Du fonctionnement normal des sociétés

Posté par nofim le 26 mai 2013

Le problème de nos sociétés est d’avoir fini par considérer l’exception comme la norme. De nombreux penseurs, comme Montesquieu, ont théorisé un état de société qui selon nous correspond à un dysfonctionnement. C’est ainsi que l’on préfère guérir que prévenir. On parle du médecin plus que de l’entretien du corps, on parle de cuisine plus que d’élevage ou d’agriculture. La pensée politique ne devrait pas être une façon d’entériner une certaine façon des sociétés bloquées d’exister.
A propos de l’affaire Cahuzac,  le premier ministre évoque le pouvoir de la Justice. Mais la Justice n’intervient qu’en dernière instance tout comme la Médecine, tout comme le gendarme. Toutes ces interventions sont le corollaire d’échecs, d’insuffisances, de manques en amont.
Imagine-t-on une société où tout passerait par les juges, où chaque « bien portant », comme dit Knock, est un « malade qui s’ignore », où les succédanés seraient devenus la norme ?
On parle de Montesquieu mais de quelle société est-il le reflet sinon de la Monarchie Absolue du XVIIIe siècle, du temps de Voltaire ? La notion de « contre-pouvoir » n’est, selon nous, qu’un pis-aller. On est à la veille de la Révolution Française.
Penser la Cité, ce n’est pas le faire sur des bases fausses, à partir d’une société malade. C’est précisément mettre en évidence les moyens qu’une telle société utilisera en désespoir de cause pour ne pas éclater, du fait de ses insuffisances, de ses incohérences.
Dans l’affaire Cahuzac, nous n’acceptons pas que le gouvernement  se défausse sur la Justice qui ne devrait intervenir qu’en cas d’urgence, c’est-à-dire quand il est déjà bien tard sinon trop tard.
Dans une société de « justes », on n’a pas besoin de la Justice, tout comme un homme bien portant n’a pas besoin de la Médecine. Seule une société malade, une personne malade sont tributaires de telles institutions. En temps normal, on ne devrait pas en arriver jusque là. Le malade est déjà en situation d’excès, d’incurie, d’échec. Le fait d’aller chez le médecin ne change rien au constat. On ne fait que limiter les dégâts. Il faut donc être bien cynique pour dire que c’est à la Justice de s’occuper du cas Cahuzac. C’est mettre un emplâtre sur une jambe de bois. On met les gens en prison quand ils ne sont pas capables de se discipliner. Mais est-ce qu’une société, dans son ensemble, peut fonctionner sur la répression, sur la contrainte extérieure ?
C’est pourquoi nous disons que l’affaire Cahuzac est le symptôme d’un dysfonctionnement et que le recours à la Justice n’est qu’une solution extrême qui ne saurait masquer un dysfonctionnement de la part du gouvernement. Mais si celui-ci se permet de tenir un tel discours qu’il croit pouvoir le disculper, c’est bien aussi parce que le fonctionnement normal des sociétés tend à devenir l’exception, ce qui est un signe de décadence.  On ne cesse d’inventer des palliatifs, des gardes fous. On n’agit plus préventivement mais après coup. D’ailleurs, pour un Cahuzac qui avoue, combien de ses semblables  échappent à la Justice ! Croire que ce sont les tribunaux qui vont régler tous les problèmes, c’est aberrant. Ils ne peuvent s’occuper que de cas extrêmes, quand il y a déjà eu dégradation des mentalités. Une société ne peut se fonder sur du dépannage. Imaginons que toutes les voitures que l’on fabrique tombent en panne, que tous les chauffeurs aient des accidents, il y aurait très vite saturation comme c’est le cas quand il y a des épidémies, des pandémies. Mais est-ce que le dysfonctionnement doit devenir la norme ? Montesquieu n’a pas, selon nous, décrit un fonctionnement idéal d’une société normale mais bien les recours propres à une société malade et c’est pour cette raison que ce philosophe est de nos jours à l’honneur.  De la même façon, on ne décréte pas un certain ordre social de façon artificielle, comme la parité au gouvernment. C’est là une façon de forcer les choses au nom d’une pseudo-normalité.
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JHB
04. 03. 13

