Jacques Halbronn Les fonctions phonologiques complémentaires des lettres « e » et « n » en français

Posté par nofim le 6 mai 2021

LINGUISTIQUE

Les fonctions phonologiques complémentaires des lettres « e » et « n » en français.

Par Jacques Halbronn

 

Si la lettre « e » joue un rôle très particulier en français, comme nous l’avons mis en évidence, une autre lettre agit de façon assez spéciale, on pense à la lettre « n ». On connait les effets du « n » faisant suite à une voyelle, dont il change la sonorité : on, an, in, un, en. On connait aussi le cas de la conjugaison en « ons » « nous partons », en « ont »  ils s’en vont, en « ent », ils veulent. Le dernier cas interroge puisque la forme « ent » est muette : ils/elles chantent ne s’entend pas différemment de ‘il/elle chante » !. On a bien du mal à croire qu’il a pu toujours en être ainsi. Un autre cas intéressant concerne le passage du masculin au féminin : un et une. On va revenir sur ces divers éléments.

Dans les autres langues, la lettre « n » est entendue « telle quelle » et ne change pas la voyelle qui la précéde. Tout se passe comme si le n dans ce cas ne jouait plus son rôle de consonne et conduisait la voyelle qui précédé à changer de timbre..En fait, dans bien des cas les deux lettres , le e et le n, vont coexister comme dans la préposition « en » ou dans « parent », à ne pas prononcer comme pour la troisiéme personne du pluriel du verbe « parer » : ils se parent. Mais de quel type de « e » s’agit-il alors ? Et pourquoi dans le cas des noms et des adverbes, la forme « ent » s’entend : comme dans gouvernement, fortement ?, Un cas étonnant est « ils entendent » avec un premier « en » qui se prononce et un second « en » qui ne se prononce pas, parce qu’il s’agit d’un suffixe de conjugaison. Le pire, c’est quand on ne fait pas la liaison du « ils » devant une consonne – il-elle mange et ils/elles mangent – car alors on ne sait plus distinguer à l’oreille le singulier et le pluriel, comme quoi, en français, il faut toujours, à l’oral, avoir en tête la forme écrite : ça aide.

I le n comme transformateur vocalique

L’on trouve constamment de telles situations  sur des points nullement marginaux. Prenons le cas du « on », on en a besoin en français pour le possessifs : mon, ton, son devant un mot de genre masculin. Dans la conjugaison au pluriel à la première et à la troisième personnes : nous avons, ils ont. Penons à la Marseillaise : « Allons enfants etc «  où l’on trouve dans les deux premiers mot pas moins de trois combinaisons voyelle + n. La deuxiéme personne du pluriel -ni l’impératif – n’est pas concernée et passe par une finale en « ez » avec un « z » qui ne s’entend pas.(cf nos précédentes études autour du « e ») On connait la fable de La Fontaine La cigale et la fourmi. Vous chantiez j’en suis fort aise eh bien dansez maintenant !. Le participe présent est également concerné (en chantant , important) ; La question qui se pose, entre autres, est celle du genre : est-ce que le « an » d’important est le ‘an » d’importante ? En tout cas, en anglais l’article indéfini « an » ne fait pas jouer la sur-vocalisation du « an » pas plus qu’en allemand avec « ein « . Tout se passe comme s’il s’agissait d’une forme germanique qui soit aurait dégénéré en français ou au contraire aurait dégénéré en anglais et en allemand. De la même façon la forme « en » en allemand comme suffixe de pluriel se retrouve en français : sie sagen, ils parlent, le français ajoutant un « t » . Pour le participe présent, la forme « end » (sagend) correspondrait au « ant » français. Reste donc posée la question : le statut du n après voyelle est-il une invention française ou la trace d’un état du germanique qui se serait maintenu en français mais pas dans les langues dites germaniques ? On connait ce cas de figure où l’emprunteur aura perpétué des formes ayant disparu dans l’original, comme le suffixe « ed » en anglais, venu du français qui, entre temps, a changé le « ed » en « é ».. Pour en revenir au casse tête de la conjugaison à la troisième personne du pluriel, nous pensons que le « t » final devrait se prononcer, ce qui distinguerait il mange et ils mangent.

On retrouve dès lors la situation des consonnes finales en français avec le rôle de la lettre « e ». Le chant, il chante. Il y a des cas, où la consonne finale ne doit pas se prononcer en français, pour des raisons phonologiques, de façon à distinguer,notamment le masculin et le féminin comme petit (devant une consonne, donc sans liaison) et petite. En français, le mot au masculin est en régle générale plus rétracté que le mot au féminin. Cette rétraction sert de marqueur de genre. Récemment, en langage « inclusif » : écrivain/écrivaine ; important, importante. Le « n » ne se prononce qu’au féminin. Mais l’on assiste dans ce cas à la mise en œuvre de la lettre « e » comme renforçant la consonne qui le précéde alors que la lettre « n » vient renforcer la voyelle qui précéde.

En conclusion, le n est aux voyelles ce que le e est aux consonnes. Paradoxalement ou pas, c’est une consonne qui joue sur les voyelles et une voyelle qui joue sur les consonnes. Dans le cas de la conjugaison française à la troisième personne du pluriel, il s’agirait d’une interférence germanique qui ignore la fonction française du « e » permettant la prononciation de la consonne. On a donc le choix : soit on ajoute un « e » après le « ent » : ils parlente, soit l’on supprime le t final, ce qui donnerait « ils parlen » et cette fois ci, on doit prononcer le « en », du fait de la lettre « n ». On retrouve la dialectique du « e » renforçant la consonne et du « n » renforçant la voyelle…

 

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Jacques Halbronn Le rôle ambivalent de la lettre « e » en français

Posté par nofim le 5 mai 2021

 

Le rôle ambivalent de la lettre « e » en français.

Par Jacques Halbronn

 

La langue française n’est pas une langue comme les autres et il ne faut donc pas la traiter comme telle. C’est une langue qui aura évolué plus loin, qui se sera inventé de nouveaux défis et peut être cela aura joué sur l’émergence d’un certain cartésianisme, d’une approche critique (cf la French Theory). On pense aussi à un cavalier obtenant davantage de sa monture.Cela dit, il est fort probable que c’est au départ un petit cénacle qui aura concocté la langue française telle qu’elle est devenue et qui n’aura jamais été égalée en dépit de ses imitateurs et ce d’autant plus que son fonctionnement n’avait jusqu’alors jamais été pleinement explicité par ceux là mêmes qui la pratiquent..Tout se passe comme si la recette était restée à un niveau subconscient.

Nous voudrions revenir ici, tout spécialement, sur le cas de la lettre « e » en français en rappelant que les différentes langues recourant au même alphabet latin auront introduit des codes de prononciation qui leur sont propres, à l’écrit et/ou à l’oral..

Il nous semble que l’une des langues qui dans sa sonorité se rapproche le plus du français est une langue slave comme le serbe, langue dont nous avons fait la connaissance à 12 ans, en 1960, lors d’un séjour estival dans une famille de Belgrade, amie de ma mère. Le mot « serbe » (Српски )d’ailleurs est en soi tout un programme puisque l’on n’y trouve aucune voyelle en dehors du « e » et du suffixe final dont nous avons déjà signalé le statut particulier. Souvent le serbe écrit ne comporte pas de voyelles comme црн (tchern) pour „noir“ (que l’on retrouve dans Techernobil)

Nous avons, dans un précédent texte, signalé que le e français permettait de“lier“ les consonnes entre elles, était donc un agent majeur des “liaisons“ qui rendent le français si insaisissable, si difficile à capter. On ne se met pas assez à la place de l’étranger qui se retrouve face à des séquences quasiment impénétrables. Sur l’instant, nous pensons à un récent dialogue: quelqu’un demande „“est ce qu’il y a une sortie“ Réponse:: oui, il y en a“, la combinaison dûment enchainée du „y“ et du „en“ et le télescopage des mots est redoutable.

