jacques Halbronn Linguistique: le statut de la lettre « e » en français

Posté par nofim le 30 mars 2021

 

 

LINGUISTIQUE

Le statut de la lettre « e » en français

 

La lettre « e » en français implique un traitement particulier du fait de son ambivalence, son statut pouvant changer selon le contexte.

Deux cas de figure se présentent : celui du « e » comme déterminant de la prononciation d’une consonne et celui du « e » comme voyelle à part entière et rendue dans nombre de cas par un accent sur le e comme pour le participe de la première conjugaison en « é » final.

I Le e comme auxiliaire

La lettre e en français « parlé » permet de relier entre elles les deux consonnes qui l’entourent. Tantôt, le e est remplacé par une apostrophe dans le texte « écrit » comme « j’aime » à la place de « je aime » mais c’est le plus souvent devant une voyelle. Mais dans la langue parlée, même quand le e figure, il n’est pas censé se prononcer pour autant.Il n’est prononcé que dans la langue apprise mais non dans la langue « maternelle ». Il est prononcé dans la poésie qui s’articule sur des « pieds », des syllabes, ce qui perturbe le cours naturel de la langue française. Pourtant, quand on épelle les lettres de

l’alphabet phonique du français, au lieu de prononcer « é » pour la lettre « e », on rend,

à tort par le son « e »!

II Le e devenant « é ».

Il existe toutefois une autre « régle » également « non écrite » qui concerne le rôle du « e » devant une consonne finale. C’est notamment le cas du e, dans la première conjugaison pour la prononciation de l’infinitif : manger, chanter, bercer etc. Dans ce cas, le e devient un « é » et c’est notamment le cas pour le participe passé, lequel s’écrivait à l’origine « ed », comme c’est encore le cas en anglais, sous l’influence du français : Ici l’accent sur le e remplace une consonne « muette » parce que non suivie d’un e « auxiliaire ». On voit là se combiner les deux statuts de la lettre « e ». Manged se prononçait « mangé » mais s’écrivait manged de façon à permettre la formation du féminin:mangede. D’ailleurs, dans les autres conjugaisons comme pour « écrire », on a « écrit » au masculin et « écrite » au féminin. Le cas du futur est intéressant : on passe de l’infinitif manger au futur mangerai. Dans le premier cas, c’est le statut « é » qui prévaut alors que dans le second cas, c’est le statut du e auxiliaire qui s’impose : « je mang’rai. »

Nous terminerons notre exposé en abordant l’article défini au pluriel du français : « les » qui ne propose aucune différence entre le masculin et le féminin  à la différence, notamment, de l’espagnol ; los et las. L’anglais aura suivi ici l’exemple du français avec son ‘the » invariable. On notera que pour « les », c’est la règle du son « é » qui s’impose. Le contraste avec l’espagnol se creuse : les autres en français los otros, las otras en espagnol. Là encore, l’anglais emboite le pas du français : other , others, sans marqueur de genre, si ce n’est qu’il prononce le marqueur de nombre avec le « s » final, ce que ne fait pas le français lequel n’entend pas prononcer une consonne finale non suivie du « e » auxiliaire. Mais comment se fait-il alors que l’on ne prononce pas ‘autres » avec le son ‘é » ce qui donnerait à l’oral « autré » d’autant que ‘les » se prononce « lé » dans « les autres » ? On note que le français se sépare ici remarquablement de cette autre langue « latine’ qu’est l’espagnol mais que sur certains points l’espagnol est plus proche de l’anglais que ne l’est le français, notamment quand il prononce systématiquement tous les « s » terminaux du pluriel.

 

 

 

 

JHB

30 03 21

 

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jacques Halbronn L’obstacle épistémologique du métalangage en linguistique et en astrologie

Posté par nofim le 29 mars 2021

 

L’obstacle épistémologique du métalangage en linguistique et en astrologie

par Jacques Halbronn

 

 

Séparer le bon grain de l’ivraie. On peut transposer à propos du traitement du métalangage lequel constitue un obstacle fatal à la compréhension, à l’intelligence du mode d’emploi des textes et des langues..

Paradoxalement, c’est dans le domaine de la langue que le métalangage serait le plus source d’erreur. En règle générale, l’on aurait tendance à croire que toutes les lettres d’un mot doivent se prononcer. D’où la formule courante « cela s’écrit comme cela se prononce » et en même temps, dans l’apprentissage de la langue française, ne nous dit-on pas que certaines lettres, sous certaines conditions, ne sauraient se faire entendre, comme dans le cas des consonnes en fin de mot ?. C’est ainsi que « mot » comporte en français un « t » final lequel est voué à une présence muette, en quelque sorte ! On y reviendra.

Dans le cas de l’astrologie,se pose la question de ce qu’on appelle « symbolisme », c’est à dire de données supposées faire sens, dé livrer quelque message, receler de l’information.. C’est le cas du pittoresque des noms de signes du bélier à la vierge et de planètes de Mercure à Pluton, qui nous parlent alors que d’autres termes ne nous disent pas grand chose comme dans le cas des aspects qui se contentent de références géométriques. Carré, trigone (entendez triangle), sextil (entendez hexagone et même Conjonction ou Opposition. Comme l’astrologie serait un savoir triste sans le Zodiaque ! On connait l’adage : tout est bon dans le cochon. Rien à jeter !

Qu’est ce qui sert simplement d’ornement, d’emballage?Comment donc parvenir à faire le distingo ?

Le débat n’est pas simple car parfois l’on garde ce qu’on devrait jeter et l’on jette ce que l’on devrait garder ! C’est le cas des étoiles fixes que l’on tend de nos jours à consiférer comme extéreieures à l’astrologie alors que les planètes nouvellement découvertes donc inconnues des Anciens occupent le haut du pavé !

La question se pose de savoir si cette symbolique zodiacoo-mythologique est le fait des astronomes ou des astrologues. Si elle est le fait des astronomes, l’on comprend que cette symbolique reléve en effet d’un méta-langage qui n’a évidemment pas la même valeur ou rigueur scientifique que la réalité planétaire ou stellaire. En revanche, si c’est le fait des astrologues, comme nombreux semblent vouloir le croire, l’on sera enclin à leur accorder une grande importance pour la pratique de l’astrologie, d’où le débat sur la précession des équinoxes en ce que ce glissement anéantirait le travail de balisage du ciel effectué par les astrologues. Selon nous, il s’agit bel et bien d’un emprunt du métalangage des astronomes par les astrologues. Quant au choix des dieux attribués aux planètes, force est de constater que de nombreuses divinités ne trouvèrent pas de place dans le « septénaire », celles-ci durent attendre, en quelque sorte, la fin du XVIIIe siècle pour accéder progressivement au statut planétaire, à commencer par Uranus.(planéte découverte par télescope en 1781 depuis la ville de Bath, en Angleterre).

Selon nous, ce qui caractérise le métalangage, c’est qu’il n’est pas conservé avec soin puisque l’on n’en fait qu’un usage en quelque sorte fictif. Il ne faut donc pas s’étonner de la corruption (cf notre article dans l’Encyclopaedia Universalis) dans lequel cette série nous est parvenue, quand on la compare à ses sources, à savoir l’iconographie des mois de l’année telle que conservée dans les Livres d’Heures (cf les Très Riches Heures du Duc de Berry)

On peut aussi parler de métalangage à propos des Centuries de Nostradamus, nombre de quatrains ayant été repris de la prose de guides de voyages et de pélerinages – ceux notamment de Charles Estienne, comme l’a montré Chantal Liaroutzos (Revue Réforme Humanisme Renaissance, 1986). On aura eu affaire, semble -t-il à un travail de remplissage effectué un peu n’importe comment pour faire le compte de quatrains prévus.-chaque centurie devant en principe en comporter, comme l’indique le mot centurie- une centaine. Or, là encore, le débat existe : faut il prendre au sérieux ces quatrains ou bien les considérer comme une piétre imitation de l’oeuvre authentique de Michel de Nostre Dame (cf notre post doctorat Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle, EPHE 2007) ?

 

Mais revenons au volet linguistique de la présente étude , les deux volets étant voués à s’éclairer mutuellement sur la question du métalangage, c’est à dire d’un langage ne faisant pas pleinement fonction de langage, d’un langage instrumentalisé..Là encore, il y a débat au regard de la description et donc de l’enseignement du français et notamment du français langue étrangère (FLE).

Nous nous concentrerons ici sur la fonction métalinguistique en français de la lettre « e ». Souvent l’on se moque des locuteurs qui ne parvienent pas à prononcer le son généralement atttribué au « e » à la française. Rappelons que si nous partageons le même alphabet avec de nombreuses langues, nous ne récitons pas le dit alphabet « latin » de la même façon. C’est ainsi que les autres langues rendent la lettre « e » dans leurs alphabets respectifs à leur façon, ce qui correspond en général au son qui en français est traduit par un accent sur la lettre « e ». Mais avons-nous raison de tenir et de nous en tenir à un tel usage ?

La thèse que nous soutenons ici est que la letttre « e » en français reléve du métalangage et qu’elle n’a pas à avoir de son propre.Nois nous appuierons sur la langue orale telle qu’elle est transmise comme le sont les langues « maternelles » sans passer par l’école. En effet, à l’école, on va rencontrer une autre façon de parler le français qui ne respecte le caractère de métalangage de la lettre « e », ce qui fait que bien des étrangers ayant appris notre langue ne la reconnaissent pas aisément quand il sont confrontés à des locuteurs francophones « naturels ». Pour l’élève français, se développe une sorte de schizophrénie : il « parle » une langue et quand il la lit à voix haute, cela devient autre chose ! D’aucuns iront jusqu’à dire que c’est la langue « scolaire » qui fait autorité. Ce qui n’est absolument pas notre avis. D’ailleurs, il suffit de considérer la fonction des apostrophes qui indique bien que dans nombre de cas, on ne prononce par la lettre « e » comme dans : « je l’aime » à la place de je le aime. Idem je te aime est devenu je t’aime.Quel enseignement en tirer ? Que l’écrit s’est aligné sur l’oral. Le e du français joue en fait un double rôle : tantôt il ne se prononce pas et tantôt il devient un « é ».par un phénoméne de contraction. C’est le cas de tous les participes se terminant en « é » et qui initialement se terminaient par la lettre « d », ce qui est resté dans les emprunts de l’anglais au français, le participe se présentant avec une finale en « ed ». Il en est ainsi pour les infinitifs où la forme « er » se rend par le son « é » mais cette fois, la consonne n’a pas disparu.

