jacques halbronn Astrologie septénale. L’alternance des phases d’alliance/déviance (22°5 cardinal), et de résistance/méfiance (7° mutable)
Deux référendums se sont tenus avec Saturne à 22°30 des signes cardinaux du Capricorne et du bélier respectivement, ce qui correspond à la fin des périodes « DIN » (7° signes mutable à 22° signes cardinaux) et donc au début d’une phase HESSED qui se termine à 7° d’un signe mutable (cf notre théorie des orbes de Saturne)
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Le 8 janvier 1961 est organisé le premier référendum de la Ve République. Il invite les Français à se prononcer sur les réorientations de la politique algérienne de la France, qu’avait amorcées le général de Gaulle dans son discours du 16 septembre 1959.
» En janvier 1961, c’est à l’ensemble des Français que la question de l’autodétermination est posée et, avec elle, celle d’une nouvelle organisation des pouvoirs publics en Algérie. Citoyens français possédant un droit de vote totalement égal aux autres citoyens depuis la fin de 1958 seulement, les habitants d’Algérie sont également conviés aux urnes. Si leur participation est nettement plus faible (58,76 % des suffrages exprimés, contre 76,48 % en métropole), leur choix va dans le même sens : 69 % des votants en Algérie et 75 % en métropole approuvent le « projet de loi sur l’autodétermination des populations algériennes ». Par ce vote massif, les métropolitains expriment sans ambiguïté leur volonté d’en finir avec une guerre dont le sens s’est peu à peu dissous dans les années de guerre et d’errements. En Algérie, en revanche, ceux qui s’inquiètent de leur sort dans une Algérie séparée de la France ont voté très largement contre : c’est ainsi le cas de 72 % des votants à Alger. Les déchirements des deux dernières années de la guerre apparaissent nettement dans cette divergence. Néanmoins, conforté par les résultats globaux du référendum, le général de Gaulle poursuit la politique engagée : de nouvelles négociations s’ouvrent avec le gouvernement provisoire de la République Algérienne à l’été 1961, tandis que le putsch raté d’avril 1961 a définitivement marginalisé les tenants les plus radicaux du maintien de l’Algérie française. »
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29 mai 1968 : le général de Gaulle disparaît, ruse ou burn out ?
En pleine crise sociale, le général de Gaulle, alors président de la République Française, disparaît ! Où et avec qui était-il pendant ces six heures d’absence ? Que s’est-il passé ? Quelles ont été les conséquences de cette « fugue » ?
Un référendum sur « le projet de loi relatif à la création de régions et à la rénovation du Sénat » a lieu en France le 27 avril 1969 . Organisé conformément à l’article 11 de la Constitution, ce référendum se tient à l’initiative du président de la République, Charles de Gaulle, au pouvoir depuis 1959. »
Or, l’on constate des crises de pouvoir de 15 ans en 15 ans en 1982 avec Mitterrand et 1997 avec chirac et Juppé sous Saturne à 22°des signes cardinaux équinoxiaux. Mais nous proposons actuellement une autre grille de lecture, celle d’une dialectique entre alliance ou déviance d’une part et résistance, et méfiance. Il y a là un obstacle épistémologique (cf Bachelard)un biais cognitif chez les historiens contemporains de culture française qui ne veulent voir aucun lien entre la collaboration des années 40 et le Traité de Rome de 1957, une quinzaine d’années plus tard avec les mêmes partenaires, l’Allemagne et l’Italie. Ce qui faussera notamment le travail des astrologues impactés par de telles réferences. L’astrologie doit se situer au dessus de telles considérations patriotiques (cf le film sur De Gaulle, en salle actuellement). Comment dès lors effectuer des prévisions astrologiques valables à partir d’un tel schéma manichéen? Que dire notamment au sujet des années à venir à commencer par les doubles élections présidentielles et législatives de 2027? Les prévisions astrologiques doivent impérativement s’appuyer sur une analyse anthropologique pertinente qui ne se réduise pas, comme pour l’indice cyclique, à une dialectique entre tension (plongée de la courbe) et détente(montée de la courbe). Par ailleurs, le terme alliance בְּרִית. en hébreu, Brit nous semble survalorisé dans la Bible car il ne met pas en évidence la problématique de l’Aide,( Ezer עֵזֶר) laquelle apparait dès Genése II à propos de la « création » de la femme.
יח וַיֹּאמֶר יְהוָה אֱלֹהִים, לֹא-טוֹב הֱיוֹת הָאָדָם לְבַדּוֹ; אֶעֱשֶׂה-לּוֹ עֵזֶר, כְּנֶגְדּוֹ. 18 L’Éternel-Dieu dit: « Il n’est pas bon que l’homme soit isolé; je lui ferai une aide digne de lui. ».
Nous dirons, en astrologie saturnienne, que la phase 22°30 en signe cardinal est marquée par le compromis (le préfixe com signifiant avec (latin cum), la compromissions, la connivence, la complicité, la collaboration etc) alors que la phase 7°30 (total des deux temps: 45° soit 90/2) en signe mutable annonce un recentrage, une autonomisation. Entendons par là que l’Adamique perd confiance en lui en phase 22°5, ce qui le conduit à accepter l’alliance, le partenariat, avec d’autres adamiques qui sont, au même moment,dans le même état d’esprit. Rappelons la similitude existante entre l’occupant et l’occupé, tous deux confrontés au syndrome de l’étranger, ce que l’on tend à oublier; En phase 7°, l’on remettra en question ce que l’on avait accepté de subir en phase 22°5, d’où la tentation du reniement ou du déni. Nous dirons que la phase 22°5 est celle du dévoiement, de la déviation, du déraillement, des éléments extérieurs, allogénes, viennent interférer. Faire une prévision sur une période débutant en 22°5 cardinal, c’est s’attendre à ce que l’étranger joue un rôle de tentateur, de perturbateur, d’où de l’imprévu alors qu’en période débutant en 7°5, cet étranger sera diabolisé, débusqué, détesté. Or, actuellement, où se trouve Saturne et où se positionnera-t-il lors des élections de 2027? Il sera à 22° à ce moment là, au printemps. Il faut donc prévoir l’éventualité de certaines interventions/intrusions qui péseront sur les élections, en raison de l’insuffisance des anticorps de part et d’autre. Situation absolument identique à ce qui se produisit en 1940, 87 ans plus tôt. avec Saturne à 22°30 cardinal, de sinistre mémoire (Pétain, Vichy) Le probléme, c’est qu’en faisant une telle prévision, notre astrologie peut tout à fait encourager une potentielle invasion, tant de la part de la France que de celle de ses « ennemis », en pratiquant une astrologie des élections, élective.(cf notre étude sur Claude Dariot et le « commencement des choses » (1558, Pardés 1990). et ce pour une période de 3 ans 1/2 (1280 jours/45°). La sortie du film sur De Gaulle nous remet en situation mais ce cas de figure est de toute façon mathématiquement recurrent, quand on fait abstraction des particularités et des contingences.
jacques halbronn Etudes nostradamologiques. L’interrelation entre Epitres en prose et quatrains centuriques.
Nous revenons sur une communication de Michel Chomarat « De quelques dates clairement exprimées par Michel Nostradamus dans ses Prohéties ‘-Colloque Prophétes et prophéties Paris 1998 Actes pp 83 et seq. Il eut été préférable de distinguer nettement les Epitres et les quatrains car c’est la comparaison entre ces deux corpus qui au coeur de la critique nostradamique. C’est ainsi que la préface à César pastichée par Antoine Couillard dans ses « prophéties » (cf P. GuinardLes Prophéties d’Antoine Couillard (1556) : Une parodie des Prophéties de Nostradamus)ne signifie aucunement qu’elle précédait des centuries de quatrains. Olivier Pot associe ainsi d’emblée la Préface à César aux Centuries (in Prophétie et mélancolie; La querelle entre Ronsard et les protestants (1562-1565 Colloque Prophéties et prophéties au XVIe siècle, 1997, p. 217) alors que ce texte est paru probablement en tete d’une Prédiction tout comme la première Epitre à Henri II, en un temps où les Centuries n’existaient pas encore. (cf O. Millet Feux croisés sur Nostradamus (Colloque Divination et controverse religieuse en France au XVIe sièclen Cahiers Saulnier 1987, p. 105). Certes, le mot « prophéties » est-il utilisé alors que dans les années 1580, les Centuries paraissent aussi sans une telle terminologie:cf « Les grandes et merveilleuses prédictions de M. Michel Nostradamus… »1590 , Anvers).à coté des « Les propheties de M. Michel Nostradamus, dont il y en a trois cens qui n’ont encores este imprimees » Cela tient au titre de la Préface en tete des éditions antidatées 1555-1557 :« Préface de M. Michel NOSTRADAMUS a ses Prophéties, 1. Ad caesarem Nostradamum filium, vie & félicité » Dans ses almanachs et pronostication, le terme Prophétie n’est pas de mise. Nous pensons que l’usage du mot Prédictions fait réference aux publications annuélles de Nostradamus ainsi initulées « Prédictions » Or les quatrains sont dérivées des dites Prédictions(cf notre post doctorat, 2007)http://nofim.unblog.fr/2023/07/09/jacques-halbronn-comment-nostradamus-lastrologue-est-devenu-prophete/
Bien plutôt, ce texte sera récupéré et retouché dans les années 80 pour figurer en tête d’un premier lot de centuries. Nous avons montré que ‘Epitre à Pie IV avait servi dans les mêmes années 1590 à introduire un second volet centurique, en mettant en évidence le fait que certains quatrains paraphrasaient des passages de la dite Epitre au pape; (V III 76-77) En revanche, le remplacement de celle-ci par une nouvelle mouture de l’Epitre à Henri II, inspirée de celle figurant en tête des Présages Merveilleux pour 1557 (cf notre reprint, Ed Ramkat 2002) n’aura pas donné naissance à des quatrains correspondant à cette addition. Point de tracae dans les centuries VIII-X de la mention de 1792 au coeur de cette Epitre se substituant à celle adressée à Pie IV. Or, tel était le sujet de la communication de Chomarat que de s’intéresser aux « dates » figurant dans les Prophéties. Mais Chomarat aura commis l’erreur méthodologique de mettre dans le même sac Epitres et quatrains,
. VIII.71: Croitra le nombre si grand des astronomes, Chasses, bannis & livres censurez, L’an mil six cens & sept par sacre glomes Que nul aux sacres ne seront asseurez.
VIII.77: L’antechrist trois bien tost annichilez, Vingt & sept ans durerasa guerre, Les heretiques morts, captifs exilez, Sang corps humain eau rogie gresler terre.
Chomarat s’étonne dans sa communication que l’on n’ait pas pris la peine de compléter la centurie VII lors de la publication des Centuries VIII-X. Cela tient au fait, selon nous, que ce second volet reléve d’un autre camp. Il est d’ailleurs probable que la première version du second volet ne se présentait pas sous cette forme et débutait avec une Centurie I avant que l’on se soit mis en tête de s’en tenir à un ensemble d’un seul tenant sans pour autant prendre la peine de « compléter » la dite Centurie VII. Ce sont de telles bévues commises par les faussaires qui doivent orienter une approche sérieuse du corpus centurique tout comme l’usage d’une vignette en tete de la pseudo édition Macé Bonhomme 1555 empruntée à un almanach pirate, les faussaires n’ayant pas pris conscience qu’ils avaient pu être précédés dans une telle entreprise collective de falsification, malheureusement validée de nos jours par des bibliographes de fortune. La comparaison entre les deux épitres à Henri II (cf nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus Ed Ramkat 2002), pp; 15 et seq), l’épitre d’origine figurant (fac similé) en sa page de titre (Présages Merveilleux pour 1557) et au début de l’*Epitre au Roi; dans le Testament de Nostradamus de Daniel Ruzo (Ed Rocher, 1982), ce que Chomarat n’avait pas du remarquer! Dans ce même colloque de 1997, nous avions montré le caractère antidaté de Macé Bonhomme 1555 sur la base du quatrain IV , 47 marqué par le contexte de la Ligue.
Guinard met en paralléle le texte de Couillard et celui de la Préface à César
[1] TON TARD advenement CESAR NOSTRADAME mon filz, m’a faict mettre mon long temps par continuelles vigilations nocturnes reserer par escript, toy delaisser memoire, apres la corporelle extinction de ton progeniteur, au commun profit des humains, de ce que la Divine essence par Astronomiques revolutions m’ont donné congnoissance.