Mais abordons un autre casse tête du français avec le „e“ placé en fin de mot devant une consonne comme un z, un s un d, un f, un t ou un r. On remarque que ces consonnes disparaissent au niveau oral dans ce type de configuration..

On dira : « et je veux manger », donnez moi les clefs ?; voulez-vous danser ? Toutes ces formes s’entendent pareillement comme un « «é » et encore ne parlons-nous pas de la finale « ed » qui ne s’écrit plus que « é », sauf quand le mot a été emprunté par l’anglais où il s’écrit et se prononce « ed «  avec cette fois le « d » bel et bien rendu. Il y a certes des exceptions  pour « avec » bien que dans certains terroirs, l’on puisse entendre « avé ».

 

Autrement dit, tout se passe comme si la lettre « e » tantôt renforçait le lien consonantique, « jtldis » pour « je te le dis » tantôt, au contraire, occultait la consonne qui lui fait suite et dans ce cas, elle n’est plus un e muet mais un « é » donc une voyelle. On a bien tort d’ailleurs quand on épelle l’alphabet phonique du français de ne pas prononcer le « e » comme un « é » alors même que l’on dit « bé », cé, dé , «éf, gé, él, ém, én, pé, ér, és, té, vé etc. Certes, comme on s’en est expliqué ailleurs, avec la liaison, ces lettres ainsi masquées sont bel et bien restituées du moins devant un mot commençant par une voyelle : vous-z- avez-z- une voiture » »vous-z avez des-z- enfants » Si on interroge les locuteurs sur les raisons de cette occurrence et récurrence du son « é » à la fin tant de mots français, à l’oral, on risque d’entendre que c’est la consonne qui en est la cause oubliant que de nombreuses consonnes subissent le même sort. C’est donc bien le point commun, le « e » qui génére une telle similitude. Ce « e » qui s’entend « é » n’a nullement besoin d’un accent pour ce faire. L’accent, quand il existe, indique simplement qu’on aura supprimé une lettre, comme dans le cas du participe passé, où l’accent signale la perte du « d ».C’est donc encore une erreur des descriptions du français que de laisser entendre que l’accent sur le e donne le son « é », c’est la lettre elle même qui se prononce ainsi dans ces cas de figure, où le « e » précéde une consonne.

Dès lors, est-il possible de conclure que le e devant une consonne éteint le son de la consonne mais que le e après une consonne la connecte avec la consonne suivante ?. On oscillerait ainsi d’une hypo—consonnantisation à une hyper-consonnantisation !Pas de « juste milieu » mais des sonorités très contrastées.

Au niveau grammatical, on trouvera pour un même verbe : « j’veux chante(r) mon amour» et « jle chant(e)rai ».

On nous objectera peut être qu’il n’est pas toujours aisé de savoir si un « e » précéde ou suit une consonne. L’occultation de la consonne- ce qui produit du « é »- semble n’impacter que la position du « e » devant une consonne finale.Quand le « e » n’est pas dans cette position, il se prononce tout simplement « é »mais sans effet sur la consonne qui suit comme dans espace, Espagne, espadon, espèce , esprit. Pourtant, nous trouvons:études, étudiant à la place de estudes avec le « s » qui ne s’entend plus à l’oral et par vois de conséquence ne s’écrit même plus- ce qui montre que le probléme peut se poser aussi en début de mot par assimilation. Mais les emprunts au français attestent que le « s » ne disparaît pas nécessairement puisque l’anglais connaît « special », « spy », « student », « scale », stellar, « school », « State » « etc. dérivés du français.

 

Nous voudrions, pour terminer cette étude, traiter d’un cas assez remarquable : le mot « droit » en français comporte deux consonnes qui ne sont point séparées par un « e ». Or, dans d’autres langues latines, on a « derecho » (espagnol), « diritto » -italien qui montrent que le d et le r ont pu être séparés par une voyelle empechant leur liaison alors qu’en français cette liaison s’impose déjà à l’écrit. Cela vient confirmer que le processsus a du se mettre en place progressivement.L’anglais d’ailleurs, par mimétisme, traite le « o » comme un « e muet » : it is not devient it isn’t, I do not, I don’t, ce qui montre le succès de cette langue « feutrée » ennemie des sons trop piquants. Décidément, le français ne serait pas ce qu’il est sans son e muet et son « é ». En fait, le probléme tiendrait plutôt au son « eu »-souvent rendu par les étrangers- en « é » et qui ne devrait même pas s’entendre en français si ce n’est quand il est suivi d’un « u » qui semble devoir se prononcer comme un « you », comme le rappelle l’anglais qui rend « entrevue » par un interview, prononcer « viou » tout comme « peu » emprunté par l’anglais donne « few », à prononcer « fiou » ou « neuf » donnant new, à prononcer « niou ».(le w est un double « u » en anglais double « you »)

 

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jacques halbronn La démarche alchimique de la langue française. Didactuque du FLE

Posté par nofim le 4 mai 2021

La démarche alchimique de la langue française.Didactique du FLE.

par Jacques Halbronn

 

 

La langue française a beaucoup à nous enseigner, et ce bien plus que l’apprentissage d’autres langues, cela tient à ce qu l’on pourrait appeler son alchimie. Il nous aura fallu beaucoup de temps pour en prendre conscience, peut être précisément parce que c’est notre langue maternelle par rapport à laquelle on n’a probablement pas assez de recul, peut être aussi parce que l’on a tendance à croire que toutes les langues se ressemblent fondamentalement.

Pendant longtemps, nous nous sommes polarisés sur des questions d’ordre lexical.(cf nos mémoires de 1981, 1987, 1989 et 1995, à l’Université Lille III et à Paris V René Descartes et enfin à Paris VIII Saint Denis) et notamment sur l’emprunt linguistique, qu’il s’agisse de certaines contaminations grammaticales ou de calques. Il y a peu nous avons mis en ligne une étude de 200 pages environ (sur SCRIBD) sur la dialectique de l’écrit et de l’oral, ce qui est devenu le cœur de nos réflexions actuelles, en travaillant notamment sur la comparaison du fonctionnement des langues..

Certes, les petits Français apprennent-ils ce que c’est qu’une liaison tout comme on leur explique que les consonnes finales d’un mot ne se prononcent pas sous certaines conditions. Mais toutes ces directives restent assez empiriques. Mais le résultat est là : l’étranger se fait comprendre mais , en revanche, a du mal à comprendre le français à l’oral alors que l’écrit, la lecture (on ne parle pas ici de celle qui se pratique « à voix haute » mais simplement le fait de comprendre ce qu’on lit) ne posent guère de probléme particulier..D’une façon générale, il est vrai qu’il est plus facile de s’exprimer dans une langue avec les connaissances acquises et que l’on sait exploiter que de capter tout ce qui se dit et s’écrit dans la dite langue.

