Le prophétisme antéchristique par Jacques Halbronn

Posté par nofim le 25 juin 2026

PROPHETICA

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Le prophétisme antéchristique

par Jacques Halbronn

    “[Pierre d’Ailly] pense faire beaucoup de vouloir accommoder les histoires aux grandes conjonctions qui se font au signe d’Aries présupposant cela advenir au bout de 960 ans qui est faux Il n’y faut que 800 ans ou environ. De quoi il faut que vous soyez averti (s’adressant à Bodin) pour effacer cette erreur de votre livre, car vous avez suivi presque les mêmes d’Alliac et des astrologues pour le renouvellement des dites conjonctions. Cela se fait de 800 ans en 800 ans, un peu plus ou moins, sans passer outre” (Auger Ferrier)

    De quelle façon le prophétisme a-t-il affecté et marqué les diverses sensibilités du christianisme – ainsi pour le protestantisme exacerbé par la Révocation de l’Edit de Nantes – mais aussi quelles répercussions une certaine eschatologie a-t-elle entraînées dans les milieux juifs ? On pense bien entendu aux Protocoles des Sages de Sion, parus, selon nous, en réaction à la tenue des premiers congrès sionistes de la fin du XIXe siècle. Mais le prophétisme biblique n’est-il pas au demeurant une des sources de l’antijudaïsme, lorsque les prophètes juifs mettent en cause, avec virulence, les pratiques de leur propre peuple ? Pratique répandue, pour l’exégèse chrétienne, de retourner leurs débats internes contre les Hébreux.

Le pape joue, dans cette affaire – et malgré lui – un rôle essentiel et avant tout en tant que repoussoir. Les spéculations sont souvent liées à la fin de la papauté et cela bien avant l’émergence du protestantisme qui, dans ses expressions eschatologiques, sera l’héritier d’une hostilité de certains milieux ecclésiastiques médiévaux connus sous le nom de spirituels. Pour les uns, la fin d’une papauté antéchristique est attendue avec espoir tandis que pour les autres, elle est le dernier rempart avant l’avènement redouté. Les enjeux politiques inversés impliquent, chorématiquement, certaines gesticulations, ce qui est bon pour l’un est mauvais pour l’autre, ce qui est “millénariste” – c’est-à-dire ère de bonheur – devient “antéchristique”, temps de souffrance : l’un est le revers de l’autre : c’est pourquoi aux 1000 ans de l’Apocalypse font pendant les 1290 jours / ans (selon l’exégèse joachimite) du Livre de Daniel. Et ce, éventuellement, pour rendre compte de la même époque historique. Ajoutons que chaque grille de lecture implique une interprétation plus ou moins forcée et simplifiée des événements révolus, notamment en ce qui concerne la vision daniélienne de la succession des empires.

En réalité, dans tous les cas de figure, le pape est en ligne de mire car s’il n’est pas, synchroniquement, l’Antéchrist, tôt ou tard il s’en fera diachroniquement le complice – annoncent les Vaticinia en se servant d’une iconographie saisissante et se retrouvera quelque temps sous sa coupe, tant et si bien que toute eschatologie, d’où qu’elle vienne, apparaîtra comme fâcheuse pour la papauté sinon pour la Chrétienté.

Les échéances prophétiques et leur report

   Avec le recul, force est de constater que depuis des siècles, l’on n’a pas cessé de repousser les échéances comme le montre caricaturalement le passage de 3 ans et demi pour le règne de l’Antéchrist à 1260 ans, par un simple jeu d’écritures. Le néo-prophétisme, c’est aussi ce réajustement des chiffres.

Face à un prophétisme articulé autour des cycles astronomiques, il en est justement un autre qui tient sa place à la Renaissance et qui fonde ses calculs sur un certain nombre de données chiffrées issues de la Bible, telles qu’on les trouve notamment dans le Livre de Daniel, dans les Evangiles et dans l’Apocalypse. Mais ce prophétisme là aura imposé une thématique centrale, celle de l’Antéchrist comme étant associée à toute échéance.

On observera que certains livres bibliques comportent des chiffres, quelque forme de chronologie, peut-être d’inspiration astrologique ou du moins hémérologique. Qu’à cela ne tienne, il s’agit là de textes dont il est loisible d’extraire des éléments prévisionnels à condition toutefois de déterminer un point de départ et c’est la fixation de celui-ci qui donnera lieu à un nombre quasi illimité de spéculations, depuis la date de la mort de Jésus jusqu’à celle près de treize siècles plus tard, de la fondation, en 1299, par Osman de l’Empire Ottoman, portant son nom, en passant par Constantin ou la prise de Jérusalem. L’Histoire n’est évidemment pas chiche en matériel sur lequel adapter tel ou tel chiffre à condition toutefois de lui conférer une dimension à long terme : là où le texte biblique parle de jours, mieux vaudra comprendre années, tous les moyens sont bons pour couvrir plusieurs siècles passés et déboucher ainsi sur un avenir plus ou moins proche.

Il conviendra d’aborder un certain nombre de modèles nourrissant le texte prophétique de nature non plus astrologique mais exégétique. Il s’agit, pour les auteurs qui suivront, d’articuler quelques thèmes, par exemple l’Antéchrist, sur quelques chiffres, tels les 1260 jours prophétiques de l’Apocalypse. Mais, ces chiffres prophétiques ne sont-ils pas issus, à leur tour, du calendrier voire de quelque cycle planétaire ?

Quelle est, au vrai, la nature des liens existant entre astrologie et prophétisme ? Il conviendrait de préciser qu’il s’agit du “prophétisme moderne” face à une astrologie antique, à laquelle il convient parfois de se référer sans nécessairement en assumer les contraintes. Pierre Brind’amour, en privilégiant parfois la dimension astronomique proprement dite, n’a-t-il pas exagéré une dépendance plus formelle que réelle ? L’astrologie n’est-elle pas devenue à la Renaissance un langage relativement peu contraignant avec lequel on trouve des arrangements et qui, par sa complexité même, autorise tous les montages souhaités par le politique ? Que l’on songe que Jean-Aimé de Chavigny fait accepter, dans le Janus Gallicus de 15941 la thèse selon laquelle les “présages” tant en prose qu’en vers parus pour telle année, donc a priori sur une certaine base astronomique, peuvent valoir pour une autre année. N’est-ce pas la preuve que ces quatrains n’ont en fait aucune assise temporelle, qu’ils peuvent en tout cas être recyclés ? C’est d’ailleurs une des causes de son déclin au XVIIIe siècle – et de sa survie dans la marginalité socio-culturelle – qu’un certain désir d’autonomie face au politique, d’exister en tant que science, d’où ce pseudo-débat sur la place de l’astrologie à l’Académie Royale des Sciences dans le dernier tiers du XVIIe siècle. Un tel besoin d’émancipation aura brisé l’écosystème permettant à l’astrologie de s’épanouir à l’ombre du pouvoir. Autrement dit, l’astrologie aurait depuis longtemps perdu sa virginité, elle a du apprendre, pour qu’on continue à la tolérer dans les hautes sphères, à servir certains intérêts parfois aux dépens de sa rigueur doctrinale. Il se pourrait que l’homme ait un besoin de transcendance – culte des astres, des animaux, des dieux, des prêtres(ses), des rois, des femmes etc. – et qu’il confère à certains objets, à certains êtres, un pouvoir dont ceux-ci risquent d’abuser par une sorte de contre-transfert et c’est alors le temps des révolutions qui remettent chacun à sa place. On y brûle ce qu’on a adoré.

Encore convient-il de distinguer les cas où une date avancée est proprement astronomique – mais ne peut-on aisément trouver un substrat astral à toute date – et le fait que telle année soit associée à tel événement politique que l’on cherche en fait à expliquer après coup, quitte, au prix d’une interpolation ou d’un faux, à faire croire que telle prophétie avait fourni à l’avance la date du dit événement.

Ne serait-il pas plus pertinent de parler d’un lien entre prophétisme et astronomie ? Nostradamus annonce des “quatrains astronomiques” dans la Préface à César. Certes, en ce temps, l’on tend à confondre les termes : astronomia et astrologia, certes, à la façon de J. Kepler, tel astronome fut également astrologue. Il n’en reste pas moins que les deux disciplines, unies au sein des Arts libéraux, se distinguent nettement, comme déjà le notait Ptolémée, dans le Tetrabiblos, au IIe siècle de notre ère : “Nous allons parler de la seconde partie qui n’est ni si assurée, ni si parfaite, selon une méthode convenable à la philosophie, et de telle sorte que toute personne qui aimera la vérité ne comparera pas les arguments avec la certitude de l’autre immuable doctrine, lorsqu’il pensera combien grande est la faiblesse commune et la difficulté de conjecturer etc. ”.2

A quel moment passe-t-on de l’astronomie à l’astrologie ? Tant que l’on se contente de décrire des configurations planétaires, que l’on publie un Ephemeridum ou un Eclipsium, organisés année par année, à la façon de Leovitius, on reste dans le champ astronomique, on décrit des faits célestes avec plus ou moins de précision mais on ne “mord” pas sur l’astrologie. Encore que, comme le note Isabelle Pantin, que de tels ouvrages soient surtout utiles pour les astrologues auxquels ils évitent de lourds calculs. Quand on signale une comète ou une stella nova, on ne se situe pas davantage ipso facto dans ce domaine.

En revanche, est-ce que tout discours sur ces phénomènes ne devient pas d’emblée d’ordre astrologique ? Mais faut-il nécessairement un discours en bonne et due forme lorsque le lecteur a vaguement une idée de ce que présagent de tels événements cosmiques ? Que signifient en effet de telles données pour le lecteur averti ? Les comètes frappent les esprits même non avertis, le nom des astres est suffisamment parlant même pour le non initié. C’est la base d’une certaine astrologie populaire, qui ignore la sophistication d’une lecture plus savante.

L’astrologie est constituée par un corps de doctrines, qui se retrouve en partie dans le Tetrabiblos mais qui englobe toute une littérature traitant de la signification des planètes, des signes, des maisons (terrestres), des aspects. Lorsque le discours dépasse les possibilités de l’astrologie – comme c’est notamment le cas chez Nostradamus – l’on bascule dans le prophétisme qui lui-même, réduit à un ornement, ferait la jonction avec le champ politique, selon les enjeux réels du moment. Mais l’on peut se demander si le dit prophétisme ne peut pas directement traiter avec l’astronomie et laisser à l’astrologie, devenue quelque peu encombrante, la portion congrue. L’Astrologie, en effet, ne serait véritablement en prise ni avec le réel naturel ni avec le réel politique, elle apparaîtrait de plus en plus comme un fantasme de science et un rêve d’humanité.

Mais même les références astronomiques seront bientôt fictives, on y a annoncera, dans la seconde partie du XVIe siècle des conjonctions qui n’existent pas ou plutôt on recyclera, sans scrupules, des textes ayant servi pour d’autres époques en traitant l’astrologique comme déconnecté du réel astronomique. Or, si l’on peut changer une date dans un texte sans référentiel astronomique, en revanche, un texte qui s’appuie sur le mouvement réel des astres est a priori difficilement récupérable, à moins de retrouver une configuration comparable à venir.

Nous assistons en effet à un double mouvement : d’une part, divers savoirs s’émancipent de l’astrologie, de l’autre, l’astrologie prétend prendre le relais : le médecin ne s’intéresse plus à l’astrologie, qu’à cela ne tienne, l’astrologie, elle, continuera à se vouloir médicale, mais il s’agira dès lors de médecine dans un ouvrage d’astrologie et non plus d’astrologie dans un livre de médecine. Le prophétisme ne recourt plus à l’astrologie que de façon de plus en plus symbolique, ce qui n’empêchera pas l’astrologie de se vouloir prophétique, en introduisant des éléments vaticinatoires au sein de ses pronostications, à la façon d’un Lichtenberger.3 La tentation d’avancer des dates, même en dehors de tout substrat astronomique, ne relève-t-elle pas ipso facto d’une allégeance imitative à la démarche astrologique ? C’est, au vrai, ce passage à l’acte dans la fixation d’une date bien définie dans un calendrier préétabli, qui a le plus souvent retenu notre attention. Il reste qu’astrologie et prophétisme, s’ils font un “bout de chemin ensemble” poursuivent des enjeux différents sinon opposés : l’astrologie se demande – et cette question est clairement posée par Jean Bodin, dans la République – si elle pourra constituer un jour une structure objective au sein de laquelle s’inscriront les activités humaines, tandis que le prophétisme s’efforce de peser sur ceux qui exercent le pouvoir – et qui au fond incarnent Dieu, situé au dessus des astres. Fonction ancillaire que celle de l’astrologie au service des dieux et des rois, par le truchement du prophétisme ou clef pour comprendre le monde dans ses cycles cosmiques en se plaçant au service de la parole prophétique ? Dans un cas comme dans l’autre, le prophétisme se situerait, selon nous, à l’interface entre savoir et vouloir.

Dans le cas de Nostradamus, si nous lisons dans la préface à César4, il est dit : “j’ay composé Livres de prophéties contenant chacun cent quatrains astronomiques de prophéties”, force est de constater que le résultat ne correspond pas à l’annonce. Un grand nombre de quatrains n’ont pas de rapport, ni de près ni de loin, avec les calculs astronomiques, et ceux qui offrent ce lien sont à l’évidence ceux qui frappent le moins le lecteur du fait même de leur jargon mais leur présence est, apparemment, rassurante, elle fournit un gage.

Anthropologie de l’astrologie

   En ce qui concerne l’astrologie, la définition anthropologique des limites est peut-être plus délicate que pour le prophétisme et notamment en ce qui concerne la fixation de dates à venir. Entendons par là qu’il n’existe pas de consensus absolu à ce propos sur ce qui peut ou non être calculé. Point de doute, cependant, que l’astronomie soit en mesure de prévoir le mouvement d’une planète, très longtemps à l’avance. Mais est-ce qu’un tel rendez-vous a des incidences sur le destin des hommes et des sociétés ? Que penser d’un prophétisme qui serait sous-tendu par une base astronomique rigoureuse, qu’il faudrait parfois reconstituer? Est-il absolument exclu qu’il n’y ait pas de dimension cyclique aux mutations des Républiques, comme s’interrogeait un Jean Bodin ? Il est clair que l’astrologie ne peut que s’inscrire au sein de problématiques anthropologiques, il lui est demandé de répondre aux questions que se posent les hommes, à un moment donné, sur l’ordre du monde, non pas seulement pour prévoir passivement mais pour éventuellement mieux conduire les affaires de la Cité. Tout changement de questionnement nécessite un autre modèle astrologique.

Nous souhaitons simplement souligner le fait que l’argumentation chronématique ne saurait avoir la même assurance lorsque l’on a affaire à une échéance, fixée par quelque calcul astronomico-astrologique plusieurs siècles à l’avance – 1789 – et lorsqu’il s’agit de la mention à peine transposée du nom d’un ministre, comme c’est apparemment le cas, on le verra, dans les Centuries, pour Mazarin ? En effet, l’astrologie ne prétend pas tant annoncer des événements ponctuels – une exécution par exemple – que des “révolutions” qui reviennent régulièrement. On ne peut, anthropologiquement parlant, affirmer avec certitude que la vie des sociétés humaines ne tient pas en partie à de tels processus récurrents qui pourraient être retrouvés ou recoupés empiriquement.

Autrement dit, la “prophétie” alliacienne nous apparaît comme fondamentalement d’ordre astrologique, elle est à long terme, se projetant vers l’inconnu, alors que tant d’autres prophéties sont à court terme – pas celle du pseudo-Malachie cependant – même si elles sont ensuite, en quelque sorte, reconduites. Et d’une certaine façon, dans le cadre de notre thèse, c’est la seule prophétie qui ait connu un certain succès, non entaché de subterfuge, non point tant par les effets politiques à terme que par l’impact psychologique sur les esprits qu’elle semblait annoncer.

Après avoir rappelé certaines pratiques de calcul qui ne sont pas toujours explicitement astronomiques, nous axerons notre exposé sur les notions de base de l’astronomie : les signes du zodiaque et les planètes et ce dans la longue durée sans prétendre aucunement proposer une “histoire de l’astrologie”. Notons que la généalogie des dieux – Saturne-Jupiter-Hercule – nous ramène à l’astrologie dans la mesure où Saturne et Jupiter se cherchent, se combattent, se trouvent – tant comme dieux que comme astres – sur la piste du zodiaque, en rapport avec les douze travaux d’Hercule, imposés par Junon, rapprochement proposé par un Charles-François Dupuis, à la fin du XVIIIe siècle. L’astrologie liée à l’astronomie comporte une teneur chronologique précieuse pour l’historien. Au XIXe siècle, notamment à propos des documents égyptiens, des savants, tel un J. F. Champollion, s’essaieront à dater certaines pièces à partir des références astronomiques qu’elles comportaient, ce qui servit à établir la succession des dynasties.

Nous avons préféré la formule de prophétisme “zodiacal” à celui de planétaire, parce que le zodiaque nous apparaît comme le vecteur principal, lié au calendrier d’une part, englobant saisons et constellations, mais balisant également la succession des grandes conjonctions, passant d’un Elément à un autre, selon la qualité des signes accueillant la rencontre Jupiter-Saturne. Ce système conjonctionnel, articulé sur des faits astronomiques apparemment clairement définis, avait acquis un prestige certain à la fin du Moyen Age et à la Renaissance, et chaque nouvelle échéance astronomique alimentait nécessairement des spéculations qui n’étaient pas sans implication politique.

Nous aborderons le système conjonctionnel qui a pour axe le Bélier, premier signe, celui du point vernal. Le calendrier ne s’accorde pas nécessairement avec ce point et la coutume voulait de commencer l’année au 1er janvier (Janus), la France n’en resta pas moins jusqu’au milieu des années 1560 fidèle au “style de Pâques”, ce qui n’est pas sans créer quelque risque de confusion dans la datation des textes, l’année changeant alors de millésime au Printemps.

Il importe de poser au départ quelques définitions concernant le Zodiaque. C’est le lieu de passage des planètes du système solaire – à commencer par le soleil et la lune – dans le ciel, vu de la Terre. En fait, le nombre douze, pour les signes comme pour les mois, est lié au nombre de conjonctions ou nouvelles lunes se produisant au cours d’une année, définie par le retour des saisons et des travaux agricoles. En ce sens, le zodiaque est lunaire et l’on trouve d’ailleurs une division de cet espace en 28 sections, sur la base des 28 jours environ que couvre un mois lunaire. C’est son découpage qui pose problème : où fixer son commencement ? L’on s’accorde certes à nommer bélier / aries le degré zéro, mais il existe divers critères pour situer ce point. Le zodiaque tropique est établi à partir des équinoxes et des solstices tandis que le zodiaque sidéral l’est conventionnellement à partir d’une certaine étoile n’offrant pas ou plus de caractère spécifique. Telle étoile est conventionnellement le début de la “constellation” du Bélier, qui ne coïncide pas avec l’axe équinoxial. A partir de la fin du XVIIIe siècle, le zodiaque sidéral va jouer un certain rôle en parallèle avec le zodiaque tropique : question des ères précessionnelles, datation du zodiaque de Dendérah. En outre, ce zodiaque sidéral est celui qui est généralement en usage chez les astronomes et chez les astrologues indiens pour situer les planètes, alors que le zodiaque tropique est la référence pour l’astrologie occidentale.

En ce qui concerne le symbolisme du zodiaque, il y eut un certain nombre de transformations, d’inversions, notamment pour les gémeaux et la vierge qui perdirent leur dimension sexuée, vénusienne pour devenir mercuriens. C’est ainsi que dans l’iconographie du Kalendrier des Bergers, les gémeaux sont représentés plutôt comme un couple et la “vierge” n’est dite mercurienne probablement que sous l’influence alchimique.

En ce qui concerne les Quatre Eléments, entre lesquels se répartissent les douze signes, selon quatre triangles équilatéraux, ce placage daterait des Grecs et ne coïncide pas nécessairement avec les caractéristiques du signe : ainsi le verseau est-il un signe d’air et le scorpion un signe d’eau etc. Cette répartition entre triplicités n’en est pas moins le fondement de la théorie des Grandes Conjonctions. Bien plus, cette dernière ne fonctionne que dans le cadre d’un référentiel tropicaliste où les 12 signes sont égaux.

Le principe de ce qu’on nomme, au Moyen-Age et à la Renaissance, “grandes conjonctions” semble avoir d’abord été une observation d’ordre astronomique et géométrique sur laquelle des réflexions de type astrologique se sont greffées. Cette théorie est fondée sur les aspects planétaires, technique astronomique de localisation des astres les uns par rapport aux autres, avant de servir aux spéculations astrologiques. Albumasar, lorsqu’il étend ce système à l’astrologie ne fera donc que s’appuyer sur des travaux astronomiques antérieurs, lesquels font remarquer qu’en règle générale, deux conjonctions successives de Jupiter et de Saturne se produisent avec un intervalle de 120° environ, ce qu’on nomme trigone (soit un angle d’un tiers de cercle). Puis, au bout d’un certain temps, le rythme en question est temporairement rompu, lors d’une conjonction qui ne suit pas cet agencement, pour reprendre à la conjonction suivante selon les mêmes écarts et ainsi de suite. Or, l’on peut traduire ces “sauts” périodiques en langage astrologique en parlant de passage d’un Elément à un autre, étant donné que les Quatre Eléments (feu, terre, air, eau) se répartissent conventionnellement entre les signes du zodiaque selon un dispositif triangulaire qui recoupe exactement celui des aspects de trigone, de tiers de cercle (120°).

Mais cette théorie des grandes conjonctions ne fera que se survivre au XVIIe siècle – l’Eclipse de 1654 aura plus d’écho – on ne connaît rien de commun, nous semble-t-il, avec les alertes de 1524, de 1564 ou de 1584. En revanche, les comètes maintiendront-elles plus facilement leur fascination, elles qui sont à l’abri des contrefaçons – mais point des erreurs de calcul – et qui n’exigent pas d’intermédiaire pour frapper les esprits.

Les échéances astrologiques

   Trois siècles avant Pierre d’Ailly, Abraham Bar Hiyya, juif catalan, mort vers 1136, dans un ouvrage rédigé en hébreu, le Meguilat Hamegalé, avait désigné comme échéance la fin du XVe siècle, à plus de trois cent ans de distance. Son raisonnement, malgré les apparences, ne repose nullement sur les seules configurations astronomiques, mais fait appel à une exégèse scripturaire autour du Livre de Daniel. Les auteurs chrétiens, en quête de datation, commenteront également l’Apocalypse, ouvrage qui reprend en partie les schémas daniéliens.

Cet Abraham de Barcelone appuie en effet ses calculs sur le livre de Daniel : il prend le chiffre de 1290 jours qu’il convertit en années, il l’ajoute à la date de la destruction du Second Temple, soit l’An 68, selon sa chronologie. On obtient ainsi 1358. Le calcul final donne 1448 ou 1468, selon les versions.

Il ne s’agit nullement d’Abraham Ibn Ezra contrairement à ce qu’écrit en 1580 Jean Bodin, dans la Démonomanie des Sorciers (Livre I, Chap 5) : “Comme aussi a fait Abenesra (abréviation d’Abraham Abraham Ibn Ezra) qui avait prédit qu’il naîtrait un grand Capitaine pour affranchir les Juifs qu’il appelle Messie, en MCCCCLXIIII, ce qui n’est point advenu.” (p. 34)

En 1464, se forma une conjonction Jupiter-Saturne, mais c’est en réalité l’an 1468 qui intéresse Bar Hiyya ; c’est alors qu’aurait dû selon les dires de cet astrologue catalan apparaître le Messie Juif. Prophétie au demeurant à trois siècles de distance comme le sera celle de Pierre d’Ailly en 1414. Nous verrons que ce décalage de 4 années entre la conjonction et ses effets se retrouvera à propos de la prophétie dite régiomontanienne pour 1588, ancrée sur la conjonction de 1584.

