jacques Halbronn Prophétisme et propagande. Discours de la méthode (bis)

Posté par nofim le 9 juillet 2021

Prophétisme et propagande. Discours de la méthode.(bis)

Par Jacques  Halbronn

Nous avons participé en 2000 au Colloque  intitulé

 

La prophétie comme arme de guerre des pouvoirs, 15e-17e siècles
Édité par Augustin Redondo, Presses Sorbonne Nouvelle

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Dont  le résumé était le suivant :
 

La prophétie relève du religieux et du divin puisque le prophète exprime, déchiffre et transmet le message que Dieu lui a délivré. L’ouvrage aborde ici les nombreuses autres manifestations prophétiques mais cette fois dans le domaine du politique, en Espagne, au Portugal et en Italie, tout au long de l’époque moderne. Vacitinations laïques en somme qui ont permis des manipulations du pouvoir royal (légitimation de lignées, par exemple la Maison d’Anquera en Espagne) et militaire (impérialisme et conquête messianique), en utilisant des supports aussi différents que variés : biographies des régnants, traités politiques (traités de Machiavel) mais encore recueils de miracles ou légendes (par exemple en Espagne la légende de Merlin).

 

Il est bon de ne pas oublier que le prophétisme est lié au politique et qu’il est en prise sur les enjeux du moment. Ce qui importe, c’est la date de publication réelle et non prétendue et c’est en recoupant les textes avec  telle ou telle actualité brulante que l’historien pourra se donner les moyens de la datation sans tomber dans un certain nombre de pièges dont le prophétisme est friand. Il y a  là en effet quelque paradoxe : à savoir faire sens pour le moment de parution tout en laissant entendre que le texte ne saurait avoir été rédigé la veille car dans ce cas, le textes prophétique se réduirait à une sorte de journalisme, se faisant l’écho des attentes et impressions du moment, ce qu’il est au demeurant mais qu’il ne saurait être question de reconnaitre, selon les lois du  genre.

En ce sens, deux voies seront à éviter : l’une  considérant qu’il est traité d’événements à venir hors de portée de l’époque de la parution et l’autre  considérant qu’il est question d’événements ayant déjà eu lieu. Seule l’astrologie  est en mesure de survoler ainsi les époques de par son lien avec l’astronomie et il importe de ne pas mélanger les genres. S’il est fait référence à des situations antérieures, cela ne saurait être que pour servir dans l’immédiat et c’est cet immédiat qu’il importe de circonscrire.(cf Le texte prophétique en France. Presses Universitaires du Septentrion, 1999  et  « Le texte prophétique  . Discours de la méthode ». In revue Babel, 4 | 2000)

Si l’on s’éloigne de la méthodologie que nous formulons ici,  l’on risque fort  de se priver de toute capacité de datation.

Il sera  donc vain de se contenter d’identifier l’ancienneté des textes instrumentalisés pour la circonstance tout comme de se situer très en aval de la période de parution du dit texte.

La prophétie est par vocation auto-réalisatrice et vise à produire un effet  comme dans le cas de Jonas censé prévenir Ninive de ce qui l’attend, ce qui montre que l’on peut annoncer le pire pour empêcher tel processus de se poursuivre. En ce sens, l’échec de la prophétie peut tout à fait être l’effet recherché !

Cet échec peut également donner une nouvelle vie à un texte prophétique en le reconfigurant en vue d’une nouvelle échéance, d’un nouvel enjeu mais là encore, le discours  est en prise avec une attente bien définie, bien précise qu’il importe à l’historien de déterminer, son travail visant à rétablir la véritable chronologie des publications.

Il revient à l’historien de débrouiller l’échevau et de repérer les chronémes et les chorémes, c’est-à-dire ce qui permet de situer le textes dans le temps et l’espace politique, à savoir quel est le camp visé par un texte et/ou de quel camp il émane. Dans le cas des Centuries comme dans celui du Livre des Prophétes (Ancien Testament), il convient d’identifier les adversaires. C’est ainsi que le « Ecoute Israel » ne peut émaner de la maison d’Israel mais bien de celle qui s’y oppose de même que dans IV 46, si le texte s’en prend à la ville de Tours, (Garde toi Tours de ta proche ruine » c’est qu’il n’émane pas de cette ville mais qu’il émane de ses ennemis. (cf notre communication Les Prophéties et la Ligue, in Colloque Prophétes et prophéties, 1997, Presses de l’Ecole Normale Supérieure) Ce sont là des « chorémes ». Quant aux chronémes,  il importe de noter que le second volet des Centuries émane du camp d’Henri de Navarre et que celui-ci envisage d’être sacré roi. Et l’on sait que cela eut bel et bien lieu à la

Cathédrale de Chartres au début de 1594, ce qui permet de fixer un « terminus » quant à la composition du quatrain comportant la mention de Chartres.  On aura compris que le texte prophétique n’est pas « hors sol », qu’il   est un outil de propagande pour obtenir quelque effet et c’est bien lors de conflits entre parties qu’il trouve sa place.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

08 07 21

 

 

 

 

 

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Jacques halbronn Astrologie et prophétisme et leur présence au sein des Etudes sur l’Esotérisme

Posté par nofim le 9 juillet 2021

 

 

Bulletin  de la BURA (Bibliothèque  Universitaire de Recherche Astrologique)

 

 

 

 

 

Astrologie et prophétisme et leur présence au sein des études sur  l’ésotérisme

Par Jacques Halbronn, docteur es lettres, auteur de l’article Astrologie dans l’Encyclopaedia Universalis (depuis 1993) et commissaire de l’exposition Astrologie et Prophé-tie, Merveilles sans images, à la Bibliothèque Nationale, 1994.

A partir de deux récents volumes collectifs-tous deux parus en 2007, consacrés à l’ésotérisme, l’on s’interrogera sur la place réservée à l’astrologie et au prophétisme dans le champ des « études ésotériques ».

L’Esotérisme. Kabbale, franc maçonnerie, astrologie, sou-fisme,Les textes fondamentaux commentés, ouvrage dirigé par Catherine Golliau Ed. Tallandier, 2007

Etudes d’histoire de l’ ésotérisme, sous la direction de Jean Pierre Brach, Jérome Rousse-Lacordaire, Mélanes offerts à Jean Pierre Laurant pour son soixante dixiéme anniversaire, Paris, Ed. Cerf, 2007

 

Force est de constater que les références à l’astrologie dans ces deux ensembles est des plus minimes sinon des plus mi-nimisés en comparaison de la place dévolue à d’autres domaines englobés dans la nébuleuse Esotérisme.

On commencera par le volume (de 130 pages) paru chez Tallandier et qui, en son titre même, mentionne l’Astrologie. Nous y trouvons en effet deux pages (pp. 12 et 13) dont la moitié est mangée par une image du ciel et par un tableau chronologique de ‘ensemble de ce chapitre consacré à l’ésotérisme antique par Walter Burkert (Professeue à l’Université de Zurich(Suisse)

Mais le développement sur l’astrologie est signé Marie Dor-moy, totalement inconnue (à ne pas confondre avec son homonyme morte en 1974) dont la page de titre du volume nous explique qu’elle est chargée des « Repéres ».

Le texte très court mérite qu’on s’y attarde quelque peu en son début et en sa conclusion :

« Pratiquée depuis l’Antiquité, l’astrologie est un des fleu-rons majeurs de l’ésotérisme » et le texte se termine ain-si : »Le progrès de l’astronomie vont faire perdre à l’astrologie tout crédit dans les milieux scientifiques qui l’associent aux arts occultes. Au XVIIIe siècle, elle devient l’apanage des sociétés secrétes comme les Rose Croix et les Franc Maçons où elle est associée à la magie, à la Kabbale et aux arts divinatoires. Condamnée par l’Eglise, elle est fi-nalement interdite en 1666 par Colbert et restera au purga-toire jusqu’au XXe siècle » Et l’article se termine sur l’Ere du Verseau et les horoscopes de presse. En fait, le texte ne se limite nullement à l’antiquité et couvre cavalièrement l’histoire de l’astrologie jusqu’à nos jours, ce qui permet de faire figurer néanmoins le mot Astrologie au titre du vo-lume ! L’astrologie a droit à un strapontin dans le « Lexique’ final en 4 lignes. Ce qui est étrange, c’est que ce texte est complétement décalé par rapport au reste du volume en ce qu’il signale les rapports entre l’astrologie et les sociétés se-crétes, lesquelles ont droit à un traitement autrement plus ample dans le dit volume sans pour autant que l’astrologie y soit signalée par ailleurs ! L’astrologie est vraiment le « pa-rent pauvre »du champ ésotérique et cela vaut aussi pour le prophétisme et Nostradamus. La bibliographie finale ne ré-tablit nullement la situation.

 

Passons au second volume qui dépasse les 450 pages . Exa-minons sa table des matières assez copieuse : le mot astro-logie ne figure dans aucune des contributions rassemblées par Jean Pierre Brach et Jérome Rousse Lacordaire. Il est vrai que Jean Pierre Laurant n’aura pas accordé un intérêt évident pour ce domaine. Le terme « Etudes d’histoire de l’ésotérisme » est au vrai assez prudent et ne prétend viser à aucune approche globale de la question à la différence du titre de Tallandier. « L’Esotérisme »

Il faudrait s’interroger sur une telle situation en ce début de XXIe siècle. Qu’est ce qui justifie un tel « mépris » de fait ? Est-ce parce que l’astrologie n’est pas une langue « morte », que les études qui lui sont consacrées peuvent être suspec-tées d’une volonté de la réhabiliter ? Nous y voyons l’expression d’un certain ostracisme au sein même d’un do-maine qui serait normalement censé lui accorder la place qu’elle mérite comme le notait imprudemment .Marie Dor-moy : « Pratiquée depuis l’Antiquité, l’astrologie est un des fleurons majeurs de l’ésotérisme »

JHB

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jacques Halbronn Les Centuries et le prophétisme du court terme

Posté par nofim le 6 juillet 2021

 

 

Les Centuries  et le prophétisme du court terme

par  Jacques  Halbronn

 

Il nous apparaît que le prophétisme du second XVIe siècle œuvre sur des échéances brèves et qu’il est/serait donc illusoire d’y chercher des dates plus ou moins lointaines. Lorsque Michel de Nostredame se lancer dans des spéculations autour de l’Antéchrist (voir notre récente étude sous ce titre), il  s’inscrit, à n’en pas douter, dans un futur immédiat d’à peine quelques années tout au plus, autour de 1566 (année de sa mort par ailleurs). D’une façon générale, ses publications annuelles se limitent à l’année en cours ou à venir. D’où des formules telles que « Présages Merveilleux pour  1557 »

Mais cette analyse vaut pour l’usage des quatrains sous le Ligue et au début du régne d’Henri IV  comme nous l’avons montré pour le quatrain ‘Tours »  et le quatrain ‘Chartres en prise directe, selon nous, avec l’actualité et les enjeux du moment . On peut dès lors parler d’un prophétisme de circonstance.

D’ailleurs, cela ne vas pas sans embûche dans la mesure où  le texte entend influer sur ce qui est en train de se passer, c’est la forme progressive comme disent les grammaires de l’anglais (en « ing »), on est dans le « participe présent ».

Comprenons que le discours prophétique ne trouve vraiment sa raison d’être que dans le court terme, lorsque les dés ne sont pas encore jetés, ce qui permet encore d’espérer agir sur les événements  « en cours ». Inversement, quel intérêt  y aurait-il  à annoncer  des temps hors de portée ne relevant pas d’une certaine urgence?Autrement dit, l’événement concerné restera très proche dans son occurrence de la date de son annonce, ce qui permet à l’historien des textes de ne pas beaucoup risquer de se tromper sur la fourchette, le terminus de la publication. C’est ainsi que si tel quatrain annonce le couronnement d’Henri de Navarre, son, avénement à la Couronne de France, l’on peut être assuré que la rédaction ou la retouche du dit quatrain aura précédé de fort peu le dit avénement attendu. Et de même (cf notre texte « Les prophéties et la Ligue, 1997), la mise en garde à l’encontre des gens qui se réunissent près de Tours en 1588, à la suite de la Journée des Barricades qui force Henri III à s’enfuir.de  Paris. Et d ailleurs,  ce n’est qu’ainsi qu’un texte pourra être entendu de façon pertinente avec une certaine assurance par le lecteur. D’où l’importance de restituer le contexte auquel il est fait allusion, référence. Si ce contexte est lointain, c’est que la date de rédaction du texte devra être repoussée en conséquence. Parfois, il peut s’agir d’un texte relativement ancien qui aura été réactualisé au prix d’une retouche comme dans le cas de Chastres  dans la Guide des Chemins de France des années 1550 qui devient à la fin des années 1580 « Chartres » pour viser la cathédrale du Couronnement d’Henri IV. Dans certains cas, un texte pourra être antidaté pour faire croire qu’il avait été prévu à la veille de tel événement.

