jacques halbronn Pour une épistémologie du mode d’emploi.

Posté par nofim le 14 mai 2021

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Jacques Halbronn Sociologie des Entre sois. L’identité

Posté par nofim le 14 mai 2021

 

 

Sociologie des entre-sois. Première partie

L’identité.

 

Par Jacques Halbronn

Nous entendons par « entre soi » un ensemble de pratiques et de discours propres à un groupe donné.

I La création d’un entre soi

Le leader est celui qui crée des entre soi, introduit des habitudes nouvelles qui constitueront à la longue un certain socle , un modus vivendi. L’Entre soi apparaît donc au départ comme une innovation mais du fait de son appropriation par le groupe concerné,il tend à glisser vers le statut de tradition, oubliant de surcroit ses conditions d’émergence  avec la conviction qu’il s’agit de l’émanation même du groupe alors que c’est bien plutôt la marque de sa dépendance par rapport à l’initiateur du dit Entre Soi. Rien de ce à quoi le groupe s’est attaché ne lui est véritablement propre. Le groupe voudrait que le dit Entre soi se révélât irréversible et définitif et voit d’un mauvais œil toute tentative de remplacement, de substitution alors même qu’à l’origine l’Entre soi en question est le fait du « Père » fondateur. D’une certaine façon, l’Entre Soi est né de la rencontre entre un leader et un groupe de personnes tout comme un enfant est le résultat de la formation d’un couple. Cela s’oppose au « bottom up » (du bas vers le haut) alors que le peuple ne fait que renvoyer, en se l’appropriant, au leader ce qu’il a introduit.

II Causes et conséquences de l’Entre Soi.

Cela dit, les personnes qui se rassemblent autour d’un Entre soi ont dès le départ des points communs. Qui se ressemble s’assemble. D’une certaine façon, la mise en avant d’un certain Entre soi nous apparaît comme une « couverture », un « prétexte »  laissant l’impression de la poursuite d’un certain objectif à atteindre alors qu’il s’agit de se retrouver entre personnes présentant objectivement un certain nombre de points communs. Cela dit, l’Entre-Soi, en tant que tel , est voué à développer certains traits de comportement -on parlera donc d’effets – venant s’ajouter, se combiner aux causes décrites plus haut, ce qui structure la spécificité de chaque/tout Entre- soi.

Selon l’adage qui veut que l’on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre l’Entre Soi contribue à produire un certain nombre de limitations qui sont la contre- partie de certains choix, de certaines priorités, l’adoption d’habitudes qui offrent des avantages et des inconvénients.

Or, il nous semble que l’on assiste à une forme de déni de l’Entre Soi caractérisant une personne donnée comme si l’Entre Soi dont on est en quelque sorte l’adepte, par choix ou par nécessité – on pense notamment au cas anatomique, organique  des femmes- ou à un « club » de personnes présentant les mêmes addictions.(Alcoolique Anonymes) ou les mêmes origines ethniques, religieuses, géographiques, linguistiques etc.

Le débat que nous entendons ouvrir est celui du poids des entre-sois sur leurs membres. C’est ainsi que nous pensons que la pratique d’une langue donnée constitue un entre soi et que l’apprentissage d’une langue est formateur d’une certaine structure mentale. On ne pratique pas le français et l’anglais sans que cela produise certains effets générés respectivement par le génie de chaque langue.

Inversement, un Entre soi donné, favorisera certaines tendances et inversment risque d’en bloquer d’autres. Autrement dit, un Entre Soi, quel qu’il puisse être, n’est nullement inoffensif ni indifférent pour le pire comme pour le meilleur.

 

 

III La gestion des entre sois

Il est clair qu’un même société peut englober toute une série d’entre – sois qu’il va bien falloir faire coexister sans que cela donne lieu à trop de heurts, de tensions.Il y a débat entre ceux qui sont prêts à accepter de la diversité et ceux qui entendent la résorber autant que possible. Cela tourne autour de l’assimilation, de l’intégration,ce qui dépasse largement la question classique des « migrants » car, de toute façon, les personnes appartenant à des entre-sois différents auront entre elles des rapports d’étrangeté, quand bien même présenteraient -elles globalement des profils comparables. En ce sens, le débat autour des « étrangers » ne fait qu’occulter la tendance de toute société à générer en son sein de la diversité, y comprise quand la même langue, la même religion sont pratiquées. Un clivage incontournable est celui des hommes et des femmes, étant bien entendu qu’une personne peut relever de plusieurs entre soi à la fois, ce qui rejoint l’idée d’intersectionnalité.(cf Michèle Bittton, Michèle Hassoun, « Lilly Scherr Une historienne juive insoumise », ed BJM Lilly Scherr, Marseille 2005)

Il y a là comme un paradoxe en ce sens que l’on peut fort bien constituer un Entre Soi autour de tel ou tel objectif revendiquant par exemple un statut d’égalité avec d’autres Entre soi. L’existence de tel ou tel Entre soi ne signifie pas que l’on y soit en mesure d’atteindre tel ou tel objectif mis en avant, ne serait-ce que précisément du fait des origines des participants. En ce sens, un Entre Soi peut tout à faire alimenter des fantasmes. Mais après tout, pour quoi pas du moment que cela ne vienne pas nuire à un certain ordre social.

Cela dit, il y aura nécessairement des luttes entre divers Entre sois, chacun d’entre eux s’efforçant de se persuader qu’il incarne le progrès, l’avenir.

En tout état de cause, il est clair que nous ne vivons pas dans une société d’individus mais de membres d’Entre sois même si comme on a dit, une personne peut adopter les pratiques et les discours de plusieurs Entre sois. Les partis politiques sont des Entre sois visant à prendre le pouvoir ou en tout cas à le partager . Notons que tant le monde scientifique qu’artistique se structurent sur la base d’entre sois. De nouveaux entre sois sont toujours susceptibles d’apparaitre, à l’instigation de nouveaux leaders plus ou moins inspirés, capables de convaincre et de rassembler autour d’eux.

 

 

 

 

JHB

13 05 21

 

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Jacques Halbronn Défense et illustration de la langue française. Une tradition orale préservée

Posté par nofim le 10 mai 2021

Défense et illustration de la langue française. Une tradition orale préservée

Par Jacques Halbronn

 

Est ce que la langue française a su préserver une dynamique perdues dans d’autres langues, sachant que la clef d’une langue dépend largement d’une tradition orale  et que celle-ci est soumise à bien des aléas ? Il est possible que le français ait été mieux épargné, au cours du temps, que d’autres langues, ce qui expliquerait sa prépondérance durable auprès d’autres langues prenant modèle sur elle, avec plus ou moins de bonheur ?.

