Le personnage d’Adam androgyne dans le Livre de la Genése

Posté par nofim le 7 octobre 2014

Adam, androgyne à l’image de Dieu,  dans les premiers chapitres du Livre de la Genése

par  Jacques  Halbronn

En fait, on ne trouve mention du nom d’Eve, que relativement tardivement. C’est ainsi que dans le Jardin d’Eden,  la « femme » n’a pas

encore été nommée Eve par Adam. Elle n’est que la femme ou la femme de l’Adam.

D’aucuns nous disent que l’Adam  (Ha-Adam) c’est l’humanité, ou en tout cas l’homme et la femme. Certes, il est des passages quelque

peu ambigus. Ainsi, à deux reprises,  il est dit qu’Adam fur crée à l’image de Dieu et ensuite qu’il  « les » créa homme et femme, mâle ou

femelle, c’est selon. C’est l’Adam qui est expulsé mais c’est  la femme qui s’adresse à l’Adam pour lui faire goûter du fruit de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal.

Notre commentaire est  le suivant:  le récit initial nous parle du seul Adam et d’ailleurs à l’instar de Dieu, on peut penser que Dieu  est  androgyne , sinon Dieu aurait eu droit à un partenaire puisque l’Adam a été crée à sa ressemblance.

Quelque part, on nous dit que l’Adam  passe du statut androgynal à celui de deux corps distincts. On renonce ainsi à

la parthénogénése. Selon Chouraqui  (cf  André Chouraqui;  La  Bible  Entête (La Génése), Ed J cl Lattés 1992  p49) « le thème de

l’Androgyne est foncièremet  lié à la vision que les Hébreux ont de l’homme  et de la femme/ C’es( ainsi qu’Adam est un terme

générique englobant l’Humanité toute entière »

La phrase concernée ne laisse pas de nous étonner:

Genése  I,  25   Dieu dit  « Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance. Qu’il domine sur les  poissons de la mer, sur les

oiseaux  du ciel, sur le bétail, ainsi sur toute la terre et sur tous les êtres qui s’y meuvent/ Dieu créa l’homme à son image, c’est

à l’image de Dieu  qu’il le créa.^Mâle et femelle furent crées à la fois*; Dieu les bénit/(trad  Zadoc Kahn). On préférera la traduction

de Chouraqui qui colle ici mieux au texte hébraïque:  » Mâle et femelle il les crée »

« On glisse du singulier au pluriel  » Betselem  Elohim barah oto  zakhar ounequéva barah otam »

Oto est «  lui » et Otam « eux » Dieu créa l’Adam à son image et  mâle et femelle il les créa ». On peut se demander

au vu de la suite, si la femme n’est pas faitre à l’image de l’homme tout comme Dieu l’est à l’image de Dieu.

Le sixiéme jour voit  Dieu créer des  « animaux » et puis l’on s’intéresse, toujours dans ce même chapitre, à l’Homme et il est dit

« Créons l’homme à notre image, ce qui aurait justifié un chapitre à part. Ce sixiéme jour est donc double.

Passons au chapitre II de la Genése:  cela commence par l’Homme seul : ce n’est que dans un second temps, encore une fois,

« L’homme imposa des noms à tous les animaux qui naissent, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes sauvages mais pour lui-même il ne trouva poinr de compagne qui lui fut assortie (on pense à l’Arche de Noé)./ L’Eternel Dieu fit peser une torpeur sur l »homme qui

s’endormit. Il prit une de ses côtes et forma un tissu  de chair à la place. »Et l’Adam  réagit ainsi : » « Celle-ci  sera nommée Icha

parce qu’elle aura  été prise de « Ich »

Au chapitre III, on nous dit que « l’homme donna pour nom à sa compagne « Eve » et il ne le fait qu’après l’expulsion du Jardin d’Eden.

La femme ne porte pas encore ce nom dans l’épisode du serpent. et  c’est au chapitre IV que le nom d’Eve est repris  » Or l’homme s’était uni à Eve, sa femme. »  Mais l’Adam  lui même n’a pas reçu de nom puisque c’est lui qui confère les noms. C’est dire qu’il y a bien là une

dualité plus dans le temps que dans l’espace. D’abord Adam puis sa femme qui est créee à partir de lui et nommée par lui.

On  a bien là, comme l’ont signalé les commentateurs, un doublon du récit du Sixiéme Jour quand Dieu avait crée l’Adam

‘mâle et femelle » mais ne s’agit-il pas ici d’androgynat?

Un autre point que nous voudrions souligner est la façon dont Dieu réagit à certaines initiatives: d »‘une part, on l’ a vu

la consommation du fruit d’un arbre défendu  »

Chapitre III  « Et l’Eterne dit : » Voici l’Adam devenu comme l’un de nous en ce qu’il connait le bien et le mal. Et

maintenant il pourrait  étendre sa main et cueillir aussi du fruit de l’arbre de vie. Il en mangerait et vivrait  à jamais. l’Eternel le renvoya

du jardin d’Eden ». Plus question ici d’Eve!

Cet épisode est à rapprocher de celui de la  Tour de Babe: au chapitre XI de la Génése; après le Déluge, qui lui aussi apparait comme

un chatiment.

Comment Dieu réagit-il à l’édification de la dite Tour de Babel?

« Voici un peuple uni, tous ayant une même langue. C’est ainsi qu’ils ont pu commencer leur  entreprise et dès lors tout ce qu’ils

ont projeté leur réussira  et dès lors tout ce qu’ils ont projeté leur réussira également. Or ça paraissons et ici même confondons

leur langage de sorte que l’on n’entende pas le langage de l’autre.’  Le Seigneur les dispersa donc de ce lieu sur toute la face de la

terre »

On peut se demander si le dédoublement d’Adam ne s’inscrit  pas dans un projet de freiner l’élan de l’Adam en lui adjoignant

une femme? On assisterait ainsi à une « second thought », à un certain revirement, le projet initial étant de créer le seul Adam avant de se raviser.

On  terminera en citant ce passage apparemment insignifiant

à la fin du Chapitre II : « L’Adam s’unit  à sa femme

(Ishto, le O est ici la marque du possessif masculin) et ils

deviennent une seule  chair’ On voit que la femmes

n’est pas l’Adam. Mais cette « union » ne fait sens que parce

que l’Adam est différent de sa femme. Rappelons que l’hoemme

(mâle) est doté de tétons, ce qui n’est pas sans évoquer un passé

androgynique.

Nous pensons que cette précision dans le premier passage

concernant le fait que l’homme est crée  à l’image de Dieu

ne fait sens que dès lors que Dieu est lui-même

androgyne car il n’est nullement concevable que Dieu

soit doté d’une femme! En outre le fait de préciser

que l’homme est mâle et femelle indique selon nous

précisément qu’il est androgyne. On ne dit  pas ici

(Genése I,  25 et seq) qu’il est homme et femme mais bien mâle et femelle, selon

une autre terminologie (Zakhar et Neqéva, notamment

courante en grammaire et qui correspond au masculin

et au  féminin). L’autre récit (Genése   22 et seq) nous

conduit à penser que l’androgyne se voit décomposé pour

former deux êtres distincts, ish et isha, la similitude des

noms ayant encore une fois une tonalité grammaticale

isha étant dérivé de ish, comme dans le cas des

adjectifs hébraïques. On voit que les deux récits se

complétent et se recoupent et rendent tout à fait, l’un comme l’ai

l’autre la thèse de l’Androgyne, seul pouvant être dit à

l’image de Dieu.( cf Ennio Floris  La création de la femme

Génése II,  18 – 25)

Nicole Vray (Les mythes fondateurs de Gilgamesh à Noé

Desclée de Brouwer 2012) met en évidence les

convergences  entre le récit biblique et les mythes

mésopotamiens, et notamment le fait que l’on est passé

du polythéisme à une forme d’hénothéisme sinon de

monothéisme.

Il est également intéressant d’étudier la façon dont le  Coran du récit adamique

et notamment du verset 1 de la sourate (« Les femmes »)  4 /  Naima Dib écrit , (D’un islam textuel vers un islam contextuel. La traduction du

Coran et la construction de l’image de la femme,, Presses de l’Université d’Ottawa,, 2009, pp. 134 -152) « Je tente de voir  si, dans la

description du processus de création du genre humain, le Coran précise que la femme est  dérivée de l’homme, ce qui expliquerait  la « secondarité » de cette dernière ou s’il parle plutôt de l’être humain et de la nécessité des deux formes sous lesquelles celui-ci se

manifeste, à savoir l’homme et la femme (…) Nulle part dans le Coran, il n’est précisé que le premier être créé est mâle ».  Signalons ce passage extrait des prières musulmanes (cf  Célébrer Dieu (Ass. frd  écrivains croyants d’expression française. Textes traditionnels

et commentaires inédits/ Ed  Univers media; 1980,pp. 100-101)  lors du mariage : « 0 vous les hommes! Craignez votre Seigneur qui vous

a crées d’un seul être puis de celui-ci Il a créé son épouse et  il a fait naître de ce couple un grand nombre d’hommes et de femmes »

 

Bibliographie

Jacques Jomier. Bible et Coran. Ed Cerf 1959

Richard Friedmann Qui a écrit la Bible? La prodigieuse

quéte  des auteurs de l’Ancien Testament. Ed/Exergue 1997

Paul Nothomb   Eve dans le jardin, La Gloire de la Femme, Ed Phébus 2004, pp  35  et seq)

Jean-Paul  II  Homme et femme, il les créa,. Une spiritualité du corps. Ed Cerf, 2004

Robert Couffignal. « Aux premiers jours du mionde ». La paraphrase de la Genése (I, II, III) dans la poésie

française du Sacre de la Femme à la Fable du Monde,, Thèse, 1968

 

JHB

04  1214

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La cartonomancie d’Etteilla (32 et 78)

Posté par nofim le 26 septembre 2014

 

La cartonomancie d’Etteilla: des cartes françaises aux

égyptiennes

par  Jacques Halbronn

 

En 1770, Etteilla se fit connaitre  pour son traitement des

jeux de cartes ordinaires, dites françaises. Son travail

connut deux rééditions en 1773 (Bib. Arsenal)

et 1783 (conservée au département des estampes de la BNF)

avec chaque fois de nouvelles introductions et préfaces.

Mais à partir des années 1780, Etteilla se fera le

propagateur du « jeu de tarots » qui est chargé d’une autre

dimension, et qu’il présentera comme le Livre de  Thot, avec

un lignage égyptien. Et c’est par ce biais qu’Etteilla

s’inscrit dans l’histoire du Tarot de Marseille, rôle et mérite que

l’on ne saurait lui contester. Papus parle à son sujet d’une

« mutilation du tarot véritable  »

Comment expliquer que son magnum opus ait reçu le titre

de Manière de se récréer avec le jeu de cartes nommées

tarots, en 4 cahiers. Titre en effet qui nous apparait comme

emprunté aux méthodes d’apprentissage du tarot en tant

que divertissement, amusement, jeu de société.?  Force en

effet est de constater qu’une telle présentation risque fort

d’induire- délibérément- en erreur le lecteur non averti.

D’ailleurs, Etteilla se référe à   La Maison des jeux academiques , contenant un recueil general de tous les jeux divertissans pour se
réjoüir, & passer le temps agreablement   À Paris,  chez Estienne Loyson. M.DC.LXV

(BNF 8° S 16525) ouvrage de La Marinière,  paru dans les années  1660  et dont un chapitre traite du jeu de tarots

et de son introduction en France; après avoir connu une vogue à l’étranger et notamment dans les pays d’expression

allemande/ .

 

I  Les cartes françaises

Les titres changent d’une édition à l’autre :

1770 Etteilla ou manière de se récréer avec un jeu de

cartes, Amsterdam, Paris, Lesclapart (Arsenal  8°S 14395)

On note que ce titre sera repris dans sa Manière de se

récréer avec le jeu de cartes nommées Tarots. On aura

simplement ajouté qu’il s’agissait de Tarots (cf  J. M. Lhôte;  Court de

Gébelin, Ed Berg  1983 p. 177)

1773  Etteilla ou la seule manière  de tirer les cartes

revue, corrigée et augmentée.  Amsterdam et Paris, chez

Lesclapart.(Arsenal  NF 49167)

1783  Etteilla ou Instruction sur l’art de tirer les cartes

3e et dernière édition par l’auteur de la Cartonomancie

Amsterdam  et Paris

(Estampes Microfilm , BNF Richelieu, Arsenal NF 6894))

La dernière édition signale d’ailleurs la parution de la

Manière de se récréer avec le jeu de cartes nommées

Tarots pour servir de troisiéme cahier à cet ouvrage

par Etteilla

Au début des années 1780, La lecture du Monde Primitif de Court de Gébelin révéle

à Etteilla tout l’intérêt du jeu de Tarot, dont celui-ci avait probablement eu connaissance

sans en saisir la véritable portée. (cf  aussi  en annexe du Monde Primitif analysé et comparé avec le monde moderne (.) ou Dissertations mélées (pp. 395 et seq)  Recherches sur les Tarots et sur la divination par les cartes des Tarots par M. Le C. de M*** (in Jean-Marie Lhôte, op. cit. pp. 145 et seq)  Il  cite  La Maison des Jeux Académiques  1665   p. 34  (p 149) qui comporte un chapitre

sur les Tarots, sans la moindre connotation ésotérique.  On peut d’ailleurs parler d’une

ésotérisation d’un jeu de cartes et on notera que les éditions du Tarot que réalisera Etteilla dans le cours des années 1780

porte un titre insignifiant sans aucune allusion divinatoire, peut être pour tromper la censure..

.  En lisant le volume 8,  Etteilla découvre que la série (il appelle cela une

« galerie ») a probablement subi des permutations, ce qui ne laisse d’éveiller son intérêt. Très vite, il va faire paraitre

des travaux sur ce sujet en y exposant un certain nombre de réformes.

Le passage du jeu de 32 cartes à un « jeu » de 78 cartes  s’accompagnera d’un certains transfert . Le nom d’Etteilla y est repris pour

signifier le questionnant et la questionnante. Mais alors que dans le jeu de 32 cartes, Etteilla conseillait de créer une 33e carte

en effacçant par exemple l’as d’un autre jeu- ce qui donnait une carte blanche, dans  le jeu  de 78 cartes, il remplace deux lames

par des cartes correspondant aux dits questionnant et questionnante. Par ailleurs,  le traitement qu’il avait fait des cartes « mineures » du jeu de 32 cartes (c’est à dire les cartes qui ne sont pas des « honneurs », selon la terminologie que nous emploierons désormais (cf infra), réparties en 4 « couleurs »  ont des rois réprésentant l’homme de campagne, l’homme de robe, l’homme blond et l’homme brun tant

dans le jeu à 32 cartes que dans le jeu à 78 cartes que présente Etteilla. Dans les éditions plus tardives, au XIXe siècle, on les associera au pape, à l’empereur d’allemagne, au Soudan d’Egype et au roi de France.Le  terme cartonomancie  englobera les deux pratiques.

 

II  Les tarots et le Livre de Thot.

Entre 1783  et  1785  quatre « cahiers » paraissent

(le dernier étant consacré à l’astrologie, toujours sous

ce même intitulé, ce qui explique qu’il n’ait longtemps point

été identifié en cette qualité. (c reproduit in f Jean-Marie L’hôte,  Court de Gébelin, Le Tarot,

Berg, 1983 p.  162) : Jeu des Tarots ou le Livre de Toth, Memphis, Lesclapart)

Etteilla y développe une critique du Tarot quant à l’ordre

des Arcanes supérieurs, en reprenant en partie les arguments de

Court de Gébelin lequel met en cause l’ordre traditionnel des Arcanes majeurs : Etteilla s’en prend aux

Cartiers  qui « ont renversé l’ordre du livre de Toth (…) Effectivement, une galerie (une série) qui contiendrait une histoire de cette sorte

serait  bien sottement composée. Nous verrons l’ordre des premiers Egyptiens mais

avant il faut reprendre ce faux ordre dans l’esprit le plus vrai ainsi que nous venons de faire

pour la Cartonomancie.  ‘(Second Cahier de  la Manière de se récréer, 1785,   reprint Jobert 1977, p. 36).