Autrement dit – et cela vaut plus globalement pour l’astrologie- la prédiction ne ferait sens que très peu de temps avant l’échéance prévue. On pense d’ailleurs au prophéte Jonas qui doit compter avec une catastrophe annoncée qui ne doit être ni trop lointaine ni déjà advenue.  Il y  a là un juste dosage à mettre en œuvre !

 

Il serait donc anachronique de s’intéresser à des échéances lointaines qui n’intéressent personne si ce n’est que lorsque tel intérprète les instrumentalise, il enclenche une mise à jour, un aggiornamento ! C’est alors la date de cette mise à  jour qui  fera foi et relancera les délais.

D’ailleurs,  une prévision à long terme sera condamnée à rester dans le vague, incapable de s’inscrire dans un contexte bien circonscrit. D’aucuns, certes, vont s’extasier face à un pronostic à échéance de plusieurs décennies, ce qui peut tenter l’astrologue se fondant sur des retours cycliques de plusieurs décennies. Certains interprétes des Centuries, comme Patrice Guinard  se seront ainsi laissé entrainer par le mirage de prédictions au lointain et l’on pense à Denis Labouré, dans le même cas, s’intéressant à un Pierre d’Ailly ayant pointé en1414 l’an 1789 !

Ce qui au contraire  doit intéresser l’historien des textes prophétiques, c’est le contexte socio-historique  et non les seuls computations astronomiques. Il y aurait là  facheux mélange des genres. Quand nous étudions les astrologues à l’oeuvre comme un André Barbault, censé avoir annoncé un événement 36 ans à l’avance (cycle Saturne- Neptune), l’on se rend compte que cet éloignement évite à l’astrologue de s’inscrire dans un contexte par ailleurs bien défini et donc l’autorise à rester dans le vague « hors contexte » , « hors sol ».

Comme le formulait un Colloque  en 2000, la prophétie est une arme de guerre  faisant partie d’une stratégie de combat, de propagande. Si l’historien de l’astrologie n’a pas besoin de déterminer une époque, ce n’est nullement le cas pour l’historien du prophétisme lequel doit impérativement repérer à quel moment le texte est voué à impacter une situation selon le principe de la prophétie auto réalisatrice. Dans le cas de notre travail sur Nostradamus, il était essentiel de localiser l’époque de l’impact, ce qui nous a permis de déplacer la date de rédaction des Centuries de plus de 20 ans  en montrant notamment que tel ajout de tel quatrain était lié à tel événement politique directement visé par le dit quatrain, ce que ne pouvaient faire ceux qui entendaient se limiter soit  au vivant de Nostradamus soit au contraire à l’époque actuelle qui leur était familière  alors qu’il suffisait d’étudier les dates  rapprochées de publication sous la Ligue ; avec chaque fois des éléments nouveaux  ajoutés au gré des circonstances entre 1588  et 1594.,..Pour  défendre l’idée d’une prophétie  non antidatée, on est alors obligé de croire à une prophétie  de longue date.

Examinons  l’ouvrage de  Stéphane Gerson au prisme de notre propos méthodologique : » Nostradamus. Le prophéte de nos malheurs XVIe-XXIe siècles », Paris, Tallandier,  2016 (édition anglaise 2012, Ed. St Martin’s Press).

Nous  y trouvons  un « descriptif » – un « narratif »  serait plus juste- que l’on retrouve à peu de choses près  chez tant de nostradamistes (pp. 66-67)

« Edité pour la première fois en 1555, l’ouvrage (les Prophéties)  permit à Nostredame de rejoindre  la lignée  des figures prophétiques (..) Le livre  se présente  sous la  forme  d’une  collection de quatrains  réunis par groupes  de cent  appelés Centuries (..) La première édition comprenait    353  quatrains ainsi  qu’une Préface adressée à César (..) Deux  ans plus tard une deuxième  édition  comprenait sept  centuries dont deux  incomplètes. En 1568, deux  ans après  sa mort, une dernière édition  en proposait trois  supplémentaires (pour atteindre le nombre  fatidique  de dix)

Et une lettre  au roi  Henri II. (..) L’hypothèse  que les trois  dernières  centuries  et la lettre  soient  apocryphes et posthumes  a  été  défendue elle aussi ».

Mais par ailleurs,  Gerson n’hésite pas à signaler des additions Gerson  signale des additions : certes, divers quatrains auront été ajoutés, comme dans le cas des sixains (1605) – ce qui aura suscité des réactions de la part de l’auteur (le dit Dominicain)  de l’Eclaircissement des véritables quatrains (1656) –absent de sa Bibliographie- ou  des mazarinades sous la Fronde (  pp.  114-115 , 135) mais il ne semble pas avoir pris la mesure de ces ajouts sous la Ligue, ce qui aura été la période la plus fortement marquée par la succession des ajouts et des contrefaçons. Toutefois,  Gerson cite notre communication de 1997 « Les prophéties et la Ligue » ainsi que notre thèse d’Etat (1999), le Texte prophétique en France dont une partie traite du phénoméne Nostradamus. En revanche, il semble tout ignorer de nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus (Collection Prophetica  Judaica, Ed. Ramkat 2002) pas plus de notre dossier dans la Revue Française d’Histoire du Livre paru juste avant son ouvrage en anglais mais l’édition française de 2016 aurait pu compléter.  Il ressort de la posture de Gerson  qu’il établit une sorte de frontière entre le temps des éditions  « certaines »  et celui des éditions « douteuses » ou du moins sur lesquelles il est concevable de douter.  En résumé,  la production  1555-1557 aboutissant à 7 centuries  ferait partie du premier groupe, à coup sûr.   Pourtant il suffit de parcourir les bibliographies de Chomarat et de Benazra (1989-90) pour la période 1588-1590  pour noter que l’on assiste à la formation de cet ensemble de 7 centuries. Pourquoi Gerson  fait-il l’impasse sur le temps de la Ligue alors qu’il mentionne notre étude de 1997 ? Pourquoi ne se rend -il pas compte que  le contexte de la Ligue éclaire la genése des éditions parues à cette époque, ce qui conduit à penser que les éditions reprenant peu ou prou leur contenu ont été antidatées ? On voit que ce cordon sanitaire – ce repli stratégique- ainsi constitué  autour des 7 premières centuries est décidément  bien fragile. On peut regretter que l’auteur n’ait pas pris connaissance de notre post doctorat pourtant disponible à la Bibliothèque du Warburg Institute  de  Londres comme une grande part de nos publications successives.

Le dominicain Giffré de Rechac (1604-1660) et la naissance de la critique nostradamique, au XVIIe siècle / Jacques Hallbron.
2006-2007.

en trois volume aux cotes  suivantes au Warburg  (cf catalogue en ligne).  FHI  285 v1, v 2, v3)

 

Mais on trouve ces volumes en ligne sur SCRIBD.

Gerson  signale certes  que divers quatrains ont été ajoutés, comme dans le cas des sixains (1605) – ce qui aura suscité des réactions de la part de l’auteur (le dit Dominicain)  de l’Eclaircissement des véritables quatrains (1656) –absent de sa Bibliographie- ou  des mazarinades sous la Fronde (  pp.  114-115 , 135) mais il ne semble pas avoir pris la mesure de ces ajouts sous la Ligue, ce qui aura été la période la plus fortement marquée par la succession des ajouts et des contrefaçons. Toutefois,  Gerson cite notre communication de 1997 « Les prophéties et la Ligue » ainsi que notre thèse d’Etat (1999), le Texte prophétique en France dont une partie traite du phénoméne Nostradamus. En revanche, il semble tout ignorer de nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus (Collection Prophetica  Judaica, Ed. Ramkat 2002) pas plus de notre dossier dans la Revue Française d’Histoire du Livre paru juste avant son ouvrage en anglais mais l’édition française de 2016 aurait pu compléter. ( cf  Jacques HALBRONN, « Vers une nouvelle approche de la bibliographie centurique » ) 2015);

Il est dommage par ailleurs que Gerson n’ait accordé aucune attention à ce que Nostradamus adressa au pape Pie IV –tant en français qu’en italien. (cf la réimpression de 1906, Mariebourg) . Il aurait compris que  dans les années soixante, les dernières de sa vie, Nostradamus ne semble nullement avoir privilégié  l’expression poétique des quatrains qui, d’ailleurs, ne sont jamais qu’une translation de sa prose. Bien au contraire,  Nostradamus avance des dates  précises  à propos de la naissance d’un certain Marcelin,  au profil  antéchristique. Ce Marcelin  qui apparaitra d’ailleurs dans un quatrain composé à partir de sa prose chez un Antoine Crespin.(1572)  Enfin, pour en revenir au second volet des Centuries, nous dirons qu’il est probablement une imitation du premier volet, au service cette fois non point de la Ligue mais du parti  d’Henri de Navarre et le dit volet se référe à Chartres, le lieu de couronnement de ce prince réformé converti.(Paris  vaut bien une messe)/ Ce second volet aura d’ailleurs été bâclé ,- c’est un plagiat – comme l’a montré Chantal Liaroutzos (1987)  en compilant sans état d’âme,  la Guide des Chemins de France de Charles Estienne. En ce sens, d’ailleurs, il vaut mieux que Nostradamus n’ait pas été impliqué dans une telle opération.

Que l’on ait recyclé les Centuries pour d’autres époques est une chose mais l’historien des textes se doit de déterminer la vraie chronologie d’un tel corpus. Il est clair que le second volet ne sera apparu qu’au début des années 1590, d’où son absence pour les années qui précédent : 1588 1589. Sa parution  aura d’ailleurs  précédé de peu le Janus Gallicus de Chavigny qui fait le commentaire (1594) de certaines de ses quatrains des Centuries VIII à X.

