Jacques Halbronn Analyse critique comparée de l’hébreu et du français

Posté par nofim le 21 avril 2021

Analyse critique comparée de l’hébreu et du français.

par Jacques Halbronn

 

En 1989, nous avions terminé un mémoire sous la direction de Louis Jean Calvet, consacré aux rapports entre le français et l’anglais(Essai de description du système du français à la lumière des relations interlinguistiques. en ligne sur SCRIBD) trente ans plus tard, nous proposons un autre exercice relatif aux rapports entre le français et l’hébreu, du fait de notre formation linguistique

à l’INALCO,(Langues ‘O) dans les années soixante -dix. La thèse que nous soutenons vise à montrer les similitudes entre les deux langues non point certes du point de vue lexical mais sur le plan »morpho-phonologique ».

Nous commencerons par traiter du « sheva » en hébreu lequel correspond peu ou prou au « e muet » du français.

Article Wikipedia :

« soit une voyelle très brève [ə], analogue à un e « muet » en français (« maintenant »). Dans ce cas, il est appelé shewa mobile. soit l’absence totale de voyelle. Dans ce cas, il est appelé shewa quiescent. »

L’exemple fourni « maintenant » nous indique qu’en fait l’on prononce « maint’nant » et que la lettre « e » est ici « muette », ce qui indique une dialectique entre l’écrit et l’oral, sachant que l’hébreu n’indique pas les voyelles à ‘l’

écrit, ce qui est la pratique de l’hébreu moderne.

Mais là où les deux langues diffèrent tient au fait que le e du français détermine la prononciation de la consonne qui le précéde. Ainsi dans « grande », la consonne « d » s’entend parce que suivie d’un « e » alors que dans « grand », la consonne « d » ne se prononce pas. On voit déjà que le français a un usage plus sophistiqué, plus élaboré, du « sheva » que l’hébreu tel qu’il se pratique.

Toutefois, il ne faudrait pas négliger des formes qui se substituent en hébreu à une consonne, mais il s’agit alors du marqueur de pluriel en « im » comme dans « Elohéi Avraham « (Exode III) qui remplace Elohim ou encore Sifréi Torah au lieu de Sefarim. Cette pratique n’est pas sans évoquer la façon dont le français remplace la lettre « l » par la lettre « u » : cheval/chevaux, « de le »par du etc En hébreu, la forme possessive conduit à suivre le même processus de réduction : Elohim Shélanou devient Elohéinou avec encore une fois l’occultation du « im ». On parle alors d’un « état construit » (Semikhouth)

Un autre cas remarquable est celui des consonnes « doubles », c’est à dire comportant une double prononciation, selon qu’on leur adjoint ou non un point, appelé daguesh. Traditionnellement, il y a six lettres dans ce cas, le beith, le guimel, le daleth (que l’on retrouve en grec, beitha, gamma, delta) plus le kaph, le péh et le Thav. En

hébreu moderne, plusieurs de ces lettres ont perdu ce caractère double : le ghimel, le daleth et récemment le Thav que l’on retrouve dans « Shabbes » pour Shabbat, en yiddish. On retrouve une telle dualité en français avec la lettre « p » qui se prononce « f » quand suivi d’un « h » qui joue le rôle du daguesh.Or, la lettre hébraique offre exactement la même dualité phonique. L’anglais a conservé cette dualité avec le « t » et le « th ». La forme « ch » va dans le même sens : le chat et le camp. Cette dualité

joue un rôle au niveau grammatical : ani kotev  et  infinitif  Likhtov.

Il convient de signaler certaines anomalies de l’hébreu que l’on ne trouve pas en français, ce qui nous améne à penser que le français, par certains côté a su conserver un métalangage en meilleur état que l’hébreu.

Que penser ainsi de la forme « At oméret » ou « Ata omer » où le masculin du pronom personnel est plus long qu’au féminin mais où le verbe au féminin est plus long qu’au masculin ? On est très vraisemblablement en présence d’une corruption, y compris dans les prières avec la forme » Baroukh ata » s’adressant à Dieu. Le français respecte le principe d’une forme féminine plus longue que ne l’est la forme masculine. Mais l’hébreu présente ici une exception qui rejaillit sur le marqueur du possessif : shelakh, à toi au féminin et shelkha, à toi au masculin alors que cela devrait être logiquement le contraire. Mais cela vaut aussi pour le prétérit : à la deuxième personne du singulier, katavt tu as écrit (pour une femme ) et katavta, tu as écrit pour un homme  puisque le prétérit hébreu utilise ici les pronoms personnels..En revanche, on a,  à la troisième personne du singulier katav, il a écrit, et katva, elle a écrit

Tishma : e muet permet de combiner des consonnes entre elles. Comme en français. Mais en français, l’usage est bien plus étendu qu’en hébreu.

En fait, certaines langues ont vocation à être avant tout

consonantiques et à se passer des voyelles. Le rôle du « e » serait ainsi de favoriser le « mariage » des consonnes et la langue française semble être la mieux équipée dans ce sens. Mais paradoxalement, comme on l’ a montré plus haut, elle tend aussi à occulter les consonnes finales, ce qui conduit dans bien des cas les mots français à se terminer par un son vocaliques.