L’ordre qu’il adopte – comme on l’a montré dans une précédente étude- se

voit considérablement « chamboulé » et rappelons qu’un autre ordre sera encore

proposé en 1807 qui place carrément en tête l’arcane du Monde dont  Papus

dira que c’est la clef du Tarot, carte qui comporte le tétramorphe, donc une division en 4. (cf Le Tarot des

Bohémiens. Clef absolue de la science occulte, le plus ancien livre du monde) Etteilla  s’efforce de reconstituer

les procédés des cartiers  en vue de « symmétriser la galerie », c’est à dire l’ordre des cartes. Selon Etteilla, « les copistes  qui se

sont succédés y ont mis suivant l’époque où ils vivaient les  objets relatifs à leur manière de voir emblématique » (cf  Leçons théoriques

et pratiques du Livre de Thot, Amsterdam, 1787; pp. 10-11)

Le titre quelque peu anodin de ces 4 cahiers semble avoir été imposé par la censure. Etteilla aurait parait-il préféré pour titre

« La Cartonomancie égyptienne ou le Tarot. »

Les travaux d’Etteilla se perpétueront après sa mort, apparememnt survenue à la fin de 1791  avec notamment

Hugan alias Jejajel sans oublier le fils d’ Alliettte qui se présente sous le nom d’Alliette fils.  Une édition pirate sans aucune mention

d’Etteillla reprendra textuellement son nouvel agencement,  sous le nom de Mlle Lemarchant : Les Récréations de la cartomancie, ou
Description pittoresque de chacune des cartes du grand jeu de l’oracle des
dames, avec des combinaisons pour expliquer le présent, le passé, l’avenir : Paris : tous  les marchands de nouveautés, (1856) BNF V 44599) cf aussi  Julia Orsini (alias  Simon  Blocquel), Le Grand Etteilla; Reed./ Paris,  Leymarie, 1990)

Etteilla aura donc réussi à imposer  sa « version » du  Tarot mais sera  finalement marginalisé au point qu’on ne le considérera pas comme appartenant à la littérature consacrée au Tarot « classique » (de Marseille) alors que selon nous, il en est un critique et un réformateur. (sur la place accordée à Etteilla dans l’histoire du Tarot,  cf  Helen  Farley  A Cultural  History of Tarot  From Entertainment to Esotericism; B. Taurus  2009,  pp. 106 et seq. ; Cynthia   Giles   The  Tarot History, Mystéry and Lore   Paragon House 1992, , pp..  26  et seq.  Stuart Kaplan,  La grande  Encyclopédie  du Tarot, trad. de l’anglais,  Paris,  Tchou 1979, pp. 154-158)

On notera qu’Etteilla n’était pas parvenu, cependant, comme nous le proposons désormais, à  la conclusion selon laquelle les

arcanes majeurs devaient initialement comporter non pas 22 lames mais 24.

En effet,  il nous apparait que le jeu de 78 est une amplification du jeu de 32 et en étend la division en deux groupes, les honneurs et

les cartes mineures, répartis en 4 couleurs, soit 4×8 et 8×4.

Roi  Dame Valet  As

Dix-neuf, huit, sept

En fait l’As remplace ici le cavalier que l’on retrouve dans le Tarot qui correspond donc  à un état plus ancien du jeu de 32 cartes. Mais sur 78 cartes, le décalage est compensé.

Par extension:  on ajouta donc  24 cartes mineures : 4×6 :  six, cinq, quatre, trois, deux,  as et 24 cartes majeures qui sont les

arcanes dits majeurs du Tarot si ce n’est que l’on n’en a plus que 22 et c’est cette lacune que n’ont pas signalé les tarologues. Ce faisant,

ils n’ont pas non plus cherché à répartir les arcanes majeurs en 4 groupe de 6 cartes s’ajoutant aux 16 honneurs du jeu initial de 32

cartes, ce qui donnait un total de 40  « majeurs » face à 40 « mineurs., le  défaut rédhibitoire du 22 é tant qu’il n’est pas divisible par 4.

Etteilla a proposé de  voir dans les arcanes majeurs

les 7 jours de la création, les 4 vertus cardinales mais cela ne suffit

nullement à notre requéte. Nous avons nous-mêmes en 1983  (Mathémétiques Divinatoires, Ed Trédaniel), proposé d’isoler

dix arcanes dans le cadre d’un « tarot séfirotique » reprenant le principe posé par Papus de regrouper les lames totalisant 22.

Mais nous allons reprendre le dossier de fond en comble sur la base d’une division en 4  familles de six à lames. Il nous semble que  cela implique  qu’il n’y ait pas

à rechercher une quelconque unité, que la continuité

du début  à la fin de l’ensemble ne soit pas de mise. Quelques

lignes de clivage semblent en tout cas ressortir:

le pouvoir terrestre  avec 4 cartes qui se suivent;

papesse  – impératrice-empereur  pape    : 2 -3-4 – 5

le pouvoir céleste  avec l »Etoile, La Lune, le  Soleil, trois

cartes qui se suivent. 17 18 19

Il semble qu’il y ait également de bonnes et de mauvaises

cartes et que si l’on additionne deux cartes qui totalisent

22 on  ait  autant de contrastes (cf Mathématiques

Divinatoires  1983, pp 37  et seq) mais on en reviendrait alors  au

nombre 22!

Amoureux et Maison  dieu

Chariot  et Diable

Hermite et Mort

Roue de fortune  et   Pendu

Force et  Fou

En tout état de cause, il est étonnant qu’Etteilla n’ait pas perçu

que le jeu de tarot n’était  qu’une amplification, une

extension du jeu de piquet.  Dans les deux cas, il y a

des honneurs et des cartes « simples » sans images. Il nous

apparait donc clairement que l’on est passé de

deux  fois seize  à  deux fois  quarante et que face à  40

cartes sans images, il fallait   40 images, soit 16 + 24  et non

38.(16 +22). La recherche passe par la conscience du manque.

On notera que le Bateleur renvoie aux 4 séries sur sa

table:  coupe,  denier, épée  et  baton et qu ‘on en trouve

trace dans certaines arcanes majeurs:

le bâton, c’est aussi le sceptre de l’empereur et de l’impératrice

la coupe  figure sur les cartes de la tempérance et de l’Etoile.

l’épée s’observe avec la  Justice et la  faux de la mort

les deniers sont les disques du soleil  et de la  lune

Il faudrait d’ailleurs s’interroger sur le choix de ces 4

objets tant dans le jeu à 32 qu’à 78/80 cartes. En anglais,

l’on désigne le tréfle par club, bâton et pique par spade,

épée, carreau par diamond et seul coeur est rendu

par Heart et non pas Cup, ce qui souligne l’interaction

entre les deux « paquets » de 32  et de 78/80.

Bien entendu, les éxégétes n’ont pas manqué de relier

les 22 arcanes supérieurs aux 22 lettres de

l’alphabet hébreu et de  proposer une division en

trois groupes de  sept lames, ce qui nous semble être une

fausse piste. On notera ainsi que le Livre de

la Création (Sefer Yetsira) distingue 7 lettres doubles

alors que grammaticalement il n’y en a que 6, le resh

ne comportant pas de « daguesh » modifiant sa

prononciation. Cela a contraint le commentateur à

proposer  3 lettres mères au lieu de 4.(Eléments) et  douze

lettres « simples » pour les douze signes zodiacaux et les douze

mois. On notera aussi que 32 correspond à la somme de

22 lettres et des 10  sefiroth.

Le rôle de l’historien des textes est de déduire un certain

nombre de probabilités à partir de ce qui lui est donné à

voir, c’est à dire des « restes », des vestiges qui nous

parviennent, souvent hors contexte et sans la part de

l’oralité qui donne une autre portée à l’écrit. Face  à ces

24 cartes dont nous présumons l’existence dans le

projet initial, il y a en fait plusieurs découpages possibles entre

lesquels il nous faut choisir.

On peut ainsi diviser 24 par six mais aussi par quatre.  Ce

qui donne six groupes de 4 ou quatre groupes de 6. Or,

force est de constater que l’on trouve assez facilement

dans les arcanes majeurs des groupes  de 4 lames, qui se

succédent ou non.  Dans le cas des vertus cardinales, il y en

a 4 (cf  Court de Gébelin,   Du jeu des Tarots, p. 97, reprint

in  Jean-Marie Lhôte. Court de Gébelin,  Le Tarot, Berg, 1983)

et on ne peut donc guère songer à en ajouter deux pour

arriver à 6. Un autre groupe déjà signalé est celui

de l’empereur et du pape et de leurs contreparties féminines, ce

qui donne à nouveau 4.  C’est pourquoi nous pensons que

celui ou ceux qui ont pensé ce dispositif auront opté pour

six groupes de 4 et non 4 groupes de  6. Il nous

reste à tenter de reconstituer les 4 autres groupes mais

le cas des cartes comportant des astres s’offre aussi à nous:

soleil, lune, étoile et on peut y adjoindre le Jugement qui

fait immédiatement suite:  13   15 16 et 22

on revient aussi sur l’idée d’un groupe positif (Amoureux,

Ermite,  Chariot, Roue de  fortune et d’un

groupe négatif (mort, diable, maison dieu, Fou) en soulignant:

une certaine continuité numérique.

Restent deux lames de synthèse: le Bateleur et ses 4 objets

représentant les 4 séries des lames mineures et le Monde

avec le  tétramorphe. (aigle, lion, taureau, homme) On pourrait

ajouter les 4 tempéraments (comme dans le Kalendrier des

Bergers)

En fait, la principale erreur d’Etteilla est d’avoir cru que les 22 arcanes constituaient

un ensemble d’un seul tenant  et qu’il convenait d’en déterminer l’ordre  du commencement à la fin. Il

semble même qu’il ait voulu gommer la frontière entre arcanes majeures et mineures si l’on s’en

tient aux légendes qu’il associe aux diverses cartes.

Or, selon nous,  il s’agit d’une juxtaposition de 6 séries distinctes les unes des autres et ce sont les séries

qu’il faut ordonner et non leur contenu:  la série 1 est celle des personnages assis représentant le pouvoir

tant temporel que spirituel, puis lui fait suite la série des « bonnes cartes », puis celle des Vertus, puis celle

des « mauvaises cartes », puis celle des forces célestes. Quant à la sixiéme série, dont il ne nous reste que deux éléments, elle se situe à l’articulation entre la fin et le début de la « galerie », avec le Monde (XXI) et le Bateleur (I) formant une sorte d’ouroboros. Déjà en 1983,  nous avions (Mathématiques Divinatoires Ed  Trédeniel) opposé le groupe des  « bonnes » cartes et celui des « mauvaises « cartes. tant ces deux séries sont marquées par un expressionisme  qui ne se retrouve pas par ailleurs. Oswald Wirth

(cf Le Tarot des Imagiers du Moyen Age, Rééd.  Ed Tchou, 1978, pp. 51  et seq) avait distingué divers groupes d’arcanes. et opposé, par couples,é les lames totalisant deux par deux 23.(nous avions pour notre part opposer des lames totalisant 22)/ Wirth  avait circonscrit deux groupes de 4 lames  que nous avons nous -même isolés :

1  la Papesse et l’Impératrice  face à l’Empereur et au Pape

2 Les Etoiles, la Lune, le Soleil et le Jugement

 

Nous pensons que l’imagerie du Tarot en ce qui concerne

les arcanes majeurs puise dans le Kalendrier des Bergers.

(fin XVe siècle) mais on observe aussi que la Roue de

Fortune  s’origne dans le supplice de la roue pratiqué aux

Enfers et très représenté dans le dit Kalendrier au même

titre que le Diable et la  Mort. Inversement, selon Court de

Gébelin, le Pendu ne serait pas une mauvaise carte mais

l’allégorie de la vertu de Prudence. Quant  à la Maison Dieu,

est-ce une si mauvaise carte que cela? L’Hôtel – Dieu est un lieu

d’accueil pour les indigents, le symbole de la Charité.

On ne suivra certainement pas Wirth quand il écrit

 » Aux 22  arcanes primitifs ont été ajoutés 56 cartes à

jouer partagées entre 4 séries de  14″ Il est clair que pour nous

les arcanes supérieurs sont dérivés des 16 honneurs, ce qui

donne un total de 40 images. 22 n’est divisible ni par 6 ni

par 4. On notera cependant que le nombre 32 est important

en kabbale en ce qu’il totalise 22 + 10  sefiroth  et de fait

les 22  arcanes majeurs renouent avec  ce nombre 22 qui se

subdivise en 7,  12  et 3, selon le Sefer Yetsirah

Le Tarot est-il au départ un savoir divinatoire? On peut

sérieusement en douter. Il nous fait songer au Kalendrier des

Bergers où l’on retrouve les Vertus cardinales mais aussi

la Mort et les astres, à l’iconographie des Livres d’Heures.

Les historiens du Tarot ont d’ailleurs mis en évidence un tel

compartimentage:

« Ces images étaient réparties en cinq séries représentant les  états de la

vie, les muses ou arts, les sciences, des vertus et les planétes ou systéme du monde. Le tarot

serait né de l’adjonction à ces images de cartes numériques » (Cinq siècles de cartes à jouer

en France, Bibliothèque Nationale,   Bulletin du vieux papier,  facc 205, septembre 1963, p. 85)

 

.

Bibliographie

)
The Game of Tarot : from Ferrara to Salt Lake City / Michael Dummett ; with the assistance of Sylvia Mann
G. Duckworth
1980
Decker, Ronald
A wicked pack of cards : the origins of the occult tarot / Ronald Decker, Thierry Depaulis and Michael Dummett
Duckworth
1996
A history of games played with the tarot pack : the game of triumphs / Michael Dummett and John McLeod
the Edwin Mellen press
2004

R. Falconnier,  Les XXII Lames hermétiques du Tarot Divinatoire,

Ed Bélisane, Nice  1976, 2012

Gérard  Van Rijnberk, Le Tarot. Histoire, iconographie, ésotérisme,  Ed Trédaniel 1981

JHB

01  10  14

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Le syncrétisme stellaro-tropical en astrologie

Posté par nofim le 16 septembre 2014

La combinatoire  stellaro-saisonnière  en  astrologie et

les emprunts de l’astronomie à l’astrologie.

par  Jacques  Halbronn

 

L’astrologie est fondamentalement marquée par une

combinatoire stellaro-saisonnière  plus encore que par

une combinatoire  stellaro-planétaire. Encore récemment,

les astrologues  en adoptant la théorie des ères

précessionnelles ( y compris chez André Barbault), ont

montré qu’ils étaient disposés à combiner le point vernal

donc un  critère saisonnier et une étoile fixe correspondant

à celui-ci, en un instant T.

En relisant le  Centiloque (attribué à Ptolémée), nous rencontrons

cette  sentence (la 46e):

« Les grandes félicités dans les naissances sont données

tantôt par les étoiles fixes tantôt par les angles des

nouvelles lunes, tantôt  par les lieux  de la Part de fortune

lorsque l’Ascendant  s’y rencontrera »

Morin de Villefranche  commente ainsi  dans ses Remarques

Astrologiques : »trois causes de bonheur par l’Ascendant de la

nativité »

Or, l’Ascendant est  tyîquement un mélange  de stellarisme

et  de référentiel terrestre puisque symboliquement il renvoie

au Zodiaque: on dit qu’on a tel signe à l’ascendant.Rappelons

que c’est à partir de l’ascendant que l’on met en place

les maisons astrologiques, par delà la question du « signe

ascendant », ce qui compte alors c’est surtout le « degré »

qui est déterminé par le fragment de constellation qui

apparait à l’horizon.

En ne respectant pas cette combinatoire du stellaire et

des référentiels terrestres (horizon, saisons) l’astrologie

contemporaine allait se déséquilibrer et se condamner à

adopter des  modéles peu viables ni enviables comme ces

myriades de cycles planétaires qui partent dans tous les

sens  (cf  Yves Lenoble. Initiation à la pratique des cycles

planétaires, 1996)

Le cas du Zodiaque est emblématique d’un tel syncrétisme

en ce que les signes fixes  correspondent, selon nous,  à

des étoiles fixes  alors que les signes mutables correspondent

à des saisons tout comme les signes cardinaux correspondent

aux équinoxes et aux solstices sur le plan symbolique.

Autrement dit, les signes  fixes  sont tributaires de la

précession des équinoxes et les  autres signes s’ajustent

naturellement sur le cycle saisonnier en vigueur à un instant

T. Ce qui nous a conduit à soutenir que l’instauration du

zodiaque des fixes  au départ calé sur les saisons

avait du avoir lieu il y a 12000 ans environ quand l’Aigle

était au printemps, dans l’hémisphère nord et non pas

comme de  nos jours à l’automne.

En 1624, Antoine de Villon, dans son Usage des Ephémérides (pp. 645 et seq)

dans la partie consacrée à l’Astrologie généthliaque écrit : « Il  ne faut pas négliger

(..) les étoiles fixes qui se trouvent logées dans l’horoscope. » Il situe les étoiles en tropical

« Le coeur  du Lion ou basilic au 24° du Lion ».  Mais l’Ascendant est particulièrement impliqué en

matière d’étoiles fixes, ce qui est logique vu que faute de planétes, le plus souvent -on n’en connait à l’époque que 5 plus les luminaires-

la plupart des corps célestes ne peuvent être en la circonstance que des étoiles fixes.

C’est pourquoi, nous pensons qu’il importe de repenser complétement toute la construction du thème natal, d’une part, parce que

nous penons que l’observation la plus commode se situe non pas à l’ascendant mais au descendant  puisque c’est à la tombée du jour

et non au lever du soleil que les étoiles et les planétes apparaissent. Mais nous pensons aussi que cela ne fait guère sens de faire

le thème pour le moment de naissance quand il fait jour (ce qui est actuellement la régle puisque la plupart des naissances se

font de jour pour des raisons fonctionnelles). Il semble préférable de se contenter d’un thème toutes les 24 heures, à la tombée de

la nuit et qui vaudrait pour toutes les naissances se produisant dans cet intervalle. Par ailleurs, nous pensons que c’est l’étoile fixe  qui

se léve au coucher qui doit servir de base au calcul des maisons astrologiques. Les Anciens avaient élaboré un systéme permettant

de déterminer le degré de l’ascendant à partir de la constellation, en numérotant les différentes composantes de la dite

constellation.

Signalons les propos d’Eustache Le Noble dans son traité astrologique de 1697 sur la précession des équinoxes:

« L’Etoile qui est il y a 1800 ans dans le point précis où le Soleil pour parler vulgairement coupoit la ligne & entroit au Bélier en sorte

que dans ce moment il se trouvoit en conjnction précise avec cette estoile »  Cette même étoile se trouve désormais « à la fin du bélier ». Le Noble mentionne un cycle de  25.000 ans.  On en arrive à l’époque à un écart de 28° selon Eustache Le Noble.

