jacques Halbronn Portrait de l’astrologie moderne au regard de l’Histoire des Sciences. Sur la méthodologie de l’astrologie. Texte de 1975.

Posté par nofim le 10 juillet 2026

jacques  Halbronn Portrait  de l’astrologie moderne au  regard de l’Histoire des Sciences. Sur la méthodologie de l’astrologie. Texte de 1975

 

Nous  présentons un texte rédigé en 1975, 20 ans après la sortie de l’Influence des astres de  Michel Gauquelin, que nous  avions présenté au Pr.  Pierre Merleau Ponty, dans le cadre de la préparation d’une thèse d’Etat, à l’Université Paris X, que nous soutiendrons…24 ans plus tard  avec Jean Céard, « Le texte prophétique en France. Formation et fortune » du fait  de notre  basculement de l’astrologie vers le prophétisme. Ce texte est  contemporain de nos Clefs pour l’Astrologie (ed Seghers 1976); faisant suite à un  voyage en Inde.  En voici des extraits:

« Il nous apparait essentiel, pour illustrer notre thèse sur Idéalisme et Rhétorique  en Astrologie de mettre l’accent sur l’évolution des méthodologies  en cours. (..) L’image  de l’astrologie est hyperscientifique, si l’on peut  dire, (..) on  y utilise une  information  à la  fois simple et complexe (…) la  complexité  réside  dans la  nécessité de connaitre les  données  précises  de naissance de chaque sujet-ce  qui n’est  rendu possible que dans une société  bureaucratique (..) Quant à  la simplicité, elle tient à ce que  cette information sophistiquée(..) une fois obtenue, le  reste suit des rails bien  déterminés, à telle  enseigne qu’une  astrologie  par ordinateur n’apparait pas  comme aberrante (..) Le paradoxe, épistémologiquement parlant, pour ce savoir considéré par la Cité Scientifique comme paria, tient à  ce qu’il emprunte  les attentes les plus  caricaturales du scientisme. C’est un  fait que si l’on ne tenait  aucun compte des résultats obtenus mais simplement des méthodes, on pourrait placer l’astrologie au premier plan des sciences de l’homme. Avec l’astrologie,  que d’énergie  n’économise-t-on pas, que de longues heures – voire combien de mois ou d’années -l’Astrologie n’épargne point quand on la compare au labeur du psychanalyse ou de l’historien (.//)Cette image de marque (..) est en effet l’aboutissement de l’Histoire de l’Astrologie. Et il ne  fait  guère de  doute  que,  ce faisant, l’astrologie n’aille dans le sens d’une certain mythe de la Science. Mais n’est ce pas  le propre d’un savoir qui n’a pas su « démarrer » que d’évoluer non pas tant dans une découverte et une  conquéte progressive de son territoire mais à travers les représentations utopiques de la Science (…) Avec la meilleure  orthodoxie « hyperscientifique », l’astrologue  auquel  on  reprocherait son incapacité ou son  refus  de présenter des  résultats ponctuels et précis, des statistiques, rétorquera qu’on ne saisit le réel que dans sa globalité, qu’on ne le découpe pas  en  morceaux » D’où le malaise qui s’est fait jour, dans les milieux astrologiques, à partir  de 1955 avec les travaux du  statisticien  français. Peu importe  de déterminer ici si ses  travaux sont ou non  concluants. Le malaise face à  une oeuvre qui  s’est imposée, depuis  vingt ans dans le monde entier et qui n’a pas reçu de démenti scientifique  déterminant, qui, par conséqient constitue  pour l’astrologie un alibi, une caution dans sa controverse  avec le  scientifique (…) Expliquons -nous, le statisticien français  a établi   un rapport  entre les  catégories professionnelles et la présence  de planétes distinctes pour  chaque  catégorie. (..)Tant que des travaux statistiques significatifs et positifs  n’avaient pu être établis, l’astrologue  avait beau jeu de soutenir que l’astrologie échappait (…) au général. (…) Et voilà  qu’il apparait que l’astrologie peut être appréhendée au niveau  de  catégories très générales (..) Les planétes semblent en mesure de saisir des lois propres à des  groupes d’individus (..) Les astrologues  font  des  gorges  chaudes pour prendre leur distance face à certaines formulations ancienne qui symbolisent, pour eux,  une astrologie  désuéte,  archaïque (…) Il  est vrai que dans le contexte  actuel de la pratique astrologique, s’en tenir à de telles descriptions  serait suicidaire (..) Notons, en passant, que l’on perçoit une certaine rouerie  car l’astrologue moderne, lui, se garderait bien de se découvrir, de trahir une telle vulnérabilité (…) Cette  naiveté disparait si l’on replace ces  sentences dans une autre optique/ Il  faut se référer  aux techniques actuellemen répandues en astrologie indienne. Les astrologue indiens  posent  beaucoup de questions. Ils ont  certes  des définitions fort minutieuses mais celles-ci leur servent à trouver la  définition  qui  convient au sujet.En d’autres termes, ces longues listes  qu’a collationnées l’astrologie indienne servent à explorer le  terrain  et non à le deviner.(..) On  a  établi une série  de portraits robots, aussi  circonstanciés que possible et il faut  trouver quel est celui  qui convient à l’individu considéré. On passe donc  en revue les diverses  équations envisageables jusqu’à ce que l’on ait conclu que tel portrait se  révélait,  dans l’ensemble, plus  ressemblant. Il  y  a  donc un donc un double contre sens  à  éviter. (..) Cette tache d’identification  ne se rapproche  en rien du mécanisme  de l’astrologie moderne qui, à partir des données de naissance, se risque  aussitôt dans des descriptions.(…)Le  concept d’horoscopie consiste  à  demander  aux astres eux  mêmes de fournir la réponse quant à l’astre régissant un individu. Le postulat  sous  jacent nous semble être le suivant; il  y a solidarité entre l’ensemble des astres!,(..) L’on  a  introduit une  série de critères  permettant d’apprécier la  force relative  de chaque  astre à la naissance. L’astre le  plus  « valorisé » sera celui qui gouvernera le sujet! Une solution arithmétique se substituait à l’investigation proprement dite du terrain » (…) L’astrologie  a  joué la carte  du syncrétisme astronomico-astrologique plutôt que de  sérier les problèmes et de  se construire à partir d’observations  bien  délimitées et valant par elles-mêmes.  Nous  avons là un exemple  caractéristique des difficultés du dialogue Astrologie-Astronomie. En effet, un des premiers postulats de la pensée astrologique est,  certes, sa dépendance face à l’astronomie. L’astrologie   donne une importance prioritaire et légitimatrice au fait  astronomique (…) La  diversité du cosmos, si elle est tonique pour le philosophe devient insupportable pour le technicien. Que prendre en effet en ligne de compte, les cométes, les nuages, les  étoiles  fixes ou celles qui errent? Il faudra bien opérer une sélection. D’emblée, le cadeau astronomique s’avère plus ou moins empoisonné. L’Astrologie, en effet, semble n’avoir jamais su  établir un modus vivendi  avec l’astronomie.Elle est  presque toujours à la traine de l’astronomie  et doit, dans un temps  très court, intégrer les progrès éventuels introduits par  celle-ci. Un exemple récent est celui de la découverte de Pluton en 1930. Il  ne  fallut qu’un ou  deux ans aux astrologues pour  sortir des commentaires astrologiques de cet événement. (..)Cette poursuite « infernale » entre Astrologie  et Astronomie est une des premières causes d’innovation et de bouleversement de la pensée  astrologiuqe. Autrement dit, une part importante des mutations  du  savoir  astrologique est  due à des causes externes, à des nécessistés de  réajustement. Ainsi, le passage de l’astronomie de position à une astronomie plus apte à décrire le mouvement des planétes a-t-il constitué une  révolution au moins aussi  cruciale que la  découvertes de  nouvelles planétes dans le  systéme solaire/ Mais cette  révolution  (..) n’évacue pas les  acquis antérieurs même si les  causes ont disparu. L’astrologie confrontée à l’astronomie de position a  du formuler  sa problématique prévisionnelle en faisant du long  terme avec du court terme. Autrement dit, puisqiue l’astronomie de position  n’assurait pas  une  prévision à moyenne ou  longue échéance des mouvements planétaires, il  faudrait  bien   se contenter  des éclairages à court  terme (un  jour, une semaine, un mois) que permettait l’astronomie de position. D’où la naissance de ce que l’on pourrai nommer » correspondances temporelles » (qui) – comme  toute démarche analogique d’ailleurs, visent à pallier les défaillances et les ignorances. On conviendrait que, par  exemple, un  jour après la naissance, indiquerait  en fait la situation après la naissance (..) Plutôt  que de suivre un seul  astre à la  trace et d’apprécier  toutes les nuances de son itinéraire, l’on  va  s’intéresser à tout un ensemble d’astres et s’interroger  sur les interrelations qui  y régnent.

 

  Nos observations Il  était plus  facile de connaitre les positions  d »‘un certain nombre de planétes  à un instant T  que de déterminer la  course d’une seule planéte sur une certaine période de temps. D’où deux astrologies, celle du thème  natal et celle du cycle saturnien encore qu’il  faille préciser que ce cycle peut  être calculé de tête en raison même de  sa  régularité  numérique. Cela dit, les astrologues  généthliaques se donnent bonne conscience en affirmant qu’ils respectent l’astronomie dans sa globalité spatiale mais la notion même d’aspect  entre planéte  ne fait  sens qu’en termes  de repérage mais  n’a aucun fondement  physique.  Cela dit, reconnaissons que le découpage  de l’écliptique en 8, 4, 2 n’a aucune valeur astronomique, ce qui ne géna pas spécialement un Kepler qui oeuvra beaucoup dans ce sens et alla   jusqu’à  proposer  de  nouveaux aspects, comme le quintile de 72° (360/5) En fait, selon notre modéle  matière/forme, l’astrologie a vocation à formaliser l’astronomie en  y instaurant  un certain  agencement qui  n’existait pas à l’origine. Signalons que la méthode de rectification de  l’heure de naissance  permettait à l »astrologue d’ajuster le  thème du client sur certaines données biographiques. Nous  même, en 1968; nous déterminions l’ascendant par le facies de la personne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.  JHB  10 07 27

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cause matérielle et cause formelle

Posté par nofim le 10 juillet 2026

L’opposition consacrée entre les deux concepts vient d’Aristote, qui, dans sa Physique, oppose la cause matérielle à la cause formelle. Par cause, Aristote entend les registres selon lesquels on peut décrire une chose, ce que l’on découvre si l’on s’interroge sur son origine, sa fin, etc. Pour une statue de marbre, par exemple, sa cause matérielle, c’est le bloc de marbre à partir duquel elle a été sculptée. Sa cause formelle, en revanche, c’est la forme de la statue, ses traits, ses courbes, la figure qu’elle présente.

