Réincarnation et mémoire akashique. De la divination.

Posté par nofim le 23 octobre 2014

Prédiction et  Réminiscence. La consultation des annales  dites akashiques.

 

par  Jacques  Halbronn

 

L’acte de prédire quand il s’applique aux humains n’aurait-il point pour corollaire la croyance en la réincarnation ou encore à des vies

antérieures.  Il n’y aurait donc pas lieu de s’étonner que depuis 30 ans en France- et bien plus ailleurs- on parle d’une astrologie

« karmique » ( Dorothée Koechlin de Bizemont fut une pionnière dans ce domaine, ed R. Laffont)

Au dernier chapitre de la République Platon  introdui le « mythe d’Er » ( Bruno Jay  & Divine Lulu,  Ce que vit Er quand ses yeux se fermèrent, d’après l’oeuvre de Platon,  Ed. Eveil &  Découvertes,  2012;  Jean-Marie Détré. La réincarnation et l’Occident de Platon à

Origéne, tome I, Ed Triades, 2005)

Selon nous,  nous choisissons de nous incarner à partir des archives akashiques, c’est à dire au vu de vies ayant déjà été vécues et que

nous nous déterminons à revivre, sans en changer le déroulement mais  en en renouvelant nécessairement le ressenti, la conscience.  En même temps, une fois « renés », nous oublions le dit  récit (en buvant trop de    l’eau du fleuve  Léthé) si ce n’est que nous pouvons le reconsulter, selon nous, par le truchement de médiums.

Nous pensons donc que l’on ne peut  prévoir dans le détail  que ce qui a déjà eu lieu et dont le souvenir est stocké dans des « annales ». C’est aini que nous mêmes avont pu consulter des  « archives »   en pratiquant ce que nous avons appelé l’entretien médiumnique ( on en

trouvera des vidéos sur notre chaîne « Jacques Halbronn Astrologie ». Il serait donc posssiblen au cours d’une  incarnation. de prendre connaissance de cette « vie » que nous avons choisie  Mais nous pouvons aussi en avoir, par nous mêmes,  quelque « intuition », un sentiment de « ‘déjà vu » ou la conviction que notre histoire est liée à celle de telle ou telle personne quand nous la rencontrons. On peut être tenté d’aller consulter un « voyant » pour s’en assurer.

On n’est point là, faut-il le préciser, dans le domaine de l’astrologie, du moins telle que nous la concevons et qui ne peut prévoir que par

catégories de personnes et non individuellement.

Les diverses formes de divination seraient  liées à cette envie de s’informer sur l’histoire que nous aurions nous-mêmes choisie et qui

aurait été déjà vécue et enregistrée.

Mais comment s’organise dans ce cas notre vie sociale si nous sommes chacun dans notre petite « sphère » personnelle? Il n’est pas impossible qu’il y ait autant de « mondes » que de personnes qui seraient le « centre » de chacun de ces dits mondes.

Autrement dit,  même si l’idée de réincarnation ou de vie antérieure a pu être refoulée,  son corollaire, la prédiction,  se sera maintenu

jusqu »à nos jours. Or, selon nous, l’un ne va point sans l’autre. Ce qui montre bien au demeurant que le passé ne peut être  refoulé mais

continue à nous marquer.

La notion de réminiscence,  mise en avant par Socrate (cf Détré, op. c it;  pp. 67  et seq) ,  rejoint peu ou prou les notions de subconscient voire  d’Inconscient, de « culture  subconsciente » selon notre formule.

Cela dit, reste le « mystère » de ces ‘annales akashiques. On  trouve cette notion dans   Isis dévoilée, ouvrage  publié à New York en 1877, le premier ouvrage écrit par  Helena Blavatsky  » (cf   article  Wikipedia sur Annales Akashiques) .  On  y cite un fragment des oracles chaldaïques :

« Les oracles affirment que l’impression des pensées, des caractères, des hommes, et autres visions divines apparaissent dans l’éther. Les choses qui n’ont point de forme en prennent une et y sont figurées. ». Elle poursuit : « C’est sur les indestructibles tablettes de la lumière astrale qu’est imprimée la représentation de chaque pensée que nous formons ; de chaque acte que nous accomplissonsé

 

 

 

 

 

 

 

JHB

23 10  14

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La notion de refoulement (Verdrängung) chez Marx et chez Freud.

Posté par nofim le 21 octobre 2014

Le nivellement de la société prolétarienne par les machines et le processus de refoulement (Verdrängung)  de l ‘homme chez  la femme

par  Jacques Halbronn

 

D’aucuns ont cru bon de rapprocher le Manifeste du Parti Communiste d’un autre « Manifeste », celui

rédigé par Victor Considérant, quelques années plus tôt. (cf Sorel, W. Tcherkessof; Antony Cyril

Sutton) mais la comparaison des deux textes  n’en fait pas moins apparaitre ce qui constitue, à nos yeux,

l’apport principal de Marx à savoir le lien qu’il établit entre l’essor du machinisme et  l’égalité des hommes et des femmes devant le travail, point qui n’est guère soulevé par  Considérant qui ne mentionne le terme « machine » qu’une seule fois :  « C’est  contre des machines qui ne dépensent plus que quelques centimes par force d’homme ». Autrement dit, si Marx emprunta éventuellement à  Considérant, son discours sur les femmes  nous apparait comme un apport qui lui est propre mais qui, paradoxalement,  n’aura

pas été mis en avant par les commentateurs comme cela aurait du l’être.

Nous insisterons dans le présent texte sur les effets du machinisme sur le statut de la femme, phénoméne

qu’il décrit dès le milieu des années 1840. En effet, on note ainsi qu’un tel rapprochement entre deux

questions, celle de la machine et celle de la femme, était déjà clairement formulé, ce qui ne peut

que nous interpeller en ce début de XXIe siècle de par son caractère prophétique. Nous aborderons à

cette occasion les emprunts de l’allemand au français en rappelant que la Rhénanine était restée  très marquée par l’occupation française. Il serait intéressant, par ailleurs, de déterminer de quelle façon

Marx et Engels ont pu être influencés par d’autres auteurs sur cette question Machines/femmes mais

cela ne sera pas ici notre préoccupation.

Nous nous contenterons dans un premier temps de citer des passages du Manifeste du Parti

Communiste en traduction  française: v

Bourgeois et Prolétaires:

« L’extension du machinisme et la division du  travail ont fait perdre au travail des prolétaires tout

caractère indépendant et par suite tout  attrait pour l’ouvrier. Celui-ci n’est plus qu’un accessoire de

la machine et l’on n’exige de lui que le geste le plus simple, le plus mootone, le plus facile à apprendre. Les

frais qu’occasionne l’ouvrier se limitent donc à peu près uniquement aux moyens de subsistance dont il

a besoin pour son entretien et la reproduction de sa race. Or le prix d’une marchandise, donc aussi

du  travail,est égal à ses frais de production (…) A mesure  que s’accroissent le machinisme et la

division du  travail la masse du travail grandit ausssi, soit  par l’augmentation des heures de travail, soit par

l’augmentation du travail exigé dans un temps donné, par l’accélération de la marche des machines etc.

(….) Des masses d’ouvriers (…) ne sont pas seulement des esclaves de la classe bourgeoise, de l’Etat   bourgeois, ils sonr chaque jour et à chaque heure asservis par la machine (…) Moins  le travail manuel exige d’habileté et de force, c’est à dire plus l’industrie moderne se développe, plus le travail des hommes est supplanté par celui des femmes. Les différences de sexe et d’âge n’ont plus aucune valeur  sociale pour la classe ouvrière. Il n’y a plus que des instruments de travail dont le coût diffère selon l’âge et le sexe »

(pp.  82-83  trad. Emile Bottigelli,  Ed G. F. Flammarion 1998) – traduction très proche de celle de Laure Lafargue,  fille de Marx  (1848), revue et corrigée

par F. Engels  (Ere Nouvelle, Rééd

Champ Libre 1983)

Quelques observations sur l’original allemand, pour les quelques paragraphes concernés  : on trouve Maschinerie et  Maschine que le traducteur français rend pareillement par « Machine » (cf  Marx Engels,

Kommunistiches Manifest  1848-1948 ,  Kaiserslautern et fac simile Londres 1848  in fine de la  réédition de la traduction

française  de Laura Lafargue,   Ed Champ Libre 1983, en caractères gothiques)

Parmi les termes français utilisés dans ce passage du Manifeste, relevons notamment dans le texte

allemand:  :  Bourgeoisie,  Kapital, Proletariat,  Klasse,  modern,  Artikel, Konkurrenz, Markt,

Proletarier, Charakter, Kost, Rasse, Preis, Produktion,  Masse,  Industrie, patriarchal,  Fabrik,  soldatisch,  organisiert, Hierarchie, Offizier,  Bourgeoisklasse,  Despotie,  proklamiert. Instrumente »

Rappelons aussi l’influence des mots français dans le titre même : Manifest  der kommunistischen

Partei. (cf   ed  Th. Stammen  et Ludwig Reichart,   Ed Wilhelm Fink, Munich 1978)

Ainsi, si Marx n’ a pas nécessaitement « plagié »  Victor Considérant et son Manifeste  de l’Ecole

Sociétaire (Paris 1847  BNF  16° R 5204), il est en revanche évident que l’allemand économique et social de

Marx et Engels doit  beaucoup à la langue française (cf notre étude sur les emprunts au français

du Judenstaat de Herzl,  in Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, Ed Ramkat 2002)

Mais revenons à ce nivellement du travail vers le bas qui retient notre attention au coeur du « Manifeste Communiste ».

Il est intéressant de noter que dès les années 1840, la question du travail des femmes à l’usine est ainsi

mise en avant du fait de la machine et de la division du travail qui en découle. (cf le taylorisme). La

machine abolirait toutes les distinctions d’âge et de sexe, à entendre Marx mais bien entendu cela vaut

surtout pour la société prolétarienne.

Avec le recul de plus d’un siècle et demi, force est de constater que ce que Marx déplorait dans son

Manifeste est devenu une valeur, un idéal, celui de l’égalité entre hommes et femmes. On aura fait de

nécessité vertu.. Ce nivellement est devenu une bénédiction providentielle! Il suffit de noter comment

l’on relate en ce centenaire de la Guerre de 14 l’entrée des femmes à l’usine, du fait du départ des hommes au front. On les appelles des « remplaçantes » et on y voit une victoire pour la cause des femmes.

Or, il ne semble pas que telle ait été  la philosophie des auteurs du dit Manifeste.

Mais on peut aller plus loin et souligner que cette égalité ne vaut que pour un travail en miettes ( Fourastié)

aux antipodes de celui de l’artisan qui est ici  mis en paralléle. A contrario, il découle que plus le travail

est sophistiqué, et moins un tel nivellement serait à craindre.  Le travail de haut de gamme n’est guère

de ce fait sujet à cette domination de la « Maschine ».  Il est évident que les premières victimes de ce

nouveau Léviathan qu’est la « Mashinerie » (dans le texte allemandà sont  à trouver au sein du prolétariat. Peut-on dire ainsi que la société prolétarienne aura constitué une avant  garde d’une société « idéale » telle qu’appelée de ses voeux par l’idéologie féministe?

Sans connaitre ces passages du Manifeste du Parti Communiste, nous étions parvenus aux mêmes

conclusions mais à une plus grande échelle  bien au delà du prolétariat. Le probléme reste posé : les femmes

progressent étrangement avec les machines. Plus les machines sont performantes, plus les femmes le

déviennent elles aussi. L’ascension des uns conditionnerait celle des autres.

