L’astrologie dans le traité Shabbat 156 a et b

Posté par nofim le 2 décembre 2014

Le contexte du Ein Mazal à la fin  du traité Shabbat du Talmud (156 a et b)

par  Jacques  Halbronn

 

Nous revenons ici sur un dossier que nous avons eu l’occasion de traiter longuement par le passé (cf  Le monde juif et l’astrologie,

Milan, Ed Arché, 1985 notamment) Nous nous servirons de la traduction française de Désiré Elbéze (La Guemara, coll. dirigée par

le Rabbin Elie Munk,  Ed C. L. K. H; 1986  Tome 5 : Chabbat,  chapitre XXIV, pp.  139  et seq). Il s’agit du traité Shabbat. (156 a et b) qui se terminerait sur ce sujet si l’on n’y avait point ajouté qui reléve de l’annulation  des voeux le Shabbat.

Cela débute par un débat sur les jours de la semaine, ce qui est en effet lié avec la question du Shabbat. Chaque jour de la semaine caractériserait ceux qui sont nés ce jour là (et dont la circoncision aura lieu ce même jour), et cela se relie aux jours de la création et ce qui a été crée dans chaque cas. Et l’on peut ainsi lire « Celui qui nait un Chabbat mourra un *Chabbat parce qu’on a profané pour lui la grande journée du Chabbat »

Mais un autre sage soutient que ce n’est pas le jour de la semaine qui compte mais l’heure de la journée, chaque heure étant associée

à l’une des sept planétes (les luminaires étant mis sur le même pied que les planétes, tant pour les jours de la semaine que pour les heures.) On notera que cette « astrologie » ne tient aucunement compte de la réalité astronomique mais se sert d’une « grille » qui s’est

d’ailleurs perpétuée jusqu’à nous en ce qui concerne le nom des jours de la semaine.

 

On en arrive ensuite au débat autour du Mazal d’Israël entre Rabbi Hanina (suivi par Rashi)  favorable à cette idée et  Rabbi Yohanan qui la rejette et l’argument principal semble être le suivant : celui qui pratique assidument les préceptes (mitswoth) de la Loi échapperait  aux mauvais penchants de son destin.

Il est intéressant de noter que fait suite à ce débat un développement sur l’annulation qui n’est pas sans lien avec l’idée d’annuler  en

quelque sorte les effets de ce qui était prévu par les astres.

Nous ferons le commentaire suivant :  la formule « Ein Mazal le Israel »  qui fait pendant à la formule inverse « Iesh Mazal le Israel » (cf supra) comporte chaque fois un singulier et non un pluriel. Cela signifie que la vraie question posée par ces formules tient au « choix »

d’un Mazal pour Israël. Les autres développements sur les jours et les heures attribués aux 7 planétes ne sont pas en rapport direct avec

un tel débat. Et quant aux exemples donnés, ils ne fournissent aucune donnée « planétaire » et pourraient concerner n’importe quelle

forme de divination.

Pour notre part,  nous préférons donc nous en tenir à ces formules lapidaires et laissant de côté les commentaires qui nous semblent

assez peu appropriés qui leur font suite et les resituer dans la problématique de l’élection, du choix. Or, dans les prières du Shabbat, il

est indiqué que le jour du Shabbat a été choisi parmi les autres jours et que ce choix est emblématique du choix que Dieu a fait du

peuple d’Israel parmi les autres peuples. Pourquoi donc Dieu n’aurait-il pas  choisi d’astre pour Israël alors que dans la « seconde  »

création-  on est passé d’une logique de l’universel à une logique du Tsimtsoum, c’est à dire du rétrécissement, de la focalisation, bref de

l’élection? Est-ce que le Shabbat lui-même ne marque pas un basculement qui conduit à cette réduction? Est-ce qu’aux Six Jours de la

« première création » ne feraient pas suite les Six Jours de la seconde création, correspondant aux « Commandements » (qui pourraient avoir été six et non dix à l’origine)? Il y  a là une dualité diachronique qui semble avoir marqué notamment la Kabbale  où l’on trouve

cette notion de « tsimtsoum », de repli.

Les protagonistes dont il est question à la fin du traité Shabbat  ne semblent pas avoir pris la juste mesure de la formule proposée par

Rabbi Hanina. Le seul fait que ce dernier pose le fait d’un « mazal »  (au singulier) réservé pour Israël nous parait  essentiel et s’inscrire

dans une série d’élections qui se conjuguent et marquent  ce « tsimtsoum ». Ce ne sont pas tous les astres de la « première » création qui

entrent en jeu mais seulement l’un d’entre eux et en ce sens, il importe de situer le propos de Rabbi Hanina en réaction par rapport

aux exposés qui ont précédé son intervention  et qui traitaient du « septénaire » (Lune, Soleil, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et

Saturne).

Immédiatement après ces exposés sur les 7 « astres »,  Rabbiu Hanina intervient en déclatant qu’Israel ne dépend que d’un seul « mazal »

d’un seul astre et non d’une pluralité. On passe ainsi soudainement d’un pluralisme astral à l’idée d’un seul et unique astre, tout comme il y a un seul et unique Dieu.

Rappelons en effet que le singuliet Mazal implique un choix car les Mazaloth (ou Mazaroth)  sont nombreux, tout comme les peuples le sont. Il semble qu’il y ait un certain flottement quant à la traduction de ces termes qui, en toute état de cause, désignent, certaines

entités répérables astronomiquement. S’agit-il d’une constellation, d’un « signe zodiacal », d’une planète ou d’une étoile fixe (on trouve

ces termes dans Job et dans le Livre des Rois)? On notera que dans le récit de la (première ) Création (Génése), il n’est pas question des planétes  mais des luminaires et du firmament, c’est à dire des étoiles (apparemement en un temps où l’on ne savait pas distinguer entre planétes et étoiles).

Or, force est de constater que l’intervention de Rabbi Hanina fait suite à un débat autour des planétes, ce qui nous conduit à penser

qu’ici Mazal désignerait bel et bien une des dites planétes. Mais ce faisant Hanina remet bel et bien en question l’astrologie qui

vient d’être exposée et qui recourt au « Septénaire ».  Le « Iesh Mazal le Israel » ne signifierait pas que Mazal équivaudrait à « Astrologie »- ce  qui est une lecture irrecevable mais bien « il y a un astre pour Israel », entendez « un seul astre concerne Israel et non point tous ».

L’autre option mise en avant par Rabbi Yohanan, quant à elle, nierait qu’il y ait le moindre astre qui vaudrait pour Israël. Mais là

n’est pas le vrai débat, selon nous:  il s’agit bien d’opposer une astrologie du septénaire et une astrologie de l’astre unique, tout comme

l’on oppose le choix du Shabbat à  une pratique qui  s’intéresserait à tous les jours de la semaine ou à toutes les heures de la journée. A

ce propos, on notera d’ailleurs, que le respect du commandement du Shabbat s’accompagne bel et bien d’une prescription horaire qu

est celle où la nuit apparait; ce qui vaut aussi pour la fin du Shabbat avec l’observation du « Tset Hakokhabim », c’est à dire l’apparition

de trois étoiles, ce qui est prescrit par la liturgie.

La forme hébraïque « Iesh Mazal le Israel »   se préte à diverses interprétations. On peit traduire par « Israel a un mazal ». Il semble

que ce singulier ait perturbé les  commentateurs qui ont parfois traduit -on l’ a vu- ce « singulier » comme renvoyant à  l’Astrologie comme un tout, ce qui est un glissement sémantique tiré par les cheveux.  On peut aussi rendre « Ein Mazal le Israel » par Israel n’ pas qu’un seul Mazal plutôt que par Israel n’a pas un seul Mazal.  L’hébreu n’utilise pas l’article indéfini comme le français. Iesh Mazal doit être rendu par « Il y a un Mazal »., ce qui peut aussi vouloir dire  « un seul Mazal ».

On aurait alors au départ un débat entre Rabbi Hanina qui refuse

que l’on se serve de toutes les planétes pour connaitre le comportement ou le destin des personnes et un Rabbbi Yohanan qui soutient

que  ce sont bien toutes les planétes qui entrent en jeu.

Autrement dit, nous aurions face à face – si on laisse de côté les développements subséquents :

Israel a un seul Mazal  (ici planéte), position qui nous semble dans l’esprit du judaïsme d’élection

Israel n’a pas un Mazal particulier mais est concerné par tous les astres, position qui nous apparait décalée par rapport

à un tel esprit.  Ce  serait donc  bel et bien Rabbi Hanina qui exprimerait son scepticisme face à une astrologie qui tiendrait compte de tous les

astres et ce faisant il s’opposerait bel et bein à l’astrologie ici considérée alors que dans le reste du développement, aux fins d’illustrer

le Ein Mazal, on reconnait que les gens ont au départ un « destin » mais qu’il leur est possible d’y échapper s’ils sont pratiquants, ce qui

n’en reste pas moins une reconnaissnce d’une telle influence astrale si ce n’est qu’elle peut, sous certaines conditions, être neutralisée comme dans le cas de Rabbi Akiba. (p. 143)

Pour notre part, nous pensons que ce « Mazal » serait Saturne  qui est justement l’astre associé au Shabbat, dont le nom est rendu

par Shabtaï en hébreu médiéval, le Samedi étant rendu  par Saturday, en anglais. Israel ne renvoie pas selon nous au sort des individus mais bien plutôt à un destin collectif.

 

JHB

02 12 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans ASTROLOGIE, divination, judaîsme, LINGUISTIQUE, RELIGION | Pas de Commentaire »

Vers une civilisation de l’oralité

Posté par nofim le 25 novembre 2014

La dialectique Oral/écrit, Vie/mort  et  masculin/féminin  ou la nouvelle prise de conscience

par Jacques  Halbronn

 

L’écrit  est pour nous  symptome de mort. On fait son testament à la veille de mourir ou du moins dans cette perspective.  On met par écrit ce que l’on craint de perdre, ce qui est paradoxal dans la mesure où les écrits sont des objets que  d’autres peuvent s’approprier ou détruire.  Dans la tradition juive, il est à plusieurs reprises indiqué que l’écrit est un constat d’échec, la conséquence d’une crise individuelle et/ou collective. D’aucuns diront que c’est une bonne chose que l’on ait mis tant de documents sur quelque support, que l’on pourra stocker dans des bibliothèques.  Voire.

En effet, en principe, le plus important, c’est que les humains soient toujours là et dans le cas des Juifs, qu’ils n’aient pas disparu. Privilégier l’écrit sur l’oral revient à  accorder plus d’importance à l’objet, à la machine, qu’à l’être humain, doté de parole, d’une bouche

(oublions ici les handicaps qui sont l’exception qui confirme la règle).

Pour nous, l’enregistrement audio ou vidéo n’est pas assimilable à un écrit même si il y a-en quelque sorte, « gravure » (disque). Grâce

à l’enregistrement, nous renouons avec l’oralité. Idéalement,  celui qui a des choses à « dire » devrait pouvoir chaque matin réunir

ses « disciples », son « auditoire » et leur délivrer quelque message lequel message pourra éventuellement être « transcrit » mais cela ne

se fera que dans un deuxiéme temps. Autrefois, quand on ne pouvait enregistrer le son, l’écrit apparaissait comme la « solution » et l’on pense notamment aux compositeurs d’il y a 150 ou 200 ans qui constituaient des partitions.  Paradoxalement,  le progrès technique nous  permet de remonter dans le temps en  favorisant la parole. De plus en plus de gens communiquent par le moyen de vidéos et renouent ainsi avec de très anciens réflexes. Peu à peu,  l’oral tend à retrouver sa primauté chronologique par rapport à l’écrit.