Ces deux causes sont particulièrement entremêlées, car, dans le cas de la statue de marbre ou d’un être vivant, elles se conjuguent en un composé, un sunolon, autrement dit, dans le vocabulaire aristotélicien, une substance. Cependant, la substance est aussi en quelque sorte déjà dans la forme, car la substance est avant tout ce qui est déterminé dans la chose en question, tandis que la matière, elle, est toujours partiellement indéterminée. Le bloc de marbre, par exemple, est indéterminé du point de vue de ce qu’un sculpteur pourrait en faire, même s’il est déterminé en tant que bloc de marbre. Une fois que le sculpteur en a fait une statue, il est déterminé, il est devenu une nouvelle substance, par l’octroi d’une forme nouvelle qui le définit comme statue. Il faut ainsi insister sur le fait que, chez Aristote, la matière et la forme ne sont pas simplement deux aspects de la chose, mais un rapport dynamique qui va de l’indéterminé au déterminé : c’est ce que l’on appelle l’hylémorphisme, où hule signifie « matière », et morphe « forme ». Ce rapport peut être compris comme une relation de la puissance à l’acte : le bloc de marbre est une statue en puissance, tandis que la statue une fois formée est en acte.

Lire aussi : La question de la technique chez Heidegger

Forme et formalisme

Avec l’abandon progressif de la philosophie aristotélicienne, le terme de « forme » a acquis un sens concurrent mais lié. Si l’on fait abstraction du sens dynamique du rapport entre matière et forme pour une statue, l’on comprend alors la matière comme simple contenu de la statue, tandis que la forme est comme son patron ou son modèle, applicable à toute autre matière. De ce point de vue, la forme n’est plus l’achèvement de ce qui est en puissance dans la matière, mais un modèle ou un gabarit vide que l’on peut remplir avec un contenu variable, qui sera sa matière. Cette conception de la forme et de la matière est plus conforme à la science moderne. En effet, la science aristotélicienne concevait une contingence irréductible des phénomènes physiques, du fait de l’indétermination maintenue de la matière, tandis que la science moderne conçoit les phénomènes comme parfaitement déterminés, de sorte que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets : la matière n’y apporte aucune indétermination.

La forme dans ce sens est particulièrement présente dans le formalisme logique, qui s’intéresse à la validité des raisonnements selon leur forme, indépendamment de leur contenu : il en va ainsi dans la science des syllogismes, dès Aristote, et du calcul des propositions moderne. En science moderne, la loi, qui est un rapport constant entre les phénomènes, est elle aussi formelle : elle énonce que, quels que soient les objets concernés, ceux-ci entretiendront un rapport identique.

Lire aussi : Les conditions de la possibilité de la science de la nature chez Kant

Matière et forme chez Kant

Cette nouvelle conception du rapport entre forme et matière est intégrée dans le renouvellement de la philosophie épistémologique que propose Kant dans la Critique de la raison pure : la forme et la matière ne sont plus conçus à même les objets, mais dans le rapport entre le sujet connaissant et les phénomènes qu’il perçoit et étudie. Chez Kant, la matière consiste ainsi dans le divers sensible reçu dans l’intuition et la sensibilité, matière ensuite organisée et déterminée selon les formes des diverses facultés humaines.

D’abord, la matière est déterminée selon les formes a priori de la sensibilité que sont l’espace et le temps : toute chose dont on peut faire l’expérience sera perçue dans l’espace et le temps, dont l’ordre détermine tous les phénomènes. Ensuite, cette matière déjà en partie informée et organisée est pensée via les concepts purs de l’entendement, appelés catégories. Ces catégories sont les formes a priori de l’entendement : la matière du divers sensible est ainsi organisées selon les concepts de qualité, de quantité, de modalité et de relation. Ainsi, chez Kant, la relation de causalité est pensée comme une forme appliquée à la matière reçue dans la sensibilité : quel que soit l’objet de l’expérience, il devra s’insérer dans le réseau de causes et d’effets pensé par l’entendement.

 

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Wkipedia Article  » Forme »

Posté par nofim le 10 juillet 2026

Wkipedia  Article  » Forme »

sur le  web

Platon

Platon développe une théorie, dite théorie des formes. Il soutient que les formes sont les seules réalités, immuables et inaltérables. Les objets sensibles en sont les images ou les copies. Ces formes existeraient dans un lieu distinct, intelligible. Principe de saisie réel d’intelligibilité et de connaissance, la forme est antérieure à la matière et cause productrice et finale de l’être naturel[1]. Ces formes sont aussi appelées par le philosophe des Idées (ἰδέα, idea).

Dans la République, Platon explicite sa pensée des formes en expliquant qu’il s’agit d’une « forme unique [...] pour chaque ensemble de choses multiples auxquelles nous attribuons le même nom » (IX, 592 b, X, 596 b, in Œuvres complètes, Flammarion, 2008).

Aristote

Chez les philosophes grecs, le concept de « forme » (εἶδος, eidos), qui a d’abord un sens spatial (la forme géométrique d’un objet), joue un rôle important en prenant des sens nouveaux. Aristote réinvestit plus le sens platonicien que le sens grec traditionnel.

Le Stagirite fait intervenir le concept de forme dans sa Métaphysique. La forme fait partie des « quatre causes », c’est-à-dire des raisons qui expliquent l’existence de quelque chose. La forme n’est pas simplement la forme géométrique d’un objet, mais ce qui ordonne la matière dont est fait cet objet, et définit son essence et sa perfection. La forme est donc le principe d’unité de tout être et ce qui donne un sens à la matière. La forme (eîdos) s’identifie à la substance (ousia).

Dans le cas du monde sensible, la forme est inséparable et dépendante de la matière,  c’est le concept aristotélicien de « forme dans la matière », en grec ἔνυλον εἶδος, / énylon eidos — sauf par abstraction intellectuelle et si on la considère comme détermination ontologique de la matière. Dans le sensible, on ne trouve qu’une matière informée ou une forme dans la matière. Ce concept est devenu chez Aristote un instrument de recherches empiriques pour tous les domaines de la nature, plantes et animaux[2]. Par contre, dans le domaine de la métaphysique, le principe suprême de l’organisation, cause première du mouvement, est une substance immatérielle, une forme séparée (χωριστός / khôristós) de toute matière.

« Ainsi, tous les êtres composés par l’union de la forme et de la matière, comme le camus ou le cercle d’airain, tous ces êtres-là se résolvent en leurs éléments, et la matière fait partie de ces éléments ; par contre, tous les êtres dans la composition desquels la matière n’entre pas, en d’autres termes les êtres immatériels, dont les énonciations sont énonciations de la forme seulement, ces êtres, ou bien ne se résolvent absolument pas en leurs éléments, ou bien, tout au moins, ne s’y résolvent pas de cette manière [elle est éternelle ou cesse d'exister] (Métaphysique, Z, 10, 1035 b 25, trad. J. Tricot, Vrin, t. I, p. 403). »

Scolastiques

Chez les scolastiques, qui héritent d’Aristote, la forme est le principe substantiel d’un être individuel défini par son essence spécifique.

Kant

Emmanuel Kant distingue plusieurs types de formes. Les « formes » de la connaissance sont les lois que la pensée impose à la matière (ou au contenu) de la connaissance (c’est-à-dire aux données pures de nos sensations). Chez Kant, dit Eisler, « du point de vue d’une critique de la connaissance, la forme est le mode d’élaboration d’un donné au moyen de la conscience connaissante. Les formes de la sensibilité, de l’intuition, sont l’espace et le temps ; celles de l’entendement, les catégories ; celles de la raison, les idées. La raison pratique, elle aussi a sa forme, sa propre façon d’ordonner, de régler, de légiférer : l’impératif. De même, dans le domaine de l’esthétique, du Beau, la forme est l’essentiel : le jugement de goût[3]. »

  1. Les formes de la sensibilité sont l’espace et le temps. La sensation elle-même possède des formes qui la structurent : ces « formes pures a priori de la sensibilité » sont le temps et l’espace.
  2. Les « concepts » de l’entendement, ce sont les catégories (l’unité, la réalité, la relation, etc.).
  3. Les formes de la raison, ce sont les idées, des concepts purs, qui dépassent l’expérience : l’âme, le monde, Dieu, la liberté.
  4. En morale, l’impératif catégorique se formule ainsi : « Agis toujours selon une maxime d’après laquelle tu puisses en même temps vouloir qu’elle devienne une loi universelle » (Fondements de la métaphysique des mœurs, I).
  5. En esthétique, le jugement de goût porte sur la forme d’un objet représenté, en tant que fondement d’un plaisir pris à la représentation d’un tel objet : « Lorsqu’on accorde que, dans un jugement de goût pur, la satisfaction ressentie à l’objet est liée à la simple représentation de sa forme, ce que nous sentons lié dans l’esprit (Gemüt) à la représentation de l’objet n’est rien d’autre que sa finalité subjective pour la faculté de juger » (Critique de la faculté de juger, § 38).

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Jacques halbronn Saturne et les Quatre Elements. Contribution à l’Histoire de la question . Réplique à Alain Petit.

Posté par nofim le 17 juin 2026

Jacques  halbronn  Saturne et les Quatre Elements. Le point  aveugle de Saturne chez les  historiens de la question   

Jacques  halbronn  Saturne et les Quatre Elements. Contribution à l'Histoire de la question . Réplique à Alain Petit. dans anthropocosmologiz 500px-Ptolemaicsystem-small

