Les aléas de la division en douze

Posté par nofim le 23 juillet 2014

 

 

Le caractère artificiel de toute division en douze

par  Jacques  Halbronn

 

On peut découper un gâteau en autant de parts que l’on veut

et bien évidemment les parts seront d’autant plus petites

qu’elles seront nombreuses, compte tenu du volume du

gâteau. On peut aussi diviser le temps entre le nombre

de candidats, si le temps est compté.

La plupart des divisions sont arbitraires et  un des rares

domaines où celles-ci semblent être prise au sérieux,  à la lettre

est  l’astrologie et ses dérivés.

Il est admirable que des astrologues puissent croire qu’il  y a

douze types de personnnes parce qu’il y a douze signes ou

que la vie comporte douze secteurs parce qu’il y a douze

« maisons » astrologiques. Toute tentative pour montrer qu’une

saison doit impérativement être divisée en trois sombre dans

le ridicule. En fait, tout le monde sait qu’à la base il y a la

Lune qui se joint environ douze fois par an au Soleil. De là

tout le reste découle, y compris les alexandrins et le

dodécaphonisme. (Schoenberg, Mallarmé)

Certes, il est possible de choisir pour chaque saison ou pour

chaque âge de la vie  trois exemples comme on pourrait en

trouver deux, quatre ou six. L’ordre dans lequel les dits

exemples sont donnés est évidemment toutalement

arbitraire et réversible!  Pour les maisons astrologiques, nul

doute qu’aucun ordre des « domaines » abordés n’est

intangible et il ‘est pathétique de voir des astrologues

se disputer pour savoir si une planéte est dans un signe ou

dans le précédent, dans une maison ou dans la suivante.

Il serait plus sage de se contenter d’une division en 4 voire en

2 de l’espace ou du temps, quitte à énumérer une série

d’activités mais sans les agencer selon quelque ordre rigide.

Est-ce que les gens se cassent la tête pour distinguer entre

eux les mois d’automne ou les mois de printemps? On dit

« c’est l’automne » ou « c’est le printemps.  Maintenant, quand

un peintre  décide de réaliser un certain nombre de motifs

pour illustrer par exemple une salle comportant un certain

nombre d’ouvertures, il lui faut subdiviser en autant de

parts qu’il sera nécessaire. Cela vaut pour n’importe quel

récit, et notamment dans le domaine de l’art sacré. Le contenant

détermine ici le contenu ou du moins  le structure en autant de

divisions qu’il le faudra pour que tout le monde soit servi, ait sa

part, son lot..En ce sens, les nombres sont le plus souvent la

clef de toutes sortes de séries de significateurs et de

signifiacations et imposent leur loi.

Il est difficile de reconstituer le passé, de retrouver la logique

qui a présidé  à tel ou tel dispositif (cf Mathématiques

Divinatoires, Ed Trédaniel,  1983) quand ce sont les hommes qui

l’ont élaboré. Il en est autrement dans le domaine des

sciences qui ne sont pas « humaines » car  le sujet n’y interfére

pas autant avec  l’objet.  On ne peut remonter le temps qu’en

faisant l’archéologie des textes (et on inclue les langues sous

ce terme) et c’est important parce que les anciennes

représentations ont déterminé peu ou prou ce que nous

sommes encore  à ce jour. Non point les textes bruts qui nous

sont parvenus mais  les données  que l’on peut en extraire, à

force de recoupements. Mais même ainsi, il importe de s’en

tenir à certains impératifs cognitifs qui font que nos sociétés

ne peuvent fonctionner et  se perpétuer que sur des bases

simples. Même si l’on admet que les douze mois constituent

une structure importante – mais moins probablement que

le 4 ou le 8 (rappelons si l’on coupe quoi que ce soit de deux

en deux, on n’arrive jamais à douze, mais l’on passe de 8

à 16)- on sera bien avisé de dire que tous les mois

s’équivalent, comme nous le faisons de nos jours, où l’on ne

distingue pas les mois les uns des autres, sur le plan

juridique. Chez les Juifs, tous les Sabbats s’équivalent.

L’idée de différencier une division de la suivante comme le font

les astrologues avec leurs signes ou leurs maisons (qui

correspondent aux heures de la journée à la bas, ce dont

témoignent encore les cadrans de nos montres, divisés non

pas en 24 mais en 12) ne fait sens que dans la dualité

jour/nuit,  Eté/hiver (avec un changement d’heure). Seule,

selon nous, la dualité  fait sens au niveau anthropologique.