« par ymaginatifves resolutions & vigilations nocturnes » (III, f.D4r) « mes assertions & predictions congneues par revolutions continuelles vigilations nocturnes & revelations inspirées » (III, f.E2r) « vigilations nocturnes » (III, f.E3r) « j’ay toutesfois bonne affection laisser par estat avant la corporelle extinction, mes inscrutables secretz » (III, f.D4v) « mes temps & labeurs ja passez pour le proffict commun des humains » (III, f.E1v)
En revanche, Guinard ne signale pas les connexions avec le corpus des quatrains, ce qui est au coeur notre débat. Le premier verset du premier quatrain de la première centurie est le suivant Estant assis de nuit secret estude » fait écho aux « vigilations nocturnes » de la Préface. tout comme des Prophéties de Couillard. En revanche, les faussaires n’ont pas fait l’effort de se faire l’écho de l’Epitre au Roi dans les quatrains alors que ceux-ci reprennent des élements de l’Epitre au Pape, remplacée! On notera une coincidence entre les textes que nous datons des années 1590 et les dates figurant dans la dite Epitre pour les années 1790 : mile sept cens nonante deux. Nous avons signalé ce report de 200 ans avec le passage de 1588 (lié Regiomontanus à 1788.- , “Exégèse prophétique de la Révolution Française”, in Actes du Colloque Prophétisme et Politique, Paris, Politica Hermetica, l’Age d’Homme, 1994) S’agissait-il de s’ajuster sur les dates avancées par Roussat(au milieu des années 1550) pour 1789? D’une certaine façon, ce report peut avoir été le constat d’un échec .(cf notre Texte prophétique en France, Presses Universitaires du Septentrion, 1999)
Jacques halbronn Autour du thème de l’Antéchrist 1567-1594.1789-92
Il y a 20 ans, nous avions été conviés, du fait de la mot du pape jean Paul II, à traiter de la Prophétie des papes, texte qui faisait partie du corpus de notre thèse d’Etat (1999) Cela avait donné « Papes et prophéties. Décodages et influences » (Ed Axiome 2005). Nous y faisions remarquer à quel point les dernières années du XVI siècle avaient été fécondes au regard de la production néo-prophétique ( https://www.cultura.com/p-les-propheties-de-m-michel-nostradamus-ed-1595-1605-9782012579606.html) Nous préparions à l’époque un mémoire de post doctorat (EPHE VE section) que nous soutiendrons deux ans plus tard, consacré à la critique nostradamique et au Jésuite Giffré de Réchac alias Jean de Sainte Marie. auteur anonyme d’un Eclaircissement des véritables quatrains de Maistre Michel Nostradamus. (1656) Nous montrerions dans notre post doc que les quatrains centuriques étaient des versifications de divers textes en prose, épitres et prédictions annuelles et donc que Nostradamus n’en était pas l’auteur, stricto sensu d’autant que les centuries qui ne paraitraient pas avant la fin des années 1580, quoi qu’en disent la plupart des nostradamologues actuels, à commencer par les auteurs des publications liées au 500e anniversaire de la naissance de Nostradamus, en 2003. Ce que l’on retiendra, ici, est l’usage du prophétisme dans le cadre d’une élection pontificale et dans le couronnement du successeur du défunt roi Henri III Valois. Il est clair que la parution de la prophétie des papes visait à peser sur l’élection d’un nouveau pontife romain, comme nous le montrions dans notre ouvrage. Mais concernant la série des quatrains et non pas des devises pseudo malachiques, la chose est moins reconnue encore de nos jours. Qu’un même procédé et un même enjeu de succession, d’élection ait été mis en branle, quasiment au même moment, pose question, ce qui nous conduit à situer la production centurique une trentaine d’années après ce qu’il est généralement prétendu. Il semble bien que certains éléments de la prophétie des pape aient été repris dans la rédaction finale de l’Epître à Henri II au sujet de la « persécution de l’Eglise » sous le dernier pape.
Prophétie des papes:
« In persecutione extrema Sanctae Romanae Ecclesiae sedebit Petrus Romanus, qui pascet oves in multis tribulationibus: quibus transactis, civitas septicollis diruetur, et Iudex tremendus iudicabit populum suum. Finis. »
« Dans la dernière persécution de la Sainte Église romaine siégera Pierre le Romain qui fera paître ses brebis à travers de nombreuses tribulations. Celles-ci terminées, la cité aux sept collines sera détruite, et le Juge redoutable jugera son peuple. Fin ».
Epitre à Henri II
« et sera le commencement comprenant de ce que durera et débutera cette année sera faite plus grande persécution à l’Eglise chrétienne, que n’a été faite en Afrique et durera de cette date jusqu’en 1792 que l’on croira être une rénovation de siècle. »
En 1997, nous avions mis le projecteur sur le quatrain IV, 46, appartenant au premier volet centurique censé être paru en 1555 alors qu’il correspondait à l’actualité de 1588 et de la formation d’un centre anti ligue à Tours. Un peu plus tard, nous signalions la retouche d’un quatrain repris de la Guide des Chemins de France de Charles Estienne, emprunt signalé par Chantal Liaroutzos mais sans l’exploiter suffisamment! Cette retouche conduisait à changer Chastres et Chartres, ce qui militait en faveur du choix de la Cathédrale de Chartres début 1594 (au lendemain de la reconversion du futur Henri IV (« Paris vaut bien une messe ») et non pas de Reims pour le couronnement à venir. En effet, les faussaires à la solde du roi de Navarre avaient su exploiter une suite de villes de la banlieue parisienne, figurant dans la « Guide » faisant ainsi pendant à l’usage (cf supra) que les Ligueurs avaient entrepris à propos de la ville de Tours.
Or, c’est dans ces années 1594-96 qu’un véritable élan prophétique est manifeste avec notamment la publication du » Janus Gallicus » par Jean Aimé de Chavigny dont le commentaire de quatrains issus de tout un corpus pseudo-nostradamique vise à consolider l’unité d’inspirations , masquant ainsi le fait ce ceux-ci sont le fait de camps opposés, catholiques et réformés dans un esprit de conciliation marqué par l’esprit du futur Edit de Nantes de 1598. Un tel syncrétisme n’est pas sans nous renvoyer à la critique biblique visant à démystifier la thèse d’une prétendue rédaction unique de l’Ancien Testament par Moïse (cf la critique d’un Spinoza) Par la suite, nous montrerons que certains quatrains du second volet des Centuries sont la versification d’un Epitre de Nostradamus au pape Pie IV laquelle aura disparu du dit corpus centurique remplacée par une fausse Epitre de Nostradamus au Roi Henri Second (cf nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat 2002) Dans notre étude des dernières devises de la prophétie des papes (cf p.171), nous fournissions le texte biblique qui avait été utilisé pour constituer celles-ci, le probléme des faussaires étant d’être des plagiaires comme dans le cas des Protocoles des Sages de Sion (cf notre texte « le sionisme et ses avatars au tournant du !XXe siècle Ed Ramkat 2002). Décidément, la formation d’un historien doit passer par la question des contrefaçons antidatées:
La plupart des nostradamogues n’accordent pas un intérêt particulier à l’année 1567. Mais les bibliographies signalent une pronostiacation pour l’an 1567, adressée au duc d’Alençon, le plus jeune des fils de Catherine de Medicis, censé succéder éventuellement à son frère Henri III lequel sera assassiné en 1589. mais Alençon décédera prématurément, ce qui fera d’Henri de Navarre le premier prétendant.
Prognostication pour 1567
Title: PRONOSTICO DELL’ANNO M.D.LXIII Coposto & calculato per M.Michele Nostradamo, Dottore in Medicina di Salo di Craux in Prove(n)za il quale pronostica tutto q(ue)llo, ch’ha’ da ci erq(ue)sto psente Anno della Guerra, della pace, della carestia, della abo(n)da(n)tia e daltri segni, che si scopriranno nel Cielo. Nel quale si co(n)tiene la dechiaratione di tutti q(ue)sti Anni del 63. fino al 70. Dedicata al nostro Santissimo padre Papa Pio Quarto Con privilegi di papa pio Quarto, & dell’I tutti i s. Signor Duca di Fiorenza, & Siena. Author: NostradamusDescription: 12 pages,Published: Bologna, Alessandro BenaccioHeld by: UnknownReferences: CHOMARAT 58; Gregorio 1562-001; Download the pdf here!
Dans notre article paru dans la Revue française d’histoire du Livre (N°134 2013) « De l’agencement des recueils prophétiques. De la Pronosticatio de Lichtenberger au Mirabilis parisien », un paragraphe (pp. 19 et seq)s’intitulait » ‘ 4. Le terme de 1567. L’Epître de nostradamus à Pie IV se polarise sur 1567. https://www.persee.fr/doc/rhren_0181-6799_1991_num_33_1_1808 Nous y notions « La mention de l’année 1567 figure très tot dans les éditions françaises. La plus ancienne fut la Pronosticatio quaedam mirabilis parue à Lyon en 1515 chez Jean Cleyn, puis en 1550 chre Gérars Morrhy. Le terme de 1567 apparait également dans le mirabilis liber des années 1520 mais pas en son titre cette fois (p. 20)
Des éléments de l’Epitre à Pie IV se retrouvent dans la Centurie VIII et il y est question d’un intervalle de 27 ans; Or, si l’on ajoute 27 à 1567 on arrive à l’année du couronnement d’Henri IV! La rédaction des quatrains VIII 76 et 77 est certainement contemporaine de la préparation ou de la tenue du dit couronnement prévu.
En effet, dans son Epitre au Pape, Nostradamus voit naitre l’Antéchrist en 1567 à la Saint Marcelin/ Dans le quatrain 76, macelin ne se comprend qu’à la lecture de l’Epitre à Pie IV avec un jeu de mot sur la Saint Marcelin, quand on supprime le R.. Tout indique que ces quatrains visent les Protestants, qualifiés d’hérétiques.(VIII, 77) Cela nous invite à relire l’Epitre à Henri II en tete du second volet, étudiée notamment par Gilles Polizzi ( Colloque Marseille 1998). Rappelons notre étude sur Jean Du Moulin et le pape Antechrist ( Colloque Marseille 1998) Selon nous, donc l’Epitre au Pape a du etre le premier choix pour introduire le second volet mais elle sera remplacée par une nouvelle Epitre à Henri II et une toute nouvelle chronologie orientée sur la fin du XVIIIe siècle et non plus sur 1567, ne faisant plus cas des allusions de VIII 76 et 77.
8:76 Plus Macelin que roy en Angleterre, Lieu obscure nay par force aura l’empire: Lasche sans foy sans loy saignera terre, Son temps s’approche si presque je soupire.
8:77 L’antechrist trois bien tost annichilez, Vingt et sept ans sang durera sa guerre: Les heretiques mortz, captifs, exilez, Sang corps humain eau rogi gresler terre.
Tout indique que l’on aura voulu faire oublier le quatrain VIII 77 sans toutefois le supprimer, vu que l’allusion se sera perdue en cours de route et que ces 2 quatrains auront été démonétisés sur le plan prophétique. L’Epitre à Henri II remplaçant celle à Pie IV évoqué clairement l’Antéchrist:
« Puis le grand Empire de l’Antechrist commencera dans la Atila & Zerses descendre en nombre grand & innumerable, tellement que la venue du Sainct Esprit procedant du 48. degré, fera transmigrastion, dechassant à l’abomination de l’Antechrist, faisant guerre contre le royal qui sera le grand Vicaire de Iesus-Christ, & contre son Eglise, & son regne per tempus , et in occasione temporis , & precedera deuant vne eclypse solaire le plus obscur, & le plus tenebreux, qui soit esté depuis creation du monde iusques à la mort & passion de Iesus-Christ, & de la iusques icy »
Le repport des échéances antéchristiques avait déjà été signalé à propos de Pierre d’Ailly, annonçant dès 1414 une échéance pour 1789, ce qui recoupe la date de 1792 figurant dans la nouvelle épitre à Henri II, remplaçant 1567.
Revenons sur notre communication de 1992, à Compiégne au Colloque Pierre d’Ailly.J. Halbronn (1993.8),(cf “Pierre d’Ailly: des conjonctions planétaires à l’Antéchrist”, Colloque Pierre d’Ailly in Bulletin de la Société Historique de Compiègne) et la date troublante de 1789 qui interpelle à la fois l’historien et le chercheur en astrologie, non sans quelque ambiguité. La période de 240 ans est liée au cycle des Grandes Conjonctions. Antoine Couillard Du Pavillon note une telle échéance sur la base des années 1550.(cf p. 56 des Actes du Colloque) On note que la mort d’Henri II en 1559 (censée avoir été annoncée dans un quatrain centurique antidaté) précéde de 240 ans l’année 1789 et donc quasiment l’année où le roi Louis XVI sera éxécuté (1793) sous la Révolution, terme qui indique l’idée d’un retour. En tout état de cause, dans l’epitre à Pie iv, Nostradamus fait naitre Marcelin l’Antéhrist en 1567, ce qui exclue qu’il puisse avoir mis en avant 1792 dans « son » Epistré à Henri II » Mais, une fois de plus, force est de constater que cette Epitre au pape est le point aveugle fatal de la plupart des nostradamologues.
bibliographie
Jacques Halbronn sur l’édition de la Correspondance de Nostradamus par Jean Dupébe (1983)
jacques halbronn Etudes nostradamiques. Du recyclage des préface et des épitres
Jacques Halbronn Pierre Du Moulin et le thème du Pape Antéchrist – : Formes du millénarisme en Europe à laube des temps modernes ; Colloque Marseille 1998, Ed 2001
J. Halbronn (1993.8), “Pierre d’Ailly: des conjonctions planétaires à l’Antéchrist”, Colloque Pierre d’Ailly in Bulletin de la Société Historique de Compiègne/
Researches 141-150 (site prophéties.it)
141 -J Halbronn La troisiéme version de l’Epitre à Henri II et les quatrains centuriques.
