jacques Halbronn Sur sa dette et sa différence au regard de l’oeuvre de Jean Sendy (décédé en 1978)

Posté par nofim le 12 mars 2022

jacques  Halbronn     Sur sa dette et sa différence  au regard de l’oeuvre de Jean Sendy (décédé en 1978) 

 

 

Nous avons voulu faire le point quant à l’influence des écrits de Jean Sendy, hébraisant, sur nos propres thèses actuelles, notamment dans le champ théologique. Nous l’avions rencontré à notre siége en 1977 à la veille du Congrès sur l’ère du Verseau. auquel il avait consacré un ouvrage en 1970, au lendemain de l’arrivée sur la Lune. Il devait décéder peu après et s’il contribua par un texte à Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau, il ne put y être présent.(cf notre Aquarus ou la Nouvele ete du Verseau, Ed Albatros, 1979)

 

 

Dans ‘Les dieux nous sont nés » on peut lire sur la quatriéme de couverture: » Des cosmonautes devenus dieux dans la mémoire des hommes ont ils pu ‘venir du ciel » pour civiliser les hommes du Paléolithique? » Sendy parlz d’un « Deus Faber Creator » Selon nous, ce sont ces « dieux » qui mirent en place les connexions entre le ciel et la terre, ce qui correspond à l’astrologie (cf SEndy : Ces dieux qui firent le ciel et la Terre [Texte imprimé] : le roman de la Bible ) Nous ne nous hasarderons toutefois pas , pour notre part, à fixer de dates, à ce propos.

 

Jean Sendy, par ailleurs, n’oubliait pas le schisme du à la sécession des hommes du Nord (cf La Lune, clé de la Bible,p. 66): « Il ne reste rien du Royaume d’Israel, les Hébreux qui en faisaient partie se sont perdus (..) Les Judéens minoritaires, nous les retrouvons à l’aube de l’ère chrétienne avec leur texte biblique (..) sur lequel le Judéen Jésus, aidé de sa petite bande de Judéens, a fondé le christianisme » Nous ne suivrons pas Sendy dans cette présentation des choses et rappellerons la formule attribuée à Jésus « Je suis venu pour les brebis perdues de la maison d’Israel. Pour nous le christianisme est marqué par les descendants du Royaume d’Israel mais,étrangement, la Bible est puissamment marqué par les « fils d’Israel », en raison d’un certain syncrétisme compilant des textes dont on avait perdu la véritable portée. Les tables de la Loi ne visent pas les Judéens mais les Israélites, d’où la formule « Ecoute Israel » et en ce sens Moise qui les délivre ( Sendy: « les Cahiers de Cours de Moise ») est un personnage inventé par les Israélites JHB

 
En ce qui concerne les ères précessionnelles auxquelles Sendy consacra un grand nombre de pages,la notion de point vernal renvoie à notre théorie de l’équinoxialité et donc à la précession des équinoxes. Le point vernal marque un basculement d’une phase solsticiale vers une phase équinoxiale (pour les deux hémisphères)
Ce que reléve Sendy à propos de la Lune va dans le sens d’une astrononomie non naturelle! (cf les temps messianques p. 83): »La Lune nous présente toujours la même face (…) Jusqu’à ces dernières années , on pensait qu’ une telle synchronisation était banale » En ce qui concerne les travaux de Gauquelin (cf Les temps messianiques, p. 163), nous pensons qu’un tel dispositif était extrémement fragile, en raison de la briévéte du temps imparti et il est possible que celui-ci ait fini par être abandonné car il n’était pas fiable. L’autre systéme sur la base du cycle saturnien est bien plus ergonomique que le mouvement diurne de 24 h. Quant au cycle hyperlong de près de 26000 ans que Sendy rapproche de l’année platonicienne, il nous apparait, à une échelle beaucoup trop large. (cf les dieux nous sont nés, p; 187) Pour note part, nous nz chzrcherons pas à baliser l’Histoite au mpyen de quelque cyclicité surdomensionnée et nous en tenons humblement au cycle de Saturne de 7/15/30 ans car rien de nouveau sous le Soleil (Ecclésiast) Mais nous suivrons Sendy quand il souligne l’existence de savoirs bien en avance sur les progrès de l’Humanité (cf La Lune clé de la Bible, p. 63 et son Ere du Verseau, p. 237-241) Nous ne pensons pas que le changement de constellation pour le point vernal indique un changement d’ère mais simplement la nécessité de déterminer la nouvelle étoile vernale qui structurera le cycle de Saturne, jusqu’à nouvel ordre. Les dieux selon Sendy ne sont ni réductibles à un être omniscient ni à une humanité livrée à elle-même, ce sont littéralement, selon nous, des « fils de Dieux », une sorte une théologie du juste milieu.

 

 

Dans ‘Les  dieux nous sont nés » on peut lire sur la quatriéme de couverture: » Des cosmonautes devenus dieux dans la mémoire des hommes ont ils pu ‘venir du ciel » pour civiliser les hommes du Paléolithique? » Sendy  parlz d’un « Deus  Faber Creator »  Selon nous, ce sont ces « dieux » qui mirent en place les connexions entre le ciel et la terre, ce qui correspond à l’astrologie (cf SEndy : Ces dieux qui firent le ciel et la Terre [Texte imprimé] : le roman de la Bible ) Nous ne nous hasarderons toutefois  pas , pour notre part, à fixer de dates, à ce propos.   

 Jean Sendy, par ailleurs, n’oubliait pas le schisme du à la sécession des hommes du Nord (cf La Lune, clé de la Bible,p. 66): « Il ne reste rien du Royaume d’Israel, les Hébreux qui  en faisaient partie se sont perdus (..) Les Judéens minoritaires, nous les retrouvons à l’aube  de l’ère chrétienne avec leur texte  biblique (..) sur lequel le Judéen Jésus, aidé de sa petite bande de Judéens, a fondé le  christianisme »  Nous ne suivrons pas Sendy dans cette présentation des choses et  rappellerons la formule attribuée à Jésus « Je suis venu pour les brebis perdues de la maison d’Israel. Pour nous le christianisme est marqué par  les descendants du Royaume d’Israel mais,étrangement, la Bible est puissamment marqué par les « fils d’Israel », en raison d’un certain syncrétisme compilant des textes dont on avait perdu la véritable portée.  Les tables de la Loi  ne visent pas les Judéens mais les Israélites, d’où la formule « Ecoute Israel » et en ce sens  Moise  qui les délivre ( Sendy: « les  Cahiers de Cours de Moise »)  est un personnage  inventé par les Israélites

Bibliographie  ésotérique de Jean Sendy

Les çahiers de Cours de Moise. Dans la nuit des temps. Julliard, 1963

 

Les dieux nous sont nés. Grasset 1966

 

La Lune clé de la Bible Julliard 1968

 

Ces dieux qui firent le ciel et la terre (1969) EdJ’ai Lu

 

L’Ere du Verseau. Fin de l’illusion humaniste. Ed Robert Laffont, 1970

 

Les temps messianique, Ed Robert Laffont, 1975

 

 

 

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jacques halbronn Syncrétisme. Décalage diachronique et délire synchronique.

Posté par nofim le 3 mars 2022

jacques  halbronn  Syncrétisme.  Décalage diachronique et délire synchronique. 

 

 Face à des incohérences au sein de tel ou tel corpus, faut-il mettre cela sur le compte d’interpolations délibérées ou du fait  d’une incompétence de « éditeurs », au sens anglo-saxon du terme? Finalement, dans bien des cas,  c’est bien l’ignorance qui en est la cause: plus bêtes que méchants.

Si l’on prend le cas de ce qu’on appelle l’Ancien Testament, nous avons pu penser, dans un premier temps, que les Israélites avaient voulu « glisser » dans le corpus proprement judaique ou judéen des éléments correspondant à leur propre tradition mais il semblait improbable que les Judéens ne s’en soient pas aperçus sur le moment. 

 L’autre thèse fondée sur nos travaux concernant le corpus Nostradamus  mettait plutôt en évidence les erreurs d’identification des auteurs des textes, face à un  « vrac pris comme étant à prendre comme d’un seul tenant. Confusion notamment entre les éditions authentiques et les productions piratées et baclées.   

