jacques Halbronn Manifeste pour une praxis de l’écriture

Posté par nofim le 5 mars 2021

 

 

Manifeste pour une praxis de l’écriture

par  Jacques  Halbronn

En hommage à  Ernest  Florian Parmentier (1879-1951), auteur du Manifeste de l’Impulsionnisme (1904)

 

Nous pronons  l’utilisation d’archives  plutôt que de souvenirs. Entendons par archives  des lettres, des journaux  écrits sur le vif, dans l’impulsion et la volonté d’interpeller  l’autre ou soi-même  et non réchauffés par la mémoire.

Il y a, selon nous, quelque différence entre adresser une lettre et de nos jours un courriel, un SMS et  raconter  le passé au prisme du présent et alors que les enjeux ont disparu ou sont devenus d’un autre ordre

Une chose, en effet, d’adresser une missive à une femme, par exemple, pour la fréquenter, pour la revoir, pour une raison ou pour une autre, avec en vue un objectif à court terme, une autre de se rappeler quelque moment d’un passé révolu. Nous ne pensons pas que l’écriture soit, dans les deux cas, tout à fait la même, ait la même densité,la même intensité. Et pour le journal, l’analyse sera du même ordre. Quand on écrit  à soi même, pour soi même, c’est quelque part dans un certain état d’urgence, ne serait-ce que pour faire le point, dialoguer avec soi-même. C’est ainsi que nous venons de terminer un recueil de lettres et de journaux s’étalant sur une bonne  cinquantaine d’années et cela n’aurait évidemment pas la même teneur si nous avions évoqué ce demi-siècle au prisme de notre mémoire actuelle!.

Voilà pourquoi nous parlerons d’une « praxis » de l’écriture et d’un Manifeste dans ce sens. En relisant ces quelques 500 pages, nous avons la certitude que nous n’aurions, d’aucune manière, été en mesure de les recréer  avec le recul, ce qui ne signifie pas que l’entreprise n’eut représenté aucun intérêt littéraire et même il n’est pas impossible que le recueil que nous présentons ne dispose pas de certaines qualités propres au genre du roman, avec ce que cela implique de décantation. Mais n’est il pas temps de repenser certaines formes d’expression prenant le contre pied de ce « nouveau roman » que nous avons fréquenté dans les années 60 et auquel nous avions consacré un mémoire, à l’Université Hébraique de Jérusalem en 68-69  dans la classe de littérature  française  de Jean Poliatschek, aux antipodes  de l’esprit du présent Manifeste. Dans notre entourage, on nous avait découragé alors  de reproduire sous forme théatrale,  des scènes  auxquelles nous avions assisté . Finalement, nous  avions renoncé à opter pour une carrière littéraire ne trouvant pas la bonne approche. Mais nous allions faire de la littérature sans le savoir, sans le vouloir en rédigeant des lettres, en écrivant dans notre journal « intime » ou du moins est-ce ce que nous prétendons  avoir accompli. D’où ce Manifeste qui vient justifier et valider la publication (prévue) d’ un tel volume avec un recul qui n’est pas celui de la mémoire mais au contraire de l’oubli.

En parlant de Manifeste, nous ne pensons pas à celui du Surréalisme mais à celui produit par le second mari de notre grand mère, qui prit le nom de plume de Claude Jonquière (du nom de la rue du même nom dans le XVIIe arrondissement de Paris, où se trouve une piscine). L’auteur Ernest Florian Parmentier, né à Valenciennes, d’un Manifeste de l’Impulsionisme le fit connaitre en 1904 à l’âge de 25 ans.  Decaudin écrit à ce sujet  » Son Manifeste de 1904 aspirait à donner à la pensée sa forme la plus élevée lorsque l’intuition de l’essence infinie, « saisie par la conscience devient mouvement, créateur, impulsion »,  Il devint éditeur et notamment celui de notre grand mère, avec les Editions du Fauconnier qui succédèrent, nous semble-t-il, aux Editions de l’Impulsionnisme. Par une étrange coincidence,  ces Editions étaient établies au 71, rue Vasco de Gama, dans le XVe arrondissement de Paris. Or, cette rue nous état devenue familière dès les années 90 du fait d’un de nos amis,  touché d’ailleurs par l’écriture autobiographique mais plutôt sur le mode du souvenir – né le même jour de la même année que nous – qui habitait et habite toujours,  au numéro  65!

Au fond, il s’agirait de créer une collection d’ouvrages  suivant le même principe que  pour le notre, à savoir ayant recueilli  et conservé une somme de documents échelonnés sur des décennies. Manifeste  pour une « praxis », comme nous nous en sommes déjà peu ou prou expliqués, dans le sens d’une volonté d’agir, d’obtenir un effet sur autrui ou/et sur soi même, ce qui pouvait comporter également des textes reçus de la part  des correspondants. On connait l’histoire de ce genre littéraire des « Lettres » mais il s’agit généralement, d’une fiction alors qu’ici nous sommes confrontés en temps réel à des situations en train ou sur le point d’être vécues ou dans la perspective de l’être. Ici, tout est vrai, a vraiment été écrit et adressé à la date indiquée. Nous préconisons toutefois de changer les prénoms des intéressé(e)s. Signalons  notre activité par ailleurs dans le champ de l’improvisation musicale,ce qui fait pendant, nous semble-t-il , avec cette « praxis » littéraire dans la mesure où nous accordons la plus grande place à la spontanéité  et là encore l’on pourra nous objecter que cela pourrait nuire à la qualité artistique et en quelque sorte artisanale de l’oeuvre. Il est possible,il est vrai, que le côté « brut », « amateur » de ce type de « travail » puisse heurter ceux qui aiment retravailler leur production Mais  il se trouve que nous nous méfions, du moins dans le domaine artistique et littéraire, de tout ce qui aura été trop préparé, arrangé, ce qui  pourrait bien être le signe d’une volonté de masquer une certaine insuffisance comme lorsque l’on ajoute quelque ingrédient à un produit insipide ou gâté.
Il est vrai qu’en tant qu’historien,  le goût de l’exploitation et l’exploration des documents est comme une seconde nature. Le fait de fournir au lecteur un ensemble de  pièces datées « pour de vrai » convient à notre méthode de travail. Enfin, nous dirons que la vie est un roman et qu’il y a des façons romanesques de vivre sa vie sans qu’il soit besoin d’en rajouter.  On notera l’opposition entre le souvenir qui relève de la subjectivité  et les souvenirs qui sont des objets et on aura compris que nous sommes en faveur d’une littérature des souvenirs et non du souvenir.

