Repenser l’Histoire des femmes et du couple.

Posté par nofim le 24 octobre 2014

La place des femmes dans l’Histoire. Pour une approche quantitative. La sérendipité du couple.

 

par Jacques  Halbronn

 

 

La question de la place des femmes dans l’Histoire, au sens global du terme par delà l’aspect proprement politique, s’est heurtée à un

certain nombre d’obstacles  (épistémologiques) du fait que l’on aura voulu instaurer une sorte de symétrie, de calque, ce qui n’a pas lieu d’être. Nous voudrions insister ici, en effet, sur la nécessité d’un traitement quantatitatif plutôt que qualitatif du sujet. (cf  Les femmes

dans les sciences de l’homme (XIXe-XXe siècles)  Inspiratrices, collaboratrices ou créatrices?  Dir. Jacqueline Carroy, Nicole Edelman etc  Ed Seli-Arslan  2005, La place des femmes dans l’Histoire. Une histoire mixte  dir  Geneviève  Dermenjian etc ,  Ed Belin  2010)

Nous partirons d’une grille bien spécifique à savoir que les femmes agissent avant tout dans l’Histoire non pas individuellement mais

collectivement, ce qui conduit à une approche, une méthodologie,  nécessairement très différentes de l’Histoire des Femmes par rapport à celle des Hommes.

Il importe avant toute chose de souligner l’importance du processus de consommation dans le fonctionnement des sociétés. Tel produit se vendra largement et tel autre guère et il en est de même qu »‘il s’agisse d’électroménager, de littérature,  de beauté etc.  C’est le nombre qui fait qu’un produit « marchera  » ou pas. Le produit ainsi « élu » et en ce sens  isolé  sera paradoxalement  déterminé par le nombre, comme c’est aussi le cas de ce produit un peu particulier qu’est un candidat à une élection. Le un trouve sa légitimité de par le

nombre, de par l’onction du collectif, du consensus.

Dire que les femmes sont amenées et appelées à jouer un rôle majeur dans une telle dynamique élective nous semble devoir se placer

au coeur de toute Histoire des femmes. Mais cela ne va pas  sans certaines contradictions du fait que les femmes veulent le beurre et

l’argent du beurre, en affirmant avoir le « droit » de se situer des deux côtés de la barrière, tant du côté des électeurs que des  (heureux) élus.

Autrement dit, une femme qui tente de se placer  dans une posture  « solitaire » nous pose probléme. Encore ne faut-il pas  se payer de mots. Quand on parle de « création », qu’est-ce à dire? On peut imaginer des centaines de femmes qui « créent »  à l’instigation de tel ou

tel « maitre ». Pour nous, le véritable créateur est celui qui fait école, ce qui implique un décalage diachronique. Il doit se présenter en

premier, chronologiquement. On ne saurait en aucun cas ignorer ici le facteur Temps, le « chrono ». En aval du  temps du créateur, on

trouvera- dans un deuxiéme temps,  un grand nombre de « disciples » et on retrouve bien la dialectique de l’un et du pluriel. On retrouve donc ici le nombre et il importe peu que dans un cas l’on ait des « consommatrices », des « électrices » ou des « imitatrices ». Dans tous les cas de figure, l’on est en mesure de percevoir un processus de convergence, comme pour une aimantation. L’observateur  honnête ne

saurait s’y tromper. Autrement dit,  si les femmes convergent vers tel ou tel personnage, on peut certes soutenir que ce sont elles

qui signalent et entérinent son existence mais il s’agit, en tout état de cause, bel et bien, d’un phénoméne de fascination collective, dans tous les cas de figure, des plus  basiques aux plus  sophistiqués. En ce sens, on dira que les femmes « suivent », « poursuivent » un homme

et que ce qui importe ce n’est pas l’action de telle ou telle femme mais bien celui d’un grand nombre de femmes. La femme n’existerait

historiquement que collectivement et c’est d’ailleurs, paradoxalement, pour cela qu’elle revendique son individualité qui nous apparait, pour parler comme Freud, comme un « manque », une « absence » dont  la femme  ne cesse d’être en quéte. Ce « moi » introuvable et qui nous fait penser à cet oeil que les Gorgones devaients se partager.  » Eschyle  écrit  en effet  qu’elles n’avaient qu’un seul œil et une seule dent à elles trois.   Rappelons que c’est Persée qui les vainquit en tranchant  la tête de Méduse, l’une des Gorgones. En ce sens, on pourrait qualifier de Persée  ceux qui s’en prennent aux femmes lesquelles ne sont jamais plus redoutables que lorsqu’elles sont en nombre et qu’elles sont soudées.

Ce qui contribue à « souder » (en  faire l’unité à partir du pluriel » et en ce sens, l’on dire que grammaticalement, les  femmes correspondent au pluriel et les hommes au singulier), c »est le fait de dire la même chose, de tenir les mêmes propos, grâce notamment au  texte que l’on recopie et que plus tard l’on imprimera ou photocopiera. Face à ce « front » commun, les hommes avancent souvent en

ordre dispersé, vu qu’ils n’ont guère de goût pour se copier, se plagier les uns les autres. C’est leur talon d’Achille!

Les femmes savent que par leur aptitude à converger, elles détiennent les clefs du succés des hommes, qu’elles « font  » (et défont))  les rois, et les sondages d’opinion, l’audimat ne peuvent que renforcer ce pouvoir de la rumeur. .

Nous avons pu noter que dans bien des milieux,  le poids économique des femmes était considérable du fait du nombre d’inscrits, de clients. L’Union fait leur force mais cette union n’est pas forcément consciente. Elle s’observe de facto quand on « photographie » la composition d’une « salle », d’un « public ». Sans les femmes, bien des rencontres ne seraient pas viables  et ne sauraient être qualifiées de

« succés ». On entend ainsi des organisateurs se pavaner parce qu’ils ont su rassembler 500 personnes dont 90% sont des femmes. La réussite sociale passerait donc par les femmes.

On est donc fort surpris d’entendre  les femmes se plaindre de ce que l’on dresse des obstacles pour les empêcher d’atteindre  les sommets de la reconnaissance (comme le Prix Nobel, la médaille Field). C’est qu’il semble bien qu’une femme ne soit pas en mesure de mobiliser les foules, au sens où nous l’avons entendu plus haut.  On rappellera qu’en électricité, il y a des prises dites mâles et d’autres femelles. Autrement dit, la dualité nous apparait comme une nécessité, ce qui rend absurde l’idée même de vouloir y

mettre fin.

Que serait-ce donc qu’une Histoire des Femmes? Cela se rapproche assez d’une certaine « Nouvelle Histoire », faisant appel aux sciences sociales, aux statistiques.  (Ecole des Annales). Cette idée d’une conscience féminine collective n’est peut être pas si facile à assumer pour les femmes elles-mêmes. En fait, nous dirons que les hommes partent de l’individuel pour aller vers le collectif et que les femmes partent du collectif pour parvenir à affirmer leur individualité, en s’efforçant de montrer à quel point elles différent toutes les unes des autres, par tel ou tel détail, ce qui conduit à des discussions byzantines sur la   » valeur ajoutée » de telle  femme à l’oeuvre de tel ou tel homme, ne serait-ce que par le biais de l’interprétion d’une même oeuvre musicale ou d’un même texte.

Si l’on examine le contenu des « histtoires de femmes », il est question de ce qu’ont fait les femmes  à telle ou telle époque, sous telle ou telle latitude mais rarement dans une perspective de complémentarité. On a l’impression que l’on veut avant tout nous raconter comment

les femmes ont « empiété », avec plus ou moins de bonheur,  sur le territoire des hommes.

Pour notre part, nous serions assez proches de Marx quand il souligne – ce qui n’a pas forcément été signalé comme il se devait- à quel  point les femmes sont vouées à  s’affirmer au sein du prolétariat et notamment du fait du progrès de l’industrie, c’est à dire des techniques.

Ce que Marx appelle -avec Engels- la Lutte des Classes ne serait-ce  pas  une « guerre »  des Sexes?  Quelque part, le progrès technique aura ouvert une porte aux femmes tant et si bien qu’il est bien difficile de dissocier la condition des femmes de celle des « machines », de la division du travail  qui permet à tout un ensemble de ne faire qu’un au final. Les femmes sont en effet dans une problématique unitaire

transcendant la pluralité par le biais d’un appareillage commun et partagé.(cf notre ouvrage en ligne aux Editions Eric Le Nouvel)

Hommes et femmes ne vivent pas dans des mondes séparés ou paralléles comme cela semble parfois ressortir de la lecture de telles « histoires ». L’histoire des femmes ne se réduit pas à celle de leurs « conquétes », à la façon dont elles « sortent » de leur « condition »! (cf  Jean-Paul Rouc. La femme dans l’Histoir et les mythes, Paris, Fayard,  2004). Chaque « genre » a besoin de l’autre pour exister. Les femmes ne peuvent paradoxalement se réunir que grâce aux hommes, à leurs oeuvres – qu’ils soient morts ou vivants. Les hommes ont besoin des femmes pour se départager comme les spermatozoïdes par rapport à l’ovule. Il est notamment essentiel que les femmes soient concernées

par l’ici et maintenant et ne s’accrochent pas à des hommes du passé, comme c’est trop souvent le cas, dans tant de domaines, et notamment dans le culturel.

Nous avons déjà dénoncé  un tel syndrome: les femmes préférent reconnaitre le génie des hommes d’hier et nier celui des hommes qui sont leurs contemporains.  Tout se passe comme si les femmes pariaient sur une sorte de décadence qui nous rendraient tous égaux, hommes et femmes,  pouvant enfin communier dans la « culture » d’un glorieux passé qu’elles seraient particulièrement douées pour

réactiver et  faire revivre par de nouvelles interprétations et traductions. Le culte de Jésus (christianisme)  nous apparait comme faisant plus sens pour les femmes que pour les hommes puisque c’est un homme qui est l’objet d’adoration. En ce sens, les femmes ont bel et bien

un culte des « grands hommes »  du passé  et cela explique pourquoi en dépit de ces « histoires des femmes », la culture des femmes au XXIe siècle est  avant tout articulée sur les oeuvres d’hommes et non pas de femmes., que ce soit dans le domaine de la philosophie, de la musique, de la peinture, de l’économie, de la politique.

Il est au demeurant fâcheux que les femmes d’aujourd’hui

reprennent à leur compte d’anciens consensus au lieu  d’en constituer de nouveaux.

En quelque sorte, notre époque actuelle serait une sorte de noman’s land et ce n’est qu’à ce prix, qu’hommes et femmes pourraient coexister, du fait d’une sorte de castration; d’asséchement,  du génie humain qui ne serait plus qu’un « has been », l’homme ne servant plus qu’à aider à la procréation, du moins jusqu’à nouvel ordre!

Marx avait recommandé les « communautés » de femmes (Manifeste, 1848) et ne semble pas avoir beaucoup cru au couple.

En vérité, le couple ne serait-il pas  une institution qui péche du fait même que l’on est dans un rapport d’un à un alors que l’on devrait être dans un rapport de l’un au multiple?.  Selon une formulation qui peut choquer, nous  avons le cas des femmes avant la ménopause et après. Avant,  il faut peu d’hommes pour féconder beaucoup de femmes (polygamie) et après, il faut peu de femmes pour satisfaire  sexuellement beaucoup d’hommes (polyandrie). Le couple donne une image déformante du rapport hommes-femmes dans la mesure où la procréation si elle exige un rapprochement ponctuel entre les deux sexes n’implique pas pour autant une quelconque exclusivité ad aeternam .  Le couple pose probléme en ce qu’il place chaque homme sur un piédestal, ce qui contribue à discréditer l’idée même de

« supériorité » des hommes. Un homme seul face à une femme seule serait ainsi  une impropriété. En effet,  les seuls hommes qui nous intéressent ici, sont ceux qui sont en mesure de rassembler. Le couple ne serait-il  alors qu’un lot de consolation pour les hommes laissés pour compte.? Or,  si l’on observe le phénoméne du couple sous l’angle de la créativité et de la sérendipité,  il apparait tout au contraire que la construction du couple satisfait un besoin de création et pas seulement de procréation.  Former un couple – dans tous les sens du terme- c’est générer quelque chose qui aurait fort bien pu ne pas exister, qui relévé plus du hasard que de la nécessité et l’on peut dire que

la créativité de la plus grande partie des hommes se manifeste dans cette élaboration du couple et en sa « maintenance », son « maintien ».