Autrement dit, on ne devrait jamais trouver le son « e » en « bon » français. Il y a là erreur dans la transmission des codes de lecture. On l’observe dans les chansons : au clair de la lune où l’on insiste sur le son « «e » alors que la prononciation correcte devrait être « au claird’lalune » comme on dit « la voiture d’la voisine ». A contrario on trouve des chansons qui respectent ce principe du « saut’ du « e » comme celle de Raymond Queneau, chantée pat Juliette Gréco : voilà du « vrai » français !

 

Si tu t’imagines, si tu t’imagines

Fillette, fillette, si tu t’imagines

Qu’ça va, qu’ça va, qu’ça va durer toujours

 

On connait le cas de l’adjectif petit, que l’on rend volontiers avec une apostrophe : mon p’tit gars. Un étranger ne se risquera pas à parler ainsi, tant on lui aura appris à « tout » prononcer.

En fait, quelle est donc la fonction métalinguistique de la lettre « e » en français ? C’est souvent au féminin que le « e » jouera ce rôle. Prenons le couple grand et grande. Est ce que dans ‘grande » on entend le « e » ? Non, le e indique qu’il faut prononcer le « d » et sans le « e », on ne le prononcera point comme dans ‘grand ». Idem pour petite et petit. Guy Béart trahit le français quand il chante « ma petite est comme l’eau » en marquant dans un même vers trois fois le « e » bien à tort ! On devrait dire « Ma

p’tit’ est comm’l'eau ». On notera qu’il est obligé de respectera l’apostrophe, autrement il faudrait dire ‘la eau ».

En fait, le e permet de relier les consonnes entre elles, ce qui exige une certaine gymnastique : « ifaut qu’j't’dise ». Ici le son « e » se réduit à un lien aussi tenu que possible entre consonnes  et cela ne s’enseigne pas à l’école. Cela produit une musique très particulière du français. On notera aussi, par exemple, que l’on ne dit pas « de le » mais « du », pas « à le » mais « au ».etc,

Nous avons là un bon exemple d’une lettre ayant une fonction spécifique par rapport à d’autres consonne, puisqu’elle indique par sa présence et son absence si telle consonne qui la précède doit ou non se prononcer. En ne respectant pas cette régle, on dénature la langue française tout comme on dénature l’astrologie en y introduisant des éléments devant servir uniquement de facteurs de localisation, de dénomination. La mauvaise monnaie chasse la bonne : l’aspect en astrologie devient ainsi secondaire par rapport au poids de la symbolique zodiacale, ce qui tend à fausser tout le processus d’interprétation des données cosmiques..

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JHB

28 03 21

 

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Recherches en Histoire de l’Astrologie en France XVIe-XVIIe siècles

Posté par nofim le 24 mars 2021

Pierre du Moulin  XVIIE

page 362-424.pdf – Scribd

 

fr.scribd.com › document › page-362-424-pdf

 

Communicaton  Reims   XVIIe siècle

 

En anglais, il existe des verbes dits défectifs’ qui présemtent généralement trois … 302 Judments on Astronomical Nativities by Auger Ferrier – Des Jugements …

Vous avez consulté cette page le 24/03/21.

cf N. Campion Astrological Historiography in the Renaissance, Actes du Colloque History and Astrology. Clio and Urania confer. Dir. Annabella Kitson, Unwin paperbacks ; 1989)

Yves de Paris, un capucin astrologue
par Jacques Halbronn

Une littérature bilingue

Title: – Jugements astronomiques sur les nativités, par Auger Ferrier
Author: Auger Ferrier .
File Type: PDF EPUB MOBI.
MD5 Hash Code: 67d839787204bb795ce94e4a09afded6Recherches en Histoire de l’Astrologie aux XVIe  et XVIIe siècles

par Jacques  Halbronn

 

Première Partie

Trois  astrologues français du XVIe siècle  : Auger Ferrier, Claude Dariot, Nostradamus

par  Jacques Halbronn

Bodin

J. Halbronn, « La traduction anglaise des « Jugements astronomiques sur les … d’Auger Ferrier », Mémoire de DEA, Departement Anglais, Université Lille III, …

2002  Nostradamus  Morgard  Crespin Les deux épitres au Roi

 

 

 

Curry

Kitson

 

 

Seconde Partie

Trois  astrologues français du XVIIe siècle   Morin, Bourdin, Lenoble

par  Jacques Halbronn

Remarques astrologiques

Morinus

Gassendi/Mersenne

Centilogue

Uranie Etteilla

 

 

 

J. Halbronn, « La traduction anglaise des « Jugements astronomiques sur les … d’Auger Ferrier », Mémoire de DEA, Departement Anglais, Université Lille III, …

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jacques Halbronn Genése de notre alphabet « latin » actuel

Posté par nofim le 14 mars 2021

 

 

Genése de notre alphabet latin actuel

par  Jacques  Halbronn

 

Si l’on compare l’alphabet latin, l’alphabet  grec et l’alphabet hébraîque, il est possible de reconstituer  une certaine genèse de notre alphabet courant non pas tant sur la base de tel ou tel document mais par le processus même de la comparaison et de l’approche critique du document. On s »intéressera  particulièrement au sort de la lettre hébraique Tsadé, qui se situe à la fin de la colonnes des dizaines de l’alphabet hébreu  suivie des 4 dernières lettres, Qoph, Resh, Shin, Thav. Or, dans l’alphabet couramment utilisé en Occident, le tsadé, sous la forme de la lettre « Z » (prononcer Zéde) se retrouve tout à la fin et ne suit plus la lettre P comme dans l’alphabet hébreu dont il est séparé par la série QRST  qui correspond aux  quatre dernières lettres de l’alphabet hébreu, suivie de lettres voyelles (U,V, W (X),Y) Quant au X, figurant dans cette série, il se rapproche assez par sa sonorité du Tsadé. Tout se passe donc comme si on avait voulu placer le Tsadé à la fin et c’est cet état des choses qui aura été conservé dans notre ordre de l’alphabet « latin » postérieur à l’arrangement de l’alphabet hébreu à moins que tout au contraire, cela ne corresponde à un état antérieur  à ce qu’est devenu l’alphabet hébreu, l’emprunteur adoptant souvent un état qui sera dépassé lors de l’évolution de son modéle. Il apparait que l’alphabet latin est plus proche de l’hébreu que du grec du point de vue de son agencement   puisqu’il comporte la lettre Q  (QRST) qui ne figure pas dans la série commençant par la lettre Pi. On retrouve en revanche dans les trois alphabets la série KLMN, ce qui montre bien la parenté entre eux.

Selon nous, il conviendrait de replacer la lettre Z après la lettre P comme c’est le cas en hébreu. et de terminer par la lettre T, car les lettres qui suivent le T dans notre alphabet, comme on a dit, sont des voyelles qui ne sont qu’un appendice, en dehors du X..

Abordons à présent la translittération de la lettre hébraiqe  Qoph dans l’alphabet latin. Il convient de rendre le Qoph par le Q  et non , comme on l’observe trop souvent par un K en respectant l’ordre des lettres des deux alphabets.Le K correspond au  Kaf hébreu qui peut devenir un Khaf. Le Qoph précéde le Resh  tout comme Q précéde R. C’est ainsi qu’il faut écrire  Tsadiq  et non Tsadik.

 

 

 

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Jacques Halbronn L’ENCYCLOPAEDIA HERMETICA Début du XXIe siècle

Posté par nofim le 10 mars 2021

ENCYCLOPAEDIA HERMETICA

 

 

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Thèse de Jacques Halbronn

 

 

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Animateur

 

Robert BENAZRA,

directeur-fondateur des anciens Cahiers Kabbalah

(Revue d’études sur la Mystique juive),

rédacteur du Répertoire Chronologique Nostradamique

 

L’Encyclopaedia Hermetica vise à baliser un terrain très vaste

qui est celui des structures cachées, inconscientes, occultées

qui sous-tendent l’Histoire des sociétés humaines.

Il ne s’agit donc nullement d’un hermétisme en chambre,

mais d’une réflexion anthropologique sur notre monde et sur ses mécanismes, sa logique profonde,

que l’on cherchera à mieux expliciter en fournissant des outils conceptuels nouveaux,

en vue notamment de repenser la question juive,

la question de la femme ou le problème de l’astrologie.

 

Mais pour aborder l’essence des choses,

encore faut-il se familiariser avec les dysfonctionnements, les supercheries, les contrefaçons,

les fausses représentations, les effets du mimétisme et du syncrétisme,

ce qui implique d’examiner, de façon critique,

un certain nombre de textes, devenus plus ou moins mythiques,

qui vont des Centuries aux Protocoles des Sages de Sion,

de telle résolution de l’ONU concernant Israël

à telle biographie de personnage célèbre, souffrant de télescopages.

 

Il conviendra d’aborder la lecture de l’E. H. de façon dynamique, en passant d’un texte à l’autre,

les articles étant disposés non point par ordre alphabétique (synchronique)

mais chronologique (diachronique), selon la date de leur rédaction,

une encyclopédie n’étant pas un dictionnaire

mais, comme son nom l’indique, induisant une circulation d’un texte à l’autre.

