L’interprétation astrologique des événements

Posté par nofim le 28 septembre 2013

La  « guerre civile »  de 1961. Un débat sans enjeu prédictif

Par  Jacques Halbronn

« Il n’y a rien de nouveau sous le soleil » ‘(L’Ecclésiaste)

 

 

M. Moysan nous entreprend à nouveau sur la situation de la France en 1961. Nous sommes d’autant plus libres pour en parler qu’il ne s’agit nullement ici d’une prévision que nous aurions faite pour cette période car à cette époque, nous étions vraiment trop jeune et ne connaissions rien de l’astrologie. Nous ne sommes donc pas dans la situation d’un Barbault défendant la qualité de  son pronostic pour 1989, formulé en 1953.

Voilà donc un nouvel échantillon de la prose que Moysan dépose sur le site Aldébaran où nous l’accueillons volontiers car il apporte sans le vouloir de l’eau à notre moulin, en dépit des apparences.

C.M. : « On ne doute pas un seul instant que le Professeur Halbronn saura utiliser les infinies ressources d’une astrocyclologie qu’il a habilement conçue « tout terrain » et à géométrie variable. Et si, en dépit de cette remarquable souplesse native, l’astrocyclologie ne parvient pas à faire « coïncider » la vraie phase A ou la fausse B avec les faits historiques, reste toujours, en dernier recours, la possibilité de substituer à l’interprétation historique de référence la « vision halbronnienne de l’Histoire ». Vision « originale » dont on n’a pu constater la pertinence dans l’exemple du putsch avorté d’un « quarteron de généraux », élevé par Jacques HALBRONN au rang de véritable guerre civile. Ou encore dans la politique de collaboration de la France de Vichy avec l’Allemagne nazie, récemment mise sur le même pied que la construction européenne du Traité de Rome, puisque se produisant toutes deux en phase A!  Ainsi, contrairement à ce qu’il ne cesse d’affirmer par ailleurs, JHB ne part pas de la constatation objective des faits pour y relever d’éventuelles récurrences de nature à fonder a posteriori un modèle théorique, mais pose a priori ce modèle comme axiome, comme un carcan – mais paradoxalement souple! – dans lequel il entend faire entrer les faits, lesquels devront donc nécessairement présenter dans la phase où ils se produiront ses caractéristiques supposées ».

Notre commentaire : M ; Moysan nous reproche nos rapprochements alors que toute l’astrologie est une affaire de rapprochements car qu’est ce que l’analogie sans le rapprochement ?  Or, quand on ne fait pas de rapprochement, on bascule irrésistiblement dans l’astrologie au jour le jour, à l’astrologie du thème pour un lieu et une heure donnés de sorte que ce n’est jamais la même chose. Pensez-vous, même des jumeaux nés à quelques minutes d’intervalle on arrive astrologiquement à les distinguer. M. Moysan appartient à une astrologie qui distingue et nous à une astrologie qui rapproche. M. Moysan dispose d’un mode de saucissonnage du cosmos extrêmement sophistiqué, il découpe des tranches très fins pour qu’il y en ait pour tout le monde, on est dans le rationnement vu le nombre de bouches  à nourrir. Et quand on parle de simplifier l’astrologie, en deux temps, c’est lui qui nous accuse dessaisonner l’astrologie ! C’est  la paille et la poutre.  Il nous pale de géométrie variable pour notre astrologie mais alors celle qu’il défend  elle l’est mille fois plus !  On notera d’ailleurs qu’il nous retourne systématiquement les formules que nous utilisons à son encontre.

M. Moysan nous reproche de vouloir faire entrer une série de données dans un même modèle au lieu d’adapter l’astrologie à la différence des faits « spécifiques ». On peut dire qu’il n’a strictement rien compris à l’esprit de l’astrologie. Que dirait Moysan de l’indice de concentration planétaire de Gouchon-Barbault. Moysan est un astrologe aux méthodes de l’astrologie individuelle égaré dans l’astrologie mondiale !

Certes, une théorie doit se constituer sur des données qui sont mise en avant avec la théorie et ce sont des données particulièrement  marquantes bien évidemment. On ne va bâtir une théorie sur des cas embrouillés, sans lisibilité. La pomme de Newton était un exemple simple alors que la loi de la gravitation concerne des phénomènes bien plus complexes à cerner.  On passe ensuite au stade de l’application de la « loi » et peu à peu l’on montre l’ampleur de son champ d’application même dans des cas particulièrement intriqués, où il  y a, comme on dit, du « bruit » qui vient parasiter la perception des choses.  Résumons-nous : une loi s’élabore sur des cas flagrants et s’applique à des cas qui le sont parfois beaucoup moins. M. Moysan semble ne pas avoir compris l’existence de ces deux temps et les confondre allégrement.

Cela dit, il est tout à fait légitime de  débattre de la pertinence des analogies et  Roger Héquet, il y a quelques années, lors d’un de nos colloques (cf. sur teleprovidence.com) avait déjà avancé un argument  contre certains travaux en disant que pendant la même période des choses très différentes pouvaient avoir lieu. C’est là un argument qui souvent  tient à un refus de percevoir des similitudes  et qui ne tient pas compte de l’évolution du cycle. On rappellera à ce sujet un principe simple : dès lors que l’on sait que l’on applique ou que l’on se sépare du « centre » conjonctionnel, les choses évoluent dans un sens ou dans un autre, non pas parce que l’on aura compartimenté le cycle, mais tout bêtement parce que le temps passe, s’écoule. Ce que Moysan ne comprend pas, c’est que tout découpage d’un cycle n’est jamais qu’un pense-bête, qu’une « borne » indicative comme on en trouve sur les panneaux routiers. Ce que l’on demande à l’astrologue est très simple : qu’il nous dise à quel endroit on est par rapport au « centre ».  Et le malheur, c’est qu’à cette  question très simple il n’est pas à même de répondre pour la simple raison qu’il est perdu dans son fouillis cyclique, dans ses ingres successifs (tous les  trois mois ! ) qui partent tantôt dans un sens, tantôt dans un autre. Une astrologie girouette. Alors pour masquer ses échecs, on n’a rien de plus pressé que d’affirmer qu’il est impossible de généraliser ; de se référer à un seul et unique cycle. Car de  quoi aurait-on l’air.  C’est comme ces statisticiens qui ont fait chou blanc et qui juraient que l’on ne pouvait pas faire de staitisyqiues en astrologie parce qu’ils ne savaient pas s’y prendre. Jusqu’où va la vanité (et l’acrimonie)  de ceux qui ont échoué et qui ne supportent pas que d’autres réussissent ?

Mais venons-en au corps de notre sujet à savoir les événements que nous aurions abusivement rapprochés sous prétexte qu’ils correspondaient à une même phase de notre système, encore que nous préférons  parler de notre  « échelle ». (Comme on parle de celle de Richter). Notre ami Stanislas Marquis avait élaboré une sorte de coefficient pour notre cycle saturnien te finalement c’est plus sain que de découper ne phase tout en ayant des repérés indicatifs.

Donc M. Moysan nous affirme que le « putsch » des généraux  de 61  n’était pas une « guerre civile » et n’avait rien à voir avec Mai 68, que l’armistice de 40  n’avait rien à voir avec le Traité de Rome de 57 ! Défendant son approche d’une astrologie « ponctuelle », tout rapprochement  est carrément insupportable pour le sieur Moysan.