Jacques Halbronn L’Epître à Henri II et les commentaires et paraphrases
des Ecritures Saintes (site ramkat)
Jacques halbronn Juifs et colonialisme: quelle « terre »?
Paris Musées Collections
Aux grands hommes la Patrie reconnaissante | Paris Musées
Les Jeunes Écologistes
Le Code du travail au Panthéon ! « Aux grands Hommes, la Patrie reconnaissante » – Les Jeunes Écologistes
En hommage à Marc Bloch
Selon nous, la mission colonialiste des Juifs est d’une envergure universelle et ne saurait se cantonner à une terre particulière ou à un peuple particulier. Vouloir limiter l’objectif colonisateur des Juifs à une région donnée conduirait à les détourner de leur destination
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Pourquoi parle-t-on des «délices de Capoue»? Retour sur l’origine antique d’une expression
Être retenu par les délices de Capoue, c’est se laisser distraire d’objectifs importants – ou mal s’y préparer – à cause d’une vie de confort et de plaisirs aisés. L’expression, souvent reprise dans un registre littéraire, trouve son origine au temps des guerres puniques, duels sans merci entre Rome et Carthage. Explications.
Août -216. Rome est en danger. À Cannes, dans les Pouilles actuelles, l’armée de la République s’oppose à celle d’Hannibal, brillant général carthaginois. La confrontation est terrible et extrêmement meurtrière. Son verdict est sans appel : les troupes romaines sont écrasées.Dès lors, que doit faire Hannibal ? Certains assurent que la meilleure solution aurait été, pour donner à son triomphe une allure définitive, d’aller au plus vite attaquer et soumettre la ville de Rome. Mais le chemin n’est pas si court… Après avoir renoncé à s’emparer de Naples, le fier Carthaginois fait halte un peu plus au nord, dans l’opulente Capoue, qui se donne à lui. Là, un ennemi tapi en pleine lumière aurait attendu ses hommes : le plaisir des sens. »
Car, à en croire l’historien latin Tite-Live, cette ville de Campanie n’est pas connue pour encourager la tempérance: « Portée de tout temps à l’extrême mollesse, non seulement par la dépravation des esprits, mais encore par l’affluence de voluptés et l’action énervante des délices que lui offraient la terre et la mer, Capoue alors [...] s’abandonnait avec une telle fureur à tous les excès, qu’il n’y avait de bornes ni à ses caprices ni à ses dépenses. » Et c’est justement dans ce piège de contentements par trop accessibles que les troupes d’Hannibal se seraient laissé entraîner… Retenues par les « délices de Capoue », elles auraient perdu leur morgue, leur discipline de vie et laissé à Rome la possibilité de reconstituer des forces mieux parées au combat. Finalement, après bien des péripéties, la république parviendra à reprendre le dessus face aux Carthaginois, qui perdront cette deuxième guerre punique ».
Les Juifs auraient-ils été détournés de leur mission? La Palestine est-elle comparable à Capoue? Notons que pour Herzl, le sionisme n’était pas le « retour » en Palestine. Dans « Du Judenstaat au Discours de Bâle de 1897 ( cf notre publication « Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle », Ed Ramkat 200, pp 53 et seq) nous signalions que « Herzl n’hésite pas à déclarer (…) que pour lui le sionisme est le fait de renouer avec le monde juif(Heimkehr zum Judentum). Le sionisme de Herzl n’est pas lié dans son discours à la Palestine qu’il désigne avec l’Argentine comme un lieu d’expérimentation’(Colonisation versuchen). »" De même que le terme » Teshouva » (shouv, le retour) ne signifie pas retour à un quelconque lieu mais bien à une croyance, à une mission; En 1978, lors de notre création du CERIJ (Cercle d’Etude et de recherche sur l’identité juive), nous mettions en garde contre toute forme de localisaion (Etat d’Israel, synagogue).La judéo laïcité ne vise pas un pays quel qu’il soit si ce n’est que ponctuellement, cette mission peut être amenée à une certaine focalisation dans le temps et dans l’espace. D’où la nécessité de réfléchir sur la notion de retour: aucune occupation n’est définitive, ni aucune immigration d’ailleurs.
Certes, le fait de se fixer en un lieu donné, pour une durée indéfinie, tend à estomper la notion d’occupation en renvoyant le probléme très en amont. Il nous semble préférable d’assumer une occupation récente et temporaire à une présence de très longue durée, immémoriale, implantation si ancienne que l’on en a oublié jusqu’à l’origine. D’ailleurs, si l’occupation fait sens, pourquoi ne pas en faire profiter tout le monde, même si cela peut etre qualifié d’impérialisme. En pratique, la colonisation à la française se sera inscrite dans un certain temps tout comme la britannique.Il importe que le colonisateur varie et renouvelle ses objectifs, faute de quoi on finira par oublier son rôle. Décoloniser n’est ce pas reconnaire qu’il y a eu colonisation, à la fois pour le colonisateur et pour le colonisé?
Selon nous, la « terre » que les « Juifs » ont à conquérir, qui leur aura été promise, c’est bien la Planéte Terre, telle qu’elle est mentionnée au premier chapitre du Livre de la Genése, et il revient à Adam , lui aussi créé au même chapitre, d’accomplir cette tâche universelle. Encore faut-il que le ne confonde pas le colonisateur et le colonisé, ce qui constitue une symbiose. Les Juifs ne sauraient être captifs des peuples et des terres qu’ils ont colonisés. Le passé ne saurait boucher l’avenir. En ce sens, toute idée de retour à un statu quo anté nous apparait comme toxique. Parler des Juifs ne signifie pas les enfermer dans quelque ghetto, dans quelque ‘camp »,mais se rapporter à des individus ayant un profil comparable. On pense à la notion de « génie », à celle de « grand homme », comme il est gravé sur le Panthéon, à Paris. AUX GRANDS HOMMES LA PATRIE RECONNAISSANTE. Telle devrait être l’autre devise de la France en contrepoint de « Liberté, Egalité, Fraternité’Les Juifs ont vocation à rasembler de « grands hommes » dans la Diaspora, à savoir la qualité et non la quantité. On aura compris qu’un judaisme vivant doit assumer une certaine verticalité et ne pas prendre pour modéle un modéle national!
jacques halbronn Les dates de changement de phase de Saturne
La détermination des dates clefs est une affaire de toute première importance en astrologie prévisionnelle car les changements de phase marquent les esprits. Nous avons déjà signé les dates concernées à savoir 7° 30′ des signes mutables et 22°30 des signes cardinaux. Dans le premier cas, il s’agit d’un début de phase et dans le second d’une fin de phase, à savoir le passage d’une phase 45 à une phase Zéro et vice versa d’une phase Zéro à une phase 45. Nous avons appellé la phase Zéro « Din » et la phase 45 (à égale distance des axes) »Hessed »(selon les Sefiroth de la Kabbale). La phase Din a deux facettes, l’une équinoxiale, l’autre solsticiale. Ces deux phases Din et Hessed sont de durée strictement égale soit 3 ans et demi, la moitié de 7 ans (le quart de 28 ans)
Jacques halbronn La production prophétique à la fin du XVIe siècle . Pour une approche comparative des corpus malachique et centurique
Arnold Wion — Venise 1595
Wikipédia
Il y a 20 ans, nous avions été conviés, du fait de la mot du pape, traiter de la Prophétie des papes, texte qui faisait partie du corpus de notre thèse d’Etat (1999) : Papes et prophéties. Décodages et influences (Ed Axiome 2005). Nous y faisions remarquer à quel point les dernières années du XVI siècle avaient été fécondes au regard de la production néo-prophétique ( https://www.cultura.com/p-les-propheties-de-m-michel-nostradamus-ed-1595-1605-9782012579606.html) Nous préparions à l’époque un mémoire de post doctorat (EPHE VE section) que nous soutiendrons deux ans plus tard, consacré à la critique nostradamique et au Jésuite Giffré de Réchac alias Jean de Sainte Marie. auteur anonyme d’un Eclaircissement des véritables quatrains de Maistre Michel Nostradamus. (1656) Nous montrerions dans notre post doc que les quatrains centuriques étaient des versifications de divers textes en prose, épitres et prédictions annuelles et donc que Nostradamus n’en était pas l’auteur, stricto sensu d’autant que les centuries qui ne paraitraient pas avant la fin des années 1580, quoi qu’en disent la plupart des nostradamologues actuels, à commencer par les auteurs des publications liées au 500e anniversaire de la naissance de Nostradamus, en 2003. Ce que l’on retiendra, ici, est l’usage du prophétisme dans le cadre d’une élection pontificale et dans le couronnement du successeur du défunt roi Henri III Valois. Il est clair que la parution de la prophétie des papes visait à peser sur l’élection d’un nouveau pontife romain, comme nous le montrions dans notre ouvrage. Mais concernant la série des quatrains et non pas des devises pseudo malachiques, la chose est moins reconnue encore de nos jours. Qu’un même procédé et un même enjeu de succession, d’élection ait été mis en branle, quasiment au même moment, pose question, ce qui nous conduit à situer la production centurique une trentaine d’années après ce qu’il est généralement prétendu.
En 1997, nous avions mis le projecteur sur le quatrain IV, 46, appartenant au premier volet centurique censé être paru en 1555 alors qu’il correspondait à l’actualité de 1588 et de la formation d’un centre anti ligue à Tours. Un peu plus tard, nous signalions la retouche d’un quatrain repris de la Guide des Chemins de France de Charles Estienne, emprunt signalé par Chantal Liaroutzos mais sans l’exploiter suffisamment! Cette retouche conduisait à changer Chastres et Chartres, ce qui militait en faveur du choix de la Cathédrale de Chartres début 1594 (au lendemain de la reconversion du futur Henri IV (« Paris vaut bien une messe ») et non pas de Reims pour le couronnement à venir. En effet, les faussaires à la solde du roi de Navarre avaient su exploiter une suite de villes de la banlieue parisienne, figurant dans la « Guide » faisant ainsi pendant à l’usage (cf supra) que les Ligueurs avaient entrepris à propos de la ville de Tours.
Or, c’est dans ces années 1594-96 qu’un véritable élan prophétique est manifeste avec notamment la publication du » Janus Gallicus » par Jean Aimé de Chavigny dont le commentaire de quatrains issus de tout un corpus pseudo-nostradamique vise à consolider l’unité d’inspirations , masquant ainsi le fait ce ceux-ci sont le fait de camps opposés, catholiques et réformés dans un esprit de conciliation marqué par l’esprit du futur Edit de Nantes de 1598. Un tel syncrétisme n’est pas sans nous renvoyer à la critique biblique visant à démystifier la thèse d’une prétendue rédaction unique de l’Ancien Testament par Moïse (cf la critique d’un Spinoza) Par la suite, nous montrerons que certains quatrains du second volet des Centuries sont la versification d’un Epitre de Nostradamus au pape Pie IV laquelle aura disparu du dit corpus centurique remplacée par une fausse Epitre de Nostradamus au Roi Henri Second (cf nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat 2002) Dans notre étude des dernières devises de la prophétie des papes (cf p.171), nous fournissions le texte biblique qui avait été utilisé pour constituer celles-ci, le probléme des faussaires étant d’être des plagiaires comme dans le cas des Protocoles des Sages de Sion (cf notre texte « le sionisme et ses avatars au tournant du !XXe siècle Ed Ramkat 2002). Décidément, la formation d’un historien doit passer par la question des contrefaçons antidatées:
La plupart des nostradamologues n’accordent pas un intérêt particulier à l’année 1567. Mais les bibliographies signalent une pronostication pour l’an 1567, adressée au duc d’Alençon, le plus jeune des fils de Catherine de Medicis, censé succéder éventuellement à son frère Henri III lequel sera assassiné en 1589. mais Alençon décédera prématurément, ce qui fera d’Henri de Navarre le premier prétendant.