Du côté chrétien, l’on attendrait plutôt l’avènement à la fois redouté et espéré de l’Antéchrist, mais qui serait suivi du second avènement du Christ. Au XIXe siècle, l’influence du jésuite chilien en rupture de ban, Manuel Lacunza y Diaz (1731 – 1801), confirmera cette influence du monde hispanique.

Relativité de l’argument conjonctionnel

   Il importe de préciser d’emblée le caractère quelque peu factice du recours aux grandes conjonctions. En principe, il existe certes des échéances distantes de plusieurs siècles, en pratique, les conjonctions Jupiter-Saturne ont lieu tous les 20 ans et ne manquent pas de focaliser les attentes et quand une conjonction est passée, on s’intéresse à la suivante. Ces conjonctions ordinaires sont les “petites conjonctions”. Les conjonctions qui se tiennent au début d’un nouveau trigone élémentaire seraient “moyennes” et ont lieu tous les 200 ans et enfin la “grande” conjonction serait le retour, tous les 800 ans environ, dans le trigone igné.

Le succès de cette théorie résiderait plus dans son rythme somme toute rapide que dans les perspectives à long terme. Ainsi, la conjonction de 1524 qui eut un tel retentissement est a priori assez peu significative du point de vue du cycle des grandes conjonctions (cf. infra), à tel point que le phénomène, par son caractère plus visuel que structurel nous semble plus relever de l’astronomie que de l’astrologie, mais il nous semble que les astrologues, pour ne pas être en reste, emboîtèrent le pas à ceux qui avaient ameuté l’opinion, sur des bases plus spécifiquement symboliques (le poisson) et prophétiques (le Déluge). Mal leur en prit. On aurait tort de croire en effet que les relations entre astronomie et astrologie sont nécessairement fructueuses.

Nous verrons que Leovitius, dans son traité des conjonctions, n’hésite pas à considérer abusivement chaque conjonction comme rarissime puisque dans l’absolu, chacune n’a lieu qu’à de longs intervalles, mais qu’est ce à dire qu’une succession de telles configurations ? On pourrait parler d’une perversion du système.

Il y a véritablement une rhétorique astronomique fondée sur une prétendue rareté de la configuration attendue, argument récurrent et qui finit par se vider de sa substance. Il n’en reste pas moins que l’on observe deux attitudes : l’une quantitative qui s’intéresse au fait qu’un maximum de planètes se trouve rassemblé dans le même signe du zodiaque (c’est le cas de février 1524), l’autre qualitative qui étudie le cycle des deux planètes les plus lentes, à l’époque, à savoir Jupiter et Saturne.

Avant d’aborder les principales pièces de notre corpus, il importe, dans ce chapitre, de décrire les outils disponibles au XVe siècle. En effet, celui qui fait appel aux planètes – qu’il s’appuie sur des éphémérides ou sur des systèmes plus proches de la numérologie – a le choix entre plusieurs techniques qu’il combinera d’une façon ou d’une autre. L’erreur consisterait à réduire le raisonnement d’un auteur donné à un seul critère. En effet, nous sommes le plus souvent en face de systèmes récurrents, comportant des échéances renouvelées : c’est typiquement le cas des grandes conjonctions – lorsque Jupiter (12 ans de révolution, à travers le zodiaque) rejoint Saturne (29 ans de révolution à travers le zodiaque), qui se reproduisent tous les vingt ans. Pourquoi insister sur telle conjonction plus que sur une autre ? Il existe certes une hiérarchie de ces cas de figure, mais d’autres paramètres rendront compte en définitive du choix d’une certaine date.

Entre Pierre d’Ailly à Nicolas de Cuse, entre Daniel à Trithème, l’auteur de prophéties ou de commentaires sur les prophéties, devra faire son choix, ce qui induira des échéances différentes mais qui parfois convergeront. Or, pour comprendre un texte, en saisir les éventuelles corruptions, les retouches, les interpolations tardives, on ne peut faire l’économie de leur description d’autant que les auteurs n’explicitent pas toujours tous les tenants et aboutissants.

Le prophétisme d’après le Déluge

   Il ne faudrait pas croire que l’échec prévisionnel relatif du Déluge de 1524 n’aura pas laissé de traces et que le prophétisme n’en ait pas longtemps porté les stigmates, notamment, cinquante ans plus tard, dans la République de Bodin, aux multiples éditions et traductions. Le non-événement du Déluge renvoie au demeurant à la Bible. Il se veut répétition, révolution. Il est, à l’instar de 1689, le contraire de l’échéance réussie de 1789.

L’attente de l’an 1524 n’avait pas véritablement respecté la théorie des grandes conjonctions, elle s’appuyait sur une observation plus frustre mais peut être plus efficace dans l’esprit du public : le fait tout simple de la présence des sept astres entourant le soleil – du point de vue géocentrique – dans une même région du ciel comme une armée qui se serait regroupée. En revanche, pour l’orthodoxie albumasarienne, 1524 était tout au plus le lieu d’une de ces conjonctions Jupiter – Saturne qui revenaient tous les vingt ans, le véritable rendez-vous était pour la fin du siècle, soixante ans plus tard. Mais le prophétisme avait ses impatiences et pouvait accommoder l’astrologie à sa guise.

1524 aura donc été pour nous l’occasion d’un divorce : pour la doctrine astrologique médiévale, tout un système s’était élaboré autour d’une cyclicité qui exigeait de ne s’intéresser qu’aux deux astres les plus lents, Jupiter et Saturne, en laissant peu ou prou de côté les astres plus rapides, placés à un rang subalterne. En revanche, pour une école qui se serait voulue plus astronomique qu’astrologique, 1524 avait une dimension remarquable, au niveau visuel, mais il s’agissait là d’une approche qui voulait ignorer le modèle de l’astrologie arabe. 1524 fit appel aux lecteurs de l’Ancien Testament qui, selon un raisonnement assez simpliste du point de vue astrologique, relièrent le fait que ce rassemblement astral avait lieu en signe d’eau avec le Déluge biblique. Jean Bodin, quand il ironisera sur l’échec de 1524, n’en restera pas moins fidèle à la théorie des grandes conjonctions pour laquelle la seule défaite fut qu’on n’en ait pas tenu compte. 1584 – 1588 devait être, espérait-on, pour l’astrologie orthodoxe, la revanche de 1524, mais elle sera le fait des réformés qui y verront la fin de Rome. Mais justement, pour Bodin, 1524 n’était pas réellement concluant. Encore, lorsque nous examinerons le corpus lichtenbergien, conviendra-t-il de s’arrêter sur l’an 1567 qui semble correspondre également à un “annus mirabilis”.

Mais pour le public profane, le Déluge qui ne vint pas n’en fut pas moins mis au passif de l’Astrologie. Quarante ans après 1524, l’antiprophétisme rappelait cette déconfiture d’autant plus cuisante que l’annonce du Déluge avait dû être prise au sérieux. Boaistuau alias Pierre Launay, en 1560 (chez Vincent Sertenas), dans ses Histoires Prodigieuses, véhiculera, au fil des éditions, cette infamie au cours de sa dix neuvième histoire :

“Cherchons donc désormais en nature les causes & essences des choses sans nous arrêter aux friperies, prestiges & mensonges des Astrologues Judiciaires, lesquels nous ont tant de fois déçus & trompez qu’ils devraient être bannis & exilez de toutes Républiques bien constituées ; mais quel trouble, perplexité & terreur engendrent-ils en une infinité de consciences de pauvres créatures ? L’an 1524, lorsqu’ils publièrent partout avec obstination qu’il y aurait au mois de Février un Déluge presque universel par la conjonction de toutes les planètes au signe de Pisces & néanmoins le jour auquel se devaient produire ces eaux fut l’un des plus beaux & plus tempérés de l’année. Combien que plusieurs grands personnages intimidez de leurs prophéties ont fait provision de biscuits, farines, navires, propres pour la ecoq attribue à Jean Thénaud. Or, nous avons retrouvé, à la Bibliothèque Mazarine la traduction d’un traité allemand, parue en 1521 à Paris et qui expose les arguments pour et contre le Déluge. Il s’agit du Traicté composé par ung grand Astrologue dallemaigne: pour adviser le monde du Dyluge Deaulx : qui est à doubter de venir lan MDXXIIII selon la nature et constellations des Planettes. Ensemble linterprétation des grandes et merveilleuses impressions qui furent veus en allemagne au Ciel Lan passé.”

 

On peut y lire :

“Vray est que beaucoup de gens présomptueusement (non pas mieux entendant) mesprisent les loyaux advisements des gens doctes & littérés ; faict des espouventables pugnations que doivent venir par dyluge. Lan Mil cinq cens XXIIII. Ensemble des espouventables menassemens des grans & merveilleux signes: lesquels ont esté veuz en Allemaigne. Lan Mil cinq cens vingt et tels fols despassemens me ont esmeu (pour advertir les bons) de faire de cecy & des aultres constellations du ciel un petit traicté par lequel advisement aucuns cueurs aveugles se pourroient convertir à la crainte de Dieu & faire pénitence pour avoir la grace & misèricorde de nostre Seigneur Jésus Christ dieu tout puissant. Ainsi comme firent ceulx de Ninive.”

 

Dieu a dit qu’il n’y aurait point de Déluge ou encore :

“L’Hermite appelé Nollart digne de grande foi disait que Saturne et Mars par les guerres du grand et puissant lion qui sont les Vénitiens lesquels ont assez effusé le sang humain se tournent vers la nation d’Allemagne auprès de la grande rivière Tunnau (Danube). Et dit Sainte Brigitte que en ce temps rompra la haie sur le Rhin & sera fait un grand intrage par lequel entrera un grand prince puissamment avec l’aide des scorpionistes et persécutera grandement les trois évêchés : Trèves, Cologne & Mayence de telle façon que ce sera une grande chose de ouïr parler.”

 

En fait, il semblerait que cette date de 1524 serait apparue bien avant 1499 comme année météorologique déterminante. Nous avons retrouvé cette date, ou plutôt 1523, ce qui permet d’exclure l’hypothèse d’une interpolation tardive, dans un manuscrit daté de 1466 de la Bibliothèque Municipale de Nimes au fonds J. F. Séguier. Une seconde date figurait : 1676, ce qui montrait bien que ce type d’annonce pouvait s’effectuer longtemps à l’avance.

Il conviendrait aussi, pour ce qui concerne le domaine français qui est d’abord le nôtre, de signaler la satire genevoise des Merveilles advenir en cestuy an Vingt et sis, qui pourrait viser une oeuvre latine au titre comparable de Jean Albertin ou Albertini, De mirabili temporis mutatione ac terrene potestatis a loco in locum translatione. Il est remarquable que les deux textes soient parus chez le même Wygand Köln. De fait, après 1524, les astrologues ne se résigneront pas à abandonner une rhétorique fondée sur une sorte de rassemblement général des astres dans un signe et même si celui-ci n’a plus lieu, on ne se privera pas pour autant de l’annoncer à nouveau pour 1588. L’astrologie tend à s’émanciper de l’astronomie ou bien elle tend à échapper aux astrologues pour n’être plus qu’un argument prophétique ayant l’inconvénient de ne pas être assez malléable. Mais bientôt qui va aller vérifier si les calculs mathématiques sont justes ? Seul importe l’impact.

I – Le schéma daniélien et le millénarisme

   Il nous semble que le principe d’une ère de paix de 1000 ans trouve son origine dans le recours à la Semaine. En effet, comme l’affirme Saint Hippolyte, si le monde doit d’abord couvrir une période de 6000 ans, correspondant aux Six Jours de la Création, le septième jour, qui est aussi le Sabbat, jour du repos, correspondra à 1000 ans, ce qui serait le fondement du Millenium, le millénarisme étant lié à la croyance en une période de 1000 ans et non à l’approche d’une fin de millénaire, comme le précise J. Delumeau Jean, encore que le calendrier et le décompte des années apparaissent volontiers comme une référence sur laquelle le prophétisme est susceptible de bâtir ses spéculations. Toutefois, il semblerait qu’une autre lecture ait attribué à chacun des jours non pas 1000 ans (système décimal) mais 360 ans (système sexagésimal). Mais plus concrètement, ces mille ans de paix renvoient à l’Apocalypse5 où il est annoncé que Satan sera mis hors d’état de nuire pendant 1000 ans. Toute la question est de savoir quand ce temps a commencé ou va débuter et quand il prendra fin, étant entendu que le règne de Satan est hypothéqué par la perspective de ces 1000 ans d’immobilisation et qu’à l’issue de cette période, il ne pourra se manifester que pour peu de temps, soit 3 ans 1/2, en règle générale. Ce temps de 3 jours 1/2 figure dans l’Apocalypse (Ch. XI, 12) : “Après trois jours et demi, un souffle de vie, venu de Dieu, entra en eux et ils se dressèrent”. Il s’agit des deux témoins mis à mort par la Bête, ce qui signifie bien que Satan eut raison d’eux pendant une demi-semaine. On serait donc passé de 3 jours et demi à 3 ans et demi ou 1260 jours et finalement à 1260 ans.

C’est au demeurant, selon nous, dans le Livre de Daniel, qui reflète des enjeux du début du IIe siècle avant l’ère chrétienne, qu’il faut rechercher la marque la plus forte du rapport de l’homme à l’Antéchrist. En effet, c’est l’arrêt du sacrifice au Temple qui semble avoir provoqué une certaine panique dans la population de Judée. Chez les juif, toute pratique semble trouver sa justification en ce qu’elle parvient à éloigner ou à neutraliser les forces du mal. Ainsi la suspension de l’holocauste perpétuel, sous Antiochus IV Epiphane, ne pouvait qu’attirer Satan ou ses créatures et favoriser leur règne sur terre. L’on réalise ainsi les répercussions de toute destruction de lieu de rite ou de tout empêchement liturgique pour une religion qui est marquée par un certain manichéisme qui sera transposé du Livre de Daniel dans celui de l’Apocalypse (Révélation) johannique.

Encore importe-t-il de mettre en évidence des contradictions : dans le Livre de Daniel, le temps durant lequel l’holocauste fut interrompu correspond à celui de l’abomination et les exégètes ont transposé 1290 jours en 1290 ans pour déterminer le règne de Satan. En revanche, dans l’Apocalypse, ce qui est indiqué c’est la durée de l’exil de Satan, le temps de sa mise hors d’état de nuire, qui est de 1000 ans. Deux millénarismes en quelque sorte : un millénarisme des ténèbres chez Daniel, un millénarisme de lumière dans l’Apocalypse. Dans un cas, une fois passé ce temps où Satan n’est plus dominé, la paix revient, dans l’autre cas, il faut espérer entrer dans un temps d’où Satan sera exclus. Dans un cas, le millénariste devra annoncer la fin du règne de Satan / Antéchrist – ainsi, chez les Réformés qui spéculent sur la fin de l’Eglise de Rome, se situant dans la ligne d’un joachimisme daniélien, et dans l’autre cas, comme chez un Pierre d’Ailly, après mille ans de paix, viendra l’Antéchrist – à la fin du XVIIIe siècle – pour quelque temps, à savoir 3 ans 1/2 qui correspondent à 1260 jours, presque immédiatement suivis de la fin du monde. Dans un cas, l’échéance est à espérer, dans l’autre, elle est à redouter. Dans un cas, il faut espérer qu’elle se rapproche, dans l’autre, qu’elle soit reportée. Ceux qui sont favorables au maintien des choses, opteront pour une lecture de l’Histoire où Satan est lié et il faut craindre le moment où il sera délié; ceux qui souffrent de l’état en vigueur, ne pourront qu’annoncer qu’il s’achèvera bientôt. Opposition entre conservateurs catholiques dominants et réformistes dominés, du moins dans le contexte français car dans d’autres pays, la situation est inversée. C’est également dans le cadre d’une politique traditionnelle d’alliance avec les Turcs qu’il faut probablement situer les auteurs réformés, tel Pierre Du Moulin, qui annoncent la victoire ottomane sur les armées chrétiennes, surtout catholiques.

Si l’on considère les spéculations sur les papes, force est de constater qu’à la fin de la série viendra l’Antéchrist. Dès lors, il nous apparaît que les lectures des catholiques et des protestants sont littéralement inverses.

Les demi-semaines

   L’unité de mesure choisie apparaît être la demi-semaine, soit 3 jours et demi et plus généralement 3 1/2. Or les 1260 jours de l’Apocalypse obéissent au même principe, puisque 1260 jours égalent à 1080 jours soit 3x 12 mois de 30 jours plus six mois de 30 jours (180 jours). Mais ces calculs ne reposent pas sur une année lunaire mais sur un système sexagésimal comportant 12 mois répartis sur 360 jours.

En fait, le passage de la demi-semaine de 3 jours 1/2 à 1260 jours, implique déjà le rapport 1 jour = 1 an. Par conséquent, passer de 1260 jours à 1260 ans constitue un deuxième niveau de transposition. De même le nombre 42 correspond à 3 ans et demi puisque cela correspond à 42 mois. (36 + 6). Ce nombre est à rapprocher des 45 jours du Livre de Daniel, car cette durée correspond à un huitième d’année (360 jours) ou à la moitié d’une saison, introduisant ainsi un parallèle entre la semaine et la saison.

Il semble donc que le texte de l’Apocalypse soit plus correct sur ce point que celui du Livre de Daniel et l’on peut raisonnablement supposer que le rédacteur de l’Apocalypse a pu utiliser une version du Livre de Daniel comportant un tel nombre : 1260 plutôt que 1290. On ne peut d’ailleurs exclure que l’on soit passé dans Daniel de 1260 à 1290 par besoin d’ajustement à une situation donnée.

Daniel (XII, 11) :

“Et depuis le moment où sera supprimé l’holocauste perpétuel et établie l’abomination horrible, il se passera mille deux cent quatre vingt dix jours.”

 

(Saint) Irénée (mort vers 208 de l’ère chrétienne), évêque de Lyon, un des Pères de l’Eglise, dans Contre les Hérésies, situe l’Antéchrist par rapport aux chiffres de l’Apocalypse : “Or, après que l’Antéchrist aura réduit le monde à l’état de désert, qu’il aura régné trois ans et six mois et qu’il aura siégé dans le temple de Jérusalem, le Seigneur viendra du haut du ciel, sur les nuées dans la gloire de son Père, et il enverra dans l’étang de feu l’Antéchrist avec ses fidèles, il inaugurera en même temps pour les justes le temps du royaume, c’est-à-dire le repos, le septième jour”.

Ezéchiel, Ch. IV :

“Et moi je te compte en jours les années de leur iniquité, trois cent quatre vingt dix jours.”

 

“pendant 40 jours, c’est jour pour année, jour pour année que je te l’impose”

 

Le parallèle entre le Livre de Daniel et celui de l’Apocalypse, concernant les périodes de temps, est tout aussi instructif.

Un an pour un jour ou l’inverse chez Ezéchie l : un jour égal un an.

Ch. IV :

“Je te compte en jours les années de leur iniquité, trois cent quatre vingt dix jours.”

 

Ch. XI :

“trois jours et demi ! une demi-semaine.”

 

Verset 11 :

“Après les trois jours et demi, un esprit de vie”

 

Cela deviendra 3 ans et demi, soit une demi semaine d’années.

Daniel (IX, 25) :

“Il y a sept semaines et durant soixante-deux semaines”

 

Daniel XII :

“Et depuis le moment où sera supprimé l’holocauste perpétuel et établie l’abomination horrible, il se passera mille deux cent quatre vingt dix jours”

 

Apoc. XI :

“Je donnerai à mes deux témoins le pouvoir de prophétiser revêtus de sac pendant 1260 jours” (voir Jurieu)

 

Apoc. XII :

“Et la femme s’enfuit dans le désert où elle avait un lieu préparé par Dieu afin qu’elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours”

1260, nombre apocalyptique

   L’an 1260 fut bel et bien considéré comme “apocalyptique”, mais il semblerait que Joachim de Flore (1145 – 1202) ait espéré un changement dès 1200. On peut expliquer, selon nous, l’importance accordée à l’An 1200 au regard de sa théorie des sept âges qu’il faut compter depuis la naissance de Jésus. Or, 1200 correspond à six périodes de 200 ans. En 1200, par conséquent, aurait commencé la septième période. Il n’est pas rare que plusieurs paramètres convergent ainsi autour d’une période et que l’on passe successivement de l’un à l’autre.

C’est vers 1240, bien après sa mort, qu’une telle spéculation se mit en place, se référant à Joachim de Flore, dans l’attente du début d’un Troisième Etat, celui du Saint-Esprit, après ceux du Père et du Fils, autour de la date daniélienne de 1260.

Etrange situation que celle de Joachim de Flore spéculant sur le passage de 1260 jours à 1260 ans et ne souhaitant apparemment pas accorder de l’importance aux approches de l’An 1260. Alfred Vaucher note (Lacunziana) que c’est en 1200 que devaient aboutir les 1260 ans. Est-ce que le Calabrais souhaitait à tout prix être témoin de ce changement d’ère : en 1260, il aurait été plus que centenaire ? Toujours est-il que par la suite, le problème se posera à l’inverse comme le note Jean “Quidort“ de Paris, élève de l’anglais Roger Bacon : on commencera par ajouter aux 1260 ans les 34 ans de la Résurrection – ce qui donnait 1294, puis les 96 ans de la date de rédaction supposée de l’Apocalypse de Jean qui comporte ce chiffre, ce qui permettait d’atteindre 1356. Et plus le temps passera, plus il faudra ajouter des coefficients importants : temps d’Hadrien, temps de Constantin, temps de Mahomet, temps du démembrement de l’Empire Romain, temps de la tyrannie de la Papauté etc ce qui permettra d’atteindre allègrement et successivement, les dix-huitième, dix-neuvième siècles.

II – La Conjecture de Nicolas de Cuse

   Un de ceux qui conférèrent aux chiffres scripturaires une nouvelle dimension prophétique susceptible de rivaliser avec les constructions plus “scientifiques” d’un Pierre d’Ailly, fut, en effet, le cardinal Nicolas de Cuse.

Nicolas de Cuse, aurait rédigé sa Conjectura de ultimis diebus en 1452 – année du couronnement de l’empereur Frédéric III à Rome – laquelle sera imprimée à Nuremberg moins de vingt ans plus tard. On peut cependant se demander si la prise de Constantinople par les Turcs et son impact sur les esprits au printemps 1453 n’aurait pas poussé le cardinal de Cusa à repousser les échéances et si le document n’aurait pas été antidaté de quelques mois. La catastrophe a pu apparaître comme un signe antéchristique et il convenait peut-être, pour calmer le jeu, de mettre en place un système de rechange.

La conjectura pose comme point de départ que l’unité de temps est le jubilé de 50 ans. Dès lors, la vie de Jésus est de 33 ans ou plutôt sa Résurrection se produisit à 34 ans. Or 34 ans x 50 donnent 1700. Cuse va ajouter en fait encore une période de 34 ans pour parvenir à 1734.

