L’original et sa copie

Posté par nofim le 22 juin 2013

L’original ou   la copie ?  Pistes  méthodologiques.
Par  Jacques Halbronn
 
Comme dans Blade Runner, avec la chasse aux androïdes, un des problèmes les plus cruciaux est celui de la méthodologie permettant de distinguer ce qui est matriciel et ce qui n’en est qu’un dérivé. Or, plus l’original  rayonne, plus le risque est grand que, victime de son succès, il finisse par être oublié et négligé. C’est une affaire de cyclicité. Mais à un certain stade,  la dynamique matricielle reprend le dessus. On est là face à un véritable psychodrame qui n’a cessé de se jouer depuis des millénaires. Or, il semble que l’humanité actuelle  ait bien du mal à se retrouver dans un tel « manégé », dans un tel chassé-croisé. On notera d’ailleurs que bien des romans tournent autour de l’imposture,  à commencer par le genre policier. Il n’est pas un bon scénario (au cinéma, à la télévision etc.) qui ne comporte  la mise en évidence d’un quiproquo  volontaire ou non,  où l’on prend une personne pour une autre (sosie, jumeau, double vie, agent double, usurpation d’identité, problème d’état civil, de généalogie, d’adoption  etc.). Le policier, le juge, le détective ont pour mission de débrouiller toutes ces affaires, imaginées ou non.
Quel est le point faible de l’ensemble des copies ? Réponse : le nombre, le surnombre. Car quand quelque chose a du succès,  c’est repris, sous diverses formes, par  plusieurs personnes.  Telle chanson à succès peut être chantée par des millions de gens, professionnels ou non. Donc, il est bien rare que l’on soit  seul(e) à copier et c’est ce qui révélé, trahit  l’opération. Que l’on nous comprenne bien,  nous n’avons strictement rien contre le fait que des tas de gens reprennent, s’emparent  d’un modèle et en  fassent leur chose, à condition  que l’on ne perde jamais de vue ce que ces gens doivent au dit modèle.  Or, c’est loin d’être toujours le cas pour des raisons plus ou moins avouables dont la première est « pas vu, pas pris ». Or, il semble qu’en se servant de l’informatique et de la numérisation de telles supercheries puissent être de mieux en mieux détectées, du fait des progrès accomplis.
Inversement, ce qui caractérise une matrice, c’est précisément qu’elle rayonne sur un grand nombre de cas et c’est probablement là sa vertu principale sur laquelle il importe de réfléchir.  On dira que c’est la différence entre un tronc d’arbre et ses branches, ce qu’a priori chacun est capable de percevoir dans la nature ou celle entre une maison et ses meubles. La disparition, la suppression  d’une branche ne met pas en péril l’arbre, pas plus que le changement de mobilier ne menace l’immeuble.   Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Un être indispensable ou qui ne l’est pas. That is the question !
On sait d’ailleurs  que cette « solution »  a souvent  servi pour mettre fin à un phénomène  jugé pernicieux, de  s’attaquer à la « racine » en anéantissant une élite, des chefs. Si l’on s’en prend au tronc,  que deviennent ses branches ?
On doit se demander ce qui se serait passé si  telle personne n’avait pas été là pour faire ce qu’elle a fait.  Mais la réponse n’est pas en réalité ce qu’elle  a fait mais ce qu’elle a fait faire à d’autres, c’est l’ampleur de l’impact sociétal.  Certains « cercles » ne se seraient pas constitués en l’absence de cette personne.
L’image de la contraception doit nous guider : un homme peut féconder plusieurs femmes dans un temps relativement court. Il est ainsi le père de tous les enfants qui naitront ainsi et qui constitueront une (demi) fratrie, qui seront unis par cette source commune. De même tous les interprètes de telle sonate de Beethoven  sont liés par la dite sonate, par-delà  leurs différences.
On conviendra que ce chaque interpréte  apporte ne saurait affecter la matrice. Le processus influente n’est pas réversible et surtout ne doit pas l’être, ce qui est loin d’être toujours le cas lorsque justement l’on prend la copie pour l’original, le conjoncturel pour le structurel.
 D’où une idée de pureté à associer à l’état matriciel et d’impureté à  associer aux diverses applications, interprétations, une impureté qui disqualifie  l’application en tant que matrice. La copie est dans la déperdition tout simplement parce que la copie n’appréhende jamais parfaitement  l’intégralité et l’intégrité de l’original. Aucune branche n’est assimilable au tronc, n’en a les potentialités.
Autrement dit, l’œuvre originale est d’un seul tenant alors que ses   applications seraient marquées par diverses influences « complémentaires » et quelque part partielles  ce qui serait rédhibitoire. Pourquoi est-ce inévitable, parce que la copie est marquée par son environnement et est censée ajuster la matrice à celui-ci., elle est composite,  hybride.  Or, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. On ne peut être et avoir été, s’adapter et rester immuable. Il y a un revers à la médaille. Comme on dit, tradutore, traditore : un traducteur est condamné à trahir. Mais il reste que toutes les traductions d’une œuvre donnée constituent un ensemble dont le centre est nécessairement l’original dont toute dérive et dépend, même si d’autres influences s’exercent du fait des langues impliquées sur la multitude des traductions.
