jacques Halbronn Le casse tête de la chronologie nostradamique

Posté par nofim le 22 juillet 2021

 

Le casse tête de la chronologie  nostradamique

Par Jacques  Halbronn

 

Ceux qui s’aventurent dans le labyrinthe des  éditions centuriques  s’exposent à révéler leurs limitations intellectuelles. La plupart de ceux qui se risquent à une telle entreprise risquent fort de se couvrir de ridicule et de faire apparaitre cruellement leurs limitations et leur manque d’autonomie mentale. La postérité ne manquera certainement  pas de se gausser  de l’ impuissance de toute une génération  condamnée à entériner les manœuvres d’un milieu de libraires qui les ménent par le bout du nez et qui doivent bien s’amuser s’ils les voient s’accrocher à des leurres qu’on leur aura tendus

Le cas de l’édition Antoine du Rosne 1557 est un véritable pont aux ânes et c’est en fait tout un milieu qui risque de ne pas se relever d’une sorte de consensus (ou d’omerta) dans l’erreur.

N’importe quel chercheur digne de ce nom ne saurait ignorer que l’édition 1557  a été produite après l’édition 1561, comme d’ailleurs le pressentait Robert Benazra, dès 1990 (RCN).

Les 39 article ajoutés à la « dernière » centurie visent à l’évidence un appendice qui deviendra par la suite connu sous le nom de « septième centurie ». En fait, il se pourrait que ce soient les auteurs du second volet débutant avec une huitiéme centurie qui auraient entériné une telle appellation de septième centurie, tant il est vrai que nous étions en présence  d’un ensemble de six centuries et d’un autre de trois centuries mais l’idée de « miliade » aura conduit à proposer au final dix centuries.

Mais ce subterfuge  n’était en fait que la suite d’un premier subterfuge sans lequel on n’en saisit pas bien la portée.

C’est tout le probléme de cette « génante » édition à 4 centuries (Macé Bonhome) qui constitue un précédent puisque déjà une addition à une troisiéme centurie – et l’on n’a pas retrouvé l’édition princeps à 3 centuries – était devenue par la suite une Centurie IV tout comme on a vu pour la centurie VII.

Mais cette centurie IV aurait du apparaitre comme une addition à l’instar des 39 articles qui donneront ensuite une Centurie VII. Or, l’on n’a pas trace non plus d’une édition annonçant une addition de 53 quatrains à la dernière centurie du premier ensemble de trois centuries. Autrement dit, il nous manque deux stades :

-le stade des 3 centuries

- le stade de l’addition à la dernière centuries, la IIIe.

Et avec l’édition Macé Bonhomme, on en est à un stade ultérieur – ce que ne signalent ni Benazra, ni Brind’amour, ni Gérard Morisse dans leurs éditions respectives  de la dite édition.

Ce stade d’une centurie  appelée quatrième alors même qu’elle ne comporte pas le nombre de quatrains requis  est assez étrange, à vrai dire d’autant que dans les éditions 1557, cette anomalie est corrigée avec une centurie IV « compléte » suivie de deux autres Centuries, ce qui donne un tout de six centuries dont on n’a pas d’exemplaire mais dont la présence du quatrain latin à la fin de la Centurie VI témoigne amplement. Et à nouveau le scénario d’une addition de quatrains se présente mais cette fois la centurie VII ne sera pas complétée dans l’éditions 1568 à dix centuries si bien que l’on se trouve au final avec  deux centuries en souffrance, la quatrième dans le cas de l’édition Macé Bonhomme et la septième dans le cas de l’édition Antoine du Rosne.

On peut donc se demander quelle est la véritable portée de l’édition Macé Bonhomme à 4 centuries si ce n’est que l’on nous signale une édition 1588 chez Raphael du Petit Val, à Rouen portant en son titre ‘quatre centuries ». Malheureusement, cet exemplaire est manquant et l’on ne sait même pas si les quatrains étaient numérotés au vu des descriptions qui nous en sont parvenus (cf Daniel Ruzo Testament de Nostradamus, Rocher, 1982) Ce qui est patent, en tout cas, c’est qu’à un certain stade il fut décidé  que  l’on mettrait en circulation une édition à 7 centuries datée de 1557 et l’on peut dès lors  penser que dans le cadre du même projet naquit l’idée d’une édition à 4 centuries chez Macé Bonhomme. Ce sont donc là deux contrefaçons de contrefaçons. Cela donnait une cohérence avec deux éditions jumelles  chacune dotée d’un appendice de quelques dizaines de quatrains et c’est dans ce panneau que sont tombés des nostradamologues qui risquent de tomber de haut, honteux de leur niaiserie affichée

 

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JHB

22 07 21

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Jacques Halbronn L’obscurantisme face à la critique nostradamique (version augmentée)

Posté par nofim le 22 juillet 2021

L’obscurantisme  face à la critique nostradamique (version augmentée)

L’inversion de la controverse et l’Entre soi apologétique autour des Centuries « nostradamiques »

 

Nous assistons à un renversement des situations : celui qui crée la controverse deviendrait celui qui est controversé. On pense à un commentaire d’Hervé Drévillon, co auteur avec Pierre Lagrange en 2003 chez Gallimard— d’un Nostradamus, L’éternel retour. à propos de notre ouvrage paru l’année précédente sur Nostradamus (ed. Ramkat), Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus. Il signale que notre travail est « controversé ». Or, comment une controverse pourrait-elle ne pas l’être du point de vue de ceux dont les positions font l’objet d’une critique ?

On assiste donc à une stratégie consistant à présenter les thèses critiques comme celles qui feraient l’objet de ….critiques ! Or, selon nous, c’est la défense du statu quo qui serait en principe vouée à la critique, en ce qu’elle est le fait du plus grand nombre qui se trouve ainsi déstabilisé et dont le consensus serait menacé. Comment en est-on arrivé à inverser ainsi les rôles ? Celui qui attaque ne défend pas un certain ordre social, il est forcément isolé, en tout cas minoritaire, marginal, du moins dans un premier temps ; Comment ne serait-il pas ipso facto « controversé » par les tenants d’une certaine doxa ? C’est donc bien le qualificatif de «controversé » qui nous apparaît comme impropre dans le propos de Drévillon et Lagrange.. Mais quelle jubilation dans une telle posture de leur part !

On rencontre ce même exercice rhétorique chez un Patrice Guinard 1 qui n’hésite pas à traiter notre approche de « canular » ou de « travaux iconoclastes et facétieux ». et de parler de « misère » et de « chagrin » à propos de la démarche critique d ’un certain nombre d’auteurs qu’il entend clouer au pilori. C’est la paille et la poutre quand on sait les gesticulations obligées pour déclarer qu’il n’y a rien à signaler (RAS), pas de quoi s’inquiéter, que tout est sous contrôle que tout va très bien, Madame La Marquise. Politique de l’autruche qui se satisfait du qualificatif de « controversé » face à un certain questionnement. En fait, on assiste à une forme d’inertie, de résistance jusqu’à « nouvel ordre  «  comme s’il fallait tenir la position « intenable » le plus longtemps possible.

Ecoutons Patrice Guinard :

« Chagrin de la Recherche Académique et Universitaire sur Nostradamus de Salon de CRAU : hormis les études du CURA, il faut chercher péniblement dans les revues, comptes-rendus et actes de colloques spécialisés, ou douteusement prétendus tels pour les études nostradamiennes, de rarissimes articles susceptibles de contenir quelque information substantielle concernant Nostradamus. Quatre siècles après les ouvrages de Chavigny, secrétaire de Nostradamus entre 1561 et 1566 sous le nom de Jean de Chevigny, la situation n’a guère évolué. Mis à part les essais de Pierre Brind’Amour, décédé en janvier 1995, et qui a obtenu une aide au Canada pour entreprendre son ouvrage de 1993, la recherche vivante se développe principalement chez des passionnés, à l’écart des institutions culturelles. Force est de constater qu’elle continue de proliférer en dehors des cercles académiques, dans l’édition dite populaire et maintenant sur internet. De pseudo-spécialistes et des fonctionnaires patentés et rétribués par les institutions culturelles étatiques, que ce soit en France ou à l’étranger, sont parfois commandités par des éditeurs et responsables de collection pour couvrir un sujet pour lequel ils n’ont pas la connaissance requise. C’est ainsi qu’on découvre avec une certaine stupéfaction des erreurs, des contre-vérités, des problématiques et des propos désuets dans les articles les plus récents. J’en étudierai quelques uns pour la période 2001-2006 (plus un article de 2012 rajouté et analysé le 29 Septembre 2013). 2

Comment y voir clair dans une telle polémique ? Nous dirons que certains milieux sont particulièrement frappés par un tel « renversement » alors que ce n’est guère le cas dans d’autres. Dans notre jargon, nous dirons que dans un cas, c’est la domination des Saturniens et dans l’autre, celle des Jupitériens. Quand les Saturniens l’emportent, le critique est celui qui est « controversé » alors que quand les Jupitériens l’emportent, ce sont les tenants du statu quo qui sont mis collectivement sur la sellette. On se rend bien compte que dans le domaine du religieux, des traditions (dont l’astrologie), de la pratique de la langue, Saturne aura l’avantage mais que dans le champ proprement « scientifique », un chercheur pourra l’emporter « contre tous » et imposer à terme sa « solution ».

