toute s techniques prédictives ayant été mises de côté, la seule et unique

réference de l’astrologie, c »est parce que c’est la seule chose sur laquelle les astrologues soient d’accord entre eux..

 

JHB

24. 07 14

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Publié dans ASTROLOGIE, divination | Pas de Commentaire »

La symbolique des marqueurs cycliques

Posté par nofim le 17 juin 2014

L’importance des marqueurs  binaires pour les sciences humaines

par  Jacques  Halbronn

Dans le cadre de notre phénoménologie de la dualité,  nous pensons que la pièce  maîtresse est constituée par les marqueurs, terme

volontiers utilisé en linguistique pour indiquer le genre ou le nombre. Mais nous entendons élargir sensiblement le champ des

marqueurs, ce terme étant  largement utilisé dans le domaine biologique.

Repérer les marqueurs est un enjeu majeur de la recherche historique, et permet de mettre en évidence des corruptions, des

évolutions. On pourrait parler de « marquéme », comme nous avons proposé (Le texte prophétique en Frannce, 1999) des

« chronémes » et des « chorémes » comme marqueurs de temps et d’espace. Mais cet emploi que nous avions proposé était plus

d’ordre conjoncturel que structurel et comportait une dimension empirique propre à la démarche du sujet plus que de l’objet. Il sera

question ici de marqueurs propres à l’objet étudie, voire constitutifs de celui-ci.

Un bon exemple concerne justement des marqueurs cycliques, ceux qui annoncent  le commencement ou la fin d’un processus, à

l’instar des feux de signalisation (vert, rouge)., le vert indiquant un départ et le rouge un arrêt. Le marqueur de sens interdit est

fortement marqué par le rouge et l’on s’en sert à présent pour les piétons pour signaler un passage interdit (dans les transports en

commun par exemple).

Nous entendons notamment insister sur le rôle des marqueurs pour indiquer le commencement et la fin des choses, d’un processus.

Nous prendrons le cas de la tradition astrologique et noterons d’emblée que Mars est une planéte rouge (Horus rouge des

Egyptiens) et qu’il est donc censé marquer un arrêt (cf le « feu rouge » dans la signalisation urbaine). Or, lorsque l’on ouvre des traités

d’astrologie (et cela vaut déjà dans la Tétrabible de Ptolémée), on voir que Mars est associé au premier signe du zodiaque, le Bélier, ce

qui est quelque peu paradoxal. A l’opposé, Vénus correspondrait selon nous, de par sa couleur, à un marqueur de début. On sait qu’en

astrologie comme en mythologie, ces deux termes, Mars et V énus, s’opposent. Nous avons ainsi pu montrer que si dans une série

Mars précéde Vénus, cela signifie que l’on est dans le cas d’un « ouroboros », c’est à dire que l’on est passé de la fin d’un cycle au début d’un cycle. Nous avons référé, dans d’autres textes, à la mort de Jésus Christ suivie de sa résurrection

Si le bélier est le premier signe, cela tient à la précession des équinoxes qui aura décalé tout le système du fait de la volonté de la

part de certains astrologues d’en tenir compte/ On a montré que cela avait affecté  notamment le dispositif des exaltations.(Soleil

passant du taureau au bélier)

Or, récemment, nous avons montré qu’un phénoméne comparable avait affecté les maisons astrologiques. Pour cela, nous nous sommes

appuyés sur le dispositif dit des « joies » qui attribue aux planétes du septénaire une des 12 maisons. Or, dans ce dispositif, Mars suit

Vénus au lieu de le précéder(en VI et en V). Nous en concluons que l’ordre de numérotation des maisons aura été inversé, ce qui

est d’ailleurs bien connu (cf Dorsan)/ Ce qui vient confirmer notre thèse, c’est qu’il en est de même pour un autre duo, celui de

Jupiter et de Saturne, qui est l’équivalent du couple Vénus-Mars, sur un mode majeur.(planétes plus lentes)/ Là encore, Jupiter

précéde Saturne au lieu de lui  faire suite.(cf  notre vidéo sur ces points, sur You Tube)

Aini, sur la seule base de l’identification de marqueurs de début et de fin de cycles, nous sommes parvenus à mettre en évidence

des décalages survenus au cours du temps au sein de deux dispositifs majeurs en astrologie (cf Bouché Leclercq, Astrologie

Grecque, 1899) faisant ainsi apparaitre une corruption du texte originel tel que nous pouvons ainsi le restituer à partir de ses déviances

mêmes.

