Jacques Halbronn Le texte français précéde le texte allemand. Judenstaat. Etat Juif

Posté par nofim le 31 mai 2016

Le texte français précéde le texte allemand. Judenstaat. Etat Juif

par Jacques  Halbronn

Nous avions consacré une étude à la question des traductions du Judenstaat fr Herzl  ’ Le contrôle par l’auteur des traductions de l’allemand vers le français: de Marx à Herzl (1870-1897)’ sur le présent site / (cf aussi notre ouvrage Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle. Ed Ramkat 2002° et nous avons souhaité reprendre l’étude à nouveaux frais.

Nous aborderons deux points :

I  Fantaisie et Combinaison

Au tout début de l’ouvrage, la version française comporte Fantaisie et Combinaison et la version allemande « Phantaise » et « Combination » mais cette fois entre guillemets. Il nous semble que l’on peut raisonnablement inférer que la traduction allemande même si elle est due à Herzl lui-même, se calque ici sur la mouture française,  du fait même qu’il s’agit de termes français.

On pourrait ajouter, entre autres,  le terme « Souverainität » dans la version allemande  même si le nombre d’emprunts de l’allemand au français est considérable. Mais souvent le traducteur est tenté de produire des formes dérivées du modèle.

 

II  La monnaie de  référence

Dans le texte allemand, les exemples donnés sont en francs. Ce qui montre au minimum que Herzl avait eu d’abord en vue un public français pour son texte. On trouve ainsi « 1 franc 50. »

 

 

II  Une solution moderne

Le titre allemand comporte en sous titre « Versuch einer modernen Lösung der Judenfrage » alors qu’en français l’on a

« Essai d’une solution de la Question Juive ».

Mais le probléme, c’est que dans le corps du texte allemand, c’est la version « Versuch einer Losung’ qui figure et non « Versuch einere modernen Lösung ».

Autrement dit, tout indique que l’édition allemande a ajouté  « modernen » au titre mais sans changer le corps du texte. Si la version allemande avait précédé la version française, on aurait dans le titre français, très vraisemblablement,  Essai d’une solution moderne de la question  juive.

 

Revenons, en conclusion, sur le titre français de l’ouvrage,  L’Etat Juif dont d’aucuns nous disent qu’il aurait fallut  que ce fut Etat des Juifs, pour rendre Judenstaat. Etrangement, ils ne proposent pas que l’on rende Judenfrage par « question des Juifs ».  Nous sommes très sceptiques sur la valeur d’un tel argument car   en allemand,  les noms deviennent en quelque sorte des adjectifs, comme en latin, quand ils sont placés devant un autre nom  En  tout état de cause, on l’aura compris,  le probléme ne saurait se poser ainsi puisque

le texte français est selon nous antérieur au texte allemand mêmes si l’édition allemande est parue après l’édition française, en feuilleton. A ce propos d’ailleurs, il ne semble pas que l’édition allemande ait connu un premier stade au sein d’une revue. On reste donc perplexe sur la date de parution allemande car  la forme feuilleton est souvent  à observer dans la genése d’un ouvrage. Il serait bon de s’assurer que la première édition allemande n’ait pas été antidatée pour appraittre antérieure  à l’édition française. Ce sont, on le sait, des choses qui arrivent (cf nos travaux sur les éditions des Centuries). Il conviendra de recenser les premiers échos de la parution allemande dans la presse.

 

 

 

 

 

 

JHB

31 05 16

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L’anglais sur les traces du français

Posté par nofim le 17 juin 2015

 

Recherches sur les relations entre le français et l’anglais

par  Jacques  Halbronn

 

 

 

I   Comment le système français a influé sur l’anglais

On ne s’en tiendra pas ici au seul aspect de l’emprunt lexical.  Nous insisterons sur le fait que certaines particularités de la grammaire anglaise pourraient être liées au français mais au prisme de l’idée que l’emprunteur s’en est faite.  On pense notamment au fait que l’adjectif  ne change pas en anglais   qu’il s’agisse du masculin, du féminin ou du pluriel, trait qui n’est nullement attesté en allemand, autre langue germanique. Le phénomène du calque  fausse aussi les pistes : une langue  s’inspire des constructions d’une autre langue tout en le transposant dans  son lexique propre. C’est ainsi que « likely » est  certainement issu du français « vraisemblable »,  avec like, qui signifie  « comme ». Mais sous sa forme actuelle,  on ne prend même pas la peine de nous préciser « comme quoi ? ».

Selon nous, cela tient à une certaine perception des locuteurs anglais face au français, ce que nous avons appelé de l’épistémologie populaire.  Si en effet, dans le français écrit, des marqueurs existent, à l’oral, on y distingue mal le verbe au singulier et au pluriel du moins à la troisième personne et par ailleurs la troisième personne du singulier en français est identique pour les autres personnes. On nous objectera que ce n’est pas le cas par ailleurs mais cela nous importe peu car il y a là un ensemble d’éléments suffisant pour rendre compte de la façon dont l’anglais a reçu le français, dès lors que l’on admet que cette réception passe par les locuteurs et que ceux-ci ne sont pas censés avoir une perception parfaite de leur modèle.  Et cette façon de faire ne vaut  pas uniquement pour les verbes de provenance française mais pour le verbe anglais en général, à l’exception de l’auxiliaire  to be (am, are, is), ce qui atteste d’un état antérieur du statut du verbe anglais.

