Linguistique le statut du verbe français dans les langues germaniques

Posté par nofim le 10 février 2015

Le traitement du verbe français dans les langues d’origine germanique

par  Jacques  Halbronn

 

L »erreur est créatrice (cf notre Eloge de l’erreur, in Collectif,   Ed Lierre et Coudrier 1990).. Elle génére un double décalage tant envers la langue emprunteuse qu’envers la langue préteuse.  C’est le cas du statut du verbe français dans les langues germaniques.

On trouve ainsi en allemand des verbes en « ieren » et en anglais des verbes en « ate » que l’on peut qualifier de barbarismes.

 

I  Les verbes allemands en ieren

Il faut en fait passer par le futur du français qui se construit à partir de l’infinitif. Il est peut probable que l’emprunteur

allemand se soit inspiré de l’infinitif français dont la finale est muette dans bien des cas, notamment  pour ce qui est des verbes en « er ». Nous préférons penser à un emprunt à l’oral qu’à l’écrit.

Voilà pourquoi nous pensons que l’allemand a cru que le verbe français comporter le module « er » sur le modéle du futur français.

On ajoutera que les infinitif en « ir »  se rapprochent de la forme « ieren » de l’infinitif allemand des verbes empruntés au français

(type marchieren).

 

II  Les verbes anglais en  ate.

On connait toute une série de verbes français en anglais  dotés d’une finale « ate » inconnue en français .

Nous pensons que cela s’explique par  les mots français se terminon par « tion » et plus spécialement par « ation » comme dans

séparation qui a donné separate  forme inconnue en français.

Il est probable que le locuteur allemand ait pris la forme « ion » comme un suffixe marquant la première personne du pluriel en « ons ».

Il aura donc pris le substantif pour la conjugaison d’un verbe en « ate ».

Mais dans le  cas de  substantifs en « ion » et non en « ation »,  l’anglais va produire des verbes  comme act (à partir d’action), ce qui correspond au français agir. Dans ce cas le « t » fait partie intégrante du radical verbal et n’est pas partie du suffixe.

III Les verbes anglais en  « ish »

Il faut ici remonter au participe présent du français lequel dans certains cas intercale une forme  en « iss » périr,/périssant. finir./finissant  évanouir/évanouissant punish//Punissant  Blémir./blémissant. On obtient ainsi  l’anglais perish, punish,   finish,  vanish. blemish.  Mais on a aussi des cas où le « ish « est attesté par généralisation comme dans publish alors que l’on n’a pas ici la forme en « ition » en français.

 

IV Le suffixe anglais en « ed »

Le participe français en « ed » (ancien français, qui a par la suite été remplacé par  « é ») est devenu en anglais le prétérit outre qu’il était le

participe : change/changed/changed. Cela tient au fait qu’oralement, le participe français en « é » s’entend comme l’imparfait en « ais/ait »/

 

V  La forme unique du verbe en anglais

On aura compris que l’emprunt  a souvent éte de type « oral » et non écrit.  Quand on entend la conjugaison du verbe français en er, on a

en effet l’impression d’une permanence vu notamment que le verbe s’entend pareillement à la troisiéme personne du singulier et du pluiriel des verbes en er.  Il chante/ Ils chante. Au féminin, le verbe se maintient à l’identique. Idem oralement pour la deuxiéme personne du singuluer -(tu chantes).

Mais ce qui est particulièrement remarquable ici tient au fait  que c »est l’ensemble des verbes anglais, toutes catégories confondues, qui sont affectés par un tel phénoméne et pas seulement ceux qui sont issus du français. On notera d’ailleurs que la forme en « ed »

est également adoptée pour des verbes  germaniques comme « wanted » à moins que ce verbe n’ ait été considéré comme d’origine romane/française.

On notera que le verbe en ieren, en allemand, au participe ne comporte pas le préfixe  « ge » qui est la marque du participe du verbe

proprement allemand. A contrario,  en néerlandais, la forme en « ge » est de rigueur pour les participes français adoptés dans cette langue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

10. 02. 15

Publié dans LINGUISTIQUE | Pas de Commentaire »

Le paralléle Eve/Marie au regard de leur grossesse

Posté par nofim le 6 février 2015

La question du couple et de l’accouplement dans le

Livre de la Genése.

par Jacques  Halbronn

 

Dans l’Evangile de Luc, il est narré l’annonce à  Marie qui

 

évoque celle  faite à Sarah, épouse d’Abraham mais bien

plus encore la grossesse d’Eve. (cf   Alberto Manguel. Une

histoire de la lecture,  Paris, Actes Sud 1998)

Le chapitre IV de la Genése commence ainsi:

« Or l’homme  s’était uni à Eve sa femme. Elle conçut et

enfanta Caïn en disant  » J’ai fait naitre un homme,

conjointement avec l’Eternel (« Qaniti Ish Et  Yahvé ».)

Elle enfanta ensuite son frère Abel »  qui sera tué par son

ainé. » On note que les consonnes formant le nom de Caïn en

hébreu sont Quf Noun qui sont les mêmes que celle du

verbe utilisé Qaniti et rendu par « fait naitre » (version du

Rabbinat (Ed Colbo). Caïn serait donc lié à l’idée de naissance.

Ne serait-ce pas proche de ce qui arriva à Marie, épouse de

Joseph?

On trouve sur le site bibliques.com  le commentaire suivant:

Un enfant avec Dieu

« Or, l’homme s’était uni à Ève, sa femme.

Elle conçut et enfanta Caïn, en disant :

 » J’ai fait naître un homme, conjointement avec l’Éternel !  » »

(Genèse 4.1 ~ Traduction du rabbinat)

La nudité originelle ...

Le nom de Caïn, ou  » Qayin «  en hébreu, signifie  » parce que j’ai acquis « .

 » J’ai acquis «  (qanithi en hébreu) peut aussi se traduire par  » j’ai fait naître «  ou  » j’ai procréé « .

Le paralléle  Eve/Marie au regard de leur grossesse dans LINGUISTIQUE banniere01

Le texte hébreu mot à mot fait peser une ambigüité du fait de sa sobriété :

« J’ai acquis un homme avec YHVH ».

La traduction du rabbinat introduit l’adverbe  » conjointement «  ce qui laisse supposer que la femme fit un enfant  » avec «  Dieu.

Pour nuancer cette approche, la traduction Segond préfère : « J’ai formé un homme avec l’aide de l’Eternel ».

Que faut-il en penser ?

banniere01 dans prophétisme

Le Dieu de la Bible ne nous a pas habitués à descendre sur terre pour s’accoupler avec des femmes.

Il diffère sur ce point fondamentalement des divinités de différentes mythologies qui se livrent à ce type de  » croisements « .

Héraclès, notamment, était un  » demi-dieu « , fils de Zeus et d’une mortelle nommée Alcmène.

Cette croyance, voire cette espérance que la femme puisse enfanter un enfant avec une divinité, n’est pas neutre.

Elle donne à l’enfant-dieu une toute autre dimension que n’importe quel fils d’homme.

Avoir un enfant exceptionnel, n’est-ce-pas le rêve de nombreux parents ?

banniere01 dans RELIGION

Il semble bien que la première femme, Eve, soit à l’origine de cette fabuleuse espérance.

Certes, le Dieu de la Bible n’a nullement procréé avec Eve.

Mais cela n’empêche pas la femme de le croire ou de le laisser croire.

Il peut être intéressant d’envisager un parallèle entre Eve et Marie avec la conception virginale de l’enfant Jésus.