En linguistique, nous avons déjà montré  que certains préfixes jouaient le rôle de marqueur de début et de fin. On pense aux

préfixes « re »  et ‘de » (ou dé, dis). Re est à rapprocher de Rétro, en arrière, derrière  (rear en anglais). « De » signifie début, départ, donc commencement   tandis que « re » signifie  aboutissement, retour, révolution (révolu).

Cette notion de début et de fin  est  cruciale dans le domaine de la création. Il est important de pouvoir déterminer qui a commencé,

initié (stade de la conception) et qui a mené un processus à son terme, donc à sa fin (finalité)/ Confondre les deux types de marqueurs serait pour le moins fâcheux.

Rappelons que pour nous,  le commencement passe par la diversité (spermatozoïdes), l’embarras du choix du fait d’un certain

nivellement par le bas. On pense au départ d’une course où la sélection ne s’est pas encore opérée. A contrario, la fin d’une course

verra les écarts se creuser au point qu’il n’en reste plus qu’un, en tête (c’est littéralement le chef, c’est à dire la tête, le capitaine

(caput). Le cycle complet conduit à  l’accouchement d’un chef et l’on recommence (Sisyphe) indéfiniment.

Quand un société ne sait plus distinguer les marqueurs de commencement et de fin, il y a de quoi s’inquiéter. Or, même l’astrologie

qui aurait vocation à maitriser les dits marqueurs  patine au niveau de son propre savoir dont elle a perdu la maîtrise.

Il est clair que si l’on multiplie le nombre de cycles, comme on tend à le faire abusivement en astrologie, la notion de commencement et

de fin s’en trouve forcément brouillée.

Si l’on se référe à des marqueurs de ce type, on notera l’usage des majuscules pour indiquer un début de phrase et l’usage du « point »

pour signaler la fin d’une phrase/

Mais il existe une problématique inhérente à l’usage même du langage. Existe-t-il un lexique du commencement et un lexique de la

fin, de la conclusion? Selon nous, au départ, la langue est avant tout concerné par un tel principe et peut se limiter à très petit

nombre d’icones, notamment gestuels avant même d’être graphiques. Nous  savons d’ailleurs exprimer  qu’il faut commencer ou

s’arrêter par des signaux très simples et compris asssez universellement.  Autrement dit,  les signifiants doivent se répartir en deux

ensemble, marquant respectvement le commencement et la fin des choses. Mais le recours à un marqueur négatif  fait l’affaire (phrase

négative,  préfixe négatif pour signaler l’arrêt, la fin : on ne joue plus. Par voie de conséquence, la philosophie nous semble devoir également être sujette à cette dualité sémantique. Mais toute la question est de savoir quelle est l’instance qui fixe le temps

du commencement et celui de la fin. Bien des travaux achopent sur ce point. Où est le commencement, où est la fin? Nous dirons que

comme pour la Nouvelle Histoire (Ecole des Annales), l’on pourrait parler d’une Nouvelle Philosophie qui s’appuierait sur une théorie

cyclique valable et validée. En effet, selon nous, l’usage du langage doit obéir à des marqueurs cycliques et réserver un certain

vocabulaire pour telle ou telle phase.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

17. 06 14

Bibliographie

Les marqueurs linguistiques de la présence de l’auteur   dir  David Banks  L’Harmattan  2005