On notera la traduction française  » le travail des  hommes supplanté par celui des femmes »

Quel est l’original allemand qui a donné la  traduction   »supplanter »?.    » die Arbeit der Männer durch die der Weiber verdrängt »

La traduction de l’allemand telle qu’on la propose dans les dictionnaires  est évincer, refouler,  déplacer,et supplanter. Il faut donc bien comprendre que les machines permettent aux femmes d’évincer les hommes et en cela elles en sont les alliées objectifs.

Or, le terme « verdrângen » sera utilisé en psychanalyse quelques décennies plus tard dans le sens de refoulement (en anglais repression)

« The terms « verdrängen » and « Verdrängung » in Freudian contexts, where the mechanisms are largely unconscious, have gone down in English as « to repress » and « repression. » (sur le mot Verdrängung , cf  C . G. Jung  Freud und die Psychoanalyse;  Gesammelte Werke  IV, 1969 Index  p. 422,   Sigmund Freud Gesammelte Werke  II  Werke aus den Jahren 1913-1917,  ED  Fischer,  1975, index  p. 480, cf aussi  Freud  Gesammelte Werke   Texte aus den Jahren 1885 bis 1938  Ibidem,  sur la série Verdränge,  Verdrängung,  Verdrängte Wüncshe, Verdrängter  Hass, p 900;  Bernd Nitzchke ed. Die Psychonalyse Sigmund Freuds. Konzepte und Begriffe. 2011, Index, p. 297)

Chez Freud,  le déni de l’homme est selon nous lié à la question de l’absence du pénis chez la femme (cf  S. Faure-Pragier, Le désir d’enfant comme substitut du pénis manquant, une théorie stérile de la féminité,    in  collectif  Clefs pour le féminin,, PUF, 1999) et c’est cette image d’un « plus » qui serait ainsi refoulée chez la femme ( on pense à la castration)  et qui serait, de façon matricielle,  à l’origine de sa tendance plus générale au déni. C’est ce déni de l’Homme qui, chez Marx, conduirait la femme à instrumenter la machine pour se substituer à l’homme en tant que mâle et en mettant en avant l’Homme comme recouvrant tant la femme que l’homme, à la façon d’Adam dans le Livre de la Genése, tel que d’aucuns entendent le lire. (cf Sarah Kofman. L’énigme de la femme. La femme dans les textes de Freud,  Ed Galilée 1980, cf les  travaux de Paul – Laurent Assoun qui touchent autant à la psychanlyse qu’au marxisme mais aussi au féminin : Freud et la femme, Paris , Calmann Lévy,  1983,  Clés pour le féminin. Femme, mère, amante et fille,  dir. J. Schaeffer et al.  PUF  1999 , pp 43 et  seq)

On pourrait certes  épiloguer sur le choix de ce terme allemand par Marx  et qui signifie que les femmes sont vouées à prendre le  dessus sur les hommes dans la société prolétarienne et l’on peut se demander si cela n’était pas là une perspective particulièrement détectable et un des aspects les plus insupportables à signaler en ce qui concerne la société prolétarienne et dont la machine/machinerie serait la

principale responsable!

A noter cependant que dans l’édition de Londres de 1848, en allemand, on trouve  associés aux femmes les enfants « Kinder), ce qui sera supprimé par la suite.  Cela nous fait penser que la machine, sous la forme qui est la sienne de nos jours est en mesure, à terme,  de  positionner  les enfants  comme substituts aux adultes, dès lors qu’ils seront adéquatement appareillés.

A propos du rapport de Marx à la question des  femmes, rappelons qu’il s’est toujours opposé au vote des femmes. (cf Francis Wheen, Karl Marx. Biographie inattendue/Paris, Calmann Levy 2003)

Pour en revenir  au rôle de la machine  chez Marx et chez Freud,  nous signalerons que l’on pourrait parler d’une castration des hommes au sein du prolétariat par les femmes et par le biais de la « Maschinerie »  et ce rapprochement nous semble d’autant plus se justifier

que toute castration implique l’usage d’un objet, donc -selon l’acception qui est la nôtre, d’une « machine », aussi rudimentaire soit-elle, à savoir d’un couteau. C’est le lieu, en effet, de rappeler que le terme « machine » est pour nous intimement associé  à celui de technique et

que déjà l’écriture est une « machine »  et donc le livre.  Et nous comparerons de fait la machine au niveau du prolétariat et le livre à celui de la société « bourgeoise ». Le livre serait  par excellence un mode de nivellement égalitaire au même titre que la machine dans le contexte plus spécifiquement industriel. Par le biais du livre -et notamment par ses manifestations électroniques) , la femme est en mesure de « supplanter » l’homme, de rendre celui-ci  inutile, « dispensable ».

Ajoutons un développement assez important du Manifeste

(IIIe partie Prolétaires et  Communistes) à propos de

l’ »abolition  de la famille » et de la mise en place d’une

« communauté des femmes » Citons ce passage : « Non

contents d’avoir à leur disposition  les femmes et les filles de

leurs prolétaires, pour ne rien dire de la prostition publique, nos

bourgeois  se font le plus  grand plaisir  de séduire

réciproquement  leurs femmes légitimes »(cf  ed. GF Flammarion,

op cit.  p.97).Marx semble ainsi

favorable à une certaine séparation des hommes et des femmes

qui selon lui peut d’ores et déjà être observée.

 

 

JHB

28 10 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le prophétisme au XIXe siècle. Nouveaux aperçus.

Posté par nofim le 16 octobre 2014

La collusion entre le politique et le prophétique  dans la France du  XIXe siècle

(Abbé Grégoire, Marx, Blanqui,  Herzl)

par  Jacques  Halbronn

En 1999, nous avions soutenu une thèse d’Etat -¨(Paris X  Ouest) sur le thème « Le texte prophétique en France. Formation et fortune » (Ed du Septentrion) qui donna lieu à plusieurs ouvrages entre 2002 et 2013, notamment en 2002  les deux volumes de Prophetica Judaica (Ed Ramkat), en 2005 Papes et Prophéties. Décodage et Influences.  (Ed Axiome) et dans la Revue Française d’Histoire du Livre (2011 et 2012) pour ne parler que des éditions « papier » sans oublier notre post-doctorat de 2007 sur  Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle (EPHE  Ve section)

Nos récentes recherches nous conduisent à compléter le travail que nous avions notamment effectué sur le XIXe siècle. On abordera notamment les événements de 1839-1840 autour de la Prophétie d’Orval et  les rapprochements entre le Manifeste du Parti Communiste et l’Etat Juif de Theodor Herzl. Mais on s’intéressera également à l’Abbé Grégoire (1750-1831)  et à son Histoire des Sectes Religieuses (1814))  que nous avions négligée il y a 15 ans.

I  Le prophétisme de l’Abbé Grégoire

On  sait le rôle qu’Henri Grégoire joua dans l’attention qui fut accordée aux Juifs sous la Révolution et sous l’Empire. (cf Essai sur la régénération physique, morale et politique des Juifs. Préface de Robert

Badinter, Ed Stock, 1988)

Il importe de resituer la démarche de l’abbé dans la mouvance d’un certain messianisme/sionisme  chrétien, probablement plus protestant d’ailleurs que catholique. -cf  Caroline et Paul Chopelin. L’obscurantisme et les Lumières. Itinéraire de l’abbé Grégoire, évéque révolutionnaire. Ed Véndemiaire 2013). En effet, les Protestants du fait de leur refus d’une Eglise constituée échappent ainsi peu ou prou à l’imagerie d’un « Nouvel Israël » dont la dite Eglise de Rome serait  la manifestation. A partir du XVIIe siècle, il est question d’un « retour » des Juifs, mais pas nécessairement en Palestine mais dans les pays dont ils avaient été exclus, à commencer par l’Angleterre, sous Cromwell au milieu du dit siècle.

L’Abbé Grégoire grand lecteur des ouvrages millénaristes,(cf  « Les nouveaux millénaires oi chiliastes ou Joachimistes; Histoire des sectes religieuses, op. cit,  tome I,   pp. 181 et seq)  n’échappa point à  une certaine idée de la fin des temps.(cf « la République et le Messianisme: controverse sur l’émancipation des Juifs » in L’obscurantisme et les Lumières, op. cit., pp. 97 et seq)

On assiste là à un double discours qui va du XVIIe siècle

au début du XXe siècle: d’une part  intégrer  ou réintégrer les

Juifs au sein des nations (Grande Bretagne, France, Allemagne)

éventuelleement au prix d’une conversion sinon au christianisme

(chez le père de Marx) du moins aux valeurs de la laïcité et

d’autre part le projet de les rassembler en Palestine (ou ailleurs,

en Roumanie,  en Algèrie, en Argentine, en Ouganda, à

Mafagascar  etc) et donc de les exfiltrer de l’Europe Occidentale

vers des confins souvent liés historiquement à l’empire Ottoman.

Dans ce second cas, les juifs ne seraient plus marginaux au

sein d’une société chrétienne dominante mais le seraient

géographiquement comme c’est précisément le cas

actuellement pour l’Etat d’Israël (ONU)  et précédemment pour le

Foyer Juif en Palestine (Société des Nations).  On notera

que les Britanniques prendront le pas sur les Français en

obtenant le mandat de la SDN pour tel établissement d’uu

« Jewish Home ». (Déclaration Balfour 1917)

On peut penser que la Révolution, en quelque sorte,

va compenser avec un décalage d’un

siècle la révocation de l’Edit de Nantes (1685) qui avait

abouti à une émigration huguenote. La France qui s’était

alors apauvrie de ses sources vives va dès lors bénéficier

de l’apport  juif, en une sorte d’effet de basculement, de l’Ouest

vers l’Est et de l’Est vers l’Ouest.

 

II Le prophétisme orvalien

Les années 1839-1840 vont perturber la Monarchie de Juillet au moment même où l’on célébre les événements de 1830 en érigeant la Colonne de la Bastille.(on lira dans notre thèse d’Etat les

développements consacrés au texte de la prophétie d’Orval

(ch XX L’activisme prophétique sous la Monarchie de Juillet,

in Tome II, cf Collin de Plancy  « La  fin des temps confirmée

par des prophéties authentiques nouvellement recueillies », Paris, Plon, 1871)

En 1839, un mouvement populaire est sévérement réprimé alors même que parait une « prophétie d’Orval », annonçant des changements majeurs. Peut-on voir un lien quelconque entre ces deux  événements qui semblent obéir à des inspirations fort différentes puisque la prophétie d’Orval semble vouloir

promouvoir la cause légitimiste. Mais rappelons que l’insurrection

légitimiste eut lieu le 3 juin 1832 (cf les Misérables de Victor Hugo)

.Quant à  Louis  Napoléon Bonaparte il  débarquera à Boulogne/mer (il

est interné au fort de Ham) en cette même période

particulièrement troublée que sont les années 1839-1840, qui

voit notamment le retour de la dépouille de Napoléon à Paris.

. Rappelons que  le socialisme tend à devenir prophétique voire messsianique  en ce qu’il annonce des temps nouveaux.

