Le vizirat comme variable de gouvernement

Posté par nofim le 15 octobre 2014

Droit constitutionnel:  la fonction du Premier Ministre sous la Ve République.  Le vizirat.

par  Jacques  Halbronn

 

La Ve République accorde au Premier Ministre un rôle majeur sur le plan gouvernemental. Le Premier Ministre est nommé par le

Président de la République lequel peut ou non décider de tenir compte de la composition du Parlement, élu lors des dernières élections ou encore dissoudre l’Assemblée Générale pour disposre d’une information plus fraîche. C’est dire que pour nous les postes de

Président de la République et de Premier Ministre ne sauraient se confondre. Avant tout, le Président de la République apparait comme un monarque constitutionnel si ce n’est, on l’a dit, que l’on ne saurait lui imposer un premier ministre. On a vu cependant lors de ce qu’on a appelé « cohabitation » que le Premier Ministre est parfois bel et bien imposé par le résultats des dernières élections encore qu’à la différence de l’Angleterre, cela ne soit pas forcément le chef de la majorité parlementaire qui soit pris comme Premier Ministre (cf le cas de Balladur en 1993). Mais il est également vrai et attesté que le Président de la République, sous la Ve République, est libre de

prendre pour  Premier  Ministre un personnage non élu, non membre de l’Assemblée Nationale ou du Sénat, voire sans aucun mandat électif (Pompidou sous De Gaulle, Raymond Barre par Giscard d’Estaing) tout comme il peut tout à fait  changer de Premier Ministre sans que ce dernier ait été mis en échec par le Parlement.

C’est en cela que nous dirons que la Ve République est un régime remarquablement souple en comparaison de ce que l’on peut

trouver ailleurs, y compris dans le Royaume Uni. Tantôt  le Président  choisira le « meilleur » , de son point de vue (cf Juppé sous Chirac),

soit il prendra celui que le vote aura en quelque sorte désigné, et notamment le chef de la majorité. Selon nous, il aura toujours le choix entre ces deux options qui offrentr une certaine alternance.

Au  regard de la science politique, le fait de privilégier la fonction du Premier Ministre face au « monarque » (roi, président) permet

de couvrir la longue durée et ce bien au delà des deux derniers siècles. C’est pourquoi nous parlerons ici de vizirat et des vertus d’une telle formule.

Si l’on remonte le cours de l’Histoire, on trouve  un grand nombre de « vizirs » sous la forme de « favoris » (en Angleterre), de

« ministres » principaux  comme Richelieu ou Mazarin. L’institution du vizirat est vieille comme le monde  et traverse les âges et les régimes sous la forme de « maires du palais »  On pourrait en France  citer parmi les plus célébres  Charles Martel, Suger,  Jacques Coeur, Sully,  Concini,  Colbert,  Turgot, Necker,   Talleyrand,  Guizot, Clémenceau, Briand,  Léon Blum,  Laval,  Mendés France,  Guy Mollet, Debré,  Chaban Delmas Pierre Mauroy, Laurent Fabius.(cf  Philippe Valode, Les Ministres de l’Histoire de France, 2006)

Michel Rocard,  Jospin etc

C’est en cela que nous combattons ceux qui pronent la suppression et du Premier Ministre et du droit du président de

dissoudre l’Assemblée Nationale en vue apparemment de se rapprocher du « modéle » américain qui est qualifié de présidentiel. Nous irons même jusqu »à dire que la Ve République n’est ni parlementaire ni  présidentielle mais reléve du vizirat car c’est à son niveau

que se situe le véritable gouvernement de la France. Et sans dissolution, le régime du vizirat ne saurait pleinement fonctionner puisque cela interdirait au Président de la République de demander, à certains moments, au peuple de décider.

La démarche qui est la nôtre est en fait sous  tendue par nos travaux sur les cycles. Ce qui nous conduit à penser qu’à certains moments,

le Président doit choisir comme Premier Ministre le  personnage le plus performant, celui qui couvre le champ le plus large, englobant

ainsi les taches de tous les ministres  et à d’autres,  celui qui correspond à la volonté populaire, comme solution d’attente, comme pis aller, en attendant le retour possible de la première formule.

Autrement dit, il conviendrait de considérer le systéme électoral comme une invention récente visant à supplléer les manques du

Premier Ministre qui n’est plus en mesure de gérer à lui seul la totalité des dossiers. On doit alors passer à un gouvrenement plus collégial et donc pluriel avec tout ce que cela peut entrainer  d’une formule assez bâtarde.

Dans les autres pays,  qu’en est-il? Trop souvent, le Premier Ministre s’impose d’office au monarque ou au président de la République.

C »est le cas Outre Manche, om le chef du parti ayant gagné les élections législatives se voit d’office placer en position de Premier Ministre. Un tel automatisme n’est nullement une obligation sous la Ve République. Du moins, si cela était le cas, il conviendrait que cela ne le fût pas systématiquement et qu »‘il soit indiqué que le Président de la République  a le choix entre un Premier Ministre qui a sa confiance et un Premier Ministre qui a derrière lui une majorité parlementaire.

Pour tout dire, nous pensons que tout cela est tributaire d’une certaine cyclicité que nous avons décrite ailleurs sous les termes

de phases conjonctionnelles et disjonctionnelles. La conjonctionnelle correspondant au cas d’un Premier Ministre choisi et la

disjonctionnelle à celui d’un Premier Ministre élu (comme en Israël)

En conclusion, nous dirons qu’il serait bon de préciser certes quelques points de la Constitution de la Ve République en

la centrant sur  le poste viziral.

Contrairement à ce que d’aucuns écrivent(cf Arthur Conte),  cette fonction n’est nullement le propre de la Ve République mais il est vrai que celle-ci n’a probablement pas été suffisamment cernée et théorisée.  Paradoxalement, c’est le Président de la République qui est

l’interface entre le peuple et le premier Ministre et non l’inverse. Il revient au Président de choisir le meilleure Premier Ministre sur la

base des diverses données dont il dispose. A toute époque et en tout lieu,  quel que fût le régime, le choix du Premier Ministre – qu’on l’appelle ainsi ou autrement- aura été crucial et parfois fatal quand il n’a pas été changé assez vite et remplacé par l’homme de la situation. Il est essentiel que ce poste ne soit pas verrouillé à la différence de celui de Président ou de monarque. Cette dualité entre

un facteur fixe et un facteur mobile est  essentielle et  se retrouve sur le plan cosmique  avec  le rapport de la planéte à l’étoile fixe. Dès lors, l’élection du Président de la République  revêt une autre dimension puisqu’il s’agit d’élire quelqu’un qui sera apte à nommer

le « bon » Premier Ministre, en quelque sorte un « faiseur de rois », qui « gouvernera » l’Etat mais qui ne conduira pas la politique.  Faut-il rappeler que De Gaulle fut d’abord

le dernier Président du Conseil de la IVe République (1er juin

1958) avant de devenir le premier Président de la Ve République?

Rappelons que Pétain avat suivi exactement la même trajectoire

en devenant d’abord le derniier Président du Conseil de la IIIe

République avant de fonder l’Etat Français (régime dit de Vichy)

Idem pour Hitler d’abord chancelier de la République dite

de Weimar avantde fonder le IIIe Reich..

On peut  aisément établir un parallèle  avec la pratique des

monarchis et des empires. Il en est ainsi en Allemagne durant

le second Reich avec le remplacement des chanceliers (cf

Charles Zorgbibe.Guillaume II. Le dernier empereur allemand

Ed du Fallois 2013). Le changement de « vizir » quel que soit

son titre reste la pierre angulaire, selon nous, de la science

politique, tous régimes confondus, tous siècles et  Etats

indifféremment..

 

JHB

02  11 14

Bibliographie

Philippe Valode, Les Ministres de l’Histoire de France. Maires du Palais, éminencesn présidents du conseil et premiers ministres,

Paris, De Vecchi, 2006

Arnaud de Maurepas et Antoine Boulant. Les ministres et les ministères du Siècle des Lumières (1715-1789) Etude et Dictionnaire.  Ed Christian/JAS  1996

Arthur Conte  Les premiers ministres de la Ve République. Paris, Le pré aux clercs 1986

Dominique Sourdel  Le Vizirat  Abassaide de 749 à 936 (132 à 324 de l’Hégire)  Beyrouth, 1959

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans ASTROLOGIE, HISTOIRE, POLITIQUE, prophétisme, RELIGION, SOCIETE | Pas de Commentaire »

La cartonomancie d’Etteilla (32 et 78)

Posté par nofim le 26 septembre 2014

 

La cartonomancie d’Etteilla: des cartes françaises aux

égyptiennes

par  Jacques Halbronn

 

En 1770, Etteilla se fit connaitre  pour son traitement des

jeux de cartes ordinaires, dites françaises. Son travail

connut deux rééditions en 1773 (Bib. Arsenal)

et 1783 (conservée au département des estampes de la BNF)

avec chaque fois de nouvelles introductions et préfaces.

Mais à partir des années 1780, Etteilla se fera le

propagateur du « jeu de tarots » qui est chargé d’une autre

dimension, et qu’il présentera comme le Livre de  Thot, avec

un lignage égyptien. Et c’est par ce biais qu’Etteilla

s’inscrit dans l’histoire du Tarot de Marseille, rôle et mérite que

l’on ne saurait lui contester. Papus parle à son sujet d’une

« mutilation du tarot véritable  »

Comment expliquer que son magnum opus ait reçu le titre

de Manière de se récréer avec le jeu de cartes nommées

tarots, en 4 cahiers. Titre en effet qui nous apparait comme

emprunté aux méthodes d’apprentissage du tarot en tant

que divertissement, amusement, jeu de société.?  Force en

effet est de constater qu’une telle présentation risque fort

d’induire- délibérément- en erreur le lecteur non averti.

D’ailleurs, Etteilla se référe à   La Maison des jeux academiques , contenant un recueil general de tous les jeux divertissans pour se
réjoüir, & passer le temps agreablement   À Paris,  chez Estienne Loyson. M.DC.LXV

(BNF 8° S 16525) ouvrage de La Marinière,  paru dans les années  1660  et dont un chapitre traite du jeu de tarots

et de son introduction en France; après avoir connu une vogue à l’étranger et notamment dans les pays d’expression

allemande/ .