A notre connaissance, au regard en tout cas des langues que nous pratiquons dans quatre champs : sémitique, latin, germanique et slave, aucune langue n’accorde autant d’importance aux « liaisons » entre les lettres, tant d’un mot à l’autre qu’entre les lettres d’un même mot. Ces liaisons ne sont pas absolument indispensables mais elles signalent l’étranger par son manque de fluidité, par sa discontinuité et le pénalisent quant à son (in)aptitude à distinguer, à séparer les mots français entre eux, les uns des autres. En ce sens, stricto sensu, il n’est guère aisé de maitriser la langue française, de la parler « couramment » (fluently en anglais), comme un « francophone » averti. Le français serait constitué de phrases enchainées plutôt que de mots bien séparés et c’est pourquoi le français parlé par des étrangers entre eux est plus accessible si ce n’est que cela risque fort de ne plus être fidéle à l’esprit de cette langue. Plus que jamais, il convient ici de distinguer la lettre et l’esprit car la lettre, c’est l’écrit, l’orthographe et l’esprit serait le souffle de l’oralité. Aucune autre langue que nous connaissions ne prend autant de liberté par rapport à l’écrit et c’est bien ce qui déconcerte. C’est comme si un oiseau ne parvenait pas à s’envoler.. En français, il faut impérativement prendre de la distance par rapport à l’écrit. En fait, comme en hébreu, on doit partir de l’oral pour faire parler l’écrit plutôt que l’inverse. D’ailleurs il est rare qu’un francophone parle la même langue quand il s’exprime librement à l’oral et quand il lit un texte, quand bien même ne s’en rendrait-il pas compte. Cela tient au fait qu’il a mal appris à lire et la langue française ainsi anonacée devient quasiment méconnaissable. C’est notamment le cas avec des exercices scolaires comme la dictée et la récitation, qui focalisent sur les syllabes, qui donnent un français « hâché » à telle enseigne que ce type de français « facile » – non pas sur le plan lexical mais sur celui de la phrase- est réservé aux étrangers. En ce sens, l’anglais pourrait être qualifié de français facile car il ne pratique guère les liaisons, ce qui facilite sensiblement la reconnaissance des mots.

Que l’on songe à la gymnastique mentale exigée du locuteur francophone. C’est à peu près aussi épuisant que de lire une page d’hébreu sans indication des voyelles. Le drame c’est que nombreux sont ceux qui croient, de bonne foi, maîtriser parfaitement le français alors qu’ils en sont loin, surtout s’ils ne reconnaissent pas leur difficulté à comprendre le français plus qu’à le parler. Il est vrai que l’on peut se leurrer au regard de la compréhension : d’une part parce qu’on devine en partie ce que dit l’interlocuteur et de l’autre parce que l’on s’illusionne sur ce que l’on a vraiment compris de ce qui a été dit. Bien pis pour un francophone accompli écouter quelqu’un parler le français sans en respecter la rythmicité devient vite lassant, éprouvant !

D’où vient cette façon si particulière de traiter une langue comme cela se fait en français ? On peut parler d’une forme de coquetterie, de manièrisme qui aura fini par contaminer toute la société alors qu’au départ, ce se pratiquait au sein de groupes assez restreints ne voulant pas être compris par d’autres. D’ailleurs, bien des langues utilisent des mots étrangers pour freiner la compréhension de ce qui se dit par le premier venu, qu’il s’agisse de toutes ces langues qui ont beaucoup emprunté de mots au français. L’emprunt linguistique servirait surtout à entretenir une certaine opacité dans la langue emprunteuse aux dépends d’une parie de la population au sein d’une certaine société, du nord au sud, de la Mer du Nord à la Méditerranée, d’Ouest en Est de l’Atlantique à l’Oural.dans le cas du français,..

Parmi les régles à apprendre, il y a celle du « e muet » -en hébreu « sheva ». Le rôle de cette lettre qui n’est pas une lettre comme les autres, est notamment de permettre de connecter les consonnes entre elles, donc de « tuer » les syllabes, autant que faire se peut. On ne dira pas « tu ne veux pas » mais « tun’veux pas ». Certes, il y a souvent des apostrophes qui mâchent le travail mais le processus de liaison déborde très largement le cas des apostrophes. On dira « j’aime » parce qu’il y a apostrophe mais aussi « j’taime », alors que l’apostrophe s’est déplacé. En réalité, il faudrait mettre deux apostrophes ou aucune si l’on respectait le « e » muet. Au lieu de dire ; «  puisque je te le dis » il faudrait dire « puisq’ j’t ’l'dis » avec une suite de six consonnes : s- q- j- t-l-d. Ce qui ne change rien à l’écrit et c’est bien là le piège. En fait, le « e » n’a pas le statut de voyelle et il sert à connecter les consonnes alors que les voyelles proprement dites séparent au contraire les consonnes et ce faisant ralentissent le rythme et rapprochent le français des autres langues, donc le banalisent.

On pense à une forme comme «  je veux de l’eau » prononcée j’veud’l'eau ». Le non initié est carrément « noyé » et il vaut mieux lui dire « eau » en une sorte de « petit nègre », de style télégraphique.Là se situe tout le charme de la langue française dont on parle si peu d’autant que, paradoxalement, cette façon de parler a pu passer pour « vulgaire », les gens préférant le mode scolaire où tout est épelé. Grave malentendu ! Le français est une langue qui a appris à se décanter, à ne pas tout « dire », à ,ne pas tout mettre sur le même plan..,

En fait, cette pratique ne se conçoit que pour une société qui connaît l’écrit et ne convient pas pour des analphabètes et c’est pourquoi nous pensons qu’il a du s’agir au départ d’un langage de cour, de lettrés, et comme il est courant cette pratique se sera démocratisée.

Mais nous avons également évoqué le cas de consonnes ne se prononçant pas en fin de mots, ce qui est tout aussi déconcertant pour un étranger. En fait, cette non prononciation est une exception qui ne se produit que lorsque le mot qui suit est une consonne. Il est petit mais c’est « mon petit ami ». Dans un cas, le t final ne s’entend pas, dans l’autre, la liaison impose sa prononciation. Même l’infinitif de la première conjugaison où le « r » ne se prononce pas comme dans manger, sera marqué par le futur qui donnera : il mangera. En fait, le mot français ne saurait s’isoler, il doit être relié au groupe auquel il appartient. En ce sens, le français exige une pratique de l’étymologie, de la dérivation et bien entendu de la conjugaison, de la formation des substantifs sans parler du genre : Gentil, gentille : dans un cas -au masculin – on n’entend pas le « l » dans l’autre -au féminin – on l’entend. Mais l’important,c’est qu’à l’écrit, tout se voit, que cela se prononce ou non.Autrement dit, quand un Français parle,il a en tête , à l’arrière plan, l’écrit qu’il visualise en quelque sorte..

Ce qui vient compliquer les choses tient au fait qu’il arrive que l’oral contamine l’écrit. C’est ainsi la première conjugaison du français, l’on aura cru bon de remplacer la forme « ed » du passé au masculin par un « é », ce qui correspond en effet à la pratique de la prononciation. Mais que se passe-t-il alors avec le féminin ? Convient-il comme cela se fait d’ajourer un « e » au « é » ? D’ailleurs, le probléme ne se pose pas pour d’autres conjugaison où l’on trouve écrit et écrite. Les Anglais ont d’ailleurs conservé le participe en « ed » car ils ont emprunté au français avant qu’une telle façon de faire ne se soit imposée. Il serait bon de ne pas mélanger oral et écrit, de ne pas aligner l’oral sur l’écrit ni l’écrit sur l’oral, ce qui éviterait les fautes d’orthographe et de prononciation, ce qui fait du tort à la langue française. Est-ce là le charme du français que cette sophistication  qui explique sa présence au sein de tant de langues ? On peut penser que le français est la langue des élites et que le français a probablement pratiqué avant les autres la dialectique de l’écrit et de l’oral, laquelle était autrefois un luxe. Quelque part, il y a une façon quasi subconsciente de parler le français, une sorte de non -dit qui peut confiner à une forme de schizophrénie comme si le francophone de souche vivait sur deux plans paralléles.

