L’imaginaire de la résurrection dans le monde chrétien

Posté par nofim le 21 novembre 2014

La lecture comme acte de résurrection. Une fonction féminine.

par  Jacques  Halbronn

Nos récentes recherches sur les livres de prières du culte « israélite »nous ont

conduit à une approche comparative des corpus et il est clair que bien des formules

des recueils juifs sont calquées dans les recueils chrétiens, à l’instar du Pater Noster

qui n’est que la transposition du « Avinou »  hébraïque.

Mais des différences importantes apparaissent également notamment autour

de la question de la Mort qui hante les « missels »  chrétiens.

Prenons la Liturgie de la Messe ( texte  bilingue français

/latin ed Mediaspaul & Editions pauliniennes)

p. 14  J’attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir

p 36  Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus

nous célébrons ta résurrection

Grâce à toi qui étais mort

Gloire à toi qui es vivant

p/ 55  Vous  ferez cela en mémoire de moi

p.56 Voilà pourquoi Seigneur

nous célébrons aujourd’hui le mémorial de notre  rédamption

en rappelant la mort de  Jésus-Christ et sa descente au séjour des

morts, en proclamant sa résurrection »

On pourrait allonger la liste de tels passages que l’on pourrait résumer par la

formule Mort et Résurrection.

Nous pensons qu’il y  a là une clef pour comprendre un comportement visant

notamment à ressusciter des oeuvres du passé. Rejouer une sonate de Beethoven,

par exemple, c’est la ramener en quelque sorte à la vie. On assisterait ainsi au

miracle de la résurrection. Il y a là une sorte de culte des morts qui tend à envahir

l’espace culturel actuel et qui passe notamment par l’écrit, par la lecture qui est devenue

une priorité notamment dans l »éducation féminine et d’ailleurs l’accés à la lecture et à

l’écriture semble bien avoir été la revendication la plus importante au regard de

l’intégration sociale des femmes. D’où le personnage emblématique de la

sténo-dactylo qui a longtemps correspondu à la fonction privilégiée des femmes avant

qu’elle ne soit abolie par le perfectionnement de la technique.

Savoir lire à voix haute, interpréter une partition, c’est ressusciter le passé que l’on

pouvait croire révolu, forclos. Et d’ailleurs,dans les églises et les temples, la lecture joue

un rôle éminent, d’où l’importance des « livres de prières ».

L’historien du féminisme, avec le recul, sera conduit à constater que l’émancipation

des femmes se sera avant tout concrétisée, sur deux cents ans, par la disparition

de l’analphabétisme féminin.  Et de fait, priver la société de l’apport des femmes

au regard de la fonction de scribe était effectivement une grave erreur qui aura été

corrigée.

Cela dit, il ne faudrait pas pour autant extrapoler : il y a là certes une progression

mais elle a de toute évidence ses limites du fait même qu’elle se déploie sur une voie

paralléle à celle de la création  – et l’on sait que deux paralléles ne se rejoignent pas

du moins en géométrie euclidienne. En fait, l’investissement des femmes dans la

lecture aurait du conduire à mieux cerner la place des femmes dans la société mais

comme on l’a dit, les femmes ont été largement remplacées – et cela ne fera que

s’aggraver au cours des prochaines décennies- par la machine, et notamment par

les « lecteurs » , les scanners..

Mais dans une optique chrétienne, on l’a vu,  lire c’est faire revivre ce qui était

mort/ Or, il nous apparait que la machine est par excellence l’ »être » que l’on peut

réparer et c’est ce qui la distingue de l’Homme. Comme dirait Camus, la mort

marque le destin des hommes. En ce sens, toute idée de résurrection a pour nous

des résonances technologiques  qui préfigurent un monde complétement mécanisé.

 

 

 

 

 

 

JHB

21 11  14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La philosophie de l’égalité des sexes et l’esprit de la Révolution

Posté par nofim le 20 novembre 2014

La Nuit du 4 août 1789  et  la naissance du féminisme moderne : la Vindication

de Mary Wollstonecraft (1792)

par  Jacques Halbronn

Une des avocates les plus remarquables de l’égalité des droits de l’homme et de

la femme  semble avoir été  l’Anglaise Mary Wollstoncraft

et sa  Vindication of the Rights of Woman, Londres, 1792 (BNF R 24000) dont l’ouvrage est dédié

à Talleyrand, au lendemain de la promulgation de la « Constitution »

. On y lit dans la préface à Taleyrand  (cf trad Marie-France Cachin,  Payot 1976)

quelques points qui serviront de base à une réflexion sur les origines du féminisme

moderne, fortement liées à la Révolution Française.

« le désir ardent de voir  la femme placée dans une position où elle puisse favoriser

au lieu de le freiner le progrès des nobles principes sur lesquels se fonde la morale »

(…) Dans ma lutte pour les droits des femmes, mon argument principal est fondé

sur le principe simple que si la femme n’est pas préparée par l’éducation à devenir

la compagne de l’homme, elle arrêtera le progrès du savoir et de la vertu (…) Si  l’on veut

inculquer à des enfants les vrais principes du patriotisme, il faut que leur mère éprouve

ce sentiment (…) L’éducation  et la situation sociale de la femme  aujourd’hui lui

interdisent de telles spéculations »

« l’idée selon laquelle chaque sexe a un caractère particulier va à l’encontre de la

morale »

« Si les femmes ne peuvent pas jouir de leurs droits légitimes, elles chercheront

en se corrompant et en corrompant les hommes à obtenir des priviléges illicites »

 » Si les droits théoriques de l’homme se pretent à la discussion et à l’explication

ceux  de la femme par analogie pourront être évalués suivant les mêmes critères »

En quoi consiste donc l’argumentation de Mary Wollstonecraft?

Nous commencerons par le point suivant:  vu que les femmes font partie de facto

de la société humaine, il convient de craindre leur faculté de nuisance, si elles ne sont

pas traitées équitablement, ce qui en fera un « frein » pour le progrès envisagé.

Un autre point tient à l’argument « analogique » et en quelque sorte symétrique, comme en

un jeu de miroirs. Ce qui vaut pour l’un vaudrait ipso facto pour l’autre. C’est ce que

nous enseignerait la « raison ».

Il convient de nous situer, pour suivre le raisonnement de l’auteur, dans l’esprit du temps

(Zeitgeist), qui vise à tout repenser -(à la façon de Descartes), à partir ex nihilo, en

quelque sorte. Autrement dit,   ne serait-il pas « logique » que du moins sur le papier

l’on posât d’entrée de jeu l’égalité, la non différence entre les sexes, comme idéal

à atteindre?

L’auteur flatte ainsi l’ego masculin en l’incitant à relever le défi de l’égalité entre hommes et

femmes alors que cette égalité a été instituée dans d’autres domaines restés si

longtemps séparés (les trois « Etats » cf la nuit du 4 Août  1789, trois ans avant

la parution de la « Vindication » (Défense).

L’idée de mettre fin à tout ce qui pourrait entraver le cours du Progrès  est

exploitée par l’auteur. On doit faire tomber les barrières de toutes sortes. Rien

ne saurait plus résister à l’empire de la Raison. On est là dans un monde de l’utopie

qui connaitra un écho chez le « socialiste » Charles Fourier, très concerné par la place des femmes dans

la société ( Théorie des Quatre Mouvements et des Destinées en général, 1808, avec

le Nouveau monde Amoureux dans les éditions suivantes)

Mary Wollstonecraft accorde la plus grande importance à l’éducation, ce qui reste

une constante du féminisme contemporain.(cf la préface à la première édition). Il faut

donc « réformer » l’esprit des femmes qui ne rêvent que d’être un objet d’adoration.

Au bout du compte, l’auteur -à propos de son « plan » -  fait la proposition suivante : « Que les hommes deviennent plus chastes

et plus honnêtes et si alors les femmes ne deviennent pas proportionnellement

plus sages, il sera clair qu’elles sont moins intelligentes que les hommes » L’auteur

préconise la mixité dans les écoles. On en revient au

véritable enjeu si ce n’est que la vraie question est celle

d’une minorité créatrice  en tout état de cause et non d’un niveau

moyen de la majorité.

Dans le corps de l’ouvrage,  l’auteur prend volontiers à parti Jean-Jacques Rousseau, qui

n’entend pas accorder aux femmes une égalité avec les hommes. Elle n’hésite pas

à évoquer les relations du philosophe avec les femmes.

Mais le mot révolution résonne de façon magique:

« Conclusions sur le progrès moral qu’on pourrait naturellement attendre d’une

révolution dans les moeurs féminines » (Ch. XIII)

Mary Wollstonecraft nous semble profondément marquée par une approche

philosophique liée à la pratique langagière. Si notre langage peut désigner un ensemble

par un seul et même terme, ne serait-ce pas, nous laisse-t-on entendre, qu’il n’y a pas

ou plus lieu de distinguer entre les éléments composant le dit ensemble.  Or, pour cet

auteur, la philosophie ne pense pas la dualité hommes-femmes et donc cette dualité

ne devrait rien à la Raison. L’auteur instrumentalise en quelque sorte notre faculté

d’abstraction pour conclure que si nous pouvons dépasser intellectuellement,

conceptuellement, les clivages, c »est que ceux-ci  n’ont pas lieu d’être. En ce sens, la

philosophie serait révolutionnaire et donc source de progrès.

 

 

 

JHB

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Conspirationisme et féminisme

Posté par nofim le 11 novembre 2014

 

La pente du féminisme vers le conspirationnisme « misogyne »

par  Jacques  Halbronn

 

A force d’entendre des femmes s’exprimer sur leur condition  et ses causes,  il nous est apparu de plus en plus évident

que leurs discours s’inscrivait dans une rhétorique conspirationniste mais aussi que sa praxis était susceptible de tendre vers

une solution  totalitariste. Il y a là une forme de paranoïa contagieuse qui pourrait être qualifiée d’épidémie. Est-ce que le sort des femmes ne s’expliquerait pas par  un complot « misogyne » et la récurrence  incantatoire de ce terme est chargée d’une forte

portée  supposée d’élucidation.