Il est vrai que M. Moysan veut  appréhender le monde dans ses manifestations ultimes. Il n’a que mépris pour ce qui est de l’ordre de tentatives sans lendemain comme ce fameux putsch d’un « quarteron » de généraux, selon la formule de De Gaulle. M. Moysan ne craint pas l’anachronisme qui vient d’un trop grand recul et qui n’est pas de mise en astrologie. Nous ne sommes pas pour télescoper les «événements » en les regardant depuis Sirius et ne retenant que les plus marquants du moins au stade de l’application et non plus de la constitution d’une théorie. Il y a un temps pour chaque chose.

Comme on l’a dit plus haut, nous ne sommes pas en train de défendre une prévision que nous aurions faite pour l’avenir et sur laquelle nous chipoterions, comme le fait Barbault. Nous avons choisi cet événement de notre propre chef et donc délibérément. Nous avons souligné, maintes fois, que l’astrologie n’était pas là pour nous dire si une entreprise va ou non réussir mais si elle va être initiée. Et qui contestera que ce  qui fut  déclenché en 61 portait les potentialités d’une guerre civile ? Que cela ait été enrayé est une autre affaire que l’astrologue doit toujours envisager. Ce qui compte ce n’est pas le « quoi » mais le «comment »,  non pas le résultat mais les « moyens ». Et du coup, nous avions vécu à l’époque, même si cela n’a duré que peu de temps, ces « incidents » comme gravissimes, avec des appels e Michel Debré à la population, le 23 avril.  A  0h45  il  apparaît à la télévision et appelle la population à se rendre sur les aéroports « à pied ou en voiture », « dès que les sirènes retentiront », pour « convaincre les soldats engagés trompés de leur lourde erreur » et repousser les putschistes6  (cf. Wikipédia)

A vouloir trop  « spécifier » chaque « fait », M. Moysan n’arrivera à rien et ne pourra rien rapprocher  mais il a choisi le parti inverse ! Comment dans ce cas, pourrait-on rapprocher à 7 ans d’intervalle 68 de 61 ?  On peut discuter indéfiniment sur ce qui distingue tel « fait » de tel autre et oui, en effet, une « loi » (terme utilisé par Barbault «  Loi fondamentale de l’astrologie » est censée dépasser les cas d’espèces et constitue une grille de lecture, en effet qui implique de « nettoyer » les événements comme on fait la vaisselle. Et ce dont précisément les historiens depuis les années Trente du siècle dernier sont en quête, à  la suite de Marc Bloch  c’est précisément d’une telle loi.Même si  cela défrise M. Moysan qui crie à l’imposture :

..Passons au second exemple, celui  du rapprochement franco-allemand de 40 et de 57.  Que les circonstances aient été des plus différentes, ne saurait nous empêcher de le proposer. Mais là encore, nous ne défendons pas nos « prévisions » pour une époque où  nous ‘n’étions pas encore en activité. Les « faits » » subsistent, les » partenaires » sont les mêmes ! A quoi bon pinailler ? L’astrologie ne sort pas grandie par les procédés d’un Moysan qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez !

Nous avions souligné à quel point Moysan a du mal à comprendre les exposés les plus simples.   Un peu comme un aveugle qui se meut  merveilleusement dans un espace encombré mais familier mais qui trébuche sur le premier meuble venu dans un espace qu’il n’a pas eu le temps de baliser :

J.H. : Bien plus, qu’est-ce qu’un aspect sinon un orbe ? Si nous avions dit qu’il fallait accorder de l’importance au semi-sextile qui précédé la conjonction et au semi-sextil qui la suite, cela aurait été du pareil au même. Le semi-sextil si on le resitue non plus dans une périodisation de 90° mais de 360°, c’est tout simplement le trigone (4×30).
C.M. : On appréciera la clarté et la rigueur du raisonnement alambiqué que le Professeur Halbronn met en œuvre quand il mixe dans sa cornue monocyclique le trigone et le semi-sextile en un improbable mixte pour justifier son orbe de 30°! »
 Notre commentaire :  il n’est quand même pas très compliqué de comprende que lorsque l’on divise un cycle en 4, on doit aussi diviser les aspects par 4 et donc, oui,  le trigone d’un cycle d’un seul tenant devient un semi-sextile tout comme l’opposition devient un semi-carré. C’est vraiment élémentaire mais . M. Moysan n’a pas l’habitude et donc pour la énième fois, il commet un contresens. Il est vrai qu’il n’a eu que quelques semaines pour comprendre notre système alors qu’il a mis 20 ans pour comprendre celui qu’on lui a enseigné ! Mais un rien le déstabilise, le trouble par rapport à l’idée qu’il se faisait de l’astrologie  et il veut que tout le monde le sache, et en témoigner urbi et orbi !.Il a une vocation de martyr.

 

 

 

 

 

JHB

28. 09 13

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Nostradamus et l’astrologie bas de gamme

Posté par nofim le 25 septembre 2013

 

Nostradamus, un astrologue à la petite semaine

Par  Jacques Halbronn

 

 

On nous dit que Nostradamus était astrologue parce qu’il faisait des almanachs et autres pronostications annuelles. On ne parle pas ici de ses consultations manuscrites (cf. sa Correspondance éditée par Jean Dupébe). On sait aussi que dans certains cas, Nostradamus se lançait dans des prévisions à plus long terme, en tenant compte notamment de certaines éclipses, au point de verser dans des perspectives de fin du monde, avec Antéchrist à la clef (pour 1567) que l’on connait surtout par ce qu’il en reste dans les traductions italiennes et dans un   manuscrit réédité au début du XXe siècle, ce dont nous avons traité dans de précédentes études….

Dans la présente étude, nous entendons en effet nous concentrer sur le type d’astrologie véhiculée dans la production annuelle, ce dont  Michel de Nostredame n’avait évidemment pas l’exclusivité mais dont il est certainement exemplaire et emblématique. On pourrait parler d’une astrologie à la petite semaine tant il est vrai que l’astrologue dressait un thème pour chaque nouvelle lune, chaque pleine lune et pour les demi-lunes intermédiaires, soit en moyenne quatre interprétations par mois plus  le thème des ingrès saisonniers dans ses Pronostications qui partaient non plus de janvier mais du printemps, ce qui  impliquait donc seize fois moins de travail que pour les almanachs et était probablement un produit plus bas de gamme et moins volumineux. Il est d’ailleurs probable que ce second produit a plus fait pour la réputation de Nostradamus, du moins dans les années 1550, étant donné qu’il était agrémenté d’une vignette sur sa page de titre, ce à quoi n’avait pas droit l’almanach. C’est d’ailleurs une vignette assez semblable qui sera reprise pour les contrefaçons des Prophéties, rangées en centuries. (1555, 1557). En revanche,  à partir des années 1560, des almanachs pirate (Barbe Regnault) comporteront une vignette inspirée de celle des Pronostications de Nostradamus et c’est cette vignette-là qui servira pour les dites contrefaçons centuriques, dont les quatrains reprennent peu ou prou certains textes en prose de Nostradamus, dont certains ne nous sont pas parvenus sous leur forme imprimée de départ…….

Quid donc de cette astrologie de bas étage propulsée dans les almanachs et dans les pronostications de Nostradamus et notamment des « ingrés » qui ont encore de nos jours les faveurs de certains astrologues ?

Ces « ingrés » (ou entrées, en latin), sont calculés pour le moment exact où le soleil passe- si l’on peut dire- sur un des deux équinoxes ou un des deux solstices, soit au rythme d’un « thème » par trimestre saisonnnier. En dressant le thème pour cet instant-là, l’astrologue entend balayer trois mois au lieu d’une semaine dans les almanachs. Ce qui est  à la fois peu et beaucoup.

