jacques Halbronn Benoist Rigaud et le second volet des Centuries, dans le camp d’Henri de Navarre

Posté par nofim le 25 juin 2021

 

 

Benoist Rigaud et le second volet des Centuries, dans le camp d’Henri de Navarre.

Par  Jacques  Halbronn

 

En 1997,  nous avions montré  (les prophétie et la Ligue, Colloque Prophétes et Prophéties, Ed de l’ENS) que le premier volet  des Centuries nostradamiques, était marqué par une hostilité  à l’encontre du camp d’Henri de Navarre, autour du quatrain IV, 46 , qui avait été rajouté en 1589,

« Garde-toi  Tours de ta proche ruine », Tours étant la capitale du camp en question qu’avait rejointe Henri III, peu avant son assassinat à Saint Cloud.

Le présent texte entend apporter cette fois un éclairage en ce qui concerne le second volet. On s’intéressera notamment  à la récupération de certaines formules d’Antoine Crespin, qui paraissent dans ses textes des années 1570 puis  aux emprunts à la Guide des Chemins de France de Charles Estienne qui sous tendront des quatrains du même second volet (introduit par l’Epitre à Henry Second)

Dés 1992, nous avions signalé l’intérêt que nous portions à l’œuvre d’Antoine Crespin , avant donc la parution l’année suivante de l’édition critique par Pierre Brind’amour des 453 premiers quatrains centuriques (Lyon, Macé Bonhomme, 1555) qui en fera un usage important notamment à partir de l’ouvrage du dit Crespin , » Prophéties dédiées à la puissance divine (1572) » que nous citons-«  que nous reproduirons en 2002  dans nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus ed Ramkat) Dans notre thèse d’Etat de 1999, nous lui avions déjà consacré une certaine place (Le texte prophétique en France,  Presses Universitaires du Septentrion). L’étude dont il s’agit  s’intitule « Pierre d’Ailly ; des conjonctions planétaires à l’Antéchrist » Colloque européen 16-17 mai 1992 De Pierre d’Ailly  à Christophe Colomb, Bulletin de la Société Historique de Compiégne (1992, pp. 68-70)

On y  trouve quelques pages relatives  à ce Crespin : « sous le titre  « Crespin, un « Nostradamus » hostile aux Juifs.

Nous débutons ainsi : » Sans vouloir ici donner la totalité du dossier,nous nous intéresserons à un certain Antoine Crespin Marseillais qui fait partie de ceux qui se servirent  du nom de Nostradamus pour faire carrière » Et nous nous référions à la Centurie VIII (dans le second volet des éditions à 10  centuries)  avec la mention « Roy de Bloys dans Avignon régner » que l’on trouve au quatrain 38 et au quatrain 52. Nous concluions  « Il ne semble pas que Crespin soit ici un imitateur de Michel de Nostredame : le contexte  nous semble au contraire indiquer que c’est une idée qui lui est chère et pour laquelle il milite » On trouve  un échantillon remarquable de la judéophobie de Crespin dans son Epitre à la Reyne mère du Roy. Nous signalions aussi – il y aura près de 30 ans – le quatrain  66 de la Centurie IX ; avec son verset « La Synagogue stérile sans nul fruit ». En 2005, nous ferons une communication au Congrès Mondial des Etudes Juives, Jérusalem, sur l’antijudaisme de Crespin : » Crespin and the French Avignon problem An important source of antisemitism . French Antijudaism and the Avignon problem on the Eve of Saint Barthelemy » … (cf aussi  sur  le site Hommes et faits,  Pour  une approche ésotérique de la question  juive,  1997 et Le Monde juif  et l’astrologie, Milan, 1985, pp. 131-134 et  « Vers une nouvelle approche de la bibliographie nostradamique » in Revue Française d’Histoire du Livre, n°132, 2011, pp. 161-164  et  Le dominicain Jean Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle,  post doctorat EPHE, 2007

Le second volet des Centuries semble avoir largement emprunté comme l’a montré Chantal Liaroutzos (1987, Suivez la guide, in RHR)/ Cela vaut notamment pour la Centurie IX.  Or, selon nous, le second volet  était une construction des partisans du futur Henri IV alors que le premier volet servait les intérêts du camp ligueur.(cf  aussi  Pseudo-Nostradamus: Quatrain IX,87 sur le Duc d’Etampes http://www.corpusetampois.com/

 

… A l’évidence,  le quatrain  « Chartres »  n’aura pu être rédigé qu’à l’approche du couronnement d’Henri de Navarre  en la cathédrale de Chartres, en janvier 1594, à la veille de la parution de l’éditions Benoist Rigaud qui paraitra alors (et qui donnera lieu à une édition antidatée pour 1568 chez les même  libraire, un quart de siècle plus tôt..

Signalons  que Benoist Rigaud  faisait imprimer certains textes à Chartres (cf  propheties.it), ce qui montre qu’il oeuvrait dans le camp d’Henri  de Navarre  comme c’est le cas pour cet ouvrage  politique ;

 Proposition des Princes, Prelats Officiers de la Couronne et principaux Seigneurs Catholiques, tant du Conseil du Roy, qu’autres estants pres sa Majesté, tendant afin de paruenir au repos tant necessaire à ce Royaume, pour la conseruation de la Religion Catholique et de l’Estat, faicte à Monsieur le Duc de Mayenne et autres Princes de sa maison, Prelats, Seigneurs et autres personnes enuoyees par aucunes villes et communautez, se trouuans à present assemblez dans la ville de Paris. (27 janvier.) [Texte imprimé],  Lyon : B. Rigaud, iouxte la copie imprimee à Chartres, 1594 (cote  BNF 8-LB35-444 (A)

 

 

C’est à cette même époque que parait le Janus François de Jean Aimé de Chavigny lequel comporte des extraits commentés  des centuries VIII –X. Or, le libraire qui publie le Janus  est dans la descendance (« héritiers ») de Pierre Roussin, un proche de Benoist Rigaud.

 

On aura compris qu’il s’agit là d’une série de « terminus » situant la confection des deux volets dans une fourchette embrassant  les années 1588 et 1594. D’aucuns ont soutenu que Nostradamus avait « prévu » de tels événements mais la mention de Tours (premier volet) et de Chartres (second  volet) est nettement liée au contexte politique de l’époque. Par ailleurs,  les textes de Crespin  repris dans certains quatrains du second volet sont révélateurs des méthodes des faussaires, n’hésitant pas à recycler des textes d’imitateurs de Nostradamus.  Faut-il conclure, pour autant, à l’antijudaisme  du camp d’Henri de Navarre, sur la base de textes  allant dans ce sens ? Il semble bien que le doute ne soit guère permis encore que l’on puisse penser que les faussaires aient récuperé en vrac toutes sortes de sources, sans y accorder trop d’importance comme c’est souvent le cas dans le domaine des contrefaçons.

 

JHB

26 06 21

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jacques Halbronn Les deux principaux dialogues bibliques au prisme de la relatin Jupiter Saturne

Posté par nofim le 23 juin 2021

 

 

Les  deux principaux dialogues bibliques au prisme de  la relation Jupiter- Saturne

Par  Jacques  Halbronn

 

Il y  a dans l’Ancien Testament deux dialogues majeurs, l’un entre Dieu et Abraham (Genése), l’autre entre Dieu  et   Moise (Exode III)

Le premier  introduit la notion de proportion nécessaire  de Justes au sein de toute société viable. Or, selon nous, cette minorité indispensable de Justes  renvoie à Jupiter. En hébreu, le Juste est le Tsadiq  et le nom de Jupiter dans le Livre de la Création (Sefer Yetsira) est Tsedeq. La Cité est pleine de Saturniens mais sans les jupitériens, elle est condamnée à la corruption.

 

 

 

 

 

 


כד אוּלַי יֵשׁ חֲמִשִּׁים צַדִּיקִם, בְּתוֹךְ הָעִיר; הַאַף תִּסְפֶּה וְלֹא-תִשָּׂא לַמָּקוֹם, לְמַעַן חֲמִשִּׁים הַצַּדִּיקִם אֲשֶׁר בְּקִרְבָּהּ.

24 Peut-être y a-t-il cinquante justes dans cette ville: les feras-tu périr aussi et ne pardonneras-tu pas à la contrée en faveur des cinquante justes qui s’y trouvent?

כה חָלִלָה לְּךָ מֵעֲשֹׂת כַּדָּבָר הַזֶּה, לְהָמִית צַדִּיק עִם-רָשָׁע, וְהָיָה כַצַּדִּיק, כָּרָשָׁע; חָלִלָה לָּךְ–הֲשֹׁפֵט כָּל-הָאָרֶץ, לֹא יַעֲשֶׂה מִשְׁפָּט.

25 Loin de toi d’agir ainsi, de frapper l’innocent avec le coupable, les traitant tous deux de même façon! Loin de toi! Celui qui juge toute la terre serait-il un juge inique? »

כו וַיֹּאמֶר יְהוָה, אִם-אֶמְצָא בִסְדֹם חֲמִשִּׁים צַדִּיקִם בְּתוֹךְ הָעִיר–וְנָשָׂאתִי לְכָל-הַמָּקוֹם, בַּעֲבוּרָם.

26 Le Seigneur répondit: « Si je trouve à Sodome au sein de la ville, cinquante justes, je pardonnerai à toute la contrée à cause d’eux »

כז וַיַּעַן אַבְרָהָם, וַיֹּאמַר:  הִנֵּה-נָא הוֹאַלְתִּי לְדַבֵּר אֶל-אֲדֹנָי, וְאָנֹכִי עָפָר וָאֵפֶר.

27 Abraham reprit en disant: « De grâce! j’ai entrepris de parler à mon souverain, moi poussière et cendre!

כח אוּלַי יַחְסְרוּן חֲמִשִּׁים הַצַּדִּיקִם, חֲמִשָּׁה–הֲתַשְׁחִית בַּחֲמִשָּׁה, אֶת-כָּל-הָעִיר; וַיֹּאמֶר, לֹא אַשְׁחִית, אִם-אֶמְצָא שָׁם, אַרְבָּעִים וַחֲמִשָּׁה.