En ce qui concerne notre propre ouvrage, il s’apparente  quelque part, dans sa thématique,   à  l’Histoire de Jacques Casanova de Seingalt vénitien, écrite par lui-même à Dux, en Bohême,  écrit  en  français à partir de  1789 et poursuivi juqu’à  sa mort survenue en 1798 et il est possible  que ce soit dans le domaine des relations amoureuses qu’un tel Manifeste fasse le plus sens.

 

JHB

05. 03 21

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans LINGUISTIQUE, PSYCHOLOGIE, symbolisme | Pas de Commentaire »

jacques halbronn La véritable histoire de l’astrologie « solaire »

Posté par nofim le 30 janvier 2021

La  véritable histoire  de l’astrologie solaire

par  Jacques  Halbronn

 

Le créateur de l’astro-horoscopie se devait de préciser la question du signe solaire et des « horoscopes de presse », dont Serge Bret Morel traite avec tant de désinvolture. (1936 Le premier horoscope de presse  avec 12 signes astrologiques  Scepticisme scientifique #431: L’origine des horoscopes de presse)Il y a certainement dans les travaux de Serge Bret Morel des éléments tout à fait intéressants pour la période des années 1930 -qui constituent son seul corpus – mais cela est malheureusement  gâché par une méconnaissance flagrante de l’histoire des types zodiacaux, ce qui est d’ailleurs partagé par  le milieu astrologique dans lequel il aura baigné.

A l »évidence, Bret Morel confond la question de la typologie zodiacale  et celle des horoscopes de presse et de ce quiproquo il tire des conclusions visant à montrer que cette forme d’astrologie « moderne » serait une nouveauté. A la différence des vidéos que nous avions analysées et dont il nie la portée de certains propos dans ses réponse précédentes à nos observations  qu’il a pu tenir,  nous nous référerons ici à un article  fourni  en annexe.

On partira de cette déclaration abrupte, expéditive  de SBM

 

 » Or, si la position du Soleil en signe astrologique (qui va caractériser l’horoscope de presse) n’est qu’un facteur astrologique parmi bien d’autres, elle est la seule qui fonde notre calendrier ! La nouveauté de cette forme de prédiction est donc qu’elle crée tout à coup de véritables groupes astrologiques à la fois fixés à tout jamais (on ne change pas de date de naissance) et aisés à retrouver dans l’année. Commence ainsi la possibilité d’une continuité dans le temps des prédictions collectives, donc la possibilité d’une fidélisation du lecteur, toujours concerné par l’une ou l’autre des prédictions ». »

Or,, l »exitence d’une typologie zodiacale  est attestée au moins, selon nos propres travaux (cf notre bibliographie)  dont SBM semble ignorer l’existence , dès le XIIe siècle avec Abraham Ibn Ezra

 

SBM  cite  N. Campion dans sa maigre bibliographie avec  Astrology and Popular Religion in the Modern West,  2016   Or, en 1992, Campion avait conytibué à nore ouvrage LA vie astrologique , il y a cent ans avec une étude Alan Leo  père de l’astrologie  anglaise du XXe siècle » ‘pp.  15-29)  et ile était donc bien placé pour savoir qu’Alan Léo dès le début du XXe siècle pratiquait les signes solaires, comme cela ressort de notre reprint de 1987 de son édition d »Astrology for  All   traduit en français dès 1906. sous le titre  L’Astrologie pour tout le monde:

Dans ce petit manuel , on peut lire  « l »individu du Taureau ne gaspille pas  ses énergies  et il  a  besoin d’ etre fortement  aiguilloné  ec « (p. 20) et idem pour chaque signe. C’est dire que SBM n’aura pas resitué correctement l’apport d’un Naylor, d’où il partait! Que Naylor ait greffé sur cette base des prédictions est une autre histoire mais SBM instrumentalise   son action par une incroyable extrapolation, un non sens historique

En  effet, nous avions déjà signalé un almanach de 1793   dans notre série Zodiaque, chez Solar,  en 1981 en , reprise dans France Loisirs en 1992. Ainsi pour  notre introduction  (pp 6-8)  au  signe du Lion (de Brigitte Chéret) Nous mentionnions ce passage « Ceux  nés  sous le signe du lion  sont impulsifs et passionnés, honnêtes et fidèles etc » (cf   nos Recherches  sur l’histoire  de l’Astrologie et du Tarot, Paris, 1993,   pp. 36 et seq)

Mais déjà dans notre édition des traités astrologiques datant d’environ 1148  d’Abraham Ibn Ezra  (parue en 1977), on pouvait trouver des références du même ordre. (trad de l »hébreu en ancien  français au milieu du XIIIe siècle)

Le Lion (p. 87):  » Celui qui sera né en lui (..) sera homme de principe et ingénieux  etc »

On nous objectera peut etre que cela ne renvoie pas nécessairement au signe solaire, ce qui est un autre aspect du probléme puisque SBM nie  jusqu’à l’existence de toute  astro-typologie zodiacale, quel  que soit le critère utilisé.