Dans le Journal des villes et des campagnes de 1839 , cohabitent  des textes qui appartiennent à ces différents domaines. Ainsi  le 22 juin 1839 un  «  Curieux document pour servir à l’histoire de notre temps… [ : prophétie imprimée en 1544 et trouvée pendant la révolution dans l’ancienne abbaye d’Orval Rennes : Mme de Caila, née Frout, [1839]  » qui sera repris in Prophétie dite d’Orval, extrait de la Gazette de Flandre et d’Artois  (cf recueil factice  BNF Rp  2391 et 2392, Gallica  Numm 5672505)

Rappelons donc ce qui sera le fait de la Société des Saisons (SDS), « une association républicaine, à tendance jacobine (…) créée en 1837 par Blanqui, Barbès et Bernard,  (laquelle) succède à la Société des Familles (SDF) et, forte de quelque 1 500 membres, lance en mai 1839 une insurrection. Son échec aboutit à sa disparition. »

On trouve sur Internet les informations suivantes à propos de l’ »insurrection » : Le 12 mai 1839, la Société des saisons lance une insurrection visant à renverser le régime de la Monarchie de Juillet et à instaurer une République sociale. Passée à l’action à deux heures de l’après-midi, elle déclenche le soulèvement rue Saint-Denis et rue Saint-Martin, tentant de s’emparer de la Préfecture de Police et de l’Hôtel de ville de Paris. Les meneurs sont Martin Bernard, Armand Barbès et Auguste Blanqui, libérés après l’amnistie de 1837.

L’affaire tourne mal, les insurgés ne parvenant ni à s’emparer de leurs objectifs ni à déclencher un processus révolutionnaire. Préparée dans le plus grand secret, l’opération manque de base populaire, d’autant qu’à l’Hôtel de Ville, Barbès prononce une proclamation dont la phraséologie néo-jacobine effraie les modérés. (..) En fait une tentative de coup d’État, mais mal préparée, sans objectifs intermédiaires, sans porte de sortie, sans réelle alternative  Plus tard, Karl Marx écrira dans les Luttes de classe en France : « Le 12 mai [1839, le prolétariat] a cherché en vain à reprendre son influence révolutionnaire et seulement réussi a livrer des chefs énergiques aux geôliers de la bourgeoisie. »

On   signale  notamment  que   » du 11 juin au 12 juillet 1839 se tient le premier procès des insurgés de mai, comptant 19 accusés. Fidèles aux traditions carbonaristes, Barbès et Bernard refusent de se défendre. Ce dernier est condamné à la déportation et Barbès à mort. À son insu, sa sœur obtient du roi, le 14, la commutation de sa peine en travaux forcés à perpétuité, de nouveau commuée en déportation le 31 décembre »

Dans la notice consacrée en  1849 à Auguste Blanqui (cf BNF 8 Le70 1272), on rappelle cette période  en

parlant du  « mouvement révolutionnaire de mai 1839″ (p.7)

Coincidence:  le texte relatif à la prophétie d’Orval dans le dit Journal des Villes et des Campagnes

parut durant le procés de Barbés et Blanqui.

Précédemment, la Gazette de France avait publié (  5 et 25 mars et du l » juin 1839)  sur plusieurs numéros la dite Prophétie d’Orval : « Prophétie à la vérité estrange, où pour la cage d’or se void le timbre royal dépeint au vif. »

On notera que la formule de la Prophétie d’Orval concernant

les « fils de Brutus » pouvait faire sens pour les révolutionnaires

La prophétie relate l’épopée napoléonienne, la Campagne

de Russie, la Restauration, les Cent Jours, la Monarchie de

Juillet orléaniste et enfin le retour des « vrais » représentants

de la Fleur de Lys. C’est la chute annoncée de Louis Philippe

« le roi du peuple ». Le grand intéret de ce text se situe au

niveau d’une philosophie de l’histoire, opposant dialectiquement

.la monarchie de droit divin et les fils de Brutus, ce qui n’est pas

sans faire songer  à la Lutte des Classes dont traitera le Manifeste du

Parti Communiste de 1847/48/

Selon nous,  il y a là une sorte de coincidence; la prophétie d’

Orval aura été instrumentalisée par certains commentateurs de

la vie politique puis à son tour cette coincidence aura été

récupérée par les « éditeurs » de la dite Prophétie qui citent

l’article du périodique. On a là un processus assez typique d’une

collusion entre le prophétique et le politique (cf notre thèse

d’Etat)

 

 

III  Le prophétisme du Manifeste et celui de l’Etat Juif.

Un paralléle semble pouvoir s’établir à cinquante ans d’intervelle entre la fortune du Manifeste du Parti Communiste de Marx et Engels et celle de l’Etat Juif

(Judenstaat) de Théodor Herzl. Rappelons que Marx a

également traité de la « question  juive »

Ces deux brefs ouvrages l’un et l’autre rédigés par des Juifs  (Marx est descendant de convertis) en allemane connurent en effet l’un et l’autre toute une problématique en termes de traductions. (cf notre ouvrage Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, Ed Ramkat 2002, où ce paralléle n’est point signalé, cf  Marx & Engels . Manifeste du parti Communiste, Présentation  Emile Bottigelli,  Ed  GF Flammarion, 1993)

Bien entendu, on retiendra dans les deux cas un appel au rassemblement, celui des « prolétaires » en

1848 (« Prolétaires de tous les pays  unissez-vous »)  et celui des Juifs en 1896/97.  Dans les deux cas, le texte parut  parfois en feuiilleton  dans des périodiques Rappelons

que la version française du Judenstaat parut en France sous

le controle de Herzl avec pour titre l’Etat Juif et non l’Etat

des Juifs/ De meme, le titre d’origine, Manifeste du parti

communiste deviendra Manifeste Communiste/

 

.Il faudra

toutefois attendre les lendemains de la Commune,  en 1872

pour que la traduction  française paraisse dans Le Socialiste.

(cf  l’édition  de Bottigelli,   »les traductions françaises

du Manifeste » , op. Cit. pp. 166-167; Henry Mayer  A propos d’une bibliographie de Karl Marx  Temps Modernes   141 novembre 1956; Maximilien Rubel    Bibliographie des oeuvres de Karl Marx avec en appendice un réprtoire des oeuvres de Friedrich Engels;  ed Marcel Rivière  1956)

Antony Cyril Sutton accuse le philosophe Karl Marx d’avoir pour la rédaction de son manifeste fortement plagié l’ouvrage de Victor Considerant, Principe du socialisme Manifeste de la démocratie au XIXe siècle, publié en 1843 (cf « Karl Marx  et son Manifeste »  in  Antony C. Sutton  Le complot de la Réserve Fédérale  Ed  Nouvelle Terre 1995  pp 57 et seq) . Rappelons que Marx avait pris beaucoup de retard  dans la commande qui lui avait été faite. On peut donc penser que dans la précipitation pour respecter les délais, il

n’eut d’autre issue que de recourir à un tel procédé sans avoir le temps de toiletter le résultat final.

Cela n’est pas sans faire penser au plagiat qui fut à la base des Protocoles des Sages de Sion.

On soulignera le ton prophétique du Manifeste en sa dernière partie notamment :

‘Les Communistes tournent leur attention  principalement vers l’Allemagne parce qu’elle est à la

veille d’une révolution  bourgeoise (laquelle) ne peut  qu’être que le prélude immédiat d’une révolution

prolétarienne ». On sera tenté de rapprocher quelque part les perspectives d’avenir du prolétariat de celles

des Juifs. Et ici l’Allemagne apparait  comme une sorte de « terre promise ».

Herzl a t-il été influencé par la fortune du Manifeste? En tout état de cause, deux textes qui

connurent un grand nombre de traductions et qui s’inscrivent au sein d’un mouvement politique,  communiste ou sioniste. Rappelons que la démarche de l’Abbé Grégoire  rejoint peu ou prou celle de

Herzl et que le terme de « régénération », qui figure dans son Essai,  pourrait convenir au discours de Herzl sur l’avenir des Juifs..

 

Nous ne reviendrons pas dans le cadre de cette étude sur nos analyses de l’Etat Juif ni de la Prophétie

d’Orval ni sur l »essor remarquable  du prophétisme au XIXe siècle dont nous avons traité

abondamment ailleurs. Nous avons surtout voulu ici compléter ce que nous avions déjà abordé. On

signalera à titre d’exemple l’Accomplissement des Prophéties de A. d’Orient,( alias Vial)  Paris, 1847 (BNF R 45493) et le rôle que joua le Pape Pie IX (cf Papes et Prophéties, op. cit.)

JHB

26 10 14

 

 

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Le vizirat comme variable de gouvernement

Posté par nofim le 15 octobre 2014

Droit constitutionnel:  la fonction du Premier Ministre sous la Ve République.  Le vizirat.

par  Jacques  Halbronn

 

La Ve République accorde au Premier Ministre un rôle majeur sur le plan gouvernemental. Le Premier Ministre est nommé par le

Président de la République lequel peut ou non décider de tenir compte de la composition du Parlement, élu lors des dernières élections ou encore dissoudre l’Assemblée Générale pour disposre d’une information plus fraîche. C’est dire que pour nous les postes de

Président de la République et de Premier Ministre ne sauraient se confondre. Avant tout, le Président de la République apparait comme un monarque constitutionnel si ce n’est, on l’a dit, que l’on ne saurait lui imposer un premier ministre. On a vu cependant lors de ce qu’on a appelé « cohabitation » que le Premier Ministre est parfois bel et bien imposé par le résultats des dernières élections encore qu’à la différence de l’Angleterre, cela ne soit pas forcément le chef de la majorité parlementaire qui soit pris comme Premier Ministre (cf le cas de Balladur en 1993). Mais il est également vrai et attesté que le Président de la République, sous la Ve République, est libre de

prendre pour  Premier  Ministre un personnage non élu, non membre de l’Assemblée Nationale ou du Sénat, voire sans aucun mandat électif (Pompidou sous De Gaulle, Raymond Barre par Giscard d’Estaing) tout comme il peut tout à fait  changer de Premier Ministre sans que ce dernier ait été mis en échec par le Parlement.

C’est en cela que nous dirons que la Ve République est un régime remarquablement souple en comparaison de ce que l’on peut

trouver ailleurs, y compris dans le Royaume Uni. Tantôt  le Président  choisira le « meilleur » , de son point de vue (cf Juppé sous Chirac),

soit il prendra celui que le vote aura en quelque sorte désigné, et notamment le chef de la majorité. Selon nous, il aura toujours le choix entre ces deux options qui offrentr une certaine alternance.

Au  regard de la science politique, le fait de privilégier la fonction du Premier Ministre face au « monarque » (roi, président) permet

de couvrir la longue durée et ce bien au delà des deux derniers siècles. C’est pourquoi nous parlerons ici de vizirat et des vertus d’une telle formule.

Si l’on remonte le cours de l’Histoire, on trouve  un grand nombre de « vizirs » sous la forme de « favoris » (en Angleterre), de

« ministres » principaux  comme Richelieu ou Mazarin. L’institution du vizirat est vieille comme le monde  et traverse les âges et les régimes sous la forme de « maires du palais »  On pourrait en France  citer parmi les plus célébres  Charles Martel, Suger,  Jacques Coeur, Sully,  Concini,  Colbert,  Turgot, Necker,   Talleyrand,  Guizot, Clémenceau, Briand,  Léon Blum,  Laval,  Mendés France,  Guy Mollet, Debré,  Chaban Delmas Pierre Mauroy, Laurent Fabius.(cf  Philippe Valode, Les Ministres de l’Histoire de France, 2006)

Michel Rocard,  Jospin etc

C’est en cela que nous combattons ceux qui pronent la suppression et du Premier Ministre et du droit du président de

dissoudre l’Assemblée Nationale en vue apparemment de se rapprocher du « modéle » américain qui est qualifié de présidentiel. Nous irons même jusqu »à dire que la Ve République n’est ni parlementaire ni  présidentielle mais reléve du vizirat car c’est à son niveau

que se situe le véritable gouvernement de la France. Et sans dissolution, le régime du vizirat ne saurait pleinement fonctionner puisque cela interdirait au Président de la République de demander, à certains moments, au peuple de décider.