28 Peut-être à ces cinquante justes, en manquera-t-il cinq: détruirais-tu, pour cinq, une ville entière? » Il répondit: « Je ne sévirai point, si j’en trouve quarante-cinq »

כט וַיֹּסֶף עוֹד לְדַבֵּר אֵלָיו, וַיֹּאמַר, אוּלַי יִמָּצְאוּן שָׁם, אַרְבָּעִים; וַיֹּאמֶר לֹא אֶעֱשֶׂה, בַּעֲבוּר הָאַרְבָּעִים.

29 Il insista encore, en lui disant: « Peut-être s’y en trouvera-t-il quarante? » Il répondit: « Je m’abstiendrai à cause de ces quarante. »

ל וַיֹּאמֶר אַל-נָא יִחַר לַאדֹנָי, וַאֲדַבֵּרָה–אוּלַי יִמָּצְאוּן שָׁם, שְׁלֹשִׁים; וַיֹּאמֶר לֹא אֶעֱשֶׂה, אִם-אֶמְצָא שָׁם שְׁלֹשִׁים.

30 Il dit: « De grâce, que mon Souverain ne s’irrite point de mes paroles! Peut-être s’en trouvera-t-il trente? » Il répondit: « Je m’abstiendrai, si j’en trouve trente »

לא וַיֹּאמֶר, הִנֵּה-נָא הוֹאַלְתִּי לְדַבֵּר אֶל-אֲדֹנָי–אוּלַי יִמָּצְאוּן שָׁם, עֶשְׂרִים; וַיֹּאמֶר לֹא אַשְׁחִית, בַּעֲבוּר הָעֶשְׂרִים.

31 Il reprit: « De grâce, puisque j’ai osé parler à mon Souverain, peut-être s’en trouvera-t-il vingt? » Il répondit: « Je renoncerai à détruire, en faveur de ces vingt. » Il dit:

לב וַיֹּאמֶר אַל-נָא יִחַר לַאדֹנָי, וַאֲדַבְּרָה אַךְ-הַפַּעַם–אוּלַי יִמָּצְאוּן שָׁם, עֲשָׂרָה; וַיֹּאמֶר לֹא אַשְׁחִית, בַּעֲבוּר הָעֲשָׂרָה.

32  »De grâce, que mon Souverain ne s’irrite pas, je ne parlerai plus que cette fois. Peut-être s’en trouvera-t-il dix? » Il répondit: « Je renoncerai à détruire, en faveur de ces dix. »

לג וַיֵּלֶךְ יְהוָה–כַּאֲשֶׁר כִּלָּה, לְדַבֵּר אֶל-אַבְרָהָם; וְאַבְרָהָם, שָׁב לִמְקֹמוֹ.

33 Le Seigneur disparut, lorsqu’il eut achevé de parler à Abraham; et Abraham retourna à sa demeure.

 

 

Le second dialogue a lieu lors de l’épisode du Buisson Ardent quand Dieu s’adresse à  Moïse. Ce qui nous interpelle, c’est que Dieu envoie Moïse vers les « enfants d’Israel »  Tout se passe comme si Moise n’en faisait pas partie. C’est Dieu qui dit « mon peuple » et non Moïse lequel  désigne ce peuple comme s’il lui était étranger.  Dieu conseille à Moise de parler au nom du ‘Dieu de vos pères » et non pas de « nos pères ».

C’est bien là la situation ambivalente du Jupitérien qui ne fait partie d’aucun peuple  saturnien et qui peut être missionné pour s’occuper de tel ou tel peuple.

 

 

ט וְעַתָּה, הִנֵּה צַעֲקַת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל בָּאָה אֵלָי; וְגַם-רָאִיתִי, אֶת-הַלַּחַץ, אֲשֶׁר מִצְרַיִם, לֹחֲצִים אֹתָם.

9 Oui, la plainte des enfants d’Israël est venue jusqu’à moi; oui, j’ai vu la tyrannie dont les Égyptiens les accablent.

י וְעַתָּה לְכָה, וְאֶשְׁלָחֲךָ אֶל-פַּרְעֹה; וְהוֹצֵא אֶת-עַמִּי בְנֵי-יִשְׂרָאֵל, מִמִּצְרָיִם.

10 Et maintenant va, je te délègue vers Pharaon; et fais que mon peuple, les enfants d’Israël, sortent de l’Égypte. »

יא וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה, אֶל-הָאֱלֹהִים, מִי אָנֹכִי, כִּי אֵלֵךְ אֶל-פַּרְעֹה; וְכִי אוֹצִיא אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, מִמִּצְרָיִם.

11 Moïse-dit au Seigneur: « Qui suis-je, pour aborder Pharaon et pour faire sortir les enfants d’Israël de l’Égypte? »

יב וַיֹּאמֶר, כִּי-אֶהְיֶה עִמָּךְ, וְזֶה-לְּךָ הָאוֹת, כִּי אָנֹכִי שְׁלַחְתִּיךָ:  בְּהוֹצִיאֲךָ אֶת-הָעָם, מִמִּצְרַיִם, תַּעַבְדוּן אֶת-הָאֱלֹהִים, עַל הָהָר הַזֶּה.

12 Il répondit: « C’est que je serai avec toi et ceci te servira à prouver que c’est moi qui t’envoie: quand tu auras fait sortir ce peuple de l’Égypte, vous adorerez le Seigneur sur cette montagne même. »

יג וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל-הָאֱלֹהִים, הִנֵּה אָנֹכִי בָא אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתִּי לָהֶם, אֱלֹהֵי אֲבוֹתֵיכֶם שְׁלָחַנִי אֲלֵיכֶם; וְאָמְרוּ-לִי מַה-שְּׁמוֹ, מָה אֹמַר אֲלֵהֶם.

13 Moïse dit à Dieu: « Or, je vais trouver les enfants d’Israël et je leur dirai: Le Dieu de vos pères m’envoie vers vous… S’ils me disent: Quel est son nom? que leur dirai-je? »

 

Ce sont là des pépites porteuses selon nous d’un message  traitant des rapports entre les jupitériens et les saturniens. Un autre personnage est Jésus qui est également au cœur de la relation complexe entre Jupiter et Saturne et selon nous,  la mort de Jésus correspond à une conflictualité du peuple à l’encontre de celui qui prétend le guider en le réformant.

 

Evangile Mathieu  XXVII La foule contre Jésus

 

15 Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait.

16 Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas.

17 Les foules s’étant donc rassemblées, Pilate leur dit : « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? »

18 Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus.

19 Tandis qu’il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »

20 Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus.

21 Le gouverneur reprit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent : « Barabbas ! »

22 Pilate leur dit : « Que ferai-je donc de Jésus appelé le Christ ? » Ils répondirent tous : « Qu’il soit crucifié ! »

23 Pilate demanda : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Ils criaient encore plus fort : « Qu’il soit crucifié ! »

24 Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le tumulte, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde ! »

25 Tout le peuple répondit : « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! »

26 Alors, il leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et il le livra pour qu’il soit crucifié.

 

 

 

24. 06 21

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Jacques Halbronn L’antisémitisme sous couvert d’antisionisme et d’antiracisme.

Posté par nofim le 18 juin 2021

 

L’antisémitisme sous couvert   d’’antisionisme à d’antiracisme.

Par Jacques Halbronn

 

On  assimile souvent antisionisme et antisémitisme et il est vrai que l’intérêt porté à ce qui se passe en Israel semble souvent disproportionné en comparaison des commentaires  liés à d’autres régions du globe. Cela dit, l’on peut avoir un regard critique sur ce qui se passe et s’est passé en Israel.

Un aspect moins abordé concerne les liens entre antisémitisme et antiracisme même si le rapprochement entre sionisme et racisme n’est pas  chose rare. (Conférence mondiale de Durban contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance, qui s’est tenue du 2 au 9 septembre 2001 )

La thèse que nous soutiendrons ici tend à montrer que l’antiracisme est une arme forgée par les antisémites et plus largement par la judéophobie et l’antijudaisme. Quels sont les ressorts d’une telle approche « antiraciste » ? La notion de race implique un déterminisme objectif  qui  résiste à toute conception « existentielle ». Peut -on changer de « race »,  choisir sa race ? Le mot race doit être ici compris comme un enracinement dans une filiation, une généalogie sans que l’on puisse ou doive nécessairement  définir précisément comment un tel processus fonctionne ;

Les mobiles de l’antiracisme  s’éclairent au niveau religieux autour de la problématique du « peuple élu » et des tentatives pour contester ou remettre en question cette élection. Or, à partir du moment où il n’y aurait pas de « race » il n’y aurait plus de  transmission de génération en génération, ce qui conférerait du sens à la conversion.  Mais la notion  de race est-elle dissociable du plan « divin » de la Création au même titre que l’ordre cosmique  et de la centralité du Soleil ?

On connait l’histoire (dans le Livre de la Genése) de Joseph et de ses frères, fils  de Jacob (cf notre étude sur  la conflictualité au sein de la fratrie) après que Joseph ait raconté ses songes où ses frères s’inclinaient devant lui.

Nous pensons donc que l’antiracisme n’est nullement innocent. Il vise à saper les fondements mêmes du judaisme et paradoxalement, le nazisme avait dramatiquement pris la mesure et tiré les conséquences de cette irréductibilité. Est-ce que les Juifs ont intérêt à  adhérer à une idéologie antiraciste pour autant  dès lors qu’ils en saisissent les véritables motivations  sous -jacentes ?

On pourrait  également, dans la foulée, s’interroger sur le refus de tout  ‘essentialisme » au nom d’un existentialisme à la Simone de Beauvoir. C’est chaque fois le même enjeu, nier  à l’autre  un destin différent qui lui serait propre , au ,nom de « bons sentiments », éventuellement  dans son intérêt, sous prétexte de le protéger. Et de fait, bien des Juifs seraient tentés par une telle lecture censée désamorcer les attaques qu’ils auraient à subir. Mais à quel prix ?