Title: PRONOSTICO DELL’ANNO M.D.LXIII Coposto & calculato per M.Michele Nostradamo, Dottore in Medicina di Salo di Craux in Prove(n)za il quale pronostica tutto q(ue)llo, ch’ha’ da ci erq(ue)sto psente Anno della Guerra, della pace, della carestia, della abo(n)da(n)tia e daltri segni, che si scopriranno nel Cielo. Nel quale si co(n)tiene la dechiaratione di tutti q(ue)sti Anni del 63. fino al 70. Dedicata al nostro Santissimo padre Papa Pio Quarto Con privilegi di papa pio Quarto, & dell’I tutti i s. Signor Duca di Fiorenza, & Siena. Author: NostradamusDescription: 12 pages,Published: Bologna, Alessandro BenaccioHeld by: UnknownReferences: CHOMARAT 58; Gregorio 1562-001;
Dans notre article paru dans la Revue française d’histoire du Livre (N°134 2013) « De l’agencement des recueils prophétiques. De la Pronosticatio de Lichtenberger au Mirabilis parisien », un paragraphe (pp. 19 et seq)s’intitulait » ‘ 4. Le terme de 1567. L’Epître de nostradamus à Pie IV se polarise sur 1567. https://www.persee.fr/doc/rhren_0181-6799_1991_num_33_1_1808 Nous y notions « La mention de l’année 1567 figure très tot dans les éditions françaises. La plus ancienne fut la Pronosticatio quaedam mirabilis parue à Lyon en 1515 chez Jean Cleyn, puis en 1550 chre Gérard Morrhy. Le terme de 1567 apparait également dans le mirabilis liber des années 1520 mais pas en son titre cette fois (p. 20)
Des éléments de l’Epitre à Pie IV se retrouvent dans la Centurie VIII et il y est question d’un intervalle de 27 ans; Or, si l’on ajoute 27 à 1567 on arrive à l’année du couronnement d’Henri IV! La rédaction des quatrains VIII 76 et 77 est certainement contemporaine de la préparation ou de la tenue du dit couronnement prévu.
En effet, dans son Epitre au Pape, Nostradamus voit naitre l’Antéchrist en 1567 à la Saint Marcelin/ Dans le quatrain 76, macelin ne se comprend qu’à la lecture de l’Epitre à Pie IV avec un jeu de mot sur la Saint Marcelin, quand on supprime le R.. Tout indique que ces quatrains visent les Protestants, qualifiés d’hérétiques.(VIII, 77) Cela nous invite à relire l’Epitre à Henri II en tete du second volet, étudiée notamment par Gilles Polizzi ( Colloque Marseille 1998). Rappelons notre étude sur Jean Du Moulin et le pape Antechrist ( Colloque Marseille 1998) Selon nous, donc l’Epitre au Pape a du etre le premier choix pour introduire le second volet mais elle sera remplacée par une nouvelle Epitre à Henri II et une toute nouvelle chronologie orientée sur la fin du XVIIIe siècle et non plus sur 1567, ne faisant plus cas des allusions de VIII 76 et 77.
8:76 Plus Macelin que roy en Angleterre, Lieu obscure nay par force aura l’empire: Lasche sans foy sans loy saignera terre, Son temps s’approche si presque je soupire.
8:77 L’antechrist trois bien tost annichilez, Vingt et sept ans sang durera sa guerre: Les heretiques mortz, captifs, exilez, Sang corps humain eau rogi gresler terre.
Tout indique que l’on aura voulu faire oublier le quatrain VIII 77 sans toutefois le supprimer, vu que l’allusion se sera perdue en cours de route et que ces 2 quatrains auront été démonétisés sur le plan prophétique. L’EPitre à Henri II remplaçant celle à Pie IV évoqué clairement l’Antéchrist:
« Puis le grand Empire de l’Antechrist commencera dans la Atila & Zerses descendre en nombre grand & innumerable, tellement que la venue du Sainct Esprit procedant du 48. degré, fera transmigration, dechassant à l’abomination de l’Antechrist, faisant guerre contre le royal qui sera le grand Vicaire de Iesus-Christ, & contre son Eglise, & son regne per tempus , et in occasione temporis , & precedera deuant vne eclypse solaire le plus obscur, & le plus tenebreux, qui soit esté depuis creation du monde iusques à la mort & passion de Iesus-Christ, & de la iusques icy »
Le repport des échéances antéchristiques avait déjà été signalé à propos de Pierre d’Ailly, annonçant dès 1414 une échéance pour 1789, ce qui recoupe la date de 1792 figurant dans la nouvelle épitre à Henri II, remplaçant 1567.
bibliographie
Jacques Halbronn sur l’édition de la Correspondance de Nostradamus par Jean Dupébe (1983)
jacques halbronn Etudes nostradamiques. Du recyclage des préface et des épitres
Jacques Halbronn Pierre Du Moulin et le thème du Pape Antéchrist - : Formes du millénarisme en Europe à laube des temps modernes ; Colloque Marseille 1998, Ed 2001
-Halbronn, J. (1993.8), “Pierre d’Ailly: des conjonctions planétaires à l’Antéchrist”, Colloque Pierre d’Ailly in Bulletin de la Société Historique de Compiègne/
jacques halbronn Astrologie. Thème solaire versus thème natal et thème d’élection. Le cas Gauquelin
Claude Dariot: 1558
Luc Gauric -
Le thème solaire n’ a pas bonne presse, c’est le cas de le dire, dans le milieu associatif astrologique persuadé que la précision de la date de naissance est une condition sine qua non tant de sa validation que de son image. Les travaux de Gauquelin auraient consolidé le crédit à accorder à la prise en compte des données de naissance, au même titre que la prise en compte des données astronomiques issues des éphémérides quotidiennes.
En vérité, comme nous l’avons expliqué, les statistiques du Laboratoire Gauquelin ne viennent pas valider la prise en compte des positions zodiacales, ne dépendent pas de la connaissance des cycles astronomiques, dans leur diversité. D’ailleurs, les maisons astrologiques- qui sous tendent la recherche Gauquelin- ne tiennent pas compte des révolutions planétaires mais se soucient uniquement du lever et de la culmination dans le cadre du mouvement diurne, circadien. En fait, on a bien du mal à croire que l’astrologie ait pu se construire sur la base de l’instant de la naissance, d’abord parce que le processus de l’accouchement reste assez aléatoire du moins jusqu ‘à récemment avec la question des naissances provoquées médicalement. De même, l’archivage des dates de naissance et même la notation de l’heure auront longtemps été aléatoires. C’est pourquoi nous pensons qu’au départ, il s’agissait surtout pour une société donnée de déclencher certaines actions, lors du passage de la planéte défiée à la dite sociétés en tel point du ciel, essentiellement le lever et la culmination de la planéte considérée. Que, dès lors, l’enfant à la naissance soit sensible à tel passage de telle planéte en tel point du ciel ne saurait surprendre outre mesure. l’erreur de gauqueli aura été de croire que cela validait le moment de la naissance alors que ce moment n’était en fait qu’un épiphénoméne d’un processus en cours tout au long de l’existence du sujet; Autrement dit, l’astrologie selon Gauquelin serait une astrologie élective et non point horaire ou natale.
Le thème solaire consiste à prendre le signe solaire comme ascendant, ce qui permet de faire intervenir les maisons astrologiques activées par le passage d’une planéte dans telle ou telle maison. Les gens né sous un même signe solaire se retrouvent ainsi dotés d’un même thème, ce qui se rapproche d’une forme d’astrologie « mondiale ». Cette idée d’appartenance partagée nous semble moins toxique que celle du thème individuel que Barbault associa à la psychanalyse (cf De la psychanalyse à l’astrologie. Ed Seuil, 1961 qu’il publia dans sa quarantaine. Certes Barbault s’était-il fait connaitre par la collection Zodiaque qu’il dirigea à la fin des années 50, déjà aux éditions du Seuil), ce qui le conduisait fatalement à mettre tous les gens d’un même signe dans un même sac mais il y introduisait la prise en compte du thème natal de diverses personnalités. Disons que, pour notre part, nous n’accordons aucun crédit ni au thème solaire, ni au thème natal mais le premier nous parait sensiblement moins toxique que le second. La seule astrologie qui trouve grâce à nos yeux est celle que nous appelons « septénale » et qui impacte tout le monde de la même façon, si ce n’est – comme diraient les astrologues conditionalistes- qu’il faut tenir compte de facteurs extra-astrologiques et astronomiques pour que cela « marche »! Venons en au thème d’élection qui nous apparait avoir été validé par Michel et François Gauquelin mais sans avoir relié le thème d’élection à leurs travaux d’où leur référence constante au seul thème natal par manque de culture dans la littérature astrologique. Les publications de Gauquelin traitent d’un OVN (objet volant non identifié), ce qui les aura rendu inclassables.
Il se trouve, ironiquement, qu’en 1990, dans l’année qui précédé son décés, était paru, chez Pardés, à ma recommandation, un ouvrage de Claude Dariot, paru à Lyon, en 1558 intitulé Introduction au jugement des astres suivi d’un Traité des élections propres pour le commencement des choses », ce qui correspond à la notion d’astrologie élective/ Nous même en 1992 dans notre étude des Personnalités planétaires du même auteur qui venait de disparaitre, nous n’avions pas, il y a plus de 30 ans, signalé cette piste laquelle, désormais, nous semble la plus viable. Il est tout à fait probable qu’avec les travaux Gauquelin, l’on soit parvenu à valider cette astrologie des élections laquelle détermine la datation du « commencement des choses ». Or, la naissance est assimilable à une telle description si ce n’est que bien d’autres opportunités plus viables que celle de la naissance se présentent au cours d’une existence. On peut donc raisonnablement supposer que le foetus, déjà en possession du bagage adéquat, tende à déclencher l’accouchement lorsque les conditions planétaires propres à son déterminisme génétique, sont remplies, ce qui se reproduira par la suite, ce que Gauquelin n’aura pas songé à vérifier, ne voulant pas toucher à quelque forme que ce soit d’astrologie prédictive. Cette astrologie élective a historiquement ses lettres de noblesse dans la date de fondation d’une ville ou dans celle du déclenchement d’une bataille mais ne saurait, en aucune façon à une astrologie des interrogations, laquelle reléve de la mancie. Il importe de ne pas confondre astrologie horaire ou des interrogations et astrologie élective.
sur le web:
Astrologie élective : choisir une date auspicieuse
L’astrologie élective est une branche spécifique de l’astrologie, et l’une des plus anciennes. Il s’agit de choisir (élire) un moment auspicieux, en prenant en compte divers facteurs. Cet article a pour but d’introduire à certains principes essentiels de l’astrologie élective. Le postulat de base de l’astrologie élective est que l’on peut déterminer des informations sur la qualité et le futur de tout évènement ou projet en étudiant l’alignement du cosmos au moment de son commencement. Le thème astral sélectionné comme auspicieux est appelé une élection. »
L’astrologie exhumée par Gauquelin serait ainsi le résultat d’une distribution des planétes visibles à l’oeil nu, passant à l’horizon ou au méridien au moment de la naissance selon l’organisation professionnelle d’une société .On ne peut exclure une possibilité d’ »exploitation d’une telle auto-programmation (cf notre essai La Pensée Astrologique. in réédition Histoire de l’Astrologie de Serge Hutin, Ed artefact 1986 dont Gauquelin avait pris connaissance et sur laquelle nous avions échangé)Il faudrait pour cela recourir à la batterie de tests qu’il avait élaborée, reprise dans les Personnalités Planétaires, ouvrage paru après sa mort en 1992. Dans nos annexes aux Personnalités planétaires (pp; 346 et seq), nous écrivions » Il a pu se constituer des réflexes conditionnées, l’arrivée de la planéte en un point particulier du ciel étant le signe du début ou de la fin d’une action » . Nous ajoutions « Il va de soi que pour un tel phénoméne puisse se produire, il a fallu d’abord que cette corrélation aux astres ait lieu à un moment plus tardif, au cours de l’existence, que celui de la naissance ». Nous insistions sur le fait que seule une forme d’astrologie liée à des paramétres se représentant fréquemment -donc pas en référence au zodiaque mais uniquement au mouvement diurne, ne pouvait sous tendre un tel fonctionnement. Six ans plus tôt, en 1986, nous faisions lire à Gauquelin notre ouvrage » Si l’homme est lié aux astres, c’est la « faute » à l’homme (sous ses différentes formes) et c’est en l’homme qu »il faut examiner s’il a été possible qu’il se (re) ainsi aux planétes. » D’où la thèse de l’instrumentalisation du ciel par une certaine humanité (pp. 145 et seq)
Jacques Halbronn Les points zéro et les points 45 constituent une division octuple.
Il existe dans notre astrologie 8 points sensibles, répartis de 45 degrés en 45 degrés. 4 points « zéro » et 4 points » 45′. Les points zéro correspondent à la conjonction de Saturne avec les axes « tropiques », équinoxiaux et solsticiaux, ils mettent fin à l’indécision des points 45, lesquels se situent à égale distances d’un axe équinoxial et d’un axe solsticial, ce qui n’est pas sans produire quelque indétermination.. Chacun de ces 8 points a une orbe de 45 degrés, avec 22°30 en amont et 22°30 en aval, ce qui est en amont correspond à une esquisse et ce qui est en aval à une confirmation; ce qui prépare à la zone suivante du fait d’une réaction à certains excés. C’est ainsi que la conjonction « zéro » de Saturne avec un des deux axes passera le relais à une phase « 45″ au bout de 22°30 et ainsi de suite. Quelque part, la phase zéro est masculine, diurne et la phase 45 féminine, nocturne. On peut penser que les phases zéro seront qualifiées d’extremes, au sens politique du terme et qu’en alternance les phases 45 correspondront à des sensibilités de « centre », de « marais » comme on disait sous la Convention. les étoiles fixes royales correspondent aux points 45 et se trouvent en signes fixes. Les points 45 correspondent à 15° de l’un des 4 signes fixes.
