La société à deux vitesses: produits frais et produits secs

Posté par nofim le 12 juillet 2014

La tentation de l’imitation et l’ère de l’inspiration.

Par  Jacques  Halbronn

 

La perspective de la mort nous incite à mettre par écrit notre « création ». C’est  particulièrement vrai pour les compositeurs. L’essor  des enregistrements a  relativisé le passage obligé par la partition mais les ordinateurs seront de plus en plus capables de transcrire ce qui est audio en  imprimé. Le théatre se prête également à cette problématique avec le texte à interpréter (voire à traduire en une autre langue), et cela vaut évidemment pour l’opéra, l’opérette et la chanson. Il est vrai que la partition ne saurait être exhaustive et laisse une certaine marge à l’interpréte, au chef d’orchestre. En cet Eté, où tant de partitions et de textes vont être joués et rejoués pour la éniéme fois (on pense au Festival d’Avignon entre autres), cela vaut la peine de s’interroger.

Selon nous, il est peut être  temps de passer de l’ère de l’imitation à celle de l’inspiration. Certes, celui qui s’inspire d’une œuvre  -et cela peut aller jusqu’au plagiat, au remake- ne rend pas nécessairement un hommage formel à un auteur puisqu’il produit quelque chose  qui n’est pas l’œuvre d’origine. Mais  n’est-ce pas justement préférable au cas de l’interpréte qui entend se substituer carrément à l’auteur d’une sonate ou d’un drame ? Sur le plan linguistique, le probléme se présente également : une  chose est  d’apprendre une langue, une autre de lui emprunter des mots. Et il est clair qu’il est plus facile d’identifier une copie conforme à une  « importation » vouée à diverses tranformations.

Or, nous pensons que l’humanité a tout intérêt à passer de l’ancienne  ère vers la nouvelle et de s’en donner les moyens.  Il est clair qu’il n’y a pas de vrai progrés dans la répétition pure et simple du passé et que cela peut aisément tourner à une sorte de décadence où l’on célébre les auteurs des siècles passés  et on ignore ou méprise  ceux d’aujourd’hui.. On n’en est pas là dans le domaine scientifique et c’est heureux, ce qui n’empêche nullement de percevoir des filiations d’une génération à une autre, d’un siècle à un autre et dans ce cas il s’agit d’exemples à suivre mais non à

Imiter, stricto sensu. La notion d’intégrité de l’œuvre que l’on ne peut modifier doit laisser la place à une approche moins rigide mais exige un talent que n’ont pas les simples exécutants et c’est bien là que le bât blesse quand on entend tant d’interprétes déclarer qu’ils ne sont pas des compositeurs, en nous expliquant qu’ils n’ont pas été « formés » pour cela ! Il  y a là comme une usurpation sinon d’identité du moins de qualité, de titre.

Le rôle de l’historien est ici crucial : il lui revient en effet d’établir les filiations avec les implications

économiques et pécuniaires qui en découlent. Nous voyons l’historien du XXIe siècle  au cœur de la dynamique commerciale de demain en fixant les royalties, les droits d’auteur, du fait des emprunts non plus globaux mais ponctuels.

Nous avons dans notre post-doctorat sur  Giffré de Réchac  (2007) et dans nos dossiers parus dans

La Revue Française d’Histoire du Livre (2011) puis sur le site propheties.it (Halbronn’s Researches), montré que les quatrains attribués à Nostradamus avaient été reprise de sa prose. Entendons par là que les signifiants avaient été empruntés mais dans un ordre différent de l’original et dotés d’un signifié se prétant évidemment aux interprétations les plus diverses depuis plus de 400 ans. Le rôle de l’historien consiste ici à signaler l’emprunt par delà la question du sens. Ce qui  nous intéresse ici c’est que tant de mots de la prose de Michel de Nostredame se retrouvent dans des quatrains. Et c’est sur cette base que se situe l’enjeu « économique ». Autrement dit, l’emprunteur a toute latitude pour réagencer les mots à sa guise. C’est son droit mais c’est aussi le droit de la société de le taxer dans ce sens.  On aura compris qu’en tout état de cause, nous préférons un habile faussaire à un honnête interpréte qui ne « touche » à rien et qui est pour nous le véritable usurpateur, aussi paradoxal que cela puisse sembler.

Le XXIe siècle devrait donc abandonner une conception

indivisible des langues, des textes, des musiques et admettre

que l’on puisse emprunter une idée, une formule, des

élements et pas forcément la totalité. Même si l’on n’emprunte

qu’une partie d’un systéme, il est parfaitement possible de

faire ressortir qu’il y a dette tout comme lorque l’on importe

un produit d’un pays, on n’importe pas tout ce qu’il y a dans

le dit pays. Et encore une fois, nous ne condamnons aucunement

ce type d’emprunt qui peut tout à fait s’agréger à d’autres notions

qui lui sont totalement étrangère. On peut d’ailleurs parler

de citations (quotations). Qand l’anglais emprunte au

français, il « cite » des mots français mais que se passe-t-il

quand il y a plus de citations que de texte d’origine? Peu

importe, du moment que c »est correctement noté et

comptabilisé. Il y a de toute façon une solidarité

profonde entre tous les créateurs et les créations.

En revanche, ceux qui se contentent de récupérer mot

pour mot un texte pour le déclamer ou une partition pour

la rejouer  ne nous semblent pas être de leur époque et

font obstacle au progrès. Nous irons même plus loin, il

est possible que ceux qui s’inspirent librrement d’une oeuvre

fassent moins bien que leur modéle mais cela ne saurait

être une excuse pour mettre un point d’honneur à reproduire

à l’identique  un modéle, comme tant d’interprétes semblent

considérer que c’est la meilleure chose qu’ils aient à faire.

C’est ainsi que le christianisme a lourdement emprunté

au judaïsme mais il l’a fait non sans une certaine

originalité et l’accomodant avec d’autres notions qui lui

étaient étrangères. Nous ne dirons pas que l’un a trahi

l’autre mais qu’il s’en est inspiré et a ainsi innové. Ce qui

est plus sain que de faire du copier/coller. La langue anglaise

a parfaitement le droit de se founir de mots français, à la

louche, du moment qu’elle reconnnait et régle ce qu’elle

doit.

La valeur principale qu’il convient désormais de mettre en

avant en ce nouveau siècle, c’est celle d’originalité au sens

de quelque chose qui s’origine comme une naissance car

un enfant qui nait doit aussi beaucoup à ses ascendants

mais il n’en est pas moins la continuation et non la

duplication pas plus qu’un chercheur en mathématiques ou

en physique n’émerge ex nihilo.

Ce qui condamne l’interpréte, c’est qu’il n’est pas le premier

à jouer l’oeuvre qu’il  joue même s’il la joue forcément

différemment, par la force des choses. Ce qu’il conviendra de

valoriser plus que tout à l’avenir c’est ce qui nait sous

nos yeux, ce qui n’a jamais existé en tant que tel avant ce

jour de la représentation. Même un compositeur qui

rejouerait sa propre oeuvre ne ferait l’affaire.  Une fois passée

cette « première fois », on bascule dans la « seconde main » et

cela n’a plus du tout la même valeur qui est celle de l’inoui,

du jamais vu (contre le déjà vu). On sait que l’ingratitude

est un défaut  répandu et que cela pose probléme à

certains de remercier pour ce qu’ils ont reçu ou tout simplement

qu’ils ont pris sans demander la permission. Mais il ne

saurait y avoir d’impunité car  refuser, nier ce que l’on

doit -Rendons à César ce qu’on doit à César, lit-on dans

les Evangiles-  c’est être dans le tout ou rien. comme ces

gens qui croient que parce qu’il ne parle pas le français en

tant que tout indivisible, ils ne doivent rien au français. Il faut

être bien myope pour tenir de pareils propos. C’est nier les

filiations religieuses au sein du monothéisme, nier qu’il

y ait eu emprunt parce que le résultat diffère singulièrement

de la source.

En fait, certains ont intérêt à tout cloisonner: ils nous

disent ou bien c’est la même chose ou bien c’est autre chose.

Mais il y a un juste milieu et cela exige, on l’a dit, tout le

savoir faire des historiens pour expertiser chaque cas qui est

soulevé.

A l’ère de la physique quantique,  l’on ne peut plus penser

qu’il existe des ensembles, des entités d’un seul tenant.  Tout est flux mais

cela ne signifie pas que l’on puisse pirater le travail d’autrui sans

avoir  rien à  débourser. Si l’on ne procéde pas  à un réaménagement

des valeurs,  l’on va dans le mur.

La récente affaire des contrats en dollars de la BNP a mis en

avant le fait que les Etats pouvaient se faire payer pour  ce

qui au départ émane d’eux.  Nous pensons que chaque Etat

a vocation à recevoir des rentrées liées à son patrimoine

culturel tout autant sinon plus qu’à se faire payer pour les

ressources de son sous sol lesquelles sont bien antérieures

à l’émergence du dit Etat. Mais en même temps, chacun

peut faire ce qu’il veut de ce qu’il a payé, du moment qu’il a

payé.  Ces dettes ne concernent pas seulement le présent

car le présent est chargé,  lourd du passé et le perpétue sur

tous les plans.  Nous ne sous estimons nullement les

difficultés liées à la mise en place de cette nouvelle économie

virtuelle mais nous considérons que cela a une valeur

heuristique sur le plan quantitatif comme sur le plan

qualitatif.

Le mot clef est Fraîcheur par opposition  à ce qui est

défréchi.  Toute la question de la malbouffe et de ce

que nous appelons, pour notre part, la malculture, tourne

autour cet impératif de la fraîcheur du produit tant sur le

plan diététique que culturel. La fraicheur d’un produit

intellectuel, est comparable à celle des primeurs. Dès lors que

quelque chose est stocké, ce qui est le cas de tout ce que l’on

trouve dans les bibliothèques, les musées – qui sont autant

de « silos »- on renonce à ce principe de fraicheur. On

retrouve cette notion de stockage dans le songe de Pharaon

interprété par Jacob avec les sept années de vaches grasses

suivies de sept années de vaches maigres. Joseph

conseilla au maître de l’Egypte de stocker les récoltes pour

les revendre lors de la disette et ainsi s’approprier les biens

de la population en échange. On imagine qu’il s’agissait

essentiellement de céréales faciles à conserver.

Société à deux vitesses que celle qui se divise entre

les populations qui vivent de produits frais et les

autres qui se nourrissent de produits « secs » et l’on pourrait

dire de produits vivants (vifs) et de produits morts. Or, de nos

jours, si cette dualité est toujours active, elle nous apparait

largement déséquilibrée au profit de la seconde option et

ce dans la plupart des domaines. Une majorité de la

population se comporte comme ayant renoncé à la fraîcheur

avec des produits réchauffés tant sur le plan alimentaire

que culturel, phénoméne aggravé par la technologie qui

repasse en boucle les mêmes programmes, inlassablement.