Que d’ambiguités donc avec cette LICRA  ( La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme  qui  amalgame  racisme et antisémitisme  comme si  l’antiracisme, comme on l’a montré, n’ était pas de facto une forme d’antisémitisme et on a  vu à Durban en 2001 que l’on ne s’est pas privé de qualifier Israet d’ »Etat raciste ».. Or,  il est dans la logique des choses que l’on s’en prenne à l’Etat d’Israel pour stigmatiser  l’idée  d’un peuple  juif, fondé  sur une forme de racialité. Il y a bien là  un piége sémantique, produisant un amalgame avec  la question de l’esclavage et de la colonisation. On peut même se demander si les accusations de sexisme  ne feraient pas partie de ce courant existentialiste visant à délégitimer les Juifs  de leur prétention à l’élection, au lendemain d’une Shoah qui en aurait mis en évidence les périls ? C’est en 1946 que Sartre publie ses Réflexions sur la question  juive, ce qui met en évidence  les liens entre existentialisme et  cette « question »  à laquelle on est sommé de trouver une « solution » (sous- titre de l’Etat Juif de Herzl,  cf notre ouvrages  Le sionisme et ses avatars  au tournant du XXe siècle  Ed  Ramkat 2002)

 

 

JHB

18 06 21

 

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Jacques Halbronn Saturne et la Nouvelle Alliance selon Jérémie XXXI

Posté par nofim le 4 juin 2021

Saturne et la Nouvelle Alliance selon  le Livre du Prophéte  Jérémie XXXI

par Jacques Halbronn

 

Le texte de Jérémie XXXI a fait l’objet de nombreux commentaires.1 On sait par ailleurs que Thomas d’Aquin s’intéressait à l’astrologie 2 On lui attribue l’adage « Astra inclinant sed non necessitant ».3 Il fut un temps où nous avions voulu consacrer un mémoire à cette question avant suggérer cette piste à notre collaborateur et ami (décédé) Max Lejbowicz, avec Jean Jolivet, à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (Ve Section, science des religions) et avions opté pour ce qui paraitrait en 1985 sous le titre « Le Monde Juif et l’Astrologie . Histoire d’un vieux couple » (Ed Arché, Milan) et dès 1977 la parution de notre édition du diptyque astrologique d’Abraham Ibn Ezra, préfacée par Georges Vajda, notre directeur de thèse.(Ed Retz, Collection Bibliotheca Hermetica) , dont la traduction en roman était contemporaine de la période de Thomas d’Aquin, le XIIIe siècle.4 A l’époque, nous n’avions pas établi de lien entre le texte de Jérémie et l’Astrologie. Or, c’est à un commentaire astrologique de Jérémie que nous nous sommes déjà prétés, auparavant mais sans nous référer jusque là au commentaire qu’en fit le «  Docteur Angélique »En revanche, nous nous sommes déjà intéressés à la présence, à la reproduction du chapitre XXXI de Jérémie dans l’Epitre aux Hébreux dans le « Nouveau Testament » et à son influence sur le « Ecoute Israel », considéré comme une sorte de profession de foi récitée dans la plus grande solennité par les fidéles à la synagogue.

La lecture que propose ou reprend Thomas d’Aquin met l’accent sur la dimension eschatologique. On ne doit en effet pas négliger la conclusion au futur de ce texte rapporté par Jérémie  au nom de « Dieu » :« Mais voici quelle alliance je conclurai avec la maison d’Israël, au terme de cette époque, dit Yahwé »Nous avons déjà exploré cette voie en considérant (cf nos textes en ligne) que cette prophétie nous semble avoir trouvé anthropologiquement son accomplissement à la charnière du XV et du XVIe siècle laquelle marqua notamment le Meguilat haMegalé, somme astrologique d’Abraham Bar Hiyya (cf le chapitre qui lui est consacré dans notre Monde Juif) Le sang du Christ 5 serait, à suivre les commentateurs Chrétiens, le catalyseur ayant sous tendu le passage vers la dite Nouvelle Alliance6

 

« La loi nouvelle, résume François Tonon, est une réalité intérieure. Le principal en elle est la grâce du Saint-Esprit. Le docteur angélique réalise ainsi un approfondissement de la figure de la « nouvelle alliance » : le cœur de la loi nouvelle, et donc de la nouvelle alliance, c’est la grâce. Sa grande nouveauté, en regard de l’épître commentée, c’est qu’il instaure son discours théologique comme un traité eschatologique sur le dessein de salut subordonné à l’unique notion de grâce mais aussi comme un discours permanent, historiquement adapté à une chrétienté appelée à durer dans un temps qui est loin d’être arrivé à son terme ». Autrement dit, il faut laisser le temps au temps et ne pas réduire l’espace d’une prophétie au moment (kairos) de son annonce, ce qui permet à Thomas d’Aquin de ne pas avoir à entendre que l’accomplissement serait déjà advenu.En fait, ce temps là se rapprochait déjà sensiblement, selon nous, en ce XIIIe siècle.

Mais, Thomas d’Aquin ne prend pas la mesure de la dégradation impliquée par la dite prophétie et c’est bien là tout le drame d’un tel malentendu !.

Revenons donc au texte formulant les conditions de cette « Nouvelle Alliance », lequel texte est adressé- point essentiel – à la « maison d’Israel », expression reprise dans les Evangiles quand Jésus déclare qu’il est venu pour « les brebis perdues de la maison d’Israel », ce qui inscrit sa démarche dans le fil de la dite Prophétie. Notons aussi que le Ecoute Israel s’adresse également à la dite « maison » (Bayt, qui est aussi le nom de la deuxiéme lettre de l’alphabet, en grec Béta) et est repris des injonctions des prophétes à l’encontre du Royaume du Nord ou d’Israel (par référence à Jacob dont c’est le surnom), résultat d’une sécession à la mort de Salomon.

 

32 Mais voici quelle alliance je conclurai avec la maison d’Israël, au terme de cette époque, dit l’Eternel: Je ferai pénétrer ma loi en eux, c’est dans leur coeur que je l’inscrirai; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple.

33 Et ils n’auront plus besoin ni les uns ni les autres de s’instruire mutuellement en disant: « Reconnaissez l’Eternel! » Car tous, ils me connaîtront, du plus petit au plus grand, dit l’Eternel, quand j’aurai pardonné leurs fautes et effacé jusqu’au souvenir de leurs péchés.

 

 

Cette Nouvelle Alliance est en fait, un chatiment, une sorte de prison psychique, à l’encontre de ceux qui ont fauté, désobéi car on ne peut plus faire confiance à leur bonne volonté. Et précisément, le caractère contraignant de l’astrologie va tout à fait dans ce sens. L’on comprend alors pourquoi le Talmud (traité Shabbat) déclare que les Juifs ne sont pas concernés par le système astrologique-le Mazal. On nous objectera que le Talmud se référe ici à Israe  par cet adage « Ein Mazal le Israel » On a le même probléme qu’avec le « Ecoute Israel » liturgique. C’est là le résultat d’un syncrétisme qui aura conduit, avec le temps, les Juifs – par ignorance (amnésie) de leur propre Histoire – à confondre en une seule les deux « maisons » d’Israel et de Juda, toutes deux d’ailleurs mentionnées dans Jérémie

.30 « Voici, des jours vont venir, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle «  Mais là encore, il y a risque de confusion et d’interpolation, la mention « maison de Juda » ne figurant plus ensuite. D’ailleurs, le Ecoute Israel n’affirme-t-il pas, n’annonce-t-il pas en sa première phrase quelque « unité » entre les deux maisons (Ehad) ? La forme double « Yahwé Elohim » est révélatrice et on la trouve dans certains passages de la Genése (notamment aux cbapitres II et III) mais aussi des Nombres (ch XV), ce qui aura bien embarrassé les traducteurs.

.31 Ce n’est pas tant l’unité de Dieu qui est ici concernée mais bien la fin du schisme.Le terrain est piégé.

 

Ce qui est annoncé, avec cette Nouvelle Alliance, c’est qu’il sera désormais impossible aux Juifs de pécher.

 

33 Et ils n’auront plus besoin ni les uns ni les autres de s’instruire mutuellement en disant: « Reconnaissez Yahwé! » Car tous, ils me connaîtront, du plus petit au plus grand, dit Yahwé, quand j’aurai pardonné leurs fautes et effacé jusqu’au souvenir de leurs péchés. La Nouvelle Alliance ne laissera point place à la faute à la différence de l’Ancienne ! On pense à ces gens que l’on enferme physiquement ou chimiquement, pour qu’ils soient dans l’impossibilité, l’impuissance à commettre de délit. On pourrait parler de castration voire de lobotomie !.

Dans le texte du Ecoute Israel, dont la partie finale est tirée du Livre des Nombres (chapitre XV (17- 41), il est question de « tentation » : « vous les respecterez sans être tentés de suivre les mauvais penchants (qui) vous entrainent à l’infidélité »

 

Nos récents travaux en Histoire de l’Astrologie –nous ont conduit à la thèse selon laquelle la planéte Saturne serait le vecteur de cette « Nouvelle Alliance »,déterminant cycliquement pour tout un collectif le même mode de comportement, au même moment, durant la même période, de sept ans en sept ans, rythme qui est en rapport avec le songe de Pharaon autour des 7 vaches maigres dévorant 7 vaches grasses, et l’on voit bien que le second temps- celui de la Nouvelle Alliance – est celui des vaches maigres. Signalons que si l’on divise la course de Saturne de 28 ans par 4, on trouve 7 ans. Il ne semble pas d’ailleurs que l’astrologie vue par Thomas d’Aquin ait pu lui permettre de proposer la lecture qui est la notre si l’on en croit l’adage qui lui est attribué (cf supra).

Nous avons récemment signalé que cette prophétie sur des temps plus ou moins lointains à venir correspondait peu ou prou au moment d’émergence du « protestantisme » et sa doctrine de la prédestination. Or, précisément Thomas d’Aquin serait plutôt du côté des astres qui déterminent plutôt que des astres qui « nécessitent »  Il en aurait même pris le contre pied avec son « non necessitant », ce qui ne le prédisposait pas à interpréter correctement la dite prophétie, ce qui est révélateur de toute l’ambiguite du christanisme pré-Réforme quant à la vraie portée de celle-ci. Logiquement, le péché est inconcevable dans le cadre de la Nouvelle Alliance. Dans le Ecoute Israel, il semble que l’on ait proposé des moyens infaillibles pour neutraliser toute tentation : il y est question d’un « cordon d’azur » (Nombres XV)

, le « Petil Tekhelet » פְּתִיל תְּכֵלֶת.  7. à ajouter aux « tsitsith » (franges) On retrouve cette couleur dans les châles (Tefilin) de prières et sur le drapeau de l’Etat d’Israel (1948).