 

I  Les cartes françaises

Les titres changent d’une édition à l’autre :

1770 Etteilla ou manière de se récréer avec un jeu de

cartes, Amsterdam, Paris, Lesclapart (Arsenal  8°S 14395)

On note que ce titre sera repris dans sa Manière de se

récréer avec le jeu de cartes nommées Tarots. On aura

simplement ajouté qu’il s’agissait de Tarots (cf  J. M. Lhôte;  Court de

Gébelin, Ed Berg  1983 p. 177)

1773  Etteilla ou la seule manière  de tirer les cartes

revue, corrigée et augmentée.  Amsterdam et Paris, chez

Lesclapart.(Arsenal  NF 49167)

1783  Etteilla ou Instruction sur l’art de tirer les cartes

3e et dernière édition par l’auteur de la Cartonomancie

Amsterdam  et Paris

(Estampes Microfilm , BNF Richelieu, Arsenal NF 6894))

La dernière édition signale d’ailleurs la parution de la

Manière de se récréer avec le jeu de cartes nommées

Tarots pour servir de troisiéme cahier à cet ouvrage

par Etteilla

Au début des années 1780, La lecture du Monde Primitif de Court de Gébelin révéle

à Etteilla tout l’intérêt du jeu de Tarot, dont celui-ci avait probablement eu connaissance

sans en saisir la véritable portée. (cf  aussi  en annexe du Monde Primitif analysé et comparé avec le monde moderne (.) ou Dissertations mélées (pp. 395 et seq)  Recherches sur les Tarots et sur la divination par les cartes des Tarots par M. Le C. de M*** (in Jean-Marie Lhôte, op. cit. pp. 145 et seq)  Il  cite  La Maison des Jeux Académiques  1665   p. 34  (p 149) qui comporte un chapitre

sur les Tarots, sans la moindre connotation ésotérique.  On peut d’ailleurs parler d’une

ésotérisation d’un jeu de cartes et on notera que les éditions du Tarot que réalisera Etteilla dans le cours des années 1780

porte un titre insignifiant sans aucune allusion divinatoire, peut être pour tromper la censure..

.  En lisant le volume 8,  Etteilla découvre que la série (il appelle cela une

« galerie ») a probablement subi des permutations, ce qui ne laisse d’éveiller son intérêt. Très vite, il va faire paraitre

des travaux sur ce sujet en y exposant un certain nombre de réformes.

Le passage du jeu de 32 cartes à un « jeu » de 78 cartes  s’accompagnera d’un certains transfert . Le nom d’Etteilla y est repris pour

signifier le questionnant et la questionnante. Mais alors que dans le jeu de 32 cartes, Etteilla conseillait de créer une 33e carte

en effacçant par exemple l’as d’un autre jeu- ce qui donnait une carte blanche, dans  le jeu  de 78 cartes, il remplace deux lames

par des cartes correspondant aux dits questionnant et questionnante. Par ailleurs,  le traitement qu’il avait fait des cartes « mineures » du jeu de 32 cartes (c’est à dire les cartes qui ne sont pas des « honneurs », selon la terminologie que nous emploierons désormais (cf infra), réparties en 4 « couleurs »  ont des rois réprésentant l’homme de campagne, l’homme de robe, l’homme blond et l’homme brun tant

dans le jeu à 32 cartes que dans le jeu à 78 cartes que présente Etteilla. Dans les éditions plus tardives, au XIXe siècle, on les associera au pape, à l’empereur d’allemagne, au Soudan d’Egype et au roi de France.Le  terme cartonomancie  englobera les deux pratiques.

 

II  Les tarots et le Livre de Thot.

Entre 1783  et  1785  quatre « cahiers » paraissent

(le dernier étant consacré à l’astrologie, toujours sous

ce même intitulé, ce qui explique qu’il n’ait longtemps point

été identifié en cette qualité. (c reproduit in f Jean-Marie L’hôte,  Court de Gébelin, Le Tarot,

Berg, 1983 p.  162) : Jeu des Tarots ou le Livre de Toth, Memphis, Lesclapart)

Etteilla y développe une critique du Tarot quant à l’ordre

des Arcanes supérieurs, en reprenant en partie les arguments de

Court de Gébelin lequel met en cause l’ordre traditionnel des Arcanes majeurs : Etteilla s’en prend aux

Cartiers  qui « ont renversé l’ordre du livre de Toth (…) Effectivement, une galerie (une série) qui contiendrait une histoire de cette sorte

serait  bien sottement composée. Nous verrons l’ordre des premiers Egyptiens mais

avant il faut reprendre ce faux ordre dans l’esprit le plus vrai ainsi que nous venons de faire

pour la Cartonomancie.  ‘(Second Cahier de  la Manière de se récréer, 1785,   reprint Jobert 1977, p. 36).

L’ordre qu’il adopte – comme on l’a montré dans une précédente étude- se

voit considérablement « chamboulé » et rappelons qu’un autre ordre sera encore

proposé en 1807 qui place carrément en tête l’arcane du Monde dont  Papus

dira que c’est la clef du Tarot, carte qui comporte le tétramorphe, donc une division en 4. (cf Le Tarot des

Bohémiens. Clef absolue de la science occulte, le plus ancien livre du monde) Etteilla  s’efforce de reconstituer

les procédés des cartiers  en vue de « symmétriser la galerie », c’est à dire l’ordre des cartes. Selon Etteilla, « les copistes  qui se

sont succédés y ont mis suivant l’époque où ils vivaient les  objets relatifs à leur manière de voir emblématique » (cf  Leçons théoriques

et pratiques du Livre de Thot, Amsterdam, 1787; pp. 10-11)

Le titre quelque peu anodin de ces 4 cahiers semble avoir été imposé par la censure. Etteilla aurait parait-il préféré pour titre

« La Cartonomancie égyptienne ou le Tarot. »

Les travaux d’Etteilla se perpétueront après sa mort, apparememnt survenue à la fin de 1791  avec notamment

Hugan alias Jejajel sans oublier le fils d’ Alliettte qui se présente sous le nom d’Alliette fils.  Une édition pirate sans aucune mention

d’Etteillla reprendra textuellement son nouvel agencement,  sous le nom de Mlle Lemarchant : Les Récréations de la cartomancie, ou
Description pittoresque de chacune des cartes du grand jeu de l’oracle des
dames, avec des combinaisons pour expliquer le présent, le passé, l’avenir : Paris : tous  les marchands de nouveautés, (1856) BNF V 44599) cf aussi  Julia Orsini (alias  Simon  Blocquel), Le Grand Etteilla; Reed./ Paris,  Leymarie, 1990)

Etteilla aura donc réussi à imposer  sa « version » du  Tarot mais sera  finalement marginalisé au point qu’on ne le considérera pas comme appartenant à la littérature consacrée au Tarot « classique » (de Marseille) alors que selon nous, il en est un critique et un réformateur. (sur la place accordée à Etteilla dans l’histoire du Tarot,  cf  Helen  Farley  A Cultural  History of Tarot  From Entertainment to Esotericism; B. Taurus  2009,  pp. 106 et seq. ; Cynthia   Giles   The  Tarot History, Mystéry and Lore   Paragon House 1992, , pp..  26  et seq.  Stuart Kaplan,  La grande  Encyclopédie  du Tarot, trad. de l’anglais,  Paris,  Tchou 1979, pp. 154-158)

On notera qu’Etteilla n’était pas parvenu, cependant, comme nous le proposons désormais, à  la conclusion selon laquelle les

arcanes majeurs devaient initialement comporter non pas 22 lames mais 24.

En effet,  il nous apparait que le jeu de 78 est une amplification du jeu de 32 et en étend la division en deux groupes, les honneurs et

les cartes mineures, répartis en 4 couleurs, soit 4×8 et 8×4.

Roi  Dame Valet  As

Dix-neuf, huit, sept

En fait l’As remplace ici le cavalier que l’on retrouve dans le Tarot qui correspond donc  à un état plus ancien du jeu de 32 cartes. Mais sur 78 cartes, le décalage est compensé.

Par extension:  on ajouta donc  24 cartes mineures : 4×6 :  six, cinq, quatre, trois, deux,  as et 24 cartes majeures qui sont les

arcanes dits majeurs du Tarot si ce n’est que l’on n’en a plus que 22 et c’est cette lacune que n’ont pas signalé les tarologues. Ce faisant,

ils n’ont pas non plus cherché à répartir les arcanes majeurs en 4 groupe de 6 cartes s’ajoutant aux 16 honneurs du jeu initial de 32

cartes, ce qui donnait un total de 40  « majeurs » face à 40 « mineurs., le  défaut rédhibitoire du 22 é tant qu’il n’est pas divisible par 4.

Etteilla a proposé de  voir dans les arcanes majeurs

les 7 jours de la création, les 4 vertus cardinales mais cela ne suffit

nullement à notre requéte. Nous avons nous-mêmes en 1983  (Mathémétiques Divinatoires, Ed Trédaniel), proposé d’isoler

dix arcanes dans le cadre d’un « tarot séfirotique » reprenant le principe posé par Papus de regrouper les lames totalisant 22.

Mais nous allons reprendre le dossier de fond en comble sur la base d’une division en 4  familles de six à lames. Il nous semble que  cela implique  qu’il n’y ait pas

à rechercher une quelconque unité, que la continuité

du début  à la fin de l’ensemble ne soit pas de mise. Quelques

lignes de clivage semblent en tout cas ressortir:

le pouvoir terrestre  avec 4 cartes qui se suivent;

papesse  – impératrice-empereur  pape    : 2 -3-4 – 5

le pouvoir céleste  avec l »Etoile, La Lune, le  Soleil, trois

cartes qui se suivent. 17 18 19

Il semble qu’il y ait également de bonnes et de mauvaises

cartes et que si l’on additionne deux cartes qui totalisent

22 on  ait  autant de contrastes (cf Mathématiques

Divinatoires  1983, pp 37  et seq) mais on en reviendrait alors  au

nombre 22!

Amoureux et Maison  dieu

Chariot  et Diable

Hermite et Mort

Roue de fortune  et   Pendu

Force et  Fou

En tout état de cause, il est étonnant qu’Etteilla n’ait pas perçu

que le jeu de tarot n’était  qu’une amplification, une

extension du jeu de piquet.  Dans les deux cas, il y a

des honneurs et des cartes « simples » sans images. Il nous

apparait donc clairement que l’on est passé de

deux  fois seize  à  deux fois  quarante et que face à  40

cartes sans images, il fallait   40 images, soit 16 + 24  et non

38.(16 +22). La recherche passe par la conscience du manque.

On notera que le Bateleur renvoie aux 4 séries sur sa

table:  coupe,  denier, épée  et  baton et qu ‘on en trouve

trace dans certaines arcanes majeurs:

le bâton, c’est aussi le sceptre de l’empereur et de l’impératrice

la coupe  figure sur les cartes de la tempérance et de l’Etoile.

l’épée s’observe avec la  Justice et la  faux de la mort

les deniers sont les disques du soleil  et de la  lune

Il faudrait d’ailleurs s’interroger sur le choix de ces 4

objets tant dans le jeu à 32 qu’à 78/80 cartes. En anglais,

l’on désigne le tréfle par club, bâton et pique par spade,

épée, carreau par diamond et seul coeur est rendu

par Heart et non pas Cup, ce qui souligne l’interaction

entre les deux « paquets » de 32  et de 78/80.

Bien entendu, les éxégétes n’ont pas manqué de relier

les 22 arcanes supérieurs aux 22 lettres de

l’alphabet hébreu et de  proposer une division en

trois groupes de  sept lames, ce qui nous semble être une

fausse piste. On notera ainsi que le Livre de

la Création (Sefer Yetsira) distingue 7 lettres doubles

alors que grammaticalement il n’y en a que 6, le resh

ne comportant pas de « daguesh » modifiant sa

prononciation. Cela a contraint le commentateur à

proposer  3 lettres mères au lieu de 4.(Eléments) et  douze

lettres « simples » pour les douze signes zodiacaux et les douze

mois. On notera aussi que 32 correspond à la somme de

22 lettres et des 10  sefiroth.