 

 

 

 

JHB

23. 07. 14-

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Fortune du revival astrologique du tournant du XXe siècle

Posté par nofim le 17 juillet 2014

Le « retour » de l’Astrologie   vers 1900

par  Jacques  Halbronn

Nous avons récemment développé une nouvelle thèse selon laquelle à chaque fin de siècle, se déployait un certain

réformisme astrologique.  Kepler entendra refondre l’astrologie autour de 1600 avec son De fundamentis Astrologiae.  et en allemand son Tertius  Interveniens.  Un siècle plus tard, Eustache Le Noble, en France, aura une même ambition de renouveau et de  » retour ».

A la fin du XVIIIe siècle, nous avons signalé les tentatives d’un Etteilla. La fin du XIXe siècle

ne fera pas exception avec un nouveau projet de relance, nettement exprimé par  Fomalhaut alias  Charles  Nicoullaud   en 1897

chez Vigot (réédité en 1933, ibidem), soit 200 exactement après la parution de l’Uranie de Le Noble, à Paris.

Le Manuel d’astrologie sphérique et judiciaire comprend un

passage célébre annonçant la prochaine découverte de Pluton(cf La vie astrologique il y a cent ans  Paris, Trédaniel, 1992), nom de code de la transneptunienne, ce qui vient infirmer la thèse selon laquelle

le nom de Pluton aurait été donné à la suite d’une proposition postérieure à la découverte de cet astre.

*Voici comment Nicoullaud situe l’astrologie en cette fin de siècle :  » Abandonnée malheureusement depuis de longs siècles (elle) est devenue la proie des ignorants et

des charlatans (..)  Il n’est pas douteux qu’étudiée avec la

puissance de pensée et de travail qui a donné

dans d’autre branches de signalés et de si bons résultats, elle ne reprenne la place qui lui est due et qu’elle a déjà occupé à la  tête des autres sciences  qui toutes ont

besoin de son appui et de son concours »

Quant à Selva , dans son  Traité théorique et pratique d’astrologie, paru en 1900  ( dédié à  Barlet (en date de 1897) il déclare

« Venir traiter d’astrologie  en cette fin du XIXe siècle (…) paraitra à beaucoup d’esprits oeuvre de mauvais plaisant  ou de fou (…)

Le renouveau des sciences occultes qui se manifeste si puissamment depuis plusieurs lustres a aussi ramené l’attention  des esprits curieux sur l’astrologie ». Pour Selva  (alias Vlés) rien ne vaut « l’épreuve de l’expérience »

Quant à Paul Choisnard, polytechnicien)  qui écrivit d’abord sous le pseudonyme de Flambart, il   pense que l’astrologie a tout intérêt  à se

rapprocher de l’astronomie pour en quelque sorte se ressourcer. C’est son éloignement d’une telle matrice qui expliquerait

la « répulsion » à son égard. (Langage astral  1902. Traité Sommaire d’astrologie scientifique).  Choisnard prône aussi un

rapprochement avec la psychologie bien plus qu’avec l’événementiel qui pousse l’astrologie vers la divination. ‘(cf l’Homme Rouge des Tuileries de P. Christian 1863, chez l’auteur, Reed.   Dorbon Ainé  1937  et Trédadaniel  1977)

Ces « médecins » qui se placent ainsi au chevêt d’une astrologie envahie par l’onomancie (cf  Ely Star  Mystères de l’Horoscope, 1888),

préconisent divers traitements. Celui du polytechnicien est le plus radical ^Selva met en avant l’ »expérience mais l’on sait que cela conduit à la validation de la tradition.

L’annonce d’un retour  est  aussi un aveu d’une chute dont on chcrche  se relever. Un siècle plus tard,  il semble que la situation de l’astrologie en France ne soit pas beaucoup plus brillante qu’en 1897 et ce en dépit d’un  recours intenstif aux éphémérides, une

chasse  systématique aux données de naissance – un facteur qui était alors considéré comme vital par certains des avocats de sa  réhabilitation.

On a l’impression que de telles apologies  laissent entendre que le déclin de l’astrologie serait dû à ses échecs. Mais, selon nous, il ne s’agit pas de cela: son déclin serait selon nous lié à sa présentation  qui laisse beaucoup à désirer.Pour restaurer l’astrologie, on

ne peut faire l’économie d’une approche historique exigeant une méthodologie archéologique permettant de retrouver son mode d’emploi. Car  là se situe le vrai débat :à

quoi sert l’astrologie?