C’est peu en comparaison d’une astrologie des grandes conjonctions qui œuvre sur 20 ans voir sur 200 ou 400 ans, à partir d’une conjonction de Jupiter vers Saturne mais c’est beaucoup en comparaison des prévisions hebdomadaires des almanachs à la Nostradamus.

Il ne faut pas se leurrer : nous sommes là aux antipodes d’une astrologie à long terme, d’une astrologie « perpétuelle » sans parler des Centuries et des épitres qui les accompagnent. (À Henri II notamment avec l’échéance de 1792). Cette astrologie annuelle ne l’est même pas, elle est, on l’a dit, trimestrielle et/ou hebdomadaire, une astrologie au petit pied, sans grande envergure, à l’évidence, réduite  à la portion congrue .Encore que l’on puisse penser que le thème de la nouvelle lune mensuelle (lunaison) l’emporte sur celui des autres configurations soli-lunaires. Au niveau de la consultation privée, rappelons le rôle des révolutions (ou retours) solaires dressées pour l’anniversaire du client et qui sont des thèmes valables pour douze mois. selon une méthodologie comparable qui est celle d’une astrologie de calendrier et non d’une astrologie authentiquement cyclique avec son rythme propre. Car cette astrologie soli-lunaire ou seulement solaire (ingrés, retours solaires) est-elle-même à proprement parler de l’astrologie au regard des « puristes » ?….Certes, le thème ainsi dressé constitue-t-il une carte du ciel en un instant T avec les positions planétaires correspondantes mais  la cyclicité d’une telle astrologie n’en est pas moins  à la base hémérologique, liée au calendrier et aux cycles des luminaires (comme il est dit dans le récit de la Création/Genèse) face aux étoiles  fixes du firmament. Notons cependant  des considérations plus amples avec la « Disposition générale de la présente année 1558 selon la plus parfaite prédiction des Astres’ sur laquelle nous reviendrons.

Que voulons-nous dire par une astrologie soli-lunaire ? Que le cycle de planètes (extérieures) comme Mars, Jupiter ou Saturne, totalement distinct de celui de Vénus et de Mercure (directement fonction de la position du soleil du fait de leur faible élongation) n’est pas pris en considération si ce n’est que ponctuellement.  On assiste là à un tour de passe-passe : il est question de ces planètes mais on n’a cure de tenir compte de leur cycle réel à la différence de l’astrologie des conjonctions Jupiter-Saturne. On voit donc émerger une astrologie qui n’est ni vraiment individuelle (ce n’est pas un thème natal) ni vraiment « mondiale » et qui est celle de cette production astrologique populaire qui n’est pas si éloignée de celle des « horoscopes » de presse actuels, qui est d’ordre solaire. (Signe zodiacal). Une astrologie bâtarde en quelque sorte dont  Nostradamus est l’artisan, plus ou moins convaincu. En fait, cette astrologie soli-lunaire  serait pré-astrologique, pré-planétaire et initialement axée sur le Zodiaque.

Examinons un instant la collection de reprints (publiés au Seuil, en 1999, par B. Chevignard. Présages de Nostradamus) comme cette Pronostication pour 1558(Paris Guillaume Le Noir) que nous avions retrouvée à la Bibliothèque de La Haye, il y a une vingtaine d’années. (pp. 429 en annexe de l’ouvrage cité)

« Du Printemps 1558 : Le Printemps commencera ceste année le XI. Iour de Mars etc » . Quels que soient les développements qui suivent, ils sont censés ne concerner que le dit printemps 1558,  ce qui d’ailleurs  oblige le public à se procurer les volumes suivants qui ne paraitront d’ailleurs qu’à la veille d’un  nouveau cycle saisonnier. On notera d’ailleurs les deux débuts d’année (millésimes), celui de janvier pour les almanachs  et celui du printemps pour les pronostications qui sont en concurrence au  XVIe siècle…

Pour l’historien de l’astrologie que nous sommes, il nous intéresse, en effet, de resituer cette astrologie des années 1550 dans le cours de la pensée astrologique  à l’aune de la longue durée. On y voit les signes d’une certaine décadence comme si l’astrologue ne maitrisait plus  la prévision cyclique et se repliait sur une astrologie du thème astral s’inscrivant dans un cadre qui, en dépit des apparences, lui est étranger. En effet, le cadre soli-lunaire est un carcan qui  se révélé excessivement contraignant et limitatif. En dépit des efforts sporadiques  de Nostradamus, pour évoquer le mouvement des planètes, force est de constater que le trimestre suivant va constituer une nouvelle échéance et ainsi de suite, sans  grande continuité d’une fois sur l’autre. Tel ingrés comportera une certaine tonalité et tel autre une tonalité bien différente et ne parlons pas évidemment du cas extrême des almanachs avec leurs thèmes dressés pour chaque semaine :

Dans l’ouvrage de Chevignard qui édite un recueil manuscrit – (Bibl. Lyon Part Dieu) des almanachs et pronostications de Nostradamus (parfois assez différent des impressions. On regrettera que Chevignard n’ait pas fourni de reprint d’almanach (comme celui de 1557), alors même qu’il se réfère à des imprimés dans son travail), on lit ainsi : « En ce dernier quart (…) Du 20 jusqu’à la fin naitront  de lieu infime deux qui parviendront à grand honneur » (mois d’août 1554, p. 213)). Il s’agit du dernier thème du mois pour ce qui ne correspond d’ailleurs pas à la semaine du calendrier. D’ailleurs, cette astrologie ne s’articule même pas sur celui-ci et s’y trouve en porte à faux puisque le calendrier soli-lunaire n’est plus alors pratiqué dans le monde chrétien…

Décadence, disions-nous, liée  à une crise de la pensé cyclique mais aussi aux obligations du marché, avec l’application au niveau collectif qui est celui des almanachs et des pronostications de techniques qui ‘ne font sens qu’au regard de la vie privée, aux enjeux plus ponctuels. On pense à ces astrologues qui sont encore aujourd’hui sollicités en début d’année.

Tendance que l’on pourrait qualifier de divinatoire et qui constitue, selon nous, un détournement de l’esprit astrologique. On remplace peu ou prou l’étude fouillée de quelques cycles planétaires, étudiés un par un, par  une étude des interactions entre ces planètes pour un moment qui n’est fixé que par le processus soli-lunaire (qui tient lieu ainsi de date de naissance). Le ciel entier doit faire sens pour ce moment-là en vérité étranger à la réalité astronomique sauf  à jouer sur les mots. On dira pour emprunter au langage culinaire, que Nostradamus (qui savait fabriquer des confitures et des onguents)  pratique là une astrologie à partir d’un matériau vil qu’il tente de relever par quelques expédients planétaires comme l’on jetait  quelques lardons dans la soupe ou fourrait quelque petit pain. Quelle farce !

Nous savons certes que Nostradamus ne se contentait pas de cette discipline fastidieuse au jour le jour et il est d’ailleurs probable qu’il se faisait assiste pour une telle corvée. On rappellera que les quatrains de ses almanachs sont des compilations de ses textes en prose, comme d’ailleurs certains quatrains des Centuries.

Dans l’almanach pour 1562, dédié au pape, dont on ne connait qu’une version  française imprimée tronquée (mais qui nous est parvenue en italien et en manuscrit français), Nostradamus fixe dans une annexe (apparemment censurée) des considérations à plus long terme et notamment en rapport avec une certaine éclipse d’avril 1567, repérée dans les ouvrages comme ceux de Leovitius. Il est remarquable que cet aspect de son travail soit le moins connu et on peut d’ailleurs se demander s’il n’a pas été occulté du fait même d’une certaine dérive prophétique que l’on peut y observer. Mais là encore,  cette fixation sur  une éclipse ponctuelle  n’est-elle pas l’aveu d’une perte de maîtrise dans l’interprétation des cycles planétaires ?

