Les deux économies

Posté par nofim le 29 juin 2013

Vers une « nouvelle créativité »  pour l’Occident.
Par Jacques  Halbronn
 
 
Il existe deux conceptions du « produit », l’une qui privilégie le produit « durable », qui économise à terme la créativité en cours et l’autre qui met en avant  le produit qui, justement, ne dure pas, ne se consomme, en quelque sorte, que dans l’instant, qui vient de sortir.
 Nous avons déjà signalé, dans de précédents textes le lien entre ces deux phénomènes qui se nourrissent l’un de l’autre et qui conduisent à la de l’avoir, que sont la taylorisation du travail et sa féminisation, qui correspondent à des démarches subalternes.
En effet, ce qui est de l’ordre de l’avoir facilite la dépossession, permet de remplacer une personne par une autre, génére de la substitution, de l’imitation, de la récupération. Nous avions aussi rappelé que notre Droit est resté plus pénalisant pour les atteintes à l’être qu’à l’avoir : on est plus sanctionné pour un meurtre que pour un vol.  Mais jusqu’ à quand  en sera-t-il encore ainsi ?
Le piége dans lequel l’Occident s’est enfermé tient à une dévalorisation du travail, lequel s’avère de moins en moins créatif et donc ouvert à peu  près à n’importe qui.  On a baissé la barre. La main d’œuvre européenne est devenue de moins en moins qualifiée alors même que la technologie progressait inlassablement. Le perfectionnement des équipements prenait le pas sur l’éveil des facultés créatives. Or, c’est dans un tel contexte que se situe la revendication égalitariste, laquelle  fait sens du fait du nivellement par le bas. C’est parce que le travail s’est dégradé qu’il est devenu à la portée des femmes et qu’il peut être délocalisé, du fait de la faible valeur ajoutée.
Prenons le cas de l’apprentissage de la lecture. De nombreuses activités exigent simplement  que l’on sache lire et déchiffrer. On se transforme en « tourne disque » en « lecteur de CD », bref en machine. On est face à une standardisation des compétences à un niveau très minimal pour une majorité de gens et à un niveau très pointu pour une élite.  Une chanson qui survit des générations durant  n’est pas un produit « frais ». Il ne faut pas se voiler la face et recourir à des arguties. Cela dit le « live » prévaut sur le « Play back »,  la « version originale » sur la version doublée etc.
La notion d’exigence est donc vouée à évoluer. Il ne s’agit plus d’exiger un produit  qui a fait ses preuves et qui est réactivé une fois de plus mais bien  d’apprécier plus qu’on ne le fait généralement, ce qui est « frais » On ne doit   pas accepter la « lecture » qui est l’invasion du passé dans le présent à l’instar d’un disque qui passerait en boucle indéfiniment.  L’apprentissage de la lecture est une formation à l’esclavage, la personne n’est plus qu’un rouage dont les interventions sont strictement limitées avec en prime une apparence de vie.
Or, il  convient  de développer une économie de l’instant face à une économie de la durée. Une fleur du jardin  vaut plus qu’une fleur en papier, un gigot  vaut plus qu’un saucisson que l’on peut garder pendant des semaines, tout comme une figue fraîche a plus de valeur qu’une figue séché  car sa durée de consommation est bien plus brève. Une musique qui nait sous nos yeux a plus de valeur qu’une musique cent fois jouée et rejouée depuis des décennies voire depuis des siècles et ainsi de suite.
Certes, il y a une économie du produit qui dure des années, comme une voiture,  une machine mais même dans ce domaine,  sa nouveauté est précaire et c’est le commencement du processus qui vaut plus que sa fin. Avant d’être séché, une figue est d’abord fraiche, avant d’être « d’occasion », une voiture est d’abord neuve etc.  Ce qui est en train de naitre a plus de valeur que ce qui est déjà né et plus encore que ce qui est mort et ne survit qu’au prix d’artifices.
Dans une population,  ce n’est qu’une minorité qui peut assumer cette exigence de nouveauté, d’originalité (ce qui est à l’origine, donc au commencement, ce qui se lève (orient) et cette minorité doit être estimée à sa juste valeur, ce qui ne nous semble pas être tellement le cas de nos jours.
Le luxe, c’est ce qui est vraiment nouveau, inédit. L’Occident a donc mieux à faire que de se faire représenter par des œuvres anciennes sauf à se reconnaitre en état de décadence. Il doit au contraire montrer que la source ne s’est pas tarie, ce dont on pourrait parfois sérieusement douter.
Pour ce qui est des produits de longue durée, qui se perpétuent, mieux vaut que l’Occident laisse ce créneau  à d’autres à  condition bien entendu qu’il perçoive des « royalties » sur les produits en question une fois qu’ils sont passés à un autre stade de leur carrière.
En dehors de la mise au monde de « nouveaux nés » qui est un acquis universel, les civilisations ne sont pas au même niveau. Il y a celles qui sont au début des processus et celles qui sont au stade de leur prolongation, ce qui recoupe en gros le clivage hommes-femmes.
C’est pourquoi l’Occident aura fait fausse route en investissant à l’excès sur  les automatismes car cela met tout le monde sur le même plan. D’ailleurs, en ce début de XXIe siècle, les choses tendent à se rétablir du fait de la délocalisation. La créativité doit être la nouvelle image de marque de l’Occident. On pourrait parler de ‘nouvelle créativité » renouant avec les défis d’hier. Il n’est pas dans le génie, dans l’ADN de l’Occident de servir du réchauffé. Ce n’est pas digne de lui. Cela vaut aussi pour l’ expérimentation de nouvelles pratiques sociétales, de nouvelles conceptions du Droit. Il faut que l’Occident ait toujours de l’avance sur le reste du monde de façon à maintenir sa dominance qui s’est notamment exercée par la colonisation et la diffusion de ses langues dans le monde entier. .
Or, pour y parvenir,  on doit avoir une tolérance zéro pour l’auto-plagiat, quand l’Occident ne fait que se répéter et dans ce processus de répétition,  les femmes jouent un rôle considérable. En mettant fin à ce genre d’exercice, l’on verra que le débat autour de l’égalité des hommes et des femmes  révélera son véritable visage, à savoir que les femmes ont parié sur la décadence de l’Occident, ce qui se traduit par  le fait qu’elles ont investi un créneau qui  est voué à la délocalisation.  Plus la valeur ajoutée est faible et plus la duplication est aisée.  On le voit par exemple avec l’omniprésence des Asiatiques dans le domaine de l’interprétation de la musique occidentale  du passé dans la mesure où le ressassement des œuvres d’hier est à lui seul  un très mauvais signal.
JHB
23.06.13