“Cecy s’accomplira après l’année de la naissance du Fils de Dieu au moment de mil sept cents (sic), avant l’année mil sept cens trente & quatre.” (p.31)

 

Par ailleurs, Nicolas de Cuse note que les épreuves de Jésus débutèrent quand il atteignit l’âge de 29 ans, ce qui coïncide, selon le même raisonnement, avec l’an 1450 :

“Seulement ie diray comme Chrestien sans iugement opiniâtre & téméraire que si considérons les choses faites par nostre Seigneur & celles qu’il a endurées après la vingt & neuvième année de son eage jusqu’au jour de sa puissance & divine résurrection, estendant une de ses années en iubilé, nous pourrons par coniectures probables deviner les derniers temps.” (trad. Bohier, p. 30)

 

Or, Cuse indique (trad. Bohier, page 24) qu’il écrit en 1452 : “Et aussi véritablement depuis l’Ascension de nostre Salvateur ont iusques à maintenant ia passé MCCCCLII ans. Voyla l’espace & la plus grande duree de l’Eglise militante, laquelle, comme dyrons cy apres sera de beaucoup abregée.”

Si l’on ajoute 250 (soit 5 ans (34 – 29) x 250) à 1452, l’on obtient 1702. En tout état de cause, Cuse laisse entendre qu’à compter de la parution de sa Conjectura, l’Humanité serait rentrée dans une période analogue à la période finale du Christ, soit dans sa vingt-neuvième année. Il conviendra, selon le cardinal, de rechercher, pour décrypter la période qui s’étendra jusqu’au début du XVIIIe siècle, des clefs dans le récit des Evangiles pour les dernières années de Jésus.

Mais Cuse introduit d’autres raisonnements qui n’ont rien à voir avec l’astronomie, ni de près ni de loin :

“Vu que la révélation a esté faite au prophète Daniel, la troisième année de Balthazar, la première du Roi Cyrus qui, selon les témoignages de Saint-Hierosme (…) et de Josèphe, a précédé Nostre Seigneur environ 559 ans. Il apper assez manifeste que les derniers temps de l’Eglise Chrestienne selon le nombre prédit, transcrivant un jour en un an (…) l’an de grâce 1700 & avant l’an 1750, l’Eglise sera transférée de ce monde corruptible au Ciel, ce qui accorde aux choses devant dites.”

 

En fait, on obtient plus précisément 1741 si l’on soustrait 559 de 2300.

Ce nombre 2300 – qui figure dans les éditions latines – se trouve au Ch. VIII de Daniel (13 – 14) : “Puis j’entendis un saint prendre la parole et un (autre) saint demander à celui qui parlait. ” Jusqu’à quand (les indications de) cette vision : l’holocauste (le sacrifice rituel) perpétuel (supprimé), le crime abominable, le sanctuaire et l’armée piétinés ? Et il me dit “Jusqu’à deux mille trois cents soirs et matins, alors le sanctuaire sera réhabilité.” (Trad. Z. Kahn)

La traduction de 1562 est défectueuse (p. 35), car au lieu de soustraire 559 de 2300, elle propose, ce qui n’est pas dans le texte latin, ni dans la traduction de 1733, de soustraire de 1290, autre chiffre daniélien. Si nous rappelons que le Livre de Daniel date des années 160 du IIe siècle avant notre ère, tout calcul effectué à partir du temps de Balthazar semble singulièrement vain et en fait en rupture avec l’Histoire.

III – Le cycle trithèmien

   Dans la Préface à César, en tête de ses Prophéties / centuries, en date de 1555, Michel Nostradamus Michel se réfère à des périodes de 354 ans attribuées successivement à l’un des astres du septénaire. L’origine de ce nombre tient à ce que l’on nomme l’année lunaire de 354 jours et qui est en fait la somme de douze lunaisons, c’est-à-dire de rencontre soleil-lune. C’est donc une notion essentiellement hémérologique. La lune se conjoint chaque fois avec le soleil dans un signe zodiacal différent puisque celui-ci avance d’un signe d’un mois sur l’autre. Ce rapport jour / an est d’ailleurs celui qui rapproche la Lune et Saturne, cette planète franchissant le zodiaque en autant d’années que la lune traverse de mois, soit en un peu moins de 30 ans / jours.

On trouve ce système chez Trithème mais il est signalé chez un Turrel Pierre ou un Roussat Richard, au Liber rationibus attribué à Abraham Ibn Ezra à savoir des périodes non plus de 300 ans comme chez Albumasar mais de 354 ans. Dans la Préface à César6, Nostradamus ne fait qu’esquisser partiellement le dispositif en question (cf. infra). Ces périodes de 354 ans semblent ne comporter aucun fondement astronomique sinon celui d’être une transposition de l’année lunaire (354 jours), de jours en années. En réalité, cette durée revêt également une dimension saturnienne dans la mesure où 354 ans correspond à douze révolutions de Saturne, Saturne ayant une périodicité correspondant à ce rapport un jour pour un an: une révolution de 28 ans pour 28 jours à la Lune notamment. On ne peut exclure que ce système de périodes de 354 ans – l’attribution à chaque période du nom d’une des sept planètes étant indifférent ici puisque le système se poursuit indéfiniment – ait été constitué initialement sur une base astronomique, encore faudrait il déterminer laquelle. Or, comme le rappelle Pierre Brind’amour (1993, p.188), Trithème, dans la Chronologia mystica (1508), traduite en allemand en 1522 (Von den syben Planeten) juste avant l’échéance de 1525 : “l’auteur comptait vingt périodes, chacune dirigée par un ange et décrivait les événements historiques. ” La vingtième sous la direction de Gabriel allait commencer selon lui le 4 juin 1525 et se terminer en octobre novembre 1879. Or, Brind’amour ne remarque pas, malgré son vif intérêt pour les équations astronomiques, que dans les deux cas Saturne se trouve au début du signe du Bélier. Le système des périodes de 354 ans s’appuierait donc en fait sur le passage de Saturne dans le premier signe du zodiaque, le Bélier. Les autres systèmes s’en trouveraient disqualifiés.

L’on peut ainsi retrouver approximativement les dates précédant 1525 : 112 (en fait début 113), 466, 819 / 820, 1172 / 1173, 1525 / 1526 toutes espacées d’environ 354 ans et correspondant à la présence de Saturne en Bélier, condition nécessaire mais non suffisante puisque Saturne y passe tous les 30 ans environ. Ces années diffèrent toutefois légèrement de celles avancées dans le traité des Causes Secondes : 109, 463, 817, 1171, 1525 qui ne correspondent pas tout à fait avec le passage de Saturne en bélier, le cycle étant légèrement supérieur à 354 ans.

Quant à Michel de Nostredame, dans sa Préface à César, il fait référence à des âges planétaires, notamment à un Age de la Lune, système que l’on trouve chez Trithème, selon l’ordre de succession, inverse de celui des jours de la semaine -eux-mêmes rattachés à un astre : Jupiter (Jeudi), Mercure (Mercredi), Mars (Mardi), Lune ( Lundi), soleil (Dimanche) et ainsi de suite, et qui est exposé dans les Opera Omnia d Abraham Ibn Ezra. Chaque planète – mais Saturne se trouve au début et à la fin – y domine une période de 354 ans et quelques mois, le nombre 354 étant inspiré de l’année lunaire de 354 jours et quelques heures. L’absence de fondement connu de ce cycle explique probablement son abandon dans la période moderne au sein de la littérature astrologique (XIXe – XXe siècles), sauf chez certains nostradamistes.

On en trouve l’exposé dans le Liber Rationum -la version de ce nom faussement attribuée à l’astrologue juif espagnol – au chapitre “De gubernatoribus Mundi”7 qui établit un rapport entre les 353 ans du cycle et les 353 jours de l’année lunaire.

La Préface à César se réfère au retour de Saturne :

“Car selon les signes célestes le règne de Saturne sera de retour, que le tout calculé le monde s’approche d’une anaragonique révolution”

 

En effet, Saturne est à la tête de la série des sept âges planétaires :

“Saturnus autem precessit sol & luna fuerunt creati in principio hore Saturni.”8

 

Ce qui, considérant que le règne de la lune a commencé, selon les calculs de Trithème, en 1525 et qu’il reste encore le règne du Soleil pour rejoindre l’âge de Saturne, donne l’an 2233.

“Et maintenant que sommes conduicts par la lune (…) que avant qu’elle aye parachevé son total circuit, le soleil viendra & puis Saturne.”

 

L’ordre de base est celui-ci : Saturne-Vénus : “Saturnus precessit. Deinde Venus & postea alii”, c’est-à-dire selon la succession “Saturne, Vénus, Jupiter, Mercure, Mars, Lune, Soleil” puis à nouveau Saturne.

C’est l’ordre des jours de la semaine à l’envers, que l’on retrouve avec la théorie des heures planétaires. D’ailleurs, dans le pseudoLiber Rationum, on explique la prééminence de Saturne par le fait que le Soleil et la Lune furent crées à l’heure de Saturne, que le Soleil et la Lune furent crées à l’heure de Saturne.

La date de 1525

   On peut en fait se demander si l’importance accordée à la conjonction de 1524 ne tient pas au fait qu’elle coïncidait avec l’an 1525 qui correspond à un changement de règne planétaire.

La difficulté de maniement de ces cycles tient à la fixation des dates de passage d’une domination planétaire vers une autre, étant entendu que le système s’appuie sur un point de départ lié à la chronologie biblique. Le XVIe siècle sera marqué par une “rénovation de siècle” qui ne se produit donc que tous les 354 ans. On serait alors passé de Mars à la Lune. Si l’on s’appuie sur le témoignage d’un des contradicteurs de Nostradamus, Laurent Videl Laurent : le cycle de Mars se serait achevé en 1525. En effet, écrivant en 1557, il affirme que voilà 32 ans que Mars a fini son cycle.9

Nostradamus avance, dans la Préface, un délai de 177 ans qui sont évidemment la moitié d’un cycle de 354 ans, ce qui montre que les computations de Nostradamus sont reliées à cette théorie. Mais pour que l’on puisse manier un tel nombre – 177 – il importe que la date de départ coïncide avec le dit cycle. Il ne peut s’agir, selon nous, que de l’année de changement de cycle ou de celle d’une moitié de cycle. Or, la date la plus proche pour disposer de cette situation est celle de la fin du cycle de Mars et non d’une autre année quelque peu postérieure mais qui ne serait pas pertinente dans cette perspective, comme 1555. Si nous prenons la date de Videl comme base de travail, soit 1525 et que nous ajoutons 177, nous obtenons justement l’année 1702 : “le monde s’approche d’une anaragonique révolution & que de présent que ceci j’écris avant cent & septante ans trois mois, onze jours…” (Préface à César). C’est en 1702 que l’anaragonique révolution aurait lieu selon Nostradamus, date qui coïncide par ailleurs avec une grande conjonction de Jupiter et de Saturne en bélier. Or, 1702 est une date cusanienne.

Nous avons montré que chaque nouvelle période correspondait au passage de Saturne au bélier. En 1702, Saturne se trouvera également en bélier, ayant parcouru, à mi-parcours, six de ses douze révolutions. On comprend mieux dès lors une telle précision au niveau des mois qui n’aurait pas de sens s’il s’agissait d’une simple base numérique.

Mais à l’évidence, Nostradamus n’a pas rédigé un tel texte en 1525, et il semble l’avoir recopié sans chercher à l’actualiser à l’instar de ce que fit un Roussat par rapport à Turrel. Celui qui rédigeait ce texte devait se situer en janvier 1525 et visant 1702, et notant que Saturne entrait au bélier au Printemps, il a pu ainsi préciser son propos. L’emprunt de Nostradamus est donc particulièrement maladroit.

Il semble qu’à plusieurs reprises, l’on assiste à une combinatoire de plusieurs paramètres qui permettent, lorsqu’ils se recoupent, de déterminer des dates particulièrement importantes, ce qui n’est pas toujours le cas lorsque l’on se sert de cycles réguliers et en quelque sorte perpétuels.

Spéculations astronomiques et cycliques

   La prophétie, lorsqu’elle se met à fournir des dates, ne dépend pas nécessairement de l’astronomie / astrologie. Elle fait volontiers appel à des spéculations numériques qui, scientifiquement parlant, ne sont pas d’un meilleur aloi.

   Que penser de ce nombre de 1260, que l’on voudrait issu du Livre de Daniel, que les eschatologues – notamment les Réformés Français – ajouteront aux dates les plus diverses, que penser de ces 300 ans que Pierre d’Ailly additionne à partir d’une année nécessairement terminée en 89 ?

Les enfants de l’An Mil

   En réalité, le premier nombre qui servit, au Moyen Age, à calculer la fin des temps semble avoir été les 1000 ans qui sont annoncés dans l’Apocalypse de Jean (Ch. XX) pour la durée de la mise hors de nuire de Satan. La première grande échéance prophétique semble avoir été la mise en relation de la chronologie liée à l’ère chrétienne et les 1000 ans durant lesquels une paix relative régnerait sur le monde. Passé ce cap, les malheurs devraient abonder avec le règne de Satan à qui il serait donné, comme dans Job, libre cours, pour quelque temps. Certes, ces 1000 ans seront par la suite calculés non plus après la naissance de Jésus mais celle de sa passion ; on pourra prolonger l’échéance en choisissant des dates plus tardives comme le renforcement de l’Eglise et ce non pas pour accorder un délai supplémentaire à l’humanité mais pour tenir compte du retard pris par rapport aux prévisions : il ne se passe rien qui corresponde vraiment aux attentes.

Mais une autre approche consista à se servir d’un autre nombre – 1260 – qui figure dans le même Livre de l’Apocalypse mais avec une valeur inverse. Ne s’agit-il pas tout au contraire de la durée du règne de l’Antéchrist, ce qui est confirmé, avec la variante 1290, dans le Livre de Daniel ? On passerait ainsi, pour les besoins de la cause, des jours aux ans, de l’échelle individuelle à celle de l’Humanité.

On nous objectera que l’on ne saurait confondre les 1000 ans durant lesquels Satan est mis hors d’état de nuire, suite à l’avènement de Jésus, et les 1260 ans que l’on attribue au temps antéchristique. On fera d’abord observer que ce passage des jours aux ans n’est pas fortuit, il correspond, à partir des XIIe – XIIIe siècles, à un désir de disposer d’un long terme comparable aux Mille ans qui ne font plus tout à fait l’affaire.

Par ailleurs, l’utilisation d’un texte conçu dans un esprit différent n’a jamais été rédhibitoire, même et surtout s’il est emprunté à l’adversaire. On le verra, à de nombreuses reprises, au cours de notre travail.

Mais ce n’est pas tout: le changement de référence dénote également une autre attitude face à la situation historique. Tout se passe comme si, pour de nouvelles générations, le jugement sur le passé n’était plus celui de 1000 ans de bonheur, pour reprendre l’expression de J. Delumeau. Un regard critique et rétrospectif se porte notamment sur la papauté qui conduit à préférer attendre que le temps de l’antéchrist s’achève plutôt qu’il ne débute. C’est cela que signifierait le passage de 1000 à 1260, au delà de la simple commodité des nombres.

Nous verrons que pour les réformés10, mais ce fut le cas avant eux pour les communautés dites spirituelles qui les précédèrent, l’important est moins d’espérer que de dénoncer. Il ne s’agit plus d’être euphorique mais lucide, le temps n’est plus à l’autosatisfaction mais plutôt à l’autoflagellation. Une telle évolution conduit d’ailleurs insensiblement vers l’idée d’un Avènement intermédiaire, suivi à nouveau d’une période antéchristique, comme si, en quelque sorte, tout était à refaire. Peut-être les 1000 ans n’ont-ils pas encore débuté, après tout, Satan n’est pas encore été refoulé: rien d’essentiel n’aurait encore changé depuis le temps de Jésus. Bien pis, Satan règne là où précisément on attendrait le salut, à la tête de l’Eglise, tant la duplicité de l’Antéchrist est grande : c’est la “Synagogue de Satan”, où l’on ne sait plus qui est qui.

Fixer une échéance, même à court terme, c’est de toute façon fixer un délai : on ne prophétise pour annoncer un événement immédiat. Il vaut mieux dans ce cas avancer une date lointaine que de laisser le champ libre à des dates trop proches. C’est semble-t-il l’avis de saint Augustin qui souhaitait, nous semble-t-il, faire un usage raisonnable du discours prophétique, en ayant les avantages – la structuration du temps – sans les inconvénients – l’attente fébrile. Cela dit, pour Augustin, les 1000 ans avaient déjà débuté ave le Christ, il n’était pas nécessaire de spéculer sur leur commencement. Mais cette solution ne pouvait être satisfaisante que jusque vers l’An Mil. A l’approche de cette date, la question du règne de l’Antéchrist était incontournable. Pour un homme des IV – Ve siècles, la position d’Augustin était acceptable mais à la longue, elle se révéla angoissante puisque tout a une fin.

Les échéances nostradamiques

   A propos des éditions nostradamiques, nous avons pu constater qu’un des critères permettant, selon nous, de distinguer ce qui était de Michel de Nostredame et ce qui ne l’était pas, concernait les échéances fixées par les uns et par les autres. C’est ainsi que nous faisions remarquer qu’à une exception près, celle de la “deuxième” Epître à Henri II, Nostradamus; n’avait pas manifesté d’intérêt pour les années 80 de son siècle, restant ainsi en dehors d’un courant que l’on pourrait appeler “des Années Quatre-Vingt” qui remonte au moins, pour la France, à Pierre d’Ailly.

IV – Fortune des Grandes Conjonctions

   La théorie des Grandes Conjonctions pesa fortement au XIVe siècle, notamment à propos de la Grande Peste de 1348 que l’on expliquera après coup par une grande conjonction dans le signe du verseau survenue trois ans plus tôt. De nombreux textes d’époque seront consacrés à l’Epidemia et notamment le Compendium de la Faculté de Médecine de Paris qui aborde la dimension astrologique. E. Littré signala en son temps le Libellus de judicio Solis in conviviis Saturni de Simon de Covino, ou de Couvin, daté de 1350, auquel Symon de Pharès, à la fin du XVe siècle, dans son Elucidaire, attribue également le mérite d’avoir prédit le sort de la bataille de Poitiers. Covino combine dans son Libellus astronomie et mythologie et campe une discussion qui n’est pas sans évoquer le Livre de Job. L’auteur imagine un débat entre Saturne et Jupiter, lors d’un banquet. Saturne (Satan ?) demande au Soleil (Dieu ?) la destruction du genre humain que défend Jupiter. Mercure s’efforce de démontrer que les hommes ont péché davantage que lors du Déluge, ce qui conduit Jupiter à changer d’avis, il fait alors la paix avec Saturne sur le dos de l’Humanité : tous les astres / dieux sont d’accord pour un châtiment exemplaire : rappelons que Job fut aussi puni dans sa chair, par une lèpre (II, 7). Deux siècles plus tard, un quatrain de la première centurie nostradamienne – le seizième- nous semble évoquer cette conjonction en verseau :

Faulx à l’estang joinct vers le Sagittaire
En son hault auge de l’exaltation
Peste, famine, mort de main militaire
Le siècle approche de renovation.

 

“Estang” comporte une valeur “Eau”, par exemple le Verseau, un des domiciles de Saturne. Dès lors, le Sagittaire renverrait à Jupiter, maître du signe. On aurait ainsi une grande conjonction en Verseau, encore que ce signe soit catalogué comme signe d’air, mais il n’en reste pas moins, comme le fera remarquer Paul Le Cour, en 1937, que le Verseau est Ganymède, l’échanson des dieux.11

Or, si l’on consulte des Ephémérides pour retrouver à quelle date la dernière grande conjonction en Verseau eut lieu, l’on trouve que ce fut le cas justement en 1345, c’est un des topoi de l’astrologie, illustré notamment par Jean de Murs et Jean d’Eschenden.

Or, que lisons-nous dans le quatrain des Centuries ? “Peste, famine, mort de main militaire”, la Peste figure en premier à la suite de la description astrologico-astronomique.

Ne se pourrait-il que le terme “auge” (du latin alveus), plutôt que de relever de la cosmographie ou de la théorie astrologique des Dignités planétaires, signifie simplement Verseau – le verseur d’eau, l’échanson Ganymède, souvent représenté par une amphore (on l’appelle aussi amphora) ? Après tout, nous dit le dictionnaire, une auge, c’est une manière de récipient, de nos jours une mangeoire pour bestiaux. D’autant que Saturne dans le signe du verseau est dans un de ses “trônes”, et il est possible que l’auteur ait confondu avec l’exaltation, autre position forte de Saturne, dans le signe de la Balance. Dans ce cas, il y aurait redondance puisque le Verseau figurerait à deux reprises, dans le même quatrain avec estang et avec auge. En tout état de cause, si l’on interprétait auge comme signifiant augmentation, on aurait aussi un double emploi avec exaltation au sein du même vers.

Mais il en est de même chez Turrel : “pourquoy pestilence, famine & toutes sortes de corruption en ce siècle redonderont” et chez Roussat : “Par quoy pestilence, famine & toutes sortes de corruptions tant aux corps que biens en ce siècle redonderont”. Association donc du passage de Saturne en son “auge” et du déclenchement de la pestilence. Il faut lire selon nous, pour “en son auge”, Saturne en verseau.

Cependant, il nous apparaît que la source de Nostradamus ne peut avoir été ici Roussat ou Turrel du moins dans les éditions que nous connaissons. J. P. Boudet a signalé qu’il avait existé d’autres éditions qui n’ont pas été conservées et nous pensons que c’est l’une d’entre elles que Nostradamus a eu en main, plus correcte, où il était fait d’une part allusion à une conjonction en Bélier en 1643 et en Sagittaire en 1603 et d’autre part à une conjonction en Verseau en 1345.

On pourrait certes soutenir que Nostradamus aurait pu se contenter de recopier la phrase de Roussat : “lors se conjoindront Saturne & Jupiter au Sagittaire”, mais la présence de l’estang nous conduit à repousser une telle lecture. Le quatrain de Nostradamus nous apparaît finalement parfaitement correct sur le plan du savoir astrologique de l’époque et l’on pourrait le confirmer par la citation de traités, dans leur chapitre concernant Saturne. Ainsi, l’importance que Nostradamus était supposé avoir accordée au début du XVIIe siècle, sur la base de ce quatrain, nous apparaît comme improbable (cf. infra).

Saturne est bel et bien puissant – exalté – en Verseau (Aquarius), et Jupiter s’y trouve par comparaison en position de faiblesse, lui qui a son exil dans un autre signe d’air, les Gémeaux. Dans la dialectique Jupiter Saturne, Jupiter est puissant dans les triplicités de feu et d’eau de par ses domiciles dans des signes de ces éléments et Saturne dans les triplicités d’air et de terre de par ses domiciles dans des signes de ces autres éléments.

On ajoutera que les deux planètes se répartissent chacune un demi-cycle de plus de 400 ans. En effet, Saturne va régner d’abord sur les grandes conjonctions en signe d’air puis, juste après, sur celles en signe de terre avant de céder la place à Jupiter qui dominera deux siècles d’eau suivis de deux siècles de feu. Le retour vers les fiefs de Saturne s’opérera à une date assez significative : 1782, sept ans avant la Révolution Française, lorsque Jupiter rejoindra Saturne dans les derniers degrés du Sagittaire, c’est-à-dire presque en Capricorne, signe de Terre et son autre domicile avec le Verseau, la conjonction ayant lieu en 1802 au début de la Vierge, autre signe de terre. Le cycle de Saturne se sera achevé en 1345 avec la Grande Peste et aura repris avec la Révolution Française. Il est à noter que les juifs seront tenus pour responsables de l’épidémie et qu’ils seront exclus du Royaume pour n’être réintégrés, officiellement du moins, qu’au lendemain de la Révolution Française (1791).