En vérité, ne conviendrait-il pas de se méfier de telles contradictions? Nous serions tentés de penser que les cartes ont été brouillées, mêlées. Le masculin serait consonantique et le féminin vocalique. Par voie de conséquence, grande serait la prononciation masculine, et grand la prononciation féminine ! L’anglais qui refuse la solution « féminine » au sens vocalique du terme, serait plus proche de l’esprit du français que ne le serait le français actuel ! Il aurait conservé ce « bon » état du français lequel se serait perdu en France. Intelligent prononcé à l’anglaise serait la forme masculine tandis que prononcé à la française, ce serait la forme féminine ! On comprend dès lors la résistance que l’on observe quand les locuteurs rechignent à ne pas prononcer les consonnes finales dans un nombre assez significatif de cas. L’infinitif en « er »-prononcé « é »

serait typiquement féminin et d’ailleurs comment ne pas constater la confusion des esprits face à des formes prononcées à l’identique écrites en er, ez, es , ef ,ed ?

L utilisation de l’accent sur le e en é,dans le participe passé de la première conjugaison du français entérine cette suppression consonantique. Or, les anglais ont conservé la forme en « ed » remplacée par le e accentué. Rappelons que le e peut se prononcer « é » même non accentué comme dans « dessert », l’accent ayant toujours pour misssion, comme l’apostrophe, d’indiquer une occultation mais l’accent indique l’occultation d’une consonne alors que l’apostrophe indique l’occultation d’une voyelle mais surtout du e  « muet » pour permettre une combinatoire de consonnes.

Malheureusement, l’apprentissage du français à l’école ne transmet pas correctement la tradition orale de cette langue, ce qui crée un clivage durable entre les locuteurs qui ont appris la langue au berceau et ceux qui l’ont apprise scolairement encore que- comme on vient de le faire remarquer- la tradition orale en française ne soit plus tout à fait fiable.

Pour en revenir à l’hébreu, on rappellera que le tétragramme ne doit pas se prononcer, ce qui correspond à un rejet des voyelles perçues comme féminines. La forme « trilitère » du verbe en hébreu, se prête d’ailleurs idéalement à une combinatoire des consonnes, ce qui vaut pour une autre langue sémitique, l’arabe qui semble avoir été moins envahie par les voyelles avec une prédilection pour le son « e » : kteb : écris , akel, mange là où l’hébreu met le son « é ».;kotèv, okhél. Le cas du Shabbat est emblématique car en yiddish, on prononce «a gut shabbes », sans le son « a » typiquement féminin « shabbat shalom »!

 

21. 04. 21

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Jacque Halbronn Quelle est la ‘maison d’Israel »?

Posté par nofim le 20 avril 2021

Quelle est la « maison d’Israël » (Beyt Israel) et quelle est la « Nouvelle Alliance » (Brith Hadasha) dans la Bible. ? Par Jacques Halbronn

Ce serait un grave contre-sens de comprendre le texte de Matthieu 10:6 « mais allez plutot vers les brebis perdues de la maison d’Israel. » -( King James Bible «  But go rather to the lost sheep of the house of Israel » ; en grec avec le mot « Oikon  Israil», maison (qui a donné économie écologie) dans la version grecque du dit Evangile :.

πορεύεσθε δὲ μᾶλλον πρὸς τὰ πρόβατα τὰ ἀπολωλότα οἴκου Ἰσραήλ.

mais allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël

comme désignant le « peuple juif » dans son ensemble.

La forme « maison d’Israel » a généralement été mal comprise, délibérément ou non. En fait, cette expression doit être rapportée aux Livres des Prophétes et notamment à celui de Jérémie (XXXI, 30-32) : l’on y oppose les deux « maisons » au verset 30, si ce n’est qu’au verset 32, seule figure, est mentionnée la «  maison d’Israel ». Rappelons

que l’Ancien Testament tel que nous le connaissons aura été, selon nos travaux, considérablement le fait de la dite maison d’Israel et c’est d’ailleurs probablement pour cette raison qu’il aura été adjoint au Nouveau pour le désigner globalement sous le nom de ‘Bible » (terme qui en grec signifie simplement livre). Selon nous, Jésus s’était mis en tête de réunir les deux « maisons » (cf notre étude Le « Juste » et le « Témoin » dans la Bible. Genése XVIII)

Jérémie : XXXI

ל הִנֵּה יָמִים בָּאִים, נְאֻם-יְהוָה; וְכָרַתִּי, אֶת-בֵּית יִשְׂרָאֵל וְאֶת-בֵּית יְהוּדָה–בְּרִית חֲדָשָׁה.

30 Voici, des jours vont venir, dit Yahwé où je conclurai avec la maison d’Israël (Beyt Israel) et la maison de Juda (Beyt Yehouda) une alliance nouvelle, (Brith Hadasha)

לא לֹא כַבְּרִית, אֲשֶׁר כָּרַתִּי אֶת-אֲבוֹתָם, בְּיוֹם הֶחֱזִיקִי בְיָדָם, לְהוֹצִיאָם מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם:  אֲשֶׁר-הֵמָּה הֵפֵרוּ אֶת-בְּרִיתִי, וְאָנֹכִי בָּעַלְתִּי בָם–נְאֻם-יְהוָה.

