jacques Halbronn L’astrologie 7 permet-elle un coaching des politiques?

Posté par nofim le 1 juillet 2016

L’astrologie 7 permet-elle un coaching des politiques?

par  Jacques  Halbronn

 

Le philosophe Guillaume d’Occam  nous conseille depuis quelques siècles de recherche la simplicité, l’économie des moyens dans l’élaboration de nos modéles. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les astrologues n’ont guère  retenu la leçon tant ils se complaisent dans la complexité au prétexte que le monde serait par lui même foisonnant et touffu. Pour notre part, nous sommes assez allergiques à tout ce qui ressemble une usine à gaz.

L’Astrologie 7  que nous avons élaborée,  à l’issue d’un demi-siècle de recherches, ne ressemble nullement à une accumulation, à une collection de recettes plus ou moins dépareillées mais bien au contraire se résume en une formule assez lapidaire. Plus simple, tu meurs.

Des esprits fâcheux n’hésiteront pas à déclarer « trop simple! » persuadés que l’astrologie aurait vocation à être en phase  avec notre ressenti immédiat, sans recul, sans distance. Pris dans une sorte de cercle vicieux,  l’on nous explique que si l’astrologie est  « riche » en termes de grilles, c’est bien  qu’elle est chargée d’une lourde mission! Voilà donc l’astrologue prisonnier d’une tradition millénaire, d’une riche littérature et mettant un point d’honneur à  être à la hauteur de la situation- beau contre-transfert! -capable de conduire, de   maîtriser  un tel   »monstre ».

L’astrologie 7  se doit donc de jouer la carte de l’ergonomie, de la simplicité, du contact direct avec le public alors que l’astrologie du XXe siècle  n’aura pas mis fin au régne, au joug des   praticiend astrologues. Avec son visuel des plus simples, du fait du recours à une seule planéte formant périodiquement  trinagle avec deux points fixes, appelés étoiles   fixes,  elle  ne doit nullement passer par le truchement des profesionnls de la carte du ciel.,jaloux de leur savoit faire.

On retrouve là, toutes proportions gardées,  l’exemple de la théorie des grandes conjonction attribuée à Albumasar dont la fortune fut considérable, des siècles durant, du fait de son extréme simplicité de formulation, articulée sur les conjonctions se suivant de 20 ans en 20 ans du couple Jupiter-Saturne.

L’astrologie 7 est une science  précieuse pour la classe dirigeante. Elle permet de prévoir, d’anticiper les cycles par lesquels passe le « peuple ». Il n’est nullement indifférent de savoir par avance- ce à quoi revient les verbes prévoir ou prédire–predict en anglais)

Cette classe des leaders doit savoir qu »il y a un temps pour chaque chose mais que rien n’est nouveau sous le Soleil (l’Ecclésiaste)/ Ce conseil censé venir du roi Salomon (Koélet) nous met en garde contre une astrologie fascinée par la nouveauté, la « modernité  encombrée de ses  12 signes zodiacaux, de  ses  planétes lentes, invisibles à l’œil nu, qui la contraignent à surinterpréter le moindre événement en le présentant comme beaucoup plus rare qu »il ne l’est!

Il suffit donc que l’on enseigne à Sciences Po les rudiments de cette Astrologie 7 qui doit servir de vademecum pour tous ceux qui entendent  diriger le peuple, à la façon dont un cavalier de rodéo entend rester sur sa monture.

Deux temps de 3 ans et demi: l’un de renouvellement et l’autre de cristallisation. Le peuple a besoin d’ordre pour se souder. Or seule la nouveauté permet l’intégration des jeunes et des nouveaux venus? Faute de quoi,  la société sera composée de ceux qui savent et de ceux qui ne savent pas encore, ce qui met les nouveaux arrivants en situation de faiblesse et favorise la gérontocratie.

Le peuple passe par une période où  ses automatismes sont programmés pour une pause: c’est le temps de la conjonction, ce qui correspond à une fermeture. C’est alors que les chefs doivent assumer pleinement leur pouvoir , introduire les réformes, dans une véritable course contre la montre de 3 ans et demie. Compte à rebours. Cela correspond analogiquement à un temps de fécondation.

Et puis vient le temps de a gestation qui ne repose plus que sur le seul peuple. Il est venu alors pour les chefs le temps de se retirer et de laisser les choses suivent leur cours, en rappelant que ce sont eux qui ont enclenché la dynamique.

Rappelons que les chefs ne sont pas guidés par les astres, ce sont les femmes qui sont programmées pour capter subconsciemment les « signaux » du ciel et il leur faut donc attendre que celles-ci soient en phase favorable. Le peuple ressemble donc à une femme (les astrologues le comparent à la Lune) qui se laisse périodiquement approcher, à la façon dont une femme qui doit tenir compte de ses régles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

01. 07. 16

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La notion de maisonnée : l’homme et son environnement domestique.

Posté par nofim le 1 juillet 2016

 

La notion de maisonnée : l’homme et son environnement domestique.

 

par  Jacques Halbronn

 

Le soleil fait-il partie du « systéme solaire »? On serait tenté de répondre par l’affirmative . Cela dit, tout ce qui gravite autour du soleil et par le soleil  constitue un ensemble  certes   »solaire » – parce que marqué par  une seule et même forme de gravitation  et cependant  d’un tout autre ordre que ne l’est cette étoile.

Si l’on applique une telle analyse à la société « humaine », l’on dira que tout ce qui gravite autour de l’Homme  constitue sa « maisonnée »

(comme on dit une bouchée, une cuillérée, une poignée, autant de contenants susceptibles de recevoir une certaine quantité de produit).

La question qui se pose à l’anthropologue est celle de la femme. Celle-ci doit elle être située au centre du systéme, aux côtés de l’Homme ou bien, au contraire, conviendrait-il mieux de la placer au sein de cette maisonnée dont il vient d’être question?

Notons qu’une telle interrogation vaut par exemple pour les esclaves, les étrangers et les Dix Commandements ne nous rappellent-ils pas qu’il ne faut pas convoiter ‘la femme de ton prochain »?

Dernier de la série:

10-Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui lui appartient.

 

La « maison », c’est bien ce que nous appelons ici la maisonnée.

Le commandement sur le respect du Shabbat est construit de la même façon si ce n’est que la femme n’y est pas citée dans la list de la « maisonnée », ce qui semble correspondre à une omission.

Par ailleurs, la vision d’Ezéchiel mentionne l’homme aux côtés du bœuf, du lion et de l’aigle, au sein du tétramorphe.  Comment l’homme pourrait-il figurer aux cotés de ces « bêtes »? Il convient donc de comprendre ici plutôt un humain n’ayant pas le plein statut d’homme, un « domestique », soit littéralement un membre de la maisonnée.

Les anthropologues (cf Descola etc) ont noté que l’homme tendait à traiter  tout   ce qui l’entourait  sans distinguer ce qui était humain et ce qui ne l’était pas. On peut parler d’animisme.  Dans un monde où les humains étaient relativement peu nombreux, la place accordée à ce qui n’était pas du même ordre était  considérable.

Nous avons été frappés par un passage de l’Exode où il est écrit que Moïse s’adresse au peuple et vice versa. Etrangement, c’est Dieu qui parle de « mon peuple » plutôt que  Moïse:

« Alors maintenant, je t’envoie vers le roi d’Égypte. Va et fais sortir de son pays les Israélites, mon peuple. »

On a donc l’impression que Moïse n’appartient pas vraiment à ce peuple (cf les idées de Freud à ce sujet, dans Moïse et le Monothéisme) mais qu’il est chargé de le conduire, de le guider.

Comment expliquer un tel décalage?

Que l’on songe au sort d’un certain nombre de royautés,  tant en Europe qu’au Moyen Orient.  Dans de nombreux cas, des princes étrangers au pays ont été chargés d’occuper la fonction royale, comme en Belgique ou en Jordanie. Tout se passe comme si les princes appartenaient à un « corps », une « caste »  dont les membres pouvaient être envoyés en mission. Deux mondes bien distinctes mais voués à être reliés

: telle est la nature de l’alliance entre un peuple et « son » souverain, sans que cela signifie pour autant que le souverain appartienne stricto sensu au peuple considéré? On pense de nos jour aux « énarques » que l’on retrouve un peu partout en haut des hiérarchies les plus diverses.

Ainsi, le chef n’a nullement à émaner de la communauté qu’il est amené à diriger. On pense à un Mazarin, un Italien voué aux plus hautes fonctions au début du régne de Louis XIV.

De même une femme enceinte  n’a-t-elle pas le même sang que le père de ses enfants.  Mais c’est cet homme qui aura enclenché le processus, le  compte à rebours de l’enfantement.

On voit que la nature des relations entre  l’homme – ici le mâle- et la maisonnée dont il a la charge, la garde mérite quelque réflexion et l’on sait à quel point l’usage du pronom possessif peut être source de confusion.  Mon bras, ce n’est pas la même chose que mon crayon. Et qui est le sujet auquel renvoie  ce « mon »?  Quand je dis « mon crayon »,  est-ce à dire que ce crayon est de même nature que moi?

Quand Dieu (au chapitre II de la Genése) propose à l’homme de s’adjoindre une « femme » (Isha),  celle-ci ne s’inscrit-elle pas ipso facto dans sa « maisonnée ».

Il ne s’agit pas ici de se demander, comme le fit dans le temps, si la femme a une « âme » mais  d’éviter les amalgames. Rappelons que le fait même de parler de relation, de rencontre  signifie qu’il y a  eu séparation, différence. Tel est d’ailleurs tout l’enjeu des rapprochements.

En conclusion, nous invitons notre lecteur et notre lectrice à s ‘interroger sur la nature de cette proximité -qui est peut être une promiscuité- entre les hommes et les femmes, quelles en sont les limites.  Il  vaut notamment la peine de s’interroger sur les modalités des fréquentations entre les deux sexes.  Quel modus vivendi peut s’instaurer? A l’évidence, la femme aura réussi à sortir du rang et en quelque sorte s’est détachée de cette maisonnée, à la façon dont une employée parvient à épouser le « patron ». Mais un tel basculement ne serait-il point cause de déséquilibre, ne fausserait-il pas la perception de la situation?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jacques Halbronn Contribution à l’histoire des « maisons astrologiques »

Posté par nofim le 1 juin 2016

Retour aux sources du dispositif des maisons astrologiques

par  Jacques Halbronn

Peut -on être un bon chercheur en astrologie sans une certaine compétence historienne, permettant de remonter dans le temps et de restituer la genése des systémes? Pour cela, il ne suffit pas de lire les ouvrages du passé mais aussi d’en avoir une approche critique ce qui manque cruellement à la plupart de ceux qui s’y sont essayés, au cours des 50 dernières annéee, en se colletant notamment avec l’étude de la Tétrabible de Ptolémée.

 

Il n’est pas nécessaire de découvrir de nouveaux documents pour faire avancer la recherche historique. Dans bien des cas, les documents disponibles n’auront pas été  pleinement exploités. Notre  relecture de la Tétrabible (ou plutôt u Tribiblos, cf notre récente étude sur ce même site NofimLe tribiblos de Claude Ptolémée ». Le dernier livre divisé en deux. ») aura montré que l’astrologie dite généthliaque  avait initialement comporté deux volets, le thème de naissance mais aussi et d’abord le thème de conception.  Le premier s’intéressait au cours de la vie au sortir de l’enfance et l’autre se focalisait sur le seul temps de l’enfantement et de l’enfance. Or, tout montre que la pratique actuelle du « thème astral »  combine ces deux problématiques autrefois séparées et qui le sont clairement  chez Ptolémée, même si cela a échappé à des astrologues qui s’y sont intéressés comme Denis Labouré, André Barbault, Elizabeth Teissier oi Yves Lenoble au cours des 30 dernières années. qiui n’ont lu la Tétrabible qu’au prisme de leur pratique courante, risquant ainsi l’anachronisme.

Il faut rappeler qu’au départ le systéme des maisons  ne comportait pas le contenu que l’on connaitra par la suite. A aucun moment Ptolémée ne  désigne les maisons sur la base de la distribution des significations  qui s’imposeront par la suite et qui a donné d’ailleurs une iconographie largement oubliée, elle aussi – décidément,  laquelle  recoupe peu ou prou certaines arcanes du Tarot comme la Mort pour la maison VIII  (cf nos Recherches sur l’Histoire de l’Astrologie et du Tarot, parues avec le reprint de l’Astrologie du  Livre de Toth, Paris Trédaniel 1993 et  en 2015 notre étude dans la Revue Française d’Histoire du Livre, consacrée aux Livres d’Heures)

Louis Cruchet propose l’historique suivant , reprenant d’ailleurs en partie nos propres travaux sur  maisosns astrologiques et  arcanes majeures du Tarot::

 

 

L’Anthropo-Bio-Cosmologie : l’ABC des relations
Anthropologiques entre la Biologie humaine et le Cosmos

 

Significations des maisons astrologiques et significations des planètes
La signification des maisons astrologiques soulève quelques questions. Actuellement, elle n’est guère en rapport à leurs positions relatives sur la sphère locale, car, par exemple, la maison VIII, en relation à la mort, se situe au-dessus de l’horizon alors que sa signification devrait la situer en-dessous. L’histoire nous apprend que la signification des maisons fut assez tardive et qu’elle s’est précisée par affinité avec les planètes. Nous verrons que les différentes traditions relatives à ces affinités ne sont pas toutes contradictoires. Mieux, il semble se dégager de l’histoire des maisons associées aux planètes une cohérence attribuable au système des triplicités des maisons. Nous verrons que les études statistiques peuvent aussi contribuer à l’association des planètes aux maisons et nous introduirons les résultats de nos propres statistiques.
Les maisons dans l’histoire astrologique
Les significations des maisons ont eu de grandes difficultés à s’imposer et à s’harmoniser au cours de l’Antiquité grecque. Claude Ptolémée n’en parle pas dans sa Tétrabible, au IIe siècle de notre ère, mais les témoignages de Marcus Manulius (Manulius, pp.71-75, 2008), au début de notre ère, et ceux de Firmicus Maternus (Maternus, p.109-113, 2002) au IVe siècle, sont intéressants. Les auteurs ne donnaient pas les mêmes significations aux maisons, parce qu’ils possédaient des sources différentes et les aggloméraient de façon inégale, mais Manilius les faisait correspondre aux dieux qui, pour certains, avaient leurs équivalents planétaires.
Les maisons ou « lieux » dans l’Antiquité

 

Manilius
Maternus
maisons
lieu de
signification
dieu/planète
lieu de
signification
(faste ou néfaste)
I
naissance
destinée
Mercure
vie
II
Typhée
argent
Porte d’En-Bas
III
mort
Déesse
Lune
frères
Déesse
IV
père, enfant
Génie
Saturne
parents
V
santé, maladie
Génie
fils
Bonne Fortune
VI
du travail
santé
Mauvaise Fortune
VII
mort (Pluton)
épouse
VIII
Typhée
mort
Porte d’En-Bas
IX
(la Fortune)
Dieu
Soleil
Dieu
X
mariage
Vénus
XI
Fortune
Jupiter
Bon Démon
XII
du travail
Mauvais Démon

 

Les premières significations des maisons étaient soucieuses d’une certaine cohérence relative au mouvement diurne. En témoignent ces deux auteurs qui placent la mort, la Lune ou « Déesse », la Porte d’En-Bas et les « Daimons » (Génies) en-dessous l’horizon, plus précisément entre la maison II et la V, et la Fortune, le Soleil ou « Dieu » et le bon Démon en-dessous de l’horizon, entre la maison IX et la XI. Pluton et la mort sont justifiés par Manulius dans la maison VII parce que le couchant est le lieu des morts (chez Maternus, la mort de la maison VIII semble être une répétition de la « Porte d’En-Bas » de la maison II).
Les dieux/planètes de Manilius seront, en Occident, les planètes correspondant aux mêmes maisons de l’astrologue romain (excepté Vénus en X), sans que nous sachions si l’auteur fut la source du Moyen Âge tardif que nous allons examiner maintenant. »

En fait, Cruchet  s’en tient à des données bien connues dont  il présente un tableaiu synthétique/ Or, ,notre approche   va nettement plus loin en mettant ces données en perspective, diachroniquement.