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Economie et linguistique‏

Posté par nofim le 22 juin 2013

Economie et Linguistique
Par  Jacques  Halbronn
 
Il nous semble souhaitable de renoncer  à l’idée selon laquelle la linguistique serait l’étude des langues, comme le croit le grand public. L’idée d’un cloisonnement et de la globalité des langues constitue un obstacle épistémologique qui affecte l’enseignement des langues et pénalise  la pensée linguistique contemporaine dont nous avons déjà signalé certains errements. La langue n’est pas un  ensemble à prendre ou à laisser et il faut faire la part de ses importations comme de ses exportations, de son  PIB et de son endettement.
Certes, l’homme de la rue est-il attaché à son savoir-faire et au sentiment qu’il a fait le « tour » de la langue, qu’il la maîtrise pleinement. Il est fier d’y être parvenu et considéré cet acquis comme une valeur. Mais, pour le linguiste, un tel regard sur le phénomène linguistique fait problème et il est désormais conseillé de procéder autrement au cours du présent siècle. Nous pensons que la linguistique doit se rapprocher de la science économique avec laquelle elle présente des points communs, ne serait-ce que parce que dans les deux cas on parle de flux internationaux, d’importations et d’exportations, d’équilibres et de déséquilibres selon divers critères.
Si l’on veut situer telle ou telle économie nationale ou régionale, on  s’intéressera avant tout à ce qui fait l’objet de flux et par là même on se situera au niveau international avec des pays plus dynamiques que d’autres au regard de l’import et de l’export. Les économies ne sont pas sur un pied d’égalité pas plus d’ailleurs, pensons-nous, que les langues. Il y a une guerre économique et il y a une guerre linguistique et cela ne date pas d’hier.
On nous objectera qu’une langue peut s’exporter ou s’importer en tant qu’ensemble d’un seul tenant : on apprend telle langue de A  jusqu’à Z comme on le ferait pour sa langue maternelle. Tout serait bon à savoir dans une langue et l’on ne parle bien une langue, dit-on,  que si l’on comprend tout ce qui se dit par son truchement. Une telle approche unitaire des langues nous semble étrangère à la démarche linguistique de demain même si les linguistes d’hier ont pu s’ingénier à établir des lois valables pour toutes les langues dont la plus caractéristique est probablement la phonologie où l’on nous explique comment dans une langue donnée, le locuteur fait en sorte de ne pas confondre un mot avec un autre en jouant sur les « phonèmes ». Pour notre part, nous avons milité en faveur d’une distinction au sein d’une langue entre les mots s’inscrivant dans des groupes homogènes  et les mots « orphelins » (noms de lieux, d’objets, de personnes) qui n’en seraient que la périphérie, encore que ces mots se retrouvent souvent d’une langue à l’autre.  En tout état de cause, on ne saurait mettre tous les mots d’une langue dans un même sac sous prétexte qu’il faut  s’aligner sur le bagage du locuteur moyen au sein d’une société donnée.
Si l’on prend le cas du français,  ce qui nous intéresse avant tout, c’est  d’abord   son organisation interne, son « économie », faudrait-il dire dans tous les sens du terme. Selon nous, une langue n’a besoin que d’un nombre limité de mots pour fonctionner dès lors que l’on sait en faire le meilleur usage tant au niveau grammatical qu’au niveau sémantique. La notion même de « richesse » d’une langue, du point de vue du nombre de mots, nous semble une notion fort douteuse, tout comme elle l’est d’ailleurs du point de vue du nombre de ses locuteurs parlant cette langue en tant qu’objet « entier ».
Nous intéressera bien davantage au regard de la science linguistique le dénombrement, le recensement  des mots qui ont été exportés d’une langue vers  d’autres langues, tout au long de son histoire car les enjeux sont à très long terme, avec son corollaire les chiffres des importations. Encore ne devra-t-on pas  confondre ces deux angles qui  correspondent à des dynamiques sensiblement différentes et on devra les découpler. 
