Deux professeurs d’histoire au Lycée Pasteur de Neuilly/seine

Posté par nofim le 14 avril 2015

In memoriam : Michel ARONDEL
En souvenir de deux de mes professeurs d’histoire

au lycée Pasteur  Michel Arondel  et   Albert Jourcin  auquel il convient d’ajouter  Gérard Nahon.

Jacques  Halbronn

 

Un ami d’un demi-siècle : Michel ARONDEL (1923-2005)par Charles MELCHIOR de MOLENES,
président honoraire de l’Association, docteur d’Etat,
lauréat de l’Académie française et de l’Académie des sciences morales et politiques

Eminente et étonnante personnalité intellectuelle que celle de Michel ARONDEL (31 janvier 1923 – 8 novembre 2005), agrégé de l’Université, professeur honoraire de  » chaire supérieure  » (comme lui-même se plaisait à l’énoncer) au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine. Depuis un demi-siècle, je le connus presque intimement. Ses parents, voisins de Neuilly – à Paris, ils habitaient avenue de la Grande Armée ; son père, dont il était fils unique, combattit en 1914-1918 – le firent scolariser au 21, bd d’Inkermann, depuis son enfance jusqu’au baccalauréat, obtenu en 1942, Etablissement récemment fondé, alors, et sans classes préparatoires.
Comme maîtres, il y eut, notamment, l’historien Petiot, en littérature DANIEL-ROPS, plus tard académicien français, et le philosophe – très remarquable – Pierre BURGELIN (1905 – 1985), plus tard en chaire de théologie protestante à Strasbourg, puis à la Sorbonne. Par son succès – dès 1ère candidature et au 8ème rang – au difficile concours de l’agrégation, il couronna de brillantes études d’histoire et géographie. Vint ensuite, me narra-t-il, un projet de thèse ès lettres – sur sujet médiéval, je crois. Mais, finalement, il renonça , et pour toujours, à ce dessein. Peut-être – ou bien certainement ?- fut-ce regrettable, car, selon moi, il eût été, en faculté, un enseignant de valeur – méticuleux, consciencieux, très informé. Egalement, eût-il servi utilement la collectivité s’il eût accédé à l’inspection générale de l’éducation nationale. Malheureusement, il se disait (que ce fût, ou non, le motif principal, et le fond de sa pensée) rétif aux servitudes et fonctions administratives.
Ce qu’il résumait (quant à l’épisode du doctorat abandonné) spirituellement – et, en son for intérieur, avec quelque tristesse, sans doute – ainsi:qu’il avait aspiré à devenir  » un historien « . Mais s’aperçut, progressivement et rapidement, qu’il se limiterait à être  » un professeur d’histoire « . Sa distinction, parfaitement nette à ses yeux, des deux concepts, prêtait, me semble-t-il, à discussion. Car peut-on, en cette discipline (et en géographie, de même, où il enrichit constamment ses lumières et son expérience du terrain par maints voyages au loin, cela jusqu’en Afrique du Sud, en Extrême-Orient, aux Amériques, expéditions dont il éprouvait une vive fierté, et qu’il affectionnait d’évoquer) se situer au haut de gamme (ce fut son cas) des enseignants du secondaire sans être, de pair, indissociablement  » un historien  » ?
Lui-même paraissait considérer que oui. Probablement signifiait-il, par là, que l’authentique et grand historien (tel que Michel Arondel le voyait) se révèle, et, dans la postérité, se perpétue par de marquants chefs-d’œuvre : Ainsi les Grecs Hérodote, Thucydide (que Michel admirait, avec raison), Polybe, les Romains Tite-Live
(1), Salluste, Tacite, les Britanniques Gibbon, Macaulay, de grands auteurs allemands, Jules Michelet, Fustel de Coulanges, Ernest Lavisse, Louis Madelin, Jacques Chastenet, etc. Et que les quelques livres d’Arondel – certes, invariablement bien calibrés et rédigés – n’étaient, à ses propres yeux, que des manuels scolaires. Et cela, même si, comme, souvent, advient à ce genre de volumes quand est bonne leur qualité, ils étaient consultés plus attentivement (et de beaucoup) par les maîtres que par les élèves, majoritairement épris de bandes dessinées…
 
(1) Sur le chroniqueur génial de la guerre du Péloponèse, Arondel appréciait et citait, à juste titre, le volume de J. de ROMILLY : Thucydide et l’impérialisme athénien, et, sur Tite-Live, la thèse d’H. TAINE dont la publication contribua à établir la réputation – pour toute sa vie – dudit TAINE.
 
En ce qui est de ses périples précités poussés jusqu’aux extrêmités  » de la Terre  » (son goût de l’exotisme et de la découverte spatiale l’eût volontiers porté aux expéditions inter-sidérales, mais, en sa génération, ces destinations ne furent pas ouvertes aux touristes !), il les accomplit, en général, dans le studieux et confraternel cadre de  » l’Association nationale des professeurs d’histoire et géographie « , dont il fut, activement et longuement, secrétaire général. Il se dévoua aussi, dans leur périodique  » Historiens et géographes « , où il recensa quantité d’ouvrages. Toute sa vie, fort travailleur, et, d’ordinaire, passionné par ses multiples chantiers. Cela, même à la section locale (dont il fut administrateur) des décorés de l’Ordre national du mérite…