La démarche qui est la nôtre est en fait sous  tendue par nos travaux sur les cycles. Ce qui nous conduit à penser qu’à certains moments,

le Président doit choisir comme Premier Ministre le  personnage le plus performant, celui qui couvre le champ le plus large, englobant

ainsi les taches de tous les ministres  et à d’autres,  celui qui correspond à la volonté populaire, comme solution d’attente, comme pis aller, en attendant le retour possible de la première formule.

Autrement dit, il conviendrait de considérer le systéme électoral comme une invention récente visant à supplléer les manques du

Premier Ministre qui n’est plus en mesure de gérer à lui seul la totalité des dossiers. On doit alors passer à un gouvrenement plus collégial et donc pluriel avec tout ce que cela peut entrainer  d’une formule assez bâtarde.

Dans les autres pays,  qu’en est-il? Trop souvent, le Premier Ministre s’impose d’office au monarque ou au président de la République.

C »est le cas Outre Manche, om le chef du parti ayant gagné les élections législatives se voit d’office placer en position de Premier Ministre. Un tel automatisme n’est nullement une obligation sous la Ve République. Du moins, si cela était le cas, il conviendrait que cela ne le fût pas systématiquement et qu »‘il soit indiqué que le Président de la République  a le choix entre un Premier Ministre qui a sa confiance et un Premier Ministre qui a derrière lui une majorité parlementaire.

Pour tout dire, nous pensons que tout cela est tributaire d’une certaine cyclicité que nous avons décrite ailleurs sous les termes

de phases conjonctionnelles et disjonctionnelles. La conjonctionnelle correspondant au cas d’un Premier Ministre choisi et la

disjonctionnelle à celui d’un Premier Ministre élu (comme en Israël)

En conclusion, nous dirons qu’il serait bon de préciser certes quelques points de la Constitution de la Ve République en

la centrant sur  le poste viziral.

Contrairement à ce que d’aucuns écrivent(cf Arthur Conte),  cette fonction n’est nullement le propre de la Ve République mais il est vrai que celle-ci n’a probablement pas été suffisamment cernée et théorisée.  Paradoxalement, c’est le Président de la République qui est

l’interface entre le peuple et le premier Ministre et non l’inverse. Il revient au Président de choisir le meilleure Premier Ministre sur la

base des diverses données dont il dispose. A toute époque et en tout lieu,  quel que fût le régime, le choix du Premier Ministre – qu’on l’appelle ainsi ou autrement- aura été crucial et parfois fatal quand il n’a pas été changé assez vite et remplacé par l’homme de la situation. Il est essentiel que ce poste ne soit pas verrouillé à la différence de celui de Président ou de monarque. Cette dualité entre

un facteur fixe et un facteur mobile est  essentielle et  se retrouve sur le plan cosmique  avec  le rapport de la planéte à l’étoile fixe. Dès lors, l’élection du Président de la République  revêt une autre dimension puisqu’il s’agit d’élire quelqu’un qui sera apte à nommer

le « bon » Premier Ministre, en quelque sorte un « faiseur de rois », qui « gouvernera » l’Etat mais qui ne conduira pas la politique.  Faut-il rappeler que De Gaulle fut d’abord

le dernier Président du Conseil de la IVe République (1er juin

1958) avant de devenir le premier Président de la Ve République?

Rappelons que Pétain avat suivi exactement la même trajectoire

en devenant d’abord le derniier Président du Conseil de la IIIe

République avant de fonder l’Etat Français (régime dit de Vichy)

Idem pour Hitler d’abord chancelier de la République dite

de Weimar avantde fonder le IIIe Reich..

On peut  aisément établir un parallèle  avec la pratique des

monarchis et des empires. Il en est ainsi en Allemagne durant

le second Reich avec le remplacement des chanceliers (cf

Charles Zorgbibe.Guillaume II. Le dernier empereur allemand

Ed du Fallois 2013). Le changement de « vizir » quel que soit

son titre reste la pierre angulaire, selon nous, de la science

politique, tous régimes confondus, tous siècles et  Etats

indifféremment..

 

JHB

02  11 14

Bibliographie

Philippe Valode, Les Ministres de l’Histoire de France. Maires du Palais, éminencesn présidents du conseil et premiers ministres,

Paris, De Vecchi, 2006

Arnaud de Maurepas et Antoine Boulant. Les ministres et les ministères du Siècle des Lumières (1715-1789) Etude et Dictionnaire.  Ed Christian/JAS  1996

Arthur Conte  Les premiers ministres de la Ve République. Paris, Le pré aux clercs 1986

Dominique Sourdel  Le Vizirat  Abassaide de 749 à 936 (132 à 324 de l’Hégire)  Beyrouth, 1959

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La cartonomancie d’Etteilla (32 et 78)

Posté par nofim le 26 septembre 2014

 

La cartonomancie d’Etteilla: des cartes françaises aux

égyptiennes

par  Jacques Halbronn

 

En 1770, Etteilla se fit connaitre  pour son traitement des

jeux de cartes ordinaires, dites françaises. Son travail

connut deux rééditions en 1773 (Bib. Arsenal)

et 1783 (conservée au département des estampes de la BNF)

avec chaque fois de nouvelles introductions et préfaces.

Mais à partir des années 1780, Etteilla se fera le

propagateur du « jeu de tarots » qui est chargé d’une autre

dimension, et qu’il présentera comme le Livre de  Thot, avec

un lignage égyptien. Et c’est par ce biais qu’Etteilla

s’inscrit dans l’histoire du Tarot de Marseille, rôle et mérite que

l’on ne saurait lui contester. Papus parle à son sujet d’une

« mutilation du tarot véritable  »

Comment expliquer que son magnum opus ait reçu le titre

de Manière de se récréer avec le jeu de cartes nommées

tarots, en 4 cahiers. Titre en effet qui nous apparait comme

emprunté aux méthodes d’apprentissage du tarot en tant

que divertissement, amusement, jeu de société.?  Force en

effet est de constater qu’une telle présentation risque fort

d’induire- délibérément- en erreur le lecteur non averti.

D’ailleurs, Etteilla se référe à   La Maison des jeux academiques , contenant un recueil general de tous les jeux divertissans pour se
réjoüir, & passer le temps agreablement   À Paris,  chez Estienne Loyson. M.DC.LXV

(BNF 8° S 16525) ouvrage de La Marinière,  paru dans les années  1660  et dont un chapitre traite du jeu de tarots

et de son introduction en France; après avoir connu une vogue à l’étranger et notamment dans les pays d’expression

allemande/ .

 

I  Les cartes françaises

Les titres changent d’une édition à l’autre :

1770 Etteilla ou manière de se récréer avec un jeu de

cartes, Amsterdam, Paris, Lesclapart (Arsenal  8°S 14395)

On note que ce titre sera repris dans sa Manière de se

récréer avec le jeu de cartes nommées Tarots. On aura

simplement ajouté qu’il s’agissait de Tarots (cf  J. M. Lhôte;  Court de

Gébelin, Ed Berg  1983 p. 177)

1773  Etteilla ou la seule manière  de tirer les cartes

revue, corrigée et augmentée.  Amsterdam et Paris, chez

Lesclapart.(Arsenal  NF 49167)

1783  Etteilla ou Instruction sur l’art de tirer les cartes

3e et dernière édition par l’auteur de la Cartonomancie

Amsterdam  et Paris

(Estampes Microfilm , BNF Richelieu, Arsenal NF 6894))

La dernière édition signale d’ailleurs la parution de la

Manière de se récréer avec le jeu de cartes nommées

Tarots pour servir de troisiéme cahier à cet ouvrage

par Etteilla

Au début des années 1780, La lecture du Monde Primitif de Court de Gébelin révéle

à Etteilla tout l’intérêt du jeu de Tarot, dont celui-ci avait probablement eu connaissance

sans en saisir la véritable portée. (cf  aussi  en annexe du Monde Primitif analysé et comparé avec le monde moderne (.) ou Dissertations mélées (pp. 395 et seq)  Recherches sur les Tarots et sur la divination par les cartes des Tarots par M. Le C. de M*** (in Jean-Marie Lhôte, op. cit. pp. 145 et seq)  Il  cite  La Maison des Jeux Académiques  1665   p. 34  (p 149) qui comporte un chapitre

sur les Tarots, sans la moindre connotation ésotérique.  On peut d’ailleurs parler d’une

ésotérisation d’un jeu de cartes et on notera que les éditions du Tarot que réalisera Etteilla dans le cours des années 1780

porte un titre insignifiant sans aucune allusion divinatoire, peut être pour tromper la censure..

.  En lisant le volume 8,  Etteilla découvre que la série (il appelle cela une

« galerie ») a probablement subi des permutations, ce qui ne laisse d’éveiller son intérêt. Très vite, il va faire paraitre

des travaux sur ce sujet en y exposant un certain nombre de réformes.

Le passage du jeu de 32 cartes à un « jeu » de 78 cartes  s’accompagnera d’un certains transfert . Le nom d’Etteilla y est repris pour

signifier le questionnant et la questionnante. Mais alors que dans le jeu de 32 cartes, Etteilla conseillait de créer une 33e carte

en effacçant par exemple l’as d’un autre jeu- ce qui donnait une carte blanche, dans  le jeu  de 78 cartes, il remplace deux lames

par des cartes correspondant aux dits questionnant et questionnante. Par ailleurs,  le traitement qu’il avait fait des cartes « mineures » du jeu de 32 cartes (c’est à dire les cartes qui ne sont pas des « honneurs », selon la terminologie que nous emploierons désormais (cf infra), réparties en 4 « couleurs »  ont des rois réprésentant l’homme de campagne, l’homme de robe, l’homme blond et l’homme brun tant

dans le jeu à 32 cartes que dans le jeu à 78 cartes que présente Etteilla. Dans les éditions plus tardives, au XIXe siècle, on les associera au pape, à l’empereur d’allemagne, au Soudan d’Egype et au roi de France.Le  terme cartonomancie  englobera les deux pratiques.

 

II  Les tarots et le Livre de Thot.

Entre 1783  et  1785  quatre « cahiers » paraissent

(le dernier étant consacré à l’astrologie, toujours sous

ce même intitulé, ce qui explique qu’il n’ait longtemps point

été identifié en cette qualité. (c reproduit in f Jean-Marie L’hôte,  Court de Gébelin, Le Tarot,

Berg, 1983 p.  162) : Jeu des Tarots ou le Livre de Toth, Memphis, Lesclapart)

Etteilla y développe une critique du Tarot quant à l’ordre

des Arcanes supérieurs, en reprenant en partie les arguments de

Court de Gébelin lequel met en cause l’ordre traditionnel des Arcanes majeurs : Etteilla s’en prend aux

Cartiers  qui « ont renversé l’ordre du livre de Toth (…) Effectivement, une galerie (une série) qui contiendrait une histoire de cette sorte

serait  bien sottement composée. Nous verrons l’ordre des premiers Egyptiens mais

avant il faut reprendre ce faux ordre dans l’esprit le plus vrai ainsi que nous venons de faire

pour la Cartonomancie.  ‘(Second Cahier de  la Manière de se récréer, 1785,   reprint Jobert 1977, p. 36).