Le Saturnien se reconnaitra au fait que ses « critiques » visent… les critiques.Il est sur la défensive.(cf André Barbault et sa Défense et Illustration de l’Astrologie, Grasset, 1955) et ce n’est que par des nuances, des ravalements de façade, qu’il se distinguera des autres membres de la corporation, alors que dans l’ensemble, rien n’aura été ébranlé de fondamental, on reste dans le même moule et dans l’interchangeable. Dans le champ nostradamique qui nous sert ici d’exemple, l’on observera que le Saturnien aboutira, au bout du compte, à conserver et à préserver le corpus tel qu’il se présente, à savoir notamment les dates de publication qu’il prend pour argent comptant. Comme on dit, on ne va quand même pas réinventer la brouette. Les choses resteront, en gros, en l ’état quitte à greffer par dessus quelque commentaire pour donner le change et l’illusion du progrès…En vérité, le Saturnien n’a pas assez confiance en ses propres forces intellectuelles pour aller au delà d’un certain seuil, qui le mettrait en décalage avec les données généralement établies et véhiculées. Courageux mais pas téméraire. En ce sens, en effet, le Saturnien ne risquera pas d’être qualifié de « controversé », c’est à dire de non-consensuel. Évidemment, il en sera tout autrement avec le Jupitérien qui sera dans la déconstruction et conduira à un changement de paradigme.

Or, il nous apparaît que les domaines où Saturne occupe le haut du pavé ont tendance à se scléroser et finalement ne parviennent pas à attirer les éléments les plus doués. Tout se paie. Si l’on reprend le dialogue de Dieu avec Abraham au sujet de Sodome qui ne pourrait être sauvée de la rage divine que si l’on trouve en cette ville un minimum de « Justes », nous dirons qu’une société qui n’accepte pas en son soin la vraie « controverse » propre à une poignée de Jupitériens est vouée à dépérir et à se corrompre. En effet, les deux protagonistes ont besoin l’un de l’autre car le jupitérien n’est pas censé vivre avec des Jupitériens mais dans une « diaspora » en milieu saturnien.

Il y a là un dilemme : soit l’on va tenter de rendre compte de certaines bizarreries du corpus considéré, au prix d’une lecture qui n’a que le mérite de la préservation en l’état du dit corpus- on pense aux propos embarrassés d’un Robert Benazra quant à la chronologie des éditions centuriques entre 1555 et 1594 (Répertoire Chronologique Nostradamique, Paris, Trédaniel La Grande Conjonction, préface de Jean Céard, 1990), soit l’on est contraint de faire le tri entre les vraies et les fausses éditions, en ne démarrant cette chronologie qu’au milieu des années 1580, ce qui précédé n’étant que des contrefaçons antidatées.. Et l’on en revient au débat sur qui fait l’objet de « controverses », celui qui défend une chronologie « factuelle », produite par les libraires de l’époque, ou celui qui dénonce et défait une production contrefaite. Contrefaçon ou Controverse, that is the question..

Mais venons -en  à l’ouvrage co(écrit  à 4 mains  par  Hervé Drévillon  et    Jean-Piere Lagrange, chez Gallimard et  voyons  si le dit ouvrage ne préte pas le flanc à la critique. Examinons pour commencer    leur  narratif  des premières éditions (pp.18  et  seq) : « En 1555, il ( Nostradamus) publie à Lyon,  chez Macé Bonhomme,  son premier  recueil  de  « centuries »  (..) Il  contient  trois  centuries complètes et 53  quatrains de la  quatrième. Progressivement, entre 1557 et 1558 de nouvelles  éditions portent le nombre des  centuries à  dix (..) Le  succès  des Prophéties fut  favorisé par l’interêt manifesté par le  couple  royal Henri II  et Catherine de Médicis.Au cours de l’Eté 1555, peu de temps  après la première édition de ses centuries. (…) Trois ans  plus tard l’édition  contenant  l’ultime livraison des quatrains prophétiques et assortie d’une épitre dédiée à Henri II où Nostradamus  évoque son voyage à la Cour, ce moment  où, écrit-il  « mes  yeux furent si  proches  de votre « splendeur  solaire »

On note pour commencer l’absence du moindre doute sur cette édition- « controversée »  justement -  alors qu’il eut fallu au minimum  signaler les arguments à ce propos, quitte à les réfuter.Donc on voit que lorsque l’on conteste une certaine version, on catégorise l’objection comme « controversée » alors qu’elle  serait « controversante ». Les auteurs nous fournissent un luxe de détails  sur le nombre de la dite édition comme si cela pouvait renforcer son authenticité. Ils ne signalent pas l’édition  crique (posthume) de 1996 par Pierre Brind’amour, chez Droz, de la dite édition !

Les auteurs nous  racontent à leur manière la succession des éditions  « entre 1557 et 1558 » alors que l’on ne connait que celle de 1568 pour une édition (posthume) à 10 centuries, comprenant l’Epitre à Henri II, certes datée de 1558. Autrement dit, les auteurs ont supposé  qu’il y avait eu une édition à cette date, ce qui n’est nullement  attesté. Cela leur permettait  d’associer l’Epitre au Roi  avec sa mort, l’année suivante 1559 et il est vrai que si cette Epitre n’était parue qu’en 1568, cela aurait fait un peu désordre.  Ils oublient, malgré leur référence, dans la bibliographie, à notre publication alors très récente de 2002 , qu’était parue  une telle épitre adressé au dit souvertain  en tête des Présages Merveilleux pour 1557(en partie reproduite en fac simile  dans le Testament de Nostradamus, Ed du Rocher 1982, pourtant recensé dans leur bibliographie et intégralement dans notre publication de 2002 , celle dont on nous dit que ses thèses sont « controversées ». A ce propos, nos auteurs semblent ignorer l’existence de notre thèse d’Etat (Paris X, 1999 sous la direction de Jean Céard) qui comporte un important développement sur les Centuries. Ils ne signalent pas davantage notre communication aux Journées Verdun Saulnier de 1997 sur la parution d’éditions des Centuries sous la Ligue et l’influence des événements sur la rédaction de tel quatrain  de la  Ive centurie figurant étrangement  dans la dite édition de 1555 !.), “Les prophéties et la Ligue”, Colloque Prophètes et prophéties au XVIe siècle, Cahiers V. L. Saulnier, 15, Paris, Presses de l’Ecole Normale Supérieure.  En fait, toute la question tient au décalage entre le scénario d’éditions des dix  centuries  du vivant de Nostradamus,, celui d’une édition posthume au lendemain de sa mort en  1566  et celui de premières éditions dans le cours des années 1580. Nos auteurs imposent ipso facto le premier scénario, sans autre forme de procès qui n’est d’ailleurs défendu par à peu près personne de nos jours., le deuxiéme étant le plus souvent adopté.

Passons à présent à une autre  particularité du travail de Drévillon et Lagrange, à savoir l’instrumentalisation de Ronsard comme témoin précieux de la production centurique.

Nous les citons :

En 1560 , dans l »élégie  à Guillaume des Autelz, Ronsard  témoigne de la  renommée  acquise  par  Nostradamus. « Comme un oracla antique, il a dès mainte année/Prédit la plus grande part de notre destinée  (…) Notre prince au milieu de ses plaisirs est mort «  Ronsard associe la renommée de Nostradamus à la mort d’Henri II survenue en 1559 à l’ occasion d’un tournoi  (..) La postérité  a  retenu un quatrain  (I, 35) qui semble avoir prédit ce funeste événément dans la première centurie publiée en 1555 »

Toujours dans l’idée que Nostradamus avait prédit la mort d’Henri II, ce qui fait partie de sa légende dorée (cf notre récente étude sur SCRIBD sur ce thème). Le probléme, c’est que le texte de Ronsard  présenté a  été tronqué par les auteurs  et nous en restituons l’intégralité. On  a carrément supprimé  la référence à une cométe !