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Culture de pénurie

Posté par nofim le 26 mai 2013

La civilisation de l’arrière-garde face au XXIe siècle
Par  Jacques Halbronn
 
La notion de progrès  est plus palpable  quand on part de très bas car elle concerne un modèle préexistant, ce qui n’est pourtant pas la définition rigoureuse du mot. Quelqu’un qui se remet à marcher, c’est un « progrès ». Une personne qui a besoin d’aide et qui se fait des amis, c’est un « progrès ».  Celui qui n’a pas le sens de la musique et qui doit  recourir à une partition pour jouer correctement, c’est un « progrès ».  Le progrès de nos jours ne concerne pas l’avant-garde mais l’arrière garde ! Ce sont les trainards qui donnent le ton. Le  progrès des enfants est aussi tout à fait palpable tant qu’il s’agit de les aider à accéder à un bagage « normal », il y a un challenge.
Tous les procédés, les expédients, ont la cote.  Les solutions de pénurie, de pauvreté, de carence deviennent la norme, constituent la « culture «  que ce soit dans le domaine culinaire ou dans celui du mariage, où la monogamie a remplacé la polygamie. On fait de nécessité vertu à tous les étages et celui qui n’est pas handicapé devient une bête curieuse.
Et il est vrai que les « dons »  sont moins  « payants » que les handicaps car un handicap, cela se corrige, cela se mesure par référence à la norme à atteindre alors que les dons nous projettent vers l’inconnu, l’illimité. Celui qui est doué n’a pas à montrer qu’il sait faire le minimum mais le maximum et le maximum n’est pas quantifiable.
On ajoutera que l’adage « L’union fait la force » est très à la mode. Le borgne est-il encore roi au royaume des aveugles ? Un orchestre n’est-il pas une association d’handicapés  qui communient  par le truchement des  trucs inventés pour masquer leurs carences. De même,  des cuisiniers échangeront-ils leurs recettes pour rendre mangeables des produits douteux.   On en arrive désormais à manger  des végétaux comme nos animaux domestiques herbivores. Au lieu de reconnaitre que c’est un pis-aller, que c’est provisoire et lié à une pénurie, on finit par présenter de telles pratiques comme idéales et à diaboliser, a contrario, les pratiques  des gens «  normaux », qui ne sont d’ailleurs pas nécessairement majoritaires.  Ce sont les élites qui sont porteuses des vraies valeurs et non  les populations qui cherchent à les imiter. Mais là encore que d’ambiguïtés comme si l’on passait de l’idée d’imiter à celle plus perverse de remplacer autrui voire de l’éliminer en montrant que la copie vaut mieux que l’original, qu’elle coûte moins cher, qu’elle est duplicable à volonté.
C’est le système D, hérité  des années quarante du siècle dernier.
En fait, toute sociabilité a sa part d’ombre. Elle est souvent le symptôme d’un manque d’autonomie. On se confie pour que l’on soit corrigé en cas d’erreur, ce qui est la marque d’un manque de confiance en soi. La démocratie a exacerbé   ce grégarisme. Faute de savoir argumenter, on vote sans savoir ce que cela va donner au final.
A partir de telles observations,  comment faire avec ceux qui n’ont besoin de personne pour s’exprimer, pour se mouvoir, pas même d’une machine ? Or, qui ne voit que les gens qui sont « équipés » se font plus respecter que ceux qui sont autosuffisants  et se débrouillent tout seuls ? C’est ainsi qu’un violoniste devant sa partition et tenant son instrument sera pris plus au sérieux que quelqu’un qui se contente de siffler sans recourir ni à un  instrument ni à un document. La prothèse serait valorisante.
La société d’en bas est mieux organisée que la société d’en haut. En revanche, les individus d’en haut ont un potentiel bien plus élevé que les gens d’en bas et d’ailleurs, ceux d’en bas peuvent se constituer une « personnalité » en s’appropriant le « thème natal », l’horoscope.  Cette société d’en bas  est transparente : c’est une  bouteille vide que l’on remplit (féminin) alors que la société d’en haut, c’est une bouteille pleine que l’on  vide. (masculin).
En réalité, il y a deux formes de sociétés : celle qui est extérieure et celle qui est intérieure. Un individu autonome est doté d’une riche société intérieure qui limite ses demandes de la part d’autrui. Une personne dépendante va tenter de développer un important réseau de contacts (amis prêts à vous donner un coup de pouce) et de produits (machines, supports de toutes sortes).
Paradoxalement,  le personnage autonome sera apprécié comme l’est un arbre à ses fruits  tandis que la population dépendante  se déterminera par un apport extérieur, par un profil de consommateur.  L’acquis  fait alors place à l’inné. Mais dans les faits, heureusement,  le monde sait encore – pour combien de temps-  sanctionner  les vrais apports, les vrais vecteurs de progrès et ne se laisse pas leurrer au bout du compte  par  ceux qui cherchent avant tout à accéder à un certain conformisme et à une certaine conformité au modèle. On dira que tel interprété a « bien » joué telle œuvre. Mais quid de quelqu’un qui joue une œuvre inconnue ? Comment donc  savoir s’il a bien joué ? C’est très embarrassant !
Cette civilisation de l’arrière garde est marquée par la survalorisation du manque. L’enfant devient un sujet idéal de progrès du fait qu’il s’agit de le formater. Le probléme, c’est que l’on n’est pas assez à l’écoute de ses dispositions innées et que l’on considére comme prioritaire tout ce qui lui permet de s’approprier ce qui est déjà disponible. C’est le processus du verre qu’il faut remplir. Or, nous pensons plus essentiel  de disposer de verres qu’il faut boire, ce qui implique d’explorer avec la plus grande vigilance ce que nous pouvons donner au monde et non pas tant ce que nous pouvons en recevoir. Pour cela, il importe d’éviter d’abrutir l’enfant, de le saturer avec des informations inutiles et qui polluent son apprentissage qui est d’abord un éveil.   Ce qui est extérieur ne devrait servir qu’à nous faire prendre conscience de ce que nous sommes et non à  déterminer ce que nous sommes.(cf les travaux de Chomsky sur langage et pensée)
JHB
21.05.13