On aura compris que la matrice ne peut être identifiée qu’à condition que l’on en recense toutes les  dérivations connues. Il ne faut surtout pas  isoler une copie de toutes les autres copies car  ce faisant on lui conférerait artificiellement un statut de matrice. Il est clair qu’une copie qui veut se faire passer pour matricielle   doit  éviter toute confrontation, toute comparution avec  les autres copies qui ferait ressortir un certain air de famille. La récurrence est un signe d’une dépendance matricielle  dans le cas de tel ou tel ensemble. On a vu dans un précédent texte que le cas des rapports entre français et anglais ne prenait toute sa signification que si l’on montre que d’autres langues que l’anglais ont subi, à des degrés divers, le même sort  du fait du français. Chaque copie est une « version » de l’original. (même racine que diversité). Il est rare qu’il n’y ait qu’une version des choses.
En fait, toutes les sociétés  s’organisent autour d’une matrice. Cherchez la matrice.  Selon un processus cyclique que nous avons défini (cf. nos travaux en astrocyclologie), il importe que la matrice se dégage de ses précédentes applications, comme si elle faisait sa mue et qu’elle  en trouve d’autres à moins que les anciennes applications ne soient en mesure de se ressourcer en renonçant aux ajustements antérieurs. Ce faisant, on assiste à une rematricialisation avec une nouvelle conscience matricielle.  Faute de quoi,  l’ensemble constitué  se sclérose du fait que  seule la matrice a une vertu de fécondation et d’intrusion, de par son caractère « masculin ». (en dépit de l’étymologie du mot matrice, du latin mater, mère).  L’ensemble dématricialisé  est condamné à dépérir du fait d’un manque de recrutement. On dira que le produit dérivé est stérile psychiquement  comme c’est le cas pour certains animaux hybrides au sens premier du terme . On pense au mulet,  issu d’un âne et d’une jument,  du bardot (avec un cheval)  etc. Ces animaux ne peuvent se reproduire entre eux. 
Rappelons que dans la mythologie grecque, les Gorgones, dont la plus célébre est Méduse,  ne sont pas chacune dotée d’yeux mais doivent se contenter  d’ un œil  en commun et parfois, selon certaines versions, d’une dent en commun, ce qui souligne leur existence collective et  non individuelle. Face à elles, le héros masculin, Persée, tout seul, est autonome (cf nos travaux sur le masculin et le féminin). La copie  se caractérise par sa double dépendance, tant envers la matrice qu’envers les autres copies.
Nous avons beaucoup travaillé sur les notions de syncrétisme, de recueil. (cf notre thèse d’Etat, le texte prophétique en France, formation et fortune,  Université Paris Ouest-La Défense (ex Paris X).  Le syncrétisme consiste à regrouper plusieurs versions d’une même matrice et de les organiser comme s’il s’agissait d’un ensemble cohérent, où chaque  facteur a  sa place et sa fonction. Le recueil vise à « démontrer » la valeur d’une thèse en rassemblant divers documents allant dans le même sens  sans signaler le plus souvent qu’ils émanent d’une seule et même source qui a donné naissance à une variété de formulations et d’illustrations.
Le syncrétisme est un fléau/ obstacle (Bachelard)  épistémologique. C’est ainsi que Walter Scott explique que s’il existe deux mots en anglais pour désigner tel et tel  animal, c’est parce que dans un cas il est question de l’animal dans le pré et dans l’autre, préparé à être consommé. (pig  et  pork,  ox et beef, sheep et mutton,  calf et veal ). L’exemple a son intérêt mais il ne tient guère pour l’ensemble de la dite langue.  On essaie, en quelque sorte, de nous faire croire que  cette dualité fait sens alors qu’elle est le résultat d’une hybridation, c’est-à-dire d’une fécondation de l’anglais pré-normand par le français (roman).
Prenons l’exemple  que nous connaissons bien de la tradition astrologique qui est un cas d’école. Pour la plupart des astrologues, chaque dispositif  appartenant  à un tel ensemble a sa raison d’être, au niveau structural/structurel. L’apologétique astrologique  vise à montrer qu’il n’y a rien à jeter, que tout fait sens. On notera le cas de Jean-Pierre Nicola et de ses adeptes qui tout en affichant une volonté de réforme se gardent bien d’éliminer quoi que ce soit de la dite tradition (12 maisons, 12 signes, aspects, planètes etc.) sans admettre qu’il puisse exister des doubles emplois, du surnombre. La critique astrologique (comme la critique biblique) entend, au  contraire, faire apparaitre des parallélismes qui ne sont pas censés être compatibles mais offrir des alternatives.
On aura compris que le syncrétisme vise à  préserver l’ensemble des versions existantes, en une sorte de synthèse,  plutôt qu’à  revenir à la matrice. En fait, ce qu’on entend par  « tradition »,  est un substitut à la matrice. Ce qui caractérise la tradition, c’est sa lourdeur, c’est sa pléthore et en cela elle se distingue fortement de la matrice.
JHB
17. 06. 13