On se demandera pourquoi  par ailleurs le français n’a pas déteint sur l’anglais dans la construction de la phrase négative dans le genre « je ne veux pas ». Mais  on rappellera qu’une telle construction n’est pas systématique en français :  on peut dire «  je ne saurais dire mieux » et non « je ne saurais pas dire mieux ». On dira également  « je ne le saurai que demain »

 

Dans notre approche des rapports entre les langues, il importe de faire la part de l’oral et de l’écrit car certaines influences se situent à l’oral. L’anglais n’a pas seulement emprunté à l’écrit, loin de là! Cette oralité- dont on pourrait croire qu’elle ne peut être appréhendée historiquement- vu que  cela ne  laisserait pas de traces – on la cerne au niveau des règles grammaticales. Les marqueurs de genre et de nombre sont essentiellement le produit d’une influence orale et donc passant par le peuple alors que l’écrit  est lié à une société plus savante.  Rappelons en passant  cette observation  de Walter Scott selon laquelle  les noms des animaux au stade de l’élevage  seraient germaniques et leurs noms de ces mêmes animaux servis   à  table seraient  français.

Des mots comme  juste,  honnête, riche, pauvre ne distinguent pas le genre et ce trait aura selon nous puissamment marqué l’élaboration de la grammaire de l’anglais moderne et il ne s’agit cette fois nullement d’un dénominateur commun avec les autres langues germaniques. L’anglais a emprunté au français  des caractères qui ne font sens qu’au prisme du français oral alors même qu’au niveau lexical, il est resté très proche de l’écrit et même- de façon saisissante-  de l’orthographe du français[1].

Le  français  sépare ainsi très nettement l’oral et l’écrit à la différence des autres langues latines, et l’écrit ne rend pas justice à la créativité orale du français qui par ailleurs tend à simplifier énormément la langue puisque la non prononciation des consonnes finales  conduit à ne pas faire entendre le marqueur  de nombre t là encore on retrouve l’anglais lequel  a introduit cette pratique orale à l’écrit er atteste  ainsi d’ une très ancienne pratique française.

Nous avons  montré que  le  français est une langue qui offre une forte dualité entre l’écrit et l’oral et qui est plus accessible au niveau écrit. Cette liberté de l’oral par rapport à l’écrit permet à cette langue de s’acclimater au sein des langues les plus diverses, non point en tant que totalité mais par le biais de sa diversité lexicale.

C’est ainsi – on l’a vu- que le pluriel français ne s’entend quasiment pas tant au niveau du nom que du verbe alors qu’il se différencie à l’écrit, sauf en cas de liaison quand une consonne finale est suivie d’un mot commençant par une voyelle. D’où l’importance à l’oral des articles (défini, indéfini) et des pronoms (personnel, possessif). En français, le féminin est plus long que le masculin, notamment par l’ajout d’un « e » in fine et en cela on se rapproche de l’allemand (klein/kleine) et se démarque des autres langues latines (avec des marqueurs o  et a).  Dès lors,  la plupart des mots français s’entendent en anglais sous leur forme féminine. Intelligent s’y entend comme « intelligente » etc.

On ne  saurait  évidemment opposer le français à l’anglais dans la mesure où l’anglais  a récupéré des milliers de mots français. Toutefois,  l’anglais ce faisant est devenue une langue hybride qui ne fait bonne figure que si l’on se situe au niveau du signifié, lequel est universel, comme le montre le processus de traduction d’une langue vers une autre mais qui est défaillante sous l’angle des réseaux de signifiants. Précisons toutefois qu’une langue plus riche qu’une autre en signifiants,  tendra à  faire croitre le nombre de ses signifiés, de façon artificielle.

On notera que les adverbes sont formés à partir des adjectifs sous leur forme féminine: actif/active/ activement, ce qui explique pourquoi les adjectifs français passés en anglais présentent le plus souvent une forme féminine, ce qui indique qu’ils sont entrés en anglais par le biais des adverbes eux-mêmes pourvus d’un nouveau suffixe en « ly » au lieu de « ment ». La langue est un processus duel (masculin/féminin). Le nom isolé ne fait pas sens, il a besoin d’être précisé par le possessif,  le qualificatif  qui viendra lui donner sa signification. On doit donc se méfier des mots isolés qui sont très réducteurs comme le mot Dieu.

 


[1] Un cas intéressant est le processus de négation en anglais au niveau oral. Les formes « don’t », « doesn’t », « didn’t », « isn’t’ etc  remplacent le « o » par un « e muet » précédé  d’un « e »  quand le n est précédé d’un s, Or on retrouve en français oral lune pratique analogue  avec   ,  « j’veux »  » voire « j »tel »dis » ou  « j’t »ledis »  pour « je te le dis ». ce qui complique quelque peu la pratique du français qui ne saurait être enseigné sur la seule base de l’écrit, procédé que l’on ne trouve pas en allemand.

 

II  Une nouvelle description des temps en français

 

 

On  oppose parfois le verbe anglais qui serait invariable à la complexité de la conjugaison  du français mais cela ne tient-il pas à une description défectueuse ?

En suivant une approche structurelle –sinon structuraliste- nous dirons que le radical du verbe français est invariable (à la différence des verbes irréguliers (« forts ») de l’anglais). On s’intéressera ici  au passé composé et  à l’indicatif du futur. On notera que le passé composé se conjugue par le fait de préfixes, – en prenant cette expression au sens large, ce qui n’implique pas que le préfixe soit collé au verbe mais simplement le précède-  alors que le futur se sert de suffixes. Il y a là une certaine logique  anthropologique  que de placer ce qui correspond au passé avant et ce qui correspond au futur après.

Exemples ;  j’ai  mangé,     je mangerai.

Les radicaux du passé et du futur différent cependant de façon   symétrique  : celui du passé se termine par  « é »  ou « it » – mais en fait ce « é » est une  restitution de l’oral et s’écrivait au départ « ed » – ce qui a été conservé en anglais (on le trouve même dans le d de  « did » et « had ») et celui du futur  se termine en « er «  ou « ir »  à l’instar des infinitifs. Nous proposerons donc dans notre réforme du  français de rétablir  à l’écrit la forme « ed », ce qui aligne le français sur les autres langues latines.  Cette déformation est d’ailleurs assez étonnante quand on sait  à quel point le français écrit s »est généralement efforce de ne pas être tributaire de l’oral.