Les linguistes sont bien conscients que le français est une langue qui a énormément exporté de mots vers d’autres langues, ce qui relativise d’emblée la notion de cloisonnement entre les unes et les autres. Nous ne reviendrons pas sur ce phénomène qui marque tout le second millénaire de l’ère chrétienne. Ce n’est pas le français en tant qu’entité qui a été exporté- même si c’est aussi le cas par ailleurs – mais bien – et cela se poursuit jusqu’ à nos jours et pour longtemps- les mots, les formes du français, quand bien même seraient ils intégrés, insérés, infiltrés  au sein des environnements les plus divers. Signalons pour éviter toute ambigüité  que ce ne sont pas tant les langues qui exportent que les langues qui importent sans le consentement de l’’exportateur sauf si le produit exporté comporte des composantes proprement linguistiques comme dans le domaine culturel, artistique. Cela dit, le pillage d’une langue définit bien cette idée  d’une appropriation ciblée, ponctuelle et non pas globale de la langue. En réalité,  une langue se picore, on s’y sert comme dans un libre-service. On fait son marché. C’est dire que le rapport d’une langue à une autre est sélectif et non global à la différence de ce qui se passe au regard de l’enseignement des langues.  Est-ce qu’employer des mots venant du français suffit à dire que l’on parle le français même si l’on connait l’expression souvent mal venue « je ne parle pas un mot de français » pour dire que l’on n’a pas appris  à ‘parler » cette langue en tant que totalité indivisible.  Or, sur le plan économique, cette notion de totalité ne fait guère sens : quand on entre dans un magasin, on peut vouloir tel produit et pas tel autre, on n’est pas forcé d’acheter toute la boutique ! Dans bien des domaines, ce qui semblait d’un seul tenant se retrouve dispersé, à l’instar d’une collection de tableaux. Même un peuple peut être dispersé par le fait des migrations.
On aura compris dès lors à quel point  le fait de considérer le nombre de locuteurs qui s’expriment parfaitement  dans  telle ou telle langue –a quelque chose d’artificiel en comparaison des flux de mots qui passent d’une langue matricielle  vers d’autres. Notons qu’une grande partie des mots que l’anglais « exporte » sont d’origine française et doivent donc être crédités sur le compte du français,  non pas, certes, du français en tant que langue totale mais du français comme producteur de mots susceptibles de pénétrer au sein des langues les plus diverses.  A l’heure où l’on parle d ’espionnage informatique de la part des USA, nul doute qu’il devrait être possible de quantifier les flux lexicaux d’origine française et de constituer par-là de nouvelles ressources économiques pour la France qui dispose des « gisements » lexicaux  très recherches,  à l’image des épices dans la saga de Frank Herbert « Dune ».
On nous demandera : mais qu’est-ce qui  a fait le succès des mots français ? Il semble que le français ait su  déclencher un processus, une dynamique  de création de mots qui s’était perdu depuis fort longtemps. Un  nouveau pôle « mâle » se serait ainsi  constitué qui était voué à féconder diverses langues « femelles », en une sorte de polygamie linguistique  avec les fruits que l’on sait, pour toute une série de cas. On pourrait qualifier le phénomène de « don juanisme » linguistique, de « French Lover » au niveau des mots, laissant sa trace un peu partout dans le monde, sur plusieurs générations, l’anglais ne faisant au bout du compte que relayer et amplifier  cette expansion.  Il serait d’ailleurs intéressant de noter que la plupart des mots anglais entrés dans d’autres langues (y compris en français)  sont d’origine française.
Le français a su réinventer  la créativité linguistique en pratiquant une sorte de « lego » à base de racines, de préfixes, de suffixes. On y retrouve le concept de jardin à la française.  Que par la suite, la langue française  ait pu se frelater, ne change rien à l’affaire, dès lors que les «importateurs »  sont des connaisseurs qui savent ce qu’ils veulent. Là encore, personne n’est obligé de  tout emporter.  Les importations se font « à la  carte ».
On aura donc compris qu’il convient de repenser ce qu’on entend par langue. Une langue n’est pas uniquement un objet abouti qui est à prendre en bloc ou à laisser, c’est  là une approche féminine de la langue. Nous proposons  une approche masculine de la langue qui implique d’apprécier la faculté de pénétration de certaines langues, ce qui au demeurant génère un ensemble de langues « bâtardes »  dont l’unité  est à rechercher du côté du « père » et non des mères.
 
