Les juifs et la gestion des risques : de la synagogue à la vie en Israël

Posté par nofim le 27 janvier 2015

Les Juifs face au péril antisémite/antisioniste et le débat sur la laïcité

par  Jacques Halbronn

 

Selon nous, il est important que la communauté juive de France tienne un discours viable et il ne semble pas que ce soit le cas pour l’heure.

On abordera deux questions : la laïcité  et  le rapport à Israël.

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I  La Laïcité

Nous entendons des discours juifs sur l’importance de la laïcité. Or, cette notion convient parfaitement aux Juifs et bien moins aux Chrétiens et encore moins aux Musulmans. Et il n’est donc pas vraiment équitable de prôner la laïcité en tant que juif car cela ne peut qu’exacerber un certain antijudaïsme.

En effet,  hors de la synagogue – et l’on sait que les Juifs qui s’y rendent sont minoritaires- la langue hébraïque est à peu près totalement étrangère à la vie juive, la plupart des juifs ne parlant pas celle-ci et étant tout juste capables de la « lire », ce qui n’est pas du tout la même chose. On ne peut que regretter que l’hébreu moderne, langue vivante, soit aussi peu familière aux Juifs, pratiquants ou non  et cela ne semble pas du tout s’arranger au bout de tant de décennies!  Il y a un échec des communautés religieuses juives qui se sont contenté d’un « savoir lire » qui ne rime à rien;  Les maghrébins, en revanche, ne sont pas marqués par leur identité de façon aussi ponctuelle. Ils s’entretiennent dans cette langue,  ont des racines au Maghreb et  ont un physique bien reconnaissable, sans parler de leurs prénoms spécifiques. Ce qui n’est pas vraiment le cas des Juifs. La visibilité sociale  des uns et des autres n’est aucunement comparable.

Par conséquent, au regard de la laïcité, comme nous le disions, Juifs et musulmans ne sont pas logés à la même enseigne et en ce sens ces derniers sont bien plus vulnérables; A contario, les Juifs ne le sont qu’à la synagogue et dans certaines boutiques comme l’hyper-Kasher qui fut attaqué, au début du mois. S’ils le veulent, les Juifs ont tout loisir de se fondre dans la population

Nous avons assisté à des discussions sur la sécurité des synagogues. Mais il est clair- ce que ne veulent pas reconnaitre les fidéles – que la meilleure protection consisterait à ne pas les fréquenter. A aucun moment une tele option semble avoir pu être considérée : c’est un point aveugle. Certains déclaraient que s’ils ne pouvaient se rendre à ‘leur » synagogue, ils n’auraient d’autre choix que de partir en Israël comme s’ils ne pouvaient penser la possibilité de vivre en France sans se réunir dans des lieux spécifiquement juifs.  .

La laïcité semble avoir été conçus sur mesure pour les Juifs et  insister sur l’exigence de laïcité est donc assez mal venu.

Force est de constater que la laïcité n’est pas le régime idéal ni pour les Chrétiens ni pour les Musulmans et que l’attachement des Juifs à celle-ci pourrait être la cause de deux antijudaïsmes, l’un chrétien, l’autre musulman, ce que ne semble pas avoir compris un Paul Amar dans son dernier ouvrage.

 

II   Le rapport à Israël

En 1978, quand  l’on fonda  le CERIJ (Cercle d’Etudes et de Recherches sur l’Identité Juive) on avait  désigné deux « modéles dominants »  pour la conscience juive:  le religieux et le sioniste. 37 ans plus tard, le point commun, c’est le danger pour les Juifs d’aller à la synagogue et de vivre en Israël  Dans un cas, ce danger peut être évité en ne s’y rendant point et dans l’autre, en ne vivant pas en Israël, ce qui est un tant soit peu plus compliqué. Dans les deux cas, le danger physique vient des Arabes, ce qui crée un lien entre les deux modes juifs de société.Quant à la notion de diaspora, elle est anachronique associée aux Juifs d’aujourd’hui alors qu’elle est un phénoméne vivant pour les Musulmans. C »est dire que le fait pour les Juifs de ne pas se référer à Israël est plus facile que pour les Arabes  à l’égard de terres où vécurent leurs grands-parents. Là encore, le sacrifice demandé n’est pas le même. Et même pour les Chrétiens, on ne trouve pas de pape pour les Juifs et Israël n’est pas une condition incontournable de la religion  juive.

On nous dit que l’antisionisme doit être dissocié de l’antijudaïsme. Il est vrai, comme on l’a dit plus haut, qu’il y a des raisons pour les musulmans de s’en prendre à un judaisme laïcisant qui entend donner des civismes aux autres religions. Mais le sionisme affiché par nombre de Juifs est aussi un facteur aggravant en ce qu’il  a d’artificiel voire de virtuel quand on le compare aux liens qui unissent les Maghrébins musulmans à la terre de leurs ancêtres de l’autre côté de la Méditerranée. Les Juifs seraient même dans le déni de leurs origines proches respectives pour affirmer leur  rapport à Israël qui reléve du symbolique, de l’iconique voire du mythologique, affirmant ainsi une pseudo-unité, abolissant ce qui distingue Sépharades et Ashkénazes/

On peut tout à fait admettre que les maghrébins se sentent solidaires des Palestiens  plus que les Juifs des Israéliens. Car dans un cas il s’agit d’un lien objectif et dans l’autre d’un lien subjectif. Deux poids, deux mesures.

Si l’on considére ces deux populations, celle qui hante les synagogues et celle qui demeure en Israël, on observe le même syndrome qui consiste à ne pas supporter l’immersion des Juifs au sein d’un monde non juif, ce que pourtant les Juifs ont fait des siècles durant. C’est là une nouveauté née au XXe siècle et qui est étrangère à la conscience juive. Les Israéliens n’arrivent à penser que des Juifs puissent vivre au sein d’un Etat palestinien, d’où tout un débat sur les frontières qui ne devrait pas exister car pourquoi des Juifs ne demeureraient pas dans telle ou  telle ville au passé biblique sans avoir à être des citoyens israéliens? Cette maladie c’est celle de l’Alya, à savoir de ne plus supporter l’autre, le « non juif ». Or, les communautés religieuses en France  présentent  une symptomatique comparable avec ce processus que nous avons décrit: ou la synagogue ou Israël, sans autre alternative. Cela ne concerne en fait qu’une petite minorité mais on comprend qu’existent des liens entre  ces deux mondes du fait des mêmes phobies du non-juif.

Herzl avait certes pensé son Etat Juif (Judenstaat, Juden étant ici adjectival) comme un refuge pour les Juifs persécutés et dont il ne souhaitait pas qu’ils refluent vers les communautés juives heureuses de l’Ouest de l’Europe et il est un fait que l’afflux de Juifs étrangers  fut  aussi un facteur d’antijudaïsme du fait de leur visibilité,   de leur étrangeté qui les plaça dans une situation assez compables à celle des immigrés maghrébins.  Mais c’est déjà de l’histoire ancienne et le fossé entre Juifs et  Arabes n’a cessé depuis de se creuser en raison de l’assimilation réussie des Juifs, laquelle, on l’a dit, leur aura relativement peu coûté. On pense au jugement de Salomon où les protagonistes n’ont pas autant à perdre.

D’aucuns ont suggéré, à juste titre, d’intensifier le dialogue entre les Juifs et les musulmans mais aussi les Chrétiens. Cela nous semble une excellent idée à condition de ne pas pas partir sur de fausses bases et c’est la raison du présent article. Evitons de polémiquer sur une laicité obsoléte et qui ne fait sens que pour les Juifs. Evitons de faire le procés des solidarités arabes sans se croire obligés de manifester pour Israël.

Sur le plan théologique, il est vrai que les Juifs sont un « peuple » -élu entre tous les peuples – mais en 2015, l’on sait que la richesse juive est d’abord celle de ses individualités qui oeuvrent pour toute l’Humanité.  D’aucuns demandent aux Juifs de ne pas s’afficher autant non pas en tant que Juifs mais de par leur réussite personnelle. Cela est, du coup, inadmissible et  les Juifs s’ils sont plus doués que les autres n’ont pas à rentrer dans le rang. La voie du Juif est celle de l’excellence personnelle non de la grégarité et cette voie doit être respectée par les Chrétiens comme par les Musulmans, c’est tout ce que nous leur demandons en échange de notre respect pour leurs cultures et leurs allégeances respectives.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

27 01 15

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Recherches kabbalistiques sur le Livre de la Création et le tétramorphe

Posté par nofim le 24 janvier 2015

Etudes kabbalistiques sur le Sefer Yetsira  et le tétramorphe.

par  Jacques  Halbronn

L’étude des traditions nous a appris que certaines données pouvaient avoir été déplacées et non point perdues, à la manière du sort qui peut être celui d’un livre au sein d’une bibliothèque.

