Jacques Halbronn Introduction à son Bréviaire pour le XXIe siècle, 2019

Posté par nofim le 13 mars 2022

 

 

Jacques  Halbronn

 

 

 

Introduction à un BREVIAIRE POUR LE  XXIe SIECLE

2019 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour l’auteur, depuis longtemps, l’Humanité aura été confrontée à la tentation, au pouvoir de la Machine, c’est dire qu’il ne s’agit pas de s’arrêter sur la Révolution Industrielle mais de remonter bien plus haut puisque déjà l’invention de l’écriture et de ses supports matériels relève d’une telle problématique mais il est vrai que notre époque nous sensibilise tout particulièrement  face à une telle menace. Où passe d’ailleurs la frontière entre l’Homme et la Machine et n’existerait-il pas des états intermédiaires, mi humains-mi-mécaniques ?

Il y  a  certes   nécessité de maintenir une certaine vigilance face à la machine en recourant à des intermédiaires ainsi que de veiller au contrôle de la corruption, sur le modèle de la circulation sanguine, ce qui transposé renvoie à la dialectique de la théorie et de la pratique, la théorie ayant vocation à régénérer les dispositifs que nous produisons, à commencer par les langues, faute de quoi nous sommes à la merci de faux semblants et de dysfonctionnements. Cela dit, il convient de conclure à la nécessité de renforcer le pôle des théoriciens de tous ordres pour s’atteler à la mise en place d’une hygiène structurelle des dispositifs en circulation. Nous pensons avoir mis en évidence les dimensions d’un tel chantier épistémologique.

Ajoutons  que la circulation sanguine  implique une révolution, si l’on prend le terme au sens de retour à l’envoyeur. En ce sens,  une certaine humanité, celle des leaders se trouverait marquée à la fois par la révolution céleste et la révolution sanguine.  Le choix du leader par un groupe  est un mystère que le leader lui même ne s’explique pas surtout quand il n’a rien demandé mais nous verrons que cela obéit à un processus cyclique La révolution harveyenne serait donc à prendre à un double niveau en ce sens qu’elle consolide doublement l’idée d’un renouvellement vital tant pour le corps physique que pour le corps social- et annonce notamment l’_ère des révolutions de la fin du XVIIe siècle en Angleterre et du XVIIIe et du XIXe siècles en France, entre autres. On est bien ici en présence d’un processus de décantation : si la corruption n’existait pas, la purification ferait-elle sens ?

Inversement, une faiblesse « cardiaque » du corps social par manque de moyens  humains ne peut que perpétuer un certain statu quo, une routine (roue, rouage), un processus de rouillure. Et donc, par voie de conséquence, une médiocre capacité de révision et de régénérescence par le haut. Il est clair qu’il y a là une cause d’inégalité entre les pays,  les sociétés, les milieux, au regard de leur gestion, de leur mobilisation du leadership. Pour nous, il importe que le leader reste en place le plus longtemps possible afin d’assurer la continuité cyclique car tout changement de leader est cause de dysfonctionnement en ce sens que tout leader est porteur, de façon subconsciente, d’un calendrier spécifique, même si structurellement cela passe par les mêmes phases mais sans  qu’il y ait synchronicité entre deux leaders,  toute successionn  tout  passage  de  relais suscitant une solution de continuité. C’est pourquoi un roulement de responsables par trop fréquent s’avérera tout à fait dommageable, étant entendu que la personnalité du leader importe moins que la garantie d’une continuité cyclique sans faille dans la longue durée, ce qui est le cas des diverses formules monarchiques. (royauté, papauté etc) et l’on retrouve une telle idée dans l’Ancien Testament : « Établis sur nous un roi comme les autres nations » (Livre de Samuel) Il nous semble souhaitable que s’établisse des institutions  couvrant de larges ensembles et cela ne peut se faire qu’en instaurant des leaders  restant en place le plus longtemps possible de façon à assurer une continuité cyclique, c’est à dire garantissant un enchaînement de phases parfaitement établies car pour nous, une institution vivante doit être incarnée, ce qui correspond au besoin d’un étalon universel du temps social. Il convient donc de mettre fin à terme au désordre lié à un trop grand nombre de cycles constitutionnels totalement artificiels puisque différant d’un pays à l’autre, sauf dans le cas des élections européennes (cf notre volet II), ce qui est une cause majeur d’instabilité dans le monde. L’unité ne peut être que la contrepartie de la diversité : l’Union Européenne, par exemple,  fait contrepoids à hétérogénéité géographique et historique de ses composantes, des nations  qui s’y regroupent.  Il importe de respecter une telle dialectique de Multiplicité  et d’Unité  (cf Clefs pour l’Astrologie, Paris, Seghers, 1976, p. 145) : cela vaut pour la langue universelle qui surplombe les langues locales,  pour la Science  qui  transcende les discours  véhiculés  au sein des  « entre soi » communautaires et bien entendu pour l’État qui englobe sur le mode impérial le caractère babélien  des Nations (Goyim), autant de thèmes qui seront abordés de front dans le présent ouvrage.

Nous prônons une société articulée autour de leaders locaux  se mettant d’accord sur le choix d’un super leader en connaissance de cause cyclique(cf  F. Hartog, Chronos . L’Occident aux prises avec le Temps, Paris, Gallimard, 2020.  Le leader digne de ce nom  doit avoir une double compétence de façon à passer d’une « saison » à une autre : savoir aussi bien gérer les personnes que les données. On aura compris que dès lors qu’il y a cyclicité, il y a changement structurel et non pas conjoncturel.  Si nouvelle constitution il doit y avoir, il est évident que l’on ne saurait y procéder sans avoir pour référence les recherches cyclologiques de pointe, au niveau     intrinsèque, ce qui devrait d’ailleurs  concourir pour le Prix Nobel. Seuls les hommes- et non les femmes – subissent une telle cyclicité  intérieure  et non extrinsèque )  et l’astrologie nous renseigne sur les périodes durant lesquelles les hommes, instinctivement,  préfèrent la compagnie des gens ou bien celle des livres, des objets et c’est chaque fois par réaction par rapport à la phase précédente.  Il y a là quelque paradoxe en ce que notre rapport aux astres correspondrait à ce qu’il y aurait de plus intrinsèque en nous  alors que sans un tel repère, nous serions condamnés à exister dans l’extrinsèque ! Tantôt, on apprécie la fréquentation des personnes, tantôt on s’en lasse et préfère  celle des outils, moins exigeante au niveau affectif  mais  qui  confèrent un pouvoir, une responsabilité écrasants. Évidemment, chacun, faute de mieux,  cherchera les explications qui se présenteront à son esprit pour rendre compte de tels revirements.

Nouveau Discours de la méthode de par ses exigences quant aux savoirs dont nous héritons sans être en mesure d’en comprendre l’articulation structurelle ayant présidé à leur élaboration. Défaitisme de la pensée par rapport  à un passé que l’on se contente de recueillir, préférant  une fuite en avant, comme si le futur allait pallier notre impuissance et sauver la mise.  Les langues, les religions sont porteuses de certaines clefs. Ce qui est recommandé, c’est d’explorer  le passé , de  nous lancer dans une archéologie de nos héritages et notamment ceux que nous nous appropriations dès les premières années de notre existence. Nous nous situons avant tout dans une démarche de type épistémologique, c’est à dire de réflexion critique sur les savoirs et pour nous la philosophie serait essentiellement  un travail sur l’épistémè, ayant vocation à ouvrir des perspectives de reconfiguration  interdisciplinaire dans les domaines les plus divers, ce qui la conduit à décloisonner et connecter comparativement  entre elles les disciplines.La philosophie n’est pas un savoir mais une appréhension des savoirs. Nous prônons un structuralisme non pas apologétique visant à donner à tout prix du sens à  tout corpus mais un structuralisme critique, correspondant à une archéologie, mariant diachronie et synchronie.  Or, la plupart des champs qui sont traités ici sont victimes d’un tel structuralisme apologétique fondé sur l’idée selon laquelle certaines constructions seraient  validées et activées par une pratique alors que pour nous ces dispositifs sont élaborés par une élite qui a droit de regard et de correction sur ce que ceux-ci deviennent. Nous préférons parler d’enchaînement synchronique et d’enchaînement diachronique. Le premier se contente  de requalifier, de réinterpréter les éléments existants, ce qui permet à bon compte d’établir des connexions alors que le second s’autorise à éliminer certains éléments  présents et d’en ajouter d’autres absents. On aura compris que la plupart des chercheurs préfèrent s’en tenir prudemment à la première approche. C’est précisément la seconde approche qui ne cessera de sous-tendre l’ensemble du présent travail qui exige un tout autre engagement de la part du chercheur.

C’est ainsi- on l’a vu- que nous relions analogiquement  les cycles cosmiques et les cycles sanguins avec les cycles sociaux. Or,  comme disent les stoïciens, l’on ne peut régénérer réparer que si l’on a connaissance du schéma    d’origine tant pour remarquer  qu’il y a dysfonctionnent que pour y mettre fin. (Cf.  Abbé Grégoire, Essai sur la régénération physique, morale et politique des Juifs. Ouvrage couronné par la Société royale des sciences et des arts, le 23 août 1788) Pour nous, le rôle de la théorie consiste à ressourcer périodiquement toute pratique. Lorsque la pratique pèche, il faut remonter à la théorie- à l’instar du sang bleu qui va se changer en sang  rouge- afin de procéder à une réparation, c’est-à-dire à une guérison, à un rétablissement. Encore convient-il de distinguer entre dysfonctionnements en amont et en aval. En aval, l’on ne peut que constater que  « ça ne marche pas » alors qu’en amont, l’on sait que cela ne marchera pas, cela ne peut fonctionner, au vu du dispositif présenté. On conçoit que la compétence requise ne sera pas la même dans les deux cas. Notons  que le seul fait de rétablir un agencement  par -delà la question de son efficace se défend en ce que tout dispositif bancal qui s’expose  est porteur, facteur de toxicité sociale. En outre, celui qui est en capacité de prévoir l’échec du processus sera également en mesure d’y remédier, de réparer, si ce n’est que l’on peut aussi bien diagnostiquer que cela n’est pas en état de fonctionner, ici et maintenant, que cela n’est pas prêt, qu’il faut attendre de nouveaux développements pour parvenir au stade de la pratique. Une telle position peut évidemment se révéler frustrante pour les futurs consommateurs/ utilisateurs, placés en face de leur dépendance par rapport aux (supposés) « sachants »,savants.

Nous aimons à parler d’une planche anatomique, non pas tant celle du corps physique que celle du corps social comme l’aura tenté  Marx ou psychique, comme l’aura tenté  Freud. Mais faut-il que l’anatomie se vulgarise, avec le risque de voir l’objet d’étude perturbé dans son développement, soit par le fait du rejet, de la résistance ou par celui du mimétisme, de la collaboration avec le pouvoir en place   sans parler du risque d’erreur  ? Ne vaut-il pas mieux laisser opérer ce que nous appelons  la «  Subconscience  », à savoir une programmation  sous jacente évitant ainsi la  formation  d’un surdéterminisme   lié à la Surconscience, c’est à dire  ce que nous produisons de notre propre chef ? Dans la plupart des cas, les choses se passent comme elles doivent se passer si ce n’est qu’il y a décalage entre ce qu’on dit et ce qu’on fait. D’où la part du déni, du mimétisme mais aussi de l’usure de la pratique, d’où la nécessité périodique, cyclique d’une réparation, d’une régénération mais aussi d’une instance centrale régulatrice, à l’instar de ce qui existe dans notre organisme physique. Nous verrons que le vrai leader  n’est pas celui qui veut ceci ou cela mais qui reçoit, accueille ce qui lui est offert par la « providence » et en cela il se démarque de tous ceux qui sont dans l’imitation d’autrui. Au plus haut niveau, il faut vivre dans la transcendance du destin qui donne et  qui ôte.

 

 

Livre  de Job, I, 21 :

כא וַיֹּאמֶר עָרֹם יָצָתִי מִבֶּטֶן אִמִּי, וְעָרֹם אָשׁוּב שָׁמָּה–יְהוָה נָתַן, וַיהוָה לָקָח; יְהִי שֵׁם יְהוָה, מְבֹרָךְ. 21 Il (Job) dit:  » Nu je suis sorti du sein de ma mère, et nu j’y rentrerai. Yahwé  avait donné, (natan) Yahwé  a repris (laqah), que le nom de  Yahwé soit béni!

 

Remerciement pour ce que l’on n’a pas demandé correspond au nom même de Dieu dans le judaisme,  le tétragramme,  Yahoud,  « qu’il soit remercié ! Action de grâce ; Il faut se méfier de toute entreprise marquée au sceau de l’imitation, de l’acquisition car c’est là le lot des gens d’en bas qui veulent obtenir ce qui caractérise les gens d’en haut qui sont nés « coiffés ». Le chercheur est voué à dénoncer les « faux » de tous acabits ; faux documents (textologie) mais aussi faux personnages (anthropologie), bref tout ce qui sonne faux.  Cela va de la contrefaçon antidatée par le biais de la machine  à la fabrication de faux leaders par celui de la mécanique électorale dite « démocratique ». Il existe pourtant des méthodes permettant de détecter les impostures au moyen de divers recoupements, la première chose à faire étant de localiser la source de l’emprunt,  du plagiat de celui qui veut se faire passer pour ce qu’il n’est pas, qui se calque, qui se profile sur sa cible. En réalité, l’aptitude à déceler l’escroquerie nous apparaît comme précisément un des traits distinctifs du vrai leader dont la mission est précisément  d’assainir le terrain. Il le fera grâce à l’ampleur de son champ de vision dans l’espace comme dans le temps et inversement l’escroc  s’efforcera de ne pas permettre l’accès aux sources dans lesquelles il aura puisé sans le reconnaître, en faisant croire que sa démarche n’ a pas été dictée par un précédent à l’instar précisément du vrai leader lequel n’a rien demandé et tout obtenu.

Nous accordons la plus grande importance au respect de la verticalité, soit le passage circulaire du haut vers le bas et du bas vers le haut, ce qui permet alternativement le ruissellement, l’irrigation d’une part  et de l’autre  le ressourcement, la purification.

Il nous  faut également mettre en avant l’idée de  médiation. Ce qui exige la reconnaissance – et non le déni – de clivages, sans laquelle la médiation ne saurait s’instaurer. L’existence même d’une médiation  implique qu’il y ait des différences. Le chien de berger est médiateur entre pasteur et troupeau. Dans le cas de Jésus, sa mission de r éunification ne fait sens que dans la mesure même où le monde juif est divisé, du fait du Schisme ayant, des siècles plus tôt, opposé le Royaume d’Israël à celui de Juda. Jésus, le Judéen entendait réunir les « tribus perdues d’Israël » autour d’un noyau judéen et c’est d’ailleurs ce qui lui sera reproché et le fera condamner. Pour notre part, nous pensons que la problématique de la médiation n’aura pas été suffisamment investie, exploitée, ce qui aura des conséquences sur l’emploi. Médiation entre l’homme et la machine, cela signifie que le médiateur doit éviter à l’homme d’être en contact direct avec la machine ou en tout cas le moins possible. La médiation suppose en effet qu’il y a risque de promiscuité lors des relations entre deux ensembles. En fait, la cyclcité sert précisément à réguler, à doser l’exposition au monde mécanique perçu comme substitut au collectif  humain dans la mesure où la machine  représente pour chacun de nous la tentation de l’isolement par rapport à ses congénères.

Il importe, pour ne pas fausser les perspectives, de prendre toute la mesure de la tentation qu’il peut y avoir à se soumettre au pouvoir de la machine, sous toutes ses formes.  Autrement dit, il n’est nullement exclus que la machine ait été, soit, sera en mesure de dominer l’humanité, tant au regard du futur que du passé. Constater qu’une domination ait pu avoir lieu ne signifie en aucune façon que l’on doive s’y résigner. Or, toute cyclologie ne révèle-, n’implique- t-elle pas quelque dimension mécanique sous jacente ?

Ce que nous vivons de nos jours ne ferait que refléter ce qui a du se produire autrefois. (cf Pascal Picq,  Et l’évolution créa la femme », Paris, Odile Jacob, 2020).  D’où  une protestation et une réaction contre les débordements et les excès  et nous verrons que tout notre travail sera traversé par une volonté  constante, à travers les âges, d’élaguer, de réduire,  de tailler, d’abréger ce qui prend, occupe trop de place si ce n’est qu’un tel  antagonisme est le fondement de tout processus de cyclicité, dans les domaines les plus divers et à toutes les époques.

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. N’est ce point-là le sens du mot «  ésotérisme  », de ce qui doit rester caché ? Il ne faut pas tout  dévoiler. En tout état de cause, mieux vaudra  guérir que prévenir, contrairement à l’adage car l’inverse- la prévoyance, la précaution, s’avère proprement ruineux, démesuré et disproportionné, guérir  ne traitant qu’un nombre limité  et ciblé de cas  et  prévenir une énorme quantité . Quid également de cet autre aphorisme tout aussi toxique « Si vis pacem para bellum » : si tu veux la paix, prépare-toi, à la guerre » dont on connaît les effets pervers ? On sait que trop de précautions peuvent justifier les pires mesures, dans les domaines les plus divers. Il semble plus sage, somme toute, de se donner les moyens d’intervenir en urgence de façon ciblée, avec un « plan B ».

Et l’on a vu avec le traitement de la Covid 19 les dégâts produits par un excès de prévoyance. Au lieu d’intervenir sur des cas déclarés, sensibles, critiques,  on aura pris des mesures ruineuses d’ordre général tant dans notre société on a horreur de classer, de désigner!

Étant un adepte de la morphosémantique, nous pensons que la grammaire véhicule  structurellement un certain savoir  ancestral par delà la question du lexique qui ne fait sens que s’il est décodé. Le féminin  est marqué par le participe passé, ce qui a déjà eu lieu, ce  qui  peut se constater, s’observer in fine  alors que le masculin est lié au projet de ce qui est à advenir : participes futur et présent.

Pour nous, le mal réside dans les faux semblants et cela mine la société toute entière tout comme un édifice défectueux en raison de la médiocre qualité des matériaux utilisés. On pense notamment aux pratiques culinaires qui contribuent à nous tromper sur la qualité des produis au moyen de toutes sortes d’adjonctions mais cela vaut bien entendu pour les expédients, les techniques  visant à pallier les manques, les handicaps des personnes.. La sanction sera celle d’une colonisation, d’une dépendance, par des sociétés mieux protégées contre les expédients et les impostures. Chaque fois qu’il y a tricherie sur la marchandise, et cela vaut ici aussi et surtout pour le personnel  humain, le risque de dysfonctionnement, d’implosion augmente. Telle est la « loi » que nous posons. C’est la fameuse formule « the right man, at the right place, at the right time », -ce qui renvoie à l’idée de Kairos- ce  qui sera notre leit motiv – en phase avec la formule de l’Ecclésiaste « il y a un temps pour chaque chose » – en ce que cela met en œuvre  toute l’organisation d’une société, les modes de recrutement, de roulement (  Le politique gère parallèlement l’organisation des personnes et des objets et nous verrons que cela s’inscrit dans une cyclologie dont le Droit Constitutionnel serait une pâle imitation.  Notre approche entend ne pas dissocier le temps de l’espace, d’où la formule que nous mettons en exergue : le temps ne saurait, pour nous, se dérouler indépendamment du vecteur spatial. Il n’y a pas de « bon temps » (Kairos) sans que la Cité des hommes n’ait réussi à mettre en place les « bons » récepteurs, au bon endroit, d’où l’importance insigne que nous accorderons au personnage du « chef », du « leader »..

En ce sens, tout ce qui relève de près ou de loin d’une création humaine sera à nos yeux suspect et l’on se demandera où passe la frontière entre l’humain et l’androïde, comme chez le héros de Blade Runner ( à partir du texte  de Philip K. Dick « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? »

Notre démarche conduira à repenser une certaine chronologie des choses, tant dans le domaine théologique que cosmologique. Il importe, pour ce faire, de fixer des « chronémes », permettant de déterminer dans quel ordre les choses se font, se sont faites. C’est ainsi que nous montrerons qu’au niveau de la lexicologie française, la forme courte est dérivée de la forme longue, l’adjectif fort de la notion de force, et selon nous on passe d’abord du long au court bien plus que du court au long. Au niveau cyclique,  ce qui est ample  précédera ce qui est bref/

Notre outil de travail est la datation, tant sur le plan bibliographique que biographique : il s’agit de s’interroger sur tout corpus chronologique, en valider ou invalider la structure temporelle en recourant à divers outils permettant de signaler l’antidatation, l’anachronisme, l’invraisemblance diachronique? Il n’est évidemment pas question d’avaliser des praxis populaires défendues bec et ongles par des populations se considérant comme leurs gardiennes face à une élite qui entendrait reprendre le pouvoir -après l’avoir transmis  temporairement  au nom d’une quête de pureté structurelle

D’aucuns se révoltent quand on leur dit qu’une langue pourrait être purgée de ses erreurs. Quelque part, c’est la réaction du peuple qui considère que la langue est son œuvre sacrée et qui conteste à l’élite le droit d’en prendre le contrôle : ce n’est point-là le moindre obstacle épistémologique au niveau des sciences humaines que le refus par  l’objet d’étude  lui même des conclusions tirées à son sujet et qu’il est peut être préférable de ne pas divulguer. Or, pour nous, même si le peuple  s’approprie une langue, cela ne signifie nullement qu’il en soit l’architecte ni l’ingénieur.  Il faut savoir réparer, réviser, détecter la cause de la panne, la prévenir en améliorant, en perfectionnant  constamment, sans relâche, le système sans qu’il faille que les choses se dégradent pour que l’on en prenne conscience, comme on l’a vu pour la pandémie, se méfier des fausses solutions qui ne « marchent » que ponctuellement ou par un concours non concluant  de circonstances mais aussi – piège inverse – éviter de rejeter un dispositif  en raison d’une situation conjoncturelle défavorable ou parce qu’un des  facteurs doit en être repensé. Parfois, un échec  est plus profitable qu’une réussite venant valider faussement un système qui ne se révèle pas viable à la longue.

Le structuralisme lévistraussien  n’aura pas saisi un tel distinguo, prenant le messager pour l’expéditeur. Celui qui transmet un savoir n’en est pas ipso facto l’auteur. Nous aurons l’occasion de montrer que- dans le cas du français notamment (cf Tome II), que l’adjectif est une déclinaison du nom et non l’inverse ; sain dérive de santé et non l’inverse, tout comme mont dérive de montagne, fort de force et ainsi de suite. Autrement dit, les langues seraient l’œuvre de philosophes/  L’homme  de qualité   est à l’affût de toutes sortes d’erreurs qu’il pourrait avoir commises et est reconnaissant quand on l’aide à en prendre conscience.

Pas de bonne biographie sans une bibliographie rigoureuse!, Pas de validation d’un modèle biographique sans une collecte exhaustive des données chronologiques mais cela implique précisément la confection d’une boussole évitant au chercheur de se perdre dans un fouillis, un entrelacs d’informations et d’interrelations, partant dans tous les sens, comme le font généralement les astrologues. C’est là le rôle du structuralisme critique par opposition au structuralisme apologétique visant à valider le statu quo.

Il faudra aussi faire la part de la dialectique entre l’écrit et l’oral  alors même que ne nous parviendrait  des siècles passés que l’écrit , d’où l’importance que nous accorderons à la tradition, la transmission orale -et aussi subconsciente- laquelle nous permet seule de faire parler  l’écrit selon le bon mode d’emploi. Le danger du passage de l’oral à l’écrit tient à la rupture de l’entre soi, ce qui aurait dû rester limité à un groupe donné se répand hors du dit groupe: le cas emblématique est celui des Protocoles des Sages de Sion, un supposé relevé écrit de débats, ce qui est le sens premier du mot protocole. (cf notre ouvrage Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, 2002) On dit que le traducteur est un traître (tradutore/traditore)  en ce qu’il menace l’entre soi comme dans le cas des traductions du Talmud qui auront alimenté au XIXe siècle un certain  antisémitisme-.http://dev.worldpossible.org:81/wikipedia_fr_all_ 2015-11/A/Protocoles_des_Sages_de_Sion.html) Le traducteur joue un rôle intrusif  outre le fait qu’il introduit, importe dans la langue cible des mots étrangers se trouvant dans celle de départ. Qu’est ce en effet qu’un traître, si ce n’est une sorte d’espion, transmettant des secrets ?

Pour les classes sociales inférieures, l’écrit incarne le maître, sous la forme du dictionnaire, du journal, de google alors que pour une certaine élite, le groupe doit être capable de déterminer sa propre vérité sans avoir à en référer, l’oralité devant primer sur l’écrit. Mais l’oralité  est marquée par la présence  (la Shekhina) alors que l’écrit est lié à l’absence. Si l’écrit est représenté par la centralité rassurante du livre que l’on lira d’un bout à l’autre, l’oral se complaît dans une certaine anarchie décousue, voire dans une sorte de labyrinthe réservé à une élite, dans une auberge espagnole où chacun doit apporter,  subvenir à sa pitance. En fait, le livre d’un seul tenant que l’on acquiert serait  un substitut au livre que l’on pourrait soi même composer de toutes pièces.

Un autre clivage est celui qui traite de ce que l’on peut faire et de ce que l’on doit faire, entre le can, le may des Anglosaxons. Selon nous, les femmes tendent à être viscéralement  régies par l’idée  de totalité, d’indifférenciation alors que les hommes, marqués par un Surmoi non pas extérieur mais intérieur, feraient plus naturellement la part de la problématique du passage à l’acte, ce qui implique d’avoir à distinguer en français entre ce qui est faisable et ce qui est permis, à faire, ce qui correspond en anglais à deux verbes, respectivement «can » et « may » quand le français utilise, de façon ambiguë, dans les deux cas le même verbe « pouvoir ». Il est clair que nos actions doivent être conditionnées sur la base de critères moraux. Or, nous verrons que l’amoralité pourrait bien être un trait féminin    à savoir que du moment que quelque chose est possible, pourquoi, nous dira-t-on, s’en priver, qu’il s’agisse de la nudité du corps ou de celle de l’âme ou bien si c’est ‘vrai »  pourquoi se priver de le dire? On  est là confronté à la question de l’abus  qui occasionne à terme une perte de liberté, comme on l’a vu  avec la pandémie, produisant un reconfirment. D’ailleurs, la devise républicaine semble de nos jours correspondre davantage aux revendications féminines. La liberté et l’égalité seraient  à notre sens  inscrits  au cœur d’ l’instinct féminin.

Rappelons cependant la question de la nudité dans le Jardin d’Éden. Chez l’homme, en revanche, tout n’est pas «   bon   » à dire ou à faire. La femme ne se plie que face à un obstacle physique alors que l’homme se soumettrait à certains impératifs catégoriques au sens de Kant si ce n’est que précisément l’impératif pour la femme est de ne rien oublier, laisser de de côté.

Notons que l’écrit fait appel à un matériau extérieur à l’homme à la différence de l’oral, d’où un déficit écologique lié à la volonté de rapprocher le lointain voire à le nier dans le temps comme dans l’espace. Encore conviendrait-il de ne pas confondre le visuel et le textuel. Si le visuel précède l’oral, en revanche, le textuel, qui est un visuel artificiel, succède au dit oral. Mais nous verrons que cycliquement selon les phases, l’homme oscillera entre deux tentations, celle du  collaborateur/trice humain(e) et celle  de l’auxiliaire mécanique, quand il a  fait le tour de la première. L’oral passe par l’humain et est voué à des adaptations et des interprétations alors  que  l’écrit se connecte directement à la machine, sans intermédiaire, perpétuant la lettre sinon l’esprit.

Ce n’est pas parce que quelque chose existe que cela est voué à s’imposer,  sans tenir compte  de l’espace temps où l’on se situe, ce que d’aucuns voudraient nous faire croire, passant par-dessus les filtrages de toutes sortes. Un bourgeon ne fleurira pas automatiquement. L’on notera que la propension des femmes à montrer leur anatomie bien plus que ne le font les hommes, notamment en Été, serait le pendant de leur peu de contrainte, de Surmoi, qu’elles s’imposent au niveau du langage. On distinguera entre Surmoi interne et Surmoi externe.

Par ailleurs, seul l’historien est en mesure de situer la valeur d’une œuvre dans le contexte de son époque et ce n’est pas en écoutant une œuvre d’il y a 100 ans que l’on pourra en se fiant à son seul ressenti déterminer sa valeur, si l’on ignore tout de la production de l’époque de son expression alors même qu’il peut s’agir d’un plagiat. On ne s’improvise ni biographe, ni bibliographe! Quand on juge notamment la postérité des œuvres dues à des femmes, l’on a beau jeu de parler de celles qui auraient été «   oubliées» alors que beaucoup d’entre elles ont produit mais sans effet durable. Leur candidature n’aura pas été retenue par la postérité. Nous pensons à notre grand-mère qui prit le nom de plume de Claude Jonquière (en l’honneur de la rue de la Jonquière à Paris), épousa dans les années Vingt du siècle dernier son éditeur mais dont on ne se souvient plus guère maintenant. Bien des hommes auront subi le même sort. La langue elle-même –par la grammaire- nous enseigne qu’il y a loin de la coupe aux lèvres, entre ce qui est buvable et ce qui est bu, passage qui exige l’arbitrage/arbitraire du buveur.

Par ailleurs, l’on sait que de nos jours, l’Histoire est soupçonnée d’être instrumentalisée pour inciter à la haine en rappelant un passé que l’on voudrait effacer au nom d’une quête sociale unitaire alors qu’au nom de la Science, l’on peut justifier tous les dénis    par un «ce n’est pas scientifique » ou au nom de la Religion «    ce n’est pas ce que «    Dieu    » a décidé    ». Sur le plan politique, cela signifie empêcher que le temporaire ne se change en définitif, bloquant ainsi la cyclicité du monde. Pour notre part, nous restons très circonspects quant à tout prophétisme linéaire,  irréversible quel que soit le visage qu’il se donne, visant à annoncer la fin d’une ère ou le début d’une autre, à la façon d’un Michel Onfray annonçant le déclin définitif et sans appel de l’Occident quand bien même pourrait-on s’accorder sur certains aspects de son diagnostic. C’est pourquoi nous préférons parler de ‘réparation »; Ceux qui envoient un appareil à la casse sont précisément ceux qui n’en comprennent pas bien le fonctionnement  interne au-delà de savoir tourner ou pousser un bouton.