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L’ensemble franco-européen‏

Posté par nofim le 22 juin 2013

Etudes linguistiques
La langue anglaise et la stratégie du sandwich
Par  Jacques  Halbronn
 
Certains lecteurs ont pu être surpris par le dernier « numéro » de nos Etudes Linguistiques  et nous avons pensé devoir préciser davantage notre démarche en recourant à des exemples liés à la cuisine.
Prenons un cas limite : le petit pain (pistolet) aux lardons. Les lardons sont très minoritaires par rapport à la quantité de pain. Il en est de même du « pie » anglais, où l’élément carné est peu de choses par rapport à son contenant fait de pâte. Le sandwich appartient à la même stratégie :  beaucoup  de pain avec un peu de jambon. Les céréales dans tous les cas cités représentent la partie vile de la combinaison, le « parent pauvre ». On pense au geai paré des plumes du paon (La Fontaine)
Si l’on passe à l’anglais moderne, nous dirons que la pâte, c’est la partie germanique de cette langue et la viande, la partie franco-latine.  En l’occurrence, l’exemple n’est pas très bien choisi étant donné la quantité colossale de mots français en anglais mais le principe reste le même : c’est l’apport qui compte, qui fait la différence.
Il nous faut, de toute façon, considérer un ensemble d’applications et ne jamais s’en tenir à une seule. Car s’il n’y a qu’une seule application d’une matrice, c’est que celle-ci  n’a qu’un impact réduit et donc ne mérite guère un tel statut. C’est l’importance de l’impact sur le plus ou moins long terme qui est déterminante.
A la limite, une fois cette logique matricielle observée sur toute une série de cas, tant dans la diachronie que  dans la synchronie, car certaines influences varient d’une période à une autre – il faut parfois  suivre l’évolution des langues sur plusieurs siècles et ne pas statuer sur un instant  T-  peu importe que cette empreinte matricielle soit quantitativement plus ou moins considérable.  C’est le processus global qui compte.
Si l’on prend le cas du thé- pour rester dans le champ de l’anglais- la part du thé par rapport à l’eau de la bouilloire est assez dérisoire mais c’est  bien du nom de thé que l’on désignera la boisson car le thé marquera de son arome l’ensemble du breuvage. On pourrait multiplier à l’infini les exemples de cet hommage que le vice rend à la vertu ou si l’on préfère du mimétisme. Il faut parfois peu de chose pour marquer une allégeance. Parfois, une fleur ou une couleur suffisent à indiquer le parti pris.
C’est pourquoi, nous réitérons notre image d’empire linguistique du français s’étendant sur tout le nord de l’Europe germanique, scandinave (Suédé notamment) et slave et ce sur la longue durée et qui tient à cette présence des mots français au sein de toute une série de langues européennes, conduisant à une latinisation d’un nouveau genre qui prend le relais de la latinisation du sud  de l’Europe (la famille des langues « latines » dont le français fait d’ailleurs partie intégrante, ce qui lui confère un rôle pivot.)  C’est pourquoi il revient au français, de nos jours, d’être reconnu en cette qualité de ciment de l’Europe alors que ce n’est pas le cas de l’anglais qui n’est qu’une manifestation parmi d’autres de cet empire linguistique français.  
Nous notions plus haut que l’anglais  est plus marqué que toute autre langue européenne par le français, ce qui pourrait expliquer quelque part le rôle qu’il  joue dans le monde et qui fait la part belle aux mots français, étendant ainsi d’autant l’impact du français dans le monde, non pas en tant que langue au sens figé du terme mais en tant que vivier de mots.  
Nous proposons en effet de repenser la définition d’une langue en ne nous arrêtant pas à l’idée d’une langue figée, que l’on doit appréhender d’un seul bloc, comme le propose la phonologie. Peu nous importe, en effet, comment les mots se distinguent entre eux au sein de telle langue, il s’agit d’une cuisine interne assez périphérique et à laquelle il a été accordé beaucoup trop d’importance par le passé.
Il importe d’en revenir à une idée plus vivante de la langue,  ce qui implique une bien plus grande variété de manifestations, l’important étant de préserver une conscience de ce qui fait le cœur de la langue et nous dirons que ce n’est pas sa morphologie mais son lexique, étant entendu que le lexique obéit à des règles structurelles bien précises, sous forme d’adjonctions à un certain nombre de radicaux (cf. « Le  français comme langue matricielle », in Revue  française d’histoire du livre,  n°132, 2011).
Le français est une langue qui a mis en place un système de fabrication des mots et apparemment  le « secret » de fabrication avait été perdu et l’on se contentait de perpétuer un héritage du passé.  Le français a pu ainsi exporter des mots –même si les emprunts n’en reprenaient qu’une part variable- qui était nés sur son sol,  selon une recette  retrouvée. Le génie de la langue française aura été de ne pas se contenter de reprendre ce qui avait déjà été fait mais de retrouver une dynamique  perdue. Même lorsque le français a emprunté à l’italien, il l’a fait passer par sa « moulinette » alors que l’anglais  a conservé religieusement  en l’état les mots français empruntés.
Faut-il rappeler que le plus souvent, cette influence du français n’a pas été le fait d’une politique délibérée de la part de la France, que l’on pourrait même parler de « vol », de « plagiat », de « piratage » comme il est de coutume dans les cas de mimétisme où l’on ne prend pas toujours la peine de prévenir  celui que l’on imite, avec plus ou moins de bonheur.
Pour en rester au vocabulaire agricole, nous dirons que le français correspond à l’élevage, aux pâturages  et les autres langues  au labourage  (en paraphrasant la formule de Sully). Le français est voué à l’élevage des mots, c’est-à-dire  à un luxe.  Les autres langues ont une matière linguistique plus médiocre qui va s’enrichir au contact du français,  à l’image d’une piquette qui prend du goût au prix de quelques additions d’un vin plus vigoureux.  Il convient que les études consacrées au français changent d’échelle et resituent la francophonie au sein d’un cadre plus large, en considérant l’apprentissage de la langue français en tant que globalité comme  un facteur historiquement secondaire en comparaison du rayonnement des mots français.
Le français, en quelque sorte, a engrossé toutes les langues nordiques et ce qu’elles sont devenues se relie à lui au sens où le français en est le trait d’union, le dénominateur commun. En ce sens,  on pourrait parler d’une linguistique franco-européenne comme on peut parler d’une langue indo-européenne (aryenne).
 