En effet,  à partir du moment où l’on  laisse entendre que les femmes seraient les victimes d’une sorte de complot les empêchant

de figurer à la première place dans l’Histoire des cultures, des sciences, des techniques etc, on se rend compte que les femmes sont

de plus en plus tentées par ce type d’explication « sociologique ». Dès lors,  elles pensent que la société peut imposer une nouvelle

grille, à coup notamment de textes de lois. Le salut viendrait de la répression étatique, donc d’en haut.

Ce processus de conspirationnisme et de totalitarisme

s’accompagne inévitablement d’un certain prophétisme,

d’une projection dans le futur : des lendemains de revanche

pour les femmes qui peuvent se greffer sur des

signifiants astrologiques comme les ères précessionnelles.

(cf Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau, Ed Albatros

1979, )

Mais jusqu’à présent, à notre connaissance, on n’avait

pas signalé la dimension prophetico-conspirationniste du discours

féminin actuellement dominant.(cf Stéphane François  Des mondes à la dérive. réflexions sur les liens entre l’ésotérisme et l’extreme droite, ed de la Hutte 2012 qui néglige  totalement le conspirationnisme au prisme du fémininsme)

Mais l’on peut aussi développer un discours qui présente

les femmes comme conspirant contre la présente

Humanité  en cultivant une certaine forme de détestation

dont on ne saurait exagérer l’ampleur et ses effets

pour les prochaines décades.

On peut craindre la tentation de la traitrise. Il faudrait

réfléchir sur le  profil  des populations vouées à passer à l’ennemi.

Nous pensons tout particulièrement aux machines qui

pourraient trouver dans les femmes un allié, le moment

venu et l’on peut en tout cas envisager une science-

fiction inspirée par un scénario somme toute assez

probable.

La collusion future entre les femmes et les machines nous semble

concevable à plus d’un titre:

-d’une part, parce que les femmes ont été remplacées

par des machines ou si l’on préfére parce que les machines

ont pris la place des femmes ou en sont le prolongement.

Des tâches encore dévolues aux femmes le seront de moins

en moins à l’avenir pour tout ce qui concerne la « lecture »

sonore des textes, y compris des partitions. Ce sera une

révolution aussi inévitable que le passage du cinéma

muet au parlant (1930). L’essor des machines est la cause

même des revendications féminines d’égalité avec les

hommes à l’instar de l’exode rural qui provoque un reflux

vers les villes

- d’autre part, parce que la société idéale voulue par

les femmes et ceux qui les manipulent et les

instrumentalisent est une société non plus de l’être mais

de l’avoir. Dans l’esprit des femmes, ce qui a seul le droit

de nous différencier, ce sont les choses, les objets, les

outils dont nous disposons.  Et cela pourrait en quelque

sorte faire l’objet d’une loterie. Cela implique d’ailleurs

des cloisonnements lesquels sont fonction de ce pour

quoi nous serions préposés. Au fond les femmes sont

d’ores et déjà persuadées que la machine est  l’avenir

de l’homme, et qu’elle mettra ainsi fin  à la domination

masculine..

On notera que sous couvert d’universalité, d’universalisme – et la philosophie a bon dos en la matière-

on légitime un certain déni du réel avec ce qu’il peut comporter de différences, de clivages,

à commencer par celui des sexes. Une forme d’antisémitisme consiste notamment à nier ce qui est spécifique

aux juifs tout comme un autre type d’antisémitisme vise au contraire à les stigmatiser (cf notre étude

Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, Ed Ramkat 2002, sur  ce sujet, cf sur Jan Van Helsing,  Stéphane François  et Emmanuel Kreis, Le complot cosmique. Théorie du complot; OVNIS, théosophie et extrémisme politique, Milan, Arché,  2012,, pp. 49 et seq)

Le féminisme sous- tend et se nourrit de prophétisme: on nous annonce une montée en puissance des femme vers la parité, tout comme

dans les années 60, l’astrologue andré Barbault annonçait que l’URSS aurait le même poids économique que les USA.(La crise

mondiale de 1965. Ed Albin Michel) Le futur est un signifiant que l’on associe ainsi avec l’avénement, la reléve des femmes comme moteur de  civilisation, prenant la place des hommes qui auraient lamentablement échoué.

On signalera que ce n’est peut être pas par hasard que le

féminisme se soit fortement développé aux USA, pays

qui est spécialement perméable au conspirationnisme

(cf  Nicolas  Chevassus-au-Louis,  Théories du

complot. On nous chache tout, on nous dit rien,  Ed First 2014)

 

( pp 111  et seq)

 

 

 

 

 

 

JHB

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La Russie, son influence néfaste en Europe aux XXe-XXIe siècles.

Posté par nofim le 3 novembre 2014

La Russie, mauvais  génie  de l’Europe  moderne.

(1905-2014)

par Jacques Halbronn

 

Nous avons publié en 2002 un ouvrage (Ed Ramkat) qui touche à la Russie (Le sionisme et ses

avatars au tournant du XXe siècle) en ce qu’il traite notamment des Protocoles des Sages de Sion lesquels nous sont connus d’abord dans la langue russe, même s’ils sont inspirés de textes rédigés en français notamment.

On sait que les Protocoles ont été le vecteur d’une nouvelle forme de judéophobie. Mais par ailleurs, les

persécutions qu’ont subi les Juifs dès la fin du XIXe siècle auront certainement contribué à l’essor du

sionisme et encouragé la recherche de solutions d’accueil des Juifs dans une nouvelle « terre », étant donné

que leur arrivé dans d’autres lieux où vivaient des Juifs pouvait déjà en soi accroitre les tensions entre eux

et le reste de la société ( les « non-Juifs »). Herzl pensait surtout aux Juifs russes quand il rédigea son

Etat Juif et qu’il  prit la tête du mouvement sioniste, notamment par l’organisation à partir de celui de Bâle en 1997 de congrès.

A partir de 1905, les Protocoles sont publiés et  traduits du russe  en tchèque et en allemand dès 1909. C’est aussi en 1905 la guerre russo-japonaise qui conduit le Japon à monter en puissance, ce qui en fera trente ans plus tard l’allié de l’Allemagne et de l’Italie (Axe)

Mais on ne saurait ignorer la responsabilité de la Russie  tsariste  en 1914 et de l’URSS de Staline en 1939

dans le déclenchement des deux grands  conflits « mondiaux ».

En 1914, c »est le soutien à la Serbie contre l’Autriche Hongrie, à la suite de l’attentat de Sarajevo, qui provoquera une réaction en chaîne

du fait du mécanisme des alliances  En 1917, les Russes renonceront à la poursuite des combats, à la suite de la Révolution d’Octobre qui

renverse le « tsar de toutes les Russies ».

. En 1939, c’est le pacte germano-soviétique et l’invasion de la Pologne  qui en découle qui conduit la France à  déclarer la guerre à l’Allemagne.

On sait ce qu’aura été le stalisnime avec ses goulags et cette Guerre  Froide marquée par la menace nuclaire.  L’Allemagne est divisée en deux.  Le rideau de fer tombe sur l’Europe..

En 1947, l’URSS permet par son vote et celui de ses satellites de faire voter la partition de la Palestine et la création d’un Etat Juif. par résolution de l’Assemblée Générale.

En 1956, les Russes menacent la France et l’angleterre de frappes nucléaires s’ils ne se désengagent pas du Canal de Suez. (expédition à laquelel Israël est partie prenante)  En 1962, Krouchtchev est sur le point de déclencher un affrontement avec les Etats Unis avec la crise de Cuba, où des missiles soviétiques ont été installés.

En 1968, le « printemps de Prague » (Dubcek) est étouffé par les troupes du Pacte de Varsovie.

En 1989,   le « mur de Berlin » tombe et bientôt l’URSS va se décomposer. Mais la Russie ne renonce pas- au  XXIe siècle, à reconstituer son Empire: ce sont les incidents de Géorgie, puis de Crimée reprise à l’Ukraine (2013) sous Poutine.

On peut penser que sans les diverses initiatives de la Russie depui un siècle et plus,  l’Europe n’aurait pas eu à subir toutes les épreuves

que l’on connait.

 

 

 

JHB

03 11  14

 

 

 

 

 

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Jean Sendy et sa lecture de la Bible

Posté par nofim le 30 octobre 2014

 

Les extra-terrestres dans l’Histoire de l’Humanité. Autour de  l’oeuvre de Jean Sendy

par  Jacques  Halbronn

 

Nous avons connu Jean Sendy (né en 1910), peu avant sa mort. Il devait normalement intervenir en septembre 1977 au Congrès que j’avais organisé (avec la revue L’autre Monde de Roger Faloci) au FIAP, à Paris mais son décé intervint dans les semaines qui précédérent  (cf La Nouvelle Ere du Verseau. Ed Albatros-Autre Monde  1979) On notera que  Sendy avait publié en 1968  » La lune clé de la Bible » et que 8 ans

plus tard nous avions publié « Clefs pour l’Astrologie ».

L’approche que nou développons actuellement quant aux origines de l’Astrologie nous apparait comme

marquée par l’empreinte de la pensée de Sendy, par ailleurs connu comme traducteur de l’anglais en français

mais aussi spécialisé dans le sous-titrage des films anglo-saxons en français .C’est donc un moment propice pour que nous relisions ses livres qui s’articulent sur le texte de la Genése.

La Lune clef de la Bible, Les temps messianiques, L’ère du verseau, Les cahiers de cours de Moïse. Ces dieux qui firent le ciel et la terre,  Nous autres, gens du Moyen Age (tous réédités dans la collection « J’ai Lu »., dans les années soixante.

La thèse que nous soutenons, en effet, c’est que l’astrologie serait en fait le résultat d’une intervention

d’en haut par des « extra-terrestres » (Sendy parle de cosmonautes appelés Elohim(un pluriel en hébreu)

dans le texte biblique)   qui auraient institué le pouvoir d’une caste dirigeante, obéissant à certains signaux célestes, générant un processus cyclique.