Le rôle de l’historien des textes est de déduire un certain

nombre de probabilités à partir de ce qui lui est donné à

voir, c’est à dire des « restes », des vestiges qui nous

parviennent, souvent hors contexte et sans la part de

l’oralité qui donne une autre portée à l’écrit. Face  à ces

24 cartes dont nous présumons l’existence dans le

projet initial, il y a en fait plusieurs découpages possibles entre

lesquels il nous faut choisir.

On peut ainsi diviser 24 par six mais aussi par quatre.  Ce

qui donne six groupes de 4 ou quatre groupes de 6. Or,

force est de constater que l’on trouve assez facilement

dans les arcanes majeurs des groupes  de 4 lames, qui se

succédent ou non.  Dans le cas des vertus cardinales, il y en

a 4 (cf  Court de Gébelin,   Du jeu des Tarots, p. 97, reprint

in  Jean-Marie Lhôte. Court de Gébelin,  Le Tarot, Berg, 1983)

et on ne peut donc guère songer à en ajouter deux pour

arriver à 6. Un autre groupe déjà signalé est celui

de l’empereur et du pape et de leurs contreparties féminines, ce

qui donne à nouveau 4.  C’est pourquoi nous pensons que

celui ou ceux qui ont pensé ce dispositif auront opté pour

six groupes de 4 et non 4 groupes de  6. Il nous

reste à tenter de reconstituer les 4 autres groupes mais

le cas des cartes comportant des astres s’offre aussi à nous:

soleil, lune, étoile et on peut y adjoindre le Jugement qui

fait immédiatement suite:  13   15 16 et 22

on revient aussi sur l’idée d’un groupe positif (Amoureux,

Ermite,  Chariot, Roue de  fortune et d’un

groupe négatif (mort, diable, maison dieu, Fou) en soulignant:

une certaine continuité numérique.

Restent deux lames de synthèse: le Bateleur et ses 4 objets

représentant les 4 séries des lames mineures et le Monde

avec le  tétramorphe. (aigle, lion, taureau, homme) On pourrait

ajouter les 4 tempéraments (comme dans le Kalendrier des

Bergers)

En fait, la principale erreur d’Etteilla est d’avoir cru que les 22 arcanes constituaient

un ensemble d’un seul tenant  et qu’il convenait d’en déterminer l’ordre  du commencement à la fin. Il

semble même qu’il ait voulu gommer la frontière entre arcanes majeures et mineures si l’on s’en

tient aux légendes qu’il associe aux diverses cartes.

Or, selon nous,  il s’agit d’une juxtaposition de 6 séries distinctes les unes des autres et ce sont les séries

qu’il faut ordonner et non leur contenu:  la série 1 est celle des personnages assis représentant le pouvoir

tant temporel que spirituel, puis lui fait suite la série des « bonnes cartes », puis celle des Vertus, puis celle

des « mauvaises cartes », puis celle des forces célestes. Quant à la sixiéme série, dont il ne nous reste que deux éléments, elle se situe à l’articulation entre la fin et le début de la « galerie », avec le Monde (XXI) et le Bateleur (I) formant une sorte d’ouroboros. Déjà en 1983,  nous avions (Mathématiques Divinatoires Ed  Trédeniel) opposé le groupe des  « bonnes » cartes et celui des « mauvaises « cartes. tant ces deux séries sont marquées par un expressionisme  qui ne se retrouve pas par ailleurs. Oswald Wirth

(cf Le Tarot des Imagiers du Moyen Age, Rééd.  Ed Tchou, 1978, pp. 51  et seq) avait distingué divers groupes d’arcanes. et opposé, par couples,é les lames totalisant deux par deux 23.(nous avions pour notre part opposer des lames totalisant 22)/ Wirth  avait circonscrit deux groupes de 4 lames  que nous avons nous -même isolés :

1  la Papesse et l’Impératrice  face à l’Empereur et au Pape

2 Les Etoiles, la Lune, le Soleil et le Jugement

 

Nous pensons que l’imagerie du Tarot en ce qui concerne

les arcanes majeurs puise dans le Kalendrier des Bergers.

(fin XVe siècle) mais on observe aussi que la Roue de

Fortune  s’origne dans le supplice de la roue pratiqué aux

Enfers et très représenté dans le dit Kalendrier au même

titre que le Diable et la  Mort. Inversement, selon Court de

Gébelin, le Pendu ne serait pas une mauvaise carte mais

l’allégorie de la vertu de Prudence. Quant  à la Maison Dieu,

est-ce une si mauvaise carte que cela? L’Hôtel – Dieu est un lieu

d’accueil pour les indigents, le symbole de la Charité.

On ne suivra certainement pas Wirth quand il écrit

 » Aux 22  arcanes primitifs ont été ajoutés 56 cartes à

jouer partagées entre 4 séries de  14″ Il est clair que pour nous

les arcanes supérieurs sont dérivés des 16 honneurs, ce qui

donne un total de 40 images. 22 n’est divisible ni par 6 ni

par 4. On notera cependant que le nombre 32 est important

en kabbale en ce qu’il totalise 22 + 10  sefiroth  et de fait

les 22  arcanes majeurs renouent avec  ce nombre 22 qui se

subdivise en 7,  12  et 3, selon le Sefer Yetsirah

Le Tarot est-il au départ un savoir divinatoire? On peut

sérieusement en douter. Il nous fait songer au Kalendrier des

Bergers où l’on retrouve les Vertus cardinales mais aussi

la Mort et les astres, à l’iconographie des Livres d’Heures.

Les historiens du Tarot ont d’ailleurs mis en évidence un tel

compartimentage:

« Ces images étaient réparties en cinq séries représentant les  états de la

vie, les muses ou arts, les sciences, des vertus et les planétes ou systéme du monde. Le tarot

serait né de l’adjonction à ces images de cartes numériques » (Cinq siècles de cartes à jouer

en France, Bibliothèque Nationale,   Bulletin du vieux papier,  facc 205, septembre 1963, p. 85)

 

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Bibliographie

)
The Game of Tarot : from Ferrara to Salt Lake City / Michael Dummett ; with the assistance of Sylvia Mann
G. Duckworth
1980
Decker, Ronald
A wicked pack of cards : the origins of the occult tarot / Ronald Decker, Thierry Depaulis and Michael Dummett
Duckworth
1996
A history of games played with the tarot pack : the game of triumphs / Michael Dummett and John McLeod
the Edwin Mellen press
2004

R. Falconnier,  Les XXII Lames hermétiques du Tarot Divinatoire,

Ed Bélisane, Nice  1976, 2012

Gérard  Van Rijnberk, Le Tarot. Histoire, iconographie, ésotérisme,  Ed Trédaniel 1981

JHB

01  10  14

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Etre femme ou comment vivre dans un monde d’hommes

Posté par nofim le 19 août 2014

Les femmes  face aux hommes prises dans la dialectique conjonction-

disjonction.

par  Jacques Halbronn

 

Quand nous pensons aux  femmes  et essayons de nous

mettre à leur place, nous nous demandons comment on

peut vivre dans un  monde où  tout ce qui compte  est le

fait des hommes, pas de tous les hommes certes et c’est

heureux car tout le monde ne peut pas être au sommet mais

disons le fait d’hommes et cela presque exclusivement. Depuis

que le féminisme   s’affirme, est ce que les programmes

de musique classique ont changé, se seraient féminisées?

Non et pour une raison très simple, c’est que de toute façon

les femmes sont  « rétro », elles vont vers des valeurs sures et donc

ce qui se passe au  présent  ne les touche pas tant que cela

dans le domaine culturel, scientifique, religieux. Donc au bout

d’ »un demi-siècle,  les femmes consomment toujours autant

de ce que les hommes ont réalisé,: qui sont les meilleurs

cinéastes, lesmeilleurs compositeurs, les meilleurs

philosophes, les meilleurs peintres? Réponse: des hommes

et non les hommes. Mais l’on sait que la probabilité  sera

toujours qu’au bout du compte ce sont des hommes qui

gagnent sur les différents tableaux.

Si nous étions une femme,  nous en prendrions notre parti

car à quoi bon se faire du mal (mâle)? Peut être espérer que

cela va changer, qu’il y aura de plus en plus d’ exceptions

à la régle et à quoi cela nous avancerait.?  Au fond, il vaut

mieux que les probabilité ne concernent que la moitié

de l’humanité car cela fait moins d’investissements que si

tout est posssible, tout peut arriver. Or est-ce bien cela

que souhaitent les femmes, à savoir que tout et

n’importe quoi puisse arriver? Est-ce ainsi que le monde

doit tourner? Sur le long terme,  la probabilité de trouver une

femme qui sortira du rang au regard de la postérité

est infiniment faible..Cela n’en vaut pas la peine! Les femmes

seront toujours et à jamais des éternels seconds sauf si l’on

devait supprimer ou lobotomiser  les hommes évidemment.

Car la présence masculine est tellement  humiliante!

Elle est mauvaise pour  le moral! L’homme est un cauchemar

 

pour les femmes par tout ce qu’il représente, même si tous les

hommes ne sont pas ou plus des lumières. Si ce  n’est toi,

c’est donc ton  frère:

Heureusement, comme l’évoque le récit biblique de la

Tour de Babel, les  « dieux »  ont  voulu  freiner  la dynamique

masculine de peur que les hommes ne deviennent comme eux et

pour ce faire, ils ont importé les femme de façon à ce que cela

les empêche d’aller trop vite et trop loin. Autrement dit, les

femmes auraient été choisies pour leur pouvoir de nuisance

un peu commes les sirénes dans l’Odyssée, qui détournent

les héros de leur route. Entendons par là que la femme ne

trouverait son identité que dans le Mal qu’elle peut faire aux

hommes,. Elles seraient des tentatrices, mettant les

hommes à l’épreuve avec plus ou  moins de bonheur ou

de malheur.

Oui, si nous étions une femme, nous  arriverions à la

conclusion que  nous incarnons le Mal, l’Erreur, la Faute,

dans tous les sens du terme. Le  Livre de  Job campe  une

telle mise à l’épreuve en présence de Satan.

L’astrologie est présente dans le Livre de Job quand Dieu

évoque les étoiles.  L’astrologie  est une invention des

dieux  pour neutraliser les hommes. Elle instaure une cyclici

qui nous fait songer au supplice de Sisyphe condamné à tout

devoir toujours recommencer et tout  y est programmé pour

que les  femmes puissent périodiquement prendre le dessus

sur les hommes,  pendant la moitié du temps, ce qui n’est

pas sans évoquer le conflit entre Pluton et Cérés, (Hadés

et Demeter).