Dans plusieurs cas, l’on observe que c’est en français que l’on est en mesure de trouver la clef de certains codes de prononciation des textes écrits. C’est ainsi que l’allemand a klein et kleine pour dire petit et petite mais qu’il prononce le « n » du masculin alors que le français, le plus souvent, occulte la consonne finale. Bien pis, l’allemand, va prononcer le « e » de ‘kleine » alors que ce ‘e » comme nous l’avons montré dans une prédente étude considère ce « e » non pas comme une voyelle mais comme un « marqueur » consonantique, impliquant la prononciation de la consonne finale. Autrement dit, l’allemand semble avoir perdu en route la clef de son dispositif que le français aurait su préserver, bien que considéré comme langue latine, ce qu’il n’est, en vérité que partiellement vu notamment qu’il n’utilise pas les voyelles « o » et ‘a » comme marqueurs de genre comme le font, entre autres, l’italien et l’espagnol, y compris pour les prénoms.

Nous sommes ici en présence d’un processus de réduction de la forme masculine notamment pour ce qui est de l’adjectif  (cf notre mémoire en ligne sur SCRIBD « Dialectique de l’écrit et de l’oral en français, 2021).1 Nous avons signalé que l’un des marqueurs de genre du français était lié au traitement de la consonne finale du mot considéré. En régle générale, le marqueur du masculin tend à la réduction, à la contraction par rapport au marqueur du féminin, comme on en a eu un exemple plus haut.

On illustrera ici notre propos avec le traitement français de la lettre « L ». Ainsi, on a belle et beau, le u se substituant en quelque sorte au L, au masculin. Autres cas : vieille et vieux, nouvel/ nouvelle/ nouveau/ nouveaux. . Mais dans les deux cas, le « le » ne disparaît au masculin que si le mot suivant – ce qui reléve du processus de liaison- commence par une voyelle. Sinon on dira, un bel objet, un vieil

abat-jour. En revanche, au pluriel, le L laissera nécessairement sa place au « U » : de vieux/beaux manuscrits. On pense évidemment au passage de « avec  elles » à « avec eux » sans parler de cheval qui donne chevaux, général, généraux etc ou encore de cruel à cruauté. La régle s’applique aussi pour les noms propres, ce qui est propre à Arthur Rimbaud est « rimbaldien » où Rimbaud est traité comme s’il dérivait de « rimbaldien » ! On a deux et duel, dualité, dualisme.

Mais « eu » retiendra aussi notre attention dans le cadre du rapport du français à d’autres langues latines. On trouve notamment une série de réductions  commme poco qui correspond au français « peu »,fuego et fuoco pour « feu », juego, gioco, pour « jeu » . Tout se passe comme si la lettre « g » ou la lettre « c » étaient rendues en français par un « eu ». Une fois de plus la lettre « u » est partie prenante dans le processus d’occultation de la consonne. Cette pratique se répercutera sur l’anglais : le « peu » français donnant le « few » anglais.

Passons à un autre cas autour de la forme en « ons » en français, notamment pour la conjugaison du verbe tant au présent, qu’au passé ou au futur : nous mangeons, nous mangions, nous mangerons. Qu’en est-il dans nos deux autres langues latines considéres ? On trouve en espagnol une forme en « o » en italien et en « os » en espagnol : andiamo, vamos (on connait le mouvement « Podemos » en Espagne) correspondant au français « allons » (comme au début de la Marseillaise)

La question qui se pose, dans cette approche comparative (cf notre mémoire également sur SCRIBD « Langue et culture.2 Essai de description critique du système du français à la lumière des relations interlinguistiques », 1989, est la suivante : est ce que le français doit ici comme plus haut, pour l’allemand, de référence ? Le cas de l’espagnol se prete le mieux à une telle réflexion en raison de la finale en « os » que l’on est tenté de rapprocher du « ons » français. On peut raisonnablement supposer que le « o » ait pu être doté d’un signe diacritique renvoyant à la lettre « n »et que ce signe ait été perdu en route en espagnol, tant à l’écrit qu’à l’oral. Ainsi, dans la Préface à César que Nostradamus aurait adressée à son fils en tête des Centuries ( Prophéties, Lyon, Macé Bonhomme, 1555), on trouve dans la même phrase «livres de prophéties  co(n)tenant chascu(n) ce(n)t quatrains » le « n » manquant étant remplacé par une sorte de « tildé » au dessus de la voyelle précédente. Or, si l’on supprime le « n », on arrive à la forme espagnole en « os ». Se pose par là même, la question de la prononciation de ces formes combinant voyelle et « n », ce qui

implique de produire une voyelle « nasale » spécifique que le français a conservée (en on, in, un, an) mais qui manque totalement à l’espagnol actuel qui ne dispose pas de tels phonémes.

Le probléme de la prononciation se pose d’ailleurs pour tous les mots se terminant en « on » comme nation, que le français rend comme un son spécifique alors que l’espagnol sépare carrément le « o » et le « n » comme en français quand on a « national » car dans ce cas, la forme longue ne respecte plus la « nasale » même en français. De même, en italien, constance correspond à « costanza », institut à Istituto avec la disparition du n de « con », de « in », à l’écrit comme à l’oral. On sait que l’italien accorde bien plus que le français l’écrit à l’oral, ce qui lui fait perdre le sens de la dialectique entre ces deux plans. Soulignons que le cas du « n » ne se pose ici qu’au masculin et non au féminin ni pour les dérivés. C’est donc bien le respect de la spécificité du marqueur du masculin qui est ici en cause et que seule, la langue française, sera parvenue à maintenir alors que la plupart des langues auront généralisé le traitement du féminin par le biais de la réduction. Dans le cas de l’italien et de l’espagnol, ce dispositif aura été remplacé, comme signalé plus haut, par un autre système celui des marqueurs « o » et « a » qui ne se retrouvent pas en français, l’allemand, lui optant, comme on l’ a vu plus haut, pour un usage de la lettre « e » (ein/eine) en tant que voyelle à part entière, ce qui ne devrait pas être le cas. Le résultat aura été celui d’un appauvrissement du clavier vocalique de nombreuses langues, en ce qui concerne l’usage des formes « nasales »3.

 

JHB

10 05 21

 

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Jacques Halbronn Les fonctions phonologiques complémentaires des lettres « e » et « n » en français

Posté par nofim le 6 mai 2021

LINGUISTIQUE

Les fonctions phonologiques complémentaires des lettres « e » et « n » en français.