L’astrologie ne serait ainsi nullement le fait d’une Science mais d’une technologie  très avancée, même pour notre époque actuelle. Dans l’Inconscient Collectif de l’Humanité, l’astrologie serait perçue comme la marque et la trace d’une telle intervention colonisatrice, survenue il y a de nombreux millénaires. Sendy parle d’une « colonisation de la Terre par des Anges venus du Ciel »

Nos travaux mettent en évidence cette astrologie

qui n’a pas grand chose à voir avec l’astrologie telle qu’elle se présente de nos jours dans une certaine

littérature.  En fait, cette grille permet à la fois de mieux comprendre et l’astrologie et le Livre de la Génése

(en tête du Pentateuque, les 5 livres (Houmash ). On  notera que Sendy se sert de la  précession des

équinoxes et de sa connaissance ancienne pour y voir la preuve d’une intervention d’en haut.

/ Or, c’est l’existence même de l’astrologie qui vient, selon nous, valider l’oeuvre de Sendy. On notera que les  textes de Sendy encadrent l’arrivée des hommes sur la Lune durant l’Eté 1969 tant et si bien qu’il annonçait que l’on ne tarderait pas à découvrir des éléments  de

confirmation sur la Lune (et qu’on attend toujours, semble-t-il,  plus de 40 ans après)

Les cahiers de cours de Moïse Julliard 1963; J’ai Lu 1970

Les dieux nous sont nés. L’âge ingrat  ed Grasset 1966

La Lune Clef de la Bible (Julliard 1968, J’ai Lu 1969)

Ces dieux qui firent le ciel et la terre  Robert Laffont  1969 J’ai Lu 1979

Nous autres gens du Moyen Age, Julliard 1969

Les temps messianiques  1970 Robert Laffont J’ai Lu 1980

L’ère du Verseau,, fin de l’illusion humaniste,  1970  Robert Laffont,  J’ai Lu  198O

Les temps messianiques  Robert Laffont 1975  J’ai Lu 1980

 

L’astrologie chez Sendy

Dans « Ces dieux qui firent le ciel et la terre », Sendy  traite de l’astrologie à propos du 4e jour. Il y aborde

notamment le phénoméne de la Précession des équinoxes, qui selon lui fut révélé aux hommes bien avant qu’ils aient eu les moyens de le décrire par eux-mêmes. Les ères précessionnelles sont donc un argument

puissant aux yeux de Sendy.  Pour notre part,  la démonstration que l’on tire au regard de l’Histoire de

l’Humanité ne nous séduit pas vraiment d’autant que le symbolisme zodiacal nous apparait comme

relativement tardif.

Dans l’Ere du Verseau, Sendy enfonce le clou. Il y affirme que Moïse  » se servait certainement du

symbolisme zodiacal ». Alors que Sendy est fasciné par une astrologie du cycle lent  – une grande horloge (près de 26000 ans pour que le point vernal revienne à sa « position » sidérale d’origine), notre astrologie s’en tient  modestement à un cycle de 7 ans!

 

Abordons d’autres auteurs sur une ligne assez comparable.

Jean-Marie Durand, dans L’Homme manipulé, Ed Les 3 spirales  2003 se référe à la « haute

technologie » qui aurait permis de faire de l’Homme un être à leur image.

Erich Von Daniken  dans L’Or des dieux. donne  pour sous titre:   Les extra-terrestres parmi nous (en allemand)  Ed R. Laffont  1974

Enfin, Wiktor Stoczkowski  nous propose Des hommes et des dieux et des extraterrestres. Ethnologie

d’une croyance moderne  Ed Flammarion  1999 un discours socio-ethnologique sur les soucoupes

volantes qui  traite plus du phénoméne au présent alors que ce qui nous intéresse,  c’est surtout leur

intervention dans les temps anciens. Mais il est clair que Sendy surfait aussi, dans les années

soixante-soixante-dix  sur l’intérêt que portaient les Ufologistes à la question des autres mondes habités.

En quoi notre démarche se distingue-t-elle de celles des auteurs cités ?  Nous pensons que les

dits « extra-terrestres » ont instauré un pouvoir qui perdure jusqu’à nos jours.  Selon nos travaux, les

principaux leaders de ce monde, tout au long des siècles,  sont reliés de façon très spécifique à certaines

configurations célestes et notre humanité continue à protester contre un tel pouvoir, ce qui expliquerait

la récurrence des révolutions. En s’en prenant à ces « leaders », la « masse »  exprime en fait son rejet

de cette emprise millénaire et perçue comme étrangère. Quelque part, la Shoah serait l »expression

monstrueuse du refus de cette « greffe ».   Sendy ignorait nos travaux qui n’en étaient quand on s’est rencontré

qu’à leurs balbutiements. Toutefois, dès 1976, donc peu avant sa mort, nous avions publié Clefs pour

l’Astroogie (chez Seghers, lié à son éditeur  Robert Laffont) dans lequel nous envisagions déjà une

origine « étrangère » de l’astrologie (extra-terrestres, civilisations disparues etc). Mais nous nous

appuyions alors sur un autre volet de l’astrologie, qui n’était ni la précession des équinoxes (malgré le

Colloque et le collectif que nous avons dirigé en 1977/79) ni le cycle de  Saturne (bien que ce cycle ait déjà

été présenté dans les Clefs mais en rapport avec les équinoxes et les solstices et non avec les 4 étoiles fixe

royales dont Sendy semble tout ignorer). Ce volet qui nous fascinait, à l’époque, en ces années 70 concernait

le dispositif des « maitrises » (cf aussi Mathématiques Divinatoires, Ed Trédaniel, 1983. Préface Jean Charles

Pichon)/ Ce dispositif nous apparaissait alors comme  étant d’un niveau de complexité supérieur à ce

que l’Humanité antique aurait pu élaborer par elle-même. Nous avons renoncé depuis longtemps à un tel

argument, faut-il le préciser. Mais l’on perçoit ce qui nous rapproche de Sendy, à savoir la tentative

de prouver que l’Humanité actuelle a dépendu d’une intervention extérieure et c’est dans ce sens

que Sendy sous-titrait son ‘Ere du Verseau »,  « fin de l’illusion humaniste ». ‘(1970, in Collection  Les Enigmes de l’Univers, Laffont)

Ce qui nous distingue de Sendy, c’est qu’il s’appuie sur le fait que les « humains », les « terrestres » ne

pouvaient connaitre telle ou telle donnée scientifique comme la précession des équinoxes. Nous mêmes

avec notre argument « structuraliste » à propos de la sophistication de la théorie des « domiciles » des

planétes (en anglais rulerships) nous n’en étions pas encore à envisager que l’Humanité elle-même, dans son

mode de fonctionnement ou du moins quant à ses leaders et au processus cyclique qui était le leur,

aurait été le résultat de cette colonisation, du fait d’une bio-technologie très avancée. Cela dit, la Bible

nous apparaissait comme impliquant, en tout état de cause, une telle grille de lecture.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

30 10 14

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Patrice Guinard et l’anti-astrologie

Posté par nofim le 29 octobre 2014

Au sujet de la « Relation d’une pérégrination en anti-astrologie » (Patrice Guinard) -1996-1997

par  Jacques  Halbronn

Dans la revue trimestrielle  L’Astrologue, dirigée par André Barbault,  Patrice Guinard publia en feuilleton, sur six numéros (113 -118) un  texte consacré à l’anti-astrologie. On notera que dans les numéros 114 et 115 son article était  carrément en tête avant même tout éditorial. On s’interrogera sur ce qui occasionna un tel

phénoméne. On notera que dans ce travail érudit, qui parait ainsi à partir du début de l’année 196,

Guinard fait appel à des ouvrages qu’il a pu consulter à la

Bibliotheca Astrologica dont il fut un fidéle usager. On citera notamment parmi les ouvrages qui lui furent

fournis par cet établisssement que nous avons fondé en 1972 :  Gassendi, Jean-Baptiste Morin, Eustache Le Noble,  Tinélis-Castelet, Moody, Condren, Marin Mersenne etc

Mais notre nom ne figure nulle part au sein d’un tel ensemble et à aucun titrr. En 1993, Guinard avait soutenu à l’Universite Paris I Sorbonne une thèse de philosophie consacrée à l’astrologie (sous la direction de F. Bonnardel, Max Lejbowicz faisait partie du jury) Guinard explique le déclin de l’Astrologie au moyen de conjonctions planétaires (cf  n° 114 p. 2  note 7)

A cette occasion, Patrice  Guinard annonce dans la dernière livraison (n° 118)   » qu’un centre de recherche  en astrologie (techniques, interprétation, traductions, histoire culturelle, métaphysique) devrait être mis en place courant 1998″  Il signe ce dernier article « Dr H.  Patrice Guinard ». Cela donnera le CURA en 1999. Le’ Manifeste’ de   Guinard connaitra un certain succés et fin 2000 nous organisames ensemble le dernier Congrès astrologique du deuxiéme millénaire.(cf les

Actes sur le site du CURA) Sera mis en ligne sur le site en question notre CATAF.

Revenons sur certains arguments

n° 114 p. 3  La précession des équinoxes et le zodiaque

« Les obscurantistes qui utilisent l’argument selon lequel la signification symbolique du signe serait lié »e

à l’époque où la constellation a été pour la première fois circonscrite  ignorent (…) que l’essentiel du

contenu sémantique des signes n’a été élaboré qu’assez tardivement, dans les milieux hermétiques

gréco-égyptiens des premiers siècles avant  l’ère chrétienne à l’époque précisément où signes et

constellations coincidaient »

Ce que semble ignorer toutefois P. Guinard, c »est  la genése même du zodiaque. Il semble qu’il adhère à

l’idée d’un zodiaque  calqué sur le cycle des saisons. et qui ne subit donc pas les effets de la précession

des équinoxes dès lors qu’il est chaque fois recalculé à partir du 0° Bélier. Or, nous avons montré

qu’en ce qui concerne les signes fixes, ceux-ci  sont associés aux saisons d’une certaine époque, ce qui nous reméne 12000 ans en arrière. Contrairement à ce que semble croire Guinard, il n’est nullement évident

d’associer le taureau au printemps et le symbolisme zodiacal n’est pas d’une seule pièce.