L’ordre qu’il adopte – comme on l’a montré dans une précédente étude- se

voit considérablement « chamboulé » et rappelons qu’un autre ordre sera encore

proposé en 1807 qui place carrément en tête l’arcane du Monde dont  Papus

dira que c’est la clef du Tarot, carte qui comporte le tétramorphe, donc une division en 4. (cf Le Tarot des

Bohémiens. Clef absolue de la science occulte, le plus ancien livre du monde) Etteilla  s’efforce de reconstituer

les procédés des cartiers  en vue de « symmétriser la galerie », c’est à dire l’ordre des cartes. Selon Etteilla, « les copistes  qui se

sont succédés y ont mis suivant l’époque où ils vivaient les  objets relatifs à leur manière de voir emblématique » (cf  Leçons théoriques

et pratiques du Livre de Thot, Amsterdam, 1787; pp. 10-11)

Le titre quelque peu anodin de ces 4 cahiers semble avoir été imposé par la censure. Etteilla aurait parait-il préféré pour titre

« La Cartonomancie égyptienne ou le Tarot. »

Les travaux d’Etteilla se perpétueront après sa mort, apparememnt survenue à la fin de 1791  avec notamment

Hugan alias Jejajel sans oublier le fils d’ Alliettte qui se présente sous le nom d’Alliette fils.  Une édition pirate sans aucune mention

d’Etteillla reprendra textuellement son nouvel agencement,  sous le nom de Mlle Lemarchant : Les Récréations de la cartomancie, ou
Description pittoresque de chacune des cartes du grand jeu de l’oracle des
dames, avec des combinaisons pour expliquer le présent, le passé, l’avenir : Paris : tous  les marchands de nouveautés, (1856) BNF V 44599) cf aussi  Julia Orsini (alias  Simon  Blocquel), Le Grand Etteilla; Reed./ Paris,  Leymarie, 1990)

Etteilla aura donc réussi à imposer  sa « version » du  Tarot mais sera  finalement marginalisé au point qu’on ne le considérera pas comme appartenant à la littérature consacrée au Tarot « classique » (de Marseille) alors que selon nous, il en est un critique et un réformateur. (sur la place accordée à Etteilla dans l’histoire du Tarot,  cf  Helen  Farley  A Cultural  History of Tarot  From Entertainment to Esotericism; B. Taurus  2009,  pp. 106 et seq. ; Cynthia   Giles   The  Tarot History, Mystéry and Lore   Paragon House 1992, , pp..  26  et seq.  Stuart Kaplan,  La grande  Encyclopédie  du Tarot, trad. de l’anglais,  Paris,  Tchou 1979, pp. 154-158)

On notera qu’Etteilla n’était pas parvenu, cependant, comme nous le proposons désormais, à  la conclusion selon laquelle les

arcanes majeurs devaient initialement comporter non pas 22 lames mais 24.

En effet,  il nous apparait que le jeu de 78 est une amplification du jeu de 32 et en étend la division en deux groupes, les honneurs et

les cartes mineures, répartis en 4 couleurs, soit 4×8 et 8×4.

Roi  Dame Valet  As

Dix-neuf, huit, sept

En fait l’As remplace ici le cavalier que l’on retrouve dans le Tarot qui correspond donc  à un état plus ancien du jeu de 32 cartes. Mais sur 78 cartes, le décalage est compensé.

Par extension:  on ajouta donc  24 cartes mineures : 4×6 :  six, cinq, quatre, trois, deux,  as et 24 cartes majeures qui sont les

arcanes dits majeurs du Tarot si ce n’est que l’on n’en a plus que 22 et c’est cette lacune que n’ont pas signalé les tarologues. Ce faisant,

ils n’ont pas non plus cherché à répartir les arcanes majeurs en 4 groupe de 6 cartes s’ajoutant aux 16 honneurs du jeu initial de 32

cartes, ce qui donnait un total de 40  « majeurs » face à 40 « mineurs., le  défaut rédhibitoire du 22 é tant qu’il n’est pas divisible par 4.

Etteilla a proposé de  voir dans les arcanes majeurs

les 7 jours de la création, les 4 vertus cardinales mais cela ne suffit

nullement à notre requéte. Nous avons nous-mêmes en 1983  (Mathémétiques Divinatoires, Ed Trédaniel), proposé d’isoler

dix arcanes dans le cadre d’un « tarot séfirotique » reprenant le principe posé par Papus de regrouper les lames totalisant 22.

Mais nous allons reprendre le dossier de fond en comble sur la base d’une division en 4  familles de six à lames. Il nous semble que  cela implique  qu’il n’y ait pas

à rechercher une quelconque unité, que la continuité

du début  à la fin de l’ensemble ne soit pas de mise. Quelques

lignes de clivage semblent en tout cas ressortir:

le pouvoir terrestre  avec 4 cartes qui se suivent;

papesse  – impératrice-empereur  pape    : 2 -3-4 – 5

le pouvoir céleste  avec l »Etoile, La Lune, le  Soleil, trois

cartes qui se suivent. 17 18 19

Il semble qu’il y ait également de bonnes et de mauvaises

cartes et que si l’on additionne deux cartes qui totalisent

22 on  ait  autant de contrastes (cf Mathématiques

Divinatoires  1983, pp 37  et seq) mais on en reviendrait alors  au

nombre 22!

Amoureux et Maison  dieu

Chariot  et Diable

Hermite et Mort

Roue de fortune  et   Pendu

Force et  Fou

En tout état de cause, il est étonnant qu’Etteilla n’ait pas perçu

que le jeu de tarot n’était  qu’une amplification, une

extension du jeu de piquet.  Dans les deux cas, il y a

des honneurs et des cartes « simples » sans images. Il nous

apparait donc clairement que l’on est passé de

deux  fois seize  à  deux fois  quarante et que face à  40

cartes sans images, il fallait   40 images, soit 16 + 24  et non

38.(16 +22). La recherche passe par la conscience du manque.

On notera que le Bateleur renvoie aux 4 séries sur sa

table:  coupe,  denier, épée  et  baton et qu ‘on en trouve

trace dans certaines arcanes majeurs:

le bâton, c’est aussi le sceptre de l’empereur et de l’impératrice

la coupe  figure sur les cartes de la tempérance et de l’Etoile.

l’épée s’observe avec la  Justice et la  faux de la mort

les deniers sont les disques du soleil  et de la  lune

Il faudrait d’ailleurs s’interroger sur le choix de ces 4

objets tant dans le jeu à 32 qu’à 78/80 cartes. En anglais,

l’on désigne le tréfle par club, bâton et pique par spade,

épée, carreau par diamond et seul coeur est rendu

par Heart et non pas Cup, ce qui souligne l’interaction

entre les deux « paquets » de 32  et de 78/80.

Bien entendu, les éxégétes n’ont pas manqué de relier

les 22 arcanes supérieurs aux 22 lettres de

l’alphabet hébreu et de  proposer une division en

trois groupes de  sept lames, ce qui nous semble être une

fausse piste. On notera ainsi que le Livre de

la Création (Sefer Yetsira) distingue 7 lettres doubles

alors que grammaticalement il n’y en a que 6, le resh

ne comportant pas de « daguesh » modifiant sa

prononciation. Cela a contraint le commentateur à

proposer  3 lettres mères au lieu de 4.(Eléments) et  douze

lettres « simples » pour les douze signes zodiacaux et les douze

mois. On notera aussi que 32 correspond à la somme de

22 lettres et des 10  sefiroth.

Le rôle de l’historien des textes est de déduire un certain

nombre de probabilités à partir de ce qui lui est donné à

voir, c’est à dire des « restes », des vestiges qui nous

parviennent, souvent hors contexte et sans la part de

l’oralité qui donne une autre portée à l’écrit. Face  à ces

24 cartes dont nous présumons l’existence dans le

projet initial, il y a en fait plusieurs découpages possibles entre

lesquels il nous faut choisir.

On peut ainsi diviser 24 par six mais aussi par quatre.  Ce

qui donne six groupes de 4 ou quatre groupes de 6. Or,

force est de constater que l’on trouve assez facilement

dans les arcanes majeurs des groupes  de 4 lames, qui se

succédent ou non.  Dans le cas des vertus cardinales, il y en

a 4 (cf  Court de Gébelin,   Du jeu des Tarots, p. 97, reprint

in  Jean-Marie Lhôte. Court de Gébelin,  Le Tarot, Berg, 1983)

et on ne peut donc guère songer à en ajouter deux pour

arriver à 6. Un autre groupe déjà signalé est celui

de l’empereur et du pape et de leurs contreparties féminines, ce

qui donne à nouveau 4.  C’est pourquoi nous pensons que

celui ou ceux qui ont pensé ce dispositif auront opté pour

six groupes de 4 et non 4 groupes de  6. Il nous

reste à tenter de reconstituer les 4 autres groupes mais

le cas des cartes comportant des astres s’offre aussi à nous:

soleil, lune, étoile et on peut y adjoindre le Jugement qui

fait immédiatement suite:  13   15 16 et 22

on revient aussi sur l’idée d’un groupe positif (Amoureux,

Ermite,  Chariot, Roue de  fortune et d’un

groupe négatif (mort, diable, maison dieu, Fou) en soulignant:

une certaine continuité numérique.

Restent deux lames de synthèse: le Bateleur et ses 4 objets

représentant les 4 séries des lames mineures et le Monde

avec le  tétramorphe. (aigle, lion, taureau, homme) On pourrait

ajouter les 4 tempéraments (comme dans le Kalendrier des

Bergers)

En fait, la principale erreur d’Etteilla est d’avoir cru que les 22 arcanes constituaient

un ensemble d’un seul tenant  et qu’il convenait d’en déterminer l’ordre  du commencement à la fin. Il

semble même qu’il ait voulu gommer la frontière entre arcanes majeures et mineures si l’on s’en

tient aux légendes qu’il associe aux diverses cartes.

Or, selon nous,  il s’agit d’une juxtaposition de 6 séries distinctes les unes des autres et ce sont les séries

qu’il faut ordonner et non leur contenu:  la série 1 est celle des personnages assis représentant le pouvoir

tant temporel que spirituel, puis lui fait suite la série des « bonnes cartes », puis celle des Vertus, puis celle

des « mauvaises cartes », puis celle des forces célestes. Quant à la sixiéme série, dont il ne nous reste que deux éléments, elle se situe à l’articulation entre la fin et le début de la « galerie », avec le Monde (XXI) et le Bateleur (I) formant une sorte d’ouroboros. Déjà en 1983,  nous avions (Mathématiques Divinatoires Ed  Trédeniel) opposé le groupe des  « bonnes » cartes et celui des « mauvaises « cartes. tant ces deux séries sont marquées par un expressionisme  qui ne se retrouve pas par ailleurs. Oswald Wirth

(cf Le Tarot des Imagiers du Moyen Age, Rééd.  Ed Tchou, 1978, pp. 51  et seq) avait distingué divers groupes d’arcanes. et opposé, par couples,é les lames totalisant deux par deux 23.(nous avions pour notre part opposer des lames totalisant 22)/ Wirth  avait circonscrit deux groupes de 4 lames  que nous avons nous -même isolés :

1  la Papesse et l’Impératrice  face à l’Empereur et au Pape

2 Les Etoiles, la Lune, le Soleil et le Jugement

 

Nous pensons que l’imagerie du Tarot en ce qui concerne

les arcanes majeurs puise dans le Kalendrier des Bergers.

(fin XVe siècle) mais on observe aussi que la Roue de

Fortune  s’origne dans le supplice de la roue pratiqué aux

Enfers et très représenté dans le dit Kalendrier au même

titre que le Diable et la  Mort. Inversement, selon Court de

Gébelin, le Pendu ne serait pas une mauvaise carte mais

l’allégorie de la vertu de Prudence. Quant  à la Maison Dieu,

est-ce une si mauvaise carte que cela? L’Hôtel – Dieu est un lieu

d’accueil pour les indigents, le symbole de la Charité.