31 qui ne sera pas comme l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères le jour où je les ai pris par la main pour les tirer du pays d’Egypte, alliance qu’ils ont rompue, eux, alors que je les avais étroitement unis à moi, dit Yahwé.

לב כִּי זֹאת הַבְּרִית אֲשֶׁר אֶכְרֹת אֶת-בֵּית יִשְׂרָאֵל אַחֲרֵי הַיָּמִים הָהֵם, נְאֻם-יְהוָה, נָתַתִּי אֶת-תּוֹרָתִי בְּקִרְבָּם, וְעַל-לִבָּם אֶכְתְּבֶנָּה; וְהָיִיתִי לָהֶם לֵאלֹהִים, וְהֵמָּה יִהְיוּ-לִי לְעָם.

32 Mais voici quelle alliance je conclurai avec la maison d’Israël, (Bayt Israel) au terme de cette époque, dit Yahwé: Je ferai pénétrer ma loi en eux, c’est dans leur coeur que je l’inscrirai.

 

En ce qui concerne la formule «  Nouvelle Alliance » qui ne figure d’ailleurs que dans le Livre de Jérémie, pour ce qui est de l’Ancien

Testament. Cette alliance n’est nullement déclarée rompue mais va partir sur de nouvelles base lesquelles ne laisseront plus au Juifs la même latitude que par le passé. Cela sera désormais comme une science infuse, « gravée » au sens de « programmée «  au moyen de quelque logiciel voire comme une sorte de « puce » comme on dirait de nos jours. Mais comme nous le faisions remarquer dans Jérémie XXXI, 32, ce traitement serait réservé à la seule «  Maison d’Israel » pour qu’elle ne risque plus de fauter, de pécher,

comme par le passé. D’où le fait que cette formule du « gravage » est reprise, du moins dans les traductions car dans le texte hébraique, il est simplement écrit que Yahwé les »ordonne (Metsavékha -(Bar (Mitzwa) dans ton coeur », dans le « Shema Israël » récité aux Offices synagogaux.

Tu aimeras l’Éternel ton Dieu, de tout ton cœur,

de toute ton âme

et de tous tes moyens

Veahavta ett Ado-naï Elo-hekha, bekhol levavekha,

ouvkhol nafchekha,

ouvkhol meodekha

וְאָהַבְתָּ, אֵת יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, בְּכָל-לְבָבְךָ

וּבְכָל-נַפְשְׁךָ,

וּבְכָל-מְאֹדֶךָ.ּ

Que les commandements que je te prescris aujourd’hui

soient gravés dans ton cœur

Vehayou hadevarim ha’èlè

acher Anokhi metsavekha hayom al levavekha

וְהָיוּ הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה,

אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם–עַל-לְבָבֶ

La traduction Segond est plus littérale : « Tu aimeras l’Eternel, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force. 6 Les commandements que je te donne aujourd’hui seront dans ton coeur » alors que les traductions judaiques de ce verset donnent « gravé », ce qui est la formule de Jérémie : le passage en question du Deutéronome est reprise de Jérémie mais le verbe pour écrire a disparu et a été remplacé par la notion de Mitzwa ( commandement) qui est une version édulcorée. On note que dans Deutéronome VI, au verset 3, qui précéde le Shema Israel du verset 4, c’est le nom d’Israel qui est mis en

avant mais ce verset 3 ne figure pas dans le texte du Shema qui commence au verset 4. Grammaticalement, d’ailleurs, les deux versets différent : au verset 3, note l’usage du Vav conversif « VeShamata Israel » alors qu’au verset 4, l’usage n’est pas maintenu, d’où la forme »Shema Israel » D’un verset à l’autre, dans le Deutéronome, on n’a pas le même type d’hébreu, ce qui trahit des interpolations, la forme la plus archaique étant la plus authentique.

Deutéronome VI

ג וְשָׁמַעְתָּ יִשְׂרָאֵל, וְשָׁמַרְתָּ לַעֲשׂוֹת, אֲשֶׁר יִיטַב לְךָ, וַאֲשֶׁר תִּרְבּוּן מְאֹד:  כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה אֱלֹהֵי אֲבֹתֶיךָ, לָךְ–אֶרֶץ זָבַת חָלָב, וּדְבָשׁ.  {פ}

3 Tu écouteras (VeShamata)

donc, Israël, et tu observeras avec soin, afin de prospérer et de multiplier sans mesure, ainsi que l’Éternel, Dieu de tes pères, te l’a promis, dans ce pays ruisselant de lait et de miel.

ד שְׁמַע, יִשְׂרָאֵל:  יְהוָה אֱלֹהֵינוּ, יְהוָה אֶחָד.

4 Ecoute (Shema), Israël: l’Éternel est notre Dieu, l’Éternel est un!

ה וְאָהַבְתָּ, אֵת יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, בְּכָל-לְבָבְךָ וּבְכָל-נַפְשְׁךָ, וּבְכָל-מְאֹדֶךָ.

5 Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir.