C’est le signe d’une civilisation décadente..

 

 

 

JHB

12 07  14

.PS Pour la petite histoire, on signalera que notre père, Pierre  Halbronn (1905-1070), en se qualité de sous-directeur puis de directeur adjoint de l’ONIC (Office National Interprofessionnel des Céréales) était très concerné par les silos à blé et que très jeune nous étions abonné au journal « Le Petit Meunier »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Hybridité de l’écriture et de la musique instrumentale

Posté par nofim le 11 juillet 2014

Le caractère hybride du langage et de la musique

par  Jacques  Halbronn

Le cas de l’hébreu risque d’induire en erreur car on nous

dit que c’est une langue qu’il faut savoir parler (‘oral) avant

de pouvoir la lire. Or, nous allons montrer que l’oralité

n’advient dans le  rapport des humains à la langue que

dans un deuxiéme temps même si ceux-ci étaient en mesure

de proférer des sons, ce qui n’est jamais au départ qu’une

matière première qui ne constitue pas à proprement parler

un langage mais un pré-langage comme le bloc de marbre

est une pré-sculpture.

Selon nous, le langage originel ne passe aucunement par

l »écriture qui implique ce que nous appelons un usage

« externe » impliquant d’inscrire (même racine qu’écrire)

un message sur quelque support (médium).

Nous avons d’abord parlé avec nos mains à la manière des

sourds muets en n’attachant que peu d’importance aux sons.

Nos mains ne servirent pas seulement à saisir des objets mais à

les désigner, à les mimer, par une gestuelle imagée. Entre

prendre un objet et le montrer, il y a une grande différence

qui est le passage de ce que nous avons appelé la technologie

organique, interne (montrer) et la technologie externe

(prendre). On notera que le verbe comprendre signifie

que l’on intégre une information sans la saisir matériellement.

Comprendre le cosmos – l’apprendre- n’est donc pas le prendre,

par exemple, d’où les préfixes devant le radical

On pourrait fort bien concevoir une humanité muette et

l’essor actuel d’Internet et des SMS nous confirme dans ce

sens alors que l’on pouvait s’attendre une prédominance

de l’oralité au XXIe siècle, ce qui a pu sembler être le cas

lors de l’essor du disque (audio)  et de la radio.. Mais au XXIe

siècle l’image  marque des points notamment par le biais

des icones et de toute la technologie du visuel.

Comment se fait-il alors que l’oralité soit entrée dans nos

moeurs? Quid de la lecture, de la prononciation qui est

le passage du visuel vers l’auditif, l’audible?

Selon nous, cela tient à la rencontre de l’homo sapiens  avec

l’humanité du  Neanderthal lequel devait être privé de

lumière dans son mode de vie (cavernes obscures) et

fonctionnait beaucoup par le toucher, d’où l’importance des

mains mais  aussi de la bouche pour saisir les choses sans

parler du rôle des organes sexuels, bien évidemment. Le

monde de la nuit est typiquement néanderthalien et c’est

généralement quand la nuit tombe que les rapports

sexuels se produisent.

Donc, pour que l’homo sapiens puisse communiquer

avec le néanderthalien, il a fallu « traduire » le visuel en

auditif,  d’où la lecture à voix haute impliquant un encodage

du son ( jusque là  phénoméne second  chez l’homo sapiens
et probablement plus développé chez le néanderthalien)

par rapport au visuel..

Bien évidemment,  seul l’homo sapiens pouvait  traduire

le visuel en son puisqu’il fallait pourc cela voir.En sens

inverse, le néanderthalien pouvait produire un langage

sonore -tel que fixé dans ce cadre- <que l’homo sapiens

captait bien que ses facultés auditives étaient initialement

moins débeloppées. L’un dans l’autre, l’homo sapiens

apprit à entendre et le néanderthalien à voir pour parvenir

à une symbiose qui est l’ »état de notre humanité actuelle.

Mais les séquelles des états premiers persistent, selon

un modéle que nous avons élaboré, à savoir que les

mâles sont les héritiers de l’homo sapiens et les

femmes du néanderthalien, au regard de notre

propre anthropologie.

D’où la prédominance de la parole dans les groupes

féminins (femmes entre elles), comme si le fait de séparer

les sexes réactivait les réflexes anciens et la parole réduite

à la portion congrue par exemple au sein d’une équipe de

foot ball, durant le match, avec prédominance d’hommes sur

le terrain mais aussi dans le public, présent comme devant

son poste (malgré les commentaires) où la gestuelle sert de mode

d’expression principal (carton jaune, rouge etc)

et l’oralité se réduit à une forme assez peu sophistiquée

(hurlements, cris, applaudissements, sifflets etc).

On reste avec deux humanités, l’une à tendance mutique,

friande d »une gestuelle, de mimiques (pied de nez, langue

tirée, bras d’honneur etc) et l’autre qui  capte le monde

par le biais des mots et qui met sur un même pied les

mots qui désignent des objets concrets (mais invisibles

au non voyant) et abstraits. L

Selon nous, le langage tel que nous le connaissons s’origine

dans le visuel lequel offre un champ très ouvert sur le monde

car l’homo sapiens n’a pas vécu dans un espace confiné

comme le néanderthalien.  Les conditions de vie qui

s’imposèrent au néanderthalien étaient peu propices à une

certaine ouverture vers le monde concret dans sa diversité. Par

le truchement de l’homo sapiens, le néanderthalien découvrit

le monde mais il ne le fit que par le biais du langage et donc

par ce qu’on lui en disait, d’où un surinvestissement des mots

par les femmes dont on a dit la filiation (cf supra) avec

le néanderthalien.  Cette médiation que l’homo sapiens a

instauré pour  communiquer avec le néanderthalien

explique qu’encore  de nos jours, les femmes aient besoin

de l »écrit et n’aient pas un contact direct avec le monde

extérieur, d’où de médiocres facultés d »‘observation en

dehors de l’étude des textes…   Il est clair par ailleurs

que les femmes sont marquées par la demande de visuel

des hommes (couture, coiffure) et les hommes par la

demande d’oralité des femmes ( troubadours, chanteurs de

charme)

Pour en revenir au cas de l’hébreu évoqué plus haut, il apparait

en effet que les femmes connectent leur oralité à l »écrit mais

on soulignera que dans toute langue, il y a deux facettes :

d’une part, la désignation des objets qui concerne donc avant

tout une population qui ne les voit pas  et de l’autre

l’expression de la relation à ces objets, ce qu’on en fait qui est le coeur

grammatical et morphologique de la langue, et qui passe

par un certain manichéisme, de ce qui est bien ou mal, de

ce qu’on aime ou n’aime pas..

Pour nous, le langage tel que nous le connaissons est un

phénoméne hybride, un compromis  entre une humanité

du visuel et une autre de l’auditif. On dira que ce qu’on

apppelle langage  est un visuel pouvant se translater en

auditif et conçu dans ce sens. Pour en revenir à la musique

où la dialectique est du même ordre, c’est  à dire un genre

hybride : à la limite un orchestre est d’abord un visuel où

le son musical est secondaire.  L’idée , c’est de parvenir à

produire du son à destination des non voyants. Le rôle

des instruments de musique consiste à réaliser une telle

transmutation. Prenons le cas du piano, c’est un système qui

permet de produire du son  en faisant danser les mains

sur un clavier relié à des cordes.

Vu sous cet angle,  les interprétes compteraient davantage

que l’oeuvre jouée. Ce qui compterait serait le spectacle

visuel qu’ils offrent in situ et la musiqe au sens sonore du

terme ne serait que prétexte. Le médium importerait plus

que le message et en fait serait déjà et d’abord le message.

C’est au fond, peut être, la leçon qu’il faudrait tirer du

désintérêt du public pour des oeuvres musicales

contemporaines, l’essentiel étant la gestuelle des musiciens

et non le son produit. On pourrait d’ailleurs couper le son

sauf pour les aveugles tout comme on donne des émissions

accompagnées du langage des signes. Deux sociétés

cohabitent ainsi: le monde des sourds et celui des aveugles.

Mais on peut aussi penser que le spectacle de l’improvisation

tant sur le plan sonore que visuel  offre une qualité

supérieure par la qualité de l’impulsion.

Le geste est une interface entre le visuel et le sonore dans la

mesure où  le geste, le mouvement se donnent  aussi bien

à voir qu’à entendre comme dans le cas du piano où la danse

des mains sur le clavier produit aussi  du son, d’où deux

approches, deux ressentis  différents d’un même phénoméne.

Pour en revenir à l’hébreu, nous pensons que cela nous renvoie

à un temps  où une humanité émergeant d’un monde où  les

échanges étaient sonores se mit à apprendre à relier les sons

à des formes. A contrario, les langues qui peuvent directement

passer du visuel au sonore, du fait que tout y est noté- aussi

bien les voyelles que les consonnes-  témoigneraient d’un

processus en sens inverse. On ne confondra pas l’écrit et le

visuel. L’écrit est l’interface entre la forme et le son., il

apparait donc  tardivement lors du rapprochement entre les

deux humanités ayant évcolué parallélement et diversement.

 

 

13. 07 14

 

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Langage, Science et Astrologie

Posté par nofim le 10 juillet 2014

L’astrologie comme langage et comme science

par  Jacques  Halbronn

 

L’astrologie nous interpelle quant à ce qui distingue science et langage et l’on a comme l’impression que les deux notions tendent à

se confondre dans l’esprit de beaucoup de gens. Ce qui nous conduit à devoir repenser l’une et l’autre de ces notions et en quoi elles

convergent et/ou divergent.

Nous avons déjà insisté sur le fait que la richesse du langage astrologique, de ses combinatoires possibles  était contre-productive quant

à son possible statut de science.  Tout se passe en effet comme si la Science avait vocation à ne disposer que d’une palette très limitée

de mots, ce qui a du être lot de l’Humanité à l’origine même du langage. On peut imaginer qu’au départ quelques mots suffisaient pour

désigner notre rapport au monde. Selon nous, initialement le langage ne désignait pas des objets lesquels pouvaient être désignés

par un geste mais notre rapport, positif ou négatif, aux dits objets, leur appartenance au monde du masculin ou au monde du

féminin et quelques autres précisions et indications du même ordre, ce qui, au total, ne devait pas être énorme.