On lit chez Alan Leo   (p 10): « Le   caractère réel et la destinée  de tous les gens  qui sont nés  lorsque le Soleil  occupait le signe céleste du Bélier « 

On lit dans Ibn Ezra : » Il y a six signes nommés  septentrionaux car lorsque le soleil les parcourt  etc »

Donnons pour terminer  quelques extraits de la prose de M. Bret Morel :

« Aujourd’hui pourtant, combien d’astrologues pourraient se passer de leurs douze signes astrologiques ? Pire, combien croient qu’ils ont été délimités par les premiers astrologues « il y a des milliers d’année, après des siècles d’observations attentives » ?! Au cas où on en douterait, les circonstances dans lesquelles sont apparus les horoscopes de presse démontrent le contraire. »

Par un tour de passe passe, SBM passe de la question des prédictions établies en référence aux signes zodiacaux  à celle de la préexistence des dits signes zodiacaux. Or, si précisément, il a pu semble heureux de référer les  prédictions aux 12 signes, c’est que ceux-ci précisément préexisitaient à un tel   dispositif  et d’ailleurs la fortune des livrets zodiacaux, sans aucune prévision – on pense à la série des éditions du Seuil à la fin des années 50- montre bien qu’il s’agit là de deux questions qui n’ont été liées que dans un certain cadre, celui des horoscopes de presse mais qui ont fonctionné séparément par ailleurs puisqu’au départ  les dits horoscopes de presse ne se référaient pas aux signes zodiacaux et donc ne pratiquaient pas la technique des maisons solaire.

SBM  aura voulu  faire d’une pierre deux coups mais qui trop embrasse mal étreint. *

Cela dit,  si l’on se situe dans une perspective de plus longue durée, nous  pensons que cette typologie zodiacale est le résultat d’un contresens car le zodiaque est avant tout une structure à caractère temporel doént on peut éventuellement se servir en astrologie mondiale quand une planète change de signe, comme cela se pratique pour les planètes transsaturniennes du fait de la durée de leur révolution. Autrement dit, se servir de cette typologie comme trait de caractère serait une déviance. Ajoutons que l’on peut tout à fait, tant en astrologie qu’en astrobomie,  s’en servir comme métalangage pour situer un astre dans le ciel mais sans en tirer d’enseignemenent en soi, le positionnement d’un astre relevant avant tout de la théorie des aspects. En revanche, comme l’a montré Gauquelin, le dispositif des maisons, quant à lui, aurait une certaine valeur typologique, lorsque une planète se lève au moment de la naissance et il ne faudrait pas confondre les signes calculés  à partir de l’axe équinoxial et qui dans le cas du soleil, se succédent sur une année et les maisons et notamment l’ascendant, lequel, d’ailleurs,recourt au symbolisme zodiacal , qui se succédent sur une seule journée. En ce qui concerne ce que nous nommons l’astro-horoscopie, ce qui compte c’est le transit entre planètes dans le ciel et planètes dans le thème-selon des modalités qu’il ne s’agit pas de préciser ici et pour nous le référentiel zodiacal n’est qu’un moyen de repère comme un autre et qui donc n’est pas en lui-même porteur d’information. En astro horoscopie, la position du soleil renvoie à une étoile fixe proche en longitude et non à tel ou tel signe ou telle ou telle constellation qui ne sont que des conventions et notamment quand il s’agit du passage d’un signe à l’autre car ces subdivisions sont factices, si ce n’est qu’elles servent aussi bien aux astrologues qu’aux astronomes. C’est ainsi que la « grande conjonction » Jupiter- Saturne qui se présente en ce moment existe sans dépendre en quoi que ce soit du zodiaque.

En tout état de cause, le présent article visait à dénoncer une grave erreur au regard de l’Histoire de l’Astrologie qui en dit long sur la qualité et le sérieux  des dossiers et des conclusions  que présente sur différents points l’auteur.

 

 

 

 

 

 

 

Notre  Bibliographie

 

Alan Leo and Early Modern Astrology, with Kim Farnell (video)

Jacques  Halbronn  Article  Astrologie in Encyclopédie thématique,  I,  Encyclopaedia  Universalis   Le Figaro, 2004, p. 456

Alan Léo L’astrologie  de tout le monde, ( (trad. de l’anglais) Paris,  Trédaniel, 1987 (reprint  Paris, Publications  astrologiques, 1906

Abraham  Ibn Ezra , Le Commencement de la Sapience des signes, Paris, Retz 1977

Jacques Halbronn  Recherches sur l’Histoire de l’Astrologie et du Tarot (avec le reprint  de  Etteilla,  l’astrologie du Livre de Toth, 1788), Paris, Trédaniel 1993

Jacques  Halbronn   Le texte prophétique en France, tome III,  Presses Universitaires du Septentrion, pp 913 et  seq  (sur le Kalendrier des Bergers)

Jacques  Halbronn,  Histoire des Livres d’Heures. La fortune du Kalendrier et Compost des Bergers en Angleterre et en Italie autour de 1500.  » in Revue Française Histoire du Livre, 2015 (n° 136)

David Ovason,  The History of the Horoscope,  UK  2005

James  Herschel Holden   A History of Horoscopie Astrology  From  the Babylonan Period to the Modern Ages, 1996

Jacques Halbronn   La Vie Astrologique, il y a cent ans, Paris, Trédaniel 1992  et  La Vie Astrologique, années trente cinquante, ibidem 1995

 

 

JHB  31 01 21

Annexe

Serge Bret-Morel
« 1936: le 1er horoscope de presse européen avec 12 signes astrologiques »

 

On pourrait croire que, comme l’astrologie dont elles proviennent, les prédictions horoscopiques signe par signe existent depuis la nuit des temps. Ce n’est pas du tout le cas. Il y a exactement 80 ans, l’astrologue Richard Harold Naylor (dont même les astrologues ont oublié le nom et, surtout, les publications) achève la mise en forme d’une rubrique nouvelle appelée au succès que l’on connait.