Cela fait déjà longtemps que nous avions été interpellés par le fait que dans la Tétrabible, si l’on ne désignait point en effet,  les maisons  selon leurs appellations  « classiques », celles que rappelle Cruchet dans l ‘avant dernière colonne de son tableau, en revanche, ses chapitres successifs recouvraient parfaitement les dites attributions.  Comment expliquer une telle étrangeté?

Nous proposerons l’explication suivante : l’ancien dispositif  des significations des maisons (cf dernière colonne du tableau de Cruchet) aura été remplacé par  la colonne précédente en s’inspirant du protocole exposé dans la Tétrabible en ses Livres III et  IV lequel exposé successivement ce qui est relatif au thème de conception -donc dressé pour le moment de la conception – et au thème de naissance., ce qui aura finalement conduit à placer sur un seul et même thème, celui de naissance, les domaines censés  être dévolus respectivememt  à chacun des deux thèmes.

Cela conduit en fait  à un changement epistémologique   majeur. Alors que l’astrologue était censé prévoir ce qui se passerait à la naissance à partir de l’étude du thème de conception, il allait désormais décrire ce que l’on savait déjà concernant un être déjà présent!  Au lieu de prévoir, il se contenterait dès lors du moins pour ce qui est des premières maisons d’expliquer après coup, ce qui conduisait l’astrologie à renoncer à s’occuper de façon spécifique de prévoir les conditions liées à la naissance, par avance! On sait qu’une telle tendance aura fini par se répandre de préférer l’a posteriori à l’a priori avec le renoncement à l a  vraie prévision de ce qui n’est pas encore advenu, chez bien des astrologues modernes.

Voilà donc un nouvel exemple d’une déperdition voire d’une perversion du savoir astrologiique ancien  et qui n’a d’égal que l’abandon des étoiles fixes, lequel déséquilibre totalement la pratique astrologique notamment  en mondiale alors que la Tétrabible en traite. On voit à quel point il est vain de tenter de nous présenter l’astrologie actuelle  comme un aboutissement alors qu’elle nous apparait comme  bien corrompue au regard de ses états antérieurs.

Nous allons ci-dessous développer notre démonstation en reprenant les têtes de chapitres du Livre III  (dans l’édition de Nicolas Bourdin, L’Uranie, Paris, 1640, reprise en 1974 dans la Collection Bibliotheca Hermetica dirigée par René Alleau, pp. 122 et seq):

On  sautera le préambule qui introduit  et le Livre III  et le Livre IV qui ne font qu’un:

I Prologue

2 De la conception et de la naissance

3  Du degré de l’horoscope

4 Division de la doctrine des nativités

 

Volet  Conception

 

5 Des parents

6  Des frères et soeurs

7 Des mâles et des femelles

8 Des jumeaux

9 Des monstres

10  De ceux qui ne se peuvent nourrir

11  de la durée de  vie

12 De la forme et tempérament du corps

13 Des vices et des maladies du corps

14 Des qualités de l’âme

15 Des maladies de l’âme

On reconnait  le champ sémantique correspondant aux maisons I à VI : santé, parents, frères et soeurs.

le chapitre sur la durée de vie est particulièrement dévelioppé dans la Tétrabible tout comme celui sur les qualités de l’âme:

DE la durée de vie:

Rappelons que cette astrologie « natale » couvre ce qui précéde et suit immédiatement l’accouchement lequel apparait comme  l’articulation centrale:

On nous rapppelle:  » Entre les choses qui se considérent après l’accouchement, la principale question est la durée de la vie. En effet, il serait ridicule de juger des moeurs et de actions d’un enfant qui ne doit pas arriver aux années auxquelles  ces actions conviennent. » Entendons par là que la science du thème de conception  doit ici prévaloir et conditionner le travail plus en aval de la science du thème de naissance.

Des qualités de l’âme

Ce chapitre s’explique à la lecture du prologue du Livre IV

« J’ai enseigné les choses qui se doivent considérer avant la naissance de l’enfant et celles qui arrivent dans le temps de cette même naissance comme aussi entre celles qui la suivent, celles qui sont seulement attachées au tempérament et qui ne regardent que le mélange des qualités. Maintenant je traiterai de celles qui viennent d’ailleurs, entre lesquelles je parlerai premièrement des richesses et des dignités car de la même sorte que les richesses ont rapport avec le corps, ainsi les dignités conviennent à l’excellence de l’âme » (p. 198)

 

Passons donc au découpage du Livre IV

1 Prologue

2  Des richesses

3 Des dignités

4 De l’action

5 Des mariages

6 Des enfants

7 Des amis et ennemis

8  Des voyages

9  Du genre de mort

10 De la division des temps

On note le lien entre maruages et enfants qui n’est pas respecté dans le découpage des maisons astrologiques puisque la maison V  y est celle des enfants et la maison VII, celle du mariage

« Vu que les enfants suivent le mariage, c’est ici le lieu où il convient d’en parler »

On voit donc que Ptolémée n’a nullement organisé  ses chapitres en s’alignant sur un dispositif des maisons astrologiques qui aurait préexisté et son agencement est mieux conçu que celui du dit dispositif encore en vigueur de nos jours et que tant d’astrologues considérent comme « sacrosaint ».

L’on retrouve en gros les rubriques qui serviront à qualifier les maisons VII à XII : les voyages, les amis et ennemis, la mort,  le mariage.  On notera que la mort est placée en dernier, le dernier chapitre « de la division des temps »  qu’il faudrait plutôt considérer comme la conclusion de  la Tétrabible

« J’ai traité de chacune des parties dont on s’enquiert touchant le corps, les moeurs et la fortune et ce sommairement comme j’avais arrêté  dès le commencement de cette oeuvre. (…) Il y faut maintenant  ajouter celle de la division des temps », c’est à dire du processus de « prédiction ». (p. 254)

Comme nous l’avions exposé dans de précédents textes, il est assez logique que la mort corresponde à la dernière maison, ce qui correspond dans le dispositif « ‘classique » à la maison VIII

(dont la représentation iconographique se retrouve dans le Tarot, cf nos Recherches sur l’histoire de l’astologie et du tarot, avec le Centiloguse de Ptolémée, Paris, Ed Trédaniel 1993). Ce qui renvoie au débat sur le nombre de maisons astrologiques – question récemment soulevée par Patrice Guinard, (autour de l’octotopos)  cf Colloque de 2011 enregistré sur teleprovidence) Dans le tableau repris du travail de Louis Cruchet, l’on note qu’il n’y a que 8  rubriques et non 12 et il est plus que probable que les nouvelles appellations n’étaient également qu’au nombre de 8. Ce n’est que plus tard que l’on en ajouta 4 en redistribuant certaines significations pour y parvenir comme ce sera le cas en ce qui concerne les nouvelles planétes.

 

 

Porte d’En-Bas
Déesse
Bonne Fortune
Mauvaise Fortune
Porte d’En-Bas
Dieu
Bon Démon
Mauvais Démon

 

Le retour aux sources conduit généralement à observer certaines corruptions de la cohérence initiale. Il serait bon notamment que l’on arrête de rechercher la question des enfants en maison V car il ne s’agit plus ici de ce qui concerne l’enfant en train de naitre mais bien des enfants qu’il aura par la suite et cela ne reléve plus du thème de conception ou de ses représentation aui sein du thème de naissance avec les maisons I  à VI.    Mais on soulignera ce qu’il y a d ‘absurde  à vouloir réunir en une seule figure ce qui initialement faisait l’objet de deux  figures, celle de la conception et celle de la naissance. Il serait bon au fond de constituer deux thèmes divisés chacun en 4 sections, soit les 4 angles du thème. et le nombre 8  prend pleinement son sens comme la somme de deux dispositifs à base 4 que l’on aura cru bon de réunir.

 

 

 

 

 

 

JHB

04. 06. 16

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Jacques Halbronn Le texte français précéde le texte allemand. Judenstaat. Etat Juif

Posté par nofim le 31 mai 2016

Le texte français précéde le texte allemand. Judenstaat. Etat Juif

par Jacques  Halbronn

Nous avions consacré une étude à la question des traductions du Judenstaat fr Herzl  ’ Le contrôle par l’auteur des traductions de l’allemand vers le français: de Marx à Herzl (1870-1897)’ sur le présent site / (cf aussi notre ouvrage Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle. Ed Ramkat 2002° et nous avons souhaité reprendre l’étude à nouveaux frais.

Nous aborderons deux points :

I  Fantaisie et Combinaison

Au tout début de l’ouvrage, la version française comporte Fantaisie et Combinaison et la version allemande « Phantaise » et « Combination » mais cette fois entre guillemets. Il nous semble que l’on peut raisonnablement inférer que la traduction allemande même si elle est due à Herzl lui-même, se calque ici sur la mouture française,  du fait même qu’il s’agit de termes français.

On pourrait ajouter, entre autres,  le terme « Souverainität » dans la version allemande  même si le nombre d’emprunts de l’allemand au français est considérable. Mais souvent le traducteur est tenté de produire des formes dérivées du modèle.

 

II  La monnaie de  référence

Dans le texte allemand, les exemples donnés sont en francs. Ce qui montre au minimum que Herzl avait eu d’abord en vue un public français pour son texte. On trouve ainsi « 1 franc 50. »

 

 

II  Une solution moderne

Le titre allemand comporte en sous titre « Versuch einer modernen Lösung der Judenfrage » alors qu’en français l’on a

« Essai d’une solution de la Question Juive ».

Mais le probléme, c’est que dans le corps du texte allemand, c’est la version « Versuch einer Losung’ qui figure et non « Versuch einere modernen Lösung ».

Autrement dit, tout indique que l’édition allemande a ajouté  « modernen » au titre mais sans changer le corps du texte. Si la version allemande avait précédé la version française, on aurait dans le titre français, très vraisemblablement,  Essai d’une solution moderne de la question  juive.

 

Revenons, en conclusion, sur le titre français de l’ouvrage,  L’Etat Juif dont d’aucuns nous disent qu’il aurait fallut  que ce fut Etat des Juifs, pour rendre Judenstaat. Etrangement, ils ne proposent pas que l’on rende Judenfrage par « question des Juifs ».  Nous sommes très sceptiques sur la valeur d’un tel argument car   en allemand,  les noms deviennent en quelque sorte des adjectifs, comme en latin, quand ils sont placés devant un autre nom  En  tout état de cause, on l’aura compris,  le probléme ne saurait se poser ainsi puisque

le texte français est selon nous antérieur au texte allemand mêmes si l’édition allemande est parue après l’édition française, en feuilleton. A ce propos d’ailleurs, il ne semble pas que l’édition allemande ait connu un premier stade au sein d’une revue. On reste donc perplexe sur la date de parution allemande car  la forme feuilleton est souvent  à observer dans la genése d’un ouvrage. Il serait bon de s’assurer que la première édition allemande n’ait pas été antidatée pour appraittre antérieure  à l’édition française. Ce sont, on le sait, des choses qui arrivent (cf nos travaux sur les éditions des Centuries). Il conviendra de recenser les premiers échos de la parution allemande dans la presse.

 

 

 

 

 

 

JHB

31 05 16

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Jacques Halbronnn Le Tribiblos de Claude Ptolémée. Le dernier livre divisé en deux.

Posté par nofim le 31 mai 2016

Le tribiblos de Claude Ptolémée. Le dernier livre divisé en deux.

par  Jacques  Halbronn

 

En 2104 nous avions publié un texte sur le même sité, intitulé  « La réception en français de la Tétrabible au XVIIe siècle ». Nous avons pensé interessant de noter que la Tétrbible, ouvrage maintes fois commenté et notamment en France par des astrologues. Nous montererons que la  Tétrabible fut en réalité à l’origine une « Tribible » étant donné que le Livre III aura été  artificielleemnt coupé en deux, ce qui n’aura pas été sans conséquence sur le  fond dans la mesure où l’on aura évacué de la pensée astrologique la partie consacrée au thème de conception, laquelle constitue la première partie du Livre III et non sa totalité.

Le début du Livre IV aurait pourtant du mettre la puce à l’oreille:

« Nous venons de présenter les données susceptibles d’être considérées  avant la naissance ». Cela résume le précédent livre, le troisiéme.

Comment  les commentateurs et traducteurs du XXe siècle ont-ils résumé le dit Livre III dans leur chapeau introductif

Le Livre unique de l’astrologie  (Nil Ed. 2000)  rendu par Pascal Charvet (avec la collaboration scientifique de Robert Nadal, Yves Lenoble et Jean-Marie Kowalski) « :

« Thèmes de naissance individuels : prévisions concernant la naissance, la durée de la vie, le corps et le tempérament, les maladies et les caractéristiques de l’âme ».  Pas un mot sur le « thème de conception » qui est le cœur même du Livre III. D’où les rubriques toutes liées directement au milieu familial: les parents, les frères, les garçons et les filles, les jumeaux, les êtres difformes,  les enfants que l’on ne peut élever, la durée de la vie (en fait dans les premières années), la conformation du corps et du tempérament, les maux dans leur forme aigue et les pathologies chronique du coros, les caractéristiques de l’âme., les pathologies mentales,

 

En note, on peut lire ‘n° 192)  « A la différence de l’astrologie universelle, l’astrologie généthliaque bénéficie de la connaissance de la date de  naissance de l’individu ». Un tel commentaire vaut pour le livre IV mais non pour le Livre III.  Ce qu’on appelle « astrologie généthliaque » recouvre non seulement le thème de naissance mais aussi le thème de conception. Cette astrologie se diviserait donc en deux volets bien distincts, l’un axé sur le thème de conception(dee génération en quelque sorte)  et l’autre sur le thème de naissance.

Le fait que l’astrologie actuelle ignore le thème de conception conduit à un grave contre-sens dans la compréhension de la Tétrabible, d’où le probléme qu’il y a à demander à des astrologues de se pencher sur la Tétrabible, avec le risque évident d’anachronismes.

Pourtant,  le début du Livre III est sans équivoque : »  Le point de départ de  la connaissance de l’homme est par nature  le moment précis où la conception a lieu ». Certes on reconnait que l’on ne dispose pas toujours du moment de la conception mais c’est bien à cette étude et à elle seule qu’est consacré le dit Livre III « au cas où » cette information serait disonible. Si d’aventure, elle ne l’était pas, il conviendrait, nous semble-t-il, que l’on ne se servît point du dit Livre III qui y est consacré, ce qui tombe sous le sens et on l’a vu, le début du  Livre IV  est très explicite à ce propos. Signalons la traduction latine  du début du Livre IV  « ante nativitatem »  ce qui renvoie au thème de conception et « post nativitatem », ce qui renvoie au thème natal.(cf Ptolemy’s Tetabiblos in the translation of William of Moerbecke,.^ed.  G. Vuillemin-Diem, et C. Steel,  Leuwen University Press,  Louvain, 2015)

La façon dont l’édition Charvet découpe le Livre III  ne peut que créer de la confusion: » 4. Subdivisions de l’astrologie des thèmes de naissance (sic)’ On rappellera que les prévisions prévues dans ce Livre ne font guère sens une fois que la naissance a  déjà eu lieu. Le but du Livre III  consiste à préparer les parents à tout ce qui peut survenir lors de la naissance et en son lendemain. Autrement dit, cela ne vaut que pour l’enfant en son état d’enfance et cela concerne l’enfantement. Ni plus ni moins. Le Livre IV prend le relais de ce premier stade qui mérite à lui seul tout un Livre. au regard de l’utilité que l’on attendait alors de l’astrologie.  La mentalité actuelle des astrologues est décalée car étant sur la défensive, ils entendent montrer que l’astrologie confirme ce que l’on sait déjà par ailleurs. Mais telle n »était pas la position des astrologues d’autrefois qui se limitaient à prédire, donc à dire ce que l’on ne  savait pas encore.