 

JHB

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jacques Halbronn Critique de la posture apologétique

Posté par nofim le 1 mai 2021

 

 

 

 

Critique de la posture apologétique

par Jacques Halbronn

 

Beaucoup parmi nous ne vise finalement qu’à laisser les choses en l’état. Ils sont ancrés dans une posture apologétique à la façon de gardiens d’un site visant à protéger ses occupants. On veille au grain. Le chercheur n’aurait alors d’autre raison d’être que de maintenir une certaine zone de confort chez les membres d’une communauté. On entend parfois des propos impliquant que le théoricien serait là pour s’occuper de la « com » des praticiens, pour donner une bonne image, présentable, du groupe et des activités qui lui sont propres. En fait, le chercheur ne serait pas là pour remettre en question les habitudes du groupe et d’ailleurs, cela lui risquerait de lui conférer un pouvoir qui ne serait pas de mise en ce qu’il serait le vecteur incontournable du progrès.

Pour notre part, ce type de chercheur serait rassurant de par ses limitations mêmes, voire inoffensif du fait de son impuissance..Ses insuffisances tiendraient selon nous, à un certain manque de confiance en sa capacité à pousser un raisonnement jusqu’à son terme, en son intelligence. Ce personnage ne pourrait pas agir sans filer et au fond il irait de soi que ses conclusions devraient nécessairement aboutir au maintien du statu quo à l’instar d’un éléve qui s’attaquerait à un exercice dont on lui aurait donné par avance la solution.

Dans le domaine des sciences humaines, c’est bien là l’obstacle épistémologique par excellence avec une montagne qui accouche d’une souris. Tout ça pour ça ! On s’aperçoit que des constructions ingénieuses ne sont que des artifices pour que tout reste en l’état. Et d’ailleurs, on ne s’y trompe pas car tout va continuer comme avant. On change certaines formulations pour que rien ne change. Tout cela ne serait que coquetterie, que maniérisme. Et en fait, ce type de chercheur/se sert surtout à résister, à répliquer à une approche critique tant et si bien qu’il se donne comme un défenseur de l’ordre établi . RAS. On est dans la logique du vaccin qui immunise au prix de quelque injonction bénigne. En fait, ce chercheur de pacotille se substituerait au vrai chercheur et ce serait même là son rôle.

Nous avons bien entendu en tête divers cas. Par exemple, en linguistique, l’on peut décrire une langue mais surtout pas en signaler les incohérences, proposer sa réforme. L’idée c’est de montrer que tout est en bonne voie, qu’il n’y a vraiment pas lieu de s’inquiéter  . Faute de quoi, on se lancerait dans une aventure, sous la conduite de quelque apprenti sorcier. On pense à un homme impuissant dont on ne risquerait pas qu’il accouche ou fasse accoucher d’ une progéniture non désirée. Il est bon qu’il ne crée pas d’embarras, qu’il ne dévalorise pas les pratiques en vigueur, les acquis culturels, car la nouveauté favorise les nouveaux venus et leur intégration.

Pourtant, il y a des périodes où une société aurait besoin de se renouveler, de changer les régles du jeu, les repères, de se ressourcer en alternance avec d’autres périodes durant lesquelles il faut renouer avec une mémoire enfouie, c’est le retour du refoulé. Car quelque part, quand les choses ne sont pas au point, quand la situation est fausse, qu’il y a de l’incohérence, cela se ressent..

Nous voyons dans bien des cas une difficulté à suivre une démonstration de bout en bout, comme si l’on n’était pas en mesure de tirer des conclusions. Il y a de la frilosité. Comme nous le disions plus haut, tout se passe comme s’il y avait un seuil à ne pas franchir. Il faut rester dans les clous, ne pas dépasser les bornes.

Or, selon nous, toute forme de restructuration se révéle comme une ouverture vers d’autres disciplines qui jusque là ne semblaient guère compatibles. D’où un repositionnement. Ce qu’on perd d’un côté, on le gagne de l’autre et ce qu’on gagnait d’un côté, on le perdait de l’autre..

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JHB

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Jacques Halbronn La Dialectique de l’écrit et de l’oral en français

Posté par nofim le 29 avril 2021

Description

C’est le cinquième mémoire d’une série articulée sur les rapports du français et de l’anglais qui apparait comme une forme de français profane en raison de la complexité de la relation écrit/oral en français.

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jacques halbronn Vers une plus grande exigence de conscience linguistique

Posté par nofim le 27 avril 2021

 

Vers une plus grande exigence de conscience linguistique

par Jacques Halbronn

 

Le développement de la linguistique au cours notamment du siècle dernier aura t il entrainé un meilleur niveau de conscience linguistique ?. Il ne le semble guère et c’est particulièrement patent pour ce qui est des locuteurs francophones, en raison de la complexité même du rapport écrit/oral en français. Et d’ailleurs, c’est l’enseignement du français et plus spécialement du FLE (français langue étrangère) qui s’avère déficient avec toute une série de conséquences, l’existence d’un fossé, d’une fracture au sein du monde francophone, au sens large du terme, ce qui peut englober l’anglais, langue si largement francisée plus encore que latinisée, comme d’aucuns veulent nous le faire accroire.

Nous prendrons l’exemple de la suffixation comme test dans le domaine de la conscience, du narratif linguistique de la part des usagers. On abordera la question des substantifs. Si l’on demande à un locuteur lambda où passe la frontière entre la racine et le suffixe qui lui est apposé, il faut s’attendre à des analyses erronées dans nombre de cas.

Prenons le substantif : adoration. Question, où commence la suffixation. ? Posons le problème sur une série de mots se terminant en « ation », ce qui peut occasionner une sorte de statistiques de la part du dit locuteur lambda. Il faut s’attendre à ce que celui-ci déclare que le suffixe est « ation » alors qu’il ne s’agit là d’un mode de désignation de la dite série. La bonne réponse n’est pas « ation » mais « ion ». Il faut découper adoration en adorat et en ion et non en adora et en « tion » ou en ador et en ‘ation ».A contrario prenons le substantif perfection, là la réponse sera probablment « ion » parce que l’on connait l’adjectif « parfait » se terminant par un « t ». Les anglophones ont d’ailleurs la forme « perfect » et donc le ion ici est le suffixe et certainement pas le tion !

Essayons donc de comprendre les causes, la genése d’une telle confusion dans certaines conjugaisons verbales du français. Les Anglais nous mettent sur la voie : ils ont le participe de leurs verbes « réguliers », en grande partie d’origine français marqué par le suffixe « ed » : comme dans « wanted », ce qui vient de l’ancien français, la forme en « é » du français moderne étant une phonétisation de l’écrit, car la consonne finale en « ed » s’entendait «é » comme dans bien des cas, non seulement avec « ed », mais avec «  er » – pour l’infinitif sans parle du pluriels des articles indéfinis et définis : des et les.Autres exemples en ez avec la conjugaison à la deuxème personne du pluriel et l’impératif : mangez. On a là un exemple de l’alignement de l’oral sur l’écrit, qui indique une perte de conscience linguistique du processus de prononciation du mot écrit en français.