Mais la suite des évènements nous écarte de cette hypothèse d’une préfiguration : la vie de Jésus est bien différente de celle de Caïn.

De plus, Marie reçut la visite d’un ange venu lui annoncer cette conception par l’Esprit Saint. Il n’y a rien de tel pour Eve.

Enfin, Eve semble se vanter d’avoir conçu un enfant avec Dieu tandis que Marie, loin de toute vantardise, est remplie d’humilité :

« Je suis la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole ! » (Luc 1.38)

Certes, le personnage de Caîn semble singulièrement

différer de celui de Jésus mais les plagiats  conservent la

forme et pas nécessairement le fonds, le signifant et pas

toujours le signifié.

Un autre rapprochement déjà signalé concerne le sacrifice

d’Isaac (Ismaël dans certaines lectures islamiques)  par son père et de Jésus fils de Dieu et son « Lama

sabachtani? » -(pourquoi m’as tu abandonné?) Cette fois, Isaac est épargné et pas Jésus.

Et si Jésus  était un mélange de Cain et de Abel? Dans ce

cas Cain serait Israël le « maudit », le premier né rejeté pour avoir

tué son frère puiné.-Il faudrait se demander en outre

si le serpent n’est pas celui qui féconde celle qui prendra

le nom d’Eve (Hava), celle qui donne vie.(Haïm)

 

Rappelons le récit  de  Luc (chapitre I):

 

 » 1:30 L’ange lui dit: Ne crains point, Marie; car tu as trouvé grâce devant Dieu.
Annonciation1:31 Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus.
1:32 Il sera grand et sera appelé Fils du Très Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père.
1:33 Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin.
1:34 Marie dit à l’ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme?
1:35 L’ange lui répondit: Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu.
1:36 Voici, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois.
1:37 Car rien n’est impossible à Dieu.
1:38 Marie dit: Je suis la servante du Seigneur; qu’il me soit fait selon ta parole! Et l’ange la quitta.

Même Marie, par la  suite sera dite  née  dans une

« immaculée conception » On peut  voir un lien entre

Eve, porteuse de la vie -dont le « travail » est souffrance

et Marie, la (Sainte) Vierge,  à rapprocher de Mater.

On dit que l’homme fut crée à l’image de Dieu, mâle et

femelle (Genése I) .Or, si Dieu fait un enfant avec une femme,

il  devient à l’image de l’Homme

Revenons un instant sur le chapitre II  de la Genése et

cette problématique ish/isha/   Au verset 22, il est dit

que Dieu fit d’une cote d’Adam une « isha ». La traduction

du rabbinat rend justement :  » organisa en une femme »"/

On notera l’article indéfini.  il faudrait -mieux encore-

rendre « isha » par une femelle (en anglais female)/Le

verset suivant (23)  éclipse souvent le précédent :

« celle-ci sera nommée isha parce qu’elle  a  été prise de ish. »

C’est là une interpolation – probablement un commentaire

qui a fini par s’inscrire dans le texte même- et nous

conseillons de relier le verset II  22  au verset II 24:

« c’est pourquoi l’homme (…) s’unit à sa femme et ils

deviennent une seule chair » (après la séparation, la réunion)

Là encore on lit « sa femme » (Ishto), lui même étant en

quelque sorte son « mari » (Ish). Le mot femme ici en

français désigne bel et bien l’épouse et non une femme

quelconque. (double sens du mot femme en français)

D’ailleurs la traduction du rabbinat rend bien « ton épouse » (Ishtekha

III,  17)

On verra plus loin au chapitre suivant (III, 7) la forme « isha »

désignant non pas la femme mais « son » homme, donc son

mari, la finale « a » ici étant un possessif (ish shéla)

« en donna à son époux » (isha).

Il est donc clair si l’on fait abstraction de l’interpolation

II, 23 que les formes  ish et isha désignent un couple et

l’épouse d’Adam n’est pas nommée autrement qu’en

sa qualité de conjointe et Adam quand il est désigné

comme « ish » l’est en sa qualité de conjoint. Ce n’est

qu’ensuite au début du chapitre IV qu’elle reçoit le nom

d’Eve, alors que le couple a été jugé solidairement coupable

d’avoir enfreint la loi..

Revenons sur II, 23 qui a tant  polarisé les esprits  (cf la

critique biblique) : ici la traduction du Rabbinat  se contente de restituer les termes

hébraïques  sans les traduire – alors que ces formes

avaient été traduites au verset précédent – comme si Ish était la

catégorie à laquelle appartenait Adam qui serait un Ish

et dont  la Isha serait issue, comme étant grammaticalement

le féminin de Ish. On pourrait dire, dans ce registre

grammatical, que la forme « Isha » a été littéralement

extraite de Ish, comme le genre  grammatical féminin

-en hébreu mais aussi en français et en latin ( pulcher donne

pulchra) (mais non dans les autres langues latines ni en

anglais)- dérive et prolonge  le genre masculin (petit/petite)..

Autrement dit,  cette description  de l’extraction de

Isha à partir de Ish pourrait n’avoir été qu’une parabole

grammaticale mais il reste que l’épouse, par analogie,

n’existe que par son époux.

 

 

JHB

01 03  15

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La dialectique noms/adjectifs, verbes/adverbes

Posté par nofim le 4 février 2015

Les adjectifs et les  adverbes comme signifiés des signifiants

noms et verbes

par  Jacques Halbronn

 

Dans de précédents textes, nous avons montré la

nécessité de revoir ce qu’on entendait par signifiant et

signifié (Saussure). Nous mettrons en avant ici deux

dialectiques celle des noms et des adjectifs et celle

des verbes et  des adverbes. Selon nous, et leurs appellations

le confirment, les adjectifs et les adverbes jouent un rôle de

complément, d’adjonction, d’ajout .Or tel est bien semble-t-

il le rôle imparti à ces deux catégories.

Nous avons mis en place des « ateliers » -sous le titre de

« Autour d’un mot » – qui se tiennent tous les jeudis, 8 rue de

la Providence  75013 Paris de 19h30 à 21h 30. Il s’agit

de prendre un mot (en fait un nom  commun ou  un verbe)

et d’en énoncer les diverses acceptions puis de se servir

des adjectifs et des adverbes  pour distinguer entre les

dites acceptions.

Il est clair en effet qu’un nom qui ne serait point accompagné

d’un adjectif qui ne le serait point d’un adverbe, serait sources de c

confusion.  Le fait par exemple d’ajouter à un verbe

« bien » ou « mal »- pour les adverbes -

suffit à en inverser radicalement le sens

de même que « bon  » ou « mauvais » pour les adjectifs.

On sait ainsi que le mot philosophie doit être accompagné

d’un adjectif, d’un épithète, comme existentialiste etc.

tout comme le mot psychologie pour distinguer les écoles

entre elles.

Nous dirons qu’un verbe sans adverbe mais aussi sans

complément  (‘l’adverbe en étant un) est par trop  vague

et ne fait pas vraiment « sens », on ne sait pas où il va.

Le nom ou le verbe sont des contenants que l’on peut

remplir avec des contenus, à commencer par ces

« compléments »  en nombre relativement restreint.

Il y a bien plus de verbes que d’adverbes sur le plan

qualitatif mais ces adverbes sont fortement récurrents

quantitativement. Idem dans le rapport des noms aux

adjectifs.

Sur un autre plan, si l’on qualifie le signifiant de masculin

et le signifié de féminin, on dira que le nombre de

signifiants originaux dépasse très largement le nombre de

signifiés distincts.