Nous pensons que l’Humanité reste de nos  jours  encore  très fortement marquée par cette période fort  éloignée de notre Histoire et

qu’une langue trop riche, trop diverse  n’est pas assimilable par notre cerveau tout comme certains produits ne sont pas

reconnues par notre systéme digestif, parce que advenus relativement tardivement, et en quelque sorte trop tard.

La Science, avec ses formulations simples qui exigent une approche réductrice du monde serait ainsi le domaine que nous

contrôlons le mieux. A contrario, nos langues actuelles, avec leur « diversité » extréme, tant par leur nombre que par le foisonnement de mots et de sens au sein de chacune, ne nous « parlent » que superficiellement.

Pour en venir à l’astrologie et aux astrologues, on est en droit de s’intérroger sur le regard que portent les astrologues sur

l’astrologie. Est-ce un langage, pour eux ou une « science » ? Sont-ils conscients des problémes épsitémologiques posés par

la complexité de leur  «  modéle », c’est à dire l’ensemble des dispositifs mis à leur service?

A n’en pas douter, ils doivent bien se rendre compte, en leur âme et conscience, que leur modéle offre une faculté d’adaptation

de par sa souplesse, sa flexibilité qui en font une sorte de kaléidoscope. Pour étudier une série de cas, d’événements,

n’échaffaudent-ils point  toutes sortes de combinaisons pouvant varier indéfiniment?

Evidemment, ils nous répondront que tout ce qu’ils disent appartient au corpus de l’Astrologie et ce depuis belle lurette, qu’ils n’ont

donc rien inventé, improvisé  et que l’astrologie est un tout indivisible (position qui semble avoir été celle de Suzel Fuzeau Braesch,

docteur es sciences). Le statisticien Michel Gauquelin(1928-1991)  a contrario nous parait avoir réduit le modéle astrologique à une

représentation extrémement simple, ce qui correspond à un contexte plus vraisemblable d »un état originel de ce savoir.

Autrement dit, plus un modéle se compliquerait et plus il s’éloignerait de sa conception première et plus il serait chargé de toutes sortes

de tentatives d’ajustement venant se surimposer, s’agglutiner.

Autrement dit,  retrouver, restituer et reconstituer  une astrologie originelle, c’est la rendre  à un certain état de scientificité et de simplicité, donc de falsifiabilité.

Or, force est de constater, au vu des vidéos que nous avons tournées, notamment lors des Dimanche Liberté de Didier Geslain (année

2013-2014 sur You Tube, au Café Le Falstaff, Paris-Bastille), que les astrologues en groupe  n’ont aucun scrupule, aucun état d’âme à faire appel,  collectivement, à toutes les ressources du « langage » astrologique quand ils veulent expliquer quelque chose à tout prix, une carrière, un caractère, un événement avec une grande diversité de moyens qui peuvent varier d’un cas à un autre, d’un astrologue à un autre si ce n’est que cela fait toujours appel  à un seul et même corpus, à la même accumulation de dispositifs, de régles qui se sont

juxtaposés et superposés au fil des siècles. On peut et doit ici parler de syncrétisme, c’est à dire d’une collection de méthodes initialement

en concurrence et qui ont fini par être jugées tout à fait  compatibles entre elles et  finalement indispensables à une « bonne » pratique de

l’astrologie.

En comparaison,  l’on notera que ce qui caractèrise la démarche scientifique c’est sa faculté à éliminer les « ‘solutions » qui ont été

remplacées par d’autres et qui ne doivent plus, au bout du compte, n’intéresser que les historiens des sciences. Que l’historien de

l’astrologie trouve un certain intérêt à explorer un tel corpus de techniques, de méthodes, est une chose, que l’astrologue de base

ait à porter le poids de tout un passé de « recherches » en est une autre.  Cela dit, si l’on en revient à la question du langage, force est

de constater que le langage est le fruit de telles accumulations de données et se prête mal au réformes, y compris celles relatives à

l’orthographe. Le langage  se trouverait  donc en porte à faux avec la Science et sert d’alibi à l’astrologie, disons même d’échappatoire

d’autant que c’est au travers du langage que l’astrologue va vouloir valider son travail, son savoir et qu’il considérera que si les mots

qu’il extrait de l’astrologie recoupent ceux en usage pour désigner ceci ou cela, il aura rempli son contrat.

Langage contre Science, tel est bien notre constat, le langage se présentant en vérité comme une contre-culture.

De quoi s’agit-il?  On pourrait parler d’une religion, d’une croyance dans les langues perçues comme des  savoirs à part entière.

L’astrologue se trouverait aux confins de ces deux empires que sont la Science et la Langue et ne cesserait en fait de « passer » d’un côté et

de l’autre de la frontière, d’autant que la Science passe par le langage et le langage par la Science, du moins jusqu’à un certain seuil.

On peut se demander lequel de ces deux empires l’emportera sur l’autre mais selon nous, l’avenir du langage « sauvage » est fortement

menacé.

Au cours du xXIe siècle, nous nous attendons en effet à une désacralisation du langage courant et ce pour deux raisons: l’une qui

veut que le langage apparaisse toujours plus comme un outil qui doit être jugé en tant que tel, donc susceptible d’évolution,

d’amélioration, de correction et l’autre qui tient, selon nous, à l’emprise accrue de l’économique sur le « commerce » -(Mercure)  des mots.

Il n’est pas loin le temps où les mots seront perçus comme une ressource culturelle propre à un pays donné et qui doit entrer en ligne

de compte dans la balance de ses comptes. Nous pensons ainsi à la suite de’ l’affaire de la BNP du fait du recours de cette banque aux

dollars dans ses transactions, qu’il sera mis sur le tapis le droit de regard de la France sur l’usage de ses mots.

Sur le premier point,  nous dirons  que l’on devrait commencer à exiger d’une langue qu’elle comportât  une structure rigoureuse qui le

cas échéant devra être rétable quand elle s’est corrompue. La langue cesserait d’être un espace de liberté qui se développerait

n’importe comment, et de façon  imprévisible ce qui parfois nous semble être le propos des évolutionnistes post-darwiniens soit dit en

passant. Sur le second point,  toutes les langues ne sont pas « égales » et certaines ont joué un rôle majeur et unificateur, constituant ainsi

des empires avec tout ce que cela comporte d’hétérogénéité mais aussi de convergences structurelles. Le français en ce sens – ce qui n’est

pas assez reconnu par les historiens, rayonne sur un empire considérable (qui englobe notamment l’anglais) et à l’échelle du deuxiéme millénaire  aura été la langue dominante, non pas tant par le nombre ou la qualité de ses locuteurs mais par la dette qu’ont contracté diverses langues lors des emprunts de mots. La chose est parfaitement quantifiable et observable, notamment du fait de la numérisation et d’Internet. On est là en face d’une nouvelle économie qui concerne des objets duplicables. C’est toute la question du piratage qui se pose

pour la science économique. L’économie ne peut plus se limiter au modéle pétrolier. Celui qui consomme du pétrole doit repayer pour

en avoir davantage  alors que celui qui consomme des mots peut en faire un usage gratuit et ce indéfiniment. Tout comme il y eut il y a  40 ans un choc pétrolier, il faut se préparer à un choc  linguistique. Ce sera là l’objet d’une guerre entre linguistes, les linguistes

anglophones étant payés pour déclarer que les mots français sont d’origine latine et autres billevesées de mauvaise foi du même acabit

qui ne sont au bout du compte que des refus de payer ce que l’on doit et devra. Le fait que l’Angleterre sorte de l’Europe permettra à

l’Union Européenne, prenant en charge les intérêts de la France,  de mener une telle campagne  dont les enjeux économiques sont

colossaux car une des ressources majeures de l’Europe, c’est bel et bien la langue française, à l’horizon des prochaines décennies..

Pour en revenir aux astrologues,  nous dirons que leur rapport à la langue est lié à de fausses représentations. La langue reléve bel

et bien du domaine technologique et se doit d’avoir un mode structurel rigoureux sans doubles emplois, sans redondance. .C’est une

chose trop sérieuse pour être laissée aux « locuteurs ».

En tant qu’historien de l’astrologie,  on peut d’ailleurs se demander si  le XVIIe siècle n’a pas joué un rôle majeur dans notre rapport tant aux langues qu’aux textes – qui ont les mots en commun comme chacun sait. C’est en ce siècle que se développe la critique biblique qui

décompose et déconstruit les Ecritures (cf notre post-doctorat sur Giffré de  Réchac,  EPHE Sciences Religieuses, 2007) mais c’est aussi en

ce siècle que parait la Logique de Port Royal, qui comporte en son prologue une vigoureuse attaque contre l’astrologie, autrement dit

la naissance de la linguistique moderne. Or,  l’on sait que le déclin de l’astrologie date de cette époque avec notamment cette date

emblématique de 1666 – qui ne correspond certes pas à quelque Edit de Colbert- mais qui avec la fondation de l’Observatoire et de l

Académie Royale des Sciences,  met en cause le statut de l’astrologie et contribue à sa « dégradation ».

JHB

10. 07 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’enseignement de Manilius poéte et astrologue latin

Posté par nofim le 9 juillet 2014

 

L’astrologie non planétaire de Manilius

En hommage à René Alleau

par Jacques Halbronn

 

 

René Alleau a fait paraitre dans la collection

Bibliotheca Hermetica, au cours des années 70 du siècle

dernier, 4 textes importants de la littérature astrologique.

En 1970 le Manilius avec une présentation par lui-même

(traduction française d’Alexandre Pingré), puis

en 1974 la Tétrabible de Ptolémée avec une présentation

de Sylvain Matton puis en 1975 et 1977 deux ouvrages dont

nous avons eu la charge, respectivement un Morin de

Villefranche (au sujet notamment de Ptolémée)

et un Abraham Ibn Ezra (assez fortement influencé par

la Tétrabible) . Nous avons décidé

de revenir sur ces 4 ouvrages rédigés en 4 langues

différentes (grec, latin, français et hébreu) – pour la

Tétrabible, nous nous sommes limités pour l’heure

au Premier Livre- et nous terminons notre

approche par la poésie scientifique latine de Manilius

- le poème est adressé à l’empereur romain Auguste-

qui est le plus ancien des 4 et qui précède d’un siècle le Ptolémée.

Manilius commence par présenter son idée de la genèse

du savoir astrologique qui correspond assez bien au discours

tenu actuellement par les astrologues/ L’astrologie serait née des

observations et des corrélations. Pour notre part, nous

pensons que l’astrologie (logos) est une loi articulée sur les astres

et non une loi des astres.(nomos).

