Jacques halbronn Nostradamus tel que traité par Jacques Halbronn et Gilles Polizzi Colloque RHR Marseille 1998

Posté par nofim le 24 octobre 2023

Jacques  halbronn   Nostradamus  tel  que  traité par  Jacques Halbronn  et Gilles Polizzi Colloque RHR  Marseille  1998 

 

 Lors du Colloqie  Formes du millénatisme en Europe à l’aube des temps modernes,  deux exposés  concernaient Nostradamus, ceux de Halbronn  et de Polizzi   en 19ç8. L’années précédente, deux exposés se  confrontaient sur le même sujet, ceux de Halbronn  et de Michel Chomaat (Journées Verdun Saulnier, De quelques dates clairement exprimées par Michel Nostradamus, dans ses « Prophéties » 

Paris Sorbonne). A la fin de 1998 (il y a 25 ans) « , nous avions enfin obtenu le feu verts de Jean Céard,(qui npus supervisait depuis 1985!)  en départ pour la retraite pour la soutenance de notre thèse d’Etat, Paris X,  Le texte prophétique en France, Formation et fortune, somme qui comprenait une partie sur le même Nostradamus.  On abordera ici  les textes présentés en 1998 à Marseille. ( Actes parus  chez Honoré Champion)   Notre titre  ne revoyait pas explicitement à Nostradamus à la différence de celui choisi par Polizzi  pas plus d’ailleurs que le titre de notre communication de 1997 (« Les prophéties et la Ligue ») Commençons par l’exposé de  Gilles Polizzi » Le thème millénaiariste  dans les prophéties de Nostradamus ».  L’auteur note un certain décalage entre la Préface à César le dit thème.(p. 411) alors même que les quatrains seraient imprénés par le dite thème. Poilzzi rappelle que Pierre Brind’amour a présenté une édition critique de la « première édition » de 1555 (Droz 1996)  précédé en 19989  et 1990 par les bibliographies de Chomarat et de Benazra( préfacée par Céard) Poizzi  se référant à une autre communication ai dit Colloque de E. Weber, conclut «   rejette  « hypothèse d’un faux inégral » de l’Epitre à Henri II, laquelle aurait  paru avant la mort du Roi.  Autremenrt dit, Polizzi ne met pas en doute la paternité de Nostradamus sur les éditions des Centuries et leurs deux  épitres introductives. Polizzi aborde la question de l’Antéchrist chez Nostradamus,  terme figurant au titre de notre exposé    »Pierre Du  Moulin  et le thème du Pape Antéchrist »  En 1997, dans notre exposé, nous avions mis en exergue le quatrain IV  46 preuve d’une importation du temps de la Ligue alors que Polizzi  choisira le quatrain I,   89., ces deux quatrains figurant dans l’édition  de 1555 chez Macé Bonhomme, » édité par Brind’amour/ Polizzi ne semble donc pas avoir eu connaissance du contenu de notre communication du début de 1997 ou en tout cas ne pas avoir jugé bon  de la mentionner. Début  1997, Polizzi  avait contribué, de son côté, au Collectif « Nostradamus ou le savoir transmis »/

  Notre exposé autour de Pierre du Moulin commençait par cet avertissement  : « mieux  coùprendre l’Epitre de Nostradamus à Henri II  Nous  nous  efforcions de montrer que les thèmes réformés impactaient le second volet des Centuries, face au premier, marqué par le parti de la Ligue.  Il nous faut  à présent couvrir les 25 ans qui nous séparent de ce Colloque. En 2002, parurent nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus ( Ed Ramkat) avec la vraie Epitre au Roi,qui avait inspiré la fausse, et en 2005  » Papes et prophéties . Décodages et influence » (Ed Axiome) connectant  les Prophéties pseudo  malachiennes aux  pseudo nostradamiennes,  parus en fait à peu près en même temps, à la toute fin du XVIe siècle.   En 2007, notre post doctorat ( EPHE  Ve section) abordera notamment les rapports entre prose et quatrains dans le corpus Nostradamus, tant au niveau des almanachs que des Centuries.

Par la suite, nous avons montré que l »Epitre à Henri II  en tête du second volet des Centuries avait remplace l’Epitre au pape Pie IV, ce qui ressort  de la comparaison entre les quatrains de la Centurie VIII  avec la dite Epitre au pape. Nous avions en 1991 dans la revue RHR organisatrice du Colloque de 1998,  publié une étude comportant des données sur la dite Epitre.(Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus (1561), laquele revue avait publié en 1987 une importante étude de Chantal Liaroutzos sur l’emprunt à la Guide des Chemins deFrance de Charles Estienne  sur le contenu de certains quatrains, laquelle n’était pas signalée par Polizzi. Il ne semble pas que Polizzit ait étudié la dite Epitre à Pie IV, laquelle circula notamment en Italie dans le cours des années 1560 et qui traitait notamment du thème de l’Antéchrist.

 

-Sur la fortune  itlalienne  de l’Epitre  de Nostradaus   à Pie IV -Collections numérisées  de la BNF( Gallica)

1566 

Pronostico universale di tutto il mondo, il qual comincia dal principio dell’ anno 1565 e finisce al principio dell’anno 1570, raccolto dalli « Presagi » del divino Michiele Nostradamo et dalli pronostici di molti altri eccellentissimi autori … per M. Francesco Barozzi,…
libraria del « Mercurio »
 
Il Vero Pronostico calcolato dall’ eccellmo astrologo et filosofo M. Michel Nostradamo Francese, il qual narra diligentemente tutte le perverse calamità, che deve incorrere l’anno 1566…
per Alessandro Benatio
 
Li Presagi et pronostici di M. Michele Nostradamo, quale principiando l’anno M.D.LXV. diligentemente discorrendo di anno in anno fino al 1570… Diligentemente estratti dalli originali francesi, nella nostra italica lingua…
 
Li presagi et pronostici di M. Michele Nostradamo Francese , quale principiano l’anno M.D.LXV diligentemente discorendo di anno in anno fino al 1570… diligentemente estratti dalli originali francesi nella nostra italiana lingua…
LivresConsultable sur Gallica     
En tout état de cause, la prise en compte des almanachs nostradamiques nous semble fondamentale. D’une part, parce qu’il a existé des éditions pirates comme l’ont rappelé  Chomarat et Benazra comportant des quatrains mais aussi de   l’autre des  vignettes en page de titre (imitant les vignettes des Pronostications), ce qui est le modéle suivi par les faussaires, ce qui explique à la fois les vignettes des éditions 1555 et 1557 des « ¨Prophéties » et le format même des centuries de quatrains:  Ce serait donc à partir de ces faux almanachs que les faussaires auraiet conçu et mis en oeuvre le corpus centurique lequel puisera en différentes sources, comme l’ont montré Liaroutzos et Brind’amour; JHB   26 10 23

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jacques halbronn Retour sur la méthodologie suivie dans sa thèse d’Etat. « Le texte astrologique en France; Formation et fortune » (1999)

Posté par nofim le 15 octobre 2023

jacques  halbronn Retour sur la méthodologie suivie dans sa thèse d’Etat. « Le texte astrologique  en France; Formation  et  fortune » (1999)

 

 

   Nous avons jugé utile d’expliciter la façon dont nous avions il y  a 25 ans environ  élaboré un travail  que nous avions commencé en 1985, il y a 40 ans environ, en analysant nos pages de conclusion (pp. 1260 et seq) constituant un manifeste des études en « néo-prophétisme » (NP) 

Nous écrivions » A partir d’un corpus de textes relativement vaste nous avons voulu établir un certain nombre de relations aussi bien entre les pièces de l’ensemble qu’entre celles-ci et les enjeux historiques; (…) Il ressort du présent travail qu’il existe une tradition – une transmission, un topos littéraire à laquelle toute personne conviée à produire du texte prophétique sera conduite, peu ou prou, à aller puiser (…) Nous nous situons, de toute évidence, dans la longue durée, On ne peut dater un texte avec un minimum de certitude si on n’a pas fait la part de ce qui a pu lui arriver  Entendons par là de conduire la recherche tantot en amont (les source), tantot en aval -les avatars Car un texte peut être plus ancien qu’il ne parait ( )  Une recherche textologique ne saurait être tout à fait achevée tant que l’on n’a pas expiiqué pourquoi tel texte a circulé ou a été réédité à tel moment et ce qui  au sein de ce texte faisait particulièrement sens alors. (..) En insistant sur le recyclage  des textes; nous avons mis en évidence un corollaire, celui d’une certaine indifférence à l’égard de la matière textuelle qui n’est guère moins malléable que la matière langagière -dans la mesure où le même ensemble de mots- ou à peine retouché- est suscptible d’être interprété selon les besoins de la caise. (…)Comment s’étonner que la contrefaçon, le mensonge; le feux semblent aient  été aient été récurrents tout au long de notre reherche/ Tout se passe en effet comme si le ciment de toute élaboration, tant individuelle que collective était composé d’une certaine dos de mauvaise foi, de reniement, de  dénégation; de non reconnaissance de dette, d’occulttaion des sources, des emprunts. (Il  faut)  établir ou plutôt  de rétablir des connexions aussi dérisoires, aussi  factives soient elles dès lors que le rapprochement des mots est suffisammenent probant pour  ne pas  être  fortuit

 

15 10 23

 

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jacques halbronn Histoire de l’Astrologie antique. De la critique biblique à la critique tétrabiblique

Posté par nofim le 13 octobre 2023

jacques halbronn Histoire de l’Astrologie antique.   De la critique biblique à la  critique  tétrabiblique

 

 

On se propose ici de mener à bien notre démarche de critique des textes autour de la Tétrabible de Prolémée (IIe siècle de notre ère). Nous montrerons que l’auteur de cette somme astrologique, qui est surtout connu en tant qu’astronome (L’Almageste) tenant d’un géocentrisme qui sera pourfendu par Copernic au XVe suècle, aura tenté de refonder l’astrologie pour la raccorder à l’astronomie, ce qui aura conduit à une distorsion  de la tradition astrologique qui se sera perpétuée jusqu’à nos jours. On pourrait comparer sa démarche à celle d’un Jésus de Nazareth s’efforçant de rassembler les « brebis perdues de la maison d’Israel ».En ce sens, nos travaux en critique biblique convergent méthodologiquement avec ceux que nous consacrons au corpus astrologique et au corpus nostradamique. 