Chaque quadrant de 90° se trouve divisé en 3 secteurs à savoir:
1 La fin d’une période(équinoxiale ou solsticiale) de 45° soit 22°30
2 une période centrale de 45° à mi distance des axes équinoxiaux et solsticiaux
3 le début d’une période (équinoxiale ou solsticiale) de 45° soit 22°30
Total 90°
On notera que cette période centrale articulée sur les 4 signes fixes renvoie au tétramorphe et aux étoiles fixes royales appartenant aux constellations du taureau (Aldébaran), du lion (Régulus), du Scorpion (Antarés) et du Verseau (Fomalhaut)
Jacques halbronn Saturne et les Quatre Elements. Le point aveugle de Saturne chez les historiens de la question
En 2006, il y a 20 ans, Alain Petit, historien de la philosophie, a publié dans le collectif Philsopphie, ville et architecture. La renaissance des quatre élément Sous la direction de Thierry Paquot et Chris Younès (Ed de la Découverte) un texte intitulé « Le cinquième élément Pensée antique de la quintessence chez Platon et Aristote » Vingt ans plus tard, les lacunes de l’auteur en matière d’ Histoire de l’Astrologie hypothèquent singulièrement son louable travail. Entre temps, en effet, nous avons mis en évidence, notamment par l’étude critique de la Tétrabible de Ptolémée; la différenciation entre Saturne et les 4 planétes situées entre le Soleil et le dit Saturne. (Mercure, Vénus, Mars et Jupiter), celles -ci devant être distinguées des luminaires. Nous signalions les perturbations survenues dans l’exposé du Tétrabiblos du fait de l’introduction de Saturne, ce qui conduisit à placer la Lune avec le Soleil (autour du solstice d’Eté) pour faire de la place à la dite planéte, celle-ci perdant, ipso facto, son statut à part.. Il est probable qu’Alain Petit n’aurait pas rédigé son texte comme il l’a fait en 2006, s’il avait été averti de notre genése de la Tétrabible. Pourtant l’accent que nous avons mis sur Saturne remonte à 1993 (Clefs pour l’Astrologie. Ed Seghers) suivi d’un texte intitulé L’Astrologie selon Saturne où nous insistions sur le caractère central de cet astre au point de traiter, par la suite, d’un saturnocentrisme de notre « systéme solaire, mais, cette fois, bien après la parution du texte d’Alain Petit. Sur un autre plan, le rapport du 4 au 5 était bien connu en Astrologie Chinoise dont Petit ne semble pas avoir tenu compte, cette école traitant d’un cinquième élement, associé à l’idée de quintessence et ce point là; en revanche, aurait pu et dû interpeller ce historiens depuis longtemps! En 1976, dans notre étude du Sefer Yetsira ( Livre de la Formation) nous avions signalé un glissement du sénaire vers le septénaire, dû au changement de statut de Saturne. Ce sénaire étant lui même constitué d’un quatuor de planétes et d’un axe des luminaires censé être activé par un cinquiéme facteur circulatoire, Saturne, à l’instar du pouce par rapport aux quatre « doigts » de la main. Rappelons que le tétramorphe (exposé dans le Livre d’Ezékiel (Ancien Testament) comporte 4 facteurs: le taureau, le lion, l’aigle et Adam que l’on retrouve avec les 4 signes fixes de l’astrologie et les 4 étoiles fixes « royales, Aldébaran, Régulus, Antarés, Fomalhaut) situées dans les constellations zodiacales. Il apparait que le Soleil aura joué le role dévolu à Saturne d’où la tradition des naissances zodiacales, liées au passage du Soleil dans l’un des 12 signes zodiacaux qui ne sont finalement que des représentations du quatuor planétaire et élémentaire avec le passage d’une division en 8 à une division en 12 (6×2) de l’écliptique (incluant Soleil et lune) avec, par la suite, l’ajout du cinquiéme facteur, Saturne, ce qui conduirait au septénaire se substituant au sénaire, lui même se substituant à une structure à base 4, tétramorphique sans parler à l’époque moderne d’un duodénaire base sur l’hypothèse de 12 planétes dans le systéme solaire, Uranus, Neptune, Pluton plus deux transplutoniennes (cf nos Clefs pour l’astrologie. Ed 1976 et 1993 et nos Mathématiques Divinatoires, Ed Trédaniel, 1983)
« Selon l’historien de l’astrologie Jacques Halbronn, le découpage en 12 est indissociable du calendrier et des 12 lunaisons dans l’année — l’ensemble des signes constituant un cycle annuel, et non la structure d’un homme — ce qui ne tient absolument pas compte des constellations. »
Or, c’est là une explication que nous récusons désormais. Pour nous, le 12 est d’abord le double de 6. Mais le dispositif de départ a été corrompu, comme nous nous en sommes expliqué récemment, par le passage de 6 à 7 en raison de l’addition de Saturne aux côté du schéma à base 6 à savoir les 2 luminaires et les 4 planétes centrales, Mercure Vénus, Mars et Jupiter. Dans la Tétrabible, il est d’ailleurs exposé qu’il existe pour chaque planéte un registre diurne et un registre nocturne.
Tétrabible (trad. Nicolas Bourdin, 1640) 7 — Des planètes diurnes et nocturnes Semblablement aussi, vu qu’il y a deux princi- paux intervalles du temps, le jour et la nuit, le jour s’accorde plus à la nature masculine, parce que pen- dant le jour la chaleur est plus grande et les natures plus vigoureuses et actives. Mais la nuit s’accorde à la nature féminine, à cause de l’humidité et de l’or- dinaire désir de repos. On dit donc que les planètes nocturnes sont la Lune et Vénus ; les diurnes, le Soleil et Jupiter ; et que Mercure participe de l’une et de l’autre condition5, à savoir quand il est oriental il est diurne, et quand il est occidental il est nocturne. Mais on attribue à l’une et à l’autre condition l’une des pla- nètes maléfiques, suivant en cela non la similitude, mais l’opposition de la qualité ; car lorsque des pla- nètes qui sont de bonne condition sont liées à celles qui sont semblables, leur bonté augmente, mais si des planètes dissemblables sont associées à des condi- tions pernicieuses, la force de leur malignité est atté- nuée. C’est pourquoi l’on associe à la chaleur diurne Saturne qui est froid, et Mars qui est sec à l’humidité de la nuit. Ainsi, l’un et l’autre rendus pondérés par une contraire constitution seront conséquemment dans une plus égale température.«
La lecture du Livre de la Formation (Sefer Yetsira, quasi contemporain de la Tétrabible), parle de 7 lettres doubles de l’alphabet hébraïque alors que le Resh ne comporte pas une telle dualité phonique à la différence des six autres (bagadkphat), ainsi la lettre Beith se prononce « Veith » quand elle ne comporte pas de dagesh (point central) Exemple Bevakasha (SVP) avec les deux usages de la même lettre.
Selon nous,le découpage en 12 secteurs correspond à une astrologie à base 6, donc Saturne étant exclu comme significateur mais central comme curseur. Ce serait donc une erreur que de se référer comme nous le faisions, à la suite de tant d ‘autres, aux 12 lunaisons pour expliquer la division en 12, à moins de supposer qu’il s’agisse là d’une clef mise en place par les concepteurs ET de notre systéme solaire.
Cette division en 12 aura conduit (cf nos Clefs pour l’Astrologie. Ed Seghers 1976 à conclure qu’il devait existe 12 astres dans notre systémé solaire, en englobant 3 planétes transsaturniennes et 2 transplutoniennes (cf Lisa Morpurgo, Nouvelle Astrologie, Larousse, 1974, André Barbault, Traité pratique d’astrologie, Ed Seuil, 1961, sous l’influence de Jean Carteret).
En fait, notre systéme solaire est saturno-centrique sous l’angle d’une anthropocosmologie et n’a besoin que d’un quatuor de planétes pour opérer, les luminaires constituant un ensemble doté d’un autre statut. Cela correspond notamment aux quatre saisons, aux quatre Eléments etc/ Le rôle de Saturne est d’impulser une cyclicité à base 7, ce qui est évidemment source de confusion. La semaine de 7 jours est selon nous shabbatocentrique (le nom hébraique de Saturne , dans le Sefer Yetsira, étant » Shabtay »), soit six Jours gravitant autour du jour du Shabbat.
JHB 20 03 26
Jacques halbronn Saturne et les Quatre Elements. Contribution à l’Histoire de la quintessence
La physique d’Aristote est une description de la nature qu’a proposée Aristote (384-322 av. J.-C.) dans son ouvrage Physique. Au XXIe siècle, son approche est désuète, même si sa théorie des quatre éléments est évoquée à l’occasion.
Le philosophe grec a tenté d’établir des principes généraux pour les changements dont les corps naturels sont les sièges, qu’ils soient vivants, inanimés, célestes ou terrestres – y compris les mouvements (changements par rapport à un lieu), les changements quantitatifs (changements par rapport à la taille ou au nombre), les changements qualitatifs et les changements substantiels (« devenir » [venir à l’existence, génération] ; « disparaître » [ne plus exister, « corruption »]). Sa physique couvre un champ de la connaissance aujourd’hui fragmenté en plusieurs domaines, dont la philosophie de l’esprit, l’expérience sensorielle, la mémoire, l’anatomie et la biologie. Sa physique constitue le fondement d’une partie de son œuvre.
Les concepts centraux de la physique d’Aristote sont la structuration du cosmos en sphères concentriques, avec la Terre au centre et les sphères célestes autour. La sphère terrestre est constituée des quatre éléments (terre, air, feu et eau, tous sujets à changer et à dégénérer). Les objets constitués de ces quatre éléments sont dotés de mouvements naturels : ceux composés de terre et d’eau tendant à tomber ; ceux d’air et de feu tendent à monter. La vitesse de leur déplacement dépend de leur masse et de la densité du médium. Aristote a avancé que le vide ne peut exister puisque les vitesses y seraient infinies. Ce qui l’a mené à proposer un cinquième élément : l’éther immuable, pour les sphères célestes.
Pour le philosophe grec, quatre causes expliquent les changements vus sur la Terre : la matérielle, la formelle, l’efficiente et la finale. La biologie d’Aristote(en) s’appuie sur l’observation des types naturels, à la fois basiques et de groupes auxquels ils appartiennent. Il n’a jamais conduit d’expériences dans le sens moderne du terme ; il s’est appuyé sur des données, des observations de procédures (telle la dissection) et a fait des hypothèses sur les relations entre les quantités mesurables (telles la taille des corps et les durées de vie).
Méthodes
Une page de Physique par Aristote, édition de 1837 en grec. Ce livre aborde plusieurs sujets, dont la philosophie de la nature et des parties qui sont aujourd’hui regroupées sous le vocable de « Physique ».
Même s’ils sont cohérents avec l’expérience humaine courante, les principes d’Aristote ne s’appuient pas sur des expériences contrôlées et mesurables. Elles n’expliquent donc pas notre univers de façon précise et mesurée, une attente exigée par la science moderne. Les contemporains du philosophe grec, tel Aristarque de Samos, ont rejeté ces principes en faveur de l’héliocentrisme. Leurs idées n’ont toutefois pas été largement acceptées, car le rejet des principes était difficile en s’appuyant uniquement sur les observations quotidiennes. Les développements de la méthode scientifique ont permis de défier les conceptions d’Aristote, notamment grâce à des expériences et à des mesures de plus en plus précises (par exemple, avec la pompe à vide et le télescope).
« En revendiquant la nouveauté de leurs doctrines, les philosophes naturels qui ont développé la « nouvelle science » du XVIIe siècle ont souvent opposé la physique « aristotélicienne » à la leur. Selon eux, la physique aristotélicienne mettait l’accent sur le qualitatif au détriment du quantitatif, négligeait les mathématiques et leur rôle dans la physique (en particulier dans l’analyse du mouvement local) et s’appuyait sur des principes explicatifs suspects tels que les causes finales et les essences « occultes ». Pourtant, dans sa Physique, Aristote caractérise la physique ou la « science de la nature » comme se rapportant aux grandeurs (megethê), au mouvement (ou « processus » ou « changement graduel » – kinêsis) et au temps (chronon) (Phys, III.4 202b30–31). En effet, la Physique est largement concernée par une analyse du mouvement, en particulier du mouvement local, et des autres concepts qu’Aristote juge nécessaires à cette analyse[trad 1],[1]. »
le 5e Elément saturnien en Chine. Olivier Peyrebrune (Gazette de la FDAF; octobre 2025); la Terre,
sur le web Le cinquième Elément chez les Grecs de l’Antiquité
« Le terme quintessence désigne la «quinte essence», littéralement le «cinquième élément» qui, avec la terre, l’air, l’eau et le feu, composaient l’Univers selon les Grecs. Substance éphémère, le cinquième élément servait à empêcher la Lune et les planètes de s’effondrer au centre de la sphère céleste.1 mars 2001
Le cinquième élément cosmique »
Les 5 éléments chinois : le wu xing
Il est impossible de réaliser une expertise Feng Shui sans comprendre comment les 5 éléments chinois interagissent les uns avec les autres. Ce concept est appelé Wu Xing ou, plus précisément, « wu zhong liu xing zhi qi » ce qui signifie « les cinq types de chi qui prédominent à différents moments ». Selon la cosmologie chinoise, tout ce qui existe appartient à l’un de ces 5 éléments ou phases. Ils forment les composants de base de toutes les matières, et de tout ce qui se passe dans la nature et dans notre corps. Comme ils caractérisent le Chi, je vais vous expliquer comment, en Feng Shui, on analyse si les relations entre ces éléments sont harmonieuses ou non (cf le glossaire Feng Shui pour plus de notions fondamentales).
