La rencontre Astrologie-Rythmanalyse, une opportunité majeure.

Posté par nofim le 8 mars 2014

 

 

Astrologie et  Rythmanalyse : le rendez-vous manqué des années 80.

Par Jacques Halbronn

 

 

Il est un nom qui n’est mentionné par aucun astrologue (ni Nicola, ni Barbault, ni Guinard, auteur d’une thèse de philosophie traitant de l’astrologie, par exemple), celui d’Henri Lefebvre, un des grands de l’intelligentsia française de la seconde moitié du XXe siècle, mort en  1991. En 1985  Lefebvre et sa  femme Catherine Régulier avaient publié un article, « Le projet rythmanalytique » », dans la revue, Communications,  (41,  pp. 191-199). Peu après sa mort l’année suivante, parait un ouvrage  Eléments de Rythmanalyse ; Introduction à la connaissance des rythmes ;  Préface de René Lourau  Ed  Syleps

qui sera traduit en anglais sous le titre Rythmanalysis, space,Time  and  everyday’s Life  (avec la traduction de l’article de 1985). La plupart des astrologues sinon tous semblent ignorer l’existence de ces travaux de cet historien ayant appartenu à la mouvance marxiste. Quant au nom même- pourtant assez explicite- de Rythmanalyse, il avait déjà été employé par Gaston Bachelard au titre du dernier chapitre d’un  ouvrage au titre assez fort «La dialectique temporelle » (PUF  1950, Réédition 1989, donc avant la mort de Lefebvre).

Celui qui édite en 1992 les Eléments  de Rythmanalyse, René  Lourau évoque les ambitions assez puissantes associées à cette Rythmanalyse au début des années 80 : « A cette époque, le triomphalisme est de mise « Il se pourrait qu’elle complète ou supplante la psychanalyse. Elle se situe à la charnière du physique, du physiologique, du social, au cœur du quotidien «

En effet, l’idée force est de s’appuyer sur la physiologie, sur le corps animé et agité par des rythmes comme il est indiqué dans la présentatiion de l’édition anglaise (Ed Continuum 2004) dans une traduction de Stuart Elden et Gerald Moore:

 

 

 

Récemment, de nombreux textes se sont référés à la Rythmanalyse sans que cela ait été l’occasion d’un nouveau rendez-vous. En témoigne cet article  publié le 9 janvier 2013, de Pascal Michon

« Rythme, rythmanalyse, rythmologie : un essai d’état des lieux «   (in  revue  Rhuthmos, 9 janvier 2013 [en ligne]. http://rhuthmos.eu/spip.php?article644) que l’on trouve aisément  sur le Web. La revue Ruthmos  porte un titre qui renvoie explicitement au mot Rythme, en grec. Michon y explique que

« Parmi les raisons qui ont motivé la création de RHUTHMOS – je laisse ici les raisons éthiques et politiques de côté –, il y en a deux qui étaient intimement liées l’une à l’autre. La première était le désir de disposer d’une plateforme où tous les chercheurs engagés dans une approche de type rythmanalytique pourraient confronter leurs questionnements, bénéficier des avancées réalisées dans d’autres disciplines et sortir ainsi de l’isolement scientifique, et parfois institutionnel, dans lequel ils étaient confinés jusque-là. La seconde était de tester l’hypothèse selon laquelle nous serions en train d’assister, dans les sciences de l’homme et de la société, mais aussi dans les sciences de la nature, à l’émergence d’un nouveau paradigme scientifique : le « paradigme rythmique. En se donnant ces deux objectifs à la fois, RHUTHMOS posait la nécessité de ne pas séparer l’étude des différentes rythmanalyses existantes, prises dans toute leur dispersion, et la réflexion, de nature rythmologique celle-là, sur le type d’unité très particulier qui semble les rassembler malgré tout. Avec l’expérience, ce choix est apparu de plus en plus approprié à une situation que l’on ne peut comprendre qu’en tenant compte des deux aspects simultanément. Chaque rythmanalyse particulière ne révèle véritablement son potentiel, mais aussi ses limites, qu’à l’aune d’une rythmologie générale. Mais l’inverse est également vrai : une rythmologie purement spéculative ne peut aboutir qu’à des généralisations sans rapport avec la vie scientifique effective, ce qui rend absolument nécessaire pour la rythmologie de prendre en compte la diversité des approches rythmanalytiques. »

Citons ce passage de l’article :  Nous nous donnons la possibilité d’étudier tous les phénomènes temporels organisés, qu’ils soient métriques, cycliques ou qu’ils relèvent d’autres types d’organisation – aussi bien la métrique d’un poème que son organisation signifiante, les temps festifs de la vie urbaine que les flux touristiques, les cycles de l’activité neuronale que le flux de la conscience. »

 

On peut, cependant, se demander si ces chercheurs ont éprouvé un quelconque intérêt pour ce qui se passait en Astrologie actuellement étant entrendu que nul ne peut ignorer son existence, ce qu n’est pas aussi évident en sens inverse, les astrologues même les plus cultivés et avertis semblant tout ignorer du rôle d’Henri Lefebvre dans le domaine de la Rythmanalyse..On reviendra sur ce point dans un prochain article.

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Mais déjà en 1950, voilà ce qu’écrivait Bachelard (qui intéressa les astrologues pour d’autres de ses ouvrages) :

« . On en aura d’ailleurs d’abondantes confirmations en examinant, du point de vue de la Rythmanalyse, les larges rythmes qui marquent la vie humaine. Faut-il, par exemple, rappeler l’intérêt qu’une vie sage et pensive trouve à se régler sur le jour, sur la marche régulière des heures ? Faut-il dépeindre la durée bien rythmée de l’homme des champs vivant d’accord avec les saisons, formant sa terre sur le rythme de son effort ? Que nous ayons un intérêt physique à nous adapter très rigoureusement aux rythmes végétaux, c’est ce qui est de plus en plus évident depuis qu’on connaît la spécificité des vitamines : l’heure de la fraise, l’heure de la pêche et du raisin sont des occasions de renouveau physique, d’accord avec le printemps et l’automne. Le calendrier des fruits est le calendrier de la Rythmanalyse.  La Rythmanalyse cherche partout des occasions de rythmes. Elle a confiance que les rythmes naturels se correspondent ou qu’ils peuvent se superposer facilement, l’un entraînant l’autre. Elle nous prévient ainsi du danger qu’il y a à vivre à contretemps, , en méconnaissant le besoin fondamental de dialectiques temporelles ». ( Ch. VIII « La  rythmanalyse) reprenant ce terme à Alberto Pinheiro dos Santos ( 1931) Au lieu de loucher vers la Psychanalyse, pourquoi André Barbault a-t-il ignoré la Rythmanalyse  (De la psychanalyse à l’Astrologie, Ed Seuil,  1961) ?

 

Toujours est-il qu’il semble opportun de la part des astrologues de prendre langue avec le tenants de la rythmanalyse si l’on en croit la parution de textes comme ceux-là :

Pierre Lantz, dans la revue L’Homme et la Société (Ed L’Harmattan 2012/3-4 (n° 185-186, pp.  45 et seq.

 Claire Revol : »La rythmanalyse lefebvrienne des temps et espaces sociaux. Ébauche d’une pratique rythmanalytique aux visées esthétiques et éthiques »  ( in  revue  Rhuthmos, 19 février 2014 [en ligne]. http://rhuthmos.eu/spip.php?article1102)

 

On  apprend dans cette même revue qu’en mai 2011 et février 2012,  «  deux journées d’études de rythmanalyse se sont déroulées à Lyon sous la direction de Julien Lamy et de Jean-Jacques Wunenburger. Un colloque sur le rythme avait été organisé en 1995 par Pierre Sauvanet et de nouveau Jean-Jacques Wunenburger, qui avait déjà été l’instigateur en 1989 d’une décade de Cerisy-la-Salle. »

L’ironie de l’Histoire, c’est que les astrologues en France semblent  de moins en moins à l’aise avec les notions de cycles (d’où leur distanciation par rapport à la prévision) ou faut-il dire sont saturés par leur quantité devenant ingérable, trop de cycles tuant le cycle.

En définitive, c’est probablement  autour de nos travaux sur l’Astrocyclon qu’un contact pourrait être envisagé entre astrologues et rythmanalystes.  C’est d’ailleurs au niveau de la conscience que Bachelard entendait situer l’étude des rythmes, ce qui implique selon nous que l’astrologie puis présenter des modéles simples et non pas comme elle fait actuellement tarabiscotés.

Nous avions nous –mêmes récemment suggéré d’intégrer l’astrologie au sein d’une « Duologie » au champ bien plus vaste. Mais le reproche que nous ferons à ce sujet à Henri Lefebvre et à d’autres se situant dans la mouvance de la Rythmanalyse, c’est de ne pas avoir compris l’importance du Deux (notons cependant chez Bachelard la formule Dialectique temporelle). Et ce deux, il doit se situer non seulement dans le temps mais dans l’espace. La question des hommes et des femmes ne saurait notamment être ignorée de telles recherches comme il semble que cela ait le ca jusqu’à présent.  Nous rappellerons le cours de sociologie politique que nous avons suivi (à Paris II Assas) en  1965-66 de Maurice Duverger qui mettait en paralléle le bipartisme et l’altetnance . Sans bipartisme, quelle alternance ?  C’est dire que notre contribution ne saurait se limiter à la seule astrologie stricto sensu. Une synergie entre Rythmanalyse et Duologie se révélerait certainement des plus fécondes. Nous même avons souligné, récemment, que le rapport avec la physiologie était primordial et prioritaire par rapport à une approche directe de la psychologie. Or, sauf erreur, telle est bien la méthode proposée par la Rythmanalyse et qui était supposée lui conférer une supériorité par rapport à la Psychanalyse dont on sait qu’elle butte constamment sur l notion de cycle et de répétition, le temps apparaissant pour le psychanalyste comme fonction de la consultation  et non fonction d’une rythmicité globale dont le patient n’est qu’un élément. Certains astrologues (sur le site de la FDAF) nous expliquent que l’astrologie doit se démarquer de tout ce qui traite de la prévision afin d’être mieux acceptée parmi les sciences humaines. Il semble que cette stratégie ignore tout du phénoméne Rythmanalyse.

 

JHB

09. 03. 14

Teleprovidence@yahoo.fr

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Les empires et l’impératif d’innovation

Posté par nofim le 2 mars 2014

 

La logique impériale : les malentendus

Par  Jacques Halbronn

 

Nous pensons qu’un pays qui a un passé impérial doit en assumer les conséquences et doit préserver un certain esprit de conquête et notamment en ce qui concerne la question de l’immigration issue du dit passé impérial.

La démarche impériale doit être définie comme étant sous-tendue par une approche universaliste. En effet, dès lors que l’on refuse de respecter les anciennes frontières, cela signifie qu’on relativise ipso facto leur légitimité et cela signifie aussi que l’on  va vers une certaine forme de laïcité, même quand le mot n’existe pas encore ou n’est pas explicitement employé.

La question qui se pose est  la suivante : faut-il attendre de telle ou telle population « étrangère » qu’elle fasse effort pour s’intégrer, comme on dit ? Ou bien l’empire ou ce qui lui a succédé va-t-il le devoir de s’adapter à la dite population, d’en intégrer l’existence et la présence ?

Pour notre part, les mêmes motivations qui ont poussé autrefois à la conquête des territoires ainsi annexés doivent se maintenir dans le cadre de ce qu’il faut bien appeler un certain néo-colonialisme.

L’empire doit considérer l’hétérogénéité de sa population, qui est inhérente à un tel régime, comme un défi, une incitation à aller vers plus d’universalité et donc de science. Les anciens clivages ne doivent pas disparaitre mais doivent être recouverts par de nouveaux clivages d’une autre nature qui traversent les cultures au lieu de coïncider avec elles.

Selon une des clefs de l’intégration impériale passe par la dualité hommes-femmes qui est beaucoup plus intéressante que tout clivage culturel forcément  bien plus récent.

Nous pensons qu’un empire est condamné pour survivre à innover car l’innovation abolit les anciens clivages et introduit des défais pour tout le monde.  Il n’y a pas de politique égalitaire sans  innovation à différents niveaux.  Tout changement  conduit à un déclin des clivages anciens et génère de l’égalité car quelque part nous sommes tous égaux face au changement, par-delà les différences d’âges, de sexe ; de religion, de langue. Un empire qui n’innove pas est condamné à mort. Les régions qui ne situent pas dans une problématique impériale ont moins le devoir d’innover, de se dépasser car elles n’ont pas besoin de créer un surcroit de lien social. Cela dit, le ciment proposé pour unifier un ensemble très diversifié  peut se révéler  monstrueux. On pense notamment au recours à l’antisémitisme (Shoah) pour obtenir une forme d’unanimité de la part de populations diverse inscrites au sein d’un seul et même ensemble, notamment du fait des victoires militaires plus ou moins inespérées comme lors de la Guerre des Six Jours pour Israël (juin  1967). La nation qui constitue le noyau de tout Empire va notamment devoir se redéfinir à l’aune d’une situation impériale, de facto, qui change la donne, ce qui peut conduire à une grave  crise identitaire avec une alternance de phases allant vers le supranational et de phases de repli sur une préférence nationale.

Il est clair que la stabilité d’un empire est fonction d’innovations de toutes sortes  comme une nouvelle constitution, de nouvelles technologies, une nouvelle politique, une nouvelle économie, une nouvelle société, une nouvelle langue etc. Tout ce qui est nouveau  est en principe favorable pour la cohésion interne de l’Empire…

Ce faisant,  un empire peut ainsi  envisager de s’accroitre en abolissant certaines  frontières  dans la mesure même où il adhère à une idéologie universaliste qu’il considère comme  un progrès pour l’Humanité, dont  il se veut un vecteur majeur.

 

 

 

 

 

JHB

02. 03  14

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Le début et la fin des temps au prisme de la Genése

Posté par nofim le 22 février 2014

Cyclcicité et fin des temps. L’homme-dieu.

Par Jacques  Halbronn

 

 

Il y a un dilemme dans la vie : plus je suis autonome, libre et plus je risque de me retrouver seul. Mais comment une société pourrait-elle fonctionner sans connexions entre ses membres ? L’homme n’est –il pas appelé « zoon politicon » (en  grec), un être fait pour la Cité ? Les ermites seraient-ils l’idéal de l’Humanité ?

Dans divers textes consacrés à l’économie, nous avons montré que la relation employeur/employé était suspecte. Or c’est par un tel biais que nous socialisons quand nous faisons appel à autrui et vice versa. On peut penser que la notion de grégarité est une invention de ceux dont  le pouvoir est plus collectif (démos) qu’individuel. (Auto).

De fait, plus nous refusons les cloisonnements, plus nous nous isolons car cela signifie que nous n’avons pas besoin d’autrui au prétexte de nos limitations supposées. A mesure que nous renvoyons ceux qui sont venus nous aider, en échange de quelque récompense/compensation, nous sommes de plus en plus seuls. Mais à l’intérieur de nous –mêmes, quelle dynamique ! En fait,  la multiplicité chez un homme accompli se situe dans le temps et non dans l’espace. L’homme n’a pas le don d’ubiquité, sinon par procuration alors qu’il a celui de  passer d’un stade à un autre, et ce sans avoir à se faire remplacer, représenter par quelque délégué, député.