On montrera  ci-dessous  la façon dont le rédacteur du Tetrabiblos  aura réaménagé le savoir astrologique pour l’accorder avec la science astronomique. Pour ce faire, il conviendra d’étudier la genése de la symbolique zodiacale et comment celle-ci aura été  troublée  et perturbée par une certaine approche de la part des astronomes et comment la dite symbolique se sera imposée dans la littérature astrologique laquelle aura adopté la Tétrabible comme sa « bible »!

Il est bon, en effet,  de disposer d’éléments de comparaison quand on entend situer un corpus, une série. C’est ainsi que Chantal Liaroutzos et Pierre Brind’amour auront pu dans les années 1987-96  signaler les sources de certains quatrains des Cenuries de Nostradamus sans d’ailleurs en tirer toutes les conclusions qui en découlaient.  Nous voudrions ici  mettre en perspective la symbolique zodiacale des 12 signes.constellations. dont nous avions eu déjà l’occasion de traiter. 

Pour ce faire, nous nous sommes servis des almanachs et des Livres d’Heures (cf notre étude parue dans la Revue Française d’Histoire du Livre en 2015) et notamment des Très Riches Heures du Duc de Berry.  On s’arrêtera notamment sur les mois de Mai et de Novembre, appartenant à deux saisons opposées, le printemps et l’automne. .Dans son ouvrage  » La Séduction une passion française » (ed Les Belles Lettres, 2022), l’historien  Robert Muchembled traite du mois de mai  (pp. 38 et seq) comme celui où les jeunes filles sont courtisées. :  « Au XVIe  siècle, le mois de Mai est la principale époque des amours villageoises »

Or,  ce  mois  est associé dans la Tétrabible  au signe des Gémeaux lesquels sont représentés dans certaines frises (cf les Pronostications annuelles de Nostradamus) par un couple enlacé.)

Tétrabible  (trad, Nicolas  Bourdin 1640)

18 — Des Maisons (= des Dignités planétaires) 

« De plus, il y a sympathie des planètes avec les parties du Zodiaque en raison des maisons trigones, exaltations, termes et de quelques autres propriétés semblables. Or les maisons sont distribuées selon une raison naturelle. En effet, comme des douze signes, deux septentrionaux sont plus près que les autres de notre zénith, et produisent le plus de chaleurs et d’ardeurs immodérées, à savoir le Cancer et le Lion, on a jugé que ces deux signes sont les maisons des deux plus grands et plus puissants luminaires, le Lion du Soleil, parce qu’il est signe masculin, et le Cancer de la Lune, 43  parce qu’elle est féminine ; et en continuant, le demicercle qui va du Lion au Capricorne ; est à bon droit estimé solaire ainsi que lunaire l’autre demi-cercle qui va du Verseau au Cancer afin qu’en chaque demicercle, on puisse donner à chaque planète un signe qui lui soit familier (soit qu’il soit de la nature du Soleil, ou soit qu’il s’accorde à celle de la Lune) selon la disposition de leurs orbes et les particularités de leurs natures. De fait à Saturne, parce qu’il est extrêmement froid et qu’il combat la chaleur, et qu’aussi sa sphère est la plus haute et la plus éloignée des luminaires, ont été attribués les signes opposés au Cancer et au Lion, à savoir le Capricorne et le Verseau, lesquels sont, et froids et jumeaux et, en raison de cette opposition, maléfiques. À Jupiter qui est de nature tempérée, et soumis à la sphère de Saturne, ont été donnés les signes proches de ceux-là, venteux et féconds, qui sont le Sagittaire et les Poissons, lesquels d’un trine aspect qui convient à la bienfaisance, regardent les signes des luminaires. Ensuite à Mars desséchant et placé sous l’orbe de Jupiter, ont été donnés les signes voisins des maisons de Jupiter, à savoir le Scorpion et le Bélier, lesquels à cause du regard qu’ils ont de carré avec les domiciles des luminaires, conviennent à une nature nuisible et qui engendre la corruption. Mais à Vénus, dont la nature est tempérée et qui est placée sous l’orbe de Mars, ont été attribués les signes proches de ceux-là et très féconds, la Balance 44  et le Taureau, qui à cause du sextile sont plus doux, et parce qu’aussi cette planète ne précède ou ne suit le Soleil de plus loin que de deux signes. À Mercure, qui est le dernier et qui n’est jamais plus éloigné du Soleil que d’un signe, et qui est placé sous les orbes des autres planètes, comme étant aussi le plus proche des luminaires, ont été attribués les signes plus proches de ces mêmes luminaires, à savoir les Gémeaux et la Vierge »

Selon nous,Ptolémée aura inversé les positions de Mercure et de Vénus (cf notre article « Astrologie » dans l’Encyclopaedia Universalis »),  et de fait c’est bien le taureau et la balance qui correspondent au coté mercantile de Mercure (le cheptel, la pesée)  alors que la vierge et les gémeaux correspondent aux valeurs amoureuses. La permutation est ici assez flagrante et aura perverti la pensée astrologique durablement. Pour l’auteur de la Tétrabible, il importait donc que Mercure, la planéte la plus proche du Soleil se voit attribuer les signes les plus proches des luminaires , ce qui signifie que pour l’astrologie, la planété Vénus  était décrite comme plus proche que Mercure du Soleil. En permutant les maitres des signes, il eut fallu permuter leurs signes en rapport avec le caractère des astres. On ne peut faire les choses à moitié:.

Il convient également de se demander pour quelles raisons la Tétrabible ne restitue pas les signes astrologiques tels que représentés dans toute une tradition iconographique; Pourquoi notamment le porc  en est il absent alors qu’il figure en bonne place dans les 12 Travaux d’Hercule (cf le sanglier d’Erymanthe) et dans les Livres d’Heures.? Si l’on étudie les constellations zodiacales, l’on voit que la Tétrabible  met ainsi l’astrologie en accord  avec celles-ci en évacuant notamment le porc qui ne s’y trouve pas. Autrement dit, la Tétrabible reprend littéralement  le discours astronomique sur le Zodiaque et s’écarte de la symbolique saisonnière attestée par les Livres d’Heures. 

Du fait de la Tétrabible, l’astrologie aura compromis son lien  avec la symbolique saisonnière, en ce qui concerne notamment les mois d’Automne en dépit de ses références récurrentes  à celle -ci quand cela correspond passant allégrement de considérations météorologiques (printemps, Eté) à d’autres à caractère psychologique, faute de mieux. Solution de contnuité. Si l’on éxamine un discours assez typique sur le zodiaque , il n’est même pas fait allusion à la symbolique zodiacale sur le plan iconographique et l’on se contente de généralités sur les saisons., ce qui permet d’occulter la dégradation de la dite symbolique dans les derniers mois de l’année:.

 

Site AKALI aastrocom

« Le zodiaque et les saisons

Le zodiaque se divise en quatre saisons, comportant chacune trois signes. Le premier signe émet une nouvelle énergie, le deuxième concentre cette énergie, et le troisième la distribue.

Printemps Bélier TaureauGémeaux : Jaillissement des nouvelles pousses.

Au début du printemps, le jour est égal à la nuit, il y a équilibre, mais équilibre instable. La force de jour grandit peu à peu.

Le Bélier sent l’impulsion du nouveau, l’énergie qui fait sortir le germe de la graine. Mais il est encore plein du passé, et doit accepter de quitter l’ancien pour le nouveau.

Au Taureau on s’enracine, l’impulsion initiale se matérialise.

Aux Gémeaux, les feuilles grandissent, on commence à explorer l’entourage.

CancerLionViergeEté : Fruits et moisson

C’est le solstice d’été, la force de jour est à son maximum.

Au Cancer on se sent pleinement exister, car la force de jour remplit l’intérieur de l’être. On s’installe chez soi et en soi. Puis le jour commence à diminuer.

Au Lion, on exprime pleinement ce qu’on a réalisé être au Cancer, c’est la période des fruits.

A la Vierge, c’est la période des récoltes, on trie le bon du mauvais.

BalanceScorpionSagittaireAutomne : Récoltes, préparation de la Terre

Il y a nouvel équilibre du jour et de la nuit. La nuit va augmenter, et on va se relier peu à peu aux autres.

A la Balance, on s’ouvre à l’autre.

Au Scorpion, il y a transformation de la matière, les feuilles tombent et se transforment en humus. On se relie profondément à l’autre de façon fusionnelle.

Au Sagittaire, la terre porte les graines et se prépare à passer l’hiver. On cherche à comprendre le sens de la relation.

CapricorneVerseauPoissonsHiver : Grand sommeil de la terre

Les graines sont semées, c’est l’alchimie secrète qui fera les semences du printemps des fruits de l’année passée. La force de nuit est à son maximum.

Au Capricorne, tout est froid et sans vie, mais la terre porte en elle les graines du futur, le jour augmente peu à peu.

Au Verseau, la lente alchimie s’effectue au cour de la graine.

Aux Poissons, on se prépare à recommencer un nouveau cycle ». 

Cette dégradation  est également manifeste quand on aborde la question  du tétramorphe, à savoir les 4 signes placés au milieu de chaque saison:  le taureau, le lion, l’aigle et l’homme (cf  les 3 étoiles fixes « royales », Aldébaran pour le taureau, Régulis pour le lion, Antarés pour le scorpion,  Fomalhaut pour le Poissons(à proximité du Verseau (Aquarius). On retrouve cette division en 4  en analogie avec les 4 saisons  dans le livre d’Ezékiel, dans  la symboique sphingienne, largement illustrée, que l’on retrouve dans l’Arcane « Le monde » du Tarot) Cette fois, c’est l’absence de l’Aigle, censé correspondre à l’Automne, qui interpelle. Il existe au demeurant à coté de la constellation du Scorpion, une constellation de l’Aigle (Aquila). Pourquoi cette permutation? C’est ainsi que l’astrologie sera dépourvue et de l’Aigle et du Porc avec à la place le Scorpion  et le Sagittaire, c’est à dire deux archers, si l’on admet que l’archer était désigné comme « homme scorpion » (cf A. Volguine. Le symbolisme de l’Aigle), ce qui renvoie à Heraclés, lequel va abatrre les Oiseaux du Lac de Stymphale de ses fléches (cf notre étude in Clefs pour l’Astrologie. ed Seghers, 1976) On assiste là à une sorte de renversement, l’archer prenant la place de sa cible. Rappelons que le porc est abattu dans le monde paysan, comme on peut le voir dans les Très Riches Heures du Duc de Berry. On tue le cochon mais n’est ce pas en rapport avec le dieu Mars, tout comme les autres cas reliés à Mercure et à Vénus? Qui de l’aigle qui a aussi disparu du zodiaque occidental lequel ne comporte d’ailleurs aucun volatile, à la différence du tétramorphe (cf supra)? Il est aisément relié au dieu Jupiter, le quatriéme facteur. Les artistes ont célébré un tel rapport de l’aigle au maitre de l’Olympe  (avec Hébé, avec Ganyméde). Ces 4 divinités ne renvoient pas à des planétes mais aux secteurs qui balisent la course de la Lune et de Saturne (et du soleil), comme nous l’avons montré ailleurs. Selon nous, il convient de connecter  Jupiter avec l’Aigle et avec le signe du Verseau, c’est à dire Ganyméde, l’échanson des dieux, mis en exergue par Paul Le Cour dans son ouvrage sur l’Ere du Verseau..Dans les représentations des mois saisonniers,  le mois de février  comporte un scéne de banquet avec sur la table  une amphore.