Quels sont les caractéristiques des 5 éléments chinois ?
Le principe des 5 phases est né, comme les 8 trigrammes, comme le concept du Taiji, des observations réalisées par les anciens. A partir de la substance naturelle, on définit une propriété dynamique qui sert ensuite à catégoriser les objets, les phénomènes, les saisons, la météo, les goûts, les organes, les émotions…
L’élément Métal : il est associé aux zones Ouest (chiffre 7) et Nord-Ouest (chiffre 6). Sa saison représentative est la fin de l’Automne et le début de l’Hiver. Il est associé au temps sec, au goût piquant, au chagrin et au son ré. Les couleurs du Métal sont le blanc, le gris, le doré et l’argenté. Il est relié aux organes respiratoires tels les poumons, la bouche, le nez mais aussi la peau. C’est la phase des trigrammes Qian et Dui.
L’élément Bois : il est associé aux zones Est (chiffre 3) et Sud-Est (chiffre 4). Sa saison représentative est la fin du printemps et le début de l’été. Il est associé au vent, au goût aigre, à la colère et au son mi. Les couleurs du Bois sont le vert et le marron. Au niveau des organes, on trouve le foie et la vésicule biliaire. Il est également relié aux jambes, aux pieds et au bas du dos. C’est la phase des trigrammes Zhen et Xun.
L’élément Eau : elle est associée à une seule zone, le Nord (chiffre 1). Sa saison représentative est l’hiver. Elle est associée au froid, au goût salé, à la peur et au son la. Les couleurs de l’Eau sont le bleu et le noir. Au niveau des organes, on trouve le rein. Elle est également reliée aux oreilles, à la vessie, aux systèmes sanguin et urinaire. C’est la phase du trigramme Kan.
L’élément Feu : il est associé à une seule zone, le Sud (chiffre 9). Sa saison représentative est l’été. Il est associé à la chaleur, au goût amer, à la joie et au son sol. Les couleurs du Feu sont le rose, le rouge et le violet. Au niveau des organes, on trouve le cœur et l’intestin grêle. Il est également relié aux yeux et à la langue. C’est la phase du trigramme Li.
L’élément Terre : elle est associée au Nord-Est (chiffre 8) et au Sud-Est (chiffre 2). Dans le carré lo-shu, elle est aussi associée au centre (chiffre 5). Il n’y a pas vraiment de saison représentative car on la retrouve au début du printemps et aussi au début de l’automne. Elle est associée à l’humidité, au goût sucré, à la concentration et au son do. Les couleurs de la Terre sont le jaune et le orange. Au niveau des organes, on trouve l’estomac et la rate. Elle est également reliée à l’abdomen, aux mains et aux doigts. C’est la phase des trigrammes Gen et Kun.
Ainsi, on voit que chaque élément ou phase possède un chi qui lui est propre, porteur de caractéristiques vraiment différentes. Chaque phase interagit avec les autres éléments. Ces interactions ont été étudiées et on distingue 3 cycles : le cycle de production, de destruction et de contrôle.
Le cinquième élément Pensée antique de la quintessence chez Platon et Aristote par Alain Petit
Le « cinquième élément » n’est pas un clin d’oeil à Luc Besson (qui n’est pas l’un de mes cinéastes préférés), c’est l’une des doctrines fondamentales d’Aristote, et l’excuse pour l’évoquer est que j’ai voulu traiter de la question de l’élément au travers de ce qui, chez Aristote et peut-être déjà un peu avant, semble en quelque sorte en contester la conception fondamentale. Ce qui est classique pour les Anciens, et peut-être ce que l’on en a retenu — d’ailleurs, on le voit encore précisément chez Bachelard—, c’est qu’il y ait quatre éléments. Ce qui contribue à la notion fondamentale de l’élément, c’est que l’on soit parvenu à un état que longtemps on a considéré comme indépassable, à savoir que l’eau, la terre, le feu et l’air entretiennent une sorte de jeu, qu’on peut appeler à certains égards un jeu d’articulation, de circulation. On voit Aristote d’une certaine façon intégrer ces quatre éléments à partir de leur fondateur, Empédocle, et en même temps les subvertir par la notion du cinquième élément. Il nous permet de comprendre l’élément en le prenant à l’envers. C’est cette stratégie que j’ai voulu utiliser pour comprendre l’élément : retournons ce qui est en jeu dans les quatre éléments pour comprendre la genèse et la nécessité de l’introduction philosophique du cinquième. Donc je vais mettre en place les deux personnages principaux, dramatis personae, comme disaient les Anciens, Empédocle et Aristote—qui ont beaucoup en commun. Empédocle est pour nous l’un des grands poètes-philosophes de l’Antiquité, le grand précurseur de Lucrèce précisément sur la question de l’élément. Empédocle est celui qui pense les éléments selon le quadriparti (comme dira bien plus tard Heidegger en référence directe à Empédocle). Le monde est quadriparti ; il y a quatre éléments ni plus ni moins. Or ce n’était pas chez les Anciens une position unanime, ce n’était peut-être même pas une position évidente. Essayons de resituer Empédocle par rapport à l’un de ses grands prédécesseurs, Héraclite (certainement du même calibre philosophique que les deux autres). Héraclite considère, si je puis dire, qu’il vaut mieux penser une monarchie de l’élément, qui est en l’espèce celle du feu. Il n’y a pas quatre éléments, il ne peut pas y avoir quatre éléments, il ne peut y en avoir qu’un. Si je pose la question : « Qu’y a-t-il d’élémentaire dans le monde ? » je me pose la question, je traduis directement le concept d’élément dans un autre. Quand on se pose la question de l’élément, pour un Grec, un Grec présocratique si vous voulez — mais ça restera le sens fondamental, même pour Aristote —, on se pose la question de l’origine de ce qui est dans le monde. Autrement dit, l’élémentaire, c’est ce dont tout le reste provient. Ce n’est pas le rudimentaire, c’est l’originaire. Il faut de fait polémiquer philosophiquement contre l’idée que l’élément soit le matériau, idée reçue à certains égards dans la pensée philosophique depuis lors, et qu’Aristote lui-même ne ratifie pas. L’élémentaire, ce n’est pas le matériau. Cette confusion s’est opérée dans l’un des premiers réseaux d’architecture et philosophie, j’ai nommé Vitruve, dans la tradition romaine. Ça c’est le premier réseau. Vitruve, dans son Traité d’architecture, fait précisément référence à la pensée présocratique des éléments (il me semble que c’est en ouverture au Livre III), quand il traite de la question du matériau de l’architecte. C’est très remarquable, il fait un exorde philosophique — il a une connaissance très réelle en la matière — et, au moment de traiter de la question du matériau pour l’architecte, il fait référence aux grands présocratiques, Thalès, les Ioniens et Empédocle. Pour Vitruve, l’intérêt que l’architecte peut prendre à la pensée de l’élément, et nous sommes précisément dans notre élément d’aujourd’hui, c’est d’y voir en quelque sorte le matériau primitif, ce qu’on pourrait appeler le ) « constituant irréductible ». Or, tel n’est pas le point. Il me semble qu’on commence à prendre le change à partir de là. On peut déjà attester de cette confusion au moins chez Vitruve, mais elle doit être plus ancienne, je présume. Il s’agissait en fait pour Héraclite, qui est l’un de nos grands témoins à cet égard, de penser une origine à partir de laquelle ce qu’il convenait d’appeler élément pourrait être tenu pour irréel. Il n’y a pas quatre éléments, il n’y en a qu’un, les autres ne sont que des transformations du feu. Le feu se transforme en autant de facettes qu’Empédocle précisément va appeler éléments, c’est un tenant de la monarchie du feu. Comment Empédocle, à partir d’une référence aussi écrasante, en vient-il à penser sa tétrarchie des éléments, ce qui veut dire qu’il y a une stricte égalité entre les quatre ? La doctrine classique des éléments, celle dont nous avons hérité et qui vient en droite ligne d’Empédocle, c’est celle de l’égalité entre l’air, le feu, l’eau et l’air. « Ils se partagent, dit Empédocle, la souveraineté dans le monde. » On peut les considérer maintenant sous deux aspects. Tout d’abord, l’univers tel qu’il est comporte une égale représentation des quatre, donc l’univers est quadriparti au sens où Heidegger le dira, et c’est exactement ce que veut dire Empédocle, le monde n’est rien de plus que cette quadripartition. L’un des enjeux serait de s’interroger sur le rapport entre les éléments et le monde. De fait, ce sera décisif pour la pensée d’Aristote. Est-ce que le monde est plus que les quatre éléments, est-ce que le fait qu’il enveloppe les éléments signifie qu’il est lui-même quelque chose de plus ? C’est ce qui est décisif pour les Grecs. J’espère ne pas être trop hétérodoxe en insistant sur le fait que la pensée des éléments, pour les Grecs, loin justement de la réduction de Vitruve, est une pensée théologique. C’est peut-être une physique. Il est convenu de dire que c’est une physique et à certains égards c’est en effet la grande physique des Grecs, mais cette physique c’est une théologie. C’est un point dont il faut prendre acte. Les éléments sont des dieux pour Empédocle, comme le feu l’était pour Héraclite. Ce qu’il y a de plus véritablement divin, en dehors de l’amour et de la haine, sur lesquelles je vais revenir, qui en quelque sorte préside à leur assemblage ou à leur dissociation, les premiers dieux ce sont les éléments. Ils portent d’ailleurs éventuellement des noms de dieux (le feu c’est Zeus). Vous avez une équivalence entre les noms des dieux et les noms que nous donnons classiquement aux éléments. Il arrive à Empédocle de les nommer par les noms de dieux plutôt que par leurs noms d’éléments. Donc en ce sens-là ils sont vivants. Ils sont vivants comme le sont des dieux, c’est-à-dire des vivants immortels. Le monde est un dieu—c’est la grande pensée des Grecs—, le monde est un dieu et contient en quelque sorte ces dieux, au nombre de quatre, qui se partagent, comme dans le monde d’Homère, la souveraineté. Simplement, d’Homère à Empédocle, on est passé de la souveraineté de Zeus et de celle d’Hadès à celle du feu ou celle de la terre. Entre ces dieux, pas de prépondérance, pas de souveraineté de l’un sur l’autre, c’est leur égalité fondamentale. D’autre part, chez Empédocle, il y a un point qui va effectivement susciter une grande difficulté, c’est que les éléments ne se transforment pas les uns dans les autres. Il n’y a pas circulation, il y a en quelque sorte lutte, mais on ne dit pas que le feu devient autre chose. Je pense que c’est pour bloquer toute possibilité de penser à la manière d’Héraclite qu’Empédocle refuse la transformation, qui nous paraît liée à la doctrine classique des éléments, mais qui en fait a été introduite et plutôt pérennisée par Aristote. S’il y a transformation d’un élément dans un autre, c’est précisément ce qui va permettre à Aristote de subordonner les quatre éléments au cinquième. C’est un point décisif que si je veux garder les quatre éléments dans leur souveraineté aristocratique, de pair, il faut que je refuse qu’ils se transforment les uns dans les autres. Si je concède qu’ils se transforment les uns dans les autres, je vais arriver à une position comme celle d’Aristote, qui consiste très exactement à dire que les quatre éléments, dans leur jeu de circulation et de transformation mutuelle, ne sont pas ce qu’il y a de plus haut. En quelque sorte, c’est la raison du titre et de la doctrine du cinquième élément, le cinquième élément d’Aristote c’est l’élément qui se subordonne les quatre et qui, lui, ne se transforme en aucun autre, et qui ne provient d’aucun autre. Il est en ce sens là l’élément absolu. Vous avez un paradoxe, dans cette idée de cinquième élément, sur lequel je voudrais insister. En quel sens, le lui-même (je renvoie sur ce point au livre décisif qu’est son Traité du ciel, en particulier au premier chapitre du premier Livre), cinquième élément pourquoi ? Il semblerait bien qu’avec Empédocle on ait en quelque sorte épuisé les éléments, quatre ni plus ni moins. Pourquoi un cinquième ? À proprement parler, il n’y a pas de raison qu’il y en ait un, puisqu’ils se partagent l’univers exactement. Si un cinquième élément intervient, et c’est tout l’intérêt me semble-t-il de cette notion, c’est parce que Aristote va assumer ce qu’il y a de fondamental dans l’élément en transposant dans un élément supérieur ce qui pouvait valoir pour les quatre autres. Il opère ce que la philosophie a appelé bien plus tard une sursomption de ce qu’il y a d’élémentaire dans le cinquième élément (je renvoie ici à Hegel). Je commencerai par m’interroger sur le sens de la version classique dans la théorie des éléments, qui est celle d’Empédocle. Je vais revenir brièvement sur certains