Reposons-nous donc la question : de combien de bataillons l’Humanité doit-elle disposer ? La réponse pourrait être qu’une seule personne serait en mesure de perpétuer l’Humanité si elle était immortelle. Ce serait une sorte de Dieu, au fond. Et tout homme qui emprunte ce chemin solitaire se rapproche de la divinité.  Mais à l’instar de Dieu, il sera tenté de rechercher quelque compagnie, ce qui lui permet de ne pas craindre de  mourir. Dieu aurait-il fait la Création par peur de mourir ou pour pouvoir se reposer (comme au Septième jour (Shabbat, Livre de la Genèse ? nous pensons en effet que la seule justification de l’appel à autrui est le sentiment de la « fin ». L’approche de la Fin conduit à chercher un prolongement, un remplaçant. Le pressentiment de la fin est la seule bonne excuse pour  faire appel à autrui et la procréation n’est-elle pas fonction de cette crainte de la Mort (Camus) ?

En ce sens, chacun d’entre les hommes serait virtuellement le centre d’un monde à lui tout seul (monade, Leibniz) ; serait un soleil autour duquel graviteraient un certain nombre d’êtres ou d’objets (la différence entre les deux n’étant pas nécessairement évidente dans le cas des androïdes) qui composeraient sa « Cour », son « Cercle ».

Certaines personnes  n’arrivent pas à comprendre qu’au plus haut niveau, chercher une compagnie est un signe de faiblesse, un pis-aller et non pas un idéal. D’ailleurs, dans le domaine alimentaire, un produit parfait n’a besoin d’aucun « accompagnement », d’aucune addition.

Il est un domaine où cette problématique de l’un et du multiple divise singulièrement les esprits, c’est celui de la mythologie et de  la cyclologie (cf. nos travaux sur l’Astrocyclon). Le monothéisme correspond à note représentation à l’encontre du polythéisme. Ce qui nous semble erroné c’est de chercher à distinguer les dieux entre eux puisque chaque dieu est censé être une totalité. Dès lors qu’un dieu a une fonction spécifique, il n’est plus dieu ou du moins il n’est qu’un avatar, l’expression d’une  série de manifestations d’un dieu unique. Autrement dit, tout  panthéon doit être appréhendé diachroniquement et non synchroniquement. Les dieux ne cohabitent pas, ils se succèdent à tour de rôle, cycliquement.  Les astronomes sont responsables d’une grave confusion ! En attribuant à chaque planéte (du système solaire) une divinité, ils ont pu laisser croire que chacune avait son propre cycle alors qu’à l’évidence les dieux ne font que correspondre à dst stades successifs, selon un ordre cyclique immuable. Mais dès lors se pose la question du choix de la planète qui sert de vecteur et de moteur au cycle. Cela pourrait être la lune, le soleil, passant d’un signe zodiacal à un autre, d’une étoile fixe à une autre. On serait alors cantonné dans le cadre du mois et de l’année. Mais à une autre échelle de temps, c’est probablement un astre plus lent qui a vocation à jouer un tel rôle, et l’on pourrait songer à Jupiter, le maitre de l’Olympe. On n’entrera pas ici dans le débat (cf. nos travaux sur l’Astrocyclon), l’important étant que le dit débat ait lieu.

Pour nous résumer, nous dirons que chaque homme est un dieu à part entière. Ce dieu peut être l’objet d’un culte, d’un amour et c’est ce qui le lie et le relie à tout ce qui gravite autour de lui. Mais ce lien ne fait sens que lorsque le dieu est en fin de cycle. Mais e, début de cycle, tout au contraire, l’homme dieu  se doit de se recentrer sur lui-même, de se recharger et parfois cet isolement peut s’avérer déchirant même s’il est temporaire. Que deviennent toutes ces entités satellites en début de cycle ? C’est comme si la force de gravitation, d’aimantation (amour) ne jouait plus son rôle d’attraction. Ces entités vont errer comme des âmes en peine, en une sorte de désœuvrement, d’oisiveté, en attente. D’ailleurs, il est vital que l’homme-dieu inspire de l’amour puisque c’est ce qui le moment venu  lui permettra de transmettre, d’être prolongé. Mais chaque chose en son temps (L’Ecclésiaste)

La diversité du monde terrestre serait donc le fait de la multiplicité des hommes-dieux Les empires tendraient à englober  plusieurs mondes en un seul, comme si un homme –dieu voulait soumettre les autres. En fait, c’est le combat entre ces hommes- dieux qui constitue l’Histoire de l’Humanisé. Chaque monde est marqué par une certaine langue, un certain territoire, une certaine religion etc. Le rôle des empires est de parvenir à une unité en dépôt de la diversité des mondes sous la houlette d’un homme dieu plus performant que les autres. Il existe un cycle (censé être étudié pat l’astrologie) qui régit  le commencement et la fin des choses. (Et ainsi de suite). Quand le cycle passe à sa phase terminale, les hommes dieux sont remplacés par toute une pléiade d’auxiliaires qui de façon assez mécanique assureront l’intérim en un temps d’hibernation (ours), ce qui correspond à l’Hiver par opposition à l’Eté. C’est alors un temps de pénurie avec une économie qui lui est propre avec un semblant de vie. Le monde continue à émettre mais il ne capte rien que ce qui a déjà été formalisé et codifié. C’est le temps de Matrix..

 

 

 

JHB

 

22. 02. 14

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Jacques Halbronn Journal de bord d’un astrologue

Posté par nofim le 20 février 2014

JOURNAL DE BORD D’UN ASTROLOGUE

JOURNAL DE BORD D'UN ASTROLOGUE

Jacques Halbronn   Journal de bord d'un astrologue dans ASTROLOGIE icon18_wrench_allbkg

NOUVEAU LE JOURNAL DE BORD EN PDF À TÉLÉCHARGER :

LE JBA est un ensemble unique par son ampleur et sa qualité de travaux consacrés aux fondements de l’Astrologie mais aussi à d’autres domaines, notamment le dossier Nostradamus, la question juive, la question du féminin, la question de la francophonie. Pour les textes plus tardifs, se rendre sur le blog Nofim. Pour les textes plus anciens, se rendre sur:

grande-conjonction.org
ramkat.free.fr
hommes-et-faits.com

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La nécessaire prise de conscience de la différence entre hommes et femmes

Posté par nofim le 4 février 2014

 

Les malentendus du couple. Le piège des extrapolations

Par  Jacques Halbronn

 

 

Il serait bon que les gens ouvrent les yeux et qu’on leur fasse comprendre en quoi hommes et femmes différent.  On traite de misogyne toute personne qui insiste sur la différence entre les sexes.  On est en plein terrorisme intellectuel ! Le rôle des « intellectuels » est précisément de ne pas se laisser impressionner par des tabous qui témoignent d’un comportement défensif virant à la parano car la moindre tentative pour traiter de ce sujet (qui fâche) est portée aux gémonies, devient une chose impardonnable et rédhibitoire. Il est désormais convenu que la seule chose qui compte ; c’est la conclusion, quand bien même les arguments présentés seraient solides.  On est aux antipodes d’une démarche scientifique et comme nous le disions dans un précédent texte, on a l’impression de se retrouver au procès de  Galilée ; 400 ans en arrière ! On ne peut donc aborder ces sujets sans éviter la polémique et le casus belli. Mais les chiens aboient et la caravane passe.

Abordons cette fois les risques de l’extrapolation et de quelle façon cela peut induire en erreur de part et d’autre. Dans ce domaine, on ne peut éviter, on nous l’accordera, un certain schématisme qui est le propre de toute démarche tant scientifique que philosophique et ceux qui s’insurgent trahissent une certaine carence conceptuelle qui est d’ailleurs assez caractéristique des femmes.

Cette carence tient au fait que les femmes se dispersent moins que les hommes et donc ont un effort plus faible à fournir pour  maintenir une certaine unité. Plus un ensemble semble hétérogène, plus cela exige d’esprit de synthèse et une certaine aptitude à la décantation. A contrario, quelqu’un qui évite de se disperser aura moins d’énergie à dépenser pur se centrer, il fera moins travailler sa « matière grise », ses « méninges ».

Prenons donc le cas d’une femme qui fait a connaissance d’un homme et qui projette sur lui son propre mode de comportement. Elle s’imaginera que du moment qu’elle l’a vu en telle situation, il se comportera toujours, grosso modo, de la même façon dans toute situation, ce quoi elle aura grand tort car les hommes sont très adaptables et agissent en fonction des enjeux, des  rapports de force, bref sont plus calculateurs, ce qui leur permet de gérer chaque situation au mieux, avec le plus d’efficacité, quitte à développer des facettes extrêmement différentes non pas de leur personnalité mais tout simplement de la vie, les deux étant somme toute indissociable. Les femmes concilient donc un peu trop vite qu’elles savent à quoi s’en tenir au sujet de tel ou tel homme, de quoi il est capable.

Inversement, les hommes se tromperont tout autant mais en sens inverse quand ils surestiment les capacités d’adaptation des femmes.

Si un homme connait une femme dans  telle situation,  il n’imagine pas qu’elle aura le même comportement dans une autre situation. Pour lui, c’est la situation qui détermine le comportement et non pas l’inverse. Et quelle ne sera pas sa surprise que de devoir noter que le comportement de la personne en question n’aura guère varié d’un temps à un autre temps car comme dit l’Ecclésiaste, il y a un temps pour chaque  chose, ce qui signifie que chaque temps exige de nous une approche spécifique, ce qui permet à des  hommes de  se retrouver sur la même longueur d’onde face à une même situation, sans trop de fausses notes alors que les femmes risquent d’être dans la dissonance, dans le décalage, dans l’excentricité, l’idiosyncrasie car chacune apportera sa propre tonalité quelle que soit la situation vécue en commun. C’est ce que nous savon appelé l’égocentrisme féminine qui fait primer le sujet sur l’objet, l’émission sur la réception.

Autrement dit, une réunion de femmes ou avec des femmes risque de partir dans tous les sens, parce que les femmes sont incapables de se mettre à l’unisson de la situation ou vivoteront la dite situation de façon trop personnelle. D’om des propos féminins souvent intempestifs qui font dire que les femmes sont toutes d’une pièce et ne changent pas d’un moment à un autre, ce qui est évidemment, on l’a dit, moins contraignant pour l’intelligence. On dira que globalement, les femmes fonctionnent à l’économie. Est-ce là une cause ou un effet ? Est-ce que c’est parce qu’elles s’économisent qu’elles ont de facultés plus médiocres, par manque d’exercice, d’entrainement ou est-ce parce qu’elles sont plus limitées qu’elles se dépensent moins ? Les théories du genre ne changent pas grand-chose au probléme car quand bien même les femmes auraient été conditionnées à se comporter d’une certaine façon en étant confinées dans leurs mouvements et donc dans leur expérience de la vie,  le résultat n’en serait pas moins là et l’on touche au fond du débat qui est celui de la transmission des caractères acquis (Lamarck) qui est bafouée par la théorie des genres (gender studies) et qui selon nous va connaitre un revival au cours des 20 prochaines années. Il est clair, en effet, selon nous, que bien des réalités humaines sont irréversibles quand bien même setaient elles au déppart fonction de contingences. C’est ainsi qu’au niveau diététique,  cettaoins alimants inconnus de nos lointains aieux sont encore de nos jous mal assimilables par notre organisme , comme c’est le cas des laitages.  Ce que les hommes ont instauré ou qui s’est instauré, au niveau physiologique par la farce de leur environnement ne peut être balayé ou aboli. Or, le physiologique et le psychologique sont intimement liés et certains doctrinaires apprentis sorciers irresponsables  du relativisme sexuel  semblent croire que nous pouvons nous reprogrammer à volonté. Ils sont, en cela, un peu en avance  car si cela se fait un jour, cela ne se fera pas par quelque décret ou quelque loi  mais par  une réécriture de nos codes génétiques  et c’est alors d’ailleurs qu’il conviendra  de  se demander si cela est de toute façon souhaitable et si  la dualité hommes-femmes ne fait pas fondamentalement sens dans l’’écosystème de l’Humanité qui pourrait d’ailleurs être une forme de symbiose sinon de synergie mais pour concilier des énergies, encore faut-il commencer par reconnaitre qu’elles différent entre elles. Or, c’est bien là pour les femmes le dilemme qu’elles voudraient éviter, elles parlent d’égalité a priori alors qu’il ne peut s’agir que d’une égalité a posteriori qui parle et part  d’une différence à résorber mais d’abord  à décrire pour que l’on ne quitte pas la proie pour l’ombre.. Cette faculté des gens à employer les mots masculin et féminin comme s’ils savaient de quoi ils parlaient nous a toujours sidéré. C’est là le leurre du langage qui nous tient trop souvent lieu de savoir.

 

 

 

 

 

 

JHB

03 02 14

 

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La dialectique nation/empire et la question juive

Posté par nofim le 30 janvier 2014

Le sionisme  au prisme de la dialectique nation/empire

Par  Jacques  Halbronn (Cercle d’Etude et de Recherche sur l’Identité Juive, CERIJ)

 

 

L’alternative au nationalisme, c’est l’impérialisme. (cf.   Chloé Maurel, Géopolitique des impérialismes, Constats et enjeux, ed Studyrama Perspectives  2009). Ces deux notions doivent être dédiabolisées  au risque de ne pas comprendre ce qui se joue dans l’Histoire depuis toujours. On s’efforcera donc de dépouiller ces termes de connotations trop partculières en prenant de la hauteur. Nous appliquerons cette grille à la question juive, c’est-à-dire à un cas assez spécial mais pour appliquer une grille, il faut toujours préalablement décanter le matériau évènementiel brut. (cf. notre ouvrage Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, Ed Ramkat 2002).

Avant la déclaration Balfour de 1917, contemporaine de la Révolution d’Octobre, le mouvement sioniste était divisé en deux courants, l’un focalisé sur la Palestine et l’autre ouvert à toutes sortes de solutions (Argentine, Ouganda etc). Autrement dit, le sionisme n’est pas  fatalement lié à la réinstallation des Juifs en Palestine et dans le Judenstaat de Herzl, la Palestine n’est qu’une option parmi d’autres et on y cite même l’Argentine (cf. l’entreprise du Baron de Hirsch). On peut dire, à la lumière de cette dualité nationalisme/impérialisme, que l’option palestinienne vers 1900 s’inscrit dans une logique nationaliste, liée à une terre ancestrale ou réputée telle.  En ce sens, on opposera une approche sous –tendue par l’objet ou au contraire sous-tendue par le sujet, sous tutelle ou émancipé, pourrait-on traduire.

