Le limogeage des chefs en Astrologie

Posté par nofim le 18 octobre 2013

 

 

Le  limogeage des chefs au prisme de l’astrocyclologie

Par  Jacques Halbronn

 

L’astrocyclologie traite du fonctionnement des sociétés (cf. notre récente étude sur le couple, blog  Nofim et sur Face Book). Nous avons montré que les rapports de force se modifient en liaison avec notre courbe trinitaire (qui recoupe en gros les signes cardinaux, fixes et mutables, du fait de la précession des équinoxes)

On entend par limogeage le fait de se débarrasser d’un responsable jugé  inapte à continuer à assurer certaines responsabilités (envoi à Limoges, sorte de mise au placard). Ce limogeage se présente sous deux formes puisque cela peut affecter les grands comme les petits « chefs » selon que Saturne se trouve en fin de phase conjonctionnelle ou au début de celle-ci. Dans les deux cas, certains risquent de tomber de haut (La Roche Tarpéienne est proche du Capitole). Ce sont là des ajustements dont les sociétés doivent impérativement être capables et malheureusement, certains dispositifs- notamment constitutionnels sous la Ve République- du fait de la durée figée du mandat présidentiel et législatif, sauf à recourir à la dissolution ou à la démission.

L’annonce d’un limogeage nous apparait comme une des clefs de l’astrocyclologie et elle est la meilleure expression de l’existence d’une telle cyclicité. C’est le phénomène des dominos qui est alors à l’œuvre.

A la sortie d’une phase  conjonctionnelle de 56 mois, ce qui commence en fait au bout de 4 ans environ, il faut s’attendre à ce que des « petits chefs » soient remerciés. Ils ont pu, quelque temps, se faire entendre en phase disruptive, mais les yeux finissent par se déciller et l’on s’aperçoit qu’ils ne sont plus à la hauteur de la situation, qu’ils ne sont pas porteurs d’avenir.  On assistera donc à un choc frontal entre des personnages de petit acabit qui sont priés désormais d’adopter un profil bas et de laisser la place aux gens vraiment compétents et doués. Dans la vie d’un de ces « petits chefs », cela risque de correspondre à une date mémorable, qui les fait rentrer dans le rang dont ils ne sont sortis que par défaut du fait d’une « panne » du système car la disruption n’est autre qu’une « vacance », qu’un passage à vide de l’énergie conjonctionnelle, certes prévisible cycliquement mais non moins préjudiciable/Mais sans la nuit, apprécierait-on autant le jour ?.

Inversement, en sortie de phase conjonctionnelle, face à un certain relâchement de la dite énergie, les choses commencent à déraper et le systéme dont certains personnages étaient les garants du fait de leur omniprésence  fait faillite (cf. 2001 et 2008 aux USA, voir notre article sur ce thème, in blog Nofim, par google). On assiste à un certain effondrement de leur « empire » Ils doivent laisser la main à des projets moins ambitieux, plus restreints et exigeant plus de personnel, une certaine dispersion des centres de pouvoir comme on a pu le voir en 1960 ou en 1989, avec la multiplication des entités actives, des capitales, des chefs, ce qui conduit à une certaine anarchie, .puisque trop de centres tuent le centre. .

Nous avions exposé notre système en 1994-1995  dans L’Astrologie selon Saturne avec en ligne de mire l’annonce d’une crise pour 1995, ce qui ne manqua pas de se produire, notamment en France, dans des proportions que les historiens, de nos jours, comparent  à Mai 68 en termes de désordre social. Cela correspondait en effet à une phase disruptive. Certes, à l’époque, notre système n’avait pas atteint la qualité de formulation qui est la sienne aujourd’hui, à plus d’un titre.  Mais l’on peut quand même s’interroger sur le fait que nous n’avions pas été invités à intervenir lors du Congrès organisé par Yves Lenoble (Sep Hermès) au Palais des Congrès de la Porte Maillot en mars 1996, dont le thème n’était autre que « Saturne et son symbolisme » et dont nous donnons ci-dessous la liste des communications :

  • Grazia Mirti : Saturne entre Orient et Occident
  • Ivan Othenin-Girard : L’astronomie-astrologie de Saturne
  • Joëlle de Gravelaine : La mythologie de Saturne
  • Denis Labouré : Saturne dans les textes anciens
  • Annick de Souzenelle : L’ontologie de Saturne
  • Bernard Blanchet : Saturne et la théorie des Ages
  • Marielle Garel : Saturne et la pensée introvertie
  • Martine Barbault : Les aspects de Saturne aux planètes rapides
  • André Barbault : Aperçu synthétique sur Saturne
  • Yves Lenoble : Les cycles Soleil-Saturne et Lune-Saturne
  • Luc Marianni : Signification des rétrogradations de Saturne
  • Catherine Aubier : Les transits de Saturne
  • Robert Gouiran : Saturne et Lune, miroirs de l’être et sentinelles du destin
  • Olivier Clouzot : Saturne et la trialectique
  • José Luis San Miguel de Pablos : Saturne, l’analyse systémique et le système Terre-Lune
  • Pierre Dicharry : Saturne et les étudiants
  • Stephen Arroyo : Les aspects de Saturne dans la comparaison de thème
  • Alex Ruperti : Le couple Lune-Saturne en astrologie humaniste
  • Ulrike Voltmer : Saturne symbole du conflit entre le sens du devoir individuel et les exigences sociales
  • Denise Chrzanowska : Le cycle de Saturne en astrologie mondiale
  • Jany Bessière : Réhabiliter Saturne
  • Maurice Charvet : Saturne chez les astrologues
  • Katherine Hyman : Le rôle indispensable de Saturne dans la création artistique
  • Solange de Mailly Nesle : Saturne et Lune gardiens du seuil dans la vie spirituelle

Il y a eu là, manifestement un grave oubli. Il eut été tout à l’honneur de ces congrès que de faire une place à notre travail qui venait qui plus est d’être couronné par les événements des derniers mois. Nous dûmes nous contenter de distribuer notre brochure à notre stand du Salon de L’Astrologue qui se tenait en même temps et dans les mêmes lieux. Dès 1975, nous avions été invités en Allemagne, à Aalen, dans le cadre des Congrès Ebertin, à faire une communication sur « Saturne et le colonialisme ».

 

Il est vrai qu’en 1996, Saturne était en fin poissons (27-28°) donc en amorce de phase disruptive dont nous avons dit plus haut qu’elle permettait à des esprits de second ordre d’occuper la place de ceux qui avaient un véritable message à  transmettre. Mais ce message était par trop perturbant et la quantité l’emportait sur la qualité.

On observe d’ailleurs actuellement un phénoméne assez semblable avec Baglis TV  qui nous filma il y a un an, autour de nos travaux sur Saturne –en fin  de période disruptive (fin balance-début scorpion),  cette fois et qui, un an plus tard, n’a toujours pas mis en ligne notre entretien et vient de nous  avertir (par mail) que notre entretien ne passerait pas sur leur « chaîne » en raison d’une politique visant à présenter un front uni de l’astrologie. Nous avons demandé à ce que les cassettes nous soient fournies pour les mettre sur Teleprovidence. Une telle attitude  nous semble totalement décalée par rapport à la phase d’ascension conjonctionnelle actuelle, qui passe plus par la montée en puissance d’un nouveau « centre » que par la fédération « molle » d’un  certain consensus typiquement disruptif qui s’appuie sur une « tradition » et non sur une structure parfaitement maitrisée et d’un seul tenant. Cela conduit ainsi Baglis TV à se déconsidérer et à se discréditer en prenant le parti d’une astrologie ringarde et en refusant de présenter des approches réellement innovantes de peur de décourager le public, ce qui ne nous semblait pas avoir été jusque-là une des raisons d’être de cette webtélé dans les divers domaines traités, d’autant que Baglis TV ne se présente pas comme un média astrologique et donc devrait prendre de la distance par rapport aux  conflits internes au milieu astrologique.

Nous avons donc donné ici deux exemples de dysfonctionnements des médias astrologiques (congrès, télévision) qui affectent la diffusion des idées les plus originales et les plus prometteuses. On comprend que Teleprovidence ait pleinement sa raison d’être face à des médias qui verrouillent l’information quant à la recherche en astrologie en substituant aux travaux d’avant-garde des discours d’arrière-garde et cela vaut aussi pour toutes sortes de forums et de congrès (tant à Lyon qu’à Bordeaux) qui tendent à préserver un certain savoir-faire qui se sent menacé par de nouvelles méthodologies, lesquelles sont d’ailleurs susceptibles d’ouvrir l’astrologie vers un public rebuté par l’ambiance actuelle et notamment par un public dont la composition est de plus en plus dissuasive aux yeux de nouvelles recrues potentielles (notamment dans les catégories  des « jeunes » et des hommes (cf. notre reportage sur le Second Forum International de l’Evolution de la Conscience, octobre 2013, sur Teleprovidence)…

Nous sommes donc en plein dans notre sujet, à savoir la nécessité d’une prise de relais, pour les 4 ans à venir (Saturne en scorpion  et  Sagittaire (Antarés), par des personnages  capables de désenclaver l’astrologie et de conduire l’astrologie vers des espaces plus vastes car potentiellement ‘Astrologie a vocation à jouer un rôle central au sein des Siens de l’Homme ; au sens le plus large.