L’E. H. n’est pas un ensemble clos mais continuera sans cesse -

ce qui est le privilège d’une encyclopédie en ligne,

à s’enrichir de nouveaux apports, sans cependant évacuer les étapes antérieures.

 

Les sociétés construites par l’homme passent par des phases

qui nous relient de manière symptomatique

aux arts hermétiques de la Tradition initiatique,

aux manifestations d’un savoir ésotérique.

De l’astrologie au prophétisme, nous voulons re-penser la sociologie du processus divinatoire.

De ce point de vue, le phénomène Nostradamus constitue un terrain d’étude des plus enrichissants.

 

Dans quelle mesure la perception de l’autre peut-elle engendrer des conflits au sein d’une altérité collective ?

Nous voulons également réfléchir au rôle du Judaïsme dans la civilisation dite judéo-chrétienne

et examiner l’apport des Juifs dans l’histoire de l’humanité.

Nous avons aujourd’hui suffisamment de recul pour aborder, en dehors de toute passion,

notamment les sources de l’antisémitisme

dont le conflit israélo-palestinien n’est que la partie immergé de l’iceberg.

 

Par Hermetica, nous entendons, ici, ce qui est subconscient,

ce dont on ne se doute pas, ne soupçonne pas,

ce qui existe mais dont on ne cerne pas nécessairement la raison d’être,

ou dont on apprécie mal l’ampleur, le rayonnement,

ce sur quoi on risque de perdre le contrôle,

les automatismes de toutes sortes, qui libèrent l’Homme de certaines charges,

les cycles qui sous-tendent l’Histoire, à son insu,

mais également ce qui est occulté par les comportements mimétiques et syncrétiques,

lesquels tendent à brouiller les pistes.

 

Hermetica, c’est la reconstitution de la genèse des traditions,

c’est ce qui a été refoulé de la conscience mais n’en est pas moins à l’oeuvre

et sans quoi l’Humanité ne serait pas ce qu’elle est.

Le XXIe siècle sera marqué par un ajustement indispensable

entre anciennes et nouvelles (bio) technologies.

 

Les articles sont classés en plusieurs rubriques

pour ceux qui souhaitent certaines orientations initiales.

En outre, l’E. H. se veut interactive,

le lecteur étant invité à intervenir,

à réagir par rapport à tel ou tel texte ;

son propos sera mis en ligne,

sous réserve d’une certaine qualité de forme et de contenu,

et il lui sera éventuellement répondu.

 

 

LES CONTRIBUTEURS

 

 

 

Jacques HALBRONN

 

Jacques HALBRONN

 

Jacques Halbronn est né le 1er décembre 1947, à Paris. Ses origines juives ont marqué son itinéraire et sa production. En 1978, il a fondé le Centre d’étude et de Recherche sur l’Identité Juive (voir le Site CERIJ.org). En 1979, il soutient une thèse de 3e cycle en études Orientales, sous la direction de Georges Vajda, qui paraîtra en 1985 sous le titre Le monde juif et l’astrologie (Milan, Archè). Parallèlement, il développe un autre pôle d’activités, consacré justement à l’astrologie. En 1975, il fonde le Mouvement Astrologique Universitaire (MAU) et a organisé plus de cinquante colloques en trente ans, et ce tant en France qu’à l’étranger. Spécialisé dans l’observation du milieu astrologique (DESS, Paris VIII, 1995), Jacques Halbronn a publié des Guides des astrologues en 1981, 1984, 1995 et 1997. Un prochain guide devrait sortir au début de l’année universitaire 2005-2006. Jacques Halbronn a fondé en 1972 la Bibliotheca Astrologica, Paris, et a constitué le CATAF, Catalogue alphabétique des Textes Astrologiques Français (en ligne sur le Site CURA.free.fr). Il a publié aux éditions Ramkat, à Feyzin, en 2002 deux ouvrages, Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus et Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, en prolongement de sa thèse d’état, Le texte prophétique en France, soutenu en 1999 à Paris X (Nanterre). Cette thèse est notamment diffusée dans les bibliothèques universitaires, sur microfiche, sous la référence ANRT 34216. Elle est également en partie mise en ligne, sous sa forme d’origine, pour son volet Nostradamus, sur ce Site dans une rubrique spéciale intitulée Thèse de Jacques Halbronn On notera que J. Halbronn est également l’auteur de l’article “Astrologie” sur le Site Encyclopaedia Universalis en ligne/on line, son texte ayant été réédité en 2005 dans les Essentiels de la dite Encyclopédie. Il dirige actuellement le magazine en ligne Grande Conjonction (grande-conjonction.org). Il a collaboré au Site de la Faculté Libre d’Anthropologie de Paris, Hommes et Faits.com. Son dernier livre en date : Papes et prophéties. Décodages et influence, aux Editions Axiome, 2005, qui reprend, pour l’essentiel, des chapitres de sa thèse d’Etat. Vous pouvez contacter directement Jacques Halbronn : Halbronn@yahoo.fr

 

T. W. M. van BERKEL

 

Théo van BERKEL

 

Theo van Berkel est né le 10 juillet 1956, à Utrecht (Hollande). Au quotidien, il est infirmier en dialyse au Centre médical de l’Université d’Utrecht. De 1980 à 1994, il a pratiqué l’astrologie, et pendant quelques années il fut un correspondant régulier du magazine hollandais “Sagittarius”. La participation à cette revue astrologique lui a permis de se familiariser non seulement avec les fondements de l’astrologie judiciaire mais également avec les diverses techniques de prédiction. Il a écrit de nombreux articles, analysé divers horoscopes, donné des cours sur la manière de monter des thèmes horoscopiques et a étudié les éléments caractéristiques d’un certain nombre de systèmes de prédiction. En matière d’astrologie, Van Berkel définit une vraie prévision si deux paramètres seulement se réalisent : premièrement, la prédiction doit être accomplie à la date donnée, avec une écart tout au plus de deux jours, et en second lieu, les événements qui se produisent doivent correspondre au contenu de ladite prédiction.

L’intérêt de Van Berkel pour les Propheties de Nostradamus survient en 1980, après la lecture d’une série d’articles biographiques, écrits par un de ses collègues de “Sagittarius”. Van Berkel a commencé par examiner les quatrains et les Lettres, afin d’y découvrir les traces d’une technique de prédiction. Quelques données préliminaires de cette recherche ont été publiées dans “Sagittarius” en 1986 – 1988. En 2002, il décide de publier les résultats de ses investigations à la fois dans un livre, Nostradamus, Astrologie en de Bijbel – een lezing over zijn profetieën en brieven, et sur son Site Nostradamus, astrology and the Bible, ce qui représente une nouvelle étape dans son projet de recherche, basé sur l’astrologie et les correspondances avec la Bible. Ses publications sur Ramkat datent de 2003.

 

Lucien de LUCA

 

Lucien de LUCA

 

Lucien de Luca est né en 1951, à Paris. Il est médecin généraliste et diplômé de Neurophysiologie clinique. Après plusieurs lectures sur le syndrome religieux de certaines épilepsies temporo-limbiques ou psychiques, il s’intéresse en 1993 aux Prophéties de Michel de Nostredame où il remarque notamment cette expression de “comitiale agitation Hiraclienne” insérée dans la Préface à César comme la signature d’une observation clinique et autobiographique d’un médecin de la Renaissance, quand brûlaient hérétiques et pestiférés. Auteur d’un ouvrage documenté (430 pages au format 21 × 29,7 mm et plus de 300 références bibliographiques), intitulé Logodaedalia (paru en septembre 2001), “instruisant l’observation neuro-psychologique” dans l’oeuvre du médecin provençal, Lucien de Luca en a présenté quelques extraits choisis sur son Site Logodaedalia, qui présente ses travaux sur Nostradamus, et leur mise à jour régulière. A une argumentation pertinente portant sur l’analyse syntaxique des mots contenus dans le texte nostradamien, l’auteur ouvre de nouvelles perspectives quand à la compréhension de l’oeuvre du médecin de Salon-de-Provence.

Signalons également son autre Site Bibliothèque d’Asklépios, portant sur l’Histoire de la Médecine et consacré plus particulièrement à l’épilepsie, de l’Antiquité jusqu’au XIX siècle.

 

Elmar R. GRUBER

 

Elmar R. GRUBER

 

Elmar R. Gruber est né en 1955, à Vienne (Autriche). Il a étudié la psychologie, la philosophie et l’éthnologie à Vienne, Fribourg (Allemagne) et aux USA. Il est Docteur en psychologie et était chercheur associé à l’Institut für Grenzgebiete der Psychologie und Psychohygiene (Institute for Border Areas of Psychology and Mental Hygiene) du professeur Hans Bender à Fribourg, où il a été engagé pour étudier le paranormal et faire de la recherche expérimentale. Il a effectué des travaux sur le terrain en étudiant le Chamanisme et les rituels magiques au Mexique, aux Philippines et en Inde. Depuis 1984, c’est un auteur indépendant et il est conseiller scientifique pour la radio et la TV pour les questions traitant de la parapsychologie et de la psychologie “transpersonnelle”. Son travail actuel porte sur l’histoire culturelle des phénomènes mentaux anormaux. Elmar R. Gruber a publié de nombreux articles dans des revues scientifiques et il est l’auteur de 14 ouvrages, traduits en plusieurs langues. Par ailleurs, il est également l’auteur des célèbres CD-ROMs Mysterium (Munich, USM, 1996) et Enigma (Munich, Navigo, 2002).

Depuis plusieurs années, Elmar R. Gruber se documente sur la vie et l’œuvre de Nostradamus, un travail facilité par sa propre bibliothèque de livres anciens et rares sur l’Occultisme et l’Hermétisme, ainsi que sa collection spéciale d’ouvrages sur Nostradamus, avec notamment de nombreuses éditions des Prophéties.