Qu’est-ce à dire ? Il n’est pas indifférent de rappeler que les Britanniques, à l’origine de la Déclaration Balfour affirmant la volonté de constituer et de garantir l’existence d’un  « Foyer Juif » (Home) en Palestine correspondait aux attentes des Chrétiens tout autant sinon plus que des Juifs, pour des raisons théologiques et téléologiques. Ce qui s’apparente à une forme d’instrumentalisation des Juifs, en tant que signifiant se prêtant à diverses lectures (signifié).

Associer les Juifs à la Palestine, c’était selon nous en faire les objets de l’Histoire plus que les sujets de leur propre Histoire. Cela vaut d’ailleurs peu ou prou pour tous les nationalismes avec cette notion de racines.

A contrario, déclarer comme le firent d’autres sionistes, que le Sionisme n’était  pas nécessairement lié au lieu-dit « Sion » mais pouvait être compris au figuré, c’était  conférer aux Juifs de l’époque un certain libre-arbitre, une volonté et une faculté de se déterminer dans l’ici et maintenant. Serait alors juif le territoire que es Juifs s’accorderaient à considérer comme tel et non tel que dicté par l’Histoire passée. Cette émancipation fut  compromise par la lettre que le ministre Balfour adressa à Lord Rothschild et qui fut entérinée peu après par la société des Nations (SDN) qui venait de se constituer à Genève. On peut épiloguer en effet sur ce qui se serait passé si les juifs avaient trouvé au lendemain de la première Guerre Mondiale un nouveau port d’attache qui n’aurait pas été un enjeu au sein de l’empire britannique. Car le sionisme palestinien ne fait sens qu’au sein d’un tel empire et l’état d’Israël qui se constitua en 1948  est lié à la renonciation de Londres  à une telle entreprise en repassant le dossier à l’ONU comme successeur de la SDN. Il correspond à un ébranlement de cet empire et est contemporain de ce qui se produisit, selon un schéma assez comparables, en Inde mais aussi en Irlande avec la prise en compte des clivages religieux comme critères des partitions. (cf. Yves Lacoste, Géopolitique. La longue histoire d’aujourd’hui, Ed Larousse, 2006)

Les  Juifs sionistes auraient pu s’installer au sein d’un autre empire car il faut comprendre que la solution de la question juive (sous-titre de l’Etat Juif de Herzl) passait par le modèle impérial. Herzl notamment fut en longs pourparlers avec l’Empire Ottoman et il s’agissait, de toute façon, pour lui se situer le nouvel Etat au sein d’un Empire. Il est un fait que les Juifs sont en meilleure posture au sin d’un Empire multinational qu’au sein d’un Etat nation trop homogène. Au demeurant,  à l’époque ce n’étaient pas les empires qui manquaient, si l’on prend en compte l’empire austro-hongrois et l’empire colonial français, entre autres. La solution palestinienne se situait  à l’intersection entre l’empire ottoman et l’empire britannique mais il fait rappeler le précédent roumain, à l’autre extrémité de l’empire ottoman (cf. nos articles sur ce sujet). Une sorte de chantage exigeait de la part récemment libérés du joug ottoman (Congrès international de Berlin) de concéder aux Juifs un lieu d’accueil, à la demande des puissances européennes occidentales et centrales (France, Allemagne, Angleterre etc.)

On sait à quel point les Britanniques eurent les mains liées pour traiter décemment l’installation des Juifs en Palestine, au sien de leur empire, ce qui empêcha de sauver des millions de Juifs dont Hitler voulait se débarrasser. Une politique impériale exige des compromis et Londres ne trouva pas la bonne formulée, ce qui le conduisit à rationne sévèrement l’arrivée des  Juifs européens en Palestine. Mais on sait que le drame n’est pas fini, loin de là car la puissance impériale passe par des cycles et  est mis en veilleuse  de façon périodique (cf. nos travaux sur les cycles). Quand un empire est en pleine puissance, il parvient à faire coexister et cohabiter ses différentes composantes mais quand il décline (même temporairement), les tensions augmentent et l’antisémitisme est une des conséquences du déclin des empires, on l’a vu avec celui de la puissance soviétique puis russe à la fin du siècle dernier. Il ne faut donc pas surestimer la capacité d’un empire à maintenir constant un certain équilibre entre les nations qu’il englobe, d’aucuns diront qu’il emprisonne, à des titres divers. D’ailleurs, la France elle-même n’a pas su préserver les intérêts des Juifs d’Algérie au lendemain des Accords d’Evian (1962), en plein démantèlement de son empire africain. Quelque part l’empire est un antidote contre le problème nationaliste et c’est en ce sens que l’Union Européenne peut toit à fait être qualifiée d’empire.

Mais concernant le sionisme, les choses sont plus complexes vu que l’idée sioniste est déjà en soit à caractère nationaliste et qu’elle prend le contrepied d’un judaïsme que l’on pourrait qualifier d’impérial et qui couvrirait un ensemble très vaste de pays. On retrouve alors l’argument de la puissance cosmopolite juive et il est probable que Herzl était sensible à cette accusation reprise et véhiculée par les Protocoles des Sages de Sion, à l’extrême fin du XIXe siècle. Mais n’était-ce pas tomber de Charybde en Scylla que d’opter pour une solution « nationale » sous la houlette et la tutelle de tel ou tel empire, ottoman, britannique ou autre ? Car l’idée d’un Etat d’Israël totalement autonome n’était guère envisagée ne serait-ce que dans une certaine logique de tutelle, de protectorat, de mandat.

Dans leur Histoire les Juifs ont souvent dû compter sur le pouvoir, l’arbitrage  au plus haut niveau pour se maintenir face à des tensions avec d’autres composantes du dit empire, si par empire on entend une instance devant gérer une pluralité de communautés linguistiques, religieuses et autres.

Le rôle des empires- c’est même leur principale raison d’être- consiste bien évidemment à instaurer une certaine harmonie, une certaine unité au sein de l’ensemble en produisant des institutions nouvelles se surimposant aux particularismes des uns  et des autres, ce qu’on peut qualifier de technocratie et cela implique l’instauration d’une forme de laïcité.

Le cas de l’Etat d’Israël, à ce propos, nous interpelle car quelque part avec la Guerre des Six Jours, il s’est trouvé en situation « impériale » avec les régions « annexées » ou le « territoires occupés » alors que le principe de l’ONU en 1947 était que feraient seules partie de l’Etat juif les régions à majorité juive. Le fondement nationaliste de cet Etat « Juif » rendait très difficile l’instauration d’un ensemble pluriel doté d’institutions appropriées.  On voit là comment une démarche nationale se trouve entrainée dans une spirale impériale, comme ce fut le cas sous Napoléon ou sous Hitler, du fait des victoires militaires qui restent une des causes  principales de toute formation d’empire. Par ailleurs, le fait que la diaspora juive de par le monde  se soit maintenue en dépit de la création de cet Etat génère aussi une forme de dimension impériale à Israël qui place celui-ci en opposition avec l’empire constitué par le monde arabo-musulman tout comme pendant la Seconde Guerre Mondiale,  l’empire « nazi » se considérait en guerre avec un empire »juif ». C’est l’occasion de souligner à quel point la structure d’un empire diffère de celle d’une nation. Comme on l’a dit, ses frontières n’ont pas à être validées par l’Histoire. Généralement, un empire s’articule autour d’une nation dominante, d’où une certaine ambiguïté mais cette nation dominante se montre capable de transcender sa propre spécificité pour accéder à un certaine universel. D’ailleurs, le terme universel appartient pleinement au vocabulaire et à la vocation des empires. On pense ici à la France qui ne se serait pas engagée dans son « colonialisme » en Asie et en Afrique –après avoir connu des expériences en Amérique du Nord Canada, Louisianne, Antilles) si elle n’avait pas eu par ailleurs un vécu impérial en Europe (sous le premier empire en particulier). Donc, s’il est clair que la grille « nationale » ne permet d’épuiser la question juive, l’autre grille « impériale » s’y préte davantage, mais avec des modalités particulières. En tout cas, il nous apparait clair que les Juifs, de par le monde, en dépôt de leur diversité  s’insrivent dans une certaine forme d’unité supranationale dont le ciment serait  une certaine forme de « pratique » (religieuse, linguistique, historique) récurrente que l’on pourrait, faute de mieux, désigner comme une « conscience juive » sans parler de l’apporte, si l’on peut dire, de l’antisémitisme qui contribuerait à forger la dite conscience….En tout état de cause, au risque de paraitre systématique, aucun groupe ne saurait échapper à une telle dialectique cyclique.

 

 

 

 

 

 

JHB

30 01  14

 

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L’astrologie et l’idée d’empire. Un passage obligé

Posté par nofim le 29 janvier 2014

 

 

L’astrocyclon  et les événements de 1989  et de 2014*

Par Jacques  Halbronn

 

 

Il ne faut pas tout mélanger sinon l’astrologie ne veut plus rien dire. Ce qui se passe actuellement en Ukraine est bien différent de ce qui s’est passé en 1989 à Berlin et ailleurs et qui secoua le joug de l’empire russo-soviétique. Au regard de l’astrocyclon, en 89 on était en phase descendante alors qu’en ce moment on est en phase ascendante.

Actuellement, on n’assiste nullement à la chute d’un empire mais au contraire au choc entre deux empires insatiables l’un comme l’autre bien que dans des styles radicalement différents. Encore faut-il pour analyser correctement les choses avoir une représentation large du terme « empire » et l’on sait que des définitions trop restrictives de certains termes constituent un obstacle majeur pour la recherche scientifique. Si l’on nous objecte ainsi que l’Union Européenne n’est  pas un « empire » sous prétexte qu’elle n’en porte pas le nom ou qu’elle ne s’est pas construite par le moyen des armes, on aurait là un bel exemple  d’une impuissance conceptuelle, par trop restrictive et c’est ainsi qu’on échoue à capter la dualité intrinsèque et inhérente au monde.

On nous permettra donc de présenter l’Ukraine comme un enjeu impérial tant pour l’Union Européenne que pour  la Russie (au cœur de ce qui s’appelait l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques et dont faisait partie jusqu’au début des années 90 la dite Ukraine mais aussi la Biélorussie, la Géorgie etc. On sait aussi que l’Union Européenne a déjà récupéré la plupart des Etats « satellites » de la dite URSS. (Allemagne de l’Est, Pologne, Hongrie etc.) De son côté, la Russie de Poutine ne reste pas spectatrice de cette situation et prend le contrepied d’un Gorbatchev. Ce sont donc bel et bien deux « blocs » qui s’affrontent et cela correspond tout à fait à la phase montante « unitaire » de l’Astrocyclon qui ne met pas en scène des affrontements entre nattons mais entre empires. On ajoutera qu’en Afrique, un autre empire tend à refaire parler de lui, celui que la France avait instauré et qui a légitimé récemment  ses interventions tant dans l’Ancienne Afrique Occidentale Française, au Mali que dans l’Ancienne Afrique Equatoriale Française en Centre Afrique et l’on peut s’attendre à d’autres réveils impériaux en Turquie (avec la nostalgie de l’empire ottoman) et on pourrait citer bien d’autres cas de démangeaison impériale à commencer par les attitudes actuelles de la Chine, également marquée par un puissant passé impérial.. L’Histoire ne se conçoit pas sans prendre la dimension des empires et croire que tout se joue au niveau des nations serait un graben contre-sens.  C’est ce modèle historique que nous préconisons pour la recherche astrologique et il est évident que celui-ci n’a pas besoin de l’astrologie pour exister et qu’il se défend très bien tout seul au sein même de la communauté des historiens.  Bien évidemment, cette poussée impériale fonctionne en alternance avec  des replis d’une telle dynamique comme ce fut le cas  à l’évidence  en 1989 ou en 1960 voire en 1967(du fait de la Guerre des Six jours qui ébranla le monde arabe.

Ce ne sont pas les empires qui manquent, on peut même dire qu’ils pullulent. Ils ont d’ailleurs pour raison d’être de mette au pas les nations qui sont la cause de tous les cloisonnements et les particularismes et autres protectionnismes. A Tite d’exemple, les religions dites du Livre relèvent d’un empire qui a pour nom monothéisme et qui contestera que l’Eglise romaine  n’est pas un empire supranational, Rome étant capitale impériale tout autant que Moscou.

Dans le cas des Juifs, sujet délicat s’il en est, on est dans une posture que l’on pourrait qualifier de dénégation. Le phénomène juif ne saurait en effet se réduire à la question d’un Etat nation « juif »  ni à celle d’une pratique religieuse bien définie et qui ne se veut pas prosélyte. Qu’on le veuille ou non, quitte  à donner raison aux « antisémites », il y a une autre dimension de la présence juive au monde et qui ne se conçoit que selon une grille impérialiste. C’est dire que toute réalité politique a deux visages contradictoires à l’instar de cette France qui tantôt a des visées impérialistes et tantôt s’inquiété de l’immigration qui est directement le corollaire des dites visées.

Mais revenons à la « question juive «  – et rappelons que nous avons fondé en 1978 le Cerce d’étude et de recherche sur l’identité juive (CERIJ). La diaspora juive nous apparait correspondre à certains critères du modèle impérial. Vouloir rassembler tous les Juifs en un seul et même Etat serait une aberration que d’ailleurs Herzl n’a jamais prônée dans son Etat Juif.(Judenstaat, 1897) sans parler du fait que le dit Herzl avant sa mort avait sérieusement envisagé, au vu du blocage persistant de l’option palaisienne par les Turcs,  l’option ougandienne (en Afrique) proposée par l’Angleterre ( 1905).

Cet impérialisme juif d’ailleurs nous le percevons d’abord sur le plan intellectuel.. Et le marxisme n’est-il pas une forme d’empire idéologique tout comme le freudisme ? On dira que le monde juif produit un grand nombre de personnages capables de créer des empires dans les domaines les plus divers. Or derrière tout empire, il y a de tels personnages charismatiques (pour le pire comme pour le meilleur) qui exercent leur génie dans les domaines les plus divers, y compris dans le champ de l’astrologie.  Que ce rôle des Juifs ait pu être signalé par certains chercheurs s’inscrit et contribue à l’étude du phénomène impérial. Que divers personnages, dans les domaines les plus divers, aient en commun –statistiquement- d’être Juifs (d’ascendance sinon de religion) n’aura pas été ignoré. Que pendant la Seconde Guerre Mondiale – et il suffit de lire la littérature dans ce domaine- d’aucuns aient pu voir un combat entre un empire juif  et le Reich allemand ne saurait étonner outre mesure. Bataille de titans qui générera la terrible Shoah mais qui ne s’est nullement terminé, en tout état de cause,  par l’anéantissement des Juifs. Rappelons qu’une des causes du déclenchement de la Shoah aura été l’entrée en guerre des Etats Unis à la fin de 1941 qu’Hitler mettra sur le compte de l’influence des juifs américains.

Pour en revenir à l’astrologie mondiale, on voit que la prévision astrologique est désormais dans l’obligation de nous dire si le monde à un moment donné se dirige vers une croissance de l’impérialisme ou vers une revanche des nationalismes. C’est même la seule chose qu’on demande à l’astrologie que  d’indiquer  un tel mouvement dialectique  en précisant la durée des phases, il va de soi. C’est autour de cette question que se joue la renaissance et la reconnaissance de l’Astrologie.