 

JHB

19 10 13

 

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La main et le bras: serpent de la Génése

Posté par nofim le 16 octobre 2013

Les mains, comme interface entre l’homme et la machine. La symbolique du Serpent/.

 

Par Jacques Halbronn

 

 

 

Nous montrerons dans cette étude à quel point il importe de se méfier des mains et de leur usage intrusif et abusif. Jeu de mains, jeu de vilain. Sans les mains, le monde serait certainement plus sain : on pense au port d’armes en particulier qui permet à l’être le plus  faible d’exercer un pouvoir usurpé. La main est un gage d’égalité entre les sexes, entre les hommes en ce qu’elle permet toutes sortes d’additions, de compléments, de prolongements.  Elle est le cheval de Troie à la fois qui nous appartient et qui nous trahit, qui est à la charnière entre l’intérieur et l’extérieur, comme la fente qui permet de place une clef USB dans un appareil. La main manipule.

 

Nous avons déjà abordé ce sujet mais il nous apparait qu’il convient de le considérer au sens propre du terme, ce qui signifie que certaines attitudes des femmes envers les hommes sont susceptibles de produire chez eux de l’impuissance, au sens sexuel du terme.

Une forme de castration passe par  l’aide que l’on entend apporter à l’autre et qui permet à celui qui aide de jouer un rôle actif et non plus de spectateur devant subir les initiatives et les pulsions et impulsions de l’autre.

La femme castratrice, dans le domaine sexuel, est celle qui veut participer au processus d’érection du pénis, en le touchant, en le « modelant » entre ses mains, l’homme se contentant en quelque sorte de la laisser  faire. Bien entendu, logiquement, une fois le phallus  « préparé », elle se placera sur l’homme et saura habilement et avec une certaine expertise se mouvoir de sorte que l’homme n’ait plus qu’à l’aider, elle, à accomplir « son » travail à elle.

Le problème, c’est que peu à peu, l’homme perd carrément le contrôle de son sexe et n’a plus l’énergie pour parvenir à l’érection sans un adjuvant, et simplement au contact du sexe de la femme de par son propre sexe, si celui-ci est suffisamment et naturellement humecté de par lui-même, du fait de l’excitation féminine.  En fait, selon nous, les mains n’ont pas de rôle à jouer dans le rapport sexuel stricto sensu. On retrouve d’ ailleurs la main (veuve poignet) dans le cas de la masturbation. Quelque part, un certain comportement sexuel de la femme s’apparenterait à une forme de masturbation qu’elle opérerait en lieu et place de l’homme.

Cette façon de procéder de la part de la femme convient aux hommes quasi-impuissants et met donc ceux qui ne le sont pas au même niveau qu’eux.

Nous avons là un exemple emblématique des effets de toute addition, de quelque ordre que ce soit, dans la vie courante. Et nous dirons qu’il faut éviter, au sens propre comme au sens figuré, de prendre les gens « par la main ». Cette main qui précisément est notre interface avec la machine. Quand une femme tient un pistolet, elle le fait avec sa main. Notre rapport avec les objets passe par la main et c’est la main qui nous enchaine à eux.

En ce sens, celui qui est « manuel » est en opposition à celui qui est « intellectuel », le manuel ayant besoin, comme son nom l’indique de ses mains et de tout ce qu’elles peuvent porter, lui apporter, comporter. La main est en effet un contenant qui peut mettre ensemble des objets très divers. Elle peut prendre la forme d’un bol quand la gauche et la droite s’associent.

La cuisine est un lieu qui accorde une grande importance au rôle de la main, que l’on songe à tout ce qui touche à la vaisselle (dans tous les sens du terme). Mais les mains, cela se lave même si l’on peut parler d’un lavage de cerveau. On s’en lave les mains (Ponce Pilate, Evangile). Dans la cuisine, le fait d’ajouter toutes sortes d’ingrédients au produit de base est d’ordre manuel et contribue à rendre comestible, mangeable, ce qui ne l’est pas nécessairement au départ, au prix de quelque artifice.

Souvent, quand on veut aider ou être aidé, on parle d’un « coup de main » ou d’un « coup de pouce » (voir la pub de la Société Générale), c’est-à-dire d’un secours qui vient pallier une défaillance, une faiblesse, une carence, un handicap. / Les mains tiennent, soutiennent, maintiennent, contiennent. Les radicaux »porter » et « tenir » et tous leurs dérivés nous intéressent du point de vue de la morphosémantique. A partir du radical, l’enfant peut deviner le sens des dérivés à l’usage. Il n’a donc besoin que d’un faible nombre de « signifiés » pour recourir au signifiant.(cf. nos travaux sur ce sujet, sur le blog « nofim », sur grande-conjonction.org, sur hommes-ét faits.com, sur Encyclopaedia Hermetica, sur la Revue Française d’Histoire du Livre, 2012). C’est dire que la main occupe une place importante dans l’élaboration du langage. On pourrait ajouter d’autres radicaux comme « mettre » également dotés de nombreux dérivés et qui se référent  implicitement ou explicitement  aux mains. Le seul fait de tenir  un livre –sans parler du fait d’écrire- passe par la main.

En conclusion, nous dirons que moins on se sert des mains, mieux cela vaut pour l’être humain qui se doit d’être auto-suffisant. Même un enfant qui se « tient » dans le métro à la barre perd de son autonomie et ne prend pas la pein de trouver un équilibre en faisant travailler ses muscles des jambes et des pieds. « Tiens-toi », ne cesse-t-on de lui dire, donc  on l’incite à s’accrocher à quelque chose qui lui est extérieur.  On aura compris que le rapport à nos mains doit être surveille dès l’enfance. Et la réglé devrait être « sans les mains ». Dès que l’on veut s’équiper, s’appareiller,  échapper à la nudité, dans tous les sens du terme, on se sert de ses mains Comme on l’a dit, une société égalitariste va privilégier les mains (noter la main sur l’emblème du Parti Socialiste) alors qu’une société qui veut faire apparaitre ses ressources humaines les plus précieuses et les plus rares   tendra à bannir l’usage de mains, y compris en ce qui concerne les rapports sexuels. Le mot même de handicap signifie à ‘origine, le fait de ne pas se servir de ses mains (de les mettre sur la tête (cap). De nos jours un handicapé est au contraire celui qui aura besoin de ses mains pour s’en sortir, que ce soit physiquement ou mentalement (langage des signes). Le seul fait de « mettre » ses lunettes exige les mains alors que celui qui a une bonne vue peut voir sans passer par sa main. Il convient de faire notre examen de conscience et de repérer tout ce qui passe dans notre comportement  par les mains (singulier ou pluriel) et cela pointera nécessairement vers tout ce qui sonne  faux chez nous, ce qui fait que nous essayons de nous faire passer pour ce que nous ne sommes pas, à nous transformer pour donner le change. Même en musique, l’expression musicale la plus pure n’a pas besoin des mains  ni d’aucun instrument. Nous sommes capables de siffler, de parler sans nos mains ni bien entendu sans ce qu’elles peuvent tenir. .

Il y a dans les mains quelque chose de diabolique. C’est la tentation par excellence que de recourir au pouvoir que nous offrent les mains et d’une certaine manière, nous identifierons les mains au serpent de la Genèse et n’est-il pas vrai que nos  bras évoquent la forme d’un serpent ? On notera des positions comme « les mains derrière le dos » ou « les bras croisés » qui indiquent le renoncement à l’usage des mains. Qui trop embrasse mal étreint. On notera que le baiser n’exige pas la main alors que le verbe embrasser comporte « bras ». (Tenir dans ses bras, à bout de bras, d’où le nom de la nage appelée « brasse »). Il y a dans embrasser, l’idée de s’accrocher à l’autre. Qu’on est bien dans les bras d’une personne du sexe qu’on n’a pas etc. Le Serpent biblique  n’est pas le sexe mais le bras qui porte le poignet et  la main. Il y a là une écologie spirituelle qui  désigne l’adversaire, le péril au prisme de tout ce qui touche à la main. Les mains sont un prolongement comme les branches pour le tronc qui à certains moments le dissimulent par leur feuillage. Autrement dit, un usage abusif des mains conduit à perdre la conscience de l’essentiel.