Le problème, c’est que chacun arrive avec sa définition., son

« idée » a priori » de la destination de l’astrologie, ce qui l’aura motivé à s’y intéresser. Autrement dit,  il va

s’en tenir à sa définition pour maintenir sa motivation. C’est

un cercle vicieux!  On n’échappe pas à

quelque idée préconçue de l’astrologie que ce soit pour  s’y

intéresser ou pour la rejeter.

Il serait plus  sain selon nous d’aborder le sujet  sans projeter  quelque attente  que ce soit.  L’astrologie  est un objet dont il faut trouver le mode d’emploi sans chercher à l’instrumentaliser au bénéfice de quelque idéologie. Ainsi, plusieurs des dispositifs figurant au sein

du corpus astrologique méritent que l’on s’interroge sur leur raison d’être.  Affirmer que l’astrologie est un commentaire du système solaire est un a priori que l’on n’a aucune obligation d’accepter et à un autre niveau pas davantage la thèse selon laquelle

l’astrologie traiterait de l’individualité ou de l’errance  de l’âme!  C’est en tout cas selon ces termes que nous pensons  envisager un nouveau réveil de l’Astrologie, au tournant de l’An 2000 et peut être cette fois sera-t-elle la bonne? Cela correspond à une position

de ‘neutralité » revendiquée par Kepler conseillant de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

L’écueil principal – il faudrait dire le piége- tient au fait que l’on parte du principe que l’astrologie, c’est ce que l’on connait sous le nom d’astrologie.  On ne peut faire l »économie d’un travail de décantation, de  restauration des plus délicats à mener à bien.

C’est ainsi  que, selon nous, les significations des

maisons astrologiques sont le coeur de l’astrologie alors que le

symbolisme zodiacal et planétaire serait purement

instrumental.C’est ainsi que les systémes de dignités

planétaires (relations planétes/signes) ne serviraient qu’à

relier les maisons astrologiques entre elles qui serait le seul

dispositif réellement opérationnel. La technique des « maîtrises »

fonctionne en effet à partir du signe où se trouve la cuspide

(pointe) de telle maison, dont la planéte maîtresse se trouve

presque toujours dans un autre signe, d’autant que chaque

signe dépend de plusieurs planétes (en domicile, en exaltation)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

-18 07 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’astrologie stellaire de Nicolas Bourdin

Posté par nofim le 14 juillet 2014

La conception de l’astrologie de Nicolas Bourdin

par  Jacques Halbronn

Nous avons rencontré l’ »oeuvre de Bourdin dans les années

70 du siècle dernier par l’intermédiaire de Morin de

Villefranche qui avait consacré des « Remarques

astrologiques » à la critique du long Commentaire (1651)

que le dit Bourdin avait consacré au Centiloque, lequel Bourdin

s’était déjà illustré par une traduction de la Tétrabible de

Ptolémée,  promise à une  certaine fortune.

Morin s’en prend souvent vivement aux positions du

Marquis de Villennes et il est intéressant de tenter de mieux

comprendre ce qui  oppose ces deux astrologues vivant

à la même époque à Paris, ce dont nous avons déjà

quelque peu traité dans notre nouvelle étude sur les dites

Remarques.(1654).

Comme à notre habitude, on se limitera à quelques ‘ »flashs »

qui nous interpellent en tant qu’historien de l’Astrologie.

(cf notre édition du dit Commentaire, Paris, Trédaniel, 1993

Etudes autour des éditions ptolémaïques de Nicolas de

Bourdin (1640-1651))

Nous retiendrons surtout la place que Bourdin accorde

aux étoiles fixes, si absentes de l’astrologie des 50 dernières

années, et qui servirent de bouc émissaire pour montrer

la faculté de l’astrologie du XXe siècle  à se réformer. En

renonçant aux étoiles fixes, l’astrologie serait entrée dans

la modernité. Nous pensons au contraire qu’elle se mettait

ainsi en porte à faux avec ses fondements. Rappelons

que les étoiles fixes ne posent probléme ni par rapport

à la précession des équinoxes ni par rapport aux aspects.

