La révolution copernicienne de Saussure

Posté par nofim le 15 janvier 2015

Le signifiant, comme  élément central  : une révolution copernicienne

par  Jacques  Halbronn

 

Il nous semble que l’apport de Saussure n’a pas encore été pleinement apprécié  et force est de constater que la distinction entre signifiant et signifié reste très confuse pour beaucoup de gens et qu’elle est loin d’avoir porté tous ses fruits. Nous sommes encore dans une ère pré-saussurienne.

Le choix mêmes des termes signifiant et signifié ne nous semble d’ailleurs pas avoir été des plus heureux même si nous sommes le premier à dire que ce qui compte, c’est ce qu’on y met. Il reste que nous préférons parler de contenant et de contenu et de ne pas enclaver la linguistique dans un jargon qui lui serait spécifique. Or, tout le monde comprend la dialectique contenant/contenu tant elle appartient à notre expérience quotidienne.

On dira ainsi que sous le nom de Dieu, on peut placer toutes sortes de contenus mais cela n’empêche pas les gens de déclarer qu’il n’y a qu’un seul Dieu puisque chacun ne parle que d’un seul Dieu comme si le Dieu des uns était nécessairement le Dieu des autres. On pourrait dire la même chose pour le mot Science.  Le cas des adjectifs est encore plus flagrant : le mot « scientifique » appliqué à n’importe quel domaine est censé désigner la même chose. C’est dire que l’on est vraiment très loin de Saussure.

Mais Saussure était-il vraiment conscient de son apport? On peut en douter mais ce n’est pas ici que nous aborderons cette question historique.  Beaucoup de gens ont compris ou cru comprendre que  tel mot désignait tel objet, telle notion et qu’il fallait s’y tenir, au vu notamment du dictionnaire qui serait l’espace où le rapport signifiant/signifié serait censé s’expliciter. Même dans les café philo, on en reste le plus souvent à ce stade consistant à s’appuyer sur un ancien consensus avec des signifiants « pleins » et donc des « contenants » qui ne sauraient être « vidés » de leur sens.

L’idée de pouvoir renouveler le « contenu » d’un mot reste étrangère à la plupart des locuteurs  et cela tient au fait qu’ils n’ont pas compris que tout est affaire de consensus lequel permet de « fixer » ponctuellement le contenu d’un signifiant pour un groupe limité de personnes. Car tout consensus ne prend naissance qu’à une petite échelle et on ne peut rivaliser immédiatement avec des consensus anciens et  largement diffusés. Cela pose le probléme du rôle des élites, des minorités, des « sectes ».

Actuellement,  on entend des raisonnements du type: ce qui porte le même nom est identique.  La même étiquette désignerait automatiquement le même produit ou en tout cas des produits de même nature. Mais si l’on prend l’exemple d’une assiette, est-ce que tout ce qui se met dans une assiette est pour autant identique? Est-ce que tous les gens qui s’assoient sur une même chaise sont semblables et ainsi de suite? A cette question posée en termes de contenus, les gens répondent « non » mais si on se situe au niveau du langage, on est pris dans une forme de sophisme; ce à quoi parfois semble se réduire la philosophie.

On parlera de révolution copernicienne, ici,  dès lors que l’on replacera le signifiant au centre et le signifié à la périphérie, comme c’est le cas pour le soleil et les planétes qui  gravitent autour de lui. En, fait, Saussure aurait ainsi selon nous démystifié le langage, l’aurait déconstruit et  l’on rencontre d’énormes résistances  – en dépit de ce que d’aucuns affirment- pour prendre la vraie mesure du message saussurien, ce qui nous renvoie en quelque sorte au cas de Galilée, il y a 400 ans.

Qu’apporte vraiment cette nouvelle révolution copernicienne amorcée il y a un siècle environ mais qui aura été largement  incomprise?.

Elle nous apparait comme un reméde contre toute forme de syncrétisme car qu’est ce que le syncrétisme si ce n’est le rapprochement entre des signifiés reliés à un seul et même signifiant? Prenons le cas de l’astrologie. Les gens partent  du principe que tout ce qui est placé dans la ‘corbeille » de l’astrologie – on préférera meme le mot corbillon, cher à notre grand mère, Claude Jonquière (1885-1957) qui laissa à sa mort une méthode d’orthographe, restée inédite. « Que met-on dans mon corbillon? » disait-elle quand elle voulait que l’on  place des mots qui se ressemblaient par leurs finales. Mais revenons à  nos moutons, à savoir ici l’astrologie:  l’Astrologie en tant que signifiant est censée englober tout ce qui recourt au mot astrologie. Or, il est temps de préciser que nous avons toute liberté  de n’accepter pour « notre  » astrologie ce que bon nous semble et de rejeter ce qui nous apparait comme  des apports étrangers. On dira que les acceptions correspondant à un même mot peuvent êtres dites étrangères les unes aux autres et ce en dépit même du fait qu’elles se servent du dit mot/

On voit donc  à quel point, la plupart des gens n’ont rien compris à Saussure. En vérité, très franchement, si historiquement il peut être intéressant de déterminer ce que Saussure a  vraiment voulu dire,  ce n’est pas vraiment notre probléme et quand bien même n’aurait-il pas pris pleinement la mesure de son apport, cela nous est totalement égal. Ce qui compte, en, définitive, est notre interprétatiion de Saussure^et qu’importe s’il s’agit d’une instrumentalisation de son propos. Dans ce cas, nous revendiquerions pour nous-même une telle révolution copernicienne et Saussure ne serait qu’un précurseur de notre propre pensée.

Il y a donc un énorme travail d’éducation à mener en ce début de XXIe siècle pour accoucher de la linguistique saussurienen, souvent pervertie par les linguistes eux-mêmes. Il n’est plus possible d’avoir à entendre des gens ne raisonner que sur la base de l’usage d’un même signifiant pour appréhender les contenus, donc les signifiés.  On en dira d’ailleurs de même par exemple pour le mot « Français ». Est-c e que tous ceux  qui sont dits français le sont de la même manière?  Une telle question est d’une actualité brulante et elle serait traitée autrement si le rapport signifiant/signifié était mieux compris.  Et comme on l’a dit plus haut, ce n’est pas non plus parce que le mot « Dieu » est utilisé par les uns et les autres, qu’il a ipso facto le même sens et que cela désigne la même entité. Or, tel est bel et bien le mode de raisonnement qui reste actuellement massivement en vigueur. Et il en est de même du mot « homme » qui permet à certaisn d’affirmer que les différences de sexes, de races ne font pas sens puisque de toute façon il s’agit d’une « seule et même  » humanité. Là encore, le signifiant fait loi.

Autrement dit, ce qui se désigne pareillement, au moyen des mêmes mots, serait comparable, identique, ce qui permet les plus folles généralisations par le biais du langage et la philosophie ne parvient pas toujours à échapper à un tel syndrome.