 

 

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JHB

15  10 13

Publié dans DIETETIQUE, FEMMES, LINGUISTIQUE, MUSIQUE, PSYCHOLOGIE | Pas de Commentaire »

Le divorce mythologie/astronomie

Posté par nofim le 15 octobre 2013

Critique de la notion de couple planétaire en astrologie

Jacques  Halbronn

 

 

Nous avions invité, cela fait quelques mois, les chercheurs en astrologie mondiale à adopter une méthodologie rigoureuse en partant des observations sur le terrain pour constituer des séries qu’il conviendrait ensuire de relier à d’éventuelles configurations astrales, étant entendu que le résultat puisse se révéler négatif.  Christian Moysan (dans son dernier texte sur les Etats Unis, qu’on lira sur Aldébaran) résume à sa façon notre propos :

« Naguère le père de l’astrocyclologie invitait la communauté astrologique à relever les récurrences significatives entre certains évènements historiques, afin d’identifier les configurations astrales concomitantes susceptibles de les avoir déterminées ».
Il semble que M. Moysan  ait compris le terme « configuration » de façon très extensive si l’on en croit l’exposé qui fait suite à son rappel (auquel nous renvoyons) et qui est censé illustrer et appliquer un tel programme que nous avions proposé à la communauté astrologique. Dans notre esprit, le terme « configuration » impliquait une combinatoire récurrente qui ne passait pas par une multiplication de planètes ou d’aspects. Moysan nous parle de Mars, très bien, mais il l’envisage dans les situations les plus diverses, sur la base d’une série de thèmes. Or, s’il y a bien une notion qui était d’office exclue de notre programme, c’est bien celle de thème, qui ne saurait constituer une « configuration ». Pour nous une configuration, c’est le retour des mêmes facteurs dans la même position, que ce soit en conjonction ou autrement. Moysan veut faire mine d’avoir compris qu’il suffit de prendre Mars et de montrer que chaque fois Mars est valorisé, lors des guerres, en tenant compte des aspects qu’il a tantôt avec une planéte tantôt avec une autre. Or, le seul fait que l’on modifie le facteur qui se combine avec Mars rend caduque une telle démonstration. On aura compris que le partenaire de Mars doit être constamment le même avec des aspects qui sont aussi les mêmes si les événements dont on veut rendre compte semblent analogues.  Mais cela implique aussi, en termes de cyclicité, qu’il n’y ait pas un seul type d’événements mais au moins deux voire trois correspondant chaque fois à des intervalles différents entre l’astre le plus rapide et l’astre le plus lent. Or, il semble que M.Moysan ne considère qu’un seul type d’événement. Si Mars est la guerre, alors il doit nous montrer, nous semble-t-il, que tel intervalle favorise la guerre et tel  autre la rend peu probable, par exemple. C’est cela la cyclicité et la récurrence. Pour qu’il y ait récurrence, il faut que dans l’intervalle, il y ait eu un événement de nature opposée autrement il n’y  a pas  « retour ». En effet, le paradoxe de toute cyclicité, c’est qu’elle intègre le pôle opposé.  Il est donc vain de dire qu’il faut deux planètes pour incarner deux énergies opposées (Mars et Vénus, Jupiter et Saturne etc.) puisque nous avons en réalité en astrologie des énergies positives représentées par la conjonction d’une planéte  et des énergies négatives, représentées par l’opposition de cette planéte à son partenaire plus lent –et éventuellement fixe (étoile).  

A partir de là, l’on prend conscience, avec un certain effarement, que l’astrologie a fait fausse route depuis des siècles voire des millénaires en attribuant à deux planètes le soin d’incarner une polarité  quand une seule planéte suffisait. Cela montre bien que l’on ne peut passer sans précaution de la mythologie à l’astronomie. Pour nous, quand Mars est fort, Vénus est faible et inversement, ce que nous rappelle la Tradition quand elle place  le domicile de Mars à l’opposé de celui  de Vénus, par exemple. Il n’est pas concevable que Mars et Vénus soient forts en même temps ou faibles en même temps ! Et c’est bien là la cause du caractère extrêmement ambigu du discours astrologique ordinaire qui veut le beurre et l’argent du beurre.

Si les astrologues avaient adopté une démarche cyclique, ils n’auraient pas accepté de désigner deux astres distincts pour incarner deux principes distincts.

Dès lors, l’historien de l’Astrologue est en droit de se demander si la dénomination des planètes a pu être le fait d’astrologues ! Nous pensons  bien au contraire qu’elle a été effectuée par des gens ignares de tout principe cyclique et point des tous philosophes, à savoir les astronomes. Et c’est aux astrologues actuels qu’il  revient d’ironiser sur ces astronomes qui ont appelé une planéte Mars et une autre vénus, soit deux astres qui n’ont pas la même vitesse de révolution et qui en pratique ne sont pas astronomiquement en dialectique l’un par rapport à l’autre.

De même lorsque Barbault oppose Jupiter à Saturne – ce qui d’ailleurs n’est pas justifié par la théorie des domiciles – il oublie que Saturne correspond à un déclin de l’énergie jupitérienne et qu’il n’est donc nullement souhaitable de disposer ici de deux planètes distinctes.  Il y a là une carence évidente au regard de la philosophie du cycle ! Et l’on ne s’étonnera pas des errements des générations qui auront suivi. Rappelons quand même que la nuit ne cohabite pas avec le jour même s’il y a un soleil et une lune ! On n’a pas à la fois le jour et la nuit mais bien une alternance. Or, l’astrologie semble avoir totalement perdu de vue ce principe d’alternance sinon elle n’attribuerait pas des principes opposés à deux planètes distinctes.

Déontologiquement, cela signifie qu’un astrologue se doit d’annoncer systématiquement à son client les positions successives d’une configuration, c’est-à-dire le passage par des phases aux significations opposées, ne serait-ce que pour se faire bien comprendre de son interlocuteur et de situer les choses les unes par rapport aux autres.

Mais rappelons aussi, que pour nous, en astrocyclologie, nous ne considérons qu’un seul cycle, ce qui évite toutes sortes d’interférences En effet, il y a des convergences entre Vénus et Neptune, donc il serait fâcheux que Vénus soit fort en un instant T et Neptune faible et inversement. Idem pour Mars et Pluton par exemple/. On peut ainsi se demander si l’on ne peut classer les  dieux en deux ensembles et donc qu’il suffirait d’une seule planéte que l’on suivrait dans son cycle pour épuiser le sujet selon sa dialectique. Autrement dit, une seule planéte suffit à couvrir l’ensemble du champ sémantique de l’austro-mythologie. Ne parlons pas d’Uranus qui  est censé incarner le changement,  comme si l’on avait besoin d’un tiers facteur alors même que le passage de la conjonction à l’opposition  est en soi un phénomène « uranien ». Le fait de faire entrer en jeu une planéte et non pas seulement un principe  embrouille totalement le discours astrologique. On pourrait éventuellement pour aller dans le sens des astrologues considérer qu’Uranus représente le sas entre les extrêmes, une sorte d’équinoxialité, tout comme Mercure, par exemple..

Que les astrologues se référent aux planètes pour situer tel ou tel principe, pourquoi pas, mais à condition que l’on ne se mette pas à considérer la cours de chaque planéte pour se faire une idée  du principe correspondant. C’est dire, ce que ne semble pas avoir relevé Patrice Guinard dans sa thèse, qu’astronomie et philosophie ne sauraient faire bon ménage. En revanche, une astrologie  autonome par rapport à l’astronomie serait en mesure de mettre la philosophie en équation et en cycle.