 
 
 
 
JHB
18/06/13

Publié dans ECONOMIE, LINGUISTIQUE, POLITIQUE | Pas de Commentaire »

Vers une nouvelle approche des équilibres macro-économique – Vers un nouveau rôle de l’Etat

Posté par nofim le 22 mars 2013

Nous pensons  que l’économie mondiale souffre de ne pas disposer d’un modèle équitable en ce qu’elle ne tient pas compte des enjeux macro-économiques, c’est-à-dire qu’elle ne rend pas à César ce qui est à César (Evangile). La question des échanges économiques en est restée à un stade des plus primaires et simplistes qui n’est pas la marque d’une civilisation avancée.

Tout se passe comme si l’on considérait que seuls les objets, les choses pouvaient faire l’objet d’un commerce. En fait, il semblerait que l’on ne s’intéresse qu’à ce qui est extrêmement ancien comme les ressources du sous –sol ou ce qui est extrêmement récent comme les derniers appareils de communication ; Mais tout ce qui se situe  entre les deux n’est pas traité correctement pour toutes : sortes de raisons et de prétextes.
Prenons le cas des langues  européennes, est- ce que les pays non européens paient quoi que ce soit pour avoir le droit de les utiliser à commencer par l’anglais ?Un autre cas est celui de la musique européenne qui est jouée dans le monde entier.  Le monde est très redevable envers l’Europe mais que lui reverse-t-il ? Des clopinettes !
Mais prenons un exemple encore plus marquant : ce que les femmes doivent aux hommes.
Définissons ainsi la notion de dette : je dois à quelqu’un ce que je ne peux produire par mes propres moyens. Mais nous parlons ici de dette collective et non individuelle. Là se situe le nouveau concept économique : nous ne sommes pas uniquement des agents économiques à une échelle personnelle mais aussi du fait de  nos appartenances. Il est temps que des instances au plus haut niveau tiennent compte du patrimoine dont elles ont en principe la charge et règlent les affaires comme il se doit, de continent à continent, de religion à religion,  de sexe à sexe, de classe d’âge à classe d’âge, de langue à langue etc. Le rôle des sciences humaines, toutes confondues, pourrait être de rendre compte de telles problématiques. Telle pourrait être en fait leur mission au XXIe siècle. Il importe de repenser la question de la propriété dont Proudhon disait que c’était le vol et plus précisément de l’appropriation. Celui qui s’approprie quelque chose le fait sien et quelque part ne se sent pas redevable. C’est cela qui doit être repensé.
Nous pensons que l’appropriation est le vol dans la mesure où l’on nie  que la chose nous est étrangère ; on l’intègre.
Refus de reconnaitre autrui dans sa différence, d’affirmer une égalité au sens de pouvoir être ce qu’est l’autre, prendre sa place, ce qui s’appelle l’imposture. Il convient donc de désapproprier, ce qui implique de reconnaitre sa dette envers autrui. Dès lors, l’économie se voit liée à l’éthique : qu’ai-je-le droit d’infliger à autrui : ai-je le droit de m’approprier ce qui émane de lui et cela vaut tant dans le rapport entre personnes physiques qu’entre personnes morales, entre Etats, entre régions, entre cultures. Cela exige un certain examen de conscience. D’où vient ce que j’ai ? Métaphysique non pas de l’être (ontologie) mais de l’avoir, de ce que je me suis approprié et qui m’est devenu propre mais qui n’est pas ma propriété au sens où l’on parle de la propriété d’un objet. La vraie propriété implique une certaine pureté, à l’état pur, au sens propre.
La question de l’endettement  se situe, pour nous,  à un tout autre niveau que celui auquel il est fait référence de nos jours ;