De façon emblématique, le mot « meuble » qui vient de mobile aura paradoxalement fini par signifier stabilité, « il fait partie des meubles » dit-on- alors que cela s’oppose à immeuble. Le meuble, c’est ce qui est voué au changement au sein d’un espace polyvalent. Or, tout se passe comme si l’on ne savait plus distinguer ce qui est de l’ordre de la parenthèse, de la pause et ce qui relève de l’essentiel,  du permanent et nous verrons qu’il existe une « science  » qui traite de tels enjeux. De même que la nuit alterne avec le jour, le leader, à l’instar de Sisyphe, est destiné, périodiquement à tout recommencer, selon un rythme sexagésimal par tranches de six ans en six ans, ce qui nous amène à l’astrologie et à notre second tome, indissociable du premier car fondement de notre nouvel ordre théologique. Le leader est le point de passage de l’individu vers le groupe, il est la personnalité qui s’impose, par- delà le bien et le mal, au collectif –il s’apparente au Surhomme de Nietzsche – et qui ne saurait s’y soumettre. En cela, nous dirons qu’il jouit d’une certaine grâce et que sa présence relève du miracle.

Le pire danger qui menace une société ne serait-il pas la corruption ? Nous en étudierons ici les aspects en une sorte de radioscopie. Cela passe par le personnage du corrupteur et de ses victimes, les corruptibles. Mais il y a un thème qui nous est cher que nous voudrions introduire, celui du mimétisme car selon nous,   la corruption nait d’un processus d’imitation.

En effet, le corrupteur  veut obtenir certains avantages, certaine sensations  dont jouit celui envers lequel il éprouve de la jalousie, de l’envie. Et pour cela, il lui faut trouver un biais car sans cela, cela ne marcherait pas.  Entendons qu’il  souhaite  exercer un ascendant dont il ne jouit pas naturellement à la différence de certains à qui tout est  offert   par la vie. L’argent apparaît souvent comme la solution au problème car il autorise bien des expédients et des faux semblants. On n’y voit que du feu.

Prenons le cas  du viol : le profil du violeur c’est le type qui a un copain qui tombe toutes les filles qu’il veut. Ce type trouve que ce n’est pas juste que ça ne marche pas pour lui. Alors, il fait du forcing. C’est la comparaison qui genére le besoin de corrompre, de contraindre autrui à  se comporter d’une certaine manière, en recourant à l’argent, au chantage, à la tromperie sur la marchandise. Le corrupteur risque fort de porter atteinte au bon fonctionnement de toute une société qui jusqu’alors se passait de tels artifices, de telles combines et qui désormais  s’est habituée à  être soudoyée par des dessous de table et autres bakchichs. On parle de nos jours d’une corruption endémique au sein de tel ou tel milieu professionnel

En fait,  il suffit de payer les gens pour occuper certains postes pour que la corruption s’installe. On bascule alors du bénévolat au salariat et cela a pour effet de faire venir des personnes pas spécialement doués pour la tâche proposée mais motivée par la paie. On pense notamment à l’enseignement. Globalement, de plus en plus de personnes peu douées  remplaceront des personnes ayant une vraie vocation et  pour qui  le seul fait de s’y consacrer  suffit.. Nous pensons aussi à des situations où telle personne rendait gracieusement toutes sortes de service et qui un beau jour se met en tête de les facturer. Quelle  déception, quelle désillusion chez ceux qui pensaient que cette personne agissait par amour ! Le charme est rompu ! La personne n’était pas aussi désintéressée qu’on l’imaginait et les relations s’en trouveront comme dévaluées !  Il est vrai que lorsqu’il n’y a pas d’argent en cause, les gens pensent qu’ils sont aimés pour eux-mêmes. Car la corruption  n’est-elle pas un substitut, une alternative à l’amour ? Seul le véritable amour ne corrompt pas. Mais que l’on songe au mariage, est ce que cela ne relève pas, quelque part, d’une forme de corruption et l’on voit bien des couples se détériorer après le mariage car tout devient ambigu dans la relation. L’acquisition de certains droits est assimilable à de l’argent. Par exemple,  en se mariant, selon la loi française, l’autre ne peut abandonner le domicile conjugal ; il est « tenu ».  En revanche, l’union libre  n’introduit pas une telle hypothèque !

On aura compris quelles sont les précautions à prendre pour éviter la corruption des mœurs au sein d’un milieu donné. Mais, justement,  comment lutter contre ce mal  dont on a dit plus haut qu’il était provoqué par le mimétisme,  l’envie de devenir l’autre? Plus une population est défavorisée ou se percevra comme telle, plus elle sera corruptible.  Paradoxalement, les trop  grandes, trop faciles  réussites, insolentes, peuvent déterminer de la corruption  faute de quoi on se sentira humilié. Certes, le corrupteur sait qu’il triche mais le jeu en vaut la chandelle car il y aura des sensations et des compensations à la clef.

En fait, le mot « corruptible » a un double sens en ce qu’il englobe à la fois le corrupteur et le corrompu et d’ailleurs le corrupteur n’est il pas corrompu ? Car celui qui entre dans le jeu du corrupteur y trouvera quelque bénéfice qu’il n’aurait pas obtenu dans une relation « normale », quand la présence, la compagnie n’est pas affaire d’argent. Mais souvent, l’on n’imagine même pas qu’il puisse en être autrement que par un tel expédient, une telle tricherie. Et pourtant,  l’on trouve des exemples de sociétés qui se sont révoltées contre de telles pratiques, qui se sont mises en quête d’un Monsieur « propre »n de retrouver de l’authenticité en lieu et place du factice. Il importe donc que les vrais leaders ne se compromettent pas, ne brouillent pas leur image en se livrant, par inadvertance, à de sordides calculs par un mimétisme inversé au vu de quelque enrichissement abusif. Cercle vicieux !.

La pandémie aura montré à quel point le gouvernant peut faire la différence d’un pays à l’autre, ce qui tendrait à prouver l’inanité de l’approche globale d’une certaine astrologie mondiale, ne prenant pas en compte les astralités des  leaders en place ou ceux qui pourraient prendre leur place. L’astrologie, telle que nous la représenterons ici, elle-même, se situant à l’interface entre psychologie et sociologie.

Dans le Livre de la Genèse, en son début, n’est -il pas question d’un certain arbre de la connaissance. Il ne s’agit donc pas d’entériner ce que le monde est devenu mais de reconstituer un état premier du monde qui est le nôtre, au prisme d’une certaine théologie qui ne serait réductible ni à une cosmologie ni à l’anthropocéne mais correspondrait à une forme de géocentrisme. Cette théologie serait en quelque sorte celle des  dieux plus que  de l’Homme Dieu, c’est à dire d’êtres  issus du Père, soit le  principe universel  mais néanmoins porteur d’une énergie créatrice supérieure à celle de notre Humanité. Quant au  troisième membre de la Trinité , ce serait une certaine lignée, assimilable au peuple juif.

Un tel portrait n’est donc pas sans évoquer le discours tenu autour de Jésus, à la fois dieu et à la fois homme, à la fois créateur et créé. On est bien ici dans une description ternaire comme on en rencontrera beaucoup tout au long du présent ouvrage. En ce sens, nous dirons que Jésus incarne bel et bien les valeurs théologiques du judaisme, si ce n’est que son message aura fini par être approprié  par des sociétés  qui lui étaient foncièrement étrangères.

En fait, nous la rapprocherions volontiers de la vision stoicienne quant à l’idée de dieu et quant  à celle de l’ordre de la Cité. On ne peut réparer le monde, intervenir dans le monde que si on a pris la peine de décrire et de  comprendre son mouvement, ses mutations, comme dirait un Jean Bodin.

Le moindre paradoxe d’une telle théologie tient au fait que le Dieu en question aura tenu son pouvoir de sa maîtrise, sa supériorité, son avance technologique même et que sa création, à commencer par l’homme, est marquée par une dimension mécanique qui s’illustrera par un certain ordre cosmoanthropologique  ou anthropocosmologique, ce qui est évoqué au tout début du Livre de la Genèse : « Dieu créa le ciel et la terre », ce qui nous renvoie ipso facto au géocentrisme, non point du vue du cosmos mais du point de vue de la terre.

Or, c’est précisément pour cette raison que tout ce qui relève de la fabrication est présenté comme un tabou. Autrement dit, l’homme adamique – celui de  cette Création  du troisième type,  sans statuer ici sur la question chronologique – donc synchroniquement et non diachroniquement – serait une machine des plus perfectionnées mais qui n’aurait pas le droit, pour autant, de construire de machines ! On pense aux lois de A. E. Van Vogt sur les rapports hommes/machines/ On retrouve cette thématique avec la Tour de Babel : Adam et sa lignée ne doivent point être des bâtisseurs. Ils ne doivent pas fréquenter directement les machines fabriquées par les humains, ce qui relève de la Deuxième Création/théologie. Ce qui fait que la construction du Temple de Jérusalem ne sera pas le fait de Juifs. La tâche sera confiée par Salomon à Hiram. La grande question pour le lecteur de la Bible tient à l’identité même d’Adam, lequel, pour nous, ne serait nullement le premier homme mais le premier d’une lignée qui aboutit au «    peuple» juif. Ce qui vaut pour les Juifs ne vaut pas pour les autres humains, tant au niveau des privilèges que des interdits. Il y a bien là une inextricable source de quiproquos!

Réparer le monde, c’est en percevoir les dysfonctionnements et les dérives et ce qu’il faut bien appeler les erreurs de parcours. C’est pourquoi nous pratiquons une «    histoire critique » laquelle ne se contente pas de décrire un certain statu quo mais en met en évidence les carences, ce qui sous- tend une archéologie du savoir. Il s’agit pour nous de réexaminer un certain nombre de corpus dont l’impact sur notre mode de fonctionnement mental, cognitif, sur nos représentations, s’avère capital et que, précisément, l’on tend à considérer comme des acquis, des «    faits accomplis    » sur lesquels il ne serait pas sensé -censé de revenir.

Nous avons pu observer, a contrario, que la plupart des chercheurs attelés à l’histoire des textes renoncent à toute critique interne, craignant de laisser entendre qu’ils accorderaient le moindre crédit aux textes ainsi étudiés et cela vaut notamment dans le domaine de l’ésotérisme. Autrement dit, il est temps que les historiens s’occupent davantage du texte que du contexte, ce qui exigerait, d’ailleurs, un autre type de formation. Quid de ces biographes incapables de vérifier la valeur des documents dont ils se servent, comme dans le cas de ceux qui écrivent sur la vie de Nostradamus et prennent pour argent comptant aussi bien les dates indiquées que les contenus présentés ? Mais il convient également pour l’Historien qu’il s’instaure gardien de l’ordre du monde non seulement dans la diachronie mais aussi dans la synchronie, en rétablissant périodiquement les chaînons manquants tant dans l’horizontalité – les emprunts  à divers corpus – que dans la verticalité – sur le modèle de la circulation/révolution sanguine – sans rentrer dans le détail – avec le rôle de l’aorte et de la veine, du rapport entre le haut et le bas : c’est l’occasion de réfléchir sur le mal puisque sans le mal, c’est à dire la corruption, l’usure des choses, tout ce processus de purification ne ferait point sens, ce qu’illustre en effet excellemment le phénomène de la circulation sanguine.

Or, face à l’erreur, deux attitudes, celle consistant à en corriger les effets et celle visant à assumer les conséquences. Notre approche relève davantage de la première qui s’inscrirait dans une approche judaïque alors que la seconde nous semble correspondre à une approche chrétienne du fait établi à réinterpréter. C’est ainsi que la crucifixion de Jésus ne tiendrait-elle pas à une erreur tactique de la part de ses Jésus et de ses compagnons? On peut toujours certes « charger » ses adversaires mais ceux-ci ont bon dos ; est ce que lorsque l’on perd une partie d’échecs, c’est la faute de notre adversaire lequel serait à blâmer? Nous verrons que toute cyclicité englobe des périodes de fragilité et l’astrologie a vocation à nous en avertir et à nous en prémunir. Est-ce que la défaite de Waterloo est due au génie de ses adversaires ou à une baisse de régime, un manque de concentration? Faut-il entériner nos erreurs en cherchant à leur donner à tout prix du sens, une raison, en les mettant sur le compte d’un destin inexorable? La notion même de cyclicité – la roue/ chance tourne – et ce qui est en haut descend et vice versa indéfiniment- implique que les leaders ne soient pas toujours aussi bien inspirés et il serait assez vain de chercher à entériner leurs erreurs au nom d’un dieu qui aurait tout prévu. Mais cette cyclicité implique un commencement et au commencement, il y a une pluralité de possibles et ce n’est que peu à peu qu’une direction va se dessiner. Autrement dit, notre langue est en phase avec une telle problématique quand nous distinguons par exemple entre celui qui est éligible et celui qui sera élu, entre ce qui peut être construit – constructible – et ce qui le sera réellement, entre une condition nécessaire laquelle ne devient pas ipso facto une condition suffisante, entre l’indéterminé, le non encore déterminé et le finalement déterminé. Passage de la puissance à l’acte. Ni plus ni moins. Beaucoup d’appelés et peu d’élus comme dans toute course de chevaux où l’arrivée ne ressemble pas à la ligne de départ. L’astrologie telle que nous l’envisageons ne devra pas aller au-delà d’un tel processus évolutif et tout le reste n’est que fioriture.

Il ne s’agit pas pour nous ici d’un vague projet mais d’un plan, d’un modèle dont les grandes lignes sont déjà posées. Par théologie – et comme le terme lui- même l’implique- nous entendons le désir de nous placer du côté de ces entités que l’on appelle dieux. Se pose ainsi la question de l’Amour de Dieu   : est- ce que Dieu est tributaire de l’amour qu’on lui porte, y a-t-il quelque réciprocité de sa (leur) part face à l’amour des hommes quels qu’ils soient? Est-ce qu’il n’y a pas carrément « viol » de Dieu, quand le « croyant », le « pratiquant » part du principe que son amour ne pourrait être refusé, rejeté par un être supposé « bon », ne  serait-ce pas là, au fond, une rhétorique apologétique de violeur ?

On s’intéressera aux diverses stratégies d’appropriation, depuis la traduction jusqu’à la substitution et à la contrefaçon, et l’on connait la fausse Lettre à Aristée à propos de la traduction grecque de la Bible dite des Septante, à Alexandrie.

Se pose alors la question du mimétisme, de la jalousie, de la convoitise envers son prochain    et cela vaut tout aussi bien, selon nous, pour le dieu de ton prochain    ; ce qui est englobé sous le formule «    ni quoi que ce soit (Kol) qui serait à ton prochain    »

Exode XX

יג לֹא תַחְמֹד, בֵּית רֵעֶךָ;    {ס}    לֹא-תַחְמֹד אֵשֶׁת רֵעֶךָ, וְעַבְדּוֹ וַאֲמָתוֹ וְשׁוֹרוֹ וַחֲמֹרוֹ, וְכֹל, אֲשֶׁר לְרֵעֶךָ.    {פ}

13 (10) »Ne convoite pas la maison de ton prochain; Ne convoite pas la femme (Echet) de ton prochain, son esclave ni sa servante, son bœuf ni son âne, ni rien de ce qui est à ton prochain. »

 

Il est clair que l’amour des parents pour leurs enfants ne saurait se reporter automatiquement sur tous les enfants qui envieraient les dits enfants, ne serait-ce que parce que ces derniers ne sont pas de la même origine. C’est pourquoi une déclaration d’amour ne suffit pas à créer du lien et s’imposer à l’être aimé et risque fort de rester dans le domaine du fantasme.

La pratique du Shabbat – un des Dix Commandements-  pose un certain nombre d’interdits dans le temps  alors que les lois alimentaires (Kashrouth) ont une valeur permanente. Les Six Jours de la Création – on notera ce chiffre 6 qui est pour nous lié au demi-cycle de la planète Jupiter, dont la révolution est de 12 ans – sont ceux du travail »  En astrologe,  l’on  passe  aisément du jour à l’année  et d’ailleurs c’est ce qui associe la Lune (28 jours) à Saturne.(28 ans) Dans la Bible, c’est le verbe « ossé» qui est l’enjeu : c’est le monde de l’Assia, de la Melakha qui ne saurait occuper le Shabbat. A vrai dire, on voit mal comment un septième temps pourrait s’intercaler  au sein d’une structure cyclique binaire et nous verrons que bien des passages du Pentateuque sont suspects à nos yeux, à commencer par les premiers versets du chapitre II de la Genèse qui est en porte  à faux avec la fin de  son chapitre Ier.

 

Genèse II

ב וַיְכַל אֱלֹהִים בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה; וַיִּשְׁבֹּת בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, מִכָּל-מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה. 2 Dieu mit fin, le septième jour, à l’œuvre faite par lui; et il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite. (assa) 

 

 

ח שֵׁשֶׁת יָמִים תַּעֲבֹד, וְעָשִׂיתָ כָּל-מְלַאכְתֶּךָ. 8 Durant six jours tu travailleras et t’occuperas (veAssita) de toutes tes affaires (mélakha),
ט וְיוֹם, הַשְּׁבִיעִי–שַׁבָּת, לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ:    לֹא-תַעֲשֶׂה כָל-מְלָאכָה אַתָּה וּבִנְךָ וּבִתֶּךָ, עַבְדְּךָ וַאֲמָתְךָ וּבְהֶמְתֶּךָ, וְגֵרְךָ, אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ. 9 mais le septième jour est la trêve de l’Éternel ton Dieu: tu n’y feras (lo taassé) aucun travail (melakha), toi, ton fils ni ta fille, ton esclave mâle ou femelle, ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes murs.
י כִּי שֵׁשֶׁת-יָמִים עָשָׂה יְהוָה אֶת-הַשָּׁמַיִם וְאֶת-הָאָרֶץ, אֶת-הַיָּם וְאֶת-כָּל-אֲשֶׁר-בָּם, וַיָּנַח, בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי; עַל-כֵּן, בֵּרַךְ יְהוָה אֶת-יוֹם הַשַּׁבָּת–וַיְקַדְּשֵׁהוּ. 10 Car en six jours l’Éternel a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment et il s’est reposé le septième jour; c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du Sabbat et l’a sanctifié.

 

Cela dit,  il est clair que les Hébreux ne sauraient  fabriquer des idoles pour invoquer leur Dieu comme le font les gens du Royaume du Nord, également appelé  Samarie et Israël. L’objet  représente l’absence voire la mort.

Osée

, chapitre VIII

 

ה זָנַח עֶגְלֵךְ שֹׁמְרוֹן, חָרָה אַפִּי בָּם; עַד-מָתַי, לֹא יוּכְלוּ נִקָּיֹן. 5 Ton veau, ô Samarie, a cédé la place, ma colère s’est allumée contre eux: jusqu’à quand seront-ils incapables de pureté?
ו כִּי מִיִּשְׂרָאֵל, וְהוּא–חָרָשׁ עָשָׂהוּ, וְלֹא אֱלֹהִים הוּא:    כִּי-שְׁבָבִים יִהְיֶה, עֵגֶל שֹׁמְרוֹן. 6 Il est bien l’œuvre d’Israël; un artisan l’a confectionné (assahou) , et il n’est pas un dieu: certes, le veau de Samarie sera réduit en menus morceaux.

 

 

Oui au Deus faber, non à l’homo faber Tout se passe comme si le verbe en question était réservé – pour son sujet -au Deus faber et interdit à l’homme, devant renoncer à sa qualité d’homo faber. Mais à qui s’adresse une telle injonction sabbatique   ? A tous les humains ou bien aux seuls destinataires juifs? Selon nous, aucun commandement ne saurait s’appliquer à tout le monde. Par ailleurs, il nous semble que le tu ne voleras point n’appartient pas à la même éthique que le tu ne tueras point. Dans un cas, on est dans le champ de l’avoir et pour celui qui n’existe que par son équipement, le vol est une catastrophe, ce qui ne vaudra pas pour quelqu’un qui ne dépend pas d’un ajout quel qu’il soit. C’est alors que le meurtre sera considéré comme une abomination. Autrement dit, on est en présence d’un syncrétisme éthique et nous verrons que cela tient à la dualité même du texte biblique.En tout état de cause, tout interdit révèle l’existence d’un problème récurrent, endémique  dans la société visée.

Cela dit, les théologiens de fortune nous rétorqueront que ce n’est pas ce qu’on leur a enseigné mais il ne s’agit pas ici de répéter une leçon apprise mais réactiver une démarche théologique qui s’est sclérosée et les gens se contentent de répéter de façon irresponsable et inconséquente des formules qu’ils ne comprennent pas!

Or, quand il s’agira de réparer, de corriger les erreurs de parcours commises par nos prédécesseurs – on connaît la parabole des raisins trop verts – il sera légitime d’intervenir et non de laisser les choses en l’état -dans le statu quo. Réparer, c’est soigner, c’est guérir non seulement les personnes individuellement mais le corps social dans son ensemble et ses dysfonctionnements, liés notamment à une certaine hétérogénéité, un manque de fluidité. Comme en médecine, il sera nécessaire d’isoler, de confiner, d’évacuer par mesure de prophylaxie. Le politique doit être un médecin du corps social. Rétablir de la fluidité, cela signifie lutter contre la sclérose, la pérennisation de situations qui auraient dû rester provisoires. La cyclicité nous enseigne qu’aucune situation ne saurait se bloquer au nom d’un juridisme mal compris ;  il  faut que la roue tourne,  on devrait passer d’un droit qui bloque, qui se veut irréversible à un droit – ce qui est en principe le cas du droit constitutionnel –  lequel prévoit périodiquement des changements. Dès 1965, nous avons fréquenté cette discipline (Paris II Assas) mais ce n’est que plus tard que nous avons compris ce qui le reliait étroitement avec l’Astrologie; à la fois du fait de son processus d’élection du chef, ce qui concerne un certain espace social et à la fois par sa façon de structurer le temps. Il est clair par ailleurs que l’élection du chef ne concernait à l’origine qu’une élite d’électeurs, que ce soit pour celle de l’empereur du Saint Empire Romain Germanique ou pour celle du Pontife romain, sans parler de la démocratie indirecte.

C’est ainsi qu’il ne s’agira pas de s’enfermer dans un juridisme mal compris selon lequel tout ce qui aura été entériné une fois, ponctuellement, par la loi deviendrait irréversible mais il ne s’agira pas davantage; au regard de l’épistémologie de la Réparation, de valider les erreurs du passé; Nous avons en effet mis en garde contre les tentatives de perpétuer indéfiniment, l’extraordinaire, de pérenniser ad vitam aeternam, remettant sine die tout retour à un état « normal » ce qui n’était pensé que comme provisoire et le Droit ne saurait être instrumentalisé pour figer le cours des choses, lequel passe par des phases d’entropie et de néguentropie. Méfions- nous donc de ces apprentis juristes comme des apprentis théologiens ou des apprentis linguistes ânonnant de pseudo certitudes et « réalités » sur lesquelles il ne serait pas question de revenir.

Il y aurait ainsi une théologie «    grecque » qui ferait de Dieu une nécessité pour que le monde existât et une théologie contestant un tel modèle, par le biais précisément des miracles, qui nous apparaissent comme un pied de nez à un tel modèle. Mais pour nous, il existerait une troisième voie, que l’on pourrait qualifier de «judaïque » ou mieux encore d ’ « adamique » – mettant en avant un dieu qui n’accomplirait pas de miracles mais qui ne serait pas non plus une sorte de « big bang ». Ce Dieu d’un troisième type serait intervenu pour mettre le holà à une évolution aveugle constituant ainsi une nouvelle Création articulée sur notre petit monde. Nous dirons que nous sommes en présence d’une thèse grecque, d’une antithèse correspondant à un courant qui conduit au christianisme et d’une synthèse judaïque  androgynale,  dépassant à la fois l’universalisme et l’humanisme. Dès lors, le judaïsme apparaît – contrairement à l’image généralement répandue dans l’Histoire du monothéisme, comme venant en dernière instance et non à son tout début alors que l’Islam relèverait, pour sa part d’un premier état, passant notamment par ce que nous appellerons l’israélisme, que nous distinguons très nettement du judaïsme. Il importe d’éviter de désigner les Juifs sous le nom d’Israël comme cela se pratique trop souvent et notamment dans le «  Shéma Israël  », Ecoute Israël- repris à l’office synagogal-  ou dans le Talmud (traité Shabbat «  Ein Mazal leIsrael  », Israël n’a pas de Mazal in traité Shabbat) et s’en tenir à la formule «  peuple de Judah  » (Yehouda)Autrement dit, comment reprocher aux Chrétiens l’appellation d’Israël pour qualifier les Juifs si les Juifs eux-mêmes ne donnent pas l’exemple  ! Et ce d’autant que les injonctions des prophètes à l’encontre d’Israël ne visent nullement les Judéens, comme on voudrait nous le faire accroire  Cela dit, le Livre des Prophètes, soit le volet central de l’Ancien Testament,_ sauf dans le cas du Deutéro Isaïe – nous apparaît comme la partie la plus authentique,  de la « Bible » ayant inspiré tant la rédaction du Pentateuque que du Nouveau Testament !

Là encore, ce qui semble venir après se révèle en réalité antérieur. Ce qui inverse notre représentation de l’Histoire des Religions. Ce qui fait problème avec le judaïsme, c’est son caractère protestataire, formule empruntée par le christianisme réformé et non son statut d’état initial à dépasser! Pour protester, il faut venir après, postérieurement, en réaction. Mais pour réparer, il importe de connaître le plan initial, tel est précisément notre enjeu, ici qui rejoint la démarche théologique des Stoiciens.

C’est ainsi que la question de l’idolâtrie nous conduit à dénoncer le culte cultivé par les hommes de leur propre création narcissique face à l’idée d’une création transcendante, préférant les voies des hommes à celles des dieux. Mais que l’on ne s’y trompe pas, ce qui est condamné, ce n’est pas ce que l’homme crée mais le fait qu’il le fasse avec des matériaux, ce qui n’est plus de la création mais de la fabrication. Une chose est de chanter, une autre de sculpter ou de peindre et c’est pourquoi le chant et la musique jouent encore un tel rôle dans les services religieux. La voix humaine est ce qui est le plus écologique car elle ne fait pas appel à un élément extérieur, ce qui d’ailleurs, à la longue, détruit l’environnement de l’humanité. La grande affaire ici est celle de l’éloignement dans le temps et dans l’espace  : c’est ne pas respecter un certain ordre du monde que de ne pas tenir compte des distances –terme devenu à la mode du fait de la pandémie de la COVID 19. Plus on est dans la proximité et moins on gaspille de l’énergie ne serait-ce qu’en n’ayant pas à raconter à quelqu’un qui est absent ce qui s’est passé. La langue écrite est un pis- aller de piètre qualité car on ne capte pas le non verbal et que l’on ignore qui parle et quel est son interlocuteur, ce qui permet toutes les impostures, toutes les appropriations indues. L’exercice de la dictée –souvent négligé- permet en tout cas de vérifier la capacité d’attention, d’écoute face à l’oralité. En effet, celui qui dicte (non pas nécessairement  à partir d’un écrit) introduit de l’oralité, ce qui n’est pas le cas de celui qui se contente de lire. Encore faut-il se demander si les codes de transcription de l’oral vers l’écrit étaient initialement identiques à ceux du passage de l’écrit vers l’oral, cette différence ayant pu disparaître par la suite, dans un sens ou dans l’autre.

Le personnage du «    secrétaire» doit être revalorisé    car c’est à lui que revient la tâche de passer de l’oral à l’écrit, c’est-à-dire à la machine car pour nous le stylo et le papier sont déjà des machines par opposition à ce qui émane directement de nos fonctions corporelles nécessaires et suffisantes à l’oralité. Encore faudrait-il préciser  que le secrétaire est d’abord celui qui mémorise, ce qui ne passe pas immédiatement par le papier. On pense à Fahrenheit 451  de Truffaut, qui campe un temps où les livres papier sont interdits, d’où des personnes qui récitent par cœur des livres.  Normalement, le chef ne devrait point être en rapport direct avec la machine, quelle qu’elle soit, mais passer par l’interface du «   secrétaire », de l’écrivain public  , dans le respect de l’esprit du Shabbat. Le rôle de l’interface est  justement d’éviter le contact direct et ici avec la machine

Nous dirons qu’il existe une certaine division du travail, ce qui pose la question de la dérogeance   : le trio créateur- scribe-interprète n’est pas censé toucher aux questions d’argent, tâche déléguée en aval à ceux qui seront chargés de collecter les contributions des consommateurs. Il importe donc que ces « collecteurs   »- comme dans le cas des éditeurs, des (re) distributeurs, des importateurs/ exportateurs– sachent s’y prendre pour récolter auprès des consommateurs les sommes, les biens nécessaires, par le biais du troc éventuellement- à la survie matérielle du dit trio, par le biais notamment de taxes, d’impôts, de contributions, de redevances. Il y a là une dynamique de partage équitable qui incombe à un arbitre, un facilitateur entre les deux côtés de la barrière, ce qui correspond   précisément au rôle de l’Etat. Ajoutons que l’on ne saurait confondre- en les mettant dans le même sac- comme c’est trop souvent le cas – les protagonistes du trio sus – mentionné et les populations d’exclus ne participant pas à la chaîne de production

Pour notre part, nous privilégions la musique qui ne change pas le monde mais le laisse intact à la différence des arts plastiques, de l’architecture, se contentant de lui conférer une autre dimension . L’image n’est- elle pas le support de toute forme d’idolâtrie ?. Les astres s’opposent aux idoles en ce qu’ils sont hors de portée de la main des hommes et c’est un grave contresens dans le judaïsme d’appeler les idolâtres «    adorateurs des étoiles ». On ajoutera que si le Deus Faber a la maîtrise de la matière, il demande à son peuple de ne pas s’y essayer, en laissant une telle activité à d’autres. Ce Dieu peut sculpter des astres mais son peuple ne saurait fabriquer des idoles!  Le prophéte Ezéchiel s’en prend à la maison, à la  terre  d’Israël, à ne surtout pas confondre avec la maison de Juda.