C’est ainsi que selon nous  le corpus biblique qui nous est parvenu n’aura été constitué et composé qu’à une époque où un certain nombre de clivages  n’était plus identifié comme tel, d’où notamment  l’émergence d’une synonymie anachronique entre le terme Israel et le terme « Juif » alors même que les Livres des Prophétes (volet médian de l’Ancien Testament: Neviim) montre à quel point les Israélites étaient interpellés par les judéens, d’où le fameux « Ecoute Israel » qui aura fini par être adopté par les Judéens comme s’adressant à eux mêmes! D’ailleurs, dans le Talmud, la confusion est évidente autour notamment de l’adage « Ein Mazal le Israel », Israel n’a pas d’étoile (cf notre ouvrage Le Monde juif  et l’astrologie Histoire d’un vieux couple, Ed Arché 1985).

Or, une telle confusion n’existait pas encore du temps de Jésus et notamment dans  l’Evangile selon Mathieu puisque Jésus souligne qu’il est venu pour les  « brebis perdues de la maison d’Israel ». C’est dire que de son temps, le clivage était bien connu et reconnu. C’est donc plus tard que cette confusion aura pu avoir lieu, en des temps d’ignorance de l’Histoire, tant en ce qui concerne Salomon que Cyrus, l’empereur de Perse puisqu’on trouve dans le corpus biblique, selon les livres, des versions contradictoire de ce qui a conduit au retour de Babylone.

Cela dit, il est clair que le narratif biblique est largement marqué par le point de vue israélite -celui du  Royaume du Nord- mais cela semble avoir fini par échapper  avec le temps à la conscience « juive ».  DE nos jours, les interprétes des Ecritures semblent également ignorer de tels clivages et concoctent un discours apologétique et non critique qui est dans le déni du dit clivage, ce qui est également le fait des Chrétiens.

Il importe selon nous, de mettre fin à un tel décalage diachronique et à un tel délire synchronique en ce que cela fausse le dialogue  judéo chrétien dans la mesure où selon nous les Chrétiens seraient les héritiers spirituels et peut être génétiques de la « maison d’Israel »;

 

 

 

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jacques halbronn la question de la nécessité

Posté par nofim le 25 janvier 2022

Jacques  halbronn la   question  de la   nécessité

 

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jacques Halbronn Retour sur son ouvrage Papes et prophéties. Décodages et influence, Ed Axiome, 2005

Posté par nofim le 27 décembre 2021

jacques  Halbronn  Retour sur son ouvrage  Papes et prophéties. Décodages et influence,  Ed Axiome, 2005  A la mort de Jean Paul II, la prophétie des papes revint sur le tapis et nous eumes l’occasion d’extraire de notre thèse d’Etat Le texte prophétique en France  nos développements sur « Saint Malachie ». ouvrage dédié à Louis Chatelier (chaire d’Histoire du Catholicisme) qui dirigeait notre post doctorat lequel sera soutenu en 2007 à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes Ve section, consacré au Dominicain du XVIIe siècle Jean de Réchac. interpréte des Centuries de Nostradamus ( Eclaircissment des véritables quatrains, 1656) A cette occasion, nous étions d’ailleurs revenus sur le cas Nostradamus. Ce qui était intéressant était notamment la question des sources de la dite « prophétie des papes », laquelle n’apparut qu’à la fin du XVIe siècle et en fait fut contemporaine de la fabrication des Centuries, dans ces mêmes années des plus fécondes pour la constitution du corpus nostradamico- malachien, voué à une remarquable fortune jusqu’en ce début de XXIe siècle.  Dans les deux cas, l’exégése aura consisté à valider d’un côté des quatrains, de l’autre des « devises ». »

On doit évidemment distinguer entre la dimension rétrospective et la dimension prospective de ce double corpus. Pour le passé, les « faussaires, dans le cas de la prophétie des papes, se seront contenté de compiler des Histoires de la Papauté et   pour les devises à venir, à partir donc du XVIIe siècle,  nous avons montré qu’ils s’étaient servis d’un passage du Livre de l’Ecclésiastique.(cf « la clef des dernières devises,  pp. 171  et seq). Il est intéressant pour l’historien des textes de retrouver une origine commune à un ensemble de formules plutôt que de proposer une diversité de sources. C’est ce à quoi nous parviendrons dix ans plus tard, en 2015 avec notre étude consacrée notamment à la genése du Tarot (cf « Histoire des Livres d’Heures. La fortune du « Kalendrier et Compost des Bergers » en Angleterre et en Italie autour de 1500, in Revue française d’Histoire du Livre). En 1993, quand nous publiames nos  : « Recherches sur l’histoire de l’astrologie et du tarot »   avec L’astrologie du Livre de Thot (1785). A (Trédaniel, 1993), nous b’avions pas encore trouvé cette « clef ». Dans le cas de Nostradamus, nous avons publié en 2011 dans la même Revue   »une nouvelle approche de la bibliographie centurique ». Nous avons affaire ici à un processus de remplissage, consistant à produire une certaine quantité de quatrains, chaque cenrurie en comprenant en principe, comme leur nom l’indique, une centaine, ce qui allait aboutir à une « miliade ».  Comme le montrait déjà en 1987, Chantal Liaroutzos, certains quatrains du « second volet » des Centuries ont été inspirés de la Guide des Chemins de France de Charles Estienne (vers 1550) et l’on aurait du déjà à l’époque se demander si Michel de Nostredame aurait pu recourir à un tel expédient lequel correspond, bien plus vraisemblablement, à un laborieux travail de « remplissage. D’ailleurs, les quatrains attribués à Nostradamus ne sont, selon nous, point de son fait, même s’ils dérivent, pour certains, de ses textes en prose, parus d’abord dans ses almanachs annuels.. JHB 27 12 21

 

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jacques Halbronn Méthodologie Chronéme/Choréme. Savoir à qui un texte s’adresse et de qui il émane. Bible et Nostradamus

Posté par nofim le 11 décembre 2021

jacques  Halbronn  Méthodologie Chronéme/Choréme. Savoir à qui un texte s’adresse et de qui il émane 

 

 

Il est essentiel de déterminer la destination d’un texte.. C’est notamment le cas des Dix Commandements et du « Ecoute Israel ». Force est de constater que les Juifs ont cru que certains commandements leur étaient destinés alors meme que cela visait une autre population qui leur était soumise, à savoir les « Israélites », les gens du Septentrion.

Que nous dit notamment le commandement du Shabbat? Qu’il s’agit d’un jour de repos. Mais qui doit se reposer, se protéger de la charge de travail qui lui est assignée  sinon l’esclave? On retrouve cette préoccupation sous le Front Populaire (1936)avec les « congés (vacances) payés », avec la semaine de ’40 heures.

Dès lors, le respect du Shabbat ne saurait faire sens pour les employeurs qui ne partagent pas les mêmes préoccupations. 

Il  en est de même pour la récitation du « Ecoute Israel » (Shema Israel) lequel, comme son nom l’indique, s’adresse à la communauté d’Israel qui n’est pas celle de Judée. Il suffit de lire les Livres des Prophétes pour noter que ceux ci s’adressent le plus souvent à la communauté du Nord, celle de la Maison d’Israel (Samarie, Galilée).  Ces commandements – Mistwoth- renvoient d’ailleurs à la Nouvelle Alliance (Jérémie XXXI) laquelle vise les mauvais serviteurs, qui désobéissent à leur maitre.

 Autrement dit, il y aurait là une perte de conscience de dualité: savoir distinguer entre l’autre et soi même et ne pas tout confondre car cela fait désordre, cela sonne faux.

C’est donc  tout le rituel actuel en vigueur dans les synagogues qui serait à réaménager, y compris d’ailleurs en ce qui concerne la lecture annuelle du Pentateuque (Torah) qui comporte, notamment dans le Livre de l’Exode , un texte centré sur les « enfants d’Israel » ‘et ce, dès le premier verset. On peut se demander s’il n’y pas eu, à un certain stade, confusion (on pense au dernier film d’Almodovar, Madres paralelas) au sein d’une bibliothèque de textes, à une époque où l’hébreu s’était assez largement perdu. On aura confondu la littérature propre à la maison de Judah avec celle propre à la maison d’Israel. (cf notre mémoire sur la plateforme SCRIBD).  Une telle confusion nous est par ailleurs familière avec le corpus Nostradamus au sein duquel auront fini par cohabiter textes authentiques et imitations, piratages.  Par ailleurs, en ce qui concerne l’ensemble centurique, le premier volet fut réalisé au service de la Ligue et le second -et cela vaut pour l’Epitre à Henri II, imitation d’une première épitre (cf nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus. ed  Ramkat, 2002) que l’on ne peut comprendre que comme annonçant  le retour du protestantisme, pour la fin du xVIIIe siècle.