Il y a une quarantaine d’années, nous avions consacré un travail à l’alphabet hébraïque tel qu’il nous apparaissait au prisme du Sefer Yetsirah (cf Clefs pour l’Astrologie; Ed Seghers, 1986 , pp . 188 et seq - traduction espagnole Las Claves de la Astrologia). Nous y montrions que la première lettre de l’alphabet hébraïque avait du être non pas le Aleph mais le Quph, soit une des 12 lettres simples, la forme grecque alpha béta étant donc relativement tardive, par voie de conséquence. Notre « alphabet » devrait donc s’appeler un « Qafabet’.

Par ailleurs, toujours à propos de l’alphabet, nous avions montré la possibiité pour l’aphabet hébraïque primitif (soit la cursive hébraïque et non la forme araméenne) d’avoir donné naissance au dessin des chiffres dits arabes, ce qui ne signifie pas pour autant que le savoir correspondant ait été hébraique. (cf nos Mathématiques Divinatoires, Ed Trédaniel-La Grande Conjonction, pp/ 153  et seq)

Notre propos, ici, concerne la question du verbe être mais nous sommes ici encore confrontés à une tradition, à un « système » qui nous semble avoir été perturbé et qu’il nous importe de tenter de restituer comme nous l’avons fait pour le français (cf notre étude parue dans  la Revue Française d’Histoire du Livre livraison 2011/2012). Notre démarche englobera aussi bien l’hébreu que l’arabe, soit deux langues dites sémitiques.

On sait qu’il est de coutume de dire que le verbe être n’existe pas dans ces deux langues, au  présent. Force est de constater qu’il est en pratique remplacé par le pronom personnel. Or, il nous semble qu’il existe des similitudes assez nettes entre le pronom personnel et le verbe être tant dans l’usage que dans la forme.

L’hébreu  supprimé la première consonne qui est maintenue en arabe comme dans « lev » au lieu de « qalb ». Il remplace par un Aleph le Quph  dans Ani (au

pluriel anahnou) si l’on rappelle que le verbe être en arabe : kana. Mais l’arabe lui-même a son pronom sans Quph (Ana) Ajoutons que le ata/atem hébreu est en fait un Anta/Antum, ce qui a été conservés en arabe ( deuxiéme personne  du singulier et du pluriel)

En passant on notera l’anomalie d’une finale en a pour le Ata

masculin alors que le At (deuxiéme personne au féminin)

correspond à un marqueur masculin.

Si l’on replace le Quph à la place du Aleph, on restitue le verbe être « Kana ». pour les premières et deuxiémes personnes du singulier et du pluriel. Quant à la troisiéme personne (Hou, hi, Hem, Hen), elle est à rapprocher du verbe être au passé : »haya » , hayou  etc etc. (cf aussi le tétragramme, Iud  Hé Vav Hé).

On, a vu plus haut que dans le Sefer Yetsira,  le Qoph et le Aleph ont permuté, ce qui vient confirmer notre thèse selon laquelle, le Ani, Ata, Anahnou, Atem  de l’hébreu (première et deuxiéme personnes  du singulier et du pluriel) étaient anciennement des formes comemnçant par Quph, ce qui les relie au verbe être arabe.

Rappelons brièvement notre argumentation  à propos de la

permutation du Qoph et du Alef. Les lettres mères du Sefer

Yetsira sont aleph,  Mem et Shin (cf chapitre III  du SY) censées correspondre aux

4 Eléments (et la Terre est ici mise de côté pour qu’il n’en reste plus que trois)

. Les quatre dernières lettres de

l’alphabet hébraïque sont Qoph, Resh, Shin, Thav. Les sept

lettres doubles du SY ( chapittre IV) sont  B eith, Guimel, Daleth, Kaph,

Pé et Thav plus le Resh (qui grammaticalement n’est pas double

à la différence des six autres, pour arriver au 7 en analogie

avec les 7 astres (luminaires plus cinq planétes de Mercure

à Saturne)  On notera que les dix Sefiroth qui sont un élément essentiel du SY

seraient à rapprocher des 3 lettres mères et des 7 lettres doubles, d’autant qu’elles se  divisent

effectivement en trois plus sept. Le 22 serait simplement l’addition de 12 à 10, ce qui vient en correspondance avec les 12 signes

du zodiaque et les 12 tribus d’Israël (cf notre ouvrage Le Monde Juif et l’Astrologie. Histoire d’un vieux couple, Milan, Ed Arché, 1985)

Mais il est clair que le système était initialement construit sur le nombre pair, ce qui excluait le 7. Le carré devait être préféré au triangle. Au lieu de 4-6 on serait ainsi passé à 3-7. Mais  rappelons les six jours de la création (Yetsira) auxquels fait suite un septiéme jour.(Shabbat) et l’on sait que chaque jour de la semaine est associé à un astre. Mais cela nous laisse un 3 au lieu d’un 4, ce qui n’est pas sans faire songer à la Trinité chrétienne.

Il semble que l’on puisse rapprocher la dixième sephira  Malkhouth de  Kether, ce qui restitue le rapport 4/6/ puisque Kether signifie en hébreu couronne et Malkhouth, royauté. Et yesod, la neuviéme deviendrait la dernière. Or Yesod signifie la base, le fondement, en quelque sorte le tronc de l »arbre séfirotique/

Nous avions développé (cf nos Mathématiques Divinatoires, op. cit) un « tarot sefirotique » (cf aussi article in revue Autre Monde en 77.778) en isolant 10 arcanes majeurs sur les 22 (Diable, Chariot, Hermite, Roue de fortune etc)  formant 5 groupes de 2 totalisant 22.

Il  nous apparait que le Aleph et le Mem devraient se situer  dans les 4 dernières lettres.  Quant au

Resh, il est bien dans ce groupe et n’a rien à faire avec les six

lettres doubles. Le Mem ne fait pas partie des lettres

grammaticalement doubles et ne doit donc pas se situer

dans le périmétre qui leur réservé enclavé au sein de la

série des lettres simples.( chapitre V  du SY, valeurs 2, 3, 4, 20, 30, 40) Il s’agit

d’une lettre simple alors que pour nous le Noun serait une

lettre mère/ pas plus que le Thav, lettre double ne saurait figurer en

dernières position, dans le groupe des 4 lettres mères

(réduit à trois pour permettre de passer de six à sept)

Le péh a été décalé et placé à tort dans le groupe des douze

lettres simples alors que c’est une lettre double.

Les 4 mères sont selon nous Aleph, Noun, Shin,  Resh. Elles sont

sont à rapprocher du tétramorphe ézéchielien (Haioth)

constitué de ces mêmes lettres : Arieh (Lion) avec le Aleph

et le Resh; Shor (boeuf) avec le Shin et le Resh, Nesher (Aigle

avec le Noun, le Shin et le Resh. Reste le cas d’Adam (Aleph,

Daleth, Mem) (l’homme) qui ne  correspond pas et comporte

une lettre double, le daleth, et une lettre simple, le Mem.

Toutefois,  si on remplace Adam par Enoch (Aleph, Noun,Shin)

une autre désignation de l’homme, cela convient.(cf Genésee

IV, 26, Enoch fils de Seth (qui remplace Abel tué par Cain)

, donc petit fils d’Adam. cf  Henri Rossier, « Enoch », bibliquest.org)/ Ce n’est qu’avec Enoch

que  « l’on commença à évoquer  le nom de l’Eternel » Dieu

s’adresse  au « fils de l’homme » (Ben Adam, fils d’Adam) notamment dans

Ezéchiel. C’est dans  Ezéchiel Ch  1 et 10 que se situe l’apparition

du tétramorphe. Mais on trouve aussi  Henoch (ou Hanokh)- avec une toute autre orthographe (Heith Noun, Khaf), comme fils de Jared  (Genése 5, 18) .