Par Jacques Halbronn

 

Si la lettre « e » joue un rôle très particulier en français, comme nous l’avons mis en évidence, une autre lettre agit de façon assez spéciale, on pense à la lettre « n ». On connait les effets du « n » faisant suite à une voyelle, dont il change la sonorité : on, an, in, un, en. On connait aussi le cas de la conjugaison en « ons » « nous partons », en « ont »  ils s’en vont, en « ent », ils veulent. Le dernier cas interroge puisque la forme « ent » est muette : ils/elles chantent ne s’entend pas différemment de ‘il/elle chante » !. On a bien du mal à croire qu’il a pu toujours en être ainsi. Un autre cas intéressant concerne le passage du masculin au féminin : un et une. On va revenir sur ces divers éléments.

Dans les autres langues, la lettre « n » est entendue « telle quelle » et ne change pas la voyelle qui la précéde. Tout se passe comme si le n dans ce cas ne jouait plus son rôle de consonne et conduisait la voyelle qui précédé à changer de timbre..En fait, dans bien des cas les deux lettres , le e et le n, vont coexister comme dans la préposition « en » ou dans « parent », à ne pas prononcer comme pour la troisiéme personne du pluriel du verbe « parer » : ils se parent. Mais de quel type de « e » s’agit-il alors ? Et pourquoi dans le cas des noms et des adverbes, la forme « ent » s’entend : comme dans gouvernement, fortement ?, Un cas étonnant est « ils entendent » avec un premier « en » qui se prononce et un second « en » qui ne se prononce pas, parce qu’il s’agit d’un suffixe de conjugaison. Le pire, c’est quand on ne fait pas la liaison du « ils » devant une consonne – il-elle mange et ils/elles mangent – car alors on ne sait plus distinguer à l’oreille le singulier et le pluriel, comme quoi, en français, il faut toujours, à l’oral, avoir en tête la forme écrite : ça aide.

I le n comme transformateur vocalique

L’on trouve constamment de telles situations  sur des points nullement marginaux. Prenons le cas du « on », on en a besoin en français pour le possessifs : mon, ton, son devant un mot de genre masculin. Dans la conjugaison au pluriel à la première et à la troisième personnes : nous avons, ils ont. Penons à la Marseillaise : « Allons enfants etc «  où l’on trouve dans les deux premiers mot pas moins de trois combinaisons voyelle + n. La deuxiéme personne du pluriel -ni l’impératif – n’est pas concernée et passe par une finale en « ez » avec un « z » qui ne s’entend pas.(cf nos précédentes études autour du « e ») On connait la fable de La Fontaine La cigale et la fourmi. Vous chantiez j’en suis fort aise eh bien dansez maintenant !. Le participe présent est également concerné (en chantant , important) ; La question qui se pose, entre autres, est celle du genre : est-ce que le « an » d’important est le ‘an » d’importante ? En tout cas, en anglais l’article indéfini « an » ne fait pas jouer la sur-vocalisation du « an » pas plus qu’en allemand avec « ein « . Tout se passe comme s’il s’agissait d’une forme germanique qui soit aurait dégénéré en français ou au contraire aurait dégénéré en anglais et en allemand. De la même façon la forme « en » en allemand comme suffixe de pluriel se retrouve en français : sie sagen, ils parlent, le français ajoutant un « t » . Pour le participe présent, la forme « end » (sagend) correspondrait au « ant » français. Reste donc posée la question : le statut du n après voyelle est-il une invention française ou la trace d’un état du germanique qui se serait maintenu en français mais pas dans les langues dites germaniques ? On connait ce cas de figure où l’emprunteur aura perpétué des formes ayant disparu dans l’original, comme le suffixe « ed » en anglais, venu du français qui, entre temps, a changé le « ed » en « é ».. Pour en revenir au casse tête de la conjugaison à la troisième personne du pluriel, nous pensons que le « t » final devrait se prononcer, ce qui distinguerait il mange et ils mangent.

On retrouve dès lors la situation des consonnes finales en français avec le rôle de la lettre « e ». Le chant, il chante. Il y a des cas, où la consonne finale ne doit pas se prononcer en français, pour des raisons phonologiques, de façon à distinguer,notamment le masculin et le féminin comme petit (devant une consonne, donc sans liaison) et petite. En français, le mot au masculin est en régle générale plus rétracté que le mot au féminin. Cette rétraction sert de marqueur de genre. Récemment, en langage « inclusif » : écrivain/écrivaine ; important, importante. Le « n » ne se prononce qu’au féminin. Mais l’on assiste dans ce cas à la mise en œuvre de la lettre « e » comme renforçant la consonne qui le précéde alors que la lettre « n » vient renforcer la voyelle qui précéde.

En conclusion, le n est aux voyelles ce que le e est aux consonnes. Paradoxalement ou pas, c’est une consonne qui joue sur les voyelles et une voyelle qui joue sur les consonnes. Dans le cas de la conjugaison française à la troisième personne du pluriel, il s’agirait d’une interférence germanique qui ignore la fonction française du « e » permettant la prononciation de la consonne. On a donc le choix : soit on ajoute un « e » après le « ent » : ils parlente, soit l’on supprime le t final, ce qui donnerait « ils parlen » et cette fois ci, on doit prononcer le « en », du fait de la lettre « n ». On retrouve la dialectique du « e » renforçant la consonne et du « n » renforçant la voyelle…

 

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Jacques Halbronn Le rôle ambivalent de la lettre « e » en français

Posté par nofim le 5 mai 2021

 

Le rôle ambivalent de la lettre « e » en français.

Par Jacques Halbronn

 

La langue française n’est pas une langue comme les autres et il ne faut donc pas la traiter comme telle. C’est une langue qui aura évolué plus loin, qui se sera inventé de nouveaux défis et peut être cela aura joué sur l’émergence d’un certain cartésianisme, d’une approche critique (cf la French Theory). On pense aussi à un cavalier obtenant davantage de sa monture.Cela dit, il est fort probable que c’est au départ un petit cénacle qui aura concocté la langue française telle qu’elle est devenue et qui n’aura jamais été égalée en dépit de ses imitateurs et ce d’autant plus que son fonctionnement n’avait jusqu’alors jamais été pleinement explicité par ceux là mêmes qui la pratiquent..Tout se passe comme si la recette était restée à un niveau subconscient.

Nous voudrions revenir ici, tout spécialement, sur le cas de la lettre « e » en français en rappelant que les différentes langues recourant au même alphabet latin auront introduit des codes de prononciation qui leur sont propres, à l’écrit et/ou à l’oral..