Ezéchiel  XVIII

 

ב מַה-לָּכֶם, אַתֶּם מֹשְׁלִים אֶת-הַמָּשָׁל הַזֶּה, עַל-אַדְמַת יִשְׂרָאֵל, לֵאמֹר:  אָבוֹת יֹאכְלוּ בֹסֶר, וְשִׁנֵּי הַבָּנִים תִּקְהֶינָה. 2 « Qu’avez-vous à colporter le dicton suivant, sur la terre d’Israël: « Les pères ont mangé du verjus et les dents des enfants en sont agacées »?
ג חַי-אָנִי, נְאֻם אֲדֹנָי יְהוִה:  אִם-יִהְיֶה לָכֶם עוֹד, מְשֹׁל הַמָּשָׁל הַזֶּה–בְּיִשְׂרָאֵל. 3 Par ma vie, dit le Seigneur Dieu (Adonai Yahwé), vous ne devrez plus citer ce dicton en Israël!
ד הֵן כָּל-הַנְּפָשׁוֹת לִי הֵנָּה, כְּנֶפֶשׁ הָאָב וּכְנֶפֶשׁ הַבֵּן לִי-הֵנָּה:  הַנֶּפֶשׁ הַחֹטֵאת, הִיא תָמוּת. 4 Oui, toutes les âmes sont à moi; l’âme du père comme l’âme du fils, elles sont à moi: l’âme pécheresse seule mourra.

 

ה וְאִישׁ, כִּי-יִהְיֶה צַדִּיק; וְעָשָׂה מִשְׁפָּט, וּצְדָקָה. 5 Un homme qui se montre vertueux, qui pratique la justice et la vertu,
ו אֶל-הֶהָרִים, לֹא אָכָל, וְעֵינָיו לֹא נָשָׂא, אֶל-גִּלּוּלֵי בֵּית יִשְׂרָאֵל; וְאֶת-אֵשֶׁת רֵעֵהוּ לֹא טִמֵּא, וְאֶל-אִשָּׁה נִדָּה לֹא יִקְרָב. 6 qui ne mange pas sur les montagnes, et ne lève pas les yeux vers les idoles de la maison d’Israël, qui ne déshonore pas la femme de son prochain et ne s’approche pas d’une femme impure

 

ט בְּחֻקּוֹתַי יְהַלֵּךְ וּמִשְׁפָּטַי שָׁמַר, לַעֲשׂוֹת אֱמֶת:  צַדִּיק הוּא חָיֹה יִחְיֶה, נְאֻם אֲדֹנָי יְהוִה. 9 qui marche selon mes statuts et qui observe mes commandements pour agir avec loyauté, celui-là est un juste, il vivra à coup sûr, dit le Seigneur Dieu (Adonay Yahwé).

 

En revanche, la pratique des idoles permet aux « croyants » de choisir le dieu de leur choix, sans avoir à lui demander son avis, son acquiescement, l’idole est un outil dont chacun peut disposer à sa guise et c’est ainsi que, selon nous, tendent à l’entendre les Israélites et à leur suite les Chrétiens lesquels mettent l’accent sur la volonté du croyant plus que sur celle de la divinité, à la différence des Juifs/Judéens, ce qui n’est pas le moindre des soucis au niveau de  la relation judéo-chrétienne, même si de nos jours, le judaisme ne dispose pas vraiment d’une théologie tout à fait cohérente.

Notre approche se veut résolument alternative, c’est-à-dire que nous entendons présenter les choses sous des angles, des aspects nouveaux, ce qui est susceptible de déconcerter les parties en présence, tant au niveau critique qu’apologétique. Cet ouvrage s’adresse plus à des chercheurs qu’à des élèves prisonniers de leurs motivations premières ou à des convertis peu désireux, enclins à soulever des problèmes, ce qui ferait douter de leur motivation.

. Il vaut mieux anthropologiquement  reconstituer le passé à l’aune du présent et de l’Histoire des derniers siècles que d’appréhender notre présent à l’aune d’un passé dont finalement sur le plan des documents on sait relativement peu de choses et dont ce que l’on en sait est souvent mythique, ce qui renvoie à la textologie.

Les matrices considérées font problème en ce qu’il semble qu’elles dépendent de paradigmes particuliers, et en ce sens, à l’instar des miracles, elles sont un défi à une certaine rationalité, à la «   normalité   » On pourrait aussi, tant qu’à faire, parler de «   mystères ». Et du fait de cette dimension «   miraculeuse », l’on observe en ce début de XXIe siècle moult dénis, rejets, mises en cause qui sont d’ailleurs autant de refus de reconnaître ses dettes – ou celles de sa filiation – contractées, parfois de fort longue date, envers tel ou tel groupe. Dans bien des cas,  il  y a  refus d’être assimilé à telle ou telle population dont la réputation fait problème  et c’est d’autant plus pénible quand les marques d’appartenance sautent aux  yeux à tel point qu’il n’est guère nécessaire d’évoquer cela. C’est plus délicat quand  il s’agit d’une appartenance plus cachée, moins flagrante. Dire à un noir qu’il est noir, ce n’est pas la même chose que de dire à  quelqu’un qu’il est juif  ou maçon n’est ce point là le symptome d’un malaise existentiel  ehttp://dev.worldpossible.org:81/wikipedia_fr_all_2015-11/A/Protocoles_des_Sages_de_Sion.htmlt identitaire lié à la souffrance d’un tel rappel. Or, tout propos est susceptible de réactiver certaines douleurs. En tout état de cause, il semble préférable de travailler sur les représentations au sein d’une société que de s’en prendre à une personne en particulier accusée d’avoir fourni telle ou telle information. Par ailleurs,  au sein d’un groupe donné, il  serait  peut être souhaitable que l’on soulignât, précisàt les clivages existant en son sein de façon à ce que l’on ne loge pas tous ses membres à la même enseigne. Ce sont souvent les généralisations qui font problème comme de dire de quelqu’un qu’il est « vieux » sans autre forme de procès, lui infligeant ainsi délibérément  un aspect peu flatteur propre à telle ou telle appartenance.

La meilleure façon de procéder est d’ignorer le passé, ce qui évite d’avoir à en supporter le poids d’endettement accumulé. Mais que l’on y prenne garde, le miracle dont il s’agit ici ne consiste pas à enfreindre des lois mais à construire sur de nouvelles!

Un des leitmotivs du présent travail concerne la dualité du masculin et du féminin, que nous aborderons notamment , sous l’angle linguistique, laquelle dualité est déjà mise en scène au premier chapitre de la Genèse    chapitre I :

26 Dieu dit: « Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail; enfin sur toute la terre, et sur tous les êtres qui s’y meuvent. »
27 Dieu créa l’homme à son image; c’est à l’image de Dieu qu’il le créa. Mâle et femelle furent créés à la fois.

 

On n’aura pas cessé de s’interroger sur la portée d’une telle formule du verset 27 et c’est à un tel questionnement que nous ne cesserons de nous atteler, tout au long de notre entreprise , qu’il s’agisse de la langue française, du peuple juif ou de la relation planète/étoile, du mobile et du fixe, de la présence et de l’absence, du multiplié et du multipliant etc. Ce qui caractérise l’élément masculin, c’est son aptitude à pénétrer au sein d’une entité étrangère, ce qui permet au processus de multiplication de se mettre en œuvre. Nous dirons aussi que le féminin s’accommode du multifactoriel sous toutes ses formes et donc tendra plus vers le polythéisme que vers le monothéisme, vers le polyplanétarisme/déisme  que vers le monoplanétarisme/déisme.

. En fait, selon nous, le féminin précède le masculin, contrairement à la pédagogie courante des langues  : on ne passe pas de petit à petite mais de petite à petit, le masculin    »masquant    » – hommage à la Covid 19 – une partie du féminin, c’est-à-dire de la matrice-matière première. L’abrégé ne peut venir que dans un second temps.

Le Livre de la Genése,en ses tout premiers versets nous dit bien que la lumière est précédée par le chaos tout comme il y est question d’une certaine forme d’androgynat que nous retrouverons au prisme de la cyclologie avec l’alternance d’une organisation des objets et de celle des hommes.(cf Volume II)

L’opposition se manifeste notamment autour de l’idée de transmission    : il y a une transmission bavarde-celle du signifié- qui charge la mémoire de toutes sortes de références identitaires, -elle est féminine- et il y a une transmission par le sang, par le visuel, par le nom-elle est masculine, c’est celle du signifiant/ désignant Pour notre part, au regard de l’épistémologie des sciences sociales, donner un contenu au mot « juif», est affaire de récurrence, donc de quantitatif mais ne fait pas sens à l’échelle individuelle même si le collectif est la somme des individus. L’antisémite ne vise d’ailleurs pas l’individu mais bien une certaine accumulation du même désignant juif. Pour nous, c’est l’antijudaïsme qui fait problème car il n’est même pas fondé sur l’observation présente et d’ailleurs notre premier tome  est en grande partie consacré à déconstruire le dit antijudaïsme. Nous mettons en garde face aux sirènes du métalangage. Pour désigner des objets, l’on est obligé de donner des noms qui seront empruntés à quelque corpus. On peut ainsi considérer que la musique emprunte aux langues  quand elle nomme ou numérote tel ou tel morceau un moyen commode mais somme toute arbitraire de désignation  et cela vaut aussi pour son usage du chant (lieder, opéra, chanson) / Mais ce n’est là qu’un moyen. C’est ainsi que tout ce qui se présente à nous, du fait même de sa désignation, est factice mais néanmoins nécessaire. Il règne un certain désordre à propos du métalangage de la linguistique car on y fait usage du terme « signifiant », mal à propos. On ne peut, en effet, raisonnablement, appeler le « mot » signifiant par rapport à la « chose » qui serait qualifiée de signifié, comme le propose Saussure.  Le signifiant renvoie au sujet, à l’acteur,  qui s’occupe de  faire  passer du signifiable (participe futur associé au féminin) au signifié (participe passé associé au masculin) et donc c’est bien le terme « signifié » qui devrait désigner le mot !   Cela  dit, le plus souvent, nous nous conformerons à l*usage ordinaire.

Le fait que l’on ait reçu à la naissance tel prénom ne saurait nous déterminer même si dans la Bible, au sens large du terme, l’on nous dise que le prénom serait prémonitoire comme dans le cas de Jésus, oubliant qu’en hébreu biblique, le passé se construit au futur et vice versa. A titre d’exemple, nous dirons que le récit de la Nativité de Jésus reprend et recycle, de façon romancée, une imagerie empruntée à une certaine forme d’astrologie «   messianique   ». Un personnage clef providentiel doit naitre sous une certaine étoile, donc à une certaine heure (c’est le sens premier du mot «    horoscope    »), en un certain lieu et il faut des témoins (les Rois Mages) pour valider de telles données qui relient le Ciel et la Terre. Une telle naissance déterminera les rendez-vous avec son destin du dit personnage. Rappelons-le    : il ne s’agit pas ici de prendre à la lettre un tel récit mais d’en repérer la source car parfois un emprunt aura subsisté alors que la source aura disparu.

En vérité, nous ne saurions exclure que le lien entre le peuple juif et la Bible ne relèverait au fond que du métalangage, à des seules fins de désignation (cf. Genèse II) et tout métalangage passe par l’emprunt voire par le plagiat. Par ailleurs, force est de constater que la croyance en un «    dieu » est structurellement liée à l’existence d’Ecritures, étrangement considérées comme plus fiables que n’importe quel autre texte. Pour notre part, nous ne nous appuierons que sur des phénomènes présents et observables, donc vivants pour explorer le passé, autrement dit notre approche se voudra d’abord pertinente au prisme d’une certaine anthropologie. Car de même qu’un texte écrit  doit se lire au moyen de certains codes qui ne sont pas fournis dans le dit texte, de même un texte ne pourra être compris qu’au moyen d’une certaine grille  de lecture  laquelle peut tout à fait faire défaut. Dialectique de la lettre et de l’esprit.

Nous avons introduit le terme d’anachorisme pour désigner tout usage inapproprié d’un texte, notamment lorsque l’on se trompe délibérément ou non de contexte et de destinataire. C’est ainsi que le fait de croire que tel texte « vaut » pour tel groupe alors que le dit groupe n’est nullement visé, que l’on peut s’approprier le dieu du voisin, par un processus d’instrumentalisation conduit au chaos et au désordre, relève du fantasme mimétique. Ce qui vaut pour les uns ne vaut pas pour les autres et vice versa. L’autre ne fait sens pour nous que dans la mesure où il n’est pas contraint aux mêmes règles et qu’il offre une différence visuelle suffisamment marquée, soit physique, soit vestimentaire (la rouelle, l’étoile pour les Juifs). A partir du moment où l’autre ne veut plus être autre, il perd sa légitimité à être parmi nous. En ce sens, l’intégration n’est pas l’assimilation.

Face à un texte, quel qu’il soit, il importe en effet de se demander à qui il s’adresse et de qui il émane ou encore s’il est d’un seul tenant ou au contraire un compromis syncrétique entre plusieurs tendances pas nécessairement compatibles entre elles. Bien plus, vu que l’on passe par des phases de lever et des phases de culmination, serait-il correct de ne retenir que des propos censés avoir été tenus par telle personne, alors que les dits propos sont à contextualiser   ? Faute de quoi, le texte se trouve dépouillé de toute signification universelle. Qui est visé par tel ou tel signal comme le panneau du «sens interdit   « ? Quel récepteur pour quel émetteur? Là se situe le hiatus entre l’oral et l’écrit. C’est ainsi que l’idée selon laquelle le nom de Dieu indiquerait une quelconque unicité sera ici mise en cause. Unicité pourquoi pas mais dans quel cadre, c’est bien là toute la question.  Soulignons  le fait que l’universel  est en contradiction avec  l’idée de dualité, de complémentarité.

Expliquons-nous, certaines lois ne s’adressent et ne concernent qu’une certaine population et ne pourraient en aucun cas être généralisées parce que non généralisables. Ainsi, l’interdiction de fabriquer des objets ne vise que les Juifs et il en est de même du respect du Shabbat, d’où l’instauration du «   Shabbes goy   », le non – juif du Shabbat. Mais la femme nous apparaît comme un complément, ni plus ni moins, ce qui correspond à l’esprit du chapitre II de la Genèse, qui est un rajout, un appendice au chapitre Ier. Il n’est pas nécessaire d’être «   égal   » pour être présent et avoir droit de cité car «    l y a plusieurs demeures dans la maison de mon père» (Évangile de Jean, XIV, 6).

 

Au Juif mâle, est interdit tout ce qui n’a pas été créé dès le premier jour et qui ne serait qu’additionnel, ajouté. On nous rétorquera que le commandement sur le Shabbat concerne aussi les non Juifs vivant sous le toit du Juif mais c’est là une falsification du texte, comme on le verra, permettant d’inclure des populations étrangères. Le peuple élu a des obligations exclusives, notamment au niveau écologique, ce qui correspond à l’esprit du Shabbat, lequel ne s’applique qu’aux «    vrais » Juifs car inapplicables à grande échelle. L’on parle d’un peuple de prêtres. Autrement dit, il ne s’agit pas de renoncer globalement à la machine mais de s’en protéger en préservant un petit noyau de l’Humanité de son impact, ce qui, en pratique, est le cas depuis fort longtemps par la constitution d’élites. A terme, l’on va vers une cohabitation entre ces élites et le monde des machines, le statut des populations intermédiaires hybrides actuelles au service des machines étant voué à ne plus guère faire sens, à terme. La génération suivante de machines sera en mesure de se passer de ces interfaces.

 

Exode XX

ח שֵׁשֶׁת יָמִים תַּעֲבֹד, וְעָשִׂיתָ כָּל-מְלַאכְתֶּךָ.

8 Durant six jours tu travailleras et t’occuperas de toutes tes affaires,

ט וְיוֹם, הַשְּׁבִיעִי–שַׁבָּת, לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ:    לֹא-תַעֲשֶׂה כָל-מְלָאכָה אַתָּה וּבִנְךָ וּבִתֶּךָ, עַבְדְּךָ וַאֲמָתְךָ וּבְהֶמְתֶּךָ, וְגֵרְךָ, אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ.

9 mais le septième jour est la trêve de l’Éternel ton Dieu: tu n’y feras aucun travail, toi, ton fils ni ta fille, ton esclave mâle ou femelle, ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes murs.

 

Il est clair, par ailleurs, que les Commandements, pour la plupart , ne sauraient être réservés aux Juifs et en fait ne s’adressent pas à eux spécialement comme tu ne tueras point. On notera d’ailleurs le caractère hybride du texte hébreu  respectant de façon intermittente le principe du vav conversif  mais cette fois c’est dans le Livre de l’Exode et non plus dans celui de la Genèse : * Prenons les versets 17  et 18 d’Exode  XX qui font immédiatement suite à l’énoncé des Commandements :

Le verset 17 respecte le vav conversif  et utilise le futur pour indiquer le passé. En revanche, le verset 18 après avoir commencé par respecter la régle conversive « Vayomer  Yahwé et Moshé »   emploie , dans le discours tenu, le passé pour marquer  le même passé :  vous avez vu (Atem rahitem »  et je vous ai parlé « dibarti Imakhem » !

יז וַיַּעֲמֹד הָעָם, מֵרָחֹק; וּמֹשֶׁה נִגַּשׁ אֶל-הָעֲרָפֶל, אֲשֶׁר-שָׁם הָאֱלֹהִים.  {ס} 17 Le peuple resta éloigné, tandis que Moïse s’approcha de la brume où était le Seigneur.
יח וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, כֹּה תֹאמַר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל:  אַתֶּם רְאִיתֶם–כִּי מִן-הַשָּׁמַיִם, דִּבַּרְתִּי עִמָּכֶם. 18 L’Éternel dit à Moïse: « Parle ainsi aux enfants d’Israël: ‘Vous avez vu, vous-mêmes, que du haut des cieux je vous ai parlé

Il semble, au demeurant,  que lorsqu’il s’agit d’un impératif, l’on se serve du futur comme pour les Dix Commandements ou dans le Jardin d’Eden,  à propos du  fruit défendu, sans recourir au Vav renversif.   « Toukhal » : tu mangeras.

Genése II :

 

טז וַיְצַו יְהוָה אֱלֹהִים, עַל-הָאָדָם לֵאמֹר:  מִכֹּל עֵץ-הַגָּן, אָכֹל תֹּאכֵל. 16 L’Éternel-Dieu donna un ordre à l’homme, en disant: « Tous les arbres du jardin, tu peux t’en nourrir;

 

 

Nous verrons que ce sont plus spécialement les Israélites, population colonisée, vassalisée – statut courant à l’époque- par Judah, ceux du Royaume du Nord, d’Israël, de Samarie –ce qui revient au même    qui sont visés comme dans le cas du premier commandement en raison de leur culte d’ idoles en forme de veaux(Eguel)    et la référence à la Sortie d’Egypte renvoie à une fable inventée par les ressortissants du dit Royaume ennemi de celui de Juda. La lecture des livres des Prophètes ne laisse aucun doute à ce sujet/

Livre du prophète Osée    (son nom a la même racine que Jésus) Sous le nom d’Israël, on aura compris que cela désigne les gens de Samarie    :

Chapitre VIII Yahwé parle par sa bouche    :

ג זָנַח יִשְׂרָאֵל, טוֹב; אוֹיֵב, יִרְדְּפוֹ.

3 Israël a délaissé le bien, l’ennemi le poursuivra.

ד הֵם הִמְלִיכוּ וְלֹא מִמֶּנִּי, הֵשִׂירוּ וְלֹא יָדָעְתִּי; כַּסְפָּם וּזְהָבָם, עָשׂוּ לָהֶם עֲצַבִּים, לְמַעַן, יִכָּרֵת.

4 Ils ont établi des rois sans mon aveu, des chefs à mon insu: de leur argent et de leur or ils se sont fait des idoles de façon à causer leur perte.

ה זָנַח עֶגְלֵךְ שֹׁמְרוֹן, חָרָה אַפִּי בָּם; עַד-מָתַי, לֹא יוּכְלוּ נִקָּיֹן.

5 Ton veau, ô Samarie, a cédé la place, ma colère s’est allumée contre eux: jusqu’à quand seront-ils incapables de pureté?

ו כִּי מִיִּשְׂרָאֵל, וְהוּא–חָרָשׁ עָשָׂהוּ, וְלֹא אֱלֹהִים הוּא:    כִּי-שְׁבָבִים יִהְיֶה, עֵגֶל שֹׁמְרוֹן.

6 Il est bien l’œuvre d’Israël; un artisan l’a confectionné, et il n’est pas un dieu: certes, le veau de Samarie sera réduit en menus morceaux.

 

Exode XX

ב אָנֹכִי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, אֲשֶׁר הוֹצֵאתִיךָ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם מִבֵּית עֲבָדִים:    לֹא-יִהְיֶה לְךָ אֱלֹהִים אֲחֵרִים, עַל-פָּנָי.

2 (1) « Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, d’une maison d’esclavage. (2) « Tu n’auras point d’autre dieu que moi.

ג לֹא-תַעֲשֶׂה לְךָ פֶסֶל, וְכָל-תְּמוּנָה, אֲשֶׁר בַּשָּׁמַיִם מִמַּעַל, וַאֲשֶׁר בָּאָרֶץ מִתָּחַת–וַאֲשֶׁר בַּמַּיִם, מִתַּחַת לָאָרֶץ.

3 Tu ne te feras point d’idole, ni une image quelconque de ce qui est en haut dans le ciel, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux au-dessous de la terre.

ד לֹא-תִשְׁתַּחֲוֶה לָהֶם, וְלֹא תָעָבְדֵם:    כִּי אָנֹכִי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, אֵל קַנָּא–פֹּקֵד עֲון אָבֹת עַל-בָּנִים עַל-שִׁלֵּשִׁים וְעַל-רִבֵּעִים, לְשֹׂנְאָי.

4 Tu ne te prosterneras point devant elles, tu ne les adoreras point; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui poursuis le crime des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération, pour ceux qui m’offensent;

Or, l’on relèvera l’importance du mot « offense » dans le discours chrétien,  qui a  pour corollaire le pardon. Les Israélites du Nord se voient accusés d’avoir offensé Yahwé du fait d’une pratique rejetée des idoles. Nous y voyons la marque d’une filiation entre Chrétiens et Israélites.

Evangile  selon Matthieu 6
11Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien; 12pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés; 13ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin. »

On aura compris que notre approche des textes mais aussi des langues est critique et que nous ne nous laissons leurrer ni par des contrefaçons, des interpolations ni par des antidatations. On nous reprochera parfois de parvenir à des conclusions  « infalsifiables » mais tel est le lot du chercheur par opposition à l’enseignant dont les propos sont contrôlables si par exemple il traite de la pensée de  tel ou tel auteur à l’instar du pianiste interprétant un certain morceau du répertoire, partition à l’appui. Les travaux du chercheur doivent  être avant tout reproductibles, donc  tendus vers le futur et non point vers le passé.

D’aucuns trouveront scandaleux de nous en prendre à l’intégrité des traditions et peut être plus encore des langues, autant de domaines sanctuarisés par la pratique populaire, publique –dans tous les sens du terme –le praticien et le pratiquant. Notons qu’en principe l’accès à l’expression musicale est distinct  de l’accès au langage car on peut s’inventer sa musique et la faire entendre mais non sa langue, dont l’usage implique une transmission externe.

Les sciences humaines englobent à la fois la Subconscience et la Surconscience, en ce qu’elles relèvent d’une part de l’observation anthropologique de ce qui se présente à nous et d’autre part de la lecture des corpus qui auront été plus ou moins bien conservés au cours des âges. Pour le structuralisme, tel que nous le comprenons, il s’agirait de dégager, au sein des Sciences dites molles, la Surconscience de la Surconscience, de façon à faire apparaître un processus de nécessité comparable à celui qui caractériserait les Sciences Dures.

Il apparaît que la Subconscience génère et sous- tend de la Surconscience, tout comme l’oral produit de l’écrit. Le terme Subconscience ne saurait ici se confondre avec le « Subconscient » freudien, il se rapprocherait quelque part de l’idée de grâce, de ce qui nous est donné à la naissance, donc par le sang alors que la Surconscience nous est transmise par l’éducation, la culture. Autrement dit, la Surconscience serait le fait des hommes et la Subconscience le fait des dieux. La Surconscience conduit à s’asservir à un savoir déjà en place, c’est la mentalité de l’esclave alors que la Subconscience crée une dépendance non point par rapport à des personnes mais par rapport à un  plan/Droit divin, cela correspond à la mentalité du maître.

Les Juifs relèveraient de la Subconscience et les non Juifs de la Surconscience, c’est-à-dire de l’ère de l’Homo Deus lequel peut créer, inventer ce qu’il veut, y compris son rapport à Dieu (cf  Yuval Noah, Homo Deus : Une brève histoire de l’avenir est un livre de Yuval Noah Harari  trad de l’hébreu, Paris, Albin Michel , 2017).

Nous verrons que le langage tel qu’il est devenu est une formule assez bâtarde : le langage relève de l’oralité sinon, l’on ne se servirait pas de pronoms   : qu’est- ce que le je, le tu ou le nous, si l’on ne sait pas qui parle et à qui l’on parle, comme c’est le cas pour l’écrit. Et l’on sait à quels abus, un tel flou aura conduit, notamment quant à la lecture de la Bible. On ne peut guère ainsi accéder à l’hébreu écrit si l’on ne maîtrise pas d’abord l’hébreu oral à la différence des langues européennes, cela tient à l’absence des voyelles à l’écrit. Une absence que l’on retrouve avec le français sur un autre mode, ce qui fait que le passage de l’écrit à l’oral en français  est singulièrement délicat et ce d’autant que certains codes semblent s’être égarés (cf fin du tome II). L’étranger buttera davantage sur l’oral que sur l’écrit car il n’aura pas appris tous les codes nécessaires pour activer correctement l’écrit lors du passage à l’oral pour la simple raison que ceux-ci ne sont ni enseignés, ni transmis correctement au niveau surconscient, d’où l’importance de la langue maternelle et de la capillarité qu’elle permet.

Il y a des périodes où le leader préférera passer par l’oralité  qui laisse plus de liberté, place au tatonement ,et d’autres où le leader préférera passer par l’écrit, lorsque l’on aura décidé qu’alea jacta est.

L’écrit  permet  en effet de ne pas avoir à se répéter  Cela dit, nous montrerons que le passage de l’écrit à l’oral, à un autre niveau, ne saurait être négligé à l’aune d’une dialectique de la présence et de l’absence. Le visage –ce qui se donne à voir, le visuel- est traversé par une tension entre la bouche et le faciès : la parole peut tenir un certain discours qui ne « colle » pas avec ce que nous indique et nous signale notre perception visuelle. Nous dirons que le visage est une musique sans paroles mais ce langage n’est pas accessible à tous. C’est ainsi que ce qui est écrit sera paradoxalement plus accessible que ce qui est visible, comme on peut l’observer dans le rapport du roman papier et du film. On ne confondra pas en tout cas la lecture du visible et celle de l’écrit, lequel n’est accessible que par le biais de l’apprentissage de la langue à la différence de la musique  instrumentale. Le visuel n’a nul besoin de la langue et nous est donné dès la naissance. Cela tient au fait que nous ne sommes pas égaux en matière d’observation. Ce que le roman nous explique en long et en large risque fort d’être exposé au cinéma, sans que la plupart des spectateurs soient parvenus à capter l’information utile, par manque de commentaire, devant se contenter d’observer des effets sans en déceler la cause. Mais comment prendre conscience d’une absence alors qu’il est relativement aisé de détecter une présence inadéquate ?

Quand nous apprenons à lire un texte écrit,  plusieurs questions se posent : est- ce que le mode de lecture que l’on nous enseigne est valable, dispose-t-on du bon mode d’emploi pour être compris par d’autres ici et maintenant mais aussi est-ce que cela se fait dans le respect du dispositif tel qu’élaboré au départ  et est-il important qu’il en soit ainsi sans hiatus ?  Cela dit, quand une erreur est adoptée par tous, le besoin de réparation ne se fera guère sentir.

Double compétence  anthropo-textologique qui exige à la fois de s’inscrire pleinement dans la Cité et de se mouvoir de façon critique dans les textes qui nous sont parvenus. En vérité, nous ne pouvons appréhender les textes et les langues que sur la base de notre connaissance du monde, de ses structures. Le texte ne saurait avoir le dernier mot puisqu’il est lui-même suspect. C’est ainsi que la notion de Centre nous semble bien préférable au modèle pyramidal traditionnel associé à l’image du ruissellement de haut en bas. Car qui douterait de la nécessité d’un centre, que ce soit dans le domaine des sciences dures ou dans celui des sciences molles    et bien plus encore pour ce qui est des techniques ? Le centre est en dialectique avec la périphérie, comme c’est le cas pour l’atome. Selon nous, l’on ne saurait faire l’économie de la psychologie du chef, du leader quand bien même s’agirait-il de «Dieu    ». Encore faut-il préciser que la condition de leader se prouve sur la longue durée et passe par une certaine cyclicité laquelle doit servir de terrain privilégié de recherche à ce que nous appelons astro-horoscopie .(cf. tome II) En bref, le leader serait marqué par un enchaînement de périodes de six ans- liées au cycle de Jupiter de 12 ans -  et l’on retrouve  cette durée  dans la description même du processus  en six jours de la Création, au premier chapitre de la Genèse.