En 2006, il  y  a 20 ans, Alain Petit, historien de la philosophie,  a publié dans le collectif  Philsopphie, ville  et architecture. La renaissance des quatre élément  Sous la direction de Thierry Paquot  et Chris Younès (Ed  de la Découverte) un texte intitulé  « Le cinquième élément  Pensée antique de la quintessence chez Platon et Aristote » Vingt  ans plus  tard, les lacunes de l’auteur en matière d’ Histoire de l’Astrologie hypothèquent singulièrement son louable  travail. Entre temps,  en effet, nous avons mis en évidence, notamment par l’étude critique  de la Tétrabible de Ptolémée;  la différenciation  entre Saturne  et les 4 planétes situées entre le Soleil et le  dit Saturne. (Mercure, Vénus, Mars et  Jupiter), celles -ci devant être distinguées des luminaires. Nous  signalions les perturbations  survenues dans l’exposé du Tétrabiblos  du fait de l’introduction de Saturne, ce qui conduisit à placer la Lune avec le Soleil (autour du solstice d’Eté) pour faire de la place à la  dite planéte, celle-ci perdant, ipso facto, son statut à part.. Il est probable qu’Alain Petit n’aurait pas  rédigé son texte comme il l’a fait en 2006, s’il avait été averti  de notre  genése de  la Tétrabible.  Pourtant  l’accent que nous avons mis sur Saturne remonte à 1993 (Clefs pour l’Astrologie. Ed Seghers) suivi d’un texte intitulé  L’Astrologie selon Saturne où  nous insistions  sur le  caractère  central de cet  astre au point de traiter, par la suite, d’un saturnocentrisme  de notre « systéme solaire, mais, cette fois, bien après la parution du texte d’Alain Petit. Sur un autre plan, le rapport du 4 au 5 était bien connu en Astrologie Chinoise dont Petit ne semble pas avoir tenu compte, cette école traitant d’un cinquième élement, associé à l’idée de quintessence  et ce point là;  en revanche, aurait pu  et dû interpeller ce  historiens depuis longtemps! En 1976, dans notre étude du Sefer Yetsira ( Livre de la Formation) nous avions signalé un glissement du sénaire vers le septénaire,  dû  au changement de statut  de Saturne. Ce  sénaire étant lui même constitué d’un quatuor de planétes et d’un axe des luminaires censé être activé par un cinquiéme  facteur  circulatoire, Saturne, à l’instar du pouce par rapport aux quatre « doigts » de la main. Rappelons  que le tétramorphe (exposé dans le Livre d’Ezékiel (Ancien Testament) comporte 4  facteurs: le taureau, le lion, l’aigle  et Adam que l’on retrouve avec les 4 signes fixes de l’astrologie  et les 4 étoiles fixes « royales, Aldébaran, Régulus, Antarés, Fomalhaut) situées dans les constellations zodiacales.  Il apparait que le Soleil  aura  joué le  role dévolu  à Saturne d’où la tradition des naissances zodiacales, liées au passage du Soleil dans l’un des 12  signes zodiacaux  qui ne sont finalement que des représentations du quatuor planétaire et élémentaire avec le passage d’une division en 8  à une  division en 12 (6×2) de l’écliptique (incluant Soleil  et  lune)  avec, par la suite, l’ajout du cinquiéme  facteur, Saturne, ce qui conduirait au septénaire se substituant au sénaire, lui même se substituant à une structure à base 4, tétramorphique sans parler à l’époque moderne d’un duodénaire base sur l’hypothèse de 12 planétes dans le  systéme solaire, Uranus, Neptune, Pluton  plus deux transplutoniennes (cf nos Clefs pour l’astrologie. Ed 1976 et 1993 et nos Mathématiques Divinatoires, Ed Trédaniel, 1983)

 

 

 dans astrologie septennale
Ouvrage

Philosophie, ville et architecture

Armillaire
2002

 

 

 On  peut lire  sur le web
 

 

 Tétrabible  (trad. Nicolas  Bourdin, 1640)
7 — Des planètes diurnes et nocturnes
Semblablement aussi, vu qu’il y a deux princi-
paux intervalles du temps, le jour et la nuit, le jour
s’accorde plus à la nature masculine, parce que pen-
dant le jour la chaleur est plus grande et les natures
plus vigoureuses et actives. Mais la nuit s’accorde à
la nature féminine, à cause de l’humidité et de l’or-
dinaire désir de repos. On dit donc que les planètes
nocturnes sont la Lune et Vénus ; les diurnes, le Soleil
et Jupiter ; et que Mercure participe de l’une et de
l’autre condition5, à savoir quand il est oriental il est
diurne, et quand il est occidental il est nocturne. Mais
on attribue à l’une et à l’autre condition l’une des pla-
nètes maléfiques, suivant en cela non la similitude,
mais l’opposition de la qualité ; car lorsque des pla-
nètes qui sont de bonne condition sont liées à celles
qui sont semblables, leur bonté augmente, mais si des
planètes dissemblables sont associées à des condi-
tions pernicieuses, la force de leur malignité est atté-
nuée. C’est pourquoi l’on associe à la chaleur diurne
Saturne qui est froid, et Mars qui est sec à l’humidité
de la nuit. Ainsi, l’un et l’autre rendus pondérés par
une contraire constitution seront conséquemment
dans une plus égale température.« 

 

La  lecture  du Livre de la Formation (Sefer Yetsira, quasi contemporain  de la Tétrabible), parle de 7 lettres doubles de l’alphabet hébraïque alors que le Resh ne comporte pas une telle dualité phonique à la différence des six autres (bagadkphat), ainsi la lettre Beith  se prononce  « Veith » quand elle ne comporte pas de dagesh (point central) Exemple  Bevakasha (SVP) avec les deux usages de la même  lettre.

 

Selon nous,le  découpage en 12 secteurs correspond à une astrologie à base 6, donc Saturne étant exclu comme significateur mais central  comme curseur. Ce serait donc une erreur que de se référer comme nous le faisions, à la suite de tant d ‘autres, aux 12 lunaisons pour expliquer la division en 12, à moins de supposer qu’il s’agisse là d’une clef  mise en place par les concepteurs ET  de notre systéme solaire.

 

Cette division  en 12  aura conduit  (cf nos Clefs pour l’Astrologie. Ed Seghers 1976 à conclure qu’il devait existe 12 astres dans notre systémé solaire, en englobant 3 planétes transsaturniennes  et 2  transplutoniennes  (cf Lisa Morpurgo, Nouvelle Astrologie, Larousse, 1974, André Barbault, Traité pratique d’astrologie, Ed Seuil, 1961, sous l’influence de Jean Carteret).

 

En fait, notre systéme solaire  est  saturno-centrique sous l’angle d’une anthropocosmologie et n’a besoin que d’un  quatuor de planétes pour opérer, les luminaires constituant un ensemble doté d’un autre statut.  Cela correspond notamment aux quatre saisons, aux quatre Eléments etc/ Le rôle de Saturne est d’impulser une cyclicité à base 7, ce qui est évidemment source de confusion. La semaine de 7 jours  est selon nous shabbatocentrique (le nom hébraique de Saturne , dans le Sefer Yetsira, étant » Shabtay »), soit six Jours gravitant autour du jour du Shabbat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB 20 03 26

 Jacques  halbronn  Saturne et les Quatre Elements. Contribution à l’Histoire de la quintessence

 

 

La physique d’Aristote est une description de la nature qu’a proposée Aristote (384-322 av. J.-C.) dans son ouvrage Physique. Au XXIe siècle, son approche est désuète, même si sa théorie des quatre éléments est évoquée à l’occasion.

Le philosophe grec a tenté d’établir des principes généraux pour les changements dont les corps naturels sont les sièges, qu’ils soient vivants, inanimés, célestes ou terrestres  – y compris les mouvements (changements par rapport à un lieu), les changements quantitatifs (changements par rapport à la taille ou au nombre), les changements qualitatifs et les changements substantiels (« devenir » [venir à l’existence, génération] ; « disparaître » [ne plus exister, « corruption »]). Sa physique couvre un champ de la connaissance aujourd’hui fragmenté en plusieurs domaines, dont la philosophie de l’esprit, l’expérience sensorielle, la mémoire, l’anatomie et la biologie. Sa physique constitue le fondement d’une partie de son œuvre.

Les concepts centraux de la physique d’Aristote sont la structuration du cosmos en sphères concentriques, avec la Terre au centre et les sphères célestes autour. La sphère terrestre est constituée des quatre éléments (terre, air, feu et eau, tous sujets à changer et à dégénérer). Les objets constitués de ces quatre éléments sont dotés de mouvements naturels : ceux composés de terre et d’eau tendant à tomber ; ceux d’air et de feu tendent à monter. La vitesse de leur déplacement dépend de leur masse et de la densité du médium. Aristote a avancé que le vide ne peut exister puisque les vitesses y seraient infinies. Ce qui l’a mené à proposer un cinquième élément : l’éther immuable, pour les sphères célestes.

Pour le philosophe grec, quatre causes expliquent les changements vus sur la Terre : la matérielle, la formelle, l’efficiente et la finale. La biologie d’Aristote (en) s’appuie sur l’observation des types naturels, à la fois basiques et de groupes auxquels ils appartiennent. Il n’a jamais conduit d’expériences dans le sens moderne du terme ; il s’est appuyé sur des données, des observations de procédures (telle la dissection) et a fait des hypothèses sur les relations entre les quantités mesurables (telles la taille des corps et les durées de vie).

Méthodes

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Une page de Physique par Aristote, édition de 1837 en grec. Ce livre aborde plusieurs sujets, dont la philosophie de la nature et des parties qui sont aujourd’hui regroupées sous le vocable de « Physique ».

Même s’ils sont cohérents avec l’expérience humaine courante, les principes d’Aristote ne s’appuient pas sur des expériences contrôlées et mesurables. Elles n’expliquent donc pas notre univers de façon précise et mesurée, une attente exigée par la science moderne. Les contemporains du philosophe grec, tel Aristarque de Samos, ont rejeté ces principes en faveur de l’héliocentrisme. Leurs idées n’ont toutefois pas été largement acceptées, car le rejet des principes était difficile en s’appuyant uniquement sur les observations quotidiennes. Les développements de la méthode scientifique ont permis de défier les conceptions d’Aristote, notamment grâce à des expériences et à des mesures de plus en plus précises (par exemple, avec la pompe à vide et le télescope).

« En revendiquant la nouveauté de leurs doctrines, les philosophes naturels qui ont développé la « nouvelle science » du XVIIe siècle ont souvent opposé la physique « aristotélicienne » à la leur. Selon eux, la physique aristotélicienne mettait l’accent sur le qualitatif au détriment du quantitatif, négligeait les mathématiques et leur rôle dans la physique (en particulier dans l’analyse du mouvement local) et s’appuyait sur des principes explicatifs suspects tels que les causes finales et les essences « occultes ». Pourtant, dans sa Physique, Aristote caractérise la physique ou la « science de la nature » comme se rapportant aux grandeurs (megethê), au mouvement (ou « processus » ou « changement graduel » – kinêsis) et au temps (chronon) (Phys, III.4 202b30–31). En effet, la Physique est largement concernée par une analyse du mouvement, en particulier du mouvement local, et des autres concepts qu’Aristote juge nécessaires à cette analyse[trad 1],[1]. »

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 le 5e Elément  saturnien  en Chine.
Olivier  Peyrebrune (Gazette de la FDAF; octobre 2025); la Terre,

 

 

 

 

 sur le  web Le  cinquième  Elément  chez les Grecs de l’Antiquité

 

« Le terme quintessence désigne la «quinte essence», littéralement le «cinquième élément» qui, avec la terre, l’air, l’eau et le feu, composaient l’Univers selon les Grecs. Substance éphémère, le cinquième élément servait à empêcher la Lune et les planètes de s’effondrer au centre de la sphère céleste.1 mars 2001

 

Le cinquième élément cosmique »

 

 

Les 5 éléments chinois : le wu xing

 

 

Il est impossible de réaliser une expertise Feng Shui sans comprendre comment les 5 éléments chinois interagissent les uns avec les autres. Ce concept est appelé Wu Xing ou, plus précisément, « wu zhong liu xing zhi qi » ce qui signifie « les cinq types de chi qui prédominent à différents moments ».
Selon la cosmologie chinoise, tout ce qui existe appartient à l’un de ces 5 éléments ou phases. Ils forment les composants de base de toutes les matières, et de tout ce qui se passe dans la nature et dans notre corps.
Comme ils caractérisent le Chi, je vais vous expliquer comment, en Feng Shui, on analyse si les relations entre ces éléments sont harmonieuses ou non (cf le glossaire Feng Shui pour plus de notions fondamentales).