Il nous semble que l’une des langues qui dans sa sonorité se rapproche le plus du français est une langue slave comme le serbe, langue dont nous avons fait la connaissance à 12 ans, en 1960, lors d’un séjour estival dans une famille de Belgrade, amie de ma mère. Le mot « serbe » (Српски )d’ailleurs est en soi tout un programme puisque l’on n’y trouve aucune voyelle en dehors du « e » et du suffixe final dont nous avons déjà signalé le statut particulier. Souvent le serbe écrit ne comporte pas de voyelles comme црн (tchern) pour „noir“ (que l’on retrouve dans Techernobil)

Nous avons, dans un précédent texte, signalé que le e français permettait de“lier“ les consonnes entre elles, était donc un agent majeur des “liaisons“ qui rendent le français si insaisissable, si difficile à capter. On ne se met pas assez à la place de l’étranger qui se retrouve face à des séquences quasiment impénétrables. Sur l’instant, nous pensons à un récent dialogue: quelqu’un demande „“est ce qu’il y a une sortie“ Réponse:: oui, il y en a“, la combinaison dûment enchainée du „y“ et du „en“ et le télescopage des mots est redoutable.

Mais abordons un autre casse tête du français avec le „e“ placé en fin de mot devant une consonne comme un z, un s un d, un f, un t ou un r. On remarque que ces consonnes disparaissent au niveau oral dans ce type de configuration..

On dira : « et je veux manger », donnez moi les clefs ?; voulez-vous danser ? Toutes ces formes s’entendent pareillement comme un « «é » et encore ne parlons-nous pas de la finale « ed » qui ne s’écrit plus que « é », sauf quand le mot a été emprunté par l’anglais où il s’écrit et se prononce « ed «  avec cette fois le « d » bel et bien rendu. Il y a certes des exceptions  pour « avec » bien que dans certains terroirs, l’on puisse entendre « avé ».

 

Autrement dit, tout se passe comme si la lettre « e » tantôt renforçait le lien consonantique, « jtldis » pour « je te le dis » tantôt, au contraire, occultait la consonne qui lui fait suite et dans ce cas, elle n’est plus un e muet mais un « é » donc une voyelle. On a bien tort d’ailleurs quand on épelle l’alphabet phonique du français de ne pas prononcer le « e » comme un « é » alors même que l’on dit « bé », cé, dé , «éf, gé, él, ém, én, pé, ér, és, té, vé etc. Certes, comme on s’en est expliqué ailleurs, avec la liaison, ces lettres ainsi masquées sont bel et bien restituées du moins devant un mot commençant par une voyelle : vous-z- avez-z- une voiture » »vous-z avez des-z- enfants » Si on interroge les locuteurs sur les raisons de cette occurrence et récurrence du son « é » à la fin tant de mots français, à l’oral, on risque d’entendre que c’est la consonne qui en est la cause oubliant que de nombreuses consonnes subissent le même sort. C’est donc bien le point commun, le « e » qui génére une telle similitude. Ce « e » qui s’entend « é » n’a nullement besoin d’un accent pour ce faire. L’accent, quand il existe, indique simplement qu’on aura supprimé une lettre, comme dans le cas du participe passé, où l’accent signale la perte du « d ».C’est donc encore une erreur des descriptions du français que de laisser entendre que l’accent sur le e donne le son « é », c’est la lettre elle même qui se prononce ainsi dans ces cas de figure, où le « e » précéde une consonne.

Dès lors, est-il possible de conclure que le e devant une consonne éteint le son de la consonne mais que le e après une consonne la connecte avec la consonne suivante ?. On oscillerait ainsi d’une hypo—consonnantisation à une hyper-consonnantisation !Pas de « juste milieu » mais des sonorités très contrastées.

Au niveau grammatical, on trouvera pour un même verbe : « j’veux chante(r) mon amour» et « jle chant(e)rai ».

On nous objectera peut être qu’il n’est pas toujours aisé de savoir si un « e » précéde ou suit une consonne. L’occultation de la consonne- ce qui produit du « é »- semble n’impacter que la position du « e » devant une consonne finale.Quand le « e » n’est pas dans cette position, il se prononce tout simplement « é »mais sans effet sur la consonne qui suit comme dans espace, Espagne, espadon, espèce , esprit. Pourtant, nous trouvons:études, étudiant à la place de estudes avec le « s » qui ne s’entend plus à l’oral et par vois de conséquence ne s’écrit même plus- ce qui montre que le probléme peut se poser aussi en début de mot par assimilation. Mais les emprunts au français attestent que le « s » ne disparaît pas nécessairement puisque l’anglais connaît « special », « spy », « student », « scale », stellar, « school », « State » « etc. dérivés du français.

 

Nous voudrions, pour terminer cette étude, traiter d’un cas assez remarquable : le mot « droit » en français comporte deux consonnes qui ne sont point séparées par un « e ». Or, dans d’autres langues latines, on a « derecho » (espagnol), « diritto » -italien qui montrent que le d et le r ont pu être séparés par une voyelle empechant leur liaison alors qu’en français cette liaison s’impose déjà à l’écrit. Cela vient confirmer que le processsus a du se mettre en place progressivement.L’anglais d’ailleurs, par mimétisme, traite le « o » comme un « e muet » : it is not devient it isn’t, I do not, I don’t, ce qui montre le succès de cette langue « feutrée » ennemie des sons trop piquants. Décidément, le français ne serait pas ce qu’il est sans son e muet et son « é ». En fait, le probléme tiendrait plutôt au son « eu »-souvent rendu par les étrangers- en « é » et qui ne devrait même pas s’entendre en français si ce n’est quand il est suivi d’un « u » qui semble devoir se prononcer comme un « you », comme le rappelle l’anglais qui rend « entrevue » par un interview, prononcer « viou » tout comme « peu » emprunté par l’anglais donne « few », à prononcer « fiou » ou « neuf » donnant new, à prononcer « niou ».(le w est un double « u » en anglais double « you »)

 

05 05 21

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jacques halbronn La démarche alchimique de la langue française. Didactuque du FLE

Posté par nofim le 4 mai 2021

La démarche alchimique de la langue française.Didactique du FLE.

par Jacques Halbronn

 

 

La langue française a beaucoup à nous enseigner, et ce bien plus que l’apprentissage d’autres langues, cela tient à ce qu l’on pourrait appeler son alchimie. Il nous aura fallu beaucoup de temps pour en prendre conscience, peut être précisément parce que c’est notre langue maternelle par rapport à laquelle on n’a probablement pas assez de recul, peut être aussi parce que l’on a tendance à croire que toutes les langues se ressemblent fondamentalement.