Qu’on le veuille ou non, cette astrologie de trimestre en trimestre pour ne pas parler de cette astrologie laborieuse à la petite semaine n’est quasiment d’aucun intérêt  au regard d’une astrologie des cycles planétaires. A chaque trimestre, une nouvelle programmation se met en place et ainsi de suite, sans aucun suivi, sans aucune continuité astronomique. Nostradamus annonce le triomphe des techniques  d’interprétation des cartes du ciel  sur  celles de lecture des cycles planétaires. Il incarne la montée en puissance du petit peuple astrologique qui peu à peu va imposer ses méthodes jusqu’à l’astrologie mondiale.

 

 

 

 

JHB

25. 09 13

 

 

 

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La mauvaise gestion de la prévision pour 1989

Posté par nofim le 25 septembre 2013

 

 

Inanité de la prévision à long terme en astrologie comme ailleurs

Par  Jacques Halbronn

 

Que peut-on prévoir à l’avance en astrologie et avec quelle précision ou si l’on préfère une prévision trop précise relève-t-elle encore de l’astrologie ? On connait ces « magiciens » qui écrivaient dix réponses différentes à l’avance qu’ils plaçaient dans des lieux différents et  qui, une fois l’événement arrivé, se dirigeaient vers la bonne réponse. Méfions-nous donc de ces astrologues qui accumulent, au cours de leur carrière, toutes sortes de pronostics contradictoires et qui, le moment venu, signalent le «bon » pronostic.

Même les scientifiques, de nos jours, reconnaissent qu’il leur est impossible de savoir parfaitement à l’avance ce qui va se passer, même dans le domaine de la physique, en raison des aléas qui peuvent   interférer.

Nous dirons donc qu’une prévision astrologique de qualité est celle qui sera suffisamment générale pour ne pas être à la merci des hasards et suffisamment précise dans sa formulation pour être identifiable et reconnaissable le moment venu  Un équilibre délicat à trouver.

Si l’on considère le propos d’André Barbault pour 1989, formulé en 1952 ou 53, concernant un tournant pour l’URSS, était-ce un pronostic raisonnable, 36 ans à l’avance ? Nous nous permettrons d’en douter. Si tournant il pouvait y avoir dans les 40 ans qui suivirent la mort de Staline en  53, celui-ci n’avait aucune raison de se produire spécialement en 89. D’autres échéances auraient tout à fait pu se présenter plus tôt entrée 1956 (Budapest) et 1962 (Cuba) ou 1968 ‘(Prague) avec des configurations célestes tout aussi propices (notamment du point de vue de l’astrocyclologie).

Entendons par là que ce n’est par l’astrologie que l’on pouvait isoler une opportunité parmi d’autres comparables. Pour que 1989 soit 1989 il aura fallu le » right man in the right place » ou «  the wrong man in the wrong place » selon le point de vue que l’on adopte, c’et à dire que l’on s’en félicite ou au contraire que l’on le déplore. Où se situe justement l’astrologie face  à ces deux options : le maintien d’un empire ou son écroulement ?  A priori, nous dirons que l’astrologie a plus de raison de vouloir, de souhaiter le maintien d’un ensemble aussi vaste que possible que son démantèlement lequel survient au moment  où le ciel est illisible, c’est  à dire déstructuré. Si les astrologues sont les gardiens de l’ordre cosmique, ils sont favorables à ce que sur terre règne une certaine unité dont la conjonction astrale est garante. Toute perte d’unité est perçue comme un coup porté à l’Astrologie.  Certes, on nous dira que l’important pour l’astrologie est de voir « juste ». C’est là une vision dépassée et qui tenait au fait que l’Astrologie avait oublié ou trahi sa mission

Le problème, c’est qu’avec la meilleure volonté du monde, on peine à déterminer en quoi consistait la prévision de Barbault. Annonçait-il un renforcement du bloc communiste ou son affaiblissement. ? Lui-même ne devait pas en avoir la moindre idée, si ce n’est que dans les dix  années qui suivirent,  Barbault était persuadé que la puissance soviétique égalerait la puissance américaine. De là à supposer que Barbault annonçait l’écroulement de l’URSS pour 1989, cela parait hautement improbable d’autant que Barbault était persuadé que le temps jouait en faveur des Russes.

Avec le recul, une prévision qui ne situe pas le type de problématique qui se présente à telle datée, est par trop ambivalente et floue. Pis encore,  que penser de ceux qui affirment que Barbault avait prévu exactement ce qui s’est passé, 36 ans à l’avance  alors même que tant de facteurs non astrologiques étaient susceptibles d’intervenir, entre temps, dans un sens ou dans un autre ?. Et puis si l’on replace dans le contexte de la fin des années 70 qui annonçaient une troisième guerre mondiale pour le début de la décennie suivante,  on peut gager que le pronostic de Barbault semblait  dépassé. Ce n’est que le fiasco prévisionnel du début des années 80 qui aura redonné, par contraste – au royaume des aveugles les borgnes sont rois- quelque couleur à la prévision pour 1989, remisée dans un tiroir pendant 20 ans. Il importe donc  de préciser pour toute prévision qu’elle dépend des hommes  en présence pour déterminer son impact (intensité et portée géopolitique). Ce qui aurait été bien, cela aurait été de deviner comment Gorbatchev se comporterait  à un moment critique d’un point de vue unitaire (cf. nos précédents textes), sans que l’on ait d’ailleurs pour autant à dresser son thème- non pas d’ailleurs en raison d’une conjonction mais d’une absence de conjonction (entre Saturne et une des 4 étoiles fixes royales) car contrairement à ce que profère l’indice de concentration planétaire, le danger ne vient pas de la conjonction mais de la disjonction. Mais on rappellera que Barbault avait inversé l’ordre des choses et que sa courbe remontait relativement après le passage dramatique annoncé pour 1982-84.Dire que quelque chose de grave va se passer, c’est un peu léger  si l’on ne prend pas la peine ou si l’on n’est pas capable de préciser dans quel sens, de quel point de vue! On notera qu’entre 1953 et 1989 le discours astrologique ne s’était pas vraiment amélioré. Même  les notions de courbe montante et descendante n’étaient pas assez  clairement définies dialectiquement, c’est-à-dire alternativement. La seule chose que  nous annonçait Barbault, c’est  si cela allait bien ou mal se passer, ce qui au demeurant échappe au seul usage de l’astrologie, laquelle ne saurait garantir les résultats mais seulement les enjeux et les motivations…Au lieu de faire l’effort de décrire deux problématiques inverses, on en était resté aux périodes calmes, de détente ou au contraire  agitées, mouvementées. La prévision dans sa formulation semble avoir piétiné durant ces décennies. Or, l’astrologie est plus dans le comment que dans le quoi.