« D’un sceptre si gaillard, en a monstré le signe : 190Depuis un an entier n’a cessé de pleurer : On a veu la comette ardente demeurer Droict sur nostre pais : & du ciel descendante Tomber à Sainct Germain une collonne ardente : Nostre Prince au meillieu de ses plaisirs est mort «

Les auteurs semblent ignorer  l’impact des cométes dans le champ prophétique bien que Drévillon, dans sa thèse (1993) se réfère aux Pensées sur la cométe de Pierre Bayle (cf notre bibliographie sur le sujet), “Les variations d’impact des “comètes” en France. Etude bibliographique (fin XVe - fin XVIIIe siècles)”, in Actes du Colloque La comète de Halley et l’influence sociale et politique des astres, Bayeux

Ce sujet des cométes au XVIe siècle a été documenté par Isabelle Pantin  dans sa poésie du ciel en France dans la seconde moitié du seizième siècle.par   Isabelle Pantin. Droz, 1995 (page 477)– et il est attesté que la mort d’Henri II s’expliquait par le passage d’ une cométe.  Michel Plaisance ( La cométe  de 1577  dans le ciel  de la poésie burlesque/Un madrigal retrouvé d’Antonio Francesco Grazzini) revient sur une cométe de 1557 :

 

« À propos de la comète de 1557 qu’il rattache au signe du Scorpion,  (Junctin) constate qu’elle annonçait la mort de Henri II, roi de France et époux de Catherine de Médicis, car «en sa nati-vité le signe du Scorpion se trouva en la huictième maison du ciel» (p. 10). Giuntini qui cherche toujours à concilier religion et astrologie  pré-cise que c’est Dieu qui nous avertit par l’intermédiaire des comètes »

Signalons que Benazra, dans son RCN  (p. 47) fournit également un texte tronqué de l’Elégie de Ronsard et arrête sa citation avant le développement sur la cométe. –(Ronsard ne témoigne donc nullement d’une prophétie de Nostradamus sur la mort du Roi  laquelle mort sera commentée par plusieurs auteurs de l’époque, mettant en avant le rôle de la Cométe ( cf  Patrice Guinard ,  « Ronsard, lecteur de Nostradamus » -Corpus  Nostradamus 96) Nos deux auteurs sont plus royalistes que le roi en poussant encore plus loin que les nostradamologues leur démonstration !

Cette absence de référence à la cométe semble pouvoir s’expliquer par le fait que Chavigny, dans le Janus François,  ne fournit pas le texte complet (Au lecteur, p. 19)

 

 

« France, de ton malheur tu es cause en partie,
Je ten ay par mes vers mille fois adverty,
Voila comme de tiens tu fais bien peu de conte,
Dont tu devrais au front toute rougir de honte.
Tu te mocques aussi des Profetes que Dieu
Choisit en tes enfans, & les fait au meillieu
De ton sein apparoistre, à fin de te predire
Ton malheur advenir, mais tu n’en faire que rire.
Ou soit que du grand Dieu l’immense eternité
Ait de Nostradamus l’enthousiasme excité,
Ou soit que le daimon bon ou mauvais l’agite,
Ou soit que de nature il ayt l’ame subite,
Et outre le mortel, s’eslance jusques au cieulx,
Et de lan nous redit des faicts prodigieux,
Ou soit que son esprit sombre & melancolicque
D’humeurs grases repeu, le rendent fantastique,
Bref, il est ce qu’il est, si est ce toutes fois
Que par les mots douteux de sa prophete voix,
Comme un oracle anticque, il a des mainte annee
Predit la plus grand part de nostre destinee.
Il ne l’eusse pas creu, si le ciel qui depart
Bien & mal aux humains, n’eust esté de sa part… »

Le passage suivant n’y est point mentionné en lien avec la mort de François II  et il semble que certains auteurs s’en soient tenus à la version  proposée dans le Janus Gallicus
On a veu la comette ardente demeurer
Droict sur nostre pays : & du ciel descendante
Tomber à sainct Germain une collonne ardente.
Nostre Prince au meillieu de ses plaisirs est mort »

 

 

 

 

 

En réalité,  Ronsard se référe aux almanachs et pronostications de Nostradamus dans son texte et non aux Centuries et d’ailleurs, nos auteurs n’écrivent-ils pas  que « les présages   contenus  dans les  almanachs  constituent la matrice à partir de laquelle Nostradamus a composé ses Prophéties » (p. 23) ?Comme un oracle antique, il a dès mainte année/Prédit la plus grande part de notre destinée « . En fait, la réputation de Nostradamus, du moins de son vivant, relevait de sa production astrologique annuelle et non de ses « centuries ». Cela vaut d’ailleurs pour la Préface à César dont la mouture en tête des premières centuries est probablement calquée sur une préface ayant réllement figuré en tête de l’un de ses almanachs -(cf nos travaix sur le passage d’un Nostradamus premier à un Nostradamus bis  et  l’édition  de Bernard  Chevignard, du Recueil des Présages Prosaiques  sous le titre de « Présages de Nostradamus (en vers et en prose) Ed Seuil  1999 non signalée par nos auteurs). Ce processus de calque vaut pour les quatrains des centuries  sur le modèle des « présages » ainsi que pour l’Epitre à Henri II  datée de 1558 reprise d’une première épitre datée de 1556 (cf nos Documents inexploités, 2002)  Nous reviendrons prochainement sur les méthodes de travail d’Hervé Drévillon  qui ont abouti à son ouvrage paru chez Champvallon en 1996  Lire et écrire l’avenir au XVIIe siècle..

 

22 07 21

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jacques Halbronn Théologie et textologie; ce qui est en amont et ce qui est en aval. De Jésus à Nostradamus

Posté par nofim le 20 juillet 2021

 

 

Théologie et textologie : ce qui est en amont et ce qui est en aval. De  Jésus  à Nostradamus.

Par  Jacques  Halbronn

 

Un certain sens du discernement s’avère une qualité fort précieuse dès qu’il s’agit de mettre en évidence des stades successifs au lieu de tout considérer comme se situant sur un seul et même plan.

C’est ainsi que nous nous sommes aperçus que le déni d’une intervention ultérieure/postérieure  impacte aussi bien la recherche théologique que textologique.

Il est important d’être en mesure de déterminer  où se situe un document, un phénoméne et de ne pas confondre ce qui est en haut et ce qui est en bas.

Le cas de Jésus est intéressant car toute la question le concernant est celle de sa position dans la hiérarchie des divinités. Pour nous, Jésus reléve du niveau 3 alors que l’on aura tenté de le faire passer pour relevant du niveau 2  voire du niveau 1.  De la même manière, il convenait de replacer à sa juste place le phénoméne des Centuries en montrant qu’il ne s’agissait que d’un avatar de la production de Michel de Nostredame alors que nombreux étaient ceux qui tenaient absolument à ce qu’il soit reconnu comme l’auteur des dites Centuries.

On est ainsi confronté avec toutes sortes de tentatives de contrefaçon hiérarchique-verticale

Pour en revenir à Jésus, on lui attribue des propos tout comme d’ailleurs à Nostradamus qui sont probablement contrefaits.  Ne pas admettre de tels procédés vise non pas à trahir  tel ou tel personnage mais à ne pas lui imputer ce qu’il n’aura pas vraiment déclarer en se laissant berner par ceux qui tentent de l’instrumentaliser. Selon nous, un Messie appartient au niveau 3, il n’est ni le Créateur de l’Univers ni même celui qui aura façonné notre monde mais simplement un Jupitérien venant délivrer une certaine société de certains coutumes altérées.

 

JHB

20 07 21.

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Jacques Halbronn Audit sur les carences du site du CURA dans le domaine « nostradamique »

Posté par nofim le 19 juillet 2021

 

 

Audit  sur les carences du site du CURA  dans le domaine « nostradamique »

 

Par Jacques  Halbronn

 

Nous nous proposons ici de mettre en évidence, le laisser aller du responsable du site du CURA en ce qui concerne ses obligations à l’égard de ses utilisateurs qui lui font confiance. Un chercheur a la double charge de traiter des sources premières  et des sources secondaires.

Nous illustrerons notre propos,  en suivant la piste « Marcellin » en tant que révélateur de certains manquements en reproduisant notamment  certaines études parues sur le dite site. C’est ainsi que si l’on recherche sur le site du CURA une référence à « Marcellin », on ne trouve que des références à la page de titre de la Pronostication pour 1555 à propos d’un certain Ammianus MarcelinusCORPUS NOSTRADAMUS 88 — par Patrice Guinard

 

 

 

 

 

 

Guinard  aura entendu parler   de la Reproduction de 1906 dont il reproduit la page de titre  en troisième position ci-dessous mais il semble assez désabusé pour ne pas y avoir eu accès.

CORPUS NOSTRADAMUS 91 — par Patrice Guinard  2008-2020

La première édition de l’Orus Apollo de Nostradamus par Hector Rigaux (1907)
Parmi les ouvrages légués par Rigaux à son collègue, devaient figurer ses fameuses éditions d’opuscules rarissimes de Nostradamus, hélas tout aussi rares que les originaux. A ma connaissance, la bibliothèque d’Amiens n’en possède aucun exemplaire (à l’exception de la reproduction Chevillot de 1903 : cote 39192). La transcription de l’Orus serait le premier des textes de Nostradamus, réédités avec grand soin par Rigaux et confiés à son ami Henri Douchet, imprimeur de Méricourt-l’Abbé (au nord-est d’Amiens), bourgade parfois désignée sous le nom de « Mariebourg ». On n’en finit pas, décidément, avec les dédales hermétiques qui marquent les éditions des oeuvres de Nostradamus, même plusieurs siècles après !

 

 

 

Il y  aurait trouvé la trace de ce « Macelin » qu’il associe, faute de mieux, dans son commentaire  de la VIIIe Centurie  à Cromwell  et à Hitler, pour  les quatrains 76  et  77  alors qu’il s’agit d’un personnage dont Nostradamus annonçait expressément la naissance imminente, prophétie non  confirmée, apparemment.