Nous avons montré dans nos travaux sur les cycles (sur le blog

nofim et sur nos vidéos  de la chaine Youtube qui porte

notre nom) que la conjonction enchaine la femme à l’homme

mais que la disjonction  lui enléve ses chaines.(cf l’image

d’Adam déchainé dans l’Apocalypse). Rappelons que tout

est lié au mouvement de Saturne par rapport aux

4 étoiles  fixes royales le tétramorphe à rapprocher du

tétragramme)

Que se passe-t-il donc quand la femme est liée à l’homme

et lui est soumise? Elle l’accompagne, ne se met pas en

travers de son chemin, elle se comporte docilement. Mais

advienne la disjonction  et  elle va s’ingénier à le faire

enrager, le contrarier, se faire désirer, attendre! Le faire

tourner en bourrique.

En période disjonctionnelle, les femmes ont la bride

sur le cou, elles sont incontrolables, éprises de liberté, elles n’ont

pas/plus  de comptes à rendre. A contrario, en phase

conjonctionnelle, elles sont souvent des victimes plus

ou moins résignées,  consentantes, prêtes à se sacrifier, à suivre leurs

hommes jusqu’au bout. Mais a bout de trois ans et demi,

les masques tombent!  Inversement, il  est des mégéres

que l’on apprivoise en phase conjonctionnelle.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

19 08  14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Du sionisme au scoutisme : une question d’observance

Posté par nofim le 13 août 2014

L’identité juive, entre Sionisme et  Scoutisme

par  Jacques  Halbronn (CERIJ)

 

Peu avant sa mort Freud publia Moïse et le Monothéisme

(selon le titre de la traduction française. En fait « l’homme Moïse

et la religion monothéiste, littéralement de l’allemand). Freud

s’appuie sur le fait qu’un certain pharaon, qui prendra le nom

d’Akhenaton avait développé un culte monothéiste. Selon Freud,

Moses serait ce pharaon qui aurait ainsi instruit un peuple

dans cette croyance en un dieu unique..Dans le présent essai,

nous développons une autre thèse qui tend à déterminer ce qui

a pu conduire à une certaine spécificité des Juifs. Quant à Jung, il

tint également des propos sur les Juifs, en phase avec l’époque

(La situation présente de la psychothérapie, 1934,  ( Richard Nolle.  Jung, « le Christ Aryen ».

Les secrets d’une vie. Ed Plon 1999)  en distinguant l’inconscient aryen

et l »inconscient juif  (cf René Major et Chantal Talagrand,

Freud,  Paris, Folio,   Gallimard  , 2005, p. 185)

En 1978,  nous avions  lancé une association consacrée à

la recherche sur l’Identité Juive, le CERIJ.  Ce questionnement

identitaire vaut pour les domaines les plus divers et il s’agit

de déterminer ce qui est  le plus vital pour une discipline, pour

une culture. On perd souvent  conscience de ce qui est

vraiment  lessentiel.

Nous opposons ici sionisme  et ce que nous appelons le

scopisme, du latin Scopus. qui est la traduction de l’hébreu

Tsofé/im.  qui commence par la lettre Tsadé  comme Tsion.

Il y  a à Jérusalem  un Mont Scopus, où se  trouve l’Université

Hébraïque. (Har Hatsofim) comme il y a un Mont Sion. Depuis

1993, tous les 4 ans, nous avons participé à un Congrès

Mondial  des Etudes  Juives,  sur ce Mont.

L’expression renvoie à la Bible, elle désrigne ces

explorateurs envoyés vers la Terre Promise et qui en firent

un compte rendu.

Pour nous,  l’identité juive est celle du Tsofé, de l’explorateur

plus que celle du prophéte Nabi, Hozé, qui s’en rapproche.

Le Tsofé est à l’avant garde, aux avants postes, c’est un

« colon », en « mission » (celui que l’on envoie en éclaireur)

Il importe donc de dédramatiser l’Histoure Juive quand

on parle d’expulsion  alors qu’il faudrait parler d’exploration.

L’envoi peut aussi être vécu comme un renvoi, dans le cas

du sionisme,  renvoi vers une mission passée sinon dépassée.

Pour nous, les Juifs ont dans leur ADN  quelque chose qui

en fait des explorateurs, et ce dans tous les domaines

et pas seulement sur le plan de la découverte territoriale

mais  dans le domaine de la Science, de l’Art, de la

Technique..

Les Juifs seraient donc des  « envoyés », des pionniers et

quand Herzl  a écrit l’Etat Juif (1896) , il n’était pas

encore voué au Retour des Juifs en Palestine, Ce n’était

pour lui, alors qu’une  option  avec l’Argentine. Même à la

veille de sa mort, il avait agréé  l’idée de l’Ouganda,

proposée par l’Angleterre. La Première Guerre Mondiale

remettra la Palestine au coeur du débat avec la  chute

de l’empire ottoman dans cette région. (Déclaration

Balfour 1917) Nous mêmes nous somme issus par notre

famille maternelle  des Juifs partis en Argentine et notre

mère naquit là  bas. Notre grand mère publia un

livre s’intitulant « Une femme dans la Pampa ».

Nous présentons donc  ce projet du Scopisme ou

du  Tsofisme  en remplacement du Sionisme. En ce sens

les Juifs du XXIe siècle, assumeraient ce rôle

d’explorateur  dans tous les sens du terme: on  peut

explorer l’Histoire, le psychisme,  la Peinture, la Musique,

le Cosmos, Les Juifs seraient la tête de pont de l’Occident

Européen  vers  le reste du monde.

Le fait que les Européens aient voulu les « détacher » en dehors

de l’Europe n’a donc pas à être dramatisé. Ce n’était pas

pour s’en débarasser mais pour les ramener à leur mission

qui est d’aller au delà.

Le terme Eclaireurs  est une bonne  traduction de Tsofim

-mais c’est évidemment à rapprocher de Scoutisme

 

et d’ailleurs  on parle pour les jeunes Juifs des Eclaireurs.

En ce sens la notion de diaspora peut englober cette

notion  d’éclaireur si ce n’est que tout dépend de

quel centre il est question. Pour nous, le centre reste

l’Europe et la terre de mission (Terre Promise)

au delà de ses frontières.

L’eclaiteur est celui qui observe mais l’on sait que ce

 

verbe a aussi une connotation religieuse. On parle de

l’observance des commandements (shomer); celui qui sert de

vigie, qui veille, le veilleur et l’éveilleur. Le Juif est un éveilleur.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

28  08  14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Epistémologie de la science historique

Posté par nofim le 5 août 2014

La dimension spéculative de la recherche historique et le genre du roman

par  Jacques Halbronn

 

L’historien à l’instar du romancier -ou vice versa- tente d’élaborer un certain passé à partir d’un certain nombre de données. La

recherche des causalités responsables des dites donnée constitue le tissu historique tout comme le point de départ  d’un fait divers peut

inspirer un roman, donc une « histoire » ( avc un petit h) en remontant vers ce qui a pu aboutir au dit point de départ. Dans bien des cas, ce

qui s’est passé aurait pu se passer autrement tout comme le futur peut lui aussi se dérouler autrement et l’on peut imaginer d’autres solutions

et résolutions. (cf  Collectif,  Les historiens de la Garde; De Lorant Deutch à Patric Buisson, la résurgence du romn national, Ed  Inculte 2013)

Il est loisible à chacun de concevoir des scénarios plus ou moins probables si ce n’est que certains peuvent prévaloir sur d’autres et s’y

substituer comme étant plus logiques, comme intégrant davantage de paramétres, de données.  Un modéle est falsifiable. Cela ne

signifie pas que l’un l’emporte sur l’autre parce qu’il est « prouvé » mais ce qu’il est plus probbable ou moins improbable. La recherche

hisrorique exige des démonstrations, des argumentations.

Nos  travaux concernant la génése du  symbolisme zodiacal, par exemple, et notamment celui du  tétramorphe (Taureau, Lion Aigle

Homme) comportent certes une dimension spéculative mais nous pensons qu’ils conduisent à une représentation plus satisfaisante

pour l’esprit que les seules données  « traditionnelles »  brutes qui ne s’inscrivent même pas dans une  approche scientifique car

l’Histoire ne saurait se limiter à un caractère « factuel ».(cf notre vidéo du 2 août sur le même sujet, sur You Tube). Ce que nous avons écrit

récemment sur l’émergence du « peuple »  juif est également spéculatif mais se fonde sur une histoire comparée des invasions, des

« têtes de pont », ce qui confère à notre propos une certaine probabilité plus grande que le simple « constat » historique. On pourrait en

dire de même de nos travaux sur Nostradamus. En fait,  nous dirons que le métier d’historien consiste à établir des chronologies, à

reconstituer un état antérieur à celui qui nous est connu. C’est cela la recherche historique.

L’historien ne réalise pas une opération foncièrement difféente de celle du romancier. On est toujours dans le »comment en est-on

arrivé là? »  La seule différence, c’est peut être qu’il est difficile de dire à un auteur qu’il aurait pu raconter une autre histoire alors que le

débat peut tout à fait se concevoir entre historiens/ Le débat, quant au roman, se limite à une discussion « intérieure », quand l’auteur

lui-même aura hésité entre plusieurs scénarios.  On ajoutera une autre différence concernant le futur. Le romancier aurait le droit de

se projeter dans l’avenir et pas l ‘Historien.  Mais l’historien peut se faire  prophéte dès lors qu’il a découvert certaines « lois »qui valent

autant pour le passé que pour l’avenir, étant entendu que de telles « prévisions » ne sauraient  aller au delà d’un certain seuil de précision.

Non pas que l’on ne puisse pas annoncer certaines choses mais certainement pas le résultat global. L’historien aurait une obligation

à cerner les moyens mais non les fins. En ce sens, le regard de l’historien  sur le passé ne diffère pas vraiment de son regard vers l’avenir,

c’est à dire que son discours restera marqué par une certaine forme d’abstraction.

La question des facteurs de perturbation caractérise plus les sciences humaines que les sciences dures en ce sens que le présent

n’y  correspond pas autant au passé. C’est en cela que l’épistémologie de la science historique diffère. On peut certes admettre que certaines graves perturbations aient pu affecter le relief ou le climat mais dans le domaine des sciences de l’Homme, c’est une

problématique bien plus récurrente et incontournable d’autant que les dites perturbations eussent pu ne pas se produire. Donc

le scénario élaboré par l’historien doit intégrer de possibles  perturbations qui auront crée un décalage non seulement diachronique

mais synchronique avec le présent, qui est le moment où le travail de réflexion et de recherche a été engagé.

Encore faut-il ajouter qu’il existe plusieus plans qui se chevauchent: il ya ce qui est et sa représentation. C’est le plus souvent

la représetation qui est perturbée.  Si l’on prend le cas du symbolisme saisonnier, il y a des textes qui ont pu se corrompre, « évoluer » sans

que la réalité représentée ait changé.  Les saisons sont les mêmes saisons grosso modo qu’il y a des millénaires mais certains discours

les concernant peuvent avoir sensiblement changé.  On pense ainsi aux rapports

entre le français et l’anglais : si le phénoméne est resté

peu ou prou le même, la conscience du dit phénoméne peut être toute autre.