[1]On aura donc compris qu’une fois cette clarification effectuée, le différentiel entre le français et  l’anglais – au regard du verbe- est très limité. D’une part, parce que nous incluons logiquement  le pronom personnel dans la conjugaison du  verbe- ce dont l’anglais ne saurait se dispenser ! –  et d’autre part, force est de constater que l’anglais tout comme l’allemand ne marquent pas le futur par un suffixe  mais  le forment de façon préfixale, en recourant à un auxiliaire, manquant ainsi  cette dialectique préfixe-suffixe qui nous parait assez remarquable.

Bien des locuteurs français semblent ignorer que le futur français se construit à partir de l’infinitif qui est considéré comme  invariant. En fait,  le futur se conjugue par l’adjonction à l’infinitif du verbe avoir, en ses différentes personnes : ai, as, a etc.  Il nous apparait donc qu’une clarification de la description du français  peut  en améliorer  sensiblement l’image.

Le passage de l’écrit à l’oral peut tout à fait générer des erreurs. C’est ainsi qu’en français,  le marqueur des nombres ordinaux a fini par  se perdre totalement.  Initialement, une convention voulait que l’on plaçât un point après le nombre cardinal pour en faire un ordinal.  Pour dire « troisième, » il suffisait d’écrire 3  suivi d’un point : « 3. ». Cela valait notamment pour les  rois, pour les jours de la semaine et cela aura conduit le français à une étrange simplification dont il a le monopole et qui lui permet de dire « Louis quatorze » au lieu de ‘Louis quatorzième » ou  «  le 8 janvier » au lieu du 8e de janvier. Les anglophones n’ont pas suivi en cela le français tout simplement parce que la perte de la raison d’être d’une telle convention aura été  tardive. De telles mésaventures auront été courantes lors du passage de mots français vers l’anglais, quand on ignore les règles de prononciation en vigueur.

 

 

III  LE ROLE DU « E » EN ANGLAIS

 

La langue anglaise est  une des rares langues avec le français, en Europe, à pratiquer le e muet, inconnu en allemand . On le trouve notamment  avec nice,  fine, line, wine,  nature, age,  sage, one,  mine , change, France etc. mais aussi  avec des mots qui n’ont rien de français comme le « made in France » et tous les participe s (en « ed », où le « e » ne s’entend pas, ce qui crée des binômes consonantiques : changed s’entend chang’d, le ed étant  d’origine française et ayant évolué vers le « é »  dans l’orthographe du français moderne, perdant son d final à la différence de la conjugaison en « it » : écrit. Il est des cas où la forme en « ed » peut  surprendre au premier abord comme le célèbre « wanted » (bien connu des amateurs de westerns) et dont on ne voit pas à quel verbe français ,  il correspond alors que la fine « ed » semble réservée à la  seule provenance française  .

L’étude de l’anglais permet d’exhumer des formes françaises oubliées.  C’est aisni que « tired », que l’on traduit par fatigué, est

certainement issue du français « tiré », à rapprocher de « étiré » qui indique bien une idée de  tension, de stress. La forme en « ed » désigne d’office  une origine française  et il faudrait chercher du côté de blessed (béni) et waited (attendu) comme wanted (recherché) ou stressed. (à rapprocher de détresse).

Le système vocalique de l’anglais est tout à fait différent de celui de l’allemand. Serait-ce un trait propre au génie de la langue anglaise ou bien  ne serait-ce pas plutôt  une application singulière du modèle français? On peut dire ici que l’anglais est « plus royaliste que le roi » en cela qu’il amplifie certains traits du français notamment en ce qui concerne les règles, les conventions de prononciation de l’écrit, ce qui relève de la morphophonologie. Rappelons celles-ci concernant l’usage fonctionnel  de la lettre  « e » en français. Que cette lettre fasse  suite ou non  à une consonne, cela affectera la prononciation et de la consonne et de la voyelle qui la précéde.

Deux cas de figure par conséquent : soit  il y a un « e » final , soit il n’y en a pas. S’il y  en a un, la consonne qui précéde le e se prononcera impérativement. Par exemple :  grande. En revanche, le « e » lui-même ne s’entendra pas. En anglais,  qu’est-ce que cela va donner ?  Prenons le mot  Nature.  Le « e » final   fera que l’on entendra la lettre « r » mais que le « u » se prononcera de façon spécifique  qui n’est pas le même que dans « bus » par exemple, où le  s n’est pas suivi de e.

L’anglais ne respecte pas ou plus la non-prononciation de la consonne finale non suivie d’un « e » – et c’est  particulièrement flagrant pour  la marque du puriel  « s »  qui s’applique à tous les noms, quelle que soit leur origine, à quelques exceptions près comme  child/children. En revanche, l’anglais modifiera la prononciation de la voyelle quand elle précéde une consonne suivie d’un « e » muet. C’est ce que  fait le français avec ses diphtongues notamment  devant un « n » , un  « r »,  un « t » au point que le français par la suite – et en cela il ne sera pas suivi par l’anglais-  modifiera son orthographe en conséquence, changeant ainsi le « ed » en « é »..

Quelques exemples de cette double prononciation des voyelles en anglais :

White  et Thin.    White s’entend ici comme un « ay ».  Thin rend la prononciation habituelle du français quand il n’y a pas de « n » à la suite non suivi du « e ».

Plane et Plan.   Plane s’entend comme un « é » alors que le « a » de  plan s’entend à peu près  comme en français.

Tant en français qu’en anglais, les voyelles sont vouées à un double régime du fait de la présence ou de l’absence du « e » final. Cette notion d’absence peut sembler étrange mais il nous semble bien que c’est d’un tel code qu’il s’agit.  Rappelons  que ce « e » final est en français un marqueur de genre et que c’est là sa fonction première, ce qui n’est nullement le cas de l’anglais.