 

 

Quels sont les caractéristiques des 5 éléments chinois ?

 

Le principe des 5 phases est né, comme les 8 trigrammes, comme le concept du Taiji, des observations réalisées par les anciens. A partir de la substance naturelle, on définit une propriété dynamique qui sert ensuite à catégoriser les objets, les phénomènes, les saisons, la météo, les goûts, les organes, les émotions…

L’élément Métal : il est associé aux zones Ouest (chiffre 7) et Nord-Ouest (chiffre 6). Sa saison représentative est la fin de l’Automne et le début de l’Hiver. Il est associé au temps sec, au goût piquant, au chagrin et au son ré. Les couleurs du Métal sont le blanc, le gris, le doré et l’argenté. Il est relié aux organes respiratoires tels les poumons, la bouche, le nez mais aussi la peau. C’est la phase des trigrammes Qian et Dui.

L’élément Bois : il est associé aux zones Est (chiffre 3) et Sud-Est (chiffre 4). Sa saison représentative est la fin du printemps et le début de l’été. Il est associé au vent, au goût aigre, à la colère et au son mi. Les couleurs du Bois sont le vert et le marron. Au niveau des organes, on trouve le foie et la vésicule biliaire. Il est également relié aux jambes, aux pieds et au bas du dos. C’est la phase des trigrammes Zhen et Xun.

L’élément Eau : elle est associée à une seule zone, le Nord (chiffre 1). Sa saison représentative est l’hiver. Elle est associée au froid, au goût salé, à la peur et au son la. Les couleurs de l’Eau sont le bleu et le noir. Au niveau des organes, on trouve le rein. Elle est également reliée aux oreilles, à la vessie, aux systèmes sanguin et urinaire. C’est la phase du trigramme Kan.

L’élément Feu : il est associé à une seule zone, le Sud (chiffre 9). Sa saison représentative est l’été. Il est associé à la chaleur, au goût amer, à la joie et au son sol. Les couleurs du Feu sont le rose, le rouge et le violet. Au niveau des organes, on trouve le cœur et l’intestin grêle. Il est également relié aux yeux et à la langue. C’est la phase du trigramme Li.

L’élément Terre : elle est associée au Nord-Est (chiffre 8) et au Sud-Est (chiffre 2). Dans le carré lo-shu, elle est aussi associée au centre (chiffre 5). Il n’y a pas vraiment de saison représentative car on la retrouve au début du printemps et aussi au début de l’automne. Elle est associée à l’humidité, au goût sucré, à la concentration et au son do. Les couleurs de la Terre sont le jaune et le orange. Au niveau des organes, on trouve l’estomac et la rate. Elle est également reliée à l’abdomen, aux mains et aux doigts. C’est la phase des trigrammes Gen et Kun.

Ainsi, on voit que chaque élément ou phase possède un chi qui lui est propre, porteur de caractéristiques vraiment différentes. Chaque phase interagit avec les autres éléments. Ces interactions ont été étudiées et on distingue 3 cycles : le cycle de production, de destruction et de contrôle. 

 

Le cinquième élément
Pensée antique de la quintessence
chez Platon et Aristote
par Alain Petit