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Le travail et ses déviances

Posté par nofim le 17 mai 2013

En ce début du  XXIe siècle, marqué par la «crise » quelle idée du travail tend à prédominer ? Il semble que  le travail « normal » est celui que quelqu’un exécute à la demande d’une autre personne. Le travailleur se louerait comme on loue un appartement ou un véhicule pour en faire, durant  le temps prévu, ce que bon nous en semble, sur la base d’un contrat s’apparentant à un bail.
Gagner honnêtement sa vie se résumerait au fait que l’on a accepté de se soumettre à la volonté d’autrui en contrepartie d’argent ou de quelque autre bien. Il s’agirait de respecter, de s’en tenir aux accords concernant la volonté de l’employeur ; cela vaut aussi pour les professions dites libérales ainsi que pour les fournisseurs, les « vendeurs » face au client, au patient.
Autrement dit,  on peut faire faire n’importe quoi à n’importe qui du moment  qu’il y a accord sur les conditions.  L’argent sublime le travail, vient conférer à toute tâche une certaine auréole. C’est un adjuvant qui fait passer la pilule de l’ennui, du désintérêt éventuel de ce qui doit être effectué. L’argent n’a pas d’odeur ou plutôt évacue l’odeur de la tâche demandée tout comme tel ingrédient permet de consommer un produit insipide qui ne se suffirait pas à lui-même.
Mais paradoxalement, un travail qui n’est pas effectué à la demande d’autrui  ne donne droit, en principe, à aucune « indemnité » et n’entre pas dans la formule « tout travail mérite salaire ». Si je passe un an à écrire un livre, une musique,  dès lors que l’on ne me l’a pas demandé, commandé, explicitement, cela ne me donne  aucun droit  à une quelconque contrepartie puisque l’argent est  perçu comme une compensation à l’ inanité de la tâche  même si par la suite, il s’étend à des activités qui seraient gratifiantes par elles-mêmes et non par ce qu’elles rapportent.  Ce distinguo est d’ailleurs assez difficile à effectuer tant le travail semble être devenu indissociable du « revenu » qu’il dégage. Par ailleurs, seul  ce « revenu » est imposable, ce qui complété la panoplie du travailleur «honorable », à savoir qu’il paie des impôts, ce qui en fait, ipso facto, un bon citoyen.
Nous dirons, pour faire écho à nos précédentes études, que celui qui exerce une activité dont il serait lui-même le commanditaire n’entrerait pas dans une certaine logique  socio-économique. Au mieux, il faudrait alors qu’il mette en vente son « produit » et qu’il attende que des gens veuillent bien se le procurer alors qu’il n’a pas été commandé.  Mais le problème se complique du fait que l’on peut fort bien imaginer que quelqu’un produise quelque chose qui correspond à une demande du « marché », ce qui est assimilable à ce que nous disions du travail.
L’idée de travail semble donc indissociable de celle du rapport de la personne à la société dont il doit accepter l’interférence et l’interdépendance s’il veut être rémunéré.  Or, nous avons dit, ailleurs, qu’il convenait de distinguer  entre  l’intérieur et l’extérieur au sens où certaines populations seraient motivées de l’intérieur et d’autres de l’’extérieur, ce que nous tendons à rapprocher respectivement des  comportements masculins et féminins étant entendu qu’au cours des siècles, et notamment au XIXe siècle,  les hommes ont été conduits à adopter une posture « féminine », notamment avec la révolution industrielle, ce qui a complétement faussé l’analyse de ce qui distingue les sexes. Quand par la suite, des femmes ont pu remplacer les hommes dans les usines, notamment durant la Première Guerre Mondiale, on a parlé d’une avancée les concernant alors qu’en réalité elles ne faisaient que se réapproprier des taches intrinsèquement féminines, comme ce qui va se produire au théâtre quand les rôles féminins tenus par des hommes seront  dévolus, logiquement, aux femmes.