Mais Le Noble expose les choses avec beaucoup de bon sens  (pp. 60-62):

« Ce n’est point  ce lieu imaginaire nommé le Bélier qui influt mais ce sont les  estoiles elles mêmes qui se trouvant

en conjonction avec le Soleil ou les Planétes, leur unissent leurs influences (…) répandent leurs vertus à l’aide de leur lumière; sur les

corps disposés à la recevoir (…) « .  On met donc ainsi fin à un faux probléme.

On notera qu’il est extrémement facile de déterminer un aspect entre une planéte et une étoile et d’ailleurs selon nous, la raison d »‘être

des aspects  est fonction des écarts entre planétes et étoiles.

Ce qui est essentiel, c’est le point de départ, après tout n’est plus que mathématique.

Ce sont les astronomes qui ont jugé bon de nommer des ensembles d’étoiles selon les signes du zodiaque mais cela

ne remet nullement en cause  l’importance des étoiles fixes  que l’on a assimilées au probléme des constellations.

En fait, on a éliminé les étoiles parce que l’on n’en voyait pas l’utilité!!!!!

Avec l’ascendant,  l’important n’est pas la constellation qui se léve mais l’étoile qui sert de point de départ à tout l’horoscope.

L’historien de l’astrologie ne saurait ignorer les emprunts

de l’astronomie à l’astrologie tant en ce qui concerne les noms

des dieux que celui des signes.L’astrologie elle-même

a au demeurant emprunté à la mythologie et à la symbolique

saisonnière .Mais au départ, ces noms de dieux, comme on

le voit chez Manilius, ne concernent pas les planétes pas plus que

ces signes zodiacaux ne  désignent les constellations. Selon

nous, ce sont les astronomes qui auront jugé bon de récupérer

ce « jargon » pour désigner tant des corps célestes – tradition

qu’ils poursuivront au XIX e siècle- que des ensembles

d’étoiles.

A l’historien de clarifier  une telle évolution, ce qui permettra

aux astrologues de se détacher du joug de l’astronomie. En

effet de tels procédés auront contribué à un certain

fusionnement de l’astrologe et de l’astronomie débouchant

sur des amours malheureuses.

Comme le dit fort bien Le Noble,  l’astrologie aurait du

garder les étoiles fixes en renonçant aux constellations mais

elle aura préféré jeter le bébé des étoiles fixes avec l’eau

(sale) du bain, à savoir les constellations. L’adoption,

notamment, d’une symbolique  mythologique par les

astronomes aura abouti à ce que les astrologues se croient

obligés de prendre en compte toutes les planétes ainsi

ornées d’atours olympiens. Autrement dit, l’astrologie aura

fait le mauvais choix, renonçant aux étoiles fixes et adoptant

la totalité des planétes du systéme solaire.

Au niveau des aspects,  on peut aussi penser que l’astrologie

aura perdu en cours de route le semi-octile, qui correspond

au quart de 90°,  soit 22°30′. On sait l’importance du nombre 22

avec les 22 lettres de l’alphabet hébraïque qui en quelque

sorte assigne une lettre à chaque degré (cf aussi les 22 arcanes

majeurs du Tarot).  On est là dans une division en 8 qui

est certainement plus « astrologique » que la division en

douze qui reléverait plutôt d’un emprunt. Or, les aspects n’ont

aucunement vocation à relier les astres entre eux au sein

du ‘ »thème » mais bien de ponctuer le déroulement des

cycles. Selon nous, il y autant de zodiaques que de cycles et

chaque cycle établit sa conjonction comme point de départ

de « son » zodiaque.

 

 

 

JHB

16  09 14

 

 

 

 

 

 

 

 

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La validation de l’astrologie. Théorie/pratique

Posté par nofim le 4 septembre 2014

Quel mode de validation de l’astrologie? Approche structurelle versus approche praticienne.

par Jacques  Halbronn

 

La pratique de l’astrologie est-elle la voie royale pour

la  validation de cette discipline (cf  nnotre  entretien avec César  Garay

et Christian Camus   sur You Tube)?

il y a de nombreux  pratticiens qui mettent leur  talent au

service d’un    tel   enjeu mais le probléme c’est qu’ils en

tirent quelque gloriole, à peu de frais. Quelques clients

contents et le tour  est  joué! Point n’est besoin d’une

reconnaissance par  les instances  scientifiques

quelles  qu’elles soient. On passe par dessus leur tête pour

prendre le peuple à  témoin!  Et ces clients sont, qui plus est,

en demande et donc dans une certaine fragilité. Et voilà qu’on

les  charge d’arbitrer   sur un sujet qui reléve somme

toute d’une certaine élite universitaire. Peut être est-ce leur

faire beaucoup  d’honneur? Mais cela leur fait du  bien que de

les flatter ainsi.

Le praticien  qui tente ainsi de se doter  de plumes de paon

(cf La Fontaine) se permettra dès lors de déclarer qu’il

a  « sauvé » l’astrologie en en démontrant le bien fondé

en amont  puisque « ça marche » en aval. Quelle astrologie

se voit ainsi « validée »? Cela importe peu  puisque toute

astrologie, en fin de compte, fera l’affaire. Cette indifférence

trahit un certain   cynisme, à savoir que lepraticien sait

pertinemment que si ça marche, cela tient à toutes sortes

de facteurs plus ou  moins avouables, à cpmmencer par la

« traduction » en langage courant de ce qui  se présente

astrologiquement. Une traduction qui autorise tous les tour

de passe passe  comme c’est le cas quand on traduit depuis

le français les  quatrains de Nostradamus, par exemple.

Approche praticienne ou approche structurelle, tel est bien le

débat méthodologique et donc épistémologique qui divise les astrologues encore

de nos jours étant entendu que certaines décennies semblent pencher plutôt dans un sens que

dans l’autre. Par exemple, dans les années soixante-soixante -dix  du siècle dernier, la priorité se situait du côté structurel,

ce qui pouvait impliquer une reformulation, une réforme des dispositifs astrologie (cf L. Morpurgo, Introduction à la Nouvelle Astrologie,

Ed Hachette, 1974,  trad. de l’italien qui partagera le prix « Morin de Villefranche », en 1974 avec le livre de Daniel Verney, Fondements et

avenir de l’astrologie, qui se tint à l’occasion du congrès de septembre 1974 à l’Hôtel Méridien de la Porte Maillot). De nos jours,

il semblerait que la tendance soit plutôt  à une « validation » par la pratique (cf Didier Geslain, Dimanche Libertes, sur You Tube).

Cette dualité est des plus intéresantes sur le plan socioculturel ne serait-ce qu »au niveau du recrutement. A la fin des années soixante,

quand nous sommes entrés « en astrologie », cela n’aurait pu se faire dans le climat intellectuel actuel. Mais un César Garay, âgé de 24 ans,

se situe à l’évidence dans une optique praticienne pour valider la « Tradition ». Il parle des Sesfiroth mais n’en apporte d’autre

justification que le fait que ‘ça marche », que ‘ça aide » les gens, que cela leur apporte du « bien être », du « bonheur » (ce qui est synonyme).

D’ailleurs, la tendance actuelle  est bien aux techniques de « bien être » (avec les Salons qui leur servent de vitrine) et dont en quelque

sorte, à entendre certains, l’astrologie ferait partie.

Il est quand même dommage que des savoirs traditionnels soient jugés à l’aune de ce critère du « bonheur ». Mais pour pas mal de gens,

l’approche structurelle n’est pas une solution car ils partent du principe que cette Tradition n’est pas à réformer, à restaurer mais simplement à faire connaitre, à diffuser; autrement dit, ils considérent que le temps n’est plus à la restructuration mais à la communication et dans la mise en pratique. D’où le plus souvent, des enseignements qui figent le savoir y compris dans le cas d’approches

interdisciplinaires qui tendent justement à figer les savoirs en présence pour passer au stade du dialogue mais d’un dialogue qui n’empiéterait pas sur la substance des dits savoirs, ce qui conduit à une juxtposition plutôt qu’à une véritable évolution.

En fait, pour beaucoup,  l’idée de ce que nous appellerons un structuralisme diachronique leur est étrangère. Nous entendons par là, la capacité de restaurer des chainons manquants, une genése, d’établir de nouvelles chronologies. A  contrario, le structuralisme

synchronique semble plus accessible qui consite, selon nous, à expliciter la fonction de chaque notion au sein d’un ensemble comme le fera

un D. Néroman, dans les années 30-40  et après lui un Jean-Pierre Nicola, dans les années 60-70  qui introduiront une terminologie qui leur est  propre. Mais le structuralisme  spatial (synchronique)  n’est pas viable s’il ne s’articule pas sur un structuralisme historique

(diachronique) et c’est d’autant plus vrai en astrologie qui souffre d’une sorte de télescopage (soit l’abolition de l’espace-temps) et

qui voit ce qui  est censé se succéder, alterner être présenté comme  valant dans la simultanéité. Cela donne le « thème » par opposition au

« cycle » même si d’aucuns auront tenté de concilier le thème et le cycle par le biais notamment des transits  (cf Yves Lenoble. Initiation à

la pratique des cycles planétaires, Ed ARRC  1996)

Mais on nous demandera  évidemment :  mais quand vous avez révisé le modéle, quid de la suite? Nous répondrons d’abord

que le travail sur le modéle est très long en ce sens que si on a l’esprit critique suffisamment aiguisé par rapport à ce que l’on propose’ ou nous propose, de nouveaux questionnements ne cesseront d’intervenir et encore une fois cela ne sera point nécessairement le fait d’une quelconque pratique avec une personne étrangère- comme dans le cas de ce que propose César Garay, mais d’un dialogue avec soi-même

(cf notre opposition entre altérité intérieure et altérité extérieure). On admettra que le dialogue avec soi-même, aussi subjectif puisse-t-il

paraitre est plus fécond que le dialogue avec  autrui appréhendé comme objet. Nous avons montré plus haut   toute l’ambiguité propre à une telle relation avec un « client », un « patient ». En fait, on ne passe à la pratique que lorsque la réflexion théorique est en panne, quand

les tests préalables n’ont pas été assez étendus, ce qui se produit notamment lorsque l’on ne respecte pas le principe de dualité qui est

la condition de toute véritable transdisciplinarité. Or, l’on voit bien à quel point l’astrologie se voit engoncée dans des dispositifs

alambiqués qui ne permettent pas de démarche comparative. D’ailleurs, force est de constater que bien des personnes qui évoluent

dans le milieu astrologique redoutent toute forme de comparaison tant pour l’astrologie que pour eux-mêmes ou pour tout objet

d’étude (individu, personne). L’astrologie aura été instrumentalisée au service d’une quéte du « sans pareil », ce que vient  entériner

au demeurant un certain usage de l’astonomie, l’astrologue arguant du fait que le ciel n’est jamais exactement le même, au vu de

tous les paramétres et facteurs qui sy entremêlent, sans compter les constructions proprement astrologiques. Cela va bien entendu

jusqu’au cas des jumeaux dont on nous montre que le thème, à quelques minutes près, n’est pas le même.

En conclusion, nous dirons que  la reconnaissance de l’astrologie implique sa transparence. Ces astrologues qui affirment qu’il faut des

années pour devenir astrologue  visent à enfermer l’astrologie dans son ghetto. En réalité, il convient de distinguer les véritables

chercheurs qui constituent l’élite de la ‘profession » et qui doivent avoir longuement réfléchi sur les tenants et les aboutissants de

l’astrologie- le singulier ici  ne faisant qu’englober un certain champ, un « terrain »-  et les praticiens qui partent du principe que le

travail en amont est abouti et se contentent d’une application sans se demander si les conditions dans lesquelles ils opérent permettent

de valider quoi que ce soit. Leur probléme, c’est que ces gens là ne savent pas prévoir.  Ils préferent dire « on verra bien » et ils se

lancent dans l’aventure avec un équipement tout à fait inadéquat et guère viable. Quand à leurs clients, ils sont à mettre dans le

même sac et ne se rendent pas compte de l’inanité des outils que l’astrologue prétend utiliser. Etrange paradoxe que de voir des

gens qui prévoient aussi mal et qui « verront » au final – ce qui est le contraire de toute entreprise prévisionnelle- attendre

justement de l’astrologie qu’elle les aide à prévoir! Il est vrai que ceux qui vont chez un opticien sont a priori ceux qui voient mal!

Il convient de s’en tenir à  la dualité et nous sommes en

faveur d’une  épistémologie de la dualité.Au delà du deux,

notre intelligence cesse d’être peformante et tout devient

infalsifiable. Ce qui aura permis à une certaine astrologie de

survivre, c’est  de ne pas s’en tenir au deux car les gens au delà

 

du deux ne sont plus performants. Un tel nous dit qu’il

est du signe du lion mais il ne prend pas la peine de connaitre

ce que l’on dit sur les autres signes. L’astrologie profite de notre

paresse intellectuelle. En se situant sur le registre du 2, les points

de comparaison se multiplient avec divers domaines alors

qu’avec son dispositif actuel,  l’astrologie s’enferme dans

son idiosyncrasie ou plutôt en ce qu’on en a  fait.

 

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JHB

05  09   14

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Recherches de chronologie et d’attribution autour de l’oeuvre astrologique d’Abraham Ibn Ezra

Posté par nofim le 22 août 2014

Problémes de chronologie et d’attribution  concernant certains ouvrages attribués à Abraham Ibn Ezra.

Par  Jacques  Halbronn

Les études sur l’astrologie d’Abraham Ibn Ezra auront connu trois époques

la première dans les années Vingt-trente du XXe siècle autour de

Raphael Lévy, la deuxiéme dans les années 70-90 autour de l’auteur

de ces lignes et la troisiéme dans les années 2000-2010 autour du travail

de Shlomo Sélah.

Ayant récemment pris  connaissance que le diptyque que nous avions publié en 1977  avait fait l’objet d’un nouveau  tra vail en 2007 (Brill) -réalisé, il y a 7 ans,   par  Shlomo Séla, The book of reasons  : a parallel Hebrew-English critical edition of the two versions of the text / Abraham ibn Ezra ; edited, translated, and annotated by Shlomo Sela », nous avons été amenés à reprendre le dossier. En fait, Sela ne publie pas le premier volet du diptyque - même s’il s’y référe en note-à savoir le Réshit Hokhmah que nous avions rendu

dans une version romane de 1273, quelque peu remaniée  en en préservant  la langue

pittoresque  mais deux versions du Sefer Hateamim.. Ptolémée y est désigné en roman sous le nom de  Barthélémy. L’absence- dans l’édition Sela –  du texte censé être commenté par le Liber Rationum est pour le moins génante.

Georges Vajda, dans sa Préface à notre édition  de 1977 écrivait notamment (pp. 13-15) « L’adaptation qu’il (J H) a  faite en français modene de la version française médiévale d’un ouvrage  de l’auteur juif et sa traduction personnelle de l’original hébreu d’un autre  sont des contributions dignes d’attention et d’estime à l’histoire de la civilisation ».

En   1993 nous avions publié  (Ed Trédaniel) des Etudes autour des éditions ptolémaïques de Nicolas de Bourdin, qui abordent la question (pp. XXXVIII et seq). Il est également souhaitable de comparer les références à Ptolémée  dans le Commencement de Sapience et dans le Livre des Fondements.

Nous avons également consacré  quelques pages à Ibn Ezra dans son rapport avec le Centiloque in  Etudes autour des éditions ptolémaïques de Nicolas de Bourdin (1640-1651), Paris  Trédaniel, 1993;  pp XXXVIII et seq)

Signalons aussi   trois  communications en 1993 à Jérusalem, au Congrès Mondial des Etudes Juives

1 “Réshit Hokhmah d’Abraham Ibn Ezra: problemes de traduction an [sic] … In: World Congress of Jewish Studies, 11th, Jerusalem, 1993.