Le « cinquième élément » n’est pas un clin d’oeil à Luc
Besson (qui n’est pas l’un de mes cinéastes préférés), c’est
l’une des doctrines fondamentales d’Aristote, et l’excuse pour
l’évoquer est que j’ai voulu traiter de la question de l’élément
au travers de ce qui, chez Aristote et peut-être déjà un peu
avant, semble en quelque sorte en contester la conception
fondamentale.
Ce qui est classique pour les Anciens, et peut-être ce que l’on
en a retenu — d’ailleurs, on le voit encore précisément chez
Bachelard—, c’est qu’il y ait quatre éléments. Ce qui contribue
à la notion fondamentale de l’élément, c’est que l’on soit
parvenu à un état que longtemps on a considéré comme indépassable,
à savoir que l’eau, la terre, le feu et l’air entretiennent
une sorte de jeu, qu’on peut appeler à certains égards un
jeu d’articulation, de circulation. On voit Aristote d’une
certaine façon intégrer ces quatre éléments à partir de leur
fondateur, Empédocle, et en même temps les subvertir par la
notion du cinquième élément. Il nous permet de comprendre
l’élément en le prenant à l’envers. C’est cette stratégie que j’ai
voulu utiliser pour comprendre l’élément : retournons ce qui est
en jeu dans les quatre éléments pour comprendre la genèse et la
nécessité de l’introduction philosophique du cinquième.
Donc je vais mettre en place les deux personnages principaux,
dramatis personae, comme disaient les Anciens, Empédocle
et Aristote—qui ont beaucoup en commun.
Empédocle est pour nous l’un des grands poètes-philosophes
de l’Antiquité, le grand précurseur de Lucrèce précisément sur
la question de l’élément. Empédocle est celui qui pense les
éléments selon le quadriparti (comme dira bien plus tard
Heidegger en référence directe à Empédocle). Le monde est
quadriparti ; il y a quatre éléments ni plus ni moins. Or ce
n’était pas chez les Anciens une position unanime, ce n’était
peut-être même pas une position évidente. Essayons de resituer
Empédocle par rapport à l’un de ses grands prédécesseurs,
Héraclite (certainement du même calibre philosophique que les
deux autres).
Héraclite considère, si je puis dire, qu’il vaut mieux penser
une monarchie de l’élément, qui est en l’espèce celle du feu. Il
n’y a pas quatre éléments, il ne peut pas y avoir quatre éléments,
il ne peut y en avoir qu’un. Si je pose la question : « Qu’y a-t-il
d’élémentaire dans le monde ? » je me pose la question, je
traduis directement le concept d’élément dans un autre. Quand
on se pose la question de l’élément, pour un Grec, un Grec
présocratique si vous voulez — mais ça restera le sens fondamental,
même pour Aristote —, on se pose la question de
l’origine de ce qui est dans le monde. Autrement dit, l’élémentaire,
c’est ce dont tout le reste provient. Ce n’est pas le rudimentaire,
c’est l’originaire. Il faut de fait polémiquer
philosophiquement contre l’idée que l’élément soit le matériau,
idée reçue à certains égards dans la pensée philosophique
depuis lors, et qu’Aristote lui-même ne ratifie pas. L’élémentaire,
ce n’est pas le matériau.
Cette confusion s’est opérée dans l’un des premiers réseaux
d’architecture et philosophie, j’ai nommé Vitruve, dans la tradition
romaine. Ça c’est le premier réseau. Vitruve, dans son
Traité d’architecture, fait précisément référence à la pensée
présocratique des éléments (il me semble que c’est en ouverture
au Livre III), quand il traite de la question du matériau de
l’architecte. C’est très remarquable, il fait un exorde philosophique
— il a une connaissance très réelle en la matière —
et, au moment de traiter de la question du matériau pour l’architecte,
il fait référence aux grands présocratiques, Thalès, les
Ioniens et Empédocle. Pour Vitruve, l’intérêt que l’architecte
peut prendre à la pensée de l’élément, et nous sommes précisément
dans notre élément d’aujourd’hui, c’est d’y voir en
quelque sorte le matériau primitif, ce qu’on pourrait appeler le
)
« constituant irréductible ». Or, tel n’est pas le point. Il me
semble qu’on commence à prendre le change à partir de là. On
peut déjà attester de cette confusion au moins chez Vitruve,
mais elle doit être plus ancienne, je présume.
Il s’agissait en fait pour Héraclite, qui est l’un de nos grands
témoins à cet égard, de penser une origine à partir de laquelle
ce qu’il convenait d’appeler élément pourrait être tenu pour
irréel. Il n’y a pas quatre éléments, il n’y en a qu’un, les autres
ne sont que des transformations du feu. Le feu se transforme
en autant de facettes qu’Empédocle précisément va appeler
éléments, c’est un tenant de la monarchie du feu. Comment
Empédocle, à partir d’une référence aussi écrasante, en vient-il
à penser sa tétrarchie des éléments, ce qui veut dire qu’il y a
une stricte égalité entre les quatre ? La doctrine classique des
éléments, celle dont nous avons hérité et qui vient en droite
ligne d’Empédocle, c’est celle de l’égalité entre l’air, le feu,
l’eau et l’air. « Ils se partagent, dit Empédocle, la souveraineté
dans le monde. »
On peut les considérer maintenant sous deux aspects. Tout
d’abord, l’univers tel qu’il est comporte une égale représentation
des quatre, donc l’univers est quadriparti au sens où
Heidegger le dira, et c’est exactement ce que veut dire Empédocle,
le monde n’est rien de plus que cette quadripartition.
L’un des enjeux serait de s’interroger sur le rapport entre les
éléments et le monde. De fait, ce sera décisif pour la pensée
d’Aristote. Est-ce que le monde est plus que les quatre
éléments, est-ce que le fait qu’il enveloppe les éléments signifie
qu’il est lui-même quelque chose de plus ? C’est ce qui est
décisif pour les Grecs. J’espère ne pas être trop hétérodoxe en
insistant sur le fait que la pensée des éléments, pour les Grecs,
loin justement de la réduction de Vitruve, est une pensée théologique.
C’est peut-être une physique. Il est convenu de dire
que c’est une physique et à certains égards c’est en effet la
grande physique des Grecs, mais cette physique c’est une théologie.
C’est un point dont il faut prendre acte. Les éléments sont
des dieux pour Empédocle, comme le feu l’était pour Héraclite.
Ce qu’il y a de plus véritablement divin, en dehors de l’amour
et de la haine, sur lesquelles je vais revenir, qui en quelque sorte
préside à leur assemblage ou à leur dissociation, les premiers
dieux ce sont les éléments. Ils portent d’ailleurs éventuellement
des noms de dieux (le feu c’est Zeus). Vous avez une équivalence
entre les noms des dieux et les noms que nous donnons
classiquement aux éléments. Il arrive à Empédocle de les
nommer par les noms de dieux plutôt que par leurs noms
d’éléments. Donc en ce sens-là ils sont vivants. Ils sont vivants
comme le sont des dieux, c’est-à-dire des vivants immortels.
Le monde est un dieu—c’est la grande pensée des Grecs—,
le monde est un dieu et contient en quelque sorte ces dieux, au
nombre de quatre, qui se partagent, comme dans le monde
d’Homère, la souveraineté. Simplement, d’Homère à Empédocle,
on est passé de la souveraineté de Zeus et de celle
d’Hadès à celle du feu ou celle de la terre. Entre ces dieux, pas
de prépondérance, pas de souveraineté de l’un sur l’autre, c’est
leur égalité fondamentale. D’autre part, chez Empédocle, il y a
un point qui va effectivement susciter une grande difficulté,
c’est que les éléments ne se transforment pas les uns dans les
autres. Il n’y a pas circulation, il y a en quelque sorte lutte, mais
on ne dit pas que le feu devient autre chose. Je pense que c’est
pour bloquer toute possibilité de penser à la manière d’Héraclite
qu’Empédocle refuse la transformation, qui nous paraît liée à la
doctrine classique des éléments, mais qui en fait a été introduite
et plutôt pérennisée par Aristote.
S’il y a transformation d’un élément dans un autre, c’est
précisément ce qui va permettre à Aristote de subordonner les
quatre éléments au cinquième. C’est un point décisif que si je
veux garder les quatre éléments dans leur souveraineté aristocratique,
de pair, il faut que je refuse qu’ils se transforment les
uns dans les autres. Si je concède qu’ils se transforment les uns
dans les autres, je vais arriver à une position comme celle
d’Aristote, qui consiste très exactement à dire que les quatre
éléments, dans leur jeu de circulation et de transformation
mutuelle, ne sont pas ce qu’il y a de plus haut. En quelque sorte,
c’est la raison du titre et de la doctrine du cinquième élément, le
cinquième élément d’Aristote c’est l’élément qui se subordonne
les quatre et qui, lui, ne se transforme en aucun autre, et qui ne
provient d’aucun autre. Il est en ce sens là l’élément absolu.
Vous avez un paradoxe, dans cette idée de cinquième
élément, sur lequel je voudrais insister. En quel sens, le
lui-même (je renvoie sur ce point au livre décisif qu’est son
Traité du ciel, en particulier au premier chapitre du premier
Livre), cinquième élément pourquoi ? Il semblerait bien
qu’avec Empédocle on ait en quelque sorte épuisé les éléments,
quatre ni plus ni moins. Pourquoi un cinquième ? À proprement
parler, il n’y a pas de raison qu’il y en ait un, puisqu’ils
se partagent l’univers exactement. Si un cinquième élément
intervient, et c’est tout l’intérêt me semble-t-il de cette notion,
c’est parce que Aristote va assumer ce qu’il y a de fondamental
dans l’élément en transposant dans un élément supérieur
ce qui pouvait valoir pour les quatre autres. Il opère ce que
la philosophie a appelé bien plus tard une sursomption de ce
qu’il y a d’élémentaire dans le cinquième élément (je renvoie
ici à Hegel).
Je commencerai par m’interroger sur le sens de la version
classique dans la théorie des éléments, qui est celle d’Empédocle.
Je vais revenir brièvement sur certains points. Je
voudrais resituer, puisque je parlais de théologie, la discussion
en partant d’un propos d’Aristote qu’on appelle doxographique,
c’est-à-dire un propos où Aristote renvoie à certains de
ses prédécesseurs et fait allusion à une doctrine à la fois relative
au monde et relative aux dieux, c’est-à-dire à la fois cosmologique
et théologique (vous la trouverez dans le Traité du ciel,
premier Livre, dixième chapitre). C’est à propos d’une question
fondamentale pour lui qui est celle de l’éternité du monde.
Il y a une pensée qui d’une certaine façon à la fois le fascine et
l’embarrasse, qui consiste à dire — et c’est une pensée présocratique
tout à fait cruciale — que le monde à proprement
parler est éternel, mais sur un mode très intéressant qui est typiquement
empédoclien, qu’il est rythmique.
Vous avez un rythme cosmique fondamental aussi bien chez
Héraclite que chez Empédocle. Ils sont d’ailleurs rassemblés
par Aristote dans la même citation : « D’autres disent que le
monde qui est soumis à un rythme alternatif [le terme grec est
enallax] se trouve tantôt dans un état tantôt dans un autre, et
que ce processus se poursuit sans cesse. » Autrement dit, le
monde ne naît pas, il ne périt pas, mais il ne reste jamais dans la
même situation, dans la même condition, dans le même état. Il
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se transforme toujours et il ne périt jamais. Donc, vous avez une
éternité mais une éternité très embarrassante pour quelqu’un
comme Aristote qui, lui, veut une éternité où le monde soit
toujours le même et dure. Ce que j’appelle une éternité durative.
Alors que là vous avez ce que j’appellerais une éternité
rythmique.
Chez Héraclite, cela veut dire que l’on va de l’un au multiple
et du multiple à l’un. Et chez Empédocle c’est la même chose, à
la doctrine des éléments près. Chez Héraclite, le monde vient
du feu, et la nature du monde c’est d’être l’ensemble des transformations
du feu. Héraclite dit même littéralement « le feu, ce
monde-ci ». Pour Empédocle, la situation est nettement plus
complexe, c’est d’ailleurs un des points d’achoppement dans
l’interprétation de cet auteur : le monde où les quatre éléments
se trouvent différenciés, où effectivement l’eau, le feu, l’air et
la terre apparaissent dans leur souveraineté et dans leur région
respectives. Ce monde n’est pas toujours dans l’état où nous le
connaissons, sinon il n’y aurait pas ce rythme dont je parle. Les
éléments mènent une double vie : tantôt ils sont fondus les uns
dans les autres, c’est ce qu’Héraclite appelle le sphairos, et pour
lui c’est le dieu, le dieu lui-même. Le dieu suprême, ce sont les
quatre éléments qui ne font qu’un. Le sphairos qui mène une
vie joyeuse dans sa solitude…
Les quatre éléments vont apparaître lorsque ce sphairos,
sphère parfaite où il n’y a plus qu’une seule chose, va se
démembrer. Le monde naît du démembrement du dieu sphère,
comme Dionysos a pu être démembré. Le sphairos se
démembre et les quatre éléments vont apparaître. Ils étaient
déjà là. Aristote dira, d’un concept qui n’était pas celui des
présocratiques : ils étaient déjà là en puissance. En fait ils
étaient déjà là mais rassemblés complètement en ne faisant plus
qu’un. Ce n’est pas un monde, c’est plus qu’un monde. C’est
une sphère purement divine. Les quatre éléments sont des dieux
issus du démembrement du dieu sphère. Lorsqu’ils se sont
dissociés pour se former, apparaître phénoménalement comme
ces éléments que nous connaissons, le feu, l’air, l’eau, la terre,
les quatre éléments doivent se rassembler, ils ne sont pas
donnés comme cela d’emblée, il faut que j’arrive à les penser
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dans leur genèse. Et leur genèse, c’est ce qui est issu de l’unité
parfaite qu’ils forment dans un état divin.
Le problème qui apparaît avec Empédocle sera celui d’Aristote
mais il ne sera pas résolu de la même façon par les deux.
Avec Empédocle, les quatre éléments ont vocation de temps en
temps à ne plus faire qu’un, alors il ne s’agit plus d’élément,
on est dans le sur-élémentaire. On n’est même plus dans le
monde… Empédocle dit : le monde, les quatre éléments qui
forment le monde se souviennent de leur condition lorsqu’ils ne
faisaient plus qu’un dans le sphairos. En quelque sorte, ils aspirent
à une harmonie perdue. Lorsqu’ils se constituent en monde,
les quatre éléments sont le substitut d’une harmonie perdue. Ils
sont quatre mais ils voudraient ne faire qu’un. C’est pourquoi
ils recherchent l’harmonie. Les éléments tendent, nous disent
les Grecs, à quelque chose. Les éléments tendent à quelque
chose qui les surpasse. C’est ce qui est contenu dans la philosophie
d’Empédocle, qui n’est pas simplement une physique,
contrairement à l’idée qu’on s’en fait souvent. Il s’agirait plutôt
de ne pas réduire la nature des Grecs, physis, à ce qui pour nous
serait purement physique, à un matériau, la réduction de
l’élémentaire au matériau.
Dans la physis des Grecs, l’élément n’est pas un matériau. Il
est beaucoup plus, il peut être un dieu, il peut être une région
du monde, il se trouve être les deux. On peut lire l’élément
selon les deux registres, à la fois celui d’une région du monde,
éventuellement d’un constituant des corps, et celui d’un dieu.
La notion de matériau est beaucoup trop pauvre pour rendre
compte de ce que pense Empédocle en parlant d’élément.
Passons maintenant à la transformation profonde qu’Aristote
introduira dans cette doctrine, sur un mode d’ailleurs assez
ambigu. D’un côté, il est celui qui rend les quatre éléments
canoniques. D’une certaine façon, l’apport d’Empédocle, il
l’intègre. Avec Aristote, il est convenu qu’il y a quatre éléments
dans le monde, enveloppés dans le monde, qui se transforment
dorénavant les uns dans les autres, qui naissent les uns des
autres. C’est tout leur désavantage, ils ne sont plus des dieux.
Les quatre éléments perdent leur qualité de dieu, au profit d’un
cinquième. Pour qu’il y ait quatre éléments, il faut qu’il y en ait
un cinquième. C’est entièrement lié à la transformation, que je