Le Livre III ne couvre donc que ce qui a trait au milieu familial, aux maladies pouvant affecter l’enfant etc.ce qui correspond en gros auc premières maisons astrologiques mais ici point question  des dites maisons!

le Livre IV   quant à lui précise, a contrario, son objet: « ‘parmi les sujets accidentels   et extérieurs à lindividu qui doivent être traités maintenant, celui de la fortune matérielle et des honneurs vient en premier etc » On perçooit là un distinguo épistémologique: le Livre III serait plus lié à la médecine et le Livre IV  pencherait plutôt vers la divination et concernerait les thématiques des maisons qui suivent celle relatives à la famille. Soulignons que si les thématiques recoupent celles des maisons, la méthode de travail  recourt à d’autres outils et  notamment aux aspects. Tout se passe comme si la thématique des maisons astrologiques avait emprunté à  l’astrologie exposée dans la Tétrabible aux Livres III et IV ( avec l’horizon séparant les deux  registres), ce qui nous intéresse au prisme de l’Histoire de l’Astrologie, les maisons astrologiques, absentes de  la Tétrabible prétendant parvenir aux mêmes résultats par d’autres moyens

Il convient toutefois de signaler une anomalie au sein du Livre III, à savoir le chapitre consacré à l’Ascendant.(De gradu horoscopi, dans la trad. latine sus mentionnée).

On lit « Une difficulté  surgit souvent au sujet de la donnée première  et la plus importante: l’heure exacte de naissance ». On voit bien que ce chapitre n’est en fait pas à sa place au Livre III.

En réalité, le préambule du Livre III  couvre à la fois le Livre III et le Livre IV, d’où le développement sur l’ascendant et  l’on peut d’ailleurs se demander pourquoi on a 4 livres et pas seulement 3.  D’ailleurs, le « livre IV » ne comporte pas, quant à lui, de préambule à la différence des trois « premiers »

Il est assez évident qu’il n’est que la suite du Livre III.  Autrement dit, on aura artificiellement coupé le Livre III et en fait dernier en deux parties.  On ne peut nullement exclure que l’original ne comportait que trois Livres et non quatre, ik faudrait donc débaptiser  l’ouvrage en conséquence et le nommer  Tribiblos au lieu de Tetrabiblos.

On se perd en conjectures sur cette division du Livre III . Paradoxalement, une telle division aurait du  précisément souligner la différence de contenu entre les deux volets. Or, il ne semble pas que cela ait été le cas, du moins  depuis déjà un certain temps. Est-ce que cette division n’aurait pas été liée à une volonté de distinguer les deux volets du Livre III et dernier, dans les siècles qui suivirent cette intervention. Encore conviendrait-ill d’examiner les manuscrits qui nous sont parvenus.

En tout état de cause,  comme on l’a montré dans un autre article;  il apparait que le dispositif  mis en place dans cet ouvrage ait  servi à détermùiner les signufications des maisons astrologiques qui finiront par s’imposer mais qui n’étaient pas encore de mise dans  le dit ouvrage.

 

Bibliographie complémentaire

toutes ces éditions relévent de la traduction de Nicolas Bourdin (1640), auteur que nous avons abordé à deux reprises, avec les Remarques Astrologiques de Jean-Baptiste Morin, Ed Retz  1975  et avec le Commentaire du Centilogue (sic). Ed  Trédaniel, 1993

1974  La Tétrabible ou les Quatre livres des jugements des astres ; (suivi de) Le Centiloque ou les Cent sentences / Claude Ptolémée ; [trad. par N. Bourdin] ; [notes de René Alleau et Sylvain Matton] , Paris Culture, art, loisirs

Elisabeth Teissier  Ptolémée Manuel d’astrologie. La Tétrabible.  Paris, Les Belles Lettres, 1993

Denis Labouré  Ed Loge Astrologique de France  1985

André Barbault  Tetrabiblos. Le livre fondamental de l’astrologie Ed Oxus  2007

 

 

 

JHB

02 06 16

 

 

Publié dans ASTROLOGIE, HISTOIRE | Pas de Commentaire »

Mise au point sur les étoiles fixes royales sur le site Irna.lautre.net

Posté par nofim le 6 août 2015

 

Gardiennes du ciel

Quittons quelque peu la Terre pour le ciel : à 1h 34mn 12s, à propos du zodiaque, on nous dit, sans donner de référence :

A ces quatre signes sont associées quatre étoiles parmi les plus brillantes du ciel, jadis baptisées « les gardiennes du ciel ». Ce sont Aldébaran dans la constellation du Taureau, Regulus dans le Lion, Antarès dans le Scorpion, et Fomalhaut, au sommet des Poissons [1] à notre époque, mais anciennement dans le Verseau, avant la modification faite par les astronomes modernes [2].

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Quelques mots sur ces « gardiennes du ciel » : même si l’expression se retrouve parfois sur des sites d’astronomes amateurs, elle est surtout fréquemment utilisée par des astrologues ; le court article consacré à ces « gardiennes du ciel » ou, plus communément, « étoiles royales », sur Wikipedia est d’ailleurs classé dans la catégorie « Astrologie ». Les textes mentionnant ces « étoiles royales » sur le net datent de façon très curieuse leur identification ; celle-ci, toujours associée à l’astronomie/astrologie perse, est attribuée à une date surprenante : « il y a environ 5000 ans », « aux alentours du XXXe siècle avant JC »… Or l’empire perse n’est fondé que vers 550 avant JC, les premiers souverains achéménides n’apparaissent que vers 650 avant JC, et même si l’on prend la notion plus large de peuple perse, son installation dans la région de l’Iran actuel n’est attestée qu’au cours du premier millénaire avant JC. D’où vient cette idée d’astronomes perses 3000 ans avant JC, et cette idée d’étoiles « royales » ou « gardiennes » sur lesquelles, c’est le moins qu’on puisse dire, l’archéologie moderne n’est guère bavarde ?

Si l’on remonte un peu dans le temps, on trouve mention des « gardiens du ciel » chez Camille Flammarion, dans un ouvrage de vulgarisation intitulé Les étoiles et les curiosités du ciel, un supplément à L’Astronomie populaire, paru en 1882. Flammarion écrit page 441 :

Nous parlions tout à l’heure de Fomalhaut, ou alpha du Poisson austral.
Remarquons à ce propos que Aldébaran du Taureau, Antarès du
Scorpion, Régulus du Lion et Fomalhaut se trouvent à peu près à
angle droit l’une avec l’autre et partagent le ciel en quatre parties
égales. Ces quatre étoiles, brillantes et remarquables, appelées aussi
étoiles royales, étaient vénérées par les Perses 2500 ans avant notre
ère, comme les quatre gardiens du ciel.

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On retrouve bien là les noms des quatre étoiles gardiennes, ainsi que l’allusion à des astronomes en Perse au troisième millénaire avant JC.

Mais Flammarion ne fait que recopier, quasiment mot pour mot, François Arago, dans le tome I de l’Astronomie populaire paru en 1854 (livre VIII, page 342) :

Aldebaran du Taureau, Antarès du Scorpion, Régulus du Lion et Fomalhaut du Poisson austral, partagent le ciel en quatre parties presque égales. Ces quatre étoiles, très-brillantes et très-remarquables, appelées aussi étoiles royales, étaient sans doute les quatre gardiens du ciel des Perses, 3 000 ans avant J.-C.

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Ces éléments, Arago les reprend lui-même d’autres ouvrages de la fin du XVIIIème siècle. On peut mentionner par exemple un ouvrage du citoyen Dupuis publié en 1795, L’origine de tous les cultes, ou la religion universelle :

Ormusd a encore placé aux quatre coins du ciel quatre sentinelles, pour veiller sur les étoiles fixes. Ce sont vraisemblablement les quatre étoiles Royales de nos Astrologues. L’astre Taschter garde l’Est ; Satevis, l’Ouest ; Venand, le Midi ; Hastorang, le Nord

( 2ème partie, page 720 – « Ormusd » est Ahura-Mazdâ)

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On retrouve surtout la même idée chez Jean Sylvain Bailly, auteur d’une Histoire de l’astronomie ancienne, depuis son origine jusqu’à l’établissement de l’école d’Alexandrie dont la première publication remonte à 1775 :

M. Anquetil, dans sa traduction du Zend-Avesta, nous donne quelques détails sur les idées des anciens Perses à l’égard des étoiles. [...] Quatre grandes étoiles sont, selon eux les surveillantes des autres ; ces étoiles sont taschter, qui garde l’est ; satevis, l’ouest, venand, le midi, hastorang, le nord. Nous pensons que par ces étoiles les Perses ont voulu partager le ciel, et qu’ils les ont désignées comme répondant aux quatre points cardinaux. Or la division des points cardinaux naît de celle du zodiaque par les points équinoxiaux et solstitiaux, et par conséquence les étoiles qui désignent l’est, l’ouest, le nord et le midi désignaient alors les équinoxes et les solstices. Cela nous paraît évident. En conséquence, nous remarquons que vers l’an 3000 avant J.C., les étoiles étant moins avancées de 66° [60° dans l’édition de 1781 - NdlA], aldébaran était précisément dans l’équinoxe du printemps. Cette belle étoile a donc pu être regardée comme la gardienne de l’équinoxe ou de l’est. Antarès, ou le coeur du scorpion, se trouvait aussi précisément dans l’équinoxe d’automne : voilà le gardien de l’ouest. Regulus n’était qu’à 10° du solstice d’été et phomalhaut à 6° du solstice d’hiver. Ces quatre étoiles de la première grandeur, toutes très-brillantes et très-remarquables, forment une division du ciel en quatre parties presque égales, qui a trop de rapport avec celle des Perses pour n’y pas reconnaître une identité parfaite, et pour ne pas déterminer à 3000 ans avant J.C. la date de cette division du zodiaque au moins en quatre parties.

(page 480)

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On a bien là l’origine de l’idée des quatre gardiennes dont l’identification remonterait à 3000 ans avant notre ère ; on admirera au passage le raisonnement magnifiquement circulaire de Bailly à propos de cette date.

Le Zend-Avesta évoqué par Bailly est l’Avesta, qui regroupe les textes sacrés du zoroastrisme. La première traduction française de l’Avesta venait d’être publiée quelques années auparavant, en 1771, par Anquetil-Duperron, sous le titre Zend-Avesta, ouvrage de Zoroastre, contenant les idées théologiques, physiques et morales de ce législateur, les cérémonies du culte religieux qu’il a établi, et plusieurs traits importants relatifs à l’ancienne histoire des Perses. On y trouve, page 349 du tome II :

Ormusd a encore placé aux quatre côtés du Ciel quatre sentinelles, pour veiller sur les Etoiles fixes. Il les a établies surveillantes sur les nombreuses Etoiles des Constellations. Il a établi l’une de tel côté, sur tel lieu, l’autre, de tel autre côté, sur tel autre lieu ; et cela par sa propre force, par sa puissance, lui qui a donné ces Etoiles fixes, comme il est dit : Taschter garde l’Est ; Satevis garde l’Ouest ; Venand garde le Midi ; Hastorang garde le Nord.

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Donc, reprenons : la première mention de ces quatre « gardiennes » apparaît en 1771 dans la traduction de l’Avesta ; elle est ensuite reprise par Bailly, puis par Arago et Flammarion au XIXème siècle, enfin par les astrologues et Jacques Grimault. Il y a par contre un petit problème avec l’identification de ces 4 gardiennes : l’Avesta donne bien sûr leur nom en iranien ancien (avestique). Anquetil-Duperron identifie les 4 étoiles ainsi : Taschter est Sirius (page 186 note 1), Satevis est l’oeil austral du Taureau (Aldébaran – page 186 note 2), Venand ou Venant est le pied d’Orion (Rigel – page 187 note 1), et Hastorang la Grande ou la Petite Ourse (Anquetil-Duperron traduit Hastorang par « les sept étoiles » – page 187 note 2).

Or on constate que Bailly, s’il reprend dans son Histoire de l’Astronomie ancienne les noms avestiques des quatre « surveillantes », ne les identifie pas aux mêmes étoiles : pour lui Taschter est Aldébaran et non Sirius, Satevis Antarès et non Aldébaran ; quant à Venand il l’assimile à Regulus, et Hastorang à Fomalhaut, deux astres non mentionnés par Anquetil-Duperron. Comme on l’a vu par l’extrait cité plus haut, le raisonnement de Bailly est parfaitement circulaire : il décide que l’astronomie perse débute vers l’an 3000 avant JC, constate qu’à cette date ces quatre étoiles-là sont dans la position souhaitée, en déduit que ce sont bien ces quatre étoiles qui sont les quatre « surveillantes », et termine en concluant que c’est donc bien la preuve que l’astronomie perse débute en 3000 avant JC : la boucle est bouclée.

Tous les auteurs suivants ont repris les quatre étoiles identifiées par Bailly ; on les retrouve mentionnées par Dupuis (page 258-9 du volume I de L’origine de tous les cultes), Aldébaran et Antarès pour l’Est et l’Ouest, Régulus et Formalhaut pour le Sud et le Nord. A noter cependant que pour cette dernière Dupuis semble un peu hésitant, puisque dans le volume I page 69 il nous dit que Hastorang « prend son nom des étoiles de l’Ourse »… Dupuis semble bien être également celui qui a introduit l’idée d’étoiles « royales », nullement présente dans l’Avesta, où ces étoiles sont plutôt qualifiées de « sentinelles », « surveillantes », et souvent de « généraux », « chefs » des armées célestes formées des étoiles opposées à l’esprit du mal, Ahriman ou Angra Mainyu. Bailly parle de « surveillantes » et « gardiennes », alors que Dupuis précise lui que « ces étoiles reçurent la dénomination pompeuse d’étoiles royales » (volume I page 259).

Par la suite, d’Arago à Flammarion, à Théophile Moreux (qui les évoque pages 123-124 (nouvelle édition de 1943) de La science mystérieuse des Pharaons), et aux divers auteurs plus ou moins sérieux qui ont repris le mythe créé par Bailly et Dupuis, c’est cette version qui s’est imposée : quatre étoiles « gardiennes » ou « royales », Aldébaran, Antarès, Regulus et Fomalhaut, le tout remontant à environ 3000 ans avant JC.

Or l’assimilation des quatre « sentinelles » aux quatre étoiles ci-dessus est loin de faire l’unanimité. Elle repose, comme on l’a vu plus haut, sur un raisonnement circulaire qui n’est appuyé sur aucun élément linguistique, historique ou archéologique. Par exemple, selon George Allen Davis Jr., qui a écrit pour le magazine américain Popular Astronomy un article intitulé « The so-called royal stars of Persia », trois des « sentinelles » doivent être associées plutôt à des constellations : Satevis (« Satevaesa », dont la signification est « une centaine de maisons ») serait la constellation du Verseau plutôt que la seule Fomalhaut, Venant (« Vanant », le victorieux, mais aussi celui qui pique, qui châtie) serait la constellation du Scorpion avec Antarès, et Hastorang (« Haft-Aurang », les 7 trônes ou les 7 cieux) serait la Grande Ourse. De son côté, Gary David Thompson écrit : « Seuls deux d’entre elles peuvent être raisonnablement identifiées, Tišhtya avec l’étoile Sirius, et Haftoreng avec les étoiles de la Grande Ourse. Cependant, de nombreuses publications continuent à identifier Aldébaran, Antarès, Fomalhaut et Régulus avec les quatre étoiles cheftaines (royales) de Perse. Cette erreur repose de façon évidente sur le livre publié il y a 105 ans, Le nom des étoiles, par l’astronome amateur américain Richard Allen. (L’identification d’Aldébaran, Antarès, Fomalhaut et Régulus fut proposée au départ par l’historien et astronome français du XVIIIème siècle Jean Bailly) ».  D’une manière générale, l’identification de Taschter (aujourd’hui rendu plutôt comme Tishtrya ou Tishtar) avec Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel, qu’avait faite Anquetil-Duperron, est considérée comme valide par les traducteurs et spécialistes modernes de l’Avesta, qui soulignent son rôle de divinité pourvoyeuse de pluie ; alors que l’identification avec Aldébaran n’est reprise que par ceux qui utilisent Flammarion ou Bailly comme source, et n’est défendue ni argumentée par personne.

L’identité des quatre « gardiennes du ciel » nommées dans le film ne repose donc que sur l’interprétation, elle-même non étayée, de Bailly en 1775… sans compter que, selon ce site :

La reconstitution de ce ciel des anciens montre que ce partage du ciel par les quatre étoiles est approximatif. En 3150 av J.C. Aldébaran et Antarès étaient à peu près à la place qui leur revient, mais Régulus et Fomalhaut en étaient distantes d’une dizaine de degrés. Par contre, vers 2300 avant J.C. Régulus et Fomalhaut étaient à leurs places, et c’est Aldébaran et Antarès qui ne l’étaient plus. Au millénaire suivant, ce repèrage avait perdu son sens, et du temps d’Ézéchiel, encore bien plus.