Que se passe-t-il si l’on cesse d’accepter un tel type de raisonnement  plaçant le signifiant au centre de signifiés qui seraient nécessairement reliés non pas seulement formellement mais sémantiquement par le même signifiant.  Il y a certes, une certaine « sagesse », une « tradition » intéressante à étudier historiquement, diachroniquement mais on laissera cette tâche aux historiens- dont nous sommes par ailleurs. Nous avons en effet par le passé beaucoup donné à l’étude des emprunts linguistiques (cf nos deux mémoires de thèse sous la direction de Louis-Jean Calvet et non soutenus pour des raisons obscures en 1987 et 1989 et que nous allons prochainement mettre en ligne)/ mais nous avons finalement conclu que le français avait d’abord fourni des signifiants et qu’il n’était pas « responsable » des signifiés qui leur sont associés. Le découplage signifiant-signifié est crucial. En ce sens, l’approche diachronique nous apparait comme un

épiphénoméne au regard de l’approche synchronique, ce qui ne signifie pas qu’elle ne mérite pas toute notre attention. Mais dans le cas de l’astrologie, par exemple, il est certes intéressant de retracer la genése de tout ce que l’on a pu mettre dans le « corbillon » de ce mot « Astrologie » mais on n’a point la moindre obligation de devoir entériner une quelconque « harmonie préétablie » entre toutes les données que l’on a pu au cours des siècles, placés dans le dit corbillon,  ou dans  le dit vase, si l’on préfére.

Cependant, dans bien des cas, il semble qu’il y ait une tyrannie du signifiant qui nous enrôle pour enfermer tous les sens qui lui sont reliés au sein d’un ensemble que l’on tentera, apologétiquement, de qualifier d’homogéne, alors qu’il ne s’agit que d’une collection aussi

hétéroclite que la série des bibelots qui peuvent figurer sur un buffet, c’est à dire sur quelque support susceptible d’accueillir à peu près n’importe  quoi!

L’enjeu est donc bien ici celui de la liberté. Il faut libérer le signifiant de ses signifiés car  qui est le tyran ici? Est-ce le signifiant ou celui qui  l’instrumentalise au service de quelque cause? On voit bien l’usage qui peut être fait pour faciliter l’assimilation, l’intégration, l’égalité, la parité, l’oecuménisme en recourant à la grosse ficelle du signifiant censé niveler les différences  par l’opération du langage, qui est un trésor partagé.  Le langage n’est-il pas lui même l’illustration d’un signifiant  fourre-tout, grenier que l’on ne saurait vider mais que l’on peut « enrichir » de nouveaux apports? L’astrologie est par excellence, un tel savoir cumulatif et boulimique, avec un signifiant insatiable, adoptant systématiquement les nouveaux astres découverts depuis la  fin du XVIIIe siècle en leur conférant le label astrologique? Nous avons montré ailleurs comment il pouvait être élagué, ou si l’on préfére comment il importait d’en différencier les « composantes » pour employer un terme pouvant laisser croire qu’elles constituent un « tout ». C’est aussi le rôle de l’historien que de défaire un certain travail  de « synthèse » de mauvais aloi.

C’est donc à ce syncrétisme que nous entendons nous attaquer et que nous pensons pouvoir parler comme d’un monstre à vaincre à l’instar de ce que fit un Saint Georges face au Dragon.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

15 01  15

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La dialectique contenant/contenu.

Posté par nofim le 8 janvier 2015

L’indifférence du contenant vis à vis du contenu

par  Jacques  Halbronn

On sera d’accord  pour reconnaitre que l’on peut mettre n’importe quelles fleurs dans un vase et que cela lui importe peu du moins si le vase

pouvait penser. Il en est de même d’un lecteur de DVD. Que lui importe que l’on passe tel enregistrement plutôt que tel autre. Quant au

constructeur automobile, qu’a-t-il à savoir qui conduiten un instant T  les voitures qu’il produit ? L’Humanité n’a pas cessé de construire des

contenants y compris quand il s’agissait de mots car le mot signifiant pour Saussure équivaut en fait à contenant et pourrait même en dériver comme le montre son participe présent.  Le fait que le mot lecteur désigne désormais un appareil  est très éloquent.  Les lecteurs d’autrefois sont remplacés par des machines.

On veut nous faire croire que tout ce qui est contenu par le même contenant est identique , que tous les signifiés recourant à un même signifiant s’équivalent et ainsi de suite. Donc que si le mot homme sert tantôt à désigner un homme , tantôt un être humain quel que soit son sexe, c’est qu’il n’y a pas de raison de distinguer toutes ces acceptions. C’est comme de dire qu’une rose est une tulipe parce qu’on peut la mettre dans le même vase!

JHB

08 01 5

 

 

 

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L’astrologie sur le désenchantement du monde et la fin des passe-droits

Posté par nofim le 6 janvier 2015

Enchantement  et  désenchantement du monde au prisme de l’astrologie   halbronnienne

par  Jacques  Halbronn

Il est important que l’on relie un dispositif  astronomique à une certaine sémiologie, comme l’avait bien compris

Jean-Pierre Nicola avec son systéme RET (Représentation, Existence, Transcendance). Pour notre  part, nous entendons

référer notre travail sur la cyclicité  avec  le phénoméne du désenchantement  (cf Marcel  Gauchet « Un monde désenchanté?  » Ed de l’Atelier,  2007)) et bien entendu de son inverse.

La disjonction produirait de l’enchantement tandis que la conjonction  générerait du désenchantement.

En fait,  le désenchantement nous apparait comme  un retour à la normale, à l’ordre, mettant ainsi fin à l’anormal, à l’extra-ordinaire.

Il nous importe que chacun soit en mesure de distinguer entre ces deux états, ces deux périodes car comment valider l’astrologie avec des notions que les gens ne comprenennt pas, n’ont pas bien assimilé. C’est d’ailleurs là que le bât blesse quand tant d’astrologues recourent à des notions- pas seulement du fait d’un certain jargon technique- avec lesquelles leurs interlocuteurs ne sont pas familiers, comem si un mot n’avait pas besoin d’être explicité et précisé, vu sa polysémie.

Il s’agit donc bel et bien de favoriser une certaine prise de conscience comme c’est le cas dans d’autres domaines sans laquelle on risque fort de piétiner, de stagner indéfiniment. Faire connaitre l’astrologie, cela passe par  la mise en avant de certaines notions du langage non

astrologique qu’il importe que le public apprenne à maitriser. On ne parle pas ici des signez zodiacaux que chacun devrait connaitre mais bien de notions qui font sens pour l’astrologie comme celle précisément du désenchantement, ne serait-ce que parce que cela sous entend une certaine dynamique : pour qu’il y ait désenchantement, il a bien fallu qu’il y ait enchantement et ainsi de suite. On ne saurait comprendre un terme sans l’autre, l’enchantement sans le désenchantement.

Parmi les expériences d’enchantement,  il y a tout ce qui n’est pas vraiment mérité mais que l’on a quand même obtenu, « avant son tour » et souvent devant d’autres qui semblaient y  avoir droit avant nous. Le bonheur des uns fait d’ailleurs  le malheur des autres. Notre père, par exemple, à la fin de sa carrière de haut fonctionnaire s’est vu priver d’une promotion- du fait d’un changement de ministre,  qu’il considérait comme un dû;  il en est mort peu après (1970). Un de ses collégues qui lui était inférieur hiérarchiquement passa  devant lui. Mais pour ce dernier, ce fut un avancement inespéré, providentiel.