 

 

 

JHB  29 01  14

 

 

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33 articles de Jacques Halbronn sur Judaica ramkat.free.fr

Posté par nofim le 26 janvier 2014

Textes de Jacques  Halbronn,  Centre d’Etude et de Recherche sur l’identité Juive (CERIJ)

1 - Le Juif comme étranger structurel, par J. Halbronn
2 - Les Juifs et le refus de la contingence, par J. Halbronn
3 - Mission et transmission dévolues aux juifs, par J. Halbronn
4 - Typologie planétaire et judéité, par J. Halbronn
5 - De l’idée de séparation entre hommes et femmes dans le judaïsme orthodoxe, par J. Halbronn
6 - Judéité et Culture environnante : la question du non juif, par J. Halbronn
7 - Le juif et la femme, êtres de résistance, par J. Halbronn
8 - Le juif, au service et au nom des nations, par J. Halbronn
9 - Les juifs et la nouvelle dimension de l’intégration, par J. Halbronn
10 - La véritable émancipation du Juif : manifeste pour un judaïsme conscientiel, par J. Halbronn
11 - La vraie question juive, par J. Halbronn
12 - Les juifs et l’alphabet conscientiel, par J. Halbronn
13 - Les juifs comme signifiants de la conscience humaine, par J. Halbronn
14 - Les études astrologiques et nostradamiques en manque de chercheurs juifs, par J. Halbronn
15 - Du signifiant au signifié juif : les limites du mimétisme, par J. Halbronn
16 - (Saint) Paul : entre conversion et filiation, par J. Halbronn
17 - La question juive au regard de Dieu et de l’Etat, par J. Halbronn
18 - Les juifs entre francisation et francité, par J. Halbronn
19 - Israël, du retour à la réinsertion, par J. Halbronn
20 - Des juifs en quête de repères, par J. Halbronn
21 - La question du dieu des juifs, par J. Halbronn
22 - Instrumentalisation identitaire des Juifs et formation des peuples, par J. Halbronn
23 - L’Elément juif comme classe sociale, par J. Halbronn
24 - Les Juifs, individus au coeur des nations, par J. Halbronn
25 - Juifs et musulmans en France : l’affrontement, par J. Halbronn
26 - Juifs et Chrétiens et le rapport masculin / féminin, par J. Halbronn
27 - Juifs et Maghrébins en France : Communautés citoyenne et migrante, par J. Halbronn
28 - Les Juifs comme mémoire de l’Humanité, par J. Halbronn
29 - Des enjeux juifs de l’Europe, par J. Halbronn
30 - Vraies et fausses clefs pour la question juive, par J. Halbronn
31 - Repenser la conversion au judaïsme, par J. Halbronn
32 - Judaïsme et Judaïsation, par J. Halbronn
33 - Image de la femme juive et exogamie, par J. Halbronn

 

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Le créateur et sa création: ce qui est à l’image de.

Posté par nofim le 23 janvier 2014

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La zone Tsélem ou la convergence des clivages

par Jacques Halbronn

 

 

   Jacques Halbronn étudie la représentativité des différents clivages, et défini ce qu’il nomme l’espace Tsélem, en référence au récit de la Genèse, lequel décrit le passage obligé du Créateur à la Créature, du Maître à l’Esclave, ou d’un monde de l’Emanation (continu) – la Source ou Maqor - à un monde de la Formation (discontinu), pour employer le langage de la Kabbalah, en d’autres termes, ce qui sépare le Qodech (Saint) du Khol (Humain), ce qui n’est pas sans nous rappeler la double nature (ondulatoire et corpusculaire) de la Lumière.

   Si l’on considère l’ensemble des clivages à caractère social qui nous interpellent : entre l’homme et l’animal, l’homme et la machine, l’homme et la femme, la question des étrangers, des Juifs, des personnes âgées, des malades mentaux etc, existe-t-il un espace de convergence ? Il nous semble que oui et nous l’avons désigné sous le nom de zone Tsélem (dans l’Ancien Testament, il est dit que l’homme a été crée à l’image (tsélem) de Dieu). On usera de termes hébraïques : Tselem (copie (tsiloum), ombre (tsel) et son opposé Maqor (origine, source).

Tsélem serait un lieu accessible par toutes sortes de populations, mais c’est aussi un seuil au delà duquel on bascule vers ce que l’on pourrait appeler le domaine du “maître” et celui de l’ “esclave”, du Créateur et de la Créature.

D’une certaine façon, cette zone Tsélem pourrait correspondre à un élément intermédiaire entre le corps et l’esprit, c’est pourquoi c’est un lieu de jonction et de rapprochement.

Dans le rapport de l’homme et la machine, le Tsélem est l’espace de l’activité humaine qui s’offre à la machine, qui lui est, à terme, accessible. La zone Tsélem est marquée par la contingence en ce que la machine n’agit que sous l’action de stimulations ou d’impulsions qui lui sont extérieures. Elle est en quelque sorte “programmée” pour gérer la contingence : s’il ne se passe rien, elle ne fait rien, elle n’a rien à faire qu’à attendre. Au hasard des contingences, son animation est très variable. La seule machine qui échappe à ce sort est celle qui marque le temps. En revanche, ce n’est pas le cas du réveil-matin qui sonne ou ne sonne pas selon son réglage. Longtemps, il a fallu “remonter” les montres, lesquelles s’arrêtaient, autrement, au bout d’un certain temps. D’ailleurs, les sonneries, en général, avant de s’automatiser, étaient actionnées, à chaque reprise, par les hommes : sans l’homme, il n’y avait pas de sonnerie.

La femme évolue énormément dans le champ Tsélem. Elle est extrêmement réactive à certains événements ou plutôt types d’événements auxquels elle assiste et qu’elle ne prend pas la peine de contextualiser. S’il fallait replacer chaque signe dans son contexte, la femme devrait rester le plus souvent dans l’expectative, donc dans un certain chômage technique. C’est pourquoi elle est à l’affût de tout ce qui peut lui donner prétexte à intervenir et s’insurge contre ce qui pourrait reporter une telle occasion.

Le champ Tsélem est un monde intermédiaire entre l’humain et le non humain (ce qui ne l’est pas encore ou qui ne l’est plus). L’enfant qui commence à grandir investit avec enthousiasme le Tsélem tout comme la vieille dame qui veut montrer qu’elle est encore vive. L’étranger qui souhaite montrer qu’il est déjà dans le coup, dans sa culture d’accueil, s’essaiera au Tsélem tout comme le malade mental qui cherchera à donner le change en montant sa maîtrise tsélémique. L’animal ne sera vraiment intégré dans le monde humain que s’il se rend utile au niveau du Tsélem, sous la conduite de l’homme qui le domestiquera, le dressera.

Les éléments les plus marquants de l’état de Tsélem sont les suivants : l’aptitude à observer et à signaler ce qui se passe autour de soi, les changements qui se produisent, ce qui ne correspond pas à la norme, le fait d’assumer une fonction surmoïque en ce qui concerne des actes considérés comme répréhensibles chez autrui.

De nos jours, on n’a guère conscience, il nous semble, de la frontière qui sépare le champ du Tsélem de celui des activités spécifiquement humaines. Le Tsélem est en effet le lieu où l’Homme se décharge d’un certain nombre de corvées, à commencer par le fait de porter l’enfant des mois durant ou d’avoir précisément à l’initier auTsélem.

Or, cette frontière est essentielle dans la mesure où elle signale ce qui sépare l’homme de la machine. Tôt ou tard, en effet, la machine investira pleinement le domaine duTsélem.

Certes, la machine est la création de l’Homme encore que l’on puisse dire que l’Homme, tel que nous le connaissons, n’existe pas sans elle. Autrement dit, en créant la machine, l’Homme se serait ipso facto transformé en un Homo ex machina. La machine est aussi vieille que le monde, elle répond à un besoin d’organisation qui conduit l’Humanité à se structurer du fait même de la machine qu’il met en place.

Nous définirons l’idée de machine comme tout processus de fonctionalisation mettant fin à un état d’indifférenciation. La sexuation serait à ce titre déjà liée au phénomène machine et elle n’a pas commencé avec l’Homme, elle conduit à conférer à certains êtres des tâches spécifiques qui libèrent les autres d’avoir à les assumer. D’une certaine façon, le vivant a pris exemple sur la nature et ses rythmes, en particulier sur les astres. Mais cette mise en relation – corrélation – ne se réduit nullement à subir ou à décoder des “influences”, mais à conférer des significations à des configurations perceptibles, selon un encodage arbitraire, car toute émission fait l’objet d’une sélection du fait du récepteur. Il n’y a pas d’émission totale, intégrale ; toute influence est nécessairement instrumentalisée.

En même temps, on peut dire que la machine revêt un caractère mimétique, ce qui peut sembler paradoxal dans la mesure où c’est l’Homme qui la produit : disons que par la machine, l’Homme s’imite lui-même avec plus ou moins de succès et ce faisant il se découvre, se déconstruit.

Nous avons défini le Tsélem comme le monde de la contingence. Pour éviter tout malentendu, précisons ce point : quelqu’un est programmé pour capter ou réagir à certaines informations, mais cela n’empêche pas que son comportement n’impliquera pas pour autant de régularité puisqu’il dépendra de stimuli extérieurs dont l’occurrence est largement imprévisible.

A contrario, le monde au delà du Tsélem ne vivra pas au rythme des contingences et des accidents, nous entrons alors dans le monde de la nécessité. Non pas qu’à l’origine de la nécessité, il n’y ait du contingent mais par la suite celui-ci sera réduit à la portion congrue et on ne s’y laissera point distraire par des aléas.

Le monde du Maqor est celui de la contextualité, il vit donc à une cadence différente, aux réactions plus lentes, moins primaires et disons-le plutôt secondaires, selon la typologie de la caractérologie. Ceux qui quittent ce monde pour se réfugier dans celui du Tsélem y étaient mal à l’aise, on pourrait parler d’une tentation d’être plus en prise sur les choses plutôt que d’évoluer dans un monde parallèle.

Mais celui qui se plonge dans le monde du Tsélem ne sera pas seul, il y retrouvera toutes sortes de populations entraînées par les mêmes mirages d’une pseudo-vie, que nous qualifierons de condition d’esclave par opposition à celle du maître.

Dans le monde du Tsélem, si les contingences ne sont pas prévisibles, en revanche, ceux qui y interviennent le sont totalement car ils réagissent, selon des automatismes, à des signaux pour eux considérés comme bien spécifiques et sans prendre la peine de mener une enquête avant de passer à l’acte. On conçoit dès lors que cette “réalité” dont il est ici question est terriblement appauvrie et limitée dans la perception que l’on en a.

Le Maqor est plus fatiguant même si l’activité y est retardée par la qualité d’une enquête toujours en progrès et susceptible de ne jamais s’achever. Cela revient à quelqu’un qui ne pourrait jamais se reposer, avec des problèmes restant indéfiniment non résolus. En revanche, c’est un monde où il n’ y a pas de pause, celui de la nécessité. L’esclave a des moments de relâche quand la tâche qui lui a été demandée est accomplie alors que le maître doit veiller à ce que la vie ne cesse. C’est pour cette raison que nous disons que le monde du Tsélem n’est pas celui de la vie, il est une pseudo-vie, avec ce que cela peut avoir de diabolique.

Le Tsélem est en effet un monde artificiel, qui comporte des simulacres de vie et il est étonnant à quel point nos contemporains semblent incapables de le distinguer du monde de la vraie vie, eux qui sont capables de fabriquer des machines toujours plus perfectionnées ! Cela dit, ce n’est pas le vivant qui ressemble à la machine mais la machine qui imite le vivant.

Il faut apprendre à identifier les états de Tsélem quand on les rencontre et ne pas se laisser leurrer, en confondant la copie avec l’original, l’automate et son modèle. Combien d’entre nous ne sont plus que des automates tout juste capables d’enregistrer et de répéter à la demande. Coupez-les d’un environnement tonique et ils s’éteignent, dépérissent. L’olivier symbolise la sagesse parce qu’il se nourrit de peu et qu’il en tire le maximum. Dans le Tsélem, au contraire, il y a un énorme gaspillage et une dispersion d’énergie.

Dans notre monde, tant de morts vivants nous entourent dont l’activité est machinale, c’est-à-dire non pas continue mais discontinue quant à son contenu. Nous parlons souvent avec ces personnes qui fonctionnent à la fois comme des caméras et des disques, observant fidèlement et répétant les mêmes propos ou les mêmes gestes chaque fois que cela leur sera demandé.

Le monde du Maqor est-il menacé par celui du Tsélem ? Quantitativement, certainement. La logique de (pseudo) vie du Tsélem est largement majoritaire sur notre planète, au point de devenir la norme.

Rappelons que le Tsélem n’existe initialement que comme prolongement en vue de taches et de corvées dont le vivant veut se décharger, et la sexuation a produit duTsélem puisqu’il s’agit d’un clivage introduit par le vivant pour qu’une partie de lui-même fonctionne dans un autre registre, libérant ainsi du temps pour une activité spirituelle qui doit suivre son cours et qui ne peut s’arrêter un seul instant comme un coeur qui ne peut cesser de battre. Les animaux avec leur instinct ne sont-ils pas des êtres tombés dans le Tsélem ? Car le Tsélem n’est pas au commencement des choses, il n’existe que par rapport à la Vie dont il est l’imitation. Certains s’imaginent au contraire que l’on part du Tsélem pour essayer de passer à un autre niveau dont la réalité est discutable ! Pour eux, la vraie vie serait précisément celle du Tsélem !

La femme n’est pas étrangère à une telle croyance et d’une certaine façon, celui qui est prisonnier du Tsélem est castré. Peut-on imaginer un monde qui serait dominé par le Tsélem et d’où le Maqor serait évacué ou refoulé ? Serait-il viable ? Chacun y vaquerait à sa tâche spécialisée, indifférent à ce qui ne lui correspond pas. Personne ne serait responsable de la supervision des multiples activités plus ou moins mécaniques. Rappelons que le monde du Tsélem est hétéroclite, qu’il passe du coq à l’âne du fait que ce n’est pas l’objet qui compte mais le sujet qui perçoit et qui décrit ce qui défile devant son oeil (celui de la caméra) : qu’importe, ici, le contenu, l’important c’est que l’on contienne.

En fait, le comble du mimétisme, on l’a dit, c’est de nier l’existence même de celui que l’on imite et dont on ne sera jamais qu’un pâle reflet. En ce sens, le Tsélem désire consciemment ou non l’annihilation de ce qui lui a donné naissance et pour cela il doit prendre sa place, d’où le rêve d’un monde qui jubilerait de la mort du Père.

Le monde du Tsélem conduit à une canalisation d’énergies humaines et en ce sens il s’apparente, dans son principe, par son émergence à la canalisation d’énergies non humaines (ex. poudre, vapeur, énergie nucléaire) ou animales. Sa mise en place tend à mettre fin à un certain état de précarité et de contingence en en systématisant les manifestations.