Mais l’un des traits majeurs d’un tel personnage est le rapport de l’ un au multiple, un chef ne fait pas sens , ne trouve pas ses marques dans le tête à tête, et dès lors il doit assumer une position solitaire face au groupe, ce qui va à l’encontre notamment du modèle du couple. Pour le super leader, le carcan monogamique est à éviter, sur tous les plans même si la tentation se présente à lui périodiquement et même un « saint homme » peut avoir, tel Jésus, connu des périodes « monogamiques » qui risquent de fausser son message. En fait, la grande tentation serait celle du pouvoir exercé sur le peuple en produisant des objets, des outils.

L’étude du leader a des incidences économiques en ce sens qu’un leader en pleine possession de ses moyens sera en mesure de motiver un groupe,  de lui faire adopter de nouvelles habitudes sans recourir à la corruption, sans avoir à mobiliser ses membres par toutes sortes de dépenses au profit d’une clientèle, au sens romain du terme et ce d’autant que cela jouera sur le niveau moral de la société concernée.  Le vrai créateur est dans la gratuité alors que son imitateur besogneux se fera payer ses services, le temps passé tout comme il devra se procurer le matériau nécessaire pour donner le change.

C’est pourquoi le créateur devra être protégé par la société, laquelle devra lui fournir gracieusement les collaborateurs appropriés selon le principe que l’argent  appartient au champ de l’instrument, de l’outil. D’où l’importance des médiations faisant écran et interface. Cet environnement est celui de la famille, de la domesticité dont l’entretien sera  à la charge  de la Société, par le biais d’allocations. Autrement dit, nous préconisons la prise en compte d’une telle sphère sociale, aujourd’hui  en jachère, dotée d’un statut  assez flou – comme dans le cas du RSA-(revenu de solidarité active )- actuellement sans contre partie en terme de travail -axée sur cette idée de médiation entre l’élite intellectuelle  et la machine.Autrement dit,  on distinguera une sphère pécuniaire en aval axée sur le marché de l’offre et de la demande et au contact de la machine  d’une sphère se situant en amont et à distance de la machine (cf notre Volet III).

 

Croire en un chef, c’est autre chose qu’assurer une besogne de mercenaire contre espèces sonnantes et trébuchantes  en acceptant des tâches pour lesquelles on ne sera même pas forcément douté.

Nous prendrons ainsi le contre -pied de tout un bagage juridique, linguistique, historique, culturel, qui relève de la Surconscience et ce sont justement ceux qui n’ont pas conduit une véritable réflexion de déconstruction sur ces sujets qui risquent le plus d’être victimes d’une

certaine fascination béate, sur la magie unificatrice de la langue commune. Notre position conduit à relativiser l’importance de la langue et à prôner en tout état de cause la fin de la langue absolue en laissant au locuteur, au récepteur la tache de décoder un propos se limitant à du lexical et à des formes écrites, ce qui permet de ne pas surinvestir le rôle du sémantique, du phonétique, du grammatical dans notre rapport à la langue en privilégiant la notion d’icône pour désigner un mot. Il est d’ailleurs des langues plus exigeantes et donc plus formatrices  que d’autres au niveau de l’intercompréhension

Même l’Histoire nous apparaît comme suspecte, au même titre que les rapprochements dus à la langue, à la religion, au sol, au Droit. Pour nous rien n’est irréversible et ce qui primera toujours sera d’ordre visuel, sensoriel, et relavant de la perception immédiate de l’ici et maintenant que l’on ne saurait bafouer indéfiniment. C ’est ainsi que les phénomènes de migration sous toutes leurs formes – la conquête en est une forme majeure tant pour le conquis que pour le conquérant idem pour le colonisateur et le colonisé- -doivent être ramenés à leur juste importance et justifient une déconstruction des ensembles artificiels ainsi constitués. Pour nous, les erreurs doivent être signalées mais aussi corrigées quand elles offrent des effets pervers nous  délivrant une vision déformée du réel alors même que ce réel nous apparaît comme une évidence. Double contrainte! De même, les discours qui sont tenus publiquement dans le champ de l’étude des sociétés sont peu ou prou auto réalisateurs et en porte à faux avec notre conscience de l’authenticité des choses.

Nous dirons qu’il y a deux sortes de chefs, ceux – de première classe – qui sont à l’aise avec les esprits vivants et ceux – de seconde classe- qui préfèrent ne fréquenter que des œuvres mortes. C’est ce qui distingue les philosophes ou les musiciens des professeurs de philo et des interprètes, cette dernière catégorie ayant forcément un répertoire plus large, parce qu’emprunté, dans tous les sens du terme, ceux qui se présentent à un public, à une «salle» d’ anonymes et ceux qui échangent, sur un pied d’égalité, avec des égaux, des pairs    en une table ronde. (cf.  De Gaulle, Au fil de l’épée    1932)  Il est certes  tentant de pallier les limites de sa propre pensée par l’apport d’une certaine culture livresque à l’instar de quelqu’un qui n’aurait rien à dire et se mettrait  à débiter de mémoire des lectures évitant ainsi de s’exposer personnellement si ce n’est par personnes interposées.

La disposition des lieux de spectacle met en évidence la dialectique du petit et du grand nombre. Mais ce que l’on admet ici on ne l’admet pas nécessairement  ailleurs. Au demeurant, le leader de première classe, le « super-leader » tend à déstabiliser les leaders de seconde classe en divisant pour régner de façon à les faire échapper à une certaine sclérose. Le petit leader- à la différence du grand leader – a des œillères, il ne souffre guère de scrupule pour exclure telle personne, pour omettre ou nier telle information. Le leader de deuxième rang est plus spécialisé que celui de premier rang lequel couvre un champ sensiblement plus ample, couvrant aussi bien le registre physique qu’intellectuel ou social.

On ne peut compter sur le petit chef pour être équitable(cf.  le Prince de Machiavel). Inversement, le grand leader cherchera à rassembler aussi largement que possible, à l’instar d’un François Mitterrand accueillant, sans affect, en 1981 les Communistes dans son gouvernement, alors qu’il n’en avait pas besoin pour constituer sa majorité. Il sait se faire respecter par ses adversaires et ne pratique pas la politique de l’autruche.  En fait, le vrai leader constitue un pole d’attraction naturelle, allant de soi.  Nous dirons que le super leader est en prise sur la complexité, la pluralité du réel alors que le petit leader ne veut entendre qu’un seul son de cloche et se forge un monde à sa guise. Il faut bien comprendre que si la femme développe avec l’homme un certain sentiment d’exclusivité, cela ne saurait être réciproque dans la mesure où cela ferait obstacle au processus de multiplication, on ne peut pas en même temps être signifié et signifiant, instrumentalisé et instrumentalisant. L’avortement est une notion à méditer: il y a loin de la coupe aux lèvres, ce qui est donné au commencement comme signifiable, donc identifiable, susceptible d’être signifié, appartient au domaine du possible mais cela n’aboutira que si cela reçoit l’onction du signifiant, du significateur. Il y a donc une genèse du signifié lequel aura dû franchir divers obstacles avant d’avoir pignon sur rue, à l’instar du spermatozoïde, l’emportant sur ses semblables. Il reste que le récepteur impose quelque part sa loi à l’émetteur, l’instrumentalise. L’objet qui se présente au départ devra bel et bien se plier aux desiderata de l’utilisateur tout comme le multiplié dépendra du multipliant, l’employé de l’employeur/ employant  Exiger que l »on » vous donne du travail, un emploi, c’est reconnaissance implicite de la dialectique du maitre et de l’esclave.. En bref, le signifié sera à la merci du signifiant et d’ailleurs ne sera perçu que par le biais, le truchement du signifiant   qui le « fera roi », le consacrera. Le signifiant est l’instance qui fait passer le signifiable au statut de signifié. En ce sens, nous remettons en question la dialectique saussurienne    en ce qu’elle ne fait pas la part des objets laissés pour compte par le signifiant.Cela dit , selon nous, l’employeur est quelqu’un qui est disposé à partager son bien  avec autrui mais avec des contreparties qui sont à négocier équitablement. A l’inverse,  celui qui n’entend pas partager n’aura même pas à proposer un marché avec son prochain, ne lui offrant même pas une chance.

En exigeant la monogamie, une femme trahit la cause des femmes, les empêchant d’avoir accès à la source. Croire que tous les hommes sont à mettre sur le même plan est illusoire: seule une minorité d »hommes peut mériter de se démultiplier au vu de leurs œuvres! Par le biais de l’instrumentalisation, de la représentation, de la médiatisation, un même objet peut être appréhendé par un grand nombre de personnes selon diverses modalités. En ce sens, instrumentalisation et multiplication sont liées.

La monogamie nous apparaît en vérité comme une invention des hommes ordinaires marquée par le mimétisme envers les leaders et les super-leaders, ce qui les conduit à délaisser, à mépriser leurs propres valeurs, leur écosystème. Dans le processus polygamique, beaucoup d’appelés et peu d’élus. Bien des hommes sont voués à vivre avec des femmes mais sans le droit de les féconder, les deux choses n’étant pas nécessairement liées, ce qui relativise d’ailleurs la place de la procréation dans le couple. En fait, assumer sa condition de femme ne peut s’envisager que collectivement et c’est dans le collectif que la femme prend toute sa dimension reproductrice. L’union fait la force d’où l’émergence de toutes sortes de mouvements de femmes, à commencer par le MLF. Cette fonction multiplicatrice des femmes  est double: elles doivent être nombreuses et à la fois multiplier, reproduire inlassablement et à l’identique les objets qui leur sont donnés d’en haut. Mais l’on peut également déclarer que la femme est susceptible de se démultiplier par le biais du portrait, de la photographie, du cinématographe et de tout ce qui en découle. En ce sens, une seule et même image pourra faire sens pour un grand nombre de personnes. C’est toute la problématique des icônes. La «    figure    » de Jésus va ainsi se démultiplier, ce qui fait écho aux Évangiles, campant un Jésus multipliant les pains, ce qui en fait un vecteur féminin. C’est là un facteur récurrent dans les Évangiles, comme leit- motiv qui sous- tend- en dehors des guérisons – les miracles accomplis par ce « Messie » .(cf wikipedia La multiplication des pains), sans oublier le « miracle » de la multiplication des Juifs célébré par Saint Paul dans l’Épître aux Éphésiens II, 11-22  par le biais de la conversion et de la magie du baptême.

« Les Juifs portent la marque de la circoncision sur leur corps et ils aiment s’appeler « les circoncis ». Vous qui n’êtes pas juifs de naissance, vous ne portez pas cette marque sur votre corps, et ils vous appellent « les non-circoncis ». Eh bien, rappelez-vous ce que vous étiez autrefois : vous étiez sans Messie, vous n’aviez aucun droit dans le peuple d’Israël. La promesse faite par Dieu dans ses alliances avec son peuple n’était pas pour vous. Vous étiez sans espérance et sans Dieu dans le monde. Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du Christ. Oui, c’est lui qui est notre paix. Avec les Juifs et les non-Juifs, il a fait un seul peuple. »

C’est quand une telle situation pyramidale se présente, s’offre à lui que le jeune leader prend conscience de sa mission. Au cours de sa carrière, cette «    polygamie» impliquera des changements, des renouvellements de    «    partenaire    » au regard des groupes qu’il aura l’occasion de prendre en charge successivement ou simultanément.

Mais on peut comprendre le centre à la fois dans l’espace et dans le temps. Le centre, c’est l’origine des choses tout comme l’axe autour duquel tout s’organise, s’articule. C’est ainsi que l’astrologie, telle que nous l’envisageons, a sa propre idée de la centralité du système solaire lequel serait plutôt jupitérien, non pas parce que les planètes tournent physiquement autour de Jupiter mais parce que son impact «    moral    » sur l’Humanité est déterminant. On dépasse ici le débat sur géocentrisme et héliocentrisme et l’on retrouve ainsi  un niveau  ternaire. Pour notre astrologie, le rôle du soleil s’avère tout à fait marginal.

Pour nous, ce qui menace notre civilisation, c’est bien la non reconnaissance de ce qui est central. On préférera la notion de centre qui rayonne, qui éclaire, qui aimante comme le soleil à l’image de la cime, du sommet d’où tout ruissellerait. Ce qui est au centre est forcément minoritaire, singulier, isolé dans son genre, par rapport à tout ce qui gravite autour de lui, ce qui rejoint peu ou prou, le principe de l’élite. Cette élite- forcément minoritaire – doit impérativement être sanctifiée, protégée face à l’adversaire et notamment face à la machine  Tout contact avec des objets fabriqués devra lui être évité, épargné, ce qui relève idéalement de l’esprit du Shabbat. Durant le Shabbat, il est interdit de « porter », de « tenir » quelque objet que ce soit.(cf. le « Erouv ») Pour notre part, nous dirons que l’homme « libre », au sens shabbatique, ne doit pas se servir de ses mains pour « tenir » un objet  ou « se tenir » à un objet ni d’ailleurs tenir à un objet. Le maître doit garder en tout temps les « mains libres », se contenter de les  poser ponctuellement sur l’objet mais non s’en servir pour saisir un outil quel qu’il soit, sort réservé au serviteur de la machine.

Cela ne vaut pas pour la nourriture que l’on consomme sans intermédiaire fabriqué car nous n’avons pas à nous protéger du vivant ou du mort, végétal ou animal.  En revanche, nous ne concevons pas que l’on puisse manger en se servant de couverts et  autrefois l’on mangeait avec les mains, d’où la nécessité de les laver avant le repas, ce qui ne fait plus autant sens de nos jours.

Cette élite doit s’astreindre à des commandements qui ne s’imposent pas au reste de la population et vice versa la dite élite doit être dispensée de ce qui incombe aux autres catégories, castes. D’où l’intérêt d’un Etat multinational et laic dans le respect de la diversité plutôt que dans l’adoption d’un modèle commun qui ne peut qu’être subsidiaire.

Il serait donc absurde que l’on nie une telle dualité sociale car de même que l’élite ne saurait subir le sort de ceux qui se servent et se servent des machines, même les plus primaires –de même le mode de vie de la dite élite ne saurait être généralisé.  C’est ainsi que Hong Kong est préservé par la Chine « Populaire » en ce que certaines pratiques y sont permises qui ne le sont pas par ailleurs. L’autre apporte une alternative, une complémentarité. Quand ce n’est pas le cas, il y a péril en la demeure. En ce sens, nous dirons que la mission des Juifs doit être centrée, plus que jamais, sur la résistance à l’emprise de la machine, elle-même générée par l’Homo Deus. Un petit nombre doit être épargné et protégé dans ce sens et l’on notera à quel point la Shoah nous apparaît  comme un mécanisme infernal visant à éradiquer  un anticorps, un antivirus.

Le centre, d’ailleurs, est à situer dans l’espace-temps, ce qui est central, c’est aussi et d’abord ce qui est premier, ce qui a précédé. Mais peut-on dissocier ce qui est central de la grâce qui confère à celui qui est au centre un certain ascendant   ? Une société a pour tâche de faire apparaître en son sein des éléments destinés à jouer un rôle central mais ne tient-elle pas de toute façon à l’existence même de tels éléments dotés d’un certain charisme   ? Nous dirons que le Centre attire à lui et en ce sens il est avant tout un récepteur    qui capte, qui transforme, instrumentalise. Or, bien souvent, l’on croit que le récepteur dépend de l’émetteur, comme dans le cas des planètes mais le soleil a avant tout une force d’attraction et quant à l’approche astrologique, cela implique que ce soient les hommes qui imposent leurs lois aux astres et non l’inverse. L’émission est d’ailleurs sensiblement plus brève que la réception mais comporte une puissante intensité. Sans récepteur approprié, l’émission est nulle et non avenue comme lorsque l’on parle une langue que personne ne comprend. Face à tout émetteur, toute la question sera de déterminer quel est le récepteur adéquat, porteur si tant est qu’il existe. On ne devient pas récepteur, «    canal », « conducteur »- au plein sens du terme – ce qui est une définition du chef, du « leader », mais on est voué, destiné à l’être «    si Dieu le veut » (Inch’Allah) En fait, le récepteur tend à plier l’émetteur à sa volonté en le captant, l’instrumentalisant, quitte à lui conférer des attributs inédits.  On distinguera Art et Technique car si la technique produits des objets dont la fonction est bien circonscrite, il n’en est pas de même pour ce qui relève de la création artistique, ce qui explique que l’art se prête bien mieux à l’instrumentalisation et au métalangage. Cela vaut pour l’emprunt et l’imitation, sans parler du changement de contexte. Cela dit, il importera de distinguer entre astrologie et anthropologie. Tout ce qui touche aux astres n’est pas nécessairement de l’astrologie mais peut faire sens sur un plan métaphysique, ce qui nous renvoie au Timée de Platon lequel traite des planètes comme étapes à parcourir pour le chemin de l’âme. (cf. Louis Rougier La religion astrale des Pythagoriciens) Mais ce que Platon décrit comme le démiurge pourrait bien correspondre à ce que nous appelons le Deus Faber, qu’il ne faudrait pas confondre avec le premier moteur. Nous verrons que cette façon de tout ramener à l’astronomie dès que figurent des noms de dieux aura égaré pour longtemps la pensée astrologique comme le montre la comparaison entre l’œuvre d’un Manilius (Astronomicon ) et celle d’un Claude Ptolémée.(Tétrabible) D’ailleurs, l’on sait que le ‘Ciel » a été mis à toutes les sauces. D’aucuns soutiennent que les astronomes auraient été comme inspirés dans leur usage d’un tel métalangage mais cette position ne serait recevable que si la transmission n’avait pas été entachée de corruption quand on remonte aux sources des dispositifs concernés. Selon nous, notre environnement culturel est pollué par la multitude de corpus frelatés (cf nos Mathématiques Divinatoires, 1983) C’est ainsi que  le Zodiaque des astronomes fait pâle figure confronté à l’iconographie des Livres d’Heures (Très Riches Heures du Duc de Berry, notamment)  et trahit une certaine incurie dans la transmission tout comme le nom des divinités attribué au « septénaire» du temps de Ptolémée, est inconsistant dès lors qu’on le réfère à l’ensemble de l’Olympe, ces « lacunes « ne devant être comblées qu’à partir de la fin du XVIIIe siècle, lorsque l’on commença à découvrir de nouveaux astres du système solaire auxquels il fallut bien donner un nom    : Uranus, Cérès,  Junon, Vesta, Pallas, Neptune, Pluton etc., avec notamment  les laissés pour compte du Septénaire de notre semaine de 7 jours!

Saturne -Kronos avait eu six enfants et il en aurait dévoré cinq -Vesta, Cérès Junon, Pluton, Neptune, -Jupiter-Zeus le dernier né échappant seul au massacre.  Si la mythologie a inspiré le métalangage de l’astronomie, l’astronomie aura certainement contribué à « enrichir » le narratif mythologique. Ce n’est quand même pas par  hasard si aucun ces dieux et déesses dévorés ne figurent  parmi les astres du septénaire. Mais allons plus loin, n’est ce pas parce que l’astrologie a choisi la planète Jupiter comme astre central de son système, que la mythologie aura conféré  à un dieu du même nom la position dominante ? C’est souvent par de tels ricochets que l’historien parvient à restituer des liens perdus comme on le verra dans le rapport entre la langue française et la langue anglaise (Tome II)

Cela dit, il semble évident que les astronomes du XIX siècle jugèrent bon de placer les cinq divinités « avalées » dans les astres nouvellement découverts au tout début du XIXe siècle à savoir Cérès, Junon et Vesta (Pallas alias Minerve Athéna est rajoutée) puis Neptune en 1846 et Pluton en 1930 -mais déjà nommée par avance dès la fin du siècle (cf. La vie astrologique il y a cent ans, Paris, Trédaniel, 1992)

La recherche des sources est souvent bien éprouvante : tant que l’on ignore la source, la provenance mais aussi le système sous- jacent l’on peut toujours croire que l’on est en face d’un document se suffisant à lui-même, d’une factualité à prendre telle quelle. Ainsi, moins l’on parvient à cerner les bases d’un document, plus l’on est tenté de l’adopter: credo quia absurdum    ! La meilleure façon de démonter un discours n’est pas de l’attaquer de front mais d’en miner les fondements. C’est ainsi que les quatrains des Centuries de Nostradamus (cf  fin du tome Ier) n’auront guère pu résister au ridicule quand on en a restitué les sources, souvent aléatoires et hétéroclites, comme dans le cas de guides de voyages de l’époque que des scribes, des rédacteurs et autres secrétaires et auxiliaires avaient cru bon d’utiliser pour faire bon nombre dans le cadre de  leur tâche de remplissage,  de centuries comprenant chacune cent quatrains    ! En réalité, les quatrains des «Prophéties» introduits par deux épîtres  en  prose ouvrant sur deux volets sont une imitation posthume des quatrains parus du vivant de Nostradamus, au sein de ses almanachs, lesquels quatrains annuels seront d’ailleurs, par la suite, dans le cours du XVIIe siècle, réunis aux autres sous le nom de « Présages »

Pour en revenir à la dualité Subconscience -Surconscience, nous dirons que celui qui est «doué»- on parle de «  douance » – par la grâce de la Subconscience n’aura pas à remercier la société ou la nation mais une instance située dans un autre espace-temps que l’on peut appeler Dieu ou les ancêtres. Celui qui ne l’est pas attendra tout de l’éducation, du milieu. (Surconscience) Cela fait écho à la prophétie de Jérémie laquelle traite de la Nouvelle Alliance, thème largement présent dans le Nouveau Testament, titre qui a le même sens. Il faut donc être doué, riche de dons, pour se tourner vers une certaine transcendance. A contrario, les dominés seraient plutôt des athées, comme on a pu le voir au regard du mouvement communiste au cours des derniers siècles. Avoir ou ne pas avoir la grâce, c’est en toute chose, la question et cela ne manque pas d’alimenter un sentiment d’injustice, de favoritisme. Sans la grâce point de salut, point de vraie réussite, point de génie, dans quelque domaine que ce soit  et  sans le sentiment de gratitude, comment l’amour de Dieu pourrait-il  nous envahir ? Ceux qui n’ont pas la grâce de la grâce, seront tentés de se tourner vers la machine, née d’une création parallèle à celle du premier chapitre de la Genèse.

Mais celui qui est apte à produire des œuvres ne doit-il pas avoir la grâce pour y parvenir? La grâce est probablement ce qui sous-tendra tout notre discours. Il y a certainement quelque injustice du fait de la grâce, ce qui occasionne bien des jalousies. La contrepartie de la grâce est la miséricorde pour ceux qui n’ont pas reçu  cette grâce de la grâce et qui, par là même, seraient tentés par le déni – lequel débouche sur la censure – le désaveu, le reniement face à l’aveu, à la reconnaissance – et le subterfuge, dont la cause inavouée serait l’envie, la jalousie d’où la négation de l’objet convoité et inaccessible, seule façon d’en faire le deuil. Or, le nom même de «juif    » déformation de ‘Yehoudi    » -que l’on retrouve dans judaisme), renvoie à la grâce puisqu’il se constitue à partir d’une racine hébraïque signifiant rendre grâce , d’où la prière du «   Modeh Ani – je remercie – bénédiction à réciter au réveil: מודה אני

Le déni signifie que l’on est sur la défensive. Cela dit, face au déni de ce qu’on a fait, il y a l’affirmation aussi scabreuse de ce qu’on n’a pas fait ou ne peut, ne sait pas faire. Un déni de son impuissance.

A la grâce s’opposerait la « chance    » et l’on dit volontiers de quelqu’un qu’il n’a pas eu de chance, qu’on ne lui aura pas donné «sa    » chance ou leur    chance, à propos de tel ou tel groupe. Mais la grâce est un déterminisme puissant qui peut nous enchaîner alors que l’absence de grâce laisse plus de liberté  et c’est pourquoi la liberté est une valeur si précieuse pour les femmes.  Mais quelle liberté, celle de faire son choix entre des produits que l’on vous propose ou celle de penser  à frais nouveaux ? On ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre. La grâce que l’on peut éventuellement relier à l’élan vital de Bergson- s’impose à nous tel un surdéterminisme, tant pour celui qui en jouit que pour autrui. Mais la grâce ne suppose-t-elle pas la Subconscience, laquelle nous permet de savoir les choses sans que l’on nous en ait instruits, la science infuse ? Le principe de la grâce nous enseigne que le monde tourne sans que nous puissions interférer  en  quoi que ce soit par nos bonnes ou nos mauvaises actions. Rien de nouveau sous le Soleil selon le Livre de l’Ecclésiaste.

Il importe de rendre grâce –mais cette grâce nous donne des devoirs envers ceux qui n’en ont pas reçu les bienfaits. Nous préférons un modèle concentrique à un modèle vertical, allant de haut en bas

Autrement dit, il n’est pas tant question de s’obliger (ce qui est synonyme de remercier) en retour mais de faire «   ruisseler» gracieusement, gratuitement, en aval vers ceux à qui l’on ne doit rien, ce qui est la meilleure manière de montrer quelque reconnaissance envers ceux, en amont, qui nous en ont donné les moyens. Cela pose notamment la question des rapports complexes entre l’employeur et ses employés, entre l’auteur et ses interprètes et traducteurs. Qui se sert de qui? Si le Juif est «riche », ce n’est pas tant – du moins au départ – sur le plan de l’avoir que de l’être. On s’empare de l’avoir par le vol mais de l’être par le meurtre, l’holocauste soit deux des Dix commandements

Nous dirons que dans une société donnée, il existe d’une part un vernis, un bagage, une imprégnation « basiques » plus ou moins largement partagée – cela relève de ce que nous appelons la Surconscience et de l’autre, un déterminisme instinctif, viscéral qui va générer des différences plus ou moins marquantes dans le mode de fonctionnement mental, cérébral, par-delà le dénominateur commun propre à la Surconscience comme le partage d’une même langue, de mêmes lieux de vie à commencer par ce qui distingue l’homme de la femme. Quelque part, la tentation est grande de vouloir réduire la Subconscience à de la Surconscience, ce qui alimente la théorie du genre. Autrement dit, tout ne s’explique ni par la seule Surconscience – ce qui est conjoncturel -épigénétique-ni par la seule Subconscience. -ce qui est structurel. Tout se passe comme si certains étaient nés pour commander et d’autres pour obéir, certains pour qualifier et d’autres pour être qualifiés, certains pour employer et d’autres pour être employés. Tel est le fondement de la verticalité et nier cela ouvre la voie au mimétisme et menace à terme écologiquement la survie physique et psychique de notre planète. Notons que la dualité de la scène et de la salle perpétue une telle dualité, la salle étant dans l’obscurité et la scène dans la lumière, la salle devant se contenter d’applaudir et de se manifester en faisant du bruit, notamment par le rire.

Il y a des choses que nous vivons, que nous percevons sans être en mesure d’expliciter notre ressenti, ce qui ne suffit pas à nier celui-ci mais ce qui peut donner mauvaise conscience. Or, dans bien des cas, force est de constater qu’en voulant retracer la genèse d’un processus, l’on bascule dans le virtuel, ce qui constitue un maillon faible, ce que sauront exploiter ceux qui essaient de contester notre situation au monde. Il est plus sage de s’en tenir à ce que nous ressentons, éprouvons, observons sans avoir à nous justifier car tout ce que nous dirons, déclarerons pourrait se retourner contre nous et nous être dérobé. Tenons-nous-en au fait accompli.

Si l’on prend le cas juif, dont il sera largement question dans le présent travail, et ce à différents titres, un Juif sera marqué par le milieu (horizontalité) dans lequel il a été élevé, au sein d’un pays donné et il le sera également par le fait qu’il naît juif, par le « sang » (verticalité) par-delà la diversité des conditions « diasporiques ». A-t-il besoin d’apprendre, de savoir qu’il est juif pour l’être   ? Et d’ailleurs, qu’est-ce qu’être Juif, que l’être Juif    ? Qu’est-ce qu’une pratique/praxis juive   ? Quid de la «    religion    »? On a tendance à exagérer le poids culturel du religieux, alors que celui-ci se décline selon les environnements nationaux, géographiques.

La théorie du genre met l’accent sur les déterminismes culturels dont il faudrait s’abstraire pour accéder aux déterminismes authentiques en quelque sorte. Or, plus ce discours culturel est aberrant et plus il ne pourra expliquer ce qui s’observe dans les faits. En ce sens, l’erreur sert la cause de la vérité. Il ne s’agit donc pas de prouver que ce qui avait été annoncé est confirmé mais d’en faire apparaître l’inadéquation. Avec le temps, le vernis s’écaille et passé le cap de la jeunesse, c’est l’heure de vérité. C’est alors et alors seulement que la grâce se manifeste, que le sevrage entre Surconscience et Subconscience s’opère.

Pour notre part, nous avons très tôt opté pour l’idée  assez diffuse  de «    conscience juive    ». Ce que l’on peut comprendre comme l’expérience selon laquelle nous devons d’abord observer ce que le monde nous réserve en tant qu’individu avant de prendre la mesure de ce que cela implique à un niveau collectif. De même l’enfant découvrira d’abord son corps à lui    dans son apparente unicité avant de se rendre compte qu’il n’est pas le seul à en disposer de comparable  mais que tout le monde n’est pas non plus semblable!  Ainsi, il lui faudra également apprendre empiriquement à distinguer les sexes par -delà la question de l’observation des parties génitale. Pour notre part, c’est le regard féminin qui diffère du regard masculin, ce qui a été mis en évidence avec le port de masques durant la pandémie de la Covid 19. Selon nous, les femmes sont poussées instinctivement à rechercher des exceptions aux lois, à introduire des digressions, bref à brouiller les pistes pour revenir à une sorte de chaos originel, fusionnel, lorsque tous les chats sont gris.  Le mimétisme, de par son échec,  d’un processus de désolidarisation, conduit à une forme d’existentialisme, notamment , en France, sous l’Occupation et à la Libération, car il résulte de la « mauvaise conscience », d’une certaine honte de ses appartenances objectives..