A l’évidence, Stéphane Gerson n’aura pas été formé pour traiter sérieusement de la chronologie centurique qu’il adopte pour argent comptant, en toute impuissance critique, victime qu’il est du mariage  périlleux entre biographie et bibliographie. Pourtant, Gerson avait pu prendre toute la mesure de la production annuelle de Nostradamus et l’on pouvait s’attendre  à ce qu’il approchât les « Centuries » avec autrement plus de prudence, d’autant que leur existence du temps de Nostradamus n’était nullement une condition nécessaire à sa réputation, comme il l’aura démontré. Quelle déception :  Gerson  eût certainement  rendu un service insigne aux études sur le « nostradamisme »  en se dispensant de reproduire servilement   un tel narratif, ce qui montre que les études ésotériques auront attiré  peu d’esprits  à la hauteur de l’enjeu scientifique  et le  Nostradamus  de Gerson ne détone pas par rapport  celui d’une Mireille Huchon chez Gallimard, maison qui avait publié la Sotie de Dumézil  et le Nostradamus de Lagrange et Drévillon.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

10 07 21

 

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jacques Halbronn Le couple Jupiter-Saturne d’André Barbault à Denis Labouré

Posté par nofim le 12 juin 2021

Le couple Jupiter Saturne, d’André Barbault à Denis Labouré

Par Jacques Halbronn

 

L’histoire de la dialectique Jupiter-Saturne est au cœur de notre approche de la pensée astrologique. Nous avons voulu ici aborder cette question par le biais d’ observations autour de deux ouvrages, Jupiter & Saturne, un collectif sous la direction d’André Barbault ( Ed du CIA, 1951, réédition 1980 avec une nouvelle présentation par André Barbault, Editions Traditionnelles) et Astrologie & Religion au Moyen Age de Denis Labouré Suivi de la traduction en langue française par le Dr Giuseppe Nastri de la Concordantia astronomie cum hystorica narratione du cardinal Pierre d’Ailly, Domuni Press 2019)

 

I Jupiter & Saturne

La page de couverture présente deux visages, l’un dilaté (de Jupiter), l’autre contracté (de Saturne), ce qui résume bien l’orientation général de ce collectif

Guy Fradin avertit « La découverte d’Uranus et Neptune, celle de Pluton, ont fait perdre aux conjonctions de Jupiter et de Saturne leur ancienne prépondérance (p. 39)

Maurice Munzinger, à qui l’on doit les dessins,note » C’est l’étude sur l’opposition des deux types Jupiter et Saturne qui a amené le Dr Louis Corman à édifier tout son système de morpho-psychologie. C’est ainsi qu’il déclare dans son Manuel de Morpho-psychologie (1948) » L’opposition de Jupiter et de Saturne

(..) Par exemple, la bonne humeur habituelle, la bienveillance, l’esprit de société, le sens pratique, l’attachement aux choses du monde s’expliquent aisément chez le Dilaté Jupiter par son excellente adaptation au milieu. Inversement, l’humeur inquiète , la misanthropie, l’indépendance, le goût des spéculations théoriques se rattachaient chez le Rétracté Saturne aux difficultés d’adaptation »

Jean Carteret Mythologie : « L’histoire de ce dieu est qu’il n’a pas été avalé par son père (…) Le Jupiter mythologique déborde singulièrement le Jupiter astrologique » (p. 54)

Brahy : Les tendances sociales « Dans le jeu des influences planétaires, Jupiter et Saturne forment ce que l’on peut appeler « un couple » de forces inversement polarisées ou encore les deux pôles d’expression d’une même force. Il n’y qu’à considérer les hiéroglyphes (sic) de ces deux planètes pour s’en rendre compte » (pp. 181 et seq)

 

Notre commentaire : il nous semble que les propos ici tenus en 1950 se fondent sur une représentation faussée du processus social. On voudrait croire que la vie en société est épanouissante alors que l’individu isolé serait en souffrance. Or, nous pensons que rien n’est plus contraignant que l’intégration sociale que l’on nous présente comme une « adaptation » mais à quel prix ? L’on sait d’ailleurs à quel point les exigences d’intégration, d’assimilation font désormais probléme. La « socialisation » passe par l’apprentissage d’une langue, d’une, d’une discipline ; d’une culture commune, le terme assimilation renvoyant à la similitude, au conformisme. Cela ne signifie pas que les gens ne soient « heureux » de leur sort…

C’est pourquoi, nous pensons que Saturne est lié au processus de socialisation en ce qu’il a de plus pesant. A l’inverse, nous pensons que le chercheur, le créateur, dans leur « tour d’ivoire » sont bien plus libres que l’homme moyen, prisonnier de toutes sortes de conventions, de préjugés dont, éventuellement, l’homme « libre » saura le libérer en lui ouvrant sa cage. Autrement dit, la survalorisation de l’adaptation conduit à une inversion : l’assimilation est saturnienne avec ce qu’elle peut avoir de tatillon, de mesquin mais c’est bien le Saturnien qui est « sociable » si l’on ne prend pas cette expression comme une valeur d’épanouissement du moi. Celui qui a un Moi puissant n’est pas « sociable », il faut une certaine faiblesse de caractère pour l’être ! L’on assiste donc ici à une certaine projection idéologique sur l’astrologie dont il faut absolument s’émanciper et purger l’astrologie/ Les ouvrages comme Le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley ou 1984 de Horwell nous dressent le portrait d’une société lobotomisée.

On notera qu’en 1945, Barbault dans son Astrologie agricole (.) classe Saturne avec Uranus et Jupiter avec Neptune. Il est vrai que l’un des domiciles de Saturne, le Verseau a été attribué à Uranus et que l’un des domiciles de Jupiter , les Poissons, a été attribué à Neptune mais il reste que le couple Saturne-Neptune et le couple Jupiter Uranus sont plus pertinents !

Cela dit, il nous semble bien que le binome Uranus Neptune élaboré par les astrologues au milieu du XIXe siècle, à la suite des découvertes de 1781 et 1846 doive avant tout être considéré comme une projection des valeurs Jupiter-Saturne, à partir de l’Inconscient Collectif. Il ne faudrait donc pas considérer les significations comme visant les « nouvelles planétes » mais au contraire comme l’émergence d’archétypes genérée par ces découvertes. D’ailleurs, on ne saisit pas le lien qui peut exister entre le dieu Ouranos et ce qui est dit par les astrologues sur cette planéte. En fait, Uranus est associé à l’époque avec l’idée de révolution à commencer celle de 1789 alors que Neptune correspondrait au phénoméne communiste qui prend forme au moment de la découverte de cette planéte. Or, il y a bien là une polarité : Jupiter, pour nous, est une énergie de transformation dans le temps alors que Saturnne s’inscrit dans une spatialité, dans une uniformité sociale. Et selon nous, cette dualité résume bien la combinatoire des enjeux dont traite l’Astrologie.

 

 

II La conjonction Jupiter-Saturne en astrologie mondiale

 

Il est question du De magnis coniunctionibus d’Albumasar (pp. 117 et seq) – les « grandes conjonctions »

Labouré en rappelle les régles bien connues ; « Les conjonctions de Jupiter avec Saturne se produisent tous les 20 ans mais elles se produisent pendant deux siècles dans les signes de même élément « ‘(p. 136) Ce qui donne un cycle global de 960 ans (4×240 ans) Le changement de « triplicité » (cf les 4 Eléments) désigne une conjonction majeure, tous les 240 ans.

A propos de la « fortune » des spéculations de Pierre d’Ailly en rapport avec la venue de l’Antéchrist – Bulletin de la Société Historique de Compiégne, 1993 (Colloque européen 16-17 mai 1992 de Pierre d’Ailly à Christophe Colomb) « Pierre d’Ailly et l’Antéchrist » (pp. 49-78)/ En 1994, Laura Ackerman Smoller fit paraitre à l’Université de Princeton « History, prophecy and the stars. The Christian Astrology of Pierre d’Ailly 1350-1420 » Notre étude ignorée de Labouré, et d’ailleurs plus fouillée que son propre travail , précéde donc celle de Smoller. Dans le même domaine de l’Antéchrist, signalons en 1998, pour le XVIIe siècle, notre communication « Accomplissement des prophéties / Pierre DuMoulin » in Colloque Formes du millénarisme en Europe à l’aube des temps modernes. Année: 2001, Pages: 233-245, on ne peut s’empêcher de décéler une influence « alliacienne » dans la refonte centurique de l’Epître contrefaite de Nostradamus à Henri II, datée de 1558 (et qui se calque sur celle de 1556), vraisemblablement parue, en fait, dans le cours de la décennie 1590. On y trouve la « persécution de l’Eglise » et l’année 1789 rendue comme 1792. Antoine Couillard en 1556 ironisera sur cette date avancée de 1789 reprise en 1550 par Richard Roussat dans son Livre de l’Estat et Mutation des temps. Signalons aussi que Nostradamus s’était bel et bien intéressé à l’arrivée de l’Antéchrist dans son Epitre au Pape Pie IV dans ses publications pour 1562 (cf la réédition au début du XXe siècle bet notre article en 1991 dans la revue Réforme Humanisme Renaissance) ce qui ressort de l’un de ses quatrains autour de « Macelin » (déformation de Marcellin), naissance qu’il situait autour de 1566-67, ce qui correspondra surtout à la date de sa propre mort. Autrement dit, les contre façons de la production de Nostradamus reprennent toujours peu ou prou des textes authentiques. On regrettera que cette Epitre au pape ait été éclipsée au moins nominalement par celles à César et à Henri II .

 

A la même époque où paraissait la mouture contrefaite de la première épitre à Henri II (cf Prophética aleph Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat 2002) le juriste angevin Jean Bodin reprendra le terme « mutation » dans les Livres de sa République en rapport avec les conjonctions Jupiter-Saturne. Bodin polémiquera avec Auger Ferrier sur ce sujet (cf notre DEA 1981 Lille III, en ligne sur la plateforme SCRIBD)

Il est clair que Pierre d’Ailly entendait au moyen de l’astrologie refondre la science historique. On sait que ces deux domaines seront in fine recalés, à la fin du XVIIe siècle, par l’Académie Royale des Science, ce qui ne se serait pas produit si la connexion avait vraiment pu être établie. ¨Parmi les précureurs de Pierre d’Ailly, signalons le Meguilat Hamegalé d’Abraham Bar Hiyya au XIIe siècle ( cf Le monde juif et l’astrologie, Milan, Arché 1985)

Pour notre part nous avions émise l’hypothèse selon laquelle Pierre d’Ailly, en 1414, avait surtout voulu repousser les échéances prophétiques de son temps.

 

Pour conclure sur la dualité Jupiter Saturne, il semble bien qu’elle doive occuper une place centrale pour l’astrologie du XXIe siècle (cf notre brochure l’Astrologie selon Saturne, 1994-1995) On notera que la théorie des grandes conjonctions n’aborde pas la signification spécifique de Jupiter d’une part et de Saturne de l’autre mais se fixe sur la combinatoire des deux.

 

 

 

JHB

12  05  21

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jacques Halbronn L’apport de Mireille Huchon à la recherche nostradamologique.

Posté par nofim le 11 juin 2021

 

L’apport de Mireille Huchon à la recherche nostradamologique

Par Jacques Halbronn

 

Début 2021 parut chez Gallimard , dans la collection Biographies, un ouvrage ambitieux, à savoir le « Nostradamus » de Mireille Huchon, spécialiste de Rabelais. Embrassant un grand nombre de publications, on se demandera si la montagne n’a pas accouché d’une souris. A la différence d’Hervé Drévillon et Jean-Paul Lagrange, auteurs en 2003 d’un précédent opus chez le même éditeur, Mireille Huchon nous offre une quantité de notes de bas de pages mais sans index des travaux de recherche sur le sujet et sans bibliographie si ce n’est une dizaine de titres dans une rubrique intitulé « Nostradamiens » (p. 349). On est donc condamné à dépouiller l’entrelacs des notes non pas placées en bas de page mais en vrac pp. 311- 349)

Dans la quatriéme de couverture, on insiste sur le caractère ‘biographique » plutôt que « bibliographique » du travail entrepris.

« à la faveur de documents récemment exhumés » (cf pp. 292 et seq). De quels documents s’agit-il du Recueil des Présages Prosaïques, édité en partie dès 1999 aux éditions du Seuil par Bernard Chevignard et de la correspondance, éditée par Jean Dupèbe (Lettres inédites, (Travaux d’Humanisme et de Renaissance, n° CXCVI). Genève, Librairie Droz, 1983), donc des éléments connus déjà depuis un certain temps, vingt ans et quarante ans environ respectivement.

Mais peut-on séparer biographie et bibliographie dans le cas de Nostradamus ? Un tel exercice apparait vite comme acrobatique. Cela contraint l’auteur à admettre d’office que le domaine bibliographique ne fait plus problème, surtout depuis les publications de Chomarat, Benazra et Brind’amour – entre 1989 et 1993- âge d’or en quelque sorte de la recherche en ce domaine -et qu’il est enfin temps de passer au stade biographique.