 

Nombres XV

לז וַיֹּאמֶר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה לֵּאמֹר.

37 Yahwé parla à Moïse en ces termes:

לח דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם, וְעָשׂוּ לָהֶם צִיצִת עַל-כַּנְפֵי בִגְדֵיהֶם, לְדֹרֹתָם; וְנָתְנוּ עַל-צִיצִת הַכָּנָף, פְּתִיל תְּכֵלֶת.

38 « Parle aux enfants d’Israël, et dis-leur de se faire des franges (Tsistith) aux coins de leurs vêtements, dans toutes leurs générations, et d’ajouter à la frange de chaque coin un cordon d’azur. (Petil Tekhelet)

לט וְהָיָה לָכֶם, לְצִיצִת, וּרְאִיתֶם אֹתוֹ וּזְכַרְתֶּם אֶת-כָּל-מִצְוֺת יְהוָה, וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם; וְלֹא-תָתוּרוּ אַחֲרֵי לְבַבְכֶם, וְאַחֲרֵי עֵינֵיכֶם, אֲשֶׁר-אַתֶּם זֹנִים, אַחֲרֵיהֶם.

39 Cela formera pour vous des franges dont la vue vous rappellera tous les commandements de l’Éternel, afin que vous les exécutiez et ne vous égariez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux, qui vous entraînent à l’infidélité.

מ לְמַעַן תִּזְכְּרוּ, וַעֲשִׂיתֶם אֶת-כָּל-מִצְוֺתָי; וִהְיִיתֶם קְדֹשִׁים, לֵאלֹהֵיכֶם.

40 Vous vous rappellerez ainsi et vous accomplirez tous mes commandements, et vous serez saints pour votre Dieu.

 

 

 

Le Talmud enseigne que les pratiques pieuses permettent de se libérer du déterminisme astral (cf notre Monde Juif et l’astrologie), ce qui montre que le judaisme n’entend pas s’inscrire dans le cadre de la Nouvelle Alliance annoncée par Jérémie, il désigne l’astrologie comme ce qui lui est étranger (Avoda Zara).

Revenons sur l’Epitre aux Hébreux, dans le Nouveau Testament, et sur son traitement de la prophétie jérémienne.8 Il y est question du repos du septième jour, du Shabbat, le 7 étant lié on l’ a vu à Saturne (dont le nom hébraique est Shabtay). Ce Shabbat vient s’ajouter aux Six Jours de la Création (Genése ch I) et en cela il correspond à la Nouvelle Alliance. Il faut rappeler que selon nous, le Pentateuque est en grande partie des « Fils d’Israel » comme on les désigne tout au long du Livre de l’Exode. Entendez par là que ce sont les tenants ou les descendants de la « maison (royaume) d’Israel qui auraient pris le contrôle éditorial, rédactionnel du Pentateuque mais non du volet des Prophétes, si ce n’est pour le Deutéro Isaïe à partir du chapitre 44. Quand on vous disait que le terrain était miné.

Ce « repos » annoncé – ce qui est d’ailleurs le sens de Shabbat – caractérise l’instauration de cette Nouvelle Alliance mais cela fait penser à une « maison de repos ». La hantise de la faute, le risque de l’oubli y seraient aboli.

Autrement dit, cette « Nouvelle Alliance » serait un jeu, un marché de dupes proposé à des pécheurs repentis et qui seraient soulagés d’être réduits à un état inoffensif. Face à cette perspective, les Juifs incarneraient en effet l’Ancienne Alliance, ce qui se traduirait par une « Lutte des Classes » car à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. On voit que les textes et les pratiques devraient être expurgés de ce syncrétisme à commencer par la lecture hebdomadaire du Pentateuque (sauf quant au Premier chapitre de la Genése à préserver mais non la suite) et la récitation du Ecoute Israel. Ce Pentateuque qui a, en revanche, tout à fait,à juste titre, comme préambule au Nouveau Testament,puisqu’il lui est associé depuis toujours au sein du canon biblique chrétien.

Astrologiquement, la première alliance   était liée au charisme d’un chef jupitérien

alors que la nouvelle alliance reléve d’un déterminisme  de la base -dynamique

saturnienne- qui s’impose au chef avec une alternance de phases équinoxiales  et

solsticiales.(cf nos textes sur ce sujet) . L’avénement de  cette nouvelle alliance aura

déterminé le régime des élections, à partir de la fin du XVIIIe siècle.

 

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jacques Halbronn Le message biblique sur la problématique de la fratrie au prisme de la dialectique Jupiter-Saturne

Posté par nofim le 31 mai 2021

 

 

Le message biblique sur la problématique de la fratrie au prisme de la dialectique Jupiter-Saturne

par Jacques Halbronn

 

Dans un livre récent, Gérard Haddad que nous avons souvent croisé dans les milieux juifs, (A l’origine de la violence : d’Oedipe à Caïn, une erreur de Freud ? Ed. Salvator, 2021) , insiste sur la conflictualité au sein de la fratrie en remettant en question celle du fils au père, formalisée par Freud dans le « complexe d’Oedipe ». Ce psychanalyste, proche du lacanisme et du structuralisme, parle certes de Cain – d’où le titre de son livre- mais aussi de Joseph et de ses frères, dans le Pentateuque, sans oublier le Hamlet de Shakespeare. Nous n’avons pas eu son ouvrage entre les mains mais nous ne pensons pas que Gérard Haddad donne les mêmes interprétations que nous des enjeux majeurs liés à la fratrie, c’est à dire de la tension propre à toute élection, toute distinction, dans tous les sens du terme..

Commençons par rappeler ce qui nous est narré quant aux rapports entre Joseph et ses frères (cf le cours au Collége de France de Thomas Romer intitulé « L’Égypte et la Bible : Les songes de Joseph et sa descente en Égypte (Genèse 37), le 10 mars 2016.)

Joseph raconte à ses frères tous issus de Jacob qu’il les a vus, à deux reprises, dans ses rêves s’incliner devant lui. Leur réaction est connue et Joseph sera vendu comme esclave et les frères diront à leur père qu’il a été victime de quelque bête sauvage. Finalement, les frères seront contraints, par la famine, de se rendre en Egypte où Joseph exerce un pouvoir important, à la suite d’ailleurs de son interprétation d’un songe de Pharaon où des vaches maigres dévorent des vaches grasses. Joseph préfigure ainsi le destin d’un Juif « diasporique » ne vivant pas au sein de « sa » communauté d’origine. On connait la suite.

 

 

Nous avons un autre exemple d’un frère choisi parmi d’autres frères avec David

1 Samuel 16, 1-10 -

« Le Seigneur dit à Samuel : « Prends une corne que tu rempliras d’huile, et pars ! Je t’envoie … Jessé présenta ainsi à Samuel ses sept fils, et Samuel lui dit : « Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là. »

Finalement, David se manifeste qui avait été laissé de côté et c’est lui qui deviendra roi.

 

On apprend aussi dans l’Evangile selon Jean que Jésus n’était pas encensé par ses frères  qui ne comprenaient pas que ses actions se déroulassent en Galilée  et non en Judée :

Chapitre VII

1 Après cela, Jésus parcourut la Galilée ; il ne voulait pas aller et venir en Judée, car les autorités juives cherchaient à le faire mourir.

2 La fête juive des Huttes était proche

3 et les frères de Jésus lui dirent : « Pars d’ici et va en Judée, afin que tes disciples, eux aussi, voient les oeuvres que tu fais.

4 Personne n’agit en cachette s’il désire être connu. Puisque tu fais de telles oeuvres, agis en sorte que tout le monde te voie. »

5 En effet, ses frères eux-mêmes ne croyaient pas en lui.

6 Jésus leur dit : « Le moment n’est pas encore venu pour moi. Pour vous, tout moment est bon.

7 Le monde ne peut pas vous haïr, mais il a de la haine pour moi, parce que j’atteste que ses actions sont mauvaises.

8 Allez à la fête, vous. Moi, je ne vais pas à cette fête, parce que le moment n’est pas encore arrivé pour moi. »

 

 

 

Ces éléments étant posés, appliquons notre grille Saturne-Jupiter. Nous avons à plusieurs reprises sur la nécessité de repérer les quelques Jupitériens au sein de la masse des Saturniens. A partir des textes sus mentionnés, nous avons avec Joseph, la proportion d’un sur douze et avec David, de un sur huit  ce qui correspond bel et bien à une minorité manifeste..

Gérard Haddad ne prend pas la mesure de cette disproportion numérique quand il prend l’exemple de deux frères comme dans le cas de Cain et Abel car il ne s’agit pas d’un tête à tête mais d’une toute autre échelle de grandeur comme le montre le songe de Joseph et il aurait mieux valu dans l’ouvrage de Haddad référer à Joseph qu’à Cain. En effet, c’est dans la dialectique, dans le rapport de l’un au multiple ce qui renvoie à la centralité du soleil entouré des planétes, que se situe la spécificité jupitérienne. Les trop petite fratries illustrent mal cette dualité tout comme d’ailleurs la monogamie par rapport à la polygamie.

On notera qu’il n’existe pas de tribu de Joseph lequel est représenté par ses deux fils, sous la forme de deux « demi -tribus), Ephraim et Manassé. Cela signifie que Joseph n’est pas placé au même niveau que ses frères, il n’y aura pas de territoire en « terre promise » réservé aux descendants de Joseph..Et de fait, le Jupitérien n’entend pas être mis sur le même pied que les Saturniens.

Quelle est la leçon, la morale, de cette « histoire »?Cela met l’accent sur une similitude qu’il faut déconstruire en faisant émerger, « accoucher » le jupitérien en l’extrayant d’un environnement saturnien. Car le jupitérien passe au départ par le même canal que le saturnien si ce n’est qu’à un certain stade, les chemins se séparent, le jupitérien découvrant qu’il est différent.