Ce que disait déjà, près de deux siècles plus tôt, Delambre dans son Histoire de l’astronomie ancienne (volume 1 page 433) :

[Bailly] cherche à prouver que 3000 ans avant notre ère, les Indiens observaient.
Le Zend-Avesta rapporte que quatre étoiles gardaient les quatre points cardinaux du monde. Peut-on imaginer rien de plus vague qu’une pareille remarque ? Or, dit Bailly, Aldébaran et Antarès n’étaient alors qu’à 40’ des équinoxes. On voit en effet que ces étoiles sont diamétralement opposées, au moins en longitude. Où sont les deux autres qui devraient être à 90° des premières ; nous n’en trouvons que de sixième grandeur ou de cinquième tout au plus. Bailly se rejette sur Régulus et sur le Poisson austral, qui sont à 6 et 11° des deux autres points cardinaux.

Annales chinoises

A partir de 1h 38mn 14s on en arrive enfin à l’hypothèse centrale de M. Grimault : les pyramides et le sphinx forment une « horloge » destinée à avertir d’un cataclysme cyclique menaçant la planète :

J’allai fouiller les écrits anciens. On trouvait curieusement dans les mythes, légendes et croyances d’un grand nombre de peuples de notre planète la même idée d’évènements cycliques. La destruction par l’eau revenait souvent, tout comme celle d’une atteinte future par le feu, comme en témoignaient l’Apocalypse de Saint Jean, ou les textes sacrés hindous appelés puranas.

L’idée « d’évènements cycliques » est illustrée dans le film par deux pages mentionnant des Annales chinoises et évoquant des rapports entre Egyptiens et Chinois :

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Ces pages proviennent d’un mémoire de Joseph de Guignes, publié en 1774 dans le volume 36 de Histoire de l’Académie royale des inscriptions et belles lettres sous le titre « Examen critique des Annales chinoises, ou Mémoire sur l’incertitude des douze premiers siècles de ces annales, et de la chronologie chinoise » (à partir de la page 164).

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Comme on peut le voir dans ce mémoire, ainsi que dans le suivant dans le même volume (« Idée de la littérature chinoise en général »), Joseph de Guignes était obsédé par l’idée de trouver des liens entre Egyptiens et Chinois, idée qu’il avait déjà développée en 1758 dans un autre mémoire lu devant l’Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, « Mémoire dans lequel on prouve que les Chinois sont une colonie égyptienne ». Inutile de préciser que cette idée fut très rapidement ridiculisée, par exemple dès 1759 par l’orientaliste Le Roux Deshauterayes, qui sermonnait ainsi Joseph de Guignes :

Ce n’est pas assurément que je ne crois très-permis de proposer de semblables paradoxes, fussent-ils même encore plus extraordinaires que ceux-là ; mais je pense qu’en les proposant on doit être ou sur une grande réserve quant à l’expression, ou muni des preuves les plus incontestables. Lorsqu’on n’a que de légères vraisemblances à alléguer et des promesses à faire, devrait-on prendre ce ton décisif et imposant qui n’appartient qu’à la certitude ? Il s’agit moins dans les découvertes historiques d’annoncer du merveilleux que de publier des vérités.

On peut se demander quelles « vérités » Jacques Grimault a pu tirer de ce texte de Joseph de Guignes ; ce qui est sûr, c’est qu’il n’a pas pu en tirer, contrairement à ce que laisserait entendre la narration du film, la moindre information sur « l’idée d’évènements cycliques » dans la Chine ancienne. Le mémoire n’est en effet qu’une description des annales historiques des diverses dynasties chinoises, dont l’auteur essaie de montrer qu’elles sont très imprécises pour les périodes antérieures à l’ère chrétienne. L’idée de « cycle » n’y apparaît qu’en liaison avec celle de calendrier (cycle de soixante ans), jamais en faisant référence à des évènements, encore moins de type cataclysmique (destructions par le feu ou l’eau). Du coup on se demande vraiment ce que vient faire cette référence à ce moment du film, à part peut-être susciter chez le spectateur l’idée que les Chinois partageaient l’idée de destruction cyclique évoquée par les textes de l’hindouisme. A noter par parenthèse que si l’idée d’un cycle de destruction/recréation du monde au cours d’un âge (Mahayuga) de quatre cycles (Yugas) est bien présente dans les Puranas, en particulier dans le Vishnu Purana, c’est avec une échelle de temps qui n’a pas grand chose à voir avec celle évoquée par le film (où le seul cycle évoqué est le cycle de 25 800 ans de la précession des équinoxes), puisque la durée du Mahayuga est de plus de 4 millions d’années, et celle du Kali Yuga, dans lequel nous sommes censés être, de plus de 400 000 ans…

Philosophes grecs

L’idée de cataclysmes cycliques est ensuite renforcée par l’appel aux philosophes grecs (illustrés par « L’école d’Athènes » de Raphaël) à partir de 1h 38mn 34s :

Plusieurs auteurs grecs évoquaient eux aussi des cataclysmes cycliques, l’un d’entre eux précisait même la période à laquelle ils se produisaient : tous les 10 à 12 000 ans. Ce qui semblait étrangement correspondre au récit de Platon et à la disparition de la fameuse Atlantide, histoire rejetée par la science moderne. Tout comme les écrits d’Aristote, autre savant grec jugé plus fiable, concernant de grandes révolutions dans l’espace environnant la Terre, qui entraînent la disparition cyclique de ce qui recouvre le globe.

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Il y a malheureusement de nombreuses approximations dans ce paragraphe. Parmi les auteurs grecs évoqués ici, il y a probablement Héraclite, à qui on attribue souvent l’idée de ces « cataclysmes cycliques », idée qui aurait été reprise ensuite par les Stoïciens qui imaginent le monde finir dans une conflagration puis recommencer à l’identique dans un éternel retour (voir « Eternel retour et temps périodique dans la philosophie stoïcienne » de Jean-Baptiste Gourinat). La pensée d’Héraclite, que l’on ne connaît que par une centaine de fragments repris par d’autres auteurs, est assez complexe, et bien différente de ce qui en est souvent présenté et qui a été contaminé par les idées stoïciennes. Il y a tout d’abord l’idée du feu comme principe fondamental du cosmos :

Ce monde, le même pour tous, ni dieu ni homme ne l’a fait, mais il était toujours, il est et il sera, feu toujours vivant, s’allumant en mesure et s’éteignant en mesure.

( fragment 30, Clément d’Alexandrie, Stromates, V, 104, 2)

Le monde, éternel, est feu ; mais ce feu subit des fluctuations, se transformant en « non-feu » (terre, mer), qui à son tour nourrit le feu :

Conversions du feu : d’abord mer, de mer, la moitié terre, et la moitié souffle brûlant. [...] [Terre] se dissout en mer, et est mesurée selon le même rapport qu’avant de devenir terre.

(fragment 31, Clément d’Alexandrie, Stromates, V, 104, 3 et 104, 5)

Mort de la terre, de devenir eau, mort de l’eau, de devenir air, de l’air, de devenir feu ; et inversement.

(fragment 76, Marc Aurèle, Pensées, IV, 46)

Pour une analyse de ces fragments, voir les Fragments d’Héraclite, traduits et commentés par Marcel Conche (pages 279 à 286, 289 à 292 et 297-298).

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Plutôt qu’une « fin du monde », on a donc chez Héraclite transformation permanente, passage du feu au non-feu : « Le devenir est une suite de morts et de naissances, de naissances et de morts, et cela nécessairement, car les opposés sont uns : la mort est naissance, la naissance est mort. Le sort de tout ce qui est fini, particulier (qui est « terre » et pas autre chose, etc.), est de disparaître, de céder la place à un autre fini, un autre particulier. » (Marcel Conche, page 298). Et cette transformation se fait de façon régulière, « en mesure » (fragment 30). A quel rythme ? rien dans les fragments connus d’Héraclite ne permet de le déduire ; mais des auteurs plus tardifs, en particulier le Romain Censorin dans De Die natali (« Le jour natal »), lui attribuent l’idée d’un cycle de 10800 ans, ce qui se rapproche des « 10 à 12 000 ans » évoqués par le film. D’autres encore, probablement par une erreur de traduction, portent la durée du cycle selon Héraclite à 18 000 ans (Plutarque, Les opinions des philosophes, livre second, chapitre XXXII).

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Cette idée d’un « cycle de 10800 ans » qu’aurait défendu Héraclite se trouve, chez Censorin, au sein d’un chapitre (chapitre XVIII) de son ouvrage consacré à la notion de « grande année », présente chez beaucoup d’auteurs grecs. On la trouve par exemple chez Platon, dans le Timée, sous le nom « d’année parfaite » :

Il est néanmoins possible de comprendre comment la véritable unité de temps, l’année parfaite est accomplie, lorsque les huit révolutions mesurées par le circuit et le mouvement uniforme du même, sont toutes retournées à leur point de départ.

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La « grande année » ou « année parfaite » est donc le temps nécessaire pour que les cinq planètes connues des Grecs anciens, plus le Soleil et la Lune, se retrouvent dans la même configuration par rapport à la Terre et à la sphère des fixes. Platon ne donne pas de valeur à cette période, mais Censorin note que chaque auteur grec lui donne une valeur différente (De Die Natali, chapitre XVIII) :

Cette année, d’après l’opinion d’Aristarque, se compose de 2484 années solaires. Arétès de Dyrrachium la fait de 5552 années ; Héraclite et Linus, de 10 800 ; Dion, de 10 884 ; Orphée, de 100 020 ; Cassandre, de 3 600 000. D’autres enfin ont considéré cette année comme infinie, et ne devant jamais recommencer.

Cette dernière opinion est sans doute la plus justifiée puisque, selon la newsletter de décembre 2012 (n° 85) de l’Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides :

Ces cycles n’ont aucune réalité physique, la connaissance des révolutions sidérales moyennes des planètes, même arrondies aux jours, donne une hypothétique période synodique des planètes plus grande que l’âge actuel de l’Univers !

Censorin mentionne également, concernant cette « grande année », la croyance des auteurs grecs en une alternance d’embrasements et de déluges :

Cette année a un grand hiver, appelé par les Grecs κατακλυσμὸς, c’est-à-dire déluge ; puis, un grand été, nommé ἐκπύρωσις, ou incendie du monde. Le monde, en effet, semble être tour à tour inondé ou embrasé à chacune de ces époques.

En fait, seuls chez les philosophes grecs les Stoïciens reprennent cette idée d’une alternance de cataclysmos et ekpyrosis, idée qui provient directement du Babylonien Bérose, prêtre et astronome/astrologue :

Bérose, traducteur de Bélus, attribue ces révolutions aux astres, et d’une manière si affirmative, qu’il fixe l’époque de la conflagration et du déluge. « Le globe, dit-il, prendra feu quand tous les astres, qui ont maintenant des cours si divers, se réuniront sous le Cancer, et se placeront de telle sorte les uns sous les autres, qu’une ligne droite pourrait traverser tous leurs centres. Le déluge aura lieu quand toutes ces constellations seront rassemblées de même sous le Capricorne. Le premier de ces signes régit le solstice d’hiver ; l’autre, le solstice d’été. Leur influence à tous deux est grande, puisqu’ils déterminent les deux principaux changements de l’année. »

(Sénèque, Questions naturelles, Livre III)

On retrouve enfin ici le concept de cataclysmes cycliques évoqué par le film, mais à nouveau avec une échelle de temps qui n’est pas du tout celle de la précession des équinoxes, puisque, d’après Eusèbe de Césarée (Histoire universelle, Chronographia, dans sa version arménienne),  Bérose envisageait une « grande année » de 432 000 ans :

Dans son second livre, il parle des dix rois des Chaldéens et du temps de leurs règnes, cent vingt saroi c’est-à-dire quatre cent trente deux mille années jusqu’au cataclysme.

(Le saros de Bérose correspond à 3600 ans, et n’a rien à voir avec le saros des astronomes, voir « L’origine du nom saros » sur le site de l’Institut de Mécanique Céleste)

Si Bérose semble avoir inspiré directement certains Stoïciens, pour qui l’ekpyrosis est le préalable à l’apocatastase, la restauration du monde en son état originel, le lien que fait le film entre ces idées de destruction cyclique du monde et les idées de Platon ou d’Aristote est beaucoup plus discutable. Si Platon évoque bien dans le Timée, comme on l’a vu plus haut, l’année « parfaite », il ne met par contre à aucun moment cette grande année, qu’il évoque dans le cadre de la description de la création du monde, en relation avec un ou des cataclysmes. D’autre part, le Timée décrit bien un cataclysme, celui qui détruit tant l’armée athénienne que l’Atlantide :

Dans la suite de grands tremblements de terre et des inondations engloutirent, en un seul jour et en une nuit fatale, tout ce qu’il y avait chez vous de guerriers ; l’île atlantide disparut sous la mer ; aussi depuis ce temps la mer est-elle devenue inaccessible et a-t-elle cessé d’être navigable par la quantité de limon que l’île abîmée a laissé à sa place.

Mais il n’y a pas grand chose de « cyclique » dans ce cataclysme-là. Le prêtre égyptien qui décrit à Solon l’Atlantide évoque bien plusieurs cataclysmes, mais là encore le paragraphe n’évoque pas vraiment ni une destruction généralisée, ni une périodicité liée à un quelconque cycle :

Le genre humain a subi et subira plusieurs destructions, les plus grandes par le feu et l’eau, et les moindres par mille autres causes. Ce qu’on raconte chez vous de Phaéton, fils du Soleil, qui, voulant conduire le char de son père et ne pouvant le maintenir dans la route ordinaire, embrasa la terre et périt lui-même frappé de la foudre, a toute l’apparence d’une fable ; ce qu’il y a de vrai, c’est que dans les mouvements des astres autour de la terre, il peut, à de longs intervalles de temps, arriver des catastrophes où tout ce qui se trouve sur la terre est détruit par le feu. Alors les habitants des montagnes et des lieux secs et élevés périssent plutôt que ceux qui habitent près des fleuves et sur les bords de la mer. Pour nous, le Nil nous sauve de cette calamité comme de beaucoup d’autres, par le débordement de ses eaux. Quand les dieux purifient la terre par un déluge, les bergers et les bouviers sont à l’abri sur leurs montagnes, tandis que les habitants de vos villes sont entraînés par les torrents dans la mer. Chez nous, au contraire, jamais les eaux ne descendent d’en haut pour inonder nos campagnes : elles nous jaillissent du sein de la terre. Voilà pourquoi nous avons conservé les monuments les plus anciens. En tout pays, le genre humain subsiste toujours en nombre plus ou moins considérable, à moins qu’un froid ou une chaleur extrême ne s’y oppose.

Platon décrit des catastrophes naturelles : séismes, inondations, canicules ou incendies ; mais ne les met absolument pas en relation avec la « grande année », et envisage très clairement des catastrophes limitées dans l’espace.

En ce qui concerne Aristote, nous n’avons aucun texte de lui évoquant une « grande année », mais uniquement des indications très indirectes : certains supposent qu’un texte disparu de Cicéron, l’Hortensius, qui évoque une grande année de 12 954 ans, serait basé sur un texte également disparu d’Aristote, le Protreptique. Ce chiffre de 12 954 ans est mentionné par Tacite, mais ce dernier ne fait pas référence à Aristote :

S’il est vrai, comme Cicéron l’écrit dans son Hortensius, que la grande et véritable année soit accomplie, lorsqu’une position donnée du ciel et des astres se reproduit absolument la même, et si cette année en comprend douze mille neuf cent cinquante-quatre des nôtres, [...]