Pendant longtemps, nous nous sommes polarisés sur des questions d’ordre lexical.(cf nos mémoires de 1981, 1987, 1989 et 1995, à l’Université Lille III et à Paris V René Descartes et enfin à Paris VIII Saint Denis) et notamment sur l’emprunt linguistique, qu’il s’agisse de certaines contaminations grammaticales ou de calques. Il y a peu nous avons mis en ligne une étude de 200 pages environ (sur SCRIBD) sur la dialectique de l’écrit et de l’oral, ce qui est devenu le cœur de nos réflexions actuelles, en travaillant notamment sur la comparaison du fonctionnement des langues..

Certes, les petits Français apprennent-ils ce que c’est qu’une liaison tout comme on leur explique que les consonnes finales d’un mot ne se prononcent pas sous certaines conditions. Mais toutes ces directives restent assez empiriques. Mais le résultat est là : l’étranger se fait comprendre mais , en revanche, a du mal à comprendre le français à l’oral alors que l’écrit, la lecture (on ne parle pas ici de celle qui se pratique « à voix haute » mais simplement le fait de comprendre ce qu’on lit) ne posent guère de probléme particulier..D’une façon générale, il est vrai qu’il est plus facile de s’exprimer dans une langue avec les connaissances acquises et que l’on sait exploiter que de capter tout ce qui se dit et s’écrit dans la dite langue.

A notre connaissance, au regard en tout cas des langues que nous pratiquons dans quatre champs : sémitique, latin, germanique et slave, aucune langue n’accorde autant d’importance aux « liaisons » entre les lettres, tant d’un mot à l’autre qu’entre les lettres d’un même mot. Ces liaisons ne sont pas absolument indispensables mais elles signalent l’étranger par son manque de fluidité, par sa discontinuité et le pénalisent quant à son (in)aptitude à distinguer, à séparer les mots français entre eux, les uns des autres. En ce sens, stricto sensu, il n’est guère aisé de maitriser la langue française, de la parler « couramment » (fluently en anglais), comme un « francophone » averti. Le français serait constitué de phrases enchainées plutôt que de mots bien séparés et c’est pourquoi le français parlé par des étrangers entre eux est plus accessible si ce n’est que cela risque fort de ne plus être fidéle à l’esprit de cette langue. Plus que jamais, il convient ici de distinguer la lettre et l’esprit car la lettre, c’est l’écrit, l’orthographe et l’esprit serait le souffle de l’oralité. Aucune autre langue que nous connaissions ne prend autant de liberté par rapport à l’écrit et c’est bien ce qui déconcerte. C’est comme si un oiseau ne parvenait pas à s’envoler.. En français, il faut impérativement prendre de la distance par rapport à l’écrit. En fait, comme en hébreu, on doit partir de l’oral pour faire parler l’écrit plutôt que l’inverse. D’ailleurs il est rare qu’un francophone parle la même langue quand il s’exprime librement à l’oral et quand il lit un texte, quand bien même ne s’en rendrait-il pas compte. Cela tient au fait qu’il a mal appris à lire et la langue française ainsi anonacée devient quasiment méconnaissable. C’est notamment le cas avec des exercices scolaires comme la dictée et la récitation, qui focalisent sur les syllabes, qui donnent un français « hâché » à telle enseigne que ce type de français « facile » – non pas sur le plan lexical mais sur celui de la phrase- est réservé aux étrangers. En ce sens, l’anglais pourrait être qualifié de français facile car il ne pratique guère les liaisons, ce qui facilite sensiblement la reconnaissance des mots.

Que l’on songe à la gymnastique mentale exigée du locuteur francophone. C’est à peu près aussi épuisant que de lire une page d’hébreu sans indication des voyelles. Le drame c’est que nombreux sont ceux qui croient, de bonne foi, maîtriser parfaitement le français alors qu’ils en sont loin, surtout s’ils ne reconnaissent pas leur difficulté à comprendre le français plus qu’à le parler. Il est vrai que l’on peut se leurrer au regard de la compréhension : d’une part parce qu’on devine en partie ce que dit l’interlocuteur et de l’autre parce que l’on s’illusionne sur ce que l’on a vraiment compris de ce qui a été dit. Bien pis pour un francophone accompli écouter quelqu’un parler le français sans en respecter la rythmicité devient vite lassant, éprouvant !

D’où vient cette façon si particulière de traiter une langue comme cela se fait en français ? On peut parler d’une forme de coquetterie, de manièrisme qui aura fini par contaminer toute la société alors qu’au départ, ce se pratiquait au sein de groupes assez restreints ne voulant pas être compris par d’autres. D’ailleurs, bien des langues utilisent des mots étrangers pour freiner la compréhension de ce qui se dit par le premier venu, qu’il s’agisse de toutes ces langues qui ont beaucoup emprunté de mots au français. L’emprunt linguistique servirait surtout à entretenir une certaine opacité dans la langue emprunteuse aux dépends d’une parie de la population au sein d’une certaine société, du nord au sud, de la Mer du Nord à la Méditerranée, d’Ouest en Est de l’Atlantique à l’Oural.dans le cas du français,..

Parmi les régles à apprendre, il y a celle du « e muet » -en hébreu « sheva ». Le rôle de cette lettre qui n’est pas une lettre comme les autres, est notamment de permettre de connecter les consonnes entre elles, donc de « tuer » les syllabes, autant que faire se peut. On ne dira pas « tu ne veux pas » mais « tun’veux pas ». Certes, il y a souvent des apostrophes qui mâchent le travail mais le processus de liaison déborde très largement le cas des apostrophes. On dira « j’aime » parce qu’il y a apostrophe mais aussi « j’taime », alors que l’apostrophe s’est déplacé. En réalité, il faudrait mettre deux apostrophes ou aucune si l’on respectait le « e » muet. Au lieu de dire ; «  puisque je te le dis » il faudrait dire « puisq’ j’t ’l'dis » avec une suite de six consonnes : s- q- j- t-l-d. Ce qui ne change rien à l’écrit et c’est bien là le piège. En fait, le « e » n’a pas le statut de voyelle et il sert à connecter les consonnes alors que les voyelles proprement dites séparent au contraire les consonnes et ce faisant ralentissent le rythme et rapprochent le français des autres langues, donc le banalisent.

On pense à une forme comme «  je veux de l’eau » prononcée j’veud’l'eau ». Le non initié est carrément « noyé » et il vaut mieux lui dire « eau » en une sorte de « petit nègre », de style télégraphique.Là se situe tout le charme de la langue française dont on parle si peu d’autant que, paradoxalement, cette façon de parler a pu passer pour « vulgaire », les gens préférant le mode scolaire où tout est épelé. Grave malentendu ! Le français est une langue qui a appris à se décanter, à ne pas tout « dire », à ,ne pas tout mettre sur le même plan..,

En fait, cette pratique ne se conçoit que pour une société qui connaît l’écrit et ne convient pas pour des analphabètes et c’est pourquoi nous pensons qu’il a du s’agir au départ d’un langage de cour, de lettrés, et comme il est courant cette pratique se sera démocratisée.