Agrégé, donc, Michel, débutant en province comme c’était, alors, coutumier (il ne venait pas des Ecoles normales supérieures, ni ne passa par la fondation THIERS, ou l’Ecole française de Rome) fut nommé au Havre, en 1948, y restant 4 ans. Au lycée principal de garçons, puisque l’introduction de la mixité est très postérieure à ce moment. En cette vaste cité normande,si éprouvée et détruite par la 2ème guerre mondiale, et, à tant d’égards, si originale de par tout l’Hexagone (rappelons le beau livre d’Edouard HERRIOT à ce sujet : La Porte Océane), ville extraordinaire, qu’illustrèrent, entre autres, deux futurs présidents de la République : Félix FAURE et René COTY ; l’industriel cotonnier et ancien ministre Jules SIEGFRIED, qui en fut maire et – 40 ans durant, jusqu’à sa mort, en 1922 – parlementaire ; son fils André SIEGFRIED
(2) (1875-1959) – un des plus grands géographes mondiaux de son époque, dont Arondel estimait, à juste titre, l’œuvre imposante ; l’ancien député et ministre Pierre COURANT (1899 – 1965), bâtonnier du barreau local et maire, qui fit tellement pour la reconstruction de cette ville, et de l’ensemble du pays ;( au Havre, il consacra un émouvant et instructif petit essai) , et tant d’autres ; en cette  » porte océane « , dis-je, Michel me souligna s’être plu.
Et y avoir eu plusieurs élèves attachants, parfois exceptionnels : inlassablement, il me citait l’actuel 1er magistrat du Havre (successeur de Jules Siegfried, Pierre Courant  » et alii « ), Antoine RUFENACHT, ancien de l’E.N.A., ex-ministre, ex-président du conseil régional, longtemps député. Puis, quand Michel eut chaire au lycée Pasteur, un futur historien de la Sorbonne, expert réputé des relations internationales, Georges-Henri SOUTOU. Dont on n’exagérerait pas en écrivant qu’Arondel mettait, en matière bibliographique et scientifique, au dessus de tout, les recherches et publications. En ses débuts d’enseignement, bd d’Inkermann, il eut aussi, en sa classe, un futur professeur de droit, André SANTINI, député, ex-ministre, président du puissant  » Syndicat des communes de la banlieue de Paris pour les eaux « , ex-président de commission au Palais-Bourbon.
 
(2) je connus bien en ses vieux jours, l’académicien André SIEGFRIED, professeur au Collège de France et président (chronologiquement, le 1er) de la Fondation nationale des sciences politiques, resté très attaché, moralement, au Havre, cadre de sa jeunesse. Je fus ami, également, de Pierre COURANT, très lié à René Coty et à A. Siegfried. Ce dernier consacra à son défunt père, Jules SIEGFRIED, importateur de la fibre textile, un pénétrant ouvrage (qu’Arondel estimait), révélateur tableau de certaines mœurs industrielles d’alors : Cotonnier aux Indes. Jules Siegfried fut ministre du commerce. Issue de grande famille protestante, née PUAUX, Mme Jules SIEGFRIED fut une pionnière du féminisme, militant à des congrès internationaux en la matière, jusqu’à Washington…Mère d’André.
 
En effet, après ses 4 ans (court passage, en 82 millésimes d’une vie bien remplie) dans la Seine-Maritime (dite Inférieure, quand naquit Arondel), il fut muté à Janson-de-Sailly, de Paris, rue de la Pompe. Et, au bout d’un an, obtint sa nomination au bd d’Inkermann. Ce qu’il jugeait lui constituer un légitime  » retour « , quelque 11 ans (en 1953) après avoir cessé d’y être élève (le cas, au moins alors, était plutôt rare). Il y resta, volontairement (refusant tout avancement qui eût comporté mutation) jusqu’à sa retraite, en 1988. Vers 1966, il y avait pris la suite – comme professeur en classes préparatoires – de mon maître et ami, Albert JOURCIN (1901-1999), disparu presque centenaire, très compétent comme lui, auteur de plusieurs livres remarqués (3). Avec Jourcin, très différent d’Arondel, celui-ci (j’en avais écho par Albert Jourcin…), par des messages appropriés de Noël, etc., s’attacha à conserver bonnes relations. Comme avec maints collègues (en 40 ans de cours, il en eut, on l’imagine, un grand nombre), mais non, certes, avec tous. Son jugement pénétrant, et documenté, mais volontiers sévère (un excellent maître que j’eus à Pasteur, major d’agrégation, ancien de la rue d’Ulm, collaborateur de l’UNESCO, mort prématurément, le philosophe Paul JAUME, séparait radicalement l’esprit critique, qu’il classait positif, et  » l’esprit de critique « ), lui inspirait, en privé au moins, sur beaucoup d’entre eux, des avis passablement rigoureux. Sinon, féroces …(4)
Sur les projets des pouvoirs publics, idées, et idéaux, quand il les désapprouvait (ou réprouvait ; il n’aimait pas les litotes et euphémismes), sa sévérité n’était pas moindre. De la sorte, insistait-il sur la  » démagogie pure et simple  » qu’il croyait déceler dans l’objectif officiel gouvernemental (il y a quelque vingt ans) de conduire au diplôme de bachelier  » 80 % d’une génération « . Formé par des maîtres représentatifs de l’ère de la IIIème République (voire, parfois, des conceptions du XIXème siècle sur la pédagogie et les hiérarchies sociales), maîtres auxquels il se voulait strictement fidèle, Michel était,certes, très sincère. Sa longue vie
(interrompue par un accident, au volant de sa voiture) durant, il garda (l’âge, au lieu de l’atténuer, en accroissant et durcissant plutôt l’intensité) une vue moralement élevée, mais indiscutablement élitiste, de ce que devait être, et, selon lui, rester  » in aeternum « , l’enseignement. En outre, il estimait qu’on se grandissait, et qu’on affirmait l’éclat de sa personnalité, par un attachement intransigeant à ses propres convictions…Et qu’on démissionnerait – au figuré – et se compromettrait avec le Mal, en acceptant, sans protester et lutter, toute concession sur ces principes et traditions pédagogiques, intangibles à ses yeux. Ou, même, simplement, sur telle ou telle application…
De même, en matière de notations, de résultats aux examens, d’attribution des diplômes ouvrant accès aux postes professionnels (ce qu’au XIXème siècle, on nommait :  » la collation des grades  » universitaires), le fond de sa doctrine était que les élèves et candidats devaient cadrer – bon gré, mal gré,  » volens, nolens  » – avec les normes. Et non l’inverse…Par instants, et par prudence tactique, Michel ne l’explicitait pas constamment tel quel, et combien cette abstention était sage de son fait !