Vingt ans après, la conjonction de 1365, marquera un changement de triplicité, d’un signe d’air (verseau) vers un signe d’eau, le scorpion, phénomène qui n’a lieu que quatre fois au cours d’un cycle complet allant d’une conjonction Jupiter-Saturne en Bélier à la suivante, soit tous les deux siècles environ. C’est en quelque sorte l’acte de naissance de l’Astrologie Mondiale en Occident Chrétien, étant entendu que pour le monde Juif espagnol, par exemple, l’attente, à partir de 1179, de la conjonction de 1186 en Balance, deux siècles plus tôt, avait défrayé la chronique sous le nom de Lettre des astrologues arabes. Précisons cependant que la Lettre de Tolède qui traite de cette conjonction aurait été envoyée au pape Clément III qui ne régna qu’à partir de 1187. Ce texte, comme l’a montré Grauert (1901), connut une fortune remarquable jusqu’au XVIe siècle; il fut notamment rapproché de la troisième croisade, qui fit suite à la prise de Jérusalem en octobre 1187, par les armées de Saladin.

Les historiens, tel Gaster, dans son article de 1902, ont relevé que le texte de la prophétie élaborée autour de la configuration dans le signe de la balance aurait été réemployé à diverses reprises, des siècles durant, sous des identités successives. Or, la question qui se pose dans le rapport astrologie-prophétie est double: certes, l’on peut souligner qu’en dépit de la caducité de la dimension astronomique, un texte puisse être reconduit mais il conviendrait de ne pas oublier l’hypothèse suivante: peut-être les astrologues avaient-ils plaqué sur les données planétaires un discours prophétique, sans lien directe avec la science astrologique ? L’étude des commentaires successifs des conjonctions Jupiter-Saturne montre assez à quel point un même discours peut revenir alors que les signes zodiacaux changent.

Mais ce sont probablement les conjonctions attendues pour la seconde partie du XVe siècle qui marquèrent le plus les esprits comme en témoigne Pic de la Mirandole dans ses Disputationes, relayé par Bodin. Un des textes les plus remarquables sur le sujet reste le Meguilat Hamegalé, rédigé en hébreu au XIIe siècle, à la veille de la conjonction de 1186 par le Juif barcelonais Abraham Bar Hiyya, qui annonce 1464 pour la naissance du Messie.

Le recours à un cycle de 795 / 800 ans est relativement récent et permet de dater certains textes qui se prétendraient plus anciens qu’ils ne le sont. En effet, durant tout le Moyen Age, le chiffre en vigueur fut longtemps 953 / 960 ans. Encore au XVIe siècle, les deux données cohabitent. C’est ainsi que certaines dates fournies par Pierre d’Ailly sont astronomiquement fausses, ce que ne relève pas Carl Jung Carl (1983, pp. 110 – 111) qui indique 1693 comme année de grande conjonction en Bélier alors qu’en cette année là Jupiter et Saturne ne se rencontrent même pas et qu’aucune des deux planètes ne passe dans ce signe. Toutefois, en 1702, une telle conjonction aura lieu mais la véritable maxima coniunctio eut lieu, selon nous, dès 1583, ce qui correspond à peu près au décalage signalé (cf. supra). En réalité, les erreurs qui pèsent sur l’oeuvre de Pierre d’Ailly ne compromettent nullement la fixation de la date de 1789 qui relève d’une autre dimension de l’astrologie “saturnienne”.

Une des victimes les plus célèbres de cet imbroglio est Jean Bodin, Jean, auteur de la République, qui consacra le chapitre II du quatrième Livre à l’astrologie. Il fut contraint lors d’une édition ultérieure de corriger ses calculs, notamment à la demande du médecin toulousain Auger Ferrier, Auger; , qui lui avait reproché de s’attarder sur des données dépassées, chères à un Pierre d’Ailly.

C’est ainsi que l’on découvrit, à la fin du XVe siècle, semble-t-il, que la célèbre théorie des Grandes Conjonctions, grâce laquelle l’Histoire de l’Humanité s’expliquait toute entière, s’appuyait sur un écart beaucoup trop important (environ 20 %). Cette prise de conscience fut aussi importante, épistémologiquement, que la découverte de nouvelles planètes, voire de nouveaux satellites, depuis la lunette de Galilée. Comment dès lors attribuer à Regiomontanus; cette connaissance du cycle de 800 ans grâce auquel l’année 1588 pouvait avoir été étayée ? On fera remarquer que cet intérêt pour les années quatre-vingt n’est nullement le fait de Michel de Nostredame (cf. infra) mais de ceux qui se dirent ses enfants ou ses disciples et qui avaient d’autres échéances devant eux. l l’année 1588 pouvait avoir été étayée ? On fera remarquer que cet intérêt pour les années quatre-vingt n’est nullement le fait de Michel de Nostredame (cf. infra) mais de ceux qui se dirent ses enfants ou ses disciples et qui avaient d’autres échéances devant eux.”

Ce type de problème montre à quel point l’Astrologie fut longtemps tributaire des progrès de l’Astronomie, mais il semble bien que très vite une estimation astronomique d’une longue cyclicité devint un nombre accepté comme base de travail pour les recherches en Astrologie Mondiale, celle-ci devenant par certains traits une sorte de numérologie que l’on légitimait de par les recoupements historiques ainsi obtenus.

L’approche de Loys Leroy

   Citons aussi un auteur dont les réflexions précédent de peu la République de Bodin, il s’agit de Loys le Roy, auteur de Considération sur l’Histoire Françoise et l’universelle de ce temps dont les merveilles sont succinctement récitées (Paris, Fred. Morel), A la Royne Mère du Roy (Catherine de Médicis), juin 1567,:

“Tellement que selon les aspects, oppositions, conjonctions, distances, apparences, cachemens des astres descendent ça bas diverses influences rendant les hommes plus disposez en l’une saison qu’en l’autre à la vertu, aux lettres & aux armes, puis sortans de la mesme cause céleste grands & espouventables evenemens de guerres, famines, pestes, inondations, tremblemens de terre, seicheresses & bruslemens altérer tous cas humains par certaines révolutions de l’univers selon que les parties du ciel & de la terre correspondent & que la matière y est disposée.“12

 

“Lesquelles mutations adviennent en certaines saisons par la providence divine & la loi fatale du monde, tant selon le mouvement du premier ciel dont les autres mouvemens inférieurs dépendent & toute nature que par les conjonctions & séparations des planètes auxquelles les choses qui en sont composées obéissent. Aussi plusieurs passans outre, se sont efforcez déterminer par telles révolutions les aages & fortunes non seulement des hommes mais aussi des citez et des estats comme Platon en l’huitième de la République & au Politique, Ptolémée au Quadripartite & les anciens Chaldées & Egyptiens. D’avantage, les Arabes et plusieurs savants Chrétiens y ont adjouté les sectes des religions & entreprins juger de leur durée comme Pierre Dally Theologien & Cardinal de Cambray au traité qu’il a faict de la Concorde – Concordia, concordance, terme que l’on retrouve chez Joachim de Flore – de l’astrologie et de théologie auquel s’est opposé le Comte Iean de la Mirandole au cinquiesme contre les Astrologiens & Vives au deuxième de la vérité de la foy Chrétienne.”

 

Or, ce texte figurait également au Livre XI de la Vicissitude des changemens, ruines et conservations des Estats publics avec les causes des émotions civiles, leurs maux et remèdes13 du même L. Leroy, le traité étant une traduction par Regius du Livre V de la Politique d’Aristote.

Bodin et les grandes conjonctions

   Le personnage de Jean Bodin est complexe. Considéré comme un des plus grands juristes de son temps14, il fut aussi l’auteur d’une Démonomanie des Sorciers dans laquelle, avant Kepler qu’il influença peut-être, il prône une voie intermédiaire entre le rejet et l’adhésion. A tort ou à raison, on lui attribue15 une Lettre de Mr Bodin parue en 1590, en faveur de la Ligue hostile à Henri IV. Bodin est rarement cité pourtant dans listes de sectateurs de l’astrologie. Ce texte fait partie d’un arsenal prophétique qui incluait, on l’a vu, en ce temps, les Centuries de Nostradamus : “S’il y a moyen de savoir les changements & ruines des Républiques à l’advenir”, première édition non corrigée, 1576 :

“Je toucherai seulement ceux qui ont été en réputation d’avoir mieux entendu les jugements du ciel, pour les changements des Républiques lesquels a esté Pierre d’Arliac (c’est-à-dire d’Ailly en latin Alliacus) Chancelier de Paris & depuis Cardinal l’an 1516 (sic) qui a rapporté les naissances, changements & ruines des Républiques & des régions aux conjonctions des hautes planètes & duquel Jean Pic, Prince de la Mirande (c’est-à-dire, de la Mirandole).”

 

“Et ne se faut pas arrêter à la grande conjonction des deux plus hautes planètes au premier point (degré) du Bélier, ce qui n’est jamais advenu ni par le calcul d’Alphonse ni aux conjonctions rapportées par le Cardinal d’Arliac (…) Et l’an mil cinq cents octante quatre Saturne & Mars se joindront au premier point & 46 minutes du Bélier & Jupiter au même signe, mais toutefois éloigné de douze degrés avec le Soleil et Mercure. Et ne retournent au même point sinon en 953 ans & 91 jours lequel nombre si on tire, en rétrogradant des ans du monde, quand une grande conjonction est advenue, on trouvera quasi semblables effets et changements.”

 

Bodin signale donc les rencontres planétaires de 1584 -à peu de distance de la date de publication de son ouvrage, Certes, Mars, Jupiter et Saturne seront en Bélier mais il n’y aura pas de conjonction exacte dans ce signe de Jupiter et de Saturne. Celle ci aura eu lieu au signe précédent des Poissons :

“… Ce que j’ai dit des grandes conjonctions se peut aussi dire des moyennes qui adviennent en deux cents quarante ans & des moindres qui adviennent de vingt en vingt ans, qui ont les effets plus grands si les regards (aspects) des autres planètes, éclipses ou conjonctions y sont mêlés (…) Car de dire que les étoiles fixes ayant changé leurs signes ont changé les triplicités des régions, c’est abuser de la science & faudrait aussi ruiner les principes & maximes d’astrologie qu’on voit être semblables es horoscopes humains & tels qu’ils étaient il y a deux mille ans (…) Aussi voit-on quatre ou cinq ans devant le changement de la République Romaine en Monarchie sous la puissance de César & alors que toute l’Europe était en armes, que la grande conjonction se fit au Scorpion. La même conjonction se fit l’an 630 (…) Et la même conjonction se fit au même signe l’an 1464… Mais la conjonction des hautes planètes (…) Nous voyons aussi la grande conjonction au signe de l’Archer (Sagittaire) l’an 74 après J.C. que toute la Palestine fut saccagée (…) Bref, s’il y a quelque science des choses célestes pour le changement des Républiques, il faut voir les rencontres (aspects) des hautes planètes depuis 1570, les conjonctions, éclipses et regards des basses planètes & des étoiles fixes lorsque se sont faites les grandes conjonctions & les rapporter à la vérité de l’Histoire & des temps & aux conjonctions précédentes. & ne s’arrêter du tout à l’opinion de ceux qui ont déterminé les triplicités aux régions, que j’ai vérifié ci dessus par exemples évidents n’estre pas assurées mais bien à la nature des signes & des planètes. Et toutefois rapporter les causes & les effets d’icelle au grand Dieu de nature & non pas l’asservir à ses créatures comme Cyprian Leovice Leovitius; qui assure par ses écrits que la fin du monde viendra en 1583 / 1584. Puisqu’il assure si fort qu’on n’en doit aucunement douter, pourquoi a-t-il taillé des éphémérides pour 30 ans après la fin du monde viendra en 1583 / 1584. Puisqu’il assure si fort qu’on n’en doit aucunement douter, pourquoi a-t-il taillé des éphémérides pour 30 ans après la fin du monde ?”

 

“Albumazar, Alcabice & Leopold (d’Autriche) appellent grande conjonction des deux hautes planètes qui se fait de 20 en 20 ans environ (conjunctio magna) et la plus grande est de Saturne & Jupiter au changement de triplicité qui se fait en 240 ans environ (conjunctio major) & la très grande qui se fait de Saturne & Jupiter au signe d’Aries (Bélier) en 960 ans environ (conjunctio maxima). Mais Messahala appelle très grande conjonction des trois hautes planètes qui ne se fait pas (comme dit Leovitius; Léovice) l’an 1583 mais seulement de Mars & Saturne au second degré du Bélier & Jupiter en est éloigné de douze degrés (…) Ces grands changements se voient plus évidents avec la conjonction des trois hautes planètes aux signes du Soleil et de Mars comme il advint l’an 1564 que les hautes planètes se trouvèrent conjointes au Lion avec le Soleil et Mercure.”

 

En réalité, nous le savons, le rythme est de 200 ans environ et non de 240 ans, tant il est vrai que l’astrologie est tributaire de l’astronomie et de son évolution. Une telle échéance pour les années 1560 était déjà familière à la fin du XVe siècle chez un Lichtenberger (cf. infra).

Les difficultés d’application

   Il importe de rappeler que la théorie des grandes conjonctions comporte une part d’imprécision. Ce modèle d’origine arabe est fondé sur l’observation selon laquelle la conjonction Jupiter-Saturne, qui a lieu tous les vingt ans, se déplace d’une fois sur l’autre d’environ un tiers du Zodiaque. Or la tradition astrologique avait introduit une division des signes également selon le principe de triangulation du Zodiaque, triangle (ou triplicité) de feu : bélier (1er signe ), lion (5e signe), sagittaire (9e signe), triangle de terre : taureau (2), vierge (6) et capricorne (10), triangle d’air : gémeaux (3), Balance (7), Verseau (11), triangle d’eau : cancer (4), scorpion (8), Poissons (12). Il était donc tentant de rapprocher ces deux notions.

Mais quand la conjonction a-t-elle lieu ? Il semble que les critères astronomiques aient quelque peu varié. Nous en resterons à la méthode consistant à déclarer qu’il y a conjonction lorsque Jupiter (révolution en 12 ans environ) et Saturne (révolution en 29 ans environ) se retrouvent sur un même degré de longitude céleste, à tel degré de tel signe zodiacal. Or, dans certains cas, il s’en faut de peu que cette rencontre ait lieu dans un signe plutôt que dans un autre lorsque la conjonction se tient en fin de signe ou en début de signe – notamment en raison des rétrogradations – et cela est d’autant plus important quand cette conjonction est censée déterminer un changement de triangle dans la mesure où ces passages qui ont lieu à plusieurs siècles de distance sont alors plus importants que ceux qui se tiennent tous les 20 ans. Et l’enjeu est encore plus grave lorsqu’il s’agit du retour de la conjonction Jupiter Saturne dans le premier signe du Zodiaque, correspondant au début du Printemps, marqueur du début de l’année, le bélier car il s’agit là du début d’un nouveau cycle complet des quatre triplicités, ce qui ne se produit que tous les 800 ans ou quasiment tous les mille ans selon l’approche choisie. Les astrologues sont à la merci de ces imprécisions, ce qui d’ailleurs est bien commode lorsque l’événement attendu n’a pas lieu, permettant ainsi de fixer une nouvelle échéance 20 ans plus tard. On ne sait pas toujours à l’avance si la prochaine conjonction est la première d’une nouvelle triplicité ou la dernière de la triplicité en cours.

Il nous semble plus raisonnable de ne pas faire preuve de trop de minutie en ce qui concerne le changement de triplicité : il est clair que si le laps de temps correspondant à une triplicité s’est écoulé, l’on doit passer à la triplicité suivante même si, à quelques degrés près – ce qu’on appele “orbe” en astrologie – la conjonction n’a pas vraiment eu lieu dans le signe souhaité. En ne procédant pas ainsi, c’est tout le système d’Albumasar; qui se trouve inapplicable.

Le calendrier des grandes conjonctions

   Rappelons la succession des quatre triplicités depuis l’émergence de l’Islam jusqu’à la Révolution Française. On précisera que l’ordre des éléments est celui que l’on trouve dans le zodiaque : feu-terre-air-eau, à savoir bélier (feu), taureau (terre), gémeaux (air), cancer (eau), lion (feu) et ainsi de suite.

EAU 590, tout début Cancer (signe d’eau)
FEU 789, fin Poissons (signe d’eau) presque en Bélier (signe de feu)
TERRE 988, fin Sagittaire (signe de feu), presque en Capricorne (signe de terre). On est aux approches de l’An Mille.
AIR 1186, début Balance (signe d’air), cette échéance a été très fortement vécue par le milieu astrologique, comme nous l’avons rappelé
EAU 1384, début Cancer (signe d’eau), presque fin Gémeaux.
FEU 1583, début Bélier (signe de feu) mais en fait fin Poissons (signe d’eau) ce qui reporte le changement de triplicité à 1603 en Sagittaire (signe de feu).

Rappelons que le signe des poissons (longitude 330-359° 59’59″) précède immédiatement celui du Bélier. (0°-29°59’59″). Toutefois, nous pensons que les signes de feu ne sont pas interchangeables et que le passage au Bélier, lorsqu’il coïncide avec un changement de triplicité, correspond à une conjunctio maxima, même si elle a lieu, selon nous, en fait à la fin des Poissons.

Une grande conjonction au bélier comme celle de 1702 en plein milieu de la période ignée de 200 ans n’a pas le même impact sur le plan de la théorie.

TERRE 1782 fin Sagittaire (signe de feu), presque Capricorne (signe de terre) ce qui reporte le changement à 1802, en Vierge (signe de terre). Cette conjonction, proche de 1789, est la réédition de la conjonction de 988, près de huit siècles plus tôt. Mais il faut bien comprendre que la fixation de la date de 1789 est indépendante du calcul des grandes conjonctions et que la mention de l’écart est purement informative.

Pour nous résumer, en 590, on achève un grand cycle conjonctionnel, s’achevant toujours par l’élément eau, et c’est en 789 qu’ on est entré dans une conjonction en Bélier, donc une maxima coniunctio, puis vers 988, (ou 20 ans plus tard), on est entré dans une triplicité de Terre, puis en 1186, on est entré dans une triplicité d’Air, puis en 1384, on est entré dans une triplicité d’Eau et en 1583 ou en 1603 dans une triplicité de Feu pour revenir en 1782 dans une triplicité de Terre. Si l’on affirme que le cycle des conjonctions Jupiter-Saturne ne dépasse pas 800 ans, il importe de se satisfaire de l’approximation des conjonctions en Bélier à la fin des Poissons, ce qui fut le cas de 789 et de 1583, années séparées par un écart de 795 ans. En étant par trop formaliste, l’écart séparant deux premières conjonctions, au sein de deux cycles successifs, en Bélier stricto sensu, l’on augmente considérablement la durée du cycle. Le décalage entre les deux écoles n’est probablement pas tant une question de précision astronomique qu’un problème de définition.

Or, dans la perspective millénariste où se situe Pierre d’Ailly et qui conduit à l’avènement de l’Antéchrist, force est bien, en principe, au cardinal, à supposer la fin d’une période de 1000 ans comme le veut l’Apocalypse de Jean. Dès lors, il n’est peut être pas indifférent qu’il y ait cet espace de temps entre 789 et 1789. Notons cependant qu’à la différence d’un Téléofre / Télesphore de Cosenze, le millénaire ne s’achève pas au XIVe siècle mais au XVIIIe.

Le problème de la Coniunctio Maxima

   La simplicité du système des grandes conjonctions n’est en effet qu’apparente. En tout cas, dans le cours du XVIe siècle va régner une certaine confusion aboutissant à deux dates, ayant chacune leurs partisans, à l’instar des papes et des antipapes.

Or, l’enjeu est de taille puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de fixer le début de la Coniunctio Maxima, qui commence un nouveau cycle de plusieurs siècles ! A priori, le problème se réduit à rechercher à quelle date a lieu la première conjonction dans le signe du Bélier.

Il y aura donc les astrologues qui ont fixé ce changement à la fin du XVIe siècle et ceux qui attendront le début du XVIIIe, l’an 1702, soit un écart de 120 ans, correspondant à plus de la moitié du temps que passe une grande conjonction à travers les signes d’une même triplicité. Une troisième approche consiste à prendre en compte l’année de la première conjonction en signe de feu, que ce soit ou non le signe du Bélier. Ainsi en 1603, la rencontre de Jupiter et de Saturne en Sagittaire sera-t-elle déterminante.

Chaque camp a ses arguments: ceux qui tiennent compte de la durée de 200 ans propre à chaque passage au sein d’une triplicité, peuvent arguer de ce que la précédente entrée, en signe d’eau, eut lieu en 1384 et qu’il convient de fixer le changement en 1584 mais en cette année là, la conjonction eut encore lieu en signe d’eau, dans le signe qui précède le bélier, à savoir les poissons. Mais pour Leovitius, la conjonction en bélier fait immédiatement suite, dans l’année qui vient, à celle en poissons. Il y a donc ceux qui repoussent de vingt ans en 1603 mais alors la conjonction n’aura pas lieu en bélier. Ceux qui prônent 1702, appliquent littéralement le principe selon lequel la coniunctio maxima correspond à la première présence de la grande conjonction en bélier. Mais en 1643, aurait du se produire une conjonction au bélier, or, elle se tint à la fin des Poissons, à quelques degrés de l’entrée au bélier.

Les trois échéances de Leovitius

   Il convient de ne pas affirmer que la seule échéance annoncée par Leovitius Cyprien; concerne les années Quatre-Vingt. Une telle lecture est tardive et relève – on le verra pour la prophétie d’Orval au XIXe siècle – d’une réactualisation, une fois une première échéance franchie.

Dans le Pronosticon, qui est la partie prévisionnelle de son oeuvre, il doit, à trois reprises, discourir sur une grande conjonction Jupiter-Saturne: dans les années soixante, dans les années Quatre-vint et dans la première décennie du XVIIe siècle.

Reprenons les trois textes correspondants :

“Je pense de vray que depuis huict cens ans n’y a eu telle, ne sy grande coniunction de planetes au signe de Léo et qu’il n’y en aura de semblable d’icy à huict cens ans à l’advenir. Il s’en feit une pareille l’an 769 etc.” (1584)

 

“Depuis lequel temps n’en a esté une semblable (…) et celle qui adviendra l’an 1583, laquelle indubitablement nous sera significative du second advenement du Fils de Dieu.”16 (1583)

 

Cette fois-ci, il s’agit d’une éclipse qui se manifesta en 1605 : “C’est chose toute certaine que plusieurs siècles auparavant n’en a esté une plus grande & n’en sera possible une telle pour l’advenir.”17

En fait, Leovitius reste extrêmement vague, après une échéance grave, on passe à l’attente de la suivante comme si la vie allait se poursuivre normalement. La conclusion du recueil est révélatrice : “J’ay discouru cette présente prognostication jusqu’à l’an 1607 (…) Ce faisant attendront le second advenement du Fils de Dieu qui semble estre fort prochain”18, et d’entrer dans des considérations extra-astrologiques : fin du règne de Mahomet qui pourrait avoir lieu au bout de 1000 ans, donc dans le cours du XVIIe siècle, fin du monde au bout de 6000 ans mais qui peut être abrégée. Au fond à la façon d’un astronome conseillant d’observer telle éclipse puis telle autre, Leovitius signale des moments importants et si ce n’est pas l’un, ce sera le suivant. Or, à plusieurs reprises la date de 1607.

Le fait que Leovitius ait publié son diptyque – De coniunctionibus et Pronosticon – en 1563 nous conduit à penser que les lecteurs s’intéressèrent au premier chef à la première grande conjonction annoncée, celle de 1564. Leovitius ne précise-t-il pas : “Toutes lesquelles choses conviennent de poinct en poinct avec la prognostication astrologique que j’ai faicte il y a bien huict ans en mon livre des éclipses pour les années 1564, 1565 & pour le premier semestre de l’an 1566.”