ו וְהָיוּ הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה, אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם–עַל-לְבָבֶךָ.

6 Ces devoirs que je t’impose aujourd’hui seront gravés dans ton cœur.

Jérémie XXXI

לב כִּי זֹאת הַבְּרִית אֲשֶׁר אֶכְרֹת אֶת-בֵּית יִשְׂרָאֵל אַחֲרֵי הַיָּמִים הָהֵם, נְאֻם-יְהוָה, נָתַתִּי אֶת-תּוֹרָתִי בְּקִרְבָּם, וְעַל-לִבָּם אֶכְתְּבֶנָּה; וְהָיִיתִי לָהֶם לֵאלֹהִים, וְהֵמָּה יִהְיוּ-לִי לְעָם.

32 Mais voici quelle alliance je conclurai avec la maison d’Israël, au terme de cette époque, dit l’Eternel: Je ferai pénétrer ma loi en eux, c’est dans leur coeur que je l’inscrirai; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple.

לג וְלֹא יְלַמְּדוּ עוֹד, אִישׁ אֶת-רֵעֵהוּ וְאִישׁ אֶת-אָחִיו לֵאמֹר, דְּעוּ, אֶת-יְהוָה:  כִּי-כוּלָּם יֵדְעוּ אוֹתִי לְמִקְּטַנָּם וְעַד-גְּדוֹלָם, נְאֻם-יְהוָה–כִּי אֶסְלַח לַעֲוֺנָם, וּלְחַטָּאתָם לֹא אֶזְכָּר-עוֹד.  {ס}

33 Et ils n’auront plus besoin ni les uns ni les autres de s’instruire mutuellement en disant: « Reconnaissez l’Eternel! » Car tous, ils me connaîtront, du plus petit au plus grand, dit l’Eternel, quand j’aurai pardonné leurs fautes et effacé jusqu’au souvenir de leurs péchés.

où l’on trouve le verbe signifiant « écrire », donc graver (racine kotev que l’on retrouve dans le Mektoub musulmna) Le Deutéronome VI 4-9) se serait donc calqué sur Jérémie XXXI qui serait la véritable source du « Shema Israel », ce qui n’aurait rien d’étonnant vu que cette interpellation se retrouve à plusieurs reprises dans les Livres des Prophétes non pas s’en prenant aux Judéens mais aux Israélites. En fait, le Deutéronome brouille les pistes. Or, il semble qu’il y ait eu une tradition orale qui serait restée fidéle au texte de Jérémie alors que la tradition écrite correspondrait au texte du Deutéronome.

Or, on retrouve le même mélange de mode de conjugaison, dans Deutéronome VI et dans Genése I Le premier verset ne pratique pas le Vav conversif alors que le troisième verset s’y conforme :

א בְּרֵאשִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ.

1 Au commencement, Dieu créa (bara)le ciel et la terre.

ב וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ, וְחֹשֶׁךְ, עַל-פְּנֵי תְהוֹם; וְרוּחַ אֱלֹהִים, מְרַחֶפֶת עַל-פְּנֵי הַמָּיִם.

2 Or la terre n’était que solitude et chaos; des ténèbres couvraient la face de l’abîme, et le souffle de Dieu planait à la surface des eaux.

ג וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יְהִי אוֹר; וַיְהִי-אוֹר.

3 Dieu dit: (Vayomer)

« Que la lumière soit! » Et la lumière fut.

Pour en revenir à la « nouvelle alliance » telle qu’exposée dans le Livre de Jérémie, l’interprétation de cette formule pour indiquer un changement de partenaire vaudrait pour la maison d’Israel mais non pour des populations étrangères, paiennes, ce que n’est pas la maison d’Israel même si son culte difffère quelque peu de celui pratiqué par la maison de Juda. La formule dans Mathieu indiquant que Jésus est venu pour la maison d’Israel et ses « brebis perdues » est généralement entendue pour « sauver » les Juifs. Or, ce sont les ressortissants de la maison d’Israel qui doivent être sauvés et pardonnés, comme nous le confirme constamment la lecture des Livres des Prophétes !

Il est au demeurant remarquable que cette expression « maison d’Israel » ait été utilisée dans Mathieu car cela nous met sur la piste de la source prophétique. Malheureusement, pour une certaine exégèse, c’est bel et bien le mot maison d’Israel qui figure dans Mathieu (oikon dans la version grecque) et pour un habitué de la lecture des Prophétes, cette formule fait pendant à la « maison de Juda » et ne saurait donc, en aucune façon, l’englober !

 

20 04 21

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jacques Halbronn Le syncrétisme dans la littérature astrologique, biblique, centurique, anglaise

Posté par nofim le 8 avril 2021

 

Le syncrétisme dans la littérature astrologique, biblique, centurique,  anglaise

par Jacques Halbronn

 

Si le syncrétisme en politique peut faire sens – on pense à l’édit de Nantes (1598), on pense à la diversité au sein des empires, des fédérations – d’où l’adage diviser pour régner- qu’en est-il quand il s’agit de savoirs, de doctrines, de textes, de langues etc ? Le syncrétisme est-il une synthèse, un aboutissement, une tentative de concordance , de tout englober? Il est marqué par l’emprunt et le mimétisme.