Voix et marqueurs du discours : des connecteurs à l’argument d’autorité  » ENS Editons   Dit JC. Anscombre, A/. Rodriguez Somolinos,  S Gomez_Jordana Ferrary 2012

Les marqueurs discursifs dans les langues romanes, Approches théoriques et méthodologiques. dir M. Drescher, B Frank-Job  ed Peter

Lanf  2006

Reidar Veland. LEs marqueurs référentiels celui-ci et celui-là. Ed Droz  1996

Marqueurs discursifs et subjectivité   dir . S. Hancil  Publ. universités Rouen et Le Havre 2011

 

 

 

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Réflexions autour du transit en astrologie

Posté par nofim le 13 juin 2014

La dimension cyclique des aspects et des transits

par  Jacques  Halbronn

 

Les aspects sont largement utilisés de nos jours en

astrologie pour établir des connexions entre les différentes

composantes du thème natal. On notera cependant que

le dispositif des maitrises sert à  relier les maisons

astrologiques entre elles voire l’ascendant à une maison où

se trouve la planéte qui régit le signe concerné, se « levant »

à l’horizon de la naissance..Au vrai cette idée de signe

ascendant ne fait sens que pour une constellation, d’où le

mot « horoscope » -pour Ascendant- qui implique une

visualisation (scope).

Selon nous, un tel usage des aspects est dévoyé car il est assez

évident que les aspects (autrefois appelés « regards »)

sont d’abord utilisés pour les cycles (cf Yves Lenoble),

et permettent de fixer les stades par lesquels

un cycle passe successivement

Que dire alors des « transits » qui sont des « aspects » se

formant entre un ciel à un moment donné, comme celui

de la consultation, et le le ciel de naissance. Techniquement,

c’est tout à fait faisable puisque dans les deux cas, un astre

est situé à tel degré du zodiaque (tropique) mais cela exige

une mémorisation par la personne de « son » thème, à des

décennies de distance, supposant une certaine

mathématisation de la psyché (cf Rudhyar)

En réalité, il importe historiquement de se référer à ce que

nous avons récemment appelé (cf notre vidéo sur You Tube)

l’astrologie du paysage et du personnnage. Le mot « transit »

signifie en bon français « passage ».(Sic transit gloria, transition)

Mais passage sur quoi?

Les astrologues actuels répondront probablement « passage

d’une planéte actuellement, par exemple, sur une planéte du

« radix ». (radical, natal) mais l’importance ainsi accordée au

thème natal nous semble problématique tout comme les

« retours » d’une planéte sur sa position natale.

Nous pensons qu’au départ, le transit concernait le passage

d’une planéte sur une étoile fixe et notamment sur l’une des

quatre « royales » formant un quadrilatère fixe dans le Ciel. La

planéte qui passe ainsi est le « personnage » dans le paysage,

le voyageur, le passant. En effet, la planéte se situe à tel degré

tout comme l’étoile. On dira qu’à un certain moment il y a

conjonction. Les astrologues qui ont décidé de ne pas tenir

compte des étoiles fixes (comme Barbault, Lenoble etc) s’en

tiennent aux aspects entre deux planétes (« cycle planétaire »)

donc sans paysage (background) fixe. On ignore, on

néglige  ainsi la dualité du fixe et du mutable (qui est

mémorisée cependant dans les « modes » (cardinaux, fixes,

mutables) L’intérêt d’utiliser des fixes  est que l’on reste une

fois pour toutes dans la conjonction et non dans le trigone

(Jupiter-Saturne)ou le semi-sextile (Lune-Soleil) et tout à

l’avenant.

L’avantage des fixes sur les signes zodiacaux tropiques, c’est

qu’une étoile se situe à tel degré alors que le signe couvre 30°

ce qui ne correspond  pas à la pratique des aspects. Si bien

que les astrologues se reportent au thème natal pour appliquer

leurs « transits », faute de mieux.

L’on observe ainsi que le thème natal sert en quelque sorte

de substitut aux étoiles fixes!