 
JHB
13.06.13

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Le français, ferment de l’Europe du Nord

Posté par nofim le 22 juin 2013

Le français langue majeure, l’anglais langue mineure
Par Jacques  Halbronn
 
Pour l’historien des langues, l’anglais a été colonisé par le français des siècles durant et fait partie de l’empire linguistique français.  Il est regrettable que le monde francophone ne mette aucunement en avant cet aspect des choses, ce qui fausse totalement la perception de la géopolitique linguistique. Au lieu de se concentrer à l’apprentissage et à la pratique du français, la francophonie devrait  accorder la plus grande importance à la « diaspora » des mots français au sein de toutes sortes de langues (cf. les travaux d’Henriette Walter sur ce sujet)
En fait,  nous partageons au XXIe siècle une fausse idée de la langue. S’il est vrai que l’évolution des langues depuis quelques siècles a été marquée par un processus de plus en plus dirigiste et normatif, il n’en a pas toujours été ainsi.  On dit souvent que nous ne pouvons plus lire un auteur comme Rabelais mais la langue de Rabelais était très particulière et lui était propre.-(cf. Le français, quelle histoire !  Par  J. B. Nadeau et J. Barlow,    Livre de poche, 2012)
En fait, si nous reprenons des analyses que nous avons appliqué à divers domaines (cf. sur le blog  nofim), le danger qui menace tout modèle, c’est d’être envahi par ses métastases, c’est-à-dire par des pratiques contingentes qui finissent par s’incruster et se figer,  apparaissant dès lors comme constituant le corps même d’une langue alors qu’elles n’en sont que des prolongements aléatoires.
Autrement dit, nous faisons preuve à l’endroit du français d’une grande paresse intellectuelle et de bien peu de liberté de création.  C’est certes bien commode car nous ne risquons pas d’être surpris par la parole d’autrui, tant elle est stéréotypée au point que nous ne savons plus distinguer le cœur d’une langue de sa périphérie. Une langue serait un ensemble à prendre ou à laisser. C’est l’ une vision quelque peu anachronique de la langue qui pèse sur la linguistique contemporaine avec sa « phonologie » hyper-normative en ce qu’elle met l’accent sur la rigueur que doit respecter tout locuteur s’il veut être compris et sur les risques d’erreur.
Selon  nous,  une langue doit certes instituer un certain nombre de racines, de préfixes et de suffixes mais chaque locuteur a le droit de les combiner, de les arranger comme il l’entend dans sa pratique personnelle  et être entendu par son entourage en dépit de certaines libertés prises en aval. 
A partir de là, la comparaison entre des langues totalement cristallisées n’est plus recevable.  Il faut mettre fin à un certain protectionnisme linguistique qui décide qui parle ou ne parle pas telle langue en exigeant un savoir linguistique beaucoup trop rigide.  On entend déjà des arguments du type : si chacun parle une langue à sa façon, personne ne va plus rien comprendre. 
Nous pensons que la question du français doit se situer dans un contexte de plus grande « ouverture » des langues. A partir de là, on peut se demander si l’anglais n’est pas du français parlé  dans un certain contexte. On pourrait certes croire pouvoir soutenir la  thèse inverse d’un anglais mâtiné de français, ce qui est le discours habituel. Mais quand on sait la domination du français- ce que nous appellerons une langue « majeure » sur  un grand nombre de langues, force est d’inverser les rapports.
Autrement dit, à partir du moment où l’on abandonne une représentation par trop restrictive de la langue,  l’on peut voir les choses tout à fait différemment à savoir que le français  est bien la langue centrale et qu’elle est modulée par une diversité d’applications, ce qui donne lieu à des langues que l’on qualifiera de « mineures ».  Mais dans ce cas, ce que l’on appelle le français est aussi  un avatar mineur du français majeur. Entendons par là que sous le terme français, l’on confond deux niveaux linguistiques bien distincts, ce que l’on vient de dénoncer à propos d’une conception trop étriquée de la francophonie. C’est pourquoi nous préférons parler plus largement de francologie pour désigner l’étude du français langue majeure et de ses variantes mineures.
Nous voudrions aussi revenir sur une formulation que nous avons employée et qui mérite quelque correction.  Nous avons récemment associé le signifiant à l’écrit et le signifié à l’oral. En fait,  il est préférable de décrire le signifiant comme un segment sonore qui peut être chargé de diverses  significations mais aussi agrémenté diversement au niveau morphologique. En fait, on peut imaginer une série de racines –en petit nombre- que l’on peut qualifier de signifiants majeurs et pouvant être  traités de diverses manières, tant au niveau de l’écrit que de l’oral.  En ce sens, la langue s’apparenterait à une musique, en tant que recherche de sonorités. Autrement dit, le français matriciel  serait doté d’une musique qui lui serait propre et que nous ne pouvons pas réellement restituer sachant que l’oralité du français a sensiblement varié  au cours des siècles.
En conclusion, nous rappellerons que le français aura joué un rôle majeur dans la formation de la culture européenne et que c’est une grave erreur de l’avoir oublié ou occulté car cette langue constitue un ferment unitaire majeure. En affirmant que l’Europe septentrionale ne parle qu’une seule et même langue majeure, le français, avec une kyrielle de langues mineures qui en dérivent, nous  apportons une cohérence nouvelle à l’ensemble.
 