Ci-après : chronologie et conséquences

Chronologie

En décembre 1936, Naylor publie le premier horoscope de presse, tel que nous le connaissons, dans la toute jeune revue occulte Prediction. Mais il travaille déjà pour un journal populaire à grand tirage, le Sunday Express. Six ans plus tôt, en effet, Naylor est devenu célèbre du jour au lendemain quand, le dimanche 5 octobre 1930, on lui attribua (injustement) la prédiction du crash du dirigeable R101. Avec une cinquantaine de morts, dont un ministre et un vice-amiral, la catastrophe fit les gros titres. Profitant d’un autre concours de circonstances, il s’était déjà fait remarquer un mois et demie auparavant en publiant des prédictions astrologiques généralistes à l’occasion de la naissance de la princesse Margareth, petite sœur de la future reine Elizabeth. Remarquons que sa carte de naissance ne met pas encore en avant les signes astrologiques, comme on le fait aujourd’hui.
Sunday Express, 24 août 1930

Sunday Express, 24 août 1930

Pendant six années, sa rubrique hebdomadaire resta sans comparaison avec l’horoscope de presse actuel. Elle contenait surtout des prédictions destinées aux personnes nées aux dates du moment ou à des groupes définis indépendamment de l’astrologie : les politiques, les boursiers et même… les turfistes. Entretemps, Naylor varia les supports de diffusion de ses prédictions : livres, disques 78 tours et même courts-métrages destinés aux salles de cinéma ! Sa notoriété crût au point qu’on raconte que s’il conseillait de ne pas investir en bourse le lundi, les investissements reprenaient le mardi (prophéties auto-réalisatrices) ! (note 1)

L’année 1936 va donc être celle de la gestation des futurs horoscopes. Précédé de cette notoriété nouvelle pour un astrologue, il est accueilli en fanfare dans le premier numéro de la revue occulte Prediction. Il y tiendra une rubrique mensuelle mais, c’est la nouveauté, pourra aussi publier des articles de fond.

En février, son article « Qu’est-ce que l’astrologie ? » présente des colonnes séparées dans lesquelles apparaissent ce qu’il présente comme « les grandes lignes de douze types astrologiques » : le type Verseau, le type Poissons, etc. Ils sont accompagnés de leurs dates calendaires et titrés dans le pur jargon technique de l’astrologie : « Soleil en Verseau », « Soleil en Poissons » etc. (note 2). Pour preuve que le format des horoscopes signe par signe n’avait rien d’évident, ces douze passages dédiés disparaissent le mois suivant pour ne revenir qu’en août. Cette fois-ci, les titres renvoient aux dates du calendrier (« né n’importe quand entre le 21 janvier et le 19 février inclus ») et les références aux signes du zodiaque ne sont qu’en sous-titre (« le type Verseau », etc.). On sent la tentative d’intégration des deux données.

Entretemps, Naylor produit plusieurs articles dans lesquels les signes astrologiques deviennent suffisamment investis symboliquement pour autoriser à décrire le caractère d’une personne. Depuis plus de 2000 ans en effet, le signe astrologique est utilisé comme technique de repérage (dans le ciel) mais pas vraiment comme support d’interprétation. Contrairement à aujourd’hui, presque personne ne sait qu’il a « un signe astrologique de naissance » au début des années 30. Les portraits signe par signe de Naylor vont probablement le renforcer dans l’idée que le signe astrologique est plus important que ce qu’en a fait la tradition jusque-là. Les astrologues des différents pays du monde n’ayant jamais vraiment coordonné leurs pensées, il semble que les astrologues d’Angleterre ne connaissaient pas (ou bien rejetaient) les réflexions allant déjà dans ce sens tant aux Etats-Unis qu’en France.

Il faut attendre le mois de décembre 1936 pour que la rubrique prenne sa forme définitive : celle que nous trouvons encore aujourd’hui avec des prédictions selon les signes astrologiques émancipés des « types » et de la donnée « Soleil en ». Ils sont définis, en sous-titres, par leurs dates dans le calendrier comme on le fait encore aujourd’hui. Sa rubrique intègre le Sunday Express dès début 1937.

Mais ces événements amènent à quelques remarques plutôt surprenantes.
Conséquences

Les horoscopes de presse ont moins d’un siècle d’existence, 80 ans exactement : aucune tradition astrologique multimillénaire ne peut donc justifier leur pertinence de fait : ils constituent vraiment une forme nouvelle de prédiction astrologique, aussi contradictoire soit-elle. Bien sûr, les prédictions individuelles existent depuis bien plus longtemps mais elles nécessitent des calculs si complexes qu’il était techniquement insensé de les étendre à toute une partie de la population. C’est ce qu’osa le premier « horoscopeur ».

Jusque-là, via les almanachs, les configurations astrologiques sont considérées à l’échelle globale : si la planète Mars est dans le signe du Taureau à un moment donné, elle l’est pour tout le monde, c’est « l’astrologie mondiale ». Ou alors les prédictions s’adressent à des groupes éphémères (« ceux qui passent des examens », « ceux qui partent en voyage », etc.), voire à des professions. En somme, l’astrologie s’adresse à des groupes qui ne sont pas définis astrologiquement et elle ne vise pas à recomposer techniquement toute la population.

Or, si la position du Soleil en signe astrologique (qui va caractériser l’horoscope de presse) n’est qu’un facteur astrologique parmi bien d’autres, elle est la seule qui fonde notre calendrier ! La nouveauté de cette forme de prédiction est donc qu’elle crée tout à coup de véritables groupes astrologiques à la fois fixés à tout jamais (on ne change pas de date de naissance) et aisés à retrouver dans l’année. Commence ainsi la possibilité d’une continuité dans le temps des prédictions collectives, donc la possibilité d’une fidélisation du lecteur, toujours concerné par l’une ou l’autre des prédictions.