On aura compris, probablement, que l’on devait écrire : adoret et non adoré, ce qui explique, du coup, la forme adoration et l’on voit bien alors qu’il faut couper après et non avant le t: adorat-ion comme format-ion sur le modèle d’exception, de perception.Même nation doit se découper en nat-ion (de naitre), net ayant été remplacé par « né »

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D’une façon générale, aucun participe devrait se terminer par une voyelle. Le cas de « fini «  donnera « finit-ion », »finit-ude »Dans les autres langues latines, la consonne finale est certes accompagnée d’un marqueur de genre : finita et l’on voit bien que la forme française « fini/ finie » n’est guère acceptable.Il faudrait rétablir le « t », ce qui donnerait « finit » comme pour « écrit », « traduit » etc, d’où le féminin écrite, traduite, ce qui devrait donnér « finite ». Puisque la mode est actuellement à l’inclusif, il serait urgent de rétablir un système cohérent. Un ami et une amie devrait passer un « amic » et une « amique », le « c » étant d’ailleurs attesté dans « amical ».(espagnol : amigo) Quant à député, il faudrait l’écrire députed (prononcer « député ») ce qui donne au féminin la prononciation du d final comme dans grand et grande, fort et forte. On notera que l’adverbe en français se construit à partir du féminin : forte-ment, avec le suffise « ment » et non à partir du masculin : actif et activement. Etc ; Avant donc de se lancer dans un processus ‘inclusif permettant de distinguer le masculin et le féminin au niveau des professions, encore faudrait il maitriser les principes sous jacents du français. Dans le cas déjà ancien d’avocat et avocate, l’on observe la non prononciation du « t » au masculin mais sa prononciation au féminin, ce qui n’entraine pas pour autant la disparition du « t » masculin à l’écrit et c’est cette disparition qu’il convient absolument d’éviter sans que cela change au bout du compte la prononciation. Comme on l’a vu, si l’on supprime la consonne finale, l’on ne peut plus former correctement le féminin et l’on se contente alors d’une cote mal taillée avec l’ajout d’un « e » : ami/amie. L’on rencontre un probléme avec « tous » et toutes alors que l’on devrait avoir « touts » et « toutes » sinon l’on ne comprend pas l’émergence de « toutes » au féminin à partir de « tous » (cf totalité, totalement). En fait, le mot français doit être appréhendé de façon séquentielle, interdépendante, au sein de l’ensemble auquel il appartient et non isolément à la différence d’autres langues où le mot peut être isolé. C’est là un des impératifs de la conscience linguistique telle que nous l’entendons.

 

JHB

 

 

 

 

 

 

 

27 04 21

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jacques Halbronn Défense et illustration de la langue française comme langue connective

Posté par nofim le 23 avril 2021

 

Défense et illustration de langue française, comme langue connective.

 

Il n’est pas facile de communiquer oralement en français quand on n’a pas été formé. Une chose est de parler cette langue, une autre de la comprendre lors d’un échange verbal.Cela tient au caractère consonantique de cette langue qui notamment n’abuse pas du « o » et du « a » comme marqueur de genre, à la différence de tant de langues comme l’italien, (bello/bella) l’espagnol, le russe ou l’arabe et l’hébreu. En ce sens, le français se rapprocherait plutôt de l’allemand.(klein/kleine)

Une tradition orale – car rien n’est explicité expressément – veut que l’on pratique systématiquement les liaisons entre les mots mais aussi à l’intérieur des mots. (inter et intravocalique)

Cette façon de procéder donne une extréme fluidité au français qui peut évidemment déconcerter l’auditeur non préparé, non « dressé » et malheureusement, l’enseignement du français langue étrangère est fort défectueux à ce suje et ne prépare pas l’étranger ou le novice à se plonger dans le « grand bain » de la conversation à la française.

Ajourons que le français, par voie de conséquence, ne se préte pas à la poésie classique avec sa métrique, ses pieds..La syllabe, voilà l’ennemi, cela crée une langue hâchée. Or, le maître mot pour maitiser le français, c’est la liaison et en ce sens nous dirons que le français est une langue connective.

Parmi, les locuteurs du français il y a ceux qui savent connecter et ceux qui en sont plus ou moins incapables, à la fois quand il s’agit de la parler mais pis encore quand il s’agit de la comprendre, de la décrypter chez autrui. Cela pourrait expliquer le succés de l’anglais qui distingue bien les mots et les syllabes, ce qui donne du confort. Echanger en français serait sortir de sa zone de confort, si l’on n’est pas un athléte confirmé de cette langue. En ce sens, le français parlé, celui des salons, serait par excellence la langue de l’élite. Mais que l’on ne s’attende pas à ce que les francophones aient pleine conscience, se rendent compte d’un tel phénoméne  d’autant que l’école leur tient un autre discours, notamment quand il s’agit de faire des dictées ou de la récitation. D’ailleurs nous avons pu faire remarquer que celui qui lit un texte en français ne parle pas la même langue, en quelque sorte, que celui qui la parle spontanément, instinctivement.

L’hébreu semble avoir été une langue consonantique, la preuve étant que l’on n’écrit pas les voyelles sauf quand on a affaire à des profanes qui liront sans la comprendre, comme c’est le cas, le plus souvent, à la synagogue, sauf en Israël où l’hébreu est une langue vivante. Cela dit, à la différence du français l’hébreu parlé ne pratique par la liaison entre les mots et à l’intérieur des mots, ce qui exige de recourir à aussi peu de voyelles que possible, Or, force est de constater que si certaines conjugaisons des verbes se terminent par des consonnes, d’autres se terminent par des voyelles Ani omer, je dis, Ani rotsé : je veux. Passage d’une racine trilitère à une racine bilitère. Or, seule la forme trilitère permet à la consonantisation de se déployer et générer de la connexion, de la liaison.

L’anglais aura parfois imité le français quand il place des apostrophes pou r remplacer le « not » : isn’it ? I don’t..De même, quand son article indéfini se rend par « a » ou par « an » selon qu’il précède ou non une consonne. A man, An accident. Mais le pronom personnal de la première personne « I » se prononce ‘Aye » au lieu du français « j » soit une consonne. J’veux, ce qui introduit le son « a » que l’on évite en français. D’ailleurs à propos de l’article indéfini en anglais, « a » se prononce «  e », ce qui est nettement plus discret, plus léger, on l’avouera..

Autrement dit, le français écrit serait sensiblement plus accessible que le français oral. On comprend qu’en France, les étrangers préféreront échanger dans une autre langue que le français ou parler le français entre eux, à un rythme moins astreignant et plus proche de celui de leur langue d’origine. Tout comme en Israel, les nouveaux arrivants rechigneront à lire des publications imprimées en caractères hébraïques. Mais somme toute le français aura su maintenir sa spécificité à l’oral mieux que l’hébreu, ce qui n’est pas étonnant au regard de l’Histoire. Déjà du temps de Jésus, l’hébreu était, semble-t-il, tombé en désuétude et nous avons déjà signalé de graves incohérences comme dans le cas de la conjugaison du prétérit de la deuxiéme et troisième personne du singulier avec un « a » inadéquat comme marqueur du masculin  que l’on trouve déjà avec le « Ata » des prières adressées à Dieu. Baroukh Ata au lieu de At.. Rappelons que la voyelle géne la connexion entre les consonnes, et que le « sheva » est comme un «  e muet » qui favorise singulièrement la dite connexion..Rappelons que le tétragramme qui serait le nom de Dieu ne doit pas être prononcé. Mais surtout il ne tolère pas les voyelles, à commencer par le « o » et le « a » d’un Jéhovah. Il semble que l’arabe ait mieux su préserver sa fluidité consonantique en recourant fréquemment au « e » , qui ne serait un son d’un troisième type -interconsonantique- assimilable ni à une voyelle, ni à une consonne mais produisant un son ténu entre consonnes qui ne vient en aucune façon casser le rythme, rompre, perturber la fluidité.

Dans la Bible, il est question d’un récit, lié à la prononciation de

Schibboleth (Art ; Wikipedia)

 

Livre des Juges 12:4-6.