On revient de loin  quand on songe que l’on avait admis un peu vite  que l’oral pouvait dériver de l’écrit, d’où l’importance de l’apprentissage de la lecture. Et de fait, de nos jours, on trouve deux populations: celles qui parlent  et se présentent devant une caméra par exemple) et  celles qui écrivent et qui lisent à voix haute (prompteurs). C’est bien là une dualité sociale majeure et un véritable marqueur social que l’on peut référer à une « lutte des classes », ce qui du temps de Marx n’apparaissait pas avec la même acuité bien que Marx

ait pressenti les effets de l’essor de la technologie sur les comportements humains (cf notre article sur le Manifeste du Parti Communiste)

Nous avons signalé et déploré le fait que, de nos jours, dans les synagogues (mais cela vaudrait certainement ailleurs), la lecture- donc l’écrit- joue  un rôle envahissant aux dépens d’une parole que l’on pourrait qualifier de libre, de vivante.  Serions-nous, de nos jours, si incapables que cela de nous adresser à Dieu sans recourir à des formules datant de plusieurs siècles? Privilégier l’écrit, ne serait-ce point  laisser entendre que nous serions dégénérés, plus à la hauteur de nos aïeux? Il convient de vaincre un tel « complexe » d’infériorité!

Renoncer à l’écrit, l’interdire même, c’est  déjà éviter bien des impostures car on a bien conscience que par le truchement de l’écrit, de la lecture à voix haute – et cela est pire quand il n’y a pas d’image, comme à la radio- on est en plein artifice. L’écrit permet de dissimuler, de masquer  bien des faiblesses!  La lecture à voix haute est par elle-même un expédient qui nous fait penser à un enfant dont on ferait croire qu’il sort du ventre de telle femme alors qu’on aura voulu le faire croire. Tout le monde n’est pas capable de faire la différence entre

une parole qui est en train de naitre et une parole réchauffée, que l’on nous resservirait pour la éniéme fois.

La lecture est un des meilleurs moyens qu’aient trouvé les femmes pour laisser croire qu’elles sont les égales des hommes. Il ets bien

plus facile de s’approprier une parole (ou une partition) écrite qu’une expression orale que l’on ne saurait restituer littéralement. Renoncer

à l’oralité , c’est  se priver d’une certaine forme de créativité autrement plus féconde que le seul fait de « déchiffrer » un texte. On se contentera alors de « lire » en y mettant le « ton », s’engageant ainsi dans une démarche visant à faire « revivre » ce qui  s’était cristallisé!

On aura compris que nous conseillons de réserver l’apprentissage de la lecture aux petites filles et d’épargner  un tel exercice aux

petits garçons, d’où notre rejet des classes « mixtes » dans les  premiers temps de l’école qui sont si déterminants.

Ceux qui prônent la mixité croient probablement que l’apprentissage de la lecture est en soi « une bonne chose » pour tout le monde alors

qu’en réalité, cela conduit à féminiser tous les éléves, sans se demander si les effets seront aussi « bénéfiques » pour les deux sexes. Si encore, cela était compensé par un entrainement à l’oralité et à l’improvisation qui sont des valeurs que nous considérons comme

foncièremet masculines. L’idée d’une éducation ne tenant pas compte des sexes est une aberration détestable. On est pleine irresponsabilité. Il n’est de toute façon pas concevable de croire qu’un seul et même systéme puisse convenir aux deux sexes. Si de surcroit,

le personnel d’encadrement est  constitué, comme c’est le cas, majoritairement de femmes, on imagine que celles-ci vont tendre dans

le sens de la lecture pour tous. Or, selon nous, les petits garçons devraient aborder la lecture beaucoup plus tard que les petites filles.

En tout état de cause,  l’oralité – la vraie et non celle qui dérive de la lecture- a de beaux jours devant elle au vu des progrès techniques, d’autant que les ordinateurs seront de plus en plus réactifs à la parole. De plus en plus notre bouche et nos oreilles primeront sur nos

yeux et nos doigts.  D’ailleurs, l’on est en droit de se demander si l’écriture n’est pas faite-au départ,  pour les sourds-muets. On pourrait d’ailleurs penser que le rapport des femmes à l’oralité est souvent des plus médiocres et reléve  plutôt d’un bavardage compulsif et souvent répétitif -qui  fait plus jouer la mémoire que la réflexion – comme on a  pu l’observer dans les salles de concert, où elles ne s’arrêtent de causer qu’au tout  dernier moment sans comprendre que l’on ait besoin de se recueillir avant que le spectacle ne débute.  Or, la parole

vivante ne saurait être répétitive, mais doit constamment se renouveler, se reformuler, à chaque instant, pour chaque interlocuteur. On pourrait ainsi dire que la parole féminine s’apparente à un disque souvent rayé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

25  11  14

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La dimension germanique de la langue française

Posté par nofim le 21 novembre 2014

Le français comme synergie entre langues latines et germaniques

par  Jacques Halbronn

Nous nous sommes demandés récemment ce qui a fait de la langue française ce

qu’elle est et sa supériorité par rapport  aux autres langues latines(italien, espagnol,

portugais etc)  dans leur rapport avec les langues du nord de l’Europe. En quoi

d’ailleurs les langues latines se distinguent-elles entre elles en dehors de quelques

particularités comme  la disparition du « p » en castillan dans les verbes comme

llorar (pleurer), lleno (plein), lluever (pleuvoir), ou du « c » dans llamar (clamer)

llave (clef), ce que l’on appelle des aphéréses par opposition aux apocopes, qui

concernent l »élision en fin de mots. On trouve ce même phénoméne en hébreu

avec « lev » (en arabe qalb), le coeur, pour ce qui est des langues sémitiques. L’on connait

aussi le passage du g allemand au w anglais: Sorge, sorrow,  Morgen, (to)morrow.

Il serait bon de ne pas oublier la prononciation laquelle peut ne pas apparaitre au niveau

de l’écrit. Le fait, notamment, de ne pas rendre la consonne finale en français ne vaut

qu’à l’oral.

Or, cette apocope « orale » de la consonne – qui a souvent du précéder dans certaines

langues la forme écrite- apparait comme un marqueur de genre en français, ce

qui n’est nullement le cas des autres  langues latines. Alors qu’en français, c’est

la (non)prononciation de la finale qui détermine le genre, dans les autres langues

latines,  le o correspond au masculin et le a au féminin, en réglé générale. Mais

qu’en est-il en hébreu? Il n’en est pas ainsi et l’hébreu en ce sens est à rapprocher

du français : qatan (petit) donne au féminin « quetana ». C’est également ainsi

qu’il en est en allemand avec klein (petit) et kleine (petite). On retrouve le procédé

en russe où le féminin est indiquée par une voyelle venant s’ajouter  à la consonne

masculine:  Krassiv (beau),  Krassiva ( belle)., donc selon des modalités fort proches

de l’hébreu. Le russe d’ailleurs, à l’instar des langues sémitiques, n’a pas de verbe

avoir,  stricto sensu et construit cette notion comme ces langues par la forme: c’est à moi.

‘Ou miénia,  en hébreu iech li, en arabe  andi) avec un verbe être qui lui-même est

comme sous entendu. Ceci à moi  plutôt que ceci est à moi.

On saisit bien entendu les différences entre ces trois langues , le français, l’allemand

et l’hébreu. L’allemand prononce la consonne finale et marque le féminin par le « e »

(qui n’est pas du tout muet, que l’on peut rendre par un ö). Le e final de petite

est beaucoup moins marqué que le  e final de « kleine ». Et quant à l’hébreu, il recourt

à la finale « a » et non à « e », et en ce sens se rapproche du modéle latin du moins

pour le féminin avec des expressions étranges comme le pronom personnel

Ata, qui désigne le tu au masculin et At au féminin, ce qui va à l’encontre de la régle

mais qui montre bien que l’opposition est consonne/voyelle en hébreu, en

allemand et français et non voyelle/voyelle, ce qui nous semble faire de la voyelle

un élément féminin qui est évacué dans l’écrit des langues sémitiques comme

donnée supplétive.. Un cas célébre est celui de Ish et Isha, au début de la Génése pour

désigner l’homme et la femme.  L’adjonction du a correspond à l’idée que la femme se situe

dans le prolongement de l’homme dans les langues qui ont un féminin plus long, ce qui est le cas

du français mais point celui des autres langues latines.

On aura donc compris que le français et l’allemand comportent des similitudes

en ce qui concerne les marqueurs de genre et c’est ce qui nous permet de déclarer

que la langue française a un substrat germanique qui détermine sa différence

par rapport aux autres langues latines. Le nom même de France ne renvoie-t-il pas

à un peuplade germanique, les Francs (la France est encore appelée en allemand

Frankreich)?

Cela n ‘aura pas été- on le conçoit- sans influence sur la formation de l’anglais

largement sous influence française. Mais l’anglais aura évolué vers un autre stade,

à savoir l’absence de marqueurs de genre pour les adjectifs, ce qui n’est nullement

le cas en allemand ou en français. Cette évolution est très vraisemblablement due

à une certaine « lecture » du français d’autant – comme on l’a dit- que le « e » marqueur

du féminin en français est bien plus atténué que le « e’ allemand dans cette même

fonction. C’est pourquoi les Français prononcent « Goeth » au lieu de Goethö » pour

Goethe. On a d’ailleurs le même probléme avec les marqueurs de pluriel en français

qui sont imperceptibles à l’oral, ce qui aura conduit l’anglais à renoncer aux

marqueurs de pluriel pour les adjectifs. Quand à la conjugaison, la « neutralité »

de l’anglais tient probablement à la non prononciation de la forme ‘ent » à la troisiéme

personne du pluriel français, à quelques exceptions près notamment pour les auxiliaires

être et avoir ainsi que faire (sont, ont, font), ce qui donne l’impression d’un caractère

invariable du verbe pour un observateur superficiel.

En conclusion, nous dirons que le français a germanisé le latin et a adopté pour

les marqueurs de genre, notamment au regard de l’adjectif, un modéle que

l’on retrouve tant dans les langues germaniques que slaves ou sémitiques, ce qui

fait en cela des langues latines une sorte d’exception. Et cela semblerait pouvoir

expliquer ce qui a permis aux mots français (mais aussi largement à la langue,

à certaines périodes) de pénétrer, de s’infiltrer au sein des dites langues

germaniques, slaves et sémitiques (notamment  au niveau dialectal, parlé). Sans

ce profil spécifique de ce latin rendu à la mode germanique, il est probable que

la fortune du français hors du domaine latin eût été sensiblement moins marquante.

Comme on l’a dit plus haut, le type de marqueurs de genre pourrait correspondre à une

certaine idée de l’homme et de la femme. Inégalité au nord  mais aussi dans le monde sémitique avec la femme perçue comme

prolongement de l’homme et donc un féminin mis en place par une addition  et égalité au sud avec un

féminin recevant un traitement paralléle  des deux genres : avec dans un cas la finale O et dans l’autre la finale A.

 

JHB

27 11  14

 

 

 

 

 

 

 

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Linguistique et Astrologie. Signifiant et signifié au prisme de la Tradition

Posté par nofim le 20 novembre 2014

Repenser signifiants et signifiés en Astrologie. Par delà la Tradition.

par  Jacques  Halbronn

Si l’on considère l’oeuvre de Jean-Pierre Nicola (né en 1928) et qui constitue

une tentative pour repenser l’astrologie, dans les années soixante du siècle dernier,

force est de constater que l’astrologue niçois a fait l’impasse sur le signifiant pour ne

se consacrer qu’au signifié. Mais pour comprendre notre propos, encore faut-il bien

maitriser les notions de signifiant et de signifié, voire les approfondir. On reprendra

donc toute la question sur de nouvelles bases mais l’astrologie est un excellent point de

départ à ce sujet, comme on va le voir.

