jacques Halbronnn Observations autour de ses 2 thèses de 1999 et 2007 sur le prophétisme .

Posté par nofim le 12 avril 2021

Observations autour de  ses deux thèses de 1999 et 2007 sur le prophétisme

par Jacques Halbronn

 

Les deux thèses couvrent respectivement 1200 pages et 950 pages environ.  Ce sont des « pavés » chacun en trois tomes. Le travail que nous nous proposons de produire ici en quelques pages vise à constituer notamment une introduction à leur lecture mais aussi à nous réapproprier une somme dont nous avons parfois tendance à vouloir nous délester, ce qui permet de se vider pour d’autres entreprises. Mais il vient un temps où, par une phase d’hypermnésie dont nous avons traité ailleurs, le besoin se fait sentir de faire le « tour du propriétaire ». En route, donc, pour la visite de ces deux « monuments ». qui font pendant à nos publications proprement astrologiques et à d’autres d’ordre linguistique (cf sur SCRIBD), constituant ainsi comme un triptyque sans parler du projet en cours qui dépasse nettement les 1000 pages

 

 

I la thèse d’Etat de 1999 Le texte prophétique en France . Formation et fortune (paru aux Presses Universitaires du Septentrion). Il recouvre une période de plusieurs siècles, soit de la fin du Xve siècle jusqu’au début du Xxe. On est donc dans la longue durée.. En quelque sorte, il atteste de la permanence et l’entretien d’une certaine fièvre prophétique tout au long en mettant notamment l’accent sur les modes de recyclage des textes de notre corpus. De cette thèse sortirent plusieurs publications  papier dont six en particulier :

Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus

Le sionisme et ses avatars au tournant du Xxe siècle

qui forment le diptyque intitulé : Prophetica judaica (ed Ramkat 2002) respectivement autour de Michel de Nostredame et de Theodor Herzl.

et Papes et prophéties. Décodages et Influence

(ed Axiome 2005) sur la prophétie de saint Malachie (ou des papes)

plus deux  études parues dans la Revue Française d’Histoire du Livre entre 2011 et 2015

« De la Pronosticatio de Lichtenberger au Mirabilis Liber parisien », Revue Française d’Histoire du Livre, n° 134 (2012)

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« Histoire des Livres d’Heures. La fortune du Kalendrier et Compost des Bergers en Angleterre et en Italie autour de 1500; » Revue française d’histoire du livre, numéro 136 (2015)

 

L’accent était mis sur les contrefaçons antidatées qui sont un des traits les plus notables de la littérature prophétique.Quelque part, nous rejoignions ainsi notre thèse de troisième cycle de 1979 -soutenue 20 ans plus tôt parue en 1985 sous le titre « Le monde juif et l’astrologie. Histoire d’un vieux couple ». Au prophétisme biblique faisait ainsi pendant un néo-prophétisme.

Nous  avions  dans ce sens crée des outils, à savoir le chronème et le chorème.

L’un pour fixer les dates de publications dans une fourchette de temps (chronos)

et l’autre  en vue de déterminer  qui tenait tel discours et à qui cela s’adressait.

II Le post doctorat de 2007  Le dominicain Giffré de Rechac (1604-1660) et la naissance de la critique nostradamique au xVIIe siècle.

Ce travail se voulait en principe bien plus circonscrit, borné dans le temps et centré sur Nostradamus et non sur un corpus prophétique bien plus foisonnant même si le dossier Nostradamus figurait déjà dans la thèse d’Etat, notamment en son tome III.. A la différence de la Thèse d’Etat, les publications dérivant du post doctorat et le complétant sont sur Internet cf le site propheties.it.  sauf

« Vers une nouvelle approche de la bibliographie centurique », in Revue Française d’Histoire du Livre, 2011)

Le titre même de l’ouvrage paru anonymement de ce Dominicain était tout un programme : « Eclaircissement des véritables quatrains ». En pratique, on glissait du XVIe siècle vers le XVIIe et d’ailleurs, notre approche de Nostradamus était axée sur la fin du XVIe siècle -temps de la Ligue – bien plus que sur son milieu pour ceux qui s’en tiendraient aux dates indiquées sur les éditions (1555, 1557, 1568), un XVIIe siècle que nous avions déjà abordé autour de Jean-Baptiste Morin et de Nicolas de Bourdin à propos de la décennie 1650. (cf nos éditions de 1975 et 1993, à 18 ans d’intervalle), étant venu en quelque sorte du XVIIe vers le XVIe, étant au fond plus dix – septiémiste que seiziémiste.

Nous avions évidemment pour tâche de préciser l’identité de l’auteur de cet Eclaircissement de 1656. Il nous fallut retrouver la trace du manuscrit conservé aux Archives Nationales. En vérité, notre approche était marquée par un travail critique que nous avions nous mêmes engagé sur le sujet et le dominicain nous apparaissait comme une sorte de précurseur de la « critique nostradamique », comme l’indiquait l’intitulé même du post-doctorat ; Or, le XVIIe siècle était aussi celui de la naissance de la « critique biblique « .

Au bout du compte, ce post doctorat entendait exposer toute la problématique de la critique « nostradamique » telle qu’elle nous apparaissait au début du XXIe siècle en remontant jusqu’au XVIIe. Autant dire que quelque part, nous rejoignions ainsi l’esprit de notre thèse d’Etat sur la longue durée. Au demeurant, le titre de la thèse « naissance de la critique nostradamique » s’avèrait assez ambigu en ce qu’il entendait « remonter » jusqu’au dominicain pour y déceler des prémisses d’une critique qui se déploierait jusqu’à nos jours et non pas se cantonner à l’oeuvre de Giffré de Réchac..

Cela dit, nous nous sommes intéressés aux quatrains des almanachs qui précédèrent et

inspirèrent ceux des Centuries. Si les premiers n’avaient pas existé, nul doute

que l’on n’aurait point songer à en  fabriquer en masse d’où un projet de 1000

quatrains. Cela montre que Nostradamus était devenu célébre par le truchement

des quatrains des almanachs et non par ceux des Centuries qui n’avaient pas encore

vu le jour à sa mort.

L’ambiguité de notre post doctorat tenait, on l’ a dit, au fait que nous nous en étions pas tenus à l’oeuvre du seul dominicain. Dans d’autres domaines, notre démarche aurait pu sembler tout à fait banale dans la mesure où l’on était en mesure de signaler divers ouvrages s’étant succédé appartenant au courant étudié. Mais, ici, le cas de figure était différent dans la mesure où une grande partie du dit courant correspondait à nos propres recherches !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

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Jacques Halbronn Réflexions sur « Nostradamus ou le savoir transmis » 1997

Posté par nofim le 8 avril 2021

 

Jacques Halbronn

Réflexions sur « Nostradamus ou le savoir transmis » Ed. Michel Chomarat, 1997

 

 

Relisons cet ensemble de trois études paru, à Lyon, réunissant trois chercheurs, Michel Chomarat, Jean Dupébe et Gilles Polizzi Il s’agit des Actes d’un Colloque qui s’est tenu en 1994 – il y a donc plus d’un quart de siècle, à Salon de Provence : La transmission du savoir au XVIe siècle, organisé par le Musée Nostradamus (dir.. Jacqueline Allemand)

Dès la quatrième de couverture, nous rencontrons une difficulté puisqu’il y est fait référence aux « lectures et influences qui

décidèrent (sic) Nostradamus à publier en 1555 à Lyon la première édition de ses (sic) «Prophéties »

Le recueil s’ouvre en une page de garde sur deux vignettes :

l ’une est ainsi présentée ; « Nostradamus dans son cabinet de

travail à Salon de Provence : bois gravé utilisé sue la page de titre de ses ouvrages imprimés à Lyon en 1555 (« Les Prophéties », en 1557 et 1558 (« La Paraphrase de Galien sur l’exortation de Ménodote » et l’autre «  Nostradamus dans son cabinet de travail à Salon de Provence , entouré du zodiaque : bois gravé utilisé sur la page de titre de ses ouvrages imprimés à Lyon en 1554 (« Pronostication pour 1555 » et à Paris en1559 (« Les Significations de l’Eclipse ».

La première étude, due à Chomarat, concerne la bibliothèque de Michel de Nostredame. Il eut été intéressant de déterminer si les ouvrages mentionnés auraient pu servir à la composition de certains quatrains centuriques puisque certaines éditions se référent à une bibliothèque.(cf Recherches sur Nostradamus le Jeune, n°101, sur site propheties.it). On reléve notamment en 1571 «  Présages pour treize ans (…) recueillies de divers auteurs & trouvée en la bibliothèque de défunct maistre Michel de Nostredame », Paris, Nicolas du Mont (cf RCN p. 98)

La deuxième étude, due à Jean Dupébe, mentionne (p. 39) « l’ épitre dédicatoire à Henri II de ses Prophéties de 1558 » Rappelons que l’on connait une première épitres au Roi, datée de 1556 (cf nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat 2002)en tête des Présages Merveilleux pour 1557, qui jette un doute sur l’authenticité de celle de 1558  d’autant que celle de 1558, par inadvertance ou par ignorance

de la part des faussaires, ne mentionne point la première.

Il nous faut réagir à la présentation des deux vignettes qui ouvrent en quelque sorte le volume. Il est clair, pour nous, que la première vignette est reprise des almanachs contrefaits paraissant sous le nom de Nostradamus dans les années soixante, comme le signalent les bibliographies de Chomarat (1989) et de Benazra (Répertoire Chronologique nostradamique, Ed Trédaniel, 1990,pp 58-59) citées par Dupèbe (.p. 41) C’est la seconde vignette au zodiaque qui signe les textes authentiques qui paraissent alors. Notons que la vignette qui orne l’ édition du RCN correspond à la première vignette. En tant qu’éditeur nous avions insisté sur l’épithète  de « nostradamique » qui couvre un champ plus large que « Bibliothèque Nostradamus ». (sur ces questions iconographiques , cf notre post doctorat Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle, EPHE Ve section) On notera que la « bonne » vignette porte le nom M de Nostredame, pas l’autre et c’est cette vignette qui d’ailleurs orne la page de titre des dits Actes.

Passons à la troisième étude « Lac Trsmenien portera témoignage » ou de l »usage de l »Histoire Romaine dans les Centuries » par Gilles Polizzi.

L’auteur annonce : »Dans un texte qui se donne pour « prophétique », la présence d’emprunts aux sources latines est tout à l a fois paradoxale et naturelle » (p  47) Ce Collloque de 1994 consacré aux influences ne pouvai ignorer les recherches de Chantal Liaroutzos (1987) ou de Pierre Brind’amour (1993-1996)

A propos du premier texte mettant en évidence les emprunts à la Guide des Chemins de France de Charles Estienne, Polizzi écrit « Elle a montré de manière convaincante que l’auteur des Centuries avait emprunté ses toponymes en piochant dans les itinéraires » fournis par la « Guide » Polizzi , d’ailleurs, avait

 

employé la formule « l’auteur des Centuries » (p. 70) mais apparemment il ne s’est pas tenu à une telle prudence de formulation et laisse bien entendre au final que le dit « auteur des Centuries » serait bien Michel de Nostredame.

En vérité, comme il eut été plus simple d’admettre que précisément, il ne s’agit pas de Michel de Nostredame mais des faussaires (pour la bonne cause???),peut être de l’entourage de celui-ci d’ailleurs- car ceux-ci, surtout quand ces contrefaçons sont postétieures d’une vingtaine d’années à la mort du dit sieur de Nostredame-n’ont pas évidemment pas les mêmes motivations pour « remplir » ces Centuries. Signalons le cas des Protocoles des Sages de Sion, utilisant les Dialogues de Maurice Joly (cf notre ouvrage Prophética Judaica Beith. Le sionisme et ses avatars au tournant du Xxe siècle, Ed Ramkat 2002) Et que dire des emprunts à des imitateurs de Nostradamus comme Antoine Cespin dont on reprend les propos hostiles aux Juifs à propos de leur statut à Avignon (cf notre communication au Congrès Mondial des Etudes Juives, Jérusalem, 2005, cf notre thèse d’Etat Le texte prophétique en France, 1999, Presses Universitaires du Septentrion)

Il y a là comme un point aveugle dans ce Colloque de 1994 : à cette date, on n’arrive pas à penser que les Centuries puissent être d’un autre auteur et d’une autre époque. Or, traiter des influences que les Centuries ont eu à subir  impliquait aussi une influence non pas du passé mais du futur du fait des éditions antidatées. Rappelons que ces Centuries ont des quatrains par imitation de ceux des Almanachs de Nostradamus, lesquels quatrains étaient composés – pas forcément d’ailleurs par l’auteur- à partir de ses prédictions en prose. Comme on l’a signalé, autour d’un Mi de Nostradamus le Jeune, il est question d’éléments trouvés dans la bibliothèque du « défunt » A ce propos, on sera surprise de noter que la prétendue édition de 1568, Lyon, Benoist Rigaud, ne prend la peine de signaler en son titre la mort du dit Nostradamus survenue en 1566 alors qu’en 1571, cela sera signalé !. Visiblement, lors de la fabrication de ce faux tardif puisqu’englobant les dix centuries, au plus tôt peu de temps avant la parution du Janus Gallicus de 1594 (cf RCN pp. 130 et seq) qui en commente des versets, toutes centuries confondues,, on ne savait plus très bien quand était décédé Michel de Nostredame.Il ne faudrait pas surestimer l’habileté des faussaires dans le choix des vignettes ni dans celui des emprunts assez grossiers,à des sources connues et guère compatibles avec le principe de Prophéties, quoi qu’en dise Polizzi…

 

JHB

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jacques Halbronn Le syncrétisme dans la littérature astrologique, biblique, centurique, anglaise

Posté par nofim le 8 avril 2021

 

Le syncrétisme dans la littérature astrologique, biblique, centurique,  anglaise

par Jacques Halbronn

 

Si le syncrétisme en politique peut faire sens – on pense à l’édit de Nantes (1598), on pense à la diversité au sein des empires, des fédérations – d’où l’adage diviser pour régner- qu’en est-il quand il s’agit de savoirs, de doctrines, de textes, de langues etc ? Le syncrétisme est-il une synthèse, un aboutissement, une tentative de concordance , de tout englober? Il est marqué par l’emprunt et le mimétisme.