Sur   Internet

« Ganymède est un prince troyen. Selon l’Iliade, il est réputé être le plus beau des mortels. Alors qu’il fait paître son troupeau sur le mont Ida de Troade, Zeus l’aperçoit et, se transformant en aigle, l’enlève pour en faire son amant, et l’échanson des dieux. En compensation, son père reçoit de Zeus quatre chevaux qu’il tenait de Poséidon ».   

Cela signifie qu’il y aurait eu permutation à savoir que Jupiter serait lié non pas au signe des Poissons mais à celui du Verseau qui le précéde tout comme il serait lié au signe du scorpion qui est à associé à l’Aigle (cf supra). On a vu plus haut qu’il y avait eu permutation entre signes de Mercure et de Vénus, ce qui a dû entrainer cette autre permutation par ricochet vu que Mercure et Jupiter  occupent dans le dispositif de la Tétrabible (cf supra) des signes opposés ( Gémeaux/Sagittaire, Vierge/Poissons)  Mars dans le dispositif  de la Tétrabible domine le scorpion et le bélier. De fait, le porc est un animal qui est  dans les représentations  saisonnières des Livres d’Heures; littéralement « charcuté »; ce qui correspond bien à la symbolique propre à ce dieu guerrier.  Nous pensons que le signe du Bélier (associé à Mars dans la Tétrabibe) . On pense au « bouc émissaire ». Dans le Livre de la Genése, ‘lorsque Isaac demande à Abraham où est le bélier pour l’offrande en holocauste, Abraham répond que « Dieu y pourvoira »  . Nous pensons que  Jupiter doit être associé non pas aux poissons mais au verseau (cf  ganyméde, supra).

Quant à Sature, il récupère les poissons et garde le capricorne, animal doté d’une queue de poisson.

Sur Internet 

« Dans la mythologie grecque, la constellation du Capricorne représente pour certains Amalthée, la chèvre qui nourrit Zeus lors de son enfance. Pour d’autres elle représente Pan lorsqu’il fuyait le monstre Typhon. Ayant pris l’apparence d’une chèvre, il voulut se transformer en poisson » En Inde, le capricorne correspond au crocodile (Makara).

 . Nous disposons, il nous semble, de suffisamment d’éléments de présomption pour relier  le zodiaque à la mythologie gréco-romaine et ce, en dépit de diverses permutations et corruptions;  II  ressort que le zodiaque astrologique n’est pas celui des astronomes même si c’est ce dernier qui aura été intégré dans la littérature astrologique; Il convient en effet de ressourcer le zodiaque astrologique sur la série véhiculée par les Très Riches Heures du Duc de Berry, entre autres Livres d’Heures et donc de replacer le porc à sa place, cet animal étant présent dans les Travaux d’Hercule et dans le Zodiaque chinois.

 

Bibliographie

 Jacques Halbronn. «Comparaison du Tetrabiblos attribué à Ptolémée et de la Mathesis de Firmicus Maternus, Colloque  Homo Mathematicus Université de Malaga   http://webdeptos.uma.es › abstracts

Jacques  Halbronn Etudes autour des Editions ptolémaïques de Nicolas Bourdin (avec le Commentaire du Centilogue de Ptolomée) Ed Trédaniel 1993 

jacques  Halbronn, Ptolomeo y las astrologias del Tetrabiblos , Barcelone, revue Beroso, 2001 4.

Remarques astrologiques sur le Commentaire du Centiloque de Ptolémée par Nicolas de Bourdin ou le Fanal de l’Astrologie – Introduction et notes de Jacques Halbronn , dans la collection Bibliotheca Hermetica 1975

 

Manuel d’astrologie. La Tétrabible. -

 Claude Ptolémée. Préface. Elizabeth Teissier. Traduction. C. Bourdin · Alain Verse. Editeur. Belles Lettres. 1993. 

Tétrabiblos – Claude Ptolémée, André Barbault

https://www.leslibraires.fr › livre › 138246-tetrabiblos…
 : Éditions du Félin; 1986; 
Article Zodiaque  in Wikpedia
Jacques  halbronn 

article  Dignités planétaires, sur  Wikipedia.

jacques Halbronn LEs maitrises planétaires. Critique des études de Guinard et de Lenoble; site CURA  2021

  Jacques  halbronn, Solange Dessagne, Le Grand livre du Sagittaire. Ed Tchou 1981.
Jacques  halbronn  Mathématiques Divinatoires. Ed Trédaniel  1983
Jacques  halbronn  Clefs pour l’atsrologie. Ed  Seghers  1976   Ed revue et corrigée 1993
Jacques Halbronn Dir; Aquarius ou  la  Nouvelle Ere du Verseau, Ed Albatros, 1979

JHB  16 10 23

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jacques halbronn Epistémologie. Heurs et malheurs du mimétisme et des faussaires

Posté par nofim le 1 octobre 2023

jacques  halbronn  Epistémologie. Heurs et malheurs du mimétisme et des faussaires.

 

Dans nos travaux consacrés à la fabrication des Centuries, nous avons montré que les faussaires avaient fait de mauvais choix en copiant, par ignorance, de faux documents, à commencer par les vignettes de couverture d’éditions pirates d’almanachs de Nostradamus, parus au début des années 1560. En effet, ces vignettes n’étaient pas celles utilisées pour les « vrais » almanachs de cet auteur.(cf Le texte prophétique en France, formation et fortune,  Presses Universitaires du Septentrion, 1999); D’ailleurs, l’idée même de produire des Centuries sous le nom de Nostradamus est probablement liée au fait que les dits vrais et faux  almanachs de Nostradamus comportaient chaque année une douzaine de quatrains. Par extrapolation, on passerait à l’idée que Nostradamus aurait pu produire ainsi des centaines de quatrains. Néanmoins, la mise en évidence de ces points n’aura pas suffi au regretté Patrice Guinard et à bien d’autres nostradamologues ou apprentis nostradamologues pour qu’ils abandonnent une fois pour toutes la thèse de l’authenticité de Centuries prétendument parues entre 1555 et 1568 alors que leur production ne commencer qu’en 1588 pour le seul premier volet et quelques années plus tard pour le second doté d’une Epitre à Henri II , recyclant une vraie Epitre au Roi (datée de 1556  et non de 1558 comme la fausse) parue dans les Présages Merveilleux pour 1557 (reprint 2002 dans nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat)

Mais de telles  mésaventures sont monnaie courante. On pense notamment au processus de l’emprunt linguistique  (cf Louis Deroy . Paris, Les Belles Lettres, 1956).dont nous avons traité dans notre mémoire « Linguistique de l’erreur et épistémologie populaire 1987. De fait, l’erreur est une fatalité pour toute forme de mimétisme.  Elle peut se présenter comme une innovation de la part de l’emprunteur mais celle-ci est le plus souvent involontaire et tient à une mauvaise appréhension du modéle ciblé, ce qui produit du « barbarisme », comme dans le cas de l’exercice du « thème latin » L’emprunteur se met ainsi doublement en porte à faux, tant par rapport à la langue ainsi piratée que par rapport à sa propre langue. Les langues qui auront été tentées de s’aligner sur le français auront été incpables d’intégrer le processus de la diphtongue. Or,  il s’agit là d’ un élément essentiel de la phonologie qui aura été négligé à savoir la dialectique entre signaux diphtongués et non diphtongués. L’on peut parler d’une invention de la diphtongue et de langues qui ont pris la mesure ou non de ce progrès phonologique. Le français semble être de nos jours la langue qui aura le mieux su exploiter une telle avancée des marqueurs, notamment quant à la question du genre et du nombre, ce qui la met en décalage avec les langues qui ont raté un tel  tournant ou qui n’ont pas su en profiter comme dans le cas de l’anglais, en dépit de ses emprunts massifs au français.

Dans le domaine religieux, le rapport du christianisme au judaisme est emblématique. Le processus d’imitation, de « copie » suppose que l’on ne soit pas victime des erreurs commises par le modéle lui-même! Le cauchemard du copieur, c’est quand il ne corrige pas les erreurs de son modéle, ce qui conduit à démasquer son forfait. Or, le  judaisme, du temps de Jésus, est  marqué par un puissant syncrétisme, conséquence du schisme survenu à la mort du roi Salomon, mille ans auparavant, ce qui va donner lieu à la formation de deux royaumes, au Nord, celui d’Israel, au Sud, celui de Judah et au bout du compte le Pentateuque (notamment les Livres de l’Exode et du Deutéronome)) sera recomposé à la solde des héritiers du Royaume dissident du Nord dont l’idéologie est celle de la faute et de son pardon, thématique qui occupera une place centrale dans le christianisme. Les juifs eux mêmes de nos jours sont victimes d’un tel syncrétisme et sont même allés jusqu’à appeler l’Etat hébreu,  fondé en 1948, du nom d’Israël, pourtant stigmatisé par les livres prophétiques de l’Ancien Testament.

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB 01 10 23

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Jacques halbronn César de Nostredame et la fabrication des Centuries.

Posté par nofim le 24 septembre 2023

Jacques  halbronn  César de Nostredame  et la fabrication des Centuries.