Disons les choses nettement : l’astrologie est la gardienne de l’unité, elle est du côté des empires et non du côté de ceux qui veulent les éparpiller. La prévision astrologique peut donc aller dans deux directions : soit elle annonce un renforcement des liens, des alliances, soit elle annonce  des ruptures, des séparations, du morcellement, ce qui change d’un certain manichéisme  à coup de bons et de mauvais aspects. Le vrai mauvais aspect, c’est l’éloignement (par l’astre le plus rapide), la séparation de la conjonction  tandis que le bon aspect, c’est le rapprochement  de l’astre le plus rapide  par rapport à la conjonction (application) C’est à l’astrologue de tirer la sonnette d’alarme quand les empires sont menacés de façon à éviter leur dislocation.  Maintenant, si un astrologue est favorable aux mouvements d’indépendance, il risque fort  de tenter de placer l’astéroïde de leur côté et de mettre les « conjonctions » à leur service. Orque s’est-il passé en 1989, Barbaut veut expliquer ce qui s’est passé avec la conjonction Saturne- Neptune alors que celle-ci aurait tenir en échec tout processus de démantèlement. ..Lui  qui pariait tout ce qu’il avait au début des années 60 sur la puissance du « bloc » soviétique, allait  entériner sa dislocation au nom d’une prévision conjonctionnelle décalée et inappropriée ! Apparemment, personne n’a signalé depuis plus de vingt ans cette incongruité au regard des explications après coup, ce qui trahit l’inconsistance des principes astrologiques actuellement  suivis avec tant de désinvolture. 1989 sera rappelé comme la meilleure prévision du siècle  avant terme  et la   pire explication a posteriori d’un événement. Succès donc mitigé et ambivalent, pour le moins. Posons donc la question de confiance aux astrologues : est-ce qu’une conjonction peut rendre compte d’un événement aussi « disjonctionnel » que 1989 ? N’eut-il pas mieux valu expliquer l’événement s autrement. Mais il fallait bien valider la prévision historique, hagiographique de Barbault – sa légende dorée-, quitte à bafouer toute logique systémique en se contentant d’un « il l’avait prédit » qui ravale l’astrologue au niveau d’un voyant, ce que Barbault avait toujours honni.

 

 

 

 

 

JHB

24.09. 13

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André Barbault et son astrologie mondiale de 1957 à 1967

Posté par nofim le 6 septembre 2013

A partir de 1957, Barbault publia régulièrement (et ce pendant une dizaine d’années, jusqu’à la création de la Revue L’Astrologue, dans les Cahiers Astrologiques. Période cruciale pour la  France de l’après-guerre avec l’institution d’une Cinquième République mais aussi pour le monde avec  la Crise de Cuba en 1962 et la Guerre des Six Jours en 1967. La question qui se pose est évidemment la suivante : est-ce que l’astrologue Barbault – et non Barbault le journaliste amateur qui suit l’actualité de près, alors même qu’il avait suivi de près la mort de Staline  en 1953 et ses conséquences. Pendant cette période Barbault publia deux ouvrages en astrologie mondiale, en 63 et en 67. Nous avions déjà montré dans de précédentes études la façon dont Barbault avait « prévu » -ou pas- la crise de Cuba dans « 1964.La crise mondiale de 1965 » (Ed Albin Michel)
                  On notera que Barbault adopta en 58 un profil bas.
« Puisque nous  songeons davantage  ici  à tirer la leçon astrologique des événements  que nous vivons qu’à les prévoir, il importe donc de reprendre le fil de l’analyse afin que de la critique touchant le passé se dégagent plus de certitudes visant l’avenir » (« Où va la France et le monde ? Les C. A. n°37, Novembre-décembre 1958, pp.273  et seq) Voilà qui est fort bien dit.
Il est vrai que les performances du jeune Barbault – il va sur ses 37 ans- sont alors assez moyennes, pour employer un euphémisme. Ses propos sur l’avenir de De Gaulle méritent le détour.
-Dans le même numéro des CA, il  consacre un paragraphe à « l’hypothèque de Gaulle » (pp 274-275) « Toujours dans « La crise  et le drame algérien », je précisais cette apparente mais fort gênante contradiction qui se présentait  du fait que de Gaulle, homme de droite   revenu sur une pression  de la droite  arrivait dans un courant de gauche (la conjonction  Jupiter-Neptune). Comment admettre cette criante  incompatibilité qui m’empêchait de croire à son retour ? »
En  1953, Barbault avait écrit dans son bulletin « L’astrologie Moderne » (cf.  notre étude à ce sujet) que ce n’était pas tant le thème de Staline qui comptait que l’inscription existentielle de celui-ci dans le cycle Saturne-Neptune dont la conjonction avait marqué la Révolution d’Octobre 1917, la nouvelle conjonction ayant lieu 36 ans plus tard, en 1953 :  
L’Astrologie Moderne, mars-avril 1953, bulletin rédigé par André Barrault :
«  Indépendamment de sa propre naissance, la mort de Staline arrive à son heure selon les cycles planétaires. Il semble que lorsqu’un homme politique adhère  à un mouvement  social et finit par devenir le chef, l’âme de ce mouvement et finit par devenir le chef, sa destinée ne lui appartient plus en totalité (…) Staline était LE chef du communisme qui prit le pouvoir à la conjonction   Saturne- Neptune de 1917 ; la nouvelle conjonction de ces astres  était une fin de cycle et un renouveau historique pour le communisme ; que le vieil homme  disparaisse  pour laisser la place à  une nouvelle  génération,  voilà  qui est logique et  analogique » (pp. 8-9)
Or, Barbault, cinq ans plus tard,  semble engoncé- comme s’il passait lui-même par une certaine forme de cyclité- dans l’étude des thèmes des candidats en présence (dont De Gaulle) pour la présidence du conseil et de leurs transits. Son exposé est une véritable usine à gaz qui ne semble fonctionner qu’après coup mais avec quel luxe de détails !.
Rappelons que Saturne est en Sagittaire, que la Ive République est secouée par le besoin d’un homme providentiel ; ce qui correspond selon nous  à la conjonction de Saturne avec Antarès. C’est dire que l’avènement de De Gaulle était assez nettement prévisible, quel que soit son thème natal. Cette conjonction qui se produit tous les sept ans favorise un pouvoir central fort,  peu importe qu’il soit de gauche ou de droite. Ce qui va faire justement la force de De Gaulle, sous cette configuration, c’est justement sa  faculté à rassembler, à résoudre et à arbitrer, du moins tant que la  conjonction reste marquée (c’est-à-dire tant que Saturne n’atteint pas le semi-carré avec Antarès, pour dire les choses un peu trop nettement). En son temps, Bonaparte, sous les mêmes astralités saturno-stellaire, avait un profil assez comparable, au moment du consulat. (Saturne est alors conjoint avec Regulus, une autre fixe royale).
Les astrologues traditionnels nous objecteront  que l’on ne peut quand même pas mettre en avant quelqu’un sans dresser son thème (en le comparant à ceux de Bidault, Pflimlin, Pleven, Mitterrand). C’est pourtant ce qu’avait conclu Barbault pour Staline,  basculant l’astrologie individuelle, à juste titre, du côté de la Mondiale
 De Gaulle avait tout à fait le profil « conjonctionnel » et point n’était besoin de  recourir à une éclipse (19 avril) comme le fait Barbault. (CA n° 75 Juillet Aout,  « La crise et le drame algérien » (pp. 168-169)/ Rappelons que cela coïncide peu ou prou avec la dynamique unitaire du Traité de Rome de 1957 qui dépend de la même conjonction Saturne-Antarès. (cf. aussi notre étude sur la République Arabe Unie (RAU).
Un personnage comme de Gaulle avait déjà fait suffisamment ses preuves –ce n’est pas un nouveau-né ! – pout que l’on sût quelle était sa trempe, sans avoir à regarder son thème. Rappelons qu’en 1944, 14  ans plus tôt, de Gaulle avait déjà fait ses preuves. (Saturne conjoint à Aldébaran en face d’Antarès)
Barbault oscille entre une pratique du thème individuel et  celle des cycles planétaires et il  cafouille. Il s’inquiété sur l’avenir de la Ve République (CA n ° 80, mai-juin 59, p.116) : « La Ve République ne ferait même pas l’année jupitérienne de douze ans qui a fixé la naissance et la mort de la Ive République ». En revanche, il était prévisible qu’en 1961, la « disjonction «  de Saturne avec Antarès – le décrochage- menacerait le pays de guerre civile.
Dans le 4e numéro spécial consacré à l’Astrologie Mondiale, qui parait  en mai-juin 1960 (n°86), dans un article intitulé « Algérie An 60 », Barbault reconnait «   J’avoue personnellement  n’avoir pas en mains la clef des cycles planétaires qui permet de comprendre tout ce qui s’est passé chez nous depuis le 13 Mai. J’ai le sentiment qu’il y a un courant  planétaire à   découvrir, faute de quoi des choses essentielles nous échappent »’
Dans  le 5e numéro spécial des CA sur la Mondiale, Barbault publie un texte intitulé « 1961 »  A propos de la crise algérienne, Barbault reconnait  que cela « constitue un banc d’essai idéal pour le perfectionnement et la mise à l’épreuve des méthodes d’astrologie mondiale ». Rappelons que l’évenement majeur est alors celui des indépendances africaines, et c’est tout m’empire colonial français qui s’effrite, du fait de la disjonction de Saturne avec Antarès, en contrepoint avec la conjonction. Un cycle de Saturne, plus loin, on arrive à 1989 avec le démantèlement d’un autre empire, celui des Soviets, sous les mêmes configurations exactement.
Dans le 6e numéro spéciale des CA (n° 99,  Juillet-Aout 1962), Barbault se lance dans la prospective : « La crise historique  de 1965-66 ». Il recourt lui-même au terme d’enchevêtrement  (p. 177) pour 1965. On y trouve toute une étude sur le cycle Saturne- Neptune et la Russie. (pp. 182-183) avec la mention  de 1989. On y trouve l’exposé des thèses qui seront reprisses en 1963 dans « 1964. La crise mondiale de 1965 » qui passent totalement à côté de l’affaire de Cuba  (1962). Barbault annonce une guerre économique d’où l’URSS sortira vainqueur et non une confrontation militaire à laquelle il ne croit pas, contrairement, dit-il, à ses confrères.
Passons à 1966 (Cahiers Astrologiques,  janvier-février 66 n° 120)/Il y annonce (« Les étapes de la crise mondiale 1965-1970 ») son prochain livre « Conjoncture astrale et devenir historique » qui deviendra « Les astres et l’Histoire » (Pauvert, 1967). Barbault passe à une approche quantitative plus que qualitative. Il note le nombre d’aspects qui se forme, toutes planètes confondues.  Il parvient à l’unité  non pas en élisant un cycle mais en les combinant tous pour obtenir une résultante. Barbault  privilégie les aspects dissonants comme marqueurs historiques. Il   conclut à la confirmation de « la notion classique des aspects  dissonants en particulier  de conjonction et d’opposition mais aussi de carré et d’aspects mineurs, entre les astres rapides, le Soleil en particulier et les planètes lentes quand elles forment des nœuds de dissonances ». Pas un mot encore sur l’indice de concentration planétaire qui sera au cœur de l’ouvrage tel qu’il paraitra l’année suivante  comme si cette élaboration, inspirée par Gouchon, s’était effectuée au dernier moment.
Dans le n° 126 (janvier-février 1967) , Barbault publie » La crise mondiale de 1965 à 1967 ». il revient sur son grand pronostic favorable à l’URSS  (p. 23) : « 1965 n’a pas ratifié ce pronostic : « L’URSS a été obligée d’emprunter – et en  grandes quantités-des céréales. » Et pourtant je ne m’avoue pas vaincu (..) L’URSS peut  égaliser (sic) sinon dépasser la puissance économique américaine (en crise). C’est ce que j’avais dit et c’est ce que je pense  encore contre l’avis de tous les économistes »
Pour notre part, il nous semble aléatoire de prétendre étudier astrologiquement le destin des Etats.  Ce ne sont pas les Etats qui nous semblent marquants lors des moments conjonctionnels mais les hommes d’exception qui forgent le dit destin, ce qui détermine chaque fois de nouvelles centralités…
JHB
29. 08.13