Selon nous, le rôle de l’historien vise notamment à faire apparaître un processus syncrétique au sein de toutes sortes de corpus dont nous passerons ici certains en revue en vue de faire un état des lieux au regard du syncrétisme.

A L’astrologie malade du syncrétisme ?

Que dire par exemple de la combinaison bien connue du signe et de l’ascendant :( soleil en ) Lion Ascendant Scorpion et ainsi de suite.?Il faut savoir que l’ascendant reléve du mouvement diurne et d’une approche « rotationnelle » alors que le « mouvement » du Soleil est en quelque sorte annuel  et concerne le passage du Soleil à travers les 12 signes du Zodiaque. La temporalité est complétement différente et si la connaissance du lieu et de l’heure de naissance est capitale pour la détermination de l’Ascendant, en revanche, la détermination de la position du soleil n’exige pas une telle précision.

 

B La Bible

Nous dirons que le Pentateuque, lu semaine après semaine dans les lieux de culte juifs est déjà en soi tout à fait syncrétique en ce qu’il combine ce qui reléve du Royaume du Nord, Israel et ce qui tient au Royaume du Sud, soit la Judée et Jérusalem. C’est ainsi que le récit de la Sortie d’Egypte est complétement axé sur les « enfants d’Israël », les « Beney Israel » sans parler de la profession de foi « juive » du Ecoute Israel (Shéma). De même, nous dirons que le vendredi soir est lié aux Juifs et le samedi matin aux Israélites. On notera à ce propos que Juif et Israélite sont perçus comme des synonymes sans parler du nom de l’Etat d’Israel ! Dans le Talmud (de Babylone), au traité Shabbat, on trouve le « Ein Mazal leIsrael »- Israel n’a pas de « mazal »- à propos du rapport à l’astrologie

 

C Les Centuries

 

Nous nous sommes beaucoup intéressés aux contrefaçons des éditions des Centuries « nostradamiques »  , les faussaires ayant mélangé allégrement le faux et l’authentique. Les Centuries sont divisées en deux volets, le premier à 7 centuries précédé d’une Préface à César et le second à 3 centuries, précédé d’une Epitre à Henri II.. Le premier volet paraît sous la Ligue quelque temps avant le second. Mais on admet généralement qu’il aurait existé dès 1568 une édition « complète » à 10 centuries, le premier volet ayant connu une carrière à part sous la Ligue. Selon nous , le projet centurique daterait des années 1580 et aurait été une imitation des almanachs de Nostradamus, lesquels comportaient des quatrains dont le style et les vignettes auraient été imités dans les Centuries

 

D Le couple franco-anglais.

 

Terminons avec la question de la francophonie . Quand une langue comme l’anglais a pu être marquée aussi fortement par une autre langue appartenant qui plus est à une autre famille de langues, comme c’est le cas du français, sa pratique devient assez compliquée pour ses locuteurs, constamment, de façon récurrente, confrontés à des questions de synonymie au sein d’une même chaine sémantique. Par exemple pour Life (vital, survive) ou pour End. (final, finish).

Le syncrétisme brouille les pistes, les filiations, les généalogies et génére un phénoméne de bâtardise.

En fait , le syncrétisme est axé sur le futur et rend bien difficile le retour vers les origines., il correspond à un discours de « gauche ».

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JHB

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JHB

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jacques Halbronn Nouvelles recherches en iconographie divinatoire

Posté par nofim le 2 avril 2021

Nouvelles recherches en iconographie divinatoire

Par Jacques Halbronn

L’iconographie nous apparaît depuis longtemps comme un outil fort précieux pour l’historien des textes car nombreux sont les textes, les ouvrages comportant des éléments sous forme d’images. Rappelons notre exposition à la Bibliothèque Nationale Astrologie et Prophétie. Merveilles sans images. L’appareil iconographique dans la littérature divinatoire française au xVIe siècle «  Ed Bibliothèque Nationale, 1994. Nous avons consacré des Recherches sur l’Histoire du Tarot (Trédaniel 1993) en postface de notre réédition de l’Astrologie du Livre de Toth. Voir également nos études entrre 2011 et 2015 dans la Revue Française d’Histoire du Livre) Voire aussi nos Mathématiques Divinatoires, Trédaniel 1983) et notre « tarot sephirotique » (Revue L’Autre Monde, 1977)

Nous débuterons notre exposé par la critique nostradamique que nous avons engagée en ce qui concerne les éditions antidatées et abusivement attribuées à Nostradamus en montrant que les vignettes utilisées pour les prétendues rééditions des Centuries dans les année 1588-90 émanaient de fausses éditions des almanachs réalisées de son vivant alors que ses almanachs n’en comportaient pas, à la différence de ses Pronostications. Erreur fatale des faussaires tombés victimes sur une génération antérieure de faussaires. Par ailleurs, l’on sait que plusieurs quatrains ont été composés à partir de textes en prose traitant, par exemple, de guides de voyages, recopiés texto pour arriver, en principe, au nombre de quatrains souhaité, à savoir cent par centurie, comme leur nom l’indique.

On notera par ailleurs la carence en culture iconographique chez la plupart des praticiens dans le champ zodiacal, tarologique, notamment. Ainsi, lesr références aux Livres d’Heures et plus spécialement aux Très Riches Heures du Duc de Berry sont très rares dans les ouvrages consacrés aux signes du zodiaque.Zoé Fachan traite de cette source dans l’Homme Zodiaque L’astrologie témoin des noces de l’homme et de l’univers, Marseille, AGEP, 1991) sans que cela la conduise à une approche critique deu corpus zodiacal. Dans la série des petits livres du Zodiaque parus aux Ed. Du Seuil en 1957, l’iconographie des mois de l’année ne figure pas ! Dans notre article Astrologie de l’Encyclopaedia Universalis, 1994, nous montrons que le signe des Gémeaux était à l’origine issu d’images de couples hommes/femmes, en rapport avec le mois de Mai qui était celui des fiançailles, donc plus vénusien que mercurien, contrairement au dispositif des domiciles du septénaire planétaire. On retrouve dans la frise zodiacale des Pronostications de Nostradamus, dans les années 1550-1560 une iconographie de couple.

La découverte de sources est toujours excitante mais cela ne doit pas nous induire en erreur car celles- ci peuvent être instrumentalisées dans un sens qui ne leur correspond pas, ce qui ne signifie aucunement que la source doit avoir le dernier mot!C’est ainsi que lorsque nous signalons (dans la RFHL) que dans le Kalendrier et compost des Bergers, l’on aurait la source de l’Arcane de la Roue de Fortune avec la Roue des Damnés, il est clair que cela n’implique pas d’en revenir à cet état premier de la figure. Dans le cas du Tarot, il est clair que le Bateleur dérive du banquet correspondant aux mois d’hiver, où les gens se réunissent à l’intérieur et non à l’extérieur, ce qui correspond au signe du verseau (verse-eau à partir d’un récipient), avec Ganyméde l’échanson des dieux, selon la formule de Paul Le Cour dans son ouvrage sur l’Ere du Verseau.

Quid des maisons astrologiques, ont-elles une iconographie qui leur soit propre. ? Généralement, les astrologues déclarent que cela n’existe pas à la différence des signes du Zodiaque. Or, si l’on considére certaines « roues » juxtaposant différentes séries : signes zodiacaux, planètes (cf l e Nativität Kalender, de Leonhard Reymann ; Nuremberg,1515) l’on observe qu’une série recoupe la signification des maisons VI, VII et VIII., avec successivement une personne alitée, un mariage et la mort d’autant que ces images sont dument numérotées  (cf nos Recherches sur l’Histoire de l’Astrologie et du tarot, op ; cit. pp. 48-49). Autrement dit, depuis des siècles l’iconographie des maisons astrologiques aura disparu de la production dans ce domaine, réduite au seul énoncé d’un numéro d’ordre, généralement rendu en chiffres romains !

Or, on retrouve certaines des images des maisons

astrologiques dans les arcanes majeurs du Tarot. On pense à l’arcane de la Mort (XIII) ou à celle de la Roue de Fortune, correspondant à la maison XI dans le document de 1515 sus nommé. Quant à l’arcaneVI, l’Amoureux, elle ressemble terriblement à l’image de la maison VII du mariage.

Comment expliquer cette circulation des images  et dans quel sens cela a-t-il eu lieu, qui a influencé qui ? En effet, le travail iconographique n’exclue nullement le recours à l’emprunt. Prenons le cas du travail d’élaboration des images des maisons, il aura bien fallu puiser quelque part pour l’accomplir et tout l’intérêt de l’approche iconographique, c’est qu’elle permet des rapprochements frappants plus encore que dans le cas de texte, comme on l’a vu pour les sources des vignettes des éditions centuriques. C’est ainsi que le Kalendrier des Bergers peut fort bien avoir été utilisé pour constituer certaines séries iconographiques, quand il traite de l’Enfer avec le Diable, la Roue des Damnés. Cf notre étude sur les Livres d’Heures, dans la RFHL) ; La maison V offre une représentation qui n’est pas sans évoquer le mois de mai des amourettes et des compter fleurette et la maison II-toujours dans le document de 1515- est à rapprocher de l’arcane du bateleur ou la maison III de celle de l’Hermite du Tarot. Mais même l’iconographie des maisons varie du fait de la multiplicité des significations propres à chaque maison ;

dans le thema genethliacum de Conrad Heingarten

(cf notre catalogue pp 10-11), la maison IX, des voyages au loin, est illustrée par un homme à cheval mais chez Reymann, on pense plutôt au Pape du Tarot, la IX ayant aussi une connotation religieuse. La maison XII chez Heingarten pourrait avoir inspiré l’arcane Le Mat, si l’on remplace le chien sur les trousses de l’homme par un assassin

Si l’on en revient aux sources de la symbolique zodiacale, la comparaison entre son état actuel et sa source dans les Livres d’Heures est assez troublante et les astrologues qui nous parlent des liens du symbolisme zodiacal avec le cycle saisonnier se contentent de quelques idées générales alors que cette iconographie zodiacale s’enracine dans la vie quotidienne des gens, au fil des saisons et non dans la dimension purement « photopériodique » selon la formule de Jean-Pierre Nicola. Or, à partir des mois d’automne, cela ne va plus très bien et le décalage se creuse entre les deux séries, celle du Zodiaque et celle des livres d’Heures. On ne trouve pas le cochon dans le Zodiaque alors qu’il marque deux mois dans lesTrès Riches Heures. A la place, on a le Sagittaire, c’est à dire l’Archer (combiné au Centaure). Comment expliquer une telle substitution ? Qu’est ce qui aurait motivé l’exclusion du porc ? A noter que le porc fait partie de ce qu’on appelle le Zodiaque chinois, basé sur un cycle de 12 ans qui est celui de Jupiter. L’ archer pourrait être Hercule avec ses 12 travaux qui font écho aux 12 signes. On a le Sanglier d’Erymanthe (cf Clefs pour l’Astrologie, Seghers, 1976), les Oiseaux du Lac de Stymphale qui correspondrait à l’Aigle du tétramorphe que l’on trouve dans le Livre d’Ezékiel, Ancien Testament), animal qui a lui aussi disparu du Zodiaque, remplacé par le Scorpion qui, selon Volguine, renverrait à l’archer, dont les fléches seraient des dards, parfois appelé « homme scorpion ».(Le symbolisme de l’aigle) En revanche, le signe du Lion n’ a rien à voir avec les livres d’Heures et correspondrait à une autre composante du tétramorphe avec le taureau et l’Homme.(assimilé au Verseau). Autant de signes « fixes ». On serait là en présence d’une division en 4 qui aurait été complétée par la suite par l’apport de huit autres figures pour baliser l’écliptique. Il serait bon, en tout cas, de restituer un Zodiaque mieux ancré dans le vécu saisonnier que celui qui nous est parvenu et qui est visiblement altéré, corrompu

Tout cela n’aurait d’ailleurs pas grande importance si les astrologues n’y attachaient quelque valeur en matière d’interprétation typologique, psychologique alors qu’ils disposent par ailleurs des triplicités, quadruplicités et autres maitrises planétaires. A propos de l’iconographie des planétes qui figure dans les documents signalés, force est de constater qu’elle puise mais n’épuise pas les sources mythologiques. Pourquoi telle divinité serait associée à telle planète et pas telle autre ? Il est vrai que si l’on ne dispose que de sept astres, le choix s’impose et à mesure que l’on découvrait de nouvelles planètes, c’est l’ensemble de l’Olympe qui allait se retrouver mobilisé.