Le Livre I est un exposé qui combine allégrement astronomie et astrologie et

s’intéresse aux constellations non zodiacales.. Au Livre II,

Manilius aborde certains dispositifs proprement

astrologique: « six sont masculins, les six autres d’un sexe

différent » Mais il ajoute  » Le premier de ceux-ci est le

taureau ». Or, au Livre I, Manilius avait ainsi décrit la

succession des signes : »Après lui, le verseau vide son

urne inclinée, et les poissons reçoivent avec avidité

l’eau qui en découle ; c’est leur élément naturel : suivis

du Bélier, ils sont les derniers signes célestes »

Cela recoupe nos travaux concernant le fait que le bélier n’est

pas le premier mais le dernier signe du Zodiaque, ce qui

fait bien du taureau le premier signe, du moins dans le

système concerné et recoupe la tradition de l’Inde. Cela est

attesté selon nous par le dispositifs des exaltations.

Mais le texte de Manilius n’est pas homogène car à un autre moment

on lit que le Bélier « commence le printemps. » Mais ailleurs

on peut lire « l’hiver commence au sagittaire , le printemps

aux poissons »!

On note aussi toute l’importance accordée à l’alternance de signes

masculins et féminins mais si le Taureau est le premier signe,

ce sont les Gémeaux qui sont un signe féminin. En effet,

la symbolique de ce signe est analogue à celle de Vénus et

de ses « enfants » (Planetenkinder). Elle correspond au niveau

des mois de l’année au « temps des amours » au mois de Mai

d’où l’iconographie représentant souvent un couple

enlacé.

Manilius atteste de sa connaissance des triplicités mais

sans aucune mention des Quatre Eléments, également

absents de la Tétrabible pour qualifier les douze signes.

Un point important qui doit retenir toute notre attention

concerne ce que Manilius dit des aspects d’autant que

Ptolémée n’est pas clair sur ce point (alors qu’il lui est

postérieur) :

« Les degrés (…) sont au nombre de 360 : le tiers de ce

nombre doit former le côté du trigone (…)Or vous ne

trouverez pas cette somme si vous vous contentez de

compter depuis un signe jusqu’à l’autre au lieu de

compter depuis tel degré du premier signe jusqu’à

pareil degré du second (..) si vous comptez depuis

le commencement du premier signe jusqu’à la fin du

cinquième [par ex. du bélier au lion], la somme s’étendra

jusqu »à 150° (…) On se tromperait également en suivant

le même procédé par rapport aux signes tétragones » ( soit des

carrés)  » Idem pour l’hexagone, c’est à dire le sextile qui

sont axés sur le sexe : « Ils ont entre eux de affinités

fondées sur la ressemblance du sexe ». En revanche, selon

Manilius, « ‘les signes qui se touchent ne peuvent former entre

eux aucune liaison ; l’amitié ne peut être entre ceux qui

ne se voient point (…) Les astres voisins sont d’ailleurs

constamment de signes différents » Mais cela vaut aussi

pour le carré. Manilius à la différence de Ptolémée ne voit

pas l’opposition comme un aspect difficile: « de la ressemblance

de sexe nait une bonne intelligence réciproque (…) les signes

opposés sont tous les deux de même sexe’ Mais ajoute

Manilius  » cette ressemblance de nature a moins d’énergie

que l’opposition des saisons (…) Il n’est point étonnant que

de tels signes ne puissent s’accorder entre eux ». Cela vaut

pour les signes solsticiaux . Mais les signes équinoxiaux

(bélier et balance) s’entendront entre eux car « les deux

saisons se ressemblent’

Passons à un texte fort connu de Manilius consacré aux

Maîtres des signes. ‘Notre soin principal doit être de rechercher

quels sont les dieux  qui président à chaque signe »/ On aura noté : Manilius ne parle

pas ici des planètes mais des dieux, ce qui nous conduit à penser que Ptolémée est

un réformateur de l’astrologie qu’il aura voulu relier fortement à l’astronomie.

« Pallas protège le Bélier, la déesse de Cythère (Vénus) le taureau, Apollon  (il ne dit pas le Soleil) les aimables Gémeaux/ Vous présidez Mercure à l’écrevisse (cancer) et vous Jupiter vous vous unissez à la mère des dieux pour gouverner le lion/  La Vierge avec son épi appartient de droit à Cérès et la balance à Vulcain qui l’a forgée. Le Scorpion belliqueux s’attache à Mars ; Diane (il ne dit pas la Lune !) protégé le chasseur, moitié homme, moitié cheval (le centaure/sagittaire) Le capricorne  rétréci (sic) est attribué à    Vesta. Le Verseau ; astre de Junon est opposé  à celui de Jupiter ; Neptune revendique au  ciel les  Poissons comme  originaires de son empire »

On est donc fort loin  du dispositif figurant dans la Tétrabible et qui se limite aux sept « planètes » et où les noms d’Apollon et de Diane sont remplacés par les dénominations astronomiques (Soleil et Lune), ce qui produit un ensemble hétérogène, astronomico-mythologico-astrologique qui caractérise bien l’astrologie actuelle et son syncrétisme.  La disposition des dieux n’a d’ailleurs rien à voir chez les deux auteurs. On note qu’il y a égalité entre le nombre de dieux et de déesses chez Manilius alors que seules Vénus et la Lune sont des déesses  dans le dispositif de la Tétrabible.

Si l’on examine le dispositif de Manilius, la Lune en Sagittaire s’oppose au Soleil en Gémeaux

Vénus en taureau s’oppose à Mars en scorpion. Jupiter en lion fait pendant à son épouse Junon en verseau.  Mais il ne s’agit là que de divinités et non de planètes sauf pour les luminaires lesquels en fait sont désignés par leurs appellation mythologique et non astronomique, à la différence de ce que fait Ptolémée.

On note l’absence de Pluton mais aussi de Saturne.  On ne saisit pas bien le sens de l’opposition Neptune-Cérès ni ce qui fait couple entre Pallas et  Vulcain,  entre Mercure et Vesta  si ce n’est que chaque fois on a un dieu et une déesse, ce qui nous semble de fait un point  essentiel qui n’est pas respecté dans le dispositif de la Tétrabible où certes l’on retrouve Mars-Vénus alors que Mercure s’oppose à Jupiter, soit deux dieux. L’absence de Saturne retient notre attention car il est

possible que le dispositif de Manilius soit activé par le passage de Saturne, justement, à travers les 12 signes. On notera que les astrologues modernes sont allés dans le sens de Manilius en ce qui concerne Cérès attribué souvent  à la Vierge et Neptune généralement lié aux poissons.

Autre page célébré, celle de l’Homme Zodiaque. Et cette fois Manilius place le bélier à la tête « en tant que chef des signes » jusqu’aux poissons  qui « exercent leur juridiction sur les pieds »

Manilius note une certaine incompatibilité entre  trigones réunissant pourtant des signes de même sexe mais opposés/ Il déclare qu’il y a « de l’affinité  entre les signes d’un tétragone (carré) » En cela

Manilius diffère de Ptolémée qui voit dans le carré un aspect conflictuel du fait de la différence des sexes des deux signes concernés.  L’auteur voit plus le conflit dans les signes opposés  mais pas , on l’ a vu, dans le cas du bélier et de la balance, deux signes équinoxiaux.

Sur le terme dodécatomérie,  Ptolémée pense que cela concerne un signe, un douzième du cercle alors que Manilius pense que c’est un douzième de signe, soit deux degrés et demi.

Sur les maisons, Manilius déclare « La nature de la maison est plus forte que celle du signe » Il nous semble que Manilius – qui ne numérote pas les maisons- les situe à l’inverse de la pratique actuelle, c’est-à-dire  en commençant par les maisons au-dessus de l’horizon.   Pingré a donc tort de donner en note les numéros habituels des maisons.

Manilius expose ici un  système qui  associe les planètes aux maisons (« joies » cf. notre étude sur ce sujet) On retrouve l’opposition Soleil-Lune,  avec comme noms Dieu et Déesse pour les maisons correspondantes.

Passons au Livre III  des Astrologiques.

Etrangement,  Manilius semble distinguer entre les 12 maisons et les 12 « sorts ».  On a là deux dispositifs qu’il tente de différencier.  Que recouvrent les « sorts » ?

« Tous les travaux, toutes les professions, tous les arts , tous les événements qui

peuvent remplir la vie des hommes, la nature les a rassemblés et les a divisés en autant de classes qu’elle avait placé de signes au ciel »

Dans  le Livre IV, Manilius  revient sur les dieux attribués à chaque signe et en fait propose carrément une caractérologie zodiacale dont on peut penser qu’elle concerne plutôt l’ascendant que la position du Soleil : « Je vais d’abord détailler  par ordre les mœurs, les affections, les inclinations, les professions vers lesquelles nous sommes entrainés par les signes célestes. Il part carrément de la symbolique du signe.  « Le bélier dont la riche toison  produit des laines si utiles espère toujours la renouveler lorsqu’elle lui est enlevée’ Suit tout un discours sur le déroulement de la vie du signe et de même pour les 11 autres signes. Et Manilius de conclure sa galerie de portraits (qui n’a guère à envier aux

Caractères de La Bruyère)  « Telles sont les mœurs, telles sont les occupations que les douze signes

Inspirent  à l’homme naissant » Mais il ajoute que chaque signe se divise en décans – division reprise dans les horoscopes de presse à leurs débuts. Il y a 36 décans.

Manilius signale des degrés critiques pour chaque signe. Plus loin, il note le signe qui se lève à la

Naissance, donc l’Ascendant  « Ceux dont la naissance concourt avec le lever des premières étoiles du Taureau sont mous et efféminés (…) Quand la noire écrevisse commence à s’élever » (…) Lorsque la balance (..) commence à  s’élever sur l’horizon  (…) Cherchez-vous un homme intègre ; irréprochable ; d’une probité éprouvée, c’est sous l’Ascendant des premières étoiles du verseau que vous le verrez naitre »

Livre V  Ce cinquième livre est tout plein des constellations. Cela ne fait que confirmer le fait que tout ce que dit Manilius sur l’Ascendant concerne bel et bien les constellations et non les « signes ».  Cohabitent chez cet auteur le référentiel saisonnier et le référentiel stellaire. Le mot Horoscope d’ailleurs par son étymologie comporte cette dimension visuelle (scope) et d’ailleurs que signifie un ascendant vide de planètes ? Il est clair que l’Ascendant comporte inévitablement au départ des étoiles (fixes) car il y a bien plus d’étoiles que de planètes et donc il était impossible qu’il n’y ait tôt ou tard un astre qui se lève à la naissance d’un nouveau-né.

Conclusions :  les études que nous avons basées sur ces 4 volumes parus dans les années 70 ont constitué un bagage pour nombre d’astrologues. Nous soulignerons tout particulièrement l’importance accordée à la dialectique sexuelle qui se sera singulièrement estompée de nos jours.