Et puis, techniquement parlant, les premiers horoscopes de presse réussissent la prouesse de paraître « personnalisés » (alors que chaque ligne concerne un douzième de la population mondiale, soit des centaines de millions de personnes !) et de toucher 100% de la population ! Une autre conséquence surprenante, la taille de la cellule familiale étant réduite, une personne est toujours l’un des seuls représentants de son signe astrologique dans son entourage familial ! A l’échelle individuelle, la prédiction signe par signe permet l’illusion d’une différenciation d’avec la plupart de nos proches.

Toutefois, on ne s’identifie pas psychologiquement « à un signe astrologique » mais à un « type astrologique », c’est-à-dire un ensemble de traits de caractères attribués à un signe astrologique. Or, comble du luxe, les astrologues n’ont jamais vraiment attribué ces traits de caractère aux signes astrologiques avant le XXe siècle. Autrement dit, ils n’ont jamais été définis à cette fin à leur origine, ce que confirment les travaux des historiens des sciences (note1).

L’horoscope de presse est donc tout sauf une tradition astrologique et les astrologues en place en Angleterre ne vont pas s’y tromper en dénonçant un usage qu’ils jugent abusif : le signe astrologique serait même « l’un des moins importants de toute la tradition astrologique » ! Aujourd’hui pourtant, combien d’astrologues pourraient se passer de leurs douze signes astrologiques ? Pire, combien croient qu’ils ont été délimités par les premiers astrologues « il y a des milliers d’année, après des siècles d’observations attentives » ?! Au cas où on en douterait, les circonstances dans lesquelles sont apparus les horoscopes de presse démontrent le contraire.

Une autre conséquence surprenante de cette suite d’événements est que le succès (ou la mode, c’est selon) des interprétations par les signes astrologiques est dû à la notoriété d’un astrologue qui n’a laissé aucune trace théorique. La tradition astrologique reste un géant aux pieds d’argile.

On est donc très loin du prestige « des Anciens » (s’ils ont vraiment existé, note3) et si les horoscopes ont très vite fait le tour du monde c’est aussi pour une raison purement technique : la syndication. C’est l’un des outils de la communication de masse, laquelle prend son essor justement dans les années 30. Apparue dans les années 20, la syndication consiste à vendre à des diffuseurs le droit de reproduire un contenu particulier. Les horoscopes de Naylor (et d’autres astrologues anglais) vont ainsi, juste par syndication, être diffusés dans tout l’empire britannique.

L’apparition et le succès des horoscopes de presse relèvent donc de circonstances inattendues mais en rien mystérieuses.

Serge Bret-Morel

Notes :
1 – Astrologie : la fin des mystères (tome 1), Mensa France, 2016.
2 – Astrology and Popular Religion in the Modern West, Nicholas Campion, Routledge, 2016

 

 

 

 

Publié dans ASTROLOGIE, HISTOIRE, sociologie, symbolisme | Pas de Commentaire »

Jacques Halbronn Repenser au XXIe siècle le cycle astrologique de Saturne

Posté par nofim le 10 octobre 2016

Repenser au XXIe  siècle  le cycle  astrologique de Saturnepar   Jacques  HalbronnUn récent texte de Bernard Duchatelle qui nous est parvenu par la canal du RAO  nous invite  de facto à préciser notre approchedu cycle planétaire et en quoi celle-ci diffère des anciennes pratiques des années Cinquante qui continuent à marquer les esprits de la plupart des astrologues d’aujourd’hui, ce qui montre bien que la santé de la recherche astrologique- comme dans tout autre domaine-  ne se  juge pas au niveau du consensus mais bien à celui des pionniers. Force est de constater d’ailleurs que le courant ne passe plus guère entre l’élite et la masse des praticiens. Est ce qu’un JEan-Pierre Nicola aurait pu faire école de nos jours comme ce fut le cas de son temps?Ci dessous le texte de Bernard « L’astrologue »
Jacques  Halbronn   Repenser au XXIe siècle  le cycle astrologique  de Saturne   dans ASTROLOGIE
F
Difficile en fait d’apprécier Saturne avant le cap des 29 ans, quoique ça se soit vu, lorsqu’il revient à son point de départ. Et pour la plupart d’entre nous, c’est bien trop tôt encore, car la jeunesse et ses désirs, ses ambitions et ses arrogances égoïstes et inconscientes n’en a pas fini avec nous, loin de là. Pourtant il poursuit son travail, nous enseignant la réflexion, l’introspection, l’acceptation, patiemment, sachant bien entendu qu’ultimement le temps est de son coté.Et en progressant vers la maturité, ce qui arrive plus vite qu’on ne le croit, si l’on apprend à s’arrêter, à s’observer, à s’examiner, on se surprend à apprécier de plus en plus cet astre grave, difficile, sans compromission ni malice, grâce auquel nous sondons lentement les strates profondes et cachées de nos consciences.Certes, Uranus offre des intuitions brûlantes de clarté, incisives comme des rayons lasers illuminant en un millième de seconde le paysage mental d’un éclair éblouissant, mais les ténèbres retombent bien vite. Il revient à Saturne de solidifier ces intrusions magiques de l’intelligence et de les appliquer à notre quotidien. Moins spectaculaire, il nous fait marcher pas à pas et le terrain conquis l’est pour de bon.
Bernard DUCHATELLENotre commentaire:L’idée qu’il faille un cycle complet c’est à dire à travers les 12 signes du zodiaque  traversés  par une planéte pour en apprécier la signification nous semble une approche  révolue, c’est bien le cas de le dire.Il est clair en effet qu’il faut découper le cycle en 4 temps identiques comme le font les astrologues allemands avec le système « 90  Grad » (notamment chez Ebertin) et donc  c’est au but de 7 ans et non de 28 ou 29  que l’on aura pris la mesure  de Saturne, en l’ocurrence.Quant au fat de démarrer le cycle de Saturne  pour chaque personne, à partir de sa naissance,  cela nous semble également  bien problématique car cela contribue à saucissonner à l’infini  notre perception au niveau collectif. Une telle importance accordée à unechronologie individuelle nous semble scientifiquement assez désastreuse.  Il semble aller de soi qu’un cycle fonctionne dans la synchronie, c’est à dire qu’il n’a rien à voir avec le thème natal mais nous affecte tous au même moment mais pas nécessairement de la même façon. Mais est-ce à l’astrologie de nous donner les réponses ou doit-elle se contenter de poser les questions à moins de croire à une astrologie « connectée »  dotée d’une sorte de GPS.