Par choréme et chronéme, nous entendons les critères et les arguments à mettre en avant pour situer texte dans l’espace social (choréme) et au sein d’une certaine période (chronéme (cf notre introduction au Texte prophétique en France, 1999). C’est ainsi que le thème du pardon  dans le christianisme ne se comprend que de la part de ceux qui sont accusés de déviance, de trahison, ce qui correspond au schisme qui suivit la mort du roi Salomon, sans qu’il soit besoin de remonter à un « péché originel » commis par Adam…comme voudrait nous la faire accroire une certaine exégèse/

 

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Jacques Halbronn La GRANDE CONVERGENCE 2025-26

Posté par nofim le 10 décembre 2021

Jacques  Halbronn  La GRANDE CONVERGENCE  2025-26

 

 

Yves Lenoble déclarait dans une récente interview avec Laura Winckler dans la revue Acropolis à propos d’André Barbault:.

 

« S’il avait annoncé bien longtemps à l’avance que 2020 serait la pire année du XXIe siècle, il a annoné que la plus belle période du XXIe siècle est 2025-2026. Espérons qu’il voit aussi juste de ce côté-là »" Lenoble fait probablement ici référence à la pandémie, thème abordé en 2011 par Barbault. Il nous semble qu’il accorde une importance totalement disproportionnée à ce phénoméne  au prisme de l’Histoire de l’Humanité et quant au XXIe siècle, il est à peine commencé. Mais c’est là le travers de ces astrologues qui se  croient capables, pour les besoins de la cause,  à n’importe quel prix,  d’accorder de l’importance à tout ce qui viendrait confirmer une prévision qui entre dans leurs vues. Tout est question d’interprétation, n’est ce pas… Quant à déclarer que « la plus belle période du XXIe siècle » couvre les années 2025-2026, c’est vraiment beaucoup s’avancer, cette terminologie « la pire » ou ‘la plus belle » nous paraissant, en tout état de cause, pour le moins inadéquate voire puérile.   Cela dit,  nous sommes tout à fait d’accord, pour pointer les années 2025-2026, qui correspondent au passage de Saturne sur l’axe équinoxial, en bélier  mais aussi, pour les tenants du cycle Saturne-Neptune à  une conjonction dans ce même signe, forcément. 

On se dispensera de ces jugements à l’emporte pièce car l’astrologie se situe en amont et non en aval (comme la voyance avec sa boule de cristal) et l’usage que les hommes feront de telle ou telle configuration si l’on peut en annoncer les moyens, ne nous permet pas d’en déterminer les résultats, au final. Question de déontologie. Quand nous parlons de « grande convergence », nous n’entendons pas, comme le font la plupart des astrologues actuels, quelque conjonction ou concentration de planétes. Car nous ne souscrivons pas à une telle représentation des choses décalée par rapport à la matrice saisonnière, au niveau analogique. Le pari de Barbault aura été de détacher, de délester totalement l’astrologie du référentiel zodiacal, bref de n’en tenir aucun compte, préférant connecter les planétes entre elles que de les situer  zodiacalement (signe/constellation) C’est probablement ce que Lenoble appelle dans le même interview, de « modernisation » de l’astrologie. Cela a donné chez Barbault aussi bien l’étude du cycle Saturne-Neptune que la mise en place d’un indice « cyclique » à partir de cinq planétes au delà de Mars dont trois inconnues durant des millénaires même si l’on a pu -les astronomes en l’occurence- leur conférer des noms de dieux appartenant au meme ensemble mythologique que les planétes dites du Septénaire, ce qui aura apparemment suffi à leur intégration! D’ailleurs, si l’on remonte à Albumasar,  les conjonctions Jupiter- Saturne s’articulaient bel  et bien selon la classification des signes selon les 4 Eléments, avec une succession de « triplicités ».  Pour notre part, nous n’avons pas d’inclinaison à dramatiser la prévision astrologique outre mesure et nous pensons que tous les 7 ans et donc tous les 15 ans, des tournants significatifs se présentent. 

Toutefois, nous accordons la plus grande importance au prochain rendez-vous de 2025-2026 non point au regard de l’Histoire de l’Humanité mais à celui de l’Histoire, plus humblement, de l’Astrologie.  C’est bien là un rendez vous majeur à ne pas manquer car l’avenir de l’astrologie est en jeu. Ce sera le moment où jamais pour l’astrologie de marquer des points. André Barbault avait cru que ce serait le cas quand il pointait il y a 40 ans, les années 1981-82, sur la base de son ‘indice cyclique » Mais cela avait fait pschitt! Il est vrai que cet indice était assez bancal et constituait une étrange synthèse de cinq cycles en un seul et même graphique sans périodes  de même durée. A ce propos, il nous semble qu’Yves Lenoble mélange  délibérément deux paramétres : celui de l’indice cyclique et celui du cycle Saturne Neptune, passant allégrement de l’un à l’autre, à l’avenant. Car la désignation de l’échéance 2025-2026 reléve de Saturne Neptune alors que la question de, 2020, chez Barbault,  dépend de l’indice cyclque, la dite conjonction ayant, selon Barbault, vocation, du moins au départ, à couvrir l’aire géopolitique russe, d’où l’écho à l’échéance de 1989 qui là encore faisait coincider le cycle Saturne-Neptune et le passage de Saturne sur l’axe solsticial. Autrement dit, nous avons ici affaire à pas moins  de  trois paramétres, excusez du peu.

 

Donc, pour en revenir au rendez -vous de 2025-2026, nous commencerons par renvoyer à 2011, 14-15 ans plus tôt, à savoir au « printemps arabe » qui fit tâche d’huile en un rien de temps. L’on peut certes parler ici d’épidémie en astrologie quand un phénoméne s’étend au niveau socio-politique et c’est autrement plus sérieux que la « pandémie » que nous traversons actuellement et qui ne concerne aucunement le plan propre à  l’astrologie quoi qu’en pense Yves Lenoble. En tout cas, c’est ce type de contamination qui nous intéresse et non celui de quelque virus. L’astrologie est tombée bien bas! 

Ce que nous entendons ici par « grande convergence » est lié à la notion d’équinoxialité ( cf l’Astrologie EQSOLS), une telle phase se représentant tous les 15 ans environ. On retrouve une telle phase en 1940  lorsque l’Europe continentale fut placée sous la férule nazie sans rencontrer du moins avant le passage en phase solsticiale, car tout  a  une fin , de résistance vraiment substantielle. 15 ans plus tard, ce sera la mise en place de la Communauté Européenne, également caractéristique d’une remarquable voire improbable convergence et  Barbault, embarqué dans son trip « russe » n’a pas compris que le passage de Saturne sur l’axe équinoxial, n’avait pas grand chose à voir avec la mort de Staline: Décidément, Barbault aurait tendance à tout voir sous l’angle médical!  Quand nous déclarons que l’astrologie ne doit pas pas manquer un tel rendez vous, cela signifie qu’il va y jouer plus que jamais son crédit pour l’avenir  et il importe donc qu’avant cette date, les astrologues parviennent à « converger » à ce propos encore que nous soyons encore en phase solsticiale.

C’est l’occasion de préciser le rôle de Jupiter face à Saturne. Si Saturne traite des mouvements sociaux comme nous l’avions fort bien déterminé en 1994 dans ‘L’astrologie selon Saturne » dont la réussite prévisionnelle ne bénéficia pas d’un succés mérité, faisant ainsi perdre 30 ans à la communauté astrologique,  en revanche, Jupiter, la planéte de l’élite n’obéit pas, n’est pas soumise au cadre EQSOLS, ce qui lui permet de prendre de la hauteur, c’est ce qui permettra à De Gaulle, en 1940 d’échapper au climat équinoxial alors en vigueur.

Il reste que nous nous présentons  avec dans notre bagage cette belle réussite pour 1995 et ce n’était pas là une étude rétrospective mais prospective  alors que tout l’indice cyclique de Barbault reposait exclusivement sur une  approche a posteriori,  fondée sur l’étude de deux événements bien connus, à savoir les Deux Guerres Mondiales, d’où sa projection, son extrapolation vers une Troisiéme. En outre, cette prévision attestée pour 1995 reste valable trente ans après puisque lorsque’ l’on aborde la question des grands mouvements sociaux, on  traite dans la foulée 1968 et 1995. Car il est un peu  facile de commenter l’actualité à chaud! cf  « 1968, 1995, jeu d’échelles inversées »  de  Michelle Zancarini-Fournel/ Espace Temps Année 1997 64-65 pp. 42-53. in: Construire un événement. Mouvement social, sciences social). Cette année 1995 a acquis une dimension historique dans la mémoire collective, ce dont Barbault ne saurait se tarquer  avec ses prédictions mondiales pour le début des années 80 du siècle dernier qui avaient entrainé toute une génération d’astrologues dans le mur. 