Si l’on se situe  dans la diachronie,  nous dirons que

les signifiés prolongent et complétent les signifiants tout

comme les fleurs  emplissent tour à  tour un même vase.

Le signifiant est le sujet et le signifié est le complément

qui vient préciser le sujet. Dans certaines langues le

complément précéde le sujet, c’est à dire le verbe, sachant

que le verbe se conjugue et est lui-même accompagné de

« pronoms » souvent agglutinés au verbe en position de

préfixe ou de suffixe.

On aura compris que le signifié joue le rôle de

« définissant »  pour le signifiant, en ce qu’il le circonscrit.

Le participe présent  est ici inversé. C’est le signifiant qui

est défini et le signifié qui est définissant.

 

JHB.

03 02 15

 

 

 

 

o

 

 

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La femme et la disjonction du signal

Posté par nofim le 30 janvier 2015

 

Astrologie: du signal à son absence. En hommage à Jean Carteret

par Jacques  Halbronn

 

Jean Carteret nous parlait  il y  40  ans  et plus de la présence de l’absence ou de la présence de l’absence. Nous avons repris l’idée de cet astrologue inspiré en introduisant la notion de disjonction qui est en analogie avec l’aspect d’opposition (180°) ce qui équivaut dans le cycle de 7 ans (28/4) à 45° (180/4).

Si la conjonction est le signal par excellence au sens de  Pavlov : quand deux facteurs se rejoignent, se recouvrent on dira que le semi-carré

ou quart d’opposition est un anti-signal, qui se produit si l’on peut dire quand deux facteurs sont aussi éloignés qu’il ‘ est possible l’un que l’autre.

Pour nous l’astrologie oscille entre ces deux temps forts que sont la conjonction et l’opposition et dans le cycle de 7 ans, 3 ans 1/2 les séparent.

Le semi-carré de Saturne avec l’une, quelle qu’elel soit, des 4 étoiles fixes royales, n’existe que par défaut. Il correspond à un manque. Ce qui nous renvoie à la femme et à cette absence dont traite Freud au niveau sexueL Il manque un membre à la femme, le cinquiéme, en quelque sorte.

Au niveau de l’interprétation, on peut dire que la conjonction est explosive et la disjonction implosive.

En d’autres termes, nous dirons que la conjonction met en avant le mâle dominant qui va surclasser les autres par son génie, sa puissance alors que la disjonction met ‘à  mal » le mâle et fera triompher les masses comme en Mai 68 ou en Décembre 89, deux dates séparées par 21 ans, soit trois  cycles de 7 ans Idem pour le Printemps arabe de 2011  qui a lieu  21 ans après 1989/90. Cela correspond à un Saturne au milieu d’un signe cardinal, dans les éphémérides  alors que la conjonction, grosso modo, correspond à un Saturne au début d’un signe mutable, soit un écart de 45°.

La disjonction, c’est un peu le talon d’Achille du cycle de 7 ans. On ne peut dire qu’elle ait été voulue par le système mais elle en découle, tout comme la nuit du jour.

L’important c’est de comprendre qu’un événement ne correspond pas nécessairement à un phénoméne astronomique aussi visible que la  conjonction mais peut aussi  être liée à une sorte d’éclipse où il n’y a précisément rien à  voir.

On est là en pleine astrologie, puisque l’on  capte un signal qui ne fait pas sens   astronomiquement, un non-signal qui provoque cependant de fortes déflagrations, des « implosions » du fait d »un vide intérieur qui ne permet plus à la structure de se maintenir.

Cela dit, toute la théorie astrologique des aspects, hormis bien sûr la conjonction qui en ce sens ne saurait être assimilée à un aspect- est fondée sur cette  « absence de la présence », sur  des points qui ne correspondent pas à une rencontre entre deux astres. Mais n’est-ce pas aussi le cas des « mi-points »  apport de l’école allemande d’astrologie? La disjonction est bel et bien le point occupé par Saturne quand il est à égale distance de deux étoiles fixes royales.

L’opposition (= semi-carré) nous raméne à une ère antérieure à

l’émergence de l’Astrologie, où l’Humanité fonctionnait

sur un mode collectif ‘.

 

 

 

Bibliographie

Adeline Gargam, Bertrand Lançon

Histoire de la misogynie de l’Antiquité à nos jours  Ed Arkhé.*2

2013

Yves Gaignoux Vandi Tout est disjonction-conjonction; tout est respiration; le féminin ou Yin est écrit comme une disjonction ou un trait coupé ; l’intégration du féminin dans l’être est source du bien être . Voir comment se vit la Lune dès la naissance et dans ses progressions et divers changements pour s’ouvrir à ce phénomène essentiel du vivant.

JHB

 

03  02 15

 

 

 

 

 

 

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Recherches kabbalistiques sur le Livre de la Création et le tétramorphe

Posté par nofim le 24 janvier 2015

Etudes kabbalistiques sur le Sefer Yetsira  et le tétramorphe.

par  Jacques  Halbronn

L’étude des traditions nous a appris que certaines données pouvaient avoir été déplacées et non point perdues, à la manière du sort qui peut être celui d’un livre au sein d’une bibliothèque.

Il y a une quarantaine d’années, nous avions consacré un travail à l’alphabet hébraïque tel qu’il nous apparaissait au prisme du Sefer Yetsirah (cf Clefs pour l’Astrologie; Ed Seghers, 1986 , pp . 188 et seq - traduction espagnole Las Claves de la Astrologia). Nous y montrions que la première lettre de l’alphabet hébraïque avait du être non pas le Aleph mais le Quph, soit une des 12 lettres simples, la forme grecque alpha béta étant donc relativement tardive, par voie de conséquence. Notre « alphabet » devrait donc s’appeler un « Qafabet’.

Par ailleurs, toujours à propos de l’alphabet, nous avions montré la possibiité pour l’aphabet hébraïque primitif (soit la cursive hébraïque et non la forme araméenne) d’avoir donné naissance au dessin des chiffres dits arabes, ce qui ne signifie pas pour autant que le savoir correspondant ait été hébraique. (cf nos Mathématiques Divinatoires, Ed Trédaniel-La Grande Conjonction, pp/ 153  et seq)

Notre propos, ici, concerne la question du verbe être mais nous sommes ici encore confrontés à une tradition, à un « système » qui nous semble avoir été perturbé et qu’il nous importe de tenter de restituer comme nous l’avons fait pour le français (cf notre étude parue dans  la Revue Française d’Histoire du Livre livraison 2011/2012). Notre démarche englobera aussi bien l’hébreu que l’arabe, soit deux langues dites sémitiques.

On sait qu’il est de coutume de dire que le verbe être n’existe pas dans ces deux langues, au  présent. Force est de constater qu’il est en pratique remplacé par le pronom personnel. Or, il nous semble qu’il existe des similitudes assez nettes entre le pronom personnel et le verbe être tant dans l’usage que dans la forme.

L’hébreu  supprimé la première consonne qui est maintenue en arabe comme dans « lev » au lieu de « qalb ». Il remplace par un Aleph le Quph  dans Ani (au

pluriel anahnou) si l’on rappelle que le verbe être en arabe : kana. Mais l’arabe lui-même a son pronom sans Quph (Ana) Ajoutons que le ata/atem hébreu est en fait un Anta/Antum, ce qui a été conservés en arabe ( deuxiéme personne  du singulier et du pluriel)

En passant on notera l’anomalie d’une finale en a pour le Ata

masculin alors que le At (deuxiéme personne au féminin)

correspond à un marqueur masculin.