On ne sera donc pas surpris de voir des esprits très créatifs rester fidéles à l’idée de couple . On pense au couple emblématique  formé par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. La multiplication des ruptures, des divorces s’expliquerait selon nous par le fléchissement sinon le déclin du sens de la sérendipité laquelle nous parait au coeur de l’évolution humaine en ce qu »elle est un garant de biodiversité. Le couple, on l’a montré,  n’est pas « naturel » mais « culturel », il reléve de la « seconde nature »,  d’une démarche que l’on peut qualifier d’artistique. Nous nous opposons à ceux qui veulent expliquer l’humanité par le seul fait de son environnement terrestre et/ou cosmique alors qu’il est évident que les hommes ont  fait des choix, ont « sélectionné » parmi les « compossibles » de façon arbitraire et ce faisant ils ont en quelque sorte enrichi le réel. D’aucuns prennent un malin plaisir à  ne pas prendre ce que les hommes instaurent au sérieux au regard et au prisme des sciences « dures » mais pour nous, Humanité,  ce que nous établissons, constituons (constitution, contrat)  mérite bel et bien le statut de ‘réalité ». On peut dire qu’il y a  de la « magie » dans le couple, au sens traditionnel du terme, voire du « miracle ». L’Homme est certes issu de la « Nature » à son origine mais il s’est surtout construit contre elle, en l’instrumentalisant, c’est à dire à la percevant à sa guise, comme bon lui semblait. Il ne faudrait pas au nom d’un certain scientisme minimiser cette faculté de créativité sociale qui est en résonance avec l’idée de novation, de transmutation (de mutation). On se demandera si le couple, in finé, en tant qu’oeuvre à accomplir, à ériger, ne fait pas plus sens pour l’homme que pour la femme et l’on rappellera que la majorité des demanndes de divorces émane des femmes comme si, quelque part, elles avaient conscience  que l’idée même de couple était déjà en soi une victoire masculine,

une satisfaction de l’orgueil prométhéen  du mâle.  En ce sens, rejeter le couple, le « nous », ne s’apparenterait-ce point à une forme de castration (rupture, coupure)? Quelque part,  la sérendipité reléve de la force de la croyance. Ce que les hommes croient, décident de croire,  finirait par exister bel et bien.  Porter atteinte au couple apparaitrait alors comme une  blessure narcissique qui met en branle

toute la dynamique créatrice de la personne et en cela  notre rapport au couple  constituerait un enjeu majeur pour la confiance que nous pouvons développer en nous-mêmes, en notre « pouvoir » sur le monde.

 

Bibliographie

Pascal Duret Le couple face au temps,  Paris, Armand Colin 2007

Jean-Claude Kaufmann  Sociologie du couple. Que Sais- je?  PUF 1993

Tony Anatrella,  Epoux, heureux époux. Essai sur le lien conjugal. Paris, Flamamarion, 2004

Hubert Jaoui,  Laura Bulleri,  J’aime mon couple et je le soigne. Amour, sexe et créativité.  Paris, Dunod, 2004

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

25 10 14

 

 

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Réincarnation et mémoire akashique. De la divination.

Posté par nofim le 23 octobre 2014

Prédiction et  Réminiscence. La consultation des annales  dites akashiques.

 

par  Jacques  Halbronn

 

L’acte de prédire quand il s’applique aux humains n’aurait-il point pour corollaire la croyance en la réincarnation ou encore à des vies

antérieures.  Il n’y aurait donc pas lieu de s’étonner que depuis 30 ans en France- et bien plus ailleurs- on parle d’une astrologie

« karmique » ( Dorothée Koechlin de Bizemont fut une pionnière dans ce domaine, ed R. Laffont)

Au dernier chapitre de la République Platon  introdui le « mythe d’Er » ( Bruno Jay  & Divine Lulu,  Ce que vit Er quand ses yeux se fermèrent, d’après l’oeuvre de Platon,  Ed. Eveil &  Découvertes,  2012;  Jean-Marie Détré. La réincarnation et l’Occident de Platon à

Origéne, tome I, Ed Triades, 2005)

Selon nous,  nous choisissons de nous incarner à partir des archives akashiques, c’est à dire au vu de vies ayant déjà été vécues et que

nous nous déterminons à revivre, sans en changer le déroulement mais  en en renouvelant nécessairement le ressenti, la conscience.  En même temps, une fois « renés », nous oublions le dit  récit (en buvant trop de    l’eau du fleuve  Léthé) si ce n’est que nous pouvons le reconsulter, selon nous, par le truchement de médiums.

Nous pensons donc que l’on ne peut  prévoir dans le détail  que ce qui a déjà eu lieu et dont le souvenir est stocké dans des « annales ». C’est aini que nous mêmes avont pu consulter des  « archives »   en pratiquant ce que nous avons appelé l’entretien médiumnique ( on en

trouvera des vidéos sur notre chaîne « Jacques Halbronn Astrologie ». Il serait donc posssiblen au cours d’une  incarnation. de prendre connaissance de cette « vie » que nous avons choisie  Mais nous pouvons aussi en avoir, par nous mêmes,  quelque « intuition », un sentiment de « ‘déjà vu » ou la conviction que notre histoire est liée à celle de telle ou telle personne quand nous la rencontrons. On peut être tenté d’aller consulter un « voyant » pour s’en assurer.

On n’est point là, faut-il le préciser, dans le domaine de l’astrologie, du moins telle que nous la concevons et qui ne peut prévoir que par

catégories de personnes et non individuellement.

Les diverses formes de divination seraient  liées à cette envie de s’informer sur l’histoire que nous aurions nous-mêmes choisie et qui

aurait été déjà vécue et enregistrée.

Mais comment s’organise dans ce cas notre vie sociale si nous sommes chacun dans notre petite « sphère » personnelle? Il n’est pas impossible qu’il y ait autant de « mondes » que de personnes qui seraient le « centre » de chacun de ces dits mondes.

Autrement dit,  même si l’idée de réincarnation ou de vie antérieure a pu être refoulée,  son corollaire, la prédiction,  se sera maintenu

jusqu »à nos jours. Or, selon nous, l’un ne va point sans l’autre. Ce qui montre bien au demeurant que le passé ne peut être  refoulé mais

continue à nous marquer.

La notion de réminiscence,  mise en avant par Socrate (cf Détré, op. c it;  pp. 67  et seq) ,  rejoint peu ou prou les notions de subconscient voire  d’Inconscient, de « culture  subconsciente » selon notre formule.

Cela dit, reste le « mystère » de ces ‘annales akashiques. On  trouve cette notion dans   Isis dévoilée, ouvrage  publié à New York en 1877, le premier ouvrage écrit par  Helena Blavatsky  » (cf   article  Wikipedia sur Annales Akashiques) .  On  y cite un fragment des oracles chaldaïques :

« Les oracles affirment que l’impression des pensées, des caractères, des hommes, et autres visions divines apparaissent dans l’éther. Les choses qui n’ont point de forme en prennent une et y sont figurées. ». Elle poursuit : « C’est sur les indestructibles tablettes de la lumière astrale qu’est imprimée la représentation de chaque pensée que nous formons ; de chaque acte que nous accomplissonsé

 

 

 

 

 

 

 

JHB

23 10  14

Publié dans ASTROLOGIE, divination, HISTOIRE, POLITIQUE, prophétisme, RELIGION, symbolisme | Pas de Commentaire »

La notion de refoulement (Verdrängung) chez Marx et chez Freud.

Posté par nofim le 21 octobre 2014

Le nivellement de la société prolétarienne par les machines et le processus de refoulement (Verdrängung)  de l ‘homme chez  la femme

par  Jacques Halbronn

 

D’aucuns ont cru bon de rapprocher le Manifeste du Parti Communiste d’un autre « Manifeste », celui

rédigé par Victor Considérant, quelques années plus tôt. (cf Sorel, W. Tcherkessof; Antony Cyril

Sutton) mais la comparaison des deux textes  n’en fait pas moins apparaitre ce qui constitue, à nos yeux,

l’apport principal de Marx à savoir le lien qu’il établit entre l’essor du machinisme et  l’égalité des hommes et des femmes devant le travail, point qui n’est guère soulevé par  Considérant qui ne mentionne le terme « machine » qu’une seule fois :  « C’est  contre des machines qui ne dépensent plus que quelques centimes par force d’homme ». Autrement dit, si Marx emprunta éventuellement à  Considérant, son discours sur les femmes  nous apparait comme un apport qui lui est propre mais qui, paradoxalement,  n’aura

pas été mis en avant par les commentateurs comme cela aurait du l’être.

Nous insisterons dans le présent texte sur les effets du machinisme sur le statut de la femme, phénoméne

qu’il décrit dès le milieu des années 1840. En effet, on note ainsi qu’un tel rapprochement entre deux

questions, celle de la machine et celle de la femme, était déjà clairement formulé, ce qui ne peut

que nous interpeller en ce début de XXIe siècle de par son caractère prophétique. Nous aborderons à

cette occasion les emprunts de l’allemand au français en rappelant que la Rhénanine était restée  très marquée par l’occupation française. Il serait intéressant, par ailleurs, de déterminer de quelle façon

Marx et Engels ont pu être influencés par d’autres auteurs sur cette question Machines/femmes mais

cela ne sera pas ici notre préoccupation.

Nous nous contenterons dans un premier temps de citer des passages du Manifeste du Parti

Communiste en traduction  française: v

Bourgeois et Prolétaires:

« L’extension du machinisme et la division du  travail ont fait perdre au travail des prolétaires tout

caractère indépendant et par suite tout  attrait pour l’ouvrier. Celui-ci n’est plus qu’un accessoire de

la machine et l’on n’exige de lui que le geste le plus simple, le plus mootone, le plus facile à apprendre. Les

frais qu’occasionne l’ouvrier se limitent donc à peu près uniquement aux moyens de subsistance dont il

a besoin pour son entretien et la reproduction de sa race. Or le prix d’une marchandise, donc aussi

du  travail,est égal à ses frais de production (…) A mesure  que s’accroissent le machinisme et la

division du  travail la masse du travail grandit ausssi, soit  par l’augmentation des heures de travail, soit par

l’augmentation du travail exigé dans un temps donné, par l’accélération de la marche des machines etc.

(….) Des masses d’ouvriers (…) ne sont pas seulement des esclaves de la classe bourgeoise, de l’Etat   bourgeois, ils sonr chaque jour et à chaque heure asservis par la machine (…) Moins  le travail manuel exige d’habileté et de force, c’est à dire plus l’industrie moderne se développe, plus le travail des hommes est supplanté par celui des femmes. Les différences de sexe et d’âge n’ont plus aucune valeur  sociale pour la classe ouvrière. Il n’y a plus que des instruments de travail dont le coût diffère selon l’âge et le sexe »

(pp.  82-83  trad. Emile Bottigelli,  Ed G. F. Flammarion 1998) – traduction très proche de celle de Laure Lafargue,  fille de Marx  (1848), revue et corrigée

par F. Engels  (Ere Nouvelle, Rééd

Champ Libre 1983)

Quelques observations sur l’original allemand, pour les quelques paragraphes concernés  : on trouve Maschinerie et  Maschine que le traducteur français rend pareillement par « Machine » (cf  Marx Engels,

Kommunistiches Manifest  1848-1948 ,  Kaiserslautern et fac simile Londres 1848  in fine de la  réédition de la traduction

française  de Laura Lafargue,   Ed Champ Libre 1983, en caractères gothiques)

Parmi les termes français utilisés dans ce passage du Manifeste, relevons notamment dans le texte

allemand:  :  Bourgeoisie,  Kapital, Proletariat,  Klasse,  modern,  Artikel, Konkurrenz, Markt,

Proletarier, Charakter, Kost, Rasse, Preis, Produktion,  Masse,  Industrie, patriarchal,  Fabrik,  soldatisch,  organisiert, Hierarchie, Offizier,  Bourgeoisklasse,  Despotie,  proklamiert. Instrumente »

Rappelons aussi l’influence des mots français dans le titre même : Manifest  der kommunistischen

Partei. (cf   ed  Th. Stammen  et Ludwig Reichart,   Ed Wilhelm Fink, Munich 1978)

Ainsi, si Marx n’ a pas nécessaitement « plagié »  Victor Considérant et son Manifeste  de l’Ecole

Sociétaire (Paris 1847  BNF  16° R 5204), il est en revanche évident que l’allemand économique et social de

Marx et Engels doit  beaucoup à la langue française (cf notre étude sur les emprunts au français

du Judenstaat de Herzl,  in Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, Ed Ramkat 2002)

Mais revenons à ce nivellement du travail vers le bas qui retient notre attention au coeur du « Manifeste Communiste ».