points. Je voudrais resituer, puisque je parlais de théologie, la discussion en partant d’un propos d’Aristote qu’on appelle doxographique, c’est-à-dire un propos où Aristote renvoie à certains de ses prédécesseurs et fait allusion à une doctrine à la fois relative au monde et relative aux dieux, c’est-à-dire à la fois cosmologique et théologique (vous la trouverez dans le Traité du ciel, premier Livre, dixième chapitre). C’est à propos d’une question fondamentale pour lui qui est celle de l’éternité du monde. Il y a une pensée qui d’une certaine façon à la fois le fascine et l’embarrasse, qui consiste à dire — et c’est une pensée présocratique tout à fait cruciale — que le monde à proprement parler est éternel, mais sur un mode très intéressant qui est typiquement empédoclien, qu’il est rythmique. Vous avez un rythme cosmique fondamental aussi bien chez Héraclite que chez Empédocle. Ils sont d’ailleurs rassemblés par Aristote dans la même citation : « D’autres disent que le monde qui est soumis à un rythme alternatif [le terme grec est enallax] se trouve tantôt dans un état tantôt dans un autre, et que ce processus se poursuit sans cesse. » Autrement dit, le monde ne naît pas, il ne périt pas, mais il ne reste jamais dans la même situation, dans la même condition, dans le même état. Il Le cinquième élément 85 La Découverte | Téléchargé le 17/06/2026 sur https://shs.cairn.info via Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (IP: 193.55.98.4) se transforme toujours et il ne périt jamais. Donc, vous avez une éternité mais une éternité très embarrassante pour quelqu’un comme Aristote qui, lui, veut une éternité où le monde soit toujours le même et dure. Ce que j’appelle une éternité durative. Alors que là vous avez ce que j’appellerais une éternité rythmique. Chez Héraclite, cela veut dire que l’on va de l’un au multiple et du multiple à l’un. Et chez Empédocle c’est la même chose, à la doctrine des éléments près. Chez Héraclite, le monde vient du feu, et la nature du monde c’est d’être l’ensemble des transformations du feu. Héraclite dit même littéralement « le feu, ce monde-ci ». Pour Empédocle, la situation est nettement plus complexe, c’est d’ailleurs un des points d’achoppement dans l’interprétation de cet auteur : le monde où les quatre éléments se trouvent différenciés, où effectivement l’eau, le feu, l’air et la terre apparaissent dans leur souveraineté et dans leur région respectives. Ce monde n’est pas toujours dans l’état où nous le connaissons, sinon il n’y aurait pas ce rythme dont je parle. Les éléments mènent une double vie : tantôt ils sont fondus les uns dans les autres, c’est ce qu’Héraclite appelle le sphairos, et pour lui c’est le dieu, le dieu lui-même. Le dieu suprême, ce sont les quatre éléments qui ne font qu’un. Le sphairos qui mène une vie joyeuse dans sa solitude… Les quatre éléments vont apparaître lorsque ce sphairos, sphère parfaite où il n’y a plus qu’une seule chose, va se démembrer. Le monde naît du démembrement du dieu sphère, comme Dionysos a pu être démembré. Le sphairos se démembre et les quatre éléments vont apparaître. Ils étaient déjà là. Aristote dira, d’un concept qui n’était pas celui des présocratiques : ils étaient déjà là en puissance. En fait ils étaient déjà là mais rassemblés complètement en ne faisant plus qu’un. Ce n’est pas un monde, c’est plus qu’un monde. C’est une sphère purement divine. Les quatre éléments sont des dieux issus du démembrement du dieu sphère. Lorsqu’ils se sont dissociés pour se former, apparaître phénoménalement comme ces éléments que nous connaissons, le feu, l’air, l’eau, la terre, les quatre éléments doivent se rassembler, ils ne sont pas donnés comme cela d’emblée, il faut que j’arrive à les penser Concepts croisés 86 La Découverte | Téléchargé le 17/06/2026 sur https://shs.cairn.info via Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (IP: 193.55.98.4) dans leur genèse. Et leur genèse, c’est ce qui est issu de l’unité parfaite qu’ils forment dans un état divin. Le problème qui apparaît avec Empédocle sera celui d’Aristote mais il ne sera pas résolu de la même façon par les deux. Avec Empédocle, les quatre éléments ont vocation de temps en temps à ne plus faire qu’un, alors il ne s’agit plus d’élément, on est dans le sur-élémentaire. On n’est même plus dans le monde… Empédocle dit : le monde, les quatre éléments qui forment le monde se souviennent de leur condition lorsqu’ils ne faisaient plus qu’un dans le sphairos. En quelque sorte, ils aspirent à une harmonie perdue. Lorsqu’ils se constituent en monde, les quatre éléments sont le substitut d’une harmonie perdue. Ils sont quatre mais ils voudraient ne faire qu’un. C’est pourquoi ils recherchent l’harmonie. Les éléments tendent, nous disent les Grecs, à quelque chose. Les éléments tendent à quelque chose qui les surpasse. C’est ce qui est contenu dans la philosophie d’Empédocle, qui n’est pas simplement une physique, contrairement à l’idée qu’on s’en fait souvent. Il s’agirait plutôt de ne pas réduire la nature des Grecs, physis, à ce qui pour nous serait purement physique, à un matériau, la réduction de l’élémentaire au matériau. Dans la physis des Grecs, l’élément n’est pas un matériau. Il est beaucoup plus, il peut être un dieu, il peut être une région du monde, il se trouve être les deux. On peut lire l’élément selon les deux registres, à la fois celui d’une région du monde, éventuellement d’un constituant des corps, et celui d’un dieu. La notion de matériau est beaucoup trop pauvre pour rendre compte de ce que pense Empédocle en parlant d’élément. Passons maintenant à la transformation profonde qu’Aristote introduira dans cette doctrine, sur un mode d’ailleurs assez ambigu. D’un côté, il est celui qui rend les quatre éléments canoniques. D’une certaine façon, l’apport d’Empédocle, il l’intègre. Avec Aristote, il est convenu qu’il y a quatre éléments dans le monde, enveloppés dans le monde, qui se transforment dorénavant les uns dans les autres, qui naissent les uns des autres. C’est tout leur désavantage, ils ne sont plus des dieux. Les quatre éléments perdent leur qualité de dieu, au profit d’un cinquième. Pour qu’il y ait quatre éléments, il faut qu’il y en ait un cinquième. C’est entièrement lié à la transformation, que je Le cinquième élément 87 La Découverte | Téléchargé le 17/06/2026 sur https://shs.cairn.info via Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (IP: 193.55.98.4) voudrais introduire maintenant comme condition de possibilité de la doctrine du cinquième élément, et elle tient au refus par Aristote de cette éternité rythmique, qu’il décrit lui-même à propos d’Empédocle. Il n’est pas possible d’avoir un monde éternel, par stop and go, par cyclicité, par passage d’un état à un autre, comme si le monde se corrompait mais ne périssait pas. Autrement dit, le monde doit être éternel au sens que nous accordons encore maintenant à ce concept, le monde doit être éternel, c’est-à-dire qu’il doit toujours être ce qu’il est maintenant. Il a toujours dû être ce qu’il est maintenant, il ne s’est pas transformé, c’est le point sur lequel Aristote insiste. Quel est l’élément qui va permettre de penser cela, que le monde soit toujours ce qu’il est maintenant ? Qu’il n’ait pas à passer à l’état où il est maintenant, contrairement à ce que dit Empédocle, qui a l’immense mérite—c’est d’ailleurs pourquoi certains contemporains, dans la poétique de l’élément en particulier, y attachent de l’importance —, d’introduire une histoire dans l’éternité, un devenir. L’éternité comporte une histoire, on n’est pas toujours dans la même position, on ne se contente pas de prolonger une certaine condition, il faut changer pour rester le même. Et les quatre éléments contribuent à ce changement interne. C’est leur propre vie qui est l’éternité. Avec Aristote, on a modifié le concept d’éternité, et tout s’ensuit. On a décidé que l’éternité ce devait être, dorénavant, un monde qui a toujours été ce qu’il est et qui sera toujours ce qu’il est. Le « devenir » a été retiré de l’éternité. On n’a plus ce retour à l’origine, ce démembrement, ce qui revient toujours pour donner naissance au monde, une cosmogenèse multipliée, comme diraient certains modernes… Il n’y a pas de cosmogenèse du tout : il y a un monde qui est parfait et qui n’a pas d’histoire. Il faut un élément pour cela, dit Aristote. Pourquoi ? On ne peut pas dématérialiser complètement le monde, mais il faut dématérialiser son cinquième élément, suffisamment pour pouvoir penser son éternité physique. Le cinquième élément est un concept qui tend vers la dématérialisation mais qui n’y parvient pas complètement. C’est une quintessenciation, c’est le cas de le dire, des quatre éléments, dont parlait Empédocle, qui avaient un statut physique par ailleurs reconnaissable. La quintessence, c’est en effet la forme que Concepts croisés 88 La Découverte | Téléchargé le 17/06/2026 sur https://shs.cairn.info via Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (IP: 193.55.98.4) prendra plus tard la doctrine du cinquième élément, qui s’appellera dans la tradition latine et médiévale quinta essentia, cinquième essence ou cinquième élément. Essayons de voir en quoi l’élément qui est le cinquième nous permet de penser les autres par la sursomption, et en même temps ce qu’il a d’exceptionnel, en quoi il est un élément d’exception par rapport aux éléments dans leur version classique. Aristote prolonge ce qu’Empédocle nous laissait déjà entrevoir, mais il va apporter quelque chose de tout à fait essentiel, c’est la notion de lieu. Ce qui aux yeux d’Aristote faisait défaut à Empédocle, c’était le rapport entre l’élément et le lieu. L’autre grande innovation d’Aristote, et elle sera en effet tout à fait cruciale pour une bonne partie de l’histoire de la science et pour la philosophie contemporaine, surtout en phénoménologie puisque c’est là que la notion de lieu refait surface, va dire qu’à un élément doit correspondre un lieu, qu’Aristote appelle son lieu propre. Le feu tend vers son lieu comme la terre tend vers son lieu, il se trouve qu’ils tendent vers des lieux opposés. En d’autres termes, l’élément feu ou l’élément terre a une tendance interne à une direction naturelle en tant qu’il est soumis à son lieu. Vous avez un texte très remarquable, qui est aux confins exacts de la physique et de la métaphysique, très exactement là où se situe à mon avis la pensée du cinquième élément. Ce texte se trouve dans le Traité du ciel, au quatrième Livre, chapitre 3 : « Lorsque l’air naît de l’eau » (puisque dorénavant les éléments se transforment) « et le léger du lourd, il se porte vers le haut » (ce sera son lieu propre), « c’est au même moment qu’il est léger, qu’il cesse de venir et se trouve là-haut ». Que faut-il tirer de cette phrase au demeurant sibylline ? C’est la très grande proximité, voire la quasi-identité entre la tendance de l’élément, ce qu’il veut être—ou ce qu’il doit être, c’est-à-dire la conformité à son essence —, et le lieu. Pour que l’air soit l’air, parvienne à être l’élément qu’il doit être, il faut qu’il atteigne son lieu. C’est donc le lieu qui est pré-donné dans le monde, qui n’est donc pas quelque chose d’arbitraire ni de relatif. Il y a des lieux dans le monde, ce n’est pas nous qui instituons ces lieux, ils ne sont pas relatifs à nos déplacements, ils ne sont pas inscrits par nous dans le vide. Il n’y a pas de vide. Le cinquième élément 89 La Découverte | Téléchargé le 17/06/2026 sur https://shs.cairn.info via Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (IP: 193.55.98.4) D’ailleurs, la pensée de l’élément n’est pas compatible, elle évacue un vide propre aux mathématiciens, un vide de la physique mathématique, et on en a souvent fait grief à Aristote du point de vue de l’histoire de la science, mais il faudrait peutêtre se demander ce qui pour sa métaphysique est crucial. Le lieu, c’est en quelque sorte une qualité intrinsèque du monde, une direction déterminée, qui permet aux éléments de s’identifier les uns par rapport aux autres. Tant que l’air n’a pas gagné son lieu, il n’est pas ce qu’il a à être. Cela ne se trouve pas dans la doctrine d’Empédocle. La doctrine la plus sophistiquée, la plus complète des quatre éléments se trouve là : c’est l’association de chaque élément fondamental, de chacun des quatre, à son lieu dans le monde. Seulement, il y en a un qui fait exception, c’est le cinquième, qui n’est donc pas un élément de plus mais qui est un élément en dehors (cinquième, cela veut dire excepté, cela ne veut pas dire quatre plus un). Il est en dehors d’eux, il les enveloppe. Alors, que lui arrive-t-il