Ce que l’on peut prévoir raisonnablement, c’est que  ce dont nous disposons au dessus de notre condition et de nos moyens, ce dont

on jouit indument risque  de nous être repris avec la phase conjonctionnelle (Saurne dans l’alignement d’une des 4 étoiles fixes royales)

C’est comme une épée de Damoclés qui finit par s’abattre.  Le désenchantement  est lié à une certaine mauvaise conscience/ Il y a là un certain sentiment de fatalité: cela devait bien arriver un jour, c’est la fin d’une certaine impunité, de priviléges qui nous venaient d’une phase disjonctionnelle.

La conjonction nous raméne ainsi à un ordre « normal » des choses qui n’est pas de l’ordre de l »‘enchantement »/ On ne croit plus  guère aux miracles, au Père Noël,  ce qui caractériserait a  contrario la  phase disjonctionnelle/

La  conjonction nous atteint par nos points  faibles et il importe à ce moment là de faire profil bas, de se faire oublier pour que l’on ne nous ait point dans le collimateur.  Inversement,  en phase disjonctionnelle, il est conseillé de se mettre en avant pour saisir sa chance/ Comme dit l’Ecclésiaste, il y  a  un temps pour chaque chose.

En phase conjonctionnelle,  on ne fait pas le poids mais l’on peut  essayer de se renforcer, de se trouver du « renfort »/

On fera remarquer que la conjonction  vise à recentrer le systéme et  que la disjonction  n’est en principe qu’un processus en creux comme une sorte de talon d’Achille, qui n’existerait que par défaut mais ce défaut est gage de liberté pour l’Humanité. Cela lui permet de se libérer de la « roue »  imperturbable et irréversible de la cyclicité.

Sans la disjonction, notre vie serait bien morne, sans surprise mais tôt ou tard, la Norme reprend le dessus mais toujours

temporairement. La disjonction est un pied de nez à la conjonction, c’est le « carré » des astrologues présenté comme un « aspect » dissonnant. Mais comme en musique, la dissonnance est libératrice.

L’astrologie ne se contente donc pas de décrire un systéme mais elle signale par la même occasion son maillon faible, comment, en quelque sorte, le neutraliser.  Dans notre ouvrage,  Le Monde Juif et l’Astrologie (Ed Arché 1985) nous avons montré que dans le Talmud, on s’évertuait à trouver des moyens de neutraliser le destin du fait des pratiques rituelles.(cf  traité Shabbat)

L’astrologue devra donc impérativement  apprendre à maitriser le calendrier de cette alternance de l’enchantement et du désenchantement car jusqu’à présent, la prévision astrologique souffrait  singulièrement d’un langage par trop vague ou par trop technique/

 

 

 

 

JHB

06 01  15

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Les Protocoles des Sages de Sion et le cimetière de Prague d’Umberto Eco

Posté par nofim le 29 décembre 2014

Le chapitre d’Umberto Eco sur les Protocoles des Sages de Sion

par  Jacques  Halbronn

 

Eco, dans le Cimetière de Prague,  a étudié de près la question des Protocoles des Sages de Sion en reprenant peut être ce que l’on trouve chez Norman Cohn ou chez tel autre.. Il  semble qu’Eco y  considére que son héros, Simone Simonini- nom inspiré de celui de Jean-Baptiste Simonini lié à Barruel au début du XIXe siècle – aurait été l’auteur des Protocoles des Sages de Sion en combinant  un texte de Maurice Joly (Dialogues)  et un autre d’Hermann Goesche ( Le discours du rabbin, in Biarritz), l’un  quant à la forme, l’autre quant au fond, ce qui situerait la rédaction de ce faux  dans les années  1870 bien avant l’émergence des Protocoles   vingt  ans plus tard. Le nom de Gougenot des Mousseaux  figure également comme un des ingrédients utilisés pour la composition de ce feux et d’ailleurs en 1909 c’est le nom de cet auteur qui est associé aux Protocoles des Sages de Sion.

Etrangement, la 4e de couverture indique   que ce Simon Simonini est une invention due à Eco mais soulignons que ce nom de Simonini

n’aura nullement été  choisi au hasard.  Simon Simonini serait ainsi le  petit fils  d’un Jean-Baptiste Simonini.

La thèse romancée d’Eco est intéressante d’une part en ce qu’elle met l’accent sur la ville de Prague qui accueillera en 1909 les

premières traductions du russe, en tchéque et en allemand et de l’autre parce qu’elle recentre cette production des Protocoles  vers l’Ouest au lieu de la situer en Russie, autour de Nilus (cf notre ouvrage Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle). Cela dit, il est possible que le titre même de l’ouvrage, Protocoles des Sages de Sion, ait été plus tardif et notamment inspiré par les premiers congrès sionistes, depuis 1897.

Il semble à lire Eco  et son Cimetière de Prague, qu’un tel travail ait été commandité par les Jésuites et se soient inscrits dans une croisade voule par le pape (probablement Pie IX, cf  nos Papes et prophéties. Ed Axiome, 2005)  Eco imagine que tant Joly que Goedsche seront coup sur coup assassinés après qu’on ait utilisé leurs travaux.

On nous dit que les Protocoles furent rédigés à Paris pour le compte de la police secréte tsariste par un certain Matveï (Matthieu)  Golovinski et l’on nous dit que le tsar refusa finalement d’en faire usage.

Il y a une certaine ironie de l’Histoire à voir la Russie être le théatre vers 1900 d’une telle publication tout comme elle le sera  dans les 20 années suivantes   de la Révolution, contrairement aux prophéties   de Marx.

Nous rappellerons que Prague est aussi  le lieu d’activité du chanoine Rohling, un des chantres de l’anti-talmudisme, une telle

littérarure préfigurant les Protocoles des Sages de Sion, ce que ne signale pas Eco. Selon nous ces Protocoles veulent être une sorte

de Talmud moderne, dans le même style visant à dénoncer les propos que les Juifs tiennent sur les Chrétiens.

Il faut bien comprendre, en effet, que l’antisémitisme moderne  laisse la parole aux Juifs, les fait parler et dire des « horreurs » sur les Chrétiens.  Cet antisémitisme est né de la connaissance approfondie du Talmud par  des non Juifs.

Le mouvement sioniste présente la même ambiguité:  il envisage le départ des Juifs pour un lieu plus ou moins éloigné mais c’est en fait aux Juifs russes qu’il pense pour constituer les gros bataillons d’émigrés (Olim)  vers la Palestine (Israel).  Faire partir la conception des

Protocoles depuis la Russie nous parait assez improbable.

ll nous semble d’ailleurs que les dits Protocoles aient été au départ t davantage dirigés contre les Maçons que contre les Juifs ou si l’on préfére l’on entend viser les Maçons en les présentant comme les suppôts, les agents de la « juiverie » et  ce n’est qu’ensuite que la dimension antijuive serait devenue le coeur du sujet, notamment avec leur attribution en 1909 à Gougenot des Mousseaux (dans les compte rendus  (du parlement de Vienne). Or, on notera que ces compte-rendus sont eux-mêmes appelés « protocoles », terme qui ne nous semble pas courant en russe.