Exemple :’ De son vivant, ses livres de prophéties n’avaient pas remporté un succès comparable à celui de ses productions annuelles » (p. 263) Dont acte. L’affaire est entendue. Le lecteur est fixé : Nostradamus a bien publié « de son vivant » ses « prophéties ». On nous explique qu’en « 1588, 1589 et 1590 les éditions des Prophéties de Nostradamus (…) sont publiées sans les trois dernières centuries »(p.272) Mireille Huchon se contente donc de constater qu’aucune « réédition » à 10 centuries n’aurait eu lieu entre 1568 et 1590 sans se demander si l’édition de 1568 a jamais existé, ce qui permettrait de comprendre pourquoi il n’en fut pas question dans les années citées. On voit là à quel point la biographie est tributaire de la bibliographie puisque la biographie est contrainte de conférer une réalité existentielle à toute la chronologie des œuvres, ce qui est là franchir un seuil redoutable ! Mireille Huchon ne peut éviter l’ecueil bibliographique quand elle évoque «  l’existence d’une édition en 155_ aujourd’hui perdue »(p 264) Quant à l’argument selon lequel certains quatrains traitent de telle époque du vivant de Nostradamus, c’est bien léger. Ce qui est plus grave, c’est quand certains quatrains traitent de la période de la Ligue (cf notre communication in Prophétes et Prophéties 1997) mais on peut alors mettre cela sur le compte de la vertu prophétique !D’ailleurs, Mireille Huchon s’interroge : » Préscience réelle s’il existe bien une édition publiée en 1558, ou prescience forgée par quelque faussaire qui a pu vouloir, après coup, donner l’illusion de la capacité de prophétie de Nostradamus » (pp 264-265)

Mireille Huchon est tout à fait avertie de l’usage de la Guide des Chemins de France (1552) et elle ne s’étonne pas plus que cela que Nostradamus se soit amusé à compiler cet ouvrage truffé de noms de lieux.(pp. 265 et seq) tout comme elle ne s’étonne pas que ‘Nostradamus se (soit) fait chroniqueur de la royauté française ». Il ne lui vient pas à l’esprit que de tels procédés seraient précisément ceux de tacherons payés par des libraires faussaires pour faire du quatrain à la chaîne ! Mais revenons sur le propos de Mireille Huchon (p. 266) à propos des quatrains géographiques (signalés par Chantal Liaroutzos) Elle mentionne la « correction « de Chastres en Chartres sans se demander ce que vient faire Chartres dans ce quatrain ; Or, la « correction » n’est nullement innocente, elle fait référence, selon nous, à l’annonce du couronnement d’un Henri IV, converti, dans la cathédrale de Chartres au lieu et place de celle de Reims qui lui est inaccessible dans les années 1593-94, ce qui, dans ce cas, permettrait de dater le quatrain pour ce moment qui fait suite à la fameuse formule «  Paris vaut bien une messe ».Il semble donc que Mireille Huchon ait pu croire que la forme « Chastres » était une erreur de la Guide des Chemins de France que l’on aurait corrigée dans le quatrain en question, alors que Chastres était tout à fait correct et n’a été changé en Chartres que pour les besoins de la cause ! Chastres alias Arpajon correspond bien géographiquement aux autres communes citées, ce qui n’est pas vraiment le cas de Chartres !

Mais venons-en à l’usage que tire Mireille Huchon du Recueil des Présages Prosaïques qui devait lui permettre, selon ses dires, de faire avancer le shmiblic. Elle nous parle d’extraits alors qu’il s’agit carrément de la reproduction intégrale de publications annuelles comme l’exposait Bernard Chevignard, en 1999, selon nos conseils. Mireille Huchon s’est probablement arrétée, par mégarde, dans ses notes en ce qu’en disait Pierre Brind’amour (décédé en 1995) en 1993 (Nostradamus astrophile) qui ne disposait pas d’assez d’exemplaires des imprimés de l’époque pour porter un jugement tout à fait pertinent. En fait, l’intérêt du dit Recueil, comme nous l’avons montré, est de nous permettre de retracer la genése de la préface à César dont Antoine Couillard se -fait l’écho en 1556 dans ses Prophéties sur lesquelles elle s’étend quelque peu (pp ; 166 et seq). Au premier abord, un tel témoignage semble attester de la parution de l’édition 1555 de Macé Bonhomme, qui s’ouvre par la dite Préface. Mais, justement il convenait de comparer le texte de Couillard avec la production de Nostradamus à ce moment -là, ce que permet justement le dit Recueil des Présages Prosaïques. L’on observe alors que certains passages des Prophéties de Couillard reprennent des éléments de la production de Nostradamus d’alors alors qu’on ne les retrouve pas dans la Préface à César en tête de la dite édition 1555. Inversement, à la lecture de la correspondance éditée par Dupébe, il n’est nullement question des Centuries mais –selon le texte latin d’une des lettres, d’ »éphémérides », c’est-à-dire d’almanachs (cf notre post doctorat Le dominicain Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique. EPHE 2007) dont il ne semble pas que Mireille Huchon ait pris connaissance 12 ans plus tard. Quant à Ronsard (cf pp. 213 et seq), dans son Elégie (dont Hervé Drévillon et J. P. Lagrange avaient traité avec une certaine désinvolture en 2003 dans son Nostradamus. L’éternel retour, chez le même éditeur, il n’attribue nullement la mort du Roi à une prophétie de Nostradamus –il s’agit d’une cométe qui avait laissé pressentir un drame notamment chez Junctin de Florence (cf Isabelle Pantin La poésie du ciel en France dans la seconde moitié du seizième siècle. Droz, 1995 , p. 477). Ronsard fait référence explicitement aux prédictions annuelles qui ont fait sa réputation et rappelons que ses almanachs comportaient des quatrains tirés de ses textes en prose – et dont il ne fut probablement même pas l’auteur- lesquels inspirèrent les faussaires dans leur projet « centurique » Mireille Huchon a

connaissance de la première Epitre à Henri II (p. 147 cf notre fac simile in Documents

inexploités sur le phénoméne Noastradamus, 2002)  sans même voir le lien existant avec

celle figurant en tête de l’édition contrefaite Benoist Rigaud 1568 ; » Dans sa

dédicace des présages merveilleux  à Henri II  etc », laquelle précéde de deux ans

celle en date de 1558. Nous avons montré qu’il s’agit là du passage d’un

Nostradamus « premier » à un Nostradamus  « bis ».  Mireille Huchon signale (p.305)

les sites  de Benazra et de Mario Gregorio  où figure un grand nombre de nos études

mais ne semble n’en avoir  rien tiré  de significatif  tout comme elle ne mentionne

ni notre thèse d’Etat de 1999  Le texte prophétique en France  dont un tiers

environ  traite de Nostradamus  ni notre post doctorat  sur la naissance  de la critique nostradamique au XVIIe siècle (2007) ni notre  exposé en 2011  dans la Revue Française d’Histoire du Livre  se

contentant de signaler la contribution  de Patrice Guinard à cette revue en 2008. « Nouvelle approche de la bibliographie centurique »

Un signe marquant  de « black out ‘ sur nos thèses concernant Nostradamus est le rejet de notre article « Nostradamus » lors de la publication en 2005  du Dictionary Of Gnosis and Western Esotericism  Édition en Anglais sous  la  direction    de Wouter J. Hanegraaff  et d’ Antoine Faivre.

 

 

 

 

 


 

 

 

 

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JHB

13.05. 21

 

 

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Jacques Halbronn La dialectique émission/réception. De l’héritage au mimétisme. Le cas de l’ Histoire de l’astrologie au XVIIe siècle

Posté par nofim le 9 juin 2021

 

 

La dialectique émission/réception . De l’héritage au mimétisme. Le  cas de l’

Histoire  de l’Astrologie au  XVIIe siècle.

Par Jacques Halbronn

 

 

Il est plus facile d’émettre que de recevoir. Celui-ci pourra s’exprimer en telle langue et ne comprendra qu’à moitié ce qu’on lui dira dans la dite langue, soit parce que son vocabulaire est limité, soit parce qu’il est troublé par le passage de l’écrit à l’oral, du fait de codes de prononciation qu’il ignore. On le comprend mais lui ne comprend pas tout, même s’il nie la chose.. Celui-ci dira des choses qui ne sont pas de lui d’où la formule : ce que vous dites d’intéressant n’est pas de vous et ce qui est de vous n’est pas intéressant.

Nous mettons en garde contre les fausses causalité : le récepteur a fort bien pu instrumentaliser l’émetteur en s’alignant sur lui alors même que le dit émetteur n’avait ni la conscience, ni la volonté d’influer sur lui. Lorsqu’un auteur puise dans un ouvrage des éléments de son propre travail, peut-on encore parler d’une dialectique émission/réception ?

L’historien des textes est évidemment confronté à de telles situations quand il s’agit d’apprécier équitablement l’apport d’un certain travail et cela vaut sur le plan artistique, de la musique au cinéma en passant par la peinture. Il ne suffira pas d’aimer telle œuvre mais de s’interroger sur ce qui l’aura marquée de façon à ne pas lui attribuer une originalité qui ne lui correspond pas. Le résultat final ne saurait en aucune façon épuiser le débat car cela fausse les perspectives. Rendons à César ce qui est à César.

Or, force est de constater qu’une telle déontologie est hors de portée de la plupart des « chercheurs » qui font l’impasse sur certaines informations disponibles, ce qui est rendu bien plus aisé avec les moteurs de recherche qu’il y a encore une vingtaine d’années. L’ exigence d’exhaustivité est la règle. Autrement dit, on demande à ce qu’un auteur non seulement cite correctement ses sources mais encore mentionne systématiquement à ses lecteurs les travaux qui ont précédé les siens, ce dont il devra absolument s’en enquérir. Il devra le faire de façon transparente, en ne se contentant pas de citer des textes en vrac dans une « bibliographie » mais en signalant, le moment venu, les recoupements et les pistes à suivre au moyen de notes en bas de page. On peut également étudier en aval l’impact d’une œuvre, d’autant qu’il arrive que certaines sources ne finissent par émerger que tardivement. Ainsi, tel auteur a pu s’inspirer d’un manuscrit inédit lequel finira par paraitre , ce qui risque de fausser la chronologie.

Afin d’illustrer notre propos, nous reprendrons le cas d’une thèse de doctorat, soutenue fin 1993 d’Hervé Drévillon et qui sera publiée en 1996 chez Chamvallon. Nous comparerons notamment le texte de la thèse et celui de l’imprimé, trois ans plus tard en ce qui nous concerne plus ou moins directement puisqu’il s’agit en l’occurrence de la façon dont Drévillon se référe à nos propres publications ou mémoires.

Titre de la thèse (EHESS 1993) Lire et écrite  l’avenir au XVIIe siècle sous la direction de

Roger Chartier

 

On commencera par le remaniement de la bibliographie.

 

 

Lors de la soutenance, fin 1993, Drévillon ne semble pas avoir pris encore connaissance de deux publications parue au printemps de cette même année, aux éditions Guy Trédaniel-La Grande Conjonction alors qu’en 1996, il les signalera dans sa bibliographie. Etrangement, des éléments figurant dans la bibliographie de la thèse auront disparu dans l’imprimé trois ans plus tard. On pense notamment à notre « Introduction Bibliographique à l’étude de l’Astrologie Française de la fin du xVe à

fin du XXe siècle (accessible  désormais   sur la plateforme SCRIBD) , qu’il mentionne (p. 486)  comme datant de 1989 en tant que mémoire universitaire d’une bonne centaine de page qui lui avait été communiqué sans que nous sachions exactement dans quelles circonstances. En tout état de cause, Drévillon ne prend pas la peine de signaler, ne serait-ce qu’en note de bas de page, l’usage qu’il en aura fait et donc de quelle façon cela l’aura aidé. Mais comme on l’a dit, cette mention de notre Introduction Bibliographique ne figurera plus en 1993. Nous

avions rencontré Drévillon à propos de son DESS-), Les traités des comètes de 1577 à 1683 : les révolutions d’un signe, DEA. EHESS, Paris (1990).

En revanche, d’autres de nos travaux s’y trouveront, à savoir les deux éditions signalées parues en 1993 et le Catalogue de l’exposition « Astrologie et Prophétie » que nous organisâmes au tout début de l’année 1994. La question qui se pose est la suivante ; quelle est la différence entre la thèse et l’imprimé et est-ce que cela tient – et jusqu’à quel point- à la prise de connaissance de ces trois publications ?

D’emblée, un point est saillant lors de la confrontation entre les deux corpus bibliographiques. Tout en tête de sa bibliographie de 1996, Drévillon mentionne comme seules sources manuscrites des recueils de l’Académie Royale des Sciences dont il ignorait totalement l’existence au vu de sa thèse de 1993. Or, ces références sont directement liées à la prise de connaissance de notre ouvrage consacré au reprint du Commentaire du Centiloque de Nicolas Bourdin en la postface que nous lui avions adjointe. A aucun moment, Drévillon ne signale ce qu’il nous doit, si ce n’est très vaguement en mentionnant dans sa bibliographie le dit ouvrage. Est-ce à dire que dans son esprit, il va de soi que ce qu’il présente dans sa thèse serait repris des travaux qu’il aura pris la peine de signaler en vrac ? Est-ce que le jury de thèse aura fait la part des choses pour lui accorder son titre et sa mention ?