 

 

 

Texte, variantes et interprétation de la huitième centurie des Prophéties

Cette édition de la huitième centurie des Prophéties contient le texte et les variantes des quatre éditions successives publiées par Benoît Rigaud sous la date de 1568, les éditions X, A, B et C (cf. CN 38, et pour les conventions adoptées lors de la transcription, CN 82). J’ajoute pour cette seconde version du texte (mai 2018) les pistes d’interprétation issues de mon ouvrage, « Nostradamus ou l’Éclat des Empires » (Avril 2011), auquel je renvoie pour l’analyse prosodique, lexicale et géographique des quatrains, ainsi que pour les explications et les éventuels précurseurs des solutions proposées en dernière colonne. J’ajoute encore de nouvelles pistes d’interprétation (aux quatrains 59 et 61), et pour cinq autres (les numéros 5, 15, 42, 81 et 96) quelques références oubliées ou ignorées qui corroborent mes analyses de 2011.

 

76 Plus Macelin que roy en Angleterre
Lieu obscur nay par force aura l’empire :
Lasche sans foy, sans loy saignera terre,
Son temps s’approche si pres que j’en sospire.
C: macelin, Roy
-
-
X: sapproche, X: jen, A/B/C: je souspire
- Protectorat de Cromwell, 1649
77 L’antechrist trois bien tost annichilez,
Vingt & sept ans sang durera sa guerre,
Les heretiques mortz, captifs, exilez,
Sang corps humain eau rogie gresler terre.
X: Lantechrist
-
C: morts, X: captif
-
- Adolf Hitler, 1925

 

Pourtant l’origine de  Macelin  était également accessible en Italien et dans des exemplaires conservées à la BNF.

 

Catalogue  BNF :  Il Vero Pronostico calcolato dall’ eccellmo astrologo et filosofo M. Michel Nostradamo Francese, il qual narra diligentemente tutte le perverse calamità, che deve incorrere l’anno 1566… Bologna : per Alessandro Benatio, 1566

 

 

Dans son étude ‘   Les Pronostications et Almanachs de Michel Nostradamus Robert Benazra  note le lien avec le pape : « Voici une pronostication italienne : Pronosticon del l’anno 1563 coposto et calculato par M. Michele Nostradamo dottore in medicina di Salon di Craux in Provenza[59]  Cette pièce est dédiée au pape Pie IV avec privilège et contrôlée par le grand Inquisiteur. »

En fait, Patrice  Guinard  a connaissance de la production italienne à laquelle il consacre une étude documentée  sans réaliser qu’il s’agit d’une traduction  d’une épitre de Nostradamus à Pie IV : certes,  ces publications  sont des contrefaçons mais qui dérivent  bel et bien de la production de Nostradamus pour les années précédentes. Dans

CORPUS NOSTRADAMUS 179 –

Les faux Nostradamus italiens des années 66-67 : il vero Giuditio, il vero Pronostico, li Presagi et Pronostici
Patrice  guinard  écrit :

« Après la mort de Nostradamus en juillet 66, la belle vie commence vraiment pour les usurpateurs de tous poils, imposteurs et faussaires des oeuvres et du patronyme du prophète salonnais, dont un certain Michel Nostradamus le Jeune qui signe aussi Mi. de Nostradamus (cf. CN 180). Une floraison de pronostics divers, mis au nom de Nostradamus, commence à envahir les foires et les étals de libraires, à commencer par deux pronostications italiennes parues dans diverses éditions, Il vero et universale giudicio et Li Presagi et Pronostici. () Au présage sommaire (« Presagio somario » pour « Presagio, et sommario »), on se contente de changer l’année 1566 en 1565 et de corriger la mention fautive « Nostrodamus ». Le reste du texte est inchangé. »

Tout indique que Guinard  n’a jamais pris le temps, depuis 2007, date de la soutenance de notre post Doctorat, il  y a donc 14 ans,  de prendre connaissance  d’un ensemble de près de  mille pages  (en ligne sur SCRIBD  et déposé à la Bibliuothèque de Warbirg Institute de Londres entre autres)

Post – Doc Halbronn Last | Nostradamus | Pseudo-science

https://fr.scribd.com › document › Post-doc-Halbronn-Last

 

et notament  des pages consacées à  la « Constitution de l’Epitre à Pie IV » (pp 477-1487)

et qui prolongent  notamment notre étude déjà ancienne  (Une attaque réformée oubliée contre Nostradamu s(1561 ( Réforme Humanisme Renaissance n°33 décembre 1991) On  y rappelle (pp. 652-653) que Nostradamus  a rédigé deux épitres à Pie IV (mort e 1565)

Si l’on compare  les épitres à  Pie IV à l’épitre centurique à Henri II datée de 1558, l’on remarque que les échéances pour les années 1560 n’y figurent pas, ce  qui montre que  dans les années 1580-1590,  qui sont celles des éditions  centuriques antidatés l’on aura recyclé celles-ci sur des dates ultérieures, procédé assez classique (cf notre thèse d’Etat. Le texte prophétique en France, Formation et fortune. Presses Universitaires du Septentrion et notré étude  sur la prophétie pour 1588 recyclée pour 1788 (Politica Hermetica. Révolution)

 

Mais  venons –en  à ce Macelin  de la Centurie VIII dont on trouve la mention dans les éditions italienne «  Marcelino » mais aussi  dans la « Reproduction très fidéle d’un manuscrit inédit de LM. De Nostredame, Dédié à SS. Le Pape Pie IV,  Mariebourg 1906 » que  Guinard n’aurait pu consulter  (p. 31)  et sans lequel on  ne peut comprendre le mot « macelin » dont Nostradamus nous explique que l’on peut en ôter la lettre R, ce qui donne macelin, ce qui signifie  « boucher »

 

Mais ce qui est grave ici, c’est le cas de Patrice Guinard non pas en tant que chercheur mais en tant que responsable du site du CURA. Celui-ci était moralement obligé d’avertir ses lecteurs des travaux menés par les uns et par les autres, dès lors qu’ils s’appuient sur des éléments   importants. Autrement dit, Guinard, soit délibérément, soit pas négligence ou désinvolture, ne sera pas parvenu au cours des 15 dernières années à signaler notre post-doctorat, ce qui  entache  sensiblement la  valeur des informations qui figurent sur son site.   Son étude consacrée à la Centurie VIII  compense ses lacunes bibliographiques par   un commentaire faisant de Nostradamus un prophète du long terme. On assiste là un  un mélange des genres avec un Guinard  hybride   tantôt avec sa casquette de « seiziémiste » qui ne prend pas la mesure des Epitres de Nostradamus  au pape Pie IV-  et tantôt  avec  celle d’un interprète  avisé des Centuries   censées couvrir jusqu’à notre temps/ Mais, soulignons-le, quelles que soiient les limites de Guinard chercheur, il aurait du faire l’effort de fournir à ses lecteurs des informations à jour alors que par incurie, le responsable du CURA  les aura laissé dans  l’ignorance depuis une bonne vingtaine d’années,  voire en leur déconseillant d’aller prendre connaissance de certains travaux universitaires.

Lire :  nos   Quelques observations sur les travaux de Patrice Guinard  concernant le Corpus Nostradamus

En conclusion,  voilà plus de 15 ans que la clef du quatrain « macelin »  que nous avions signalée n’aura pas été référée sur le site du CURA, ce qui le condamne à une certaine provincialisation, à un sérieux décalage entre Paris et Toulouse. D’une part, il est clair que la chronologie du premier volet des éditons centuriques ne saurait s’arrêter à 1557 comme le note judicieusement Benazra (RCN) au vu des éditions mentionnant l’an 1561, le choix de cette année est nettement lié à l’épitre à Pie IV et non à quelque aléa comme on voudrait nous le faire croire.

Benazra p/ 52) : Si cette  édition  a réellement  vu le jour, il apparait que l’éditeur parisien  n’a point connu  l’édition lyonnaise d’ Antoine du Rosne (1557) puisque les  copies  de 1588 et 1589 ne nous donnent que 74 quatrains pour la Vie centurie. De là à penser qu’il n’a point connu  l’édition lyonnaise de 1558  avec la préface à Henri II –que les copies de 1588 et 1589 ne reproduisent pas- il n’y a qu’un pas que nous sommes  tenus  de franchir » Ajoutons que l’étude des titres montre qu’il n’y a pas de rapport nécessaire avec le contenu des éditions comportant les dits titres. En fait, les 39 article ajoutés à la « dernière centurie » devaient correspondre à ce qui deviendra la VIIe centurie. D’autre part, en ce qui concerne la genése du second volet, la présence de « macelin » montre bien que ses rédacteurs avaient connaissance directement ou indirectement de l’Epitre au pape autour de la prophétie « marcelinienne » de Nostradamus. Tout se passe comme si la récupération de documents à caractère nostradamique aura englobé des quatrains ou en tout cas des versets inspirés par la dite épitre au pape. L’Epitre à Henri II de 1558 est un mix de la première épitre au roi de 1556, de l’epitre au pape  et d’éléments puisés chez Richard Roussat ou dans sa sphère consacrés à la fin du XVIIIe siècle. On a ainsi la conjonction syncrétique de plusieurs calendriers antéchristiques, celui de Nostradamus (cf notre étude Nostradamus et l’Antéchrist) pour les années 1560  et celui de Pierre d’Ailly (cf notre étude, Colloque de Compiégne, Denis Labouré  Astrologie et Religion au Moyen Age) pour  1789.