Il nous semble que l’on doit s’intéresser à l »usage du mot « Protocoles ». On rappellera que les premières éditions françaises comportaient la forme anglaise « Protocols » du fait que l’ouvrage s’était fait connaitre en France, au lendemain de la Grande Guerre par la presse anglaise. On peut de même penser que l’usage de ce mot en russe ne fait sens qu’en référence à un texte paru dans une autre langue dans laquelle il était plus courant. C’est ainsi qu’il y eut des « protocoles » des premiers congrès sionistes, lesquels précédérent de peu les premières occurances en russe de cet ouvrage. Autrement dit,  c’est doublement un faux : d’une part, c’en est un parce qu’il a été

fabriqué de toutes pièces et de l’autre parce qu’il  ne se présente pas explitement comme une traduction à partir d’une autre langue, ce qu’il est en tout état de cause de par son usage des Dialogues de Maurice Joly. Le fait même qu’il comportât  un tel titre devait cependant  laisser penser au public russophone que l’ouvrage était  bel et bien une traduction, ce qui ne pouvait que contribuer à son prestige.

 

JHB

30  12 14

 

 

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Epistémologie de la propreté/saleté et du Mal.

Posté par nofim le 27 décembre 2014

 

Le Mal et le sale. La puanteur de ce qui ne se renouvelle pas.

par  Jacques  Halbronn

 

Le Mal c’est ce qui n’a pas été nettoyé en temps utile, qui s’est incrusté sur le signifiant, dans le « vase » et qui perpétue des traces qui vont

affecter la pureté du signifiant et l’empêcher d’être un réceptacle fidéle, le Mal introduit de la mélmoire , de la réminiscences.

Le génie est celui qui a le flair qui lui permet de dénoncer ce qui n’a pas été nettoyé (c’est le « clean » anglo-saxon), c’est ce qui n’a pas

été dévoilé ‘(alethéia). Quand le génie fait défaut au sein d’une société, celle-ci va se rouiller, pourrir, se scléroser, dépérir et l’on a des exemples de ces mondes qui restent bloqués (on pense au monde arabe au delà d’un Moyen Age brillant)

Il est naturel de salir, de souiller  mais il y a  obligation de nettoyer. Il ne suffit pas de ne pas salir car il faut garder le doute qu’il y a toujours de la saleté qui dure, se perpétue.

Ce qui fait obstacle au progrès, c’est la souillure, la pollution qui nous empêche d’y voir clair,. C’est l’obstacle épistémologique de Bachelard qui est avant tout une question de propreté, donc de propriété.

Tout comme l’on parle de cécité mentale, on peut parler d’une incapacité à « sentir » les choses, à capter tout ce qui persiste et aurait du

être éliminé en temps utile.

Le signifiant est inévitablement souillé par le signifié, tout comme la femme est souillée par sa grossesse qui met fin à sa pureté

(Immaculée Conception) et c’est pourquoi l’accouchement est libérateur, purificateur mais  permet ipso facto qu’elle soit à nouveau

souillée par une  grossesse à venir.  Un vide à remplir.  Quand un signifiant n’est pas lavé de ses signifiés successifs, on a le syncrétisme.

Le fait que les signifiés se succédent autour d’un même signifiant reléve de la diachronie, cela exige un flux.

Cette complexité existentielle de la diachronie ne saurait peser sur notre perception de la synchronie, c’est à dire du réseau de

signifiants, lequel implique un modéle simple mais vouée diachroniquement à se complexifier, ce qui menacerait à terme sa

« propriété » s’il n’y avait une vigilance de la vidange.

On traitera probablement de misogyne l’affirmation selon laquelle, les femmes seraient rarement dotées d’un « flair » leur permettant

de détecter la corruption et la sclérose des savoirs, des connaissances. Paradoxalement, la propreté est un terme récurrent dans les

préoccupations féminines : toilette, lessive, vaisselle  mais cela  concerne les choses et non les savoirs.

Rares sont les gens capables de détecter ce qui « cloche » dans un savoir, ce qui a été rajouté et qui n’a pas été évacué à temps. Le plus souvent ce qui est ajouté est perçu comme un enrichissement alors que cela se fait aux dépends de l’essence des choses, de leur

« propriété ».

Le ravalement nous apparait comme  une nécessité tout comme la restauration de ce qui a été abimé quand cela concerne le signifiant, c’est à dire le contenant, le « médium » (par rapport au message). Les hommes sont les gardiens du signifiant et les femmes du

signifié, ce qui signifie que ces dernières sont enclines à  vouloir préserver ce qui ne saurait perdurer sans porter atteinte au

signifiant qui constitue le contenant  dont la pureté doit être préservée, protégée.

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Le signifiant n’a pas à répondre du signifié

Posté par nofim le 22 décembre 2014

La disconnection signifiant/signifié.  Pour  une économie linguistique.

par Jacques Halbronn

 

Nous dirons que si l’on observe les choses d’un point de vue purement commercial – ce qui est une approche assez inhabituelle mais  qui pourrait bien faire sens prochainement- il importe peu du point de vue d’un producteur de signifiants que l’on en fasse tel usage ou tel autre. Ce n’est que progressivement, selon nous, que tel signifiant aura été associé durablement à tel signifié et vice versa mais telle n’est  pas l’idée d’origine.  On a trop pris l’habitude de relier ces deux plans et cela se manifeste sur les plans divers non sans effets pervers, d’ailleurs.

Si l’on reprend nos exemples habituels, un « container » peut être rempli de cent façons différentes à moins que sa cargaison ne laisse des traces dans le « contenant » mais il faudrait y voir un accident de parcours comme lorsque l’on oublie un objet dans une valise par mégarde/ Il reste qu’en principe, le contenant -et donc le signifiant- doit se vider totalement pour pouvoir s’emplir à nouveau. Que dirait-on si une femme  quand elle  accouche d’un enfant avec un nouveau partenaire était marquée par sa grosses avec un précédent partenaire.   Normalement, le contenant doit être nettoyé de toutes traces de ses usages et emplois passés.

La question qui se pose, au niveau linguistique, tient à ce lien devenu beaucoup trop marqué entre signifiant et signifié et qui est un signe de dysfonctionnement du point de vue technique, instrumental. Est-ce qu’un violon se souvient des précédents morceaux qui ont

été  joués sur ses cordes?

Si l’on veut aborder notre domaine sous l’angle économique, il est clair que la production de signifiants doit être absolument dissociée de tel ou tel usage. Tout utilisateur peut  recourir à un outil  comme il l’entend, dans les conditions et le contexte qui sont les siens, en un instant T.

Si l’on prend le cas de l’économie des signifiants secrétés par la langue française tout au long de son histoire – en faisant abstraction

de la question  de savoir dans quelles conditions l’exportation a pu s’effectuer et en s’en tenant exclusivement à la gestion de la situation telle qu’elle peut être observée actuellement,  force est de constater que nombre de langues auront plus ou moins massivement « importé » des « mots » français. Certes, on nous objectera que ces mots auront été peu ou prou associés à des « signifiés » mais nous n’y verrons là que des exemples d’application qui n’ont qu’une portée contingente. Les importateurs ont toute liberté en effet pour en faire l’usage qu’ils jugeront bon d’en faire. En revanche, il ne saurait être question que ces usages restent à l’avenir « gracieux » . Ils seront

à l’avenir facturés, sans que les emplois qui auront pu être effectués de tel ou tel « mot » ait à entrer en ligne de compte. En tout état de cause, notamment, le fait que tel utilisateur de tel mot en ait fait un usage nouveau, inédit, ne saurait le dispenser de s’acquitter de ses dettes pas plus que le fait d’utiliser telle matière première de telle ou telle façon, aussi originale soit-elle, ne saurait exonérer en quelque

façon que ce soit de ce qui est dû au producteur.