Chez Manilius, il y a équilibre entre le nombre de dieux et de déesses sans la moindre référence aux planètes que d’ailleurs il ne mentionne même pas tout au long de ses cinq livres. Manilius expose  une astrologie des étoiles bien plus que des planètes  et pourtant il prend la peine de préciser que les aspects ne concernent pas seulement les rapports entre signes mais que cela implique d’indiquer les degrés, ce que ne fait pas Ptolémée qui n’aborde même pas ce point et en reste à des relations de signe à signe.  Le seul facteur  mobile que Manilius  semble envisager est l’Ascendant.  Comme nous l’avons dit ailleurs, Ptolémée nous apparait comme un réformateur de l’Astrologie, à l’aune de l’astronomie et non comme un simple compilateur –comme on voudrait nous le faire croire- se contentant de transmettre la « Tradition », ce qui est très loin d’être le cas.

JHB

09. 07. 14

 

 

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Poésie et philosophie: deux espaces de liberté

Posté par nofim le 7 juillet 2014

Le Surmoi linguistique et ses antidotes: philosophie et/ou poésie

par  Jacques Halbronn

 

La faculté d’improvisation collective est de plus en plus

compromise ou de plus en plus défaillante, même en musique,

en sport  d’équipe (foot ball) et dans les cafés philo et autres colloques. Les gens

n’ont plus l’esprit  créatif d »équipe et ne parviennent pas à

conjuguer leurs efforts, à produire une véritable synergie.

Autrement dit, sans un puissant Surmoi,  le groupe semble

impuissant à réaliser une performance intéressante et sans

le Surmoi, chacun joue « perso » et le résultat d’ensemble est

cacophonique.  Tout se passe comme si nous ne savions plus

harmonser les actions des uns et des autres, à coordonner

heureusement les initiatives.

En phase initiale d’un cycle, le Surmoi joue un rôle formateur

(formatage) -apprentissage du langage,  intégration sociale

normative- c’est un temps que nous qualifierons de féminin.

En phase  de maturité d’un cycle,  le Moi doit se dégager du

joug du Surmoi en se ménageant des espaces de liberté et de

contestation des régles, des clivages. Il ne s’agit plus notamment

d’apprendre à distinguer les mots, les sons, les sens – comme

le reléve la phonologie- mais au contraire à les rapprocher, à les

« synonymiser », en les considérant comme des équivalents.

C »est là un exercice plus propre aux hommes. Bien

des synonymes sont en effet liés à des emprunts linguistiques et

vouloir à tout pric distinguer un mot d’un autre est un exercice

assez vain, visant à légitimer après coup la diversité.  On est

dans une sorte de rationnement qui conduit  à ce que chaque

mot ne recouvre plus qu’un segment de plus en plus étroit. On

a pu observer le phénoméne en astrologie où l’intégration

de nouvelles planétes à partir du XIXe siècle a conduit à

rogner sur la répartition préexistante. Plus il y a de convives,

plus les parts seront petites.

Poésie et philosophie ont justement pour mission de limiter

le nombre de parts de façon à ce que chaque part soit plus

grosse. A la limite, si je dis que le monde se divise en deux,

cela produira des parts énormes mais cela implique que

toutes sortes de mots soient considérés comme équivalents,

interchangeables au sein d’un ensemble  plus vaste et face à

un autre ensemble. D’où la  différence entre philosophie et

psychologie laquelle va jouer sur la charge de tel ou tel

mot ou nom pour telle ou telle personne.

Il y a un temps pour les philosophes et les poétes, qui est celui

de la maturité, quand les choses se décantent et se simplifient,

où l’on prend de la hauteur (à l’instar d’un aigle) et il y a un

temps de la diversité qui est lié à l’absence de lumière, au

rétrécissement des perspectives. (à l’instar de la vache dans son

pré, son lopin de terre). Quand on n’ a pas de vue d’ensemble,

on n’a d’autre choix que de passer par la parole et cela fait

perdre beaucoup de temps car avec la vue, au contraire, un

« coup d’oeil  » suffit (c’est l’Augenblick allemand qui

signifie instant)

Le poéte qui fait ses rimes doit embrasser la totalité de

sa langue pour rapprocher des mots qui se ressemblent

par leurs finales (rimes) mais dont les significations semblent

peu compatibles.  Inversement, le philosophe -et on aura

compris que pour nous la philosophie se rattache à la

linguistique, à la sémantique’- aura à rapprocher des mots

qui ne se ressemblent pas formellement mais dont les

significations se  recoupent.

Un bon politique doit être un bon philosophe comme

disaient les anciens Grecs.  En ce sens, qu’il doit rapprocher

les points de vue mais aussi savoir dialectiser là où l’on

pensait qu’il n’y avait pas débat, doute.  Un publiciste, quant

à lui, devra être un bon poéte en  reliant des mots qui n’ont

aucun rapport mais qui parce qu’ils se ressemblent dans leur

forme n’en interagissent pas moins dans l’esprit du public.

Voilà pourquoi il y  a peu de femmes parmi les grands

poétes, les grands philosophes mais aussi les grands

politiques car elles sont par trop prisonnières des

définitions, des étiquettes. En fait, elles ne sont à leur place

qu’en début de cycle, dans les petites entités et dès que

l’espace s’élargit, elles sont déstabilisées. En ce sens, les femmess

sont dans le centrifuge et non le centripéte, sauf dans un

seul cas emblématique, quand elles revendiquent

l »égalité des hommes et des femmes.

Cette revendication nous semble en réalité totalement

étrangère à l’esprit féminin et c’est probablement une

invention des hommes dont on a dit qu’ils tendent à

relativiser toutes les différences, les cloisonnements. C’est

dire que les femmes sont en porte  à faux par rapport

à cette exigence de « synonymie »,elles qui sont si

sensibles aux moindres différences. D’où des revendications

égalitaristes maladroites et confuses où les femmes jouent

à contre -emploi un rôle qu’on veut leur faire jouer, où elles

sont instrumentalisées . En outre, la philosophie ne

saurait passer outre le principe de dualité. On ne peut aller

au delà du deux qui est le point d’achopement.Sinon on

se fait plus philosophe que les philosophes et l’on jette

le bébé avec l’eau du bain.

Dans le domaine scientifique  »dur »,  il en est de même, la

plupart des clivages sont un frein pour la pensée et ce sont

des verrous qu’il faut faire sauter.  Mais cette fois, cela

passe notamment par la question des atomes qui unifient

le champ des objets. Le numérique, également, a vocation

à unifier le monde matériel, au niveau des avancées

techniques.  .

Tout le génie humain, dans tous les domaines, passe

par la « synonymie », l’équivalence, la sensation des doubles

emplois et cela vaut aussi dans le domaine économique.

Les femmes réagissent frileusement face à de telles

« contractions » qui augmentent certes la taille des parts mais

limitent d’autant le nombre de convives, d’emplois.  Or, en

début de cycle, les femmes reprennent leurs droits car

chaque enfant a besoin d’une mère (sauf pour les

jumeaux, les triplées) à la différence d’autres espéces qui

pondent d’innombrables oeufs. En fait, c’est la naissance

qui crée de l’absurde et non la mort car pour se reproduire

les hommes doivent se diversifier, au regard du nombre de

femmes même s’il faut peu d’hommes pour produire beaucoup

d’enfants. La procréation constitue un extraordinaire

goulot d’étranglement qui conduit tout processus d’ouverture

à revenir vers la fermeture, le temps d’un nouveau processus

cyclique..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les femmes et l’émergence de la radio

Posté par nofim le 6 juillet 2014

Les femmes et le phénoméne de la TSF: l’image occultée

par  Jacques Halbronn

 

La radio (TSF) reste un média important tout comme le

disque (CD) parallélement à la télévision et au DVD. Elle

correspond quelque part  à une culture paralléle. Mais on ne

saurait oublier que la radio a précéé la télévision et que le

disque a précédé le cinéma parlant, qui ne se met en place

qu’au début des années Trente du siècle dernier. Mais

le textes sans l’image de celui qui le produit, le  véhicule, fait

aussi probléme et cela remonte bien plus en amont, notamment

à l’invention de l’imprimerie (Gutenberg).. La télévision  en

direct reste le lieu qui permet la plus grande authenticité et

authentification d’autrui. Comme dirait Lévinas, on voit les

visages et cela nous parle et notamment le regard quand il se

porte vers un texte au lieu de s’adresser directement à nous.

Les média sont un espace qui favorise voire encourage

le jeu de l’imposture.

En général, à la radio, l’on peut se rendre compte, si l’on est

exercé, si quelqu’un lit un texte ou  parle « librement » sans

recours à quelque support qui peut laisser penser que ce n’est

vraiment lui qui parle, en dépit des apparences (mot qui

en principe renvoie au visuel)

Nul doute, en tout cas, que la radio occulte les différences entre

les personnes et  les nivelle. C’est donc un espace particulièrement

favorable à tout dépassement des distinctions de niveaux,

d’autant que l’absence de visuel nous prive de certaines

informations et données (âge, sexe, race etc) que la voix, quand

elle est  seule à s’exprimer, peut travestir.

Cela dit, la lecture à voix haute  est un hommage rendu par

l’oral à l’écrit et cela nous interpelle car cela nous conduit

à penser (le présent nous renseignant sur le passé plutôt

que l’inverse) que l’oral dépend de l’écrit, la femme de l’homme,

dont elle serait  comme un prolongement si l’on accepte

l’équation écrit: homme et oral  femme (caverne sans lumière).

Ce qui nous choque le plus, ici, c’est la tentative de la part

de celui qui lit un texte qu’il est bel et bien en train de le lire. Il

veut faire oublier qu’il le lit en mettant  le  « ton »,  en lui

donnant « de la vie ». C’est le paradoxe du comédien (Diderot)

Le texte sous sa forme écrite, quelque part est mort et l’oralité

le ressuscite,  le réchauffe (micro-ondes), le texte écrit est

comme un excrément de la pensée et cela vaut aussi pour

une partition « jouée » par un interpréte qui se l’approprie

au point d’en faire oublier le véritable auteur, qui fait écran

avec lui.

Le fait de lire met en évidence une telle dépendance mais

cette information est  volontiers  supprimée par le

« par coeur ».  A l’école, on apprend à lire  mais aussi à

réciter (de mémoire) et la récitation fausse encore plus

la perception en faisant disparaitre le support, mis de côté le

temps de la performance.. On a là tout un apprentissage

de l’imposture qui est lié au recul de l’analphabétisme, lequel

aura grandement favorisé la « progression » sociale des

femmes en en faisant des instruments dociles et non plus

des électrons libres.  La lecture orale  enchaîne  les femmes,

les asservit. La question qui se pose à l’anthropologie du

langage est de savcir si la parole orale est née indépendament

de l’écrit ou comme un mode de traduction de l’écrit, de

l’idéogramme, pour un monde de non-voyants.(équivalent auditif au

braille, pour le toucher).