Selon nous, le présent est « gros » du passé et donc il est essentiel pour l’historien

d’apprendre à lire le passé dans le présent, ce qui relativise la question  d’un passé

que l’on ne pourrait retrouver tel quel. Il faut s’habituer à l’idée que le passé est

indissociable du présent et vice versa, qu’il est « portéé par le présent. On ne peut

donc effacer; « tuer »  le passé puisqu’il survit dans le présent. Le succés des séries

policières illustre bien cette  fascination pour celui qui exhume le passé en fouillant

le présent, à la façon d’un archéologue. C’est aussi une problématique  importante

en psychanalyse.  Certes, il y a un temps où l’on fait des hypothèses mais celles-ci

sont vouées à être affinées, précisées.  Mieux vaut, en définitive, un discours

cohérent et logique qu’une accumulation de données qui ne font pas sens.

 

 

JHB

05. 08 14

 

 

 

 

 

 

 

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Les astrologues sidéralistes face à l’Histoire de l’astrologie

Posté par nofim le 5 août 2014

Remarques sur  quelques travaux  sidéralistes  en Histoire de l’astrologie

Par  Jacques Halbronn

 

En ce début de XXIe siècle, il est assez évident qu’il est temps que l’astrologie se ressource, se régénère.  Or l’histoire de l’astrologie produit des effets contradictoires : elle peut  contribuer à la

Pléthore des dispositifs comme elle permet une décantation en mettant en évidence des

syncrétismes, des doubles emplois. Approche apologétique ou critique du corpus astrologique,

approche synchronique ou diachronique ? C’est selon. Dans les années cinquante-soixante, la

tendance « structurelle » était de  conférer à chaque notion astrologique retenue dans le « canon »

astrologique une fonction spécifique. Un réformateur de  l’astrologie comme Jean Pierre Nicola

conserva les 12 signes, les 10 planètes, les 12 maisons, les aspects  avec leur manichéisme, même s’il

prit ses distances avec le symbolisme et la mythologie.  En fait, sa démarche consista à  projeter sur

l’astrologie des origines  les connaissances scientifiques actuelles sans  prendre en compte le  fait que

l’astrologie ait été plus une loi fondée sur le cosmos que la volonté de connaitre le cosmos dans sa

globalité. L’histoire de l’astrologie nous enseigne-t-elle  combien astrologie et astronomie se recoupent ou au contraire combien elles diffèrent dans leur raison d’être. C’est Vanki qui en 1902 (Ed. Chacornac) dans son Histoire de l’’Astrologie avait décrété (p. 13) « Dans l’origine, l’astrologie ne se distingua pas de l’astronomie et les deux mots dont l’étymologie est à peu près semblable,

s’employaient indifféremment l’un pour l’autre » Or,  s’il est  attesté qu’à certaines époques, l’astrologie passa sous la coupe de l’astronomie,  notamment avec la Tétrabible de Ptolémée, cela

ne signifie aucunement qu’il en ait été ainsi à l’origine, et ce tout simplement parce que l’astrologie n’avait qu’un besoin limité de l’apport de l’astronomie pour exister et notamment en ce qui concerne le nombre de plantés « utiles » pour son dessein.

Nous aborderons dans la présente étude les travaux de deux astrologues sidéralistes qui ont

publié sur l’Histoire de l’Astrologie, Denis Labouré et Marie Delclos, dans les années 90, décennie

particulièrement féconde dans ce domaine en France, notamment en ce qui concerne notre propre

production.

 

I   Denis Labouré  Les origines de l’astrologie  ed du Rocher 1997 Préface Jean-Pierre Bayard

Labouré reprend la malheureuse formule de Knappich  (Histoire de l’astrologie  Paris, 1986, p. 62 ) qui écrivait :

« Comme dans ce schéma les 7 planètes n’occupaient chacune qu’un signe, on créa un autre schéma

Dans lequel  le Soleil et la Lune n’avaient respectivement  qu’un domicile  tandis que les autres

Planètes disposées selon l’ordre astronomique en avaient chacun deux » On retrouve

une telle affirmation chez un autre historien germanophone,  également dans les

années soixante (Peuckert,  L’astrologie; son histoire, ses doctrinesd, Payot 1965; Reed

1980 et 2005,  pp. 115  et seq

Labouré : » A chaque astre, la tradition accorde un ou deux signes du Zodiaque, où il se révèle dans  sa plénitude »

Or, il y a là un grave contresens historique. Il est évident que l’on avait à l’origine deux dispositifs à sept planètes et  un seul signe en domicile  comme en exaltation. C’est par la suite, que d’aucuns ont cru bon de passer aux « doubles domiciles ». D’ailleurs, la notion de ‘trône » soulignait un seul des deux domiciles.  On a montré en effet que domiciles et exaltations sont des dispositifs jumeaux, l’un articulé sur l’axe solsticial et l’autre sur l’axe équinoxial. Nous ajouterons que cet axe est lui-même décalé d’un signe du fait de la précession des équinoxes et que l’exaltation du soleil était initialement en  taureau et non en bélier du fait de l’évolution du point vernal  dans les constellations.

Qu’est-ce donc que cette « tradition » qui n’est en fait qu’un avatar tardif ? En ce qui concerne les 4 Eléments, il eut été heureux de noter que  l’on ne relie pas les signes et les 4 Eléments avant la fin du premier millénaire.

Labouré, en astrologue sidéraliste signale certes les 4 étoiles fixes royales mais il ne  met pas en évidence que les constellations correspondantes constituent un système totalement différent de celui des 12 « signes » zodiacaux. Dans un cas, la symboliques des signes correspond grosso modo au cycle des saisons (les 12 mois pour les 12 lunaisons) mais dans l’autre la symbolique du tétramorphe

(Taureau, Lion, Aigle, Homme)  a évolué avec la précession des équinoxes, ce qui permet de dater d’environ 12000 ans, un demi- cycle précessionnel l’instauration d’un tel dispositif.

Nous regrettons d’avoir à signaler que nos propres travaux ont été piratés par divers auteurs dont

Denis Labouré, Hervé Drévillon  et quelques autres qui n’ont pas jugé bon de nous citer alors même

qu’ils puisaient dans nos publications. Labouré réussit l’exploit de reproduire divers passages

de notre édition (1977)d’Abraham Ibn Ezra, en se contentant de signaler l’éditeur. En 1990,  Labouré avait publié à notre instigation le traité de Claude Dariot ( chez Pardés) avec notre postface et il ne cite même pas notre nom quand il se réfère à cette édition. Quand à Eustache Le Noble, nous avions

traité de cet astrologue également en 93 (Ed Trédaniel, autour de l’astrologie du Livre de Toth

d’Etteila)/  Labouré ne signale pas non plus  notre Etrange Histoire de l’Astrologie (Ed Veyrier 1986) avec Serge Hutin pas plus que notre article (1994) ‘Astrologie » dans l’Encyclopaedia Universalis qui remplaçait celui de René Alleau (Reed fin 2004 sans  la bibliographie ) ou encore notre Monde Juif et l’Astrologie (Ed Arché, Milan) tout en prétendant dans son introduction tout en dressant un bilan de l’Histoire de l’Astrologie à la fin du XXe siècle. Quant à Drévillon, il utilise pour sa thèse parue chez Champvallon la substance de notre ouvrage paru en 1993 chez Trédaniel ( autour du Commentaire du Centilogue de Nicolas Bourdin)  qu’il se contente de citer dans sa bibliographie mais non en bas des pages où  il recourt massivement  à nos travaux.

 

II  Marie Delclos   Astrologie racines secrètes et sacrées Dervy  1994

Nous retiendrons ce propos concernant  la possibilité de remonter  de 12000 ans  (pp. 74  et seq)

« L’astrologie remonterait non pas au cinquième ou au quatrième millénaire avant  notre ère, soit avant le petit déluge de -3000 mais avant le grand Déluge, celui de Platon. Elle remonterait à -12000 »

Mais nous fondons notre analyse sur  le fait que l’axe Aigle-Taureau est inversé par rapport au zodiaque  à 12 signes. Nous pensons que le zodiaque est hybride, ce qui explique la confusion des débats au début du XIXe siècle autour du Zodiaque de Dendérah (décalage Lion-Balance, cf. Dupuis  Abrégé de l’Origine de tous les cultes et sa polémique avec Visconti).

Le rappel d’une relation entre les 12 signes et les 12 dieux de l’Olympe  montre bien qu’il  y a eu

historiquement un passage d’une  référence aux dieux vers une référence aux astres, ce qui montre que la relation de l’astrologie à l’astronomie est loin d’être aussi évidente, au départ, que certains historiens de l’astrologie le prétendent.

Marie Delclos : « Les 12 dieux  conseillers de l’Olympe , six dieux et six déesses étaient attribués aux douze signes » (p. 151)

Quant à affirmer que les Anciens connaissaient la planète Neptune découvert e en 1846, cela se résume par ce jugement de l’auteur :  « On découvre peu à peu que plus nos connaissances augmentent  plus nous découvrons que la Tradition n’avait  pas menti »  Neptune fait partie des 12 dieux, et est même associé par Manilius au signe des poissons mais certainement pas en tant que planète et ce en  dépit de tel ou tel quatrain des Centuries citant Neptune. (cf. P. Guinard sur ce sujet in revue Atlantis). Selon nous, deux astrologies se seront développées  parallèlement pour ensuite s’entremêler, l’une associant les 12 mois aux dieux et l’autre  divisant le ciel en 4 et en 8 (maisons  cf.  P. Guinard sur la division en 8). autour des  phases de la  Lune dans le mois (ce qui donne la semaine) et des 4 étoiles fixes royales balisant le cycle sidéral  de astres (et notamment de Saturne) en 4.  On notera que les 12 lunaisons ne coïncident nullement avec les 4 saisons. Marie Delclos signale l’axe Aldébaran-Antarés mais  n’indique pas son interaction avec le cycle des planètes ni  la question du rapport insolite entre Le Scorpion et l’Aigle, ce qui crée un décalage que l’on ne saurait  négliger de signaler car il permet  de mieux baliser le passé.

Selon nous, la préoccupation  concernant le nombre de planètes   est décalée quand on prend en

Compte qu’il  s’agit non pas d’astres mais de dieux, le passage aux astres étant  à l’évidence le fait des astronomes, mettant en place le dispositif des domiciles et exaltations qui se limite aux deux

Luminaires et aux cinq planètes et  laisse de côté les autres dieux faute d’assez de  planètes. L’idée

selon laquelle les 12 signes implique que l’on ait connu 12 planètes est totalement anachronique, même si ce mythe a pris une autre dimension à partir de la fin du XVIIIe siècle avec la découverte de planètes qui prendra le nom de divinités n’ayant pas encore été intégrées  en astronomie et en  astrologie. (cf. les spéculations d’un Léon Lasson,  d’un Caslant (sur Proserpine), d’un Jean Carteret,  d’une Lisa Morpurgo, d’un Roger-Benoît  Jourlin  et nos propres travaux in Mathématiques

Divinatoires  ed Trédaniel  1983)

Signalons aussi  notre « Lettre à une amie astrologue » (c’est-à-dire Marie Delclos) en tête de  notre Etrange Histoire de l’Astrologie, op. cit, pp. 7 et seq)

Au niveau bibliographique,  nous noterons que Marie Delclos signale deux communications

(Yves Marquet et Françoise Gauquelin) lors de Colloques que nous avons organisés en 1991 et 1993. En revanche,  Marie Delclos cite abondamment Abraham Ibn Ezra  et les traités que nous avons

édités (cf. supra) sans citer notre nom , (pp. 391 et 393)

 

Ces deux historiens  marqués par l’astrologie sidérale  se contentent en fait de diviser le zodiaque à partir d’un point qui est décalé par rapport au point vernal  (Ayanamsa) unique alors que nous pensons que les 4 étoiles royales structurent et balisent  4 périodes, sans qu’il faille tenir compte d’une quelconque division en 12.(signes ou constellations)

L’histoire de l’Astrologie est un labyrinthe  truffé de chausses trappes. La carte n’est pas le

territoire et il revient au chercheur de  gérer les bribes qui nous sont parvenues  bien plus que de nous servir des connaissances astronomiques modernes comme semblent le croire d’aucuns.