A propos de Nicolas Bourdin, traducteur de Ptolémée, on note une absence étonnante, dans la thèse tout comme dans l’imprimé, c’est celle de notre édition des Remarques Astrologiques de Jean-Baptiste Morin sur le dit Commentaire de Bourdin (Ed. Retz, 1975) Or, il est évident qu’en 1993 nous avions mentionné notre édition de 1975. Eh bien en 1996, Drévillon ne jugera pas utile de réparer cette lacune d’autant plus criante qu’il va s’attarder et sur le cas de Morin de Villefranche et sur celui du Marquis de Villennes alias Nicolas Bourdin, dont nous traitions comme il se doit dans notre Introduction à notre réédition de 1975 !

Passons au dossier Eustache Lenoble qui apporte un nouvel éclairage à la production astrologique du dernier tiers du XVIIe siècle et dont par ailleurs, en puisant dans les ressources de la Bibliotheca Astrologica dont nous sommes le directeur, Patrice Guinard avait traité dès 1987 (dans la revue Astralis, Lyon) Or, Lenoble est absent de la thèse mais fort présent dans l’imprimé. En effet, l’autre ouvrage paru en 1993 consacré à l’Astrologie du Livre de Toth, accorde une place considérable à cet auteur qui publie son Uranie à la fin du siècle.

Mais revenons à ce propos aux documents de l’Académie des Sciences dont nous traitions dans l’ouvrage consacré à Bourdin. Dans notre postface, citée par Drévillon, mais seulement dans sa partie bibliographique (il ne donne pas d’index) nous montrions que lors de la dite Académie,fondée par Colbert en 1666, l’on aura pu dans ses premières décennies faire des communications liée à l’astrologie et nous y donnions l’exemple d’un certain Graindorge. Autrement dit, on aura compris qu’entre 1993 et 1996, Drévillon aura eu l’occasion- grâce à nous – de réviser complétement son propos sur la situation de l’astrologie à la fin de ce siècle qui fait l’objet de son travail. On note aussi que Drévillon a enrichi entre 1993 et 1996 sa bibliographie en ce qui concerne Pierre Bayle en y mentionnant non seulement les Pensées sur la Cométe mais les « Continuations » aux dites Pensées, ouvrage témoignant de l’activité astrologique à la fin du dit siècle. Or, nous avions en 1993 montré que Bayle s’était intéressé à Lenoble, ce qui nous avait d’ailleurs mis sur la piste du dit Lenoble/

Nous aborderons pour finir les questions relatives au volet proprement lié à l’histoire du prophétisme dans ce qu’il faut bien appeler la « compilation » d’Hervé Drévillon dont le titre de la thèse couvre un champ fort large association Astrologie et Prophétie, ce qui est, on l’a vu, le titre de notre exposition et de notre catalogue à la Bibliothèque Nationale de 1994. Signalons aussi notre article Astrologie dans l’Encyclopaedia Universalis (1994) Il se trouve que Drévillon aborde dans sa thèse de 1993 des sujets dont nous traitons dans notre Introduction Bibliographique, qu’il cite dans sa bibliographie, en ce qui concerne la fortune du Mirabilis Liber et du personnage de Sainte Brigitte, ce qui sera développé dans notre thèse d’Etat, Le texte prophétique en France soutenue en 1999, donc après la parution de l’ouvrage de Drévillon en 1996 chez Champvallon. ( voir aussi  notre  étude  in Revue Française d’Histoire du Livre. 2013, Nº. 134 . De la Pronosticatio de Lichtenberger au Mirabilis Liber parisien ·).  Faut-il aussi rappeler que Drévillon cite les Actes du Colloque de Londres de 1984 tenu au Warburg Institute- et dont nous avions été l’instigateur- que Patrick Curry publiera en 1987 sous le titre Astrology, Science and Society, avec une étude de notre part « The revealing process of translation and criticism for the History of Astrology »

Autrement dit, quand nous parcourons les deux documents produits par Drévillon, nous avons nettement et de façon récurrente une impression de déjà -vu tant et si bien que nous éprouvons un sentiment de paternité à leur égard.

Signalons notre étude(L’inversion de la controverse et l’Entre soi apologétique autour des Centuries « nostradamiques ») sur le Nostradamus que Drévillon a produite en 2003 avec Jean-Pierre Lagrange, chez Gallimard, Cette fois, bien que Drévillon mentionne nos travaux de 2002 « Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus (Prophetica Judaica, Ed. Ramkat)- mais pas notre thèse d’Etat de 1999 ( Le texte prophétique en France, Presses Universitaires du Septentrion) dans sa bibliographie en insistant toute fois sur le fait que les positions qui y sont défendues sont « controversées », on ne peut dire qu’il en aura tenu compte dans le corps de sa publication comme co-auteur, ce qui d’ailleurs aura considérablement hypothéqué, à ses dépens, la valeur scientifique de celle-ci.

Pour la petite histoire, on notera que Jean Céard aura dirigé notre thèse d’Etat depuis 1985 et qu’il sera dans le jury de thèse de Drévillon et que le même Drévillon sera dans notre jury de thèse pour la soutenance de notre post Doctorat, en 2007, à l’EPHE Ve Section, « Le dominicain Jean Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle), soit 4 ans après la parution de son Nostradamus, l’Eternel Retour, qui remettait évidemment en question son propre travail, consacré non plus au XVIIe mais au XVIe siècle.

A ce propos, nous avons consacré dans « L’inversion de la controverse et l’Entre soi apologétique autour des Centuries « nostradamiques » la partie centrale de notre étude à la critique du Nostradamus de Drévillon et Lagrange, notamment dans leur interprétation biaisée de l’Elégie de Ronsard à Guillaume des Autelz et au caractère très improbable de la chronologie proposée des premières éditions des Centuries.

 

Pour terminer le présent travail consacré aux influences et aux emprunts, venons-en brièvement à la récente parution par Denis Labouré de ‘Astrologie & Religion au Moyen Age ». (Domuni Press 2019), ouvrage largement consacré à Pierre d’Ailly. Nous avions déjà étudié par ailleurs les Origines de l’Astrologie, aux Ed. du Rocher, du même Labouré lequel avait publié en 1990

aux éditions Pardés, un traité de Claude Dariot dont il avait pris connaissance à la Bibliotheca Astrologica avec notre postface.. Dans ses Origines de l’Astrologie, Labouré avait largement utilisé notre traduction des traités d’Abraham Ibn Ezra (Le Livre des fondements astrologiques, Préface de G . Vajda, Ed Retz 1977) en ne mentionnant pas cependant notre nom.

Toujours, dans l’optique des emprunts et de leur (non) reconnaissance, on commencera par noter deux absences dans la bibliographie de Labouré : Le Monde Juif et l’astrologie, issu de notre thèse de 1979 (EPHE) La problématique astrologique chez les principaux penseurs juifs du Moyen Age Espagnol et notre thèse d’Etat Le texte prophétique en France. Formation et fortune (1999). On y ajoutera notre étude consacrée spécifiquement au cardinal, parue dans le Bulletin de la Société Historique de Compiégne, 1993 (Colloque européen 16-17 mai 1992 de Pierre d’Ailly à Christophe Colomb) « Pierre d’Ailly et l’Antéchrist » (pp. 49-78)/

En conclusion, la copie  se substitue à l’original  et tend à prendre sa place, ce qui

constitue assurément un appauvrissement  et une perte de compétitivité pour les

sociétés qui tolèrent ce pillage, ce dépouillement, c »est là une cause majeure de

médiocrité et les éditeurs ne devraient pas être complice de telles impostures, en

se montrant plus vigilants quant à la qualité de ce qui leur est proposé.

 

 

JHB

10 06 21

 

 

 

 

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jacques Halbronn Relecture de la Nouvelle Alliance au prisme de la dialectique Jupiter-Saturne

Posté par nofim le 17 mai 2021

 

Relecture de la Nouvelle Alliance au prisme de la dialectique Jupiter-Saturne

par Jacques Halbronn

 

Pour commencer, il importe de comprendre que les Livres des principaux Prophétes s’adressent la maison d’Israel, l’interpellent, d’où la célébre formule, si mal comprise, du « Ecoute Israel » qui sonne comme un avertissement , formule étrangement devenue profession de foi pour les Juifs (Shma Israel) alors que cela s’adresse à leurs adversaires.

Selon nous, le texte de Jérémie XXX1, 31 (cf en annexe) oppose Jupiter et Saturne, à savoir deux conceptions du pouvoir, l’une qui passe par l’obéissance à un chef,(Jupiter) l’autre par une programmation collective.(Saturne)

« Je ferai pénétrer ma loi en eux, c’est dans leur coeur que je l’inscrirai; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. (..) Et ils n’auront plus besoin ni les uns ni les autres de s’instruire mutuellement en disant: « Reconnaissez l’Eternel! » Autrement dit, Dieu renonce à passer par Moïse, par un chef et entend s’imposer directement. C’est repris dans le « Ecoute Israel » ; Que les commandements que je te prescris aujourd’hui soient gravés dans ton cœur’ »

On voit bien que le régime saturnien est bien plus rigide et contraignant que le régime jupitérien ; on penserait de nos jours à une dystopie où l’on grefferait des « puces » dans la tête des gens.

La « Nouvelle Alliance » dont se targuent les Chrétiens serait donc saturnienne puisque c’est l’ancienne alliance, plus souple, qui est réservée aux gens d’Israel mais cette nouvelle alliance a au moins le mérite de ne plus laisser place à la faute. alors que les Judéens – les Yehoudim, les Juifs (judaisme) – sont toujours sous le régime jupitérien de l’Ancienne Alliance lequel n’implique pas des commandements « gravés », « écrits » dans les cœur de chacun.Selon nous il est grand temps que les Juifs cessent de réciter le « Shéma Israel »

De même, les Juifs doivent se référer au premier chapitre de la Genése alors que les chapitres suivants concernent la maison d’Israel. On nous objectera qu’à l’époque, la maison d’Israël n’existait pas puisqu’elle n’apparaîtra qu’à la mort du roi Salomon. Nous répondrons que les narratifs sont marqués par l’époque où ils sont rédigés et non par celle qu’ils sont censés décrire. On ne saurait concilier un Adam androgyne et un Adam en couple (avec Eve) Par ailleurs, si la sécession eut lieu à la mort de Salomon, elle avait des causes très anciennes fondées sur une différence de statut des populations qui formeront le Royaume d’Israel lesquelles se sentaient colonisées par la maison de Juda.

Selon nous, ce conflit va se perpétuer du temps de Jésus, le Judéen, lequel entend reprendre le contrôle de la maison d’Israel:

Evangile de Mathieu XV, 24 Jésus répondit «  Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ».

Pour nous, l’on assiste à un conflit entre Jésus, le Jupitérien et le peuple de nature saturnienne et pour nous Jésus ne fait pas partie du peuple, pas plus que Moïse car les chefs sont extérieurs au peuple.Ils sont missionnés auprès de telle communauté qu’ils vont prendre en charge.

Rappelons que dans le Livre de l’Exode ( Ch III), Dieu dit à Moise d’aller parler à « ce peuple » , ce qui signifie que Dieu ne l’y inclut point. Les chefs sont toujours en butte aux attaques du peuple, au risque de se faire lyncher, comme on peut le voir dans le cas de Moise

Cette dualité, elle est mise en scène dans l’opposition entre les deux fils d’Isaac, Esau (associé à Edom que nous rapprochons d’Adam), l’ainé et Jacob (qui deviendra Israel et ce n’est pas un hasard. Ce sera le nom sous lequel le Royaume du Nord sera désigné. Il est vrai que le Pentateuque, tel qu’il nous a été conservé, est fortement marqué par la maison d’Israel, Moise ayant affaire aux « fils d’Israel » – Benei Israel », lors de la Sortie d’Egypte . Dans le Livre de la Genése, on nous montre le puiné l’emportant sur l’aîné, Jacob sur Esaü et même Moise sur Aaron.