On ne suivra certainement pas Wirth quand il écrit

 » Aux 22  arcanes primitifs ont été ajoutés 56 cartes à

jouer partagées entre 4 séries de  14″ Il est clair que pour nous

les arcanes supérieurs sont dérivés des 16 honneurs, ce qui

donne un total de 40 images. 22 n’est divisible ni par 6 ni

par 4. On notera cependant que le nombre 32 est important

en kabbale en ce qu’il totalise 22 + 10  sefiroth  et de fait

les 22  arcanes majeurs renouent avec  ce nombre 22 qui se

subdivise en 7,  12  et 3, selon le Sefer Yetsirah

Le Tarot est-il au départ un savoir divinatoire? On peut

sérieusement en douter. Il nous fait songer au Kalendrier des

Bergers où l’on retrouve les Vertus cardinales mais aussi

la Mort et les astres, à l’iconographie des Livres d’Heures.

Les historiens du Tarot ont d’ailleurs mis en évidence un tel

compartimentage:

« Ces images étaient réparties en cinq séries représentant les  états de la

vie, les muses ou arts, les sciences, des vertus et les planétes ou systéme du monde. Le tarot

serait né de l’adjonction à ces images de cartes numériques » (Cinq siècles de cartes à jouer

en France, Bibliothèque Nationale,   Bulletin du vieux papier,  facc 205, septembre 1963, p. 85)

 

.

Bibliographie

)
The Game of Tarot : from Ferrara to Salt Lake City / Michael Dummett ; with the assistance of Sylvia Mann
G. Duckworth
1980
Decker, Ronald
A wicked pack of cards : the origins of the occult tarot / Ronald Decker, Thierry Depaulis and Michael Dummett
Duckworth
1996
A history of games played with the tarot pack : the game of triumphs / Michael Dummett and John McLeod
the Edwin Mellen press
2004

R. Falconnier,  Les XXII Lames hermétiques du Tarot Divinatoire,

Ed Bélisane, Nice  1976, 2012

Gérard  Van Rijnberk, Le Tarot. Histoire, iconographie, ésotérisme,  Ed Trédaniel 1981

JHB

01  10  14

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Etre femme ou comment vivre dans un monde d’hommes

Posté par nofim le 19 août 2014

Les femmes  face aux hommes prises dans la dialectique conjonction-

disjonction.

par  Jacques Halbronn

 

Quand nous pensons aux  femmes  et essayons de nous

mettre à leur place, nous nous demandons comment on

peut vivre dans un  monde où  tout ce qui compte  est le

fait des hommes, pas de tous les hommes certes et c’est

heureux car tout le monde ne peut pas être au sommet mais

disons le fait d’hommes et cela presque exclusivement. Depuis

que le féminisme   s’affirme, est ce que les programmes

de musique classique ont changé, se seraient féminisées?

Non et pour une raison très simple, c’est que de toute façon

les femmes sont  « rétro », elles vont vers des valeurs sures et donc

ce qui se passe au  présent  ne les touche pas tant que cela

dans le domaine culturel, scientifique, religieux. Donc au bout

d’ »un demi-siècle,  les femmes consomment toujours autant

de ce que les hommes ont réalisé,: qui sont les meilleurs

cinéastes, lesmeilleurs compositeurs, les meilleurs

philosophes, les meilleurs peintres? Réponse: des hommes

et non les hommes. Mais l’on sait que la probabilité  sera

toujours qu’au bout du compte ce sont des hommes qui

gagnent sur les différents tableaux.

Si nous étions une femme,  nous en prendrions notre parti

car à quoi bon se faire du mal (mâle)? Peut être espérer que

cela va changer, qu’il y aura de plus en plus d’ exceptions

à la régle et à quoi cela nous avancerait.?  Au fond, il vaut

mieux que les probabilité ne concernent que la moitié

de l’humanité car cela fait moins d’investissements que si

tout est posssible, tout peut arriver. Or est-ce bien cela

que souhaitent les femmes, à savoir que tout et

n’importe quoi puisse arriver? Est-ce ainsi que le monde

doit tourner? Sur le long terme,  la probabilité de trouver une

femme qui sortira du rang au regard de la postérité

est infiniment faible..Cela n’en vaut pas la peine! Les femmes

seront toujours et à jamais des éternels seconds sauf si l’on

devait supprimer ou lobotomiser  les hommes évidemment.

Car la présence masculine est tellement  humiliante!

Elle est mauvaise pour  le moral! L’homme est un cauchemar

 

pour les femmes par tout ce qu’il représente, même si tous les

hommes ne sont pas ou plus des lumières. Si ce  n’est toi,

c’est donc ton  frère:

Heureusement, comme l’évoque le récit biblique de la

Tour de Babel, les  « dieux »  ont  voulu  freiner  la dynamique

masculine de peur que les hommes ne deviennent comme eux et

pour ce faire, ils ont importé les femme de façon à ce que cela

les empêche d’aller trop vite et trop loin. Autrement dit, les

femmes auraient été choisies pour leur pouvoir de nuisance

un peu commes les sirénes dans l’Odyssée, qui détournent

les héros de leur route. Entendons par là que la femme ne

trouverait son identité que dans le Mal qu’elle peut faire aux

hommes,. Elles seraient des tentatrices, mettant les

hommes à l’épreuve avec plus ou  moins de bonheur ou

de malheur.

Oui, si nous étions une femme, nous  arriverions à la

conclusion que  nous incarnons le Mal, l’Erreur, la Faute,

dans tous les sens du terme. Le  Livre de  Job campe  une

telle mise à l’épreuve en présence de Satan.

L’astrologie est présente dans le Livre de Job quand Dieu

évoque les étoiles.  L’astrologie  est une invention des

dieux  pour neutraliser les hommes. Elle instaure une cyclici

qui nous fait songer au supplice de Sisyphe condamné à tout

devoir toujours recommencer et tout  y est programmé pour

que les  femmes puissent périodiquement prendre le dessus

sur les hommes,  pendant la moitié du temps, ce qui n’est

pas sans évoquer le conflit entre Pluton et Cérés, (Hadés

et Demeter).

Nous avons montré dans nos travaux sur les cycles (sur le blog

nofim et sur nos vidéos  de la chaine Youtube qui porte

notre nom) que la conjonction enchaine la femme à l’homme

mais que la disjonction  lui enléve ses chaines.(cf l’image

d’Adam déchainé dans l’Apocalypse). Rappelons que tout

est lié au mouvement de Saturne par rapport aux

4 étoiles  fixes royales le tétramorphe à rapprocher du

tétragramme)

Que se passe-t-il donc quand la femme est liée à l’homme

et lui est soumise? Elle l’accompagne, ne se met pas en

travers de son chemin, elle se comporte docilement. Mais

advienne la disjonction  et  elle va s’ingénier à le faire

enrager, le contrarier, se faire désirer, attendre! Le faire

tourner en bourrique.

En période disjonctionnelle, les femmes ont la bride

sur le cou, elles sont incontrolables, éprises de liberté, elles n’ont

pas/plus  de comptes à rendre. A contrario, en phase

conjonctionnelle, elles sont souvent des victimes plus

ou moins résignées,  consentantes, prêtes à se sacrifier, à suivre leurs

hommes jusqu’au bout. Mais a bout de trois ans et demi,

les masques tombent!  Inversement, il  est des mégéres

que l’on apprivoise en phase conjonctionnelle.

 

 

 

 

 

 

 

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Du sionisme au scoutisme : une question d’observance

Posté par nofim le 13 août 2014

L’identité juive, entre Sionisme et  Scoutisme

par  Jacques  Halbronn (CERIJ)

 

Peu avant sa mort Freud publia Moïse et le Monothéisme

(selon le titre de la traduction française. En fait « l’homme Moïse

et la religion monothéiste, littéralement de l’allemand). Freud

s’appuie sur le fait qu’un certain pharaon, qui prendra le nom

d’Akhenaton avait développé un culte monothéiste. Selon Freud,

Moses serait ce pharaon qui aurait ainsi instruit un peuple

dans cette croyance en un dieu unique..Dans le présent essai,

nous développons une autre thèse qui tend à déterminer ce qui

a pu conduire à une certaine spécificité des Juifs. Quant à Jung, il

tint également des propos sur les Juifs, en phase avec l’époque

(La situation présente de la psychothérapie, 1934,  ( Richard Nolle.  Jung, « le Christ Aryen ».

Les secrets d’une vie. Ed Plon 1999)  en distinguant l’inconscient aryen

et l »inconscient juif  (cf René Major et Chantal Talagrand,

Freud,  Paris, Folio,   Gallimard  , 2005, p. 185)

En 1978,  nous avions  lancé une association consacrée à

la recherche sur l’Identité Juive, le CERIJ.  Ce questionnement

identitaire vaut pour les domaines les plus divers et il s’agit

de déterminer ce qui est  le plus vital pour une discipline, pour

une culture. On perd souvent  conscience de ce qui est

vraiment  lessentiel.

Nous opposons ici sionisme  et ce que nous appelons le

scopisme, du latin Scopus. qui est la traduction de l’hébreu

Tsofé/im.  qui commence par la lettre Tsadé  comme Tsion.

Il y  a à Jérusalem  un Mont Scopus, où se  trouve l’Université

Hébraïque. (Har Hatsofim) comme il y a un Mont Sion. Depuis

1993, tous les 4 ans, nous avons participé à un Congrès

Mondial  des Etudes  Juives,  sur ce Mont.

L’expression renvoie à la Bible, elle désrigne ces

explorateurs envoyés vers la Terre Promise et qui en firent

un compte rendu.

Pour nous,  l’identité juive est celle du Tsofé, de l’explorateur

plus que celle du prophéte Nabi, Hozé, qui s’en rapproche.

Le Tsofé est à l’avant garde, aux avants postes, c’est un

« colon », en « mission » (celui que l’on envoie en éclaireur)

Il importe donc de dédramatiser l’Histoure Juive quand

on parle d’expulsion  alors qu’il faudrait parler d’exploration.

L’envoi peut aussi être vécu comme un renvoi, dans le cas

du sionisme,  renvoi vers une mission passée sinon dépassée.

Pour nous, les Juifs ont dans leur ADN  quelque chose qui

en fait des explorateurs, et ce dans tous les domaines

et pas seulement sur le plan de la découverte territoriale

mais  dans le domaine de la Science, de l’Art, de la

Technique..

Les Juifs seraient donc des  « envoyés », des pionniers et

quand Herzl  a écrit l’Etat Juif (1896) , il n’était pas

encore voué au Retour des Juifs en Palestine, Ce n’était

pour lui, alors qu’une  option  avec l’Argentine. Même à la

veille de sa mort, il avait agréé  l’idée de l’Ouganda,

proposée par l’Angleterre. La Première Guerre Mondiale

remettra la Palestine au coeur du débat avec la  chute

de l’empire ottoman dans cette région. (Déclaration

Balfour 1917) Nous mêmes nous somme issus par notre

famille maternelle  des Juifs partis en Argentine et notre

mère naquit là  bas. Notre grand mère publia un

livre s’intitulant « Une femme dans la Pampa ».

Nous présentons donc  ce projet du Scopisme ou

du  Tsofisme  en remplacement du Sionisme. En ce sens

les Juifs du XXIe siècle, assumeraient ce rôle

d’explorateur  dans tous les sens du terme: on  peut

explorer l’Histoire, le psychisme,  la Peinture, la Musique,

le Cosmos, Les Juifs seraient la tête de pont de l’Occident

Européen  vers  le reste du monde.

Le fait que les Européens aient voulu les « détacher » en dehors

de l’Europe n’a donc pas à être dramatisé. Ce n’était pas

pour s’en débarasser mais pour les ramener à leur mission

qui est d’aller au delà.