Le monde du Tsélem est la création de l’Homme, il explique ce qu’est l’Homme mais il n’est pas l’Homme. Encore un paradoxe : ce que crée le Créateur n’est pas lui mais c’est ce qui le pose en tant que Créateur et c’est aussi ce qui lui permet de rester dans le monde du Maqor. Le Tsélem est l’émanation du Maqor et non une structure ayant une autre origine, encore que le modéle cosmique a probablement influé sur la formation du Tsélem.

Ajoutons qu’il est probable qu’il existe une cyclicité des clivages, liée à une instrumentalisation du Ciel, c’est-à-dire qu’à certains moments les frontières tendent à s’estomper entre ces deux plans et qu’à d’autres, celles-ci se renforcent.

Jacques Halbronn

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La question de la traduction dans la genèse des Protocoles des Sages de Sion

Posté par nofim le 23 janvier 2014

 

Aspects du processus de traduction des Protocoles

par Jacques Halbronn

   Extrait de la thèse d’Etat, Le texte prophétique en France. Formation et fortune, Paris X, 1999. Diffusion : Presses Universitaires du Septentrion, Villeneuve d’Ascq, 2002.

Ce texte complète notre travail paru chez Ramkat, Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, en 2002.

   Nous nous sommes particulièrement intéressé aux enseignements liés au processus de traduction. Il convient de situer celui-ci dans le cadre de la dialectique chorématique / chronématique.

La traduction d’un texte paru en une langue étrangère apparaît comme l’expression de la part des représentants de la langue vers laquelle la traduction doit se faire, d’une volonté d’appropriation d’un nouveau document; “nouveau” ne signifiant pas ici que le texte soit récent mais que l’urgence de l’intégrer au sein de la dite langue est alors ressentie.

Si l’on assimile ce texte à un objet, on dira qu’il y a désir de celui-ci. Or, d’une part, il importe que cet objet soit perceptible comme tel, dans sa relative nouveauté et d’autre part, qu’il soit désormais accessible dans la langue dans le champ de laquelle il ne se trouve pas encore.

Il y a là une certaine contradiction à gérer qui expliquerait, selon nous, les traces qui subsistent de l’origine du dit objet. Dans le cas d’une traduction, celles-ci correspondent au maintien d’un certain nombre de signifiants d’origine1, soit que ceux-ci existent déjà dans la langue de la traduction, soit en faisant figurer dans le texte les termes étrangers, au prix d’une translittération, d’une intégration plus ou moins précaire, étant entendu que de toute façon le lecteur replacera spontanément les dits termes dans le contexte sémantique et phonologique de la dite langue. En tout état de cause, le “nouveau” texte (pour la langue considérée) se placera au sein de la littérature parue dans cette “nouvelle” langue (pour le texte considéré).

Une certaine ambigüité apparaît dans le cas de l’emprunt. Est-ce que c’est l’emprunteur qui s’approprie l’objet ou est-ce le “propriétaire” de l’objet qui mène une politique d’expansion ? Qui conquiert qui ? Il peut en effet fort bien y avoir emprunt à l’insu du dit propriétaire, dès lors que l’objet est reproductible. Si l’on prend le cas de la mode, une personne peut vouloir changer de coiffure et se conformer à un certain style ambiant. Cette coiffure doit être identifiable, au moins à ses yeux, sinon il ne vaudrait pas la peine de procéder à ce changement d’apparence (chronématique) mais elle s’intégrera peu ou prou dans la physionomie générale de la dite personne (chorématique). La personne montrera ainsi – pour elle comme pour les autres – qu’elle est bien “de son temps”, “dans le vent” (chronématique), qu’elle est membre d’un certain ensemble de gens marqués par une telle modernité.

Il sera plus ou moins aisé de retrouver le modèle de référence en vigueur à un moment donné. Il conviendra de démontrer que les changements intervenus dans toute une série de champs organisés selon diverses structures, sont contemporains d’un certain événement, d’une rencontre que l’on puisse dater. Si un des éléments de l’équation devait manquer, l’on pourrait néanmoins tenter de le reconstituer. Encore conviendrait-il de préciser que les nouveaux développements peuvent s’appuyer sur un certain passé mais il faudrait alors expliquer pourquoi celui-ci revient soudain à la surface.

Dans le cas de la traduction, le traducteur peut certes puiser dans le vivier de signifiants de la langue vers laquelle il opère, il sera alors loisible au chercheur de montrer que ce retour, cette réminiscence-ce choix de mots parmi tant d’autres possibles-interviennent précisément à un moment où un tel processus se situe dans une certaine mouvance.

Si nous avons accordé quelque importance au processus de traduction, c’est parce que celle-ci est au coeur de la problématique de transmission et d’intégration. Par le biais de la traduction, des mots nouveaux peuvent être mis en circulation, profilés en accord avec les règles grammaticales en vigueur. Sous prétexte du passage vers une autre langue ou de modernisation, le texte d’origine est susceptible d’être modifié et actualisé. On rappellera le cas du Janus Gallicus et des disparités entre textes français et latin. La traduction – trahison – permet au texte de circuler dans l’espace et dans le temps2, d’une langue ancienne vers une langue moderne (Bible), d’une langue vernaculaire vers une autre (Protocoles).

I – La question des Protocols (sic)

   Outre le fait que les Protocoles ne sont probablement pas nés en Russie et qu’il convient donc de parler de leur réception dans ce pays, nous avons montré que la première vague de traductions des Protocoles avait concerné le tchèque et l’allemand, dans la période séparant les révolutions de 1905 et 1917. Après la Révolution d’Octobre, les Protocoles, dont le public connaît l’origine russe coïncidant avec la révolution bolchevique, seront traduits en anglais. Logiquement, c’est la forme allemande qui est aussi celle du Congrès de Bâle qui aurait du l’emporter - Protokoll - mais c’est-nous sommes au lendemain de la défaite des empires centraux-la forme anglaise Protocols qui s’imposera. Très tôt, le plagiat issu de Joly est connu à telle enseigne que l’on peut se demander si telle promptitude ne s’explique par la parution de la version allemande dès 1909. La dénonciation ne va guère freiner la diffusion des Protocoles.

C’est ainsi qu’un texte d’origine française – pour la forme sinon pour le fond – mais l’antisémitisme absent chez Joly3 est très présent chez nombre d’auteurs français de la seconde partie du XIXe siècle – reviendra vers la France sous des habits russes et anglo-américains. La dimension prophétique des Protocoles est renforcée par l’ouvrage mystique de Nilous dans lequel ils ont été conservés.

Les traductions anglaise et française semblent toutefois s’être effectué à partir de la brochure séparée de 1911 (et non du recueil complet de 1905 ou de 19114), ce qui explique que l’on ignore alors à peu près tout du véritable contenu du Grand dans le Petit ou des trois préfaces dans lesquelles Nilous explique la genèse de son travail. Le paradoxe tient au fait que les diverses éditions de Nilous ne mettent jamais les Protocoles en valeur et que ceux-ci sont insérés dans un ensemble sensiblement plus vaste, notamment dans l’édition de 1917. On pense à la Prophétie des Papes du pseudo-Malachie, à un certain stade, insérée au sein de volumes touchant à bien d’autres sujets. Ce qui est également certain, c’est que ces Protocoles, chez Nilous, figurent au sein d’une littérature antéchristique, comme le montrent les tirages séparés de 1911 et de 1917. Cette dimension sera plus ou moins évacuée par la suite au niveau des traductions qui ne concernent que les Protocoles sans même les commentaires de Nilous qui ne fut ni leur auteur (cela revient en substance à Maurice Joly en grande partie) ni même leur traducteur, encore qu’il ait eu apparemment accès à des ouvrages dont il cite les titres en français5.

C’est en référence à l’édition anglaise de 1919 - The Jewish Peril6, que les Protocoles atteindront, sous leur forme intégrale, la France l’année suivante7, mais sans que cela signifie pour autant que l’on ait eu recours au texte russe. Le Times, dès 1921 (numéros des 16, 17, 18 août), sera le premier à signaler le “plagiat” à partir duDialogue de Maurice Joly8, mais il fut aussi, un an plus tôt (8 mai 1920), largement responsable de son impact hors de Russie en Europe et aux Etats Unis en conférant quelque publicité à une récente édition anglaise intitulée The Jewish Peril.

Le Times avait aussi contribué à faire connaître les Protocoles dans un large public, par un article de Wickam Steed9. On désigna alors le Dialogue entre Machiavel et Montesquieu de Joly, sous le nom de “Dialogues de Genève” (octobre 1864) du fait que l’avant propos de l’auteur portait cette mention10.

C’est d’ailleurs le fait que le Times s’y soit intéressé qui semble avoir été décisif en France. On lit en gros caractères dans la Vieille France n°205 du 30 décembre (BNF, 8° Lc2 6434) sous le titre de “La conspiration juive contre les peuples” : “Le Times, le plus grand journal du monde demande si la France, l’Angleterre, l’Amérique n’ont abattu la domination mondiale de l’Allemagne que pour faire place à la domination mondiale des Juifs. Et le Morning Post proclame, dans les 23 articles11 qui seront rassemblés sous le titre de “The World Unrest” ;, que la Bible bolcheviste, « ce sont les Protocoles ou les Directives de Sages d’Israël (Procès verbaux de leurs réunions dans les Sanctuaires occultes) ». La Vieille France se plaint (n°204) que la publicité pour les Protocoles n’est pas acceptée dans & “171; l’abjecte presse française docile à l’ennemi qui le paye (et) refuse de faire connaître au peuple les Protocoles révélateurs ». Il convient toutefois de 1r que la revue La Vieille France, dès le mois de février 1920, donc avant l’article du Times, avait fait référence aux Protocoles dans son numéro 160 comme le rappelle Urbain Gohier12, donc directement à partir de la publication de l’édition anglaise parue peu auparavant.

Mgr Maurice Landrieux, Maurice, évêque de Grenoble13, signale que dès le 25 mai 1920, Le Correspondant. se fait l’écho des Protocoles et les associent au nom de Nilous « russe attaché au département des religions étrangères à Moscou »14. En effet, un article, ou plutôt un compte rendu de lecture, signé François Lechannel François, et oublié des spécialistes, à la rubrique “à travers les livres étrangers” intitulé “Le péril juif”, titre calqué sur l’anglais (pp. 735 et seq.) comporte la traduction de larges extraits des Protocoles ou “conférences” – on n’insiste pas encore particulièrement sur ce titre – à partir de la traduction anglaise. Il s’agit là, pensons-nous, de la première apparition en France d’éléments de ce texte attribué à Nilous. On y note, pour notre sujet, une certaine terminologie significative : « une prédiction de la Russie des Soviets » (p. 739) ou encore, insistant sur la parution dès 1905 : « Ce n’est donc pas un ouvrage récent utilisant les événements actuels; bien au contraire, il les a annoncés et prévus il y a de longues années » (p. 736) La conclusion est typique : « Que sont ces “Protocoles15 ? Sont-ils authentiques ? En ce cas quelle assemblée malfaisante a machiné ces plans et s’est réjouie de les faire connaître ? S’agit-il d’un faux ? En ce cas, d’où vient cet étrange et inquiétant caractère de prophéties,prophéties en partie accomplies, en partie bien près de l’être ?“ (p. 740).

L’article français – qui emploie la formule sans guillemets “les Elders de Sion” (sic) – ne manque pas de paraphraser avec force le texte provenant de Russie, tel le dernier protocole : « Les Juifs, déclarés véritables auteurs dans la coulisse de la Révolution française. Lorsque le monde chrétien sera près de disparaître, dans cette anarchie générale, alors se lèvera le règne impitoyable, logique, sage, rigide du “Roi de la race de David ».

Cette influence anglaise est patente déjà par le titre que porteront au début les Protocols (sic)16 dans toutes les éditions en langue française du début des Années Vingt. Un mois plus tard, l’hebdomadaire L’Opinion publie (les 5, 12 et 19 du mois17) un article intitulé “Les origines du bolchevisme: procès-verbaux des Sages de Sion” et comportant des extraits des Protocoles jusqu’au n°15. Le dernier extrait publié s’achève par des propos méprisants de la part des auteurs des Protocoles pour ces goïmdont la nature est “animale”. C’est bien l’antigoyisme affiché dans les Protocoles qui va exacerber l’antisémitisme.

On ne mentionne, est-il précisé, qu’ « à titre de curiosité, ces documents qui font grand bruit en Angleterre »18. On lit cependant le chapeau suivant : « S’il s’agissait d’un ouvrage apocryphe, comment l’auteur aurait il pu avec une telle précision décrire les événements extraordinaires qui étaient survenus quinze ans après ». Mais le 19 juin, le journal annonce une protestation de Salomon Reinach Salomon de l’Institut laquelle paraîtra le 26 juin. En revanche, la publication des Protocoles ne se poursuivra pas19. L’historien juif signe un article intitulé “Les prétendus procès verbaux des doyens de Sion”. Il y cherche les sources des Protocoles, mais ne fait pas de rapprochement avec le Dialogue aux Enfers de Maurice Joly20.

On retrouve les Protocoles in extenso cette fois, sous forme de feuilleton, dans le journal fondé par E. Drumont21La Libre Parole durant l’Eté de la même année (27 juillet-21 août) sous le titre de “Le péril juif”22, traduction23 littérale du titre anglais – et sans numérotation des protocoles. En fait l’expression “péril juif“ n’est pas simplement une traduction de l’anglais. En 1891, étaient parus Les Rothschild et le péril juif de Jacques de Biez, J. de (BNF, Lb57 10790)24, puisque l’on aborde dès la fin du XIXe siècle la question du “péril protestant“25. Mais Drumont accueillera L’Etat Juif de Herzl en 1897, peut-être parce qu’il percevait tout ce qui dans cet ouvrage-dans son programme-pouvait se retourner contre les juifs, ce qui correspond aussi à la volonté de Herzl de prendre en compte le discours tenu sur les juifs, dans un certain espoir de dialogue. dans un certain espoir de dialogue.

Dans un premier temps, deux traductions vont être commercialisées, au cours de l’année 1920, chacune dans le cadre d’une revue, la Vielle France et la Revue Internationale des Sociétés Secrètes (RISS). L’une à partir du russe, l’autre à partir de l’anglais. Les Protocoles des éditions Grasset n’entrent en lice que dans un deuxième temps.