Revenons à la mythologie gréco-romaine, Jupiter est le seul enfant de Saturne à se retrouver dans le ciel, associé à une planéte qui porte son nom. Ce n’est qu’à partir de la toute fin du XVIIIe siècle que Cérés, Junon, Vesta, Neptune, Pluton y figureront- mais avec quel décalage ! – dans le ciel à l’instar des héros de l’Antiquité qui se virent représentés par telle ou telle constellation (zodiacale ou extra-zodiacale) à l’instar d’un Heraklés. Jupiter est en effet le seul de la fratrie à échapper au sort que leur père leur destinait, il parviendra ensuite à les libérer comme Joseph le fera en Egypte pour ses frères.

On a à une illustration marquante de ce qui oppose les jupitériens et les saturniens. On nous objectera que Saturne est le nom du père et il ne pourrait donc désigner les frères. Mais les textes ne sont pas à l’abri d’altérations qu’il faut savoir corriger, ce qui exige une démarche structuraliste permettant une certaine déconstruction. En tout état de cause, nous le terme de saturnien uniquement en raison des appellations astronomiques à savoir qu’il y a une planéte baptisée Saturne qui joue un rôle important -cf notre Astrologie selon Saturne, Paris, 1994-1995, Ed de la Grande Conjonction) Il faut se méfier de la terminologie faute de quoi l’on glisse vers le syncrétisme, c’est à dire en accordant une trop grande importance aux termes employés.

On sait aussi qu’à la mort de Salomon, l’empire fut divisé en deux zones, le Royaume de Judée, au sud autour de Jérusalem, siége de la Royauté et du Temple, et le Royaume d’Israël, au nord. Or, un des noms que prendra le Royaume d’Israël est « Ephraïm », soit le nom d’un des fils de Joseph. Ajoutons qu’Israel est le s »urnom » de Jacob, le père de Joseph et de ses frères. Tout cela ne doit pas nous égarer. En tout état de cause, nous trouvons dans les données ici fournies la marque de la dialectique Jupiter-Saturne, d’une dualité fondamentale au sein des sociétés, ce qui rejoint quelque par l’idée marxiste de Lutte des Classes.

Le XXIe siècle devrait être celui de la reconnaissance d’une telle dualité structurelle de notre Humanité, peuple-chefs, avec les exemples emblématiques de Joseph et de David.. Ce n’est pas parce que les jupitériens sortent des rangs qu’ils doivent être confondus, assimilé avec les saturniens et le rôle prioritaire des astrologues est de les identifier et de les guider selon le principe A right man, at the right place, at the right time..

 

 

 

 

JHB

30 05 21

 

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jacques halbronn La double dimension additionnelle du chapitre II de la Genése

Posté par nofim le 20 mai 2021

La double dimension additionnelle du chapitre II de la Genése . Saturne-Shabbat et la Femme.

 

Par Jacques Halbronn

 

Le chapitre II du Livre de la Genése témoigne d’un certain revirement dans le premier projet de la Création.

Cela commence par l’ajout d’un septième jour.(Yom haShevii) alors que la Création avait été accomplie en six jours.

Dernier verset (31) du chapitre I On voit bien que c’est un verset conclusif « Dieu examina tout (Kol) ce qu’il avait fait » jusque là

 

לא וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת-כָּל-אֲשֶׁר עָשָׂה, וְהִנֵּה-טוֹב מְאֹד; וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר, יוֹם הַשִּׁשִּׁי. {פ}

 

31 Dieu examina tout ce qu’il avait fait c’était éminemment bien. Le soir se fit, puis le matin; ce fut le sixième jour.

 

 

 

Premiers versets du chapitre II :

 

 

 

א וַיְכֻלּוּ הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ, וְכָל-צְבָאָם.

 

1 Ainsi furent terminés les cieux et la terre, avec tout ce qu’ils renferment.

 

ב וַיְכַל אֱלֹהִים בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה; וַיִּשְׁבֹּת בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, מִכָּל-מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה.

 

2 Dieu mit fin, le septième jour, à l’œuvre faite par lui; et il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite.

 

ג וַיְבָרֶךְ אֱלֹהִים אֶת-יוֹם הַשְּׁבִיעִי, וַיְקַדֵּשׁ אֹתוֹ: כִּי בוֹ שָׁבַת מִכָּל-מְלַאכְתּוֹ, אֲשֶׁר-בָּרָא אֱלֹהִים לַעֲשׂוֹת. {פ}

 

3 Dieu bénit le septième jour et le proclama saint, parce qu’en ce jour il se reposa de l’œuvre entière qu’il avait produite et organisée.

 

ד אֵלֶּה תוֹלְדוֹת הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ, בְּהִבָּרְאָם: בְּיוֹם, עֲשׂוֹת יְהוָה אֱלֹהִים–אֶרֶץ וְשָׁמָיִם.

 

4 Telles sont les origines du ciel et de la terre, lorsqu’ils furent créés; à l’époque où l’Éternel-Dieu fit une terre et un ciel.

 

Passons à un autre aspect de ce même chapitre II non sans avoir faire remarquer que le commandement (l’un des « Dix Commandements ») sur le Shabbat (Exode XX) renvoie à ce même début du chapitre II et ce nom même de Shabbat est lié à Shabtai qui est le nom de la planète Saturne (dans le Livre de la Création, Sefer Yetsira). Autrement dit, le respect du Shabbat découle dans la mise en place dans un deuxième temps, d’un septiéme jour dont nous verrons qu’il est problématique.

 

ח שֵׁשֶׁת יָמִים תַּעֲבֹד, וְעָשִׂיתָ כָּל-מְלַאכְתֶּךָ.

 

8 Durant six jours tu travailleras et t’occuperas de toutes tes affaires,

 

ט וְיוֹם, הַשְּׁבִיעִי–שַׁבָּת, לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ: לֹא-תַעֲשֶׂה כָל-מְלָאכָה אַתָּה וּבִנְךָ וּבִתֶּךָ, עַבְדְּךָ וַאֲמָתְךָ וּבְהֶמְתֶּךָ, וְגֵרְךָ, אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ.

 

9 mais le septième jour est la trêve de l’Éternel ton Dieu: tu n’y feras aucun travail, toi, ton fils ni ta fille, ton esclave mâle ou femelle, ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes murs.

 

י כִּי שֵׁשֶׁת-יָמִים עָשָׂה יְהוָה אֶת-הַשָּׁמַיִם וְאֶת-הָאָרֶץ, אֶת-הַיָּם וְאֶת-כָּל-אֲשֶׁר-בָּם, וַיָּנַח, בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי; עַל-כֵּן, בֵּרַךְ יְהוָה אֶת-יוֹם הַשַּׁבָּת–וַיְקַדְּשֵׁהוּ. {ס}

 

10 Car en six jours l’Éternel a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment et il s’est reposé le septième jour; c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du Sabbat et l’a sanctifié.

 

 

 

Mais là n’est pas la seule addition véhiculée par ce même chapitre II du Livre de la Genése et nous y voyons quelque forme d’analogie : notons une discontinuité entre les 10 premiers versets et les suivanats dans le nom meme de Dieu : d’un côté Yahvé et de l’autre Yahvé Elohim, d’où deux formulations distinctes dans la traduction française : d’un côté L’Eternel, de l’autre l’Eternel-Dieu.

 

יח וַיֹּאמֶר יְהוָה אֱלֹהִים, לֹא-טוֹב הֱיוֹת הָאָדָם לְבַדּוֹ; אֶעֱשֶׂה-לּוֹ עֵזֶר, כְּנֶגְדּוֹ.

 

18 L’Éternel-Dieu dit: « Il n’est pas bon que l’homme soit isolé; je lui ferai une aide digne de lui. »

 

כא וַיַּפֵּל יְהוָה אֱלֹהִים תַּרְדֵּמָה עַל-הָאָדָם, וַיִּישָׁן; וַיִּקַּח, אַחַת מִצַּלְעֹתָיו, וַיִּסְגֹּר בָּשָׂר, תַּחְתֶּנָּה.

 

21 L’Éternel-Dieu fit peser une torpeur sur l’Homme, qui s’endormit il prit une de ses côtes, et forma un tissu de chair à la place.

 

כב וַיִּבֶן יְהוָה אֱלֹהִים אֶת-הַצֵּלָע אֲשֶׁר-לָקַח מִן-הָאָדָם, לְאִשָּׁה; וַיְבִאֶהָ, אֶל-הָאָדָם.

 

22 L’Éternel-Dieu organisa en une femme la côte qu’il avait prise à l’homme, et il la présenta à l’homme.

 

כג וַיֹּאמֶר, הָאָדָם, זֹאת הַפַּעַם עֶצֶם מֵעֲצָמַי, וּבָשָׂר מִבְּשָׂרִי; לְזֹאת יִקָּרֵא אִשָּׁה, כִּי מֵאִישׁ לֻקְחָה-זֹּאת.

 

23 Et l’homme dit: « Celle-ci, pour le coup, est un membre extrait de mes membres et une chair de ma chair; celle-ci sera nommée Icha, parce qu’elle a été prise de Ich. »

 

כד עַל-כֵּן, יַעֲזָב-אִישׁ, אֶת-אָבִיו, וְאֶת-אִמּוֹ; וְדָבַק בְּאִשְׁתּוֹ, וְהָיוּ לְבָשָׂר אֶחָד.

 

24 C’est pourquoi l’homme abandonne son père et sa mère; il s’unit à sa femme, et ils deviennent une seule chair.

 

כה וַיִּהְיוּ שְׁנֵיהֶם עֲרוּמִּים, הָאָדָם וְאִשְׁתּוֹ; וְלֹא, יִתְבֹּשָׁשׁוּ.

 

25 Or ils étaient tous deux nus, l’homme et sa femme, et ils n’en éprouvaient point de honte.

 

 

 

Ce même chapitre II non seulement introduit un septième jour,-ce qui va également affecter le nombre de jours de la semaine- mais annonce qu’il va apporter de l’aide (Ezer) à Adam, avec la création de la femme qui n’était pas prévue davantage dans le premier programme.

 

C’est dire que ce chapitre II est un moment clef dont on trouve l’écho dans la genése de la tradition astrologique avec le passage du 6 au 7.(cf notre étude de la Tétrabible de Ptolémée sur le chapitres des rapports planètes-signes) Saturne serait une planète additionnelle tout comme la Nouvelle Alliance (Jérémie XXXI) est évidemment additionnelle. Structurellement, l’ajout de Saturne vient perturber également l’agencement des lettres de l’alphabet hébraïque tel que présenté dans le Sefer Yetsira, où un groupe de six lettres « doubles » se voit adjoint une septiéme lettre, le Resh.