 

 

JHB21  06 21

 

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jacques Halbronn L’édition centurique génante pour l’an 1561 et l’Epitre au pape Pie IV

Posté par nofim le 17 juillet 2021

 

L’édition centurique   génante  pour l’an 1561 et l’épitre au pape Pie IV

par  Jacques  Halbronn

 

Nous avions  «évoqué  dans un précédent article  le caractère « génant »  de l » édition  1555 (Lyon Macé  Bonhomme), un autre cas bien embarrassant est celui concernant 1561, pour la chronologie des éditions  centuriques.

En effet, le scénario classique d’une édition à 7 centuries en 1557  ne tient pas dans la mesure où l’édition 1561  signale une addition de 39 ‘articles » à la « dernière » centurie, c’est à dire à la sixiéme, la dite addition devenant par la suite la VIIe Centurie tout comme l’édition 1555  témoigne d’un état à 4 centuries dont une « centurie » à seulement 53 quatrains mais l’on sait qu’il a d’abord existé une addition à seulement 49 quatrains (Raphael du Petit Val, Rouen, 1588) comme le signalent Chomarat et Benazra -RCN, pp. 122-123) dans leurs bibliographie respectives.. Par la suite, l’on aura complété pour produire une Ive centurie à 100 quatrains.

Tout se passe comme s’il y avait eu un stade à six centuries, se terminant par un quatrain latin. « Legis cautio ».

La référence à l’an 1561  est la suivante ; (RCN, p. 114) :

« Les Prophéties de M. Michel Nostradamus Dont il y en a trois cens qui n’ont encores jamais esté imprimées lesquels sont en cette présente édition. Reveues & additionnées  par l’Autheur  pour l’an mil cinq cens soixante & un de trente neuf articles à la dernière centurie »

Autrement dit les éditions à 7 centuries datées de 1557 sont antidatées puisqu’elles comportent l’addition de 39 article pour l’an 1561. En outre,  ces éditions 1557 comportent une centurie IV compléte  alors que l’édition 1555 atteste un état intermédiaire à la dite Ive Centurie, ce qui la rend « génante » car l’on aurait voulu nous faire croire  à une première édition datée de 1557 à 7 centuries, introduite par une « Préface à César ». On se serait bien  passé d’une édition 1555 tout comme d’une édition 1561, qui viennent tout compromettre !

Bien entendu, on l’aura compris, il s’agit là du « plan » des faussaires que l’on s’efforce de restituer , de respecter, de comprendre et décrire en tous ses méandres.

Mais quid de l’Epitre à Henri II datée de 1558 et censée introduite les Centuries VIII à X, parachevant la miliade. Dans l’esprit des faussaires, cette édition aurait fait suite à l’édition 1557 à 7 centuries, ce qui n’est évidemment pas compatible avec  l’édition 1561  ajoutant 39 quatrains à la sixiéme centurie.

Il faut comprendre qu’il s’agit là d’une entreprise paralléle, visant à ajouter 3 centuries aux 7 existantes, sur la base des éditions 1557 dans l’ignorance de l’addition pour 1561 puisque cette édition aura été en quelque sorte éclipsée par les éditions 1557. L’entreprise paralléle visant à créer un ensemble à 10 centuries  n’avait pas une connaissance exhaustive  de  la genése du premier volet sinon elle n’aurait pas proposé une édition datée de 1558 adressée à Henri II mais aurait pu intégrer une épitre au pape Pie IV datée de 1561 ayant bel et bien existé. (cf notre étude in Réforme Humanisme Renaissance, 1991 et RCN p. 68), d’ailleurs, le contenu de l’Epitre à HenrI II en tête du second volet est en phase avec l’epitre au pape  plus que celle de  1556  en tête des présages merveilleux pour 1557 (cf  notre reprint de   2002.. Ed Ramkat) le ton de l’epitre à henri  II  1558  est bien mieux compatible avec celle à   Pie iv en ce qui concerne les menaces qui planent sur l’ Eglise  au point que l’on soit en droit de se demander si ce n’est pas à   Pie iv qu’elle aurait été d’abord été placée en tête du second volet  avant que l’on opte pour une epitre à Henri ii  1558.

En fait, l’épitre centurique à Henri II  1558 est un mélange de l’epitre à Henri II  1556, de l’Epitre à  Pie IV 1561, et du Livre de l’Estat et Mutation de Richard Roussat, ( cf CORPUS NOSTRADAMUS 50 — par Patrice Guinard Antoine Couillard et la fin des temps annoncée par les astrologues)  à propos de l’échéance de la fin du XVIIIe siècle. Il est clair qu’en 1558, Nostradamus n’avait pas encore développé les positions exposées en 1561.  Il apparait nettement que l’importance de l’Epitre au pape aura été  dramatiquement sous- estimée. On ne signale même pas le contenu de l’épitre dans les éditions italiennes conservées à la BNF. Quant au fait que Chomarat signale dans sa Bibliographie  la Contrepronostication de 1561, il ressort qu’il n’indique pas qu’elle comporte une épitre au pape. C’est ainsi que l’empreinte de la dite Epitre sur celle censée adressée à Henri II   n’est nullement indiquée alors que déjà sur la page de titre italienne  les événements annoncés figurent en phase  avec ceux se trouvant repris dans l’Epitre à Henri II dès 1558.  Mais le catalogue de la BNF ne restitue pas la page de titre italienne en son intégralité même si Chomarat fournit la photo de la dite page de titre. On notera que l’authenticité de l’Epitre au Pape aura été mise en cause (par un point d’interrogation par exemple) alors que selon nous Nostradamus figure comme éditeur de certaines éditions italiennes et pas seulement comme auteur.

Nous conclurons en insistant sur la nécessité de dégager les divers scénarios en lice au lieu de croire à une unité  tant diachronique que synchronique factice et syncrétique.

JHB

17  07 21

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Jacques Halbronn La restauration du projet de départ en linguistique, en théologie et dans le champ « ésotérique »

Posté par nofim le 16 juillet 2021

La  restauration du projet de départ en linguistique, en théologie et  dans le champ  « ésotérique ».

 

Par  Jacques  Halbronn

 

L’idée d’un plan initial  qui aurait  été corrompu par la suite semble déplaire à nombre de chercheurs lesquels considérent que ce « plan initial » ne peut que nous échapper et qu’il vaut mieux tabler sur le résultat final », avec les fruits qui en résultent. » Comme les hommes de son époque, explique Gilles Marmasse,  Hegel pense qu’il y a un sens à l’Histoire, mais en plus,  un sens progressif. Quelqu’un comme Rousseau pense qu’il y a un sens à l’Histoire, mais ce sens est une décadence ». 

Nous nous rapprocherions donc plus de Rousseau que de Hegel  Mais si l’Histoire est  vouée à la corruption, comment prétendre remonter à la source ?

 

Dans les divers domaines cités en notre titre, nous pensons avoir pu  parvenir à restituer le plan de départ selon une méthodologie permettant de repérer les éléments rajoutés ou au contraire supprimés, soit les deux causes de décadence. Une anecdote nous vient à l’esprit, celle de cet homme cherchant un objet non point là où il sait qu’il l’a perdu mais là où c’est éclairé. On ferait ainsi de nécessité  vertu en optant pour l’approche préconisée par Hegel car il est bien commode, nous semble-t-il, de se persuader  du « progrès », comme on le ferait d’un arbre qui aurait « poussé » et dont il s’agirait de recueillir la production au  final.

D’où l’importance que nous accordons aux  faux, aux imitations, aux contrefaçons qui viennent défigurer le « plan initial », étant entendu que pour les hégéliens  tout ce qui advient fait partie intégrante du dit plan. On trouve une telle attitude de façon caricaturale chez un Patrice Guinard, formé à la philosophie,  traitant de la chronologie des éditions centuriques lorsqu’il tente de nous démontrer que tous les aléas observables étaient dument prévus par Nostradamus, que ces aléas seraient ainsi partie intégrante du projet et non pas une déviance par rapport à celui-ci !

Dans le domaine religieux, l’on rencontre un même état d’esprit  à savoir que ce que telle doctrine est devenue correspondrait à son « aboutissement », à sa « finalité » et qu’il n’est donc pas utile de vouloir restituer un quelconque « plan » dans toutes sa « pureté » première.