Pour commencer, Grasset publie un ouvrage de R. Lambelin, R intitulé Le Péril juif – Le règne d’Israël chez les anglo-saxons, ne comporte qu’un résumé des Protocoles. en son chapitre IV26. Nous sommes en juin 1921 et il n’est fait référence dans cet ouvrage (p. 86) en note qu’aux deux éditions françaises susmentionnées. Aucune allusion à cette date à un ouvrage paru ou à paraître sur les seuls Protocols chez cet éditeur. Un deuxième ouvrage paraîtra dans la série “Le péril juif” du même Lambelin : “L’impérialisme d’Israël”. Et voilà que vont paraître chez Grasset les “Protocols” des Sages de Sion avec une introduction de Roger Lambelin27. Apparemment, une nouvelle traduction du russe, non calquée sur celle de La Vieille France d’Urbain Gohier. On y trouve les chapeaux de la version des Protocoles de Nilous que laVieille France n’avait pas cru bon de conserver de Nilous. On notera28 que cette revue préférera parfois le terme de “directives“ à celui de protocoles29, celle de Mgr Jouin, E., sous le titre Le péril judéo-maçonnique (Vol 1)30, une autre prise du russe, en 1921 chez l’éditeur Bernard Grasset31, avec une introduction historique de Roger Lambelin32, laquelle fera fortune tout au long du siècle puisqu’on la retrouve en 1967 dans une édition française de Beyrouth, au lendemain de la Guerre des Six Jours33. Cette traduction est fidèle au texte russe de Nilous dont elle reproduit les “chapeaux“ en tête de chaque protocole, mais on n’y retrouve cependant pas les notes en marge figurant en russe.

Cette dernière traduction, parue chez Grasset, se distingue sur un point essentiel : on y rend le terme “goy” par “chrétien” alors que l’original russe comporte la forme “goy” qui correspondrait mieux à “Gentil” (comme le propose L’Opinion. Le terme “goy”, on le sait, vise toute personne non juive, par delà le critère religieux34. Or, précisément, l’antisémitisme, au XXe siècle, appréhendera la question juive bien au delà du plan religieux, ce qui est le corollaire de l’usage par les juifs du mot “goy”. Par ailleurs, les commentaires russes de Nilous en marge des Protocoles ne sont pas reproduits. Ainsi, l’édition Grasset transforme-t-elle les Protocoles en une affaire judéo-chrétienne.

La dimension antéchristique, qui fut si présente dans la Prophétie du Frère Johannes, au début de la Grande Guerre sera par la suite évacuée comme d’ailleurs les références maçonniques pour ne plus laisser la place qu’au seul antisémitisme. Le titre de 1905 était parfaitement explicite Le Grand dans le Petit et l’Antéchrist comme possibilité politique immédiate (Notes d’un Orthodoxe, 2e édition corrigée et augmentée35). L’édition de 1911 sépare en revanche le titre en deux parties : Le Grand dans le Petit. L’Antéchrist qui approche et le royaume de Satan sur la Terre.

Le feuilleton de la Libre Parole (21 août 192036) se concluait encore ainsi avec les paroles de Nilous : «  Je sens en mon coeur que l’heure est venue de convoquer le huitième concile oecuménique où se réuniront, oubliant les querelles qui les ont séparés depuis des siècles, les pasteurs et les représentants de toute la Chrétienté pour faire face à la venue de l’Antéchrist. FIN  ».

Si c’est un faussaire, dit-on alors, c’est alors un prophète puisque tout était annoncé depuis 190537 ! Le succès des Protocoles serait ainsi dû à la rencontre entre un texte et un certain nombre d’événements qui semblent le confirmer. Est-ce par hasard si le terme Sion apparaît dans le titre même de ces Protocoles et vient recouper les espérances du mouvement sioniste ? Concours de circonstance qui fait de ces Protocoles vers 1920 la prophétie du sionisme38.

Il y aurait, en effet, dans l’antisémitisme, une sorte de prophétisme: annoncer que les juifs feront ou ce qu’on les soupçonne de vouloir faire, nous fait assez vite basculer dans le champ d’un prophétisme assez pervers du type « &nbp;on vous l’avait bien dit !  », comme si tout propos tenu sur le monde attendait sa confirmation.

Initialement, il n’était pas question, en France, de désigner les “Protokoli” par le terme “protocoles”. En tout cas pas dans la communauté des juifs de Russie résidant en France et dont l’organe se nommait “Tribune Juive, revue hebdomadaire consacrée aux intérêts des Juifs russes” (BNF, Jo 56366). Lorsque dans le numéro du 21 mai 1920, S. Poliakoff signe un article intitulé “Le Times et les procès verbaux sionistes”, il ne reprend pas l’expression “protocoles”. Encore en juillet 1920, dans la même publication, on trouve un article qui se nomme “Les prétendus procès verbaux des doyens de Sion” de S. Reinach Salomon (paru dans L’Opinion). C’est en fait sous l’influence anglo-saxonne que le terme de “protocoles” voire de “protocols” va s’imposer dans la Tribune Juive, au cours de l’année 1921. Le milieu juif russe a directement accès à l’original russe ou du moins à celui qui paraît dans la revue de langue russe, de Berlin, le rayon de soleil. En 1920, la revue La Vieille France choisit une formule intermédiaire : “Protocols (sic). Procès-verbaux de réunions secrètes des Sages d’Israël”39, pour devenir en 1924, aux mêmes éditions, sous la signature d’Urbain Gohier “Les Protocoles des Sages d’Israël”.

S. Poliakoff, dans son article susmentionné témoigne qu’« en 1918, certains de ces messieurs du G (rand) Q(uartier) G(énéral) de l’armée des volontaires distribuèrent ces procès verbaux aux officiers étrangers sous prétexte qu’ils contenaient l’expression du bolchevisme russe ».

Il n’en reste pas moins que la réception des Protocoles en France semble surtout liée à l’Angleterre et que les versions françaises seraient peu ou prou dépendantes des éditions anglaises tant il est vrai que les quatre traductions françaises de 1920-22 portent dans leur titre la forme anglo-saxonne Protocols. Nous nous arrêterons sur le travail de J. F. Moisan, J. F.: Contribution à l’étude des matériaux littéraires pro et antisémites en Grande Bretagne (1870 – 1983)40.

Nul ne conteste que les Britanniques aient précédé les Français dans la publication des Protocoles, optant pour le titre, au demeurant calqué sur le russe de “Protokoli”,Protocols of the Learned Elders of Zion, introduit une connotation particulière où le sage est aussi un savant, un ancien. Après un premier tirage réalisé par Eyre & Spottiswoode, en 1919, les droits de la première traduction, celle de Shanks41, sont cédés aux Editions The Britons de Londres (qui deviendra “The Britons Publishing Society”)42. Dès 1920, reparaît, dans ce nouveau cadre, le Jewish Peril. Protocols of the Learned Elders of Zion, se présentant comme une seconde édition43. Les nouveaux éditeurs veulent profiter de la publicité faite par le Times du mois de mai 1920 aux Protocoles44 : en 1921 la nouvelle traduction anglaise circule45.

Si le titre de la couverture est maintenu entre les diverses éditions et traductions, en revanche, le titre intérieur de la version Marsden Victorest Protocols of the Meetings of the Learned Elders of Zion, le terme protocole n’ayant pas semblé assez explicite par lui même. De même n’a-t-on pas conservé la formule “The Jewish Peril“46.

J. F. Moisan exprime le désir de comparer les deux traductions mais il reconnaît ne pas avoir accès au russe. Or ne risque-t-il pas d’attribuer à l’un des traducteurs ce qui relève de Nilous ou de telle ou telle édition ? C’est ainsi que ce chercheur commettra un certain nombre de bévues qu’il nous a semblé intéressant de relever. Evidemment, Moisan part de l’hypothèse que la première traduction, celle de George Shanks George, est parfaitement conforme au russe et que toute différence entre Shanks et Marsden relève de la fantaisie de ce dernier.

Moisan va donc attribuer à Marsden toutes sortes d’innovations à commencer par la numérotation des protocoles, sans savoir que Nilous lui même, à partir de 1911, a opté pour cette formule lancée par Boutmi47. La première traduction française, dans le journal L’Opinion, ne comporte pas une telle numérotation, fidèle en cela à son modèle anglais48.

J. F. Moisan a remarqué que Marsden ne mentionne pas la police tsariste, l’Okrana, dans les Protocoles alors que Shanks le fait49 (Protocole 18). Ne songeant pas à vérifier au moins au niveau des traductions françaises dont certaines se veulent tenir du russe, il nous explique le procédé de Marsden :

« Que Marsden ait recours aux termes plus généraux de secret defence au lieu d’okrana nous semble très révélateur. En mentionnant la police secrète tsariste, il aurait limité la portée du protocole 18 et des protocoles dans leur ensemble. Il aurait restreint le champ d’action des Sages à un pays particulier. Or le “complot” est censé être mondial et universel. De plus, la référence à l’Okrana aurait daté trop précisément la “conspiration” dont la réalisation était imminente au moment de la parution de la traduction de Marsden alors que l’Okrana avait disparu dans la tourmente révolutionnaire. Or, la traduction de Jouin, E., faite à partir de Shanks comporte la mentionOkrana, mais en 1 celui ci précise que ce passage ne figure pas dans d’autres versions. En effet, Nilous n’emploie pas ce terme. C’est en fait l’inverse qui s’est produit : Shanks a apporté une précision qui ne figurait pas dans l’original. Mais en 1 celui ci précise que ce passage ne figure pas dans d’autres versions. En effet, Nilous n’emploie pas ce terme. C’est en fait l’inverse qui s’est produit : Shanks a apporté une précision qui ne figurait pas dans l’original. »

Selon Moisan (p. 55), Marsden se permet d’introduire “une référence géographique inexistante” au protocole IX. Or, il n’en est rien, cette précision figure bel et bien chez Nilous et c’est Shanks qui a préféré l’évacuer. Marsden se voit reprocher des formules provocatrices comme de parler du génie du peuple juif (protocole 17) mais c’est Shanks qui, tout au contraire, a voulu atténuer le texte. Ce serait encore Marsden qui aurait préféré Goïm à Gentils alors que c’est le langage propre aux textes russes des Protocoles.

Et le verdict tombe sur Marsden : « Il s’est efforcé par divers artifices – choix lexicaux, ajouts, suppressions – de rendre le texte des Protocoles plus violent, plus horrible, plus insupportable au lecteur et donc plus antisémite. Cette constatation peut expliquer le fait que dès le début des années 20 les éditeurs des Protocoles aient préféré la traduction de Marsden à celle de Shanks » (p. 97)50.

En 192251, la première traduction avait été abandonnée par The Britons publishing Society et on présentait une nouvelle traduction52 à partir du russe de Nilous, due à Victor E. Marsden, ancien correspondant du Morning Post, le journal qui avait publié si largement sur le sujet en 1921. On y rappelle la familiarité du journaliste avec la Russie, lequel venait de décéder.

La lecture de cette nouvelle traduction fait irrésistiblement penser à l’édition de 1911 de Nilous : présence de chapeaux en tête de chaque protocole dûment numéroté, point non relevé par Moisan. Or, nulle part, il n’est question dans l’ouvrage anglais d’une édition russe, autre que celle de 1905 alors que nous sommes en 1925.

Par ailleurs, Marsden emprunte le développement de la Vieille France relatif à la Lettre de Constantinople aux Juifs d’Arles et ce sans citer ses sources. Sous le titre de “A Fifteenth Century “Protocol”, il traduit (p. 7) littéralement le texte de l’article du 20 juillet 1920 (p. 87 de l’édition française).

Marsden ne reconnaît pas davantage ses emprunts à la précédente édition de Shanks. Il reproduit littéralement le texte anglais de la Prophétie du Serpent, prenant simplement la peine de mettre “serpent”, là où l’on avait traduit du russe (zmia) par “snake”. Il ne corrige pas l’erreur qui confondait Louis XVI avec Louis XIV53 dans la version russe54.

On peut dire que Shanksa travaillé à partir de l’édition de Nilous de 1905 et Marsden à partir de l’édition du même Nilous de 1911, laquelle notamment comporte des chapeaux pour chaque protocole. Ce serait la véritable cause de la mise en oeuvre d’une nouvelle traduction.

Il convient de dater la traduction de Victor Marsden: si l’édition en brochure séparée semble être de 1922, en revanche, des extraits de la traduction sont parus d’abord dans les colonnes du Morning Post55 en mai 1920, puis au sein du recueil regroupant tous les articles traitant de la “question” juive la même année sous le titre The Cause of the World Unrest, avec une introduction de l’éditeur du56 Morning Post Londres, Ed. Grant Richards (BDIC, S 7218). Ces textes sont d’abord paru anonymement, Marsden n’étant que l’un des collaborateurs57, sa traduction figure aux chapitres V, VI58 et VII du volume. Victor Marsden connaît l’existence de la première traduction (p. 89) : « Une traduction de ces Protocoles vient de paraître. Cette traduction que nous avons comparée avec l’édition russe de 1905 au British Museum est correcte dans l’ensemble mais pour une oeuvre de cette importance, nous avons préféré recourir à notre propre traduction: Une traduction de ces Protocoles vient de paraître. Cette traduction que nous avons comparée avec l’édition russe de 1905 au British Museum est correcte dans l’ensemble, mais pour une oeuvre de cette importance, nous avons préféré recourir à notre propre traduction ».

Le titre anglais proposé par le Morning Post est celui que retiendra Marsden: Protocols of (the) Meetings of the Learned Elders of Zion59.

II – Influence des traductions françaises

   Mais sommes-nous à ce point certains que Marsden ne s’est pas servi de la traduction française figurant dans la Vieille France (que l’on désignera désormais par le sigle VF) ? Dans ce cas, il se serait contenté de traduire du russe les chapeaux négligés par la revue française et qui, on le sait, sont des apports tardifs de Nilous.

L’examen de la disposition en paragraphes préconisée par Moisan fait apparaître un fort parallélisme entre Marsden et Nilous que l’on ne retrouve pas dans les traductions françaises. Marsden préserve par exemple les points de suspension en tête du premier protocole ce que ne fait pas VF.

Toutefois, l’édition de la Vieille France ne comporte pas les particularités de la traduction Shanks, notamment en ce qui concerne la mention de l’Okhrana. Comme elle date de 1920, il semble exclus qu’elle ait pu s’inspirer du travail de Marsden. Le fait que Marsden ait mieux respecté certains dispositifs de Nilous suffit il à évacuer l’hypothèse selon laquelle il aurait pu s’inspirer de la traduction VF ?

Force en tout cas est de constater que Marsden a traduit du français les annexes de VF des pages 87 à 88 : “La Revue des Etudes Juives financée par James de Rothschild a publié en 1880 deux documents qui montrent etc.” devient “The Revue des Etudes Juives financed by James de Rothschild published in 1889 (sic) two documents which showed etc.”

On 1ra que le titre de Marsden reprend l’idée de “réunions” qui ne figurait pas dans la traduction de Shanks : “Protocols ”Procès verbaux de réunions secrètes des Sages d’Israël (VF), soit “Protocols of the meetings of the Learned Elders of Zion”.

Marsden a repris l’italique qui ne figure pas chez Nilous mais qui est employé dans VF :

« Dans cet ordre d’idée, je vais exposer notre système en me plaçant d’une part à notre point de vue et d’autre part au point de vue des goym. » (L’italique est dans le texte p.13, et ils seront mis en italique tout au long des 24 Protocoles dans les deux versions Marsden et VF)

« What I am about to set forth, then, is our system from the two points of view that of ourselves and that of the goyim (i.e. non Jews)  ». L’italique est dans le texte (p.11).