Selon nous, le rôle de l’historien vise notamment à faire apparaître un processus syncrétique au sein de toutes sortes de corpus dont nous passerons ici certains en revue en vue de faire un état des lieux au regard du syncrétisme.

A L’astrologie malade du syncrétisme ?

Que dire par exemple de la combinaison bien connue du signe et de l’ascendant :( soleil en ) Lion Ascendant Scorpion et ainsi de suite.?Il faut savoir que l’ascendant reléve du mouvement diurne et d’une approche « rotationnelle » alors que le « mouvement » du Soleil est en quelque sorte annuel  et concerne le passage du Soleil à travers les 12 signes du Zodiaque. La temporalité est complétement différente et si la connaissance du lieu et de l’heure de naissance est capitale pour la détermination de l’Ascendant, en revanche, la détermination de la position du soleil n’exige pas une telle précision.

 

B La Bible

Nous dirons que le Pentateuque, lu semaine après semaine dans les lieux de culte juifs est déjà en soi tout à fait syncrétique en ce qu’il combine ce qui reléve du Royaume du Nord, Israel et ce qui tient au Royaume du Sud, soit la Judée et Jérusalem. C’est ainsi que le récit de la Sortie d’Egypte est complétement axé sur les « enfants d’Israël », les « Beney Israel » sans parler de la profession de foi « juive » du Ecoute Israel (Shéma). De même, nous dirons que le vendredi soir est lié aux Juifs et le samedi matin aux Israélites. On notera à ce propos que Juif et Israélite sont perçus comme des synonymes sans parler du nom de l’Etat d’Israel ! Dans le Talmud (de Babylone), au traité Shabbat, on trouve le « Ein Mazal leIsrael »- Israel n’a pas de « mazal »- à propos du rapport à l’astrologie

 

C Les Centuries

 

Nous nous sommes beaucoup intéressés aux contrefaçons des éditions des Centuries « nostradamiques »  , les faussaires ayant mélangé allégrement le faux et l’authentique. Les Centuries sont divisées en deux volets, le premier à 7 centuries précédé d’une Préface à César et le second à 3 centuries, précédé d’une Epitre à Henri II.. Le premier volet paraît sous la Ligue quelque temps avant le second. Mais on admet généralement qu’il aurait existé dès 1568 une édition « complète » à 10 centuries, le premier volet ayant connu une carrière à part sous la Ligue. Selon nous , le projet centurique daterait des années 1580 et aurait été une imitation des almanachs de Nostradamus, lesquels comportaient des quatrains dont le style et les vignettes auraient été imités dans les Centuries

 

D Le couple franco-anglais.

 

Terminons avec la question de la francophonie . Quand une langue comme l’anglais a pu être marquée aussi fortement par une autre langue appartenant qui plus est à une autre famille de langues, comme c’est le cas du français, sa pratique devient assez compliquée pour ses locuteurs, constamment, de façon récurrente, confrontés à des questions de synonymie au sein d’une même chaine sémantique. Par exemple pour Life (vital, survive) ou pour End. (final, finish).

Le syncrétisme brouille les pistes, les filiations, les généalogies et génére un phénoméne de bâtardise.

En fait , le syncrétisme est axé sur le futur et rend bien difficile le retour vers les origines., il correspond à un discours de « gauche ».

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JHB

08 04 21

 

 

 

 

 

JHB

08 03 21

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jacques Halbronn Judaisme: Culte du vendredi soir versus culte du samedi matin

Posté par nofim le 4 avril 2021

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Les différents supports Internet des publications de Jacques Halbronn depuis 1999

Posté par nofim le 23 mars 2021

 

 

 

Les différents supports Internet des publications de Jacques Halbronn depuis 1999

 

 

On trouvera nos textes -plusieurs centaines – sur les sites suivants :

 

prophéties. it

nofim.unblog.fr

maqor.unblog.fr

Ramkat.free.fr

CURA.free.fr

Hommes et faits www.hommes-et-faits.com

grande conjonction.org (suspendu pour l’instant sur OVH)

et

https://www.fichier-pdf.fr/2012/06/17/jba-mai-2012-1/jba-mai-2012.pdf

JOURNAL DE BORD D’UN ASTROLOGUE

MAI 2012

 

 

TABLE DES MATIÈRES

 

L’astrologie du temps présentLa première biographie de NostradamusDes Centuries au Splendor Solis. Exposé d’une nouvelle méthodologie bibliographiqueLa crise de notre civilisation. Manifeste pour un néolibéralismeAstrologie et science de l’ici et maintenantLes étoiles fixes royales comme structure cruciale pour l’AstrologiePhénoménologie de l’outil. L’exemple astrologiqueMaîtriser Mars et Vénus en astrologieVers une nouvelle idée de la consultation astrologiqueQuand l’astrologie abandonna les étoiles fixes….Le pari de la simplicité pour l’AstrologieDroit au but en Astrologie ! La méthode HalbronnLa dimension cyclique des modesAnnette Quintana nous écrit :La carence visuelle en AstrologieAstrologie et végétarismeVers une anthropologie sociale du FeuLa lecture, interface de la femme avec le monde masculinLe public astrologique et les classifications