Si l’on replace le Quph à la place du Aleph, on restitue le verbe être « Kana ». pour les premières et deuxiémes personnes du singulier et du pluriel. Quant à la troisiéme personne (Hou, hi, Hem, Hen), elle est à rapprocher du verbe être au passé : »haya » , hayou  etc etc. (cf aussi le tétragramme, Iud  Hé Vav Hé).

On, a vu plus haut que dans le Sefer Yetsira,  le Qoph et le Aleph ont permuté, ce qui vient confirmer notre thèse selon laquelle, le Ani, Ata, Anahnou, Atem  de l’hébreu (première et deuxiéme personnes  du singulier et du pluriel) étaient anciennement des formes comemnçant par Quph, ce qui les relie au verbe être arabe.

Rappelons brièvement notre argumentation  à propos de la

permutation du Qoph et du Alef. Les lettres mères du Sefer

Yetsira sont aleph,  Mem et Shin (cf chapitre III  du SY) censées correspondre aux

4 Eléments (et la Terre est ici mise de côté pour qu’il n’en reste plus que trois)

. Les quatre dernières lettres de

l’alphabet hébraïque sont Qoph, Resh, Shin, Thav. Les sept

lettres doubles du SY ( chapittre IV) sont  B eith, Guimel, Daleth, Kaph,

Pé et Thav plus le Resh (qui grammaticalement n’est pas double

à la différence des six autres, pour arriver au 7 en analogie

avec les 7 astres (luminaires plus cinq planétes de Mercure

à Saturne)  On notera que les dix Sefiroth qui sont un élément essentiel du SY

seraient à rapprocher des 3 lettres mères et des 7 lettres doubles, d’autant qu’elles se  divisent

effectivement en trois plus sept. Le 22 serait simplement l’addition de 12 à 10, ce qui vient en correspondance avec les 12 signes

du zodiaque et les 12 tribus d’Israël (cf notre ouvrage Le Monde Juif et l’Astrologie. Histoire d’un vieux couple, Milan, Ed Arché, 1985)

Mais il est clair que le système était initialement construit sur le nombre pair, ce qui excluait le 7. Le carré devait être préféré au triangle. Au lieu de 4-6 on serait ainsi passé à 3-7. Mais  rappelons les six jours de la création (Yetsira) auxquels fait suite un septiéme jour.(Shabbat) et l’on sait que chaque jour de la semaine est associé à un astre. Mais cela nous laisse un 3 au lieu d’un 4, ce qui n’est pas sans faire songer à la Trinité chrétienne.

Il semble que l’on puisse rapprocher la dixième sephira  Malkhouth de  Kether, ce qui restitue le rapport 4/6/ puisque Kether signifie en hébreu couronne et Malkhouth, royauté. Et yesod, la neuviéme deviendrait la dernière. Or Yesod signifie la base, le fondement, en quelque sorte le tronc de l »arbre séfirotique/

Nous avions développé (cf nos Mathématiques Divinatoires, op. cit) un « tarot sefirotique » (cf aussi article in revue Autre Monde en 77.778) en isolant 10 arcanes majeurs sur les 22 (Diable, Chariot, Hermite, Roue de fortune etc)  formant 5 groupes de 2 totalisant 22.

Il  nous apparait que le Aleph et le Mem devraient se situer  dans les 4 dernières lettres.  Quant au

Resh, il est bien dans ce groupe et n’a rien à faire avec les six

lettres doubles. Le Mem ne fait pas partie des lettres

grammaticalement doubles et ne doit donc pas se situer

dans le périmétre qui leur réservé enclavé au sein de la

série des lettres simples.( chapitre V  du SY, valeurs 2, 3, 4, 20, 30, 40) Il s’agit

d’une lettre simple alors que pour nous le Noun serait une

lettre mère/ pas plus que le Thav, lettre double ne saurait figurer en

dernières position, dans le groupe des 4 lettres mères

(réduit à trois pour permettre de passer de six à sept)

Le péh a été décalé et placé à tort dans le groupe des douze

lettres simples alors que c’est une lettre double.

Les 4 mères sont selon nous Aleph, Noun, Shin,  Resh. Elles sont

sont à rapprocher du tétramorphe ézéchielien (Haioth)

constitué de ces mêmes lettres : Arieh (Lion) avec le Aleph

et le Resh; Shor (boeuf) avec le Shin et le Resh, Nesher (Aigle

avec le Noun, le Shin et le Resh. Reste le cas d’Adam (Aleph,

Daleth, Mem) (l’homme) qui ne  correspond pas et comporte

une lettre double, le daleth, et une lettre simple, le Mem.

Toutefois,  si on remplace Adam par Enoch (Aleph, Noun,Shin)

une autre désignation de l’homme, cela convient.(cf Genésee

IV, 26, Enoch fils de Seth (qui remplace Abel tué par Cain)

, donc petit fils d’Adam. cf  Henri Rossier, « Enoch », bibliquest.org)/ Ce n’est qu’avec Enoch

que  « l’on commença à évoquer  le nom de l’Eternel » Dieu

s’adresse  au « fils de l’homme » (Ben Adam, fils d’Adam) notamment dans

Ezéchiel. C’est dans  Ezéchiel Ch  1 et 10 que se situe l’apparition

du tétramorphe. Mais on trouve aussi  Henoch (ou Hanokh)- avec une toute autre orthographe (Heith Noun, Khaf), comme fils de Jared  (Genése 5, 18) .

Par delà la signification accordée à ces 4 assemblages, ce qui renvoie  à  des « êtres vivants » -Hayoth)

nous devons considérer un tel ensemble en tant que structure, en tant que signifiant et oublier(-Léthé)  provisoirement les signifiés qu’on leur a fait correspondre. Rappelons cependant que le tétramorphe renvoie aux 4 étoiles fixes royales qui sont les lieux de la conjonction avec la planéte Saturne (28 ans de révolution divisés en 4 fois sept) dont nous avons fait le fondement de l’astrologie originelle. Des considérations astronomiques ont mis à mal la structure en son état premier.

Ce quatuor Aleph Resh Shin Noun devra être étudié de près. On retrouve la combinatoire Aleph Noun dans le Ani/Anokhi, Moi en hébreu mais on a vu que ce pronom doit être associé au Qoph pour donner le verbe « kana » (être) attesté en arabe mais non en hébreu. On, penese aussi à Chir (Shin Resh) que l’on retrouve sous la forme du Cantique des Cantiques (Shir haShirim). Ou encore dans la forme  du relatif Asher qui mobilise trois des dites  quatre lettres.  Mais le cas  le plus remarquable est celui de Ish (Aleph, Shin)

qui apparait dès le deuxiéme chapitre de la Genése alors que dans le premier il était question d’Adam. Ish et Isha sont, selon nous, le résultat. Ish, c’est  l’homme. On a donc ici trois termes pour désigner l’homme :  Adam, Ish et Enosh

de’ la fin de l’androgynat d’Adam ‘(chapitre I de la Genése),

. On peut penser que la présence du Mem    vient du fait que le groupe des trois lettres est celui des mères et en hébreu, cela s’écrit Aleph Mem.(Em, Ima). On notera que le Noun fait immédiatement suite au Mem dans l’alphabet hébreu comme d’ailleurs dans notre alphabet occidental. Ce mem figure d’ailleurs dans la topographie de l’alphabet hébreu- en trois colonnes (2×9 plus 4)  dans l’espace réservé aux lettres doubles, ce qui est une anomalie. alors que le Péh, lettre double se situe lui à tort au sein du groupe des lettres simples, selon notre topographie. Le Thav qui se trouve en dernière position, soit la 22e lettre est en fait une lettre double (Bagadkaphat). C’est dire que l’ordre alphabétique aura été trituré!