 
 
 
JHB
13.06.13

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La linguistique en question

Posté par nofim le 15 juin 2013

Tribulations et errements de la linguistique du XXe siècle
 
Par  Jacques Halbronn
 
Toutes les langues  ne se valent pas même si l’on a pu dégager des modes de fonctionnement et d’organisation récurrents d’une langue à l’autre, notamment autour de la phonologie. Mais ce n’est pas parce que toutes les langues doivent se soumettre à certaines lois qu’elles sont à mettre sur le même pied.
Dans  de précédents textes (cf. «  Etudes linguistiques. Le  français comme langue matricielle », Revue française d’histoire du livre,  n°132, 2011). nous avons montré  les pathologies qui pouvaient affecter telle ou telle langue. On pourrait parler d’une patho-linguistique.
Nous pensons que le XXIe siècle  sera de plus en plus exigeant par rapport à la « qualité » ergonomique des diverses langues, sur le modèle de ce qui se pratique intensément pour tous les appareils, les outils mis en circulation. Il n’y a pas de raison,  à terme, que les langues  échappent à ce qui est exigé dans tant d’autres domaines et continuent indéfiniment  à constituer une sorte d’enclave protégée. C’est alors que le statut mondial de l’anglais risque d’être remis en question car le monde s’est entiché d’une langue qui est loin d’être un modèle à suivre  au regard de ses dysfonctionnements internes. Il importe de démystifier  une telle langue dont l’ergonomie  fait problème. Il eut été nettement préférable, en temps utile, de mettre en avant le français. Non pas que cette langue soit parfaite mais parce qu’elle peut le devenir au prix de retouches assez modiques, ce qui ne saurait être le cas de l’anglais. Mais ce qui disqualifie plus particulièrement l’anglais, c’est que l’anglais fait partie des langues européennes (germaniques et slaves notamment) qui ont été marquées, à divers degrés, par le français.  Pour faire image, nous dirons que le français s’ est en quelque sorte accouplé avec toute une série de langues nordiques-pour donner naissance à de nouvelles langues, à commencer par l’anglais moderne mais cela vaut à divers degrés pour bien d’autres langues d’Ouest en Est du continent européen. L’anglais moderne est le résultat d’une synthèse entre la thèse (ancien anglais) et l’antithèse (ancien français). Mais il faut avoir la bonne perspective : une même antithèse peut donner lieu à diverses synthèses du fait qu’elle interfère avec un grand nombre de thèses.   Le français a ainsi produit un grand nombre de synthèses qui sont liées entre elles du fait même du français. Et en ce sens, le français a été un ferment majeur de la conscience européenne en latinisant l’Europe non latine du Nord mais aussi l’Afrique du Nord, en donnant naissance à un  nouvel arabe parlé fortement mâtiné de français, à l’instar du nouvel anglais ou du nouvel allemand.  L’anglais moderne n’est pas une langue matricielle comme le français et ne peut donc pas féconder d’autres langues, il existe en tant que langue, il est synthèse et non antithèse. Le français n’est pas une langue comme les autres et ne doit pas être appréhendé comme telle. C’est une langue antithèse et non une langue thèse/synthèse et en ce sens nous dirons que le français est une langue masculine, comme le latin,  face à des langues féminines qui se sont laissé pénétrer par elle. En, ce sens, le scandale du franglais, mis en avant par Etiemble, n’est pas ce que l’on croit, il tient au fait qu’une langue masculine n’a pas à être pénétrée par d’autres langues. Ce qui est normal pour l’anglais ne l’est pas pour le français. Soulignons d’ailleurs à quel point l’influence de l’anglais sur le français est restée extrêmement  marginale en comparaison du processus inverse bien plus massif et systématique, tant sur le plan lexical que morphologique.
Une langue matricielle n’est pas tant une langue qui s’apprend en tant que langue mais une langue à laquelle il est emprunté, ce qui est un statut beaucoup plus rare.  Il y a une minorité de langues matricielles et c’est tout à fait normal, le propre d’une matrice étant d’être diversement déclinée. Une langue matricielle ne s’apprend pas, elle se prend. Le français a donné naissance à des langues francisées tout comme le latin a donné naissance à des langues latines, ce qui fait des langues matricielles un ferment unitaire déterminant. La langue matricielle unifie, elle corrige l’effet babélien.
De même, au sein d’une langue, on trouve un certain nombre de matrices qui sont conjuguées, déclinées,  préfixées, suffixées,  dérivées. Même l’anglais respecte ce principe en dépit de certaines apparences. C’est le pronom personnel qui sert de  flexion face à un radical  immuable, que cela soit pour un verbe, un nom  ou un adjectif. Au lieu que la conjugaison se joue au niveau du suffixe, elle se joue au niveau du préfixe, si l’on admet que le « pronom » peut être considéré comme un préfixe. (cf. la formation préfixale  du futur en hébreu).  En fait, en anglais, la matrice verbale est encore plus évidente que dans d’autres langues, y   compris le français écrit (à l’oral, le français a beaucoup marqué l’anglais sur ce point, cf. nos études à ce sujet),  du fait qu’elle garde la même forme et que le facteur de variance reste externe.
Le problème de l’anglais tient à son caractère hybride qui est caractéristique des langues de synthèse. Cela rend difficile leur intelligibilité structurelle de par la multiplicité des doublons. Si l’on prend les champs morphosémantique de l’anglais, ceux-ci ne sont  unifiés qu’au niveau du signifié et non du signifiant, ce qui veut dire que seule une tradition orale permet au locuteur de se repérer, ce qui rend le locuteur dépendant d’une exégèse, le signifié étant le commentaire du signifiant.
Dans la genèse des savoirs, nous connaissons  ce qu’implique un tel apport exégétique venant compenser une carence structurelle de l’écrit par une transmission orale plaquée. Le visuel (signifiant, écrit) est ainsi recouvert par l’auditif (signifié, oral), ce qui donne une médiocre lisibilité et empêche de ce fait à un tel savoir d’être fécondant. Il faut alors se contenter de le prendre comme tel, comme un tout, ce qui implique un long apprentissage fort peu ergonomique.  A contrario,  une langue comme le français  peut être prise sans être comprise. On peut employer des mots français sans parler le français, ce qui est beaucoup plus simple.  Paradoxalement,  un Anglophone non polyglotte peut dire qu’il ne parle pas le français mais il ne peut pas dire qu’il ne parle pas un mot de français.
Autrement dit, le tort de la linguistique du XXe siècle aura été de tenter de constituer une théorie générale en ne tenant pas compte de l’organisation matricielle des rapports interlinguistiques.  Cette théorie générale met le français au même niveau que n’importe quelle autre langue et c’est là un  grave contresens  épistémologique, historique, diachronique. Au lieu de servir de matrice pour l’intelligibilité des sciences, la linguistique qui pourtant disposait des atouts pour ce faire –tant dans l’approche interne qu’externe de la langue- n’a pas su assumer pleinement une dialectique de l’un au multiple comme si elle avait voulu  minimiser le rôle de langues matricielles comme le français. Saussure en  mettant en avant la dualité signifiant-signifié mettait pourtant bel et bien sur la voie, puisqu’un même signifiant se prête à une infinité de signifiés.
Or, dans bien des cas, on nous  présente les choses à l’inverse : on nous dit que le signifié peut être rendu par divers signifiants, ce qui est effectivement vrai pour les langues hybrides comme l’anglais où l’on passe d’une racine germanique à une racine latine au sein d’un même champ morphosémantique. Par exemple,  finish,  final, finally   et end . Il n’y a pas d’adjectif ou d’adverbe en  néo-anglais formés sur le germanique  « end ».
Ce type d’erreur de représentation affecte largement les sciences humaines actuelles et d’ailleurs  trouve son expression emblématique dans le débat autour du masculin et du féminin, au niveau sociologique, alors même que cette notion est au cœur de la langue, sans parler du rapport du singulier au pluriel.  Si une telle structure n’existait pas, il faudrait l’inventer.
 