2    l’année d’avant au Congrès de la SIEPM, à Ottawa , en 1992,  qui fut publiée  sous le titre «  Le manuscrit latin 7321 A (2-3) de la Bibliothèque nationale de France (Paris) et les traductions françaises ptolémaîques et hippocratiques » Louvain-la-Neuve : Société internationale pour l’étude de la philosophie médiévale, 1996

3  in  Revue des études juives  1996, vol. 155, no1-2, pp. 171-184

« Le diptyque astrologique d’Abraham Ibn Ezra et les cycles planétaires du Liber rationum »

Un résumé de notre article indique;

L’auteur . a découvert à la bibliothèque municipale de Limoges dans le recueil manuscrit numéro 9, une traduction latine d’un ouvrage qu’il avait traduit de l’hébreu en français en 1976 sans en avoir eu connaissance. Il ne semble pas que cette traduction du Sefer Hateamim d’Abraham Ibn Ezra ait été signalée. Elle ne figure pas dans les Opera Omnia de l’auteur éditées par Pietro d’Abano. A sa place se trouve un autre texte portant un titre latin correspondant au texte hébraïque, le Liber Rationum, qui jouera un rôle important au XVIe siècle dans les milieux prophétiques, notamment chez Nostradamus »

Ce dernier article  (pourtant (signalé par Séla dans sa bibliographie d’Abraham Ibn Ezra and the rise of medieval Hebrew Scicence, Brill,  2003,  p. 396) aborde la question des deux versions de « Sefer Hateamim »  dont traite l’édition Séla de 2004. On observera que l’édition latine (fin XVe siècle,  cf fac simile  sur Internert) comporte un developpement terminal qui ne figure pas dans l’édition Séla, lequel  ajout est fort important en ce qu’il comporte un exposé sur les  « gouverneurs », selon un systéme qui connaitre une fortune certaine en passant par Trithème, repris dans la Préface à César (en tête des Centuries de Nostradamus. Chaque astre  régne pendant 354 ans (à rapprocher des jours de l’année/lunaire de 354 ). Ce que l’on retiendra, c’est

qu’en dépit de cette traduction latine,  l’ouvrage ne figurera pas dans les Opera Omnia d’Ibn Ezra

qui seront imprimées à la fin du XVe siècle (cf infra)

Bien entendu,  la question Abraham Ibn Ezra  avait été traitée en 1985  dans un chapitre du  Monde Juif et l’Astrologie  (Milan, Arché) qui reprend  ma thèse de 79. (cf aussi notre étude sur cet auteur

in Ecnyclopaedia Universalis, Article Astrologie, p. 281, Corpus  3, Paris, 1995)

Or , en 2004,  Shlomo Sela publia le même diptyque sans citer nos différentes études , dans une collection

dirigée par  Paul Fenton, chez Brill, qui avait été  également  en thèse avec Georges Vajda.    La différence’ entre nos travaux tient au fait que nous  avons traduit de l’hébreu le Livre des Raisons mais adapté  le roman de la traduction du Commencement de Sapience puisqu’il y avait eu une traduction datant du XIIIe siècle.

La 4e de couverture  de l’édition de 2004  reprend exactement  ce que nous mettions en avant en 1977, soit 27 ans plus tôt.

« « The two  treatises presented here  were designed by Ibn Ezra to offer  « reasons », « explanations » or « meanings » of the new  astrological concepts formulated in the introduction to  Astrology that Ibn Ezra entitled Reshit Hokhmah (Beginning of  Wisdom) » si  ce n’est que le volume commenté n’est pas fourni dans l’édition Brill.

On ajoutera deux autres textes de notre plume   qui auraient pu aussi être signalés:

“Abraham Ibn Ezra, astrologue”, REJ, 4e trimestre, 1977

“Le recours au langage astrologique dans la formulation de la pensée juive
                   du Moyen Age”,
Actes du Congrès SIEPM, Bonn, 1977

Le Liber Rationum comme commentaire historico- critique

Dans le présent article, nous envisagerons plusieurs pistes de recherche notamment concernant le contenu des Opera Omnia

imprimées à la fin du XVe siècle, dans la traduction de Petro d’Abano.  Nous traiterons des différences entre les deux « versions »

pour nous demander quels sont leurs statuts respectifs et au bout du compte, nous  conclurons que c’est à juste titre que les Opera

Omnia ne comportent pas la première version que nous avons traduite en 1977 en français et que Séla retraduira  trente ans plus tard.

Car, il nous apparait que cet ouvrage n »est pas d’Abraham Ibn, Ezra mais sur Abraham Ibn  Ezra. Autrement dit, en 1977, nous aurions

publié un traité d’astrologie, le Commencement de Sapience (Réshit Hokhmah) et sa critique, qui le suit chapitre par chapitre. L’ouvrage serait donc à classer dans la catégorie des textes critiques sinon dans la littérature anti-astrologique.

 

 

Le traitement terminologique et technique dans les deux éditions

L’emploi du mot « maison » (House) dans l’édition Séla  porte à confusion car tantôt il s’agit des « signes » – et nous employons pour notre part le mot « domicile » quand le signe est relié

à une planéte dont il devient la « maison » (ou domicile)  et tantôt il s’agit de « maisons astrologiques » (ou maisons de l’horoscope (Ascendant), d’où le terme horoscope pour  désigner le thème) qui n’ont  rien à voir avec le Zodiaque même si dans les deux  cas,

on est sur une base 12. Il est  vrai que l’hébreu ne fait pas la distinction, ce qui s’explique par le fait que l’on sous-entend à quoi se référent les maisons. Il reste que l’on emploie

indifféremment  dans le texte d’Ibn Erza le mot « maison » (en hébreu Bay( comme dans Beit Lehem) dans un cas comme dans l’autre, ce qui dénote tout de même un certain flottement ou une forme de syncrétisme entre deux écoles  rivales aynt chacune leur idée de la subdivision la plus pertinente.

Les planétes constituent elles aussi une autre voie face

aux maisons de l’horoscope et à celles déterminées par un point de départ au Bélier..

. Sont-ce celles de l’horoscope (ou Ascendant) ou sont-celles du point vernal ou de telle étoile du Bélier? Séla

semble distinguer entre  » « houses (mundane » houses »  (-planetary le terme anglais approprié serait Rulerships) et( pour la division du mouvment diurne et non du

Zodiaque( cf p. 193  et 249 par exemple). On notera que les 12 maisons  astrologiques sont également associées à des planétes (joies). Mais l’on peut penser que le septénaire  fut d’abord mise en relation avec une division en 8  secteurs plutôt qu’en 12.

En ce qui concerne les 4 Eléments, il eut été avisé   de préciser que Ptolémée (et c’est vrai pour les triplicités)  n’ associe jamais  les signes aux éléments et c’est

pour cette raison qu’il n’indique pas de degrés pour les « exaltations » dans la Tétrabible. D’ailleurs Ibn Ezra le signale sans se demander

ce que cela implique. Il nous semble que cela signifie que les aspects chez Ptolémée (cf Séla  op.cit p. 199) ont un rôle qui ne relie pas tant entre eux les astres que les subdivisions (maisons) du zodiaque. A noter que Nicolas de Bourdin, le  traducteur  de la Tétrabible (1640)  utilise volontiers le mot « lieu »

à la place de « maison ».(Livre I, 19  Des  trigones/ Il semble qu’il ne se  serve

du terme ‘ »maison » que lorsque le signe est situé par rapport à la planéte qui le domine.

Mais signalons quand même d’entrée de jeu  une bizarrerie dans l’index de Sélam, avec l’entrée Ptolemy avec entre

parenthèses « The King ». (p. 396)/ il est vrai que c’est une formule utilisée par Abraham Ibn Ezra  (cf pp. 242-243)  mais est-ce une raison pour la reprendre telle quelle dans l’index?

Séla  dont on a regretté qu’il ne rendait pas synchroniquement le contenu du texte (Commencment de Sapience)  commenté par le Liber Rationum  lequel s’y référe explicitement, ne rend pas non plus diachroniquement   l’évolution de la pensée astrologique entre le temps de Ptolémée et celle d’Albumsar et d’Abraham Ibn Ezra.

On notera qu’Ibn Ezra a pu être influencée par la lecture du Tetrabiblos pour concevoir un

travail sur les « raisons ». En effet, à de nombreuses reprises, Ptolémée  propose des « raisons » pour tel

et tel passage de sa somme/ Ainsi sur les « Maisons » (Livre I, 18): « les maisons sont distribuées

par raison naturelle »,(trad Bourdin à partir du latin  1640 ) ce qui donne lieu à un célébre développement sur les domiciles des planétes.

 

Les deux « versions » du Livre des  Raisons(Sefer Hateamim)

Qu’est ce qui distingue les deux versions du  Book of Reasons?  La seconde version se référe  au Réshit Hokhmah nommément alors

que ce n’est pas le cas de la première.  Mais la première  a  dix chapitres comme son modéle alors que la seconde n’en a que 8.

Ce que Séla appelle la seconde version est celle qui a été traduite en latin par Petro d’Abano et imprimée  à Venise en 1485  et   1507 (Reed  Omnisys  1990). L’édition Brill  correspond donc au cinq centième anniversaire de la dite impression.

Abrahe Avenaris Judaei, astrologie peritissimi, in re judiciali opera, ab excellentissimo philosopho Petro de Abano… in latinum traducta… Introductorium quod dicitur Principium sapientie. Liber rationum. Liber nativitatum et revolutionum earum. Liber interrogationum. Liber electionum. Liber luminarium… Liber conjunctionum planetarum et revolutionum annorum mundi, qui dicitur de mundo vel seculo. Tractatus insuper quidam particulares… Liber de consuetudinibus in judiciis astrorum, et est Centiloquium Bethen breve admodum. Ejusdem de horis planetarum. – (A la fin, fol. XCVI :) Explicit de horis planetarum Bethen. Ex officina. Petri Liechtenstein, Venetiis, anno Domini  ex officina P. Liechtenstein
On note que la version imprimée est plus longue que celle que rend Séla.  Elle comporte un appendice de plusieurs pages dont  un
développement  important sur les « gouverneurs planétaires » (De gubernatoribus mundi ) qui fait suite  « De fini libri »  et  qui pourrait d’ailleurs ne pas être l’oeuvre d’Ibn Ezra.(cf supra)   L’imprimé n’est pas découpé en 8 chapitres comme la version éditée et traduite par Shlomo Séla.
L’édition que nous avons publiée en 1977, 30 ans avant l’édition Brill,  ne comporte que la première version laquelle est explicitement
greffée sur les 10 chapitres du Principium Sapientiae. Etrangement, cette édition ne se référe pas cependant au Réshit Hokhmah à la
différence de la seconde version.
En fait, la forme choisie pour la seconde version celle traduite en latin par Petro d’Abano  soit encyclopédique avec un certain nombre
d’entrées alors que la première  s’en tient à suivre le Réshit Hokhmah, chapitre par chapitre et en constitue un véritable commentaire. On pourrait dire que la seconde version du Livre des Raisons est une sorte de « fruit » du Commencement de Sapience comme le serait le Centiloque par rapport à la Tétrabible. et donc pas nécessairement  attribuable à Ibn Ezra.
Le début de cette « seconde version » – s’il faut l’appeler ainsi- n’indique pas clairement qu’Ibn Ezra en serait l’auteur et le  fait qu’il se
présente comme une explicitation sinon comme une apologie du premier volet du Diptyque n’est pas vraiment  déterminant pour confirmer l’attribution au dit Abraham  Ibn Ezra.
Le style de cette seconde version nous suprend quelque peu car cela commence par   « Nous avons vu que … », répété un peu plus loin. ‘pp  182-. 183) Ed  bilingue  Séla Est-ce à dire que cela se présente comme une « suite » au Commencement de Sapience? Dans ce cas,  il aurait fallu publier cet ouvrage avec les deux versions.  Que pensez d’ailleurs de cet usage  de la première personne du pluriel qui revient
régulièrement dans cette « seconde » version du Book  of Reasons du moins dans les deux premiers chapitres (pp. 185-187) En faitt, au milieu du chapitre II  l’on passe de la première personne du pluriel à celle du singulier.(cf p/ 195)
Pourquoi de telles  redondances  d’une  version à l’autre (cf  Séla pp. 83  et 217) au sujet des  « joies » des planétes  dans les maisons
« de l’horoscope » (mundane)? On note en effet que les planétes ont  leurs « maisons » de prédidlection dans l’un et l’autre des dispositifs
(maisons et signes)
On reproduira les deux paragraphes dans leur traduction anglaise issus des deux versions:
Version I
The places of joy of the seven (planets). Mercury  in the first (mundane) house because both (la planéte et la maison) indicate the soul
Notre traduction de 1977 (p. 275):
Les lieux de joie du septénaire. Mercure dans la première maison car tous deux (maison et planéte) régissent l’âme.
Version II
Joys.  Mercury rejoices when it is in the first (mundane) house because it indicates the soul. Mercury also  indicates wisdom »
Texte  latin
De causa gaudii planetarum
Mercurius gaudet quando fuerit in domo prima quoniam denotat
animam et scientiam & similiter Mercurius.
En fait, nous n’avons pas trouvé un tel exposé sur les « joies » dans le Réshit Hokhmah. On ne le trouve pas non plus dans la Tétrabible.
Le dispositif est un peu noyé dans les 12 maisons et l’on peut penser qu’il devait initialement correspondre à une répartition entre 8
secteurs. Les maisons 2, 7,  8 et 10 ne sont pas associées à des planétes.
Deux questions se posent  à ce propos : pourquoi ne parle-t-on pas dans l’Introduction
des Joies? Nous répondrons que c’est parce qu’on en traite dans le second volet qui est en
fait ce que Séla désigne sous le nom de seconde version du Liber Rationum.
Mais pourquoi dans le « vrai » Liber Rationum » se contente-t-on de reprendre ce qui est  fourni
dans la seconde version qui lui serait en fait antérieure? Il est possible que la partie explicative ne nous
soit pas parvenue et que nous disposions d »‘un manuscrit inachevé qui  comportait des passages à commenter.
On dira donc que l’on connait un passage du Commencement de Sapience par le biais du Livre des Fondements, ce
qui nous conduit à penser que les deux volets nous sont parvenus incomplets, l’un parce que tronqué et l’autre parce qu’inachevé, à l’état de brouillon.
Raphael Levy (The astrological works of Abraham Ibn Ezra, 1927, p.29)
signale  deux intutulés différents: un Liber Rationum de causis et
revolutionibus que dicuntur in introductione ad iudicia astrorum »
et le  « Liber causarum super hiis que dicuntur in introductorio
Abrache qui sic incipit : initium  sapientiae timor domini »
Les différences relatives aux noeuds de la Lune
Nous comparerons le propos de l’auteur  tel qu’il se présente dans notre « triptyque »:
Première version Taamim I
trad. Séla (p. 57) :  » The Indian Scientists said that the exaltation of the Head of  the Dragon is at Gemini 3° and there is the
dejection  of the tail (of the Dragon) but Ptolemy laughs at them because the Head of the Dragon is not a star and he is correct »
Seconde version  Taamim II (en latin  De significatione causarum  honoris, Ed  1485)
trad Séla (p. 199) r »The Indian scientists also said the exaltation of the Head of the Dragon is in  Gemini and of the Tail is in
Sagitarius. This is nonsense because the Head and the Tail do not give any indication about good fortune or misfortune since it is
the intersection  of two circles. But if the Moon is in them(because when it is in the Head it is close to the  ecumene), the Moon’s power
is perceptible  then  but when it is in the Tail its latitude is southern and its power decreasesd. This is also the (astrological) judgment
of any planet when it is in the Head of the Dragon or its Tailm, (…)Hence  if one of  the planets is in the Head of the Dragon or the Tail,
as recorded in the tables, it will neiter help nor harm. Many say that the Head adds a quarter to the years of life of  the ruling planet
and the Tail substracts them in accord with the  (astrological) judgment »
Réshit Hokhmah
Au Chap. II, au sujet du signe des Gémeaux  (-p. 77 de notre édition):
« Et c’est la maison de Mercure et l’honneur (exaltant) de la tête du Dragon au tiers degré «  »
Ibn Ezra semble donc accepter de conférer une place à la Tête du Dragon au même titre que pour Mercure.
On note par ailleurs que dans la version I,  on ne trouve pas les noeuds de la Lune dans la succession des planétes

Version I  ch/ IV (Séla  pp 71 et seq) :

Saturne-Jupiter- Mars – Soleil Vénus Mercure Lune

alors que les deux noeuds figurent dans la  Version II  :

Soleil- Lune- Saturne- Jupiter- Mars-Vénus- Mercure- Tête du Dragon, Queue du Dragon.

( chap V (Séla  pp/ 217 et seq)

 

Le ton de’ Taamim  I  est nettement plus sceptique sur le sujet que le Réshit Hokhmah et Taamim II.  Cela nous conduit à penser

que  Taamim I pourrait être un commentaire critique qui ne serait pas d’Ibn Ezra alors que Taamim II serait  un complément

du Réshit Hokhmah. On relévera de façon récurrente la forme « les astrologues disent que » ou bien il parle de certaines notions

au passé comme s’il s’agissait de croyances révolues.

Chapitre II

« Et à chaque planéte, il y avait attribué un domicile dans le lot du Soleil  (..) C’est pourquoi les astrologues ont dit que etc »

(p. 240 de notre édition). L’auteur ne ménage pas Ptolémée  » Et quant aux termes qu’a signalés Ptolémée il ne faut pas leur

accorder crédit car il dit simplement les avoir trouvés dans un texte antique ».  L’auteur n’hésite pas à mettre les astrologues en

dispute : » Et voici une deuxième controverse entre les Anciens » (p. 247) . L’auteur revient aussi sur l’épineuse question de la

précession des équinoxes (p.  249).