Initialement selon nous, l’écrit ne fait que transcrire des gestes

en les figeant et nous fait passer d’une technologie interne à

une technologie externe faisant appael à du non-humain:

l’argile, le papyrus, le parchemin, ce qui permet de perpétue

le geste. De nos jours, la vidéo a l’avantage de capter le

geste sans que celui-ci puisse être approprié sinon par  une

recréation. Mais sans l’appui du support écrit, la plupart

des « interprétes » (lecteurs) seraient réduits au silence. Que

vaut un pianiste sans une partition qu’elle soit visible ou qu’elle

ait été mémorisée quand on sait qu’il serait le plus souvent

incapable de recréer une oeuvre par ses propres moyens

« internes ». Entendons par là non pas la copier mais s’en

inspirer.

On voit que le progrés technique externe  favorise

singulièrement les prétentions égalitaires des femmes qui

se réduisent le plus souvent à du copier-coller du travail

masculin (en interne).  C’est pourquoi, pour notre part, nous

avons accordé notamment depuis 2008 (avec la création

de notre « station »  télévisuelle sur Internet) la priorité à

une parole systématiquement associée à l’image. Or, force

est de constater  que le début du XXIe siècle aura été

marqué  par un retour en force de l’écrit (SMS, website), qui

reste un aliment  privilégié pour es femmes en ce qu’elles

peuvent aisément l’oraliser.(ce qui sera d’ailleurs de plus en

plus vrai pour les machines). La radio occulte le rapport

à l’écrit  et l’écrit lui-même fait probléme en ce qu’il se prête

à une « translation » orale -ce passage de l’écrit à l’oral est

d’ailleurs le véritable enjeu, à l’origine, de toute « traduction »,

laquelle n’est pas tant le passage d’une langue dans une autre

que celui d’une société à une autre, quand ces sociétés ont

des modes de fonctionnement différents, ce qui est le cas

-dimorphisme oblige- pour ce qui est des hommes et des

femmes  héritiers de processus évolutifs différents.

Il est clair que la radio privilégie outrageusement l’ouie et

donc le féminin en une sorte de bruit incessant alors que

la télévision peut très bien relayer le son par l’image et en cela

elle conviendrait mieux aux hommes.  Il faudrait en ce

sens s’interroger sur  les générations qui ont grandi avec

la radio et celles qui les ont suivies qui ont grandi avec la télévision.

même si une élite avait accés à la télévision avant les

autres, dès les annes cinquante-soixante ce que l’on peut  considérer comme ayant été

un atout et un gage d’inégalité ( Bourdieu)

 

 

 

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JHB

06 07  14

 

 

 

 

 

 

 

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Les femmes et les mots

Posté par nofim le 4 juillet 2014

Les femmes et le racisme des mots

par  Jacques  Halbronn

On sait que les femmes ont tendance à condamner  toute

discrimination liée au visuel comme si le visuel  n’était pas

porteur d’information et de signification. On nous présente

comme un progrès ce que l’on pourrait appeler une sorte de

synonymie sociale consistant à dire que ce qui est perçu

visuellement comme différent, du fait de racines différentes,

doit être néanmoins  vécu comme semblable.Mais les femmes,

elles-mêmes, font preuve de ce que l’on pourrait appeler un

« racisme » des mots dont on peut se demander s’il n’est pas

encore plus problématique. On tomberait alors de

Charybde en Scylla!

Se pose la question d’un manichéisme propre au sexe

féminin. Il semble que, pour les femmes, les mots ne soient pas

du tout interchangeables alors que les gens le seraient et  ce

serait l’inverse chez les hommes.

Cette difficulté avec les mots de la part des femmes est-elle

handicapante? D’abord, elle est liée, pour en revenir à notre

anthropologie de la sensorialité à l’importance accordé

au langage dans le cadre d’un habitus nocturne, qui ne

peut gérer le visuel. Autrement dit, chaque sens sous tend

un certain type de repéres qui lui sont propres et vouloir

que telle population renonce aux repéres qui sont les siens

fait probléme. D’où l’intérêt de mettre en évidence des

paralléles dont on n’a pas forcément conscience.

Discuter avec une femme se heurte en effet, fréquemment, à

son rapport aux mots qu’ils soient chargés positivement ou

négativement.  Tel usage sera à ses yeux rédhibitoire. Force

est de constater que les repéres générent des préjugés lesquels

relévent de généralités visant à prévoir et à se protéger.Il

n’est pas neutre pour une femme d’employer tel  ou tel mot et

ce .d’entrée de jeu.

Dans bien des domaines de la connaissance, de la recherche,

la fixation sur les mots a un effet inhibant sur la pensée. On

tend alors  à cloisonner, à instaurer une sorte d’apartheid

des mots maudits.

Il est un fait qu’il est apparemment plus aisé de changer

de langage que de peau. Mais il semble que pour les femmes,

nous soyons toujours trahis par les mots que nous proférons.

On entend souvent « il (ou elle) a dit », et l’affaire est entendue,

c’est le cas de le dire. On peut se  fâcher ainsi pour « un mot

de trop », le mot qu’il ne fallait pas dire..

Mais il y a évidemment en sens inverse, des mots dont

l’effet est « magique » et qui disposent favorablement une

femme. Tout serait donc question de mots. Cett fixation ne va

pas dans le sens du progrès pas plus en effet que le racisme et

l’intolérance sur un autre plan. Les empires ont vocation

à transcencer les différences  raciales, nationales tout comme

certaines théories visent  aussi  à relier des notions qui

étaint jusque là separées et distinctes voire incompatibles,

n’ayant « rien à voir ».

L’animosité des femmes face à certains rapprochements de

termes est somme toute comparable à certains rejets de la

part des hommes  sur le plan des apparences visuelles. Dans

les deux cas, on entend qu’il ne faut pas tout « mélanger ».

En conclusion, on l’aura compris,  les femmes tendent

à réagir à certains mots sensibles plus que les hommes, les

associations de mots sont pour elles très importantes et

elles ont le plus grand mal à dépasser ce stade car il constitue

un processus immunitaire , des antennes dont elles ne pensent

pas pouvoir se passer. C’ »est vital!

Tout compte fait,  le racisme des mots nous semble des

plus dommageables dans tous les domaines de la pensée et

cela explique les limitations que l’on ne peut que constater

chez les femmes. Il est probable que le racisme dont font

preuve les hommes pose aussi probléme mais force est de

constater que la mixité raciale  est un fait social bien

présent dans un grand nombre de sociétés, même si cela

conduit en effet à des limitations professionnelles.

On dira  que les femmes plaquent des mots sur les choses

alors que les hommes ne se privent pas de repenser les

connexions entre les mots, en faisant bouger les lignes, ce

qui déstabilise les femmes qui prennent les définitions des

mots pour argent comptant.

 

 

JHB

04. 07 14

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans FEMMES, LINGUISTIQUE, POLITIQUE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Le pré-structurel, le structurel et le post-structurel

Posté par nofim le 3 juillet 2014

 

La reconstitution du passé : les méthodologies

Par  Jacques  Halbronn

 

L’historien est conscient de ce que le passé  ne lui parvient que très incomplètement et imparfaitement et  notamment du fait qu’il ne peut en prendre connaissance qu’indirectement et partiellement.  Cela pose d’emblée la question de l’épistémologie de la science historique pour le XXIe siècle.

Nous sommes pour notre part en faveur d’une synthèse entre approche synchronique et approche

Diachronique. Nous avons  remarqué, à maintes reprises, que certaines anomalies structurelles nous mettaient sur la voie de certains décalages dans la genèse d’un texte, ce qui nous conduit à dire que le présent nous permet d’accéder au passé plus encore qu’au futur. D’aucuns s’imaginent que le passé est une « donnée », est un « fait » alors qu’en réalité,  la carte n’est pas le territoire et que cette carte doit être décryptée si l’on veut appréhender plus avant le « territoire »

Un principe que nous posons d’entrée de jeu est que notre objectif doit être de faire apparaitre dans le domaine des sciences sociales, de la textologie, des langues,  un ensemble fortement structuré. On ne dira pas qu’un tel ensemble est premier car il est structurant de ce qui le précède mais c’est  sur ce plan qu’il nous semble qu’il faut nous situer. Telle est la leçon que l’on peut tirer du structuralisme, c’est que depuis fort longtemps, les humains ont eu le sens de la structure et ont voulu structurer le monde, donner une forme à la matière. Et c’est cette forme qui souvent est atteinte et troublée et qu’il faut en quelque sorte « soigner » quand il y a pathologie de l’épistémè

(cf. nos travaux sur le site hommes-et-faits.com), dysfonctionnement.

Contrairement à ce que l’on croit volontiers, le structuralisme critique  nous permet de détecter certaines aberrations et donc de remonte, diachroniquement, dans le passé, comme en psychanalyse.

Certes, on ne dira pas qu’il est inutile de collecter des vestiges du passé, de les placer dans des musées, dans des bibliothèques mais nous pensons que  ce qui reste à portée est nécessairement porteur du passé. On peut ainsi reconstituer la genèse d’une langue à partir de son état présent en explorant son aspect actuel et en tirant des enseignements sur ses états successifs. Et cela vaut tout autant pour aborder la genèse d’un texte. Même une œuvre musicale contemporaine porte en elle-même les étapes qui l’ont précédée. Le passé est tapi dans le présent bien plus que ne l’est le futur.

En effet,  toute genèse est  vouée à subir toutes sortes de contingences et celles-ci sont par définition

Imprévisibles, sauf justement s’il apparait que ce ne sont pas des contingences, évidemment !  L’historien ne saurait faire abstraction des contingences qui ont fait du présent ce qu’il est. En revanche, il ne saurait annoncer un futur qui est à la merci, peu ou prou, des dites contingences. Nous en parlons,  en connaissance de cause, du fait de nos travaux en cyclologie. Aucun modèle ne peut prévoir toutes les perturbations qui l’affecteront. En revanche, ces perturbations pourront être détectées de par les effets qu’elles auront générés.  Nous nous situons donc aux confins de la diachronie et de la synchronie.