Dans nos « Mathématiques Divinatoires » (préface Jean Charles Pichon, pp.47 et seq) nous avions tenté de rapprocher dix arcanes majeurs (en raport avec les 10 sefiroth) en associant des arcanes totalisant deux par deux, chaque fois, le nombre 22 (nombre de lettres de l’alphabet hébraique)

En ce qui concerne la signification des maisons astrologiques, leur rapprochement avec les signes du Zodiaque nous semble très discutable. En fait, ces deux séries relévent de deux astrologies différentes, l’une rotationnelle, au niveau du mouvement diurne et l’autre cyclique, en lien avec les vitesses de révolution respectives, d’apparition plus tardive. La répartition des significations nous semble aléatoire. D’ailleurs,dans la Tétrabible, on retrouve cette « check list » des sujets à traiter mais sans reférence aux maisons. Ce serait dans un deuxième temps que l’on aurait opéré une telle distribution. Le probléme, c’est qu’avec le temps, l’on aura fini par intégrer dans la définition des signes les « correspondances » numériques avec les maisons  dans le genre Sagittaire maison IX et tutti quanti, ce qui aura contribué à brouiller les descriptions zodiacales, si ce n’est que la confusion va également concerner les Quatre Eléments qui ne respectent guère la symbolique zodiacale : pourquoi le verseau est il un signe d’air et non un signe d’eau comme le voudrait son nom ? Pourquoi les Gémeaux sont ils régis par Mercure alors que leur symbolique de base est vénusienne. En fait, il semble que ces différents classements n’aient tenu aucun compte de la symbolique zodiacale et se soient plaqués dessus selon des critères géométriques. Quant au référentiel astronomique, il n’est guère respecté par la Tétrabible de Ptolémée, puisque on y attribue à Mercure deux signes dont l’un ne correspond pas à la réalité de l’élongation maximale de la planète par rapport au Soleil, soit 28° ! Idem dans le cas de la planéte Vénus ne pouvant s’éloigner du soleil de plus de 48°.

On aura compris à quel point il serait vain de chercher à justifier et à corréler ces diverses attributions au nom d’un structuralisme naif cherchant à tout harmoniser.

 

 

 

 

 

 

JHB

02 04 21

 

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Les différents supports Internet des publications de Jacques Halbronn depuis 1999

Posté par nofim le 23 mars 2021

 

 

 

Les différents supports Internet des publications de Jacques Halbronn depuis 1999

 

 

On trouvera nos textes -plusieurs centaines – sur les sites suivants :

 

prophéties. it

nofim.unblog.fr

maqor.unblog.fr

Ramkat.free.fr

CURA.free.fr

Hommes et faits www.hommes-et-faits.com

grande conjonction.org (suspendu pour l’instant sur OVH)

et

https://www.fichier-pdf.fr/2012/06/17/jba-mai-2012-1/jba-mai-2012.pdf

JOURNAL DE BORD D’UN ASTROLOGUE

MAI 2012

 

 

TABLE DES MATIÈRES

 

L’astrologie du temps présentLa première biographie de NostradamusDes Centuries au Splendor Solis. Exposé d’une nouvelle méthodologie bibliographiqueLa crise de notre civilisation. Manifeste pour un néolibéralismeAstrologie et science de l’ici et maintenantLes étoiles fixes royales comme structure cruciale pour l’AstrologiePhénoménologie de l’outil. L’exemple astrologiqueMaîtriser Mars et Vénus en astrologieVers une nouvelle idée de la consultation astrologiqueQuand l’astrologie abandonna les étoiles fixes….Le pari de la simplicité pour l’AstrologieDroit au but en Astrologie ! La méthode HalbronnLa dimension cyclique des modesAnnette Quintana nous écrit :La carence visuelle en AstrologieAstrologie et végétarismeVers une anthropologie sociale du FeuLa lecture, interface de la femme avec le monde masculinLe public astrologique et les classifications

 

JHB

23. 03 21

 

 

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jacques Halbronn L’origine des quatrains nostradamiques : sources internes et externes

Posté par nofim le 16 mars 2021

 

L’origine des quatrains nostradamiques/centuriques :sources internes et externes.

 

Par Jacques HALBRONN

 

 

Dans le débat sur l’authenticité des Centuries dans l’oeuvre de Michel de Nostredame, il conviendrait- ce qui ne semble pas encore avoit été le cas, de comparer les « vrais » quatrains parus dans les almanachs de Nostradamus -du moins ceux qui ne sont pas le fait de faussaires avérés comme ceux produits par Barbe Regnault – avec les quatrains centuriques. Dans son édition du Recueil des Présages Prosaiques, Bernard Chevignard ne nous paraît pas avoir abordé cette problématique (Bernard Chevignard Présages de Nostradamus. Présages en vers 1555-1567 Présages en prose 1550-1559 Paris, Seuil, 1999 (le second tome ne sortira pas) qui paraît en juin après notre soutenance de thèse d’Etat, en janvier 1999, sur le Texte Prophétique en France). On notera que Pierre Brind’amour dans son étude des sources des quatrains centuriques( Pierre Brind’amour Nostradamus astrophile. Presses Universitaires d’Ottawa . Ed. Klincksieck 1993) repère un certain nombre de sources, notamment à partir de Chroniques alors que Chevignard ne traite pas de l’origine des quatrains des almanachs, dont nous avons traité dans notre post-doctorat soutenu en 2007,(EPHE Ve section Le dominicain Jean de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle) qui comprenait un jury dont faisait partie Bernard Chevignard. En effet, nous y montrions que les dits quatrains (appelés présages dans les éditions « complètes » des Centuries) étaient issus de la prose de Nostradamus dans les almanachs correspondants, ce qu’indique d’ailleurs Brind’amour (p 248) à propos du quatrain pour Juillet 1557 : « Le quatrain trouve ces échos dans la pronostication de l’almanach pour 1557 On y retrouve les mêmes mots comme lion, chien,pucelle (pour Vénus), retourné (pour rétrogradation), ville. Nous donnons dans notre post doctorat bien d’autres exemples de recoupement avec des sources « internes » c’est à dire issues de la production même de Nostradamus.

. Chevignard, a contrario, ne soulevait pas cette question en 1999. Quant au Janus Gallicus, mis en œuvre par Chavigny, ouvrage bilingue français-latin(Janus François) de 1594 (à Lyon), il est flagrant qu’il s’efforce de mettre tous les quatrains, ceux des almanachs et ceux des centuries, sur le même pied et c’est peut être même l’enjeu principal de l’entreprise d’uniformisation et d’intégration. Chavigny avait projeté de publier le Recueil des Présages Prosaïques comportent les textes des publications annuelles de Nostradamus (cf la page de titre du manuscrit du dit Recueil) et devait disposer des diverses éditions des Centuries parues dans les années qui précédèrent (à partir de 1588

On aura compris que si l’on peut montrer que le mode de composition de ces deux « familles » de quatrains est sensiblement différent, cela laisserait aisément entendre que leur auteur n’en est pas le même. Or,ce point crucial, n’aura pas éte exploité et cela semble être un point aveugle.

Il importe de distinguer sources internes et sources externes en ce qui concerne les deux séries de quatrains, ceux des almanachs d’une part, ceux des centuries de l’autre. On a vu que pour les amanachs, il s’agissait surtout de sources internes, reprises de la prose de Nostradamus, lequel, par ailleurs,dans ses textes en prose, a pu puiser dans des sources externes. Mais avec les quatrains des centuries, nous ne disposons pas d’un original en prose « interne » comme pour ceux des almanachs. Or, Brind’amour a mis en évidence des sources « externes » des quatrains centuriques, à la suite de Chantal Liaroutzos avec l’emprunt à la Guide des Chemins de France (RHR) qu’étrangement Brind’amour ne signale pas dans sa bibliographie p. 545) Son article « Les prophéties de Nostradamus : suivez la guide » était paru en 1986 dans la même revue Réforme, Humanisme, Renaiisance, (pp. 35-40) où était paru notre étude en décembre 1991 que signale Brind’amour : « Une attaque réformé oubliée conre Nostradamus ? Cette étude de Liaroutzos fournit un excellent exemple des sources « externes » des quatrains centuriques. L’on y note que plusieurs quatrains sont repris d’un Guide de voyage de Charles Estienne, sans aucun rapport avec des considérations astronomiques ou historiques, et c’est d’ailleurs ainsi que le quatrain comportant le nom de Varennes sera construit, lequel quatrain inspira Georges Dumézil.

Cet oubli de la part de Pierre Brind’amour est facheux car la lecture de ce texte aurait pu conduite le chercheur canadien à mieux différencier les deux séries de quatrains. Cela dit, Brind’amour apporte sa contribution à la mise en évidence de sources « externes »[(pp ; 187 à 245)

 

Enumérons les chapitres concernés :

« les grandes conjonctions » « les périodes de Saturne », « les deux éclipses du printemps 1540 », « Tentative d’empoisonement en 1546 ? », «  Le tremblement de terre du 4 mai 1549 «  « Le dix kalende d’avril » « Cométes et météores »

Etrangement, Brind’amour va parler de « prédiction à rebours » (p. 227), ce qui montre l’incongruité du procédé de fabrication des quatrains centuriques  à propos du tremblement de terre en mai 1549 et il fournir toute une série de quatrains répartis dans diverses centuries, ayant puisé au même évenement.

Ainsi, Brind’amour avait il traité des deux séries sans mettre en évidence ce qui les distinguait, à savoir que l’une- celle des quatrains centuriques- était « à rebours » alors que l’autre traitait de configurations à venir dans l’année de parution de l’almanach concerné.Il passe ainsi d’une série à l’autre (entre la page 245 à 247 sans signale la différence du processus de fabrication ! Et apparemment, Chevignard n’avait même pas pris en compte les observations de Brind’amour sur les sources « internes » des quatrains -présages alors même qu’il présentait le corpus adéquat pour mener ce type de rapprochement entre les vers et la prose !

Malgré un développement sur les « présages en prose » (pp  106 et seq) D’ailleurs, le sous titre même de son ouvrage y aurait du conduire «  Présages en vers, présages en prose » si ce n’est que ce sont les présages en prose qui générent les présages en vers.

Pour notre part, nous avons montré que certains quatrains des Centuries, en tout cas celui comportant la mention « macelin » -VIII, 76) venait d’un ouvrage de Nostradamus assez peu connu, que l’on ne connaît qu’en manuscrit réédité au début du siècle dernier ; Des éléments de ce texte se retrouvent en italien (cf Benazra, RCN, pp ; 67-68)

Reproduction très fidéle d’un manuscrit inédit de M. de Nosredame dédié à SS ke pape Pie IV, Mariebourg 1906), dossier que nous avions déjà abordé dans notre étude déjà citée de 1991, parue dans RHR, cf Benazra Répertoire Chronologique nostradamique, pp. 52 et seq) Il semble bien que les faussaires ont pu avoir accès à sa bibliothèque, mettant ainsi en vers divers documents s’y trouvant comme des récits de voyage. Mais ce document est axé sur les annés 1566-1567 et donc décalé par rapport à la production centurique, plus tardive. On s’est souvent interrogé sur l’intérêt qu’il pouvait y avoir eu à se référer à des événements anciens dans la rédaction de prophéties. La thèse des faussaires nous semble la plus crédible, ceux-ci faisant flèche de tout bois pour remplir des pages et des pages, procédé qui ne nous semble pas vraisemblable appliqué à Michel de Nostredame. Il n’est d’ailleurs pas certain que les quatrains des almanachs ait été son œuvre. Il est probable d’ailleurs que ce travail besogneux ait été délégué à quelque versificateur calquant la production en prose de l’année et c’est d’ailleurs l’existence même des quatrains des almanachs qui aura été à l’origine de la production centurique pseudo nostradamique. Sans les dits quatrains, cela n’aurait pas eu lieu, ce qui montre que le succès, la fortune des almanachs aura dépendu des dits quatrains.