 

 

 

Livre des raisons et  Livre des « causes ».
On signalera que si la première version mentionne de façon récurrente les « raisons » de tel ou tel dispositif astrologique, ce n’est pas le cas de la seconde version.
Autrement dit, nous ne pensons pas que la seconde version soit réellement  explicative et nous pensons aussi
qu’elle reprend des passages de la première version. On peut d’ailleurs se demander si l’expression « Réshit Hokhmah » ne désignait pas initialement le diptyque. Dans ce cas, la seconde version reprendtrait cet ensemble en le pésentant sous une fprme différemment
ordonnée. Rappelons que l’édition latine des Opera Omnia d’Ibn Ezra débute par  l’Introductorium  quod diciter  principium sapientiae »
En fait, c’est là un titre abrégé. A l’intérieur on trouve Introductorium in Judicia Astrorum.
L’étude de la traduction latine  de la seconde version nous révéle que le terme  récurrent dans le texte n’est pas « ratio » mais « causa »
On ne trouve qu’un cas avec le chapeau « De ratione et causa  partium » ) . En fait, il faudrait parler d’un Liber Causarum
et non d’un Liber Rationum. Le terme « Ratio » ne figure qu’au titre de l’ouvrage. En réalité, le
terme se trouve dans  un grand nombre de chapeaux mais ceux-ci ne figurent pas dans le texte hébraïque traduit par Shlomo Séla. Inversement, la traduction latine de la seconde version ne comprend pas de division en chapitres.
On notera aussi le ton de l’ouvrage : nombre de paragraphes commencent par « Connais » (Téda en hébreu, « Know »), ce qui n’est
pas vraiment approprié pour un Liber Rationum car on est plus ici dans le style d’une introduction; d’un exposé plutot que d’une
‘explication.. En fait, on a plutôt l’impression que  la prétendue seconde version n’est que la suite du Commencement de Sapience et
donc que les Opera Omnia auront tenté de masquer l’absence du vrai Liber Rationum en appelant ainsi  la suite en question et en
affublant celle-ci de chapeaux  intitulés « causa » et qui, comme le montre l’édition Séla, ne figurent pas dans l’original hébreu.
L’éditeur du texte latin  aurait donc recouru à un subterfuge pour masquer une lacune au sein d’un ensemble  qui avait vocation et
prétention à être exhaustif en dédoublant le Commencement de Sapience déjà constitué de deux volets et faisant passer le second volet
pour le Liber Rationum disparu mais entre temps retrouvé puisque nous l’avons traduit de l’hébreu comme le fit par la suite Shlomo Séla (cf  .notre étude  « Le diptyque astrologique d’Abraham Ibn Ezra et les cycles planétaires du Liber rationum, op. cit.)
Les  similitudes et différences entre les deux versions
On peut s’interroger sur la raison d »être de l’existence de deux versions qui seraient toutes deux
le fait d’Ibn Ezra à moins que l’une des versions n’ait vocation à remplacer voire  à se
substituer à  l’autre.
On observera que l’ordre des planétes n’est pas le même dans les deux cas au niveau de leur
description :
Version I  ch/ IV (Séla  pp 71 et seq) :   Saturne-Jupiter- Mars – Soleil Vénus Mercure Lune
Version II  chap V (Séla  pp/ 217 et seq) :   Soleil- Lune- Saturne- Jupiter- Mars-Vénus- Mercure- Tête du
Dragon-Queue du Dragon
Dans la version I  les luminaires sont à l’articulation entre planétes « supérieures » (extérieures) et « inférieures » (intérieures)
tandis que dans la version II  les luminaires sont placés en tête  de la série suivis des supérieures
et des inférieures plus les noeuds de la Lune (Dragon). On ne trouve pas ce sujet traité dans le
Commencement de Sapience pas plus donc que dans la première version du Liber Rationum. De
même l’ordre de présentation des planétes au chapitre IV de la première version du LR est le
même que celui de la dite première version. Si l’on ajoute que le recours au « taam » qui donne
son nom au Sefer Hateamim  est  bien plus fréquemment utilisé en hébreu dans la première
version que dans la seconde dont il est à peu près absent, il apparait que la seconde version
n’est qu’une pièce rapportée qui aura fini par prendre la place de la première. Selon nous, la
seconde version aura été réaménagée pour  apparaitre au sein du diptyque ou bien comme on
l’a dit plus haut, une suite du premier volet qui vient non pas expliciter celui-ci mais le compléter.
ce qui explique que cela commence par « nous avons  vu que ». ( ce qui est rendu  dans la
traduction latine (de Petro d’Abano. Rappelons que selon nous, Abano fit usage de la traduction  romane  pour passer au latin(cf notre communication Jérusalem, 1993, op. cit))  imprimée  par « vidimus » en hébreu « raynou » , ce qui
indique plus un complément, une suite,  qu’un commentaire. L’absence de division en  10
chapitres de la seconde version va dans ce sens.
Bien entendu, il ne faut pas tenir compte des éventuelles  additions
qui ont pu être  effectuées  pour donner le change en tête de l’ouvrage. Par ailleurs,
cette même seconde version du Liber Rationum  aura été complétée dans les Opera Omnia par
un document dont il ne semble pas qu’il y ait d »original hébreu et qui n’a pas été rendu par Séla.
On trouve donc tout au début :   » Je veux fournir la fondation du Livre du Commencement » Il
n’emploie pas « taam » mais « mossad ». (iesod: base) Dans la première version on mentionne au tout début
« Sefer Hateamim » qui sera dit-on  divisé en 10  chapitres (donc sur le modéle du Commencement)
Cependant tout au début, selon nous, aura été ajouté (cf Séla op.cit. p. 189): « Sefer Hateamim »,
Qu’en est-il en latin? Il est annoncé que l’on veut  poser les fondements du  Principium Sapientiae.
On peut penser que le latin fondamenti  rend ici l’hébreu « mossad » et non « taam ». En fait, il y a là
une étrange dualité entre ces deux termes. Nous avions  jugé bon en 1977 (il y a 37 ans) de traduire
Sefer Hateamim par Livre des Fondements astrologiques mais nous aurions du en rester à la
forme Livre des Raisons. Il faudrait donc parler pour la seconde version d’un Sefer Hamossad(ot)
et pour la preière d’un Sefer Hateamim. Comme le traduit clairement Séla ; » the foundation of
the Beginning of Wisdom ».  alors que pour la première version, Séla indique:  Book of Reasons/
Ces quelques observations nous conduisent à penser que la seconde version que nous préférons
appeler livre des fondements, des bases n’est pas le Livre des Raisons. On aurait en fait
un triptyque  qui aurait été réduit à un diptyque du fait de la disparition du manuscrit que nous
avons retrouvé  à la Bibliothèque de Limoges et qui serait donc plus compler que l’Opera Omnia.
Nous avions déjà esquissé  cette orientation dans la revue des Etudes Juives en 1996, en y
publiant une communication que nous avions donnéeen 1992 à Ottawa, au Congrès de la
SIEPM.(cf supra)
Etrangement, quand la seconde version utilise « taam » à propos des maisons (de l’horoscope)
 (comme taam Habatim (Séla, pp. 202-203) le traducteur actuel   ne s’arrete pas sur l’emploi de
ce terme  et rend par  » explained the  Houses ». Il semble que dans le second volet de ce que nous
appellerons un triptyque, Ibn Ezra ait amorcé un processus explicatif, d’où la présence de
« taaù »  de temps à autre, ce  qui ensuite aurait débouché sur une approche plus systématique et
le développement d’un troisiéme volet (Première version du  Book of Reasons). Autrement dit,
la seconde version serait antérieure à la première, à l’inverse de ce qu’indiqque Shlomo Séla..
Il est intéressant de signaler que dans les notes de S. Séla sur les deux « versions »,  le mot
« reason » est récurrent dans les passages(en gras) qu’il commente (pp. 111  et seq)  de la première
version (Teamim I) alors qu’il ne comporte qu’une seule occurence dans
les notes de la seconde version (Teamim II,  pp. 261  et seq). Ce point souligne à quel point
Teamim II  est un   faux Sefer Hateamim.
Les références à Ptolémée
Il est bon, par ailleurs,  d’aller vérifier les références à Ptolémée. Connaissant
assez bien son oeuvre astrologique,- ce qui n’était pas le cas
en 1977, nous avons immédiatement, à la relecture du
Liber Rationum (Première version selon Séla) réagi face au
passage suivant  du chapitre III:
« Et Ptolémée dit que les signes  de feu relévent du vent  du
nord (p 149 de notre édition) et les  signes d’eau  du vent
d’est . Mais il reconnait  que les  signes de terre sont
méridionaux et ceux  d’air  occidentaux. Et Yakub Al Kindi
soutient   que les signes de feu sont orientaux  et inclinent
vers le nord . Et c’est cela qui est  juste’ »
En réalité, le texte de la Tétrabible ne mentionne pas les 4
Eléments et Ibn Ezra n’en parle que par commodité pour
distinguer les deux triplicités masculines entre elles. MAis
ce faisant il induit le lecteur en erreur et le pousse à
l’anachronisme.
Tétrabible :  Des trigones (trad.  Bourdin (trigonocraties)
« Le premier (…) passe par le Bélier, le Lion et le Sagittaire,[signes
de feu], trois signes masculins (…)

Ce même trigone estt  surtout  boréal
(donc au nord) (…) Le second  trigone se tire par le Taureau
la Vierge et le Capricorne[signes de terre], trois signes féminins
(…)Mais ce trigone  est principalement  méridional (…)Le
troisiéme trigone passe par les Gémeaux,, par la Balance et
par le Verseau [signes d'air]trois signes masculins (..) Ce
trigone est   aussi primitivement  de constitution orientale
(Est) (….) Le quatriéme trigone passe par le Cancer,le
Scorpion et les Poissons[signes d'eau] (..) Et ce trigone  est  estimé surtout
occidental (Ouest) » On notera que l’ordre dans lequel
la Tétrabible   ordonne les 4 trigones est celui qui correspondra
à la distribution  des Eléments entre les douze signes
du Zodiaque. (Feu, terre, air, eau)
Il reste que la désignation des signes selon les 4 Eléments
n’est pas antérieure au temps d’Albumasar.(IXe siècle) qui
en fait un usage systématique dans son  systéme des
Grandes Conjonctions (Jupiter-Saturne)
On notera par ailleurs que les attributions aux 4 points
cardinaux que propose Ibn Ezra ne correspondent pas
tout  à fait.Pour le premier, c’est bien le nord,  pour le
deuxiéme,  c’est bien le sud. Pour le troisiéme  et le
quatriéme, en revanche, il y a interversion des
directions.
Si l’on admet que le Centiloque est le « fruit »
du Tetrabiblos, comment se fait-il qu’il y soit question des maisons de l’horoscope
(Sentences   15, 16 19, 39, 41 48, 55,  57, 69,  73, 75, 80,  81, 89,  etc) alors qu’il n’en est  que très peu question dans
la dite Tétrabible.?  On peut aussi se demander si dans certains cas Abraham Ibn Ezra quand il cite Ptolémée ne renverrait pas
plutôt  au Centiloque. Nous pensons (cf  nos Recherches sur les éditions ptolémaïques, op. cit,) que  le Centiloque suit les deux
premiers livres du Tétrabiblos. La preuve en serait que les sentences 95 à 100, donc les dernières,  correspondent assez bien
à la fin du Livre II:
Tétrabible  Livre II , 10 Des couleurs dans les éclipses, cométes et autres choses de cette sorte
Livre II , 14   De la signification des météores
Centiloque  sentences  96   Dans l’horoscope d’une éclipse etc  98   Les divers météores lumineux  99 Les différents météores   100  Quand les cométes etc
De même le prologue du Centiloque est-il adressé à Syrus comme pour la Tétrabible et son ton est comparable sur plusieurs
des premières sentences (notamment les dix premières)
Cela dit, force est de constater que le Centiloque  traite des 12 maisons de l’horoscope avec la
spécificité propre à chacune d’entre elles, ce qui est totalement absent de la Tétrabible. Comme
dans le cas de deux  documents qui sont censés être liés, on pourrait se demander si certains
passages de la Tétrabible n’ont pas été conservés dans les manuscrits qui nous en sont parvenus,mais
cela pourrait tenir au fait que la Tétrabible ne traite pas d’astrologie « horaire » (avec le thème dressé
pour le moment de la consultation ) et que les maisons  étaient réservées à un tel usage. Il est
frappant de noter que Ptolémée aborde les différents domaines relatifs aux dites maisons mais
sans se servir de cette technique pour autant.
En réalité, on l’aura compris,  ce n’est pas Ibn Ezra qui attribue à Ptolémée les liens signes-Eléments mais
bien l’auteur du Livre des Fondements Astrologiques (Version I)
L’Encyclopédie Astrologique d’Abraham  Ibn Ezra
Dans son ouvrage  Abraham Ibn Ezra and the rise of medieval Hebrew Science (op. cit, pp. 57
et seq), S. Séla  note que le Sefer Hateamim  est divisé en 10 chapitres mais cela ne vaut que
pour ce qu’il appelle la première version. C’est alors qu’il cite notre communication d’Ottawa de
1992 (cf supra). Il note d’ailleurs que le Sefer Hateamim semble ne pas disposer de sa partie
introductive. Il reléve que dans d’autres oeuvres l’ouvrage est signalé comme Sefer Hateamim
Réshit Hokhmah, comme  » Livre des raisons du Commencement de la Sagesse. » Séla signale le
débat au sujet de ces deux « versions ». Mais on ne comprend toujours pas pourquoi Séla ne mentionne
ni Le Monde Juif et l’Astrologie de 1985 ni notre édition de 1977 qui sont pourtant référés dans
notre publication dans la Revue des Etudes Juives.
Nous avons pu observer que Taamim I  est bien plus critique que Taamim II sur une question comme celle
des noeuds lunaires appelés en Inde Rahou et Ketou.  Il est étrange certes que Taamim  I affirme que Ptolémée
se moque des astrologues de l’Inde dont il ne devait pas avoir connaissance. Mais force est de constater, à l’issue de notre
enquéte,  que Taamim I  qui manque dans les Opera Omnia pourrait bien ne pas être d’Abraham Ibn Ezra mais de la plume
d’un critique qui suit le Réshit Hokhmah, de façon beaucoup plus systématique (chapitre par chapitre) alors que Teamim II
serait plutôt une partie complémentaire au Commencement de Sapience.
Le début de Teamim  I est d’ailleurs assez typique. « Ils ont divisé », ce qui marque une distance. L’auteur visiblement s’en tient à ce que
dit Ptolémée et rejette les apports ultérieurs. Un autre exemple de ce ton distancie au début du Chapitre II: « Beaucoup commencent
leurs années » Le ton est en quelque sorte ethnologique.  Ou encore : » j’ai déjà cherché dans les oeuvres des astrologues la raison des
domiciles et je n’ai rien trouvé de correct si ce n’est qu’ils disent etc «   On croirait entendre Bouché Leclercq dans son
Astrologie Grecque (1899) qui aborde l’astrologie comme le ferait un entomologiste.
En fait, il n’est pas rare que des traités critiques comportent un exposé très développé du savoir astrologique. C’est même une des lois
du genre que l’on retrouve encore de nos jours dans le Que Sais-je sur l’Astrologie de Daniel Kunth (2005) et même déjà dans la
première version de 1951 par Paul Couderc. Certains réformateurs de l’astrologie ne sont d’aileurs pas tendres avec ce domaine et
l’on pense à Kepler (Tertius Interveniens). D’ailleurs,  Morin de Villefranche quand il s’en prend en 1654 à Nicolas Bourdin, suit son
exposé  pas à pas, senetence du Centiloque après sentences. Il peut en effet s’agir de conflits entre différentes approches de l’astrologie
mais en tout état de cause, on ne saurait attribuer le Sefer Hateamim première version à Abraham Ibn Ezra, quand bien même, par
la force des choses, il lui  emprunterait beaucoup. (sur les attaques médiévales contre l’Astrologie,
cf notre ouvrage Le Monde juif et l’Astrologie. Histoire d’un vieux couple. ed Arché 1985
(thèse soutenue en 1979 sous le titre La problématique astrologique au prisme des principaux
penseurs juifs du moyen age espagnol. EPHE Ve Section  Paris III)
On comprend mieux désormais la présence de formules dans Teamim I comme « Amar Abraham », Abraham a dit que nous avions traduites à l’époque par « Abraham ‘(l’auteur) a dit », en tête des Chapitres IV et X. et qu’on aura laissées par inadvertance quand il s’est agi d’attribuer l’ouvrage au dit Abraham. Dans la version  Teamim  II, cette expression n’existe pas alors qu’on trouve des formules
semblable mais associées à Ptolémée ou à Alkindi et non à Abraham/
Etrangement, au Chapitre IV, la citation annoncée du texte d »‘Ibn Ezra
n’est pas fournie. Il ne faudrait pas croire que c’est Abraham Ibn
Ezra qui déclare qu’il a déjà mentionné l’explication etc

FOURTH chapter  Teamim  1

Fourth Chapter . Abraham said. I  have already mentioned the explanation for (the nature)

Of Jupiter and Saturn and the rest of the planets (cf Séla,   p. 69)

Signalons une autre anomalie bien plus marquante au Chapitre II

de Teamim  I.  Alors que le texte ainsi commenté par  Teamim I

aborde successivement les 12 signes, le texte qui nous est parvenu de

Teamim  I  ne va pas au delà du signe du Cancer. En revanche, on y

trouve diverses « digressions » sur les « domiciles » et les « exaltations »

des planétes qui nous semblent devoir  avoir appartenu  initialement à un

autre chapitre sinon  à un chapitre différent. On passe au  commentaire

du chapitre V de Teamim I  qui est  relativement fort court et qui

traite du « bon et du mauvais des planétes ». Etrangement, le chapitre V

de Teamim V commence ainsi «   « Il n’est point besoin de chercher

des explications car ce sont choses connues » (p. 276, op. cit 1977) et à

la fin, il est encore dit « le reste des choses est connu et n’exige pas

d’explication ». (p. 279). Tout se passe comme si les éditeurs ayant

trouvé que ce chapitre était fort succinct et n’ayant pas compris

qu’une partie du chapitre se trouvait dans le chapitre II, ont cru bon

de laisser entendre que le commentateur n’avait pas cru bon de

développer.