Au sein du monde juif, nous distinguerons les personnes qui veulent former un peuple, ce qui les place en position saturnienne et celles qui sont vouées à s’occuper, dans le monde, de populations qui leur sont étrangères, puisque les Jupitériens ne sauraient se laisser embrigader. Ce qui règle la lancinante question des problèmes d’appartenance.

On voit que notre modèle astrologique éclaire de façon remarquable les Ecritures « Saintes »mais cela vaut aussi dans l’autre sens  quand on sait dans quel état de délabrement se trouve l’astrologie actuelle. Il est temps que l’on y fasse le ménage -comme Jésus dans le Temple de Jérusalem, et que l’on s’y limite aux deux planètes, Jupiter et Saturne., les plus lentes connues dans l’Antiquité. 12 et 28 années terrestres, de révolution totalisent 40 ou 4×10 mais ces chiffres ne font sens que par rapport aux données terrestres (un an : 365 jours), ce qui n’est pas un point négligeable et nous en dit long sur l’histoire et la conception de notre systéme solaire…

En ce qui concerne le commandement du Shabbat (un des X commandements exposés dans le Livre de l’Exose (Xxe chapitre), l’on est en droit de se poser des questions tout comme sut le Septiéme Jour de la Création, décrit non pas dans le premier chapitre du Livre de la Genése mais au début du deuxiéme chapitre auquel il est renvoyé pour justifier le Shabbat :.

1 Ainsi furent terminés les cieux et la terre, avec tout ce qu’ils renferment.

2 Dieu mit fin, le septième jour, à l’œuvre faite par lui; et il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite.

 

Ce Septième jour nous apparaît comme une pièce rapportée. Le nom même de Shabbat renvoie à Saturne- Shabtaï selon le Sefer Yetsira, Livre de la Création- (en anglais, Samedi se dit Saturday) et c’est donc la planète du peuple face à l’élite jupitérienne.. L’esprit du Shabbat est celui d’une extrême passivité, ce qui correspond au régime saturnien. En ne faisant rien, on ne risque pas de commettre de fautes.

Exode XX :

ז זָכוֹר אֶת-יוֹם הַשַּׁבָּת, לְקַדְּשׁוֹ.

7 (4) »Pense au jour du Sabbat pour le sanctifier.

ח שֵׁשֶׁת יָמִים תַּעֲבֹד, וְעָשִׂיתָ כָּל-מְלַאכְתֶּךָ.

8 Durant six jours tu travailleras et t’occuperas de toutes tes affaires,

ט וְיוֹם, הַשְּׁבִיעִי–שַׁבָּת, לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ:  לֹא-תַעֲשֶׂה כָל-מְלָאכָה אַתָּה וּבִנְךָ וּבִתֶּךָ, עַבְדְּךָ וַאֲמָתְךָ וּבְהֶמְתֶּךָ, וְגֵרְךָ, אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ.

9 mais le septième jour est la trêve de l’Éternel ton Dieu: tu n’y feras aucun travail, toi, ton fils ni ta fille, ton esclave mâle ou femelle, ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes murs.

י כִּי שֵׁשֶׁת-יָמִים עָשָׂה יְהוָה אֶת-הַשָּׁמַיִם וְאֶת-הָאָרֶץ, אֶת-הַיָּם וְאֶת-כָּל-אֲשֶׁר-בָּם, וַיָּנַח, בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי; עַל-כֵּן, בֵּרַךְ יְהוָה אֶת-יוֹם הַשַּׁבָּת–וַיְקַדְּשֵׁהוּ.  {ס}

10 Car en six jours l’Éternel a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment et il s’est reposé le septième jour; c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du Sabbat et l’a sanctifié.

 

Les Juifs ne sauraient donc honorer le Shabbat qui est le jour de la maison d’Israël à condition de préciser que le vendredi soir n’est pas le Shabbat lequel se déroule en plein jour. C’est d’ailleurs le samedi que l’on lit le Pentateuque. Le vendredi soir devrait être selon nous dévolu à la lecture des Livres des Prophètes Jérémie, Isaïe, Ézéchiel encore que même ces ouvrages aient été « trafiqués » comme dans le cas des additions à Isaïe dit (Deutéro Isaïe, à partir du chapitre 40)

 

Annexe :

 

 

ל הִנֵּה יָמִים בָּאִים, נְאֻם-יְהוָה; וְכָרַתִּי, אֶת-בֵּית יִשְׂרָאֵל וְאֶת-בֵּית יְהוּדָה–בְּרִית חֲדָשָׁה.

30 Voici, des jours vont venir, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle,

 

 

 

לא לֹא כַבְּרִית, אֲשֶׁר כָּרַתִּי אֶת-אֲבוֹתָם, בְּיוֹם הֶחֱזִיקִי בְיָדָם, לְהוֹצִיאָם מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם:  אֲשֶׁר-הֵמָּה הֵפֵרוּ אֶת-בְּרִיתִי, וְאָנֹכִי בָּעַלְתִּי בָם–נְאֻם-יְהוָה.

31 qui ne sera pas comme l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères le jour où je les ai pris par la main pour les tirer du pays d’Egypte, alliance qu’ils ont rompue, eux, alors que je les avais étroitement unis à moi, dit le Seigneur.

לב כִּי זֹאת הַבְּרִית אֲשֶׁר אֶכְרֹת אֶת-בֵּית יִשְׂרָאֵל אַחֲרֵי הַיָּמִים הָהֵם, נְאֻם-יְהוָה, נָתַתִּי אֶת-תּוֹרָתִי בְּקִרְבָּם, וְעַל-לִבָּם אֶכְתְּבֶנָּה; וְהָיִיתִי לָהֶם לֵאלֹהִים, וְהֵמָּה יִהְיוּ-לִי לְעָם.

32 Mais voici quelle alliance je conclurai avec la maison d’Israël, au terme de cette époque, dit l’Eternel: Je ferai pénétrer ma loi en eux, c’est dans leur coeur que je l’inscrirai; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple.

לג וְלֹא יְלַמְּדוּ עוֹד, אִישׁ אֶת-רֵעֵהוּ וְאִישׁ אֶת-אָחִיו לֵאמֹר, דְּעוּ, אֶת-יְהוָה:  כִּי-כוּלָּם יֵדְעוּ אוֹתִי לְמִקְּטַנָּם וְעַד-גְּדוֹלָם, נְאֻם-יְהוָה–כִּי אֶסְלַח לַעֲוֺנָם, וּלְחַטָּאתָם לֹא אֶזְכָּר-עוֹד.  {ס}

33 Et ils n’auront plus besoin ni les uns ni les autres de s’instruire mutuellement en disant: « Reconnaissez l’Eternel! » Car tous, ils me connaîtront, du plus petit au plus grand, dit l’Eternel, quand j’aurai pardonné leurs fautes et effacé jusqu’au souvenir de leurs péchés.

 

 

Genése Chapitre II

א וַיְכֻלּוּ הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ, וְכָל-צְבָאָם.

1 Ainsi furent terminés les cieux et la terre, avec tout ce qu’ils renferment.

ב וַיְכַל אֱלֹהִים בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה; וַיִּשְׁבֹּת בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, מִכָּל-מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה.

2 Dieu mit fin, le septième jour, à l’œuvre faite par lui; et il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite.

ג וַיְבָרֶךְ אֱלֹהִים אֶת-יוֹם הַשְּׁבִיעִי, וַיְקַדֵּשׁ אֹתוֹ:  כִּי בוֹ שָׁבַת מִכָּל-מְלַאכְתּוֹ, אֲשֶׁר-בָּרָא אֱלֹהִים לַעֲשׂוֹת.  {פ}

3 Dieu bénit le septième jour et le proclama saint, parce qu’en ce jour il se reposa de l’œuvre entière qu’il avait produite et organisée.

ד אֵלֶּה תוֹלְדוֹת הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ, בְּהִבָּרְאָם:  בְּיוֹם, עֲשׂוֹת יְהוָה אֱלֹהִים–אֶרֶץ וְשָׁמָיִם.

4 Telles sont les origines du ciel et de la terre, lorsqu’ils furent créés; à l’époque où l’Éternel-Dieu fit une terre et un ciel

 

La Bible serait donc traversée par l’opposition entre Jupiter et Saturne, que l’on retrouve dans la mythologie. Les Judéens rejettent Saturne comme c’est le cas lorsque Saturne Kronos est exilé de l’Olympe par son fils Jupiter- Zeus. Saturne est à rapprocher de Satan, ce qui conduit à un certain manichéisme. Cette conflictualité est constamment présente comme si ces deux dieux s’étaient partagés le monde, à la façon de Pluton (Hadés) et de Cérés (Démeter) On trouve face à face deux pratiques du pouvoir, le jupitérien qui est celui d’un chef élu que l’on suit du fait de son charisme et le saturnien qui est celui d’une Société qui fonctionne selon un programme préétabli  comme annoncé dans la Prophétie de Jérémie, la dite prophétie (Ch XXXI)) portant selon nous la marque de la maison d’Israel, laquelle refuse toute idée d’élite au nom de la formule anglaise « bottom up », un pouvoir venant du bas. Cela donne deux formes d’astrologie, une jupitérienne et une autre saturnienne, la première laissant bien plus de liberté que la seconde mais aussi plus de possibilités de fauter et on a pu voir, avec la pandémie, à quel point Saturne est en mesure de prendre le dessus et d’imposer une uniformité de comportement..

 

JHB

17 05 21

 

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jacques Halbronn Bilan de son activité dans le champ de la biblographie astrologique et prophétique

Posté par nofim le 12 mai 2021

Bilan de son activité dans le champ de la bibliographie astrologique et prophétique, depuis 1986.

Dans les Actes du Colloque en Histoire de l’Astrologie (L’Astrologie en Terre de France, en ligne sur SCRIBD) que nous avions organisé il y a 30 ans, dans la crypte de l’Eglise Sainte Anne de la Butte aux Cailles -75013 Paris – en 1987, nous avions organisé un Colloque sur la Lune, au Couvent dominicain Saint Jacques – nous avions consacré notre communication à dresser une Bibliographie de la littérature anti-astrologique français d’Oresme à Voltaire. En1986, nous avions, lors d’un Colloque à Bayeux, (La Cométe de Halley et l’influence sociale et politique des astres,) dressé une bibliographie sur les comètes (Les variations d’impact des comètes en France. Etude bibliographique fin Xve -fin XVIIIe siècles). En 2007, notre post doctorat portait sur le dominicain Jean de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle (EPHE Histoire du Cathlocisme) A cette occasion, nous avions rédigé un mémoire sous la direction de Louis Le Chatelier : » Le recours du clergé catholique français à l’anonymat dans le débat autoir de l’astrologie ( 1618-1710). En 1987, nous avions rédigé dans le cadre de la préparation de notre thèse d’Etat, qui ne sera soutenue qu’en 1999 mais, entre temps, sur un autre sujet Le texte prophétique en France Formation et fortune) sous la direction de Jean Céard, un mémoire intitulé Introduction bibliographique à l’étude de l’Astrologie Française, le dit mémoire sera mentionné fautivement (Paris XII devient Paris IX, 1987 devient 1989) dans sa bibliographie par Hervé Drévillon dans sa thèse de doctorat (1994 EHESS) : Lire et écrire l’avenir . Astrologie, prophéties et prédictions dans la France du XVIIe siècle. Cette « Introduction » était annoncée dans une étude accessible uniquement en anglais .(p  217) in The revealing process of translation and criticism in the History of Astrology, Astrology, Science and Sociery ; dir . P. Curry, 1987)

Enfin, nous sommes l’auteur du CATAF, le Catalogue alphabétique des textes astrologiques français (cf site du CURA) 

Nous avons notamment mis en évidence le rôle des membres de la Compagnie de Jésus, notamment à propos du Père Jean François dont le Traité de 1660 reparaitra sous le nom de R. Decartes (cf l’article de G. Bachelard). Mais d’autres Jésuites français avaient retenu notre attention comme le Père Nicolas Caussin Lettre à une personne illustre sur la curiosité des horoscopes-1649 et le Père Jacques de Billy ( Le tombeau de l’Astrologie Judiciaire)1657) Nous signalions aussi la participation au débat autour de l’Eclipse de 1654 de François d’Aix alias Théophraste Orthodoxe (cf le travail d’Elisabeth Labrousse, La Haye, Nijhoff, 1974, cf Nos Questions autour du texte sur l’Eclipse de 1654 attribué à Gassendi, in Gassendi et la modernité, Dir Sylvie Taussig, Brepols, 2008)

Entretiens curieux sur l’eclipse solaire du 12. Aoust 1654.