En réalité, comme nous l’avons encore récemment exposé,  le thème natal doit se servir des maisons astrologiques et non des signes zodiacaux et dans ce cas l’étude d’une planéte dans les 12 maisons n’a rien à voir avec la révolution  dans le Zodiaque! Laissons le Zodiaque à l’astrologie mondiale laquelle dresse  le contexte dans lequel vivra la personne et un contexte comme son nom l’indique, est commun à toute une population. Qu’est ce qu’un contexte qui ne serait propre qu’à une seule personne????? Nous partageons à un moment donné un seul et même contexte.

Par ailleurs, l’idée d’une astrologie axée sur un seul marqueur fait son chemin. Et c’est bien entendu, de longue date, le cas des luminaires qui permettent de déterminer sous quel signe on nait. C’est ainsi que l’on se dira du Lion parce que le soleil à la naissance était en lion  mais personne ne s’imagine pour autant être le seul à être marqué par ce signe ».  Qu’est ce qui pousse certaines personnes – et certains astrologues- à vouloir croire qu’il puisse exister une sorte de Big Brother s’intéressant à leur cas particulier, ce qui fait penser à  une certaine idée de Dieu?

Or, à partir du moment où tel astre sert de marqueur, il perd toute spécificité et acquiert une dimension universelle. Saturne n’est plus le dieu Saturne ou une planéte parmi d’autres mais bien un marqueur qui se décline  au couis du cycle en passant de toute façon par des états successifs qui peuvent être contradictoires tout comme le Soleil n’a pas la même tonalité en gémeaux et en  vierge.

La théorie des domiciles va d’ailleurs totalement dans ce sens quand on prend la peine de réfléchir à la question. Le fait que chaque signe soit associé à  un certain nombre de planétes montre bien que  la planéte qui passe dans ce signe n’ a qu’un rôle de marqueur neutre qui pointe successivement telle ou telle tonalté planétaire.

Les travaux de Gauquelin ont montré qu’à la naissance,  l’on réagissait à une certaine planéte – là encore on n’a affaire qu’à une seule planéte- selon son hérédité sociale mais c’est là une astrologie des maisons et non des douze signes, de la rotation et non de la révolution?  Les 4 astres qui interviennent alors- au lever ou à la culmination lors de la naissance-  sont Vénus, Mars,  Jupiter et Saturne qui portent des noms de dieux en rapport avec les activités correspondantes. Mais là encore, on n’est pas d’individualisme mais dans le catégoriel. C’est un tort de la part des astrologues que d’insister lourdement sur la dimension individuelle, on dépasse alors les bornes de l’astrologie. et la profusion d’études de thèmes sur tel ou tel site est cionsternante..

Dans l’astrologie de révolution, c’est à dire zodiacale, on passe de la diversité spatiale à la diversité dans le temps, c’est à dire que c’e n’est plus une astrologie catégorielle donc centrifuge mais une astrologie  globale, donc centripéte, autour d’un seul axe, qui nous apparait comme étant celui porté par Saturne, qui est une sorte de super-Lune avec 28 ans au lieu de 28 joirs pour sion, cycle.

Il n’est pas souhaitable que l’astrologie s’aligne docilement et servilement sur l’astronomie, le nom des signez zodiacaux n’a pas été

introduit par les astrologues mais par les astronomes à seule fin de localisation, tout comme le nom des nouvelles planétes ne devrait en aucune façon inflier sur les représentations des dites planétes, si tant est d’ailleurs qu’il faille les utiliser en quoi que ce soit. Le propos de BErnard Duchatelle sur Uranus est tout à fait typique de cette néo-astrologie, calquée sur l’astronomie et qui laisse entendre que les astrologues pendant des millénaires n’étaient pas en mesure de prévoir les changements!!!! Ce qui est un déni de la Tradidtion, soit dit en passant. La littérature astrologique des isècles passés ridiculise un tel point de vue tout comme le signe du verseau est symboliquement une référence à l’état de domestique (d’échanson servant à la table des dieux, Ganyméde) et n’a strictement rien d’uranien au sens qu’entendent les astroloques.Les astrologues empruntent à d’autres disciplines qui ont d’autres  repéres et d’autres enjeux au lieu d’approfondir leur tradition et de la corriger et de la réformer…

Certes, il est tentant pour une communauté de rechercher des consensus et de dire tous en gros la même chose. Mais  tout cité scientifique doit  se mettre à l’écoute périodiquement de son élite, des vrais chercheurs sinon elle se sclérose et n’attire plus que des  personnes de médiocre envergure. Le climat du milieu astrologique des années soixante était autrement plus attractif que de nos jours car l’on avait affaire  à une dynamique de recherche qui s’est éteinte depuis  un quart de siècle avec la prise de pouvoir des enseignants aux dépens des chercheurs, avec des motivations totalement différents.