Nous pensons qu’il importe de créer des conditions de vie décentes à des personnes qui ne travaillent pas à la commande et qui  se contentent d’exercer une activité créatrice, originale, même si cela  peut sembler archaïque au vu de la philosophie économique actuelle. Il s’agirait de consacrer de l’argent, de la part de la société, à ceux qui témoignent de la faculté des hommes à créer sans passer par quelque compensation ambiguë. Le plaisir de créer doit être authentique et non pas frelaté par l’argent. Si quelqu’un produit de la musique, une musique nouvelle, originale, cela doit donner droit à une rémunération en ce que cela perpétue une activité vitale pour l’homme, tout comme le fait de procréer qui n’a pas non plus à être lié à une « commande ». Cela exigerait un recensement des activités créatrices dans la société en dehors de toute instrumentalisation économique immédiate tout comme l’on se demande pas quand on fait des enfants s’il y a une demande ou une contrepartie, encore que le système des allocations familials puisse être un incitateur. Il faudrait sur cette même base considérer qu’un créateur  peut être bénéficiaire d’allocations  dès lors qu’il produit quelque ouvragée, quand bien même celui-ci ne serait pas commercialisé en quelque façon que  ce soit. C’est là une revendication qui ne semble pas actuellement être mise en avant et qui selon nous est de grande portée en ce qu’elle rappelle que tout travail rémunéré dérive de ce modèle créatif.
Il est assez paradoxal –comme nous l’avons remarqué à plusieurs reprises, de devoir noter que l’exception tend à devenir la réglé, que l’expédient  passe pour la norme, comme lorsque nous observons que la cuisine trafiquée est plus valorisée que le seul fait de goûter un produit tel quel, sans aucun ingrédient, comme lorsque l’on préféré un spectacle bien rodé à l’improvisation, l’acquisition de techniques d’appoint jouant par ailleurs le rôle d’un lien social alors que celui qui n’a pas besoin d’y recourir est plus dans la solitude du coureur de fond..
Nous militons pour l’importance à accorder à l’improvisation où l’auteur est bien celui qui est devant nous, comme dans l’accouchement, on sait qui est la mère. Cette improvisation où la bouche joue le rôle d’un utérus est le seul garant de l’origine et de l’originalité,  du génie et donc de l’engendrement. Le sport est un des lieux qui tente, à l’opposé du théâtre, du cinéma, du « show », où cette improvisation peut être appréhendée.  Il faudrait aussi  inclure dans cette dimension le rapport sexuel, par de là tout enjeu de procréation.  Les tournois d’échec  font partie de ce type d’expérience « vraie » mais il faudrait davantage exiger l’expression directe que l’on retrouve dans les débats. Encore faudrait-il distinguer entre ceux qui ne font que broder sur des schèmes établis par d’autres et ceux qui  produisent réellement quelque chose de personnel susceptible de féconder un grand nombre de récepteurs ‘(auditeurs par exemple). Nous rappellerons cette règle fondamentale de la création, à savoir que celle-ci a vocation à inspirer un grand nombre de personnes  qui l’intégreront dans leur propre mode de production. Ce que nous appelons la vertu polygamique, polyvalente de la création. Il y a là matière à réflexion autour de la dialectique création/procréation par opposition à  la dialectique travail/argent. Le créateur est celui qui alimente le groupe qui se constitue de facto autour de son œuvre, ce qui nous ramène peu ou prou à la dialectique du masculin et du féminin.
JHB
08. 05.13