Contrairement à ce que l’on croit souvent, l’anglais ne prononce passystématiquement  les consonnes finales des mots et en cela nous y voyons une influence française et le décalage entre l’écrit et l’oral.  C’est ainsi que si menteur donne au féminin menteuse,   on trouve également le couple menteux/menteuse, taiseux/taiseuse , le r  étant remplacé par le x et donc  l’oral ayant ici modifié l’écrit en français.

 

 

IV

La dynamique des emprunts

Pour souligner la prédominance souvent  contestée du signifiant sur le signifié, nous ferons  remarquer que –si l’on prend l’exemple de  l’anglais mais cela vaudrait pour d’autres cas- les mots empruntés peuvent être regroupés non pas au regard de leur sens (signifié) mais de leur forme (signifiant).

C’est ainsi que l’on peut classer les emprunts de l’anglais au français selon les finales et inversement, ces finales regroupent presque exclusivement des mots français : en « ine », en « ure », en « ot », en « é » (verbes  dont le passé  est en  ed, forme de l’ancien français devenue « é », l’accent remplaçant une lettre) « et » etc. Un nouveau mot entrera ainsi plus aisément s’il se trouve dans la langue d’accueil des mots se terminant pareillement. De même qu’en français, l’on note que la finale « ing » signe un grand nombre de mots du « franglais » (Etiemble) et  l’on peut prévoir que les emprunts à venir s’inscriront dans  ces catégories suffixales.

 

 

V Les raisons d’une fascination pour le français

 

On peut certes se contenter de constater une certaine suprématie des mots français au cours du dernier millénaire, mais à quoi cela a-t-il tenu ? Pourquoi donc cette langue latine et pas une autre  a-t-elle connu

un tel impact sur les langues  germaniques  (de l’Angleterre et de  l’Allemagne), créant ainsi un certain continuum et  parachevant  une latinisation de tout le continent ?

Selon nous, cela tient  à l’existence d’un  substrat germanique  du français, qui aura singulièrement facilité son adoption au septentrion, du fait d’une certaine familiarité.

On mettra l’accent sur les marqueurs de genre et de nombre, tant au niveau nominal que verbal, en  français, dans une approche comparatiste. On notera ainsi que le français ne recourt pas aux marqueurs comme la finale « a » pour marquer le féminin, ce que l’on trouve en italien, en espagnol mais aussi en arabe et en hébreu,  donc tout autour du bassin méditerranéen. Opposition donc au regard de la  morphologie, de la grammaire entre deux zones géographiques : l’Europe du Nord (cher à Max Weber)  et le monde de la Méditerranée (cher à Fernand Braudel). La forme  grand/grande est bien plus proche de l’allemand  Klein/kleine que des formes méridionales évoquées.

Le  quatuor France-Angleterre-Allemagne, Pays Bas, à des marqueurs de genre  faibles par  opposition aux marqueurs « forts » du Sud. Mais cela vaut aussi pour les marqueurs de nombre. En français, le pluriel des adjectifs ne s’entend quasiment pas  à l’oral (sauf en cas de liaison) et il est peu audible en allemand, qui ne connait pas le « s » final. En anglais, encore une fois, l’adjectif  est invariable. Là encore des marqueurs très discret, l’allemand n’utilisant pas le ‘s » final[1].

Un autre exemple concerne la différence  prononciation des voyelles dans les langues germaniques et latines. Le français- tout comme l’allemand-  connait le « ö » et le ¨ »ü » et le « ä » (voyelles avec umlaut)  alors qu’aucune autre langue latine ne pratique ces sonorités. En anglais, le traitement des voyelles est assez confus [2].

Voilà donc autant d’éléments  qui expliqueraient que le français a pu jouer le rôle qui  a été le sien au sein du monde germanique. En termes  culinaires,  le français aura  usé de condiments  plus légers que les  autres parlers méditerranéens. Cela n’a rien d’étonnant, si l’on retient que le nom même de France (en allemand Frankreich)  renvoie  à une peuplade germanique, les Francs. On aura compris que la thèse selon laquelle l’anglais aurait été marqué plus par le latin que par le français ne tient guère, même si certaines constructions impliquant de placer le complément de nom- ce qui caractérise le latin – avant le nom  (génitif) sont largement pratiquées en anglais tout comme le fait de placer systématiquement l’adjectif avant le nom. En ce sens, d’ailleurs, le français aura échappé à une telle emprise du génitif latin.

Ce qui nous semble le mieux caractériser, en effet,  le génie de la langue française serait le rôle dominant des consonnes alors que les autres langues dites latines accorderaient  une grande importance aux voyelles.  On nous objectera que les langues sémitiques sont généralement présentées comme axées sur les consonnes mais il  ne s’agit là selon nous que d’une posture a posteriori, liée à l’adoption d’un certain type d’écriture et l’on sait qu’une langue ne doit pas s’analyser au prisme de son alphabet, d’où des langues usant d’un même alphabet  et très différentes par ailleurs et vice versa. pour nous, donc, les langues germaniques privilégient le mode consonantique, ce qui ressort de nos travaux consacrés aux adjectifs. En français, la distinction entre le masculin et le féminin s’articule autour de la prononciation ou non prononciation de la consonne finale, mais cette distinction est subtile et on ne s’étonnera pas que dans la foulée l’anglais ait considéré que l’adjectif était neutre, puisque l’anglais moderne passe par une certaine lecture, souvent fausse (on parlera alors d’épistémologie populaire), du  français. En ce qui concerne l’allemand qui reste la langue germanique de référence (étant moins marquée par l’influence  française que l’anglais), la différence entre les genres est en effet des plus ténues, si ce n »est qu’à la différence du français, la consonne finale est rendue au masculin, bien que non suivie du « e » et qu’au féminin allemand, le « e » n’est pas muet comme pour le féminin français, mais est un « e » qui se rapproche du  e français « interne », c’est à dire non pas à la fin d’un mot mais au milieu d’un mot (la table,  le cheval).