Nous voudrions terminer notre propos en rappelant que l’astrologie du XXIe siècle doit être intuitive, c’est-à-dire qu’elle doit faire preuve de bon sens et ne pas aller à l’encontre du sens commun. Les gens ne veulent plus qu’on leur farcisse la tête avec tout un catéchisme. Ils ne demandent que d’être mis sur la voie, de disposer d’un cadre très général qu’ils aménageront à leur guise, même s’il leur faut tâtonner et faire leurs propres expériences. Une des raisons de la défaveur de l’astrologie chez les jeunes et chez les hommes tient au fait qu’ils préfèrent une tête bien faite à une tête bien pleine. Par approche intuitive, nous entendons que désormais toute technique, tout « appareil » doit  se laisser deviner, à commencer par le langage que l’enfant décrypte en comparant les mêmes occurrences  de mots avec les situations correspondantes sans qu’il ait besoin qu’on lui mette les points sur les I. Cette récurrence que nous demandions aux astrologues de repérer n’est décelable que si l’on a l’habitude d’observer le monde à partir de la répétition des mêmes signifiants. Il est clair que ce que propose Moysan est aux antipodes de cette approche intuitive d’un savoir et précisément, il incarne en effet une humanité  en phase de « disruption », au sens de l’astrocyclologie, c’est-à-dire parvenue à un certain stade d’abrutissement qui ne lui permet plus de se fier à son intuition et a besoin de passer au stade du signifié, c’est-à-dire qui nous dit ce que les mots doivent signifier, ce qui va à l’encontre de l’expérience de vie des personnes ayant une certaine tonicité mentale. Or, le XXIe siècle sera très cruel envers ceux qui ne comprennent pas par eux-mêmes. On peut même dire que cela constituera de plus en plus un critère de sélection « naturelle » avec beaucoup de laissés pour compte qui ne pourront profiter que des phases nocturnes quand la visibilité est réduite, ce qui constitue un nivellement par le bas..

 

 

 

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JHB

15   10  13

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Etudes linguistiques – Le sourire : tromperie sur la marchandise

Posté par nofim le 22 août 2013

Nous vivons dans un monde de faux semblant, de parures, de fards. Les gens  se font passer pour ce qu’ils ne sont pas,  tout n’étant qu’une question d’argent ou tout simplement d’emprunt car qu’est-ce que l’acte  d’acheter sinon le droit d’emprunter, de s’approprier ce qui ne nous appartient pas. Proudhon écrivait, au XIXe siècle,  « la propriété, c’est le vol ! ».  En effet, acheter n’est pas incompatible avec l’acte d’emprunter. Bien au contraire. 
Nombreux ceux  qui, non sans un certain cynisme, considèrent que tout le monde emprunte,  s’endette d’une façon ou d’une autre. Ce n’est pas l’argent qui corrompt mais ce qu’on en fait et ce que cela  nous permet d’emprunter et  donc de nous déguiser, de nous travestir. L’habit ne fait pas le moine.
Mais nous pouvons aussi imiter autrui sans passer par un objet extérieur, sans recourir à quelque maquillage. C’est le cas du sourire qui nous apparait comme un « masque »  qui nous « transfigure » littéralement. Apprendre à sourire, c’est  se doter d’un  masque ; ce sourire qui « anime » tout le visage, de la bouche aux yeux. Cela permet ainsi à des personnes qui ne sont pas « belles » de séduire par le biais de leur sourire, de leur regard, un peu comme un plat que l’on pimente de quelque ingrédient. En effet, quelque part, tous les sourires se ressemblent, se décalquent.  Deux visages qui sourient offrent inévitablement des points communs, tout comme deux têtes barbues ou moustachues.  D’ailleurs, il est plus facile de dessiner un visage souriant ou barbu qu’un visage imberbe et qui ne sourit pas. Ce qui est outré est plus  facilement imitable, duplicable. Le sourire tend d’ailleurs à distordre le visage et s’apparente d’ailleurs à la grimace.  On dira que le sourire relève du langage, de quelque mode d’expression dont on use et parfois abuse mais qui nous est quelque part étranger, que l’on se plaque (comme le « plaqué or »).
Le sourire pose toute l’ambiguité du langage. Ce que nous disons nous appartient-il. Toute parole est le fruit d’un emprunt. Tout dépend si on sait la faire fructifier, lui conférer une nouvelle vitalité ou si on la garde telle quelle (voir la parabole des talents dans l’Evangile).. CE que nous exprimons par le langage est-il authentique, nous représente-t-il vraiment ? Cela n’est évidemment pas le cas quand nous nous contentons de lire un texte. Le texte, normalement, est ce qui nous permet de dépasser la langue mais quand il est lui-même répété, il ne peut jouer ce rôle de transcendance, il ne nous émancipe pas du langage appris et emprunté, d’où le scandale du plagiat qui est un détournement de la fonction du texte.
Selon nous,  l’authenticité ne passera donc pas par le sourire ni même par le visage. Il faut laisser le corps parler et l’on peut penser que l’acte sexuel est plus « vrai » que le sourire qui en est souvent un préliminaire voire un adjuvant et non une fin en soi.
Dans notre modèle A/B, le sourire appartient au monde du B. Il donne le change, il compense un manque énergétique, il est un pis aller dont on fait de nécessité vertu. En ce sens,  le sourire nous apparait comme une valeur « surfaite » et d’ailleurs, les animaux ne sourient pas. On ne dira pas d’un cheval qu’il est beau parce qu’il sourit.  Le plus souvent, les mannequins ne sont pas pris en train de sourire. Le sourire est réservé à une certaine médiocrité des traits. Il est comparable à toutes ces épices que l’on ajoute à un plat autrement insipide. Tout comme l’apprentissage de la lecture,  celui du sourire appartient à l’éducation d’un certain mensonge. Lecture et sourire sont les deux piliers d’une certaine intégration sociale minimale.

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L’apprentissage des langues et le principe de récurrence

Posté par nofim le 22 août 2013

Nous avons lors de présentes études préconisé une forme d’autodidactique fondée sur la récurrence. L’élève doit découvrir par lui-même le sens des mots qu’il entend autour de lui ou  plutôt, de préférence, qu’on lui présente au cours d’un enseignement soigneusement gradué. En effet, si un mot revient en diverses circonstances, il doit être possible de percevoir le dénominateur commun qu’il constitue.  Ce mot aura beau prendre des formes diverses, avec des changements de préfixes ou/et de suffixes et autres dérivés, il devra être identifié de par sa récurrence. L’élevé pourra  et  devra deviner de quoi il retourne.
Il semble d’ailleurs que l’intelligence humaine soit experte  à capter toutes formes de récurrences au point que l’on pourrait parler d’une intelligence de la cyclicité.
On sait par ailleurs que certaines langues se prêtent moins aisément à un tel exercice dès lors qu’elles sont hybrides et ne comportent  qu’une partie de la chaine morphosémantique. On pense notamment au cas de l’anglais dont l’hétérogénéité des mots (signifiants) ne saurait être compensée par le recours intensif au signifié. Dans ce cas, l’éveil de l’intelligence récurrente  est  inhibé, découragé.
A partir du moment où l’apprentissage d’une langue par voie de récurrence est empêché ou freiné, l’on peut s’attendre à ce que la faculté de percevoir des récurrences dans le monde s’en trouvera affaiblie, compromise.
Nous avons pu observer ce type de pathologie cognitive chez les personnes se livrant à la pratique de l’astrologie.  Ces « astrophiles » semblent incapables de capter des récurrences par elles-mêmes. Elles ont besoin qu’on les prenne par la main et que le « signifié » les mette sur la voie pour relier des choses qu’elles n’auraient pas perçues comme récurrentes si cela ne leur avait pas été indiqué. Mais en même temps, ces personnes  seront à la merci de ce qu’on leur dira, devront croire « sur parole ».  Les données astrologiques sont censées permettre de capter des convergences, au vu de la comparaison des « thèmes », constitués de divers facteurs récurrents d’un thème à l’autre, (signes, planètes etc.). .
Nous observons donc  différents niveaux de récurrence.
- Le niveau des signifiants, des phénomènes que le sujet est censé relier entre eux par sa seule observation.
- Le niveau des signifiés, des significations  qui sont proposées, dictées au sujet par autrui, de l’extérieur.
Le premier groupe correspondrait à ce que nous appelons dans notre jargon cyclologique, l’ensemble A  et le second groupe à l’ensemble B, moins autonome, moins créatif, moins observateur et qui n’observe que ce qu’on l’induit à observer.
Il est essentiel dans les écoles, dès le premier âge, de repérer par des tests les enfants de type A par rapport à ceux de type B. Ceux qui sont de type A devront suivre une formation adéquate de type signifiant  qui ne perturbera pas leur forme d’intelligence. Ils apprendront le français.  Ceux qui sont de type B suivront une formation « classique » passant par un certain endoctrinement de type « signifié ». Ils apprendront l’anglais.
Nous nous proposerons donc d’établir des tests d’observation – on parle de « sens de l’observation » –  permettant un tel classement A et B.
En ce qui concerne les groupes A,  on devra les suivre dans le cadre d’une formation appropriée qui encouragera l’autonomie de l’intelligence et ne sera pas dissuasive.  Il est probable que l’on préférera un encadrement masculin pour A et féminin pour B.
Les astrologues reconnaissent eux-mêmes  avoir du mal à décoder le monde à l’état brut  et qu’il leur faut des indices, des compléments pour lire le monde. Ils déclarent  même qu’ils préfèrent percevoir le monde au travers d’une grille qui leur est donnée de surcroit et qui, comme on  l’a vu plus haut, facilite les connexions. Dans certains cas, ces connexions sont pertinentes dès lors qu’elles font consensus dans tel ou tel  groupe, c’est notamment tout le processus des synonymes. Dans d’autres, elles sont artificielles si ce n’est dans des milieux qui les entérinent, comme le milieu astrologique. En tout état de cause, cela ne fonctionne que dans des milieux spécifiques qui acceptent les suggestions proposées comme lorsqu’il est dit que deux personnes vont s’entendre du fait de la compatibilité des thèmes de naissance respectifs.
JHB
08.08.13