Pour l’astrologue moyen,  la question est très vite réglée:  chaque planéte porte un nom

et donc le rapport signifiant/planéte et signifié/nom de la planéte serait résolu dès le

départ. Nicola a pris comme base le systéme solaire comme constitutif des

signifiants de l’Astrologie. En revanche, il n’ a pas accepté les signifiés traditionnels

associés aux dits signifiants. Du moins pas officiellement même si l’on note que

les significations qu’il propose tendent à recouper largement celles dont la Tradition

astronomico-mythologique est porteuse, y compris pour les planétes transsaturniennes.

En tout état de cause, comme on l’a dit, Nicola s’appuie sur le signifiant astronomique

qu’il adopte dans sa totalité, à savoir un systéme solaire à l’exclusion des étoiles fixes

dont il ne souhaite pas entendre parler.

Exposons à présent notre théorie des rapports signifiants/signifié. Nous la situons à 4

niveaux, entre deux infinis.

Un premier infini qui est celui de tous les objets cosmiques et un second infini qui

est celui de toutes les activités humaines. Il est clair que l’on ne saurait oeuvrer sur des

infinis même si à entendre certains astrologues, le cosmos de l’astrologue n’ait pas

de limites, pas plus que ce dont il est censé traiter. Ce qui est tout de même un peu vague.

Mais ce qui nous intéresse, ce sont les étages intermédiaires. D’une part, la nécessité de

sélectionner les signifiants astronomiques utiles pour l’astrologie et de l’autre, l’obligation

de cerner les signifiés, au sein de l’existence humaine, qui relévent de la dite  astrologie.

Cela exige – on s’en serait douté- d’opérer un tri sévère. Nicola a accepté de le faire

pour les signifiés mais guère pour les signifiants, si ce n’est qu’il a exclus de son champ

les étoiles fixes, ce qui pour nous est une erreur cruciale. Il a notamment englobé dans son

RET, la « planéte » Pluton  (astre découvert en 1930) dont le statut « planétaire » a été revu au début du présent

siècle.(vers 2006)

Nicola a donc gardé les 10 « planétes » (luminaires compris), les 12 signes, les 12 maisons et

les aspects et bien entendu le thème natal. Il a conservé les contenants et entrepris

de changer les contenus.  Or, nous pensons qu’il importe de retravailler et la question

des contenants et celle des contenus au regard de l’astrologie. Mais quelle méthodologie

suivre? That is the question!

I le choix des signifiants

on aura compris que pour nous l’astrologie reléve de la technique et non de la Science, tout

en sachant ce que la technique doit à la Science, il va  de soi, de même qu’une

sculpture est peu ou prou tributaire des matériaux dont elle est issue mais sur lesquels

une sélection s’est instaurée. Il convient donc de se mettre dans la peau des

fondateurs de l’astrologie et donc plus du côté de la Loi au sens juridique qu’au sens

proprement scientifique. La loi et la technique sont les deux modes qui permettent

à l’Humanité de s’inscrire dans le monde.

Nous pensons que le choix se porta initialement sur la seule planéte Saturne, en

tant que relais de la Lune, et cela en raison de la coincidence numérique entre le

nombre de jours de la révolution de la Lune et celui des années de celle de Saturne, soit

28 jours/ans.

Le cycle de Saturne (balisé par les 4 étoiles fixes royales, formant grossièrement

un quadrilatère au firmament (cf le Livre d’Ezéchiel) serait donc Le signifiant de

l’astrologie. Toutes les additions qui suivirent reléveraient selon nous d’un malentendu

et constitueraient un obstacle épistémologique.

 

II le choix des signifiés

Mais la détermination du signifiant de l’astrologie ne résolvait pas pour autant

la question du signifié de l’astrologie, celle de son contenant ne nous disait pas quel

était son contenu. Pour les astrologues, tout est réglé par avance: les signifiants sont

les planétes, les 12 « signes » (4 saisons divisées par 3), les 12 maisons, les aspects et

les noms attribués à ces signifiants  seraient tout simplement leurs signifiés respectifs.

CQFD. Il n’y aurait plus qu’à appliquer, qu’à pratiquer. Patrice  Guinard  (auteur d’une

thèse de philosophie en 1993 traitant de l’astrologie semble abonder dans ce sens).

Il est clair, a contrario, que dans le cas où Saturne serait le signifiant central de

l’astrologie, il nous restait à établir son champ de signifiés, ce à quoi nous nous sommes

évertués depuis déjà une bonne quinzaine d’années pour ne pas remonter plus en amont,

notre exploration de l’astrologie ayant commencé en 1967, au moment de la Guerre des

Six Jours et nos premiers pas d’astrologue ayant eu lieu en Galilée pendant l’Eté de la

même année.(près du Mont Tabor) puis à Jérusalem (1968-1969).

Résumons nos conclusions :  on aura compris que notre approche est avant tout

cyclique. Le cycle de Saturne est divisé par sa rencontre successivement avec les 4

étoiles fixes royales (Aldébaran, Régulus, Antarés, Fomalhaut). Le signifiant que nous

retiendrons- en tant qu’historien- est la dialectique de la conjonction et de la

disjonction, de la présence et de l’absence. Mais quel signifié associer à une telle

structure diachronique?

Nous pensons que ce signifié correspond à la « caste » des leaders des divers groupes

humains. La conjonction  donne aux leaders une légitimité  qui tient aux astres alors

que la disjonction confère l’onction d’une légitimité qui émane du peuple. D’où un

processus alternatif sur 7 ans et donc deux temps d’environ 3 ans et demi. On dispose là

d’un outil fort précieux au regard d’une anthropologie du pouvoir et qui serait

inhérent à la « nature » humaine telle qu’elle aurait été programmée il y a des millénaires

bien avant probablement que les hommes aient pris conscience des complexités de

l’astronomie, ce qui nous renvoie finalement à une « Révélation », voire à une

intervention « supérieure » (cf le récit de la Genése), à condition de ne pas  confondre

la Création de l’Univers qui reléve de la Science et l’instauration d’une Loi, qui reléve

à un stade beaucoup plus tardif, d’une sorte de seconde genése consacrée à l’Humanité

et ayant ses propres dieux. Croire en l’astrologie serait admettre cette nouvelle

« génération » de dieux alors que les astronomes n’admettraient que la première

génération, d’où les tensions séculaires entre ces deux « corporations ». Faut-il

rappeler que selon nous, les astres n’agissent sur nous que parce le « programme »

en a décidé ainsi mais les configurations astrales ne sont que des signaux (au sens

pavlovien du terme) qui ne font sens que du fait des signifiés qui leur sont associées. Or

ce n’est pas la Nature qui fixe les signifiés, elle ne fait que fournir la matière première

pour les signifiants qui sont déjà un mode de décantation et de réduction de la « Nature ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

20 11 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La supériorité des signifiants français au prisme de la postérité

Posté par nofim le 10 novembre 2014

 

La domination des signifiants du français. Une approche socio-linguistique

par  Jacques  Halbronn

 

Nous nous sommes longuement demandés ce qui fascinait tant les langues germaniques, slaves ou sémitiques dans la langue française. Une approche comparée évite les explications simplistes comme la Conquéte normande de l’Angleterre par des Normands francophones.

Réduire la domination des mots français en anglais à des considérations de ce type, c’est paaser à côté du probléme voire prendre la

cause pour l’effet.

En fait, pour avancer dans une telle recherche, il était indispensable d’approfondir la notion de signifiant. Qu’est-ce qu’un « bon »

signifiant? Nous répondrons que c’est un signifiant qui  préserve et conserve sa souplesse voire son élasticité. Et qu’est ce qui permet

cela? La capacité des locuteurs recourant à de tels signifiants à éviter de figer les signifiants en cristallisant les  signifiés qu’on leur associa   à un certain moment.

Comme on dit en économie, le marché intérieur  agit sur le marché extérieur. Dès lors que les francophones ont montré qu »‘ils

étaient capables de faire évoluer les rapports signifiants/signifiés,  plutôt que d’emprunter des mots étrangers, la partie était gagné.

Il y  a deux façons de procéder: soit l’on associe des sens nouveaux à un mot donné déjà existant, soit à partir d’un mot, on en produit

d’autres, comme c’est le cas des substantifs formés à partir d’un verbe ou d’un adjectif (ou d’un participe).  Par exemple

gouverne donne gouvernement,    brave/bravoure etc.  La formation des adverbes à partir d’adjectifs ou de participe est également

à considérer.

En  quoi cela encourage-t-il les autres langues dites (« étrangères ») à adopter des mots français? Notre réponse est la suivante :  puisque dans telle langue, les signifiants sont protéiformes, on peut raisonnablement penser  qu’ils s’adapteront et s’ajusteront aisément

dans une autre langue.

Dans nos deux grands mémoires de linguistique(« Linguistique

de l’erreur et épistemologie populaire »  et « Essai  de description critique  du systéme du

français  à la lumière des relatios interlinguistiques »

de 1987 et 1989 (préparés sous la direction de Louis-Jean Calvet, Université  Paris V), nous

avions notamment montré que de nombreux mots français empruntés par l’anglais  pouvvaient être classés selon un critère suffixal :

familles de mots se terminant en « ure », « ine », « ment, »  etc. Or, tous ces mots dotés d’un certain suffixe étaient des dérivés d’autres mots,

en une sorte de quasi  homonymie comparable à celles qui prévaut pour les conjugaisons et les déclinaisons (quand il y en a).  Le fait qu’une langue produise un grand nombre de dérivés lexicaux est le signe d’une certaine dynamique. Mais cela n’est possible qu’à

condition qu’un consensus puisse  accompagner une telle évolution. Or, d’une certaine façon, il semble plus facile de faire accepter un nouveau signifiant que d’associer un nouveau signifié à un ancien signifiant. C’est justement une telle difficulté – sociolinguistique- qui aura conduit la langue anglaise à tant s’endetter, et tout particulièrement par rapport au français, avec cette excuse qu’elle n’a pas été

la seule dans son cas. A contrario, tout se passe comme si les francophone se soient montrés plus aptes à élargir tant leurs

signifiants que leurs signifiés plutôt que de se résoudre à emprunter.

C’est ainsi que les signifiants français seraient parvenus à dominer le « marché » (le commerce) des mots sur le plan des échanges

internationaux tout comme tel pays aura imposé sa production industrielle, ce qui faciliterait ses perspectives d’exportation, du fait d’un certain gage de qualité.

Au lieu de comprendre que ce sont les locuteurs qui auront permis aux signifiants de s’enrichir par le jeu d’une croissance

interne, il semble que l’on ait cru que c’étaient les mots eux-mêmes qui avaient un certain mérite. C »‘est  dire que pour nous,

la langue est largement tributaire  d’une culture, d’une mentalité.

Rappelons que notre description de la langue française  implique aussi d’avoir à observer  que son « économie » passe aussi

par les préfixes dès lors qu’une même « racine » verbale peut varier dans ses significations par le biais d’un changement de préfixe.

(cf notre étude in Revue Française d’Histoire du Livre 2011). Or, dans bien des cas, l’anglais là où le français n’utilise qu’une seule

racine et une série de préfixes , optera pour des signifiants radicalement différents les uns des autres. Ce qui en fait une langue pléthorique et comme disent  fièrement d’aucuns-  anglophiles-   »plus riche » que le français comme si  une telle profusion était rassurante.