Il est intéressant de noter que dès les années 1840, la question du travail des femmes à l’usine est ainsi

mise en avant du fait de la machine et de la division du travail qui en découle. (cf le taylorisme). La

machine abolirait toutes les distinctions d’âge et de sexe, à entendre Marx mais bien entendu cela vaut

surtout pour la société prolétarienne.

Avec le recul de plus d’un siècle et demi, force est de constater que ce que Marx déplorait dans son

Manifeste est devenu une valeur, un idéal, celui de l’égalité entre hommes et femmes. On aura fait de

nécessité vertu.. Ce nivellement est devenu une bénédiction providentielle! Il suffit de noter comment

l’on relate en ce centenaire de la Guerre de 14 l’entrée des femmes à l’usine, du fait du départ des hommes au front. On les appelles des « remplaçantes » et on y voit une victoire pour la cause des femmes.

Or, il ne semble pas que telle ait été  la philosophie des auteurs du dit Manifeste.

Mais on peut aller plus loin et souligner que cette égalité ne vaut que pour un travail en miettes ( Fourastié)

aux antipodes de celui de l’artisan qui est ici  mis en paralléle. A contrario, il découle que plus le travail

est sophistiqué, et moins un tel nivellement serait à craindre.  Le travail de haut de gamme n’est guère

de ce fait sujet à cette domination de la « Maschine ».  Il est évident que les premières victimes de ce

nouveau Léviathan qu’est la « Mashinerie » (dans le texte allemandà sont  à trouver au sein du prolétariat. Peut-on dire ainsi que la société prolétarienne aura constitué une avant  garde d’une société « idéale » telle qu’appelée de ses voeux par l’idéologie féministe?

Sans connaitre ces passages du Manifeste du Parti Communiste, nous étions parvenus aux mêmes

conclusions mais à une plus grande échelle  bien au delà du prolétariat. Le probléme reste posé : les femmes

progressent étrangement avec les machines. Plus les machines sont performantes, plus les femmes le

déviennent elles aussi. L’ascension des uns conditionnerait celle des autres.

On notera la traduction française  » le travail des  hommes supplanté par celui des femmes »

Quel est l’original allemand qui a donné la  traduction   »supplanter »?.    » die Arbeit der Männer durch die der Weiber verdrängt »

La traduction de l’allemand telle qu’on la propose dans les dictionnaires  est évincer, refouler,  déplacer,et supplanter. Il faut donc bien comprendre que les machines permettent aux femmes d’évincer les hommes et en cela elles en sont les alliées objectifs.

Or, le terme « verdrângen » sera utilisé en psychanalyse quelques décennies plus tard dans le sens de refoulement (en anglais repression)

« The terms « verdrängen » and « Verdrängung » in Freudian contexts, where the mechanisms are largely unconscious, have gone down in English as « to repress » and « repression. » (sur le mot Verdrängung , cf  C . G. Jung  Freud und die Psychoanalyse;  Gesammelte Werke  IV, 1969 Index  p. 422,   Sigmund Freud Gesammelte Werke  II  Werke aus den Jahren 1913-1917,  ED  Fischer,  1975, index  p. 480, cf aussi  Freud  Gesammelte Werke   Texte aus den Jahren 1885 bis 1938  Ibidem,  sur la série Verdränge,  Verdrängung,  Verdrängte Wüncshe, Verdrängter  Hass, p 900;  Bernd Nitzchke ed. Die Psychonalyse Sigmund Freuds. Konzepte und Begriffe. 2011, Index, p. 297)

Chez Freud,  le déni de l’homme est selon nous lié à la question de l’absence du pénis chez la femme (cf  S. Faure-Pragier, Le désir d’enfant comme substitut du pénis manquant, une théorie stérile de la féminité,    in  collectif  Clefs pour le féminin,, PUF, 1999) et c’est cette image d’un « plus » qui serait ainsi refoulée chez la femme ( on pense à la castration)  et qui serait, de façon matricielle,  à l’origine de sa tendance plus générale au déni. C’est ce déni de l’Homme qui, chez Marx, conduirait la femme à instrumenter la machine pour se substituer à l’homme en tant que mâle et en mettant en avant l’Homme comme recouvrant tant la femme que l’homme, à la façon d’Adam dans le Livre de la Genése, tel que d’aucuns entendent le lire. (cf Sarah Kofman. L’énigme de la femme. La femme dans les textes de Freud,  Ed Galilée 1980, cf les  travaux de Paul – Laurent Assoun qui touchent autant à la psychanlyse qu’au marxisme mais aussi au féminin : Freud et la femme, Paris , Calmann Lévy,  1983,  Clés pour le féminin. Femme, mère, amante et fille,  dir. J. Schaeffer et al.  PUF  1999 , pp 43 et  seq)

On pourrait certes  épiloguer sur le choix de ce terme allemand par Marx  et qui signifie que les femmes sont vouées à prendre le  dessus sur les hommes dans la société prolétarienne et l’on peut se demander si cela n’était pas là une perspective particulièrement détectable et un des aspects les plus insupportables à signaler en ce qui concerne la société prolétarienne et dont la machine/machinerie serait la

principale responsable!

A noter cependant que dans l’édition de Londres de 1848, en allemand, on trouve  associés aux femmes les enfants « Kinder), ce qui sera supprimé par la suite.  Cela nous fait penser que la machine, sous la forme qui est la sienne de nos jours est en mesure, à terme,  de  positionner  les enfants  comme substituts aux adultes, dès lors qu’ils seront adéquatement appareillés.

A propos du rapport de Marx à la question des  femmes, rappelons qu’il s’est toujours opposé au vote des femmes. (cf Francis Wheen, Karl Marx. Biographie inattendue/Paris, Calmann Levy 2003)

Pour en revenir  au rôle de la machine  chez Marx et chez Freud,  nous signalerons que l’on pourrait parler d’une castration des hommes au sein du prolétariat par les femmes et par le biais de la « Maschinerie »  et ce rapprochement nous semble d’autant plus se justifier

que toute castration implique l’usage d’un objet, donc -selon l’acception qui est la nôtre, d’une « machine », aussi rudimentaire soit-elle, à savoir d’un couteau. C’est le lieu, en effet, de rappeler que le terme « machine » est pour nous intimement associé  à celui de technique et

que déjà l’écriture est une « machine »  et donc le livre.  Et nous comparerons de fait la machine au niveau du prolétariat et le livre à celui de la société « bourgeoise ». Le livre serait  par excellence un mode de nivellement égalitaire au même titre que la machine dans le contexte plus spécifiquement industriel. Par le biais du livre -et notamment par ses manifestations électroniques) , la femme est en mesure de « supplanter » l’homme, de rendre celui-ci  inutile, « dispensable ».

Ajoutons un développement assez important du Manifeste

(IIIe partie Prolétaires et  Communistes) à propos de

l’ »abolition  de la famille » et de la mise en place d’une

« communauté des femmes » Citons ce passage : « Non

contents d’avoir à leur disposition  les femmes et les filles de

leurs prolétaires, pour ne rien dire de la prostition publique, nos

bourgeois  se font le plus  grand plaisir  de séduire

réciproquement  leurs femmes légitimes »(cf  ed. GF Flammarion,

op cit.  p.97).Marx semble ainsi

favorable à une certaine séparation des hommes et des femmes

qui selon lui peut d’ores et déjà être observée.

 

 

JHB

28 10 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Culture, ECONOMIE, FEMMES, HISTOIRE, LINGUISTIQUE, POLITIQUE, prophétisme | Pas de Commentaire »

Sérendipité et mutationisme darwinien

Posté par nofim le 16 octobre 2014

Darwin:  musique et théorie de l’évolution

par  Jacques  Halbronn

 

Récemment, dans un selfie, nous avions envisagé lors d’une masterclass d’improvisation musicale

la possibilité que Darwin aurait pu être influencé par la création musicale. Or, nous découvrons

que cette piste a été prise en considération par certains chercheurs (cf Philippe Lalitte,

« La théorie de l’évolution de Darwin peut-elle vraiment s’appliquer à la musique ? »). On peut

y lire : «  Une étude des chercheurs de l’Imperial College de Londres affirme que la musique évolue selon la théorie de Darwin, les « meilleurs » morceaux trouvant leur public et devenant des standards (..) Le type d’algorithme que les chercheurs Robert MacCallum et Armand Leroi ont utilisé pour DarwinTunes est assez astucieux. Il pourrait même servir d’outil pour composer de la musique (bien que, dans les exemples donnés, il ne fonctionne qu’avec une gamme pentatonique – cinq notes). (…) il est reconnu aujourd’hui que la musique a joué un rôle primordial dans le développement humain. Darwin lui-même l’a affirmé : la musique, tout du moins le fait de jouer avec les sons, est liée à la sexualité et à la reproduction chez les animaux. Cela permet d’attirer le partenaire de sexe opposé, de montrer sa vigueur physique. Chez les êtres humains, la musique est présente (d’après les dernières recherches) depuis Homo sapiens. Le plus ancien instrument de musique jamais découvert – 12 fragments d’une flûte façonnée dans un os de vautour qui, reconstituée, mesure environ 22 centimètres – l’a été par l’archéologue Nicholas Conard, de l’université de Tübingen, dans les montagnes souabes (à Geissenklösterle). Conard affirme que la musique aurait donné à l’Homo sapiens un avantage déterminant sur les Néanderthaliens, en améliorant la cohésion sociale et la communication. Effectivement, chanter en groupe, jouer d’un instrument ensemble, danser, crée un lien fort qui renforce la cohésion du groupe. »

Selon nous, Darwin a pu être influencé par la création musicale pour élaborer sa théorie de l’évolution et de

la sélection mais on peut évidemment considérer que ce faisant Darwin aura théorisé le processus

de création musicale. Peut être même est-ce là l’apport principal  de Darwin si l’on admet que sa

théorie de l’évolution finisse par être abandonnée à terme. Il apparait en effet que Darwin n’était pas

étranger aux enjeux de l’activité musicale. Benoit Virole  (  Le voyage   intérieur de Charles Darwin,  essai sur la genèse psychologique  d’une oeuvre scientifique, Paris : Éd. des archives contemporaines, 2000) note que

Darwin aimait à écouter son épouse Emma jouer du piano.

Selon nous,  le processus de création d’une oeuvre musicale – c’est à dire ici  d’un ensemble de productions

s’étalant sur plusieurs années- implique en effet une certaine sélection de sonorités par le compositeur qui

vont  constituer un certain climat caractérisant son monde.Nous en parlons en connaissance de cause

puisque c’est ainsi que nous procédons, ce dont nous sommes devenus peu à peu de plus en plus conscients.

La thèse que nous soutiendrons ici serait en fait que Darwin -et cela vaut aussi pour l’oeuvre picturale- aurait

élaboré sa théorie en partant du processus créatif au niveau artistique, musical et plastique. Cette thèse

est d’ailleurs plus aisée à accepter pour la sélection des sons et des couleurs que pour l’évolution de l’Humanité.  On notera que cette référence à la Création est d’autant plus intéressante que Darwin trouvera en face de lui des « créationistes ». On peut même se demander si le récit de la Création, tel qu’on le trouve

relaté,  restitué, dans le Livre de la Genése, n’aurait pu par ailleurs exercé une certaine influence sur la pensée de Darwin.

Si l’on suit le récit des « jours » de la Création, l’on note que Dieu « voit » que c’est bien et que ce faisant il

garde ce qui a ainsi été produit. On est là dans une démarche « a posteriori ». Nous pouvons dire nous-mêmes que nous fonctionnons ainsi : nous produisons des sons et si cela nous convient, nous les conservons, nous

y revenons, nous les privilégions. Or, peut-on contester que le modéle darwinien n’implique pas une telle

démarche de critique rétrospective?

Que dire sur le fond? Est-ce que nous adhérons au modéle darwinien en ce qui concerne son discours

sur l’Evolution même si nous y adhèrons sur le plan artistique?

L’idée d’un processus de l’après coup ne nous inspire guère, hors du champ artistique. Le plan linguistique

est intéressant car il se situe aux confins du domaine que nous avons abordé, tant au niveau  visuel qu’auditif. Nous serions plutôt tentés, en tout état de cause, de dire que le langage passe par la mise en

place d’une grammaire, d’une systémique, d’une symétrie. On n’est plus là en face d’une attente, d’une

observation de mutations aléatoires.

Mais si l’on tient même à l’exemple de la création musicale, il est clair qu’en ce qui nous concerne, nous

faisons tout pour produire des « mutations » intéressantes de par nos percussions pianistiques.  Nous n’attendons pas passivement qu’elles aient lieu et l’on peut dire que tout compositeur procédera de même.