Au vrai, si Nostradamus a lu Leovitius dans les années Cinquante, au travers de l’Eclipsium et de l’Ephemeridum, on peut raisonnablement penser que la première échéance importante qui lui fut proposée concernait les années Soixante et non les années Quatre-Vingt. En fait, le propre de l’astrologue n’est-il pas de plier les lois du cosmos aux impératifs de la politique et de savoir mobiliser régulièrement l’opinion en laissant de côté les prédictions pour les années passées. Cela dit, ce genre d’ouvrages qui couvre une quarantaine d’années nous permet de mieux cerner les procédés employés. C’est là que la différence entre astrologie et astronomie s’avère frappante: l’astronome qui annonce une succession de configurations, étalées sur des décennies, reste dans un processus cyclique tandis que l’astrologue qui est préoccupé de la fin du monde a une approche plus linéaire et est contraint à des acrobaties pour laisser entendre qu’on se rapproche de l’issue mais sans savoir exactement quand elle aura lieu. Il convient donc de lire Leovitius comme quelqu’un qui fournit des données, en considère les implications possibles mais reste finalement dans l’expectative. Il est évident que plus le temps passe, plus l’échéance, a priori, se rapproche.

Par la suite, les Prédictions des choses mémorables paraîtront dans les années soixante-dix, à l’initiative de Nostradamus le Jeune, avec quelques variantes, sans les paragraphes consacrés aux années Soixante. Et après avoir insisté sur le caractère crucial de la conjonction de 1583 / 84, cette nouvelle version s’arrête à 1585, mais ce qui est dit sur cette année n’a plus rien de dramatique, comme si l’orage était passé.

Nous avons l’impression d’un certain mélange des genres. Visiblement, cette étude année par année s’apparente aux prophéties agricoles de type Moult : telle année, la récolte est bonne, telle autre elle sera médiocre et ainsi de suite. Mais qu’en est-il dès lors que l’on applique un tel schéma aux affaires des hommes ? On ne peut écrire en telle année, aura lieu le second avènement du Christ puis poursuivre pour l’année suivante comme si de rien n’était, c’est ce que Jean Bodin Jean avait remarqué. La vision eschatologique convient finalement mal à un processus récurrent régulier, elle parasite le discours de l’astrologue et l’amène à produire une cote mal taillée.

La date de 1583

   Le problème pour les astrologues du XVIe siècle, tient au fait que la première vraie conjonction en signe de feu ne se tint pas en bélier, premier signe mais en sagittaire, neuvième signe, ce qui posait un problème supplémentaire. D’où la tentation de considérer 1583 comme, à quelques degrés près, la Très Grande Conjonction du bélier, bouclant tout un cycle. La difficulté tient ici qu’en cas de non rencontre dans la triplicité prévue, il y a un report de 20 ans et qu’en cas de non-rencontre dans le signe prévu, dans l’ordre prévu, le bélier notamment, il n’y a pas de report possible sinon sur plusieurs siècles ! Certes, il y aura des conjonctions en Bélier durant les deux siècles liés à la Triplicité de Feu mais non pas lors de la conjonction suivante puisque la progression est triangulaire, mais une telle conjonction n’aura pas eu lieu lors du changement de Triplicité. En 1643, au lieu du bélier, c’est à nouveau le signe des Poissons qui sera le lieu de la Conjonction, on retourne en Triplicité d’Eau, ce qui est contraire au système. Il convient donc, nous semble-t-il, d’accorder, comme en astrologie généthliaque, une certaine “orbe” et privilégier la structure géométrique sur le seul symbolisme zodiacal.

La lecture des textes de l’époque montre bien que la conjonction de 1583 est présentée comme une sorte d’ouroboros, c’est-à-dire comme la conjonction entre le dernier signe (la queue) et le premier signe (la tête). Dans ce sens, la conjonction de 1583 apparaissait comme singulièrement cruciale, comme un événement rarissime dès lors qu’il était précédé vingt ans plus tôt d’une conjonction en signe d’Eau. Il fallait remonter pour cela au VIIIe siècle, au début de l’an 789 où là encore la conjonction se fit en Poissons mais faillit, à quelques jours près, avoir lieu en bélier.

Dans les Pléiades de 1603, Jean-Aimé de Chavigny cite Leovitius Cyprien et Liberati Francesco, et l’année 1782 apparaît à chaque reprise (p. 216 et 283), ce qui n’est certes guère éloigné de 1789 :

“Pourtant depuis l’an 1583 jusques à l’an 1782 que règne ce trigone igné, avant le mi-temps, dit icelui Liberati, commencera une haute & sublime monarchie & toutes choses seront réduites & gouvernées par un seul Monarque (…) et je tiens par nos présages que sera plustost qu’on ne pense.”

 

Il semblerait que pour Liberati, le début de la série ignée des conjonctions Jupiter-Saturne ne soit pas 1603 mais 1583. Or lorsque Saturne parvint en 1584 à 0° du Bélier, Jupiter était passé sur ce même point moins d’un mois auparavant. Les deux planètes se sont rencontrées quelques mois plus tôt en 1583 à 20° des poissons, à dix degrés donc du début du bélier.

Guillaume Postel Guillaume a pour échéance cette période de 1583 – 1584, comme l’indique un élément du titre d’un recueil resté manuscrit, le Thrésor ou recueil des prophéties de l’univers : “bien tost en adviendra par la conjunction maxime qui sera l’an de grâce 1584 et monstre ja son préparatif depuis l’an 1500 et s’estendra jusques à 800 ans ou 795 après comme toutes les passées ont faict et principalement celle qui meut Auguste et celle qui excita Charlemaigne, là où creut la sacrée authorité des sainctes Escriptures et celle de la Glosse ordinaire et ses despendences avec la sanction des romaines lois.”19

En fait, si l’on étudie (cf. infra) l’histoire d’un recueil prophétique comme le Livre Merveilleux, il reparaît au milieu des années 1560, sous Charles IX, puis dans les années 1580, lors de la crise dynastique, du fait des échéances qu’il avait fixées bien à l’avance, en rapport avec cette exceptionnelle conjonction en Bélier.

La compilation d’Estienne Tabourot

   On est toujours étonné de relever qu’un texte annonçant une échéance pour une date précise puisse poursuivre sa carrière en conservant les données initiales. La Pronosticatio de Lichtenberger reparaîtra en 162020 en précisant, en son titre, que la première édition date de 136 ans. En ce qui concerne l’Almanach et Pronostication des Laboureurs de Tabourot, la mention de 1588 survivra à l’entrée dans le XVIIe siècle.21 Scheler s’est intéressé à cette édition de 1610 : “Dans la Préface – que l’éditeur et ses successeurs supprimeront par la suite – l’auteur se réfère au sieur Arbeau (“dont le Compost, dit-il plus loin, n’ayant été imprimé qu’au lieu de Langres n’a pas encore esté veu ny leu de beaucoup de gens”) Jean Tabourot ayant sous le nom de Thoinot Arbeau; publié en 1582 à Langres un Compost et manuel Kalendrier, cette remarque montre que la préface de Maginuse a été écrite avant 1610 et que l’almanach donné à cette date par Nicolas Oudot n’est lui-même qu’une réimpression. ” Il est surprenant que Scheler n’ait pas remarqué que ce Jean Tabourot était, du moins dans le catalogue de la BNF, crédité d’un Almanach et Pronostication des Laboureurs, comportant notamment ladite Préface. Bien plus, l’exemplaire de la BNF est relié avec le Compost et Manuel Calendrier et porte la même cote !

La Grande Pronostication du Seigneur des Accords de Jean Vostet Breton – pseudonyme ici d’Estienne Tabourot – accorde une certaine importance aux grandes conjonctions et notamment à Leovitius, Cyprianus. Mais à la même époque le libraire Parisien Jehan Bonfons publie une édition du Kalendrier des Bergers comportant des extraits d’Alcabitius sur les conjonctions. Il y est notamment dit que la conjonction Jupiter-Saturne en Bélier annonce “quelque nouvelle secte advenir“.

D’une conjonction l’autre

   En 1484, la conjonction de Jupiter et de Saturne dans le signe du scorpion (et non dans la constellation du même nom) se produisit donc dans un signe d’Eau. Le XVIe siècle sera traversé par des grandes conjonctions en Eau, réputées favorables aux Musulmans – l’Islam est né au VIIe siècle, dans le cadre de conjonctions Jupiter-Saturne en signes d’eau – ce qui expliquerait, selon l’auteur des Prédictions de la décadence des Empires, l’échec de Charles Quint en ce domaine et de l’Empire en général. Cette conjonction est au coeur de la Pronosticatio de Lichtenberger et donc figure en bonne place dans le Mirabilis Liber. Un de ceux qui ont attiré l’attention sur cette configuration serait Jean de Bruges et ce dès 1444.

En 1503, une conjonction a lieu en Cancer, autre signe d’eau. Nous avons retrouvé un écho de cette rencontre dans la Nef des Fous de Sebastian Brandt, sous la forme d’une illustration reprise dans Rabelais François. Cette conjonction sera mentionnée par Carion à la fin du troisième livre de ses Chroniques trente ans plus tard, à partir des propos d’un Laurent Miniatensis, napolitain, qui auraient été tenus en 1473, “en son tiers livre de la conjonction de Jupiter et Saturne au signe de l’écrevisse”.22 On y cite une présentation latine versifiée de la conjonction ainsi restituée en français : “Celle conjonction qui viendra en nostre aage./ Plus bénigne sera, ne contenant l’oultrage / Que celles de devant (…) Un roy exempt de vice en ce temps régnera (…) Il sera Empereur etc.” Du fait de la fortune des Chroniques, cette conjonction sera signalée pendant tout le XVIe siècle.

En 1524, nous trouvons celle qui fut la plus célèbre, en poissons. Elle était réputée annoncer un nouveau Déluge et provoqua une polémique, notamment autour de Nifo.

Si la conjonction suivante, en 1544, en scorpion, n’a pas retenu notre attention, en revanche, en 1563, Leovitius Cyprien, on l’a noté, s’intéressa vivement à cette conjonction en cancer qu’il relie à la conjonction suivante en 1583 en poissons. Cette dernière est rapprochée, sans trop d’explication, de l’Annus Mirabilis de 1588. Florimond de Raemond, en 1597, dans son Antichrist23 fera remarquer au chapitre VII que Jupiter étant dans un de ses domiciles, il ne pouvait avoir des effets négatifs. Il cite un poème à ce propos dont nous reprenons le début :

“Que vous êtes hélas de honte et de foy vuides Escrivains qui couchez dans vos Ephémérides L’an, le mois et le jour qui clorront pour toujours La porte de Saturne aux mois, aux ans, aux jours etc.”

La date de 1603

   La première conjonction en signe de feu, liée au nom de Laurent de Naples, eut en fait lieu en signe du sagittaire et elle est rapprochée de la naissance de Louis XIII en 1601. Jean Belot, Jean (cf. supra) s’intéressera à la conjonction en sagittaire et réutilisant notamment le quatrain de Nostradamus déjà affecté par certains à 1603, “Faux à l’estang joinct vers le sagittaire” du seizième quatrain de la première centurie (cf. infra) qu’il faudrait lire, selon Brind’amour (1993) que nous ne suivrons pas faux à l’estaing, la faux représentant traditionnellement au niveau iconographique Saturne et l’étain étant le métal (alchimique) de Jupiter (cf. infra). Notons ainsi que le Janus Gallicus (art. 298) voit dans l’estang, le signe du verseau.

En 1615, dans son Amphitheatrum Providentiae Aeternae, paru en latin à Lyon, l’Italien Jules César Vanini, qui allait être exécuté (brûlé) en 1619, à Toulouse, pour ses idées, s’insurgera contre la théorie des Grandes Conjonctions dans son rapport avec l’histoire des religions, telle que l’a exposée Jérome Cardan, auteur, comme Pierre d’Ailly, d’un Horoscope de Jésus Christ. Cardan relie la Triplicité d’Eau à la suprématie des Musulmans comme ce fut le cas au VIIe siècle, après la conjonction en scorpion (Exercice VIII de l’Amphitheatrum). Il ne semble pas que le système des grandes conjonctions ait marqué le dix-septième siècle prophétique comme cela avait été le cas pour les siècles précédents mais Claude Comiers s’intéressera encore à la conjonction de 1683 qui fera également sens pour Jurieu. On ne cessera pas pour autant au delà du XVIe siècle de faire des prévisions eschatologiques mais sans nécessairement le secours de la logistique planétaire, ce qui correspondra à un regain des computations scripturaires.

Après la conjonction de 1623 en lion, l’Alsacien Eberhard Welper célébrera aussi la conjonction de 1643 en poissons (en bélier) puis celle de 1663 en Sagittaire, qui inspirera également un Samuel Desmarets, Samuel et un Pierre Serrurier : les réflexions de ce dernier seront traduites en anglais (cf. infra). Enfin, en 1682, en Lion, la conjonction ignée coïncidera avec la défaite des Turcs, car le Feu est favorable aux Chrétiens à la différence de l’Eau.

L’on trouve chez Turrel; et chez Roussat la référence suivante : “Car cette présente triplicité aquatique terminée (de quoi nous reste seulement, du calcul de cette présente année 1548, quatre vingt quatorze ans) viendra la triplicité de feu”24, ce qui conduit à 1642.

Le total donne 1548 + 94 = 1644, année où la conjonction en bélier a failli en effet avoir lieu. Le système se détraque ou du moins son formalisme aboutit à divers clivages, tous les paramètres ne convergeant pas.

La conjonction de 1643, coïncidera avec la mort coup sur coup de Louis XIII et de Richelieu. Il semble qu’Yves de Paris;, dès 1640, avait annoncé, sur la base de cette rencontre planétaire, de tels événements. Jacques Mengau, en 1652, s’appuie curieusement sur cette conjonction déjà ancienne, du 26 février 1643, qui, selon lui, agira dix ans après, soit jusqu’en 1653.

La date de 1702

   Il convient également de signaler l’importance accordée aux premières années du XVIIIe siècle par les hommes du XVIe siècle. On citera les travaux du bourguignon Pierre Turrel (qui influencent Roussat Richard et Nostradamus). Il désigne, dès 1531, notamment l’an 1702 comme déterminant :

“l’autre fameuse approximation de Saturne & Jupiter que se fera par la tête de Aries, l’an 1702, montrera en la terre universelle & plus que grandes altercations et & mutations ainsi que Léopold d’Autriche en son introductoire au sixième traité nous a laissé par écrit.”

 

Notons toutefois que cette conjonction en bélier ne saurait être une conjunctio maxima car elle n’inaugure pas le passage de la conjonction Jupiter-Saturne en signe de feu.

Il faudrait ainsi attendre 1702, qui correspond d’ailleurs peu ou prou aux calculs du Cardinal de Nicolas de Cuse;, fondés apparemment sur des critères non astronomiques mais que Michel de Nostredame reprit, nous semble-t-il, à son compte.

V – Pierre d’Ailly et 1789

   Tous les prophètes se réfèrent peu ou prou à l’Antéchrist de l’Apocalypse ou à la Prophétie de Daniel. Il importe de distinguer ceux qui utilisent le matériau scripturaire comme thématique et ceux qui s’en servent pour fixer un calendrier scripturaire.

On ne saurait cependant qualifier les calculs du cardinal de Cuse d’astrologiques, ils se fondent sur des passages de l’Ecriture, Daniel, les Evangiles. Il est cependant intéressant de comparer les prophéties des deux cardinaux, Pierre d’Ailly; et Nicolas de Cuse, ce dernier écrivant sa Conjectura de ultimis diebus, un demi-siècle environ après la Concordantia astronomie et theologie etc..25

En tout cas, au cours des XVI – XVIIIe siècles, le texte prophétique de Nicolas de Cuse; fut publié en français à plusieurs reprises tandis que les textes prophétiques d’Ailly ne furent pas traduits, à notre connaissance, durant cette même période, ce qui ne les empêcha pas de marquer certains auteurs français du XVIe siècle.

Les méthodes et les échéances divergent : Pierre d’Ailly; recourt à une astrologie saturnienne – grandes conjonctions, cycle de dix révolutions de Saturne – Cuse, lui, s’appuie sur les étapes de la vie de Jésus. Si le cardinal français vise 1789, le cardinal allemand est plutôt enclin à fixer pour échéance les premières décennies du même XVIIIe siècle. Certes, l’un comme l’autre recourent à l’imagerie antéchristique mais au lieu de voir l’Antéchrist oeuvrer de leur temps – en ces temps de schisme, le terme est alors souvent employé contre les papes – il s’agit d’en reporter l’avènement aux calendes grecques. Ce n’est peut-être pas par hasard si, en 1414, le nouveau cardinal de Cambrai, alors que s’ouvre le Concile de Constance auquel il va participer – convoqué, en terre allemande, par l’Empereur Sigismond de Luxembourg pour régler la question de la pluralité des papes – met la dernière main à un texte qui vise à calmer les effets d’une certaine rhétorique. Pour d’Ailly, partisan de l’autorité prévalante des conciles, la fin des temps n’a pas à être calculée à partir d’une succession des papes mais selon les lois de l’astronomie / astrologie et en s’appuyant sur une certaine numérologie. En cela, le contraste est complet avec les hommes du XIVe siècle, comme Jean de Roquetaillade et Théolofre de Cosenze, chez qui les implications politiques (élections de l’Empereur, du Pape) immédiates sont très fortes.

Cela dit, nous restons assez perplexe : d’une part, nous ne disposons évidemment pas d’imprimé d’époque mais pas davantage de témoignage de contemporains; il faut attendre, apparemment, la fin du siècle, pour que le texte relatif à 1789 soit disponible au sein d’un ensemble d’oeuvres de Pierre d’Ailly. Car, il nous est difficile d’envisager qu’un texte soit paru, en l’état, daté de Constance même, en cette année 1414, qui exigeait au contraire une mobilisation des esprits, une certaine pression que le prophétisme – il n’était question de rien de moins que de la démission de trois papes ! – a en quelque sorte pour fonction d’exercer et non des développements généraux ne visant nullement l’époque de leur parution. Faut-il parler d’un prophétisme conciliaire visant à empêcher qu’un pape, tel Jean XXII, un siècle plus tôt, puisse être traité d’Antéchrist, par certains Franciscains de Provence – les « spirituels » – annonçant, selon le découpage joachimite, l’ère du saint-esprit ?

Le fait que le texte reparaisse à la fin du XVe siècle, à Louvain (c 1480), à Augsbourg (1490), ne serait-il pas lié à l’importance accordée à l’année 1489, soit un cycle saturnien de 300 ans avant 1789 ? Ailly est d’ailleurs associé, dans ces recueils, à Jean de Gerson qui fit également partie de la délégation française à Constance, avec Guillaume de Fillastre.

Dans une de ses Concordiae, Pierre d’Ailly a certes annoncé en toutes lettres 1789. Mais ce faisant, il ne s’est pas appuyé sur les seules grandes conjonctions, il a recouru à un cycle de 300 ans qui croise le cycle de 800 ans. Il convient de débrouiller, avec autant de précision que possible, les arcanes du raisonnement qu’il développe et qu’il adopte, dans la ligne de l’astrologie arabe qu’il ne connaît pas nécessairement de première main.

VI – Un autre système saturnien

   Il convient de mettre mieux en évidence l’idée qui sous-tend un tel dispositif jumeau de celui des grandes conjonctions et que Jung Carl n’a pas vraiment explicité.

En soi le passage de Saturne dans les signes cardinaux est d’une grande banalité puisqu’il se produit tous les sept ans environ tout comme la conjonction Jupiter Saturne dont la périodicité est de 20 ans. Tout l’art d’Albumasar; est de faire apparaître des superstructures sans que ni lui, ni Pierre d’Ailly ne s’expliquent clairement en ce qui concerne le concept de cycle de dix révolutions de Saturne.

Tout comme la théorie des grandes conjonctions des deux planètes les plus lointaines (jusqu’à la découverte d’Uranus à la veille de la Révolution Française) met en avant Cf. infra la division du zodiaque en quatre groupes de trois signes (feu, terre, air, eau), celle des « dix révolutions » s’appuie sur une autre division, ternaire cette fois, entre signes cardinaux, fixes et mutables.

De même qu’Albumasar avait remarqué pour le passé que ces conjonctions restaient un certain nombre de fois dans des signes de même élément, puis changeaient de “triplicité”, de même il semble qu’il ait observé que toutes les dix révolutions, Saturne se décalait d’un quart de zodiaque et passait successivement du bélier au cancer, du cancer à la balance, de la balance au capricorne, du capricorne au bélier et ainsi de suite, en respectant l’ordre des saisons.

Le point de départ du système pourrait être le Bélier comme c’est le cas pour les Grandes Conjonctions. L’attente de la coniunctio maxima (retour au bélier tous les 800 ans) allait désigner comme date 1583 tandis que l’attente du retour des dix révolutions au Bélier, allait fixer l’échéance de 1789, rétrospectivement plus marquante, soit un décalage de deux siècles.

Outre la fortune extraordinaire de la prophétie du Cardinal Pierre d’Ailly, pour la fin du XVIIIe siècle, il nous a semblé que la démarche alliacienne offrait, conjointement à celle de Nicolas de Cuse, qui émerge quelques décennies plus tard, une spécificité en ce qu’en reliant l’échéance à l’avènement de l’Antéchrist, elle touche explicitement ou implicitement au problème de l’anti-judaïsme. De fait, l’Antéchrist n’est-il pas ce Messie que les juifs attendent encore alors qu’ils n’ont pas reconnu le vrai qui s’est présenté, devenant ainsi la “synagogue de Satan” (Apocalypse de Jean) ?

En tout état de cause, le propos sur l’Antéchrist véhicule généralement un certain antijudaïsme – il suppose le maintien des juifs, ce qui va, à l’encontre d’un processus de conversion – de “rappel” – avant la fin des temps – et il nous a paru intéressant d’étudier la contribution du prophétisme dans ce domaine, d’autant que les historiens de l’antisémitisme semblent l’avoir généralement négligé à commencer par Jules Isaac qui ne s’arrête que sur l’accusation de déicide. Or, il y a là un malentendu: tenter d’expliquer l’hostilité envers les juifs sur la seule base d’une prophétie rétrospective à savoir le reproche fait aux Juifs d’avoir tué celui qui serait considéré comme fils de Dieu par une part importante de l’Humanité.

Un Tlesphore de Cosenze ne peut s’empêcher d’associer le “peuple Disrael” à l’avènement de l’Antéchrit, et l’on peut se demander s’il n’existe pas un rapport avec le fait qu’en 1394 les juifs furent expulsés du Royaume de France. Et cette fois, les Chrétiens ne revendiquent pas d’être le nouvel Israel.

Pierre d’Ailly cardinal de Cambrai, n’avait aucun scrupule à annoncer la lointaine venue de l’Antéchrist. Se rendait-il compte que pour près de quatre siècles, il allait ainsi contribuer à renforcer la défiance envers les juifs qui, non seulement avaient accompli le déicide, mais en outre accueilleraient un jour l’Antéchrist ? A vrai dire, du temps de Pierre d’Ailly, les juifs, depuis peu, on l’a vu, étaient persona non grata.

Ceux qui, à sa suite, adopteraient de telles Prophéties pouvaient-ils le faire, s’ils étaient juifs ou simplement d’ascendance juive ? Le problème se pose pour un Christophe Colomb Christophe; dont on se demande encore s’il était d’origine juive. Il importe de rappeler, préalablement, qu’il existe (cf. infra) des versions du récit de l’Antéchrist dépouillées en grande partie de la dimension juive.

Le thème de l’Antéchrist est relayé par l’iconographie et la poésie populaire, tant pour ce qui est de l’Antéchrist que pour le déicide, comme c’est le cas pour le Dit des Sibylles censé annoncer la vie du Christ et mettant l’accent sur le rôle néfaste des juifs : déicide et antéchrist constituent une sorte de diptyque. L’iconographie antéchristique comporte une représentation des Juifs.