 


[1] A contrario dans le quatuor italien, espagnol, arabe, hébreu, nous avons des marqueurs de pluriel plus lourds quant aux adjectifs   et qui d’ailleurs varient selon le sexe du mot ou du sujet.

[2] L’anglais ignore le ü et rend le « u » comme si c’était un »ö » mais  respecte le « ä ». (on lit  Mecdonald pour Macdonald). Il prononce « bus » comme si c’était un  « ö » (cela donne « beuss »), ce qui correspond probablement  à une confusion à l’oral entre le son « ü » et le son « ö ». On voit à l’œuvre une linguistique populaire et non une linguistique savante, ce que nous appellerons une épistémologie populaire.

JHB

19  06 15

 

 

 


[1] Dès lors le  passé  au féminin  devra se lire  « ède » et  non « ée », en marquant nettement la consonne « d ». Il est  passed  (on ne rend   pas, à l’oral, la consonne finale)  -Elle est passéde. (sic)

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Jacques Halbronn Altérités. Trois essais

Posté par nofim le 26 avril 2015

Altérités

  publié  en 1999 sur le site hommes-et-faits.com

 

Trois essais sur le langage, l’écologie et la temporalité

 

Jacques Halbronn

Les trois essais sont à télécharger au formatJacques  Halbronn   Altérités. Trois essais dans ASTROLOGIE arrow-10x10 RTF – 630ko

Résumé Jacques Halbronn s’interroge sur la manière dont l’homme fait passer le monde au niveau du sens, de la puissance – comme virtualité – à l’acte. Partant de la notion d’altérité, de l’homme à son environnement, puis à lui-même, il introduit la nécessité d’établir des ponts, un tropisme entre des objets qui n’ont pas a priori de rapport entre eux.
Dans Virtualité et Langage, l’auteur met en question ces artefacts que sont la langue, le texte à propos de l’emprunt, de la traduction et de la contrefaçon.
Dans Tropismes et Écologie, Jacques Halbronn montre comment l’Homme s’approprie son environnement – animal, minéral, végétal – après l’avoir reconnu.
Avec Topos et Temporalité, l’auteur relie les mouvements qui entraînent les hommes à bouger, à changer d’espace, selon des cycles du Temps. Jacques Halbronn, docteur ès lettres, a publié nombre d’études tant historiques qu’anthropologiques, notamment sur l’astrologie, le prophétisme et sur le judaïsme.

Resume

Dr Jacques Halbronn develops an idea about the way of man does the world pass on the level of the direction, of the power – as virtuality – to the act. On the basis of the concept of otherness, of the man to his environment, then with itself, he introduces the need of setting bridges, a tropism between objects which never have relationship.
In « Virtualité et Langage » (Virtuality and Language), the author questions these artifacts like the language, the text in connection with the loan, the translation and the counterfeit.
In « Tropismes et Écologie » (Tropisms and Ecology), Jacques Halbronn shows how Man adapts to his animal, mineral and vegetal environment after recognized it.
With « Topos et Temporalité » (Topos and Temporality), the author connects the movements which conduct Man to move and change his space, with the existence of a cyclic temporality.
Jacques Halbronn, PhD in Human Sciences and Oriental Languages, has published many historical and anthropological studies, specially about astrology, prophecy and Judaism.

Télécharger Virtualité et langageTropismes et ÉcologieTopos et temporalité – RTF, 304ko, 180ko, 150ko

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Claude Hagége, sur l’anglais

Posté par nofim le 25 mars 2015

Claude Hagège – Langue anglaise, langue facile? – YouTube

www.youtube.com/watch?v=fjAuHvOMXFE
3 août 2014 – Ajouté par Hjelmslevianly Quadripartite

Claude Hagège – L’homme est il fait pour parler plusieurs langues – Duration: … Claude Hagège – Allons nous …

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Les mots français en russe

Posté par nofim le 16 mars 2015

400 Mots russes comme en français – Russie.fr

russie.fr/mots-russes-francais

400 mots de russe comme en français. cette première partie vous en donne 200. Ces mots russes se prononcent comme en français et on le même sens ou …

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Jean-Dominique Paolini Les mots français en anglais

Posté par nofim le 16 mars 2015

mots français en anglais « MondesFrancophones.com

mondesfrancophones.com › Espaces › Langues

1 févr. 2007 – Les mots français en anglais. Je me suis amusé à relever, au fil de ma lecture de l’International Herald Tribune notamment, les nombreux mots …

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Les excés de l’interprétation de la loi juive

Posté par nofim le 28 février 2015

Enseignements des interdictions  émanant  de la loi juive

par  Jacques  Halbronn

Dans notre ouvrage « Le monde juif et l’astrologie » (Arché 1985)  nous avions mis en garde contre  certaines traductions à partir de l’hébreu

visant à inclure l’astrologie parmi les pratiques interdites alors que les termes utilisés dans le texte référaient à des formes de

divination  n’incluant pas nécessairement celle-ci. On peut même penser que dès lors que l’astrologie n’est pas expressément signalée, c’est qu’elle n’était pas visée.

En ce qui concerne les lois alimentaires (Kashrouth), ce qui est clair, c’est que la viande n’est nullement interdite en soi mais qu’il existe des exceptions.  Le judaïsme  est aux antipodes d’un quelconque végétarisme ou végétalisme.  Cependant, force est de constater que la viande est souvent carrément exclue des réunions juives, probablement par mesure de précaution et aussi parce qu’elle ne doit pas

être consommée en même temps que des laitages, au cours d’un même repas. La viande se retrouve donc la grande absente des « buffets »

juifs et cela  ne vaut pas seulement pour le porc, d’autant que cela implique le respect  des régles d’abattage rituel. (cela vaut aussi pour la volaille et pas seulement pour les animaux donnant du lait à leur progéniture)

Un troisiéme interdit retiendra notre attention, que l’on trouve au troisiéme commandemnt  des Tables de la Loi :.