Si le Juif est différent, ce n’est pas de par sa culture qui peut être appropriée par d’autres, mais bien de par sa nature intrinsèque et extrinsèque qui lui est propre laquelle lui sera révélée par le regard d’autrui (cf. Sartre, Réflexions sur la question juive, dont nous fîmes un exposé, pour nos 18 ans,  à Assas (Université Paris II). Il est étranger non pas au regard de l’horizontalité mais au regard de la verticalité, c’est à dire en interne et non en externe. . Autrement dit, le Juif peut se fondre totalement dans le paysage ethnique d’une société  « blanche »  à la différence de l’Africain ou de l’Asiatique lesquels sont limités aux expédients de la langue, de la religion et du droit.  Il faut que le Juif se dise tel pour qu’on l’identifie à moins de porter un patronyme typique ce qui d’ailleurs peut se révéler trompeur, du fait de la règle de la matrilinéarité. L’identité  juive n’est pas une identité contrainte comme celle de la femme ou du « Black » et la Shoah visait à mettre fin à l’identité  « libre » pouvant ou non s’affirmer, ayant le choix de se signaler.

Pour nous, il importe de distinguer entre une immigration horizontale issue de l’extérieur et une immigration verticale issue de l’intérieur. L’image de la circulation du sang nous semble heureuse : il faut que le sang bleu, carbonaté, usé, aille se ressourcer dans le cœur et les poumons pour se changer en sang rouge oxygéné, renouvelé.

Selon nous, le sang bleu représente le Mal, la nuit et le sang rouge le Bien, le jour et toute cyclicité  implique une telle dualité. Le sang corrompu se trouve ainsi  purifié, rédimé au cours du cycle et cela vaut aussi bien pour le corps physique que pour le corps social, les leaders jouant le rôle de purificateurs, de « sauveurs » de la corruption, ce qui rejoint le discours chrétien.

Il y a dysfonctionnement quand  l’écrit  ne remonte pas vers l’oral  et s’incruste au niveau inférieur, refusant ainsi la cyclicité, la régénération critique opérée par l’élite.

Il reste que la machine favorise l’intégration mais non l’assimilation en ce que son usage n’exige qu’un bagage, d’un « capital culturel », selon la formule  de Bourdieu, des plus restreints, constitué d’un très petit dénominateur commun, à l’instar de sociétés fortement dépendante d’apports humains étrangers, étant entendu que  leur statut est censé, du moins en principe, rester dans l’espace- temps social à la fois marginal et temporaire, statut qui peut éventuellement englober plusieurs générations.. Selon nous, il importe de distinguer – ce qui renvoie à la problématique de la Nouvelle Alliance, exposée dans le Livre de Jérémie entre culture externe et culture interne et à l’évidence, Bourdieu ne pense ici qu’au paramètre de la culture externe. Le fait d’utiliser les mêmes objets  est une condition nécessaire mais point suffisante.

A contrario, moins de mécanisation constitue un barrage, une protection contre un certain type d’invasion, d’incrustation.

L’immigration horizontale est la plus problématique sur le plan visuel, en ce qu’elle fait appel à l’étranger, venu parfois d’autres continents mais elle évite les tensions liées à une certaine idée de l’égalité, de la convertibilité au sein d’une société donnée. Des gens qui se ressemblent ont accès à l’égalité mais on ne saurait en dire autant de ceux qui différent dès la naissance. On, notera que cette immigration sera intégrée dans des domaines qui font problème pour la population locale, du fait du caractère mécanique qui caractérise les dits domaines et en ce sens, nous parlerons d’un apartheid socio-professionnel flagrant. En ce sens, l’étranger profite de sa différence laquelle conditionne paradoxalement son intégration et en circonscrit la portée. Force est de constater que le souci d’égalité se manifeste précisément dans une volonté de ne plus être considéré comme étranger, ce qui est fonction de l’histoire familiale, quand bien même cela viendrait interférer avec des choix idéologiques des plus divers par ailleurs, d’où une certaine confusion des discours politiques de droite et de gauche.  Celui qui est marqué par l’immigration peut-il renoncer à une rhétorique égalitaire ? Paradoxalement,  si je veux montrer que a = b, il  faut déjà admettre que a est distinct de b.  Si l’on dit écrivain et écrivaine, n’est-ce pas pour déclarer ensuite que cela revient au même/

Il y a là une conflictualité chez les Juifs, notamment, entre une volonté d’intégration chez ceux qui sont marqués par l’immigration et tout ce qui en découle et une religion qui avance l’idée de peuple élu, doté d’une mission particulière.   L’immigré caresse le projet de s’élever socialement et celui qui ne l’est pas ne saurait ni partager celui-ci ni en prendre le contre pied, en poursuivant le désir d’une dégradation de son état. En fait, l’on trouvera les deux tendances au sein d’un grand nombre de Juifs. Dissonance évidente qui conduit à des propos assez incohérents et inconsistants dans la bouche d’une majorité des Juifs actuels en France, qu’ils soient issus, à une ou deux générations, d’Europe Orientale ou d’Afrique du Nord, d’où un positionnement déconcertant et contradictoire auquel échappent les Juifs dits de souche, c’est-à-dire n’étant pas marqués par le stigmate d’une demande d’égalité. C’est bien là un clivage idéologique de première importance au sein de cette «    communauté    »   Cela dit, nous pensons qu’il existe une identité juive « intrinsèque »   qui transcende toutes  les identités extrinsèques  ! Pour notre part, nous rejetons l’idée État-nation car le rôle de l’État est précisément de faire cohabiter plusieurs « nations » entre elles , le terme « nation » étant ici équivalent à « communauté » comme lorsque Clermont -Tonnerre, sous la Révolution, s’adressant aux Juifs de France leur refusait le  droit d’exister en tant que « nation » au sein de la France.

« Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout accorder aux Juifs comme individus ». (décembre 1789)

Selon nous, paradoxalement, le communautarisme suppose l’existence d’une diversité de communautés à faire cohabiter au sein d’un seul et même État. La nation est plus homogène, endogène, que ne l’est l’État  lequel  divise pour régner.. Diviser pour régner, là se situe la légitimité de l’Etat

En quelque sorte, le Juif immigré en France peut vouloir croire à la «    solution    » israélienne si ce n’est qu’en pratique, la réalité sur le terrain, par -delà le vernis juridico-administratif sera bien celle d’une immigration pire encore, puisque l’obstacle de la langue sera durement ressenti    : le Juif francophone en Israël sera renvoyé à sa francophonie, la judéité n’étant plus alors un facteur distinctif. En Israel, c’est le facteur non judaique qui ressort

Quant à celui qui se sent débiteur, peut-il se détacher d’une rhétorique du déni    tout comme d’ailleurs celui qui se sent socialement inférieur   ? Il faudrait, à les entendre, remettre tous les compteurs à zéro, refaire la course à nouveaux frais comme si de rien n’était. Table rase. Nivellement par le bas. Dans tous les cas de figure, on aura affaire à des populations, à des individus qui en sont issus, lesquels tendront, s’essaieront à discréditer l’autre, par tous les moyens, tous les prétextes étant bons. Cela se manifeste notamment dans le rapport du christianisme par rapport au judaisme/

Pour notre part, nous pensons que le respect des différences est capital bien plus que leur négation. C’est ce qui devrait distinguer la Droite de la Gauche. Le vivre ensemble n’exige nullement l’affirmation, l’existence d’un environnement uniforme, et c’est une telle exigence unitaire qui aura été le ferment de bien des conflits, comme avec la question algérienne ou la question palestinienne. On voit à quel point le débat juridique, autour des «    droits», est important à toutes sortes de niveaux. C’est ainsi que le problème posé par une telle importation de population venue d’Outre-Mer, issue d’un autre continent, c’est que celle-ci tende à s’incruster, notamment par le biais de sa reproduction  démographique sur plusieurs générations. Il est ensuite très compliqué de provoquer un processus en sens inverse alors que son caractère temporaire faisait partie implicitement du contrat.

Tout groupe est à la merci de la venue d’un chef alors que tout individu échappant au groupe peut devenir chef pour un autre groupe. Nul n’est prophète en son pays. Une fois de plus, ce qui nous caractérise est ce qui est inimitable par le premier venu. Nous verrons qu’à certains moments du cycle,  on est traversé par un sentiment d’unité ce qui correspond à un déni de la différence

La grâce ne s’oppose pas au travail mais elle permet d’accomplir un travail inspiré, ancré , puisant dans ce que nous appelons la Subconscience (l’image classique de l’iceberg peut convenir), c’est à dire ce qui fonctionne en nous en quelque sorte à notre insu de façon instinctive, par opposition à la surconscience laquelle relève de l’éducation, de ce qui passe notamment par tout un appareillage technique dont on doit apprendre à se doter…. Il y a un combat permanent entre une subconscience qui entend évacuer la Surconscience  encombrante et la Surconscience qui s’efforce de se substituer à la Subconscience comme dans le cas du Droit  Une telle dialectique se retrouve dans le rapport Ancienne Alliance. Nouvelle Alliance. Quant à l’approche sociologique, elle ne saurait, selon Bourdieu, faire abstraction des processus inconscients, ce qui fait du sociologue un psychanalyste de la société.

On retrouve la double contrainte (double bind de Gregory Bateson (École de Palo Alto), sur la schizophrénie. Un autre aspect de ce phénomène tient à l’accès des femmes à la culture : plus elles sont cultivées et plus elles prennent la mesure de l’omniprésence récurrente des hommes marquants dans l’Histoire de l’Humanité à laquelle les femmes affirment leur pleine appartenance – mais il semble bien qu’elles voyagent en seconde classe- par procuration, dans les domaines les plus divers, ce à quoi les femmes moins instruites peuvent ne pas s’être confrontées. Ainsi, le public féminin des concerts classiques ne peut ignorer qu’à de très rares exceptions près qui confirment la règle, les œuvres jouées sont celles d’hommes, même si, en revanche, leurs interprètes peuvent être indifféremment d’un sexe ou d’un autre. Ajoutons que la consommation de produits peut tout à fait faire obstacle à la création et fait basculer la personne du statut de multiplié à celui de multipliant.

Cette découverte assez désespérante ne peut qu’avoir des effets déprimants et décourageants, ce qui fait que la fréquentation des lieux de culture risque fort d’ être assez mal vécue ou générer quelque forme de dédoublement de la personnalité proprement féminin avec des femmes qui déclarent que demain il devra en être tout autrement, prophétie régulièrement repoussée aux calendes grecques.. Ah, ce terrible plafond de verre ! Évidemment, dans l’enfance, le décalage n’est pas si évident mais au bout d’un certain temps, les jeunes femmes ne progressent plus –plafonnent- alors que leurs homologues masculins poursuivent allégrement sur leur lancée, ce qui est notamment pénible entre garçons et filles de la même génération sans parler de ce qui se passe au sein d’une même famille. On note aussi que les personnes qui auront arrêté leurs études à un très jeune âge vont véhiculer toute leur vie  un tel niveau, notamment en matière d’instruction religieuse. Leur âge mental  sera bas.  Il est clair que l’éducation pèsera plus lourd pour une femme que pour un homme, lequel peut plus facilement envisager de voler de ses propres ailes.

Ce qui frappe, c’est que quelle que soit la culture, le continent, le comportement mental des femmes se révèle grosso modo identique, notamment le besoin de se raconter et de  ne percevoir le monde qu’au prisme de son vécu personnel, à l’instar d’enregistreurs, de disques indifférents à leurs contenus  et à ceux auxquels ils les délivrent. On dira que la femme développe subconsciemment une culture surmoïque de l’information et de la diffusion  vers autrui plutôt que de la discussion avec autrui, ce qui ne facilité guère l’action en commun autour d’un projet dépassant les équations personnelles. En fait, le débat risque fort de mettre à mal le vernis. Or, quand on raconte, on récite, l’on met, ipso facto, le cerveau en pilotage automatique, en veilleuse. De même, quand on répond mécaniquement à des questions posées.  Le processus de l’information est limité à l’émission alors que celui de la discussion exige une interactivité, une écoute mutuelle, un échange qui ne se limite pas à ce que chacun, à son tour, débite son savoir, fasse part d’un témoignage. Une bonne pédagogie  implique des préliminaires, une progression.  Ce que nous noterons, c’est que les femmes mettent leurs limitations, leurs échecs, sur le compte des hommes qui leur mettraient des bâtons dans les roues, ne leur donneraient pas toutes leurs chances, ce qui relève d’une diabolisation du genre masculin. On se trouve là face à une certaine logique identitaire à usage plus interne – l’entre soi – qu’externe, en quête de quelque bouc émissaire. , discours auquel ses tenants mêmes ne croient d’ailleurs qu’à moitié ! En vérité, tout groupe est confronté à un certain principe de réalité qui lui enseigne l’existence de frontières. Mais c’est  alors qu’il importe de réfléchir sur le phénomène de l’autisme, dont un des symptômes les plus remarquables, à notre avis, est une perception appauvrie du monde extérieur, ce qui se trahit notamment par une culture générale mal entretenue, en raison d’un manque d’intérêt pour ce qui ne concerne pas directement la personne ici et maintenant alors que la fonction de la culture est le dépassement de son idiosyncrasie, de ses limites initiales.

On songe à des oiseaux qui ne parviendraient pas à s’envoler, à décoller, comme s’il manquait quelque ingrédient (ce qu’Antoine Fouque appelle la génialité) pour que la mayonnaise prît. On est tenté de prendre ses désirs pour des réalités en recourant à des grilles de lecture rassurantes et complaisantes. Il reste que les revendications sociales liées à un droit au travail reconnaissent ipso facto la dépendance des employés par rapport aux employeurs ou plus indirectement aux créateurs d’emploi, ceux qu’Emmanuel Macron appelle les «    premiers de cordée »- discours droitier (cf. infra)- dont il importe de reconnaître les mérites. Or, le fait de réclamer de l’emploi – au nom du droit au travail – s’inscrit ipso facto comme un retour du refoulé, dans la reconnaissance d’une verticalité sociale même si c’est l’État qui se voit ainsi interpellé, lequel ici est censé contrôler l’ensemble des employeurs, de ceux qui distribuent des rôles, qui recrutent, qui font passer l’employable au statut d’employé. Le leader génère du travail, il en est la source principale, directement ou indirectement par ruissellement en trois temps –création- notation – outil – et inversement une carence de leaders crée du chômage et plus largement de l’inactivité. Une verticalité qui fait tant l’objet par ailleurs de déni, laquelle relève peu ou prou de la lutte des classes décrite par Marx notamment dans sa Question Juive. En haut, ceux qui créent et produisent et en bas ceux qui utilisent et consomment, y compris dans le domaine de la culture dont il faut se sevrer pour accéder à sa propre créativité.

Il est vrai que la tentation est grande pour ceux qui sont en bout de chaîne de vouloir rafler toute la mise ! Ce qui les empêche de le faire, c’est qu’ils sont nombreux à vouloir jouer à ce jeu. Un imitateur, ça passe, cent, bonjour les dégâts. On finit toujours par remonter jusqu’à la source.

En pratique, il est moins ruineux de cibler un nombre limité de personnes qu’un grand nombre ; donc de guérir plutôt que de prévenir.  Car donner quelques millions à une élite aura des effets sensiblement plus évidents que des milliards à une foule, ce qui sera vécu pour chacun comme dérisoire.    Par ailleurs, il est plus simple de prendre peu à beaucoup que beaucoup à peu. Le peuple est plus facile à tondre. En revanche, donner peu à beaucoup semble assez vain. C’est le tonneau des Danaïdes.  Le seul argument, keynésien, est que cela sera bon pour le «pouvoir d’achat ». Or quand le pouvoir d’achat augmente, les importations augmentent alors que les dits «    premiers de cordée    » seraient des exportateurs. Selon nous, le débat doit rester dans sa verticalité, à condition, bien entendu, que celui qui fait face à la foule, soit à la hauteur et sache démonter , désamorcer, de façon convaincante, les arguments qu’on lui oppose faisant émerger une sorte d’évidence qui fasse l’unanimité, à la façon d’un Socrate. Ne serait-ce pas là la condition du « génie» que de substituer à un discours répété en boucle une «    vérité » qui serait en fin de compte le but de la philosophie, au sens plein du terme ? Le génie est celui qui connecte ce qui ne l’avait pas été avant lui, mais qui apparaît ensuite comme une évidence. Une seconde plus/ trop  tard, le discours tenu ne  sera plus qu’une redite. La philosophie est un domaine réservé  à une certaine élite, en ce qu’elle ne considère pas que la « vérité » serait comme préétablie par avance et que toute « vérification » se limiterait à s’assurer que ce qui est dit l’a déjà  été. En ce sens, le café philo – et nous en animons depuis quelque temps déjà- est l’apprentissage d’une dynamique d’autonomie du groupe. Or  force est de constater que cette formule reste étrangère à beaucoup – et notamment parmi les femmes – en ce sens qu’elle donne l’impression, de par une certaine liberté, une audace qu’elle confère, qu’elle présume, que l’on agit, collectivement, sans filet, sans instance extérieure validante.

La surconscience correspond au monde virtuel tandis que la Subconscience recouvre le monde «naturel » celui décrit au premier chapitre du Livre de la Genèse. Est- ce qu’un chiffon de papier est aussi réel qu’un arbre, qu’un animal, qu’un visage? Le mot « fait » a bon dos puisqu’il permet  de mettre tout et n’importe quoi sur le même plan, par la magie du verbe. On connaît la formule « ce n’est pas écrit sur mon front » qui fait la différence entre ce qui est naturel et ce qui est culturel.

En bref, la surconscience serait dans le déni de la subconscience et nous verrons que cette lutte entre ces deux registres traverse toute l’Histoire et peut faire l’objet d’une modélisation. La dialectique entre ces deux genres de conscience génère de la double contrainte et selon nous il se joue de nos jours une guerre psychologique visant à rendre « fou » l’adversaire en le piégeant, opposant ce qu’il dit à ce qu’il sait mais qu’il refoule, du fait de sa mauvaise conscience qui est un ressort du christianisme hérité du conflit entre le royaume de Juda et celui d’Israël -dont il sera largement question dans notre premier tome- Nous dirons que le déni –le mensonge – a un coût psychique, toxique tant à l’échelle de l’individu que du groupe et est cause de quelque forme de faille intérieure (schizoidie), d’un dysfonctionnement que l’on pourrait qualifier de sabordage, d’auto-sabotage, ce qui s’apparente à une politique de l’autruche. C’est ainsi qu’une société qui nie sa diversité, sa complémentarité intérieure, au nom d’un principe d’égalité, risque fort de prendre des mesures aberrantes, quant aux effets économiques, à l’instar du confinement généralisé opéré en France au cours du printemps 2020 puis relancé à l’automne, de peur de créer un précédent discriminatoire en déterminant des catégories devant être traités différemment.

En ce qui concerne la place de la machine au sein de la Société, l’on peut certes être tenté de penser que l’égalitarisme n’aurait  pas de meilleur allié que la machine en ce qu’elle serait susceptible de pallier certains handicaps mais force est de constater que l’élite voit dans la machine l’interface idéale avec le monde d’en bas de l’échelle et l’on sait d’ailleurs à quel point l’emploi basique est menacé par le progrès technologique. Nous verrons, au niveau cyclique,  que l’élite masculine passe par des phases contradictoires selon qu’elle recrute une domesticité – avec des statuts divers -ou qu’elle se méfie d’une certaine promiscuité conduisant à brouiller les lignes et les codes d’appartenance. Quelque part, l’élite est tentée de faire alliance avec les machines et les immigrés du fait même qu’ils ne peuvent se confondre avec elle.

En ce sens, tout discours égalitaire fera appel à quelque expédient, le plus frappant est celui développé par saint Paul dans l’épître aux Éphésiens : c’est par le sang versé  recueilli dans le Graal,  la lance du Centurion Longin les clous, la chair crucifiée que Jésus  auront  mis  un terme aux différences : « des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité » :

Chapitre II

13 Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui autrefois étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du Christ.

14 C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine ;

15 il a supprimé les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. Ainsi, à partir des deux, le Juif et le païen, il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix,

16 et réconcilier avec Dieu les uns et les autres en un seul corps par le moyen de la croix ; en sa personne, il a tué la haine.

 

Cela dit, le seul critère de l’usage d’instrument en tant que marqueur social nous parait décisif en ce qu’il englobe ipso facto la question des populations concernées sans qu’il soit besoin de les désigner quant à leur origine. On pourrait se contenter de parler de personnes «équipées» et le parallèle avec la cuisine nous semble pertinent à savoir que certains matériaux vils – et cela concerne notamment les céréales (notre père a fait sa carrière de haut fonctionnaire à l’Office des Céréales (appelé jusqu’en 1940 Office du Blé) – ont besoin de rajouts. En fait, tout ce qui est imprimé sur papier ou apparaît sur écran va l’emporter sur ce qui est manuscrit ou oral,  improvisé, spontané, comme si ce qui venait de l’humain était dévalué, devait passer par le prisme de l’écrit, de l’éditeur, de l’imprimeur, d’où la résistance imprévue de l’écrit (e mail, SMS, réseaux sociaux) au XXIe siècle alors que l’on aurait pu s’attendre à basculer dans l’oral. Or, il semble bien que l’oralité authentique, non truquée, soit le privilège d’une élite, laquelle peut seule s’exprimer en son nom, sans truchement, sans filet.Celui qui maîtrise les arcanes de son sujet n’a pas besoin de confirmation extérieure

Le confinement aurait dû être réservé aux plus de 65/70 ans, les plus susceptibles de décéder à la suite d’une contamination, d’une infection et les moins concernés par le chômage. Ce principe d’égalité fausse la dialectique verticalité/horizontalité en ce qu’il empêche de gérer correctement la question de l’immigration de deuxième génération.

Il sera question du choc entre  trois théologies, trois représentations du divin, qu’il serait fâcheux de confondre entre elles, ce qui relèverait de l’anachorisme signalé plus haut. Que peut signifier la posture de l’athée : quel(s) dieu(x) rejette-t-il? A moins qu’il ne faille plus largement parler d’une uranophobie, c’est à dire de toute forme, quelle qu’elle soit, de transcendance incarnée par une référence «    céleste », ce qui engloberait le rejet de l’astrologie, des extra-terrestres, de la science – fiction et tutti quanti mis dans le même sac que les diverses religions se reliant d’une façon ou d’une autre au «ciel». Cette tendance préférera au fond le culte des idoles, faites de main d’hommes, ce que condamne résolument le judaïsme tel que nous l’entendrons (cf Osée VIII). L’obstacle épistémologique concernant l’astrologie tient à un problème de paradigme et c’est pourquoi seule une révolution théologique rendra l’astrologie acceptable tout comme d’ailleurs la question de l’identité  de « Dieu » sera à réexaminer au prisme de la validité de l’astrologie dans la mesure où la nature de la création informe sur la compétence et la motivation du créateur.

Pour nous, la subconscience correspond au réel, au «    substantiel », à l’infrastructure et la surconscience au virtuel, à ce qui vient se surimposer au réel. On pourrait associer le virtuel à la vérité par opposition à la réalité, la vérité ne faisant sens qu’au regard du virtuel, de ce qui est confirmé par les textes mais qui n’existe que par les textes.

La période que nous traversons présentement se caractériserait par une certaine domination du virtuel sur le réel, de la représentation sur la présence, du fait notamment du système électoral en vigueur lequel tient lieu abusivement de cyclologie digne de ce nom (cf Tome II). En fait, on tombe de Charybde en Scylla quand on rejette l’astrologie au profit du processus électoral, lequel s’apparente, selon nous, à la pensée magique, qu’il s’agisse du déroulement du vote  ou du mode de constitution de l’entité «    peuple », dès lors que l’on passe par la naturalisation ou le droit du sol. On fait de nécessité vertu.

Le virtuel est de l’ordre du vouloir face au «    pouvoir» (non pas ici au sens du nom mais du verbe) lequel est en phase avec les véritables potentialités. Notre méthodologie consistera donc, en procédant archéologiquement, à retrouver, à restituer le réel sous le virtuel, la réalité historique derrière la « vérité    » des textes l’anthropologie  sous la textologie. Comment dégager ce qui a réellement eu lieu à partir de ce que le virtuel nous en raconte, nous en narre ? On ne peut accéder au réel que par le virtuel mais on ne peut comprendre le virtuel que par référence au réel tel qu’il nous apparaît ici et maintenant, en sa permanence, en sa pérennité.

Le XXIe siècle se devra d’avoir à redécouvrir le sens de la grâce qui rend futile, vaine, toute forme de mimétisme, de conversion., de « convertibilité »,  processus qui engendre et cultive tant de ratés.  L’écologie  bien  comprise exige que l’on exploite ses ressources intérieures plutôt que de chercher à s’appareiller, ce qui revient, peu ou prou, à tricher, à donner le change à s ’aliéner.  En fait, il existe deux voies : celle d’une écologie voulant protéger l’environnement de la planète par rapport à l’homme et celle d’une écologie- que nous prônons – voulant protéger l’homme contre un  environnement, dont la machine est matériellement issue. Il importe  de considérer les personnes au contact des machines non pas comme étant au service des machines mais à celui de la caste supérieure qui n’entend, d’aucune façon,  être au contact de celles-ci, ce qui serait le péché par excellence pour la dite caste, interdit que l’on retrouve dans le commandement du Shabbat.. Nouveau paradoxe : plus je suis en contact avec un objet, plus je chercherai à m’en protéger.

Mais la grâce est aussi une exigence de pureté, un rejet de toute forme de conversion, de rajout, ce qui interpelle la lecture du deuxième chapitre de la Genèse

18 L’Eternel-Dieu dit: « Il n’est pas bon que l’homme soit isolé; je lui ferai une aide digne de lui. »

Le chapitre  II  est le théâtre d’un glissement qui fait écho à notre idée de la cyclicité (cf tome II) à savoir que l’homme -et  non la femme car c’est pour nous l’homme qui est le canal, l’antenne entre le Ciel et la Terre- sera parfois dans le sentiment de devoir faire appel à des apports extérieurs pour ensuite refuser une telle solution.

Que l’on ne se trompe donc pas d’interdit en tombant dans la superstition  : pour nous, le rejet de la viande de porc est parfaitement dérisoire comparé à la mise à distance périodique de la machine et il serait bon que l’on en revînt  plus sérieusement à des interdits  ne relevant pas de la pensée magique. La symbolique du porc est d’ailleurs largement attestée dans les Travaux d’Hercule comme dans les Livres d’Heures où deux mois d’automne sont marqués par cet animal (cf notre tome  II). En revanche, elle aura disparu, à un certain stade,  du symbolisme zodiacal chaldéen (mais non chinois), ce qui a du influer sur le judaïsme tout comme sur l’Islam. On notera la dialectique entre le bélier, l’agneau (pascal, Agnus Dei) autour de l’équinoxe de printemps  et le porc, autour de l’équinoxe d’automne – ce qui correspond respectivement aux fêtes de Pessah, moment célèbré tant par les Juifs que par les Chrétiens, mais selon des  référentiels différents (Sortie d’Egypte, Résurrection) et du Nouvel An juif  (Rosh haShana/ Jour du Pardon (Yom Kippour). L’anglais aura, selon nous, récupéré la terminologie française avec « springtime » raccourci en spring  et autumn,  springtime étant une déformation de l’ancien  français  « prins tans »( à partir du latin « primus tempus  » ), le premier temps (cf « au prime abord »).  Ainsi l’anglais  « time » (temps,  fois) serait issu du français . Notons que l’anglais a aussi emprunté  « season » et le nom des 12 mois de l’année et notamment les mois de september, october, november, december, utilisant la numérotation latine. Le printemps est bien le premier temps de l’année.

Le rejet du porc dans le monde juif ne peut dès lors que nous interpeller quant à son origine, d’autant qu’il est également attesté dans la symbolique zodiacale, au sein de laquelle le porc brille par son absence alors même qu’il est fortement représenté iconographiquement  comme on l’ a  dit dans les Livres d’Heures, liés aux activités saisonnières, dont la  dite symbolique est pourtant issue. (cf notre ouvrage Le Grand Livre du Sagittaire (Ed Sand), paru il y a 40 ans, où une telle référence manque fâcheusement)   C’est là mise en œuvre des  deux équinoxes : l’agneau est diurne, le porc est nocturne, on retrouve là l’opposition  entre Cérès /Proserpine et  Hadès/Pluton (cf Samantha KOHLI-BRISOLIER . » La place du porc en Grèce ancienne », Mémoire de Master – Lyon : Université Jean Moulin (Lyon 3), 2017.) A ce propos, rappelons que Cérès .Déméter et Pluton se partagèrent les saisons, ce qui fait écho avec la dualité cyclique dont il est ici question. Il est étonnant d’ailleurs que l’astrologie n’ait eu besoin jusqu’au XIXe siècle ni de Cérès, mère de Proserpine/Perséphone ni de Pluton. Hadés , un couple si emblématique.!

On ajoutera que le mouton/ agneau est signe de renouvellement car il donne sa laine – mais aussi son lait  avec la brebis (en hébreu Rachel)- sans perdre la vie d’autant qu’elle repousse ( tout comme nos cheveux quand on les coupe), il correspond idéalement au renouveau du printemps. Le Bélier aura remplacé le mouton dans le Zodiaque, ce qui empêchera le rapprochement victimaire entre l’agneau et le porc.