En réalité, il aura probablement fallu que d’autres paramètres interviennent pour entretenir cette animosité à l’égard des Juifs que le seul souvenir d’un crime sacrilège au regard de la théologie – “ils ne savent pas ce qu’ils font”. Outre certains aspects de la liturgie concernant les “Juifs perfides”, il convient de s’arrêter sur le rôle conféré aux juifs dans la prophétie vouée à l’Antéchrist. Il est probable que les historiens de l’antisémitisme aient négligé cette dimension occultiste, fragilisant ainsi leur analyse.

Laurence Smoller Laurence (1994) a montré que Pierre d’Ailly a évolué sensiblement dans sa pensée astrologique et prophétique tant dans le fonds que dans la forme. Avant de repousser l’échéance antéchristique aux calendes grecques, Pierre d’Ailly voyait en effet dans la rivalité entre papes de Rome et d’Avignon – grand “schisme” d’Occident (1378 – 1417) – en 1409, il y eut même trois papes, un signe de la fin des Temps. Il semble qu’il ait changé d’avis lorsqu’une solution sembla devoir être trouvée, avec la réunion du Concile de Constance, en 1414. Mais au cours de la même année, le cardinal va être amené à revoir ses calculs et ses démonstrations, c’est ainsi qu’il va, dans un Elucidarium des deux concordantiae conjointes, qu’il fait circuler en cette même année 1414, corriger certains passages du Vigintiloquium ou Concordance entre astronomie et théologie et de la Concordance entre astronomie et histoire, qui est celle qui nous intéresse au premier chef. Dans les années 1480, à Louvain, chez Johannes de Paderborn de Westphalie26 paraîtront à la suite, en annexe, du De Imagine Mundi les deux Concordances suivies de l’Elucidarium, bien que ce dernier ne soit pas mentionné dans le sommaire introductif. En 1490, l’Ymago mundi, l’édition de Ratdolt, à Augsbourg27 comprendra les deux Concordantiae et l’Elucidarium. Mais ce dernier est raccourci par rapport à l’édition de Louvain et ne comporte pas le colophon de 1414 en date du 26 septembre. A l’instar du Vigintiloquium, l’Elucidarium aurait selon les colophons, été réalisé à Cologne, comme le signale l’édition de Louvain. En effet, l’Elucidarium s’achève par une “Apologetica defensio astrologicae veritatis” qui n’a pas été retenue dans l’édition d’Augsbourg et qui donne pourtant le ton à ce supplément autocritique. Curieusement, dans l’édition de Louvain, c’est l’ “apologetica defensio” qui figure au sommaire comme un texte à part entière alors que l’Elucidarium est ignoré.

Les corrections, signale L. Ackerman Smoller, portent sur la durée du cycle des grandes conjonctions et sur la notion même de conjonction, sur la question des révolutions saturniennes tant et si bien que Pierre d’Ailly assume lui même, dans l’Elucidarium, bien des critiques qui peuvent être formulées à l’encontre de son dispositif.

L’ouvrage de Pierre d’Ailly est publié au sein d’un large programme de parutions chez le même libraire en 1488, Ratdolt qui se charge aussi (selon le colophon) de l’Opus Astrolabii plani in tabulis a Johanne Angeli (…) a novo elaboratum.28 L’année suivante, paraît dans les mêmes conditions (toujours selon le colophon) l’Opus Albumasaris de magnis coniunctionibus explicit feliciter magistri Iohannis Angeli viri peritissimi diligenti correctione.29

Et en 1490, c’est donc le tour de l’oeuvre de Pierre d’Ailly, avec le colophon suivant, sur le même modèle : “Opus concordantie astronomie cum theologia necnon historie veritate narratione explicit feliciter Magisteri Joannis Angeli viri peritissimi diligenti correctione.”

Johannes Engel aurait donc veillé à l’édition conjointement de Pierre d’Ailly et d’Albumasar de Balkh, alias Abou Mashar Djafar Ibn Mohamed (IXe siècle) et l’on peut considérer que les deux oeuvres constituent, outre leur contenu, un ensemble, leur présentation étant par ailleurs extrêmement semblables à celle des titres. On ignore d’ailleurs ce que Johannes Engel a “corrigé”, dans le texte d’Ailly étant donné que l’édition de Louvain, chez Jean de Paderborn, vers 1483, nous semble identique.30

Comment Pierre d’Ailly parvint-il à fixer la date de 1789 ? Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette date ne coïncide pas avec une des grandes conjonctions de Jupiter et de Saturne, tout en relevant d’un autre découpage du cycle saturnien.

Pierre d’Ailly combine la théorie des Grandes Conjonctions avec celle des révolutions de Saturne : voilà qui a égaré plus d’un chercheur d’autant que les deux systèmes cohabitent chez Albumasar au sein de son traité des Grandes Conjonctions planétaires : kitaboun kirouat fi ahkami-n-nodjoun

Carl Gustav Jung (Aïon, 1983) est selon nous un de ceux qui ont le mieux signalé – par rapport à des historiens plus spécialisés – les sources qui ont marqué le travail de Pierre d’Ailly en ce qui concerne les révolutions.

Jacques Halbronn

Notes

1 Voir Halbronn, 1998, Livre III. Retour

2 Trad. Bourdin, Paris, 1640, BNF. Retour

3 Voir Halbronn, 1998, Livre II. Retour

4 Voir Halbronn, 1998, Livre III. Retour

5 Cf. Halbronn, 1998, Livre II. Retour

6 Cf. Exemplaire de la BM. Albi, fol B III – r.v. Retour

7 A Venise, 1507, chez Peter Liechtenstein, BNF. Retour

8 Cf. “De gubernatoribus mundi”, Liber Rationum, Venise, 1485. Retour

9 Cf. Déclaration des abus, ignorances et séditions, Avignon, Pierre Roux & Ian Tramblay, BNF. Retour

10 Voir Halbronn, 1998, Livre IV. Retour

11 Voir dans notre Livre III, l’explication du Janus Gallicus. Retour

12 Cf. BNF, Lb33 185 C p. 10. Retour

13 A Paris, F. Morel, 1566, BNF, *E 1362. Retour

14 Connu en Angleterre notamment à travers l’oeuvre de Loys Le Roy, publié en latin à Francfort. Retour

15 Voir Chavigny, Lettre à Mgr d’Ornano. Retour

16 Cf. Prédictions des choses mémorables, 1565 p.26. Retour

17 Cf. Prédictions des choses mémorables, op. cit. p. 56. Retour

18 Cf. Prédictions mémorables, op. cit., p. 70. Retour

19 Cf. BNF, MS Fr 2113 fol 27. Retour

20 Cf. BNF, M 3605. Retour

21 Cf. Ed. de Troyes, BNF, Res pV 594. Retour

22 Cf. Ed. 1548, Paris, fol. 271 v. BSG. Retour

23 A Lyon, Pillehotte, BNF, D 49420. Retour

24 Cf. Livre de l’estat, Lyon, 1550, p. 131. Retour

25 Cf. Maz MS 992 (1045). Retour

26 Cf. BNF, Res. G 345, BL IB 49230. Retour

27 Cf. BNF, Res pV 347. Retour

28 Cf. BNF, Res V 1101. Retour

29 Cf. BNF, Res V 1286. Retour

30 Cf. BNF, Res G 346. Retour

Retour Prophetica

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Jacques halbronn Autour du thème de l’Antéchrist 1567-1594, 1789-92.

Posté par nofim le 19 juin 2026

Jacques halbronn  Autour du thème de l’Antéchrist 1567-1594.1789-92

Il y a 20 ans, nous avions été conviés, du fait de la mot du pape jean Paul II, à traiter de la Prophétie des papes, texte qui faisait partie du corpus de notre thèse d’Etat (1999)  Cela  avait  donné « Papes et prophéties. Décodages et influences » (Ed Axiome 2005). Nous y faisions remarquer à quel point les dernières années du XVI siècle avaient été fécondes au regard de la production néo-prophétique ( https://www.cultura.com/p-les-propheties-de-m-michel-nostradamus-ed-1595-1605-9782012579606.html) Nous préparions à l’époque un mémoire de post doctorat (EPHE VE section) que nous soutiendrons deux ans plus tard, consacré à la critique nostradamique et au Jésuite Giffré de Réchac alias Jean de Sainte Marie. auteur anonyme d’un Eclaircissement des véritables quatrains de Maistre Michel Nostradamus. (1656) Nous montrerions dans notre post doc que les quatrains centuriques étaient des versifications de divers textes en prose, épitres et prédictions annuelles et donc que Nostradamus n’en était pas l’auteur, stricto sensu d’autant que les centuries qui ne paraitraient pas avant la fin des années 1580, quoi qu’en disent la plupart des nostradamologues actuels, à commencer par les auteurs des publications liées au 500e anniversaire de la naissance de Nostradamus, en 2003. Ce que l’on retiendra, ici, est l’usage du prophétisme dans le cadre d’une élection pontificale et dans le couronnement du successeur du défunt roi Henri III Valois. Il est clair que la parution de la prophétie des papes visait à peser sur l’élection d’un nouveau pontife romain, comme nous le montrions dans notre ouvrage. Mais concernant la série des quatrains et non pas des devises pseudo malachiques, la chose est moins reconnue encore de nos jours. Qu’un même procédé et un même enjeu de succession, d’élection ait été mis en branle, quasiment au même moment, pose question, ce qui nous conduit à situer la production centurique une trentaine d’années après ce qu’il est généralement prétendu. Il  semble  bien que certains éléments de la prophétie des pape aient été repris dans la rédaction finale de l’Epître à  Henri II  au  sujet de la « persécution de l’Eglise » sous le dernier pape.

 

Prophétie des papes:

« In persecutione extrema Sanctae Romanae Ecclesiae sedebit Petrus Romanus, qui pascet oves in multis tribulationibus: quibus transactis, civitas septicollis diruetur, et Iudex tremendus iudicabit populum suum. Finis. »

« Dans la dernière persécution de la Sainte Église romaine siégera Pierre le Romain qui fera paître ses brebis à travers de nombreuses tribulations. Celles-ci terminées, la cité aux sept collines sera détruite, et le Juge redoutable jugera son peuple. Fin ».

 

Epitre  à Henri  II

« et sera le commencement comprenant de ce que durera et débutera cette année sera faite plus grande persécution à l’Eglise chrétienne, que n’a été faite en Afrique et durera de cette date jusqu’en 1792 que l’on croira être une rénovation de siècle. »

 

En 1997, nous avions mis le projecteur sur le quatrain IV, 46, appartenant au premier volet centurique censé être paru en 1555 alors qu’il correspondait à l’actualité de 1588 et de la formation d’un centre anti ligue à Tours. Un peu plus tard, nous signalions la retouche d’un quatrain repris de la Guide des Chemins de France de Charles Estienne, emprunt signalé par Chantal Liaroutzos mais sans l’exploiter suffisamment! Cette retouche conduisait à changer Chastres et Chartres, ce qui militait en faveur du choix de la Cathédrale de Chartres début 1594 (au lendemain de la reconversion du futur Henri IV (« Paris vaut bien une messe ») et non pas de Reims pour le couronnement à venir. En effet, les faussaires à la solde du roi de Navarre avaient su exploiter une suite de villes de la banlieue parisienne, figurant dans la « Guide » faisant ainsi pendant à l’usage (cf supra) que les Ligueurs avaient entrepris à propos de la ville de Tours.

Or, c’est dans ces années 1594-96 qu’un véritable élan prophétique est manifeste avec notamment la publication du  » Janus Gallicus » par Jean Aimé de Chavigny dont le commentaire de quatrains issus de tout un corpus pseudo-nostradamique vise à consolider l’unité d’inspirations , masquant ainsi le fait ce ceux-ci sont le fait de camps opposés, catholiques et réformés dans un esprit de conciliation marqué par l’esprit du futur Edit de Nantes de 1598. Un tel syncrétisme n’est pas sans nous renvoyer à la critique biblique visant à démystifier la thèse d’une prétendue rédaction unique de l’Ancien Testament par Moïse (cf la critique d’un Spinoza) Par la suite, nous montrerons que certains quatrains du second volet des Centuries sont la versification d’un Epitre de Nostradamus au pape Pie IV laquelle aura disparu du dit corpus centurique remplacée par une fausse Epitre de Nostradamus au Roi Henri Second (cf nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat 2002) Dans notre étude des dernières devises de la prophétie des papes (cf p.171), nous fournissions le texte biblique qui avait été utilisé pour constituer celles-ci, le probléme des faussaires étant d’être des plagiaires comme dans le cas des Protocoles des Sages de Sion (cf notre texte « le sionisme et ses avatars au tournant du !XXe siècle Ed Ramkat 2002). Décidément, la formation d’un historien doit passer par la question des contrefaçons antidatées:

La plupart des nostradamogues n’accordent pas un intérêt particulier à l’année 1567. Mais les bibliographies signalent une pronostiacation pour l’an 1567, adressée au duc d’Alençon, le plus jeune des fils de Catherine de Medicis, censé succéder éventuellement à son frère Henri III lequel sera assassiné en 1589. mais Alençon décédera prématurément, ce qui fera d’Henri de Navarre le premier prétendant.

 

Prognostication pour 1567

 

Title: PRONOSTICO DELL’ANNO M.D.LXIII Coposto & calculato per M.Michele Nostradamo, Dottore in Medicina di Salo di Craux in Prove(n)za il quale pronostica tutto q(ue)llo, ch’ha’ da ci erq(ue)sto psente Anno della Guerra, della pace, della carestia, della abo(n)da(n)tia e daltri segni, che si scopriranno nel Cielo. Nel quale si co(n)tiene la dechiaratione di tutti q(ue)sti Anni del 63. fino al 70. Dedicata al nostro Santissimo padre Papa Pio Quarto Con privilegi di papa pio Quarto, & dell’I tutti i s. Signor Duca di Fiorenza, & Siena. Author: NostradamusDescription: 12 pages,Published: Bologna, Alessandro BenaccioHeld by: UnknownReferences: CHOMARAT 58; Gregorio 1562-001; Download the pdf here!

Dans notre article paru dans la Revue française d’histoire du Livre (N°134 2013) « De l’agencement des recueils prophétiques. De la Pronosticatio de Lichtenberger au Mirabilis parisien », un paragraphe (pp. 19 et seq)s’intitulait  » ‘ 4. Le terme de 1567. L’Epître de nostradamus à Pie IV se polarise sur 1567. https://www.persee.fr/doc/rhren_0181-6799_1991_num_33_1_1808 Nous y notions « La mention de l’année 1567 figure très tot dans les éditions françaises. La plus ancienne fut la Pronosticatio quaedam mirabilis parue à Lyon en 1515 chez Jean Cleyn, puis en 1550 chre Gérars Morrhy. Le terme de 1567 apparait également dans le mirabilis liber des années 1520 mais pas en son titre cette fois (p. 20)

Des éléments de l’Epitre à Pie IV se retrouvent dans la Centurie VIII et il y est question d’un intervalle de 27 ans; Or, si l’on ajoute 27 à 1567 on arrive à l’année du couronnement d’Henri IV! La rédaction des quatrains VIII 76 et 77 est certainement contemporaine de la préparation ou de la tenue du dit couronnement prévu.

En effet, dans son Epitre au Pape, Nostradamus voit naitre l’Antéchrist en 1567 à la Saint Marcelin/ Dans le quatrain 76, macelin ne se comprend qu’à la lecture de l’Epitre à Pie IV avec un jeu de mot sur la Saint Marcelin, quand on supprime le R.. Tout indique que ces quatrains visent les Protestants, qualifiés d’hérétiques.(VIII, 77) Cela nous invite à relire l’Epitre à Henri II en tete du second volet, étudiée notamment par Gilles Polizzi ( Colloque Marseille 1998). Rappelons notre étude sur Jean Du Moulin et le pape Antechrist ( Colloque Marseille 1998) Selon nous, donc l’Epitre au Pape a du etre le premier choix pour introduire le second volet mais elle sera remplacée par une nouvelle Epitre à Henri II et une toute nouvelle chronologie orientée sur la fin du XVIIIe siècle et non plus sur 1567, ne faisant plus cas des allusions de VIII 76 et 77.

8:76
Plus Macelin que roy en Angleterre,
Lieu obscure nay par force aura l’empire:
Lasche sans foy sans loy saignera terre,
Son temps s’approche si presque je soupire.

8:77
L’antechrist trois bien tost annichilez,
Vingt et sept ans sang durera sa guerre:
Les heretiques mortz, captifs, exilez,
Sang corps humain eau rogi gresler terre.

Tout indique que l’on aura voulu faire oublier le quatrain VIII 77 sans toutefois le supprimer, vu que l’allusion se sera perdue en cours de route et que ces 2 quatrains auront été démonétisés sur le plan prophétique. L’Epitre à Henri II remplaçant celle à Pie IV évoqué clairement l’Antéchrist:

 

« Puis le grand Empire de l’Antechrist commencera dans la Atila & Zerses descendre en nombre grand & innumerable, tellement que la venue du Sainct Esprit procedant du 48. degré, fera transmigrastion, dechassant à l’abomination de l’Antechrist, faisant guerre contre le royal qui sera le grand Vicaire de Iesus-Christ, & contre son Eglise, & son regne per tempus , et in occasione temporis , & precedera deuant vne eclypse solaire le plus obscur, & le plus tenebreux, qui soit esté depuis creation du monde iusques à la mort & passion de Iesus-Christ, & de la iusques icy »

Le repport des échéances antéchristiques avait déjà été signalé à propos de Pierre d’Ailly, annonçant dès 1414 une échéance pour 1789, ce qui recoupe la date de 1792 figurant dans la nouvelle épitre à Henri II, remplaçant 1567.

Revenons sur notre communication de 1992, à Compiégne  au Colloque Pierre d’Ailly.J. Halbronn (1993.8),(cf  “Pierre d’Ailly: des conjonctions planétaires à l’Antéchrist”, Colloque Pierre d’Ailly in Bulletin de la Société Historique de Compiègne) et la date troublante  de 1789  qui interpelle à la  fois l’historien  et le  chercheur en astrologie, non sans quelque ambiguité.  La période de 240  ans  est liée au  cycle des Grandes Conjonctions.  Antoine Couillard Du Pavillon  note une telle échéance sur la base des années 1550.(cf  p. 56 des Actes du Colloque) On note que la mort d’Henri II  en 1559 (censée avoir été annoncée dans un quatrain centurique antidaté) précéde de 240 ans l’année  1789 et donc quasiment l’année où le roi Louis XVI sera éxécuté (1793) sous la Révolution,  terme qui indique l’idée d’un retour. En  tout état de cause, dans l’epitre à Pie iv,  Nostradamus fait naitre Marcelin l’Antéhrist en 1567, ce qui exclue qu’il puisse avoir mis en avant 1792 dans « son » Epistré à Henri II » Mais, une  fois de plus,  force est de constater que cette Epitre au pape est le point aveugle fatal de la plupart des nostradamologues.

 

 

 

 

 

 

 

 

bibliographie

Jacques Halbronn sur l’édition de la Correspondance de Nostradamus par Jean Dupébe (1983)

jacques halbronn Etudes nostradamiques. Du recyclage des préface et des épitres

Jacques Halbronn Pierre Du Moulin et le thème du Pape Antéchrist – : Formes du millénarisme en Europe à laube des temps modernes ; Colloque Marseille 1998, Ed 2001

J. Halbronn (1993.8), “Pierre d’Ailly: des conjonctions planétaires à l’Antéchrist”, Colloque Pierre d’Ailly in Bulletin de la Société Historique de Compiègne/

Researches 141-150 (site  prophéties.it)

141 -J Halbronn  La troisiéme version de l’Epitre à Henri II et les quatrains centuriques.

Jacques Halbronn  L’Epître à Henri II et les commentaires et paraphrases
des Ecritures Saintes (site  ramkat)

 

 

 

JHB 24 06 26

 

 

 

Publié dans Bible, NOSTRADAMUS, POLITIQUE, prophétisme | Pas de Commentaire »

Jacques halbronn La production prophétique à la fin du XVIe siècle. Pour une approche comparative des corpus malachique et centurique

Posté par nofim le 18 juin 2026

Jacques  halbronn   La production prophétique à la fin du XVIe siècle   . Pour une approche comparative des corpus malachique et centurique

 

Arnold Wion — Wikipédia

Arnold Wion — Venise  1595
Jacques  halbronn   La production prophétique à la fin du XVIe siècle. Pour une approche comparative des corpus malachique et centurique dans NOSTRADAMUS
Wikipédia
Prophétie de saint Malachie — Wikipédia

La premiere Face du Janus François, 1594 Iani Gallici Facies Prior, 1594

Il  y  a  20 ans, nous avions  été conviés, du  fait  de la mot du pape,  traiter de la Prophétie des papes, texte qui  faisait partie du corpus  de notre thèse d’Etat (1999) : Papes et prophéties. Décodages et influences  (Ed Axiome 2005). Nous  y  faisions  remarquer à quel point les dernières années du XVI siècle  avaient été fécondes au regard de la production néo-prophétique  ( https://www.cultura.com/p-les-propheties-de-m-michel-nostradamus-ed-1595-1605-9782012579606.html)  Nous préparions à l’époque un mémoire de post doctorat  (EPHE VE section) que nous soutiendrons  deux  ans plus tard, consacré à la  critique nostradamique et au Jésuite  Giffré de Réchac alias  Jean de Sainte Marie. auteur anonyme  d’un Eclaircissement des véritables quatrains de Maistre Michel Nostradamus. (1656)   Nous  montrerions  dans notre post doc que les quatrains centuriques étaient des  versifications de divers textes en prose, épitres et prédictions  annuelles et donc que Nostradamus n’en était pas l’auteur,  stricto sensu  d’autant que les centuries qui ne paraitraient pas avant la  fin des années  1580, quoi  qu’en disent la plupart des nostradamologues actuels, à commencer par les auteurs des publications liées au 500e anniversaire de la naissance de Nostradamus, en 2003.  Ce que  l’on retiendra, ici, est l’usage du prophétisme dans le cadre d’une élection pontificale et dans le couronnement  du successeur du défunt roi Henri III  Valois. Il est clair que la parution de la prophétie des papes  visait à peser sur l’élection d’un nouveau pontife romain, comme nous le montrions dans notre ouvrage. Mais concernant la série des quatrains  et non pas des devises  pseudo malachiques, la  chose est moins reconnue encore de nos  jours.  Qu’un même procédé et un même enjeu de succession, d’élection ait  été mis  en  branle, quasiment au même moment, pose question, ce qui nous  conduit à situer la production  centurique une trentaine d’années après ce qu’il est  généralement prétendu.

En 1997, nous avions mis le projecteur sur le  quatrain  IV, 46, appartenant au premier  volet  centurique censé être paru en 1555 alors qu’il correspondait à l’actualité  de 1588 et de la formation d’un centre anti ligue à  Tours. Un peu plus tard, nous signalions la retouche d’un quatrain repris  de la Guide  des Chemins de France de Charles Estienne, emprunt signalé par Chantal Liaroutzos mais sans l’exploiter suffisamment!  Cette  retouche  conduisait à changer  Chastres et Chartres, ce qui militait  en faveur du  choix de la Cathédrale de Chartres début 1594 (au lendemain de la  reconversion du futur  Henri IV  (« Paris  vaut bien une messe ») et non pas de Reims pour le couronnement à  venir. En effet, les  faussaires à la solde du  roi de Navarre avaient su exploiter une suite de villes de la banlieue parisienne,  figurant dans la « Guide » faisant ainsi pendant à l’usage (cf supra) que les Ligueurs avaient entrepris à propos de la ville de Tours.