Mais nous avons également évoqué le cas de consonnes ne se prononçant pas en fin de mots, ce qui est tout aussi déconcertant pour un étranger. En fait, cette non prononciation est une exception qui ne se produit que lorsque le mot qui suit est une consonne. Il est petit mais c’est « mon petit ami ». Dans un cas, le t final ne s’entend pas, dans l’autre, la liaison impose sa prononciation. Même l’infinitif de la première conjugaison où le « r » ne se prononce pas comme dans manger, sera marqué par le futur qui donnera : il mangera. En fait, le mot français ne saurait s’isoler, il doit être relié au groupe auquel il appartient. En ce sens, le français exige une pratique de l’étymologie, de la dérivation et bien entendu de la conjugaison, de la formation des substantifs sans parler du genre : Gentil, gentille : dans un cas -au masculin – on n’entend pas le « l » dans l’autre -au féminin – on l’entend. Mais l’important,c’est qu’à l’écrit, tout se voit, que cela se prononce ou non.Autrement dit, quand un Français parle,il a en tête , à l’arrière plan, l’écrit qu’il visualise en quelque sorte..

Ce qui vient compliquer les choses tient au fait qu’il arrive que l’oral contamine l’écrit. C’est ainsi la première conjugaison du français, l’on aura cru bon de remplacer la forme « ed » du passé au masculin par un « é », ce qui correspond en effet à la pratique de la prononciation. Mais que se passe-t-il alors avec le féminin ? Convient-il comme cela se fait d’ajourer un « e » au « é » ? D’ailleurs, le probléme ne se pose pas pour d’autres conjugaison où l’on trouve écrit et écrite. Les Anglais ont d’ailleurs conservé le participe en « ed » car ils ont emprunté au français avant qu’une telle façon de faire ne se soit imposée. Il serait bon de ne pas mélanger oral et écrit, de ne pas aligner l’oral sur l’écrit ni l’écrit sur l’oral, ce qui éviterait les fautes d’orthographe et de prononciation, ce qui fait du tort à la langue française. Est-ce là le charme du français que cette sophistication  qui explique sa présence au sein de tant de langues ? On peut penser que le français est la langue des élites et que le français a probablement pratiqué avant les autres la dialectique de l’écrit et de l’oral, laquelle était autrefois un luxe. Quelque part, il y a une façon quasi subconsciente de parler le français, une sorte de non -dit qui peut confiner à une forme de schizophrénie comme si le francophone de souche vivait sur deux plans paralléles.

 

JHB

02 05 21

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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jacques Halbronn Critique de la posture apologétique

Posté par nofim le 1 mai 2021

 

 

 

 

Critique de la posture apologétique

par Jacques Halbronn

 

Beaucoup parmi nous ne vise finalement qu’à laisser les choses en l’état. Ils sont ancrés dans une posture apologétique à la façon de gardiens d’un site visant à protéger ses occupants. On veille au grain. Le chercheur n’aurait alors d’autre raison d’être que de maintenir une certaine zone de confort chez les membres d’une communauté. On entend parfois des propos impliquant que le théoricien serait là pour s’occuper de la « com » des praticiens, pour donner une bonne image, présentable, du groupe et des activités qui lui sont propres. En fait, le chercheur ne serait pas là pour remettre en question les habitudes du groupe et d’ailleurs, cela lui risquerait de lui conférer un pouvoir qui ne serait pas de mise en ce qu’il serait le vecteur incontournable du progrès.

Pour notre part, ce type de chercheur serait rassurant de par ses limitations mêmes, voire inoffensif du fait de son impuissance..Ses insuffisances tiendraient selon nous, à un certain manque de confiance en sa capacité à pousser un raisonnement jusqu’à son terme, en son intelligence. Ce personnage ne pourrait pas agir sans filer et au fond il irait de soi que ses conclusions devraient nécessairement aboutir au maintien du statu quo à l’instar d’un éléve qui s’attaquerait à un exercice dont on lui aurait donné par avance la solution.

Dans le domaine des sciences humaines, c’est bien là l’obstacle épistémologique par excellence avec une montagne qui accouche d’une souris. Tout ça pour ça ! On s’aperçoit que des constructions ingénieuses ne sont que des artifices pour que tout reste en l’état. Et d’ailleurs, on ne s’y trompe pas car tout va continuer comme avant. On change certaines formulations pour que rien ne change. Tout cela ne serait que coquetterie, que maniérisme. Et en fait, ce type de chercheur/se sert surtout à résister, à répliquer à une approche critique tant et si bien qu’il se donne comme un défenseur de l’ordre établi . RAS. On est dans la logique du vaccin qui immunise au prix de quelque injonction bénigne. En fait, ce chercheur de pacotille se substituerait au vrai chercheur et ce serait même là son rôle.

Nous avons bien entendu en tête divers cas. Par exemple, en linguistique, l’on peut décrire une langue mais surtout pas en signaler les incohérences, proposer sa réforme. L’idée c’est de montrer que tout est en bonne voie, qu’il n’y a vraiment pas lieu de s’inquiéter  . Faute de quoi, on se lancerait dans une aventure, sous la conduite de quelque apprenti sorcier. On pense à un homme impuissant dont on ne risquerait pas qu’il accouche ou fasse accoucher d’ une progéniture non désirée. Il est bon qu’il ne crée pas d’embarras, qu’il ne dévalorise pas les pratiques en vigueur, les acquis culturels, car la nouveauté favorise les nouveaux venus et leur intégration.

Pourtant, il y a des périodes où une société aurait besoin de se renouveler, de changer les régles du jeu, les repères, de se ressourcer en alternance avec d’autres périodes durant lesquelles il faut renouer avec une mémoire enfouie, c’est le retour du refoulé. Car quelque part, quand les choses ne sont pas au point, quand la situation est fausse, qu’il y a de l’incohérence, cela se ressent..

Nous voyons dans bien des cas une difficulté à suivre une démonstration de bout en bout, comme si l’on n’était pas en mesure de tirer des conclusions. Il y a de la frilosité. Comme nous le disions plus haut, tout se passe comme s’il y avait un seuil à ne pas franchir. Il faut rester dans les clous, ne pas dépasser les bornes.

Or, selon nous, toute forme de restructuration se révéle comme une ouverture vers d’autres disciplines qui jusque là ne semblaient guère compatibles. D’où un repositionnement. Ce qu’on perd d’un côté, on le gagne de l’autre et ce qu’on gagnait d’un côté, on le perdait de l’autre..