A la fin du XVIe siècle, trente ans après sa mort en tournoi, en 1559, Henri  Second va finir par occuper une place significative dans l’élaboration de la  « légende dorée »  de Nostredamus et cela sous deux formes, celle du commentaire  d’un certain quatrain d’une part (voir CORPUS NOSTRADAMUS 51 — par Patrice Guinard  « Le décès du roi Henry II deux fois présagé par Nostradamus ») et celle de l’ Epitre indtroductive au  second volet des « Prophéties ».

 

I  Le quatrain fatal 

sur Internet 

  »Nombres de ses prédictions furent d’ailleurs publiées dans ses Centuries (1555), dont la prédiction de la mort du roi Henri II…

Voici ce qu’on lit à ce sujet dans son œuvre :

“Le lyon jeune le vieux surmontera

En champ bellique par singulier duelle

Dans Cage d’or les yeux luy crèvera

Deux classes une, puis mourir, mors cruelle”

 

Centurie I, quatrain 35

Or, le roi décède en 1559, à la suite d’un tournoi (ce qui rappelle étrangement le singulier duel dont parlait l’astrologue royal), organisé en l’honneur d’un double mariage. «    

Comme le notre Yves Boisson, le rapprochement entre ce quatrain et la fin du Roi n’aura été formulé que par César de Nostredame, son fils, lequel d’ailleurs est lui même utilisé pour ouvrir le premier volet des dites prophéties (Préface) On ne saurait en effet exclure la participation du fils de Michel de Nostredame, âgé en 1588 de 35 ans, dans la mise en oeuvre posthume des Prophéties (antidatées), en puisant notamment dans les documents tan manuscrits  qu’imprimés, de la bibliothèque de son père,   ce qui vaudra pour le recyclage de l’Epitre à Henri II, dont la première mouture figure dans les Présages Merveilleux poiur 1557 (voir notre reproduction en 2002  dans Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus)

Nostredame, César de (1553-1629) 

: Histoire et chronique de Provence 

: Lyon, S. Rigaud, 1614;  Reprint  Marseille, Laffitte, 1971

Preface
de
M. Michel Nostradamus
a ses Propheties

Ad Caesarem Nostradamus filium, Vie et félicité.

 

 

II Le recyclage de l’Epitre à Henri II de 1556 

Nous avons déjà signalé  cette affaire dans de précédents articles(cf d’abord  in  « Une  attaque réformée oubliée contre Nostradamus (1561) « Réforme, Humanisme, Renaissance 1991  33  pp. 43-72) en soulignant qu’initialement c’est l’Epitre au pape Pie IV qui aurait du ouvrir  le seconde volet des Centuries, ce qui est attesté par la présence de quatrains de la centurie VIII  qui en dérivent (voir VIII, 76 et seq). Cette épitre sera remplacée à par une fausse Epitre au Roi datée  cette fois de 1558, calquée sur celle de 1556.

C’est dire à quel point le roi Henri II va se retrouver  propulsé en position centrale à la charnière du XVIIe siècle, dans la fortune et la postérité de Nostradamus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jacques halbronn Commentaire autour d’une conférence de SYlvain Bouchet « Les Centuries de Nostradamus ou les « Fake News » de la Renaissance »

Posté par nofim le 16 septembre 2023

 

Jacques  halbronn  Commentaire autour d’une conférence de Sylvain  Bouchet   

 

Nous avons apprécié que cet auteur parle de « quatrains  ajoutés après la mort  » de Nostradamis, « truqués voir totalement inventés » En revanche, quand  Sylvain Boucjet écrit. « Ce passage n’apparaît pas dans les Prophéties, tout simplement parce que Nostradamus s’exprimait en quatrains et que, la forme employée ici, n’est pas celle du quatrain. » Pour nous, le quatrain n’est nullement la marque de Nostradamus » Ce sont ses textes en prose; ses Epitres  – et notamment celle adressé  en 1561  au pape Pie IV qui  générent des quatrains lesqiels sont l’oeuvre de versificateurs qui agencent les mots à leur guise. Nous avons ainsi montré que le second volet des Centuries était précédé d une épitre à  Pie IV  et à Henri II  car on  retrouve dans les dites centuries des termes qui sont absents de l’Epitre au Roi de France alors qu’ils figurent dnas la Préface au Pape. Mais peut être Sylvian Bouchet n’aura jamais pris connaissance du texte adressé à Pie iV  et d’ailleurs très vite  traduit en italien (voir sur Gallica  BNF)

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Université inter-âges du Bugey

Les Centuries de Nostradamus ou les « Fake News » de la Renaissance

 

Date de la conférence : 17/01/2019

PRÉSENTATION DE LA CONFÉRENCE
« Les Prophéties » de Nostradamus, dont la première publication date de 1555, est sans doute le texte français qui aura été le plus manipulé.

Sans parler des interprétations farfelues du protégé de Catherine de Médicis, ce sont bien les quatrains ajoutés après la mort de l’auteur, truqués voir totalement inventés, qui trahissent la volonté, comme les « Fake News » actuels, de modifier l’opinion publique à des finalités politiques et idéologiques.

Il faut dire que le style littéraire original des quatrains et la biographie même de Nostradamus (largement construite sur des légendes et des fausses informations d’ailleurs!) se prêtent à merveille à ce genre de manipulation.

Ainsi, au gré des contrefaçons, Nostradamus s’est vu tour à tour asseoir les pouvoirs d’Henri IV et de Louis XIV, discréditer Mazarin, appuyer les idées de la Révolution Française jusqu’à, plus récemment, être au centre d’une lutte psychologique franco-allemande lors de l’Occupation.

Quelle était la véritable démarche de Nostradamus? En quoi son style d’écriture est propice à l’actualité contrefaite?

Comment les faussaires ont opéré et pourquoi?

Sylvain Bouchet, historien spécialiste de Nostradamus, se propose de revenir sur ces questions et de mettre en parallèle l’époque qui a vu naître l’imprimerie et le colportage avec celle, actuelle, d’Internet et des réseaux sociaux.

 

 

23 mars 2020

 

 

Depuis quelques jours circule sur les réseaux sociaux, et en particulier sur Facebook, une prétendue prédiction de Nostradamus (1503-1566) annonçant l’actuelle épidémie de Coronavirus (Covid-19).

Voici le message, tel qu’il apparaît dans ce qui est une véritable Fake News:

« Nostradamus a écrit en 1555 ceci ! Il y aura une année jumelle (2020) d’où surgira une reine (Corona) qui viendra de l’Orient (Chine) et qui étendra une plaie (Virus) dans les ténèbres de la nuit, sur un pays aux 7 collines (Italie) et transformera en poussière (Mort) le crépuscule des hommes, pour détruire et ruiner le monde. Ce sera la fin de l’économie mondial (sic) tel que vous le connaissez. »

 

Première remarque. Ce passage n’apparaît pas dans les Prophéties, tout simplement parce que Nostradamus s’exprimait en quatrains et que, la forme employée ici, n’est pas celle du quatrain.

 

Ensuite, s’il l’on prend la peine de vérifier le texte original (certes publié en 1555 comme annoncé sur Facebook… mais il y aura d’autres éditions augmentées), aucun quatrain n’évoque, de près ou de loin, cette prétendue prédiction. Nous avons donc affaire ici à un véritable montage, ou création apocryphe du texte de Nostradamus, comme il est d’ailleurs fréquent de rencontrer au fil de l’Histoire, en particulier lors des périodes d’inquiétude et/ou de grands changements : Révolution Française, Guerres napoléoniennes, Guerres mondiales, et plus récemment le 11 septembre 2001…

 

Pour ce dernier évènement, voici le quatrain qui se mit à circuler sur le tout jeune réseau Internet :

In the year of the new century and nine months,

From the sky will come a great King of Terror…

The sky will burn at forty-five degrees.

Fire approaches the great new city.

 

Indice de la supercherie, le quatrain n’est pas numéroté. En étudiant le texte original, il est possible de retrouver une approximative correspondance (la traduction du français à l’anglais permet d’ailleurs beaucoup d’arrangements !) dans deux quatrains écrits par Nostradamus. Les voici :

X-72 (= quatrain numéro 72 de la Xe Centurie) [au passage, publié deux ans après la mort de Nostradamus]

L’an mil neuf cens nonante neuf sept mois,

Du ciel viendra vn grand Roy d’effrayeur:

Resusciter le grand Roy d’Angolmois,

Auant apres Mars regner par bon-heur.

 

VI-97 (= quatrain 97 de la VIe Centurie)

Cinq & quarante degrésciel bruslera,

Feu approcher de la grande cité neusve,

Instant grand flamme esparse sautera,

Quant on voudra des Normans faire preuve.

 

Comme vous le voyez, la lecture d’un quatrain de Nostradamus est d’une grande complexité (ancien français, métaphores et autres figures de style…). Par conséquent, et c’est ce qui fait le succès de Nostradamus : il est possible de lui faire dire tout et n’importe quoi (et surtout de faire dire exactement ce que l’on veut lui faire dire !). Toutefois, malgré cette immense souplesse d’interprétation, il arrive qu’un évènement ne trouve pas sa correspondance dans le texte d’origine. Dans ce cas, la ruse consiste à extraire des séquences de quatrains en les associant ensuite entre eux, « à la manière de », pour créer une coïncidence avec un fait d’actualité (c’est le cas avec l’exemple du 11 septembre 2001).

 

Pour la fausse prédiction qui nous intéresse ici, celle du Coronavirus, la manipulation est encore plus grande puisque seuls quelques mots isolés sont utilisés… or ces mots (Nuit, Orient, Plaie…) sont d’une grande banalité. Seule l’année jumelle aurait été une évocation « troublante » mais, nulle part dans les Prophéties, ce terme apparaît (et d’ailleurs pourquoi penser à 2020 ? 1818, 1919, 2222… fonctionneraient tout autant pour une année jumelle).

 

Voici, sous forme de tableau, les correspondances et récurrences entre la fausse prédiction et le texte original de Nostradamus :

 

 

Nous sommes donc loin, très loin, d’une prédiction du Coronavirus par Nostradamus. Et n’oublions pas que, sur près de 1000 quatrains que comportent les Prophéties, la probabilité d’une correspondance avec un ou deux mots est immense.