Pour plus d’information, vous pouvez consulter son Website (en allemand) : Dr. Elmar R. Gruber.

 

Mathieu BARROIS

 

Mathieu BARROIS

 

Mathieu Barrois est né en 1948 à Saint-Pacôme de Kamouraska, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, à 150 km à l’est de Québec. Après des études classiques dans sa région natale, il a étudié à l’Université Laval, à Québec, où il a obtenu une licence en Sciences de l’Administration. Il est aujourd’hui analyste en système et conseiller en gestion dans l’Administration publique. C’est au début des années 1980 que se manifeste son intérêt pour Nostradamus, avec la médiatisation du best-seller de Jean-Charles de Fontbrune. Cependant, son travail d’interprétation des textes de Nostradamus n’a commencé que plusieurs années plus tard. En 1990, il publie un livre dans lequel il tente d’associer certains quatrains autant à des événements historiques touchant le Québec qu’à des phénomènes climatiques et des catastrophes naturelles provoquées par le réchauffement climatique de la planète. Son ouvrage de 1991 a porté sur la traduction de la Lettre à Henry, roy de France second. En 2000, il ouvre un Site Internet MORIBIOS pour présenter notamment la traduction des rares quatrains datés et les quelques passages de la Lettre à Henry Second qui contenaient des dates. Par la suite, le Site sera étoffé et comportera de larges extraits de la dite Lettre.

 

Robert BENAZRA

 

Robert BENAZRA

 

Ci-après une brève présentation de mes recherches sur Michel Nostradamus.

Je suis est né à Lyon en 1953. Sur le Site Espace Nostradamus, dont le contenu est repris sur Encyclopaedia Hermetica, on trouvera des informations claires, précises et sérieuses sur cet auteur médiatiquement célèbre, mais dont la personnalité et les œuvres sont largement méconnues du grand public. C’est autour des années Soixante-dix que j’ai entendu parler pour la première fois des “Prophéties de Nostradamus”. A cette époque, ma connaissance du sujet était alors celle de la majorité des gens, autant dire que je ne possédais quasiment aucune information véritablement sérieuse tant sur l’homme que sur ses écrits, puisque l’essentiel de la production nostradamique était axé – depuis plus de quatre siècles – sur l’interprétation et le commentaire de textes dont on ignorait d’ailleurs la réelle provenance. Pour couronner cette ignorance, on peut dire que le monde universitaire était totalement hermétique à la seule évocation du nom “Nostradamus”, malencontreusement récupéré par l’ésotérisme le moins honorable. J’ai donc décidé de me documenter sur le sujet, de remonter aux sources en effectuant des recherches systématiques dans toutes les bibliothèques tant en France qu’à l’étranger, puis en classant et recoupant toute la documentation que j’avais ainsi amassé pendant plus d’une dizaine d’années. Au début de mes investigations, je voulais seulement trouver des réponses aux deux questions essentielles qui agitaient mon esprit : qui était réellement Nostradamus ? et quels furent ses écrits ?

Afin de trouver un début d’explication à ma première interrogation, j’ai cherché à me documenter sur les véritables origines de Michel de Nostredame, afin de connaître plus précisément le milieu et l’environnement social d’où il venait, puis celui dans lequel il a vécu. Une rubrique de Nostradamica, intitulée Ascendance contient l’essentiel de nos connaissances actuelles sur les origines familiales de Michel, de son trisaïeul paternel, Vital de Carcassonne à son père, Jaume de Nostredame. Dans la section Biographie, j’ai essayé de poser des jalons sûrs sur le parcours emprunté par cette personnalité complexe que fut Michel de Nostredame, avant de devenir Nostradamus.

Parallèlement, afin de pouvoir répondre à ma seconde interrogation, celle où d’ailleurs l’incurie sur le plan bibliographique était la plus totale, je me suis mis à la recherche des publications originales de Nostradamus et des manuscrits non publiés consacrés au médecin de Salon-de-Provence. J’ai pu notamment retrouver les traces de deux exemplaires de la première édition des “Prophéties de Nostradamus”, publiée en 1555 par Macé Bonhomme, ainsi qu’un exemplaire de la seconde édition, datée de 1557 et éditée par Antoine du Rosne. Ces deux éditions ont été rééditées en fac-similé, respectivement en 1984 et 1993 par l’association Les Amis de Nostradamus (Lyon). Dans la section Bibliographie, j’ai résumé l’essentiel de mon enquête bibliographique, publiée en 1990 et intitulée : Répertoire Chronologique Nostradamique (RCN). Depuis cette période, on peut se réjouir que nombreux universitaires se soient penchés avec bonheur sur Nostradamus et son œuvre.

Aujourd’hui, dans la rubrique Analyse, j’ai souhaité insérer des études inédites et pertinentes, souvent contradictoires et dont je ne partage pas toujours les conclusions. En ouvrant notre tribune à la Critique nostradamique, nous voulons susciter de nouvelles réflexions et études, afin de faire avancer les recherches sur des pans encore méconnus de sa vie et de son œuvre. Notre but étant la mise à disposition d’un corpus le plus exhaustif possible “pour le commun profit des humains”, pour employer une expression de Michel Nostradamus dans sa Lettre à César.

 

 

 

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jacques Halbronn De quelques déficiences de la langue française (et de l’hébreu » concernant les marqueurs de genre

Posté par nofim le 8 mars 2021

De quelques déficiences de la langue française (et de l’hébreu) concernant les marqueurs de genre

Par Jacques Halbronn

 

 

Nous avons déjà signalé une anomalie de l’hébreu tel qu’il nus est parvenu en ce qui concerne l’usage du possessif. Il n’est pas cohérent de se servir de la forme « ata » du pronom personnel quand on s’adresse à un homme ou à une entité masculine puisqu’en hébreu, la finale en « a » est censée être féminine comme on le voit pour le traitement de l’adjectif. Même au niveau du verbe au prétérit, l’on passe de katav, il écrivit à katva, elle écrivit.

Mais le français n’est pas à l’abri de certaines anomalies que nous allons derechef signaler en ce qui concerne l’usage de la voyelle ‘»a »., chère à l’italien, à l’espagnol, à l’arabe ou au russe sans oublier le latin pour indiquer le passage au féminin. En revanche, ce marqueur n’est usité en allemand que pour les prénoms féminins : Greta, Sophia, Margarita, Carlotta etc. Ce qui vaut aussi pour l’anglais.

D’entrée de jeu, l’on trouve en français l’article défini au féminin « la » : la mer. Mais aussi « je la vois ». Et puis, en ce qui concerne le possessif , le ‘ta » ; c’est ta voiture ; ta s’accordant non pas au sujet possesseur mais à l’objet possédé/ Cela vaut aussi pour ma voiture ou sa voiture. Donc le a n’est pas absent du nombre des marqueurs en français mais n’est il pas temps justement de remettre en question un tel statu quo bancal ? On est en plein syncrétisme dans la mesure où des règles différentes y cohabitent. En français ne dit on pas à propos d’une femme « je vais lui demander’ et ne s’adresse t-on pas à elle par un « je te le demande » ? Or, lui et le sont typiquement des facteurs masculins, n’est-il pas vrai ? Rappelons que l’anglais ne tombe pas dans ce type de problème en ne marquant pas le genre  comme avec le « the », ce qui vaut aussi, de surcroît, pour le pluriel !

 

 

Revenons sur le cas du possessif où l’on trouve, pour la deuxième personne du singulier « ton » et « ta », respectivement pour le masculin et le féminin alors que l’on a en français le duo bon et bonne. On voit mal comment on peut passer de ton à ta, cela sonne étrangement. Cela vaut aussi pour mon et ma, son et sa. La règle générale, en effet, voudrait qu’en français, pour passer ergonomiquement d’un genre à l’autre, il suffit d’ajouter ou de supprimer un « e », ce qui est attesté en allemand : klein/ kleine.. Donc, le « ton » devrait donner au féminin « tone » tout comme dein donne deine, sein, seine. D’ailleurs on notera que si l’on dit ‘ma femme », on dit « mon épouse », mon histoire, mon épée etc ce qui montre bien que le ‘on’ n’est pas du tout incompatible pour le traitement du féminin. Exit donc le « sa »,le « ta », le « sa » qui sont autant de barbarismes venus d’ailleurs et qu’on peut laisser à d’autres!

Arrivons-en à l’article défini au féminin « la » que l’on retrouve tant au nominatif qu’à l’accusatif. « La maison, je la vois’ à coté de « le lion, je le tue ». Rappelons le cas du pronom personnel français au singulier : il et elle, ce qui est bien plus correct sans aucun besoin du « a » ! Pourquoi a -t-on en français « elle » et « la ».au féminin face à « il » et « le » au masculin ? On notera que l’on dit aussi « je ne vois qu’elle », « je ne vois que lui ». Elle et lui peuvent tout à fait servir alternativement de nominatif et d’accusatif  et de datif: « Lui, il sait ce qu’il faut faire , il lui parle, à elle». Mais dans cette dernière formule, »je lui ai dit » cela vaut aussi bien pour un homme que pour une femme .Lui peut ainsi désigner une femme. On voit donc que le distinguo masculin féminin est ici superflu et que sans grand effort, on pourrait tout à fait s’en passer !

Récapitulons : pour l’article défini, on proposera : le et elle mais on remarquera qu’en italien et en espagnol, cela commence par une voyelle : el, il et que si au féminin on a « elle » en français, cela signifie qu’on a du avoir « el » ou « il » au masculin, le féminin prolongeant le masculin par un « « e » Il est possible que la forme « le » soit liée à l’expression orale pour rendre « el », car l’on sait que l’écrit se calque parfois sur l’oral comme dans le participe passé français qui aboutit à rendre la finale « ed » par un ‘é ». Notons que l’anglais a gardé la forme écrite « ed » dans son emprunt au français. Le problème, c’est qu’en supprimant non seulement à l’écrit mais à l’oral le d final, on n’est plus en mesure de former le féminin du participe, ce quo pose un problème avec la mode de l’inclusivité : faut-il dire une députée- en insistant lourdement sur le « e » final ou une députéde  tout comme on dit écrit et écrite. ?