 »

sur Gauquelin p. 9:

« Si la « courbe Gauquelin » n »‘est « vérifiée » que pour quatre ou cinq planétes, ce n’est pas qu’elles

auraient une « influence » qui ferait défaut aux autres mais plus certainement que la méthode est

inadéquate à son objet »

Guinard semble contrarié par le fait que Gauquelin ne trouve pas de résultat au delà de Saturne alors

que cela devrait être plutôt rassurant. Comment Gauquelin aurait-il pu trouver des résultats pour

des planétes invisibles à l’oeul nu? On notera d’ailleurs que ces statistiques  ne viennent pas confirmer

Mercure, car trop proche du Soleil. Les travaux de Gauquelin nous apparaissent comme un garde-fou

quant à la tentation du tout astronomique.

 

n° 118  Le thème de conception P 42

« Le système nerveux et les mécanismes de réception  et d’intégration des rythmes planétaires  ne sont pas

formés à la conception et  ce n’est qu’à la naissance que se déclenchent les fonctions nouvelles notamment

la respiration pulmonaire qui libèrent l’enfant de la matrice maternelle »

Toutefois, il n’en reste pas moins qu’il ne sert à rien de prévoir ce qui est déjà connu. A quoi bon décrire à quoi ressemblera l’enfant s’il est déjà né? Nous pensons que l’astrologie en question est axée sur l’enfance et ne fait sens qu’avant la naissance et dans les jours qui suivent la naissance. L’astrologie n’avait  pas vocation

à nous dire ce que l’on savait déjà par ailleurs.

Etonamment, Guinard  pose carrément le  fait que nous disposerions de mécanismes d’intégration des

rythmes planétaires.

Les maîtrises   n° 118  p. 43

« La théorie des  Maîtrises n’illustre pas de simples correspondances sémantiques entre signes zodiacaux

et planétes : elle est la théorie  unifiante de l’astrologie en tant que les structures  zodiacales; planétaire, et

ausso  sectorielle sont des différenciations d’une même matrice archétypale »

L’approche de guinard est délibérément synchronique. Elle considére que le savoir astrologique tel qu’il nous

est parvenu ne  fait qu’un et a toujours existé tel quel. En réalité, cette unité dont parle Guinard reléve

d’ajustements syncrétiques tardifs  visant notamment à « unifier » l’astrologie autour du 12, c’est à dire des

12 lunaisons.

En fait, Guinard semble croire que les maitrises concernent dès le départ les planétes alors que cela ne

concerne que les divinités, comme cela ressort de l’étude de l’Astronomicon de Manilius. Ce n’est que dans un deuxiéme temps, que s’est produit une planétarisation des dieux associés aux signes zodiacaux.

 

les points fictifs  n°118 p. 43

HG

« En  acceptant des pratiques utilisant des points fictifs (noeuds lunaires, parts, mi-points, planétes

hypothétiques,) ainsi que des étoiles fixes, cométes et éclipsdes, l’astrologue oublie souvent que le

modéle impliqué doit respecter une triple exigence: l’adéquation des facteurs à la réalité physique et

astronomique, la nécessité de leur périodicité, laquelle conditionne  leur intégration par l’organisme, la cohérence de l’ensemble et l’absence de redondance des opérateurs envisagés. Le thème est assez

complxes pour qu’il soit nécessaire d’en rajouter »

JH  Guinard défend l’idée du « thème » incluant tous les astres du systéme solaire. Nous pensons qu’il n’y

a aucune obligation à ce faire et que l’astrologie ne fait qu’instrumentaliser les données astronomiques

selon les besoins organisationnels dont elle a la charge. Quant à évacuer les étoiles fixes, c’est là une

erreur de première grandeur à condition de ne pas confondre la question des étoiles et celle des

constellations. Il semble en effet que l’astrologie se soit initialement organisée autour de la relation

des planétes aux étoiles fixes, ce qui transposait  le rapport de la Lune au Soleil.  Guinard ne parvient pas

à distinguer la question des étoiles de celle des constellations.(cf  n° 114, p. 5).  « Les  étoiles sidéralistes

accroisssent, dit-il,  inutilement  le désordre au sein de l’astrologie et sont aussi les plus exposés à

l’argumentation insidieuse des scientistes pour qui elles  se présentent comme une aubaine ». Guinard

semble ignorer notamment le dispositif des 4 Etoiles fixes « royales » qui permet de baliser le cours d’une

planéte. Guinard détourne ainsi les astrologues du XXIe siècle de la voie la plus saine à suivre et qui ne

dépend aucunement de la précession des équinoxes si ce n’est que l’on doit tenir compte du fait que

les éphémérides actuelleement disponibles situent les planétes selon le systéme « tropical ».

 

On chercherait vainement chez Guinard une quelconque tentative pour déterminer l’objet de l’astrologie.

Il semble qu’il veuille expliquer tout l’humain au moyen du systéme solaire prise comme globalité, à

l’instar de son maître Jean-Pierre Nicola (RET).   Il apparait que l’avenir de l’astrologie passe par

une focalisation sur le domaine propre qui est le sien et qui ne saurait faire double emploi avec d’autres

domaines.

Etonamment, Guinard disqualifie les astronomes  (L’Astrolouie n°114 p. 1) quant à leur compétence à traiter

de l’astrologie mais en même temps il leur donne tout pouvoir quant à la description des outils

planétaires dont l’astrologie serait censée se servir, à savoir  notamment les planétes au delà de

Saturne dont Guinard ne voit pas d’inconvévient à charger la dite astrologie alors que ces astres

étaient invisibles et inconnus de l’Antiquité. C’est pourquoi Guinard insiste sur le fait que l’astrologie

n’est pas un savoir figé. L’approche de Guinard n’accorde aucune importance au fait que ce sont les hommes qui ont fabriqué l’astrologie en  n’en retenant que ce qui leur semblait utile. Croire que des astres

inconnus puissent agir sur nous, c’est  priver l’astrologie de son droit de regard sur ce qu’elle prend ou ne

prend pas de l’astronomie. C’est défendre la thèse selon laquelle les astres agissent sur nous à notre insu.

 

Le rejet du « dualisme » (n°  114 p.8)

« La méthode dualiste (est) en contradiction  absolue avec la logique plurielle de l’astrologie. » Guinard

rejette « une relation binaire,  bijective, qui est censée faire correspondre la série des facteurs

astrologiques à la grille empirique ».  L’astrologie aurait selon Guinard vocation  « à éveiller l’esprit à

des distinctions  non- dualistes »

Autrement dit selon Guinard, c »est peine perdue que de tenter da valider l’astrologie au prisme de ce

que l’on peut observer dans le monde. Il en fait une sorte d’objet non identifié qui planerait sur le monde.

Le non dualisme,c’est notamment le refus de prendre en compte la « dualité » hommes- femmes en

lui substituant le thème natal, la division en 12, les planétes qui sont une sorte de fuite en avant

par rapport  justement au dualisme. Guinard n’hésite pas à déclarer (Astrologue n°114 p. 7)  « L’astrologie

n’a pas à être « prouvée » parce qu’elle n’a aucun besoin de justification extérieure pour exister »

Guinard s’en prend aux statistiques astrologiques qu’il aurait tendance à assimiler à de l’anti-astrologie

ne serait-ce que parce qu’elles en délimitent le champ : « Le choix de la notion de « catégorie

professionnelle » est  hasardeux : la consécration sociale ne saurait être considérée comme le seul

critère de référence d’une tendance potentielle. Par ailleurs, qui est musicien? Le compositeur, l’interprète, ou le mélomane? (…) Le choix d’une profession dépend de nombreux facteurs autres qu’astrologiques »

Mais dans ce cas,  est-ce à dire que Guinard réfute par avance la « validité » des  résultats Gauquelin? Il se

comporte ce faisant comme tout anti-astrologue qui nous explique que l’astrologie ne peut « marcher », a priori.

 

Un certain antisémitisme (n°115 p. 1-2, note 2)

« Les juifs (dixit  Nieztsche dans l’Antéchrist) « se sont transformés  en  vivante antithèse  des

conditions naturelles. Ils ont successivement retourné de manière irrémédiable la religion, le culte, la

morale, l’histoire, la psychologie en l’exact opposé de leurs valeurs naturelles »  et plus loin  Guinard de citer

complaisamment : » Le symbolisme du christianisme repose sur le symbolisme judaïque qui avait déjà

dissous toute la réalité en une non-nature et une irréalité sainte ». Au fond, à entendre Guinard,

l’astrophobie serait d’inspiration judéo-chrétienne, ce qui justifierait, en retour, une certaine

judéophobie. (cf Richard Noll. Jung le Christ Aryen, Les secrets d’une vie, Plon 1999). On pourrait au demeurant s’interroger autour d’un paralléle entre judaïsme et astrologie, du fait d’une mise en cause qui

s’est perpétuée,dans les deux cas, depuis l’Antiquité.

 

 

 

L’astromantie  L’Astrologue n° 115 p. 4

« Les adversaires de l’astrologie (…) ont poussé l’astrologie à la prédiction et pu ainsi  s’attaquer plus

aisément à cet ersatz astromantique qui n’est pas de l’astrologie »

JH On saisit mal où Guinard place la ligne de démarcation entre astrologie et astromancie. A quoi sert

donc tout l’arsenal astrologique que Guinard entend préserver? Celui-ci reconnait in finé (n°118,  pp. 44-45)) que l’anti-astrologie est en deça d’un certain réformisme astrologique qui ne ménage guère l’astrologie.

Guinard nous apparait comme un tenant  du thème astral. C’est là pour lui un postulat que tout

astrologue se doit d’accepter et d’assumer. Or, il est tout à fait possible de penser une astrologie qui ne se fonde

pas sur un tel dispositif, à savoir la « carte du ciel » pour un instant T, ce qui nous semble caractériser

précisément cette « astromancie » – ce qui en fait une généthliomancie- dont il ne cesse de vouloir se

démarquer.

L’astrologie a du notamment relever le défi de l’astronomie galiléenne qui ouvrait la porte à la découverte

de nouveaux  corps célestes. « Le Septénaire des Anciens s’est fissuré » Il est intéressant de noter que

précisément les astrologues se sont rendus aux arguments des astroscéptiques comme  Alexandre

Tinélis (Le Messager Céleste 1681) en se décidant à intégrer au fur et à mesure les nouvelles découvertes.

Guinard écrit avant le déclassement de Pluton, dix ans plus tard, qui montre à quel point une telle stratégie fait probléme.