Pour notre part,  nous pensons que les hommes ont fait preuve d’un certain volontarisme, d’une certaine

« recherche » et qu’ils ne se sont pas contentés de « trouver ».(cf Picasso sur la création picturale).

Nous pensons aussi qu’à un certain stade, la recherche conduit à se cristalliser et que le compositeur  tend à s’en tenir à un certain style qu’il tendra à perpétuer, à approfondir et qui le rendra reconnaissable entre tous.

On touche au phénoméne de la serendipité qui  est à la base de notre propre conception d’un humanisme

échappant au déterminisme et qui est à l’affut, qui guette toute mutation, qui sélectionne ce qu’il a à

retenir du monde. En 1990, nous avions signé un Eloge de l’erreur ( Collectif paru  aux  Editions  Lierre et Coudrier) sous titré ‘créativité de l’erreur » et  qui résumait un mémoire de linguistique intitulé Linguistique de l’Erreur (inédit) préparé sous la direction de Louis-Jean Calvet.

L’esprit de seréndipité exige  une sorte de prise de distance qui est illustrée dans le récit de la Création. Et Dieu vit que c’était bon, ce qui implique un certain recul, une forme de secondarité (au sens de Le Senne) dont certains semblent mieux dotés que d’autres,ce qui renverrait à ce que nous apeplons l’altérité intérieure.

 

 

Bibliographie

La  sérendipité, le hasard heureux.  dir  Daniéle Bourcier  & Pek Van Andel    Actes du Colloque de

Cerisy  Hermann 2011

Pek Van Andel & Danième Bourcier  De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit     Ed Hermann,, 2013

Jean Jacques  L’imprévu ou la science des objets trouvés  Ed Odile Jacob;  1990

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 JHB

16 10 14

Publié dans Conscience, Culture, HISTOIRE, MUSIQUE, POLITIQUE | Pas de Commentaire »

Le prophétisme au XIXe siècle. Nouveaux aperçus.

Posté par nofim le 16 octobre 2014

La collusion entre le politique et le prophétique  dans la France du  XIXe siècle

(Abbé Grégoire, Marx, Blanqui,  Herzl)

par  Jacques  Halbronn

En 1999, nous avions soutenu une thèse d’Etat -¨(Paris X  Ouest) sur le thème « Le texte prophétique en France. Formation et fortune » (Ed du Septentrion) qui donna lieu à plusieurs ouvrages entre 2002 et 2013, notamment en 2002  les deux volumes de Prophetica Judaica (Ed Ramkat), en 2005 Papes et Prophéties. Décodage et Influences.  (Ed Axiome) et dans la Revue Française d’Histoire du Livre (2011 et 2012) pour ne parler que des éditions « papier » sans oublier notre post-doctorat de 2007 sur  Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle (EPHE  Ve section)

Nos récentes recherches nous conduisent à compléter le travail que nous avions notamment effectué sur le XIXe siècle. On abordera notamment les événements de 1839-1840 autour de la Prophétie d’Orval et  les rapprochements entre le Manifeste du Parti Communiste et l’Etat Juif de Theodor Herzl. Mais on s’intéressera également à l’Abbé Grégoire (1750-1831)  et à son Histoire des Sectes Religieuses (1814))  que nous avions négligée il y a 15 ans.

I  Le prophétisme de l’Abbé Grégoire

On  sait le rôle qu’Henri Grégoire joua dans l’attention qui fut accordée aux Juifs sous la Révolution et sous l’Empire. (cf Essai sur la régénération physique, morale et politique des Juifs. Préface de Robert

Badinter, Ed Stock, 1988)

Il importe de resituer la démarche de l’abbé dans la mouvance d’un certain messianisme/sionisme  chrétien, probablement plus protestant d’ailleurs que catholique. -cf  Caroline et Paul Chopelin. L’obscurantisme et les Lumières. Itinéraire de l’abbé Grégoire, évéque révolutionnaire. Ed Véndemiaire 2013). En effet, les Protestants du fait de leur refus d’une Eglise constituée échappent ainsi peu ou prou à l’imagerie d’un « Nouvel Israël » dont la dite Eglise de Rome serait  la manifestation. A partir du XVIIe siècle, il est question d’un « retour » des Juifs, mais pas nécessairement en Palestine mais dans les pays dont ils avaient été exclus, à commencer par l’Angleterre, sous Cromwell au milieu du dit siècle.

L’Abbé Grégoire grand lecteur des ouvrages millénaristes,(cf  « Les nouveaux millénaires oi chiliastes ou Joachimistes; Histoire des sectes religieuses, op. cit,  tome I,   pp. 181 et seq)  n’échappa point à  une certaine idée de la fin des temps.(cf « la République et le Messianisme: controverse sur l’émancipation des Juifs » in L’obscurantisme et les Lumières, op. cit., pp. 97 et seq)

On assiste là à un double discours qui va du XVIIe siècle

au début du XXe siècle: d’une part  intégrer  ou réintégrer les

Juifs au sein des nations (Grande Bretagne, France, Allemagne)

éventuelleement au prix d’une conversion sinon au christianisme

(chez le père de Marx) du moins aux valeurs de la laïcité et

d’autre part le projet de les rassembler en Palestine (ou ailleurs,

en Roumanie,  en Algèrie, en Argentine, en Ouganda, à

Mafagascar  etc) et donc de les exfiltrer de l’Europe Occidentale

vers des confins souvent liés historiquement à l’empire Ottoman.

Dans ce second cas, les juifs ne seraient plus marginaux au

sein d’une société chrétienne dominante mais le seraient

géographiquement comme c’est précisément le cas

actuellement pour l’Etat d’Israël (ONU)  et précédemment pour le

Foyer Juif en Palestine (Société des Nations).  On notera

que les Britanniques prendront le pas sur les Français en

obtenant le mandat de la SDN pour tel établissement d’uu

« Jewish Home ». (Déclaration Balfour 1917)

On peut penser que la Révolution, en quelque sorte,

va compenser avec un décalage d’un

siècle la révocation de l’Edit de Nantes (1685) qui avait

abouti à une émigration huguenote. La France qui s’était

alors apauvrie de ses sources vives va dès lors bénéficier

de l’apport  juif, en une sorte d’effet de basculement, de l’Ouest

vers l’Est et de l’Est vers l’Ouest.

 

II Le prophétisme orvalien

Les années 1839-1840 vont perturber la Monarchie de Juillet au moment même où l’on célébre les événements de 1830 en érigeant la Colonne de la Bastille.(on lira dans notre thèse d’Etat les

développements consacrés au texte de la prophétie d’Orval

(ch XX L’activisme prophétique sous la Monarchie de Juillet,

in Tome II, cf Collin de Plancy  « La  fin des temps confirmée

par des prophéties authentiques nouvellement recueillies », Paris, Plon, 1871)

En 1839, un mouvement populaire est sévérement réprimé alors même que parait une « prophétie d’Orval », annonçant des changements majeurs. Peut-on voir un lien quelconque entre ces deux  événements qui semblent obéir à des inspirations fort différentes puisque la prophétie d’Orval semble vouloir

promouvoir la cause légitimiste. Mais rappelons que l’insurrection

légitimiste eut lieu le 3 juin 1832 (cf les Misérables de Victor Hugo)

.Quant à  Louis  Napoléon Bonaparte il  débarquera à Boulogne/mer (il

est interné au fort de Ham) en cette même période

particulièrement troublée que sont les années 1839-1840, qui

voit notamment le retour de la dépouille de Napoléon à Paris.

. Rappelons que  le socialisme tend à devenir prophétique voire messsianique  en ce qu’il annonce des temps nouveaux.

Dans le Journal des villes et des campagnes de 1839 , cohabitent  des textes qui appartiennent à ces différents domaines. Ainsi  le 22 juin 1839 un  «  Curieux document pour servir à l’histoire de notre temps… [ : prophétie imprimée en 1544 et trouvée pendant la révolution dans l’ancienne abbaye d’Orval Rennes : Mme de Caila, née Frout, [1839]  » qui sera repris in Prophétie dite d’Orval, extrait de la Gazette de Flandre et d’Artois  (cf recueil factice  BNF Rp  2391 et 2392, Gallica  Numm 5672505)

Rappelons donc ce qui sera le fait de la Société des Saisons (SDS), « une association républicaine, à tendance jacobine (…) créée en 1837 par Blanqui, Barbès et Bernard,  (laquelle) succède à la Société des Familles (SDF) et, forte de quelque 1 500 membres, lance en mai 1839 une insurrection. Son échec aboutit à sa disparition. »

On trouve sur Internet les informations suivantes à propos de l’ »insurrection » : Le 12 mai 1839, la Société des saisons lance une insurrection visant à renverser le régime de la Monarchie de Juillet et à instaurer une République sociale. Passée à l’action à deux heures de l’après-midi, elle déclenche le soulèvement rue Saint-Denis et rue Saint-Martin, tentant de s’emparer de la Préfecture de Police et de l’Hôtel de ville de Paris. Les meneurs sont Martin Bernard, Armand Barbès et Auguste Blanqui, libérés après l’amnistie de 1837.

L’affaire tourne mal, les insurgés ne parvenant ni à s’emparer de leurs objectifs ni à déclencher un processus révolutionnaire. Préparée dans le plus grand secret, l’opération manque de base populaire, d’autant qu’à l’Hôtel de Ville, Barbès prononce une proclamation dont la phraséologie néo-jacobine effraie les modérés. (..) En fait une tentative de coup d’État, mais mal préparée, sans objectifs intermédiaires, sans porte de sortie, sans réelle alternative  Plus tard, Karl Marx écrira dans les Luttes de classe en France : « Le 12 mai [1839, le prolétariat] a cherché en vain à reprendre son influence révolutionnaire et seulement réussi a livrer des chefs énergiques aux geôliers de la bourgeoisie. »

On   signale  notamment  que   » du 11 juin au 12 juillet 1839 se tient le premier procès des insurgés de mai, comptant 19 accusés. Fidèles aux traditions carbonaristes, Barbès et Bernard refusent de se défendre. Ce dernier est condamné à la déportation et Barbès à mort. À son insu, sa sœur obtient du roi, le 14, la commutation de sa peine en travaux forcés à perpétuité, de nouveau commuée en déportation le 31 décembre »

Dans la notice consacrée en  1849 à Auguste Blanqui (cf BNF 8 Le70 1272), on rappelle cette période  en

parlant du  « mouvement révolutionnaire de mai 1839″ (p.7)

Coincidence:  le texte relatif à la prophétie d’Orval dans le dit Journal des Villes et des Campagnes

parut durant le procés de Barbés et Blanqui.

Précédemment, la Gazette de France avait publié (  5 et 25 mars et du l » juin 1839)  sur plusieurs numéros la dite Prophétie d’Orval : « Prophétie à la vérité estrange, où pour la cage d’or se void le timbre royal dépeint au vif. »

On notera que la formule de la Prophétie d’Orval concernant

les « fils de Brutus » pouvait faire sens pour les révolutionnaires

La prophétie relate l’épopée napoléonienne, la Campagne

de Russie, la Restauration, les Cent Jours, la Monarchie de

Juillet orléaniste et enfin le retour des « vrais » représentants

de la Fleur de Lys. C’est la chute annoncée de Louis Philippe

« le roi du peuple ». Le grand intéret de ce text se situe au

niveau d’une philosophie de l’histoire, opposant dialectiquement

.la monarchie de droit divin et les fils de Brutus, ce qui n’est pas

sans faire songer  à la Lutte des Classes dont traitera le Manifeste du

Parti Communiste de 1847/48/

Selon nous,  il y a là une sorte de coincidence; la prophétie d’

Orval aura été instrumentalisée par certains commentateurs de

la vie politique puis à son tour cette coincidence aura été

récupérée par les « éditeurs » de la dite Prophétie qui citent

l’article du périodique. On a là un processus assez typique d’une

collusion entre le prophétique et le politique (cf notre thèse

d’Etat)

 

 

III  Le prophétisme du Manifeste et celui de l’Etat Juif.