« Dans cet épisode, les Guiléadites utilisent ce terme pour distinguer leurs ennemis éphraïmites parmi les fuyards. Les Éphraïmites se trompant sur la façon de prononcer la lettre shin, ils écorchaient là le dernier mot de leur vie . Lorsque Jephté, chef des hommes de Galaad, eut défait les Éphraïmites et pris les gués du Jourdain, de nombreux fugitifs voulurent traverser le fleuve. « Quand un fuyard d’Éphraïm disait : « Laissez-moi passer », les gens de Galaad demandaient : « Es-tu éphraïmite ? » S’il répondait « Non », alors ils lui disaient : « Eh bien, dis « schibboleth » ! » Il disait « sibboleth », car il n’arrivait pas à prononcer ainsi. Alors on le saisissait et on l’égorgeait près des gués du Jourdain. » C ‘esr dire que la façon de parler le français peut signaler si l’on a affaire ou non à un étranger car la faculté de connexion, de liaison ne s’acquiert pas aisément. L’article précise  que Shibboleth , en hébreu désigne «  une phrase ou un mot qui ne peut être utilisé – ou prononcé – correctement que par les membres d’un groupe. Il révèle l’appartenance d’une personne à un groupe national, social, professionnel ou autre. Autrement dit, un schibboleth représente un signe de reconnaissance verbal » C’est dire que la connaissance d’une langue ne se limite pas à l ’acquisition d’un lexique, d’une grammaire mais passe aussi par une dimension phonologique.

Un autre aspect connectif de la langue française tient au fait que le français comporte des chaînes de mots plutôt que des mots isolés – on a soin et soigner, jouer et enjeu etc -et qu’il est bon d’en maîtriser les étymologies alors que dans d’autres langues, du fait des emprunts, bien des mots -comme en anglais, sont isolés, ce qui produit de la synonymie.(cf Claude Jonquière « L’orthographe d’usage rendue facile » 1957, sur SCRIBD

 

 

 

 

 

23. 04 21

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jacques Halbronn Analyse critique comparée de l’hébreu et du français

Posté par nofim le 21 avril 2021

Analyse critique comparée de l’hébreu et du français.

par Jacques Halbronn

 

En 1989, nous avions terminé un mémoire sous la direction de Louis Jean Calvet, consacré aux rapports entre le français et l’anglais(Essai de description du système du français à la lumière des relations interlinguistiques. en ligne sur SCRIBD) trente ans plus tard, nous proposons un autre exercice relatif aux rapports entre le français et l’hébreu, du fait de notre formation linguistique

à l’INALCO,(Langues ‘O) dans les années soixante -dix. La thèse que nous soutenons vise à montrer les similitudes entre les deux langues non point certes du point de vue lexical mais sur le plan »morpho-phonologique ».

Nous commencerons par traiter du « sheva » en hébreu lequel correspond peu ou prou au « e muet » du français.

Article Wikipedia :

« soit une voyelle très brève [ə], analogue à un e « muet » en français (« maintenant »). Dans ce cas, il est appelé shewa mobile. soit l’absence totale de voyelle. Dans ce cas, il est appelé shewa quiescent. »

L’exemple fourni « maintenant » nous indique qu’en fait l’on prononce « maint’nant » et que la lettre « e » est ici « muette », ce qui indique une dialectique entre l’écrit et l’oral, sachant que l’hébreu n’indique pas les voyelles à ‘l’

écrit, ce qui est la pratique de l’hébreu moderne.

Mais là où les deux langues diffèrent tient au fait que le e du français détermine la prononciation de la consonne qui le précéde. Ainsi dans « grande », la consonne « d » s’entend parce que suivie d’un « e » alors que dans « grand », la consonne « d » ne se prononce pas. On voit déjà que le français a un usage plus sophistiqué, plus élaboré, du « sheva » que l’hébreu tel qu’il se pratique.

Toutefois, il ne faudrait pas négliger des formes qui se substituent en hébreu à une consonne, mais il s’agit alors du marqueur de pluriel en « im » comme dans « Elohéi Avraham « (Exode III) qui remplace Elohim ou encore Sifréi Torah au lieu de Sefarim. Cette pratique n’est pas sans évoquer la façon dont le français remplace la lettre « l » par la lettre « u » : cheval/chevaux, « de le »par du etc En hébreu, la forme possessive conduit à suivre le même processus de réduction : Elohim Shélanou devient Elohéinou avec encore une fois l’occultation du « im ». On parle alors d’un « état construit » (Semikhouth)

Un autre cas remarquable est celui des consonnes « doubles », c’est à dire comportant une double prononciation, selon qu’on leur adjoint ou non un point, appelé daguesh. Traditionnellement, il y a six lettres dans ce cas, le beith, le guimel, le daleth (que l’on retrouve en grec, beitha, gamma, delta) plus le kaph, le péh et le Thav. En

hébreu moderne, plusieurs de ces lettres ont perdu ce caractère double : le ghimel, le daleth et récemment le Thav que l’on retrouve dans « Shabbes » pour Shabbat, en yiddish. On retrouve une telle dualité en français avec la lettre « p » qui se prononce « f » quand suivi d’un « h » qui joue le rôle du daguesh.Or, la lettre hébraique offre exactement la même dualité phonique. L’anglais a conservé cette dualité avec le « t » et le « th ». La forme « ch » va dans le même sens : le chat et le camp. Cette dualité

joue un rôle au niveau grammatical : ani kotev  et  infinitif  Likhtov.

Il convient de signaler certaines anomalies de l’hébreu que l’on ne trouve pas en français, ce qui nous améne à penser que le français, par certains côté a su conserver un métalangage en meilleur état que l’hébreu.

Que penser ainsi de la forme « At oméret » ou « Ata omer » où le masculin du pronom personnel est plus long qu’au féminin mais où le verbe au féminin est plus long qu’au masculin ? On est très vraisemblablement en présence d’une corruption, y compris dans les prières avec la forme » Baroukh ata » s’adressant à Dieu. Le français respecte le principe d’une forme féminine plus longue que ne l’est la forme masculine. Mais l’hébreu présente ici une exception qui rejaillit sur le marqueur du possessif : shelakh, à toi au féminin et shelkha, à toi au masculin alors que cela devrait être logiquement le contraire. Mais cela vaut aussi pour le prétérit : à la deuxième personne du singulier, katavt tu as écrit (pour une femme ) et katavta, tu as écrit pour un homme  puisque le prétérit hébreu utilise ici les pronoms personnels..En revanche, on a,  à la troisième personne du singulier katav, il a écrit, et katva, elle a écrit

Tishma : e muet permet de combiner des consonnes entre elles. Comme en français. Mais en français, l’usage est bien plus étendu qu’en hébreu.

En fait, certaines langues ont vocation à être avant tout

consonantiques et à se passer des voyelles. Le rôle du « e » serait ainsi de favoriser le « mariage » des consonnes et la langue française semble être la mieux équipée dans ce sens. Mais paradoxalement, comme on l’ a montré plus haut, elle tend aussi à occulter les consonnes finales, ce qui conduit dans bien des cas les mots français à se terminer par un son vocaliques.

En vérité, ne conviendrait-il pas de se méfier de telles contradictions? Nous serions tentés de penser que les cartes ont été brouillées, mêlées. Le masculin serait consonantique et le féminin vocalique. Par voie de conséquence, grande serait la prononciation masculine, et grand la prononciation féminine ! L’anglais qui refuse la solution « féminine » au sens vocalique du terme, serait plus proche de l’esprit du français que ne le serait le français actuel ! Il aurait conservé ce « bon » état du français lequel se serait perdu en France. Intelligent prononcé à l’anglaise serait la forme masculine tandis que prononcé à la française, ce serait la forme féminine ! On comprend dès lors la résistance que l’on observe quand les locuteurs rechignent à ne pas prononcer les consonnes finales dans un nombre assez significatif de cas. L’infinitif en « er »-prononcé « é »

serait typiquement féminin et d’ailleurs comment ne pas constater la confusion des esprits face à des formes prononcées à l’identique écrites en er, ez, es , ef ,ed ?