En conclusion, quelques rémarques méthodologique:  quand André Barbault traite de la pandémie au prisme de son indice cyclique,  il «  »oublie » la Seconde Guerre Mondiale laquelle n’est pas marquée par un tél phénoméne alors que c’était le point de départ de l’élaboration par Gouchon de son « indice de concentration planétaire ». 

 

 

 

 

JHB  10 12 21

 

 

 

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jacques Halbronn Le dossier Pie IV au complet , la pièce manquante du puzzle nostradamique

Posté par nofim le 9 décembre 2021

jacques  Halbronn    Le dossier  Pie IV  au complet, la pièce manquante du puzzle  nostradamique 

 

 

En 2005, nous avons publié, à l’occasion de la mort de Jean Paul II, un ouvrage intitulé ‘Papes et prophéties. Ed Axiome, consacré à la prophétie dite des papes, attribuée à Malachie. Dès  1991, dans la revue RHR, nous avions abordé la question des rapports entre Nostradamus et le pape Pie IX (une attaque réformée oubliée etc). Mais nous n’avions pas encore pris connaissance d’un ouvrage paru en  1906,  intitulé  Reproduction très fidéle d’un manuscrit inédit de M. de Nostredame, dédié à S.S. le Pape Pie IV ( conservé à Lyon, à la réserve de la Bibliothèque La Part Dieu Cote  8252).  Si  la relation de Nostradamus  à Pie IV n’est signalée à aucun endroit dans les éditions des Centuries, épitres comprises,  nous pensons que cela tient  à l’échec prévisionnel  subi par Nostradamus, au lendemain de  sa mort, lui qui pointait explicitement cette période comme devant se révéler de la plus insigne importance. Mais en Italie,  le texte en question va se répandre, comme en témoigne d’ailleurs la collection constituée par la Bibliothèque Royale (plus tard Nationale) A la place de la dite épitre au pape, l’on nous sert une épitre à Henri II, datée de 1558, et qui met en avant notamment  l’an mille sept cens nonante deux,ce qui correspond à une échéance sensiblement plus lointaine. Une telle procrastination  a pu être signalée à propos de la prophétie de Pierre d’Ailly pour 1789 alors même qu’au moment où celui-ci écrit, régnait une certaine agitation prophétique qu’il s’agissait de calmer.  1414:  Concordantia astronomiœ cum historica narratione  (cf notre Texte prophétique en France, Presses Universitaires du Septentrion, 1999) On voit que dans les deux cas, on se sera projeté vers la fin du XVIIIe siècle.

 

Revenons sur le développement que nous avions consacré, en 2007, à Pie IV dans notre mémoire post-doctoral « Le dominicain Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique  au XVIIe siècle, (pp; 477   et seq)  dans le cadre des « épitres extracenturiques » : ‘Constitution de l’Epitre à Pie IV. » nous  écrivions « Tout invite à penser  que la dite Epitre constitue  l’exposé le plus substantiel du véritable testament astro-prophétique de Michel de Nostredame »/ Mais il semble bien que nous n’avions pu encore alors prendre connaissance de la « Reproduction » de 1906″laquelle ne nous fut accessible qu’ultérieurement. En 2014, quand Patrice Guinard, traite  de cette question, il n’est toujours pas mieux loti.(cf son étude sur Francesco  Barozzi qu’il soupçonne de produire des développements de son cru, tout en reconnaissant n’avoir pas eu accés à l’original  français)  Guinard fournira une copie de la page de titre de la « Reproduction »  mais sans plus. En 2012 -il y a donc  9 ans- nous publiâmes sur le site prophéties.it l »étude suivante:

 

 
 