Par delà la signification accordée à ces 4 assemblages, ce qui renvoie  à  des « êtres vivants » -Hayoth)

nous devons considérer un tel ensemble en tant que structure, en tant que signifiant et oublier(-Léthé)  provisoirement les signifiés qu’on leur a fait correspondre. Rappelons cependant que le tétramorphe renvoie aux 4 étoiles fixes royales qui sont les lieux de la conjonction avec la planéte Saturne (28 ans de révolution divisés en 4 fois sept) dont nous avons fait le fondement de l’astrologie originelle. Des considérations astronomiques ont mis à mal la structure en son état premier.

Ce quatuor Aleph Resh Shin Noun devra être étudié de près. On retrouve la combinatoire Aleph Noun dans le Ani/Anokhi, Moi en hébreu mais on a vu que ce pronom doit être associé au Qoph pour donner le verbe « kana » (être) attesté en arabe mais non en hébreu. On, penese aussi à Chir (Shin Resh) que l’on retrouve sous la forme du Cantique des Cantiques (Shir haShirim). Ou encore dans la forme  du relatif Asher qui mobilise trois des dites  quatre lettres.  Mais le cas  le plus remarquable est celui de Ish (Aleph, Shin)

qui apparait dès le deuxiéme chapitre de la Genése alors que dans le premier il était question d’Adam. Ish et Isha sont, selon nous, le résultat. Ish, c’est  l’homme. On a donc ici trois termes pour désigner l’homme :  Adam, Ish et Enosh

de’ la fin de l’androgynat d’Adam ‘(chapitre I de la Genése),

. On peut penser que la présence du Mem    vient du fait que le groupe des trois lettres est celui des mères et en hébreu, cela s’écrit Aleph Mem.(Em, Ima). On notera que le Noun fait immédiatement suite au Mem dans l’alphabet hébreu comme d’ailleurs dans notre alphabet occidental. Ce mem figure d’ailleurs dans la topographie de l’alphabet hébreu- en trois colonnes (2×9 plus 4)  dans l’espace réservé aux lettres doubles, ce qui est une anomalie. alors que le Péh, lettre double se situe lui à tort au sein du groupe des lettres simples, selon notre topographie. Le Thav qui se trouve en dernière position, soit la 22e lettre est en fait une lettre double (Bagadkaphat). C’est dire que l’ordre alphabétique aura été trituré!

Rappelons notre schéma tel qu’exposé dans Clefs pour l’Astrologie:

Colonnes 1  et 2   une lettre simple, trois lettres doubles, cinq lettres simples

Colonne 3:  4 lettres doubles.

On notera cependant que la Terre qui est absente du Sefer

Yetsira du fait du passage de 4 à 3 lettres mères se dit

Adama, ce qui est évidemment à rapprocher de Adam

On trouve Adam et Adama dans Genése: II, 19  et  III, 17

On notera que Ish est à rapprocher d’un autre Elément, le

Feu, Esh, qui s’écrit également Aleph Shin.

. Nous en traiterons dans un prochain texte et en vidéo.

Autrement dit la disposition des trois colonnes devait à l’origine correspondre  aux trois groupes de lettres dont traite le Sefer Yetsira. Mais aussi bien le SY s’en est éloigné  avec un dispositif 7-12-3 au lieu de 6-12-4   et l’alphabet tel qu’il nous est parvenu a également été perturbé, à commencer par   la permutation du aleph et du Qoph qui est au coeur de notre propos sur le

verbe être en hébreu, passant ainsi que Kana à (K)Ani, (K)A(n)ta  etc.

(cf les  recherches de Christian Gourdain   www.gourdain-

christian.com, dans la revue Parapsy (de 1999 à 2015)

Les grammaires hébraïques nous disent que le pronom personnel  doit figurer ente le sujet et son attribut mais cela recoupe la définition du verbe être.  On note d’ailleurs que cet usage du pronom personnel (appelé « copula ») n’est indispensable qu’au présent. On rappellera que le pronom personnel en hébreu est redondant dans la mesure où la conjugaison au passé et au futur comporte un marqueur correspondant.

Dans notre étude parue dans la Revue Française du Livre, (n°132, 2011)  - »Le français comme langue matricielle » – nous avons montré que l’article défini en français reprenait en fait la forme accusative:  le livre, je le veux alors que dans les autres langues latines,  le nominatif ne commençait pas par une consonne, ce qui  se rapproche du pronom personnel à la troisiéme personne :il, elle, ils, elles.

On assiste donc à de tels déplacements  tant en français qu’en hébreu  qui touchent au statut du pronom personnel et de ses rapports avec les articles mais aussi avec les auxiliaires.

On conclura donc que c’est à tort que les descriptions de l’hébreu (mais aussi  de l’arabe)  font état d’une absence du verbe être en hébreu et en arabe. Le pronom personnel ne remplace le verbe être mais est bel et bien celui-ci et cela devrait avoir des effets sur l’enseignement de l’hébreu et éviter de présenter cette langue comme une sorte  de « petit négre ». Moi Tarzan toi Jane!

Désormais il importe de considérer la série des pronoms personnels en hébreu comme la forme du présent du verbe être qui aura été déplacée.

Nous rappellerons qu’il est courant qu’une langue « supprime » les consonnes initiales de la langue mère. *Pour les langues latines,  en espagnol,  le p disparait  devant un l et se double:  pleuvoir   correspond à  llover, plein  à   »lleno » , clamer  à  llamar etc ; en  italien,  le L disparait dans piazza  correspondant en français à  place, clamer  a en italien pour correspondant  chiamare etc, plaisir  a piacere etc Quant à l’anglais, on dira que  l’on trouve un w pour le g du français dans war, wages, William, Walter etc et que le f de l’anglais correspond au p du français dans fear pour peur,  dans for  au lieu de pour ou par (avec le calque forgive pour pardonne). En français, on note le passage du L au U  comme dans cheval qui donne au pluriel chevaux, dans « du » qui se substitue à « de le » (génitif) sans parler à l’oral de la non prononciation des finales non suivies de voyelles dans le mot suivant (liaison)

Nous sommes là bien évidemment dans le champ du signifiant, de la formation (morphologie)  d’outils de langage par delà les significations qui peuvent être accordées ponctuellement- même si le provisoire peut se perpétuer indéfiniment.

 

Bibliographie

James C. Vanderkam  Enoch and the growth of an apocalyptic  tradition,  The Catholic Biblical Quarterly Monograph Series 16 , 1984

Andrei A. Orlov  The Enoch-Metatron tradition,   Texts and studies in Ancient Judaism  107. Mohr Siebeck  2005

Cristiana  Tretti,  Enoch e la Sapienza celeste. Alle origine della mistica ebraica,  Associazione  italiana per lo studio del Giudaismo,  Giuntina, 2007

Charles-F. Jean  Grammaire hébraïque élémentaire. Ed Letouzey et Ané, 1997

Spinoza Abrégé de grammaire hébraïque. Ed Vrin  1968

Carlo Suarés  Le Sepher Yestsira. Le livre de la structuration.  Ed Arma Artis 2004

Virya (Georges Lahy) Le Sepher Yetsirah, Ed Lahy  1995

Sepher Yezirah.  Ed Rosicruciennes  1989

Sepher Yetsirah. intr. Paul Fenton,  Ed Rivages, 2002

 

 

 

JHB

06 02  15

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Un nouveau style de café philo « autour d’un mot u

Posté par nofim le 20 janvier 2015

la philosophie autour du mot.

par  jacques  Halbronn

Jouons sur les mots et  disons que le café philo, c’est parler autour d’un pot mais aussi autour d’un mot.

On  choisit au début de la réunion un mot et l’on commence par déballer tout ce à quoi ce mot s’associe, tous les contenus que l’on a pu y mettre  à travers le temps. C’est le choix du SIGNIFIANT.

C’est le mot « étoile », celui que tous les autres mots servent à définir et on appellera ces mots  des « définissants ».  On parlera alors de mots satellites gravitant tout autour.

Dans un deuxiéme temps,  on s’efforce de proposer une nouvelle définition du mot, donc lui instiller un nouveau contenu puisque aucun contenu ne saurait être définitivement « lié  » à un contenant, aucun signifié  à un quelconque signifiant.

On passe ainsi de l’ancien consensus à un nouveau consensus., d’un consensus mou consistant à supposer que chacun met la même chose sur un  même mot à un consensus qui est celui des participants au dit café philo, ici et maintenant, ce qui est donc très relatif

Pas d’exposé introductif  mais un débat à bâtons rompus où l’on cherche vraiment à avancer en

signalant les différences pour les dépasser, en   désamorçant  les blocages..

chaque  jeudi  de 19h 30 à 21h30

dans son local  8, rue de la Providence. 75013  Paris

accès  direct  rue

Bus Arrêt Bobillot-Tolbiac (62, 57, 67) T3  Stade Charléty

M° Tolbiac, Place d’Italie, Corvisart   RER Cité Universitaire

Pas de conso. Chacun apporte  quelque chose.