Un paralléle semble pouvoir s’établir à cinquante ans d’intervelle entre la fortune du Manifeste du Parti Communiste de Marx et Engels et celle de l’Etat Juif

(Judenstaat) de Théodor Herzl. Rappelons que Marx a

également traité de la « question  juive »

Ces deux brefs ouvrages l’un et l’autre rédigés par des Juifs  (Marx est descendant de convertis) en allemane connurent en effet l’un et l’autre toute une problématique en termes de traductions. (cf notre ouvrage Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, Ed Ramkat 2002, où ce paralléle n’est point signalé, cf  Marx & Engels . Manifeste du parti Communiste, Présentation  Emile Bottigelli,  Ed  GF Flammarion, 1993)

Bien entendu, on retiendra dans les deux cas un appel au rassemblement, celui des « prolétaires » en

1848 (« Prolétaires de tous les pays  unissez-vous »)  et celui des Juifs en 1896/97.  Dans les deux cas, le texte parut  parfois en feuiilleton  dans des périodiques Rappelons

que la version française du Judenstaat parut en France sous

le controle de Herzl avec pour titre l’Etat Juif et non l’Etat

des Juifs/ De meme, le titre d’origine, Manifeste du parti

communiste deviendra Manifeste Communiste/

 

.Il faudra

toutefois attendre les lendemains de la Commune,  en 1872

pour que la traduction  française paraisse dans Le Socialiste.

(cf  l’édition  de Bottigelli,   »les traductions françaises

du Manifeste » , op. Cit. pp. 166-167; Henry Mayer  A propos d’une bibliographie de Karl Marx  Temps Modernes   141 novembre 1956; Maximilien Rubel    Bibliographie des oeuvres de Karl Marx avec en appendice un réprtoire des oeuvres de Friedrich Engels;  ed Marcel Rivière  1956)

Antony Cyril Sutton accuse le philosophe Karl Marx d’avoir pour la rédaction de son manifeste fortement plagié l’ouvrage de Victor Considerant, Principe du socialisme Manifeste de la démocratie au XIXe siècle, publié en 1843 (cf « Karl Marx  et son Manifeste »  in  Antony C. Sutton  Le complot de la Réserve Fédérale  Ed  Nouvelle Terre 1995  pp 57 et seq) . Rappelons que Marx avait pris beaucoup de retard  dans la commande qui lui avait été faite. On peut donc penser que dans la précipitation pour respecter les délais, il

n’eut d’autre issue que de recourir à un tel procédé sans avoir le temps de toiletter le résultat final.

Cela n’est pas sans faire penser au plagiat qui fut à la base des Protocoles des Sages de Sion.

On soulignera le ton prophétique du Manifeste en sa dernière partie notamment :

‘Les Communistes tournent leur attention  principalement vers l’Allemagne parce qu’elle est à la

veille d’une révolution  bourgeoise (laquelle) ne peut  qu’être que le prélude immédiat d’une révolution

prolétarienne ». On sera tenté de rapprocher quelque part les perspectives d’avenir du prolétariat de celles

des Juifs. Et ici l’Allemagne apparait  comme une sorte de « terre promise ».

Herzl a t-il été influencé par la fortune du Manifeste? En tout état de cause, deux textes qui

connurent un grand nombre de traductions et qui s’inscrivent au sein d’un mouvement politique,  communiste ou sioniste. Rappelons que la démarche de l’Abbé Grégoire  rejoint peu ou prou celle de

Herzl et que le terme de « régénération », qui figure dans son Essai,  pourrait convenir au discours de Herzl sur l’avenir des Juifs..

 

Nous ne reviendrons pas dans le cadre de cette étude sur nos analyses de l’Etat Juif ni de la Prophétie

d’Orval ni sur l »essor remarquable  du prophétisme au XIXe siècle dont nous avons traité

abondamment ailleurs. Nous avons surtout voulu ici compléter ce que nous avions déjà abordé. On

signalera à titre d’exemple l’Accomplissement des Prophéties de A. d’Orient,( alias Vial)  Paris, 1847 (BNF R 45493) et le rôle que joua le Pape Pie IX (cf Papes et Prophéties, op. cit.)

JHB

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Le vizirat comme variable de gouvernement

Posté par nofim le 15 octobre 2014

Droit constitutionnel:  la fonction du Premier Ministre sous la Ve République.  Le vizirat.

par  Jacques  Halbronn

 

La Ve République accorde au Premier Ministre un rôle majeur sur le plan gouvernemental. Le Premier Ministre est nommé par le

Président de la République lequel peut ou non décider de tenir compte de la composition du Parlement, élu lors des dernières élections ou encore dissoudre l’Assemblée Générale pour disposre d’une information plus fraîche. C’est dire que pour nous les postes de

Président de la République et de Premier Ministre ne sauraient se confondre. Avant tout, le Président de la République apparait comme un monarque constitutionnel si ce n’est, on l’a dit, que l’on ne saurait lui imposer un premier ministre. On a vu cependant lors de ce qu’on a appelé « cohabitation » que le Premier Ministre est parfois bel et bien imposé par le résultats des dernières élections encore qu’à la différence de l’Angleterre, cela ne soit pas forcément le chef de la majorité parlementaire qui soit pris comme Premier Ministre (cf le cas de Balladur en 1993). Mais il est également vrai et attesté que le Président de la République, sous la Ve République, est libre de

prendre pour  Premier  Ministre un personnage non élu, non membre de l’Assemblée Nationale ou du Sénat, voire sans aucun mandat électif (Pompidou sous De Gaulle, Raymond Barre par Giscard d’Estaing) tout comme il peut tout à fait  changer de Premier Ministre sans que ce dernier ait été mis en échec par le Parlement.

C’est en cela que nous dirons que la Ve République est un régime remarquablement souple en comparaison de ce que l’on peut

trouver ailleurs, y compris dans le Royaume Uni. Tantôt  le Président  choisira le « meilleur » , de son point de vue (cf Juppé sous Chirac),

soit il prendra celui que le vote aura en quelque sorte désigné, et notamment le chef de la majorité. Selon nous, il aura toujours le choix entre ces deux options qui offrentr une certaine alternance.

Au  regard de la science politique, le fait de privilégier la fonction du Premier Ministre face au « monarque » (roi, président) permet

de couvrir la longue durée et ce bien au delà des deux derniers siècles. C’est pourquoi nous parlerons ici de vizirat et des vertus d’une telle formule.

Si l’on remonte le cours de l’Histoire, on trouve  un grand nombre de « vizirs » sous la forme de « favoris » (en Angleterre), de

« ministres » principaux  comme Richelieu ou Mazarin. L’institution du vizirat est vieille comme le monde  et traverse les âges et les régimes sous la forme de « maires du palais »  On pourrait en France  citer parmi les plus célébres  Charles Martel, Suger,  Jacques Coeur, Sully,  Concini,  Colbert,  Turgot, Necker,   Talleyrand,  Guizot, Clémenceau, Briand,  Léon Blum,  Laval,  Mendés France,  Guy Mollet, Debré,  Chaban Delmas Pierre Mauroy, Laurent Fabius.(cf  Philippe Valode, Les Ministres de l’Histoire de France, 2006)

Michel Rocard,  Jospin etc

C’est en cela que nous combattons ceux qui pronent la suppression et du Premier Ministre et du droit du président de

dissoudre l’Assemblée Nationale en vue apparemment de se rapprocher du « modéle » américain qui est qualifié de présidentiel. Nous irons même jusqu »à dire que la Ve République n’est ni parlementaire ni  présidentielle mais reléve du vizirat car c’est à son niveau

que se situe le véritable gouvernement de la France. Et sans dissolution, le régime du vizirat ne saurait pleinement fonctionner puisque cela interdirait au Président de la République de demander, à certains moments, au peuple de décider.

La démarche qui est la nôtre est en fait sous  tendue par nos travaux sur les cycles. Ce qui nous conduit à penser qu’à certains moments,

le Président doit choisir comme Premier Ministre le  personnage le plus performant, celui qui couvre le champ le plus large, englobant

ainsi les taches de tous les ministres  et à d’autres,  celui qui correspond à la volonté populaire, comme solution d’attente, comme pis aller, en attendant le retour possible de la première formule.

Autrement dit, il conviendrait de considérer le systéme électoral comme une invention récente visant à supplléer les manques du

Premier Ministre qui n’est plus en mesure de gérer à lui seul la totalité des dossiers. On doit alors passer à un gouvrenement plus collégial et donc pluriel avec tout ce que cela peut entrainer  d’une formule assez bâtarde.

Dans les autres pays,  qu’en est-il? Trop souvent, le Premier Ministre s’impose d’office au monarque ou au président de la République.

C »est le cas Outre Manche, om le chef du parti ayant gagné les élections législatives se voit d’office placer en position de Premier Ministre. Un tel automatisme n’est nullement une obligation sous la Ve République. Du moins, si cela était le cas, il conviendrait que cela ne le fût pas systématiquement et qu »‘il soit indiqué que le Président de la République  a le choix entre un Premier Ministre qui a sa confiance et un Premier Ministre qui a derrière lui une majorité parlementaire.

Pour tout dire, nous pensons que tout cela est tributaire d’une certaine cyclicité que nous avons décrite ailleurs sous les termes

de phases conjonctionnelles et disjonctionnelles. La conjonctionnelle correspondant au cas d’un Premier Ministre choisi et la

disjonctionnelle à celui d’un Premier Ministre élu (comme en Israël)

En conclusion, nous dirons qu’il serait bon de préciser certes quelques points de la Constitution de la Ve République en

la centrant sur  le poste viziral.

Contrairement à ce que d’aucuns écrivent(cf Arthur Conte),  cette fonction n’est nullement le propre de la Ve République mais il est vrai que celle-ci n’a probablement pas été suffisamment cernée et théorisée.  Paradoxalement, c’est le Président de la République qui est

l’interface entre le peuple et le premier Ministre et non l’inverse. Il revient au Président de choisir le meilleure Premier Ministre sur la

base des diverses données dont il dispose. A toute époque et en tout lieu,  quel que fût le régime, le choix du Premier Ministre – qu’on l’appelle ainsi ou autrement- aura été crucial et parfois fatal quand il n’a pas été changé assez vite et remplacé par l’homme de la situation. Il est essentiel que ce poste ne soit pas verrouillé à la différence de celui de Président ou de monarque. Cette dualité entre

un facteur fixe et un facteur mobile est  essentielle et  se retrouve sur le plan cosmique  avec  le rapport de la planéte à l’étoile fixe. Dès lors, l’élection du Président de la République  revêt une autre dimension puisqu’il s’agit d’élire quelqu’un qui sera apte à nommer

le « bon » Premier Ministre, en quelque sorte un « faiseur de rois », qui « gouvernera » l’Etat mais qui ne conduira pas la politique.  Faut-il rappeler que De Gaulle fut d’abord

le dernier Président du Conseil de la IVe République (1er juin

1958) avant de devenir le premier Président de la Ve République?

Rappelons que Pétain avat suivi exactement la même trajectoire

en devenant d’abord le derniier Président du Conseil de la IIIe

République avant de fonder l’Etat Français (régime dit de Vichy)

Idem pour Hitler d’abord chancelier de la République dite

de Weimar avantde fonder le IIIe Reich..

On peut  aisément établir un parallèle  avec la pratique des

monarchis et des empires. Il en est ainsi en Allemagne durant

le second Reich avec le remplacement des chanceliers (cf

Charles Zorgbibe.Guillaume II. Le dernier empereur allemand

Ed du Fallois 2013). Le changement de « vizir » quel que soit

son titre reste la pierre angulaire, selon nous, de la science

politique, tous régimes confondus, tous siècles et  Etats

indifféremment..

 

JHB

02  11 14

Bibliographie

Philippe Valode, Les Ministres de l’Histoire de France. Maires du Palais, éminencesn présidents du conseil et premiers ministres,

Paris, De Vecchi, 2006

Arnaud de Maurepas et Antoine Boulant. Les ministres et les ministères du Siècle des Lumières (1715-1789) Etude et Dictionnaire.  Ed Christian/JAS  1996

Arthur Conte  Les premiers ministres de la Ve République. Paris, Le pré aux clercs 1986

Dominique Sourdel  Le Vizirat  Abassaide de 749 à 936 (132 à 324 de l’Hégire)  Beyrouth, 1959

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans ASTROLOGIE, HISTOIRE, POLITIQUE, prophétisme, RELIGION, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Astrologie et sciences

Posté par nofim le 22 septembre 2014

 

Astrologie et Sciences : pour une nouvelle épistémologie.

texte repris dans la revue Trois Sept Onze, en son

dernier numéro.