124 – La dérive scripturaire de Nostradamus et ses conséquences « J’ai accordé les saintes écritures à l’astrologie judiciaire »(Almanach pour 1563, Avignon)
Par Jacques HalbronnIl est essentiel de constituer une chronologie aussi exacte que possible de la bibliographie de la production de Michel de Nostredame si l’on entend cerner son évolution vers un certain mysticisme. Or, l’on sait à quel point cette question est délicate. On peut ainsi regretter que le travail, mené depuis plus de 20 ans[1], par Denis Crouzet, qui a le mérite de souligner une facette assez mal connue des nostradamologues- à savoir la dimension eschatologique de sa pensée- soit entachée par une bibliographie qui n’est pas à jour, ce qui le conduit à affirmer que Nostradamus n’a pas changé d’attitude depuis 1555, au vu de la préface à César et des quatrains centuriques ainsi que de l’épitre à Henri II 1558. En réalité, c’est à partir de 1559 que l’astrologue Michel de Nostredame va basculer dans une sorte d’astrologie scripturaire – affirmant avoir « accordé » l’astrologie aux Ecritures, dans son almanach pour 1563 paru à Avignon, dans les Etats du Pape, et alerter ce dernier sur ce qui attend le monde dans les années 1566-1570. Dans son almanach pour 1560 (cf sur propheties.it), dédié à Claude de Savoie, Nostradamus, en date du 10 mars 1559, signalait une éclipse à venir, « celle tant formidable de l’an 1567 par quelqu’un tout nouveau qui apparoistra estr non guieres dissemblable a flagello Dei. ». Ce « fléau de Dieu » ce n’est jamais qu’une autre façon de décrire l’Antéchrist. On peut y voir l’influence du Livre Merveilleux.
Ajoutons que cet almanach pour 1560, rédigé au début de 1559, sera traduit en allemand, si bien que l’Allemagne aura précédé l’Italie dans la réceptionn du discours antéchristique de Nostradamus.
A la différence de l’édition française, c’est en son titre même que figure l’échéance de 1567 :
Prognosticon Michaelis Nostradamis ad Annum 1560
Dis ist ein kurze Practica welche anzeigt con dm LX Jar bis in das LXVII Was sich in der Zeyt verlaufen und zutragen soll .
De même le passage sur le Flagellum Dei est-il placé en tête de la Practica, nom sous lequel on désigne les almanachs en allemand. :
« Nachdem das gegenwartige Jar under vil vergangnen auch zukufftigen bis in das 1567 wol as aller gefahrlichste ist, so werden vil seltzame newe (…) factiones durch ein newuen gewaltigen der dem Flagello Deo (….) nicht ungleich entstehen »”
Benazra écrit à propos de ce texte allemand[2]: « On peut signaler ce collage d’extraits nostradamiens, constitué de remarques astrologiques entrecoupées de phrases latines et intitulé » Il est vrai qu’on ne connaissait pas, il y a 20 ans, l’Almanach de Nostradamus pour 1560 dont c’est la traduction.
Dans l’almanach pour 1565, dédié à Charles IX, Nostradamus écrit pour le mois de mai :
« L’oracle qui est en apres présage de merveilleux par la mort de plusieurs par la inenarrable cruauté d’un qui sera cause d’une grande boucherie ». L’Antéchrist est qualifié par Nostradamus de « boucher », de « macelin ». Mais dans le même almanach il prend la peine de laisser se profiler une échéance plus lointaine désignant : « le proche definement du monde l’an 1585 & cent fois pire l’an 1588 ». Dans le développement qu’il consacre au mois de novembre 1565 il précise « En l’an 1584, à la sacrée sainte eglise Romaine catholique viendra un des plus grands trebuchemens que advint iamais depuis le siege de sainct Pierre »
Pour le mois d’août, Nostradamus fait allusion à une nouvelle épitre qu’il aurait récemment envoyée au pape ( Pio IIII Pont. Max.) : ‘”j’ay adressé ce mois à nostre sainct père le Pape afin que sa sainctété envoye par les Chrestiens la paix universelle »
Denis Crouzet décrit[3] fort bien cette évolution chez Nostradamus : « L’eschatologie conquiert dans les almanachs l’écriture de l’astrologue ». Ce point aura été largement négligé par la plupart des chercheurs depuis 20 ans. Or la déconfiture qui en résulte aura conduit à ne plus accorder d’importance à la datation des événements, ce qui correspond au processus centurique tel qu’il sera défendu par un Jean Aimé de Chavigny, dans les années 1590.
Pendant les années 1550, Nostradamus se contentait de travailler année après année, en dressant près d’une cinquantaine de thèmes, un pour chaque semaine de l’année, dans ses almanachs. En revanche, la Pronostication prenait beaucoup moins de temps puisqu’elle reposait sur quatre cartes du ciel seulement, une par saison. Autrement dit, l’on pouvait, pour un travail comparable, traiter de douze années au lieu de traiter de douze mois et l’astrologie n’avait-elle pas à gagner à prendre un peu de hauteur et annoncer des choses à venir sur un plus long terme que l’année ? C’est ainsi que Nostradamus va s’atteler, vers 1560, à rédiger une étude allant jusqu’à 1570 et qu’il dédiera au Pape Pie IV, tant l’affaire est grave : il faut que le monde sache ce qui l’attend, c’est ainsi qu’il s’en explique dans son épitre au pontife. Mais Nostradamus déclare aussi avoir transmis un mémoire, daté du début de 1561, qu’il joint à son almanach pour 1562, qu’il désigne comme une « Préface »- il faut comprendre ici une esquisse brossée à grands traits- remise et soumise à la Reine mère, l’Italienne Catherine de Médicis, devenue depuis la fin 1560, régente du royaume, du fait de la mort de son fils François II et de la mort en 1559, en tournoi, de son époux Henri II…. .
Dans cette Préface dont on ne connait d’impression d’époque qu’en italien, mais dont il nous reste le manuscrit, Nostradamus annonce rien moins que l’avènement de l’Antéchrist qu’il désigne, par quelque jeu de mots, par le nom de Marcellinus. Il propose de supprimer la lettre R de son nom, ce qui donne Macellinus. Or, en latin, le macellum est une sorte d’abattoir, de marché de la viande. Nostradamus emploie ailleurs pour désigner ce qui va se passer, dans le cours des années 1560, le mot « boucherie ».
On trouve la trace de ce passage de la Préface dans les Centuries, sous la forme francisée assez barbare de « macelin » à deux reprises dans la huitiéme centurie : en . VIII 76
Plus macelin que roy en Angleterre » et en VIII 54 « D’espaignolz fait second banc macelin’ qui rime avec « Fait magnanime par grand Chyren selin’La tradition exégétique nous incite à comprendre « boucher ». Nous avons montré que Crespin avait extrait de la Préface, dont il a du avoir connaissance, et en avait fait ce mot « macelin ». Par la suite, le « travail » de Crespin servira à constituer une part importante des quatrains centuriques, comme nous l’avons montré dans notre thèse d’Etat et à la suite, en 2002, dans nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus..Et c’est ainsi que le mot « macelin » connaitra une certaine fortune et sera appliqué à Cromwell et à Napoléon, entre autres, sans qu’il soit replacé dans le contexte d’origine de la dite Préface, laquelle ne néglige aucunement, quant à elle, les données chronologiques. Mais dans les Centuries, le mot n’est plus associé à la moindre date, comme si l’on avait voulu relativiser, gommer l’échec de la datation de Nostradamus. Il y a là toute une apologétique à l’œuvre, bien connue des historiens du prophétisme ancien comme moderne. On pense au passage d’une prophétie (attribuée à Regiomontanus) pour 1588 à propos de la fin du XVIIIe siècle, sous la forme 1788..
Signalons que le nom de Marcelinus figure sur la page de titre de la Prognostication nouvelle & prediction portenteuse composée par maistre Michel Nostradamus de Salon de Craux en Provence,nommée par Ammianus Marcelinus Saluvium. La Prognostication est dédiée à « Mgr le reverend Prélat Mgr Ioseph des Panisses, prevost de Cavaillon, Primat du Conte & premier gentilhomme Davignon ». Nous aborderons dans un autre texte la question de la datation de la dite Pronostication pour 1555
P. Guinard nous donne, dans son étude sur ce texte, sans le vouloir la clef de ce choix de Nostradamus pour ce prénom pour désigner l’Antéchrist : Ammien Marcellin, mentionné au titre, fut le chroniqueur des exploits militaires et adepte prudent de la politique anti-chrétienne du dernier empereur païen Julien l’Apostat, lequel répudie le christianisme et rétablit les cultes et religions à mystères en l’an 361 » . L’Antéchrist serait associé à ce Julien l’Apostat.
On ne saurait sous-estimer l’impact et de l’annonce de Nostradamus et de son échec – mais peut-on parler véritablement d’échec dès lors que Nostradamus conseillait de prier Dieu pour éviter l’engrenage cosmique ? – qui équivaut à une mort symbolique de l’astrologue prophéte, qui coïncide, non sans quelque ironie de l’Histoire d’ailleurs avec son propre décès en 1566, année annoncée comme terrible, comme le souligne le commentaire de Francesco Barozzi en cette même année sur la Préface rendue en italien.
Précisément, on connait mal le sort qui fut celui de la dite Préface en France. Il nous reste un almanach pour 1562 comportant l’Epitre à Pie IV avec des références à la « Préface » mais sans celle-ci. Cet almanach semble vouloir brouiller les pistes en parlant de la « présente » préface alors que le manuscrit annonce une « préface suivante ». On ignore si cette contrefaçon est due à la censure de l’époque ou si elle fait partie d’une production plus tardive visant à évacuer, après coup, l’échec de Nostradamus. On sait en revanche que sous la Ligue fut composée une fausse Pronostication de Nostradamus pour 1562.(prétendument parue chez Brotot), du fait de la reproduction par Barbe Regnault[4], une libraire parisienne, de l’épitre d’origine non interpolée, dans un imprimé portant le même titre de Pronostication pour 1562.
On peut ici parler d’un rêve icarien de Nostradamus, petit astrologue besogneux voulant prendre une autre envergure. On comprend mieux tout le débat autour du mot « prophète » et « prophéties » attaché à son œuvre. Il est probable que l’aventure prophétique de Nostradamus en ait échaudé plus d’un.
A la fin de sa vie, Nostradamus semble d’ailleurs avoir voulu s’accorder un délai supplémentaire en « bottant » vers les années 1580, c’est-à-dire vers la conjonction Jupiter-Saturne suivante. Encore faut-il préciser que si ces deux astres se rencontrent tous les 20 ans, ce qui compte c’est un cycle d’une quarantaine de conjonctions, avec une échéance quasiment millénaire.
A partir de là, il faut comprendre à quel point est improbable le texte de l’Epitre à Henri II, daté de 1558 et qui ne traite absolument pas des années 1560 mais bien de 1585 (et de 1606). On est là placé au-delà de l’échéance de 1570 avec le néonostradamisme d’un Antoine Crespin Nostradamus qui, écrivant au début des années 1570, ne fait aucunement allusion à l’échec prophétique de Michel de Nostredame, comme si de rien n’était. Quant à Nostradamus le Jeune, il se contente, dès 1568, de récupérer, sans le préciser, les Prédictions pour 20 ans de l’italien Pamphilus Riccius, déjà parues en français en Hollande en 1565 – dont le contenu astronomique est des plus frustres comparé au travail de Nostradamus – une planète étant associée à une année selon une cyclicité fictive- en les complétant, en 1571, dans les Présages pour 13 ans, par des considérations sur les années 1580..
On peut suivre au cours des épitres successives des almanachs et des pronostications l’effervescence prophétique de Nostradamus. Mais Il semble par ailleurs que Nostradamus ait conclu un accord avec un astrologue qui signera « Mi. de Nostradamus » pour produire des textes, comme ce dernier s’en explique, à la mort de Michel de Nostredame, dans la Pronostication pour 1567, dont il ne faut pas négliger l’avis conclusif qui vient compléter les propos introductifs, déjà abordés en 1983 par Jean Dupébe (Nostradamus. Lettres Inédites, Droz). Ce Mi. de Nostradamus travaillait depuis quatre –cinq ans avec le médecin de Salon de Craux et sans aucun doute avec son accord et il est donc inapproprié de le traiter d’imposteur..
On peut penser que le terme « Préface » utilisée pour désigner l’épitre à César[5] de Nostredame, datée de 1555 (et dont on est allé jusqu’à produire de fausses éditions datées des années 1550-1560) n’est pas étranger à cette fameuse préface prophétique quelque peu fantomatique, encore que cette Préface soit suivie de quatrains dont certains sont justement issus de la « vraie » Préface mais sous une forme déconstruite, comme si le châtiment de l’échec prophétique avait conduit à un tel retraitement sous forme de quatrains, à une forme de castration, de neutralisation du texte, avec ce mot « macelin » qui n’est plus que la trace d’une aventure avortée…
Mais même dans les Prédictions pour 1562 de l’almanach –lesquelles ne figurent pas non plus dans l’imprimé- il y a des accents empruntés à la littérature prophétique. Pour le mois d’octobre, on peut y lire au passage « Ve, ve, ve habitantibus » (p. 185), Malheur ! sans apparent rapport avec le contexte de la page. Il s’agit d’un extrait du Livre de l’Apocalypse, ch XXII qui se poursuit par « in terra » ». Un recueil prophétique est très à la mode dans les années 1560, c’est le Livre Merveilleux, dont Benoist Rigaud réalisera une des éditions et qui est centré sur la question de l’Antéchrist car c’est bien de lui qu’il est question et de ces trois ans et demi que durera son règne, d’où cette période cruciale dont traite Nostradamus pour les années 1566-1570.
Nostradamus s’est donc rapproché des Ecritures et pas seulement du Nouveau Testament et de l’Apocalypse. Il fait ainsi montre d’une certaine connaissance de l’hébreu dans son almanach pour 1563 (p. 72[6]), signalant le nom des planétes telle qu’on les désigne chez les Juifs de l’époque : Zedek pour Jupiter, Mandin (en réalité Maadim) pour Mars.
Cetté évolution de Nostradamus nous invite à revenir sur le cas de Mi, de Nostradamus. En effet, celui-ci est sur la même longueur d’onde que son « maitre » dans sa Prophétie Merveilleuse jusqu’à l’an de grande mortalité que l’on dira 1568, Paris, Guillaume de Nyverd [1566] (Bib . Arsenal 8°H 12864) (reparue en 1567 sous le nom de Prophétie ou Révolution Merveilleuse, Lyon Michel Jove, 1567), alors que Denis Crouzet semble ignorer un tel distinguo pourtant souligné chez les nostradamologues tout comme il n’a pas connaissance de l’impact des écrits de Nostradamus en Italie concernant l’échéance de 1570. Celui qui se présente en tant que Mi. de Nostradamus (p. 14), reconnait, en 1567, devoir « conclure des susdites années des aflictions dont il est fait mention au livre des Révelations de Sainct Iean ex son Apocalypse 16 dont le terme s’approche fort & par conséquent l’advenement du fils de Dieu ». On peut se demander éventuellement quelle influence ce « disciple » exerça sur le «maître » dans cette évolution vers un syncrétisme astrologico-prophétique- « jugement de l’’astrologie judiciaire avecques la consonance des sacrées écritures »(Almanach pour 1563)- que Nostradamus ne revendique pas dans ses écrits antérieurs et que ses adversaires des années 1558 ne lui reprochèrent d’ailleurs point. Nostradamus en 1562 déclare, s’adressant parfois directement au pape « O père saint » (p. 66) « .‘J’ai accordé les saintes écritures à l’astrologie judiciaire je n’ose le centiéme de ce que serait grandement nécessaire. Aussi à fin de qu’il ne me soit donné à vice de surpasser les bornes de l’Astrologie, comme faussement tous m’objecter, je m’en passeray le plus légérement qu’il me sera possible ». Son propos prophétique, déclare-t-il (pp. 52-53), est validé par le « parfait & infaillible jugement des astres » Nostradamus insiste sainsi sur le fait que tant de planétes « se sont assemblés au lieu de cette l’éclipse »de 1567. L’éclipse occupe, au demeurant, une place très particulière au sein de l’astrologie savante et reléve plutôt d’une astrologie populaire, à l’instar des cométes. On n’est plus dans le cadre régulier des conjonctions Jupiter-Saturne[7]. On pourrait nous objecter le cas des Significations de l’Eclipse qui sera le 16. setembre 1559 mais il s’agit d’une contrefaçon. D’une part, seul le début du texte figure dans le Recueil des Présages Prosaïques (cf Chevignard, Présages, pp. 376-381), d’autre part, la mention d’une « interprétation à la seconde centurie » est totalement anchronique du vivant de Nostradamus. Chavigny note en marge (c 1589) « Cette interprétation ne fut jamais vue’ », ce qui vient entériner sa thèse selon laquelle de nombreux textes sont encore en attente. C’est une interpolation des années 1580, avec cette mention typique de l’an 1605 qui recoupe l’an 1606 de l’Epître à Henri II. Encore que Nostradamus traite de l’an 1607 dans son almanach pour 1561. Ces deux épitres ne correspondent pas à l’état du discours de Nostradamus à ce moment là. On le voit notamment du fait de la présence de références dans les deux cas au début du xVIIe siècle, l’épitre à Henri II ayant d’abord été axée sur l’an 1585 puis retouchée pour viser 1606. Dans l’Epitre au roi(version 1558), Nostradamus est présenté comme situant le temps des persécutions de l’Eglise entre 1606 et 1792 alors qu’il semblait avoir limité ce temps à trois ans et demi jusqu’en 1570. Il semble qu’il s’agisse d’un emprunt au Livre de l’Estat & Mutation des temps de Richard Roussat.(1550), qui recoupe Pierre d’Ailly, ne correspondant pas aux calculs de Nostradamus..JHB
05. 10. 12——————————————————————————–[1] Nostradamus, Ed Payot, 2011
[2] « Les pronostications et almanachs de Michel Nostradamus »
[3] (Les guerriers de Dieu La violence au temps des troubles de religion (vers 1525-vers 1610) Préface de Pierre Chaunu Avant-propos de Denis Richet Champvallon, 1990 p. 129)
[4] Sur cette libraire, Cf Ruzo, Testament, pp ; 259 et seq
[5] Sur le choix du nom de César, cf Ruzo, Testament, p. 84
[6] Voir réimpression, Marienbourg, 1905.