(3) Dont une monographie (dans l’excellente collection :  » Les grandes dynasties « ,) sur les Médicis, de Florence. Plus deux volumes d’histoire générale, livres non scolaires, etc.
 
(4) Une des cibles – assez nombreuses, à des degrés variés, d’acuité dans la polémique – de Michel était Fernand BRAUDEL, de l’Académie française, professeur au Collège de France. Historien mondialement réputé qui professa, brièvement, à Pasteur. Arondel condamnait, globalement et sans réserves, ses orientations intellectuelles, voire sa personnalité. Et Braudel n’était pas sa seule  » Tête de Turc  » .

Il participa largement, on le sait, à l’Association des anciens élèves. Certes, celle-ci, fondée avant la naissance de Michel, fut très vivante et présente, déjà, avant 1940, soit antérieurement au moment où il y coopéra. Mais, après les tragédies de 1939-1945, ce groupement, décimé par les combats, les arrestations et déportations, était, comme tant de choses en France, à reconstituer. Il la présida, de 1988 à 1996, activement et efficacement, et aurait, je présume, obtenu réélection (avec mon plein concours, qu’il savait lui être acquis) jusqu’à son décès, ou presque, s’il l’eût souhaité. Plus que septuagénaire en 1996, il désirait, semble-t-il, reprendre sa liberté, et le fit, avec cette volonté de fer, et cette entière confiance en soi, en la validité de ses propres idées, en la pertinence, voire l’infaillibilité, de ses raisonnements et prévisions, qui – toute sa vie, sans excepter ses vieux jours – le caractérisèrent.
Ces aspects de son tempérament furent un des facteurs essentiels de ses succès, incontestables. Et, peut-être, aussi, de leurs limites, car une telle attitude accroissait – on le devine aisément – la masse de ses adversaires (fussent-ils de simples concurrents), et détermina, parfois – ou souvent – des inimitiés et des réactions de rejet (fussent-elles inavouées). Les interlocuteurs, y compris dans des organismes à décisions collectives, ne s’inclinent, ni ne s’alignent, toujours, ni nécessairement. La nature humaine est ce qu’elle est.
En 1989, lors de la célébration des 75 ans du lycée, il agit et s’exprima utilement. Comme dans le cadre du cycle de conférences – publiques et gratuites – qui, longtemps, fut une des réussites majeures de cette Association. Lui-même, à cette tribune, traita – plusieurs fois, toujours bien – de ses pérégrinations à l’étranger, exposés assortis de photographies de son cru, savamment cadrées. En 1998 encore, et à son initiative, il nous favorisa de ses jugements sur les 400 ans
(5) de l’Edit de Nantes qu’imposa (au terme de la Renaissance et du XVIè siècle), Henri IV. Ou, comme l’appelait Winston CHURCHILL, en son retentissant discours de 1946 à Zürich,  » Henri de Navarre « … Auquel  » Vert Galant « , de même qu’à l’ordonnance de 1598, Michel portait vive estime.
 
Très attaché au 21, bd d’Inkermann – auquel il tendait, fût-ce inconsciemment, à s’identifier (comme attaché – ce fut une large fraction de son existence, et sa résidence de prédilection – , sur d’autres plans, à sa propriété ancestrale de Pontchartrain, où, soulignait-il, ses aïeux maternels habitaient, déjà, sous la Restauration), Michel ARONDEL aura été, et restera, une exemplaire et marquante figure dans le passé du principal, et plus ancien, lycée d’Etat sis à Neuilly-sur-Seine . Où, depuis son ouverture en 1914 – soit, bientôt, un siècle – furent formés nombre de membres de l’Institut de France, du Parlement, des  » corps constitués « , et tant d’élus, morts ou vivants, de la Ville. Y compris son maire actuel.
 
(5) Quatrième centenaire alors célébré par l’Etat officiellement. Cette Ordonnance célèbre, injustement oubliée maintenant (Arondel avait raison) est de 1598, au printemps.

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Rosay sur Lieure, souvenirs de vacances

Posté par nofim le 31 mars 2015

Jacques Halbronn

 

Maison de campagne de ma famille

près de la mairie. dans la partie haute de la

commune.

Site officiel de la commune : www.rosaysurlieure.fr

Rosay-sur-Lieure est un petit village de 568 habitants, situé dans le Vexin Normand à 110 km de Paris et 35 km de Rouen.

En bordure de la très renommée Forêt domaniale de Lyons, Rosay est traversé par la Lieure qui prend sa source à 8 km à Lorleau. Cette commune tire son nom du cours d’eau qui l’arrose, affluent de l’Andelle et donc sous-affluent de la Seine.

Toponymie

Le nom de la commune est attesté sous la forme latinisée Roseyum en 12181.

Ce toponyme est issu d’un gallo-roman *RAUSETU « lieu où il y a des roseaux » comme en témoigne d’ailleurs la forme archaïque de Rosay (Seine-Maritime, Rausedo en 750-7752), le [t] est passé à [d], avant son amuïssement complet caractéristique de l’ancien français. L’ancien français avait aussi rosoi, rosei « lieu où il y a des roseaux »3, c’est-à-dire « roselière », qui procède du même terme gallo-roman.

En ancien français ros signifiait « roseau », le mot rosel était un diminutif, encore attesté dans certains dialectes (d’où le dérivé roselière), devenu « roseau » en français central4. C’est un mot issu du vieux bas francique *raus(a), apparenté à l’allemand Rohr (cf. Schilfrohr « roseau, phragmite »). Le suffixe gallo-roman -ETU (latinisé en -etum dans les textes rédigés en latin médiéval) servait à dériver des noms de végétaux pour indiquer « un ensemble de végétaux appartenant à la même espèce », d’où les finales -ey, -ay, -oy. Les formes -ey, -ay sont plutôt propres à l’ouest de le France, tandis que celle en -oy plutôt caractéristique du nord et de l’est. Ainsi les différents Rosay sont-ils homonymes des différents Rosoy.