 »Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain »

Il n’est pas dit que l’on ne prononcera pas le nom de Dieu mais qu’on ne le fera pas en vain. Mais là encore, on a fini par ne plus

du tout prononcer ce nom – du moins en hébreu même si on l’écrit couramment sous la forme d’un tétragramme. Iod Hé Vav Hé.

A la place, on emploiera d’autres expressions  de substitution mais cela fait probléme car ces succédanés confèrent à  Celui qui est

ainsi désigné une identité très vague comme « Seigneur ».

Si l’on prend la célébre formule du Shéma Israel,  (Ecoute Israel), il est indiqué  « YHWH » est notre Dieu », comprenez le Dieu d’Israël mais

même à la synagogue, son nom n’est pas prononcé, et l’on emploie un soi disant équivalent « Adonay », qui signifie Seigneur (et en

hébreu moderne, Adoni  veut simplement dire Monsieur, ce qui est assez génant).  Mais ce Seigneur, quel est donc son nom? En s’abstenant  de la nommer,  il faut se contenter de comprendre que c’est celui qui est nôtre, forme elliptique.

De telles gesticulations ont pour effet d’occulter l’idée que les juifs sont un peuple choisi par ce dieu qu’est YHWH et qui  est présenté

dans les livres de prières comme le « roi des dieux » (Melekh Elohim »). Dans ces livres, il est clamé,  qui est comme toi parmi les dieux (elilim)?  Ce dieu d’Israël nous apparait donc comme l’ayant emporté sur les autres dieux, ce qui ne signifie pas que ceux-ci

n’existent pas. Il revient aux autres peuples d’adorer d’autres dieux.   Est-ce donc le même Dieu qu’invoquent les Chrétiens ou les

Musulmans? Pourquoi les Juifs devraient-ils invoquer le dieu des Chrétiens et vice versa?

Il serait bon qu’un colloque ait lieu sur ce point  réunissant des représentants des diverses religions dites « monothéistes », terme qui

n’implique pas nécessairement qu’elles reconnaissent un même dieu mais bien qu’elles n’invoquent qu’un seul dieu. (hénothéisme)

Sous le même signifiant Dieu que met-on? C’est pourquoi il nous semble préférable de nommer ce dieu d’Israël plutôt que de recourir à des formules ambigues prétant à confusion.

Faut-il dire « Jéovah » comme le font certains « Témoins »?  Même si cette  prononciation du tétragramme est improbable, est-ce une raison

pour se contenter de formules comme L’Eternel (dans les prières juives) qui laissent entendre qu’il y a des dieux qui seraient « éternels »

et d’autres non?  Chacun peut certes s’adresser à Dieu comme « notre père », mais  cela ne signifie pas qu’il soit  toujours question de la même entité.  En fait, la solution qui a été adoptée, c’est qu’il faut écrire le nom du Dieu d’Israël mais ne pas le prononcer. L’écrit

viendrait ainsi à la rescousse de l’oral.  On pourrait effectivement  effectuer collectivement  des prières en fixant le tétragramme inscrit sur  quelque support.

Mais  une piste nous semble  envisageable, celle d’Elie,

qui se dit Elyahou et qui nous donne la prononciation

du tétragramme car cela se décompose en El  et Yahou,

qui s’écrit comme le tétragramme.    אליהו

(http://www.euaggelion2414.com

/nomdivinfr.htm

On retrouve étrangement ce nom dans  le nom de Yahoo, bien connu

sur Internet (mail)/ C »est l’inconvénient de ne pas

connaitre le nom de Dieu que de risquer  que ce nom

soit prononcé par  mégarde et donc invoqué en vain. Il

serait donc souhaitable de ne plus utiliser la forme

Yahoo pour notre correspondance mail. Notons que

le terme yahoo est utilisé par Jonathan Swift pour

désigner une peuplade

Selon nous,  le Shéma Israel devrait

s’énoncer ainsi: Eliahou  Elohénou, Eliahou Ehad  soit

quatre mots commençant par Aleph. Il faudrait

traduire:  le Dieu Yahou est notre Dieu et Yahou est le

seul qui compte pour Israel.  Mais est-ce que le dieu d’Israël est le même que celui invoqué par les Chrétiens ou/et les Musulmans?

Que conclure? Qu’à force de précautions, on assiste à un certain appauvrissement de la vie juive, qui perd ainsi de sa susbtance, qui va trop

loin dans ce dont elle en arrive à se priver.

 

Bibliographie

Marc-François  Gonin   Le mystère du tétragramme sacré.  Ed Atlantic 1986

Olivier Belleil   Elie l’homme de feu.  Ed des Béatitudes  2002

Brian D. Jones  Prophétes de feu. Le message d’Elie pour la fin des temps  Ed  Vie et Santé  2000

Michael  Caspi  et  Gerda Neu-Sokol The legend of Elijah in Judaism, Christianity, Islam  and Literature / A Study in comparative

religion   Edwin Mellen  Press 2009

Elie le prophéte  Bible, tradition,iconographie. Colloque Bruxelles 1985   dir  Gerard  F. Willems,  Ed Peeters, Louvain  1988

 

 

 

 

JHB

01 03  15

 

Publié dans DIETETIQUE, LINGUISTIQUE, RELIGION | Pas de Commentaire »

Une nouvelle grille épistémologique pour le XXIe siècle

Posté par nofim le 28 février 2015

Pour une triple épistémologie de l’élection dans les champs du religieux, du linguistique, de la technique.

par  Jacques  Halbronn

 

Nos différents travaux conduits dans diverses directions semblent désormais converger autour d’une philosophie de l’élection. Cela englobe toute une série de champs confrontés avec la question du choix,  une notion de nos jours mal comprise et souvent mal vécue, souvent  occultée,  avec des conséquences importantes et ce à plusieurs niveaux.