 On lira également les deux  études sur propheties.it  de Mario  Gregorio  125  Evolution  du contenu de la production  nostradamique  et  126 – Les traductions des almanachs et pronostications nostradamiques 1550-1570″

 Ce  « Marcellin » – pourtant repris en italien  Marcellino – est absent des travaux des nostradamologues alors qu’il semble bien avoir constitué le moint culminant (cf  notre étude  sur NOFIM

« Patrice Guinard et son fiasco de 2014 dans l’affaire Marcelin/Macelin au coeur du prophétisme de Nostradamus à la fin de sa vie.« )

du prophétisme de Nostradamus, à la fin de sa vie, ce qui conduit à tronquer le fil de sa démarche.  La disparition de l’imprimé  correspondant au manuscrit  est également significative. Il reste que ce texte fut bel et bien utilisé par les « faussaires », chargés de produire « du quatrain » à partir notamment de textes en prose de Nostradamus. En effet, le terme « macelin » y figure (cf la thèse d’  Anna Carslstedt La poésie oraculaire de Nostradamus , 2005) : — Plus Macelin que Roy en Angleterre,. Lieu obscur nay par force aura l’empire  » Voilà qui atteste que le dit texte figurait dans la bibliothèque qui servit à composer les Centuries, bien après la mort de Nostradamus.

 

 

 

 

 

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Jacques Halbronn L’ étrange omniprésence du mot « Israel » dans le monde juif

Posté par nofim le 9 décembre 2021

Jacques  Halbronn  L’ étrange omniprésence du mot « Israel » dans le monde juif.   

 

 

Comment s’étonner de l’association  et de la désignation des Juifs sous le nom d’Israel quand on constate une remarquable récurrence de ce mot dans les divers aspects de la vie  juive. Tout se passe comme si Israel était comme un synonyme de « peuple  juif »: la liste est longue de telles occurences:

1  L’Etat Hébreu  a pris en 1948, lors de sa fondation le nom d’Israel et ses citoyens sont des « Israéliens ».

2  A la synagogue, l’on récite solennellement le « Ecoute (Shema) Israel. Cette formule est largement reprise dans les Livres des Prophétes, d’Ezékiel à Jérémie.

 

3  On pense à des slogans comme ‘ »Am Israel Hai »: le peuple d’Israel est en vie. 

4 Dans le Livre de l’Exode, il est constamment question, dès le premier verset, des fils d’Israel (Beney Israel), autre nom de Jacob (cf Genése)

5 Jésus dit être venu avant tout pour les « brebis perdues de la maison d’Israel’

6 Dans le talmud de Babyone (traité Shabbat), l’on débat sur le « mazal » (astre) d’Israel. Ein Mazal le Israel. Les Juifs ne dépendent pas de l’influx céleste.