Le suffixe -ETU est encore productif aujourd’hui sous une forme féminine issue de -ETA > -aie, d’où chênaie, hêtraie, roseraie, etc.

Il est cependant impossible de déterminer, étant donné le caractère tardif de l’attestation, de quelle époque date cette formation toponymique, c’est-à-dire si elle remonte au stade du gallo-roman (avant le IXe siècle) ou de l’ancien français (entre le IXe siècle et le XIIIe siècle).

Une rapprochement avec le nom de la rose n’est pas justifié, bien que cette fleur apparaisse sur la plupart des blasons des communes de type Rosay, Rosoy. Outre les mentions les plus anciennes du type Rausedo et le fait que le terme d’ancien français rosoi, rosei « lieu où il y a des roseaux » ne soit jamais attesté avec le sens de roseraie dans les textes anciens, le suffixe -ETU n’est en principe jamais associé à un nom de fleur, mais au nom d’une plante, arbuste ou arbre. Ainsi le mot roseraie est-il formé sur le nom du rosier. Il n’y a en outre, pas de formation analogue dans le sud de la France, car la variante occitane rausa n’a pas le sens général qu’a le mot roseau en français et est circonscrite à une petite partie du domaine occitan, ce qui exclut encore une fois le nom de la rose commun aux deux langues.

Histoire

La commune de Rosay est partagée en deux : au bord de la rivière auprès de l’église, et 800m plus haut, sur la plateau, où se trouve la majeure partie du village. Cela est dû au sieur de Frémont, conseiller au Parlement de Rouen et marquis de Rosay, qui vers 1730 décide de déplacer 120 maisons, afin de dégager la vue devant son château.

La richesse du patrimoine de cette région témoigne de la convoitise qu’elle suscitera auprès des rois de France, d’Angleterre et ducs de Normandie. Les seigneurs de Rosay seront des hommes d’influence : Enguerrand de Marigny sera le grand argentier de Philippe le BelGuillaume de Gamaches et ses trois frères combattront les Anglais aux côtés du roi Charles VII et de Jeanne d’Arc durant la Guerre de Cent Ans – Nicolas de Frémont obtiendra du roi Louis XIV, en 1680, l’érection de la terre de Rosay en marquisat – la comtesse Apollonie de Valon et son fils Bertrand participeront aux négociations de paix avec la Prusse en 1871. Le salon littéraire de la comtesse accueillera Prosper Mérimée, Guy de Maupassant, Maurice Ravel pour les plus connus. Antoine de La Mare au XVIIe siècle et Gine Delieure de nos jours seront nos poètes. Mais c’est l’abbé Bretocq, curé de 1923 à 1961, Inspecteur des Beaux-Arts et des Monuments historiques

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Ernest Florian-Parmentier, le mari de ma grand mère maternel

Posté par nofim le 31 mars 2015

Moteur à impulsion

Ernest Florian-Parmentier, le mari  de ma  grand mère maternel dans Culture interview

par Eric Dussert

Tous nos
égarés oubliés

Nous avons passé notre premièreenfance à Marigny/Yonne (Nièvre)

où Florian Parmentier avait

vécu avec son épouse, Sarah

Moise, alias Claude Jonquière,

dont l’article ci-dessous ne fait

aucune mention.

 

 

 

Ernest Florian-Parmentier (1879-1951) incarne à merveille le type des chercheurs d’absolu qui tâtonnent obstinément, avec grande d’énergie.

À rapprocher d’Alcanter de Brahm, de Marcello-Fabri ou d’Alexandre Mercereau, tous fondeurs de théories  » ismiques  » que nous aurions bien tort de trouver cocasses ou incongrus, Ernest Florian-Parmentier aura débuté net et fort en lançant son Manifeste de l’Impulsionnisme en 1904. Né le 15 mai 1879 à Valenciennes, il avait connu une enfance  » rêveuse, inventive, et d’une prodigieuse activité «  (F. d’Hurigny) et avait produit la plupart de ses poèmes réunis en 1899 dans Rêveries et Frissonnements (Vanier, 1899) dès l’âge de 16 ans. «  Entomologiste en herbe, amant de la nature aux heures de la solitude, mais aussi parmi les petits camarades, « chef de bande » toujours prêt à mille improvisations (…) et, malgré tout, bon élève.

 