Nous commencerons par l’angle théologique et la quetion du « peuple élu » qui est aussi celle du dieu élu. Passage d’un article

indéfini à un article défini, du « un » (dieu) à le (au) Dieu.Le monothéisme persiste depuis des siècles dans cette ambiguité.  Or, l’étude

des livres de prières  juifs ne laisse guère de doute sur  le fait que le Dieu d’Israël n’est pas le seul dieu mais le seul qui compte pour

Israël. Il est clair que d’autres dieux existent et le Shéma Israël affirme que Yahvé est « notre Dieu », à nous et qu’il est le seul (Ehad

ne doit pas ici être traduit par  « un » mais par le seul que nous reconnaissions comme tel, que nous sanctifions. Qu’il existe d’autres dieux et d’autres peuples est sous entendu, va de soi.

Passons à  l’angle linguistique. Nous avons montré ailleurs que le signifiant permet aux divers signifiés de s’incarner, il leur sert

d’enveloppe, de réceptacle.  A chaque signifié de choisir son signifiant et  en même temps de marquer celui-ci de son empreinte.

Mais ce sur quoi nous entendons insister, c’est sur le rôle de la langue française en tant que signifiant par excellence de la pensée

européenne, notamment l’anglaise et l’allemande, pour ne pas parler des langues proprement latines.  On ne peut pas écrire un

traité de philosophie en anglais ou en allemand sans passer par le français en tant que signifiant et peu nous importe ici quel signifié sera associé à tel ou tel mot.

Enfin, en ce qui concerne  l’angle du technique et nous y englobons l’activité artistique (de la musique à l’architecture,  en passant par la

poésie), nous dirons que toute production passe par une élection, le choix d’un certain matériau de préférence à un autre et cela ne

saurait épuiser le réel. Il y aura nécessairement réduction. Nous prendrons le cas de l’astrologie dans ses rapports avec l’astronomie.

L’astrologie doit-elle rendre compte de tout ce qui a trait  à l’astronomie ou peut-elle se contenter d’une certaine sélection des données

jugées utiles?  Il y a là un obstacle épistémologique.

Le champ que nous entendons explorer  s’oppose en quelque sorte à une approche proprement scientifique, on s’en démarque. On se trouve là en face d’un certain humanisme qui  se permet d’opérer des choix arbitraires mais assumés. Certes,  ce qui est ainsi choisi

préexiste au moment du choix mais  revêt une autre dimension du fait du dit choix et cela débouche  sur une seconde Création qui ne

saurait être celle du « big bang ». Ce qui a été crée peut à son tour devenir créateur. Autrement dit le Dieu du début du premier

chapitre de la Genése est-il le Dieu du second chapitre?

Le fait que le signifiant Dieu ou Ciel  fasse l’objet de diverses interprétations ne saurait surprendre. Peu nous importe quel signifié

l’on met sous tel signifiant.  Le véritable enjeu pour nous est de libérer l’Homme d’un impératif  d’universalité qui l’obligerait à

embrasser la totalité du monde, ce qui  va à l’encontre de l’idée même d’élection.

Se pose ici une question  de légitimité:  est ce que ce que les hommes choisissent a force de « loi »?  Nombreux ceux qui en doutent et

c’est pour cela qu’ils s’efforcent de démontrer que les hommes n’ont pas eu à choisir mais que ce ce choix n’aurait pas pu être autre.

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

28 02 15

Publié dans ASTROLOGIE, LINGUISTIQUE, RELIGION, Technologie | Pas de Commentaire »

Le signifiant comme outil, support

Posté par nofim le 27 février 2015

L’outil  comme signifiant  et sa  réparation ou son  remplacement  en cas de dysfonctionnement

par  Jacques  Halbronn

 

Le praticien est comparable à un garagiste.  Il n’est pas celui qui construit le véhicule  et il n’est pas non plus un usager ordinaire. Il

est censé intervenir en cas de panne – il dépanne- et si l’outil est bien conçu, cela ne devrait concerner qu’une petite proportion de ses

utilisateurs.  Le praticien se situe donc à un niveau  intermédiaire, assez  bâtard. Il lui incombe d’aider un usager qui peine à  faire

fonctionner un certain outil soit parce que l’outil est défectueux, soit parce que l’usager ne parvient pas à en saisir le mode

d’emploi. Cela doit rester l’exception.

Autrement dit,  le praticien  est lié à la présence d’une certaine pathologie. Si l’outil et l’utilisateur sont à la hauteur, nul besoin de

faire appel à lui.

Or, si l’on prend le cas de l’astrologie, force est de constater que l’astrologie dont on se sert généralement ne peut servir qu’au

praticien et constitue une sorte de check list pour déterminer la cause de la panne.

Mais selon nous il doit aussi  exister une astrologie « normale » bien plus simple dans sa conception et qui offre une bonne ergonomie

intuitive tout comme  une langue doit  présenter une ergonomie accessible à tous et dès le plus jeune âge (cf nos travaux sur

la didactique des langues). C’est cette astrologie  accessible à tous et n’impliquant pas l’intervention d’un « praticien » qui est au coeur de notre travail. C’est cette astrologie qui a du naitre il y a des milliers d’années et qui recourait à un outil cyclique extrémement

simple mais qu’il revenait à chaque utilisateur de s’en servir à bon escient et en connaissance  de  cause.

Pour parvenir à restituer et à reconstituer une telle astrologie des origines, il nous aura fallu évacuer cette astrologie de réparation qui

consiste à déterminer ce qui ne va pas bien plus qu’à envisager un  fonctionnement normal.