Une des raisons de la désaffection des astrologues modernes

est paradoxalment le fait qu’elles ne portent pas de noms

évocateurs sur le plan symbolique et/ou mthologique comme

le font planétes et signes zodiacaux. Rappelons que dans

le récit de la Création, on ne mentionne pas les planétes

mais seulement les luminaires et les étoiles (du firmament)

Ecoutons donc Bourdin dans son usage des  « fixes » dans

son commentaire de plusieurs aphorismes du Centiloque.

aphorisme XXV

« Ce que j’ai dit des Planetes se doit encor expliquer des

Estoiles fixes » Et de mentionner  le Grand Chien, les

Pléiades, les Hyades, Orion. « L’expérience annuelle  que

nous avons de la puissance redoublée aux estoiles  fixes,

lorsqu’elles sont  jointes au Soleil a bien plutost  de la

ressemblance  à la pierre d’aimant armée  et conjointe au fer

qui en fait plus  grand effet’ Et de donner l’exemple de la

Canicule ‘(petit chien)

La génération de Bourdin est d’ailleurs sous le coup des

découvertes de Galilée survenus au début du siècle.

Faut-il que l’astrologie en tienne quelque compte? Nous

rappellerons que pour nous l’astrologie est née dans un

certain contexte  scientifique mais qu’elle mettait celui-ci

au service d’un certain projet politique.  Ne confondons

donc pas les fins et les moyens,

Les astres ne sont qu’un moyen d’instaurer un certain

ordre social et comme l’on sait les moyens sont

interchangeables alors que les fins sont constantes. Cela dit,

il n’est donc pas question, paradoxalement, de substituer

des moyens à d’autres puisque cela n’est pas l’enjeu.

Bourdin s’interroge  en citant Galilée ‘(autour de l’aphorisme XXIX):

« Mais à présent qu’on a trouvé des yeux pour en voir des

troupes innombrables, où trouvera-t-on  des noms assez

dans la Fable et dans l’Histoire pour les  adapter? » La forme

des constellations s’en trouve perturbée par de nouvelles

observations quant au nombre d’étoiles qui les composent/

Probléme épitémpologique que les astrologues actuels n’ont

pas résolu en adoptant Uranus, Neptune ou Pluton ou

plutôt n’y sont pas parevenus,  ne serait-ce que sur le dossier

du statut de Pluton.

Bourdin  signale un argument  anti-stellaire :  »Parce  que

la  tardiveté de leurs mouvements   et les rares expériences

qu’on a de ce qu’ils produisent chez nous en rend la preuve

plus difficile, on admire les événements qu’ils ameinent qui

quelquefois sont  et grands et  remarquables  par

d’insignes félicitez »  Selon Bourdin, il importe de combiner

planétes (« errantes ») et étoiles, les planétes devant « seconder »

les fixes.  Noux partageons absolument un tel point de vue.

On sera peut être géné par nos prises de position qui

pourraint sembler incompatibles avec la distance que

l’on attendrait de la part de l’historien mais va -t-on reprocher

à un historien des sciences de rapprocher tel texte de telle

époque de ce que l’on sait de nos jours de tel phénoméne.?

Certes, on nous objectera que dans le domaine de

l’astrologie, il n’est aucune vérité établie mais tel n’est point

notre avis et nous pronons une approche historique fécondée

par les travaux de recherche sur ce que l’on a exploré de

certaines corrélations.

 

JHB

14  0 14

 

 

 

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Langage, Science et Astrologie

Posté par nofim le 10 juillet 2014

L’astrologie comme langage et comme science

par  Jacques  Halbronn

 

L’astrologie nous interpelle quant à ce qui distingue science et langage et l’on a comme l’impression que les deux notions tendent à

se confondre dans l’esprit de beaucoup de gens. Ce qui nous conduit à devoir repenser l’une et l’autre de ces notions et en quoi elles

convergent et/ou divergent.

Nous avons déjà insisté sur le fait que la richesse du langage astrologique, de ses combinatoires possibles  était contre-productive quant

à son possible statut de science.  Tout se passe en effet comme si la Science avait vocation à ne disposer que d’une palette très limitée

de mots, ce qui a du être lot de l’Humanité à l’origine même du langage. On peut imaginer qu’au départ quelques mots suffisaient pour

désigner notre rapport au monde. Selon nous, initialement le langage ne désignait pas des objets lesquels pouvaient être désignés

par un geste mais notre rapport, positif ou négatif, aux dits objets, leur appartenance au monde du masculin ou au monde du

féminin et quelques autres précisions et indications du même ordre, ce qui, au total, ne devait pas être énorme.

Nous pensons que l’Humanité reste de nos  jours  encore  très fortement marquée par cette période fort  éloignée de notre Histoire et

qu’une langue trop riche, trop diverse  n’est pas assimilable par notre cerveau tout comme certains produits ne sont pas

reconnues par notre systéme digestif, parce que advenus relativement tardivement, et en quelque sorte trop tard.