C’est pourquoi nous entendons totalement dissocier signifiant et signifié. Pour un signifiant donné, on peut trouver un nombre infini

d’applications, c’est à dire de signifiés « accrochés au dit signifiant comme  pour un porte manteaux un nombre infini de vêtements qui ont pu s’y suspendre. Celui qui se procure un outil peut en multiplier les usages à sa guise une fois qu’il s’est acquitté de ce qu’il doit

au producteur du dit outil, que ce soit d’un point de vue de location ou de propriété mais cette propriété ne saurait concerner que son droit à faire usage du dit outil mais certainement pas de s’en approprier la propriété intellectuelle voire même d’en faire commerce si ce n’est en termes de service comme quelqu’un qui aurait acheté un camion et amortirait son achat par les usages qu’il en effectue.

Laisser croire que tel signifiant est associé par essence à tel signifié doit être impérativement rejeté épistémologiquement. On pourrait y voir une sorte d’anthropomorphisme en rapport avec la notion de couple, dans une approhe monogamique. Or, l’outil par définition s’inscrit dans une logique polygamique et il importe de désenclaver la linguistique en l’intégrant au sein d’un ensemble qui est celui des outils en général en laissant de côté les usages qui en sont proposés par tel ou tel utilisateur. Le rapport signifiant/signifié ne saurait être considéré que diachroniquement – et donc anecdoctiquement –  et non synchroniquement.

Cela dit,   faudrait-il conclure de telles considérations que certains signifiés ne sont pas indissolublement liés à tel ou tel signifiant? Peut-on revenir sur certaines corrélations? Nous répondrons que tout est question d’ingéniérie. Si l’on ne dispose de l’ingéniérie nécessaire, la possibilité de changer de contenu restera probablement virtuelle. Notre humanité a une certaine liberté de manoeuvre dans un certain

nombre de domaines à commencer par ce qui reléve du domaine juridique . On peut cetainement changer la couleur d’une voiture mais on ne sait pas encore changer la couleur des yeux d’un enfant à naitre, par exemple. Notre aptitude au changement est tributaire de la présence de certains ‘ingénieurs » comme dans le cas de « juristes » aptes à réformer par exemple la constitution actuellement instaurée.

Dans le domaine linguistique, l’humanité a une certaine marge de manoeuvre si ce n’est que prévaut le plus souvent un certain

conservatisme qui tend à perpétuer tel lien entre signifiant et signifié. Mais il s’agit là d’un dysfonctionnement social qui ne saurait influer sur la théorie lingustique. Saussure aura été victime de cet obstacle épistémologique en entérinant un certain état de fait dans sa  théorie au lieu d’élever le débat en relativisant le poids de la diachronie.

Selon nous, la nouvelle linguistique n’a pas à prendre en compte les contingences de la diachronie des usages. Un mot, quel qu’il soit, n’a aucune vocation à « porter » tel signifié plutôt qu’un autre pas plus qu’une femme  à être fécondée par tel homme plutôt qu’un autre, la seule limitation étant la non compatibilité hors de l’espèce humaine -ou des paramétres d’âge bien évidemment/

En effet, si la linguistique devait s’encombrer de la question des signifiés ayant pu historiquement être associés à un signifiant donné – ce qui peut  certes intéresser l’historien des mots et des textes-  on se situe alors dans le cadre particulier d’une linguistique historique-

on rencontrerait toutes sortes d’apories, à savoir  la façon dont on va décrire tel usage en se servant de divers mots (ou signifiants) pour ce faire, lesquels signifiants seront tout autant qu’ils sont autant d’outils à usages multiples.

On aura donc compris que de la même  façon que les linguistes du XIXe siècle déclarèrent renoncer à traiter de la question de l’origine du langage, nous pensons qu’il serait sage pour la linguistique synchronique de faire abstraction des signifiés en se cantonant à la question des signifiants. On ne saurait notamment confondre la question des dérivations autour d’un même signifiant ( conjugaisons, déclinaisons, dérivations, affixations) et celle des signifiés. La première fait partie intégrante de la fabrication de  signifiants tandis que la seconde ne saurait revêtir qu’un intérêt historique -certes passionnant mais ô combien aléatoire.

Il est  fondamental de rétablir le primat du signifiant sur

le signifié. Le signifiant est masculin et le signifié féminin

et ce en dépit du fait que les  femmes soient fécondées par les

hommes et soient « porteuses ». Cela s’explique si l’on admet

que comme il est dit dans la Genése, la femme est issue de

l’homme androgynal, qu’elle est en quelque sorte une

création de l’homme comme toute forme de machine. Il

n’est pas concevable par conséquent d’opposer le créateur )

sa création/créature. Une fois de plus, la confusion tient

au fait que l’on situe dans l’espace, la synchronie ce qui

reléve de la chronologie, du passage de la puissance à  l’acte..

 

JHB

28 12 14

Publié dans ASTROLOGIE, Conscience, ECONOMIE, FEMMES, LINGUISTIQUE, machine, MUSIQUE, sensorialité, symbolisme | Pas de Commentaire »

Le signifiant comme contenant.

Posté par nofim le 16 décembre 2014

Esthétique de la production de contenants/signifiants. La question de l’intercompréhension linguistique en Europe.

 

par  Jacques Halbronn

 

A Louis-Jean Calvet, qui dirigea mes  deux mémoires non soutenus. Paris V 1985-1989)

Nous voudrions insister ici sur  le fait que le signifiant n’est jamais qu’un contenant tout comme le signifié n’est qu’un contenu. Le

signifiant est voué à s’emplir et à se remplir. On peut comparer un signifiant avec un vase. On peut apprécier un vase par delà son contenu.

Un beau vase ne se définit pas par les fleurs qu’on y met ni une belle boîte par les objets que l’on y place. On se’ procure ainsi toutes sortes

de « contenants » sans que la question de ce qu’on y mettra soit  vraiment déterminante. En ce sens, le domaine de la langue se trouve désenclavé. Les mots ne seraient donc que des contenants au même titre que toutes sortes d’objets susceptibles d’accueullir  non pas un contenu donné mais toutes sortes de contenus, à travers le temps  : une maison, une église, un château,  une voiture, une valise, un champ, voire un Etat.

A partir de là, on se demandera si l’influence de la langue française pour les langues et les cultures du Nord de l’Europe,  de Londres à Moscou,  ne tient pas à l’élégance de ses « signifiants », c’est à dire de ses contenants, par delà, encore une fois, les contenus ponctuels susceptibles de les remplir , lesquels sont en quelque sorte interchangeables.

En ce sens, la production par la culture française- et donc la société française- d’une quantité considérable de signifiants perçus comme distincts du latin fait de cette langue ou du moins de ses mots, un ciment pour toute l’Europe, puisque par la force des choses, cela

concerne aussi les langues latines qui se retrouvent dans le français du fait de l’origine latine commune.  En ce sens Paris, une des villes les plus visitées au  monde ne se conçoit pas sans la langue française si l’on entend par là non pas la connaissance du français en tant

que tel mais la « ‘reconnaissance » des mots française  du fait des similitudes avec la langue d’origine considérée, qu’il s’agisse du

portugais, du néerlandais ou du russe! Une telle identification-soulignons-le – passe plus aisément par l’écrit que par l’oral; plus par les textes que par les personnes, notamment du fait de la variété des prononciations.