On peut dire que le français aura su faire oublier qu’il est lié

à une culture donnée tout comme l’alphabet latin a montré

qu’il pouvait aider à transcrire n’importe quelle langue et

n »était pas lié à telle ou telle culture. Avec le français, la

langue devenait un outil universel assimilable et utilisable

par n’importe quelle langue au sein de n’importe quelle

culture.

Tout indique en effet que diverses langues ont partagé la

même conviction à l’égard du français, qu’il s’agissait

d’une technique que tout le monde pouvait s’approprier

comme le fait d’utiliser une voiture française par exemple

pouvait être le fait de n’importe qui, quelle que soit son

origine. En fait, le français est la langue qui a réussi à

se présenter comme un outil dont chacun pouvait se

servir, un réservoir de mots dans lequel tout le monde

pouvait puiser, à sa guise.. Mais cela n’exclue aucunement,

bien au contraire, que ces mots soient considérés comme

une marchandise impliquant quelque redevance ou en t

tout cas pouvant servir de monnaie d’échange!

Nous avons également signalé que les emprunts ne se

limitaient pas à des mots, mais pouvaient concerner le

traitement genéral de la langue emprunteuse, son

système de prononciation, sa grammaire, qu’il s’agisse de

mots empruntés ou non. (cas des formées « ai » (ou ay),

au, prononcées à la française, toutes catégories

confondues, usage de la forme « ed » pour marquer le

prétérit et le participe, au delà des verbes empruntés

au français), usage du préfixe « en » que l’on trouve

dans enjoy, et qui sous entend « mettre » (mettre en joie)

(aussi encourage, enforce, enable,  mais que l’on retrouve dans enlighten)

Il nous apparait que la langue française a été extrémememnt

bien gérée et c’est ce qui a établi sa supériorité, du fait

d’une certaine économie de moyens et en ce sens il a

certainement existé un « modéle français » dans le domaine

des langues, comme il y en a eu un sur le plan juridique

(avec le code Napoléon) hors des frontières de la France.

Le fait que les mots ainsi empruntés aient pu évoluer

du fait de leur importation par telle ou telle langue  -comme

ils ont d’ailleurs évolué avec le temps pour la langue

française elle-même- ne saurait remettre en question

cette domination bien au contraire. Le français a fourni

des signifiants qui peuvent s’acclimater dans les contextes

les plus divers.L’étude de ce rayonnement s’appelle

francologie.

(cf le groupe francologie sur facebook)

A titre symbolique, nous rappellerons la fortune de la forme

« United » que l’on retrouve dans United States of

America (USA), dans United  Kingdom (Royaume Uni),

dans United Nations (ONU). Il s’agit au regard du français

d’un barbarisme – comme l’on disait dans les thèmes latins

quand  on produit une forme inexistante dans la langue

de référence. Et il est vrai que cette forme « United »

est tout à fait emblématique de l’empreinte du français

sur le monde anglo-saxon en ce qu’elle montre un au delà

du français – qui en est aussi le prolongement. United

comporte le Un français, alors même que les anglophones

ne le connaissent pas, ayant adopté « one ». Il est le passage

du substantif « Unité »  à une forme adjectival, à un

participe marqué par la finale « ed ». Là où le français dit

« uni », l’anglais francisé dit « united », ce qui est évidemment

plus lourd et plus long.

Précisons  que la forme « United Kingdom » est apparue en

1707 donc bien avant les USA.  En 1801, le Royaume

de Grande Bretagne devint le Royaume de Grande

Bretagne et d’Irlande puis en 1922, Royaume Uni  de GB et

d’Irlande du Nord.

C’est en 1776  que la forme USA fut adoptée à l’instigation

de Thomas Paine, faisant donc pendant en quelque sorte

à l’United Kingdom de l’autre côté de l’Atlantique.

Quant à   l’ONU, elle  a été fondée le 26 juin 1945 ,

à San Francisco (US) et tous les mots constituant c

titre sont d’origine française :  United Nations Organisation.,

Or, en 1801, l’Angleterre en guerre avec la France reprendra

cette forme United  Kingdom  (cf supra), ce qui montre

qu’à cette époque, la langue était considérée comme un

outil, au même titre, on l’a dit, qu’un alphabet, une

technique qui dépassait son point origine. Peut-on dire

de même de nos jours de l’anglais qui serait devenu

à sa façon un « outil » à la disposition de tout un chacun?

La différence, c’est que cet outil qu’est l’anglais est exploité en

paralléle, comme l’était le latin  jusqu’au XVIIe siècle, sans

que cela affecte outre mesure l’essor des langues

vernaculaires au premier rang desquelles on placera le

français.

L’exploit du français aura consisté à introduire une

diglossie et non un bilinguisme, c’est à dire à rendre

hybride un grand nombre de langues alors que le français

globalement parvenait largement  à échapper à ce sort (cf  toutefois

R. Etiemble, Parlez-vous franglais?) Ainsi le français

parvenait à unifier le monde et à contrer sa babélisation

parallélement à l’adoption générale de l’alphabet latin

et du calendrier catholique (ère chrétienne, nom des mois)

En ce sens, nous dirons que le français est le prototype

de la vision linguistique qui devrait être celle du XXIe

siècle et du Troisiéme Millénaire, à savoir l’entrée de la

langue dans le champ de la Techno-science. Cela signifie

qu’une langue pourra désormais être corrigée, rectifiée

comme on le fait pour un outil et ne sera plus considérée

comme un phénoméne sur lequel l’Humanité n’aurait

pas prise et ne pourrait- ce qui serait paradoxal- exercer

son contrôle. Nous avons déjà signalé certaines

modifications à apporter dans le systéme du français

en mettant en évidence le projet initial et sa détérioration

Il est clair que pour des langues par trop abâtardies,

cela ne serait que la mise d’un emplâtre sur une jambe de

bois.

 

 

 

JHB

11  11  14

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Patrice Guinard et l’anti-astrologie

Posté par nofim le 29 octobre 2014

Au sujet de la « Relation d’une pérégrination en anti-astrologie » (Patrice Guinard) -1996-1997

par  Jacques  Halbronn

Dans la revue trimestrielle  L’Astrologue, dirigée par André Barbault,  Patrice Guinard publia en feuilleton, sur six numéros (113 -118) un  texte consacré à l’anti-astrologie. On notera que dans les numéros 114 et 115 son article était  carrément en tête avant même tout éditorial. On s’interrogera sur ce qui occasionna un tel

phénoméne. On notera que dans ce travail érudit, qui parait ainsi à partir du début de l’année 196,

Guinard fait appel à des ouvrages qu’il a pu consulter à la

Bibliotheca Astrologica dont il fut un fidéle usager. On citera notamment parmi les ouvrages qui lui furent

fournis par cet établisssement que nous avons fondé en 1972 :  Gassendi, Jean-Baptiste Morin, Eustache Le Noble,  Tinélis-Castelet, Moody, Condren, Marin Mersenne etc

Mais notre nom ne figure nulle part au sein d’un tel ensemble et à aucun titrr. En 1993, Guinard avait soutenu à l’Universite Paris I Sorbonne une thèse de philosophie consacrée à l’astrologie (sous la direction de F. Bonnardel, Max Lejbowicz faisait partie du jury) Guinard explique le déclin de l’Astrologie au moyen de conjonctions planétaires (cf  n° 114 p. 2  note 7)

A cette occasion, Patrice  Guinard annonce dans la dernière livraison (n° 118)   » qu’un centre de recherche  en astrologie (techniques, interprétation, traductions, histoire culturelle, métaphysique) devrait être mis en place courant 1998″  Il signe ce dernier article « Dr H.  Patrice Guinard ». Cela donnera le CURA en 1999. Le’ Manifeste’ de   Guinard connaitra un certain succés et fin 2000 nous organisames ensemble le dernier Congrès astrologique du deuxiéme millénaire.(cf les

Actes sur le site du CURA) Sera mis en ligne sur le site en question notre CATAF.

Revenons sur certains arguments

n° 114 p. 3  La précession des équinoxes et le zodiaque

« Les obscurantistes qui utilisent l’argument selon lequel la signification symbolique du signe serait lié »e

à l’époque où la constellation a été pour la première fois circonscrite  ignorent (…) que l’essentiel du

contenu sémantique des signes n’a été élaboré qu’assez tardivement, dans les milieux hermétiques

gréco-égyptiens des premiers siècles avant  l’ère chrétienne à l’époque précisément où signes et

constellations coincidaient »

Ce que semble ignorer toutefois P. Guinard, c »est  la genése même du zodiaque. Il semble qu’il adhère à

l’idée d’un zodiaque  calqué sur le cycle des saisons. et qui ne subit donc pas les effets de la précession

des équinoxes dès lors qu’il est chaque fois recalculé à partir du 0° Bélier. Or, nous avons montré

qu’en ce qui concerne les signes fixes, ceux-ci  sont associés aux saisons d’une certaine époque, ce qui nous reméne 12000 ans en arrière. Contrairement à ce que semble croire Guinard, il n’est nullement évident

d’associer le taureau au printemps et le symbolisme zodiacal n’est pas d’une seule pièce.

 »

sur Gauquelin p. 9:

« Si la « courbe Gauquelin » n »‘est « vérifiée » que pour quatre ou cinq planétes, ce n’est pas qu’elles

auraient une « influence » qui ferait défaut aux autres mais plus certainement que la méthode est

inadéquate à son objet »

Guinard semble contrarié par le fait que Gauquelin ne trouve pas de résultat au delà de Saturne alors

que cela devrait être plutôt rassurant. Comment Gauquelin aurait-il pu trouver des résultats pour

des planétes invisibles à l’oeul nu? On notera d’ailleurs que ces statistiques  ne viennent pas confirmer

Mercure, car trop proche du Soleil. Les travaux de Gauquelin nous apparaissent comme un garde-fou

quant à la tentation du tout astronomique.

 

n° 118  Le thème de conception P 42

« Le système nerveux et les mécanismes de réception  et d’intégration des rythmes planétaires  ne sont pas

formés à la conception et  ce n’est qu’à la naissance que se déclenchent les fonctions nouvelles notamment

la respiration pulmonaire qui libèrent l’enfant de la matrice maternelle »

Toutefois, il n’en reste pas moins qu’il ne sert à rien de prévoir ce qui est déjà connu. A quoi bon décrire à quoi ressemblera l’enfant s’il est déjà né? Nous pensons que l’astrologie en question est axée sur l’enfance et ne fait sens qu’avant la naissance et dans les jours qui suivent la naissance. L’astrologie n’avait  pas vocation

à nous dire ce que l’on savait déjà par ailleurs.

Etonamment, Guinard  pose carrément le  fait que nous disposerions de mécanismes d’intégration des

rythmes planétaires.

Les maîtrises   n° 118  p. 43

« La théorie des  Maîtrises n’illustre pas de simples correspondances sémantiques entre signes zodiacaux

et planétes : elle est la théorie  unifiante de l’astrologie en tant que les structures  zodiacales; planétaire, et

ausso  sectorielle sont des différenciations d’une même matrice archétypale »

L’approche de guinard est délibérément synchronique. Elle considére que le savoir astrologique tel qu’il nous

est parvenu ne  fait qu’un et a toujours existé tel quel. En réalité, cette unité dont parle Guinard reléve

d’ajustements syncrétiques tardifs  visant notamment à « unifier » l’astrologie autour du 12, c’est à dire des

12 lunaisons.