 

 

 

JHB

16 03 21

 

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Jacques Halbronn L’ENCYCLOPAEDIA HERMETICA Début du XXIe siècle

Posté par nofim le 10 mars 2021

ENCYCLOPAEDIA HERMETICA

 

 

Accueil ASTROLOGICA NOSTRADAMICA PROPHETICA

 

PALESTINICA JUDAICA ANTISEMITICA KABBALAH

 

AQUARICA HYPNOLOGICA GALLICA

 

SYMBOLICA Editions RAMKAT

 

Thèse de Jacques Halbronn

 

 

Mot exact

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Animateur

 

Robert BENAZRA,

directeur-fondateur des anciens Cahiers Kabbalah

(Revue d’études sur la Mystique juive),

rédacteur du Répertoire Chronologique Nostradamique

 

L’Encyclopaedia Hermetica vise à baliser un terrain très vaste

qui est celui des structures cachées, inconscientes, occultées

qui sous-tendent l’Histoire des sociétés humaines.

Il ne s’agit donc nullement d’un hermétisme en chambre,

mais d’une réflexion anthropologique sur notre monde et sur ses mécanismes, sa logique profonde,

que l’on cherchera à mieux expliciter en fournissant des outils conceptuels nouveaux,

en vue notamment de repenser la question juive,

la question de la femme ou le problème de l’astrologie.

 

Mais pour aborder l’essence des choses,

encore faut-il se familiariser avec les dysfonctionnements, les supercheries, les contrefaçons,

les fausses représentations, les effets du mimétisme et du syncrétisme,

ce qui implique d’examiner, de façon critique,

un certain nombre de textes, devenus plus ou moins mythiques,

qui vont des Centuries aux Protocoles des Sages de Sion,

de telle résolution de l’ONU concernant Israël

à telle biographie de personnage célèbre, souffrant de télescopages.

 

Il conviendra d’aborder la lecture de l’E. H. de façon dynamique, en passant d’un texte à l’autre,

les articles étant disposés non point par ordre alphabétique (synchronique)

mais chronologique (diachronique), selon la date de leur rédaction,

une encyclopédie n’étant pas un dictionnaire

mais, comme son nom l’indique, induisant une circulation d’un texte à l’autre.

L’E. H. n’est pas un ensemble clos mais continuera sans cesse -

ce qui est le privilège d’une encyclopédie en ligne,

à s’enrichir de nouveaux apports, sans cependant évacuer les étapes antérieures.

 

Les sociétés construites par l’homme passent par des phases

qui nous relient de manière symptomatique

aux arts hermétiques de la Tradition initiatique,

aux manifestations d’un savoir ésotérique.

De l’astrologie au prophétisme, nous voulons re-penser la sociologie du processus divinatoire.

De ce point de vue, le phénomène Nostradamus constitue un terrain d’étude des plus enrichissants.

 

Dans quelle mesure la perception de l’autre peut-elle engendrer des conflits au sein d’une altérité collective ?

Nous voulons également réfléchir au rôle du Judaïsme dans la civilisation dite judéo-chrétienne

et examiner l’apport des Juifs dans l’histoire de l’humanité.

Nous avons aujourd’hui suffisamment de recul pour aborder, en dehors de toute passion,

notamment les sources de l’antisémitisme

dont le conflit israélo-palestinien n’est que la partie immergé de l’iceberg.

 

Par Hermetica, nous entendons, ici, ce qui est subconscient,

ce dont on ne se doute pas, ne soupçonne pas,

ce qui existe mais dont on ne cerne pas nécessairement la raison d’être,

ou dont on apprécie mal l’ampleur, le rayonnement,

ce sur quoi on risque de perdre le contrôle,

les automatismes de toutes sortes, qui libèrent l’Homme de certaines charges,

les cycles qui sous-tendent l’Histoire, à son insu,

mais également ce qui est occulté par les comportements mimétiques et syncrétiques,

lesquels tendent à brouiller les pistes.

 

Hermetica, c’est la reconstitution de la genèse des traditions,

c’est ce qui a été refoulé de la conscience mais n’en est pas moins à l’oeuvre

et sans quoi l’Humanité ne serait pas ce qu’elle est.

Le XXIe siècle sera marqué par un ajustement indispensable

entre anciennes et nouvelles (bio) technologies.

 

Les articles sont classés en plusieurs rubriques

pour ceux qui souhaitent certaines orientations initiales.

En outre, l’E. H. se veut interactive,

le lecteur étant invité à intervenir,

à réagir par rapport à tel ou tel texte ;

son propos sera mis en ligne,

sous réserve d’une certaine qualité de forme et de contenu,

et il lui sera éventuellement répondu.

 

 

LES CONTRIBUTEURS

 

 

 

Jacques HALBRONN

 

Jacques HALBRONN

 

Jacques Halbronn est né le 1er décembre 1947, à Paris. Ses origines juives ont marqué son itinéraire et sa production. En 1978, il a fondé le Centre d’étude et de Recherche sur l’Identité Juive (voir le Site CERIJ.org). En 1979, il soutient une thèse de 3e cycle en études Orientales, sous la direction de Georges Vajda, qui paraîtra en 1985 sous le titre Le monde juif et l’astrologie (Milan, Archè). Parallèlement, il développe un autre pôle d’activités, consacré justement à l’astrologie. En 1975, il fonde le Mouvement Astrologique Universitaire (MAU) et a organisé plus de cinquante colloques en trente ans, et ce tant en France qu’à l’étranger. Spécialisé dans l’observation du milieu astrologique (DESS, Paris VIII, 1995), Jacques Halbronn a publié des Guides des astrologues en 1981, 1984, 1995 et 1997. Un prochain guide devrait sortir au début de l’année universitaire 2005-2006. Jacques Halbronn a fondé en 1972 la Bibliotheca Astrologica, Paris, et a constitué le CATAF, Catalogue alphabétique des Textes Astrologiques Français (en ligne sur le Site CURA.free.fr). Il a publié aux éditions Ramkat, à Feyzin, en 2002 deux ouvrages, Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus et Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, en prolongement de sa thèse d’état, Le texte prophétique en France, soutenu en 1999 à Paris X (Nanterre). Cette thèse est notamment diffusée dans les bibliothèques universitaires, sur microfiche, sous la référence ANRT 34216. Elle est également en partie mise en ligne, sous sa forme d’origine, pour son volet Nostradamus, sur ce Site dans une rubrique spéciale intitulée Thèse de Jacques Halbronn On notera que J. Halbronn est également l’auteur de l’article “Astrologie” sur le Site Encyclopaedia Universalis en ligne/on line, son texte ayant été réédité en 2005 dans les Essentiels de la dite Encyclopédie. Il dirige actuellement le magazine en ligne Grande Conjonction (grande-conjonction.org). Il a collaboré au Site de la Faculté Libre d’Anthropologie de Paris, Hommes et Faits.com. Son dernier livre en date : Papes et prophéties. Décodages et influence, aux Editions Axiome, 2005, qui reprend, pour l’essentiel, des chapitres de sa thèse d’Etat. Vous pouvez contacter directement Jacques Halbronn : Halbronn@yahoo.fr

 

T. W. M. van BERKEL

 

Théo van BERKEL

 

Theo van Berkel est né le 10 juillet 1956, à Utrecht (Hollande). Au quotidien, il est infirmier en dialyse au Centre médical de l’Université d’Utrecht. De 1980 à 1994, il a pratiqué l’astrologie, et pendant quelques années il fut un correspondant régulier du magazine hollandais “Sagittarius”. La participation à cette revue astrologique lui a permis de se familiariser non seulement avec les fondements de l’astrologie judiciaire mais également avec les diverses techniques de prédiction. Il a écrit de nombreux articles, analysé divers horoscopes, donné des cours sur la manière de monter des thèmes horoscopiques et a étudié les éléments caractéristiques d’un certain nombre de systèmes de prédiction. En matière d’astrologie, Van Berkel définit une vraie prévision si deux paramètres seulement se réalisent : premièrement, la prédiction doit être accomplie à la date donnée, avec une écart tout au plus de deux jours, et en second lieu, les événements qui se produisent doivent correspondre au contenu de ladite prédiction.

L’intérêt de Van Berkel pour les Propheties de Nostradamus survient en 1980, après la lecture d’une série d’articles biographiques, écrits par un de ses collègues de “Sagittarius”. Van Berkel a commencé par examiner les quatrains et les Lettres, afin d’y découvrir les traces d’une technique de prédiction. Quelques données préliminaires de cette recherche ont été publiées dans “Sagittarius” en 1986 – 1988. En 2002, il décide de publier les résultats de ses investigations à la fois dans un livre, Nostradamus, Astrologie en de Bijbel – een lezing over zijn profetieën en brieven, et sur son Site Nostradamus, astrology and the Bible, ce qui représente une nouvelle étape dans son projet de recherche, basé sur l’astrologie et les correspondances avec la Bible. Ses publications sur Ramkat datent de 2003.

 

Lucien de LUCA

 

Lucien de LUCA

 

Lucien de Luca est né en 1951, à Paris. Il est médecin généraliste et diplômé de Neurophysiologie clinique. Après plusieurs lectures sur le syndrome religieux de certaines épilepsies temporo-limbiques ou psychiques, il s’intéresse en 1993 aux Prophéties de Michel de Nostredame où il remarque notamment cette expression de “comitiale agitation Hiraclienne” insérée dans la Préface à César comme la signature d’une observation clinique et autobiographique d’un médecin de la Renaissance, quand brûlaient hérétiques et pestiférés. Auteur d’un ouvrage documenté (430 pages au format 21 × 29,7 mm et plus de 300 références bibliographiques), intitulé Logodaedalia (paru en septembre 2001), “instruisant l’observation neuro-psychologique” dans l’oeuvre du médecin provençal, Lucien de Luca en a présenté quelques extraits choisis sur son Site Logodaedalia, qui présente ses travaux sur Nostradamus, et leur mise à jour régulière. A une argumentation pertinente portant sur l’analyse syntaxique des mots contenus dans le texte nostradamien, l’auteur ouvre de nouvelles perspectives quand à la compréhension de l’oeuvre du médecin de Salon-de-Provence.

Signalons également son autre Site Bibliothèque d’Asklépios, portant sur l’Histoire de la Médecine et consacré plus particulièrement à l’épilepsie, de l’Antiquité jusqu’au XIX siècle.

 

Elmar R. GRUBER

 

Elmar R. GRUBER

 

Elmar R. Gruber est né en 1955, à Vienne (Autriche). Il a étudié la psychologie, la philosophie et l’éthnologie à Vienne, Fribourg (Allemagne) et aux USA. Il est Docteur en psychologie et était chercheur associé à l’Institut für Grenzgebiete der Psychologie und Psychohygiene (Institute for Border Areas of Psychology and Mental Hygiene) du professeur Hans Bender à Fribourg, où il a été engagé pour étudier le paranormal et faire de la recherche expérimentale. Il a effectué des travaux sur le terrain en étudiant le Chamanisme et les rituels magiques au Mexique, aux Philippines et en Inde. Depuis 1984, c’est un auteur indépendant et il est conseiller scientifique pour la radio et la TV pour les questions traitant de la parapsychologie et de la psychologie “transpersonnelle”. Son travail actuel porte sur l’histoire culturelle des phénomènes mentaux anormaux. Elmar R. Gruber a publié de nombreux articles dans des revues scientifiques et il est l’auteur de 14 ouvrages, traduits en plusieurs langues. Par ailleurs, il est également l’auteur des célèbres CD-ROMs Mysterium (Munich, USM, 1996) et Enigma (Munich, Navigo, 2002).

Depuis plusieurs années, Elmar R. Gruber se documente sur la vie et l’œuvre de Nostradamus, un travail facilité par sa propre bibliothèque de livres anciens et rares sur l’Occultisme et l’Hermétisme, ainsi que sa collection spéciale d’ouvrages sur Nostradamus, avec notamment de nombreuses éditions des Prophéties.

Pour plus d’information, vous pouvez consulter son Website (en allemand) : Dr. Elmar R. Gruber.

 

Mathieu BARROIS

 

Mathieu BARROIS

 

Mathieu Barrois est né en 1948 à Saint-Pacôme de Kamouraska, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, à 150 km à l’est de Québec. Après des études classiques dans sa région natale, il a étudié à l’Université Laval, à Québec, où il a obtenu une licence en Sciences de l’Administration. Il est aujourd’hui analyste en système et conseiller en gestion dans l’Administration publique. C’est au début des années 1980 que se manifeste son intérêt pour Nostradamus, avec la médiatisation du best-seller de Jean-Charles de Fontbrune. Cependant, son travail d’interprétation des textes de Nostradamus n’a commencé que plusieurs années plus tard. En 1990, il publie un livre dans lequel il tente d’associer certains quatrains autant à des événements historiques touchant le Québec qu’à des phénomènes climatiques et des catastrophes naturelles provoquées par le réchauffement climatique de la planète. Son ouvrage de 1991 a porté sur la traduction de la Lettre à Henry, roy de France second. En 2000, il ouvre un Site Internet MORIBIOS pour présenter notamment la traduction des rares quatrains datés et les quelques passages de la Lettre à Henry Second qui contenaient des dates. Par la suite, le Site sera étoffé et comportera de larges extraits de la dite Lettre.