(Tacite, Dialogue des Orateurs, XVI)

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Qu’en est-il chez Aristote des « grandes révolutions dans l’espace environnant la Terre, qui entraînent la disparition cyclique de ce qui recouvre le globe », comme il est dit dans le film ? Je n’ai pas la prétention d’avoir lu tout Aristote, mais il me semble que le texte qui se rapprocherait le plus de cette idée de « disparition cyclique de ce qui recouvre le globe » serait le chapitre XIV du livre I de la Météorologie :

Les mêmes lieux de la terre ne sont pas toujours humides ou secs ; mais leur constitution varie selon la formation ou la disparition des cours d’eau. C’est là ce qui fait que le continent et la mer changent aussi de rapport, et que les mêmes lieux ne sont pas toujours de la terre ou toujours de la mer. La mer vient là où était jadis la terre ferme ; et la terre reviendra là où nous voyons la mer aujourd’hui.
Il faut croire d’ailleurs que ces phénomènes se succèdent, selon un certain ordre et une certaine périodicité. Le principe et la cause de ces mouvements, c’est que l’intérieur de la terre, tout comme les corps des plantes et des animaux, a ses époques de vigueur et de dépérissement.
La seule différence c’est que dans les plantes et les animaux ces changements n’ont pas lieu en partie seulement, mais c’est l’être tout entier qui par une loi nécessaire fleurit, ou se meurt, tandis qu’au contraire pour la terre, ces changements ne se font que partiellement par le froid et par la chaleur.
Le froid et la chaleur eux-mêmes s’accroissent ou diminuent par le soleil, et par le mouvement de révolution ; et c’est par le chaud et le froid que les diverses régions de la terre prennent une propriété différente, pouvant, durant un certain temps, rester humides, puis se desséchant et vieillissant ensuite. D’autres lieux revivent et redeviennent par portions successivement humides

Ce que Aristote nous décrit ainsi, ce sont des alternances d’assèchement/submersion des continents (il s’appuiera dans la suite du texte sur le cas du delta du Nil, autrefois mer puis comblé progressivement par les alluvions tandis que l’Egypte se desséchait). Mais il est très loin de penser à des catastrophes brutales, de type déluge ou sécheresse caniculaire :

Ce qui fait que ces phénomènes nous échappent, c’est que toute cette formation naturelle de la terre ne se fait que par additions successives et dans des temps immensément longs, si on les compare à notre existence ; des nations tout entières disparaissent et périssent avant qu’on ne puisse conserver le souvenir de ces grands changements, de l’origine jusqu’à la fin.
Les destructions des peuples sont les plus considérables et les plus rapides dans les guerres ; d’autres tiennent à des épidémies, d’autres à des famines ; et ces causes tantôt détruisent les peuples tout à coup, tantôt petit à petit. Aussi ne se rend-on pas compte des transmigrations de ces populations ; car tandis que les uns abandonnent la contrée, d’autres persistent à y rester jusqu’à ce que le sol ne puisse plus absolument y nourrir personne.
Entre la première observation et la dernière, on doit croire qu’il s’est écoulé des temps si considérables que personne n’en a conservé le souvenir, et que ceux qui avaient pu être sauvés et qui sont restés ont tout oublié par la longueur même du temps. C’est de la même façon que nous échappe, à ce qu’on doit croire, l’époque du premier établissement des nations sur ces terrains qui changent et qui deviennent secs après avoir été marécageux et inondés.
C’est qu’en effet cet accroissement du sol habitable, ne se fait que petit à petit et après de longs siècles, de sorte qu’on ne sait plus ni quels ont été les premiers occupants, ni à quelle époque ils sont venus, ni quel était l’état de la contrée quand ils y vinrent.

On est donc bien là sur des échelles de temps longues, et ce que Aristote nous décrit s’apparente plus, en termes actuels, à des changements climatiques et phénomènes de subsidence ou d’alluvionnement, qu’au déluge décrit par l’Ancien Testament ou à la « grêle de feu » de l’Apocalypse de Jean – qui n’ont eux, par ailleurs, aucun caractère cyclique qui ne pourrait qu’être contraire au discours eschatologique.

La cause que l’on pourrait peut-être assigner à tous ces faits, c’est que de même qu’à certaines époques fixes, l’hiver se produit dans les saisons de l’année, de même aussi se produit un grand hiver qui relève de quelque immense période, et qui amène une excessive abondance de pluies.

On retrouve bien ici chez Aristote la notion de « grand hiver » exposée plus haut (voir Censorin), et donc probablement de « grande année » (« quelque immense période ») ; Aristote évoque une sorte d’année « cosmique » avec ses hivers pluvieux (cataklysmos) et ses étés secs et chauds (ekpyrosis), mais à la différence de Bérose ou des Stoïciens n’envisage pas de fin du monde, de catastrophe touchant toute la planète :

Ce n’est pas du reste toujours dans les mêmes contrées que ce phénomène se manifeste, et c’est comme ce qu’on appelle le déluge de Deucalion. Ce déluge s’est étendu surtout sur les contrées helléniques, et parmi elles sur la vieille Hellade.[...]
Avec le temps, tel lieu se dessèche davantage, tel autre se dessèche moins, quand il a été bien inondé, jusqu’à ce qu’arrive de nouveau la révolution de cette grande période.
Comme il y a nécessairement quelque changement de l’univers, sans qu’il y ait cependant pour lui ni naissance ni destruction, puisqu’il subsiste toujours, il y a une nécessité égale, ainsi que nous le soutenons, que les mêmes lieux ne soient pas toujours inondés par la mer ou les fleuves, et que les mêmes lieux ne soient pas toujours secs. Les faits sont là pour le prouver.

L’idée même de destruction du monde est étrangère à Aristote, pour qui l’univers est éternel, incréé, indestructible et régulier : ainsi, par exemple dans Du Ciel, le philosophe s’attache à « montrer qu’il n’y a qu’un seul et unique ciel, qu’il est incréé, éternel, et de plus qu’il se meut d’une façon régulière et uniforme. » (Livre II chapitre VI)

Pour terminer sur cette idée de cataclysmes cycliques, il est clair que le film amalgame peu subtilement des idées parfois contradictoires et des auteurs bien différents. Il est clair également que les spéculations philosophiques de ces auteurs anciens sur la « cyclologie » ne sont que cela : des spéculations. S’appuyer sur ces auteurs pour affirmer l’existence d’une « grande année » entraînant son cortège de destructions cycliques revient à s’appuyer, par exemple, sur l’autorité d’Aristote pour affirmer que les séismes sont provoqués par le vent, ou que la Terre est immobile au centre de l’Univers… Déjà au XVIIIème siècle l’astronome François Arago (plus critique sur ce point que sur celui des « gardiennes du ciel », voir plus haut) montrait l’inanité de cette « cyclologie des Anciens » :

À une époque où tant de philosophes se persuadaient que les destinées des hommes et même celles de la Terre, considérée en masse, étaient réglées par le cours des astres, il n’y avait rien d’outré à supposer que chaque grande année ramènerait la même suite, le même ordre de phénomènes moraux et physiques ; le même cours d’événements politiques ou militaires ; la même succession de personnages célèbres par leurs vertus, par leurs vices ou par leurs crimes. Dans ce système, l’histoire d’une seule grande année aurait été celle des suivantes.[...]
L’alternat de cataclysmes et de conflagrations n’était pas admis généralement. Certains philosophes ne croyaient qu’à des déluges ; d’autres qu’à des incendies. Il en existait enfin qui, assimilant les âges du monde à ceux de l’homme, voyaient la nature croître en force et en vigueur pendant la première moitié de la grande année, et marcher ensuite, durant la seconde moitié, vers la décrépitude. Quant à Platon, il s’était rangé à l’opinion que le monde, au premier jour du grand cycle, possède le maximum de force, et qu’à partir de là, tout décroît, tout s’affaiblit graduellement. La tradition sur les quatre âges caractérisés par quatre métaux, est la traduction vulgaire de l’idée de Platon.[...]
Les anciens tombèrent encore moins d’accord sur la longueur de la grande année que sur sa signification. Les uns portèrent cette longueur jusqu’à 6 570 000 ans, d’autres la réduisirent à quelques centaines d’années. Cicéron, dans le Songe de Scipion, dit qu’il n’ose pas décider de combien de siècles l’année parfaite se compose.[...]
Les grands noms de Platon, de Cicéron, de Sénèque, de Plutarque, ne doivent pas nous empêcher de ranger les opinions des anciens sur les relations de la grande année avec les événements de toute nature observables sur la Terre, au nombre des conceptions les plus creuses que l’antiquité nous ait léguées.

(François Arago, Astronomie populaire, Livre XXXIII, chapitre 43)

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Conclusion générale

Au terme de ce recensement des quelques références bibliographiques qui apparaissent dans le film La Révélation des Pyramides, je voudrais noter quelques points :

- J’ai bien conscience des limites de l’exercice : un film, particulièrement un film grand public, n’est pas un ouvrage scientifique, et ne saurait ni entrer très avant dans le détail de questions complexes, ni fournir des références exhaustives. Cependant, en l’absence du livre de Jacques Grimault censé avoir servi de base au film et jamais paru suite semble-t-il à un imbroglio juridique, et devant le refus du même de fournir le moindre élément bibliographique au cours des échanges avec lui – ne faisant que la vague promesse d’en dire plus dans l’opus suivant – c’est un des rares moyens dont on dispose pour évaluer, non pas la qualité du film, mais celle de la démarche de construction de l’hypothèse des auteurs telle qu’elle nous est présentée.

- Rien ne dit que les ouvrages entr’aperçus dans le film et les auteurs mentionnés font réellement partie de la bibliographie de Jacques Grimault, ni qu’ils en représentent la totalité. Mais même si on peut admettre que le choix de certaines couvertures ou gravures ait reposé sur des considérations esthétiques, comme l’affirme le réalisateur Patrice Pooyard, il est difficile de croire que tous ces ouvrages aient été choisis au hasard ; quant aux auteurs mentionnés (Agatharchide, Platon, Aristote…), on voit mal quelle dimension esthétique leur nom aurait pu apporter au film.

- Je n’ai volontairement rien dit ici des contemporains interrogés dans le film. D’une part parce que le travail d’analyse de leur témoignage a déjà été partiellement fait ailleurs (voir ici ou ) ; d’autre part par choix de me consacrer aux références livresques.

Si l’on résume maintenant ce qui semble transparaître de cette liste de références : - Absence de toute référence contemporaine, particulièrement en égyptologie ; la bibliothèque du film est très riche en ouvrages du XVIIIème et XIXème siècles, mais on n’y voit pas grand chose comme ouvrages récents. On peut admettre un choix esthétique,  les vieux livres ayant une connotation surannée et érudite assez sympathique ; mais il est pour le moins malheureux que ces « vieux bouquins » illustrent régulièrement la critique de l’égyptologie et de « l’histoire officielle ». - Références dont le moins qu’on puisse dire est que leur contenu scientifique est assez limité : Stéphen-Chauvet sur l’Ile de Pâques, Taylor, l’abbé Moreux et Tompkins sur les pyramides, le chamane New Age Aribalo sur Cuzco… - Recours fréquent à l’autorité des Anciens : Pline, Agatharchide, Platon, Aristote sont appelés à la rescousse pour soutenir les hypothèses du film, au prix parfois d’une distorsion de leurs idées ; c’est d’autant plus amusant que les auteurs reprochent vivement aux égyptologues de s’appuyer sur Hérodote… - Non vérification des sources : de vieilles lunes de la pyramidologie ou de l’astrologie sont reprises, visiblement sans qu’il y ait eu recherche et vérification des sources primaires ; exemples : « gardiennes du ciel » incorrectement identifiées en se basant sur une interprétation erronée de Bailly au XVIIIème siècle, référence à une pseudo-citation d’Agatharchide inventée de toutes pièces par Stecchini en 1971… - Enfin, manipulation d’une référence, l’ouvrage de Cole sur les mesures de la pyramide, par l’insertion d’une fausse page, insertion que le réalisateur justifie par deux fois en prétendant absurdement qu’elle était nécessaire pour que le public français n’ait pas à convertir les mesures anglaises de Cole – alors même que l’original de Cole contient les mesures en mètres…

Tous ces éléments ne sont, pour Jacques Grimault, que des détails, et pour Patrice Pooyard, des éléments nécessaires à la réalisation d’un film où il faut présenter les choses « de manière spectaculaire et un peu sensationnelle ». Personnellement, il me semble y avoir un monde entre le fait pour les égyptologues de « publier de beaux livres » et « soigner leur style », et le fait d’utiliser, sciemment ou non, des références inexistantes ou déformées, ou d’ignorer volontairement les acquis de toute une discipline. Un esprit mal tourné pourrait de plus discerner dans ces réponses des auteurs un certain mépris pour le spectateur considéré comme incapable d’appréhender la complexité de « sujets qui lassent vite l’attention du public »

Mise à jour du 16 août 2013 : Un lecteur me signale en commentaire (voir ci-dessous) une autre référence importante de M. Grimault à des auteurs alternatifs, référence qui n’est pas mentionnée dans le film et que je n’avais pas identifiée. Il s’agit des ouvrages de MM. Mouny et Gruais, en particulier Le grand secret des pyramides de Guizeh (1992) et Le grand secret du Sphinx de Guizeh (1994). Voir par exemple la figure qui apparaît à 1h 35mn 40s dans le film, dont on peut trouver l’équivalent avec la figure 17 page 46 du livre Le grand secret des pyramides de Guizeh ; une bonne partie des jeux numériques de M. Grimault sur la coudée et les nombres Pi et Phi se retrouve également dans le même livre.

[1] Sic ! En fait Fomalhaut n’appartient pas à la constellation des Poissons, mais à celle du Poisson Austral

[2] Contrairement à ce que semble affirmer ici le film, Fomalhaut a toujours été considérée comme faisant partie du Poisson Austral, qui est une des plus anciennes constellations identifiées. Ainsi dans l’Almageste de Ptolémée (voir page 83 du volume II, livre VIII, de la traduction d’Halma publiée en 1816) Fomalhaut est bien indiquée comme « étoile de première grandeur » du « Poisson méridional », sous l’appellation d’« étoile de la bouche au commencement de l’eau » – ce qui a d’ailleurs donné le nom actuel de Fomalhaut, dérivé de l’arabe « fum al-ħūt », la « bouche du poisson ». Mais il est vrai que pour les anciens ce Poisson était systématiquement associé au Verseau, et présenté comme buvant l’eau versée par le Verseau, d’où une position un peu intermédiaire de Fomalhaut, à la fois bouche du Poisson et extrémité du filet d’eau du Verseau. D’ailleurs Ptolémée la compte également au nombre des étoiles du Verseau (voir page 65).

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Astrologie mondiale au XXIe siècle. La technique de l’Astrocyclon

Posté par nofim le 16 juin 2015

Le nouvel outil astrologique, l’Astrocyclon

par  Jacques  Halbronn

 

 

 

Au cours d’un cycle saturnien  de’ 7 ans, nous avons deux temps, l’un est dit  con,jonctionnel (conjonction de Saturne avec l’une des 4 éroiles fixes royales) et l’autre disjonctionnel (Saturne au mi-point de deux étoiles fixes royales). On illustrera cette méthode au moyen de quelques exemples.

 

I L’ASTROCYCLON ET LA CHUTE DE L’ALLEMAGNE (1944-1945)

 

 

Ian Kershaw écrit   :   » L’attrait charismatique de Hitler auprès des masses s’était de longue date dissous mais les mentalités et les structures de son pouvoir charismatique perdurèrent jusqu’à sa mort dans le bunker. »

On nous décrit ainsi empiriquement  la dialectique conjonction-disjonction. La conjonction permet au chef  d’incarner à lui seul tout un peuple, d’en être l’âme, le génie. La disjonction  prolonge la conjonction, en passant du singulier au pluriel , le peuple prenant le relais de son leader, du moins pour un temps.

Si l’on prend la période allant de l’attentat contre le chancelier à  son suicide (Juillet 1944-Mai 1945), on observe que Saturne est entré dans le signe du cancer, s’éloignant donc du lieu conjonctionnel qu’est l’étoile fixe Aldébaran.(8° Gémeaux). Les historiens s’étonnent de la résilience du régime. Ils ne comprennent pas que même quand le chef vacille, il est relayé par la masse. C’est le passage de la conjonction à la disjonction laquelle poursuit l’action par d’autres moyens. L’Astrocyclon permet de mesurer et donc de prévoir –puisqu’il s’articule sur des données astronomiques précises tant pour le passé que pour l’avenir- quels rapports se nouent entre  le chef et « son » peuple, celui qu’il s’est choisi et l’évolution des dits rapports. Rappelons que Hitler est né autrichien.  La disjonction ne défait pas ce qui a été réalisé lors de la conjonction mais poursuit l’entreprise par d’autres moyens. Il est clair que la volonté de Hitler aura été relayée par une myriade d’auxiliaires, et que s’instaura un conformisme (disjonction)  qui soudait le peuple   même en l’absence de son chef. Si Hitler savait ce qu’il faisait,  son peuple se contentait de vivre selon un certain consensus, finalement assez indifférent et interchangeable .