 

Cependant, si Nostradamus n’évoque pas le Coronavirus, une autre épidémie traverse littéralement ses Prophéties : la peste. Pas moins de 40 récurrences (avec les variantes : pestilence et pestiférer) envahissent ses quatrains. Et pour cause, la peste, en ce XVIe siècle, est le quotidien de Nostradamus. Sa première Université à Avignon ferme ses portes en raison d’une épidémie (1520), interrompant net les études de Nostradamus et de ses camarades. Il reprend, dix ans plus tard, le chemin de l’Université, à Montpellier cette fois, pour devenir médecin. À ce titre il est appelé à Marseille, Aix-en-Provence, Lyon et Salon (sa cité de résidence), sinon pour soigner, du moins pour tenter de contenir les épidémies successives. Il relate son expérience lors de la publication d’un Traité des Fardements (1555) et d’un Traité de la peste (connu à travers une édition de 1598). Il prône des règles d’hygiène élémentaires comme se laver les mains ou la destruction des effets personnels contaminés. Au passage, une épidémie emportera sa première épouse et leurs deux enfants.

 

Nostradamus, dans ses Prophéties, parle avant tout de son époque, pensant, peut-être tout simplement, que les malheurs d’hier sont les malheurs d’aujourd’hui… et seront les malheurs de demain. Guerre, épidémie, catastrophes naturelles…

 

Mais dans cette noirceur réelle du texte de Nostradamus (inutile donc de créer de faux quatrains dans le but de produire du sensationnel et de l’angoisse), il y a sans doute un message tout simple. Le message d’un médecin au contact de malades, le message d’un veuf, le message d’un père qui a perdu deux de ses enfants : Prendre conscience de la fragilité, de la beauté et du caractère unique de la vie.

 

Sylvain BOUCHET, le 19 mars 2020 Historien, Spécialiste de Nostradamus

 

9 JUIN 2021

Sylvain Bouchet nous informe de la parution d’une suite de la conférence ci dessus :

 » Nostradamus. Docteur Astrophile « pièce de théâtre commentée par Sylvain Bouchet Edition Chomarat

 

 

 

 
RÉSUMÉ DU CONFÉRENCIER
LE CONFÉRENCIER
sylvain-bouchetSylvain BOUCHET

Sylvain Bouchet, historien spécialiste de l’Antiquité (Thèse sur les Jeux Olympiques, Lauréat du Prix Coubertin) s’intéresse depuis une dizaine d’années maintenant à la restitution de la culture greco-romaine par les Humanistes de la Renaissance.

Et, parmi cette effervescence culturelle du XVIe siècle, le personnage de Nostradamus, que Sylvain Bouchet analyse avec les outils d’un historien en se gardant de toute interprétation.

Sylvain Bouchet est un historien, spécialiste des Jeux Olympiques. Lauréat du Prix Coubertin pour sa thèse de doctorat consacrée aux cérémonies olympiques. Il assure des commissariats d’expositions, notamment à l’Exposition universelle de Shanghai, donne des conférences et anime des émissions de radio sur l’histoire du sport et de l’olympisme.

Il enseigne à l’ISCOM de Lyon (Institut Supérieur de la Communication et de la Publicité) le lobbying et la communication des grands évènements mondiaux: Jeux Olympiques et Expositions Universelles.

Passionné par le lien entre les civilisations antiques et modernes, il consacre les plus récents de ses travaux à l’Humanisme de la Renaissance. Intéressé par les arts du spectacle et la mise en scène, il enseigne depuis 2007 la dramaturgie à l’École Nationale Supérieure des Arts et Techniques de Théâtre (ENSATT).

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jacques halbronn Essai autobiographique 2023 version complétée

Posté par nofim le 8 septembre 2023

jacques  halbronn  Essai  autobiographique 2023 

  Né à Paris, le 01 12 1947, passionné par les emprunts linguistiques, les passerelles entre langues(gérmaniques, latines, semitiques, slaves), il acquiert une formation en science politique et en droit constitutionnel, à Paris et à Jérusalem avant de se consacrer  à toute une série de travaux universitaires (DEA, Doctorats (d’Etat, post -doctorat) dans le domaine de la linguistique, du Judaisme, du prophétisme . En paralléle, il joue un rôle important en matière  de Colloques, notamment internationaux  au sein de la communauté astrologique européenne  (MAU , Mouvement Astrologique  Universitaire) tout comme dans la communauté  juive. (CERIJ Cercle d’Etudes et de Recherche sur l’Identité Juive) Il réunira un ensemble d’enseignants en astrologie (FLAP Faculte Libre d’Astrologie de Paris) et  mettra en place une structure d’édition (la Grande Conjonction) ainsi qu’une Bibliothèque de recherche, (CATAF Catalogue Alphabétique des Textes Astrologiques français) installée rue de la Providence 75013 Paris.  Adepte d’audiovisuel, il  lance une chaine sur You Tube (Téléprovidence). Il  aura l ‘occasion de parler au nom de l’astrologie: Clefs pour l’Astrologie, Ed Seghers 1976  et  l’article Astrolofgie dans l’Encyclopaedia Universlis (depuis 1993)

 

 

 

 

 

 

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jacques halbronn Centuries (Nostradamus) et tarot : des cases à remplir par tous moyens

Posté par nofim le 6 septembre 2023

jacques  halbronn   Centuries (Nostradamus) et  tarot : des cases à remplir par tous moyens   

 

  Dans notre étude sur le Tarot (cf Revue Française d’Histoire du Livre, 2015), nous avons montré que certaines arcanes majeurs du Tarot étaient issues du Kalendrier et Compost des Bergiers (fin XVe siècle); à partir des vignettes  représentant l’Enfer ; le Diable, la roue des damnés devenue Roue de Fortune etc. Il semble également que le tarot ait emprunté (le Pape, l’Empereur, l’Amoureux etc), puisé  dans l’iconographie des 12 maisons astrologiques (cf nos recherches parues en 1993,en postface à  L’Astrologie du Livre de Toth. Ed Trédaniel (cf  sur Aby Warburg, le mémoire   de Laurence Garneau »CRITIQUE D’UNE HISTOIRE DE L’ ART POUR UNE APOLOGIE DU DÉTAIL. L’ARBRE DANS LE CYCLE ASTROLOGIQUE AU PALAZZO DELLA RAGIONE (PADOUE, IT.)  UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL, 2017.

Pour les concepteurs du Tarot, s’alignant sur les 22 lettres de l’alphabet hébraique, il convenait de trouver, à tout prix, 22 motifs et il leur fallu recourir au symbolisme véhiculé par les almanachs et autres livres d’heures (cf Les Très Riches Heures du Duc de Berry). Le même défi se présenta, à une autre échelle, pour la mise en chantiers des Centuries, puisque le mot Centurie renvoie au nombre 100. (cf Anna Carlstedt La poésie oraculaire de Nostradamus :, 2005)

Si 4 centuries attribuées à Nostradamus se présentent comme parues à Lyon, chez Macé Bonhomme, en 1555, cela tient à la parution, bien réelle celle-là, de la sortie en 1555 chez le dit libraire  des « Considerations des quatre mondes, a sauoir est: Diuin, Angelique, Celeste, et Sensible: comprinses en quatre centuries de quatrains, contenans la cresme de diuine & humaine philosophie. Par Guillaume de la Perriere tolosan » L’on imagine le  travail de compilation qu’il fallut accomplir pour remplir autant de cases afin de produire autant de quatrains. Quelle besogne!  Chantal  Liaroutzos ( Les prophéties de Nostradamus : suivez la guide   in Revue Réforme Humanisme Renaissance, 1986  et  Pierre Brind’amour (Nostradamus astrophile, 1993 ont mis en évidence divers emprunts) sans pour autant  mettre en doute  le fait que Michel de Nostredame  ait lui même ou de son propre chef commandité un tel travail. Or, c’estprécisément sur ce point que nous entendons insister!

Revenons donc sur le carcan  des quatrains lequel conduisit à la production de quatrains supplémentaires, additionnels.(cf  notre étude, en 2005, sur Ramkat.free.fr Du nombre initial de quatrains des Centuries V, VI et VII, texte complet en appendice) complétés par la suite pour respecter le cadre centurique. Il  convient d’une part de discerner l’apport de quatrains de circonstance, évoquant des événements du moment, ce qui permet de  dater les dits quatrains ainsi que les éditions qui les comportent (cf notre étude Les prophéties et la Ligue. Garde toi Tours de ta proche ruine (IV, 46), Colloque Prophètes et prophéties au XVIe siècle, Cahiers V. L. Saulnier, 15, Paris, Presses de l’Ecole Normale Supérieure, 1998), le dit quatrain figurant justement dans l’édition 1555 Macé Bonhomme dont Brind’amour livra une édition critique en 1996 ( Droz).  Le second volet des Centuries  ne comporte pas de tels ajustements successifs  car il est fait d’une seule pièce avec ses trois centuries pleines constituées de la récupération de diverses sources, telles celle signalées par Liaroutzos ou prises dans tel texte en prose du dit Nostradamus lui même (cf notre étude autour de la Préface au Pape Pie IV, 1561) avec  des quatrains  hostiles à la maison de Lorraine- Guide ou favorables à celle de Vendome-Navarre, faisant ainsi pendant, contre poids  au premier volet favorable à la Ligue, bien au delà de 1566, date de la mort de Nostradamus, soit postérieurs de plus de 20 ans. Passage obligé de la prose à la poésie des quatrains (puis des sixains, cf nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat 2002, Prophetica Judaica Aleph).

D’entrée de  jeu,l’entreprise des centuries de quatrains  se condamnait – elle à de tels expédients  tout comme la confection à la fin du XIXe siècle des faux Protocoles des Sages de Slion (cf notre étude « Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle », Ed Ramkat 2002, prophetica judaica  beith) à partir  de l’oeuvre de Maurice Joly, sous le Second Empire. mais, cette fois, sans le procédé de versification.

En fait, il  y avait eu des précédents, du vivant meme de Nostradams, puisque une douzaine de quatrains accompagnèrent ses Almanachs (on les désignera par la suite sous le nom de « présages, et déjà il ne nous semble pas que ceux-ci aient été dus à la plume de Nostradamus. (cf notre post doctorat  Le Dominicain Giffré de Réchac  et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Ve section, 2007)

 

 

 

 

 

 

 

 ARCHIVES: 2005

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Du nombre initial de quatrains des Centuries V, VI et VII

par Jacques Halbronn

    Certains sont familiers avec notre grille numérique concernant les Centuries IV à VII.1 Nous en rappelons les données, nous proposant ici d’améliorer sensiblement notre présentation en l’appliquant au passage centurique de 1555 à 1557.