Or,  c’est  dans ces années 1594-96 qu’un véritable élan prophétique est manifeste avec notamment la publication du  » Janus Gallicus » par  Jean Aimé de Chavigny  dont le commentaire de quatrains issus de  tout un corpus pseudo-nostradamique  vise à consolider l’unité d’inspirations , masquant ainsi le  fait ce ceux-ci sont le  fait de camps opposés, catholiques et  réformés dans un esprit de conciliation marqué par  l’esprit  du  futur Edit  de Nantes de 1598.  Un tel  syncrétisme  n’est pas sans nous  renvoyer à la  critique biblique visant à démystifier la thèse d’une prétendue   rédaction unique de l’Ancien Testament par  Moïse  (cf la  critique d’un Spinoza) Par la suite, nous montrerons que certains quatrains du second volet  des Centuries sont la versification d’un Epitre de Nostradamus au pape Pie IV laquelle aura disparu du dit corpus centurique remplacée par une fausse Epitre de Nostradamus au Roi Henri  Second (cf nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat 2002) Dans notre  étude des dernières devises de la prophétie des papes (cf p.171), nous  fournissions  le texte  biblique qui avait été  utilisé pour constituer celles-ci,  le probléme des  faussaires étant d’être des plagiaires comme dans le cas des Protocoles des Sages de Sion  (cf notre texte « le sionisme  et  ses  avatars au  tournant du !XXe siècle  Ed Ramkat 2002). Décidément, la formation d’un historien doit passer par la question des contrefaçons antidatées:

 

La plupart des  nostradamologues n’accordent pas  un intérêt particulier à l’année 1567. Mais  les  bibliographies signalent une pronostication   pour l’an  1567, adressée  au  duc d’Alençon, le plus  jeune des  fils de Catherine de Medicis, censé succéder éventuellement à son  frère  Henri III lequel  sera assassiné en 1589. mais Alençon décédera prématurément, ce qui fera d’Henri  de Navarre le premier prétendant.

 

Prognostication pour 1567

 

  Title: PRONOSTICO DELL’ANNO M.D.LXIII Coposto & calculato per M.Michele Nostradamo, Dottore in Medicina di Salo di Craux in Prove(n)za il quale pronostica tutto q(ue)llo, ch’ha’ da ci erq(ue)sto psente Anno della Guerra, della pace, della carestia, della abo(n)da(n)tia e daltri segni, che si scopriranno nel Cielo. Nel quale si co(n)tiene la dechiaratione di tutti q(ue)sti Anni del 63. fino al 70. Dedicata al nostro Santissimo padre Papa Pio Quarto Con privilegi di papa pio Quarto, & dell’I tutti i s. Signor Duca di Fiorenza, & Siena. Author: NostradamusDescription: 12 pages,Published: Bologna, Alessandro BenaccioHeld by: UnknownReferences: CHOMARAT 58; Gregorio 1562-001;   Download the pdf here!

 

Dans  notre  article  paru dans la Revue française d’histoire du Livre (N°134 2013)  « De l’agencement des recueils prophétiques. De la Pronosticatio  de Lichtenberger au Mirabilis  parisien », un paragraphe (pp. 19 et seq)s’intitulait  » ‘ 4. Le  terme de 1567.   L’Epître de nostradamus à Pie  IV se polarise sur 1567.  https://www.persee.fr/doc/rhren_0181-6799_1991_num_33_1_1808 Nous y notions « La mention de l’année 1567 figure  très tot  dans les éditions françaises. La plus ancienne fut la Pronosticatio quaedam mirabilis parue à Lyon en 1515 chez Jean Cleyn, puis en 1550 chre  Gérard Morrhy. Le terme de 1567 apparait également dans le mirabilis liber des années 1520 mais pas en son titre cette  fois (p. 20) 

Des éléments de l’Epitre à Pie IV se retrouvent dans la Centurie VIII et il y est question d’un intervalle de 27 ans; Or, si l’on ajoute 27 à 1567 on arrive à l’année du couronnement d’Henri IV! La rédaction des  quatrains  VIII 76  et 77 est certainement contemporaine de la préparation ou de la tenue du dit couronnement prévu.

En  effet, dans son Epitre au Pape, Nostradamus  voit naitre l’Antéchrist en 1567 à la Saint Marcelin/ Dans le  quatrain 76, macelin ne se comprend qu’à la lecture de l’Epitre à Pie IV avec un jeu de mot sur la Saint Marcelin, quand on supprime le R.. Tout indique que ces quatrains visent les  Protestants, qualifiés d’hérétiques.(VIII, 77) Cela  nous  invite à relire l’Epitre à Henri II en tete du second volet, étudiée notamment par Gilles Polizzi ( Colloque Marseille 1998). Rappelons notre étude  sur Jean  Du Moulin  et le pape Antechrist ( Colloque   Marseille 1998) Selon nous, donc l’Epitre au Pape a du etre le premier  choix pour introduire le second volet mais elle sera remplacée par une nouvelle Epitre à Henri II et une toute nouvelle chronologie orientée sur la fin du XVIIIe siècle  et non plus sur 1567, ne  faisant plus  cas des allusions de VIII 76 et 77.

8:76
Plus Macelin que roy en Angleterre,
Lieu obscure nay par force aura l’empire:
Lasche sans foy sans loy saignera terre,
Son temps s’approche si presque je soupire.

8:77
L’antechrist trois bien tost annichilez,
Vingt et sept ans sang durera sa guerre:
Les heretiques mortz, captifs, exilez,
Sang corps humain eau rogi gresler terre. 

  Tout indique que l’on aura  voulu  faire oublier le quatrain VIII 77 sans toutefois le supprimer,  vu que l’allusion  se sera perdue en cours de route et que ces 2 quatrains auront été démonétisés  sur le plan prophétique. L’EPitre à Henri  II remplaçant celle à Pie IV évoqué clairement l’Antéchrist:

 

« Puis le grand Empire de l’Antechrist commencera dans la Atila & Zerses descendre en nombre grand & innumerable, tellement que la venue du Sainct Esprit procedant du 48. degré, fera transmigration, dechassant à l’abomination de l’Antechrist, faisant guerre contre le royal qui sera le grand Vicaire de Iesus-Christ, & contre son Eglise, & son regne per tempus , et in occasione temporis , & precedera deuant vne eclypse solaire le plus obscur, & le plus tenebreux, qui soit esté depuis creation du monde iusques à la mort & passion de Iesus-Christ, & de la iusques icy » 

Le repport des échéances antéchristiques  avait déjà été signalé à propos de Pierre d’Ailly, annonçant dès 1414 une échéance pour 1789, ce  qui recoupe la date de 1792 figurant  dans la  nouvelle épitre à Henri II,   remplaçant  1567.

 

bibliographie

Jacques  Halbronn  sur l’édition de la Correspondance de Nostradamus par Jean Dupébe (1983) 

jacques   halbronn   Etudes nostradamiques. Du recyclage des préface et des épitres   

Jacques  Halbronn Pierre Du Moulin et le thème du Pape Antéchrist - : Formes du millénarisme en Europe à laube des temps modernes ;   Colloque Marseille  1998, Ed 2001

JHB  19 06  26

 

 

 

 

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jacques halbronn. Etre thésard, un parcours du combattant,à la merci de directeurs indélicats.

Posté par nofim le 8 juin 2026

jacques  halbronn. Etre thésard,  un parcours du combattant,à la merci de directeurs indélicats.

 

 

En 1993, Antoine Coron (Réserve de la BNF) nous invita à préparer une exposition (qui  se tiendra  début 1994et qui sera la dernière dans les locaux du site Richelieu) consacrée à nos  sujets de recherche dont il  avait pu percevoir  toute l’ampleur de par notre  fréquentation de son département. Ce catalogue  catalogue d’exposition ‘Astrologie  et prophétie. Merveilles sans images, Ed  BNF 1994  fut dédié à  notre  directeur de  thèse. (p..5) lequel avait accepté en 1985 de  nous conduire à la  thèse d’Etat (Paris XII) Auparavant, nous étions inscrit  en thèse d’Etat, à Paris X, avec jacques  Merleau Ponty. en Epistémologie,  En 1990, nous lui  avions demandé de  rédiger la préface au RCN de R. Benazra( Répertoire  Chronologique Nostradamique, Ed  Trédaniel. En 1990, nous  avions déjà  rédigé un « Manuel de prophétique  française » (en ligne sur la plateforme SCRIBD


 Dans le dit catalogue,  nous ne référions à plusieurs reprises (pp. 48 et seq) à la  dite thèse engagée depuis  des années   et  annoncée comme sur le point d’être soutenue. Son  intitulé était déjà fixé: Le texte prophétique en France. Or, la soutenance n’aura finalement lieu que 5 ans plus  tard, début 1999. L’examen du dit  catalogue dénote un  stade fort avancé de notre  travail et avec le recul les délais de soutenance imposés par le dit directeur nous apparaissent tout  à  fait exorbitants, puisque au total  celui-ci  nous aura  gardé sous sa coupe, près de 14 ans! Nous  ignorons les motifs  réels d’une telle durée en  précisant que durant  cette période, nous n’avons pas perçu le moindre subside ni le moindre droit pour la  retraite! En 1985, lorsque ce directeur nous accueillit,  nous avions déjà soutenu  en 1979 une thèse de 3e cycle  avec le Pr Georges  Vajda (EPHE Paris III) qui paraitra en cette même année aux Ed. Arché, à Milan sous le  titre  « Le Monde  juif  et l’astrologie. Histoire d’un  vieux couple ».  L’on peut supposer  raisonnablement que ce  directeur  avait  attendu le dernier moment  pour donner son feu  vert, fin 1998, puisqu’il partait à la retraite, étant né en 1935. On peut parler d’incurie à moins d’envisager quelque forme d’animosité, de ressentiment à notre encontre qui l’aurait inspiré. Ces délais ne nous permettront même pas d’avoir une bonne mention pour notre thèse (« honorable ») 

Mais  dans notre  carrière de « thésard »  non  rémunéré et non protégé,il  est  vrai que nous avons pu prendre la mesure de l’irresponsabilité   et  de l’impunité  des directeurs de  thèse  sur le place de Paris. A la suite de notre soutenance de 1999, nous nous inscrivimes pour un post  doctorat, dans le cadre de  l’Histoire du Catholicisme, à l’Ecole Pratique des hautes Etudes., le sujet étant consacré à un dominicain spécialiste de Nostradamus, Jean Giffré de Réchac (Sainte Marie). Mais il  nous  faudra attendre la fin de 2007 pour pouvoir soutenir. avec à la  fin une maigre mention « honorable » avec un  jury se révélant incapable d’apprécier  équitablement notre  travail de post doctorat et s’intéressant à  des  critères inappropriés pour un tel titre.  En 2002,  nous nous présenterons à la succession de la  chaire d’Antoine Faivre, à la Ve Section de l’EPHE  mais l’on nous élimina au profit d’un proche de Faivre qui venait tout juste de présenter en urgence  des  travaux avec un  bagage de publications  très inférieur  au notre, sous le prétexte que nous n’avions pas cotisé, ce qui alourdirait la charge de la dite EPHE Entre 1973 et 2002, nous avions passé près de 30 ans en lien avec la Section Sciences Religieuses de l’Ecole Pratique et l’on nous laissait ainsi  en plan, sur le  carreau, sans la moindre indemnité ou compensation.. Il  nous faut dire deux mots d’une autre mésaventure, cette fois, à Paris V,  au département de linguistique  où  nous nous étions inscrits parallélement à  notre thèse d’Etat autour de l’emprunt  linguistique, à la suite d’un DEA (Lille III, 1981). En 1987, notre directeur nous annonça que nous pouvions soutenir et qu’il nous fallait deux  rapporteurs mais l’un d’entre eux nous  blackboula et nous allions devoir présenter une nouvelle mouture, approuvée par le dit directeur en 1989 mais l’un des rapporteurs que nous avions nous même proposé  allait faire obstacle  et notre directeur ne proposant pas de solution, alors qu’il eut été possible d’en rester au  statut précédant de la thèse  inscrite  avant la  réforme  de 1984, ayant moins d’exigences, un  Professeur  de  Paris VII  de notre connaissance se proposa de prendre le relais maisn en raison des difficultés propres à  son département, en 1995, il n’avait toujours  pas  proposé  de date de soutenance pour la  thèse que je lui avais remise   et nous demanda, en désespoir de cause, de nous contenter d’un DESS à Paris VIII.Il devait décéder peu après. 

Sur le  web

,. Avec la réforme de 1984, ne va subsister qu’un doctorat unique, longtemps appelé doctorat « nouveau régime ». Cette réforme visait à aligner la pratique française à celle du monde anglo-saxon et son PhD »

 

 

 

JHB 08 06 26

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jacques halbronn Les piéges de la recherche astro-prophétique. La carence critique de Guinard.

Posté par nofim le 20 mai 2026

jacques  halbronn  Les piéges de la recherche astro-prophétique. La  carence citique de Guinard

 

 

Nous  avons rencontré  Guinard en 1983, dans ses  25 ans,  lors du congrès de Nantes que nous avions organisé  avec Alain de Chivré et donc pendant une quarantaine d’années, nous sommes restés en contact  et avons pu observer l’avancement de ses  activités  tant  en astrologie que dans le champ  cenurico-nostradamique  dans lequel il se sera investi à la fin de sa vie. Disons d’emblée que selon nous  Guinard aura été un chercheur malheureux dans tous les domaines concernés mais cela  vaut certainement  la peine d’analyser ses errances  qui sont celles de bien d’autres chercheurs sur ce créneau.

 

. Dans le cas de l’astrologie, Guinard  avait été formé dans le cadre de l’astrologie conditionaliste de Nicola.Il va produire à la fin des années 90 un Manifeste à la suite de sa soutenance de doctorat, (1993) avec F. Bonnardel (Paris I). qui profitera des collections  de notre Bibliotheca Astrologica ».L’astrologie : Fondements, Logique et Perspectives ». Dans son  jury, il  y avait Max Lejbowicz de la même  mouvance astrologique. Force est de constater que Guinard a besoin de l’astronomie pour  fonder l’astrologie, sans comprendre que l’astrologie tout au contraire doit s’émanciper de l’astronomie qui n’en est que la matière première à  transmuter. Comme Nicola, il veut croire que tout le système solaire fait sens pour notre Humanité,  que les  astronomes, par leur découverte  de nouvelles planétes, ont la clef de l’achèvement de l’astrologie,  jusque là incompléte, alors qu ‘elle n’a, selon nous,  besoin que de Saturne pour fonctionner.De même Guinard  accorde de l’importance aux 12 signes, comme Nicola, alors que l’astrologie n’a besoin que de 8 signes., liés aux axes  équinoxiaux et solsticiaux et à leur division en 2 périodes. egales de 3 ans et demi chacune. Il est resté un adepte du thème natal, ce dont son  maitre  Nicola n’avait  pas su se libérer(d’où  sa participation à Astroflash).  Le succés de son  Manifeste autour de l’an 2000 sera du à sa thèse selon laquelle l’Astrologie reléverait d’un processus évolutif devant aboutir à son apothéose final.

Déçu par l’astrologie, Guinard aura  fini, au XXIe siècle, par s’investir dans la recherche nostradamologique, suivant notre exemple mais incapable de porter un regard critique sur la succession des éditions  centuriques, pas plus qu’il n’était parvenu à  faire le tri de ce que l’astrologie devait  garder de l’astronomie.D’où une certaine carence du sens critique qui lui fera prendre des lampions pour des lanternes. Il qualifiera de « canular » nos travaux  de réévaluation de la chronologie centurique…D’où sa  formule « . Halbronn et autres rêveurs de complots d’éditeurs et d’imprimeurs qui auraient antidaté la plupart des éditions ». Heureusment, Gérard Morisse en 2011  aura mis les  pendules à l’heure en accueillant dans la Revue Française  d’Histoire du Livre un correctif en  bonne et due forme de  notre  cru du dossier de Guinard sur Nostradamus qu’il avait laissé malencontreusement  paraitre. en 2008 dans la même revue.  Guinard s’était laissé tenter par la  validation des prophéties pseudo-  nostradamiques, ce qui avait pour effet  de rendre impossible la notion d’antidatation  car pour lui,  tout le processus ces éditions centuriques était déjà planifié dès l’origine dans les années 1550! Guinard n’avait pas compris,  en dépit de nos publications qui lui indiquaient la bonne voie (errare humanum est,perseverare diabolicum), que la production proprement due à Michel de Nostredame n’avait constitué qu’une matière première,  largement retravaillée et prolongée après sa mort, survenue en  1566, puisque les quatrains eux mêmes sont des transpositions versifiées de textes en prose,  à  commencer par les épitres qu’il  rédigea (à l’adresse  d’Henri II,  du pape Pie IV et de son fils César)  outre le  fait que certains quatrains auront subi  des interpolations en lien avec les  enjeux de telle ou telle époque, notamment  sous la Ligue, comme nous l’avions montré en 1997 lors du Colloque  Prophétes et prophéties, actes parus aux Ed de  l’ENS), un corpus  donc collectif  et  étalé dans le temps,  ce qu’aura  toujours  refusé Guinard s’accrochant en astrologie comme en nostradamique à l’idée d’une source première intangible et indépassable. Guinard dans son étude du Dominion n’a pas compris qu’au XVIIe siècle le terme « maison » désigniait les signes zodiacaux  et non les maisons astrologiques. Un Nicolas Bourdin  tout  comme un Eustache Lenoble (cité par Guinard) emploient bel  et bien le mot « maison » pour désigner les signes, en tant  que domiciles des planétes.

C’est ainsi que la division en secteurs de 45°, Guinard  l’associe au thème natal  et ne voit pas que cela concerne l’écliptique  et le passage des planétes sur l’écliptique  et non pas sur la base du mouvement  diurne  Patrice Guinard  suit  à  tort Cyril Fagan  lequel  reprochait  aux  » Grecs  d’avoir  assimilé le Dodekatopos au zodiaque, débutant au premier degré du Bélier » Or, pourtant, ce sont les Grecs qui avaient raison!

     » Les huit secteurs d’environ 45 degrés, centrés sur les Angles pour quatre d’entre eux, se succèdent dans le sens du mouvement diu »rne. Dans le dodekatopos les secteurs sont comptés à partir des Angles, qui définissent les quatre « pointes » de référence, et, illogiquement, dans le sens inverse du mouvement diurne. La triple divergence entre les deux systèmes (le nombre des Maisons, leur positionnement, et leur sens de succession) s’expliquerait par l’incompréhension du système initial, dont résulte l’élaboration relativement tardive, par les Grecs, d’une répartition duodécimale, calquée sur le modèle zodiacal. Cette assimilation factice prive l’espace domifié de ses caractères spécifiques et implique une redondance de la structure zodiacale. L’astrologue Cyril Fagan : « Les Grecs ont assimilé le Dodekatopos au zodiaque, débutant au premier degré du Bélier, en dépit du fait que les maisons se succèdent d’ouest en est, alors que les signes zodiacaux se succèdent d’est en ouest. D’où leur incompatibilité : on ne peut pas apparier douze signes et douze maisons alors qu’ils se succèdent dans un sens opposé. » La leçon de l’octotopos n’a pas été oubliée à la Renaissance : Tycho Brahe expose en 1573 un système de 8 maisons de 45°, divisées à partir du premier vertical.L’octotopos est aussi utilisé en astrologie médicale par Cardan, par le mathématicien et astrologue Thomas Finck (1561-1656) dans son Horoscopographia (Schleswig, 1591), par le pionnier de l’astrologie anglaise, Christopher Heydon, dans ses journaux inédits, et par Nicholas Culpeper (1616-1654) qui l’associe au cycle lunaire et à la théorie des « jours critiques » (les 7e, 14e, 21e et 28e du cycle lunaire).Plus récemment, le docteur Hans Michel de Nuremberg a présenté un système de 8 maisons fondé sur les travaux du géophysicien F. Lehner. « 

 

 

 

JHB 23 05  26

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jacques halbronn Critique biblique. Ce que l’antisémitisme révéle de la vraie nature de la « question » juive.

Posté par nofim le 2 mai 2026

jacques  halbronn ce que l’antisémitisme révéle de la  vraie nature  de la  « question »  juive. 

 

Selon nous, la question juive offre un double visage, celui de l’élite et celui de la masse anonyme « innocente » Or, on assiste à un certain déni, dans le monde  juif, d’une telle dualité symbiotique.  Les « solutions » ¨ proposées par leur diversité nous semblent pourtant assez  révélatrices.  Rappelons le début de la vie de Moïse et  de Jésus.

 

 sur  le  web

 Le massacre des Innocents est un épisode relaté dans l’Évangile selon Matthieu en même temps que la fuite en Égypte : le meurtre de tous les enfants de moins de deux ans dans la région de Bethléem. Selon le récit évangélique, ce massacre a été commis sur l’ordre d’Hérode, craignant l‘avènement d’un roi des Juifs annoncé par ses propres devins, ou mages, dans la période même de la naissance de Jésus. L’ensemble des Églises les honore comme martyrs au cours du jour des Saints Innocents ; cet événement est fêté le 28 décembre en Occident et en Orient catholique, et le 29 décembre en Orient orthodoxe » 

Ce qu’Hérode entendait entraver, c’était bien « l’avénement d’un roi des Juifs » et la formule  INRI figurant lors de la Crucifixion de Jésus atteste de l’existence d’un  tel  enjeu.  L’Etoile des Mages est liée à la naissance de Jésus  à Betlehem/

 

 

Image de La signification de l'inscription INRI sur la croix de Jésus ...
Image de INRI (Short 2009) - IMDb
Image de INRI : signification chrétienne et ésotérique, sens caché
Image de Christ crucifié. Inscription "INRI" sur la croix (détail)
INRI serait le sigle, dit Titulus Crucis, de l’expression latine Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdæorvm généralement traduit par : « Jésus le Nazaréen, roi des Judéens » ou « Jésus de Nazareth, roi des Juifs ».
Dans le cas, plus ancien, de la naissance de Moïse, le scénario est somme toute assez analogue :

 

כב וַיְצַו פַּרְעֹה, לְכָל-עַמּוֹ לֵאמֹר:  כָּל-הַבֵּן הַיִּלּוֹד, הַיְאֹרָה תַּשְׁלִיכֻהוּ, וְכָל-הַבַּת, תְּחַיּוּן.  {פ} 22 Pharaon donna l’ordre suivant à tout son peuple: « Tout mâle nouveau-né, jetez-le dans le fleuve et toute fille laissez-la vivre. »

 

En fait;  il  y  a là  un télescopage;  d’une part, une population qui croit, d’où une « aversion pour les enfants d’Israel » (verset 12) et de l’autre,  une  injonction (au  verset 15)  à l’adresse de sages femmes des Hébreux – autre  dénomination – d’éliminer les  garçons et de laisser vivre les  filles.