Rappelons notre schéma tel qu’exposé dans Clefs pour l’Astrologie:

Colonnes 1  et 2   une lettre simple, trois lettres doubles, cinq lettres simples

Colonne 3:  4 lettres doubles.

On notera cependant que la Terre qui est absente du Sefer

Yetsira du fait du passage de 4 à 3 lettres mères se dit

Adama, ce qui est évidemment à rapprocher de Adam

On trouve Adam et Adama dans Genése: II, 19  et  III, 17

On notera que Ish est à rapprocher d’un autre Elément, le

Feu, Esh, qui s’écrit également Aleph Shin.

. Nous en traiterons dans un prochain texte et en vidéo.

Autrement dit la disposition des trois colonnes devait à l’origine correspondre  aux trois groupes de lettres dont traite le Sefer Yetsira. Mais aussi bien le SY s’en est éloigné  avec un dispositif 7-12-3 au lieu de 6-12-4   et l’alphabet tel qu’il nous est parvenu a également été perturbé, à commencer par   la permutation du aleph et du Qoph qui est au coeur de notre propos sur le

verbe être en hébreu, passant ainsi que Kana à (K)Ani, (K)A(n)ta  etc.

(cf les  recherches de Christian Gourdain   www.gourdain-

christian.com, dans la revue Parapsy (de 1999 à 2015)

Les grammaires hébraïques nous disent que le pronom personnel  doit figurer ente le sujet et son attribut mais cela recoupe la définition du verbe être.  On note d’ailleurs que cet usage du pronom personnel (appelé « copula ») n’est indispensable qu’au présent. On rappellera que le pronom personnel en hébreu est redondant dans la mesure où la conjugaison au passé et au futur comporte un marqueur correspondant.

Dans notre étude parue dans la Revue Française du Livre, (n°132, 2011)  - »Le français comme langue matricielle » – nous avons montré que l’article défini en français reprenait en fait la forme accusative:  le livre, je le veux alors que dans les autres langues latines,  le nominatif ne commençait pas par une consonne, ce qui  se rapproche du pronom personnel à la troisiéme personne :il, elle, ils, elles.

On assiste donc à de tels déplacements  tant en français qu’en hébreu  qui touchent au statut du pronom personnel et de ses rapports avec les articles mais aussi avec les auxiliaires.

On conclura donc que c’est à tort que les descriptions de l’hébreu (mais aussi  de l’arabe)  font état d’une absence du verbe être en hébreu et en arabe. Le pronom personnel ne remplace le verbe être mais est bel et bien celui-ci et cela devrait avoir des effets sur l’enseignement de l’hébreu et éviter de présenter cette langue comme une sorte  de « petit négre ». Moi Tarzan toi Jane!

Désormais il importe de considérer la série des pronoms personnels en hébreu comme la forme du présent du verbe être qui aura été déplacée.

Nous rappellerons qu’il est courant qu’une langue « supprime » les consonnes initiales de la langue mère. *Pour les langues latines,  en espagnol,  le p disparait  devant un l et se double:  pleuvoir   correspond à  llover, plein  à   »lleno » , clamer  à  llamar etc ; en  italien,  le L disparait dans piazza  correspondant en français à  place, clamer  a en italien pour correspondant  chiamare etc, plaisir  a piacere etc Quant à l’anglais, on dira que  l’on trouve un w pour le g du français dans war, wages, William, Walter etc et que le f de l’anglais correspond au p du français dans fear pour peur,  dans for  au lieu de pour ou par (avec le calque forgive pour pardonne). En français, on note le passage du L au U  comme dans cheval qui donne au pluriel chevaux, dans « du » qui se substitue à « de le » (génitif) sans parler à l’oral de la non prononciation des finales non suivies de voyelles dans le mot suivant (liaison)

Nous sommes là bien évidemment dans le champ du signifiant, de la formation (morphologie)  d’outils de langage par delà les significations qui peuvent être accordées ponctuellement- même si le provisoire peut se perpétuer indéfiniment.

 

Bibliographie

James C. Vanderkam  Enoch and the growth of an apocalyptic  tradition,  The Catholic Biblical Quarterly Monograph Series 16 , 1984

Andrei A. Orlov  The Enoch-Metatron tradition,   Texts and studies in Ancient Judaism  107. Mohr Siebeck  2005

Cristiana  Tretti,  Enoch e la Sapienza celeste. Alle origine della mistica ebraica,  Associazione  italiana per lo studio del Giudaismo,  Giuntina, 2007

Charles-F. Jean  Grammaire hébraïque élémentaire. Ed Letouzey et Ané, 1997

Spinoza Abrégé de grammaire hébraïque. Ed Vrin  1968

Carlo Suarés  Le Sepher Yestsira. Le livre de la structuration.  Ed Arma Artis 2004

Virya (Georges Lahy) Le Sepher Yetsirah, Ed Lahy  1995

Sepher Yezirah.  Ed Rosicruciennes  1989

Sepher Yetsirah. intr. Paul Fenton,  Ed Rivages, 2002

 

 

 

JHB

06 02  15

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Un nouveau style de café philo « autour d’un mot u

Posté par nofim le 20 janvier 2015

la philosophie autour du mot.

par  jacques  Halbronn

Jouons sur les mots et  disons que le café philo, c’est parler autour d’un pot mais aussi autour d’un mot.

On  choisit au début de la réunion un mot et l’on commence par déballer tout ce à quoi ce mot s’associe, tous les contenus que l’on a pu y mettre  à travers le temps. C’est le choix du SIGNIFIANT.

C’est le mot « étoile », celui que tous les autres mots servent à définir et on appellera ces mots  des « définissants ».  On parlera alors de mots satellites gravitant tout autour.

Dans un deuxiéme temps,  on s’efforce de proposer une nouvelle définition du mot, donc lui instiller un nouveau contenu puisque aucun contenu ne saurait être définitivement « lié  » à un contenant, aucun signifié  à un quelconque signifiant.

On passe ainsi de l’ancien consensus à un nouveau consensus., d’un consensus mou consistant à supposer que chacun met la même chose sur un  même mot à un consensus qui est celui des participants au dit café philo, ici et maintenant, ce qui est donc très relatif

Pas d’exposé introductif  mais un débat à bâtons rompus où l’on cherche vraiment à avancer en

signalant les différences pour les dépasser, en   désamorçant  les blocages..

chaque  jeudi  de 19h 30 à 21h30

dans son local  8, rue de la Providence. 75013  Paris

accès  direct  rue

Bus Arrêt Bobillot-Tolbiac (62, 57, 67) T3  Stade Charléty

M° Tolbiac, Place d’Italie, Corvisart   RER Cité Universitaire

Pas de conso. Chacun apporte  quelque chose.

Limité à  douze personnes/

Un  nouveau  style plus vivant, plus  tonique  animé par un vrai penseur

(cf ses textes et ses vidéos  par Google)

Première réunion.   le 29  janvier 2015

Ouverture des portes à partir de 19h.

contact  06 60 75 52 48  halbronn@yahoo.fr

Bibliographie: Jacques Diament. Les  « Cafés de Philosophie ». Une forme inédite de socialisation par la philosophie ».