La présentation de Séla  concernant l’Astrologie « mondiale »
Dans  un autre ouvrage, Shlomo Séla traite de cette branche de l’Astrologie ( Abraham Ibn Ezra. The Book of the World. Brill 2010)
notamment au regard des   relations/conjonctions entre Jupiter  et Saturne (pp. 19 et seq  et 57 et seq). Signalons que la notion de
triplicité, de trigone, est présente au Livre I  de la Tétrabible mais sans la moindre association avec les 4 Eléments. Ptolémée signale
simplement que les trois signes d’une même triplicité sont de même « sexe » .
Ibn Ezra ne semble guère enthousiaste au regard de ce binome constitué par les deux planétes les plus lentes et donc les plus
lointaines. Il ne saisit pas vraiment l’intérêt pour l’astrologie de se polariser sur le seul « ballet » de Jupiter et de Saturne. Or, un tel systéme sera appelé à une fortune remarquable pendant sept ou huit siècles et notamment retiendra l’attention à la fin du XVIe siècle
d’un Jean Bodin, dans sa République?
L’exposé d’Ibn Ezra sera donc  au final  fort succinct et l’on ne
s’étonnera pas que le Réshit Hokmah tout comme son « double » critique, le Sefer Hateamim (I) en traite en bien peu de lignes, au dixiéme et dernier chapitre, dans les deux cas. (cf Séla,   ed  Abaham Ibn Ezra. The Book  of the World,   A parallel Hebrew

English edition  of the  two versions of the Text,  p. 29-32 et   259 et seq). Ce  qui nous renvoie aussi au Xe chapitre du Sefer Hateamim don’t nous avions publié la traduction conjointement , lequel ouvrage serait selon  nos réflexions actuelles non pas d’Abraham Ibn Ezra mais sur Abraham Ibn Ezra.

L’exposé d’Ibn Ezra sur la théorie d’Albumasar est au demeurant fort succinct / On nous y expose le passage de la conjoncton Jupiter-Saturne (- nous en avons traité amplement dans notre post Doctorat,  EPHE 2007,  Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle ainsi que dans Le Monde Juif et l’Astrologie. Ed Arché, Milan, 1985) Selon nous, la théorie des Grandes

Conjonctions péche du fait de l’introduction des Triplicités (les 4 Eléments répartis entre les 12 signes) du fait que chaque fois que

les conjonctions de Jupiter et  de Saturne se produisent – environ tous les 240 ans selon les calculs très approximatifs de l’époque – on

entrerait dans une nouvelle phase, ce qui n’ a aucun substrat astronomique. Vaste débat qui ne cessera de diviser les astrologues sur

la dose d’astronomie à instiller en astrologie et sur les libertés que l’astrologie peut prendre par rapport au référentiel astronomique.

Dans le Livre des Fondements (Ed Retz , op. cit. p.302), il est renvoyé in fine au « Livre du Monde », renvoi  qui ne figure d’ailleurs pas dans le Commencement de Sapience.(voir p. 219).  Cela dit, l’auteur du livre des fondements émet des réserves.(cf aussi la traduction de ce passage par S. Séla, in Abraham Ibn Ezra. The Book of Reasons. Ed Brill, 2007,  p. 107., cf aussi Séla,  sur  la première “version” du Book of Reasons, fin  du chapitre X,  p. 179)

Séla écrit : » Cyclical Astrology is dealt with almost exclusively in the tenth chapter of  Réshit Hokhmah » Mais en fait l’exposé en question se situe dans les toutes dernières pages de cet ouvrage (cf Séla  p.267) soit  une douzaine de lignes ! Et pas davantage dans le « commentaire » que constitue le « Book of Réasons » (Sefer Hateamim). En fait, on a vraiment l’impression qu’il s’agit là d’une addition.   Il nous semble que le Livre des Raisons aura été ainsi  attribué à Ibn Ezra du fait de ses dernières lignes  quand l’auteur se référe au Livre du Monde. Or,  Séla note que la partie consacrée aux conjonctions Jupiter-Saturne n’est pas traitée dans le dit Livre du Monde (Sefer haolam.(cf  supra, voir Séla,  Book of Reasons,  op. cit. p. 179)

Un exposé aussi succinct nous semble assez dérisoire au sein du Commencement de Sapience et le commentaire qui se  trouve dans le Livre des  Fondements l’est  tout autant, ce qui peut nous faire penser qu’il a été rajouté pour donner le change.

Cette omission est d’ailleurs d’autant plus étrange qu’Ibn Ezra se sert volontiers des 4 Eléments associés aux  12 signes du Zodiaque, dispositif quii aurait été mis en place lors de l’exposé  de la théorie des Grandes Conjonctions. Il faut y voir un paralléle avec les additions qui ont été effectuées à la suite du Liber Rationum dans la version latine des Opera Omnia (1485,  trad. Abano) et qui traitent elles aussi d’astrologie « mondiale » avec l’exposé de la théorie des âges planétaires de 353 ans chacun. Ce développement additonnel, soulignons-le est absent de  l’édition en hébreu du dit ouvrage   par Séla. (cf  notre précédente étude sur le travail  de S. Séla).

Le Sefer haOlam (Iere version)  se référe d’entrée de jeu sur un mode critique au De conjunctionibus d’Albumasar (cf l’étude Richard Lemay, Beyrouth 1962)/ Ibn Ezra rappelle qu’il y a 120 conjonctions. On est donc loin de la seule conjonction de Jupiter et de Saturne (cf Sélan op. cit. pp. 53 et seq). C’est dans la seconde version du Bookl of the World (Séla, op. cit pp 157 et seq) qu’Ibn Ezra traite d’entrée de

jeu de la « conjonction de Saturne avec Jupiter au début du signe du Bélier qui se produit tous les 1000 ans environ ». Ibn Ezra reconnait

alors que certes, il y a 120 conjonctions mais la dite conjonction Jupiter-Saturne constitue l’axe central de tout le processus

conjonctionne. Et dans cette seconde version, Ptolémée est désigné systématiquement en sa qualité de roi, ce qui n’était pas le cas dans les autres oeuvres.

On a vraiment l’impression d’une addition  quand on compare les deux versions mais il nous apparait que la seconde version

correspond  à la référence figurant à la fin de la « première » version du Sefer Hateamim (que nous avons traduite en 1977).

Sefer Haolam 1 (trad. Séla)

« There are 120 conjunctions(of the seven planets). » sans développement sur la conjonction Jupiter-Saturne.

Sefer Haolam  2 (trad. Séla)

We know that there are 120 conjunctions of the seven planets and each conjunction has its own judgment and verdict. Bur the

great conjunction of Saturn with Jupiter at the begining of Aries, which happens once every thousand years or close to that-is the root. This is how it works, every 20 years they conjoin on the house of one triplicity  etc  »

On note l’interpolation sur les conjonctions Jupiter-Saturne et leur rôle absolument central.

Sefer Hateamim  1 (Halbronn 1977, p. 302):

« Et ce que nous avons dit au sujet des planétes supérieures (Jupiter et Saturne) …j »explique cette question  dans le Livre du Monde »

Plusieurs questions se posent à  nous:

- il apparait clairement qu’un certain lien existe entre le Sefer Haolam  en sa « seconde » version  et le Sefer Hateamim en sa « première » version. – il apparait que la première version du  Sefer Haolam  ne comporte pas de référence aux conjonctions Jupiter-Saturne comme le fait  la

première. On a affaire à un ajout.

-le Réshit Hokhmah en son Xe et dernier chapitre développe  un exposé sur les conjonctions Jupiter-Saturne,(cf Halbronn, op cit pp  218-219) « Et ainsi dois-tu mener (diriger) la grande conjonction jusqu’à ce que translatent Saturne et Jupiter de triplicité en triplicité

jusqu’à ce qu’ils retournent à leur premier liey et ce sera en 960 ans  »

Il nous semble que tout ce qui est relatif à la théorie qui place au centre la succession des conjonctions de Jupiter et de Saturne est rajouté comme si Ibn Ezra s’était « converti » à cette théorie,  dans un second temps. On observe qu’il n’ a que peu de place pour ce faire comme si une telle addition avait été réalisée in extremis, tant dans le Réshit Hokhmah que dans le Sefer Haolam II mais aussi dans le Sefer Hateamim I., où l’on trouve en gros trois fois le même bref  exposé. On a déjà dit que nous trouvions étrange que le Sefer Hateamim se référe au Sefer Haolam. Nous pensons que le Sefer Hateamim I  a du être intégré aux Opera Omnia d’Ibn Ezra à une certaine époque-

mais il ne sera pas retenu dans l’édition latine de 1485 qui ne comporte que le Sefer Hateamim II. On peut supposer que l’on aura voulu

introduire dans ces premières Opera Omnia (comportant Sefer Hateamim I)  un exposé sur les grandes conjonctions Jupiter-Saturne en divers endroits, donc dans  les trois passages que nous avons cités et qui se trouvent pour deux d’entre eux (Réshit Hokhmah  et Sefer Hateamim  I) tout à la fin et pour l’un d’entre eux tout au début (Sefer HaOlam II)

Or, si l’on compare avec l »édition latine  imprimée (1485), le Livre du Monde ne correspond à aucune des deux versions traduites

par Shlomo Séla. On a affaire à un exposé sur les conjonctions Jupiter-Saturne (propre à la secone version) mais avec  un développement  sur le De coniunctionibus  d’Albumasar qui se trouve dans la seule  première version. On peut donc se demander si la première version

de Sefer Haolam I n’aurait pas été tronquée  et que le passage supprimé serait réapparu dans Sefer Haolam II  mais sans le chapeau

introductif sur Albumasar dont le nom n’est même pas cité dans Sefer Haolam II. (cf  Shlomo Séla   Abraham Ibn Ezra and the rise of Medieval Hebrew Science, Brill, 2003, pp. 149, 163-164)

 

On rapprochera aussi ce passage de deux sentences du Centiloque

ouvrage qui est considéré avoir été réalisé à peu près du

temps d’Ibn Ezra:

Sentence 50  Ne délaisse aucune des  cent dix-neuf

conjonctions. Car en elles s’établit la connaissance des

choses qui dans ce monde sont sujettes à génération et

corruption »

On est très proche de 120 conjonctions évoquées plus haut.

Sentence 63 : Quand Saturne et Jupiter sont conjoints,

regardde lequel est le plus élevé et prononce selon la nature

de celui-là. fais aussi de même pour les autres étoiles »

(trad. Nicolas Bourdin)

 

Rappelons aussi   que Sefer Haolam II  présente

Ptolémée comme le Roi Ptolémée, ce qui n’est nullement le cas de Sefer Haolam I.. Cette forme se retrouve dans Sefer Hateamim II

(cf Séla,  op. cit. p. 243 au chapitre VII § 7), ce qui explique que dans l’index  on trouve l’entrée Ptolemy (The King) qui recouvre

malencontreusement toutes les références à Ptolémée.  Dans l’index du Book of the World, la mention King après Ptolemy  ne figure point, en revanche.  Comment expliquer  une même occurence dans Teamim II  et dans

Sefer Haolam II? On notera que cet usage n’est nullement systématique  dans Teamim II alors qu’il est doublement attesté  dans Olam II (pp 161, 163 à chaque fois que le nom de Ptolémée est mentionné. (cf  S. Séla, Shlomo Séla   Abraham Ibn Ezra and the rise of Medieval Hebrew Science, Brill, 2003, pp. 296-305)

Il  y a certainement eu des interpolations, des additions qui ne sont pas nécessairement de la plume d’Abraham  Ibn Ezra et cela ressort d’une certaine hétérogénéité de l’ensemble. Le fait, en

tout état de cause, que le Sefer Hateamim I  comporte in fine des références à des oeuvres d’Ibn Ezra ne saurait nous apparaitre comme

la « preuve » qu’il doive lui être atttribué. On aura brouillé les pistes par des ajouts au début ou en fin d’ouvrage. Ainsi, peut-on parler

d’une « critique »  benezraïque comme il en existe une pour la Bible ou pour Nostradamus avec la possibilité de plusieurs rédacteurs.

 

Nous terminerons en soulignant le point suivant, à savoir que dans Teamim I, à deux reprises (cf supra),  le chapitre commence

par « Abraham a dit », ce qui nous autorise à placer cette oeuvre hors du canon abenezraique  bien qu’elle y ait été intégrée, si ce n’est

qu’elle n’aura pas été retenue dans les éditions imprimées de la fin du XVe siècle qui paraissent parallélement à celles de Jaffar alias

Aboumashar (Albumasar). De façon assez surprenante, Shlomo Séla ne reléve cette bizarrerie dans ses notes alors que ce point nous

semble décisif et vient vient confirmer les différences de ton et de contenu entre le  Réshit Hokhmah et Teamim II  d’une part et

Teamim I  de l’autre. Il ne semble pas que dans le Réshit Hokhmah, on trouve « Abraham a dit ».

En conclusion,  nous pensons que Teamim I  est un commentaire du

Réshit Hokhmah et non une oeuvre d’Ibn Ezra. Son intérêt tient à

l’approche critique, historique, qui le caractérise sans que l’on doive

nécessairement le classer dans la littérature proprement anti-astrologique.

Encore faut-il préciser que la frontière n’est pas nettement marquée

entre les différents discours sur l’astrologie. La lecture de Kepler,

par exemple,  peut apparaitre comme parfois assez hostile envers

l’astrologie et d’ailleurs ne pourrait-on  utiliser pour l’auteur de

Teamim I la même expression que le dit Kepler, au début du XVIIe

siècle, s’appliquait à lui-même, celle de « Tertius Interveniens »?

 

Eléments bibliographiques:

Raphael Levy  The astrological Works of Abraham Ibn Ezra,  PUF Paris   1927 et  The Begining of Wisdom. An astrologica Treatise by

Abraham Ibn Ezra,   Les Belles Lettres  Paris  1939 (versions romane, anglaise, et hébraïque)  qui servit à notre édition de la version

romane modernisée (1977)

Y. T. Langermann  Some astrological Themes in  the Thought of Abraham Ibn Ezra in

« I. Twersky  &  Jay M. Harris;, ed.  Rabbi  Abraham Ibn Ezra : Studies on the writings of a twelfth century jewishh Polymath

Harvard University  Center for  Jewish Studies. 1993

J. Vernet  Cinetica y Astrologia en Abraham Ben Ezra,  Actas del Simposio Internacional. Madrid 1989

in   F.  Diaz Esteban  ed.  Abraham Ibn Ezra y su tiempo/ Asociacion Espnola de Orientalistas,

Madrid 1990  Vernet qui avait préfacé notre Monde Juif et l’Astrologie y  mentionne nos travaux (pp. 384-386). Il ne semble pas

que Séla ait pris connaissance de cette étude et notamment de la Préface de Georges Vajda à notre édition du diptyque.

Shlomo Séla   Abraham Ibn Ezra and the rise of Medieval Hebrew Science, Brill, 2003.

 

 

 

 

 

JHB

22 09 14

Publié dans ASTROLOGIE, HISTOIRE, symbolisme | Pas de Commentaire »

Le statut des luminaires en astrologie.

Posté par nofim le 20 août 2014

 

Les luminaires et les étoiles fixes au regard de l’astrologie

Par  Jacques Halbronn

L’association de la Lune et du Soleil  est  couramment perçue par les astrologues comme un des fondements de leur discipline. En réalité, il est permis d’en douter et de considérer qu’il est  préférable de ne pas les combiner outre mesure.

Nous soulignerons d’abord le fait que ces deux astres sont « mobiles », dotés d’un mouvement au regard, en tout cas, de l’astrologie. Si le Soleil était fixe, la Lune le rejoindrait tous les mois au même endroit du ciel et il n’y aurait pas dès lors de division en 12 « signes ». A contrario,  les étoiles fixes, elles, ne posent pas un tel problème. (Même si le  soleil est en soi une étoile fixe !).

Selon nous, il n’est pas viable de combiner les planètes  ou luminaires au niveau structurel. / Mais il est vrai que les luminaires auront marqué les esprits avec la division du mois en 4 (nouvelle lune, pleine lune, quartiers) comme de l’année en 12. Mais l’astrologie, en son principe, n’est pas concernée par un tel dispositif « naturel ». En revanche, les 4 étoiles fixes royales sont déterminantes pour elle.

Camille Flammarion dans  Terres du Ciel  (1881) note (p. 143)

« Il  y  a  5000 ans les étoiles étant moins avancées de 60°, Aldébaran était

Précisément dans l’équinoxe du printemps, Antarès ou le Cœur du Scorpion

se trouvait aussi  précisément dans l’équinoxe d’automne (…= Regulus n’était qu’à  10° du solstice

d’Eté et Fomalhaut à 6° du solstice d’hiver. Ces quatre étoiles de première grandeur, toutes très brillantes et très  remarquables forment une division du Ciel en quatre parties presque égales, qui a trop de rapport  avec celle des  Perses pour ne pas y reconnaitre une identité  parfaite et pour ne pas

déterminer à 5000 ans la date de cette division du Zodiaque e, 12 et 28 parties »

Flammarion  signale aussi très pertinemment  à propos des luminaires :

« Comme on ne suit pas l’astre lumineux  (le soleil) parmi les étoiles puisque sa lumière efface la leur,  j’incline à croire  qu’on n’a pas  tracé d’abord le zodiaque par son cours mais bien plutôt  par celui de l’astre des nuits qui suit visiblement la même route »  (p.138)

On voit que la Lune est ici privilégiée par rapport au soleil dès lors que l’on considère les  étoiles fixes

Invisibles en plein jour.  C’est  d’ailleurs pour cette raison que  l’on doit préférer commencer le cycle en phase nocturne plutôt qu’en phase diurne, c’est-à-dire au moment où les étoiles deviennent visibles pour l’observateur humain et par analogie, il  en sera de même pour l’automne  préféré au

Printemps/

Certes, les astrologues « modernes » disent n’avoir que faire des étoiles fixes, ce qui  fait que l’argument de la visibilité les touche assez peu mais cela montre aussi à quel point ils sont

déconnectés par rapport à l’astronomie des Anciens.