יב וְכַאֲשֶׁר יְעַנּוּ אֹתוֹ, כֵּן יִרְבֶּה וְכֵן יִפְרֹץ; וַיָּקֻצוּ, מִפְּנֵי בְּנֵי יִשְׂרָאֵל.  une 12 Mais, plus on l’opprimait, plus sa population grossissait et débordait et ils conçurent de l’aversion pour les enfants d’Israël.
יג וַיַּעֲבִדוּ מִצְרַיִם אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, בְּפָרֶךְ.  13 Les Égyptiens accablèrent les enfants d’Israël de rudes besognes.
יד וַיְמָרְרוּ אֶת-חַיֵּיהֶם בַּעֲבֹדָה קָשָׁה, בְּחֹמֶר וּבִלְבֵנִים, וּבְכָל-עֲבֹדָה, בַּשָּׂדֶה–אֵת, כָּל-עֲבֹדָתָם, אֲשֶׁר-עָבְדוּ בָהֶם, בְּפָרֶךְ.  14 Ils leur rendirent la vie amère par des travaux pénibles sur l’argile et la brique, par des corvées rurales, outre les autres labeurs qu’ils leur imposèrent tyranniquement.
טו וַיֹּאמֶר מֶלֶךְ מִצְרַיִם, לַמְיַלְּדֹת הָעִבְרִיֹּת, אֲשֶׁר שֵׁם הָאַחַת שִׁפְרָה, וְשֵׁם הַשֵּׁנִית פּוּעָה.  15 Le roi d’Égypte s’adressa aux sages femmes hébreues, qui se nommaient, l’une Chifra, l’autre Poûa
טז וַיֹּאמֶר, בְּיַלֶּדְכֶן אֶת-הָעִבְרִיּוֹת, וּרְאִיתֶן, עַל-הָאָבְנָיִם:  אִם-בֵּן הוּא וַהֲמִתֶּן אֹתוֹ, וְאִם-בַּת הִוא וָחָיָה.  16 et il dit: « Lorsque vous accoucherez les femmes hébreues, vous examinerez les attributs du sexe: si c’est un garçon, faites-le périr; une fille, qu’elle vive. »

Le  récit du Livre de l’Exode est sensiblement plus obscur que celui des Evangiles car on ne nous y explique pas pourquoi Pharaon s’en prend aux nouveaux nés, ce qui est clairement exposé  pour Hérode et les Rois Mages.

sur le  web

« Le récit de l’Épiphanie se trouve dans le deuxième chapitre (1-12) de l’Évangile selon Matthieu. Après avoir pris connaissance de la naissance de Jésus, des mages venus d’Orient se rendent à Jérusalem, guidés par une étoile. Ils y rencontrent le roi Hérode et lui demandent où se situe le roi des Juifs, qui vient de naître. « 

Mais en même temps, au cours du récit du Livre de l’Exode, Moïse assume bel et  bien une stature royale. Cela  nous conduit à penser que le texte de l’Exode a été tronqué, d’où  un certain hiatus. Les Evangiles auraient eu pour modéle un état plus consistant  du Chapitre Ier du Livre de l’Exode. Le fait que l’on passe du terme « Enfants d’Israel » à celui « d’hébreux » -sans autre forme  de procés – est révélateur d’une certaine coupure.

 On  est là  en présence de deux problématiques, l’une visant tout un peuple et leur  libération de l’emprise  égyptienne, l’autre les  nouveaux nés  du fait de la crainte de  voir se manifester un  Roi des  Juifs (Evangile)   

Si à présent, l’on en arrive à l’époque contemporaine, il importe de distinguer  la Shoah qui vise, au  final, l’extermination totale, systématique, des Juifs, femmes  et enfants compris, et les mesures prises contre leur élite.

« Désormais, les Juifs seront une catégorie à part de la population, à laquelle certaines professions seront interdites. Toutes celles relevant de la fonction publique, notamment. Mais aussi les professions au sein des organes de presse, dans le cinéma, le théâtre, la radio, ainsi que certaines professions commerciales et industrielles. » 

 Opposition entre le quantitatif  et le qualitatif qui refléte une distinction  majeur au  sein du monde  juif. C’est ainsi que Moïse n’est pas assimilé aux Enfants d’Israel vers lesquels il est envoyé, mandaté et que Jésus va à la rencontre des « brebis perdues de la Maison d’Israel » dont il ne fait point partie.

Selon nous, les Adamites, les  fils d’Adam ne sont pas les fils, descendants  de Jacob-Israel dont le  jumeau  Esaü est lié a Edom mais bien les fils d’Adam-Edom -Esaü.

 

Livre  d’Ovadia:

יח וְהָיָה בֵית-יַעֲקֹב אֵשׁ וּבֵית יוֹסֵף לֶהָבָה, וּבֵית עֵשָׂו לְקַשׁ, וְדָלְקוּ בָהֶם, וַאֲכָלוּם; וְלֹא-יִהְיֶה שָׂרִיד לְבֵית עֵשָׂו, כִּי יְהוָה דִּבֵּר.  18 La maison de Jacob sera un feu, la maison de Joseph une flamme, la maison d’Esaü un amas de chaume: ils le brûleront, ils le consumeront, et rien ne survivra de la maison d’Esaü: c’est l’Eternel qui le dit.

 

 

Genése Ch 25  , Commentaire  sur le web

« la Bible indiquait qu’il y avait 2 peuples dans le ventre de Rebecca. Relisons Genèse 25 :21-23 :

 

Isaac implora l’Éternel pour sa femme, car elle était stérile, et l’Éternel l’exauça: Rebecca, sa femme, devint enceinte. Les enfants se heurtaient dans son sein; et elle dit: S’il en est ainsi, pourquoi suis-je enceinte? Elle alla consulter l’Éternel. Et l’Éternel lui dit: Deux nations sont dans ton ventre, et deux peuples se sépareront au sortir de tes entrailles; un de ces peuples sera plus fort que l’autre, et le plus grand sera assujetti au plus petit.

 

Il y a donc bien deux peuples qui sortiront du ventre de Rebecca :

 

  • Jacob, dont la descendance sera Israël
  • Esaü, dont la descendance sera Edom (regardez Genèse 25 :25 puis 29-30)

 

Comme Jacob faisait cuire un potage, Esaü revint des champs, accablé de fatigue. Et Esaü dit à Jacob: Laisse-moi, je te prie, manger de ce roux, de ce roux-là, car je suis fatigué. C’est pour cela qu’on a donné à Esaü le nom d’Edom. »     

 

Mais on  a  une autre explication  dans Genése  XXV:

כה וַיֵּצֵא הָרִאשׁוֹן אַדְמוֹנִי, כֻּלּוֹ כְּאַדֶּרֶת שֵׂעָר; וַיִּקְרְאוּ שְׁמוֹ, עֵשָׂו.  25 Le premier qui sortit était roux( אַדְמוֹנִי) et tout son corps pareil à une pelisse; on lui donna le nom d’Ésaü.
כו וְאַחֲרֵי-כֵן יָצָא אָחִיו, וְיָדוֹ אֹחֶזֶת בַּעֲקֵב עֵשָׂו, וַיִּקְרָא שְׁמוֹ, יַעֲקֹב; וְיִצְחָק בֶּן-שִׁשִּׁים שָׁנָה, בְּלֶדֶת אֹתָם.  26 Ensuite naquit son frère tenant de la main le talon d’Ésaü et on le nomma Jacob. Isaac avait soixante ans lors de leur naissance.

 

Le  Schisme  survenu à la mort de Salomon  est à relier à la rivalité entre Jacob (les Israélites) et Esaü (les Adamites, dont Jésus descend)/

Genése  XXVII

 
« Jacob entra chez son père et dit : « Mon père ! » Celui-ci répondit : « Me voici. Qui es-tu, mon fils ? » Jacob dit à son père : « Je suis Ésaü, ton premier-né ; j’ai fait ce que tu m’as dit. Viens donc t’asseoir, mange de mon gibier ; alors, tu pourras me bénir. » Isaac lui dit : « Comme tu as trouvé vite, mon fils ! » Jacob répondit : « C’est que le Seigneur, ton Dieu, a favorisé ma chasse. » Isaac lui dit : « Approche donc, mon fils, que je te palpe, pour savoir si tu es bien mon fils Ésaü ! » Jacob s’approcha de son père Isaac. Celui-ci le palpa et dit : « La voix est la voix de Jacob, mais les mains sont les mains d’Ésaü. »  Il ne reconnut pas Jacob car ses mains étaient velues comme celles de son frère Ésaü, et il le bénit. Il dit encore : « C’est bien toi mon fils Ésaü ? » Jacob répondit : « C’est bien moi. » (Gn 27, 18-24)

 

 

 

JHB 02 05 26

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jacques halbronn L’avenir pour la cause astrologique est aux Colloques transdisciplinaires

Posté par nofim le 21 mars 2026

 

jacques  halbronn  L’avenir pour la  cause  astrologique  est aux Colloques  transdisciplinaires

 

En mai 2000, il  y a  un quart se  siècle,  nous  avions organisé  un Colloque  interdisciplinaire autour de la Dualité. D’où une section consacrée à la femme, une autre à l’étranger, au  Juif  et bien entendu à l’astrologie; Lien vidéo  https://youtu.be/87zMxQxhMSg

Nom du fichier MAU-Dualite-200005.mpg Or,  rares sont les  astrologues en mesure de s’exprimer en dehors du terrain  astrologiques. Les derniers colloques auquels nous  avons assisté (FDAF, Source) n’ont  pas  fait appel à des personnalités  extérieures au milieu  astrologique et  les exposés qui  y furent donnés ne pouvaient  faire sens que pour des  « astrophiles »,  dûment  initiés. En  ce qui nous concerne, nous avons  été en mesure de publier au sein de collections pluridisciplinaires  comme l’Encyclopaedia Universalis ou Clefs pour  sans parler de Revues comme la Revue Française d’Histoire du Livre.
Selon nous, il est éminemment  souhaitable de sortir d’un tel  ghetto  -quitte à renoncer à  la manne des éléves/client de l’Astrologie. Les liens entre Astrologie  et théologie, Astrologie et prophétisme, astrologie et Histoire etc sont notamment à exploiter. Or, de nos jours, les colloques en  question se refusen même à  faire appel à d’autres courants astrologiques, comme celui  de notre Astrologie Septénale.  En 1991,  nous avions déjà organisé un Colloque, à l’Eglise Sainte Anne,  en Histoire de l’Astrologie qui avaient faicohabiter universitaires et non  universitaires.Lien vidéo https://youtu.be/xWEgJyZ2-rk Nom du fichier VID_20220720_133419[1].mp4

Qualité vidéo.
Cela  vaut aussi pour les  révues. En ce  qui nous concerne,  nos  blogs sont parfaitement  interdisciplinaires (Nofim, Revue astro-prophétique  sans parler  de notre Telé de la Subconscience (Teleprovidence).  En 2007 se tiendra notre Colloque Astrologie et Musique. Notons par ailleurs que le CURA de Patrice Guinard finira par se polariser sur le seul « corpus Nostradamus »
  JHB 21 03 26


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jacques halbronn Le Sefer Yetsira et la Tétrabible de Ptolémée

Posté par nofim le 13 mars 2026

jacques   halbronn  Le Sefer Yetsira  et la Tétrabible de Ptolémée.

 

Le Sefer Yetsira  compléte  le premier  chapitre du Livre de la Genése, traitant du temps de la Création en Six Jours.

Notre propos  vise à établir des recoupements  remarquables entre le  Tétrabiblos de Claude Ptolémée et  le  Sefer Yetsira  à  commencer par l’époque de leur apparition, autour des IIe-IIIe siècles après JC:

  — « L’histoire détermine avec exactitude la première observation de Ptolémée à la date du 26 mars 127, et la dernière le 2 février 141. »

sur le  web

« Traditionnellement, le Sepher Yetsirah est attribué à Abraham, c’est-à-dire qu’on rapporte la source de son enseignement à l’origine même de la tradition sémitique. Historiquement, on peut situer sa rédaction entre le IIIe et le VIe siècle de notre ère. Il se range au nombre des textes spéculatifs les plus anciens qui existent et sont rédigés en hébreu.

 

Au départ,  le Sefer yetsira nous  est apparu comme  un commentaire de l’alphabet hébraïque mais décalé  toutefois par rapport à l’état tel qu’il nous  était parvenu  (cf Clefs pour l’Astrologie 1976)/ C’est ainsi que nous étions arrivés à la conclusion que la première lettre de l’alphabet  était le Qoph  et non le Aleph, ce qui validait l’ancienneté du S. Y ./

Or, nous  avons remarqué des  anomalies analogues dans ces deux corpus contemporains  avec l’importance accordé au 7  pour les planétes. Nous  avons pu montrer qu’initialement, on avait en vue  non pas 7  astres mais six et que l’introduction d’un septiéme facteur était liée à l’insertion de la planéte Saturne, ce qui  avait dans les deux  cas déséquilibré les dispositifs, passant du pair à l’impair, du sénaire au septénaire. Dans le cas  du SY, l’on associé aux 7 planétes  7 lettres « doubles », c’est  à dire à la double prononciation à l’oral (selon la présence ou l’absence du Dagesh) alors qu’en réalité il n’existe que 6 lettres ayant cette particularité.(cf   Sepher Yezirah  Le Livre  de la Création Collection Martiniste. Diffusion Rosicrucienne.p.18, 1993) Le Resh, lettre simple ayant été rajoutée, elle  qui  figurait dans la troisiéme colonne de l »alphabet et qui  aurait  basculé dans la première..

Dans le cas de la Tétrabible, l’introduction de Saturne aura déconstruit la dialectique des luminaires,  avec le Soleil au solstice d’Eté et la Lune  au solstice d’Hiver, la Lune se voyant adjointe au Soleil pour laisser la place à Saturne.   Nous  signalions par ailleurs, dès  1976,que les Trois Lettres Mères (Aleph Mem  Shin) devaient être  au départ quatre, tout comme l’alphabet  hébraïque  se répartir en deux colonnes  de 9 lettres  et une colonne de 4 (Qoph, Resh, Shin, Thav), ce qui totalise 22.(+10 Sefiroth, cela donne  32) 

Or,  quand des corpus comportent le même type d’anomalie  et donc d’erreur, cela autorise à y voir une influence commune. En  quoi  consista cette erreur? Saturne est comparable au pouce de nos mains, il est opposable aux 4 autres doigts, ce qui correspond aux planétes Mercure, Vénus, Mars et  Jupiter. On a du croire à un certain moment que Saturne devait être traité comme  une planéte comme les autres, on  sera passé du  saturno-centrisme au  géocentrisme ptoléméen qui impliquait  que Saturne rentre dans le  rang avant de  basculer avec Copernic à l’héliocentrisme,impliquant de décentrer la Terre.  Le Shabbat atteste de cette centralité de Saturne (en hébreu  Shabtay,  ( Mishna Zayin) en ce que les jours de la semaine  sont  comme en orbite par rapport  au Samedi (Saturday) comme le veut un des Dix Commandements. 

 

 

JHB 13 0626

 

 

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jacques halbronn L’astrologie, révélation ou observation? Autour de l’ère du Verseau.

Posté par nofim le 11 mars 2026

Jacques  halbronn L’astrologie,  révélation ou observation?  Autour de  l’ère du Verseau.

 

 

 

En 1977, voici un  demi-siècle,  le  MAU ( Mouvement Astrologique  Unifié) en synergie  avec l’Association  Nouvelle Acropole France, présidée par Fernand Schwarz, et la revue L’Autre Monde  de Roger Faloci,  a tenu un important congrès sur l’Ere du Verseau, qui donnera lieu à des Actes parus sous le  nom d’Aquarius ou la Nouvelle Ere du  verseau, aux Editions Albatros, un modéle que  suivra Yves Lenoble; dans les années 90  avec des Actes auto-édités par son association ARRC.  Nous avons  mis en question,  depuis, l’intérêt de la division en 12 signes ou constellations  et ce à plus  d’un  titre.

  D’abord, parce que cette division (ayant valeur de simple dénomination)  ne  comportait au départ qu’un objectif  de repérage pour situer les planétes, sans aucune valeur de signification. Ensuite parce que c’est  le passage de Saturne sur le Zodiaque  saisonnier (point vernal à 0° Bélier   et les trois autres signes cardiinaux, en carré et en oppositon) qui importe et non le passage du seul point vernal dans des constellations non  articulées  sur le  cycle saisonnier et sans recours à une quelconque planéte. En effet, la théorie des  ères précessionnelles ne fait intervenir ni les saisons, ni les planétes! Enfin, se pose la question de la signification même de l’énergie  Verseau, dont nous avons montré dans un précédent texte, que cela avait renvoyé successivement à  trois astres, d’abord la Lune, puis Saturne, puis Uranus,  ce qui est quelque peu confus.  Le Verseau  est il donc lunaire, saturnien ou bien uranien?

Par ailleurs, on voit bien qu’il importe de s’en tenir à une division quaternaire, au tétramorphe (cf EZékiel); Quatuor : Taureau, Lion  Aigle, Adam. qui aura été ajouté  à un ensemble à  base 8 , pour donner  le 12. Or,  force est de constater que ce quatuor n’est pas respecté au  niveau des constellations zodiacales, puisque à la place de l’Aigle, on a le Scorpion et qu’à la place d’Adam, on le Verseau! Cela montre que l’on est passé des signes aux constellations et non l’inverse.

La question qui se pose est celle du Passage d’Adam au Verseau car le Verseau a une énergie lunaire,  opposée à l’énergie solaire du Lion alors qu’Adam est un personage androgyne à l’image de son Créateur (cf Génése  I  et V )  doté par la suite d’un partenaire  féminin qui vient le compléter ( Genése II). Quant à l’attribution anachronique (XIX e siècle)  du Verseau à Uranus, elle ne correspond guère à une  valeur lunaire.

Rappelons que pour nous, il importe d’en revenir au schéma d’origine (cf nos textes récents à  ce sujet) avec aux extrémités, les luminaires  et au centre Mercure-Jupiter  et Mars- Vénus.  Seul ce centre est opérationnel et connecté avec les 4 saisons  qui ne font en fait qu’une, de 90° en 90°; C’est une erreur que de plaquer l’ensemble luminaires – quatuor planétaire sur un  zodiaque à base 6. On doit laisser Soleil et Lune en dehors de ce cadre (4). Cela va à rebours du systéme RET  de Jean-Pierre Nicola à base 9/10. englobant le Soleil avec Mercure et Vénus (R),  puis  Mars, Jupiter et Saturne(E) et  enfin Uranus-Neptune  et Pluton (T) et confèrant à la Lune un statut à part (9+1), ce qui désarticile totalement notre quatuor  Mercure, Vénus, Mars et Jupiter qui se trouve coupé en deux.

C’est dire qu’il faut en revenir à un texte de base à interpréter correctement et l’on voit bien que ce texte a été tronqué, interpolé  et extrapolé.. L’astrologie, selon nous, reléve d’une transmission,  d’une révélation, à l’instar des Tables de la Loi (Moîse, Exode) et non d’une quelconque observation du cosmos car celui-ci exige pour être décrypté de disposer de clefs secrètes.(ésotérisme) que la seule observation des données astronomiques  brutes  ne saurait fournir, d’où le passage que nous préconisons de l’héliocentrisme au saturnocentrisme (cf nos textes à ce  sujet)

 

 

JHB 10 03 26

 

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jacques halbronn Le XIIIe arrondissement de Paris et les mouvements spiritualites.

Posté par nofim le 1 mars 2026

jacques  halbronn  Le XIIIe arrondissement de Paris et les mouvements  spiritualistes.   

 

jacques  halbronn  Le XIIIe arrondissement de Paris et les mouvements  spiritualites. dans ASTROLOGIE POLITIQUE chateau-reine-blanche1-800 Chateau  de la Reine Blanche Paris XIII

Nous  montrerons que cet  arrondissement aura  connu à partir des années soixante dix une activité remarquable dans le champ spiritualiste, avec d’une part un volet Astrologique  et de l’autre un volet  » messianique ». 

 

I Astrologie 

 

En 1975,  le Mouvement Astrologique  organise un premier congrès au Foyer International d’Accueil de Paris, rue Cabanis, à la lisière du XIIIe arrondissement.  Mais dès 1974, fut installé  a 225 rue de Tolbiac la Bibliotheca Astrologica laquelle sera transférée en 1979, au 8, rue de la Providence, lors de la création du Centre Providence, où se tiendront des cours d’astrologie, dans le cadre de la Faculté Libre d’Astrologie de Paris (FLAP). En 1987, se tiendra un Colloque MAU, au Couvent dominicain  Saint Jacques, rue des Cordeliers dans l’arrondissement et en 1991 il y  aura un Congrès en Histoire de l’Astrologie. dans la Crypte de l’Eglise Sainte Marie de la Butte aux Cailles. En 1988  se  tiendra à l’Hotel Urbis (devenu Ibis), rue de Tolbiac avant que les colloques ne se tiennent à la Maison des Associations du XIIIe, rue Caillaux; où  fut organisé  en 2000  un  congrès MAU- CURA (Centre Universitaire de Recherche  astrologique) . En 2004, un  un congrès national de grande envergure,  célébra les 30 ans de la création du M. A. U. En 2008, fut créee la Télévision Astrologique, du nom de Teléprovidence avec ses studios rue de la Providence, prenant la suite de Télé Urania, initié  par  Roger Hecquet, installé, rue de Patay.. Sur le  web. La Bibliothèque comporte un important fonds Nostradamus.  Teléprovidence prendra par la suite le titre  de Télé de la Subconscience (sur You Tube), du fait notamment d’une place importante accordée à des interviews de voyants. Le MAU  a pris le nom  d’Association La Vie Astrologique.  Le Centre Providence  est également le siège social des Editions de la Grande Conjonction.

Sur le web  paru  en 2018: 

Notre « Mouvement Astrologique Unifié » a crée une télévision astrologique depuis dix ans, une des premières dans le monde, appelée « Téléprovidence ».
Notre télévision en ligne permet de promouvoir des astrologues et des voyants et cela permet au public d’avoir une opinion sur leurs prestations en regardant leur vidéo de présentation.
Nous disposons de 7000 vidéos au jour d’aujourd’hui.
Vous pouvez également faire un emprunt, acheter ou consulter sur place des livres anciens dans notre bibliothèque située à Paris, rue de la Providence. »

II   Messanisme 

Sur le  web 

« En 1978, l’Eglise de l’Unification, connue sous le nom de « secte Moon » s’installait dans le 13e arrondissement de Paris créant alors un « Home-Church » (un foyer église). Jean-François Moulinet, responsable national du mouvement, se rappelle qu’à cette époque, la secte Moon « visitait »beaucoup de familles. « Il y en avait près de 400 dans le 13e ».

Aujourd’hui, les rangs moonistes se sont « effondrés » et la Miviludes rapporte qu’il n’y aurait guère plus que 200 à 300 adeptes en France. L’appellation « Home-Church » a disparu… mais l’Eglise de l’Unification a réinvesti le 13e arrondissement. Elle est désormais installée rue Domrémy, sous l’appellation d’Espace Culture et Paix. L’association  est logée depuis 2000, au 98   rue Barrault, dans le même arrondissement,  non loin de la rue de la Providence. Elle se présente comme  Fédération française des familles pour la paix


 
On  trouve des antécédents  avec dès 1913,  la construction d’un Temple antoiniste.
Sur le web

« Dans le 13ème arrondissement, dans le quartier de la Butte aux Cailles, à hauteur du 34 rue Vergniaud, en intersection avec la rue Wurtz, vous découvrirez cette petite église qui en fait est un Temple. Sa construction s’est faite en 1913 sous la coupe de l’architecte genevois Julien Flegenheimer. Il possède un clocheton à flèche. Il s’agit d’un Temple Antoiniste. Ce culte a été fondé par Louis Antoine dit le Père, une religion basée sur la Foi et la guérison des souffrants. » 

 

 

 

En 1393,  à l’Hotel de la  Reine Blanche, (6, rue Geffroy, 75013 Paris) eut lieu un événément connu sous le nom de Bal des Ardents auquel participa le  roi Charles VI « Le Fou ».  lequel  faillit  y perdre la vie  par le  feu. On parle d’un Tarot de Charles VI.  (https://www.histoires-de-paris.fr/tarot-charles-vi/

 

 

Représentation du bal des ardents dans la chronique de Jean Froissart. Crédit BNF.

 

Le bal des ArdentsLe bal des Ardents | ©The British Library / Public domain

 

 

 

  JHB  01 03 26

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