Limité à  douze personnes/

Un  nouveau  style plus vivant, plus  tonique  animé par un vrai penseur

(cf ses textes et ses vidéos  par Google)

Première réunion.   le 29  janvier 2015

Ouverture des portes à partir de 19h.

contact  06 60 75 52 48  halbronn@yahoo.fr

Bibliographie: Jacques Diament. Les  « Cafés de Philosophie ». Une forme inédite de socialisation par la philosophie ».

Ed L’Harmattan, 2001

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Le meilleur des mondes possibles chez Leibnitz

Posté par nofim le 7 janvier 2015

 

La question des possibles chez Leibnitz

par  Jacques  Halbronn

 

 

On  sait l’intérêt que nous portons depuis déjà quelque temps à la question de l’élection, du choix, dans les rapports entre Dieu et les hommes et plus spécifiquement les peuples Toute élection  est fonction de la liberté et de l’arbitraire. Si Dieu n’était pas libre, il n’aurait pas le choix du monde parmi d’autres mondes, un peuple parmi d’autres peuples,  tout comme les Juifs ne seraient pas libres s’ils n’avaient d’autre choix possible que celui d’un seul Dieu.

Nous ne pouvions donc rester indifférent à l’usage du mot « possible » dans la Théodicée de Leibnitz dont on connait la fortune dans le

Candide de Voltaire :   »Tout va pour le mieux  dans le meilleur des mondes. » Ce Candide est une sorte de Job moderne.

La question qui se pose est celle de la formulation initiale de Leibniz et dans quelle langue elle se fit, puisqu’il écrivit  en français une partie de son oeuvre.  Il convient donc d’étudier les Essais de Théodicée, parus à Amsterdam  en 1710  et nous avons consulté l’index qui nous renvoie à la  deuxiéme partie de l’ensemble, qui est liée à une polémique avec Pierre Bayle, un auteur que nous avons fréquenté pour ses Pensées sur la Cométe. (sur

les réponses à Bayle,  cf le recueil de textes constitué

par  Christiane  Frémont, à la suite du Système nouveau

de la Nature et de la communication des substances, Ed GF Flammarion, 1994)

 

Quant à Jean-Michel Robert, dans so Leibniz, vie et oeuvre(Pocket 2003), il rend par la forme « le meilleur monde possible », ce qui est selon nous assez éloigné de l’esprit de Leibniz, dès lors qu’il évacue la question des possibles et de leur pluralité virtuelle.

 

Citons  Leibnitz  sur la question de l’infinité des possibles dans ce français qui est la langue d’origine:

« Dieu  a  choisi entre de différents partis  tous possibles ainsi métaphysiqsuement parlant, il pouvoit  choisir ou faire  ce qui ne fut point

le meilleur mais il ne le pouvoit point moralement parlant. Servons-nous d’une comparaison de Géométrie. Le meilleur  chemin d’un point à un autre (…)  est unique, c’est  celuy qui va par la ligne la plus courte qui est la  droite. Cependant il y a une infinité de chemins d’un point à un autre. Il n’y a donc point de nécessité qui m’oblige d’aller par la ligne droite mais  aussitôt que je choisis le meilleur je suis déterminé à y aller, quoyque ce ne soit  qu’une  nécessité morale (…) Il y a bien des  choses qui ne sont  jamais  arrivées & n’arriveront  jamais & qui  cependant sont concevables distinctement (…) comment peut-on dire qu’elles sont absolument impossibles?

‘(…) Dieu  choisit parmi les possibles & c’est pour cela qu’il  choisit librement  »

 

(..) Dieu choisit parmi les possibles & c ‘est pour cela qu’il  choisit librement & qu’il n’est point nécessité. il n’y aurait point de choix ny de liberté s’il n’y avoit qu’un seul parti possible »"  (pp. 412- et seq  ed 1712   BNF R 25709 etc.)

On notera que l’on ne trouve pas la formule  célébre sous quelque forme que ce soit. Il semble qu’il s’agisse d’un résumé. Dans les publications en langue allemande,   une autre expression circulé (cf Wikipedia, en allemand  Theodizee) : Nous vivons dans le meilleur des mondes »  Wir leben in der besten aller möglichen Welten » sans la forme voltairienne: « tout est bien  » ou « tout va bien »

 

Il  est assez navrant de devoir constater que certains

commentateurs de cette célébre formule  contrefaite n »ont pas pris la

peine de remonter à la source et se sont contentés d »une

approche de seconde main.  Dans l’article « Leibnitz » (Wiipedia)

il est noté à juste titre : « En 1759, dans le conte philosophique Candide, Voltaire fait de son personnage Pangloss le porte-parole du providentialisme de Leibniz. Il y déforme volontairement sa doctrine en la réduisant à la formule : « tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles ». Cette formule ne se trouve pas dans l’œuvre leibnizienne »

Signalons l’article de Wikipedia  en  anglais   sur  cette formule ::

« The phrase « the best of all possible worlds » (French: le meilleur des mondes possibles; German: Die beste aller möglichen Welten) was coined by the German polymath Gottfried Leibniz in his 1710 work Essais de Théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l’homme et l’origine du mal (Essays on the Goodness of God, the Freedom of Man and the Origin of Evil). The claim that the actual world is the best of all possible worlds is the central argument in Leibniz’s theodicy, or his attempt to solve the problem of evil. »

L’auteur de l’article s’est contenté de traduire la formule française en allemand et en anglais mais nous ne pensons pas que celle-ci se trouve en allemand, dont nous avons d’ailleurs indiqué qu’elle était connue sous une autre tournure.

Notre commentaire sera le suivant :  Leibniz  accorde que Dieu est libre de ses choix mais que moralement il lui faut faire le meilleur choix parmi tous les possibles à moins que l’on ne puisse dire, selon nous, qu’il s’agit là du  meilleur choix mais qu’un choix n’est

qu’un choix : obligation de moyens mais non de résultats. Dieu ne choisirait donc pas le meilleur monde- ce que l’on ne sait par avance, mais ferait le meilleur choix parmi les choix possibles.

Si l’on aborde le premier chapitre de la Genése, le fait qu’il soit indiqué « Et Dieu vit que c’était bon » à la fin de chaque jour, montre bien

que Dieu ne pouvait savoir exactement par avance ce qu’il en serait. Il est clair que Dieu portera in fine un jugement sur ses propres choix en se réservant le droit de dire si son choix qui était supposé être le meilleur  s’est vu confirmer ou non comme tel.

Il  conviendrait de resituer un tel débat  dans le cadre du protestantisme sur la question de la grâce, de la foi et des oeuvres.

D’ailleurs,  on est là face à un clivage qui distingue entre elles les diverses religions monothéistes. Quelque part, pour les Juifs, il est clair que Dieu n’a pu faire que le meilleur des choix en élisant ce peuple parmi les autres peuples mais en même temps, il avait bel et bien le choix parmi les com-possibles. Pour les Catholiques, le résultat est ce qui compte et Dieu peut s’apercevoir qu’il s’est trompé dans ses choix et c’est ce qui conduit à l’idée du Jugement Dernier où Dieu est juge de ses propres choix.

Martine de Gaudemar.( Le vocabulaire

de Leibniz/  Ed. Ellipses, pp. 58-59  sur le mot

« meilleur »)  écrit : « Dieu  a  choisi  la  meilleure parmi

l’infinité des  séries de choses possibles. Mais le

meilleur  dans le tout  n’est pas  exempt de mal (…) Le

meilleur serait-il  équivalent  au moindre mal? » On dira

aussi  que « le mieux est l’ennemi du bien ».

Aldous  Huxley se référe à une telle formule déjà  dans le  titre de   son ouvrage (Le Meilleur des mondes)

«  Brave New Wold « , sorte d’utopie techjnologique qui laisse entendre que les mondes possibles ne se situent pas

nécessairement dans un autre espace mais dans un autre temps et donc nous attendent dans le futur.