Notons que le texte de guinard  a pu inspirer Elizbeth Teissier qui soutiendra peu après , elle aussi, une thèse en Sorbonne en 2001 consacré notamment à la fascination et au rejet de l’Astrologie  (Plon). Guinard notamment s’interroger sur les raisons du « rejet » de l’astrologie (L’Astrologue,  n°115  1996 p. 1), il entend « tenter  de comprendre les véritables enjeux de son rejet » .

Guinard a-t-il vraiment explicité les raisons d’une telle ambivalence? Selon nous, l’astrologie serait

associée à un traumatisme très ancien qu’aurait vécu l’Humanité du fait d’une emprise qui pourrait bien être

d’origine extra-terrestre, comme l’indiquerait une certaine lecture de la Bible (cf  l’oeuvre de Jean Sendy) d’où le recours à une technologie très avancée qui aurait seule permis à l’astrologie

d’exister. Contrairement à ce que laisse entendre Guinard,  l’astrologie serait le fruit de la Technique

plutôt que de la Science. Ces « dieux » venus d’ailleurs auraient ainsi instauré des « guides », des « gouverneurs »

obéissant à certains signaux cosmiques. On pense aux accords entre Pluton et Cérés se répartissant

le temps à parts égales. Ce serait le rejet de cette présence « étrangère » qui serait en fait à la base

de ce phénoméne de rejet.

 

JHB

30. 10 14

 

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Réincarnation et mémoire akashique. De la divination.

Posté par nofim le 23 octobre 2014

Prédiction et  Réminiscence. La consultation des annales  dites akashiques.

 

par  Jacques  Halbronn

 

L’acte de prédire quand il s’applique aux humains n’aurait-il point pour corollaire la croyance en la réincarnation ou encore à des vies

antérieures.  Il n’y aurait donc pas lieu de s’étonner que depuis 30 ans en France- et bien plus ailleurs- on parle d’une astrologie

« karmique » ( Dorothée Koechlin de Bizemont fut une pionnière dans ce domaine, ed R. Laffont)

Au dernier chapitre de la République Platon  introdui le « mythe d’Er » ( Bruno Jay  & Divine Lulu,  Ce que vit Er quand ses yeux se fermèrent, d’après l’oeuvre de Platon,  Ed. Eveil &  Découvertes,  2012;  Jean-Marie Détré. La réincarnation et l’Occident de Platon à

Origéne, tome I, Ed Triades, 2005)

Selon nous,  nous choisissons de nous incarner à partir des archives akashiques, c’est à dire au vu de vies ayant déjà été vécues et que

nous nous déterminons à revivre, sans en changer le déroulement mais  en en renouvelant nécessairement le ressenti, la conscience.  En même temps, une fois « renés », nous oublions le dit  récit (en buvant trop de    l’eau du fleuve  Léthé) si ce n’est que nous pouvons le reconsulter, selon nous, par le truchement de médiums.

Nous pensons donc que l’on ne peut  prévoir dans le détail  que ce qui a déjà eu lieu et dont le souvenir est stocké dans des « annales ». C’est aini que nous mêmes avont pu consulter des  « archives »   en pratiquant ce que nous avons appelé l’entretien médiumnique ( on en

trouvera des vidéos sur notre chaîne « Jacques Halbronn Astrologie ». Il serait donc posssiblen au cours d’une  incarnation. de prendre connaissance de cette « vie » que nous avons choisie  Mais nous pouvons aussi en avoir, par nous mêmes,  quelque « intuition », un sentiment de « ‘déjà vu » ou la conviction que notre histoire est liée à celle de telle ou telle personne quand nous la rencontrons. On peut être tenté d’aller consulter un « voyant » pour s’en assurer.

On n’est point là, faut-il le préciser, dans le domaine de l’astrologie, du moins telle que nous la concevons et qui ne peut prévoir que par

catégories de personnes et non individuellement.

Les diverses formes de divination seraient  liées à cette envie de s’informer sur l’histoire que nous aurions nous-mêmes choisie et qui

aurait été déjà vécue et enregistrée.

Mais comment s’organise dans ce cas notre vie sociale si nous sommes chacun dans notre petite « sphère » personnelle? Il n’est pas impossible qu’il y ait autant de « mondes » que de personnes qui seraient le « centre » de chacun de ces dits mondes.

Autrement dit,  même si l’idée de réincarnation ou de vie antérieure a pu être refoulée,  son corollaire, la prédiction,  se sera maintenu

jusqu »à nos jours. Or, selon nous, l’un ne va point sans l’autre. Ce qui montre bien au demeurant que le passé ne peut être  refoulé mais

continue à nous marquer.

La notion de réminiscence,  mise en avant par Socrate (cf Détré, op. c it;  pp. 67  et seq) ,  rejoint peu ou prou les notions de subconscient voire  d’Inconscient, de « culture  subconsciente » selon notre formule.

Cela dit, reste le « mystère » de ces ‘annales akashiques. On  trouve cette notion dans   Isis dévoilée, ouvrage  publié à New York en 1877, le premier ouvrage écrit par  Helena Blavatsky  » (cf   article  Wikipedia sur Annales Akashiques) .  On  y cite un fragment des oracles chaldaïques :

« Les oracles affirment que l’impression des pensées, des caractères, des hommes, et autres visions divines apparaissent dans l’éther. Les choses qui n’ont point de forme en prennent une et y sont figurées. ». Elle poursuit : « C’est sur les indestructibles tablettes de la lumière astrale qu’est imprimée la représentation de chaque pensée que nous formons ; de chaque acte que nous accomplissonsé

 

 

 

 

 

 

 

JHB

23 10  14

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La notion de refoulement (Verdrängung) chez Marx et chez Freud.

Posté par nofim le 21 octobre 2014

Le nivellement de la société prolétarienne par les machines et le processus de refoulement (Verdrängung)  de l ‘homme chez  la femme

par  Jacques Halbronn

 

D’aucuns ont cru bon de rapprocher le Manifeste du Parti Communiste d’un autre « Manifeste », celui

rédigé par Victor Considérant, quelques années plus tôt. (cf Sorel, W. Tcherkessof; Antony Cyril

Sutton) mais la comparaison des deux textes  n’en fait pas moins apparaitre ce qui constitue, à nos yeux,

l’apport principal de Marx à savoir le lien qu’il établit entre l’essor du machinisme et  l’égalité des hommes et des femmes devant le travail, point qui n’est guère soulevé par  Considérant qui ne mentionne le terme « machine » qu’une seule fois :  « C’est  contre des machines qui ne dépensent plus que quelques centimes par force d’homme ». Autrement dit, si Marx emprunta éventuellement à  Considérant, son discours sur les femmes  nous apparait comme un apport qui lui est propre mais qui, paradoxalement,  n’aura

pas été mis en avant par les commentateurs comme cela aurait du l’être.

Nous insisterons dans le présent texte sur les effets du machinisme sur le statut de la femme, phénoméne

qu’il décrit dès le milieu des années 1840. En effet, on note ainsi qu’un tel rapprochement entre deux

questions, celle de la machine et celle de la femme, était déjà clairement formulé, ce qui ne peut

que nous interpeller en ce début de XXIe siècle de par son caractère prophétique. Nous aborderons à

cette occasion les emprunts de l’allemand au français en rappelant que la Rhénanine était restée  très marquée par l’occupation française. Il serait intéressant, par ailleurs, de déterminer de quelle façon

Marx et Engels ont pu être influencés par d’autres auteurs sur cette question Machines/femmes mais

cela ne sera pas ici notre préoccupation.

Nous nous contenterons dans un premier temps de citer des passages du Manifeste du Parti

Communiste en traduction  française: v

Bourgeois et Prolétaires:

« L’extension du machinisme et la division du  travail ont fait perdre au travail des prolétaires tout

caractère indépendant et par suite tout  attrait pour l’ouvrier. Celui-ci n’est plus qu’un accessoire de

la machine et l’on n’exige de lui que le geste le plus simple, le plus mootone, le plus facile à apprendre. Les

frais qu’occasionne l’ouvrier se limitent donc à peu près uniquement aux moyens de subsistance dont il

a besoin pour son entretien et la reproduction de sa race. Or le prix d’une marchandise, donc aussi

du  travail,est égal à ses frais de production (…) A mesure  que s’accroissent le machinisme et la

division du  travail la masse du travail grandit ausssi, soit  par l’augmentation des heures de travail, soit par

l’augmentation du travail exigé dans un temps donné, par l’accélération de la marche des machines etc.

(….) Des masses d’ouvriers (…) ne sont pas seulement des esclaves de la classe bourgeoise, de l’Etat   bourgeois, ils sonr chaque jour et à chaque heure asservis par la machine (…) Moins  le travail manuel exige d’habileté et de force, c’est à dire plus l’industrie moderne se développe, plus le travail des hommes est supplanté par celui des femmes. Les différences de sexe et d’âge n’ont plus aucune valeur  sociale pour la classe ouvrière. Il n’y a plus que des instruments de travail dont le coût diffère selon l’âge et le sexe »

(pp.  82-83  trad. Emile Bottigelli,  Ed G. F. Flammarion 1998) – traduction très proche de celle de Laure Lafargue,  fille de Marx  (1848), revue et corrigée

par F. Engels  (Ere Nouvelle, Rééd

Champ Libre 1983)

Quelques observations sur l’original allemand, pour les quelques paragraphes concernés  : on trouve Maschinerie et  Maschine que le traducteur français rend pareillement par « Machine » (cf  Marx Engels,

Kommunistiches Manifest  1848-1948 ,  Kaiserslautern et fac simile Londres 1848  in fine de la  réédition de la traduction

française  de Laura Lafargue,   Ed Champ Libre 1983, en caractères gothiques)

Parmi les termes français utilisés dans ce passage du Manifeste, relevons notamment dans le texte

allemand:  :  Bourgeoisie,  Kapital, Proletariat,  Klasse,  modern,  Artikel, Konkurrenz, Markt,

Proletarier, Charakter, Kost, Rasse, Preis, Produktion,  Masse,  Industrie, patriarchal,  Fabrik,  soldatisch,  organisiert, Hierarchie, Offizier,  Bourgeoisklasse,  Despotie,  proklamiert. Instrumente »

Rappelons aussi l’influence des mots français dans le titre même : Manifest  der kommunistischen

Partei. (cf   ed  Th. Stammen  et Ludwig Reichart,   Ed Wilhelm Fink, Munich 1978)

Ainsi, si Marx n’ a pas nécessaitement « plagié »  Victor Considérant et son Manifeste  de l’Ecole

Sociétaire (Paris 1847  BNF  16° R 5204), il est en revanche évident que l’allemand économique et social de

Marx et Engels doit  beaucoup à la langue française (cf notre étude sur les emprunts au français

du Judenstaat de Herzl,  in Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, Ed Ramkat 2002)

Mais revenons à ce nivellement du travail vers le bas qui retient notre attention au coeur du « Manifeste Communiste ».