. (…). A 18 ans, ses humanités faites, il méditait les propositions de sa philosophie dans une maison d’exportation où, voulant apparemment favoriser ses penchants, on l’avait fait chef… d’un rayon désert. «  Sébastien-Charles Leconte, dans sa préface au Génie (Le Fauconnier, 1922), se montre plus précis : «  Dans la maison d’exportation, il fut jugé apte, de par son grec et son latin, à… passer des socques au noir-de-galoches. «  Il effectue ensuite son service militaire à Verdun – qui lui fournit la matière Déserteur ? (1909) – et fait la connaissance de Léon Deubel à Nancy. Installé à Paris en 1905, il connaît les débuts du pigiste, mais publie rapidement son Manifeste de l’Impulsionnisme qui déchaîne l’enthousiasme «  de Moscou à Buenos-Ayres « , fonde la Revue impulsionniste (1905-1906) ainsi que L’Essor septentrional (1903-1906), tout en dirigeant La Revue des Flandres (1906-1907). L’impulsionnisme est une nouvelle doctrine où la pensée trouve sa forme la plus élevée lorsque l’intuition de l’essence infinie (l’esprit), «  saisie par la conscience devient mouvement créateur, impulsion  » (Décaudin). Il connaît un tel succès qu’il fonda une Fédération Impulsionniste Internationale.
Comme s’en souvint Lucien Aressy dans La Dernière Bohème (Jouve, 1923) – information Livrenblog – «  Florian-Parmentier avait des correspondants dans tous les pays du monde et, comme il était alors secrétaire de rédaction de la Revue Illustrée (il) avait commis l’imprudence de se faire adresser sa correspondance aux bureaux de la Revue. «  Le directeur, imaginant une concurrence déloyale le flanque à la porte. «  Et comme Florian-Parmentier n’avait que la foi pour toute fortune et pas du tout d’entregent et encore moins de notions pratiques sur l’arrivisme contemporain, il fit dès lors les besognes les plus invraisemblables, notamment des annonces en vers pour une maison de modes, le boulot d’un secrétaire de rédaction de grand Magazine à raison de 70 francs par mois, lequel secrétaire empochait 500 francs. Ce personnage ne pouvait assurer son service, étant allemand et ignorant toutes les subtilités de notre langue ! Il se transforma en nègre, fit des bouquins pour des personnalités en vue, des articles, des discours. Et puis… toute la lyre. C’est vers cette époque qu’il écrivit Déserteur ? Entièrement claustré dans une chambre à Montmartre, avec ordre à la concierge de dire à tout visiteur que M. Florian-Parmentier était parti en voyage ! Pendant quatre mois que dura cet internement volontaire, il ne se sustenta que de lait et de pain pour toute nourriture. Il avait entrepris d’apprendre à vivre sans manger. Pendant une autre période lamentable où il ne disposait que de 30 francs par mois, il tenta une série d’expériences ingénieuses. Elle consistait par exemple à planter des légumes à racines dans des pots de fleurs, ils se renouvelaient à mesure qu’il en prenait pour son usage. Il faisait aussi croître du cresson sur son évier, transformait en épinards les verts des carottes, de navets, faisait cuire une pâtée de farine d’avoine au lait. Il apprit ainsi à vivre à bon marché, tout comme son ami Alexandre Mercereau, à vivre heureux puisque indépendant. Mais tout cela c’est du passé, un passé bien mort. Une discipline qui l’a toujours soutenu a fait de Florian-Parmentier un écrivain de classe, l’auteur de ce livre prodigieux : L’Ouragan. «  Florian-Parmentier avait en effet été mobilisé et connu d’autres douleurs, celles des tranchées dont il fit, à l’instar de Gabriel Chevallier (La Peur, Le Dilettante, 2008), le juste tableau. Un spécialiste de René Ghil, J.-P. Bobillot, a rappelé ce que ce dernier en pensait : «  Ce livre est la Guerre entière, il est tout ce qu’ont éprouvé par leurs cinq sens, des millions d’hommes qui habitèrent quotidiennement la certitude immédiate de leur cadavre !  » (Cahiers Idéalistes, octobre 1921).

 » Il avait entrepris d’apprendre à vivre sans manger.  »

Critique, poète, romancier, auteur dramatique ou théoricien, Florian-Parmentier a touché avec ce livre son plus haut succès. Pour le reste, son activité d’éditeur sous les marques de Gastein-Serge ou du Fauconnier lui assura probablement une notoriété et un entregent raisonnables. Installées dans le XVIe arrondissement de Paris, puis boulevard Mortier, dans le XXe, ses éditions se survécurent jusqu’en 1938 au moins, laissant notamment trois volumes de Toutes les lyres, une luxueuse anthologie poétique équipée de photographies (s’il vous plaît) – on ne peut s’empêcher d’imaginer des comptes d’auteur… Reste aussi son récit de voyage au pays des Soviets, L’Etoile rouge (Le Fauconnier, 1936) dont le tirage s’épuisa dans l’année. Florian-Parmentier se lassa quant à lui un peu plus tard et disparut, à Marigny-Corbigny en 1951, non sans avoir tracé un jour cette dédicace votive : «  L’auteur te le dit sans détour :/ Il n’a fait qu’écrire le livre./ Toi, lecteur, tu le feras vivre,/ Si tu le lis avec amour.  »

 

Eric Dussert

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Patrick Curry, Robert Hand

Posté par nofim le 29 mars 2015

En  1984  nous avions organisé à Londres, avec

Patrick Curry au Warburg Institute un Colloque d’Histoire de

l’Astrologie (édité en 1987)

Astrology, Morality, & Ethics – YouTube

www.youtube.com/watch?v=TG1J0Me911Q
25 oct. 2013 – Ajouté par Espaço Astrológico

Astrology, Morality, & Ethics …. Nadiya Shah Productions, Ep 11 Patrick Curry, Author of « Ecological Ethics …

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François Secret,

Posté par nofim le 29 mars 2015

Il semble que ce soit grâce à François Secret

que nous ayons obtenu la commande en 93   l’article Astrologie de l’Encyclopaedia Universalis.

(paru en 94 et en 2004)

Documents oubliés sur l’alchimie, la kabbale et Guillaume …

https://books.google.fr/books?isbn=2600006540
Sylvain Matton – 2001 – ‎Alchemy

offerts, à l’occasion de son 90e anniversaire, à François Secret par ses élèves et amis Sylvain Matton. BIBLIOGRAPHIE DES TRAVAUX DE FRANÇOIS …

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Antoine Coron, Directeur de la Réserve de la BNF

Posté par nofim le 27 mars 2015

Nous évoquerons le nom  d’Antoine Coron qui  nous  invita à réaliser une

exposition à la Réserve de la BNF en 1993-94

 » Astrologie et Prophétie. Merveilles sans images » dont le catalogue fut

publié aux éditions de la Bibliothèque Nationale

Rencontre avec Antoine Coron, directeur de la Réserve des livres rares et précieux de la BNF

Michel Bouvier : Cher Antoine Coron, depuis combien de temps êtes-vous directeur de la Réserve du département des Imprimés à la Bibliothèque nationale de France ?

Antoine Coron : J’ai pris la succession de Jean Toulet à la fin de juillet 1993 – à l’époque, on ne disait déjà plus Réserve des Imprimés, qui est l’ancienne appellation, remontant au XIXe siècle. Puis l’organisation de la BN a commencé de changer : ainsi, le 15 mars 1995, la Réserve des livres rares est devenue un département à part entière, tandis que les Imprimés ont disparu le 29 août 1998, avec la fermeture de la salle Labrouste, le déménagement à Tolbiac, où fonds et personnels ont éclaté en cinq départements thématiques. Par sa permanence, la Réserve est le seul témoin d’un certain passé, tout en ayant considérablement évolué. De 1993 à 1998, le transfert de 50 000 volumes choisis sur les rayons des Imprimés a nettement accru ses collections.