Ed L’Harmattan, 2001

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La révolution copernicienne de Saussure

Posté par nofim le 15 janvier 2015

Le signifiant, comme  élément central  : une révolution copernicienne

par  Jacques  Halbronn

 

Il nous semble que l’apport de Saussure n’a pas encore été pleinement apprécié  et force est de constater que la distinction entre signifiant et signifié reste très confuse pour beaucoup de gens et qu’elle est loin d’avoir porté tous ses fruits. Nous sommes encore dans une ère pré-saussurienne.

Le choix mêmes des termes signifiant et signifié ne nous semble d’ailleurs pas avoir été des plus heureux même si nous sommes le premier à dire que ce qui compte, c’est ce qu’on y met. Il reste que nous préférons parler de contenant et de contenu et de ne pas enclaver la linguistique dans un jargon qui lui serait spécifique. Or, tout le monde comprend la dialectique contenant/contenu tant elle appartient à notre expérience quotidienne.

On dira ainsi que sous le nom de Dieu, on peut placer toutes sortes de contenus mais cela n’empêche pas les gens de déclarer qu’il n’y a qu’un seul Dieu puisque chacun ne parle que d’un seul Dieu comme si le Dieu des uns était nécessairement le Dieu des autres. On pourrait dire la même chose pour le mot Science.  Le cas des adjectifs est encore plus flagrant : le mot « scientifique » appliqué à n’importe quel domaine est censé désigner la même chose. C’est dire que l’on est vraiment très loin de Saussure.

Mais Saussure était-il vraiment conscient de son apport? On peut en douter mais ce n’est pas ici que nous aborderons cette question historique.  Beaucoup de gens ont compris ou cru comprendre que  tel mot désignait tel objet, telle notion et qu’il fallait s’y tenir, au vu notamment du dictionnaire qui serait l’espace où le rapport signifiant/signifié serait censé s’expliciter. Même dans les café philo, on en reste le plus souvent à ce stade consistant à s’appuyer sur un ancien consensus avec des signifiants « pleins » et donc des « contenants » qui ne sauraient être « vidés » de leur sens.

L’idée de pouvoir renouveler le « contenu » d’un mot reste étrangère à la plupart des locuteurs  et cela tient au fait qu’ils n’ont pas compris que tout est affaire de consensus lequel permet de « fixer » ponctuellement le contenu d’un signifiant pour un groupe limité de personnes. Car tout consensus ne prend naissance qu’à une petite échelle et on ne peut rivaliser immédiatement avec des consensus anciens et  largement diffusés. Cela pose le probléme du rôle des élites, des minorités, des « sectes ».

Actuellement,  on entend des raisonnements du type: ce qui porte le même nom est identique.  La même étiquette désignerait automatiquement le même produit ou en tout cas des produits de même nature. Mais si l’on prend l’exemple d’une assiette, est-ce que tout ce qui se met dans une assiette est pour autant identique? Est-ce que tous les gens qui s’assoient sur une même chaise sont semblables et ainsi de suite? A cette question posée en termes de contenus, les gens répondent « non » mais si on se situe au niveau du langage, on est pris dans une forme de sophisme; ce à quoi parfois semble se réduire la philosophie.

On parlera de révolution copernicienne, ici,  dès lors que l’on replacera le signifiant au centre et le signifié à la périphérie, comme c’est le cas pour le soleil et les planétes qui  gravitent autour de lui. En, fait, Saussure aurait ainsi selon nous démystifié le langage, l’aurait déconstruit et  l’on rencontre d’énormes résistances  – en dépit de ce que d’aucuns affirment- pour prendre la vraie mesure du message saussurien, ce qui nous renvoie en quelque sorte au cas de Galilée, il y a 400 ans.

Qu’apporte vraiment cette nouvelle révolution copernicienne amorcée il y a un siècle environ mais qui aura été largement  incomprise?.

Elle nous apparait comme un reméde contre toute forme de syncrétisme car qu’est ce que le syncrétisme si ce n’est le rapprochement entre des signifiés reliés à un seul et même signifiant? Prenons le cas de l’astrologie. Les gens partent  du principe que tout ce qui est placé dans la ‘corbeille » de l’astrologie – on préférera meme le mot corbillon, cher à notre grand mère, Claude Jonquière (1885-1957) qui laissa à sa mort une méthode d’orthographe, restée inédite. « Que met-on dans mon corbillon? » disait-elle quand elle voulait que l’on  place des mots qui se ressemblaient par leurs finales. Mais revenons à  nos moutons, à savoir ici l’astrologie:  l’Astrologie en tant que signifiant est censée englober tout ce qui recourt au mot astrologie. Or, il est temps de préciser que nous avons toute liberté  de n’accepter pour « notre  » astrologie ce que bon nous semble et de rejeter ce qui nous apparait comme  des apports étrangers. On dira que les acceptions correspondant à un même mot peuvent êtres dites étrangères les unes aux autres et ce en dépit même du fait qu’elles se servent du dit mot/

On voit donc  à quel point, la plupart des gens n’ont rien compris à Saussure. En vérité, très franchement, si historiquement il peut être intéressant de déterminer ce que Saussure a  vraiment voulu dire,  ce n’est pas vraiment notre probléme et quand bien même n’aurait-il pas pris pleinement la mesure de son apport, cela nous est totalement égal. Ce qui compte, en, définitive, est notre interprétatiion de Saussure^et qu’importe s’il s’agit d’une instrumentalisation de son propos. Dans ce cas, nous revendiquerions pour nous-même une telle révolution copernicienne et Saussure ne serait qu’un précurseur de notre propre pensée.

Il y a donc un énorme travail d’éducation à mener en ce début de XXIe siècle pour accoucher de la linguistique saussurienen, souvent pervertie par les linguistes eux-mêmes. Il n’est plus possible d’avoir à entendre des gens ne raisonner que sur la base de l’usage d’un même signifiant pour appréhender les contenus, donc les signifiés.  On en dira d’ailleurs de même par exemple pour le mot « Français ». Est-c e que tous ceux  qui sont dits français le sont de la même manière?  Une telle question est d’une actualité brulante et elle serait traitée autrement si le rapport signifiant/signifié était mieux compris.  Et comme on l’a dit plus haut, ce n’est pas non plus parce que le mot « Dieu » est utilisé par les uns et les autres, qu’il a ipso facto le même sens et que cela désigne la même entité. Or, tel est bel et bien le mode de raisonnement qui reste actuellement massivement en vigueur. Et il en est de même du mot « homme » qui permet à certaisn d’affirmer que les différences de sexes, de races ne font pas sens puisque de toute façon il s’agit d’une « seule et même  » humanité. Là encore, le signifiant fait loi.

Autrement dit, ce qui se désigne pareillement, au moyen des mêmes mots, serait comparable, identique, ce qui permet les plus folles généralisations par le biais du langage et la philosophie ne parvient pas toujours à échapper à un tel syndrome.

Que se passe-t-il si l’on cesse d’accepter un tel type de raisonnement  plaçant le signifiant au centre de signifiés qui seraient nécessairement reliés non pas seulement formellement mais sémantiquement par le même signifiant.  Il y a certes, une certaine « sagesse », une « tradition » intéressante à étudier historiquement, diachroniquement mais on laissera cette tâche aux historiens- dont nous sommes par ailleurs. Nous avons en effet par le passé beaucoup donné à l’étude des emprunts linguistiques (cf nos deux mémoires de thèse sous la direction de Louis-Jean Calvet et non soutenus pour des raisons obscures en 1987 et 1989 et que nous allons prochainement mettre en ligne)/ mais nous avons finalement conclu que le français avait d’abord fourni des signifiants et qu’il n’était pas « responsable » des signifiés qui leur sont associés. Le découplage signifiant-signifié est crucial. En ce sens, l’approche diachronique nous apparait comme un

épiphénoméne au regard de l’approche synchronique, ce qui ne signifie pas qu’elle ne mérite pas toute notre attention. Mais dans le cas de l’astrologie, par exemple, il est certes intéressant de retracer la genése de tout ce que l’on a pu mettre dans le « corbillon » de ce mot « Astrologie » mais on n’a point la moindre obligation de devoir entériner une quelconque « harmonie préétablie » entre toutes les données que l’on a pu au cours des siècles, placés dans le dit corbillon,  ou dans  le dit vase, si l’on préfére.