En fait, Guinard semble croire que les maitrises concernent dès le départ les planétes alors que cela ne

concerne que les divinités, comme cela ressort de l’étude de l’Astronomicon de Manilius. Ce n’est que dans un deuxiéme temps, que s’est produit une planétarisation des dieux associés aux signes zodiacaux.

 

les points fictifs  n°118 p. 43

HG

« En  acceptant des pratiques utilisant des points fictifs (noeuds lunaires, parts, mi-points, planétes

hypothétiques,) ainsi que des étoiles fixes, cométes et éclipsdes, l’astrologue oublie souvent que le

modéle impliqué doit respecter une triple exigence: l’adéquation des facteurs à la réalité physique et

astronomique, la nécessité de leur périodicité, laquelle conditionne  leur intégration par l’organisme, la cohérence de l’ensemble et l’absence de redondance des opérateurs envisagés. Le thème est assez

complxes pour qu’il soit nécessaire d’en rajouter »

JH  Guinard défend l’idée du « thème » incluant tous les astres du systéme solaire. Nous pensons qu’il n’y

a aucune obligation à ce faire et que l’astrologie ne fait qu’instrumentaliser les données astronomiques

selon les besoins organisationnels dont elle a la charge. Quant à évacuer les étoiles fixes, c’est là une

erreur de première grandeur à condition de ne pas confondre la question des étoiles et celle des

constellations. Il semble en effet que l’astrologie se soit initialement organisée autour de la relation

des planétes aux étoiles fixes, ce qui transposait  le rapport de la Lune au Soleil.  Guinard ne parvient pas

à distinguer la question des étoiles de celle des constellations.(cf  n° 114, p. 5).  « Les  étoiles sidéralistes

accroisssent, dit-il,  inutilement  le désordre au sein de l’astrologie et sont aussi les plus exposés à

l’argumentation insidieuse des scientistes pour qui elles  se présentent comme une aubaine ». Guinard

semble ignorer notamment le dispositif des 4 Etoiles fixes « royales » qui permet de baliser le cours d’une

planéte. Guinard détourne ainsi les astrologues du XXIe siècle de la voie la plus saine à suivre et qui ne

dépend aucunement de la précession des équinoxes si ce n’est que l’on doit tenir compte du fait que

les éphémérides actuelleement disponibles situent les planétes selon le systéme « tropical ».

 

On chercherait vainement chez Guinard une quelconque tentative pour déterminer l’objet de l’astrologie.

Il semble qu’il veuille expliquer tout l’humain au moyen du systéme solaire prise comme globalité, à

l’instar de son maître Jean-Pierre Nicola (RET).   Il apparait que l’avenir de l’astrologie passe par

une focalisation sur le domaine propre qui est le sien et qui ne saurait faire double emploi avec d’autres

domaines.

Etonamment, Guinard disqualifie les astronomes  (L’Astrolouie n°114 p. 1) quant à leur compétence à traiter

de l’astrologie mais en même temps il leur donne tout pouvoir quant à la description des outils

planétaires dont l’astrologie serait censée se servir, à savoir  notamment les planétes au delà de

Saturne dont Guinard ne voit pas d’inconvévient à charger la dite astrologie alors que ces astres

étaient invisibles et inconnus de l’Antiquité. C’est pourquoi Guinard insiste sur le fait que l’astrologie

n’est pas un savoir figé. L’approche de Guinard n’accorde aucune importance au fait que ce sont les hommes qui ont fabriqué l’astrologie en  n’en retenant que ce qui leur semblait utile. Croire que des astres

inconnus puissent agir sur nous, c’est  priver l’astrologie de son droit de regard sur ce qu’elle prend ou ne

prend pas de l’astronomie. C’est défendre la thèse selon laquelle les astres agissent sur nous à notre insu.

 

Le rejet du « dualisme » (n°  114 p.8)

« La méthode dualiste (est) en contradiction  absolue avec la logique plurielle de l’astrologie. » Guinard

rejette « une relation binaire,  bijective, qui est censée faire correspondre la série des facteurs

astrologiques à la grille empirique ».  L’astrologie aurait selon Guinard vocation  « à éveiller l’esprit à

des distinctions  non- dualistes »

Autrement dit selon Guinard, c »est peine perdue que de tenter da valider l’astrologie au prisme de ce

que l’on peut observer dans le monde. Il en fait une sorte d’objet non identifié qui planerait sur le monde.

Le non dualisme,c’est notamment le refus de prendre en compte la « dualité » hommes- femmes en

lui substituant le thème natal, la division en 12, les planétes qui sont une sorte de fuite en avant

par rapport  justement au dualisme. Guinard n’hésite pas à déclarer (Astrologue n°114 p. 7)  « L’astrologie

n’a pas à être « prouvée » parce qu’elle n’a aucun besoin de justification extérieure pour exister »

Guinard s’en prend aux statistiques astrologiques qu’il aurait tendance à assimiler à de l’anti-astrologie

ne serait-ce que parce qu’elles en délimitent le champ : « Le choix de la notion de « catégorie

professionnelle » est  hasardeux : la consécration sociale ne saurait être considérée comme le seul

critère de référence d’une tendance potentielle. Par ailleurs, qui est musicien? Le compositeur, l’interprète, ou le mélomane? (…) Le choix d’une profession dépend de nombreux facteurs autres qu’astrologiques »

Mais dans ce cas,  est-ce à dire que Guinard réfute par avance la « validité » des  résultats Gauquelin? Il se

comporte ce faisant comme tout anti-astrologue qui nous explique que l’astrologie ne peut « marcher », a priori.

 

Un certain antisémitisme (n°115 p. 1-2, note 2)

« Les juifs (dixit  Nieztsche dans l’Antéchrist) « se sont transformés  en  vivante antithèse  des

conditions naturelles. Ils ont successivement retourné de manière irrémédiable la religion, le culte, la

morale, l’histoire, la psychologie en l’exact opposé de leurs valeurs naturelles »  et plus loin  Guinard de citer

complaisamment : » Le symbolisme du christianisme repose sur le symbolisme judaïque qui avait déjà

dissous toute la réalité en une non-nature et une irréalité sainte ». Au fond, à entendre Guinard,

l’astrophobie serait d’inspiration judéo-chrétienne, ce qui justifierait, en retour, une certaine

judéophobie. (cf Richard Noll. Jung le Christ Aryen, Les secrets d’une vie, Plon 1999). On pourrait au demeurant s’interroger autour d’un paralléle entre judaïsme et astrologie, du fait d’une mise en cause qui

s’est perpétuée,dans les deux cas, depuis l’Antiquité.

 

 

 

L’astromantie  L’Astrologue n° 115 p. 4

« Les adversaires de l’astrologie (…) ont poussé l’astrologie à la prédiction et pu ainsi  s’attaquer plus

aisément à cet ersatz astromantique qui n’est pas de l’astrologie »

JH On saisit mal où Guinard place la ligne de démarcation entre astrologie et astromancie. A quoi sert

donc tout l’arsenal astrologique que Guinard entend préserver? Celui-ci reconnait in finé (n°118,  pp. 44-45)) que l’anti-astrologie est en deça d’un certain réformisme astrologique qui ne ménage guère l’astrologie.

Guinard nous apparait comme un tenant  du thème astral. C’est là pour lui un postulat que tout

astrologue se doit d’accepter et d’assumer. Or, il est tout à fait possible de penser une astrologie qui ne se fonde

pas sur un tel dispositif, à savoir la « carte du ciel » pour un instant T, ce qui nous semble caractériser

précisément cette « astromancie » – ce qui en fait une généthliomancie- dont il ne cesse de vouloir se

démarquer.

L’astrologie a du notamment relever le défi de l’astronomie galiléenne qui ouvrait la porte à la découverte

de nouveaux  corps célestes. « Le Septénaire des Anciens s’est fissuré » Il est intéressant de noter que

précisément les astrologues se sont rendus aux arguments des astroscéptiques comme  Alexandre

Tinélis (Le Messager Céleste 1681) en se décidant à intégrer au fur et à mesure les nouvelles découvertes.

Guinard écrit avant le déclassement de Pluton, dix ans plus tard, qui montre à quel point une telle stratégie fait probléme.

Notons que le texte de guinard  a pu inspirer Elizbeth Teissier qui soutiendra peu après , elle aussi, une thèse en Sorbonne en 2001 consacré notamment à la fascination et au rejet de l’Astrologie  (Plon). Guinard notamment s’interroger sur les raisons du « rejet » de l’astrologie (L’Astrologue,  n°115  1996 p. 1), il entend « tenter  de comprendre les véritables enjeux de son rejet » .

Guinard a-t-il vraiment explicité les raisons d’une telle ambivalence? Selon nous, l’astrologie serait

associée à un traumatisme très ancien qu’aurait vécu l’Humanité du fait d’une emprise qui pourrait bien être

d’origine extra-terrestre, comme l’indiquerait une certaine lecture de la Bible (cf  l’oeuvre de Jean Sendy) d’où le recours à une technologie très avancée qui aurait seule permis à l’astrologie

d’exister. Contrairement à ce que laisse entendre Guinard,  l’astrologie serait le fruit de la Technique

plutôt que de la Science. Ces « dieux » venus d’ailleurs auraient ainsi instauré des « guides », des « gouverneurs »

obéissant à certains signaux cosmiques. On pense aux accords entre Pluton et Cérés se répartissant

le temps à parts égales. Ce serait le rejet de cette présence « étrangère » qui serait en fait à la base

de ce phénoméne de rejet.

 

JHB

30. 10 14

 

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L’importation massive de mots français par le monde anglo-saxon et germanique

Posté par nofim le 23 octobre 2014

Vers une économie linguistique. La dette  « germanique » envers le monde francophone.

 

par Jacques Halbronn

 

La thèse d’un choc linguistique d’ici le demi-siècle nous apparait comme un enjeu économique majeur pour les prochaines décennies. Préparer un tel choc économique doit s’envisager dès à présent en vue d’une véritable « guerre des langues » et du fait d’un certain

néo-colonialisme linguistique (cf les travaux de Louis-Jean Calvet). Le monde  francophone ne saurait renoncer à de tels défis mais il faut prendre conscience de leur ampleur et des résistances qui ne manqueront point de se manifester, et notamment au nom de la « Science » et de la « linguistique ». C’est pourquoi nous pensons qu’il importe de montrer que la linguistique contemporaine aura été mise en place pour précisément éviter un tel « choc », de telles revendications que d’aucuns n’hésiteront probablement pas  à qualifier de  « démentes ». Il ne faudra pas se décourager pour autant!

Enjeux économiques avons- nous dit, et qui relévent en fait d’une  véritable spoliation!  Le mot n’est pas trop fort. Et la politique de l’autruche des emprunteurs  nous fait songer peu ou prou à la crise des subprimes, qui concerne également les USA comme c’est le cas

pour l’affaire des emprunts linguistiques au français qui n’a cessé de se manifester sur près de 1000 ans. (conquéte normande en 1066)

et cela n’est pas sans rapport avec le « French Bashing » comme on finira bien par en  prendre conscience tôt ou tard.

Il est clair que lorsque l’on interroge des locuteurs natifs anglophones, on est le plus souvent dans le déni selon un argumentaire plus

ou moins sophistiqué. Cela va de l’origine « latine » du français aux « faux amis »  qui n’ont plus rien à voir avec l’original français – argument d’ailleurs souvent avancé par les professeurs d’anglais en France.