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Linguistique et psychologie des peuples : la « surmotisation »

Posté par nofim le 10 août 2013

Quelle est l’influence des langues sur les locuteurs ? Nous avions déjà signalé certaines pistes. C’est ainsi que la grammaire de certaines langues est plus structurée, de façon plus évidente, plus tangible. Certaines langues marquent plus nettement le masculin et le féminin, le singulier et le pluriel et cela peut retentir sur l’organisation sociale des locuteurs pratiquant telle ou telle langue. Selon nous, la langue contribue à notre représentation du monde.
Une langue dont les déclinaisons et les conjugaisons est traitées de façon assez minimale, elliptique,  ne fournit une image forte du pouvoir et de son arborescence, de sa hiérarchie, de sa centralité. La langue anglaise ne véhicule pas une représentation  marquée et marquante de l’exercice du pouvoir, ce qui semble bien correspondre à son histoire avec la Magna Charta, au Moyen Age, la monarchie parlementaire, le refus des régimes autoritaires. Nous  rappellerons le fait qu’en anglais,  la conjugaison verbale se réduit aux pronoms personnels, que le pluriel et le singulier sont souvent mal différencié (usage du « you » dans les deux cas, pas de marque de pluriel pour les adjectifs etc)
Mais c’est un autre aspect que nous entendons aborder dans la présente étude à savoir le processus de la dialectique signifiant/signifié, problématique que nous avons déjà traitée par ailleurs. Quand le réseau des mots (signifiants) d’une langue est corrompus, détérioré, comme dans le cas de l’anglais, les locuteurs sont pénalisés et placés dans un état de dépendance par rapport à la société à laquelle ils appartiennent. Leur liberté de circulation, d’usage de la langue est sous surveillance, conditionné.  En ce sens, il est vital de prendre conscience de ce que peut introduire, produire  la pratique, l’usage de telle ou telle langue sur les mentalités.  En ce sens, les langues ne sont pas égales contrairement à ce qu’a voulu faire croire la linguistique du siècle dernier, laquelle cherchait avant tout à montrer l’universalité des processus linguistiques, notamment par le biais de la phonologie. Même la distinction de Saussure à propos du signifiant et du signifié va dans le sens d’une théorie générale de la langue dépassant les clivages et les différences entre les langues. Mais cette tendance « structuraliste »  faisait abstraction de certaines pathologies des « savoirs » – et la langue est un « savoir- liées à la diachronie, à l’Histoire des peuples, des conquêtes, des emprunts de langue à langue. Bien pis, cette ligne de pensée oubliait de traiter la langue en tant qu’outil plus ou moins performant, en tant que technique, que média (Cf.  Claude Hagége.  Contre la pensée unique. Ed Odile Jacob, 2012). Il est vrai que l’on en est arrivé à considérer que toutes les langues fonctionnaient pareillement avec la même emprise du « signifié » sur le « signifiant ».  Or, il n’en est pas ainsi, d’où la promotion d’une linguistique du signifiant face à une linguistique du signifié propre au siècle précédent.
La linguistique du signifié prend pour modèle des langues qui prennent la peine de préciser le sens de chaque mot, ce qui surcharge d’ autant l’apprentissage et le décodage de la langue. Le locuteur ne peut ici être laissé à lui-même, il est suivi et guidé à tout instant par un  Surmoi, le Signifié étant un « Sur-moi ». Les langues qui sont les plus sujettes à une telle « surveillance » sont les plus hybrides, les plus bigarrées car on circule mal sans aide au sein de telles langues. On pense notamment à l’anglais en sa qualité de langue mondiale.
A contrario, une langue comme le français laisse davantage  les coudées franches à ses locuteurs. C’est ce que nous appelons la linguistique du signifiant qui se passe plus aisément du signifié-Surmot. Cela tient au fait que de nombreux mots se ressemblent, que les synonymes y sont moins fréquents ou moins nécessaires. En pratique, cela signifie que les locuteurs sont plus autonomes les uns par rapport aux autres, qu’ils ne passent par le truchement d’un Big Brother qui fixe des normes sémantiques rigides, à ne pas transgresser, sous peine de chaos. La langue française se prête mieux au cogito individuel et chaque locuteur est invité à se constituer son propre « signifié » dès lors qu’il respecte une certaine exigence morphosémantique : ce qui se ressemble s’assemble.  Entendons par là que le locuteur définit le signifié non pas par un recours extérieur au signifiant mais par une connaissance de l’intérieur de ce qui sous-tend la diversité des emplois d’un même mot ou plutôt d’une mémé série de mots parents entre eux, du fait de leur racine commune. Autrement dit, le locuteur est invité à se faire une certaine idée de la  langue, ce qui évidemment conduit à un pluralisme plus marquant que pour des langues « surmotiques » comme l’anglais.
Dès lors, on pourra dire que l’anglais est une langue plus rigoureuse, donc plus rigide que le français du fait se sa surmotisation mais favorisant moins une certaine autonomie intellectuelle en profondeur. La créativité anglaise se joue plus en aval que la créativité française, ce qui explique d’ailleurs, par une sorte de cercle vicieux, la tendance de l’anglais à emprunter dans la mesure où le signifiant n’est pas une fin en soi et sera intégré par le biais du signifié. En français, le mot n’est pas isolé, il est en réseau alors qu’en anglais, le mot n’est en réseau que par le biais du signifié et du Surmot, qui fait songer à une sauce (gravy) ou à une crème (custard) que l’on ajouterait. L’orthographe même du français incline le locuteur à méditer sur sa langue en en explorant toutes les pistes sans passer par un « signifié » externe fourni par-dessus le marché, de surcroit. En français, les mots sont regroupés par champs sémantiques assez larges et non individuellement mais paradoxalement, cela permet précisément au locuteur de cultive un certain droit à la différence et au doute, dès lors que personne n’a autorité pour fixer le sens de chaque mot comme c’est le cas en anglais.
En ce sens, l’anglais est une langue idéale si ‘on fait jouer la « surmotisation », c’est-à-dire une instance qui supervise et qui ordonne mais le français est une langue préférable pour développer une pensée personnelle, en ce sens qu’une telle instance n’est pas légitimée et que le propos d’autrui est fonction de sa propre investigation, ce qui exige une certaine écoute de l’autre que le locuteur anglais n’est pas encouragé à assumer.
On aura donc compris que chaque langue détermine par son mode de fonctionnement un mode d’existence du groupe. En ce sens, les tentatives de la linguistique du XXe siècle pour unifier l’idée de langue nous semblent avoir été assez vaines et le distinguo saussurien du signifiant et du signifié tout comme les instances freudiennes du Surmoi et du Moi sont à revisiter.
JHB
26.07.13

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Le XXIe siècle et l’éloge du silence par jacques Halbronn