M. B. : C’est là, je crois, un des plus beaux fonds de livres précieux au monde. Vous en avez choisi quelques uns à montrer au grand public, lors du Salon du Grand Palais. Pouvez-vous nous parler de vos choix ?

A. C. : Il n’y a pas de choix idéal quand on passe de 200 000 à une trentaine de pièces… Cependant, la Réserve occupant les deux tiers des vitrines du stand de la BnF, il lui était possible de figurer d’une manière qui soit un peu mieux que symbolique. Recouvrir de façon homogène les siècles concernés par l’histoire du livre imprimé était une première exigence. Le choix auquel nous avons abouti, car il s’agit d’une démarche collective, présente quelques « livres-dates », ou « livres-événements », selon une expression que j’emprunte à André Jammes : l’avant-projet pour la paix perpétuelle (1712) de l’abbé de Saint- Pierre, l’exemplaire de Marat de L’Ami du peuple (1789- 1792) ou le Code Napoléon (1807) dans sa reliure brodée pour l’Empereur lui-même. Sauf un livre turc et quelques livres italiens, l’ensemble est en français, avec une forte prédominance littéraire marquée par quelques raretés extrêmes (l’unique exemplaire de Pantagruel [1532], les Poésies d’Isidore Ducasse [1870], les premières épreuves du Coup de dés de Mallarmé [1897]) et des rencontres aussi inattendues que celles de l’Arioste et de François 1er, de Montaigne et d’Elisabeth d’Angleterre, de Laclos et de Marie-Antoinette… Les livres illustrés, quand ils ne sont pas eux-mêmes des livres-dates, comme le Mirouer de la redempcion de lumain lygnage et Le Livre de Melusine, qui nous renvoient aux origines (1478) de l’illustration des livres français, peuvent être remarquables par l’étrangeté de leur inspiration (les Bizzarie de Bracelli), ou par la profusion des dessins originaux d’un Picasso sur les pages du livre qu’il offrit à sa compagne. Les reliures ont été choisies pour la singularité de leur technique, de leurs matériaux, leur appartenance à des séries restreintes ou emblématiques du fonds de la Réserve, comme celles à grand décor commandées par Henri II. L’exceptionnel est donc la règle, jusque dans les acquisitions récentes présentées là : le Passetemps de la fortune des dés de Lorenzo Spirito, les gouaches de Toulouse-Lautrec dans les marges de La Fille Elisa, ou les dessins originaux de Jean de Brunhoff pour Le Voyage de Babar.

M. B. : Il y dix ans maintenant, vous avez organisé une exposition, quai François Mauriac, intitulée Des livres rares depuis l’invention de l’imprimerie. Dans l’introduction, vous avez affiné le sens du mot rare, tel qu’employé dans les notices de catalogues de livres anciens. La rareté n’est-elle donc pas strictement arithmétique ?

A. C. : La rareté a plusieurs sens. Celui qui s’attache au nombre des exemplaires, à la fréquence de leurs occurrences n’est que l’un d’eux, le plus répandu. Hors ce sens quantitatif, le mot renvoie à une certaine excellence, à un mérite signalé. Le mérite et la valeur sont des qualités proches, la valeur et le prix peuvent être synonymes : on voit comme il est facile de passer d’une appréciation qualitative à sa contrepartie pécuniaire. En réalité, la rareté n’est pas intrinsèque, elle dépend de la grille de valeurs de celui qui en décide. Il y a donc plusieurs raretés pour un même objet et différents degrés de rareté selon l’appréciation qu’on peut en avoir dans une grille donnée. Il est évident que la rareté quantitative n’a pas d’importance par elle-même. C’est un coefficient multiplicateur de la valeur ou plutôt de l’intérêt que suscitera tel ou tel livre. Sans cet intérêt, elle ne compte pas.

M. B. : Cette notion a été longuement étudiée, d’un point de vue historique et sociologique, par Jean Viardot. Son éclairage me semblait innovant à l’époque.

A. C. : Il l’était en effet. Son approche de la naissance du « système du livre rare » en France au XVIIIe siècle éclaire notre compréhension du monde du livre depuis lors. Jean Viardot a bien montré comment le champ du livre rare est structuré selon trois pôles : celui des conservateurs de fonds anciens et rares (les « réserves »), celui des collectionneurs, celui des experts et libraires spécialisés. Ces trois pôles sont interdépendants et complémentaires. Leur jeu n’a rien de statique. Comme J. Viardot l’a écrit, « toute sphère bibliophilique est toujours “en travail” de la sphère bibliophilique à venir ». Il me semble qu’actuellement ce « travail » est en phase aiguë. C’est d’ailleurs ce qui rend l’époque si intéressante.

M. B. : Conservateurs de bibliothèques et libraires de livres rares sont, chacun à leur manière, bibliographes. Pensezvous que ces deux styles sont compatibles ?

A. C. : Il fut un temps, pas très lointain, où certains jeunes loups des bibliothèques avaient manifesté l’intention de créer un prix de bibliographie destiné aux libraires, afin, pensaient-ils, d’élever le niveau… Il n’en est plus question et c’est même l’inverse qui se passe chaque année à l’occasion du Salon du livre ancien de Paris, quand les libraires attribuent un prix de bibliographie, dont les conservateurs de bibliothèques publiques sont souvent les bénéficiaires. Actuellement, la bibliographie me semble en perte de vitesse chez les bibliothécaires français. Hors des réserves de livres rares, et de départements « spécialisés », comme les Manuscrits, les Estampes, etc., le mot disparaît de l’usage, et l’exercice bibliographique est de plus en plus considéré comme une occupation de second ordre, une tâche « technique » que devrait éviter tout conservateur soucieux de sa carrière. Ceci dit, je ne vois aucune incompatibilité entre les deux pratiques. Celle des libraires a beaucoup évolué d’ailleurs : les catalogues sont plus nombreux qu’auparavant, les notices m’y semblent mieux référencées, les commentaires plus abondants. Dans les bibliothèques, l’accessibilité de nombreuses bases de données grâce à Internet, le travail sur écran avec l’exigence formelle qu’il entraîne, aboutissent à des instruments de plus en plus fiables, souvent rugueux même dans leur objectivité, leur laconisme, mais ils ne sont pas là pour séduire.