 

Par Jacques Halbronn

Certains astrologues se méfient de tout discours visant à faire de l’astrologie une création du

génie humain, une « seconde nature », une « conquête de l’homme ». Les hommes ayant en

quelque sorte apprivoisé les astres en les intégrant dans leur agencement du Temps, à l’instar

d’un calendrier et se conformant dès lors au dit agencement institué par eux et ce, sans pour autant,

modifier en quoi que ce soit, les astres en tant que tels, se contentant de se transformer eux-mêmes,

dans une écologie bien comprise…

Il est rare que l’on trouve sous la plume d’un astrologue l’idée selon laquelle l’émergence de

l’Astrologie serait liée à un certain progrès social, une avancée dans l’organisation de la Cité (Polis),

l’homme étant un animal politique.

En fait, les astrologues ont, généralement, des difficultés avec la liberté humaine et avec toute forme

d’indétermination chez autrui car le monde deviendrait alors beaucoup trop compliqué à appréhender.

Au vrai, ce que les astrologues attendent de l’Astrologie, c’est qu’elle nous dise tout ce qu’il y a à

savoir sur le monde et surtout sur les gens, de façon à éviter toute surprise.

Les astrologues ne veulent pas d’une idée de l’astrologie selon laquelle l’astrologie pourrait disparaître

si les hommes n’en veulent plus. Et c’est pour cela qu’ils préfèrent s’en tenir à l’idée que les hommes

n’ont pas inventé l’astrologie et que celle-ci existe qu’ils le veuillent ou non.

En effet, si l’astrologie est le fruit du génie humain, elle n’a qu’une réalité culturelle, l’homme ne

pouvant produire quoi que ce soit de durable et ne pouvant exister sans conscience.

Ce que nous proposons, c’est de savoir renoncer au discours astronomico-mythologique ainsi qu’aux

arguments technoscientifiques pour embrasser une relation féconde avec les sciences sociales en

cessant de sous-estimer les capacités des hommes à construire dans le dur.

Nous pensons aussi que les processus subconscients seront amenés à jouer un rôle majeur dans

l’épistémologie des Sciences de l’Homme, au regard notamment des neurosciences.

En effet, il nous semble évident que le rapport des hommes aux astres ne se limite pas au seul niveau

conscient. Il est clair que la connaissance culturelle de l’astronomie n’est pas une condition préalable

à l’idée d’une détermination astrologique. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il faille admettre que

l’astrologie ne soit pas une émanation de l’ingéniosité humaine.

Autrement dit, l’astrologie serait comme un enfant qu’un homme aurait fait à une femme sans le savoir

et cet enfant se présente, un beau jour, à nous. Il n’aurait pas existé sans notre intervention, mais il

aura vécu sans que nous nous en doutions.

Ce que nous voulons dire, c’est que l’humanité peut être prisonnière de ses propres productions, que

celles-ci peuvent s’autonomiser et lui échapper. Mais que l’humanité, elle, ne leur échappe pas.

Nous n’ignorons pas que ce scénario pose problème. On pense aux objections à un certain néolamarckisme.

Mais c’est épistémologiquement le moins pire, il ouvre un nouveau champ de recherche

aux sciences « molles » pour le XXIe siècle. Bien plus, il permet de relativiser le poids de la Techno-

Science en montrant à quel point l’humanité instrumentalise le monde bien plus qu’elle n’est

déterminée par lui.

La notion d’instrumentalisation est complexe et quelque peu déroutante. On se sert d’un objet, d’une

donnée dans un sens qui n’est pas intrinsèque au dit objet mais qui fait partie de ses dispositions.

Cela peut donc être un contre-emploi ou un emploi en deçà de ce que l’objet pourrait produire et ce

emploi est plus contraignant pour l’instrumentalisateur que pour l’instrumentalisé.

On notera qu’en linguistique le signifiant est inévitablement instrumentalisé par le signifié. Si l’on

prend le mot « table », il veut tout dire et rien dire de précis tout à la fois, mais une fois que le mot a

reçu ce sens, celui-ci est contraignant pour le locuteur concerné.

C

5

Les astres se prêtent idéalement au rôle de signifiant. On peut les traiter et les qualifier à sa guise en

ne tenant compte que de certaines de leurs particularités externes. Même si cela ne s’inscrit pas dans

la ligne de la science astronomique.

L’instrumentalisation n’a que faire de la chose en soi. Elle est la victoire du récepteur sur l’émetteur, le

récepteur dictant sa loi à l’objet auquel il se réfère, voire auquel il se soumet, du fait de ce qu’il projette

dans tous les sens du terme.

Certains astrologues ont du mal avec la notion d’instrumentalisation, car ils sont persuadés que les

significations projetées sur un astre sont l’expression de la vertu de cet astre.

D’autre part, ils sont persuadés que l’astrologie doit respecter les structures propres à l’astronomie, à

commencer par le fait que si l’on s’intéresse à une planète du système solaire, il faut impérativement

prendre en ligne de compte la totalité des planètes dudit système et laisser de côté ce qui n’en fait pas

partie.

Enfin, ils croient que les astres inconnus des Anciens doivent être tout autant étudiés que ceux qui

font partie depuis longtemps de leur perception. Les hommes ont le droit de prendre du monde ce qui

leur plait, au moment qui leur plait sans aucune obligation autre que ce soit dans le temps et dans

l’espace.

L’astrologie relève d’une philosophie du choix et donc au départ de l’indétermination qui débouche

sur un processus d’instrumentalisation en quelque sorte alchimique qui devient contraignant s’il est

largement adopté et sur une longue période de temps (de cuisson). En ce sens, l’humanité est

prométhéenne, le feu est son vecteur car le feu est lié au temps. Il transforme l’objet, le fait passer du

cru au cuit. L’astrologie est le résultat de cette cuisson, à la façon d’une oeuvre de Bernard Palissy.

L’astrologie contemporaine a contracté une relation très particulière avec les astronomes. Le baptême

des nouvelles planètes est un véritable poème mystique qui nous plonge en pleine théosophie. Les

astronomes seraient les prophètes des temps modernes : d’une part, en ce qu’ils découvrent de

nouveaux corps célestes qui « manquaient » à l’astrologie pour être accomplie et d’autre part parce

qu’ils prennent sur eux de baptiser ces nouveaux astres en recourant aux mythologies, poursuivant

ainsi une antique pratique.

On connait le discours, désormais ressassé sur le ton de l’évidence, sur le fait que les astres sont

découverts au moment où l’humanité passe un certain cap. 1781 pour Uranus, 1846 pour Neptune,

1930 pour Pluton. On ne peut plus enlever à un astrologue son Pluton, ni comme planète, ni comme

concept. Même si c’est un astre très lointain, très lent (248 ans pour faire le tour du zodiaque) et

totalement invisible à l’oeil nu, une sorte d’intermédiaire entre une planète et une étoile, en quelque

sorte, ce qui tombe bien puisque les astrologues s’étaient interdits de se servir des « fixes »,

lesquelles ont le tort de ne pas appartenir au système solaire. Mais les astrologues ne s’arrêtent pas

tous à Pluton et certains « pionniers » n’ont pas attendu les astronomes pour annoncer la prochaine

découverte de la femme de Pluton, Proserpine (Korè), ce qui relève d’une certaine « mythologique »

encore inconnue des astronomes et encore plus lente que son époux infernal. On est vraiment très

loin du cycle lunaire fondateur mensuel, si présent à notre conscience dans notre ciel depuis toujours.

Ces astrologues nous expliquent que ces astres aussi récemment découverts étaient là, bien avant

qu’on ne les découvre. Et que de toute façon, ils sont devenus – depuis leur découverte -

incontournables. Qu’est ce que serait donc une astrologie qui les négligerait ? Elle perdrait la face.

Par certains côtés, les astrologues, face à la science, sont, pour la plupart, plus royalistes que le roi.

Ce qui explique que leurs relations avec le monde des sciences humaines ne soient pas

particulièrement sereines.

 

Publié dans ASTROLOGIE, Conscience, Culture, HISTOIRE | Pas de Commentaire »

La réception en français de la Tétrabible au XVIIe siècle

Posté par nofim le 20 septembre 2014

La réception de  la Tétrabible en français  au  XVIIe

siècle

par  jacques  Halbronn

 

On sait tout l »intérêt que nous avons accordé à Nicolas

Bourdin depuis une quarantaine d’années. (cf nos éditions

de 1975 et  1993, chez Retz et chez Trédaniel).  En 1640,

Bourdin publiait une première traduction française de la

Tétrabible sous le titre d’Uranie, titre repris par Eustache

Le Noble en 1697.  Dans une étude consacrée à Auger Ferrier

(en ligne sur « nofim »),  nous avions déjà abordé la question

de l’influence de la Tétrabible sur les traités d’astrologie

français, en l’occurrence ses Jugements Astronomiques sur les

Nativitez (première édition Lyon Jean de Tournes 1549/1550)

en parlant d’un « modéle tétrabiblien ». Rappelons que la

dernière édition connue des Jugemens  de Ferrier date de 1625, et est donc contemporaine

de l’Usage des Ephéméride d’Antoine de Villon dont il est ici

question. Au vrai, avec le recul, il nous apparait que le lien

entre les Jugemens de Ferrier et le Quadripartit n’est pas

strictement avéré, d’autant qu’il ne s’y référe pas alors que

Villon suit cet ouvrage pas à pas, livre par livre et quasiment

chapitre par chapitre/

Toutefois,  Ferrier cite explicitement le Centiloque

(Livre I Ch II  De la vérification de l’heure de la nativité)

en ce qui concerne l’heure de la conception:

« l’ascendant d’une nativité  a esté le lieu de la Lune au

temps de la  conception  et l’ascendant de la conception est

le lieu de la Lune à l’heure de la nativité » (cf infra)

A   partir de quelle édition du

Quadripartit Villon  oeuvre-t-il? Nous avions abordé une telle

question à propos des traductions faites par Petro d’abano

des traités astrologiques d’Abraham Ibn Ezra (cf notre

communication  Congrès Mondial des Etudes Juives 1993)

en montrant le recours à des traductions en ancien français

du texte hébraïque.

Dans l’Usage des Ephémérides de 1624 d’Antoine de

Villon, professeur en philosophie dans l’Université de

Paris  ce qui nous interpelle, c’est le fait que

certaines expressions  concernant la Tétrabible se

retrouvent littéralement dans l’Uranie de 1640, ce qui ne

laisse de nous interroger  sur les rapports entre  Villon et

Bourdin.  Bourdin  s’est-il servi de Villon pour rendre la

Tétrabible en français ou bien ont-ils tous deux puisé à une même

source non identifiée qui serait la première traduction

française et dans ce cas, Bourdin ne serait pas pleinement

l’auteur de la traduction parue sous son nom?

Cela dit, peut être ne s’agit-il que de coincidences : deux

traducteurs ne peuvent-ils parfois se recouper puisque

travaillant à partir d’une seule et même source? En tout

cas Villon devrait désormais  être considéré comme ayant

traduit ou en tout cas édité  ne serait-ce que partiellement

le Tetrabiblos  même s’il s’est servi d’une précédente

édition française probablement restée manuscrite.(cf infra)

. Le commentaire, la paraphrase auraient ici

précédé la parution de l’intertexte d’une quinzaine d’années..

Mais il existe encore d’autres hypothèses: si l’on regarde

les dates de naissance: Morin et Bourdin sont nés en 1583

et Villon en 1589. En 1624,  Morin publie une « Réfutation

des thèses erronées d’Antoine Villon, dit le soldat philosophe, et Etienne de Claves, médecin-chimiste, par eux affichées publiquement à Paris,
contre la doctrine d’Aristote, le 23 août 1624, à l’encontre desquelles y a eu
censure de la Sorbonne, et arrêt de la Cour de parlement. Où sont doctement
traités les vrais principes des corps et plusieurs autres beaux points de la
nature. »

On ne saurait exclure que la traduction

de Bourdin ait circulé en manuscrit bien avant son impression.

Le cas n’est pas si rare à l’ époque (cf nos étudesi sur Gassendi

et sur Morin, « Questions autour du texte sur l’éclipse de 1654

attribué à Gassendi »in Gassendi et la modernité; dir S.

Taussig, ed Brepols, 2008 ) et dès lors Villon, dit le Soldat

Philosophe, qui dit avoir enseigne l’astroogie à l’Université de

Paris, par ailleurs personnage assez peu

scrupuleux aurait « pioché » dans  la dite traduction, comme

il l’aurait fait, dit-on, pour David Origan et pour ce qui est

de son Apologie contre les Calomniateurs de l’Astrologie

qui ouvre son Usage sur des auteurs du xVIe siècle.(cf notre

CATAF, en ligne sur le site grande-conjonction.org), ce qui ne

diminue pas pour autant ses mérites de commentateur avisé.