Longtemps, le cas de la Centurie V nous a interpellé car nous nous demandions comment on avait pu passer de 17 quatrains à 100. Le nouveau modèle que nous proposons comporte pour la Centurie V, 107 quatrains, ce qui fait qu’il suffisait, en phase de passage des Centuries IV à VI à 100 quatrains, d’en supprimer 7 ou de les déplacer sur une autre centurie, pour arriver à 100, ce qui est tout de même plus simple et surtout plus rapide. Quant à la raison pour laquelle la centurie VII n’a pas été “complétée”, on rappellera que les 58 sixains extraits d’un ensemble plus large ont du, à un certain moment, s’ajuster sur les 42 quatrains de la VII. Mais cela se produisit au XVIIe siècle. La raison du maintien de la VIIe Centurie largement en dessous de 100 tient probablement à un modèle de référence comportant six centuries plus une addition, modèle qui au demeurant est signalé dans les éditions parisiennes de la Ligue qui parlent d’une addition de 39 articles à la dernière centurie. Rappelons que la raison du remplissage à 7 quatrains visait à faire passer les Centuries IV, V et VI pour les Centuries VIII, IX et X qui avaient été censurées. On rappellera que sous la Ligue, on ne trouve à Paris, à Rouen et à Anvers aucun édition comportant l’Epître à Henri II ni les Centuries qu’elle est censée introduire. Ce “second” volet ne réapparaîtra que dans les années 1620-1630.

A l’appui de notre proposition quant à l’agencement numérique proposé, les observations numériques suivantes :

35
53
71
107

 

Si l’on double 35 on obtient 70 soit 71 – 1 et si l’on double 53 on obtient 106 soit 107 – 1. Autrement dit les deux derniers nombres de la série correspondent au double des deux premiers augmentés d’une unité.

89 qui appartient à la série est éliminé parce qu’isolé : 35 et 53 , 71 et 107 constituant deux ensembles comportant chacun les mêmes chiffres, 98 ne correspondant à rien dans la série.

Les Centuries IV à VII auraient selon nous comporté dans la première fausse édition 1555 trois centuries pleines, une IVe centurie à 53 quatrains, une Ve à 107, une VIe à 71 et une VIIe à 35 quatrains, soit une série 53-107-71-35

On voit que l’édition Macé Bonhomme 1555 est tronquée, ne comportant que la quatrième centurie mais cette IVe centurie n’est pas tronquée, elle n’est simplement pas encore augmentée. Elle correspond à un état antérieur à l’édition Anvers 1590 qui si elle comporte 35 quatrains à la VII comporte des Centuries V, VI, VII, normalisées à 100 quatrains. Nous pensons que l’édition Anvers bien que se référant à une édition 1555 à 7 centuries est en fait une édition augmentée qui ne se présente pas comme telle.

Quant à l’édition Antoine du Rosne 1557, elle est postérieure à l’édition 1590, en ce qu’elle comporte 40 quatrains au lieu de 35 à la VIIe Centurie (pour l’exemplaire de Budapest) et 42 quatrains (pour l’exemplaire d’ Utrecht).

Ajoutons que ces éditions à 7 centuries ne correspondent nullement aux premières éditions qui n’incluaient pas les centuries IV à VII mais les centuries VIII-X. C’est à un deuxième stade que ces centuries “chiffrées” ont été ajoutées. En tout état de cause, les premières éditions devaient comporter impérativement les quatrains correspondant aux Centuries VIII-X. Rappelons, une fois de plus, que les Centuries V-VII ne figurent pas chez Crespin.2

Revenons sur la question des vignettes. Il n’est guère concevable qu’en 1555 aient coexisté deux vignettes différentes sur des publications de Nostradamus. Or, l’étude approfondie3 met en évidence deux vignettes “bureau” bien distinctes, l’une issue du Kalendrier des Bergers et que l’on trouve sur les Pronostications et l’autre issue de la traduction française de la Paraphrase de Galien.

Tant en 1555 qu’en 1557, ces deux types de vignette coexistent et l’on pourrait penser que l’une des vignettes caractérise les contrefaçons, à savoir celle issue de l’édition Antoine du Rosne de la Paraphrase et ce d’autant plus que les éditions centuriques 1557 se présentent comme également parues chez cet imprimeur/libraire.

On nous objectera que l’existence de ces deux vignettes est incontestable en 1557, en oubliant que dans un cas, celui de la Paraphrase, nous n’avons pas affaire à Nostradamus mais à Galien, Nostradamus n’étant qu’un bien modeste traducteur en la circonstance, ne méritant aucunement un tel honneur. Ce point, à l’évidence, a été ignoré des faussaires qui ont commis là une bévue qui aurait du suffire à disqualifier les éditions 1555 et 1557. On remarquera que cela ne s’est pas produit alors que cette affaire devrait être entendue aussi nettement et depuis aussi longtemps que pour les fausses éditions 1566 mais aussi le faux almanach 1563 Barbe Regnault, à quoi il convient d’ajouter la fausse Pronostication Barbe Regnault pour 1562 et probablement, si on la retrouve un jour, la fausse éditions des Centuries, augmentée pour 1561 et à laquelle se référent les éditions parisiennes de la Ligue dont certaines utilisent la vignette en question (Veuve Nicolas Roffet, Pierre Ménier).

D’autres faussaires, en comparaison, auront été mieux inspirés en récupérant la vignette “Kalendrier”, notamment pour les Significations de l’éclipse de 1559 et pour la Pronostication pour 1555.4 On peut donc regretter que les contrefaçons des éditions 1555 et 1557 ne comportent pas la même vignette que celle des publications de Nostradamus pour ces mêmes années. La galiénisation des vignettes centuriques ayant pour corollaire les fausses éditions Antoine du Rosne 1557 constitue un ensemble de présomptions fort lourd contre l’authenticité des éditions supposées parues du vivant de Michel de Nostredame.

Ce que nous demandons aux nostradamologues, c’est de faire l’inventaire de ce qui a été conservé mais aussi de ce qui ne l’a pas été. Quand on lit les bibliographies de Benazra ou de Chomarat, on nous signale certes de temps à autre que telle ou telle édition a pu exister mais ce n’est jamais à partir d’un quelconque raisonnement fondé sur certains recoupements. Nous leur demandons de reconnaître que dans la succession des éditions, les éditions 1555 et 1557 (Budapest et Utrecht) sont des maillons épars d’une chaîne à reconstituer. Entre l’édition Macé Bonhomme 1555 à 353 quatrains, vestige elle-même d’une édition à 566 quatrains (300 + 53 + 107 + 71 + 35) et l’édition Antoine du Rosne à 640/642 quatrains, il faut caser les éditions parisiennes de 1588, qui correspondent à un début de formation de Centuries pleines mais qui ne vaut pas encore pour la centurie VI à 71 quatrains et l’édition anversoise de 1590 à 35 quatrains seulement à la VII- sans parler des éditions rouennaises que nous n’avons pu consulter. Alors, qu’on ne vienne pas nous dire que l’on est passé directement de 1555 à 1557 de l’édition Macé Bonhomme à l’édition Antoine Du Rosne- Budapest sous prétexte que l’on ne dispose que de ces deux éditions antidatées. Qui ne voit que ce ne sont là que des éditions extraites d’un ensemble plus vaste paru dans les années 1580-1590 ! Bien mieux, l’édition 1555 nous est précieuse parce que c’est le seul vestige d’une édition à 53 quatrains à la IV ni plus ni moins d’ailleurs que nous est indispensable l’édition St Jaure Anvers 1590 qui correspond à l’évidence à un état antérieur à celui de l’édition Antoine du Rosne-Budapest, n’en déplaise à Gérard Morisse. Une règle d’or pour l’historien des emprunts est que l’emprunteur n’emprunte qu’une partie de ses sources lesquelles sont toujours plus riches que le résultat de l’emprunt en ce qu’elles préservent un continuum diachronique là où l’emprunt n’opère que des ponctions discontinues.

Nous proposons donc aux chercheurs de pratiquer ce que nous appellerons une chronologie structurelle, consistant à classer un ensemble de documents, sans considération de la date indiquée ou de la période d’activité de l’éditeur, en ne tenant compte que d’une certaine logique d’évolution de la structure des éditions et en effectuant des rapprochements entre éditions ayant le même profil, la même présentation. Il semble que l’on puisse se mettre d’accord sur un tel procédé, chacun, ensuite, pouvant offrir les explications qui lui conviennent sur cette base.

Il est probable que ce décalage entre ces deux “écoles” de faussaires, les uns recourant piteusement à la vignette Galien, faute de mieux et les autres à la vignette “Pronostication” tient probablement à ce que les seconds étaient mieux achalandés et en mesure de produire des faux moins grossiers. Les seconds, en effet, semblent avoir disposé d’un corpus de publications authentiques de Nostradamus dont ils ont pu faire l’usage que l’on sait tandis que les premiers ont travaillé avec un corpus beaucoup plus pauvre : Paraphrase de Galien, des éditions Macé Bonhomme dont on reprit les lettrines.

On soupçonnera le groupe des faussaires éclairés d’avoir trouvé des complicités parmi les proches de Michel de Nostredame et il semble bien que Jean Aimé de Chavigny soit lié à ces gens là, lui qui se présente comme éditeur du Recueil des Présages Prosaïques (Grenoble, 1589) qui comporte cette Pronostication pour 1555 si douteuse.

L’histoire des contrefaçons présente bien des similitudes avec celle des éditions authentiques. On peut ainsi dire que l’édition 1557 des Centuries fait suite à l’édition 1555 des Centuries tout en signalant qu’aucune de ces éditions n’est parue à la date indiquée. Tant et si bien que certaines questions sont communes à ces deux cas de figure, à savoir le passage d’une édition à la suivante. Les nostradamologues qui pensent que ces éditions sont authentiques doivent expliquer comment on est passé des éditions Macé Bonhomme 1555 aux éditions Antoine du Rosne 1557 tout comme ceux qui considèrent que ce sont des faux antidatés.

Même la date de la Préface à César fait problème : le Ier mars 1555, à l’époque – on applique alors en France le style de Pâques, jusqu’en 1564 – sauf dans les publications annuelles, lesquelles démarrent en janvier, c’est le Ier mars 1556. Quand Couillard rédige ses Prophéties, il date son texte de janvier 1555 qu’il faut lire janvier 1556.5 Encore une maladresse, due à l’hypercorrection de faussaires travaillant à une époque qui n’est plus familière avec un tel code. Il est probable que l’Epître à César telle que la cite Couillard est datée du Ier mars 1554. Comment pourrait-il décrire en janvier 1555 un texte écrit en… mars 1555 ?