JHB
11.06. 13

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L’astrologie comme méta-langage‏

Posté par nofim le 2 juin 2013

L’astrologie comme mode d’emploi du language
Par  Jacques Halbronn
 
La tendance lourde depuis une bonne vingtaine d’années est d’aller vers une astrologie impersonnelle. Entendons par là que l’on  ne relie plus l’astrologie à l’œuvre de tel ou tel chercheur. C’est le temps d’une astrologie « anonyme » et donc en quelque sorte intemporelle. On ne dit plus « Un Tel » mais « L’astrologie » et à partir de là,  place à la Tradition la plus archaïque, comme les exaltations des planètes qui est un dispositif devenu en l’état inintelligible. L’astrologie serait analogue à un langage. Si ce n’était que cela, ce ne serait pas trop grave car on peut exprimer les choses de diverses façons. Mais le problème, c’est que cela veut aussi être un savoir qui nous dit ce qu’il en est. Et c’est alors une toute autre affaire
Nous avons déjà  mis en garde sur le rôle du langage dans l’activité astrologique. L’apprentissage du langage à un très jeune âge  relève du formatage du rapport au monde. Cela a des effets sur plusieurs plans.
Celui de la consultation car l’astrologue part du principe que du moment qu’il se sert de la langue de son client, il se fait comprendre. Or tout mot renvoie à un savoir mais n’est pas en soi un savoir. La carte n’est pas le territoire.   Il faut apprendre à conduire. Or, l’astrologie exige une certaine démarche philosophique, une faculté d’abstraction.
Un autre plan  est celui de l’impersonnalité de la langue, qui est  le bien de tous. En cela, elle est décalée par rapport à la Science qui est le fait d’une chaîne de chercheurs.
Enfin, une langue n’a pas à être cohérente/ Elle s’apprend telle quelle et est commune à un groupe plus ou moins large
L’astrologie nous apparait comme une contre-culture, la revanche du populaire sur le savant, un populaire qui se sent dépossédé par le savant du fait de la démystification d’un savoir dénigré et dévalué et pourtant chèrement acquis. Le populaire  se sent dupé face à cette monnaie de singe qu’il avait sur investie. Un populaire qui flirte avec la Science en empruntant quelques données astronomiques de pointe à l’instar du langage lui-même qui se renouvelle à la marge, tout en n’évoluant guère  sur l’essentiel. C’est dire que la cause de l’astrologie actuelle et celle du langage courant sont intimement liées pour le pire et pour le meilleur. Il importe de procéder à un certain sevrage.
L’astrologie, en ce début du XXIe siècle,  a opté pour l’anonymat. Elle n’a plus de maître à penser. Elle a opté pour un consensus langagier partagé. On pense aux Team parties. La base se débrouille très bien toute seule et elle n’a pas besoin d’un mentor pour lui faire la leçon. Elle sait que si elle lâche du lest, fait des concessions à l’intelligentsia, elle se retrouvera à sa merci. La question des réformes est liée à une lutte des classes et donc des sexes.
Pour notre part, nous pensons tout au contraire que pour sortir de ce qu’il faut bien appeler une certaine sclérose et donc une perte de cyclicité, il est impératif que périodiquement le milieu astrologique s’en remette à un homme providentiel qui lui  donne un nouveau souffle. Dans chaque pays, l’astrologie a connu ses grands hommes : Addey en Angleterre, Ebertin en Allemagne pour ne pas parler de la France avec  Néroman,  Jean-Pierre Nicola,  Rudhyar. Chaque fois,   il a fallu se recycler. Or, c’est à ce recyclage que nos astrologues actuels se refusent. Une réforme ne peut se faire dans le désordre, chacun dans son coin, il lui faut un centre à partir duquel diverses formes se développeront et non l’inverse. En ce sens, nos astrologues actuels ne respectent pas les valeurs de l’Astrologie qui passent par l’alternance, la dialectique du centre et de la périphérie.
Comme si cette »tradition » astrologique n’avait pas été en son temps le fait de quelques « maîtres ». On préféré imaginer que l’astrologie est le résultat d’une longue pratique de façon à se passer  de leaders. On préféré qu’elle dépende d’autres savoirs pour ne pas avoir à subir quelque autorité de l’intérieur.
En fait, l’autorité extérieure est mieux vécue. Elle doit émaner de quelqu’un qui est auréolée d’une formation universitaire, qui a été reconnu en dehors du milieu astrologique. C’est pourquoi en 1975 nous avions fondé le Mouvement Astrologique Universitaire (MAU). Le terme universitaire sera repris par Patrice Guinard avec le CURA à la fin des années 90. 