A  contrario, on ne peut rien consommer du porc quand il est vivant, même pas sa peau  pour ne pas parler de sa viande. Le porc incarne la linéarité, la fin  irréversible et donc la mort, si ce n’est que tout est cyclique. Mort et Résurrection.  Le porc écartelé par le boucher se change en agneau.  Il est lié à l’automne et quelque part au royaume des ombres. On retrouve là la lutte entre Cérès (Déméter) et Pluton (Hadès) pour se partager le cycle des saisons. On pourrait rapprocher le porc/sanglier du chien Cerbère. En tout état de cause, il importe de ré-animaliser le zodiaque automnal actuel vide de tout animal en dépit de son nom qui signifie « cercle des animaux ». Par delà la question de l’astrologie, il s’agit là d’un enjeu de cohérence structurelle comme de poursuivre après novembre et décembre pour  correspondre au onziéme et au douziéme mois, les noms de Janvier -Janus, la porte, le gond,  en raison de la nouvelle année- et de février  faussant la prise de conscience du processus.

A propos d’écologie, nous préconisons une réflexion sur l’habitat polyvalent. Il nous semble en effet souhaitable de renoncer à l’idée de figer les différents temps de vie en autant de lieux différents au lieu d’admettre qu’un lieu puisse évoluer dans ses fonctions tout au long de la journée tout comme le leader  est voué à évoluer tout au long du cycle jupitérien. Dans l’Avare de Molière quand le moment est venu de servir à manger, l’on apporte une table, l’on ne va pas dans une « salle à manger » et lorsque les gens voulaient se laver, il ne s’agissait pas de se rendre dans une « salle de bains », l’on apportait une bassine et ainsi de suite. La polyvalence de l’habitat conduit à la prise de conscience de ce que chaque période renvoie à des objets, à des décors différents, selon que l’on est au matin ou au soir. Il est un temps pour chaque chose enseigne l’Ecclésiaste/ C’est la dialectique du meuble et de l’immeuble.

Nous voyons dans ce rejet de la polyvalence des lieux, le signe d’une sclérose qui ronge notre monde, en ce sens qu’elle perd le sens du temporaire, du passager, du cyclique et entend de facto tout figer dans un intemporel  indéterminé comme c’est notamment le cas dans le traitement de l’immigration, exemple typique d’un provisoire qui perdure au -delà du raisonnable. Ce que la grâce apporte nous échappe et le drame de la femme, c’est qu’on lui ait fait croire que l’on pouvait se passer de la grâce pour devenir l’autre, notamment par le biais de l’éducation – logique de l’Ancienne Alliance- tout comme d’aucuns imaginent faire l’économie de toute médiation. La grâce ne s’imite pas, elle a été donnée, offerte ou pas. Celui qui a la grâce est dans la gratuité alors que celui qui n’en jouit pas ne peut souscrire  à un tel régime. Comme le dit la prophétie de Jérémie (Ch. 31), le temps n’est plus dans l’apprentissage d’un savoir extérieur, acquis, mais dans l’exploration de nos ressources innées. Mais le mot même de grâce n’implique-t-il pas que nous fassions preuve de gratitude pour ce que nous avons reçu sans le mériter ni même sans le désirer. Celui qui jouit de quelque grâce est en quelque sorte piégé existentiellement par ce « don», ce cadeau tombé du Ciel, il n’a pas à aller chercher ailleurs, à convoiter le bien d’autrui (l‘un des dix commandements).La grâce n’est pas réservée à une seule personne. La grâce qui est celle du génie, qui est lui-même dans le don de soi, par exemple, a été offerte à plus d’un à travers les âges mais elle peut aussi être conférée à tout un peuple et ce dans la longue durée à condition toutefois qu’il se répande dans le monde et ne reste pas confiné, renferméי sur lui-même. Cela pose aussi, évidemment, la question de la disgrâce. Est-ce que la grâce se perd    parce que l’on aurait, quelque part, failli, démérité, individuellement ou collectivement ? Ceux qui refusent la grâce qu’ils n’ont pas reçue sont condamnés à spéculer sur quelque grâce à venir en compensation, d’où le clivage majeur entre ceux qui assument une grâce ancienne et ceux qui espèrent en une grâce «nouvelle », à venir : une « Nouvelle Alliance ». Lorsque l’on dit que si la condition des femmes est ce qu’elle est, cela tient au fait que les «    hommes » les ont formatées pour certaines tâches, n’est-ce pas une façon de nier la grâce, d’où la «théorie du genre »

Ou bien n’est-ce pas plutôt reconnaître que pour les femmes, les hommes sont des dieux dont elles attendent tout    ? Ces femmes qui, si l’on en croit le Livre de la Genèse, sont les filles d’Adam, issues de sa chair. L’on devra se demander, au vrai, si la femme est l’œuvre de Dieu ou d’Adam/Ish et cela change tout. On nous objectera que dans ce Livre, il est écrit que Dieu fit,  façonna, « créa » la femme à partir d’Adam mais ensuite il est bien dit que la femme (Isha) est sortie de l’homme (Ish). Nous y voyons comme un hiatus, un télescopage. Nous verrons, par toutes sortes d’exemples, pourquoi et en quoi le texte biblique se prête à diverses grilles de lecture, et chaque fois l’on fera appel au bon sens du lecteur. Mais qui est Adam, le premier homme ou bien plutôt le point de départ d’une nouvelle Humanité,  d’une nouvelle  lignée,  alors même qu’une Humanité antérieure – préadamite (cf La Peyrère)- préexistait de longue date.? Tout chef parvient à transfigurer le matériau humain dont il assume la charge, il n’agit pas ex nihilo et au chapitre Ier de la Genése, il n’est pas dit que Dieu créa le monde à partir de rien.

Le Dieu de la Bible viendrait ainsi interférer avec un certain état du monde, celui de la Première et de la troisième Créations, celle qui relève d’une évolution aléatoire et celle qui tient à un homme- dieu ce qui nous renvoie à Frankenstein et à Pinocchio, à savoir une humanité plus étroitement limitée dans ses facultés du fait du moindre génie de son créateur. Quand on déclare que Jésus est le nouvel Adam (Épître aux Romains V), il n’entend pas être concerné par toute l’Humanité mais bien par celle qui relève de ce que nous avons appelé la Deuxième Création et c’est abusivement que l’on veut voir en Adam le «    premier homme    », ce qui engloberait toute la Préhistoire! On joue sur les mots en confondant allégrement les Créations. Jésus serait en fait-si l’on peut dire- l’Adam de la deuxième Création et non celui de la Troisième.

 

Corinthiens Ch. XV

45 L’Écriture dit : Le premier homme, Adam, devint un être vivant    ; le dernier Adam – le Christ – est devenu l’être spirituel qui donne la vie.

Romains V

13 Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde, mais le péché ne peut être imputé à personne tant qu’il n’y a pas de loi.

14 Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse, la mort a établi son règne, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam. Or, Adam préfigure celui qui devait venir.

Le mot grâce est à relier à la gratuité, à ce qui se fait à titre gracieux et pour notre part, Il est bon de rendre grâce (en arabe Hamdullah, même racine Mohammed/ Mahomet) et il est dommage qu’en français, au lieu de dire grâce comme en italien (grazie) ou en espagnol (gracias), l’on dise merci, qui n’est pas associé, étymologiquement à toutes sortes d »expressions    telles que Sa gracieuse Majesté, rendre grâce, gracier, gratitude, gratuité, congratulation, à la grâce de Dieu, gratification, grâce à toi, rendre grâce, et c’est bien là un point faible de la sémantique française qu’il conviendrait de corriger d’autant, d’autant que lorsque l’on dit merci en français, on ne pense pas nécessairement à pitié comme dans «    ayez mercy» (alors que les anglophones emploient mercy couramment dans ce sens, merciful) et inversement «    sans merci ». D’ailleurs le mot grâce peut aussi – on l’a dit – signifier pitié dans l’expression «    demander grâce » sans parler de la grâce présidentielle. Yahoud, Yehouda, renvoient –par une racine signifiant remerciement à cette même idée de soumission qui sera reprise dans le nom même d’Islam. Si ce n’est que le Juif qui porte le nom de Yahoud -Juda- est celui qui remercie (son dieu) ou celui que l’on remercie du fait de ses dons. Les formules de politesse perpétuent ce recours en grâce : faites- moi la grâce, que l’on retrouve en espagnol dans le por favor, qui est plus fort que le français s’il vous plaît (SVP) qui semble bien être une formule tronquée – «    s’il vous plait de quoi faire ? »- tout comme le please anglais qui en dérive. Notons la similitude conditionnelle du SVP avec le inshallah, si dieu le veut.

Cela dit, en français, on ne parle pas de    »yahoud    », de «    Jude    » -cf. le «    Judenstaat    » de Herzl) mais de «    juif’ ce qui renverrait selon nous à une autre racine, à savoir celle du tétragramme, Yahvé (lui-même tronqué), ce qui a donné Jéhovah (cf. les Témoins de Jéhovah) si l’on considère   « juiverie »etc., le masculin étant une réduction  qui est  à rapprocher de Jove, ce qui renvoie à Jupiter, d’où l’adjectif jovial.

Ce qui nous est accordé par la grâce n’est pas transmissible sinon par la génétique, l’ADN, à la différence de quelque cadeau que l’on se serait procuré. Les enjeux dynastiques nous rappellent cette importance accordée à la filiation    : Henri de Navarre finira par imposer sa légitimité de sang, par-delà les considérations, religieuses pour devenir Henri IV.

En français on dira de quelqu’un qu’il est doué- qu’il a un don- et cela tient à une grâce réservée à son seul bénéficiaire et qui est inaliénable mais dont on peut hériter de par la filiation. Mais ne faudrait-il pas réserver le mot grâce à notre rapport à Dieu, n’est-il pas galvaudé quand il s’adresse à un homme, y compris dans l’expression « grâce à toi», «    grâce te soit rendue « ? Mais n’est-il pas également abusif d’user de la forme de politesse « monsieur » (abréviation de mon sire, mon seigneur (en espagnol senior- et cela vaut pour ma dame (abréviation de domina)    ? Et l’usage en français, à la différence d’autres langues, du pronom possessif «    mon », « ma    » sonne étrangement tant il évoque l’adresse à Dieu « Mon dieu    »-cf  tome II).. Décidément, les marques de courtoisie nous semblent quelque peu outrancières    sinon déplacées! La grâce est puissance et le mot impuissant est marqué par la disgrâce. Drame de celui qui n’est plus ce qu’il a été, qui a perdu ou laissé se perdre son pouvoir, son don instinctif de bien faire les choses. Qu’il s’agisse de faire l’amour ou de marier heureusement les sons, de diriger les hommes ou de composer des poèmes etc. Est-ce que la grâce peut se perdre, se reprendre    ? Un monde sans grâce est désenchanté.

Cette problématique de la grâce peut sembler quelque peu dépassée, en cette aube d’un Troisième Millénaire. Or nous montrons qu’elle constitue une grille de lecture tout à fait précieuse pour appréhender les questions qui se posent à notre temps. Il ne faudrait point juger de ce qui relève de la grâce au prisme des œuvres et inversement. Nous verrons qu’une telle interrogation, au fil des pages, se révélera incontournable en ce qui concerne le statut de la femme tout comme pour celui du Juif et en fait cela vaut pour la plupart des thèmes qui seront successivement abordés ici. A partir du moment où l’on renonce à passer par les œuvres, les fruits, notre regard ne sera plus le même tout en précisant toutefois qu’il importe de ne pas confondre le contenant et le contenu, l’émission et la transmission.

Il importe de distinguer entre les ressources qui sont nôtres et celles qui nous sont fournies par autrui, qu’il s’agisse d’un être humain, d’un animal ou d’une machine. Il est clair que certaines de nos activités nous entraînent à développer nos tendances mécaniques et animales, notamment lorsque nous apprenons à conduire ou à faire l’amour.

Il y a problème dès que l’on sort du champ de la gratuité, c’est à dire dès que l’on demande de l’aide aux fins de se compléter, que l’on emploie une personne ou une machine qu’il va falloir payer, rémunérer parce que nous n’avons pas été capables de faire les choses par nous-mêmes, c’est alors que se met en branle un cercle vicieux qui accorde à Mammon le pouvoir de nous accorder ce qui ne nous a pas été donné. Nous prônons la polyvalence des lieux et des personnes, à savoir la possibilité de passer, d’un moment à un autre, d’une activité à une autre pour un même lieu et une même personne plutôt que de complexifier l’espace. Cela s’inscrit dans une démarche écologique de diminution des dépenses et des besoins en réinvestissant le temps par rapport à l’espace. Nous verrons que l’astrologie aura été victime d’un tel travers, ce qui l’aura mené à sa perte! tome II). On connaît les célèbres sketchs d’un Pierre Dac, déguisé en mage astrologue ou en voyante, et qui, face à une question posée, répondait qu’il pouvait y répondre et Francis Blanche, son comparse, annonçant triomphalement « il  a dit qu’il peut le  faire »

En tout état de cause, ce que nous ne faisons pas nous aliène, comme l’a bien montré la crise du coronavirus.

Dès le deuxième chapitre de la Genèse, entre en scène un dieu qui ouvre la boite de Pandore    mais ce dieu n’est pas celui de la Troisième Création mais de la Deuxième :

Genèse II, 18

יח וַיֹּאמֶר יְהוָה אֱלֹהִים, לֹא-טוֹב הֱיוֹת הָאָדָם לְבַדּוֹ; אֶעֱשֶׂה-לּוֹ עֵזֶר, כְּנֶגְדּוֹ.

18 L’Éternel-Dieu dit: « Il n’est pas bon que l’homme soit isolé; je lui ferai une aide digne de lui. »

 

 

Aucun homme ne peut servir deux maîtres    car toujours il haïra l’un et aimera l’autre. On ne peut servir à la fois Dieu et Mammon «    (ֹEvangile de Mathieu 6:24) » La famille et plus largement ce que nous appelons la maisonnée n’est pas censé être régie par l’argent mais constituer une entité d’un seul tenant. Le mot domesticité (de domus maison en latin) nous semble assez approprié, il vise les personnes censées faire l’interface entre l’élite humaine et la machine. Cette population devrait être considérablement augmentée, accrue à l’avenir et largement prise en charge par la société, de façon  à éviter le rapport  dégradant à l’argent dans ce cadre. Nous pensons notamment aux personnes bénéficiant, à différents titres, d’une aide « sociale » et l’on sait à quel point cela pèse sur le budget de l’Etat et des collectivités. Un tel apport/support  permettrait d’éviter aux créateurs de tous ordres de se retrouver seuls devant la machine,ce qui serait déroger. Mais à certains moments le créateur doit laisser à ceux qui l’entourent une certaine marge de manœuvre voire d’erreur créatrice plutôt que d’exiger une réplique absolument fidèle.

Certes, il convient de se procurer certains biens mais non de rémunérer les services qui visent à leur exploitation. On a vu récemment le problème posé par les emplois « familiaux», « à la personne», lequel devrait être résolu par une nouvelle loi. Faut-il payer quelqu’un de son entourage ? Selon nous, il est souhaitable cependant de respecter les us et coutumes de chaque milieu, et de ne pas chercher à imposer ses valeurs et ses critères à un groupe qui n’est pas le nôtre, quitte à s’abstenir de le fréquenter, en faisant le constat d’une incompatibilité d’humeur rendant difficile de partager un même lieu et un même temps. Rappelons que le principal problème ici concerne la guerre des sexes, chaque sexe s’efforçant, selon un sophisme facile d’égalité – nous sommes pareils  et donc ce qui me convient doit te convenir ipso facto -d’ imposer ses valeurs à l’autre, au nom de la liberté qu’il s’octroie de faire ce qu’il veut puisque notre prochain est censé être notre semblable. Pour nous la liberté tout comme l’égalité sont des passions tristes, au sens où  l’entendait un Spinoza, précurseur d’un Freud (cf. F. Lenoir Le miracle Spinoza, une philosophie pour יéclairer notre vie, Paris, Fayard, 2017) Ce sont des facteurs de désordre, d’entropie, tous deux entraînant des débordements: que l’on cherche à se démarquer ou au contraire à s’aligner par rapport à autrui, non sans des effets dramatiques au niveau écologique en raison des abus ou des expédients.

C’est ainsi que pour les femmes, il est «    normal » de poser des questions et qu’on y répondre en quelque sorte automatiquement. C’est en quelque sorte un réflexe programmé– notamment chez un autiste – si ce n’est que celui qui interroge est semblable à quelqu’un qui presserait sur un bouton. Question donc réponse, ce qui évidemment conduit à des révélations, à des indiscrétions. L’enfant est d’ailleurs souvent dresséי pour satisfaire à un tel exercice, quitte à «    rapporter «    à dénoncer, à dire toute la vérité». En revanche, chez les hommes, de telles pratiques peuvent être mal reçues et perçues tant pour eux-mêmes que pour autrui, voire qualifiées de « viol » (cf. infra). On peut parler de comportement mécanique qui détermine un fonctionnement, quelle que soit la personne qui enclenche un tel processus, comme si l’on avait appuyé sur un bouton. Il est d’ailleurs ensuite difficile d’interrompre le débit ainsi provoqué par l’ordre donné. Il faut alors se résigner à devoir entendre « jusqu’au bout » la réponse ainsi demandée, parfois par inadvertance. On notera qu’il est plus facile de répondre à des questions que de commenter un propos car cela exige dans le second cas, un plus long temps de réceptivité et de captation du message d’autrui.

Il importe de comprendre que tout groupe est prisonnier de ses valeurs. Encore convient-il de distinguer entre celles qui relèvent de la culture et celles qui sont propres à la «    nature», questionnement que l’on retrouve chez Nietzsche, de là découle tout le débat autour du « genre    » qui voudrait faire du sexe, du moins au niveau des valeurs qu’il sous-tend, un fait de culture alors que selon nous, l’on est bien là face à un phénomène plus profond à savoir le passage de la Deuxième à la Troisième Création qui serait aussi celui du Premier au deuxième chapitre du Livre de la Genèse. Jusqu’à preuve du contraire  l’appartenance à un certain sexe n’est pas une maladie.

Pour éviter que le discours n’empiète sur le réel – comme c’est si souvent le cas- nous pensons qu’il importe de distinguer nettement entre le signifiant et le signifié et pour ce faire nous préférerons le terme « désignant » à celui de « signifiant », ce qui est le fondement de notre approche phénoménologique.(cf tome II)  L’épistémologie des sciences sociales se doit, en effet, de nommer les choses sans préciser à quelle réalité cela renvoie. Si je dis « je suis juif », « il y a des Juifs », c’est une chose, on reste dans le registre du signifiant mais si je « précise » ce que cela signifie et implique, c’en est une autre car j’affuble ipso facto le signifiant d’un signifié, le contenant d’un contenu. Épistémologiquement, c’est la seule façon d’aligner les sciences « molles » sur les sciences « dures ». On ne peut pas se permettre de ne pas désigner l’objet étudié, mais cela ne signifie pas, pour autant, que j’annonce par avance, a priori, ce qu’il est  en  soi. D’où l’impératif de distinguer entre destinée collective surdéterminée et destinée personnelle plus libre. Moins on précise les choses au départ, plus le résultat sera concluant. Si l’on met des noirs d’office ensemble, c’est une chose, si ce sont eux qui se rassemblent alors qu’ils étaient disséminés, c’en sera une autre et ce sera plus concluant.

On risque fort de glisser dans le discours auto réalisateur, ce qui vient fausser le propos. On est dans le métalangage. Autrement dit, le signifiant n’a pas à être associé à un signifié spécifique mais simplement à un objet repérable auquel l’on pourra le cas échéant se référer au niveau statistique: il y a tant d’objets porteurs du même signifiant, de la même étiquette, se trouvant de facto et a posteriori dans une situation comparable. On pense au procédé de l’Ars Memoria où un lieu est associé à une certaine grille qui servira à la mnémotechnie. On est en droit de se demander jusqu’à quel point ce qu’on appelle Art, pris en ses différentes formes, n’aurait pas pour raison première la production de métalangage. La peinture abstraite  renoue  d’ailleurs avec une tradition décorative. Force, en tout cas, est de constater que le métalangage aurait largement fait usage de la création artistique : on pense au symbolisme zodiacal – plaqué sur l’écliptique – dérivé de la représentation iconograhique des 12 mois de l’année ou encore à la décoration, à l’ornement des vitraux des églises, sans oublier la poésie rimée à partir de textes en prose qui aura servi à remplir les centuries nostradamiques -cf  tome I). On pense encore aux hymnes nationaux. L’art assure une fonction d’habillage. Mais l’habit ne fait pas le moine. La versification nous apparaît comme une expression emblématique du passage  alchimique d’un état à un autre, – de « réduction », ce qui est aussi le cas de toute forme de traduction/ trahison  créative, comme nous avons pu le décrire dans le statut du féminin et du masculin en français (cf tome II).

Notre Discours de la méthode se caractérise par la neutralisation des idées préconçues. On se contentera de nommer un objet puis d’observer si le nom de cet objet est récurrent au sein de tel ou tel ensemble et alors et seulement alors, pourra-t-on associer tel désignant à tel signifié. Il ne s’agit donc pas, comme avec Saussure, d’entériner quelque statu quo quant au rapport signifiant-signifié. Du bon usage du métalangage. C’est parce que le désignant sera supposé ne renvoyer à aucun signifié, qu’il sera neutre et donc opérationnel, qu’il est possible d’envisager une approche statistique viable et non point faussée par l’autosuggestion.

Or, dans bien des cas, on tend à procéder à l’inverse: ce sont les signifiés qui déterminent le signifiant, le contenu qui fixe et fige le contenant. C’est pourquoi, nous préférerons parler de désignant plutôt que du signifiant saussurien. Celui qui emprunte confond souvent l’essentiel et l’accessoire en les mettant sur le même pied, par fétichisme, confondant allégrement désignant et signifié, comme dans le cas des rapports Astrologie-Astronomie (cf. Tome  II). C’est ainsi qu’il peut arriver que sans y prendre garde nous utilisions la rhétorique de l’adversaire comme lorsque nous parlons de la période de l’Occupation, terminologie  mise en place par les Nazis : « Besetzung »,  et qui n’était pas sans choquer les Français  à l’époque, parlant d’euphémisme. Le terme « besetzt» est utilisé par exemple quand les toilettes sont « occupées », par opposition à « libres » comme dans « zone libre ».(freie Zone). Cela dit, il apparait que la formule  ait été adoptée par les deux parties (article 2 de la convention d’Armistice signé le 22 juin 1940)  Les Allemands avaient d’ailleurs la formule   « Invasionsbehörden » – pour autorités d’invasion »  à leur disposition, Invasion étant évidemment emprunté au français. Mais est-ce une raison pour utiliser encore une telle formule, liée à Pétain ?  L’expression « territoires occupés » (« occupied  territories ») évoque la situation en Cisjordanie  au lendemain de la Guerres des Six Jours (1967), le terme se distinguant d’ailleurs nettement de l’annexion.

Notre quéte  d’un ordre à restituer et à reconstituer  nous aura conduit à rétablir  une logique structurelle  (dans la ligne de nos Mathématique Divinatoires, parue, il y  a près de 40 ans), et ce dans les domaines les plus divers: c’est ainsi que le Zodiaque n’est jamais qu’une addition au tétramorphe stellaire, à partir d’une division soli-lunaire de l’année en 12 alors que pour beaucoup d’astrologues, le tétramorphe ne serait qu’un élément issu du dit Zodiaque, les constellations étant calquées, selon leurs dires, sur le cycle des saisons. C’est ainsi que nous montrerons (Volet II) qu’il convient de corriger, de réparer  le tétramorphe en remplaçant l’aigle qui symbolise la fléché (Sagita : la fléché en latin)  qui vole vers sa cible- par le porc ou le sanglier (cf les Travaux d’Hercule), sur la base de notre étude consacrée à la dialectique du mouton printanier et du porc automnal – éliminé du Zodiaque tel qu’il nous est parvenu – ce qu’attestent les Livres d’Heures, ce qui constitue une grille de lecture des Évangiles (cf Volet I) autour de la crucifixion suivie de la Résurrection.

En réalité, l’astrologie n’a que faire du référentiel saisonnier, ce qui relève du métalangage astronomique inspiré des Livres d’Heures, des almanachs comme le Kalendrier et Compost des Bergiers (fin XVe siècle) dont l’influence s’est notamment exercée sur l’iconographie des cathédrales médiévales, d’où l’inanité du procès qui lui est intenté autour de la précession des équinoxes.

Ce n’est pas parce que les astrologues auront fini par adopter un tel symbolisme et en auront fourni moult commentaires que cela prouverait en quoi que ce soit que l’astrologie repose sur un tel socle ! Toutefois, l’on ne saurait renoncer, pour autant, à comprendre et à restituer la cohérence symbolique d’un tel agencement, ce qui vaut pour tout dispositif qu’elle pourrait véhiculer (cf nos Mathématiques Divinatoires, 1983)

Le métalangage est partout qui vient inverser le rapport émetteur-récepteur du fait de sa dynamique d’instrumentalisation. C’est ainsi que le choix pour chaque Etat d’un drapeau et d’un hymne national qui lui soit propre a pour seul objet d’éviter les confusions.

Quant au Pentateuque, il serait repris, selon nous, notamment du Livre d’Ezéchiel, en se présentant faussement comme lui étant antérieur, en le précédant dans l’ordre du canon biblique lequel fixe non seulement un certain corpus mais aussi sa chronologie. C’est ainsi que les premières éditons des Centuries de Nostradamus- pour une période pourtant bien mieux référencée – seraient bel et bien antidatées pour ce qui est des éditions des années 1550-1560 et ainsi de suite. Mais avec l’imprimerie, expression par excellence de la multiplication, le faux peut allégrement prospérer. Il nous apparait qu’il y a débat  décisif quant à la clôture des canons  entre ceux qui entendent avancer ou retarder un tel moment. C’est ainsi que, pour notre part, nous ne saurions accepter la thèse d’un canon vétérotestamentaire antérieure à une emprise puissante des tenants du Royaume d’Israël sur la rédaction du Pentateuque tout comme celle d’un canon centurique antérieure à l’avènement d’Henri de Navarre à la couronne de France (1594). Faute de quoi, il sera aisé et tentant, dans le cadre, l’esprit, d’une littérature « prophétique », de présenter des ajouts comme des anticipations !

Nous dirons  à propos de notre méthodologie que les corpus et autres « canons» englobent des textes qui –lorsqu’on les confronte entre eux font apparaître des contrefaçons, des  interpolations, des recyclages dont ceux qui en font usage ne semblent pas avoir pris conscience, préférant s’efforcer  de (dé)montrer qu’il ne saurait y avoir de contradictions puisque les dits textes sont censés  faire  partie d’un même ensemble ou produits par un seul et même auteur. On aura pu l’observer tout au long de nos travaux et cela ressort d’un déni apologétique refusant toute approche critique. Cela dit, d’aucuns ne se seront pas gênés –sans trop de scrupules ni souci de vraisemblance – pour utiliser certains passages de l’Ancien Testament au service d’une condamnation des juifs alors que ceux-ci en sont le véhicule par excellence.

Face à certains anachronismes comme la présence de la référence à Israël dans le Nouveau Testament alors même que Jésus s’adresse aux Judéens, à Jérusalem –on pense aux « brebis d’Israel»-, l’on a l’impression que la rédaction de certains textes est complètement déconnectée par rapport à la réalité sur le terrain. Tout ce qui touche à la présence de Jésus en Judée sonne faux. Comme dans le cas des Centuries (cf notre volet II) , nombre de commentateurs ne semblent pas avoir pris connaissance, conscience des clivages existant du vivant de Nostradamus mais aussi  survenus dans  les décennies suivante sa morrt  en 1566, qui verront la parution posthume des Centuries, entre le camp de la Ligue  et celui d’Henri de Navarre, le futur Henri IV, où cohabitaient vraies et fausses éditions de ses publications annuelles et puisent allégrement dans un corpus qu’ils imaginent d’un seul tenant. De même, Pour les rédacteurs du Nouveau Testament Juda et Israël ne seraient que des synonymes désignant un seul et même peuple, ce qui permet de mettre les condamnations d’Israël par les Prophètes au  passif des Judéens !

Dans le premier tome, nous nous situons dans le champ de ce que nous désignons comme «    troisième Création » tant en ce qui concerne l’idée de peuple élu pour remettre l’Humanité sur le droit chemin, ce qui s’inscrit dans le passage de la puissance à l’acte, de la présence de l’ensemble à l’absence des laissés pour compte, à l’instar d’une course où tous les partants ne se retrouvent pas à l’arrivée et en tout cas pas à égalité de classement. La langue française, par excellence, illustre une telle dynamique dans son traitement des consonnes, lesquelles figurent à l’écrit et non à l’oral comme grand/grande. La lettre « n »  est réservée le plus souvent à former une diphtongue. L’élection exprime cette idée de l’absence de la présence, en ce que la présence ne saurait imposer sa loi, son poids..

Nos  deux tomes  se présentent ainsi :

- un volet textologique s’occupant d’herméneutique,  de  critique des corpus  à commencer par la Bible puis s’appliquant aux Centuries  de Nostradamus  C’est le champ de la  Surconsciennce.

–            un volet anthropologique traitant  d’une part des questions d’espace  social  autour   de la question de la femme, de l’étranger, de la machine, de la langue  et de temps social de  l’autre  autour  de  la cyclologie  et du Droit constitutionnel dont la vocation est de structurer le temps de la Cité  C’est le champ de la Subconscience. Il ne s’agit plus ici de se reporter à un corpus de textes  mais bien d’observer notre monde tel qu’il nous est donné à voir en ce début de XXIe siècle, ce qui réfère peu ou prou à une approche, _une démarche phénoménologique.  Notre ouvrage pourrait être décrit comme une sorte  de rhizome que l’on peut aborder par différents bouts -( cf  G. Deleuze, Mille Plateaux, Paris, Éditions de Minuit, 1980,)

 

 

La question de la Trinité  au prisme de l’Astrologie

 

En 1943, sous ce qu’on appelle l’Occupation, paraissait à Paris avec une préface de René Trintzius, chez l’éditeur Jean Renard, un ouvrage intitulé La Tradition secrète, dans une collection intitulée « Les Connaissances supranormales » dirigée par Marcel Berger.. On trouve dans cette collection u texte astrologique de Dom Néroman intitulé « Verlaine aux mains des dieux » Cet livre aborde librement toute une série de sujets que l’on pourrait penser, pour l’époque, susceptibles de censure, puisqu’il touche à la franc maçonnerie comme à la théologie hébraïque. On en trouve même un compte rendu dans la presse (22.12. 43). « Au seuil de l’inconnu . La tradition secrète » par son préfacier.