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voudrais introduire maintenant comme condition de possibilité
de la doctrine du cinquième élément, et elle tient au refus par
Aristote de cette éternité rythmique, qu’il décrit lui-même à
propos d’Empédocle. Il n’est pas possible d’avoir un monde
éternel, par stop and go, par cyclicité, par passage d’un état à
un autre, comme si le monde se corrompait mais ne périssait
pas. Autrement dit, le monde doit être éternel au sens que nous
accordons encore maintenant à ce concept, le monde doit être
éternel, c’est-à-dire qu’il doit toujours être ce qu’il est maintenant.
Il a toujours dû être ce qu’il est maintenant, il ne s’est pas
transformé, c’est le point sur lequel Aristote insiste.
Quel est l’élément qui va permettre de penser cela, que le
monde soit toujours ce qu’il est maintenant ? Qu’il n’ait pas à
passer à l’état où il est maintenant, contrairement à ce que dit
Empédocle, qui a l’immense mérite—c’est d’ailleurs pourquoi
certains contemporains, dans la poétique de l’élément en particulier,
y attachent de l’importance —, d’introduire une histoire
dans l’éternité, un devenir. L’éternité comporte une histoire, on
n’est pas toujours dans la même position, on ne se contente pas
de prolonger une certaine condition, il faut changer pour rester
le même. Et les quatre éléments contribuent à ce changement
interne. C’est leur propre vie qui est l’éternité. Avec Aristote,
on a modifié le concept d’éternité, et tout s’ensuit. On a décidé
que l’éternité ce devait être, dorénavant, un monde qui a
toujours été ce qu’il est et qui sera toujours ce qu’il est. Le
« devenir » a été retiré de l’éternité. On n’a plus ce retour à
l’origine, ce démembrement, ce qui revient toujours pour
donner naissance au monde, une cosmogenèse multipliée,
comme diraient certains modernes… Il n’y a pas de cosmogenèse
du tout : il y a un monde qui est parfait et qui n’a pas
d’histoire. Il faut un élément pour cela, dit Aristote.
Pourquoi ? On ne peut pas dématérialiser complètement le
monde, mais il faut dématérialiser son cinquième élément,
suffisamment pour pouvoir penser son éternité physique. Le
cinquième élément est un concept qui tend vers la dématérialisation
mais qui n’y parvient pas complètement. C’est une quintessenciation,
c’est le cas de le dire, des quatre éléments, dont
parlait Empédocle, qui avaient un statut physique par ailleurs
reconnaissable. La quintessence, c’est en effet la forme que
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prendra plus tard la doctrine du cinquième élément, qui s’appellera
dans la tradition latine et médiévale quinta essentia,
cinquième essence ou cinquième élément.
Essayons de voir en quoi l’élément qui est le cinquième nous
permet de penser les autres par la sursomption, et en même
temps ce qu’il a d’exceptionnel, en quoi il est un élément
d’exception par rapport aux éléments dans leur version classique.
Aristote prolonge ce qu’Empédocle nous laissait déjà
entrevoir, mais il va apporter quelque chose de tout à fait essentiel,
c’est la notion de lieu. Ce qui aux yeux d’Aristote faisait
défaut à Empédocle, c’était le rapport entre l’élément et le lieu.
L’autre grande innovation d’Aristote, et elle sera en effet tout à
fait cruciale pour une bonne partie de l’histoire de la science et
pour la philosophie contemporaine, surtout en phénoménologie
puisque c’est là que la notion de lieu refait surface, va dire
qu’à un élément doit correspondre un lieu, qu’Aristote appelle
son lieu propre. Le feu tend vers son lieu comme la terre tend
vers son lieu, il se trouve qu’ils tendent vers des lieux opposés.
En d’autres termes, l’élément feu ou l’élément terre a une
tendance interne à une direction naturelle en tant qu’il est
soumis à son lieu.
Vous avez un texte très remarquable, qui est aux confins
exacts de la physique et de la métaphysique, très exactement là
où se situe à mon avis la pensée du cinquième élément. Ce texte
se trouve dans le Traité du ciel, au quatrième Livre, chapitre 3 :
« Lorsque l’air naît de l’eau » (puisque dorénavant les éléments
se transforment) « et le léger du lourd, il se porte vers le haut »
(ce sera son lieu propre), « c’est au même moment qu’il est
léger, qu’il cesse de venir et se trouve là-haut ». Que faut-il tirer
de cette phrase au demeurant sibylline ? C’est la très grande
proximité, voire la quasi-identité entre la tendance de l’élément,
ce qu’il veut être—ou ce qu’il doit être, c’est-à-dire la conformité
à son essence —, et le lieu. Pour que l’air soit l’air,
parvienne à être l’élément qu’il doit être, il faut qu’il atteigne
son lieu. C’est donc le lieu qui est pré-donné dans le monde,
qui n’est donc pas quelque chose d’arbitraire ni de relatif. Il y
a des lieux dans le monde, ce n’est pas nous qui instituons ces
lieux, ils ne sont pas relatifs à nos déplacements, ils ne sont pas
inscrits par nous dans le vide. Il n’y a pas de vide.
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D’ailleurs, la pensée de l’élément n’est pas compatible, elle
évacue un vide propre aux mathématiciens, un vide de la
physique mathématique, et on en a souvent fait grief à Aristote
du point de vue de l’histoire de la science, mais il faudrait peutêtre
se demander ce qui pour sa métaphysique est crucial. Le
lieu, c’est en quelque sorte une qualité intrinsèque du monde,
une direction déterminée, qui permet aux éléments de s’identifier
les uns par rapport aux autres. Tant que l’air n’a pas gagné
son lieu, il n’est pas ce qu’il a à être. Cela ne se trouve pas dans
la doctrine d’Empédocle. La doctrine la plus sophistiquée, la
plus complète des quatre éléments se trouve là : c’est l’association
de chaque élément fondamental, de chacun des quatre, à
son lieu dans le monde. Seulement, il y en a un qui fait exception,
c’est le cinquième, qui n’est donc pas un élément de plus
mais qui est un élément en dehors (cinquième, cela veut dire
excepté, cela ne veut pas dire quatre plus un). Il est en dehors
d’eux, il les enveloppe.
Alors, que lui arrive-t-il à lui ? Il est l’élément qui a un
mouvement purement circulaire. Quelle est la caractéristique
d’un mouvement circulaire ? Interrogez-vous sur son lieu. L’air
gagne son lieu, la terre gagne son lieu, qui se trouvent être
inverses, de direction opposée. Mais quel est le lieu de ce corps
qui va s’appeler éther, c’est-à-dire qui est toujours en train de
courir, selon l’étymologie fantaisiste que propose Aristote à la
suite de Platon (aithêr, ai-thêr) ? L’élément qui est toujours en
train de courir parce qu’il n’a pas de cessation de son mouvement,
ni d’origine, c’est un élément qui court toujours car il a
comme propriété de tendre, de tendre au même. Le lieu d’un
élément qui tourne en rond, c’est le même.
Un des beaux paradoxes d’Aristote est le suivant : l’élément
que nous avons ici, qui est un élément privilégié et même
excepté, le cinquième, c’est l’élément du tout. C’est en cela
qu’on a quitté la doctrine classique des quatre éléments, c’est
l’élément du tout, pas un des éléments. Vous avez le paradoxe,
presque un oxymore, d’avoir l’élément de la totalité, l’élément
de la sphéricité, c’est-à-dire de l’univers en tant qu’il est
complet. Quelle est l’élément de la complétude ? C’est le
cinquième élément.
Concepts croisés
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J’insisterai sur deux ou trois propriétés qui permettent de
vérifier ce caractère d’exception de notre cinquième élément
aristotélicien. Je voudrais voir en même temps en quoi, pour
nous, c’est un enjeu décisif. Le rapport au lieu est évidemment
crucial, et le cinquième élément déjoue ce rapport que nous
tenons, qu’Aristote lui-même tient pour classique, entre le lieu
et l’élément.
Je précise ce point. Aristote nous disait tout à l’heure : le feu
a besoin de devenir feu, de s’accomplir comme feu. Pour cela
il faut qu’il atteigne son lieu. En même temps qu’il atteint son
lieu, il devient ce qu’il est — c’est la doctrine de l’essence —,
et sa matière à ce moment-là est à peu près conforme à son
essence. Il est de sa matière et dominé par son essence. Même
ces éléments-là ne se réduisent pas au matériau. On distingue la
matière première et l’élément, chez Aristote. C’est précisément
cette distinction, au demeurant abstraite, qui nous permet
de comprendre que l’élément est plus qu’un matériau, puisqu’il
tend à son lieu. Il n’a peut-être pas une vie, mais il a en tout
cas une tendance fondamentale, il a une direction. Il n’est donc
pas disponible pour des artefacts ou des opérations de pure
manipulation.
Il y a une donnée naturelle de l’élément, qui lui prête des
qualités intrinsèques et même tendancielles. Il ne se prêtera
donc pas à toute opération. L’art devra donc compter avec cette
tendance propre à la nature, qui ici se caractérise par la tendance
vers le lieu. Il y a donc une norme propre à la nature des
éléments : leur essence, qui se confond avec le fait qu’ils atteignent
leur lieu. Ils ne sont pas d’abord rassemblés tant qu’ils
n’ont pas atteint leur lieu. L’élément, en tendant vers son lieu,
se totalise lui-même. Une exception, justement, le cinquième.
Du fait du mouvement qui lui est d’emblée prêté, qui est le
mouvement de pure circularité ou de pure circulation plus exactement,
cet élément n’a pas à devenir ce qu’il est, il est toujours
déjà. C’est pourquoi il est l’élément du monde, parce qu’il est
l’élément de l’éternité.
Curieux paradoxe d’ailleurs que de rechercher pour l’éternité
un élément. On n’est pas passé à la dématérialisation absolue.
Aristote ne raisonne pas comme si le monde, tout éternel qu’il
est, tout en étant éternel, ne devait pas avoir de corps. Ce qui
Le cinquième élément
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l’intéresse, c’est une éternité physique. Il est donc en quête, de
façon parfaitement cohérente, de l’élément qui lui permettrait
de rendre compte de cette éternité physique du monde, le fait
qu’il soit déjà toujours ce qu’il est. D’où ce mouvement qui est
un mouvement sur lui-même, un mouvement dans lequel il n’y
a pas de transformation. L’élément est toujours déjà ce qu’il est
et il se contente de revenir toujours au même point. Le mouvement
du cinquième élément, c’est un mouvement qui s’annule.
Ce qui n’est pas le cas des autres, puisqu’ils ont un lieu propre.
Il est en quelque sorte, si je puis dire, subtilement délocalisé en
étant affecté d’un mouvement circulaire. C’est la première
négation qui affecte cet élément et en fait une exception par
rapport aux autres. Mais cela nous permet en même temps de
comprendre ce que sont les autres. Cela nous permet a
contrario de comprendre qu’elle est la nécessité du lieu pour un
élément de premier ordre, pour l’un des quatre, pour un élément
on pourrait presque dire proprement dit, c’est-à-dire à l’intérieur
du monde, intramondain.
Prenons d’autres caractères qui vont accentuer encore cette
transformation subtile du cinquième élément, qui n’est plus un
élément absolument parlant comme les autres. J’ai insisté sur
ce paradoxe du lieu, je crois qu’il faudrait insister aussi sur le
fait que cet élément ne provient pas d’une transformation
d’autres éléments. Cet élément est le seul à ne pas être le fruit
d’un autre qui serait transformé. Tous les autres se transforment
les uns dans les autres, sauf lui : il est donc excepté du cycle
élémental — ou élémentaire, mais élémental serait certainement
ici plus juste —, il est seul de son espèce. En quelque
sorte, il est hors de son espèce, on est en train de tendre à le faire
sortir de l’espèce.
Enfin, et surtout, il n’a pas besoin de se rassembler ni de se
disperser. L’éternité a besoin de cet élément qui est l’élément
parfaitement durable, inaltérable, ce qui se confond étonnamment
d’ailleurs avec l’idée que la cosmologie la plus abstraite
peut se faire de la matière. Je pense à Démocrite, qui se fait de
la matière une idée d’inaltérabilité. Pour Aristote, qui ne se fait
pas du tout de la matière cette idée-là, ce qui est inaltérable c’est
ce qui tend à se dématérialiser. C’est un élément qui tend vers le
divin, en quelque sorte, c’est un élément quintessentiel.
Concepts croisés
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Je m’interrogerai sur l’intérêt que présente ce cinquième
élément par rapport aux quatre autres. Il permet de voir, en tant
qu’il sort du jeu même des quatre éléments, ce qui est fondamental
pour eux. Aristote ne fait nullement disparaître la
doctrine classique des quatre éléments, on peut même dire que,
d’une certaine façon, avec les modifications qu’il lui apporte,
et avec l’introduction, tentée par Cicéron par exemple, de ce
cinquième élément, il permet de comprendre pourquoi les
quatre éléments ne font pas un monde mais sont dans un monde.
Cette différence est tout à fait cruciale. Pour Empédocle, le
monde, ce sont les quatre éléments ; le monde est épuisé par
leur tétrarchie. Avec Aristote, il faut pouvoir penser le fait que
les quatre éléments sont dans un monde, qu’ils ne suffisent pas
à faire un monde, il faut un élément du monde qui puisse envelopper
les quatre éléments. Qui pose quatre éléments en pose un
cinquième. Je crois qu’on pourrait presque formuler la structure
foncière de la pensée, plus que de l’argumentaire, d’Aristote
de cette façon : qui pose quatre éléments en pose
nécessairement un cinquième, pour pouvoir les envelopper,
pour pouvoir les penser à l’intérieur d’un kosmos, c’est-à-dire
d’un ordre et non pas d’une totalité spatiale. Aristote n’est pas
en quête d’un espace qui enveloppe les quatre éléments, il est
en quête d’une totalité organique qui permette d’envelopper ces
quatre éléments. S’ils se transforment les uns dans les autres, il
faut que j’aie déjà un monde pour pouvoir les inscrire. Ce n’est
pas d’un espace que j’ai besoin, ce n’est pas d’une matière que
j’ai besoin, ce n’est pas d’une forme que j’ai besoin. On pourrait
presque dire : c’est d’une vie du cinquième élément que j’ai
besoin, dans son caractère quasi divin.
Aristote a légué à la philosophie un étrange élément, un très
curieux élément, qui aura une fortune très réelle mais parfois
très étrange, sous la forme de la quintessence. Cette doctrine
que j’ai essayé d’analyser, je l’ai surtout puisée dans le Traité
du ciel. Il se trouve, et ce n’est pas un des moindres paradoxes
de cet auteur, qu’il se pourrait fort bien qu’il ait eu du
cinquième élément une idée encore plus forte, sur laquelle je
conclurai de façon un peu plus conjecturale : il se trouve qu’elle
appartenait aux oeuvres de jeunesse, pour nous perdues mais
Le cinquième élément
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dont nous avons des traces chez des auteurs bien postérieurs,
comme Jamblique (vers 250).
Or, Aristote a écrit un ouvrage célèbre dans l’Antiquité qui
s’appelle le Protreptique, qui est l’invitation à la philosophie,
à l’époque même où il appartenait encore à l’Académie de
Platon. D’après les traces que nous avons pu reconstituer, il
semble qu’Aristote, très tôt, dans sa période académique même,
ait eu l’idée de ce cinquième élément, mais il ne l’aurait pas
placé là où, un peu plus tard, peut-être dans le Traité du ciel, il
l’a placé. Le cinquième élément, c’est l’élément du dieu et de
l’âme, dit la tradition qui nous a conservé cette idée qui vient
probablement du Protreptique, de l’invitation à la philosophie.
Le cinquième élément, c’était l’élément de la communication
au corps de cette fonction que l’on appelle la fonction organisatrice.
Que ce soit l’élément de l’âme, comme il l’a probablement
pensé d’abord, ou que ce soit l’élément du tout, du monde,
il a toujours gardé, quels que soient ses usages, la même acception
fondamentale, la même fonction qui est celle d’élément
organisateur d’une vie, une vie qui peut s’avérer alors pour le
monde être une vie éternelle