Jetons un bref coup d’œil , pour finir, sur notre article Astrologie de l’Encyclopaedia Universalis , avec ce mot qui revient  tout au long de « syncrétisme » (cf Peuckert, L’Astrologie, op. cit. pp. 157

et seq)   Mais il est clair que 20 ans après, notre réflexion sur la question aura sensiblement évolué.      A l’ époque, nous n’avions pas notamment pris conscience de l’inversion générale qui aura affecté tant  le rapport du tétramorphe aux saisons mais aussi le passage d’un repère sur le descendant ayant précédé  la référence  à l’ascendant. Bien plus, pour nous, le début du Zodiaque se situait à la Balance et non au Bélier et nous voyons dans ce symbole l’ouroboros (Janus)  qui marque la fin d’un cycle et le commencement d’un nouveau.

 

 

JHB

05. 08 14

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Nostradamus lecteur de Roussat

Posté par nofim le 19 juillet 2014

 

Richard Roussat et le prophétisme astrologique au milieu du XVIe siècle

par  Jacques  Halbronn

En 1981,   il y eut réédition en reprint du Livre de l’Estat et Mutation des Temps, Lyon, 1550 (Présentaton J. P. Brach, Ed  gutenberg).

Comme à notre habitude, nous  examinerons cet ouvrage contemporain des almanachs de Nosrtradamus  au regard de l’Histoire de l’Astrologie, comme nous le faisons systématiquement pour toutes les rééditions d’ouvrages astrologiques anciens. Notre idée est

de comprendre comment un tel ensemble hétéroclité de rééditions a pu marquer le développement de l’astrologie dy XXe siècle, de par

son intrusion dans le cours normal de la production en ce domaine..

L’auteur attache la plus grande importance au cycle des grandes conjonctions de Jupiter avec Saturne et donc aux triplicités -quatre éléments- qui en constituen la variable récurrente. Or, l’on sait toute l’importance des Quatre Eléments dans la pratique astrologique de

la seconde partie du XX e siècle et au delà. Le changemennt de tripliciété tous les 200 ans environ, donc au bout d’une dizaine

de  conjonctions, à raison d’une tous les  20 ans, est censé annoncer des changements majeurs.

Roussat est un lecteur d’Abraham Ibn Ezra  et du Liber Rationum mais en fait cet ouvrage ne doit  pas être confondu avec

celui dont nous avons fait la traduction de l’hébreu. Tous les 354 ans, on change de maître planétaire. On trouve chez Nostradamus

des références à un tel dispositif, notamment en ce qui concerne le régne de la Lune et en effet l’on considére Roussat comme une des

sources du corpus nostradamique ( tant ce qui est authentique que ce qui est ajouté) Mais Roussat reprend de son côté le Période du Monde de Pierre Turrel.

Le XXe siècle aura par ailleurs été le théatre de nombre de rééditions de textes de Nostradamus, en dehors même des Centuries.

Ce fut notamment le cas au tout début du siècle. Un des documents les plus précieux est, selon nous,  l’édition d’un manuscrit qui serait

le brouillon d’un imprimé disparu mais traduit par ailleurs en itaien.  Il s’agit de l’almanach pour 1562 dont on n’aurait conservé en

imprimé qu’une édition tronquée, censurée.

Ce manuscrit  (cf  Reproduction  très fidéle d’un manuscrit

par M. de Nostredame , dédié à S. S. Le pape Pie IV,

Magdebourg, 1906 (Bibl. Mun. Lyon La Part Dieu)

nous révéle un autre visage de Nostradamus qui n’est ni celui du faiseur besogneux d’almanachs, ni du poéte illuminé

des Centuries. Et c’est en cela que le rapprochement entre Roussat et Nostradamus fait sens. Car force est de constater que les Centuries

ne correspondent aucunement  à l’image que l’on peut se faire de Nostradamus  dans les années Cinquante-soixante, si l’on fait abstraction

des dites Centuries. Nostradamus est un homme de calculs qui situe systématiquement ses propos dans le temps, celui des dates  terrestres comme célestes. Or, le dit manuscrit  vient pleinement confirmer un tel  jugement de notre part. Nostradamus, notamment,

s’intéresse à une éclipse et à celui qui naitra sous  ladite éclipse, en 1566. Il dit même que ce personnage portera le nom de

Marcelin qu’il rapproche de Macelin, en italien un boucher, terme que l’on retrouve dans les Centuries. On a là la preuve que

les Centuries ont mis en vers des textes en prose de Nostradamus, tant ce terme est étrange. Il ne saurait s’agir d’une coincidence.

Cela dit, le quatrain ne fait guère sens (cf notre étude sur Shakespeare et Nostradamus), ce qui n’est pas son but, de toute façon.

En 1999 (Ed du Seuil),  B. Chevignard publiera la première partie d’un  recueil manuscrit (Receuil des Présages prosaïques) qui correspond au manuscrit des almanachs de Nostradamus..  On n’y trouve point l’almanach pour 1562 du moins   dans sa forme augmentée d’un « mémoire ».

Si ces rééditions nous restituent un « vrai » Nostradamus, la réédition à partir des années 80 de fausses éditions des Centuries,

prétendument premières en date) datées de 1555,  1557 et 1568, aura saturé le corpus Nostradamus  de contrefaçons.

 

 

JHB

19. 07. 14

 

 

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L’astrologie de Morin de Villefranche

Posté par nofim le 9 juillet 2014

Nouveaux regards sur  la pensée astrologique de Morin de

Villefranche au prisme des pratiques actuelles.

par  Jacques Halbronn

Nortre premier livre publié, fin 1975 fut consacré aux

Remarques Astrologiques de Jean-Baptiste Morin (dit de

Villefranche parce que né à Villefranche en Beaujolais (sur

Saône). Nous avions rencontré à cette occasion en  1972

André Barbault qui habitait alors près de chez notre mère, dans

le quartier des Ternes (Paris XVII) et qui ne le connaissait

pas. D’ailleurs malgré l’intérêt que l’on portait à Morin depuis

la fin du XIXe siècle avec Selva puis Hiéroz, on nous présentait

toujours cet astrologue en traduction du latin, en extraits

de son énorme Astrologia Gallica parue (1661) après sa mort.

Nous avions découvert cet ouvrage à la Bibliothèque

Nationale dans sa seconde édition de 1657, la première ayant

été publiée par Morin lui-même en  1654, peu avant sa mort.

(on trouve notre édition sur Internet)

Prétons-nous à un exercice de relecture de cet ouvrage (en 1993

il y a donc 20 ans nous publiâmes chez Trédaniel l’ouvrage

commenté par Morin de Nicolas Bourdin, le traducteur de la

Tétrabible en français (1640) et qui était lui-même un

commentaire du Centiloque, dont l’attribution à Ptolémée

a notamment été contestée par Richard Lemay. Notons que les

deux hommes se connaissent de longue date (cf aphorisme

98): « Il y  a plus de quinze ans, où nous nous voyions

fréquemment  chez monsieur le comte de Pagan pour

discourir d’astrologie ». Cela renvoie au début des années

1640 et nous fait songer aux réunions et colloques

astrologiques qui se tiendraient 300 ans plus tard, à Paris

ou ailleurs. On pense à une sorte d’académie astrologique

à l’époque où se fondait l’Académie Française puis en 1666

celle des Sciences.

On s’intéressera tout particulièrement à la querelle autour

des aspects qui est au coeur de nos préoccupations actuelles.

Il y a 100  aphorismes ‘(d’où le nom de Centiloque) donnés

en latin (donc déjà traduits de l’original grec par Pontanus)

puis traduits et commentés en français par Bourdin., ce qui

est une double cause d’erreur, signale Morin (1583- 1656)

Morin met sur le compte du Diable les prévisions individuelles

qui se réalisent. »Par la science (l’astrologue) n’arrivera pas jusqu »à

prédire assrément les choses particulières et individuelles

avant leur réalisation.Il en prédira , par conjecture,  seulement

le genre et l’espèce »  Cela n’empêche pas Morin de se vanter

d’avoir prédit la mort de Gustave, roi de Suéde en en faisant

part à Richelieu. Morin  se référe fréquemment à son Astrologia

Gallica non encore parue. On note qu’il refuse de dresser

un thème horaire, pratique alors courante Outre Manche

(cf William Lilly  et sa Christian Astrology  toute d’astrologie

horaire). En parlant des Arabes, Morin  exprime quelque

doute sur l’attribution du Centiloque à Ptolémée (cf

Aphorisme XIV). On a cependant parfois l’impression

que lorsqu’il est d’accord avec le texte ce soit du Ptolémée

et quand il n’est pas d’accord cela n’en soit point!

Morin refuse l’idée selon laquelle l’astrologie aurait été

constituée par les hommes, il veut  y voir la main de Dieu.

(aphorisme XVIII) « C’est Dieu et la Nature  qui ont fait

ces divisions.Il est bien vrai que les hommes  les ont

reconnues en la Nature comme ce serait folie  de dire

que les hommes ont fait les sept planètes pour les avoir

reconnues »  Précisons que sur ce point , nous sommes du côté

du Marquis de Villennes (alias Nicolas Bourdin) quant à

la genése du savoir astrologique.  « C’est donc Dieu qui les

a faites   et qui en a donné la science  infuse  au premier

homme »

Morin se fait l’avocat de ce quinconce  et du semi-sextile (30°)

mis de côté par  Ptolémée et Ibn Ezra  »

Morin défend la primauté du Bélier qui correspond à la

tête.

Morin interrompt son commentaire par un Avertissement

consacré aux alarmes liées à l’éclipse de  1654  à laquelle

Elisabeth Labrousse  conscra en  1974  un ouvrage (l’Eclipse

de Saturne au Lion) Nous  avons traité de ce passage

ailleurs dans le cadre d’un collectif sur Gassendi.