 

Robert BENAZRA

 

Robert BENAZRA

 

Ci-après une brève présentation de mes recherches sur Michel Nostradamus.

Je suis est né à Lyon en 1953. Sur le Site Espace Nostradamus, dont le contenu est repris sur Encyclopaedia Hermetica, on trouvera des informations claires, précises et sérieuses sur cet auteur médiatiquement célèbre, mais dont la personnalité et les œuvres sont largement méconnues du grand public. C’est autour des années Soixante-dix que j’ai entendu parler pour la première fois des “Prophéties de Nostradamus”. A cette époque, ma connaissance du sujet était alors celle de la majorité des gens, autant dire que je ne possédais quasiment aucune information véritablement sérieuse tant sur l’homme que sur ses écrits, puisque l’essentiel de la production nostradamique était axé – depuis plus de quatre siècles – sur l’interprétation et le commentaire de textes dont on ignorait d’ailleurs la réelle provenance. Pour couronner cette ignorance, on peut dire que le monde universitaire était totalement hermétique à la seule évocation du nom “Nostradamus”, malencontreusement récupéré par l’ésotérisme le moins honorable. J’ai donc décidé de me documenter sur le sujet, de remonter aux sources en effectuant des recherches systématiques dans toutes les bibliothèques tant en France qu’à l’étranger, puis en classant et recoupant toute la documentation que j’avais ainsi amassé pendant plus d’une dizaine d’années. Au début de mes investigations, je voulais seulement trouver des réponses aux deux questions essentielles qui agitaient mon esprit : qui était réellement Nostradamus ? et quels furent ses écrits ?

Afin de trouver un début d’explication à ma première interrogation, j’ai cherché à me documenter sur les véritables origines de Michel de Nostredame, afin de connaître plus précisément le milieu et l’environnement social d’où il venait, puis celui dans lequel il a vécu. Une rubrique de Nostradamica, intitulée Ascendance contient l’essentiel de nos connaissances actuelles sur les origines familiales de Michel, de son trisaïeul paternel, Vital de Carcassonne à son père, Jaume de Nostredame. Dans la section Biographie, j’ai essayé de poser des jalons sûrs sur le parcours emprunté par cette personnalité complexe que fut Michel de Nostredame, avant de devenir Nostradamus.

Parallèlement, afin de pouvoir répondre à ma seconde interrogation, celle où d’ailleurs l’incurie sur le plan bibliographique était la plus totale, je me suis mis à la recherche des publications originales de Nostradamus et des manuscrits non publiés consacrés au médecin de Salon-de-Provence. J’ai pu notamment retrouver les traces de deux exemplaires de la première édition des “Prophéties de Nostradamus”, publiée en 1555 par Macé Bonhomme, ainsi qu’un exemplaire de la seconde édition, datée de 1557 et éditée par Antoine du Rosne. Ces deux éditions ont été rééditées en fac-similé, respectivement en 1984 et 1993 par l’association Les Amis de Nostradamus (Lyon). Dans la section Bibliographie, j’ai résumé l’essentiel de mon enquête bibliographique, publiée en 1990 et intitulée : Répertoire Chronologique Nostradamique (RCN). Depuis cette période, on peut se réjouir que nombreux universitaires se soient penchés avec bonheur sur Nostradamus et son œuvre.

Aujourd’hui, dans la rubrique Analyse, j’ai souhaité insérer des études inédites et pertinentes, souvent contradictoires et dont je ne partage pas toujours les conclusions. En ouvrant notre tribune à la Critique nostradamique, nous voulons susciter de nouvelles réflexions et études, afin de faire avancer les recherches sur des pans encore méconnus de sa vie et de son œuvre. Notre but étant la mise à disposition d’un corpus le plus exhaustif possible “pour le commun profit des humains”, pour employer une expression de Michel Nostradamus dans sa Lettre à César.

 

 

 

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Jacques Halbronn Le mystère de la rupture chronologique des éditions centuriques entre 1568 et 1588

Posté par nofim le 1 mars 2021

Le mystère de la rupture chronologique des éditions centuriques entre 1568 et 1588 par

Jacques  Halbronn

 

Une question se pose  aux tenants d’éditions centuriques qui seraient antérieures à 1588  est celle du « trou « béant dans leur chronologie  pendant une vingtaine d’années! Aucune explication ne nous est parvenue à ce sujet. Comment s’est opérée la transition entre l’édition « complète » à dix centuries  qui se présente comme parue en1568, deux ans environ après la mort de Michel de Nostredame  et les premières éditions centuriques connues pour 1588. On peut toujours dire évidemment que des éditions auraient disparu mais le zéle des chercheurs et des collectionneurs, depuis ce temps, accorde peu de crédit à une telle supposition. Mais peut- on cependant  accorder un satisfecit aux bibliographies parues dans les années 1989-90 de Chomarat et de Benazra, cette dernière à notre initiative? Nous avons dans notre bibliothèque deux exemplaires dédicacés en date du 2 février  1984 de Chomarat  de sa Bibliographie Lyonnaise des Nostradamus et de son Supplément  (Centre Cultirel de Buenc 1973 et 1976 On notera le pluriel « des Nostradamus », ce qui englobe d’autres auteurs que le seul Michel de Nostredame  et notamment  Antoine Crespin et ses Prophéties  par l’astrologue du treschrestien Roy de France  (…)  dédiées   à la puissance divine  & à la nation française, Lyon 1572, auxquelles nous avons consacré un reprint en 2002. Chomarat cite également  pour 1574 , chez Benoist Rigaud, censé avoir publié les éditions de 1568,  des Prédictions  (…) mises en lumière  par .M. Michel  Nostradamus le Jeune. Etrangement,  Chomarat ne signalait à l’époque, aucune édition centurique parue avant 1594 chez le même Benoist Rigaud mais il est vrai que ses bibliographies s’en tenaient à la seule production lyonnaise. En 1984, nous avions invité Chomarat à intervenir dans le cadre d’un congrès astrologique que nous organisions sur Lyon. L’année suivante, nous le retrouverions à Salon de Provence, lors des premières journées Nostradamus, où nous  fimes un exposé sur les attaques contre Nostradamus  et rencontrames Robert Benazra dont nous publierons les travaux en 1990 chez Trédaniel. Nous lisions avec intérêt les Cahiers Michel  Nostradamus.  Signalons la brochure  de Robert Amadou au sujet de ces deux bibliographie sous le titre de ‘Nuées et intelligences » Pâques 1989 Amadou avait retrouvé à la Réserve de la Bibliothèque Sainte Geneviève à Paris un exemplaire de l’almanach de Nostradamus pour  l’an 1561. Rappelons que Paris, toutes bibliothèques réunies, est fort pauvre en éditions des almanachs et des pronostications de  Nostradamus  parus de son vivant. Nous mêmes avions publié dans Politica Hermetica un compte rendu des deux bibliographies sorties à peu de temps d’intervalle.

Revenons donc sur les lacunes de ces bibliogaphies. Il semble que leur principe aura été de ne retenir que les textes portant le nom de Nostradamus, puisque Crespin avait adopté ce pseudonyme et c’est en cette qualité qu »il avait été intégré dans ces volumes. On notera d’ailleirs que ni Chomarat ni Benazra n’avaient signalé la présence massive dans sa production de versets se trouvant dans les Centuries ce  qui n’échappera pas à Pierre Brind’amour dans son édition de 1996. alors qu’il ne l’avait pas signalé en 1993 dans son Nostradamus astrophile. Mais Brind’amour aura eu le mérite d’insister sur le rôle des imitateurs (pp. 54 et seq).  Cela dit, Brind’amour qui publié à la suite des dites bibliographies ne semble pas avoir été intrigué par ce « trou » de 20 ans dans la chronologie des éditions centuriques pas plus d’ailleurs que Daniel Ruzo (Le testament de Nostradamus,  Ed du Rocher, traduit de l’espagnol, 1982) Crespin  d’ailleurs mettra en exergue un quatrain que l’on retrouve dans les Centuries  (cf Benazra, Répertoire Chronologique Nostradamique, pp. 91 et seq). Il s’agit de l’Epitre  dédiée (…) à Charles IX (..) jusques en l’année 1584.  (Lyon, 1571) »Le neuf empire  en desolation Sera changé en pole aquilonaire etc », ce qui renvoie au quatrain VIII, 31. Benazra ne s’arrête pas sur ce point.(p. 100). Certes,  l’on note que le cours des éditions reprend à partir de 1588 mais cette fois en l’absence des centuries VIII -X. qui figuraient pourtant dans l’édition Benoist Rigaud de 1568, édition dont on dispose d’ailleurs de nombreux exemplaires dont Patrice Guinard listera plus tard les variantes.

Double phénoméne donc: reprise en 1588 après dix ans où n’apparaissent que des imitateurs qui entretiennent la mémoire de Nostradamus et absence cette fois des trois dernières Centuries et de l’Epitre à Henri II qui l’accompagne, ce second volet ne reparaissant qu’au début des années 1590,  le Janus Gallicus de 1594 les ayant intégré, pour une partie,  dans son commentaire. Etrangement, Chomarat se contentait en 1973 dans sa Bibliographie Lyonnaise de donner comme contenu à cet ouvrage: » ouvrage qui raconte la vie de Michel de Nostradamus »  alors que l’ouvrage  était  conservé à la bibliothèque Municipale de Lyon, laquelle bibliothèque comportait  toute une série de prédictions qui ne comportaient certes pas le nom de Nostradamus mais qui en étaient des imitations sur le plan iconographique comme dans le style. Cette série aura échappé à nos deux chercheurs Lyonnais, Chomarat et  Benazra en ce que le nom de Nostradamus en était absent! Mais pour nous qui travaillions sur un corpus plus large, le constat serait flagrant (cf notre post doctorat, EPHE 2007 sur Giffré de Réchac  et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle) A noter à ce sujet de la « critique nostradamique »  qu’était paru dans les Cahiers Nostradamus n° 1; 1083 un fac simile  une « Letttre critique sur la personne & sur les écrits de Michel Nostradamus, Mercure de France Aout 1724

La  question des imitateurs aura notamment été traitée par Patrice Guinard

CORPUS NOSTRADAMUS 92 – « Florent de Crox, le plus doué des imitateurs de Nostradamus ». On ne s’en tient plus désormais aux seules références explicites au nom de Nostradamus et la seule présence de vignettes dans le style Nostradamus suffit. Curieusement, ces imitateurs se feront plus rares la parution des éditions des Centuriques des années 80. Encore en 1582 signalons l’ Almanach et amples predictions pour l’an de Jesus Christ 1582, composé par maistre Marc Coloni, Paris, Claude Montroeil, 1582(cf   Catalogue par titres abrégés  du fonds Nostradamus de la Bibliotheca Astrologica).  Mais c’est justement dans ce jeu des  vignettes que les faussaires des éditions posthumes puis du vivant de Nostradamus se trahiront car certaines vignettes furent produites déjà dans les années 1560 dans des éditions pirates en se différenciant de celles relevant du vrai Nostradamus. Autrement dit, les faussaires furent victimes de la précédente génération de faussaires! Mais ce point semble avoir échappé à tous nos nostradamologues alors que la comparaison entre les deux séries de vignettes, celles des « vraies » pronostications et celle des  faux almanachs est flagrante. On notera d’ailleurs que les almanachs de Nostradamus ne comportaient pas de vignettes, réservées à ses pronostications alors que les faussaires pratiqueront le système des vignettes tant pour les almanachs que pour les pronostications. On notera d’ailleurs que la vignette qui orene la page de couverture du Répertoire Chronologique nostradamique de Benazra est le type même de la « fausse » vignette! Il suffit de la comparer avec celle des éditions 1555  et 1557!