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L’altérite des hommes et des femmes

Posté par nofim le 17 mai 2013

Selon nos travaux, les hommes et les femmes n’ont pas le même relationnel. Cela tient au fait que les hommes n’ont pas le même mode de fonctionnement mental. .
Nous avons fortement insisté dans de précédents textes sur le fait qu’il convenait de distinguer  activité « interne » et activité « externe », notamment en ce qui concerne le sens du toucher qui ne saurait se limiter à l’usage de la main, loin  s’en faut.
Le principal interlocuteur de l’homme (par opposition à la femme), c’est lui-même. C’est avec lui-même qu’il établit des relations de plus grande proximité et aussi de tolérance. On pourrait parler de sociabilité interne. En ce sens, la notion de solitude doit être repensée dans la mesure  où il y a une solitude interne et une solitude externe.
Inversement, les femmes seraient marquées par une sociabilité externe, ce qui implique une plus grande cordialité dans les relations avec autrui alors que la relation avec soi-même est plus pauvre  que chez les hommes. Et c’est cette pauvreté intérieure compensée par une certaine richesse extérieure qui fait toute la différence entre les sexes.
On notera d’ailleurs que chez les homosexuels,  il en est autrement. Les hommes homosexuels ont une plus grande sociabilité externe, communiquent davantage, ménagent  plus leurs relations en ce qu’ils en dépendent davantage pour bien fonctionner. Ils ont un sens plus développé de l’amitié. Pour un homme « normal », l’amitié  est d’abord celle que l’on développe avec soi-même. L’homme vise à créer un travail d’équipe en lui-même, la femme le fait autour d’elle-même.
On a là des ergonomies fort différentes et  l’on peut dire que celle des femmes est inférieure en efficience à celle des hommes du fait  des composantes qui interviennent.  L’homme doit gérer son monde intérieur avec une grande économie de moyens tandis que la femme dépend de son monde extérieur, avec tout ce que cela suppose de complications au niveau des relations entre personnes distinctes, d’où un réseau moins fiable et une plus faible autonomie/.
Si l’on se sert du modèle « polygamique » ou « pollinique »,  on comprend qu’il en soit ainsi : l’homme en effet est censé nourrir un certain nombre de femmes lesquelles constituent un ensemble dont le point commun est l’homme qu’elles se partagent. Chaque femme du groupe diffère par la façon de vivre la relation avec l’homme. Cela doit se transposer sur le rapport  de la théorie une aux pratiques et applications  multiples et variées et plus généralement  dans la dialectique de l’un et du multiple, la femme se situant dans le champ de l’interprétation, de la traduction, de l’arrangement, de l’ajustement,
La priorité pour un homme est son bon fonctionnement interne, tant psychique que physique. D’où son égocentrisme et  son refus des attaches exclusives puisqu’il est voué à  diffuser au maximum ce qu’il produit. Mais il ne s’agit pas de relations d’égal à égal.   L’homme attend surtout de lui-même, de ses propres performances bien plus que d’autrui. En cela, il pardonne plus facilement à autrui qu’à lui-même puisqu’il ne compte guère sur l’autre.
Quelque part, le fantasme de la femme consiste à se dire que l’union fait la force, qu’à plusieurs, l’on peut vaincre l’homme en constituant à l’extérieur comme une réplique de son intérieur à lui, de son organisme. D’où l’importance que les femmes accordent  à la cohérence du groupe, qui doit marcher « comme un seul homme ». Le problème, c’est que cette exigence de cohérence sociale  ne garantit pas une grande mobilité, l’espace ici  primant sur le temps alors que chez l’homme, la progression de la pensée dans le temps est primordiale, c’est ce qu’on appelle la réflexion, le cogito.  Quand l’homme doit  quelque chose à  quelqu’un, il le ressent quelque part comme un échec de son fonctionnement interne. Il se dit qu’il aurait du y penser par lui-même. Il s’efforce de corriger tout dysfonctionnement interne. Il a parfois l’esprit de l’escalier, c’est-à-dire qu’il lui faut un certain temps pour faire le tour d’une question, sans cependant avoir à recourir à une aide extérieure.