 

Bibliographie

Eike Christian Hirsch/ Der berühmte Herr Leibniz.  Eine Biographie.  Munich   Beckl, 2001  (pp 460 et seq)

Wenchao Li/ Wilhelm  Schmidt-Biggemann, Dir. « 300  Jahre Essais de Théodicée. Rezeption und Transformation ».   Franz Steiner Verlag  2013

 

JHB

07 01  15

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Les Protocoles des Sages de Sion et le cimetière de Prague d’Umberto Eco

Posté par nofim le 29 décembre 2014

Le chapitre d’Umberto Eco sur les Protocoles des Sages de Sion

par  Jacques  Halbronn

 

Eco, dans le Cimetière de Prague,  a étudié de près la question des Protocoles des Sages de Sion en reprenant peut être ce que l’on trouve chez Norman Cohn ou chez tel autre.. Il  semble qu’Eco y  considére que son héros, Simone Simonini- nom inspiré de celui de Jean-Baptiste Simonini lié à Barruel au début du XIXe siècle – aurait été l’auteur des Protocoles des Sages de Sion en combinant  un texte de Maurice Joly (Dialogues)  et un autre d’Hermann Goesche ( Le discours du rabbin, in Biarritz), l’un  quant à la forme, l’autre quant au fond, ce qui situerait la rédaction de ce faux  dans les années  1870 bien avant l’émergence des Protocoles   vingt  ans plus tard. Le nom de Gougenot des Mousseaux  figure également comme un des ingrédients utilisés pour la composition de ce feux et d’ailleurs en 1909 c’est le nom de cet auteur qui est associé aux Protocoles des Sages de Sion.

Etrangement, la 4e de couverture indique   que ce Simon Simonini est une invention due à Eco mais soulignons que ce nom de Simonini

n’aura nullement été  choisi au hasard.  Simon Simonini serait ainsi le  petit fils  d’un Jean-Baptiste Simonini.

La thèse romancée d’Eco est intéressante d’une part en ce qu’elle met l’accent sur la ville de Prague qui accueillera en 1909 les

premières traductions du russe, en tchéque et en allemand et de l’autre parce qu’elle recentre cette production des Protocoles  vers l’Ouest au lieu de la situer en Russie, autour de Nilus (cf notre ouvrage Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle). Cela dit, il est possible que le titre même de l’ouvrage, Protocoles des Sages de Sion, ait été plus tardif et notamment inspiré par les premiers congrès sionistes, depuis 1897.

Il semble à lire Eco  et son Cimetière de Prague, qu’un tel travail ait été commandité par les Jésuites et se soient inscrits dans une croisade voule par le pape (probablement Pie IX, cf  nos Papes et prophéties. Ed Axiome, 2005)  Eco imagine que tant Joly que Goedsche seront coup sur coup assassinés après qu’on ait utilisé leurs travaux.

On nous dit que les Protocoles furent rédigés à Paris pour le compte de la police secréte tsariste par un certain Matveï (Matthieu)  Golovinski et l’on nous dit que le tsar refusa finalement d’en faire usage.

Il y a une certaine ironie de l’Histoire à voir la Russie être le théatre vers 1900 d’une telle publication tout comme elle le sera  dans les 20 années suivantes   de la Révolution, contrairement aux prophéties   de Marx.

Nous rappellerons que Prague est aussi  le lieu d’activité du chanoine Rohling, un des chantres de l’anti-talmudisme, une telle

littérarure préfigurant les Protocoles des Sages de Sion, ce que ne signale pas Eco. Selon nous ces Protocoles veulent être une sorte

de Talmud moderne, dans le même style visant à dénoncer les propos que les Juifs tiennent sur les Chrétiens.

Il faut bien comprendre, en effet, que l’antisémitisme moderne  laisse la parole aux Juifs, les fait parler et dire des « horreurs » sur les Chrétiens.  Cet antisémitisme est né de la connaissance approfondie du Talmud par  des non Juifs.

Le mouvement sioniste présente la même ambiguité:  il envisage le départ des Juifs pour un lieu plus ou moins éloigné mais c’est en fait aux Juifs russes qu’il pense pour constituer les gros bataillons d’émigrés (Olim)  vers la Palestine (Israel).  Faire partir la conception des

Protocoles depuis la Russie nous parait assez improbable.

ll nous semble d’ailleurs que les dits Protocoles aient été au départ t davantage dirigés contre les Maçons que contre les Juifs ou si l’on préfére l’on entend viser les Maçons en les présentant comme les suppôts, les agents de la « juiverie » et  ce n’est qu’ensuite que la dimension antijuive serait devenue le coeur du sujet, notamment avec leur attribution en 1909 à Gougenot des Mousseaux (dans les compte rendus  (du parlement de Vienne). Or, on notera que ces compte-rendus sont eux-mêmes appelés « protocoles », terme qui ne nous semble pas courant en russe.

Il nous semble que l’on doit s’intéresser à l »usage du mot « Protocoles ». On rappellera que les premières éditions françaises comportaient la forme anglaise « Protocols » du fait que l’ouvrage s’était fait connaitre en France, au lendemain de la Grande Guerre par la presse anglaise. On peut de même penser que l’usage de ce mot en russe ne fait sens qu’en référence à un texte paru dans une autre langue dans laquelle il était plus courant. C’est ainsi qu’il y eut des « protocoles » des premiers congrès sionistes, lesquels précédérent de peu les premières occurances en russe de cet ouvrage. Autrement dit,  c’est doublement un faux : d’une part, c’en est un parce qu’il a été

fabriqué de toutes pièces et de l’autre parce qu’il  ne se présente pas explitement comme une traduction à partir d’une autre langue, ce qu’il est en tout état de cause de par son usage des Dialogues de Maurice Joly. Le fait même qu’il comportât  un tel titre devait cependant  laisser penser au public russophone que l’ouvrage était  bel et bien une traduction, ce qui ne pouvait que contribuer à son prestige.

 

JHB

30  12 14

 

 

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Herzl et la traduction française du Judenstaat: l’Etat Juif

Posté par nofim le 15 décembre 2014

 

Le contrôle par l’auteur des traductions de l’allemand vers le français: de Marx à Herzl (1870-1897)

par Jacques  Halbronn

 

Lors du récent colloque  « Maurice Lachâtre (1814-1900).  » Bicentenair  d’un inconnu », il a été traité de la traduction  française (1872, dont Lachâtre fut l’éditeur en feuilletons)  du « Das  Kapital. Kririk der politischen Okonomie »  avec  Béatrix Bouvier (MEGA, Université de Trêves) : La MEGA et l’oeuvre de Marx en français
et Laurent Gautier (TIL, Univ. de Bourgogne) et Arthur Joyeux (ELLIAD, Univ. de Franche-Comté) : Le Capital, d’une langue à l’autre/

Il est manifeste que Marx aura surveillé de près la traduction de l’allemand vers le français comme en témoigne sa correspondance et les notes  manuscrites figurant sur l’édition allemande de 1867. Ces notes pourraient servir à une nouvelle édition du Capital.

Or, nous n’avons pu nous empêcher de songer au cas de Herzl qui publia un ouvrage promis également à un fort retentisseemnt, le Judenstaat  et lui aussi voué à la traduction notamment vers le français (cf notre ouvrage Le sionisme et ses avatars au tournant du xXe siècle (Ed Ramkat, 2002. Dépot légal BNF) d’autant que tout un débat existe autour de la traduction qu’il faudrait donner du titre Der Judenstaat, à savoir Etat Juif ou, comme certains le suggèrent « Etat des Juifs », ce qui tend à être la version désormais la plus répandue.

Nous avons donc décidé de comparer le texte allemand et le texte  français (reproduit dans notre édition tel que paru en feuilleton dans la Nouvelle Revue Internationale. On trouvera ci-dessous lestout  premiers résultats de notre entreprise visant à montrer que la forme L’Etat Juif est la forme à laquelle on doit s’en tenir vu qu’elle a certainement été validée par Herzl lui-même.

On notera pour commencer une variante au titre. La  version française ne rend pas l’adjectif « modern » et se contente du sous-titre

« Essai d’une solution de la question juive » au lieu de Versuch einer modernen   Lösung der Judenfrage.

On note en outre qu’il ne viendrait  à l’esprit de quiconque de traduire « Judenfrage » par la « Question des Juifs ». Chaque fois le texte français rendra Judenfrage par la Question Juive et notamment au sous titre du chapitre « Considérations générales »/ De même qu’Etat Juif figurera dans le corps de l’ouvare « La » Society of Jews » et l’Etat Juif » (pour Judenstaat)

Parmi les particularités de la « version » française,  on notera qu’à de nombreuses reprises le texte allemand recourt à une forme anglaise qu’apprécie Herzl alors que la forme anglaise est « traduite » en français: Society et Company deviennent Société et Compagnie alors qu’ils sont en anglais dans la version allemande. Dans un autre cas, en revanche,  l’allemand Blockhaüser est rendu dans le texte français par

 » block-houses », donc sous la forme anglaise.