Si l’on se reporte à l’époque actuelle, la crise qui plane sur l’Union Européenne et la zone « euro » (grexit,  brixit) s’explique par le fait que Saturne est en conjonction avec l’étoile Aldébaran, ce qui confère plus de poids aux personnes qu’aux institututions. Mais toute crise – au regrd de l’Astrocyclon- est circonscrite dans le temps et  l’important est de ne pas être prisonnier des sensations du moment et de pouvoir les relativiser. Mais tout dépend évidemment de quel côté l’on se place.

 

II    LE MODELE POMPIDOLIEN DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES EN FRANCE

 

Nous ne manquons pas d’occasion d’ironiser sur l’arbitraire des calendriers électoraux. A quoi tient notamment le fait qu’en France depuis 40 ans les élections présidentielles aient toujours lieu au printemps alors qu’en 1958  et  1965, elles avaient eu lieu à l’automne ?

En 1974, le président Georges Pompidou –élu en 1969- décède avant la fin de son mandat. On est au printemps, au début avril, et donc les élections pour un nouveau président auront désormais lieu au printemps. Si Pompidou était mor en Eté, on aurait pris l’habitude d’élire un président en cette même saison. Il est vrai que Pompidou lui-même avait été élu au printemps du fait de la démission de De Gaulle en, 1969 alors qu’il avait été, réélu  à l’automne 1965, sept ans après  sa première élection à la fin de 1958. (mais cette fois pas encore au suffrage universel)

Apparemment, personne ne s’est offusqué de ce que  tout le calendrier électoral, du moins pour les présidentielles, se situe au printemps en raison de la mort du dit Pompidou ! Cela en dit long sur l’existence d’une sorte de point aveugle quant à la justification des échéances électorales. Le hasard semble avoir toujours présidé à leur fixation dans tous les pays concernés. On nous répondra que tout cela est sans

importance, ce qui est révélateur du manque de conscience  du facteur Temps dans notre civilisation, considéré comme une donnée non pas objective mais subjective ou pis comme  une donnée aléatoire et qui doit le rester. La science politique, ici,  ne cherche aucunement à  asseoir  le fonctionnement de nos institutions sur des mécanismes  purement conventionnels.  A l’instar de la Nouvelle Histoire en quête de soubassements,  les politologues  doivent  avoir périodiquement l’angoisse du vide.

III L’ALTERNANCE CYCLIQUE

Si l’on peut extrapoler à partir du binôme 2001-2015, de 7 ans en 7 ans, de 15 ans en 15 ans, de 21 ans en 21 ans et de 28 ans en 28 ans, on obtient une cyclicité parallèle en décalant tout de 45° et dans ce cas, ce ne sont plus des événements permettant à quelques-uns de faire pendant à tout une nation mais c’est la nation qui l’emporte sur quelques leaders, comme on a pu le voir en 2011 lors de ce qu’on a appelé le « printemps arabe » qui a vu tomber toute une brochette de  « guides » (Ben Ali, Kadhafi) sans parler de ceux qui ont été fortement ébranlés (El Assad etc.). Si l’on remonte 21  ans avant 2011, on tombe sur les événements de 1989 qui ont touché de nombreux leaders dans les « démocraties populaires » (Allemagne de l’Est, Roumanie etc.). Et en remontant encore de 21 ans, on en arrive à 1960 qui vit la dislocation de l’empire  colonial français en Afrique et un De Gaulle devant céder sur tous les fronts.

Sept ans plus tard,  De Gaulle devra à nouveau subir un vent de contestation avec Mai 68  qui sera suivi l’année suivante de son départ du pouvoir.  C’est la disjonction marquée par une volonté de la part  du système de se débarrasser de sa dépendance à l’égard des pères fondateurs.

On notera aussi que 2005 aura été une année fatale pour l’Union Européenne avec le non au référendum de la part de l’un des Etats fondateurs, à savoir la France. Toutes proportions gardées, au regard des conséquences, on est en droit, selon nous, de comparer 2005 à 1989 avec ces deux chocs qui affecteront  Est et Ouest  de l’Europe, en raison d’un manque de gouvernance  de la part  de Gorbatchev et de Chirac qui aurait pu se dispenser d’un référendum pour faire accepter le projet de constitution,  prenant ainsi un risque inconsidéré mais en fait se déchargeant sur le peuple – en phase disjonctionnelle  de Saturne- de la responsabilité de la décision.

Il ne s’agit pas ici de partir d’une quelconque date de naissance – on l’aura compris-mais de dire qu’une fois un certain type d’événement identifié, on doit s’attendre à ce que le même type d’événement se reproduise, dans des contextes qui peuvent singulièrement varier,  selon  un rythme obéissant  à une cyclicité septénaire,  par ailleurs, largement attestée dans la Bible.  Bien entendu, cela ne dispense pas de consulter les éphémérides mais nous insistons sur la nécessité d’une astrologie comprise de tous et non pas des seuls astrologues/astronomes d’autant que cela correspond à des configurations  astrales aisément repérables à l’œil nu.

L’approche comparative nous apparait comme un impératif incontournable de la recherche astrologique. Le XXe siècle aura été marqué par deux réunifications mythiques, celle de Jérusalem en 1967 du fait de la Guerre des Six Jours et celle de Berlin,  incarnée par la chute du Mur en 1989, soit 22 ans plus tard/ Saturne dans les deux cas se situe dans le deuxième décan[1] de l’un des quatre signes cardinaux, respectivement  le bélier et le capricorne.

On notera qu’en 1917, la Déclaration Balfour,  émanant  du ministre britannique,  promettait aux Juifs  l’instauration d’un Foyer –en Palestine, soit 50 ans avant la Guerre des Six Jours, soit 7 x 7 et l’on sait que  les dates séparées d’un multiple  de 7  fournissent des données comparables. Ce résultat avait été obtenu du fait  de la puissance britannique dans la région aux côtés des  Arabes  [2]. Mais  on a déjà vu que la disjonction sous-tendait le démembrement de l’Afrique française en 1960 comme le Printemps arabe en 2011, à 41 ans d’écart, ce qui se rapproche d’un multiple de 7  (6×7 =42), Saturne étant respectivement en capricorne et   en Balance, deux signes cardinaux. . La disjonction  est la révolte contre le Père,  qu’il s’agisse de tel « raïs » (1967 (Israël  contre Nasser) 2011), ou de telle puissance « coloniale » (Paris en 60, Mosou en 89)

Que peut dire l’astrologie cyclique  face à  une prochaine échéance ?

D’une part, il est clair que ce sont là des défis, des risques  auxquels il est possible de répliquer de diverses manières et l’on peut dire que la connaissance des processus en cours permet de gérer ces problématiques de façon plus responsable : un homme averti en vaut deux .

 

 

IV   LA CYCLICITE  DES SYNERGIES

 

Nous entendons mettre l’accent sur la dimension sociologique, à savoir la façon dont  les leaders  parviennent ou non à s’entendre entre eux. Ce serait en fait bien là le créneau central de l’Astrologie et cela s’articule sur la dialectique  amis/ennemis, à savoir qu’à certains moments, les ennemis deviennent amis et à d’autres les amis deviennent amis. Cohabitation,  coalition  sont alors au  menu.  C’est ce chassé-croisé  qui  nous apparait comme notre principal objet d’études.

Du Traité de Rome aux accords de Lausanne  (1957-2015)

En 1957, 12 ans après la capitulation de l’Allemagne,  fut signé le Traité de Rome, entre la France, l’Allemagne, l’Italie et le BENELUX[3]. Saturne est bel et bien en position conjonctionnelle , à proximité de l’une des 4 étoiles fixes royales. Le traité se décide au sommet, sans passer par un quelconque référendum populaire.

On signalera aussi l’expédition de Suez en 1956, dans le même cas de figure, qui associe de facto la Grande Bretagne et Israël alors que les Britanniques avaient été depuis les années 1920,  en général du côté des intérêts arabes.

A un niveau franco-français, notons en 1972, la mise en place du « Programme commun » de gouvernement , qui relie le PS et le PCF, deux formations qui décident ainsi d’unir leurs forces.

En 1978, les Accords de Camp David, signés en présence de Jimmy Carter, président des Etats Unis, entre le président égyptien Anouar El Sadate et le premier ministre israélien Menahem Begin,   font suite à la venue à Jérusalem de Sadate l’année précédente, à la suite de la Guerre du Kippour. Un prix Nobel de la Paix sera accordé à cette occasion

En 1994,  nouveaux accords concernant les rapports Israël/Palestine, à Oslo,  avec  Yitzhak Rabin et   Arafat, Clinton étant président des USA.  Les configurations sont analogues à celle de 1978.

En avril  2015, à Lausanne,  les Etats Unis et l’Iran signent des accords, qui mettent fin  à un long embargo. Les configurations sont comparables aux trois autres exemples fournis.

Dans tous ces cas,  les accords concernent les rapports entre des chefs de gouvernements ou de partis.

Bien évidemment, toutes ces alliances sont vouées au bout d’environ 3 ans à connaitre une crise, c’est  le passage à la phase de disjonction, laquelle ne dure guère  au-delà de ce  même laps de temps.

 

V  Des accords de Munich  au printemps arabe ( 1938 -2011)

Passons au cas de figure inverse  où l’on assiste à la faillite de la concertation entre responsables politiques. La tendance dominante est le sentiment que  l’on n’ a plus besoin d’eux alors qu’ils ont voulu le laisser croire. Inversement, en phase conjonctionelle, qu’a-t-on besoin de consulter le peuple ?

En 1938-1939, on a coup sur coup les Accords de Munich qui conduisent  à un démantèlement de la Tchécoslovaquie, en raison de la question des Sudètes.  Peu après, la Russie, alliée de la France, signe avec l’Allemagne nazie un pacte qui prévoit  un nouveau partage de la Pologne, alliée également de la France. Astrologiquement,  Saturne est en position disjonctionnelle caractérisée. C’est le rejet du traité de Versailles voire de  la Société des Nations.(SDN). En vérité,  tôt ou tard, ne sommes-nous pas amenés à nous renier alors qu’en fait, nous vivsons dans la dualité qui nous enseigne l’ambivalence ?

Si l’on prend la France de 1960, De Gaulle laisse partir l’Afrique tout comme le fera  Gorbatchev un cycle sidéral de Saturne plus tard à la fin des années 80,  lequel  déclare qu’il ne fera rien pour enrayer  le processus  qui s’engage en « Europe de l’Est ».

En 2011, c’est ce que l’on appellera le « Printemps arabe » avec la chute des leaders tunisien, lybien, égyptien et de graves remous en Syrie menaçant Bachir El Assad. Une fois de plus, le peuple  refoule les leaders en place qui n’y peuvent mais.  Dans un cas comme dans l’autre, Saturne occupe une position disjonctionnelle.

Dans tous les cas signalés, il aura manqué une volonté politique au sommet pour  éviter la désagrégation et c’est typique de la phase de disjonction  de Saturne.

 

VI   Apologie  de la dynamique impériale

 

Périodiquement, – ce qui correspond à la phase disjonctionnelle de l’Astrocyclon – il y a un risque de découragement et de perte  d’attractivité de l’empire. Les cas sont nombreux, à travers l’Histoire et ne serait-ce qu’au XXe siècle, de ces empires qui se démantèlent du fait d’un lâcher prise à des moments critiques.  Qui trop embrasse mal étreint, dit-on alors. Un De Gaulle ou un Gorbatchev ont été victimes de ces passages à vide, et n’ont pas, à l’évidence,  pris conscience de certaines lois cycliques,  mais cela vaut pour l’effondrement de l’Autriche Hongrie ou de l’Empire Ottoman,  comme conséquence de la Première Guerre Mondiale, sans parler du cas de l’Empire britannique, notamment avec la perte de l’Inde ou plus justement d’un renoncement à une entreprise jugée un peu trop vite désespérée, tant il nous est difficile de prendre du recul par rapport au moment présent.

Pour notre part,  nous percevons le monde comme un ensemble d’empires, forcément en petit nombre. Cela devrait être la norme tant politique qu’économique et cela permet en outre à l’Humanité de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, au nom d’une mondialisation. comme l’on se prémunit contre les tremblements de terre, notamment en construisant selon certaines règles, l’humanité du XXIe siècle devra prendre les mesures nécessaires pour ne pas être constamment victimes de secousses « disjonctionnelles », qui se produisent en moyenne tous les 7 ans. C’est alors que notre humanité atteindra  enfin l’âge de raison.

Si l’on s’en tient à la France, on peut penser qu’il lui  aurait été possible de maintenir son empire, en prenant certaines précautions et d’ailleurs s’il n’y avait pas eu un tel espoir, il n’y aurait pas eu de guerre d’Algérie laquelle comportait notamment l’enjeu du pétrole saharien. L’Histoire retiendra l’incurie d’un De Gaulle et d’un Gorbatchev,  en Russie, une sorte de passage à vide typiquement disjonctionnel.  Le projet européen a certes l’apparence de la création d’un nouvel empire récupérant après 89 les dépouilles de l’empire russo-soviétique et  sa réussite sera liée à la connaissance de certains rythmes que nous avons décrits et qui s’articulent sur des données astronomiques bien précises, bien au-delà de quelque forme d’empirisme.

Bien évidemment,  les regrets ou les remords sont liés à cette cyclicité, l’on cherchera – un peu  tard -  à réparer ses torts ou à corriger ses erreurs avec plus ou  moins de bonheur. [2]


[1] cf.  Claude Fohlen, Histoire de l’esclavage aux Etats Unis, Perrin  1998

 

[2] cf.   Laurent Degos, Eloge de l’erreur. Ed Le Pommier 2013

 

JHB

16.06. 15

 


[1] De 10° à 20° du signe qui en fait 30°.

[2] cf. le film Lawrence d’Arabie de David Lean

[3]   Abréviation de  Belgique, Nederland  (en français Pays Bas) et Luxembourg

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Le Mouvement Astrologique de Jacques Halbronn célébre ses 40 ans d’existence

Posté par nofim le 8 juin 2015

Le 40 e  anniversaire de la fondation du Mouvement Astrologique  Universitaire (MAU) juin  1975- juin  2015 Le mois de juin 2015 sera consacré à l’évocation de ces 4 décennies. Chacun est invité à contribué par des témoignages à  cette commémoratio qui se terminera par la publication en ligne d’un mémoire global le samedi  27  juin 2015  au Café culturel Le Ballon Rouge, 17, rue Abel Gance  à  partir de 14h30. M° Quai de la Gare. A 16h, aura lieu un Café Destin, sur le thème …’Introduction au Symbolisme » animé par  Yves Accard. La réunion se terminera vers 20h Contact  MAU  06 60 75 52 48

Le MAU  a  été dès le départ international, comme le montrent ses congrès dès le mois de décembre  1975. Il profite du Manifeste des  186 contre l’astrologie  qui suscite des réactions chez les astrologues. Le MAU est dès l’origine couplé avec la Faculté Libre d’Astrologie de Paris (FLAP), dualité qui n’est pas sans  évoquer le masculin et le féminin. Les colloques étant des espaces de débat et les cours des lieux de formation.  Viendra un temps où une formule hybride confondra ces deux processus, à partir des années 90 autour d’Yves  Lenoble, les colloques étant assimilés à des cours magistraux.

Le MAU  est dirigé en 75 par  Jacques  Halbronn, âgé alors de 27 ans qui avait été vice-président du CIA  et secrétaire général de l’ISAR. En 2004,  nous avions célébré le 30e anniversaire du Congrès de l’ISAR à Paris, à la Porte Maillot, toute une semaine durant, qui avait été mis en place à l’incitation d’Halbronn .Ce congrès sera le premier d’une vogue ininterrompue de congrès francophones pendant 40 ans. En ce sens, on peut dire que Jacques Halbronn est le père du congrès astrologique français, dans sa forme sinon dans son contenu, lequel aura largement varié..