Que Marsden ait eu connaissance de VF semble à peu près acquis mais nous ne saurions contester qu’il ait eu accès à Nilous non seulement au niveau des chapeaux mais aussi parce que dans certains cas sa traduction est plus littérale que celle de VF.

Qu’on en juge d’après la fin du dernier protocole.

VF rend ainsi le russe :

« Le Roi d’Israël ne devra pas être influencé par ses passions »

Marsden donne la traduction suivante :

« The King of the Jews must not be at the mercy of his passions »

Or le texte de Nilous est plus proche de “King of the Jews” que de “Roi d’Israel”: Tsar Iudeiskiy, le “tsar” des Juifs et non le “tsar” d’Israël.

Il n’est pas cependant exclus que des parentés existent entre Marsden et “Grasset-Lambelin”. Ainsi le protocole III qui est celui du serpent symbolique60 recourt à l’image de l’étau pour indiquer à quel point les Juifs vont parvenir à contrôler les Etats d’Europe. VF ne reprend pas cette image qui se trouve dans le texte russe et recourt à la formule « Quand ce cercle sera fermé, tous les Etats Européens y seront enserrés comme entre de solides griffes » (p.21), alors que Marsden colle davantage au texte russe (tiski: étau) :

« When this ring closes all the States of Europe will be locked in its coil as in a powerful vice (anglais pour étau)  » (p.19).

Et l’édition Grasset reste également proche du russe : « Quand ce cercle sera fermé, tous les Etats d’Europe y seront enserrés comme dans un fort étau » (p.20).

Marsden a-t-il emprunté les chapeaux de Grasset ? La réponse est négative. Nous avons observé par exemple que pour le chapeau du Protocole XIII, Nilous avait mis des guillemets. On ne les retrouve pas dans l’édition Grasset et ils sont bel et bien placés chez Marsden qui n’aurait pu en introduire par hasard là où il le fallait si son modèle avait été français.

Ch. XIII, Sommaire : le besoin du pain quotidien. Les questions politiques. Les questions industrielles. Les divertissements. Les maisons du peuple. La Vérité est une. Les grands problèmes. (The need for daily bread. Questions of the political. questions of industry, Amusements. People’s palace. Truth is one. The great problems).

Mais l’inverse est-il possible ? Il apparaît en effet que la version de Marsden parut dans le Morning Post, du moins partiellement, dès 1920 donc avant la publication des Editions Grasset.

L’influence américaine

   En 1920, paraît à Boston une édition en langue anglaise, différente de celles que connaît l’Angleterre.

Or, dès le début du premier protocole, nous rencontrons une formule typique de deux éditions français, VF et Grasset, “Let us leave any phraseology”.

VF : « Laissons de côté toute phraséologie »

Grasset : «  Abandonnons toute phraséologie »

Or, VF de 1920 cite assez longuement la version américaine (pp. 7-10) et y puise en fait tout un historique de plusieurs pages qui reprend le titre complet: The Protocols and World Revolution including a translation and analysis of the Protocols of the Meetings of the Zionist men of wisdom“ (Small, Maynard et Cie, édit. Boston 1920)61, CDJC 14176.

En fait, les Protocoles de VF n’ont pas été réalisés à partir de l’édition de 1905 comme le montre la présence d’une numérotation des séances. Selon nous, ils ont été traduits à partir de l’édition de Boston et ont profité du travail de Boris Brasol62. Selon Cohn Norman, cette édition américaine serait due à l’initiative des Russes “Blancs”63, lesquels ont certainement joué un rôle clef dans la diffusion des Protocoles et ce, dès 1918. Les Protocoles apparaissent comme un élément essentiel de la propagande antibolshévique russe. La France a été particulièrement sensible au thème antéchristique niloussien, on se souvient alors du recours à une telle représentation autour de la Prophétie du Frère Johannès, chère au Sâr Péladan Joséphin au début de la Grande Guerre.

Il est vrai que le passage du français à l’anglais ou l’inverse est infiniment plus aisé qu’à partir du russe, en raison notamment du nombre de signifiants quasiment identiques encore qu’on trouve une proportion non négligeable de mots français en russe.

Si l’on prend les premières lignes du protocole 1 et les dernières lignes du protocole 24, la comparaison entre le texte américain et le texte de la Vieille France est flagrante: nous avons mis en italiques dans le texte français les termes semblables à l’anglais64.

Protocole 1 :

« Let us put aside phraseology and discuss the inner meaning of every thought; by comparisons and deductions, let us illuminate the situation. In this way, I will describe our system, both from our point of view and from that of the Goys »

N° 1, Vieille France :

« Laissons de côté toute phraséologie et discutons le sens intime de toute pensée; éclairons la situation par des comparaisons et des déductions. Dans cet ordre d’idées, je vais exposer notre système en me plaçant à notre point de vue et, d’autre part, au point de vue des Goym. »

Autre exemple :

« The King of Israel must not be influenced by his passions especially by sensuality. No particular element of his nature must have the upper hand and rule over his mind. Sensuality more than anything else upsets mental ability and clearness of vision by deflecting thought to the worst and more bestial side of human nature.

The Pillar of the Universe in the person of the World Ruler sprung from the sacred seed of David, must sacrifice all personal desires for the benefit of his people. Our sovereign must be irreproachable.  »

 

N° 24, Vieille France :

« Le Roi d’Israël ne devra pas être influencé par ses passions, surtout par la sensualité: aucun élément particulier de sa nature ne devra dominer chez lui et être maître de sa pensée ; or la sensualité, plus qu’aucune autre défaut, trouble les facultés mentales et la claire vision des choses en détournant la pensée vers les pires instincts et les plus vils de la nature humaine.

Le Pilier de l’Univers en la personne du Dominateur du monde, issu de la race sacrée de David devra sacrifier tous désirs personnels au bien de son peuple.

Notre souverain devra être irréprochable. »

On ajoutera que la disposition en paragraphes est identique et que la VF utilise tout au long des protocoles le terme “goym” pour “goys” de la traduction de Boris Brasol.

Dès lors que l’on sait que la Vieille France a fait paraître les Protocoles après l’édition de Boston qu’elle cite, il n’est pas question d’accepter l’hypothèse selon laquelle l’édition américaine aurait été calquée sur la française. Dans la mesure où Marsden, outre Manche, a pris connaissance de l’édition de la Vieille France, il aurait de ce fait, indirectement, eu accès à l’édition américaine. Selon un principe général d’économie, les relations entre ces six éditions, trois françaises et trois anglo-saxonnes, ont été assez fortes et il conviendrait presque de parler d’un ensemble anglo-français de traductions des Protocoles. La situation a sensiblement évolué depuis le début du XVIe siècle: alors, la traduction ne pouvait fonctionner que du français vers l’anglais et l’anglais a souvent eu accès à des textes européens (latin, italien, allemand) à travers les traductions françaises65. Au début du XXe siècle, nous sommes en pleine anglomanie d’où cet anglicisme “Protocols”.

La RISS66 et les traductions de l’anglais

   A titre de comparaison, étudions la traduction de la RISS en vis à vis de la première traduction anglaise. L’édition de la RISS est la seule des éditions françaises à ne pas comporter le terme “phraséologie” au début du premier protocole. On y trouve la même parenthèse pour définir le terme goyim alors que le texte de Nilous comporte un renvoi en bas de page. La seule originalité est, pour l’édition de la RISS, d’utiliser nombre de sous titres et de numéroter les Protocoles. Il n’en reste pas moins que Jouin du fait qu’il signale les variantes en 1s est un précurseur au même titre qu’un Anatole Lepelletier pour les éditions des Centurie, au siècle précédent.

Un moyen efficace de mettre en évidence une influence consiste à repérer une erreur commise dans le texte utilisé et de montrer que celle ci se retrouve chez l’emprunteur. Prenons le cas de la première traduction anglaise; dans le dernier protocole, l’on trouve la phrase :

« Sensuousness, more than any other passion, is certain to destroy all mental and foreseeing powers; it distracts men’s thoughts toward the worst side of human nature » (p.87)

Les versions françaises de 1920 ont traduit de façon plus complète le texte russe qui comporte deux épithètes et non pas un seul.

Vieille France :

« La sensualité, plus qu’aucun autre défaut, trouble les facultés mentales et la claire vision des choses en détournant la pensée vers les pires instincts et les plus vils de la nature humaine » (p. 81)

Grasset :

« La volupté agit d’une manière pernicieuse sur les facultés intellectuelles et sur la clarté des vues en détournant les pensées sur le côté le plus mauvais et le plus animalde l’activité humaine » (p.153)

Or le texte de la RISS comporte la même lacune que le texte anglais à savoir un seul épithète :

« La sensualité, plus que toute autre passion, détruit fatalement toutes les facultés de l’intelligence et de la prévoyance, elle dirige les pensées des hommes vers le plus mauvais côté de la nature humaine. »

L’affaire des traductions entre le français et l’anglais allait connaître un nouveau rebondissement dans les années Trente. A partir de 1931, la Revue Internationale des Sciences Secrètes publie sous le sigle “RISS” une série d’ouvrages en français et en anglais. (BNF). The Jewish Question (BNF, 8°G 3716) rassemble les textes antisémites d’Henry Ford H. C’est ainsi qu’un ouvrage de Lesley.i. Fry Lesley Waters flowing eastward (BNF, 8° G 3715) comporte le texte des Protocoles bien que ne l’annonçant pas dans le titre. L’ouvrage paraît simultanèment en français, la même année 1931, sous le nom de Retour des flots vers l’Orient. Le juif notre maître67.

L. Fry produit la traduction de Marsden dans l’édition anglaise mais, plutôt que de traduire Marsden en français, l’éditeur parisien préféra réutiliser la traduction que la RISS avait publiée en 1920 et qui, elle, était issue de la première traduction anglaise si bien que L. Fry annonce la traduction de Marsden et que dans l’édition française, pour des raisons d’économie, ce n’est pas cette version qui est donnée. Marsden en français, l’éditeur parisien préféra réutiliser la traduction que la RISS avait publiée en 1920 et qui, elle, était issue de la première traduction anglaise si bien que L. Fry annonce la traduction de Marsden et que dans l’édition française, pour des raisons d’économie, ce n’est pas cette version qui est donnée.

Mgr Jouin reprend d’ailleurs en tête de la traduction le titre complet de la première édition anglaise: Protocols of the Elders of Sion. Toutefois, les protocoles y sont numérotés à la différence de ce qui se pratique dans la première édition anglaise car Jouin tient compte de l’édition allemande de 1920 de Nilousqu’il cite.

En revanche, la RISS publia bien une traduction du russe des Protocoles dans la version Boutmi reproduisant deux pages en caractères cyrilliques. En 1934, cette version allait ressortir aux mêmes éditions (BNF, 4° G 5311). Ainsi la RISS fournissait-elle au lecteur français des années Trente, comme elle l’avait fait dans la décennie précédente, deux versions, et ce dans des traductions françaises présentant des différences rédactionnelles même pour les passages où le texte russe est absolument identique, ce qui ne permettrait pas au lecteur français d’en prendre conscience.

Un des apports les plus remarquables de la RISS – outre qu’elle signale nombre de variantes entre les diverses traductions – aura été d’introduire une carte illustrant laProphétie du Serpent dont nous avions signalé l’absence. Dans l’édition de 1922 figurait une carte de l’Europe sans lien avec le texte, en revanche pour l’édition de 1934, on a remplacé celle ci par une autre carte parcourue par un serpent, dans un esprit plus fidèle.

Qu’est-ce qui distingue les versions de Boutmi et de Nilous au point que Mgr Jouin ait décidé de les faire traduire en français coup sur coup en 1920 et 1922 et de les faire toutes deux rééditer dans les années trente? En fait, l’édition Boutmi comporte des sous titres empruntés à l’édition Nilous parue aux mêmes éditions « pour faciliter la lecture ». A ce propos, il convient de 1r que les Ed. Grasset n’ont pas jugé bon de reporter les sous titres, ce qui serait une initiative assez malheureuse s’il s’avérait, comme nous le supposons, que ceux ci faisaient, du moins dans certains cas, partie de la version manuscrite.

Jacques Halbronn
Paris, le 10 août 2002

Notes

Par origine, on n’entend évidemment pas la langue première du texte, si tant est qu’on la connaisse, mais la langue à partir de laquelle s’effectue la traduction en question. Retour

Voir J. L. Cordonnier, Traduction et culture, Paris, Hatier-Didier, 1995, Traduction et traducteurs au Moyen Age, Dir. G. Contamine, Paris, CNRS, 1989, Traduire l’Europe, Dir. F. Barret-Ducrocq, Paris, Payot, 1992. Voir Halbronn, 1987. Retour

Il n’est toutefois pas exclus que Joly se soit inspiré pour sa thèse d’un modèle antijuif. L’ironie du sort aurait ainsi voulu que la dimension juive évacuée y soit replacée. Retour

En 1911 paraissent concuremment le recueil complet et le texte des Protocoles qui en est issu. Retour

Signalons que le Dialogue de Joly fut traduit très vite en allemand. Retour

C’est également de 1919 que date la publication de la traduction allemande (Charlottenbourg-Berlin). Retour

Voir bibliographie in Taguief, 1992, Vol. 1 in fine. Retour

Cf. Taguief, 1992. Dès septembre 1921 (n°7), Paix et Droit, l’organe de l’Alliance Israélite Universelle (BAIU, P 98 bis) présentera, en sa première année d’existence, un article, reprenant les textes de la presse anglaise, avec en parallèle les Protocoles et le Dialogue de Joly. On aurait fait un mélange avec Joly. Le livre de Joly aurait été trouvé dans la bibliothèque d’un ancien agent de l’Okhrana, la police secrète tsariste. L’article signale également Retcliff. Un autre article sur le sujet était paru dès mars 1921 dans la même revue. Voir aussi un dossier de coupures de presse (Bibl. AIU, J 9318 a A (20) notamment pour 1921 : Ere Nouvelle, 21 août 1921, “L’étrange aventure des protocoles de Sion” par Maurice Vernes. (Le Matin, 21 août 1921). Réaction de Léon Brunetaux “Faux ou mystification, l’étrange aventure des Protocoles des Sages de Sion” (25 août 1921, pas de référence de périodique pour ce texte dans le dossier). Le 4 septembre 1921 paraît dans Le Matin un article intitulé : “Les Protocoles des Sages de Sion sont l’oeuvre de faussaires”. Retour

Cf. “The Jewish peril. A disturbing pamphlet. A Call for Enquiry” (Un pamphlet dérangeant, demande d’enquête). Retour

10 Mais Victor .Marsden, dans le Morning Post, écrit dès 1920 : “These two opening protocols express a philosophy of government more cynical than Machiavelli’s”, article repris in The Cause of World Unrest, Londres, 1920, p.102. Retour