 

JHB

23. 03 21

 

 

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jacques Halbronn Genése de notre alphabet « latin » actuel

Posté par nofim le 14 mars 2021

 

 

Genése de notre alphabet latin actuel

par  Jacques  Halbronn

 

Si l’on compare l’alphabet latin, l’alphabet  grec et l’alphabet hébraîque, il est possible de reconstituer  une certaine genèse de notre alphabet courant non pas tant sur la base de tel ou tel document mais par le processus même de la comparaison et de l’approche critique du document. On s »intéressera  particulièrement au sort de la lettre hébraique Tsadé, qui se situe à la fin de la colonnes des dizaines de l’alphabet hébreu  suivie des 4 dernières lettres, Qoph, Resh, Shin, Thav. Or, dans l’alphabet couramment utilisé en Occident, le tsadé, sous la forme de la lettre « Z » (prononcer Zéde) se retrouve tout à la fin et ne suit plus la lettre P comme dans l’alphabet hébreu dont il est séparé par la série QRST  qui correspond aux  quatre dernières lettres de l’alphabet hébreu, suivie de lettres voyelles (U,V, W (X),Y) Quant au X, figurant dans cette série, il se rapproche assez par sa sonorité du Tsadé. Tout se passe donc comme si on avait voulu placer le Tsadé à la fin et c’est cet état des choses qui aura été conservé dans notre ordre de l’alphabet « latin » postérieur à l’arrangement de l’alphabet hébreu à moins que tout au contraire, cela ne corresponde à un état antérieur  à ce qu’est devenu l’alphabet hébreu, l’emprunteur adoptant souvent un état qui sera dépassé lors de l’évolution de son modéle. Il apparait que l’alphabet latin est plus proche de l’hébreu que du grec du point de vue de son agencement   puisqu’il comporte la lettre Q  (QRST) qui ne figure pas dans la série commençant par la lettre Pi. On retrouve en revanche dans les trois alphabets la série KLMN, ce qui montre bien la parenté entre eux.

Selon nous, il conviendrait de replacer la lettre Z après la lettre P comme c’est le cas en hébreu. et de terminer par la lettre T, car les lettres qui suivent le T dans notre alphabet, comme on a dit, sont des voyelles qui ne sont qu’un appendice, en dehors du X..

Abordons à présent la translittération de la lettre hébraiqe  Qoph dans l’alphabet latin. Il convient de rendre le Qoph par le Q  et non , comme on l’observe trop souvent par un K en respectant l’ordre des lettres des deux alphabets.Le K correspond au  Kaf hébreu qui peut devenir un Khaf. Le Qoph précéde le Resh  tout comme Q précéde R. C’est ainsi qu’il faut écrire  Tsadiq  et non Tsadik.

 

 

 

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Jacques Halbronn Kabbale et Astrologie Tsadiq et Tsedeq

Posté par nofim le 12 mars 2021

Le  chef jupitérien  comme  Tsadiq,   « Juste » de la Bible

par  Jacques  Halbronn

 

 

 

 Le judaisme nous confirme quant à la centralité de la planète Jupiter à rétablir en astrologie.

Le  chef ne correspond-il pas au Tsadiq,, au « Juste » dont le nom est à rapprocher de Tsedeq, le nom hébraique de la planète Jupiter selon le Livre de la Formation (Sefer Yetsira) ? Rappelons aussi  le rapprochement possible  entre Yahwé  et Jove, une des formes du nom du Maitre de l’Olympe ( d’où l’adjectif   jovial)

Cela nous renvoie au dialogue biblique entre Yahwé et Abraham à propos de la destruction de Sodome  sur le nombre de Justes au sein d’une cité, à savoir, pour nous, de Jupitériens, au sens cyclique du terme.Sans jupitériens, que vaut une Cité  (cf Genése XVIII)

 

כו וַיֹּאמֶר יְהוָה, אִם-אֶמְצָא בִסְדֹם חֲמִשִּׁים צַדִּיקִם בְּתוֹךְ הָעִיר–וְנָשָׂאתִי לְכָל-הַמָּקוֹם, בַּעֲבוּרָם.

26 Le Seigneur répondit: « Si je trouve à Sodome au sein de la ville, cinquante justes -tsadiqim), je pardonnerai à toute la contrée à cause d’eux »

 

לב וַיֹּאמֶר אַל-נָא יִחַר לַאדֹנָי, וַאֲדַבְּרָה אַךְ-הַפַּעַם–אוּלַי יִמָּצְאוּן שָׁם, עֲשָׂרָה; וַיֹּאמֶר לֹא אַשְׁחִית, בַּעֲבוּר הָעֲשָׂרָה.

32 « De grâce, que mon Souverain ne s’irrite pas, je ne parlerai plus que cette fois. Peut-être s’en trouvera-t-il dix ? » Il répondit: « Je renoncerai à détruire, en faveur de ces dix. »

 

On aura compris que ce texte de la Genése comporte un enseignement majeur ; une ville qui ne serait pas dotée d’un minimum de Justes, de Tsadiqim, sous la domination de l’astre Tsedeq (qui signifie Justice) c’est à dire de Jupitériens, serait perdue, condamnée.