Les grands  moments du MAU

On renverra au DVD  L’épopée du MAU,  en ligne,  document qui fut réalisé il y a déjà 20 ans fin 1995. La synergie avec les Ed. Guy Trédaniel à partir  de  1979 et qui  aboutira… notamment à la production du Guide de la Vie Astrologique en 1985 dans le cadre des éd. du MAU « La Grande Conjonction ». Le Guide apparaissait ainsi comme un complément au Congrès dans une même dynamique de rassemblement »communautaire » dont  Halbronn apparaissait comme le leader naturel En 1994, paraitra une nouvelle édition du Guide (GVA),réédité en 1997 En 1979, ouverture du Centre Providence, 8 rue de la Providence 75013 Paris, toujours en activité, où se tinrent notamment les cours de la Faculté Libre d’Astrologie de Paris et où est installé une bibliothèque et un centre d’archives de la vie astrologique..

 

En novembre 2004, le 30e anniversaire du Congrès ISAR de 1974, en présence de Julienne Mullette, fondatrice de l’ISAR (International Society  for Astrologica Research)fur marqué par un rassemblement  extraordinaire des astrologues français dans le XIIIe arrondissement de Paris, à la Maison des Associations, rue Caillaux, une telle concentration de chercheurs aura en fait été un événement unique, immortalisé par la vidéo. En mai 2008,  c’est la création de la chaîne Teleprovidence qui vient de feter son  septiéme anniversaire

Le mot rassemblement résume parfaitement le bilan du « Mouvement » mais on ne saurait passer sous silence  un travail théorique conduit parallélement par  Jacques Halbronn et  qui accompagne le MAU depuis sa fondation avec pour manifeste  « Clefs pour l’Astrologie » aux Ed. Seghers, au début de 1976.(réédition  1994). L’idée centrale d’Halbronn  est de rajeunir le modéle astrologique, de le décanter pour parvenir à un nouveau consensus qui se substitue à celui d’une tradition  hybride. En ce sens, Halbronn se situe dans la ligne de l’astrologie des années soixante, quand il entra dans ce milieu : les travaux de Gauquelin, de Jean-Pierre  Nicola et l’astrologie mondiale d’André Barbault.

Fin 1976, Halbronn publie dans la revue Cosmopolitan dans le numéro de fin d’année, un dossier intitulé Astrologie Sensorielle.qui expose une approche toute nouvelle de l’astrologie, qui renonce au thème natal. Le thème astral est en effet, très tôt, la bête noire d’Halbronn qui travaille sur une astrologie émancipée par rapport à la fois au « thème » et au symbolisme zodiacal », même si lui-même – comme d’ailleurs André Barbault- pu.blie des ouvrages sur les signes.(Tchou-Sand  et Solar). Curieusement, Halbronn sera l’éditeur de deux ouvrages consacrés aux régimes horaires, celui de Gabriel (Traité de l’Heure dans le Monde) et celui de François Schneider
 Gauquelin, (Problémes horaires résolus en astrologie)
Mais à partir des années 90, la vie astrologique perd de son tonus et l’on en revient au Zodiaque, à un syncrétisme,  les nouveautés étant perçues désormais comme des gadgets, notamment à la suite de la fausse prédiction de Barbault pour une troisiéme guerre mondiale dans les années 80. Habronn milite notamment pour l’abandon des nouvelles planétes en astrologie ainsi que pour le recours aux étoiles fixes royales. Dans ses congrès, le MAU accueilera tous les chercheurs originaux, de Nicola à Dorsan, le sidéraliste, de Heckel, le néromanien  aux   Gauquelins (qu’il éditera l’un et l’autre, Michel et Françoise) sans aucune exclusive..

On a du mal à imaginer de nos jours ce qu’a pu être l’émergence du MAU au milieu des années 70. L’on peut parler d’un Age d’Or de l’astrologie d’expression française qui aura marqué les 7  premières années de la création du MAU,en gros du congrès de Paris de 1974  au congrès de Londres  de 1981. Plusieurs accords internationaux furent conclus à l’échelle européenne à l’occasion de la présence d’astrologues étrangers dans les congrès …MAU.Traités avec la Belgique, l’Allemagne et l’Espagne en 78 à Lille,  avec la Grèce, l’Italie à Nice en 79. Fédération francophone France-Suisse-Belgique à Bruxelles en 80 etc

Par la suite, le MAU ménera une politique d’implantation provinciale,  déjà engagée à Lille, Genéve et à Nice-PACA, dès 78 -80 (avec la création du MASR, Mouvement Astrologique de Suisse Romande)  en collaboration avec  divers partenaires locaux. Citons notamment:   Metz, Toulouse, Tournai (en Belgique), Strasbourg,  Nantes,Lyon,  Orléans, Amlens, Rouen, Montluçon, Angouléme, Dijon- si l’on s’arrête à 1993.

   Le marathon des congrès MAU 1977-1981. Les congrès MAU sont des manifestations de force, du fait d’une certaine faculté de mobilisation. Le congrès de Saint Maximin en juin 78, donc trois ans après la fondation du MAU est en une belle illustration. Faire venir le gratin astrologique près d’Aix en Provence, dans cette Abbaye  fut une performance qui réunit  un Gustave-Lambert Brahy, un christian Meier Parm, un Ruperti et bien d’autres…. C’est l’occasion de rappeler que Jacques Halbronn se voulait inter-générationnel et international, ce qui donnait un étonnant brassage, animé  par  quelqu’un qui allait sur ses 30 ans.et dirigeait les débats avec autorité.. A la rentrée  78,  le MAU tient les assises de l’enseignement astrologique à Paris,  et il en sort un texte qui a vocation internationale. Mais  le congrès qui aura peut être été le plus marquant aura été celui consacré en septembre 77 à l’ère du Verseau ne serait-ce que parce qu’un an et demi plus tard paraitrait un gris volume d’actes, « Aquarius ou la Nouvelle ère du Verseau » (ed Albatros-autre Monde)

 

Trois congrès de conquéte Il a existé une certaine dynamique entre le MAU et diverses associations érangères, ce qui permit d’organiser le congrès de Bruxelles en 1980, avec la complicité du regretté  Jacques de Lescaut, le congrès de Lyon  en 1984  avec celle de Denis Labouré et celui de Londres en 1981 du fait d’une longue fréquentation des astrologues d’outre Manche. Dans les trois cas,  la manifestation fut certainement  vécue ave…c des sentiments mélangés comme une forme d’intrusion, la marque en tout cas d’un certain culot de la part d’Halbronn.. Le congrès de Lyon aura des conséquences assez ravageuses pour l’association GERASH (fondé par Patrice Louaisel, un an avant le MAU). Le paralléle entre Halbronn et Louaisel est intéressant car il montre le rôle des jeunes universitaires dans le milieu astrologique dans l’après Mai 68. La politique provinciale du MAU  était déjà en soi l’expression d’une volonté de la part d’Halbronn de ne pas abandonner au GERASH l’astrologie provinciale. En 1986, Halbronn devient, à la suite d’une crise interne du GERASH, vice-président puis président de cette association rivale laquelle sera amenée à se saborder, ce qui donnera naissance au CEDRA de Maurice Charvet en 86. Un autre facteur vient compliquer les choses, la guerre des fédérations, celle de Danielle Rousseau(Fédération Francophone d’Astrologie FFA) et celle de Denise Daprey, coachée par Halbronn (Fédération des Enseignants en Astrologie FEA). On peut dire que dans les années 85-87, Halbronn occupe une position centrale dans le milieu astrologique francophone ce qui est confirmé par deux beaux congrès de 87 et 88 à Paris

L’avénement des quadragénaires

A partir  de la fin des années 80,  on voit l’émergence de trois quadragénaires qui vont parvenir à une certaine maturité:  Alain de Chivré, Maurice Charvet Yves Lenoble, tous trois nés au milieu des années 40, tout comme  Jacques  Halbronn…. Ce qui distingua Halbronn  des trois autres personnages, c’est sa précocité. Des biographes diront qu’Halbronn eut un père assez effacé et il parait que cela favorise une maturation plus rapide. Toujours est-il que ces trois astrologues parviennent avec  les années 90 à la pleine possession de leur capacités de leader, avec quinze ans de retard  sur  Halbronn

Les années 90 sont donc marquées par ces trois quadragénaires, Lenoble avec ses Congrès annuels,  Charvet avec le CEDRA, et son forum (La Clef)  Chivré avec la FDAF. Fédaration  des Astrologues Francophones (Astroculture). Halbronn  se situe au cours de cette décennies plutôt comme un spectateur. Il publie le Nouveau  Guide de la Vie astrologique (dans le cadre d’un DEA  à Paris VIII  St Denis,  en 95) et divers travaux en histoire de l’astrologie, obtient le titre de docteur es lettres en 99(Paris X Nanterre) pour ses recherches sur le prophétisme, publie un Catalogue alphabétique des textes astrologiques (CATAF) sur le site de Patrice Guinard (CURA). En 1994, la Bibliothèque Nationale charge Halbronn d’une exposition au département de la Réserve. Ce sera « Astrologie et Prophétie. Merveilles sans images.’ qui fit l’objet d’un catalogue. En tant qu’éditeur (avec Trédaniel) , il publie en 1990 le Répertoire Chronologique Nostradamique de Robert Benazra.

Mais avec le nouveau millénaire,  de nouveaux défis se présentent avec les télévisions sur le web qui ne sont pas sans nous faire songer aux radios libres des années 80. Roger Héquet lance TV Urania et fait appel aux archives d »‘Halbronn, à commencer par le film du Congrès de 2004. Il met en ligne la soutenance à la Sorbonne de son post-doctorat sur Nostradamus. Mais en mai  2008, Halbronn s’est donné les moyens de créer sa propre structure, c’est Teleprovidence qui connaitra deux premières années d’une grande intensité avec un grand nombre de déplacements en province, et dans les différents pays francophones (Belgique, Suisse, Québec). Nos quadragéniaires ne s’engagent pas dans cette voie, laissant au MAU le monopole de ce support qui s’inscrit directement dans la politique de rassemblement du MAU depuis sa fondation. Jacques Halbronn  démontre ses talents d’intervieweur.  Par ailleurs,  Halbronn – dont les travaux  traitent depuis longtemps du prophétisme- au niveau  universitaire- n’hésite pas à ouvrir son « empire »  au monde de la voyance en couvrant notamment  le Salon Parapsy.  Il y a  peu, Halbronn  a choisi le nom de « chaîne de la Subconscience ». Pour Halbronn,  une certaine pratique de l’astrologie individuelle est  difficilement dissociable du champ divinatoire. Rappelons ce paradoxe qui veut que Halbronn n’a jamais donné de consultations individuelles, ce qui peut étonner de la part   de l’un des leaders historiques du milieu astrologique. qui occupe des fonctions de dirigeant de la « communauté » astrologique depuis 1973, – il y a 42 ans -  date à laquelle il  était devenu Vice-Président du CIA, poste longtemps occupé par André Barbault. Plus généralement, d’ailleurs, Halbronn refuse de s’enfermer dans le seul créneau de l’astrologie et voit dans l’astrologie un révélateur du clivage social entre hommes et femmes,  ces dernières constituant désormais le gros des troupes du public astrologique averti, et se complaisant dans ce qu’il faut bien appeler une contre-culture.  En 40 ans,  on ne peut que constater le vieillissement et la féminisation du recrutement astrologique, bien incapable d’attirer à lui, comme il l’avait fait,  quarante ans plus tôt  les jeunes générations de chercheurs.

Halbronn dans le cadre de la Faculté Libre d’Astrologie de Paris, dans les années 90,  aura tenté d’alléger la formation des astrologues praticiens en minimisant le poids de l’astrologie. Il s’oppose au courant personnaliste de Rudhyar et privilégie les approches collectives qui lui semblent correspondre davantage  à l’esprit de l’astrologie. En ce sens,  Halbronn est d’abord un « mondialiste », tout en  ayant  développé la notion de cosmothérapie qui  permet à un praticien de faire de l’astrologie sans y croire, évitant ainsi le contre-transfert., comme il s’en explique dans la nouvelle édition totalement refondue  de Clefs pour l’Astrologie, parue en 1993, toujours chez Seghers.  Rappelons à ce propos,  que Halbronn  aura  su représenter l’astrologie auprès du public éclairé, notamment en rédigeant, en 1994  l’article Astrologie de l’Encyclopaedia Universalis.

 

 

JHB

08 06 15

 

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Deux professeurs d’histoire au Lycée Pasteur de Neuilly/seine

Posté par nofim le 14 avril 2015

In memoriam : Michel ARONDEL
En souvenir de deux de mes professeurs d’histoire

au lycée Pasteur  Michel Arondel  et   Albert Jourcin  auquel il convient d’ajouter  Gérard Nahon.

Jacques  Halbronn

 

Un ami d’un demi-siècle : Michel ARONDEL (1923-2005)par Charles MELCHIOR de MOLENES,
président honoraire de l’Association, docteur d’Etat,
lauréat de l’Académie française et de l’Académie des sciences morales et politiques

Eminente et étonnante personnalité intellectuelle que celle de Michel ARONDEL (31 janvier 1923 – 8 novembre 2005), agrégé de l’Université, professeur honoraire de  » chaire supérieure  » (comme lui-même se plaisait à l’énoncer) au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine. Depuis un demi-siècle, je le connus presque intimement. Ses parents, voisins de Neuilly – à Paris, ils habitaient avenue de la Grande Armée ; son père, dont il était fils unique, combattit en 1914-1918 – le firent scolariser au 21, bd d’Inkermann, depuis son enfance jusqu’au baccalauréat, obtenu en 1942, Etablissement récemment fondé, alors, et sans classes préparatoires.
Comme maîtres, il y eut, notamment, l’historien Petiot, en littérature DANIEL-ROPS, plus tard académicien français, et le philosophe – très remarquable – Pierre BURGELIN (1905 – 1985), plus tard en chaire de théologie protestante à Strasbourg, puis à la Sorbonne. Par son succès – dès 1ère candidature et au 8ème rang – au difficile concours de l’agrégation, il couronna de brillantes études d’histoire et géographie. Vint ensuite, me narra-t-il, un projet de thèse ès lettres – sur sujet médiéval, je crois. Mais, finalement, il renonça , et pour toujours, à ce dessein. Peut-être – ou bien certainement ?- fut-ce regrettable, car, selon moi, il eût été, en faculté, un enseignant de valeur – méticuleux, consciencieux, très informé. Egalement, eût-il servi utilement la collectivité s’il eût accédé à l’inspection générale de l’éducation nationale. Malheureusement, il se disait (que ce fût, ou non, le motif principal, et le fond de sa pensée) rétif aux servitudes et fonctions administratives.
Ce qu’il résumait (quant à l’épisode du doctorat abandonné) spirituellement – et, en son for intérieur, avec quelque tristesse, sans doute – ainsi:qu’il avait aspiré à devenir  » un historien « . Mais s’aperçut, progressivement et rapidement, qu’il se limiterait à être  » un professeur d’histoire « . Sa distinction, parfaitement nette à ses yeux, des deux concepts, prêtait, me semble-t-il, à discussion. Car peut-on, en cette discipline (et en géographie, de même, où il enrichit constamment ses lumières et son expérience du terrain par maints voyages au loin, cela jusqu’en Afrique du Sud, en Extrême-Orient, aux Amériques, expéditions dont il éprouvait une vive fierté, et qu’il affectionnait d’évoquer) se situer au haut de gamme (ce fut son cas) des enseignants du secondaire sans être, de pair, indissociablement  » un historien  » ?
Lui-même paraissait considérer que oui. Probablement signifiait-il, par là, que l’authentique et grand historien (tel que Michel Arondel le voyait) se révèle, et, dans la postérité, se perpétue par de marquants chefs-d’œuvre : Ainsi les Grecs Hérodote, Thucydide (que Michel admirait, avec raison), Polybe, les Romains Tite-Live
(1), Salluste, Tacite, les Britanniques Gibbon, Macaulay, de grands auteurs allemands, Jules Michelet, Fustel de Coulanges, Ernest Lavisse, Louis Madelin, Jacques Chastenet, etc. Et que les quelques livres d’Arondel – certes, invariablement bien calibrés et rédigés – n’étaient, à ses propres yeux, que des manuels scolaires. Et cela, même si, comme, souvent, advient à ce genre de volumes quand est bonne leur qualité, ils étaient consultés plus attentivement (et de beaucoup) par les maîtres que par les élèves, majoritairement épris de bandes dessinées…
 
(1) Sur le chroniqueur génial de la guerre du Péloponèse, Arondel appréciait et citait, à juste titre, le volume de J. de ROMILLY : Thucydide et l’impérialisme athénien, et, sur Tite-Live, la thèse d’H. TAINE dont la publication contribua à établir la réputation – pour toute sa vie – dudit TAINE.
 