 

Abordons à présent ce que Morin dit des étoiles fixes

auxquelles il ne semble pas vouloir renoncer, ce en quoi,

selon nous, il a bien raison à l’encontre de l’attitude de

la plupart des astrologues actuels:

« La grande difficulté écrit Morin (sur l’aphorisme XXVIII)

est de savoir choisir une étoile fixe qui soit mélangée  des

natures des deux planétes dont on a besoin »

On rappellera à cette occasion que les étoiles sont mises

en correspondance avec certaines planétes mais il s’agit là

d’un rapport purement virtuel qui ne correspond pas à la

réalité du ciel.

Une seconde fois Morin interrompt son exposé par un

Avertissement, cette fois consacré à un nouveau

systéme de domification, en avant première de la sortie de son

Astrologia Gallica  à laquelle il ne cesse de se référer bien

que non parue. Morin  divise le monde en deux : les  unes

ennemies et tout à fait ignorantes de l’astrologie et les

autres amateurs de l’astrologie mais attachées à  de

fausses méthodes de la division du Ciel en douze maisons »

Ibn Ezra aussi au XIIe siècle entendait  réformer le systéme des

maisons. En Italie, le moine Placide de Titis prépare  alors un

systéme dont la fortune sera considérable jusqu’à nos jours.

On note que Morin ne s’interroge pas sur l’ordre de

numérotation des maisons.  Il chicane Bourdin adepte

des maisons égales.(cf aphorisme 100  et conclusif)

Rappelons que le mode de domification affecte les pointes

des maisons et donc a des effets sur les prédictions à  base

de directions primaires. C’est en fait le principal enjeu

comme s’en explique Placidus que d’améliorer l’outil

prévisionnel de l’astrologue. Morin s’en prend notamment

à Cardan : « Qu’il (Bourdin) se souvienne donc de Cardan

lequel s’était opiniâtré  l’espace de trente ans sur la façon

égales  de domifier selon laquelle  il a jugé mal à propos

cent nativités qu’il a fait imprimer (et qui) fut enfin

contraint  de la quitter (…) pour se ranger à la rationnelle

selon laquelle il a jugé douze nativités  à la fin de son

Commentaire  sur le Quadripartit entre lesquelles  est la

sienne propre de laquelle il ne pouvait trouver

satisfaction par la voie égale » (‘Aphirisme 100)

Morin semble se passionner pour l’astrologie médicale et

l’on rappellera que ce fut sa première formation que la

médecine.

A l’occasion de l’aphorisme  LVIII Morin expose sa

conviction, pertinente au demeurant sur la paternité du

Centiloque « Ce qui  fait bien  voir  que l’auteur du

Centiloque n’est pas l’auteur du Quadripartit (c.a .d La

Tétrabible) » Morin conteste Kepler dont il semble donc

connaitre l’astrologie(cf notamment l’aphorisme  99)..

Morin  propose (LIV) sa propre méthode d’astrologie questionnaire:

« Il ne faut point faire de figure(cad le thème)pour le temps

de la  question mais résoudre la question proposée

par les figures de la nativité, et de la

révolution   du soleil et de la Lune »

Morin préfére la révolution solaire annuelle ou la révolution

lunaire mensuelle que le thème horaire vu que les révolutions

se référent ipso facto aux positions des luminaires à la

naissance, ce qui semble être le socle de tout le travail

astrologique selon Morin. Cette position va dans le sens

de la pratique astrologique actuelle qui tend à tout baser

sur le radix et sur le retour des planétes sur leur position

natale.

Morin (aphorisme 74) aborde la question des indicateurs

fournis par le thème natal  » Monsieur de Villennes dit

« avoir vu des personns qui avaient Mars en l’Ascendants

sans cicatrice ni autre marque » (…) Mais il devrait dire

qu’il les a vu mourir sans cicatrice car à moins de cela il ne

sera pas cru à nier l’aphorisme »

Autrement dit, on ne peut juger des promesses d’un thème

qu’à la fin de la vie, quand tout est terminé, pas avant.

A l’aphorisme 81, on revient sur les différences d’opinion

quant aux méthodes prédictives au sein du milieu

astrologique du milieu du XVIIe siècle:

« Monsieur de Villennes ne rejette pas les figures des

interrogations comme il rejette celles des révolutions qu’il

appelle sur l’aphorisme LVXXXVII par moquerie « le pain

quotidien des astrologues affamés ». Moi,tout au contraire,

précise Morin, je rejette  tout à fait celle des interrogations

et approuve tout à fait celles des révolutions » Ajoutons que

Morin est un adepte des directions bien plus que des

transits sur le thème, ce qui rejoint les positions acfuelles

d’un Roger Héquet (Astrochronobiologie, ed Dervy).

Morin s’en prend aux astrologues arabes qui « ‘ont abusé

(..)par avarice, jugeant des élections et interrogations sans

avoir le plus souvent  la figure natale. C’est à dire qu’ils

ne refusaient aucune pratique  ni occasion de gagner, soit

avec nativité soit sans nativité »,  Ailleurs (aphorisme   94),

Morin résume ainsi sa pensée: pas d’interrogation « sans

fondement radical » (du thème natal)

A propos des révolutions, notons ce principe posé par Morin

(et repris par Volguine dans sa Technique des révolutions

solaires) : « Les révolutions  doivent être dressées  pour le

lieu où la personne est quand la révolution commence »

Il y a débat entre Morin et Bourdin sur la signification de

tel aphorisme ( LXXXVIII) , Bourdin comprenant le mot

révolution  « pour   les révolutions générales  du Soleil au

début d’Aries » (cad Bélier)

Morin s’en prend aux maisons que l’on appelle de nos jours

« dérivées », en prenant pour point de départ telle ou telle

maison du thème natal pour constituer en quelque sorte le

thème d’autres personnes (aphorisme  LXXXIX) et il juge

que ce n’est pas du Ptolémée

Morin semble (ce que reprendra Rudhyar)  préconiser

(à travers Ptolémée) qu’on ne doive   »juger sans avoir vu la figure  de la

dernière nouvelle Lune  qui a précédé la maladie »

..Et Morin de conclure ses Remarques Astrologiques en

rappelant la prochaine sortie de son Astrologia Gallica si bien

que ses adversaires sont invités à en attendre la publication

avant de réagir à ses propos.  On sait que ce n’est qu »en 1661

que l’ouvrage paraitra-à La Haye- non pas en français comme

les Remarques mais en latin, ce qui aura fait de Morin

un auteur que l’on ne connnaitrait en français non traduit

qu’avec notre réédition de 1974.

JHB

09. 07  14

 

 

 

 

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Mythe et Histoire

Posté par nofim le 6 juillet 2014

Vers une épistémologie du mythe historique

par  Jacques  Halbronn

 

A la suite d’un café philo  qui avait traité, à notre suggestion,

du thème: « Peut-on connaitre le passé? » nous présenterons

certaines réflexions qui nous ont été inspirées par cette séance

du 5 juillet  2014 au Bistro Saint Antoine, près de la Bastille.

La thèse que nous développerons ici est la suivante:  le mythe

serait une représentation spéculative du passé à partir du

présent.  Il n’est pas un calque du présent mais il entend

exposer les éléments  dont le présent serait comme le reflet

lointain et  tardif à la façon de ces étoiles dont la lumière

nous parvient avec retard et qui parfois sont mortes quand

leur éclat nous est encore perceptible, en raison de la

distance.

Le mythe ne prétend pas s’appuyer sur des faits avérés mais

sur des probabilités au vu de ce que nous comprenons de

notre présent. C’est ainsi que certaines de nos propres

reconstitutions s’apparentent à la constitution de mythes, à

savoir un passé imaginé sinon imaginaire.

On aura compris que le passé pour nous n’est connaissable

que par le biais du présent. Le présent offre une totalité

de l’instant qui ne peut se trouver ni dans le passé ni bien

évidemment dans le futur. Certes, ce présent est foisonnant

mais il a le mérite d’être là, d’exister dans sa globalité en

comparaison d’un passé et d’un futur terriblement incomplets/

Un passé ne s’observe pas, et ce que l’on nous en dit n’est

que peu fiable au regard de ce que nous pouvons capter et

observer du présent, tel qu’il se déroule sous nos yeux. Rien

ne vaut le regard porté sur un monde en train de se

déployer. Bien entendu, certains sont plus doués que d’autres

pour pratiquer un tel exercice.

Les sciences « dures » ne disent pas autre chose: l’étude du

présent  nous renvoie au passé quand bien même nous n’en

aurions  pas la moindre trace d’époque: les traces du passé

sont dans le présent.  Rien ne se perd, rien ne se crée.

On proposera donc tout simplement d’aligner la recherche

historique sur la recherche scientifique dans le champ de

la physique notamment ou de considérer la démarche

scientifique comme relevant d’une dynamique historique.

On en arrive au paradoxe suivant, à savoir que toute

projection d’un savoir sur le passé  reléverait peu ou prou

du mythe,  y compris donc pour les sciences dures  qui

nous permettent d’explorer le passé.

Autrement dit, l’avenir de la science historique passerait

par l »élaboration de mythes dès lors que les historiens

assument une dimension spéculative de leur travail. La

spéculation  débouche sur le mythe. On ira jusqu’à dire

que c’est en connaissance de cause que l’on a élaboré tout au

long des siècles des « récits » myhiques. Le mythe ne prétend

pas expliquer le présent mais c’est le présent qui donnerait

naissance au mythe par extrapolation. Il y a là de notre part

une révolution copernicienne. C’est le mythe qui tourne

autour d’un certain présent et non l’inverse.

Dire que le passé nous apparait plus clairement que le

présent est inacceptable car le passé nous est étranger. Seul

le présent nous parle, nous touche en « live ».

Nous avons déjà eu l’occasion de dénoncer la fascination

exercée par le passé et qui nous déphase par rapport au

présent. On prise la musique du XIXe siècle et l’on ignore

la musique qui se crée devant nos  yeux.

Il importe de réhabiliter le mythe, notamment chez Platon.

Le mythe est une forme d’utopie/d’uchronie  qui est non

pas un point de départ mais un aboutisssement d’une

réflexion historique  menée à partir de notre présent, c’est

le passage du connu, ce qui est ici et maintenant, vers

l’inconnu, le passé qui ne nous est connu que par bribes plus

ou moins hors contexte. Le déni du présent conduit à opposer le

passé au présent alors que le passé est parmi nous, ce qui

est le fondement épistémologique des sciences dures qui

selon nous vaut aussi pour le champ des sciences du vivant

et de l’Homme.

 

 

 

JHB

06 07 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le pré-structurel, le structurel et le post-structurel

Posté par nofim le 3 juillet 2014

 

La reconstitution du passé : les méthodologies

Par  Jacques  Halbronn

 

L’historien est conscient de ce que le passé  ne lui parvient que très incomplètement et imparfaitement et  notamment du fait qu’il ne peut en prendre connaissance qu’indirectement et partiellement.  Cela pose d’emblée la question de l’épistémologie de la science historique pour le XXIe siècle.