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JHB

01 05 21

 

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Jacques Halbronn La Dialectique de l’écrit et de l’oral en français

Posté par nofim le 29 avril 2021

Description

C’est le cinquième mémoire d’une série articulée sur les rapports du français et de l’anglais qui apparait comme une forme de français profane en raison de la complexité de la relation écrit/oral en français.

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Publié dans LINGUISTIQUE | Pas de Commentaire »

jacques halbronn Vers une plus grande exigence de conscience linguistique

Posté par nofim le 27 avril 2021

 

Vers une plus grande exigence de conscience linguistique

par Jacques Halbronn

 

Le développement de la linguistique au cours notamment du siècle dernier aura t il entrainé un meilleur niveau de conscience linguistique ?. Il ne le semble guère et c’est particulièrement patent pour ce qui est des locuteurs francophones, en raison de la complexité même du rapport écrit/oral en français. Et d’ailleurs, c’est l’enseignement du français et plus spécialement du FLE (français langue étrangère) qui s’avère déficient avec toute une série de conséquences, l’existence d’un fossé, d’une fracture au sein du monde francophone, au sens large du terme, ce qui peut englober l’anglais, langue si largement francisée plus encore que latinisée, comme d’aucuns veulent nous le faire accroire.

Nous prendrons l’exemple de la suffixation comme test dans le domaine de la conscience, du narratif linguistique de la part des usagers. On abordera la question des substantifs. Si l’on demande à un locuteur lambda où passe la frontière entre la racine et le suffixe qui lui est apposé, il faut s’attendre à des analyses erronées dans nombre de cas.

Prenons le substantif : adoration. Question, où commence la suffixation. ? Posons le problème sur une série de mots se terminant en « ation », ce qui peut occasionner une sorte de statistiques de la part du dit locuteur lambda. Il faut s’attendre à ce que celui-ci déclare que le suffixe est « ation » alors qu’il ne s’agit là d’un mode de désignation de la dite série. La bonne réponse n’est pas « ation » mais « ion ». Il faut découper adoration en adorat et en ion et non en adora et en « tion » ou en ador et en ‘ation ».A contrario prenons le substantif perfection, là la réponse sera probablment « ion » parce que l’on connait l’adjectif « parfait » se terminant par un « t ». Les anglophones ont d’ailleurs la forme « perfect » et donc le ion ici est le suffixe et certainement pas le tion !

Essayons donc de comprendre les causes, la genése d’une telle confusion dans certaines conjugaisons verbales du français. Les Anglais nous mettent sur la voie : ils ont le participe de leurs verbes « réguliers », en grande partie d’origine français marqué par le suffixe « ed » : comme dans « wanted », ce qui vient de l’ancien français, la forme en « é » du français moderne étant une phonétisation de l’écrit, car la consonne finale en « ed » s’entendait «é » comme dans bien des cas, non seulement avec « ed », mais avec «  er » – pour l’infinitif sans parle du pluriels des articles indéfinis et définis : des et les.Autres exemples en ez avec la conjugaison à la deuxème personne du pluriel et l’impératif : mangez. On a là un exemple de l’alignement de l’oral sur l’écrit, qui indique une perte de conscience linguistique du processus de prononciation du mot écrit en français.

On aura compris, probablement, que l’on devait écrire : adoret et non adoré, ce qui explique, du coup, la forme adoration et l’on voit bien alors qu’il faut couper après et non avant le t: adorat-ion comme format-ion sur le modèle d’exception, de perception.Même nation doit se découper en nat-ion (de naitre), net ayant été remplacé par « né »

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D’une façon générale, aucun participe devrait se terminer par une voyelle. Le cas de « fini «  donnera « finit-ion », »finit-ude »Dans les autres langues latines, la consonne finale est certes accompagnée d’un marqueur de genre : finita et l’on voit bien que la forme française « fini/ finie » n’est guère acceptable.Il faudrait rétablir le « t », ce qui donnerait « finit » comme pour « écrit », « traduit » etc, d’où le féminin écrite, traduite, ce qui devrait donnér « finite ». Puisque la mode est actuellement à l’inclusif, il serait urgent de rétablir un système cohérent. Un ami et une amie devrait passer un « amic » et une « amique », le « c » étant d’ailleurs attesté dans « amical ».(espagnol : amigo) Quant à député, il faudrait l’écrire députed (prononcer « député ») ce qui donne au féminin la prononciation du d final comme dans grand et grande, fort et forte. On notera que l’adverbe en français se construit à partir du féminin : forte-ment, avec le suffise « ment » et non à partir du masculin : actif et activement. Etc ; Avant donc de se lancer dans un processus ‘inclusif permettant de distinguer le masculin et le féminin au niveau des professions, encore faudrait il maitriser les principes sous jacents du français. Dans le cas déjà ancien d’avocat et avocate, l’on observe la non prononciation du « t » au masculin mais sa prononciation au féminin, ce qui n’entraine pas pour autant la disparition du « t » masculin à l’écrit et c’est cette disparition qu’il convient absolument d’éviter sans que cela change au bout du compte la prononciation. Comme on l’a vu, si l’on supprime la consonne finale, l’on ne peut plus former correctement le féminin et l’on se contente alors d’une cote mal taillée avec l’ajout d’un « e » : ami/amie. L’on rencontre un probléme avec « tous » et toutes alors que l’on devrait avoir « touts » et « toutes » sinon l’on ne comprend pas l’émergence de « toutes » au féminin à partir de « tous » (cf totalité, totalement). En fait, le mot français doit être appréhendé de façon séquentielle, interdépendante, au sein de l’ensemble auquel il appartient et non isolément à la différence d’autres langues où le mot peut être isolé. C’est là un des impératifs de la conscience linguistique telle que nous l’entendons.

 

JHB

 

 

 

 

 

 

 

27 04 21

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jacques Halbronn Défense et illustration de la langue française comme langue connective

Posté par nofim le 23 avril 2021

 

Défense et illustration de langue française, comme langue connective.

 

Il n’est pas facile de communiquer oralement en français quand on n’a pas été formé. Une chose est de parler cette langue, une autre de la comprendre lors d’un échange verbal.Cela tient au caractère consonantique de cette langue qui notamment n’abuse pas du « o » et du « a » comme marqueur de genre, à la différence de tant de langues comme l’italien, (bello/bella) l’espagnol, le russe ou l’arabe et l’hébreu. En ce sens, le français se rapprocherait plutôt de l’allemand.(klein/kleine)

Une tradition orale – car rien n’est explicité expressément – veut que l’on pratique systématiquement les liaisons entre les mots mais aussi à l’intérieur des mots. (inter et intravocalique)

Cette façon de procéder donne une extréme fluidité au français qui peut évidemment déconcerter l’auditeur non préparé, non « dressé » et malheureusement, l’enseignement du français langue étrangère est fort défectueux à ce suje et ne prépare pas l’étranger ou le novice à se plonger dans le « grand bain » de la conversation à la française.