 

On perçoit le paralléle entre Genése II et Jérémie XXXI, cette « nouvelle alliance’ (Brith Hadasha), reprise dans le « Nouveau Testament » correspondant un virage quant à la constitution même d’une certaine humanité et dont on trouve un écho dans le Shéma Israel,(Ecoute Israel) actuellement considéré comme la manifestation par excellence de la foi juive alors même que la maison d’Israel ne saurait être confondue avec la maison de Juda (cf le verset 30)

 

ל הִנֵּה יָמִים בָּאִים, נְאֻם-יְהוָה; וְכָרַתִּי, אֶת-בֵּית יִשְׂרָאֵל וְאֶת-בֵּית יְהוּדָה–בְּרִית חֲדָשָׁה.

 

30 Voici, des jours vont venir, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle,

 

לא לֹא כַבְּרִית, אֲשֶׁר כָּרַתִּי אֶת-אֲבוֹתָם, בְּיוֹם הֶחֱזִיקִי בְיָדָם, לְהוֹצִיאָם מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם: אֲשֶׁר-הֵמָּה הֵפֵרוּ אֶת-בְּרִיתִי, וְאָנֹכִי בָּעַלְתִּי בָם–נְאֻם-יְהוָה.

 

31 qui ne sera pas comme l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères le jour où je les ai pris par la main pour les tirer du pays d’Egypte, alliance qu’ils ont rompue, eux, alors que je les avais étroitement unis à moi, dit le Seigneur.

 

לב כִּי זֹאת הַבְּרִית אֲשֶׁר אֶכְרֹת אֶת-בֵּית יִשְׂרָאֵל אַחֲרֵי הַיָּמִים הָהֵם, נְאֻם-יְהוָה, נָתַתִּי אֶת-תּוֹרָתִי בְּקִרְבָּם, וְעַל-לִבָּם אֶכְתְּבֶנָּה; וְהָיִיתִי לָהֶם לֵאלֹהִים, וְהֵמָּה יִהְיוּ-לִי לְעָם.

 

32 Mais voici quelle alliance je conclurai avec la maison d’Israël, au terme de cette époque, dit l’Eternel: Je ferai pénétrer ma loi en eux, c’est dans leur coeur que je l’inscrirai; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple.

 

Une telle problématique additionnelle concerne aussi le rapport du puiné-celui qui arrive après- à l’aîné, de Jacob- qui prendra le nom d’Israel à la suite de son combat avec l’Ange- par rapport à Esaü. Cela nous renvoie aux affrontements survenus à la suite de la mort du roi Salomon, ce qui conduira à la formation d’un Royaume d’Israel qui fera pendant au Royaume de Juda, ce qui constitue une donnée politique nouvelle. Rappelons que Jésus déclare qu’il est venu pour « les brebis perdues de la maison d’Israel » et c’est lui qui brandit l’idée de Nouvelle Alliance. N’oublions pas la distinction entre Ancien et Nouveau Testaments,ce qui va dans le même sens additionnel. Il n’est pas étonnant, dans ces circonstances, que la Bible chrétienne ait englobé l’Ancien Testament. Boyarin insiste sur certaines convergences en soulignant l’évolution du judaisme mais il semble oublier que cette évolution fait déjà problème en elle-même et que le christianisme n’est que la continuité, l’ »accomplissement », de ce qui s’est joué autour du Royaume d’Israel, bien des siècles avant le temps de Jésus !

 

Pour nous, il nous semble qu’il importe de prendra acte d’un tel revirement et de comprendre que l’Ancien Testament aura déjà fait l’objet de manipulations, ce dont le judaisme actuel ne semble pas avoir pris la mesure, véhiculant de facto une approche qui appartient au dit Royaume d’Israel. Pour nous, le scandale de la récitation du Shema Israel comme expression de la foi juive devra cesser tôt ou tard, mais cela vaut aussi pour la célébration du « septième jour » qui est une invention « israélite » en ce qu’elle constitue bel et bien une subversion. C’est bien là un « Cheval de Troie » !

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Jacques Halbronn Astrologie. Le tétramorphe et la Lutte des classes

Posté par nofim le 17 mai 2021

 

Astrologie . Le tétramorphe et la Lutte des Classes.

par Jacques Halbronn

 

 

Comme dans le cas des Centuries de Nostradamus, qui ne se comprennent qu’au prisme des quatrains de ses almanachs (cf nos trois études sur le passage du Nostradamus premier au Nostradamus bis.) on doit se demander quelle a pu être la matrice des 12 « signes » zodiacaux (de Zoé, la vie en grec, l’animal (zoon), d’où le zoo) et selon nous, ce fut ce qu’on appelle le « tétramorphe) (de tetra : quatre, décidément, on ne sort pas du 4)

Le tétramorphe a ses lettres de noblesse:on le trouve dans la vision des « Hayoth » (de Hayim : la vie – à rapprocher du Zoon grec ) d’où l’expression juive pour trinquer), dans le Livre du prophéte Ezékiel, dans les arcanes majeurs du Tarot avec l’arcane « Le Monde » avec les 4 étoiles fixes Royales qui se trouvent placées au sein de 4 constellations que sont le Taureau (Aldébaran), le Lion (Régulus), l’Aigle (Scorpion (Antarés) et l’Homme (Adam, le Verseau, Fomalhaut( dans la constellation du Poisson Austral)/ Ce sont les quatre signes « fixes » de l’astrologie. Les 4 Evangélistes sont associés à ces « êtres vivants » en rapport avec les quatre saisons. .Initialement, es 4 étoiles fixes devaient correspondre aux équinoxes et aux solstices mais cela aura cessé de s’accorder du fait de la précession des équinoxes. On pense aussi aux composantes de certains sphunx : visage humain, corps de taureau, aile d’aigles et pattes de lion.

Selon nous, le taureau correspondrait à Jupiter et l’Aigle à Saturne mais nous retiendrions surtout l’idée de prédateur et même de rapace sinon de charognard de cet oiseau qu’affrontera Héraklés lors de l’un de ses Douze Travaux (cf Dupuis, L’origine des cultes), les Oiseaux du Lac de Stymphale mais Hercule affrontera aussi le Taureau de Crète Le Taureau c’est aussi la Vache, la « vache à lait », le bœuf étant un animal de sacrifice comme le mouton.

Selon nous, le bœuf et le lion incarnent les « bonnes » saisons, printemps et Eté tandis que l’aigle et le serviteur sont en rapport avec les « mauvaises » saisons, Automne et Hiver, ce qui renvoie au conflit entre Déméter (Cérés) et Hadés (Pluton)

Il est clair que les bonnes saisons permettent de faire des provisions pour les mauvaises, comme les vaches « grasses » du Songe de Pharaon par rapport aux vaches « maigres » C’est à l’automne que l’on tue le cochon pour en faire de la charcuterie (chair cuite) et il est étrange que cet animal ne soit pas représenté dans l’iconographie zodiacale occidentale alors qu’il est présent dans le zodiaque chinois.

Ce que nous voulons montrer ici, c’est que Jupiter, le ‘Grand Bénéfique » correspond au Taureau et que Saturne, le » Grand Maléfique », en astrologie, correspond à l’Aigle,à l’oiseau de proie. Jupiter, c’est le chef, le guide, le pasteur alors que Saturne, c’est le peuple, la masse, la foule qui manifeste pour qu’on la nourrisse de pain et qu’on lui offre des jeux : panem et circenses. On a vu pendant la pandémie à quel point la suspension/ suppression de toutes sortes de loisirs aura rencontré de protestations. Dans une précédente étude, nous avions montré ce que pouvait signifier, impliquer le glissement de l’Ancienne vers la Nouvelle Alliance (cf le Livre du Prophéte Jérémie ch.XXXI), du régime de Jupiter à celui, plus contraignant, de Saturne. Cette Nouvelle Alliance est en fait un chatiment infligé par Dieu à la maison d’Israel, en rupture avec la maison de Judah, qui ne respecte pas ses commandements. Actuellement, le judaisme adhère à une religion hybride, synthétique, à telle enseigne qu’on récite dans les synagogues un « Ecoute Israel »  non plus perçu commme une condamnation par les prophétes mais comme une profession de foi  un peu comme dans les Eglises, on réservait des propos méprisants pour les Juifs « impies ».

Le cas du Verseau est typique d’une certaine confusion, ce qui empêche de bien cerner le sens du tétramorphe : Paul Le Cour rapproche ce signe du personnage de Ganyméde dans son ouvrage sur l’avénement du verseau, paru avant la Seconde Guerre Mondiale. Or, Ganyméde est un serviteur, un échanson qui sert à boire, à la table des dieux, d’où son surnom de « verseau » (Aquarius), il incarne l’ouvrier, l’employé, le mercenaire, qui reçoivent un salaire pour leur travail. En cela, le Verseau à l’instar de l’Aigle, sont des êtres « intéressés » dont les actes sont dictés par l’appât du gain. Ils n’ont pas la générosité de la vache, ni la dignité du lion. En ce sens, l’ère du Verseau serait prolétarienne et Marx serait son prophète.

Pour nous, le personnage de Jésus correspond au Taureau confronté au peuple saturnien (voir la scène de la Tentation) qui va le condamner en lui préférant Barrabas pour échapper au supplice..Saturne, c’est Satan. Ce sont les scènes de lynchage pratiqué par une foule s’acharnant sur un homme accusé à tort ou à raison.

Le tétramorphe illustre le combat entre deux mondes et nous y voyons une forme de manichéisme. Au signe de la balance, qui correspond à l’équinoxe d’automne, (symbole de la Justice), on passe des bonnes aux mauvaises saisons. Les Juifs y inscrivent le Jour du Pardon, le Yom Kippour. A l’inverse, à l’équinoxe de printemps, on retrouve une nature généreuse. C’est le temps de la Pâque, de l’agneau pascal.