Nous adhérons volontiers à l’idée selon laquelle il faudrait retrouver une « tradition secrète » qui aurait été frelatée, altérée et qu’il conviendrait de rétablir et de restaurer. Au niveau de la transmission des langues, il est clair que les documents qui nous sont parvenus exigent quelque forme d’initiation, faute de quoi ils risquent de perdre beaucoup de leur intelligibilité. Dans son article Trintzius note : » Depuis longtemps les occultistes avaient remarqué que les squelettes consonantiques des mots avaient du permettre des vocalisations restées secrètes permettant de dissimuler à la foule le sens ésotérique des textes sacrés » Trintzius aborde ensuite le thème de la Trinité : « Il ne s’agit pas d’un trio de divinités diverses mais d’un Dieu en trois personnes » Et l’on retrouve une telle triade, nous dit-on, tant en Égypte qu’à Sumer puis jusqu’en Inde. « La Grèce n’a-t-elle pas connu, demande Trintzius, sa trinité orphique Zeus, Déméter, Dionysos ? » René Bertrand (on pense à Dumézil) la décadence viendrait du passage du trois au deux, Dieu /Matière « Qui demande Trintzius » comme Pythagore le fit jadis pour sa cité idéale rétablira le ternaire dans le ciel des hommes ? » stigmatisant au passage « le panthéisme philosophique des loges (maçonniques) » et « le hideux matérialisme qui nous plonge présentement dans le chaos et dans la nuit »Trintzius, dans sa préface intègre l’hébreu au sein d’un ensemble (p 9 ). « René Bertrand a retrouvé du sanskrit à l’égyptien, de l’hébreu au chinois, les linéaments d’une doctrine ésotérique et mystique d’une incontestable unité inscrite dans les racines mères du langage et les plus vieux symboles »

Il est à présent temps pour nous de présenter le fruit de nos propres recherches étalées sur un bon demi-siècle. On regrettera que les deux auteurs ne traitent pas de l’astrologie laquelle nous semble bien un facteur absolument central pour appréhender la Trinité. On doit se situer ici dans une démarche proprement théologique. Nous pensons à une hiérarchie des dieux, ce qui est tout à fait compatible avec l’image du père et du fils dans le christianisme. Nous résumerons notre Trinité au moyen de trois termes hébraïques : Elohim, Yahvé et Tsedeq. Elohim désignerait le premier moteur d’où émanerait Yahvé créateur de notre monde terrestre avec son Humanité et son Ciel. Quid de Tsedeq qui désigne dans le Sefer Yetsira (Livre de la Formation) la planète appelée Jupiter ?. Cette planète est la gardienne perpétuelle de notre monde, elle en détermine le rythme de vie. Elle est l’interface entre Adam – qui correspond à une humanité supérieure – et Yahvé. Autrement dit, sans recours à l’astrologie comme mode de gouvernance de Yahvé, il y a un chaînon manquant. Accepter Tendeuse, c’est décharger Yahvé d’avoir à être omniprésent. Tsedeq est l’instrument de pouvoir de Yahvé du fait même qu’il a une dimension mécanique, celle d’un astre obéissant à une cyclicité immuable..

Ce qui nous montre que la planète Jupiter a reçu pour mission/fonction de s’occuper de l’ordre des choses terrestres tient à un parallèle numérique Jupiter met 12 années terrestres pour sa révolution et la Lune, notre satellite, tourne 12 fois autour de la Terre en une année terrestre. Selon nous, notre humanité est le résultat d’une création, pas celle des Elohim mais celle de Yahweh, les Elohim correspondant la Nature alors que Yahvé est marqué par un dessein intelligent (intelligent design), une création dans la création, l »homme lui-même ayant son propre niveau de création , qualifié d’anthropocène

 

Il est certes  plus facile d’appréhender les moyens que les fins car on connait nos moyens, moins nos fins. Nos moyens nous renseignent ils sur nos fins ou bien nos fins déterminent-elles nos moyens. ? Voyons ce qu’il en est pour l’Astrologie !

André Barbault dans de la Psychanalyse à l’Astrologie (Seuil, 1961) semble y dire que l’observation de la carte du ciel dont dispose l’astrologue indique l’usage que l’on peut en attendre, donc sa finalité, sa fonction. Il se pourrait bien qu’il ait eu tendance à raisonner pareillement pour ce qui est du but de l’astrologie mondiale, au vu des planètes dont dispose l’astrologue. Ce qui lui évitait de penser la fin de l’astrologie. Autrement dit, les outils dont je dispose m’indiqueraient à quoi je dois m’attacher en tant qu’astrologue mais cela vaudrait évidemment dans bien d’autres cas.

Pour notre part, nous soutenons qu’il convient de suivre le raisonnement inverse à savoir fixer les fins puis songer aux moyens nécessaires pour les atteindre. Faute de quoi, notre environnement va nous imposer nos fins. On connait d’ailleurs l’adage : la fin justifie les moyens. Il nous semble que l’astrologie souffre d’avoir posé la problématique à l’envers. Demandons aux astrologues ce qu’ils en pensent. On risque fort d’entendre des réponses du type : l’astrologie a vocation à donner du « sens » à notre systéme solaire et du « sens » à la vie des gens. Mais le sens c’est aussi la direction, donc l’objectif, la fin.

Abordons la question d’un point de vue théologique ou du point de vue de l’organisation sociale, comme dans le cas de la rédaction d’une constitution comme celle de la Ve République. Quel est le but poursuivi ? Apporter un certain ordre (le mot cosmos en grec signifie ordre). On élit quelqu’un pour une certaine durée de mandat. Faut il se demander de quels moyens l’on dispose ou plutôt de quels moyens a-t-on besoin, ce qui n’est pas tout à fait la même chose ? Les moyens dont dispose sont illimités : tout ce qui existe peut virtuellement servir.On voit bien que ce n’est pas comme cela que l’on devra procéder.Il faudra bien faire des choix en fonction justement du but à atteindre ! Mais si l’on ne sait pas ce qu’on veut….De la même façon, face à un objet, comment savoir à quoi il est censé servir ? Faut-il se fier à l’usage qui en est fait habituellement ? En bonne logique, on va élire un nombre limité de personnes pour le Parlement parmi ceux qui se présentent sans parler des électeurs eux-mêmes qui ne prétendent pas se faire élire. Certains se disent qu’en fait tout le monde devrait avoir le droit à la parole. Pourqoi pas ? C’est ne pas savoir faire la différence entre le virtuel et le réel. On est alors en pleine démagogie !

Pour en revenir à l’astrologie, est-ce que parce qu’il y a tant de planétes dans notre système solaire, cela implique qu’il faille toutes les utiliser astrologiquement ? Or, c’est un postulat qui semble largement admis de nos jours comme une sorte d’évidence. Encore une fois, l’on risque fort de confondre les fins et les moyens et d’avoir les yeux plus gros que le ventre. Dans la vie quotidienne, nous savons pourtant que tout n’est pas bon à prendre, qu’il faut en prendre et en laisser. Mais dès qu’il s’agit d’astrologie, le bon sens ne semble plus pouvoir jouer son rôle. Plus on est de fous, plus on rit. Abondance de biens ne nuit pas.

On aura compris qu’il est urgent de se demander comment se servir de l’astronomie pour réaliser les fins de l’astrologie et tout ce qui est astronomique n’est point or pour l’astrologie ! Il ne faut prendre que ce dont on a besoin. Mais le probléme, c’est que certains se sont ingéniés à accroitre abusivement les besoins de l’astrologie, à surenchérir, glissant ainsi en pleine inflation. L’astronomie, c’est la planche à billets de l’astrologie !

Il est peut être temps que l’astrologie change son « business model ». et montre qu’elle les pieds sur terre , si l’on peut dire. Un adage anglais nous dit : « deux c’est de la compagnie, trois c’est la foule ». Barbault avait raison de s’en tenir à combiner deux facteurs pour ses cycles. Mais, avec le thème natal, on dépasse largement la mesure et le rôle des aspects dans le cycle n’est pas le même que dans le thème. Nous avons toujours dit que le thème était une sorte de tonneau des Danaides. Le cycle est une façon heureuse de se servir de l’astronomie, pas la « carte du ciel ». Les statistiques de Gauquelin nous parlent d’une planéte par profession pas de 36 !

Allons plus loin, si les astres agissent sur notre Humanité, n’est il pas raisonnable de penser qu’ils doivent agir avant tout sur les chefs, les cadres et pas sur l’homme ordinaire ? Là encore, on frise la démesure  quand on affirme que chacun a droit à son thème ! C’est le désordre assuré, la cacophonie. Une armée où il n’y aurait que des officiers !Que d’excès !

Et puis, pendant qu’on y est : est-il raisonnable de penser que l’astrologie doit intervenir dans notre vie, à tout instant ? C’est ignorer le processus des phases. Il faut laisser du temps au temps ! Évitons l’emphase !

On aura compris que l’on a le choix entre une astrologie maximaliste qui s’enivre à la vue de toutes ces planètes et une astrologie plus responsable qui pratique une économie de moyens et poursuit des fins en intervenant sur des points stratégiques peu nombreux. Il est temps que l’astrologie fasse alliance avec une certaine oligarchie plutôt qu’elle ne fasse le jeu de l’anarchie, avec l’aide d’une astronomie pléthorique. Comme on sait, trop de cycles tue le cycle, trop d’astronomie tue l’astrologie..

 

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La notion de maisonnée : l’homme et son environnement domestique.

Posté par nofim le 1 juillet 2016

 

La notion de maisonnée : l’homme et son environnement domestique.

 

par  Jacques Halbronn

 

Le soleil fait-il partie du « systéme solaire »? On serait tenté de répondre par l’affirmative . Cela dit, tout ce qui gravite autour du soleil et par le soleil  constitue un ensemble  certes   »solaire » – parce que marqué par  une seule et même forme de gravitation  et cependant  d’un tout autre ordre que ne l’est cette étoile.

Si l’on applique une telle analyse à la société « humaine », l’on dira que tout ce qui gravite autour de l’Homme  constitue sa « maisonnée »

(comme on dit une bouchée, une cuillérée, une poignée, autant de contenants susceptibles de recevoir une certaine quantité de produit).

La question qui se pose à l’anthropologue est celle de la femme. Celle-ci doit elle être située au centre du systéme, aux côtés de l’Homme ou bien, au contraire, conviendrait-il mieux de la placer au sein de cette maisonnée dont il vient d’être question?

Notons qu’une telle interrogation vaut par exemple pour les esclaves, les étrangers et les Dix Commandements ne nous rappellent-ils pas qu’il ne faut pas convoiter ‘la femme de ton prochain »?

Dernier de la série:

10-Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui lui appartient.

 

La « maison », c’est bien ce que nous appelons ici la maisonnée.

Le commandement sur le respect du Shabbat est construit de la même façon si ce n’est que la femme n’y est pas citée dans la list de la « maisonnée », ce qui semble correspondre à une omission.

Par ailleurs, la vision d’Ezéchiel mentionne l’homme aux côtés du bœuf, du lion et de l’aigle, au sein du tétramorphe.  Comment l’homme pourrait-il figurer aux cotés de ces « bêtes »? Il convient donc de comprendre ici plutôt un humain n’ayant pas le plein statut d’homme, un « domestique », soit littéralement un membre de la maisonnée.

Les anthropologues (cf Descola etc) ont noté que l’homme tendait à traiter  tout   ce qui l’entourait  sans distinguer ce qui était humain et ce qui ne l’était pas. On peut parler d’animisme.  Dans un monde où les humains étaient relativement peu nombreux, la place accordée à ce qui n’était pas du même ordre était  considérable.

Nous avons été frappés par un passage de l’Exode où il est écrit que Moïse s’adresse au peuple et vice versa. Etrangement, c’est Dieu qui parle de « mon peuple » plutôt que  Moïse:

« Alors maintenant, je t’envoie vers le roi d’Égypte. Va et fais sortir de son pays les Israélites, mon peuple. »

On a donc l’impression que Moïse n’appartient pas vraiment à ce peuple (cf les idées de Freud à ce sujet, dans Moïse et le Monothéisme) mais qu’il est chargé de le conduire, de le guider.

Comment expliquer un tel décalage?

Que l’on songe au sort d’un certain nombre de royautés,  tant en Europe qu’au Moyen Orient.  Dans de nombreux cas, des princes étrangers au pays ont été chargés d’occuper la fonction royale, comme en Belgique ou en Jordanie. Tout se passe comme si les princes appartenaient à un « corps », une « caste »  dont les membres pouvaient être envoyés en mission. Deux mondes bien distinctes mais voués à être reliés

: telle est la nature de l’alliance entre un peuple et « son » souverain, sans que cela signifie pour autant que le souverain appartienne stricto sensu au peuple considéré? On pense de nos jour aux « énarques » que l’on retrouve un peu partout en haut des hiérarchies les plus diverses.

Ainsi, le chef n’a nullement à émaner de la communauté qu’il est amené à diriger. On pense à un Mazarin, un Italien voué aux plus hautes fonctions au début du régne de Louis XIV.

De même une femme enceinte  n’a-t-elle pas le même sang que le père de ses enfants.  Mais c’est cet homme qui aura enclenché le processus, le  compte à rebours de l’enfantement.

On voit que la nature des relations entre  l’homme – ici le mâle- et la maisonnée dont il a la charge, la garde mérite quelque réflexion et l’on sait à quel point l’usage du pronom possessif peut être source de confusion.  Mon bras, ce n’est pas la même chose que mon crayon. Et qui est le sujet auquel renvoie  ce « mon »?  Quand je dis « mon crayon »,  est-ce à dire que ce crayon est de même nature que moi?

Quand Dieu (au chapitre II de la Genése) propose à l’homme de s’adjoindre une « femme » (Isha),  celle-ci ne s’inscrit-elle pas ipso facto dans sa « maisonnée ».

Il ne s’agit pas ici de se demander, comme le fit dans le temps, si la femme a une « âme » mais  d’éviter les amalgames. Rappelons que le fait même de parler de relation, de rencontre  signifie qu’il y a  eu séparation, différence. Tel est d’ailleurs tout l’enjeu des rapprochements.

En conclusion, nous invitons notre lecteur et notre lectrice à s ‘interroger sur la nature de cette proximité -qui est peut être une promiscuité- entre les hommes et les femmes, quelles en sont les limites.  Il  vaut notamment la peine de s’interroger sur les modalités des fréquentations entre les deux sexes.  Quel modus vivendi peut s’instaurer? A l’évidence, la femme aura réussi à sortir du rang et en quelque sorte s’est détachée de cette maisonnée, à la façon dont une employée parvient à épouser le « patron ». Mais un tel basculement ne serait-il point cause de déséquilibre, ne fausserait-il pas la perception de la situation?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le rapport planéte/étoile et Lune/Saturne

Posté par nofim le 20 février 2015

La combinatoire planéte/étoiles et la matrice soli-lunaire.

par  Jacques  Halbronn

 

Le XXIe siècle verra-t-il la reconnaissance d’une cyclicité liée à certains signaux célestes bien déterminés? Il n’est pas question

ici d’une quelconque  reconnaissance du thème astromantique sauf dans le cadre de la parapsychologie mais bien de la valeur

d’un certain outil qui peut servir à apporter une lumière sur le cours et le déroulement des choses. C’est plus le fonctionnement des

sociétés qui nous semble concerner l’astrologie de demain  que celui des individus dans leur spécificité propre.

Il ne s’agit pas davantage de chercher à baliser nos activités, jour par jour, semaine par semaine, mois par mois mais sur une base plus large car si l’on se sert des planétes lentes, comme Saturne, ce n »est pas pour pratiquer une astrologie à la petite semaine, mais bien

pour dépasser le cadre annuel. En effet,  le fer de lance de l’astrologie ce sont les deux planétes les plus lentes connues de l’Antiquité à

savoir Jupiter et Saturne. En revanche, la combinatoire de ces deux planétes nous semble être une fausse bonne idée qui inspira les

travaux d’un Albumasar (ou Aboumashar) au Xe siècle de notre ère car pour nous il faut respecter un paralléle entre les 7 jours

de la semaine, découpés par la Lune et les 7 années liées au cycle de Saturne, divisé en 4 par les étoiles fixes royales.

Le rapport planéte-étoile est le seul à permettre un cycle de 7 ans et seul Saturne s’y préte, du moins au sein du Septénaire.

Nous sommes en faveur d’une astrologie minimale et d’un maniement hyper-simple, à la portée de tous. En effet, la régle consiste à partir

d’une date donnée d’ajouter ou de soustraire un multiple de 7, par le seul calcul mental, donc sans l’aide des éphémérides. Si tel type

d’événement a eu lieu en telle année,  un événement du même type aura lieu sept ans plus tard ou aura eu lieu sept ans plus tôt. et entre ces deux dates, distantes de 7 ans, on peut raisonnablement penser qu’au mi-point, à mi-chemin,  on trouvera un événement inverse des deux autres. C’est un peu schématique mais c’est bien l’idée générale.

Il arrivera que l’on ne sache pas immédiatement de quoi il  pourrait bien s’agir mais en creusant un peu plus, on a toutes les chances

de trouver une corrélation viable. C’est l’anamnèse.

Si nous proposons une pratique aussi sîmple, c’est pour éviter  l’image d’une humanité fonctionnant comme une montre d’horloger et dont il  faudrait scruter les progressions jour après jour. L’astrologie doit pouvoir s’accomoder d’une certaine approximation et rien n’est plus

grotesque en ce sens que la « synastrie » qui compare deux thèmes, degré par degré comme si nous étions des machines.  Nous

préconisons une astrologie à visage humain.

N’écoutons plus ces astrologues « scientistes » qui  tentent de nous persuader que toutes les planétes du systéme solaire, y compris celles

découvertes récemment, feraient sens pour l’astrologie. En fait,  l’astrolpgie pour exister n’a besoin que d »une seule et unique

planéte, ce qui ne signifie nullement que l’on ignore l’existence d’autres planétes mais que le choix des sociétés anciennes s’est porté sur tel astre et non point sur tel autre.

Même ceux qui ont des doutes quant au modéle « saturnien » que nous proposons, devront tôt ou tard admettre que l’on ne saurait faire

l’économie des étoiles fixes seules garantes de la numérologie astrologique et notamment du 7 lunaro-saturnien.

Cette analogie  un jour pour un an, on la retrouve avec le

Caréme – que l’on célébre en ce moment : on lit sur

Internet  :

« Le carême : 40 jours pour recevoir en partage la vie du Christ

40 jours, comme les 40 semaines que passe le petit d’homme « dans le ventre de sa mère avant de venir au jour ou les 40 ans passés au désert par le peuple d’Israël avant d’entrer dans la Terre Promise ou encore les 40 jours de jeûne de Jésus avant de « sortir » pour annoncer le Royaume de Dieu. »

Si l’on se référe au

judaïsme, il faut savoir que le Dieu d’Israël n’est pas unique mais qu’il est le seul, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Il est le seul

qui ait été choisi, retenu mais il n’est point pour autant le seul dieu existant pas plus qu’Israël n’est le seul peuple existant mais il

est le seul qui ait été « élu » et ce parmi tant d’autres. Il est

le seul qui compte vraiment.

Ce qui fait probléme, c’est que ce Dieu d’Israël n’est pas nommé de façon claire.

On ne saurait donc se contenter de le qualifier de « dieu » puisqu’il n’est pas le seul dieu pas plus qu’Israel ne saurait être seulement appelé

peuple sans autre précision. D’aucuns ont proposé d »appeler ce dieu  « Yahvé » ou « Jéhovah » (cf le tétragramme) tout comme le 7e jour est appelé « Shabbat » en tant que jour choisi parmi tous les autres.

 

 

 

 

 

 

JHB

22 02 15

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Sait-on prévoir l’avenir? Pour une approche processus par processus

Posté par nofim le 28 janvier 2015

De la prévision de ce qui est en train d’advenir.

par  Jacques  Halbronn

Quand une femme est enceinte, on peut prévoir qu’au bout du neuviéme mois, elle accouchera. C’est une prévision. Pour qui ne connait pas le processus de la gestation, ce pronostic pourra sembler étonnant. C’est en effet souvent l’ignorance des processus qui nous fait nous étonner et croire que l’avenir est déjà écrit dans tous ses plus infimes détails (mektoub) C’est aussi du fait des déficiences du savoir que l’on commet des erreurs sur le futur.

Dans bien des cas, ce qui est en cours, en train ne nous parvient pas à la conscience et rien n’indique à une femme enceinte qu’elle accouchera au bout de 9 mois si elle ne l’a pas appris par ailleurs, culturellement.

Ce qui peut interférer avec une prévision, ce sont des facteurs extérieurs, étrangers au processus. C’est pourquoi une prévision à long terme a de fortes chances d’échouer ou de ne valoir que dans les très grandes lignes.

Ce qui est le plus intéressnt ce sont donc les prévisions à court terme, celles qui à la fois sont en avance sur l’échéance et à la fois celles qui risquent peu d’être perturbées par des éléments extérieurs. On pense évidemment à l’avortement (IVG)  – au sens anglais du terme qui est plus large qu’en français « abort »- et qui implique que l’on arrête ce qui est déjà engagé, ce qui crée de l’imprévu.

Il est donc des forces subconscientes, souterraines qui sont en oeuvre et qui ont leur propre agenda et dont la connaissance nous permet de mieux baliser l’avenir sans que l’on puissse pour autant dire que tout est  inscrit par avance.

Il est clair que chaque processus fonctionne séparément et que la prévision ne peut se faire que du point de vue d’nn processus donné bien circonscrit. En cela, une prévision globale est une gageure. On ne peut prévoir que sur un certain segment mais l’on peut coordonner les informations propres à divers segments à condition que chacune des données prises en compte soit fiable par elle même. On n’arrive à rien en combinant des données peu fiables.

Voilà pourquoi notre rapport à l’astrologie se veut très nettement limité et qu’il nous semble chimérique de vouloir tout tabler sur la seule Astrologie.

On nous objectera probablement que l’astrologie est-elle ^même  un ensemble de processus et de paramétres. Chaque cycle planétaire couvrirait un champ qui lui serait propre. Un cycle par ci, un cycle par là.

Pour notre part, nous n’adhérons pas à une telle présentation des choses. Nous ne croyons pas en une astrologie « globale », « totale ». Certes, la diversité des facteurs planétaires et autres semble plaider en faveur d’une telle idée d’une astrologie multiple, polyvalente.

Mais telle n’est pas notre approche. Nous pensons que l’astrologie doit se concentrer sur un seul et unique cycle et que c’est dans cet esprit qu’elle a été conçue puisque pour nous l’astrologie est une construction bio-technologique  et non l’expressions terrestre d’une structure céleste où chaque astre aurait un rôle à jouer comme le pense un Jean-Pierre Nicola.

L’astrologie n’apporte qu’une certaine information à partir d’un certain cycle et c’est déjà très bien ainsi.

A partir de là, d’autres informations, extra-astrologiques, sont susceptibles de venir compléter le tableau tout en accordant à l’astrologie  – une astrlogie épurée-  une place éminente.

Plus généralement,  nous avons divers moyens pour explorer l’avenir mais il ne s’agit jamais que de prendre conscience de ce qui ne l’est pas. C’est nous qui serions en retard  plutôt que les autres qui seraient en avance.

Il est clair que si j’écoute un morceau de musique pour la première fois, je ne saurai pas prévoir la succession des mouvements mais c’est bien là le fait de mon ignorance, de mes lacunes. Maintenant, si l’oeuvre est peu connue, rares seront ceux qui seront capables de décrire la suite des événéments. Parfois, cette suite ne dépend que de très peu de gens voire d’une seule personne qui est en mesure de prendre des décisions et qui ne les communique pas tout de suite à tout le monde.  Il faut alors être dans le secret des dieux!

Le dilemme est donc le suivant: soit l’on  est dans la précision globale  sur une période très courte soit l’on est dans les grandes lignes sur une période bien plus longue.

L’astrologie reléve  d’une connaissance des grandes lignes mais elle peut baliser des décennies, des siècles et fournir des repéres fiables et viables et ce en dépit de données extérieures manquantes et qui le seront d’autant plus que l’échéance sera éloignée.

Les autres formes de divination sont plus dans le court terme et plus on attend, plus la « prédiction » deviendra incertaine y compris dans les grandes lignes. Rappelons que la plupart des pratiques astrologiques ne valent pas mieux, notamment celles qui s’articulent sur des thèmes (de naissance ou autres).

Il y a des probabilités qui permettent  incontestablement de déterminer ce qui va se passer dans tel domaine spécifique, c »est vrai pour l’alternance du jour et de la  nuit, pour les marées, pour les saisons, pour l’approche de la mort du fait de l’âge, du fait de l’application de la constitution, d’un calendrier électoral programmé de longue date etc

Le grand enjeu pour l’astrologie du XXIe siècle est de fournir au moins un cycle viable. D’aucuns soutiendront qu’un seul cycle planétaire est nécessairement partiel. Ce n’est pas notre avis: nous sommes persuadés qu’à l’origine, un certain cycle aura été privilégié, et en quelque sorte « élu » par rapport aux autres. C’est ainsi que l’on doit aborder notre civilisation  judéo-chrétienne mais aussi gréco-latine. Le monothéisme nous enseigne de nous focaliser sur un seul vecteur et  la science grecque nous invite à une certaine exhaustivité. C’est ce qui distingue les sciences de l’homme des sciences dures mais l’on s’apercevra de plus en plus que même les sciences dures  impliquent des choix qui permettent de passer de la puissance à l’acte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

28. 01. 15

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Un nouveau style de café philo « autour d’un mot u

Posté par nofim le 20 janvier 2015

la philosophie autour du mot.

par  jacques  Halbronn

Jouons sur les mots et  disons que le café philo, c’est parler autour d’un pot mais aussi autour d’un mot.

On  choisit au début de la réunion un mot et l’on commence par déballer tout ce à quoi ce mot s’associe, tous les contenus que l’on a pu y mettre  à travers le temps. C’est le choix du SIGNIFIANT.

C’est le mot « étoile », celui que tous les autres mots servent à définir et on appellera ces mots  des « définissants ».  On parlera alors de mots satellites gravitant tout autour.

Dans un deuxiéme temps,  on s’efforce de proposer une nouvelle définition du mot, donc lui instiller un nouveau contenu puisque aucun contenu ne saurait être définitivement « lié  » à un contenant, aucun signifié  à un quelconque signifiant.

On passe ainsi de l’ancien consensus à un nouveau consensus., d’un consensus mou consistant à supposer que chacun met la même chose sur un  même mot à un consensus qui est celui des participants au dit café philo, ici et maintenant, ce qui est donc très relatif

Pas d’exposé introductif  mais un débat à bâtons rompus où l’on cherche vraiment à avancer en

signalant les différences pour les dépasser, en   désamorçant  les blocages..

chaque  jeudi  de 19h 30 à 21h30

dans son local  8, rue de la Providence. 75013  Paris

accès  direct  rue

Bus Arrêt Bobillot-Tolbiac (62, 57, 67) T3  Stade Charléty

M° Tolbiac, Place d’Italie, Corvisart   RER Cité Universitaire

Pas de conso. Chacun apporte  quelque chose.

Limité à  douze personnes/

Un  nouveau  style plus vivant, plus  tonique  animé par un vrai penseur

(cf ses textes et ses vidéos  par Google)

Première réunion.   le 29  janvier 2015

Ouverture des portes à partir de 19h.

contact  06 60 75 52 48  halbronn@yahoo.fr

Bibliographie: Jacques Diament. Les  « Cafés de Philosophie ». Une forme inédite de socialisation par la philosophie ».

Ed L’Harmattan, 2001

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La révolution copernicienne de Saussure

Posté par nofim le 15 janvier 2015

Le signifiant, comme  élément central  : une révolution copernicienne

par  Jacques  Halbronn

 

Il nous semble que l’apport de Saussure n’a pas encore été pleinement apprécié  et force est de constater que la distinction entre signifiant et signifié reste très confuse pour beaucoup de gens et qu’elle est loin d’avoir porté tous ses fruits. Nous sommes encore dans une ère pré-saussurienne.

Le choix mêmes des termes signifiant et signifié ne nous semble d’ailleurs pas avoir été des plus heureux même si nous sommes le premier à dire que ce qui compte, c’est ce qu’on y met. Il reste que nous préférons parler de contenant et de contenu et de ne pas enclaver la linguistique dans un jargon qui lui serait spécifique. Or, tout le monde comprend la dialectique contenant/contenu tant elle appartient à notre expérience quotidienne.

On dira ainsi que sous le nom de Dieu, on peut placer toutes sortes de contenus mais cela n’empêche pas les gens de déclarer qu’il n’y a qu’un seul Dieu puisque chacun ne parle que d’un seul Dieu comme si le Dieu des uns était nécessairement le Dieu des autres. On pourrait dire la même chose pour le mot Science.  Le cas des adjectifs est encore plus flagrant : le mot « scientifique » appliqué à n’importe quel domaine est censé désigner la même chose. C’est dire que l’on est vraiment très loin de Saussure.

Mais Saussure était-il vraiment conscient de son apport? On peut en douter mais ce n’est pas ici que nous aborderons cette question historique.  Beaucoup de gens ont compris ou cru comprendre que  tel mot désignait tel objet, telle notion et qu’il fallait s’y tenir, au vu notamment du dictionnaire qui serait l’espace où le rapport signifiant/signifié serait censé s’expliciter. Même dans les café philo, on en reste le plus souvent à ce stade consistant à s’appuyer sur un ancien consensus avec des signifiants « pleins » et donc des « contenants » qui ne sauraient être « vidés » de leur sens.