Mais ce qui nous semble essentiel, ici, tient à ce que de la sorte, il devient possible de connecter le domaine linguistique avec

le domaine musical, le domaine technique etc, puisqu’il s’agit, dans tous les cas de figure, de la production d »‘objets voués à contenir, à

accueillir tout contenu qui se présentera. On est ici en face d’outils dont on pourra faire l’usage que l’on voudra.

Cela dit, il nous revient à présent de réfléchir  sur la dialectique émetteur/récepteur notamment au  regard de la création et de la

procréation, ce qui pose la question de l’identité du producteur de signifiants/contenants.

Au regard de la question du « créateur » (génie), nous dirons que les plus grands créateurs ont généré des  contenants et pas seulement des contenus puisque le nombre de contenants est censé être très inférieur au nombre de contenus (cf supra)

Contrairement à l’image habituellement répandue, nous dirons que le compositeur produit des signifiants et non du signifié. Il est vrai que l’on confond si souvent le compositeur et l’intérprère alors que leurs rôles sont complémentaires. Le compositeur produit des sons, est en quéte de nouvelles sonorités et celles-ci pourront être le réceptacle de toutes sortes de significations. Le signifiant/contenant est

par principe ouvert et ne saurait être plein sinon ponctuellement, ce qui ne laisse à terme de le souiller. Il lui faut périodiquement se vider, se nettoyer comme on le ferait d’un plat, d’une assiette. Le rôle de l’interprète nous apparait dès lors  comme devant renouveler le contenu du signifiant musical, comme on changerait l’eau d’un vase.

La femme serait ainsi un contenant « porteur » pouvant accueillir une très grande diversité de semences masculines. Mais rappelons que

le créateur n’est pas un récepteur mais un producteur de récepteurs tout comme le compositeur n’est pas réductible à  son oeuvre mais celui qui la génére. On est globalement dans une forme d’artisanat que l’on soit compositeut ou potier! Mais le potier n’est pas le pot et il n’a même pas à s’en servir. Il lui incombe simplement d’en concevoir. En ce sens Dieu nous apparait à l’image d’un potier. (cf la création de la femme dans le chapitre II de la Génèse).

Bibliographie

Claudia Media  La linguistique diachronique: le projet saussurien   Genéve, Droz 1998

E. F. K. Koerner  Contribution au débat post-saussurien sur le signe linguistique  Ed Mouton 1972

Peter  Wunderli  Principes de diachronie.  Contribution à l’exégèse du « Cours de linguistique  générale » de Ferdinand de Saussure  ed  Peter Lang 1990

Maurice Pergnier   De Saussure à Saussure   ed L’Age d’homme  2012

Saussure, Ferdinand de (1857-1913)
Cours de linguistique générale / Ferdinand de Saussure ; publ. par Charles Bailly [i.e. Bally] et Albert Séchehaye ; avec la collab. de Albert Riedlinger ; éd. critique préparée par Tullio De Mauro ; postf. de Louis-Jean Calvet
Payot
1995
2
Livres
Saussure, Ferdinand de (1857-1913)
Cours de linguistique générale / Ferdinand de Saussure ; publ. par Charles Bally,… et Albert Sechehaye,… avec la collab. de Albert Riedlinger,… ; éd. critique préparée par Tullio De Mauro ; postf. de Louis-Jean Calvet
Payot
1985-….
3
Livres
Calvet, Louis-Jean (1942-….)
Pour et contre Saussure : vers une linguistique sociale / Louis-Jean Calvet
Payot
1975
4
Livres
Saussure, Ferdinand de
Cours de linguistique générale / Ferdinand de Saussure ; publ. par Charles Bally et Albert Séchehaye ; avec la collab. de Albert Riedlinger ; éd. critique prép. par Tullio de Mauro ; postf. de Louis-Jean Calvet
Payot
1993
5
Un exemplaire au moins  est numérisé Livres
Saussure, Frdinand de

JHB

18 12 14

 

 

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Le vocabulaire français dans le Capital de Marx et la traduction française

Posté par nofim le 16 décembre 2014

Le vocabulaire français dans le Capital de Marx et la traduction française de 1872

par  Jacques  Halbronn

 

Nous aborderons dans un premier temps la question des mots français dans le Capital de Marx (1867)  par un simple relevé des occurences

puis dans un second temps, la question des dits mots dans la traduction de J.  Roy parue chez Maurice Lechâtre en 1872, au lendemain de la Commune.

Karl Marx  Das Kapital. Kritik der politischen ökonomie  (1867, édité par Engels)

On note déjà que les quatre  mots du titre sont  en dehors des articles  d’origine ou d’influence française.

On s’en tiendra ici   à la seule Préface de la première édition ( Londres,  24 juillet 1867) en allemand et en français / Le fait que cette préface soit brève ne peut que mettre en évidence la fréquence du recours au français et  accessoirement latin. Nous n’avons pas signalé quand certains mots étaient récurrents.

I  Recension des mots français de la dite Préface

Publikum, Kritik, politischen,  Oekonomie,  Pause,  resümiert,  Kapitel,  Punkte,  theorie,  Noten,  Analyse,  substanz,  popularisiert, Kôrper,studieren, ökonomisch,  Mikroskop, chemischen,  Reagentien,  Abstraktion, produkt, mikrologischen, Anatomie,  natürlich,

Physiker,  prozess,  prägnantesten,  Einflüsse, form,  komplizierter, universelle,  Experimente,  sichern,  kapitalistische, klassische,

Stätte,  illustration,  theoretischen pharisäisch,  Industrie,  optimistisch,  grad,  Antagonismen,  Tendenzen,  industriell, Fabriken,

Sphären,  kontinentalen,  modernen,  vegetation,  politischen,  « Le mort saisit le vif ».  soziale, Statistik, Regierungen,  Parlamente, periodische, komissionen, partei,  komissâre,  Exploitation,  kappe,   Existenz,  Mittelklasse,  Bürgerkrieg,  brutaleren,  humaneren,

Motiven,  Interresse,  kontrollierbar,  Resultaten,  Platz,  Nation,  abkürzen,  rosigem,  Personen,  Personifikation,  Kategorien,  formation,

subjektiv,  Stoff,  Furien,  Privat,  artikeln,  Atheismus;  Correspondence,  Missions, Majesty,  Questions,  Unions,  Krone,  dürren,  Kultur, eeklärte,  Atlantisch, Ozean, ^Vizepräsident,  Meetings,  Sklaverei,  ordnung,  Purpurmantel, , Kristall,  Organismus,  Zirkulation

NB Nous avons inclus quelques termes anglais eux-mêmes d’ »origine française.