Quant au « mystère » du « trou »,  c’est un faux mystère, si l’on admet qu’il n’a jamais existé d’éditions des Centuries avant 1588 et qu’à partir de cette date – on ne saurait exclure des éditions perdues pour les quelques années précédentes – on assiste à la formation progressive et collective du corpus centurique, avec des références factices à des éditions du vivant de Nostradamus ou parues juste après sa mort, comme cela fut selon nous la première option, d’où l’édition Benoist Rigaud de 1568 qui ne prend même pas la peine de mentionner en son titre l’Epitre à Henri II, père du souverain en place sur le modèle des Présages Merveilleux pour 1557( exemplaire que nous avait transmis Ruzo  « dédiés au Toy Tres Chrestien Henry deuxiesme de ce nom » comportant une épitre qui servira just  ement à la confection de celle figurant en têtre des centuries VIII-X. – (cf nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat 2002) On se demande pourquoi les faussaires de l’édition 1568 n’ont pas repris la formule de 1556. Benazra ( RCN p. 21) signale ce texte qu’il n’a pas  alors en sa possession sans s’interroger sur l’existence de la dite épitre à Henri II bien antérieure à 1558, qui est la date de l’Epitre figurant dans le volume des Centuries.
Il convient évidemment de distinguer les nostradamalogues écrivant avant et après la parution de nos travaux (cf Les prophéties et la Ligue, in Prophétes et prophéties 1997). Les premiers ont des excuses, pas les seconds. On aura compris que ces imitateurs n’imitent pas le Nostradamus des Centuries mais celui des Almanachs et Pronostications. Rappelons que des quatrains figuraient déjà dans les Almanachs et que c’est eux qui seront imités!
Reste la question du mode de fabrication de ces quatrains pseudo-nostradamiques des années 1580. Un des procédés, parmi d’autres, consistera à récupérer  la production des imitateurs pour les intégrer au sein de l’oeuvre dont ils s’étaient inspirés.  Le cas de Crespin est particulièrement caractéristique (cf notre communication au Congrès des Etudes Juives, Jérusalem, 2005 où nous montrons que certains quatrains hostiles aux Juifs  figurant chez Crespin réapparurent dans les Centuries. comme  le quatrain  VIII 96  La Synagogue stérile sans nul fruit » Erreur des faussaires qui ne réalisèrent pas que Nostradamus, d’ascendance juive, n’aurait pu tenir de tels propos.Le cas de Crespin mérite toute notre attention étant donné que ses Prédictions  à la Puissance de Dieu (reprises dans nos Documents inexploités) datées de 1572  comportent comme on l’a déjà noté plus haut un grand nombre de versets centuriques, ce qui pourrait apparaitre comme une confirmation de l’existence des Centuries à cette date de 1572 validant ainsi  notamment l »édition de 1568. Ces imitateurs auront pu ainsi servir pour valider les Centuries qu’ils étaient censés avoir voulu imiter! Dans le cas de Crespin, nous pensons que des faussaires auront fabriqué un faux Crespin dans ce sens!.. C’est l’arroseur arrosé, le faussaire est récupéré par l’original, intégré dans sa sphère, dans son corpus. Nous décrirons ce processus comme dialectique: le modèle (thèse) se préte à des imitations (antithèse) pour ensuite les récupérer (synthèse)  même post mortem. On aura compris que la meilleure façon de détecter les contrefaçons consiste à détecter leurs erreurs car aucune tentative de ce type n’est « parfaite », à l’abri des anachronismes ou des anachorismes, c’est à dire ce qui n’est pas compatible avec le modèle choisi. Dans le cas de l’édition 1568, le seul fait de ne pas avoir signalé au titre que cela s’adressait au toi est un faux pas irrémédiable surtout si l’on sait que le texte dont on s’est servi le mentionnait. Mais le texte même de la fausse Epitre de 1558 ne mentionnait même pas l’Epitre précédente comme alors qu’il eut fallu se référer à une précedénte visite au Roi deux ans plus tôt, la « vraie ».(Présages Merveilleux). Mais le plus étonnant, au bout du compte, tient au fait que toutes ces erreurs  réunies, qui plus est dument signalées,  n’auront pas encore suffi, de nos jours, pour créer un consensus chez les spécialistes quant au caractère antidaté des éditions de 1555 et 1557, entre autres.  Il est possible de reconstituer les scénarios successifs des faussaires! Dans un premier temps, on avait pas encore osé parler d’éditions du vivant de Nostradamus car  il n’en avait pas parlé dans ses almanachs et ses pronostications. La solution consistait à parler de textes retrouvés à sa mort dans sa bibliothèque, celle  » de nostre  défunt  dernier décédé Maistre Michel de Nostredame »(Rouen,  Brenouzet, 1568, cf RCN p. 90). Et puis, l’on sera passé à une démarche plus hardie en imaginant un processus se déployant par degré avec une première mouture à seulement 4 centuries (datée de 1555 Macé Bonhomme) suivie d’une autre à 7 centuries -datée de  1557 Antoine du Rosne) Mais ce faisant, l’on allait commettre l’erreur d’utiliser des vignettes ayant le double inconvient de venir d’éditions pirates et de n’être apparues que dans les années 1560  (cf RCN pp.  58-59) Par ailleurs,  la succession  des éditions parisiennes des années 1588-1589  -on n’est plus ici dans un cadre lyonnais et déjà les fausses éditions des années 1560 étaient parisiennes- pouvait difficilement entériner l’idée d’une réédition. Si encore l’on avait eu seulement le premier volet dans son intégralité dès 1588 mais on assiste à des additions successives (cf notre étude Les Prophéties et la Ligue) tenant compte des évenements en cours  dans les années 1588-1594  et ajoutant des quatrains pour la circonstance. Espérons qu’une nouvelle génération de chercheurs saura  être à la hauteur de la tâche!

 

 

 

 

 

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Jacques halbronn La vraisemblance dans l’approche critique de la chronologie centurique

Posté par nofim le 26 février 2021

La vraisemblance dans l’approche critique de la chronologie centurique

par  Jacques Halbronn

Nous commentons ci après certaines formules utilisées par Patrice Guinard pour valider sa chronologie des éditions centuriques au prisme de l’argument de la vraisemblance que celui-ci n’hésite d’ailleurs pas à manier.

Mais commençons par afficher d’entrée de jeu ses conclusions à l’aide de son «  Résumé des résultats et conjectures de cette recherche » :

- Les Prophéties sont originellement parues à Lyon en trois fois (1555, 1557, 1558).

- Elles ont été rééditées à Paris en 1556, en 1557, et probablement en 1558.

- Elles ont été réimprimées sous un autre titre et avec quelques modifications à Avignon vers 1559-1560.

- Deux contrefaçons parisiennes, parues vers 1561, attestent de l’existence des premières éditions.

- Une traduction anglaise de la contrefaçon parisienne est parue à Londres en 1563. Une traduction des Prophéties en hébreu est parue à Constantinople.

- Aucune édition complète ne serait parue du vivant de Nostradamus. Benoist Rigaud fait imprimer en 1568 la première édition complète en deux volets rassemblant le texte des éditions de 1557 et 1558 (cf. CN 38) ».

 

 

On commencera par la formule choisie par ce chercheur :

« Editions tronquées et éditions complètes » selon une chronologie inversée : d’abord complètes puis « tronquées » et l’on se demandera quelle est la thèse la plus « vraisemblable » :

« Les éditions des Prophéties dans la seconde moitié du XVIe siècle s’étagent sur trois périodes : celle des premières éditions (1555-1563), objet du présent article, la période Benoist Rigaud (c. 1568-1585), qui est aussi la période de diffusion des éditions « complètes » du texte, et la période ligueuse (c. 1588-1600), celle des éditions tronquées et atrophiées parues après les assassinats de Henry de Guise et de Henry III, et de la réaction des éditions Rigaud, de Benoist en fin de carrière puis de ses héritiers. «

 

Chacun a ses critères de vraisemblance. Ainsi, un événement très particulier peut-il être annoncé à l’avance comme le fait que la capitale de l’ennemi soit la ville de Tours ou que le roi de France soit couronné non à Reims mais à Chartres. Pour Guinard, il n’y a pas de probléme puisque Nostradamus est un prophéte. Ce n’est pas notre position !

Que dire de l’analyse qu’il propose pour les éditions de 1557  à propos du travail de Gérard Morisse ?

Patrice Guinard :

« Reste l’argument concernant le nombre de quatrains et les dates d’impression :

« Achevé d’imprimer le 6 du moys de Septembre. 1557. » (exemplaire d’Utrecht à 642 quatrains)

« Achevé d’imprimer le troisiesme de Novembre. » (exemplaire de Budapest à 639 quatrains)

D’abord on comprend mal, dans l’hypothèse Morisse, pourquoi une édition portant la date de 1557 au frontispice, aurait été imprimée une année avant, et j’ai signalé en septembre 2002 : « que les dates d’achevé d’imprimer des deux tirages de cette série, probablement contemporains, à savoir les 3 novembre et 6 septembre 1557, sont espacées de 58 jours, exactement égaux aux 58 quatrains prétendument « manquants » à la septième centurie. » (cf. « Les Nombres du Testament comme fils d’Ariane au Corpus nostradamique », Les Nombres du Testament). »

Il y a un point aveugle dans l’argument avancé par Patrice Guinard : il raisonne sur la base d’un auteur, le dit Michel de Nostredame » censé se comporter logiquement. « On comprend mal etc » Il oublie ou feint d’oublier que dans le domaine des contrefaçons, ce point ne pése pas lourd. Il révéle au contraire la disparité des entreprises, trente ans après la date en question, lesquelles ne s’ajustent pas entre elles. En ce sens, il est tout à fait vraisemblable que ces bizarreries montrent que ce n’est pas Nostradamus ni d’ailleurs son libraire qui sont les acteurs de l’affaire !

 

Autre échantillon de l’argumentation de Guinard

 

« Cette édition n’est attestée que par une mention à la dernière page de l’édition d’Anvers (Les grandes et merveilleuses predictions, François de Sainct-Jaure, 1590) : « Fin des Professies de Nostradamus reimprimées de nouveau sur l’ancienne impression imprimée premierement en Avignon par Pierre Roux Imprimeur du Legat en l’an mil cinq cens cinquante cinq. » (f.M3v). Le titre et le sous-titre hypothétiques sont donnés par Ruzo qui pense que cette édition aurait été reproduite par celle de Raphaël du Petit Val (Rouen, 1588), laquelle s’achève sur le quatrain 53 de la IVe Centurie (selon le seul exemplaire connu, celui de sa bibliothèque, aujourd’hui dispersée).

Cependant l’édition rouennaise ne mentionne pas celle d’Avignon, et l’édition anversoise, qui contient sept centuries, et non quatre, peut difficilement reproduire une édition à sept centuries parue en 1555. Par conséquent, si cette édition Saint-Jaure reproduit bien une édition d’Avignon, ce serait celle datée de 1556 (comme le feront d’autres éditions plus tardives) et il s’agit simplement d’une erreur typographique (1555 pour 1556) ou voulue, l’éditeur sachant que les Prophéties de Nostradamus ont commencé à paraître en 1555.(…) Ajoutons encore la mention suspecte « divisées en quatre Centuries » qui n’apparaît pas dans l’édition lyonnaise originale et qui sous-entend qu’il pourrait y avoir d’autres centuries à paraître. Or comment l’imprimeur avignonnais l’aurait-il su en 1555 ? » Le seul hic, c’est que Guinard raisonne sur des bases fausses, à savoir que l’on aurait affaire à un processus naturel d’édition alors qu’il s’agit d’une construction parfaitement aléatoire qui ne fait que se donner quelque apparence auprès d’un public non averti et point trop regardant. On laisse le lecteur rechercher d’autres exemples du même acabit de cette « méthode » dans la production guinardienne (sur le site du CURA). .

JHB  26 02 21

 

 

 

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jacques Halbronn Nostradamus. Le tournant prophétique des années 1560

Posté par nofim le 26 février 2021

Nostradamus . Le tournant prophétique  des années 1560

par  Jacques  Halbronn

A partir des années 1560,  le contexte nostradamique va changer sensiblement.  On voit apparaitre des fausses éditions des almanachs et pronostications de Michel de Nostredame, notamment du fait de libraires parisiens comme Barbe Regnault, ce qui a été signalé dans les bibliographies  de Chomarat et de Benazra  dans le Répertoiure Chronologique Nostradamisque que nous avons édité;  qui parlent d’éditions « pirates »..(cf RCN pp. 42  et seq) Nous avons signalé que le frontispice de ces contrefaçons n’était pas le même que celui des Pronostications authentiques. On notera  que  chez Nostradamus, seules   les pronostications comportent une  vignette représentant l’auteur alors que dans les éditions pirates, les vignettes figurent tant pour  les almanachs que pour les pronostications. et ces vignettes ne sont pas identiques chez le vrai et chez le faux Nostradamus, erreur qui aura été fatale pour les tenants des éditions antidatées des années 1555 -1557. C’est le détail qui tue. On ne saurait négliger la preuve iconographique! 