Terminons notre audit avec la question du sujet masculin ou féminin car le français tient compte du genre de l’objet et non de celui du sujet : on dira d’une femmes qu’elle promène son chien et d’un homme qu’il conduit sa voiture. L’anglais précise avec « his » et « her » ce qu’il en est tout comme l’allemand avec « sein » et « ihr ». En français, la seule solution serait de rajouter « à elle » ou  »à lui », ce qui est d’ailleurs le cas de l’hébreu : » shéla et shélo littéralement qui est à elle, qui est à lui. (shé étant l’abrégé du relatif asher, le verbe être étant sous entendu au présent). Pour en revenir à l’hébreu, il serait grand temps que l’hébreu permute la deuxième personne du singulier et dise « at » à un homme (et accessoirement à Yahwé) et « ata » à une femme car en hébreu, l’usage du « a » comme marqueur du féminin semble incontournable. En français, on n’a pas ce problème et l’on n’use pas du « a » pour le masculin mais il ne faudrait même plus s’en servir pour le féminin ! Croit-on que perpétuer de telles incohérences soit sain pour les locuteurs, à commencer pour les plus jeunes. ? Certes, l’anglais et l’allemand échappent-ils à l’emprise du « a » mais ils ne gèrent pas pour autant correctement la dialectique du masculin et du féminin, l’anglais parce qu’il prononce tous les mots sur le mode féminin ,: intelligent devient en anglais à l’oral « intelligente » sauf pour les cas cités plus haut his/her- et l’allemand parce qu’il n’a pas compris que le masculin ne devait pas prononcer la consonne finale, réservé au féminin puisqu’il s’échine à prononcer le « n » final des adjectifs au masculin comme dans « klein », ce qui montre qu’il a perdu le mode d’emploi qu’a su perpétuer et préserver le français quand il distingue grand et grande, fort et forte à l’oral, non pas en insistant sur le « e » final mais en occultant la consonne finale.

 

JHB

08. 03 21

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jacques Halbronn Manifeste pour une praxis de l’écriture

Posté par nofim le 5 mars 2021

 

 

Manifeste pour une praxis de l’écriture

par  Jacques  Halbronn

En hommage à  Ernest  Florian Parmentier (1879-1951), auteur du Manifeste de l’Impulsionnisme (1904)

 

Nous pronons  l’utilisation d’archives  plutôt que de souvenirs. Entendons par archives  des lettres, des journaux  écrits sur le vif, dans l’impulsion et la volonté d’interpeller  l’autre ou soi-même  et non réchauffés par la mémoire.

Il y a, selon nous, quelque différence entre adresser une lettre et de nos jours un courriel, un SMS et  raconter  le passé au prisme du présent et alors que les enjeux ont disparu ou sont devenus d’un autre ordre

Une chose, en effet, d’adresser une missive à une femme, par exemple, pour la fréquenter, pour la revoir, pour une raison ou pour une autre, avec en vue un objectif à court terme, une autre de se rappeler quelque moment d’un passé révolu. Nous ne pensons pas que l’écriture soit, dans les deux cas, tout à fait la même, ait la même densité,la même intensité. Et pour le journal, l’analyse sera du même ordre. Quand on écrit  à soi même, pour soi même, c’est quelque part dans un certain état d’urgence, ne serait-ce que pour faire le point, dialoguer avec soi-même. C’est ainsi que nous venons de terminer un recueil de lettres et de journaux s’étalant sur une bonne  cinquantaine d’années et cela n’aurait évidemment pas la même teneur si nous avions évoqué ce demi-siècle au prisme de notre mémoire actuelle!.

Voilà pourquoi nous parlerons d’une « praxis » de l’écriture et d’un Manifeste dans ce sens. En relisant ces quelques 500 pages, nous avons la certitude que nous n’aurions, d’aucune manière, été en mesure de les recréer  avec le recul, ce qui ne signifie pas que l’entreprise n’eut représenté aucun intérêt littéraire et même il n’est pas impossible que le recueil que nous présentons ne dispose pas de certaines qualités propres au genre du roman, avec ce que cela implique de décantation. Mais n’est il pas temps de repenser certaines formes d’expression prenant le contre pied de ce « nouveau roman » que nous avons fréquenté dans les années 60 et auquel nous avions consacré un mémoire, à l’Université Hébraique de Jérusalem en 68-69  dans la classe de littérature  française  de Jean Poliatschek, aux antipodes  de l’esprit du présent Manifeste. Dans notre entourage, on nous avait découragé alors  de reproduire sous forme théatrale,  des scènes  auxquelles nous avions assisté . Finalement, nous  avions renoncé à opter pour une carrière littéraire ne trouvant pas la bonne approche. Mais nous allions faire de la littérature sans le savoir, sans le vouloir en rédigeant des lettres, en écrivant dans notre journal « intime » ou du moins est-ce ce que nous prétendons  avoir accompli. D’où ce Manifeste qui vient justifier et valider la publication (prévue) d’ un tel volume avec un recul qui n’est pas celui de la mémoire mais au contraire de l’oubli.

En parlant de Manifeste, nous ne pensons pas à celui du Surréalisme mais à celui produit par le second mari de notre grand mère, qui prit le nom de plume de Claude Jonquière (du nom de la rue du même nom dans le XVIIe arrondissement de Paris, où se trouve une piscine). L’auteur Ernest Florian Parmentier, né à Valenciennes, d’un Manifeste de l’Impulsionisme le fit connaitre en 1904 à l’âge de 25 ans.  Decaudin écrit à ce sujet  » Son Manifeste de 1904 aspirait à donner à la pensée sa forme la plus élevée lorsque l’intuition de l’essence infinie, « saisie par la conscience devient mouvement, créateur, impulsion »,  Il devint éditeur et notamment celui de notre grand mère, avec les Editions du Fauconnier qui succédèrent, nous semble-t-il, aux Editions de l’Impulsionnisme. Par une étrange coincidence,  ces Editions étaient établies au 71, rue Vasco de Gama, dans le XVe arrondissement de Paris. Or, cette rue nous état devenue familière dès les années 90 du fait d’un de nos amis,  touché d’ailleurs par l’écriture autobiographique mais plutôt sur le mode du souvenir – né le même jour de la même année que nous – qui habitait et habite toujours,  au numéro  65!

Au fond, il s’agirait de créer une collection d’ouvrages  suivant le même principe que  pour le notre, à savoir ayant recueilli  et conservé une somme de documents échelonnés sur des décennies. Manifeste  pour une « praxis », comme nous nous en sommes déjà peu ou prou expliqués, dans le sens d’une volonté d’agir, d’obtenir un effet sur autrui ou/et sur soi même, ce qui pouvait comporter également des textes reçus de la part  des correspondants. On connait l’histoire de ce genre littéraire des « Lettres » mais il s’agit généralement, d’une fiction alors qu’ici nous sommes confrontés en temps réel à des situations en train ou sur le point d’être vécues ou dans la perspective de l’être. Ici, tout est vrai, a vraiment été écrit et adressé à la date indiquée. Nous préconisons toutefois de changer les prénoms des intéressé(e)s. Signalons  notre activité par ailleurs dans le champ de l’improvisation musicale,ce qui fait pendant, nous semble-t-il , avec cette « praxis » littéraire dans la mesure où nous accordons la plus grande place à la spontanéité  et là encore l’on pourra nous objecter que cela pourrait nuire à la qualité artistique et en quelque sorte artisanale de l’oeuvre. Il est possible,il est vrai, que le côté « brut », « amateur » de ce type de « travail » puisse heurter ceux qui aiment retravailler leur production Mais  il se trouve que nous nous méfions, du moins dans le domaine artistique et littéraire, de tout ce qui aura été trop préparé, arrangé, ce qui  pourrait bien être le signe d’une volonté de masquer une certaine insuffisance comme lorsque l’on ajoute quelque ingrédient à un produit insipide ou gâté.
Il est vrai qu’en tant qu’historien,  le goût de l’exploitation et l’exploration des documents est comme une seconde nature. Le fait de fournir au lecteur un ensemble de  pièces datées « pour de vrai » convient à notre méthode de travail. Enfin, nous dirons que la vie est un roman et qu’il y a des façons romanesques de vivre sa vie sans qu’il soit besoin d’en rajouter.  On notera l’opposition entre le souvenir qui relève de la subjectivité  et les souvenirs qui sont des objets et on aura compris que nous sommes en faveur d’une littérature des souvenirs et non du souvenir.

En ce qui concerne notre propre ouvrage, il s’apparente  quelque part, dans sa thématique,   à  l’Histoire de Jacques Casanova de Seingalt vénitien, écrite par lui-même à Dux, en Bohême,  écrit  en  français à partir de  1789 et poursuivi juqu’à  sa mort survenue en 1798 et il est possible  que ce soit dans le domaine des relations amoureuses qu’un tel Manifeste fasse le plus sens.

 

JHB

05. 03 21

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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jacques Halbronn La (non) prononciation de la consonne finale en français.