Publié dans anthropocosmologiz, astrologie septennale, philosophgie | Pas de Commentaire »

jacques halbronn Réflexions autour du Cogito, du « je pense » comme raison/nement

Posté par nofim le 22 novembre 2024

jacques  halbronn  Réflexions  autour du Cogito, du « je pense » comme raison/nement 

  La  formule n’est  attestée qu’en français dans l’oeuvre de Descartes si bien que la traduction latine  nous apparait comme appauvrissante puisque le pronom personnel « je », existant à deux reprises, n’y figure pas explicitement. Nous  nous sommes intéressés au dualisme intérieur et au fait qu’Adam ait  été crée « à l’image de Dieu » ‘masculin »  et  « féminin  et non  « homme et femme »/

Selon nous, le « je pense » renverrait à cette « raison » qui est en moi, avec les exigences qui sont les siennes.

 

Sur le  web  « Le bon sens n’est pas l’opinion commune que partage monsieur tout le monde. Le bon sens c’est la raison, c’est-à-dire pour Descartes la faculté à distinguer le vrai du faux, et le bien du mal sur le plan moral. »

Sans cette « raison » raisonnante, qui serais-je donc?  Nous avons, dans de récents textes, signalé que le type « auditif » masculin était instinctivement occupé et équipé pour détecter tout ce qui allait contre la raison alors que le type « olfactif » féminin veillait à la santé physique plus que mentale.

Entendons par là que la vigilance  au prisme de la raison définirait l’être masculin dans ses manifestations les plus essentielles. Dès lors  puis-je me  percevoir comme « étant »  si ma raison me lâche, si  ma pensée devient confuse, si elle tend  à « confondre  » . Inversement, le  » sum », le  » je suis » , chez la  femmes passera par le repérage non pas des erreurs de la pensée mais par celui  dérangements intestinaux, source de bien des nuisances olfactives »/

 

 Le Monde: notre deuxiéme cerveau.

« C’est un étrange voyage au cœur de nos entrailles que propose Cécile Denjean dans ce documentaire parfois complexe mais passionnant. Notre ventre abrite plus de 200 millions de neurones connectés qui transmettent des ordres. Ce « cerveau du bas », qui règne sur une impressionnante colonie de bactéries, décide-t-il de nos humeurs ? »

 

 C’est donc que  le « sum » de la femme ne s’ancre pas sur les mêmes instances que celui de l’homme., d’où des vigilances, des missions, des responsabilités différentes (et complémentaires) Dans les deux cas, il existe une instance qui a  ses propres exigences, ce qui fait de nous, tant homme que femme, des êtres duels, condamnés à vivre une telle dualité;

JHB 22 11  24

Publié dans philosophgie, psychosociologie, SCIENCE, théoogie | Pas de Commentaire »

jacques halbronn Réflexions sur le Discours de la Méthode de Descartes IIe Partie

Posté par nofim le 4 octobre 2024

jacques  halbronn  Réflexions sur le Discours de la Méthode de Descartes IIe Partie

 

  Descartes ne semble pas avoir compris la faiblesse d’une théologie sans astrologie (cf notre Partie I)/ Certes, il admet que les astres qui environnent notre monde doivent avoir impacté notre Humanité d’une façon ou d’une autre mais il met cela sur le compte de la Nature. (cf Solange Gonzales; Descartes  Ed Ellipses, 2016)

 

Citons quelques passages du Discours    à propos de « Dieu » et de son « vouloir », de son « dessein », « établis » pour notre Humanité, puisque c’est en vue de notre « usage » que tout un appareil aura  été mis en place et en oeuvre. Descartes parie sur la médecine et non sur l’astrologie qu’il faudra « chercher ».  Pourtant, l’astrologie bien comprise ne reléve pas de la Nature première mais bien d’un reformatage du monde, passage de la matière à la forme, dans un second temps. On ne peut que regretter que Descartes n’ait point compris tout ce qu’une certaine idée de l’Astrologie  faisait l’interface entre Dieu et la Nature. On sait que Spinoza tombera dans le même travers. Un Descartes « astrologue » aurait ouvert la voie, depuis le XVIIe siècle,  à une recherche astrologique par delà la littérature concernée. En lisant le Discours, l’on ressent un manque, un point aveugle, dûs à un préjugé manichéiste, durablement ancré dans l’esprit de son auteur qui, on l’a vu (Iere Partie) ne s’en cache pas, comme si l’astrologie était une sorte de face obscure, une tentation, une « erreur », à laquelle il convenait de résister!

Cela dit, nous trouvons  bien des affinités entre notre démarche et celle de Descartes, notamment quand il parle de « réduction » à partir d’une base « infinie ». 

 

 

 

 

 

 

JHB 05 10 24

Publié dans ASTROLOGIE POLITIQUE, philosophgie, POLITIQUE | Pas de Commentaire »

jacques halbronn Réflexions sur le Discours de la Méthode (Ière partie)

Posté par nofim le 2 octobre 2024

jacques  halbronn  Réflexions  sur le Discours de la Méthode (Iere Partie)

 

Dès les premières pages de son Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences », Descartes s’en prenait  à l’astrologie.  « Et enfin pour les mauvaises doctrines, je pensais déjà connaitre ce qu’elles valaient pour n’être plus sujet à être trompé par les promesses d’un alchimiste,, ni par les prédictions d’un astrologue ni par les impostures d’un magicien ni par les artifices ou la vanterie d’aucun de ceux qui font profession de savoir plus qu’ils ne savent » Un tel ptéjugé affiché contre le trio Alchimie-Astrologie-Magie nous interpelle de la part d’un philosophe. En effet, si Descartes s’exprime ainsi, n’est ce pas du fait de sa lecture d’un certain nombre d’ouvrages en circulation alors qu’il aurait dû s’interroger sur les projets eux mêmes, par delà ce qui a pu en advenir, ce qui vaut également au niveau théologique, la question de Dieu ne se réduisant pas à ce qu’on trouve dans les Ecritures.

C’est ainsi que Descartes   se dispense de toute réflexion autour de l’astrologie, ce qui englobe la cyclicité, la récurrence en rapport avec quelque mouvement céleste. Certes, les siècles qui ont suivi ne lui auront pas donné tort mais est ce qu’un tel verdit vaudra jusqu’à la fin de notre XXIe siècle, on peut, pour notre part, en douter;  En ce sens, Descartes tout comme Spinoza  semblent vouloir tout réduire à la « Nature » en ne prenant pas en compte la « Sur Nature », c’est à dire ce qui est apparu dans un second temps, comme une réduction , une transmutation d’un premier temps.