M. B. : Pensez-vous que le « grand public » comprend les enjeux de votre travail et de celui des conservateurs en général ?

A. C. : Le public que nous rencontrons à l’occasion d’exposition ou lors des Journées du Patrimoine en septembre est toujours fasciné par ce que nous montrons, intéressé par ce que nous pouvons en dire. Le catalogue de l’exposition Des livres rares fut un succès. Or, ceux qui viennent voir les livres de la Réserve sont loin d’appartenir tous à la « sphère bibliophilique » telle que définie par Jean Viardot. Le « grand public » ne m’inquiète donc pas. Il faudrait multiplier pour lui les occasions de voir les grands livres du passé. Je suis plus soucieux de l’attitude et de l’incompréhension de certains « décideurs ». Le grand mot de « patrimoine national » ne protège pas forcément les fonds de livres rares : un patrimoine court toujours le risque d’être dissipé, et nous avons pu lire récemment des projets de loi inquiétants à cet égard. Le péril s’est éloigné pour un moment, mais son retour viendra.

M. B. : J’ai un jour, peut-être audacieusement, fait un parallèle entre le travail de conservateur de musée et de conservateur de bibliothèque. Quelles différences voyezvous entre eux ?

A. C. : Il y a une première différence, c’est la relative homogénéité des conservateurs de musée, malgré l’écart qu’il peut exister entre les moyens accordés aux uns et aux autres, et l’hétérogénéité considérable des métiers des bibliothèques : un conservateur de la Réserve des livres rares et un conservateur de lecture publique, c’est-à-dire chargé de collections destinées à être prêtées aux lecteurs d’un quartier ou d’une ville, font partie du même corps professionnel, mais ils n’exercent pas le même métier. Dans le parallèle que vous proposez, il faut donc limiter la comparaison aux seuls conservateurs de bibliothèques en charge de « fonds patrimoniaux ». En ce qui concerne ceux-ci, je verrais une différence fondamentale avec les musées, qui ne vient pas toujours à l’esprit du « grand public » : à la Réserve, tous les jours quelques dizaines de personnes, à qui nous ne demandons qu’une carte de lecteur et un motif sérieux pour ce faire, viennent dans la salle de lecture s’asseoir à une table pour lire, donc manipuler des livres rares sous notre regard. Tous les jours, ces objets de collection, dont la valeur peut être considérable, sont utilisés, pour reprendre les termes de Jean Viardot, « dans leur fonction originelle et transitive d’instrument de communication et de culture ». Ce jeu permanent d’un statut à l’autre, d’un usage à l’autre, pour les livres placés sous notre garde, est l’un des attraits de ce métier, c’est aussi une source de soucis et d’incompréhensions permanents. Alors que les musées, qui tiennent le public à distance respectueuse des oeuvres, qu’il est interdit de toucher, apparaissent de nos jours comme le lieu de partage culturel par excellence, les « réserves » est-ce à cause du mot, qui, dans les musées désigne les magasins, où est rangé ce qui n’est pas montré ? – sont perçues au mieux comme « élitistes », au pire comme de sombres armoires à clef. Que de fois n’ai-je pas entendu parler des « caves » de la BN, pour évoquer les rayons sains et climatisés où sont conservés les livres précieux ?

M. B. : Pour nous mettre en bouche, parlez-nous d’une ou deux pièces que vous présenterez au Grand Palais.

A. C. : La pièce qui me vient immédiatement à l’esprit n’est pas encore à la Réserve, où elle entrera prochainement. Il s’agit de l’exemplaire des Pâques que Blaise Cendrars offrit à Guillaume Apollinaire en « hommage respectueux », un jour de novembre 1912, donc immédiatement après la publication de la plaquette qui allait tant frapper l’auteur d’Alcools. On peut imaginer que cette inscription fut portée chez les Delaunay, lors de la première rencontre des deux poètes. Acquis par Alain et Jacqueline Trutat au début des années 1950, elle fut reliée par eux en parchemin souple et présentée en mai 1954 à Cendrars, qui la leur dédicaça à l’encre verte directement sur le plat. C’est l’un des livres donnés par Jacqueline Trutat à la Réserve des livres rares, destiné à constituer avec de nombreux autres le fonds qu’elle souhaite qu’on place sous le nom de son mari (décédé en 2006) et le sien.

© La lettre du SLAM, n° 32 (avril 2008)

 

 

Publié 25 janv. 2011

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Luc Decaunes et la collection « Clefs pour »

Posté par nofim le 26 mars 2015

Le  jeune Jacques Halbronn a une dette envers Luc Decaunes;

C’est ce poéte qui dirigeait la Collection Clefs pour

qui le préféra en  1975  à André Barbault pour le volume sur

l’Astrologie qui parut début  1976.

Nous reproduisons ici l’article sur Wikipedia qui

avait oublié cette dimension et c’est nous qui l’avons

ajoutée.

JHB

 

Luc Decaunes est un poète et écrivain français, né le 2 janvier 1913 à Marseille1 et décédé en 20011.

Son corps a été transféré dans le cimetière de Belmont-de-la-Loire en 2006.

Luc Decaunes, qui fut instituteur1 à Paris, sut aussi être homme de radio, journaliste, organisateur de festivals1, tout en s’intéressant vivement à la musique et à la chanson. Mais il est avant tout connu pour son œuvre littéraire, comme étant l’auteur de nombreux recueils de poésie, de romans et de plusieurs anthologies.

Il fréquenta les surréalistes, notamment Louis Aragon, Tristan Tzara, et Paul Éluard dont il devint le gendre en épousant sa fille Cécile1. Il fut aussi, en 1936, le fondateur de la revue Soutes1 qui souhaitait unir dans un seul langage pulsions oniriques, érotiques et révolutionnaires.