7 Les Juifs de France ont longtemps été désignes comme « Israélites » (d’où le CRIF,  Conseil Représentatifs des Israélites de France, dont le I désignait initialement le mot « israélite ») 

 

Et pourtant, nous savons qu’Israel désigna pendant des siècles le Royaume secéssionniste du Nord – on opposait alors la maison d’Israel à la maison de Juda, centrée sur Jérusalem et sur David, né à Betlehem, ville où l’on fera naitre Jésus. Le « Ecoute Israel »  s’adresse à une population qui aura désobéi et cela ne vise pas la maison de Judah/ Mais pourquoi dans ce cas répétet-on- cette injonction à la synagogue, le « Shema » correspondant au temps  de recueillement du service religieux?. La question qui se pose est la suivante: comment en est-on arrivé à un tel « noyautage » du mot Israel dans le monde juif? Tout se passe comme si les tenants du Royaume d’Israel, ceux qui en descendent, auraient pris le contrôle du narratif, comme cela est flagrant dans le Livre de l’Exode et comment les a-t-on laissé faire occultant ainsi le « schisme » survenu à la mort de Salomon? Quel degré de méconnaissance historique, cela dénote-t-il de la part de ceux qui se disent « Juifs », le mot Juif ayant remplacé le mot » Israelite » dans l’intitulé du CRIF, devenu Conseil représentatif des institutions juifs de France. Le mot juif n’aura en effet nullement disparu : on pense à l’Etat Juif de Herzl ( Judenstaat). : Réflexions sur la question  juive de Sartre en passant par l’Etoile  juive sous l’Occupation.  Il y a bien là une certaine forme de dualité dont on a du mal à percevoir la raison d’être, la « synonymie ». 

Nous nous hasarderons à formuler une hypothèse: cela correspondrait aux deux faces de la présence  juive au monde : d’un côté des Israélites embrigadés dans les « modéles dominants » (cf les Cahiers du CERIJ), que sont la synagogue, la lecture de la Bible, le sionisme et de l’autre, les Juifs tendant vers une forme de laicité, marqués par la « Diaspora », la diasporicité. 

 

 

 

JHB  08 12  21

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans ASTROLOGIE, Bible, prophétisme | Pas de Commentaire »

Jacques Halbronn sur ses Recherches iconographiques sur le prophétisme

Posté par nofim le 4 décembre 2021

Jacques  Halbronn   sur ses Recherches iconographiques sur le prophétisme 

 

 

Nous venons de mettre en ligne deux collections de documents issus de notre diptyque (1999-2007), Le texte prophétique en France  et  La naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle. Nous avons par ailleurs  codirigé  une Documentation Iconographique Astro-Prophétique – sur le site du CURA de Patrice Guinard(décédé en septembre dernier) A 14 ans de distance, nous avons voulu réfléchir sur le role de l’iconographie pour la recherche, ce qui exige la reproduction d’un grand nombre de pièces dans un grand nombre de bibliothèques. En ce sens, cela  vient compléter notre CATAF (Catalogue Alphabétique des textes astrologiques français) mis en ligne en 2001 sur le site du CURA.  Toutefois, il s’agit ici d’une approche sélective associée à des travaux universitaires et non pas d’une présentation en vrac. 

 

 

Tome I Le texte prophétique en France.      Ce tome est acccompagné d’un commentaire associé à chaque pièce dument numérotée, ce qui n’est pas le cas pour le second tome.

 

Nous avons publié à partir de ce corpus plusieurs travaux: en 2002  Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus   et  Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle aux Editions Ramkatn autour des Protocoles des Sages de Sion et en 2005 sur la prophétie des papes de St Malachie, « Papes et prophéties » (Ed Axiome). Par ailleurs, dans la Revue Française d’Histoire du Livre, l’on trouvera des éléments de notre thèse d’Etat  concernant la bibliographie centurique (2011), le Kalendrier des Bergers  et le Mirabilis Liber (Pronosticatio de Lichtenberger) En ce qui concerne la Prophétie d’Orval, sous Louis Philippe, nous lui avons accordé une certaine importance dans le cadre du XIXe siècle, ainsi qu’au dossier Louis XVII Naundorff ou encore Henri V(comte de Chambord).   C’est la survivance du phénomené prophétique à partir de la Révolution Française qui constitue probablement le principal intérêt du dit travail se situant dans la longue durée, depuis la fin du XVe siècle jusqu’au début du XXe.

 

 

 

 

 

 

TOME  II     Naissance de la critique nostradamique   

 

 

Nous avons  accordé la plus  grande importance au verdict des vignettes utilisées pour les titres des  publications associées ou attribuées à Nostradamus. D’ailleurs, c’est ainsi que nous avions voulu montrer que les vignettes des éditions des Centuries censées parues du vivant de Nostradamus étaient reprises en fait d’almanachs ‘pirates » usant de son nom et parus dans le cours des années  1560. Or, les vignettes ne figurent dans les « vraies » publications de Nostradamus qu’en tête de ses Pronostications  et non pas en tête de ses almanachs. Les faussaires ont certainement disposé d’une véritable bibliothèque de « nostradamica », à la fin du XVIe siècle et ils n’ont pas su séparer les bonnes et les « mauvaises »  vignettes si bien que l’édition Macé Bonhomme, Lyon 1555, va se retrouver affubler de la vignette d’un « faux » almanach, ce que les autres chercheurs  (Chomarat, Benazra, Brind’amour, Guinard) n’ont pas signalé, ce qui tient à leur négligence à l’égard de l’argument iconographique.

Notre galerie iconographique  comporte également le dossier relatif à l’epitre au pape Pie IV où Nostradamus annonce un moment antéchristique pour 1566, ce qui sera relayé par des traductions et adaptations en italien. C’est là un aspect souvent négligé de la production nostradamique qui montre que Nostradamus n’était pas focalié sur la fin du xVIIIe siècle comme on aura voulu le faire croire sur la base de sa fausse épitre à Henri II.   

On passe ensuite  à la présence de vignettes  dans des oeuvres qui ne se référent pas explicitement à Nostradamus, d’où leur absence dans les bibliographies  alors même que la dimension iconographique est ici décisive chez Colony. C’est, ironie du sort, chez ces imitateurs tels que Crespin ou Morgard que les fabricants de centuries iront puiser.  Le  cas de Crespin avec sa série d’adresses  a fait croire à Brind’amour qu’il avait repris des quatrains de Nostradamus alors que c’est l’inverse qui se sera produit mais ce subterfuge n’est évidemment pas le fait de ce dernier. Des quatrains hostiles aux Juifs se retrouvent ainsi dans les Centuries. 

L’on passe ensuite du XVIe au XVIIe siècle puisque  notre intitulé s’articule sur les véritables Eclaircissements des quatrains, 1656,  dont nous avons retrouvé le manuscrit (que nous mettrons en ligne prochainement), ouvrage qui avait été le plus souvent attribué à un certain Etienne Jaubert. C’est le temps de la critique biblique – on pense à Richard Simon- et nous inscrivons le travail du dominicain dans l’esprit du temps.

 

 

 

 

 

 

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Jacques Halbronn. La dérive des astrologues vers Pierre d’Ailly et Nostradamus: Denis Labouré, Yves Lenoble, Patrice Guinard

Posté par nofim le 2 décembre 2021

La dérive des astrologues  vers Pierre d’Ailly  et Nostradamus:  Denis Labouré, Yves Lenoble, Patrice Guinard    par  Jacques  Halbronn   

 

 

 

 

On s’efforcera ici de comprendre ce qui aura conduit certains chercheurs en astrologie à se référer à des oeuvres assez hybrides telles que celles associées à Pierre d’Ailly (XVe siècle) et à Nostradamus(XVIe siècle)   Nous sommes d’autant plus à traiter de ce phénoméne que nos travaux universitaires (thèse d’Etat 1999 et post-doctorat, 2007) traitent du prophétisme alors que notre première thèse (1979) parut (en 1985) sous le titre « Le monde juif  et l’astrologie »‘. Comment comprendre, interpréter un tel glissement?  Dès 1994, nous avions publié un catalogue ‘Astrologie et Prophétie », dans le cadre d’une exposition dont noué étions le commissaire à la Bibliothèque Naionale.