Posté par nofim le 5 mars 2021

La  (non) prononciation de la consonne finale en  français

par  Jacques  Halbronn

Depuis quelque temps, au  nom  d’une démarche « inclusive » sévit sur France Culture, entre autres, la formule  » Bonjour  à toutes!  et  à tous  » avec un « tous » qui fait « tousser » et s’entend « tousse » alors même que le « s » de « toutes n’est pas prononcé! En quel honneur, de quel droit, une telle pratique serait -elle acceptable? Qu »est ce qui est enseigné à l’école ou à la Fac? Faut-il se contenter de parler « comme tout le monde » comme un mouton de Panurge? Pourquoi dit-on « tous » en faisant claquer la consonne finale  et pas « desssous » de la même façon? Quid de tous ces marqueurs de pluriel  en « s ». Devra-t-on bientôt dire  « des allumettes » en prononçant le « s » de « des »  et de ‘allumettes »?  Pensons à la chanson de Fronçoise Hardy  « Tous les garçons et les filles de mon âge » où aucun »s » final n’a l lieu de se prononcer! Il est donc bien fâcheux que France Culture donne le mauvais exemple plusieurs fois par jour. Il est vrai que le sort phonique du « r » n’est pas non plus très évident comme dans « jour » justement ou dans « pour ». Certes, dans « pour une fois », la voyelle qui suit pour justifie que l’on prononce le « r » mais pas dans « pour moi »: Est ce que l’on prononce le r des infinitifs  en « er » s’il  n’est pas suivi d’un mot débutant par une voyelle?  » Tu vas manger une pomme » ne s’entend pas comme  « Tu vas manger ta pomme ». C’est tout le charme, le génie du français qui exige une certaine attention qui n’est pas requise dans d’autres langues! Va-t-on se mettre à prononcer le « s » de la deuxième personne du singulier dans « tu manges ce fruit »? Il  y a en effet deux poids deux mesures. On est en pleine dualité tout comme dans le cas des marqueurs de genre pour les adjectifs. Notons qu’en hébreu, l’on ne conjugue pas la deuxième personne du singulier de la même façon selon que l’on s’adresse à un homme et à une femme!  A la différence de l’hébreu, le français ne marque pas oralement le pluriel des adjectifs  puisqu’il ne fait pas entendre le s final sauf exception. En français, la séparation entre l’oral et l’écrit est assez remarquable et il  importe de ne pas confondre ces deux registres dans l’enseignement du français  langue  étrangère (FLE) On ne prononce pas « comme ça s’écrit ». L’italien  aura aligné l’écrit sur l’oral en supprimant justement le « s » final que l’on retrouve tant en latin qu’en espagnol (castillan). Sous l’influence du modéle français, l’anglais marque le pluriel par un « s » à la différence de l’allemand.

  Va-t-on aligner en français l’oral sur l’écrit? Dans un cas comme dans l’autre, doit on en rester au statu quo, au milieu du gué? Paradoxalement, en français, on insiste sur la différence de prononciation inclusive pour le genre : écrivain/écrivaine pour ne pas donner, nous dit-on, l’impression que certaines activités seraient réservées aux hommes. Va-t-on vers peintre et peintresse sur le modéle prince/princesse? Prenons justement le cas écrivain/écrivaine, l’on note que dans écrivaine on n’entend pas le « ain » d’écrivain pas plus que l’on ne prononce le « n »  final alors que pour grand et grande, l’on prononce le « an » de grand  quand on dit « grande », ce qui est une erreur, il faudrait dire « gran(e)de » puisque le « d »est suivi d’un « e ». En effet, le masculin  non seulement ne rend pas le « d » dans  grand mais en plus il ne rend pas non plus le « n »‘ le remplaçant par une diphtongue « an ». Il en est de même pour écrivain avec le son « ain » qui n’est pas un « n ». Comme écrivait notre grand mère maternelle, sous le pseudonyme de Clause Jonquière, dans son livre non publié ‘L’orthographe d’usage rendue facile »(1956),  en français un mot fait partie d’une série de mots et ne doit pas être isolé. Par exemple: forêt, forêts,  forestier et toutes les conjugaisons qui introduisent des variations. Je sais, je savais, nous saurons  etc. L’anglais, tout au long du dernier millénaire, a beaucoup emprunté au  français  et en perpétue des formes « archaiques » comme le « ed » à la finale des participes, ce qu’en français l’on aura fini par remplacé par un « é », soit la victoire de l’oral sur l’écrit. Malheureusement, ce faisant, on ne sait plus marquer le féminin du participe sinon en ajoutant un e au é au lieu de placer un e à la suite du « d »! Député/ députéde  (sic)si l’on veut être inclusif plutôt que « députée » ce qui  oblige à épeler : » mon amie -ie ».
On   conclura qu’il faut apprendre à lire le français, un art qui s’est perdu notamment à  cause des dictées où pour aider les élèves, l’enseignant triche avec la prononciation. Et comme on a dit, il importe de controler tout particulièrement le LEF  car l’étranger apprenant le français ne comprendra pas le français oral lequel est resté, grâce au ciel, le gardien des bons codes, en dépit de quelques dérapages qui ne font pas encore tâche d’huile. La grande question qui se pose est bel et bien la suivante, quelle est la bonne version du français, celle de l’école ou celle de la rue? Paradoxalement,  c’est le français de la rue qui a raison quand il « mange » les « e », quand il relie les consonnes entre elles  et  le français est une des rares langues que nous connaissions qui sera parvenue à préserver une telle tradition orale laquelle ne s’apprend que dans le français langue maternelle…Les langues  reflétent un ordre social très ancien  que l’on ne saurait oublier et qui persiste notamment en français d’où l’importance qu’il y a à veiller sur l’intégrité de cette langue, tout particulièrement et c’est d’ailleurs cette qualité qui depuis longtemps a sous tendu sa primauté par rapport aux autres langues qui lui ont si largement emprunté..

 

 

JHB

5.03 21

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Jacques Halbronn Le texte français précéde le texte allemand. Judenstaat. Etat Juif

Posté par nofim le 31 mai 2016

Le texte français précéde le texte allemand. Judenstaat. Etat Juif

par Jacques  Halbronn

Nous avions consacré une étude à la question des traductions du Judenstaat fr Herzl  ’ Le contrôle par l’auteur des traductions de l’allemand vers le français: de Marx à Herzl (1870-1897)’ sur le présent site / (cf aussi notre ouvrage Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle. Ed Ramkat 2002° et nous avons souhaité reprendre l’étude à nouveaux frais.

Nous aborderons deux points :

I  Fantaisie et Combinaison

Au tout début de l’ouvrage, la version française comporte Fantaisie et Combinaison et la version allemande « Phantaise » et « Combination » mais cette fois entre guillemets. Il nous semble que l’on peut raisonnablement inférer que la traduction allemande même si elle est due à Herzl lui-même, se calque ici sur la mouture française,  du fait même qu’il s’agit de termes français.

On pourrait ajouter, entre autres,  le terme « Souverainität » dans la version allemande  même si le nombre d’emprunts de l’allemand au français est considérable. Mais souvent le traducteur est tenté de produire des formes dérivées du modèle.

 

II  La monnaie de  référence

Dans le texte allemand, les exemples donnés sont en francs. Ce qui montre au minimum que Herzl avait eu d’abord en vue un public français pour son texte. On trouve ainsi « 1 franc 50. »

 

 

II  Une solution moderne

Le titre allemand comporte en sous titre « Versuch einer modernen Lösung der Judenfrage » alors qu’en français l’on a

« Essai d’une solution de la Question Juive ».

Mais le probléme, c’est que dans le corps du texte allemand, c’est la version « Versuch einer Losung’ qui figure et non « Versuch einere modernen Lösung ».

Autrement dit, tout indique que l’édition allemande a ajouté  « modernen » au titre mais sans changer le corps du texte. Si la version allemande avait précédé la version française, on aurait dans le titre français, très vraisemblablement,  Essai d’une solution moderne de la question  juive.

 

Revenons, en conclusion, sur le titre français de l’ouvrage,  L’Etat Juif dont d’aucuns nous disent qu’il aurait fallut  que ce fut Etat des Juifs, pour rendre Judenstaat. Etrangement, ils ne proposent pas que l’on rende Judenfrage par « question des Juifs ».  Nous sommes très sceptiques sur la valeur d’un tel argument car   en allemand,  les noms deviennent en quelque sorte des adjectifs, comme en latin, quand ils sont placés devant un autre nom  En  tout état de cause, on l’aura compris,  le probléme ne saurait se poser ainsi puisque

le texte français est selon nous antérieur au texte allemand mêmes si l’édition allemande est parue après l’édition française, en feuilleton. A ce propos d’ailleurs, il ne semble pas que l’édition allemande ait connu un premier stade au sein d’une revue. On reste donc perplexe sur la date de parution allemande car  la forme feuilleton est souvent  à observer dans la genése d’un ouvrage. Il serait bon de s’assurer que la première édition allemande n’ait pas été antidatée pour appraittre antérieure  à l’édition française. Ce sont, on le sait, des choses qui arrivent (cf nos travaux sur les éditions des Centuries). Il conviendra de recenser les premiers échos de la parution allemande dans la presse.

 

 

 

 

 

 

JHB

31 05 16

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L’anglais sur les traces du français

Posté par nofim le 17 juin 2015

 

Recherches sur les relations entre le français et l’anglais

par  Jacques  Halbronn

 

 

 

I   Comment le système français a influé sur l’anglais

On ne s’en tiendra pas ici au seul aspect de l’emprunt lexical.  Nous insisterons sur le fait que certaines particularités de la grammaire anglaise pourraient être liées au français mais au prisme de l’idée que l’emprunteur s’en est faite.  On pense notamment au fait que l’adjectif  ne change pas en anglais   qu’il s’agisse du masculin, du féminin ou du pluriel, trait qui n’est nullement attesté en allemand, autre langue germanique. Le phénomène du calque  fausse aussi les pistes : une langue  s’inspire des constructions d’une autre langue tout en le transposant dans  son lexique propre. C’est ainsi que « likely » est  certainement issu du français « vraisemblable »,  avec like, qui signifie  « comme ». Mais sous sa forme actuelle,  on ne prend même pas la peine de nous préciser « comme quoi ? ».