L’enjeu est d’autant plus crucial que l’anglais est bel et bien en position de langue « mondiale » mais c’est précisément la notion même

de ‘langue » en tant qu’entité une et indivisible qui fait ici épistémologiquement probléme en un temps où les physiciens nous expliquent que tout est continuum. Un tel cloisonnement est d’autant plus inacceptable que l’on sait à quel point les notions d’importation et

d’exportation sont déterminantes en économie. Pourquoi ne pourrait-on parler de « ‘balance » des paiements  au niveau linguistique? D’ailleurs la notion d’ »emprunt » linguistique est parfaitement bien  établie et l’on passe aisément de l’emprunt à l’endettement à moins

que l’on ne mette en avant quelque argument légitimant  une certaine forme d’appropriation.

Or, le monde francophone n’a aucun intérêt -et ne peut d’ailleurs se le permettre  –  à valider un certain discours qui placerait le domaine des langues hors du champ économique et il  est bien de notre intention de ne pas laisser se perpétuer plus longtemps une telle spoliation dont le français ferait les frais.

Les linguistes sont d’ailleurs, pour la plupart, parfaitement au courant de la masse de mots français entrés en anglais au cours des siècles au point que l’anglais moderne  est devenu une langue hybride, bâtarde, bref colonisée et qui en porte les stigmates. Mais ils tendent à minimiser et à relativiser les tenants et aboutissants d’un tel « dossier ».

Pour ne pas tomber dans certains piéges, il importe de commencer par déconstruire l’idée d’entités linguistiques indépendantes les

unes des autres. Or, la phonologie a sa raison d’être dans une telle idée. Pour cette « science »,  un locuteur est marqué par la nécessité de gérer au mieux la langue dans laquelle il s’exprime sans se soucier des autres langues.  On évacue ainis toutes les considérations

diachroniques et on décide d’une sorte de statu quo sur lequel il ne serait pas question de revenir. Car que se  passerait-il, n’est-ce pas, si chaque langue revendiquait des « royalties », des redevance sur ce que les autres langues lui devaient et continuent à lui devoir si

les mots ainsi concernés sont encore en usage? Ce serait un désordre total, n’hésiterait–on point à conclure.

Or,  dans ce domaine, il est des langues qui sont plus « égales » que d’autres et aucune langue vivante, à notre avis, n’aura exporté

aurant de mots vers d’autres langues que le français, au cours des dix derniers siècles. Donc  les langues ne  sont nullement toutes

logées  à la même enseigne en matière d’économie linguistique.

On ajoutera qu’il n’est certainement pas plus ‘moral » d’accepter que tel pays vende le pétrole ou le gaz de son sous-sol alors qu’il n’y est

pour rien, au regard des chronologies, alors que la France est directement concerné par  la langue française qui en émane. Certes,

on nous répliquera non sans un certain cynisme, qu’il est plus facile de « voler » des mots que des  barrils de pétrole. Mais les temps

changent et l’on sait que le « piratage » des textes et pourquoi pas des mots devient un enjeu majeur et que les moyens pour

détecter le dit piratage sont de plus en plus sophistiqués. On sait aussi que les récentes affaires d’espionage électronique ont montré

à quel point il était possible de contrôler l’usage de tel ou tel mot. Donc logistiquement, rien ne s’oppose techniquement à la mise en

place d’un « marché », d’un « commerce » des mots.

Car c’est bien des mots qu’il s’agit et non des langues.  Peu nous importe le nombre de locuteurs qui parlent le français ici mais bien

le nombre de mots français que tel ou tel locuteur utilise au sein de sa propre « langue ».

Certes, l’anglais pourrait être tenté de pratiquer lui aussi une telle politique en exigeant des redevances pour l’usage de cette « langue »

dans le monde. C’est son droit. Mais c’est le droit aussi de la part de la francophonie de se faire payer pour les mots français qui

truffent littéralement la dite langue anglaise pour ne parler que d’elle car on pourrait tout à fair aborder la question de la dette

allemande en termes de mots français empruntés et importés. Il suffit de lire un texte relativement bref et déjà ancien comme le

Manifeste du Parti Communiste de Marx pour observer que les mots d’origine française s’y compte par centaines. En sens inverse, l’importation de mots allemands en français est dérisoire. Et  le « franglais » dont parleait il  y a 50 ans un René Etiemeble (Parlez vous

franglais?) ne fait que montrer que les francophones sont infiniment plus comptables des leurs quelques emprunts  à l’anglais que cela

n’est le cas en sens inverse!

Nous conseillons d’engager  tant à l’école, au collége et au lycée, une campagne de sensibilisation dans ce sens mais aussi dans les média sous la forme de jeux télévisés consistant à prendre un document  rédigé en anglais et à  voir lequel des concurrents  trouvera le plus

de mots d’origine française. Un exemple remarquable est le fameux « care » qui est entré en français. Qui ne voit qu’il ne s’agit d’une

déformation du français « cure »?  On rappellera les formes : sinécure, ne pas en avoir cure, curieux,  aller en cure, sans parler du « curé », du « curateur », de la curatelle.   L’anglais

a d »ailleurs gardé « ‘cure » dans le sens de soigner, ce qui fait un

doublon avec care..

Dans un film récent ‘The Judge » nous avons entendu une petite fille déclarer avoir passé des vacances

remarquables.  Si l’on demandait à un francophone de retrouver le mot anglais utilisé pour « vacances », on entendrait à coup sûr

« holidays » alors que c’est le mot « vacation »  qui est sorti de la bouche de la petite fille!  Qu’il y ait chez les Anglophones une

fascination séculaire non pas tant pour la langue française mais pour les mots français est une évidence, ce qui explique notamment

la proportion de mots français importés qui ont été maintenus dans leur orthographe d’origine. Il est des secteurs sémantiques qui

sont quasiment réservés aux mots  français comem tout ce qui vise à calmer le jeu :   quiet, calm, silence, clear et dont on ne saurait dire

qu’ils appartiennent à un haut niveau de langue. Car on entend souvent cet argument à savoir que les mots français ne seraient pas

utilisés par les classes populaires. La lecture de la dite presse populaire  apporte un démenti flagrant à une telle affirmation ne serait-ce

en tout cas qu’au niveau de la compréhension passive! En fait, la masse des mots d’origine française est absolument stupéfiante et il serait totalement  impossible que l’anglais se passe des mots français. Ce serait suicidaire.  La seule question est celle du rapport des forces mais  c’est là une question géopolitique au niveau mondial. Que les Etats Unis  répliquent par une fin de non recevoir ou par quelque forme de chantage est à prévoir. Mais le jeu en vaut la chandelle. d’autant que d’un point de vue ergonomique, l’anglais est

une langue indéfendable en son économie interne et son apprentissage fait bien plus la part aux signifiés qu’aux signifiants. La théorie de Saussure aura contribué à renforcer les positions de  l’anglais dès lors qu’elle est instrumentalisée au profit des signifiés, c’est à dire

qu’elle minimise le rôle des mots (signifiants en tant qu’objets)  en mettant l’accent sur le sens qu’on leur octroie. (signifiés en tant

que commentaires, interprétation, tradition).

 

 

 

 

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La notion de refoulement (Verdrängung) chez Marx et chez Freud.

Posté par nofim le 21 octobre 2014

Le nivellement de la société prolétarienne par les machines et le processus de refoulement (Verdrängung)  de l ‘homme chez  la femme

par  Jacques Halbronn

 

D’aucuns ont cru bon de rapprocher le Manifeste du Parti Communiste d’un autre « Manifeste », celui

rédigé par Victor Considérant, quelques années plus tôt. (cf Sorel, W. Tcherkessof; Antony Cyril

Sutton) mais la comparaison des deux textes  n’en fait pas moins apparaitre ce qui constitue, à nos yeux,

l’apport principal de Marx à savoir le lien qu’il établit entre l’essor du machinisme et  l’égalité des hommes et des femmes devant le travail, point qui n’est guère soulevé par  Considérant qui ne mentionne le terme « machine » qu’une seule fois :  « C’est  contre des machines qui ne dépensent plus que quelques centimes par force d’homme ». Autrement dit, si Marx emprunta éventuellement à  Considérant, son discours sur les femmes  nous apparait comme un apport qui lui est propre mais qui, paradoxalement,  n’aura

pas été mis en avant par les commentateurs comme cela aurait du l’être.

Nous insisterons dans le présent texte sur les effets du machinisme sur le statut de la femme, phénoméne

qu’il décrit dès le milieu des années 1840. En effet, on note ainsi qu’un tel rapprochement entre deux

questions, celle de la machine et celle de la femme, était déjà clairement formulé, ce qui ne peut

que nous interpeller en ce début de XXIe siècle de par son caractère prophétique. Nous aborderons à

cette occasion les emprunts de l’allemand au français en rappelant que la Rhénanine était restée  très marquée par l’occupation française. Il serait intéressant, par ailleurs, de déterminer de quelle façon

Marx et Engels ont pu être influencés par d’autres auteurs sur cette question Machines/femmes mais

cela ne sera pas ici notre préoccupation.

Nous nous contenterons dans un premier temps de citer des passages du Manifeste du Parti

Communiste en traduction  française: v

Bourgeois et Prolétaires:

« L’extension du machinisme et la division du  travail ont fait perdre au travail des prolétaires tout

caractère indépendant et par suite tout  attrait pour l’ouvrier. Celui-ci n’est plus qu’un accessoire de

la machine et l’on n’exige de lui que le geste le plus simple, le plus mootone, le plus facile à apprendre. Les

frais qu’occasionne l’ouvrier se limitent donc à peu près uniquement aux moyens de subsistance dont il

a besoin pour son entretien et la reproduction de sa race. Or le prix d’une marchandise, donc aussi

du  travail,est égal à ses frais de production (…) A mesure  que s’accroissent le machinisme et la

division du  travail la masse du travail grandit ausssi, soit  par l’augmentation des heures de travail, soit par

l’augmentation du travail exigé dans un temps donné, par l’accélération de la marche des machines etc.

(….) Des masses d’ouvriers (…) ne sont pas seulement des esclaves de la classe bourgeoise, de l’Etat   bourgeois, ils sonr chaque jour et à chaque heure asservis par la machine (…) Moins  le travail manuel exige d’habileté et de force, c’est à dire plus l’industrie moderne se développe, plus le travail des hommes est supplanté par celui des femmes. Les différences de sexe et d’âge n’ont plus aucune valeur  sociale pour la classe ouvrière. Il n’y a plus que des instruments de travail dont le coût diffère selon l’âge et le sexe »

(pp.  82-83  trad. Emile Bottigelli,  Ed G. F. Flammarion 1998) – traduction très proche de celle de Laure Lafargue,  fille de Marx  (1848), revue et corrigée

par F. Engels  (Ere Nouvelle, Rééd

Champ Libre 1983)

Quelques observations sur l’original allemand, pour les quelques paragraphes concernés  : on trouve Maschinerie et  Maschine que le traducteur français rend pareillement par « Machine » (cf  Marx Engels,

Kommunistiches Manifest  1848-1948 ,  Kaiserslautern et fac simile Londres 1848  in fine de la  réédition de la traduction

française  de Laura Lafargue,   Ed Champ Libre 1983, en caractères gothiques)

Parmi les termes français utilisés dans ce passage du Manifeste, relevons notamment dans le texte

allemand:  :  Bourgeoisie,  Kapital, Proletariat,  Klasse,  modern,  Artikel, Konkurrenz, Markt,

Proletarier, Charakter, Kost, Rasse, Preis, Produktion,  Masse,  Industrie, patriarchal,  Fabrik,  soldatisch,  organisiert, Hierarchie, Offizier,  Bourgeoisklasse,  Despotie,  proklamiert. Instrumente »

Rappelons aussi l’influence des mots français dans le titre même : Manifest  der kommunistischen

Partei. (cf   ed  Th. Stammen  et Ludwig Reichart,   Ed Wilhelm Fink, Munich 1978)

Ainsi, si Marx n’ a pas nécessaitement « plagié »  Victor Considérant et son Manifeste  de l’Ecole

Sociétaire (Paris 1847  BNF  16° R 5204), il est en revanche évident que l’allemand économique et social de

Marx et Engels doit  beaucoup à la langue française (cf notre étude sur les emprunts au français

du Judenstaat de Herzl,  in Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, Ed Ramkat 2002)

Mais revenons à ce nivellement du travail vers le bas qui retient notre attention au coeur du « Manifeste Communiste ».