A propos de cyclicité,  nous sommes ici obligés d’exposer notre modèle. La phase structurante correspond,  pour ainsi dire, au lever du jour, au début du printemps. Elle est donc précédée par une phase « nocturne », « hivernale » avec très peu de visibilité. Notre propos est ici d’accéder au passage de la phase de non visibilité à la phase  de visibilité. Et  ce passage se caractérise par un effort de structuration que nous pouvons restituer si l’on accepte pour postulat que les humains – ou en tout cas certains d’entre eux- ont un penchant inné pour les agencements symétriques, géométriques.

Or, bien des historiens ne semblent  guère ambitionner  d’accéder à cet « état » et se contenter des

« données » disponibles aussi confuses et désordonnées soient-elles en ce qu’ils cherchent à accéder à un état pré-structurel, « nocturne ». En réalité, c’est à un état post-structurel qu’ils parviennent.  Il y aurait donc une conflictualité entre historiens au regard du statut de la structure dans son rapport avec les objectifs de la science  historique.

Si l’on prend le cas de certains dossiers que nous avons longuement étudiés comme celui du Zodiaque et de tout ce qui vient s’y greffer ou comme celui des Centuries ou de l’Anglais, nous assistons à des joutes assez remarquables entre historiens.

I Le corpus  astrologique

La littérature astrologique telle qu’elle nous est parvenue, telle qu’elle s’est conservée nous fournit un certain corpus  sous une forme qui se voudrait synchronique. La recherche est pénalisée par le fait que l’on ne remonte pas assez loin dans le temps, faute de documents. Or, tout laisse à penser que les perturbations –post-structurelles – majeures que le dit corpus a eu à subir sont antérieures à l’ère chrétienne.

Mais, comme nous l’avons expliqué, la mise en évidence de certaines incohérences nous permet de remonter dans le passé tant d’un point de vue structurel qu’accidentel. Il est en effet bien difficile d’occulter totalement le passé, d’en éliminer toutes les traces et l’historien nous apparait comme une sorte de détective. D’ailleurs, le charme du roman policier ou de la série policière, à la télé, ne résiderait-il pas avant tout, de Sherlock Holmes à Hercule Poirot, dans la capacité prétendue de reconstituer le passé à partir du présent alors même que les « criminels » parient sur une impunité liée à une forme d’impuissance à ce faire ?

Le corpus astrologique dont une des pièces maîtresses est la Tétrabible de Claude Ptolémée d’Alexandrie (IIe siècle de notre ère) nous fournit une série de dispositifs, d’agencements (planètes, dieux, signes, maisons, éléments, aspects) qui constituent le cœur du système astrologique et les dits dispositifs comportent des anomalies, des glissements (shift) qui nous renseignent sur certaines perturbations, liées notamment à la tentative de la part de certains auteurs de l’Antiquité, à connecter astrologie et astronomie en vue de quelque « renaissance », d’un ressourcement qui ramène l’astrologie à un stade « pré-structurel ». En effet, le piège du recours aux « sources », c’est de remonter trop  haut dans le temps. Tout le processus de structuration matricielle de l’astrologie aura consisté en une instrumentalisation de l’astrologie, du cycles des saisons mais non à un alignement sur ces données brutes.

Le probléme, c’est que cet état structurel de l’astrologie ne serait pas « attesté » par les textes et que nombre d’historiens croient se montrer rigoureux en  s’en tenant aux « faits ».  Le chercheur devrait se donner comme limite, à les entendre, de retrouver le document d’époque venant valider la reconstitution.

 

II   Le corpus nostradamique

On reprendra nos conclusions déjà exposées largement ailleurs (cf. notre article in Revue Française d’Histoire du Livre, 2011 et ensuite Halbronn’s researches, sur le site propheties.it). Bien que l’on soit là en face d’un corpus infiniment plus récent dans ses origines que celui de l’astrologie (cf. supra), les historiens sont loin d’être d’accord sur la genèse du dit corpus. Cela tient notamment à l’existence de contrefaçons antidatées.

Ce procédé conduit à des discontinuités assez frappantes mais dont certains chercheurs tentent de minimiser la signification  et la portée diachronique en ce que certains documents  ne sont pas conservés. Ce qui a été conservé  primerait sur ce qui ne l’a pas été. Or, ce qui l’a été est porteur du passé, y compris du passé perdu.

Ces contrefaçons, qui, elles, ont été retrouvées, prennent notamment la place des pièces manquantes. Le dit corpus comporte pour les pièces datées du XVIe siècle un nombre assez limité d’éléments situés entre les années 1550 et les années 1600 et au-delà. Deux thèses sont en présence, l’une qui voudrait que du vivant même de Nostradamus, soient parus les Centuries – ou à la rigueur pour les dernières, deux ans après sa mort, donc en 1568 et qu’ensuite, des éditions défectueuses soient parues pour que l’on ne retrouve l’état « initial » qu’à la fin du siècle.  L’autre thèse, en revanche, qui est nôtre, déclare que  ces premières éditions sont des faux et que les premières éditions se sont formées selon un processus progressif.

On retrouve ici le débat autour de la dialectique du pré-structurel et du post-structurel, ces deux stades n’étant point sans présenter certaines similitudes.  Pour nous, les premières éditions relèvent d’un stade pré-structurel précédant le stade structurel de mise en place des Centuries sous une forme achevée et non d’un stade post-structurel de déperdition faisant suite au stade structurel.

 

 

 

III Le corpus  francophonique

Ce corpus s’inscrit chronologiquement entre les deux autres puisqu’il traite de l’expansion de la langue française aux dépens d’autres langues du nord de l’Europe (germanique et slave en particulier). Cf. notre étude in Revue Française d’Histoire du Livre 2011)

Ce qui nous a spécialement intéressé ce sont les emprunts de l’anglais au français, processus qui a radicalement changé  l’état antérieur de l’anglais que l’on peut qualifier de pré-structurel par rapport à l’anglais « moderne » – la conquête normande de l’Angleterre au XIe siècle constituant un repère historique qui n’épuise nullement la problématique traitée.

Mais ce qui nous aura le  plus intéressé tient au fait que le cas de l’anglais nous renvoie à celui du français dans la mesure où le français actuel est « post-structurel », c’est-à-dire qu’il ne saurait prétendre tel qu’il se présente ici et maintenant, comme étant conforme à son projet initial, non pas pré-structurel (ce qui renverrait au latin) mais bien structurel.  C’est en fait à partir d’une confrontation entre le français moderne et l’anglais moderne que l’on pourra, selon nous, remonter vers l’état structurel et vers une systématique parfaitement explicite.

Là encore, les avis sont partagés.  Nombre de linguistes tendent à refuser toute idée de retour à un état originel structurel et veulent croire que les langues sont prises dans un processus évolutif que l’on ne saurait présenter comme post-structurel puisque pour eux il n’y a pas d’état intermédiaire qui serait structurel entre le pré-structurel et le post-structurel mais une sorte de flux. Cette position est d’autant plus étonnante, à nos yeux, que tout indique le souci structurel des langues. Les linguistes des siècles passés n’ont-ils pas déduit qu’il devait exister une langue indo-européenne (Aryenne) qui serait à l’origine des langues connues ?

En fait, on continue à buter sur la question des documents. Faute de « preuves », notre thèse devrait être rejetée. Si l’on ne trouve pas une description d’époque du dit état structurel, c’est qu’il n’a pas existé ! Idem pour le corpus astrologique ou pour le corpus nostradamique.(cf supra)

Ce dont a besoin la science historique, c’est d’une dose plus importante de structure, de logique et pas seulement comme le pensait un Marc Bloch, dans les années Trente du siècle dernier (Nouvelle Histoire, Ecole des Annales) d’un apport des sciences sociales et autres.  Mais précisément, les historiens, s’ils veulent bien prendre en compte les résultats de certaines disciplines, n’entendent pas pour autant en adopter les méthodes.

En conclusion, nous évoquerons d’autres formes de recherche historique : d’aucuns nous annoncent que l’on pourra un jour voyager dans le temps (cf. Wells et sa « machine »), d’autres –et nous nous intéressons de près à ce type d’investigation- n’excluent pas de consulter, par l’intermédiaire de  médiums des « annales akashiques » où l’histoire de l’Humanité serait enregistrée.

Nous pensons, en tout cas, que l’intelligence humaine est capable sinon de reconstituer le passé dans son foisonnement pré-structurel comme post-structurel mais de se situer au niveau « structurel » qui correspond à un point d’équilibre certes fragile, éphémère mais déterminant.

JHB

03. 07  14

Publié dans ASTROLOGIE, HISTOIRE, LINGUISTIQUE, NOSTRADAMUS, prophétisme, symbolisme | Pas de Commentaire »

Les femmes dans leur rapport au langage: le roman genre féminin

Posté par nofim le 2 juillet 2014

Les  femmes et les genres littéraires

Par  Jacques  Halbronn

 

Le roman est un genre littéraire qui convient particulièrement bien aux femmes tant en tant qu’auteurs que lecteurs. Sa conception même est, selon nous, extrêmement révélatrice de la genèse du psychisme féminin.

Ce qui caractérise le roman, c’est qu’il est  autoréférencé. On n’a besoin de rien savoir d’autre que ce que son auteur nous fournit. A la différence, par exemple, d’un magazine dont la lecture suppose une large culture, du fait de ses allusions à des données qui lui sont extérieures. Il faut simplement se donner la peine d’enregistrer au fur et à mesure diverses informations qui d’ailleurs sont fictives (fiction) et ne valent que pour le roman concerné tant et si bien que le lecteur de cent romans ne pourra les connecter entre eux ni dans le temps ni dans l’espace, sauf dans le cas où l’auteur aura produit à lui tout seul  tout un ensemble comme Balzac et plus encore Zola et ses Rougon Macards.

Monde parallèle, donc, que le roman qui, quelque part, fait pendant au monde masculin plus proche de l’Histoire avec un  H majuscule que des « histoires » (stories).

Un autre genre assez proche, somme toute, est celui de l’autobiographie ainsi que celui du « journal  intime ». Cette fois, les faits relatés sont authentiques mais ils sont connus essentiellement par leur auteur, à la différence de la dimension universelle de l’essai, du traité philosophique, de la biographie, de la fresque historique. Une fois de plus, le cadre de ce genre des « mémoires » serait, selon nous, à classer dans le  processus féminin, encore qu’à la différence du roman, le lecteur sera aidé par sa culture pour mieux appréhender le contexte.