L’astrologie doit se réapproprier le tétramorphe, qui orne souvent les cathédrales (cf le Christ pantécrator) car on y trouve une dimension cyclique, une forme d’alternance voire de dilemme entre le pouvoir du chef et celui de la masse, du « démos » (démocratie). Pour en revenir à ce que nous évoquions au sujet des Alliances, ancienne et nouvelle, il y a, comme dit l’Ecclésiaste, un temps pour ceci et un temps pour cela. Un temps qui est celui d’un leader (Jupiter) qui guide un peuple par son charisme, d’un pasteur et de son troupeau – image courante dans les Evangiles – et un temps où le peuple est mu par des forces subconscientes (Saturne) qui s’emparent de son esprit. Saturne met parfois une chape de plomb qui ne laisse à la Société aucune marge de manœuvre mais assure une forme d’égalité, par un nivellement par le bas -cela correspond au passage équinoxiale et au solstice, Jupiter vient libérer le peuple de son esclavage, chaque période durant 7 ans, ce qui nous renvoie au Songe de Pharaon tel qu’interprété par l’Hébreu Joseph. Le cycle de Jupiter est plus de deux fois plus rapide que celui de Saturne (trois ans par période au lieu de sept ans, et Jupiter est alors en mesure de libérer ses frères et sœurs avalés par leur père Saturne-Kronos, notamment quand Jupiter passera au carré du soleil natal de tel ou tel chef , – mais tout dépend de l’élection du « bon » chef- ce qui se produit tous les six ans.( cf nos études à ce sujet). On aura compris que la Gauche, en politique correspond à Saturne et la Droite à Jupiter. Ce sont là deux formes d’exercice du pouvoir qui comportent l’une et l’autre leurs excés. La Gauche incarne la base (le « bottom ») et la Droite rassemble des notables, une certaine élite dirigeante. L’astrologie est en mesure d’arbitrer, pensons nous, la Lutte des Classes.

 

 

 

JHB

17 05 21

 

 

 

 

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Jacques Halbronn Sociologie des Entre sois. L’identité

Posté par nofim le 14 mai 2021

 

 

Sociologie des entre-sois. Première partie

L’identité.

 

Par Jacques Halbronn

Nous entendons par « entre soi » un ensemble de pratiques et de discours propres à un groupe donné.

I La création d’un entre soi

Le leader est celui qui crée des entre soi, introduit des habitudes nouvelles qui constitueront à la longue un certain socle , un modus vivendi. L’Entre soi apparaît donc au départ comme une innovation mais du fait de son appropriation par le groupe concerné,il tend à glisser vers le statut de tradition, oubliant de surcroit ses conditions d’émergence  avec la conviction qu’il s’agit de l’émanation même du groupe alors que c’est bien plutôt la marque de sa dépendance par rapport à l’initiateur du dit Entre Soi. Rien de ce à quoi le groupe s’est attaché ne lui est véritablement propre. Le groupe voudrait que le dit Entre soi se révélât irréversible et définitif et voit d’un mauvais œil toute tentative de remplacement, de substitution alors même qu’à l’origine l’Entre soi en question est le fait du « Père » fondateur. D’une certaine façon, l’Entre Soi est né de la rencontre entre un leader et un groupe de personnes tout comme un enfant est le résultat de la formation d’un couple. Cela s’oppose au « bottom up » (du bas vers le haut) alors que le peuple ne fait que renvoyer, en se l’appropriant, au leader ce qu’il a introduit.

II Causes et conséquences de l’Entre Soi.

Cela dit, les personnes qui se rassemblent autour d’un Entre soi ont dès le départ des points communs. Qui se ressemble s’assemble. D’une certaine façon, la mise en avant d’un certain Entre soi nous apparaît comme une « couverture », un « prétexte »  laissant l’impression de la poursuite d’un certain objectif à atteindre alors qu’il s’agit de se retrouver entre personnes présentant objectivement un certain nombre de points communs. Cela dit, l’Entre-Soi, en tant que tel , est voué à développer certains traits de comportement -on parlera donc d’effets – venant s’ajouter, se combiner aux causes décrites plus haut, ce qui structure la spécificité de chaque/tout Entre- soi.

Selon l’adage qui veut que l’on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre l’Entre Soi contribue à produire un certain nombre de limitations qui sont la contre- partie de certains choix, de certaines priorités, l’adoption d’habitudes qui offrent des avantages et des inconvénients.

Or, il nous semble que l’on assiste à une forme de déni de l’Entre Soi caractérisant une personne donnée comme si l’Entre Soi dont on est en quelque sorte l’adepte, par choix ou par nécessité – on pense notamment au cas anatomique, organique  des femmes- ou à un « club » de personnes présentant les mêmes addictions.(Alcoolique Anonymes) ou les mêmes origines ethniques, religieuses, géographiques, linguistiques etc.

Le débat que nous entendons ouvrir est celui du poids des entre-sois sur leurs membres. C’est ainsi que nous pensons que la pratique d’une langue donnée constitue un entre soi et que l’apprentissage d’une langue est formateur d’une certaine structure mentale. On ne pratique pas le français et l’anglais sans que cela produise certains effets générés respectivement par le génie de chaque langue.

Inversement, un Entre soi donné, favorisera certaines tendances et inversment risque d’en bloquer d’autres. Autrement dit, un Entre Soi, quel qu’il puisse être, n’est nullement inoffensif ni indifférent pour le pire comme pour le meilleur.

 

 

III La gestion des entre sois

Il est clair qu’un même société peut englober toute une série d’entre – sois qu’il va bien falloir faire coexister sans que cela donne lieu à trop de heurts, de tensions.Il y a débat entre ceux qui sont prêts à accepter de la diversité et ceux qui entendent la résorber autant que possible. Cela tourne autour de l’assimilation, de l’intégration,ce qui dépasse largement la question classique des « migrants » car, de toute façon, les personnes appartenant à des entre-sois différents auront entre elles des rapports d’étrangeté, quand bien même présenteraient -elles globalement des profils comparables. En ce sens, le débat autour des « étrangers » ne fait qu’occulter la tendance de toute société à générer en son sein de la diversité, y comprise quand la même langue, la même religion sont pratiquées. Un clivage incontournable est celui des hommes et des femmes, étant bien entendu qu’une personne peut relever de plusieurs entre soi à la fois, ce qui rejoint l’idée d’intersectionnalité.(cf Michèle Bittton, Michèle Hassoun, « Lilly Scherr Une historienne juive insoumise », ed BJM Lilly Scherr, Marseille 2005)

Il y a là comme un paradoxe en ce sens que l’on peut fort bien constituer un Entre Soi autour de tel ou tel objectif revendiquant par exemple un statut d’égalité avec d’autres Entre soi. L’existence de tel ou tel Entre soi ne signifie pas que l’on y soit en mesure d’atteindre tel ou tel objectif mis en avant, ne serait-ce que précisément du fait des origines des participants. En ce sens, un Entre Soi peut tout à faire alimenter des fantasmes. Mais après tout, pour quoi pas du moment que cela ne vienne pas nuire à un certain ordre social.

Cela dit, il y aura nécessairement des luttes entre divers Entre sois, chacun d’entre eux s’efforçant de se persuader qu’il incarne le progrès, l’avenir.

En tout état de cause, il est clair que nous ne vivons pas dans une société d’individus mais de membres d’Entre sois même si comme on a dit, une personne peut adopter les pratiques et les discours de plusieurs Entre sois. Les partis politiques sont des Entre sois visant à prendre le pouvoir ou en tout cas à le partager . Notons que tant le monde scientifique qu’artistique se structurent sur la base d’entre sois. De nouveaux entre sois sont toujours susceptibles d’apparaitre, à l’instigation de nouveaux leaders plus ou moins inspirés, capables de convaincre et de rassembler autour d’eux.

 

 

 

 

JHB

13 05 21

 

Publié dans féminisme, FEMMES, judaîsme, LINGUISTIQUE, POLITIQUE, RELIGION | Pas de Commentaire »

Jacques Halbronn Le syncrétisme biblique dans le monde juif

Posté par nofim le 12 mai 2021

 

 

 

Le syncrétisme biblique dans le monde juif

 

par Jacques Halbronn

 

Nous avons déjà évoqué notre thèse selon laquelle les Israélites, les gens du Royaume du Nord nous auraient transmis « leur » Pentateuque alors que les Judéens nous auraient transmis les Livres des Prophétes, ce qui forme un étrange diptyque.

 

En ce qui concerne le Pentateuque, le Livre de l’Exode en est la preuve flagrante puisque tout le Livre met en scène les »fils d’Israel » (Beney Israel) et ce sont eux qui sont les témoins de la Révélation au Mont Sinai, ce sont eux qui construisent le Veau d’Or.

 

Nous avons, pour notre part, la faiblesse de penser que le récit de la Sortie d’Egypte, célébrée à la fête de Pessah, aurait été calqué sur l’Edit de Cyrus, ramenant les Judéens sur leur Terre au Vie siècle avant JC. La sortie d’Egypte serait une contrefaçon antidatée.

 

Nous voudrions ici insister sur la question du Shabbat dont il est question dans le dit Livre de l’Exode en nous demandant si cette pratique ne reléve pas de l’influence israélite. Or, le Shabbat renvoie au Livre de la Genése, qui serait le septième jour de la Création (Genése Chapitre II) alors que les six Jours de la Création relévent du Chapitre Ier.

 

Mais commençons par des observations d’ordre formel qui trahissent une tentative fautive de fabriquer un faux dans le style d’une époque révolue, notamment dans un usage erratique du vav renversif ou conversif. Si l’on s’en tient au premier chapitre de la Genése, on trouve un premier verset sans usage du dit Vav : Beréshit bara Elohim. Avec le Vav, on aurait «VaYivra » Elohim. Mais quelques lignes plus loin, retour du Vav Conversif : Vayomer Elohim : « Dieu dit ». Ici le futur devient du passé, en application du Vav conversif. Sans le Vav, on aurait mis « Amar », le passé de Omer.

 

Si l’on consiére les deux fils d’Isaac, l’on voit que Jacob est préféré et reçoit la bénédiction. Or, Jacob va être nommé Israel -épisode la Lutte avec l’Ange alors qu’Esau, l’ainé, se voit dépouiller de son statut de premier né. Or, On nous dit qu’Esaü sera lié à Edom, mot qui est de même racine qu’Adam (Aleph, Daleth, Mem)cet Adam dont on nous narre les mésaventures au Jardin d’Eden,aux chapitres II et suivants du Livre de la Génése avec l’épisode du Serpent tentateur.