En tout cas, grâce à Villon, nous  avons l’occasion de mieux

comprendre le plan de la Tétrabible et notamment le passage

du Livre III au Livre IV qui a souvent paru étrange.

I   Les emprunts  à une possible traduction manuscrite

II  Le découpage de la Tétrabible en 4 volets.

 

I  Les emprunts littéraux à  une traduction  inédite de Bourdin

La récolte n’est pas surabondante et probablement pas

exhaustive mais elle laisse perplexe.

‘ »soit par hazard, soit par observation »  à propos de la

connaissance  du temps de conception

Cette f’ormule se retrouve texto dans les deux textes.

Tétrabible  Livre IV  ch. V Des mariages

« légitime conjonction de l’homme et de la femme »

 

II  Le découpage  en 4 volets  du Tetrabiblos

En travaillant sur Villon, nous avons compris ce qui nous

avait jusque là échappé dans la Tétrabible, à savoir

le passage du Livre III au Livre IV , apparemment sans

raison évidente. C’est qu’en fait, le Livre III traite du thème de

conception et le Livre IV du thème de naissance.

Tétrabible  Prologue du Livre IV:

« J’ai enseigné les choses qui se doivent considérer

avant la naissance de l’enfant et celles qui arrivent dans

le temps de cette même naissance comme aussi celes qui la

suivent, celles qui sont encore attachées au tempérament

et qui ne regardent que le mélange des qualités. Maintenant,

je traiterai de celles qui viennent d’ailleurs, entre lesquelles

je parlerai  premièrement des richesses et des dignités »

Le Tetrabiblos -précisons-le n’expose aucunement  un

dispositif des maisons astrologiques rigide avec chaque maison

associée à un certain domaine, comme le feront la plupart

des auteurs que l’on connait. Il ne lui en coute donc rien

de dédlarer que tel ou tel domaine appartient  au thème

« avant la naissance ».

On ne sera pas surpris de voir que les astrologues qui

ont traité de la Tétrabible se soient abstenus de commenter

le dit Prologue.

Nous proposerons ci-dessous  une sorte de concordance

entre les 5 parties de l’Usage des Ephémérides et le

Quadripartit:

D’emblée,  la première partie de l’Usage n’a pas

d’équivalent dans la Tétrabible, elle comporte des

directives purement techniques pour dresser le thème et

en tirer diverses données.

La deuxiéme partie  de l’Usage recouvre le Livre I  de la Tétrabible.

La troisiéme partie de l’Usage est à rapprocher du Livre II

de la Tétrabible et concerne le « Prognostic Universel ».

Villon reprend le prologue du Livre II avec ses propres

mots qui ne sont souvent qu’une paraphrase de l’intertexte :

« Il ne faut adjouster aucune foy aux astrologues qui

predisent de la nativité de l’enfant sans avoir cognoissance des

constitutions generales des régions, Provinces, villes, » Un avis

au demeurant  fort peu suivi par les astrologues des

siècles suivants.

La quatriéme partie de l’Usage recoupe largement le

Prologue du Livre III de Ptolémée, autour de la question

du « commencement », terme qui revient aussi sous la plume

de Bourdin,traducteur. On revient sur la question du

thème de conception comme point de départ. Selon Villon,

les adversaires de l’astrologie reprochent aux astrologues de

ne pas tout faire commencer du dit thème.

Avec le chapitre X  de l’Usage des Ephémériodes, nous

passons au commentaire du Livre IV du Quadripartit.

Enfin, la cinquiéme partie de l’Usage où on passe de la

prédiction à la datation – ce qui est distinct car la prédiction

reste très générale. Elle correspond au capitre X  du Livre IV

de la Tétrabible « De la division des temps »  qui ne couvre chez

Ptolémée que quelques pages. Villon achève ainsi un

ensemble d’environ 1100 pages.

Pour conclure, nous rappellerons que  dans les années

1650, à la suite de la publication du commentaire du

Centiloque par le dit Nicolas Bourdin- qui se situe

également dans l’orbite ptoléméenne et des deux éditions

des Remarques Astrologiques de Jean-Baptiste Morin

(1654  et 1657 (posthume) sur le dit Commentaire, nous

assistons à un certain revival ptolémaïque en France entre 1624

et 1654

On s’interrogera pour terminer sur les liens entre justement

le Centiloque et la Tétrabible –(cf nos Etudes sur les éditions

ptolémaïques de Nicolas Bourdin,  ed trédaniel 1993, avec

le Commentaire du dit Bourdin)

Dans l’aphorisme premier, on retrouve le distinguo entre

le particulier et le général qui marque l’articulation de la

Tétrabible

« Il n’est pas possible que celui qui sait prédise les

formes particulières des choses de même que le sens ne

peut concevoir une forme particulière mais seulement une

forme générale de la chose »

Le Centiloque n’est pas étranger au thème de conception:

sentence 50: Faites ascendant en la conception le signe où

est la Lune au temps de la naissance  et le signe où elle

a été trouvée en la conception ou son opposé, ascendant

en l’enfantement » C’est la trutine d’Hermés dont on   a  vu

qu’Auger Ferrier se servait(cf supra).  On peut penser que

ce principe aura permis aux astrologues de déclarer que

le thème de naissance présentait des recoupements avec

le thème de conception et donc qu’il pouvait s’y substituer

si ce n’est que ce qui est annoncé par le thème de conception

ne fait sens que si cela est formulé avant la naissance..

En fait, les préceptes liés au thème natal s’entremélent dans

le Centiloque avec ceux concernant le thème de la consultation

dont ne trait à aucun moment Ptolémée. On trouve même

l’idée de comparaison de thèmes (synastrie)  à l »aphorisme 33 :

« L’accord entre deux personnes procéde de l’harmonieuse

configuration des planétes qui signifie l’espèce de la chose

par laquele la bienveillance est établie en la naissance de l’un

et de l’autre »

Aph. 34 « L’amour ou la haine se prend tantôt de l’accord et

de la discorde des luminaires tantôt des ascendants de l’une

et de l’autre naissances. »

On trouve aussi une typologie zodiacale inconnue dans

la tétrabible:

Aph  38  « Ceux qui ont pour ascendant la vierge ou les

poissons seront cause de leur puissance »

Le Centiloque traite des douze maisons astrologiques

en rapport avec les différents domaines de l’existence, ce

que ne fait pas la Tétrabible qui ignore un tel dispositif

qui entremêle les données du thème de conception et celles de

naissance..

Ajoutons que le Centiloque  rappelle à l’aphorisme 50  qu’il y a 119 conjonctions (cf

ce qu’en dit Ibn  Ezra cf nos récents textes  à ce sujet sur

nofim, à propos des traductions de Shlomo Séla, ed Brill) mais

à l’aphorisme  63 il aborde les conjonctions de Jupiter et

de Saturne.

Le Centiloque nous semble correspondre à la réception

de la Tétrabible au temps d’Abraham Ibn Ezra. (XIIe siècle

au plus tard), le recours  au thème de conception n’y est

évoqué que très ponctuellement (cf supra). En y renonçant,

les astrologues évitaient ainsi d’être trop tôt  démentis dans

leurs prédictions puisque dès la naissance, l’on pouvait

juger de la pertinence de ce qui avait été annoncé quelques

mois plus tôt et sur des points très concrets. Selon nous,

l’astrologie  ptoloméenne témoigne de l’existence d’une

pédomancie, c’est à dire d’une divination s’adressant aux

parents attendant un enfant ou dont l’enfant vient de naitre.

Passé ce cap de la prime enfance, l’astrologie perdait

largement de son intérêt car il existait alors bien d’autres

façons de connaitre l’avenir d’une personne que l’astrologie.

Un autre point d’interrogation pourrait concerner la

connaissance de la date de la mort et de ses causes.

(thanatomancie Mais entre ces deux extrémes, le recours à

l’astrologie fait-il vraiment sens? Les travaux de Gauquelin

(à partir de 1955) s’inscrivent dans une « pédomancie » si ce

n’est qu’ils se présentent sous un jour scientifique, statistique.

Comme l’a signalé  l’australien Geoffrey Dean (Recent

Advances in Astrology), la sollicitude des parents pouvait-elle

aller jusqu’à faire naitre l’enfant sous telle ou telle « étoile », en

connaissance de cause et peut être l’astrologue était-il chargé

de faire en sorte qu’il en soit ainsi?

 

JHB

26  10 14

 

 »

 

 

 

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Le syncrétisme stellaro-tropical en astrologie

Posté par nofim le 16 septembre 2014

La combinatoire  stellaro-saisonnière  en  astrologie et

les emprunts de l’astronomie à l’astrologie.

par  Jacques  Halbronn

 

L’astrologie est fondamentalement marquée par une

combinatoire stellaro-saisonnière  plus encore que par

une combinatoire  stellaro-planétaire. Encore récemment,

les astrologues  en adoptant la théorie des ères

précessionnelles ( y compris chez André Barbault), ont

montré qu’ils étaient disposés à combiner le point vernal

donc un  critère saisonnier et une étoile fixe correspondant

à celui-ci, en un instant T.

En relisant le  Centiloque (attribué à Ptolémée), nous rencontrons

cette  sentence (la 46e):

« Les grandes félicités dans les naissances sont données

tantôt par les étoiles fixes tantôt par les angles des

nouvelles lunes, tantôt  par les lieux  de la Part de fortune

lorsque l’Ascendant  s’y rencontrera »

Morin de Villefranche  commente ainsi  dans ses Remarques

Astrologiques : »trois causes de bonheur par l’Ascendant de la

nativité »

Or, l’Ascendant est  tyîquement un mélange  de stellarisme

et  de référentiel terrestre puisque symboliquement il renvoie

au Zodiaque: on dit qu’on a tel signe à l’ascendant.Rappelons

que c’est à partir de l’ascendant que l’on met en place

les maisons astrologiques, par delà la question du « signe

ascendant », ce qui compte alors c’est surtout le « degré »

qui est déterminé par le fragment de constellation qui

apparait à l’horizon.

En ne respectant pas cette combinatoire du stellaire et

des référentiels terrestres (horizon, saisons) l’astrologie

contemporaine allait se déséquilibrer et se condamner à

adopter des  modéles peu viables ni enviables comme ces

myriades de cycles planétaires qui partent dans tous les

sens  (cf  Yves Lenoble. Initiation à la pratique des cycles

planétaires, 1996)

Le cas du Zodiaque est emblématique d’un tel syncrétisme

en ce que les signes fixes  correspondent, selon nous,  à

des étoiles fixes  alors que les signes mutables correspondent

à des saisons tout comme les signes cardinaux correspondent

aux équinoxes et aux solstices sur le plan symbolique.

Autrement dit, les signes  fixes  sont tributaires de la

précession des équinoxes et les  autres signes s’ajustent

naturellement sur le cycle saisonnier en vigueur à un instant

T. Ce qui nous a conduit à soutenir que l’instauration du

zodiaque des fixes  au départ calé sur les saisons

avait du avoir lieu il y a 12000 ans environ quand l’Aigle

était au printemps, dans l’hémisphère nord et non pas

comme de  nos jours à l’automne.

En 1624, Antoine de Villon, dans son Usage des Ephémérides (pp. 645 et seq)

dans la partie consacrée à l’Astrologie généthliaque écrit : « Il  ne faut pas négliger

(..) les étoiles fixes qui se trouvent logées dans l’horoscope. » Il situe les étoiles en tropical

« Le coeur  du Lion ou basilic au 24° du Lion ».  Mais l’Ascendant est particulièrement impliqué en

matière d’étoiles fixes, ce qui est logique vu que faute de planétes, le plus souvent -on n’en connait à l’époque que 5 plus les luminaires-

la plupart des corps célestes ne peuvent être en la circonstance que des étoiles fixes.

C’est pourquoi, nous pensons qu’il importe de repenser complétement toute la construction du thème natal, d’une part, parce que

nous penons que l’observation la plus commode se situe non pas à l’ascendant mais au descendant  puisque c’est à la tombée du jour

et non au lever du soleil que les étoiles et les planétes apparaissent. Mais nous pensons aussi que cela ne fait guère sens de faire

le thème pour le moment de naissance quand il fait jour (ce qui est actuellement la régle puisque la plupart des naissances se

font de jour pour des raisons fonctionnelles). Il semble préférable de se contenter d’un thème toutes les 24 heures, à la tombée de

la nuit et qui vaudrait pour toutes les naissances se produisant dans cet intervalle. Par ailleurs, nous pensons que c’est l’étoile fixe  qui

se léve au coucher qui doit servir de base au calcul des maisons astrologiques. Les Anciens avaient élaboré un systéme permettant

de déterminer le degré de l’ascendant à partir de la constellation, en numérotant les différentes composantes de la dite

constellation.