Mais, par ailleurs, Nostradamus va se hasarder dans une veine prophétique. En 1991, nous publiame dans la revue  Réforme, humanisme, Renaissance -n°53  une étude intitulée  Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus dont nous reproduisons ci dessous le résumé paru :

« Les relations entre Nostradamus et Pie IV (1559-1565) n’ont pas fait l’objet d’une monographie, si bien que l’on a généralement privilégié ses Epîtres au pouvoir temporel. C’est ainsi qu’en 1556, Nostradamus s’adressa coup sur coup à Catherine de Médicis, à Henri II, et à Antoine de Navarre. La découverte de la Contrepronostication nous a amené à examiner la nature des relations entre Nostradamus et le Pape. Pourquoi y reprochait-on notamment à l’auteur des Prophéties d’être en quelque sorte à la solde du souverain pontife ? De fait, en cette année 1561, Nostradamus rédigea deux Epîtres au Pape et l’année précédente, il lui accorde un passage significatif de son Almanach pour ladite année 1561  Cet article a été reris  sur internet  sur différents supports.(https://cour-de-france.fr/histoire-et-fonction/histoire-et-fonctionnement/politique-et-religion/etudes-modern, et Persée) et signait notre entrée dans le domaine nostradamologique. Pie IV est le grand absent des éditions centuriques qui ne reproduisent pas  les textes de Nostradamus adressés au pape. Ce qui est un signe de leur caractère décalé de deux décennies. L’imporrance de ces textes  avait été notamment signalée  en 1906 avec la « Reproduction  très fidèle d’un manuscrit inédit de M. de Nostredame dédié à SS le Pape Pie IV » Mariebourg (cf RCN, p. 449)  où l’on précise qu’il s’agit de l’almanach pour 1563. En  1905 était paru chez le même éditeur une « réimpression de l’almanach de Michel de Nostredame pour l’année 1563 (Avignon, donc dans les territoires pontificaux français, Pierre Roux)dédié à Pie IV

Etrangement, Benazra ne fait pas le rapprochement -p. 52) avec les Praedictions  de l’almanach  de 1562, 1563 1564″ D’une certaine façon, ce volume manuscrit ferait pendant au Recueil  des Présages Prosaiques (dont une partie a été éditée par B. Chevignard en 1999; Ed. Seuil). Dans les deux cas, il s’agit de  volumes rassemblant des textes envoyés aux libraires. Mais l’on notera qu’il s’agit là de deux séries distinctes. Le Recueil des Présages Prosaiques concernant les almanachs et pronostications,  les « Praedictions » concernant un autre genre dont il va être question et la différence des intitulés n’est pas indifférente. On ne connait d’ailleurs une impression de ces Prédictions que dans leur version italienne mieux conservée , curieusement,  à la BNF  que la  série des  almanachs et -pronostications de Nostradamus, la BNF n’en possédant aucun en propre (cf RCN pp.  62-77) Signalons aussi l’article de Robert Amadou -(RCN, p. 618) paru dans la revue L’Autre Monde (février 1986)  « De Nostradamus au pape Pie IV.. Lettre ouverte ».

Abordons  la présentation de 1906 qui  met  exergue  des extraits  qui selon nous, sont d’un autre style que la production annuelle habituelle de Nostradamus. On sort de la triplicité aquatique pour entrer dans la triplicité de feu, ce qui réfère à la théorie des grandes conjonctions de Jupiter et de Saturne, notamment exposée par Leovitius comme on peut le voir dans ce «  Discours contre Cyprien Leovitius & autres modernes astrophiles, touchant la grande conjonction du monde, & des quatre Eclipses de Soleil »  de Francesco Liberatil, imprimé à Paris & au Mans par Hierosme Olivier l’an 1576. Nostradamus pointe le milieu des années 1560. Rappelons que lui même décédera en 1566 alors mêmes que se précisent certaines échéances. D’ailleurs, les Significations de l’écliose de 1559 seraient déjà marquées par cette influence ( CORPUS NOSTRADAMUS 133 — par Patrice Guinard
Prédictions des Choses mémorables et Pronostication du Cercle solaire), RCN p. 30. Réimpression 1904)

Se pose la question de l’édition datée de 1556  des Prophéties d’Antoine Couillard Du Pavllon Les Lorriz, lequel publia en 1561  des Contreditz aux faulses & abusifves  prophéties de Nostradamus & autres  astrologues, Paris,  Charles L’angelier. (RCN, p. 45) ouvrage où il est fait référence aux dires conjonctions. Selon nous,  le texte daté de 1556 pourrait avoir été antidaté en s’inspirant de du pamphlet de 1561, d’où certains anachronismes à commencer par l’usage du mot Prophéties dès 1556. On notera que le nom de Nostradamus ne figure pas dans ce texte, ce qui montre que l’on s’attaque à un auteur bien reconnaissable, ce qui selon nous n’était pas encore le cas alors.. Parmi les étrangetés, cette parodie de la Préface à César figurant dans l »édition antidatée de 1555 des « Prophéties » du dit Nostradamus. on retrouve le même procédé chez un Antoine Crespin (cf notre éditions Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus) dans ses Prophéties dédiées à la Puissance Divine (1572) que P. Brind’amour exploitera  dans son édition de 1996 du volet daté de 1555 (Droz), lesquelles reproduisent sans citer leur source un grand nombre de versets figurant dans les éditions contrefaites (cf notre post doctorat 2007 sur ce point, Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle); On  note l’instrumentalisation d’imitateurs de Nostradamus mais  aussi d’adversaires (cf infra avec Videl)  en vue d’authentifier les fausses éditions et les Prophéties de Couillard datées de 1556  appartiennent au genre du pastiche. Ce qui vaut pour les Prophéties de Couillard de 1556 vaut  a fortiori pour Laurens Videl et là encore, c’est la référence à des passages de la Préface à César qui séduit un Patrice Guinard:   » Certains passages de sa Declaration des abus ignorances et seditions de Michel Nostradamus, parue en Avignon en 1558, semblent se référer explicitement à l’exemplaire de Budapest, répétant notamment l’une des fautes typographiques d’une sentence de la préface à César : « nous inspirant par baccante fureur, ne par l’imphatique [sic] monument, mais par astronomiques assertions » (1557, exemplaire de Budapest), mais dans l’édition Bonhomme de 1555, dans l’édition Du Rosne de 1557 (exemplaire d’Utrecht), et dans toutes les éditions ultérieures : « nous inspirant non par bacchante fureur, ne par lymphatique [ou limphatique] mouvement, mais par astronomiques assertions« . En effet Videl s’empare de l’occasion pour se gausser de l’alcoolisme « avoué » du salonais : il « nous veut inventer une nouvelle astrologie forgée en sa furye bacchanale, & non limphatique, (comme il dit) sur umbre de prophetie. » (f. D4r). Videl ne reprend que l’inversion de la négation (ce qui n’est ni suffisant ni significatif, surtout s’il a estimé que la « furye bacchanale » conviendrait assez bien à l’auteur des Prophéties, mais non la faute typographique « monument » pour « mouvement » qu’il aurait signalée dans ses persiflages s’il avait suivi l’édition datée de novembre 1557 !Ce dernier argument ne tient pas car la préface de l’ouvrage de Videl — prétendument traduit du latin! — est datée du 20 novembre 1557 et la conclusion du 21 novembre 1557 : rien n’aurait empêché Videl d’avoir rédigé son texte à l’emporte-pièce en quelques jours après la sortie de la seconde édition Du Rosne le 3 novembre 1557. » Guinard ne cite d’ailleurs pas les Prophéties de Couillard à l’appui de sa « démonstration » Il est vrai que le rapprochement des deux textes est assez édifiant  quant à l’usage d’un même procédé  et d’ailleurs  Du Pavillon cite carrément »nostre Maistre Nostradamus »et le nom de son fils César (p. 5)

Tout le monde se trouve piégé : aussi bien ceux qui veulent situer les premières éditions en 1555 que ceux qui parlent d’éditions posthumes comme celle, prétendue, de 1568. Dans le même genre, on citera  le texte de l’Androgyn  Lyon, Michel Jove, 1570 ‘cf RCN pp; 95-97)  attribué à Jean de Chevigny et qui renvoie à Dorat. Toute une production destinée à valider la thèse d’éditions du vivant de NOstradamus ou suivant de peu sa mort et qui égareront les chercheurs naifs.

On aura compris que pour nous,  au cours des années 1560 -et en fait un peu avant- Nostradamus fut happé par la théorie apocalyptique des grandes conjonctions (d’Albumasar), ce qui le conduisit à une forme de prophétisme qui ne s’était pas révélée auparavant, et c’est ce qui le conduira à s’adresser au pape Pie IV. Autrement dit, dans les années qui précédèrent cette décennie, Nostradamus ne se voulait point prophète. Le fait que Couillard Du Pavillon s’en prenne à Nostradamus en 1560 signale un tournant en raison d’une approche à plus long terme pour laquelle il va opter. C’est d’ailleurs en raison de ces Contredits que l’idée viendra aux faussaires de se servir de son nom pour un « pastiche » daté de 1556.

  Rappelons que la Préface à César fait partie de ce corpus de contrefaçons puisqu’elle ouvre l’édition des « Prophéties » Lyon, Macé Bonhomme 1555 et est reprise en 1557 chez Antoine du Rosne. Double bévue donc des faussaires, quant aux pages de titre tant en ce qui concerne les vignettes que les intitulés des oeuvres, laquelle bévue n’aura pas été décelée, malgré nos avertissements, depuis plus de 20 ans par les prétendus « spécialistes -cf « .CORPUS NOSTRADAMUS 49 — par Patrice Guinard  Les Prophéties d’Antoine Couillard (1556) : Une parodie des Prophéties de Nostradamus)

Revenons donc  sur le « pastiche » de 1556  (cf sa reproduction  http://www.propheties.it/1556-005%20Pavillon,%20Les%20Propheties/slides/1556-005-011.htm) avec au folio  B II  « un millier de ses autres folies » On retrouve la même formule au fol G II  «   un millier des resveries escriptes par nos nouveaux prophétes » (fin de la quarte partie du Livre des Prophéties  du Seigneur du Pavillon »

. C’est évidemment une référence aux dix centuries de cent quatrains qui constitueront in fine le canon centurique. Or, il est clair qu’en 1556 on en était encore très loin puisque la formule des 10 centuries ne saurait être antérieure à 1568 pour les tenants de cette édition et au début des années 1590 pour les plus sceptiques dont nous sommes. A vouloir trop prouver…. Abordons à présent la question de la fortune de l’interpellation du pape par Nostradamus, telle que nous la restitue l’édition de 1906 du manuscrit. Sur la forme, il est clair qu’on assiste à un changement de statut de Nostradamus lequel met en avant des échéances dépassant largement le cadre annuel auquel il s ‘était tenu jusque là. L’erreur des faussaires est de ne pas avoir pris la mesure du tournant des années 1560 en le plaquant dès les années 1550, logeant tout ce qui leur tombait de nostradamique sous la main à la même enseigne, sans considération d’espace ni de temps..

Le quatrain 76 de  la  centurie VIII  du second volet, ne se comprend ainsi que sur la base du manuscrit  en question: « Et ne veux rien mettre de l’an 1567 que dans le mois d’avril naistra un de quelque grand Roy et monarque qui fera sa fin cruelle et sanguinolente (…)On le nommera MARCELLINUS (en majuscules ndlr)mais on ostera de son nom l »R’ » Ce  qui donne  ‘Plus Macelin  que Roy en Angleterre (…) son temps s’approche  » Marcelin sans R  donne Macelin.rapproché de l’italien pour boucher. » Nostradamus  est au moment de sa mort puissamment marqué par la théorie des conjonctions (cf édition 1906 p. 10) qui impressionnera dans les années 1580 jusqu’à un Jean Bodin dans un chapitre de sa République. Ce quatrain de la huitième centurie montre que le corpus prophétique de Nostradamus avait été exploité par ceux qui se chargèrent de la confection du second volet des Centuries – le camp favorable à l’avénement d’Henri de Navarre à la Couronne de France, selon la formule du Janus Gallicus (1594) En ce sens, l’on ne saurait  affirmer  que les Centuries ne relévent pas formellement  d’une certaine façon de l’oeuvre de Nostradamus mais certainement pas de la période des années 1550. Tout comme les quatrains des almanachs,  la prose de Nostradamus aura servi à nourrir un certain nombre de quatrains  des Centuries. Ajoutons que dans le cas de Crespin, il ressort que certains de ses textes ne sont  pas repris des Centuries mais  y auront été intégrés, notamment ceux concernant la Synagogue (VIII, 38).ostradamus . Le tournant prophétique  des années 1560

par  Jacques  Halbronn

 

A partir des années 1560,  le contexte nostradamique va changer sensiblement.  On voit apparaitre des fausses éditions des almanachs et pronostications de Michel de Nostredame, notamment du fait de libraires parisiens comme Barbe Regnault, ce qui a été signalé dans les bibliographies  de Chomarat et de Benazra  dans le Répertoiure Chronologique Nostradamisque que nous avons édité;  qui parlent d’éditions « pirates »..(cf RCN pp. 42  et seq) Nous avons signalé que le frontispice de ces contrefaçons n’était pas le même que celui des Pronostications authentiques. On notera  que  chez Nostradamus, seules   les pronostications comportent une  vignette représentant l’auteur alors que dans les éditions pirates, les vignettes figurent tant pour  les almanachs que pour les pronostications. et ces vignettes ne sont pas identiques chez le vrai et chez le faux Nostradamus, erreur qui aura été fatale pour les tenants des éditions antidatées des années 1555 -1557. C’est le détail qui tue. On ne saurait négliger la preuve iconographique!