Il suffit de regarder dans un colloque quelle est la composition de nos jours d’une salle, tant à Lyon qu’à Bordeaux ou à Nice, pour ne plus voir quasiment aucun homme (hormis bien sur les intervenants)  et une classe d’âge qui se situe largement au dessus de 60 ans. Et cela ne fera qu’empirer à l’avenir si le milieu ne se ressaisit pas.! Mais même les colloques  astrologiques  qui devraient être une occasion de réflexion ne  servent plus à un tel objectif. On préfére généralement ajouter que soustraire à ce que l’on a appris, souvent   des décennies auparavant. Mais les considérations financières priment et l’important est de remplir la salle. On bascule dans la gestion.,  quitte à museler les ciontestations , ce qui revient à pratiquer la politique de l’autruche!  C’est ainsi que le public astrologique  n’est pas averti des recherches de pointe  notamment en ce qui concerne la relecture de la Tradition  Or, dans d’autres domaines,  l’on voit bien qu’il existe des débats. à croire que l’on juge le dit public comme incapable de  supporter des discussions jugées stériles, les gens payant pour s’instruire  et non pour assister à des  polémiques qui brouilleraient l’image de l’Astrologie, d’où le mot d’ordre visant à maintenir une unité au moins de façade…

 

 

 

 

JHB

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Jacques Halbronn La notion de peuple élu comme dynamique impériale

Posté par nofim le 11 juillet 2016

La notion de peuple élu comme dynamique impériale

par Jacques Halbronn

 

Il importe d’approcher les textes avec un minimum de sens critique et cela n’est pas sans exiger une certaine rigueur, et un sens certain de la vraisemblance et donc de l’invraisemblance qui permet de se rendre compte que telle formule ne fasse sens que dans un certain contexte. En menant des travaux dans des domaines apparemment distincts, l’on parvient ainsi à aborder tel ou tel texte avec un œil nouveau?

Chez les juifs,  on trouve un tel énoncé chez le  prophète Amos (Livre d’Amos 3:2): « C’est vous seuls que J’ai distingués entre toutes les familles de la terre, c’est pourquoi Je vous demande compte de toutes vos fautes. »

Nous voulons parler ici de la notion d’empire qui implique effectivement qu’un certain peuple puisse occuper une place centrale au milieu d’autre peuple. Les exemples abondent dans l’Histoire de la prise de pouvoir d’un peuple sur d’autres peuples et c’est selon nous une bonne définition de la notion d’empire avec notamment l’idée de capitale d’empire  que ce soit pour Istamboul (Empire Ottoman) ou Vienne (Empire austro-hongrois). On peut aussi parler de « métropole » dans le cas d’un empire colonial.

En ce qui concerne l’usage de l’expression « peuple élu », on la trouve au XXe siècle utilisée , par exemple, par la secte Moon.(Eglise de l’Unification) qui voit dans la Corée le « peuple élu » .

Au fond, tout projet impérial ne passe-t-il point par l’idée d’un « peuple élu » ayant vocation à « englober »" diverses nations et à en constituer le centre?

Mais que penser dès lors de l’usage qui en est fait dans le cadre hébraïque? On peut certes être tenté – mais ce serait bien anachronique sinon « prophétique »- de soutenir que le judaïsme aura essaimé, et se sera diffusé par le biais du christianisme voire de l’Islam mais une telle « leçon » nous semble bien tirée par les cheveux et nous pensons plus sage de nous en tenir à une problématique impériale « classique » comme L’historiographie est en mesure de l’illustrer, à travers les âges, de l’Antiquité à nos jours,  témoignant de fortunes bien diverses, au demeurant. Rappelons que cette notion implique un élargissement de l’espace-temps: un empire débordant les frontières et  exerçant des effets durables, même après sa période la plus intense, à l’image de certaines étoiles qui éclairent encore alors qu’elles ont disparu. L’Historien aura pour tâche-épistémologiquement,  de rassembler les traces de telles entreprises tant dans le domaine politique qu’intellectuel, artistique ou religieux. Est ce que les empires ne seraient pas-tous domaines confondus- l’entreprise la plus remarquable et la plus mémorable pour l’Humanité?

Que dire par conséquent de l’usage qui figure dans le monde juif? Revenons un instant sur l’Etat Juif de Herzl. Est-ce que cette formule (parfois contestée dans sa « traduction » français de « Judenstaat)  ne pourrait être interprétée comme signifiant précisément un tel projet impérial, faisant des Juifs un « peuple élu » exerçant son pouvoir sur un certain nombre de « nations »  (goyim).? La promesse de Dieu à Abraham de faire de sa descendance un « grand peuple » (Genése) n’est-elle pas liée à une telle idée impériale puisque « grand peuple » est en quelque sorte synonyme de « peuple élu »? Mais l’on voit bien que tout cela sonne faux au prisme de la réalité historique propre au peuple hébreu/juif  à telle enseigne que nous avons, opté au contraire pour l’idée d’un Etat Hébreu au sein d’un empire et non comme centre d’un empire, soit un cas de figure radicalement  inverse? On pense à Herzl demandant au sultan de lui accorder une place au sein de l’empire ottoman ou obtenant juste avant sa mort l’Ouganda au sein de l’empire britannique. (1905)

Tout semble au contraire indiqué que cet usage de « peuple élu,  de « grand peuple »  ne fasse sens que pour  les origines d’un empire. Autrement dit, on conçoit aisément qu’un empire se dote d’un certain mythe des origines. Or,  la formule tombe à plat dans le cas hébreu même si les antisémites ont pu déclarer au XIXe siècle,  que les Juifs contrôlaient le monde. (cf  notamment  notre ouvrage  Le sionisme et ses avatars, Ed Ramkat 2002)

Notre thèse est la suivante : une telle formulation a du appartenir à un « véritable » empire, elle lui aura été empruntée comme bien d’autres éléments du Pentateuque.  Rappelons que le phénoméne de l’emprunt se situe au cœur de nos travaux, notamment en linguistique.