Nous sommes pour notre part en faveur d’une synthèse entre approche synchronique et approche

Diachronique. Nous avons  remarqué, à maintes reprises, que certaines anomalies structurelles nous mettaient sur la voie de certains décalages dans la genèse d’un texte, ce qui nous conduit à dire que le présent nous permet d’accéder au passé plus encore qu’au futur. D’aucuns s’imaginent que le passé est une « donnée », est un « fait » alors qu’en réalité,  la carte n’est pas le territoire et que cette carte doit être décryptée si l’on veut appréhender plus avant le « territoire »

Un principe que nous posons d’entrée de jeu est que notre objectif doit être de faire apparaitre dans le domaine des sciences sociales, de la textologie, des langues,  un ensemble fortement structuré. On ne dira pas qu’un tel ensemble est premier car il est structurant de ce qui le précède mais c’est  sur ce plan qu’il nous semble qu’il faut nous situer. Telle est la leçon que l’on peut tirer du structuralisme, c’est que depuis fort longtemps, les humains ont eu le sens de la structure et ont voulu structurer le monde, donner une forme à la matière. Et c’est cette forme qui souvent est atteinte et troublée et qu’il faut en quelque sorte « soigner » quand il y a pathologie de l’épistémè

(cf. nos travaux sur le site hommes-et-faits.com), dysfonctionnement.

Contrairement à ce que l’on croit volontiers, le structuralisme critique  nous permet de détecter certaines aberrations et donc de remonte, diachroniquement, dans le passé, comme en psychanalyse.

Certes, on ne dira pas qu’il est inutile de collecter des vestiges du passé, de les placer dans des musées, dans des bibliothèques mais nous pensons que  ce qui reste à portée est nécessairement porteur du passé. On peut ainsi reconstituer la genèse d’une langue à partir de son état présent en explorant son aspect actuel et en tirant des enseignements sur ses états successifs. Et cela vaut tout autant pour aborder la genèse d’un texte. Même une œuvre musicale contemporaine porte en elle-même les étapes qui l’ont précédée. Le passé est tapi dans le présent bien plus que ne l’est le futur.

En effet,  toute genèse est  vouée à subir toutes sortes de contingences et celles-ci sont par définition

Imprévisibles, sauf justement s’il apparait que ce ne sont pas des contingences, évidemment !  L’historien ne saurait faire abstraction des contingences qui ont fait du présent ce qu’il est. En revanche, il ne saurait annoncer un futur qui est à la merci, peu ou prou, des dites contingences. Nous en parlons,  en connaissance de cause, du fait de nos travaux en cyclologie. Aucun modèle ne peut prévoir toutes les perturbations qui l’affecteront. En revanche, ces perturbations pourront être détectées de par les effets qu’elles auront générés.  Nous nous situons donc aux confins de la diachronie et de la synchronie.

A propos de cyclicité,  nous sommes ici obligés d’exposer notre modèle. La phase structurante correspond,  pour ainsi dire, au lever du jour, au début du printemps. Elle est donc précédée par une phase « nocturne », « hivernale » avec très peu de visibilité. Notre propos est ici d’accéder au passage de la phase de non visibilité à la phase  de visibilité. Et  ce passage se caractérise par un effort de structuration que nous pouvons restituer si l’on accepte pour postulat que les humains – ou en tout cas certains d’entre eux- ont un penchant inné pour les agencements symétriques, géométriques.

Or, bien des historiens ne semblent  guère ambitionner  d’accéder à cet « état » et se contenter des

« données » disponibles aussi confuses et désordonnées soient-elles en ce qu’ils cherchent à accéder à un état pré-structurel, « nocturne ». En réalité, c’est à un état post-structurel qu’ils parviennent.  Il y aurait donc une conflictualité entre historiens au regard du statut de la structure dans son rapport avec les objectifs de la science  historique.

Si l’on prend le cas de certains dossiers que nous avons longuement étudiés comme celui du Zodiaque et de tout ce qui vient s’y greffer ou comme celui des Centuries ou de l’Anglais, nous assistons à des joutes assez remarquables entre historiens.

I Le corpus  astrologique

La littérature astrologique telle qu’elle nous est parvenue, telle qu’elle s’est conservée nous fournit un certain corpus  sous une forme qui se voudrait synchronique. La recherche est pénalisée par le fait que l’on ne remonte pas assez loin dans le temps, faute de documents. Or, tout laisse à penser que les perturbations –post-structurelles – majeures que le dit corpus a eu à subir sont antérieures à l’ère chrétienne.

Mais, comme nous l’avons expliqué, la mise en évidence de certaines incohérences nous permet de remonter dans le passé tant d’un point de vue structurel qu’accidentel. Il est en effet bien difficile d’occulter totalement le passé, d’en éliminer toutes les traces et l’historien nous apparait comme une sorte de détective. D’ailleurs, le charme du roman policier ou de la série policière, à la télé, ne résiderait-il pas avant tout, de Sherlock Holmes à Hercule Poirot, dans la capacité prétendue de reconstituer le passé à partir du présent alors même que les « criminels » parient sur une impunité liée à une forme d’impuissance à ce faire ?

Le corpus astrologique dont une des pièces maîtresses est la Tétrabible de Claude Ptolémée d’Alexandrie (IIe siècle de notre ère) nous fournit une série de dispositifs, d’agencements (planètes, dieux, signes, maisons, éléments, aspects) qui constituent le cœur du système astrologique et les dits dispositifs comportent des anomalies, des glissements (shift) qui nous renseignent sur certaines perturbations, liées notamment à la tentative de la part de certains auteurs de l’Antiquité, à connecter astrologie et astronomie en vue de quelque « renaissance », d’un ressourcement qui ramène l’astrologie à un stade « pré-structurel ». En effet, le piège du recours aux « sources », c’est de remonter trop  haut dans le temps. Tout le processus de structuration matricielle de l’astrologie aura consisté en une instrumentalisation de l’astrologie, du cycles des saisons mais non à un alignement sur ces données brutes.

Le probléme, c’est que cet état structurel de l’astrologie ne serait pas « attesté » par les textes et que nombre d’historiens croient se montrer rigoureux en  s’en tenant aux « faits ».  Le chercheur devrait se donner comme limite, à les entendre, de retrouver le document d’époque venant valider la reconstitution.

 

II   Le corpus nostradamique

On reprendra nos conclusions déjà exposées largement ailleurs (cf. notre article in Revue Française d’Histoire du Livre, 2011 et ensuite Halbronn’s researches, sur le site propheties.it). Bien que l’on soit là en face d’un corpus infiniment plus récent dans ses origines que celui de l’astrologie (cf. supra), les historiens sont loin d’être d’accord sur la genèse du dit corpus. Cela tient notamment à l’existence de contrefaçons antidatées.

Ce procédé conduit à des discontinuités assez frappantes mais dont certains chercheurs tentent de minimiser la signification  et la portée diachronique en ce que certains documents  ne sont pas conservés. Ce qui a été conservé  primerait sur ce qui ne l’a pas été. Or, ce qui l’a été est porteur du passé, y compris du passé perdu.

Ces contrefaçons, qui, elles, ont été retrouvées, prennent notamment la place des pièces manquantes. Le dit corpus comporte pour les pièces datées du XVIe siècle un nombre assez limité d’éléments situés entre les années 1550 et les années 1600 et au-delà. Deux thèses sont en présence, l’une qui voudrait que du vivant même de Nostradamus, soient parus les Centuries – ou à la rigueur pour les dernières, deux ans après sa mort, donc en 1568 et qu’ensuite, des éditions défectueuses soient parues pour que l’on ne retrouve l’état « initial » qu’à la fin du siècle.  L’autre thèse, en revanche, qui est nôtre, déclare que  ces premières éditions sont des faux et que les premières éditions se sont formées selon un processus progressif.

On retrouve ici le débat autour de la dialectique du pré-structurel et du post-structurel, ces deux stades n’étant point sans présenter certaines similitudes.  Pour nous, les premières éditions relèvent d’un stade pré-structurel précédant le stade structurel de mise en place des Centuries sous une forme achevée et non d’un stade post-structurel de déperdition faisant suite au stade structurel.

 

 

 

III Le corpus  francophonique

Ce corpus s’inscrit chronologiquement entre les deux autres puisqu’il traite de l’expansion de la langue française aux dépens d’autres langues du nord de l’Europe (germanique et slave en particulier). Cf. notre étude in Revue Française d’Histoire du Livre 2011)

Ce qui nous a spécialement intéressé ce sont les emprunts de l’anglais au français, processus qui a radicalement changé  l’état antérieur de l’anglais que l’on peut qualifier de pré-structurel par rapport à l’anglais « moderne » – la conquête normande de l’Angleterre au XIe siècle constituant un repère historique qui n’épuise nullement la problématique traitée.

Mais ce qui nous aura le  plus intéressé tient au fait que le cas de l’anglais nous renvoie à celui du français dans la mesure où le français actuel est « post-structurel », c’est-à-dire qu’il ne saurait prétendre tel qu’il se présente ici et maintenant, comme étant conforme à son projet initial, non pas pré-structurel (ce qui renverrait au latin) mais bien structurel.  C’est en fait à partir d’une confrontation entre le français moderne et l’anglais moderne que l’on pourra, selon nous, remonter vers l’état structurel et vers une systématique parfaitement explicite.

Là encore, les avis sont partagés.  Nombre de linguistes tendent à refuser toute idée de retour à un état originel structurel et veulent croire que les langues sont prises dans un processus évolutif que l’on ne saurait présenter comme post-structurel puisque pour eux il n’y a pas d’état intermédiaire qui serait structurel entre le pré-structurel et le post-structurel mais une sorte de flux. Cette position est d’autant plus étonnante, à nos yeux, que tout indique le souci structurel des langues. Les linguistes des siècles passés n’ont-ils pas déduit qu’il devait exister une langue indo-européenne (Aryenne) qui serait à l’origine des langues connues ?

En fait, on continue à buter sur la question des documents. Faute de « preuves », notre thèse devrait être rejetée. Si l’on ne trouve pas une description d’époque du dit état structurel, c’est qu’il n’a pas existé ! Idem pour le corpus astrologique ou pour le corpus nostradamique.(cf supra)

Ce dont a besoin la science historique, c’est d’une dose plus importante de structure, de logique et pas seulement comme le pensait un Marc Bloch, dans les années Trente du siècle dernier (Nouvelle Histoire, Ecole des Annales) d’un apport des sciences sociales et autres.  Mais précisément, les historiens, s’ils veulent bien prendre en compte les résultats de certaines disciplines, n’entendent pas pour autant en adopter les méthodes.

En conclusion, nous évoquerons d’autres formes de recherche historique : d’aucuns nous annoncent que l’on pourra un jour voyager dans le temps (cf. Wells et sa « machine »), d’autres –et nous nous intéressons de près à ce type d’investigation- n’excluent pas de consulter, par l’intermédiaire de  médiums des « annales akashiques » où l’histoire de l’Humanité serait enregistrée.

Nous pensons, en tout cas, que l’intelligence humaine est capable sinon de reconstituer le passé dans son foisonnement pré-structurel comme post-structurel mais de se situer au niveau « structurel » qui correspond à un point d’équilibre certes fragile, éphémère mais déterminant.

JHB

03. 07  14

Publié dans ASTROLOGIE, HISTOIRE, LINGUISTIQUE, NOSTRADAMUS, prophétisme, symbolisme | Pas de Commentaire »

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