On ajoutera parmi les anomales de l’édition 1555 le fait de mettre un certain nombre de mots tout en majuscules, ce qui est une coutume que nous trouvons notamment chez Chavigny.6

Que dire des recherches de Gérard Morisse qui considère que l’on pourra démontrer l’authenticité des éditions de 1557, dont il a publié une édition en 2004, en faisant une étude des caractères d’imprimerie ? Il semble que nos travaux sur les vignettes montrent à quel point ces éditions sont trahies précisément par leurs vignettes appartenant se référant à un autre auteur que Nostradamus à savoir Galien, le grand médecin grec de l’Antiquité. Rappelons que la difficulté de ce type de recherche tient au fait qu’il faut déjà être sûr que l’édition témoin n’est pas elle-même un faux antidaté car dans ce cas il n’y aurait évidemment aucune difficulté à montrer la similitude entre les documents ainsi confrontés puisque ils seraient effectivement issus l’un de l’autre.

Nous voudrions répondre à une lettre de M. Adrien Delcour qui nous félicite pour notre étude sur les Centuries et l’Angleterre7 en soulignant le fait que les sources que nous mettons en avant, avec l’Epître des Champs Elysées de Jehan Bouchet, sont de peu antérieures aux prétendues premières éditions des Centuries. Delcour y voit un argument ou du moins une présomption en faveur d’une rédaction des Centuries à cette époque. Nous répondrons, en renvoyant à une récente étude, parue sur Espace Nostradamus, sur le rôle des prétextes dans l’élaboration du corpus nostradamique, que selon nous les Centuries sont issues d’un ouvrage de poésie historico-politique sans aucune vocation prophétique et qui fut par la suite instrumentalisé par les néonostradamistes. Nous ne pensons pas en effet que l’on ait compilé des textes historiques à des fins prophétiques, comme le pense Peter Lemesurier, mais que l’on a reconverti, selon un modus operandi “prétextuel” un grand poème historique – ou plusieurs d’entre eux dans le même genre, à l’instar d’ailleurs de celui de Bouchet, dont on ne connaît précisément l’existence que par l’usage prophétique qui en a été fait.

A propos de la grille astrologique proposée par Peter Lemesurier, nous considérons qu’elle est irrecevable en ce qu’elle ne tient pas compte des pratiques astrologiques propres au XVIe siècle mais est la projection d’un astrologue actuel. Or, l’astrologie mondiale au XVIe siècle s’articule autour de la théorie des Grandes Conjonctions, dont un Crespin fait notamment grand usage. Si des dates sont avancées, c’est par rapport aux conjonctions des planètes. D’ailleurs, quand un astrologue fait des prévisions, il suppose, implicitement, que les événements “mémorables” auront lieu au moment exact où des configurations significatives, mathématiquement repérables, se produiront. En revanche, après l’événement, post eventum, il se contentera d’approximations, de ce que l’on appelle des orbes. Mais alors que l’astrologue moderne multiplie le nombre de configurations, du fait de la quantité d’aspects et de corps célestes pris en compte, l’astrologue de la Renaissance recourt à une cyclicité des plus simples, ce qui a d’ailleurs contribué au crédit de son modèle conjonctionnel notamment auprès d’un Jean Bodin, l’auteur de la République (Livre II).

Or, la démarche de Lemesurier, nous semble-t-il, n’est pas de cet ordre là : il s’agit bien de partir d’un événement et d’étudier les positions astrales à ce moment là, ce qui peut tout à fait ne correspondre à aucune conjonction entre Mars, Jupiter ou/et Saturne. Pour le nostradamologue britannique, dès lors qu’on a associé un quatrain avec un événement mémorable, comme la bataille de Poitiers de 1356 remportée par le Prince Noir contre le roi de France Jean II Le Bon, il s’agit de relever les positions planétaires et de considérer que lorsque ces mêmes positions se représenteront un événement correspondant à nouveau au quatrain en question ou en tout cas à l’événement historique ainsi repéré devra se reproduire. A notre connaissance, la pratique astrologique d’un Richard Roussat, exposée dans le Livre de l’Etat et Mutation des Temps, prouvant par authorité de l’Escriture & par raison astrologale la fin du monde estre prochaine (Lyon, Guillaume Rouillé, 1550) dont on retrouve la trace dans plusieurs quatrains8 ne correspond aucunement à une telle méthode de travail. L’astrologue de la Renaissance comme du Moyen Age, utilise un cadre de configurations astronomiques se suivant à des intervalles relativement espacés ; il y a en quelque sorte des dates clefs, notamment tous les 20 ans, ce qui fait qu’on a un rendez-vous une décennie sur deux : les années 1560, puis les années 1580 et ainsi de suite. Il convient d’insister à ce propos sur le fait que Michel de Nostredame s’est beaucoup plus intéressé du moins dans les années 1550, décennie durant laquelle on voudrait qu’il ait rédigé son Epître à Henri II à l’échéance des années 1560 qu’à celle des années 1580, ce qui ne correspond pas aux dates figurant dans la dite Epître datée de 1558, à savoir 1585 et 1606. En revanche, au début des années 1570, chez notamment un Crespin, c’était bien la décennie 1580 qui était à l’horizon. Si un événement ne correspond pas aux conjonctions, il est en quelque sorte ignoré car l’astrologie de cette époque veut être prédictive et non pas explicative, elle met donc tout son poids sur des moments astronomiquement “mémorables”, selon une formule qui revient souvent dans la littérature d’inspiration léovitienne, sur la base de traités des conjonctions (De conjonctionibus) ou des éclipses (Eclipsium). De nos jours, les astrologues ne procèdent plus ainsi : ils partent d’un événement politique majeur, comme le 11 septembre, à New York et examinent les aspects qui sont alors formés, mais sans disposer désormais d’une grille cyclique bien structurée tant le nombre de facteurs utilisés est multiple d’autant que l’on ne se concentre pas sur les seules conjonctions. Ne parlons pas du recours à des planètes inconnues au XVIe siècle comme Uranus, Neptune et Pluton ! Le même anachronisme, selon nous, est commis par un Jean-Charles Pichon, dans ses travaux sur Nostradamus (réédités récemment par son fils Jean-Christophe Pichon) selon lesquels une théorie précessionnelle, donc non planétaire, serait à l’oeuvre dans la chronologie centurique, théorie qui n’était absolument pas connue au XVIe siècle et qui ne commencera à se répandre, au plus tôt, qu’au XIXe siècle, dans les milieux astrologiques.9

Pour faire écho au dernier article de Patrice Guinard, “Le système de codage de l’Orus Apollo (1541)”, paru sur Espace Nostradamus, consacré à la traduction d’Horus Apollon attribuée à Michel de Nostredame et qui met en avant l’existence d’une structure numérique. Citons le : des “analyses cryptonumériques sur ce dispositif très travaillé de l’Orus (et que je développerai dans un prochain texte) indiquent encore les mèmes nombres, à savoir 1541, la date de composition du manuscrit, 1130, le nombre de quatrains à prendre en compte dans le corpus, et aussi 666, le nombre de l’Apocalypse à laquelle Nostradamus rattache, symboliquement, sa prophétie. En revanche, les nombres des divers pans du corpus, mis en évidence dans son Testament, à savoir 353 (quatrains de la première édition), 286 et 289 (nouveaux quatrains des secondes éditions), 300 (nouveaux quatrains des troisièmes éditions), et 154 (quatrains des almanachs), ne s’y trouvent pas. On en conclura que Nostradamus a élaboré la base de son projet cryptographique dès 1541, mème s’il n’en a pas encore défini toutes les articulations. Il est probable que son idée de rattacher les diverses parties de son corpus aux nombres de Roussat lui est venue ultérieurement. Quel que soit le poids des mises en garde trompeuses de la raison quant à la valeur prophétique de l’opera nostradamica, le lecteur devra admettre qu’un vaste jeu cryptonumérique a été mis en place par le poeta mathematicus, le jeu de son esprit avec le monde et avec l’histoire, ou plutòt le jeu de l’esprit du monde qui se sert du prophète, son médium, pour jouer avec lui-mème, – ce mème “subtil esperit du feu” (Epistre à César), celui d’Héraclite, qui crée et transforme indéfiniment le monde, et incite le poète à prophétiser.”

Comme on l’observe dans notre présent article, nous sommes bien éloignés de négliger l’existence d’une grille numérique des Centuries. Mais si grille il y a, et peu importe qu’elle soit due à tel ou tel auteur, Michel de Nostredame ou un autre – la dite grille doit nous permettre de rétablir l’état initial des éditions des Prophéties – ou quel que soit le nom qu’on leur ait attribué à un moment ou à un autre – un texte ne dépendant ni d’un titre, ni d’un auteur mais de l’agencement d’un contenu – et non de valider les états aléatoires par lesquels on les a fait passer. Si effectivement, “on” avait voulu mettre, en 1555, en avant 353 quatrains, on n’aurait pas complété à 400, dès 1557, on serait passé à la centurie suivante – comme ce fut selon nous le cas – en laissant 53 quatrains bien en évidence à la IVe Centurie et ainsi de suite pour les autres nombres susceptibles de structurer les quatrains, à l’instar de ce qui s’est produit pour la VIIe Centurie, restée, elle, incomplète, ce qui montre bien que c’est possible, surtout chez ceux qui ne considérent pas la VIIe comme la dernière.

Or, Patrice Guinard, à la différence de chercheurs s’appliquant à différents textes de différents auteurs et mettant en avant une certaine grille, nous parle d’un systéme permettant de déterminer sinon de prédire l’histoire du texte centurique. Autrement dit, il nous propose un grille non pas synchronique mais diachronique, ce qui est assez original mais colle assez bien avec un texte qui se veut prophétique. Pour nous il y a une grille synchronique des Centuries, c’est-à-dire un certain dispositif qu’il faut restituer en dépit des ajouts ultérieurs tandis que pour P.Guinard, les dits ajouts qui viennent paradoxalement occulter la grille en question, comme c’est notamment le cas pour les 53 quatrains de la IVe Centurie qui n’apparaissant comme un ensemble spécifique que dans la seule édition Macé Bonhomme 1555 et nullement dans le canon centurique, donc qui échappent totalement au lecteur du dit canon, ces dits ajouts, donc, feraient partie du projet originel. On notera, a contrario, que lorsque P. Guinard recherche des grilles en astrologie10, notamment en ce qui concerne les rapports planétes/signes zodiacaux, il se garde bien de raisonner ainsi et affirme pouvoir restituer une structure initiale et non de valider celle qui a été adoptée par le canon de la tradition astrologique.