Dans le domaine linguistique, on trouvera le même propos quant à la vanité  de tout retour en arrière et toute quéte d’un état « originel ». Pourtant,  comme nous l’avons montré dans divers « mémoires », il nous semble tout à fait possible de noter des aberrations et de les corriger tant une logique semble à l’œuvre dans l’élaboration des langues même si la dite logique peut avoir été mise à mal. C’est bien là tout le probléme : on nous affirme qu’il n’y a rien à comprendre d’un point de vue structurelle, à preuve justement les  incohérences que l’on peut y déceler ! Dialogue de sourds  entre rousseauistes et  hégéliens ! Probléme de la poule et de l’œuf, de la cause et de l’effet. Il est tellement plus simple de prendre l’effet pour la cause, ce qui dispense d’aller rechercher quelque  essence. On préférera s’en tenir à l’existence, au devenir qui serait l’expression même  du projet à déterminer !

Cela renvoie au structuralisme : selon nous, chaque fois qu’une dissymétrie, une invraisemblance peuvent s’observer, cela nous permet de retrouver une certaine diachronie derrière la synchronie.

Dans le champ théologique,  la notion de création nous apparait capitale : le « créateur », à tous les niveaux, pose un projet qui offre un équilibre, une symétrie. Toute création impliquerait un tel point de départ sans lequel elle ne ferait guère sens.

Le génie serait celui qui serait capable de restaurer cette impulsion première, de régénérer le projet premier du Créateur. Inversement, croire que la création ne ferait sens qu’in finé, qu’elle échapperait  au créateur nous apparait comme un contre sens caractérisé et subversif  et disons- le un blasphéme visant à dévaloriser le créateur, à en relativiser l’ impact en conférant au récepteur l’ascendant sur l’émetteur, au peuple sur le souverain. On serait ainsi en pleine lutte des classes et l’on sait que Marx  était le disciple de Hegel.

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

16 07 21

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Jacques Halbronn La représentation tronquée du Nostradamus des années 1560

Posté par nofim le 16 juillet 2021

La représentation tronquée du Nostradamus des années 1560

 

Par Jacques Halbronn

 

Le traitement des publications italiennes de Nostradamus par les bibliographies de Chomarat et de Benaza (1989-1990) se révèle des plus critiquables en ce qu’il ne restitue pas la démarche de Michel de Nostradamus à la fin de sa vie, ce qui laisse la place à un image faussée d’un Nostradamus auteur de centaines de quatrains, de « carmes » obscurs  alors que sa  prose, dans les textes qu’il adresse au pape Pie IV, est extrémement précise. Il est vrai que le contenu des dits textes  est peut être un peu trop explicite alors que les quatrains  restent toujours plus  elliptiques, s’exposant moins à la critique.

Quand on parcourt ce qui est présenté dans les deux bibliographies sus nommées, l’on note deux lacunes. La première tient à une étude insuffisante de la production latine dont les pages de titre, à elles seules, comportent, des dates : il est ainsi  question d’une prévision couvrant la période 1565-1570.

 

 Li Presagi et pronostici di M. Michele Nostradamo, quale principiando l’anno M.D.LXV. diligentemente discorrendo di anno in anno fino al 1570… Diligentemente estratti dalli originali francesi, nella nostra italica lingua…Gênes  1564

 Benazra  (mais non Chomarat) signale  cependant des « Praedictions » pour cette période mais sans se référer à une quelconque traduction italienne. Il semble tout ignorer de la réimpression de 1905, Mariebourg. Rappelons que nous abordames la question de Pie IV dans notre étude parue en 1991 dans la revue Réforme, Humanisme Renaissance., donc après la parution de ces deux bibliographies.

En revanche, Patrice Guinard  a consacré une étude à ces publications mais il y voit e une contrefaçon parisienne », avis que nous ne saurions partager.

CORPUS NOSTRADAMUS 181 — par Patrice Guinard

Les publications de l’année 1561 pour l’an 1562

LES PREDICTIONS DE L’ALMANACH DE L’ANNEE 1562
Contenant les declarations d’un chascun moys de l’an.
Consacrez à nostre sainct pere, le pape Pie quatriesme de ce nom,
composez & calculez par M. Michel Nostradamus,
docteur en Medecine, de Salon de Craux en Provence.

PIO IIII PONTIFICI MAX(IMO) [Au très grand pape Pie IV]

Tressainct Pere, vostre Saincteté ne prendra en mauvaise part, si à present j’ay voulu
prendre la hardiesse de vouloir consacrer à V. S. [Votre Sainteté] ce mien Ephemeris, auquel est contenu la universelle declaration de l’annee 1562 selon le vray & parfait jugement des astres. Et pource que la presente annee depend totallement pour le fait de la Religion Chrestienne, & que la vostre saincteté est comme pere deffenseur & vray protecteur, joint icelle conjonction de Saturne & Mars que est, comme plus à plain est declairé par le contenu de la preface, consacree à vostre sainteté Iupiter estant inferieur qui presage
[B3r] pour le fait de la spiritualité, plusieurs tristes & incroyables adventures non gueres dissemblables aux grandes conjonctions que se font de Saturne & Iupiter au commencement d’Aries qui se font de 960 ans, & par la seconde qui se fait au commencement d’une chascune triplicité comme sont celles que s’ensuyvent & qui s’aprochent de 240 ans, pource que telles malignes conjonctions se font communément à une chascune triplicité douze fois plus ou moins, & quelquefois treze. Toutefois entrant d’une triplicité en autre : mais veritablement cellesconjonctions que s’ensuyvent, presagent de choses grandes advenir pour le fait principalement des substances de l’eglise, & aussi que plusieurs des citez du pays Italique, se rebelleroyent envers leurs monarques & dominateurs, combien que pour le faict de la foy & religion le pays d’Italie en sera peu molesté, & aussi joint que souz vostre sainteté toute la chrestienté depend que plus à plain pourra veoir tant par le contenu d’un chascun moys, comme par le sommaire que j’ay calculé dans la presente preface manifestant jusques à l’an 1570 là environ que au commencement de ma calculation j’ay communiqué à la sereniss(ime) majesté de la Royne mere regente de France, monarque de incomparable debonnaireté. Doncques pere tressaint vous plaira prendre en gré, ce mien exigue labeur annuel, esperant en brief
[B3v] faire entendre à V. S. oeuvres de plus longue duree, priant au seigneur Dieu eternel, que par long temps puissiez estre veu regner en terre, à la universelle pacification de la Chrestienré [sic : Chrestienté] dependante de vostre tressainte & infinie misericorde, que puisse reduire l’univers en paix, amour,union, concorde & perpetuelle tranquillité. De Salon de Craux en Provence ce xvij [17] de Mars 1561. Par vostre treshumble tresobeissant serviteur observateur de vostre sainteté. M. Nostradamus.
[B4r]

Guinard  cite même la réédition de 1905 mais il ne sembla pas l’avoir étudiée sérieusement :
181D Reproduction très fidèle d’un manuscrit inédit de M. de Nostredame dédié à S. S. le Pape Pie IV
« Mariebourg » [Méricourt-l'Abbé], « Sub St Michaelis Invoc(ationem) » (à l’invocation de Saint-Michel) [Henri Douchet], 1906, vi + 113 pp.

→ CAT Waller, 1955, n.20052
→ Brind’Amour, 1996, p.555-556 (d’après un exemplaire d’Éric Calendrier de Montarlot)

° BU Uppsala ; BP Éric Calendrier ; BM Lyon: fds Chomarat 8252 (copie) ; Bib. CURA (copie présages)

Quant à   la production italienne de ce qui touche à Pie IV, elle  est fort bien représentée à la Réserve de la Bibliothèque Nationale  et nos auteurs auraient pu prendre la peine d’en prendre connaissance pour se faire une idée plus compléte du personnage de Nostradamus.

Et d’ailleurs, on y trouve la source de certains quatrains des Centuriques comme celui  fort connu comportant le nom de « Macelin » suivi d’un autre comportant le mot « Antéchrist », dans les deux cas, au sein du second volet des Centuries. On peut d’ailleurs regretter que la BNF n’ait pas pratiqué une politique de rassemblement de tout ce qui touchait à l’œuvre de Nostradamus ou qui lui était attribuée nommément

Pour nous, le dossier Pie IV (déjà constitué par nos soins dès 1991), témoigne  bel et bien de l’orientation prophétique de Nostradamus à la fin de sa vie. On note que Nostradamus entend bien faire entendre sa voix au-delà du ton habituel de sa production annuelle et d’ailleurs, cela entraine des critiques dont nous traitions dans notre étude. » Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus (1561) », dans Bulletin de l’Association d’études sur l’humanisme, la réforme et la Renaissance. Nostradamus semble bien alors avoir endossé l’habit de prophéte-astrologue et cela expliquerait  l’usage du mot « Prophéties » dans les pseudo- rééditions des années 1588-89 qui sont carrément une production inédite  en dépit des imprimés lyonnais antidatés. Dès 1971,  vingt ans avant notre étude,  M. Chomarat dans  Nostradamus  entre Rhone et Saone,  Ger éditeur, Lyon, (, pp ; 38-41)  signalait  une série d’oppositions à Nostradamus mais sans avoir connaissance de la dite « contre-pronostication »

Nous notions  en 1991 (cf notre article en ligne  sur Persée) à propos  de notre découverte à la Bibliothèque Nationale de « La Déclination des Papes. Contrepronostication à celle de Nostradamus de Pie Quatriesme »  L’ouvrage avait d’ailleurs d’autant moins de chance d’être signalé par les chercheurs qu’il  faisait partie d’un ensemble intitulé

«  Cantique Spirituel  consolatif à Mgr le Prince de Condé » et ajouté au titre «  plus la Déclination etc »

Nous résumions ainsi  notre étude :

« Les relations entre Nostradamus et Pie IV (1559-1565) n’ont pas fait l’objet d’une monographie, si bien que l’on a généralement privilégié ses Epîtres au pouvoir temporel. C’est ainsi qu’en 1556, Nostradamus s’adressa coup sur coup à Catherine de Médicis, à Henri II, et à Antoine de Navarre ».