Herzl utilise parfois la première forme du singulier en allemand, ce qui est rendu pareillement en français si ce n’est que dans un cas

la version française rend par « je » ce qui en allemand  ne l’est point.  On peut penser  que seul Herzl aurait pu prendre l’initiative d’un tel

changement (Chapitres L’opération financière et Les groupes locaux)

Un cas assez intéressant concerne le nom du chapitre (ou du paragraphe) Unsere Seelsorger qui est rendu en français par Nos pasteurs et

qui traite en fait du rôle des rabbins au sein de cet Etat Juif. Seelsorger est un terme général qui signigie ceux qui se soucient de nos âmes.

On notera aussi le recours à des guilemets dans la version française: « Notre « matériel humain » pour- sans guillemets « Unser Menschenmaterial ».

Pour en revenir à l’usage de « Juden » devant un nom, nous avons  « Judenvolk » qui est rendu en français pae « peuple juif » et toujours pas

par « peuple des Juifs » (Ch. La Socety of Jews et l’Etat Juif). Mais par ailleurs,  on trouve  » Der Gestor des Juden » qui est rendu en français par Le Gestor des Juifs, ce qui nous interpelle quant à l’usage tantôt de « der Juden »  en première ou en seconde position. La forme « der Juden » semble d’ailleurs d’inspiration française dans sa construction grammaticale.

On notera que Herzl reconnait lui-même avoir moult fois retravaillé son texte  (Conclusion): « Dans cet écrit que j’ai médité

longuement  et si souvent remanié » et cela vaut certainement aussi pour la « traduction » française si l’on fait la part des différences de

construction entre les deux langues.

On terminera en  rappelant un passage souvent oublié de l’Etat Juif sous le titre « Palestine ou  Argentine » (Palestina oder Argentinien)

En fait, Herzl commence par traiter de l’Argentine, en dépit du titre. « Faut-il préférer la Palestine ou l’Argentine »? La  Société(pour pour  l’anglais Society dans l’édition allemande) prendra ce qu’on lui donne, tout en tenant compte des manifestations de l’opinion publique juive à cet égard », ce qui rend ici la forme allemande « Judenvolk », ce qui correspond à une certaine reformulation de l’original allemand et l’on voit ici que c’est la forme adjectivale qui est préférée à la forme nominale allemande.

Enfin, l’on s’interrogera sur le fait que la version française rende le « doch » allemand par « cependant? Or, il s’agit là de la réaction à une  affirlation: « Sortir de ce cercle est chose impossible. Doch devrait être ici rendu par « si! »  plutôt que par cependant. (Conséquences de

l’antisémitisme). Il semble qu’il s’agisse ici d’un faux sens. Le Doch est bien ici à rendre par « Si ».

On notera enfin que l’usage que fait Herzl du mot « solution », en allemand Lösung n’est pas sans faire songer à la formule « solution finale ».

Le fait que Herzl emploie le terme « modern » en allemand et qu’il y renonce en français pour qualifier la « solution » proposée nous parait

intéressant car il suppose une certaine adaptation à la situation actuelle avec l’éventuelle nécessité de parvenir à un nouveau consenus qui pourrait se porter non pas sur la Palestine mais sur l’Argentine (cf le projet du baron de Hirsch). Herzl meurt 10 ans avant le début de la

« Grande Guerre » et ce n’est qu’en 1917 que va se présenter la Déclaration Balfour relative à l’établissement d’un Foyer (Home) Juif en

Palestine. Nul doute que si Herzl avait vécu -il décéde dans sa quarantaine- il aurait pu générer un nouveau consensu « moderne » pour

établir cet Etat Juif, lui qui ne pronait par ailleurs nullement, comme il s’en explique, la renaissance de l’hébreu. Mais en supprimant dans la  version française l’adjectif « moderne », nous pensons qu’Herzl aura souhaité ne pas perturber certains esprits et  évité d’ éveiller leur méfiance.

On rappellera enfin que l’allemand a beaucoup emprunté au français – nous avons listé dans notre édition de l’Etat Juif les mots français  figurant dans la version allemnde et nous avions également signalé les mots  français figurant dans le texte allemand du

Manifeste du Parti Communiste et il conviendrait d’ailleurs de comparer le texte allemand du dit Manifeste et sa traduction française, laquelel a pu avoir été supervisée par Marx.

JHB

15 12 14

 

 

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Les deux temps du couple.

Posté par nofim le 10 décembre 2014

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La question du Mal

Posté par nofim le 8 décembre 2014

Le mal et le changement. Les affres du Pouvoir.

par  Jacques  Halbronn

Il est beaucoup question de nos jours de « changer » le monde  mais n’est-ce pas là s’engager dans la voie du mal? Est ce que la tentation

diabolique n’est pas liée à l’idée de changement, de rupture?  Ce qui sous-tend le changement, c’est le pouvoir. Il semble que le pouvoir

soit le levier du changement. Celui qui n’aurait pas de pouvoir serait incapable de changer quoi que ce soit.

Si l’on prend l’exemple de la Shoah, on est- bel et  bien face à un délire, à une fièvre de/du changement; Il faudrait que rien ne soit plus comme avant.  Mais cette IVG dont on salue actuellement le  quarantième anniversaire n’est-elle pas aussi de l’ordre d’un changement passant par une « prise » de pouvoir – si l’on en croit les dires des femmes elles-mêmes.

En tant qu’historien,  la corruption des textes génére du changement (cf Eloge de l’erreur. Créativité de l’erreur,  Collectif avec Alain Kieser et Anne Rose,  Ed Le Lierre et le Coudrier 1990, qui reprend notre mémoire de linguistique : » Linguistique de l’erreur » (1987) et  de

l’évolution qui nous éloigne du plan, du projet, de la structure  de départ dont d’aucuns nient jusqu’à l’existence. Restituer la genése d’un « savoir », d’une tradition, c’est relever les déviances, les syncrétismes qui ont pu l’impliquer.

On dira aussi que tout ajout qui vient perturber notre autonomie sous couvert de nous compléter, de nous prolonger, pourrait tout à fait, également,  s’inscrire dans  cette nébuleuse du Mal.

Il y aurait donc, selon nous, on l’aura compris, une Tentation du Mal sous couvert du Progrès et on trouve déjà cette pente avec le Serpent

de la Genése.

A l’encontre du Mal, le Bien n »existerait en fait que pour défaire les oeuvres du Mal, pour nettoyer ce qui  a été souillé,  perverti par le Mal

au nom de la Nouveauté.

L’historien, à nos yeux, serait un artisan majeur du Bien car il perce à jour les impostures, les faux semblants, les mirages et en ce sens

c’est un trouble fête qui ne confond pas les vessies avec les lanternes. L’historien s’inscrit, on ne le dit pas asssez, dans une éthique dont

il serait le gardien, et le garde-fou.  Est ce que les livres d’Histoire ne sont pas détestées par nombre de femmes  qui leur reprochent

d »oublier les femmes, de tenir un discours biaisé qui ne veut retenir in fine, au nom de la postérité que le nom de « grands hommes »;  Sans

les historiens, le passé serait totalement trafiqué au service de telle ou telle idéologie.  L’historien authentique est capable de restaurer un

passé et donc un présent qui auront été falsifiés. il est le dernier rampart contre l’imposture de ceux qui veulent faire table rase du passé au nom d’un dressage, d’un bourrage de crâne, non sans un certain cynisme; L’historien est Saint Georges  (ou Saint Michel) terrassant

le dragon du déni ou de l’ubris du changement.   Mais cet historien ne doit pas non plus oublier  de faire une histoire de la Technique, depuis l’Antiquité, laquelle est forcément aliénante, à commencer par la mise par écrit qui ne peut que nous couper de l’amour de soi -même (Aime ton prochain comme toi-même) au profit d’une dépendance aux objets qui se  fabriquent  aux dépends de notre

environnement (écologie).