L utilisation de l’accent sur le e en é,dans le participe passé de la première conjugaison du français entérine cette suppression consonantique. Or, les anglais ont conservé la forme en « ed » remplacée par le e accentué. Rappelons que le e peut se prononcer « é » même non accentué comme dans « dessert », l’accent ayant toujours pour misssion, comme l’apostrophe, d’indiquer une occultation mais l’accent indique l’occultation d’une consonne alors que l’apostrophe indique l’occultation d’une voyelle mais surtout du e  « muet » pour permettre une combinatoire de consonnes.

Malheureusement, l’apprentissage du français à l’école ne transmet pas correctement la tradition orale de cette langue, ce qui crée un clivage durable entre les locuteurs qui ont appris la langue au berceau et ceux qui l’ont apprise scolairement encore que- comme on vient de le faire remarquer- la tradition orale en française ne soit plus tout à fait fiable.

Pour en revenir à l’hébreu, on rappellera que le tétragramme ne doit pas se prononcer, ce qui correspond à un rejet des voyelles perçues comme féminines. La forme « trilitère » du verbe en hébreu, se prête d’ailleurs idéalement à une combinatoire des consonnes, ce qui vaut pour une autre langue sémitique, l’arabe qui semble avoir été moins envahie par les voyelles avec une prédilection pour le son « e » : kteb : écris , akel, mange là où l’hébreu met le son « é ».;kotèv, okhél. Le cas du Shabbat est emblématique car en yiddish, on prononce «a gut shabbes », sans le son « a » typiquement féminin « shabbat shalom »!

 

21. 04. 21

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jacques Halbronn Linguistique: le statut de la lettre « e » en français

Posté par nofim le 30 mars 2021

 

 

LINGUISTIQUE

Le statut de la lettre « e » en français

 

La lettre « e » en français implique un traitement particulier du fait de son ambivalence, son statut pouvant changer selon le contexte.

Deux cas de figure se présentent : celui du « e » comme déterminant de la prononciation d’une consonne et celui du « e » comme voyelle à part entière et rendue dans nombre de cas par un accent sur le e comme pour le participe de la première conjugaison en « é » final.

I Le e comme auxiliaire

La lettre e en français « parlé » permet de relier entre elles les deux consonnes qui l’entourent. Tantôt, le e est remplacé par une apostrophe dans le texte « écrit » comme « j’aime » à la place de « je aime » mais c’est le plus souvent devant une voyelle. Mais dans la langue parlée, même quand le e figure, il n’est pas censé se prononcer pour autant.Il n’est prononcé que dans la langue apprise mais non dans la langue « maternelle ». Il est prononcé dans la poésie qui s’articule sur des « pieds », des syllabes, ce qui perturbe le cours naturel de la langue française. Pourtant, quand on épelle les lettres de

l’alphabet phonique du français, au lieu de prononcer « é » pour la lettre « e », on rend,

à tort par le son « e »!

II Le e devenant « é ».

Il existe toutefois une autre « régle » également « non écrite » qui concerne le rôle du « e » devant une consonne finale. C’est notamment le cas du e, dans la première conjugaison pour la prononciation de l’infinitif : manger, chanter, bercer etc. Dans ce cas, le e devient un « é » et c’est notamment le cas pour le participe passé, lequel s’écrivait à l’origine « ed », comme c’est encore le cas en anglais, sous l’influence du français : Ici l’accent sur le e remplace une consonne « muette » parce que non suivie d’un e « auxiliaire ». On voit là se combiner les deux statuts de la lettre « e ». Manged se prononçait « mangé » mais s’écrivait manged de façon à permettre la formation du féminin:mangede. D’ailleurs, dans les autres conjugaisons comme pour « écrire », on a « écrit » au masculin et « écrite » au féminin. Le cas du futur est intéressant : on passe de l’infinitif manger au futur mangerai. Dans le premier cas, c’est le statut « é » qui prévaut alors que dans le second cas, c’est le statut du e auxiliaire qui s’impose : « je mang’rai. »

Nous terminerons notre exposé en abordant l’article défini au pluriel du français : « les » qui ne propose aucune différence entre le masculin et le féminin  à la différence, notamment, de l’espagnol ; los et las. L’anglais aura suivi ici l’exemple du français avec son ‘the » invariable. On notera que pour « les », c’est la règle du son « é » qui s’impose. Le contraste avec l’espagnol se creuse : les autres en français los otros, las otras en espagnol. Là encore, l’anglais emboite le pas du français : other , others, sans marqueur de genre, si ce n’est qu’il prononce le marqueur de nombre avec le « s » final, ce que ne fait pas le français lequel n’entend pas prononcer une consonne finale non suivie du « e » auxiliaire. Mais comment se fait-il alors que l’on ne prononce pas ‘autres » avec le son ‘é » ce qui donnerait à l’oral « autré » d’autant que ‘les » se prononce « lé » dans « les autres » ? On note que le français se sépare ici remarquablement de cette autre langue « latine’ qu’est l’espagnol mais que sur certains points l’espagnol est plus proche de l’anglais que ne l’est le français, notamment quand il prononce systématiquement tous les « s » terminaux du pluriel.

 

 

 

 

JHB

30 03 21

 

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jacques Halbronn L’obstacle épistémologique du métalangage en linguistique et en astrologie

Posté par nofim le 29 mars 2021

 

L’obstacle épistémologique du métalangage en linguistique et en astrologie

par Jacques Halbronn

 

 

Séparer le bon grain de l’ivraie. On peut transposer à propos du traitement du métalangage lequel constitue un obstacle fatal à la compréhension, à l’intelligence du mode d’emploi des textes et des langues..

Paradoxalement, c’est dans le domaine de la langue que le métalangage serait le plus source d’erreur. En règle générale, l’on aurait tendance à croire que toutes les lettres d’un mot doivent se prononcer. D’où la formule courante « cela s’écrit comme cela se prononce » et en même temps, dans l’apprentissage de la langue française, ne nous dit-on pas que certaines lettres, sous certaines conditions, ne sauraient se faire entendre, comme dans le cas des consonnes en fin de mot ?. C’est ainsi que « mot » comporte en français un « t » final lequel est voué à une présence muette, en quelque sorte ! On y reviendra.

Dans le cas de l’astrologie,se pose la question de ce qu’on appelle « symbolisme », c’est à dire de données supposées faire sens, dé livrer quelque message, receler de l’information.. C’est le cas du pittoresque des noms de signes du bélier à la vierge et de planètes de Mercure à Pluton, qui nous parlent alors que d’autres termes ne nous disent pas grand chose comme dans le cas des aspects qui se contentent de références géométriques. Carré, trigone (entendez triangle), sextil (entendez hexagone et même Conjonction ou Opposition. Comme l’astrologie serait un savoir triste sans le Zodiaque ! On connait l’adage : tout est bon dans le cochon. Rien à jeter !

Qu’est ce qui sert simplement d’ornement, d’emballage?Comment donc parvenir à faire le distingo ?

Le débat n’est pas simple car parfois l’on garde ce qu’on devrait jeter et l’on jette ce que l’on devrait garder ! C’est le cas des étoiles fixes que l’on tend de nos jours à consiférer comme extéreieures à l’astrologie alors que les planètes nouvellement découvertes donc inconnues des Anciens occupent le haut du pavé !