Que l’on nous comprenne bien, il est bien plus difficile d’établir – de deviner – ce qui est venu perturber un processus, de l’intérieur comme de l’extérieur, que  de chercher simplement à comprendre un processus donné.

L’astrologie du XXIe siècle devra donc se concentrer sur le normal et non sur le pathologique et ce faisant elle aura à simplifier

singulièrement son outil et à la restituer à sa forme originelle. L’astrologie réparatrice est une voie de garage:!

La normalité nous rapproche d’autrui, la pathologie nous en éloigne si ce n’est  pour ce qui est de la demande d’aide par rapport

au praticien supposé capable de réparer.  Ce qui est normal est simple, ce qui est pathologique est complexe. Il est bien plus

difficile de réparer que de faire marcher un appareil.

En  tant qu’historien, nous nous considérons comme un réparateur et pou ce qui est de restituer l’astrologie à sa normalité, il aura

bien fallu engager un processus de réparation qui n’est pas à la portée du premier astrologue venu.

Le terme d’astrologue recouvre des acceptions fort différentes et son usage exige de recourir à des adjectifs qui viendront

en préciser le sens. D’ailleurs, on a pris l’habitude dans le monde astrologique d’ajouter tel ou tel qualificatif après le mot

astrologie (ou avant dans les langues germaniques)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

27 02  15

Publié dans ASTROLOGIE, divination, ECONOMIE, HISTOIRE, LINGUISTIQUE, Technologie | Pas de Commentaire »

De l’importance d’une fluidité des signifiants

Posté par nofim le 25 février 2015

 

De l’apprentissage  des langues par la voie du signifiant (et non du signifié)

par Jacques  Halbronn

A ma grand mère Claude Jonquière (1872-1957) qui nous a laissés une méthode d’orthographe.

 

 

Nous pensons que  les êtres humains ont besoin de se relier au monde  par leurs

propres moyens et avec le moins d’aide possible. Ce qui implique qu’on les  fasse vivre dans un

monde de signifiants et  le moins possible dans un monde de signifiés. Cela concerne le champ de ce qu’on appelle

la morphosémantique que l’on pourrait résumer ainsi: ce qui se ressemble s’assemble.

La langue doit être présentée à l’enfant  comme une sorte de jeu de lego, d’assemblage

Certaines langues se prétent mieux à un tel exercice que d’autres car elles n’ont pas su préserver  intact leur

réseau de signifiants. C »est ce qui distingue notamment le français de l’anglais. Mais il revient aux

enseignants de présenter à l’éléve un ensemble aussi cohérent que possible au  regard du plan des signifiants en évacuant

tout ce qui fait exception.

Nous exposerons briévement  notre idée de la constitution, de la construction d’une langue. Contrairement aux idées reçues,  la cohérence

d’une langue ne saurait se limtier à sa conjugaison ou/et à sa déclinaison. Il faut ajouter les préfixes devant le nom ou/et le verbe mais également  les adjectifs, les adverbes et tout cela tourne autour de quelque racines comme en français « prendre  » et « mettre », l’un

indiquant la réception et l’autre l’émission.

A cela il convient de faire la part de la dénomination des objets, des noms « propres » qui  correspondent à  des formes, des figures que nous

considérons comme périphèrique par rapport au coeur d’une langue et qui d’ailleurs portent souvent le même nom d’une langue à l’autre.

L’idée que nous  mettons en avant ici  est fondée sur la conviction que l’enfant  aura besoin de peu d’aide pour se débrouiller dans une

langue bien structurée, bien conservée, aussi peu corrompue que possible.  Cela lui évitera de passer par une lourde tradition orale, ce qui n,’exclut aucunement que l’on pratique  l’oralité dans les cours,.

L’étymologie joue un rôle important dans notre  enseignement. L’enfant doit prendre conscience qu’il existe un  grand nombre de mots qui

ont à peu près lâ même forme et le même sens, ce qui est la base de la morphosémantique. Autour d’un même radical – et l’on pourra

n’en proposer qu’un à la fois – peuvent se satelliser divers mots qui ont un air de famille que ce soit du fait de la conjugaison ( ce qui

englobe les « pronoms », de la déclinaison, des préfixes, des adjectifs et des adverbes. En ce qui concerne ces deux dernières catégories, on

commencera par un certain manichéisme entre ce qui est bon ou  mauvais, bien  ou mal, positif ou négatif. On abordera aussi la question

des formes interrogatives, impératives etc et bien entendu la question du singulier et du pluriel qui correspondent en général à des

marqueurs spécifiques. On pourra aussi le cas échéant rapprocher – pour des raisons mnémotechniques - des mots qui se terminent de la même manière – qui « riment » mais qui n’ont pas de lien morphosémantique pour autant. (mots en « ure », en « ine » etc)

Nous avons signalé plus haut deux radicaux,   prendre et mettre qui à eux deux permettent  déjà d’engager un travail important.

L’enfant s’apercevra qu’il peut deviner le sens d’un mot du moment qu’il en connait la « racine ».  Si au lieu de dire  » je prends », je dis

« je comprends », l’enfant devra se rendre compte que dans les deux cas il s’agit de quelque chose que l’on reçoit, que l’on s’approprie.

De même si au lieu de « mettre », je  dis « remettre » ou « promettre », l’enfant comprendra qu’il est en terrain de connaissance.

Selon nous,  il faut encourager  chez l’enfant le goût de deviner car  l’acte de deviner est l’expression d’une certaine économie de moyens,

d’une autonomie.

On aura donc compris que nous ne préconisons pas, du moins dans les premiers stadees,  le recours à des synonymes , c’est à dire à des

signifiants qui ne sont rapprochés que par le biais de leurs signifiés respectifs.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

25 03 15

Publié dans LINGUISTIQUE | Pas de Commentaire »

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