Mais nous n’avions pas alors réalisé quelle était la véritable identité de ce François d’Aix qui écrivait sous ce pseudonyme dont on nous disait qu’il était Jésuite. (cf Bibliographie de la Compagnie de Jésus de Sommervogel, tome I p. 100). D’aucuns avaient précisé que ce François d’Aix appartenait à la famille de la Chaize mais l’on nous avertissait qu’il ne fallait pas confondre ce personnage avec le Père Lachaise, confesseur de Louis XIV, dont le nom a été immortalisé par le cimetière qui porte son nom, diversement orthographié.

jacques  Halbronn Bilan de son activité dans le champ de la biblographie astrologique et prophétique dans ASTROLOGIE

François d’Aix de La Chaize

Chez Guillaume Barbier Imprimeur ordinaire du Roy, en la place de Confort, 1654 -

 

 

 

Or, nous pensons que c’est bel et bien le futur confesseur qui à 30 ans avait produit sous le pseudonyme de Théophraste Orthodoxe le pamphlet en question. On nous signale qu’un oncle de François d’Aix portant le même nom se serait caché sous le pseudonyme en question. Certes, on apprend que ‘La grand-mère, née Coton, avait un frère jésuite, grand-oncle de notre François, qui était devenu le confesseur du bon roi Henri IV puis de son fils Louis XIII » Mais cet oncle- certes Jésuite- ne portait nullement le nom de La Chèze. « L’abbé Pierre Coton est né à Néronde en 1564. Il fait ses études à Paris, à l’âge de 25 ans il rentre chez les Jésuites «  En tout état de cause, il ne pouvait pas publier le texte de 1654 . à 90 ans. Or, dans certaines notices introduisant l’ouvrage en question on peut lire :

« Entretiens curieux sur l’eclipse solaire du 12. Aoust 1654. Par Theophraste Orthodoxe (i. e. François d’Aix de La Chaize, l’oncle(sic) »

Que vient faire ici cet « oncle » qui serait un autre François d’Aix de La Chaize ?

Nous pensons que l’auteur de ces Entretiens n’est autre que le futur confesseur de Louis XIV. Certes, il eut un (grand) oncle qui occupa ce poste par le passé auprès d’Henri iV puis de Louis XIII.

Le travail du bibliographe, tel que nous l’entendons englobe la question de la paternité des textes tout comme celle de leur datation puisque sur ces deux points, il peut y avoir débat. C’est ainsi que nous avons pu confirmé que Jean Giffré de Réchac était bien l’auteur de l’Eclaircissement des véritables quatrains de Nostradamus (1656), ouvrage souvent attribué à un certaine Etienne Jaubert tout comme nous avons pu montrer, ce qui avait échappé à Bachelard ( en 1937) que le traité paru sous le nom de Descartes était en réalité une réédition du Traité du Jésuite Jean François.(cf Jacques Halbronn, Gaston Bachelard et les Véritables Connoissances des Influences Célestes et sublunaires de R. Decartes  (site du CURA)

Le XVIIe siècle vit nombre d’auteurs prendre la peine d’écrire sur l’Astrologie de façon critique, ce qui témoignait de l’impact que celle-ci exerçait à l’époque. Le déclin de l’astrologie est marqué par l’absence des attaques.

En ce qui concerne notre œuvre de bibliographe, nous avons conscience qu’elle aura pu être d’une aide précieuse pour divers chercheurs qui n’auront pas eu à accomplir le travail en amont mais se seront contentés de « compléter » en aval.

12 05 21

 

 

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Jacques Halbronn Les Evangiles au prisme de la dialectique astrologique Jupiter-Saturne

Posté par nofim le 6 mai 2021

 

Les Evangiles au prisme de la dialectique astrologique Jupiter-Saturne

par Jacques Halbronn

 

 

Il nous semble nécessaire d’analyser le personnage de Jésus et les conditions de sa condamnation au prisme de la conflictualité entre le chef et le peuple, entre Jupiter et Saturne, au sens de notre astrologie.

Les Evangiles mettent en scène un peuple, les Juifs et un homme, J ésus, Il faut comprendre que les relations entre ces deux entités que sont le peuple et celui qui entend le conduire, le guider ne sont jamais simples. Qu’on le veuille ou non, il y a bien là une tension manifeste qui nous renvoie à un scénario récurrent que l’on retrouve notamment à l’époque révolutionnaire, en France, où la guillotine remplace en quelque sorte la croix avec la mort emblématique de Louis XVI en 1793 . La foule innombrable face au héros solaire, au singulier..

On pense aussi, dans le Livre de la Genése, à la condamnation de la ville de Sodome. Cette fois, la situation est inverse : c’est le peuple qui se voit éliminé parce qu’on ne trouve pas, en son sein, assez de Justes. Or, Jésus sera qualifié de Juste, en hébreu Tsadiq.

Cela nous renvoie à la planète Jupiter qui se dit Tsedeq en hébreu et selon la mythologie Jupiter est confronté à Saturne , son père qui est amené à détruire ses enfants. Jupiter échappe à ce sort et sera en mesure de sauver ses frères et sœurs, tels que Neptune, Cérés ou Pluton qui au XIXe-XX’ siècles serviront à nommer des astres nouvellement découverts.. On retrouve là l’idée d’un Jésus « Sauveur » (Soter). Le nom même de Jésus Yehoshoua a ce sens. On peut traduire selon l’approche grammaticale ( question de l’usage du vav conversif) par il sauvera ou il a sauvé.

Jésus est aussi comparé au pélican qui se sacrifie pour nourrir ses petits en leur offrant ses entrailles. Quelque part, le pélican est dévoré par sa « marmaille », c’est à dire son peuple.

Pour nous, le Jupitérien est la poule aux œufs d’or, la vache à lait dont tout un chacun peut profiter car celui qui a un don doit le répandre. On retrouve d’ailleurs ici le Jésus qui guérit, qui est parfois sommé de guérir, d’accomplir quelque miracle.

Jésus a un projet prioritaire – « les brebis perdues d’Israel » – et il entraine tout un groupe à le suivre. On retrouve le un et le multiple, avec les 12 apôtres. Souvent, dans les Evangiles, revient l’image du pasteur et de son troupeau, de ses ouailles..

Le Jupitérien sait « vendre » son projet – utopique ou dystopique- pour le meilleur ou pour le pire – et entrainer derrière lui. Il ne s’adapte pas, ce sont les autres qui doivent s’adapter à lui.

En fait, le Jupitérien à l’instar de Jésus est l’interface entre Dieu et les hommes. C’est la monarchie de droit divin. Ses dons – car un Jupitérien doit être doué de pouvoirs-il les tient de quelque science infuse. Le peuple ne peut quelque part que le jalouser, qu’être tenté de nier ce qu’il est, ce qu’on lui doit.. .

L’astrologie se doit de replacer le personnage de Jupiter au cœur de son propos car elles est la « science » des Jupitériens, des chefs, des leadeurs, du leadership, une science de la cyclicité et cela lui permettra de sortir de son isolement en s’emparant de thèmes majeurs qui la relient à la sociologie comme à la théologie. Force est de constater en faisant son bilan pour le Xxe siècle, qu’elle n’y est pas encore parvenue et qu’elle est mise à l’écart en dépit de diverses tentatives qui auront fait long feu.

Au lieu de se disperser entre toutes les planètes du systéme solaire jusqu’à Pluton et au delà, il importe qu’elle méne sa propre révolution copernicienne en se centrant sur Jupiter, ce qui ne manquera pas de lui conférer une position stratégique cruciale. Elle est la science des « élus », de ceux qui ont vocation à guider les peuples. Il ne faudrait surtout pas qu’elle bascule dans la démagogie et fasse l’impasse sur les chefs en proposant une astrologie « pour tous ». Ce serait là de sa part une trahison de sa mission..

 

 

 

 

 

 

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Jacques Halbronn De Nostradamus premier à Nostradamis Bis. Autour de l’édition Benoist Rigaud 1568

Posté par nofim le 3 mai 2021

 

De Nostradamus premier à Nostradamus bis . IIIe Partie Autour de ‘édition Benoist

Rigaud 1568

 

 

Dans la deuxième partie de notre enquête - »La fabrication des fausses rééditions nostradamiques. Du premier Nostrdamus au Nostradamus bis ; Iie Partie », nous avons approfondi la thèse selon laquelle les faussaires auraient tenu à être au plus près d’une certaine vraisemblance chronologique.C’est ainsi que nous avons relevé que l’année 1555 figurait dans la présentation des Présages, cette même année qui marquera l’édition Mace Bonhomme.Il ne semble pas que Robert Benazra ait remarqué la coincidence dans son édition de 1984 pas plus que Pierre Brind’amour dans la sienne en 1996.Ce point aura également échapppé à Patrice Guinard (CURA.free.fr) et à Bernard Chevignard (Présages de Nostradamus, Seuil, 1999) Ces quatrains présages seront joints en annexe au XVIIe siècle de la façon suivante et d’ailleurs on notera que les éditions centuriques ne mentionneront jamais les dates d’édition des « Centuries » de 1555 et 1557, la seule date d’édition indiquée étant celle de 1561 (cf RCN de Benazra pp. 51 et seq, pour la dite année 1561 et pp . 118 et seq pour les parutions de 1588-89).

« Présages tirez de ceux faits par Mr Nostradamus és années mil cinq cens cinquante cinq & suyvantes avec le nombre 1555 en tout début de la première série de quatrains !.

Au titre de ces édiions « 1561 » -aucune ne comportant les centuries VIII à X- on nous précise une addition de « 39 articles à la dernière centurie ».

Or, selon nous, comme nous nous en expliquions dans notre deuxième partie du « Nostradamus bis », l’enjeu aura d’abord été d’augmenter la première livraison à 4 centuries et ce fut en fait déjà la mise en place d’un second volet introduit par une épitre à Henri II, l’épitre de départ étant parue en tête des Présages Merveilleux pour 1557 (cf nos Documents iuexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat, 2002) et ce n’est donc pas par hasard que l’édition augmentée comportera la mention en sa page de titre de la même année 1557 tout comme la date de 1555 avec la Préface à César a du se servir d’une telle Préface en tête d’un almanach pour 1555 dont Antoine Couillard fera le pastiche dans ses Prophéties, 1556 (cf RCN, pp. 18-19)

Dans les deux cas, les textes en prose auront été remaniés sans bien entendu que l’on signale une mouture antérieure.

Le cas de l’épitre à Henri II est significatif puisqu’il y est question d’entrée de jeu du « restant »ces trois centuries du restant de mes Prophéties ». Nous avons en fait affaire à trois stades successifs dont le deuxième ne nous est point parvenu.

I celui que nous connaissons en tête des Présages Merveilleux, déjà reproduite par Daniel Ruzo dans le Testament de Nostrdamus, Le Rocher, 1982 avec la date du 13 janvier 1556 (1557) -ce qui correspond à 1557, puisque l’année changeait alors de millésime à Pâques-

II Celle introduisant les quatrains au delà du 53e de la Centurie IV et qui devait correspondre au texte de l’édition, Benoist Rigaud 1568 mais évidemment sans mention d’une « milliade », ce qui ne fera sens que dans le cas de figure de dix centuries mais très probablement avec mention au titre de l’Epitre à Henri II sur le modèle des Présages Merveilleux pour 1557.