II  Le maintien des formes  française  de l’allemand dans la traduction de 1872

Inévitablement, le traducteur de l’allemand vers le français  va  être tenté de reprendre le mot français existant en allemand – ce qui revient à limiter d’autant, l’effort de traduction – ce qu’on appelle une traduction « littérale » au plein sens du mot- – mais cela vaut aussi en sens inverse au point probablement d’utiliser les termes du texte original même quand ils ne sont pas encore entrés en allemand, c’est d’ailleurs ainsi que bien des mots entrent dans une langue par le biais des traductions. Toutefois, nous avons noté une exception

avec le refus  de Roy de reprendre la forme « popularisiert »  du texte de Marx en  renonçant à « popularisé » en faveur d’une périphrase « accessible à tous lecteurs. Le terme actuel serait  probablement « vulgarisé ». Il est possible que l’idée de vulgarisation du savoir était plus avancée alors en Allemagne qu’en France.  On peut même dire que l’allemand de Marx est déjà une forme de traduction vers le français au point que  même un lecteur français ou anglais  ignorant le maniement de la langue allemande serait en mesure de se faire une idée assez juste du texte en relevant les mots qu’il connait et l’inverse serait également assez juste. . On peut ainsi parler d’intercompréhension au sein des langues européennes

Notre sondage n’a touché ici  que quelques pages- une demi-douzaine tout au plus et il conviendrait de le conduire à une toute autre échelle.

On peut parler ici de diglossie du locuteur germanophone qui  passse indifféremment d’un terme allemand d’origine à un  terme français (‘immigré ») comme c’est aussi le cas, oralement, au Maghreb et notamment en Algérie, ancien département français.

 

 

 

JHB

16 12 14

 

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Herzl et la traduction française du Judenstaat: l’Etat Juif

Posté par nofim le 15 décembre 2014

 

Le contrôle par l’auteur des traductions de l’allemand vers le français: de Marx à Herzl (1870-1897)

par Jacques  Halbronn

 

Lors du récent colloque  « Maurice Lachâtre (1814-1900).  » Bicentenair  d’un inconnu », il a été traité de la traduction  française (1872, dont Lachâtre fut l’éditeur en feuilletons)  du « Das  Kapital. Kririk der politischen Okonomie »  avec  Béatrix Bouvier (MEGA, Université de Trêves) : La MEGA et l’oeuvre de Marx en français
et Laurent Gautier (TIL, Univ. de Bourgogne) et Arthur Joyeux (ELLIAD, Univ. de Franche-Comté) : Le Capital, d’une langue à l’autre/

Il est manifeste que Marx aura surveillé de près la traduction de l’allemand vers le français comme en témoigne sa correspondance et les notes  manuscrites figurant sur l’édition allemande de 1867. Ces notes pourraient servir à une nouvelle édition du Capital.

Or, nous n’avons pu nous empêcher de songer au cas de Herzl qui publia un ouvrage promis également à un fort retentisseemnt, le Judenstaat  et lui aussi voué à la traduction notamment vers le français (cf notre ouvrage Le sionisme et ses avatars au tournant du xXe siècle (Ed Ramkat, 2002. Dépot légal BNF) d’autant que tout un débat existe autour de la traduction qu’il faudrait donner du titre Der Judenstaat, à savoir Etat Juif ou, comme certains le suggèrent « Etat des Juifs », ce qui tend à être la version désormais la plus répandue.

Nous avons donc décidé de comparer le texte allemand et le texte  français (reproduit dans notre édition tel que paru en feuilleton dans la Nouvelle Revue Internationale. On trouvera ci-dessous lestout  premiers résultats de notre entreprise visant à montrer que la forme L’Etat Juif est la forme à laquelle on doit s’en tenir vu qu’elle a certainement été validée par Herzl lui-même.

On notera pour commencer une variante au titre. La  version française ne rend pas l’adjectif « modern » et se contente du sous-titre

« Essai d’une solution de la question juive » au lieu de Versuch einer modernen   Lösung der Judenfrage.

On note en outre qu’il ne viendrait  à l’esprit de quiconque de traduire « Judenfrage » par la « Question des Juifs ». Chaque fois le texte français rendra Judenfrage par la Question Juive et notamment au sous titre du chapitre « Considérations générales »/ De même qu’Etat Juif figurera dans le corps de l’ouvare « La » Society of Jews » et l’Etat Juif » (pour Judenstaat)

Parmi les particularités de la « version » française,  on notera qu’à de nombreuses reprises le texte allemand recourt à une forme anglaise qu’apprécie Herzl alors que la forme anglaise est « traduite » en français: Society et Company deviennent Société et Compagnie alors qu’ils sont en anglais dans la version allemande. Dans un autre cas, en revanche,  l’allemand Blockhaüser est rendu dans le texte français par

 » block-houses », donc sous la forme anglaise.

Herzl utilise parfois la première forme du singulier en allemand, ce qui est rendu pareillement en français si ce n’est que dans un cas

la version française rend par « je » ce qui en allemand  ne l’est point.  On peut penser  que seul Herzl aurait pu prendre l’initiative d’un tel

changement (Chapitres L’opération financière et Les groupes locaux)

Un cas assez intéressant concerne le nom du chapitre (ou du paragraphe) Unsere Seelsorger qui est rendu en français par Nos pasteurs et

qui traite en fait du rôle des rabbins au sein de cet Etat Juif. Seelsorger est un terme général qui signigie ceux qui se soucient de nos âmes.

On notera aussi le recours à des guilemets dans la version française: « Notre « matériel humain » pour- sans guillemets « Unser Menschenmaterial ».

Pour en revenir à l’usage de « Juden » devant un nom, nous avons  « Judenvolk » qui est rendu en français pae « peuple juif » et toujours pas

par « peuple des Juifs » (Ch. La Socety of Jews et l’Etat Juif). Mais par ailleurs,  on trouve  » Der Gestor des Juden » qui est rendu en français par Le Gestor des Juifs, ce qui nous interpelle quant à l’usage tantôt de « der Juden »  en première ou en seconde position. La forme « der Juden » semble d’ailleurs d’inspiration française dans sa construction grammaticale.

On notera que Herzl reconnait lui-même avoir moult fois retravaillé son texte  (Conclusion): « Dans cet écrit que j’ai médité

longuement  et si souvent remanié » et cela vaut certainement aussi pour la « traduction » française si l’on fait la part des différences de

construction entre les deux langues.

On terminera en  rappelant un passage souvent oublié de l’Etat Juif sous le titre « Palestine ou  Argentine » (Palestina oder Argentinien)

En fait, Herzl commence par traiter de l’Argentine, en dépit du titre. « Faut-il préférer la Palestine ou l’Argentine »? La  Société(pour pour  l’anglais Society dans l’édition allemande) prendra ce qu’on lui donne, tout en tenant compte des manifestations de l’opinion publique juive à cet égard », ce qui rend ici la forme allemande « Judenvolk », ce qui correspond à une certaine reformulation de l’original allemand et l’on voit ici que c’est la forme adjectivale qui est préférée à la forme nominale allemande.

Enfin, l’on s’interrogera sur le fait que la version française rende le « doch » allemand par « cependant? Or, il s’agit là de la réaction à une  affirlation: « Sortir de ce cercle est chose impossible. Doch devrait être ici rendu par « si! »  plutôt que par cependant. (Conséquences de

l’antisémitisme). Il semble qu’il s’agisse ici d’un faux sens. Le Doch est bien ici à rendre par « Si ».

On notera enfin que l’usage que fait Herzl du mot « solution », en allemand Lösung n’est pas sans faire songer à la formule « solution finale ».