Il n’y a pas de rapport sain à autrui quand on ne lui « rend » pas ce qu’on lui doit. Qui paie ses dettes s’enrichit.  Nombreux ceux qui, de mauvaise foi, nient devoir quoi que ce soit en dehors de ce qu’ils ne peuvent s’approprier de leur propre chef, sans demander de permission, sans payer pour l’avoir. Mais même acheter quelque chose ne  justifie pas que l’on se l’approprie. Si on achète un tableau, on ne devient pas l’auteur du tableau, à notre connaissance. On en est le dépositaire. On ne peut que « louer » ce qui ne vient pas de nous, n’est pas notre œuvre et un loyer peut se perpétuer des siècles durant. Dans la Bible, il est dit que rien ne se vend définitivement. Tous les 49 ans, un bien revient à son propriétaire.
Autrement dit, mêmes les dettes les plus anciennes  ne changent pas le statut de celui qui dispose d’un bien qui n’est pas son œuvre, qui n’est pas le fruit de son travail, tant individuel que collectif.
Un cas remarquable est celui des mots empruntés par une langue à une autre langue ou tout simplement le fait de parler une langue étrangère. Dans le cadre de l’économie équitable que nous prônons, une langue peut être endettée à l’égard d’une autre et lui devoir un « loyer » en proportion de l’importance de l’emprunt. Si l’on prend le cas de la langue française, l’Etat Français est en droit de récolter annuellement les subsides correspondant à ce que les autres langues doivent à la langue française directement ou indirectement. On a observé récemment que certains pays réclamaient de récupérer des biens se retrouvant à l’étranger. Les choses ne sont pas aliénables, sous aucun prétexte et aucune dette ne peut être réglée définitivement tant que le lien subsiste sous une forme ou sous une autre.
Dans le domaine industriel, c’est en Europe que de nombreuses inventions ont été mises au point comme l’automobile, l’avion, le cinéma, le piano etc. Quand bien même l’Europe ne vendrait plus tel ou tel article, les pays utilisant ces articles lui doivent une redevance. Il y a là tout un champ de recherche pour une nouvelle pensée économique.
Dans le cas des femmes, il est clair qu’une grande partie de ce que les femmes utilisent ou pratiquent vient des hommes et à ce titre elles sont vouées à régler une certaine redevance à un organisme approprié au pro rata du nombre d’hommes  ayant crée dans tel ou tel domaine comme en musique, en peinture, en philosophie etc.
Nous caractériserons notre  philosophie économique comme étant celle de la dette commune à nos appartenances. Si j’appartiens à un groupe, je deviens ipso facto solidaire économiquement de celui-ci, de tout ce qui s’est mis en place au cours des décennies, des siècles.
Il n’y a pas de raison de payer pour du pétrole qui n’est pas le fruit de l’activité de ceux qui occupent tel territoire et de ne pas recevoir d’argent, de royalties, pour des œuvres, des créations qui sont le fait de tout un peuple, comme sa langue, sa musique, sa culture. Il y a là une nouvelle idée de la Justice que nous défendons.
Nous pensons que ce faisant, nous atteindrons à un nouvel équilibre économique. C’est une façon vitale  pour l’Occident de maintenir son rang. Cela exige de repenser le Droit international.
On voit là apparaitre un nouveau rôle de l’Etat qui est celui de gérer l’héritage. C’est inscrire l’Etat dans l’économie en tant que gérant  des ressources du passé, qu’elles soient culturelles ou minières. L’Etat Juif, par exemple, aurait pour mission de faire l’inventaire de tout ce qui se rattache aux Juifs, comme ce fut le cas lors des « réparations » allemandes au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, en faveur d’Israël. C’est là une dimension peu théorisée de l’Etat, qui vient compléter la responsabilité de l’Etat dans le maintien de l’ordre et de l’intégrité du territoire. L’Etat doit aussi veiller à ce que l’héritage national ne soit pas spolié mais aussi à s’acquitter de ce qu’il doit à l’égard des autres Etats.  Ce peut être là un projet mobilisant notamment les historiens en les inscrivant au cœur d’une nouvelle problématique économique..
 
JHB
02 . 12. 12

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