Dans la confrontation entre les individualités fortes et les groupes bien soudés,  ce sont le plus souvent les premières qui l’emportent. Les groupes n’ont d’ailleurs souvent comme  atout que de résister collectivement aux propositions, aux formulations masculines, sans oublier la force de l’inertie. C’est  là une forme de nuisance dont les femmes souvent abusent.  D’où l’importance pour les hommes de ne pas s’attacher à tel ou tel groupe et de pouvoir en constituer d’autres à frais nouveaux. La sociabilité externe de l’homme se limite à trouver des personnes qui se laisseront féconder par lui,  tant physiquement que psychiquement. Chez la femme, la sociabilité  permet de constituer une entité viable qui est non pas la personne mais le groupe, l’équipe…
Il faut ajouter que les femmes accordent une grande importance à ce qui vient de l’extérieur. Elles empruntent volontiers, ont une forte faculté é d’appropriation, d’identification. Elles dépendent énormément de leur entourage dont elles surveillent  avec la plus grande vigilance la composition, en évacuant tout élément perturbateur. Si l’homme accorde la plus grande valeur à l’authenticité personnelle, la femme  assume pleinement  de récupérer des données externes qui viendront compléter, compenser  son état. Ces données font partie intégrante de son environnement.  Les machines de toutes sortes sont les bienvenues chez les femmes. (Notamment tout ce qui concerne l’informatique, les média). La femme ne s’imagine pas toute seule, dans la « nudité » de l’être. Elle ne veut pas se priver de l’avoir qui vient compléter, prolonger un être qu’elle n’arrive pas à appréhender. Ce qui compte, ce n’est pas tant ce qu’elle est intrinsèquement que ce qu’elle peut acquérir, annexer, recruter. En ce sens, les femmes tendent à considérer la technique, sous toutes ses formes, comme son alliée pour faire pièce au pouvoir masculin.  La fragilité  du pouvoir masculin, c’est qu’il se limite souvent à un  très petit nombre de personnes qu’il suffit  de supprimer alors que la masse féminine  a conscience d’une certaine invincibilité, du fait de l’interchangeabilité de ses membres. La tentation chez les femmes conduit à vouloir profiter de l’énergie masculine, sous toutes ses formes, pour ensuite se débarrasser de l’émetteur, d’une façon ou d’une autre. Les héros du passé  sont préférables à ceux du présent ou du futur. La hantise des femmes au XXIe siècle c’est qu’un siècle de plus ne passe sans remettre en question la suprématie du génie masculin. Elles savent qu’il y a un compte à rebours. Si dans les trente prochaines années, elles ne prouvent pas qu’elles aient un « cerveau » comparable à celui des hommes, elles savent qu’elles risquent fort de devoir définitivement fermer la parenthèse d’un certain prophétisme féministe. Il ne s’agit nullement ici de faire ce que font les hommes car  il y a bien des activités masculines qui sont à leur portée mais qui sont d’un degré inférieur. Il s’agit d’atteindre les sommets de l’intelligence  et de la créativité et de parvenir ainsi à devenir elles-mêmes des éléments centraux, fécondants. Force est de constater que les revendications féministes actuelles ont mis la barre trop bas de façon à pouvoir crier victoire. Les sociétés qui ne laissent pas aux hommes la domination sont vouées à la décadence.  Les femmes douées peuvent prolonger très heureusement l’élan masculin. En se prétendant l’égal des hommes,  elles manquent  là où l’on a besoin d’elles. Mais le problème, c’est que les femmes actuelles  sont moins performantes que par le passé dans ce rôle de mise en pratique, de diversification. Cela conduit à un androgynat  croissant  de gens qui ne sont ni vraiment des hommes, ni vraiment des femmes, ce qui condamne à une médiocrité certaine.
JHB
07. 05.13

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A propos du mariage pour tous‏

Posté par nofim le 22 mars 2013

Le débat actuel est  à nos yeux du plus haut intérêt et ouvre sur la société du XXIe siècle en découplant amour et procréation.  Il conduit à s’interroger sur la place des femmes dans la société et sur la signification de la grossesse pour l’identité féminine. On note qu’aux Etats Unis, le statut de mère porteuse tend à se banaliser et c’est certainement un signe positif d’une évolution des mentalités et d’une certaine désacralisation de la maternité.

Lire la suite… »

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