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Astrologie mondiale : le grand écart.

Posté par nofim le 15 août 2013

On assiste en ce moment à l’émergence d’une nouvelle astrologie mondiale qui a pour nom Astrocyclologie et à la fin de régne d’une ancienne astrologie mondiale qui  continue à sévir mais qui semble bien avoir fait son temps et ne poursuit sa route que par la force de l’habitude.
En témoigne ce texte que nous recevons :
29 juillet 04:22
La Triade d’Or
(Le Triomphe du Bien)

« L’astrologie nous permet d’échapper à de mauvais moments, de bouger mentalement et de commencer à profiter d’un bel avenir qui, dans ce cas est justifié par la prochaine CU (Configuration Universelle) formée par les 3 planètes lentes, Uranus sextile Neptune et trigone à Pluton, ces deux derniers en sextile mutuel, les aspects (distances) étant exacts avec un orbe compris entre 7 ‘et 26′ d’arc (moins d’un degré).

« Pour donner à cette configuration l’importance qu’elle revêt véritablement, il faut savoir qu’une configuration similaire ayant impliqué ces 3 planètes, avec des orbes légèrement plus larges, est survenue il ya 3136 ans (en 1124 avant JC). Si nous donnons du poids à la théorie selon laquelle plus  la planète est éloignée dans le système solaire, plus grande est sa puissance, nous vivons actuellement des changements qui seront extrêmement forts pour l’humanité. »