à lui ? Il est l’élément qui a un mouvement purement circulaire. Quelle est la caractéristique d’un mouvement circulaire ? Interrogez-vous sur son lieu. L’air gagne son lieu, la terre gagne son lieu, qui se trouvent être inverses, de direction opposée. Mais quel est le lieu de ce corps qui va s’appeler éther, c’est-à-dire qui est toujours en train de courir, selon l’étymologie fantaisiste que propose Aristote à la suite de Platon (aithêr, ai-thêr) ? L’élément qui est toujours en train de courir parce qu’il n’a pas de cessation de son mouvement, ni d’origine, c’est un élément qui court toujours car il a comme propriété de tendre, de tendre au même. Le lieu d’un élément qui tourne en rond, c’est le même. Un des beaux paradoxes d’Aristote est le suivant : l’élément que nous avons ici, qui est un élément privilégié et même excepté, le cinquième, c’est l’élément du tout. C’est en cela qu’on a quitté la doctrine classique des quatre éléments, c’est l’élément du tout, pas un des éléments. Vous avez le paradoxe, presque un oxymore, d’avoir l’élément de la totalité, l’élément de la sphéricité, c’est-à-dire de l’univers en tant qu’il est complet. Quelle est l’élément de la complétude ? C’est le cinquième élément. Concepts croisés 90 La Découverte | Téléchargé le 17/06/2026 sur https://shs.cairn.info via Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (IP: 193.55.98.4) J’insisterai sur deux ou trois propriétés qui permettent de vérifier ce caractère d’exception de notre cinquième élément aristotélicien. Je voudrais voir en même temps en quoi, pour nous, c’est un enjeu décisif. Le rapport au lieu est évidemment crucial, et le cinquième élément déjoue ce rapport que nous tenons, qu’Aristote lui-même tient pour classique, entre le lieu et l’élément. Je précise ce point. Aristote nous disait tout à l’heure : le feu a besoin de devenir feu, de s’accomplir comme feu. Pour cela il faut qu’il atteigne son lieu. En même temps qu’il atteint son lieu, il devient ce qu’il est — c’est la doctrine de l’essence —, et sa matière à ce moment-là est à peu près conforme à son essence. Il est de sa matière et dominé par son essence. Même ces éléments-là ne se réduisent pas au matériau. On distingue la matière première et l’élément, chez Aristote. C’est précisément cette distinction, au demeurant abstraite, qui nous permet de comprendre que l’élément est plus qu’un matériau, puisqu’il tend à son lieu. Il n’a peut-être pas une vie, mais il a en tout cas une tendance fondamentale, il a une direction. Il n’est donc pas disponible pour des artefacts ou des opérations de pure manipulation. Il y a une donnée naturelle de l’élément, qui lui prête des qualités intrinsèques et même tendancielles. Il ne se prêtera donc pas à toute opération. L’art devra donc compter avec cette tendance propre à la nature, qui ici se caractérise par la tendance vers le lieu. Il y a donc une norme propre à la nature des éléments : leur essence, qui se confond avec le fait qu’ils atteignent leur lieu. Ils ne sont pas d’abord rassemblés tant qu’ils n’ont pas atteint leur lieu. L’élément, en tendant vers son lieu, se totalise lui-même. Une exception, justement, le cinquième. Du fait du mouvement qui lui est d’emblée prêté, qui est le mouvement de pure circularité ou de pure circulation plus exactement, cet élément n’a pas à devenir ce qu’il est, il est toujours déjà. C’est pourquoi il est l’élément du monde, parce qu’il est l’élément de l’éternité. Curieux paradoxe d’ailleurs que de rechercher pour l’éternité un élément. On n’est pas passé à la dématérialisation absolue. Aristote ne raisonne pas comme si le monde, tout éternel qu’il est, tout en étant éternel, ne devait pas avoir de corps. Ce qui Le cinquième élément 91 La Découverte | Téléchargé le 17/06/2026 sur https://shs.cairn.info via Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (IP: 193.55.98.4) l’intéresse, c’est une éternité physique. Il est donc en quête, de façon parfaitement cohérente, de l’élément qui lui permettrait de rendre compte de cette éternité physique du monde, le fait qu’il soit déjà toujours ce qu’il est. D’où ce mouvement qui est un mouvement sur lui-même, un mouvement dans lequel il n’y a pas de transformation. L’élément est toujours déjà ce qu’il est et il se contente de revenir toujours au même point. Le mouvement du cinquième élément, c’est un mouvement qui s’annule. Ce qui n’est pas le cas des autres, puisqu’ils ont un lieu propre. Il est en quelque sorte, si je puis dire, subtilement délocalisé en étant affecté d’un mouvement circulaire. C’est la première négation qui affecte cet élément et en fait une exception par rapport aux autres. Mais cela nous permet en même temps de comprendre ce que sont les autres. Cela nous permet a contrario de comprendre qu’elle est la nécessité du lieu pour un élément de premier ordre, pour l’un des quatre, pour un élément on pourrait presque dire proprement dit, c’est-à-dire à l’intérieur du monde, intramondain. Prenons d’autres caractères qui vont accentuer encore cette transformation subtile du cinquième élément, qui n’est plus un élément absolument parlant comme les autres. J’ai insisté sur ce paradoxe du lieu, je crois qu’il faudrait insister aussi sur le fait que cet élément ne provient pas d’une transformation d’autres éléments. Cet élément est le seul à ne pas être le fruit d’un autre qui serait transformé. Tous les autres se transforment les uns dans les autres, sauf lui : il est donc excepté du cycle élémental — ou élémentaire, mais élémental serait certainement ici plus juste —, il est seul de son espèce. En quelque sorte, il est hors de son espèce, on est en train de tendre à le faire sortir de l’espèce. Enfin, et surtout, il n’a pas besoin de se rassembler ni de se disperser. L’éternité a besoin de cet élément qui est l’élément parfaitement durable, inaltérable, ce qui se confond étonnamment d’ailleurs avec l’idée que la cosmologie la plus abstraite peut se faire de la matière. Je pense à Démocrite, qui se fait de la matière une idée d’inaltérabilité. Pour Aristote, qui ne se fait pas du tout de la matière cette idée-là, ce qui est inaltérable c’est ce qui tend à se dématérialiser. C’est un élément qui tend vers le divin, en quelque sorte, c’est un élément quintessentiel. Concepts croisés 92 La Découverte | Téléchargé le 17/06/2026 sur https://shs.cairn.info via Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (IP: 193.55.98.4) Je m’interrogerai sur l’intérêt que présente ce cinquième élément par rapport aux quatre autres. Il permet de voir, en tant qu’il sort du jeu même des quatre éléments, ce qui est fondamental pour eux. Aristote ne fait nullement disparaître la doctrine classique des quatre éléments, on peut même dire que, d’une certaine façon, avec les modifications qu’il lui apporte, et avec l’introduction, tentée par Cicéron par exemple, de ce cinquième élément, il permet de comprendre pourquoi les quatre éléments ne font pas un monde mais sont dans un monde. Cette différence est tout à fait cruciale. Pour Empédocle, le monde, ce sont les quatre éléments ; le monde est épuisé par leur tétrarchie. Avec Aristote, il faut pouvoir penser le fait que les quatre éléments sont dans un monde, qu’ils ne suffisent pas à faire un monde, il faut un élément du monde qui puisse envelopper les quatre éléments. Qui pose quatre éléments en pose un cinquième. Je crois qu’on pourrait presque formuler la structure foncière de la pensée, plus que de l’argumentaire, d’Aristote de cette façon : qui pose quatre éléments en pose nécessairement un cinquième, pour pouvoir les envelopper, pour pouvoir les penser à l’intérieur d’un kosmos, c’est-à-dire d’un ordre et non pas d’une totalité spatiale. Aristote n’est pas en quête d’un espace qui enveloppe les quatre éléments, il est en quête d’une totalité organique qui permette d’envelopper ces quatre éléments. S’ils se transforment les uns dans les autres, il faut que j’aie déjà un monde pour pouvoir les inscrire. Ce n’est pas d’un espace que j’ai besoin, ce n’est pas d’une matière que j’ai besoin, ce n’est pas d’une forme que j’ai besoin. On pourrait presque dire : c’est d’une vie du cinquième élément que j’ai besoin, dans son caractère quasi divin. Aristote a légué à la philosophie un étrange élément, un très curieux élément, qui aura une fortune très réelle mais parfois très étrange, sous la forme de la quintessence. Cette doctrine que j’ai essayé d’analyser, je l’ai surtout puisée dans le Traité du ciel. Il se trouve, et ce n’est pas un des moindres paradoxes de cet auteur, qu’il se pourrait fort bien qu’il ait eu du cinquième élément une idée encore plus forte, sur laquelle je conclurai de façon un peu plus conjecturale : il se trouve qu’elle appartenait aux oeuvres de jeunesse, pour nous perdues mais Le cinquième élément 93 La Découverte | Téléchargé le 17/06/2026 sur https://shs.cairn.info via Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (IP: 193.55.98.4) dont nous avons des traces chez des auteurs bien postérieurs, comme Jamblique (vers 250). Or, Aristote a écrit un ouvrage célèbre dans l’Antiquité qui s’appelle le Protreptique, qui est l’invitation à la philosophie, à l’époque même où il appartenait encore à l’Académie de Platon. D’après les traces que nous avons pu reconstituer, il semble qu’Aristote, très tôt, dans sa période académique même, ait eu l’idée de ce cinquième élément, mais il ne l’aurait pas placé là où, un peu plus tard, peut-être dans le Traité du ciel, il l’a placé. Le cinquième élément, c’est l’élément du dieu et de l’âme, dit la tradition qui nous a conservé cette idée qui vient probablement du Protreptique, de l’invitation à la philosophie. Le cinquième élément, c’était l’élément de la communication au corps de cette fonction que l’on appelle la fonction organisatrice. Que ce soit l’élément de l’âme, comme il l’a probablement pensé d’abord, ou que ce soit l’élément du tout, du monde, il a toujours gardé, quels que soient ses usages, la même acception fondamentale, la même fonction qui est celle d’élément organisateur d’une vie, une vie qui peut s’avérer alors pour le monde être une vie éternelle
jacques halbronn Subconscience/instinct versus Droit, Education. Astrologie Septénale.
Il y a des périodes de même durée, où la Subconscience s’impose et d’autres où elle est refoulée. C’est ainsi que les enfants parviennent à « faire la loi’ , à imposer leur mode de fonctionnement à leurs parents. Il serait tout à fait excessif de tout mettre sur le compte de l’éducation, de la culture ambiante. Les enfants ont leurs propres repéres et valeurs que l’on peut tout au plus tenter de moduler, de modérer. Dans la vie de la Cité, il existe des périodes subconscientes que le Droit s’efforcera assez vainement de déterminer en niant l’existence d’horloges « internes ». Nous sommes donc en présence d’un double déni, visant une programmation innée en ne voulant croire qu’aux acquis. Cela dit, d’un point de vue cyclologique et au prisme de l’astrologie septénale, il apparait qu’en phase équinoxiale, il faille s’attendre à un refoulement des forces subconcientes, lesquelles reviennent en force en phase solsticiale. On pense notamment à un déni de la race et du langage non verbal, ce qui va justifier la colonisation et l’immigration, déni assumé à la fois par le colonisateur et par l’immigré. De même les femmes, de nos jours, auront tendance à nier toute programmation sexuée de façon à étayer un certain idéal d’égalité, sous tendu par tout un arsenal juridique.. Mais, la phase solsticiale (re)met les pendules à l’heure en dénonçant certains excés et de même en sens inverse pour la phase équinoxiale avec laquelle elle alterne.
La période actuelle, étant équinoxiale, de par l’entrée de Saturne sur l’axe bélier -balance , est marquée par un déni des structures fondamentales, une volonté d’en relativiser l’importance, en tout cas, d’où la sacralisation par l’instrumentalisation du Droit, de la Loi, notamment par son volet répressif, du processus d’immigration, présenté abusivement comme irréversible, En réalité, l’on ne peut qu’observer la prédominance des clivages subconscients – dans le temps comme dans l’espace, ceux-ci échappant au contrôle du politique, d’où un apartheid incarné par les populations visées et non pas qui leur serait imposé. Car qui se ressemble, s’assemble. L’on se rapprochera de ceux qui parlent la même langue, qui ont le même langage non verbal – on se comprend à demi- mot- en quelque sorte subconsciemment. La phase solsticiale est conduite à minimiser le poids de la Loi alors que la phase équinoxiale ne jure que par les textes juridiques, par le « papier ».