Le terme Eclaireurs  est une bonne  traduction de Tsofim

-mais c’est évidemment à rapprocher de Scoutisme

 

et d’ailleurs  on parle pour les jeunes Juifs des Eclaireurs.

En ce sens la notion de diaspora peut englober cette

notion  d’éclaireur si ce n’est que tout dépend de

quel centre il est question. Pour nous, le centre reste

l’Europe et la terre de mission (Terre Promise)

au delà de ses frontières.

L’eclaiteur est celui qui observe mais l’on sait que ce

 

verbe a aussi une connotation religieuse. On parle de

l’observance des commandements (shomer); celui qui sert de

vigie, qui veille, le veilleur et l’éveilleur. Le Juif est un éveilleur.

 

 

 

 

 

 

 

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Epistémologie de la science historique

Posté par nofim le 5 août 2014

La dimension spéculative de la recherche historique et le genre du roman

par  Jacques Halbronn

 

L’historien à l’instar du romancier -ou vice versa- tente d’élaborer un certain passé à partir d’un certain nombre de données. La

recherche des causalités responsables des dites donnée constitue le tissu historique tout comme le point de départ  d’un fait divers peut

inspirer un roman, donc une « histoire » ( avc un petit h) en remontant vers ce qui a pu aboutir au dit point de départ. Dans bien des cas, ce

qui s’est passé aurait pu se passer autrement tout comme le futur peut lui aussi se dérouler autrement et l’on peut imaginer d’autres solutions

et résolutions. (cf  Collectif,  Les historiens de la Garde; De Lorant Deutch à Patric Buisson, la résurgence du romn national, Ed  Inculte 2013)

Il est loisible à chacun de concevoir des scénarios plus ou moins probables si ce n’est que certains peuvent prévaloir sur d’autres et s’y

substituer comme étant plus logiques, comme intégrant davantage de paramétres, de données.  Un modéle est falsifiable. Cela ne

signifie pas que l’un l’emporte sur l’autre parce qu’il est « prouvé » mais ce qu’il est plus probbable ou moins improbable. La recherche

hisrorique exige des démonstrations, des argumentations.

Nos  travaux concernant la génése du  symbolisme zodiacal, par exemple, et notamment celui du  tétramorphe (Taureau, Lion Aigle

Homme) comportent certes une dimension spéculative mais nous pensons qu’ils conduisent à une représentation plus satisfaisante

pour l’esprit que les seules données  « traditionnelles »  brutes qui ne s’inscrivent même pas dans une  approche scientifique car

l’Histoire ne saurait se limiter à un caractère « factuel ».(cf notre vidéo du 2 août sur le même sujet, sur You Tube). Ce que nous avons écrit

récemment sur l’émergence du « peuple »  juif est également spéculatif mais se fonde sur une histoire comparée des invasions, des

« têtes de pont », ce qui confère à notre propos une certaine probabilité plus grande que le simple « constat » historique. On pourrait en

dire de même de nos travaux sur Nostradamus. En fait,  nous dirons que le métier d’historien consiste à établir des chronologies, à

reconstituer un état antérieur à celui qui nous est connu. C’est cela la recherche historique.

L’historien ne réalise pas une opération foncièrement difféente de celle du romancier. On est toujours dans le »comment en est-on

arrivé là? »  La seule différence, c’est peut être qu’il est difficile de dire à un auteur qu’il aurait pu raconter une autre histoire alors que le

débat peut tout à fait se concevoir entre historiens/ Le débat, quant au roman, se limite à une discussion « intérieure », quand l’auteur

lui-même aura hésité entre plusieurs scénarios.  On ajoutera une autre différence concernant le futur. Le romancier aurait le droit de

se projeter dans l’avenir et pas l ‘Historien.  Mais l’historien peut se faire  prophéte dès lors qu’il a découvert certaines « lois »qui valent

autant pour le passé que pour l’avenir, étant entendu que de telles « prévisions » ne sauraient  aller au delà d’un certain seuil de précision.

Non pas que l’on ne puisse pas annoncer certaines choses mais certainement pas le résultat global. L’historien aurait une obligation

à cerner les moyens mais non les fins. En ce sens, le regard de l’historien  sur le passé ne diffère pas vraiment de son regard vers l’avenir,

c’est à dire que son discours restera marqué par une certaine forme d’abstraction.

La question des facteurs de perturbation caractérise plus les sciences humaines que les sciences dures en ce sens que le présent

n’y  correspond pas autant au passé. C’est en cela que l’épistémologie de la science historique diffère. On peut certes admettre que certaines graves perturbations aient pu affecter le relief ou le climat mais dans le domaine des sciences de l’Homme, c’est une

problématique bien plus récurrente et incontournable d’autant que les dites perturbations eussent pu ne pas se produire. Donc

le scénario élaboré par l’historien doit intégrer de possibles  perturbations qui auront crée un décalage non seulement diachronique

mais synchronique avec le présent, qui est le moment où le travail de réflexion et de recherche a été engagé.

Encore faut-il ajouter qu’il existe plusieus plans qui se chevauchent: il ya ce qui est et sa représentation. C’est le plus souvent

la représetation qui est perturbée.  Si l’on prend le cas du symbolisme saisonnier, il y a des textes qui ont pu se corrompre, « évoluer » sans

que la réalité représentée ait changé.  Les saisons sont les mêmes saisons grosso modo qu’il y a des millénaires mais certains discours

les concernant peuvent avoir sensiblement changé.  On pense ainsi aux rapports

entre le français et l’anglais : si le phénoméne est resté

peu ou prou le même, la conscience du dit phénoméne peut être toute autre.

Selon nous, le présent est « gros » du passé et donc il est essentiel pour l’historien

d’apprendre à lire le passé dans le présent, ce qui relativise la question  d’un passé

que l’on ne pourrait retrouver tel quel. Il faut s’habituer à l’idée que le passé est

indissociable du présent et vice versa, qu’il est « portéé par le présent. On ne peut

donc effacer; « tuer »  le passé puisqu’il survit dans le présent. Le succés des séries

policières illustre bien cette  fascination pour celui qui exhume le passé en fouillant

le présent, à la façon d’un archéologue. C’est aussi une problématique  importante

en psychanalyse.  Certes, il y a un temps où l’on fait des hypothèses mais celles-ci

sont vouées à être affinées, précisées.  Mieux vaut, en définitive, un discours

cohérent et logique qu’une accumulation de données qui ne font pas sens.

 

 

JHB

05. 08 14

 

 

 

 

 

 

 

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Les astrologues sidéralistes face à l’Histoire de l’astrologie

Posté par nofim le 5 août 2014

Remarques sur  quelques travaux  sidéralistes  en Histoire de l’astrologie

Par  Jacques Halbronn

 

En ce début de XXIe siècle, il est assez évident qu’il est temps que l’astrologie se ressource, se régénère.  Or l’histoire de l’astrologie produit des effets contradictoires : elle peut  contribuer à la

Pléthore des dispositifs comme elle permet une décantation en mettant en évidence des

syncrétismes, des doubles emplois. Approche apologétique ou critique du corpus astrologique,

approche synchronique ou diachronique ? C’est selon. Dans les années cinquante-soixante, la

tendance « structurelle » était de  conférer à chaque notion astrologique retenue dans le « canon »

astrologique une fonction spécifique. Un réformateur de  l’astrologie comme Jean Pierre Nicola

conserva les 12 signes, les 10 planètes, les 12 maisons, les aspects  avec leur manichéisme, même s’il

prit ses distances avec le symbolisme et la mythologie.  En fait, sa démarche consista à  projeter sur

l’astrologie des origines  les connaissances scientifiques actuelles sans  prendre en compte le  fait que

l’astrologie ait été plus une loi fondée sur le cosmos que la volonté de connaitre le cosmos dans sa

globalité. L’histoire de l’astrologie nous enseigne-t-elle  combien astrologie et astronomie se recoupent ou au contraire combien elles diffèrent dans leur raison d’être. C’est Vanki qui en 1902 (Ed. Chacornac) dans son Histoire de l’’Astrologie avait décrété (p. 13) « Dans l’origine, l’astrologie ne se distingua pas de l’astronomie et les deux mots dont l’étymologie est à peu près semblable,

s’employaient indifféremment l’un pour l’autre » Or,  s’il est  attesté qu’à certaines époques, l’astrologie passa sous la coupe de l’astronomie,  notamment avec la Tétrabible de Ptolémée, cela

ne signifie aucunement qu’il en ait été ainsi à l’origine, et ce tout simplement parce que l’astrologie n’avait qu’un besoin limité de l’apport de l’astronomie pour exister et notamment en ce qui concerne le nombre de plantés « utiles » pour son dessein.

Nous aborderons dans la présente étude les travaux de deux astrologues sidéralistes qui ont

publié sur l’Histoire de l’Astrologie, Denis Labouré et Marie Delclos, dans les années 90, décennie

particulièrement féconde dans ce domaine en France, notamment en ce qui concerne notre propre

production.

 

I   Denis Labouré  Les origines de l’astrologie  ed du Rocher 1997 Préface Jean-Pierre Bayard

Labouré reprend la malheureuse formule de Knappich  (Histoire de l’astrologie  Paris, 1986, p. 62 ) qui écrivait :

« Comme dans ce schéma les 7 planètes n’occupaient chacune qu’un signe, on créa un autre schéma

Dans lequel  le Soleil et la Lune n’avaient respectivement  qu’un domicile  tandis que les autres

Planètes disposées selon l’ordre astronomique en avaient chacun deux » On retrouve

une telle affirmation chez un autre historien germanophone,  également dans les

années soixante (Peuckert,  L’astrologie; son histoire, ses doctrinesd, Payot 1965; Reed

1980 et 2005,  pp. 115  et seq

Labouré : » A chaque astre, la tradition accorde un ou deux signes du Zodiaque, où il se révèle dans  sa plénitude »

Or, il y a là un grave contresens historique. Il est évident que l’on avait à l’origine deux dispositifs à sept planètes et  un seul signe en domicile  comme en exaltation. C’est par la suite, que d’aucuns ont cru bon de passer aux « doubles domiciles ». D’ailleurs, la notion de ‘trône » soulignait un seul des deux domiciles.  On a montré en effet que domiciles et exaltations sont des dispositifs jumeaux, l’un articulé sur l’axe solsticial et l’autre sur l’axe équinoxial. Nous ajouterons que cet axe est lui-même décalé d’un signe du fait de la précession des équinoxes et que l’exaltation du soleil était initialement en  taureau et non en bélier du fait de l’évolution du point vernal  dans les constellations.

Qu’est-ce donc que cette « tradition » qui n’est en fait qu’un avatar tardif ? En ce qui concerne les 4 Eléments, il eut été heureux de noter que  l’on ne relie pas les signes et les 4 Eléments avant la fin du premier millénaire.

Labouré, en astrologue sidéraliste signale certes les 4 étoiles fixes royales mais il ne  met pas en évidence que les constellations correspondantes constituent un système totalement différent de celui des 12 « signes » zodiacaux. Dans un cas, la symboliques des signes correspond grosso modo au cycle des saisons (les 12 mois pour les 12 lunaisons) mais dans l’autre la symbolique du tétramorphe

(Taureau, Lion, Aigle, Homme)  a évolué avec la précession des équinoxes, ce qui permet de dater d’environ 12000 ans, un demi- cycle précessionnel l’instauration d’un tel dispositif.