Jacques Halbronn
Paris, le 18 février 2005

Notes

Cf. “Les Centuries face à l’astrologie et à la numérologie”, Espace Nostradamus. Retour

Cf. Documents Inédits sur le phénomène Nostradamus, Feyzin, Ed. Ramkat, 2002Cf. Documents Inédits sur le phénomène Nostradamus, Feyzin, Ed. Ramkat, 2002. Retour

Cf. notre article sur “les deux plus célèbres vignettes centuriques”, Espace Nostradamus. Retour

Cf. notre étude sur la Correspondance Nostradamus, Espace Nostradamus. Retour

Cf. O. Millet, “Feux Croisés sur Nostradamus au XVIe siècle”, Divination et controverse religieuse en France au XVIe siècle, Cahiers V L Saulnier 4, 1987. Retour

Cf. notre étude sur les majuscules, sur Espace Nostradamus. Retour

Cf. notre étude sur Espace Nostradamus. Retour

Cf. l’article d’Yves Lenoble sur l’éclipse de 1999, sur Espace Nostradamus et, en anglais, dans l’Astrological Journal, 1999. Retour

Cf. nos travaux sur les “heurs et malheurs de l’astrologie mondiale contemporaine”, sur le site CURA.free.fr. Retour

10 Cf. son Manifeste sur le site CURA.free.fr. Retour

 

JHB  06 09 23

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jacques halbronn La vie universitaire. Sur ses déboires avec Antoine Faivre(décédé en 2021)

Posté par nofim le 24 août 2023

jacques halbronn  La vie universitaire.  Sur ses déboires avec Antoine Faivre(décédé en 2021)
Dans notre carrière, nous aurons connu deux rejets  de contributions à des collectifs et étrangement, dans les deux cas, Antoine Faivre fut un des responsables, coup sur coup,à la fin du siècle dernier. C »est ainsi que notre article sur Nostradamus ne fut finalement pas accepté au sein de l’ouvrage consacré à l’ésotérisme occidental tout comme notre communication au Colloque de Cerisy ne fut finalement  pas intégrée dans les Actes qui paraitraient aux éditions Dervy.  Par ailleurs, c’est Jean Pierre  Brach, un protégé de celui-ci  qui sera en 2002  élu  à l’EPHE pour succéder à Antoine Faivre et nous avons raconté à une autre occasion les conditions assez rocambolesques qui auront rendu possible in extremis la candidature de Brach, tout indiquant que cela fut mis sur pied dans l’urgence puisque ce n’est qu’à la fin de 2001, quelques mois avant l’audition des candidats à la Chaires des Courants Esotériques, que Brach obtint à l’arraché les titres nécessaires.

FAIVRE (Antoine), HANEGRAAFF (Wouter J.), éds., Western Esotericism and the Science ofReligion

Louvain, Peeters, 1998, XVII+309 p. (illustr., index) (coll. « Gnostica », n° 2)

CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISYProgramme 1997 : un des colloques

Le Diable

Colloque de Cerisy

Editeur : DERVY
I

 
Jean-Claude Aguerre, Avant-propos o Jean-Claude Aguerre, De l’incertitude du Diable o Jean Céard, Le Diable singe de Dieu selon les démononlogues des xvie et xviie siècles o Antoine Faivre, Le mythe de Lucifer dans la théosophie de l’époque préromantique et romantique o Jacqueline Lalouette, Le combat des Archanges o Marco Pasi, Dieu du désir, Dieu de la raison o Pierre Lory, La tragédie de Satan dans la mystique musulmane o Pierre-Henri Salfati, Rencontres avec des diables remarquables o Maurice de Gandillac, Une prétendue inadvertance de Lucifer o Georges Zimra, L’exorciste amoureux.

 

CALENDRIER DÉFINITIF :

Mercredi 23 juillet
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants

Jeudi 24 juillet
Matin:
Jean-Claude AGUERRE: De l’existence du Diable

Après-midi:
Jean CEARD: Le singe de Dieu
Jacques HALBRONN: La Synagogue de Satan

VERS UNE MÉTAPHYSIQUE DU DIABLEcolloque publié )
DU MERCREDI 23 JUILLET (19 H) AU MERCREDI 30 JUILLET (14 H) 1997
DIRECTION : Jean-Claude AGUERRE, Antoine FAIVRE
ARGUMENT :« Que Satan existe, la question est résolue de manière affirmative par la foi chrétienne ». Cette affirmation, tirée du liminaire de la revue Les Etudes Carmélitaines sur Satan (25/05/1948) est surchargée, dans l’exemplaire de la Bibliothèque Nationale, d’un rageur « NON ! » lui-même suivi d’un virulent « SI ». Le prince des enfers conserve ainsi à notre époque une place irréductible. Mais, plus la curiosité pousse le chercheur à se pencher sur lui, plus le personnage du Diable s’évanouit, ne laisse que d’incertaines traces dans les textes canoniques, perd en consistance.S’il reste insaisissable comme entité, le Diable n’en demeure pas moins repérable comme fonction. C’est cette fonction qui sera ici interrogée. L’historien, le théologien, le psychanalyste seront invités à établir ce que la fonction, le signifiant Diable, met en acte dans notre société. Nous mettrons à la question les textes canoniques, les écrits des mystiques, les manifestations de l’inconscient, les traces dans les arts pour dégager ce que l’ange déchu aux noms multiples, le singe de Dieu, exerce encore comme ministère, la manière dont il s’insère dans une structure et quelles marques il imprime dans notre monde.

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jacques halbronn Epistémologie Le difficile retour de l’écrit vers l’oral. Le passage du cardinal vers l’ordinal.

Posté par nofim le 16 août 2023

 jacques  halbronn  Epistémologie  Le difficile  retour de l’écrit vers l’oral. Le passage du cardinal vers l’ordinal.

 

Une question qui est revenue souvent dans nos travaux linguistiques  est celle de la dégradation des langues, soit par une perte, soit par une addition et cela vaut pour l’anglais, langue qui appartient selon nous, à  plus d’un titre, à la « linguistique latine ». On s’intéressera ici notamment à la comparaison entre français, italien et espagnol autour de la forme « on » qui est  bien plus marquante en français qu’en italien. Il apparait que l’italien n’ignore nullement le « on » comme dans  « non e vero », « non  voglio », là où l’espagnol ignore totalement cette forme « no lo quiero. « no se puede » etc. En français, nous avons le « on » à la première personne du pluriel comme dans la Marseillaise avec son » Allons enfants de la patrie » que l’on opposera au « Andiamo » italien.(privé du on), l’espagnol  ayant « vamos », sans  le « on »

et avec la négation « non » alors que l’italien emploiera le « no »/ « Io dico no!  mais pas  dans une phrase négative comme  non posso(cf supra) L’italien témoignerait donc d’un systéme hybride. Mais ses possessifs  ignorent à la différence du français la forme « on » : mo, tuo, suo,   versus mon, ton, son. Nous formulerons l’hypothèse selon laquelle, la forme « on » serait en partie perdue en italien mais tout de même quelque peu maintenue alors que la forme « o » notamment comme marqueur de genre n’aurait pas été adoptée par le français, respectueux des diphtongues.

Le cas de l’allemand pourrait nous éclairer avec la forme « klein » (petit), ct adjectif devenant kleine  au féminin. si ce n’est que l’allemand ne prononce pas « klein » sous une forme « diphtonguée à la différence du français pour  grand et grande, ce qui correspond à une perte, à un certain déséquilibre morpho-phonologique. Dans le cas de l’anglais, la perte  de  différence de marqueur de genre est bien l’indication d’une déperdition liée à l’ignorance des codes de prononciation de l’écrit.

Rappelons que le latin n’ignore pas la forme « non »:  non possumus , même si l’on en ignore la prononciation orale. 

 

  Il convient de ne pas confondre abréviation, rétraction  et déperdition, dégradation.  Nous avons eu, dans de précédentes études, l’occasion de signaler que la matricialité était plus brève que ses dérivations. (ex  vieux versus vieille, vieillesse, viellissement)  et cette briévété ne saurait en aucune façon être assimlée à une quelconque dégradations comme dans le cas abordé ci dessus du « passage » du « On » au « o » lequel est certainement le résultat d’une erreur de transmission des codes. Il convient de prendre conscience du risque d’erreur de déodage ; une chose est d’essayer de restituer à l’écrit ce qui existe d’abord à l’oral et une autre de  repasser de l’écrit à l’oral, non sans encombre, au risque de quelque déperdition. C’est ainsi que le rôle des points faisant suite à un chiffre cardinal pour le faire basculer vers l’ordinal se sera perdu, ce qui donne Louis quatorze au lieu de Louis le quatorziéme,  le 5 janvier au lieu du conquiéme de Janvier sauf pour le I  qui est rendu correctement par premier. On dit ainsi Napoléon premier  mais…. Napoléon « trois »! Au XVI siècle, le n était fréquemment remplacé par un signe placé sur la voyelle, comme cela s’observe dans la préfacé à César : « j’ay composé  livres de propheties co’tenant  chascu’  ce’t  (lire contenant chascun  cent) quatrains astronomiques«  On comprendra mieux ainsi  la perte du « n » en italien du fait d’un mauvais décodage. En revanche, concerant le cardinal et l’ordinal, le françàis est le dernier de la classe, tant par rapport à l’italien et à l’espagnol que par rapport  à l’anglais! En ce qui concerne les prophéties de Nostradamus, on notera le point après le chiffre qui indique le passage au régime  ordinal.

Les Prophéties de M. Michel Nostradamus. Centuries VIII, IX, X, qui n'ont  encores jamais esté imprimées | Gallica
jacques  halbronn  Epistémologie  Le difficile  retour de l'écrit vers l'oral. Le passage du cardinal vers l'ordinal. dans LINGUISTIQUE

Gallica

 

Les Prophéties de M. Michel Nostradamus. Centuries VIII, IX, X, qui n’ont encores jamais esté imprimées | Gallica

 

 

 

 

 

 

JHB  16 08 23

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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