Tirons quelques conséquences de nos propos. Nous pensons que la division en 12 n’est pas viable en

Astrologie et qu’il faut lui préférer une division en 4  et en 8 (90°/45°).  Cela dit, on ne saurait comprendre le profil de l’astrologie actuelle sans se référer au 12 car  il a bel et bien existé tout un processus visant à passer du 8 au 12 (signes, maisons, planètes voire aspects). Mais est-ce que cette astrologie « étirée » (cf. le lit de Procuste) est viable, that is the question !

Nous pensons que l’astrologie qui « marche » est la plus ancienne, la plus ancrée dans notre ADN alors que la nouvelle astrologie n’existe que culturellement, par le biais de la littérature astrologique et des astrologues et n’a pas de valeur universelle subconsciente.

Cette « ancienne » astrologie  s’articule sur une combinatoire  mobile/fixe et non sur une

combinatoire mobile/mobile  comme c’est le cas quand on relie les luminaires entre eux ou quand on relie deux planètes entre elles qui se rejoindront d’une conjonction à l’autre, en des lieux toujours

décalés d’une fois sur l’autre/

En fait, l’on  notera que l’astrologie a  été confrontée à plusieurs types de « faits » astronomiques.

D’abord,   le rapport de la Lune avec les 4 étoiles fixes royales qui découpe son cycle en 4 mais d’une autre façon que le fait le rapport Lune-soleil. Les semaines seraient dues aux étoiles fixes et non à la lunaison.

Pour accéder à une temporalité plus ample,   on est passé du cycle lunaire au cycle de Saturne, ce qui

correspond grosso modo au passage  d’un jour à un an. (cf. dans la Bible, 40 ans pour 40 jours), ce qui donne un découpage de 7 ans en 7 ans (dont on aurait des traces dans le Songe de Pharaon et des 7 vaches grasses suivies des 7 vaches maigres)

L’astrologie moderne a évacué ce référentiel  stellaire et même l’ascendant n’est plus  lié à l’étoile qui monte mais n’est plus que l’effet d’un calcul. Elle  combine, on l’a dit, des astres mobiles et  ne prend plus en compte des astres fixes. Or,  rappelons que la découverte des planètes  (absentes  du Récit de la Création) est tardive et résulte de la prise de conscience qu’il y avait deux sortes d’étoiles, celles qui se déplaçaient et celles qui ne se déplaçaient pas, et c’est dans cette relation entre ces deux types d’étoiles que l’astrologie se sera constituée.

Nous ajouterons que le côté pervers de ce glissement  tient à ce que l’on se soit mis à panacher les

significations planétaires du fait des conjonctions alors que les étoiles fixes sont en fait « neutres » et  ne sont pas dotées d’une terminologie mythologique comme dans le  cas de Mars-Saturne ou de Vénus-Jupiter. Selon nous,  c’est au cours du cycle, que des tonalités successives se manifestent sans avoir d’ailleurs à se combiner. C’est la dynamique du cycle qui « combine » les significations non point dans l’espace mais dans la durée, dans le temps. D’ailleurs, quand on dit que l’on est né sous tel signe, c’est le soleil ou la Lune qui  pointent  celui-ci et dans ce cas ils ne sont pas porteur  de

signification par eux-mêmes mais désignent  tel secteur, l’activent à un moment donné. Nous avons

expliqué dans de précédents textes, que ce n’est pas les planètes qui signifient mais les divisions.

Le Soleil et la Lune peuvent sembler  associés dans les dispositifs des domiciles et des exaltations mais en fait, ils restent chacun de part et d’autre de l’axe tant des solstices (domiciles) que des

Equinoxes (exaltation) si ce n’est qu’avec la précession des équinoxes, un décalage est intervenu qui fait que les luminaires sont situés tous deux dans une même saison en domicile et dans une même saison en  exaltation, ce qui a notamment abouti à  ce que la Lune glisse du bélier vers le taureau, comme cela se produit du fait de la précession. C’est ainsi qu’Aldébaran aura glissé du taureau vers les Gémeaux et ainsi de suite.   Dès lors que la Lune passait au taureau, le signe suivant, le soleil  a au contraire  été permuté en bélier, ce qui va à contre-courant de la précession. Cela montre bien que

la Lune joue un rôle plus important dans l’astrologie ancienne que le Soleil, d’où l’importance accordée à  Saturne.

Quant au point vernal,  qui est la base de l’astrologie tropicaliste et qui joue un rôle clef dans le système des ères précessionnelles , il progresse en sens inverse de l’Ayanamsa  (décalage entre telle étoile de la constellation du bélier et le 0° Bélier tropique). D’où  le terme « précession des équinoxes » où l’on passe du Taureau au Bélier au lieu de passer du Bélier au Taureau. En réalité,  la position tropique doit être plus avancée dans l’ordre zodiacal que la position sidérale.  Mais le décalage actuel entre la constellation et le signe  ne doit pas induire en erreur. On a dit plus haut que l’on était passé d’un découpage en 8   à un découpage en 12. Le Zodiaque n’était donc pas initialement divisé en 12 signes mais en 8 et  pour passer de 8 à 12, il a fallu ajouter 4 signes qui

correspondent aux 4 constellations liées aux 4 étoiles fixes royales, et ces 4 signes correspondaient aux 4 saisons sur le plan symbolique. Or, le Taureau,  d’après nos estimations, correspondait non pas

au printemps mais à l’automne. Donc  la constellation aura parcouru la moitié environ d’un cycle

précessionnel complet  de 25920 ans, ce qui donne en gros 12.000 ans.

 

 

 

 

 

JHB

20/ 08 14

Publié dans ASTROLOGIE, symbolisme | Pas de Commentaire »

Les Dignités planétaires. Genése d’une recherche

Posté par nofim le 20 août 2014

Réflexions sur un parcours de recherche en matière
de  Dignités planétaires (Rulerships)
par  Jacques  Halbronnn
On dit que sur Internet,  on trouve tout et que le passé
n’y est jamais  complétement aboli même si parfois a
contrario,  il peut  y avoir des disparitions soudaines.
C’est ainsi  que des travaux que nous avons publiés en
1976 dans Clefs pour l’Astrologie (rééd  1993  et
Mathématiques Divinatoires,  1983 Ed trédaniel) sont
actuellemet mis en avant. (cf l’article Symbolisme planétaire (astrologie) de l’encyclopédie libre Wikipedia. Wikipedia.org (22 07  13, cf  aussi notre commuication
 » Comparaison de la Tétrabible attribué à  Ptolémée
avec la Mathesis de Firmicus Maternus » in Homo
mathematicus. Actas del Congreso  Internacional sobre
Astrologos Griegos y Romanos (2001)   Malaga 2002)
Nous reproduisons  cette étude qui nous mentionne:
« Reconnue pour sa complexité, la discipline de l’astrologie s’articulerait, selon Halbronn, autour de la mise en relation(s) des planètes avec les signes astrologiques, théorie qui renvoie également aux quatre qualités élémentales, aux quatre éléments ainsi qu’aux aspects. Le dispositif, déjà présenté par Ptolémée – selon une orientation symétrique autour d’un axe cancer-lion – dans la Tétrabible, est le suivant : Soleil en Lion, Lune en Cancer, Mercure en Gémeaux et en Vierge, Vénus en Taureau et en Balance, Mars en Bélier et en Scorpion, Jupiter en Sagittaire et en Poissons et Saturne en Capricorne et en Verseau. Les quatre qualités élémentales présentes dans le corpus astrologique sont le Chaud, le Froid, le Sec et l’Humide. Il ne faut pas prendre ces termes au pied de la lettre mais plutôt dans un sens métaphorique. Ainsi, le chaud est un principe d’énergie, de dynamisme par opposition au Froid, principe de lenteur et d’inertie tandis que l’Humide est un principe de fluidité, de décontraction a contrario du Sec, principe de raidissement et de rétraction. À partir de cette division en quatre qualités élémentales, on peut bâtir un schéma d’ordonnancement des facteurs astrologiques (reprenant notamment les maîtrises que les planètes possèdent sur les signes). Une telle structure est, par exemple, présentée par Jourlin, permettant ainsi de saisir le mode de fonctionnement de la  » science des astres  » qu’est l’astrologie. – Croix élémentaire.svg Les deux polarités Masculin/actif et Féminin/réceptif forment des axes de signes  » opposés  » ainsi ordonnées : – le Lion est opposé au Cancer (dialectique Soleil-Lune) – les Gémeaux sont opposés au Taureau (dialectique Mercure-Vénus) – la Vierge est opposée à la Balance (dialectique Mercure-Vénus) – le Bélier est opposé au Scorpion (dialectique Mars-Pluton) – le Sagittaire est opposé au Capricorne (dialectique Jupiter-Saturne) – le Verseau est opposé aux Poissons (dialectique Uranus-Neptune) Ce sont les planètes dites intérieures (dont l’orbite est comprise entre le Soleil et la Terre) Mercure et Vénus qui ont la maîtrise de deux signes. Les planètes dites transsaturniennes (Uranus, Neptune et Pluton), découvertes plus récemment, ne se sont vu attribuer qu’un seul domicile. Le signe astrologique situé à 180° du domicile d’une planète est appelé exil. Autant, lorsqu’une planète est située dans son domicile, il y a renforcement de son symbolisme. Autant, lorsqu’une planète est en exil, il y a affaiblissement du symbolisme de cette dernière. Comme autres mises en relations entre les planètes et les différents signes du zodiaque, la théorie astrologique comprend également les exaltations et les chutes. Selon Halbronn, le dispositif des exaltations – de même que celui des chutes – n’offre pas la même cohérence interne que celui des domiciles. Au prix de quelques permutations, Halbronn, en numérotant les planètes de 1 à 12 (en incluant deux transplutoniennes) reconstitue un nouveau tableau d’ensemble des dignités planétaires. D’après Dorsan, pratiquant de l’astrologie sidérale, les exaltations traditionnelles proviennent de la position dans le zodiaque de certaines étoiles d’importance majeure (Les Pléiades, Antarès, etc.). Voici le Tableau des dignités et débilités des planètes dressé par Jourlin »
Est-ce qu’une  telle  présentation  correspond à nos positions
actuelles?
Pour nous résumer, nous dirons que nous avons dénoncé
le processus qui avaiit  modifié  les dispostifs à 8
divisions en des dispositifs à  12  divisions (passage à douze
signes, à douze maisons, à douze planétes). Cette division
en douze  est notamment viciée par le fait qu’elle est fondée
suur un point gamma constitué par la conjonction des
luminaires. Or, pour nous le point gamma doit combiner
impérativement un point fixe et un point mobile, ce qui n’est
pas le cas des luminairs, du moins dans la pratique
astrologique (même si le soleil est une étoile) et c’est cette
double mobilité qui génére justement  ces douze retours, au
rythme d’un par mois tout comme les conjoncgtions Saturne
-Neptune se produisent tous les 36 ans, par exemple.
Nous rappelons que les doubles domiciles sont incompatibles
avec la dualité domicile/exaltation à laquelle elle se substitue
précisément au nom d’une division en douze qui n’existe
pas initialement. Il est absurde de croire que  les 7 planétes ont
été inscrites au départ au sein d’une division en 12. C’est au
sein d’une division en 8 qu’il convient de les situer avec
un  huitiéme  facteur qui pourrait être Uranus, visible à l’oeil
nu.
Nous pensons qu’il existait 4 couples:
soleil -lune,  Mars- Vénus, Mercure-Jupiter et Saturne-Uranus.
On note que les deux exaltations de Mars- Vénus et
de Mercure Jupiter sonnt séparées d’un signe qui aura été
rajouté
Mars-capricorne et Véns poissons  séparés par le signe
fixe du verseau
Jupiter cancer et Mercure vierge séparés par le lion
Donc à ‘l’heure actuelle, nous conservons  ce dispsitif
que nous avions  voulu modifier parce que nous n’avions
pas cerné le facteur d’interférence.
Quant à la reconstitution de l’ancien dispositif  des
domiciles, il se situe à 90° des exaltations, ce qui est
l’écart qui  sépare axe équinoxial et axe solsticial.
Selon nous l’ancien  agencement des do!miciles a été
modifié pour mettre en place les doubles domiciles que l’on trouve
dans la Tétrabible.
On ajoutera que pour nous les  dieux associés aux signes
sont  au départ des valeurs et non des astres, comme on le voit
chez Manilius qui se sert de dieux qui ne sont pas tous
associés de son temps du moins à des astres comme Neptune
qu’il place d’ailleurs en poissons
JHB
20 08  14
JHB
20 08 14

Publié dans ASTROLOGIE, HISTOIRE, symbolisme | Pas de Commentaire »

L’astrologie du signifiant au signifié,

Posté par nofim le 18 août 2014

  • Le signifiant et le signifié  en astrologie. Désigner
    et  signifier
    par  Jacques  Halbronn
    Nous répondons à Guy  Taillade à propos de notre
    nouvelle charte autour de la dialectique astres/maisons.
    Guy Taillade Que rien ne se lève de très remarquable pour la plupart des gens à l’ascendant, doit-on s’en étonner, mais cela ne veut pas dire qu’absolument rien ne se lève et qu’il n’y a pas quelque chose qui se lève pour tout un chacun, une promesse qui n’a pas be…Voir plus
  • L'astrologie du signifiant au signifié,   dans ASTROLOGIE 1235418_10202281577619024_514148136_n
    Guy Taillade Retirer tout sens aux facteurs astrologiques en n’en faisant que des marqueurs sans signification aucune c’est abolir toute astrologie, ce qui ne veut pas dire qu’à de certains moments (dans certains procédés d’interprétation ou de prévision), on ne doivent pas considérer tel ou tel facteur comme un simple marqueur.
  • 1235418_10202281577619024_514148136_n dans divination
    Guy Taillade À force d’arguties, on finit par se prendre les pieds dans le tapis, car désigner, signifier, signaler, assigner, finalement tout est signe.
    Notre commentaire: il importe impérativement  de distinguer entre
    signifiant et signifié. Tout est signe, certes, mais
    ce n’est pas une raison pour ne pas introduire de
    dialectique entre ce qui désigne et ce qui signifie,
    entre la prise mâle et la prise femelle. L’astrologue qui
    dirait que tout cela c’est la même chose se
    déconsidérerait car si l’astrologie est la science du
    signe, cela implique que l’on sache opérer les
    distinctions nécessaires, qui s’imposent. En mécanique,
    une machine a besoin de courant, d’essence.
    Ce que nous disons ici et c’est assez révolutionnaire,
    c’est justement que les planétes et les étoiles servent
    à constituer un cadre  et qu’ensuite, ce cadre  sera
    habité.  Qu’est ce qu’une maison vide mais qu’est
    ce que des gens sans maison? Il y a là une
    complémentarité.
    Nous disons: arrêtons de tout mélanger, respectons un
    certain ordre et les oies seront bien gardées. C’ »est de ce
    désordre que justement, selon nous, souffre l’astrologie
    d’où la nécessité de tout reprendre à la base et c’est là
    l’enjeu de la nouvelle Charte de l’Astrologue et du
    Congrès de fin d’année. Comme on l’a vu, on n’impose
    pas telle ou telle astrologie car avec les régles que nous
    posons, tout au contraire, chacun pourra se confectionner
    sa propre astrologie et être astrologue ne signifiera plus
    de pratiquer une seule et même astrologie  mais de
    respecter les mêmes principes de fabrication . Ni  plus
    ni moins.  Notre charte est au contraire l’assurance
    d’une plus grande  biodiversité du champ  astrologique
    car la créativité astrologique est désormais mise  à la
    portée de tous. On déconstruit pour construire en toute
    liberté et c’est ainsi que se profile le portrait robot
    de l’astrologie du XXIe siècle, radicalemen différent
    de celui du siècle précédent.
    Donc récapitulons: les astres  -la réalité astronomique,
    observable- sont les  signifiants qui apportent un cadre
    mais aussi une cinétique – puisque le cosmos se
    meut- à l’astrologie. En soi, ils ne signfient rien mais
    ils font signe et  l’on peut toujours jouer sur les
    mots comme le  fait Guy Taillade.
    Une fois ce cadre astronomique posé, l’on passe
    du signifiant (et l’astre est un signfiant précisément
    parce que virtuellement il peut tout signifier) au
    signifié et ce signifié, il est le fait des subdivisions
    qui ne sont plus de l’astronomie mais de la
    mathématique primaire. On fixe un certain nombre
    de secteurs à partir d’un certain point de départ (point
    gamma) par exemple  12   (même si le 12  est lié
    au nombre de lunaisons dans une années solaire) et
    ce sont ces secteurs qui seront chargés de significations
    Le cas des « maisons astrologiques » est le plus caractéristique
    de ce qu’on entend par signifié. On  a l’ascendant, puis
    à partir de là on découpe des maisons, puis ces maisons
    on leur donne des attributions, donc des significations.
    A partir de là, on n’ a  plus besoin des planétes qui
    ont servi d’échaaffaudage. On dispose de maisons
    activées, désignées par des planétes et reliées entre elles
    par  divers procédés. Sur un thème astral, on a aussi
    des signes  pointés par des planétes. Une fois que
    ce signes ont été  désignés, on n’a plus besoin  des
    planétes, elles ont joué  leur rôle fondateur. Il ne reste
    plus qu’à connecter les signes ainsi « marqués » entre eux
    Rappelons que Ptolémée ne se sert pas des aspects
    pour connecter les planétes mais uniquement les signes.
    Ce qui ne l’empêche pas, par ailleurs, de considérer les
    planétes comme des significateurs. Mais la Tétrabible
    est, il est vrai,  truffée de contradictions et constitue  un ensemble
    hétérogéne, une auberge espagnole.
    On peut même se servir  des domiciles et exaltations
    des planétes dans les signes  pour  récupérer le
    symbolisme  des planétes mais dans ce cas on n’est plus
    dans la réalité astronomique mais on a affaire à des
    correspondances symboliques comme on  peut tout
    aussi bien associer les signes avec les 4 Eléments, ce que
    ne faisait pas Ptolémée qui préférait parler de signes
    masculins et féminins, dans le binaire et non dans
    le quaternaire. on peut aussi, comme le propose
    Manilius asscocier les signes et les douze dieux
    de la mythologie ou encore, évidemment, les douze
    mois de l’année en s’appuyant sur l’iconographie des
    almanachs sensiblement plus pittoresque que celles
    des douze signes du zodiaque. (cf le Kalendrier des
    Bergers)
    Qu’est ce que ça change,  demanderont les mauvais coucheurs.
    Nous répondrons que cela met fin à une certaine cristallisation
    de l’astrologie. L’astrologue peut prendre les astres
    qu’il veut, découper leur parcours comme il l’entend,
    accorder les significations aux secteurs (signes, maisons)
    qu’il lui conviendra. Il sera maître de son outil  comme un
    soldat qui sait démonter et remonter son arme alors que
    de nos jours, l’astrologue se contente de répéter ce
    qu’il a appris sans comprendre en se contentant
    d’appliquer. Or, l’astrologie, contrairement à ce que
    d’aucunscroient n’est pas jugé sur ses résultats mais
    sur son mode d’emploi qui doit être aussi ergonomique
    et intuitif que possible.
    Est-ce à dire que nous pensons qus toutes les astrologies
    ainsi composées se valent? Oui, au niveau du
    praticien de l’astrologie, une « bonne » astrologie
    est celle qu’il s’est construite. Mais au niveau des
    origines de l’astrologie, d’une astrologie universelle,
    nous pensons que l’astrologie saturnienne balisée
    par les 4 étoiles fixes royales et dont le cycle de 7 ans
    est simplement découpé en deux phases, l’une de
    conjonction et l’autre de disjonction  est la référence.
    Il convient de distinguer l’approche historique qui doit déterminer le
    choix qui a été réellement effectué et  l’approche théorique qui montre
    quels étaient les choix possibles virtuellement.  Quelque part, chaque
    astrologue peut élaborer « son » astrologie, c’est ce qu’ont fait un Néroman, un Jean
    Pierre Nicola et bien d’autres mais ils n’ont pas mis en évidence l’ensemble infini
    des possibilités existantes. Ils ne se sont donc situés ni dans une démafrche
    vraiment historique ni vraiment théorique, mais dans une démarche que l’on
    ne peut qualifier que de personnel et qui ne prend pas la peine de se situer ni
    dans le temps ni dans l’esapace par rapport à tous les autres scénarios
    envisageables.
    André Barbault, au début des années soixante du siècle dernier avait signalé
    que pour certains astrologues, les planétes étaient « physique » et pour d’autres
    « symboliques ». Le projet actuel met en évidence cette dualité.  Les planétes
    en tant qu’objets astronomiques fournissent une armature à l’astrologie mais
    elles ne signifient pas même si elles font « signal », si elles « pointent » comme
    les aiguilles d’une montre vers tel ou tel facteur d’un cadran. Mais leur charge
    symbolique n’est pas négligeable et on peut les utiliser éventuellement, pour
    « qualifier » un secteur, une maison, en aval.
    eviodes  ,  s
    oeu