Il est intéressant de noter que dès les années 1840, la question du travail des femmes à l’usine est ainsi

mise en avant du fait de la machine et de la division du travail qui en découle. (cf le taylorisme). La

machine abolirait toutes les distinctions d’âge et de sexe, à entendre Marx mais bien entendu cela vaut

surtout pour la société prolétarienne.

Avec le recul de plus d’un siècle et demi, force est de constater que ce que Marx déplorait dans son

Manifeste est devenu une valeur, un idéal, celui de l’égalité entre hommes et femmes. On aura fait de

nécessité vertu.. Ce nivellement est devenu une bénédiction providentielle! Il suffit de noter comment

l’on relate en ce centenaire de la Guerre de 14 l’entrée des femmes à l’usine, du fait du départ des hommes au front. On les appelles des « remplaçantes » et on y voit une victoire pour la cause des femmes.

Or, il ne semble pas que telle ait été  la philosophie des auteurs du dit Manifeste.

Mais on peut aller plus loin et souligner que cette égalité ne vaut que pour un travail en miettes ( Fourastié)

aux antipodes de celui de l’artisan qui est ici  mis en paralléle. A contrario, il découle que plus le travail

est sophistiqué, et moins un tel nivellement serait à craindre.  Le travail de haut de gamme n’est guère

de ce fait sujet à cette domination de la « Maschine ».  Il est évident que les premières victimes de ce

nouveau Léviathan qu’est la « Mashinerie » (dans le texte allemandà sont  à trouver au sein du prolétariat. Peut-on dire ainsi que la société prolétarienne aura constitué une avant  garde d’une société « idéale » telle qu’appelée de ses voeux par l’idéologie féministe?

Sans connaitre ces passages du Manifeste du Parti Communiste, nous étions parvenus aux mêmes

conclusions mais à une plus grande échelle  bien au delà du prolétariat. Le probléme reste posé : les femmes

progressent étrangement avec les machines. Plus les machines sont performantes, plus les femmes le

déviennent elles aussi. L’ascension des uns conditionnerait celle des autres.

On notera la traduction française  » le travail des  hommes supplanté par celui des femmes »

Quel est l’original allemand qui a donné la  traduction   »supplanter »?.    » die Arbeit der Männer durch die der Weiber verdrängt »

La traduction de l’allemand telle qu’on la propose dans les dictionnaires  est évincer, refouler,  déplacer,et supplanter. Il faut donc bien comprendre que les machines permettent aux femmes d’évincer les hommes et en cela elles en sont les alliées objectifs.

Or, le terme « verdrângen » sera utilisé en psychanalyse quelques décennies plus tard dans le sens de refoulement (en anglais repression)

« The terms « verdrängen » and « Verdrängung » in Freudian contexts, where the mechanisms are largely unconscious, have gone down in English as « to repress » and « repression. » (sur le mot Verdrängung , cf  C . G. Jung  Freud und die Psychoanalyse;  Gesammelte Werke  IV, 1969 Index  p. 422,   Sigmund Freud Gesammelte Werke  II  Werke aus den Jahren 1913-1917,  ED  Fischer,  1975, index  p. 480, cf aussi  Freud  Gesammelte Werke   Texte aus den Jahren 1885 bis 1938  Ibidem,  sur la série Verdränge,  Verdrängung,  Verdrängte Wüncshe, Verdrängter  Hass, p 900;  Bernd Nitzchke ed. Die Psychonalyse Sigmund Freuds. Konzepte und Begriffe. 2011, Index, p. 297)

Chez Freud,  le déni de l’homme est selon nous lié à la question de l’absence du pénis chez la femme (cf  S. Faure-Pragier, Le désir d’enfant comme substitut du pénis manquant, une théorie stérile de la féminité,    in  collectif  Clefs pour le féminin,, PUF, 1999) et c’est cette image d’un « plus » qui serait ainsi refoulée chez la femme ( on pense à la castration)  et qui serait, de façon matricielle,  à l’origine de sa tendance plus générale au déni. C’est ce déni de l’Homme qui, chez Marx, conduirait la femme à instrumenter la machine pour se substituer à l’homme en tant que mâle et en mettant en avant l’Homme comme recouvrant tant la femme que l’homme, à la façon d’Adam dans le Livre de la Genése, tel que d’aucuns entendent le lire. (cf Sarah Kofman. L’énigme de la femme. La femme dans les textes de Freud,  Ed Galilée 1980, cf les  travaux de Paul – Laurent Assoun qui touchent autant à la psychanlyse qu’au marxisme mais aussi au féminin : Freud et la femme, Paris , Calmann Lévy,  1983,  Clés pour le féminin. Femme, mère, amante et fille,  dir. J. Schaeffer et al.  PUF  1999 , pp 43 et  seq)

On pourrait certes  épiloguer sur le choix de ce terme allemand par Marx  et qui signifie que les femmes sont vouées à prendre le  dessus sur les hommes dans la société prolétarienne et l’on peut se demander si cela n’était pas là une perspective particulièrement détectable et un des aspects les plus insupportables à signaler en ce qui concerne la société prolétarienne et dont la machine/machinerie serait la

principale responsable!

A noter cependant que dans l’édition de Londres de 1848, en allemand, on trouve  associés aux femmes les enfants « Kinder), ce qui sera supprimé par la suite.  Cela nous fait penser que la machine, sous la forme qui est la sienne de nos jours est en mesure, à terme,  de  positionner  les enfants  comme substituts aux adultes, dès lors qu’ils seront adéquatement appareillés.

A propos du rapport de Marx à la question des  femmes, rappelons qu’il s’est toujours opposé au vote des femmes. (cf Francis Wheen, Karl Marx. Biographie inattendue/Paris, Calmann Levy 2003)

Pour en revenir  au rôle de la machine  chez Marx et chez Freud,  nous signalerons que l’on pourrait parler d’une castration des hommes au sein du prolétariat par les femmes et par le biais de la « Maschinerie »  et ce rapprochement nous semble d’autant plus se justifier

que toute castration implique l’usage d’un objet, donc -selon l’acception qui est la nôtre, d’une « machine », aussi rudimentaire soit-elle, à savoir d’un couteau. C’est le lieu, en effet, de rappeler que le terme « machine » est pour nous intimement associé  à celui de technique et

que déjà l’écriture est une « machine »  et donc le livre.  Et nous comparerons de fait la machine au niveau du prolétariat et le livre à celui de la société « bourgeoise ». Le livre serait  par excellence un mode de nivellement égalitaire au même titre que la machine dans le contexte plus spécifiquement industriel. Par le biais du livre -et notamment par ses manifestations électroniques) , la femme est en mesure de « supplanter » l’homme, de rendre celui-ci  inutile, « dispensable ».

Ajoutons un développement assez important du Manifeste

(IIIe partie Prolétaires et  Communistes) à propos de

l’ »abolition  de la famille » et de la mise en place d’une

« communauté des femmes » Citons ce passage : « Non

contents d’avoir à leur disposition  les femmes et les filles de

leurs prolétaires, pour ne rien dire de la prostition publique, nos

bourgeois  se font le plus  grand plaisir  de séduire

réciproquement  leurs femmes légitimes »(cf  ed. GF Flammarion,

op cit.  p.97).Marx semble ainsi

favorable à une certaine séparation des hommes et des femmes

qui selon lui peut d’ores et déjà être observée.

 

 

JHB

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Le prophétisme au XIXe siècle. Nouveaux aperçus.

Posté par nofim le 16 octobre 2014

La collusion entre le politique et le prophétique  dans la France du  XIXe siècle

(Abbé Grégoire, Marx, Blanqui,  Herzl)

par  Jacques  Halbronn

En 1999, nous avions soutenu une thèse d’Etat -¨(Paris X  Ouest) sur le thème « Le texte prophétique en France. Formation et fortune » (Ed du Septentrion) qui donna lieu à plusieurs ouvrages entre 2002 et 2013, notamment en 2002  les deux volumes de Prophetica Judaica (Ed Ramkat), en 2005 Papes et Prophéties. Décodage et Influences.  (Ed Axiome) et dans la Revue Française d’Histoire du Livre (2011 et 2012) pour ne parler que des éditions « papier » sans oublier notre post-doctorat de 2007 sur  Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle (EPHE  Ve section)

Nos récentes recherches nous conduisent à compléter le travail que nous avions notamment effectué sur le XIXe siècle. On abordera notamment les événements de 1839-1840 autour de la Prophétie d’Orval et  les rapprochements entre le Manifeste du Parti Communiste et l’Etat Juif de Theodor Herzl. Mais on s’intéressera également à l’Abbé Grégoire (1750-1831)  et à son Histoire des Sectes Religieuses (1814))  que nous avions négligée il y a 15 ans.

I  Le prophétisme de l’Abbé Grégoire

On  sait le rôle qu’Henri Grégoire joua dans l’attention qui fut accordée aux Juifs sous la Révolution et sous l’Empire. (cf Essai sur la régénération physique, morale et politique des Juifs. Préface de Robert

Badinter, Ed Stock, 1988)

Il importe de resituer la démarche de l’abbé dans la mouvance d’un certain messianisme/sionisme  chrétien, probablement plus protestant d’ailleurs que catholique. -cf  Caroline et Paul Chopelin. L’obscurantisme et les Lumières. Itinéraire de l’abbé Grégoire, évéque révolutionnaire. Ed Véndemiaire 2013). En effet, les Protestants du fait de leur refus d’une Eglise constituée échappent ainsi peu ou prou à l’imagerie d’un « Nouvel Israël » dont la dite Eglise de Rome serait  la manifestation. A partir du XVIIe siècle, il est question d’un « retour » des Juifs, mais pas nécessairement en Palestine mais dans les pays dont ils avaient été exclus, à commencer par l’Angleterre, sous Cromwell au milieu du dit siècle.