Le fait de dire que le savoir astrologique ne se suffit pas à lui-même, qu’il n’est que la carte et non pas le territoire (sémantique générale)  froisse les astrologues qui s’imaginaient à l’instar d’enfants apprenant à parler que la connaissance du symbolisme astrologique  était un viatique  qui n’avait besoin de rien d’autre et qui n’avait plus besoin de changer au niveau de ses « bases » comme lorsque l’on apprend le français : c’est pour la vie.
L’astrologie serait un complément du langage, aux yeux de bien des astrologues puisqu’elle nous dirait quand on doit se servir de tel ou tel mot, ce que le langage ne nous dit pas. L’astrologie serait un mode d’emploi du langage, un métalangage (du grec méta,  post en latin)..
Il existerait donc une astrologie langagière qui aiderait les gens à piocher dans le langage à bon escient, de savoir quoi dire et quand. Ce serait la clef manquante du langage pour les gens qui  ne savent pas se débrouiller tous seuls avec le langage. Un plus. En tout cas,  cela permet à l’astrologue d’avoir des choses à dire, de ne pas rester muet, par-delà la question de savoir si ce qui est dit est « vrai » ou pas.   L’astrologie serait un vadémécum, un ordonnateur  de la parole.
Nous  dirons que dans la vie quotidienne, cette formule peut être utile, tant qu’il ne s’agit que  de faire la conversation et de toute façon cela n’est pas pire que sans astrologie si c’est pour en rester à un niveau primaire du langage. Mais il nous semble que ce n’est pas la bonne solution. Apprendre à parler  avec pertinence  ne passe pas nécessairement par l’astrologie. Cela exige d’apprendre à approfondir les termes que l’on utilise, ce qui est notamment le rôle de la philosophie.  En fait, la linguistique comporte aussi en principe une dimension philosophique par le biais de ce qu’on appelle la morphosémantique  qui fait réfléchir sur la « sagesse » inhérente à l’organisation d’une langue, notamment  l’usage des préfixes par rapport aux racines (cf notre article de 2013 dans la Revue Française d’Histoire du Livre). Dans un précédent article, nous avons ainsi proposé d’associer les mots comportant le préfixe « cum » (com/con) avec le féminin, ce qui n’est pas la première chose à laquelle  on pense en général.  Donc il y a bel et bien une possibilité d’extraire du langage, sous ses diverses formes, des pépites mais c’est comme de chercher une aiguille dans une meule de foin.
La carte n’est pas le territoire : cette formule signifie que chaque mot que nous utilisons doit être approfondi, maîtrisé, ce qui exige une certaine expérience, d’où l’importance qu’il y a recourir à un petit nombre de mots dans la communication et en tout cas de prendre le temps d’expliquer ce qu’on entend par  tel ou tel mot, en évitant de parler à la va vite. Mais cette police du langage  risque de s’avérer bien contraignante pour ceux qui croyaient en la magie des mots.  Qualifier une  chose de tel mot  transformerait ipso facto la chose. (bénédiction/malédiction).  Il y a là une mystique du langage qui sous-tend une certaine « pratique » de l’astrologie, le mot pratique devant ici s’entendre sous ses diverses acceptions (praticien, pratiquant)
Pour nous,  rejetant la logorrhée tant du client que de la part de l’astrologue, nous pensons qu’il faut recourir à un ensemble extrêmement limité de mots et s’y tenir.  Un croquis vaut mieux qu’un long discours.
 
 
 
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JHB
31.05.13

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Astrologie et langage

Posté par nofim le 24 mars 2013

Il est courant qu’en astrologie, l’on se paie de mots. On commencera par souligner que rien n’est plus général que le langage. Un portrait psychologique est un tissu de clichés, c’est-à-dire d’adjectifs qui n’ont rien de personnel. Se définir par tel ou tel mot, c’est appartenir à  un certain ensemble, de la même façon que de se dire d’ailleurs de tel ou tel signe.

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Linguistique du féminin – Psycholinguistique du volontarisme féminin

Posté par nofim le 22 mars 2013

Un des verbes favoris des enfants et des femmes est « vouloir ». Quelle différence entre vouloir et savoir !  On demande à un enfant ; « quel métier veux-tu faire  quand tu sera grand ? ». Le verbe vouloir est un verbe que l’on peut employer au plus jeune âge.  Ce verbe vouloir sert, dans certaines langues, à marquer le futur. En anglais, will, c’est la volonté mais c’est aussi l’auxiliaire permettant de former le futur.