Cependant, dans bien des cas, il semble qu’il y ait une tyrannie du signifiant qui nous enrôle pour enfermer tous les sens qui lui sont reliés au sein d’un ensemble que l’on tentera, apologétiquement, de qualifier d’homogéne, alors qu’il ne s’agit que d’une collection aussi

hétéroclite que la série des bibelots qui peuvent figurer sur un buffet, c’est à dire sur quelque support susceptible d’accueillir à peu près n’importe  quoi!

L’enjeu est donc bien ici celui de la liberté. Il faut libérer le signifiant de ses signifiés car  qui est le tyran ici? Est-ce le signifiant ou celui qui  l’instrumentalise au service de quelque cause? On voit bien l’usage qui peut être fait pour faciliter l’assimilation, l’intégration, l’égalité, la parité, l’oecuménisme en recourant à la grosse ficelle du signifiant censé niveler les différences  par l’opération du langage, qui est un trésor partagé.  Le langage n’est-il pas lui même l’illustration d’un signifiant  fourre-tout, grenier que l’on ne saurait vider mais que l’on peut « enrichir » de nouveaux apports? L’astrologie est par excellence, un tel savoir cumulatif et boulimique, avec un signifiant insatiable, adoptant systématiquement les nouveaux astres découverts depuis la  fin du XVIIIe siècle en leur conférant le label astrologique? Nous avons montré ailleurs comment il pouvait être élagué, ou si l’on préfére comment il importait d’en différencier les « composantes » pour employer un terme pouvant laisser croire qu’elles constituent un « tout ». C’est aussi le rôle de l’historien que de défaire un certain travail  de « synthèse » de mauvais aloi.

C’est donc à ce syncrétisme que nous entendons nous attaquer et que nous pensons pouvoir parler comme d’un monstre à vaincre à l’instar de ce que fit un Saint Georges face au Dragon.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

15 01  15

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La dialectique contenant/contenu.

Posté par nofim le 8 janvier 2015

L’indifférence du contenant vis à vis du contenu

par  Jacques  Halbronn

On sera d’accord  pour reconnaitre que l’on peut mettre n’importe quelles fleurs dans un vase et que cela lui importe peu du moins si le vase

pouvait penser. Il en est de même d’un lecteur de DVD. Que lui importe que l’on passe tel enregistrement plutôt que tel autre. Quant au

constructeur automobile, qu’a-t-il à savoir qui conduiten un instant T  les voitures qu’il produit ? L’Humanité n’a pas cessé de construire des

contenants y compris quand il s’agissait de mots car le mot signifiant pour Saussure équivaut en fait à contenant et pourrait même en dériver comme le montre son participe présent.  Le fait que le mot lecteur désigne désormais un appareil  est très éloquent.  Les lecteurs d’autrefois sont remplacés par des machines.

On veut nous faire croire que tout ce qui est contenu par le même contenant est identique , que tous les signifiés recourant à un même signifiant s’équivalent et ainsi de suite. Donc que si le mot homme sert tantôt à désigner un homme , tantôt un être humain quel que soit son sexe, c’est qu’il n’y a pas de raison de distinguer toutes ces acceptions. C’est comme de dire qu’une rose est une tulipe parce qu’on peut la mettre dans le même vase!

JHB

08 01 5

 

 

 

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L’astrologie sur le désenchantement du monde et la fin des passe-droits

Posté par nofim le 6 janvier 2015

Enchantement  et  désenchantement du monde au prisme de l’astrologie   halbronnienne

par  Jacques  Halbronn

Il est important que l’on relie un dispositif  astronomique à une certaine sémiologie, comme l’avait bien compris

Jean-Pierre Nicola avec son systéme RET (Représentation, Existence, Transcendance). Pour notre  part, nous entendons

référer notre travail sur la cyclicité  avec  le phénoméne du désenchantement  (cf Marcel  Gauchet « Un monde désenchanté?  » Ed de l’Atelier,  2007)) et bien entendu de son inverse.

La disjonction produirait de l’enchantement tandis que la conjonction  générerait du désenchantement.

En fait,  le désenchantement nous apparait comme  un retour à la normale, à l’ordre, mettant ainsi fin à l’anormal, à l’extra-ordinaire.

Il nous importe que chacun soit en mesure de distinguer entre ces deux états, ces deux périodes car comment valider l’astrologie avec des notions que les gens ne comprenennt pas, n’ont pas bien assimilé. C’est d’ailleurs là que le bât blesse quand tant d’astrologues recourent à des notions- pas seulement du fait d’un certain jargon technique- avec lesquelles leurs interlocuteurs ne sont pas familiers, comem si un mot n’avait pas besoin d’être explicité et précisé, vu sa polysémie.

Il s’agit donc bel et bien de favoriser une certaine prise de conscience comme c’est le cas dans d’autres domaines sans laquelle on risque fort de piétiner, de stagner indéfiniment. Faire connaitre l’astrologie, cela passe par  la mise en avant de certaines notions du langage non

astrologique qu’il importe que le public apprenne à maitriser. On ne parle pas ici des signez zodiacaux que chacun devrait connaitre mais bien de notions qui font sens pour l’astrologie comme celle précisément du désenchantement, ne serait-ce que parce que cela sous entend une certaine dynamique : pour qu’il y ait désenchantement, il a bien fallu qu’il y ait enchantement et ainsi de suite. On ne saurait comprendre un terme sans l’autre, l’enchantement sans le désenchantement.

Parmi les expériences d’enchantement,  il y a tout ce qui n’est pas vraiment mérité mais que l’on a quand même obtenu, « avant son tour » et souvent devant d’autres qui semblaient y  avoir droit avant nous. Le bonheur des uns fait d’ailleurs  le malheur des autres. Notre père, par exemple, à la fin de sa carrière de haut fonctionnaire s’est vu priver d’une promotion- du fait d’un changement de ministre,  qu’il considérait comme un dû;  il en est mort peu après (1970). Un de ses collégues qui lui était inférieur hiérarchiquement passa  devant lui. Mais pour ce dernier, ce fut un avancement inespéré, providentiel.

Ce que l’on peut prévoir raisonnablement, c’est que  ce dont nous disposons au dessus de notre condition et de nos moyens, ce dont

on jouit indument risque  de nous être repris avec la phase conjonctionnelle (Saurne dans l’alignement d’une des 4 étoiles fixes royales)

C’est comme une épée de Damoclés qui finit par s’abattre.  Le désenchantement  est lié à une certaine mauvaise conscience/ Il y a là un certain sentiment de fatalité: cela devait bien arriver un jour, c’est la fin d’une certaine impunité, de priviléges qui nous venaient d’une phase disjonctionnelle.