Le judaisme contemporain connait le personnage du tsadiq, dans le hassidisme où l’on trouve l’idée de 36 Justes (3×12) à chaque génération (cf article Wikipedia). » Selon une tradition issue du Talmud, il existerait de par le monde, à chaque génération, 36 justes. S’ils venaient à disparaître, cela entraînerait la destruction du monde. Rien ne les distingue en apparence des autres hommes et eux-mêmes ignorent souvent qu’ils en font partie, d’où l’idée qu’ils sont « cachés ». En hébreu, ils se nomment les Tsadikim Nistarim (צדיקים נסתרים), c.-à-d. les « Justes cachés », ou encore les Lamed Vav (lamed: 30 et Vav 6) Tsadikim (ל »ו צדיקים), c.-à-d. les « 36 Justes ». Cette dernière dénomination s’abrège souvent en « Lamed Vav ». Le roman d’André Schwarz-Bart, Le Dernier des Justes, se réfère à cette tradition. » (cf article Wikipedia, « tsadiq) Dans le Sefer Yetsira, l’on relie sept lettres de l’alphabet hébraique avec le septénaire astrologico-astronomique que l’on retrouve dans les jours de la semaine dans le monde latin. Comme pour le dispositif des maitrises planétaires, l’on aura perturbé le dispositif et ajoutant Saturne, passant ainsi de six à sept lettres doubles, ce qui obligeait à passer de quatre lettres mères à trois en dépit de la structure grammaticale qui ne reconnaissait que six lettres ayant une double prononciation (selon qu’il y a ou non un point, dagesh, à l’intérieur), le Resh ayant été ainsi déplacé du groupe des lettres mères à celui des lettres doubles.

Chapitre IV section 7 : Sept planètes dans l’Univers: Saturne (Shabtaï à rapprocher de Shabbat, le jour de Saturne (Saturday), Jupiter,(Tsedeq ,צדק ) Mars, (Maadim, de adom rouge) Soleil, Vénus, Mercure, Lune

C’est dire que l’astrologie a besoin de s’ouvrir à des traditions qui ne lui sont pas ou plus liées, dans le temps et dans l’espace, pour sortir de son isolement. De leur côté, les Juifs, de nos jours, ne semblent guère vouloir associer le Tsadiq avec la planète Tsedéq alias  Jupiter. Pourquoi ne pas utiliser le terme de Tsadiq pour désigne le chef digne de ce nom, plutôt que celui de Leader ou de Führer?

 

JH

12. 03 21

 

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Naissance en 1845 du père de ma grand mère maternelle à Clermont Ferrand. Il sera naturalisé en 1885

Posté par nofim le 10 mars 2021

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https://fr.scribd.com/document/425752414/Cahiers-Du-Cerij-dir-Jacques-Halbronn

Posté par nofim le 14 septembre 2019

Cahiers   du  CERIJ     1990-2006   en   ligne

 

 

CENTRE d’ETude  et  de Recherche  sur  l’IDENTIYE  JUIVE,    fondé  en    1978

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jacques Halbronn Le Livre de l’Exode commence à Genése chapitre XI

Posté par nofim le 2 février 2017

Le  Livre de l’Exode commence à Genése Chapitre XI . Les deux fils de Dieu le Père,  Yahvé et Jésus

par  Jacques  Halbronn

 

Après les 10 premiers chapitres de la Genése,  à  partir du Chapitre XI de la Genése, commence  l’alliance avec Abram (plus tard Abraham) d’un certain Yahvé dont il n’avait pas été question jusque là si l’on excepte son apparition au chapitre IV lors du meurtre d’Abel par Caïn. On trouve aussi aux chapitres II et III  une forme hybride attestée nulle part ailleurs, Yahvé Elohim.  qui semble avoir été une mauvaise lecture du Yahvé Elohénou ou Elohekha ou Eloé Abraham dans le Livre de l’Exode., ce qui donne cet étrange Yahvé Elohim. Or, le fait de préciser que ce Yahvé est le dieu d’un certain peuple n’est nullement indifférent: Yahvé notre dieu, Yahvé ton dieu, Yahvé, le dieu d’Abraham et pas simplement un Yahvé Elohim qui ne veut rien dire tel quel.

Les dix  premiers chapitres de la Genése sont une série de « toldoth », c’est à dire de généalogiques, littéralement d’enfantements (Léda) et cela commence par le sefer toldoth Adam, le livre des enfantements d’Adam, suivi par d’autres listes. La dernière généalogie   fait la jonction avec le chapitre XII, en annonçant Abram et Saraï.

Mais le changement s’opère dès le chapitrre XI, quand Yahvé intervient en remplacement d’Elohim, à propos de la Tour de Babel car il refuse l’unité de l’Humanité face à Elohim qui ne pense qu’en termes d’unité, de totalité (d’où le pluriel Elohim) et au chapitrre XII,  Yahvé chosit Abraham, le père du peuple hébreu..