III Celle qui figure non plus pour introduire le reste de la Centurie IV et la suite mais qui aura été déplacée pour apparaître en tête des Centuries VIII-X. en laissant entendre que le premier volet introduit par la Préface à César comportait 7 centuries , ce qui supposait la disparition de facto d’une première édition à 4 centuries, dont la Ive incomplère mais aussi la disparition des éditions augmentées à 7 centuries comportant l’epitre au Roi, puisque les éditions Antoine du Rosne ne la comportent pas. On dira donc qu’il nous manque une édition à 7 centuries avec la mouture II de l’Epitre à Henri II sans évidemment de référence à une quelconque miliade. Cependant, dans les éditions sans la dite Epitre et donc abec seulement la Préface à César de 1555, la page de titre est assez explicite : « dont il en y a (sic) trois cens qui n’ont encores iamais esté imprimées »- ce qui ne signifie pas qu’elles n’aient point déjà été composées car selon nous, dès le départ de l’entreprise, engagée dans les années 1580, tout avait déjà été prévu, du moins dans les grandes lignes, à savoir deux volets de 350 quatrains, l’un daté de 1555 et l’autre de 1557(l’épitre à Henri II de janvier 1556 valant pour 1557, cf supra)

Autrement dit, lorsqu’il s’agit d’ajouter encore 3 centuries, i fallut d’une part toiletter le « premier volet » désormais à 7 centuries, en supprimant carrément l’êpitre à Henri II, qui sera reprise dans une édition à la « miliade », à 10 centuries, correspondant à l’édition qui nous est parvenue Benoist Rigaud 1568. Or le sous titre de cette édition reprend celui des éditions à 7 centuries pour parachever l’opération d’enfumage ; « Dont il y en a trois cens qui n’ont encores iamais est imprimées » (RCN, p. 89) si ce n’est que la faute de français a été corrigée : pour l’édition 1557, dans les deux exemplaires conservés et d’ailleurs comportant des différences, on avait « dont il en y a ». On voit bien là qu’il y a eu tentative de substitution visant à faire oublier qu’il y aurait pu y avoir une première édition à 4 centuries.

En fait, l’histoire des Centuries est celle de contrefaçons de contrefaçons sans oublier celles qui seront produites du vivant même de Nostradamus par rapport à ses almanachs (cf Benazra, RCN, pp. 58-59, année 1562), point négligé par les faussaires des années 1590, ce qui les conduisit à emprunter pour les pages de titre des fausses rééditions 1555 et 1557 les vignettes des faux almanachs alors d’ailleurs que les vraies vignettes ne figuraient que sur les Pronostications. C’est l’arroseur arrosé, un faussaire victime de ses prédécesseurs  en la matière !

Venons en donc aux éditions Benoist Rigaud 1568, dont Patrice Guinard a fait son fer de lance. Outre le fait qu’il n’a aucunement reconstitué, comme nous l’avons fait, la « préhistoire » des dites éditions, puisqu’il est persuadé que l’epitre à Henri II telle qu’elle y figure n’avait pas été publiée auparavant, tout en sachant fort bien d’ailleurs qu’une première épitre à Henri II datait de Janvier 1556/1557,(cf Ruzo 1982, et Halbronn, 2002). Nous ignorons comment il explique les différences entre ces deux moutures de l’épitre au Roi, celle figurant dans l’édition 1569 étant elle datée du 27 juin 1558. Michel Chomarat dans son édition de l’an 2000 du reprint de la dite édition 1568 ne nous avance pas plus.

La date de 1558 se comprend puisque les éditions 1557 Antoine du Rosne ne comportent plus l’epitre au Roi, il fallait donc décaler tout en situant de préférence la date avant la mort du dit Roi en 1559. Nous ne pensons pas pour autant que l’on ait produit une édition à 10 centuries dès 1558 car l’on aurait pu la confronter avec les fausses éditions de 1557 comportant l’Epitre au Roi en date de janvier 1557, comme pour celle en tête des Présages Merveilleux pour 1557.

Le scénario qui aura été suivi, selon nous, est le suivant : production d’édition à 7 centuries sans l’epitre au Roi, ce sont les éditions qui nous sont parvenues et d’un second volet, probablement d’abord paru séparément ; introduit par l’Epitre à Henri II déplacée. En fait, on aurait pu parler d’un troisième volet mais l’on aura préféré de s’en tenir au schéma de la présentation initiale, d’où le maintien de la mention d’ajout de 300 quatrains. D’ailleurs, le titre figurant en tête de l’édition Benoist Rigaud ne concerne que le premier volet et non le second dont l’intitulé est autre »

« Centuries VIII. IX. X. qui n’ont encores iamais esté imprimées »On y retrouve certes la mention « encore iamais est imprimées » des éditions 1557 » et pour la première fois le terme « Centuries «  au titre, et qui plus est sans mention au titre d’une Epitre au Roi ! .

Les Prophé ties de M. Michel Nostradamus . Centuries VIII IX X etc A Lyon, par Benoist Rigaud, sans mention, cette fois, de date d’édition comme c’était le cas pour le « premier » volet..Cela a tout l’air d’une addition, d’une annexe assez mal constituée L’on peut même penser que Benoist Rigaud a pu se voir attribuer dans un premier temps par les faussaires une édition à peu près identique à celle des éditions Antoine du Rosne 1557 sans l’epitre à Henri II. Mais l’absence de la dite épitre suppose déjà que l’on ait programmé un second volet. Autrement dit, les éditions Antoine du Rosne 1557 sans l’Epitre à Henri II participent d’un projet à dix centuries et nous ne disposons pas- on l’a dit- des éditions 1557 avec les deux Epitres, à César et à Henri II. Un tel constat repousse d’autant la fabrication des exemplaires conservés dans les bibliothèques de Budapest (cf l’édition qu’en a faite Gérard Morisse) et d’Utrecht.On serait là face à une nouvelle génération de contrefaçons :

première génération : le faux Mace Bonhomme 1555 (avec Préface à César) et le faux Antoine du Rosne 1557 avec Epitre à Henri II) venant officielleement compléter l’édition 1555 pour former un diptyque. On a retrouvé le premier mais pas le second. Ces faux ont été conçus à partir des vraies parutions d’un almanch de Nostrdamus pour 1555 et des Présages Merveilleux pour 1557.

Seconde génération : on met en œuvre un nouveau diptyque, en soudant le premier diptyque en un seul, ce qui donne les éditions Antoine du Rosne que nous connaissons cf le reprint 1993, introduit par R. Benazra, Ed M. Chomarat) et cette fois un nouveau volet parachevant le diptyque avec le recyclage de l’Epitre à Henri II avec l’interpolation « parachevant la miliade » qui ne figurait évidemment pas dans la production de la première génération à 7 centuries.

 

 

Reste la question des éditions à 7 centuries avec la seule préface à César, se référant en leur titre à l’année1561 et dont on ne connaitrait que les rééditions des années de la Ligue. Que dire de ces 39 « articles » ajoutées à la « dernière centurie », c’est à dire à la VIe ? On peut penser qu’il y ait eu un projet à six centuries pleines et les 39 articles correspondraient à la Centurie VII, dont l’édition Antoine du Rosme -Budapest- est à 40 quatrains, ce qui laisserait entendre que le projet initial des faussaires aurait visé 600 quatrains d’ailleurs à aucun moment il n’est annoncé sept centuries.. Cette centurie VII n’est pas complétée même dans les éditions 1568 Benoist Rigaud. C’est la seule dans ce cas à la différence de la centurie IV qui atteindra finalement les 100 quatrains. On peut se demander si l’on n’aurait pas eu plutôt affaire à un premier projet de 3 centuries, avec une addition de 53 quatrains puis un second projet de 3 centuries, avec une centurie IV intégrée dans le second projet comportant également 3 centuries avec une addition cette fois de 39/40 quatrains. Et enfin, une troisiéme projet de 3 centuries, d’où la formule « Centuries VIII, IX X » La mention de 1561 ferait alors sens pour justifier l’addition à la dernière centurie, en l’occurrence la sixième, au delà de l’année 1557.On peut donc concevoir une fausse édition à 7 centuries en date de 1561 mais en réalité datant de la Ligue, intermédiaire en quelque sorte entre des éditions à 6 centuries et des éditions à 10 centuries, le statut de la VIIe centurie étant resté en porte à faux. Cela aurait été une ruse éditoriale des libraires parisiens pour ajouter quelques dizaines de quatrains.Il nous faut donc abandonner l’hypothèse d’un projet initial à 7 centuries, le passage à 6 ayant été purement de circonstance. On aura voulu refaire le coup avec la Centurie VII avec 39 quatrains(puis 40, puis 42) de ce qui avait été obtenu avec la Centurie Iv et ses 53 quatrains

Si l’on s’en tient à une certaine fourchette : on n’a pas de nouvelles des Centuries VIII-X avant 1990 (ed Cahors, 1590 cf RCN p. 126) et en 1594, le Janus François de Jean Aimé de Chavigny en donne le commentaire de quelques quatrains.-cf RCN, pp. 140 et seq) à moins qu’il n’ait disposé de quelque manuscrit encore inédit des dites Centuries dont il aurait pu être l’auteur, puisqu’il disposait d’un recueil de quatrains-présages des vrais almanachs de Nostradamus(cf supra) qu’il aurait établi en 1589  sous le titre de Recueil des Présages Prosaïques) dont il commentera dans son Janus quelques quatrains (cf P. Brind’amour, Nostramus astrophile, Ottawa 1993).

Selon Patrice Guinard, l’édition Benoist Rigaud serait bien parue en 1568 et aurait été réédité pendant une vingtaine d’années sans mention de date d’édition, ce qui expliquerait le « trou » de 20 ans entre 1568 et 1588, année qui n ’aura d’ailleurs vu la parution que des sept premières centuries, sans qu’il soit en mesure de s’en expliquer convenablement. Pour notre part, le second volet était lié au camp d’Henri de Navarre dont il annonce le couronnement, au travers d’un quatrain comportant la mention « Chartres », lieu du dit couronnement du début de 1594 (cf .http://www.corpusetampois.com/cle-16-nostradamus.html et http://ramkat.free.fr/thalb1.html)

 

 

 

Arretons nous sur la Centurie IX, donc du « second volet » et qui est produit, comme l’a montré en 1987 Chantal Liaroutzos (RHR). On y trouve la mention Chartres, ce qui ne serait pas significatif si l’original utilisé ne comportait pas Chartres mais Chastres !

IX 86 et 87  :

Du Bourg La Reyne parviendront droit à Chartres (sic)

Et seront pres du pont Anthoni pause

Sept pour la paix cauteleux comme Martres

Feront entrée d’armée à Paris clause

Par la forêt du Touphon essartée

Par hermitage sera posé le temple

Le Duc d’Estempes par sa ruse inventées

Du mont Lehori prélat donra exemples

 

Or toutes les éditions Benoist Rigaud comportent « Chartres », correction qui ne fait sens qu’en 1593-94, date à laquelle paraît le Janus Gallicus. De même nous avons montré lors d’une communication en 1997 aux Journées Verdun Saulnier (Actes parus aux Editions de l’Ecole Normale Supérieure, Prophétes et prophéties) que le quatrain IV 46 comportait la mention « Tours ». se référait à la situation politique de 1588 quand Henri III avait rejoint Henri de Navarre près de Tours. Or, une édition centurique parue juste avant ne comportait pas encore le dit quatrain

(cf RCN pp. 122-123). Les tentatives de certains pour expliquer le « trou «  entre 1568 et 1588 sont confondantes. On voit bien, au regard de la chronologie des éditions centurique que l’on est en face d’un chantier avec des additions successives, le second volet dont on ne connait pas d’états intermédiaires, venant couronner le tout, in fine, après l’assassinat d’Henri III en 1589 . C’est alors que le prophétisme centurique se met au service de la cause du futur Henri IV, fabriquant tout un lot de quatrains en recourant aux expédients signalés par Chantal Liaroutzos, tout en intégrant les Centuries déjà en place au sein d’un seul et même corpus….(cf entre autres notre thèse d’Etat 1999 et notre post doctorat 2007)

 

 

 

 

JHB

03 05 21

 

Publié dans ASTROLOGIE, NOSTRADAMUS, prophétisme | Pas de Commentaire »

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