Dès son premier recueil paru en 1938, Decaunes apparaîtra comme un « voleur de feu », mais sa poésie, tout au long de l’œuvre, restera celle de la vie et du vécu.

Luc Decaunes a également dirigé aux éditions Seghers une collection fort appréciée dans

les années soixante-dix, « Clefs pour ».

Sommaire

Recueils de poésie

  • L’indicatif présent ou l’infirme tel qu’il est, avec une eau-forte originale de Picasso (Éditions Soutes – 1938).
  • Le feu défendu, avec un dessin de Cécile Eluard (Les Feuillets de l’îlot – 1938)1.
  • A l’œil nu, avec quatre dessins originaux de Man Ray (Éditions des Cahiers du Sud – 1941)1.
  • Le cœur en ordre (Éditions du Méridien – 1943).
  • Le camphre et l’amadou (École de Rochefort – 1943).
  • L’air natal, avec une posface d’Albert Béguin (Cahiers du Rhône, Éditions de la Baconnière – 1944).
  • Le sens du mystère (Roger Piault – 1946).
  • Poèmes militants, avec douze illustrations d’André Graciès (La Tête noire – 1947).
  • La sourde oreille (Éditions de la revue Fontaine – 1947).
  • Droit de regard, avec un dessin original de Paul Charlot (Seghers – 1951).
  • Musique et poésie ininterrompues, avec, en préface, une étude sur poésie et chanson (Seghers – 1959).
  • L’amour sans preuves, avec vingt dessins d’Antoniucci Volti (Robert Laffont – 1959) (Prix Artaud 1960).
  • Raisons ardentes, choix de poèmes (1935-1955) avec une étude d’Albert Ayguesparse (La Renaissance du Livre – 1964).
  • Haute Provence, avec quinze linogravures de Jean Rivier, Moulin de Larroque (Seghers – 1978).
  • Récréations (Rougerie – 1978).
  • Les États généraux, enregistrés sur cassette (chez l’auteur – 1984).
  • Où commence la terre, recueil original enregistré sur cassettes numérotées (chez l’auteur – 1985).
  • Nouveaux poèmes choisis, manuscrit en fac-similé, couverture illustrée gravée par Jean Rivier (chez l’auteur – 1986).
  • Mortification des fontaines, avec une illustration de Jean Rivier (La Bartavelle – 1987).
  • Le cœur légendaire (1934-1984), avec un dessin de Paul Charlot (La Bartavelle – 1990).
  • Poésie (Maison de la Poésie – 1992).
  • Mea culpa (Éditions du Chardon – 1997).

Ouvrages en prose

  • Les idées noires, roman (Robert Laffont -1946).
  • Je ne regrette rien, roman (Robert Laffont – 1950).
  • Charles Baudelaire, étude et choix de textes (Collection « Poètes d’aujourd’hui », Seghers – 1952)2.
  • L’amour lui-même, chronique d’un amour allemand (Seghers – 1952)1.
  • Arthur Rimbaud ou le Jules Verne de la poésie (Seghers – 1954).
  • Paul Éluard, biographie pour une approche, suivie de Notes jointes (Subervie – 1965).
  • Poésie au grand jour, Regards sur la poésie contemporaine de Baudelaire à Yves Martin (Éditions Champ Vallon – 1982)1.
  • Vie de Paul Éluard (André Balland – 1982).

Il a également participé au numéro spécial de la revue Le Pont de l’épée, n°52-53 consacré à Montherlant-poète, p.70-723. Il évoque notamment une expérience originale de montage poétique présenté sur la scène du T.E.P., « Salut aux vivants » dans lequel il a intégré des poèmes de Montherlant, extraits des Olympiques : « Un Ailier est un enfant perdu » et « Les Émotions du Solitaire ».

Les anthologies par Luc Decaunes

  • Poésie anonyme, poésie unanime, cent poèmes français précédés de La Communauté poétique (Éditions Subervie – 1961).
  • La poésie romantique française, de Rousseau à Lautréamont, anthologie précédée de La diction romantique (Seghers – 1973).
  • La poésie parnassienne, anthologie précédée d’une étude sur le Parnasse contemporain, avec des notices et des annexes (Seghers – 1977).
  • Les riches heures de la poésie française, les trois cents poèmes les plus célèbres, avec une préface (Seghers – 1979).
  • Les riches heures de la chanson française, anthologie des refrains et complaintes de la tradition orale, précédée d’une étude sur la chanson folklorique française (Seghers – 1980).
  • Le poème en prose, anthologie (1842-1945), avec une étude et des notices (Seghers – 1984).
  • Chagrin d’amour, Poèmes de l’amour triste (Le cherche midi – 1992).

Un poème de Luc Decaunes

Nocturne

Toutes les bêtes de la nuit
Qui se viennent brûler aux lampes,
Toutes les bêtes de la nuit
À la nuit la nuit se ressemblent :
Ne savent rien de l’existence,
Ne savent rien du feu qui mord;
Elles n’ont d’autre espérance
Que leur flambante agonie.
On les croirait folles d’oubli.
Du bout de la nuit aspirées
Par cette pompe de lumière,
Du profond de l’ombre accourant
En tourbillonnantes mêlées,
Elles se jettent durement
À la gueule du feu sans larmes;
Et le feu les emplit d’extase,
Les consume, les accomplit,
Dans l’éclat d’une fausse aurore :
Bêtes d’amour, bêtes dupées
Par le clair manchon de la mort.

Luc Decaunes

(Extrait de Poésie, Maison de la Poésie, 1992)

Références

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j « Biographie de Luc Decaunes », sur printempsdespoetes.com (consulté le 31 juillet 2012)
  2. « Fiche du livre de Decaunes sur Charles Baudelaire », sur editions-seghers.tm.fr (consulté le 31 juillet 2012)
  3. « Sommaire du n°52-53 de la revue Le Pont de l’épée », sur unicamp.br (consulté le 31 juillet 2012)

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