« La découverte de la Contrepronostication nous a amené à examiner la nature des relations entre Nostradamus et le Pape. Pourquoi y reprochait-on notamment à l’auteur des Prophéties d’être en quelque sorte à la solde du souverain pontife ? De fait, en cette année 1561, Nostradamus rédigea deux Epîtres au Pape et l’année précédente, il lui accorde un passage significatif de son Almanach pour ladite année 1561. »

 

JHB

16 07 21

 

 

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Jacques Halbronn L’édition génante que l’on aurait bien voulu ignorer : Macé Bonhomme 1555

Posté par nofim le 15 juillet 2021

L’édition génante que l’on aurait  bien  voulu  ignorer : Macé Bonhomme 1555

Par Jacques  Halbronn

 

Dans  Nostradamus, le mythe et la réalité. Un historien au temps des astrologue, 1999, Roger Prévost ne met pas en question la chronologie des éditions centuriques, ce qui fait qu’il attribue à Nostradamus des intentions qui n’étaient pas les siennes, dès lors que Nostradamus ne serait pas l’auteur des textes en question. Prévost  ne fait en réalité que nous raconter les méthodes des faussaires car nous nous refusons à croire que Michel de Nostredame ait pu recourir à de tels expédients.  On sait que son travail consistait à « commenter «  les données astronomiques de l’année à venir, quitte à ce que celles-ci soient transcrites sous forme de quatrains, tâche dévolue à ses collaborateurs ou à ceux de ses éditeurs.

Michel Chomarat  Nostradamus entre Rhone et Saone Ed GER  1971. Chantal Liaroutzos dès 1987 ne faisait pas autre chose.(Suivez la Guide,  RHR). Pierre Brind’amour se sera également prêté (cf son Nostradamus astrophile, 1993)  à ce type de corrélation entre versets et chroniques du temps.

Par ailleurs,  les éditions successives des Centuries témoignent d’une sorte de surenchère au gré de l’actualité politique. On est passé de l’étude des données astronomiques à celle des  données de l’Histoire en train de se faire, notamment sous la Ligue et  son adversaire, Henri de Navarre, prétendant à la Couronne de France. D’où une succession d’ajouts, d’appendices  qui explique une édition à 353 quatrains ou une autre à 640 quatrains avec cette dimension aléatoire du nombre de quatrains qui tient à une forme d’improvisation que l’on cherche ensuite à masquer, notamment quand on a complété la Ive Centurie passant de 53 à 100 quatrains. En fait, l’édition Macé Bonhomme fait en cela probléme, en ce qu’elle atteste  de l’existence d’un tel procédé. On essaie de nous faire croire que l’on serait passé tout à fait normalement d’une éditions à 4 centuries à une édition à 7 centuries mais tout cela se révéle bien bancal au final car ce qui s’était produit lors d’une première édition disparue à  trois centuries que l’on ne connait qu’accompagnée de sa  suite augmentée, va à nouveau se représenter  dans le cas d’une édition également disparue à six centuries, que l’on ne connait qu’au travers d’éditions augmentées à 42 quatrains à la VIIe Centurie. Quid des 58 « articles » qui auraient complété la VIIe Centurie ? On peut les retrouver avec les 58 sixains introduits par une épitre datée de 1605. (cf à ce propos nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Prophetica Judaica 2002)  Etrangement, ces 58 sixains seront parus alors que l’on avait déjà vu se présenter les centuries VIII, Ix et X. (cf les observations de l’ »Eclaircissement des véritables quatrains » de 1656 de Giffré de Réchac)

Les  bibliographes  se débrouillent avec ce dont ils disposent : d’un coté des éditions manquantes à trois et six centuries, de l’autre une édition bien génante à 353 quatrains  censée être parue à Lyon chez Macé Bonhomme.(cf l’édition de P. Brind’amour, 1996 qui ne signale  pas ce probléme et prend cette édition comme la « première » ce qu’elle n’aura certainement pas été dans le projet  de fabrication de centuries posthumes des années 1580.

La présentation qui nous est généralement proposée du plan éditorial  des éditions centuriques  est donc sujet à caution du fait même que l’on ne nous signale pas les « trous » manifestes dans chronologie « officielle », « factuelle », selon une stratégie à ajuster avec les moyens du bord, assez laborieusement, le discours biographique sur l’état des lieux bibliographique.   D’ailleurs, le cas du second volet ne témoigne -t-il pas avec son ensemble de 3 centuries « pleines » et sans ajout d’aucune sorte  d’une première édition à 3 centuries (cf  notre précédente  étude « Le second volet des Centuries comme imitation du premier » sur Nofim.unblog.fr).puis d’une édition à six centuries avec chaque fois des additions  qui remettent en question le bel agencement recherché? C’est en fait le second volet qui nous éclaire sur la fabrication du premier. Selon nous, il n’a jamais été question au départ d’une édition à 353 quatrains  ou à 642 quatrains. D’ailleurs, les titres des éditions mentionnent  « 300 quatrains », c’est-à-dire 3 centuries comme c’est le cas de l’édition Benoist Rigaud antidatée à 1568, à dix centuries.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

15 07 21

Publié dans NOSTRADAMUS | Pas de Commentaire »

jacques Halbronn Le second volet des Centuries comme imitation du premier

Posté par nofim le 13 juillet 2021

Le second volet des Centuries comme imitation du premier.

Par  Jacques Halbronn

 

 

La comparaison entre les deux volets des éditions « centuriques » fait apparaitre des différences de fond et de forme qui mettent en évidence l’hétérogénéité de l’ensemble censé avoir été présenté dès 1568.(Lyon, Benoist Rigaud) sinon encore plus tôt dès avant la mort accidentelle du roi (en 1559) auquel le dit second volet est  adressé.

Sur la forme, d’abord,  le second volet  ne nous est connu que selon un seul et unique état, en trois centuries « pleines » alors que le premier volet nous est connu au travers de divers états dont les bibliographies relatent la succession (cf le Répertoire Chronologique Nostradamique de Robert Benazra, Paris, La Grande Conjonction, Trédaniel, 1990 pp. 118-125)

En ce qui concerne la genése du premier volet, la doxa établit qu’il y aurait d’abord existé une édition à 4 centuries en 1555, suivi en 1557 d’une édition à 7 centuries, cette dernière comportant des variantes, à la VIIe centurie, entre les exemplaires de la Bibliothèque de Budapeste et celle d’Utrecht.Ensuite, tout devient beaucoup plus compliqué  puisque l’on ne trouve plus pour les années 1588-1589 que  des  états successifs avec des mentions d’ajouts :

Prophéties de  M. Nostradamus adioustées outre les précédentes impressions

Prophéties de M. Nostradamus Adioustés nouvellement . Centurie septiesme

Les Prophéties de M. Michel Nostradamus Dont  il y en a  trois cens  qui n’ont esté encores imprimées

Les  Prophéties  de M. Michel Nostradamus Dont il  y  en a trois cens qui n’ont encores esté imprimées lesquels sont en ceste présente édition. Reveues & additionnées par l’Autheur pour l’an mil cinq cens soixante  & un de trente neuf  articles à la dernière Centurie.

Cette dernière mention est à retenir car elles semble bien indiquer que les éditions successives  ne procédaient point nécessairement par additions de centuries « complètes » mais au moyen d’annexes d’un certain nombre de quatrains qui ont pu servir comme ajouts à des éditions à trois ou à six centuries puisque l’on sait que la centurie IV aura connu un premier état (Macé Bonhomme 1555) à 53 quatrains avant d’atteindre les 100 quatrains  (Antoine du Rosne 1557). Mais cette édition avec une centurie iV à 100 quatrains  allait elle-même comporter par la suite  une addition  à la « dernière centurie », c’est-à-dire à la sixième, ce qui deviendra la septième centurie, restée incomplète/incomplétée.

Selon nous,  il a du exister une édition, non localisée, à six centuries  avant l’édition augmentée en question. Elle devait porter ce titre déjà mentionné :

Les Prophéties de M. Michel Nostradamus Dont  il y en a  trois cens  qui n’ont esté encores imprimées en passant sous silence l’existence d’un état intermédiaire avec une centurie IV à 53 quatrains. Cela donnait ainsi un ensemble des six centuries « pleines » dont nous avons dit qu’il serait suivi d’une nouvelle addition « à la dernière centurie ». Certains comprennent la formule « dernière centurie » comme renvoyant à la centurie VII  alors que la formule désignait la sixiéme et dernière centurie de l’ensemble à six centuries, ensemble auquel on aura adjoint une nouvelle série de quatrains (39 si l’on s’en tient au titre)

Reveues & additionnées par l’Autheur pour l’an mil cinq cens soixante  & un de trente neuf  articles à la dernière Centurie.