En astrologie mondiale, les  astrologues ont trouvé la solution

consistant à recourir au maximum à des thèmes, y compris

de fondation d’Etats, de républiques . Faute de quoi, il leur

faut  se référer aux conjonctions entre planétes et ils ont

l’embarras du choix. Nous dirons que ce qu’on appelle

dans la tradition le « thema mundi » (origine de l’usage du

mot thème astral en français), correspondait en vérité au

« paysage » composé par les 4 étoiles fixes royales et c’est

cette structure oubliée que nous avons réintroduite en

Astrologie et qui manquait si cruellement à l’astrologie

cyclique obligée de louvoyer entre une myriade de facteurs

mobiles dont aucun n’est fixe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’astronomie et ses effets sur l’astrologie

Posté par nofim le 6 juin 2014

Les effets perturbateurs de l’astronomie sur l’astrologie

par  Jacques  Halbronn

 

Dans nos précédents textes, nous avons montré que l’astronomie était le « mauvais démon »

de l’astrologie et que cette dernière avait pu souffrir d’une trop grande promiscuité  d’avec

l’astronomie. Les astrologues n’ont pas clairement conscience de la juste mesure des relations entre

astrologie et astronomie, une astronomie à consommer avec modération.

Certes, on ne saurait nier que l’astrologie se référe, de par son nom même, aux astres. Mais de

quelle façon et jusqu’à quel point?  That is the question!

Il est vrai que la lecture d’une somme comme la Tétrabible de Ptolémée  (IIe siècle de notre ère)

peut nous persuader de la forte intrication entre ces deux domaines dont d’aucuns n’hésitent pas

à dire qu’ils ne feraient qu’un!  Mais justement, le Tetrabiblos correspond à un stade de forte

interférence de l’astronomie par rapport à l’astrologie/ Nous avons ainsi montré que le dispositif

des domiciles exposé au Livre Ier,  était singulièrement différent du dispositif initial et ce parce

que l’on avait voulu accorder l’astrologie avec les données astronomiques en termes de distances

respectives des planétes ou que la prise en compte de la précession des équinoxes avait conduit

à la permutation des exaltations des luminaires (lesquelles exaltations sont  justement

articulées sur l’axe des équinoxes)

Ce même ouvrage témoigne également du fait que les planétes du systéme solaire sont pleinement

inclues  dans le corpus astrologique (Septénaire) alors que selon nous, au départ, seule la planéte

Saturne était prise en compte par l’astrologie, les « planétes » n’étant initialement que des moyens

de qualifier les stades succcessifs du cycle de Saturne- ce qui apparait  avec les liens planétes-

signes zodiacaux, qui en fait ne renvoient qu’à des valeurs et non à des positions. Ce fut un

cadeau empoisonné de l’astronomie d’inciter l’astrologie à employer toutes les planétes du

systéme solaire de l’époque et cela en fut un autre, on s’en doute,  qui devait aboutir à  intégrer au

sein de la tradition astrologique Neptune et Pluton (sur le cas Uranus, voir nos textes)

Passons  à la question du Zodiaque. Ce sont à notre avis les astronomes qui poussèrent à

l’adoption du systéme tropicaliste, basé sur les équinoxes et les solstices avec le bélier en tête.

Selon nous, le bélier n’est aucunement le premier mais bien le dernier signe du zodiaque. Le fait

qu’à une certaine époque la constellation du bélier ait coincidé avec l’équinoxe de printemps

de l’hémisphère Nord a probablement amené les astronomes à le placer ainsi en tête. Mais cela

aurait dû  rester temporaire et il eut fallu ensuite placer en tête les poissons et par la suite le

verseau.