Ajourons que le français, par voie de conséquence, ne se préte pas à la poésie classique avec sa métrique, ses pieds..La syllabe, voilà l’ennemi, cela crée une langue hâchée. Or, le maître mot pour maitiser le français, c’est la liaison et en ce sens nous dirons que le français est une langue connective.

Parmi, les locuteurs du français il y a ceux qui savent connecter et ceux qui en sont plus ou moins incapables, à la fois quand il s’agit de la parler mais pis encore quand il s’agit de la comprendre, de la décrypter chez autrui. Cela pourrait expliquer le succés de l’anglais qui distingue bien les mots et les syllabes, ce qui donne du confort. Echanger en français serait sortir de sa zone de confort, si l’on n’est pas un athléte confirmé de cette langue. En ce sens, le français parlé, celui des salons, serait par excellence la langue de l’élite. Mais que l’on ne s’attende pas à ce que les francophones aient pleine conscience, se rendent compte d’un tel phénoméne  d’autant que l’école leur tient un autre discours, notamment quand il s’agit de faire des dictées ou de la récitation. D’ailleurs nous avons pu faire remarquer que celui qui lit un texte en français ne parle pas la même langue, en quelque sorte, que celui qui la parle spontanément, instinctivement.

L’hébreu semble avoir été une langue consonantique, la preuve étant que l’on n’écrit pas les voyelles sauf quand on a affaire à des profanes qui liront sans la comprendre, comme c’est le cas, le plus souvent, à la synagogue, sauf en Israël où l’hébreu est une langue vivante. Cela dit, à la différence du français l’hébreu parlé ne pratique par la liaison entre les mots et à l’intérieur des mots, ce qui exige de recourir à aussi peu de voyelles que possible, Or, force est de constater que si certaines conjugaisons des verbes se terminent par des consonnes, d’autres se terminent par des voyelles Ani omer, je dis, Ani rotsé : je veux. Passage d’une racine trilitère à une racine bilitère. Or, seule la forme trilitère permet à la consonantisation de se déployer et générer de la connexion, de la liaison.

L’anglais aura parfois imité le français quand il place des apostrophes pou r remplacer le « not » : isn’it ? I don’t..De même, quand son article indéfini se rend par « a » ou par « an » selon qu’il précède ou non une consonne. A man, An accident. Mais le pronom personnal de la première personne « I » se prononce ‘Aye » au lieu du français « j » soit une consonne. J’veux, ce qui introduit le son « a » que l’on évite en français. D’ailleurs à propos de l’article indéfini en anglais, « a » se prononce «  e », ce qui est nettement plus discret, plus léger, on l’avouera..

Autrement dit, le français écrit serait sensiblement plus accessible que le français oral. On comprend qu’en France, les étrangers préféreront échanger dans une autre langue que le français ou parler le français entre eux, à un rythme moins astreignant et plus proche de celui de leur langue d’origine. Tout comme en Israel, les nouveaux arrivants rechigneront à lire des publications imprimées en caractères hébraïques. Mais somme toute le français aura su maintenir sa spécificité à l’oral mieux que l’hébreu, ce qui n’est pas étonnant au regard de l’Histoire. Déjà du temps de Jésus, l’hébreu était, semble-t-il, tombé en désuétude et nous avons déjà signalé de graves incohérences comme dans le cas de la conjugaison du prétérit de la deuxiéme et troisième personne du singulier avec un « a » inadéquat comme marqueur du masculin  que l’on trouve déjà avec le « Ata » des prières adressées à Dieu. Baroukh Ata au lieu de At.. Rappelons que la voyelle géne la connexion entre les consonnes, et que le « sheva » est comme un «  e muet » qui favorise singulièrement la dite connexion..Rappelons que le tétragramme qui serait le nom de Dieu ne doit pas être prononcé. Mais surtout il ne tolère pas les voyelles, à commencer par le « o » et le « a » d’un Jéhovah. Il semble que l’arabe ait mieux su préserver sa fluidité consonantique en recourant fréquemment au « e » , qui ne serait un son d’un troisième type -interconsonantique- assimilable ni à une voyelle, ni à une consonne mais produisant un son ténu entre consonnes qui ne vient en aucune façon casser le rythme, rompre, perturber la fluidité.

Dans la Bible, il est question d’un récit, lié à la prononciation de

Schibboleth (Art ; Wikipedia)

 

Livre des Juges 12:4-6.

« Dans cet épisode, les Guiléadites utilisent ce terme pour distinguer leurs ennemis éphraïmites parmi les fuyards. Les Éphraïmites se trompant sur la façon de prononcer la lettre shin, ils écorchaient là le dernier mot de leur vie . Lorsque Jephté, chef des hommes de Galaad, eut défait les Éphraïmites et pris les gués du Jourdain, de nombreux fugitifs voulurent traverser le fleuve. « Quand un fuyard d’Éphraïm disait : « Laissez-moi passer », les gens de Galaad demandaient : « Es-tu éphraïmite ? » S’il répondait « Non », alors ils lui disaient : « Eh bien, dis « schibboleth » ! » Il disait « sibboleth », car il n’arrivait pas à prononcer ainsi. Alors on le saisissait et on l’égorgeait près des gués du Jourdain. » C ‘esr dire que la façon de parler le français peut signaler si l’on a affaire ou non à un étranger car la faculté de connexion, de liaison ne s’acquiert pas aisément. L’article précise  que Shibboleth , en hébreu désigne «  une phrase ou un mot qui ne peut être utilisé – ou prononcé – correctement que par les membres d’un groupe. Il révèle l’appartenance d’une personne à un groupe national, social, professionnel ou autre. Autrement dit, un schibboleth représente un signe de reconnaissance verbal » C’est dire que la connaissance d’une langue ne se limite pas à l ’acquisition d’un lexique, d’une grammaire mais passe aussi par une dimension phonologique.

Un autre aspect connectif de la langue française tient au fait que le français comporte des chaînes de mots plutôt que des mots isolés – on a soin et soigner, jouer et enjeu etc -et qu’il est bon d’en maîtriser les étymologies alors que dans d’autres langues, du fait des emprunts, bien des mots -comme en anglais, sont isolés, ce qui produit de la synonymie.(cf Claude Jonquière « L’orthographe d’usage rendue facile » 1957, sur SCRIBD

 

 

 

 

 

23. 04 21

 

 

 

 

 

 

 

 

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