Cadre donc étroit que celui de ces genres littéraires et qui nous renvoient à ce que nous appelons (cf. Platon) l’âge des cavernes, lorsque une certaine humanité vivait dans un monde clos, « en vase clos » et sans horizons très étendus. Selon nous en effet, les femmes perpétuent un très ancien mode de vie qui fut celui d’une certaine humanité qui n’est pas la même que celle dont seraient issus les hommes (cf. les travaux, depuis 2003 sur la symbiose entre deux espèces humaines)

Les femmes ont plus généralement moins de motivation à développer ce qu’on appelle la « culture générale » que les hommes. Elles ne cherchent pas d’instinct à couvrir le champ le plus large possible mais se contentent de gérer les problèmes qui se présentent sur leur chemin, au propre comme au figuré. C’est le service minimum, le juste nécessaire sans excédent de  bagage.

Dès lors, ce déficit culturel qui les cloisonne et les spécialise va déboucher sur le roman ou sur des monographies extrêmement limitées sur la base de connaissances ponctuelles et pointues mais sans connexion avec un champ plus large de disciplines, la tendance étant à bien séparer les savoirs les uns des autres pour masquer une certaine saturation au-delà d’un  certain seuil quantitatif d’informations. D’où la mise en garde des femmes, faisant de nécessité vertu, contre la « dispersion ». On a dit dans d’autres textes que la meilleure façon de comprendre une femme est de la comparer à un aveugle qui parce qu’il ne voit pas met énormément de temps à se repérer dans un espace nouveau, inconnu, qu’il n’aura pas eu le temps de baliser. Il connait  à merveille son espace de vie et peut ainsi donner le change. Mais il ne faut pas le sortir de son élément car tout serait à refaire.

On notera, au demeurant, que les études de littérature sont particulièrement propices aux femmes et que c’est dans le genre du roman qu’elles seront parvenues aux réalisations les plus remarquables. On ne compte plus les romancières de valeur dans le monde de Virginia Woolf à Marguerite Duras. alors que le compte n’y est pas dès lors que l’on explore la présence féminine au plus haut niveau dans la plupart des autres domaines. Les femmes sont friandes de cette littérature où le livre est un objet qui se suffit à lui-même et qui se ferme en quelque sorte sur lui-même sans nous forcer à disposer d’un autre bagage que le langage, que les mots.

Il importe  à ce propos de nous intéresser aux rapports des femmes aux mots. Souvent nous avons été choqués nous entretenant avec des femmes quand elles  parlent de tel mot comme aussi réel qu’une table ou un verre alors qu’il s’agit d’un concept dont la définition n’est jamais figée. D’où d’ailleurs l’attachement des femmes aux dictionnaires lesquels font référence. Autrement dit, la culture féminine passe par une très grande précision dans l’usage des mots mais c’est aussi ce qui limite singulièrement tout débat philosophique ou scientifique quand précisément les connexions, les associations sont vouées à évoluer. C’est ainsi que les femmes en restent souvent au stade de l’apprentissage du langage de leurs premières années et toute remise en question de ce socle les déstabilise.  Il est vrai d’ailleurs que linguistiquement, on doit distinguer selon nous (cf nos études dans le domaine linguistique) entre le cœur de la langue qui est un agencement de séries de signifiants (comme un jeu de lego), à base d’un nombre restreint de radicaux, de préfixes et de suffixes, de déclinaisons et de conjugaisons et  la périphérie de la langue qui sert à désigner des objets que l’on peut toucher ou voir sur une carte (lieux géographiques) ou  dont on a la photo (noms propres, de personnes). On pourra dire que l’on a une langue centrale masculine et une langue marginale qui serait féminine. Ce qui pose des problémes au niveau de la didactique des langues. Faut-il commencer par apprendre comment on dit en telle langue un crayon, un cheval ou bien comment la langue s’organise-t-elle dans sa structure d’ensemble ? Il est clair que dans le cas du roman, la partie féminine de la langue joue un rôle important alors que dans celui du traité, c’est la partie masculine qui est la plus déterminante et laisse le plus de liberté à la pensée.

 

 

JHB

02. 07 14

Publié dans Culture, FEMMES, LINGUISTIQUE | Pas de Commentaire »

Le passage du médium au message

Posté par nofim le 2 juillet 2014

 

 

 

 

 

Le message est-il déjà dans le médium ?

Par  Jacques  Halbronn

Nous proposons ce texte en vue d’un débat prévu pour le dimanche 6 juillet 2014, dans le cadre d’un Café Philo, animé par Jean-François Paquelier. On prendra comme exemple, précisément, le cas de l’organisation d’un Café Philo en montrant que la façon dont la prise de parole est déterminée va affecter la production qui émanera du groupe concerné.  Cela signifie que l’outil de communication joue un rôle important au regard du message, défini comme ce qui « sort » du groupe des émetteurs.

Mais d’autres aspects retiendront notre attention comme le choix d’une langue. Si l’on est dans un colloque international et que l’on choisit telle langue comme obligatoire, cela avantagera certains locuteurs quant à la présentation de leur message lequel  sera facilité ou au contraire géné par un tel choix.

En fait, la question nous semble être de savoir si le message est aussi important qu’on a tendance à le croire.  On dit par exemple : donner signe de vie, donner un coup de fil,  envoyer une carte postale. Est-ce que la façon dont on se manifestera n’est pas secondaire en comparaison du fait même de se signaler ?  Dans les conversations, est-ce que le contenu est si crucial que cela, la plupart du temps ? On peut en douter. Autrement dit, on communiquerait pour communiquer et non pour transmettre un message en particulier. Il conviendra donc de relativiser le contenu du message et de se dire que ce qui compte c’est qu’il y ait message et donc ce qui compte ce n’’est finalement pas le message mais bien le médium, le message en lui-même devenant virtuel et accessoire. On peut notamment parler pour ne rien dire, pour éviter un silence génant, pour « meubler » la conversation avec n’importe quoi. De même on dira que l’on regarde la télé mais ce que l’on regarde est sans importance. On va au cinéma mais peu importe le film. Idem pour un concert. D’où l’article indéfini. On pourrait en dire d’ailleurs autant pour notre alimentation. L’important n’est-il pas de déjeuner et non ce qu’on mange ?

Le rapport entre nourriture et culture est intéressant car dans les deux cas (cf  nos textes sur

Malbouffe et malculture) on absorbe ou l’on fait absorber. D’ailleurs, la bouche sert à se nourrir  physiquement mais sert aussi à nourrir autrui mentalement par le biais des sons émis.

Une autre question que nous aimerions (nous ) poser est celui du contenu inhérent au médium choisi.  Est-ce que le médium comporte en soi un message, un savoir, ou est-ce qu’il est « neutre » ?

Les poétes, par exemple, semblent considérer qu’une langue a quelque chose à nous dire et ils l’interrogent et l’explorent, notamment par le biais de la versification qui relie des mots qui se terminent pareillement mais dont le rapprochement sémantique peut surprendre.

Certains diront que l’hébreu est porteur par lui-même d’une certaine « sagesse » en rapprochant des mots ayant même valeur numérique en convertissant les lettres de l’alphabet en chiffres.

Chaque langue influe sur nos associations de mots et d’idées et donc va influer sur certaines conclusions qui pourront émaner du groupe des locuteurs concernés par une langue donnée.

On se mettra plus facilement d’accord sur les liens à établir entre deux notions si dans une certaine langue elles sont associées alors qu’elles ne le sont pas dans une autre langue.

En fait,  le ton de la voix peut s’avérer plus porteur que le contenu du message surtout si l’on a du mal à comprendre la teneur du dit message, si c’est par exemple dans une langue étrangère ou peu  familière ou sur un sujet trop « pointu ».  Le moins que l’on puisse  dire est que la réception du message sera affectée par la perception que l’on a du médium,  son apparence, son âge, son sexe, son poids etc, toutes sortes de critères qui laissent à préjuger du traitement qui sera fait du dit message.

Le message se voit souvent réduire à la portion congrue : le signe de vie. Si  quelqu’un parle, c’est qu’il n’est pas mort. Maintenant, ce qu’il dit est secondaire et interchangeable.

On nous demandera où passe la frontière entre le message et le médium. Nous dirons que le médium est général et le message est particulier.  La télévision est un médium et peu importe ce qu’elle véhicule. Mais tel programme qui passera à la télé sera un message spécifique en un instant T. Le médium est comme un train dont il importe peu de connaitre l’identité des voyageurs, une maison dont il  est secondaire de savoir qui l’habite. Il y a une permanence du médium et une fugacité du message. Un lecteur de CD est un médium, le contenu de tel CD que l’on donne à « lire » est le message et ensuite il y aura un autre CD qui n’aura rien à voir et qui sera  un autre message. Un médium n’est pas réservé à un certain message, il peut en tout cas resservir pour autre chose.

On se demandera si les femmes ne sont pas d’abord des médiums, à l’instar des machines,  dont le message est indifférent alors que les hommes sont responsables de messages pouvant  être transmis par divers médiums.

En fait, la question que nous poserons est la suivante: est-ce

que le médium prévaut sur le message ou se substitue au

message ou plus  encore est indifférent au message? Ce qui

compte, entend-on dire, c’est que chacun puisse s’exprimer

et peu importe ce qu’il a à dire et de préférence, on insistera

sur l’égalité des temps de parole san considérer l’intérêt du

contenu. Il y a là un risque de nivellement par le bas qui

conduit à une certaine médiocrité.

Nous dirons que le médium  est le Surmoi et le message, le Moi

(Freud).  Dans le cas des langues qui sont les médiums, par

excellence, il y a un Surmoi qui est constitué des dictionnaires

pour l’usage des mots et des grammaires pour leur

traitement.  Or, selon nous, la philosophie a vocation à

rapprocher des mots qui sont jugés distincts en les posant

comme synonymes et interchangeables tout comme la poésie,

sur un autre plan, rapprochera des mots qui se ressemblent

par leurs finales mais qui n’ont pas le même sens. Le

philosophe et le poéte, chacun à leur façon, transgressent

le Surmoi  propre à toute langue comme s’ils se situaient

en quelque sorte au-dessus des lois. Et l’on trouve dans

les café philos ce clivage  entre ceux qui se plient au Surmoi

et ceux qui ne s’ y plient point. Pour les premiers, les

café philos se limitent à montrer que l’on sait s’exprimer en

bon français et que l’on a bien appris sa leçon, cela concerne plus

les femmes que les hommes. Pour les seconds, ces enceintes

sont des espaces de liberté de pensée qui permettent au

message de ne pas être conditionné de façon aussi rigide

par le Médium. Notons que nous avons également

fréquenté des clubs de poésie (notamment avec J. F. Trougnou

Cave à poémes) où la transgression est, comme on l’a dit,

sur un autre plan. D’ailleurs, certains philosophes font de

très mauvais poétes et vice versa.

 

 

JHB

07 07 14

Publié dans Culture, LINGUISTIQUE, Technologie | Pas de Commentaire »

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