En tant que philosophe, métaphysicien,  Descartes n’aurait il pas dû réflechir à un certain nombre de notions telles que le « dessein intelligent », le passage de l’Evolution à l’Intervention? 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB  04 10 24

Publié dans ASTROLOGIE POLITIQUE, epistémologie, philosophgie | Pas de Commentaire »

jacques halbronn Réflexions sur le mythe de la Caverne. Dialectique Jour/Nuitµ.

Posté par nofim le 10 août 2024

jacques  halbronn  Réflexions  sur le mythe de la Caverne. Dialectique Jour/Nuit

 

Wikipedia

  »L’allégorie de la caverne est une allégorie exposée par Platon dans La République. Elle expose en termes imagés les conditions d’accession de l’humain à la connaissance du Bien, au sens métaphysique du terme, ainsi que la transmission de cette connaissance. » 

  »L’allégorie met en scène des humains enchaînés et immobilisés dans une caverne. Ils tournent le dos à l’entrée et voient non pas les objets, mais les ombres des objets qui passent devant cette entrée et sont projetées contre le mur. Ils croient voir la réalité, alors qu’ils n’en voient qu’une projection ».

«  Les gens de la caverne sont un groupe de personnages cités dans le Coran. Après avoir fui une persécution, ils se seraient cachés puis endormis dans une grotte avant de se réveiller 309 ans plus tard, ce qui permet au Coran de confirmer la doctrine de la résurrection des corps »

 

 .  Que dire  donc, à ce propos, du  premier chapitre de la Genése?

 בְּרֵאשִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ.  1 Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
ב וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ, וְחֹשֶׁךְ, עַל-פְּנֵי תְהוֹם; וְרוּחַ אֱלֹהִים, מְרַחֶפֶת עַל-פְּנֵי הַמָּיִם.  2 Or la terre n’était que solitude et chaos; des ténèbres couvraient la face de l’abîme, et le souffle de Dieu planait à la surface des eaux.
ג וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יְהִי אוֹר; וַיְהִי-אוֹר.  3 Dieu dit: « Que la lumière soit! » Et la lumière fut.
ד וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת-הָאוֹר, כִּי-טוֹב; וַיַּבְדֵּל אֱלֹהִים, בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחֹשֶׁךְ.  4 Dieu considéra que la lumière était bonne, et il établit une distinction entre la lumière et les ténèbres.
ה וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לָאוֹר יוֹם, וְלַחֹשֶׁךְ קָרָא לָיְלָה; וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר, יוֹם אֶחָד.  {פ} 5 Dieu appela la lumière jour, et les ténèbres, il les appela Nuit. Il fut soir, il fut matin, un jour.

  Il importe de se montrer très prudent  par rapport aux représentations cosmogoniques du Pentateuque en ce qu’elles peuvent obéir  à une certaine idéologie visant à privilégier le Jour (Yom) par rapport à la Nuit (Layla). Or, selon nous, la nuit correspond à un niveau supérieur de civilisation du fait même de sa décantation, de  son  abstraction – « la nuit, tous les chats sont gris » Nous  avons montré ailleurs que l’oral abrégeait l’écrit, le « réduisait » notamment en français.

  On proposera d’associer  la nuit à l’ésotérisme et le jour à l’exotérisme, la nuit à ce qui est caché, secret, au manque dont on doit deviner la présence. Le tempérament « nocturne »  peut observer le ciel étoilé à la différence du « diurne », ce qu’a bien spécifié l’institution du Shabbat lequel ne commence en principe qu’à l’apparition des premières étoiles. Etre, se dire  diurne, c’est remettre, ipso facto, l’ordre « shabbatique », préférer le visible à l’invisible, le conscient à l’inconscient, le présent sur le futur (prévoir) et le passé (réminiscence)   Au verbal, au scripturaire  du temps diurne, on opposera le langage des astres, en nocturne. Le diurne, c’est la partie emergée de l’iceberg, c’est l’ignorance des racines, des fondements. Nous dirons que le diurne ne capte que ce qui s’offre  lui,  est livré, donné à son regard en ignorant le reste, ce qui est superficiel.

En ce sens, l’astrologie appartient au registre du nocturne mais il importe de ne pas tout prendre de ce qui se montre, d’où notre Astrologie « selon Saturne ».

 

 

 

 

 

 

JHB 12 08 24

Publié dans LINGUISTIQUE, philosophgie, POLITIQUE, SOCIETE | Pas de Commentaire »

Jacques Halbronn L’idée claire et distincte chez les hommes/ femmes au prisme des Topiques sensorielles

Posté par nofim le 24 juin 2023

Jacques  halbronn L’idée claire et distincte chez les hommes/ femmes au prisme des  Topiques sensorielles

 

 

Dans la présente étude, nous voudrions montrer que les hommes et les femmes ne développent pas, selon la formule du Discours dela Méthode de Descartes, une « idée claire et distincte » sur les mêmes domaines.

Internet, on trouve  cette présentation:

« L’idée claire et distincte ou idée évidente est saisie dans un acte d’intuition rationnelle. Elle seule permet de sortir du doute et de déployer à partir de son évidence les longues chaînes de raison du discours. » 

Que faut-il entendre par « idée claire et distincte »? De quelle « certitude » s’agit-il? Nous répondrons une certitude « sensorielle » en quelque sorte viscérale, qui ne « trompe » pas. Or, il nous est apparu que chez les femmes, l’impression -au sens fort du mot- concernait les odeurs et notamment ce qui « sent mauvais ». Ce serait dans ce domaine, que les femmes connaitraient leurs plus fortes et certaines « certitudes », avec la plus grande « assurance », ce qui viendrait étayer leur « Surmoi », dans ce domaine Elles seraient  instinctivement les gendarmes, les vigiles  des odeurs.

 

Mais toute médaille a son revers et telle certitude ici risque fort de cohabiter avec de l’incertitude, ailleurs. A quel type de certitude  songeait René Descartes qui ne laisse point de doute en l’esprit et qui confère l’autorité pour asséner quelque affirmation? Il ne semble pas que cela ait pu viser   une certitude olfactive mais bien plutôt une certitude intellectuelle, liée au langage, ce qui viendrait disqualifier philosophiquement les femmes.

Si l’on imagine un groupe de femmes, sur quel point se mettront-elles aisément d’accord, sera-ce au niveau de l’odorat ou à celui de l’ouie? Pour notre part, nous sommes favorables à des expérimentations filmées pour en avoir le coeur net. Il s’agirait ainsi d’introduire tel stimulus sensoriel et d »observer les réactions, les réponses du groupe car nous pensons que c’est au niveau collectif qu’une démonstration peut être apporté, mettant en évidence des convergences, un « consensus », au plein sens du terme, quand on « sent » et « ressent » pareillement, quand on a le même réflexe unanime..

Bien plus, il est possible de renverser la problématique au regard du ^ »ça », c’est à dire un espace de liberté, de désinhibition sensorielle. On s’attendra alors à bien plus d’incertitude, de doute et pour les femmes,  la notion d’idée claire et distincte  sur le plan de la pensée  laissera probablement  à désirer ou en tout cas n’aura pas la même intensité que sur le plan olfactif, ce qui sera vrai pour de nombreux animaux, comme le chien dont on connait le « flair », l’aptitude à « renifler »,  et l’on peut se demander si les aires cérébrales liées aux odeurs ne seraient pas plus développées et activées chez les femmes et ce dès leur plus jeune âge et à ce propos, les observations effectuées dès la plus tendre enfance feraient voler en éclat la « theorie du genre ».

Sur Internet

L’odorat

« Les récepteurs des odeurs sont quant à eux situés sur une muqueuse olfactive, à l’intérieur du nez. Les odeurs sont en fait des molécules véhiculées par l’air, qui finissent leur course sur cette membrane nasale en faisant réagir les cellules réceptrices qui s’y trouvent. Ces récepteurs produisent des influx nerveux transmis au cerveau par l’intermédiaire de la « lame criblée » avant d’être répartis entre les différentes régions cérébrales en charge de leur traitement cognitif ».

Il nous apparait que dans le domaine où nous faisons preuve du plus d’incertitude est celui où notre perception sensorielle est la plus faible au point que nous ne prenons conscience  de certains dysfonctionnements que par le biais de la réaction d’autrui.

 

sur la plateforme  SCRIBD
 
Jacques Halbronn Corpus sentimental au prisme d’une cyclologie saisonnière et de topiques sensorielles.

 

Le rôle de l’odorat chez la femme prend tout son sens, dans le domaine de l’enfance et des odeurs qu’il peut produire de par une mauvaise maitrise de ses excrétions. (les couches). Il est ainsi  important que la mère soit en mesure de  repérer  olfactivement l’état de sa progéniture. Plus largement, le domaine médical, du « care » semble correspondre à ses aptitudes sensorielles, la maladie étant détectable par  l’odeur dégagée.  La censure de la parole qui vise un autre type de sécrétion étant plus dévolue au père. Dès lors, la carence de la mère ou du père sera manifeste au niveau du controle que l’adulte exercera sur les domaines sensoriels liés à son « ça ». En tout état de cause, le recours au modéle des topiques (ça et sur moi) nous apparait comme plus fonctionnel que les formules « masculin », « féminin » qui ne s’articulent pas autour de la déclinaison d’un même concept.

 

JHB 25 06 23

Publié dans féminisme, FEMMES, machine, philosophgie, PSYCHOLOGIE, SCIENCE, théologie | Pas de Commentaire »

jacques halbronn La notion d’oeuvre collective, d’Aristote à Nostradamus

Posté par nofim le 10 avril 2023

jacques  halbronn La notion d’oeuvre collective, d’Aristote à Nostradamus 

 

 Les spécialistes d’Aristote s’accordent pour reconnaitre que ce qui nous est parvenu de ce disciple de Platon  serait plutot l’oeuvre d’un collectif tardif  et ne saurait biographiquement être attribué au dit philosophe. Et selon nous, il serait bon que les historiens qui se penchent sur le cas de Nostradamus en prissent de la graine mais on n’en est pas là comme en témoignent les récentes publications de Mireille Huchon, de Denis Crouzet, de Pierre Lagrange, d’Hervé Drévillon ou de Bruno Petey  Girard.

Pour notre part, nous avons démontré qu’il convenait de situer la parution des Centuries  dans les années 1588-1594,ce qui comporte les premier et second volet des « Prophéties » et non des années 1555-1558-68. Il est assez étonnant que pour une période aussi récente que le XVIe siècle, on soit resté dans un tel état de confusion alors que pour une période antérieure de près de 2000 ans, l’on soit parvenu à faire la part des choses! Cela montre, nous semble-t-il, que le recrutement des chercheurs concernant l’Antiquité Grecque aura été plus rigoureux et sélectif.

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB 10 04 23

Publié dans ASTROLOGIE POLITIQUE, NOSTRADAMUS, philosophgie, prophétisme | Pas de Commentaire »

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