11 Voir Moisan, 1992, précise que six journalistes différents contribuèrent à cette série de 1920. Retour

12 Les Protocols, op. cit., p. 9. Dans la Revue Mondiale de mars 1921, la Princesse Catherine Radziwill, dans un article intitulé “Les Protocoles des Sages de Sion” (pp 151 et seq) ira jusqu’à mettre en doute l’existence de Nilous. La Princesse avait publié en Février de la même année, dans American Hebrew, une interview sur ce sujet. L’article français sera repris peu après dans un recueil de différents auteurs intitulé Les Sages de Sion et l’opinion mondiale. Pref. Maurice Vernes, Le Buisson Ardent, 1921-22, W.L. Retour

13 Cf. L’Histoire et les Histoires dans la Bible – Les Pharisiens d’autrefois et ceux d’aujourd’hui, Deuxième édition, Paris, P. Lethielleux, 1921, pp. 95-97, Bibl. Astrol, ouvrage qui nous a été communiqué par le regretté G. Teboul (Lyon). Landrieux; reproduit (pp. 92 – 94) la “Réponse” des Juifs de Constantinople. La première édition de 1907, sans la seconde partie du titre, ne comportait évidemment pas un tel développement sur les Protocoles. Notons que cet ouvrage avait vocation pédagogique. et s’adressait à des enfants (BNF). Retour

14 Landrieux, passé évêque de Dijon, publiera en 1926, Le Second Avénement du Christ, Paris, BNF, D 92381. Retour

15 L’article du Correspondant ne restitue pas la forme anglaise sans “e”. Retour

16 Protocols et non les ProtocolesRetour

17 BNF, Microfilm m 22842. Retour

18 Cf. Le Morning Post publie sous le titre “The cause of World Unrest”, 23 articles, en juillet 1920 (du 12 au 30). Ils seront rassemblés sous un seul volume avec ce même titre, cette même année. Voir N. Cohn, 1992, p.155. Retour

19 Voir aussi à cette époque : Les Sages de Sion et l’opinion mondiale, op. cit. Cet ouvrage non daté comporte la traduction de plusieurs articles dont un de la Princesse Catherine Radziwill. Retour

20 Lazare Wolf 1920, cite un article de Arthur Waite, bien connu pour ses travaux sur le Tarot, dans la revue The Occult Review de septembre, 1920 : “Occult Free Masonry and the Jewish Peril” où est désavoué le lien entre Franc Maçonnerie et Protocoles. Roger .Lambelin dans sa présentation des “Protocols” (op. cit. p. XXVI) répliquera à Reinach Salomon et à Wolf. Retour

21 Drumont, marqué par l’occultisme, s’intéressa au cas Louis XVII.cas. Retour

22 Le terme “peril” figure en anglais. Mgr Jouin transformera ce titre en “péril judéo-maçonnique”. Le péril “juif” laissera ensuite la place après la Seconde Guerre Mondiale au “péril jaune”. Retour

23 Traduction de Mme de Tannenberg, née Funk Brentano. Retour

24 Paul Kerlor, Le Péril juif, comment le conjurer ? , Paris, 1889, BNF, 8° Lb57 10007. eorges Keszler (G. Romain), Le péril franc maçon et le péril juif, 1895, BNF, 8° H pièce 605. Voir H. R. Lottman, La dynastie Rotschild, Paris, Seuil, 1994, p. 90. Retour

25 Se référant au péril juif, E. Renauld, publie un Péril protestant, essai d’histoire contemporaine, Paris, Tolra, 1899, BNF, 8° Ld175 330, chez l’éditeur de Mgr de Ségur. E. Peyre-Courant répliquera à cette attaque par une lettre ouverte adressée à Mgr Sermonnet, archevêque de Bourges, intitulée “Du péril protestant”, 1899, BNF 8° Ld176 1442. Retour

26 En 1928, Grasset publiera Le Péril Juif – Les victoires d’Israël du même Lambelin lequel mentionne C. de Saint-André (qu’il n’identifie pas comme étant, comme nous le signale Pierre Barrucand, Chabauty), cité par Mgr Delassus dans Le problème de l’heure présente, Paris, 1905, pp. 389 – 90. Ce pseudonyme tient au fait que Chabauty était curé de Saint André en Poitou. Retour

27 Voir R. Lambelin, “Maurice Joly et les Protocoles” (à propos des révélations du Times) in La Revue Hebdomadaire du 17 décembre 1921. L’auteur indique que Grasset l’aurait contacté au Printemps 1921, pour une préface. L’ouvrage n’était jusque là paru que chez des éditeurs marginaux. Retour

28 L’édition de 1920 de la Vieille France portera le titre de “Protocols. Procès verbaux de réunions secrètes des Sages d’Israël” alors que l’édition Grasset comporte la formule classique mais néanmoins elliptique “Protocols des Sages de Sion”. Retour

29 En revanche, les informations fournies dans la Vieille France dès 1920 sont plus fiables, il semble qu’elles soient reprises de l’édition américaine de Boston reprenant les propos de l’édition anglaise et non allemande. Voir la brochure, parue aux mêmes éditions pp. 8 – 9. Retour

30 Traduction d’abord parue dans la Revue Internationale des Sociétés Secrètes, numéro d’octobre 1920. Cette traduction recourt largement à une subdivision de chaque protocole – comportant une succession de sous titres, empruntée à l’édition allemande de 1919 de G. zur Beek mais en fait traduits de l’édition Nilous lequel a placé en marges divers résumés ainsi repris. De même .Jouin présente les protocoles comme des “séances”, à l’instar des Sitzungen de mise dans la même version d’abord parue dans la Revue Internationale des Sociétés Secrètes, numéro d’octobre 1920. Cette traduction recourt largement à une subdivision de chaque protocole – comportant une succession de sous titres, empruntée à l’édition allemande de 1919 de G. zur Beek mais en fait traduits de l’édition Nilous lequel a placé en marges divers résumés ainsi repris. Retour

31 Cf. “Protocols” des Sages de Sion traduits directement du russe (…) avec une reproduction de la couverture de l’édition russe de 1912. Voir Georges Elia Sarfati, 1992, Vol. 2, op. cit., pp. 41 et seq., qui compare deux éditions françaises des années Vingt. Retour

32 Voir aussi de Lambelin, Le règne d’Israël, chez les Anglo-Saxons, Paris, 1921 ; voir Cohn, 1992, pp. 164 – 165. Retour

33 Voir Mgr Jouin, Le Péril Judéo-maçonnique, 5 volumes, Paris, 1921 – 1925 ; P. Birnbaum, Un mythe politique la “République juive”, op. cit., pp. 158 – 159. Retour

34 Voir sur le sens du terme “goy” l’introduction à la traduction allemande du livre de Nilous in recueil russe, Berlin, 1920, pp 105 – 106. Retour

35 Cf. BL, C 37 e 31. Retour

36 Cf. BNF, Périodiques, Quot. Lc2 4947. Retour

37 Déjà en 1906, Diomtchenko répliquait à ceux qui soutenaient qu’il s’agissait d’un faux. Retour

38 Les articles de La Libre Parole trahissent l’agacement des Français par rapport à la politique britannique dans la région. Les Français se trouvent en Syrie dont précisément la Palestine a été ôtée. Des rivalités politiques entre les deux puissances pèsent sur l’analyse de la situation. Retour

39 Le nom Israël est plus familier du public que celui de Sion. La Vieille France n’utilise même pas la forme “Les protocols” mais simplement “Protocols”, sans article. Retour

40 Thèse, Paris Nord, Villeurbanne, 1986 – 87. et antisémites en Grande Bretagne (1870 – 1983) Thèse, Paris Nord, Villeurbanne, 1986 – 87. Retour

41 Les premiers éditeurs n’étaient pas de simples imprimeurs comme on l’a dit. Retour

42 Curieusement, le premier tirage, dans ce nouveau cadre, est effectué par l’imprimerie de la Judaic Publishing Company, voir Bib. AIU, 8° U Br 3044. Lambelin se trompe (The Protocols, p. XV) lorsqu’il affirme que les « Britons » ne publieront que la nouvelle traduction. Retour

43 Chez Brittons, signalons un autre texte : “Four Protocols of Zion not the protocols of Zion”, 1921, BL, C 37 e 56. Ces quatre “protocoles” seraient la correspondance de Constantinople, la déclaration d’Adolphe Crémieux, quant à l’Alliance Israélite Universelle, fondée en 1860, le texte du Cimetière de Prague et un texte de 1919 lié à un certain Zunder. Retour

44 Voir Prefatory Note to the second edition qui cite aussi le Morning Post. Retour

45 Selon N. Cohn, 1992, p. 290, la traduction Marsden serait parue dès 1921. Dans les années Vingt, alors qu’en France, les diverses traductions rivalisent entre elles, en Angleterre, une traduction chasse l’autre. Signalons en juillet 1921, dans une série intitulée “Aids to Prophetic to study” n° 21, The Jewish peril and World Unrest, deux textes par Bendor Samuel et A. Hiorth, consacrés aux Protocoles.Retour

46 Un troisième titre connaîtra par la suite une certaine fortune en Angleterre : World conquest through world government. Protocols of the learned Elders of ZionRetour

47 Nous ne comprenons pas la description de. Moisan lorsqu’il affirme que .Shanks a regroupé les protocoles 5 et 6, 8 et 9, 10 et 11,14 et 15 ou 22 et 23. La note de la p.95 de l’édition du Jewish Perildistingue bien les 24 protocoles même si ceux ci ne sont pas numérotés dans le cours du texte. Ceux-ci se répartiraient en trois séances : la première avec les protocoles 1 à 9, la deuxième 10 à 19 et la troisième 20 – 24 (cf. Les Protocoles des Sages de Sion, Ed CEA, c 1943, BNF 16 A 1299). Retour

48 L’édition des “Britons” propose néanmoins un tableau de correspondance in fine fournissant la page où débute chaque protocole. Retour

49 Une certaine Sonia Howe (Times, Londres, 11 mai 1920, p. 12) avait critiqué la traduction de Shanks et Moisan en avait conclu qu’il serait intéressant de vérifier le contenu des traductions. Apparemment, il a soupçonné le plus honnête. Retour

50 Moisan propose (p. 82), de façon ingénieuse, de compter le nombre de paragraphes au sein de chaque protocole et il attribue à Marsden le fait d’avoir restructuré le texte russe représenté à ses yeux par la première traduction anglaise (Shanks) : Protocole I Shanks (Sh) 18 paragraphes Marsden (Marsd) 27 paragraphes II Sh. 5 Marsd 5 III Sh. 13 Marsd. 20 IV Sh 4 Marsd. 5 V Sh. 17 Marsd. 11 VI Sh. 7 Marsd. 8 VII Sh. 6 42, XXI; Sh. 11 et Marsd. 11, XXII; Sh. 5 Marsd. 4, XXIII; Sh. 11 Marsd. 5, XXIV; Sh. 15, Marsd. 16. Or, la comparaison avec le texte russe montre que Marsden a été plus fidèle que Shanks. C’est donc, a contrario, Shanks qui aurait sensiblement remanié la présentation de Nilous. Retour

51 Nous n’avons pas d’édition de 1922. La première qui nous soit connue est de 1925, mais dans l’édition de 1936 (BCDJ), la date de 1922 apparait en tête de l’introduction. Retour

52 Bib. AIU, U 2066. Retour

53 Erreur signalée par Cohn, 1992, p. 284. Retour

54 Cohn signale la confusion (op. cit., p. 284) sans se rendre compte que l’erreur se situe dans la traduction anglaise et non dans l’original russe ! Retour

55 La traduction complète ne signale pas le précédent du Morning Post et il y est simplement précisé que Marsden fut correspondant en Russie pour ce journal. Retour

56 C’est-à-dire Gwynn. Retour

57 On y trouve un appendice de N. Webster, laquelle semble exercer une forte influence sur cette série d’articles qui ne traitent nullement uniquement des Protocoles. Retour

58 Le chapitre VII se nomme “Elders of Zion”, les Sages de Sion. Retour

59 La traduction du Morning Post est donc antérieure à la publication des Ed. Grasset datant de 1921. Il est possible que Marsden ait emprunté à l’édition française les chapeaux traduits de l’édition de 1911. En effet, Marsden ne signale pas l’édition de 1911 qui les comporte pour la première fois. Quant à la numérotation des protocoles, elle n’existe pas dans l’édition de 1905. Retour

60 Le serpent y est évoqué brièvement, mais justifie le commentaire plus ample placé hors protocoles. Retour

61 On ne peut donc dire que les Protocoles ont changé de nom, ils sont simplement présentés dans un cadre plus large tout en conservant leur intitulé. Retour

62 J. F. Moisan, 1992, n’aborde pas la question des interactions entre traductions anglo-saxonnes et françaises. Retour

63 Cf. Cohn, 1992, p. 290. Retour

64 Voir Halbronn, 1981.1. Retour

65 La comparaison avec les autres éditions françaises confirme qu’il s’agit bien là d’une sorte de “calque”. Retour

66 Cf. Revue Internationale des Sociétés Secrètes, RISS. Retour

67 Avant de le faire paraître à la RISS, dans le Retour des flot vers l’Orient, L. Fry avait publié dix ans plus tôt – ce que ne signale pas Taguieff dans sa bibliographie – aux Ed. de la Vieille France de Gohier, (WL, Z 172) un texte intitulé : L’auteur des Protocols est Achad ha Am et le Sionisme avec une préface de Gohier dont voici un extrait : « L’hypothèse du faussaire inspiré comme un prophète ne nous satisfait pas. Nous croyons qu’un homme peut voir l’avenir dans son ensemble, nous ne croyons pas qu’un homme puisse prédire jusqu’aux moindres détails d’un avenir assez éloigné. » Ce texte sera traduit de français en russe et publié dès 1922, à Berlin au sein d’un recueil intitulé Vsiémirniy taïniy zagovor,le complot secret mondial (BNF, 16° A 451). On annonce dans la deuxième de couverture de la brochure, un texte du romancier anglais H. G. Wells, H. G : “Pour rétablir l’ordre dans le monde”. Il pourrait s’agir d’une traduction française d’une série d’articles parus dans le Times et éditée en 1916 sous le titre “The elements of reconstruction” (BL, 9088 a 44) et parue anonymement sous les initiales D.P. Voir Herbert George Wells d’E. Guyot, Paris, Payot, 1920, p. 301. Mais nous n’avons pas eu l’occasion de le vérifier. Wells En 1921,dans la “Guerre qui tuera la Guerre” Trad. G. Bazile, Paris, BNF, 8° G 9613. Wells s’en prend à ce qu’il appelle le “kraftisme” (p. 52). Le texte français de L. Fry sera traduit en russe. On le trouve en 1922 à Berlin en introduction d’une édition russe des Protocoles (Vsiemirniy taïniy Zagovor, Le complot mondial secret, WL, Londres, 388/ Z 186), puis en 1923 en allemand à Munich “Achad Cham, der geheime Führer der Juden”. Toutefois, L. Fry écrivait en anglais et avait besoin d’un traducteur vers le français. Retour

 

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