La Science, avec ses formulations simples qui exigent une approche réductrice du monde serait ainsi le domaine que nous

contrôlons le mieux. A contrario, nos langues actuelles, avec leur « diversité » extréme, tant par leur nombre que par le foisonnement de mots et de sens au sein de chacune, ne nous « parlent » que superficiellement.

Pour en venir à l’astrologie et aux astrologues, on est en droit de s’intérroger sur le regard que portent les astrologues sur

l’astrologie. Est-ce un langage, pour eux ou une « science » ? Sont-ils conscients des problémes épsitémologiques posés par

la complexité de leur  «  modéle », c’est à dire l’ensemble des dispositifs mis à leur service?

A n’en pas douter, ils doivent bien se rendre compte, en leur âme et conscience, que leur modéle offre une faculté d’adaptation

de par sa souplesse, sa flexibilité qui en font une sorte de kaléidoscope. Pour étudier une série de cas, d’événements,

n’échaffaudent-ils point  toutes sortes de combinaisons pouvant varier indéfiniment?

Evidemment, ils nous répondront que tout ce qu’ils disent appartient au corpus de l’Astrologie et ce depuis belle lurette, qu’ils n’ont

donc rien inventé, improvisé  et que l’astrologie est un tout indivisible (position qui semble avoir été celle de Suzel Fuzeau Braesch,

docteur es sciences). Le statisticien Michel Gauquelin(1928-1991)  a contrario nous parait avoir réduit le modéle astrologique à une

représentation extrémement simple, ce qui correspond à un contexte plus vraisemblable d »un état originel de ce savoir.

Autrement dit, plus un modéle se compliquerait et plus il s’éloignerait de sa conception première et plus il serait chargé de toutes sortes

de tentatives d’ajustement venant se surimposer, s’agglutiner.

Autrement dit,  retrouver, restituer et reconstituer  une astrologie originelle, c’est la rendre  à un certain état de scientificité et de simplicité, donc de falsifiabilité.

Or, force est de constater, au vu des vidéos que nous avons tournées, notamment lors des Dimanche Liberté de Didier Geslain (année

2013-2014 sur You Tube, au Café Le Falstaff, Paris-Bastille), que les astrologues en groupe  n’ont aucun scrupule, aucun état d’âme à faire appel,  collectivement, à toutes les ressources du « langage » astrologique quand ils veulent expliquer quelque chose à tout prix, une carrière, un caractère, un événement avec une grande diversité de moyens qui peuvent varier d’un cas à un autre, d’un astrologue à un autre si ce n’est que cela fait toujours appel  à un seul et même corpus, à la même accumulation de dispositifs, de régles qui se sont

juxtaposés et superposés au fil des siècles. On peut et doit ici parler de syncrétisme, c’est à dire d’une collection de méthodes initialement

en concurrence et qui ont fini par être jugées tout à fait  compatibles entre elles et  finalement indispensables à une « bonne » pratique de

l’astrologie.

En comparaison,  l’on notera que ce qui caractèrise la démarche scientifique c’est sa faculté à éliminer les « ‘solutions » qui ont été

remplacées par d’autres et qui ne doivent plus, au bout du compte, n’intéresser que les historiens des sciences. Que l’historien de

l’astrologie trouve un certain intérêt à explorer un tel corpus de techniques, de méthodes, est une chose, que l’astrologue de base

ait à porter le poids de tout un passé de « recherches » en est une autre.  Cela dit, si l’on en revient à la question du langage, force est

de constater que le langage est le fruit de telles accumulations de données et se prête mal au réformes, y compris celles relatives à

l’orthographe. Le langage  se trouverait  donc en porte à faux avec la Science et sert d’alibi à l’astrologie, disons même d’échappatoire

d’autant que c’est au travers du langage que l’astrologue va vouloir valider son travail, son savoir et qu’il considérera que si les mots

qu’il extrait de l’astrologie recoupent ceux en usage pour désigner ceci ou cela, il aura rempli son contrat.

Langage contre Science, tel est bien notre constat, le langage se présentant en vérité comme une contre-culture.

De quoi s’agit-il?  On pourrait parler d’une religion, d’une croyance dans les langues perçues comme des  savoirs à part entière.

L’astrologue se trouverait aux confins de ces deux empires que sont la Science et la Langue et ne cesserait en fait de « passer » d’un côté et

de l’autre de la frontière, d’autant que la Science passe par le langage et le langage par la Science, du moins jusqu’à un certain seuil.