L’idée de pouvoir renouveler le « contenu » d’un mot reste étrangère à la plupart des locuteurs  et cela tient au fait qu’ils n’ont pas compris que tout est affaire de consensus lequel permet de « fixer » ponctuellement le contenu d’un signifiant pour un groupe limité de personnes. Car tout consensus ne prend naissance qu’à une petite échelle et on ne peut rivaliser immédiatement avec des consensus anciens et  largement diffusés. Cela pose le probléme du rôle des élites, des minorités, des « sectes ».

Actuellement,  on entend des raisonnements du type: ce qui porte le même nom est identique.  La même étiquette désignerait automatiquement le même produit ou en tout cas des produits de même nature. Mais si l’on prend l’exemple d’une assiette, est-ce que tout ce qui se met dans une assiette est pour autant identique? Est-ce que tous les gens qui s’assoient sur une même chaise sont semblables et ainsi de suite? A cette question posée en termes de contenus, les gens répondent « non » mais si on se situe au niveau du langage, on est pris dans une forme de sophisme; ce à quoi parfois semble se réduire la philosophie.

On parlera de révolution copernicienne, ici,  dès lors que l’on replacera le signifiant au centre et le signifié à la périphérie, comme c’est le cas pour le soleil et les planétes qui  gravitent autour de lui. En, fait, Saussure aurait ainsi selon nous démystifié le langage, l’aurait déconstruit et  l’on rencontre d’énormes résistances  – en dépit de ce que d’aucuns affirment- pour prendre la vraie mesure du message saussurien, ce qui nous renvoie en quelque sorte au cas de Galilée, il y a 400 ans.

Qu’apporte vraiment cette nouvelle révolution copernicienne amorcée il y a un siècle environ mais qui aura été largement  incomprise?.

Elle nous apparait comme un reméde contre toute forme de syncrétisme car qu’est ce que le syncrétisme si ce n’est le rapprochement entre des signifiés reliés à un seul et même signifiant? Prenons le cas de l’astrologie. Les gens partent  du principe que tout ce qui est placé dans la ‘corbeille » de l’astrologie – on préférera meme le mot corbillon, cher à notre grand mère, Claude Jonquière (1885-1957) qui laissa à sa mort une méthode d’orthographe, restée inédite. « Que met-on dans mon corbillon? » disait-elle quand elle voulait que l’on  place des mots qui se ressemblaient par leurs finales. Mais revenons à  nos moutons, à savoir ici l’astrologie:  l’Astrologie en tant que signifiant est censée englober tout ce qui recourt au mot astrologie. Or, il est temps de préciser que nous avons toute liberté  de n’accepter pour « notre  » astrologie ce que bon nous semble et de rejeter ce qui nous apparait comme  des apports étrangers. On dira que les acceptions correspondant à un même mot peuvent êtres dites étrangères les unes aux autres et ce en dépit même du fait qu’elles se servent du dit mot/

On voit donc  à quel point, la plupart des gens n’ont rien compris à Saussure. En vérité, très franchement, si historiquement il peut être intéressant de déterminer ce que Saussure a  vraiment voulu dire,  ce n’est pas vraiment notre probléme et quand bien même n’aurait-il pas pris pleinement la mesure de son apport, cela nous est totalement égal. Ce qui compte, en, définitive, est notre interprétatiion de Saussure^et qu’importe s’il s’agit d’une instrumentalisation de son propos. Dans ce cas, nous revendiquerions pour nous-même une telle révolution copernicienne et Saussure ne serait qu’un précurseur de notre propre pensée.

Il y a donc un énorme travail d’éducation à mener en ce début de XXIe siècle pour accoucher de la linguistique saussurienen, souvent pervertie par les linguistes eux-mêmes. Il n’est plus possible d’avoir à entendre des gens ne raisonner que sur la base de l’usage d’un même signifiant pour appréhender les contenus, donc les signifiés.  On en dira d’ailleurs de même par exemple pour le mot « Français ». Est-c e que tous ceux  qui sont dits français le sont de la même manière?  Une telle question est d’une actualité brulante et elle serait traitée autrement si le rapport signifiant/signifié était mieux compris.  Et comme on l’a dit plus haut, ce n’est pas non plus parce que le mot « Dieu » est utilisé par les uns et les autres, qu’il a ipso facto le même sens et que cela désigne la même entité. Or, tel est bel et bien le mode de raisonnement qui reste actuellement massivement en vigueur. Et il en est de même du mot « homme » qui permet à certaisn d’affirmer que les différences de sexes, de races ne font pas sens puisque de toute façon il s’agit d’une « seule et même  » humanité. Là encore, le signifiant fait loi.

Autrement dit, ce qui se désigne pareillement, au moyen des mêmes mots, serait comparable, identique, ce qui permet les plus folles généralisations par le biais du langage et la philosophie ne parvient pas toujours à échapper à un tel syndrome.

Que se passe-t-il si l’on cesse d’accepter un tel type de raisonnement  plaçant le signifiant au centre de signifiés qui seraient nécessairement reliés non pas seulement formellement mais sémantiquement par le même signifiant.  Il y a certes, une certaine « sagesse », une « tradition » intéressante à étudier historiquement, diachroniquement mais on laissera cette tâche aux historiens- dont nous sommes par ailleurs. Nous avons en effet par le passé beaucoup donné à l’étude des emprunts linguistiques (cf nos deux mémoires de thèse sous la direction de Louis-Jean Calvet et non soutenus pour des raisons obscures en 1987 et 1989 et que nous allons prochainement mettre en ligne)/ mais nous avons finalement conclu que le français avait d’abord fourni des signifiants et qu’il n’était pas « responsable » des signifiés qui leur sont associés. Le découplage signifiant-signifié est crucial. En ce sens, l’approche diachronique nous apparait comme un

épiphénoméne au regard de l’approche synchronique, ce qui ne signifie pas qu’elle ne mérite pas toute notre attention. Mais dans le cas de l’astrologie, par exemple, il est certes intéressant de retracer la genése de tout ce que l’on a pu mettre dans le « corbillon » de ce mot « Astrologie » mais on n’a point la moindre obligation de devoir entériner une quelconque « harmonie préétablie » entre toutes les données que l’on a pu au cours des siècles, placés dans le dit corbillon,  ou dans  le dit vase, si l’on préfére.

Cependant, dans bien des cas, il semble qu’il y ait une tyrannie du signifiant qui nous enrôle pour enfermer tous les sens qui lui sont reliés au sein d’un ensemble que l’on tentera, apologétiquement, de qualifier d’homogéne, alors qu’il ne s’agit que d’une collection aussi

hétéroclite que la série des bibelots qui peuvent figurer sur un buffet, c’est à dire sur quelque support susceptible d’accueillir à peu près n’importe  quoi!

L’enjeu est donc bien ici celui de la liberté. Il faut libérer le signifiant de ses signifiés car  qui est le tyran ici? Est-ce le signifiant ou celui qui  l’instrumentalise au service de quelque cause? On voit bien l’usage qui peut être fait pour faciliter l’assimilation, l’intégration, l’égalité, la parité, l’oecuménisme en recourant à la grosse ficelle du signifiant censé niveler les différences  par l’opération du langage, qui est un trésor partagé.  Le langage n’est-il pas lui même l’illustration d’un signifiant  fourre-tout, grenier que l’on ne saurait vider mais que l’on peut « enrichir » de nouveaux apports? L’astrologie est par excellence, un tel savoir cumulatif et boulimique, avec un signifiant insatiable, adoptant systématiquement les nouveaux astres découverts depuis la  fin du XVIIIe siècle en leur conférant le label astrologique? Nous avons montré ailleurs comment il pouvait être élagué, ou si l’on préfére comment il importait d’en différencier les « composantes » pour employer un terme pouvant laisser croire qu’elles constituent un « tout ». C’est aussi le rôle de l’historien que de défaire un certain travail  de « synthèse » de mauvais aloi.

C’est donc à ce syncrétisme que nous entendons nous attaquer et que nous pensons pouvoir parler comme d’un monstre à vaincre à l’instar de ce que fit un Saint Georges face au Dragon.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

15 01  15

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La dialectique contenant/contenu.

Posté par nofim le 8 janvier 2015

L’indifférence du contenant vis à vis du contenu

par  Jacques  Halbronn

On sera d’accord  pour reconnaitre que l’on peut mettre n’importe quelles fleurs dans un vase et que cela lui importe peu du moins si le vase

pouvait penser. Il en est de même d’un lecteur de DVD. Que lui importe que l’on passe tel enregistrement plutôt que tel autre. Quant au

constructeur automobile, qu’a-t-il à savoir qui conduiten un instant T  les voitures qu’il produit ? L’Humanité n’a pas cessé de construire des

contenants y compris quand il s’agissait de mots car le mot signifiant pour Saussure équivaut en fait à contenant et pourrait même en dériver comme le montre son participe présent.  Le fait que le mot lecteur désigne désormais un appareil  est très éloquent.  Les lecteurs d’autrefois sont remplacés par des machines.

On veut nous faire croire que tout ce qui est contenu par le même contenant est identique , que tous les signifiés recourant à un même signifiant s’équivalent et ainsi de suite. Donc que si le mot homme sert tantôt à désigner un homme , tantôt un être humain quel que soit son sexe, c’est qu’il n’y a pas de raison de distinguer toutes ces acceptions. C’est comme de dire qu’une rose est une tulipe parce qu’on peut la mettre dans le même vase!

JHB

08 01 5

 

 

 

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Le signifiant n’a pas à répondre du signifié

Posté par nofim le 22 décembre 2014

La disconnection signifiant/signifié.  Pour  une économie linguistique.

par Jacques Halbronn

 

Nous dirons que si l’on observe les choses d’un point de vue purement commercial – ce qui est une approche assez inhabituelle mais  qui pourrait bien faire sens prochainement- il importe peu du point de vue d’un producteur de signifiants que l’on en fasse tel usage ou tel autre. Ce n’est que progressivement, selon nous, que tel signifiant aura été associé durablement à tel signifié et vice versa mais telle n’est  pas l’idée d’origine.  On a trop pris l’habitude de relier ces deux plans et cela se manifeste sur les plans divers non sans effets pervers, d’ailleurs.

Si l’on reprend nos exemples habituels, un « container » peut être rempli de cent façons différentes à moins que sa cargaison ne laisse des traces dans le « contenant » mais il faudrait y voir un accident de parcours comme lorsque l’on oublie un objet dans une valise par mégarde/ Il reste qu’en principe, le contenant -et donc le signifiant- doit se vider totalement pour pouvoir s’emplir à nouveau. Que dirait-on si une femme  quand elle  accouche d’un enfant avec un nouveau partenaire était marquée par sa grosses avec un précédent partenaire.   Normalement, le contenant doit être nettoyé de toutes traces de ses usages et emplois passés.

La question qui se pose, au niveau linguistique, tient à ce lien devenu beaucoup trop marqué entre signifiant et signifié et qui est un signe de dysfonctionnement du point de vue technique, instrumental. Est-ce qu’un violon se souvient des précédents morceaux qui ont

été  joués sur ses cordes?

Si l’on veut aborder notre domaine sous l’angle économique, il est clair que la production de signifiants doit être absolument dissociée de tel ou tel usage. Tout utilisateur peut  recourir à un outil  comme il l’entend, dans les conditions et le contexte qui sont les siens, en un instant T.

Si l’on prend le cas de l’économie des signifiants secrétés par la langue française tout au long de son histoire – en faisant abstraction

de la question  de savoir dans quelles conditions l’exportation a pu s’effectuer et en s’en tenant exclusivement à la gestion de la situation telle qu’elle peut être observée actuellement,  force est de constater que nombre de langues auront plus ou moins massivement « importé » des « mots » français. Certes, on nous objectera que ces mots auront été peu ou prou associés à des « signifiés » mais nous n’y verrons là que des exemples d’application qui n’ont qu’une portée contingente. Les importateurs ont toute liberté en effet pour en faire l’usage qu’ils jugeront bon d’en faire. En revanche, il ne saurait être question que ces usages restent à l’avenir « gracieux » . Ils seront

à l’avenir facturés, sans que les emplois qui auront pu être effectués de tel ou tel « mot » ait à entrer en ligne de compte. En tout état de cause, notamment, le fait que tel utilisateur de tel mot en ait fait un usage nouveau, inédit, ne saurait le dispenser de s’acquitter de ses dettes pas plus que le fait d’utiliser telle matière première de telle ou telle façon, aussi originale soit-elle, ne saurait exonérer en quelque

façon que ce soit de ce qui est dû au producteur.

C’est pourquoi nous entendons totalement dissocier signifiant et signifié. Pour un signifiant donné, on peut trouver un nombre infini

d’applications, c’est à dire de signifiés « accrochés au dit signifiant comme  pour un porte manteaux un nombre infini de vêtements qui ont pu s’y suspendre. Celui qui se procure un outil peut en multiplier les usages à sa guise une fois qu’il s’est acquitté de ce qu’il doit

au producteur du dit outil, que ce soit d’un point de vue de location ou de propriété mais cette propriété ne saurait concerner que son droit à faire usage du dit outil mais certainement pas de s’en approprier la propriété intellectuelle voire même d’en faire commerce si ce n’est en termes de service comme quelqu’un qui aurait acheté un camion et amortirait son achat par les usages qu’il en effectue.

Laisser croire que tel signifiant est associé par essence à tel signifié doit être impérativement rejeté épistémologiquement. On pourrait y voir une sorte d’anthropomorphisme en rapport avec la notion de couple, dans une approhe monogamique. Or, l’outil par définition s’inscrit dans une logique polygamique et il importe de désenclaver la linguistique en l’intégrant au sein d’un ensemble qui est celui des outils en général en laissant de côté les usages qui en sont proposés par tel ou tel utilisateur. Le rapport signifiant/signifié ne saurait être considéré que diachroniquement – et donc anecdoctiquement –  et non synchroniquement.

Cela dit,   faudrait-il conclure de telles considérations que certains signifiés ne sont pas indissolublement liés à tel ou tel signifiant? Peut-on revenir sur certaines corrélations? Nous répondrons que tout est question d’ingéniérie. Si l’on ne dispose de l’ingéniérie nécessaire, la possibilité de changer de contenu restera probablement virtuelle. Notre humanité a une certaine liberté de manoeuvre dans un certain

nombre de domaines à commencer par ce qui reléve du domaine juridique . On peut cetainement changer la couleur d’une voiture mais on ne sait pas encore changer la couleur des yeux d’un enfant à naitre, par exemple. Notre aptitude au changement est tributaire de la présence de certains ‘ingénieurs » comme dans le cas de « juristes » aptes à réformer par exemple la constitution actuellement instaurée.

Dans le domaine linguistique, l’humanité a une certaine marge de manoeuvre si ce n’est que prévaut le plus souvent un certain

conservatisme qui tend à perpétuer tel lien entre signifiant et signifié. Mais il s’agit là d’un dysfonctionnement social qui ne saurait influer sur la théorie lingustique. Saussure aura été victime de cet obstacle épistémologique en entérinant un certain état de fait dans sa  théorie au lieu d’élever le débat en relativisant le poids de la diachronie.

Selon nous, la nouvelle linguistique n’a pas à prendre en compte les contingences de la diachronie des usages. Un mot, quel qu’il soit, n’a aucune vocation à « porter » tel signifié plutôt qu’un autre pas plus qu’une femme  à être fécondée par tel homme plutôt qu’un autre, la seule limitation étant la non compatibilité hors de l’espèce humaine -ou des paramétres d’âge bien évidemment/

En effet, si la linguistique devait s’encombrer de la question des signifiés ayant pu historiquement être associés à un signifiant donné – ce qui peut  certes intéresser l’historien des mots et des textes-  on se situe alors dans le cadre particulier d’une linguistique historique-

on rencontrerait toutes sortes d’apories, à savoir  la façon dont on va décrire tel usage en se servant de divers mots (ou signifiants) pour ce faire, lesquels signifiants seront tout autant qu’ils sont autant d’outils à usages multiples.

On aura donc compris que de la même  façon que les linguistes du XIXe siècle déclarèrent renoncer à traiter de la question de l’origine du langage, nous pensons qu’il serait sage pour la linguistique synchronique de faire abstraction des signifiés en se cantonant à la question des signifiants. On ne saurait notamment confondre la question des dérivations autour d’un même signifiant ( conjugaisons, déclinaisons, dérivations, affixations) et celle des signifiés. La première fait partie intégrante de la fabrication de  signifiants tandis que la seconde ne saurait revêtir qu’un intérêt historique -certes passionnant mais ô combien aléatoire.

Il est  fondamental de rétablir le primat du signifiant sur

le signifié. Le signifiant est masculin et le signifié féminin

et ce en dépit du fait que les  femmes soient fécondées par les

hommes et soient « porteuses ». Cela s’explique si l’on admet

que comme il est dit dans la Genése, la femme est issue de

l’homme androgynal, qu’elle est en quelque sorte une

création de l’homme comme toute forme de machine. Il

n’est pas concevable par conséquent d’opposer le créateur )

sa création/créature. Une fois de plus, la confusion tient

au fait que l’on situe dans l’espace, la synchronie ce qui

reléve de la chronologie, du passage de la puissance à  l’acte..

 

JHB

28 12 14

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La question du Mal

Posté par nofim le 8 décembre 2014

Le mal et le changement. Les affres du Pouvoir.

par  Jacques  Halbronn

Il est beaucoup question de nos jours de « changer » le monde  mais n’est-ce pas là s’engager dans la voie du mal? Est ce que la tentation

diabolique n’est pas liée à l’idée de changement, de rupture?  Ce qui sous-tend le changement, c’est le pouvoir. Il semble que le pouvoir

soit le levier du changement. Celui qui n’aurait pas de pouvoir serait incapable de changer quoi que ce soit.

Si l’on prend l’exemple de la Shoah, on est- bel et  bien face à un délire, à une fièvre de/du changement; Il faudrait que rien ne soit plus comme avant.  Mais cette IVG dont on salue actuellement le  quarantième anniversaire n’est-elle pas aussi de l’ordre d’un changement passant par une « prise » de pouvoir – si l’on en croit les dires des femmes elles-mêmes.

En tant qu’historien,  la corruption des textes génére du changement (cf Eloge de l’erreur. Créativité de l’erreur,  Collectif avec Alain Kieser et Anne Rose,  Ed Le Lierre et le Coudrier 1990, qui reprend notre mémoire de linguistique : » Linguistique de l’erreur » (1987) et  de

l’évolution qui nous éloigne du plan, du projet, de la structure  de départ dont d’aucuns nient jusqu’à l’existence. Restituer la genése d’un « savoir », d’une tradition, c’est relever les déviances, les syncrétismes qui ont pu l’impliquer.

On dira aussi que tout ajout qui vient perturber notre autonomie sous couvert de nous compléter, de nous prolonger, pourrait tout à fait, également,  s’inscrire dans  cette nébuleuse du Mal.

Il y aurait donc, selon nous, on l’aura compris, une Tentation du Mal sous couvert du Progrès et on trouve déjà cette pente avec le Serpent

de la Genése.

A l’encontre du Mal, le Bien n »existerait en fait que pour défaire les oeuvres du Mal, pour nettoyer ce qui  a été souillé,  perverti par le Mal

au nom de la Nouveauté.

L’historien, à nos yeux, serait un artisan majeur du Bien car il perce à jour les impostures, les faux semblants, les mirages et en ce sens

c’est un trouble fête qui ne confond pas les vessies avec les lanternes. L’historien s’inscrit, on ne le dit pas asssez, dans une éthique dont

il serait le gardien, et le garde-fou.  Est ce que les livres d’Histoire ne sont pas détestées par nombre de femmes  qui leur reprochent

d »oublier les femmes, de tenir un discours biaisé qui ne veut retenir in fine, au nom de la postérité que le nom de « grands hommes »;  Sans

les historiens, le passé serait totalement trafiqué au service de telle ou telle idéologie.  L’historien authentique est capable de restaurer un

passé et donc un présent qui auront été falsifiés. il est le dernier rampart contre l’imposture de ceux qui veulent faire table rase du passé au nom d’un dressage, d’un bourrage de crâne, non sans un certain cynisme; L’historien est Saint Georges  (ou Saint Michel) terrassant

le dragon du déni ou de l’ubris du changement.   Mais cet historien ne doit pas non plus oublier  de faire une histoire de la Technique, depuis l’Antiquité, laquelle est forcément aliénante, à commencer par la mise par écrit qui ne peut que nous couper de l’amour de soi -même (Aime ton prochain comme toi-même) au profit d’une dépendance aux objets qui se  fabriquent  aux dépends de notre

environnement (écologie).

Le Pouvoir, disions-nous, serait, selon d’aucuns le pouvoir de changer -on pense à Macbeth. Les femmes ont cru que le pouvoir

du politique pourrait changer le monde, qu’il suffirait de décréter l’égalité pour qu’il en soit ainsi, en maniant la baguette magique de la Loi, du « Droit » (égalité des droits) et de fait certains hommes politiques auront contribué – ou du moins auront-ils essayé- de mettre des femmes en avant, de Giscard d’Estaing (Veil) à Mitterrand (Cresson) jusqu’à François Hollande et au paritarisme gouvernemental- on n’oubliera pas le poids de l’électorat féminin depuis  1944, cadeau de De Gaulle. Un Alain Juppé en 1995 s’était essayé à l »exercice avec ses

« jupettes » et l’on voudrait maintenant intervenir sur les plus jeunes enfants. Et le pire, c’est que le Mal a une vraie marge de manoeuvre.

Il ne faudrait pas croire en effet que l’on ne peut dévoyer les gens, les pervertir, les dénaturer et ce d’autant mieux que l’on s’y prendra de

bonne heure. Le bien est fragile, il peut aisément s’abimer;

Tuer quelqu’un est chose plus aisée que de savoir comment un être humain est fait. Cela prend très peu de temps. Le Mal n’a pas besoin

de savoir, il se contente de pouvoir et quand nous parlons avec certaines personnes, l’on voit bien qu’elles n’ont que faire de connaitre

le cours des choses. Elles n’ont qu’une idée en tête: le changement à tout prix; Et comme dirait Obama, « yes we can », nous « pouvons ».

On opposera ainsi le savoir et le pouvoir qui n’est jamais qu’un savoir faire.

C’est dire que notre monde actuel est terriblement confronté à la tentation du Pouvoir. La Technologie s’oppose ainsi à la Science

à l’instar de la bombe d’ Hiroshima; La tentation, c’est de faire ce qu’on peut faire. En ce sens, science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

08 12 14

 

Bibliographie

Louis Millet  Le mystère du mal  Ed Sicre 2001

Patrick Vignoles  La perversité. Essai et textes sur le mal   Ed Hatier 2000

Frederic Laupiès  Leçon philosophique sur le mal.  PUF  2000

Jérîome Jabotin  Hanna Harendt face au probléme du mal . Une lecture de la banalité du mal  Ed Le Portique 2011

Antoine de  L’Escale  Le mystère du mal. Méditation spirituelle   Ed Salvator  2000

André Jacob  Aliénation et déchéance  Post Scriptum à une théorie du mal.  Ed. Ellipses  2000

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Vers une civilisation de l’oralité

Posté par nofim le 25 novembre 2014

La dialectique Oral/écrit, Vie/mort  et  masculin/féminin  ou la nouvelle prise de conscience

par Jacques  Halbronn

 

L’écrit  est pour nous  symptome de mort. On fait son testament à la veille de mourir ou du moins dans cette perspective.  On met par écrit ce que l’on craint de perdre, ce qui est paradoxal dans la mesure où les écrits sont des objets que  d’autres peuvent s’approprier ou détruire.  Dans la tradition juive, il est à plusieurs reprises indiqué que l’écrit est un constat d’échec, la conséquence d’une crise individuelle et/ou collective. D’aucuns diront que c’est une bonne chose que l’on ait mis tant de documents sur quelque support, que l’on pourra stocker dans des bibliothèques.  Voire.

En effet, en principe, le plus important, c’est que les humains soient toujours là et dans le cas des Juifs, qu’ils n’aient pas disparu. Privilégier l’écrit sur l’oral revient à  accorder plus d’importance à l’objet, à la machine, qu’à l’être humain, doté de parole, d’une bouche

(oublions ici les handicaps qui sont l’exception qui confirme la règle).

Pour nous, l’enregistrement audio ou vidéo n’est pas assimilable à un écrit même si il y a-en quelque sorte, « gravure » (disque). Grâce

à l’enregistrement, nous renouons avec l’oralité. Idéalement,  celui qui a des choses à « dire » devrait pouvoir chaque matin réunir

ses « disciples », son « auditoire » et leur délivrer quelque message lequel message pourra éventuellement être « transcrit » mais cela ne

se fera que dans un deuxiéme temps. Autrefois, quand on ne pouvait enregistrer le son, l’écrit apparaissait comme la « solution » et l’on pense notamment aux compositeurs d’il y a 150 ou 200 ans qui constituaient des partitions.  Paradoxalement,  le progrès technique nous  permet de remonter dans le temps en  favorisant la parole. De plus en plus de gens communiquent par le moyen de vidéos et renouent ainsi avec de très anciens réflexes. Peu à peu,  l’oral tend à retrouver sa primauté chronologique par rapport à l’écrit.

On revient de loin  quand on songe que l’on avait admis un peu vite  que l’oral pouvait dériver de l’écrit, d’où l’importance de l’apprentissage de la lecture. Et de fait, de nos jours, on trouve deux populations: celles qui parlent  et se présentent devant une caméra par exemple) et  celles qui écrivent et qui lisent à voix haute (prompteurs). C’est bien là une dualité sociale majeure et un véritable marqueur social que l’on peut référer à une « lutte des classes », ce qui du temps de Marx n’apparaissait pas avec la même acuité bien que Marx

ait pressenti les effets de l’essor de la technologie sur les comportements humains (cf notre article sur le Manifeste du Parti Communiste)

Nous avons signalé et déploré le fait que, de nos jours, dans les synagogues (mais cela vaudrait certainement ailleurs), la lecture- donc l’écrit- joue  un rôle envahissant aux dépens d’une parole que l’on pourrait qualifier de libre, de vivante.  Serions-nous, de nos jours, si incapables que cela de nous adresser à Dieu sans recourir à des formules datant de plusieurs siècles? Privilégier l’écrit, ne serait-ce point  laisser entendre que nous serions dégénérés, plus à la hauteur de nos aïeux? Il convient de vaincre un tel « complexe » d’infériorité!

Renoncer à l’écrit, l’interdire même, c’est  déjà éviter bien des impostures car on a bien conscience que par le truchement de l’écrit, de la lecture à voix haute – et cela est pire quand il n’y a pas d’image, comme à la radio- on est en plein artifice. L’écrit permet de dissimuler, de masquer  bien des faiblesses!  La lecture à voix haute est par elle-même un expédient qui nous fait penser à un enfant dont on ferait croire qu’il sort du ventre de telle femme alors qu’on aura voulu le faire croire. Tout le monde n’est pas capable de faire la différence entre

une parole qui est en train de naitre et une parole réchauffée, que l’on nous resservirait pour la éniéme fois.

La lecture est un des meilleurs moyens qu’aient trouvé les femmes pour laisser croire qu’elles sont les égales des hommes. Il ets bien

plus facile de s’approprier une parole (ou une partition) écrite qu’une expression orale que l’on ne saurait restituer littéralement. Renoncer

à l’oralité , c’est  se priver d’une certaine forme de créativité autrement plus féconde que le seul fait de « déchiffrer » un texte. On se contentera alors de « lire » en y mettant le « ton », s’engageant ainsi dans une démarche visant à faire « revivre » ce qui  s’était cristallisé!

On aura compris que nous conseillons de réserver l’apprentissage de la lecture aux petites filles et d’épargner  un tel exercice aux

petits garçons, d’où notre rejet des classes « mixtes » dans les  premiers temps de l’école qui sont si déterminants.

Ceux qui prônent la mixité croient probablement que l’apprentissage de la lecture est en soi « une bonne chose » pour tout le monde alors

qu’en réalité, cela conduit à féminiser tous les éléves, sans se demander si les effets seront aussi « bénéfiques » pour les deux sexes. Si encore, cela était compensé par un entrainement à l’oralité et à l’improvisation qui sont des valeurs que nous considérons comme

foncièremet masculines. L’idée d’une éducation ne tenant pas compte des sexes est une aberration détestable. On est pleine irresponsabilité. Il n’est de toute façon pas concevable de croire qu’un seul et même systéme puisse convenir aux deux sexes. Si de surcroit,

le personnel d’encadrement est  constitué, comme c’est le cas, majoritairement de femmes, on imagine que celles-ci vont tendre dans

le sens de la lecture pour tous. Or, selon nous, les petits garçons devraient aborder la lecture beaucoup plus tard que les petites filles.

En tout état de cause,  l’oralité – la vraie et non celle qui dérive de la lecture- a de beaux jours devant elle au vu des progrès techniques, d’autant que les ordinateurs seront de plus en plus réactifs à la parole. De plus en plus notre bouche et nos oreilles primeront sur nos

yeux et nos doigts.  D’ailleurs, l’on est en droit de se demander si l’écriture n’est pas faite-au départ,  pour les sourds-muets. On pourrait d’ailleurs penser que le rapport des femmes à l’oralité est souvent des plus médiocres et reléve  plutôt d’un bavardage compulsif et souvent répétitif -qui  fait plus jouer la mémoire que la réflexion – comme on a  pu l’observer dans les salles de concert, où elles ne s’arrêtent de causer qu’au tout  dernier moment sans comprendre que l’on ait besoin de se recueillir avant que le spectacle ne débute.  Or, la parole

vivante ne saurait être répétitive, mais doit constamment se renouveler, se reformuler, à chaque instant, pour chaque interlocuteur. On pourrait ainsi dire que la parole féminine s’apparente à un disque souvent rayé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

25  11  14

Publié dans Conscience, FEMMES, LINGUISTIQUE, machine, PSYCHOLOGIE, RELIGION, SCIENCE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

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