Voilà où nous conduit cette astrologie des planètes transsaturniennes et toute personne de bon sens  se rend bien compte  que quelque chose « cloche »/ On cite : « une configuration similaire ayant impliqué ces trois planètes (…) est survenue il y a 3136 ans ». Passons sur cette affirmation  « plus la planéte est éloignée dans le système solaire, plus grande est sa puissance ». Voilà bien l’astrologie transsaturnienne dans toute sa gloire ! No comment !
Changeons, voulez-vous d’échelle avec une astrologie qui s’arrête à Saturne et qui est même avant tout saturnienne et articulée sur le nombre 7. Une astrologie qui n’a que faire des trois planètes au-delà de Saturne découvertes successivement sur un siècle et demi entre 1781 et 1930.
Nous partirons de deux textes d’une amie astrologue qui s’intéresse d’assez près à nos travaux :
Isabelle Le Berre (Béziers)
« Ta distinction entre » humanité »   »A » et « B », cette dernière étant celle du mimétisme  est, me semble-t-il, pertinente.
Cela fait plus de trente ans que René Girard a pointé cette différence, qui ramène à nos limites, comme d’ailleurs Pascal Brukner dans ses essais sociétaux. 
MAIS: Nous sommes tous, plus ou moins longtemps, dans cette escarpolette entre « A »‘ et « B ».
 Je ne pense pas, personnellement,  qu’il existe dans l’humanité des types culturels, intellectuels, géographiques,  ou d’inconscients collectifs « purs ». Il s’agit probablement du choix (là, je pense à Blaise Pascal, à son pari, et à « qui veut faire l’ange fait la bête »).
Vis-à-vis de cette escarpolette, le cycle de sept ans -de trois ans et demi- de quatorze ans, est pourtant  bien présent. Nous devrions le retrouver pratiquement  dans toutes  les séquences biologiques si, en tant qu’astrologues et même que simples humains, nous nous penchions sur le structures de répétition et celles des fractales.
La question de l’entropie arrive, dont les astrologues ne parlent pas en général. Mais l’entropie  pourrait être convocatoire (cycle fini dans une durée précise) à une transformation/ transmutation/ translocation  d’un autre ordre, que le symbolisme (ou l’analogie astrologique) a du mal à objectiver : un moteur repéré, mais pas de conducteur, pas de « GPS », et une limite arbitraire entre « moi » et « l’autre » qui ne serait nullement le fait de l’altérité, mais celle de la courte vue ou d’un instinct vital purement animal.
Il y a toutefois beaucoup d’éléments repérables, qui tiennent à la mutabilité, à la fixité ou à la « cardinalité » de nos projections astrologiques.
C’est indubitable à l’observation et à l’expérience. C’est comme la loi de la gravité ou la thermodynamique.
 Je souhaite qu’en astrologie nous arrivions  un  jour à être aussi précis et efficaces que des chirurgiens cardiologues… pour nous et les autres. »
Autre message de la même
« J’ai essayé de placer des planètes conjointes aux (étoiles) fixes dans des thèmes travaillés cette année, quand elles  se superposaient plus ou moins aux angles par progression ou en natal. C’est ardu, et je trouve aussi un peu plus évident le rôle des semi-carrés (45°) et sesqui-carrés (135°) de Saturne, mais uniquement par rapport à une « génération », et encore!!
Quant à l’astrologie « mondiale » relativement à celle des thèmes individuels, je n’y vois jusqu’à présent que la prédominance du collectif sur l’individu, à moins que l’individu en question ait une domification (oui je sais, aïe aïe aïe!) superposable au collectif ou fortement aspecté (angles, et pas seulement saturniens). »
Notre commentaire :
Nous n’avons jamais préconisé d’appliquer notre modèle dans le cadre d’un thème natal mais chacun peut, en aval, faire ce qu’il veut et le temps qu’il veut, du moment que l’on reconnait la prééminence et la centralité du cycle Saturne- Quatre Etoiles. Par ailleurs, nous avons abandonné déjà depuis un certain temps un découpage numérique du cycle de Saturne. La seule date qui nous intéresse est celle de la conjonction avec la prise en compte d’un orbe assez important, à l’approche de la formation de celle-ci, sans qu’il faille absolument fournir d’extrêmes précisions. Notre amie annonce souhaiter que l’astrologie parvienne bientôt à une précision sur le modèle des chirurgiens-cardiologues. Nous préférons le terme « fiabilité » à celui de « précision » et nous avons récemment traité du syndrome de la précision chez les astrologues.
Ce n’est pas parce que l’on se sert de cycles relativement courts qu’il faut « parier » sur la précision en astrologie.  Il importe, certes, d’être explicites dans nos formulations mais les choses se font et se défont progressivement et il nous revient d’en suivre le cours, les allées et venues et pas seulement en astrologie. La précision ne saurait venir de surcroit au niveau des praticiens et des outils propres à chacun, astrologiques ou non. Mais ceux qui outrepassent les limites que nous avons imparties à l’astrologie le font sous leur seule responsabilité…
Les astrologues parlent volontiers d’analogie mais ils devraient commencer par rechercher des analogies sur le terrain par-delà certaines différences superficielles voire artificielles.
 Est-ce, en effet, avoir l’esprit analogique que de ne pas saisir les similitudes entre des événements et des situations en se laissant obnubiler par telle ou telle différence secondaire ? Le cycle de Saturne par sa brièveté (7 ans) nous fournit un très grand nombre de cas du même type. Mais pour cela, il faut avoir le « coup d’œil » et  c’est probablement cette faculté qu’il faut développer en priorité chez les étudiants en astrologie.  Qu’ils évitent en particulier de s’enfermer dans la « tour d’ivoire » du thème natal personnel qui est  une chimère.
Pour baliser l’Histoire de l’Humanité, il n’est nullement nécessaire de se servir des planètes transsaturniennes et d’ailleurs un Albumasar, au Xe siècle (suivi par beaucoup d’autres)  a montré que l’on pouvait couvrir  les siècles en s’en tenant aux seules  conjonctions Jupiter-Saturne. Le piégé dans lequel il ne faut pas tomber, c’est de croire que telle configuration est rare et correspond  à un moment exceptionnel.  Le caractère extraordinaire ne relève pas de l’astrologie mais des hommes et il est clair que lorsque l’Humanité aura conscientisé le cycle de Saturne, elle saura en tirer le meilleur, ce qui conduira à une accélération de l’Histoire. Pour l’heure, nous dirons que tout dépend des interactions entre les hommes et les astres. II faut le right man at the right place and at the right time, ce qui nous renvoie à l’importance pour les sociétés de repérer et recenser en leur sein les « hommes » de type A, qui seront la ressource principale et la plus convoitée  du millénaire qui s’ouvre. Et cela ne dépend aucunement du thème natal !  Il ne s’agit pas de mutants mais d’une humanité qui existe depuis fort longtemps et sans laquelle nous n’en serions pas là où nous en sommes. ‘(cf. la série télévisée Stargate)
JHB
29.07.13

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Une autre ère pour l’astrologie mondiale

Posté par nofim le 12 juillet 2013

Nous voyons cohabiter une astrologie hyperprécise, d’une exigence maniaque de détails minutieux  et une astrologie  qui traverse allégrement les siècles voire les millénaires.  On pourrait parler d’une astrologie bipolaire  oscillant entre deux excès contradictoires et visiblement incapable de se situer dans un juste milieu. Ces deux astrologies ne laissent pas de créer un certain malaise et sont l’expression certainement d’un mal être.
Il y  a néanmoins un point commun entre ces deux versants, ces deux  facettes de l’astrologie contemporaine : dans les deux cas,  on cherche à faire coller l’astrologie avec certaines représentations que l’on pourrait qualifier de populaires.
D’une part, l’espoir de la part de l’astrologue de recouper au plus près ce que les gens pensent d’eux-mêmes, ce dont ils se souviennent de leur passé. Car pour beaucoup d’astrologues, soit on est dans le vague, dans le flou, soit l’on touche juste, « dans le mille » et le client n’a plus qu’à applaudir estomaqué par une telle précision. Pour ces astrologues, il n’y a pas de demi-mesure. Cela passe ou cela casse. C’est quitte ou double.  On ne peut que trouver dérisoire une telle  exigence de précision dans les données de naissance dont le corollaire serait la plus grande précision dans le propos comme si un propos pouvait dépendre de quelques minutes de plus ou de moins. Cela nous semble bien déraisonnable. C’est comme quelqu’un qui demanderait l’heure exacte alors qu’il n’a pas de montre. Très vite, une telle information n’aura plus aucun intérêt car on aura les yeux plus gros que le ventre.  Il faut être psychorigide pour croire que les subdivisions astrologiques peuvent  générer des différences au millimétré près alors que l’on sait que tout est progressif, dans la continuité. On ne passe pas brusquement d’un état à un autre. Il est vrai que l’astropsychologie, quand elle est fermée à la prévision et à la cyclicité,  est aisément victime de tels excès sémantiques et tend à figer les choses.
D’autre part, nous avons des astrologues qui jonglent avec les siècles et qui, eux, se situent donc, à une autre extrémité tout aussi dommageable et regrettable. Dans ce cas,  ces astrologues cherchent à faire en sorte que l’astrologie fasse le grand écart entre les  souvenirs scolaires et le journal télévisé de la veille.  Or, la culture de la plupart des gens se réduit à ces quelques dates qui surnagent  d’une part et à  des données toutes fraiches concernant ce qui s’est passé depuis peu.  Tout le reste demeure dans la grisaille. On se souvient de Napoléon mais on ne sait plus quand a gouverné Madame Thatcher ou Giscard d’Estaing,  au niveau des dates. C’est le grand écart.
Donc les astrologues mondialistes ont tendance à vouloir faire un savant mélange entre  des dates éloignées et un vécu immédiat, ce qui  tend à conférer au présent une importance le plus souvent  terriblement exagérée. C’est ainsi que l’on peut lire que ces dernières années sont comparables à la Révolution Française et autres âneries du même acabit. D’autant que cela est étayé à coup de planètes transsaturniennes qui ont un effet pervers sur notre appréhension des événements.  Puisque tel aspect entre deux planètes lentes se produit en ce moment, n’est-ce pas la preuve que nous vivons des moments rares et graves ? Qui ne voit que l’astrologue est ici prisonnier de ses outils. ? C’est pourquoi nous demandons que l’on interdise l’utilisation des transsaturniennes en astrologie. Cela relève de l’hygiène publique !  Qui ne voit d’ailleurs que ce faisant l’astrologie mondiale va dans le mur avec un tel amateurisme, un tel bricolage ?
Au lieu d’envisager de repenser les notions astrologiques traditionnelles, on voudrait que l’on n’ait d’yeux que pour les nouvelles planètes dont on connait l’année de la découverte et qui confèrent à l’astrologie un cachet de modernité, voire de scientificité, à bon compte. On est dans la  fuite en avant.   Vive l’astrologie nouvelle, née à la fin du XVIIIe siècle et articulé sur les nouvelles planètes pour rendre compte de la nouvelle ère – (du Verseau, signe d’Uranus)  dans laquelle nous nous trouvons : voilà ce qu’il nous faut entendre jusqu’à la nausée !
Malheureusement pour elle,  cette astrologie  surdimensionnée et qui annonce des temps nouveaux  est confrontée à une réalité qui elle ne change guère depuis des millénaires.  L’Humanité n’a pas attendu la Révolution pour  être agitée périodiquement  par des secousses considérables sur le plan géopolitique et c’est précisément de ce fait que l’on attend autant de l’astrologie et cela ne date pas d’hier ! Or, les jugements qui sont portés sur ce qui se passe actuellement  montrent que l’on n’a pas assimilé  un processus millénaire et qui n’a vraiment rien d’extraordinaire ni d’exceptionnel.  D’ailleurs, aucune prévision, déontologiquement, ne devrait être admise sans une « contre-prévision ». Entendons par là que  l’on ne peut annoncer l’Hiver sans préciser qu’ensuite vient l’Eté et ainsi de suite. La prévision à un seul coup n’est pas de mise. Il y a un nécessaire va et vient, un flux et un reflux. Or, en nous annonçant que l’Humanité a franchi un cap irréversible il y a tant de temps, on se met en porte à faux avec le principe essentiel de réversibilité cyclique. C’est dire que tout discours sur la fin d’un monde, des temps, d’une ère est étranger à la pensée astrologique et ne peut que la parasiter et la polluer.
 