Selon nous, cela tient à une certaine perception des locuteurs anglais face au français, ce que nous avons appelé de l’épistémologie populaire.  Si en effet, dans le français écrit, des marqueurs existent, à l’oral, on y distingue mal le verbe au singulier et au pluriel du moins à la troisième personne et par ailleurs la troisième personne du singulier en français est identique pour les autres personnes. On nous objectera que ce n’est pas le cas par ailleurs mais cela nous importe peu car il y a là un ensemble d’éléments suffisant pour rendre compte de la façon dont l’anglais a reçu le français, dès lors que l’on admet que cette réception passe par les locuteurs et que ceux-ci ne sont pas censés avoir une perception parfaite de leur modèle.  Et cette façon de faire ne vaut  pas uniquement pour les verbes de provenance française mais pour le verbe anglais en général, à l’exception de l’auxiliaire  to be (am, are, is), ce qui atteste d’un état antérieur du statut du verbe anglais.

On se demandera pourquoi  par ailleurs le français n’a pas déteint sur l’anglais dans la construction de la phrase négative dans le genre « je ne veux pas ». Mais  on rappellera qu’une telle construction n’est pas systématique en français :  on peut dire «  je ne saurais dire mieux » et non « je ne saurais pas dire mieux ». On dira également  « je ne le saurai que demain »

 

Dans notre approche des rapports entre les langues, il importe de faire la part de l’oral et de l’écrit car certaines influences se situent à l’oral. L’anglais n’a pas seulement emprunté à l’écrit, loin de là! Cette oralité- dont on pourrait croire qu’elle ne peut être appréhendée historiquement- vu que  cela ne  laisserait pas de traces – on la cerne au niveau des règles grammaticales. Les marqueurs de genre et de nombre sont essentiellement le produit d’une influence orale et donc passant par le peuple alors que l’écrit  est lié à une société plus savante.  Rappelons en passant  cette observation  de Walter Scott selon laquelle  les noms des animaux au stade de l’élevage  seraient germaniques et leurs noms de ces mêmes animaux servis   à  table seraient  français.

Des mots comme  juste,  honnête, riche, pauvre ne distinguent pas le genre et ce trait aura selon nous puissamment marqué l’élaboration de la grammaire de l’anglais moderne et il ne s’agit cette fois nullement d’un dénominateur commun avec les autres langues germaniques. L’anglais a emprunté au français  des caractères qui ne font sens qu’au prisme du français oral alors même qu’au niveau lexical, il est resté très proche de l’écrit et même- de façon saisissante-  de l’orthographe du français[1].

Le  français  sépare ainsi très nettement l’oral et l’écrit à la différence des autres langues latines, et l’écrit ne rend pas justice à la créativité orale du français qui par ailleurs tend à simplifier énormément la langue puisque la non prononciation des consonnes finales  conduit à ne pas faire entendre le marqueur  de nombre t là encore on retrouve l’anglais lequel  a introduit cette pratique orale à l’écrit er atteste  ainsi d’ une très ancienne pratique française.

Nous avons  montré que  le  français est une langue qui offre une forte dualité entre l’écrit et l’oral et qui est plus accessible au niveau écrit. Cette liberté de l’oral par rapport à l’écrit permet à cette langue de s’acclimater au sein des langues les plus diverses, non point en tant que totalité mais par le biais de sa diversité lexicale.

C’est ainsi – on l’a vu- que le pluriel français ne s’entend quasiment pas tant au niveau du nom que du verbe alors qu’il se différencie à l’écrit, sauf en cas de liaison quand une consonne finale est suivie d’un mot commençant par une voyelle. D’où l’importance à l’oral des articles (défini, indéfini) et des pronoms (personnel, possessif). En français, le féminin est plus long que le masculin, notamment par l’ajout d’un « e » in fine et en cela on se rapproche de l’allemand (klein/kleine) et se démarque des autres langues latines (avec des marqueurs o  et a).  Dès lors,  la plupart des mots français s’entendent en anglais sous leur forme féminine. Intelligent s’y entend comme « intelligente » etc.

On ne  saurait  évidemment opposer le français à l’anglais dans la mesure où l’anglais  a récupéré des milliers de mots français. Toutefois,  l’anglais ce faisant est devenue une langue hybride qui ne fait bonne figure que si l’on se situe au niveau du signifié, lequel est universel, comme le montre le processus de traduction d’une langue vers une autre mais qui est défaillante sous l’angle des réseaux de signifiants. Précisons toutefois qu’une langue plus riche qu’une autre en signifiants,  tendra à  faire croitre le nombre de ses signifiés, de façon artificielle.

On notera que les adverbes sont formés à partir des adjectifs sous leur forme féminine: actif/active/ activement, ce qui explique pourquoi les adjectifs français passés en anglais présentent le plus souvent une forme féminine, ce qui indique qu’ils sont entrés en anglais par le biais des adverbes eux-mêmes pourvus d’un nouveau suffixe en « ly » au lieu de « ment ». La langue est un processus duel (masculin/féminin). Le nom isolé ne fait pas sens, il a besoin d’être précisé par le possessif,  le qualificatif  qui viendra lui donner sa signification. On doit donc se méfier des mots isolés qui sont très réducteurs comme le mot Dieu.

 


[1] Un cas intéressant est le processus de négation en anglais au niveau oral. Les formes « don’t », « doesn’t », « didn’t », « isn’t’ etc  remplacent le « o » par un « e muet » précédé  d’un « e »  quand le n est précédé d’un s, Or on retrouve en français oral lune pratique analogue  avec   ,  « j’veux »  » voire « j »tel »dis » ou  « j’t »ledis »  pour « je te le dis ». ce qui complique quelque peu la pratique du français qui ne saurait être enseigné sur la seule base de l’écrit, procédé que l’on ne trouve pas en allemand.

 

II  Une nouvelle description des temps en français

 

 

On  oppose parfois le verbe anglais qui serait invariable à la complexité de la conjugaison  du français mais cela ne tient-il pas à une description défectueuse ?

En suivant une approche structurelle –sinon structuraliste- nous dirons que le radical du verbe français est invariable (à la différence des verbes irréguliers (« forts ») de l’anglais). On s’intéressera ici  au passé composé et  à l’indicatif du futur. On notera que le passé composé se conjugue par le fait de préfixes, – en prenant cette expression au sens large, ce qui n’implique pas que le préfixe soit collé au verbe mais simplement le précède-  alors que le futur se sert de suffixes. Il y a là une certaine logique  anthropologique  que de placer ce qui correspond au passé avant et ce qui correspond au futur après.

Exemples ;  j’ai  mangé,     je mangerai.

Les radicaux du passé et du futur différent cependant de façon   symétrique  : celui du passé se termine par  « é »  ou « it » – mais en fait ce « é » est une  restitution de l’oral et s’écrivait au départ « ed » – ce qui a été conservé en anglais (on le trouve même dans le d de  « did » et « had ») et celui du futur  se termine en « er «  ou « ir »  à l’instar des infinitifs. Nous proposerons donc dans notre réforme du  français de rétablir  à l’écrit la forme « ed », ce qui aligne le français sur les autres langues latines.  Cette déformation est d’ailleurs assez étonnante quand on sait  à quel point le français écrit s »est généralement efforce de ne pas être tributaire de l’oral.

[1]On aura donc compris qu’une fois cette clarification effectuée, le différentiel entre le français et  l’anglais – au regard du verbe- est très limité. D’une part, parce que nous incluons logiquement  le pronom personnel dans la conjugaison du  verbe- ce dont l’anglais ne saurait se dispenser ! –  et d’autre part, force est de constater que l’anglais tout comme l’allemand ne marquent pas le futur par un suffixe  mais  le forment de façon préfixale, en recourant à un auxiliaire, manquant ainsi  cette dialectique préfixe-suffixe qui nous parait assez remarquable.

Bien des locuteurs français semblent ignorer que le futur français se construit à partir de l’infinitif qui est considéré comme  invariant. En fait,  le futur se conjugue par l’adjonction à l’infinitif du verbe avoir, en ses différentes personnes : ai, as, a etc.  Il nous apparait donc qu’une clarification de la description du français  peut  en améliorer  sensiblement l’image.

Le passage de l’écrit à l’oral peut tout à fait générer des erreurs. C’est ainsi qu’en français,  le marqueur des nombres ordinaux a fini par  se perdre totalement.  Initialement, une convention voulait que l’on plaçât un point après le nombre cardinal pour en faire un ordinal.  Pour dire « troisième, » il suffisait d’écrire 3  suivi d’un point : « 3. ». Cela valait notamment pour les  rois, pour les jours de la semaine et cela aura conduit le français à une étrange simplification dont il a le monopole et qui lui permet de dire « Louis quatorze » au lieu de ‘Louis quatorzième » ou  «  le 8 janvier » au lieu du 8e de janvier. Les anglophones n’ont pas suivi en cela le français tout simplement parce que la perte de la raison d’être d’une telle convention aura été  tardive. De telles mésaventures auront été courantes lors du passage de mots français vers l’anglais, quand on ignore les règles de prononciation en vigueur.

 

 

III  LE ROLE DU « E » EN ANGLAIS

 

La langue anglaise est  une des rares langues avec le français, en Europe, à pratiquer le e muet, inconnu en allemand . On le trouve notamment  avec nice,  fine, line, wine,  nature, age,  sage, one,  mine , change, France etc. mais aussi  avec des mots qui n’ont rien de français comme le « made in France » et tous les participe s (en « ed », où le « e » ne s’entend pas, ce qui crée des binômes consonantiques : changed s’entend chang’d, le ed étant  d’origine française et ayant évolué vers le « é »  dans l’orthographe du français moderne, perdant son d final à la différence de la conjugaison en « it » : écrit. Il est des cas où la forme en « ed » peut  surprendre au premier abord comme le célèbre « wanted » (bien connu des amateurs de westerns) et dont on ne voit pas à quel verbe français ,  il correspond alors que la fine « ed » semble réservée à la  seule provenance française  .