Or,  pour notre part, nous pensons que l’astrologie s’articule avant toute chose sur les 4

étoiles fixes royales et que les constellations correspondant aux dites étoiles se plaçaient

initialement en tête de chaque quart de Zodiaque. Le passage, notamment, de Saturne sur ces étoiles

était crucial pour l’astrologie et d’ailleurs la croix est une division de l’espace en 4. (cf les Quatre

Eléments). Autrement dit, le zodiaque  astrologique primordial n’aurait aucunement été

réalisé  à partir des équinoxes et des solstices/ Il s’agirait là encore d’une initiative émanant

des astronomes, les signes étant en partie inspirés par l’iconographie des mois de l’année, telle qu’on

la trouve dans les almanachs à la Renaissance. D’ailleurs, les 4 signes fixes ne sont pas liés aux saisons

mais constituent un quatuor initialement ainsi  instauré: le taureau, le lion, l’aigle et l’homme,

qui sont repris par le Sphinx. Par la suite, l’aigle devint le Scorpion (cf Volguine Le symbolisme de

l’aigle. Ed Cahiers Astrologiques, 1960) et l’homme l’échanson des dieux,

Ganyméde (Verseau)  représenté par un vase, cette constellation en revanche étant liée au début

de l’année.(en janvier), comme on peut l’observer dans les Très Riches Heures du Duc de Berry,

qui campent une compagnie de personnes autour d’une table (table que l’on retrouve

schématisée dans l’arcane I  Le Bateleur, au Tarot). On a aussi montré que le symbolisme zodiacal

était corrompu au regard du symbolisme initial. Le scorpion est en fait l’archer, Héraklés

abattant les oiseaux du Lac de Stymphale, d’où l’aigle.

Le cas d’Uranus mérite aussi d’être signalé car l’astronomie n’a pas toujours été un socle solide

-et on l’a encore vu avec le cas de Pluton (en 2006) et bien avant celui de Vulcain (prétendue

planéte intra-mercurielle). Selon nous, les astronomes à une certaine date avaient bel et

bien eu connaissance de la planéte au delà de Saturne et cela les avait conduit à un systéme à

8 secteurs, tant pour les signes que pour les maisons astroloiques (octotopos). Mais par la suite,

on perdit la trace d’Uranus – jusqu’à la période galiléenne et l’usage de la lunette – car

Uranus est visible à l’oeil nu. Les astrologues se retrouvèrent donc le bec dans l’eau avec

un dispositif  à huit entrées mais seulement 7 « planétes » (dont les luminaires).

Les astrologues actuels s’interrogent sur le nombre de planétes sur lequel ils peuvent compter et

présentement, la situation n’est guère brillante. Ils ont bousculé le dispositif de la Tétrabible en y

introduisant Uranus, Neptune et Pluton mais ils sont bloqués depuis les années trente du

siècle dernier, soit depuis 80 ans, ce qui fait que certaines planétes (Mercure et Vénus)

ont plus de domiciles que d’autres et certans signes (taureau, gémeaux, vierge, balance)

moins de planétes que d’autres. Comme on l’a dit plus haut,  les astronomes ont voulu

que le dispositif des domiciles respecte les distances des planétes et ce faisant ils ont déplacé

le domicile initial de Mercure qui était en Sagittaire pour le placer en Gémeaux, de façon

à constituer une sorte de thème natal du monde, avec un Mercure  ne s’éloignant pas de plus de 28 °

du Soleil. Ils ont aussi permuté l’exaltation du soleil en taureau pour la placer en bélier, du

fait de la précession des équinoxes mais là encore on s’est arrêté en cours de route! Ajoutons que

le passage de 8 à 12 maisons astrologiques a également été perturbant car les 4 dernières maisons

ont été rajoutées au delà de la maison VIII de la Mort.

 

Pour nous résumer, l’astrologie, selon nous , n’avait emprunté à l’astronomie que Saturne (et

bien entendu les luminaires) et cela suffisait à ses besoins. Par la suite, les astronomes croyant

bien faire ont voulu que l’astrologie se servît de tout l’arsenal astronomique, ce qui aura

conduit à l’instauration du thème natal, commentaire astrologique de la carte du ciel en

un instant T, et provoqué une saturation qui brouille le message de l’astrologie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

06 06  14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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