L’Abbé Grégoire grand lecteur des ouvrages millénaristes,(cf  « Les nouveaux millénaires oi chiliastes ou Joachimistes; Histoire des sectes religieuses, op. cit,  tome I,   pp. 181 et seq)  n’échappa point à  une certaine idée de la fin des temps.(cf « la République et le Messianisme: controverse sur l’émancipation des Juifs » in L’obscurantisme et les Lumières, op. cit., pp. 97 et seq)

On assiste là à un double discours qui va du XVIIe siècle

au début du XXe siècle: d’une part  intégrer  ou réintégrer les

Juifs au sein des nations (Grande Bretagne, France, Allemagne)

éventuelleement au prix d’une conversion sinon au christianisme

(chez le père de Marx) du moins aux valeurs de la laïcité et

d’autre part le projet de les rassembler en Palestine (ou ailleurs,

en Roumanie,  en Algèrie, en Argentine, en Ouganda, à

Mafagascar  etc) et donc de les exfiltrer de l’Europe Occidentale

vers des confins souvent liés historiquement à l’empire Ottoman.

Dans ce second cas, les juifs ne seraient plus marginaux au

sein d’une société chrétienne dominante mais le seraient

géographiquement comme c’est précisément le cas

actuellement pour l’Etat d’Israël (ONU)  et précédemment pour le

Foyer Juif en Palestine (Société des Nations).  On notera

que les Britanniques prendront le pas sur les Français en

obtenant le mandat de la SDN pour tel établissement d’uu

« Jewish Home ». (Déclaration Balfour 1917)

On peut penser que la Révolution, en quelque sorte,

va compenser avec un décalage d’un

siècle la révocation de l’Edit de Nantes (1685) qui avait

abouti à une émigration huguenote. La France qui s’était

alors apauvrie de ses sources vives va dès lors bénéficier

de l’apport  juif, en une sorte d’effet de basculement, de l’Ouest

vers l’Est et de l’Est vers l’Ouest.

 

II Le prophétisme orvalien

Les années 1839-1840 vont perturber la Monarchie de Juillet au moment même où l’on célébre les événements de 1830 en érigeant la Colonne de la Bastille.(on lira dans notre thèse d’Etat les

développements consacrés au texte de la prophétie d’Orval

(ch XX L’activisme prophétique sous la Monarchie de Juillet,

in Tome II, cf Collin de Plancy  « La  fin des temps confirmée

par des prophéties authentiques nouvellement recueillies », Paris, Plon, 1871)

En 1839, un mouvement populaire est sévérement réprimé alors même que parait une « prophétie d’Orval », annonçant des changements majeurs. Peut-on voir un lien quelconque entre ces deux  événements qui semblent obéir à des inspirations fort différentes puisque la prophétie d’Orval semble vouloir

promouvoir la cause légitimiste. Mais rappelons que l’insurrection

légitimiste eut lieu le 3 juin 1832 (cf les Misérables de Victor Hugo)

.Quant à  Louis  Napoléon Bonaparte il  débarquera à Boulogne/mer (il

est interné au fort de Ham) en cette même période

particulièrement troublée que sont les années 1839-1840, qui

voit notamment le retour de la dépouille de Napoléon à Paris.

. Rappelons que  le socialisme tend à devenir prophétique voire messsianique  en ce qu’il annonce des temps nouveaux.

Dans le Journal des villes et des campagnes de 1839 , cohabitent  des textes qui appartiennent à ces différents domaines. Ainsi  le 22 juin 1839 un  «  Curieux document pour servir à l’histoire de notre temps… [ : prophétie imprimée en 1544 et trouvée pendant la révolution dans l’ancienne abbaye d’Orval Rennes : Mme de Caila, née Frout, [1839]  » qui sera repris in Prophétie dite d’Orval, extrait de la Gazette de Flandre et d’Artois  (cf recueil factice  BNF Rp  2391 et 2392, Gallica  Numm 5672505)

Rappelons donc ce qui sera le fait de la Société des Saisons (SDS), « une association républicaine, à tendance jacobine (…) créée en 1837 par Blanqui, Barbès et Bernard,  (laquelle) succède à la Société des Familles (SDF) et, forte de quelque 1 500 membres, lance en mai 1839 une insurrection. Son échec aboutit à sa disparition. »

On trouve sur Internet les informations suivantes à propos de l’ »insurrection » : Le 12 mai 1839, la Société des saisons lance une insurrection visant à renverser le régime de la Monarchie de Juillet et à instaurer une République sociale. Passée à l’action à deux heures de l’après-midi, elle déclenche le soulèvement rue Saint-Denis et rue Saint-Martin, tentant de s’emparer de la Préfecture de Police et de l’Hôtel de ville de Paris. Les meneurs sont Martin Bernard, Armand Barbès et Auguste Blanqui, libérés après l’amnistie de 1837.

L’affaire tourne mal, les insurgés ne parvenant ni à s’emparer de leurs objectifs ni à déclencher un processus révolutionnaire. Préparée dans le plus grand secret, l’opération manque de base populaire, d’autant qu’à l’Hôtel de Ville, Barbès prononce une proclamation dont la phraséologie néo-jacobine effraie les modérés. (..) En fait une tentative de coup d’État, mais mal préparée, sans objectifs intermédiaires, sans porte de sortie, sans réelle alternative  Plus tard, Karl Marx écrira dans les Luttes de classe en France : « Le 12 mai [1839, le prolétariat] a cherché en vain à reprendre son influence révolutionnaire et seulement réussi a livrer des chefs énergiques aux geôliers de la bourgeoisie. »

On   signale  notamment  que   » du 11 juin au 12 juillet 1839 se tient le premier procès des insurgés de mai, comptant 19 accusés. Fidèles aux traditions carbonaristes, Barbès et Bernard refusent de se défendre. Ce dernier est condamné à la déportation et Barbès à mort. À son insu, sa sœur obtient du roi, le 14, la commutation de sa peine en travaux forcés à perpétuité, de nouveau commuée en déportation le 31 décembre »

Dans la notice consacrée en  1849 à Auguste Blanqui (cf BNF 8 Le70 1272), on rappelle cette période  en

parlant du  « mouvement révolutionnaire de mai 1839″ (p.7)

Coincidence:  le texte relatif à la prophétie d’Orval dans le dit Journal des Villes et des Campagnes

parut durant le procés de Barbés et Blanqui.

Précédemment, la Gazette de France avait publié (  5 et 25 mars et du l » juin 1839)  sur plusieurs numéros la dite Prophétie d’Orval : « Prophétie à la vérité estrange, où pour la cage d’or se void le timbre royal dépeint au vif. »

On notera que la formule de la Prophétie d’Orval concernant

les « fils de Brutus » pouvait faire sens pour les révolutionnaires

La prophétie relate l’épopée napoléonienne, la Campagne

de Russie, la Restauration, les Cent Jours, la Monarchie de

Juillet orléaniste et enfin le retour des « vrais » représentants

de la Fleur de Lys. C’est la chute annoncée de Louis Philippe

« le roi du peuple ». Le grand intéret de ce text se situe au

niveau d’une philosophie de l’histoire, opposant dialectiquement

.la monarchie de droit divin et les fils de Brutus, ce qui n’est pas

sans faire songer  à la Lutte des Classes dont traitera le Manifeste du

Parti Communiste de 1847/48/

Selon nous,  il y a là une sorte de coincidence; la prophétie d’

Orval aura été instrumentalisée par certains commentateurs de

la vie politique puis à son tour cette coincidence aura été

récupérée par les « éditeurs » de la dite Prophétie qui citent

l’article du périodique. On a là un processus assez typique d’une

collusion entre le prophétique et le politique (cf notre thèse

d’Etat)

 

 

III  Le prophétisme du Manifeste et celui de l’Etat Juif.

Un paralléle semble pouvoir s’établir à cinquante ans d’intervelle entre la fortune du Manifeste du Parti Communiste de Marx et Engels et celle de l’Etat Juif

(Judenstaat) de Théodor Herzl. Rappelons que Marx a

également traité de la « question  juive »

Ces deux brefs ouvrages l’un et l’autre rédigés par des Juifs  (Marx est descendant de convertis) en allemane connurent en effet l’un et l’autre toute une problématique en termes de traductions. (cf notre ouvrage Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, Ed Ramkat 2002, où ce paralléle n’est point signalé, cf  Marx & Engels . Manifeste du parti Communiste, Présentation  Emile Bottigelli,  Ed  GF Flammarion, 1993)

Bien entendu, on retiendra dans les deux cas un appel au rassemblement, celui des « prolétaires » en

1848 (« Prolétaires de tous les pays  unissez-vous »)  et celui des Juifs en 1896/97.  Dans les deux cas, le texte parut  parfois en feuiilleton  dans des périodiques Rappelons

que la version française du Judenstaat parut en France sous

le controle de Herzl avec pour titre l’Etat Juif et non l’Etat

des Juifs/ De meme, le titre d’origine, Manifeste du parti

communiste deviendra Manifeste Communiste/

 

.Il faudra

toutefois attendre les lendemains de la Commune,  en 1872

pour que la traduction  française paraisse dans Le Socialiste.

(cf  l’édition  de Bottigelli,   »les traductions françaises

du Manifeste » , op. Cit. pp. 166-167; Henry Mayer  A propos d’une bibliographie de Karl Marx  Temps Modernes   141 novembre 1956; Maximilien Rubel    Bibliographie des oeuvres de Karl Marx avec en appendice un réprtoire des oeuvres de Friedrich Engels;  ed Marcel Rivière  1956)

Antony Cyril Sutton accuse le philosophe Karl Marx d’avoir pour la rédaction de son manifeste fortement plagié l’ouvrage de Victor Considerant, Principe du socialisme Manifeste de la démocratie au XIXe siècle, publié en 1843 (cf « Karl Marx  et son Manifeste »  in  Antony C. Sutton  Le complot de la Réserve Fédérale  Ed  Nouvelle Terre 1995  pp 57 et seq) . Rappelons que Marx avait pris beaucoup de retard  dans la commande qui lui avait été faite. On peut donc penser que dans la précipitation pour respecter les délais, il

n’eut d’autre issue que de recourir à un tel procédé sans avoir le temps de toiletter le résultat final.