On peut se demander lequel de ces deux empires l’emportera sur l’autre mais selon nous, l’avenir du langage « sauvage » est fortement

menacé.

Au cours du xXIe siècle, nous nous attendons en effet à une désacralisation du langage courant et ce pour deux raisons: l’une qui

veut que le langage apparaisse toujours plus comme un outil qui doit être jugé en tant que tel, donc susceptible d’évolution,

d’amélioration, de correction et l’autre qui tient, selon nous, à l’emprise accrue de l’économique sur le « commerce » -(Mercure)  des mots.

Il n’est pas loin le temps où les mots seront perçus comme une ressource culturelle propre à un pays donné et qui doit entrer en ligne

de compte dans la balance de ses comptes. Nous pensons ainsi à la suite de’ l’affaire de la BNP du fait du recours de cette banque aux

dollars dans ses transactions, qu’il sera mis sur le tapis le droit de regard de la France sur l’usage de ses mots.

Sur le premier point,  nous dirons  que l’on devrait commencer à exiger d’une langue qu’elle comportât  une structure rigoureuse qui le

cas échéant devra être rétable quand elle s’est corrompue. La langue cesserait d’être un espace de liberté qui se développerait

n’importe comment, et de façon  imprévisible ce qui parfois nous semble être le propos des évolutionnistes post-darwiniens soit dit en

passant. Sur le second point,  toutes les langues ne sont pas « égales » et certaines ont joué un rôle majeur et unificateur, constituant ainsi

des empires avec tout ce que cela comporte d’hétérogénéité mais aussi de convergences structurelles. Le français en ce sens – ce qui n’est

pas assez reconnu par les historiens, rayonne sur un empire considérable (qui englobe notamment l’anglais) et à l’échelle du deuxiéme millénaire  aura été la langue dominante, non pas tant par le nombre ou la qualité de ses locuteurs mais par la dette qu’ont contracté diverses langues lors des emprunts de mots. La chose est parfaitement quantifiable et observable, notamment du fait de la numérisation et d’Internet. On est là en face d’une nouvelle économie qui concerne des objets duplicables. C’est toute la question du piratage qui se pose

pour la science économique. L’économie ne peut plus se limiter au modéle pétrolier. Celui qui consomme du pétrole doit repayer pour

en avoir davantage  alors que celui qui consomme des mots peut en faire un usage gratuit et ce indéfiniment. Tout comme il y eut il y a  40 ans un choc pétrolier, il faut se préparer à un choc  linguistique. Ce sera là l’objet d’une guerre entre linguistes, les linguistes

anglophones étant payés pour déclarer que les mots français sont d’origine latine et autres billevesées de mauvaise foi du même acabit

qui ne sont au bout du compte que des refus de payer ce que l’on doit et devra. Le fait que l’Angleterre sorte de l’Europe permettra à

l’Union Européenne, prenant en charge les intérêts de la France,  de mener une telle campagne  dont les enjeux économiques sont

colossaux car une des ressources majeures de l’Europe, c’est bel et bien la langue française, à l’horizon des prochaines décennies..

Pour en revenir aux astrologues,  nous dirons que leur rapport à la langue est lié à de fausses représentations. La langue reléve bel

et bien du domaine technologique et se doit d’avoir un mode structurel rigoureux sans doubles emplois, sans redondance. .C’est une

chose trop sérieuse pour être laissée aux « locuteurs ».

En tant qu’historien de l’astrologie,  on peut d’ailleurs se demander si  le XVIIe siècle n’a pas joué un rôle majeur dans notre rapport tant aux langues qu’aux textes – qui ont les mots en commun comme chacun sait. C’est en ce siècle que se développe la critique biblique qui

décompose et déconstruit les Ecritures (cf notre post-doctorat sur Giffré de  Réchac,  EPHE Sciences Religieuses, 2007) mais c’est aussi en

ce siècle que parait la Logique de Port Royal, qui comporte en son prologue une vigoureuse attaque contre l’astrologie, autrement dit

la naissance de la linguistique moderne. Or,  l’on sait que le déclin de l’astrologie date de cette époque avec notamment cette date

emblématique de 1666 – qui ne correspond certes pas à quelque Edit de Colbert- mais qui avec la fondation de l’Observatoire et de l

Académie Royale des Sciences,  met en cause le statut de l’astrologie et contribue à sa « dégradation ».

JHB

10. 07 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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