La conjonction nous raméne ainsi à un ordre « normal » des choses qui n’est pas de l’ordre de l »‘enchantement »/ On ne croit plus  guère aux miracles, au Père Noël,  ce qui caractériserait a  contrario la  phase disjonctionnelle/

La  conjonction nous atteint par nos points  faibles et il importe à ce moment là de faire profil bas, de se faire oublier pour que l’on ne nous ait point dans le collimateur.  Inversement,  en phase disjonctionnelle, il est conseillé de se mettre en avant pour saisir sa chance/ Comme dit l’Ecclésiaste, il y  a  un temps pour chaque chose.

En phase conjonctionnelle,  on ne fait pas le poids mais l’on peut  essayer de se renforcer, de se trouver du « renfort »/

On fera remarquer que la conjonction  vise à recentrer le systéme et  que la disjonction  n’est en principe qu’un processus en creux comme une sorte de talon d’Achille, qui n’existerait que par défaut mais ce défaut est gage de liberté pour l’Humanité. Cela lui permet de se libérer de la « roue »  imperturbable et irréversible de la cyclicité.

Sans la disjonction, notre vie serait bien morne, sans surprise mais tôt ou tard, la Norme reprend le dessus mais toujours

temporairement. La disjonction est un pied de nez à la conjonction, c’est le « carré » des astrologues présenté comme un « aspect » dissonnant. Mais comme en musique, la dissonnance est libératrice.

L’astrologie ne se contente donc pas de décrire un systéme mais elle signale par la même occasion son maillon faible, comment, en quelque sorte, le neutraliser.  Dans notre ouvrage,  Le Monde Juif et l’Astrologie (Ed Arché 1985) nous avons montré que dans le Talmud, on s’évertuait à trouver des moyens de neutraliser le destin du fait des pratiques rituelles.(cf  traité Shabbat)

L’astrologue devra donc impérativement  apprendre à maitriser le calendrier de cette alternance de l’enchantement et du désenchantement car jusqu’à présent, la prévision astrologique souffrait  singulièrement d’un langage par trop vague ou par trop technique/

 

 

 

 

JHB

06 01  15

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Les Protocoles des Sages de Sion et le cimetière de Prague d’Umberto Eco

Posté par nofim le 29 décembre 2014

Le chapitre d’Umberto Eco sur les Protocoles des Sages de Sion

par  Jacques  Halbronn

 

Eco, dans le Cimetière de Prague,  a étudié de près la question des Protocoles des Sages de Sion en reprenant peut être ce que l’on trouve chez Norman Cohn ou chez tel autre.. Il  semble qu’Eco y  considére que son héros, Simone Simonini- nom inspiré de celui de Jean-Baptiste Simonini lié à Barruel au début du XIXe siècle – aurait été l’auteur des Protocoles des Sages de Sion en combinant  un texte de Maurice Joly (Dialogues)  et un autre d’Hermann Goesche ( Le discours du rabbin, in Biarritz), l’un  quant à la forme, l’autre quant au fond, ce qui situerait la rédaction de ce faux  dans les années  1870 bien avant l’émergence des Protocoles   vingt  ans plus tard. Le nom de Gougenot des Mousseaux  figure également comme un des ingrédients utilisés pour la composition de ce feux et d’ailleurs en 1909 c’est le nom de cet auteur qui est associé aux Protocoles des Sages de Sion.

Etrangement, la 4e de couverture indique   que ce Simon Simonini est une invention due à Eco mais soulignons que ce nom de Simonini

n’aura nullement été  choisi au hasard.  Simon Simonini serait ainsi le  petit fils  d’un Jean-Baptiste Simonini.

La thèse romancée d’Eco est intéressante d’une part en ce qu’elle met l’accent sur la ville de Prague qui accueillera en 1909 les

premières traductions du russe, en tchéque et en allemand et de l’autre parce qu’elle recentre cette production des Protocoles  vers l’Ouest au lieu de la situer en Russie, autour de Nilus (cf notre ouvrage Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle). Cela dit, il est possible que le titre même de l’ouvrage, Protocoles des Sages de Sion, ait été plus tardif et notamment inspiré par les premiers congrès sionistes, depuis 1897.

Il semble à lire Eco  et son Cimetière de Prague, qu’un tel travail ait été commandité par les Jésuites et se soient inscrits dans une croisade voule par le pape (probablement Pie IX, cf  nos Papes et prophéties. Ed Axiome, 2005)  Eco imagine que tant Joly que Goedsche seront coup sur coup assassinés après qu’on ait utilisé leurs travaux.

On nous dit que les Protocoles furent rédigés à Paris pour le compte de la police secréte tsariste par un certain Matveï (Matthieu)  Golovinski et l’on nous dit que le tsar refusa finalement d’en faire usage.

Il y a une certaine ironie de l’Histoire à voir la Russie être le théatre vers 1900 d’une telle publication tout comme elle le sera  dans les 20 années suivantes   de la Révolution, contrairement aux prophéties   de Marx.

Nous rappellerons que Prague est aussi  le lieu d’activité du chanoine Rohling, un des chantres de l’anti-talmudisme, une telle

littérarure préfigurant les Protocoles des Sages de Sion, ce que ne signale pas Eco. Selon nous ces Protocoles veulent être une sorte

de Talmud moderne, dans le même style visant à dénoncer les propos que les Juifs tiennent sur les Chrétiens.

Il faut bien comprendre, en effet, que l’antisémitisme moderne  laisse la parole aux Juifs, les fait parler et dire des « horreurs » sur les Chrétiens.  Cet antisémitisme est né de la connaissance approfondie du Talmud par  des non Juifs.

Le mouvement sioniste présente la même ambiguité:  il envisage le départ des Juifs pour un lieu plus ou moins éloigné mais c’est en fait aux Juifs russes qu’il pense pour constituer les gros bataillons d’émigrés (Olim)  vers la Palestine (Israel).  Faire partir la conception des

Protocoles depuis la Russie nous parait assez improbable.

ll nous semble d’ailleurs que les dits Protocoles aient été au départ t davantage dirigés contre les Maçons que contre les Juifs ou si l’on préfére l’on entend viser les Maçons en les présentant comme les suppôts, les agents de la « juiverie » et  ce n’est qu’ensuite que la dimension antijuive serait devenue le coeur du sujet, notamment avec leur attribution en 1909 à Gougenot des Mousseaux (dans les compte rendus  (du parlement de Vienne). Or, on notera que ces compte-rendus sont eux-mêmes appelés « protocoles », terme qui ne nous semble pas courant en russe.

Il nous semble que l’on doit s’intéresser à l »usage du mot « Protocoles ». On rappellera que les premières éditions françaises comportaient la forme anglaise « Protocols » du fait que l’ouvrage s’était fait connaitre en France, au lendemain de la Grande Guerre par la presse anglaise. On peut de même penser que l’usage de ce mot en russe ne fait sens qu’en référence à un texte paru dans une autre langue dans laquelle il était plus courant. C’est ainsi qu’il y eut des « protocoles » des premiers congrès sionistes, lesquels précédérent de peu les premières occurances en russe de cet ouvrage. Autrement dit,  c’est doublement un faux : d’une part, c’en est un parce qu’il a été

fabriqué de toutes pièces et de l’autre parce qu’il  ne se présente pas explitement comme une traduction à partir d’une autre langue, ce qu’il est en tout état de cause de par son usage des Dialogues de Maurice Joly. Le fait même qu’il comportât  un tel titre devait cependant  laisser penser au public russophone que l’ouvrage était  bel et bien une traduction, ce qui ne pouvait que contribuer à son prestige.

 

JHB

30  12 14

 

 

Publié dans HISTOIRE, judaîsme, LINGUISTIQUE, prophétisme | Pas de Commentaire »

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