Pour une musique libre

Posté par nofim le 31 mai 2014

L’instrument comme partition

 

par  Jacques  Halbronn

 

Il ne faut pas oublier cette vérité fondamentale, la musique est d’abord un travail avec un instrument ou avec un organe dont  on

cherche à obtenir quelque chose. Pour ce faire, aucune formation n’est requise si ce n’est celle qui vient de l’exemple que l’on peut

suivre autour de soi  de la part de gens qui ne s’adressent pas même nécessairement à nous mais qui nous cotoient, nous croisent.

A partir de là,  nous nous retrouvons devant  d’une part un instrument et de l’autre des exemples de ce que l’on a pu tirer du dit

instrument. Et entre ces deux facteurs, il nous faut trouver une expression qui nous soit propre et que nous arrivons à tirer du dit

instrument. Mais cet instrument, il est de deux types, celui qui exige l’usage des mains et celui qui recourt à notre appareillage interne

dans le cas du chant, du sifflement et de tout son qui sort de notre bouche.

Pour notre part, nous combinons ces deux  modalité puisque nous nous servons d’un piano et donc de nos mains et que nous sifflons voire proférons des sons. Pour ce faire, nous n’avons pas eu besoin que l’on nous donne des « leçons » car notre objectif n’était pas de

« jouer » une partition mais bien de produire « notre » propre musique, chaque fois que nous en aurions envie, sans nous

préoccuper nécessairement qu’elle soit notée ou enregistrée pas plus que nous nous en soucions  lorsque nous conversons avec

quelqu’un. Nous préférons, comme nous le disions, que l’on suive notre exemple plutôt qu’on nous « copie » et nous « reproduise », ce qui

est le cas, peu ou prou, de toute interprétation.

D’où notre formule: l’instrument est notre partition. Improviser, ce qui est la façon la plus naturelle de faire de la musique c’est

« lire » le clavier avec ses mains et dans un précédent article nous avons soutenu la thèse selon laquele, la musique serait d’abord

une gestuelle, une cinétique, un ballet de nos deux mains et il nous arrive souvent d’ailleurs de nous entrainer sans piano en

nous contentant de faire se mouvoir nos mains. On pourrait parler d’ondes de forme, de vibrations dues à des ressentis visuels.

Comme nous l’avons écrit également par ailleurs, le handicap crée du lien social. Moins nous sommes doués, plus nous devons

faire appel à des gens et fréquenter ceux qui sont dans notre cas. Cela crée du lien social. A contrario, celui qui se débrouille tout seul

va se retrouver assez isolé, puisqu’il n’aura pas suivi la même formation, les mêmes cours que les autres qui du fait de leur

handicap auront suivi des parcours analogues, auront appris les mêmes méthodes, pratiqué  le même langage.

Un cas intéressant est celui de l’orchestre dont on nous dit qu’il ne se préte pas à l’improvisation, qui exige des partitions, sauf dans le

cas du jazz éventuellement.  Il est vrai que ce lien social trouve son expression la plus positive dans la possibilité que cela offrre

de jouer ensemble en suivant un seul et même modéle.

On nous permettra de rester sceptique au sujet d’un tel argument. Nous pensons en effet que l’improvisation à plusieurs n’est peut être

pas si évidente que cela mais après tout, dans la vie courante, nous ne cessons en société- et c’est heureux-d’improviser en groupe.

Pourquoi n’en serait-il pas de même pour l’expression musicale. En revanche, ce qui est bien plus difficile, c’est de ne pas improviser, de s’en tenir au respect de la partition.  Mais est-ce là l »expression supreme de la musique? On se permettra d’en douter! Ce n’est pas ce

que nous appellerons de la musique vivante mais une tentative pour redonner vie (revival) à quelque chose de mort qu’est la partition.

(cf nos textes sur Eros et Thanatos,  Vénus et Mars, l’Homme et la Femme).  Cet exercice visant à faire renaitre une musique devenue

« lettre morte » semble être devenu un nec plus ultra tout comme nous le disions de l’idéalisation du handicap.  C’est un peu le monde

à  l’envers.

Comme nous n’avon pas cessé  de le répéter,  les hommes se distinguent par leur faculté à transmettre par l’exemple. Quand  un homme

a su trouver en lui quelque chose, d’autres  hommes sont invités à faire de même, non pas à partir d’un objet mort mais bien à partir d’un sujet vivant. Si  tel  groupe

arrive à produire une  symphonie improvisée, pourquoi tel

autre groupe n’y parviendrait pas?

Pour nous,  l’orchestre reléve d’une forme de taylorisme avant

la lettre. L’on nous persuade que l’orchestre est mieux qu’un

soliste .

On nous demandera pourquoi dans ce cas,  prenons-nous

la peine de mettre nos productions par écrit ce qui revient à

les figer, donc à les tuer? Nous répondrons que c’est du fait

d’un instinct de mort qui nous invite à laisser des traces

posthumes. Faute de croire que notre exemple aura été suivi

au niveau du sujet, nous nous résignons en espérant qu’au

moins, cet exemple réduit à un objet pourra être repris; ce

qui est un pis-aller.. Mais là encore,  ce pis aller sera perçu

comme un succés alors que c’est le résultat d’un manque de

foi en l’Humanité.

 

 

 

JHB

01 06  14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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