Posté par nofim le 26 juillet 2013

Nous pensons que le silence va devenir une valeur discriminante.  Il  y aura ceux qui auront besoin de parler, de questionner et ceux qui  réfléchiront par eux-mêmes sans interpeller, interroger qui que ce soit. On assiste à un phénomène à l’opposé du passage du cinéma muet au parlant (cf. le film  The Artist) avec le passage  du parlant au muet. En  linguistique, on a appris à distinguer, il y a 100 ans entre le signifiant et le signifié, ce dernier étant un commentaire du premier. Nous allons vers une ergonomie du silence,  ce qui rejoint certaines valeurs religieuses (vœu de silence). Le silence sera un facteur de différenciation sociale. La parole  est le fait des non-voyants, de ceux qui ont des yeux et ne voient pas, pour paraphraser les Evangiles. Celui qui ne voit pas parle, « cause ».
Il y a des langues qui enseignent mieux le silence que d’autres. Par exemple l’anglais  encourage le bavardage (le « chat » prononcer tchat) alors que le français  est plus propice au silence. Nous parlons évidemment de l’apprentissage de la langue. Il est plus facile de se repérer en français qu’en anglais sans avoir à demander son chemin, un ‘ »renseignement ». Une langue comme l’anglais qui emploie le mot « million » mais ne connait pas « mille » et se sert de « thousand » ne saurait être un modèle de transparence.
Le silence et la solitude vont de pair si l’on associe à solitude la notion d’autonomie, d’avancer par ses propres moyens.
Celui qui réfléchit en silence ne craint pas les indiscrétions, échappe à toute forme d’espionnage, si l’on inclut l’écriture dans la parole. On dit qu’un croquis vaut mieux qu’un long discours. Le bon enseignant doit savoir dessiner voire jouer d’un instrument car le son d’un instrument convient au silence, il ne saurait être assimilé à la parole sauf sous des formes bâtardes comme le chant,  l’opéra wagnérien, par exemple, à l’opposé du ballet qui ne souffre aucune parole. Un enseignant « verbeux » ne maitrise pas son sujet, il ne communique pas correctement avec son auditoire. Il ne sait pas déléguer, « montrer ». Il sait que  ce qu’il a  à dire ne se suffit pas à lui-même et qu’il faut parler, parler pour combler, masquer les manques. On a là une mauvaise ergonomie, un piètre algorithme.
L’homme silencieux est celui qui ouvre les yeux, qui observe, qui devine, qui ne pose pas de questions à autrui mais à lui-même, qui s’interroge plutôt qu’il n’interroge. Cet homme du silence n’est pas un aveugle, atteint de cécité qui doit se fier à ce qu’on lui dit, lui explique, qui ne peut donc juger, avancer par lui-même. Le monde de la technique exige de plus en plus que le mode d’emploi de toute chose se « devine » promptement. Celui qui ne devine pas va voir le devin  qui lui parle, parle,  interprète les signes. Celui qui est dans le silence voit loin et au loin car le silence exacerbe la vision qui est notre principal rapport au monde. Celui qui  ne voit pas (ou mal) exacerbe le rôle de la parole ; il ne sait pas ni ne peut se taire. Il n’est pas dans le tacite, dans l’allant de soi, dans ce qui va sans dire.
Face à ce monde du  silence, il y a un autre monde qui est celui de ceux qui ont   besoin d’échanger, de communiquer et qui souvent gênent la réflexion silencieuse des membres de l’autre monde, pour qui la parole ne saurait être que lapidaire, minimale, se réduisant parfois à un geste, à une forme, à une danse, à une pantomime….
L’improvisation est un acte silencieux quant à sa préparation. Elle n’exige pas d’instructions. Elle n’est pas un commentaire de quelque chose qui est déjà là.
Nous avons dans de nombreux textes insisté sur l’opposition entre le monde du visible et de l’invisible, de l’extérieur et de l’intérieur. Paradoxalement, celui qui est dans l’invisible est dans le silence, il ne communique qu’avec lui-même, sans risque d’interférence tandis que celui qui est dans le visible est marqué par le monde extérieur. Mais cet invisible intérieur est en fait visible pour celui qui a su développer un regard intérieur, qui sait se retrouver  en lui-même Et d’ailleurs, quand nous apprenons à parler, nous sommes livrés à nous-mêmes, c’est à nous qu’il revient de nous repérer, d’identifier les points qu’il faut activer, comme lorsque l’on sait siffler un air. Le silence est écologique et la parole pollue l’espace vital. Ceux qui posent des questions à haute voix perturbent les autres et il sera de plus en plus nécessaire d’interdire de parler dans les lieux publics au même titre que de fumer ou de réserver des espaces pour ceux qui ont besoin de parler. .
Normalement, il doit être possible de deviner l’usage propre à un objet en l’observant, en l’examinant sous toutes ses coutures. On ne doit pas accepter un discours qui nous semblerait décalé par rapport à notre perception d’un objet. Mais cela vaut aussi pour les gens que nous rencontrons : c’est à nous d’apprécier, de juger et ce que la personne dit d’elle-même ne saurait nous influencer. On se méfiera de tout  commentaire, c’est-à-dire de ce qui nous dit « comment » il faut voir les choses ou les gens. Nous avons appliqué une telle méthodologie à différents objets de recherche en vue de restituer la destination première d’une chose, d’un outil.  On pense au cas de l’astrologie, dont l’usage a été considérablement dévoyé et détourné. On pense aux femmes sur lesquelles on a plaqué toutes sortes de représentations dont la plus grossière est probablement l’idée qu’elles n’ont rien de différent d’avec les hommes, ce qui est une insulte à notre intelligence et qui conduit à une civilisation où le signifié envahit le champ du signifiant, où ce qui compte n’est plus ce que l’on voit mais ce que l’on nous dit de voir.
Nous avons consacré des études au sens du goût. Nous pensons que c’est un sens qui favorise l’imposture, qui nous fait prendre une chose pour une autre, avec ses additions d’arome, qui  nous trompent sciemment sur la marchandise et nous manipulent.. Le goût, c’est la présence de l’absence. Quel génie de l’escroquerie inspire ce sens fallacieux. D’où l’importance de la vue pour ne pas prendre des vessies pour des lanternes :!
JHB
13. 07.13

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Enseignements épistémologiques de l’emprunt linguistique

Posté par nofim le 26 juillet 2013

Dans les années 1980, nous avons consacré de nombreux travaux à l’emprunt linguistique dont beaucoup sont restés inédits tant sur papier que sur le web :  
Linguistique de l’erreur et épistémologie populaire,1987. et  
Langue et culture. Essai de description critique  du système du français à la lumière des relations interlinguistiques (1989)
Quel était l’enjeu de ces recherches ? On pourrait resituer celles-ci dans le cadre d’une linguistique du signifiant qui a toujours été déterminante dans notre démarche par opposition à une linguistique du signifié.
nous avons consacré de nombreux travaux à l’emprunt linguistique dont beaucoup sont restés inédits tant sur papier que sur le web   
Nous avions, à l’époque voulu montrer que les emprunts –notamment de l’anglais au français-  étaient fonction des emprunts antérieurs, qu’il y avait une continuité, une structure sous-jacente.
On pouvait, en effet, classer les emprunts selon les suffixes ou les finales. Par exemple si certains mots  se terminant en –ment s’étaient incrustés dans l’anglais, l’on pouvait s’attendre à ce que d’autres mots se terminant pareillement soient empruntés par la suite. Nous avions ainsi isolé une vingtaines de « finales ».
On pouvait même dire que l’emprunt  faisait ressortir une certaine organisation de la langue « empruntée », « prêteuse ». qui n’étaient pas nécessairement décrits  dans l’étude de la dite langue. Autrement dit, l’emprunt était révélateur de la structure de la langue ainsi instrumentalisée bien plus que de celle de la langue emprunteuse.
Cela signifiait que si un mot « étranger » n’entrait pas dans une des catégories préexistantes, il avait peu de chances d’être emprunté par la langue concernée. Bien entendu, il y a un début à tout mais ensuite les choses sont sur des rails.
En ce sens, l’emprunt correspond à une expansion structurelle de la langue emprunteuse dès lors que les emprunts antérieurs ont fait souche. En ce sens,  les mots nouvellement empruntés ne seraient que des dérivations non plus suffixales mais préfixales de « racines » ancrées dans la langue emprunteuse. Cela signifie aussi qu’un lien structurel puissant s’’est instauré, institutionnalisé entre les deux langues, la langue prêteuse ayant un statut particulier par rapport à la langue emprunteuse.
Nous  avons en effet signalé à quel point – et cela vaut aussi pour l’allemand- le français apparait au sein de certaines langues comme un Etat dans l’Etat. Le cas des verbes « faibles » en anglais montre bien que les verbes d’origine française ont un mode de conjugaison qui leur est propre (participe et prétérit en « ed » correspondant à l’ancien français, le « ed » évoluant en français moderne vers le « é » (participe passé).  L’intégration des mots français ne doit guère  à l’anglais ancien mais bien à une certaine lecture des mots français qui ne correspond pas nécessairement à la structure de la langue prêteuse. On est là en face de représentations du modèle de la langue préteuse qui tantôt sont éclairantes quant à l’organisation d’une langue, tantôt en donnent une image distordue, souvent due à un emprunt oral et non pas  écrit.
En un certain sens, les langues empruntant au français s’inscrivent dans le cadre de la sphère francophone. Ce sont des langues « francisées » comme il y a eu des langues « latines ».
Cette linguistique du signifiant laisse à l’usager tout loisir de penser la langue à sa guise, en autodidacte et sans passer par l’usage conventionnel du signifié qui a pu se greffer par-dessus.  C’est pourquoi nous avons ensuite évolué  vers la morphosémantique, c’est-à-dire vers une sémantique du signifiant et non pas du signifié, une sémantique fondée sur ce que le locuteur capte d’une langue sans y  avoir été inité, sans  avoir été « aliéné » par le recours aux synonymes, qui est typiquement une approche par le biais du signifié. Il est clair que l’apprentissage  d’une langue maternelle est synthétique alors que celui d’une langue étrangère est analytique.  Nous avons souvent une appréhension plus structurée d’une langue étrangère, donc d’une langue « empruntée ».
JHB
12.07.13