Il est intéressant de noter que dès les années 1840, la question du travail des femmes à l’usine est ainsi

mise en avant du fait de la machine et de la division du travail qui en découle. (cf le taylorisme). La

machine abolirait toutes les distinctions d’âge et de sexe, à entendre Marx mais bien entendu cela vaut

surtout pour la société prolétarienne.

Avec le recul de plus d’un siècle et demi, force est de constater que ce que Marx déplorait dans son

Manifeste est devenu une valeur, un idéal, celui de l’égalité entre hommes et femmes. On aura fait de

nécessité vertu.. Ce nivellement est devenu une bénédiction providentielle! Il suffit de noter comment

l’on relate en ce centenaire de la Guerre de 14 l’entrée des femmes à l’usine, du fait du départ des hommes au front. On les appelles des « remplaçantes » et on y voit une victoire pour la cause des femmes.

Or, il ne semble pas que telle ait été  la philosophie des auteurs du dit Manifeste.

Mais on peut aller plus loin et souligner que cette égalité ne vaut que pour un travail en miettes ( Fourastié)

aux antipodes de celui de l’artisan qui est ici  mis en paralléle. A contrario, il découle que plus le travail

est sophistiqué, et moins un tel nivellement serait à craindre.  Le travail de haut de gamme n’est guère

de ce fait sujet à cette domination de la « Maschine ».  Il est évident que les premières victimes de ce

nouveau Léviathan qu’est la « Mashinerie » (dans le texte allemandà sont  à trouver au sein du prolétariat. Peut-on dire ainsi que la société prolétarienne aura constitué une avant  garde d’une société « idéale » telle qu’appelée de ses voeux par l’idéologie féministe?

Sans connaitre ces passages du Manifeste du Parti Communiste, nous étions parvenus aux mêmes

conclusions mais à une plus grande échelle  bien au delà du prolétariat. Le probléme reste posé : les femmes

progressent étrangement avec les machines. Plus les machines sont performantes, plus les femmes le

déviennent elles aussi. L’ascension des uns conditionnerait celle des autres.

On notera la traduction française  » le travail des  hommes supplanté par celui des femmes »

Quel est l’original allemand qui a donné la  traduction   »supplanter »?.    » die Arbeit der Männer durch die der Weiber verdrängt »

La traduction de l’allemand telle qu’on la propose dans les dictionnaires  est évincer, refouler,  déplacer,et supplanter. Il faut donc bien comprendre que les machines permettent aux femmes d’évincer les hommes et en cela elles en sont les alliées objectifs.

Or, le terme « verdrângen » sera utilisé en psychanalyse quelques décennies plus tard dans le sens de refoulement (en anglais repression)

« The terms « verdrängen » and « Verdrängung » in Freudian contexts, where the mechanisms are largely unconscious, have gone down in English as « to repress » and « repression. » (sur le mot Verdrängung , cf  C . G. Jung  Freud und die Psychoanalyse;  Gesammelte Werke  IV, 1969 Index  p. 422,   Sigmund Freud Gesammelte Werke  II  Werke aus den Jahren 1913-1917,  ED  Fischer,  1975, index  p. 480, cf aussi  Freud  Gesammelte Werke   Texte aus den Jahren 1885 bis 1938  Ibidem,  sur la série Verdränge,  Verdrängung,  Verdrängte Wüncshe, Verdrängter  Hass, p 900;  Bernd Nitzchke ed. Die Psychonalyse Sigmund Freuds. Konzepte und Begriffe. 2011, Index, p. 297)

Chez Freud,  le déni de l’homme est selon nous lié à la question de l’absence du pénis chez la femme (cf  S. Faure-Pragier, Le désir d’enfant comme substitut du pénis manquant, une théorie stérile de la féminité,    in  collectif  Clefs pour le féminin,, PUF, 1999) et c’est cette image d’un « plus » qui serait ainsi refoulée chez la femme ( on pense à la castration)  et qui serait, de façon matricielle,  à l’origine de sa tendance plus générale au déni. C’est ce déni de l’Homme qui, chez Marx, conduirait la femme à instrumenter la machine pour se substituer à l’homme en tant que mâle et en mettant en avant l’Homme comme recouvrant tant la femme que l’homme, à la façon d’Adam dans le Livre de la Genése, tel que d’aucuns entendent le lire. (cf Sarah Kofman. L’énigme de la femme. La femme dans les textes de Freud,  Ed Galilée 1980, cf les  travaux de Paul – Laurent Assoun qui touchent autant à la psychanlyse qu’au marxisme mais aussi au féminin : Freud et la femme, Paris , Calmann Lévy,  1983,  Clés pour le féminin. Femme, mère, amante et fille,  dir. J. Schaeffer et al.  PUF  1999 , pp 43 et  seq)

On pourrait certes  épiloguer sur le choix de ce terme allemand par Marx  et qui signifie que les femmes sont vouées à prendre le  dessus sur les hommes dans la société prolétarienne et l’on peut se demander si cela n’était pas là une perspective particulièrement détectable et un des aspects les plus insupportables à signaler en ce qui concerne la société prolétarienne et dont la machine/machinerie serait la

principale responsable!

A noter cependant que dans l’édition de Londres de 1848, en allemand, on trouve  associés aux femmes les enfants « Kinder), ce qui sera supprimé par la suite.  Cela nous fait penser que la machine, sous la forme qui est la sienne de nos jours est en mesure, à terme,  de  positionner  les enfants  comme substituts aux adultes, dès lors qu’ils seront adéquatement appareillés.

A propos du rapport de Marx à la question des  femmes, rappelons qu’il s’est toujours opposé au vote des femmes. (cf Francis Wheen, Karl Marx. Biographie inattendue/Paris, Calmann Levy 2003)

Pour en revenir  au rôle de la machine  chez Marx et chez Freud,  nous signalerons que l’on pourrait parler d’une castration des hommes au sein du prolétariat par les femmes et par le biais de la « Maschinerie »  et ce rapprochement nous semble d’autant plus se justifier

que toute castration implique l’usage d’un objet, donc -selon l’acception qui est la nôtre, d’une « machine », aussi rudimentaire soit-elle, à savoir d’un couteau. C’est le lieu, en effet, de rappeler que le terme « machine » est pour nous intimement associé  à celui de technique et

que déjà l’écriture est une « machine »  et donc le livre.  Et nous comparerons de fait la machine au niveau du prolétariat et le livre à celui de la société « bourgeoise ». Le livre serait  par excellence un mode de nivellement égalitaire au même titre que la machine dans le contexte plus spécifiquement industriel. Par le biais du livre -et notamment par ses manifestations électroniques) , la femme est en mesure de « supplanter » l’homme, de rendre celui-ci  inutile, « dispensable ».

Ajoutons un développement assez important du Manifeste

(IIIe partie Prolétaires et  Communistes) à propos de

l’ »abolition  de la famille » et de la mise en place d’une

« communauté des femmes » Citons ce passage : « Non

contents d’avoir à leur disposition  les femmes et les filles de

leurs prolétaires, pour ne rien dire de la prostition publique, nos

bourgeois  se font le plus  grand plaisir  de séduire

réciproquement  leurs femmes légitimes »(cf  ed. GF Flammarion,

op cit.  p.97).Marx semble ainsi

favorable à une certaine séparation des hommes et des femmes

qui selon lui peut d’ores et déjà être observée.

 

 

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Islam et antijudaïsme chrétien

Posté par nofim le 16 octobre 2014

La judéophobie  et l’Islam, au début du XXIe siècle.

La solution méditerranéenne.

par  Jacques  Halbronn

 

Au milieu du XIXe siècle, il a été mis en avant le propos des Juifs sur les Chrértiens tels qu’on

pouvait les relever dans la littérature talmudique, ce qui aboutira à la rédaction des Protocoles des Sages

de Sion, au tournant du XXe siècle, en, laisssant entendre que lorsque les Juifs « modernes » se réunissent,ils

« complotent » toujours et encore contre les Chrétiens, dans leurs « assemblées », qu’il s’agisse de celles

des Consistoires institués sous Napoléon que dans les Congrès Juifs qui se tiennent à partir de 1897 sous

l’égide du mouvement sioniste.

On trouve ainsi sur « 1000 citations sur les juifs » sur le site de Radio Islam

un passage comme celui-ci:

« Qui est de Dieu entend la prophétie de Dieu. C’est pourquoi vous (les Juifs) ne l’entendez pas. Vous n’êtes pas de Dieu!  » . (Jésus aux juifs, Évangile de Jean) »

On devine aisément ici l’intention qui est d’instrumentaliser certaines paroles de Jésus pour nourrir

un antijudaïsme – qui littéralement ne saurait être un « antisémtisme »- voire un antisionisme. On n’est pas

loin ici de la stratégie de l’anti-talmudisme du milieu du XIXe siècle (cf notre ouvrage  Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, Ed Ramkat 2002). Mais cette fois on fait parler  Jésus

à propos des Juifs et non plus les Juifs sur les Chrétiens.  Rappelons que par ailleurs, certains

Islamistes ne se privent pas de se servir des dits Protocoles des Sages de Sion

C’est en tout cas  une façon de  préciser en citant des passages de l’Evangile hostiles aux Juifs

que   »ce n’est pas nous qui le disons ». (cf Philippe Simonnot. Enquéte sur l’Antisémitisme,  ed  Michallon,  2010, pp. 159 et seq). On pourrait même citer des propos des prophétes juifs pas toujours aménes envers les Juifs. En fait on voit bien ici qu’il s’agit de conflits et de dissensions au sein du monde juif.

Il est clair que cette conflictualité se propage en France (cf  Victor Malka. Avons-nous assez divagué.. Lettre à mes amis musulmans, Paris, Albin Michel, 2006) et que les Juifs originaires du Maghreb finissent par  y

retrouver les mêmes situations face à une présence musulmane forte dans l’hexagone et qui s’exacerbe

chaque fois qu’Israël est en cause. Le communautarisme ici semble impossible à éviter ou à évacuer et elle

est notamment le fait du colonialisme français au Maghreb qui aura « importé » les deux communautés

juive et musulmane en métropole, en une sorte de néocolonialisme du fait même de la décolonisation.

Une telle évolution était tout à fait prévisible.  En favorisant l’immigration arabo-musulmane francophone en France, dans le contexte  conflictuel propre au Proche Orient ( collusion du Maghreb et du Mashrek,

de l’Ouest et de l’Est du monde arabe, du Maroc à la Syrie), on s’engageait dans une crise à venir qui ne pourrait qu’ébranler à terme la société française et déstabiliser notamment la présence juive en son sein.