Le fait que Herzl emploie le terme « modern » en allemand et qu’il y renonce en français pour qualifier la « solution » proposée nous parait

intéressant car il suppose une certaine adaptation à la situation actuelle avec l’éventuelle nécessité de parvenir à un nouveau consenus qui pourrait se porter non pas sur la Palestine mais sur l’Argentine (cf le projet du baron de Hirsch). Herzl meurt 10 ans avant le début de la

« Grande Guerre » et ce n’est qu’en 1917 que va se présenter la Déclaration Balfour relative à l’établissement d’un Foyer (Home) Juif en

Palestine. Nul doute que si Herzl avait vécu -il décéde dans sa quarantaine- il aurait pu générer un nouveau consensu « moderne » pour

établir cet Etat Juif, lui qui ne pronait par ailleurs nullement, comme il s’en explique, la renaissance de l’hébreu. Mais en supprimant dans la  version française l’adjectif « moderne », nous pensons qu’Herzl aura souhaité ne pas perturber certains esprits et  évité d’ éveiller leur méfiance.

On rappellera enfin que l’allemand a beaucoup emprunté au français – nous avons listé dans notre édition de l’Etat Juif les mots français  figurant dans la version allemnde et nous avions également signalé les mots  français figurant dans le texte allemand du

Manifeste du Parti Communiste et il conviendrait d’ailleurs de comparer le texte allemand du dit Manifeste et sa traduction française, laquelel a pu avoir été supervisée par Marx.

JHB

15 12 14

 

 

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La question du Mal

Posté par nofim le 8 décembre 2014

Le mal et le changement. Les affres du Pouvoir.

par  Jacques  Halbronn

Il est beaucoup question de nos jours de « changer » le monde  mais n’est-ce pas là s’engager dans la voie du mal? Est ce que la tentation

diabolique n’est pas liée à l’idée de changement, de rupture?  Ce qui sous-tend le changement, c’est le pouvoir. Il semble que le pouvoir

soit le levier du changement. Celui qui n’aurait pas de pouvoir serait incapable de changer quoi que ce soit.

Si l’on prend l’exemple de la Shoah, on est- bel et  bien face à un délire, à une fièvre de/du changement; Il faudrait que rien ne soit plus comme avant.  Mais cette IVG dont on salue actuellement le  quarantième anniversaire n’est-elle pas aussi de l’ordre d’un changement passant par une « prise » de pouvoir – si l’on en croit les dires des femmes elles-mêmes.

En tant qu’historien,  la corruption des textes génére du changement (cf Eloge de l’erreur. Créativité de l’erreur,  Collectif avec Alain Kieser et Anne Rose,  Ed Le Lierre et le Coudrier 1990, qui reprend notre mémoire de linguistique : » Linguistique de l’erreur » (1987) et  de

l’évolution qui nous éloigne du plan, du projet, de la structure  de départ dont d’aucuns nient jusqu’à l’existence. Restituer la genése d’un « savoir », d’une tradition, c’est relever les déviances, les syncrétismes qui ont pu l’impliquer.

On dira aussi que tout ajout qui vient perturber notre autonomie sous couvert de nous compléter, de nous prolonger, pourrait tout à fait, également,  s’inscrire dans  cette nébuleuse du Mal.

Il y aurait donc, selon nous, on l’aura compris, une Tentation du Mal sous couvert du Progrès et on trouve déjà cette pente avec le Serpent

de la Genése.

A l’encontre du Mal, le Bien n »existerait en fait que pour défaire les oeuvres du Mal, pour nettoyer ce qui  a été souillé,  perverti par le Mal

au nom de la Nouveauté.

L’historien, à nos yeux, serait un artisan majeur du Bien car il perce à jour les impostures, les faux semblants, les mirages et en ce sens

c’est un trouble fête qui ne confond pas les vessies avec les lanternes. L’historien s’inscrit, on ne le dit pas asssez, dans une éthique dont

il serait le gardien, et le garde-fou.  Est ce que les livres d’Histoire ne sont pas détestées par nombre de femmes  qui leur reprochent

d »oublier les femmes, de tenir un discours biaisé qui ne veut retenir in fine, au nom de la postérité que le nom de « grands hommes »;  Sans

les historiens, le passé serait totalement trafiqué au service de telle ou telle idéologie.  L’historien authentique est capable de restaurer un

passé et donc un présent qui auront été falsifiés. il est le dernier rampart contre l’imposture de ceux qui veulent faire table rase du passé au nom d’un dressage, d’un bourrage de crâne, non sans un certain cynisme; L’historien est Saint Georges  (ou Saint Michel) terrassant

le dragon du déni ou de l’ubris du changement.   Mais cet historien ne doit pas non plus oublier  de faire une histoire de la Technique, depuis l’Antiquité, laquelle est forcément aliénante, à commencer par la mise par écrit qui ne peut que nous couper de l’amour de soi -même (Aime ton prochain comme toi-même) au profit d’une dépendance aux objets qui se  fabriquent  aux dépends de notre

environnement (écologie).

Le Pouvoir, disions-nous, serait, selon d’aucuns le pouvoir de changer -on pense à Macbeth. Les femmes ont cru que le pouvoir

du politique pourrait changer le monde, qu’il suffirait de décréter l’égalité pour qu’il en soit ainsi, en maniant la baguette magique de la Loi, du « Droit » (égalité des droits) et de fait certains hommes politiques auront contribué – ou du moins auront-ils essayé- de mettre des femmes en avant, de Giscard d’Estaing (Veil) à Mitterrand (Cresson) jusqu’à François Hollande et au paritarisme gouvernemental- on n’oubliera pas le poids de l’électorat féminin depuis  1944, cadeau de De Gaulle. Un Alain Juppé en 1995 s’était essayé à l »exercice avec ses

« jupettes » et l’on voudrait maintenant intervenir sur les plus jeunes enfants. Et le pire, c’est que le Mal a une vraie marge de manoeuvre.

Il ne faudrait pas croire en effet que l’on ne peut dévoyer les gens, les pervertir, les dénaturer et ce d’autant mieux que l’on s’y prendra de

bonne heure. Le bien est fragile, il peut aisément s’abimer;

Tuer quelqu’un est chose plus aisée que de savoir comment un être humain est fait. Cela prend très peu de temps. Le Mal n’a pas besoin

de savoir, il se contente de pouvoir et quand nous parlons avec certaines personnes, l’on voit bien qu’elles n’ont que faire de connaitre

le cours des choses. Elles n’ont qu’une idée en tête: le changement à tout prix; Et comme dirait Obama, « yes we can », nous « pouvons ».

On opposera ainsi le savoir et le pouvoir qui n’est jamais qu’un savoir faire.

C’est dire que notre monde actuel est terriblement confronté à la tentation du Pouvoir. La Technologie s’oppose ainsi à la Science

à l’instar de la bombe d’ Hiroshima; La tentation, c’est de faire ce qu’on peut faire. En ce sens, science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

08 12 14

 

Bibliographie

Louis Millet  Le mystère du mal  Ed Sicre 2001

Patrick Vignoles  La perversité. Essai et textes sur le mal   Ed Hatier 2000

Frederic Laupiès  Leçon philosophique sur le mal.  PUF  2000

Jérîome Jabotin  Hanna Harendt face au probléme du mal . Une lecture de la banalité du mal  Ed Le Portique 2011

Antoine de  L’Escale  Le mystère du mal. Méditation spirituelle   Ed Salvator  2000

André Jacob  Aliénation et déchéance  Post Scriptum à une théorie du mal.  Ed. Ellipses  2000

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