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polysémie et exigence de précision: la contradiction

Posté par nofim le 11 juillet 2013

Polysémie et exigence de précision : la contradiction
Par Jacques Halbronn
 
Ce qui est à la source, ce qui est matriciel est  nécessairement polysémique, c’est-à-dire se prête  à une diversité de lectures, d’interprétations qui, en revanche, seront de moins en moins polysémiques et donc  considérées comme plus « précises ».  Cette pente du polysémique vers  une perte d’universalité est propre à –toute forme de cyclicité et donc de temporalité. Le temps généré une perte polysémique qui est aussi celle du passage du signifiant au signifié.  Un mot se prête aux acceptions les plus diverses tant qu’il ne s’inscrit dans aucun contexte spécifique. C’est en fait le contexte- et l’ajustement qu’il exige-  qui fait perdre au mot de sa polysémie
Etrangement, on passe ainsi d’une unité à l’autre, de l’unité du polysémique et donc du signifiant (le participe présent indiquant, marquant  une idée de virtualité)  à l’unicité  du sens spécifique, c’est-à-dire du signifié. Mais cette unicité en aval  cohabite avec une infinité d’unicités, tout comme chaque individu cohabite avec une myriade d’autres individus. Il y a donc de quoi créer de la confusion sémantique  autour de représentations opposées du Un.
Est-ce que nous sommes capables de distinguer entre  ce qui est polysémique et ce qui est « spécifique » ?  En fait, cela n’apparait qu’à l’usage.  Si cet usage est limité, c’est qu’il est spécifique et si cet usage est pluriel, c’est qu’il est polysémique. Il est clair que le nom d’un objet est plus spécifique que ne l’est un verbe ou un adjectif qui se prêtent aux traitements les plus divers.
Nous distinguerons au sein d’une langue, les signifiants  à commencer par les racines, les préfixes qui  permettent une très grande fluidité du discours et les « mots »  qui désignent des objets bien « précis », comme crayon,  table,  chemise etc.  Il est regrettable, au regard de la didactique des langues, de confondre ces deux catégories comme on le fait trop souvent au nom d’une conception « globale » de la langue, que l’on retrouve dans la « phonologie » et dans le phonème qui passent outre un tel distinguo, mettant un nom de lieu ou de personnes sur le même pied qu’un verbe auxiliaire ou qu’un facteur grammatical de base. Pour la personne qui apprend une langue, une telle confusion est fâcheuse et correspond à une pédagogie par « immersion » qui correspond à un degré zéro, minimal,  de la linguistique alors qu’une langue doit être hiérarchisée  entre un centre et sa périphérie…
Pour nous résumer,  plus les applications d’un mot sont nombreuses et plus sa polysémie va de soi et cela vaut d’autant plus si le mot peut se combiner avec divers préfixes, ne serait-ce que du fait de la conjugaison et de la déclinaison, sans parler des diverses dérivations et flexions. Mais il est vrai que recourir à des expressions fortement polysémiques exige de la part de l’interlocuteur un certain effort  pour « compléter » et « préciser ».  La polysémie appelle donc, paradoxalement,  à un travail en  aval de précision exigé de la part du « récepteur ». A contrario, le mot faiblement polysémique e dispensera en grande partie d’une telle recherche, ce qui fera fonctionner le cerveau  moins intensément .Or, il semble que la polysémie fasse de plus en plus problème et que les gens attendent toujours plus de « précision »  et donc sont de moins en moins disposés à se « fatiguer » pour « comprendre ». L’apport du récepteur tend ainsi  à se réduire. On se situe donc dans une optique qui recourt aux neurosciences, au fonctionnement, à l’effort demandé au cerveau.  On sait que certaines langues exigent plus d’activité cérébrale que d’autres. La formule « un chat est un chat » plaide en faveur d’une langue qui serait faiblement polysémique.
Si l’on en revient à la dialectique du signifiant et du signifié, nous dirons  que le signifiant ne saurait prévoir tous les signifiés qui pourraient lui correspondre, tous les contextes dans lesquels il pourrait être employé. Mais l’on peut aussi penser à une « usure » du signifiant qui lui ferait peu à peu perdre de sa polysémie en le reliant trop systématiquement à tel ou tel signifié.  Cela se produit souvent dans le cas d’emprunts d’une langue vers une autre où  tel mot qui recouvre un champ très large d’applications dans une langue donnée  ne comporte plus dans une autre langue qu’un usage beaucoup plus limité. C’est souvent le sort des emprunts que de contribuer à l’appauvrissement du signifiant, lié à une précision  qui limite d’autant sa liberté de manœuvre et d’emploi Une langue qui a beaucoup emprunté comporte un lot considérables de signifiants ‘’appauvris » tandis qu’une langue qui a peu importé  dispose d’un ensemble plus vaste de signifiants  ayant préservé leur polysémie, c’est-à-dire non enclos, non circonscrits ou  du moins fort peu, relativement..
Si l’on prend le cas d’une musique,  on dira que telle musique est d’autant plus  universelle qu’elle sera faiblement connotée, qu’elle ne sera pas liée à quelque situation précise, quelque circonstance particulière. En astrologie, le thème natal  est un signifiant censé ne convenir qu’à un nombre très restreint de cas voire, si l’on s’en tient à la seconde (HMS), à un seul.  Dès lors, l’astrologue tiendra des propos en rapport avec le thème qui seront censés ne convenir qu’à très peu de gens, par opposition aux 12 signes qui sont des signifiants plus « ouverts » où un grand nombre de personnes peuvent se reconnaitre, se retrouver.
Le miracle du langage reste probablement sa polysémie : comment avec peu de mots peut-on décrire des réalités aussi diverses ? A partir du moment où les mots sont trop « chargés », le miracle n’aura plus lieu.
En pratique, les choses sont plus complexes car  on peut assez aisément croire que tel propos est spécifique alors qu’il est polysémique et vaut pour un grand nombre. Car, au bout du compte, c’est le récepteur du message qui se l’applique à lui-même. S’il a tendance à faire effort pour appréhender un message, il se pourra que le dit message soit en soi fortement polysémique. Si, en revanche, il  est partisan du moindre effort, il s’attendra à ce que le mot veuille dire ce qu’il veut dire, alors même que ce n’est pas vraiment le cas. Autrement dit,  la personne se persuadera que les mots employés sont exactement ceux qui convenaient au lieu de reconnaitre que cela supposait une marge d’interprétation de la part du récepteur. Pour en rester à l’astrologie,  on  pense  à cette personne qui s’extasiait sur la précision du texte fourni par un ordinateur (Astrosflash) au lieu d’admettre que c’est elle qui avait apporté la précision en question.
Le problème, ici, c’est que pour certains locuteurs, on est dans le déni de l’apport personnel et l’on veut se persuader que l’émetteur est celui qui a tout « précisé ». Pourquoi donc un tel refus d’admettre un apport personnel ? C’est dire que la précision  associée à l’émission et non à la réception relève largement du mythe.
D’où la fascination chez  certains « récepteurs » pour des textes très faiblement polysémiques ou du moins supposés « pauvres » au niveau des signifiés.
Pour en revenir à la dialectique saussurienne du signifiant et du signifié, nous dirons  que le signifiant est forcément plus polysémique que le signifié, qui désigne un signifiant  dont les significations ont été  circonscrites et réduites. La pluralité des signifiés   dissimule le fait que dans la pratique d’une situation spécifique  tel signifiant est associé  à un signifié bien précis du moins dans l’entendement du récepteur.  Quant à l’émetteur du signifiant, il peut être conscient ou non de la polysémie de son propos. S’il entend couvrir un grand nombre de cas au moyen d’un seul signifiant, il respecte sa polysémie. Si en revanche, il entend décrire avec précision un cas spécifique, au moyen de tel signifiant,  il s’illusionne sur la vocation du langage qui est avant tout synthétique et englobant.
Les langues qui empruntent de nouveaux signifiants sont des langues qui ont perdu conscience de la polysémie des signifiants. Ce qu’une langue doit emprunter, ce sont de nouveaux signifiés. Certaines langues ont opté pour l’augmentation du nombre de leurs  signifiants et d’autres pour celle du nombre de leurs  signifiés.  Plus une langue évite d’augmenter ses signifiants et plus elle préserve leur polysémie, chacun de ses mots se trouvant au centre de tout un réseau de signifiés et donc doté d’une forte potentialité. Le génie d’une langue est dans la préservation de la polysémie de ses mots, ce qui implique des locuteurs  disposés à se comporter en récepteurs actifs et intelligents.  Plus une langue est pauvre sur le plan polysémique et plus elle correspond à une population  faite de récepteurs passifs… .
 