La question se pose de savoir si cette symbolique zodiacoo-mythologique est le fait des astronomes ou des astrologues. Si elle est le fait des astronomes, l’on comprend que cette symbolique reléve en effet d’un méta-langage qui n’a évidemment pas la même valeur ou rigueur scientifique que la réalité planétaire ou stellaire. En revanche, si c’est le fait des astrologues, comme nombreux semblent vouloir le croire, l’on sera enclin à leur accorder une grande importance pour la pratique de l’astrologie, d’où le débat sur la précession des équinoxes en ce que ce glissement anéantirait le travail de balisage du ciel effectué par les astrologues. Selon nous, il s’agit bel et bien d’un emprunt du métalangage des astronomes par les astrologues. Quant au choix des dieux attribués aux planètes, force est de constater que de nombreuses divinités ne trouvèrent pas de place dans le « septénaire », celles-ci durent attendre, en quelque sorte, la fin du XVIIIe siècle pour accéder progressivement au statut planétaire, à commencer par Uranus.(planéte découverte par télescope en 1781 depuis la ville de Bath, en Angleterre).

Selon nous, ce qui caractérise le métalangage, c’est qu’il n’est pas conservé avec soin puisque l’on n’en fait qu’un usage en quelque sorte fictif. Il ne faut donc pas s’étonner de la corruption (cf notre article dans l’Encyclopaedia Universalis) dans lequel cette série nous est parvenue, quand on la compare à ses sources, à savoir l’iconographie des mois de l’année telle que conservée dans les Livres d’Heures (cf les Très Riches Heures du Duc de Berry)

On peut aussi parler de métalangage à propos des Centuries de Nostradamus, nombre de quatrains ayant été repris de la prose de guides de voyages et de pélerinages – ceux notamment de Charles Estienne, comme l’a montré Chantal Liaroutzos (Revue Réforme Humanisme Renaissance, 1986). On aura eu affaire, semble -t-il à un travail de remplissage effectué un peu n’importe comment pour faire le compte de quatrains prévus.-chaque centurie devant en principe en comporter, comme l’indique le mot centurie- une centaine. Or, là encore, le débat existe : faut il prendre au sérieux ces quatrains ou bien les considérer comme une piétre imitation de l’oeuvre authentique de Michel de Nostre Dame (cf notre post doctorat Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle, EPHE 2007) ?

 

Mais revenons au volet linguistique de la présente étude , les deux volets étant voués à s’éclairer mutuellement sur la question du métalangage, c’est à dire d’un langage ne faisant pas pleinement fonction de langage, d’un langage instrumentalisé..Là encore, il y a débat au regard de la description et donc de l’enseignement du français et notamment du français langue étrangère (FLE).

Nous nous concentrerons ici sur la fonction métalinguistique en français de la lettre « e ». Souvent l’on se moque des locuteurs qui ne parvienent pas à prononcer le son généralement atttribué au « e » à la française. Rappelons que si nous partageons le même alphabet avec de nombreuses langues, nous ne récitons pas le dit alphabet « latin » de la même façon. C’est ainsi que les autres langues rendent la lettre « e » dans leurs alphabets respectifs à leur façon, ce qui correspond en général au son qui en français est traduit par un accent sur la lettre « e ». Mais avons-nous raison de tenir et de nous en tenir à un tel usage ?

La thèse que nous soutenons ici est que la letttre « e » en français reléve du métalangage et qu’elle n’a pas à avoir de son propre.Nois nous appuierons sur la langue orale telle qu’elle est transmise comme le sont les langues « maternelles » sans passer par l’école. En effet, à l’école, on va rencontrer une autre façon de parler le français qui ne respecte le caractère de métalangage de la lettre « e », ce qui fait que bien des étrangers ayant appris notre langue ne la reconnaissent pas aisément quand il sont confrontés à des locuteurs francophones « naturels ». Pour l’élève français, se développe une sorte de schizophrénie : il « parle » une langue et quand il la lit à voix haute, cela devient autre chose ! D’aucuns iront jusqu’à dire que c’est la langue « scolaire » qui fait autorité. Ce qui n’est absolument pas notre avis. D’ailleurs, il suffit de considérer la fonction des apostrophes qui indique bien que dans nombre de cas, on ne prononce par la lettre « e » comme dans : « je l’aime » à la place de je le aime. Idem je te aime est devenu je t’aime.Quel enseignement en tirer ? Que l’écrit s’est aligné sur l’oral. Le e du français joue en fait un double rôle : tantôt il ne se prononce pas et tantôt il devient un « é ».par un phénoméne de contraction. C’est le cas de tous les participes se terminant en « é » et qui initialement se terminaient par la lettre « d », ce qui est resté dans les emprunts de l’anglais au français, le participe se présentant avec une finale en « ed ». Il en est ainsi pour les infinitifs où la forme « er » se rend par le son « é » mais cette fois, la consonne n’a pas disparu.

Autrement dit, on ne devrait jamais trouver le son « e » en « bon » français. Il y a là erreur dans la transmission des codes de lecture. On l’observe dans les chansons : au clair de la lune où l’on insiste sur le son « «e » alors que la prononciation correcte devrait être « au claird’lalune » comme on dit « la voiture d’la voisine ». A contrario on trouve des chansons qui respectent ce principe du « saut’ du « e » comme celle de Raymond Queneau, chantée pat Juliette Gréco : voilà du « vrai » français !

 

Si tu t’imagines, si tu t’imagines

Fillette, fillette, si tu t’imagines

Qu’ça va, qu’ça va, qu’ça va durer toujours

 

On connait le cas de l’adjectif petit, que l’on rend volontiers avec une apostrophe : mon p’tit gars. Un étranger ne se risquera pas à parler ainsi, tant on lui aura appris à « tout » prononcer.

En fait, quelle est donc la fonction métalinguistique de la lettre « e » en français ? C’est souvent au féminin que le « e » jouera ce rôle. Prenons le couple grand et grande. Est ce que dans ‘grande » on entend le « e » ? Non, le e indique qu’il faut prononcer le « d » et sans le « e », on ne le prononcera point comme dans ‘grand ». Idem pour petite et petit. Guy Béart trahit le français quand il chante « ma petite est comme l’eau » en marquant dans un même vers trois fois le « e » bien à tort ! On devrait dire « Ma

p’tit’ est comm’l'eau ». On notera qu’il est obligé de respectera l’apostrophe, autrement il faudrait dire ‘la eau ».

En fait, le e permet de relier les consonnes entre elles, ce qui exige une certaine gymnastique : « ifaut qu’j't’dise ». Ici le son « e » se réduit à un lien aussi tenu que possible entre consonnes  et cela ne s’enseigne pas à l’école. Cela produit une musique très particulière du français. On notera aussi, par exemple, que l’on ne dit pas « de le » mais « du », pas « à le » mais « au ».etc,

Nous avons là un bon exemple d’une lettre ayant une fonction spécifique par rapport à d’autres consonne, puisqu’elle indique par sa présence et son absence si telle consonne qui la précède doit ou non se prononcer. En ne respectant pas cette régle, on dénature la langue française tout comme on dénature l’astrologie en y introduisant des éléments devant servir uniquement de facteurs de localisation, de dénomination. La mauvaise monnaie chasse la bonne : l’aspect en astrologie devient ainsi secondaire par rapport au poids de la symbolique zodiacale, ce qui tend à fausser tout le processus d’interprétation des données cosmiques..

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JHB

28 03 21

 

Publié dans ASTROLOGIE, LINGUISTIQUE | Pas de Commentaire »

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