 

Mais, par ailleurs, Nostradamus va se hasarder dans une veine prophétique. En 1991, nous publiame dans la revue  Réforme, humanisme, Renaissance -n°53  une étude intitulée  Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus dont nous reproduisons ci dessous le résumé paru :

 

« Les relations entre Nostradamus et Pie IV (1559-1565) n’ont pas fait l’objet d’une monographie, si bien que l’on a généralement privilégié ses Epîtres au pouvoir temporel. C’est ainsi qu’en 1556, Nostradamus s’adressa coup sur coup à Catherine de Médicis, à Henri II, et à Antoine de Navarre. La découverte de la Contrepronostication nous a amené à examiner la nature des relations entre Nostradamus et le Pape. Pourquoi y reprochait-on notamment à l’auteur des Prophéties d’être en quelque sorte à la solde du souverain pontife ? De fait, en cette année 1561, Nostradamus rédigea deux Epîtres au Pape et l’année précédente, il lui accorde un passage significatif de son Almanach pour ladite année 1561  Cet article a été reris  sur internet  sur différents supports.(https://cour-de-france.fr/histoire-et-fonction/histoire-et-fonctionnement/politique-et-religion/etudes-modern, et Persée) et signait notre entrée dans le domaine nostradamologique. Pie IV est le grand absent des éditions centuriques qui ne reproduisent pas  les textes de Nostrdamus adressés au pape. Ce qui est un signe de leur caractère décalé de deux décennies. L’imporrance de ces textes  avait été notamment signalée  en 1906 avec la « Reproduction  très fidèle d’un manuscrit inédit de M. de Nostredame dédié à SS le Pape Pie IV » Mariebourg (cf RCN, p. 449)  où l’on précise qu’il s’agit de l’almanach pour 1563. En  1905 était paru chez le même éditeur une « réimpression de l’almanavh de Michel de Nostredame pour l’année 1563 (Avignon, donc dans les territoires pontificaux français, Pierre Roux)dédié à Pie IV

 

Etrangement, Benazra ne fait pas le rapprochement -p. 52) avec les Praedictions  de l’almanach  de 1562, 1563 1564″ D’une certaine façon, ce volume manuscrit ferait pendant au Recueil  des Présages Prosaiques (dont une partie a été éditée par B. Chevignard en 1999; Ed. Seuil). Dans les deux cas, il s’agit de  volumes rassemblant des textes envoyés aux libraires. Mais l’on notera qu’il s’agit là de deux séries distinctes. Le Recueil des Présages Prosaiques concernant les almanachs et pronostications,  les « Praedictions » concernant un autre genre dont il va être question et la différence des intitulés n’est pas indifférente. On ne connait d’ailleurs une impression de ces Prédictions que dans leur version italienne mieux conservée , curieusement,  à la BNF  que la  série des  almanachs et -pronostications de Nostradamus, la BNF n’en possédant aucun en propre (cf RCN pp.  62-77) Signalons aussi l’article de Robert Amadou -(RCN, p. 618) paru dans la revue L’Autre Monde (février 1986)  « De Nostradamus au pape Pie IV.. Lettre ouverte ».

 

Abordons  la présentation de 1906 qui  met  exergue  des extraits  qui selon nous, sont d’un autre style que la production annuelle habituelle de Nostradamus. On sort de la triplicité aquatique pour entrer dans la triplicité de feu, ce qui réfère à la théorie des grandes conjonctions de Jupiter et de Saturne, notamment exposée par Leovitius comme on peut le voir dans ce «  Discours contre Cyprien Leovitius & autres modernes astrophiles, touchant la grande conjonction du monde, & des quatre Eclipses de Soleil »  de Francesco Liberatil, imprimé à Paris & au Mans par Hierosme Olivier l’an 1576. Nostradamus pointe le milieu des années 1560. Rappelons que lui même décédera en 1566 alors mêmes que se précisent certaines échéances. D’ailleurs, les Significations de l’écliose de 1559 seraient déjà marquées par cette influence ( CORPUS NOSTRADAMUS 133 — par Patrice Guinard
Prédictions des Choses mémorables et Pronostication du Cercle solaire), RCN p. 30. Réimpression 1904)

 

Se pose la question de l’édition datée de 1556  des Prophéties d’Antoine Couillard Du Pavllon Les Lorriz, lequel publia en 1561  des Contreditz aux faulses & abusifves  prophéties de Nostradamus & autres  astrologues, Paris,  Charles L’angelier. (RCN, p. 45) ouvrage où il est fait référence aux dires conjonctions. Selon nous,  le texte daté de 1556 pourrait avoir été antidaté en s’inspirant de du pamphlet de 1561, d’où certains anachronismes à commencer par l’usage du mot Prophéties dès 1556. On notera que le nom de Nostradamus ne figure pas dans ce texte, ce qui montre que l’on s’attaque à un auteur bien reconnaissable, ce qui selon nous n’était pas encore le cas alors.. Parmi les étrangetés, cette parodie de la Préface à César figurant dans l »édition antidatée de 1555 des « Prophéties » du dit Nostradamus. on retrouve le même procédé chez un Antoine Crespin (cf notre éditions Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus) dans ses Prophéties dédiées à la Puissance Divine (1572) que P. Brind’amour exploitera  dans son édition de 1996 du volet daté de 1555 (Droz), lesquelles reproduisent sans citer leur source un grand nombre de versets figurant dans les éditions contrefaites (cf notre post doctorat 2007 sur ce point, Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle); On  note l’instrumentalisatin d’imitateurs de Nostradamis mais  aussi d’adversaires (cf infra avec Videl)  en vue d’authentifier les fausses éditions et les Prophéties de Couillard datées de 1556  appartiennent au genre du pastiche. Ce qui vaut pour les Prophéties de Couillard de 1556 vaut  a fortiori pour Laurens Videl et là encore, c’est la référence à des passages de la Préface à César qui séduit un Patrice Guinard:   » Certains passages de sa Declaration des abus ignorances et seditions de Michel Nostradamus, parue en Avignon en 1558, semblent se référer explicitement à l’exemplaire de Budapest, répétant notamment l’une des fautes typographiques d’une sentence de la préface à César : « nous inspirant par baccante fureur, ne par l’imphatique [sic] monument, mais par astronomiques assertions » (1557, exemplaire de Budapest), mais dans l’édition Bonhomme de 1555, dans l’édition Du Rosne de 1557 (exemplaire d’Utrecht), et dans toutes les éditions ultérieures : « nous inspirant non par bacchante fureur, ne par lymphatique [ou limphatique] mouvement, mais par astronomiques assertions« . En effet Videl s’empare de l’occasion pour se gausser de l’alcoolisme « avoué » du salonais : il « nous veut inventer une nouvelle astrologie forgée en sa furye bacchanale, & non limphatique, (comme il dit) sur umbre de prophetie. » (f. D4r). Videl ne reprend que l’inversion de la négation (ce qui n’est ni suffisant ni significatif, surtout s’il a estimé que la « furye bacchanale » conviendrait assez bien à l’auteur des Prophéties, mais non la faute typographique « monument » pour « mouvement » qu’il aurait signalée dans ses persiflages s’il avait suivi l’édition datée de novembre 1557 !Ce dernier argument ne tient pas car la préface de l’ouvrage de Videl — prétendument traduit du latin! — est datée du 20 novembre 1557 et la conclusion du 21 novembre 1557 : rien n’aurait empêché Videl d’avoir rédigé son texte à l’emporte-pièce en quelques jours après la sortie de la seconde édition Du Rosne le 3 novembre 1557. » Guinard ne cite d’ailleurs pas les Prophéties de Couillard à l’appui de sa « démonstration » Il est vrai que le rapprochement des deux textes est assez édifiant  quant à l’usage d’un même procédé  et d’ailleurs  Du Pavillon cite carrément »nostre Maistre Nostradamus »et le nom de son fils César (p. 5)

 

Tout le monde se trouve piégé : aussi bien ceux qui veulent situer les premières éditions en 1555 que ceux qui parlent d’éditions posthumes comme celle, prétendue, de 1568. Dans le même genre, on citera  le texte de l’Androgyn  Lyon, Michel Jove, 1570 ‘cf RCN pp; 95-97)  attribué à Jean de Chevigny et qui renvoie à Dorat. Toute une production destinée à valider la thèse d’éditions du vivant de NOstradamus ou suivant de peu sa mort et qui égareront les chercheurs naifs.

 

On aura compris que pour nous,  au cours des années 1560 -et en fait un peu avant- Nostradamus fut happé par la théorie apocalyptique des grandes conjonctions (d’Albumasar), ce qui le conduisit à une forme de prophétisme qui ne s’était pas révélée auparavant, et c’est ce qui le conduira à s’adresser au pape Pie IV. Autrement dit, dans les années qui précédèrent cette décennie, nostradamus ne se voulait point prophète. Rappelons que la Préface à César fait partie de ce corpus de contrefaçons puisqu’elle ouvre l’édition des « Prophéties » Lyon, Macé Bonhomme 1555 et est reprise en 1557 chez Antoine du Rosne. Double bévue donc des faussaires, quant aux pages de titre tant en ce qui concerne les vignettes que les intitulés des oeuvres, laquelle bévue n’aura pas été décelée, malgré nos avertissements, depuis plus de 20 ans par les prétendus « spécialistes -cf « .CORPUS NOSTRADAMUS 49 — par Patrice Guinard  Les Prophéties d’Antoine Couillard (1556) : Une parodie des Prophéties de Nostradamus)

 

Revenons donc  sur le « pastiche » de 1556  (cf sa reproduction  http://www.propheties.it/1556-005%20Pavillon,%20Les%20Propheties/slides/1556-005-011.htm) avec au folio  B II  « un millier de ses autres folies » On retrouve la même formule au fol G II  «   un milier des resveries escriptes par nos nouveaux prophétes » (fin de la quarte partie du Livre des Prophéties  du Seigneur du Pavillon »

 

. C’est évidemment une référence aux dix centuries de cent quatrains qui constitueront in fine le canon centurique. Or, il est clair qu’en 1556 on en était encore très loin puisque la formule des 10 centuries ne saurait être antérieure à 1568 pour les tenants de cette édition et au début des années 1590 pour les plus sceptiques dont nous sommes. A vouloir trop prouver…. Abordons à présent la question de la fortune de l’interpellation du pape par Nostradamus, telle que nous la restitue l’édition de 1906 du manuscrit. Sur la forme, il est clair qu’on assiste à un changement de statut de Nostradamus lequel met en avant des échéances dépassant largement le cadre annuel auquel il s ‘était tenu jusque là. L’erreur des faussaires est de ne pas avoir pris la mesure du tournant des années 1560 en le plaquant dès les années 1550, logeant tout ce qui leur tombait de nostradamique sous la main à la même enseigne, sans considération d’espace ni de temps..

 

Le quatrain 76 de  la  centurie VIII  du second volet, ne se comprend ainsi que sur la base du manuscrit  en question: « Et ne veux rien mettre de l’an 1567 que dans le mois d’avril naistra un de quelque grand Roy et monarque qui fera sa fin cruelle et sanguinolente (…)On le nommera MARCELLINUS (en majuscules ndlr)mais on ostera de son nom l »R’ » Ce  qui donne  ‘Plus Macelin  que Roy en Angleterre (…) son temps s’approche  » Marcelin sans R  donne Macelin.rapproché de l’italien pour boucher. » Nostradamus  est au moment de sa mort puissamment marqué par la théorie des conjonctions (cf édition 1906 p. 10) qui impressionnera dans les années 1580 jusqu’à un Jean Bodin dans un chapitre de sa République. Ce quatrain de la huitième centurie montre que le corpus prophétique de Nostradamus avait été exploité par ceux qui se chargèrent de la confection du second volet des Centuries – le camp favorable à l’avénement d’Henri de Navarre à la Couronne de France, selon la formule du Janus Gallicus (1594) En ce sens, l’on ne saurait  affirmer  que les Centuries ne relévent pas formellement  d’une certaine façon de l’oeuvre de Nostradamus mais certainement pas de la période des années 1550. Tout comme les quatrains des almanachs,  la prose de Nostradamus aura servi à nourrir un certain nombre de quatrains  des Centuries. Inversement, le quatrain VIII 38« Roy de Bloys en Avignon régner-  est emprunté à  son imitateur Antoine Crespin (cf notre étude sur propheties. it  et  notre communication de 2009 au 14e Congrès Mondial des Etudes Juives,à Jérusalem  et Fortune du prophétisme d’Antoine Crespin Archidamus (site Espace Nostradamus) et cela nous amène au début des années 1570!

 

 

 

 

 

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