Le Pouvoir, disions-nous, serait, selon d’aucuns le pouvoir de changer -on pense à Macbeth. Les femmes ont cru que le pouvoir

du politique pourrait changer le monde, qu’il suffirait de décréter l’égalité pour qu’il en soit ainsi, en maniant la baguette magique de la Loi, du « Droit » (égalité des droits) et de fait certains hommes politiques auront contribué – ou du moins auront-ils essayé- de mettre des femmes en avant, de Giscard d’Estaing (Veil) à Mitterrand (Cresson) jusqu’à François Hollande et au paritarisme gouvernemental- on n’oubliera pas le poids de l’électorat féminin depuis  1944, cadeau de De Gaulle. Un Alain Juppé en 1995 s’était essayé à l »exercice avec ses

« jupettes » et l’on voudrait maintenant intervenir sur les plus jeunes enfants. Et le pire, c’est que le Mal a une vraie marge de manoeuvre.

Il ne faudrait pas croire en effet que l’on ne peut dévoyer les gens, les pervertir, les dénaturer et ce d’autant mieux que l’on s’y prendra de

bonne heure. Le bien est fragile, il peut aisément s’abimer;

Tuer quelqu’un est chose plus aisée que de savoir comment un être humain est fait. Cela prend très peu de temps. Le Mal n’a pas besoin

de savoir, il se contente de pouvoir et quand nous parlons avec certaines personnes, l’on voit bien qu’elles n’ont que faire de connaitre

le cours des choses. Elles n’ont qu’une idée en tête: le changement à tout prix; Et comme dirait Obama, « yes we can », nous « pouvons ».

On opposera ainsi le savoir et le pouvoir qui n’est jamais qu’un savoir faire.

C’est dire que notre monde actuel est terriblement confronté à la tentation du Pouvoir. La Technologie s’oppose ainsi à la Science

à l’instar de la bombe d’ Hiroshima; La tentation, c’est de faire ce qu’on peut faire. En ce sens, science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

08 12 14

 

Bibliographie

Louis Millet  Le mystère du mal  Ed Sicre 2001

Patrick Vignoles  La perversité. Essai et textes sur le mal   Ed Hatier 2000

Frederic Laupiès  Leçon philosophique sur le mal.  PUF  2000

Jérîome Jabotin  Hanna Harendt face au probléme du mal . Une lecture de la banalité du mal  Ed Le Portique 2011

Antoine de  L’Escale  Le mystère du mal. Méditation spirituelle   Ed Salvator  2000

André Jacob  Aliénation et déchéance  Post Scriptum à une théorie du mal.  Ed. Ellipses  2000

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Adam ou l’androgynat menacé. La crise du couple.

Posté par nofim le 4 décembre 2014

 

L’Alliance adamique et ses tribulations. Les enjeux du couple.

par  Jacques Halbronn

 

Dieu fit l’Adam à son image androgynale, c’est à dire à la fois mâle et femelle car Dieu n’est pas composé de deux personnes. Puis il

préféra mettre un terme à une telle androgynie chez Adam et il créa à partir d’Adam deux êtres, l’homme et la femme à la place

du masculin et du féminin inhérent à l’androgynité.

Par ailleurs, Dieu choisit parmi les peuples,  un peuple en particulier que l’on pourrait qualifier d’androgynal si l’on entend par là

qu’il constituait un tout à lui tout seul.

Puis Dieu décida de « faire  » un enfant à  Marie, selon ce que nous en disent les Evangiles, se substituant ainsi à Joseph. Le couple

Joseph Marie nous apparait comme analogue au couple Adam/Eve. Cet enfant c’est Jésus. Marie fut choisie, nous dit-on entre toutes

les femmes et l’on pourrait dire entre tous les couples.

Récapitulons:  Dieu met fin à l’androgynat originel de l’Adam puis il s’infiltre dans la relation de l’homme avec sa femme, ce qui est

rendu possible du fait de la déconstruction de l’androgynat. Si Joseph avait été androgyne, Dieu n’aurait pu féconder Marie; son épouse

puisque Joseph/Adam aurait  fonctionné en circuit fermé,  ce qui aurait été propre à sa nature.

Autre étape : Dieu remet en question son alliance avec le peuple qu’il avait choisi (Ancien Testament) et opte pour une nouvelle

alliance (Nouveau Testament), autour de Jésus, l’ancienne alliance s’étant constituée autour de Moïse lequel sera choisi par Dieu. Cette

Nouvelle Alliance se manifeste au sein de l’Eglise.

On assisterait donc là à une succession de tribulations tant au niveau de l’Adam originel qu’à celui du peuple originellement choisi.

Mais nous pensons que l’enjeu final  reste bien le retour à l’état premier, ce qui apporte un certain éclairage au couple, lequel est censé

vivre comme s’il était à nouveau au stade androgynal donc inséparable, donc « fusionnel ». Le couple serait la tentative de revenir

à un Adam, à l’image de Dieu et qui ne saurait se séparer, sinon du fait des liens anatomiques du moins du fait des liens juridiques,

religieux. D’où la gravité de tout échec, de toute rupture, de toute séparation vécus par tout couple.  On est là dans un processus de

réparation, de Tikoun, dirait les Kabbalistes. Former couple, entre un homme et une femme, c’est ne  faire qu’un et d’ailleurs les Juifs ne cessent de rappeler dans leurs prières (et notamment dans le Shéma Israel) que Dieu est Un (Ehad) et qu’il ne saurait correspondre

à deux entités séparées, comme cela se passe quand on renonce à l’androgynat qui est le seul état qui soit à l’image de Dieu. Dieu est certes à  la fois masculin et féminin, zakhar et neqéva, mais il n’en est pas moins « Un » d’un seul tenant. Ce rappel de l’unité de Dieu

qui ne doit pas être confondu avec l’idée d’un Dieu unique, ce sont deux notions distinctes et que l’on a trop tendance à confondre.

Cette jonction avec Dieu  exige que l’homme et la femme soient eux mêmes joints, « conjoints », constituant un androgynat en dépit de la liberté qu’ils ont de se disjoindre  dès lors que Dieu a mis fin à cet état primordial de l’androgynat. On peut rapprocher cette situation

de l’histoire de la Tour de Babel  qui est construite puis est détruite, dans un mouvement dialectique, passant de l’un au multiple.

C’est à la lumière de ces considérations qu’il conviendra, selon nous, d’envisager les enjeux du couple . Force est de constater qu’il y a toute une littérature consacrée à ce sujet qui met en évidence  le « drame » du couple et ses répercussions. Il est notamment rappelé

que les trois quarts des séparations sont demandées par des femmes qui vivent difficilement, apparemment, l’expérience d’un certain

androgynat. Quelque part, la séparation ne serait-elle pas aussi traumatisante que le viol car dans les deux cas, il y a de la surprise, de

l’inacceptable?

 

Bibliographie:

Gilbert  Simondon  Du mode d’existence des objets

techniques  Ed Aubier  1989

Le couple brisé. De la rupture à la reconstruction de soi par Christophe Fauré  Ed Albin Michel, 2002

Reconstruire après une trahison. La fidélité dans le couple.  par Gary & Mona Shriver.  ed  Ourania  2013

Séparée. Vivre l’expérience de la rupture par François de Singly Ed Pluriel  2014

Comment reconquèrir votre femme (homme) avant qu’il ne soit trop tard par Christelle Schaff  Ed la Lagune 2005 et 2006

 

 

JHB

04 12 14

 

 

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L’astrologie dans le traité Shabbat 156 a et b

Posté par nofim le 2 décembre 2014

Le contexte du Ein Mazal à la fin  du traité Shabbat du Talmud (156 a et b)

par  Jacques  Halbronn

 

Nous revenons ici sur un dossier que nous avons eu l’occasion de traiter longuement par le passé (cf  Le monde juif et l’astrologie,

Milan, Ed Arché, 1985 notamment) Nous nous servirons de la traduction française de Désiré Elbéze (La Guemara, coll. dirigée par

le Rabbin Elie Munk,  Ed C. L. K. H; 1986  Tome 5 : Chabbat,  chapitre XXIV, pp.  139  et seq). Il s’agit du traité Shabbat. (156 a et b) qui se terminerait sur ce sujet si l’on n’y avait point ajouté qui reléve de l’annulation  des voeux le Shabbat.