En ce qui est de ses périples précités poussés jusqu’aux extrêmités  » de la Terre  » (son goût de l’exotisme et de la découverte spatiale l’eût volontiers porté aux expéditions inter-sidérales, mais, en sa génération, ces destinations ne furent pas ouvertes aux touristes !), il les accomplit, en général, dans le studieux et confraternel cadre de  » l’Association nationale des professeurs d’histoire et géographie « , dont il fut, activement et longuement, secrétaire général. Il se dévoua aussi, dans leur périodique  » Historiens et géographes « , où il recensa quantité d’ouvrages. Toute sa vie, fort travailleur, et, d’ordinaire, passionné par ses multiples chantiers. Cela, même à la section locale (dont il fut administrateur) des décorés de l’Ordre national du mérite…

Agrégé, donc, Michel, débutant en province comme c’était, alors, coutumier (il ne venait pas des Ecoles normales supérieures, ni ne passa par la fondation THIERS, ou l’Ecole française de Rome) fut nommé au Havre, en 1948, y restant 4 ans. Au lycée principal de garçons, puisque l’introduction de la mixité est très postérieure à ce moment. En cette vaste cité normande,si éprouvée et détruite par la 2ème guerre mondiale, et, à tant d’égards, si originale de par tout l’Hexagone (rappelons le beau livre d’Edouard HERRIOT à ce sujet : La Porte Océane), ville extraordinaire, qu’illustrèrent, entre autres, deux futurs présidents de la République : Félix FAURE et René COTY ; l’industriel cotonnier et ancien ministre Jules SIEGFRIED, qui en fut maire et – 40 ans durant, jusqu’à sa mort, en 1922 – parlementaire ; son fils André SIEGFRIED
(2) (1875-1959) – un des plus grands géographes mondiaux de son époque, dont Arondel estimait, à juste titre, l’œuvre imposante ; l’ancien député et ministre Pierre COURANT (1899 – 1965), bâtonnier du barreau local et maire, qui fit tellement pour la reconstruction de cette ville, et de l’ensemble du pays ;( au Havre, il consacra un émouvant et instructif petit essai) , et tant d’autres ; en cette  » porte océane « , dis-je, Michel me souligna s’être plu.
Et y avoir eu plusieurs élèves attachants, parfois exceptionnels : inlassablement, il me citait l’actuel 1er magistrat du Havre (successeur de Jules Siegfried, Pierre Courant  » et alii « ), Antoine RUFENACHT, ancien de l’E.N.A., ex-ministre, ex-président du conseil régional, longtemps député. Puis, quand Michel eut chaire au lycée Pasteur, un futur historien de la Sorbonne, expert réputé des relations internationales, Georges-Henri SOUTOU. Dont on n’exagérerait pas en écrivant qu’Arondel mettait, en matière bibliographique et scientifique, au dessus de tout, les recherches et publications. En ses débuts d’enseignement, bd d’Inkermann, il eut aussi, en sa classe, un futur professeur de droit, André SANTINI, député, ex-ministre, président du puissant  » Syndicat des communes de la banlieue de Paris pour les eaux « , ex-président de commission au Palais-Bourbon.
 
(2) je connus bien en ses vieux jours, l’académicien André SIEGFRIED, professeur au Collège de France et président (chronologiquement, le 1er) de la Fondation nationale des sciences politiques, resté très attaché, moralement, au Havre, cadre de sa jeunesse. Je fus ami, également, de Pierre COURANT, très lié à René Coty et à A. Siegfried. Ce dernier consacra à son défunt père, Jules SIEGFRIED, importateur de la fibre textile, un pénétrant ouvrage (qu’Arondel estimait), révélateur tableau de certaines mœurs industrielles d’alors : Cotonnier aux Indes. Jules Siegfried fut ministre du commerce. Issue de grande famille protestante, née PUAUX, Mme Jules SIEGFRIED fut une pionnière du féminisme, militant à des congrès internationaux en la matière, jusqu’à Washington…Mère d’André.
 
En effet, après ses 4 ans (court passage, en 82 millésimes d’une vie bien remplie) dans la Seine-Maritime (dite Inférieure, quand naquit Arondel), il fut muté à Janson-de-Sailly, de Paris, rue de la Pompe. Et, au bout d’un an, obtint sa nomination au bd d’Inkermann. Ce qu’il jugeait lui constituer un légitime  » retour « , quelque 11 ans (en 1953) après avoir cessé d’y être élève (le cas, au moins alors, était plutôt rare). Il y resta, volontairement (refusant tout avancement qui eût comporté mutation) jusqu’à sa retraite, en 1988. Vers 1966, il y avait pris la suite – comme professeur en classes préparatoires – de mon maître et ami, Albert JOURCIN (1901-1999), disparu presque centenaire, très compétent comme lui, auteur de plusieurs livres remarqués (3). Avec Jourcin, très différent d’Arondel, celui-ci (j’en avais écho par Albert Jourcin…), par des messages appropriés de Noël, etc., s’attacha à conserver bonnes relations. Comme avec maints collègues (en 40 ans de cours, il en eut, on l’imagine, un grand nombre), mais non, certes, avec tous. Son jugement pénétrant, et documenté, mais volontiers sévère (un excellent maître que j’eus à Pasteur, major d’agrégation, ancien de la rue d’Ulm, collaborateur de l’UNESCO, mort prématurément, le philosophe Paul JAUME, séparait radicalement l’esprit critique, qu’il classait positif, et  » l’esprit de critique « ), lui inspirait, en privé au moins, sur beaucoup d’entre eux, des avis passablement rigoureux. Sinon, féroces …(4)
Sur les projets des pouvoirs publics, idées, et idéaux, quand il les désapprouvait (ou réprouvait ; il n’aimait pas les litotes et euphémismes), sa sévérité n’était pas moindre. De la sorte, insistait-il sur la  » démagogie pure et simple  » qu’il croyait déceler dans l’objectif officiel gouvernemental (il y a quelque vingt ans) de conduire au diplôme de bachelier  » 80 % d’une génération « . Formé par des maîtres représentatifs de l’ère de la IIIème République (voire, parfois, des conceptions du XIXème siècle sur la pédagogie et les hiérarchies sociales), maîtres auxquels il se voulait strictement fidèle, Michel était,certes, très sincère. Sa longue vie
(interrompue par un accident, au volant de sa voiture) durant, il garda (l’âge, au lieu de l’atténuer, en accroissant et durcissant plutôt l’intensité) une vue moralement élevée, mais indiscutablement élitiste, de ce que devait être, et, selon lui, rester  » in aeternum « , l’enseignement. En outre, il estimait qu’on se grandissait, et qu’on affirmait l’éclat de sa personnalité, par un attachement intransigeant à ses propres convictions…Et qu’on démissionnerait – au figuré – et se compromettrait avec le Mal, en acceptant, sans protester et lutter, toute concession sur ces principes et traditions pédagogiques, intangibles à ses yeux. Ou, même, simplement, sur telle ou telle application…
De même, en matière de notations, de résultats aux examens, d’attribution des diplômes ouvrant accès aux postes professionnels (ce qu’au XIXème siècle, on nommait :  » la collation des grades  » universitaires), le fond de sa doctrine était que les élèves et candidats devaient cadrer – bon gré, mal gré,  » volens, nolens  » – avec les normes. Et non l’inverse…Par instants, et par prudence tactique, Michel ne l’explicitait pas constamment tel quel, et combien cette abstention était sage de son fait !

(3) Dont une monographie (dans l’excellente collection :  » Les grandes dynasties « ,) sur les Médicis, de Florence. Plus deux volumes d’histoire générale, livres non scolaires, etc.
 
(4) Une des cibles – assez nombreuses, à des degrés variés, d’acuité dans la polémique – de Michel était Fernand BRAUDEL, de l’Académie française, professeur au Collège de France. Historien mondialement réputé qui professa, brièvement, à Pasteur. Arondel condamnait, globalement et sans réserves, ses orientations intellectuelles, voire sa personnalité. Et Braudel n’était pas sa seule  » Tête de Turc  » .

Il participa largement, on le sait, à l’Association des anciens élèves. Certes, celle-ci, fondée avant la naissance de Michel, fut très vivante et présente, déjà, avant 1940, soit antérieurement au moment où il y coopéra. Mais, après les tragédies de 1939-1945, ce groupement, décimé par les combats, les arrestations et déportations, était, comme tant de choses en France, à reconstituer. Il la présida, de 1988 à 1996, activement et efficacement, et aurait, je présume, obtenu réélection (avec mon plein concours, qu’il savait lui être acquis) jusqu’à son décès, ou presque, s’il l’eût souhaité. Plus que septuagénaire en 1996, il désirait, semble-t-il, reprendre sa liberté, et le fit, avec cette volonté de fer, et cette entière confiance en soi, en la validité de ses propres idées, en la pertinence, voire l’infaillibilité, de ses raisonnements et prévisions, qui – toute sa vie, sans excepter ses vieux jours – le caractérisèrent.
Ces aspects de son tempérament furent un des facteurs essentiels de ses succès, incontestables. Et, peut-être, aussi, de leurs limites, car une telle attitude accroissait – on le devine aisément – la masse de ses adversaires (fussent-ils de simples concurrents), et détermina, parfois – ou souvent – des inimitiés et des réactions de rejet (fussent-elles inavouées). Les interlocuteurs, y compris dans des organismes à décisions collectives, ne s’inclinent, ni ne s’alignent, toujours, ni nécessairement. La nature humaine est ce qu’elle est.
En 1989, lors de la célébration des 75 ans du lycée, il agit et s’exprima utilement. Comme dans le cadre du cycle de conférences – publiques et gratuites – qui, longtemps, fut une des réussites majeures de cette Association. Lui-même, à cette tribune, traita – plusieurs fois, toujours bien – de ses pérégrinations à l’étranger, exposés assortis de photographies de son cru, savamment cadrées. En 1998 encore, et à son initiative, il nous favorisa de ses jugements sur les 400 ans
(5) de l’Edit de Nantes qu’imposa (au terme de la Renaissance et du XVIè siècle), Henri IV. Ou, comme l’appelait Winston CHURCHILL, en son retentissant discours de 1946 à Zürich,  » Henri de Navarre « … Auquel  » Vert Galant « , de même qu’à l’ordonnance de 1598, Michel portait vive estime.
 
Très attaché au 21, bd d’Inkermann – auquel il tendait, fût-ce inconsciemment, à s’identifier (comme attaché – ce fut une large fraction de son existence, et sa résidence de prédilection – , sur d’autres plans, à sa propriété ancestrale de Pontchartrain, où, soulignait-il, ses aïeux maternels habitaient, déjà, sous la Restauration), Michel ARONDEL aura été, et restera, une exemplaire et marquante figure dans le passé du principal, et plus ancien, lycée d’Etat sis à Neuilly-sur-Seine . Où, depuis son ouverture en 1914 – soit, bientôt, un siècle – furent formés nombre de membres de l’Institut de France, du Parlement, des  » corps constitués « , et tant d’élus, morts ou vivants, de la Ville. Y compris son maire actuel.
 
(5) Quatrième centenaire alors célébré par l’Etat officiellement. Cette Ordonnance célèbre, injustement oubliée maintenant (Arondel avait raison) est de 1598, au printemps.

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Rosay sur Lieure, souvenirs de vacances

Posté par nofim le 31 mars 2015

Jacques Halbronn

 

Maison de campagne de ma famille

près de la mairie. dans la partie haute de la

commune.

Site officiel de la commune : www.rosaysurlieure.fr

Rosay-sur-Lieure est un petit village de 568 habitants, situé dans le Vexin Normand à 110 km de Paris et 35 km de Rouen.

En bordure de la très renommée Forêt domaniale de Lyons, Rosay est traversé par la Lieure qui prend sa source à 8 km à Lorleau. Cette commune tire son nom du cours d’eau qui l’arrose, affluent de l’Andelle et donc sous-affluent de la Seine.

Toponymie

Le nom de la commune est attesté sous la forme latinisée Roseyum en 12181.

Ce toponyme est issu d’un gallo-roman *RAUSETU « lieu où il y a des roseaux » comme en témoigne d’ailleurs la forme archaïque de Rosay (Seine-Maritime, Rausedo en 750-7752), le [t] est passé à [d], avant son amuïssement complet caractéristique de l’ancien français. L’ancien français avait aussi rosoi, rosei « lieu où il y a des roseaux »3, c’est-à-dire « roselière », qui procède du même terme gallo-roman.

En ancien français ros signifiait « roseau », le mot rosel était un diminutif, encore attesté dans certains dialectes (d’où le dérivé roselière), devenu « roseau » en français central4. C’est un mot issu du vieux bas francique *raus(a), apparenté à l’allemand Rohr (cf. Schilfrohr « roseau, phragmite »). Le suffixe gallo-roman -ETU (latinisé en -etum dans les textes rédigés en latin médiéval) servait à dériver des noms de végétaux pour indiquer « un ensemble de végétaux appartenant à la même espèce », d’où les finales -ey, -ay, -oy. Les formes -ey, -ay sont plutôt propres à l’ouest de le France, tandis que celle en -oy plutôt caractéristique du nord et de l’est. Ainsi les différents Rosay sont-ils homonymes des différents Rosoy.

Le suffixe -ETU est encore productif aujourd’hui sous une forme féminine issue de -ETA > -aie, d’où chênaie, hêtraie, roseraie, etc.

Il est cependant impossible de déterminer, étant donné le caractère tardif de l’attestation, de quelle époque date cette formation toponymique, c’est-à-dire si elle remonte au stade du gallo-roman (avant le IXe siècle) ou de l’ancien français (entre le IXe siècle et le XIIIe siècle).

Une rapprochement avec le nom de la rose n’est pas justifié, bien que cette fleur apparaisse sur la plupart des blasons des communes de type Rosay, Rosoy. Outre les mentions les plus anciennes du type Rausedo et le fait que le terme d’ancien français rosoi, rosei « lieu où il y a des roseaux » ne soit jamais attesté avec le sens de roseraie dans les textes anciens, le suffixe -ETU n’est en principe jamais associé à un nom de fleur, mais au nom d’une plante, arbuste ou arbre. Ainsi le mot roseraie est-il formé sur le nom du rosier. Il n’y a en outre, pas de formation analogue dans le sud de la France, car la variante occitane rausa n’a pas le sens général qu’a le mot roseau en français et est circonscrite à une petite partie du domaine occitan, ce qui exclut encore une fois le nom de la rose commun aux deux langues.

Histoire

La commune de Rosay est partagée en deux : au bord de la rivière auprès de l’église, et 800m plus haut, sur la plateau, où se trouve la majeure partie du village. Cela est dû au sieur de Frémont, conseiller au Parlement de Rouen et marquis de Rosay, qui vers 1730 décide de déplacer 120 maisons, afin de dégager la vue devant son château.

La richesse du patrimoine de cette région témoigne de la convoitise qu’elle suscitera auprès des rois de France, d’Angleterre et ducs de Normandie. Les seigneurs de Rosay seront des hommes d’influence : Enguerrand de Marigny sera le grand argentier de Philippe le BelGuillaume de Gamaches et ses trois frères combattront les Anglais aux côtés du roi Charles VII et de Jeanne d’Arc durant la Guerre de Cent Ans – Nicolas de Frémont obtiendra du roi Louis XIV, en 1680, l’érection de la terre de Rosay en marquisat – la comtesse Apollonie de Valon et son fils Bertrand participeront aux négociations de paix avec la Prusse en 1871. Le salon littéraire de la comtesse accueillera Prosper Mérimée, Guy de Maupassant, Maurice Ravel pour les plus connus. Antoine de La Mare au XVIIe siècle et Gine Delieure de nos jours seront nos poètes. Mais c’est l’abbé Bretocq, curé de 1923 à 1961, Inspecteur des Beaux-Arts et des Monuments historiques

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