On peut aussi penser que la politique israélienne s’est révélée irresponsable en ignorant les effets de

certains agissements sur la condition juive en France, pays particulièrement vulnérable de par ses liens

historiques avec le monde arabe. Mais dans ce cas, l’on peut raisonnablement se demander s’il ne s’agit pas là de la part d’Israël d’une stratégie délibérée visant à encourager l’Alya, la « montée » de la « diaspora »

juive vers Israël.

Nous avons dit dans de précédents textes qu’il nous semblait souhaitable d’intégrer Israél au sein

de l’Union Européenne. Nous avons aussi  développé un modéle historique présentant les Juifs comme

une tête de pont européenne en « Asie Mineure », ce qui aura conduit à leur différenciation. Nous avons également souligné le fait que  selon l’exogamie, les femmes sont plus faciles à intégrer que les hommes, dans un processus d’immigration. Force est de constater en effet que la communauté arabo-musulmane

a fait preuve d’une résistance certaine au regard de l’intégration et de l’assimilation, ne serait-ce que par

le refus quasi systématique d’adopter des prénoms « locaux » pour leurs enfants et en faisant un enjeu

religieux, ce que les Juifs de France n’ont pas fait, ce qui leur était d’autant plus aisé que l’Europe reste marquée par une civilisation dite judéo-chrétienne.   Le seul domaine qui ne fasse pas probléme est

linguistique, c’est celui de la francophonie laquelle constitue un ciment fondamental pour la société

française, la langue apparaissant comme le vecteur par excellence de la laïcité. On notera d’ailleurs que la

plupart des Juifs ignorent l’hébreu parlé à la différence des arabo-musulmans. Le terme de diaspora en ce

sens est anachronique quant aux Juifs, alors qu’il est bien plus patent pour les arabo-musulmans, ce qui

exclut un quelconque parallélisme ou analogisme.

En conclusion, le noeud du probléme se situe doublement au Proche Orient et interpelle l’historien. C’est par la recherche historique que l’on pourra avancer dans la « solution » du probléme judéo-arabe tant en

France qu’en Israel/Palestine.

On en revient à la colonisation  européenne de l’Afrique et de l’Asie Mineure et à ses conséquences et

implications qui perdurent non seulement sur des siècles mais probablement sur des millénaires. Nous n’avons pas d’autre choix en Europe et singulièrement en France  que d’assumer un tel passé colonial.  La

confrontation entre Juifs et Arabes est probablement bien antérieure à l’émergence du « judaïsme » et de l’Islam. On ne peut comprendre le fait juif sans remonter très loin dans le temps de par l’établissement

de ce que nous avons appelé plus haut une « tête de pont ». Les juifs, en dépit de la langue hébraïque, appartienennt assurément au monde européen. On se demandera si la moins mauvaise solution ne serait

pas dans le cadre de l’Union Européenne de faciliter les flux de population  au sein d’une Union Européenne

élargie à la Turquie et à Israël voire au Liban avec l’héritage des  Croisades en maintenant Jérusalem au

coeur du dispositif.  Un tel flux conduirait à faciliter singulièrement la circulation et l’installation des

Israéliens en Europe. On peut en ce sens englober au sein de l’Union Européenne un Etat Palestinien qui

ferait pendant à la présence arabe dans l’Union Européenne.  Et pourquoi à terme ne pas englober au sein

de la dite Union Européenne tout le pourtour méditerrannéeen dans son intégralité en favorisant à terme

le retour éventuel  des immigrants maghrébins dans leurs .La

Méditteranée est de toute façon vouée à retrouver son unité

géopolitique (Mare Nostrum)

JHB

14  10 14.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Autour de l’Emploi du Temps, « nouveau roman » de Michel Butor

Posté par nofim le 9 octobre 2014

 

L’Emploi du temps de Michel Butor comme exemp)le de Nouveau Roman

par  Jacques  Halbronn

Durant l’année universitaire 1968-1969, nous avons  présenté un mémoire consacré à l’Emploi du Temps; deuxiéme roman -en forme de journall intime-  de Michel Butor (né  en 1926,  ouvrage paru en 1956) aux Editions de Minuit, éditeur attitré du Nouveau Roman), dans le département de français de l’Université Hébraïque de Jérusalem,  dans la classe  de Jean  Poliatschek (1914-1993). Quarante cinq ans après, nous revenons sur cet ouvrage lequel aura fait entre temps l’objet de nombreuses études. Nous ne nous appuierons pas sur le dit mémoire (inédit), « enfoui » dans nos archives mais sur un vague souvenir. Mais en reprenant ce travail, il est probable que s’expriment des réminiscences. La seule chose dont nous nous souvenions à l’aube de cette relecture de 2014 est ce jeu que nous avions posé entre « exemple » et « exemplaire » pour qualifier cet ouvrage au sein du Nouveau Roman, genre que nous avions dévoré au cours des années soixante. Or, en 1966,  Georges Raillard avait publié un essai  en postface ) cet  ouvrage intitulé « L’exemple » (Ed 10/18, l’édition même que nous avions utilisée)

A l’époque, nous n’étions pas loin de penser que désormais  on ne pourrait écrire qu’en se conformant aux régles de ce genre. Mais en quoi consistaient-elles ces « régles »? Ce qui nous semblait aller de soi à l’époque nous semble désormais assez obscur mais peut-être en nous replongeant dans ce roman et ce que d’aucuns ont dit à son sujet, cela nous reviendra-t-il, ce qui produirait une anamnése.?

Rappelons l’histoire : « Jacques Revel, employé de banque français, commence un stage à Bleston, une ville anglaise énorme, humide

et brumeuse, dont il entreprend avec une passion croissante de déchiffrer le mystère. Pour cela, il découvre une clef possible, un roman

policie [Le meurtre de Bleston] qui met en cause les habitants et la cité dont il constitue peut être l’envers symbolique. Ainsi les fils du réel et ceux du mythe vont-ils tout au long de cette quéte, sans cesse s’entrecroiser » (4e ede couverture de l’édition J’ai Lu,  c 400  p.),

Il nous apparauit d’emblée que ce qui nous fascina dans  ce roman et dans d’autres, de ce genre, c’est le défi lancé à la perspicacité du

lecteur. En ce sens, on peut parler d’un roman policier mais dont le discours alambiqué  même ne fait que renforcer le mystère, la forme venant sous-tendre le fond. Le signifiant est littéralement le reflet du signifié, comme le serait une musique et il n’est peut être pas

indifférent que nous ayons développé par la suite notre  goût pour la musique en accédant à  l’improvisation pianistique. En fait, on peut se demander si la création musicale n’a pas été inspirée, à un certain stade, par le nouveau roman.

A l’exception du texte de Raillard, on notera que les diverses études se situent dans les années 1990-2000.

Ouvrage consacré à la ville et qui a pu à nos yeux correspondre à cette Jérusalem  dans laquelle nous avions atteri à la veille de Mai 68. Le titre du roman est intéressant en ce que l’expression « emploi du temps » résume assez bien tout notre travail  sur les cycles, qui déjà en 68-69 était déjà  marquant pour nous.

Ce qu’écrit  M C. Kerbrat nous parle :  » A l’inverse du narrateur proustien qui en explorant son monde (intérieur) découvre le monde  (extérieur), Jacques Revel , en

parcourant  un labyrinthe objectif (la ville) révéle son propre labyrinthe  subjectif mais l’un et l’autre se forment en écrivant, en explorant leur propre cycle »

Idem pour  Nadia Birouk : « La lecture qui doit être pratique dans l’Emploi du Temps est labyrinthique, au lieu d’aider le narrateur- lecteur à trouver son itinéraire, elle le bloque et le paralyse ». On peut dire que l’auteur d’un Nouveau Roman  entretient un rapport sado-masochiste avec son lecteur, il le maltraite en l’égarant au lieu de le guider.

 

Force en tout cas est de constater la fortune de l’Emploi du Temps comme l’atteste le collectif  constitué à son sujet (cf notre bibliograpghie ci-dessous)/ Lisons  y ainsi

Christophe Carlier (L’architecture de la phrase)  qui parle d’un « univers plus complexe que celui des faits ou des signes dont le narrateur voudrait se borner à faire l’inventaire ».

Le sujet ici  fait écran à l’objet tout comme une femme interrogée sur les femmes   ne nous éclaire guère mais bien au contraire  nous égare par les contradictions de son

propos la concernant en tant que personne ou de par son appartenance.  Carlier conclut «   L’étirement et la complexité des phrases de l’Emploi du Temps appartient sans doute

à l’esthétique du Nouveau Roman qui substitue volontiers aux repéres traditionnels de la narration « à la Balzac » un langage foisonnant et apparemment difficile à maîtriser »

On notera que notre travail  sur l’ouvrage se situe de facto dans le cadre de notre propre rapport labyrinthique - on est à Jérusalem, en position d’étranger  à un espace et  à

une langue consamment à décrypter –  à une langue nouvelle, qui est l’hébreu et dont la structure consonantique (absence de voyelles à l’écrit et donc quelque part

délibérément lacunaire) ) génére un obstacle à la compréhension  même du discours.  Intention délibérée de s’immerger dans un « autre » monde où l’étranger est soulagé par

la perte même de ses repérées habituels.

On terminera en abordant le seul texte dont nous avions connaissance autour du Nouveau Roman, quand nous rédigeâmes notre étude, en 1968, à savoir l’Exemple de

Georges Raillard.(1966). Le nom de Proust y est mis d’entrée de jeu en avant ainsi que l’image de la forêt, ce qui évoque notre propre immersion dans la forêt de Lyons, en Normandie, du fait d’une « maison de campagne ». Raillard conclue ainsi : « La fiction lieu où nous nous trouvons à l’extérieur de nous mêmes est messagère de vérité. Elle nous

apprend à voir ». En se refusant au réel, elle nous permet de ne pas nous y soumettre et de trouver ainsi notre autonomie en nous-mêmes.

Lucien Giraudo met clairement en évidence le décalage « entre  le plan du roman qui s’intitule l’Emploi du temps  écrit par l’écrivain

Michel Butor  et le plan du  journal qui est tenu par Revel le personnage-narrateur »(p.99). On songe à nos travaux à venir sur Nostradamus décalé par rapport à l’oeuvre qu’on lui attribue, avec le hiatus entre ce qu’il fait réellement paraitre et ce qu’on dit qu’il a publié, le « on » étant ici l’historien qui erre dans sa reconstitution baisée de ce qui s’est vraiment passé. Décalage entre la carte (ici le plan de la ville  de Bleston  et le territoire arpenté par Revel).

 

JHB

10 . 10 14

 

Bibliographie

Georges Raillard,  L’exemple,  à la suite de l’Emploi du Temps par Michel Butor  Ed 10-18 1966

Analyses et réflexions sur Michel Butor. L’emploi du temps. Ouvrage collectif,  Ed Ellipses 1995

Sylvie Thorel-Cailleteau. La fiction du sens. Lecture croisée du Château, de L’Aleph et de l’Emploi du Temps,   Ed. Interuniversitaires  1994

Mireille Calle-Gruber, La ville dans l’Emploi du Temps de Michel Butor, ed A. G. Nizet, 1995 (avec une préface de M. Butor)

Nadia Birouk; La lecture littéraire. Le cas de Michel Butor. L’Emploi du temps, la Modification et Degrés, Edilivres 2010

Marie-Claire Kerbrat  Leçon littéraire sur l’Emploi du temps de Michel Butor,   PUF  1995

Lucien Giraudo,  L’Emploi du temps Michel Butor,  Paris, Nathan, 1995

 

JHB

09 10 14

Publié dans Conscience, Culture, LINGUISTIQUE, MUSIQUE, SOCIETE, symbolisme | Pas de Commentaire »

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