 

Cet Adam n’est certes pas aussi glorieux que l’Adam du premier Chapitre où l’on nous dit qu’il a été créé, mâle et femelle, à l’image de « Dieu ». Or, coup de théatre, au Chapitre II, on nous dit que Dieu trouve Adam bien seul. Comment expliquer un tel revirement ? Selon nous, il s’agit de deux humanités différentes, celle des Jupitériens androgynes et celle des Saturniens, voués à une forme de grégarité, à un statut collectif. Les uns sont les maitres, les autres les esclaves.

 

Lilly Scherr, que nous avons eu comme enseignante aux Langues O (INALCO) au début des années soixante-dix, rappelle -sans le valider- qu’il existait dans le monde hassidique, une sorte de trio (cf Lilly Scherr. Une historienne juive insoumise, dir. Michéle Bitton et Michèle Hassoun, Ed. BJM (Bibliothèque juive de Marseille) 2005) à savoir le Tsadiq, le Hassid et sa femme.

 

« Le but de l’homme c’était de vivre chez son maitre » (La femme juive à travers les siècles. Les Nouveaux Cahiers, n°46 ; 1976, Numéro spécial « Femmes juives. Voix d’EL-les’ (sic) p. 59) Cela nous conduit à adopter une vision ternaire de l’Humanité , deux hommes et une femme et nous pensons aux premiers chapitres du Livre de la Genése. L’Adam du premier chapitre ne serait pas l’Adam des chapitres suivants. Le « premier » Adam est androgyne à l’image de son « Créateur » alors que le second Adam sera doté d’une compagne. On nous rappelle que « la Kabbale attribue elle aussi au tsadik des pouvoirs divins, dont celui de servir d’intermédiaire entre Dieu et le peuple juif ». La grande question, selon nous, est d’apprendre à distinguer entre les deux Adams. Les Juifs correspondraient au premier Adam jupitérien et les rédacteurs israélites du Pentateuque auraient juxtaposé un second Adam saturnien soit les deux histoires, celle de l’Androgyne et celle du couple qui engendre. Mais il apparaît que les Judéens seront parvenus, dans le texte biblique du Pentateuque, à contrer le parti israélite en faisant condamner le couple saturnien, expulsé du Jardin d’Eden.

 

Quid du Shabbat ? Il s’agit selon nous d’une invention des Israélites. Le nom de ce jour renvoie à Shabtaï, nom de la planéte que nous connaissons sous celui de Saturne. Le Shabbat marque l’arrêt du temps de la Création en six jours. Le Shabbat  saturnien

prendrait le contrepied du temps jupitérien.

 

A contrario, les Livres des Prophétes sont anti-israélites et le célébre « Shema Israel » est une injonction s’adressant à la « maison d’Israel » (formule qui sera reprise dans les Evangiles, placée dans la bouche de Jésus- pour les mettre en garde. Ce n’est donc aucunement une profession de foi proposée aux Judéens. Ainsi, dans l’image des Israélites dans les livres des Prophétes diffère radicalement de celle distillée dans le Pentateuque.

 

Comment expliquer que ces deux livres puissent cohabiter au sein d’un même recueil, constitué de trois volets, le Pentateuque, les Prophétes et les Hagiographes ? Nous avons l’exemple des Prophéties de Nostradamus, qui comporte deux volets, correspondant à des camps opposés, dans la seconde moitié du XVIe siècle.(cf notre mémoire sur Nostradamus ;

 

sur SCRIBD Les légendes dorées du prophétisme, de Nostradamus à André Barbault, 2021)

 

On aura donc, dans une démarche typiquement syncrétique , mis ensemble des textes traitant certes du même sujet mais selon des angles d’approche diamétralement opposés. Une affirmation d’unité -telle qu’affirmée dans la dite profession de foi, aura si longtemps pu donner le change. A l’Ecoute Israel des Prophétes fait pendant le « Garde toi Tours de ta proche ruine »(IV, 46) du premier volet des Centuries, la ville de Tours désignant ici l’ennemi , dont la capitale était cette ville.(ce qui fut aussi le cas lors de la guerre avec la Prusse en 1870) On peut dire que l’office du Shabbat dans la synagogue comporte deux volets, celui du sixiéme jour, le vendredi soir et celui du septième jour, le samedi. On aura donc placé à la suite l’un de l’autre le récit judéen puis le récit israélite. Quant au « Nouveau Testament » qui est rajouté dans la « Bible » chrétienne, il s’efforce d’aboutir à une unité, Jésus proclamant «  je suis venu pour les brebis perdues de la Maison d’Israel ». On comprend l’insistance de l’Unité (le Ehad) dans le « Shema Israel »

 

 

 

JHB

 

12. 05.21

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jacques Halbronn Théologie. Les Chrétiens « brebis perdues de la maison d’Israel ».

Posté par nofim le 2 mai 2021

 

Théologie. Les Chrétiens, « brebis perdues de la maison d’Israël »

par Jacques Halbronn

 

Rapport adressé à Elzbiéta Amsler, Directrice : Amitié judéo-chrétienne de France

 

 

 

Dans l’optique d’un dialogue entre Juifs et Chrétiens, nous proposons de reconnaître dans le Christianisme la continuation de la maison d’Israel à condition, bien entendu, de rappeler que la « maison d’Israel » n’est pas la « maison de Judah » (cf notre précédent texte à ce sujet) Selon nous, le projet initial de Jésus était la reconstitution, la restauration de la dite « maison d’Israel ».

Cela fait d’autant plus sens que les populations constituant, à la mort de Salomon, le royaume d’Israel n’étaient probablement pas « juives » mais vassalisées par la dynastie davidienne, pratique courante à l’époque. D’ailleurs, comment comprendre autrement cette révolte, cette revendication face à la dite dynastie ? Le clivage enre les deux royaumes avait certainement des racines profondes et d’ailleurs l’Epitre aux Hébreux souligne l’existence d’un tel décalage, dénote le ressentiment d’une population colonisée. L’on sait par ailleurs que l’action de Jésus fut largement centrée sur la Galilée, donc sur le Royaume du Nord, détruit par les Assyriens au VIIIe siècle. Les Prophétes n’auront eu de cesse d’interpeller les gens d’Israêl sur leurs mœurs, leur culte, d’où le fameux « Ecoute Israel » que l’on considère bien à tort comme un marqueur identitaire pour les Juifs ! Qu’en outre, le nouvel Etat Juif (  Judendestaat)

ait adopté le nom d’Israel ne fait qu’ajouter à la confusion puisque ses citoyens se nomment des « Israéliens »  sans parler du fait que les Juifs se firent longtemps appeler « Israélites », notamment au XIXe siècle.

Il serait donc souhaitable que l’on mit fin à des appellations trompeuses. Mais par ailleurs, nous ne voyons pas d’inconvénient à ce que les Chrétiens se référent à Israel:ils ont d’ailleurs employé l’expression « verus Israel ». pour se désigner.

Par ailleurs,le livre de l’Exode est marquée de bout en bout par la formule « fils d’Israel » (beney Israel). Cela tient au fait que ce Livre aura en fait été rédigé par des ressortissants, des tenants de la « maison d’Israel ».L’on comprend d’ailleurs ainsi pourquoi les Chrétiens ont intégré le Pentateuque dans leur «  Bible »

Jésus est l’interface entre les deux « maisons » d’Israel et de Juda, puisque lui-même était Judéen ,né à Betléhem, mais aurait vécu à Nazareth et préché près du Lac de Tibériade.

Parler du monde judéo-chrétien fait sens si l’on renvoie aux relations israélo-judéenne du temps de David et de Salomon.

Ajoutons que cette dualité, nous la trouvons mise en scène dans le Livre de la Genése avec les jumeaux Esau et Jacob., fils d’Isaac, petits fils d’Abraham. On sait que Jacob sera nommé Israel. Mais quant à Esau, il est absurde d’en faire le père d’une lignée étrangère, il est associé à Edom, qui est assimilable à Adam : ce sont les mêmes consonnes. Pour nous les Judéens sont des « fils d’Adam » et les Chrétiens les fils d’Israel. Il importe donc que les Juifs récupèrent le personnage d’Esaü-Edom et s’attribuent la lignée de Jacob-Israel. La notion même de « Fils de l’homme » est un contre-sens, il faut comprendre « fils d’Adam », donc Juif et c’est ainsi que les prophétes furent souvent interpellés par « Dieu ». : Ben Adam. Les traductions « fils de l’homme » prétent à confusion. Mais, répetons-le, le Livre de l’Exode est l’affaire des Israélites et il est étrange que les Juifs aient adopté un tel ouvrage. Ils sont les dindons de la farce. Selon nous, il devrait être exclus de la pratique juive synagogale hebdomadaire- au profit des Livres des Prophétes (Neviim), qui fait suite (dans le « tanakh », Torah, Neviim, Ketouvim) au Pentateuque, lequel est si fortement marqué par l’entre-soi des Israélites.. Rappelons aussi que la condamnation pat les Prophétes d’Israel ne vise aucunement les Judéens mais bien la maison d’Israel. Que par la suite, les Juifs aient adopté une telle appellation, notamment dans le Talmud, ne change strictement rien à l’affaire. Il faut absolument cesser de qualifier les Juifs d’Israel et accorder cette filiation, au moins sur le plan spirituel, aux Chrétiens. D’ailleurs, encore de nos jours, l’on voit bien ce qui distingue le culte chrétien du culte juif avec notamment la question des représentations, des images, des idoles ce qui était déjà une pomme de discorde à l’époque biblique.

Quant à la question proprement théologique,nous dirons que notre humanité a besoin de personnages qui soient l’interface entre Dieu et les hommes mais ces personnages qui sont des « Justes » et Jésus sera appelé Juste- doivent être présents en tout temps et en tous lieux, comme le montre le dialogue d’Abraham et de Dieu à propos du sort de Sodome. Combien de Justes, de Tsadikim ? Et l’on sait que le terme de Tsadiq aura été notamment développé en milieu hassidique.

 

 

 

 

 

JHB

02 05 21

 

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