Cela n’est pas sans faire penser au plagiat qui fut à la base des Protocoles des Sages de Sion.

On soulignera le ton prophétique du Manifeste en sa dernière partie notamment :

‘Les Communistes tournent leur attention  principalement vers l’Allemagne parce qu’elle est à la

veille d’une révolution  bourgeoise (laquelle) ne peut  qu’être que le prélude immédiat d’une révolution

prolétarienne ». On sera tenté de rapprocher quelque part les perspectives d’avenir du prolétariat de celles

des Juifs. Et ici l’Allemagne apparait  comme une sorte de « terre promise ».

Herzl a t-il été influencé par la fortune du Manifeste? En tout état de cause, deux textes qui

connurent un grand nombre de traductions et qui s’inscrivent au sein d’un mouvement politique,  communiste ou sioniste. Rappelons que la démarche de l’Abbé Grégoire  rejoint peu ou prou celle de

Herzl et que le terme de « régénération », qui figure dans son Essai,  pourrait convenir au discours de Herzl sur l’avenir des Juifs..

 

Nous ne reviendrons pas dans le cadre de cette étude sur nos analyses de l’Etat Juif ni de la Prophétie

d’Orval ni sur l »essor remarquable  du prophétisme au XIXe siècle dont nous avons traité

abondamment ailleurs. Nous avons surtout voulu ici compléter ce que nous avions déjà abordé. On

signalera à titre d’exemple l’Accomplissement des Prophéties de A. d’Orient,( alias Vial)  Paris, 1847 (BNF R 45493) et le rôle que joua le Pape Pie IX (cf Papes et Prophéties, op. cit.)

JHB

26 10 14

 

 

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Le vizirat comme variable de gouvernement

Posté par nofim le 15 octobre 2014

Droit constitutionnel:  la fonction du Premier Ministre sous la Ve République.  Le vizirat.

par  Jacques  Halbronn

 

La Ve République accorde au Premier Ministre un rôle majeur sur le plan gouvernemental. Le Premier Ministre est nommé par le

Président de la République lequel peut ou non décider de tenir compte de la composition du Parlement, élu lors des dernières élections ou encore dissoudre l’Assemblée Générale pour disposre d’une information plus fraîche. C’est dire que pour nous les postes de

Président de la République et de Premier Ministre ne sauraient se confondre. Avant tout, le Président de la République apparait comme un monarque constitutionnel si ce n’est, on l’a dit, que l’on ne saurait lui imposer un premier ministre. On a vu cependant lors de ce qu’on a appelé « cohabitation » que le Premier Ministre est parfois bel et bien imposé par le résultats des dernières élections encore qu’à la différence de l’Angleterre, cela ne soit pas forcément le chef de la majorité parlementaire qui soit pris comme Premier Ministre (cf le cas de Balladur en 1993). Mais il est également vrai et attesté que le Président de la République, sous la Ve République, est libre de

prendre pour  Premier  Ministre un personnage non élu, non membre de l’Assemblée Nationale ou du Sénat, voire sans aucun mandat électif (Pompidou sous De Gaulle, Raymond Barre par Giscard d’Estaing) tout comme il peut tout à fait  changer de Premier Ministre sans que ce dernier ait été mis en échec par le Parlement.

C’est en cela que nous dirons que la Ve République est un régime remarquablement souple en comparaison de ce que l’on peut

trouver ailleurs, y compris dans le Royaume Uni. Tantôt  le Président  choisira le « meilleur » , de son point de vue (cf Juppé sous Chirac),

soit il prendra celui que le vote aura en quelque sorte désigné, et notamment le chef de la majorité. Selon nous, il aura toujours le choix entre ces deux options qui offrentr une certaine alternance.

Au  regard de la science politique, le fait de privilégier la fonction du Premier Ministre face au « monarque » (roi, président) permet

de couvrir la longue durée et ce bien au delà des deux derniers siècles. C’est pourquoi nous parlerons ici de vizirat et des vertus d’une telle formule.

Si l’on remonte le cours de l’Histoire, on trouve  un grand nombre de « vizirs » sous la forme de « favoris » (en Angleterre), de

« ministres » principaux  comme Richelieu ou Mazarin. L’institution du vizirat est vieille comme le monde  et traverse les âges et les régimes sous la forme de « maires du palais »  On pourrait en France  citer parmi les plus célébres  Charles Martel, Suger,  Jacques Coeur, Sully,  Concini,  Colbert,  Turgot, Necker,   Talleyrand,  Guizot, Clémenceau, Briand,  Léon Blum,  Laval,  Mendés France,  Guy Mollet, Debré,  Chaban Delmas Pierre Mauroy, Laurent Fabius.(cf  Philippe Valode, Les Ministres de l’Histoire de France, 2006)

Michel Rocard,  Jospin etc

C’est en cela que nous combattons ceux qui pronent la suppression et du Premier Ministre et du droit du président de

dissoudre l’Assemblée Nationale en vue apparemment de se rapprocher du « modéle » américain qui est qualifié de présidentiel. Nous irons même jusqu »à dire que la Ve République n’est ni parlementaire ni  présidentielle mais reléve du vizirat car c’est à son niveau

que se situe le véritable gouvernement de la France. Et sans dissolution, le régime du vizirat ne saurait pleinement fonctionner puisque cela interdirait au Président de la République de demander, à certains moments, au peuple de décider.

La démarche qui est la nôtre est en fait sous  tendue par nos travaux sur les cycles. Ce qui nous conduit à penser qu’à certains moments,

le Président doit choisir comme Premier Ministre le  personnage le plus performant, celui qui couvre le champ le plus large, englobant

ainsi les taches de tous les ministres  et à d’autres,  celui qui correspond à la volonté populaire, comme solution d’attente, comme pis aller, en attendant le retour possible de la première formule.

Autrement dit, il conviendrait de considérer le systéme électoral comme une invention récente visant à supplléer les manques du

Premier Ministre qui n’est plus en mesure de gérer à lui seul la totalité des dossiers. On doit alors passer à un gouvrenement plus collégial et donc pluriel avec tout ce que cela peut entrainer  d’une formule assez bâtarde.

Dans les autres pays,  qu’en est-il? Trop souvent, le Premier Ministre s’impose d’office au monarque ou au président de la République.

C »est le cas Outre Manche, om le chef du parti ayant gagné les élections législatives se voit d’office placer en position de Premier Ministre. Un tel automatisme n’est nullement une obligation sous la Ve République. Du moins, si cela était le cas, il conviendrait que cela ne le fût pas systématiquement et qu »‘il soit indiqué que le Président de la République  a le choix entre un Premier Ministre qui a sa confiance et un Premier Ministre qui a derrière lui une majorité parlementaire.

Pour tout dire, nous pensons que tout cela est tributaire d’une certaine cyclicité que nous avons décrite ailleurs sous les termes

de phases conjonctionnelles et disjonctionnelles. La conjonctionnelle correspondant au cas d’un Premier Ministre choisi et la

disjonctionnelle à celui d’un Premier Ministre élu (comme en Israël)

En conclusion, nous dirons qu’il serait bon de préciser certes quelques points de la Constitution de la Ve République en

la centrant sur  le poste viziral.

Contrairement à ce que d’aucuns écrivent(cf Arthur Conte),  cette fonction n’est nullement le propre de la Ve République mais il est vrai que celle-ci n’a probablement pas été suffisamment cernée et théorisée.  Paradoxalement, c’est le Président de la République qui est

l’interface entre le peuple et le premier Ministre et non l’inverse. Il revient au Président de choisir le meilleure Premier Ministre sur la

base des diverses données dont il dispose. A toute époque et en tout lieu,  quel que fût le régime, le choix du Premier Ministre – qu’on l’appelle ainsi ou autrement- aura été crucial et parfois fatal quand il n’a pas été changé assez vite et remplacé par l’homme de la situation. Il est essentiel que ce poste ne soit pas verrouillé à la différence de celui de Président ou de monarque. Cette dualité entre

un facteur fixe et un facteur mobile est  essentielle et  se retrouve sur le plan cosmique  avec  le rapport de la planéte à l’étoile fixe. Dès lors, l’élection du Président de la République  revêt une autre dimension puisqu’il s’agit d’élire quelqu’un qui sera apte à nommer

le « bon » Premier Ministre, en quelque sorte un « faiseur de rois », qui « gouvernera » l’Etat mais qui ne conduira pas la politique.  Faut-il rappeler que De Gaulle fut d’abord

le dernier Président du Conseil de la IVe République (1er juin

1958) avant de devenir le premier Président de la Ve République?

Rappelons que Pétain avat suivi exactement la même trajectoire

en devenant d’abord le derniier Président du Conseil de la IIIe

République avant de fonder l’Etat Français (régime dit de Vichy)

Idem pour Hitler d’abord chancelier de la République dite

de Weimar avantde fonder le IIIe Reich..

On peut  aisément établir un parallèle  avec la pratique des

monarchis et des empires. Il en est ainsi en Allemagne durant

le second Reich avec le remplacement des chanceliers (cf

Charles Zorgbibe.Guillaume II. Le dernier empereur allemand

Ed du Fallois 2013). Le changement de « vizir » quel que soit

son titre reste la pierre angulaire, selon nous, de la science

politique, tous régimes confondus, tous siècles et  Etats

indifféremment..

 

JHB

02  11 14

Bibliographie

Philippe Valode, Les Ministres de l’Histoire de France. Maires du Palais, éminencesn présidents du conseil et premiers ministres,

Paris, De Vecchi, 2006

Arnaud de Maurepas et Antoine Boulant. Les ministres et les ministères du Siècle des Lumières (1715-1789) Etude et Dictionnaire.  Ed Christian/JAS  1996

Arthur Conte  Les premiers ministres de la Ve République. Paris, Le pré aux clercs 1986

Dominique Sourdel  Le Vizirat  Abassaide de 749 à 936 (132 à 324 de l’Hégire)  Beyrouth, 1959

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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