Denis Labouré a publié récemment  « Astrologie a Religion au Moyen Age » tout en s’y consacrant essebntiellement au cardinal Pierre d’Ailly comme indiqué sur la 4e de couvertur e qui ne mentionne que ce seul  « rédigea au XIIIe siècle  » alors qu’il appartient à la fin du XIVe siècle et au début du XVe! (1351-1420), ses textes principaux datant du XVe siècle et notamment ceux qui traitent de la fameuse année 1789 et qui datent de 1414!

Or l’astrologie de Pierre d’ailly n’est pas du meilleur aloi en ce qu’elle combine allégrement données astronomiques et computations numériques habillées allégrement d’astronomie.  En effet, la série 889-1189-1489-1789 ne comporte aucun support astronomique valable car le fait d’observer que les 300 ans qui séparent ces différentes dates renverrait à Saturne est « tiré par les cheveux », si ce n’est que cela témoigne sociologiquement  d’un certain intérêt pour cet astre dans la tradition astrologique avec ses environ 30 ans de cyclicité. C’est un peu prendre des vessies pour des lanternes.  Yves Lenoble - pas trop  regardant – met pour sa part en avant la « réussite » prévisionnelle de Pierre D’Ailly à mettre au crédit de l’Astrologie. » L’astrologie s’est en effet toujours voulu annonciatrice des grands événements de l’Histoire. Ainsi, le cardinal d’Ailly et Nostradamus avaient prévu très longtemps à l’avance la révolution de 1789. Et d’ores et déjà, les prochains rendez-vous planétaires du XXIè siècle sont annoncés » (Le Voyage etc) On instrumentalise donc Ailly au service de la cause astrologique. Il eut convenu, plus prudemment, de saluer la tentative assez vaine de la part du cardinal  en faveur de l’astrologie, ce qui lui permettait de reporter les échéances prophétiques vers un futur lointain, en ces temps agités du début du XVe siècle. Au XVIe siècle,  ces spéculations se retrouveront chez Richard Roussat mais aussi dans la pseudo épitre de Nostradamus adressée au Roi de France Valois Henri II , datée de 1558. »icelle année  sera faicte  plus  grande persécution   de l »église  chrestienne que n’a esté faicte en Afrique  & durera cette cy  iusques l’an mil sept cens  nonante deux que l’on  cuydera  estre  renovation de siecle  Après commencera  le peuple  Romain  de se  redresser  & déchasser  quelques obscures  ténébres  recevant quelque peu   de leur pristine clarté non  sans  grande division   et continuel  changement »

Or selon nous, ce texte qui ouvre le second volet des Centuries est en phase avec l’inspiration réformée des trois dernières centuries, où l’on annonce la victoire contre les Lorrains, c’est à dire la maison de Guise, au coeur du camp ligueur.  Autrement dit, il s’agit de l’annonce d’une victoire de l’Eglise Chrétienne, ce qui désigne ici les Protestants, les Catholiques devant à terme  se « redresser » et renoncer à leurs errances.  Patrice Guinard aura beaucoup investi, dans les 20 dernières années de sa vie, sur Nostradamus mais ce ne fut pas spécialement sur la partie proprement astrologique de l’oeuvre authéntique de cet auteur mais bien autour des Centuries dont le contenu astrologique se limite aux textes en prose -dédiés à César et à Henri II, pour l’essentiel; outre le fait que la mention de 1792, on l’a montré plus haut, ne comporte qu’artificiellement un contenu proprement astrologique.  Mais qu’était allé faire le fondateur du CURA dans cette galère, comme si une fois soutenue sa thèse de doctorat sur l’astrologie, en 1993, il avait voulu passer à autre chose, ce qui peut se comprendre, d’un point de vue cyclique? Voilà donc Yves Lenoble se référant-on l’ a vu- à Pierre d’Ailly et à Nostradamus pour des textes qui n’ont d’astrologique que le nom..Notons que Lenoble s’est lui aussi beaucoup intéressé à Nostradamus, comme l’atteste en  novembre 2004, sa participation active à la session Nostradamus que nous avions organisée et filmée. De même Guinard, en décembre 2000 avait il débattu sur le sujet lors d’un colloque co organisé MAU-CURA (également filmé).. On est donc là dans les marges de l’astrologie, de l’instrumentalisation de celle-ci à des fins politiques.  Demandons-nous donc, à présent, quelles ont pu être les causes d’un tel  glissement vers des formes douteuses de la production  » astrologique » au cours des dernières décennies. 

On notera que Lenoble et Guinard, nés à 10 ans d’intervalle (1947 et 1957), ont en commun d’avoir été marqués dans leur formation par l’enseignement de Jean-Pierre Nicola ‘(né en 1929) et de nous avoir fréquenté l’un et l’autre, l’un dans les années 70, l’autre dans les années 80 et au delà. Pourtant Guinard avait trouvé quelque intérêt dans l’Histoire de l’astrologie  à la  fin du XVIIe siècle, (et notamment de l’oeuvre d’Eustache Le Noble, 1697) du fait de la fréquentation assidue de notre Bibliotheca Astrologica,  ce qui fut d’ailleurs aussi le cas de Denis Labouré, d’où la publication, chez Pardés, du traité d’astrologie horaire de Claude Dariot, contemporaine de Nostradamus, en 1990. A vrai dire, nous nous souvenons assez mal de ce qui a pu entrainer Patrice Guinard dans le champ nostradamique mais nous tendons à penser que ce fut peu ou prou à notre exemple. Il est vrai que l’HIstoire de l’astrologie  a pu sembler moins excitante pour l’esprit  que celle du prophétisme et singulièrement du personnage de Michel de Nostredame.(1503-1566) et Guinard ne se sera d’ailleurs pas privé de se lancer dans l’interprétation de certains quatrains centuriques, et dans une démarche hagiographique que nous avons pour notre part, entendu démystifier, ce qui nous aura souvent opposés, notre approche étant sensiblement plus critique. Cela nous fait penser à ces étudiants en médecine trouvant la matière par trop aride et obliquant vers la psychiatrie, voire vers la psychanalyse. Il est possible également que le débat autour de Nostradamus entre spécialistes avait une autre tenue que celui entre astrologues. Guinard a pu penser qu’il saurait mieux faire la preuve de ses talents  parmi les uns que parmi les autres mais  il dut se heurter à nos propres positions qui ne l auront pas toujours épargné et l’on est en droit de penser que cela aura pu le miner.  Le probléme de Guinard aura tenu au fait qu’il se focalisait exclusivement sur le dossier Nostradamus  et qu’il n’abordait pas le champ du prophétisme dont le dit dossier n’était qu’une manifestation parmi d’autres, trop centré sur la période d’activité de Nostradamus dans le temps comme dans l’espace, ce qui l’empecha  probablement d’opérer certains recoupements intertextuels et de faire la part de l’imposture et de l’antidatation qui sont au coeur de tout le corpus prophétique et astrologique.

Pour en revenir à Yves Lenoble, lequel  place André Barbault au même niveau que Nostradamus !

 

  »Il y a trente ans André Barbault annonçait une pandémie mondiale pour 2020 après avoir prédit, entre autres, dès 1955 la chute de l’Empire soviétique en 1989! L’astrologie s’est en effet toujours voulu annonciatrice des grands événements de l’Histoire. Ainsi, le cardinal d’Ailly et Nostradamus avaient prévu très longtemps à l’avance la révolution de 1789. Et d’ores et déjà, les prochains rendez-vous planétaires du XIè siècle sont annoncés » (Le Voyage etc). Etrange erreur que de situer le texte de Barbault sur la pandémie « 30 ans en arrière alors qu’il parut en 2011:  Mais que dire de l’annonce de la « chute de l’empire soviétique » mis sur le même pied que celle de la Révolution Française de 1789? Dans les deux cas, il  y a abus:  Barbault aura point certes 1989 mais aucunement dans le sens que décrit Lenoble. Tout prouve au contraire que Barbault voyait -du moins jusque ans le cours des  années soixante,  en 1989  la victoire finale de l’URSS.  Quant à 1789, le contexte de l ‘EPitre à Henri II ne permet nullement d’affirmer  que ce qui était annoncé aura en quoi que ce soit correspondu aux événements de la fin du XVIIIe siècle, comme nous l’avons montré plus haut. Saluons tout de même ce paralléle mis en exergue  entre 1789 et 1989. 

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JHB  02 12 21

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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