Cela débute par un débat sur les jours de la semaine, ce qui est en effet lié avec la question du Shabbat. Chaque jour de la semaine caractériserait ceux qui sont nés ce jour là (et dont la circoncision aura lieu ce même jour), et cela se relie aux jours de la création et ce qui a été crée dans chaque cas. Et l’on peut ainsi lire « Celui qui nait un Chabbat mourra un *Chabbat parce qu’on a profané pour lui la grande journée du Chabbat »

Mais un autre sage soutient que ce n’est pas le jour de la semaine qui compte mais l’heure de la journée, chaque heure étant associée

à l’une des sept planétes (les luminaires étant mis sur le même pied que les planétes, tant pour les jours de la semaine que pour les heures.) On notera que cette « astrologie » ne tient aucunement compte de la réalité astronomique mais se sert d’une « grille » qui s’est

d’ailleurs perpétuée jusqu’à nous en ce qui concerne le nom des jours de la semaine.

 

On en arrive ensuite au débat autour du Mazal d’Israël entre Rabbi Hanina (suivi par Rashi)  favorable à cette idée et  Rabbi Yohanan qui la rejette et l’argument principal semble être le suivant : celui qui pratique assidument les préceptes (mitswoth) de la Loi échapperait  aux mauvais penchants de son destin.

Il est intéressant de noter que fait suite à ce débat un développement sur l’annulation qui n’est pas sans lien avec l’idée d’annuler  en

quelque sorte les effets de ce qui était prévu par les astres.

Nous ferons le commentaire suivant :  la formule « Ein Mazal le Israel »  qui fait pendant à la formule inverse « Iesh Mazal le Israel » (cf supra) comporte chaque fois un singulier et non un pluriel. Cela signifie que la vraie question posée par ces formules tient au « choix »

d’un Mazal pour Israël. Les autres développements sur les jours et les heures attribués aux 7 planétes ne sont pas en rapport direct avec

un tel débat. Et quant aux exemples donnés, ils ne fournissent aucune donnée « planétaire » et pourraient concerner n’importe quelle

forme de divination.

Pour notre part,  nous préférons donc nous en tenir à ces formules lapidaires et laissant de côté les commentaires qui nous semblent

assez peu appropriés qui leur font suite et les resituer dans la problématique de l’élection, du choix. Or, dans les prières du Shabbat, il

est indiqué que le jour du Shabbat a été choisi parmi les autres jours et que ce choix est emblématique du choix que Dieu a fait du

peuple d’Israel parmi les autres peuples. Pourquoi donc Dieu n’aurait-il pas  choisi d’astre pour Israël alors que dans la « seconde  »

création-  on est passé d’une logique de l’universel à une logique du Tsimtsoum, c’est à dire du rétrécissement, de la focalisation, bref de

l’élection? Est-ce que le Shabbat lui-même ne marque pas un basculement qui conduit à cette réduction? Est-ce qu’aux Six Jours de la

« première création » ne feraient pas suite les Six Jours de la seconde création, correspondant aux « Commandements » (qui pourraient avoir été six et non dix à l’origine)? Il y  a là une dualité diachronique qui semble avoir marqué notamment la Kabbale  où l’on trouve

cette notion de « tsimtsoum », de repli.

Les protagonistes dont il est question à la fin du traité Shabbat  ne semblent pas avoir pris la juste mesure de la formule proposée par

Rabbi Hanina. Le seul fait que ce dernier pose le fait d’un « mazal »  (au singulier) réservé pour Israël nous parait  essentiel et s’inscrire

dans une série d’élections qui se conjuguent et marquent  ce « tsimtsoum ». Ce ne sont pas tous les astres de la « première » création qui

entrent en jeu mais seulement l’un d’entre eux et en ce sens, il importe de situer le propos de Rabbi Hanina en réaction par rapport

aux exposés qui ont précédé son intervention  et qui traitaient du « septénaire » (Lune, Soleil, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et

Saturne).

Immédiatement après ces exposés sur les 7 « astres »,  Rabbiu Hanina intervient en déclatant qu’Israel ne dépend que d’un seul « mazal »

d’un seul astre et non d’une pluralité. On passe ainsi soudainement d’un pluralisme astral à l’idée d’un seul et unique astre, tout comme il y a un seul et unique Dieu.

Rappelons en effet que le singuliet Mazal implique un choix car les Mazaloth (ou Mazaroth)  sont nombreux, tout comme les peuples le sont. Il semble qu’il y ait un certain flottement quant à la traduction de ces termes qui, en toute état de cause, désignent, certaines

entités répérables astronomiquement. S’agit-il d’une constellation, d’un « signe zodiacal », d’une planète ou d’une étoile fixe (on trouve

ces termes dans Job et dans le Livre des Rois)? On notera que dans le récit de la (première ) Création (Génése), il n’est pas question des planétes  mais des luminaires et du firmament, c’est à dire des étoiles (apparemement en un temps où l’on ne savait pas distinguer entre planétes et étoiles).

Or, force est de constater que l’intervention de Rabbi Hanina fait suite à un débat autour des planétes, ce qui nous conduit à penser

qu’ici Mazal désignerait bel et bien une des dites planétes. Mais ce faisant Hanina remet bel et bien en question l’astrologie qui

vient d’être exposée et qui recourt au « Septénaire ».  Le « Iesh Mazal le Israel » ne signifierait pas que Mazal équivaudrait à « Astrologie »- ce  qui est une lecture irrecevable mais bien « il y a un astre pour Israel », entendez « un seul astre concerne Israel et non point tous ».

L’autre option mise en avant par Rabbi Yohanan, quant à elle, nierait qu’il y ait le moindre astre qui vaudrait pour Israël. Mais là

n’est pas le vrai débat, selon nous:  il s’agit bien d’opposer une astrologie du septénaire et une astrologie de l’astre unique, tout comme

l’on oppose le choix du Shabbat à  une pratique qui  s’intéresserait à tous les jours de la semaine ou à toutes les heures de la journée. A

ce propos, on notera d’ailleurs, que le respect du commandement du Shabbat s’accompagne bel et bien d’une prescription horaire qu

est celle où la nuit apparait; ce qui vaut aussi pour la fin du Shabbat avec l’observation du « Tset Hakokhabim », c’est à dire l’apparition

de trois étoiles, ce qui est prescrit par la liturgie.

La forme hébraïque « Iesh Mazal le Israel »   se préte à diverses interprétations. On peit traduire par « Israel a un mazal ». Il semble

que ce singulier ait perturbé les  commentateurs qui ont parfois traduit -on l’ a vu- ce « singulier » comme renvoyant à  l’Astrologie comme un tout, ce qui est un glissement sémantique tiré par les cheveux.  On peut aussi rendre « Ein Mazal le Israel » par Israel n’ pas qu’un seul Mazal plutôt que par Israel n’a pas un seul Mazal.  L’hébreu n’utilise pas l’article indéfini comme le français. Iesh Mazal doit être rendu par « Il y a un Mazal »., ce qui peut aussi vouloir dire  « un seul Mazal ».

On aurait alors au départ un débat entre Rabbi Hanina qui refuse

que l’on se serve de toutes les planétes pour connaitre le comportement ou le destin des personnes et un Rabbbi Yohanan qui soutient

que  ce sont bien toutes les planétes qui entrent en jeu.

Autrement dit, nous aurions face à face – si on laisse de côté les développements subséquents :

Israel a un seul Mazal  (ici planéte), position qui nous semble dans l’esprit du judaïsme d’élection

Israel n’a pas un Mazal particulier mais est concerné par tous les astres, position qui nous apparait décalée par rapport

à un tel esprit.  Ce  serait donc  bel et bien Rabbi Hanina qui exprimerait son scepticisme face à une astrologie qui tiendrait compte de tous les

astres et ce faisant il s’opposerait bel et bein à l’astrologie ici considérée alors que dans le reste du développement, aux fins d’illustrer

le Ein Mazal, on reconnait que les gens ont au départ un « destin » mais qu’il leur est possible d’y échapper s’ils sont pratiquants, ce qui

n’en reste pas moins une reconnaissnce d’une telle influence astrale si ce n’est qu’elle peut, sous certaines conditions, être neutralisée comme dans le cas de Rabbi Akiba. (p. 143)

Pour notre part, nous pensons que ce « Mazal » serait Saturne  qui est justement l’astre associé au Shabbat, dont le nom est rendu

par Shabtaï en hébreu médiéval, le Samedi étant rendu  par Saturday, en anglais. Israel ne renvoie pas selon nous au sort des individus mais bien plutôt à un destin collectif.

 

JHB

02 12 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans ASTROLOGIE, divination, judaîsme, LINGUISTIQUE, RELIGION | Pas de Commentaire »

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