JHB
02. 07. 13

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Economie et linguistique‏

Posté par nofim le 22 juin 2013

Economie et Linguistique
Par  Jacques  Halbronn
 
Il nous semble souhaitable de renoncer  à l’idée selon laquelle la linguistique serait l’étude des langues, comme le croit le grand public. L’idée d’un cloisonnement et de la globalité des langues constitue un obstacle épistémologique qui affecte l’enseignement des langues et pénalise  la pensée linguistique contemporaine dont nous avons déjà signalé certains errements. La langue n’est pas un  ensemble à prendre ou à laisser et il faut faire la part de ses importations comme de ses exportations, de son  PIB et de son endettement.
Certes, l’homme de la rue est-il attaché à son savoir-faire et au sentiment qu’il a fait le « tour » de la langue, qu’il la maîtrise pleinement. Il est fier d’y être parvenu et considéré cet acquis comme une valeur. Mais, pour le linguiste, un tel regard sur le phénomène linguistique fait problème et il est désormais conseillé de procéder autrement au cours du présent siècle. Nous pensons que la linguistique doit se rapprocher de la science économique avec laquelle elle présente des points communs, ne serait-ce que parce que dans les deux cas on parle de flux internationaux, d’importations et d’exportations, d’équilibres et de déséquilibres selon divers critères.
Si l’on veut situer telle ou telle économie nationale ou régionale, on  s’intéressera avant tout à ce qui fait l’objet de flux et par là même on se situera au niveau international avec des pays plus dynamiques que d’autres au regard de l’import et de l’export. Les économies ne sont pas sur un pied d’égalité pas plus d’ailleurs, pensons-nous, que les langues. Il y a une guerre économique et il y a une guerre linguistique et cela ne date pas d’hier.
On nous objectera qu’une langue peut s’exporter ou s’importer en tant qu’ensemble d’un seul tenant : on apprend telle langue de A  jusqu’à Z comme on le ferait pour sa langue maternelle. Tout serait bon à savoir dans une langue et l’on ne parle bien une langue, dit-on,  que si l’on comprend tout ce qui se dit par son truchement. Une telle approche unitaire des langues nous semble étrangère à la démarche linguistique de demain même si les linguistes d’hier ont pu s’ingénier à établir des lois valables pour toutes les langues dont la plus caractéristique est probablement la phonologie où l’on nous explique comment dans une langue donnée, le locuteur fait en sorte de ne pas confondre un mot avec un autre en jouant sur les « phonèmes ». Pour notre part, nous avons milité en faveur d’une distinction au sein d’une langue entre les mots s’inscrivant dans des groupes homogènes  et les mots « orphelins » (noms de lieux, d’objets, de personnes) qui n’en seraient que la périphérie, encore que ces mots se retrouvent souvent d’une langue à l’autre.  En tout état de cause, on ne saurait mettre tous les mots d’une langue dans un même sac sous prétexte qu’il faut  s’aligner sur le bagage du locuteur moyen au sein d’une société donnée.
Si l’on prend le cas du français,  ce qui nous intéresse avant tout, c’est  d’abord   son organisation interne, son « économie », faudrait-il dire dans tous les sens du terme. Selon nous, une langue n’a besoin que d’un nombre limité de mots pour fonctionner dès lors que l’on sait en faire le meilleur usage tant au niveau grammatical qu’au niveau sémantique. La notion même de « richesse » d’une langue, du point de vue du nombre de mots, nous semble une notion fort douteuse, tout comme elle l’est d’ailleurs du point de vue du nombre de ses locuteurs parlant cette langue en tant qu’objet « entier ».
Nous intéressera bien davantage au regard de la science linguistique le dénombrement, le recensement  des mots qui ont été exportés d’une langue vers  d’autres langues, tout au long de son histoire car les enjeux sont à très long terme, avec son corollaire les chiffres des importations. Encore ne devra-t-on pas  confondre ces deux angles qui  correspondent à des dynamiques sensiblement différentes et on devra les découpler. 
Les linguistes sont bien conscients que le français est une langue qui a énormément exporté de mots vers d’autres langues, ce qui relativise d’emblée la notion de cloisonnement entre les unes et les autres. Nous ne reviendrons pas sur ce phénomène qui marque tout le second millénaire de l’ère chrétienne. Ce n’est pas le français en tant qu’entité qui a été exporté- même si c’est aussi le cas par ailleurs – mais bien – et cela se poursuit jusqu’ à nos jours et pour longtemps- les mots, les formes du français, quand bien même seraient ils intégrés, insérés, infiltrés  au sein des environnements les plus divers. Signalons pour éviter toute ambigüité  que ce ne sont pas tant les langues qui exportent que les langues qui importent sans le consentement de l’’exportateur sauf si le produit exporté comporte des composantes proprement linguistiques comme dans le domaine culturel, artistique. Cela dit, le pillage d’une langue définit bien cette idée  d’une appropriation ciblée, ponctuelle et non pas globale de la langue. En réalité,  une langue se picore, on s’y sert comme dans un libre-service. On fait son marché. C’est dire que le rapport d’une langue à une autre est sélectif et non global à la différence de ce qui se passe au regard de l’enseignement des langues.  Est-ce qu’employer des mots venant du français suffit à dire que l’on parle le français même si l’on connait l’expression souvent mal venue « je ne parle pas un mot de français » pour dire que l’on n’a pas appris  à ‘parler » cette langue en tant que totalité indivisible.  Or, sur le plan économique, cette notion de totalité ne fait guère sens : quand on entre dans un magasin, on peut vouloir tel produit et pas tel autre, on n’est pas forcé d’acheter toute la boutique ! Dans bien des domaines, ce qui semblait d’un seul tenant se retrouve dispersé, à l’instar d’une collection de tableaux. Même un peuple peut être dispersé par le fait des migrations.
On aura compris dès lors à quel point  le fait de considérer le nombre de locuteurs qui s’expriment parfaitement  dans  telle ou telle langue –a quelque chose d’artificiel en comparaison des flux de mots qui passent d’une langue matricielle  vers d’autres. Notons qu’une grande partie des mots que l’anglais « exporte » sont d’origine française et doivent donc être crédités sur le compte du français,  non pas, certes, du français en tant que langue totale mais du français comme producteur de mots susceptibles de pénétrer au sein des langues les plus diverses.  A l’heure où l’on parle d ’espionnage informatique de la part des USA, nul doute qu’il devrait être possible de quantifier les flux lexicaux d’origine française et de constituer par-là de nouvelles ressources économiques pour la France qui dispose des « gisements » lexicaux  très recherches,  à l’image des épices dans la saga de Frank Herbert « Dune ».
On nous demandera : mais qu’est-ce qui  a fait le succès des mots français ? Il semble que le français ait su  déclencher un processus, une dynamique  de création de mots qui s’était perdu depuis fort longtemps. Un  nouveau pôle « mâle » se serait ainsi  constitué qui était voué à féconder diverses langues « femelles », en une sorte de polygamie linguistique  avec les fruits que l’on sait, pour toute une série de cas. On pourrait qualifier le phénomène de « don juanisme » linguistique, de « French Lover » au niveau des mots, laissant sa trace un peu partout dans le monde, sur plusieurs générations, l’anglais ne faisant au bout du compte que relayer et amplifier  cette expansion.  Il serait d’ailleurs intéressant de noter que la plupart des mots anglais entrés dans d’autres langues (y compris en français)  sont d’origine française.
Le français a su réinventer  la créativité linguistique en pratiquant une sorte de « lego » à base de racines, de préfixes, de suffixes. On y retrouve le concept de jardin à la française.  Que par la suite, la langue française  ait pu se frelater, ne change rien à l’affaire, dès lors que les «importateurs »  sont des connaisseurs qui savent ce qu’ils veulent. Là encore, personne n’est obligé de  tout emporter.  Les importations se font « à la  carte ».
On aura donc compris qu’il convient de repenser ce qu’on entend par langue. Une langue n’est pas uniquement un objet abouti qui est à prendre en bloc ou à laisser, c’est  là une approche féminine de la langue. Nous proposons  une approche masculine de la langue qui implique d’apprécier la faculté de pénétration de certaines langues, ce qui au demeurant génère un ensemble de langues « bâtardes »  dont l’unité  est à rechercher du côté du « père » et non des mères.
 
 
 
 
 
JHB
18/06/13

Publié dans ECONOMIE, LINGUISTIQUE, POLITIQUE | Pas de Commentaire »

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