Encore convient-il de préciser que le titre  des ouvrages ne correspond pas ou plus  nécessairement à leur contenu.

Pour en revenir au second  volet, le fait d’annoncer  « Centuries VIII. (lire huitième du fait du point), IX (neuvième), X (dixième) qui n’ont encores iamais esté imprimées » se calque sur une formule déjà utilisée pour le premier volet (cf supra):

« Les  Prophéties  de M. Michel Nostradamus Dont il  y  en a trois cens qui n’ont encores esté imprimées lesquels sont en ceste présente édition. »

Tout cela  tend à entériner – d’où l’affirmation d’une « miliade » de quatrains dans l’Epitre au Roi –  l’existence d’une Centurie VII alors même que les éléments que nous connaissons n’atteignent pas la cinquantaine de quatrains.  En fait, une structure à base 3  et 6 nous semble plus cohérent  qu’une structure à base 10.

Selon nous, le second volet  aura été pensée à l’imitation du premier volet en vue d’instrumentaliser Nostradamus au service non plus de la Ligue mais du parti d’Henri de Navarre comme le montre l’étude de certains quatrains – celui relatif à Tours dans le premier volet et celui relatif à Chartres dans le second. C’est dire que l’on ne situe correctement les deux volets que dans le contexte la guerre dynastique des années 1588-1594. Autrement dit, soutenir que l’édition de 1568 à « dix centuries »  est authentique serait  tout à fait chimérique et nous avons montré par ailleurs que  le libraire Benoist Rigaud fut probablement un des instigateurs du phénoméne centurique de la période en question, récupérant des textes d’Antoine Crespin eux-mêmes repris de certains textes de Nostradamus comme son Epitre à Pie IV et qui se retrouvent dans le second volet tout comme les extraits de la Guide des Chemins de France.

 

 

 

Centurie

8:76

Plus Macelin que roy en Angleterre,

Lieu obscure nay par force aura l’empire:

Lasche sans foy sans loy saignera terre,

Son temps s’approche si presque je soupire.

8:77

L’antechrist trois bien tost annichilez,

Vingt et sept ans sang durera sa guerre:

Les heretiques mortz, captifs, exilez,

Sang corps humain eau rogi gresler terre

 

Or, le  terme « macelin »  est une occurrence qui n’existe que dans l’Epitre de Nostradamus à Pie IV, tant en français qu’en langue italienne et correspond à une prédiction « antéchristique » en prose  de Nostradamus, ce qui se retrouve au premier verset du quatrain suivant. (cf

Researches 121-130 – Mario Freedom’s Space

http://www.propheties.it › Researches121-130

 

121 – Antoine Crespin et le quatrain VIII, 76 Plus Macelin que roy en Angleterre Par Jacques Halbronn … 402-413) sous le titre « Nostradamus au Pape Pie IV.

Researches 191-200 – Mario Freedom’s Space

http://www.propheties.it › Researches191-200

 

191 – Rabelais et Nostradamus faiseurs d’almanachs … dédié au pape Pie IV, lequel almanach semble avoir été censuré en France mais pas en Italie, … de celui qu’il nomme « Marcelin » en jouant sur le mot « macelin », boucher (​macelino)

 

 

On rappellera que la Première Face du Janus François comporte des quatrains du second volet, qui permet de fixer une fourchette entre 1590 et 1593 pour l’émergence du second  volet. (cf RCN pp  126 et seq), une édition de Cahors datée de 1590 comportant les deux volets, le contenu de la dite éditions ayant servi pour fabriquer l’édition de 1568 laquelle constituerait donc  doublement un faux.

 

 

 

JHB

13 07 21

Publié dans NOSTRADAMUS | Pas de Commentaire »

jacques Halbronn Prophétisme et propagande. Discours de la méthode (bis)

Posté par nofim le 9 juillet 2021

Prophétisme et propagande. Discours de la méthode.(bis)

Par Jacques  Halbronn

Nous avons participé en 2000 au Colloque  intitulé

 

La prophétie comme arme de guerre des pouvoirs, 15e-17e siècles
Édité par Augustin Redondo, Presses Sorbonne Nouvelle

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Dont  le résumé était le suivant :
 

La prophétie relève du religieux et du divin puisque le prophète exprime, déchiffre et transmet le message que Dieu lui a délivré. L’ouvrage aborde ici les nombreuses autres manifestations prophétiques mais cette fois dans le domaine du politique, en Espagne, au Portugal et en Italie, tout au long de l’époque moderne. Vacitinations laïques en somme qui ont permis des manipulations du pouvoir royal (légitimation de lignées, par exemple la Maison d’Anquera en Espagne) et militaire (impérialisme et conquête messianique), en utilisant des supports aussi différents que variés : biographies des régnants, traités politiques (traités de Machiavel) mais encore recueils de miracles ou légendes (par exemple en Espagne la légende de Merlin).

 

Il est bon de ne pas oublier que le prophétisme est lié au politique et qu’il est en prise sur les enjeux du moment. Ce qui importe, c’est la date de publication réelle et non prétendue et c’est en recoupant les textes avec  telle ou telle actualité brulante que l’historien pourra se donner les moyens de la datation sans tomber dans un certain nombre de pièges dont le prophétisme est friand. Il y a  là en effet quelque paradoxe : à savoir faire sens pour le moment de parution tout en laissant entendre que le texte ne saurait avoir été rédigé la veille car dans ce cas, le textes prophétique se réduirait à une sorte de journalisme, se faisant l’écho des attentes et impressions du moment, ce qu’il est au demeurant mais qu’il ne saurait être question de reconnaitre, selon les lois du  genre.

En ce sens, deux voies seront à éviter : l’une  considérant qu’il est traité d’événements à venir hors de portée de l’époque de la parution et l’autre  considérant qu’il est question d’événements ayant déjà eu lieu. Seule l’astrologie  est en mesure de survoler ainsi les époques de par son lien avec l’astronomie et il importe de ne pas mélanger les genres. S’il est fait référence à des situations antérieures, cela ne saurait être que pour servir dans l’immédiat et c’est cet immédiat qu’il importe de circonscrire.(cf Le texte prophétique en France. Presses Universitaires du Septentrion, 1999  et  « Le texte prophétique  . Discours de la méthode ». In revue Babel, 4 | 2000)

Si l’on s’éloigne de la méthodologie que nous formulons ici,  l’on risque fort  de se priver de toute capacité de datation.

Il sera  donc vain de se contenter d’identifier l’ancienneté des textes instrumentalisés pour la circonstance tout comme de se situer très en aval de la période de parution du dit texte.

La prophétie est par vocation auto-réalisatrice et vise à produire un effet  comme dans le cas de Jonas censé prévenir Ninive de ce qui l’attend, ce qui montre que l’on peut annoncer le pire pour empêcher tel processus de se poursuivre. En ce sens, l’échec de la prophétie peut tout à fait être l’effet recherché !

Cet échec peut également donner une nouvelle vie à un texte prophétique en le reconfigurant en vue d’une nouvelle échéance, d’un nouvel enjeu mais là encore, le discours  est en prise avec une attente bien définie, bien précise qu’il importe à l’historien de déterminer, son travail visant à rétablir la véritable chronologie des publications.

Il revient à l’historien de débrouiller l’échevau et de repérer les chronémes et les chorémes, c’est-à-dire ce qui permet de situer le textes dans le temps et l’espace politique, à savoir quel est le camp visé par un texte et/ou de quel camp il émane. Dans le cas des Centuries comme dans celui du Livre des Prophétes (Ancien Testament), il convient d’identifier les adversaires. C’est ainsi que le « Ecoute Israel » ne peut émaner de la maison d’Israel mais bien de celle qui s’y oppose de même que dans IV 46, si le texte s’en prend à la ville de Tours, (Garde toi Tours de ta proche ruine » c’est qu’il n’émane pas de cette ville mais qu’il émane de ses ennemis. (cf notre communication Les Prophéties et la Ligue, in Colloque Prophétes et prophéties, 1997, Presses de l’Ecole Normale Supérieure) Ce sont là des « chorémes ». Quant aux chronémes,  il importe de noter que le second volet des Centuries émane du camp d’Henri de Navarre et que celui-ci envisage d’être sacré roi. Et l’on sait que cela eut bel et bien lieu à la

Cathédrale de Chartres au début de 1594, ce qui permet de fixer un « terminus » quant à la composition du quatrain comportant la mention de Chartres.  On aura compris que le texte prophétique n’est pas « hors sol », qu’il   est un outil de propagande pour obtenir quelque effet et c’est bien lors de conflits entre parties qu’il trouve sa place.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

08 07 21

 

 

 

 

 

Publié dans ASTROLOGIE, NOSTRADAMUS, POLITIQUE, prophétisme | Pas de Commentaire »

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