En conclusion, il nous semble que cette expression est décalée par rapport au judaïsme, qu’elle n’y a pas sa place. Bien au contraire, ce peuple a besoin de s’inscrire au sein d’un empire, d’un ensemble supranational,  bien plus qu’il ne serait en mesure d’en constituer l’axe central, ce qui nous semble sensiblement mieux convenir à la France. Paradoxalement, la France de nos jours a une destinée impériale qu’elle ne parvient plus à assumer du fait d’une crise identitaire alors que les Juifs sont porteurs d’un modèle qui ne correspond pas à leur destin.

La plus grande source de conflits tient au déclin de la conscience impériale, ce qui conduit les Etats à ne plus savoir assumer leur héritage. La notion d’empire est créative, elle s’attelle à des combinatoires, à des coexistences  inédites, inouïes. L’Etat ne trouve selon nous sa légitimité qu’en tant que régulateur, harmonisateur  des différences au sein de l’ensemble dont il a la charge. On sait à quel point la crise de l’Etat conduit à  la dislocation, au démantélement et ce n’est qu’après coup, que l’on en prend vraiment conscience, quand l’ensemble existant ne tient plus. Le nationalisme  retrouve une dynamique quand l’Empire échoue, quand aucun peuple n’est  » élu » pour assumer une certaine centralité.  Toute nation posséde son bâton de maréchal et peut en principe briguer l’Empire mais il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

12 07 16

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Jacques Halbronn, Apprendre à penser Soleil Lune

Posté par nofim le 14 avril 2015

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Jacques   Halbronn, Apprendre à penser Soleil Lune  dans ASTROLOGIE OBAOBA_FRANCE dans FEMMES

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 APPRENDRE A PENSER “SOLEIL LUNE”

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MessageSujet: APPRENDRE A PENSER “SOLEIL LUNE”   emptyJeu 02 Fév 2012, 13:31

Bonour Steph, et vous tous.

Je propose ce thème ici aussi pour réflexi

on:


Les hommes viennent de la lune et les femmes du soleil……Jacques HALBRONN


Jacques Halbronn nous invite à repenser notre représentation du soleil et de la lune à commencer par le réseau des correspondances associées à cette double matrice. D’où son interrogation, les hommes “viennent”-ils de la lune ou du soleil? Pour répondre à cette question, l’auteur nous invite à réfléchir sur l’origine du Zodiaque, sur les rapports entre les dieux et les déesses et le cycle saisonnier.
“Apprendre à penser “soleil-lune” signifie décrypter grâce à cette grille de lecture révisée le monde qui nous entoure à commencer par les manifestations du masculin et du féminin qu’il propose de relier directement à la symbolique soli-lunaire. Homme Lune et Femme soleil, la Lune étant le soleil en acte.
Pour Jacques Halbronn, le monde est entrainé dans une alternance et une alternative de solarité et de lunarité, dans un flux lunaire et un reflux solaire. La grille proposée par Jacques Halbronn nous permet tant individuellement que collectivement de mieux appréhender le monde où nous sommes et dont nous sommes, tant au niveau de la crise du couple que des affrontements sociaux et ethniques.

extrait :
Dans le rapport soleil -lune, la lune est le facteur le plus rapide et le soleil a une position relativement statique, comparativement, l’on a bien là une dialectique entre l’espace solaire et le temps lunaire. Car si la lune occuppe un faible espace, elle se ratrappe par la richesse de sa cyclicité. La Lune apporte une forte valeur ajoutée à l’énergie qui lui vient de la nature tout comme l’Humanité a appris à transmuter les matières premières en de nouveaux produits. L’ Humanité peut beaucoup mieux s’identifier à la Lune qu’au Soleil.
Mais qui ne voit que le croissant de lune a une dimension phallique et d’ailleurs que la lune correspond à un processus d’érection alors que le soleil, en tant qu’anneau – mot qui a donné année – représenterait bien plutôt le vagin? Dialectique du croissant- crochet et de l’anneau : . la pleine lune correspondrait au coït, lorsque la lune-phallus parvient à occuper tout le vagin. . Quant à Saturne, l’opposé du soleil, avec lequel la Lune est en rapport, porte une faux qui n’est autre qu’un croissant? D’ailleurs, l’histoire d’Isis et d’Osiris, avec la perte du phallus d’Osiris, est en rapport avec la nouvelle lune mensuelle , puisque la lune disparait alors et qu’il faut la retrouver, grâce à l’ingéniosité d’Isis.. Le croissant de la lune est à rapprocher de l’arc que l’on bande et qui décoche des fléches, le soleil étant la cible, on emploie en anglais pour dire que l’on a tapé dans le mille, l’expression “bull’s eye”, l’oeil du taureau.
source et extrait d’APPRENDRE A PENSER “SOLEIL LUNE”

_________________

Ambre 

Dernière édition par AMBRE le Mer 11 Mar 2015, 10:33, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: APPRENDRE A PENSER “SOLEIL LUNE”   emptyDim 05 Fév 2012, 09:58

Publié dans ASTROLOGIE, FEMMES, symbolisme | Pas de Commentaire »

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Posté par nofim le 26 mars 2015

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Lors d’une interview de Georges Dumezil sur ses recherches, sont abordés … Mais aussi les trois fonctions

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Le Zodiaque de Dendéra | Musée du Louvre | Paris

www.louvre.fr/oeuvre…/le-zodiaque-de-dendera

Monument célèbre entre tous, le Zodiaque trouble les esprits contemporains, qui y cherchent un reflet des …

Publié dans ASTROLOGIE, symbolisme | Pas de Commentaire »

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