C’est pourquoi nous pensons qu’à partir du chapitre XI du Livre de la Genése, nous avons affaire au premier volet du Livre de l’Exode (terme qui est emprunté à la Septante et qui désigne un départ d’une part vers le pays de Canaan et de l’autre vers l’Egypte puis un retour vers Canaan))

Deux volets donc pour le Livre de l’Exode, dont le premier aurait été intégré dans le Livre de la Genése.  Le premier volet traite des trois patriarches, Abraham, Isaac et Jacob mais aussi des 12 fils de ce dernier.

Le second volet (qui correspond au début de ce que l’on appelle généralement l’Exode, commence avec Yahvé se référant à ces patriarches dont il se déclare à Moïse  être le dieu..Rappelons que c’est déjà ce Yahvé qui figure à partir du chapitre XII et jamais Elohim, également absent de l’Exode si ce n’est sous la forme possessive que nous avons signalée, à savoir que Yahvé est le dieu de ces hommes puis de ce peuple des Bnéi Israel, des  « fils d’Israel », c’est à dire de Jacob.

Mais selon nous on ne peut séparer les premiers chapitres de la Genése de l’Evangile selon Mathieu, la preuve en étant que ce texte commence par une généalogie à l’instar des dits chapitres (jusqu’au XIe)

La thèse que nous soutenons, c’est qu’il y a rivalité entre  deux fils de Dieu, du Père et que Jésus se veut être ( ou que l’on veut qu’il soit- le frère cadet de Yahvé, lequel souhaite lui aussi faire alliance avec un peuple. En effet, si le Père fait alliance avec toute l’Humanité,  ses fils en revanche se concentrent sur une certaine portion de la dite Humanité.

Autrement dit,  l’Evangile selon Mathieu tend à se substituer au Livre de l’Exode qui traite de ce frère ainé de Jésus, auprès du Père. Si Yahvé a choisi Abram et le peuple qui en découle, Jésus aurait choisi Pierre, pour qu’il soit le départ, le fondement, d’une Eglise qui est en fait l’émergence d’un « peuple ». Sur cette pierre, je bâtirai mon église, déclare-t-il à Simon qu’il surnomme Céphas, en grec pierre.. On parlera alors d’un nouvel Israêl.

Mais force est de constater que dans le premier volet de l’Exode, tel que nous l’avons précisé, il est question de rivalité entre  frères, ce qui montre bien que la question de la rivalité entre les fils du Père est déjà mise en scène, notamment entre Jacob et Esaü mais aussi  entre les fils de  Jacob, autour notamment de Joseph sans parler de celle entre Ismaël et Isaac, les deux fils d’Abraham, de mères différentes, comme d’ailleurs les fils de Jacob.

Il  importe de bien comprendre qu’il est rare qu’un père n’ait qu’un fils, cela n’est jamais attesté  dans la Bible, à commencer par les trois fils d’Adam ou les trois fils de Noé. On ne saurait donc dire que Jésus est « le » fils du  Père, il ne saurait être que l’un de ses fils tout comme les  Hébreux sont désignés comme les Bnei Israel, les fils d’Israel (ben, fils, correspondant à l’arabe Ibn). Il y a donc déjà dans le discours chrétien  en vigueur un abus de langage: il n’y a qu’un Père mais il y a plusieurs fils et tout le Livre de la Genése dans son acception habituelle en témoigne.

On ne saurait donc supprimer les possessifs, les génitifs:  fils de qui? Quel fils?  Répondre « Le fils » au sens de fils unique n’est guère acceptable! Un Père mais des fils. Et le Père peut préférer un de ses fils à un autre, ce qui relativise la perte de l’un d’entre eux.

Tout se passe donc comme si le Livre de l’Exode que nous faisons commencer au chapitre XII de la Genése avait été, à un certain stade, carrément, mis de côté et remplacé par l’Evangile de Mathieu (voire par d’autres Evangiles) On ne reviendra pas ici sur l’ambivalence de ce Jésus qui est présenté dans les Evangiles comme Messie, c’est à dire roi  d’une part et comme Fils de Dieu de l’autre. Le chapitre I de l’Evangile de Mathieu est marqué par une telle dualité avec d’une part une généalogie royale qui va jusqu’à Joseph et de l’autre la naissance de Jésus sans l’aide du dit Joseph!

En tout état de cause, il ressort que si Juifs et Chrétiens reconnaissent le mème Dieu en tant que Père, ils suivent des « fils » différents,  respectivement Yahvé et Jésus. Malheureusement, les théologiens juifs ne semblent pas disposés à qualifier Yahve de ‘fils de Dieu », ils veulent qu’il soit le Père alors qu’il n’est que l’un des fils.  On voit donc que des deux côtés, il y a des dérives. On peut penser que le dialogue judéo-chrétien serait clarifié et assaini si les Juifs reconnaissaient en Yahvé l’un des flls de Dieu et que les Chrétiens cessaient d’affirmer que Jésus est le seul fils de Dieu, ce qui va à l’encontre de toute la problématique des fratries récurrente tout au long du Live de la Genése, dans l’acception classique du terme!

 

 

 

 

 

 

JHB

15. 02 17

Publié dans judaîsme, Juifs, prophétisme, RELIGION | Pas de Commentaire »

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