L’étude de l’anglais permet d’exhumer des formes françaises oubliées.  C’est aisni que « tired », que l’on traduit par fatigué, est

certainement issue du français « tiré », à rapprocher de « étiré » qui indique bien une idée de  tension, de stress. La forme en « ed » désigne d’office  une origine française  et il faudrait chercher du côté de blessed (béni) et waited (attendu) comme wanted (recherché) ou stressed. (à rapprocher de détresse).

Le système vocalique de l’anglais est tout à fait différent de celui de l’allemand. Serait-ce un trait propre au génie de la langue anglaise ou bien  ne serait-ce pas plutôt  une application singulière du modèle français? On peut dire ici que l’anglais est « plus royaliste que le roi » en cela qu’il amplifie certains traits du français notamment en ce qui concerne les règles, les conventions de prononciation de l’écrit, ce qui relève de la morphophonologie. Rappelons celles-ci concernant l’usage fonctionnel  de la lettre  « e » en français. Que cette lettre fasse  suite ou non  à une consonne, cela affectera la prononciation et de la consonne et de la voyelle qui la précéde.

Deux cas de figure par conséquent : soit  il y a un « e » final , soit il n’y en a pas. S’il y  en a un, la consonne qui précéde le e se prononcera impérativement. Par exemple :  grande. En revanche, le « e » lui-même ne s’entendra pas. En anglais,  qu’est-ce que cela va donner ?  Prenons le mot  Nature.  Le « e » final   fera que l’on entendra la lettre « r » mais que le « u » se prononcera de façon spécifique  qui n’est pas le même que dans « bus » par exemple, où le  s n’est pas suivi de e.

L’anglais ne respecte pas ou plus la non-prononciation de la consonne finale non suivie d’un « e » – et c’est  particulièrement flagrant pour  la marque du puriel  « s »  qui s’applique à tous les noms, quelle que soit leur origine, à quelques exceptions près comme  child/children. En revanche, l’anglais modifiera la prononciation de la voyelle quand elle précéde une consonne suivie d’un « e » muet. C’est ce que  fait le français avec ses diphtongues notamment  devant un « n » , un  « r »,  un « t » au point que le français par la suite – et en cela il ne sera pas suivi par l’anglais-  modifiera son orthographe en conséquence, changeant ainsi le « ed » en « é »..

Quelques exemples de cette double prononciation des voyelles en anglais :

White  et Thin.    White s’entend ici comme un « ay ».  Thin rend la prononciation habituelle du français quand il n’y a pas de « n » à la suite non suivi du « e ».

Plane et Plan.   Plane s’entend comme un « é » alors que le « a » de  plan s’entend à peu près  comme en français.

Tant en français qu’en anglais, les voyelles sont vouées à un double régime du fait de la présence ou de l’absence du « e » final. Cette notion d’absence peut sembler étrange mais il nous semble bien que c’est d’un tel code qu’il s’agit.  Rappelons  que ce « e » final est en français un marqueur de genre et que c’est là sa fonction première, ce qui n’est nullement le cas de l’anglais.

Contrairement à ce que l’on croit souvent, l’anglais ne prononce passystématiquement  les consonnes finales des mots et en cela nous y voyons une influence française et le décalage entre l’écrit et l’oral.  C’est ainsi que si menteur donne au féminin menteuse,   on trouve également le couple menteux/menteuse, taiseux/taiseuse , le r  étant remplacé par le x et donc  l’oral ayant ici modifié l’écrit en français.

 

 

IV

La dynamique des emprunts

Pour souligner la prédominance souvent  contestée du signifiant sur le signifié, nous ferons  remarquer que –si l’on prend l’exemple de  l’anglais mais cela vaudrait pour d’autres cas- les mots empruntés peuvent être regroupés non pas au regard de leur sens (signifié) mais de leur forme (signifiant).

C’est ainsi que l’on peut classer les emprunts de l’anglais au français selon les finales et inversement, ces finales regroupent presque exclusivement des mots français : en « ine », en « ure », en « ot », en « é » (verbes  dont le passé  est en  ed, forme de l’ancien français devenue « é », l’accent remplaçant une lettre) « et » etc. Un nouveau mot entrera ainsi plus aisément s’il se trouve dans la langue d’accueil des mots se terminant pareillement. De même qu’en français, l’on note que la finale « ing » signe un grand nombre de mots du « franglais » (Etiemble) et  l’on peut prévoir que les emprunts à venir s’inscriront dans  ces catégories suffixales.

 

 

V Les raisons d’une fascination pour le français

 

On peut certes se contenter de constater une certaine suprématie des mots français au cours du dernier millénaire, mais à quoi cela a-t-il tenu ? Pourquoi donc cette langue latine et pas une autre  a-t-elle connu

un tel impact sur les langues  germaniques  (de l’Angleterre et de  l’Allemagne), créant ainsi un certain continuum et  parachevant  une latinisation de tout le continent ?

Selon nous, cela tient  à l’existence d’un  substrat germanique  du français, qui aura singulièrement facilité son adoption au septentrion, du fait d’une certaine familiarité.

On mettra l’accent sur les marqueurs de genre et de nombre, tant au niveau nominal que verbal, en  français, dans une approche comparatiste. On notera ainsi que le français ne recourt pas aux marqueurs comme la finale « a » pour marquer le féminin, ce que l’on trouve en italien, en espagnol mais aussi en arabe et en hébreu,  donc tout autour du bassin méditerranéen. Opposition donc au regard de la  morphologie, de la grammaire entre deux zones géographiques : l’Europe du Nord (cher à Max Weber)  et le monde de la Méditerranée (cher à Fernand Braudel). La forme  grand/grande est bien plus proche de l’allemand  Klein/kleine que des formes méridionales évoquées.

Le  quatuor France-Angleterre-Allemagne, Pays Bas, à des marqueurs de genre  faibles par  opposition aux marqueurs « forts » du Sud. Mais cela vaut aussi pour les marqueurs de nombre. En français, le pluriel des adjectifs ne s’entend quasiment pas  à l’oral (sauf en cas de liaison) et il est peu audible en allemand, qui ne connait pas le « s » final. En anglais, encore une fois, l’adjectif  est invariable. Là encore des marqueurs très discret, l’allemand n’utilisant pas le ‘s » final[1].

Un autre exemple concerne la différence  prononciation des voyelles dans les langues germaniques et latines. Le français- tout comme l’allemand-  connait le « ö » et le ¨ »ü » et le « ä » (voyelles avec umlaut)  alors qu’aucune autre langue latine ne pratique ces sonorités. En anglais, le traitement des voyelles est assez confus [2].

Voilà donc autant d’éléments  qui expliqueraient que le français a pu jouer le rôle qui  a été le sien au sein du monde germanique. En termes  culinaires,  le français aura  usé de condiments  plus légers que les  autres parlers méditerranéens. Cela n’a rien d’étonnant, si l’on retient que le nom même de France (en allemand Frankreich)  renvoie  à une peuplade germanique, les Francs. On aura compris que la thèse selon laquelle l’anglais aurait été marqué plus par le latin que par le français ne tient guère, même si certaines constructions impliquant de placer le complément de nom- ce qui caractérise le latin – avant le nom  (génitif) sont largement pratiquées en anglais tout comme le fait de placer systématiquement l’adjectif avant le nom. En ce sens, d’ailleurs, le français aura échappé à une telle emprise du génitif latin.

Ce qui nous semble le mieux caractériser, en effet,  le génie de la langue française serait le rôle dominant des consonnes alors que les autres langues dites latines accorderaient  une grande importance aux voyelles.  On nous objectera que les langues sémitiques sont généralement présentées comme axées sur les consonnes mais il  ne s’agit là selon nous que d’une posture a posteriori, liée à l’adoption d’un certain type d’écriture et l’on sait qu’une langue ne doit pas s’analyser au prisme de son alphabet, d’où des langues usant d’un même alphabet  et très différentes par ailleurs et vice versa. pour nous, donc, les langues germaniques privilégient le mode consonantique, ce qui ressort de nos travaux consacrés aux adjectifs. En français, la distinction entre le masculin et le féminin s’articule autour de la prononciation ou non prononciation de la consonne finale, mais cette distinction est subtile et on ne s’étonnera pas que dans la foulée l’anglais ait considéré que l’adjectif était neutre, puisque l’anglais moderne passe par une certaine lecture, souvent fausse (on parlera alors d’épistémologie populaire), du  français. En ce qui concerne l’allemand qui reste la langue germanique de référence (étant moins marquée par l’influence  française que l’anglais), la différence entre les genres est en effet des plus ténues, si ce n »est qu’à la différence du français, la consonne finale est rendue au masculin, bien que non suivie du « e » et qu’au féminin allemand, le « e » n’est pas muet comme pour le féminin français, mais est un « e » qui se rapproche du  e français « interne », c’est à dire non pas à la fin d’un mot mais au milieu d’un mot (la table,  le cheval).

 


[1] A contrario dans le quatuor italien, espagnol, arabe, hébreu, nous avons des marqueurs de pluriel plus lourds quant aux adjectifs   et qui d’ailleurs varient selon le sexe du mot ou du sujet.

[2] L’anglais ignore le ü et rend le « u » comme si c’était un »ö » mais  respecte le « ä ». (on lit  Mecdonald pour Macdonald). Il prononce « bus » comme si c’était un  « ö » (cela donne « beuss »), ce qui correspond probablement  à une confusion à l’oral entre le son « ü » et le son « ö ». On voit à l’œuvre une linguistique populaire et non une linguistique savante, ce que nous appellerons une épistémologie populaire.

JHB

19  06 15

 

 

 


[1] Dès lors le  passé  au féminin  devra se lire  « ède » et  non « ée », en marquant nettement la consonne « d ». Il est  passed  (on ne rend   pas, à l’oral, la consonne finale)  -Elle est passéde. (sic)

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