Nous regrettons d’avoir à signaler que nos propres travaux ont été piratés par divers auteurs dont

Denis Labouré, Hervé Drévillon  et quelques autres qui n’ont pas jugé bon de nous citer alors même

qu’ils puisaient dans nos publications. Labouré réussit l’exploit de reproduire divers passages

de notre édition (1977)d’Abraham Ibn Ezra, en se contentant de signaler l’éditeur. En 1990,  Labouré avait publié à notre instigation le traité de Claude Dariot ( chez Pardés) avec notre postface et il ne cite même pas notre nom quand il se réfère à cette édition. Quand à Eustache Le Noble, nous avions

traité de cet astrologue également en 93 (Ed Trédaniel, autour de l’astrologie du Livre de Toth

d’Etteila)/  Labouré ne signale pas non plus  notre Etrange Histoire de l’Astrologie (Ed Veyrier 1986) avec Serge Hutin pas plus que notre article (1994) ‘Astrologie » dans l’Encyclopaedia Universalis qui remplaçait celui de René Alleau (Reed fin 2004 sans  la bibliographie ) ou encore notre Monde Juif et l’Astrologie (Ed Arché, Milan) tout en prétendant dans son introduction tout en dressant un bilan de l’Histoire de l’Astrologie à la fin du XXe siècle. Quant à Drévillon, il utilise pour sa thèse parue chez Champvallon la substance de notre ouvrage paru en 1993 chez Trédaniel ( autour du Commentaire du Centilogue de Nicolas Bourdin)  qu’il se contente de citer dans sa bibliographie mais non en bas des pages où  il recourt massivement  à nos travaux.

 

II  Marie Delclos   Astrologie racines secrètes et sacrées Dervy  1994

Nous retiendrons ce propos concernant  la possibilité de remonter  de 12000 ans  (pp. 74  et seq)

« L’astrologie remonterait non pas au cinquième ou au quatrième millénaire avant  notre ère, soit avant le petit déluge de -3000 mais avant le grand Déluge, celui de Platon. Elle remonterait à -12000 »

Mais nous fondons notre analyse sur  le fait que l’axe Aigle-Taureau est inversé par rapport au zodiaque  à 12 signes. Nous pensons que le zodiaque est hybride, ce qui explique la confusion des débats au début du XIXe siècle autour du Zodiaque de Dendérah (décalage Lion-Balance, cf. Dupuis  Abrégé de l’Origine de tous les cultes et sa polémique avec Visconti).

Le rappel d’une relation entre les 12 signes et les 12 dieux de l’Olympe  montre bien qu’il  y a eu

historiquement un passage d’une  référence aux dieux vers une référence aux astres, ce qui montre que la relation de l’astrologie à l’astronomie est loin d’être aussi évidente, au départ, que certains historiens de l’astrologie le prétendent.

Marie Delclos : « Les 12 dieux  conseillers de l’Olympe , six dieux et six déesses étaient attribués aux douze signes » (p. 151)

Quant à affirmer que les Anciens connaissaient la planète Neptune découvert e en 1846, cela se résume par ce jugement de l’auteur :  « On découvre peu à peu que plus nos connaissances augmentent  plus nous découvrons que la Tradition n’avait  pas menti »  Neptune fait partie des 12 dieux, et est même associé par Manilius au signe des poissons mais certainement pas en tant que planète et ce en  dépit de tel ou tel quatrain des Centuries citant Neptune. (cf. P. Guinard sur ce sujet in revue Atlantis). Selon nous, deux astrologies se seront développées  parallèlement pour ensuite s’entremêler, l’une associant les 12 mois aux dieux et l’autre  divisant le ciel en 4 et en 8 (maisons  cf.  P. Guinard sur la division en 8). autour des  phases de la  Lune dans le mois (ce qui donne la semaine) et des 4 étoiles fixes royales balisant le cycle sidéral  de astres (et notamment de Saturne) en 4.  On notera que les 12 lunaisons ne coïncident nullement avec les 4 saisons. Marie Delclos signale l’axe Aldébaran-Antarés mais  n’indique pas son interaction avec le cycle des planètes ni  la question du rapport insolite entre Le Scorpion et l’Aigle, ce qui crée un décalage que l’on ne saurait  négliger de signaler car il permet  de mieux baliser le passé.

Selon nous, la préoccupation  concernant le nombre de planètes   est décalée quand on prend en

Compte qu’il  s’agit non pas d’astres mais de dieux, le passage aux astres étant  à l’évidence le fait des astronomes, mettant en place le dispositif des domiciles et exaltations qui se limite aux deux

Luminaires et aux cinq planètes et  laisse de côté les autres dieux faute d’assez de  planètes. L’idée

selon laquelle les 12 signes implique que l’on ait connu 12 planètes est totalement anachronique, même si ce mythe a pris une autre dimension à partir de la fin du XVIIIe siècle avec la découverte de planètes qui prendra le nom de divinités n’ayant pas encore été intégrées  en astronomie et en  astrologie. (cf. les spéculations d’un Léon Lasson,  d’un Caslant (sur Proserpine), d’un Jean Carteret,  d’une Lisa Morpurgo, d’un Roger-Benoît  Jourlin  et nos propres travaux in Mathématiques

Divinatoires  ed Trédaniel  1983)

Signalons aussi  notre « Lettre à une amie astrologue » (c’est-à-dire Marie Delclos) en tête de  notre Etrange Histoire de l’Astrologie, op. cit, pp. 7 et seq)

Au niveau bibliographique,  nous noterons que Marie Delclos signale deux communications

(Yves Marquet et Françoise Gauquelin) lors de Colloques que nous avons organisés en 1991 et 1993. En revanche,  Marie Delclos cite abondamment Abraham Ibn Ezra  et les traités que nous avons

édités (cf. supra) sans citer notre nom , (pp. 391 et 393)

 

Ces deux historiens  marqués par l’astrologie sidérale  se contentent en fait de diviser le zodiaque à partir d’un point qui est décalé par rapport au point vernal  (Ayanamsa) unique alors que nous pensons que les 4 étoiles royales structurent et balisent  4 périodes, sans qu’il faille tenir compte d’une quelconque division en 12.(signes ou constellations)

L’histoire de l’Astrologie est un labyrinthe  truffé de chausses trappes. La carte n’est pas le

territoire et il revient au chercheur de  gérer les bribes qui nous sont parvenues  bien plus que de nous servir des connaissances astronomiques modernes comme semblent le croire d’aucuns.

Jetons un bref coup d’œil , pour finir, sur notre article Astrologie de l’Encyclopaedia Universalis , avec ce mot qui revient  tout au long de « syncrétisme » (cf Peuckert, L’Astrologie, op. cit. pp. 157

et seq)   Mais il est clair que 20 ans après, notre réflexion sur la question aura sensiblement évolué.      A l’ époque, nous n’avions pas notamment pris conscience de l’inversion générale qui aura affecté tant  le rapport du tétramorphe aux saisons mais aussi le passage d’un repère sur le descendant ayant précédé  la référence  à l’ascendant. Bien plus, pour nous, le début du Zodiaque se situait à la Balance et non au Bélier et nous voyons dans ce symbole l’ouroboros (Janus)  qui marque la fin d’un cycle et le commencement d’un nouveau.

 

 

JHB

05. 08 14

Publié dans ASTROLOGIE, HISTOIRE, prophétisme, SCIENCE, symbolisme | Pas de Commentaire »

Nostradamus lecteur de Roussat

Posté par nofim le 19 juillet 2014

 

Richard Roussat et le prophétisme astrologique au milieu du XVIe siècle

par  Jacques  Halbronn

En 1981,   il y eut réédition en reprint du Livre de l’Estat et Mutation des Temps, Lyon, 1550 (Présentaton J. P. Brach, Ed  gutenberg).

Comme à notre habitude, nous  examinerons cet ouvrage contemporain des almanachs de Nosrtradamus  au regard de l’Histoire de l’Astrologie, comme nous le faisons systématiquement pour toutes les rééditions d’ouvrages astrologiques anciens. Notre idée est

de comprendre comment un tel ensemble hétéroclité de rééditions a pu marquer le développement de l’astrologie dy XXe siècle, de par

son intrusion dans le cours normal de la production en ce domaine..

L’auteur attache la plus grande importance au cycle des grandes conjonctions de Jupiter avec Saturne et donc aux triplicités -quatre éléments- qui en constituen la variable récurrente. Or, l’on sait toute l’importance des Quatre Eléments dans la pratique astrologique de

la seconde partie du XX e siècle et au delà. Le changemennt de tripliciété tous les 200 ans environ, donc au bout d’une dizaine

de  conjonctions, à raison d’une tous les  20 ans, est censé annoncer des changements majeurs.

Roussat est un lecteur d’Abraham Ibn Ezra  et du Liber Rationum mais en fait cet ouvrage ne doit  pas être confondu avec

celui dont nous avons fait la traduction de l’hébreu. Tous les 354 ans, on change de maître planétaire. On trouve chez Nostradamus

des références à un tel dispositif, notamment en ce qui concerne le régne de la Lune et en effet l’on considére Roussat comme une des

sources du corpus nostradamique ( tant ce qui est authentique que ce qui est ajouté) Mais Roussat reprend de son côté le Période du Monde de Pierre Turrel.

Le XXe siècle aura par ailleurs été le théatre de nombre de rééditions de textes de Nostradamus, en dehors même des Centuries.

Ce fut notamment le cas au tout début du siècle. Un des documents les plus précieux est, selon nous,  l’édition d’un manuscrit qui serait

le brouillon d’un imprimé disparu mais traduit par ailleurs en itaien.  Il s’agit de l’almanach pour 1562 dont on n’aurait conservé en

imprimé qu’une édition tronquée, censurée.

Ce manuscrit  (cf  Reproduction  très fidéle d’un manuscrit

par M. de Nostredame , dédié à S. S. Le pape Pie IV,

Magdebourg, 1906 (Bibl. Mun. Lyon La Part Dieu)

nous révéle un autre visage de Nostradamus qui n’est ni celui du faiseur besogneux d’almanachs, ni du poéte illuminé

des Centuries. Et c’est en cela que le rapprochement entre Roussat et Nostradamus fait sens. Car force est de constater que les Centuries

ne correspondent aucunement  à l’image que l’on peut se faire de Nostradamus  dans les années Cinquante-soixante, si l’on fait abstraction

des dites Centuries. Nostradamus est un homme de calculs qui situe systématiquement ses propos dans le temps, celui des dates  terrestres comme célestes. Or, le dit manuscrit  vient pleinement confirmer un tel  jugement de notre part. Nostradamus, notamment,

s’intéresse à une éclipse et à celui qui naitra sous  ladite éclipse, en 1566. Il dit même que ce personnage portera le nom de

Marcelin qu’il rapproche de Macelin, en italien un boucher, terme que l’on retrouve dans les Centuries. On a là la preuve que

les Centuries ont mis en vers des textes en prose de Nostradamus, tant ce terme est étrange. Il ne saurait s’agir d’une coincidence.

Cela dit, le quatrain ne fait guère sens (cf notre étude sur Shakespeare et Nostradamus), ce qui n’est pas son but, de toute façon.

En 1999 (Ed du Seuil),  B. Chevignard publiera la première partie d’un  recueil manuscrit (Receuil des Présages prosaïques) qui correspond au manuscrit des almanachs de Nostradamus..  On n’y trouve point l’almanach pour 1562 du moins   dans sa forme augmentée d’un « mémoire ».

Si ces rééditions nous restituent un « vrai » Nostradamus, la réédition à partir des années 80 de fausses éditions des Centuries,

prétendument premières en date) datées de 1555,  1557 et 1568, aura saturé le corpus Nostradamus  de contrefaçons.

 

 

JHB

19. 07. 14

 

 

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