Il y a des êtres chez qui la projection sur le futur est privilégiée. Ils ne disent pas ce qu’ils sont mais ce qu’ils veulent être, devenir. Ils sont ce qu’ils deviennent.
Tout le monde a le droit de vouloir. Cela n’exige aucune compétence particulière et c’est pour cela que  ce verbe est très « démocratique » d’autant que l’on n’ obtient pas forcément ce qu’on veut.
Passer à un autre verbe est une toute autre affaire. Si je dis « je peux », cela présuppose toutes sortes de conditions, de capacités. Cela engage beaucoup  plus que le « je veux » tout comme  le passé  est plus lourd que le futur. Dans une enquête policière, que vérifie-t-on ? Le passé. Pas le futur. On n’a pas de compte en rendre sur l’avenir qui par définition est encore non advenu.
Car dans un verbe, ce qui compte, c’est le sujet. Qui « veut » ? Qui « peut » ? En fait qui parle ? Quel est ce « je » ? Mais au fond dans le cas du « je veux », le « je » n’a pas une si grande importance que cela. Pas autant, en tout cas, que pour le « je peux ». On connait le sketch de Pierre Dac et Francis Blanche : « il dit qu’il peut le faire » – on se paie de mots – ce qui se réduit en fait à un « je veux », à un « on va le faire ».Où voulons-nous en venir ?
 
Il nous semble que lorsque l’on demande à des femmes ce qu’elles sont, ce que c’est qu’être une femme, elles ont tendance à répondre par des traites sur l’avenir, par la description de leur société idéale, rêvée et comme par hasard, c’est une société qui  ne s’intéresse pas au passé mais qui veut aller de l’avant. C’est l’expression d’un volontarisme.
Or, quand quelqu’un veut- vise- quelque chose, il est tentant de se contenter des apparences qui montreraient que l’on est « arrivé »- parvenu- à ses fins. Mais attention aux mirages. ! Se projeter dans le futur, c’est aussi se situer comme successeur de ce qui a précédé. On prend le relais. Cela peut s’apparenter à de l’imposture.
On note actuellement une certaine régression dans le mode d’expression : on entend souvent « j’ai envie » ou « j’ai pas envie », ce qui est un équivalent viscérale de « je veux » ou « je ne veux pas », si ce n’est que cela dispense d’un quelconque discours. C’est « plus fort que moi ». Va-t-on forcer quelqu’un à faire de dont il n’a pas « envie » ? Le problème, c’est que même une enfant de trois ans peut dire « je n’ai pas envie »,  c’est la nouvelle formule magique qui remplace le « s’il te plait ». Le « moi » ici suis tout puissant. Il impose sa volonté, son « envie » à tout le monde. C’est le « veto » et cela correspond à une certaine féminisation des comportements sociaux.
Mais ce «moi » n’est pas le moi du je peux, je pense (cogito), je crée mais du «  je veux ».  Peut-on « vouloir » quelque chose qui n’est pas encore là ?
En fait, le « je veux » féminin, en dépit des apparences, est un je veux ce que tu as. C’est l’envie des envieux, des jaloux.
Ce n’est pas un je veux être mais un  je veux avoir. Demain, j’aurai ce que tu as. En fait, on confond souvent l’avoir et l’être et l’être au féminin est d’abord un avoir. Etre riche, c’est avoir de l’argent. Etre heureux, c’est avoir ceci ou/et cela. Et inversement,  avoir un cerveau, cela fait partie de notre être bien plus qu’avoir une voiture.
Disons que l’être est « gratuit », c’est un « don » dans tous les sens du terme alors que l’avoir se paie parce que cela ne vient pas de nous mais d’autrui, et que souvent cela implique une fabrication avec des implications écologiques. Un compositeur peut dire « je veux » écrire une belle sonate mais cela n’a rien à voir avec « je veux aller à l’opéra ». En fait, ce « je veux » est infantile : je veux qu’on me fasse plaisir, je veux  que l’on me donne cette poupée. C’est un « je veux » extraverti, qui demande à satisfaire une envie- ce qu’a l’autre-  plus encore qu’un besoin. Je veux ce qu’il a, « comme lui ». Et quand on entend les femmes revendiquer, elles mettent en avant l’égalité mais sous ce mot pompeux, qu’est ce que l’on a : l’enfant qui veut avoir le « même » jouet que son camarade. Je veux la même chose, « pareil ».
Comment expliquer cette convergence entre le monde de l’enfance et le monde des femmes ? Il y  a la base un certain complexe de vacuité. Je ne suis rien donc je veux tout ce que les autres ont. Une sorte de boulimie d’avoir même si elle se cache sous une demande d’être : la femme veut être l’égal de l’homme, elle veut les mêmes avantages, les mêmes privilèges mais  cela ne passe pas par un «travail » sur ses véritables potentialités car on serait là dans le « je peux » qui reste très mystérieux. La question de l’être est  refoulée et un faux « être » est substitué. L’enfant, que sait-il de son être ? Il est d’abord marqué par ce qui l’entoure, par ce qu’on lui donne. A partir de quel seuil prend-il conscience qu’il doit attendre de ce qui est en lui et qui est à explorer, à exploiter ? C’est probablement qu’il y a un déficit du masculin dans la société actuelle. On ne sait pas d’où vient ce que l’on a, tout comme la femme, quand elle prétend porter la vie, préfère oublier que cette vie passe par la semence de l’homme. Là aussi, il y a des abus de langage.  Le diable est dans les détails.
 
  
 
JHB

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