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L’astre désigne et le signe signifie

Posté par nofim le 17 août 2014

Le signe et le significateur:  une dialectique à restaurer

 

‘(‘en vue du Colloque  de la fi 2014)

 

 

 

par  Jacques  Halbronn

 

Selon nous, l’astrologie contemporaine s’est sabordée en

se privant de l’apport  des étoiles  fixes et cela doublement,

tant pour le calcul du zodiaque que  pour celui des maisons

(point négligé par Dorsan)

Rappelons d’entrée de jeu  l’importance qu’il y a dans

le choix d’un point de départ et donc d’un point d’arrivée

pour la pratique astrologique. Il y a un temps pour établir

un cadre et un temps pour y  poser des significations.

La confusion vient du fait que tout objet  doit être

désigné  mais que toute désignation n’implique pas

ipso facto un seul et même statut.

 

 

 

 

 

En ce qui concerne les « maisons »  astrologiques, on part

du degré  de l’ascendant qui est déterminé par  le point du

zodiaque qui se léve  au moment de la naissance. Autant dire

une totale abstraction  qui ne correspond, sauf en de rares

cas, ni à une planéte ni à une étoile (ou en tout cas pas

identifiée comme telle)

En ce qui concerne les « signes », c’est la position du soleil

-et dans certaines astrologies (Inde) de la Lune »  qui désignent

 

le « signe » sous lequel on nait. Mais là il  y a déjà une

confusion puisque l’on parle aussi de l’Ascendant comme

d’nn signe  sous lequel on  serait né, d’où cette mode

consistant à dire que l’on est « soleil X  et Ascendant Y »

Les étoiles fixes ne sont pas censées signifier quoi que ce soit

mais  servir  de repéres, de cadre et  cela vaut d’ailleuts

aussi pour les luminaires.Souvent nous avons entendu

des astrologues quand on  ler parlait des conjoncgtions

de Saturne avec telle ou telle étoile fixe royale nous demander

si cela changeait quelque chose que ce soit  cette étoile plutôt

que telle autre et nous leu répondions que c’était sans

importance. André Barbault en 1967 (Les astres et l’Histoire)

étaiit  allé très loin quand il  ne tenait pas compte de la

significaiin des planétes  dont il se servait pour son indicxe

de concentration planétaire. On peit même se edemnder

si cela fait sens  d’assocuer aux planétes des significztions

comme le fait la Tétrabible et si les signifixariins ne osnt

pas plitôt le fait des subdivisuis (maison, signesà), les planées

et les étoiles n’étant alors que des marqueurs comme le soleom

quand il  désigne tel signe ( cf supra)

En ce sens nous dirons que les astres ( planétes ou étoiles)

ne servebt qu’à déterminer une structure. Etre né alors que

telle étole fixe monte à l’horizon c’est ipso facto naitrre sous

le « signe »  où se sitrue la dite étoile et que donc elle désigne tout comme

le soleil ou la lune désignent tel signe  et donc telle

significatioin. Le signe   signifie, l’astre  désigne. Ptolémée

casse cette dialectique alors que Morin tente de la rétablir

comme le suggère Barbault sans aller aussi loin que nous

le faisons ici, dans le paralléle qu’il propose entre ces deux

auteurs!,Mais de nos jours, on est très loin du compte et

le panachage des significations des planétes par le biais

des aspects est devenu monnaie courante  parmi les

astrologues et dans la littérature astrologique. Il faut bien

se rendre compte que la pensée de Barbault aura énormément

fluctué entre les années cinquante et les années quatre vint

dix et qu’y chercher une unité ou une cohérence serait

une véritable gageure! Cycles planétaires à deux astres,

signes zodiacaux, ascendant,  type morpho-planétaire,

indice cyclique combinant, cinq planétes de Jupiter à Pluton, etc

Autrement dit, nous préconisons une séparation radicale

qui est celle du masculin et du féminin – si l’on veut- entre

les diviseurs, les marqueurs  et les subdivisions, les « maisons »

terme générique qui vaut aussi bien pour les « signes » que .

pour les « maisons » ; on dira « maison de l’horoscope » c’est

dire calculée à partir du point  ascendant à la naissance

et « maison de telle étoile »  quand les douze signes comme

en astrologie sidéraliste sont calculés à partir de telle

étoile de la constellation du Bélier ou de toute autre constellation

(par exemple Aldébaran).  Quant au nombre de maisons,  et à

leur sigbiificatiion cela peut varier d’un systéme à un autre.et cela

n’est pas si important que cela car on est dans un processus

cyclique. Est-ce que la vie change quu’on la divise en tant

ou tant d’âges?  Non à condition de ne pas considérer

comme le font trop d’astrologues le passage d’une division

à  une auttre comme crucial.

Il est des praticiens qui feront de la résistabce mas  ce serait

là de leir part abuser car l’astrologie a  besoin de pouvoir

s’exposer de façon cohérente avant de passer à toute

applicatiin car nous vivons dans un monde où l’on se fait

des idées par avance et c’est ce qui permet d’ailleurs de

prévoir.  Donc un astrologue qui dirait : ne partez pas

d’une impressiin première, experimenez, ferait tout sauf

de la prévision!

Pour nous  résumer, nous dirons que les planétes ne doivent

jouer aucun role de significateur en astrologie. Elles désignent

des « signes », des « maisons » et il revient alors de combiner

ces subdivisions entre elles par le biais des « aspects »

entre signes et non entre planétes (cf la Tétrabible, livre I)

voire par celui des maîtrises (maître de telle maison en telle

maison où les planétes ne jouent qu’un rôle de liant et

ne signifient rien par elles-mêmes) Dans les années 80,nous

avions développé une astrologie (cf Colloque de Tournai

1983) où l’on ne tenait  compte que de la répartition des

planètes dans les « quartes » saisonnieres sans s’intéresser

aux astres en tant que tels.

Toute astrologie, au XXIe siècle, devrait  respecter les

principes de construction  suivants:

1 fixer un   ou des points de départ (gamma) sur la base d’une

étoile fixe,, du point vernal, ou de tout autre repére

2  faire circuler  un ou plusieurs  facteurs dans le ou les   »cycles »

ainsi constitué

3  subdivuser le ou les cycles  en un certain nombre de

secteurs (ou maisons)

4  attribuer à ces subdivsions  telle ou telle signification

que l’on voudra.

 

A contrario,   voici les choses à ne pas faire:

1 acccorder une signification à une planéte ou à une

étoile. Ces astres ne sont que structurants. On pourra dire

que ce sont des signifiants, une musique sur  laquelle on

plaquera des signifiés. LEs astres sont en soi « neutres »

2   il est conseillé  de situer la diversité dans le temps

et non dans l’espace. On passe d’un secteur à un autre

plutôt qu’on vit simultanément deux  secteurs ou plus

 

JHB

18  08  14

 

 

 

 

 

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L’ajout des 4 signes fixes aux 8 signes de départ

Posté par nofim le 15 août 2014

Le passage de 8 à 12  signes  en astrologie ancienne

par  Jacques  Halbronn

 

Dans un précédent article nous avons montré que le zodiaque

était constitué de trois couches correspondant aux trois modes

‘(cardinaux, fixes, mutables)/ Mais cela ne s’est pas fait

en une seule fois. Les signes fixes sont venus s’ajouter dans

un deuxiéme temps à un dispositif à  8  signes.(cardinaux,

mutables). Ils portent d’ailleurs ce nom de « fixes » tout

simplement parce qu’ils se référent aux étoiles fixes

royales qui constituent au niveau du tétramorphe un système

à part que l’on retrouve  avec les 4 Evangélistes, dans le Livre

d’Ezéchiel entre autres. Nous dirons que ces signes fixes se

sont intercalés et non ajoutés  entre les cardinaux et les

mutables.

Nous en apporterons la preuve en étudiant le dispositif

des exaltations, que reprend la Tétrabible au Livre I à la suite

de son exposé des (doubles)  Domiciles.. En effet, Ptolémée

a complétement chamboulé les domiciles pour mettre en place

ses « doubles domiciles » dont l’agencement et le fondement

auront  séduit tant  de générations d’éleves en astrologie.

jusqu’à nos jours.

Si l’on admet que les exaltations ont pu échapper à de telles

manipulations, elles doivent pouvoir servir à restituer les

« vrais » domiciles.. Il suffirait alors de reporter la disposition

des exaltations sur celle des domiciles .(cf Clefs pour

l’Astrologie Ed. Seghers  1976) On notera d’entrée de jeu

que les luminaires en exaltation sont axés tout comme

Saturne qui leur fait face sur l’axe des équinoxes et que les

luminaires en domiciles tout comme Saturne suivent l’axe

des solstices. Ils sont donc en quadrature.

A une certaine époque, nous avions pensé que le dispositif

des exaltations devait être lui-même, dans un deuxiéme temps,

corrigé  parce que nous n’en comprenions pas le mode

d’agencement. Pourquoi Jupîter en cancer, Vénus en Poissons,

Mercure en Vierge, Mars en capricorne? A quoi cela rimait-il?

Il nous aura bien  fallu des décennies (depuis 1968) pour

comprendre ce dont il s’agissait, à savoir qu’il y manquait les

signes fixes et que ceux-ci avaint été interpolés dans le dit

dispositif des exaltations, en l’occcurence,  le lion et le  verseau.

Le couple Mars- Vénus devait à l’origine se faire suite tout

comme le couple  Mercure- Jupiter du moins jusqu’à ce

qu’on y a ajoute les deux signes susmentionnés.

LEs choses  prirent une autre tournure avec l’axe luminaires-

Saturne.  Le taureau, signe fixe,  est bien attribué à la Lune

mais l’on peut penser qu’initialement le soleil devait être en

gémeaux et la Lune en bélier et que l’on y glissa le taureau

qui fut d’abord attribué au soleil puis à la lune, en suivant

la précession des équinoxes. En face, on a Saturne exalté en

balance et nous pensons qu’une huitiéme planéte, pour

faire bonne mesure devait être reliée au Sagittaire. face aux

Gémeaux. Cette 8e planéte était nécessaire dans un

systéme à 8 facteurs et en tout cas on voit mal sept planétes

au milieu de  douze signes. Rappelons qu’Uranus est

visible à l’oeil nu à la différence de Neptune. Autrement dit,

le dispositif des exaltations nous serait presque parvenu

intact.

A partir de là, il n’y a plus qu’à appliquer la régle des « carrés »

(90°) puisque c’est de cet intervalle que sont séparés

équinoxes et solstices. Bien à  tort, Lisa Morpurgo

(Introduction à la Nouvelle Astrologie, Ed Hachette 1974)

a placé les exaltations à 60° et à  120°  des domiciles, ce

qui fait deux signes de même sexe.Cette fois, les luminaires

seront en domiciles sur l’axe des solstices et  Mars-Vénus

ainsi que Jupiter-Mercure  le   serongt sur celui des

équinoxes.(bélier-balance) mais chaque fois pour un seul

signe. Si Mars est exalté en capricorne, son domicile

ne pourra se trouver qu’au carré soit  en balance ou en

bélier. Le bélier lui est déjà  attribué. Inversement, on placera

Vénus au carré de son exaltation en poissons , soit en

en gémeaux en sextile à Mars en bélier. On a là une position

de Vénus bien différente de celle qui figure dans la

Tétrabible et qui est selon nous celle qui existait à l’origine

avant que Ptolémée ne  place Vénus en balance et en taureau

en domicile pour qu’elle respecte l’ordre des distances et des

vitesses.

Quant au couple Mercure-Jupiter, on procédera ^de même:

à partit de Jupiter exallté en cancer, on cherchera le carré

en bélier ou en balance. Le bélier est déjà attribué à Mars,

il ne reste donc que le bélier. Quant à Mercure exalté en

vierge,  il sera en domicile au carré de ce signe, soit en sagittaire,

soit en gémeaux.  Mais comme les gémeaux sont déjà

attribués à Vénus, il ne  reste plus que le sagittaire au sextile

de la balance, domicile de départ de Jupiter. Pour

Saturne, si l’on part de la balance, on a au carré le capricorne

et le cancer. Or le capricorne est déjà ce que propose

le texte. Le 8e facteur « Uranus », pour son

domicile, sera en poissons opposé , aux côtés

 

de Saturne dont il est séparé par un signe fixe, aux

luminaires en  cancer et en vierge.

On aura compris que selon nous l’attributiion des

domiciles et des exaltations s’effectua sur la base

d’un zodiaque à  8 signes sans les signes fixes

(cf   notre article « Astrologie » in Encyclopaedia  Universalis)

 

Pour ce qui est des « maisons » de l’horoscope (ou maisons

« astrologiques »), on a aussi un passage de 8 à   12 que nous

avons décrit par ailleurs. (cf  « The Octotopos  in

 

Cyril  Fagan,  Astrological Origins,  Llewellyn  1971 pp.  161  et seq))

 

L’idée de fonder une astrologie

sur le 12 – une sorte de révolution « dodécaphoniste »- est

également présente chez Manilius, un siècle avant

Ptolémée où l’on voit les 12  signes associés à 12

divinités de l’Olympe  – autant de dieux que de

déesses – rappelons que les signes masculins et

fémins alternent sur une base impair-pair.

C’est dire que la tradition originelle du zodiaque

est bien antérieure à Manilius et à Ptolémée.

 

JHB

14 08 14

 

 

 

 

 

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