JHB
03/ 07.13

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Le rôle de l’historien

Posté par nofim le 11 juillet 2013

Le rôle de  garde-fou de l’historien
Par  Jacques  Halbronn
 
Quel est la principale fonction dévolue à l’historien ? On répondra probablement : celle de relater le passé. On dit volontiers que connaitre le passé, c’est se  préparer à l’avenir. Dans le présent texte, on essaiera d’apporter quelques précisions quant à ce cahier des charges, notamment autour de la notion de postérité. Nous verrons aussi que son rôle est de prendre de la distance par rapport au présent immédiat en le resituant  dans une juste perspective. Selon nous, l’historien  se doit de dénoncer certaines illusions d’optique mais aussi il ne doit pas oublier que la carte n’est pas le territoire, que ce que le passé nous légué doit être complété, retraité.
Dans un précédent texte, nous avons montré que le dossier des femmes  dépendait largement de la démarche historienne et en cela on peut dire que les femmes qui prônent une égalité des capacités ne doivent pas porter les historiens dans leur cœur. Il suffit d’ouvrir une histoire de la peinture, de la musique ou de la philosophie pour constater que la place des femmes dans ces domaines comme dans bien d’autres est des plus modestes et ce d’autant plus si l’on se concentre sur les personnages les plus influents, ceux qui ont le plus marqué leur temps. On ne parle pas ici des bons artisans mais des personnages qui ont fait école, des maîtres à penser. Or, on ne peut observer le phénomène qu’avec du recul. Il n’est pas si aisé, par exemple, de déterminer quels sont ceux, parmi nos contemporains, qui laisseront les traces les plus durables, les plus marquantes. En l’absence de certaines données, l’on peut toujours, en effet,  faire fausse route. Sans l’historien, que saurions-nous des êtres les plus importants pour notre Humanité ? Inversement, l’historien peut démystifier tel personnage surfait voire contrefait. C’est dire que l’historien est le gardien et le garant d’une certaine vérité en remettant les pendules  à l’heure.
 
Nous pensons donc que la formation de l’historien doit privilégier le débusquage des contrefaçons, des faux semblants et que toute thèse d’Histoire doit  présenter une attitude critique par rapport aux représentations  en cours.  Il ne lui est cependant  pas interdit d’extrapoler, de spéculer, de  suspecter au nom d’une certaine vraisemblance, d’un minimum de bon sens. Certes, il y a une dimension contingente dans l’histoire qui confère  au hasard un poids appréciable mais par-delà la contingence, il y a des lois qui perdurent d’un  siècle à l’autre, d’un millénaire à l’autre. L’Historien ne croit guère que les temps « changent », que « demain l’on rasera gratis », les engouements du moment ne sont pas pour lui.
Voilà pourquoi il est fort  peu probable que le XXIe siècle soit fort différent et décalé par rapport aux précédents. Nous ne croyons pas que les femmes soient plus nombreuses au XXIe siècle parmi les « humains » qui apprennent au monde à penser autrement qu’hier. Même le féminisme nous apparait largement comme une idéologie forgée par des hommes jouant à des Pygmalions, jouant aux apprentis-sorciers en prenant les femmes comme cobayes, quitte à les déboussoler durablement.
L’historien balaiera assez vite certaines illusions quand on parviendra à mettre un peu d’ordre dans la masse de productions. Précisons que les œuvres pionnières ne sont pas forcément les meilleures et que ce sont souvent leurs calques, leurs avatars qui retiennent l’attention d’un public  qui  n’a guère les moyens de resituer les choses et qui ne s’en donne pas non plus les moyens, se fiant à son ressenti immédiat, ce qui est une prime aux ajouts, des emprunts, qui viennent fausser le jeu.
On ne peut isoler l’Histoire des apports de l’anthropologie, de l’ethnologie, de la sociologie et tout ce qu’elles nous apprennent sur le rôle des femmes, des Juifs- pour prendre deux exemples opposés – dans l’avancement de la civilisation.  On ne peut tricher avec la chronologie des choses et confondre indéfiniment  l’œuf et la poule, le génie et ses clones. Dans tous les domaines, le rôle des historiens est déterminant pour répondre aux questions actuelles. C’est sur lui que repose le débat autour du véritable  rôle des femmes dans le monde, par exemple. Chaque faille dans le travail de l’historien peut servir à  tenir des thèses aberrantes ; chaque lacune de sa documentation peut être exploitée par des idéologies subversives.
Reconstituer le passé est un défi. D’aucuns veulent profiter du fait que le passé nous échapperait pour élaborer on ne sait quel mythe des origines. Il revient donc aux historiens de nous fournir un miroir aussi fidèle que possible de l’Humanité.  Les historiens portent, on l’aura compris, une très lourde responsabilité pour nous empêcher d’être victimes de certaines sirènes, de certaines tentations de falsifier les choses. En  ce sens, la science historique a une mission surmoïque.
 
 
JHB
02. 07.13

Publié dans HISTOIRE, SOCIETE | 1 Commentaire »

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