Signalons les propos d’Eustache Le Noble dans son traité astrologique de 1697 sur la précession des équinoxes:

« L’Etoile qui est il y a 1800 ans dans le point précis où le Soleil pour parler vulgairement coupoit la ligne & entroit au Bélier en sorte

que dans ce moment il se trouvoit en conjnction précise avec cette estoile »  Cette même étoile se trouve désormais « à la fin du bélier ». Le Noble mentionne un cycle de  25.000 ans.  On en arrive à l’époque à un écart de 28° selon Eustache Le Noble.

Mais Le Noble expose les choses avec beaucoup de bon sens  (pp. 60-62):

« Ce n’est point  ce lieu imaginaire nommé le Bélier qui influt mais ce sont les  estoiles elles mêmes qui se trouvant

en conjonction avec le Soleil ou les Planétes, leur unissent leurs influences (…) répandent leurs vertus à l’aide de leur lumière; sur les

corps disposés à la recevoir (…) « .  On met donc ainsi fin à un faux probléme.

On notera qu’il est extrémement facile de déterminer un aspect entre une planéte et une étoile et d’ailleurs selon nous, la raison d »‘être

des aspects  est fonction des écarts entre planétes et étoiles.

Ce qui est essentiel, c’est le point de départ, après tout n’est plus que mathématique.

Ce sont les astronomes qui ont jugé bon de nommer des ensembles d’étoiles selon les signes du zodiaque mais cela

ne remet nullement en cause  l’importance des étoiles fixes  que l’on a assimilées au probléme des constellations.

En fait, on a éliminé les étoiles parce que l’on n’en voyait pas l’utilité!!!!!

Avec l’ascendant,  l’important n’est pas la constellation qui se léve mais l’étoile qui sert de point de départ à tout l’horoscope.

L’historien de l’astrologie ne saurait ignorer les emprunts

de l’astronomie à l’astrologie tant en ce qui concerne les noms

des dieux que celui des signes.L’astrologie elle-même

a au demeurant emprunté à la mythologie et à la symbolique

saisonnière .Mais au départ, ces noms de dieux, comme on

le voit chez Manilius, ne concernent pas les planétes pas plus que

ces signes zodiacaux ne  désignent les constellations. Selon

nous, ce sont les astronomes qui auront jugé bon de récupérer

ce « jargon » pour désigner tant des corps célestes – tradition

qu’ils poursuivront au XIX e siècle- que des ensembles

d’étoiles.

A l’historien de clarifier  une telle évolution, ce qui permettra

aux astrologues de se détacher du joug de l’astronomie. En

effet de tels procédés auront contribué à un certain

fusionnement de l’astrologe et de l’astronomie débouchant

sur des amours malheureuses.

Comme le dit fort bien Le Noble,  l’astrologie aurait du

garder les étoiles fixes en renonçant aux constellations mais

elle aura préféré jeter le bébé des étoiles fixes avec l’eau

(sale) du bain, à savoir les constellations. L’adoption,

notamment, d’une symbolique  mythologique par les

astronomes aura abouti à ce que les astrologues se croient

obligés de prendre en compte toutes les planétes ainsi

ornées d’atours olympiens. Autrement dit, l’astrologie aura

fait le mauvais choix, renonçant aux étoiles fixes et adoptant

la totalité des planétes du systéme solaire.

Au niveau des aspects,  on peut aussi penser que l’astrologie

aura perdu en cours de route le semi-octile, qui correspond

au quart de 90°,  soit 22°30′. On sait l’importance du nombre 22

avec les 22 lettres de l’alphabet hébraïque qui en quelque

sorte assigne une lettre à chaque degré (cf aussi les 22 arcanes

majeurs du Tarot).  On est là dans une division en 8 qui

est certainement plus « astrologique » que la division en

douze qui reléverait plutôt d’un emprunt. Or, les aspects n’ont

aucunement vocation à relier les astres entre eux au sein

du ‘ »thème » mais bien de ponctuer le déroulement des

cycles. Selon nous, il y autant de zodiaques que de cycles et

chaque cycle établit sa conjonction comme point de départ

de « son » zodiaque.

 

 

 

JHB

16  09 14

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans ASTROLOGIE, divination, HISTOIRE, POLITIQUE, RELIGION, symbolisme | Pas de Commentaire »

Un Code de déontologie astrologique en 1773

Posté par nofim le 14 septembre 2014

 

Le « généliate » dans les années 1770. Un premier code

d’éthique pour les astrologues

par  Jacques Halbronn

 

Lorsqu’il y a un peu plus de 20 ans nous avons publié

l’Astrologie du Livre de Toth (Ed  Trédaniel 1993), nous avions négligé de

consulter certains documents, à savoir la production

d’ »Etteilla dans les années 1770, nous étant    concentré

alors sur la décennie suivante. (cf aussi  chez Jobert, en 1977

des premier et deuxiéme cahiers de la Manière de se

récréer avec le jeu de cartes nommées Tarots. On trovera

le troisiéme cahier à la Bibliothèque de l’Arsenal et le

quatriéme fut réédité par nos soins en 1993. Ces 4 cahiers

sont associés aux 4 vertus cardinales qu’Etteilla perçoit

dans les Arcanes majeurs du Tarot.

Dans les années 1770, l’astrologue est désigné sous le terme

de généliate, à partir de  généthliaque- c’en est une

déformation  peu connue  mais qui n’en est pas moins

avérée- à l’oral on devait prononcer  « généliaque » la forme écrite

« généthliaque »-

l’astrologue étant souvent désigné par « généthliaque »-  et  on

lira ci-après les conseils qu’Etteilla dispense aux

astrologues de son temps- faisant ainsi son examen de

conscience- et qui probablement restent peu

ou prou valables par delà le type d’astrologie pratiqué ici et là;

« Etteilla ou la seule manière de tirer les carts, Amsterdam »

extrait du « Petit avant-Tout ayant rapport à l’art de la

divination » (Amsterdam  1773, Cote Arsenal NF 49167, la

première édition  parue 3 ans plus tôt ne comportait pas ce

texte(cf  Bib Arsenal) ;

« Y a -t-il un mal réel à être  Généliate  (sic)? Oui, si le

faiseur d’horoscopes est un perfide, un imposteur de guet à

pend , une âme sordide, un mauvais citoyen; sans doute ,

ce Généliate est  un homme à bannir de la Société et même à

châtier dès l’instant que l’on a la preuve non pas de qu’il

s’est dit Généliate mais de ce qu’il a abusé de la confiance de

ses Consultans  & il  faut encore remarquer  si ce

Généliate, qui a les apparences d’être coupable l’est

bien effectivement  (..) Mais si ce généliaque  est reconnu

homme droit, sage et vertueux politique ne  visant point

tant aux pronostics qu’à la bonne intelligence de ses

semblables, oh! pour le coup voilà nos réfutateurs  obligés

de mettre bas les armes. Mais dit-on le Généliate alors cesse

de l’être et moi je certifie au contraire qu’il est plus

que jamais  Généliate, digne de l’être,d’en porter le nom. Il est

droit  ses pronostics  seront dégagés d’iniquité. Il est

sage, ses oracles tiendront tous du poids, de la mesure, de la

plus saine réflexion.Il est vertueux politique, il ne condamnera

pas  avec un sourcil froncé les fautes des hommes mais

faisant semblant de prendre le change sur l’affreuse

conduite qu’ils tiennent, il les raménera insensiblement au

bien par sa sage et adroite prévoyance; bref il aime le

vertueux accord de la Société et cimentera dans le silence ce

que dix familles assemblées ne pourront faire en grand tumulte.

Exemple: le Sage et savant Généliate dit : je respecte

votre libre arbitre, le Ciel vous a protégé mais Mercure

dominant dans le signe du Verseau à l’instant de votre

naissance m’assure que  vous recevrez  telle nouvelle

en tel tems. Et il arrive que ce tems est demain. L’annonce

se trouve  effective par quelque motif que le Sage ou le

Critique veuille admettre mais enfin certaine confiance

établit l’espoir du consultant et le Généliate  vraiment honnête

homme profite de la disposition et de la circonstance pour

amener la paix et le bon accord.

Mais puisque je connais mieux que nos théoricien le fort et le

faible de la Divination et ce que cette Science renferme de

juste et d’injuste, je conseille absolument d’approuver à fond

le Généliate  : il peut faire un bien  dans la Société au dessus de tout ce que l’on

peut présumer ou au contraire si ce Généliate n’en ayant

que le nom est un mauvais citoyen, il occasionnera divers

maux (…) Il n’y a pourtant guères à se tromper pour

reconnaitre  le Généliate sciencié (sic, au fait de sa science) d’avec

le Généliate toujours ignorant, ce dernier à l’âme sordide et

méchante, il fuit l’inclination de son Consultantpour être

mieux payé mais le vrai Généliate est bien différent; il

accepte parce qu’il  faut subsister.  Revenons à cette  sévère défense   qui

sans jamais  anéantir toute l’espèce convernait  le sage Généliate

soumis aux lois de son Prince  existnt alors à

réserver dans  son sein une science qu’il ne met en usage que

pour le seul plaisir de faire le bien mais comme cet ordre

effectué bannirait les vrais  généliates, il ferait renaitre

une foule d’âmes cupides que le châtiment léger,

proportionné à la faute du délinquant, l’expulserait jamais;

Laissons le  bénévole (sic bénin)  mal tel qu’il est sans ôter

la vue de dessus tous deux  et conseillons au curieux de se

bien consulter lui-même avant d’interroger un Généliate

sciencié (sic) ou ignorant mais si la curiosité entraîne l’homme,

qu’il se garde de donner à la faible créature ce qui est

absolument  réservé au Divin Créateur et ce point

fondamentalement établi de son esprit qu’il pense comme moi

à ce sujet en parlant à un Généliate : tu as certain talent

et l’art de pronostiquer au dessus de tes semblables : travaille

sur le passé et le présent et nous jugerons de ta science

pour l’avenir (..) »

L’auteur (cf  notre étude « Reecherches sur l’ histoire de

l’astrologie et du Tarot,  1993, p. 11) passe à la présentation de sa propre  démarche :

Etteilla n’a pas besoin de voir ses

Curieux (sic  ses consultants) : il ne veut ni leur parler

ni les connaitre pour leur faire un  horoscope amusant et

quelquefois utile, dans lequel il parlera également du passé, du

présent  et de l’avenir avec une justesse qui les surprendra

agréablement; il lui suffit, comme il en a déjà averti le

public, de recevoir sur  un quarré (sic carré) de papier

les initiales de leurs noms (sans qu’il soit question de ceux

des titres, ni de famille) , l’an et la quantiéme du mois de

leur naissance avec la couleur (sic) favorite du Questionnant.

Ce petit billet  de leur  état  lui  étant  parvenu par telle voie qu’il vous

plaira, revenez quelques jours après chercher sa réponse. Il

croit pouvoir assurer qu’il aura su vous satisfaire. Si un

songe vous a frappé par ses charmes ou par les horreurs qu’il

aura répandues dans votre imagination, communiquez lui

par écrit  et vous serez emerveillé car bien son interprétation

flattera ou rassurera vos esprits.   Etteilla, jaloux de prouver

sa science en vous amusant ne manquera pas de vous

donner le nom du bon génie qui a soin de veiller à votre

conversation »

On retiendra cet excellent précepte:

« conseillons au curieux de se

bien consulter lui-même avant d’interroger un Généliate

sciencié (sic) ou ignorant »

On signalera que sous l’anagramme d’Etteilla à part

d’Alliette, on ne désigne pas seulement un auteur mais un

jeu (le jeu de  cartes tout préparé nommé Etteilla »,

qui se caractérise par  un élément qui a pour nom

Etteilla. D’où des expressions telles que ; «  »on regarde si

Etteilla y est », « le Etteilla sur Saturne », « l’Etteilla à côté de.. »

«  »on prend l’Etteilla et l’on le met au milieu », « Le Etteilla vous même,

cette carte doit être toute blanche ».

Dans les « cahiers »  qui paraitront dans la décennie suivante

c’est le terme « astrologue » qui prévaudra sous la plume

d’Etteilla, probablement du fait d’une meilleure connaissance

de la littérature astrologique mais il reste que l’expression

« généliate » devait être couramment employée pour

désigner un praticien oeuvrant à partir de la date de

naissance, le terme se rapprochant de « géniteur », de

« génital ».

 

« e

JHB

15  09  14

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